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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1993-09-15, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR PERSPECTIVES Une sortie honorable Bourassa laisse au gouvernement le temps de se ressaisir Gilles Lesage Le premier ministre Bourassa a annoncé hier la décision qui s’imposait, à sa manière et à un moment opportun.Tel est le sentiment qui prévaut dans la Vieille Capitale, alors que s’amorce une course au leadership à de multiples inconnues, qui modifie d’ores et déjà toute la donne politique québécoise et même, dans une certaine mesure, canadienne.Ce n’est sûrement pas par hasard ni sans arrière-pensée que l’habile tacticien qu’est le chef du PLQ tranche enfin dims le vif.Ce qui est viscéralement contre sa manière habituelle d'agir.Il devait frapper un grand coup, sans attendre qu’on lui indique la porte de sortie.Même si sa décision est prise depuis quelques mois, dit-on, il aurait probablement préféré attendre quelque peu avant de la faire connaître, le temps de faire avancer quelques dossiers urgents, tels celui des négociations dans le secteur public et de la relance économique.Mais l’urgence s’est imposée à lui de multiples manières.En premier lieu, il devait mettre un terme à l’incertitude et au flottement endémiques qui affligent son gouvernement depuis des mois, à vrai dire depuis la défaite référendaire du NON, l’an dernier.On l’a assez dit et écrit, c’était le sauve qui peut et le chacun pour soi dans les officines gouvernementales, comme en une pénible fin de régime.Des affaires |x?ndantes prendront du retard, des projets seront encore retardés, au moins, désormais, chacun sait à quoi s’en tenir quant à l’avenir de M.Bourassa Le geste est d’autant plus significatif, à ce moment crucial de la rentrée automnale, que le premier ministre reste quand même à la barre gouvernementale tant que son successeur n’aura pas été choisi et aura formé son gouvernement, l’hiver prochain.Partant de lui-même, respecté des libéraux, y compris des factions qui se feront la lutte au grand jour et sans pitié, M.Bourassa pourra jouer à merveille le rôle de conciliateur et de médiateur qui s’impose dans cette période difficile et éprouvante pour un parti, surtout au pouvoir.Et davantage quand il s’agit du PLQ qui, comme son «grand frère» fédéral, se croit investi de la mission sacrée de détenir seul et sans partage les rênes gouvernementales.Homme de gouvernement et de parti — élévé et ayant grandi dans le sérail libéral québécois, il y est resté fidèle et loyal — M.Bourassa réussit par ailleurs ce que bien peu de chefs au pouvoir font avec succès: partir à temps, sans causer trop d’embêtements ou quand il est trop tard pour son parti.Sans remonter au déluge, MM.Trudeau et Mulroney ont quitté si tardivement à Ottawa que libéraux et conservateurs ont dû mettre les bouchées doubles, en fin de mandat, pour se donner un nouveau chef et se lancer dans la tourmente électorale.De même, à Québec, M.René Lévesque a attendu — quel spectacle pitoyable — d’être poussé vers la sortie, laissant à son successeur un PQ en mille miettes et des défis impossibles.Quant à lui, M.Bourassa part certes après quatre ans d’un deuxième mandat, mais en laissant amplement le temps au PLQ d’organiser une bonne course à la succession, et au futur premier ministre quelques mois de répit pour faire sa marque.L’échéance électorale, dans ces circonstances nouvelles, peut commod.ément être repoussée jusqu’en septembre prochain.A peu près personne n’y trouvera à redire.Sauf M.Parizeau et ses piaffantes troupes pé-quistes, pour qui le départ de M.Bourassa soulève sûrement de nombreux points d'interrogation.Comme à l’ensemble des Québécois, d’ailleurs.Qui deviendra chef du PLQ et, par le fait même, premier ministre du Québec, du moins jusqu’aux prochaines élections?La question est du plus vif intérêt pour nous tous, en raison des profonds enjeux en cause, et la réponse, loin d’être évidente.Contrairement à d’autres courses antérieures, peu de noms de candidats éventuels s’imposent d’emblée, parmi les nombreux qui font et feront l’objet de rumeurs, de conjectures et de spéculations.Le futur chef viendra-t-il du sérail ministériel ou de l’extérieur de la députation?Bien malin qui peut le prévoir avec certitude.A l’interne, on parle abondamment d’une demi-douzaine de ministres, ainsi que Michel Venne en fait état (voir autre article dans cette page).On peut présumer que trois d’entre eux seront probablement en lice, les autres se contentant d'agir comme chevilles ouvrière?ou éminences grises, en coulisses ou en plein jour.A l'externe, par ailleurs, une foule de noms circulent, soit pour mêler les cartes en faveur d’un candidat ou contre un autre — à cet égard, M.Daniel Johnson semble le plus visé — ou pour se faire du capital politique.Le fumet du pouvoir est fort attirant, surtout pour un libéral qui en détient une parcelle: il s’y agrippe avec vigueur.M.Bourassa partant, les tireurs de ficelles ne lâchent pas prise pour autant.En revanche, d’autres ministres et députés fatigués ou ayant besoin de changer d’air prendront exemple sur leur chef, comme lors de la démission récente de M.Mulroney à Ottawa.Les noms de MM.Levesque, Ryan, Ciaccia viennent spontanément à l’esprit.Le successeur choisi, ils pourraient bien lui laisser les mains libres de former son équipe et accepter de rester députés pour quelques mois.une sortie honorable, donc, qui annonce de la turbulence et un changement de la garde libérale.À quand Celle du l’Q?M.Bourassa part à temps sans causer trop de tracas à son parti 1 N 1) K X .Agir.IjCH Actualités .A4 Éditorial A8 Agenda culturel ,.B7 Idées A9 Aw* «lei's cl ewers.Ht) Le Monde.A7 Avis publics .H2 Montréal A3 Météo Culture Bit) Mots croisés m Dégagement Découverte .lit Politique AS Max.: 22 Economie .ICI les Sports.B6 Détails en B2 LE MONDE Les évêques cubains veulent une libéralisation PACK A 7 MONTRÉAL # Aucune poursuite contre les casseurs PAGE A 3 POLITIQUE Allaire confirme son appui au Bloc PAGE A 5 La succession est ouverte M.Bourassa a voulu laisser «trois saisons» à son successeur pour déclencher des élections PHOTO PRESSE CANADIENNE M.Bourassa salue les journalistes à l’issue de la conférence de presse qu’il a accordée hier après-midi au Salon rouge du Parlement.t®.'rpT MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC En tournant une page de son histoire personnelle et, du même coup, de l’Histoire du Québec, M.Robert Bourassa a libéré hier la voie pour un renouvellement du leadership au Parti libéral du Québec, qu’il a dirigé pendant 17 ans.Il ouvre officiellement la course à sa succession, entamée en sourdine et en coulisses depuis plusieurs semaines et dont le signal de départ était attendu avec impatience dans les rangs libéraux.«Le parti avait un besoin de clarification, a résumé hier le ministre et ancien chef libéral Claude Ryan.Sa décision, de ce point de vue, est salutaire et opportune».En conférence de presse, M.Bourassa a expliqué qu’il avait choisi d’annoncer ses intentions maintenant, pour «donner trois saisons» à son successeur pour déclencher les élections: le printemps, l’été ou l’automne de 1994.Après 10 ans d’affilée comme premier ministre, et à l’âge de 60 ans, M.Bourasssa s’est dit que «le moment de réaliser si en dehors de la politique il y a d’autres dé- VOIR PAGE A 10: SUCCESSION Le testament «L’indépendance, un non-sens» Dans le décor solennel de la salle du conseil législatif de l'Assemblée nationale, le premier ministre Robert Bourassa, en annonçant sa démission, hier, a du coup livré une espèce de testament politique.L’homme annonce qu’il quittera la vie publique.Il avait à dire à ses concitoyens deux ou trois choses fondamentales.Il sauta vite aux yeux que l’une des ses préoccupations pour l’avenir à court terme, outre l’économie, est le maintien de la fédération canadienne.En pleine campagne fédérale, à la veille de provinciales qui auront pour enjeu la souveraineté, il prévient les citoyens du Québec: «L’indépendance est un non-sens géopolitique.Je n’ai jamais pu concevoir que le Québec y gagnerait en morcelant le territoire canadien VOIR PAGE A 10: TESTAMENT VOIR AUSSI ¦ L’éditorial de Lise Bissonnette: Une façon de servir.A8 ¦ Un magicien habile et ambivalent.A6 ¦ Parizeau: De grandes idées qui n’ont pas tenu la route.A6 ¦ Seuls les gens d’affaires pleurent vraiment son départ.J\6 ¦ «Un homme sympathique», selon Kim Campbell.A6 Daniel Johnson Gérald Tremblay I-ucienne Robillard Yvon Picotte Un outsider?Au paradis de la telenovela et de rinformation-spectacle -3- S Y L VIANE TRAM 1ER LE DEVOIR Sao Paulo — Le suspense est haletant.Muriel, la pulpeuse blonde, et Jacques, le bel Apollon, se dévorent des yeux depuis dix bonnes minutes sur le petit écran.Mais vont-ils ou ne vont-ils pas passer à l’acte?La scène se fige.Un animateur apparaît au premier plan, le sourire carnassier.«Que feriez-vous, si vous étiez Muriel?Que feriez-vous à la place de Jacques?susurre-t-il.C’est à vous de décider.» Voilà la dernière trouvaille de la chaîne brésilienne Globo: «Voce Deride», la télésérie interactive en diable, où c’est le spectateur qui choisit la lin de l’histoire.Retour en arrière: Muriel et Jacques ont un coup de foudre monumental au tout début du film.Mais comme il faut bien meubler, ils font plus ample connaissance autour d’une bouteille champagne.De lil en aiguille, Jacques découvre qu’ils sont frère et soeur.11 explique les faits à Muriel.Ix regard torve quelle lui décoche renseigne le téléspectateur sur la force de sa passion et l’ampleur de sa déconvenue.Deux numéros de téléphone s’affichent sur l’écran: l’un pour ceux qui sont d’avis que Muriel et Jacques «devraient vivre leur passion jusqu'au bout», le deuxième pour ceux qui trouvent qu'ils ne doivent pas succomber à leur désir.On nage en plein dilemme moral.Au compteur, les NON sont en tète.La morale semble devoir l’emporter.Pour mieux tâter le tréfonds de la conscience nationale, on va poser la question à une foule, en direct de Salvador da Bahia.Un monsieur est formel: «Ils doivent renoncer à cet amour.D’ailleurs, il m’est arrivé la même chose.J'ai résisté.» Un jeune femme évoque les problèmes de consanguinité, en cas de grossesse.Une autre réaffirme le tabou de l’inceste.Bref, devant la caméra, tout le monde est contre.Mais, au téléphone, le référendum se poursuit, et les OUI gagnent du terrain.Retour au film, où les protagonistes tergiversent.Le OUI poursuit son ascension.Retour du présentateur hilare qui annonce le verdict populaire: le OUI l’emporte par 35 000 voix contre 32 000.Muriel et Jacques passent aux actes.Toutes les semaines, les téléspectateurs brésiliens sont invités à trancher un cas cornélien de la même eau.Par exemple: garder pour soi une mallette trouvée dans un avion, contenant 100 000$ destinés à financer un refuge pour enfants de la rue à Rio ou rendre l’argent.Le public a choisi la première option.11 ne faudrait pas en conclure trop vite que les Brésiliens ont perdu tout sens moral, mais plutôt qu’en téléspectateurs gourmets et avisés.La Floride suspend sa publicité Un neuvième touriste assassiné hier MARTINE TURENNE LE DEVOIR Après le meurtre, hier ,d’un touriste britannique, l’Etat de la Floride a décidé de suspendre sa publicité nationale et internationale destinée à attirer de nouveaux voyageurs.Des slogans du type «Venez, vous vous amuserez» ont été retirés temporairement.Un touriste britannique, Gary Colley, 34 ans, a été tué et sa compagne blessée par des malfaiteurs qui les ont attaqués sur une aire de repos d’une autoroute du nord de la Floride.Le couple se reposait dans sa voiture lorsque deux jeunes les ont menacés et exigé de l’argent.Ils ont ouvert le feu lorsque les voyageurs ont tenté de résister.L'homme a été tué d'une balle à la nuque et sa compagne, blessée à la poitrine.Cette attaque a eu lieu sur l’autoroute no 10, non loin de Tallahassee, à environ 650 kilomètres de Miami.C’est le deuxième meurtre de touristes en moins d’une semaine dans cet Etat (un Allemand a été tué la semaine dernière dans des circonstances similaires), et le neuvième depuis le début de l'année.Deux Canadiens sont au nombre des étrangers assassinés, victimes la plupart du temps de petits bandits qui en veulent d'abord à leur portefeuille, leur méconnaissance de la région en faisant des proies faciles.«J’imagine que le gouverneur de la Floride doit commencer à s’arracher les cheveux», dit Philippe Sureau, d'Air Transat, l’un des nombreux transporteurs aériens qui conduit chaque année un demi-million de Québécois vers la Floride, première destination touristique des Canadiens et des Américains, et première industrie de cet État.VOIR PAGE A 10: FLORIDE «Ces meurtres gratuits auront forcément un impact sur le tourisme» VOIR IWU.K A 10: BRÉSIL grL «w .MMM wmêCÆ.w/ffly- ü « f PpM ' ' *» X : ' % # v: ; ¦ fl » •, L’élection est en marche ! ET ELLE SE DÉROULERA SELON LA LOI ÉLECTORALE RÉCEMMENT MODIFIÉE.La nouvelle Loi modifie-t-elle l’exercice de votre droit de vote ?En un sens oui, car cette Loi élargit les possibilités d’exercice du droit de vote.Par exemple, elle permet l’utilisation d’un «bulletin de vote spécial» et prolonge la période de révision des listes électorales.Plus d’électeurs ont donc la chance de s’y inscrire.Le bulletin de vote spécial : une nouvelle façon d’exprimer votre choix Ce bulletin de vote offre la possibilité de voter à l’avance par la poste ou en personne ; il solutionne ainsi les problèmes d’horaire, de distance ou de mobilité.• Par exemple, si vous prévoyez être dans l’impossibilité de voter le jour du scrutin, le 25 octobre, ou les jours de vote par anticipation, les 16, 18 et 19 octobre, vous pouvez voter dès maintenant.Pour plus de détails, communiquez avec le bureau d’Élections Canada de votre circonscription.• Les électeurs à l’extérieur de leur circonscription peuvent se procurer le guide-formulaire «Le vote des Canadiens absents de leur circonscription», disponible dans toutes les succursales de la Société canadienne des postes iPOSTE^MAILl.• Quant aux électeurs temporairement en-dehors du pays et aux Canadiens résidant à l’étranger depuis moins de 5 ans, vous pouvez les aider à exercer leur droit de vote en leur disant de se procurer ce même guide dans toutes les missions diplomatiques canadiennes.Ou encore faites-le leur parvenir, si possible par télécopieur; vous le trouverez dans les succursales de la Société canadienne des postes.Quelques modifications au processus d’inscription Même si cette élection se déroule selon les étapes habituelles -recensement (notons qu’ailleurs au pays, il n’y en aura pas puisqu’Elections Canada en a déjà effectué un lors du référendum d’octobre 1992), révision des listes, vote par anticipation et vote le jour du scrutin-, l’électeur remarquera quelques modifications au processus d’inscription sur les listes électorales: s 1 • Lors du recensement, les recenseurs d’Elections Canada qui se présenteront chez vous pour inscrire votre nom sur la liste électorale vous remettront sur-le-champ une Carte d’information de l’électeur pour chaque électeur de votre domicile.Conservez-la, elle vous dira où et quand vous pourrez voter.2* Si vous êtes absent lors de leurs visites, ils vous laisseront des renseignements sur la marche à suivre pour vous faire inscrire par la poste.3* Finalement, la période de révision des listes qui suit le recensement se poursuivra jusqu’au 20 octobre.ELECTION 1993 “ CANADA CAME D INFORMATION IUCTM DdtlfCTEUfl INFORMATION CARD !¦< ««4If UIMM* Un rappel aux électeurs Pour exercer son droit de vote, il faut être citoyen canadien, être âgé d’au moins 18 ans le jour du scrutin et être inscrit sur la liste électorale.Les dates importantes à retenir Le recensement: du 20 au 26 septembre • La fin de la période de révision des listes: le 20 octobre • Les jours de vote par anticipation: les 16, 18 et 19 octobre • Le jour 1 : le 25 octobre -;-————————————|1|1|-y — ¦ • Avis aux abonnés du câble: la Chaîne parlementaire diffuse quotidiennement de l’information provenant d’Elections Canada.• Si vous connaissez quelqu’un qui éprouve de la difficulté à lire, faites-lui part du contenu de cette annonce.