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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1993-01-14, Collections de BAnQ.

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^80 ans d'expérience i voire service SYSTÈMES D’ORDINATEUR PHILIPS ^Pour renseignements, appelez Vol.LXXXIV — No 10 Nuageux.Faible neige.Max.-11 Détail page 4.Montréal, jeudi 14 janvier 1993 Toronto 85 cents 65e + TPS + TVQ W:~W ¦ SÏSJf** SOCIÉTÉ L’Internationale verte Greenpeace est devenue en 12 ans une multinationale verte, qui emploie à plein temps 1100 salariés, dispose d’une flotte de sept navires et gère un budget annuel global de 150 millions $.Une organisation écologique qui compte relativement peu d’adhérents, mais dont les militants sont partout grâce à des moyens considérables.Comment fonc-tionne-t-elle?PageB-1 Une interdiction, une inquiétude mais pas de problème Ottawa émet une sorte de jugement de Salomon sur les implants mammaires Chantal Hébert de noire bureau d'Ottawa AFFIRMANT que les femmes et le gouvernement ne disposent pas de suffisamment d’informations pour prendre une décision éclairée, Ottawa bannit la vente d’implants mammaires à base de gel de silicone.Depuis hier, le moratoire volontaire en vigueur depuis presqu’un an a été remplacé par une interdiction formelle.Les fabricants de la prothèse n’ont plus les autorisations nécés-saires au commerce légal de ce type de produit au Canada.En annonçant sa décision, le ministre fédéral de la Santé, Benoit Bouchard, a précisé qu’il n’avait pas pour autant de faits nouveaux à verser au dossier controversé des implants mammaires.Les quelques 150 000 Canadiennes qui portent de telles pro- thèses n’ont pas de raisons supplémentaires de s’inquiéter, a-t-il assuré.Plutôt, le ministre préfère décrire sa décision comme «une approche prudente.» «Pour le moment, nous sommes en présence, précise-t-il, d’une inquiétude non reliée à l’existence d’un problème.» Selon M.Bouchard, l’interdiction donnera le temps au Canada d’arriver à «des certitudes beaucoup plus grandes.» Car, s’ils veulent reprendre le commerce des implants, leurs fabricants devront produire-*des études cliniques supplémentaires pour satisfaire le gouvernement fédéral de l’aspect sécuritaire de leurs produits.Une recherche menée préalablement à la décision fédérale par la firme Angus Reid auprès de plus de 4 000 porteuses canadiennes d’im- Eliants mammaires indiquent que es trois-quarts d’entre elles en sont relativement satisfaites.Cependant, un tiers d’entre elles disent que si c’était à refaire, elles ne répéteraient pas l’expérience.Et une sur cinq regrette carrément d’y avoir eu recours à cause des problèmes et des incommodements que l’implant lui cause.Dans la même proportion, des femmes ont fait enlever leur prothèse, surtout à cause de complications.Voir page A-4 : Implants Le ministre Benoît Bouchard La Banque de Montréal crée sa société de fiducie Serge Truffaut LA BANQUE dè Montréal vient de regrouper tous les pions qu’elle avait disposés sur l’échiquier des services fiduciaires depuis 1984 afin de fonder la Société de fiducie Banque de Montréal qui, avec 25 milliards $ d’actif sous gestion, devient la sixième entité en importance au pays sur ce front particulier des services financiers.Basé à Toronto, le président et chef de la direction de cette filiale de la Banque de Montréal, M.Don Mutch, a expliqué que cette introduction franche et quelque peu percutante dans cette sphère d’activités découlait de la volonté de proposer et de vendre une gamme de services particuliers qu’avant le 1er juin dernier les banques canadiennes n’avaient pas la possibilité d’exploiter.C’est à cette date, on s’en souviendra, que la réforme des divers piliers financiers est entrée en vigueur.Auparavant, et dans le but d’en arriver au geste annoncé hier, cette institution bancaire réputée pour son agressivité sur le plan du marketing, avait additionné les acquisitions de sociétés de services fiduciaires comme, par exemple, le Harris Trust, tout en signant des associations ou ententes de services, Voir page A-4 : Fiducie Raid éclair contre l’Irak y Les Etats-Unis envoient un bataillon sur le sol koweïtien WASHINGTON (AFP) - Les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France ont mené hier soir avec succès un raid aérien contre des objectifs militaires dans le sud de l’Irak, accusé de multiples violations des résolutions prises par les Nations unies depuis la guerre du Golfe.Et à une semaine de la fin de son mandat, le président George Bush a décidé d’engager de nouveau militairement les États-Unis sur le sol koweïtien, au risque de voir les troupes américaines directement confrontées aux soldats de Saddam Hussein.Presque deux ans après le déclenchement de la guerre du Golfe, le raid aérien effectué hier dans le sud de l’Irak par les aviations américaine, britannique et française sera sans doute le dernier épisode de la longue épreuve de force entre George Bush et Saddam Hussein.Mais l’annonce de l’envoi au Koweït d’un bataillon américain (600 à 800 hommes), nouvel héritage laissé à Bill Clinton par George Bush, assure que le conflit entre Bagdad et Washington se poursuivra sous la nouvelle administration.Les forces coalisées ayant participé hier au raid aérien dirigé contre des bases de missiles du sud irakien avaient quatre objectifs principaux fixes, ainsi que plusieurs autres cibles mobiles, a déclaré le général Joseph Hoar, chef du Commandement central américain.Lors d’un point de presse, le général Hoar a indiqué que 80 appareils de la coalition, aidés d’une trentaine d’avions de soutien, avaient partici-é à ce raid.L’une des cibles mo-iles, dont le nombre n’a pas été précisé, se trouvait «dans la région de Bassorah», a-t-il indiqué.Aucun appareil n’a été touché, mais «quelques tirs anti-aériens» ont été repérés par les pilotes, a ajouté lç général Hoar.Les États-Unis et leurs alliés avaient menacé Bagdad d’une attaque, après que l’Irak eut lancé coup sur coup plusieurs défis à Voir page A-4 : Raid Une réponse mesurée Sylviane Tramier LE RAID anglo-franco-américain sur .les installations radar et les batteries de missiles anti-aériens dans le sud irakien est généralement considéré par les spécialistes de questions stratégiques comme une réponse mesurée et appropriée au défi de Saddam Hussein.«Beaucoup seront surpris de cette action militaire très limitée», dit M.Tariq Rauf du Centre canadien pour les questions de sécurité à Ottawa.«Car on peut penser que Saddam Hussein recherchait une confrontation majeure, mais le président Bush n’a autorisé qu’un bombardement très circonscrit.» Pour M.Jacques Zylberberg, professeur de sciences politiques à l’université Laval, l’attaque d’hier est une continuation de la guerre du Golfe, et comme elle, n’est pas un engagement assez décisif pour que Saddam Hussein le prenne au sérieux.«Saddam Hussein croit que le temps joue pour lui, dit M.Zylberberg.Il continuera à se jouer des résolutions de l’ONU et à provoquer les alliés occidentaux.» Les motivations du dirigeant irakien sont diversement évaluées.Certains, comme M.Laurie Mylroie, analyste au Washington institute for Near East policy, auteur d'une biographie de Saddam Hussein, pense que le dirigeant irakien cherche à teste, la résis-Voir page A-4 : Une réponse PHOTO AP Ces membres de l’équipage du porte-avions Kitty Hawk, présent dans le Golfe persique, poussent un chariot chargé de bombes de 1000 livres.Ces bombes ont été installées sous les avions qui ont pris part hier au raid sur le sud de l’Irak.80 appareils américains, français et britanniques ont participé à l’opération.fsrfï =fF-t • 1 , L 1: >4- 1—| ,î - V.jaws* s .Bourassa en saura plus sur son avenir à la mi-février Les ministres ont d’autres chats à fouetter que de s’occuper du leadership, dit-il PHOTO PC C’est dans son bureau que le premier ministre a rencontré hier les journalistes de la presse parlementaire.Michel Venne de notre bureau de Québec LE PREMIER ministre Robert Bourassa en saura plus sur son avenir politique à la mi-février.Il pourra alors décider de la nature du traitement qu’il choisira pour combattre le cancer réapparu en décembre.Et il pourra dès lors «examiner quelles sont les conséquences» de ce traitement et des effets secondaires sur ses activités politiques et sur sa vie courante.Entre-temps, M.Bourassa a pris le parti de ne pas spéculer au-delà de cette échéance sur ce que lui réserve l’avenir.Le plus difficile pour lui dans cette «dure épreuve», c’est d’ailleurs «l’incertitude», a-t-il déclaré, hier, lors de sa première conférence de presse depuis son retour de Floride.