Le devoir, 3 avril 1993, Cahier C
1.E I) E V 0 I R .L E S S A M E 1) I 3 E T 1) I M A X (’ Il E I A V R I l.I !> !» 3 ?LE DEVOIR ?i Cinéma Page C-3 Théâtre Page C-6 Musique Page C-8 Arts visuels Page C-14 Audiences du CRTC Des pistes mais pas d’action PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Où trouver l’argent nécessaire à la fabrication d’émissions canadiennes de qualité pour la télévision?Où trouver l’audace de concevoir des dialogues de plus de six mots?Ces questions ont habité «les audiences du siècle» du CRTC, sur la télévision de l’avenir, qui ont pris fin la semaine dernière.Et même si l’écheveau que doit démêler le président du CRTC, M.Keith Spicer, est avant tout technologique (satellites, compression numérique, fibre optique, télé à la carte, etc), il ne fait de doute pour aucun des 170 participants à ces audiences que le contenu canadien reste primordial.Pendant quatre semaines, tous les ténors, petits et grands, de la télévision ont défilé devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) en plaidant pour leur paroisse.Les principaux acteurs ont, sans surprise, demandé plus d’argent.Le prétexte était tout trouvé: il faut contrer la menace américaine.Dans cette guerre verbale, la voix des câblodistributeurs s’est élevée au dessus des autres.Leur association est bien structurée, leur lobby est efficace et l’argent ne manque pas.Il nous faut des sous et des licences, disent-ils, pour développer notre système de transmission, de manière à contrer les centaines de canaux américains qui, au tournant de 1994, envahiront nos chaumières.Fort bien, ont répliqué plusieurs autres, dont Radio-Canada, mais encore faut-il pouvoir placer, sur cette nouvelle kyrielle de canaux canadiens, des émissions de qualité.Alors pourquoi, vous les câblodistributeurs, ne nous donneriez-vous pas un peu de vos nombreux sous?L’idée fait son chemin, même chez les câblodistributeurs.Le président de Rogers Cable a fait un pas dans cette direction pendant les audiences.Cela est fort bien, croit Jean-Guy Tremblay, de l’Université du Québec à Montréal, qui, avec son groupe de recherche sur la télévision, suit l’évolution du monde télévisuel depuis de nombreuses années.Mais attention, prévient-il, il faudrait s’assurer que l'argent déposé dans un tel fonds en vaille la peine.«Le président de Rogers Cable a parlé de verser l’équivalent du taux de rendement annuel de 100 mil-lions$, ce qui, au mieux, signifie 10 millions$.Des pinottes.Il faudrait qu’entre 30 à 35 millions$ soient versés chaque année pour permettre la production d’émissions de télévision canadiennes de qualité», croit M.Tremblay, qui a donné une entrevue au DEVOIR cette semaine.Le chercheur croit en outre que Téléfilm Canada pourrait très bien administrer un tel fonds.En ajoutant cette somme à celle dont les producteurs privés et publics disposent déjà, poursuit M.Tremblay, ce sont 100 millionsS qui seraient investis chaque année dans la production canadienne.Un minimum, à son avis.Car à l’heure du libre-échange, peu de groupes demandent au CRTC de fermer complètement la porte aux satellites américains.«Si on ne soutient pas les contenus, on se fera lessiver», commente M.Lacroix.Ce dernier travaille avec un autre professeur de l’UQAM, M.Gaétan Tremblay, associé au département des Communications de l’institution.Ils dirigent depuis de nombreuses années un groupe de recherche qui suit à la trace les changements dans le monde merveilleux de la télévision.Ils ont récemment effectué une étude sur les contenus de Radio- VOIR PAGE C-2: CRTC LES REMAKES, UNE EXCELLENTE SOURCE DE PROFIL POUR LE CINÉMA AMÉRICAIN • ! Deux actrices, une même histoire, Bridget Fonda et Anne Parillaud,' dans Point of No Return et Nikita ** ////• m E C Y C L A G CRÉATION Le retour de Martin Guerre est devenu Sommersby dans sa version américaine .Pas moyen de passer à côté.L’affiche publicitaire du film est placardée partout.Dans la seule région de Montréal, Point of no return et sa version française Sans retour ont envahi une vingtaine de salles de cinéma.L'actrice américaine Bridget Fonda y campe une criminelle à qui le gouvernement offre une riante alternative: la peine de mort, ou une carrière d’assassin au service de l’Etat.A prendre ou à laisser.Cette histoire vous dit quelques chose?Nikita de Ixic Besson, dont le film de John Badham est une copie conforme.Besson a reçu 1 million$ pour céder les droits de «remake» (le mot est francisé) de son thriller au producteur américain.Des «pinottes», quand on y pense.Le remake (d’ailleurs plutôt bien fait) est tellement fidèle à l’original que certaines scènes sont reprises séquence par séquence, plan par plan.Adaptation ou plagiat?Un cran de plus, et les actrices auront la même robe sur le dos.Mais, me demanderez-vous, pourquoi les Américains n’ont-ils pas misé sur le Nikita original pour s’éviter le trouble d’en inventer un nouveau?D’autant plus étonnant, ce remake, que le film de Besson cumulait tous les ingrédients propres à satisfaire les goûts du public américain: action, violence, amour, danger.Que voulez-vous de plus?«Quand Nikita a été diffusé aux Etats-Unis, les distributeurs ont fait 6 millions$ avec, explique le distributeur Didier Farré d’Action Film.Ils s’attendent à récolter 35 ou 40 millionsS grâce au remake et à rejoindre six fois plus de spectateurs.Sans compter que bien des pays préfèrent doubler des films américains qui se plient aux goûts du public, plutôt que de distribuer chez eux les versions originales.» Iæ remake paie.Il commercialise, il uniformise, il actualise, il ajoute un «happy end», et voilà.VOIR PAGE C-2: REMAKES Il y a de plus en plus de remakes au cinéma, un phénomène qui n’est pas nouveau mais qui s’intensifie.Quand le cinéma américain n’a pas d’idées, il achète celles des autres.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR HH t» mx mm» t* >* H ' V W*V w*v WM T:-/- xTxv PRINCE PRINCE TRAVERSES UN APPEL DE DOSSIERS EST LANCÉ AUX ARTISTES DÉSIREUX DE PARTICIPER Date de tombée pour le prochain TRAVERSES de juin : le 30 avril 1993 Renw^rtqméntî; ; 8?8-ART5 Stéphan BALLARD jean-Louis MORIN sculpture ROSS RACINE peinture Lucie ROBERT sculpture-objets du 20 mars au 18 avril 1993 7 jours/semaine, de 11 heures à 18 heures •1 I t il C 2 I.K K V U I I! .I.K S S A M K I) I A K T I) I M A X ( Il K I A V H I I.I II !) 3 CRTC Dépasser les phrases de six mots SUITE DE U PAGE C-l ?* • canada et de Télé-Métropole, leurs conclusions?D’abord qu’à travers une apparente diversité d’émissions, le pattern américain était abondamment copié.Ensuite, que 85% des émissions des deux grands réseaux étaient construites autour de plans-séquences proposant des phrases allant de trois à six mots.«Comme je dis à mes étudiants, cçtte contrainte permet de dire Je HÎC t’aime ou Je ne "Le pattern américain est abondamment copié par les télédiffuseurs locaux.t aime pas», remarque M.Lacroix.Il n’en a pas toujours été ainsi.Ix>s phrases étaient plus longues a la fin des années cinquante.11 faut aussi préciser que tous les producteurs et scénaristes ne succombent pas à la règle du 3-6 mots.Lise Payette, par exemple, s’avère beaucoup plus créative, ce qui ne l'empèche pas d’être très aimée.Mais M.Lacroix ne croit pas que l’amélioration de la programmation du petit écran suffise à assurer l’avenir de la télé d’ici.Il estime en outre que les eâblodistributeurs et les compagnies de téléphone, qui se bat-u;p,t présentement à coups de millions, devront réunir leurs énergies eLaccepter de partager les compé-tdfîfces.I,es prix d’utilisation du téléphone et de la télévision diminueraient sensiblement.sËn Grande-Bretagne, souligne encore M.Tremblay, Vidéotron et Bell Canada ont joint leur efforts pour installer un cable en fibre optique qflilransporte à la fois le téléphone et Id?éâble.«Pourquoi pas ici», deman-diM-il?REMAKES Un phénomène typiquement américain G PAS SI NOUVEAU OUE ÇA.Pas si nouveau que ça, le phénomène du remake, puisque dès 1938, John Crowd dans Casbah adaptait pour l’Amérique le fameux Pepe le Moko de Julien Duvi-vier.Dans les dédales d’Alger, on vit Charles Boyer se substituer à Gabin dans le rôle du mauvais garçon, (ce même film fit l’objet d’un second remake dix ans plus tard entre les mains de John Berry).En 1945, Fritz Lang avec Scarlet Street reprenait La Chienne de Jean Renoir racontant l’éternel mélodrame du pauvre homme dupe et amoureux entraîné dans le mal par une femme de mauvaise vie.Et bien sûr, il y a les thèmes classiques, les mythes inépuisables.On ne compte plus les re- makes de Tarzan et de Frankestein, ni d’ailleurs de Roméo et Juliette.Autre variante: la manière maison.Comme on n’est jamais si bien servi que par soi-même, en 92, le réalisateur hollandais George Sluitzer faisait lui-même le remake de son film L'Homme qui voulait savoir.Sous le titre Vanishing, il venait adoucir la fin, polir les angles po.ur les besoins de la clientèle, resituer l’action aux Etats-Unis.Hitchcock en 56 avait donné lui aussi dans l’auto-remake, retournant son Homme qui en savait trop, datant de 1934, pour l’adapter au goût du jour.Al Pacino (ci-haut), remportait, lundi soir dernier, l’Oscar du meilleur acteur pour le rôle qu’il tenait dans le film Scent of a Woman, un remake de Parfum (le femme (à gauche) de Dino Kisi.Xenakis à Montréa Ne manquez pas I elûtnre une semniut Grand eoneerl Classique» du N LM "activités (exposition, concerts, laide ronde.) Information : (514) 343-5962 Grand concert Classique ïi vendredi lf> avril.21) heures Le Nouvel Ensemble Moderne • • » / , (parant Srrlsi m « .Xenakis M m I Sii I It* ( Humic ( iluiiiipiijziic.220 au*.?m i 1 20$/12$ (rtmliant: 1 - ItilIcMcrir |{rs Jouet, de Pierre Richard, c’était délicieux.N’empêche que ces secondes versions sont de bien meilleure qualité qu’auparavant.Al Pacino n’a pas eu l’Oscar pour rien, il crevait l’écran dans Scent of a woman.Quand au Nikita américain, il n’est pas très inférieur au film de Besson, tout compte fait.Mais règle générale, pour un cinéphile, le remake, c’est l’horreur.