• Le générique masculin est utilisé sans aucune discrimination.Le directeur général des élections du Canada, Jean-Pierre Kingsley VOTER, C’EST S’EXPRIMER.ELECTIONS CANADA L'organisme non partisan chargé de la conduite des élections fédérales UU HBBi L E I) E V 0 I R , I.E M E R (' R E I) 5 S E I’ T E M R R E I !) !l :( A 3 LE' MONTREAL ÜBijoutEïiz GAMBARD \ ente et nervtie technique 630-A, rue Cathcart.Montréal, centre-ville 866-3876 -AGENT OFFICIEL FtOLEX- E N BREF MONTRÉAL CONSERVE 51 DISTRICTS LE DEVOIR — Lors des prochaines élections municipales de l'an prochain, la Ville de Montréal conservera ses 51 districts électoraux.Ainsi en a décidé hier la Commission de là représentation électorale du Québec qui estime que la carte proposée par la Ville était conforme aux exigences de 1?loi.La Commission a pris cette décision en prenant en considération la plus grande homogénéité socio-économique possible des districts, les barrières physiques, les tèndances démographiques, les limites des paroisses, la superficie, la distance et la population électorale qui ne doit pas dépasser, ni en plus ni en moins, de 15% la moyenne des districts.Montréal publiera sous peu la nouveÜe carte.LA CLINIQUE D’ONCOLOGIE SAUVEE LE DEVOIR — L'hôpital Charles-Lemoyne a décidé hier de maintenir ses services de clinique externe d'oncologie et de planification familiale, qu'il prévoyait abolir dans le cadre de ses compressions budgétaires.loirs d'une réunion spéciale publique du conseil d'administra-tjon de l'hôpital, les membres du conseil ont décidé de revenir sur leur décision de juin dernier, qui avait soulevé un tollé à travers la province.la décision d'hier, est-il écrit dans un communiqué, respecte le désir des autorités gouvernementales.Les services de clinique d'oncologie et de planification familiale représentaient un montant de 600 000$ à l'intérieur d'un plan global de redressement de 3 550 000$.Les autres mesures, d'ordre clini-co-administratives, totalisent une somme de 2 900 000$ et ont été autorisées par la Régie régionale de la santé et des services sociaux de la Montérégie.NOUVEAU PARTI À PIERREFONDS LE DEVOIR — Le directeur général des élections du Québec, M.Rerre-F.Coté, annonce l’autorisation d’un nouveau parti politique dans la municipalité de Pierrefonds.Le chef du Parti Action Pierrefonds est M.Bart Sellitto et le représentant officiel, M.Jean-Marie Bourassa.Cette nouvelle autorisation porte à 73 le nombre de partis politiques municipaux qui détiennent une autorisation en vertu des pouvoirs que confère au directeur général des élections la k)i sur les élections et les référendums dans les municipalités.LA STCUM PROLONGE SES VOIES RÉSERVÉES LE DEVOIR — La Société de transport de la Communauté urbaine de Montréal (STCUM) annonce qu’à compter du 20 septembre prochain, les voies réservées des boulevards Crémazie et Henri-Bourassa seront prolongées de façon à faciliter la circulation des autobus sur ces deux artères aux heures de pointe.Réalisées au coût de 1,7 milüons$, dont 75% provient du ministère des Transports du Québec, ces mesures, qui s’inscrivent dans le cadre du Plan de relance du transport en commun, permettront des économies appréciables sur le temps de déplacement de la clientèle, accroîtront la régularité du service et le confort des passagers.UN ÉCRIVAIN PERCUTANT LE DEVOIR — Le jeune romancier québécois Christian Mistral devra faire face à des accusations de voies de fait commis sup la personne avec laquelle il cohabite à sa résidence de l'Ile-des-Soeurs.L'auteur de Vamp et Vautour publiés chez XYZ a été arrêté lundi soir et détenu durant quelques heures par la police de la Communauté urbaine de Montréal.La présumée victime est de sexe féminin.Saccage à l’hôtel de ville La police ne porte aucune accusation LAURENT SOUMIS LE DEVOIR Bien qu’il ait filmé et photographié les cols bleus en pleine action, le Service de police de la Communauté urbaine de Montréal n’a pas l’intention de porter des accusations contre les manifestants qui ont saccagé lundi soir les portes de l’hôtel de ville de Montréal.«Des unités de renseignement ont recueilli des images à des fins d’identification et d’association, a expliqué au DEVOIR le directeur des relations publiques de la police, M.Serge Meloche.La police n’infiltre pas les mouvements syndicaux, mais tente de comprendre et d’analyser la dynamique des manifestations.» Selon les rapports compilés, près de 3000 manifestants ont pris place vers 21h30 lundi dans une soixantaine d’autobus affrété spar le syndicat des 5000 cols bleus.Le convoi, stationné au Centre Claude-Robillard, s’est ensuite mis en branle en direction de la rue Notre-Dame.Sur place, les policiers ont pu constater qu’à peine trois des véhicules de la flotte d’autobus transportaient du matériel visiblement destiné à la casse: béliers, deux par quatre, casques et jambières qui laissent croire à une certaine préméditation.Selon M.Meloche, les casseurs de lundi soir étaient les mêmes qui ont déjà manifesté devant les hôtels de ville de Verdun, Dorval et Pointe-Claire.La section locale 301 du Syndicat canadien de la fonction publique regroupe en fait les cols bleus de la Ville de Montréal, mais aussi ceux de la Communauté urbaine.Incidemment, le président du syndicat, M.Jean La-pierre, pourtant fort en gorge sur les lieux des méfaits lundi soir, faisait savoir hier qu’il était absent de la ville pour le reste de la semaine.Malgré quelques échauffourées qui n’ont fait aucun blessé, la police se disait plutôt satisfaite du contrôle de la foule parmi laquelle elle n’a effectué aucune arrestation.Elle se félicitait d’avoir stoppé la progression des manifestants à l’intérieur de l’hôtel de ville Le bilan de l’événement se résume au bris de quatre panneaux de bois des portes de la Place Vauquelin, au fracas d’un seul carreau des fenêtres de l’hôtel de ville et au pillage de quelques plates-bandes de fleurs: des dégâts dont la valeur n’est pas encore évaluée.Le maire Jean Doré a dénoncé hier le vandalisme auquel se sont livrés les cols bleus.Il a indiqué que l’intimidation ne changera en rien la décision de la Ville de faire adopter, hier, une résolution soumettant ses 13 000 syndiqués au gel de salaire prévu à la loi 102.PHOTO JACQUES NADEAU Le Service de police de la Communauté urbaine de Montréal n’a pas l'intention de porter des accusations contre les manifestants qui ont saccagé lundi soir les portes de l’hôtel de ville de Montréal.Aucune séance de négociation n’a d’ailleurs eu lieu hier en cette veille de l'entrée en vigueur de la loi.Du côté de la Société de transport de la Communauté urbaine de Montréal (STCUM), quatre de cinq syndicats ont convenu d’une entente, a-t-on appris hier.Après la ratification, plus tôt cette semaine, d'une entente avec la Fraternité des chauffeurs d’autobus, opérateurs de métro et employés des services connexes, la STCUM a conclu un nouveau contrat de travail pour les années 1994, 1995 et 1996 avec trois autres de ses syndicats: le Syndicat des employés de bureau (SCFP), la Fraternité des constables et agents de la paix et le Syndicat des employés du transport en commun (SCFP) regroupant les commis divisionnaires.Par voie de communiqué, la STCUM s’est réjouie de ces bonnes nouvelles qui font suite aux ententes historiques de 1991 avec quatre de ses cinq syndicats, ententes qui avaient permis la mise en oeuvre de son Plan de relance.Selon la STCUM, les nouvelles conventions collectives respectent le cadre budgétaire 1994 adopté la semaine dernière par le Conseil d’administration ainsi que les dispositions de la loi 102, notamment en ce qui regarde le gel des échelles salariales et la récupération de 1% de la masse salariale.La STCUM attend encore la décision finale du Syndicat de l'entretien (CSN) à une ultime proposition soumise hier.Chambardement à la direction du Journal de Montréal JEAN DION LE DEVOIR p a bouge à la direction du Journal de Montréal.V/ La salle de rédaction du quotidien a perdu coup sur coup ses deux patrons, hier, le rédacteur en chef Raymond Tardif ayant remis sa démission et le directeur de l’information Renald Kéroack ayant demandé à être muté.M.Tardif, qui avait déjà quitté le journal en fin d’après-midi hier et n’a donc pu être joint, occupera à compter de lundi prochain le poste de président et éditeur de La Tribune, de Sherbrooke.Rédacteur en chef du Journal depuis six ans, il succédera à Jean-Guy Dubuc, qui a récemment quitté ses fonctions au terme d'un mandat de cinq ans.Quant à M.Kéroack, il agira à titre de chef de pupitre pour les éditions du week-end du Journal.L’éditeur du Journal de Montréal, Yvon Lamarre, et le vice-président aux quotidiens du groupe Québécor, Jacques Girard, ont annoncé la nouvelle aux membres de leur salle de rédaction hier après-midi.Ceux-ci ont reçu l’assurance que des successeurs seraient nommés au cours des prochaines heures.Joint par LE DEVOIR en fin de journée, M.Lamarre a paru surpris de ce que la nouvelle se soit propagée aussi rapidement.Il a confirmé le départ de Raymond Tardif mais n’a pas voulu préciser le poste auquel se destinait Renald Kéroack.Dans les deux cas, il a refusé de commenter la situation, se contentant de décrire le premier comme un «bon collaborateur» et prenant le soin de mentionner qu'aucun «grenouillage» n’avait entouré cette histoire.«M.Tardif s’en va relever de nouveaux défis», a-t-il simplement dit.Chez les quelques journalistes interrogés par LE DE- VOIR, le climat était plutôt à la surprise, d’autant plus que M.Tardif était un vétéran du personnel cadre du Journal.Mais, comme l’a précisé l’un d’epx, faisant allusion au contexte de travail de la maison: «A la longue, il n’y a plus rien qui te surprend».Un autre a relaté que son étonnement était d’autant plus grand qu’«on ne pouvait pas trouver un cadre plus dévoué à l’entreprise» que Renald Kéroack.En vertu de ses nouvelles fonctions, celui-ci redevient membre du Syndicat des travailleurs de l'information.Le chambardement à la direction de la rédaction du Journal survient au moment où la possibilité d’un lock-out des typographes de l’entreprise se pointe à l’horizon.Le quotidien de la rue Frontenac est en effet à développer un nouveau système de production informatique qui permettrait d’abolir l’étape de la typographie dans l'impression du journal.-H La liste de nos services rapides s’allonge de 6,4 kilomètres.D1C I.K DEVOIR., I.E M E R C It E I) I 1 5 S E 1* T E M It It E I !» 9 3 A 4 Études de cycles supérieurs L’argent, principale cause d’abandon ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Les problèmes financiers constituent la principale cause d’abandon des étudiants à la maîtrise et au doctorat, dont plus de la moitié quittent l’université avant d’obtenir leur diplôme.C’est ce que met en lumière une étude sur la condition des étudiants aux cycles supérieurs au Québec dévoilée hier par la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).Etude dont les conclusions aboutiront sur le bureau de la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Science, Mme Lucienne Robillard.Réalisée auprès de 1000 étudiants des cycles supérieurs de cinq universités du Québec, l’étude dévoile que plus de la moitié (54%) des aspirants à un diplôme travaillent une moyenne de 25 heures par semaine, ce qui réduit d'autant le rythme de leurs études.; Le travail constitue la première source de revenus de 43% des étudiants et le tiers d’entre eux jugent que leur condition financière précaire est la principale cause d'abandon des études.En fait, 68% des étudiants comptent sur l’aide gouvernementale ou un travail rémunéré pour payer .leurs études.Seulement 6% peuvent compter sur le isoutien financier de leurs parents.En fait, quatre étudiants sur dix estiment être dans une situation financière critique.Résultat: les taux d’abandon atteignent des chiffres mirobolants et nuisent au développement de la recherche universitaire, croit la FEUQ.Dans ce contexte, cette dernière estime que les mesures d’aide financière actuelles sont nettement inadéquates.«La FEUQ demande que le ministère prenne d’urgence des moyens pour améliorer les mesures de financement des études aux cycles supérieurs», a fait valoir hier M.Patrick Lahaie, vice-président à la FEUQ pour les cycles supérieurs.Car si l’enveloppe globale destinée à l’aide financière a augmenté ces dernières années, une part de plus en plus grande de cette aide est constituée de prêts.Pour preuve, l'endettement des étudiants s’est accru de plus de 33% depuis quatre ans.«Les dettes des étudiants s’alourdissent, les frais de scolarité ont augmenté de 200%, mais pas leurs revenus.Il faut qu’il y ait un ajustement», a fait valoir hier Mme Diane Denault, vice-présidente de la FEUQ.Jacinthe Leblanc, étudiante de 2ème année à la maîtrise en communications, est un bel exemple.Elle a dû suspendre la rédaction de son mémoire cet été pour travailler à temps plein dans un hôpital.Cet automne, elle a obtenu 341$ de bourse du gouvernement, 4000$ en prêts et doit continuer à travailler deux fins de semaine sur trois pour gagner sa croûte.«Le ministère estime que j'ai besoin de 152$ par semaine, mais mes dépenses sont beaucoup plus élevées.En plus, je leur dois déjà 13 000$ pour mes ^études au bac», raconte l’étudiante.En 1991-92, un étudiant à la maîtrise pouvait compter en moyenne sur une aide totale de 7229$, et de 7661$ pour l’étudiant au doctorat.Toutefois, la dette potentielle d'un étudiant de 2ème cycle atteignait l’an dernier 21 065$ et celle d’un étudiant de 3ème cycle, 36 625$.Aussi, la fédération universitaire qui regroupe environ 150 000 étudiants, dont 15 000 aux cycles supérieurs, presse la ministre Robillard de décréter un moratoire sur toute indexation ou toute hausse des frais de scolarité.La FEUQ souhaite aussi que Québec songe à des solutions pour remédier aux problèmes des taux faramineux d’abandon et du travail à temps plein pendant les études.ÏS ACTUALITES L’UMQ trace un bilan positif de la loi 102 DANNY VEAR LE DEVOIR Quelque 850 des 1573 municipalités du Québec se sont retirées de l’application de la loi 102 qui permet de geler les salaires des employés municipaux pour une période de deux ans.A quelques heures de l’entrée en vigueur de cette loi, l’Union des municipalités du Québec s’est dit peu inquiète du nombre de municipalités qui ont décidé de s’y soustraire.Elle s’est plutôt réjouie du nombre d'entre elles qui ont décidé d’y recourir.«On dresse un bilan positif de la loi 102, même si on ne veut pas trop se réjouir.On aurait préféré négocier avec nos employés.Mais la plupart ont compris que, dans le contexte économique actuel, on devait appliquer la loi si on voulait stopper la progression des salaires de nos employés», a dit le président de l’Union des municipalités du Québec Ulric Blackburn.Les municipalités avaient jusqu’à minuit hier soir pour adopter une résolution favorable ou non à l’application de la loi 102.Selon des données provisoires de l’UMQ, les 850 municipalités qui se sont retirées de la loi 102 représentent 18,8% de la population totale du Québec.La majorité des municipalités qui s’en sont soustraites étaient donc de petite dimension.Environ 760 d’entre elles comptaient moins de 5000 habitants.Un certain nombre de grandes municipalités ont négocié des ententes avec leurs syndicats et ont décidé de se retirer de l’application de la loi.Parmi elles, on trouve no- tamment Saint-Jérôme, Saint-Jovite, Saint-Léonard, Re-pentigny, Sherbrooke et Granby.En fait, dit le président de l’UMQ, la plupart des villes d’importance ont décidé de recourir à la loi.En ce sens, l’UMQ salue le ralentissement de la progression des salaires et des avantages sociaux des employés municipaux qui résultera de l’application de la loi.La loi 102 n’a pas fait la joie des employés municipaux.Dans la journée d’hier, les policiers municipaux ne désespéraient pas de conclure des ententes in extremis avec leurs employeurs.