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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1993-05-15, Collections de BAnQ.

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La vitrine du livre Page D2 Livres jaunis Page D4 Le feuilleton Page D5 Marie-Claire Blais Page D6 Essais québécois Page D6 ?Mathieu-Robert Sauvé LE DEVOIR LIVR E l> E V OIH.I, E S S A M EDI I S E T I) I M A N C II E I (i M Al I !) il crapaud rare STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Des petits bleus de 32 ans qui se lancent dans l’essai au Québec, il n’y en a pas des tonnes.Si peu que Mathieu-Robert Sauvé apparaît un peu comme un crapaud rare.Il vient de jeter un pavé dans la mare où clapotent et clabau-dent dans la joie ses aînés baby boomers qui aiment la vie et que la vie aime bien, comme dirait la Poune.C’est un jeune journaliste «sans baccalauréat en communication, sans condo ni assurance-vie», dixit son son éditeur, Boréal, en quatrième de couverture de son dernier bouquin, Le Québec à l’âge ingrat.L’actuel reporter au journal institutionnel Forum, de l’Université de Montréal, a traîné l’idée de faire ce bouquin pendant des années, avant de le rédiger en quelques mois, peaufinant son produit jusqu’à la dernière minute.Pour tout dire, les plus récentes sources datent du mois d’avril! l£ résultat: 300 pages bien tassées sur le Québec, sous-titrées Sept défis pour la relève.Sept défis et autant de chapitres clés sur la religion, la culture, l’éducation, la famillç, les médias, l’environnement et l’Etat.Avec deux grands absents, sciemment mis de côté, l’économie et la constitution.«Pour une fois, j’ai voulu creuser encore plus loin, pour montrer que tous nos problèmes n'ont pas nécessairement leur source là», dit l’auteur.Où ont-ils leur fondement, «leur assiette», comme disait ce cher Tocqueville?D’après le titre, on est vite tenté de regarder du côté des générations.Pourtant, l’auteur dans la jeune trentaine se défend bien d’avoir écrit un lamento pour sa génération, encore moins un contrepoint déclamatoire à Im génération Lyrique (Boréal), essai décapant de François Ricard, accusant les baby boomers de tous les torts, de la mort de Dieu à la chemise en polyester.On est loin de là.«Comme Ricard, je m’adresse aux gens de ma génération, explique Sauvé.Mais, en même temps, je pense être plus positif que lui, je ne fais le procès de personne.(.) J’en ai soupé des grands slogans et des grands projets.Je suis lucide, réaliste et je veux juste essayer de voir comment arrimer les différentes classes d'âge entre elles.» Sauvé s’approprie même l’idée d’une nécessaire «solidarité intergénérationnelle».Il cite des exemples tout simples tirés de son quotidien: l’Université qui diplôme des docteurs mais ne les engage plus, les bureaux du centre-ville bourrés de «vieux de 45 ans».«On doit absolument combler le fossé entre les gens au pouvoir et les moins de 35 ans sinon on court tout droit à la catastrophe.» Le résultat échappe aux classifications courantes: essai, grand reporta- VOIR PAGE I)-2: INGRAT Mathieu-Robert Sauvé, l’essayiste de l’âge ingrat.TOUT VA-T-IL POUR LE MIEUX AU ROYAUME DE LA /Mi QUÉBÉCOISE?Notre b \n^ ^ar/0 \' elds#/ j d' de le |i\\^ % r Pablo Castello, le personnage inédit d’André-Philippe Côté.t.Of, r%-fi(\a"cée' s„ O un *4, ¦% PIERRE LEFEBVRE Ici, le lamento des artistes se chante en choeur: le soutien financier de l’État est insuffisant, celui du secteur privé trop frileux, le marché minuscule.On connaît la chanson.Mais imaginez.que l’ONF n’ait jamais existé.Qu’aucun éditeur ne daigne s’intéresser à la littérature ou que Normand Chaurette doive traduire ses pièces en anglais et les proposer à des troupes américaines, sans même avoir l’espoir, après quelles aient été jouées là-bas, de les voir ici dans leur version originale.Ajoutez à ce joli tableau le mépris et la condescendance des gouvernements, des intellectuels, de la plupart des médias et du public en général et vous aurez une idée assez juste de la situation de la bande dessinée au Québec.Car contrairement aux autres domaines artistiques, la bd n’a derrière elle ni institution, ni structure.