Le devoir, 21 octobre 1993, Cahier A
Le Devoir appuie le Bloc québécois L'éditorial de Lise Bissonnette en page A 8 —* FONDÉ EN 1910 ?— LE DEVOIR Vol.I.X X XIV - N o 2 13 P Ii K S P E C T I V E S La recette Balladur V A l’ère du politicien jetable, le premier ministre français apparaît comme une espèce rare C h r i s I i a n R i o n x Correspondant du DEVOIR à Paris Quel dirigeant politique occidental [X'ut se vanter de recueillir après six mois de pouvoir l’opinion favorable de l’immense majorité de sa population?Ni Bill Clinton et encore moins Kim Campbell.A 1ère du politicien jetable, du pessimisme économique,et de la morosité politique, le premier ministre français Edouard Balladur, avec ses airs de notaire de province, apparaît corpme une espèce rare.On ne compte plus les chefs d’Etat qui traînent dans les sondages, ou qui s’apprêtent à essuyer une rebuffade électorale.Edouard Balladur, lui, résiste pendant ce temps à toutes les tempêtes.Ni la grève générale des deux plus gros syndicats du pays, la semaine dernière, ni les difficiles négociations du GATT où la France est plus que jamais isolée, ni le gouffre du chômage qui est le lot quotidien de 12% des Français, ne semblent devoir venir à bout de son calme proverbial et de.ses bonnes manières.Ix Nouvel Observateur parlait récemment de ce «grand savon sur lequel on glisse dès que l’on tente de s’accrocher».Selon la firme de sondage Louis-Harris, l’homme recueille l’opinion favorable de 85% des Français, un record dans un pays connu pour son cynisme à l'égard des leaders politiques.Seul un Français sur 10 a une opinion négative de l’hôte de Matignon.Cet homme de droite, catholique, aux allures de grands bourgeois pousse l’arro-gance jusqu’à obtenir la sympathie de 81% des socialistes.«Seuls les sympathisants communistes lui sont défavorables», disait Jérôme Jaffré, de la maison de sondages Sofres.Un peu comme si Kim Campbell était soudain plébiscitée par la majorité des partisans de Jean Chrétien et de Lucien Bouchard.Il y a deux semaines, Charles Pasqua, ministre de l’Intérieur, commettait un lapsus révélateur en appelant Edouard Balladur «Monsieur le président».Pasqua a bien tenté d’excuser sa bévue.Rien n’y lit Edouard Balladur est aujourd’hui le candidat favori de 55% des Français aux élections présidentielles de 1995, devant le RPR Jacques Chirac et le socialiste Jacques Delors.Comment ce politicien «vieille France» — baptisé «Ballamou» et représenté dans une chaise à porteurs par les caricaturistes lors de son passage au ministère des Finances en 1986 — parvient-il à incarner le renouveau?La demi-douzaine de sondages publiés depuis deux semaines disent tous que ce qui plaît d’abord en lui, c’est sa compétence, ensuite sa modération, son intégrité et son réalisme.Les spécialistes de la communication le décrivent comme un homme politique atypique, un RPR proche de l’UDF, mais qui s’accommode à merveille d’un président socialiste.Une sorte de Ross Perot du centre dans lequel les Français, fatigués de la querelle droite-gauche (et droite-droite), se reconnaîtraient.Bref, il rassurerait le pays, comme Pompidou (dont il Ull pays connu fut le conseiller) après mai 68.Ses ennemis, eux, l’accusent d’immobilisme.Sa recette?Pas de déclaration à l’emporte-pièce.Pas de chiffres ro-cambolesques sur la réduction du déficit et du chômage auxquels personne ne croit.Balladur est d’abord cet homme pragmatique qui veut se couler dans l’histoire plutôt que la faire.A défaut de mesures radicales, il a lancé plusieurs grands débats: l’emploi, l’immigration, l’aménagement du territoire.Si bien qu’une majorité de la population approuve les mesures économiques du gouvernement tout en étant consciente que le chômage augmentera tout de même.L'homme travaille à long terme.Il a mis en chantier pas moins de trois lois quinquennales (emploi, finances publiques, justice), sans oublier un vaste programme de privatisations dont ,1a première, celle de la BNP, a rapporté 6 milliards$ à l’Etat.«Je gouverne pour les cinq ou 10 ans qui viennent», déclarait-il à l’émission de télévision Sept sur sept dimanche dernier.Son mandat ne devrait pourtant pas durer plus de 18 mois.En le décorant de l’ordre national du Mérite, comme le veut la coutume pour tous les premiers ministres, le président Mitterrand s’est contenté de lui lancer froidement.«Quand à vos mérites, l’Histoire les dira.» Balladur a souri.Car sa plus grande victoire, c'est encore d’avoir fait triompher la «cohabitation», une façon de contrebalancer un régime présidentiel quasi monarchique dans certains des aspects.D’abord honnie à droite, puis méprisée à gauche, cette idée qu’il défend depuis des années est aujourd’hui approuvée par 68% des Français qui croient qu’Edouard Balladur doit continuer de gouverner avec François Mitterrand jusqu’en mai 1995.Au moment où bon nombre de chefs d’Etat aimeraient connaître la recette Balladur, tout se passe donc comme si les Français avaient jugé que la meilleure façon d'être gouvernés au centre était d'avoir un président de gauche et un premier ministre de droite.Un peu comme ces peuples qui voient d'une couleur à ( )ltawa et d’une autre à Québec.pour son cynisme à l’égard des politiciens Balladur recueille l’opinion favorable de 85% des Français, un record dans 1 N I) K X U's Actualités .A2 Agenda culturel.B8 Annotées et usées.IM Avis publics.Bti Culture.Bit) Economic.ICI Editorial.AS Idées.A9 le Monde.A6 Montréal.A3 Mots croisés.Bti Politique.Aft Société.IM les Sports.B7 Météo Pluie Max: 12 Détails en B6 MONTRÉ AL, LE JEUDI 21 OCTOBRE I 99 R (i 5 e + TPS + T V () 1er u u I n 8 5 I 21 0 C T I) IS H E I !l !l :s mm W'W* ¦*SSk ^hifc «ff; ' Le système de défense aérienne «dort» près d’une rivière \ A Ottawa, on n'exclut pas la vente des appareils qui ont coûté 1,1 milliard en 1986 LOUIS-GILLES F K A N C O E U K LE DEVOIR e système de défense aérienne à basse altitude, acheté par les Forces armées cana-iennes en 1986 de la société Oerlikon au coût de 1,1 milliards pour défendre nos troupes stationnées alors en Europe en face du Pacte de Varsovie, limite actuellement ses ébats à Chatham, près de la rivière Miramichi, au Nouveau-Brunswick, où il sert uniquement à l’entraînement des militaires en attendant une mission ailleurs dans le monde.Ce système de défense antiaérien, baptisé le -'.LIAI) (Low Level Air Defence) comprend plusieurs batteries de canons Skyguard et 36 lan-.ice-missiles ADATS (Air Defence Anti Tank ,System), interreliés par un système de commu-i'.nications, des ordinateurs et des systèmes de détection.Le Canada a acheté ce système, trop dimité par sa courte portée pour servir à la dé-! .fpnse de nos frontières, pour défendre ses bri-; gades stationnées en Allemagne autour d’aéro-, ; ports comme celui de Lahr, avant que ne sur-l vienne l’éclatement du bloc soviétique à la suite de la perestroika, de 1987 à 1989, l'année qui a précipité la fin du régime communiste de l’Est.A la Défense nationale, on n’exclut pas, théoriquement, de vendre les dispendieux appareils, pour l’instant inutiles, même si aucune hypothèse concrète n’est présentement à l’étude.Le gouvernement canadien, qui a suivi de ippès l’éclatement du bloc communiste, n’a pas 'résilié ou cherché à résilier ce contrat de 1,1 milliards en 1988 ou 1989, soit au cours des trois premières années de ce contrat, dont les livraisons étaient échelonnées sur sept ans.Incidemment, l’école militaire de Chatham a reçu jusqu’à tout récemment les derniers lance-missiles après avoir accusé réception depuis 1991 des centaines de missiles qui les équipent.C’est en 1991 que le Canada a officiellement .-.pris la décision de retirer ses troupes d’Europe devant l’inutilité de prolonger plus avant leur , présence.Et le coût de cette présence.Cette décision est passée pratiquement in- Les lance-missiles ADATS sur un char d’assaut lors d’un essai de tir aux États-Unis.aperçue même si l’implantation de l’usine d’Oerlikon, à Saint-Jean-sur-Richelieu, avait provoqué un scandale politique majeur à la fin de 1986 en raison des bénéfices empochés par un organisateur conservateur dans l’achat des terrains.L’affaire devait coûter le poste du ministre des Petites et Moyennes Entreprises et député local, M.André Bissonnette.Ne rien remettre en question Invité à préciser pourquoi le ministère de la Défense nationale n’a pas rompu ce contrat majeur en plein contexte de compressions budgétaires, le directeur du génie terrestre et de l’entretien (division électronique et armement), le colonel Gilles Nappert, a déclaré au DEVOIR que les responsables du projet ne pouvaient rien remettre en question «tant que le gouvernement n’annonçait pas cette décision: on ne pouvait agir ou annuler les contrats».C’est donc vers l’automne 1991 que fut examinée l’hypothèse d’une rupture du contrat.Mais cela n’en valait finalement pas la peine, soutient la Défense nationale.«Que l’on réduise le contrat ou non, on payait la même chose», déclare le colonel Nappert, parce qu’il fallait ajouter des pénalités au prix des équipements déjà livrés.En somme, résume le porte-parole militaire, «on payait tout et on ne recevait rien».Le contrat a donc été maintenu et les 36 systèmes ADATS ont été livrés, pour l’essentiel, après la décision du Canada de retirer d’Europe les troupes sensées les utiliser.Le colonel Nappert convient cependant que le retrait des troupes d’Allemagne n’a pas été improvisée un beau matin et quelle a été le résultat de longues et complexes évaluations.C’est en 1988 et en 1989 que le Bloc de l’Est s’est progressivement effondré.C'est ce qui explique que la direction du projet LIAI) a commencé, avant l’annonce du retrait des troupes canadiennes, de limiter les dépenses dont le montant n’était pas fixé dans le contrat, comme le matériel de support logistique.La Défense a ainsi épargné, selon le colonel Nappert, environ 10% du contrat global, soit plus de 100 millions$.Missiles et lance-missiles comptaient pour leur part entre 28 et 35% du contrat.Le porte-parole de la Défense ne précise pas, cependant, pourquoi l’abandon du contrat n’a pas été envisagé dès 1988 ou 1989, pour minimiser les pertes.Ce contrat devait ouvrir à la multinationale suisse et à sa filiale canadienne, ainsi qu'à son associé torontois, Litton Entreprises, un marché important qui ne s’est jamais matérialisé.Le Canada demeure le seul pays équipé avec des ADATS.Les Asiatiques, qui ont jonglé avec-la possibilité d’en acheter, n’ont pas été plus loin.Les Etats-Unis, qui avaient retenu cet équipement pour leur propre défense, ont mis la hache dans le projet dans le cadre des récentes compressions budgétaires.Au Moyen-Orient, personne, y compris Israël pourtant menacé par les Scuds irakiens durant la guerre du Golfe, n’a opté jusqu’ici pour les ADATS, dont les missiles peuvent atteindre Mach 3 en trois secondes.«Si les Irakiens en avaient eu, les Américains auraient eu plus de misère» durant la guerre du Golfe, affirme le porte-parole de la Défense qui ne veut pas épiloguer davantage sur la capacité antimissile du système: secret militaire.Quant aux 36 unités ADATS achetées par le Canada, elles n’auront d’utilité que si le pays s’engage dans un conflit international, où une défense antiaérienne est requise.Une telle éventualité est d’autant plus plausible, explique le colonel Nappert, que les pays du tiers monde achètent de plus en plus des avions soviétiques, voire les armements de pointe des pays de l’OTAN."j -1 n îr: .r -1 I if i i c£ LES OBLIGATIONS D’EPARGNE DU CANADA Tout le monde a un rêve à réaliser.Quels que soient vos buts dans la vie, vous pouvez les atteindre grâce aux Obligations d'épargne du Canada.Depuis 47 ans, elles sont l’investissement favori de millions de Canadiens.Mais vous devez faire vite, car les nouvelles obligations sont en vente à leur valeur nominale seulement jusqu’au lundi 1er novembre.SURES Les Obligations d’épargne du Canada sont entièrement garanties par le gouvernement du Canada.Elles constituent un placement sûr qui ne perd jamais de 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personne a été fixée à 100 000$.TAUX DES ÉMISSIONS EN COURS Les six dernières émissions d’Obligations d’épargne du Canada, datées de 1987 à 1992 (S42 à S47 inclusivement), rapporteront également un taux d’intérêt de 414% pour l’année commençant le 1er novembre 1993.HÂTEZ-VOUS ! 