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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1993-07-08, Collections de BAnQ.

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E DEVOIR Vol, l x x xiv , N » i r> r> PERSPECTIVES La justice en question Orienté sur le changement, le rapport sur les femmes et la justice remet tout en question Josée Boileau Chicanes constitutionnelles obligent, le Québec n’a pas participé au groupe de travail fé-déral-provincial sur les femmes et la justice, dont le rapport a été rendu public en début de semaine.Mais le Québec n’est pas exempt, loin s’en faut, de toutes critiques en la matière.Plusieurs des observations du rapport fédéral avaient déjà été soulevées au Sommet de la justice organisé par le gouvernement du QuébecTan dernier.La magistrature, ie Barreau du Québec, la Chambre des notaires, des groupes féministes avaient alors unanimement pointé le doigt sur les préjugés sexistes qui existent encore dans le système judiciaire, regretté le petit nombre de femmes juges, la nécessité de la sensibilisation à la violence conjugale, etc.Le Sommet avait été l’occasion de délibérations sérieuses qui n’étaient plus confinées aux stricts cercles juridiques ou féministes.Il avait débouché sur deux engagements du ministre de la Justice Gil Rémillard: la création d’un comité de travail sur le sexisme et un autre sur l’accès des femmes à la magistrature.Un an et demi plus tard, où en est-on?Pas très loin, constatent les groupes de femmes en choeur, en notant que rien n’a bougé.Il semble plutôt qu’elles n’ont guère été informées du suivi des engagements.Car au bureau du ministre Rémillard hier, on expliquait que le comité sur les femmes et la magistrature, formé de représentants du ministère, de la magistrature et du Barreau, avait été mis sur pied et qu’il remettrait son rapport en août.Quant au comité de travail sur le sexisme, au point mort encore en juin, on est justement à le former, ajoutait-on hier.Le recrutement des membres vient de débuter et son mandat reste à préciser.Tant mieux, a-t-on lancé dans les groupes de femmes en apprenant la nouvelle.Mais le fond de leur analyse demeure: on ne sent pas du tout que la condition féminine est une priorité au ministère.«M.Rémillard est très “vaseline”, très hésitant quand il s’agit de passer à des engagements concrets.La magistrature elle-même est plus ouverte que le ministre», notait ainsi Diane Lemieux, porte-parole des CALACS (Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère «Le vrai sexueD- Certes la société québécoise, et problème son ministre de la Justice, ne manque ’ pas de sensibilité sur les principes, c'est la fait-on valoir.Sur la question de la violence conjugale par exemple, plus pratique» personne ne remet en cause qu’elle doive faire l’objet de poursuites devant les tribunaux.«Ce principe est acquis, note Fleurette Boucher, du Regroupement provincial des maisons d’hébergement.Mais le vrai problème, c’est la pratique.Quand on se butte à des valeurs profondes, à des gens qui vous disent qu’une chicane de ménage, ça se fait à deux.Là, ce n’est plus une affaire de loi mais d’éducation.» Car au-delà du regard sympathique aux femmes, la volonté d’arriver à des changements relève souvent de la ferme intention de tout remettre en question.C’est ce que le rapport fédéral a fait en adoptant une analyse résolument féministe et en débordant largement des voeux pieux — ce qui peut expliquer d’ailleurs la note qui, dans le document, souligne que les opinions qui y sont émises sont strictement celles de leurs auteurs et non des gouvernements qu’ils représentent.Le rapport fédéral n’a donc pas hésité à faire le lien, souvent rejeté, entre pornographie et violence: à rappeler que la violence envers les femmes a souvent cours dans le cadre d’une relation intime, et qu’à ce titre, elle est bien différente des agressions subies par les hommes.Le rapport note aussi que même en droit civil, l’évaluation des dommages-intérêts sera différente si on est un homme ou une femme, un phénomène qui n’avait jamais été dénoncé jusqu’à maintenant.Cette nécessité de tout remettre en question était aussi au coeur des propos de Diane Lemieux hier.«Dire aux femmes, comme l’a fait M.Rémillard au Sommet de la Justice, que s’il manque de femmes juges, elles n’ont qu’à se présenter, c’est passer à côté de la question.Si c’était si simple, on l’aurait réglé le problème! Pour être pro-femmes, il faut accepter de revoir les règles établies.» Contester les règles établies ne signifie pas ébranler tout le système.Mais accepter que les solutions ne soient pas universelles.Par exemple, que le délai d’un an pour porter plainte et obtenir la protection de la Loi sur les victimes d’actes criminels n’a aucun sens en matière d’inceste.Celui-ci se produit quand la victime est un enfant ou une adolescente, et arriver à dénoncer son propre père ou un proche demande souvent des années.Même chose dans le dossier de la violence conjugale, où seuls les antécédents judiciaires comptent pour décider d’une peine d’emprisonnement.la gravité du geste n’est absolument pas considérée.On sait maintenant que le bon citoyen public n’est pas nécessairement un homme tendre en privé: il faudrait bien que la justice, sans sacrifier aux droits des accusés, sache s’y adapter.INDEX Les Actualités .A2 Idées .A7 Agenda culturel .B7 Le Monde .B3 Annonces dansées .115 Montréal .A3 Avis publics.112 Mots croisés.111 Météo Culture .118 Politique .A4 Ennuagement Économie .A5 Société .111 Max.28 Éditorial .A6 Les Sports .116 Détails en B6 M O N T 11 K A I.I.K .1 K UDI S ,1 U 1 I.I.E T I !) !> A L'ÉCONOMIE Fvy'/l MONTRÉAL Les sept s’entendent WM Laval tient à sur le GATT son métro PAGE A-5 PAGE A-3 (> •> '(’¦ "¦ vlfhh'ü't >; ¦ Sonnez les matines! PHOTO JACQUES NADEAU TOUTES LES CLOCHES ne sonnent pas, heureusement, car celles-là auraient réveillé depuis plusieurs jours le quartier à l'angle des rues St-Denis et Roy tellement elles débordent.les prévisiotis sur la volonté des gens de récupérer les matières recyclables.Golf L'AGENDA Pour commencer la journée en action, jouer au golf, ça vous dit?Pas besoin de faire d’interminables kilomètres.Au parc Maisonneuve, les amateurs trouveront un terrain de golf (9 trous) où il en coûte 17$ la semaine et 20$ le week-end pour frapper des balles.dans les bois.Jeunes virtuoses La Salle Tudor vibrera ce soir à 18h au son de Vivaldi et d’oeuvres de flamenco avec l’orchestre des Jeunes Virtuoses de Montréal, sous la direction d’Alexander Brott.11 s'agit d’un concert spécial où Michael Laueke, guitariste invité, livrera une série de pièces solo de style flamenco.La Salie Tudor est située au 5e étage de la maison Ogilvy du 1307, Sainte-Catherine Ouest.Ix prix d'entrée est de 12$.Griffe québécoise Le premier contact avec la littérature en est souvent un avec les illustrations des livres.Tous ces petits bonshommes qui naissent sous les crayons d’artistes, permettent d'enrichir l’imaginaire de l’enfant.Vous pouvez savourer les illustrations de Québécois dans une exposition présentée par la Galerie de l’UQAM à quelques minutes du centre-ville montréalais, soit à la Galerie d'art Stewart Hall (176, Lakeshore) à Pointe-Claire.C’est gratuit.WA Le tour du monde Le tour du monde débute au Lac-aux-Castors sur le Mont-Royal ce soir à 20h.Un tour du monde culturel s’entend! Pour les mordus de folklore international, des soirées de danse se déroulent à tous les jeudis soir sur le Mont-Royal et nous font découvrir les petits pas et les courbettes de tous les coins de la planète.Les voleurs vont se mettre au boulot UN SUCCÈS! Pendant vos vacances ils visiteront votre demeure abandonnée KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Les Montréalais et les cambrioleurs ne prennent vraisemblablement pas leurs vacances à la même période de l’année.Pendant que les uns sont partis à l'aventure, les autres explorent les résidences laissées en pâture.C’est ainsi que le retour de vacances réserve parfois des surprises désagréables.Le téléviseur et les bijoux se sont envolés et il faut remplacer les carreaux brisés.Durant les mois de juillet et août de l'an dernier, 7367 domiciles du territoire de la Communauté urbaine de Montréal ont été visités par des voleurs.En 1991, on en comptait 8093.Selon le Service de police de la CUM et Tandem Montréal qui est un programme de sécuri-' té urbaine, une bonne partie des vols sont liés à la négligence des gens.Ixs rideaux tirés, la boîte aux lettres qui déborde et le gazon qui se rapproche de plus en plus des deux, sont autant d’invitations pour les bandits intéressés par l’absence des occupants.Pour s’armer contre cette situation, quelques dizaines de citoyens du quartier Saint-Henri ont pris le taureau par les conies mardi soir, en paraphant un contrat de colloboration mutuelle.C'est Tandem Montréal de ce secteur qui leur a soumis l’idée d’une entente toute simple qui permet à chacun de boucler ses bagages pour les vacances en toute quiétude.Jean Lapalme est l’un des résidants qui a opté pour le bon voi- sinage.«Ma femme et moi, on peut partir l'esprit en paix parce que notre voisin va surveiller les allées et venues des inconnus qui vont s’approcher de chez nous», explique-t-il.«La clé de la prévention est l’entraide et la solidarité entre voisins, affirme Serge Bruneau, criminologue et responsable de la sécurité urbaine chez Tandem Montréal.Et le petit contrat amical du sud-ouest renforce cette idée.» Aux dires de ce dernier, il suffit souvent de peu de choses pour ne pas tenter d’éventuels cambrioleurs, comme par exemple, faire ramasser le courrier par un voisin et contrôler l'éclairage intérieur et extérieur grâce à une minuterie.- Ixs futurs vacanciers peuvent également buriner leurs appareils électriques et électroniques en empruntant gratuitement un burin au poste de police de leur district ou à Tandem Montréal.Ce serait d’ailleurs là une façon effi-cace.de dissuader les voleurs car le recel est rendu ainsi plus ardu.S’ajoutent à cela, tous les moyens traditionnels qui sont un complément aux ententes entre voisins: une bonne serrure, des cadres de portes et de fenêtres robustes et un système d'alarme.Malgré toutes ces mesures, rien ne garantit qu’une résidence sera épargnée.Serges Bruneau souligne à quel point Montréal connaît un dézonage de la criminalité depuis quelques années.«Les quartiers résidentiels qu’on croyait être des havres de paix, ne sont plus à l’abri.Cela a d’ailleurs un impact sur le sentiment d’insécurité des gens.» Les médecins de Saint-Eustache lancent un SOS LE DEVOIR Les médecins omnipraticiens du centre hos-pitalier de Saint-Eustache exigent du ministre de la Santé et des Services sociaux Marc-Yvan Côté qu’il règle rapidement les problèmes qui paralysent leur travail.Depuis la semaine dernière, le centre hospitalier fonctionne au ralenti.Faute d’anesthé- sistes, les médecins ne peuvent plus y effectuer d’intervention chirurgicale ni d’accouchement.Ixrs d’une conférence de presse, hier, les médecins ont demandé à Québec de mettre un terme à cette situation en répartis-sant adéquatement les médecins spécialistes dans les hôpitaux des régions et de la périphérie.Les hôteliers ont connu un mois de juin décevant CETTE ANNÉE AU CHAMP-DE-MARS LE SPECTACLE SEMBLE ENCORE PLUS PORT.LA MISE EN SCÈNE D'ANDRÉ VIENS EST SPECTACULAIRE ET EFFICACE - PAUL TOUTANT.RADIO-CANADA C'EST UN CHARME QUE DE SUIVRE SOUS LES ÉTOILES CETTE HISTOIRE QUI EST LA NOTRE.- ANNE-MARIE LECOMPTE.LA PRESSE C'EST UN BEA U SPECTA CLE, C'EST TRÈS SPECTA - nu AIR F FVinFMUFMT -1 RAV INE GRIMALDI.CBE BONJOUR UN FABULEUX SPECTACLE SON ET LUMIERE, LE DEVOIR Les grands hôtels.tle Montréal ont connu des taux d’occupation décevants en juin.Malgré une forte affluence à l’occasion du Grand Prix de Montréal, le.taux d’occupation s’est limité à 67,86%, a fait savoir le vice-président de l’association des hôtels du Grand Montréal (AHGM), M.Gustav Bamatter.En juin 1992, le taux d’oc- cupation avait été légèrement supérieur (69,20%)).En 1988 et 1989, les taux de juin atteignaient 77%.«C’est le segment du marché “congrès et affaires” qui ne montre aucune tendance à la hausse», a précisé M.Bamatter.I.’AHGM prévoit un mois de juillet sensiblement égal à celui de 1992, avec 59% d'occupation.AU CHAMP-DE-MARS JUSQU’AU 10 JUILLET, BILLETS EN VENTE AU CHAMP-DE-MARS INFORMATION: 875-6848 RÉSEAU ADMISSION : (514) 790-1245 • 1 800 361-4595 I- E I) E V OIK, I.E ,1 E U I) I 8 ,1 U I I.I, E T I !» I) 3 Nous n’ avons PAS FINI DE VOUS SURPRENDRE S'' Ne manquez pas LE DEVOIR.au vert, JOURNAL D’ÉTÉ O «r * Un DEVOIR déviant: En caravane, nos journalistes font un détour PAR CHEZ VOUS DE L'ABITIBI À LA GASPÉSIE DU SAGUENAY LAC SAINT-JEAN JUSQU'EN ESTRIE.Un DEVOIR DÉVÊTU (EN PARTIE !): Moins de mots, plus d’images; un reportage PHOTO TOUS LES JEUDIS ET UN CONCOURS DE PHOTOS OUVERT À TOUS, Y COMPRIS VOUS.Un DEVOIR devin: Ce que vous ignorez des jolis dessous de LA VILLE, PAR NOS ENQUÊTEURS DE QUARTIER.