«Vol qualifié, s’écrie Anna Leroux, relationniste chez Cinéplex Odéon.Ils s’approprient la colonne vertébrale d’un film».«Réduction de la pensée d’un auteur», renchérit Léo Bonneville, rédacteur en chef de la revue de cinéma Séquence.«Bien sûr que je préfère les films originaux, affirme le cinéaste français Jean-Marie Poiré.Trois hommes et un couffin de Coline Ser-reau, c’est bien meilleur que Three Men and a Baby, l’insipide rema- ke qui en a été tiré.Mais comme on ne vend pas nos films en Amérique de toute façon, à quoi bon se battre contre le diable?Acceptons que nos bonnes idées soient réapprêtées.» Plusieurs producteurs américains ont approché Jean-Marie Poiré pour faire un remake de son hilarant Le père Noël est une ordure dans lequel Anémone et Thierry L’hermite se partageaient la vedette.Mais comme ils étaient sept scénaristes sur cette histoire, les négociations traînent en longueur.Comme des chasseurs de têtes En général, les choses doivent se dérouler plus rondement, car le succès d’un film est souvent lié à sa capacité de capter l’air du temps, de traduire un courant.les producteurs américains agissent comme des chasseurs de têtes, flairant, cherchant à s’alimenter à partir de succès attestés.Les Visiteurs du même Jean-Marie Poiré sortait en France au début de février.Depuis, cette .comédie grand public mettant en scène deux voyageurs du Moyen-Age égarés au XXe siècle pulvérise des records d’affluence.«Déjà, ils m’ont approché pour faire un remake.», de m’expliquer Jean-Marie Poiré.Pour l’instant, le cinéaste résiste.II trouve que les droits sont trop minimes, de l’ordre du million, (c’est la norme).Il attend aussi d’ayoir réalisé la suite des Visiteurs.«Après, on verra.» A cheval sur deux mondes, le Québec est en position de comparer.En tant que marché francophone, les films français sont distribués chez nous.En tant que marché nord-américain, on reçoit le remake, par la suite.Leqqel préférons-nous?«Ça dépend, répond Didier Farré.A l’époque, il a enregistré 120 000 entrées pour Nikita qu’il distribuait au Québec.Un gros succès, ici.«It“s cinéphiles des villes ont tendance à aimer mieux l’original.Mais en dehors de Montréal et Québec, le spectateur aime mieux les productions américaines où tout est expliqué.Il se casse moins la tête.» L’autre jour, a la sortie du cinéma où était projeté Point of no return, j’ai interrogé quelques spectateurs.Parmi ceux qui avaient vu l’original et la copie, tous ont dit préférer Nikita.Ils venaient au remake justement parce qu’ils avaient apprécié le Besson.«Après tout, m’a dit quelqu’un, au théâtre, on va bien voir des mises en scenes différentes d’une même pièce.» D‘ temps qu’un autre lui objecte que le remake, c’est pareil, que le scénario a été édulcoré, modifié pour le rendre inoffensif, le spectateur était déjà parti.«Les cinéphiles des villes ont tendance à aimer mieux l’original.Mais en dehors de Montréal et Québec, le spectateur aime mieux les productions américaines.» Orchestre Métropolitain Apis Erossmann.chef Oliver Jones, piano Stewart Goodyear, piano louis-Philippe Simard percussions sillets dlspuilles.10 $ J?/// ORf III SI RI Ml TROPOI ITAIN AGNf.S SNMANN ¦Iî; Til 3t tlj&r 31,# m il II Ies_ îliEI Alcan .•il: SPÇCTRUm IIS MARDI Et MERCREDI.20 il 21 AVRIL 1003 20 HEURES, AU SPECTRUM 01 MONTREAL m.vfs films, je le rappelle, sont présentés à la Cinémathèque, aux heures habituelles de projection, et la rétrospective entame aujourd’hui sa troisième journée d’activité— mais le moins connu et le plus intéressant restent à venir.Avis aux intéressés.11 est de ceux qui portent à leur comble la fusion et la confusion entre deux esthétiques que l’on dit contraires, imperméables. ÉGALEMENT DISPONIBLES AUX GUICHETS DU TH L B E R T CAMUS MARC BELAND MARTHE TURGEON ROBERT BROUILLETTE LUC PICARD IEAN PETITCLERC PIERRE COLLIN IUC PROULX MARC LEGAULT FRANCOIS PAPINEAU REYNA10 ROBINSON WAJOI MOUAWAD MARTIN LAROCQUE PIERRE BENOiT SOPHIE VAJDA mise en scene BRIGITTE HAENTJENS assistance a la mise en scene ALLAIN ROY scénographie STEPHANE ROY costumes GINETTE NOISEUX éclairage MICHEL BEAULIEU conception musicale et musique originale CLAIRE GIGNAC assistance aux costumes / MARYSE BIENVENU maquillages ANGELO BARSETTI # l G iÜIA In nouvelle tonipngnie'lheoirale salle Denise-Pelletier UNE PRODUCTION DE LA NCT SUPPLEMENTAIRES les 20, 21, 22, 23 et 24 avril co»W*î 7- 3 6 “7^ ESPACE LIBRE DU 23 MARS AU 10 AVRIL nombre di places limité ADMISSION : 790-1245 ESPACE LIBRE : 521-3391 — — - -A.Et i H + H ?- Jacques Lessard retrouve le modernisme du 17e siècle PHOTO MARC LAJOIE Jacques Lessard, directeur du théâtre Repère: «Nos associations avec Robert Lepage continuent.Nous ne travaillons pas qu’avec nos membres.Mais les changements sont aussi l’occasion d’un renouvellement et d’un ressourcement.» LES BILLETS DE LA NCT SONT TRE D’AUJOURD'HUI ET DE LA LICORNE CAMUS EN MARS THM CAMUS NCT VOTRE PASSEPORT EN MARS Le théâtre Repère présente Fuente Ovejuna, une importante oeuvre espagnole RÉMY CHAREST Nous sommes en 1476, en Espagne.Les royaumes de Castille et d’Aragon s’unissent pour mener à sa conclusion la longue lutte contre les musulmans.Dans la foulée de ces bouleversements politiques, le petit village de Fuente Ovejuna — Fontaine-aux-moutons — subit les abus de pouvoir du commandeur local, qui s’intéresse en particulier aux femmes.L’une d’entre elles en viendra d'ailleurs à mener une révolte des habitants contre ce seigneur oppresseur.Nous sommes en 1993, à Québec.Le théâtre Repère, sous la direction de Jacques Lessard, s’apprête à présenter à partir du 6 avril, au public du théâtre Périscope, Fuente Ovejuna, pièce de l’un des plus importants dramaturges espagnols, Felix Lope de Vega Car-pio, né en 1562 et mort en 1635, et prolifique auteur d’au moins 410 pièces de théâtre.Un travail d’envergure, ne serait-ce que par son équipe del6 comédiens, dont Lorraine Côté, Josée Deschênes, Marie Gignac, Antoine La-prise, Michel Nadeau, et Patrie’ Saucier.Une distribution en général assez jeune, dont l’énergie débordante n’a pas fini de faire travailler le metteur en scène: «Une gang comme ça, il faut une main de fer pour les tenir.Pour être sûr de tous les avoir, j’avais préparé des horaires de répétitions dès le mois de septembre!» Jacques Lessard avait aussi travaillé depuis belle lurette à l’adaptation de cette oeuvre d’un auteur qui l’amuse et qu’il admire à la fois: «Lope de Vega a eu une vie tumultueuse, et on le sent dans ses pièces: marié plusieurs fois, il finit par devenir prêtre à la fin de ses jours.11 n’est pas shakespearien, il n’a pas du tout les mêmes préoccupations.Il était très populaire à son époque, à plus d’un niveau.Dans un traité sur l’art de faire des comédies, il écrivait que comme le public paie, on est en droit de lui donner ce qu’il veut.Déjà ce débat-là, il y a 400 ans».«Un de ses grands mérites est d’avoir donné le sens du peuple dans ses pièces.Lope de Vega s’est attaché à présenter des situations très véridiques de la vie des classes populaires.Dans ces préoccupations comme dans son traitement, il est d’un modernisme étonnant.Il y a des discours, dans ses pièces, qu’on pourrait encore entendre dans les lignes ouvertes.Je cite presque textuellement: «Nous on paie les taxes, et eux, ils s’amusent»».Mais Jacques Lessard ne voulait pas, dans l’adaptation comme dans la production, pousser trop loin le modernisme de la pièce.«Il faut que les correspondances se fassent d’elles-mèmes, explique-t-il.Il y a tout le contexte espagnol du 16e siècle qui est très important dans le travail de Lope de Vega, un contexte qu’il ne fallait pas perdre».Ainsi, on soulignera plutôt les parentés d’époques par les costumes de Jean-François Couture, qui chercheront à rappeler ceux de pays souffrant aujourd’hui de tyrannies et de troubles politiques, en particulier l’Europe de l’Est et les Balkans.L’adaptation du texte cherche aussi à rapprocher le phrasé de celui d’ici, maintenant.Jacques Lessard a aussi ajouté un niveau au jeu des comédiens.Le spectateur assistera en effet à la représentation par une troupe itiné- rante de l’histoire de Fontaine-aux-Moutons.Ainsi, les changements de costumes se feront à vue et tout le travail sonore, dirigé par Bernard Bonnier, sera assuré par les comédiens eux-mêmes.