Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (6)

Références

Le devoir, 1993-10-16, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
?LE DEVOIR ?L E I) E V O 1 R , L K S S A M EDI I (i E T D I M A X (' ME 17 (I (' T O B R E I !l !» 3 DECOUVERTES n MMO ffiu p^tn?PHOTO JACQUES NADEAU Jr t i » i * i t \ ¦ *u La science au Québec UNE GRANDE AVENTURE À POURSUIVRE + Un pied de nez à la Grande Noirceur A l'aube de l'an 2000, il faut consolider les acquis MARTINE TIJRENNE RAYMOND LEMIEUX Le Québec scientifique a toujours été en contact avec les grands courants de ce siècle.L> histoire de la science au Québec est f exempte des âpres luttes qu’ont dû livrer d’autres secteurs de la connaissance humaine: point de retard historique, de repliement autarcique, d’isolationnisme, d’autosuffisance idéologique.Le Québec scientifique n’a jamais, en fait, connu de phénomène qui ressemble, de près ou de loin, à la Grande Noirceur, qui a frappé les «humanités», les lettres ou les arts.«Ceux qui disent le contraire nagent en pleine, mythologie», dit Yves Gingras.Professeur d’histoire à l’UQAM, Yves Gingras est probablement l’un des plus grands spécialistes de l’évolution des sciences au Québec.Après un baccalauréat et une maîtrise en physique, il opte pour les sciences humaines, où il complète un doctorat en histoire des sciences.11 écrit deux livres sur la question: Histoire des sciences au Québec et Us origines de la recherche scientifique au Canada.Il est professeur invité cette année à l’Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des technologies de Toronto.Le Québec scientifique, dit l’historien, a toujours été en contact avec les grands courants de ce siècle.Les jeunes Canadiens français ont étudié en Europe, bien sûr, mais surtout aux Etats-Unis, dont le frère Marie-Victorin percevait déjà, dès les années 20, le rôle de leader mondial de la science.Montréal n’est pas le Tombouctou nord-américain de la recherche, loin de là.«Ainsi, l’abbé belge George Lemaître, découvreur du Big Bang en 1931, se rendait deux ans plus tard au congrès de l’ACFAS, à Montréal, souligne Yves Gingras.Les scientifiques québécois étaient donc bien au fait des recherches les plus pointues et les plus avant-gardistes.» Une date demeure centrale dans le processus de modernisation des sciences au Québec: 1920, qui marque l’ouverture simultanée de la faculté des scienc.es de l’Université de Montréal et de l’École supérieure de chimie, à l’Université Laval.«C’est la mise en place des institutions.» Avant cela, très peu de scientifiques sont formés au Québec, hormis les médecins, qui ont leurs propres écoles depuis le milieu du XIXème siècle.Les chercheurs, les découvreurs, sont essentiellement des membres du clergé, avec en tête le frère Marie-Victorin, botaniste réputé.Les toutes nouvelles facultés des sciences permettent donc de laïciser l’enseignement, diffusé par des étudiants revenus d’Europe ou des Etats-Unis.Ils seront de plus en plus nombreux à se rendre à l’étranger, bénéficiant dès les années 20 d’une bourse d’étude de 1200$, somme très importante pour l’époque, appelée «Bourse d’Europe», mais qui servira surtout pour les États-Unis.C’est là que le frère Marie-Victorin encourage les jeunes à aller, et non plus en France.L’année 1920, tient à préciser le professeur Gingras, est une date charnière pour les Canadiens français.Car l’Université McGill connaissait déjà à cette époque une renommée nord-américaine et attirait chez elle de nombreux professeurs célèbres, dont le Dr William Hosier, considéré à cette époque comme le plus grand chercheur en médecine au monde.VOIR PAGE E 2: GRANDE NOIRCEUR La désaffection à l’égard des études en sciences, telle qu’on l’appréhende chez les jeunes, m’inquiète», affirme Louis Berlinguet, président du Conseil de la science et de la technologie.«On pourrait le payer cher car, à l’an 2000, ça va être les carrières scientifiques qui vont permettre au Québec de conserver ses compétences et de rester à la fine pointe du développement » L’analyse de Louis Berlinguet, chimiste de profession, ex-vice président de l’Université du Québec et ancien conseiller scientifique du Canada à Paris, part d’un constat simple: c’est le potentiel scientifique d’une société qui détermine son développement économique et qui en assure sa viabilité.Un potentiel qu’il faut, au minimum, maintenir.Bien que le gouvernement du Québec alloue chaque année plus d’un demi-milliard de dollars au chapitre de la recherche et du développement, la recherche scientifique coûte de plus en plus cher.Comment alors une société, aux prises avec une récession, peut-elle consolider ses compétences?Comment peut-elle promettre aux futurs diplômés des emplois scientifiques?Un coup de barre à donner Dans son dernier Avis intitulé Urgence technologie: pour un Québec audacieux, compétitif et prospère , le Conseil identifie le développement d’une nouvelle culture scientifique, technologique et industrielle comme une des quatre priorités que Québec devrait adopter.Remis en avril dernier à la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Science, Lucienne Robillard, et au ministre de l’Industrie et de la Technologie, Gérald Tremblay, l’Avis du Conseil insiste également pour que soit accrue la capacité technologique des entreprises, pour que soit développée la «matière grise» et pour que soit redéfini le rôle du gouvernement en science et en technologie.«Sans un vigoureux coup de barre, donné de toute urgence, il est clair que le Québec aura dans l’avenir de plus en plus de difficulté à produire la richesse nécessaire pour maintenir et améliorer son niveau de vie», écrit-on d’entrée de jeu dans l’Avis.«Il faut regarder le Québec dans dix ans, il y a des gros changements structurants qui sont en train de se produire, explique Louis Berlinguet Les patrons d’entreprises devront, entre autres, réaliser que s’ils n’emboîtent pas le pas aux changements technologiques, ils courent à leur perte.» Cela dit, pour Louis Berlinguet, le Québec a encore de nombreux atouts en main.«On a une infrastructure scientifique pas mal forte qu’on utilise à plein, mais il n’y a pas eu de politique gouvernementale qui nous permet aujourd’hui de savoir où on s’en va.» L’Avis n’a pas encore conduit à une politique scientifique, ce qui peut actuellement faire défaut au Québec.Le dernier livre vert sur la question remonte déjà à 1979.C’était avant les premières manipulations génétiques, la découverte du sida, le début des travaux pour séquencer le génome humain, la découverte d’un «Si les patrons d’entreprises n’emboîtent pas le pas aux changements technologiques, ils courent à leur perte.» i Is Ht VOIR PAGE E 8: ACQUIS LE M FAIT TOUTE LA DIFFERENCE COMPTABLE EM MANAGEMENT ACCRÉDITÉ (514) 849-1155 • 1 800 263-5390 715, square Victoria, 3e étage, Montréal (Québec) H2Y 2H7 I E I) K V 0 I a , I, E S S A M EDI I 6 E T I) I M A X ( Il E 17 (It T 0 H R E I !) !) 