«C’est ce qu’il y a de plus difficile, parce que l’on veut tous vivre le plus longtemps possible, a-t-il ajouté.Mais avec ce genre de maladie, vous ne savez pas ce qui va se produire dans un mois, dans deux mois ou trois mois.» «Tout ce que je peux dire, c’est que jusqu’aux examens, je crois que je serai en mesure d’assumer mes fonctions, et sans efforts particuliers», a-t-il précisé.D’ici là, M.Bourassa semble croire que les aspirants à sa succession à la tête du Parti libéral se feront discrets.«Je ne crois pas que la priorité de mes ministres, ou quelle que soit leur fonction, soit une course au leadership.On n’a qu’à voir les problèmes sur le plan économique, sur le plan financier ou sur le plan linguistique, fait-il valoir: on en a plein les bras».Il ne veut pas dire s’il dirigera les libéraux au cours de la prochaine campagne électorale.Prenons les choses une année à la fois, dit-il.«Avant je disais: voyons mandat par mandat; disons que là c’est année par année».Tous les ministres interrogés hier à leur arrivée pour une réunion régulière du cabinet ont soutenu qu’il est prématuré de parler de ce sujet, visiblement tabou, ne serait-ce que par respect pour M.Bourassa.Le premier ministre a présidé comme prévu la réunion qui a duré une heure et demie.Il s’est ensuite présenté devant une soixantaine de journalistes et techniciens de la radio et de la télévision, dont quelques-uns venus exprès d’Ottawa, de Toronto et de Montréal.Comble de malchance, en marchant vers cette salle trop petite, près de son bureau, rue Grande-Allée, il s’est cogné la tête sur le coin de la porte, ce qui lui laissa une cicatrice au front qui a suscité la curiosité des reporters.M.Bourassa a ouvert la conférence de presse en parlant d’économie, comme s’il voulait montrer que rien n’avait changé.«Je vous ai vus le 18 décembre et je me sens comme le 18 décembre».Voir page A-4 : Bourassas i OC UJ X < o u U RÉSERVATIONS PUBLICITAIRES (514) 985-3399 De la maternelle • Coups de barre et innovations pédagogiques.• • Devant les controverses que soulève de plus en plus la qualité de l’enseignement au Québec et face aux problèmes du décrochage et des échecs scolaires, que fait le ministère pour apporter les correctifs qui s’imposent et pour encourager les innovations pédagogiques?.• Qu’en pensent les enseignants, les parents et les étudiants?Date de tombée: le 15 janvier 1993 PARUTION le 23 janvier DANS LE DEVOIR à l’université Le système répondra-t-il davantage aux attentes suite aux diverses mesures anoncées comme, par exemple, l’augmentation du nombre d’heures de cours de mathématiques et de lecture obligatoire dans les cégeps?Des questions préoccupantes auxquelles, par des analyses, des reportages et des entrevues, le cahier spécial du Devoir tentera de répondre.¦> Une revolution Dès aujourd’hui, les prix du lait, du pain, du sucre, du beurre et des oeufs sont réduits de façon significative et permanente.Le lait est même vendu au prix le plus bas que nous le permet la loi.D’ici le Ier mai, c’est 80 produits qui seront ainsi réduits.LES SUPERMARCHÉS ___ LES SUPERMARCHÉS MM m provigo r REVOI I MON PRIX Lait 4L 2%: de 3,85$ à 3,44$; lait 4L homo: de 4,03$ à 3,64$; lait 4L 1%: de 3,81$ à 3,40$; lait 4L écrémé: de 3,77$ à 3,36$.Beurre Provigo 454g; de 2,89$ à 2,49$ Sucre Lantic 4kg: de 3,09$ à 2,69$.Oeufs Provigo gros, catégorie A (12): de 1,79$ à 1,39$.Pain blanc Provigo 450g et 675g: la loi sur le commerce du pain L.R.Q., chapitre C-32, nous interdit d annoncer le prix du pain.Venez constater la baisse de prix en magasin.4 4 I Le Devoir, jeudi 14 janvier 1993 B A-3 La vaccination massive contre la méningite débute aujourd’hui Actes de violence: les homosexuels contre-attaquent Paul Cauchon LA VACCINATION contre la méningite de 450 000 jeunes de 6 mois à deux ans commence dès aujourd’hui dans 979 établissements de la région montréalaise, même si les autorités médicales admettent que depuis 1990 on retrouve moins d’infections à méningocoques à Montréal qu’ailleurs dans la province.Cette vaccination massive a été décidée le 2 décembre dernier par le ministre de la Santé Marc-Yvan Côté, et elle permettra de rejoindre pour l’ensemble du Québec plus d’un million de jeunes (la vaccination des 150 000 jeunes de la région de Québec est commencée depuis lundi).Paul Cauchon ON AURA tort de croire que la campagne massive de vaccination entreprise cette semaine contre les infections à méningocoques fera disparaître la méningite de la carte, car on ne pourra que prévenir la moitié des cas potentiels, selon le Dr Richard Massé, responsable des maladies infectueuses pour les Départements de santé communautaire.Le vaccin protège en effet contre les infections à méningocoques de type A et C, mais non de type B, pour lequel il n’existe pas de vaccin.De plus, la vaccination ne s’adresse pas aux adultes de plus de 20 ans.Et détail très important, rien ne prouve que le vaccin soit efficace chez les moins de 2 ans.«On ne connaît pas l’efficacité réelle de ce vaccin chez les moins de deux ans, admet M.Massé, malgré que des études soient actuellement menées pour vérifier cette efficacité».En ce qui concerne la région montréalaise les responsables ae la Régie régionale de Montréal ont annoncé hier que 70% des jeunes seront rejoints par le réseau scolaire et directement vaccinés dans les écoles, alors que 30% des jeunes devront se présenter chez leur médé-cin ou dans leur CLSC local.L’opération, qualifiée de très importante et de très complexe par la Régie, doit être terminée dans huit semaines parce que c’est généralement en mars et en avril qu’on enregistre une recrudescence des cas de méningite.Quatre groupes cibles sont identifiés: 90 600 jeunes enfants d’âge pré-scolaire, 134 000 élèves des écoles primaires, 107 000 jeunes du secondaire et 111 300 étudiants de niveau post-secondaire.M, Massé a ajouté que le vaccin n’est valide que pour cinq ans.En fait la vaccination répond à des objectifs généraux de prévention.Richard Lessard, directeur intérimaire de la santé publique à la Régie régionale de Montréal, convient que la campagne de vaccination est liée aussi à un changement de valeurs dans la population.«Il est certain que l’activité des médias autour de la méningite a sensibilisé la population à un problème qui existait auparavant, mais qui n’avait jamais été présenté de cette façon, explique-t-il.De plus la tolérance envers la mortalité infantile a baissé, et la population se dit «nous avons un vaccin, pourquoi ne pas l’utiliser».M.Lessard ne nie pas non plus que l’impact médatique des cas de méningite puisse peut-être inquiéter les visiteurs qui viennent au Québec.Selon les informations fournies par le bureau régional des maladies infectueuses, pendant l’année 1992, 164 cas d’infections à ménin-ocoques ont été déclarés au Qué-ec, dont 65% dus à des méningo- Tous les enfants qui fréquentent le système scolaire seront vaccinés directement dans les établissements scolaires.Les directions d’école contacteront les parents pour leur expliquer les détails de fopération, et pour leur demander de signer un formulaire de consentement.La vaccination est volontaire et non-obligatoire.En ce qui concerne les enfants d’âge pré-scolaire (qu’ils soient en garderie ou à la maison) et les adolescents hors du réseau scolaire, les parents devront contacter leur médecin pour savoir si celui-ci offre le vaccin (certains médecins pourront en disposer) ou leur CLSC local pour prendre rendez-vous.Même chose pour les étudiants universitaires et les jeunes non-étudiants de plus de 14 ans qui n’ont pas besoin moitié des cas coques du groupe C.Le taux d’incidence s’élève à 2,4 par 100 000 personnes, les régions les plus touchées étant la Gaspésie, avec 6,1 cas par 100 000, et le Saguenay-Lac Saint-Jean, avec 4,5.Sur les 164 cas, on a compté 14 décès, dont 11 liés à des cas de méningo-coques du groupe C.Pendant la première semaine de 1993, six cas ont été déclarés au Québec.Mais