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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1993-12-09, Collections de BAnQ.

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19 10 F 0 N I) E I.X X X I V I K V D I 9 I) i: ( I M |{ It | I* E R S P E C T I V E S Le déclin d’une tradition L'influence du Canada dans les missions de maintien de la paix est en perte de vitesse J o c e I v il C o u l o il Les missions de maintien de la paix sont toujours une source de fierté pour les politiciens canadiens qui aiment dresser le bilan des activités internationales du Canada.Apres tout, c’est un Canadien, Lester B.Pearson, qui a fait adopter par les Nations unies, lors de la crise de Suez en 1956, son idée de déployer des Casques bleus pour maintenir la paix entre des belligérants.Il devait obtenir le prix Nobel de la priix pour cette belle trouvaille.Depuis, le Canada se fait un devoir de participer à toutes les missions que l'ONU met sur pied pour régler les conflits.Malheureusement, cette tradition est en déclin et le Canada |xrd rapidement de son influence dans les questions touchant au maintien de la paix.Trois raisons expliquent cet état des choses: la participation des grandes puissances; l’augmentation du nombre de pays contributeurs et la réduction des ressources des Forces années canadiennes.Jusqu'à tout récemment, le maintien de la paix était une activité à laquelle les grandes puissances ne prenaient part qu’à titre exceptionnel.Elles se contentaient plutôt de faire pression sur les parties dans un conflit pour obtenir—à défaut d’un règlement — un cessez-le-feu qu’elles laissaient à d'autres le soin de faire respecter.le Canada, les pays Scandinaves et quelques Etats du tiers monde ont acquis une influence internationale en acceptant ce rôle.M;iis depuis la fin eje la guerre froide et la renaissance des Nations unies, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France—la Russie et la Chine sont encore hors-jeu — ont soudainement découvert la valeur militaire et diplomatique des missions de maintien de la ixiix.Non seulement ils y apportent leur contribution en argent et en hommes, mais ils entendent bien y prendre une large place, bousculant ainsi ceux qui dominaient naguère.En Somalie, la mission est complètement dominée par les Américains, «dors qu’en ex-Yougoslavie, les Français dictent leurs conditions.Au Golan, les Israéliens ont déjà fait savoir qu’ils n’accepteraient personne d’autre que des troupes américaines pour contrôler leur éventuel retrait de ce territoire syrien.Ailleurs, la lutte est plus ou moins rude, selon les enjeux géopolitiques en présence.Mais les Grands ne sont plus les seuls a supplanter le Canada.Voici que d’autres pays frappent à la porte des Nations unies, qui pour exercer plus d’influence, qui pour gagner des dollars.Si le nombre de pays qui contribuent augmente rapidement — il est passé de 50 en 1990 à 72 aujourd'hui — une vingtaine fournissent le gros des contingents de Casques bleus.C’est dans ce lot que le Canada, il n’y a pas longtemps, disputait la première place à la Finlande ou à l’Autriche.En 1991, des officiers canadiens dirigeaient même ., trois missions des Nations unies — neuvième place, Chypre, Sahara occidental et Amérique centrale.Cette époque est révolue.D'Canada se retrouve maintenant en neuvième place, loin derrière les trois Grands, l'Inde, le Pakistan, l’Italie, les Pays-Bas et le Bangladesh.Au rythme où vont les choses, le Canada pourrait encore perdre du terrain lorsque des pays les Pays-Hits et le comme l’Allemagne, le Japon, la Chine, la Russie, l'Ukraine, le Nige-Bangladesh ria, etc., tous bien pourvus en forces armées, décideront d’augmenter leur contribution, ce qui ne devrait pas tarder.Actuellement, le Canada aligne 2(KX) Casques bleus en ex-Yougoslavie et 600 autres dans une dizaine de missions à travers le monde.U's Forces armées pourraient bien en ajouter 500 ou 1000 autres, mais ce serait le maximum, dit son état-major, à qui le gouvernement a ordonné de réduire ses effectifs de 10% d’ici trois ans.Le Canada a bien 82 000 soldats, mais ce chiffre est trompeur, les missions de paix sont principalement composées de soldats de l'année de terre qui compte présentement 20 (XX) militaires — du cuisinier au fantassin — tous n’étant pas qualifiés ou disponibles ]xmr participer à des engagements à l’étranger.Et il faut bien en garder quelques uns au pays en cas de crise ou de catastrophe naturelle.Qu’on le veuille ou non, le poids du nombre compte et ixxir maintenir une certaine influence, les politiciens canadiens devront faire davantage que d’invoquer dans leurs discours la mémoire de Pearson, la longue expérience du pays dans le maintien de la paix ou la fidèle participation à toutes les missions.Certes, la réputation du Canada est toujours impeccable.A ( )ttawa, les délégations étrangères se succèdent pour étudier l’expérience des soldats canadiens et les experts de la Défense nationale et des Affaires étrangères sont des conférenciers prisés aux quatre coins du monde.Les publications sur les Casques bleus ne manquent jamais de rendre hommage au savoir-faire des Canadiens.Mais, plus l'expertise s’acquiert, moins elle est un critère d’influence.Ce sont maintenant ceux qui alignent le plus de soldats sur le terrain qui donnent le ton et qui réclament des voix aux décisions et les places les plus importantes.Déjà, la France, premier contributeur, piaffe d’impatience et convoite les |x>stes de direction au Bureau des opérations rie maintien de la paix à New York, dont celui du conseiller militaire du secrétaire général, occupé par un général canadien.An moment où le maintien de la paix est devenu un outil diplomatique important sur la scène internationale, l'influence que peut exercer un pays sur la gestion d'une armée de quelques 80 000 Casques bleus n'est pas une question négligeable.I je déclin du Canada était sans doute inévitable.Il reste qu'il |X‘iil toujours être freine.Le Canada se retrouve en loin derrière les trois Grands, l’Inde, le Pakistan, l’Italie, I N I) V, X Idées.\7 Opinions.AO Monde.AS Montréal.A.'t Mots croisés.IM Politique.Al es Sports.H5 les Actualités.Ai \gcnda culturel.HO \nnoncvs classées.B5 \vis publies.H t Culture.HH Économie.Hi Éditorial.A0 Météo * Ciel variable Max: : tétails en IM CULTURE 1mm LE MONDE m POLITIQUE Conservatoires: W* # Moscou menace les Rae impose un impôt minimum Liza Frit lia s’explique \ } ** ' indépendantistes L fJcÊ aux grandes sociétés PAGE B 8 -.PAGE A 5 PAGE A 4 La haine mit mn Aa* V" * Construction Les travailleurs défieraient une loi spéciale Cherry sous-estime la révolte des ouvriers, déplorent les leaders syndicaux SYLVAIN BLANCHARD LE DEVOIR Les travailleurs de la construction défieront toute loi spéciale que le gouvernement pourrait imaginer dans l’espoir de ramener l’ordre dans l’industrie de la construction.C’est ce que pensent les leaders des deux plus importantes centrales de la province, Gerald I .arose (CSN) et Clément Godbout (FLQ).«Les travailleurs sont survoltés .enrages et ne veulent rien savoir de personne.Et cela inclue les leaders syndicaux qui se font carrément envoyer chez le diable», admet Gérald Larose, le président de la CSN.«Personne ne leur a dit de sortir en grève illégale.Ce sont eux qui l’ont décidé», rappelle Clément Godbout, secrétaire général de la FTQ.«Personne ne pourra accuser les centrales de quoi que ce soit, car nous nous opposons depuis le début à la violence et aux gestes illégaux.Ix: gouvernement pourra imposer les amendes qu’il veut, les centrales n’ont rien à VOIR PALE A H: LOI Le Barreau déclare la guerre + aux «sorciers» du divorce PHOTOS AP L’ARMÉE ISRAELIENNE a déployé ces dernières heures des milliers d'hommes et de femmes en Cisjordanie et à Gaza.Ce déploiement est le plus important depuis des années et Tsahal compte désormais 14 000 soldats pour tenter de mettre fin aux violences qui secouent ces deux territoires occupés depuis 1967.Tard hier soir, quelque 3000 colons juifs et militants de droite ont manifesté dans le centre de Jérusalem à la suite de la multiplication des attentats palestiniens, et plusieurs dizaines d'entre eux ont été interpelés.Voir page .4-5.ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Le Barreau du Québec part en guerre contre les associations et les conseillers qui aident de plus en plus de gens à divorcer, sans être avocats.Pas moins de 26 plaintes viennent d’être portées par le Barreau pour pratique illégale de la profession d'avocat.Le phénomène n’est pas nouveau.Mais selon les représentants du Barreau du Québec, un nombre croissant de gens réalisent leur cause de divorce par le biais de conseillers, de secrétaires ou de notaires.«Personne n'a le droit de préparer ou rédiger des procédures matrimoniales, d’accompagner quelqu’un devant le tribunal ou de plaider s’il n’est pas avocat», a tranché hier M.Jean-Pierre Sénécal, bâtonnier de Richelieu.En déposant quelque 26 plaintes hier, le Barreau du Québec entend tuer dans l’oeuf ce qu’il estime n'être que la pointe de l'iceberg.Des plaintes ont été portées notamment contre des notaires, des secrétaires, un ex-avo-cat, la firme Auto-divorce, située à Brassard, et le Club juridique, un groupe lavallois qui compterait plus de 600 membres.Ces personnes pourraient se voir imposer des amendes ou des injonctions.Selon M.Sénécal, ces plaintes, déposées devant la chambre pénale de la Cour du Québec, ne touchent qu'une infime partie des gens qui offrent illégalement leurs services pour faciliter un divorce.«les cas dont on entend parler sont ceux qui sont por- A Canadian in Paris Conrad Black s'apprête à investir 5 millions$ dans la création d'un nouveau quotidien parisien CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR À PARIS Le groupe de presse canadien Hollin-ger, dirigé par l'homme d’affaires, auteur et journaliste Conrad Black, s'apprête à investir 5 millions!} (22 millions de francs) dans la création d’un tout nouveau quotidien parisien baptisé pour l’instant Info-Matin.les négociations sur le financement, qui se poursuivent depuis plusieurs semaines, sont très avancées et le premier numéro devrait sortir des presses dès janvier prochain.L’apport financier du groupe qui possède, entre autres,/e Soleil de Quebec, le Daily Telegraph de Londres et le Jerusalem Tost, semble determinant pour relancer ce projet qui mijotait de-puis déjà plusieurs mois et dont on s’apprête à annoncer les détails.Les négociations ont été dirigées par Pierre Desmarais, président et chef de la direction d’Unimédla, liliale de Uol-lingcr, avec le concours du cabinet de consultation parisien de Jean Boinct spécialisé en presse écrite.Visiblement inspirée de l’expérience du quo- tidien américain USA Today, le futur nouveau-né dont le nom de code était jusqu'à récemment 1.’Expresse) présentera chaque jour envi-ion 80 articles concis et un dossier, sur 24 pages en couleurs, d'un petit format (à mi-chemin entre le tabloïd et le magazine).Il sera disponible principalement dans la grande region parisienne, mais aussi dans les villes de plus de 200 000 habitants.Le nouveau venu — parraine par Alain Carlier, Philippe Dutheil.Philippe Robinet et Alain Schott, tous quatre du Centre d’observation des médias — entend s'adresser «au lecteur occasionnel de quotidiens qui a un mode de vie urbain, peu de temps à consacrer à la lecture du journal ut qui est déjà au courant des nouvelles lus plus importantes par la television et la radio», explique Alain Schott.llollinger a exige qu’Info-Matin atteigne un tirage d’au moins 100 000 exemplaires d’ici trois mois avant d’augmenter sa participation.Une fois atteint cet objectif, les investisseurs devraient accepter d’ajouter les sommes sup- VOIR PAGE A H: BAR RL \l Chaîne d’information continue Le projet de la dernière chance pour Radio-Canada BERNARD PLANTE LE DEVOIR La Société Radio-Canada va présenter au CRTC son projet d’information continue, 24 heures sur 24.comme celui de la dernière chance.Si le Conseil de la radiodiffusion et des telecommunications canadiennes (CRTC) n’accorde pas la permission à la Société Radio-Canada (SRC) de mettre sur pied son canal d'information continue «ce sera sinon dramatique, sinon malheureux».C'est le vice-président de la Télévision française de Radio-Canada, Guy Gougeon.qui parle ainsi.Il ajoute:«Si le projet devait être refuse je doute fort que Radio-Canada voudra reprendre l’exercice et presenter plus tard un autre projet».Guy Gougeon croit qu’après 5 ans d’efforts — un premier projet a été refuse en 1989 par le CRTC — il est temps de combler le fosse qui existe entre les ser- VOIR l’AGl \ S BLACK VOIR PAGE A 8: PROJET A 2 I.E I) E VO I li I.E .1 E I' I) I !) I) É < E M 15 It E I » !) :i I, E S A C T 11 A I, IT E S Version policière Tireur fou de New York: des motivations raciales New York (AFP) — Le carnage survenu mardi soir dans un train de banlieue reliant New York à Long Island, au cours duquel quatre personnes ont été tuées par un homme armé d’un pistolet semi-automatique et 21 autres plus ou moins grièvement blessées, avait des motivations racistes, a indiqué hier la police.Des notes personnelles de Colin Ferguson, un chômeur noir de 35 ans résidant à Brooklyn, ont révélé une «forte hostilité exprimée en tenues racistes à l'égard de gens et d’institutions», a indiqué au cours d’une conférence de presse le responsable de la police du comté de Nassau, Donald Kane.Cet homme d’origine jamaïcaine, sans antécédent judiciaire, haïssait «les Blancs, les Asiatiques et les Noirs conservateurs», a prétendu un enquêteur.Selon cette même source, il avait choisi d’agir à Long Island, une banlieue résidentielle, et non à New York, pour ne pas créer de problèmes au maire noir sortant David Dinkins.Le tueur a agi avec froideur, selon les survivants.Monté dans une station du Queens, Ferguson est resté assis quelques minutes dans un coin de la rame, bondée à cette heure de pointe.Peu après 18 heures, alors que le train s’approchait de la station de Garden City, à une trentaine de kilomètres au nord-est de New York, il s’est levé et a commencé à ouvrir le feu sur les passagers, sans dire un mot.«Il a remonté la voiture et a tiré sur les gens», a raconté une femme, Marina Rotunda.«Tout le monde a commencé à courir.Le contrôleur nous disait de fermer les portes entre les voitures pour que l’homme ne puisse pas nous suivre», a-t-elle ajouté.Alors que la terreur s’emparait des quelque 90 passagers tentant de se cacher sous les sièges ou de refluer vers l'autre extrémité du train, 23 sont tombés sous les balles et deux autres ont été blessés dans la panique.Ferguson a rechargé son arme à deux reprises.Alors qu'il s’apprêtait à recommencer une troisième fois, trois passagers se sont jetés sur lui et l'ont maîtrisé.Il devait être déféré à la justice et inculpé dans la journée.Cette nouvelle tuerie survient moins de deux semaines après le vote par le Congrès de la loi Brady.Relativement modérée, cette loi n’en constitue pas moins la première mesure de contrôle des ventes d'armes au niveau national.En instaurant une période d’attente de cinq jours ouvrables avant tout achat d’armes, elle doit permettre de vérifier les antécédents des candidats acheteurs.Les responsables du service des trains de banlieue de Ix>s Angeles ont annoncé mercredi qu'en raison de la tuerie de New York, des policiers en civil allaient être placés pour une durée indéfinie sur les 61 lignes du réseau.Niet! PHOTO JACQUES NADEAU ENVIRON 200 syndiqués de la CSN ont manifesté, hier, leur opposition au projet de loi 116 devant les bureaux du ministère du Travail, à Montréal.Ce projet de loi, qui permettra, à compter de janvier, aux travailleurs et aux employeurs de signer des conventions collectives à durée illimitée, tout en resserrant les règles de maraudage, fait craindre le pire aux syndiqués qui y voient une menace au droit de négociation et d'association.Avant de se donner rendez-vous, rue Crémazie, à 13 heures, les syndiqués étaient réunis en Conseil confédéral, où ils ont appris de la bouche de Gérald Larose, leur président depuis 10 ans, qu’il solliciterait un nouveau mandat lors du prochain congrès en mai.Réforme de l’enseignement secondaire Les professeurs sonnent l’alarme PAULCAUCHON LE DEVOIR Pour mieux f;dre entendre sa voix, l’Alliance des professeurs de Montréal a réservé la salle Maisonneuve de la Place des Arts lundi prochain, pour tenir une grande soirée d’information publique sur la réforme de l’enseignement secondaire de la minisfre Lucienne Robillard.La ministre de l’Éducation entreprendra lundi matin quatre journées d’audiences sur sa réforme, annoncée en octobre dernier.Mme Robillard tiendra deux longues journées d’audiences lundi et mardi à Montréal, et deux journées plus courtes à Québec mercredi et jeudi.La liste officielle des groupes invités aux audiences doit être annoncée demain par le ministère.Mais déjà la plupart des associations, syndicats et groupes du milieu de l’éducation se sont plaints du peu de temps accordé à la préparation des mémoires, pour un projet de réfonne qui pourrait modifier de façon très importante l’enseignement secondaire.L’Alliance, elle, qui n’est pas encore officiellement invitée aux audiences, a pris les moyens pour se faire entendre.Elle convoquera à l’aide des médias tous les parents intéressés (et l’ensemble de la population) à une réunion lundi soir à la Place des Arts, alors que des représentants de différentes associations d’enseignants, ainsi que quelques personnalités comme le dramaturge Marco Micone et le député péquiste Jacques Brassard, discuteront du projet de la ministre.Un porte-parole de l’Alliance, Daniel Choquette, a expliqué hier qu’après avoir analysé plus en profondeur le projet cle Mme Robillard, son organisme syndical est maintenant en mesure d’alerter la population sur «ses éléments particulièrement néfastes».