# Un DEVOIR dévissé: Lâchez, nous tenons le volant sur l’itinéraire DE TOUTES LES ACTIVITÉS CULTURELLES DE L’ÉTÉ.TOUS LES GRANDS FESTIVALS DE MONTRÉAL ET DE QUÉBEC, ET UNE PAGE PAR SEMAINE SUR LES ACTIVITÉS CULTURELLES  QUÉBEC.Un DEVOIR déviré: NOUS FAISONS DES SPORTIFS DE CEUX QUI N’EN SONT PAS, UNE ASTUCE DE NOTRE CHRONIQUEUR Gilles-C.Marcotte.Un DEVOIR dévoyé (un peu !): NOUS SORTONS DU DROIT CHEMIN POUR DES CHRONIQUES SANS RAPPORT AVEC LE TEMPS, signées: Philippe Falardeau, Naïm Kattan, Denis Vaugeois.« Un DEVOIR dévorant: Attention, «coup de foudre»: c’est le thème DONT VOUS NOURRIRONT LES NOUVELLES DE NOS ONZE ÉCRIVAINS INVITÉS.LE DEVOIR .au vert, À garder par-devers ! //- A 4 - LE DEVOIR ?- POLITIQUE La main-d'oeuvre au coeur des élections fédérales au Québec Bourbeau croit même que la lenteur des conservateurs dans le règlement de ce dossier leur coûtera cher DANNY V E A R LE DEVOIR Le ministre de la Main-d’oeuvre, de la Sécurité du revenu et de la Formation professionnelle André Bourbeau croit que la formation de la main-d’oeuvre sera la question centrale des prochaines élections fédérales au Québec et que la lenteur des conservateurs dans le règlement de ce dossier pourrait bien leur coûter cher.«On est convaincu que ce dossier va être au centre des discussions lors des élections de cet automne», a dit le ministre Bourbeau au DEVOIR.Déjà, le Parti libéral du Canada et le Bloc Québécois ont arrêté une position sur la question.«Le PLQ et le Bloc ne manqueront pas d’en parler et d’en discuter lors des élections», a-t-il dit.Et les tergiversations des conservateurs dans ce dossier pourraient les faire mal paraître au Québec, a-t-il ajouté en substance.En somme, le ministre Bourbeau a accueilli avec un optimisme modéré les propos du nouveau ministre désigné aux Ressources humaines et au Travail, Bernard Valcourt, selon lesquels Ottawa pourrait regarder de façon plus cohérente «qui est le mieux placé pour livrer les services», notamment en ce qui concerne la formation de la main-d’oeuvre, au lendemain de la création d’un superministère responsable de l'emploi, de l’assurance-chômage et de la formation.«Il faut arrêter de trébucher dans les fleurs du tapis et dans les questions de juridiction.11 faut trouver des solutions», avait soutenu mardi le ministre Valcourt au DEVOIR.Dans ce discours, le ministre Bourbeau ne voit pas une grande ou- PHOTO ARCHIVES André Bourbeau: un seul gouvernement doit donner les mêmes services.verture ni le déblocage qu’il attend depuis quelques mois dans ce dossier.Il demeure prudent à l’endroit des propos de M.Valcourt.«C’est possible que les conservateurs aient finalement compris qu’il est dans l’intérêt de tout le monde que ce dossier se règle», dit-il.Mais, ajoute-t-il, il faut maintenant passer de la parole aux actes.La question de la formation de la main-d’oeuvre avait occupé l’avant-scène des dernières négociations constitutionnelles.Québec en avait fait un enjeu central.Au lendemain de l’échec de ces pourparlers, Québec et Ottawa avaient poursuivi leurs discussions.Québec souhaitait voir Ottawa lui transférer ses pouvoirs en matière de formation de la main-d’oeuvre dans le cadre d’une entente administrative.Il aurait également aimé gérer les fonds de l’assuran-ce-chômage au Québec dans le but de créer son «guichet unique».Mais aucune entente n’a encore eu lieu.Ottawa avait expliqué au ministre Bourbeau que rien ne pourrait se régler dans le dossier de la formation de la main-d’oeuvre tant que les conservateurs n’auraient pas choisi leur nouveau chef.Développements Maintenant que Mme Campbell est à la tête du gouvernement fédéral, ce dossier pourrait théoriquement connaître des développements.Mais, pour le moment, le discours de M.Valcourt impressionne peu le ministre Bourbeau.«C’est mieux que rien! Je suis raisonnablement optimiste.Mais on est loin d’une affirmation catégorique, d’une ferme intention de négocier un guichet unique au Québec», dit le ministre Bourbeau.«Il faut réunir ensemble les mesures actives de formation de la main-d’oeuvre.Un seul gouvernement doit donner les mêmes services», a rappelé le ministre.Dans les faits, Québec préférerait régler le dossier de la formation de la main-d’oeuvre avec les conservateurs avant les prochaines élections fédérales, a noté le ministre Bourbeau.«Si la première ministre Kim Campbell décide que ce dossier doit être réglé avant les prochaines élections, toute la question pourrait se résoudre en moins de deux semaines», dit-il.En pratique, Québec craindrait voir ce dossier en suspens après les élections et discuter avec un Bloc Québécois minoritaire à Ottawa ou un Parti libéral «dont on ne connaît pas bien les intentions», a conclu le ministre Bourbeau.Payne contesté Des militants du PQ réclament sa démission Beatty souhaite une entente sur la levée des sanctions contre Pretoria JOSÉE BOILEAU LE DEVOIR Des militants du Parti québécois du comté de Vachon, sur la Rive-Sud de Montréal, réclament la démission du candidat péquiste de leur circonscription, M.David Payne, ancien député et membre très connu du parti.Un reportage diffusé dimanche soir à la télévision de Radio-Canada faisait état que M.Payne a reçu (14 000$ par année depuis 1985 de la fonction publique québécois alors qu’il était en disponibilité.Pour la quinzaine de militants, qui contestaient déjà M.Payne lors de l’investiture du parti en avril, il s’agit là d’un cas aussi amoral que celui qui a enfraîné le retrait du candidat libéral Eric Horion dans Portneuf.Celui-ci n’a pu se présenter à l’élection partielle de lundi dernier parce que son curriculum vitae contenait des inexactitudes.Dans Vachon, les militants dénoncent M.Payne pour leur avoir caché sa situation professionnelle, ajoutant que les Québécois n’ont pas à être représentés par un individu qui bénéficie «de pratiques douteuses extrêmement dispendieuses».«Nous sommes consternés par cette nouvelle, disait hier M.Gabriel Iandry, un militant contestataire.M.Payne a quand même reçu en huit ans plus de 500 000$ à ne rien faire.Nous voulons qu’il démissionne pour éviter que le parti ne soit entaché.» Au Parti québécois cependant, on contestait avec force toute cette interprétation, s’employant à démontrer que David Payne travaille à l’Office des ressources humaines du gouvernement du Québec én attendant d'être reclassé ailleurs, que les contestataires sont des adversaires de M.Payne qui ont appuyé un autre candidat lors de l’assemblée d’investiture, et que de ce fail l’incident est clos.Le directeur de l’Office des ressources humaines, M.Claude Beausoleil, a lui-même émis un communiqué en fin d’après-midi hier pour indiquer que M.Payne travaille à l’Office depuis 1985, qu’il y «exerce ses fonctions de façon adéquate, qu'il offre une prestation de travail normale et que rien ne peut lui être reproché quant à la qualité et à la rigueur des activités qu’il assume».«M.Payne travaille pour nous à temps complet, de neuf heures à cinq heures», a précisé au DEVOIR M.Beausoleil.L’Office gère la Loi de la fonction publique et M.Payne a actuellement pour mandat de voir a reclasser des fonctionnaires en disponibilité.Ix‘ reportage de Radio-Canada soulignait toutefois dimanche qu’il s’agissait là d'une affectation récente pour M.Payne.Ottqwa (PC) — Le secrétaire d’Etat aux Affaires extérieures, Perrin Beatty, a détaillé le projet canadien d’abandon des sanctions économiques contre l’Afrique du Sud, hier à Tokyo, dans le cadre du sommet du G7, a fait savoir à Ottawa un porte-parole gouvernemental.M.Beatty a discuté des intentions d’Ottawa à cet effet — la date du 19 juillet a même été avancée — en compagnie de son homologue britannique, Douglas Hürd.Il avait en outre l’intention d’aborder la question lors d'un dîner avec les autres titulaires aux Affaires extérieures présents au sommet, a indiqué Scott Mullin.M.Beatty tentera enfin de contacter ses autres homologues du Commonwealth, au cours des prochains jours, afin de discuter de leurs intentions vis-à-vis de l’Afrique du Sud, a précisé le porte-parole.M.Beatty préside le comité du Commonwealth sur l’Afrique du Sud, à l’origine de la politique de réduction des sanctions à mesure qu’est démantelée la politique d’apartheid.Selon M.Mullin, le dernier point sur lequel les ministres des Affaires extérieures du Commonwealth se sont mis d’accord doit être appliqué à l’issue de la prochaine rencontre du conseil sud-africain négociant la fin du régime de domination blanche.Le Canada espère que les représentants des 26 parties impliquées dans ces discussions parviendront à s’entendre sur la structure de l’éxé-cutif de transition qui devrait diriger l’Afrique du Sud jusqu’à la tenue d’élections dans ce pays, le 27 avril 1994.Les dernières exigences du Commonwealth seront satisfaites lorsqu’un accord sur la composition de cet exécutif et la date de son entrée en fonction aura été atteint.Le Canada accepterait toutefois de lever toute sanction avant que ces exigences n’aient été respectées, si jamais l’une des parties en faisait la demande, entre autres le leader de l’ANC, Nelson Mandela.Ottawa a déjà éliminé en 1991 les sanctions touchant les individus, celles notamment sur les échanges académiques et le transport aérien, à la suite d’initiatives prises par Pretoria.Elections de Portneuf Queen's Park adopte sa loi sur le gel des salaires Un message a été lancé, Toronto (PC) — La loi qui impose un gel de salaire de trois ans et des congés obligatoires aux 950 000 employés du secteur public en Ontario — et que les chefs syndicaux ont qualifiée de «pire loi anti-syndicale au pays» — a finalement été adoptée lors ROBIC DEPUIS 1892 AGENTS DE BREVETS El MARQUES PROTECTION DES DROITS DE PROPRIETE INTELLECTUELLE LEGER ROBIC RICHARD AVOCATS 55, ST JACQUES, MONTRÉAL, QUÉBEC H2Y 3X2 Fa/ (514) 845-7874 T«l : (514) 98 R«0«B«l«C Ma muiliiii tlt i lnlunalv[ti d’un vote serré hier à Queen's Park.Cette loi spéciale, qui doit entrer en vigueur le 1er août si le gouvernement n’arrive pas à s’entendre avec les syndicats du secteur public sur un «contrat social», risque de s’avérer nécessaire parce que la liste des centrales syndicales ayant quitté la table des négociations vient de s allonger.En effet, hier, au même moment oil la loi était débattue en troisième lecture à Queen’s Park, le Syndicat des employés de la fonction publique de l’On-lario (SEFPO) a annoncé son retrait des négociations avec le gouvernement en vue du «contrat social».I.e SEFPO était la dernière des grandes centrales syndicales à être restée avec le gouvernement dans ces pourparlers.Rae voulait mettre à pied 10 000 fonctionnaires en plus de demander à ceux qui restent d’acquiescer à des gels et des concessions normatives.Québec (PC) — La ministre de l’Energie et vice-première ministre, Lise Bacon, reconnaît que des citoyens en ont ras le bol «sur certains points» et qu'ils l’ont exprimé au gouvernement lors de l’élection complémentaire de lundi dernier dans l;i circonscription de Portneuf.Interrogée par des journalistes sur les 1200 votes amassés par le parti politique marginal «J’en peux pus», avant de se rendre dans la salle de réunion du conseil des ministres, mardi, elle a d’abord éclaté d’un grand rire avant d’expliquer: «Ix’s gens nous ont envoyé un message, c’est bien clair, et je pense qu’il faut avoir la sagesse de les écouter.C’esl tout, parce que les gens savent bien qu’il n’y a pas d’inconvénients pour eux car le gouvernement demeure toujours en place».Par contre, la vice-première ministre ne partage pas du tout l’analyse du chef de l’opposition, Jacques Parizeau, qui affirme que les élec- teurs de Portneuf ont accordé leur appui à la souveraineté en votant majoritairement en faveur du candidat du PQ.«Je n’ai pas vu les choses de la même façon pour la bonne raison que les péquistes eux-mêmes n’ont pratiquement pas parlé de la souveraineté pendant cette campagne électorale, a dil Mme Bacon.Je suis plutôt portée à croire que les gens se sont exprimés (majoritairement pour le PQ) tout en sa-chant fort bien qu’il n'y avait pas de risque de renversement du gouvernement.«Mais le message est là et c’est à nous de faire en sorte d’y donner suite», a-t-elle ajouté.Mme Bacon ne voit rien de catastrophique dans le fait que le gouvernement ait perdu une troisième circonscription de suite depuis deux ans dans un scrutin complémentaire.«Combien d’élections complémentaires le Pt) a-t-il perdues?Beaucoup plus que trois.Nous avons encore une bonne marge.» $ CAN OR X X M TSE-300 DOW JONES -6.52 -11,65 +25,74 1902,99 3972,72 3475,67 -0,05 +4,70 77,82 397.00 -* le devoir ?- ECONOMIE Accord préliminaire sur l’accès au marché Percée importante sur la relance des pourparlers du GATT PHOTO AP Les dirigeants des pays membres du G7 se préparent à entamer leur première session de travail au palais Akasaka de Tokyo.Tom Hockin se réjouit de l’accord Tokyo (PC) — L’entente de principe annoncée hier au sommet du G7 représente plus qu’une simple percée vers une réforme des échanges commerciaux mondiaux.Elle permettrait également de mousser les produits d’exportation canadiens, du bois au whisky, a estimé hier à Tokyo le ministre fédéral du Commerce international, Tom Hockin.