À l’heure de la Révolution tranquille elle était encore trop balbutiante pour sauter dans le coche.Alors que tout le secteur culturel bourgeonnait, la bd, elle, demeurait stationnaire.Manquant d’eau et de lumière, elle fut forcée, pour survivre, de se développer en lieu clos, entre copains et initiés.Pourtant, fini le temps où les dessinateurs et scénaristes d’ici s’enfonçaient dans un nationalisme de mauvais aloi (souvenez-vous de Bôjoual, le Huron Kébékoi) ou ne commettaient que d’insipides copies des maîtres européens ou américains.Mais la bd n’a pas trouvé sa Jàrndis place au soleil pour autant.Bien sûr, des efforts sont faits.Le Conseil des arts du Canada ainsi que le ministère de la Culture à Québec font place à la bande dessinée.Mais c’est une chose d’obtenir une bourse et une autre de soumettre au public le travail réalisé grâce à elle.À ce jour, un auteur de bd a bien peu la chance de voir son oeuvre exposée dans la vitrine d’une librairie.Bien qu’il existe quelques bourses pour l’aide à l’édition et à la promotion, l’industrie de la bd demeure artisanale.Quant aux éditeurs de littérature ou de livres d’art, aucun d’eux ne semble manifester le moindre intérêt pour la chose, la rentabilité de la bd leur apparaissant douteuse.Pourtant, la bd affiche des chiffres de vente supérieurs à ceux de la poésie et de l’essai, et même, dans certain cas, à ceux du roman.Injuste, non?Chemin de croix Le cas d’André-Philippe Côté est exemplaire.À 38 mis, Côté roule sa bosse dans le domaine depuis 20 ans.Grâce à Baptiste le clochard, la série qu’il anime simultanément pour U Soleil et Safarir, et à son travail de dessinateur au sein de l’équipe de ce magazine, il est parvenu, rare tour de force, à gagner sa croûte.Or voilà qu’il terminait l’an dernier Castello, une bd de 84 pages (format à l’italienne) très éloignée de sa production alimentaire.Racontant l’enquête d’une journaliste au sujet d’une affai- re de faux tableaux et d’usurpation d’identité, Castello est l’une des oeuvres les plus intéressantes qu’il m’ait été donné de lire en bd québécoise au cours de ma vie.Même que ce manuscrit m’apparaît supérieur à la moyenne de ce qui se publie en France et aux États-Unis.Sauf que sur les trois éditeurs de bd qui s’intéressaient au projet, l’un a fermé boutique, l’autre a momentanément cessé ses activités et le dernier s’est vu refuser sa subvention.Typique! Mais à la limite, peu importe que l’un de ces éditeurs le publie ou pas car Côté sera aussi bien desservi à compte d’auteur.Dans un cas comme dans l’autre, il ne pourra espérer plus qu’un tirage de 500 à 1000 exemplaires, qu’aucun distributeur ne sera intéressé à pousser de toute façon, pas plus que la majorité des librairies qui se méfient comme de la peste de la bd québécoise.«Les auteurs sont face à un véritable mur» me disait Côté, lorsque je l’ai joint chez lui au téléphone.«J’ai mis trois ans a ficeler Castello, sans subvention, entre mes travaux pour U Soleil et Safarir, et maintenant, au lieu d’aboutir, c’est le cul-de-sac.On répète ad nauseam que la bd québécoise ne va nulle part, mais c’est quelle n’a nulle part où aller.S’il existait un espace collectif on verrait naître des écoles et des traditions.En l’absence de VOIR PAGE D-2: BANDE DESSINÉE Léon Dion Québec 1945-2000 Tome II : Les intellectuels et le temps de Duplessis Léon Dion analyse le rôle social et la contribution des intellectuels des années 1945 à 1960 qui contestèrent I ancien régime représenté par le gouvernement Duplessis, l’Église et l'idéologie nationaliste.L'auteur trace le portrait de plusieurs d'entre eux — Maurice Lamontagne, Jean Marchand, André Laurendeau, Pierre Trudeau, Jean-Charles Harvey, Paul-Émile Borduas, Jean-Paul Desbiens, Georges-Henri Lévesque — et étudie l'influence des structures qu'ils se sont données: syndicalisme, parti libéral provincial, Faculté des sciences sociales de l'Université Laval et Cité libre.vi-458 pages, 29,95$ UN LIVRE À DÉCOUVRIR.En vente chez votre libraire ou chez l’éditeur [ft] LESPRESSES DE L'UNIVERSITE LAVAL Cité universitaire, Sainte-Foy, Québec , Canada G1K 7P4 Tél.