«Tous nos négociateurs sont sur le rush», a expliqué Marc Rocheleau, porte-parole de la Fédération des policiers du Québec qui représente les policiers municipaux.La Fédération a affirmé qu’elle brossera son bilan des négociations en cours jeudi et qu’elle ne fera aucune déclaration sur les «moyens à entreprendre à l’endroit des municipalités qui ne se sont pas soustraites à la loi 102».Par ailleurs, l’Association des policiers provinciaux du Québec poursuit les négociations qu’elle a entamées avec le gouvernement du Québec en juillet dernier.Depuis deux semaines, les deux parties ont entrepris des négociations «intensives» dans le but de conclure une entente avant l’échéance d’aujourd’hui.Toutefois, rien ne transpire des négociations.Le président du syndicat, qui représente les quelque 4600 policiers de la Sûreté du Québec, n’a pu hier répondre aux appels du DEVOIR.«Des pourparlers sont toujours en cours aux dernières nouvelles», s’est contenté d’affirmer François Grenon, porte-parole du ministre de la Sécurité publique Claude Ryan.wmm Ulric Blackburn: «On aurait préféré négocier avec nos employés.Mais la plupart ont compris que, dans le contexte économique actuel, on devait appliquer la loi si on voulait stopper la progression des salaires de nos employés».Hydro poursuit sa chasse aux comptes impayés DANNY VEAR LE DEVOIR Hydro-Québec poursuit sa chasse aux comptes impayés chez ses 2000 clients de Kahnawake.Cette semaine, un Mohawk de ce village situé près de Châteauguay, Bruce Jacobs, a goûté à la nouvelle politique de récupération des arrérages que la société d’Etat a mise sur pied en mai dernier.Hydro-Québec a interrompu son service chez M.Jacobs dans l’espoir de récupérer un montant impayé de 12 317,79$.En quatre ans, M.Jacobs n’aurait payé aucune facture à Hydro-Québec.Sous le choc, M.Jacobs a déploré l’attitude d’Hydro-Québec dans son dossier.«Depuis quatre ans, personne d’Hydro-Québec ne l’a averti de rien», dit son frère, Robert, qui s'est porté à sa défense.Au cours des dernières années, Hydro-Québec a éprouvé des difficultés à récupérer,les comptes impayés de sa clientèle de Kahnawake.A la suite des évé- nements d’Oka et de l’installation de guérites autour de Châteauguay, les employés d’Hydro-Québec se seraient vu interdire l’accès de Kahnawake.«C’est de la propagande.Personne ne doit avoir peur de se rendre ici», dit toutefois M.Jacobs.En mai dernier, entre 20% et 25% des clients de Kahnawake avaient des comptes impayés chez Hydro-Québec.Nul ne voulait cependant préciser le montant total que ces arrérages représentent.Face à ce problème, Hydro-Québec a cependant décidé de serrer la vis aux Mohawks de Kahnawake.Au cours de l’été, on a appliqué à la lettre la politique de remboursement des comptes impayés sur ce territoire, la même que celle qui est appliquée à tous les Québécois.«Depuis le début de l’été, on pose des gestes précis», dit Jean-Marie Pelletier, porte-parole d’Hydro-Québec attaché au dossier autochtone dans la région de Châteauguay.Selon le porte-parole, Hydro-Québec envoie plusieurs avis à un résidant.Puis, un dernier avis de huit jours avant de recourir au geste ultime, «l’interruption de service».I^s employés d’Hydro-Québec se rendent alors sur la réserve, accompagnés de Peacekeepers, pour interrompre le service à une résidence.Hydro-Québec affirme que «ces» gestes ont porté fruit.Tout l’été, de nombreux avis d’interruption auraient été transmis aux mauvais payeurs de Kahnawake.«Le pourcentage d’entre eux a diminué», affirme Jean-Marie Pelletier.Le cas de M.Jacobs n’aurait rien de scandaleux, dit-il.Selon Hydro-Québec, le taux de mauvais payeur serait deux fois plus élevé sur le territoire de Kahnawake que partout au Québec.Le rapport entre les mauvaises créances et les revenus s’établit à 0,6% à travers le Québec.11 serait de 1,2% à Kahnawake.Le président de Blue Bonnets lance un cri d’alarme DANNY VEAR LE DEVOIR Les propriétaires et les conducteurs de chevaux doivent retourner sur la piste de l’hippodrome Blue Bonnets s’ils ne veulent pas tuer leur industrie à deux semaines de l’ouverture du casino montréalais de l’île Notre-Dame.Tel est le cri d’alarme qu’a lancé hier le président de l’hippodrome Blue Bonnets, André Marier, dans l’espoir de mettre fin à un conflit qui perdure depuis deux mois.Depuis le 13 juillet, les hommes de chevaux refusent de tenir des courses à l’hippodrome Blue Bonnets.Avec la direction de Blue Bonnets, ils cherchent à conclure une nouvelle entente sur le partage des revenus des paris des courses étrangères et des profits de l’hippodrome.La semaine dernière, les hommes de chevaux avaient haussé d’un cran leur conflit avec la direction de Blue Bonnets.Ils voulaient empêcher Blue Bonnets de tenir des paris sur les courses de chevaux qui sont retransmises des pistes des Etats-Unis.La Société des propriétaires et éleveurs de chevaux du Québec (SPECQ) et l’Association du trot et amble du Québec (ATAQ) avaient demandé à la Cour fédérale de suspendre le permis qu’Agriculture Canada a attribué à la direction de l’hippodrome pour l’autoriser à retransmettre sur écran géant les programmes.de courses de chevaux de la piste de Belmont, dans l’État de New York, tenus entre le 1er septembre et le 18 octobre 1993.Lundi, la Cour fédérale a rejeté cette demande.«Nous examinons la possibilité d’en appeler de cette décision», a affirmé Me Michel Décary, avocat qui représente les hommes de chevaux.Au cours des prochains mois, la Cour fédérale devra maintenant se pencher sur la validité même du permis de Blue Bonnets.La SPECQ et l’ATAQ soutiennent qu’Agriculture Canada a excédé sa juridiction en octroyant ce permis.Devant la Cour fédérale, ils affirment que Blue Bonnets aurait dû conclure une entente sur la répartition des revenus tirés de ces paris avec les pfo-priétaires et les conducteurs de chevaux avant d’obtenir un permis d’Agriculture Canada.Or, une telle entente n’existe pas.Les programmes de courses de l’étranger «sont des scabs déguisés» et empêchent de trouver une solution au conflit actuel entre Blue Bonnets et ses partenaires, soutiennent les hommes de chevaux.Pour la direction de Blue Bonnets, il s’agit d’un faux problème.«Il est possible de s’entendre.Il suffit de vouloir négocier.Or, l’industrie préfère s’enfarger dans des détails plutôt que de se préparer à la venue des casinos», a expliqué André Marier.Avec ce conflit qui dure depuis deux mois, l’industrie se pénalise, perd 350 000$ chaque semaine et risque de perdre sa clientèle, dit M.Marier.«L’industrie se fera trèg mal si rien n’est bientôt réglé», ajoute-t-il.A l’heure actuelle, les négociations entre les parties sont au point mort.Les voies réservées Crémazie et Henri-Bourassa sont prolongées._uaS I.E I) E V (HR, I.E M E li ( It E I) I I S K |» T E M 15 K E I !> !) :i A r> ?LE ~ ?- POLITIQUE CT| V •w \ /, i jLa stratégie des conservateurs I remise en question fl L'équipe Campbell n’a toujours pas dévoilé de projets précis CHANTAL HÉBERT DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA Gatineau — Vingt-quatre heures après avoir ridiculisé le programme de réfection des infrastructures mis ide l’avant par le Parti libéral fédéral, Jean Charest s’est (retrouvé à faire campagne hier avec un candidat conservateur qui fait de ce genre de projets son principal cheval •de bataille en vue de l’élection du 25 octobre, ; En service commandé lundi, le numéro deux des ^conservateurs fédéraux avait longuement raillé le projet .libéral qui consisterait à investir plusieurs milliards de ,dollars dans les infrastructures du pays.Devant des par-.tisans conservateurs, Jean Charest avait accusé les libé-.raux de n’avoir rien de mieux à offrir aux Canadiens que «du remplissage de nids-de-poule».Sans égards à cette opinion, la mise en place de meilleures infrastructures constitue cependant la priorité du candidat conservateur de Gatineau-La Lièvre.S’il est élu, a promis Jérôme Falardeau en lançant sa campagne avec Jean Charest hier, une partie de son travail consistera à militer pour la construction d’un pont entre Gatineau et Ottawa, le prolongement d’une autoroute et l’expansion de l’aéroport régional.Malgré tout, M.Falardeau se défend bien de prôner le même genre de mesures que Jean Chrétien.Selon lui, la différence entre les deux consiste en ce qu’il propose «des projets d’urgence qui vont créer le développement dans Gati-neau-La Lièvre.» • Ce genre d’incident jette de nouveaux doutes sur la stratégie actuelle des conservateurs.Depuis le lancement de la campagne, les Tories n’ont dévoilé aucun projet précis susceptible d’étoffer leurs promesses de créer un climat économique plus favorable au pays.Selon plusieurs membres du camp conservateur, cette ligne de conduite résiste de moins en moins aux analyses et aux critiques des candidats sur le terrain.On se plaint notamment, a appris LE DEVOIR, de ce que la campagne Campbell ne fournisse aucun contenu à ses partisans.La chef conservatrice a passé les deux dernières journées en consultation avec ses conseillers.Selon les informations disponibles, l’équipe Campbell n’a pas encore convenu de la nécessité d’amorcer un virage.Les sondages réalisés jusqu’à présent démontreraient qu’aucun des deux principaux partis fédéraux n’a encore enregistré de gains significatifs auprès de l’opinion publique, confie-t-on.Cependant, ils indiqueraient que les libéraux exploitent actuellement à leur avantage le thème de l’emploi, qui préoccupe principalement les électeurs.Dans un premier temps, les conservateurs ont donc entrepris de livrer plus efficacement leur message tout en s’attaquant à celui de leurs adversaires.Placée sur la défensive pour avoir déclaré qu’elle ne s’attendait pas à ce que le chômage diminue beaucoup d’ici le tourmint du siècle, la chef conservatrice se défend ainsi de plus en plus ouvertement d’avoir à cœur le sort des chômeurs.Depuis la fin de semaine, Kim Campbell délaisse son discours sur le déficit au profit de la promesse que des emplois «durables et rémunérateurs» résulteront de ses politiques.Les conservateurs ont également commencé à produire des communiqués critiquant sous toutes leurs coutures les moindres annonces de leurs adversaires, en particulier les libéraux.Lundi, après avoir entendu la chef du NPD Audrey McLaughlin indiquer quelle pourrait appuyer un gouvernement libéral minoritaire à certaines conditions, les recherchistes conservateurs y sont allés d’un texte pour décrier à quelle servitude s’assujettirait un tel gouvernement.Des ténors comme Jean Charest sont finalement mis à contribution pour critiquer verbalement les principales initiatives des autres partis.Lundi, il avait fait le procès des politiques économiques passées et à venir des libéraux.Hier, au lendemain du passage de Lucien Bouchard dans la région, M.Charest en avait surtout pour le Bloc québécois.«Le Québec n’a pas besoin d’une succursale péquiste en Ontario», a-t-il lancé à ce sujet.Mais c’est une réplique qui a de visibles limites.Par exemple, le discours qu’a prononcé le vice-premier ministre lundi manquait tout autant de vigueur que d’intérêt.Selon un membre de l’équipe conservatrice, il sera difficile de faire mieux tant que les Tories n’auront pas de contenu à opposer aux propositions des autres partis.McLaughlin dans son élément Regina (PC) — Audrey McLaughlin a reçu une bouffée d’air socialiste et un accueil chaleureux, hier, là mû l’assurance-maladie a vu le jour, et a profité de l’occasion pour dénoncer les conservateurs d’avoir laissé les grands fabricants de médicaments «écorcher» les Canadiens.La leader néo-démocrate, qui effectue sa première visite en Saskatchewan au cours de cette campagne, était carrément dans son élément avec, à ses côtés, sa mère aux cheveux argentés et le seul premier ministre populaire NPD du Canada, Roy Romanow.La principale question du jour consistait en une attaque bien orchestrée contre la loi du gouvernement conservateur qui a augmenté le degré de protection des médicaments brevetés.Mme McLaughlin a déclaré devant une foule qui lui était acquise, et devant sa mère de 78 ans, Margaret Brown, que l’adoption de cette loi se traduit par «des profits plus importants pour les principales compagnies de médicaments ainsi que par une hausse des prix pour vous et votre famille».Elle a aussi laissé entendre que les libéraux et les conservateurs étaient de mèche avec les fabricants de médicaments pour éviter que cette question ne devienne un enjeu au cours des élections du 25 octobre.Plus de 47 000$ en contributions D’après.les chiffres du gouvernement fédéral, les libéraux ont reçu plus de 47 000$ en contributions politiques l’année dernière de la part des fabricants de médicaments brevetés, tandis que les Tories ont reçu plus de 67 000$.«Qui paie a bien le droit de choisir», a lancé Mme McLaughlin.Elle a aussi exhibé un document interne émanant de l’Association canadienne des fabricants de produits pharmaceutiques, qui représente les fabricants de médicaments brevetés.Allaire confirme son appui au Bloc québécois PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Ancien conseiller constitutionnel de Robert Bourassa, Jean Allaire appuie le Bloc québécois mais se dissocie du Parti québécois et de sa notion de souveraineté.Mario Dumont se prépare à l'imiter.«La souveraineté du Bloc est la même que celle du Parti libéral du Québec, celle que l’on retrouve dans le programme du parti.Je ne me rattache pas à des souverainistes, je m’attache à une personne que je considère honnête, Lucien Bouchard.Il n’est pas nécessaire d’être péquiste pour appuyer le Bloc québécois», a-t-il déclaré hier en conférence de presse.Ce geste d’appui au Bloc, Jean Allaire le justifie essentiellement sur la base des motifs suivants: ¦ le premier intérêt des membres du Bloc québécois est le Québec, en ce sens qu’ils ne sont pas contre le Canada mais pour le Québec, à cause de leur option de base; ¦ ils ne se feront pas convaincre par un quelconque caucus de faire passer le Québec après le Canada; ¦ ils sont les seuls dont on peut être sûr qu’ils surveilleront fidèlement les intérêts du Québec, au moins durant leur séjour à Ottawa; ¦ leurs préoccupations quant à la réduction de la dette et des déficits annuels, ainsi qu’à l’emploi, vont dans le sens des intérêts du Québec et du Canada; ¦ l’influence du Bloc québécois pourrait être immense, s'il détenait la balance du pouvoir, ce qui est une forte possibilité si les Québécois se tiennent debout et élisent des députés du Bloc; ¦ aucun des deux vieux partis n'apporte une solution aux problèmes sérieux des relations Canada-Québec; ¦ rendus à Ottawa, les députés venant du Québec, libéraux ou conservateurs, doivent se plier à la ligne du parti; ¦ avoir une députation forte, dans l’un des deux grands partis nationaux à Ottawa, n’a pas amélioré la situation du Québec.Selon M.Allaire, le Canada anglais est convaincu que les Québécois ne voteront pas pour le Bloc, qu’ils vont s’écraser encore une fois, qu’ils vont voter du côté de la table où vont tomber les croûtes du pain du parti au pouvoir.«C’est pas flatteur».Voilà pourquoi, croit-il, il faut saisir l’occasion de l’élection du 25 octobre pour envoyer un message de force au Canada anglais.«Ce n’est pas vrai qu'un Québécois va se lever PHOTO JACQUES NADE^U Jean Allaire: «Di souveraineté du Bloc est la même que celle du Parti libéral du Québec».pour défendre les intérêts du Québec face au Canada anglais qui nous prend pour des guenilles et des gens qui n’ont aucune volonté, ce n’est pas vrai qu’on va le laisser aller seul au front».Il ne voit pas en quoi son initiative pourrait irriter les autres membres du «Groupe de réflexion Québec» qu’il a mis sur pied il y a un an, considérant que son geste est strictement personnel et n'engage personne d’autre que lui.Pour sa part, Mario Dumont a déclaré hier au DEVOIR qu’il imitera «probablement» son mentor et accordera son appui au Bloc québécois.«Le principal, c’est que le PLC ne soit pas élu.Le plus inquiétant, c’est que Chrétien remette le pays en faillite» Pas question pour Jean Allaire de faire campagne aux côtés des dirigeants ou des candidats du Bloc.Pas question non plus de profiter du dé- part de Robert Bourassa pour effectuer un retour au PLQ ou d'etre candidat au leadership.Non, il est de plus en plus convaincu que s’impose ia mise en place d’une troisième voie.«C’est ce qui explique qu’il y a tellement d’indécis».Par ailleurs, invité à commenter la décision du premier ministre de quitter la politique, M.Allaire a refusé de juger son œuvre politique.