3 ‘A -*D É C OU V E RTE S • GRANDE NOIRCEUR Les institutions québécoises se comparent très avantageusement à la majorité des universités américaines SUITE DE LA PAGE 1 autre monde, très peu accessible aux Canadiens français.L’Institution se développait indépendamment de la socié-' té montréalaise.Elle aurait pû être située n’importe où ailleurs, sur la planète Mars à la rigueur, ça aurait été du pareil au même.» Les deux solitudes, ajoute-t-il, se reflétaient de façon marquée dans les sciences.Chez les francophones, la création toute récente des écoles scientifiques, lieux de rencontres et d’échanges entre jeunes chercheurs, pave la voie trois ans plus tard à la fondation de l’ACFAS, l’Association canadienne-française pour l’avancement des sciences.«Moment crucial, dit Yves Gingras, car c’est la première institution axée sur la recherche et la diffusion du savoir.Elle permet de promouvoir les carrières scientifiques chez les Canadiens français, plus portés vers la médecine, le droit ou le clergé.» Dès ses débuts, l’ACFAS en met plein la vue: séminaires, conférences, bourses aux étudiants.Elle s’avère incontournable.Et dix ans après sa fondation, l’Association tient son premier congrès.C’est un succès total: on y entend 165 communications, dont celle du célèbre abbé George Lemaître, et des centaines de scientifiques y participent.«Une tradition commence.» Les années 30 et 40 confirment la diversification de la science au Québec.A l’incontournable botanique s’ajoutent la chimie, très en demande avec le développement des grandes industries, puis les mathématiques, et enfin la physique, sqr lequel on fonde de grands espoirs.A partir des années 50, on voit apparaître la bio-médecine, fusion de la médecine et de la biologie.L'entre-deux-guerres confirme l’éclosion de la science et la consolidation de ses bases.L’économie et la science sont désormais liées, et le frère Marie-Victorin clame bien haut que l’autonomie du Québec passe d’abord par la formation de scientifiques.La science a de l’argent.L’ACFAS pousse Duplessis, dès son élection en 1936, à fonder le Conseil provincial de la recherche, qui octroiera les premières récompenses scientifiques de la communauté canadienne-française, le prix David pour les sciences.Le Conseil permet d’aller chercher des subventions, de donner des bourses aux étudiants.«Le premier mandat de Duplessis est généreux pour les chercheurs, dit Yves Gingras.Mais en pra- Yves Gingras /v.l&Hsl mm tique, le développement scientifique se fait indépendamment du premier ministre, qui s’en préoccupe peu.» C’est aussi à cette époque que les scientifiques québécois sont plus nombreux à utiliser les généreuses subventions du Conseil national de la recherche du Canada, ancêtre du CNRG et du CRSNG, le Conseil de recherche en science naturelle et en génie.L'organisme est créé en 1917, au lendemain de la Première Guerre mondiale.«Ce conflit fait comprendre aux Etats occidentaux que les scientifiques sont désormais essentiels pour gagner des guerres», dit Yves Gingras.Mais au début, et jusque dans les années trente, les Québécois sont très peu friands de ces subventions.En 1932, seulement 3% des subsides fédéraux vont dans les poches des chercheurs canadiens-français.Des polémiques éclatent, et quelques articles, dans LE DEVOIR notamment, incitent les scientifiques à aller chercher leur dû.«Cela donne des résultats et en 1945, 12% des bourses vont dans les labos québécois», souligne Yves Gingras.Aujourd'hui, le Québec reçoit 31% des subventions, ce qui est nettement supérieur au pourcentage de sa population.Cette manne venue d’Ottawa explique l'ambivalence historique des chercheurs canadiens-français vis-à-vis du Québec et du Canada, constate Yves Gingras.«L’argent qui leur permet d’avancer provient majoritairement, depuis des décennies, du fédé- ral.Ils sont très sceptiques qu’un gouvernement québécois indépendant leur donnera autant et pour cette raison, ils sont majoritairement fédéralistes.» Les années 50 confirment la croissance exponentielle de la science.C’est la révolution tranquille des sciences au Québec, dix ans avant l’autre, celle qui ébranlera les fondements socio-politiques québécois.«Dans les années 50, explique l’historien, plus encore qu’après la Première Guerre mondiale, la science et la technologie, désormais interreliées, deviennent primordiales dans tous les pays occidentaux.» C’est d’ailleurs à cette époque que les Etats-Unis créent leur Fonds national pour la recherche scientifique.La perception de la science dans la société canadienne-française, sous la gouverne d’un Duplessis fin de carrière, est ambivalente.Il y a dans les journaux, à la radio, beaucoup d’informations scientifiques.«Les gens ne sont pas déconnectés», dit Gingras.Parallèlement à un certain engouement, il y a des résistances et un combat acharné se livre au niveau de l’éducation.«Le premier rôle des collèges classiques, qui éduquaient l'élite québécoise, était de former des curés, dit Yves Gingras.La moitié des élèves se dirigaient vers la prêtrise.Ce n’était donc pas un environnement très favorable aux sciences.» L’ACFAS se bat à cette époque pour imposer plus d’enseignement des sciences dans les collèges.Mais ce n’est pas du côté des collèges classiques, plus portés vers les dissertations gréco-latines, que se formera la relève: elle sera issue des écoles de frères, beaucoup plus récçptifs.«Les institutions des Frères des Ecoles chrétiennes, considérées comme une coche en-dessous des collèges classiques, diffusent cet enseignement.Le Mont-Saint-Louis devient le,lieu de recrutement privilégié de l’École polytechnique.» Le clergé, ajoute Yves Gingras, n’est donc pas monolithique et le débat pro et anti-science restera très polarisé jusqu’à la fin des années 50.Dans les années 1960, la Commission Parent cautionne le dévoilement de la connaissance scientifique et toujours plus d’argent y sera investi.On assiste à l’émergence d’une véritable politique scientifique.«C’est le mot clé des années 60, dit Yves Gingras.L’ACFAS fait de multiples conférences sur ce thème.Pour l’Etat, cet énoncé de politique lui permet de rationaliser sa manière de gérer ses fonds alloués à la science, d'indiquer où sont ses priorités.» Dans les années 70, puis 80, on assiste à la multiplication des fonds de recherche, conseils, centres ultra-spécialisés, etc.Au Québec, on crée un ministère de la Science, qui deviendra par la suite le ministère de la Science et de la Technologie, puis, aujourd’hui, celui de la Technologie et de l’Industrie.«La science, quant à elle, est retournée à l’université.Elle fait désormais partie du ministère de l’Enseignement supérieur.» Cheminement révélateur de l’évolution des rapports entre la science, la technologie et l’économie, constate Gingras.«Quand on s’est intéressé à l’apport de la science au plan économique, on l’a aussitôt associée à la technologie, puis à l’industrie.Là, elle effectue un retour vers la recherche.Il y a eu scission.» Cette coupure est positive, dit Yves Gingras.«Associer la technologie avec l'industrie permet de faire de la recherche fondamentale hors-industrie dans les universités.» On y tient alors, ajoute-t-il, un autre discours que celui du «transfert des connaissances».«Les chercheurs peuvent travailler sans relations avec le concret.» Les modes et les mots clés perdurent et marquent les décennies, ajoute Gingras.Nous sommes à l’ère des «matériaux nouveaux», après avoir nagé en pleine «biotechnologie».Les grappes technologiques, dit-il, sont le reflet de ces engouements momentanés.