pour la région de Montréal, en 1992, on a enregistré 21 cas, dont deux décès, pour un incidence de 1,2 par 100 000 personnes, sous la moyenne québécoise.De 1984 à 1987, la région a connu une incidence d’environ un cas par 100 000 habitants.En 1988 on a enregistré 36 cas (incidence de 2,1), et la situation s’est améliorée depuis deux ans.Les autorités médicales admettent ne pas trop savoir pourquoi la situation est meilleure à Montréal qu’ailleurs au Québec.Il reste que la fréquence générale des cas est trois fois plus élevée en 91et 92 au Québec que durant les années précédentes.de l’autorisation parentale.Le vaccin est efficace à 90% dans le cas des jeunes de plus de cinq ans.Pour les moins de cinq ans l’efficacité est variable.Il s’agit d’un vaccin sécuritaire, qui ne comporte aucun effet secondaire dangereux.Les réactions possibles consistent en des rougeurs locales ou un peu de fièvre.Si on se fait vacciner chez un médecin privé il faut bien vérifier si celui-ci fait payer pour le vaccin, puisque certains médecins se sont approvisionnés ailleurs.Le vaccin «gouvernemental» est fourni par la compagnie française Mérieux et son coût, de 5 $ la dose, est entièrement payé par le ministère.Pour le Québec la facture totale s’élèverait à 9 millions $.Pour les CLSC, responsables de la vaccination, cette campagne ne se fait pas sans heurts.Marie Beau-champ, directrice générale du CLSC Métro et responsable du Regroupement des CLSC du Montréal métropolitain, explique qu’il sagit d’une «mobilisation très importante de nos ressources, qui doit se faire dans le cadre du respect de nos budgets actuels».Les CLSC doivent d’ailleurs réorganiser leurs services pour effectuer cette campagne de vaccination, ce qui entraînera la suspension temporaire de certaines activités.Ainsi, selon Mme Beauchamp, dans certains CLSC on pourra décider de suspendre la formation du personnel, ailleurs on réduira temporairement les services de prévention scolaire ou les cours pré-nataux.On évalue à 9310 jours de temps infirmier le coût de l’opération.Les CLSC mènent actuellement une campagne d’information dans les hebdos locaux pour expliquer à la population les modalités de cette vaccination, et on a prévu des dépliants explicatifs en 12 langues.Et même si l’opération commence officiellement lundi les CLSC Côte-des-Neiges, Centre-Sud et Lac Saint-Louis ainsi que le cégep Va-nier seront à pied d’oeuvre dès aujourd’hui.Danny Vear LES HOMOSEXUELS réagissent à la violence dont ils sont victimes et s’organisent.Un peu partout dans la partie est du centre-ville de Montréal, des affiches sont collées aux poteaux, aux murs et aux portes des immeubles.Des slogans revanchards y sont inscrits: «J’encaisse pas!» «Bash Back!».Avec ces affiches, au-delà des slogans, les gais violentés apprennent l’existence d’un nouveau service d’aide téléphonique, créé avant Noël, dans la foulée du meurtre d’un homosexuel par six jeunes skinheads dans le parc Angrignon.Depuis trois semaines, les bénévoles du nouveau service ont entendu une vingtaine d’histoires d’horreur et d’intolérance.Un gai est tabassé par trois hommes, un autre, insulté par un groupe de jeunes.Victimes de menaces, d'agressions, les gais qui appellent racontent des événements qui se passent la nuit, dans le «village» gai ou ailleurs, toujours à Montréal.«Les gais avaient peur de témoigner de la violence qu’ils vivent.En appelant ici, ils trouvent des gens pour en parler», dit Claudine Metcalfe, directrice du Centre communautaire des gais et lesbiennes de Montréal.Situé rue Sainte-Catherine, dans l’Est de Montréal, le Centre communautaire abrite une quinzaine de bénévoles qui assurent la vigile téléphonique.Si les victimes le désirent, elles peuvent consulter des psychologues sur place.«On invite les gais victimes d actes de violence à briser le mur du silence», expliquait il y a peu Roger Le Clerc, de la Table de concertation.Toutefois, cette campagne porterait déjà fruits: les agresseurs potentiels, notamment les jeunes skinheads, hésiteraient maintenant à s’aventurer auprès des membres d’une communauté gaie plus soli- daire, croit Mme Metcalfe.Jusqu’à maintenant, les gais anglophones utiliseraient plus volontiers le sendee plus que les francophones.«Peut-être le bouche à oreille n’est-il pas efficace en français», dit Mme Metcalfe.La Table de concertation des gais et lesbiennes de Montréal réclame toujours à la Commission des droits de la personne de tenir une enquête ublique sur la violence envers les omosexuels.C’est dans cette perspective que la Table a créé ce service téléphonique à l’aide duquel sont recensées les agressions et les menaces «homophobes».Ces informations seront colligées dans un rapport plus global qui sera remis le 19 mars à Ta Commission, dit Claudine Metcalfe.Le 1er avril, la Commission doit se pencher à nouveau sur la demande d’enquête publique de la communauté gaie.«Une enquête publique est nécessaire», répète M.Le Clerc.Depuis deux ans, neuf gais auraient été assassinés et des centaines d’autres victimes de violence dans la région de Montréal, soutient le Comité sur la violence de la Table de concertation.Le Service de police de la Communauté urbaine adopte toutefois un ton moins alarmiste.Les statistiques policières ne révèlent pas que les gais sont plus souvent victimes de violence que tout autre groupe.«La violence contre les gais existe.Mais on doit la relativiser.La criminalité n’est pas si forte dans ce secteur», dit Bernard Massé, directeur du poste responsable du quartier Centre-Sud.Il admet toutefois que les gais et lesbiennes hésitent «par peur» à déclarer les actes criminels.«Or, si la police n’est pas avertie, elle ne peut réagir», dit le directeur.Depuis janvier, deux policiers ont repris une patrouille à pied régulière dans le village gai.Cet été, les policiers avaient dû concentrer leurs efforts sur les fêtes du 350e anniversaire de Montréal.Le vaccin ne préviendra que la PHOTO JACQUES NADEAU V.5ft» r^ ~Hi * • 3»?" V**- v •* > % ! Sk:/; MA V ^ U JU*nm* -t.î ^ ¦ î ÜH Et que ça roule ! Cette Mazda HR-X alimentée à l’hydrogène et possédant un moteur rotatif, fait partie des bolides qui seront présentés, à compter d’aujourd’hui et jusqu’au 24 janvier, au Salon international de l’auto de Montréal, au Slade olympique.Pour les nostalgiques, le salon présente des modèles d’automobiles commercialisés depuis 1969.Mais ne vous y trompez pas, les lignes de l’avenir ont la cote au Salon.Le premier refuge pour sidéens risque de fermer ses portes Pierre Cayouette LE PREMIER refuge pour sidéens de Montréal risque de fermer ses portes d’ici à la fin du mois, faute d’argent.Créé par la Maison Nazareth il y a quatre ans, le refuge accueille des sidéens en phase terminale seuls et abandonnés.Ce singulier hospice vit principalement de dons du public.Il reçoit également une subvention annuelle de 48 000 $ du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.«Nous demandons au gouvernement d’accroître cette subvention.Mais nous attendons toujours la réponse.Pour mener à bien notre mis- sion, il nous faut 265 000 $ par année », a dit hier M.Dennis Hadley, directeur du centre.Située rue Du Fort, dans l’ouest de Montréal, la maison peut accueillir dix malades.Or, faute de moyens, à peine trois sidéens y séjournent présentement.L’un d’entre eux agonise.En cas de fermeture, les deux autrès seront mutés vers d’autres hospices semblables.La Maison Nazareth accuse un déficit de 725 000 $.Avec sa dette de 523 000 $, le refuge pour sidéens est le principal responsable de cette situation.Avant d’ouvrir son refuge pour sidéens, la Maison Nazareth offrait surtout de l’aide aux personnes âgées abandonnées et aux pauvres.En élargissant sa mission, 1 organis- me a vu les dons du public diminuer.La présence dans leur voisinage d’un refuge où viennent mourir les sidéens a d’ailleurs fortement hérissé les résidants de la rue Du Fort.«Le phénomène s’est atténué avec le temps», note toutefois Dennis Hadley.VOYAGES INTERNATIONAUX V.I.P.4949, Métropolitain 1st tél.326-1987 Cours d'espagnol à Montréal avec séjour d'immersion en Amérique latine, cours, hébergement, repas, billets d'avion, deux mois de séjour.2500 $ ».