(418) 656 5106 Téléc.(418) 656 2600 La mtdcvhicL ctktarç* drlXpliv* Dr 2 I.E I) E V 0 I H 1.E S S A M E I) I f> E I) I M A N (' E I (i M A !) !) A Li I Ju LA VIE L 1 T T É II A I II E STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Cité Calonne i e jeune éditeur Richard Cloutier a décidé de lancer 3i sf • N Que la poussière retourne donc à la fw poussière, me direz W vous, et Anatole France à son tombeau.Sauf qu’il est toujours drôle de découvrir des aspects inconnus à des institutions littéraires consacrées.Œ PLAISIR ^LIRE Animatrice: Danièle Bombardier Les écrivains ne sont pas tous des stars célébrées par les médias.Loin de là.! Il en est qui ne participent pas au bruit médiatique, qui écrivent par nécessité et que rien, sinon un “manque de foi”, ne saurait faire taire.Et encore là, momentanément.André Major, un des écrivains québécois les plus importants de sa génération, prix Athanase David 1992, est de ceux-là.André Major écrit depuis une trentaine d’années, on lui doit entre autres “Le Cabochon”, “Les Histoires de déserteurs" et “L'hiver au coeur" son dernier ouvrage écrit en 1987.J'ai rencontré André Major, nous avons parlé du besoin d'écrire, de cette passion qui lui revient comme un espoir malgré son manque de foi.Mon deuxième invité cette semaine, le ministre québécois de la justice est un lecteur raisonnable.Possédé par son métier il est passionné par les réflexions sur le pouvoir, la vie publique.Ses choix: les "Mémoires" de Raymond Aaron, la biographie de Winston Churchill et une lecture d'adolescence “La 25ème heure”de Virgil Gheorghiu, un roman qui l’a profondément marqué.Et, pour mon coup de coeur j'ai choisi les "Douze contes vagabonds" de Gabriel Garcia Marquez.PLAISIR DE LIRE Le dimanche à 19 h 30 L’autre télé.L’autre vision.Radio Québec Précision L’illustration accompagnant le texte sur la crise d’identité des périodiques culturels parue en page frontispice du cahier Livres du 24 avril, et reproduite avec l’autorisation du magazine transculturel ViceVersa, est l’oeuvre de l’illustrateur québécois Daniel Sylvestre.BANDÇ DESSINEE 'Si NOUVELLE PARUTION L'Office de la langue française de 1961 à 1974 Regard et témoignage GASTON CHOLETTE Cet ouvrage relate pour la première fois l'histoire de l'Office de la langue française de 1961 à 1974.Son auteur, Gaston Cholette, situe les grandes orientations de l'Office, rappelle les événements, les prises de position, les actions qui ont fait du français, la langue de travail au Québec.Ce précieux témoignage jette un éclairage inédit sur le rôle joué par l'Office dans la définition de la politique de francisation au Québec.487 pages • 35 $ Disponible en librairie et chez l'éditeur INSTITUT QUÉBÉCOIS DE RECHERCHE SUR LA CULTURE 14, rue Haldimand, Québec G1R 4N4 Téléphone: (418) 643-4695 Télécopieur: (418) 646-3317 SUITE DE LA PAGE D-l cadre, de stmetures, j’ai bien peur que nous ne soyons voués au royaume de la dispersion.» Côté n’est pas le seul dans son cas.Quiconque ne versant pas dans l’humour — et dans l’humour spécifique des revues Croc et Safarir — est voué à un long combat solitaire.D’ailleurs même les auteurs de ces deux institutions se retrouvent le bec à l’eau lorsqu’ils s’éloignent, comme Côté, du sacro-saint humour.Si la plupart d’entre eux croient toujours dur comme fer à la bd québécoise, bien peu estiment qu’elle peut se développer ici.On assiste même depuis quelques années à un exode des talents.De plus en plus d’auteurs signent des contrats avec de petits et moyens éditeurs