«Le projet de Mme Robillard apparaît généreux de prime abord, explique-t-il, par exemple en voulant améliorer l’enseignement du français, un objectif partagé par tout le monde.Mais nous inquiétons surtout des processus d’exclusion contenus dans le projet».L’Alliance constate qu’en laissant le «menu pédagogique» à la discrétion des écoles et des commissions scolaires, on ouvre la porte à ce que les écoles riches et les écoles plus pauvres ajustent leurs cours selon leur clientèle, ce qui creuserait encore plus les écarts sociaux.On s’oppose également à la nouvelle structure proposée, qui veut que le premier cycle soit constitué des trois premiers niveaux du secondaire.«Des évaluations seront menées après la troisième année, explique Daniel Choquette, et nous craignons que soit créée une voie de garage, ;dors que les élèves moins bons seront écartés.C'est le retour du professionnel court».Max ville S O* Rigaud Alexandria's Robertson Monkland Marîintown 146 Lon9 J3 Ingleside Saurt Dorion WilliamstowQ^*^^ Lancaster Vanne de la canalisation principale Station de compression — Gazoduc actuel Projet de construction de gazoduc Construction de la station proposée Farnham Henryville Howck Vanne de la canalisation principale Station de ¦™* Gazoduc actuel Projet de construction Construction de la station proposée TransCanada PipeLines Limited Avis public de la soumission d'une demande relative à des installations de transport de gaz Summerstown, Lancaster, Les Cedrés, Candiac, Henryville, Phillipsburg, St.Armand-Ouest Afin de suivre le rythme de la demande croissante de sa clientèle, TransCanada envisage de construire dans votre région des installations supplémentaires de transport de gaz ou de compression en 1995 ou par la suite.Au début de 1994, TransCanada demandera les autorisations nécessaires auprès de l'Office national de l'énergie (ONE) relativement à toutes ces installations ou à certaines d'entre elles.En vue de nous assurer que les préoccupations de votre collectivité seront prises en considération par TransCanada et l'ONÉ, nous sollicitons les commentaires du public sur les incidences environnementales et soci-économiques des travaux proposés.La carte ci-jointe indique l'emplacement général de l'expansion que nous étudions pour votre région.Une évaluation globale des effets sur l'environnement est en cours et les commentaires du public sur les incidences environnementales et socio-économiques éventuelles seront les bienvenus.TransCanada communiquera avec toutes les personnes qui auront formulé des questions ou des commentaires.Pour faciliter la participation du public, des exemplaires du Manuel des pra tiques de protection de l'environnement de TransCanada ainsi que des Bulletins d’information no 1, 2, 3 et 4 de l'ONÉ ont été remis aux bureaux des municipalités où auraient lieu les travaux proposés.En outre, un rapport d'évaluation des incidences environnementales et socio-économiques sera envoyé aux municipalités une fois terminé.Priere de communiquer avec le bureau de votre municipalité si vous désirez prendre connaissance de ces renseignements.TransCanada désire connaître vos commentaires et préoccupations au sujet des installations proposées, du processus d'approbation, des politiques relatives aux emprises et des questions environnementales.Pour de plus amples renseigne ments, communiquer avec TransCanada PipeLines Jo-Ann Fraser Affaires publiques TransCanada PipeLines Limited 111 5th Avenue S.W.Box 1000, Station M Calgary, Alberta T2P 4K5 1 800 361 6522 (403) 267-8993 (télécopieur) Une maison de chambres pour Le Bon Dieu dans la rue LE DEVOIR Le père Emmett Johns de Pointe Saint-Charles était fêté hier ixmr le-cinquième anniversaire de son organisme au service des jeunes sans abri, cet organisme qu’il a nommé Le Bon Dieu dans la me.On estime à 5000 le nombre de jeunes de 21 ans et moins qui vivent dans les mes de Montréal.La plupart de ces jeunes sont des fugueurs et ils proviennent de familles désunies, abusives ou ils se sont enfuis d’institutions, explique le père Johns, surnommé «Pops».Il se promène en roulotte toutes les nuits et jusqu’à quatre heures du matin; il apporte aide, nourriture et réconfort aux jeunes fugueurs.En 1992, sa roulotte a reçu 30 (XX) visites de jeunes.Elle n’en avait eu que 3 500 en 1988, dix fois moins.C’est pourquoi le père a demandé et reçu du renfort de plusieurs jeunes qui ont intégré son organisation.Certaines nuits, l’organisme rejoint 300 jeunes.Cinq nuits par semaine, entre 21 h et 4 h du ma- tin, la roulotte du père Johns accueille les enfants de la rue et leur fournit nourriture, vêtements, produits d’hygiène, chaleur, réconfort, «écoute attentive et non critique» aux jeunes.Le père était heureux d’annoncer qu’une maison de chambres de 20 lits sera ouverte sous peu pour Ix* Bon Dieu (huis la me.la Société d’habitation et de déve-loppement de Montréal a acquis cette maison en 1989 au coût de 137 (XX) S et elle a investi plus de 346 (XX) $ pour la rénover.L’organisme de «Pops» paiera environ 2000 $ par mois en loyer à la dite société.Dans le cadre du programme PAMAC (Programme d’acquisition de maisons de chambres), la ville de Montréal s’est engagée a verser annuellement pendant 20 ans une contribution à la mise de fonds et, pour cette maison de chambres, cette contribution s’élève à 30 000 $ par année.La ville de Montréal a acquis jusqu’à maintenant 400 chambres dans le cadre du programme PAMAC.Hubble: mission presque accomplie Centre spatial de Houston (AP) — lus astronautes de la navette Endeavour sont une nouvelle fois sortis dans l’espace hier pour mettre en place des correcteurs optiques sur trois instruments axiaux du télescope Hubble, déjà doté la veille d’une nouvelle caméra et qui devrait ainsi retrouver une vision parfaite.La tâche est revenue à Kathryn Thornton et Tom Akers, qui avaient déjà mené a bien au début de la semaine le remplacement des panneaux solaires du télescope.C’est la frêle Kathryn qui a sorti de la soute et tenu à bout de bras le caisson contenant le système optique, un engin de la taille d’un réfrigérateur pesant 290 kilos (sur la Terre).Ix dispositif correcteur, baptisé C( )STAR, utilise une série de miroirs pour compenser l’aberration sphérique du miroir principal qui rendait Hubble complètement «myope».Ils corrigent les faisceaux lumineux reçus par une caméra chargée de détecter des corps célestes de très faible luminosité et deux spectro-graphes qui analysent les rayons lumineux et ultraviolets.Crise d’Oka L’armée aurait dû intervenir dès le départ ROLEAN DE PARENT PRESSE CANADIENNE Le président de l’Association des policiers provinciaux du Québec, Jocelyn Turcotte, estime que la situation qui régnait dans la pinède d’Oka le 11 juillet 1990 constituait une insurrection année qui aurait nécessité une intervention de l’année et non une intervention de la Sûreté du Québec (SQ).Tel est l’avis exprimé, hier, devant le coroner Guy Gilbert par le leader syndical de la centaine de policiers ayant participé à l'opération policière à Oka au cours de laquelle le caporal Marcel Leinay de la SQ a trouvé la mort.«Je pense qu’on ffasait face à une insurrection armée.Dans un cas comme ça, il faut demander l’année ou le suppport de l’armée.11 n’y a pas de honte à ça», a soutenu M.Turcotte en cette 86e journée d'enquête.M.Turcotte ne s’est pas gêné pour servir un blâme aux membres de la direction de la SQ qui ont planifié l’opération policière.