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sociale sont utilisés profusément .pour financer ce qui fut la guerre civile en Somalie et ce qui est aujourd’hui la lutte menée par le chef de guerre Mohammed Farah Aïdid contre les forces de paix des Nations unies.Des membres de la famille d’Aïdid vivent au Canada de l’aide sociale et sont actuellement l’objet d’une enquête pour avoir touché des prestations en ne respectant apparemment pas les nonnes fédérales.« Il y aurait de 60 ()()() à 70 000 Somaliens au Canada, dont environ 35 000 dans la région métropolitaine de Toronto.Selon des sources soma-liennes, de 80 à 90*% de cette population vit de prestations sociales.ÉLECTIONS ET POSTES Ottawa (PC) — In Société canadienne des postes a annoncé, hier, que les comptoirs postaux de la Société fermeront à 16 heures le lundi 25 octobre, afin de laisser aux employés le temps nécessaire pour participer aux élections fédérales.Les comptoirs postaux du secteur privé seront ouverts en fonction des heures d’affaires de l’entreprise hôte.Di livraison par les facteurs, le service suburbain et la livraison rurale ne seront pas touchés.PRETS AUX IMMIGRANTS Toronto (FC) — Le gouvernement fédéral a approprié une somme de 20 millions!?destinée à être transformée en prêts aux immigrants reçus, afin de leur permettre d’acheter des billets d’avion pour faire venir leur famille au Canada.Milt Best, porte-parole du ministère de l’Immigration, a confirmé la nouvelle, mardi, précisant qu’Ottawa a approuvé un projet prévoyant que ce fonds spécial pourrait atteindre KM) millions$, si la demande le requiert.Deux demandes par semaine pour de tels prêts sont faites à Toronto par des gens ne pouvant se permettre de payer les billets d’avion de leurs parents, a souligné M.Best, ajoutant qu’il ne possédait pas de données sur le nombre total de prêts de ce type ayant été accordés ni le montant des sommes déjà engagées.Le prêt moyen varie de 8000 à 10 0008 et le gouvernement y applique un intérêt de 7%.Ottawa n’impose aucune limite au remboursement de ces prêts qui sont généralement accordés aux gens ayant des revenus réduits, a ajouté M.Best.Ce fonds existe depuis des décennies mais, à une certaine époque, les prêts n’étaient offerts qu’aux immigrants en provenance de Grande-Bretagne.LABERGE COMPARAIT Juliette (FC) — Le procès de l’ancien président de la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ), Louis Laberge, accusé d’avoir conduit un véhicule alors que ses facultés étaient affaiblies, a été reporté au 23 mars.M.Oiberge a comparu brièvement hier au Palais de justice de Joliette.Il avait été interpellé par la police le 6 mai dentier après que sa voiture eut fait une embardée dans le fossé, sur l’autoroute 40, a la hauteur de Repentigny, à l’est de Montréal.M.Laberge, qui est aujourd’hui président du conseil d’administration du Fonds de solidarité de la FTQ, avait enregistré un plaidoyer de non-culpabilité lors de sa comparution, en juin.CHLORE ET GRANDS IACS Toronto (PC) — Environnement Canada s’oppose à une proixisition prévoyant l’interdiction du chlore, une mesure jugée très importante pour entreprendre le nettoyage des Grands Dies.Cette interdiction est favorisée parla Commission canado-américaine des eaux limitrophes, l’agence intemationa le chargée de surveiller la qualité de l’eau des ( inuids I nés et des voies d’eau communes aux deux pays.Plus de 1500 personnes représentant les gouvernements, l’industrie et les group's environnementaux doivent se réunir le week-end prochain à Windsor pour débattre de celle proposition.( )r, selon un document d’Environncmcnt Canada obtenu mardi par Greeniteace, «le gouvernement fédéral n’appuie pas celle proposition».Eleanor Kulin, directrice du service des Grands I acs à Environnement Canada, a refusé de commenter les détails de ce rapport.canada Achetez-les jusqu’au 1er novembre. I.K 11 K V U I II .I.K •! K I' I» I 2 1 (i i T I) li It K I il !l :t a ; MONTREAL iSi'joutùxis.GAMBARD Venu* et service technit|ue 630-A, rue ( ’.it heart.Montréal, centre-ville 866-3876 -AGENT OFFICIEL ROLEX- Les Lavallois reçoivent un chèque accompagné d’un bon mot du maire LAURENT SOUMIS LE DEVOIR Moins d’une vingtaine de jours avant l’élection municipale du 7 novembre prochain, les contribuables de Laval âgés de 65 ;uis et plus reçoivent ces jours-ci un remboursement partiel très personnalisé de leur taxe d’eau.Une lettre signée de la main du maire Gilles Vaillancourt accompagne le chèque de 178$ versé à ceux qui ont résidé durant 12 mois sur le territoire lavallois.Reproduite sur du papier portant l’en-tête de la division des taxes du Service des finances de Laval, la lettre souligne explicitement les mérites de la formation politique du maire, quelques jours avant la tenue du scrutin.«Vous vous souvenez que notre administration a décidé d’alléger le fardeau fiscal des Lavalloises et lavallois âgés de 65 ans et plus en leur remboursant la taxe d’eau, écrit M.Vaillancourt.Notre administration, inspirée par notre programme électoral du PRO des Lavallois, a axé ses politiques sur le respect de la personne.» «Nous voulons marquer notre appréciation de la contribution de nos aînés à la communauté lavalloise par un geste concret et c’est pourquoi, pour la quatrième année consécutive, j’ai le plaisir de vous faire parvenir un chèque.» C’est une lectrice «indignée», Mme Louise Bergeron, de Montréal, qui a envoyé hier au DEVOIR une copie de la lettre.Cette dame a la charge du courrier d’une tante de 85 ans résidant à Laval.Selon elle, «cela dénote un mépris de l’intelligence de personnes âgées».Ije procédé n’est pas sans rappeler les épisodes peu glorieux entourant la livraison des chèques de pension de vieillesse lors du référendum de 1980, a-t-elle fait valoir.La lettre du maire est en outre datée du 15 octobre 1993, soit en pleine période comptabilisation des dépenses électorales.L’agent officiel de la formation d’opposition Option-ln-val, Me Philippe Garceau, indiquait d’ailleurs hier que son organisation examine depuis quelques jours la missive en regard des dispositions de la L>i sur les dépenses électorales.Pour Me Garceau, la lettre poursuit la même intention que celle qui a présidé, il y a quelques semaines, à l’envoi dans tous les foyers lavallois d’un répertoire des services municipaux contenant les noms et numéros de téléphone de chacun des conseillers sortants, et d’une brochure publiée en quadrichromie vantant les «trois ou quatre» nou- veaux circuits de la Société de transport de Laval.«Le maire utilise les fonds publics à des fins partisanes», a commenté Me Garceau.Un porte-parole du maire, M.Michel Fréchette, soulignait pour sa part le fait que cette lettre n’a rien d’excép-4 tionnel.Chaque année, depuis quatre ans, à la même période de l’année, la municipalité envoie une lettre-type rappelant la reconduction de la promesse électorale.On y fait chaque fois mention du PRO au pouvoir.«C’est tout à fait normal que les contribuables comprennent pourquoi ils reçoivent un chèque et dans quel contexte ils le reçoivent», a expliqué M.Fréchette.C’est toutefois la première fois qu’elle est imprimée sur de la papeterie du Service des finances de la municipalité, et non sur celle du cabinet du maire.jm Le marchand de potirons PHOTO JACQUES NADEAU A DEFAUT DE POUVOIR changer ses citrouilles en carrosses comme dans les contes de fées, Michel Cusson, du Marché Saint-Jacques de la rue Saint-Hubert, a décidé de les vendre d'ici la fête de l’Halloween.S’il réussit cet exploit, c’est 5000 cucurbutacées orange qui orneront les fenêtres de la ville le soir du 31 octobre ou se transformeront en soupe au potiron dans les chaumières.Qui a fourni une copie des réservations de Vaillancourt?Air Canada enquête sur une éventuelle fuite LAURENT SOUMIS LE DEVOIR I Air Canada mène une enquête en vue de déterminer l’origine de la fuite concernant les billets d’avion pour la Floride achetés récemment par le maire de Laval, M.Gilles Vaillancourt.LE DEVOIR a appris que la haute direction du transporteur aérien avait saisi la Direction de la sécurité dans l’entreprise d’une plainte logée la semaine dernière par le premier magistrat lavallois.Le 13 octobre dernier, le chef d’Option-Laval, M.Jean Rizzuto, avait dévoilé en conférence de presse une copie des réservations aériennes du maire parti en Floride au cours du dernier week-end de septembre.L’opposition voulait ainsi montrer que le maire n’était pas cloué au lit par une vilaine grippe, comme il l’avait affirmé, mais était plutôt parti se réfugier à l’étranger pour ne pas avoir à répondre à de nouvelles allégations de favoritisme publiées par la presse.U' maire s’est défendu d’être allé se reposer sur le conseil de son mé- decin.mais il n’en est visiblement pas resté là.11 a voulu savoir qui, de l’agence ou de la compagnie aérienne, avait coulé l’information à l’opposition.Pour M.Vaillancourt, cette fuite soulève l’épineuse question de la protection de la vie privée et de la confidentialité des transactions avec les transporteurs aériens et leurs agences.Aucun porte-parole officiel d’Air Canada n’a voulu hier commenter l’existence ou l’évolution de l’enquête (Mi cours.Moody’s s’inquiète de la santé financière des municipalités Washington (PC) — In firme américaine de cotation Moody’s s’inquiète au sujet de la santé financière (les municipalités québécoises à la suite du jugement de la Cour supérieure du Québec sur la surtaxe municipale.Dans cette décision, rendue le 29 septembre dentier, le juge Pierre Tessier a estimé que la surtaxe sur les immeubles non résidentiels était inconstitutionnelle.«Des questions se jtosent quant aux conséquences de ce jugement sur les opérations financières, et ultimement, sur la cote de crédit des quatre municipalités du Québec qui sont présentement cotées par Moody’s, soit les villes • de Montréal, Laval, Saint-Laurent et la Communauté urbaine de Montréal», écrivent les analystes de Moody’s, William Streeter et I )ebra Roane, dans un rapport rendu public hier.«Bien que le remboursement complet de la surtaxe aux contribuables semble improbable.les perceptions à venir peuvent être vulnérables, compte tenu de l’incertitude entourant le statut juridique de la surtaxe», ajoutent-ils.L>s analystes font observer que si les réserves en liquidités des gouvernements municipaux sont généralement adéquates, elles sont aussi étroites.Pour cette raison, Moody’s surveillera de près toute possibilité de baisse de revenu, indiquent les analytes.Ils spécifient que pour l’instant, Moody’s ne révise pas les cotes de crédit des quatre municipalités.Lt surtaxe sur les immeubles non résidentiels a été instituée dans le cadre de la réforme de la fiscalité municipale afin de remplacer l’ancienne taxe d’affaires.En 1992, 188 villes l’ont mise en œuvre, et ont recueilli 362 millions^.Di Ville de Montréal a appliqué cette surtaxe pour la première fois en 1993, espérant en tirer 316 millions$.U's municipalités imposent la surtaxe aux propriétaires d’immeubles, qui la perçoivent par la suite de leurs locataires.Laval Le nouveau président d’élection bien en selle LAURENT SOUMIS cipé qu’à une seule réunion du per- LE DEVOIR Le nouveau président des élections municipales de Laval, M.Robert Labelle, affirme avoir les choses bien en main .Tout baigne dans l’huile, assurait-il hier, à-18 jours du scrutin dans cette municipalité.Appellé à remplacer à pied levé son patron Ronald Bourcier destitué le 7 octobre dernier par la Commission municipale du Québec, le greffier adjoint de la municipalité se prépare à présider dès demain la Commission de la révision de la liste électorale qui accouchera d’une version définitive pour le vote du 7 novembre.Son équipe s'affaire aussi à préparer les sessions de formation des scrutateurs et secrétaires qui, dans plus de 900 bureaux de scrutin répartis dans 122 lieux différents, recueilleront le vote exprimé des 220 000 électeurs potentiels envers l'un ou l’autre des 78 candidats.En tout, près de 2500 personnes membres du personnel électoral travailleront sous les ordres de M.Labelle.Hier matin, à la suite de rumeurs concernant le maintien en poste de l’ex-président, M.Labelle a rencontré les représentants de l’opposition pour faire le point sur la situation.Peu après, il a expliqué au DEVOIR que M.Bourcier n’avait parti- sonnel sur le bureau de dépôt des plaintes concernant la liste électorale, un dossier planifié jusque-là par son prédécesseur.Il s’agissait d’assurer la transition, a-t-il dit.