européens ou américains.Les autres, faute de mieux, se retrouvent dans les fanzines — la scène alternative montréalaise montrant d’ailleurs une vitalité peu commune.Mais s’incruster dans un réseau parallèle ne saurait être qu’une solution de rechange.A force de fonctionner en circuit fermé, les auteurs trop souvent s’affadissent, puis se dessèchent, avant même d’avoir pris leur envol.Deux nouvelles revues, Iceberg «nouvelle formule» et Zeppelin tentent de renverser cette tendance de l’underground à se refermer sur lui-même, mais malgré le formidable espoir quelles constituent, l’avenir de la race ne saurait reposer sur leurs seules épaules.La bd québécoise est à une cruciale croisée des chemins.Jamais le nombre d’auteurs dignes de ce nom n’a été si élevé et jamais l’écart entre structure et talents ne fut si grand.Si cette génération meurt étouffée faute d’espace, Dieu sait quand se lèvera la prochaine.Alerte! ILLUSTRATION l)li ANIJKè-PHILIITE COTE TIRKK DU Scenario ni; monsikuk casteu.o, 11192 A V V II ANTONIN ARTAUD Vice Versa, no 42, Juin-août 1993, 94 pages S’associant aux Journées internationales Antonin Artaud, qui se déroulent à Montréal en mai et juin, Vice Versa a préparé ce numéro exceptionnel, qui souligne en même temps le dixième anniversaire du magazine.L’éditorial avoue que les membres de Vice Versa sont fatigués «de l’ethnicité, du nationalisme, de l’identité psycho-sociologique, de la stupidité et finalement de l’injustice».Artaud y est aussi associé à l’esprit «transculturel» qui anime la revue.Les participants font le tour de différentes facettes du personnage, en français, en anglais et en italien, selon les usages en vigueur ici.Certains parlent du visage d’Artaud, d’autres de son théâtre, de ses lettres et de ses dessins, de sa folie.Les reproductions, dont beaucoup sont en couleurs, donnent encore plus de force à cette grande réussite.ANTONIN ARTAUD.LES COUILLES DE l'ANGE Florence de Mèredieu Blusson, 128 pages La référence génitale du titre évoque la conscience de la chair qui anime toute l’oeuvre d’Artaud.Le contrepoint angélique rappelle l’autre pôle de sa pensée écartelée: l’aspiration au divin, au mystique, à la transcendance dans un monde abandonné de Dieu.L’essai questionne cette déchirure entre le rêve d’un corps sublimé et l’angélisme au travers de la médecine, la maladie, le théâtre, la musique et la voix, l’alchimie et l’inconscient.Florence de Mèredieu (quel beau nom!) enseigne l’Esthétique et les Sciences de l’art à l’Université de Paris I.Elle vient aussi de publier Antonin Artaud.Voyages, chez le même éditeur, dans lequel elle interroge les périples d’Artaud au Mexique et en Irlande, dont il n’est jamais vraiment revenu.L’ouvrage est articulé autour de document inédits, surtout des cartes postales.DE L’ANIMAL À L'ASSIETTE Jean-Marie Bourre Éditions Odile Jacob, 261 pages La chair est maintenant triste.Et la thèse de Bourre est simple, mais contre les goûts du jour: Résistons à l’alimentation aseptisée que trop de Politically Correct de la bouffe proposent! Redécouvrons les plaisirs carnivores de nos ancêtres! Contre la foire aux allégés et le raz-de-marée du diététique, le livre plaide pour un retour à l’omelette aux cèpes, aux petits salés, au civet de nos grands-mères.Médecin, ingénieur, chimiste sommité mondiale de la biologie du cerveau et de la neurotoxicologie, Bourre défend sa thèse en vulgarisateur ; de talent et en homme pratique, allant jusqu’à fournir une infinité de trucs de cuisine.FAUT D’LA FUITE DANS LES IDÉES! Marc Favreau (Sol) Stanké, 159 pages Les monologues de Sol sont tirés de deux spectacle; Faut d'là fuite dans les idées! et L'univers est dans la pomme.Faut-il vraiment présenter le genre?Tout y est et jusqu’à plus soif, au grand bonheur de tous: les calembours et les jeux de mots, l’univers surréel, la critique fine de ce tendre virtuose, poète de l’absurde qui ne comprend rien et qui explique tout.DE MÉMOIRES DE.COSTUMES Jacqueline Morley Hachette Jeunesse, 48 pages Des réponses pour les jeunes.Pourquoi les Romains détestaient-ils les pantalons?Que portaient les chevaliers sous leurs armures?Pourquoi les révolutionnaires de 1789 s’appelaient-ils des sans-culottes?Qui inventa l’imperméable?Comment risquons-nous d’être vêtus dans 50 ans?L’ouvrage abondamment illustré retrace l’histoire du costume à travers les âges, depuis les peaux de bêtes de la préhistoire A jusqu’aux sca- y phandres de cosmonautes de la postmo-demité.ilan-makil nouRF.r.DEIÀNIMALAIASSIEÏÏE ' Il.