—-:-» Détenteur d'un permis du Québec Identifié à la «mafia juive» il y a 17 ans, Gerry Snyder reçoit une compensation de 2000 $ Danny Vear UN ANCIEN conseiller municipal de Montréal, Gerry Snyder, a obtenu une compensation symbolique de 2000 $ de Québec et de la Communauté urbaine de Montréal à l’occasion du règlement à l’amiable d’une poursuite de membres de leur corps policier respectif qui l’avait identifié à tort à la «mafia juive».M.Snyder a ainsi reçu 1500 $ de Québec et 500 $ de la CUM, a appris LE DEVOIR.Du même coup, les avocats de M.Snyder, de la Sûreté du Québec et de la CUM se sont désistés des procédures devant les tribunaux depuis 1975.Dans sa requête initiale, M.Snyder exigeait 500 000 $ en dommages moraux et matériels de la SQ et du SPCUM.Par la suite, le montant avait été réduit à 300 000 $.Avec ce règlement à l’amiable, c’est le dernier chapitre d’une saga judiciaire vieille de dix-huit ans qui prend fin.Les faits à l’origine de cette saga remontent à 1975.Cette année-là, l’ancienne Commission de police du Québec enquêtait sur le travail de l’ex-directeur adjoint de la police de la CUM, André Guay.Lors de son témoignage, un agent de la Sûreté du Québec, Henri Dufour, avait rapporté les propos présumés de M.Guay, lesquels identifiaient à tort M.Snyder à la «mafia juive».Les médias avaient reproduit ce témoignage.Mensongers, les propos rapportés entachaient sa réputation, jugeait M.Snyder.C’est pourquoi il avait poursuivi les sept médias qui avaient reproduit les propos infamants.Dans tous les cas, M.Snyder a eu gain de cause.«Dans cette affaire, nous n’étions pas en guerre % ijtSS 7 DES PRIX HONNEUR' cÆ.kx 11 695s* (5 vit.».) ¦ * aTÆLx 16 899s* .(5 vit.».) Voui viendrai pout not prix çrm/ir mb rNttnt pour nota 0CMVK' Basing ?^Aosa Montr.il, 1110 ru.Bl.urv, Laval.2M bout laballa Blvd , Tél: 079-1550 Tél: 625-1953 VaBadulOau» |mwr 1993mknwit• liait» prap lamantin contre les policiers mais contre les médias»., dit Claude-Armand Sheppard, avocat qui représente M.Snyder pour expliquer la compensation symbolique des deux corps policiers.M.Snyder avait obtenu une première compensation du quotidien anglophone The Gazette au terme d’un long débat juridique auquel une décision de la Cour Suprême du Canada a mis fin en mars 1988.Le tribunal avait alors condamné The Gazette à payer 135 000 $ à M.Snyder pour diffamation.Cette somme grimpait à 310 000 $ en calculant les intérêts.En janvier 1992, la Cour d’appel est venue entériner la décision concernant cinq autres médias.Cette décision émanait du dernier jury lors d’un procès civil au Québec.A cette occasion, les journaux Montréal Matin, Montreal Star, la Presse Canadienne, la radio montréalaise CJAD et Broadcast News avaient été condamnés à payer 100 000 $ à M.Snyder.Avec les intérêts, la somme passait à quelque 300 000 $.Enfin, il y a quelques mois, la Société Radio-Canada a consenti une somme «substantielle» à M.Snyder, a indiqué Me Sheppard.Le montant de la compensation n’a cependant pas été révélé.Il reste une dernière formalité judiciaire à remplir pour que le dossier soit clos.Les défunts Montréal Matin et Montreal Star n’étaient pas satisfaits du montant des intérêts qu’ils devaient payer.La Cour d’appel doit maintenant trancher.Une fois cette question réglée, toute cette bataille sera terminée.Aujourd’hui âgé de 73 ans, M.Snyder avait été conseiller municipal de 1957 à 1982.Il avait notamment occupé les postes de vice-président aux finances du Comité organisateur des Jeux olympiques et vice-président du comité exécutif de Montréal.Suprême ironie, M.Snyder avait été accusé de faire partie de la «mafia juive» alors qu’il est un Irlandais catholique pratiquant, note Me Sheppard.-VOLVO Pour un temps limité Profitez en janvier 1993 Garantie Sans 120,000 km sur les modèles 1993 240 - 940 - 960 VOLVO SÉCURITÉ AVANT TOUT VIP^ i STHYACINTHE Automobiles Chicoine Inc.855, me Johnson (514) 875-3999 ST-HUBERT Lemenn Automobile Ltée 3839, boul.Taschereau 678-1220 MONTRÉAL Uptown Auto Ltée 5055, me Paré 737-6666 ST-LÉONARD John Scotti Auto Ltée 4330, rue Jarry Est 725-9394 LAVAL Boulevard St-Martin Auto 1430, bout St-Martin 667-4960 STE-AGATHE Garage Frankie Inc.180, me Principale (819) 326-4775 A-4 M Le Devoir, jeudi 14 janvier 1993 SUITES DE LA PREMIERE PAGE ?Raid l’ONU: le déploiement de missiles dans le nord et le sud du pays sous surveillance occidentale, des infiltrations dans le nord du Koweit, sur lequel Bagdad a réaffirmé sa souveraineté, et l’interdiction des vols des inspecteurs de l’ONU en Irak.Le président Bush a mis en avant, hier soir, «la non observation» par Bagdad des résolutions des Nations unies.«Il y a encore eu ces déplacements incessants de batteries de missiles» (au nord et au sud de l’Irak) qui, selon M.Bush, ont également contribué à précipiter la décision alliée.«J’ai dit auparavant que Saddam Hussein devra se plier aux décisions des Nations unies.Nous sommes très sérieux à ce sujet», a encore déclaré M.Bush.La décision de lancer ce raid avait été prise lundi par la Maison-Blanche.Initialement prévu pour mardi, ce raid avait été annulé, en raison des mauvaises conditions atmosphériques, par le général Colin Powell, chef d’état-major interarmes, alors même que les premiers appareils avaient décollé du porte-avions se trouvant dans le Golfe, le Kitty Hawk.L’ambassadeur d’Irak à l’ONU, M.Nizar Hamdoun, a déclaré alors que le raid était en cours, qu’il avait informé le Conseil de sécurité que, d’une part, Bagdad «arrêtait» les opérations de récupération de matériel à la frontière koweitienne et, d’autre part, que la Commission de désarmement de l’ONU était autorisée à se rendre dans ses propres avions en Irak, semblant indiquer ainsi que Bagdad avait cédé aux exigences alliées.Bagdad avait lancé plus tôt dans la journée une incursion en territoire koweïtien pour la quatrième journée consécutive, où des Irakiens en civil se sont emparés de matériel non militaire, selon la Mission d’observation de l’ONU pour l’Irak et le Koweit (MONUIK).Le ministre de la Défense Ali Hassan al-Majid affirmait que «les forces armées étaient prêtes à libérer les territoires irakiens souillés par les traîtres, du nord jusqu’à l’extrême sud» du pays, dans une allusion au Koweit que Bagdad considère comme sa province méridionale.Le nouveau gouvernement améri-cain a affirmé sa fermeté face à Bagdad ainsi que sa totale solidarité avec les décisions prises par George Bush.Le futur président Bill Clinton est «déterminé à faire tout ce qu’il faudra» pour obtenir le respect par Bagdad des résolutions de l’ONU, a souligné son porte-parole, George Stephanopoulos.Il a ajouté qu’il souhaitait le «succès» de l’opération menée hier, précisant qu’une «opération réussie» signifierait un Irak où le peuple est libre, où ses droits sont respectés et où Saddam Hussein se conforme à toutes les résolutions de l’ONU».Tant l’administration sortante que le gouvernement américain qui prendra les rênes du pouvoir le 20 janvier prochain s’interrogent en tout pas sur les motivations du chef de l’Etat irakien.«Saddam Hussein a agi d’une façon que nous considérons comme irrationnelle tout au long de ces deux dernières années», a déclaré M.Fitzwater.«Pour des raisons que je ne comprends pas, il continue de pousser, de pousser», a estimé comme en écho le président élu.Quelques heures après le raid, le président irakien Saddam Hussein a appelé l’armée de l’air et la défense aérienne de l’Irak à «combattre les alliés» et à détruire leurs avions.«Les criminels sont de retour», a déclaré le président dans un discours télévisé, ajoutant qu’une «nouvelle bataille, une nouvelle guerre sainte a débuté».Mais les agresseurs «seront défaits» par les Irakiens, a-t-il lancé.La télévision d’Etat irakienne a confirmé le raid mené par les Alliés, en annonçant que «les Etats-Unis avaient entrepris des actions hostiles contre le sud du territoire».Après que le porte-parole de la Maison-Blanche, M.Marlin Fitzwater, eut annoncé que la «mission a été accomplie», le président George Bush a estimé que les alliés ont mené ce raid «de superbe manière» et qu’ils «ont fait ce qu’il fallait».Il s’est félicité «du superbe travail effectué par les pilotes et par ceux qui les ont soutenus».M.Fitzwater a également annoncé que le président Bush avait décidé d’envoyer des troupes terrestres au Koweit.Ces troupes, a-t-il précisé, auront pour mission de se préparer à toute «action qui pourrait être nécessaire».Au total, selon le ministre britannique de la Défense, 114 avions ont pris part à l’opération.Six avions de combats français de type Mirage 2 000 RDI, ravitaillés par un C-135, ont participé «en couverture» à la mission, ainsi que six appareils britanniques - quatre chasseurs bombardiers Tornados GR1 et deux avions de ravitaillement - ont indiqué le ministère français de la Défense ainsi que le ministre britannique, M.Malcolm Rifkind.Tous les appareils alliés ont regagné leur bases sains et saufs, ont annoncé M.Major, la Maison-Blanche et le ministère français de la Défense.?Une réponse tance des Occidentaux.