«L’état-major a mis tous ses oeufs dans le même panier» en prenant pour acquis que les Mohawks de la pinède ne tireraient pas, a fait valoir M.Turcotte.La prudence aurait plutôt commandé que les membres de la direction tiennent compte des informations de dernière heure disant qu’il y avait des armes dans la pinède et que la situation se dégradait d’heure en heure, a-t-il expliqué.«Avec les renseignements de dernière minute qu’on possédait ce ma-tin-là, on aurait peut-être pu analyser un deuxième scénario au cas oit ils tireraient», a-t-il dit.«Comme président d’association qui a perdu un membre et qui analyse après coup, je crois qu’au moment où on réalise qu’il y a plus d’hommes aimés que prévu, on peut annuler ou reporter l'opération», a-t-il ajouté.«Comme le deuxième scénario n’avait pas été prévu, évidemment des ordres sont venus en conséquence», a déclaré M.Turcotte se référant à l'ordre donné vers 8h 15 de pénétrer dans la pinède par le directeur général adjoint Marc Lizotte, de son bureau de Montréal.«Si au lieu d’apercevoir la SQ, ils fles Mohawks) avaient vu les soldats de l’armée, auraient-ils tiré?s’est demandé M.Turcotte.«Peut-être que non, comme on l’a vu plus tard», a-t-il poursuivi.Ix leader syndical convient cependant que les autorités ne peuvent recourir à l’année à tout bout de champ.Mairie de Montréal Choquette, haut la main?LE DEVOIR Selon un sondage réalisé par la maison Léger & Léger pour le compte du Parti des Montréalais, il appert que Jérôme Choquette, le chef du PM, est la personnalité politique qui serait la plus crédible pour être maire de Montréal.Plus précisément, M.Choquette remporte la faveur populaire quand les sondeurs opposent sa candidature à celle du maire Jean Doré, de Claude Beau champ, Clément Bluteau et Yvon la-marre (seule personne à ne pas être officiellement engagée dans la course a la mairie).Toutefois, 37,7% des répondants disent ne pas connaître Jérôme Choquette._.u~ i / Si U 1 A MONDE 1994 PARCE QUE LA TERRE TOURNE î L’ETAT DU MONDE 1994 Annuaire économtau© ©f géopolitique mondial mssm w fDiTION» IA OtCOUVftîl / tpfflOMt DU IO#|ai Le seul annuaire économique et {'é e mondial entièrement mis à jour «.ue loin la meilleure publication du genre en français.Je le recommande, sans aucune espèce de réserve, a tous ceux qui veulent élargir leurs horizons sur un monde que l’on ne connaît que lrop mal.» t lande Ficher, l.d Presse 'f - ¦ v f nmPf 640 pages, 24,95 $ ^ Boréal LE DEVOIR CKAC73AM I I ^985 I.K I) K V (I I li , I.E .1 K r I) I !l II !¦: ( I M R I! K | !i il LE DEVOIR MONTREAL menu yh ° 'V/' CEDEZ À LA TENTATION! Rendez-vous _v en page B-7! E N B H E F ?SURTAXE: NOUVELLES POURSUITES Autre secousse pour Montréal dans le dossier de la surtaxe sur les immeubles non résidentiels.Aux 7 mil-lions$ réclamés la semaine dernière par b ois entreprises, vient s’ajouter la rondelette somme de 80 millions$ en poursuites en Cour supérieure.Lt quarantaine de requérants allé-guent que la Ville de Montréal ne pouvait leur imposer la surtaxe puisque Celle-ci a été reconnue inconstitutionnelle en septembre dernier par le juge Pierre Tessier.Pour la plupart, il s'agit de compagnies immobilières, telles que Monit qui demandent un remboursement de près de 17 millions$.Par ailleurs, le ministre des Affaires mtmicipales, Claude Ryan, dépose ce matin un projet de loi qui doit amender la Loi sur la fiscalité municipale, notamment sur le volet de la surtaxe.-?- STCUM: RETOUR À LA NORMALE REPORTÉ Contrairement à ce que prévoyait la Société de transport de la communauté urbaine de Montréal (STCUM), le service de métro n’était toujours pas rétabli hier en périodes de pointe.Mais cela ne saurait tarder, assure la STCUM, qui indique que la situation est actuellement réglée à 90%.-?- LE COUPERET À CJMS SUSPENDU Après six heures de réunion, la direction de CJMS et les représentants du syndicat des employés de la station radiophonique, ont convenu hier d’entreprendre* des négociations de la dernière chance les 4,5 et 6 janvier.Du coup, les deux parties se sont entendues pour ne pas commenter le plan de compressions envisagées (suppression de postes, réduction des conditions de travail, gel salarial et modification à la programmation).Entre temps, une assemblée générale des membres du syndicat est prévue lundi soir prochain.Juste avant, le vice-président information et programmation de CJMS, Raynald Brimpiers.I x‘s victimes ont été retrouvées mortes dans des apixirtements calcinés de la cité des Bleuets, où s’est déclenché le sinistre en milieu d’après-midi.-?- CHARLES VEUT SON TRÔNE liindres (Reuter) — Ix prince Charles a fait savoir hier qu’il entendait bien monter sur le trône d'Angleterre et qu’il ne laisserait pas sa vie privée le détourner de son devoir dynastique.Ix prince de Galles, 45 ans, vivement critiqué |xair l'échec de son mariage avec lady Diana et sa relation avec Camilla I ’acker Bowles, a autorisé ses conseillers à s’adresser à la presse pour continuer sa ferme intention de ceindre un jour la couronne, «la couronne, pas Camilla -Charles a fait son choix», écrit le Daily Mirror.Selon un sondage publié hier par le Sun, seulement un Britannique sur deux |H'iise que la monarchie anglaise survivra encore 50 ans et (54% |x*nsent que Charles, s’il divorce et veut deve-nir roi, devra renoncer à sa liaison avi\- Camilla.-?- ONZIÈME ÉTRANGER TUÉ EN ALGÉRIE Alger (d’après Renier) — 1 )eux inconnus ont assassine mardi soir un ressortissant britannique, Malcolm David Vincent, dans une station d’essence près d’Arzew, à 3(X) km à l’ouest d’Alger, ont annoncé hier les services de sécurité.C’est le onzième étranger à trouver la mort en Algérie div-puis le 21 septembre.lx*s islamistes ont invite les étrangers de quitter l’Algérie ou de risquer une «mort soudaine».LE DEVOIR LE MONDE * A trois jours du référendum sur la nouvelle Constitution Moscou menace les indépendantistes Une campagne électorale peu animée s’acheminait vers son terme hier en Russie.Le Kremlin s’inquiète d’un éventuel rejet du projet de constitution qui, pour être adopté, doit recueillir 50% des voix sur la base d’une participation de 50%.La nouvelle constitution est notamment menacée par les 21 républiques ethniques de la Fédération qui lui reprochent de ne pas prendre en compte leur «souveraineté» et, d’après la presse russe, beaucoup devraient voter contre.Moscou (AFP) — Moscou a haussé le ton contre les tentations séparatistes des provinces russes, en multipliant hier les avertissements aux plus rebelles à trois jours du référendum crucial sur la nouvelle Constitution.«11 nous faut réagir contre les sujets (de la Fédération de Russie) qui ont déclaré la guerre à la Constitution», a déclaré hier Serguéf Filatov, le chef de l’administration présidentielle au cours d’une conférence de presse.Signe de cette reprise en main, le Kremlin a ordonné le «blocus total» de la Tchétchénie pour faire plier les dirigeants de cette petite république musulmane du Caucase russe en révolte ouverte contre Moscou depuis deux ans, a déclaré hier à l’AFP un conseiller présidentiel qui a requis l’anonymat.«Toute opération militaire est exclue» mais les forces années ont reçu l’ordre d’établir des «frontières hermétiques terrestres et même aériennes» autour de la Tchétchénie, qui a décidé de boycotter le scrutin du 12 décembre, selon la même source.Cette décision a été prise mardi lors de la brève visite du président Boris Eltsine dans le Caucase msse, notamment destinée à obtenir le soutien des dirigeants locaux à la nouvelle Constitution.Ix bouillant président tchétchène, le général Djokhar Doudaiev, a immédiatement dénoncé cette décision comme une «déclaration camouflée de guerre» et convoqué une réunion des forces armées nationales, selon l’agence Interfax.«Ix‘ nouveau régime dictatorial veut résoudre tous les problèmes par la force», dénonce un communiqué officiel de la direction tchétchène publié par Interfax.«Il n’y aura pas d’invasion de l’armée russe en Tchétchénie: le feu caucasien peut embraser la Russie», poursuit le texte.