Le devoir, 6 novembre 1993, Cahier E
! ^ iVw / oC-V.•4 / ^ ym A QUOI SERT L’ELAAC?MARIE-MICHÈLE CRON ertains disent que cela ne sert à rien du tout, que c’est de la roupie pour sansonnet, d’autres que c'est bon pour le moral des troupes.Pourtant une chose est sûre: de fil en aiguille.de déménagements en balbutiements, d’une poignée de visiteurs en 1987 venus butiner de leur œil inquiet ou savant aux 2(1000 personnes qui l’ont visitée l'an dernier lors de leurs passages éclairs ou insistants.l’Entrée Libre à I .’Art contemporain (ELAAC) est en train de passer au stade de l’affirmation.Et.espèrons-le.de la reconnaissance.Plus modeste que les foires internationales de Bâle.( hicago, ou Paris, plus intime aussi, l’expo-foire d'art contemporain de Montréal mise sur trois pôles majeurs: la gratuité de ses entrées, une meilleure visibilité de l'art actuel auprès du public montréalais et la sensibilisation au travail et au mandat effectués par les galeries.Regroupés sous le sigle d’AGCAM (Association des Galeries d’Art contemporain de Montréal), leurs membres téléguident depuis les débuts cet événement annuel et unique en son genre au Canada (on a déjà mis sur pied à Toronto un projet de ce type mais il a échoué).Désormais installée au centre-ville à la Place Bonaventure, l'ELAAC profite également de l'achalandage du Salon du livre de Montréal qu elle côtoie de près.Sa plus grande force?C’est la seule foire qui regroupe autant de productions en art contemporain au Québec.Sort originalité?Depuis quatr e ans maintenant, on y invite un pays étranger (le Mexique a été approché pour cette septième édition).Son défi?Désamorcer les vieux faux débats qui s’acharnent à discréditer — avec une forte dose de mépris — l'art contemporain.Et prouver que le ' ‘ , cette masse que l'on croit faussement informée, ne gobe pas toutes les théories fumeuses et les couleuvres qu'on v eut bien lui faire avaler.«Il ne faut pas oublier que l’ELAAC est la plus grande entreprise de diffusion d’art contemporain actuellement et que même si nous ne taisons pas beaucoup d’argent, bien que beaucoup de collectionneurs qui viennent ici profitent ( le cette occasion priv ilégiée de v oir en quelques jours et dans un même espace les différentes tendances de l’art contemporain, notre mission est accomplie quant aux domaines de la diffusion et de l’éducation», explique Christiane Chassay.la nouvelle présidente de l’AGCAM.«La première chose qui m’importait, poursuit-elle, c'était rie continuer le travail accompli précédemment par l’Association, de sensibiliser les gouvernements à l’importance des galeries d'art contemporain, de montrer que l’association n’est pas là pour représenter les artistes mais bien pour défendre les intérêts de la profession, des directeurs, des propriétaires, de défendre un code dï ?qui n’est pas encore bien défini, ni encore bien apprécié.Et de montrer où v a l'argent des subv entions que l'on dépense pour des affaires sérieuses.Ensuite de s'ouvrir le plus possible au public québécois, au milieu des affaires et.finalement, d’essayer de dév elopper un «Tohf», un tableau de Roch Plante LE DEVOIR La diffusion.immédiate l Michel Têtreault Art International (MTAI) assuré vos liaisons.Profitez de la navette spéciale.Un (court) circuit: MTAI-ELAAC-MAC.Le stationnement gratuit, au 55, rue Prince." déposera à i 1 < 5 8 13084847 L E I) E V 0 1 R I.E S S A M E I) I (i E T I) I M A X < Il E 7 X 0 V E M It It E I !) !> :t ?if» Une vue de l’ELAAC 1992.À QUOI SUITE DE LA PAGE E 1 Si les retombées de ce dernier sont encore timides, le temps et la détermination ont joué en faveur de l’association qui a assuré régulièrement une plus grande visibilité et une plus importante médiatisation de la circulation du nombre des gale-lies et des artistes.«Les gens se rappellent de nous alors qu'il y a cinq ans ils ne nous connaissaient pas, ajoute Christiane Chassay.De l’extérieur, nous sommes perçus comme une foire qui est jeune et que tout le monde aimerait pouvoir mettre sur pied car nous avons développé une bonne expertise.Maintenant il faut nous ouvrir encore plus au Canada et, dans ce sens, nous sollicitons beaucoup de galeristes qui ne peuvent pas venir, en les invitant, en les orientant pour assurer leur présence à la foire l’an prochain.L’ELAAC, c’est du travail à long terme.» Des conférences, des films et des ateliers Bien subventionnée — cette année, dans le cadre du libre-échange, les deux gouvernements québécois et mexicain ont généreusement soutenu le projet et confirment leur volonté politique d’en assurer la continuité — plus rodée, mieux organisée, chapeautée par un comité différent, bénéficiant du soutien massif de plusieurs commanditaires, la foire, qui se tiendra du 11 au 15 novembre prochain à la Place Bonaven-ture, a particulièrement soigné l’accueil et élargi son éventail d’activités.Alors qu’ils étaient réunis dans un même secteur, les représentants des revues d’art contemporain canadien et international seront disséminés à l’intérieur de la foire.On ne pourra pas, cette fois-ci, les rater.Le critique d’art Jean Dumont animera les visites guidées en anglais et en français des galeries exposantes.Toujours fidèle au poste, le Musée d’art contemporain de Montréal parrainera des ateliers d’arts plastiques inspirés des Bestiaires d’Alfred Pellan.Animées par des artistes et des théoriciens, les conférences tiendront également une place importante au cœur de l'événement.Ainsi, Nicole Dubreuil-Blondin, professeure titulaire d’histoire de l’art a l’Université de Montréal, spécialiste de l’art moderne depuis la seconde moitié du XIXe siècle jusqu’à la production américaine de l'après- Deuxieme Guerre mondiale qui a publié nombre d’articles, livres et textes de catalogues tant au Canada qu'à l’étranger, présentera Haro sur l’abstraction, un exposé qui examinera le sens et les débats qu’ont suscité ce terme largement utilisé dans le répertoire de l’art moderne, les moments clés de son développement, la pertinence actuelle des problématiques soulevées par l’art abstrait.Avec La tournée des galeries à Montréal dans les années SERT.cinquante, Lise Lamarche, professeure agrégée au département d’histoire de l’art de l’Université de Montréal, chercheure associée au projet L’Automatisme à Montréal 1942-1954 dirigé par l’historien