«C’est le seul moment où il a été impliqué.» Honoraires M.Labelle a appris en entrevue que son prédécesseur, qui demeure son supérieur au greffe de Laval, soutient, dans une requête d'évocation en Cour supérieure, être «la personne la plus apte à remplir la fonction de président d'élection et à assurer que le scrutin soit tenu dans les meilleures conditions possibles».Le nouveau président d’élection préfère ne pas commenter cette affirmation contenue dans un affidavit à l’appui de la requête signée par M.Ronald Bourcier.Aux dernières nouvelles, la requête pour casser la décision de la Cour municipale pourrait être en-.tendue la semaine prochaine par un juge montréalais en raison du désistement de magistrats lavallois.L'Hôtel de Ville de Lival a précisé hier que les nouvelles démarches juridiques de M.Bourcier étaient entreprises à ses frais.La Ville n’a assumé les honoraires des procureurs Hébert Denault que pour la défense du greffier devant la Commission municipale.Sécurité publique Prescott reprend à son compte le rapport Malouf i LE DEVOIR Le conseiller municipal du district de Jeanne-Mance, Michel Prescott, demande à la CUM et à son service de police d'exiger une participation financière des organisateurs d’événements spéciaux lorsque ceux-ci nécessitent des coûts supplémentaires pour assurer la sécurité publique.Le conseiller indépendant reprend ainsi à son compte l’une des recommandations du rapport Malouf sur les désordres survenus à la suite dé la dernière conquête de la coupe Stanley, qui avaient causé pour quelques millionsS de dommages, tant aux commerçants qu'au SPCUM.Michel Prescott estime «qu’en période de'crise financière publique, il serait ijor-hial que ceux qui profitent des retombées de tels événements assument les frais de police additionnels qu’ils génèrent».Ainsi à lui seul le spectacle de Madonna au Stade samedi soir monopolisera environ 200 policiers, payés à des taux horaires d’environ 40$, et les organisateurs n'auront pas à débourser un sou.L’idée, ajoute le conseiller Prescott, n’est pas nouvelle: plusieurs villes d’Europe et des Etats-Unis, et plus près de nous la ville de Toronto, invitent les promoteurs d’événements commerciaux à partager les coûts supplémentaires des services policiers.V I s N C 0 U R S Directeurs et Directrices du Scrutin Nous sommes à la recherche de personnes désirant relever le défi de seconder le Directeur général des élections en devenant responsable de la tenue des événements électoraux dans les circonscriptions électoroles suivantes: BOURGET, JACQUES-CARTIER, JOHNSON, LA PINIÈRE, L'ASSOMPTION, LAVI0LETTE, MARQUETTE, MÉGANTIC-C0MPT0N, OUTREMONT, PAPINEAU, RIVIÈRE-DU-LOUP, SAINTE-MARIE — SAINT-JACQUES, SHEFF0RD ATTRIBUTION Assumer dans sa circonscription électorale la responsabilité de la tenue des événements électoraux et de la délimitation des sections de vote et des secteurs électoraux.CONDITIONS D'ADMISSION AUX CONCOURS Posséder la qualité d’électeur et être domicilié dans la circonscription électorale pour laquelle le candidat ou la candidate pose sa candidature ou dans une circonscription électorale contiguë.COMPÉTENCES RECHERCHÉES • Posséder une expérience dans diverses activités professionnelles ou personnelles reliée aux domaines de la gestion administrative, de la formation de personnel et des communications avec le public.• Démontrer des habiletés professionnelles pertinentes à l’exercice de cette fonction.• Posséder une connaissance suffisante de la Loi électorale.• Avoir une très bonne connaissance de la circonscription électorale.• Avoir la connaissance de la langue française et de la langue anglaise lorsque le nombre d’électeurs et d’électrices anglophones le justifie.L’expérience acquise dans le domaine électoral ou dans des organisations de type communautaire ou social sera considérée comme un atout.DURÉE DU MANDAT La duree du mandat est de dix ans Notons que la Loi électorale oblige l’employeur à accorder un congé sans solde et à ne pas exercer de sanctions'à l'égard d’un employé ou d'une employée exerçant les fonctions de directeur ou de directrice du scrutin et ce, pour le temps nécessaire à la gestion des événements électoraux.RÉMUNÉRATION Le taux horaire pour cet emploi est d’environ 30 S.Le nombre d’heures requis annuellement peut varier entre 30 et 600 heures selon le nombre et la durée des activités.INSCRIPTION Pour obtenir un formulaire d'inscription ou toirte autre information relative à ces concours, ventiliez composer, entre 8 h 30 et Mi h 30, du lundi au vendredi, l’un ou l’autre des numéros de téléphone suivants: pour la région de Québec S28-0422 à l'extérieur de Québec (sans frais): 1 800 461-0422 Les formulaires d'inscription doivent parvenir aux bureaux du Directeur des élections avant 16 h30 le 5 novembre 1993.lXj % I I niRI (.Il II R c ,1 NI RAI Al S I I IT LIONS nu QUI 111 (./\tnt f ( Dit ( R "fa /*2'A~ & l/A^ Autorisé par lAgence libéral© fédéral© du Canada agent enregistré du Parti libéral du Canada I.K I) K V (I I l( .I.K .1 K I' DI 2 I U ( T 0 11 H K I !) !) :î A ?LE DEVOIR » POLITIQUE Les candidates veulent pouvoir parler de PME et de dettes, pas seulement de garderies Réunies sous l’égide d’Aline Chrétien, les libérales font la démonstration de l’étendue de leurs intérêts MARTINE TURENNE LE DEVOIR Les femmes candidates aux élections fédérales sont d’abord et avant tout des partisanes, conservatrices, néo-démocrates, libérales ou bloquistes, débattant des grandes questions de l’heure.Fuis elles sont des femmes, des mères, voire des épouses, s’intéressant aux garderies et au cancer du sein.Mais ne leur demandez surtout pas de ne parler que de «ça»! Réunies hier sous l’égide de Mme Aline Chrétien, femme de Jean, venue les encourager avant le Jour J, les candidates libérales de la région de Montréal ont fait la démonstration de l’étendue de leurs intérêts, allant de l'environnement à la culture, en passant par les finances publiques.et les garderies.«De nos jours, les candidates ne portent plus sur leurs épaules la promotion de toutes les questions féminines de la société», constate Diane Rioux, vice-présidente du Conseil consultatif canadien sur le statut de la femme.«Pas plus que leurs confrères ne sont les porte-parole de la mas-culanité.» Et pour défendre des causes dites «féminines», comme les garderies ou l’éducation, ajoute Mme Rioux, mieux vaut voter pour un candidat néo-démocrate que pour une candidate du Piufi conservateur.les candidates libérales y sont toutes allées, hier, de leur petit discours.Si les phrases du genre «Les femmes sont formidables» étaient de mise, force est d’avouer que ces dames ont toutes discouru, avec plus ou moins de bonheur, sur les grandes questions de l’heure: la formation, l’emploi, l’immigration, les PME.L’angle «femmes» était à l'ordre du jour, bien sûr, mais vite occulté par des considérations purement partisanes.Certes, les candidates ont des enfants, ragent contre les pénuries de gardiennes et s’inquiètent de leur pension alimentaire non payée.Plusieurs sont même des «monos», mais elles émergent de profession typiquement «politique» (droit, affaires), et le seul thème, hier, typiquement «femmes», les garderies, a été présenté par une candidate, Magda Tadros, qui a avoué avoir bouché un trou à la dernière minute.Ses préoccupations majeures, le «pourquoi je vais en politique», sont la culture et les droits d’auteurs.«Je suis libérale d’abord, femme ensuite, dit-elle.Bien sûr, je me préoccupe des garderies, je suis moi-même une mère monoparentale.Mais je milite dans le FIX’ |x>ur faire avancer la cause de la culture.» Sa collègue, Angéline Fournier, candidate d;uis Saint-Hubert, avocate de carrière et analyste politique, abonde d;uis le même sens.«J’ai quatre enfants, mais j’ai aussi une vie professionnelle.Je serais très déçue si on me confinait aux questions dites féminines.Je peux parler de PME, de dettes, d’emplois.» Les «ghettos roses», dit Andrée Noël, présidente du FRAPE (Femmes regroupées pour l’accessibilité au pouvoirpolitique et économique), sont choses passées: «Il faut avoir les pieds partout, être mêlées à tous les dossiers.Nous sommes des citoyennes à part entière.» Mais les femmes ne sont pas encore des politiciens comme les autres, constatent-elles.Elles apportent d;uis le merveilleux monde de la politique une vision «différente».«Disons quelles vont en politique pour d’autres raisons que les hommes, dit Diane Rioux.Elles croient à une cause, et veulent en faire la promotion.Et souvent, le parti politique deviendra un handicap, car il confine à la partisanerie.» Pas le sens de l'équipe Les femmes, députées ou ministres, ont moins que leurs confrères le sens de l’équipe, de la «g;uig».«Elles sont donc défavorisées», ajoute Mme Rioux.Elles sont aussi plus susceptibles face aux critiques, dit Andrée Noël.«I^es femmes ont besoin d’être aimées.Elles ont horreur des critiques et se culpabilisent facilement.» La candidate libérale de Mercier, Magda Tadros, fait la même constatation.«Nous sommes plus sensibles devant les propos des autres.Moi, je me suis aguerrie.» Plus «sensibles» et jugées différemment, note Diane Rioux.«Kim Campbell s’est montrée dynamique et fonceuse au dernier débat des chefs.Mais on l’a fait passer pour agressive.Question de culture.» Malgré les incitations nombreuses, les femmes ne se sont pas précipitées pour devenir aspirantesfiéputées.Idles forment 22% des candidats chez les libéraux et les conservateurs, 38% chez les néo-démocrates, et seulement 13% et 11% chez le Bloc et les réformistes.«Elles sont peu sensibles au Bloc québécois, dit Diane Rioux, car elles ne croient plus aux utopies.Elles veulent du très concret.» Leur présence minoritaire est due essentiellement à des questions d’argent, note Magda Tadros.«Ça coûte cher de st' présenter aux élections.» Elles n’ont pas non plus de réseaux aussi élaborés que les hommes, la «culture du pouvoir» et elles manquent sou vent, ajoute Angéline Fournier, de volonté: «plusieurs femmes ne voient pas comment concilier leur vie de famille avec l'exigeante carrière politique.» Cela dit, maintenant quelles investissent les bureaux d’avocats, les CA et les Chambres de commerce, elles seront, estime Diane Rioux, toujours plus nombreuses a prendre le chemin d’Ottawa ou de Québec.Avec leur culture, leur «manière d’être».Et elles ne sont pas si différentes, après tout.Les femmes, tout comme leurs confrères, font aussi des gaffes.Comme la candidate libérale (huis Saint-Diurent-Cartiervil-le, Shirley Malieu, qui a ainsi commenté, hier, la place mirifique des femmes dans sa formation politique: «Contrairement au Parti conservateur, a-t-elle dit, visiblement soulagée, le Parti libéral du Canada n’a jamais utilisé une femme comme figure de proue!» Pauvres conservatrices! Bouchard tire à boulets rouges sur les «vieux partis» PAUL CA UC II O N LE DEVOIR mm tus 'K PHOTO PRESSE CANADIENNE Kim Campbell hier à Guelph, en Ontario: un message haut et peut-être trop fort?Les libéraux ont fait une meilleure campagne, admet Campbell Gatineau — Le cafouillage des conservateurs autour du contrat des hélicoptères est un «scandale éhonté», selon Lucien Bouchard.Et Jean Chrétien, lui, se prépare, une fois premier ministre, à «envahir les champs de compétence» du Québec et nous «plonger dans des chicanes stériles».En visite hier dans l’Outaouais, une des rares régions du Québec qui ne lui est pas vraiment acquise, le chef du Bloc québécois a fait flèche de tout bois contre les dirigeants des deux «vieux partis».Mais son indignation a été particulièrement forte contre le Parti conservateur, alors qu’on apprenait la veille que le gouvernement sortant aurait pu annuler «temporairement» le controversé contrat des hélicoptères.«Ce gouvernement, par pure vengeance, de propos délibéré, par pure mesquinerie, a décidé de renouveler ses engagements et de donner un autre délai pour que le contractant puisse exiger une pénalité de plusieurs centaines de millions de dollars», s'indigne M.Bouchard.«Ijes conservateurs savent qu’ils ne formeront pas le gouvernement, continue-t-il, ils savent que l’opposition allait s'opposer au contrat, mais ils ont condamné les payeurs de taxes à verser quand même des centaines de millions, par dépit, parce qu’ils ont la rage de perdre.Ils ont décidé de se venger sur le dos des contribuables».Pour le chef du Bloc québécois, ce cafouillage ressemblait au dernier clou planté dans le cercueil des conservateurs.Mais M.Bouchard est également reparti en bataille contre le chef libéral.Plutôt que de parler du «Parti libéral», il a d’ailleurs parlé plusieurs fois, dans son discours prononcé hier midi à Gatineau devant des militants, d’un «gouvernement libéral».