«L’Histoire le jugera».Et il ne lui paraît pas du tout évident que le remplacement de Robert Bourassa va permettre de donner un nouveau souffle nationaliste au PLQ, faisant valoir que les aspirants qui se pointent ont tous été complices de ieur chef dans le détournement dés orientations démocratiquement votées par les militants libéraux au congrès de 1991.«Les mêmes acteurs étaient en place au congrès d'août 1992.Nos actes nous suivent».Prolongées.mais tout aussi réservées! Les passagers des autobus qui circulent sur Henri-Bourassa et Crémazie aux heures de pointe sont comblés : la voie réservée Henri-Bourassa est prolongée de 4,5 km, et la voie réservée Crémazie, de 1,9 km.De plus, une signalisation grandement améliorée vient en augmenter l’efficacité.Plus d’usagers du transport en commun peuvent donc bénéficier du traitement de faveur «voies réservées» sur une plus grande distance.Et plus de voyageurs profiteront d’une réduction de leur temps de déplacement.Grâce à cette amélioration de service, les autobus de la STCUM parcourent désormais 35,2 km en voies réservées sur file de Montréal aux heures de pointe.Ne perdez plus une seconde! Réservez votre place : prenez l’autobus! @ STCUM PRENDRE L’AUTOBUS, C’EST INTELLIGENT.A1C L E I) E V 0 I R , I.E M E R C R E I) I 15 S E P T E M B R E 1 I) 9 3 A 6 •POLITIQUE ?«De grandes idées qui n’ont pas tenu la route» -Jacques Parizeau JOSÉE BOILEAU LE DEVOIR Le chef de l’opposition officielle Jacques Parizeau a salué d’un regard sévère le départ du premier ministre Robert Bourassa.Il a certes loué le courage de l'homme, son intérêt pour la chose publique, mais M.Parizeau est rapidement passé au bilan politique de Robert Bourassa Et sur ce point, c’est l’échec qui domine, a-t-il dit Il y a deux éléments majeurs qui marquent l’action politique de M.Bourassa selon M.Parizeau: l’économie et le renouvellement du fédéralisme canadien.«Sur le premier point, a affirmé le chef péquiste, force est de reconnaître qu’il laisse l’économie du Québec dans un état de faiblesse préoccupant, sérieux même à certains égards.La tentative de réduire le déficit a finalement tourné très mal: il n’y a pas de reprise de l’emploi, l’investissement va baisser pour la quatrième année consécutive.«D y a des querelles fédérales-provin-ciales, bien sûr.On assiste à cet extraordinaire paradoxe d’une société totalement saisie de la préoccupation de l’em-ploi alors que ses deux gouvernements arrivent à ce résultat étonnant d’être incapables de gérer des programmes de formation de la main-d’œuvre élémentaires.Il n’y a pas de plan de relance.» L’état des choses se résume en fait à des idées écono- Jacques Parizeau iniques «primaires» chez les chefs des grands paitis fédéraux alors que le programme économique de Robert Bourassa est de l’ordre de la foi: «Et que Dieu nous aide», a caricaturé M.Parizeau.Quant au renouvellement du fédéralisme, le leader du PQ a évidemment rappelé le rejet des accords de Meech et de Charlottetown qui marquent la fin des espoirs fédéralistes.«La pensée qui le guidait depuis les années 60 se termine sur un échec», a souligné M.Parizeau.Non pas que tout ait été mauvais en 20 ans — M.Parizeau a notamment ciblé comme grandes réalisations de M.Bourassa la baie James et l’adoption, en 1974, de la loi 22 qui faisait pour la première fois du français la langue officielle du Québec, pavant la voie à la loi 101.Mais les grandes idées de M.Bourassa n’ont pas tenu la route et il n’a pas su céder aux tentations de la souveraineté qui se sont offertes à lui, croit le chef péquiste.Il y a donc cul-de-sac du fédéralisme, ce qui renforce le Parti québécois dans sa conviction d’être sur fa bonne voie, a-t-il poursuivi.Pour l'heure, tout est bloqué: le plan de relance promis pour l'automne sera encore reporté et «des tas de décisions ne pourront se prendre» au cours des prochains mois.«Mais dans un an, on va pouvoir voter et reprendre le goût de bouger», a conclu Jacques Parizeau.Celui-ci a toutefois refusé, en réponse aux questions posées, de faire le lien entre le départ de M.Bourassa et la campagne électorale fédérale.Au contraire, a-t-il dit, le premier ministre ne pouvait que choisir ce moment puisque les élections provinciales doivent se tenir au plus tard en septembre 94, ce qui déjà laisse bien peu de temps à son successeur pour s’y préparer après la course au leadership.Pàr contre, évalue le chef péquiste, le départ de M.Bourassa ne peut qu’améliorer les chances du Parti québécois aux prochaines élections.Car contrairement au Parti conservateur où Brian Mulroney était si impopulaire que son parti n'avait que tout à gagner en changeant de chef M.Bourassa n’a pas souffert de telles chutes de popularité.L’impact de son départ sur son parti sera donc réel.Un homme «sympathique», dit Campbell D’APRÈS PRESSE CANADIENNE Le premier ministre Robert Bourassa a prouvé que les (Québécois n’ont pas à choisir entre le Québec et le Canada, a déclaré hier la premiere ministre Kim Campbell.«S’il y a une leçon qu'on peut tirer de la carrière de Robert Bourassa, c’est que les Québécois et les Québécoises ne doivent pas choisir car ils peuvent avoir le meilleur des deux», a-t-elle affirmé au cours d'une breve allocution avant de repartir en tournée.Qualifiant l’homme de «sympathique», Mme Campbell a ajouté qu’elle l’avait toujours admiré pour son appui pour le Québec, sa vision économique et ses interventions au sujet de «la place du Québec au sein du Canada».L’ancien premier ministre Brian Mulroney a pour sa part envoyé un message chaleureux.«Son dévouement aux intérêts du Québec au sein du Canada fut entier.Nous savons tous maintenant que M.Bourassa a même fait passer les intérêts des Québécois avant ceux de sa propre santé.» A son tour, le chef libéral Jean Chrétien a tenu a rendre hommage à M.Bourassa «D a été extrêmement courageux, a-t-il souligné au cours d’un point de presse dans le foyer de la Chambre des communes.Les deux dernières années ont été particulièrement difficiles.» De son côté, la leader néodémocrate Audrey McLaughlin a qualifié le premier ministre québécois de «grand Canadien qui s'est battu pour défendre les intérêts du (Québec».En Ontario, Robert Bourassa a été qualifié d'homme remarquable, de politicien extrêmement habile et de défenseur du Canada «A côté de lui, les autres politiciens du Canada ont l’air d’enfants d’école», a même déclaré hier l’ex-premier ministre David Peterson, un ami de M.Bourassa * ï /• _ - .mai Sggsrtî cvf t \ .Y."% PHOTO PRESSE CANADIENNE Robert Bourassa: La «vraie force du Québec, dit-il, n’est pas celle qui peut apparaître dans différentes activités protocolaires.C’est celle qui va permettre aux jeunes d’aujourd’hui de pouvoir s’affirmer et donner leur pleine mesure ici».Bourassa, le magicien habile et ambivalent GILLES LESAGE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Tel un magicien habile et ambivalent, le premier ministre Robert Bourassa a annoncé hier le terme prochain d’une carrière politique d’un quart de siècle, dont près de 15 à titre de chef du gouvernement du Québec.Parmi ses nombreux faits d’armes, deux viennent spontanément à l'esprit.A 36 ans, en avril 1970, il est devenu le plus jeune premier ministre de l’histoire du Québec, où il a toujours œuvré.Puis, ayant été chassé du pouvoir en 1976 — on disait alors qu’il était l'homme le plus détesté du Québec —, il réussit à succéder à son successeur, M.Claude Ryan, en octobre 1983, et à reprendre au PQ, en décembre 1985, le pouvoir qu’il exerce sans interruption depuis 8 ans.De façon discrète mais déterminée, le jeune député de Mercier manifeste son ambition dès son élection en juin 1966.Critique financier du PLQ, sous la férule du chef de l’opposition et ex-premier ministre Jean Lesage, M.Bourassa se démarque rapidement de ses collègues par ses interventions nombreuses et pertinentes, ce qui lui vaut une excellente presse.Un temps, il flirte avec M.René Lévesque et son concept de souveraineté-association, mais il l’abandonne en octobre 1967, à propos de la monnaie et des institutions fédératives.Déjà, la course à la succession de M.Lesage est ouverte.Appuyé par les gros bonnets et les milieux d’affaires, M.Bourassa coiffe facilement ses deux adversaires, MM.Pierre Laporte et Claude Wagner, en janvier 1970.Trois mois plus tard, le jeune et brillant avocat-économiste, ainsi qu’on le présentait, devient premier ministre.Les deux mandats et six années suivantes sont marqués de quelques réalisations éclatantes et de nombreuses crises.Dès 1970, c’est i’assurance-santé, en pleine Crise d’octobre et en dépit de la virulente opposition des médecins.En avril 1971, c’est l’annonce en grande pompe, mais prématurée à plusieurs égards, du «projet du siècle»: le développement hydroélectrique de la baie James, fer de lance de la stratégie économique des libéraux, et qui le restera tout au long des deux «règnes» de M.Bourassa.C’est l’architecte des 100 000 «jobs», mais aussi, au printemps 1972, d’une crise sociale sans précédent, ponctuée de grèves et de l’emprisonnement, aussi inédit au Québec, des trois chefs syndicaux, MM.Marcel Pepin, Uwis Uibi-rge et Yvon Charbonneau.Juin 1971, c’est l’échec dramatique de la Conférence de Victoria: apres avoir fait mine d’accepter la charte concoctée par M.Trudeau, M.Bourassa recule, devant l’opposition des intellectuels et des autres partis, dont le PQ et l’UN.Ije premier ministre fédéral ne le lui pardonnera jamais et le traitera un jour de «mangeur de hot dogs» et même de «fédéraliste douteux».En octobre 1973, M.Bourassa est réélu avec le plus grand nombre de sièges, 102 sur 110, obtenus par un gouvernement Mais cette trop grande force entraîne des inconvénients majeurs, dont le laxisme et l’arrogance qui précipitent les libéraux a leur perte, avec des rumeurs de scandales, le saccage de la baie James, l’enquête publique sur le crime organisé, et le reste.A l’été 1974, dans le tumulte de l’opposition péquiste, M.Bourassa fait adopter la loi 22 qui fait du français la langue officielle — et dont il disait hier encore sa fierté —, mais qui n’apaise nullement les tensions linguistiques, surtout a Montréal.Le 15 novembre 1976.Chassé par le PQ, défait dans Mercier par le journaliste-poète Gérald Godin, M.Bourassa quitte aussitôt la direction du PLQ, qu’il confie a son fidèle lieutenant Gérard D.Levesque.Durant deux ans, il «s’exile» en Europe pour des études et des conférences, mais ceux qui le connaissent bien savent qu'il recule, et si loin, pour mieux revenir et sauter.Il se remet en piste tranquillement, à son rythme paisible, à la faveur de la campagne référendaire de 1980, faisant tous les clubs sociaux et les sous-sols d’église à sa portée.Après la cuisante défaite libérale d’avril 1981 — ne voulant «pas de belle-mère dans la maison», M.Ryan n'avait pas voulu de son prédécesseur comme candidat —, le leadership libéral est mis à rude épreuve, surtout en raison des initiatives constitutionnelles de M.Trudeau, qui divisent l’opposition à l'Assemblée nationale.Eté 1982, M.Ryan est forcé de démissionner.M.Levesque assure à nouveau l’intérim.Des libéraux cherchent un peu partout la perle rare, y compris dans les rangs fédéraux, où on murmure que M.Bourassa est un homme du passé qui ne cherche qu’à se réhabiliter.Qu'à cela ne tienne.M.Bourassa, qui a pris du coffre et est capable de répliquer à ses détracteurs, mise sur les bonnes relations qu’il a toujours cultivées avec les militants.Son affabilité et sa magnanimité font le reste.Octobre 1983.Il ne fait qu’une bouchée des députés Pierre Paradis et Daniel Johnson et reprend son ancien poste de chef.M.René Lévesque à son déclin, en dépit du «beau risque», le PQ en pagaille idéologique, M.Bourassa bat systématiquement la campagne pendant deux ans, reprenant ses thèmes favoris sur la relance économique, le redressement des finances publiques, le réalisme constitutionnel.Avec «la force de l’expérience», il reprend le pouvoir, qu’il ne lâchera, finalement, que l’hiver prochain, après avoir été réélu en septembre 1989.Sa force ne réside pas dans son charisme auprès des foules, mais dans sa manière de rassembler des éléments épars et de faire travailler ensemble des personnes très différentes.Il ne suscite ni adhésion aveugle ni adulation de ses partisans, mais respect et estime.Entre-temps, toutefois, il sera passé de déboires en désillusions, aussi bien sur le plan constitutionnel — avec les deux échecs cuisants de Meech et de Charlottetown - que sur le plan économique — avec une récession sans précédent, un taux de chômage record et les avatars sans fin de son grand rêve de transformer «l’énergie du Nord» — et quant aux finances publiques.En dépit des efforts louables d'avant 1990, le trou des déficits prend de l’ampleur, avec l’impasse qui s’installe.Pour ajouter à cette période lourde et trouble, il y a la crise amérindienne de l’été 1990, à cause de laquelle M.Bourassa retarde d'aller se faire soigner pour un cancer de la peau.H s'absente quelques mois, déjà on parle tout bas de sa succession.Il revient reprend les rênes, on lui fait confiance.La rechute de l'an dernier relance les rumeurs, avec les inévitables tensions et l’incertitude qui s’accroît Comment un homme en sursis, si fort soit-il, peut-il ainsi mettre sa vie en péril, encore une fois?Cette fois, M.Bourassa a compris.Homme de consensus et de discipline, attaché avant tout à son parti, il prend la décision de partir.A son temps et à sa manière, en pleine campagne fédérale.Il aura obtenu quatre mandats, un record inégalé depuis Duplessis, |x-rdant et retrouvant la confiance des militants et des Québécois.En dépit des vicissitudes des dernières années, il restait la valeur la plus sûre des libéraux.Ix- moment est donc propice pour tirer sa révérence, sinon en pleine gloire, du moins avec le respect de son équipe et de ses concitoyens.Toute sa carrière, cet homme ambivalent, voire ambigu, sera resté insaisissable pour plusieurs.Par exemple, M.René Lévesque le qualifiait de «calmant ambulant», tandis que des anglophones le traitaient de -closet separatist», ce qu’il n’a jamais été, en dépit de ses entourlou-pettes de tacticien retors.Imbu du sens de l’équipe et de la solidarité, sans mesquinerie mais avec roublardise, le magicien fut souvent un illusionniste.Débonnaire, simple et sympathique.Il n’a pas attendu le vent froid de l’Histoire pour aller voir s’il n’y a pas encore une vie, hors sa politique tant chérie depuis 30 ans.Seuls les gens d’affaires pleurent vraiment son départ JOSÉE B O IL EA U LE DEVOIR Ils ont tous souligné la contribution exceptionnelle de l’homme a la vie |x>litique du (Québec, note avec respect à quel point sa décision avait dû être déchirante et qu’il devait vivre un vrai drame humain.Mais il s’en est trouvé [x-u ixirrni les [irincijjaux acteurs de notre société québécoise, si ce n’est les gens d’affaires, a pleurer le dé-part de Robert Bourassa Car si cm privé le premier ministre était chaleureux, affable, attentif aux autres, ses décisions publiques n’ont pas fait l’unanimité-.On lui concede d’importantes réalisations dans les années 70: la baie James, bien sûr, mais aussi l’assurance-maladie, l’aide juridique.Mais la dé-route économique et constitutionnelle des années 80 laisse un goût amer et des inquiétudes pour l’avenir.U Fernand Ikwust, FIT/ «Robert Bourassa a eu une carrière |xilitk|ue “fichement” bien remplie.Aujourd'hui, c’est sa vie- qu’il abandonne et je ne peux m’empêcher de sympathiser avec lui.Et [mis, M.Bourassa était bien au fait des dossiers.D-s aspirants qui s’annoncent ne semblent pas avoir la même sensibilité.Mais vu les graves difficultés économiques que connaît le (Québec, il est jxéfé-rable |xxir lui de jxirtir que rie si- turc battre aux jota lutines élections.» U JeanItorion, Société Saint -Jean-Uaptiste de Montréal: «le plus fnt|x ixuit, c’est la modestie personix-lk- de l’homme qui a fait en sorte qu’il avait jx-u d’ennemis mortels ou de gens ;x hantes contre lui.Malheti-reusenx-nt, ses ambitions pour le (Québec étaient fort mrxlestes aussi: pour Kti, le (Québec devait demeurer une simple province canadienne.Il faut quand même souligner son habileté politique: je vois mal, de expoint de vue, qui pourra lui succéder dans son [xirti.Et (mis, M.Boura» sa était malgré- tout l’un des plus ouverts a nos thèses sur le plan linguistique.Son remplacement risque rie ne pas être très bon pour nous.» ¦ Giislain Dufour, Conseil du patronat: «M.Bourassa