«Ixi Russie ne tolérera aucune scission» a répondu M.Sergueï Samoilov, un responsable de l’administration présidentielle chargé des relations avec les territoires, cité par ITAR-TASS.Hier matin, le chef de l’administration présidentielle, qui avait convoqué une conférence de presse au Kremlin |X)ur affirmer la détermination du pouvoir central à contrecarrer les discours indépendantistes, a lancé un avertissement aux «responsables politiques qui veulent une souveraineté pour eux-mêmes et provoquent une scission dans la société».Il a cité en exemple les républiques de Touva (Sibérie), du Bachkortostan et du Tatarstan (centre).Ixs républiques du Tatarstan (voir encadré ci-contre) et du Bachkortostan ont appelé à voter contre la Constitution, qui supprime toute référence à leur «souveraineté» et les prive du droit de scission théorique que leur reconnaissait la constitution brejne-vienne.Le Tatarstan «souverain» boude Eltsine SOPHIE SHII1AB LE MONDE \ A priori, rien ne distingue la capitale du Tatarstan «souverain», sur les bords glacés de la Volga, des autres villes russes.Ni son Kremlin, image de celui de Moscou, avec murailles, palais et cathédrale, ni ses passants, la tête enfouie dans leur chapka.«Ici, il ne peut pas y avoir de pogroms entre Russes et Tatars, parce que, regardez, on ne peut pas nous distinguer physiquement», affirme Vitali, en pointant le doigt vers son ami Anvar, un Tatar qui se trouve être, fort opportunément, plus blond que lui.Mais celte déclaration spontanée signifie qu’au minimum, le question inquiète.Descendants de tribus finno-ougriennes et turques, les Tatars de la Volga ont un lourd contentieux historique avec les Russes — qui étaient leurs vassaux jusqu’à la prise de Kazan par Ivan le Terrible en 1552.Première «minorité nationale» en Russie, ils sont quelque 7 millions et n’ont jamais perçu leur cohésion et leur conscience nationale malgré une intégration poussée dans la société russe.Pour parer à tout danger séparatiste, Staline leur avait dessiné une mini-République, qui n’englobe aujourd’hui qu’un million et demi de Tatars, au milieu de presque autant de Russes.Et pourtant le «danger» serait à nouveau là.Moscou avait prédit des «flots de sang» si les autorités du Tatarstan, d’ex-communistes devenus des nationalistes modérés, ne renonçaient pas, en mars 1992, à leur référendum sur la création d’un Etat «souverain, sujet du droit international, associé à la Russie».Ix vote a eu lieu, a donné 61,4% de voix favorables, mais, loin d’attiser les passions, il a été suivi par une période beaucoup plus calme.Et si aujourd’hui les grou|x.*s nationalistes radicaux font campagne contre la Constitution de Boris Eltsine, qui supprime leur «souveraineté», et appellent au boycott des élections le- gislatives, les Russes, majoritaires à Kazan, iront aux unies sans problèmes.Même si les autorités se sont arrangées pour qu’il n’y ait pas de candidats du Tatarstan pour siéger au Conseil de la Fédération.Ix chef du bloc parlementaire des partis «fédéralistes» (composés majoritairement de Russes), Ivan Gratehev, affirme que «la vague séparatiste s’est achevée il y a plus d’un an, quand il fut clair que, pour des raisons économiques, tous cherchent à renouer avec la Russie».Mais il s’inquiète de la «propagande tutti-russe publiée tous les jours dans la presse en langue tatars» et craint qu’à tenue, le president élu du Tatarstan, l’ex-pre-mier secrétaire du parti.Mintimer Chaitniev, ne développe un régime vraiment autoritaire.Les intellectuels tatars ont.pour leur part, d’autres craintes: «Moscou a désonnais une méthode pour s’imposer dans les anciennes colonies: le chantage économique, appuyé s’il le faut par une intervention militaire déguisée en opération de paix, expliqua l’un d’eux, Damir Iskhakov.Ils pourront faire pareil chez nous: comme ils doivent couper les crédits à certaines usines militaires, pourquoi ne commenceraient-ils pas par celles du Tatarstan?Je sais que des ouvriers se préparent à descendre dtuts la rue si ça devait se produire».Comme ces ouvriers du secteur militaro-industriel sont surtout russes et le pouvoir principalement tatar, les prétextes à heurts et à interventions ne manqueraient pas.Cependant, un conseiller du président est sceptique sur les capacités actuelles des forces russes: «Trouver des unités qui tirent sur un bâtiment est une chose — et même, on a vu que ça ne s’est pas fait tout seul.Instaurer l’état d’urgence dans une ville ou une région entière en est une autre».Un temps de silence et il ajoute: «Surtout si ces unités devaient être accueillies par deux ou trois grenades.» Successsion de Félix Houphouët-Boigny Ouattara contre Bédié • ¦ ¦ - d - Tsahal est omniprésent dans les territoires Le premier ministre ne reconnaît pas l'autorité / du nouveau chef de l'Etat BURKINA FASO Odiénné Boundiali „ P Ferkessédougou Korhogo COTE D’IVOIRE 3ondoukou Katioia • Bouaké Seguéla O Man Danané Daloa Yamoussoukro O Abengourou Oumé Ml0& Agboville O Divo ABIDJAN b Grand Bassam COTE D IVOIRE «I Sassandra GOLFE DE GUINEE Superficie: 332 453 km2 Population 10 815 694 habitants en 1988 (plus de 60 groupes ethniques) Langues: français (officiel), dioula, baoulé, bété Religions musulmans (39°o).chrétiens (28°o).animistes (17°o) Histoire ancienne colonie française, indépendance en 1960 Institutions politiques régime présidentiel, multipartisme depuis 1990 Economie: cacao (1er producteur mondial), café (4ème rang), coton, bananes, ananas, bois, caoutchouc, poissons PNB: 750 dollars par habitant en 1990 Dette extérieure 16,4 milliards de dollars en 1990 Forces armées: 7 100 hommes + 7 800 dans les forces para-militaires - AFP infographie ¦ trancis Nalher ¦ Abidjan (Reuter) — Ix premier ministre ivoirien Alassane Ouattara a fait savoir hier qu’il ne reconnaissait pas l’autorité d’Henri Konap Bédié, qui s’est proclamé chef de l’Etat mardi soir après la mort de Félix Houphouët-Boigny, et il a reproché à la France de lui avoir exprimé son appui.Dans l’entourage du premier ministre, on rapporte que celui-ci est soutenu par l’armée, dont «les responsables (.) sont venus confirmer leur loyauté au gouvernement».Le président François Mitterrand et le gouvernement français ont adressé dès mardi des messages de condoléances à Henri Konan Bédié en tant que nouveau chef de l’Etat, avant même qu’il intervienne à la télévision et que la presse officielle ivoirienne le désigne comme président.Alassane Ouattara s’est dit «surpris par la rapidité avec laquelle ces messages sont venus», confie-t-on dans son entourage.«Le premier ministre s’attendait à plus de subtilité de la part de la France, pays qui nous a beaucoup appris.» Il considère qu’une vacance du pouvoir persiste après la disparition de Félix Houphouët-Boigny, survenue mardi, précise-t-on de même source.On ajoute que les chefs des forces années, de la gendarmerie et de l’aviation, ainsi que le ministre de la Défense Léon Konan Koffi, ont rencontré le premier ministre.Les intéressés n’ont pas confirmé l’information.Henri Konan Bédié, 59 ans, a annoncé mardi,soir qu’il assumait les fonctions de chef de l’Etat en vertu de l’article 11 de la Constitution, qui stipule que le président de l’Assemblée nationale succède au président décédé jusqu’à la fin du mandat en cours.Ix prochain scrutin est prévu en 1995.Mais les partisans d*Alassane Ouattara dénoncent cette lecture de la loi fondamentale et font valoir que Henri Konan Bédié ne peut accéder au pouvoir, la Cour suprême n’étant pas en mesure d’appliquer la Constitution.Celled dispose en effet que c’est le président de la Cour supreme qui constate la vacance de pouvoir.Or, la Cour n’avait plus de président bien avant le décès de Félix Houphouët-Boigny.Henri Konan Bédié recevait hier une cohorte de visiteurs à sa résidence abidjanaise.Il a annule une conférence de presse au dernier moment.De source politique, on rapporte qu’Alas-sane Ouattara et lui n’ont pas eu d’entretiens depuis plus d’une semaine.Le calme prévalait hier en Côte d’ivoire, au premier jour d’un mois de deuil national à la mémoire d’Houphouët-Boigny.On ignore encore la date de ses obsèques.Di bataille pour la succession du «Vieux», marquée par des considérations ethniques, a fait rage ces dernières semaines, ce qui a fait craindre une intervention de l’armée.Boutros-Ghali en Corée du Nord à Noël New York (AFP) — L’ONU a confirmé hier que le secrétaire général Boutros Boutros-Ghali se rendrait ce mois-ci en Corée du Nord après des visites à Tokyo et à Seoul.M.Boutros-Ghali séjournera au Japon du 18 au 22 décembre avant de si' rendre en Corée du Sud puis à Pyongyang, a déclaré son porte-parole à New York, M.Ahmad l'awzi.Lundi, un quotidien japonais, le Mainichi, avait évoqué la possibilité d’un voyage de M.Boutros-Ghali en Corée du Nord.