«M.Chrétien n’a pas changé d’un iota, a-t-il lancé.C’est le même Jean Chrétien, fidèle à la vision qu’il a de la place du Québec, très (jetite.Il se prépare à envahir des champs de coni|xv tence, à nous plonger dans des chicanes stériles, le meilleur exemple étant celui de la main-d’œuvre.Avec M.Chrétien, tout recommencera comme avant, les vieilles chicanes, les discussions infinies, les cafouillages dans les programmes.» «Si le Bloc n’avait pas été inventé, s’est-il exclamé, Jean Chrétien l’aurait invçnté par réaction indirecte».A quelques kilomètres de la capitale canadienne, 1 ucien Bouchard semblait vouloir se placer comme une sorte de conscience morale xrien passer aux vieux partis.M.Bouchard a développé devant les militants bloquistes de l'Outaouais l’idée que le Québec n’a plus le choix de la souveraineté, alors que «les fédéralistes déçus savent qu’il n'y a plus aucun espoir depuis Charlottetown de renouveler le fédéralisme.Le choix qui se présente maintenant, c’est d’accepter l'immobilisme du statu quo à peipétuité, ou de faire un pas en avant pour la souveraineté, avec le Bloc à Ottawa».Mais dans l’Outaouais, la bataille ne sera pas facile.Dans le comté de Gafi-neau-Ixi Lièvre, le candidat du Bloc, Jules Fournier, doit lutter contre le libéral Mark Assad, un vieux pilier qui a déjà été élu quatre fois député provincial auparavant, et contre le candidat conservateur Jérôme Falardeau.D“ Bloc espère en fait passer entre les deux candidats.La situation pourrait être encore plus difficile dans le comté voisin de Hull-Aylmer, qui avait appuyé le Oui de Charlottetown à 61% (le comté de Gatineau avait voté Oui à 57%)).Le candidat du Bloc dans Hull, Gilles Rocheleau, a reçu l’appui clair de son chef hier, qui a déclaré publiquement devoir beaucoup au travail de M.Rocheleau.Le président du Mouvement national des Québécois, Sylvain Simard, qui présentait les orateurs, a d'ailleurs souligné la présence de M.Rocheleau en parlant du «libéral bloquiste le plus populaire».Victoire pas assurée Mais l’élection de cet ancien libéral passé au Bloc pendant son mandat n’est aucunement assurée.le Bloc semble compter sur le fait que les libéraux diviseront le vote entre le candidat-vedette de Jean Chrétien Marcel Massé, cet haut fonctionnaire promis à des hautes fonctions dans un cabinet Chrétien, et Tony Canavino, un candidat libéral qui se présente comme indépendant après que Jean Chrétien ait imposé le choix de M.Massé aux partisans locaux.Toujours spectaculaire, Gilles Rocheleau s’est vanté hier devant les journalistes qu’en juillet 1990, le premier ministre Robert Bourassa «m’avait consulté et m’avait conseillé de joindre le Bloc pour défendre les intérêts supérieurs du Québec».Gilles Rocheleau soutient que Robert Bourassa avait fait la même chose avec Jean Lapierre, et il ajoute que la présence des députés bloquistes à Ottawa permettait alors «à des ministres libéraux québécois d'obtenir des réponses à leurs questions».En après-midi, Lucien Bouchard, toujours accompagné de sa femme et de sa belle-mère, poursuivait sa tournée dans l’Outaouais, visitant une ferme laitière près de Gatineau, serrant des mains à la sortie d’une usine de Masson, avant de revenir vers Montréal pour rencontrer en soirée des militants de Vaudreuil.Kitchener, Ont.(PC) — La première ministre Kim Campbell accorde la médaille d’or à son adversaire libéral Jean Chrétien pour avoir mené une meilleure campagne électorale que la sienne.Mais Mme Campbell nuance son compliment en invitant les Canadiens à vêler en jugeant d’abord et avant tout qui sera le plus habile à relever les défis qui attendent le Canada.«Je suis prête à lui donner la médaille d’or pour sa campagne mais je ne suis pas prête à lui donner le contrôle sur l’avenir du Canada», a-t-elle lancé devant quelque -100 partisans réunis au Confederation Club, hier à Kitchener.«M.Chrétien a mené une campagne formidable, mais je ne suis pas mieux informée aujourd’hui que je l’étais avant sur ce qu’il fera face aux enjeux fondamentaux du Canada», a-t-elle ajouté en rappelant que le leader libéral reste toujours vague sur ce qu’il compte faire s’il accède au pouvoir.Kim Campbell a soutenu qu’avec les libéraux, les affrontements entre le fédéral et les provinces reprendront.Jean Chrétien a déjà maille à partir avec le Québec, a-t-elle indiqué.A titre d’exemple, Kim Campbell a signalé que Jean Chrtien refusait d'endosser l’entente de principe sur la formation de la main-d'œuvre quelle a conclue en août dernier avec le premier ministre Robert Bourassa.«M.Chrétien, a-t-elle dit, est un fédéraliste centralisateur et agressif.» Mardi à Edmonton, le chef libéral n’a effectiment pas voulu s’engager à respecter l’accord de principe sur la main-d’œuvre tant souhaité par Québec.Kim Campbell a par ailleurs répété hier que le chef libéral ne se souciait pas de la «bombe à retardement» que constitue le déficit budgétaire du fédéral.«Ça ne l'intéresse pas», a-t-elle déclaré en soutenant que le déficit mine le budget du gouvernement et menace l’ensemble des programmes sociaux canadiens.Mme Campbell a aussi qualifié de «ridicule» le programme de création d’emplois des libéraux qui prétendent pouvoir relancer l’économie avec leur programme de restauration et de construction des infrastructures.Ce programme endettera encore plus le fédéral, les provinces et les municipalités qui doivent ensemble le financer.Pas bon d’être conservateur ces jours-ci Washington (d’après PC) — Il n'y a pas qu’au Canada que certains conservateurs concèdent déjà la victoire aux libéraux.I lier, un homme d’affaires canadien, conservateur de longue date, a expliqué aux membres du Canadian-Ameri-ean Business Council ce qui avail cloché dans la campagne de la leader conservatrice Kim Campbell.M.Steven Dover est présentement un consultant au sein de la firme Capital Mill Group, mais il était jusqu'à tout récemment chef de cabinet du ministre du Revenu national Otto Jelinek.M.Dover a admis qu'il n’était |xis bon d'être conservateur ces jours-ci.Il a affirmé que la leader Kim Campbell n’avait pas réussi à refaire l'unité du parti après son élection, et à panser les plaies des partisans de son adversaire Jean Charest.«Il y a encore une crevasse souterraine», a-t-il déclaré.M.Dover a aussi critiqué Mme Campbell parce qu’en voulant se démarquer de son prédécesseur Brian Mulroney et du style traditionnel de politique, elle n’avait pas mis l’accent sur les grands rassemblements populaires.11 a ajouté que Mme Campbell n’avait pas forgé de profondes racines dans le Parti conservateur paive qu’elle ne l’avait joint que tout récemment.M.Dover a déclaré que le Parti conservateur avait commis une erreur en se préparant à la campagne électorale en ne iiensant qu'à un seul adversaire, le Parti libéral.ROBIC DEPUIS 1892 AGENTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS OE PROPRIETE INTELLECTUELLE I.tGF.R ROBIC RICHARD AVOCATS 55 ST-JACQUES MONTRÉAL QUÉBEC H2Y 3X2 Fax (5141 845 :874 Tél: (514)98 R»0*B*K Les journaux affichent leurs couleurs: c’est massivement Chrétien ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Les premiers quotidiens du Québec et du Canada à afficher leurs couleurs dans la campagne fédérale ont porté majoritairement leur choix sur les libéraux de Jean Chrétien.Au Québec, les quatr e journaux aj> partenant au groupe Power Corporation, dont Im Presse, se sont prononcés hier en faveur d’un appui sans bornes aux libéraux fédéraux.Mais ce matin, Le Soleil, de Québec, opte pour la neutralité, alors que LE DEVOIR prend pEirti pour le Bloc québécois.L’important quotidien torontois 'Ihe Globe and Mail y est allé lui aussi d’un appui, quoique timide et parsemé de bémols, à l’équipe libérale.Féroce à l’endroit du programme rouge de Jean Chrétien tout au long de la campagne, le Globe lui accorde en fait son appui a reculons, souhaitant haut et fort l’élection d’un gouvernement minoritaire, «tenu en laisse» par le Reform party.Le journal invite ses lecteurs à faire un vote stratégique en faveur des réformistes, ou des conservateurs, pour éviter un raz-de-marée libéral.«Il est clair qu'un gouvernement libéral majoritaire ne ferait aucun effort pour sauver les finances de l'État», lit-on.Un gouvernement minoritaire ouvrirait la porte à une foule de «possibilités créatives».Nul besoin d’alliance formelle, les libéraux pourraient forger des liens avec différents partis, au gré des législations.Le quotidien montréalais Im Presse y va pour sa part d’un franc appui aux iibéraux, qu’on souhaite voir former un gouvernement majoritaire sur la colline.Le Nouvelliste, de Trois-Rivières, Im Tribune, de Sherbrooke, et La Voix de l’Est, de Granby — propriétés du groupe Power Corporation dont le vice-président exécutif, John A.Rae, est également conseiller politique de Jean Chrétien — endossent la même ligne éditoriale.Sous la plume de Roger D.Landry, l’éditorial pro-libéral de Im Presse soutient que «la stabilité et l’espoir ne se trouveront pas dans un gouvernement qui serait forcé à des alliances pour se maintenir en selle.» Sans merci pour le Bloc québécois, le quotidien de la nie Saint-Jacques affirme que le parti de Lucien Bouchard, même s’il a le vent dans les voiles au Québec, est le «parti du one-man show».Seul bémol dans ce concert d’éloges libérales, Im Tribune propose tout de même d'appuyer le député conservateur local, Jean Charest.Le quotidien anglophone The Gazette fait lui aussi le pari libéral dans un éditorial intitulé «Un vote pour le futur du Canada».«Si je devais faire un souhait, ce serait qu'on élise un gouvernement libéral majoritaire.Mais cela ne se dit pas en éditorial.Les gens votent, point.Ils ne le font pas à moitié.C’est le suffrage qui décidera», a précisé hier Mme Joan Fraser, la rédactrice en chef de The Gazette.En 1988, 77/e Gazette, par la voix de son directeur, Clark Davey, avait donné son entier appui aux conservateurs de Brian Mulroney, malgré une position éditoriale largement défavorable au libre-échange.The Gazette juge que le parti de Kim Campbell s’est montré «indifférent au coût humain de son plan de réduction du déficit».Au surplus, Mme Campbell a fait une campagne «arrogante», «sans imagination», refusant de répondre à des questions aussi sensibles auprès de l’opinion publique que celles des programmes sociaux, note l’éditorial.Au surplus, le quotidien anglophone fonde son appui sur «la qualité de l’équipe libérale» présentée élu Québec.Comme »Bill Clinton aux Etats-Unis», les libéraux ont offert l’espoir et des propositions concrètes, peut-on lire.Im Soleil, de Québec, choisit la neutralité ce matin, dans un éditorial signé par Jean-Jacques Samson.«Nous ne donnons notre appui officiel à aucun parti.Ni aux conservateurs, en raison de leur instabilité, ni aux libéraux, en raison du rôle passé de Jean Chrétien dans les dossiers constitutionnels», explique le rédacteur en chef.Quant au Bloc québécois, le journal s’oppose à l’envoi «d’un cheval de Troie» souverainiste à Ottawa.Le Droit, d’Ottawa, affichera ses couleurs dans ses éditions de demain et samedi.La majorité des autres grands quotidiens canadiens dont le Toronto Star, Ihc Citizen, The Calgary Herald, Ihe Winnipeg Free Press, Ihe Edmonton Journal et The Vancouver Sun ne prendront position pour un parti que dans leur edition de samedi.Fidèle à sa tradition, le Halifax Chronicle, longtemps seul quotidien dans cette province, restera neutr e.Pour l’instant seul de son clan, LE DEVOIR, comme vous pourrez le lire en page éditoriale ce matin, apporte son appui au Bloc québécois de Lucien Bouchard.ilJftLMÿSfc !Bijout$u GAMBARD Vente cl service technique 630-A, rue Calhcart.Montréal, centre \ ille 866-3876 -AGENT OFFICIEL ROLEX- » I.K H K V (l I I! .I.!