«Ce n’est pas un phénomène typique au Québec.Les pays occidentaux sont sous l’influence de l’OCDE, qui s’affirme comme le définisseur des grandes tendances planétaires et impose ces mots clés.» Le dernier dada est la «mondialisation», et un chercheur bénéficiera d’autant plus de subventions généreuses s’il évolue dans des «réseaux internationaux», aussi vides soient-ils.La science au Québec, conclut le professeur Yves Gingras, se porte plutôt bien.Et si la tendance est aujourd’hui à la dévalorisation, McGill ou Laval n’étant ni Harvard, ni le MIT, il faut bien admettre que les institutions québécoises se comparent très avantageusement à la très grande majorité des universités américaines.«Pour un petit pays, avec une population si peu dense, on se doit de reconnaître que nous avons d’excellents chercheurs.» Le Québec scientifique n’aura jamais eu, ajoute-t-il, à effectuer d’impressionnants rattrapages historiques.Quinzaine des sciences Les scientifiques, ces acrobates du savoir RAYMOND LEMIEUX L*artiste du cirque aurait-il des t points communs avec le savant dans son laboratoire?«Oui, pense Jan-Rok Achard, directeur de l’École nationale de cirque de Montréal.Les deux font de la recherche avec détermination et persévérance; les deux mettent à l’épreuve leurs talents et leurs connaissances.» Comme quoi, l’École de cirque était l’endroit tout désigné pour procéder au lancement, le 5 octobre dernier, de la Quinzaine des sciences dont le thème est, cette année, le corps humain.«On invite les gens à explorer et à comprendre toutes les sortes d’équilibres et de déséquilibres du corps humain», explique Patrick Beaudin, directeur de la Société pour la promotion de la science et de la techno-logie.Les voltiges des gymnastes, présentées pour l’occasion, étaient d’autant admirées.«Avez-vous remarqué comment ils utilisent leurs articulations as-tralogo-calcéennes postérieures et antérieures», signale-t-il d’un hurnour bien préparé.Événement de vulgarisation scientifique unique au pays, la Quinzaine des sciences, dont la coordination est assurée par la Société, est à sa 13ème édition.En tout, 300 activités proposées par les cégeps, les musées, les universités, les entreprises, les centres de recherches da peu près tout le Québec sont au programme.Les organisateurs y attendent près de 400 000 personnes.L’événement de la Quinzaine vise à faciliter le contact entre la population et les acrobates du savoir et à réfléchir sur le rôle et les impacts de la science sur la société.La Quinzaine est, en outre, tout désignée pour découvrir les ressources scientifiques qui caractérisent les régions.La promotion de la science?André-Roch Lecours, président d’honneur de la Quinzaine des sciences, s’en fait une mission qui n’a rien d'un sacrifice.«Il faut simplement rappeler aux jeunes que l’acquisition du savoir appartient au domaine du plaisir.,La plupart de ceux qui travaillent'en science gagnent leur vie sans s’ennuyer.La stimulation intellectuelle est constante, puis l’imagi-nation et l’initiative sont encouragées», souligne-t-il.Entre autres événements, l’Université de Montréal propose une visite au cœur du cerveau lors d’une journée «portes ouvertes» le 24 octobre prochain On pourra en profiter pour, notamment, dé mystifier les passions et comprendre les différences entre le cerveau féminin et le cervôau masculin.Au cégep Ahuntsic, du 14 au 29 octobre, on pourra assis ter à une démonstration de culture in vitro de peau humaine.Le cégep Vanier suggère, le 20 oc tobre, une conférence sur la valeur thérapeutique du rire.L’Institut de technologie agroalimentaire de Saint-Hyacinthe organise, le 15 octobre, des dégustations pour démontrer comment les biotechnologies permettent de pro duire des colorants et des arômes alimentaires naturels.Un groupe1 d’étudiants de l’école secondaire Vaudreuil réaliseront, le 18 octobre des expériences de simulations spatiales dans une.piscine.Aussi, le Complexe Desjardins présente «Science en tête», une exposition qui initiera les néophytes à la chimie, la biologie, la physique, l’informatique et aux mathématiques.On peut se procurer le pN> gramme de la Quinzaine des sciences en communiquant avec la Société pour la promotion dé la science et de la technologie au (514) 873-1544.¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ r Viens voir les mille et une façons dont les sciences et la technologie changent notre mode de vie.Pars à la découverte d'un vaste monde qui s'ouvre à toi et des défis que relèveront les ingénieurs et scientifiques de demain.Depuis l'exploration en profondeur de nos océans jusqu'aux limites insoupçonnées de l'espace - fais-en ton aventure ! ilui c : Viens célébrer avec nous les exploits canadiens et découvre dès aujourd'hui le monde qui t'attend demain.IA SEMAINE NATIONALE DES SCIENCES ET DE LA TECHNOLOGIE DU 15 AU 24 OCTOBRE 1993 La Semaine nationale des sciences et de la technologie résulte de l'effort concerté du Gouvernement du Canada, des gouvernements provinciaux et territoriaux, conjointement avec le secteur privé, les sociétés scientifiques et de génie, les établissements d'enseignement et les centres scientifiques l+l Industrie et Sciences Canada Industry and Science Canada (-t li*i anada Commandité par: SPAR FAIS-EN TON AVENTURE CLICHE REPETE A ECLAIRAGE DIEEERENI.EN RAISON DU TEXTE MAL IMPRIME I K l> K V Ollt.I.i: SSA M K I) I I li K T l> I M A \ 1 II K 17 0 l T II R R K I II II :i I'' 3 ?D ECOUVERTES-.- = Pourquoi travailler en science au Québec ?lu?Québec demeure un terrain propice pour la recherche scientifique, t est du moins l’avis des quelques chercheurs — et non les moindres que nous avons interviewés.Ils nous ont révélé les motifs qui les ont amenés a faire le pari de la science au Québec.Nous leur avons aussi demandé si le pays de Fernand Seguin, Marie-Victorin, Hans Selye, Armand Frappier et Léon Provancher était encore dans le coup en matière de recherche scientifique par rapport à ce qui se fait ailleurs dans le monde.Voici leurs réponses.PROPOS RECUEILLIS PAR RAYMOND LEMIEUX ET MARTINE TU RENNE RENATO DE MORI Directeur du département d’informatique de l'Université Mc GUI et directeur de Ici recherche au Centre de recherche informatique de Montréal - « r; T ' ., ' Pour que viv ^ la vie - pour l'industrie.Pour que viv ^ la vie - La révolution biotechnologique se prépare Quand les techniques de la biologie classique s'amalgament aux prouesses de l'ingénierie génétique BACCALAURÉATS EN GÉNIE Aux détenteurs et aux futurs détenteurs d'un DEC .professionnel en techniques physiques ou en informatique, l'École de technologie supérieure offre la possibilité d'être admis dans l'un des programmes de baccalauréat en génie suivants : • Baccalauréat en génie de la construction • Baccalauréat en génie électrique • Baccalauréat en génie mécanique • Baccalauréat en génie de la production automatisée Ces programmes sont offerts en sessions continues selon la formule d'enseignement coopératif, qui permet à tous les étudiants d'alterner sessions de cours et stages rémunérés en industrie.Date limite d'admission Session d'hiver 1994: 1"’ novembre 1993 Session d'automne 1994: 1*' mars 1994 bureau du registraire École de technologie supérieure 4750, avenue Henri-Julien Montréal (Québec) H2T 2C8 Téléphone : (514) 289-8888 Université du Québec École de technologie supérieure Montreal a tout pour devenir un grand centre en biotechnologie et d’ici les deux prochaines années, il y aura un boom dans ce secteur technologique.En 1990, la majorité des produits thérapeutiques en études précliniques, cliniques et en instance d’homologation étaient des produits pagnie biotechnologique qui se dessine pour l’avenir, dit-elle, c’est un système d’intégration virtuel: à partir de brevets, la compagnie développe un produit et c’est par des alliances qu’elle va réussir à mener le projet à terme et à diversifier ses produits.» Fondée en 1986, Bio-Chem Pharma a signé plusieurs alliances avec des multinationales pharmaceutiques, que ce soit avec Glaxo pour le développement de leur produit anti-sida Ce 3TC qui est en phase clinique), avec AB Astra pour un analgésique, et bien d’autres.I.a toute dernière, annoncée avant-hier, est l’acquisition de 21% du capital de la compagnie Antisoma de Grande-Bretagne pour le développement d’un anti-cancer utilisant des antigènes monoclonaux.