«C’est confirmé, il y sera vers le 24-25 décembre», a dit M.Fawzi.Depuis plusieurs mois, la Corée du Nord délie la communauté internationale en refusant de laisser l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIFA) inspecter certaines de ses installations nucléaires.Un dialogue se poursuit parallèlement entre Pyongyang et Washington.la question nucléaire sera à Tordre du jour de la visite du secrétaire général de l’ONU, mais il n’a pas l’intention de jouer lui-mème un rôle de médiateur alors qu’un processus est en cours, a affirme M.Alvaro de Solo, conseiller politique de M.Boutros-Ghali, lors d’un point de presse.D'APRES REUTER Yitzhak Rabin a révélé hier qu’Is-raël, qui vient de dépêcher des renforts à Gaza et en Cisjordanie, y disposait désormais de plus de 14 (XK) soldats.Le premier ministre a dévoilé ce «secret militaire» lors d’un discours de politique intérieure devant les responsables des journaux israéliens.Il a réaffirmé à cette occasion que la flambée de violence actuelle dans les territoires occupés ne le dissuaderait pas de poursuivre la mise en oeuvre de l'accord d’autonomie conclu avec l’OLP.Le dernier incident grave est l’agression, revendiquée par le Front populaire de liberation de la Palestine (FPLP), d’un colon juif grièvement blessé par balles hier à Bethléem.«Nous disons à Rabin et à son entourage de colons: nos balles vous chasseront ou que vous soyez et tous vos lâches déploiement militaire ne vous serviront a rien», affirme le FPLP dans son tract de revendication.Les colons accusent Rabin de les protéger insuffisamment contre ce type d’agressions qui se multiplient depuis la signature de l’accord Israël-OLP, en septembre.De source militaire, on déclare que plusieurs milliers de soldats ont été déployés récemment en Cisjordanie pour y faire cesser l’escalade de la violence entre Palestiniens et colons juifs hostiles à l’accord.Selon la radio de l’armée, il s’agit du plus important déploiement de force dans les territoires occupés depuis plusieurs années Rabin a précisé qtT’il y a 120 compagnies, et parfois plus, servant dans les territoires, protégeant les colons israéliens et leurs colonies.Une compagnie compte environ 120 hommes.«Aujourd’hui il y a presque quatre fois plus de forces israéliennes en Cisjordanie et à Gaza qu’à la frontière libanaise et dans la zone de sécurité».a-t-il fait valoir.Rabin a présenté le déploiement actuel, qui intervient à la veille du 6e anniversaire du déclenchement de l’intifada et à cinq jours du début du retrait théorique d’Israël de Jéricho et Gaza, comme «énorme».Depuis la signature de l’accord Israël-OLP, 18 Israéliens et 34 Palestiniens ont été tués dans les territoires occupés.Rabin a estimé que les groupes extrémistes palestiniens hostiles à l'accord avaient changé de tactique en s’attaquant aux civils plutôt qu’aux militaires israéliens afin de tenter de braquer l’opinion publique d’Israël contre l’accord.Mais, a-t-il ajouté, «rien ne dissuadera ce gouvernement et moi-même de poursuivre sur le chemin que nous avons emprunté».Par ailleurs sur le plan diplomatique, les Etats-Unis ne feraient pas objection à ce qu’Israël diffère son n'irait militaire de la bande de Gaza et de Jéricho sous réserve que l’OLP y donne son accord, a déclaré Warren Christopher hier «Si les deux parties conviennent qu’il leur faut quelques jours de plus ou tout autre délai supplémentaire pour régler des problèmes existants (.) les Etats-Unis ne formuleraient pas davis contraire», a dit le secrétaire d’Etat américain lors d’une conférence de presse au Caire.11 n’en a pas moins engagé Israël et l’OLP, qui tiennent des pourparlers en un lieu secret de la capitale égyptienne, à appliquer aussi rapidement que possible leur accord de paix.L’armée israélienne doit commencer à évacuer la bande de Gaza et Jéricho le 13 décembre aux termes de l’accord d’autonomie palestinienne limitée que les deux parties ont signé en septembre à Washington.Le président de l’OLP, Yasser Arafat, a déclaré mardi en .Allemagne que le 13 décembre était pour lui «une date sacrée» et qu’il n’imaginait pas de voir repousser l’échéance.GAMBARD % ,T;F' \ cnli- et service technique (>30-A.rue Cathcart.Montréal, centre ville 866-3876 -AGENT OFFICIEL ROLEX- I.E I) K V (MK.I.K .1 K I' I) I !( I) K < K M |{ || K | p 0 s ?.d’abandon scolaire (2) I-es différences selon le sexe dans les taux d’abandon scolaire décroissent d’Est en Ouest.D*s garçons de 20 ans (22%) étaient relativement plus nombreux que les lilies du même âge (14%) à avoir quitté l’école sans diplôme ni certificat.Bien que les taux d’abandon scolaire aient été plus élevés chez les garçons que chez les filles dans la plupart des provinces, l’écart entre les proportions était moindre dans la plupart des provinces de l’Ouest que dans le reste du Canada.En Saskatchewan, par exemple, la proportion de sot tants était la même chez les garçons et les filles de 20 ans, cest-a-dire 16%.I.écart le plus important enregistré dans l’Ouest (4 points de pourcentage) a été observé en Alberta, où la proportion de sortants était de 16% chez les garçons et de 12% chez les lilies.Ailleurs, l’écart pouvait atteindre jusqu'à 16 points de pourcentage: a |'||e-du-l’rince Edouard, 33% des garçons de 20 ans.comparativement a 17% des filles du même âge, n’avaient paster miné leurs études secondaires.Statistique Canada, Tendances sociales canadiennes, Automne 1993.LE DEVOIR t 0 .V I) f.PAR ï N R I R 0 II R A S S A I, K I (I .1 A N V I R R | « | o Directrice I.IS K II ISS ON N K T T K It ciUc leur e n r lie f II K It N A It It I) K SC DTK A II X Directeur délégué a l'administration ANDitF I.FCI.FItC Directeur de l'informât ion It K N 0 j T A11HIN Directeurs adjoints de l'information l’IKRIlK BRAIII.IF.lt, KIICII ( OTF H r d a r leur e n r li r f a il j oint .1 F A N It U It F It T S A N S F A (.0 \ 2 050, rue De BIcury.De étage, Montréal (Quebec) Il It A ttMII.Tel.: | ,ï I |) !) K ,ï :t :t ,t :t FAIS CK [) II F D 0 I S I.K I) K V (llli.I.K .1 K I' I) I l> K ( !•: M li H K I !l 11 3 I I) É E S Le syndrome de la peau de chagrin En affaiblissant la Loi sur la protection du territoire agricole, on favorise la conversion de terres fertiles pour répondre aux appétits d’élus municipaux et de spéculateurs DENIS-PAUL B O U F F A RI) L'auteur est consultant en management, spécialisé en aménagement du territoire.Dans le cadre d'un mémoire de maîtrise à l'Université de Montréal, il a effectué des recherches sur l’agriculture en milieu péri-urbain.Il livre certaines de ses conclusions qui militent en faveur du maintien de ce type d'agriculture.vec le dépôt du projet de loi 123 visant à modifier la Loi sur la protection du territoire agricole, on s’apprête à réduire de façon significative la protection des terres agricoles les plus fertiles du Québec, facilitant ainsi les projets d’étalement urbain les plus farfelus.Les intentions cachées d'un tel projet de loi semblent procéder d’un paradigme voulant qu’à notre époque, l’agriculture n’ait guère de place parmi les usages urbains dii sol.Aux Etats-Unis comme au Canada, les banlieues ont connu au cours des 30 dernières années un développement sans précédent, ce au détriment des terres agricoles situées autour des grandes villes.Au Québec, l’un des espaces qui se sont le plus urbanisés lors de cette période, soit l'ile de Montréal et l’île Jé-sus (Laval), a enregistré entre 1971 et 1991, une réduction de 42% de sa superficie de terres agricoles alors que cette diminution était de 21% pour l’ensemble du Québec.Il est invraisemblable qu’à une époque où le développement viable résonne dans la bouche d’à peu près tous les politiciens, on s’apprête à implanter des mesures susceptibles de conduire à la perte irrémédiable des meilleures terres agricoles, à l’extinction de nos fermes les plus productives et enfin à la disparition d’un nouveau type d'agriculture adapté au milieu urbain.Jusqu’au début du XXe siècle, la localisation des villes majeures découlait en bonne partie de considérations agricoles, à cause d’une économie basée avant tout sur ce secteur.Il ne faut donc pas se surprendre qu’aujourd’hui, plusieurs des villes canadiennes les plus importantes soient situées au beau milieu des terres les plus fertiles du pays.Au Québec, une bonne partie des terres agricoles de catégorie supérieure se trouvent dans la grande région de Montréal, justement là où se manifeste l’empiétement des villes sur la campagne.Ce sont justement ces bonnes terres qui sont convoitées pour le développement, parce