François-Marc Gagnon, auteure de textes critiques dans des revues spécialisées et des catalogues d’exposition, nous présentera une tournée montréalaise dans les galeries réputées des années cinquante et discutera de certains marchands importants de cette époque tumultueuse.Alors que plusieurs projections de films cerneront l’art de l’Amérique latine, l’attaché de presse et des affaires culturelles pour le Consulat général du Mexique Rafael Segovia nous parlera des Artistes de la rupture, avant-gardistes qui dénoncent l’académisme et qui couperont les liens avec l’Escuela Mexicana et le «muralismo» dès les années cinquante.Une table ronde regroupant le médiateur René Derouin, ainsi que Maria Guerra, Marcos Kurtycz, Patricia Ortiz-Mo-nasterio, Guillermo Santamaria et Patricia Sloane se penchera sur La relève au Mexique dans les années 90, génération pleine de souffle forgée au milieu des années quatre-vingt.Et un retour très attendu: le coup de cœur gommé l’an dernier pour raisons financières et qui refait surface sous un autre modus vivendi.L’exposition montée par une étudiante à la maîtrise en muséologie (qui sera évaluée pour son travail), réunit une œuvre d’un artiste choisi par un directeur de sa galerie.Ce volet pédagogique s’est étoffé d’un centre d’évaluation d’œuvres d’art de l’Association des Galeries d’Art contemporain de Montréal qui s’adresse au public ainsi que d'un texte simple et instructif rédigé par Gaston Saint-Pierre sur les modalités d’achat d’une œuvre d’art.On y retrouve toutes les informations qui relèvent de ce processus: quelles sont les questions à poser à un gale-riste, comment lire un curriculum d’artiste, que doit-on regarder quand on veut acheter une œuvre, pourquoi investir, quels sont les coûts de transports, etc.«Idéalement, peut-être que ce que je souhaiterai le plus, c’est que la foire devienne un organisme à part entière avec un bureau permanent, conclut Christiane Chassay.Je pense que c’est possible, car toute l’année nous travaillons à l’élaboration de la foire comme n’importe quel festival, et il serait pertinent d’en faire quelque chose de stable, de tenir deux événements, tel une nuit des galeries par exemple.Le plus important, en fait, est de montrer ce qui se fait en art contemporain et de ne pas rester morose même s’il n’y a pas de marché».Croisons les doigts pour que ce vœu (qui n’est pas vain) trouve écho dans un proche avenir.L’ELAAC vaut bien tous les festivals qui nous tombent comme les dieux, sur la tête.-* ELAAC - Petit lexique de Part contemporain .¦ > ¦¦ f/m The Critic Smiles, de Jasper Johns.v r •' ‘«i*- USE LAMARCHE COLLABORATION SPÉCIALE Certains débats publics récents à Montréal comme à Paris, quelques articles percutants, l’ouverture prochaine de l’édition 93 de l’ELAAC suscitent des questions sur la critique d’art.Afin de permettre une mise à jour de l’information, ou à tout le moins un consensus minimal sur les principaux enjeux de l’art contemporain, nous aimerions présenter aux lecteurs du DEVOIR un petit lexique pour «les piétons cultivés», selon l’expression d’un universitaire qui souhaitait remplacer le trop vulgaire «Monsieur-tout-le-mon-de».Les entrées sont disposées en ordre alphabétique, ce qui devrait rendre la consultation aisée même pour un critique d’art qui éprouverait par ailleurs quelque difficulté à lire les introductions des catalogues de musées et qui croulerait sous le jargon.Ici, rien de tel : de A à U, tout ce que vous désirez savoir et n’avez jamais le culot de demander.Art contemporain: injure qui désigne au Québec l’art des héritiers présumés de Borduas et en France celui des héritiers supposés de Dû-champ.Se dit autant de l’art lui-même que de ses praticiens et de ses défenseurs.Par exemple: 11/Elle fait de l’art contemporain: c’est un spécialiste de l’art contemporain, etc.A noter que beaucoup de nos contemporains sont décédés, Duchamp et Borduas d’abord, Newman et Rothko aussi.Art contemporain s’oppose à art figuratif ou à art sérieux, plus rarement à art traditionnel.Art vrai ?Art qui n’est pas exposé au Musée d’art contemporain ni dans les galeries d’art contemporain, qui n’est pas acheté par le Musée des beaux-arts du Canada, que l’on ne subventionne pas, qui n’est pas exposé à l’étranger.Art que tout le monde voit, aime et comprend sans avoir besoin d’intermédiaires.Art public ?Au sens large, de l’art contemporain.Au sens restreint, des chaises-sur-lesquelles-on-ne-peut-s’asseoir.Que l’on peut aussi définir par «le prix de nos taxes» et par l’absence de pelouse dans l’environnement.Beaux-arts ?Expression désuète remplacée par arts plastiques ou arts visuels.Ceux qui ne sont pas du milieu y voient un signe de la décadence actuelle.On ne peut que leur suggérer d’employer aussi les mots vélocipède, TSF et cinématographe.Borduas ?Par qui la peste de l’art contemporain est advenue sur les rives du majestueux Saint-Iaurent.Auteur de Refus global, texte contresigné par de jeunes artistes en 1948 et qui serait à la source de tous nos «mots».On lui opposait jadis Pellan, artiste sérieux ayant fait de bonnes études.Depuis la rétrospective de l’automne au MACM, Pellan est vu comme l’artiste accessible, qui plaît à la foule des visiteurs et dont les «véritables» artistes peuvent se réclamer.A vouloir chercher un père, on en a trouvé deux: l’un que l’on peut tuer, l’autre vénérable.C’est tout un gain.The Critic Sees, de Jasper Johns.Critique d’art ?Genre littéraire mineur, tout à fait secondaire par rapport au journalisme économique et surtout au journalisme sportif.A malgré tout des praticiens de qualité dans certains quotidiens et dans quelques revues spécialisées.Chacun reconnaîtra les siens.En général, on les considère comme faisant partie du milieu, ce qui leur complique un peu l’existence puisqu’on les soupçonne de renvoyer l’ascenseur ou s’ils ne le font pas, on peut les interdire de galerie.Critiques d’art ?une typologie ?Le critique au quotidien est le plus souvent un pigiste qui vit sur la corde raide entre les attentes des artistes, les demandes (ou les manipulations) des propriétaires de galerie, les nécessités du lectorat (là entre en scène une Madame Chose) telles que posées par le chef de pupitre ou la direction: le critique engagé est une espèce disparue depuis l’éclipse des divers