était l'homme jxx litique canadien qui a la meilleure cote chez les gens d’affaires membres du Conseil.Son dé-jxtrt sera regretté.la période de transition sera difficile car elle ôtée un vacuum.11 faut souhaiter qu’elle ne dure jxis longtemps.Si on se retrouve en plus avec un gouvernement minoritaire a ( Ottawa, il va falloir accélérer fa course au leadership au (Qué-bec.» M Gérald I arose, CSN : «C’est une bonne décision.Car en revenant en politique dans les années 80, M.Bourassa a voulu “détiieoter” ce qu'il avait donné dans les années 70 au niveau social.Et sur fa question nationale, il a affaibli le (Québec.Il a été l’artisan de la confusion et plus |x-r-sonne n’avance.En matière de relations de travail, ça ne changera pas grand-chose: il n’est plus aux commandes depuis qu'il a sous-traité le dossier a son commis IOaniel Johnson qui n’y connaît rien et qui lx>u-sflk- tout.» ¦ Richard le llir, Association rfes manufacturiers canadiens: «M.Bourassa avait éiiormenx-nt de sensibilité aux enjeux économiques, c’était quelqu'un avec qui on était sur fa même longueur d’onde.Son dé|xirt, qui s'ajoute aux élections au fédéral, nous laisse dans un |iassage a vide (lotit on aurait jxi se laisser.Je ne |x>rte pas de jugement, je ne fais que constater.Et nous, les gens d’affaires, nous n’aimons |ias le vide.» ¦ Roger Nicolet, Union des municipalités régionales de comté: «M.Bourassa a avant tout été un honnête homme, au sens classique du tenue.Mais j’ai |xur que son règne passe a l’histoire comme celui des occa-sions manquées.Il y a bien sûr le dossier constitutionnel, mais le monde municipal n’a pas eu non plus l'occasion de se développer au cours des dernières années.Et je ne crois pas que parmi les candidats, il y en ait qui ont une vision personnelle très forte face à cette problématique.» ¦ lorraine Ragé, CEQ: «Il a toujours été disponible jxiur notre rencontrer il était totalement dévoué à bi cause publique.Mais nous avons eu avec lui de profonds désaccords: sur le plan constitutionnel, sur sa vision néo-libérale du rôle de l’Etat — l'éducation netait |xis une priorité |xmr son gouvernement —, sur sa vision aussi des négociations (huis le secteur ixiblic.Il a quand même été le premier ministre qui a emprisonné les chefs syndicaux à une certaine é|xx|tic.1 a relève n’est jxis très encourageante [xmr dégager une vision nouvelle.Mais après les élections fédérales et provinciales, nous aurons en main dis cartis |xis mal différentes.Et là, tous lis [xiris sont ouverts.» U Serge Turgecm, Union des artistes: «Son gouvernement aura été à l’origine de grands changements pour nous.Il faut quand même reconnaître que c'est lui qui nous a donné la loi sur le statut de l'artiste, une loi d’avant garde, unique au monde.Nous avons aussi enfin eu l’ébauche d’une ixilitique culturelle et il nous a donné le concept de “souveraineté culturelle".Mais il a subi liais échecs constitutionnels et l'on |xnt se demander iiourquoi il a (turtle volonté de toujours revenir se buter le nez contre le mur.Il a plutôt fait bi preuve par fabsunle que ce pays n’était |ias possible.» Au début de sa carrière politique, le chef.et son coiffeur.;.W;***'< En 1973, près de la rivière La Grande, sur le site ou a été érigé le complexe hydro électrique de la Baie James.En compagnie du chef du Parti québécois, René Lévesque, en 1976.Ix- retour au leadership du Parti libéral du (Québec, au mois de.novembre 1983.lors des négociations qui devaient; mener à l’entente constitutionnelle du lac Meech, en 1990, avec le premier ministre canadien Brian Mulroney.e-ji.y.De retour après des traitements à Washington, en 1982. '¦ ” ' " 1 » • '¦ K t R K I) I in S K I* T K M K I! K I !l i-gnée de main historique Arafat-Rabin, tentent dc‘ battre le fer pendant qu’il est chaud.«Pas plus de deux ans» le secrétaire d’Etat Warren Christopher a présidé' dans la journée la cérémonie de signature du document jordano-israélien sur le règlement du contentieux bilatéral dans l’optique d’une paix globale, «Hier j’avais formulé l'espoir que nous constaterions' des progrès vers une paix globale.Aujourd’hui, nous-franchissons un pas très important vers cette mèmè paix globale», a-t-il dit.Un ministre jordanien a prédit hier que la paix avec Israël «ne prendra pas plus de deux ans».Un des adjoints de Christopher, Edward Djerejian, a annoncé que, les accords d’Israël avec l’OLP et là: Jordanie étant acquis, le président Clinton avait l’intention de se consacrer désormais au dossier israélm* syrien.«Le président Clinton et le secrétaire d’Etâf • Christopher ont été personnellement impliqués dans cette négociation israélo-syrienne.Nous avons mené1 une intense négociation privée entre le premier ministre Rabin et le président Assad de Syrie.C’est donc unç de nos priorités absolues», a-t-il dit à la chaîne NBC.Les adversaires du processus de paix n’ont pas désarmé.Des soldats israéliens ont abattu hier un jeune Palestinien’ qui avait blessé l’un des leurs à l’arme blanche à Gaza.Un ' peu plus tard, un autre Palestinien a été tué par l'explosion de la bombe qu’il tnms|x>rtait dans un ixiste de police israélien, également à Gaza.35 000 personnes ont cependant manifesté leur soutien à Arafat à Naplouse, en Cisjordanie.A Beyrouth, au moins 15 000 sympathisants du Hezbol-; lah ont réclamé la mort des dirigeants libanais lors des ob- , sèques de huit personnes tuées la veille par l’année.L’Etat devenu «trop faible» La démocratie n'a pas bonne presse à cause des ajustements structurels «mérités», estime l'homme de la transition CLÉMENTTRUDEL LE DEVOIR Après un court temps de rodage, la «démocratie» balbutiante n’a pas bonne presse au Mali — elle a moins de trois ans — parce que «les gens ont de la difficulté à s’y retrouver» et lui attribuent leurs très nombreux ennuis, d’autant qu’une presse privée est maintenant prête à dénoncer toutes les lacunes et toutes les injustices.«Les Maliens veulent tout, tout de suite» et l’État, faible, n’a presque rien à leur offrir, enserré qu’il est dans les programmes d’ajustements structurels que «nous avons mérités, puisque nous avions mal administré».Amadou Toumani Touré était lieutenant-colonel lorsque, en mars 15)91, il aida à déraciner de Bamako Ja dictature de Moussa Traoré.Désigné chef d'Etat pour la période de transition, A.T.T., comme le désignent familièrement ses admirateurs, a réussi a transmettre l’an dernier à un civil, Alpha Omar Konaré, un pouvoir qu’il ne convoite aucunement.Il verrait fort bien l'avenir dans une sorte de regroupement de la sous-région (ancienne Afrique Occidentale Française), mais évidemment sans lien de dépendance envers l'ancienne métropole, Paris — l’un des outils d’intégration n’est-il pas le franc CFA que partagent une douzaine de pays africains?Ce «général de brigade» préfère aujourd’hui se consacrer à la Fondation pour l’enfance qu’il vient de mettre sur pied.Officiellement, 12% des enfants maliens sont atteints de la polio.L* Mali a l’un des plus faibles taux de scolarisation en Afrique.L’espérance de vie à la naissance n’y est que de 45 ans.Sa visite à Montréal s’inscrit dans la campagne de Handicap sans frontières, ONG canadienne présente dans six pays de l’Ouest africain.Il sera aussi au colloque sur le processus démocratique en Afrique, ses enjeux et ses chances de succès, jeudi et vendredi.Une heure durant, ce militaire réfléchit au sort de son pays où la priorité va au redressement des finances publiques et à une sensibilisation des Maliens au sens réel de la démocratie qui n’est pas une panacée, mais un outil vers le développement.Ces ajustements structurels que le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale «négocient» avec les pays emprunteurs, personne n’est en mesure de nous en préciser les «retombées cruciales», estime lç général qui admet qu’il faille réduire le train de vie de l’État qui a longtemps été l’employeur principal (jusqu'à 35 000 fonctionnaires).Ils sont maintenant chaque année 3000 jeunes diplômés à se retrouver chômeurs.Pas étonnant que surgissent des «désordres», souvent attisés par des revendications de type corporatif provenant de magistrats, des professeurs, etc.qui organisent grèves ou marches face à un gouvernement dont les recettes diminuent puisque de moins en moins de Maliens trouvent du travail.Dans les faits, ce pays à 80% agro-pastoral en est rendu à importer du riz de Thaïlande.Il voit st1 multiplier les sources de friction avec des citoyens qui ont souvent développé un fort scepticisme envers les leaders politiques.Amadou Toumani Touré ne désespère pas cependant.En dehors des froides statistiques compilées par les organisations internationales -«un ordinateur ne peut pas connaître les sentiments des gens sur place» - il entrevoit une manière africaine de «se tenir debout», sans quémander.«Le Mali peut être prospère.il a des potentialités énormes» mais pour l'instant, on n’arrive même pas à maîtriser les travaux d’irrigation si nécessaires à la production agricole.Voyant les programmes d’ajustement structurel comme iin «mal nécessaire» l’ancien chef d’Etat prend acte de la fin de l’euphorie du pluripartisme et place sa confiance (Luis les populations qui sauront résoudre le dilemme qui vaut au Mali des «désordres» dans un État, «trop faible» après avoir connu sous Moussa Traoré un «Etat trop fort», soi-disant compétent dans tout.«Les Maliens veulent tout, tout de La Communauté européenne s’attaque au trafic d’organes Strasbourg (AFP) — les élus européens en session plénière à Strasbourg veulent interdire le commerce des organes du corps humain dans la CEE, selon une résolution adoptée hier.Pour étayer son rapport sur l’interdiction du commerce des organes à transplanter, le professeur Léon Schwartzenberg (I*S) a cité une série de cas de trafics de malades ou d’enfants à des fins «commerciales» : ¦ découverte en 15)5)2 dans un hôpital psychiatrique près de Buenos Aires de malades auxquels ont été prélevés des organes, des cornées et du sang ainsi que la disparition de 135)5 patients, ¦ arrivée en Italie entre 1988 et 15)92 de mille enfants brésiliens seulement sur les 4000 prévus pour adoption, tandis que deux juges italiens découvrent que la Camorra à Salvador de Bahia a envoyé des enfants dans des cliniques clandestines au Mexique et en Europe pour le prélèvement de tous leurs organes — ce qu’a cependant démenti, hier soir, le ministre italien de la justice, Giovanni Conso.¦ adoption au Honduras d’enfants handicapés par des personnes qui les vendent comme «pièces de rechange».«la vie humaine n'a pas de prix et le corps humain n’est pas commercialisable», a conclu le professeur Schwartzenberg.L‘s euro-députés veulent obtenir la reconnaissance de l'être humain comme une lin et non comme un moyen pour le commerce de ses organes.Ils réclament un code de conduite en matière de transplantation d’organes avaries peines légales en cas d’infraction.Ce code devrait inclure outre l'interdiction du commerce d'organes dans la CEE, l’interdiction d'en importer sans la certitude (U1 leur origine, la gratuité du don et l’anonymat du donneur vis-à-vis du receveur, les euro-députés souhaitent également l’interdiction de tout prélèvement sur des mineurs.t Actuellement le commerce des organes ne fait l’objet d’aucune réglementation au niveau communautaire, la France et la Belgique ont instaure le principe de l’accord implicite de chaque patient décédé pour le prélèvement de ses organes valides alors que dans les autres Etats membres il faut l’accord explicite des donneurs.1-e Commissaire européen chargé des affaires sociales Padraig Flynn a rappelé qu’il fallait une demande spécifique de la part des Etats membres pour que la Commission puisse proposer une réglementation européenne en la matière, ce qui n’est toujours pas le cas.En revanche, a-t-il expliqué, lorsque le traité sur l'Union européenne sera en vigueur, la Commission aura la |x>ssi-bilité juridique au titre de la protection de la santé des citoyens de préparer un tel texte.A Rome, hier soir, le ministre italien de la justice, Gio-vanni Conso, a démenti que des enfants brésiliens, venus en Italie pour y être adoptés, aient été victimes d’un trafic d’organes, comme l’a affirmé le député européen Schwart-zenberg à Strasbourg.«1-es enfants venant du Brésil, officiellement entres en Italie dans le but de l'adoption entre 1988 et 15)5)2 sont au nombre de 3702 et ils ont tous été insérés de façon heureuse dans des familles adoptives», a declare dans un communiqué le ministre italien qui affinité «totalement in-fondées» les affirmations du parlementaire français.Il ne pourrait en être autrement, «compte-tenu de la législation italienne sur les adoptions internationales qui prévoit le maximum de garanties, et notamment la préadoption d’un an afin d’éviter tout abus, y compris l’of-Irayant phénomène du prélèvement d’organe», a ajoute M.Conso.Le ministre italien a conclu en affirmant que «l’atrocité de tels crimes ut1 devrait pas ixTinettre des dénonciations inconsidérées» et privées de tout fondement.CLINTON DÉÇOIT HANOI Hanoi (AFP) — Hanoi a accueilli fraîchement hier la décK sion de la Maison-Blanche de n’assouplir que partiellement l'embargo commercial contre le Vietnam.Ije geste K du président Bill Clinton «va dans la direction de la levée de l’embargo», a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.«Néanmoins, il est regrettable que les États-Unis maintiennent des sanctions (.) qui violent" le droit fondamental des nations à se développer», a-t-il IU souligné.M.Clinton a autorisé lundi les compagnies V américaines à participer aux programmes de développement financés par les institutions internationales comme le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale.Mais il a décidé de proroger pour un an les principales dispositions de l’embargo commercial imposé en 1975, dont la levée définitive, a-t-il répété, dépendra des progrès du dossier des 2248 soldats américains portés disparus (MIA, Missing-In-Action) en Indochine.-?- L’ONU ET L’OEA S’INQUIÈTENT DE LA VIOLENCE EN HAÏTI Port-au-Prince (AFP) — In mission de l’ONU et de l’Organisation des Etats Américains (OEA) a «déploré» la mort par balles «d'au moins 12 personnes» samedi et dimanche à Port-au-Prince et ses environs, dans un communiqué publié lundi soir.La mission, qui est chargée de veiller au respect des droits de l’Homme en Haïti, ne donne pas l’identité des victimes mais «condamne avec véhémence lexécution extra-judiciaire de plusieurs personnes», dont l’homme d'affaires Antoine Izméry, un proche du président Jean-Bertrand Aristide.le communiqué, qui cite des .témoins occulaires «dont des membres de la mission », inet en cause dans ce meurtre «plusieurs attachés» (auxi-, liaires civils de l’armée) qui ont entraîné M.Izméry hors de l’église où il se trouvait, «l'ont contraint à s’agenouiller, : l’ont battu avant de l’éxécuter à bout portant de plusieurs balles dans la tète».Le haut commandement de l’armée avait pour sa part «condamné énergiquement» samedi soir les meurtres de M.Izénny et d'une ancien colonel de l’armée, M.Fritz Jocelyn — auquel ne fait pas allusion le communiqué de la mission civile.Lundi soir, un communiqué de l’armée avait qualifié de «diffamatoire» une décla: ration du médiateur international Dante Caputo, «impliquant le commandant de la police de Port-au-Prince dans l’assassinat de M.Antoine Izméry».-4- ACCORD CROATO-BOSNIAQUE Genève (Reuter) — Le président bosniaque Alija Izetbe-govic et son homologue croate Franjo Tudjman ont annoncé hier à Genève un accord de cessez-le-feu entre forces musulmanes et croates en Bosnie, le président Tudjman a déclaré aux journalistes que cet accord prévoyait une cessation immédiate des hostilités dans le centre et le sud-ouest de la Bosnie ainsi que le démantè- ‘ lenient des camps de prisonniers et la réouverture des corridors humanitaires terrestres.Cependant, le texte de l’accord fait, lui.référence à un cessez-le-feu «au plus tard le 18 septembre à midi».‘Nous avons signé un accord aux termes duquel nous cesserons toutes les hostilités immédiatement.Il y aura un cessez-le-feu général entre forces croates et musulmanes en Bosnie’, a déclaré F'ranjo Tudjman en présence d’Alija Izetbegovic.# -?