«C’est un mécanisme simple qui permet d’expliquer rationnellement pourquoi on voit deux ou trois personnages incarnés par le même comédien, et donc de créer un univers théâtral complet et crédible.On verra bientôt si ça a vraiment marché».Quelques points de Repère Notons au passage une chose: Robert Lepage ne participe pas à cette production du théâtre Repère.Bien que son nom soit intimement associé à cette troupe, avec laquelle il a encore tout récemment produit les trois Shakespeare qui seront présentés à la prochaine édition du Festival de théâtre des Amériques, Lepage n’en est plus membre depuis 1989.Mais l’ombre de l’artisan principal des plus grands succès internationaux du Repère n’est toujours pas complètement disparue, malgré la vigueur et l’importance du travail accompli par ses autres membres.Le retour de Robert Lepage, à Québec, où il veut établir un centre de recherche et de diffusion multidisciplinaire, n’est d’ailleurs pas tout à fait étranger au remue-ménage en cours dans la troupe fondée par Jacques Lessard en 1980.Deux membres de longue date quitteront très bientôt la troupe, soit Richard Fréchette et Marie Gignac.Michel Bematchez, directeur administratif de la troupe, partagera désormais son temps entre le nouveau projet de Robert Lepage et le théâtre Repère.Des déplacements de personnel qui se font en bons termes: «Nos associations avec Robert Lepage continuent.Nous ne travaillons pas qu’avec nos membres.Mais les changements sont aussi l’occasion d’un renouvellement et d’un ressourcement.Nous accueillerons de nouveaux membres, recrutés largement chez les membres de la relève et, l’an prochain, nous passerons trois ou quatre mois à faire de la recherche, entre autres des ateliers sur le corps avec Danse Partout.C’est une des fonctions essentielles de la troupe, sur laquelle nous allons nous concentrer».«C’est certain que l’identification à Lepage a pu camoufler le travail des autres, mais on s’est habitué et on a décidé de laisser notre travail parler.Iæ théâtre Repère n’a pas été, comme d’autres, tué par le très grand succès d’un de ses membres, bien au contraire.La méthode des cycles Repère a commencé avant que Robert soit avec nous, et elle continue toujours à faire son chemin.Nous sommes beaucoup sollicités, un peu partout dans le monde, pour aller parler de la méthode.11 y a un travail auquel on croit, qui continue à évoluer et à faire vivre le Repère».Comme l’écrit Peter Brook en préface de son livre Points de suspension: «Pour qu’un point de vue d’une quelconque utilité, il faut s’y consacrer totalement.Pourtant, en même temps, une petite voix intérieure murmure: Hold on tightly, let go lightly».Il semble bien qu’il en est de même pour les points de Repère.Rémy Charest est journaliste indépendant Lope de Vega a eu une vie tumultueuse et finit par devenir prêtre à la fin de ses jours.O Les Arts du Maurier Ltée présentent Du 24 mars au 8 mai Une production de la Société de la Place des Arts de Montréal Les Meilleurs Amis de Hugh Whitemore Adaptation de Pol Quentin Mise en scène de Jean Faucher Avec Françoise Faucher, Gabriel Gascon, Gérard Poirier Scénographie de Véronique Borboën Éclairages de Michel Beaulieu • Bande sonore de Richard Soly Du mardi au vendredi à 20 h, samedi 16 h 30 et 21 h.ASSISTEZ À L’UN DES SPECTACLES ET OBTENEZ UN TARIF MOITIE PRIX ADULTE POUR L’AUTRE PRODUCTION.SUR PRÉSENTATION DU BILLET Théâtre du Café de la Place U U Place des Arts Réservations téléphoniques : 514 842 2112.Frais de service.Redevance de 1,25$ (+ taxes) sur tout billet de plus de 10 S.ETES-VOUS ALLES .CHEZ DERNIEREMENT m PLACE DES ARTS 1153 L E I) E VOIR.I.E S S A M E I) I 3 E T D I M A N C 11 E I A V R I L I 9 !» 3 T H É A T R E L’oeuvre intime de Michèle Magny C 0 La comédienne et metteure en scène monte sa toute première pièce au Théâtre d’Aujourd’hui GILBERT DAVID La comédienne et metteure en scène Michèle Magny voit ces jours-ci sa toute première pièce, Marina, le dernier rose aux joues, prendre l’affiche au Théâtre d’Aujourd’hui.Sous ce titre assez énigmatique, se cache la figure de Marina Tsvétaéva, une poète de la modernité russe née en 1892, qui allait connaître un destin tragique dans les soubresauts de l’Histoire affolée de son pays.Encore méconnue, Tsvétaéva est pourtant considérée comme l’un des grands écrivains de la première moitié du siècle.Contemporaine d’Anna Akhmatova, de Mandelstam et de Pasternak, elle traverse durement les premières années de la révolution bolchévique de 1917, alors que son mari est dans le camp opposé.Après avoir vécu en exil durant dix-sept ans, elle revient au pays de Staline en 1939, à la veille de la Deuxième Guerre mondiale.Deux ans plus tard, elle s’enlève la vie.Parmi ses recueils importants, citons Verstes en 1922 et La Tsar jeune fille en 1924.Michèle Magny a croisé la poète russe au moment où elle s’interrogeait sur le sens de sa vie professionnelle.«Marina Tsvétaéva a été une exilée.Autour de 1989, j’étais moi-même en crise.Je ne savais plus très bien où était ma place.J’étais toute le temps en porteà-faux, Je me demandais si j’appartenais au milieu théâtral et si, même, je voulais continuer d’en faire partie.J’étais à la recherche de mes racines profondes.La découverte de cette femme et de son écriture a été, pour moi, une grande source de vie.Et je me suis mis à fréquenter les bibliothèques pour lire tout ce qu’elle avait pu écrire.» De cette plongée dans la vie et l’oeuvre de la poète russe est né le projet d’une pièce.Plus ou moins consciemment, Michèle Magny ne tentait-elle pas ainsi de boucler l’une des boucles de son périple théâtral?En tant que metteure en scène, elle a en effet été associée à plusieurs pièces en forme de portraits de femmes: sa première réalisation à ce chapitre remonte à 1984 alors qu’elle mettait en scène La terre est trop courte, Violette Leduc (de Jo-vette Marchessault, avec Les Filles du Roy à Hull.L’année suivante, elle était responsable de la création au Quat’Sous à'Anaïs, dans la queue de la comète, une autre pièce de Marchessault à propos d’une écrivaine, Anaïs Nin.En 1986, elle montait au Café de la Place Sarah ou le cri de la langouste, une pièce qui se penchait sur la vie de la grande comédienne Sarah Bernhardt.Comme comédienne, on se souviendra qu’elle a joué dans La Nef des sorcières au TNM en 1976, dans la production française par Gabriel Garran de Quatre à Quatre, de Michel Garneau, en 1977, et dans Les fées ont soif, de Denise Boucher, en 1978 au TNM.Ces trois oeuvres n’ont pas pu ne pas marquer sa réflexion de femme artiste, engagée dans les questionnements féministes de l’heure.Aujourd’hui, avec sa propre pièce, Michèle Ma- gny est porteuse de nouvelles urgences et elle aimerait que le public aille à la rencontre du personnage de Marina Tsvétaéva comme on irait vers une femme qui a le plus grand respect des choses et des êtres.Une invitation au dépassement.«J’ai écrit mon texte comme une valse lente.Je ne voulais pas d’une écriture qui ne serve qu’à la reproduction du quotidien.Ce qui m’a intéressée, c’est la quête d’amour et de vie entre trois êtres qui seront écrasés par une Histoire qui se fait sans eux.» En s’inspirant du «roman théâtral» Histoire de Sonetchka et du journal de l’auteure russe, Magny a choisi un noeud dramatique qui centre son propos sur le besoin d’amour que Marina a eu toute sa vie, et sur son effroyable solitude, dans un dénuement matériel extrême.Dans le Moscou des studios d’art des années vingt, Marina fait deux rencontres troublantes: celles de Sonetchka, une jeune comédienne, et de Volodia, un jeune comédien, qui en viendront à se disputer l’exclusivité de sa forte présence.«Les acteurs qui vivent dans l’éphémère, veulent une part d’éternité que l’écrivain peut leur donner.Marina a une aura qui les attire.Elle a une vitalité hors du commun.Mais c’est quand elle écrit, comme elle le dit, qu’elle aime le mieux.Peut-être, d’ailleurs, qu’elle a préféré imaginer l’amour plutôt que de le vivre.Elle était incapable de se débattre dans le monde empirique.Toute sa vie s’est transformée en une écriture qui témoigne de son état d'exacerbation et de sa sensibilité toujours sur le qui-vive.Aussi ai-je eu le goût de faire connaître cet être d’exception qui m’avait personnellement aidée à vivre.» Pour l’accompagner dans sa démarche d'écriture, Michèle Magny a pu compter sur le soutien de Michelle Rossignol, la directrice artistique du Théâtre d’Aujourd’hui, qui a mis à sa disposition des conseillers dramatur-giques.11 lui a fallu élaguer dans une matière abondante qui faisait, au départ, un bon quatre heures.