collaborateurs des revues de gauche des années 70 qui s’entre-déchiraient au nom de Mao et sous le drapeau de l’Albanie (certains sont maintenant universitaires, d’autres, artistes ou fonctionnaires; disparu aussi le critique «organique», lié explicitement de près à des mouvements artistiques comme le furent Claude Gauvreau avec les Automatistes et Rodolphe de Repen-tigny avec les Plasticiens; très en demande, le critique artiste lui-même et qui sait donc de quoi il parle.Cela bien sûr pour l’art contemporain, car l’artiste sérieux, lui, peint comme les oiseaux chantent et ne pense pas, se contentant de faire quelques déclarations bien senties sur sa solitude et sur les subventions qui ne lui arrivent jamais parce qu’il fait du paysage, lui, et que son art est compréhensible, d’âme à âme.Galerie d’art contemporain ?Espace inaccessible, «fret et blanc comme un lavabo» oû le «milieu» se déplace à jours fixes pour se rencontrer et tramer le prochain coup de l’art contemporain.Histoire de l’art ?Discipline universitaire un peu précieuse que l’on a décrit récemment dans les pages de ce quotidien comme étant «pour une large part de la fumisterie».La sémiologie devrait y mettre bientôt de l’ordre en faisant maison nette.A moins que les cultural studies n’aient raison de l’une et l’autre.Au Québec, vivier des spécialistes d’art contemporain; en France, bassin de recrutement pour l’art sérieux.Jargon ?tout ce qui n’est pas langage publicitaire; tout mot qu’il faut chercher dans un dictionnaire usuel; toute phrase de plus de sept mots.Tout ce qui peut être rempla-çé par «ça ne veut rien dire».Tout ce que Madame Chose de la rue Panet ne comprendrait pas (personne ne réfère jamais à un Monsieur Chose et toutes les Mme Chose habitent rue Panet.Jargon populiste?).Journalisme d’art ?Profession malheureusement inexistante à Montréal.Marché de l’art ?Thème incontournable pour le journaliste débutant ou en mal d’idées qui consiste à faire des entrevues avec les riches marchands, les pauvres artistes et les observateurs désabusés, à tirer des conclusions hâtives où l’on rappelle que Van Gogh n’a vendu qu’une toile de son vivant, que les Japonais ou les émirs achetaient tout et que maintenant c’est la crise.Que tout cela, c’est la faute à l’ait contemporain et à une petite clique (une quarantaine de personnes en Occident) où les renvois d’ascenseur sont un mode de vie.Milieu de l’art ?Quelques personnes intéressées par l’art contemporain.La critique préfère utiliser les expressions clique, mafia, petit groupe, groupe sélect, club, etc.Les sociologues Pierre Bourdieu et Howard S.Becker parlent plutôt respectivement de «champ relativement autonome de l’art» et des «mondes de l’art».Musée d’art contemporain ?Haut lieu du jargon et de l’art contempo-rain.Ixjs effets du déménagement au cœur de la ville ne se font pas encore sentir, bien que les critiques aient dû supprimer les complaintes habituelles sur l’éloignement du musée à la Cité du Havre.Il semble que ces lignes soient remplacées par une tentative de se mettre à la place du visiteur et de décerner des étoiles de fréquentation.Musée des beaux-arts du Canada ?Cible annuelle des bonnes âmes qui s’émeuvent des coûts exhorbitants des nouvelles acquisitions d’œuvres d’art pour faire oublier les prix des hélicoptères et les subventions aux entreprises privées.Lieu de résidence d’une conservatrice d’art canadien contemporain au-dessus de tout soupçon, tellement au-dessus de l’art au Québec que l’on aurait même tendance à ne pas l’inclure dans le «milieu de l’art».Philosophes ?Observateurs sans «intérêt» des magouilles de la mafia de l’art.La disparition de quelques cours de philosophie dans les cégeps permettra à certains de se recycler.Certains, plus malins, y ont déjà pensé et tiennent bonne place sur l’agora.Propriétaire de galerie ?Un portrait composite voudrait qu’il soit aventurier, snob, ayant une BMW, las des questions des visiteurs, professeur manqué, en cheville avec X ou Y des ministères utiles, harce-leur de conservateurs, ne travaillant que trois jours semaine.Le seul avec l’artiste à manifester un véritable «intérêt» pour l’art contemporain.Tous des manipulateurs dont le saint patron serait Léo Castelli.Universitaire ?Signature utile pour une introduction de catalogue.Personne-ressource indispensable aux journalistes qui après l’avoir consultée en décapent le jargon, en nivellent les subtilités et s’en servent comme preuve que l’universitaire n’est pas une Madame Chose de la rue Panet.Lise Lamarche est professeur au Département d'Iiistoire de l'art de l'Université de Montréal Luc Courchesne [Portraits Interactifs] Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa 13 novembre 1993 - 9 janvier 1994 Venez faire connaissance avec les amis virtuels de Luc Courchesne, mais soyez prudents.ils ont l’esprit vif! Rencontre avec l’artiste Le samedi 13 novembre à 14 h 30 -Conférence inaugurale de l’exposition.L’artiste commentera son installation vidéographique interactive et parlera de l’évolution de son travail.À la salle de conférences, suivie d’une visite des salles d’exposition et d’une réception dans la Rotonde.Entrée gratuite.few W»’« which arc alir.» iM'illIN-iirl» Yiliniiiil (.aller* uiTuiiuiln IIHI.|tli.lllnta.lt- Nl-«r\.Ill la».I (Oilliiriffl K IN 'IN I III Ml Wn-IOIi: Canada till ( jlllilllll *.i *¦ / * Centre Canadien d'Architecture/Canadian Centre for Archite K V II I II I.K S S A M K I) I (! K T I) I M A X < Il K 7 X 0 V E M If K K I II !l If -* ELAAC ?