- PÉKIN LIBÈRE WEI JINGSHENG Pékin (AP) — A dix jours de l’annonce par le Comité in- ; temational olympique de la ville retenue pour les Jeux Olympiques de l’an 2(KX), le plus célèbre prisonnier politique chinois Wei Jingsheng, 43 ans, a été libéré sur parole hier, six mois avant le tenue de sa condamnation à 15 ans d’emprisonnement.Accusé d’avoir dévoilé des secrets d’Etat (4 d’avoir livré à l'étranger des informations ’ sur l’offensive chinoise' contre le Vietnam, Wei avait été arrêté en mars 15)75).Il s’était en réalité rendu coupable de critiques contre la direction de Deng Xiaoping.Ce dentier aurait personnellement demande l'arrestation de Wei et pendant de nombreuses années, les dirigeants communistes ont refusé les apjx'ls occidentaux en faveur de sa liberation.Electricien au zoo de Pékin, il écrivit en 15)78 une série d’articles appelant à l’instauration de la démocratie comme mesure d’accompagnement du pro- ’ gramme de modernisation du pays.Ses écrits affiches sur les murs de la capitale devinrent rapidement les expressions des «Murs de la Démocratie», lus par des centaines de personnes.V L E I) E V DIB, I.E M E It C It EDI I ,r> S E I’ T E M It It E I 9 9 It EDITORIAL Une façon de servir Lise Bisson nette Il est heureux que ce ne soit pas d’abord pour des raisons de santé que le premier ministre du Québec, monsieur Robert Bourassa, ait décidé de quitter la vie politique.La sérénité aura présidé à cet acte de raison, qui s'imposait pour redonner du tonus et un sens à la vie publique au Québec.arié à la politique — grande, moyenne et petite — Robert Bourassa s’est sans doute arraché la conclusion de son itinéraire, il en a témoigné assez clairement hier.Mais le gouvernement qu’il dirige en avait besoin.Le temps des bilans viendra plus tard, à l’heure du départ réel, quand on mesurera ses rêves et ses projets sur plus de deux décennies d’engagement public.Ce qui comptait, ce qui pressait, c’était le présent.Plutôt que de rapiécer son gouvernement par un ultime remaniement ministériel quelques mois avant l’inéluctable élection, le premier ministre a bien fait de provoquer le moment de vérité.Car le gouvernement du Québec n’avait plus de projet, ni même de simple idée maîtresse.Autour de la table du conseil des ministres s’affrontent au moins trois tendances, en mal d’un arbitrage que le premier ministre en partance ne pouvait plus fournir.D’un côté, on trouve des activistes modérés, qui voudraient un Etat un peu plus présent aux affaires, proche du libéralisme entrepreneur des années soixante.En face, on trouve des gestionnaires avant tout préoccupés de rationalisation et d’assainissement des budgets, qui mettent les freins avec conviction.Et entre les deux, on trouve une multitude de petits monarques, qui mènent leurs barques à l’instinct et dont les décisions sans référence et sans cohérence ont notamment suscité la révolte des régions.Les frictions et les guerres de tendances sont normales dans tout gouvernement, et M.Bourassa n’a jamais aimé trancher vif dans le sien.Mais son pouvoir de conciliation par la navigation à vue s’était émoussé auprès de ministres qui spéculaient sans cesse sur son départ.Si bien que le gouvernement du Québec risquait même de perdre tout gouvernail.Le vaudeville des dernières semaines, avec M.Daniel Johnson dans le rôle-titre et ses adversaires ou partisans en coulisses, commençait à affecter les dossiers ministériels puisque le principal intéressé préside le Conseil du Trésor et a ainsi quelque influence sur le sort et la marge de manoeuvre de tous ses collègues.Encore là, M.Bourassa aurait dû rappeler les factieux à l’ordre; mais il devenait humainement impossible de demander a tout ce monde de faire comme si la guerre de succession n’était pas engagée.Elle l’était M.Bourassa a bien fait d’ouvrir les vannes avant d’être tout à fait débordé, fi pourra lui-même se consacrer mieux aux affaires du gouvernement, au cours des prochaines semaines, dans un climat qui restera sans doute tendu — ces messieurs-dames vivent de radicales inimitiés — mais qui sera au moins clarifié.M.Bourassa rend service au gouvernement, et aussi à son parti, qu’il dominait pourtant mieux que son conseil des ministres.Accrochée à ses basques au point de renoncer a toute discussion autonome, la formation libérale devrait trouver, dans la course au leadership, un peu d’oxygène pour recommencer a vivre.Les derniers congrès libéraux ont été des désastres.Désireux de masquer l’échec de leur chef dans l’aventure des accords de Charlottetown, les ainés ont préfé- ré nettoyer la place de toute dissidence; privés de programme qui vaille, comme c’est toujours le cas pour les partis de pouvoir en une fin de mandat, ils ne sont plus qu’une machine à ramasser des fonds.Touchés par cette corrosion, les jeunes libéraux croient pour leur part gagner du galon en faisant surenchère de conservatisme et de réaction.Par sa férocité annoncée, la bataille qui s’engage au sein du parti devrait remettre un peu de nerf dans cette gélatine.La vie démocratique de l’ensemble du Québec s’en portera mieux.Logique et courageuse chez un tel mordu de politique, la décision de M.Bourassa n’en a pas moins surpris plusieurs, par le moment qu’il a choisi.Pourquoi si tôt, puisque le congrès au leadership pourrait avoir lieu en janvier seulement?Pourquoi lancer cette grenade au départ de la campagne électorale fédérale?Lui qui a passé sa carrière à combattre le souverainisme, et qui l’a tenu en respect sans parvenir à le terrasser, aura-t-il voulu tenter une ultime manoeuvre pour faire échec à ceux qui lui ont ravi ses coûteux accords de Charlottetown?Le calcul est difficile à expliquer.Il est certain que Robert Bourassa, dans la présente campagne, souhaite d’abord la défaite du Bloc québécois, et qu’il n’a ensuite guère de sympathie pour M.Chrétien et ses troupes, si libérales qu’elles soient Une victoire conservatrice, avec l’amène madame Campbell, permettrait au Parti libéral du Québec de garder une certaine crédibilité en promettant des «arrangements» fédéraux-provinciaux acceptables au Québec.En démissionnant maintenant, M.Bourassa aura peut-être voulu se donner une liberté supplémentaire pour participer à la campagne en cours, et affronter M.Lucien Bouchard.Ou se sachant fort observé hors Québec, il aura peut-être voulu attirer l’attention du Canada anglais sur les enjeux extraordinaires de cette élection fédérale en territoire québécois.La bataille du leadership sera colorée par le caractère référendaire de la prochaine élection provinciale, par le prochain affrontement avec le Parti québécois de Jacques Parizeau.L’électorat des autres provinces pourrait trouver là une occasion de réfléchir à deux fois avant d’élire à Ottawa un gouvernement Chrétien qui ferait monter la tension, et qui réveillerait au Québec de profondes hostilités.Le Canada anglais a toujours vu M.Bourassa comme une sorte de rempart immuable du fédéralisme, capable de compenser pour toutes ses faiblesses.A-t-il voulu ébranler cette fausse sécurité?De telles stratégies lui ressembleraient.Mais en mettant fin a sa propre carrière politique, un énorme sacrifice, il aura sans doute vu plus loin.Il n’y a pas mille façons, dans la vie publique, de faire sauter les embâcles, de lever les impasses, de redonner de l’espoir.Il faut donner sa chance au renouvellement, permettre aux dynamiques de se refaire.M.Bourassa ne sait peut-être pas où va mener sa décision (il parlait hier d'effets «intangibles») mais il l’a prise sans en faire un drame, a un moment où elle peut être vraiment utile.Ainsi la grâce et la civilité ont-elles toujours marqué sa façon de servir.Elles figureront certes au bilan plus détaillé qu’il conviendra de faire lorsqu’il aura réellement tourné la page sur l’exercice du pouvoir qu’il aimera encore pendant quelques semaines, jusqu’au bout Avec grâce, Robert Bourassa donne sa chance au renouvellement.LETTRES Pour l’amour de la langue C’est avec beaucoup d intérêt que j’ai lu la rubrique «Perspectives», signée par Jean-Robert Sansfaçon (LE DEVOIR, 26 août 1993).Ayant été moi-même prof de français (mais sans jeans ni barbe: c’était au Maroc), je prépare actuellement un doctorat en linguistique a l’Université de Montréal et je me sens doublement concerné par votre propos.D’une part, je souscris entièrement a la dénonciation de ce qui a été appelé la succession des modes pédagogiques avec, comme corrélât naturel, l’hypertrophie de l’appareil bureaucratique qui s’évertue a les concevoir puis à les mettre en pratique et dont les actions finissent par ne plus viser qu’a justifier son existence et, par la, les émoluments de ses technocrates.D'autre part, je voudrais attirer l’attention sur le fait que, dans le domaine de l’apprentissage de la langue, plus que dans tout autre secteur de l'enseignement, il ne s’agit pas de façonner des produits finis, immédiatement «embauchables», ni de créer en série des Racine, Flaubert ou autres génies du verbe.1/^ «mandats spécifiques» de l’école évoqués dans l’article ne se resume raient-ils pas, concernant la langue, dans le fait de transmettre aux enfants l’amour des mots et de l’art de les combiner en vue d’appréhender le sens sans lequel l’être humain reste Esonnier de son ignorance?In aussi, i moyens rejoignent la fin et tout machiavélisme serait de mauvais aloi.Il s’agit de l’avenir de toute une sas jx-ur des puissants, la revolution serait a nos |x>rtes et les puissants en trembleraient.Tel n'est manifestement |>as le cas.Quoi qu’il en soit, je vous remercie de vous préoccuper de mon sort et de celui du DEVOIR J’aimerais toutefois vous signaler que la Caisse de dépôt a été invitée l’an dernier comme d’autres institutions a participer financièrement à la relance de notre quotidien, invitation quelle a déclinée.Ce fait semble avoir échappé a la profondeur de l’interminable enquête que vous avez menée sur la Caisse de dé- |X>t.Robert Dutrisac Jetez-en encore! M.Jean-Robert Sansfaçon, votre article intitulé «N’en jetez plus!» m’a réjoui jjar la perspicacité de vos observations et m’a attristé par la véracité de vos remarques.Rarement un observateur en éducation n’a réuni, dans un même texte, tant de vérités.Quand et comment réussira-t-on à libérer nos écoles des contraintes qui paralysent le «bon» enseignant, celui qui est compétent et qui aime les enfants?Une carrière consacrée entièrement a l’enseignement ne jx-ut que confirmer la justesse de vos projxts.Quand donc nos enseignants «compétents» auront-ils le plaisir de «faire la classe?» Je ne suis pas pessimiste, mais notre ministre de l'Education a «du («in sur la planche».Je vous félicite donc, M.Sansfaçon, |X)ur vos mises au point.Elles étaient nécessaires, mais seront-elles utiles?Qui peut alléger notre système d’éducation de sa technrx ratie étouffante, et comment?Ceux et celles qui ont l’indépendance d'exprimer leurs opinions devraient le faire a votre exemple.Miiis qui?Je réitère donc, M Sansfaçon, mon agrément a vous avoir lu, et vous incite a continuer dans la même veine.erne sera jamais assez! Au plaisir de vous relire! Allx-rt Côlangelo Directeur d'école a la retraite Montréal, 31 août 1993 ( ( f' Jean Boucher: un grand tribun J e l’ai connu à Laquemac, en 1955.Tous les mois d’août, une cinquantaine d’intellectuels, de professeurs, d'animateurs sociaux, de fonctionnaires réunis par l’Université Laval et MacDonald College de McGill débattaient une question de l'heure pendant une semaine.Au bord d’un lac dans les Laurentides, sous la conduite de Napoléon Leblanc, j’ai vu défiler la deuxième génération des produits de la tradition du père Georges-Henri Levesque: Léon Dion, Guy Rocher, Albert Faucher, Fernand Dumont-Jean Boucher appartenait à ce groupe., Elégant, plein de prestance, Jean Boucher était doué d’un grand talent de tribun.Jusqu’à sa mort, j'ai gardé de lui l’image exemplaire de ce que pouvait être un haut fonctionnaire fédéral.En 1959 , avant d’accéder à la citoyenneté canadienne, j’ai entrepris, par train, un voyage de Montréal à Victoria en m’arrêtant en cours de route dans les grandes villes du pays.À mon retour, j’ai fait une série d’émissions à Radio-Canada sur le?groupes culturels à travers le pays.A l’époque, Jean Boucher était directeur de la Citoyenneté au ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration à Ottawa.Il m’a fourni une liste de persannalités à voir et, à mon retour, me demanda un article pour une revue que publiait son ministère: Le Citoyen.Quelques années plus tard, j’ai demandé au Conseil des Arts une bourse pour préparer une numéro spécial de la revue française Les lettres Nouvelles consacré aux lettres du Canada et dont le sommaire comprenait des écrivians francophones et anglophones.Jean Boucher était devenu à l’époque le directeur du Conseil, organisme encore jeune dont il constituait le personnel.Quelques mois après la parution du numéro, il m’appela: «Je cherche quelqu’un pour prendre en main le secteur des N A ï M K A T T A N ?lettres, quelqu'un qui connaisse les écrivains anglophones et francophones.» J’ai commencé par refuser.Ottawa me paraissait si loin.Il revint à la charge: «Il faut que les Néo-Cana-diens prennent leurs responsabilités», insista-t-il.Pour toi, c'est l'occasion ou jamais.» J’ai accepté, décidant de faire la,navette entre Ottawa et Montréal.A titre d’essai.Cela a duré 25 ;ms, mais c’est une autre histoire.A la fin de la journée de travail, Jean Boucher venait souvent s’asseoir dans mon bureau.Entre 14 h et 15 h, il décrochait le téléphone, fermait la porte de son bureau et faisait la sieste.A 17 h, quand tout le monde s’apprêtait à quitter les lieux, il débordait d’énérgie.La journée recommençait.Vers 18 h ou 19 h, avant de partir, il me disait, comme s’il regrettait un manque d’accueil: «Je voudrais bien t’inviter à dîner chez nous.A Québec, ce serait naturel mais ma femme est Montréalaise et recevoir un ami est, pour elle, une cérémonie.Il aurait fal-îu que je la prévienne.» Parfois, il le faisait à temps et je l'accompagnais chez lui.Dans la période de Noël, un ami nous invita à une soirée.Il y avait là Maurice Lamontagne, Jean Marchand et d’autres.Un air de famille régnait J’ai pensé à Ixiquemac.Un invité montréalais me fit remarquer: «Ils sont tous de Québec, presque du même quartier.Regarde-les.Les Québécois se sentent chez eux à Ot- tawa.Les deux villes sont d’une, même dimension.» La voix nostalgique, Jean Marchand entonnait des chansons françaises des années 40.On évoquait les jours d’antan, des rues, des personnages.Parfois, Jean Boucher me décrivait les promenades le long de la Grande Allée.«On s’arrêtait en chemin, disant bonjour à l’un, demandant des nouvelles des enfants de l’autre.On n’avait pas besoin de prévenir pour rendre visite à des amis.» D lui arrivait de pester contre les «nationalistes à la petite semaine».N’était-il pas lui-, même nationaliste?Certes, oui.D’une manière naturelle, assurée, fi n’avait pas besoin de se défendre.A Ottawa, il a dû mener une lutte acharnée pour défendre son état de francophone.«II y a un mythe de l’Anglais chez nous: il serait compétent, caj pable.Il suffit de venir à Ottawa pour se rendre compte que les Canadiens français ne le sont pas moins.» Trudeau le nomma sous-ministre des Approvisionnements et Services.Haut fonctionnaire exemplaire, il ne pouvait pas refuser de remplir les, missions qu'on lui confiait, même si son coeur restait au Conseil.Après tout, les arts étaient pour lui une affaire de famille.Son frère Pierre était ! président de l’Union des Artistes et ses beaux-frères étaient les Gascon.Il me racontait en riant les inq-' dents de ses nouvelles fonctions.A l’époque des fêtes de fin d’année, il recevait des cadeaux des fournisseurs: «J’achemine les matières périssables à des maisons de vieillards et les fournisseurs reçoivent de ces institutions des lettres de remerciements.Pour le reste: retour à l’expéditeur.Oui, j’accepte les calendriers et les agendas.C’est tout.» Il ne s’en vantait pas.Cela l’amusait et chez lui, l’honnêteté intellectuelle allait de pair avec l’honnêteté tout court.Avec Trudeau et Pelletier, les Montréalais ont fait irruption à Ottawa.Du coup, la fonction publique n’était plus la même, ni le gouvernement, ni Ottawa.A P R 0 P 0 S -?