«Les formes d’alliances se transforment à mesure que notre compagnie se développe; il n’est pas dit que l’on ne développera pas entièrement un produit et qu’on n’en fera pas la production nous-mêmes, croit Jean-Yves Du-thel, vice-président aux relations publiques de Biochem Pharma.» Les coûts de la recherche ne sont rien en comparaison des investissements requis pour développer un nouveau médicament.Les compagnies de biotechnologie développent habituel- biotechnologiques.lement des trousses ou des composés diagnostiques, plus facile à produire, pour financer la recherche et le développement d’un médicament.«Des chercheurs viennent nous montrer une molécule qu’ils ont brevetée et qui semble être active, explique le Dr John Gillard, vice-président à la recherche thérapeutique de BioChem Pharma.Le problème, c’est que cette substance active a une demi-vie de trente secondes!».Le travail de développement consiste à rendre une molécule plus active avec un effet prolongé, de vérifier sa toxicité, de lui trouver un support (pilule, crème, sirop, etc.) où elle puisse rester stable.Ensuite viennent les essais sur les animaux et sur les humains et le processus d’homologation.Le développement exige un investissement dix fois plus élevé que la recherche fondamentale et prend une dizaine d’année d’essais et de patience.La compagnie Technologies IBEX est une entreprise montante en biotechnologie, fondée en 1988, par un chercheur montréalais, Robert Heft, qui travaillait au célèbre MIT (Massachusetts Institute of Technology).La compagnie Continental Pharma avait subventionné les recherches au MIT sur l’héparinase, une enzyme produite par ingénierie génétique qui permet la coagulation du sang, et a créé avec le chercheur une filiale québécoise, Technologies IBEX.Pourquoi à Montréal?«Pour plusieurs raisons, explique Robert Heft, président de Technologies IBEX.Nous aurions pu choisir la région de Boston près du MIT, fie secteur chéri de la biotechnologie), mais Montréal offre plusieurs avantages: quatre grandes universités et des chercheurs très compétents, des avantages fiscaux pour les chercheurs étrangers, la présence de l’Institut de recherche en biotechnologie du CNRC, des subventions de recherche et une qualité de vie.» Technologies IBEX a aussi signé plusieurs alliances pour commercialiser ses produits: un produit de diagnostic pour les tests sanguins et une trousse de diagnostique pour la chirurgie cardiaque qui détermine le temps de coagulation du sang lors d’une opération à cœur ouvert.la compagnie a commencé les essais pré-cliniques d’un médicament prometteur qui serait utilisé durant ces interventions chirurgicales pour neutraliser l’héparine, l’agent anticoagulant du sang, lorsque le sang est retourné dans le corps des patients.la Société Innovatech du Grand Montréal a consenti une subvention de 3,5 millions à IBEX, le 1er octobre dernier, pour permettre la commercialisation de ses produits.«Montréal a tout pour devenir un grand centre en biotechnologie, et d’ici les deux prochaines années, on verra un boom dans ce secteur technologique, affirme Mme Lebreton, du CITEC.Dans la région de Montréal, il y a quatre universités et environ 25 compagnies pharmaceutiques dont la majorité sont des grandes multinationales.Comment expliquer que si peu de chercheurs démarrent leur propre entreprise?» Le Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ) intervient depuis maintenant trente ans dans le développement de la recherche québécoise en santé.Inspiré par les besoins de la population et le dynamisme des chercheurs, le FRSQ, organisme subventionnaire relevant du Ministre de la Santé et des Services sociaux, assure le financement de nombreux programmes de bourses et subventions qui englobent près de 1500 scientifiques compétitifs et hautement spécialisés.Pourquoi un tel intérêt pour la recherche en santé?Parce que la recherche a un impact économique évident et que la santé d'une population reste pour toute société une valeur collective inestimable.FONDS DE LA RECHERCHE EN SANTÉ DU QUÉBEC 550, rue Sherbrooke Ouest, bureau 1950 Montréal (Québec) H3A 1B9 Tél.: (514) 873-2114 ïecherches Cliniques de Montréal LA RECHERCHE POUR LA VIE CLAIRE CHABOT T nsuline humaine, hormone de X croissance, traitements anticancé-! reux, vaccins contre l’hépatite B, médicaments pour traiter l’infarctus, \ tests de grossesse, trousses de diagnostic pour le VIH, etc.Les pro-: duits de la biotechnologie médicale » sont aussi variés dans leur composition que par les technologies utili-: sées pour les fabriquer.Tous les ma-; tériaux de la Vie peuvent à la limite leur servir d’ingrédients, et les tech- ¦ niques de la biologie classique (fermentation, extraction) s’amalgament : aux prouesses de l’ingénierie géné-) tique.Dans ce domaine, the sky is the jlimit, comme disent les Anglais.! C’est l’une des principales raisons .qui en fait un des secteurs à haute technologie les plus prometteurs.Avec un peu d’efforts, le Québec ! sera bien placé pour faire partie du ; club.¦ La nouvelle biotechnologie — l’an-< cienne serait celle de la bière, des al- * cools et du yogourt — est surtout un ; phénomène américain.L’an dernier, ! nos voisins ont investi 315 milliards dans ce secteur.Ce nouveau domai-; ne d’application s’est développé dans ! les années 70 avec les progrès de la • Les médicaments de l’an 2000 seront des produits de haute technologie très spécifiques: plus efficaces avec moins d’effets secondaires.biologie moléculaire.On avait désormais la possibilité de résoudre certains problèmes techniques que la synthèse classique de molécules ne pouvait faire, et on avait des moyens (exemple le clonage) qui jusqu’ici étaient du domaine de la science fiction.En 1990, la majorité des produits thérapeutiques en études pré-cliniques, cliniques et en instance d’homologation étaient des produits biotechnologiques.Le temps de passer par toutes les approbations réglementaires, ces médicaments de l’an 2000 seront des produits de haute technologie très spécifiques: plus efficaces avec moins d’effets secondaires.Les trois clefs du succès en biotechnologie: une expertise hautement qualifiée, des liens entre l’université et l’industrie, çt surtout, beaucoup de sous.Aux Etats-Unis, l’histoire est connue, des chercheurs ont lancé leurs propres entreprises, l’ont inscrite en Bourse, trouvant ainsi des capitaux de risque pour financer la recherche et le développement de produits dont on ne sait pas encore s’ils aboutiront.Certains ont fait fortune, et d’autres ont tous mis leurs œufs dans le même panier; l’échec d’un produit au stade II ou III peut en un seul jour dévaluer une compagnie.Depuis, le marché boursier a fermé ses portes à ce secteur.