«On ne peut jamais savoir si c’est assez, avant d’en faire trop.Au début, j’étais cachée derrière Marina, j’étais pleine de censure et je n’osais pas avancer mes propres mots, à cause de ma trop grande admiration.Puis je me suis donnée des permissions et je me suis appropriée le personnage.A cet égard, Martine Beaulne, qui signe la mise en scène, a été d’une'grande disponibilité et elle m’a beaucoup poussée à aller plus loin dans mon écriture.» Pour cette dernière production-maison du Théâtre d’Aujourd’hui cette saison, la distribution qu’a réunie Martine Beaulne, est de celles qu’on ne pourrait que souhaiter à un auteur qui débute : Lise Guilbault (Marina), Anne Dorval (Sonetchka) et Emmanuel Bilodeau (Volodia) annoncent déjà une création sous le signe de l’intégrité, de la ferveur et de l’intériorité.Toutes choses essentielles pour porter jusqu’au public la vibrante parole d’un théâtre de l’intime.PI fr.3 1 , „«r» V «orW •A Gl ’>> «J Iwoui WHH «Autour de 1989, j’étais moi-même en crise.Je ne savais plus très bien où était ma place.» PHOTO JACQUES GRENIER Michèle Magny a croisé la poète russe Marina Tsvétaéva au moment où elle s’interrogeait sur le sens de sa vie professionnelle.a madeleine arbour, s.d.i.q., d.i.c.designer en aménagement d'intérieur ,essentiel • commerc/0/ depuis 1965 y 266 est, rue st-paul, vieux-montréal h2y lg9 (514) 878-3846 SlHIIII 1)1 1 CiRAM) Till A I Kl DI Ql I UK LE CLUB MUSICAL or OUE8[c I I S PRODUCTIONS MUSICALES s Y N A P s I « Une star du chain de première importance ».New York Pally Mars PRO MUS ICA Verdi et Rossini Le lundi 5 avril 1993 à 20 h Église Saint-Jean-Baptiste (angle des rues Rachel et Henri-Julien) Stabat Mater Chef d’orchestre: Agnès Grossmann Solistes: Claudine Côté, soprano I Lyse Guérin, soprano II Gordon Gletz.ténor Desmond Byrne, basse avec Le Choeur de l’Orchestre Métropolitain Agnès Grossmann Chef d’orchestre Dmitri A HvorostovsKy baryton w Le mardi 20 avril 1993, 20 h baryton If in Grand Théâtre de Québec Salle Louis-Fréchette RECITAL PIANO OUATRE MAINS G A B R_I_B_L_ T_A_^C H I N 0 B R UN__0_R_IG_U_T T 0 Le lundi 5 avril 1993.20 heures.Théâtre Maisonneuve de la P.D.A.«Ma Mère L’Oye» de Ravel, «Fantaisie en (a mineur» et «Divertissement à la hongroise» de Schubert, «leux d’enfants» de Bliet Billets : 20$, 15$ ( étudiants 10S | taxes Incluses Informations : Pro Musics, 3450 St-Urbain, 845-0532 - .> [il ; *¦ r i .r fONCiiu t» p u b i 1 f tif iNvtU pou» i«mio au ba» du cam or i* piaci o o n i «Il Ml | | H « t ON Plut ACHftt* tu» PlACf UN CAtW (»OUll »*OIO TOUT |N ICOU'A^f Il OUt *41 t N t A U COMMINU» tfi OIUV»n AU P»OG»AMM» DU CONCI\' I///I AIR FRANCE # SRC Rédio i Aéttftu FM Stéréo* n Théâtre Maisonneuve Réservations téléphoniques: CTO Plarp ries Arts 514 842 2112.Frais tic service.\J Hace Cies Arts Redevance de 1.25 S 0 taxes) sur tout billet de plus de 10 5.Une invitation de: JEAN-MARC P A il E I N 1 m\ B JBB a Js J «I l B H \ ] Parent rejoint le grand public dans une complicité rarement vue depuis i'aime son corps, j'aime l'allure qu'il a.les beaux jours-d'Yvon Oeschamps.¦ Paul Toulanl / MONTRÉAL CE SOIR Jean-Marc Parent, c'est le gars sympathique, attachant comme tout le monde aime.Il a intégré beaucoup de musique et des éclairages superbes.¦ Doris Synnott / NOUVELLES T.V.A.On peut dire que c'est un grand sociologue.¦ Marie-Ange Barbancourt / MUSIOUE PLUS Jean-Marc Parent n'a pas seulement le vent dans les vojji verbo-moteur surchauffé, ¦ Jocelyne I ¦ Suzanne Lévesque / LA BANDE DES SIX Écoute, je savais plus comment applaudir.Ce gars là fait un show à tomber sul'dos.¦ Michel Barrette / CKOI Un spectacle chaleureux plus drôle que ¦ Paul-Henri Goulet/J Il a le sens de l'nk»— -O sqS 1* mm g ms taxes) sim tout billet de plus de 10 S et 18 AVRIL isSSUw Une picscnlnlioitrie .,t CROI 96.9 FM Si, * > n ir qi *•» S.^ SUZUKI I L K l> K V II I II , I.K S S A M K I) I K T I) I M A X ( Il K I A V IM I.I II II :i iMgw nm Jü .AVERTISSEMENT: Ce spectode contient des scènes suscepHUes de choquer certains spectateurs.PROFITEZ D'UN BON SPECTACLE QUAT’SOUS 100.AVE UES PINS EST MTI.Du 22 mars au 17 avril 1993 L’HOMME LAID de BRAD FRASER mise en scène de Derek Goldby traduction de Maryse Warda |IÉÉSgiE!SMii| avec Jean-François Beaupré.James Hyndman, Stéphane Jacques, Micheline Lanctôt, Macha Limonchik, Marie-Chantal Perron, Mario Saint-Amand ei les r.imsKpiKiirs Marie Bernard, Jean-Yves Cadieu*.David Gaucher.Claude Lemelm Stéphane Mongeau et Olivier Xavier Du mardi au samedi 20 h, dimanche 15 h RÉSERVATIONS : 845-7277 ADMISSION : 790-1245 & Hélène Pedneault Sylvie Tre ïens, on va se faciliter la vie.Butte Saint-Jacques 50, rue Saint-Jacques Ouest © Place d'Armes Réservations : (514) 748-7288 GEORGES Le bonheur d’un retour facultatif Gilles Valiquette propose un nouvel album pour le plaisir PIECES Gilles Valiquette Disques PGV (MUSICOR) SYLVAIN CORMIER I Quand on pénètre, par une ruelle derrière la rue Bourbonniè-re, dans le sous-sol de la petite mai-; son adjacente à son magasin d’ins-! truments MIDI, ce n’est pas le stu-1 dio d’enregistrement informatisé 1 qui s’impose d’abord au regard.Ce • Sont les artefacts des Beatles, soigneusement encadrés, qui accrochent immanquablement l’oeil: une Cevue rarissime de 1964, un mor-î ceau de tapisserie à l’effigie des .quatre garçons dans le vent, un ; magnifique poster de Lennon.Quand on entre chez Musitech-nic, au quatrième étage d’un bâtiment luxueux du boulevard René-,'Lévesque qui abrite également les •istudios de CJMS, le décor du lobby ne signifie en rien au visiteur qu’il se trouve dans une véritable 1 école dédiée à la Conception sonore assistée par ordinateur .De fait, 'C'est l’immense murale du Yellow MSubmarine et des quatre cartoons -psychédéliques des Beatles qui saute à la figure dès que l’on franchit Je seuil, et qui laisserait plutôt'croire à un quartier général de 1 :fart club.^'"Dans l’un ou l’autre endroit, pourtant, on est dans l’univers pro-Téissionnel de Gilles Valiquette, JHbmme d’affaires accompli, pion-'hïèr québécois de l’implantation 'dés ordinateurs — les systèmes SEL — dans l’industrie du disque et du spectacle, fondateur d’un collège spécialisé dans le domaine, auteur-compositeur-interprète majeur des années 70, et beatlema-niaque invétéré qui s’assume.L’ayant rencontré pour la première fois à un spectacle de Ringo Starr à Toronto, c’est d’abord en fan que je le connais.Quand on se revoit, avant de parler de lui, c’est plus fort que nous, on cause Beatles.A-t-il entendu tel récent bootleg?Et le dernier single de McCartney, est-il sorti en copie canadienne?Aujourd’hui, Valiquette est si confortable avec sa beatlemanie qu’il ose ce qu'il n’aurait jamais osé en début de carrière: la laisser filtrer dans son oeuvre musicale.A la toute fin de Mets un peu de soleil dans notre vie.le premier extrait de Pièces, son premier album de nouveau matériel en 13 ans, lui et ses amis choristes Pierre Bertrand et Monique Fauteux refont le coup de la finale de Good Day Sunshine (vous savez, la phrase qui se répète en écho).Le clin d’oeil est évident, et voulu comme tel.«Je n'ai plus peur de ne pas être complètement original.J’aime les Beatles, on le sait, et ça se sent.Je ne le cache plus.» De la même façon, Dans la belle province, avec sa litanie de villes québécoises, ses ««hivers qu’on a passés ensemble à Chicoutimi»» et ses «filles qu’on a rencontrées près de Montmagny»», est clairement le pendant local du Back In The USSR, le clin d’oeil des Beatles aux Beach Boys rendant hommage à Chuck Berry.«Les Américains en tete STUDIO DE MUSIQUE ANCIENNE DE MONTRÉAL i‘ BACH : Cantates pour le temps pascal ^"'Cantates BWV 4, 6, 67 et le motet Jcsn nieine Freucle Of' Solistes : Daniel J.Taylor, alto.François Panneton, ténor, Alain Duguay, basse, avec le choeur et l'ensemble instrumental du Studio sous la direction de Christopher Jackson Le dimanche 4 avril.20 h.Église Notre-Dame-du-Très-Saint-Sacrement, 500, rue Mont-Royal Est.Montréal (métro Mont-Royal) Informations et réservations : 843-4007 PRO MUSICA Gabriel Tacchino.pianiste Bruno Rigutto.pianiste Récital piano quatre mains Ma Mere L'Oye de Ravel.Fantaisie en fa mineur et Divertissement à la hongroise de Schubert, Jeux d'enfants de Bizet Le lundi 5 avril, 20 h.Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts Billets : 20S.15S lét.10S).taxes inc!., en vente chez Pro Musica, 3450, St-Urbain.845-0532 SOCIETE PHILHARMONIQUE DE MONTREAL CONCERT TRADITIONNEL DU VENDREDI SAINT REQUIEM DE CHERUBIN! Adagio et fugue en do mineur de Mozart CHOEUR DE L’UQAM et ORCHESTRE DE LA S.P.M.Direction : MIKLOS TAKACS Le vendredi 9 avril à 20 h.en l'église Saint-Jean-Baptiste Billets 20S.en vente à la Place des Arts : 842-2112 et par le réseau Admission: 790-1245 (plus frais de service) AOMQ Association des organismes musicaux du Québec EN COLLABORATION AVEC i.k devoir ET COOPÉRATIVE V'LES NUAGES" PHOTO LUC PILON «Indépendamment de ce qui va se passer avec cet album, je sais que je vais en faire d’autres et c’est l’essentiel.» nomment constamment leurs villes dans leurs chansons.J’ai pensé que nous y avions droit, nous aussi.» Valiquette se fait plaisir, et il le sait.Le bonheur de lancer un neuvième album, après si longtemps, tient à ce que toute l’opération est profondément facultative.Après tout, même si les vieux fans qui le croisaient à l’occasion lui réclamaient de nouvelles chansons, rien ne l’obligeait vraiment à se commettre: ses entreprises l’occupaient et le satisfaisaient, sa place dans l’histoire du rock québécois était unanimement reconnue, il n’avait jamais cessé d’écrire des chansons et de les enregistrer en privé, et il y avait toujours quelque nouveau disque de McCartney à se procurer.La vie était tellement pleine, de fait, qu’elle méritait une récompense.Un autre album, par exemple.«J’avais tout simplement le goût de le faire.Indépendamment de ce qui va se passer avec cet album, je sais que je vais en faire d’autres, et c’est l’essentiel.