•: .1 K I |)| 2 1 (l < T U 15 II K I II !l :i A (I Le devoir LE MONDE •I r P E RSPECTIVES Les Russes se raidissent Le ministre russe de la Défense Pavel Gratchev a déclaré hier à Helsinki que le retrait des troujies russes encore stationnées en Estonie et en Lettonie ne s'effectuera pas tant que le problème des minorités russophones dans ces deux pays haltes ne sera pas réglé.Cette déclaration intervient dims le contexte d’un durcissement de la diplomatie russe sur différents fronts.LE MONDE Il y a un an, toutes les chancelleries bruissaient de rumeurs sur un renvoi imminent du ministre des Affaires étrangères lusse Andreï Kozyrev.Ce dernier, qui a entamé hier à Paris sa première visite en Europe après l’écrasement de l’opposition en Russie, a étonnamment bien résisté aux conservateurs, qu’il avait, le premier, il y a un an en France, gratifiés du nom de «rouges-bruns».Or aujourd’hui, s’il n’en est pas à reprendre à son compte le discours de Guerre froide de ces opposants, il a de toute évidence durci ses positions.Les «conservateurs» lusses lui reprochaient de suivre aveuglément, et en tout, l’Occident.Aujourd’hui, M.Kozyrev affirme qu'il n’en est plus question et que «les désaccords sont inévitables».Ainsi, au Conseil de sécurité de l’ONU, la Russie vient d’annoncer son refus de voter un projet de résolution sur le gel des avoirs libyens, qui la priverait de 4 milliards de dollars de remboursements espérés.Elles préconise plutôt un embargo pétrolier, qui pénaliserait l’Occident.De même, M.Kozyrev était accusé, comme M.Eltsine, de «brader» les richesses russes à l'Occident en échange d’une aide humiliante ou destinée aux coffres-forts helvétiques.Il affirme aujourd’hui que l’heure n’est plus aux «programmes d’aide aux réformes économiques en Russie», mais à l’ouverture du marché mondial aux produits russes.Ces derniers ont déjà fait chuter ¦s prix de l’aluminium ou de l’uranium, ce qui ne plaît guère à Pechiney ou à la General Electric.D‘ durcissement le plus récent a trait à l’éventuel élargissement de l’OTAN aux nouvelles démocraties de l’Est, que Moscou refuse — après un semblant d’accord donné par Boris Eltsine lors de sa visite cet été en Pologne.Enfin, depuis plus d’un an, la Russie demande que son armée — associée au besoin à celles d’autres membres de la CEI — soit reconnue comme l’égale, dans ses interventions dans les anciennes républiques soviétiques, des «casques bleus» de l’ONU, et reçoive de la communauté internationale le financement correspondant.Cette attitude ne manque pas d’aplomb, quand on sait à q mi a abouti, par exemple, l’action des Russes en Abkhasie des massacres ethniques et le pillage de Soukhoumi.Mais le vrai problème est que l’Occident, après avoir déjà démontré son impuissance dans l’ex-Yougoslavie, accepte de laisser Moscou «gérer» les crises de sa périphérie, ou les contingents russes, dispersant leurs armes à tous vents, jouent le rôle de pompiers pyromanes.Et la Russie de M.Eltsine serait sans doute plus crédible si ses militaires n’humiliaient pas constamment les rares observateurs internationaux parvenus dans les zones de conflits.Le doute s’installe sur le retour du président haïtien dans son pays Aristide n’est plus sûr du 30 octobre Washington voudrait inclure des putschistes dans le gouvernement Le président haïtien en exil Jean-Bertrand Aristide a évité de se prononcer hier sur la question de l’incorporation éventuelle dpüla-tion a faim et n’a même pas les moyens d assister a des rassemblements électoraux».a expliqué I ïraskovic.VV I.Y.I) K V l) I H , I.K .1 E 1' 1) I 2 1 0 C T U U |( K I it il 15 EN » K E F ?JANET CONTRE LA VIOLENCE Washington (Reuter) — L’Attomey general (ministre de la Justice) Janet Reno a demandé hier aux télévisions américaines de réduire susbtantielle-ment la diffusion de violences sur le petit écran.Janet Reno a ajouté que si tel n’était pas le cas au cours de l'année qui vient le gouvernement serait peut-être contraint d’intervenir.«La meilleure solution est dans les mains des responsables de l’industrie (de la télévision), des parents et des éducateurs», a-t-elle déclaré devant la Commission du commerce du Sénat.«Je ne suis pas pour une action gouvernementale.Mais s’il n’y a pas d’initiatives volontaires, la pression du public pour des interventions s’amplifiera et il sera difficile d’y résister», a-t-elle ajouté.RAFLE ANTI MAFIA À NAPLES Naples (AFP) — Cent-quatorze personnes ont été arrêtées hier par la police italienne dans le cadre d’une vpste opération contre le crime organisé menée d;ms la région de Naples, a-t-on appris de source policière.Au , cours de ce coup de filet, qui a mobilisé plusieurs centaines de carabiniers, 22 kilos d’explosifs, des amies, des munitions, une demi-tonne de cigarettes et de ia drogue ont été saisis par la police.Parmi les personnes arrêtées figure Salvatore Scarpino, mafieux en fuite, recherché par la police pour trafic de stupéfiants -?- .I LE TSAR AVANT LÉNINE Moscou (Reuter) — Serguei Filatov, collaborateur de Boris Eltsine, a déclaré hier que le corps de lénine serait probablement enlevé de son mausolée et inhumé, mais seulement après l’enterrement du Tsar Nicolas II qu’il avait fait exécuter.Il a , précisé que le président, russe examinait la demande de l’Eglise orthodoxe et de la mairie de Moscou visant a transférer le corps embaumé du leader bolchévique du mausolée de la place Rouge où il est exposé au cimetière de Saint-Pétersbourg où est enterrée sa mère.Mais, a précisé Serguei Filatov, la priorité doit être accordée à une inhumation digne de Nicolas II, de sa femme Alexandra et de leurs cinq enfants exécutés par les bolchéviques le 17 juillet 1918 à Yekaterinbourg, dans l’Oural.PORNOGRAPHIE TÉLÉPHONIQUE I^usanne (AFP) — le directeur général des Postes et Télécommunications suisses, Félix Rosenberg, comparait aujourd’hui devant le tribunal correctionnel de Lausanne sous l’accusation de pornographie et de publications obscènes, parce que ses services ont autorisé les «téléphones roses».Le procureur général du canton de Vaud reproche à la |X)ste d’avoir favorisé de manière illégale le développement depuis octobre 1991 des numéros «156», téléphones érotiques.-?- LES «COMPAGNES» SORTENT DE L’OMBRE Vatican (AFP) — Une vingtaine de «compagnes secrètes» de prêtres français, appartenant à l’association Claire-Voie, ont entamé hier un jeû-rje de 48 heures devant le Vatican avant d’être interpellées par la police.Les compagnes des prêtres, dont Certaines cachaient leur visage aux photographes, protestaient contre le refus d'une audience du pape qui leur a été opposé «sans explication d’aucune sorte».La police italienne les a interpellées, leur manifestation n’ayant pas été autorisée.Dans une lettre ouverte au pape, les vingt femmes, âgées de 24 à 75 ans — dont la compagne d’un évêque — affirment qu’elles étaient venues «pour un jeûne public de 48 heures, dans le but d’alerter l’opinion publique sur la manière désinvolte, inhumaine et irrespectueuse, dont les autorités romaines s’entêtent à considérer les porte-parole des compagnes de prêtres et évêques».-?- ALLIANCE À BRATISLAVA Bratislava (Reuter) — Le parti du premier ministre slovaque Vladimir Meciar a fait alliance avec le Parti national slovaque (SNS, centre-gauche), décision qui débouchera sans aucun doute sur un remaniement gouvernemental, ont déclaré hier des responsables slovaques.Un porte-parole du Mouvement pour une Slovaquie démocratique, la formation du premier ministre, a déclaré hier que ce parti avait signé un accord de coalition avec le SNS, dirigé par l’ancien ministre de l’Economie Ludovit Cernak.A l’état-major des deux partis, on refusait de donner des précisions sur l’accord, intervenu mardi soir après plusieurs mois de négociations.Ix* Mouvement pour une Slovaquie démocratique dispose de 66 sièges au parlement de Bratislava, et le SNS 14, ce qui leur donnerait une majorité solide au parlement sans pour autant atteindre la barre des 90 voix nécessaires pour amender la Constitution IIP® iïilsSK m Wm iaÊÈmMî LE pLAISIR EST DE MISE Les chiffres sont magiques.On les choisit un à un, en paire, en série, en colonne.A l'infini.Et ça tourne.Et ça tourne.L’effet est fascinant.Tout cela se passe au nouveau Casino de Montréal.65 tables de jeu, 1 200 machines à sous • Restaurants, casse-croûte et bars • Boutique de souvenirs • 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Un tel voyage a pour l’instant peu de chance de se produire, car Djakarta considère cette partie de file de Timor — colonisée durant plusieurs siècles, jusqu’en 1974, par les Portugais — comme sa 27e province et refuse le contact avec les «rebelles» du CNRM (Conseil national de la résistance Maubere) dont le leader, Xanana Gusmao, a été condamné à la prison à vie le 21 mai, au terme de ce qu’Amnistie internationale considère comme «une parodie de justice».Ramos-Horta a ét 9 jours ministre des Relations extérieures et de l’information de son jeune pays, en 1975.Soit la durée du gouvernement provisoire timorien, forcé à la clandestinité dès l’invasion indonésienne du 7 décembre 1975.Le Timor oriental (ou Timor-Est) est situé à 800 km au nord de l'Australie.Djakarta y maintient une garnison de 40 000 hommes.On calcule que plus de 200 000 Timoriens (près du tiers de la population) ont péri du fait de la répression ou de la faim.Un massacre survenu le 12 novembre 1991 dans le cimetière Santa Cruz de Dili a été filmé par une équipe britannique, ce qui a suscité plusieurs condamnations de la puissance occupante.A l’ONU, on a parlé de 273 victimes et de centaines de blessés; le régime Suharto se borne à reconnaître 50 victimes.Supériorité année L’Indonésie peut toujours faire valoir sa supériorité année, mais il faut aux 750 000 Timoriens de l’Est l’appui de gouvernements de pays démocratiques pour que puisse se tenir un référendum, a rappelé mardi M.Ramos-Horta au Centre international des droits de la personne Une région et (*11 développement dé- “ mocratique, à Montréal, où le Canada Ce Centre finance d adleurs un programme applique de fonnation politique dis- pensé en Australie et dont une politique Ramos-Horta est le direc- teur; un programme de 36 contradictoire mois destiné aux membres des peuples autochtones et des minorités qui apprennent à «accéder et à recourir aux Nations unies et aux autres tribunes internationales».L’offre de négocier avec l’Indonésie n’implique pas une reconnaissance officielle des parties.Elle crée l’occasion de discuter, peut-être sous les auspices de l’Eglise catholique, sur la façon de combler les besoins de la population: respect des droits, présence des diverses agences de l’ONU, sans même que la délégation timorienne ne conteste à ce stade la revendication de l’Indonésie sur le territoire.Une deuxième phase comporterait l’organisation d’élections territoriales et, après un délai de cinq ans, les Timoriens de l’Est se prononceraient par référendum sur le rattachement à l’Indonésie ou l’indépendance.