«Au Québec, nous n’avons pas de capitaux de risque, mais nous avons de l’argent institutionnel: la Caisse de dépôt, Innovatech, le Fonds de solidarité des travailleurs, etc., dit Brigitte Lebreton, directrice du secteur biotechnologie du Centre d’initiative technologique de Montréal.Ix* CITEC est né de la volonté des industries, des universités et du gouvernement de prendre le «virage technologique».La filière biotechnologique québécoise est de loin la plus importante au Canada.Dans le secteur de la santé, une quinzaine d’entreprises québécoises sont installées dans la grande région de Montréal et Laval.(Par comparaison, en France, il n’y en a qu’une vingtaine.) Armée de deux Ph D et d’une banque de relations-personnes d’au moins 2000 personnes, Mme Lebreton a participé au développement de la majorité de ces entreprises.«Le nouveau modèle de corn- métabolisme InfâffljH neuroscfOT peptides opioTi L E I) E V OIK, L E S S A M EDI I (i E T I) I M A X C II E O C T O B R E I !) !) 3 E 7 DECOUVERTES GÉNÉTIQUE La prévention par le dépistage Nous sommes tous des mutants porteurs d'anomalies génétiques CLAIRE CHABOT Le téléphone sonne dans une maison de banlieue.La jeune mère qui répond apprend que son bébé de quinze jours qu’elle tient dans ses bras, tout resplendissant de santé, a un taux anor- Dès la naissance, plus d’une centaine de maladies et d’anomalies génétiques peuvent être dépistées; certaines ont des conséquences très graves pour les enfants et d’autres sont bénignes.traitement soit efficace avant l’âge d’un an.A cet âge, il n’est pas nécessaire de faire de test puisque les signes cliniques sont évidents.» La semaine dernière se tenait le congrès annuel de l’American Society of Human Ge- malement élevé d’un acide aminé dans son sang.11 a fallu quelques minutes pour que le rêve d’enfant normal et en santé se brise.Dans la joie de mettre au monde, elle avait même oublié les tests de dépistage «routiniers évidemment» pour lesquels on lui avait demandé son accord à l’hôpital.L’infirmière qui lui parle est l’une des professionnelles du Réseau de médecine génétique du Québec.Elle lui explique que son en fant souffre d’une maladie métabolique, la phé-nylcétonurie, un défaut héréditaire du mécanisme d’oxydation d’un acide aminé essentiel: la phénylalanine.Phényl.quoi?Elle panique.Di voix au bout du fil tente de la rassurer.Un rendez-vous est pris pour l’après-midi même.«C’est toujours un choc pour les parents, raconte Yolande Lefèvre, infirmière en génétique médicale à l’hôpital Sainte-Justine.Les bébés ont l’air parfaitement en santé et ça jjrend plusieurs visites pour que les parents comprennent les conséquences de la maladie et leur rôle à jouer dans la santé de leur enfant.» Le Réseau de médecine génétique du Québec regroupe des professionnels de quatre hôpitaux universitaires : l’hôpital Sainte-Justine, l’Hôpital de Montréal pour Enfants, le CHUL, à Québec, et le CHUS, à Sherbrooke.Le dépistage sanguin est centralisé au CHUL, tandis que le dépistage urinaire se fait à Sherbrooke.Au moment où l’on découvre un test positif, c’est l’hôpital le plus proche qui entre en contact avec les parents afin de poser un diagnostic précis et d’entreprendre, s’il y a lieu, un traitement.Au Québec, près de 2 millions de nouveau-nés ont subi, entre 1972 et 1973, des tests de dépistage sanguin et urinaire.Plus d’une centaine de maladies et d’anomalies génétiques sont ainsi dépistées ; certaines ont des conséquences très graves pour les enfants et d’autres sont bénignes.«Parmi les résultats des tests, on trouve des traits héréditaires qui sont bénins, explique Mme Lefèvre.Certaines anomalies du système urinaire peuvent indiquer qu’un enfant aura seulement tendance à faire des pierres aux reins à l’âge adulte.» L’important sera alors de dédramatiser la situation.Mais les anomalies génétiques dépistées sont souvent plus lourdes de conséquences; si Ton attend de voir les signes cliniques, il est souvent trop tard pour 'agir.Dans le cas de la phénylcétonu-rie, par exemple, 98% des enfants 'non traités auront un retard mental très important.Le dépistage précoce est alors très important; un traitement efficace UNIVERSITE LAVAL La maladie génétique fait peur.On en a répertorié plus de 4000 en tout.Elles n’ont pas toutes la même gravité et le même mode de transmission.Certaines anomalies génétiques s’exprimeront dans un environnement particulier, tandis que d’autres n’auront aucune conséquence.permettra un développement physique et mental normal chez ces enfants.Celui-ci devra suivre une diète restreinte en phénylalanine, ce qui veut dire en clair qu’il ne peut manger de protéines animales.«Le plus difficile, c’est de convaincre les parents de ne pas donner de lait à un bébé qui ne semble pas malade, dit Yolande Lefèvre.Quelques fois, je dois même rencontrer les grand-mères et les gardiennes pour leur expliquer.Une diète végétale pour un petit bébé, c’est impensable! Et pourtant, c’est de la responsabilité de la santé de l’enfant dont il s’agit» L’enfant sera pris en charge par une équipe multidisciplinaire jusqu’à l’âge adulte afin de prévenir tout problème de santé ou d’apprentissage.Des jeunes filles dans la vingtaine préparent aujourd’hui leur future grossesse; certaines anomalies exigent une diète particulière et.la collaboration de leur futur conjoint.Au Québec, les données des patients, dont on a détecté une anomalie génétique, sont entrées dans un fichier central.Les fichiers sont utiles aux études épidémiologiques pour connaître la fréquence d’une maladie par région ou pour l’analyser sous divers aspects.La tyrosinémie, une maladie qui, sans traitement, a un taux de mortalité de 50%, est beaucoup plus fréquente dans la région de Chicoutimi et du Lac-Saint-Jean; la moitié des cas dépistés au Québec viennent de cette région.La centralisation des fichiers informatisés fait craindre la population d’un abus d’utilisation par des personnes peu scrupuleuses.Consciente que nul n’est à l’abri de telles manipulations, la Commission d’accès à l’information a émis, le printemps dernier, des normes minimales de protection des renseignements personnels pour les organismes publics utilisant de tels fichiers.La maladie génétique fait peur.On en a répertorié plus de 4000 en tout.Elles n’ont pas toutes la même gravi- té et le même mode de transmission.Certaines s’exprimeront dans un environnement particulier, tandis que d’autres n’auront aucune conséquence.Il existe aussi des maladies à un gène défectueux, et d’autres à plusieurs gènes.Nous sommes tous des mutants et des porteurs d’anomalies génétiques.Ce brassage génétique est même essentiel à notre espèce.«Le dépistage génétique à la naissance doit être fait à la condition que ce soit rentable», affirme Jean Morrissette, biostatisticien au CHUL et membre du Réseau de médecine génétique.Rentable?Au point de vue traitement, surtout.