Ça me surprend d’aimer encore la musique à ce point.Di réception, pour la première fois de ma carrière, est une considération secondaire.Si on aime mes nouvelles chansons, tant mieux.Mais qu’on ne les aime pas est également très plausible.Moi-même, j’entends tous les jours plein de chansons que je n’aime pas.» Cependant, une fois prise la décision de renouer avec l’avant-scène, Valiquette a organisé son retour comme s’il fondait une nouvelle PME.Rigoureusement.Avec un plan d’action en trois phases.Première étape: ««régler le catalogue»», faire le tour du jardin, histoire de rappeler au souvenir les grands et petits moments du passé, d’où le remarquable mini-coffret paru à l’automne dernier, Où est passé le temps?, avec son lot d’inédits, de succès d’avant-hier que personne n’avait oublié (Je suis cool, La vie en rose, Samedi soir, Fais Attention, Quelle belle journée), et de trouvailles (dont les su- perbes Un et Mes amis s’en vont, uniques pour les harmonies vocales de Pierre Bertrand, Serge Fiori et Richard Séguin).Deuxième étape: «balancer le catalogue avec du neuf».Dont acte.Pièces est un bijou de musique pop intemporelle, plus beatlesque dans l’esprit que dans la forme, un mélange habile de refrains instantanément familiers (Les routes de l’ennui, Ensemble) et de ballades délicates et introspectives (Une pièce dans la nuit), un album simplifié à l’extrême, au sens positif du terme.«Au niveau des arrangements, tout ce que je ne peux pas chanter me dérange.Mon but n’est pas de créer des tourbillons de notes, comme des tours de magie.Un enregistrement est universel quand les gens peuvent s’y retrouver, quand on leur laisse de la place.C’est ce qui rend les chansonniers universels.» Un album où la chanson prime souvent sur le chanteur, où la beauté des harmonies vocales de Bertrand et Fauteux, par exemple, justifie leur place prépondérante au mixage.««Vocalement, je me vois comme en groupe.Je ne voulais pas qu’ils chantent derrière moi, mais avec moi.Les plus belles sonorités, pour moi, ce sont les voix, et je trouve qu’en général, aujourd’hui, on ne les utilise pas assez.Chanter en harmonie, quand les timbres se marient, c’est un kick incroyable.» Troisième étape: remonter sur scène.«Le but ultime de l’aventure», avoue Valiquette.Mais il pose déjà ses conditions.««Je ne suis pas prêt à partir en tournée.Un show agréable pour quatre dont je pourrais me passer, non merci.Rien ne m’y oblige.Mes seuls critères, c’est d’être fier de ce que je fais et d’être confortable en le faisant.» Fntretemps, ne le cherchez pas le 6 juin.Il sera au C.N.E.Stadium à Toronto, au nouveau spectacle de McCartney.Revenir en force, c’est bien beau, mais il ne faut pas perdre le sens des priorités.Société Philharmonique de Montréal CONCERT TRADITIONNEL DU VENDREDI SAINT Sous le haut Patronage du Consul Général d'Italie DOIT.MASSIMO BFRNARDINELLI Cherubini cw ut mineur Adagio et Fugue de Mozart Choeur de l’Université du Québec à Montréal — 250 chanteurs Orchestre de la Société philharmonique de Montréal Direction MIKLOS TAKACS ÉGLISE SAINT-JEAN-BAPTISTE (angle Rachel et Henri-Julien) VENDREDI 9 AVRIL 2()H()() Admission 20 S Billets en vente: l’Iace des Arts 842-2112 Réseau Admission 700-1245 (plus trais tie service) Si disponibles à l’église le soir du concert.la Semaine de la dramaturgie y 5 H m « ¦ ¦ « CT IV A — — «-I « IV x^ 1 « / ï A « « ^-1 « G "\ A x-k M M -X-».x-l « O Lundi 5 17h (Tsar et Dr ma d’Isabelle Doré mise en lecture : Isabelle Villeneuve avec Julie Vincent 20h30 Réver comme on respire de Jérôme Labbé mise en lecture : Michel Monty avec Éric Cabana, Marie Charlebois, François Papineau, Marc-André Piché, Luc Proulx et Johanne Marie Tremblay du 5 au 1 O avril 1993 Une production du Cead en collaboration avec La Licorne Mardi 6 17h Trou de ver de Bernard Slobodian mise en lecture : Jean-Claude Côté avec Stéphane Jacques et Yvan Ponton 20h30 Alphonse de et avec Wajdi Mouawad mise en jeu : Alexis Martin LA LICORNE RESTAURANT-THÉÂTRE 4559 PAPINEAU Laissez-passer obligatoires 523-2246 Mercredi 7 17h L’Allergie de Benoît Pelletier mise en lecture : Luce Pelletier avec Jean-François Blanchard, Mireille Brullcmans, Anne-Marie Desbiens et Margaret McBrearty 20h30 Lancelot du Lac ou le Destin amoureux de Maric-Renée Charcst mise en lecture : Danielle Lépinc avec Stéphane Blanchette, Normand Canac-Marquis, Jean-François Casabonnc, Frédérique Collin, David la Haye, Marie-France Lambert, Manon Lussier, Pierre-Yves Lemieux et Brigitte Poupart Jeudi 8 17h Bisous, conte de ma banlieue de Michel Duchesne mise en lecture : Jean-Frédéric Messier avec Céline Bonnier, Guy Jodoin, Claude Laroche, François L’Ecuyer, André Montmorency et Lise Roy 20h30 Natures mortes de Serge Boucher mise en lecture par l’auteur avec Norman Helms, Dominique Qucsncl et Benoit Vermeulen Vendredi 9 17h Apatrides de et avec Abla Farhoud 20h30 Une histoire de cul d’Elizabeth Bourget mise en jeu : Martine Bcaulne avec Denise Charcst, Henri Chassé et Marie-France Marcotte 22h30 L’Humour au noir de Iyouise Bombardier, Jasmine Dubé, André Ducharmc, Carole Fréchette, Daniel Gauthier, Gabriel Gauthier, Denis Giguère, Louis-Dominique I jvigne, Suzanne Lcbcau et Pascale Rafle montage : Maric-Renée Charcst mise en jeu : Johanne Fontaine avec Marie-Hélène Gagnon, Louis-Georges Girard, Michel Lapcrrièrc, David Ugris, Elyse Marquis, André Robitaillc et Lise Roy Samedi ÎO 13h30 Les Rois fainéants * de Jacques Benoît direction d’atelier : Daniel Simard avec Yvon Bilodeau, Gary Boudrcault, Richard Lalanccttc, Marie-France ïambert, Roger I-arue, Jean-Denis Leduc, Pierre Lcgris, Wajdi Mouawad, Jacinthe Potvin et Denis Roy ' Atelier ouvert sur invitation 17h Loup blanc de Gilbert Turp laboratoire dirigé par Serge Dcnoncourt avec F.mmanucl Bilodeau, Louise Bombardier, Annick Charlebois, Martin Dion, Dominique Iaduc, Marie Michaud, Luc Morisscttc, Louise Saint-Pierre et Sylvain Scott L’ORCHESTRE DE CHAMBRE McGILL prêtante LES JEUNES VIRTUOSES Chef d’orchestre: ALEXANDER BROTT CONCERT DU VENDREDI SAINT ENTRÉE LIBRE HAYDN “LES SEPT DERNIÈRES PAROLES DU CHRIST’ Commentaires: Le Très Rév.Michael Pitts HANDEL: Concerto pour orgue g Soliste: Gérald Whealer LE 17 AVRIL À 20 H [8 Commandtité par une amie anonyme.CATHÉDRALE CHRISTCHURCH (entre Eaton et la Baie) I.K I) K V 0 I It .I F S S A M K I) I I) I M A \ (' K I A V It II 3ARTS V I T R I N E D U DISQUE A« Spectrum Un inqualifiable détournement de légende vivante MY WORLD Ray Charles Warner Quand un Luther Vandross, un Pea-bo Bryson ou un Kenny G (l'horripilant saxophoniste à la crinière frisée, chouchou de Bill Clinton) dilue sa sauce dans les programmations de syn-thés, on ne s’en formalise pas.Au contraire, on n’attend pas autre chose de ceux-là qu’un polissage excessif, qu’une obsession de la perfection sonore, qu'une éradication systématique de tout ce qui accroche l’oreille, de tout ce qui pourrait potentiellement émouvoir l’auditeur.On ne s’attend à rien de plus d’une telle engeance parce qu’on la sait profondément artificielle, dénuée de substance, dépourvue des ingrédients indispensables à la concoction d’une sauce le moindrement consistante.Mais qu’un réalisateur aussi aguerri que Richard Perry, dont l'illustre feuille de route témoigne qu’il a déjà su tirer le meilleur d’une Carly Simon (You’re So Vain) ou d’un Ringo Starr (Photograph, You're Sixteen), gâche aussi grossièrement le retour sur disque de Ray Charles en l’enterrant sous des claviers, des basses et des batteries pré-fabri-quées qui prennent toute la place clans le mixage est non seulement honteux, mais carrément répréhensible.Le résultat est consternant.Je n’aurais jamais cru ça possible avant d’entendre My World: du Ray Charles sans âme! Sous prétexte de Le blues au pétrole de Albert Collins et Johnny Copeland donner un son moderne à sa musique pour la faire connaître à une nouvelle génération (quelle utopie!), Perry a momentanément éteint le feu sacré de Brother Ray.Demie, c’est comme si une immense tempête de neige avait enseveli le Krakatoa en pleine éruption.lit où la lave devrait couler et tout emporter sur son passage, la bise souffle, glaciale.Cela dit, avant de frapper un iceberg, j'exagère un peu.De fait, il y a au moins le tiers des pièces qui sont entièrement jouées sur des instruments non-pro-grammés, où l’on retrouve le Ray Charles capable de donner les bleus à un prêteur sur gages en moins de deux notes — notamment, des versions bien senties du Still Crazy After All These Years de Paul Simon et de la splendide A Song For You de Leon Russell —, mais l’absence générale de chaleur humaine est d’autant plus irrecevable qu'il s’agit, justement, de l’incomparable Ray Charles, du roi des lamentations dont la Georgia On My Mind a fait brailler Gerry Boulet, Billy Joel et John Lennon comme des veaux abandonnées par leurs ruminantes mamans.Quand je compare, c’est plus fort que moi, je m’insurge.Un Ray Charles n’a que faire de la technologie moderne, même s’il ne le sait pas lui-même et qu’il était sans aucun doute en accord avec Perry dans cette déplorable entreprise de réactualisation, même s'il lui plait de s’entendre chanter sur des rythmes Aide aux artistes professionnels ANNÉE 1993-1994 Domaines: arts visuels, arts de la scène, variétés, création multidisciplinaire et multimédia, arts médiatiques, création littéraire et métiers d’art Les artistes professionnels des domaines des arts, des lettres et des métiers d’art sont invités à soumettre un projet donnant droit à une bourse dans le cadre du programme d’Aide aux artistes professionnels.Les projets doivent répondre aux critères de l’un ou l’autre des quatre volets suivants: • soutien à la pratique artistique, • perfectionnement, • ressourcement, • recherche-innovation.Les artistes possédant sept années de pratique professionnelle au Québec ou à l'étranger et dont certaines œuvres ont été diffusées dans des lieux réputés au Québec ou lors d’événements majeurs sur le plan national ou international sont admissibles aux bourses de type «A».Les artistes possédant au moins deux années de pratique artistique au Québec ou à l’étranger et dont certaines œuvres ont été diffusées dans un contexte professionnel au Québec sont admissibles aux bourses de type «B».Dates limites d’inscription • Projets de longue durée (quatre à douze mois): - bourses de type «A» ou «B»: 1CI mai 1993.