Le devoir, 31 décembre 1993, Cahier C
i.i: h K v U i n .i K v K x H ii v.ni :i i i> k c k m i< ii k i ti t) LE DEVOIR LES BILANS: Spectacles Page C2 Cinéma québécois Page C3 Cinéma international Page C3 Cinéma américain Page C4 Théâtre Page C6 Théâtre jeunesse Page C6 Disques Page C7 Jazz Page C7 Arts visuels Page CIO ?Agenda culturel Page C8 Livres Page C U Visas Page C16 ?Marie-Claire Blais Une année dans la vie de l’auteur PARCOURS D'UN ÉCRIVAIN NOIES AMÉRICAINES Marie-Claire Blais VLB Éditeur.217 pages.JACQUES THERRIEN En cette fin d’année de froid polaire, elle nous ramène à l’été brûlant de 1963 au moment où elle s’installait dans un quartier noir de la ville de Cambridge au Massachusetts.Elle nous transporte en terre américaine à une époque où émerge une nouvelle génération pacifiste, bardée d’idéaux, luttant contre le ra-cisme.Elle nous brosse aussi le portrait d’une décennie ombragée par les assassinats d’un président et d'un pasteur, noircie par les odeurs de napalm du Viêt-nam et les gaz lacrymogènes envahissant les pelouses des campus universitaires.Ainsi, Marie-Claire Blais collige ses 51 carnets parus semaine après semaine dans LE DEVOIR et nous les rend dans un recueil soigneusement intitule: Parcours d’un écrivain, Notes américaines.Donc, voici la trajectoire d’une romancière, issue d’une petite province nommée Québec, en exil grâce à une bourse de la John Simon Guggenheim Memorial Foundation qui l’oblige à résider aux Etats-Unis pour une année et à écrire un livre durant cette même période.Ce livre aura pour titre Une saison dans la vie d'Emmanuel et remportera le prix Médicis de 1965.Écrites dans un style direct, sans phrases alambiquées, les chroniques de Parcours d’un écrivain révèlent, au fil des rencontres, cet amour de Marie-Claire Blais pour les artistes, qu'ils soient peintres, musiciens ou écrivains.Ces carnets évoquent, entre autres, la naissance du pop art et la présence du cinéma d’avant-garde de Ciodard et de Bunuel.On y découvre une écriture qui contraste singulièrement avec le style habituel de Marie-Claire Blais, souvent qualifié de «proustien».Ou y découvre Marie-Claire Blais, mémorialiste.Jointe par téléphone à son repère de Key-West ou elle passe ses hivers depuis une quinzaine d'années, la romancière, dont la timidité légendaire effraie les scribes en quête de commentaires, parle avec générosité de ce projet provoqué avec acharnement par son ami Jean Basile: «C’est un projet que j’avais dans la tète d-jÆ5Sâïa£ •'•rTwifipsr'r^ %\rnïT mm % "Ve '* ¦ •' • mm1 Réalisateur Brian McKenna Réalisateur’associé Pierre Castonguay EN CINQ SOIRS CONSÉCUTIFS.AVEC JEAN-FRANÇOIS LÉPINE.LA TÉLÉ à rotre image \.S RC Χf' L'histoire contemporaine d'un pays du point de vue d'un grand politicien.dimanche! jyÜïh MTS Les Francos 1 Daniel Bélanger au Club Soda.Sur scène, il est comme un vieux frère.11 sait exactement ce qui nous fait rire, il chante le type même de refrains que l’on désire fredonner, et il sait qu’on ne pourra pas s'empêchez de chanter avec lin Donne-moi ta bouche de Pierre Lalonde.Dieu sait ce qu’il fera de nous la prochaine fois.J’ai hâte.2 Robert Charlebois au Spec-•trum.Le Charlebois showman, le Garou électrique, celui dont l’histoire me rabattait les oreilles, le furieux de L’Olympia, le déchaîné de l'Lsquire Showbar, je l’ai vu, enfin.Maintenant je sais, et je n’oublierai pas., 3 Stephan Richer a L’Air du •temps.Ix rocker suisse a transformé un showcase de compagnie de disques en happening inoubliable.4 Gilles Vigneault au TNM.Alliez, oncle Gilles, une autre histoire! Une autre chanson! 5 Dick Rivers au Capitole de •Québec.Des rockers-crooners comme lui, on n'en fait plus.Ix- moule est cassé.D'aucuns ont trouvé les rouflaquettes et les déhanchements un tantinet caricaturaux, mais son indefectible amour du rock a convaincu tout le monde.Elvis est mort, vive Dick premier! 6Clarika a L’Olympia (FrancoFo-• lies de Montréal).Quand elle a chanté J'suis pas myope, sa version musette du Start Me Up des Rolling Stones, j'ai compris qu'à son charme fou et sa coquine dégaine s’ajoutait unX'ulot monstre.Vivement quelle revienne! 