«Il veut administrer un coup de pied à George Bush.Khomeiny n’a pas lâché les otages américains tant que Carter était au pouvoir.Saddam Hussein se comporte de la même façon.» M.Tariq Rauf croit que Saddam Hussein veut à tout prix montrer qu’il est capable de tenir tête à l’Occident.Et au passage, il a cherché à embarrasser le président Bush, à quelques jours de la passation de pouvoirs à Washington.Selon Mme Jeanine Krieber, professeur d’études stratégiques au Collège militaire de Saint-Jean, il y a un jeu de puissance régionale dans les desseins de Saddam Hussein.«Malgré sa défaite dans la guerre du Golfe, il veut que l’Irak reste une puissance régionale.Son petit manège de bloquer l’application des résolutions de l’ONU et de mettre des bâtons dans les roues dans les opérations de vérification des experts de l’ONU, n’a pas d’autre but que de démontrer qu’il reste un acteur de premier plan dans la région.» M.Laurence Freedman, professeur d’études stratégiques au King’s College de Londres, voit aussi dans l’attitude de Saddam Hussein une volonté de marquer «presque exactement deux ans après le déclenchement de la guerre du Golfe, qu’il est toujours là, et bien là.» Tous les observateurs s’accordent à dire que la décision américaine de stationner un bataillon de soldats au Koweit n’a qu’une portée symbo- LA METEO Accu-Weather”' prévisions météorologiques\T~^, ___jusqu'à midi, le 14 janvier > ¦ —i» y compris les hautes et basses j 2".' îü températures pour les villes.\ SSi U £3 WhltehorM 14/-24 • MM J'JMT' c*r UatM i w Yellowknife •16A26 Cl WJ Aft*-Weather, If*.GoosoJ3ay 16/-24 Ck J Churchill Saskatoon -™-30 -19/-24 Edmonion 14v-20 Vancouver St.John s .¦ a Calgary ?w- FrederIctorpHalifax 15/-23 14/-17 .Québec Tnundar Day •12/-19 Sudbury y y, ïs* Sault Sta.MarietfTorônto Windsor 3/-8 New York San Francisco Chicago Denver Wasljlpgton «A3 ivern 2£V19 , 13/S QUEBEC Situation générale: une tempête hivernale touche l'extrême sud du Québec.Les quantités maximales de neige seront de l'ordre de 15 centimètres mais à cause des vents relativement forts causant de la poudrerie la visibilité sera fortement réduite en plusieurs endroits du reseau routier du sud de ia province.La péninsule gaspésienne et la côte-Nord ne verront pratiquement rien de cette tempête.Aujourd’hui le dégagement se fera du nord-ouest au sud-est avec des températures qui resteront un peu sous les moyennes saisonnières.Il continuera de faire beau et frais sur l'est.Demain l'extreme sud-ouest sera touché par une faible perturbation mais une vaste crête de haute pression dominera sur le reste de la province en y conservant du temps généralement ensoleillé.MONTRÉAL Nuageux avec 50 % de probabilité de faible neige.Dégagement en après-midi Max.: - 11 Demain: ciel variable.Min.• 15, Max.: -10.Dégagement tard le matin ou tôt l'aprês-midi.Max.: - 13.Demain: ensoleillé avec des passages nuageux.Min.: - 20.Max.: -12.Laurentides, Trois-Rivières, Drummondville: nuageux avec éclaircies et 40 % de probabilité d'averses de neige.Dégagement en après-midi.Max : - 12.Demain ensoleillé avec passages nuageux.Min.: -20.Max.: • 12.Ottawa, Hull: nuageux avec 40 % de probabilité de faible neige.Dégagement tard le matin.Max.: - 11.Demain: ciel variable.Mm.: -15.Max.-10.Cornwall: nuageux avec 40 % de probabilité de faible neige.Dégagement en après-midi.Max - 11.Demain: ciel variable.Min.: -15.Max - 10.Beauce: dégagement tard le matin ou tôt l’après-midi.Max.- 13.Demain: ensoleillé avec des passages nuageux.Min.-20.Max.-12.La Tuque, réserve faunique des Laurentides: dégagement le matin.Max - 18.Demain: ensoleillé.15.Lac-Saint-Jean, Saguenay, Charlevoix: ensoleillé avec passages nuageux.Max.: de moins 16 è moins 19.Demain: ensoleillé.Min : - 25 Max.: -15.Rivière-du-Loup: ensoleillé avec passages nuageux, Max - 15.Demain: ensoleillé.Min : -18.Max.: -12.Rimouskl, Matapédia: ensoleillé avec passages nuageux.Max., de moins 13.Demain: ensoleillé.Min.: - 18.Max -12 Sainte-Anne des monts, parc de la Gaspésie, Gaspé, parc Forillon: ensoleillé avec passages nuageux.Max - 10.Demain: ensoleillé.Min : - 18 Max.: - 8 Baie-Comeau, Sept-lles: ensoleillé.Max - 15.Demain: ensoleillé.Min :-20.Max -12 Basse Côte-Nord, Anticosti: ensoleillé.Max - 15.Demain: ensoleille avec passages nuageux.Min.- 17.Max 12.Venteux.Source: Environnement Canada lique.«Les États-Unis veulent montrer qu’ils sont prêts à défendre le Koweit et qu’il n’y aura pas de répit pour Saddam Hussein tant qu’un changement de direction n’interviendra pas en Irak et que l’Irak ne respectera pas à la lettre les résolutions de l’ONU», dit M.Tariq Rauf.L’attaque aérienne d’hier aura-t-elle atteint son objectif politique?Rien n’est moins sûr.Beaucoup pensent que les visées de Saddam Hussein continueront à lui faire rechercher une confrontation généralisée avec les puissances occidentales.«Saddam Hussein veut risquer le tout pour le tout.Il est persuadé qu’une confrontation généralisée romprait de manière décisive l’ancienne coalition arabe pro-amé-ricaine», pense M.Jacques Zylberberg.«En outre, il croit, à tort, pouvoir compter sur un renversement de tendance en Russie, qui verrait l’aile la plus conservatrice de l’armée lui redevenir favorable.Il prend ses désirs pour des réalités.» «Le personnage est habitué à jouer gros», estime Mme Jeanine Kneber.«Il ne faut pas oublier que son régime est une dictature qui n’a pas à tenir compte de l’opinion et de la population quand on décide de faire entrer l’armée en action.Saddam Hussein décide lui-même jusqu’où il peut aller.S’il met en danger la vie des civils, c’est de son bon vouloir.» Les interprétations varient par contre quant aux répercussions du raid d’hier sur la politique de l’ONU.Certains comme Nicholas Stethem, du Groupe d’analyse stratégiques de Toronto, pense que l’ONU sort renforcée de cette expédition punitive.D’autres pensent le contraire et soulignent d’ailleurs l’absence de commentaires du secrétaire général de l’ONU dans une affaire qui concerne l’organisation internationale au premier chef.Enfin, le désaccord est complet parmi les spécialistes sur l’importance à accorder à Saddam Hussein.M.Tariq Rauf pense que les uissances occidentales sont obnu-ilées par l’Irak et qu’elles devraient réexaminer leur politique sur le sujet.«Saddam Hussein ne vaut pas toute l’attention qu’on lui porte.Plus on se soucie de lui, plus il se joue de nous.» M.Jacques Zylberberg ne partage pas cette analyse: «Il y a un danger de brasier, de la Somalie à la Bosnie dans l’axe musulman.Pour y faire face, il ne faut pas tuer Saddam Hussein, mais il faut démam-teler complètement son arsenal militaire.Les décisions de l’ONU à ce chapitre ont été trop classiques et trop restreintes.» ?Implants Malgré l’interdit cependant, certaines femmes pourront toujours obtenir des implants à base de gel de silicone pour des raisons que le Ministère de la Santé décrit comme humanitaires.Ce sont les femmes ui auraient des motifs médicaux e réclamer une telle intervention, à la suite d’une mastectomie ou du remplacement d’une prothèse déficiente ou pour d’autres chirurgies correctives dans le cadre d’un traitement.Mais 80% des porteuses de prothèses mammaires sont motivées par des raisons d’ordre strictement esthétique et celles-là n’auront plus accès aux implants à base de gel de silicone.Avec cette décision, le Canada se retrouve d’ailleurs sur la même longueur d’onde que les États-Unis.Washington a banni la vente libre d’implants à base de gel de silicone dè$ avril dernier.A l’époque, le ministre Benoit Bouchard avait rejeté le compromis américain, affirmant qu’en permettant à certaines femmes seulement d’obtenir des implants, il s’exposait à des accusations de discrimination en vertu de la Charte des droits de la Constitution.Mais hier, le ministre fédéral s’est rendu à la fois aux arguments des groupes qui réclamaient une interdiction formelle et à ceux des mé-decins et chirurgiens plastiques voulant des exceptions pour leurs clientes en cours de traitement et pour d’autres cas de nature médica- ?Bourassa Il s’est réjoui de l’amélioration des statistiques sur le chômage du mois dernier: 32 000 chômeurs de moins, 45 000 emplois de plus; et de taquiner les journalistes, comme il PH0T0AP Le président irakien est apparu hier à la télévision pour dénoncer le raid des avions de la coalition sur le sud du pays.SW i .