• Projets de courte durée (quatre mois ou moins): - bourses de type «A»; 1er mai, 1" août, 1er novembre 1993 et 15 janvier 1994; - bourses de type «B»: 1e' mai, 1e’septembre 1993 et 15 janvier 1994.On peut se procurer la brochure d’information sur le programme et le formulaire d’inscription à la direction du ministère de la Culture de sa région ou à la Direction de l'aide aux artistes, aux arts visuels et aux métiers d’art, à Québec, au (418) 644-7188 ou (418) 644-2581.M Domaines: architecture, architecture de paysage et urbanisme Les professionnels des domaines de l’architecture, de l’architecture de paysage et de l’urbanisme sont invités à soumettre un projet donnant droit à une bourse dans le cadre du programme d’Aide aux artistes professionnels.Le programme offre à ces professionnels la possibilité de faire une recherche personnelle axée sur le langage plastique et ne découlant pas d'une commande.Les candidats et candidates doivent avoir à leur actif au moins deux ans de pratique professionnelle.Le montant des bourses peut atteindre 25 000 $ selon la nature et la durée du projet et selon l’expérience du candidat.Dates limites d’inscription • Projets de longue durée (quatre à douze mois): 101 mai 1993.• Projets de courte durée (quatre mois ou moins): 1e' mai et 1er novembre 1993.On peut se procurer la brochure d’information sur le programme et le formulaire d’inscription à la direction du ministère de la Culture de sa région Pour toute information supplémentaire,s’adresser à la Direction de l’aide aux artistes, aux arts visuels et aux métiers d’art, a/s de Danielle Blanchet, à Québec, au (418) 644-7188.Avis important: L'entrée en activité du Conseil des arts et des lettres étant prévue pour l'automne 1993, le ministère de la Culture assume entre temps la gestion des programmes d’aide et l'inscription des demandes de subventions I Gouvernement du Québec Ministère I de la Culture Québec U El El El ' -1 ¦ ‘-ï-rï-,- - ‘ "-v WPLr '•-'••• va?»».:*, u;», - ' •-* •' J ' sg-fêi v, ' % - - -, hip-hop (comme sur l’insupportable TU Be lliere).L’art d’un Ray Charles est aussi intemporel que ses emotions.qui ne sont jamais mieux servies que lorsqu’elles sont dévoilées dans la plus grande nudité possible.Pour enregistrer du Ray Charles, l’approche devrait aller de soi, la même depuis bientôt quarante ans: voix et piano en avant, et le reste — cordes, cuivres, orgue, choeurs, section rythmique — en sourdine.Ce qui m’irrite le plus, c’est que Perry a réuni pour l’occasion autour du Genius Of Soul des accompagnateurs de très haut niveau qu’il sous-utilise de façon criminelle: Billy Preston, vieux complice de Ray de retour à l’orgue Hammond B-3, la puissante Mavis Staples aux choeurs, le batteur exceptionnel Steve Gadd (sur une seule pièce, quel gaspillage!), et même Eric Clapton, dont l’excellent solo au milieu de None Of Us Are Free s’insinue à grand’peine au travers des rythmes maehiniques.Dites-donc, il n’y aurait pas une loi qui punisse le détournement outran-cier de légende vivante?FREEDOM OF CHOICE: Yesterday’s new wave hits as performed by today's stars Artistes divers Caroline Records/Virgin (Capitol-EMI) Déjà, il y a un mois, je posais la question: le retour aux années 80 est-il amorcé?Eh bien, pour les dix-huit jeunes groupes de la scène plus ou moins alternative qui participent à cet hommage aux héraults du new wave, le courant musical post-punk du début des années 80 qui réconciliait la musique pop avec des arrangements simples de guitares et de claviers, on y est depuis un bon moment, et on y batifole gaiement.Il y a là-dessus, comme il se doit, des horreurs et des merveilles, des bizarreries et des évidences, des surprises et des bêtises.D’une curieuse lecture acoustique du Hero Worship des B-52’s par le Peppermint Green Light à une version absolument méconnaissable du Wu-thering Heights de Kate Bush par les très culottés inconnus de White Flag, on s’amuse ferme.Costello, Blondie, The Go-Go’s, Devo, Split Enz, The Human League, Soft Cell, ils y passent tous et n’en ressortent pas intacts.Jusqu’aux sacripants de Sonic Youth qui s’en prennent violemment à Ça plane pour moi.Avez-vous idée de l’état de santé mentale d’une génération qui se souvient avec nostalgie de Plastic Bertrand?Sylvain Cormier SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR A Chicago, ils ont les plus gros abattoirs du monde, le plus gros aéroport au monde, le plus haut edi-lice au monde, la plus grande bourse agricole au monde.C’est le royaume du dollar vert et de Michael Jordan.A Chicago, ils sont gros.D’autant, que cette ville est l’unité de lieu des «kings» des notes sales et lourdes qui, une fois enfilées les unes dans les,autres, donnent le blues.A Houston, ils ne sont pas aussi gros qu’à Chicago.Mais ils ne sont pas petits.De leur banlieue, ils envoient satellite après satellite, histoire de permettre aux quidams de Brossard, Tokyo ou Saint-Cucufa de choisir entre une centaine de canaux TV.S’ils n’ont pas Jordan, ils ont par contre Akeem Olajuwon.Sa moyenne?25,2 points par match.A Houston, ils siphonnent du pétrole.Et pas à peu près.Paraît qu’ils sont si amoureux du pétrodollar, qu’ils piquent même les huiles qui gigotent dans le sous-sol du Delta du Mississippi, situé dans l’état voisin, la pauvre htuisiane.Quand le cours des titres pétroliers prend une «dro-pe», tout dégringole sauf le blues qui s’avère donc une valeur refuge.Quand avant, pendant et après la Deuxième guerre mondiale, les damnés du coton firent leurs baluchons avec l’espoir de bouffer autre chose que des topinambours, ils avaient le choix entre deux destinations.Vous avez gagné, il s’agissait de Chicago ou Houston.Pendant que Willie Dixon, Muddy Waters el leurs petits copains longeaient le Mississippi vers Chicago, Johnny Copeland et Albert Collins échappaient à la monotonie du bleu horizon en s’installant à Houston.Ce soir, ils s’installeront sur la scène du Spectrum.Si Muddy et ses complices de la ville des vents sont les «pros» du blues en béton, sachez que Copeland et, surtout, Collins, sont les alchimistes du blues huileux.Des dérivés sonores du blues pétrolifère, ces deux-là maîtrisent d’autant mieux les secrets, qu’un Louisianais leur en a expliqué les exercices de style qu’en bons Texans ils se sont empressés de pomper.Qu’un Loui-sianais transmette à deux Texans, les bas-côtés du blues du Texas, il y a là quelque chose d’oulipien que l’aimable Raymond Queneau aurait apprécié.Le nom du Louisianais en question?Gatemouth Brown.C’est lui Albert Collins et son comparse Johnny Copeland, alchimistes du blués huileux, feront vibrer leur quincaillerie sur les planches du Spectrum ee soir.qui, selon les confidences recueillies auprès de mister Copeland de son domicile newyorkais, a fait la leçon de chose sur la manière Texas à nos deux lascars.Après Blind Ix-mon Jefferson, Texas Alexander et 'T.Bone Walker, mais avec Lightnin’ Hopkins, Gatemouth Brown est l’un des as du blues texan qui aura trouvé en Albert Collins son joker et en Johnny Copeland son as de pique.Comme c’est souvent le cas, Albert Collins a connu plus d’un succès d’estime dans les années 50 avant de sombrer dans les dédales de l’inconnu avant que des p’tits blancs californiens en fassent leur mentor pour qu’à nouveau son nom recommence à circuler.C’est Canned Heat, les p’tits blancs, et leur On 'The Road Again, qui ont remis notre Collins en selle.Du jour au lendemain, Collins devint pour les Canned Heat, Allman Brothers et autres Big I folding Company, ,1a référence en matière de guitare.A un point tel, que gênés par le succès qu’ils récoltaient sur la peau de Collins et des autres, nos p’tits blancs l’invitèrent à faire les premières parties de leurs shows.Mais voilà, lorsque le blues des blancs-becs sombra corps et biens dans les volutes épaisses du «Flower Power», A.Collins disparut de la carte.Tout au long des années 70, Collins se cantonna en Californie où, à son tour, il expliqua à Robert Cray les us et coutumes du blues à la sauce épicée.Puis, il y eut le big-band.Son big-band.Un big-band sans Can- ned Heal.Un big-band blues sur,son propre blues., , g£) ~Ù>Æ ) I uillaumièro 12,2% alc./vol.A m & Û 1 i SÉLECTIONNÉ PAR THORIN.71570 PONTANEVAUX FRANCE #015958 EN EXCLUSIVITE DANS LA PLUPART DES SUCCURSALES DE LA Prix sujet à changement sans préavis n Société des alcools du Québec ji d) ot> iclai or l tJ (ig -ri mltj M3 - 30 OC lü'J n I -rrrr — Int t il i ont jv*î-a t'3 ¦ Hl 1*7 8,39 + 0,58 TPS +0, 72 TVQ = 9,69 total » L E