- igement du MAC: un meilleur accès à Part d’ici?Marcel Brisebois trace un bilan et explique les politiques du Musée MO N A II A KIM Depuis sa réouverture au centre-ville de Montréal il y a exactement 17 mois, le Musée d’art contemporain se targue d’une croissance exemplaire à tous les niveaux.Achalandage tpii a plus que triplé, partenariat transformé, salle de recherche, médiathèque, ressources matérielles et humaines grandement améliorées, on se réjouirait a moins.Des chiffres: 215 000 visiteurs (l'ouverture a bien sûr joué pour beaucoup), 81 111 entrées uniquement pour l’exposition Pellan, 20 000 pour celle de Geneviève Cadieux.Pendant les bonnes années du Musée, Judy Chicago (cas unique) avait alors attiré 60 000 visiteurs.Dans les termes de son directeur Marcel Brisebois, «il y a eu une véritable mutation.Nous sommes passé d’un stade embryonnaire à un stade que je qualifierais aujourd’hui d'adulte».Plus mature, l’adulte devrait maintenant être mieux armé pour faire face à la critique.Un créneau bien précis Sur le rôle que joue le Musée d’art contemporain par rapport aux artistes et au milieu de l’art actuel, M.Brisebois tient à nous rappeler que le Musée occupe un créneau particulier.Son rôle porte exclusivement sur la constitution, l’accessibilité et la diffusion d’une collection publique, assurer une certaine présence du Québec sur la scène internationale G’inverse est également vrai) et siq> porter la recherche."Nous ne sommes pas un Conseil des arts, et nous n’entendons pas nous substituer aux galeries, soutient-il.Dans le créneau qui est le nôtre et avec les moyens que nous avons, on s’autori- se à faire venir pour la première fois ici un artiste comme 'Phierry Kuntzel et peut-être permettre à une galerie d’oser exposer plus tard cet artiste.D’une certaine façon, nous ouvrons la voie aux galeries».Parmi les améliorations notoires apportées au Musée, notons l’implantation de la salle Projet, une sorte de banc d’essai consacré autant au travail d’un jeune créateur qu’au projet audacieux d’un artiste reconnu.Se chevauchant aux six semaines, le roulement des expositions permet flexibilité et spontanéité que ne peuvent s’octroyer les autres salles.A ce rythme, se sont succédé entre autres les Joseph Branco, Guillemo Kuilca, Guy Pellerin, Sylvie Headman et aujourd’hui Eric Cameron.Malgré cette excellente formule, les résultats suscitent encore certains reproches de la part de la critique.Précisément ce manque d’audace chez les artistes, qui semblent vouloir se cantonner dans une production de type «muséale», c’est-à-dire conformiste et univoque.Est-ce dû uniquement aux artistes eux-mêmes ou aux choix des conservateurs?«Les œuvres présentées dans cette salle sont réalisées spécifiquement pour le lieu.Nous ne connaissons pas à l’avance les résultats.Si vous avez des reproches à faire, alors tournez-vous vers les artistes, rétorquera Marcel Brisebois.Les conservateurs disposent d’une pleine liberté à l’égard des artistes, à mon tour je laisse entière liberté aux conservateurs qui demeurent les premiers — quoique non pas les seuls — responsables des activités de la programmation.Et je suis entièrement satisfait de leur travail.Vous ne trouvez pas que nous avons pris des risques avec Kuitca, Pellerin et actuellement avec Cameron?Quant au caractère trop «muséal» des œuvres, n’oublions pas que nous sommes un musée, insiste-t-il avec vigueur.Qu’on ne nous demande pas d’être une galerie parallèle, nous ne jouerons pas le rôle d’une galerie parallèle».S’ouvrir sur le monde.et sur la réalité Depuis sa transformation, le Musée a fait taire certains préjugés concernant la prédominance d’artistes étrangers à son programme, la grande salle a ainsi accueilli en grande pompe les Geneviève Cadieux, Bill Viola (un Canadien), Alfred Pellan, et accueillera prochainement les Attila Richard Lukacs (aussi Canadien) et Henry Saxe.Il est encore trop tôt pour vérifier si cette bonne attitude se poursuivra dans les années à venir, mais M.Brisebois lient à souligner qu’il en a toujours été ainsi, même lorsque le Musée était logé à la Cité du Havre.Ut proportion des artistes québécois se maintient à 55% contre 40% réservée à la scène étrangère.Un équilibre que le directeur juge tout à fait raisonnable, compte tenu de l’obligation pour un musée de,s’ouvrir sur le monde.A la suite des coupures gouvernementales qu’a subies dernièrement l’institution, celle-ci semble avoir adopté de nouvelles priorités quant à la popularité des expositions et leurs retombées quantitatives.«Le premier actionnaire s’appelle la collectivité québécoise, reprend Marcel Brisebois.Elle nous finance à 80% et elle est en droit de se demander à quoi servent les neuf millions quelle donne au Musée.Je suis obligé de justifier auprès du gouvernement du Québec ce montant d’investissement, et j’entends le faire, précise bien Marcel Brisebois.C’est peut-être cru ce que je vais dire là, mais il faut que le contribuable québécois s’aperçoive que les taxes qu’il paie pour le Musée d’art contemporain sont rentables.Les 81 000 entrées pour Pellan nous prouvent que ça peut-être rentable».A ce compte-là, la plupart des artistes québécois devraient faire leur deuil d’exposer un jour au musée.«On est obligé de faire face à des coupures.C’est ça la réalité.C’est ce que les artistes ne comprennent pas.Qu’ils se le disent une fois pour toutes et qu’ils cessent de se comporter comme des assistés sociaux.Ils veulent nous voir comme une galerie parallèle alors que nous sommes un musée».M.Brisebois tient par ailleurs à souligner que malgré les compressions, le conseil d’administration a tenu à préserver le budget de la bibliothèque qui entretient pourtant un investissement de plusieurs centaines de milliers de dollars.Comme quoi, aux dires de son directeur, le musée ne cherche pas à faire des choses rentables à tout prix, respectant son obligation d’être un lieu d’information sur l’art contemporain, ouvert sur le monde.Aux attaques faites par l’article de L'actualité concernant les manigances provenant des différents intervenants en art (dont les musées), Marcel Brisebois ne veut pas répondre.«C’est la mode en ce moment de prendre à partie l’art contemporain.Je suis tout à fait favorable aux débats, mais je ne suis pas là pour Elire de l’auto-justification».Même son de cloche quant aux critiques faites à l’égard de la section Tableaux inauguraux.«Ma façon de répondre est de dire aux détracteurs qu’ils viennent voir mes expositions subséquentes».l'IIOTO JACUUKS NADKAC «Nous ne sommes pas un Conseil des arts, et nous n’entendons pas nous substituer aux galeries», souligne Marcel Brisebois, le directeur du Musée d’art contemporain.L'ja/RT CONTEMPORAIN sous toutes ses formes Association des galeries d'art contemporain (Montréal) L’ART CONTEMPORAIN ON Y CROIT TELLEMENT QU’ON EN VEND prochaines expositions : Violaine Gaudreau, du 14 au 27 novembre Louis Jaque et Françoise Barraud, du 1er au 24 décembre GALERIE SIMON BLAIS 4521.CU«k, MomriaI (514)849-1165 ROBERT WOLFE Le sacré et le profane jusqu'au 27 novembre 1993 Galerie Graff 963 Rachel est Montréal H2J 2J4 (514) 526-2616 mercredi-vendredi 11 h à 18h, samedi 12h à 17h.GALERIE CHRISTIANE C H A S S A Y 372, rue Sainte-Catherine Ouest Salle 418 Montréal (Québec) H3B1A2 Tél.