- .de remploi chez les jeunes Tandis que le niveau de l’emploi des adultes âgés de 25 ans et plus progressait de 136 000 pendant les six premiers mois de 1993, les jeunes de 15 à 24 ans continuaient de voir le leur diminuer (-15 000).D' rapport emploi-population des jeunes est tombé à 52,3 % en juin 1993 comparativement à 60,6 % trois ans plus tôt.En juin de cette année, 452 000 jeunes étaient en chômage, ce qui représente presque 30 % de l’ensemble des chômeurs et près du double de leur part de la population active (17%).Les perspectives d’emploi pour les étudiants qui comptaient poursuivre leurs études cet automne étaient aussi peu reluisantes qu’à la mi-année de 1992.Ixmr taux de chômage en juin 1993, à 18,9 %, était à peine plus bas que celui enregistré un an plus tôt (19,4 %).Même élevé, ce taux ne rend pas compte de toute l’ampleur de la détérioration de la conjoncture du marché du travail pour les étudiants puisqu’il ne fait pas état de la baisse marquée de leur part dans la population active, c’est-à-dire de la proportion de ceux qui occupaient un emploi ou cherchaient activement du travail.Le taux d’activité des étudiants qui comptent poursuivre leurs études est tombé à 58,1 % en juin 1993, taux inférieur à celui de 60,4 % enregistré en juin 1992.Tiré de Perspective, Automne 1993, Statistique Canada.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI R 0 11 R A S S A L 0 J A N V I K R | D | Directrice USE BISSONNETTB Rédacteur en chef BERNARD DRSCÔTEAIIX Directeur délégué à l'administration ANDRÉ I.E C L K R(! Directeur de l'information B K N (il T AUBIN Directeurs adjoints de l'Information PIERRE BEAULIEU, R0sitioti à l’accord et perspectives Dans les deux camps, l’opposition a deux dimensions idéologico-religieuses et politico-laïques.Du côté palestinien, c’est le Hamas qui devient le porte-drapeau de ht contestation religieuse.I )cs heurts violents entre ce mouvement et les partisans de l’OLP sont à craindre et à éviter.1 es organisations politico-militaires comme celle d’Ahmad Djehril promettent une résistance farouche et efficace face au condominium Arafat-Rabin.Quant aux opposants israélites, ce sont d’abord les colons qui refusent pour des raisons évidentes, l’accord et ses suites en recourant à la religion et aux justifications religieuses.Ic parti likud représente une fausse opposition, motivée par i’op|x>rtunisme politique.Après tout, c’est le likud qui a retourne le Sinaï à l’Egypte après les accords de Camp David, et qui a négocié l’autonomie pour les Palestiniens en 1979.A ce stade de négociations, l’initiative appartient clairement à Israël, la stratégie israélienne de diviser le camp arabe porte les fruits escomptés, la Syrie, la Jordanie et, dans une moindre mesure, le Liban se basculent pour ne pas être dépassés par les événements et tout |x>rte à croire qu'ils feront tout pour multiplier des contacts secrets et parallèles aux poiuparlers de Washington avec Israël.Cette stratégie a fonctionné dans les guerres du passe, |x>urquoi ne fonctionnerait-*‘lie i»as dans le processus de ixiix?Chose certaine, le Moyen-t trient entre dans une nouvelle phase de sa vie.Ce moment esl décisif.Si cette amorce de paix échoue, l’alternative sera désastreuse pour les deux iiarties.Ce besoin réciproque se traduira-t-il |iar une alliance israclo-ambe contre l’Iran et les mouvements islamistes de refus?le Moyen-Orient sortira-t-il finalement de cet état permanent de guerre?Enfin, les marchands d'armes el d’illusions entendront-ils ce cri d’es|x>ir?Gestion participative Nostalgiques de Père jurassique Des outils pédagogiques aideraient certains employeurs à décrisper et à découvrir le potentiel de créativité de leur personnel r'V* v y La gestion participative est de plus en plus implantée dans le secteur privé, alors que ce mode d’organisation du travail est moins répandu dans le secteur public.JACQUES FOURNIER Employé dans un CLSC ujourd’hui, la gestion participative est de plus en plus implantée dans le secteur privé.On y reconnaît largement quelle favorise la qualité des produits et des services, tout en augmentant la satisfaction au travail du personnel.Dans le secteur public, ce mode d'organisation du travail est moins répandu.La nouvelle Loi sur les services de santé et les services sociaux encourage cette approche par divers mécanismes: tous les établissements doivent se doter de plans de développement des ressources humaines (PDRH) élaborés en collaboration avec les syndicats, des conseils multidisciplinaires doivent être mis sur pied, des assemblées consultatives doivent être tenues, etc.Avec l’appui de sa centrale, la CSN, la Federation des affaires sociales (FAS) a décidé à son dernier congrès de faire un virage et d’explorer de nouvelles pistes d’organisation du travail, dans la mesure évidemment où les syndicats sont largement engagés et dans la mesure où les travailleurs peuvent y trouver un contexte de travail valorisant.La question de l’organisation nouvelle du travail se trouve également au coeur de la présente négociation entre le gouvernement et les syndicats des secteurs public et para-public.Mais, entre ce que la nouvelle loi prévoit et ce qui se passe dans la réalité, il y a parfois un fossé dont nous présentons des exemples concrets.Après l’adoption de la nouvelle loi.les regroupements d’employeurs dans le réseau, entre autres l’Association des hôpitaux et la Fédération des CLSC, se sont empressés de concevoir des guides pour appuyer leurs établissements membres dans leurs efforts pour produire un plan de développement des ressources humaines.Des guides ont aussi été publiés pour l'encadrement des conseils multidisciplinaires, des conseils des infirmières, etc.Dans l'ensemble, ces documents sont bien faits mais ils contiennent parfois des suggestions très peu pertinentes ou carrément inadéquates qui sont symtoma-tiques de la difficulté de certains employeurs à «lâcher prise» el à faire confiance aux employés.Li gestion participative, tous les patrons ne sont pas tombés dedans quand ils étaient petits! Certains employeurs sont davantage à l'aise dans le taylorisme, système de partage des tâches où certains décident et les autres exécutent.Voici deux exemples pour illustrer cela, l’un lire d’un document de l’Association des hôpitaux du Québec (AHQ) et l'autre d'un text*' de la Federation des CLSC.Cherchez l’erreur! Dans le document de l’AHQ intitulé Guide d'élaboration d’un PDRH (4e trimestre 1992), on décrit «les quatre niveaux de participation», en partant de l’exemple suivant: il y a un surcroit de travail temporaire et il faut une nouvelle répartition du travail dans l’équipe.Premier niveau: le chef de service informe de la nouvelle répartition du travail.Deuxième niveau: il y a une consultation préalable à la décision.Troisième niveau: il y a une codécision entre les membres de l’équipe et le supérieur immédiat.Quatrième niveau: le supérieur délègue sa responsabilité à l’équipe pour décision.Cherchez l’erreur! La voici: dans le premier niveau, il n’y a pas de participation.Ce texte laisse croire qu’il suffit d’informer d’une décison pour qu’il y ait participation.Il y en a qui ont une notion très élastique de la gestion participative.La participation, ce n’est pas n’importe quoi! L’information est un préalable, une condition sine qua non de la participation.Mais ce n’est pas de la participation! Minimalement, l’employé doit «avoir dit son mot» et avoir été entendu pour qu’il y ait gestion participative.La deuxième illustration de certaines réticences patronales face à la gestion participative peut être tirée du document Guide d'implantation et de fonctionnement du conseil multidisciplinaire d'un CLSC ou Centre de santé, publié par la Fédération des CLSC en janvier 1993.Dans ce texte, on laisse entendre que le moment le plus normal pour tenir l’Assemblée générale du conseil multidisciplinaire serait en soirée, de façon à ne pas gêner les services mais surtout de façon à ne pas avoir à payer les employés pour y participer.Est-ce là le meilleur moyen de favoriser la participation du personnel?Est-ce réaliste?Quel est le message derrière cette suggestion: que la participation du personnel n'est pas importante?Le moins que l’on puisse dire, c'est que certains passages du document de la Fédération des CLSC traduisent une grande méconnaissance des conditions pragmatiques pour favoriser la participation du personnel sur le terrain.Les employés el leurs syndicats devront faire preuve de beaucoup de vigilance s'ils veulent éviter que certains employeurs ne ratatinent le concept de gestion participative qui est promu par la nouvelle loi.Heureusement, ce ne sont pas tous les employeurs qui ont une conception étriquée de la participation du personnel.Une piste d’action?Que le ministère favorise la formation des cadres du réseau pour développer chez eux une plus grande capacité à mettre en oeuvre concrètement la gestion participative.Des jeux de rôles et autres outils pédagogiques aideraient peut-être certains employeurs nostalgiques rie lore jurassique à se recycler, à se décrisper et à découvrir l'extraordinaire potentiel de créativité de leur personnel.Entre la nouvelle Ix)i sur les services de santé et les services sociaux et la réalité, il y a un fossé.Le vrai problème: la rareté du travail »; JEAN-PAUL L’ALLIER Maire de Québec Lettre au président de l’Union des « j municipalités du Québec, M.Ulric Blackburn onsieur le président, j’ai: : I jW pris connaissance dansU % /¦ les médias de votre in-r: \l I tention de mettre à«; 1.T I l'ordre du jour de nos; * ====!l délibérations l’opportu-;,; nité de faire travailler obligatoirement^! les chômeurs et les assistés sociaux.Il II m’a déjà été donné de réagir à ces.propos dans la presse.J’ai alors indi- , qué ma réticence à discuter de ce qui paraît être une solution partielle et surtout démagogique à un problème ’ plus grand, un problème de société, à; savoir la rareté et le partage du travail.Cette discussion ne sera pertinente que si elle porte sur le vrai problème, soit la rareté du travail dans nos sodé-1 tés industrielles et un nouveau partage des revenus.Autrement, nous torn-, berons dans le piège des illusions faciles, de la démagogie et de la contradiction.Tous les indicateurs économiques signalent que même si la récession devait se terminer bientôt, jamais les; niveaux d'emploi antérieurs ne seront' atteints.L’informatique et toutes ses applications dans tous les domaines de production de biens et de services permettent maintenant de produire plus avec moins d’emplois.D’où un; taux de chômage qui ne se résorbera pas, mais qui augmentera.Il ne m’apparaît pas, dans ce contexte, que la pénalisation de ceux et celles qui sont victimes de cette situation soit une solution.D’ailleurs dans les dernières années, le gouvernement du Québec a fait quelques réformes de l’aide sociale qui devaient ' diminuer le fardeau de celle-ci; cela ne s’est pas produit; au contraire, le coût de l’assistance sociale a augmenté.Pourquoi?Parce que l’emploi diminue , toujours et que le nombre de sans-emploi augmente toujours.Je comprends l’anxiété et l’angoisse de ceux qui travaillent encore, à qui on le reproche parfois comme s’ils volaient l’emploi de quelqu’un d’autre et dont le fardeau fiscal augmente sans cesse.Ils cherchent désespérément un allégement de leur condition.Il revient cependant aux leaders sociaux parmi lesquels se trouvent les hommes et femmes politiques, de les éloigner des fausses solutions comme celle qui consiste à faire travailler gratuitement les chômeurs et assistés sociaux pour considérer les choses plus largement.Les vraies questions consistent à savoir comment restituer le travail dans l’ensemble de la société et comment assurer un revenu suffisant aux individus et aux familles avec moins de travail.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA REDACTION Journalistes : h l'information générale et métropolitaine : Claude Beauregard, Sylvain Blanchard.Paul Cauchon, Hem" Cayouette, Jean Chartier.Jean Dion, LouisGilles Francoeur, LouisGuy L'Heureux, Caroline Montpetit, Bernard Mortier, Isabelle Paré.Diane Précourt.Laurent Soumis, Guy Taillefer, Danny Vean Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l’information culturelle Michel Belair (responsable), Stéphane Baillargeon, Roland-Yves Carignan, Paule des Rivieres.Marie laurier, Robert Levesque, Odile Tremblay (Litres), à l'information économique : Gerard Bérube (responsable), Robert Dutrisac, Jean-Pierre legault, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l'information internationale François Brousseau Iéditorialiste el responsable), Antoine Char.Jocelyn Coulon, Claude Levesque.Syhiane Tramier, Clément Trudet À l'information politique : Josee Boileau.Pierre O'Neill, Gilles Usage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Ven-ne (correspondant parlementaire à Québec), Chantal Hebert (correspondante parlementaire à Ottawa)\ Serge Chapleau (caricaturiste); à l'information sportive Yves d'Avignon; Suranné Marchand (adjointe a la direction), Denise Babin, Rachel Duclos (commis).Marie-Hélène Alarie (secretaire à la rédaction), Isabelle Baril Isecretaire à la direction) LA DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur): Manon Scott, Sylvie Scott.Serge Uplante ( Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).IA DIRECTION AR-TISTIQl'E Lucie laça va.IA PUBLICITÉ Lucie Pinsonneauh (directrice), Jacqueline Avril, Brigitte Cloutier.Gyslaine Côté, Francine Gingras, Johanne Guibeau, Lucie Lacroix.Christiane legauh, (publicitaires): Micheline Ttirgeon tmaquettiste); Michéle Bouchard (secretaire), Ghislaine la/leur (réceptionniste).L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (coor-dmatnee des senrccs comptables): Florine Cormier, ; Céline Fumy, Jean-Guy lacas.Marie-Fiance Lég» > re.Raymond Matte.Nathalie P Trier, Danielle Dm- } ton, Danielle Ross, linda Theriault (adjointe i lad-ministration).LE MARKETING ET SERVICE À LA CLIENTÈLE C hristianne Benjamin I ldirectriceI.Monique Corbeil ladyante).Nathalie Thabet Irtsponsablt du marche institutionnel).Monique I Heureux, 1 ise Lachapelle.Olivier Zuida.Ra-cheik-1 eclerc-Venne, Jean-Marc SteMarie (superviseur aus promotions des abonnements), Louise Paquette IA PRODUCTION Robert McDougall ldi-recteur des systèmes intormatii/ues et de la produc- ’ lion ), J ohanne Brunet, Danielle Cantara, Sylvain Darcy.Richard DesCormiers, Caroline Des Rosiers, Lynda Di Cesare.Marie-Josée Hudon, Michael Schneider, Mark-France Ttirgeon, Christiane Vaillant IFS .ANNONCES CLASSÉES ET LES AVIS PI BL1CS Yves Williams (superviseur).Ma- > non Blanchette, Dominique Charbonnier.Marlène Côté, Josée Lapointe.Sylvie Laporte.Pierrette Rousseau, Micheline RueDand.CONSK1L DU DEVOIR INC.IVrre Rourgie (president) FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture [president), Roger Boisvert (n,rfrra s e i> t e m b r e i tt î) :i LE DEVOIR ACTUALITES \ 5(t Le congrès à la succession devrait avoir lieu en janvier ou février 1994.SUCCESSION Émotion palpable SUITE DE LA PAGE 1 fis» est venu.Il affirme que le facteur familial a été le plus important dans la balance.Sa décision s’est «confirmée» au cours de l’été «à partir de réflexions avec ma femme».C’est a 11 heures, hier matin, que M.Bourassa a annoncé à ses députés, réunis d’urgence au Château Frontenac, qu’il ne solliciterait pas un cinquième mandat à la tête de î’Etat lors des prochaines élections.Une réunion où l'émotion était palpable, relatent plusieurs députés.U* doyen Gérard D.Levesque, lui-même gravement malade, s’est chargé de faire î’apologie du premier ministre avec Lise Bacon et Claude Ryan.Des larmes ont coulé.