*>&•&**.¦ ,r if PHOTO JACQUES GRENIER Les bourrasques de neige qui se sont abattues sur Montréal hier après-midi ont causé quelques ennuis de circulation.Les charrues ayant été peu présentes dans nos rues cet hiver, certains ont sans doute les réflexes moins aiguisés comme a pu le constater notre photographe à l'intersection de l’avenue du Président-Kennedy et de la rue Jeanne-Mance.Il est tombé environ cinq centimètres de neige hier sur Montréal.en a l’habitude, leur reprochant de n’avoir pas fait état de cette bonne nouvelle.La façon dont les médias ont rapporté les faits entourant sa maladie a été «difficile pour les proches», a-t-il soutenu.«Je me suis efforcé parfois, dit-il, de camoufler certains journaux.Moi, j’ai la peau dure, je suis habitué».Il a répété que la réapparition du mélanome sur sa poitrine, en décembre, a été «une épreuve très dure».«L’épée de Damoclès qui flottait sur ma tête s’est rapprochée quelque peu», dit-il.Deux ans après l’apparition d’une première tumeur en 1990, il se croyait à l’abri d’une récidive.Mais, ajoute-t-il, il avait tardé à se faire soigner il y a deux ans, préférant rester en poste pour gérer la crise d’Oka.Et ce retard a accentué les chances de rechute.»C’est un risque que j’ai assumé en toute conscience, a-t-il dit.N’importe quel soldat qui va au combat le fait au péril de sa vie.Cela s’applique au chef de l’Etat».M.Bourassa affirme ne prendre aucun médicament et que le bulletin de santé publié vendredi par son médecin traitant, le Dr Steven Rosenberg, est complet.Tout ce qui pouvait être dit avec certitude a été dit, a-t-il soutenu.Le Dr Rosenberg écrit que des métastases se sont propagées à «d’autres endroits» dans l’organisme.M.Bourassa soutient que l’on ne peut identifier avec certitude où.Le médecin a offert au premier ministre de se soumettre à un traitement expérimental qu’il a mis au LE DEVOIR s bureaux du devoir SONT ERTS DU LUNDI A U VENDREDI ]E 9H00 A 16H30 Renseignements (514) 985-3333 Administration (514) 985-3333 Avis publics (514)985-3344 Annonces classées (514) 985-3344 Publicité (514)985-3399 numéro sans Irais 1-800-363-0305 Abonnements Les numéros de téléphone suivants sont valables pour le service de livraison par camelot et pour les abonnements postaux.Monlréal .(514)985-3355 Extérieur ( sans Irais).1-800-463-7559 Service à la clientèle LE DEVOIR 2050, de Bleury, 9e étage Montréal (Québec) H3A3M9 point.Il s’agit d’un vaccin à l’inter-leukin-2.Le traitement prévoit que l’on prélève des cellules (une variété de globules blancs aptes à tuer la maladie) sur le patient, qu’on les cultive en laboratoire pour les lui réinjecter.Lorsque M.Bourassa a subi l’ablation d’un mélanome le 6 janvier, un prélèvement a été fait et il reste à voir, vers la mi-février, ce que la culture des cellules aura donné, a expliqué M.Bourassa hier.Tous les spécialistes s’entendent pour dire que les effets secondaires de ce traitement peuvent être terribles et nécessiter une hospitalisation.A leur arrivée, hier, les ministres Raymond Savoie, Liza Frulla-Hé-bert, Guy Rivard, Marc-Yvan Côté, Yvon Picotte et Sam Elkas se sont dits rassurés par le retour du premier ministre.Aucun n’a voulu spéculer sur une course au leadership.M.Claude Ryan s’est refusé à tout commentaire.M.Picotte s’est dit «bien plus rassuré que si n’importe qui d’autre que M.Bourassa était à sa place».Il prévient d’ailleurs ceux qui auraient des vues sur la direction du parti qu’il «hésiterait beaucoup» à appuyer quelqu’un qui commencerait maintenant à faire campagne.»Je ne conseille à personne» de se lancer en campagne, a renchéri sur un ton menaçant le ministre-organisateur Marc Yvan Côté.Selon lui, M.Bourassa «est un homme d’État qui prendra les décisions qui s’imposent en temps opportun».En attendant, affirme Mme Frul-la-Hébert, le gouvernement va continuer à faire son travail «au jour le jour».«M.Bourassa a donné 25 ans de sa vie, toute sa vie adulte à la politique.Les décisions qu’il va prendre, dit-elle, seront -c’est sûr-, dans les meilleurs intérêts du Québec».Elle admet n’avoir aucune assurance quant au rôle que pourra jouer M.Bourassa lors des prochaines élections: «on ne peut pas prédire l’avenir pour personne; ça dépendra de ce qui va se produire».Et refusant d’en dire plus à ce sujet, elle conclut: «il y a des moments, en politique, où silence, ça veut dire dignité».?Fiducie comme ce fut le cas en 1991 avec la Sun Life, pour être en mesure de prendre le dessus sur lés autres banques au chapitre notamment de la yitaie masse critique.A la faveur de cette opération qui, selon M.Mutch, a nécessité plusieurs mois de préparation, la Société de fiducie Banque de Montréal et ses 25 milliards $ sous administration devance toutes les banques rivales qui ont attaqué de front l’industrie fiduciaire.Et ce, avec d’autant plus de fermeté que celle-ci est dans un état de faiblesse financière si évident, depuis la débâcle immo- bilière, qu’elle est plus exposée que jamais aux prises des banques.Chef de file pendant plus d’une décennie de cette industrie, le Royal Trust symbolise l’actuelle fragilité des acteurs de cette sphère qui, outre les déboires rencontrés dans la zone immobilière, découle en grande partie de leur volonté de concurrencer les banques en se dotant à grand frais, dans les années 80, de vastes réseaux de succursales.Plus prudent que d’autres, le Canada Trust fait exception en affichant un rendement fidèle à sa réputation.^ Mais comme le monde financier n’est pas ces jours-ci à un paradoxe près, l’ouverture effectuée par la Banque de Montréal intervient presque simultanément à l’abandon par les plus importantes compagnies d’assurances de personnes des services fiduciaires pour mieux attaquer les banques.Les Manulife, Sun Life et North American Life ont transformé ou s’apprêtent à transformer leurs sociétés de fiducie en banques de l’annexe B, catégorie dont fait partie la Banque Lauren-tienne.Après regroupement des activités dispersées ici ei là, la Société de fiducie de la Banque de Montréal détient une longueur d’avance sur la Banque Toronto-Dominion qui, après acquisition du Central Guaranty Trust, administre un actif de 20 milliards $ environ.Ces delix institutions seront suivies de la Banque Royale qui, une fois qu’elle aura complété l’achat de la Compagnie Trust International, aura un actif sous administration de 4 milliards $.Après, on retrouve pratiquement nez à nez la Compagnie Trust CIBC, la Fiducie Scotia et la Lau-rentienne avec 1 milliard $ chacune.Au sein de la Banque Nationale, M.Alain Charbonneau, son porte-parole, a rappelé qu’en décembre dernier la société de fiducie NatCàn avait été créée afin de s’établir avec fermeté dans les activités que dispensent ce type de société.Incidemment, M.Charbonneau a confié qu’un plan de développement était en cours d’élaboration.En ce qui a trait maintenant à la stratégie adoptée par M.Mutch et ses collègues, ce dernier a mentionné que la clientèle démographiquement enclavée dans la génération dite du baby-boom serait visée avec d’autant plus d’acuité qu’elle sera de plus en plus encline, d’ici l’an 2000, à se doter d’outils financiers susceptibles de bonifier le profil financier qu’elle entend adopter lorsque le temps sera venu de prendre la retraite.En effet, selon les études réalisées antérieurement à la mise en place de cette société de fiducie, la génération en question va mettre progressivement au rencart sa soif de consommation pour mieux apprivoiser les vertus que l’on prête à la Le Devoir, jeudi 14 janvier 1993 M A-5 