qu’elles sont déboisées, relativement plates, et elles ont des sols bien drainés.11 s’ensuit que l’étalement urbain consomme une part disproportionnée d’une ressource non renouvelable alors que la plupart de ces précieuses terres, sinon toutes, seront probablement nécessaires au début du troisième millénaire en vue de répondre à la demande de produits agricoles de la part des citadins.L’un des effets pervers de l’étalement des citadins sur le territoire, c’est la disparition de nombreuses exploitations agricoles diversifiées et fort productives.Par exemple, les fermes situées dans les franges urbaines américaines produisent environ 30% de toute la valeur agricole de ce pays, même si les zones métropolitaines des Etats-Unis ne comptent que pour 16% de l’ensemble du territoire.Leur revenu à l'hectare est ü'ois fois plus élevé que la moyenne des fermes américaines.Des consommateurs à proximité Bien que la région métropolitaine de Montréal abrite 50% de la population du Québec, elle n’en recèle que 10%) de toutes les fermes actives.Par contre, leur rendement serait beaucoup plus élevé que la moyenne des exploitations québécoises.Enfin, plusieurs études démontrent que la plupart des exploitations agricoles situées dans les aires métropolitaines sont rentables, ne dépendent à peu près d’aucun programme de subventions et s’adaptent mieux à la clientèle locale.L’agriculture pratiquée dans les franges urbaines diffère passablement de l’agriculture conventionnelle.Cela s’explique par le fait que les exploitations agricoles localisées en milieux urbain et péri-urbain, bénéficient de débouchés directs auprès des consommateurs ou de certaines entreprises de fabrication d’aliments.Pour mieux dégager les caractéristiques distinctives d’une agriculture urbaine ou péri-urbaine, par rapport à l’agriculture traditionnelle qu’on retrouve généralement en milieu rural, nous avons fait appel à certaines données de Statistique Canada pour l’ile Jésus.Il s'agit d'un territoire très urbanisé (Laval: 300 000 habitants) mais dont près de 30% de la superficie est occupé par des exploitants agricoles.Ia*s conclusions démontrent que l'agriculture lavalloise a subi de profondes mutations au cours des 40 dernières années.Ainsi, compte tenu du fait qu’il y a de moins en moins de terres agricoles à exploiter, les fermes lavalloises com- not n jjÉAMV K "V, .Jgf .r v - > * \ •* rite - .- m- w s*Pt w'Hry.F= p=ic= p= ter 1 *4 JMN& .À’ .¦’ .o» ¦ A.x,-*' *4 * » r M- ¦12*$&£§8 'b-'* éi M*.*- t wm mm \ Mmr- m PHOTO J Al Ql'LS GKKNIKK Les fermes des franges urbaines américaines produisent 30% de la valeur agricole du pays, même si les zones métropolitaines ne comptent que pour 16% du territoire.La région métropolitaine de Montréal abrite 50% de la population du Québec, mais ne recèle que 10% de toutes les fermes actives.portent généralement de plus petites superficies que celles des milieux ruraux mais détiennent proportionnellement plus de terres en culture par rapport à la surface agricole disponible.En outre, ces agriculteurs louent beaucoup plus de terres.Par ailleurs, ces exploitants ont une grande prédilection pour la culture maraîchère; le profil de cette dernière est différent et plus varié à cet endroit que dans le reste du Québec.Il s'agit en général de produits frais destinés à la consommation immédiate sur le marché urbain.Ms cultures en serre sont prédominantes et ce sont les fleurs qu’on y cultive avant tout.Enfin, comme un grand nombre de fermes d'élevage ont disparu et que la produc- tion laitière a fortement diminué, on s’est tourné vers l’élevage et la garde de chevaux et poneys pour mieux répondre aux besoins des citadins.Bref, une partie importante des agriculteurs qui oeuvrent encore dans cette grande municipalité, ont démontré un niveau d’entrepreneurship notable pour s’adapter avec succès au nouveau voisinage.Ix> rétrécissement de la zone agricole Le dynamisme des agriculteurs dans les pourtours urbains est l'un des facteurs qui contribuent le plus à y maintenir l’agriculture.L’entrepre-neurship qui caractérise bon nombre de ces exploitants est cependant me- nacé par l’incertitude constante qui pèse sur la durée de leur accès a long terme à des terres agricoles.L'agriculture est une activité fragile qui nécessite une superficie globale minimale ainsi qu’une masse critique d’agriculteurs dynamiques pour être viable.Ce syndrome de la peau de chagrin — qui rétrécit sans cesse — finit par avoir des conséquences dommageables.Il sème le doute quant à la viabilité de l'agriculture dans le secteur, tue graduellement l'entrepreneurship et pousse les exploitants à envisager des stratégies de spéculation et de liquidation, plutôt que de développement et d’innovation.En affaiblissant la Loi sur la protection du territoire agricole, on met en péril l’agriculture régionale en facilitant la conversion de terres agricoles pour répondre aux appétits de spéculateurs et d’élus municipaux qui n’ont guère d’autre ambition que celle de concurrencer les municipalités voisines afin d'attirer de nouveaux résidants.Ce n’est iras en diluant cette loi qu’on améliorera la planification du territoire à l’échelle régionale.Si on veut vraiment maintenir une agriculture péri-urbaine viable au sein de la grande région métropolitaine, et du même coup préserver nos meilleures terres agricoles, on devrait plutôt envisager des actions concertées à un niveau supra-municipal, au delà des Municipalités régionales de comté.Projet de loi 116 L’art d’avaler des couleuvres Des amendements au Code du travail incompatibles avec une convention internationale JACQUES DKSMAKAIS Professeur Département des sciences juridiques Université du Québec à Montréal -— e ministre du Travail a déposé ro- I comment le projet de loi 116 amendant le Code du travail.In principale modification vise à permettre à J l’employeur et au syndicat de signer une convention collective de cinq, sept, neuf ans.Au nom de la flexibilité, on supprimerait la limite actuelle de trois ans.Cela donnerait l’occasion par exemple d’avaliser les experiences récentes d’un «pacte social " nouveau genre (la renonciation à la grève durant six ans contre le maintien d’emplois).On peut penser qu'en période de recession et de chômage, une telle liberté sourira à des employeurs qui, en raison d’un rapport de forces favorable, réussiront à imposer des conventions collectives de cinq, sept ou lient ans.On peut pensera des syndicats attires par la sécurité, même relative, de tels arrangements.Di liberté d'association En cas de retournement des conditions economiques défavorables, il est aussi probable qu’avant la fin d’une convention de cinq, sept ou neuf ans.des salariés impatientes par ce carcan voudront prendre les moyens concrets (ralentissement ou débrayage.officiellement illegal) pour obtenir une révision de leurs conditions de travail.Si ces scénarios tout l'ai faire de tout le monde, soit.On reviendra peut-être alors a une période plus mouvementée ou les enjeux du monde du travail s'exprimaient avec plus de pugnacité.C e qui n'était pas si ter cible, dans le fond.Un obstacle surgit cependant dans la foulée de cette "flexibilité».Un obstacle qui se nom me la libelle d’association énoncée dans la C bal te québécoise des droits et libelles de la personne, la C harte canadienne des droits et li lici tes et la C (invention internationale sur la li belle syndicale (no 87), une convention rati fiée en 1972 par le C anada avec l’accord du Quebec, la libelle d'association, c'est la liberté pour les salariés d’appartenir au syndicat de leur choix.Cela signifie aussi la liberté d'adhérer à un autre syndicat quand on juge ce dernier plus apte à représenter ses intérêts, le régime nord-américain des rapports collectifs de travail a aménagé à sa façon l’exercice de cette liberté d'association.Afin d’assurer la stabilité des relations de travail dans l’entreprise, on a convenu au Québec et ailleurs au Canada, depuis bientôt 50 ans, que la liberté de changer d'allégeance syndicale serait suspendue pendant la durée d’une convention collective.11 faut attendre la fin de la convention collective pour exprimer sa volonté de changement.Attendre au plus trois ans semblait une restriction tolerable.En permettant dorénavant des conventions collectives de cinq, sept ou neuf ans.comment aménager cette liberté de choix restreinte pendant toutes ces années?La solution proposée par le projet de loi 116 est lamentable et surtout