«Nous avons ouvert des portes que je ne croyais pas nécessairement possible d’ouvrir», a dit le ministre.M.Hockin a état de coupes des droits de douane sur des produits canadiens tels que le bois, les pâtes et papiers, le whisky et les produits chimiques.L’entente permettrait également au Canada de réduire les barrières sur ses secteurs protégés: mobilier, textile et bière.Tout en se disant confiant de voir l’accord couronné de succès, M.Hockin a indiqué que cela ne sera possible que si plus de 100 pays parviennent finalement à s’entendre dans le cadre de l’Uruguay Round, au GATT.«Rien ne sera accompli tant que tout 11e sera pas accompli», a-t-il dit.Ix‘ Canada a joué un rôle clé dans les négociations précédant le sommet.D’ailleurs, la première ministre Kim Campbell, une nouvelle venue au sein de ce qui a été qualifié de club le plus sélect au monde, a dirigé les discussions menées à huis clos au palais Akasaka.Mais la lutte au chômage et la libéralisation du commerce international demeurent les thèmes clés de ce 19e sommet annuel du G7.Les leaders des nations les plus industrialisées espèrent que l’entente permettra de débloquer les pourparlers du GATE afin d’arriver à une entente globale avant la fin de l’année.Selon M.Hockin, l’entente est particulièrement satisfaisante pour Ottawa parce quelle a été initiée à Toronto à l’instigation du Canada.L’ancien ministre du Commerce international Michael Wilson avait alors lancé les discussions sur la question de l’accès aux marchés dans l’espoir de relancer le GATT.PHILIPPE RIES AGENCE FRANCE-PRESSE Tokyo — Eclaircie dans un ciel couvert: le pré-accord sur l’accès au marché dans le cadre de l’Uruguay Round conclu hier à Tokyo a été saisi par le sommet des sept comme un message de confiance pour le soutien à la croissance mondiale et à l’emploi.Bouclé moins de trois heures avant l’ouverture officielle dq sommet, l’accord préliminaire entre les Etats-Unis, la CEE, îe Japon et le Canada a été qualifié de «perçée», rendant désormais «très fortes», selon le négociateur européen Sir Leon Brittan, les chances de conclure les négociations commerciales multilatérales de l’Uruguay Round d’ici au 15 décembre.Le ton était particulièrement enthousiaste dans la délégation américaine.Le président Bill Clinton, qui participe à Tokyo à son premier sommet du G7, est venu personnellement affirmer devant la presse que «cet acçord signifie de nouveaux emplois aux Etats-Unis et dans les autres pays».«U percée réalisée aujourd’hui est une bonne nouvelle pour l’Amérique et une bonne nouvelle pour le monde», a insisté le président américain.«Ce sommet est à propos de l’emploi», a renchéri le secrétaire au Trésor américain Lloyd Bentsen.Une réelle satisfaction, manifestée plus discrètement, était également perceptible dans les autres délégations, à la notable exception du camp français où la signification de l’événement était délibérément minorée.«Ce n’est pas un accord sur le GATT, sur l’accès aux marchés, c’est un rapport sur le déroulement du Cycle Uruguay qui fixe les méthodes et les objectifs quand sera repris le processus multilatéral à Genève», a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé, qui juge emphatiques les commentaires entendus dans d’autres délégations.«Nous sommes heureux que les choses avancent, des progrès ont été accomplis sur les méthodes et les objectifs», a cependant ajouté M.Juppé.Même si, comme l’ont souligné de nombreux responsables à Tokyo, la négociation qui peut désormais reprendre à Genève, au siège du GAIT, ne sera pas fa- cile, il ne fait aucun doute qu’un constat d’échec enregistré à Tokyo entre les principales puissances commerciales aurait eu un impact désastreux dans un climat économique mondial particulièrement sombre.Inaugurant en sa qualité de vétéran des sommets la première séance de travail entre chefs d’Etat et de gouvernement, le président français François Mitterand avait d’ailleurs peint, selon son porte-parole, le «tableau d’un paysage de crise».Les sept, selon son sherpa Anne Lauvergeon, ont constaté que la crise actuelle est «de nature structurelle», encore aggravée par la psychologie négative des agents économiques suscitée notamment par la montée du chômage, Dans la discussion entre chefs d’Etat et de gouvernement, le président Clinton a confirmé sa proposition d’organiser une réunion ministérielle du G7 consacrée exclusivement à l’emploi et à la formation.Pour le reste, ce traditionnel tour d’horizon de la situation économique dans le monde et dans chaque pays membre du G7 a porté sur des thèmes familiers: la baisse des taux d’intérêt en Europe, la réduction des excédents commerciaux du Japon et sa contribution à la croissance globale, la stabilisation des monnaies.Ces thèmes ont également dominé la réunion parallèle des ministres des Finances.Bien que le ministre allemand des Finances Théo Waigel ait affirmé à la presse qu’aucune pression n’avait été exercée sur l’Allemagne pour qu’elle réduise encore le loyer de l’argent, M.Bentsen a déploré que les taux d’intérêt en Europe soient «encore élevés eh tenues réels».La marge de baisse est «très limitée», a répondu à ses pairs le chancelier Helmut Kohl.Résumant le sentiment général des autres participants, M.Bentsen a également affirmé que si le Japon avait «pris le départ» (pour relancer son économie), il devait aussi faire «beaucoup plus».SOMMET DE TOKYO 1993 LES POINTS SAILLANTS PRODUITS INDUSTRIELS «À la condition de contributions appropriées par les autres principaux producteurs et exportateurs et d'une solution satisfaisante aux problèmes spécifiques concernant les mesures non tarifaires, nous voulons avancer sur la base des offres sur l’accès au marché contenues dans notre projet de concessions grâce à une approche globale et intégrée qui tienne compte du désir de certains participants d'aller plus loin dans certains domaines tels que le bois, le papier et la pâte à papier et les équipements de matériels scientifiques».¦ Élimination des mesures tarifaires et non tarifaires «Nous avons jusqu’ici identifié une liste commune de secteurs pour une élimination complète des mesures tarifaires et non tarifaires (produits pharmaceutiques, matériels de construction, équipements médicaux, aciers soumis à l’accord multilatéral sur l’acier, bière et, en fonction de certaines exceptions acceptées, le mobilier, les matériels agricoles et les spiritueux).Nous nous efforcerons d’adjoindre le plus grand nombre de secteurs à cette liste», ¦ Harmonisation «Nous avons identifié les produits chimiques pour une harmonisation des tarifs à un niveau réduit, jusqu'au niveau zéro dans certains cas, de nouvelles négociations pouvant conduire à une harmonisation des tarifs pour d’autres produits».¦ Tarifs supérieurs ou égaux à 15% «Nous négocierons le paquet le plus large possible de réductions tarifaires, l’objectif étant d’atteindre des réductions de 50%, sous réserve d’exceptions acceptées et sous réserve que les autres pays exportateurs acceptent d’apporter un accès au marché effectif grâce à des réductions tarifaires et des disciplines non tarifaires appropriées».¦ Autres réductions tarifaires «Pour les produits autres que ceux indiqués aux paragraphes a, b et c, nous négocierons des réductions tarifaires d’au moins un tiers en moyenne.Nous avons aussi identifié un certain nombre de secteurs où les réductions de tarifs peuvent aller plus loin, au-delà de 50% dans certains cas».AGRICULTURE «Nous attendons un redémarrage immédiat des négociations multilatérales pour achever rapidement le paquet d’accès au marché agricole, y compris pour les produits transformés, ceci constituant un élément essentiel pour un accord agricole et pour un Uruguay Round global et équilibré».SERVICES S'agissant des services, le rapport cite la liste des offres existantes qui couvrent une grande variété de secteurs et ajoute: «Nous avons examiné les moyens d’améliorer encore nos offres respectives et de réduire les limitations inscrites dans nos projets.Sous condition de contributions appropriées des autres participants, nous voulons nous appuyer sur les offres existantes pour achever avec succès la négociation sur les services», en particulier les services financiers et les services de télécommunications de base.Des épargnants risquent de perdre 4 millions ROBERT I) Il TR I SA C LE DEVOIR Une centaine de petits épargnants québécois risquent de perdre leur mise d’environ 50 000$ chacun, ou un total de 4 millions$, d;uis un projet immobilier en République Dominicaine.Une quinzaine d’entre eux ont décidé de se regrouper afin de faire valoir leur droits et chercher réparation ixnir ce qu’ils considèrent être une arnaque encore inextricable, un cauchemar de villas et de condos inachevés, sous le soleil de Camino Del Sol en République 1 Jominicaine.Hier, lors d’une conférence de presse, M.Guy Bertoneu, architecte de profession, a relaté comment un promoteur de Beloeil, José Lobato, l’a persuadé d’investir 50 000$ pour sa place i au soleil.«En plus de l'aspect monétaire, il y a l’aspect psychologique: c’est un rêve qui s’est brisé», a-t-il dit.Typiquement, l’investisseur y allait d’une mise de 50 (XX)$ pour un terrain en République Dominicaine sur lequel on s’engageait de construire une villa ou un condo et de fournir une hypothèque couvrant le solde des coûts, va-riant de 60 00$ à 150 000$.Une fois l’immeuble construit, l’entreprise de M.Lobato, Camino Del Sol, S.A., promettait de louer pour le compte de l’investisseur la résidence.Au bout de quelques années, l’hypothèque était repayée et les épargnants pouvaient jouir de leur résidence.Sur papier, et pour des gens qui pré-paraient ieur retraite, c’était alléchant, livre M.Bertoneu.Mais cinq ans ont passé depuis, la villa de M.Bertoneu n'est toujours pas construite, seules des fondations ont été coulées.Et le terrain a peut-être été vendu à plusieurs personnes à la fois, soupçonne-t-il.Quant à l’ensemble immobilier, une fraction seulement est achevée.l e mois dernier, la Banque Royale obtenait un jugement de la Cour supérieure du Québec décrétant la faillite de Camino Del Sol, une compagnie formée en Républicaine Dominicaine qui lui devait 2 millions$.la centaine d’investisseurs qui rêvaient d’une retraite peinarde dans leur villa sous le soleil antillais ne sont pas sortis de l’auberge et l'écheveau des procédures en République Dominicaine pourrait s’avérer indémaillable.Un sondage du CPQ Les milieux d’affaires sont ambivalents Forte baisse des offres d’emploi CLAUDE TURCOTTE LE DEVOIR Les membres du Conseil du patronat du Québec (CPQ) ont l’impression que le contexte politique au Québec et au Canada s’est amélioré depuis un an, mais ils sont moins optimistes quant à l’évolution des conditions économiques au cours des six prochains mois.Ije taux de participation à la 35e recherche semestrielle sur le climat socio-économique organisée par le CPQ fut de 44%, ce qui veut dire que 197 membres corporatifs représentant près de 200 000 employés y-ont répondu.Cela permet d’avoir un éventail d’opinions représentatif, soutient son président, M.Ghislain Dufour.Malgré tous les avatars constitutionnels survenus au Canada depuis quelques années, sans oublier les problèmes de santé du premier ministre québécois, la démission de son homologue fédéral, tout cela en plus de la récession et du fort taux de chômage, 24% des répondants pensent que la situation dans le contexte politique québécois est très bonne ou bonne: il y a un an, seulement 10% la qualifiaient de bonne.Pour le contexte politique canadien, personne ne trouve la situation très bonne maintenant, tout comme c’était le cas en juin 1992; 17% la considère bonne maintenant, en comparaison de 2% il y a un an.Pour le Québec, 51% disaient en juin 1992 que la situation était mauvaise ou très mauvaise; le pourcentage est tombé à 27% cette année.On remanque aussi une baisse importante au niveau canadien avec un taux d’insatisfaction de 33%, comparativement à 69% l’an passé.En revanche, à la question portant sur l’évolution de la situation dans les six prochains mois, les mêmes gens d’affaires ne sont plus que 37% à prévoir une amélioration des conditions économiques en général, alors qu’ils étaient 46% à le penser 12 mois plus tôt; qui plus est, 58% ne prévoient aucun changement à la situation économique dans les prochains six mois, alors qu’ils étaient 46% à partager une telle opinion l'an passé.On note une tendance comparable dans les prévisions sur des points plus spécifiques, à savoir dans ie secteur industriel du répondant, dans les relations de travail, dans le contexte politique au Québec et au Canada.En ce qui concerne les facteurs les plus critiques quant à leur influence négative sur l’activité économique actuelle, la productivité arrive encore au premier rang, qu’elle occupe d’ailleurs depuis un an; en fait, la productivité n’a pas descendu plus bas que le troisième rang depuis quatre ans.En seconde place, on retrouve les politiques générales du gouverne- ment québécois, ce qui est nouveau dans les préoccupations des gens d’affaires.Certains s’étonneront peut-être de