+ télécopieur.514 875-0071 ft 5?*//ll\* Galerie Jocelyne Gobeil Œuvres portables Une présence particulière à l'ELAAC du 10 au 15 novembre Une galerie unique à Montréal 21 54, rue Crescent (514) 843 3856 Choix de créations d'artistes internationaux pour qui le corps est le.support de l'oeuvre Louisette Gauthier-Mitchell Œuvres récentes jusqu au 25 novembre WADDINGTON & GORCE 2155 rue Mackay Montréal, Québec Canada H JG 2J2 Tél.: 1514)847-1112 Fax: (514)847-1113 GALERIE ELENA LEE VERRE D'ART ASTRI REUSCH jusqu'au 23 novembre 1428 OUEST.SHERBROOKE MONTRÉAL (QUÉBEC) H3G ! K4 Tél.: (514) 844-6009 • Fax: (514) 343-0207 Ces galeries d'art SERONT PRÉSENTES À ELAAC (entrée libre À L'ART contemporain) DU 1 1 AU 1 5 NOVEMBRE Place Bonaventure GALERIE Estampe Plus Élène Gamache «Le monde à ma façon» jusqu'au 25 novembre 49, rue Saint-Pierre, Québec (418)694-1303 GALERIE TROIS POINTS Michèle Assal Paul Béliveau Pierre Bellemare Marie-Claude Bouthillier Kai Chan Pierre Charrier Richard Deschênes Suzanne Dubuc Marc Garneau François Houdé Michelle Héon Paul Lacroix Colette Laliberté Lisette Lemieux Suzelle Levasseur Yves Louis-Seize François-Xavier Marange Jean-Marie Martin Richard Mill Dominique Morel Marcel Saint-Pierre Bruno Santerre Françoise Tounissoux avec la participation du Ministère de la Culture du Québec 307.SAINTE-CATHERINF OUEST SUITE 555.MONTREAL H2X 2A3 (514) 845-5555 MARCELLE FERRON et MILJENKO HORVAT à l’EXPO-FOIRE INTERNATIONALE D’ART CONTEMPORAIN Du 11 au 15 novembre 93 GALERIE LACERTE^PALARDY associes Hall Sud Place Bonaventure Entrée libre Lundi au dimanche de 11 h à 21 h Lundi 15 nov.de 11 h à 19 h LAURENT BOUCHARD jusqu'au 14 n o v e m b r c L1LI RICHARD du 18 novembre au 8 décembre avec la participation du Ministère de Ja Culture du Québec Galerie Elca London 161h.rue Sherbrooke Ouest, Montreal (Québec) 11.111 lO) • (51-1) 9310Mb Mefnbiv île VAs&k'iiition Professionnelle tic* Galeries ti'Arl ilnGniuuhi lin L’éducation .permanente MUSEE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTREAL Un laissez-passer vous sera alors remis gracieusement pour visiter l'exposition Riopelle: Terre ei Feu, au Musée d'art contemporain de Montréal (MAC), (valide jusqu'au 2 janvier 1994).Faites le tour.I I L !•: I) K V 0 I I! I.K S S A M K |) I (! K T K I M \ \ ( || K X (I V !•: M It I! K I !» !» :t K (i - E L A A C * I>e marché de l’art La «bourse» est-elle à la hausse ou à la baisse?Trois galéristes montréalais exposent leurs vues sur la crise de l’art MARIE-MICHÈLE C R O N Après avoir épuisé toute sa panoplie de lieux communs (flambée des prix, surenchère, valeurs-refuge.), où en est rendu le marché de l'art?Depuis quelques années déjà, son pouls est bien faible, on le sait.On ne compte plus les galeries, tant sur la scène nationale qu'internationale, qui ont fermé leurs portes, ni celles qui vivent sur la corde raide.Bref, le marché de l'art actuel est aussi chaotique que nos sociétés qui doivent se débattre avec de magistrales crises économiques.En fait, il ressemble à un gros gâteau dont la hiérarchie, dépendamment du point de vue où l'on se placerait, s'étagerait entre les chromos des centres commerciaux et les œuvres inédites qui contribuent au rayonnement d'une culture à l'étranger.Mais le marché qui est une chose compliquée est plus que cela, car outre les institutions muséales, les corporations, les collectionneurs privés, différents vecteurs viennent lui donner une autre pulsion: les spéculateurs, les consultants, la Maison des encans entre autres.Et les retombées financières des coulisses de l'art (on y reviendra plus loin ) dont on ne soupçonne peut-être pas à leur juste mesure, l'existence et les rendements prolifiques.Difficile à qualifier, difficile à quantifier le marché de l'art.Comment certaines galeries montréalaises le jugent-elles?Un marché volatile «Nous ne vivons pas exclusivement de la vente, répond Jocelyne .Aumont qui dirige la galerie Trois Points avec Eric Devlin et Elena Lee.Il faut dire qu'en période de récession, les gens sont plus nerveux, les galeries et les artistes aussi, il y a des tensions et il est difficile d'être généreux à cause de ce continuel manque d'argent.Les années 90 ont réussi à faire quelque chose que les autres décennies n'ont pas fait avant elles, c'est de faire comprendre aux gens de moins dépenser, d'être vigilants.Et puis, au cours de cette période, nous avons assisté au retrait presque complet de toutes les corporations au niveau des achats, chose compréhensible lorsqu'une compagnie doit choisir entre les mises à pied et l'acquisition d'œuvres d'art».D'après Jocelyne Aumont, la tranche la plus difficle à atteindre est la génération des 35 ans.un profil- EXPOSITION JUSQU’AU 14 NOVEMBRE LÉON BELLEFLEUR JEAN-PIERRE LAFRANCE upéjetflijfe 430.rue BONSECOURS VIEUX-MONTRÉAl • 875-8281 Du mar.au dim.de 11 h à 17 h ACHAT • EVALUATION • LOCATION Invitation aux artistes qui veulent exposer à la Galerie Faire parvenir avant le 31 janvier 1994.• Curriculum vitae à jour • 10 diapositives • Texte de démarche • Projet d'exposition • Enveloppe de retour affranchie La galerie d'art du collège Édouard-Montpetit 100, rue de Gentilly Est, local D 0620 Longueuil (Québec) J4H 4A9 (514) 679-2966 / 679 4480 type qui regrouperait de grands consommateurs de culture de formation universitaire.Ainsi, la galerie a modifié ses stratégies en invitant les clients à la galerie, en organisant des soupers avec des collectionneurs, des rencontres avec l'artiste, en fonctionnant sur un mode plus personnalisé et plus convivial.Et en participant, tant faire se peut, aux foires.«C'est important d'y assister car ici le bassin des collectionneurs est trop petit.Mais nous n'avons pas d'argent pour publier des catalogues, ni pour participer aux foires à l'extérieur car cela prend cinq ans avant d'avoir des résultats tangibles.Grâce à l'EIAAC, on se montre, on crée des contacts, on peut faire des échanges avec d'autres galeries.Chaque année, nous arrivons personnellement à vendre une pièce à quelqu'un qu'on ne connaît pas».S'il est vrai que le marché est au ralenti depuis trois ans maintenant, Jocelyne Aumont ne croit pas à la surenchère des prix qui est une façon de les faire baisser.