I) E V 0 I R .L E S S A M E I) I 3 E T 1) I M A N C II E l A V R I L I I) 9 3 a.14 L’astucieux jeu d’illusion JOSEPH BRANCO.Musée d’art contemporain, 185, rue Ste-Catherine ouest, jusqu’au 11 avril 1993.o'i ¦:'j MO NA HAKIM L?installation de Joseph Branco, , ,Nature morte, présentée au Musée d’art contemporain jusqu’au 11 avril, prolonge la démarche coutumière de cet artiste taxée de formaliste.Nulle place pour l’intention de.l’artiste, encore moins pour l’expérience du spectateur.De cette école esfhétique, Branco en retient la ri-guçiir de la composition, la redéfinition du rôle de la peinture à travers ses, mécanismes comme en regard de l’espace fictionnel de représentation., Or la comparaison s’arrête là.L’installation murale, à priori minimale, et froide, fait preuve paradoxalement d’une grande sensibilité.Ce rapport au sensible pose les jalons d’un formalisme renouvelé, sans poqr autant évacuer sa portée critique^ tjans la salle du musée réservée à la Série Projet, un enchaînement linéaire de quadrilatères et de formes circulaires monochromes est ponctué,de quatre objets de verre (appareil photo, couteau, verres), disposés sur trois étagères.Les quadrilatères s’apparentent à des toiles tendues sur châssis, mais sont en fait des ob-je^tableaux moulés en une seule piècp, sans cadre, recouverts d’une résine tantôt chromée, glacée ou goudronnée.Même proposition dans les formes circulaires figurant de,grandes assiettes de quatre pieds de [fjamètre, construites à partir d’un mopje unique, présenté à l’état brut.Avec la sagacité qu’on lui connaît, Braflco procède par des jeux d’illusion, questionnant les limites du cadre, la surface du support comme la relation des motifs au tableau.Ici, le procédé de moulage joue en trom-pe.l,’peil et sert bien le propos de l’ar-tistç, le moule étant par définition la ¦ : jHHPS » ij» éiH i flï i iWnWff-""' t PHOTO MARIO BELISLE Élément pour une nature morte-caméra, une des oeuvres de Joseph Branco exposées au Musée d’art contemporain.reproduction exacte d’un modèle.Ce que Branco perd en travail d’instinct, il le gagne en astuce.De ses réflexions très cartésiennes, l’artiste parvient avec finesse à nous intégrer dans l’engrenage de leurs mécanismes.Pour ce faire, le spectateur doit donc entretenir une proximité avec les oeuvres: examiner la surface et les rebords, prélever les textures, évaluer les nuances et les degrés d’illusion et considérer les lieux physiques de l’exposition.A cet 20 MARS-18 AVRIL 5190 ST-LAURENT effet, le mur est volontairement craquelé autour d’une des oeuvres comme si, par les motifs, il en était son prolongement.De la même manière, l’alignement des objets exposés borde l’espace du spectateur, circulant dans les lieux comme un sujet cadré.C’est précisément à partir de ces coordonnés que réside la perspicacité du procédé critique de Branco.La simple participation du visiteur réussit à entretenir les tensions contenant/contenu, support/surface, cadie/hors-cadre.Tout cela par l’en-.mi de surfaces bidimensionnelles (mis à part les objets de verre).La courbure plus ou moins pro- noncée des pièces carrées et des assiettes (peut-être même des cibles), contredit la planéité chère au modernisme qui, au lieu de tenir le regar-deur à distance, l’attire par une succion en creux.En utilisant le thème de la nature morte, Branco récupère encore une fois ce que le modernisme rejetait avant tout, soit la référence à un objet identifiable.On peut pousser plus loin la réflexion que Branco porte sur l’histoire de l’art et sur la façon dont il récupère la symbolique des objets déposés sur la table des natures mortes hollandaises, objets relégués ici au plan frontal.Attardons- nous plutôt sur la manière dont ces objets qui, issus de notre quotidienneté, arrivent subtilement à abolir la frontière entre l’observateur et l’objet à observer, empruntant alors le territoire du sensitif.Une dame (néophyte en la matière) confia avoir aisément saisi le sens de l’exposition malgré l’austérité première de la composition.«On dirait que l’artiste a dressé la table de façon à ce que les accessoires ne soient plus à notre portée mais plutôt l’inverse.En fait c’est nous qui sommes au menu».Ne serait-ce que pour avoir suscité cette réflexion, Joseph Branco a réussi un tour de force.Un événement d’importance du 3 au 24 avril Denis Juneau Espace 1 œuvres récentes Espace 2 œuvres anciennes vernissage 7 avril de 1 7h à 19h en souscription Sérigraphie de L.Bellefleur (pastorale — tirage de 100 — oeuvre 42 X 50 cm — 30 couleurs — 350,00 S taxes comprises) GALERIE LACERTE^PAIARDY ASSOCIÉS 307, rue Ste-Catherine ouest, porte 515 Montréal H2X 2A3 Métro Place des Arts 844-4464 DROGUES., PAS BESOIN! Santé et Services sociaux Québec '¦.Musée McCord PLUMES ET PACOTILLES Une exposition sur ^les symboles de l'indianité Sj 26 mars au 23 mai 1993 90, rue Sherbrooke ouest, Montréal (514) 3987100 Hues d'ouverture : tnar mer ven lOh-18 h 4«ju 10h - 21 h (entréelibre 18h - 21 h); ïHsam dim 10 h - 17h; fermé le lundi Kites commentées : mar jeu 11 h et 14 h Write t ipouium e U nryam\ét par le Centre culturel Wc/odlarui.et mite fncmulaiirm par le Mutée n/yalde !'Ontario PICASSO - SUTHERLAND - PICASSO AURA - PICASSO - DE KOONING - PIC MO-BACON-PI UTHERLAND - PIC OON1NG - PICASSO 1CASS0 - SAURA - PICASSO - DIX 00N1NG - PICASSO DK-PICASSO-BACON-PICAS! 0 - SUTHERLAND - PICASSO-£ KOONING-PICAS ON - PICASSO - SAU! ¦ DK - PICASSO - R PICASSO - SUTHE1 KO - SAURA - PICAS! - DK - PICASSO - Bi ICASSO - SAURA - PICASSO - DE KOONING - PICASSO - SUTHERLAND -I CORPS CRUCIFIÉS Picasso en colère sur le chemin de Guernica.Cri du coeur contre la barbarie, le linge du Christ se confond avec la muleta du torero.Jusqu'au 16 mai 1993 Pavillon Jean-Noel Desmarais 1380.rue Sherbrooke ouest Autobus 24 ou station de métro Guy-Concordia Information (514) 2854600 U Crucifixion II3XI ©PaMo Picasso 1933/ Vtsf An Droit xi'auteur inc MUSÉF.I)FS B FAUX-ARTS IJF MONTRÉAL cjnis^iano A C C K O C II 1 Galeries, musées, centres autogérés ou maisons de la culture; l’art s’accroche partout.En survol, voici les expositions qu’il ne faut pas rater.RADIUM C’est une nouvelle galerie dans l’est de la ville.Avec une exposition du Portugais Miguel Rebelo.1355, rue Sainte-Catherine est.Jusqu'au 14 avril.PH010 NAIURE Une installation conjointe de Bob Verschueren qui recrée des paysages au sol et d’Ariane Thézé qui présente des cibachromes.Dazibao.Jusqu’au 11 avril.CORPS CRUCIFIÉS Une exposition intimiste et dévastatrice où le tandem Picasso-Bacon nous bouleverse.Musée des beaux-arts.Jusqu’au 16 mai.CODES VESIIMENTAIRES Rien d’inspirant dans votre garde-robe?Faites un tour dans le XIXe siècle où les codes vestimentaires dictaient les bons usages du vêtement.Musée McCord d’histoire canadienne.Jusqu’au 13 juin.FEMMES DE LA BIBLE Ève, la Reine de Saba, Rahab: les peintures de Nathalie Marauda revisitent les grandes figures féminines de la Bible.Maison de la culture Notre-Dame-de-Grâce.Jusqu'au 25 avril.DE L’UNE À L’AUTRE Rencontres entre les arts visuels et l’écriture: dix femmes dialoguent intensément.Maison de la culture Mercier.Jusqu'au 18 avril.IA NATION Quelle en serait la définition la plus apropriée?Les artistes répondent.Galerie Articule.Jusqu’au 25 avril.IA PEINTURE PARLE Louise Robert fait parier la peinture.Volubile et discrète, douce et nerveuse.Galerie Graff.Jusqu’au 10avril.PARCOURS PHOTOGRAPHIQUE Joyeux ludion, Serge Tousignant présente 20 ans de création.Prolifique.Musée du Québec.Jusqu'au 24 mai.Marie-Michèle Croit AncIrée V Ézi N A OEUVRES RÉCENTES du 4 au 14 AVRil L'ARTiSTE SERA PRÉSENTE DiMANcljE 4 AVRil tfj/afs-iLs.d czrf-xt ds ISou^ainuL^E 4511 Sr-DiNis MoniréaI H2J 2L4 TÉ.: 845-2400 LAURENT PILON 18 mars - 18 avril GALERIE VERTICALE ART CONTEMPORAIN Mer.au dim.- 12h à 18h, entrée libre.Conférence de Mona Hakim en présence de Laurent Pilon le 4 avril à 14h (admission 5,00 S) - 1897, Dagenais 0., Laval - 628-8684 - À NOTER: l’exposition de CLAIRE BEAULIEU et LISETTE LEMIEUX est reportée à l'automne prochain, soit du 9 septembre au 10 octobre 1993.Remerciements à Emploi e! Immigration Canada, ministère de la Culture du Québec et à Ville de Laval - INSTALLATION PROGRESSIVE DE SCULPTURE JAPON FRANCE CANADA DU 10 AVRIL AU 10 JUIN IlMMtïïmk M / AU CENTRE D'EXPOSITION de BAIE-SAINT-PAUL UNE EXPOSITION PROGRESSIVE • •• KENJI HORIUCHI ••• JACQUELINE GUILLERMAIN ••• PAUL LACROIX ET VOUS LE CENTRE D'EXPOSITION DE BAIE-SAINT-PAUL I M A X (' Il E I A V ML 1 !» !» 3 C 15 ARTS VISUELS Petits romans et petites nouvelles sur des mémoires lointaines \ I • | t tnpy mm tiSS.ipfjUü m i '•-.