«Nous nous conformerons au voeu de la population.» Ramos-Horta dit ne pas tenir mordicus au drapeau et à l’hymne national distincts, mais il voudrait qu’évolue la situation des droits humains avant que la possibilité du choix se concrétise.En 1982, le Canada votait contre la résolution 37-30 de l’ONU appelant le secrétaire général à rechercher la voie d’un «règlement de la question acceptable à la communauté internationale».Ix* 11 mars 1993 toutefois, à la Commission de l’ONU sur les droits de l’homme de Genève, le Canada a appuyé une résolution de blâme contre l’Indonésie relativement aux événements de Dili.Au printemps 1994, un séminaire de trois jours sur les droits de l’homme au Timor oriental se tiendra à Manille.Pour l’instant, il est important que des pays comme le Canada exigent de l’Indonésie quelle autorise les organisations non gouvernementales (ONG) à se rendre nombreuses pour suivre l’évolution de la situation.Ramos-Horta considère l’attitude du Canada quelque peu contradictoire — un article paru lundi dans The Ottawa Citizen lui faisait dire que le Canada était «hypocrite».C’est que tout en ayant voté non au mandat du secrétaire général de l’ONU sur cette question timorienne, Ottawa a voté en faveur d’une résolution blâmant l’Indonésie pour les suites données au massacre de Dili: peines sévères infligées à des civils «qui auraient dû être relaxés», et traitement plus clément accordé à des militaires responsables des pertes de vie.Contre 1ALENA Des syndicalistes canadiens, mexicains et américains unissent leurs efforts LE DEVOIR, REUTER.SERVICE ESPAGNOL DE L’AFP Mexico — Un «pacte solidaire contre l’ALENA» vient d’être signé au Mexique par des syndicats des trois pays visés par ce projet de traite, ainsi que par clés membres de là classe politique du Mexique, du Canada et des Etats-Unis.Au nombre des signataires se trouvent le Révérend Jesse Jackson, de la «Coalition Arc-en-ciel», et le président de la plus importante centrale syndicale canadienne — Congrès du Travail du Canada (CTC) — M.Robert White.C’est ce qu’a fait savoir hier une dirigeante du Parti de la révolution démocratique (PRD), Mme Ifigenia Martinez.l.e PRI ) est l’un des principaux partis mexicains d’opposition; son leader, Cuauhtemoc Cardenas, est à ce jour le seul à avoir posé sa candidature aux élections présidentielles prévues en août 1994.Par ce pacte anti-ALENA, les parties s’opposent à l’imposition du traité dans sa forme actuelle et militent pour une solution de rechange «qui s’occupe en priorité des gens et ne les maintient pas dans la soumission et l’oppression».Cette annonce survient le lendemain de la publication dans le New York Times d’une entrevue au président Carlos Salinas de Gortari qui pense que l’ALENA est devenue un test de la volonté qu’ont les Etats-Unis de modifier leur attitude non seulement envers le Mexique, mais envers l’Amérique latine dans son entier.Ix* président mexicain estime que les latino-américains se sentiront «trahis» si le traité n’est pas voté par le Congrès américain.Mardi, les gouvernements américain et mexicain ont d’ailleurs signé une entente qui crée un fonds initial de 450 millions de dollars destiné à améliorer l’environnement à leur frontière commune.Dans un cahier sur l’ALENA publié par la Coalition québécoise sur les négiociations trilatérales (CQNT) dont font notamment partie la CEQ, la FTQ et la CSN, on insiste sur un libre-échange soucieux de «juste échange».M.Cardenas est d’avis qu’«un avenir fondé sur la seule libéralisation de l’économie ne ferait qu’extrapoler les tendances actuelles et exacerber les vices du présent.Le Mexique pourrait s’intégrer à l’économie mondiale et quand même continuer à reproduire les déséquilibres sociaux et les disparités régionales sur son territoire».Les coalitions opposées à l’ALE-NA veulent notamment que la question de la dette extérieure (celle du Mexique était de 84 milliards en 1991) ne soit pas un obstacle au développement et que le traité — «qui empêche les gouvernements de réglementer au bénéfice de leurs citoyens la conduite des sociétés privées» — prenne en compte des droits sociaux, ménage des mécanismes d’ajustement pour permettre aux secteurs moins robustes de s’ajuster au changement.Idéalement, selon la coalition, l’ALENA enchâsserait les droits «inaliénables» de parole, de presse et d’association ainsi que le droit à un «procès équitable» pour tous, les citoyens qu’il n’y aura pas de «nivellement par le bas».Prenez un numéro Dès maintenant au Casino de Montréal.i (A 8 I.K I) K V 0 i H I.K .1 K l! I) [ 2 1 t) C T 0 B B K I !) !l B ÉDITORIAL jLes élections canadiennes, nouvelle donne - 2 Lise B i s so une tt e H ÜBouder le mot ne fera pas disparaître la chose: l’élection fédérale du 25 octobre, au Québec, est ^référendaire.Six semaines de campagne ont laissé face à face le Parti libéral du Canada et le Bloc -québécois, dont les appuis respectifs s’alignent en fonction de leur vision du pays.L e Parti progressiste-conservateur avait de courtes racines au Québec, il les a perdues.Son programme de gouvernement, tout axé sur un changement de style plutôt que de politiques, lui a certes valu la désaffection.Mais il est délaissé surtout à cause de son bilan.Le Parti conservateur a joué pendant près de dix ans la carte du «beau irisque», du renouvellement de la fédération dans un îjsens compatible avec les profondes aspirations du {Québec à une forme d’autonomie.Les deux ratés, celui ^de Meech, celui de Charlottetown, ont été cuisants.Ils {ne provoquaient pourtant pas de fort ressentiment.*11008 savaient que le gouvernement de M.Brian Mul-"roney avait vraiment misé sur la réconciliation, et que •ises échecs tiennent à des forces qui l’ont dépassé.l'Mais sa succession, l’équipe de Mme Kim Campbell et 'de M.Jean Charest, a choisi de changer en rupture •nette ce qui n’était que désillusion.Hostile et parfois ’ hargneuse à l’égard de tout ce qui bouge dans la mouvance nationaliste, la campagne conserva-•tfice au Québec a d’elle-même banni ceux [:qui avaient fait la fortune du PC en 1984 et : 1988, un véritable suicide dicté par les im-i*j>ératifs d’une campagne canadienne pourtant gâchée à son tour, t La désintégration du Parti progressiste-«iconservateur agit comme un puissant Isvmbole.Personne, en ce pays, ne peut «être tout à tous, additionner des visions du {pays qui se contredisent absolument.Il «faut choisir.Les Canadiens, les Québécois, le font progressivement, par petites {étapes qui exaspèrent les doctrinaires de {tous bords.Mais ils le font.Les options se {resserrent, se clarifient, dans un contexte ^démocratique dont la solidité ne se dément pas.Les ^prophètes de chaos n’ont pas un brin de début de preu-ve pour étayer les épouvantails qu’ils agitent en vain de-nyis vingt ans.Nous voilà donc devant deux voies, chaque jour plus claires.Le fédéralisme qui s’offre aujourd'hui aux Québécois est celui du statu quo, désormais sans autre ornementation ni promesse de renouvellement.Rien ne l’illustre mieux que le ralliement total et sans condi-! dons que le premier ministre du Québec, M.Robert Bourassa, et son ministre et prédécesseur à la tète du j Parti libéral du Québec, M.Claude Ryan, viennent d’of-; trir à M.Jean Chrétien et au Parti libéral du Canada.; C’est la fin d’une longue marche.MM.Bourassa et | Ryan incarnent, mieux que quiconque, la foi qu’ont ; eue tant de Québécois en la possibilité d’amender les ; rapports entre le Québec et le Canada, sinon dans le I sens d’une pleine reconnaissance des «deux nations» | — comme on disait au début de cette saga — au moins ’ dans le sens d’une reconnaissance des responsabilités particulières d’un gouvernement du Québec.De l’op-sition stérile de M.Ryan au rapatriement de 1981-82 usqu’aux efforts perdus de M.Bourassa avec les ac-ords de Meech et de Charlottetown, on les a vus tous eux rabaisser sans cesse leurs exigences, aller au mi-imum, puis sous le minimum, en vain.Pendant ce îtemps, M.Chrétien et son parti n’ont jamais modifié :d’un iota leur conception des rapports Québec-Ottawa.jLe fameux «livre rouge» du PLC, son programme électoral, témoigne à chaque page d’une volonté de continuer à envahir les compétences provinciales, et a {consolider le fédéralisme hiérarchique qui fait des provinces des exécutantes de politiques pensées, standardisées et surveillées par le gouvernement «central».{Au cours des derniers jours, M.Chrétien a refusé d’en-Jjtrouvrir la plus petite porte aux revendications québécoises, celles du gouvernement Bourassa-Ryan lui-^nême, qui désire prendre en charge la formation de la Jnain-d’oeuvre ou le futur programme d’infrastructures municipales.Pas la moindre main tendue, pas la moindre concession, pas le moindre compromis.Et M.Chrétien a obtenu, quand même, pour rien, leur appui.Au bout de longs désaccords, il les a absorbés, la boucle est bouclée.Ce faisant, tous ceux qui refusent encore le statu quo, souverainistes ou autres, sont poussés dans le camp du Bloc québécois.Car la question n’est pas de savoir si on «pardonne» à Jean Chrétien, si on se défait Ceux qui refusent de se résigner n’ont d’autre choix que d’appuyer le Bloc québécois.de ses rancunes, comme le prêchait M.Claude Ryan la semaine dernière pour donner un sens à sa reddition.Avoir assez d’élévation pour oublier un affront ou un affrontement, c’est sans doute désirable, mais cela n’a jamais forcé quiconque à embrasser les thèses de l’adversaire, à lui concéder le terrain sans coup férir.Aucune prescription évangélique ne va jusque-là.Et nul n’a besoin de détester M.Chrétien pour s’opposer énergiquement à ses plans.Ceux qui veulent et qui peuvent s’accommoder du statu quo se rallieront donc au PLC et doivent le faire, en remballant leurs espoirs.Comme le font MM.Ryan et Bourassa, tous deux au bout de leur route politique.Les autres continuent et n’ont d’autre véhicule que celui du Bloc québécois.Le nouveau parti porte tout simplement un cran plus loin le mouvement électoral de 1984, qui avait expédié une mouvance nationaliste sur la scène fédérale, à travers les conservateurs instantanés que M.Mulroney avait fait surgir au Québec.Cette fois, c’est la mouvance souverainiste qui s’y porte, sans autre intermédiaire.Se triturer l’esprit pour savoir si le vote bloquiste est souverainiste pur ou impur, néo-asso-ciationniste ou post-néo-fédéraliste est un exercice tout à fait imbécile.Les électeurs qui s’apprêtent à faire confiance à Lucien Bouchard et à son groupe de futurs députés ne sont pas dupes des dilemmes du Bloc québécois.Ils n’ont pas besoin des cours simplets de M.Pierre Trudeau pour savoir que leur geste peut paver la voie à une rupture, et mettre le Canada en position périlleuse.Mais qu’ils soient souverainistes ou simplement insatisfaits du Canada, de sa forme de gouvernement et de la place qu’y tient le Québec, il n’y a pour eux d’autre logique que d’appuyer le seul parti qui fait écho à leur réflexion, même en la radicalisant parfois.Les autres partis ont fermé la porte à double tour.Cette logique est celle à laquelle LE DEVOIR souscrit aujourd’hui, conformément à ses positions dans le dossier constitutionnel et en tout ce qui touche les relations Québec-Canada.Le risque vaut toujours mieux que la résignation, du moins quand on tient encore à avancer.La responsabilité qu’assumera M.Lucien Bouchard, en se retrouvant en position aussi inusitée, est une lourde chape.La campagne qu’il vient de mener, honnête et sans dérapage, est garante d’un leadership solide.Il lui revient d’éviter que son groupe, largement néophyte en affaires parlementaires, devienne facteur de paralysie des Communes, ou s’enlise dans la complainte rituelle.Il est intéressant, à cet égard, de voir le Bloc québécois se rallier autour d’un programme plutôt progressiste, qui se veut social-démocrate.Le Nouveau Parti démocratique étant selon toute vraisemblance en voie de disparition, la présence du Bloc sera utile en contrepoids aux autres formations qui se déportent toutes à droite, à des degrés divers.Teintées d’angélisme, les positions sociales et culturelles du Bloc s’accordent souvent mal avec son credo économique, qui fait une large place à la lutte au déficit.Mais son programme est malgré tout inspiré d’une générosité supérieure à celle de ses adversaires.Sa voix sera importante et (qui sait?) peut-être utile aux Canadiens d’autres provinces, qui souffriront du conservatisme plutôt cruel d’un Reform Party lui aussi attendu en nombre au Parlement Que cela plaise ou non aux pressés en tous genres, letapisme fait son oeuvre car il correspond à la démarche de sociétés mûres, vieillies même, si on les compare aux nouvelles démocraties turbulentes.Chaque changement se soupèse.Entre 1976 et 1993, les questions et réponses que le Québec et le Canada se sont mutuellement offertes ont été d’une grande continuité, et progressivement plus éclairantes.Les options se cristallisent.Il ne saurait être question de s’esquiver par un bas-côté quand on se trouve sur la voie de la décision.Il faut élire un fort contingent du Bloc québécois à Ottawa, lundi prochain, en compagnie des quelques libéraux qui représentent l’autre versant de l’opinion québécoise, jamais unanime, et de la poignée de conservateurs dont le travail de député mérite d’être sauvé de la sanction générale.Pour une fois, le Québec politique sera représenté aux Communes dans l’entièreté de ce qu’il pense et de ce qu’il est K T T R K S —?— Des monuments au souvenir Le Québec devrait offrir un jour un véritable monument a la France d’abord, aux Etats-Unis ensuite, mais aussi a d’autres peuples.Si nous désirons survivre en tant que peuple et nation, faisons en sorte que les autres peuples de la terre se souviennent, un peu tous les jours, que nous existons.Que ces monuments deviennent une présence de beauté et d’harmonie dans leur environnement, et qu’ils soient a la mesure-de notre ardent désir de nous épanouir pleinement dans notre différen-a Coalition incite la population à poser d’urgence des questions aux candidates et aux candidats et à les inviter à prendre l’engagement ferme de maintenir le système de santé accessible, universel et gratuit dont la population a besoin et auquel elle est attachée.A l> R 0 P 0 S -?