I Francisation des allophones: les chiffres ne disent pas tout.Le major-général MacKenzie quitte les Forces armées Josée Boileau C’ÉTAIT ÉCRIT noir sur blanc: de plus en plus d’allophones adoptent le français au Québec, disait cette semaine l’étude de Statistique Canada basée sur le dernier recensement.Du coup la porte était ouverte à toutes les interprétations susceptibles d’apporter de l’eau au moulin du débat linguistique en cette année de révision de la loi 101.Mais des chiffres, ça peut aussi mentir.Et sur la francisation des allophones, ils ne disent pas vraiment la vérité, constataient hier différents démographes.et Statistique Canada.Certes, 37% des allophones québécois, lorsqu’ils optent finalement pour l’une des deux langues officielles à la maison, choisissaient le français en 1991, comparativement à 29% en 1986.En termes statistiques, c’est là une avancée fulgurante.Tellement énorme même que certains démographes ont supputé un «tripotage» de chiffres.Mais Réjean Lachapelle, directeur des études démo-linguistiques à Statistique Canada, admettait lui-même qu’en matière de transferts linguistiques, les comparaisons entre 1991 et 1986 sont à prendre avec des pincettes.Parce que la manière de poser les questions sur la langue a changé lors du dernier recensement.«Avant, on demandait dès le départ aux gens quelle était leur langue maternelle, explique M.Lachapelle.Puis on passait aux autres questions: langue parlée à la maison, connaissance des langues officielles, etc.Mais on a constaté que les gens déclaraient plus facilement une langue maternelle autre que le français ou l’anglais quand on leur posait cette question à la fin.Et c’est la stratégie qu’on a adoptée en 1991.» Du coup, partout au Canada, les données en ont été modifiées.Au Québec, ça s’est traduit par une hausse spectaculaire des transferts linguistiques.En 1986, 74 000 allophones québécois avaient affirmé être passés à l’anglais; en 1991, ils furent 120 000 à avouer un tel mouvement.De même, le français parlé à la maison gagnait 69 000 adhérents chez les allophones en 1991 contre 29 000 en 86.De tels bouleversements linguistiques sont tellement.bouleversants sur une période de seulement cinq ans qu’ils ne peuvent s’expliquer que pour des raisons méthodologiques.Le cas le plus flagrant est celui des Haïtiens qui ont le français pour langue d’usage mais qui ont déclaré le créole comme langue maternelle.En 86 on les aurait compté francophones.En 91, ils sont devenus allophones, et ils sont 10 000 dans ce cas au Québec.«Le 37% n’est donc qu’une donnée plus précise par rapport au passé.Mais savoir s’il y a eu évolution des allophones francisés en cinq ans c’est beaucoup moins clair», de dire M.La- L’Association des collèges privés dénonce la vente de Marie-Victorin Isabelle Paré L’ACHAT DU collège Marie-Victorin au coût de 40 millions $ par Québec est une solution ruineuse pour les contribuables qui ne règle rien aux maux qui pèsent sur l’enseignement privé, affirme l’Association des collèges privés du Québec.L’achat par Québec du plus important collège privé de la province devrait être annoncé demain en conférence de presse par la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Science, Mme Lucienne Robillard, lors du dévoilement d’un plan d’ajout de places-élèves dans les cégeps de la région de Montréal.Hier, les porte-parole du ministère ont refusé de commenter cette acquisition.Le directeur du Collège Marie-Victorin, M.André Beaucage, n’a pu être joint pour confirmer les détails de cette transaction.Mais déjà, l’Association regroupant 23 des 24 collèges privés de la province pestait contre cette décision qui, dit-elle, n’est qu’une «solution disproportionnée face au problème».«On a besoin de 2000 places à Montréal, mais acheter le collège est la solution la plus coûteuse.Il en coûtera 20 millions $ de plus par année pour en faire un cégep public», a dénoncé hier M.Benoît Lauzière, président de cette Association et directeur du collège Jean-de-Brébeuf.En fait, ce dernier soutient qu’en haussant de 400$ par année les subventions par étudiant accordées au collège Marie-Victorin, Québec aurait pu en éviter la fermeture.Les élèves du collège privé qui coûtaient 4235 $ par année aux contribuables, en coûteront désormais 8240 $ par année dans un cégep.L’an dernier, le déficit du collège Marie-Victorin représentait l’équivalent de 400 $ par étudiant.Bref, l’ajout de huit millions $ aux subventions accordées aux collèges privés — dont plusieurs sont acculés au pied du mur — réglerait les problèmes de l’ensemble du secteur collégial privé, soutient M.Lauzière.En contrepartie, les 40 millions $ versés pour acheter le collège Marie-Victorin et en faire un cégep public pèseront lourd dans la poche des contribuables, dit-il.A l’heure actuelle, il faut «former» l’équivalent de trois étudiants pour iiarvenir à en diplômer un seul dans es cégeps publics.«Les problèmes d’espace au secteur public auraient pu être résolus par d’autres moyens, notamment en haussant la productivité des cégeps.L’augmentation de leur clientèle sera au plus de 1% en 5 ans et se stabilisera après», affirme le directeur du collège Jean-de-Brébeuf.Par ailleurs, l’Association craint eue cette décision ne soit le début du démantèlement du secteur privé, car plusieurs collèges sont en très mauvaise posture financière.Depuis 1981, les subventions au secteur collégial privé ont diminué de 27%, soit presque deux fois plus que celles du secteur public.À l’heure actuelle, les collèges de Mérici, de Lévis, Notre-Dame-de-Foy, Vincent-d’Indy, Saint-Augustin, André-Grasset, Jean-de-Brébeuf et Ma-rianapolis connaissent des problèmes budgétaires, affirme M.Lauzière.¦J*-.:** M ».i à mm chapelle.D’accord, ont abondé les autres démographes, soulignant en plus le caractère marginal des transferts linguistiques.«Au Québec, explique Marc Termo-te, démographe à l’INRS, les deux tiers des allophones utilisent leur langue maternelle à la maison, comparativement au tiers dans le reste du Canada.Ce n’est donc que le tiers du tiers des allophones (69 000 sur les 580 000 que comptent le Québec) qui adoptent le français comme langue d’usage.Alors parler de francisation des allophones, c’est aller vite en affaires!» «Les données qui ont été publiées sont tellement minces, parce qu’elles ne distinguent ni les groupes d’âge, ni les périodes d’arrivée des immigrants, ni même la différence entre les natifs et les immigrants, qu’il faut se méfier de toute conclusion hâtive», renchérissait Madeleine Gagné, démographe au Ministère des communautés culturelles et de l’immigration du Québec.Le célèbre démographe québécois Jacques Henripin, dont les propos sont revendiqués tant par les milieux anglophones oue les groupes nationalistes, faisait lui aussi preuve de circonspection.«Pour parler de francisation des immigrants, il faudrait que 85% d’entre eux transfèrent au français.Alors avec 30% ou 37%, on est encore loin du compte! Il est même encore trop tôt pour mesurer l’impact de la loi 101: il faudra attendre que ces enfants aient 30 ans pour savoir quel groupe linguistique ils auront finalement adopté.Même pour des jeunes scolarisés en français, la force d’attraction de l’anglais reste considérable.et internationale.«Et pourtant les Francophones du Québec n’ont pas à se plaindre: leur proportion ira croissant tout simplement parce que les Anglais nous quittent -même s’il en restera toujours un noyau dur à Montréal- et que les immigrants ne restent pas.C’est triste à constater mais c’est bien [)arce qu’on est faibles qu’on prend de a vigueur!» TORONTO (PC) — Après une carrière de 33 ans, dont cinq mois à la tête d’une mission de paix des Na-, tions unies dans l’ancienne Yougoslavie, le major-général Lewis MacKenzie a remis sa démission, hier, aux Forces armées canadiennes.Il a expliqué sa décision par l’acceptation d'engagements plus nombreux en dehors de son travail et le peu de temps qui lui reste pour bien diriger les 14 000 militaires de carrière et réservistes dont on lui a confié le commandement, à la base de Down view, en Ontario.Avec une pension annuelle d’environ 62 000 $, le général MacKenzie, qui est â^é de 52 ans, pourra maintenant s’occuper de la rédaction d’un livre sur ses expériences en Yougoslavie, dont le texte doit être remis à l’éditeur en mars prochain.Il participera, d’un autre côté, aux travaux de l’Institut canadien des études stratégiques, qui surveille la scène internationale et en analyse particulièrement les conflits.Il pourra surtout, a-t-il souligné au cours d’une conférence de presse, exprimer ouvertement son opinion sur une foule de sujets.Jusqu’ici, a-t-il reconnu, ses supérieurs ont accepté qu’il se prononce sur divers sujets, mais il ne veut pas continuer au point de les «irriter».Le général a révélé que conservateurs et libéraux lui ont également proposé de se porter candidat aux prochaines élections fédérales, qui seront déclenchées cette année.