«Si aucun traitement n’existe, il ne sert à rien de faire du dépistage.Dans le cas de maladie génétique comme la fibrose kystique, il n’est pas prouvé que le netics, à New Orleans.Chaque année, on réussit à localiser des gènes et à identifier la séquence de leur ADN.Des gènes, l’être hu-main en a environ 100 000 situés sur 23 paires de chromosomes.«Il est frappant de voir dans les grands congrès de génétique la recherche fondamentale qui évolue rapidement tandis que, du côté clinique, les traitements sont si lents à venir, rappelle Yolande Lefèvre.La génétique médicale entretient de grands espoirs du côté des thérapies géniques qui consisteraient à remplacer le gène défectueux par un gène normal.Après une première tentative de thérapies géniques sur les «enfants bulles» atteints d’une maladie rare du système immunitaire, des chercheurs s’attaquent à une maladie plus répandue, la fibrose kystique.Aux Etats-Unis et en Europe, des chercheurs ont entrepris cet automne des essais cliniques.La thérapie génique est sans doute très prometteuse, mais il faut se rappeler quelle offre des espoirs aux maladies n’impliquant qu’un seul gène mutant ; les maladies «multifactorielles», plus complexes, risquent d’attendre longtemps un traitement aussi spécifique.Une formule gagnante La formule gagnante de BioChem Pharma inc.est faite de trois grandes composantes.Le haut savoir V"'l Faculté des sciences et de génie UNE TRADITION D’EXCELLENCE EN ENSEIGNEMENT ET RECHERCHE Actuariat, Biochimie, Microbiologie, Biologie, Chimie, Génie chimique, Génie civil, Génie électrique, Génie génétique, Génie géologique, Génie informatique, Génie mécanique, Génie des mines et de la minéralurgie, Génie des matériaux et de la métallurgie, Géologie, Informatique, Informatique de génie, Informatique de gestion, Informatique mathématique, Mathématiques, Physique, Statistique.POUR INFORMATION: (418) 656-2131 poste 6201 Directeur d'ensemble Université Laval Faculté des sciences et de génie Sainte-Foy, Qc Pavillon Alexandre-Vachon G1K 7P4 C Nous croyons à la recherche fondamentale.Nous y investissons nos énergies.L’élément-clé de notre succès est notre équipe de chercheurs chevronnés qui travaillent en collaboration avec d’éminents scientifiques dans des centres de recherche à travers le monde.Nos chercheurs sont fiers d’oeuvrer dans une entreprise pharmaceutique de propriété canadienne et partagent un même objectif : prévenir, dépister et guérir.Ils se consacrent au mieux-être des Québécois et des Canadiens et de tous ceux qui, à travers le monde, utilisent nos produits.L’intégration des activités dans la prévention, le diagnostique et le thérapeutique BioChem Pharma inc.est engagée dans un éventail complet d’activités : la recherche et le développement de produits thérapeutiques, ainsi que dans la recherche, le développement, la fabrication et la commercialisation de produits diagnostiques et de vaccins pour une vaste gamme d’infections et d’autres maladies.Les alliances stratégiques BioChem Pharma inc.développe certains de ses nouveaux produits et ses nouveaux marchés grâce à des accords avec d’importantes entreprises internationales spécialisées en santé et produits pharmaceutiques.I BioChem Pharma inc.2550, boulevard Daniel-Johnson, bureau 600, Laval (Québec) Canada H7T 2L1 Téléphone : (514) 681-1744 Télécopieur : (514) 681-4207 HJ r it i\ Hi.f E 8 i 1 -i- L E I) E V OIK, LES S A M E 1) I I (i ET I) I M A N C HE 17 O C T O B RE I !) !) 3 •DÉCOUVERTES- ACQUIS «Les politiciens manquent peut-être aussi de culture scientifique.» SUITE DE LA PAGE 1 Près de nous, les Etats-Unis, qui dépensent 76 milliards de dollars par année en recherche et développement, travaillent pour la première fois à en élaborer une.Une commande du président Bill Clinton.ft* • Un Canada déclassé en science?Le Conseil des sciences et de la technologie n’est pas le premier à exprimer un telle inquiétude à l’égard de l’attitude incertaine du gouvernement en matière de politique scientifique et technologique.Les politicologues Robert Dalpé et Réjean I an dry, dans leur récent ouvrage sur la politique technologique du Qué- bec, manifestent aussi des appréhensions à ce sujet.«U* besoin se fait de plus en plus urgent de développer de meilleurs critères de prise de décision pour rendre les interventions publiques en politique scientifique et technologique plus efficaces.» Rappelons d’ailleurs que le World Economie Forum, un organisme qui évalue les indices de compétivité des pays de l’OCDE, a placé le Canada au 17ème rang du classement au chapitre de la science et de la technologie.Derrière l’Irlande.Le Québec a besoin d’une révolution culturelle scientifique, affirme Louis Berlinguet.Rien de moins.«Il y a un choix de société à faire et, de cela, on n’en parle pas beaucoup.Ou on devient une société «nouvel âge» qui joue de la guitare; ou on travaille pour conserver notre niveau de vie.» «Il ne s’agit pas de faire de tous les étudiants des scientifiques.Seulement, de plus en plus de gens sont appelés à prendre des décisions qui ont des bases scientifiques.En ce sens, l'influence des pseudos sciences pourrait être une menace pour la démocratie.Car décider, ça veut dire être capable d'examiner une question en allant chercher les éléments qui vont nous permettre d’avoir un jugement éclairé.C’est ça une démarche scientifique.» «Par exemple, une municipalité peut, un jour, avoir à choisir entre deux technologies pour éliminer ses déchets.Un conseiller municipal ou un citoyen qui n’a pas de bases scientifiques ou une culture scientifique pourraient avoir de la difficulté à trancher.Et les Verts ou d’autres groupes d’intérêt pourront en profiter pour faire de la démagogie.» Louis Berlinguet a sans doute en souvenir le jour où l’actrice Brigitte Bardot s’est présentée à l’ambassade du Canada à Paris, lorsqu’il y travaillait, pour dénoncer la chasse aux phoques.«Pour l’heure, il n’est pas beaucoup question de développement scientifique et technologique pendant cette campagne électorale, ce sont pourtant des outils pour améliorer l’économie, déplore-t-il encore.Visiblement, les politiciens manquent peut-être aussi de culture scientifique.» Ijouîs Berlinguet ssSfSs SIDA Un virus difficile à contrer CLAUDE LAFLEUR T e virus du sida est l’un de ceux " J-/qui offrent à peu près tous les désavantages que l’on rencontre lorsqu’on songe à faire un vaccin», lance le Dr Robert Dugré, virologue et vice-président responsable de la recherche-développement chez IAF BioVac inc.Ce spécialiste, qui fait carrière depuis 20 ans dans la mise au point de nouveaux vaccins, explique que le HIV pose de.nombreuses complications.«L’une d’elles, dit-il, c’est son hétérogénéité, c’est-à-dire les changements qu’il y a dans les différentes variantes du virus sida.C’est un peu comme le virus de la grippe».Les chercheurs ont d’ailleurs beaucoup comparé le sida à l’influenza.Le Dr Dugré rappelle que, chaque année, le virus de la grippe se modifie quelque peu et que, pour cette raison, il faut régulièrement mettre sur le marché de nouveaux vaccins.