- .du congé de naissance La mère ou le père peut s’absenter du travail pendant cinq journées à l’occasion de la naissance de son enfant ou de l’adoption d’un enfant.L: congé doit être pris dans les 15 jours qui suivent l’arrivée de l’enfant à la maison, les deux premières journées seront payées si la personne compte au moins 60 jours de service continu.Ce congé peut être suivi d’un congé parental.Par ailleurs, si une personne adopte l’enfant de son conjoint, elle a droit à deux jours d’absence sans rémunération; elle ne pourra cependant bénéficier d’un congé parental.Une personne occupant un emploi dans une entreprise qui relève de l’autorité fédérale n’a pas droit au congé d’adoption.t 0 N 1) E K N R Directrice USK BISS0NNKTTB Directeur délégué à l'administration ANDRÉ LECLERC Directeur de F i n f o r m a l i o n BENOÎT AIIBIN Rédacteur en chef adjoint JEAN ROBERT SANSEAÇ0N e BIcury.Dc étage, Montréal (Québec) Q II E I) 0 I S H Le père biologique, la mère d’un nouveau-né et la personne qui adopte un enfant d’âge préscolaire ont droit chacun à un congé parental d’au plus 34 semaines continues.Pour prendre le congé, il faut aviser l’employeur au moins trois semaines à l’avance en indiquant la date du début du congé et celle du retour au travail.Par contre, la personne qui adopte l’enfant de son conjoint n’a pas droit à ce congé.Le congé parental s’ajoutant au congé de maternité de 18 semaines, il permet donc à la mère un congé de 52 semaines.Guide québécois de la famille, Secrétariat à la famille, Gaëtan Morin éditeur, 1993. I.K I) K V (i I li .I K .1 K 1' I) I 2 1 n ( T 0 B B K I !l !» il IDEES Il serait temps d’écouter Soljénitsyne Le Nobel n ’avait-il pas mis en garde contre l'instauration brutale de la démocratie et de l'économie de marché en Russie?ISABELLE PETIT Etudiante à la maîtrise Science politique, Université de Montréal es développements de ces derniers jours en 11 Russie, mais également le résultat des élections : j législatives en Pologne, ne peuvent que nous in-| citer à nous demander s’il n’est pas temps, enfin, I J pour les démocraties occidentales, d’accepter la _ ;-=JI réalité et d’écouter l’écrivain en exil Alexandre I.Soljénitsyne dont le nom est aujourd’hui malheureusement associé, à tort, aux nombreux groupuscules russes d’extrême droite, celui de Pamiat en tête.Dans le passé, le prix Nobel n’a-t-il pas mis en garde, à maintes reprises, ses compatriotes et les démocraties occidentales contre les tentatives d’instauration brutale de la démocratie et de l’économie de marché en Russie?S’il reconnaît que son pays a le plus grand besoin de démocratie, il ajoute, à la lumière de l’expérience de 1917 et de la Russie de Kerensky, qu’«étant donné la complète impréparation de notre peuple [le peuple nisse] aux complexités de la vie démocratique, elle doit peu à peu patiemment et solidement se construire par en bas, et ne pas être simplement proclamée d'en haut à son de trompe et précipitamment, d’un seul coup, dans toute son ampleur et son étendue», ce que tentent de faire aujourd’hui Boris Eltsine et ses supporteurs.Selon l’écrivain, en effet, les régimes démocratiques de type libéral, lorsqu’ils ne reposent pas sur des fondations solides, conduisent à l’instauration de régimes totalitaires (voir par exemple le cas de l’Allemagne de Weimar) caractérisés par une usurpation du pouvoir, le maintien de l’autorité par la violence, l’arbitraire et la tyrannie.N’est-ce pas ce qui est en train de se préparer aujourd’hui en Russie?Il est encore trop tôt |x>ur le dire.Selon A Soljénitsyne, «the only path down from the icy cliff of totalitarianism is the slow and smooth descent via an authoritarian system».Il préconise donc l’instauration d’un régime autoritaire.Attention: il ne s’agit pas de n’importe quel type de régime autoritaire mais d’un régime qui repose sur une base morale solide, c’est-à-dire dans lequel les dirigeants «mimés I par le sens des responsabilités et un sentiment de repentir I se sentent véritablement redevables de leurs faits et gestes tout d’abord devant leur propre conscience, mais également devant les personnes et les institutions.In solution qu’il préconise peut nous paraître relever de I l’utopie dans la mesure où elle impose une véritable révolution morale entraînant, d’une part, un bouleversement total, I une redéfinition de la société russe aujourd’hui marquée [ par une corruption généralisée, la présence de mafias extrêmement puissantes, la propagation de la pornographie, de la prostitution, de la délinquance, du trafic de drogue, etc., et exigeant, d’autre part, de nouveaux sacrifices (seront-ils acceptés?) de la part d’une population désemparée et fati-j guée des privations déjà trop nombreuses.Enfin, peut-être est-il déjà trop tard?Mt'dgré tout, les propositions de l’auteur méritent d’être rappelées en cette période de crise, d’autant plus que plu-I sieurs dangers contre lesquels il avait mis en garde ses ! compatriotes et les démocraties libérales voici déjà plu-I sieurs années, se sont malheureusement réalisés — on ! pensera notamment à la multiplication des conflits fronta-! -liers dans l’ex-Union soviétique, fruits, entre autres, de pro-¦ cessus de séparation menés de manière brutale et sans S concertation, ou encore aux atteintes des droits des Russes S vivant à l’extérieur de la Russie et notamment en Estonie — S , démontrant par là le bien-fondé et la lucidité de certaines I de ses analyses.D’autre part, un parallèle peut être fait, ! semble-t-il, entre la pensée d’Alexandre Soljénitsyne et celle B qu’exprime Jean-François Revel d;uis son ouvrage U regain 1 démocratique.Ce dernier fait remarquer qu’à la suite de la | décolonisation, les Etats nouvellement créés qui ont opté pour un régime autoritaire plutôt que marxiste-léniniste ont évolué naturellement et lentement vers la démocratie (il cite notamment l’exemple de la Corée du Sud).Doit-on avoir peur des régimes autoritaires?Ceux-ci ne constituent-ils pas une étape et un mal nécessaires vers la démocratie?Dans l’euphorie de la fin de la I guerre froide, animées par un sentiment de triomphe des valeurs libérales, les démocraties occidentales, Etats-Unis en têie, n’ont-elles pas oublié que l’on n’efface pas du revers ¦de la main 70 ans de régime marxiste-léniniste?N’ont-elles pas pris leurs souhaits pour des réalités?N’ont-t-elles pas | voulu mettre la charrue avant les boeufs?L ’ÉQUIPE DU D E V O I R IA RÉDACTION Journalistes : A l’information générale et métropolitaine : Sylvain Blanchard, Paul Cauchon, I Vire Cayouette, Jean Chartier, Jean Dion, Louis-Gilles ['rancoeur, LouisCîuy L’Heureux, Caroline Montpelit, Bernant Mortier, Isabelle Paré, Diane Précourt, Laurent Soumis, Guy Taillefer, Danny Vean Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ', à l’information culturelle: Michel Bè-lair (responsable), Stéphane Baillatxcon.Roland-Yves Carignan, faute des Rivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Odile Tremblay (livres)', à l’information économique : Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Jean-Pierre I-egaidt.Serge Truffaut, Claude Turcotte; A l’information internationale: François Brousseau (éditorialiste et responsable), Antoine Char, Jocelyn Coition, Claude Lévesque, Syt vianc Tramier, Clément Tnidel; A l'information |xilitique : lient1 O'Neill, Gilles lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venue (correspondant parlementaire à Quebec) ; Serge Chaplrau (caricaturiste); A l'information sportive : Yves d’Avignon; Denise Babin, Rachel Duclos (commis), Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction), Isabelle Baril (secrétaire à la direction).LA DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur); Manon Scott, Sylvie Scott, Serge Dr plante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa! IA DIRECTION ARTISTIQUE Inde laça va.IA ITHUITIÉ Incio Pinsonneault (directrice), Jacqueline Avril, Brigitte Cloutier, (iyslaine Côté, Francine Gingras.Johanne Guibeau, Lucie Lacroix, Christiane legault, (publicitaires)-, Micheline Turgeon (maquettiste)-, Michéle Bouchard (secrétaire): (Ihistainc lajlcur (réceptionniste) L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (eaordinatriee des sendees comptables); Mutine Cormier, Celine Furoy.Jean-Guy lacas, Mario-France legate.Raymond Matte.Nathalie Perrier.Danielle Ponton, Danielle Ross, linda Theriault (adjointe à l’administration).LE MARKETING IT SERVICE A IA CLIENTÈLE Christiannc Benjamin (directrice), Mo nique Corbeil (adjointe), Nathalie Thabcl (responsable du marche institutionnel).Monique L'Heureux, lise lachapelle, Olivier Zuida.Rachelle leelotv-Vomie, Jean-Marc Su-Marie (superviseurmu promotions des abonnements), Ionise Paquette.IA l’Rtlilt (Tit>N Robert Mdluugall (directeur des systèmes informatiques et de la production), Johanne Brunet, I ïanielle Cantata, Sylvain Darcy, Richard IlesCor-miers, Caroline Des Rosiers, Lyuda Di Cesare, Marie-Josée Hurion, Michael Schneider.Marie France Turgenn, Christiane Vaillant.I J S .ANNONCES Cl AS SÉES IT I JiS AVIS PI BUT S Yves Williams (superviseur ), Manon Blanchette, Dominique Charbonnier, Marlène Côté, Josée I-i|siintc, Sylvie I.i|x)i1e.I Vnvlte Rousseau, Micheline Ruclland.CONSEIL IH ' DEVOIR INC.ITerre Bouygie (president).FONDATION DI: DEVOIR Marcel Couture (président), Roger Boisvert (fier président et directeur général), Raymonde Guay (responsable du financement prive).Dans l’euphorie de la fin de la guerre froide, les démocraties occidentales n’ont-elles pas oublié qu’on n’efface pas du revers de la main 70 ans de régime marxiste-léniniste?Crise d’octobre \ A quelques jours du scrutin fédéral, se dirige-t-on vers l’élection d’un gouvernement de crise?< (V CARICATURES SERGE CHAPLEÀU F R A N Ç O I S R O C H E R Professeur agrégé Département de science politique Université Carleton ." ’ ' Il quelques jours du scrutin fédéral, \ il est permis de spéculer sur la si- Vgnification des résultats à venir.Les sondages montrent un déclin certain des appuis populaires au Parti conservateur.En dépit du «renouvellement» du personnel politique conservateur par la présence de Mme Campbell, il est difficile de faire oublier l'héritage de neuf années de pouvoir hantées par des déci- - sions impopulaires et le rejet de l’entente de Charlottetown.La leader conservatrice a mené jusqu’à présent une camp«Tgne défensive marquée aux sceaux du cafouillage et de l’improvisation.Elle tire de l’arrière dans toutes les régions du Canada.Ira perte de popularité du Parti conservateur s’est faite au bénéfice des autres formations politiques, exception faite des néo-démocrates.Le Parti libéral du Canada mène allègrement le bal en Ontario et dans les Maritimes.Ira Reform Party semble bien s’en tirer dans l’Ouest et pourrait même faire une percée en Ontario, bien que nul ne puisse en prédire l’ampleur.Ira NPD fait mal à voir.D’aucuns se demandent si l’héritier de la CCF1 pourra même conserver son statut de parti à la Chambre des Communes.Enfin, le Bloc québécois maintient son avance au Québec en dépit des attaques dont il fait l’objet de la part des partis dits traditionnels.Ira situation peut à juste titre être interprétée comme un signe de santé démocratique.Mme Bissonnette, dans son éditorial du 28 septembre dernier, allait plus loin en soulignant que cette désaffection à l’endroit des vieux partis manifeste un profond désaccord avec leur idée du Canada et leur façon de gouverner.On peut pousser l’analyse et se demander dans quelle mesure ces conceptions bien ancrées du Canada devront ou pourront s’ajuster à la nouvelle réalité politique.11 est toujours possible que Jean Chrétien fasse élire suffisamment de députés pour former un gouvernement majoritaire et ainsi dépasser le cap magique des 148 sièges.Pour ce faire, il devra obtenir un appui massif en Ontario (qui compte 99 circonscriptions) et dans les Maritimes (32 comtés); il devra faire bonne figure au Québec en remportant une vingtaine de sièges ainsi que dans l’Ouest.Une alliance avec qui?Tous conviendront qu’il s’agit là d’un résultat possible mais difficile à atteindre dans les circonstances actuelles.En dépit d’un optimisme de circonstance, les leaders libéral et conservateur n'excluent pas la possibilité de former un gouvernement minoritaire aux lendemains des élections.La question qui demeure est