voir les taux d’intérêt au troisième rang, alors que les taux sont à leur niveau le plus bas depuis un quart de siècle.En réalité, les dirigeants d’entreprise retiennent le taux réel d’inté rêt, c’est-à-dire une fois le taux d’inflation soustrait, ce qui donne 4,4% au Canada en comparaison de 2,8% aux Etats-Unis.Le taux de change (4e rang) reste une préoccupation majeure des dirigeants d’entreprise.La fiscalité personnelle est passée en quatre ans du 14e à la 9e place et la politique linguistique québécoise qui se situait 16e rang en 1989 arrive maintenant au dernier rang.Ottawa (PC) — L’indice des offres d’emploi a chuté fortement en juin, subissant une baisse de 13 sur celui de mai.Cette chute des annonces d’offres d’emploi a été plus grave en Ontario, soit 15%, plongeant de 96 à 82, selon Statistique Canada.Au niveau national, l’indice est tombé de 95 qu’il était en mai à 83 en juin.Le niveau de juin était au même niveau que celui enregistré en juin 1992.Association des cadres supérieurs de la santé et des services sociaux CONSEIL D’ADMINISTRATION 1993-94 L’Association des cadres supérieurs est heureuse de présenter son nouveau conseil d'administration en suivi de la séance annuelle de l'assemblée générale tenue le 16 juin 1993 à Québec.Comité administratif Richard Morin Président t ** Président Richard Morin Directeur des soins infirmiers CH régional de Lanaudière Joliette Secrétaire Gilles Dufour Directeur des ressources humaines Centres Jeunesse Saguenay/Lac St-Jean 2e conseiller Benoît Pineau Directeur des services hospitaliers Hôpital de Mont-Joli 1re vice-présidente Huguette Dubé Directrice des soins infirmiers CH Ste-Jeanne d'Arc Montréal Trésorier Robert St-Pierre Directeur des services administratifs CH Anna-Laberge Châteauguay Présidente sortante Mariette Lavallée Directrice de la santé physique RRSSS de Québec 2e vice-président Benoît Dumais Directeur des services professionnels CH de l'Université Laval Sainte-Foy 1re conseillère Christiane Lecompte Directrice des ressources humaines Hôpital des Convalescents Montréal Directeur général de L'Association Robert Savard Autres administrateurs ASSOCIATION DES CADRES SUPÉRIEURS Dl lAUNTf »T OfS SIRVK »\S(X .Al « 920, rue Victoria, bur.150 GREEFIELD-PARK (Québec) J4V1M9 Robert Amyot Directeur des services techniques Hôtel-Dieu de Lévis Marcel Aubin Directeur des serviqes hospitaliers CH région de l'Amiante (Thetford Mines) Denis Bélanger Directeur des ressources humaines CH régional de Rimouski Micheline Boisvert Adjointe au directeur général CH de Valleyfield Claude Dubé Directeur de la réadaptation Centres Jeunesse de Québec (Beauport) Lise Dubé Directrice des soins infirmiers CH de Portneuf (St-Raymond) Jacques Dumont Directeur adjoint des finances CH universitaire de Sherbrooke Gilles Forcier Directeur des ressources humaines RRSSS Montréal-Centre Joanne King Directrice des soins infirmiers CH Jeffery Hale (Québec) Clément Lacroix Directeur des finances et du personnel Hôpital Ste-Anne-de-Beaupré Marc-André Lemire Directeur des services professionnels CH Laurentien (Ste-Agathe-des-Monts) Richard Poulin Directeur des ressources humaines CH Jeffery Hale (Québec) Bernard Pouliot Directeur du DSC CH régional du Grand-Portage/(Rivière-du-Loup) L'Association remercie ces personnes d'avoir accepté d'oeuvrer bénévolement comme officiers et membres du Conseil d’administration au développement et à la promotion des intérêts socio-professionnels des quelque 2 000 cadres supérieurs du réseau de la santé et des services sociaux qu'elle a, par décret gouvernemental, mandat de représenter. L E I) K V 0 I li .I.E .1 K U I) I « J U | I, I.K |’ I !) !> 3 A () Le Japon en quête de reconnaissance Sylvia ne T r a ni i e r Le sommet de Tokyo réunit des dirigeants au pouvoir mal assuré.Trois novices (Canada, États-Unis, Italie), deux doyens approchant la retraite (France, Allemagne), un champion d’impopularité (Grande-Bretagne) sont rassemblés chins un pays en crise dirigé par un premier ministre en sursis.Cette réunion de chefs peu aguerris ou trop amochés tombe plutôt mal, alors que l’époque est en panne de leadership mondial.f-—jl our le Ja|x>n, la tenue du sommet en P pleine campagne électorale est apparemment encore plus malvenue.Car ce pays qui a tout intérêt à briller en bonne compagnie, au moment où il cherche a assumer de plus grandes responsabilités dans les affaires internationales, a soudain d’autres chats à fouetter et il paraît empêtré dans ses contradictions.D'abord, le moteur de la deuxième puissance économique mondiale a des ratés.Le Japon traverse actuellement sa pire crise en 20 ans: chute de la Bourse, de la production industrielle, des investissements et des profits des entreprises.Ensuite, cette défaillance économique se double d’une crise politique sans précédent.I.e 18 juin dernier, la machine bien huilée du monde politique japonais s'est enrayée.La dissidence de 55 députés sur un vote de censure à la Diète a envoyé au tapis la formation conservatrice du premier ministre Kiichi Miyazawa, le Parti libéral démocrate (PLD), après 38 ans de conduite ininterrompue des affaires du pays.Mis en minorité, le premier ministre a été contraint de déclencher des élections où vont s’affronter de nouvelles formations politiques, et qui pourraient mettre un terme au système de parti dominant caractéristique de la vie politique japonaise depuis 1955.Le prochain gouvernement japonais pourrait devoir s’appuyer sur une coalition de partis.Motif de la défaite du PLD: le report de l'adoption d’une réforme du système électoral et une refonte du financement des partis.Voilà qui rappellera quelque chose à d'autres membres du G7.Les scandales politico-financiers à répétition qui secouent le Japon n’ont rien à envier à ceux que connaissent l’Italie et la France.Mais la façon dont le système politique japonais est rongé par la corruption a quelque chose d’unique.Li collusion entre les milieux industriels et les milieux politiques est un héritage de l’effort de reconstruction de l’après-guerre.Main dans la main, l’industrie et la politique, c’est-à-dire principalement le PLD, participaient au redressement du pays, les industriels contribuant sans regimber à la caisse du parti et le parti au pouvoir protégeant et encourageant par ses programmes publics le développement industriel.Cette structure est maintenant frappée d’anachronisme, les intérêts des industries lourdes entrant en conflit avec ceux dé l’industrie manufacturière et du commerce de détail.Le patronat se met à renâcler sur les demandes de financement du PLD.Certains regroupements industriels comme la fédération du bâtiment ont commencé à fixer des limites aux contributions que leurs compagnies affiliées peuvent accorder aux politiciens.En même temps que cette volonté d’assainir la vie politique, et d’ébranler l’ordre habituel des clans, on assiste à une revendication d’une plus grande transparence du jeu politique, d’une plus grande ouverture du débat politique.«L'Histoire nous apprend que le désordre naît de la pourriture du système et que du chaos naissent les nouvelles politiques.Nous les électeurs, nous suivrons attentivement les tâtonnements du monde politique en quête d’une renaissance», écrivait il y a deux semaines le quotidien Asahi Shimbun.Car c’est de cela qu’il s’agit.Un nouveau paysage politique est en train de s'ébaucher au Japon et la démocratie a tout à y gagner.Une majorité de Japonais est convaincue que le Japon doit maintenant jouer un rôle plus grand dans le monde.Sa puissance économique l’y autorise.Sa généreuse conùibution financière aux opérations des Nations unies aussi.Mais des ajustements s’imposent dans son système économique et politique.Le sursaut démocratique que l’on observe au Japon devrait lever les dernières résistances à son accession à un siège permanent du Conseil de sécurité de l’ONU.Le remodelage de l’organe suprême des Nations unies est en effet à l’ordre du jour.La France et la Grande-Bretagne sont pour la première fois prêtes à discuter d’un éventuel élargissement du Conseil de sécurité.La composition du Conseil de sécurité, formé de 15 membres dont les cinq membres permanents fies vainqueurs de la Deuxième Guerre mondiale) ne reflète plus la réalité d'aujourd’hui.L’Allemagne et le Japon, poids lourds économiques, sont des candidats naturels à un siège permanent.Mais ils ne devraient pas être les seuls.Les critères de sélection des nouveaux membres permanents restent à définir et cela ne sera pas une tâche facile.Elargir le Conseil de sécurité aux seuls Japon et Allemagne déséquilibrerait un peu plus le Conseil de sécurité en faveur des pays riches, de l’Europe et de l’Asie au détriment de l’Afrique, de l’Amérique du Sud.En outre, multiplier les droits de veto risquerait de conduire à une paralysie du Conseil de sécurité.A cinq droits de veto et 15 membres, le Cônseil fonctionne.Au-delà, il serait neutralisé.Ce débat ne fait que commencer.Mais le Japon a déjà amorcé le virage qui le place en bonne position pour entrer au Conseil de sécurité.Des soldats japonais coiffent le casque bleu des forces de maintien de la paix de l’ONU, et tout le dispositif onusien au Cambodge est placé sous le commandement d’un général japonais.C’est une Japonaise qui occupe la fonction de haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés.De la crise politique qu’il fraverse le Japon pourrait sortir plus fort, et plus apte à jouer le rôle international que son rang économique lui impose.Volonté d’assainir la vie politique et revendication d’une plus grande transparence du jeu politique Un oui aux multiples facettes Je viens de terminer la lecture de l’opuscule,de Jean Neuvel lancé le 21 juin, aux Editions MER inc.: un non créateur.Néuvel écrit en page couverture: «Il est raisonnable de croire que plus jamais le Québec ne va demander aux autres communautés du Canada la permission d’être ce qu’il est,» Ecriture vive et alerte, pensée concise et incisive, pleine .de fougue et de passion du pays! Neuvel nous fait faire le tour du propriétaire, l’inventaire rapide du patrimoine de ce peuple à l’identité en développement que nous sommes.Après avoir commenté le non de Charlottetown dans des termes pleins de respect pour tous les protagonistes, l’auteur explique comment ce non est une chance pour le Québec, pour les autochtones et pour le Canada.J’ai compris que le non est une chance pour chacun d’être ce qu’il est, dans le respect, le dialogue et la complémentarité.Car il ne sert à rien de s’enfermer dans une camisole de force qu’un oui aurait constituée.Mais il n’y a pas que le non qui soit créateur.Neuvel présente en quoi «un oui créateur» est possible.À travers 14 oui, il nous dresse un portrait de nos forces vives, de nos moyens, de nos valeurs: oui a la souveraineté, oui a notre histoire, oui aux autochtones, oui au développement autofinancé, oui a la concertation, oui à la solidarité, oui a la santé et oui a la créativité, pour n’en nommer que quelques-uns.J’ai retenu quelques phrases-chocs qui m’ont galvanisé, quelques vérités qu’il fait bon de se rappeler dans le contexte actuel: «Je me souviens, c’est la devise du Québec.11 est temps qu’on s’en souvienne.On ne développe personne, sauf soi-même.On ne développe pas une ré- LETTRES -?- gion.C’est la région qui se développe/avec ou sans aide.Reconnaître et déclarer en présence des autres (peuples), notre propre identité comme peuple.Nous affirmer en tant que communauté distincte ayant sa personnalité collective, son âme collective, tout ce qui fait un peuple.» Le livre de Neuvel, un repère dans notre quête nationale, une célébration vibrante du peuple du Québec.Pierre Barbés Montréal, 22 juin 1993 Le virage environnemental À i’heure du développement «enviro-économique», les recommandations du RAPE de reporter la construction du barrage SM3 et d’en réviser l’envergure ne peuvent qu’être applaudies.Même si le BARE n’en prône pas la suppression totale, sa décision envoie un message clair à toute entreprise désireuse de mener a bien des projets pouvant avoir un effet quelconque sur l’environnement, qu’il est dans son meilleur intérêt de prévoir les conséquences écologiques néfastes de ceux-ci et d’essayer de les minimiser le plus possible.A défaut de quoi, le projet est très certainement voué à l’échec, ne pouvant avoir satisfait les standards écologiques des Québécois, qui, de plus en plus sensibilisés a l’importance pour les générations futures de sauvegarder le patrimoine naturel de la province, tolèrent de moins ep moins le développement économique aux dépens de l’environnement.Malheureusement, seul le gouvernement du Québec semble ne pas avoir encore compris ce dont il s’agit, tel qu’en fait foi le déchaînement exagérément émotionnel de la ministre Lise Bacon.11 n’est aucunement question de ralentir ou de paralyser le développement du Québec et d’engager la pro- vince sur la voie de la «tiers-mondia-tisation».Il est simplement suggéré aux entreprises d’avoir recours à de nouvelles techniques plus écologiques, et surtout d’«agir localement, penser globalement».la société québécoise semble enfin avoir amorcé le virage environnemental de façon décisive.J’invite notre gouvernement à faire de même.Henri Nahabedian Montréal, 30 juin 1993 Fin de millénaire qui s’éteint Climat de fin de siècle, de millénaire qui s’éteint.Triomphe du surréalisme, de l’absurde et des couteaux sans manche, qui ont encore une lame mais que plus personne ne retient.Lente et dangereuse dérive, dont, chaque jour, de façon obscène mais objective, les actualités télévisées vomissent les évidences: • La dame, morphinomane obligée, le corps labouré par la douleur, crie au conseil d’administration de l’hôpital Charles-Lemoyne son indignation et sa peur: on fermera la clinique du cancer.Il manque 500 000 $.Que voulez-vous?