«Pour moi, la faiblesse du marché local est due en partie au scandale de Mayfair, une galerie d'art qui approchait les gens, il y a déjà quelque temps, pour acheter et revendre des enivres à leur place et qui s'amusait à faire des transactions.Et, entre autres, à une mauvaise publicité que les arts visuels ont subie des médias.C'est vrai que tous les débats actuels ne nous aident pas comme l'histoire autour de Rothko par exemple, qui fait en sorte que l'on est en train cle paver le chemin à une réaction de droite.Celle-ci dit qu'il ne faudra plus donner de subventions au milieu des arts.Et pourtant, on sait depuis longtemps déjà que ce milieu-là rapporte pour tout dollar investi, un dollar, que c'est un milieu qui ne perd pas ses subventions et que c'est l'un des rares qui ne fonctionne pas à perte».René Blouin abonde dans le même sens en ce qui a trait à cette donne économique.«la?programme du 1% a beaucoup aidé et c'est une partie du marché qui est intéressante, qui a des effets secondaires très importants sur l'industrie montréalaise, ajoute t-il.Les artistes ne font pas beaucoup d'argent, la plupart d'entre eux d'ailleurs doivent travailler à côté car leurs frais sont énormes et leurs pièces sont très chères à produire, mais ils font rouler l'économie.Tout ce qu'on investit dans le milieu de la culture ne se retrouve pas dans les poches d'une personne mais dans les FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM SUR L'ART 8-13 MARS 1994 MONTRÉAL ~r-r- InfoTél : 874-1637 Fax:874-9929 EXPRESSION Jusqu’au 5 décembre 1993 LILIANA BEREZOWSKY «SCULPTURES» Jusqu’au 12 décembre 1993 CLAUDE FORAND «ORFEVRERIE» L’ART DE LA TABLE «CRÉATIONS QUÉBÉCOISES EXCLUSIVES» Horaire Du mardi au vendredi, de 10 h à 17 h Samedi et dimanche, de 13 h à 17 h.495, rue Saint-Simon, Ste-Hyacinthe Qc.J2S 5C3 (514)773-4209 Accrédité par le ministère de la Culture du Québec et la ville de Saint-Hyacinthe poches de plusieurs milliers de gens, et pas seulement en arts visuels, ce qui a des répercussions énormes.Que l'on pense aux encadreurs, par exemple, aux laboratoires de photos, aux firmes de transport, de courtage.Le marché, c'est tout cela».Pensons également à l'immeuble où loge la galerie avec d'autres.Condamné à long tenue, l'édifice Belgo revit depuis le milieu des ruinées quatre-vingt grâce à la culture: création de postes tels celui de concierge ou bien de garçon d'ascenseur, augmentation de la clientèle qui rejaillit sur les commerces aux alentours — les restaurants, les fabricants.A l'image des autres immeubles qui abritent galeries et centres d'artistes, le 372 de la nie Sainte-Catherine est devenue une micro-société.Mais que le marché soit en hausse ou en baisse, René Blouin, dont le parcours de galeriste est atypique, veut avant tout présenter de bonnes expositions et les œuvres de ses artistes circulent bien et beaucoup à l'étranger.«Il faut qu'elles soient éclairées par d'autres oeuvres qui leur répondent explique t-il.Personnellement, je pense que cela ne donne rien de comprendre le marché de l'art car dans toutes les petites villes de la grandeur de Montréal, c'est la même affaire.On ne peut pas vivre de sa ville, et c'est très bien comme ça car si tout le monde achetait toutes les œuvres que l'on montre, elles resteraient seulement ici et ce serait épouvantable.Je m'intéresse plus à des rapports très soutenus avec des clients privilégiés que ce soient des musées ou des corporations, comme aux liens soutenus avec les artistes.Et ciue le marché tombe ou flamboie, cela nous affecte émotionnellement, mais pas financièrement.» L’audace de découvrir Michel Tétreault, de la galerie Michel Tétreault Art International, quant à lui, est optimiste.II faut dire que des milliers de personnes ont franchi les portes de la galerie pour admirer la murale de Riopelle.Et de plus, ils achètent.«Je sens une petite remontée qui s'exprime par la réaction des gens, dit-il.Ils sont plus éveillés, plus sérieux, ils ont une nouvelle perception de l'art et de l'acquisition d'une collection.Et puis, beaucoup de jeunes qui n'étaient jamais venus ici découvrent les autres artistes, ils se sentent interpellés.» La clé de voûte de la réussite pour lui?La mise en RIOPELLE Rétrospective de gravures de 1967 à 1992 ÎOO lithos • gravures • albums Du sam.30 oct.au dim.7 nov.Tous les jours de lOh à 18h CENTRE DE COMMERCE MONDIAL ATRIUM WILSON 747 Square Victoria , Montréal Collaboration de la Galerie Brocard ré/.: 224-4294 r éÿ marché, le marketing, véritable phénomène spéculatif dont la galerie est devenue l'égérie par excellence.Encore faut-il avoir le désir et les moyens pour entreprendre cette entreprise cle séduction auprès du public comme auprès des médias.Et que celle-ci retombe sur les «jeunes» artistes qui vivent toujours aussi mal de la vente de leurs productions.Comment ceux-ci peuvent-ils encore surprendre ceux qui les encouragent en les exposant?«!a?s artistes n'ont pas besoin de provoquer, répond René Blouin.Et s'ils le font, c'est par accident.L'artis- te est la pour déclencher des réflexions, arrêter l'imaginaire, l'orienter sur des traces qui vont nous permettre d'appréhender le monde».la galerie Trois Points, qui touche tous les médias, est très sensible à la couleur, à la matière.Mais sans privilégier une forme plus qu'une autre, selon le comportement du marché, et tout en éludant une considération trop étudiée, la peinture se retrouve souvent accrochée à ses cimaises.«II faut encourager les jeunes artistes qui aujourd'hui connaissent plus leur histoire de l'art et sont au courant de ce qui se passe à l'extérieur, renchérit Jocelyne Aumont.Et qu'ils voyagent ou pas, ils dévorent les magazines d'art.Cela se voit et cela se sent».Et Michel le-treault — avouant qu'il aimerait plus souvent circuler d;uis les ateliers d'artistes-concepteur du mini-événement Traverses qui permet de sonder de nouvelles propositions artistiques — croit qu'il faut avoir l'audace de découvrir et surtout d'éduquer les gens.En attendant, les intervenants du milieu ne se reposent ni sur leurs lauriers, ni sur le défaitisme.Cela restera toujours le meilleur moyen de marcher.! «W* * ix \ v.iA, -C SOURCE MUSÉE DES AMS CONTEMPORAINS La Chouette, huile, sable et matériaux, oeuvre d’Alfred Pellan réalisée en 1954 >• mœy, ¦ i-yri •mm : * , O».