celle de savoir comment s’exercera la gouverne politique et, éventuellement, avec quelle formation politique une alliance est possible.La première solution est de gouverner à la pièce et de tenter d’obtenir les appuis nécessaires à l’adoption de chacune des législations.Une telle option, bien que pouvant produire de bons résultats, implique son lot de tractations et de marchandage des appuis.Elle ralentirait indubitablement le processus législatif ainsi que le nombre de projets de loi soumis à l'attention des parlementaires.Elle serait source d’inquiétude politique constante de la part des marchés financiers et de l’ensemble de la population, un gouver- nement pouvant être défait en tout temps suite à de fausses manoeuvres.L’autre option qui s’offre est celle de compter sur le soutien d’un autre parti.Il s’agit d’une alternative qui a déjà fait ses preuves, ayant déjà été utilisée neuf fois depuis 1867.Manifestement, les néo-démocrates risquent de compter fort peu dans la balance.Ira pouvoir pourra difficilement être partagé, peu importe si ce sont les troupes de Jean Chrétien ou de Kim Campbell qui seront appelées à former le nouveau gouvernement, avec les bloquistes ou les réformistes.Reste donc l’hypothèse d’un gouvernement d’union composé des libéraux et des conservateurs, comme cela s’est déjà produit entre Borden et Laurier en 1917 suite à la crise de la conscription.Une telle situation ne s’est présentée qu’une seule fois dans l’histoire politique canadienne.Faut-il rappeler que le Québec fut complètement exclu du pouvoir en ne comptant que pour 2 % du caucus gouvernemental?Ira Canada d’après-Charlottetown Suite au référendum d’octobre 1992, plusieurs ont poussé un soupir de soulagement, croyant à tort que le pire avait pu être évité.Les Canadiens semblaient vouloir repousser aux calendres grecques toute reprise des négociations constitutionnelles.La crise appréhendée si le Québec avait été la seule province à dire non n’avait pas eu lieu.Au contraire, une majorité de Canadiens s’était exprimée contre l'Accord de Charlottetown.Cette analyse à court terme a rapidement fait oublier que le Canada d’après-Charlottetown ne serait plus jamais le même.Que les raisons invoquées au Québec pour s’opposer à l’entente étaient à bien des égards diamétralement opposées à celles mises de l’avant dans le reste du Canada.C’est cette réalité que les résultats de l’élection risquent de rendre évidente.Bien sûr, on peut douter de la volonté de reprendre le débat constitutionnel de la part des grands partis.Néanmoins, la seule présence du Bloc québécois à Ottawa risque de mettre clairement à jour les divergences d’orientation qui caractérisent le Canada.La formation d’un gouvernement d’union, si cette hypothèse venait à se concrétiser, pourra même approfondir les clivages qui existent mais qui se sont rarement manifestés directement sur la Colline parlementaire à Ottawa.L’auto-exclusion du pouvoir fédéral de la part d’un Québec votant pour le Bloc québécois et la formation d’un gouvernement de temps de crise ne contribuera en rien à atténuer les divisions qui menacent le Canada.Le fantôme que l’on croyait devoir exorciser il y a moins d’un an a toutes les chances de venir nous hanter encore quelque temps.La profondeur de la crise politique canadienne dépendra finalement en grande partie du résultat des élections provinciales.La réélection du Parti libéral du Québec ne viendrait que reconfirmer l’ambivalence des Québécois, du rapport amour-haine qu’ils entretiennent à l’endroit du Canada et de l’éternelle prudence dont ils ont fait preuve jusqu’à présent.Par contre, une victoire péquiste enverrait un message clair au reste du Canada et reconfirmerait le choix de soutenir le Bloc québécois, tout en augmentant la légitimité dont celui-ci serait déjà investi.Sans cet appui au PQ lors des prochaines élections provinciales, on peut se demander ce que le Bloc québécois pourrait bien faire à Ottawa.La crise anticipée n’aurait pas lieu.jusqu’à la éième prochaine fois.La réélection du PLQ reconfirmerait l’ambivalence des Québécois, le rapport amour-haine qu’ils entretiennent à l’endroit du Canada et leur éternelle prudence.Des sondages pour la liberté Comment croire que la non-publication incite davantage à Vauto discipline?ANDRÉ BERNARD Politologue Université du Québec à Montréal f" ans LE DEVOIR du 16 octobre D 1993.M.Claude Angers s’est dit favorable à l’interdiction de publier les résultats des sondages 72 heures avant le scru-l!==J tin et il a estimé que cette période d’interdiction était bien courte.Ses arguments: la qualité inégale des sondages, la faiblesse des contrôles exercés, l'impact des résultats des sondages sur le vote, l’impossibilité de répliquer aux analyses de dernière minute.Sa conclusion: l'interdiction réduit les risques d’abus d’influence en lin de campagne et sensibilise aux limites des sondages tout en incitant les sondeurs à l’autodiscipline.Bien que séduisante, l’argumentation de M.Angers n’est pas très convaincante.Comment croire que la non-publication incite davantage à l’autodiscipline?Ira publication peu avant le scrutin des résultats de sondages réalisés par des maisons concurrentes n’incite-t-elle pas davantage à l’autodiscipline?Pourquoi les limites des sondages justifieraient-elles une interdiction à trois jours du scrutin plutôt qu'une interdiction permanente?Comment croire que ces limites sont importantes quand des maisons de sondage concurrentes produisent des résultats analogues, pour une même période d’enquête, dès lors que leurs échantillons sont de même taille et leurs questionnaires similaires?Comment croire que les sondeurs exagèrent la qualité de leur produit quand les scrutins confirment presque toujours les résultats des derniers sondages?Par ailleurs, en interdisant la publication des résultats des soudages, les autorités n’interdisent nullement la propagation des mineurs.Pourquoi privilégier les rumeurs?Comment apporter une réplique aux rumeurs de dernière heure?Pourquoi préférer l’impact des rumeurs à celui des résultats d’enquêtes par sondages?En outre, en interdisant la publication des résultats des sondages, les autorités n’empêchent pas les stratèges des grands partis de commander et d'exploiter des sondages.Pourquoi privilégier ces seules personnes et priver l’électorat d’une information que bien des gens aimeraient avoir?Finalement, en interdisant la publication des résultats des sondages, on veut limiter l’impact qu'ils pourraient avoir, comme si l’on pensait que le vote ne doit pas être influencé par ce type d'information.Pourquoi le vote serait-il plus éclairé quand il se fait dans l’obscurité?Qu’ils influencent ou non l’électorat, les résultats des sondages font aujourd’hui partie de l’information que de nombreuses personnes recherchent.Sachant, grâce à cette information, que tel ou tel parti est favorisé, certaines personnes ajustent leurs intentions de vote alors que d’autres les maintiennent.Les ajustements peuvent aller dans différentes directions et non pas seulement en faveur du favori.C’est ce que montre l’expérience des récentes années.Ainsi, favoris au début de juillet 1984, les libéraux ont été défaits ïe> 4 septembre 1984.De même, portés en première place par les débats télévisés de la fin d’octobre 1988, les libéraux ont finalement perdu le 20 novembre 1988.L’évolution des intentions de vote en 1993 reflète bien autre chose qu’un hypothétique effet d’entraînement généré par les résultats des sondages.Même si cés sondages avaient eu un impact, les principes démocratiques de liberté d’information et de parole justifieraient leur réalisation et la diffusion de leurs résultats.Ada demande des diffuseurs et des nuisons’de sondage, il faudra bien que la Cour suprême du Canada se prononce: qu’est-ce qui l’emporte?L’interdiction ou la liberté?Je vote pour la liberté! » m En interdisant la publication des résultats des sondages, les autorités n’interdisent pas la propagation des rumeurs. A 10 I.)¦: I) K V 0 I H .I.K .1 H F I) I 2 1 0 (' T I) H H K I !l !) :i MONTRÉAL «De grands pas à faire» SUITE DE LA PAGE 1 ses programmes de coopération industrielle, la revitalisation des artères commerciales et le financement partiel des corporations de développement économique communautaire.Le responsable politique du dossier économique au comité exécutif, John Gardiner, a refusé de commenter l’étude d’impact Recherche qui a interrogé 313 personnes du milieu des affaires (avec une erreur statistique maximale de 5,54%).Le directeur de la CIDEM, André Murphy, a reconnu pour sa part «qu’il y a de grands pas à faire».En effet, la CIDEM se fait égratigner au passage par les entrepreneurs et commerçants.Ainsi, seulement 37% des répondants connaissent l’existence de la Commission.Et quand il s’agit d’identifier les services ou les objectifs de la CIDEM, moins d’une personne sur trois (30%) en est capable.«Ça ne sert à rien de se mettre la tête dans le sable.C’est vrai.Les chiffres sont là», dit M.Murphy qui précise toutefois que des moyens ont été pris pour «améliorer l’image de la Ville et orchestrer les actions de la CIDEM».Il explique notamment que le service municipal qu'il dirige a été décentralisé pour «se rapprocher des gens d’affaires» (dorénavant, les commissaires sont postés dans chacun des neuf arrondissements), et que le plan de développement économique intitulé Montréal, ville d’affaires, devrait permettre de susciter la relance économique.«Les résultats du sondage reflètent en termes généraux l’opinion de nos membres.Il n'y a pas de doute.Là où le bât blesse, c’est au niveau du plan de développement économique qui a été annoncé avec beaucoup de fanfare au printemps dernier; il n’est pas percutant et c’est ce qui explique que la communauté des affaires n’a pas suivi Montréal», affirme Cameron Charlebois, président de l’Institut de développement urbain du Québec qui regroupe principalement des grands promoteurs immobiliers, dont Cadillac Fairview.Là-dessus, André Murphy souligne que depuis le début de l’année, 92 millions$ ont été investis par le secteur privé sur le territoire montréalais.La firme Impact Recherche a évalué les perceptions et attitudes à l’égard de Montréal sur le plan économique après que la Ville ait fait une large campagne de publicité (du 2 novembre au 5 décembre 1992) «pour promouvoir Montréal comme lieu privilégié pour réaliser des affaires».Un an auparavant, le même genre d’étude a été réalisée, mais cette fois auprès de 740 personnes du milieu des affaires.On peut y lire que «27% des gens affirment que la Ville de Montréal ne déploie aucun effort pour stimuler son développement économique», auquel pourcentage s'ajoute le tiers des répondants «qui n’arrivent pas à en nommer aucun en particulier».Entre l’étude de 1992 et celle de 1993, aucune différen-_^ce ou amélioration majeure n’est enregistrée.Impact Recherche note même que pour ce qui est de la notoriété de la CIDEM, le statu quo est décevant compte tenu de la campagne publicitaire.Contre toute attente, seulement 8% des répondants croient que la récession est la cause du peu de dynamisme démontré par Montréal.D’autre part, les gens d’affaires ne yoient pas dans l’économie qui périclite des raisons politiques, sauf pour 4% d’entre eux.Cameron Charlebois, de l’Institut de développement urbain du Québec, estime quant à lui que «la Ville n’a pas réussi à convaincre personne qu'elle est en contrôle de ses dépenses» et établit un corollaire avec le taux de taxation élevé de Montréal que plus du quart des gens d’affaires interrogés dénoncent.Un Canadien impliqué dans l’assassinat du ministre haïtien de la Justice?Port-au-Prince (PC) — L’ambassade canadienne en Haïti a ouvert une enquête a partir d’informations voulant qu’un citoyen canadien ait été arrêté en relation avec l’assassinat du ministre haïtien de la Justice, la semaine dernière.Le ministre de la Justice Guy Malary et ses deux gardes du corps ont été abattus en pleine rue, mardi de la semaine dernière, a Port-au-Prince.L’agence Reuter cite un proche des militaires affirmant qu’un Canadien bien connu en Haïti avait été arrêté.A Ottawa, un porte-parole du ministère des Affaires extérieures, Eduardo del Buey, a déclaré que les autorités canadiennes en poste à Port-au-Prince faisaient enquête pour voir si ces informations étaient fondées.Sigiuki* sa
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