• Les professeurs sont contents.Lt Cour suprême a tranché, le gouvernement, vilain garçon, leur avait coupé deux jours de salaire lors de la plus récente grève.Il avait peut-être raison mais il ne pouvait pas: les lois sur lesquelles s’appuyait cette décision n’avaient pas été traduites en anglais.On devra leur rembourser 30 millions, ou 60 déficits de clinique du cancer.Que voulez-vous?< la CEQ est, par ailleurs, toujours contre la loi 86.Celle qui dit que l’on doit tout traduire.Climat de fin de siècle, de millénaire qui s’éteint.Climat de fin de société.L1 chaos tranquille, ordinaire, organisé, reprend ses droits.Marc Dumont Montréal, 28 juin 1993 £U£ A / VER y MOT).IA tWORWAUCE.KTp) A TOtC/O L’adaptation du «modèle» suédois l’essentiel de l’édifice demeure.Les acteurs socio-économiques jouent encore un rôle, mais des organisations gouvernementales comme l’Administration nationale du travail ne sont plus les lieux de concertation qu’ils étaient par le passé.C’est d’abord l’organisation patronale SAF qui s’en est retirée, forçant le gouvernement à chercher de nouvelles formules pour tenter d’assurer un certain soutien à ses politiques.Les syndicats (80 % des Suédois sont syndiqués) sont aussi absents de la définition des politiques, mais compte tenu de l’instabilité du gouvernement actuel, le parti social-démocrate reste une alternative crédible.Cependant, l’emploi demeure une priorité.Même si le taux de chômage a augmenté, la Suède continue d’intervenir activement sur le marché du travail.Les trois quarts des sommes qu’elle investit sur le marché du travail vont à la formation ou à la création d’emplois et seulement le quart au soutien du revenu des personnes sans emploi.Au Canada, c’est exactement l’inverse.Par contre, on ne crée plus d’emplois dans le secteur public afin de réduire le chômage; au contraire, certaines agences gouvernementales sont même privatisées.Il est donc clair qu’on a adopté une politique économique plus libérale en Suède: privatisations, démantèlement des fonds salariaux gérés par les syndicats, réduction des dépenses publiques, entre autres les subventions aux municipalités et aux industries.De toute évidence, la Suède traverse une période économique difficile.Mais le «modèle suédois» ne s’est pas écroulé: il a continué d’évoluer, comme il l’a déjà fait dans le passé.Pour le moment, l’emploi demeure une priorité pour les huit millions de .Suédois.Il faudra surveiller l’évolution dans les mois et années à venir, avec l’intégration à la Communauté européenne.La Suède défendra-t-elle son modèle plus interventionniste ou se rapprochera-t-elle de la Grande-Bre-.tagne?Cela reste à voir.j==j] u cours des derniers mois, Aon a beaucoup traité de la remise en question du «modèle» suédois.Le gouvernement de coalition de i‘- centre-droite avait jusqu’ici réussi à maintenir un certain consensus social, mais le dernier budget l’a fait éclater.Alors que les socio-démocrates avaient accepté les coupures budgétaires de septembre en vue de soutenir la couronne suédoise, les nouvelles coupures budgétaires les amènent à réviser leur appui.Les syndicats sont de plus en plus opposés au gouvernement, en particulier en raison de la baisse des prestations de chômage de 90 % à 80 % du salaire et de l’introduction d’un délai de carence de cinq jours.Ils n’ont pas non plus apprécié l’augrnentation de 60 à 62 ans pour l’âge à partir duquel on peut travailler à temps partiel et obtenir une pension de retraite à temps partiel.Cela les inquiète d’autant plus que le chômage est passé de 3 % en 1991 à 7 % en 1993, sans compter les quelque 4 % bénéficiant de formation ou de création d’emploi.Compte tenu de ces évolutions récentes, la revue The Economist affirmait récemment que la «troisième voie» suédoise apparaît de plus en plus comme une voie sans issue.Mais faut-il conclure si rapidement?Ce n’est pas certain.On a toujours parlé du «modèle suédois», mais peut-être faut-il admettre que ledit modèle a constamment évolué au fil des ans et qu’il continue sans doute de s’adapter au contexte actuel, particulièrement difficile pour la Suède, qui veut s’intégrer a l’Europe.On a longtemps parlé de la Suède comme d’un modèle économique très stable, qui assurait le plein emploi de sa population, le taux de chômage ayant été un long moment autour de 2 % seulement.Or, le Québec a connu un taux de chômage de 11 % en moyenne sur les dix dernières années: on croit rêver! Mais depuis que le gouvernement de coalition de centre-droite a pris le pouvoir, le taux de chôma- DIANE-G A B R I E L L E TREMBLAY ?ge suédois a augmenté et on a adopté une série de mesures budgétaires restrictives.C’est ce qui en a amené plusieurs à affirmer que le «modèle suédois» était chose du passé.Rappelons que pour l’essentiel, la voie suédoise reposait sur quatre principes: la priorité accordée à l’emploi (par opposition à l'inflation) avec une politique active du marché du travail, comprenant des programmes de formation et de création d’emplois; la politique de solidarité salariale, ainsi que la négociation centralisée de salaires, qui permettait un certain contrôle de l’inflation; un système de sécurité sociale très développé; enfin, la participation des acteurs socio-économiques (patronat et syndicat) à l’élaboration des politiques économiques.Où en sont les choses aujourd’hui?La décentralisation de la négociation constitue le changement majeur.Depuis quelques années, l’organisation patronale SAF a ramené les négociations de l’échelle nationale au niveau des branches, puis des entreprises.SAF a même éliminé son service de négociations salariales.Ijes syndicats se sont d'abord opposés à cette décentralisation, sans succès, mais essaient encore aujourd’hui de coordonner leurs demandes salariales.Ia“ système de sécurité-sociale a aussi subi quelques attaques, sans toutefois être entièrement démantelé.L’assurance-chômage et les congés-maladie sont moins généreux, mais A P R.0 P 0 S * -?- .de travail et d’études L’effet de l’activité dans le marché du travail sur l'achèvement des études paraît complexe et très différent chez les hommes et les femmes.Une activité modérée semble liée à un faible risque d’abandon chez les élèves des deux sexes, et ce, même lorsque d’autres facteurs sont pris en considération tels le rendement scoliiire, l’absentéisme, les expériences vécues à l'école, le niveau d’instruction des parents et la province d’étude.Il semble, par ailleurs, qu’une activité très intense augmente considérablement le risque d’abandon chez les hommes, tandis que chez les femmes c’est à l’inactivité sur le marché du travail que l’on attribue le risque le plus élevé d’abandon scolaire.• Ces résultats portent à croire que le fait de conjuguer travail et études n’est pas, en soi, alarmant.Apparemment, certains aspects du travail favoriseraient la persé- vérance et le succès scolaire.Il se peut qu’une activité limitée sur le marché du travail augmente l’estime de soi et engendre des attitudes qui contribuent à la réussite, notamment la ponctualité, l’esprit d’initiative et l’endurance.En outre, la plupart des élèves qui travaillent ont un emploi peu spécialisé et peu rémunérateur, donc pas très prometteur.Par conséquent, il est possible que l’expérience du marché du travail convainque plusieurs d’entre eux que leur diplôme d’études secondaires est essentiel à l’obtention d’emplois plus intéressants et potentiellement plus payants.Cependant, l’activité intense sur le marché du travail semble augmenter le risque d’abandon chez les jeunes hommes.Perspectives, Statistique Canada, Été 1993.LE DEVOIR K N It I B 0 II R A S S A LE 10 JANVIER | 9 Directrice LISE BISS0NNETTE Rédacteur en chef BERNARD I) E S C Ô T E A U X Directe n r delegué à l'administration ANDRÉ LE (ILE RC Directeur de l'information BENOÎT AIIB1N Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, ROCII CÔTÉ llédaetc u r e n e h ef adjo i n l J E A N - ROBERT SAN S FAÇON Directeur des publications spéciales 0IIY I) E SIIAIE S FAIS C E Q U E DOIS L E I) E V 0 1 R .L E .1 E U I) I 8 J U IEEE I' 1 il i) 3 A 7 IDEES Un monde entre deux sociétés I- Le coeur du régime politique qui régit le Québec rend improbable le règlement de la question autochtone dans un avenir rapproché DANIEL SALÉE Professeur de science politique Université Concordia la veille du troisième anniversaire de la tristement célèbre crise d’Oka, la question des rapports entre autochtones et «allochtones» au Québec n’a pas perdu de son actualité et ne laisse pas d’interpeller la population québécoise et les intervenants au dossier.Dans son édition du 19 juin, LE DEVOIR offrait à ses lecteurs un cahier spécial sur les autpchtones.A travers ses articles et les messages publicitaires provenant à la fois d’instances gouvernementales et de divers organismes autochtones, le ton général du cahier laissait clairement supposer que LE DEVOIR voulait montrer qu’un dialogue fructueux et empreint de compréhension et de respect mutuel est encore possible entre autochtones et allochtones au Québec.Deux jours plus tard, dans l’édition du 21 juin, l'anthropologue Pierre Trudel brossait un bilan réaliste du conflit des nationalismes qui oppose Mohawks et Québécois.Malgré l’écart tangible qui semble séparer les uns et les autres, M.Trudel parlait de ressemblances et en appelait à l’harmonisation des discours.Les écueils Tous, politiciens, intervenants et spécialistes, sont conscients des écueils que pose la question autochtone.Tous clament bien haut l’importance du compromis.On cherche à identifier les points de convergence, on parle de consensus à construire dans le respect des différences et des objectifs identitaires respectifs.Dans les laits, il y a peut-être beaucoup plus loin que l’on croit de la coupe aux lèvres.Les événements des trois dernières années démontrent sans équivoque que les autochtones ont accéléré le mouvement de reconquête de leur espace politique et géographique entamé depuis plus de vingt ans.Le gou- 9 V.PHOTO JACQUES NADEAU Rencontre mémorable entre un Warrior et un soldat, dont les images ont fait le tour du monde.À la veille de l’anniversaire tristement célèbre de la crise d’Oka, les rapports entre les autochtones et les «allochtones» sont loin d’être réglés.vemement québécois, pour sa part, malgré un discours officiel en apparence généreux et ouvert, marque bien qu’il n’entend pas céder sur les fondements de l’identité québécoise.Il y a pèu d’indicateurs dans les développements récents qui laissent entrevoir un règlement rapide et satisfaisant pour les deux parties du contentieux qui oppose les autochtones et la population allochtone du Québec.Leurs objectifs sociaux, politiques et économiques respectifs sont souvent difficilement conciliables, quand ils ne sont pas carrément antinomiques.Mais il y a plus.La dynamique structurelle et culturelle d’interaction sociale héritée de la loi constitutionnelle de 1982, donc le coeur même de la gouverne et du régime politique qui régissent le Québec, rend improbable le réglement de la question autochtone dans un avenir rapproché.On trouve inscrit en filigrane de la Charte deux niveaux de discours et de pratiques socio-politiques contradictoires qui, en bout de piste, conditionnent une gouverne qui ne peut être qu’ambiguë.D’une part, la Charte promeut, par son individualisme incontestable, une conception des rapports sociaux qui trouve expression dans l’exaltation de la liberté naturelle des individus, dans la célébration du vécu particulier de chacun et dans le redéploiement du principe d’égalité formelle en vertu duquel chacun doit ê.tre traité de la même manière par l'Etat.D'autre part, en admettant certains droits collectifs et en constitutionnalisant certains mécanismes destinés à les protéger (e.g.programmes d’action positive — article 15.2), la Charte ouvre la porte aux ambitions collectivistes alimentées par les prétentions identitaires de toute sorte qui traversent la société civile.Encouragés par la garantie constitutionnelle de la protection de l’intégrité de leur individualité propre, les individus qui se reconnaissent avec d’autres une identité, un vécu communs peuvent désormais se regrouper en une démarche collectiviste pour la reconnaissance sociale et universelle de leur individualité.La Charte en toile de fond La Charte les investit en quelque sorte de la mission d’affirmer leur