• y l I V P* i'SlH .¦R • :mk ¦ ¦ w ÜS CHAMPION If: 1992-93 CHAMPÙ 1392-9; «MONTREAL., AVEC AMOUR DU 7 AU 14 NOVEMBRE 1993 Venez rencontrer cet .artiste de réputation internationale lui vernissage cle ses œuvres récentes Lr.Dimanche 7 novembre de 13h à 17h TTkmmteÆ JJP* Le Dimanche 7 novembre ihP! ifaffimr" de13hài7h _ ^ _ Parade do la coupe ttanlèy, rue Sherbrooke.g?Galerie êptfr0 KLIMANTIR1S 742 Ixuil.-Décarie, Ville St-laiurcnt (aiic/enneiuenl MAISON D’ÀKTST-LAUKHNT) 744-6683 SOUKCK Ml SI I DLS HKAUX ARTS DK MONTRÉAL line huile sur toile réalisée par Paul-Emile Borduas en 1948, 6.18 ou Fête à la lime.MIMIE LANGLOIS Oeuvres i et entes 25 novembre I2 décembre 1993 ( onjerem e de Icon Dumont U'udi 25 novemlue !%M) Ve ini wage n 215 HCKHEHT HEHOjjS I LU MME.IQÜS LES JMS.LIBRAIRIE DU MUSÉE, 1368, rue Sherbrooke ouest Téléphone: (514) 285-1600 Télécopieur: (514) 285-2876 Heures d'ouverture de la Librairie: tous les Jours, de 11 h à 18 h; les mercredi, jeudi et vendredi, jusqu'à 21 h.Entrée gratuite.690, RUE SHERBROOKE OUEST, MONTRÉAL • 1987100 "Trir~'~ Centre de documentation Service de distribution de catalogues d’exposition .3575, Saint-Laurent, suite 103 Montréal (Québec) Canada H2X 277 Tel.: (514) 845-2759 Tax: (514) 845-4345 ARTEXTE centre d’information en art contemporain libraire officiel d’ELAAC Montréal 1993 Librairie Musée ,1’art contemporain de Montréal 185.Sainte-( \uhennc ( lues! Montreal (Quebec) Canada H2X IZS Téi: (514) 847-6903 Tax: 1514) 84^-6909 La liaison .directe jQué alegrïa!, île Pierre-Léon Tétrentill lit i 12 novembre au S décembre 1993 ï'I MTAI: 55, rue Prince, Montréal ( Québec) Téléphone: (51 4) 878-A RTS Télécopieur: (51 4) 878-8078 Heures d'ouverture: 7 jours / semaine, de 11 à 18 heures I.K l> K \' 0 I II I E S S A M E D I li E T I) I M A X C II E 7 X (I V E M II II E I !) !) Il ?E L A A O Printemps/Plein temps 93, à l’UQAM.Exposition étudiante, à Concordia, à l’automne 1992 i*M«» L *»»« ¦ yt*&*m^jK^****>: y J’aurais voulu être un artiste! Installés dans leur coquille institutionnelle, les étudiants en art se doutent-ils de ce qui les attend?MON A HAKIM Mais qu'est-ce qui motive donc les jeunes à poursuivre des études en arts plastiques?Ne font-ils que se rajouter à la horde d’artistes déjà forcés de se soumettre à la loi de la jungle?On se bouscule ferme aux portillons des galeries qui ne peuvent manifestement pas fournir à la demande.Elles-mêmes ayant le souffle plutôt court en ces temps capricieux.Bien installés dans leur coquille institutionnelle, ces étudiants sont-ils au courant de la situation qui prévaut a l’extérieur?A quoi correspondent leurs attentes?Pour en savoir plus long, nous nous sommes infiltrés dans une classe de 3ème année au bac.a l’UQAM et dans celles de 1ère et 2ème année à l’Université Concordia.La «vraie vie» Difficile de saisir le pouls exact de ces jeunes.Les opinions sont partagées, on se bute parfois a certaines contradictions, le futur,leur semble encore lointain et flou.À l’unanimité cependant, leur motivation provient d’un besoin personnel, vital, presque égoïste, d’une passion, d’une nécessité semblable à une drogue, d’une liberté d’expression.Tous sont pourtant conscients qu’ils ne pourront vivre uniquement de leur art et devront donc se résigner a occuper des emplois connexes pour payer matériel et loyer.Mais entre-temps, de leurs propres aveux: «On vit au jour le jour, on ne veut pas penser a plus tard.On essaie de se raccrocher à un rêve».Aussi grande que soit cette nécessité de créer, l’art pour eux n’est pourtant pas une profession.Parce que profession rime avec métier permettant de gagner sa vie, l'art, du coup, ne rentre pas dans cette catégorie.Voilà une équation tout élémentaire et on ne peut plus terre à terre.Mais alors si ce n’est pas une profession, comment le définir?«C’est une philosophie de vie.Une attitude marginale» répondra cette étudiante de l’UQAM.«C’est notre seule façon d’avoir une emprise sur la vie», répliquera sa coéquipières.Pour une autre, de Concordia, qui a déjà côtoyé le marché du travail: «Il faut apprendre a vivre avec l’insécurité.Si on a vraiment ça dans le sang, le manque d'argent ne doit surtout pas nous empêcher d’aller dans ce domaine.Et puis de toute maniéré, il n'y a pas plus d’emplois dans les autres secteurs».Repoussant au maximum l’échéance de leur entrée dans la «vraie vie», la plupart d'entre eux poursuivront des études a la maîtrise.L’école offre pour le moment toute la sécurité nécessaire: accessibilité des matériaux, échanges avec professeurs et autres étudiants, milieu stimulant, disponibilité d’espaces d’expositions, possibilité d’explorer et d’acquérir une structure, alors pourquoi pas en profiter le plus longtemps possible.Parmi leurs attentes, il y a bien sûr la reconnaissance, bien que le réseau institutionnel, déjà engorgé, ne soit pas pour eux un chemin obligé.«On veut surtout que nos œuvres soient fréquemment montrées, explique un étudiant.Pour ça, il faut se débrouiller par nous-mêmes, réfléchir a d’autres moyens d’exposer, trouver de nouveaux lieux de diffusion.Ça |M*ut être la nie, les lieux pu- blics, les espaces marginaux, chez soi».«Pour se faire connaître, reprend un autre, il faut oser, savoir se défendre, avoir un sens poussé du marketing, rencontrer les bonnes personnes».Pour certains, les galeries parallèles semblent des lieux plus libres d’expressions.La peinture en question A savoir si l’art s’adresse au grand public ou a des spécialistes, chacun y va de ses propres hypothèses.Par manque d’arguments solides, on n’arrive pas à faire consensus là-dessus.Plusieurs s’accordent à dire cependant que les œuvres ne sont pas particulièrement faciles à comprendre pour tout le monde et demandent une approche particulière.«On vit dans un monde qui exige des preuves, confiera un élève de l’UQAM.L’artiste qui n’explique pas son travail, ça ne lui donne rien aujourd’hui».Une opinion que partagent en maugréant l’ensemble des étudiants.On semble s’y soumettre par obligation et non par goût.Concernant les disciplines privilégiées, tous se considèrent artistes pluridisciplinaires.