*•# *8* S.B.INGRAT Jeune sans assurance-vie SUITE DE LA D-l ge, on ne sait trop.Depuis Montaigne, arrière-arrière-grand-patron du genre, l’essai se présente habituellement comme une confession littéraire libre et critique.Pour la liberté et la critique, on trouve son compte: Sauvé «ne doit rien à personne» et tape souvent dans le tas.Par exemple les médias, qui reçoivent une tonne de briques et puis une autre.Pour la confession, on repassera.Chaque chapitre s’ouvre bien sur un récit personnalisé, ou le je a sa place, mais quant au reste, ce n’est pas vraiment Sauvé qui s’exprime.Ix journaliste a pris le dessus et préféré donner la parole à des gens remarquables, en tous les cas admirés de lui-même, dont il rapporte les réflexions.Ce sont Jean-Paul Desbiens et Solange Lefebvre sur notre héritage religieux.Ce sont Jean Larose, Hubert Reeves et Gé-rin-Lajoie en éducation.«Je ne cite pas Hannah Arendt ou d’autres grands penseurs du genre, faute de les connaître suffisamment.» Avec ou sans elle, le livre est comme un polaroïd de notre condition.IJ11 polaroïd au grand angle qui travaillerait d’hier à demain, plongerait jusqu’aux racines des maux et esquisserait quelques avenues d’évolution.«Finalement, l’objectif est modeste.Je souhaite remettre l’imagination au pouvoir, mais une imagination inspirée par le gros bon sens.» C’est peut-être la dernière bouée d’un «catholique sans la foi», d’un jeune «sans assurance-vie», tel qu’il se définit.«Mes seules vraies extases existentielles me viennent maintenant des cantates de Bach, confie Sauvé.Et puis en forêt, je suis comme dans une cathédrale.Pour le reste, je sais bien qu’on me lègue à moi et aux autres de l’âge ingrat, des idéaux à bout de souffle, des infrastructures à l’abandon et pas un sou en caisse.» I il » LE DEVOIR, LES SA M EDI I 5 E T D I M A X ( Il E I (I M Al I !» !» 3 I) :v LIVRES Des deux façons de diffuser la lumière LA DÉCONVENUE Louise Cotnoir, Éditions de l'Instant même, Québec, 1993, 105 pages PIERRE SALDUCCI En exergue de La Déconvenue, son premier recueil de nouvelles, Louise Cotnoir a placé une très belle phrase de Edith Wharton: «Il y a deux façons de diffuser la lumière: en être la source ou être le miroir qui la reflète».Edith Wharton a^raison.Mais ce qu’elle ne dit pas, c’est que mieux vaut être la source de cette.lumière que le miroir qui la reflète.Etre la source, c’est briller du premier éclat de la lumière.Le miroir, lui, prend le risque d’atténuer cette lumière et de la réduire à une ombre pâle et terne.Or, c’est précisément ce que fait Louise Cotnoir dans La Déconvenue.Les textes de La Déconvenue obéissent à peu près tous à la même règle.Ils sont observés par une narratrice.Selon les cas cette femme peut être simple témoin, actrice ou objet du récit, parfois un peu les trois.De cette femme on ne sait rien, si ce n’est qu’on la retrouve sans cesse dans des cafés ou des hôtels, et que visiblement, elle voyage beaucoup., , Parfois elle se pré-L£ miroir sente sous la forme d’un je, parfois sous prend la forme d’un elle, l’un , .et l’autre anonymes, le risque On a tout lieu de pen- ser re U\S«SM® unNTRW Ré9.-.19;95S 14,95$ RéO-'-Z4-95* Règ.'.Z4-95* 18,70$ 18,70$ 274-2870 Comment nourûf les oiseaux_ X nég.-tf'95* 20,95$ Rég.-.*9;95* 22,50$ 581-9892 2 detme
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