droit inhérent à manifester cette individualité et à revendiquer quelle soit prise en compte, voire intégrée dans la formulation des politiques publiques.En principe, le régime politique mis en place en 1982 reconnaît le droit à la différence et soutient un système au sein duquel une minorité n’est plus tenue de se soumettre sans appel aux volontés de la majorité.Reconnaître la différence est une chose, appliquer son principe en est une autre.De toute évidence, la Charte pose l’épineuse question de la gestion de la différence.En admettant l’existence et le développement d'identités minoritaires, l’affirmation de la différence n'est plus qu’un simple problème théorique, une vague intention morale ou politically correct.La Charte force la recherche de solutions pratiques face aux volontés d’inclusion des identités minoritaires dans l’agenda public.Le problème, c'est que comme elle reconnaît à la fois l’équivalence et la différence, l’homogénéité et l’hé- ‘ térogénéité, l’individuel et le collectif, comme elle est contradictoire dans son principe même, elle est incapable d’offrir des directives précises quant aux modalités de cette gestion.La Charte et tout l’édifice politico-constitutionnel quelle soutient sont donc nécessairement porteurs de tensions entre les identités multiples qui entrent en compétition sur la place publique |X)ur se garantir l’accès, voire le contrôle des ressources socio-économiques disponibles.Dans la mesure où le système politique canadien s’objective désormais à travers la primauté absolue des droits, le dialogue se fait ardu et les perspectives de convergence des identités s'amenuisent.C’est contre cette toile de fond mise en place par le régime constitutionnel canadien qu’il faut évaluer la question autochtone au Québec ainsi que les projets de coexistence et les appels à l’harmonisation.Demain: «La négation de la spécificité québécoise».Nouveau Nunavut La ligne Montréal-Iqaluit Le Nunavut et le Québec sont désormais frontière à frontière, avec d'incalculables répercussions linguistiques, économiques et socio-culturelles ii vV GENEVIÈVE DE LA TOUR FONDUE-SMITH Présidente, Alliance française L======! accord sur le Nunavut entre le gouvernement et les leaders inuit, signé le 25 mai à Iqaluit, en présence du premier ministre Brian Mulroney, de Nellie Cour-noyea, première ministre des Territoires du Nord-Ouest (TNO) et de, James Eetoolook, président de la Fédération Tungavik du Nunavut, ouvre la porte à des changements géographiques et politiques considérables, puisqu’il affecte un cinquième de la superficie totale du Canada, dont le nouveau Nunavut obtient plus de 2 millions de kilomètres carrés.Or, l’accord transfère aux Inuit un titre de propriété foncière sur 350 000 kilomètres carrés de terres dans l’Arctique de l’Est, et leur accorde une compensation financière de 1,4 milliard de dollars répartis sur 14 ans.Il comprend aussi des droits d’exploitation des ressources fauniques et des droits d’exploitation souterraine de 36 300 km carrés.Le territoire du Nunavut concerne 17 500 Inuit, soit 80 % de la population de la région visée par l’entente.Ces chiffres illustrent à eux seuls l’envergure et la complexité de la création et du fonctionnement du territoire du Nunavut, dont la mise en place de son futur gouvernement est prévue pour le 1er avril 1999.Même si le processus de transition ne prendra fin qu’en l’an 2008, des études sur les coûts énormes de l’établissement d’une nouvelle structure gouvernementale, les répercussions de la séparation des Territoires du Nord-Ouest et du Nunavut, les retombées économiques d’investissements privés générant la création d’emplois, ont été effectuées par des firmes spécialisées comme Coopers & Lybrand et d’autres, et continuent de l’être car les délais sont serrés.Comme l’a expliqué M.Ken Ma-cRury, directeur régional du gouvernement des TNO pour la région de Baffin, au journaliste-coopérant français de L’Aquilon, d'ici 1995, l’ensemble des commissions et régies qui auront à administrer les différentes sections de l’entente du Nunavut devraient être opérationnelles.Elles couvriront des domaines aussi variés que la faune, la gestion des eaux, l’utilisation des terres, l’impact sur l’environnement, l’exploitation minière, le patrimoine, etc.Puis, l’évaluation des services gouverne- mentaux et la création des ministères suivront en respectant la priorité des secteurs essentiels.Or, tous les experts en conviennent: la main-d’oeuvre disponible est nettement insuffisante: il faudra créer des emplois en recourant à une immigration de l’extérieur et la formation d’administrateurs, de fonctionnaires et de techniciens au sein de la population inuit, juridiquement indispensable, exigera un long apprentissage.C’est alors que la situation géographique d’Iqaluit, pressentie comme future capitale du Nunavut et où fut signé l’accord du 25 mai, apparait lourde de symboles et chargée d’une mission exemplaire.Elle l’exerce déjà dans l’Arctique de l’Est, où la concentration de francophones et le nombre de services en français sont assez élevés.La création du Nunavut accentuera une certaine dépendance de communication qui existe notamment dans les domaines de la culture et de l’éducation et sur le plan économique: Montréal sera pour Iqaluit ce qu’Edmonton est pour Yellowknife: un lien de ressourcement essentiel.Située à trois heures de vol de Montréal et desservie par une ligne directe et régulière, la ville d’Iqaluit est la plus importante communauté de l’Est de l’Arctique avec ses quelque 3000 habitants inuit, anglophones et francophones (d’où l’annuaire du téléphone trilingue de Bell.unique au monde).Centre de l’adminis- L’accord sur le Nunavut concerne un cinquième de la superficie totale du Canada.PHOTO PC Paul Quassa, de la Fédération Tungavik du Nunavut et l’ex-premier ministre Brian Mulroney à la signature de l’accord du Nunavut, à Iqaluit en mai dernier.tration, du transport, du commerce et de l’éducation de File de Baffin, l’ancienne Frobisher Bay obtint le statut de ville en 1980.Le 1er janvier 1987, elle prit officiellement le nom d’Iqaluit qui signifie «plusieurs poissons» en inuktitut.Elle eut même en 1989 un maire francophone et fier de l’être, André Thériault, au nom prédestiné.Plus du tiers des «Franco-Ténois» des TNO deviendront résidants du Nunavut en 1999 et s’interrogent, évidemment, sur leur futur statut, les liens que les communautés de l’Est et de l’Ouest entretiendront, la possibilité de former même des regroupements communs, voire de conserver l’unique organe de presse, L’Aquilon, qui est leur porte-parole territorial.Solidaires des aspirations autochtones, participant déjà de plain-pied au développement de l’Arctique de l’Est, les Franco-Ténois se réjouissent de la réalisation du rêve inuit et souhaitent que pour eux la transition se fasse en douceur.Mais comme l’écrivait Louise Doren, ancienne éditorialiste à L’Aquilon, il est important que les droits acquis au cours de la dernière décennie fies services en français) ne soient pas mis en péril.Il est important aussi de s’assurer que la communauté francophone de l’Est ait les moyens de s’épanouir.Quand on regarde sur la carte des TNO le nouveau tracé du Nunavut qui englobe des joyaux écologiques inestimables comme File d’Ellesmere et son oasis polaire du lac Hazen qui, l’été, se tapisse de fleurs roses, ou le parc national d’Auyuittuq de la péninsule Cumberland, dont Pangnirtung est la voie d’accès au nord-est d’Iqaluit, alors que centre d'art également, Cape Dorset se profile à l’Ouest, et qu’au sud le nom même de Copper-mine évoque la richesse minière, on prend conscience du caractère percutant d’un tel héritage qui ne peut être propulsé dans l’avenir sans choc.Le Nunavut et le Québec sont désormais frontière à frontière, avec d’incalculables répercussions sur le plan des relations autochtones, linguistiques et éducatives, socio-culturelles et économiques.Si l’axe de soutien Montréal-Iqaluit fonctionne bien, si la technologie avancée de Montréal devient rapidement avantageuse à cause de sa proximité, au lieu de recourir à celle de l’Alberta ou du Manitoba, les francophones du Nunavut se sentiront rassurés par un rayonnement mutuel, un partenariat en somme où leur vécu de l’Arctique extrêmement précieux les valorisera et justifiera l'aide du Québec.L’enlisement m n Ce qui arrive à la politique de la langue est rigoureusement ce qui arrive à notre politique générale L PIERRE VADEBONCOEUR Essayiste a loi 86 place la conscience nationaliste devant une interrogation plus globale et plus fondamentale que la pure question de l’usage public des langues.Qu’est-ce que nous entendons dans cette nouvelle querelle linguistique?Nous découvrons une fois de plus avec angoisse que notre volonté politique ne parvient pas à prévaloir, non pas contre l’anglais, mais contre l’histoire.Cependant, une partie de la population semble actuellement se rendre moins compte de cette précarité et de ce que celle-ci présage.Ce qui nous frappe dans la ruine progressive de la loi 101, ce n’est pas seulement cette destruction, mais c’est qu’elle est à la fois symptôme et réalité partielle d'un enlisement historique national auquel, depuis 30 ans, nous tentons désespérément d’échapper.La loi 86 ne saurait être intelligemment interprétée comme un fait ordinaire et contingent, bien qu’on la traite presque partout de cette façon.Ce qui arrive à la politique de la langue est rigoureusement ce qui arrive à notre politique générale.Notre faiblesse politique dans le dossier de la langue n’est autre chose que notre faiblesse politique à l’échelle de l’histoire.C’est exactement la même.L’une témoigne de l’autre.Le démantèlement de la loi 101 mesure précisément notre insuffisance politique.Cependant, il y a aussi les circonstances: la lassitude, sur laquelle mise un pouvoir hypocrite et usé, et aussi les problèmes économiques de la population et en parti-ailier de la jeunesse, si aigus qu’on les considère de plus en plus comme les seuls vrais problèmes.Pour ce qui est de la question linguistique et du problème national dans son ensemble, la langue française est une réalité si substantielle ment liée à notre existence que le recul politique de cette langue et la nouvelle symbolique qui en résultera ne pourront que favoriser la désorientation politique des Québécois.Ce sera une autre conjoncture.Ces nouvelles conditions infléchiront nos visées.Pour les anglophones, il en ira de même, mais dans un sens contraire.Elles influenceront pour eux les choses dans le sens du pays qu'ils veulent, et leurs prétentions politiques sur nous augmenteront d’autant Du reste, ils l’indiquent déjà Le plus à redouter en politique, c’est le phénomène des glissements.Soudain, l’on se retrouve à un autre niveau, plus bas, dans un autre contexte, dans d’autres contingences, et il n’y a plus moyen de retrouver les conditions d’auparavant désormais disparues.On est dans une nouvelle situation, autrement faite et n’offrant plus les moyens dont on a besoin.Si nous devons perdre pied historiquement cela se produira à la faveur de pareils glissements.Meech, Charlottetown, ces chausse-trappes disposées devant nous par Bourassa, nous avons évité de justesse d’y rester pris.Ryan nous en présente une autre.Et ainsi de suite.Qu'on ne s’étonne pas des réactions de ceux qui sont encore conscients de ce qui se passe, Un recul dans la politique de la langue indique une faiblesse dans la politique nationale globale et il l’aggrave.Nous savons ce que cela signifie.La défaillance politique au sujet de la langue aura des suites, et linguistiques, et politiques.Ce qui est alarmant surtout, ce n’est pas cet épisode, c’est que de manière générale nous n’arrivons pas à imposer nos défenses, nos fins, nos ambitions, en un mot notre avenir.La loi 86 nous fait toucher du doigt une fois de plus cette étonnante fatalité.Y a-t-il de la volonté politique dans ce peuple plusieurs fois tralii et alangui par toutes ces trahisons?L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes : à l'information générale et métropolitaine : Claude Beauregard.Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, Pierre Cavouette, Jean Chartier.Jean Dion.Louis-Gilles Francoeur, LouisGuy L'Heureux, Caroline MontpedL Bernard Mortier, Isabelle Paré, Diane Précourt, Laurent Soumis, Guy Taillefer, Danny Year; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes): h l'information culturelle: Michel Bé-lair (responsable).Stéphane Baillargeon, Roland-Yves Carignan, Paule des Rivières, Marie laurier, Robert Lévesque.Odile Tremblay (Livres): à l'information économique : Gérard Bérabé (responsable), Robert Dutrisac, Catherine Leconte, Jean-Pierre Iegault Serge Truffant Claude Turcotte: à l’information internationale: François Brousseau (éditorialiste et responsable).Antoine Char, Jocelyn Coulon, Claude Lévesque, Sylvia-ne Traniier, Clément Trudel; à l'information politique : Josée Boileau, Pierre O’Neill, Gilles Lesage (eorrespondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (eorrespondant parlementaire à Québec).Chantal Hébert (correspondante parlementaire à Ottawa): Serge Chapleau (caricaturiste); A l'information sportive : Yves d'Avignon; Suzanne Marchand (adjointe à la direction), Denise Babin, Rachel Duelos (commis), Danielle Cantara.Marie-Claude Coupai, Christiane Vaillant (clavistes), Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction).Isabelle Baril (secrétaire à la direction).LA DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur): Manon Scott Sylvie Scott, Serge Laplante (Québee).Rachel Rochefort (Ottaua).LA DIRECTION ARTISTIQUE Inde Lacava.LA PUBLICITÉ Lude Pinsonneault (directrice), Jacqueline Avril, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Franchie Gingras, Johanne Guibeau, Lude Lacroix, Christiane Legault, (publicitaires): Micheline Turgeon (maquettiste): Michèle Bouchard (secrétaire); Ghislaine lAfleur (réceptionniste).L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (coordinatrice des services comptables): Florine Cormier, Céline Funoy, JeanGuy Lacas, Marie-France I égaré, Raymond Matte, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross, linda Thériault (adjointe à l'administration).LE MARKETING ET SERVICE A LA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice).Monique Corbeil (adjointe).Nathalie Thabet (responsable du marché institutionnel), Monique L'Heureux, Lise Lachapelle, Olivier Zuida, Rachelle Leclerc-Venne.Jean-Marc Ste-Marie (superviseur aux promotions des abonnements), Inuise Paquette.LA PRODUCTION Robert McDougall (directeur des systèmes informatiques et de la production), Johanne Brunet Sylvain Darcy, Richard DesCormiers, Caroline Des Rosiers, Lynda Di Cesare, Marie-Josée Hudon, Michael Schneider, Marie-France Turgeon.LES ANNONCES CLASSÉES ET LES AATS PUBLICS Yves Williams (supeniseur), Manon Blanchette, Serge César, Dominique Charbonnier, Marlène Côté, Pierre Cotton, Josée Lapointe, Sylvie Laporte, Francine Morvan, Pierrette Rousseau, Micheline Ruelland, Désirée Szucsany, Mare Vigneaiilt CONSEIL DU DEVOIR INC.Pierre Boutgie (président).FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président), Roger Boisvert (rice-président et directeur général), Raymonde Guay (responsable du financement privé). LE I) !¦: V » I R .t‘ E .1 E IJ I) I 8 ,| U I L L E T I !) !) 3 LE DEVOIR ACTUALITES Betty Carter: plus musicienne que diseuse SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Chanteuse farouchement favorable à tout ce qui assure l’individualité musicale, Betty Carter s’est montrée, hier soir au Théâtre Maisonneuve, aussi alerte dans les changements rapides, et non brusques, des climats sonores qu’elle est versatile dans les improvisations.Plus attachée à la sculpture de la note qu’à la claire expression des mots, la souriante Betty Carter a signalé une fois encore qu’elle était plus musicienne que diseuse.Elle n’est pas la patronne d’une formation accompagnant une simple chanteuse, mais bien la patronne d’une formation accompagnant une instrumentiste.Née en 1930 à Flint, dans le Michigan, Betty Carter a servi une prestation caractérisée par des modifications de tempos qui permet- taient de relancer constamment les jeux de l’improvisation.C’est en cela, en cette affection pour l’exploration la plus dynamique qui soit, qu’elle se distingue de ses aînées, Ella Fitzgerald et Sarah Vaughan, comme des chanteuses de sa génération, que ce soit Abbey Lincoln ou Carmen McRae.Réputée être très exigeante à l’endroit des musiciens qu’elle engage, Betty Carter nous a permis de découvrir, une fois encore, des instrumentistes qui feront sans aucun doute leur marque au cours de la décennie.Après avoir favorisé l’éclosion musicale des pianistes John Hicks et Mulgrew Miller, sans oublier les batteurs Kenny Washington et Winard Harper, Betty Carter, pianiste de formation, est en train d’amener le pianiste Cyril Chesnut sur les chemins de l’épanouissement artistique.Se jouant du volume sonore avec bien VoN'f de la facilité, ce musicien a signé des solos où la clarté est dominante.Si l’ensemble s’est montré moins avant-gardiste que celui dirigé plutôt cette semaine par Dee Dee Bridgwater, il s’est montré plus saisissant, plus impérial que le premier.Un critique étranger parmi nous Vieux «pro» des festivals comme des concerts de jazz depuis des lustres, Gérard Rouy, critique à Jazz Magazine, a confié que la conviviali- té propre au Festival de Montréal lui faisait penser à celui de Nice.«Comme à Nice, et contrairement à la majorité des festivals, on voit ici beaucoup de familles.» Mais là où la distinction entre Montréal et les festivals qui se tiennent sur le continent européen est la plus évidente «c’est dans la compréhension que les gens ont ici de l’anglais.Grâce à cette connaissance de l’anglais, les Montréalais participent davantage que les Français ou les Allemands.J’ai été frappé, par exemple, de la facilité avec laquelle les membres du Dirty Dozen Brass Band ont fait chanter le public.» Et que penser de la programmation?«Il me semble qu’il y a plus de concerts qui ne sont pas du jazz comme auparavant.Mais heureusement, cela n’a rien à voir avec ce qui se passe en Europe.Là-bas, ça devient une maladie.» DESJARDINS Plusieurs étapes SUITE DE LA PAGE 1 Le Mouvement Desjardins prendra le contrôle de cinq compagnies actives au Québec et dans le reste du Canada, ainsi qu’en Angleterre et aux Etats-Unis.Le Mouvement met le grappin sur la Banque Laurentienne, la 7e banque en importance au Canada, présentes dans six provinces, surtout au Québec et en Ontario, sur deux compagnies d’assurance-vie, Laurentienne-vie au Québec, et l’Impériale dans le reste du Canada, la Laurentian Financial Group au Royaume-Uni, et la Laurentian Capital Corporation aux Etats-Unis.Autre avantage non négligeable pour Desjardins, a reconnu M.Bé-land: la Corporation du Groupe La Laurentienne est une société ouverte cotée à la Bourse et la nouvelle entité Desjardins Laurentienne le sera automatiquement à la suite de la fusion.M.Béland se retrouve donc à réaliser du même coup son projet de faire de la Société financière Desjardins une société cotée à la Bourse.Le Mouvement Desjardins ajoutera 8000 employés à ses effectifs.Des mises à pied sont à prévoir, a admis M.Béland, mais rien de majeur, des ajustements à court terme.Selon les explications de MM.Béland et Drouin, les activités d’assuran-ce-vie seront regroupées.Au Québec, Assurance-Vie Desjardins mène le bal dans son domaine tandis que l’Impériale fait d’évidence mieux que Desjardins en Ontario.Ni M.Béland ni M.Drouin ne pouvait mettre un chiffre sur la transaction annoncée.Elle est toutefois basée sur la valeur comptable des actifs respectifs que s’affairent à évaluer le courtier à propriété américaine Bums Frye, pour le compte de Desjardins, et le courtier torontois Nesbitt Thomson, pour celui de La Laurentienne, ainsi qu’une pléiade d’experts finan- ciers.La Société financière des caisses Desjardins est un holding plus petit que la Corporation du Groupe La Laurentienne, 5,9 milliards$ d’actifs propres contre 13,5 milliards$ et un avoir des actionnaires de 285 mil-lions$ contre 640 millions$.En revanche, le rendement sur l’avoir de ce holding de Desjardins est de 15% et il n’est que d’un modeste 5% dans le cas de La Laurentienne, rappelle M.Béland.«Ça aussi, ça s’évalue», a-t-il précisé.Une fois la «vérification diligente» effectuée, une tâche complexe compte tenu de l’ampleur de la transaction et des diverses activités qu’elle touche, on procédera à un échange d’actions de la nouvelle société Desjardins Laurentienne contre les titres des deux sociétés remplacées, n est d’ores et déjà acquis que Desjardins versera en sus une somme d’argent aux actionnaires de la Corporation ainsi qu’aux mutualistes de La Laurentienne, a-t-on laissé entendre hier.M.Drouin n’a pu dire si la transaction se fera à prime, s’il est prévu que la valeur accordée aux actifs absorbés par Desjardins dépassera leur valeur comptable.Il semble que l’on se contentera d’un simple échange au pair dans le meilleur des cas.A tout événement, la transaction devra recevoir l’assentiment des mutualistes de la Mutuelle Laurentienne située en amont de la Corporation et d’une majorité aux deux tiers des actionnaires de ce dernier holding.En outre, la ministre déléguée aux Finances, Louise Robic, doit présenter un amendement au bill privé régissant la Corporation du Groupe La Laurentienne pour que la transaction ne se réalise.La ministre doit également approuver l’acquisition de la totalité de la Laurentienne Générale par des intérêts étrangers.Hier, son attachée de presse, Anik Michaud, laissait savoir que sa décision repose sur les rapports que lui soumettra l’inspecteur général des institutrions financières'Jean-Marie Bouchard concernant cette mégatransaction.Au cours d’un entretien, M.Bouchard a souligné le caractère particulier de l’acquisition par le Mouvement Desjardins d’une banque.Il a aussi répété que «la prochaine décennie dans le secteur financier sera celle de la consolidation et de la concentration».Tout en voulant rester «neutre», il a indiqué qu’il se penchera sur la question de la concurrence eu égard à cette transaction.«La question de la concurrence, de la santé de l’industrie, c’est un élément important», a-t-il souligné.Du bon usage d’une banque La Banque Laurentienne sera le fer de lance du développement du Mouvement Desjardins au Canada anglais.Hier M.Béland a présenté cette acquisition singulière de la Banque Laurentienne, une banqueta charte fédérale, par le mouvement des caisses populaires comme une excellente affaire pourToÈganisation coopérative.«La Banque Laurentienne, c’est la seule façon pour nous de faire notre développement dans tous ces marchés (hors Québec)», a-t-il livré, hier, au DEVOIR.Ainsi, le Mouvemëftt'Desjardins avait atteint la limite de son expansion hors Québec dans le domaine bancaire quand il a signé des ententes en Acadie et en Ontario avec des fédérations de caisses populaires émanant de milieux francophones de ces deux provinces.Et il semble difficile de faire avancer la formule coopérative chez les Canadians.Desjardins a donc l’intention de conserver intactes l’intégrité et l’indépendance de gestion de la Banque Laurentienne.«Ce serait un peu bête de payer pour quelque chose et de la fermerçnsuite», a dit M.Béland.Quant à la concurrence entre les caisses populaires au Québec et la Banque Laurentienne, elle ne dérange pas M.Béland, qui souligne que différentes entités du Mouvement se font déjà concurrence entre elles.«C’est comme une succursale de Fiducie Desjardins en face d’une caisse», a-t-il cité en exemple.Grâce à une suite d’acquisitions jugées judicieuses par certains analystes financiers, notamment celle à bon prix des succursales du Standard Trust, la Banque Laurentienne a connu une croissance impressionnante ces deux dernières années.Son actif total est passé de 6 mil-liards$ en 1990 à 8,3 milliards$ à la fin de l’année dernière.Pendant cette période, ses revenus passaient de 204 millionsS à 306 mil-lions$.Son réseau de succursales s’étendaient de 140 à 216.L’acquisition d’une banque «capitaliste» par Desjardins ne compromet en rien l’idéal coopératif du Mouvement, soutient M.Béland.«Le bloc coopératif est immuable et il s’est donné les moyens de prendre place dans ces marchés financiers», a-t-il fait valoir.— RD.PORTRAIT «Tout a changé.» SUITE DE LA PAGE 1 grand-père de Brenda, a acheté une centaine d’hectares à la British American Land Compagny, comme tant d’autres colons.Il s’est installé au bord de la rivière Eaton River Valley, dans la vallée qui était alors occupée par des Amérindiens Abénakis et des castors.Les deux espèces ont maintenant disparu du coin.Mais la maison et la grange des French sont encore installées sur l’ancien barrage des uns (pour se protéger des inondations), à un jet de pierre du cimetière des autres.Leur terre fait maintenant 364 hectares.Ils y élèvent des bœufs, produisent du lait, exploitent une érablière, et viennent tout juste d’ouvrir un Bed & Breakfast.«Tout a changé autour, dans les Cantons, dit Aubrey, le père de Ross.Quand j’étais jeune, on rencontrait rarement des francophones dans les environs.Maintenant, ils sont partout.Mais, ici, chez nous, presque tout est comme avant.» La seule chose qui désole vraiment le patriarche, c’est l’omniprésence de l’Etat dans les affaires des fermiers, peu importe leur langue maternelle.«Il y a des permis et des règlements pour tout, de la coupe des arbres aux quotas de lait.C’est abrutissant!» Ross Thomas, son gendre, qui ne parle pas du tout français, se plaint au contraire de lacunes: les fonctionnaires ne parlent pas anglais, l’agronome du coin non plus et la région manque de spécialistes, de travailleurs sociaux ou d’orthophonistes par exemple.Pour le reste, c’est le classique: les lois linguistiques irritent, même ici, la perspective de l’indépendance effraie.Mais moins qu’au début des années 1970, dans les derniers temps de la chienlit felquiste, quand Brenda et Thomas ont décidé de quitter le Québec, pour un temps.