«J’ai étudié leurs propositions, a-t-il dit, mais il me faut encore un peu plus de temps pour réfléchir.Je ne penche ni d’un côté ni de l’autre.J’aimerais cependant faire partie de l’équipe gagnante».Jusqu’ici, a-t-il rappelé, il a essayé d’éviter de parler de politique, sauf dans les cas où les intérêts des forces armées étaient enjeu.En Yougoslavie, où il a été projeté sur la scène internationale, il a commandé 1200 Casques bleus, dont PHOTO PRESSE CANADIENNE Le major-général Lewis MacKenzie salue les journalistes, après avoir annoncé qu’il remettait sa démission aux Forces armées canadiennes.800 Canadiens.Il avait auparavant participé à des missions ae l’ONU au Vietnam, à Chypre et en Amérique centrale.Depuis son retour au Canada, en août dernier, le général MacKenzie se dit inondé de demandes pour raconter ses expériences en Yougosla- vie.Avec l’assentiment du premier ministre Brian Mulroney, il est même allé témoigner devant le comité sénatorial des services armés, à Washington.«J’accepte seulement la moitié des demandes et c’est encore trop», a-t-il déclaré.Communautés culturelles: le Parti québécois a beaucoup à faire, affirme Fatima Houda-Pépin Jean Dion LE PARTI québécois a toujours eu du mal à courtiser les membres des communautés ethniques, et l’approche qu’il entend adopter en vue des procnaines élections ne résoudra pas son problème, soutient la directrice du Centre maghrébin de recherche et d’information, Fatima Houda-Pépin.De fait, le PQ doit effectuer un virage à 180 degrés dans sa politique à l’égard des minorités culturelles et s’engager à «leur donner la place qui leur revient», sinon «les immigrants ne se reconnaîtront toujours pas dans le parti et dans le projet de société dont il est porteur», a affirmé Mme Houda-Pépin lors d’un entretien au DEVOIR.Précisant qu’elle ne parlait au nom d’aucun groupe particulier, mais simplement «en tant que Québécoise, politicologue et personne au fait des relations interculturelles», Mme Houda-Pépin réagissait à l’article paru dans nos pages lundi et selon lequel le PQ s’apprêterait à me- ner une vaste opération d’information auprès des communautés ethniques.D’après un document préparatoire au conseil national du parti, qui aura lieu dans 10 jours, le PQ voudrait ainsi corriger le fait que «les membres des communautés culturelles connaissent bien peu de choses de notre programme et (que) la majorité d’entre eux comprennent mal pourquoi nous voulons diviser leur terre d’accueil».Pour ce faire, il a l’intention «d’établir le contact, de les rencontrer, communauté par communauté, afin d’expliquer, écouter, discuter, rassurer et convaincre».Or c’est précisément cette façon de procéder, croit Mme Houda-Pépin, qui est à la source du problème.D’abord, soutient-elle, le diagnostic est mal posé en ce qu’il laisse entendre que les Néo-Québécois «ne savent pas lire» le programme du PQ.Mais moi, je dis: à qui la faute?Le premier gouvernement Lévesque avait fait montre d’ouverture, mais là s’est arrêtée la volonté réelle d’intégrer la réalité plurielle du Québec.Depuis le référendum de 1980, qu’a fait le PQ pour faire connaître son projet et y inclure les groupes ethniques?C’est au parti que revient le fardeau de la preuve.» En outre, dit Mme Houda-Pépin, le PQ fait fausse route en continuant de considérer la réalité multiethnique «comme une affaire de communautés.Ce qu’il faut, c’est adhérer à une approche qui intègre les différents groupes et leur fait une place.Ce n’est pas en parlant à chaque groupe dans son coin et en distribuant quelques bonbons avant les élections que le parti pourra trouver sa niche dans la faveur des électeurs des minorités.» La directrice du CMRI se défend bien de faire de la «critique gratuite», cherchant plutôt à «enrichir la réflexion sur ce que sera le Québec de demain et dont le Parti québécois, en tant que parti national, est un élément important».Mais elle souligne ue l’heure est venue de dépasser les iscours pour passer aux actes.A cet égard, elle soumet quelques suggestions.«Le PQ, par la voix de Jacques Parizeau lui-même, doit s’engager clai- rement sur la place publique.Il doit préciser la place qu’il entend donner aux minorités dans un Québec souverain.Il doit donner l’assurance que la fonction publique ira puiser dans les compétences des Néo-Québécois.Il doit présenter des candidats ‘ethniques’ crédibles.Il doit promettre de convoquer des états généraux de l’intégration.Il doit en somme briser le cercle vicieux qui le laissent loin des préoccupations des communautés culturelles, et vice-versa.» Mme Houda-Pépin dit éprouver une sincère admiration pour des pé-quistes en vue, comme Gérald Godin ou Michel Bourdon, «qui font beaucoup.Mais le parti en tant que tel, fioursuit-elle, n’a pas encore abordé a question multiculturelle de front.En son sein même, les minorités n’y sont représentées qu’à travers un comité sur les communautés culturelles distinct et seulement consultatif.Pourtant, le vaste projet du PQ interpelle tout le monde, les Néo-Québécois y compris.Ces derniers savent où sont leurs intérêts, et le Parti québécois doit travailler à les mieux comprendre», conclut-elle.EN BREF Les évêques se prononcent contre la décriminalisation de l’aide au suicide OTTAWA (PC) — Décriminaliser l’aide au suicide ou légaliser l’euthanasie auraient des conséquences néfastes et ne devraient pas être autorisés, a indiqué hier le président de la Conférence des évêques catholiques du Canada, Mgr Marcel Gervais.Dans une déclaration publique diffusée hier, l’archevêque d’Ottawa souligne que l’aide au suicide et l’euthanasie sur demande comportent «des implications éthiques à longue portée en ce qui concerne la vie, la dignité et la solidarité humaine».Il s’attriste du fait qu’on confonde le principe de mourir avec dignité avec l’idée de «faire mourir un malade».«La famille, l’Église, les communautés et la société doivent offrir une solution autre que celle de donner la mort», écrit-il.Cette déclaration du président de la Conférence survient alors que les tribunaux doivent décider d’une requête de Mme Sue Rodriguez, de Colombie-Britan- Mgr Marcel Gervais nique.Atteinte d’une maladie incurable, la sclérose amyotrophique latérale (la maladie de Lou Gehrig), Mme Rodriguez voudrait, lorsque sa maladie sera en phase terminale, avoir l’aide de quelqu’un pour mettre fin à ses jours.Les Saint-Pierrais toujours détenus ST-JEAN, T.-N.(PC) — Les cinquante protestataires des îles Saint-Pierre-et-Miquelon arrêtés pour pêche illégale sont restés en détention, hier, pendant que leurs avocats marchandaient avec la France le paiement du cautionnement, évalué à 1,4 million$, nécessaire pour les faire libérer.Les discussions pourraient prendre un certain temps, mais nous ne sommes pas pressés, a déclaré M.Victor Reux, conseiller économique des îles françaises, situées au sud de Terre-Neuve.Le moral des hommes est bon,ajoutait-il.Une audience en libération sur cautionnement, d’abord fixée à hier, a été reportée à demain, pour laisser au groupe de pêcheurs plus de temps pour négocier avec la France et trouver la somme requise, soit 10 000 $ par homme et 450 000 $ pour chacun des deux chalutiers arraisonnés par les autorités canadiennes la semaine dernière.Les armateurs du Saint-Laurent en désaccord avec Charest QUEBEC (PC) — Les armateurs du Saint-Laurent trouvent «dangereuse et excessive» la récente déclaration du ministre fédéral de l’Environnement, Jean Charest, qui a avancé l’hvpothôse que les pétroliers pourraient éventuellement se voir refuser l’accès au fleuve Saint-Laurent.«
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