‘ ¦ y MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Geneviève Cadieux, La Filure, au choeur des corps (détail), 1990 Installation photographique, 225 X 658,5 cm Coll.: Musée du Québec Photo i Louis Lussier LA NOSTALGIE DU CONFORT Un art de vivre Le meuble de goût à l’époque victorienne au Québec LOUISE ROBERT Galerie Graff 963, rue Rachel est Jusqu’au 10 avril 1993 ARIANE THEZE.BOB VERSCHUEREN Galerie Dazibao 279, rue Sherbrooke ouest, espace 311-C Jusqu’au 11 avril 1993 MARIE-MICHÈLE CRON Dans les marges des livres écornés, les phrases en pattes de mouche, les ratures, les points d’interrogation d’un stylo bille insistant, biaisent le regard de celui qui veut s’abandonner à une première lecture, l’obligeant à s’arrêter, à réfléchir, à reprendre le fil de l’histoire perdu entre ces lignes multiples.Le texte se fait polyphonique, pluri-voque.11 n’y a plus ici un seul auteur évadé de sa tour d’ivoire, mais un autre anonyme qui l’interroge ou le houspille dans le coin d’une page, et nous qui buvons toutes ces paroles comme un nectar ennivrant et très sucré.Les toiles de Louise Robert sont des petits romans, ses dessins, des petites nouvelles, qui racontent non pas un air du temps fragile et précaire, mais des mémoires à la fois lointaines et proxémiques-sélectionnant et associant des images, des souvenirs, des mots glanés dans des dictionnaires, des conversations intimes ou publiques, des rêves.Nous qui passons si peu de temps devant une oeuvre, voilà que l’artiste rusée nous coince dans une démarche qui n’a cure des effets de mode passagers, insistant depuis plus d’une décennie, à revisiter les codes de la peinture, à ouvrir ses limites hypothétiques, à extrapoler sur le décalage et les accointances du geste pictural et graphique.Louise Robert fait parler la peinture, y associe un autre langage qui découpe le réel, mots isolés de leur contexte initial, repris, ajourés, ciselés et dont Une oeuvre d’Ariane Thézé.le centre s’étire et se ramifie dans des lieux ambigus.Là se liguent les points de litige et les affinités électives entre des plans abstraits colorés et enjoués et des figures reconnaissables poétisées et miniaturisées qui continuellement, se cèdent la place et la parole, l’un lorgnant le territoire de l’autre et vice-versa dans le dialogue incessant de fragments discursifs amoureux.Alors que dans les oeuvres sur papier exposées à la galerie Graff, collages intimes égratignés par une écriture vacillante et volontairement maladroite, les gribouillages révélateurs et bavards éparpillent le sens dans tous les sens, leur destin jusque là hasardeux, s’imprime et s’incruste discrètement dans les tableaux.Des lettres droites et stoïques ralentissent la lecture dynamique de champs chromatiques peints nerveusement par le geste physique qui les a déposés ici, et dans des lucarne qui font respirer la matière, apparaissent des objets formant paysages en soi, signes empathiques que l’on s’aproprie jalouse- L’artiste rusée nous coince dans une démarche qui n’a cure des effets de mode passagers.ment.Une chaise attend, rêveuse d’un corps qui va s’y asseoir.Mais le mot qui la désigne, perdu dans la toile, la ramène à son identité triviale.Nous sortirions tout à l’heure il serait tard, écrit l’artiste, tensions inquiètes au conditionnel dans la vision saccadée des choses qui tente d’échapper à l’emprise du temps.Ailleurs, puisque ailleurs il y a, une porte très très bleue renvoie à un rectangle perché en haut de la toile où se détachent deux pots de fleurs, rappels sémantiques et iconographiques de cette phrase gorgée de souvenirs «Pour les vacances nous allons aux petites pointes une plage dont je n’ai plus jamais retrouvé le nom sur la carte».Mémoire un peu rouillée qui se fige dans de larges pans de blanc envahis de gris.Avec Louise Robert, la peinture n’a pas finit de se dépeindre dans les lieux les plus significatifs et les pro- fondeurs les plus troublantes.L’un et l’autre, l’un dans l’autre, l’un contre l’autre.A Dazibao, Bob Ver-schueren étale sur le sol, ses paysages cueillis dans les sous-bois et les forêts, land-art minutieusement encadré et découpé au cordeau et dont l’éphémérité organique accuse la dégradation naturelle des éléments.Ariane Thézé dispose sur le mur 24 photos couleur sur cibachrome d’un arbre exotique dont la parfaite symétrie déjoue le leurre de deux prises de vue légèrement divergentes.Tête en bas, racines au ciel, les branches fourmillent et contaminent dans un heureux duel, les oeuvres de Bob Verschueren.Une installation photographique et sculpturale où de la confrontation antinomique entre les deux pratiques artistiques, naissent des préoccupations similaires qui seront renouvelées ce mois-ci à la galerie Contretype de Bruxelles.Les toiles de Louise Robert sont des petits romans qui racontent des mémoires à la fois lointaines et proxémiques.la poétique de Bob Verschueren, un artiste d’origine belge, rappelle celle de l'allemand Wolfgang Laib qui tamise du pollen de noisetiers ou de pissenlit et qui les transforme en rectangles vaporeux d’une intense et précieuse luminosité.Verschueren a déjà immortalisé sur pellicule les traces de ses at- ' 1 rangements minimalistes végé: : taux.Ariane Thézé qui a été ré-1 ¦ cemment invitée, en tant qu’artiste en résidence à l'École Nationale de photographie d’Arles, a déjà posé sur le sol dans Atnnésis, 1990 ùtt cercle de pigment bleu, et inversé des images de bord de mer.Ici, la nymphe écho veut faire ses ravages mais nul mirage ne vient abîmer son visage.Les photos dé ' ' Thézé, lisses, vivantes et auk nuances mordorées, laissent s’en« chevêtrer en de multiples plans-sé- PU quences, les ramages feuillus, pen-' chés comme une lourde chevelure, touchant presque les polders géométriques de Verschueren au tracé aussi précis que l’oeil de l’Autre qui va chercher l’angle le plus juste, le * détail le plus précis.Les inom-brables feuilles pilées jaunies et” sèches des Laureiltides côtoient des racines d'osmonde qui parsèment la toundra; de minuscules squeletted > organiques essaient de garder lfr| tête haute.Des jeux chromatiquéfr; entre les surfaces sombres ét claires, mates et austères des terres ‘ de feux, et la lumière quasi-divine qui perce à contre-jour les branches' ' de l’arbre, de la prolifération du ml-" croscopique en une vision panoramique, de la multiplication des points de vue qui nous incitent à fai- ‘ re tour et détour, l’espace de la galerie se contracte démesurément sous le poids et le lyrisme d’une nature et ! d’une photographie segmentées ejU ramenées à leur épine dorsale.Danp1 l’entre-deux, la vie rejoint la mort.A moins que cela ne soit l’inverse.Vertigineux.PHOTO JACQUES GREN1KK Brèches, entrelacs, continuités, foisonnement des propos et des formes.Il y a de tout cela dans ces démarches respectives qui semblent surgir de la même main — et pourtant une certaine rupture formelle entre les deux nous prouve aussi et à la fois le contraire — tant elles s’embrassent l’une l’autre en un effet miroir et non pas Méduse, dans un processus illimité d’accumulation, de stratification, de correspondances et de rebondissements autour d’un même objet de curiosité; la quintessence de la nature et son apropriation par le geste culturel qui ramasse, emmagasine et dispose (Verschueren) ou qui aopuie sur le déclencheur de l'appareil photo (Thézé).Découvert il y a quelques années à la galerie Trois Points et la Maison de la culture Mercier, et tout récemment au Musée de Rimouski où il exposait, GENEVIÈVE'| CADIEUX Les plus beaux meubles réalisés au Québec entre 1840 et 1000 : une véritable fenêtre sur un art de vivre, où se côtoient élégance et raffinement, innovations et confort.i M MUSItH l)HS BI* AUX-ARTS 1 # l)H MONTRÉAL Du 4 mars au 16 mai 1993 Une exposition organisée conjointement avec le Musée île la civilisation ggff -Zjff CBC # SRC Eadweard Muybridge.Panorama de San Francitco pri» de California Street Hill, planche* 7 et 8 d’un panorama en treize partie» (1878).EADWEARD MUYBRIDGE ET LE PANORAMA PHOTOGRAPHIQUE DE SAN FRANCISCO, 1850-1880 Du 31 mars au 25 juillet 1993 dans les grandes salles Cette exposition met l’oeuvre de Muybridge en contexte en faisant appel à des images de San Francisco réalisées entre 1850 et 1880, époque où la ville connaît une croissance phénoménale.Les pièces présentées dans cette exposition sont tirées de la collection de photographies du CCA et de collections publiques et particulières des Etats-Unis.Les expositions suivantes sont également présentées : Images de villes idéales : Les expositions universelles Du 17 mars au 1er août 1993 Les croquis de voyage de louis I.Kohn Du 19 mai au 29 août 1993 Les salles d’exposition et la Librairie sont ouvertes du mercredi au dimanche.Information : (514) 939-7026.1920, rue Baile; Montréal, Québec, H3H 2S6 Stations de métro Guy-Concordia et Atwater.Stationnement disponible.CCA Centre Canadien d'Archltecture/Conadlan Centre for Architecture Musée et centre d’étude voué à l'architecture et son histoire t SCULPTURE AFRICAINE de qualité — Achat et Vente ^(514)481-1609 Maîtres Québécois Peintures, œuvres sur papier, sculptures jusqu’au 29 avril 1993 1 WADDINGTON & GORCE 2155 rue Mackay Montréal, Québec Canada H JG 2J2 Tél.: (514) H47-1112 Fax: (5141847-1113 DROGUES., PAS BESOIN! Santé et Services sociaux Québec LE CORPS DANS TOUS SES ÉTATS Les week-ends, participez à nos ateliers de création.Gratuit avec le billet d'admission.4/s$ Ouvert du mardi au dimanche : 1 lh à 18h mercredi : 1 1h à 21 h (gratuit 18h - 21 h) Métro Place-des-Arts Renseignements : 847-6212 Tarifs réduits pour aînés, étudiants, groupes, familles. K) I.K I) E V II III , I.K S S A M E I) I 3 E T I) I M A N C II E 1 A V K I I.I !J 9 3 ¦ .' : ' : -'V'.cô/ÎLSo^ v:Ci?; ; : • • :;at ; >/ vW.r.sSv: .*- %sj?4S' H#- 'a’ ¦¦¦ ' •.¦ ’L;:***.J- :•) -7»: ' vi*.SU ¦ ;*;'Â Ü s» ii mm & f .fiSfe-K; j, «r*!: ¦ mmSÊmfh çs JStt A&'Sv ‘ •¦: • • - •¦/ A-> • *- - : m*
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