«On avait passé l’année scolaire à évacuer l’école à cause de dizaine^ d’appels à la bombe, se souvient l’infirmière.A l’été de 1972, on est partis pour l’Ontario.» Brenda a terminé ses études en sciences infirmières.Ross s’est occupé a mille et une «jobines».Ils sont rentrés en 1985.«Le climat politique a changé», explique le mari.Sa femme rajoute qu’ils sont revenus pour la ferme, la famille et le paysage.«La vallée nous manquait trop.» Entre 1981 et 1991, le tiers des étudiants des High Schools de la région a aussi quitté le Québec et les retours à la French-Thomas sont plutôt rares.De nos jours, il reste moins de 50 000 anglophones dans les Cantons de l’Est.C’est moins de 9% de la population totale, alors qu’ils étaient largement majoritaires au siècle dernier.Une dizaine de milliers vivent à Sherbrooke, presque autant dans d’autres villes comme Weedon, Lennoxville ou Cookshire.C’est là qu’est installée la Standish Ltée, une entreprise en contrôle de la végétation.«Quand une usine ferme, les employés anglophones vont souvent chercher du travail ailleurs qu’au Québec, explique Christopher Standish, le propriétaire, dans son français tout à fait correct qu’il utilise de plus en plus pour ses affaires.«Contrairement aux francophones, on peut se sentir chez nous partout en Amérique du Nord.» Les premiers Standish, originaires d’Irlande, sont arrivés à Rougemont en 1804, à Cookshire au début du siècle.La ville a bien changé depuis le ‘ jeune temps du quinquagénaire.«Quand je suis né, il y avait 50% d’anglophones ici.Maintenant, on doit être moins de 10%, et ça continue de baisser d’année en année.» Mais le monsieur est beaucoup moins défaitiste que la plupart des Anglos des Cantons.«Le futur ne me fait pas peur du tout.» Vivre en anglais?«C’est beaucoup plus facile que de vivre en français en Colombie-Britannique.Je suis servi dans ma langue partout, à l’hôpital, au restaurant, au bureau de poste, au dépanneur.» Les lois sur l’affichage?«Neuf clients sur dix parlent français.Ce -serait ridicule d’afficher en anglais.» Les église» , qui ferment?«On prendra soin des plus belles.» On l’a compris, pas question pour lui de s’expatrier.«Même si on m’offre 200 000 $ pour aller à Toronto, je vais rester ici.On a tout ce qu’il faut.On peut acheter une ferme pour 40 000 $.La qualité de vie est fantastique quoi qu’en disent certains Red Necks de Bury.» Monsieur Standish ironise.Bury, c’est un des derniers fiefs de la communauté, à 12 kilomètres de Cookshire.Presque une légende.Chaque année, autour de la Fête du Canada, quelques milliers de personnes s’y rassemblent pour voir défiler des chars allégoriques décorés de feuilles d’érable, des souffleurs de cornemuses en kilt, des autos antiques.Le week-end dernier, les 3 et 4 juillet, on a même eu droit a deux ou trois lamas d’une ferme atypique des environs.Mais pas de «Red Necks» en vue (d’ailleurs, à quoi les reconnaît-on?).Que des gens des «deux peuples fondateurs du pays», venus là pour s’amuser et surtout pas pour parler politique ou Constitution.Il y avait même des péquistes dans l’assistance, et ils applaudissaient plus fort que tous les autres au passage du défilé! Les relations entre Anglos et Francos des Cantons sont demeurées chaleureuses.Rien à voir avec ce qui se passe dans la métropole québécoise.«Quand je vais à Montréal, confie Mary Mitchell, secrétaire de la Townshippers’ Association, je suis étonnée d’entendre parler anglais un peu partout et de sentir un certain climat d’agressivité.» L’Association est née au lendemain de la première victoire péquiste, pour défendre les intérêts de la communauté.lœ groupe de pression attaque sur tous les fronts: critique des lois linguistiques, propositions de réformes constitutionnelles, études sur l’état des membres, rappel constant des grandes et petites vérités historiques.«Je ne compte plus les fois où j’ai dû expliquer aux jeunes francophones éberlués que je suis née ici, que mes ancêtres sont arrivés dans la région au début du XIXe siècle, explique Mme Mitchell.* Paulette Lauzier, présidente de l’Association des Townshippers renchérit.Elle rappelle que le gouvernement parle d’Estrie plutôt que de Cantons, qu’on veut rebaptiser l’autoroute «10» de ce nouveau nom comme Knowlton est devenu la ville du Lac-Brome.«On devrait apprendre ça aussi à l’école et arrêter de nier le rôle important que les .gens de la communauté ont joué dans le développement du Québec.» ANARCHIE Petite minorité SUITE DE LA PAGE 1 «Un seul accident de bateau, et c’est la manchette.Pourtant, il y a eu 11 morts sur les routes du Québec pendant la fin de semaine, et ça s’est retrouvé en petits caractères en bas de page.C’est plus spectaculaire, mais il ne faut pas partir en peur avec ça», note-t-il.M.Jutras considère d’ailleurs que, de manière générale, les conducteurs d’embarcations se comportent mieux et font preuve d’un plus grand «civisme» que les automobilistes.Il aurait plutôt tendance à blâmer les «bateaux-cigarettes» pour les incidents nautiques: ces hors-bord élancés qui semblent n’avoir été conçus que pour la vi» tesse.La vitesse, donc, et l’alcool.Les deux coupables les plus sévèrement montrés du doigt lorsqu’il çst question d’accidents de navigation.A tort?C’est en tout cas ce que laissent croire les statistiques, qui montrent par ailleurs une légère baisse des incidents au cours des cinq dernières années.Sur les 300 incidents, dont quatre fa-tals, ayant nécessité l’intervention de la Garde côtière depuis le début de 1993 — une trentaine de moins qu’à pareille date l’an dernier —, moins de 10% impliquaient en effet de manière probante un conducteur en état d’ébriété.Un pourcentage semblable de cas de conduite dangereuse fies deux étant souvent mêlés) était recensé.Ces chavirements, échouements et autres «embarcations désemparées», selon la terminologie du métier, seraient donc en majeure partie imputables à des conditions météo défavorables, ainsi qu’à la négligence des occupants.C’est en fait sur ce dernier élément que le bât blesse vraiment, dit Jean-François Hamel, sauveteur rattaché au groupe Recherche et sauvetage de la Garde côtière, à Longueuil.«Les gens ont trop souvent l'impression de savoir naviguer, note-t-il.D’ailleurs, il faut dire que la grande majorité des plaisanciers sont bien équipés, avec cartes de navigation, radios et tout, et une bonne connaissance des règlements.Mais il suffit de quelques individus, quelqu’un qui emprunte un bateau sans savoir parfaitement le maîtriser, par exemple.» Ce qui ramène l’étemelle question de la réglementation — et de la surveillance — des activités nautiques.Pour piloter un bateau au Québec, aucun permis n’est requis.Suivre des cours n’est pas obligatoire.Même le port de la ceinture de sauvetage est facultatif: la seule présence d’une ceinture par passager à l’intérieur de l’embarcation suffit.Si Gaëtan Jutras est d’avis que le secteur n’est «peut-être pas assez réglementé», Jean-François Hamel, lui, croit plutôt que «ce sont les gens qui ne se renseignent pas suffisamment sur les mesures à prendre pour assurer leur sécurité».Malgré les campagnes intensives de prévention que la Garde côtière et différents corps policiers mettent sur pied chaque année, il reste en effet un noyau de «kamikazes» de hors-bord récalcitrants plus portés sur l’ivresse de la vitesse et des grands espaces que sur leur propre protection — et celle des autres plaisanciers.«C’est toujours le fait d’une petite minorité», opine Gaëtan Jutras.Quant à la surveillance, elle semble adéquate aux yeux de M.Jutras, qui dit «rencontrer à tout bout de champ» des représentants de la Garde côtière et de la police, qui multiplient les vérifications de routine.«On fait le maximum pour prévenir les problèmes», ajoute Jean-François Hamel.Mais la tâche n’est pas toujours facile: à la marina de Longueuil, port d’attache de plus de 400 bateaux, seulement six agents de la Garde côtière sont affectés à la patrouille d’un territoire qui s’étend des rapides de Lachine jusqu’à Contrecoeur.Ils reçoivent une dizaine d’appels de «détresse» par semaine.Ce fut d’ailleurs le cas il y a quelques jours lorsqu’un bateau ayant à son bord 17 personnes était littéralement en train de couler après avoir été submergé par une forte vague créée par le sillage d’un navire de marchandises.«Chaque coin des environs de Montréal a ses dangers potentiels, dit Jean-François Hamel.Sur le fleuve, ce sont le fort courant, le chenal et le passage des gros navires.Sur la rivière des Prairies, il y a les rapides du Cheval blanc et Lalemant Sur le lac Saint-Louis, ce sont les hauts-fonds.» Mais aucune situation, semble-t-il, n’est aussi préoccupante que celle qu’occasionne la présentation des feux d’artifice sur l’île Notre-Dame.Quantité de bateaux s’y donnent rendez-vous et repartent tous en même temps, le plus souvent dans une atmosphère de party, et les risques de collision sont très élevés.«Mais il n’y a pas de solution miracle, conclut Jean-François Hamel.Tout ce qu’on peut dire aux gens, c’est de faire attention et de s’équiper sécuritairement» EPREUVE Discrimination SUITE DE LA PAGE 1 recommandées par le commissaire aux langues officielles du Canada Apres qu’une plainte eut été déposée au commissariat i)ar le directeur du collège Mérici, M.Goldbloom avait conclu qu’il y avait eu discrimination envers les deux francophones parce qu’ils n’avaient pas pu subir toutes les épreuves dans leur langue.Dans un communiqué émis mardi, M.Morand, du CNRSG, a déclaré que «malheureusement, l’Olympiade a lieu dans moins d’une semaine, et les quatre représentants du Canada sont déjà choisis, et ont commencé la préparation finale avant le départ.Reprendre le processus à ce stade-ci est non seulement très difficile, mais risque de provoquer de nouvelles injustices».Au terme ce camp final de sélection, Vincent Boucher, de Québec, qui se classait premier au Canada en présélection, a terminé 12ème après avoir dû subir trois examens théoriques en angkiis.«Pour ce qui est des laboratoires pratiques, il y avait également du matériel qui n’était pas disponible dans les deux langues, c’était le cas des «facilitants», par exemple», a ajouté M.Pierre Nor-m;ind, le directeur des communications du CNRS.Hier, Vincent Boucher, qui est étudiant au Collège Mérici de Québec, s’est dit déçu de la décision du CNRSG, mais a annoncé son intention de demander à se soumettre lui-même, en septembre et dans son collège, à un équivalent des épreuves internationales.«Je voudrais subir l’épreuve quand même, (huis les mêmes conditions de stress, et si je gagne une médaille, qu’on me la donne.Cela ne me dérangerait pas que ce soit le Canada qui me la donne, par exemple», a-t-il ajouté.Le 24 avril dernier, Vincent Boucher remportait le concours provincial de l’Ordre des chimistes du Québec en terminant avec une note parfaite (100%) en 29 minutes, une épreuve d’une durée maximale de trois heures.«Au cours des épreuves du camp de sélection, je prenais les informations que je comprenais dans une question donnée, et j'essayais de comprendre la question.Je crois quand même que je suis le meilleur, parce que lorsque les examens étaient traduits, en pré-sélection pour le camp, je suis arrivé premier.Depuis que c’est arrivé à Terre-Neuve, j’ai commencé à lire pas mal de livres en anglais pour m’améliorer», a ajouté Vincent Boucher.Dans sa réponse au commissariat aux langues officielles, le CNRSG, commanditaire de l’événement, a signalé qu’il croyait sincèrement que le matériel serait disponible dans les deux langues au camp de sélection des finalistes, qui se déroulait à Terre-Neuve.Selon Pierre Normand, directeur des communications pour l’organisme fédéral, le CRSNG aurait fait part de sa décision au commissariat aux langues officielles du Canada hier.Au sujet de son intention ou non de poursuivre le CRSNG en Cour fédérale [xiur discrimination sur la langue, Vincent Boucher a dit hier qu’il voulait «rester ami» avec les organisateurs des Olympiades, étant donné notamment que ceux-ci lui avait offert de travailler à titre d’«entraîneur» pour les francophones, au même camp de sélection qui déroulera à Terre-Neuve, l’an prochain.En guise de compensation, le CRSNG a offert aux deux francophones une bourse de recherches «équivalente à celles remises aux gagnants de lTxpo-Sciences pan-canadienne».Montréal sourit aux touristes.Dites-leur Bonjour! Gouvernemen! du Québec Ministère du Tourlsmo Lh DEVOIR est publié par LE DEVOIR Inc dont le sièKe social est situé au numéro 2050 de Bleury, 9e étage, Montréal, (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par les Imprimerie Quebccor laSalle, 7743 de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612 mies Informations publiées dans LE DEVOIR.IJS DEVOIR est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc , 775 boni lebeau, St ipulent.Envoi de publication — Enregistrement no 085H Dépét légal: Bibliothèque nationale du Québec.T tue Saint-Jacques, Montréal.L'Agence Presse Canadienne est autorisée à employer et «4 diffuser les éphone général: (514) 985-3333; service t\ la clientèle: (514) 985-3355; publicité (514 ) 9853399.
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