«Mais les variations du HIV semblent être beaucoup plus grandes que celles de l’influenza.Ce dernier change annuellement, mais on peut facilement identifier les quelques antigènes qui diffèrent Par contre, au niveau du HIV, il y a énormément de changements et ce, continuellement.Voilà qui complexifie davantage le développement d'un vaccin», souligne le virologue.Il énonce néanmoins que: «Eventuellement, nous pourrions développer un vaccin qui serait efficace contre certaines souches du sida, mais non contre d’autres».Par exemple, nous pourrions obtenir un vaccin permettant de se prémunir contre une souche répandue en Californie mais qui n’aurait par ailleurs aucun effet vis-à-vis de celles sévissant au Québec ou en Afrique.Une autre des grandes difficultés que rencontrent les chercheurs, lorsqu’il s’agit de combattre le HIV, réside dans son mode de propagation à l’intérieur du corps.«On sait que ce virus se propage beaucoup de cellule en cellule, sans passer par l’extérieur.Il migre alors d’une cellule a l’autre sans être exposé aux anticorps, car ceux-ci ne sont actifs qu’à l’extérieur des cellules, explique Robert Dugré.Il faut donc faire en sorte de développer un bon système d’immunité dans les cellules.ce qui n’est pas une mince affaire».Conséquemment, ce spécialiste estime qu’il faudra encore plusieurs années de recherche fondamentale pour percer les secrets du virus sidéen.Il conclut que, au sein même de son entreprise, «on ne croit pas tellement au développement d’un vaccin permettant l’immunisation contre le sida».Plusieurs années de recherche fondamentale seront nécessaires pour percer les secrets du virus du sida.Les vaccins, de la prévention au traitement du cancer CLAUDE LAFLE U R Au moment où vous lisez ces lignes, vous êtes à n’en pas douter la proie d’une multitude de bactéries et de virus.Chacun d’entre nous sommes en effet constamment assaillis par ces micro-organismes dont la taille n’est que de l’ordre du 1 millionième de mètre.Pourtant, dès lors que l’un d’entre eux nous a envahi, il a la capacité de se multiplier extrêmement rapidement; certains virus peuvent se reproduire par un facteur de 200 fois en 25 minutes seulement! En conséquence, ils peuvent causer de très sérieuses infections, allant même jusqu’à entraîner la mort.Heureusement, notre système immunitaire veille à notre défense en produisant des anticorps, c’est-à-dire des protéines conçues spécifiquement pour combattre les micro-organismes envahisseurs.Toutefois, lorsque notre système immunitaire ne parvient pas à usiner les anticorps appropriés en quantité suffisante et en un court laps de temps, nous «tombons malade», victime par exemple d’une bonne grippe.Certains micro-organismes sont extrêmement virulents: le virus de l'hépatite B peut quant à lui foudroyer un adulte en quelques heures seulement.Il est par conséquent préférable de préparer notre organisme contre d’éventuelles attaques.Voilà précisément le rôle des vaccins — une approche médicale découverte il y a un siècle et qui fait présentement des progrès considérables grâce au génie génétique.Trois stratégies de vaccins «Un vaccin, c’est un outil de prévention contre des maladies d’origine infectieuse», affirme le Dr Robert Dugré, vice-président de IAF VioVac.Cette entreprise lavalloise est le seul manufacturier canadien de vaccins; elle fabrique notamment 90% des vaccins contre l’influenza fia grippe) administrés au Canada.«La vaccination a pour but de prévenir les infections en injectant à un individu un produit qui se rapproche beaucoup des micro-organismes infectieux et ce, dans le but de stimuler son mécanisme de protection», ajoute le spécialiste.Le Dr Dugré a été la première personne au Canada à être diplômée en virologie et, durant les années 80, il a fait de la recherche sur les vaccins à l’Institut Armand-Frappier (IAF).En 1990, il a participé à la création de IAF BioVac inc., une division de BioChem Pharma.Le principe de la vaccination est simple; on injecte dans l’organisme humain des échantillons de la bactérie ou du virus à combattre afin d’apprendre au système immunitaire à les reconnaître puis à manufacturer les anticorps nécessaires pour les éliminer.On fait de la sorte appel à l’une des grandes qualités du système immunitaire: son excellente mémoire.En effet, lorsque celui-ci a appris à annihiler une bactérie ou un virus, il s’en souvient durant toute notre vie.Dès lors que l’infection réapparaît, le système immunitaire réagit promptement et efficacement.C’est ainsi que lorsque nous avons combattu le virus de la grippe, jamais plus celui-ci nous infectera à nouveau.Cependant nous attrapons de temps à autre la grippe, car le virus responsable change régulièrement d’apparence et, conséquemment, notre système immunitaire doit réapprendre à le reconnaître.Trois grandes catégories de vaccins Le premier type consiste en l’injection de micro-organismes qui ont préalablement été tués.Il s’agit de vaccins inertes qui permettent au système immunitaire de reconnaître simplement ces micro-organismes.«On prend l’agent infectieux responsable de la maladie et on l’inactive par un procédé quelconque (chaleur ou produit chimique tel que le formol), explique le Dr Dugré.On détruit par le fait même sa capacité à induire la maladie, mais on conserve son pouvoir antigénique afin que l’organisme détecte sa présence et développe les anticorps appropriés».La deuxième méthode de vaccination consiste à injecter des micro-organismes vivants mais non virulents.«Au lieu de tuer l’agent infectieux, on enlève ses propriétés toxiques, rapporte le virologue.Administré ensuite à un individu, la bactérie ou le virus se multiplie mais ne produit pas la maladie.Ce vaccin mime l’infection et stimule le système immunitaire du receveur».Le Dr Dugré relate toutefois que l’absorption d’un vaccin — qu’il s’agisse d’un produit activé ou inactif — peut rendre certaines personnes légèrement malades.«C’est une réaction normale, dit-il, car il s’agit d’une indication que le système immunitaire répond bien à l'agression.Souvent le patient fera un peu de fièvre, mais les réactions varient d’une personne à l’autre.Il s’agit toutefois d’une agression bénéfique, puisqu’elle est due à un vaccin et non à un agent dangereux», ajoute-t-il.«Pour une autre catégorie de vaccins, nous ne faisons pas appel aux micro-organismes comme tels, mais plutôt à la substance chimique qu’ils sécrètent.En effet, pour certaines maladies, ce n’est pas la bactérie ou le virus qui cause les dommages mais plutôt la toxine qui en est sécrétée.C’est le cas notamment de la diphtérie et du tétanos, précise Robert Dugré.Ce type de vaccins est donc fabriqué à partir de la substance chimique sécrétée par le micro-organisme, à laquelle on enlève ensuite toute virulence.Cette substance garde néanmoins ses caractéristiques antigéniques».C’est d’ailleurs en vertu de ce principe que VioVac produit les vaccins contre le tétanos et la diphtérie.Robert Dugré annonce que nous entrons à l’heure actuelle dans 1ère des vaccins de nouvelle génération.«Au lieu de prendre la bactérie ou le virus pour en faire un vaccin, nous utilisons uniquement l’antigène — c’est-à-dire la portion du micro-organisme qui éveille le système immunitaire.Ixrs de la vaccination, nous ne donnons donc plus l’agent infectieux, mais une portion de celui-ci».Il n’existe présentement sur le marché qu’un seul vaccin de ce type: il s’agit du produit contre l’hépatite B avec lequel on a réalisé de vastes campagnes de vaccination auprès des étudiants québécois.