«On ne peut plus se permettre de se limiter à un médium.Il faut toucher à tout: photo, installation, vidéo, infographie.Nous évoluons avec le temps et profitons de la technologie qui nous est proposé», clament-ils a l'unanimité.Chez les étudiants de l’UQAM, la peinture fait plutôt office de parent pauvre et semble à leurs yeux dépassée.Elle sera alors intégrée à d’autres médiums ou fera l'objet de nouvelles expériences.«Les professeurs ne nous encouragent pas à faire uniquement de la peinture», soulignera l’une d'elles.Notons que nous sommes ici dans un classe de photo-mécanique et que ces étudiants ont délibérément choisi de se diriger dans de nouvelles avenues.Autre son de cloche du côté de Concordia.Quoique ouverts à toutes disciplines, les éleves possèdent encore un grand respect pour la peinture et le dessin.De fait, on a toujours relevé certaines distinctions dans l’approche des deux universités.Alors que l’UQAM dirigera ses étudiants vers des techniques multidisciplinaires et un art plus conceptuel (aux dires des jeunes eux-mêmes), Concordia exige lors de l’inscription une base solide en dessin.«lorsque j’ai voulu m’inscrire a l’UQAM, on m’a laissé entendre qu’avec mes préférences pour la peinture, Concordia serait idéal pour moi», confie cette étudiante qui a suivi ces bons conseils.Ici, le nombre important d’artistes peintres tels John McEwen, Guido Molinari, Torn Hopkins, Erançoise Sullivan, Yves Gaucher, Russel Gordon est révélateur de l’orientation prise par l’université.L’UQAM, quant a elle, aura entres autres ses Yves Trudeau, Denis Rousseau, Michel Goulet, outre bien sûr une section très forte en techniques d’impression.Quoi souhaiter de plus à ces jeunes artistes sinon de s'agripper solidement a leurs rêves.D-s statistiques démontrent que 70% d’entre eux abandonnent en cours de route (il en reste pourtant une profusion sur le marché), environ 4% persévèrent et lfj% se dirigent vers l’enseignement.Pour demeurer dans la bonne proportion, il faudra alors foncer, tête baissée.FOIRE Ni INTERNATIONALE O N T R É A L Du 11 au 15 novembre 1993 Place Bonaventure - hall sud Pays invité: le Mexique E XPOSANTS GALERIES Galerie Ariadne Galerie Art et Arte Galerie Arte Mejicano Galerie d'arts contemporains de Montréal Galerie l'Autre Équivoque Pierre-Luc Saint-Laurent et David Allan Hill Galerie Barbara Silverberg Galerie Brenda Wallace Galerie Christiane Chassay Galerie les Éditeurs d'Art associés inc.Galerie Elena Lee / Verre d'ert Galerie Estampe Plus Fondation pour l'art thérapeutique et l'art brut du Québec Galerie Graff La Guilde Graphique Galerie Jocelyne Gobeil Galeria Juan Martin Galerie Lacerte, Palardy et associés Galerie Lallouz + Wetterson Galerie le Loup de Gouttière Galerie Madeleine Lacerte Michel Tétreault Art International Galeria O.M.R.Galerie René Blouin Galerie Riverin - Arlogos Art Contemporain Inc.Galerie Simon Blais Galeria Sloane-Racotta Galerie Trois Points Yves Le Roux Art Contemporain TABLES Arte al dia - Argentine Artexte, libraire officiel de TELAAC Art speak - New York Centre d'évaluation des oeuvres d'8rt (CEOA) Centre Saidye Bronfman Conseil de la peinture du Québec Le Devoir ETC Montréal Expo-Arte Guadalajara - Mexique Fondation des amis du musée d'art contemporain de Montréal Magazine Parcours Latin American Art - Colombie Revue Le Sabord Vie des arts Voir COMMANDITAIR E S APTE AL DIA ARTSPEAK ASCENSEURS RÉ-NO LTÉE CICOtlA.CABINET-CONSEIL EN MARKETING DIRECT CINÉMA LIBRE CONSEIL DES ARTS DU CANADA CONSEIL DES ARTS DE LA COMMUNAUTÉ URBAINE DE MONTRÉAL CONSULAT GÉNÉRAL DU MEXIQUE DANIELLE BELLEMARE, CGA - HAREL, DROUIN & ASSOCIÉS DIRECTION GÉNÉRALE DES AFFAIRES CULTURELLES DU MINISTRE DES AFFAIRES EXTÉRIEURES DU MEXIQUE LE DEVOIR HILTON MONTRÉAL - BONAVENTURE IMAGE ACTUELLE LARICHELIRE DESIGN ET COMMUNICATION LATIN AMERICAN ART MAGAZINE INC L.L LOZEAU MAISON DE LA CULTURE CTE-DES NEIGES MICROSEPV MINISTRE DES AFFAIRES INTERNATIONALES DU QUÉBEC MINISTRE DU COMMERCE ET DU DÉVELOPPEMENT INDUSTRIEL MEXICAIN MINISTRE DES COMMUNICATIONS DU CANADA MINISTRE DE LA CULTURE DU QUÉBEC MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL MIJSÉO TECHNI LE PALTOQUET PLOUK DESIGN P P ATT «, WHITNEV PRODUCTIONS PIXART TEL-AV TOUT AUTOUR ATELIER D'ENCADREMENT VIA ROUTE LE VIDÉOGRAPHE LE VIGNOBLE LA BAUGE VILLE DE MONTRÉAL - CIDEC Heures d'ouverture: Jeudi 11 au dimanche 14 novembre de 11 heures à 21 heures Lundi 15 novembre de 1 1 heures à 19 heures Entrée libre A C T I V I T É S FILMS Jeudi, le 1 1 novembre 1993 1 1 h 30 Irma Palacios.«Espejismo Minerai» 13 h 00 José Castro Lenero «Imagenes encontradas» 14 h 00 German Venegas 15 h 00 Frida 16 h 00 Le studio Cormier (25 min.) j 19 h 00 Migrations Vendredi, le 1 2 novembre 1 993 1 1 h 30 Migrations (26 min.) 13 h 00 Irma Palacios.«Espejismo Minerai» 18 h 00 Frida ! Samedi, le 13 novembre 1993 î 1 1 h 30 Caria Rippey «El sueno que corne al sueno» 1 3 h 00 L'avaleur de cendres 14 h 00 Irma Palacios.«Espejismo Minerai» 16 h 00 Caria Rippey «El sueno que corne al sueno» Dimanche, le 1 4 novembre 1 993 ! 1 1 h 30 Le studio Cormier (25 min.) i 13 h 00 Eloy Tarcisio «De tunas sangrantes» 14 h 00 German Venegas 15 h 00 José Castro Lenero «Imagenes encontradas» 16 h 00 L'avaleur de cendres 19 h 00 Barbara Kasten: painting with light (20 min.) j Lundi, le 15 novembre 1993 j 1 1 h 30 Barbara Kasten: painting with light (20 min.) 1 3 h 00 Frida 1 5 h 00 German Venegas 1 6 h 00 Eloy Tarcisio «De tunas sangrantes» 1 8 h 00 Carla Rippey «El sueno que come al sueno» CONFÉRENCES HARO sur l'abstroctlonl Conférencière: Nicole Dubreuil-Blondin Vendredi, le 12 novembre à 16 h 00 Les artistes de la «Rupture» conférencier: Rafael Segovia Samedi, le 13 novembre à 15h00 Table ronde: La relève au Mexique dans les années 90 Samedi, le 13 novembre à 19h00 La tournée des galeries è Montréal dans les années cinquante conférencière: Lise Lamarche Dimanche, le 14 novembre à 16h00 AUTRES Visites commentées Animateur : Jean Dumont, critique d'art Coût : 5$ par personne Inscription à l'accueil Ateliers d'arts plastiques Direction de l'éducation et documentation du Musée d'art contemporain de Montréal Coup de coeur des directeurs Conservatrice invitée: Anouk Magnan Entrée libre â l'art contemporain (ELAAC) est une réalisation de l'Association des galeries d'art contemporain (Montréal) contempo ELAAC MONTREAL 1993
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