«Tantôt on s’est serré dans nos bras tous les deux, raconte Yvon Picotte.On a braillé tous les deux.C’est rare que j’ai vu brailler M.Bourassa, mais je l’ai vu brailler.» Dans une lettre au président du parti, M.Jean-Pierre Roy, il demande l’organisation «d'une convention politique pour l’élection d'un nouveau chef».Ce congres peut avoir lieu en janvier ou en février 1994.M.Bourassa demeurera a la tête du gouvernement d’ici là.La course s’articulera vraisemblablement autour de deux candidats principaux, qui ont soigneusement évité, hier, d’afficher leurs couleurs: le président du Conseil du Trésor.M.Daniel Johnson, arrivé troisième, en 1983, au leadership libéral, derrière M.Bourassa et Pierre Paradis; et le ministre de l’Industrie et du Commerce, le père des grappes industrielles, M.Gérald Tremblay.Tous deux bénéficient d’appuis fermes, déjà.On a beaucoup entendu parlé du groupe qui s’active autour de M.Johnson, le ministre André Bourbeau en tête.Un groupe se forme aussi derrière M.Tremblay.Im rumeur veut que l’ex-conseiller du premier ministre, M.Mario Bertrand, qui quitte la présidence de Télé-Métropole, soit parmi ceux qui prendront en charge son organisation.Tout comme Paul Desrochers, l’homme de Jean Lesage, s’était mis au service de Robert Bourassa au leadership de 1970.D’autres candidats se profilent: la ministre de l’Éducation, Mme Lucienne Robillard, candidature féminine a la place de Mme Lise Bacon, qui aurait jugé que son tour est passé; M.Yvon Picotte, candidat populiste, vu comme un king maker, le Jim Edwards du PLQ, cédant ses appuis a un Gérald Tremblay, par exemple, au second tour de scrutin.Mme Bacon agira, avec M.Ryan notamment, comme l’un des piliers du gouvernement de transition.Elle remplacera M.Bourassa au Sommet de la Francophonie, a rile Maurice, a la mi-octobre.«Jusqu’à aujourd’hui, dit Mme Robillard, le leadership est une question a laquelle je n’avais pas pensé.Maintenant il faudra y penser».«J’ai le goût de brasser le pommier de cette société ou on ne semble plus avoir de valeurs, dit M.Picotte.C'est je temps de brasser les idées et (la course) est une occasion unique de le faire».Sera-t-il sur les rangs?«J'ai dit que j'envisageais toutes les possibilités.C’est toujours vrai.» Plusieurs députés et observateurs libéraux s’entendent pour dire que le prochain chef viendra du sérail.Ix-s deux seuls politiciens choisis comme chef libéral et qui provenaient de l’extérieur du parti depuis l'ere du-plessiste furent élus quand il occupait les banquettes de IES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS I K |)FV(UH DU lUNDI AU VENDREDI DE ,H0°À ,6H30 'll< RENSEIGNEMENTS (514)985 3333 ADMINISTRATION (514)985 )333 AVIS PUBIICS ANNONCES CLASSÉES PUBLICITE NUMERO SANS IRAIS (514)985 3344 (514) 985 3344 (514) 985 3399 t 800 363 0305 Ut DKVOIH vs\ iMibli information' publia r I.K DK VOIR Int don nKKDKVOIR I.K DK' Le départ de Boqrassa inquiète le Parti Egalité IM ERRE O’NEILL LE DEVOIR Le départ de Robert Bourassa, «homme dç civilité et de distinction» inquiète le chef du Parti Egalité, qui se demande qui lui succédera.Keith Henderson trouve déplorable que la santé du premier ministre l’ait forcé à se retirer de la vie publique après qu’il eut donné 30 ans de sa vie à la politique.Il y voit une tragédie humaine.Mêpie s’il s’agit d’un adversaire politique, le chef du Parti Egalité conserve la plus haute admiration pour M.Bourassa, sans pour autant oublier qu’il n’a pas su défendre les droits de la minorité anglophone comme il aurait pu le faire.«Il a fait ce qu’il croyait devoir faire.Je ne l’accuse pas de mauvaise foi.Mais je ne pense pas qu’il ait défendu les droits des minorités du Québec comme il fallait le faire.Quoi qu’il en soit, ce n’est pas le temps de le critiquer mais de reconnaître ce qu’il a fait pour le Québec».Ce qui fait dire à M.Henderson que le départ de Ro- bert Bourassa ne change rien à la raison d’être du Parti Egalité.Sa méfiance à l’endroit du Parti libéral du Québec demeure entière.«C’est un parti qui continue de fonctionner dans l’ambiguïté».C’est pourquoi le chef du Parti Égalité est préoccupé par la succession de M.Bourassa.Il prévoit que cette course au leadership se transformera en affrontement entre les plus nationalistes et les plus fédéralistes.De là, la crainte que le PLQ se donne un chef plus nationaliste et moins bien disposé encore que M.Bourassa envers la minorité anglophone.«On ne sait jamais ce qui va se produire avec le PLQ.C’est un parti qui est toujours pris dans un dilemme.On ne sait jamais qui va émerger à la tête du parti.Ça pourrait être Gil Rémillard, ou même Pierre-Marc Johnson».Keith Henderson n’en dérriord pas.À son avis, avec le départ de Bourassa, le Parti Egalité sera plus que jamais indispensable à la protection des droits de la communauté anglophone.«Le PLQ est trop ambigu pour satisfaire les électeurs qui sont d’abord des Canadiens.Les libéraux, ce sont des souverainistes gradualistes, des étapistes».TESTAMENT Économie SUITE DE LA PAGE I en trois parties».Même si, sur le front constitutionnel, «on doit constater que les résultats n’ont pas été à la mesure des efforts qui ont été accomplis, le Parti libéral du Québec est opposé à la rupture de la fédération canadienne.Car le Canada, avec tous ses problèmes, ses tensions, ses difficultés, demeure encore l’un des pays du monde les plus enviables, les plus privilégiés, les plus respectueux des libertés».Constitution rime aussi avec économie, l’autre préoccupation centrale de sa carrière, avec le développement du Nord avec les projets hydroélectriques notamment.Parce que «je ne vois pas comment, dit-il, nous allons pouvoir attirer des investissements dont nous avons besoin en amorçant le processus du démantèlement du Canada».La «vraie force du Québec, dit-il, n’est pas celle qui peut apparaître dans différentes activités protocolaires.C’est celle qui va permettre aux jeunes d’aujourd’hui de pouvoir s’affirmer et donner leur pleine mesure ici».C’est pourquoi, son credo politique, qu’il a rappelé hier, a toujours été le renforcement de l’économie du Québec.Une économie, certes, qui est aujourd’hui tributaire de bien des facteurs qui échappent au Québec: la nouvelle force de l’Asie, la libération des pays de l’Est.M.Bourassa dirigeait le Québec à la création de l’as-surance-maladie, à la même époque que d’autres pro-gramnies sociaux «avant-gardistes» mais qu’il faut réviser, aujourd’hui, en tenant compte du nouveau contexte économique.M.Bourassa part avec «la satisfaction du devoir accompli», y compris dans le dossier linguistique.Il rappelle que c’est son gouvernement, en 1974, qui a, le premier, déclaré le français langue officielle au Québec.Il ajoute qu’avec la loi 86, qui prévoit le bilinguisme dans l’affichage, «nous avons complété notre travail» en réconciliant cet objectif du Québec français avec le respect des libertés individuelles.Il promet de se consacrer, dans les prochaines semaines, aux problèmes intérieurs du Québec: l’économie, les finances publiques, le front commun.«Je ne crois pas que le fait de démissionner va me priver de toute ma marge de manœuvre.Je devrai respecter celle de mon successeur, mais il m’en reste suffisamment pour pouvoir poser des gestes concrets».Et après?Après, peut-être va-t-il se payer, pour une fois, de «vraies vacances» pour un ou deux mois.(M.V.) PHOTO JACQUES NADKAU BRESIL Belle vitalité l’opposition: Jean Lesage, en 1958, et Claude Rvan en 1978.L’un de ces candidats étrangers, pressenti depuis quelque temps, le ministre conservateur Jean Charest, a de nouveau, hier, nié toute ambition pour la politique provinciale.«Mon avenir est au niveau fédéral» a-t-il déclaré, en tournée à Gatineau, flatté tout de même que d’aucuns «pensent que je pourrais succéder à M.Bourassa».Quant a l’ancien ministre Paul Gobeil, il a déjà confié à plusieurs qu’il n’avait pas d’intérêt pour la chose.M.Tremblay est entré au Château Frontenac, hier matin, avec une déclaration prête a servir à la presse: «Je dois vous dire que je suis très loyal au premier ministre.Aujourd’hui, toutes mes pensées vont à M.Bourassa, la personne», dit-il, éludant les questions sur ses propres intentions.Il a fait l’éloge d’un premier ministre qui représente à ses yeux «la force de l’expérience, l’autorité morale», qui a «toujours accordé la priorité aux intérêts supérieurs du Québec au détriment de sa famille et de sa vie personnelle», et à qui il doit son engagement en politique, depuis 1989.Le ministre Johnson s’est borné a dire que la journée d’hier appartenait au premier ministre, qui a consacré l’essentiel de sa vie au Québec, et avec lequel il a été très fier de travailler.A n’en pas douter, le départ de M.Bourassa entraînera «un changement dramatique» dans la vie politique, note l’ancien bras droit Mario Bertrand.Cet homme a «monopolisé l’opinion publique depuis 25 ans», dit-il.Son départ ne peut pas être sans provoquer un choc.Quoi qu’il en soit, les Québécois désiraient du changement, arguent des députés.«Ou bien M.Bourassa était lui-même l’artisan du changement, résume le député de Saint-Louis Jacques Chagnon, réputé allié de M.Johnson.Ou il décidait de laisser la suite des choses se dérouler autrement.» «Ceux qui vont se présenter, ajoute le député de Va-nier, M.Jean-Guy Lemieux, il va falloir qu’ils nous donnent un plan d’action concret.Ras seulement une idéologie, des paroles, des mots.Il va falloir qu’il passe aux actes.Il y a beaucoup de gens intelligents en politique.Ce qui nous manque, ce sont des gens courageux.» Mme Bacon dépeint le premier ministre sortant comme un homme qui a d’abord «apporté au Québec une confiance économique et une stabilité politique dont ils avaient besoin.» «Il voulait avant tout servir le Québec, poursuit M.Ryan.Il croyait au Canada aussi.Mais c’était une consideration qui venait en complément de la premiere.Parce qu’il trouvait que c’était mieux pour le Québec qu’il existe un pays comme le Canada.» Avec le départ de M.Bourassa, son ami Jean-Claude Rivest met au défi ceux qui, lors de l’accord du lac Mee-ch, «ont fait passer leurs intérêts partisans avant les intérêts fondamentaux du pays — je parle de Pierre-Elliott Trudeau, dit-il —, de trouver quelqu’un qui sera en mesure d’aussi bien comprendre la conjugaison du Québec et du Canada.» M.Bourassa a perdu deux fois sur le front constitutionnel, a fait remarquer un journaliste.Oui, mais «il a gardé le Quebec dans le pays, c’est la chose principale, dit Rivest.Ix* reste est secondaire.» SUITE DE LA PAGE 1 ils choisissent la scène finale qui promet d’être la plus croustillante.La formule mise au point par TV Globo connaît un énorme succès, et fait des petits dans toute l’Amérique latine.Le réseau Globo, propriété du baron de presse brésilien Roberto Marinho, n’en est pas à ses premières armes dans le domaine: ses telenovelas font vibrer chaque soir des millions de Brésiliens, et elles ont conquis les pays latino-américains depuis une décennie.Avec ses intrigues bien ficelées (mais qui peuvent évoluer en cours de route pour répondre aux indices d’écoute), des personnages qui ont de l’épaisseur, des montages raffinés, la telenovela brésilienne, ancrée dans l’univers des classes moyennes urbaines de Rio et de Sao Paulo, surclasse aisément le soap américain.D’ailleurs, la télévision brésilienne dans son ensemble fait preuve d’une belle vitalité et d’une grande indépendance.Les séries américaines n’occupent plus la place prépondérante dans les grilles horaires des chaînes américaines comme il y a trente ans.Au Brésil, où l’on compte 184 postes de télévision pour 1000 personnes (la moyenne en Amérique latine est de 142 pour 1000, au Canada on en trouve 546 pour 1000), et où l’analphabétisme touche 20% des adultes, la télévision rejoint a peu près tout le monde.On attribue la courte victoire de Fernando Collor aux présidentielles de 1989, la première élection présidentielle au suffrage universel direct depuis I960, à l’appui reçu de IV Globo.Contre l’empire Globo, la concurrence s'organise.Le réseau Sistema Brasileiro de Televisao (SBT), basé à San Paulo, met a l’affiche, face aux telenovelas, le journal télévisé qui décoiffe: Aqui Agora (Ici, maintenant).Redresseurs de torts, pourfendeurs du déni de justice et du crime crapuleux, les reporters de Aqui Agora ne font pas dans la dentelle.Constamment sur le terrain, au milieu de grévistes en colère, dans une prison en révolte.Ils traquent l’histoire juteuse, sensationnelle ou morbide.Ils sont particulièrement habiles à donner le frisson quand ils décrivent les meurtres.La caméra explore les lieux du crime d’un mouvement volontairement saccadé.Il n’y a presque pas de montage, mais de longs plans en séquence et un ton dramatique qui donnent aux reportages l’aspect chaotique et urgent du direct.la direction de l’émission donne une définition lapidaire et transparente de son travail: «Ixt nouvelle, c’est du show et le show est l’objectif de ce journal télévisé», lit-on dans leur manuel de rédaction.Les reporters de Aqui Agora sont invités à montrer leurs émotions, ou mieux à les mettre en scène.«Dans la mesure du possible, poursuit le manuel, on écrira la narration au présent: personne ne pleure avec une émotion d'hier; le reporter est un personnage impliqué d;uis l’histoire et jamais un observateur froid et distant des faits.» Une nouvelle expression est en train de passer dans la langue populaire.Pour menacer un patron tyrannique, un voisin casse-pieds, pour dénoncer une situation d’injustice, une carence des services publics, on dit: «Je vais appeler Aqui Agora-.L’équipe de 13 journalistes reçoit tous les jours près de 200 lettres et coups fil, appels à l’aide et délations.Après deux ans d'existence, Aqui Agora, tabloïd télévisé, est regardé certains soirs dans 1,3 million de foyers de la seule région métropolitaine de Sao Paulo, qui compte il est vrai plus de 15 millions d'habitants.Une fois, au printemps dernier, l’affaire a sérieusement dérapé.Appelé auprès d’un jeune dépressif qui menaçait de se jeter en bas d'un immeuble, Aqui Agora a filmé la scène du suicide et l’a diffusée.Même le public brésilien, amateur de sensations fortes, a trouvé que l'équipe de choc de Aqui Agora avait peut-être manqué de mesure.DEMAIN Une capitale clans la savane et un pouvoir dans les limbes FLORIDE «Personne n’est en sécurité» SUITE DE LA PAGE 1 «Ces meurtres gratuits auront forcément un impact sur le tourisme», ajoute Sureau.Il prévoit que certaines destinations, comme le Mexique ou le Venezuela, seront plus en demande cet hiver.«Soleil pour soleil, certains préféreront des destinations plus sûres.Ix-s voyages sont associés au plaisir et a la détente, et ce qui se passe-est forcément très négatif.Surtout que ça semble être devenu une mode que d’assassiner des touristes.» Ix-s gens voyageant en famille et les personnes âgées se rendront moins e;i Floride, estime Sureau, mais l’Etat le plus au sud des Etats-Unis gardera tout de même sa force d’attraction pour l’ensemble de la population, question d’habitudes, et de coût.«Je crois que le cœur du marché va se maintenir.Plusieurs ont des condos ou des appartements là-bas et la Floride est une destination bon marché», dit-il.1rs gens retarderont peut-être leurs réservations, mais ils finiront par partir.«Ix-s Québécois sont moins impressionnables devant de tels événements que les Américains.» Pendant la guerre du Golfe ou lois des attentats terroristes en Europe il y a plusieurs an nées, se souvient Philippe Sureau, les Américains ont cessé de se déplacer tandis que les Canadiens étaient moins sensibles à la conjoncture politique.Cependant, ajoute k- porte-parole d’Air Transat, la situation actuelle est peut-être quelque peu différente: les attentats ne sont pas politiques, mais purement gratuits.Ix- passeport canadien, gage de sécurité partout dans le monde dans l’esprit de plusieurs voyageurs, devient donc parfaitement inutile.«Personne n’est en sécurité.» L’avenir de l’industrie touristique de la Floride dépendra donc de la manière dont les autorités vont gérer la crise.Ui pauvreté, la drogue et l’insécurité risquent de fiiire fuir, outre les Européens, les Américains des autres Etats, qui sont des millions à s’y rendre chaque année.«La Floride doit prendre des mesures énergiques pour montrée à tous qu'elle prend ses responsabilités et redevient l’Etat des vacanciers», dit Philippe Sureau.Ix-s meurtriers du touriste allemand, Uwc-Wilhelm Rake-brand, ont été arrêtés la semaine dernière.Et après l’attentat d’hier contre k- ressortissant britannique, l’Etat de la Floride a offert une récompense de 10 000$ pour tout renseignement ix-nnettant d’identifier les tueurs.* Extérieur (sam Irais) * 1-800-4637559 DU LUNDI AU VENDREDI À DE 7H30 À 16H30 2050, RUE DE BLEURY.9E ÉTAGE.MONTRÉAL.(QUÉBEC) H3A 3M9 SERVICE DES AB0NNEMENIS let numéros do téléphone solvents sont valables pour lo service do livraison par camelot et pour les abonnements postaui Montréal (514) 985 3355 OIR»
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