contraire à la Convention internationale sur la liberté syndicale.Jugeons-en d’abord par le texte même du projet de loi.Lorsque la convention collective est de trois ans ou moins, rien ne change: les salariés peuvent manifester leur désir de changer de syndicat au cours du troisième mois précédant son expiration.L’affaire se complique lorsque la convention a une durée de plus de trois ans.Une association de salariés pourra alors le faire, dit le projet de loi, «du 180e au 150c jour précédant la date d'expiration ou de renouvellement d'une convention collective dont la duree est de plus de trois ans ainsi que, lorsque la duree le permet, pendant la période s’étendant du 180e au 150e jour précédant le sixième anniversaire de la signature ou du renouvellement de la convention et chaque deuxième anniversaire subséquent, sauf lorsqu'une telle period!'prendrait fin à 12 mois ou moins du 180e jour précédant la date d’expiration ou do renouvellement de la convention collective-.Ouf! Un texte ainsi rédigé cherche habituellement à cacher quelque chose.Quoi au juste?Après plusieurs lectures, on arrive à comprendre que l’attente durera quatre ans et demi, cinq ans et demi, six ans ou six ans et demi selon que la convention dure cinq ans, six ans, six ans et demi ou sept ans.Si la convention dure dix ans, la fenêtre s’ouvrira trois fois: après cinq ans et demi, sept ans et demi et neuf ans et demi Pourquoi une telle asymétrie, pourquoi compliquer les choses?Il aurait été facile de faire comme le Code canadien du travail et l’ensemble des lois du travail ailleurs au Canada, et de prévoir que cette possibilité s’ouvre au cours du troisième mois précédant chacune des années d’anniversaire des conventions de plus de trois ans; les salaries auraient l’occasion d’exercer leur liberté d’association chaque année après cette première période de trois ans.Cette solution est d’ailleurs la seule compatible avec la Convention no 87.le Comité de la liberté syndicale, l’instance de surveillance de l’Organisation internationale du travail, a été appelé à examiner des plaintes à l’endroit de lois nationales qui allaient dans le sens de l’amendement an Code du travail.Dans tous les cas.le Comité a conclu que la legislation nationale reconnaissant l'exclusivité de la représentation au benefice d’un seul syndical est incompatible avec l'article 3 de la Convention si on n'y trouve pas «certaines garanties-.Banni ces garanties, le C omité a toujours estime qui* la période d’attente pour permettre de verifier la représentativité du syndical ne devrait pas dépasser 12 mois.Une attente de cinq, six ou sept ans n'olfre pas cette garantie.Le choix est simple: respecter ou non ses engagements internationaux.Sera-t-on aussi soucieux en cette matière qu’on l'a etc dans le passe au sujet des conventions internationales protégeant la libel le d’expression, par exemple en matière de langue d'aflichage commercial?On devrait avouer que le motif principal des conventions de longue durée n’est pas la flexibilité, mais la sécurité des investisseurs intéressés par la stabilité de production de l’entreprise.Voyons si notre inquiétude est seulement théorique.Dans quelle mesure les salariés manifestent-ils leur intention de changer de syndicat à l'expiration de la convention collective?Au cours des années 1990.1991 et 1992, en comparant le nombre de telles requêtes traitées par le Bureau du commissaire général du travail à celui des conventions collectives échues durant la période, l’intention de changer d'allégeance s'est exprimée dans 15" des cas.Di volonté d'exercice de la liberté syndicale est donc bien vivante.Nous ne connaissons pas cependant les résultats de ces intentions de changement.L’instauration de la rigidité A ceux qui craindraient que la solution que nous proposons ouvre la porte à une multiplication de litiges qui paralyseraient les relations de travail, il faut savoir que 64% de ces dossiers traites durant la période 1990-1992 ont été regies suite à l’intervention de l'agent d'accréditation et sans audition devant le commissaire du travail, donc avec un minimum de formalisme juridique.Bref, un droit vraiment exerce et soumis a un traitement administratif souvent informel.Le motif de flexibilité pour justifier ces amendements est donc peu credible.C'est une tonne de rigidité qui est instaurée.la veritable flexibilité commanderait que les conventions collectives puissent être signées pour une durée indéterminée et qu’un seul avis de négociation sur l’une ou l'autre des conditions de travail puisse amorcer le processus en vue d'amender la convention collective.Or.les esprits ne sont pas encore prêts a cela.11 serait en fait preferable de nous dire que le motif principal des conventions de longue duree consiste en la sécurité des investisseurs interesses par la stabilité de la production de l’entreprise.Ce serait plus coherent.En même temps, il serait opportun pour lus défenseurs des liberies fondamentales de montrer que la libel le d’association mérite consideration et en consequence, de corriger la copie du projet de loi pour, entre autres, respecter nos engagements internationaux.L ’ É Q U I I* E I) l I) E V O I K LA RÉDACTION lourn.tlisk à l'information générale et métropolitaine s\l-vain Blanchard.Paul Cauchon.Jean Chartier.Louis-Gilles I rancoeur.Louis-Guy ! L’Heureux, Jean-Pierre L*gault.Caroline ] Montpetit.Bernard Morrier.Isabelle Pare, j Diane Precourt.Laurent Soumis, Guy Taillefer; Jacques Grenier et Jacques Nadeau {photographes): à l’information culturelle: Michel Belair (n sponsablc), Stéphane Baillargeon.Roland-Yves Carignah, Pierre Cavouette U.ivres).Paule des Rivieres.Marie Laurier.Robert Levesque.Odile Tremblay: à l'information économique Gerard Berube {responsable).Robert Dutrisac, Claude Levesque, Serge Truffaut.Claude Turcotte: à l’information internationale François Hrousseàu {éditorialiste et responsable).Antoine Char* Jocelyn (Toulon.Svlviane Tramier.Clément Trudel: à l'information politique.Pierre O’Neill.Jean Dion {correspondant parlementaire à Ottawa).Gilles Lesage {correspondant parlementaire et éditorialiste a Québec).Michel Venue {correspondant parlementaire à Quebec).Serge Chapleatt .{caricaturiste): à l’information sportive: Yves d’Avignon: Denise Babin, Rachel Duclos {commis).Marie-Helene Alarie (secrétaire a la redaction), Isabelle Baril ! (secretaire a la direction) L» Documentation: Gilles Paré (directeur); Manon Scott.Serge Liplante (Quebec).Rachel Rochefort (Ottawa) LA DIRECTION ARTISTIQUE Lucie Lacava LA PI «LICITE I.uc e Pinsonneault (directrice).Jacqueline Avril.Brigitte Cloutier.Gyslaine Côte.Francine Gingras.Johanne Guibeau.Lucie Lacroix.Christiane Legault, (publier taires): Micheline Turgeon (commis): Michèle Bouchard (secretaire)'.Ghislaine la-fleur tf< ept; nnist> L’ADMINISTRATION Henri Rit d 1 i ntroleur.Nicole Carmel (coordinatrice des services comptables): Florine Cormier.Celine Furoy.Jean-Guy lacas.Raymond Matte.Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.Linda Theriault (adjointe à {'administrate m I l M MEETING El SERA K E À LA CLIENTELE Christianne Benjamirt (directrice).Johanne Brien (secrétaireL Manon Blanchette.Monique I Heureux, 1 ise Lachapelle.Olivier Zuida.Rachelje 1 eclerc-A’enne, Jean-Marc Sic Marie t su* perviseur aux promotions des abonnements) LA PRODl CTI O N Robert Me ' i Dougall (directeur des systèmes informai tiques et de la production), Johanne Brunet.Danielle Cantara.Sylvain Darcy.Richard DcsCormiers.Caroline Des Rosiers.Lynda Di Cesare.Marie-Josee lludon.Michael Schneider.Marie-France Turgeon {coordonnatrice).Christiane Vaillant.Les annonces classées et avis publies: Yves Williams (supervisi ur), Dominique Charbonnier.Marlène Côte.Sylvie laper-' te.Pierrette Rousseau, Micheline Ruebji land.I 1 CONSEll Dl DEVOIR INC.Pierre Bourgio (president) LA FONDAi fl HON Dl DEVOIR Marcel G sident), Roger Boisvert (vice-president et « directeur general), Raymonde Guay (responsable du financement prive). A S I.K I) K V (I I I! I.K .1 K I I) I 9 I) K < F.M It It E I II !l LE DEVOIR LOI La déréglementation est une bombe PROJET Un budget de 27,3 millions$ SUITE DE LA PAGE 1 voir là-dedans et ne paieront rien.Quant aux amendes que pourraient écoper les travailleurs, sachez que la moitié des manifestants sont des chômeurs ou des assistés sociaux.Québec attendra longtemps avant d’être payé.» Larose est d’accord:
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