«Il s’agit du premier succès du génie génétique», constate le Dr Dugré.D’autres vaccins «génétiques» sont également en préparation, mais il faudra vraisemblablement plusieurs années de travaux cliniques avant de pouvoir les utiliser.Par ailleurs, une application révolutionnaire des vaccins a été découverte ces dernières années: certains vaccins peuvent servir non plus à la prévention mais au traitement d’une maladie déjà en cours.Pour cette raison, ces vaccins sont dits «thérapeutiques».Toujours en suivant le principe à la base de la vaccination, on stimule le système immunitaire d'un patient pour l’aider à combattre la maladie.L’exemple type est le vaccin BCG fabriqué par VioVac et qui sert normalement à prévenir la tuberculose.Mais voilà qu’on utilise également ce vaccin pour traiter le cancer de la vessie.Il s’agit même d’une innovation très récente, rapporte le Dr Dugré, puisque ce n’est que l’année dernière que l’Association américaine des urologues a reconnu le vaccin BCG comme le médicament le plus efficace contre le cancer de la vessie.Et le vice-président de VioVac d’ajouter fièrement: «Notre produit a été le premier vaccin au monde a être reconnu efficace pour le traitement d’une maladie».Voilà une belle réalisation à inscrire au palmarès du génie québécois!».Le principe de la vaccination est simple: on injecte dans l’organisme humain des échantillons de la bactérie ou du virus à combattre afin d’apprendre au système immunitaire à les reconnaître puis à manufacturer les anticorps nécessaires pour les éliminer.Rendre CLAUDE LAFLEUR Couché dans un lit d’hôpital, vous êtes aux soins intensifs, branché à un moniteur qui suit avec vigilance les battements de votre coeur.Le cardiologue vous dit que tout va bien.Il précise que vous avez été victime d’une défaillance cardiaque il y a quelques jours, mais que maintenant votre état est stable.Vous pourriez même commencer a marcher, ce qui serait très souhaitable puisque cela éviterait que votre condition physique ne se détériore davantage.Malheureusement, vous devez rester rivé sur votre lit, car vous êtes branché en permanence au moniteur.Aux yeux de Pierre Montesano, président de Bioma Recherche inc., cet état de fait est insensé.«Non seulement un patient doit-il bouger pour retrouver sa condition physique, mais il occupe en plus un lit de soins intensifs uniquement parce qu’il est lié à un moniteur cardiaque.En pratique, ce patient pourrait être placé Le génie biomédical la liberté aux victimes de maladies cardiaques n’importe où dans l’hôpital — dans une chambre ordinaire ou dans une autre unité de soins —, du moment que l’on puisse suivre l’état de son cœur».C’est pourquoi, en 1990, cet entrepreneur en haute technologie a eu l’idée de concevoir un système qui permettrait de surveiller constamment, mais a distance, les battements cardiaques du patient tout en lui offrant la possibilité de se déplacer.Ix* principe de base est simple: le malade porterait à sa taille un petit walky-talky qui transmettrait par ondes radios à la console de monitoring les signaux télémétriques (voir dessin).Toutefois, si cette idée est simple, sa mise en œuvre a été une toute autre affaire, car personne ne fabriquait un dispositif semblable au Canada.Une équipe de spécialistes «Tout était a faire», explique M.Montesano.Ainsi, il a dû recruter une équipe de spécialistes et réunir les expertises nécessaires en allant frapper aux portes de diverses institutions scientifiques québécoises.Comme premier geste, M.Montesano a décidé d’orienter son entreprise uniquement vers la conception et la fabrication de systèmes télémétriques pour des besoins biomédicaux.«Des firmes comme la nôtre, il n’en existe qu’une douzaine.sur toute la planète!» précise-t-il avec fierté.Bioma Recherche, une PME située sur la rue Sherbrooke, fait donc partie des nouvelles entreprises montréalaises qui ont décidé, en quelque sorte, de mettre la science et la technologie au service de tout le monde.Pierre Montesano s’est ensuite rendu a l’École polytechnique, où il y a recruté Ghislain Nadeau, un jeune ingénieur de talent qui terminait alors sa maîtrise en génie biomédical.Cet ingénieur a pris en charge la réalisation technologique du projet.II lui fallait d’abord concevoir un émetteur miniature suffisamment petit et léger pour être portable par le patient sans l’incommoder.11 lu* fallait également assurer la transmission des signaux un peu partout dans l'hôpital.Au fil des études préliminaires, l’idée de base a pris la forme suivante: le système comprendrait un groupe de micro-ordinateurs reliés à un récepteur radio, des émetteurs portatifs munis d’électrodes et un réseau d’antennes (voir photo).L’ensemble serait coordonné par des logiciels de communication alors que d’autres programmes assureraient le traitement et l’analyse des signaux cardiaques.I>e projet nécessitait de ce fait l’apport de spécialistes aux compétences variées.C’est ainsi que l’équipe de Bioma Recherche a fait appel aux ingénieurs du Centre de recherche industrielle du Québec (CRIQ) pour mettre au point les systèmes de communication et les antennes.D’autres ingénieurs, de l’Institut de génie biomédical de Montréal, travaillèrent à la conception des logiciels spécialisés.En outre, Bioma Recherche recruta un certain nombre de firmes spécialisées dans la fabrication du matériel de haute technologie et des circuits électroniques.Bioma 7000 Ix système, baptisé Bioma 7(XX), a été développé sous les auspices de l’hôpital Sacré-Coeur.Celui-ci a agi à titre de conseiller pratique et comme «client».1-a tâche de l'ingénieur en chef (M.Nadeau) consista à coordonner ces différentes équipes et à combiner le matériel afin que tout fonctionne à l’unisson.Il aura fallu une bonne année et demie de labeur pour mettre au point les diverses composantes.Par la suite, on procéda à la mise à l’essai du système — dans un premier temps en laboratoire, puis en milieu hospitalier.C’est finalement après trois années de recherche et de développement que l'entreprise procédé cet automne au lancement de son Bioma 7(XX).Ix travail n’est pas terminé pour autant; dans un sens, il ne fait même que de s'amorcer.Il faut en effet as- surer le succès commercial du projet en implantant le système dans les hôpitaux québécois et étrangers.C’est ce à quoi se consacre désormais M.Montesano, en collaboration avec une équipe de conseillers d'affaires.Dès le départ, celui-ci avait d’ailleurs en tête le marché international, particulièrement les Etats-Unis et l’Europe.«Selon notre plan d’affaires, nous pouvons espérer en vendre plusieurs centaines d’unités», dit-il.De son côté, Ghislain Nadeau s’attelle déjà à la tâche d’améliorer le produit et de développer de nouveaux systèmes.Il souligne que «la technologie évolue si rapidement que nos produits seraient périmés en quelques années si nous n'y prenions garde».Si un jour vous avez réellement le malheur de vous retrouver hospitalisé a la suite d’un problème car- z néan-nomie, pensez alors que votre liberté vous est peut-être due à une jeune équipe d’entrepreneurs québécois.^
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.