'T Thomas Fersen au Grand Café / • (FrancoFolies de Montréal).Conquis à I.a Rochelle, j’ai reçu son premier show montréalais comme la confirmation d’une quasi certitude: on ne résiste pas a ces mélodies et à ces musiques gentilles — mais sans mièvrerie — qui sèment du printemps a tous vents.8: Gilles Valiquette au Vieux Clo-•cher de Magog (Festival acoustique de Magog).11 était content de noils retrouver, on était ravi de le revoit.La communion des désirs était totale, et les chansons n’avaient pas viejlli d’une milli-seconde.R É T R O S P E C T I V E 9 3 / S I* E C T A CLES Des «gros shows» à la pelle.Cet automne, en plus des feuilles mortes, les spectacles se ramassaient à la pelle.Si l’on tient également compte de l’habituel été des festivals et d’un printemps passablement agité, comprenez qu’il fut plutôt ardu de séparer le bon grain de l’ivraie, tellement la récolte a été fructueuse.M’en tenir à une vingtaine a été un calvaire.Ma collègue Pascale Pontoreau, moins réquisitionnée par les spectacles de worlbeat, son champ d’expertise, est parvenue a circonscrire ses coups de coeur sans dépasser la dizaine, dans le désordre.Voici donc nos soirées de service les plus mémorables de 1993, en toute subjectivité.Quelques-uns des meilleurs spectacles de 1993: Daniel Bélanger, Robert Plant et Michel Jonasz.9 Vanessa Paradis au Théâtre • St-Denis.Pour le bikini-filet affolant.bien sur, mais aussi pour le bain de pychédélisme garanti sur facture par Lenny Kravitz et feu Serge Gainsbourg.Remonter dans le temps, avec elle?N’importe quand.i A La Grande Soirée Rétro JL vj.à l’aréna Maurice-Richard.Le contrat le plus honnêtement rempli de l’année.Rarement ai-je vu des spectacteurs aussi combles.Bon vieux temps ils voulaient.bon vieux temps ils ont eu.Guy Harvey les a ému, Gilles Girard les a soulevé, et César et les Romains leur ont clapoté Splisli Splash.I>es Anglos 1 Pearl Jam a l’Auditorium • de Verdun.Le rock tel que Jerry Lee Lewis, les Who et les Sex Pistols l’ont défini: suintant, ruisselant, puissant, éreintant, à la limite du supportable.L’Auditorium de Verdun, après-coup, on aurait pu le tordre et l’essorer.2 The Blue Shadows au Club •Soda.Ce show-la était cousu main pour moi tout seul.Leur formidable version de Soldier Of Love, très proche de celle des Beatles à la BBC en 1963, m’était personnellement destinée, j’en jurerais.Merci, les gars.3Neil Diamond au Forum.Com-•plètement showbiz, totalement Ixis Vegas, absolument efficace.Sur une énorme scène pivotante au centre de la patinoire, il a chanté tous ses succès: à la fin, j’en avais le tournis.Plus pro, tu deviens tueur a gages.4 Rod Stewart au Forum.Sa •scène à lui était carrée, mais c'était le même feu roulant de tubes intemporels, de rhythm'n’ blues et de rock’n’roll.On en redemandait.De fait, il revient en février.5 Bon Jovi au Forum (deuxième •visite).Ils ont appliqué a la lettre le credo des rockers du New Jersey: donnez tout, et vous recevrez.6 Aretha Franklin au Théâtre du Fo-•rum.Excessive comme notre Ginette nationale, la reine du soul n’a pas seulement terrassé l’auditoire à coups de crescendos: elle a dansé un petit ballet en tutu.C’est comme ça qu’on l’aime.7 Robert Plant au Forum.J’avais •toujours cru que l’essentiel de lx‘d Zeppelin, c’était Jimmy Page, sa guitare à deux manches; son archet et ses power chords.Eh bien non.Ix dirigeable était dirigé par Plant.Sur scène, il est encore intouchable, vingt ans plus tard.Imaginez à l'époque.8 Sonny Landreth au Club Soda • (FIJM).C’était son troisième show du festival, d’autant plus réjouissant qu’il était facultatif et que Dmdre-th avait un avion à prendre quelques heures plus tard.Un grand moment dans l'histoire de la guitare slide.9 Midnight Oil au Pair Therrien de •Verdun (Festival Another Roadside Attraction).Même à cent cinquante mètres, le géant chauve Peter Garrett en imposait.Tellement que les Tragically Hip, après lui, vedettes du festival, semblaient petits, tout petits.-J A Mare- Cohn au Club Soda.Hors-J.Umodes, en dehors même du temps, vivent en Amérique des auteurs-' compositeurs-interprètes qui confèrent à la chanson pop un peu de noblesse: Joui Mitchell, Jimmy Webb, Janis km, James Taylor, Randy Newman, Lyle Ixv velt.Ajoutez Marc Cohn à la liste.Le voir à Montréal était un privilège.Sylrain Cormier Anne ma soeur Anne.Anne Sylvestre au Gesù.Elle m’a fait rire pour me faire mieux pleurer, eilq m’a menée par le bout de nez.Etienne Daho au Spectrum.Wow! Quand ce gars-là bouge sur une scène, je m’effondre.Goeffrey Oryema au Spectrum (FrancoFolies de Montréal).Une heure magique.Arthur H au Spectrum (FIJM).Quelle idée géniale d’avoir fenné les lumières pendant un morceau et de nous avoir laissé' seuls avec la musique! Baaba Maal au Club Soda.Il chante comme un Dieu, et danse aussi comme un Dieu.Des bottes de cow-boy sous un boubou africain, ça me fait craquer! Klialed au Spectrum (FIJM).Il faisait encore plus chaud à l’intérieur qu’à l’extérieur.C’était bon, ça coulait, ça collait partout! Ray Lema et les Voix Bulgares au Pigeonnier (Festival International d’été de Québec).Un mélange de voix que je ne suis pas prête d’oublier.Paco de Lucia à la salle Wilfrid-Pelletier.Quelle classe, quels doigts, quel génie! Michel Jonasz au Théâtre Saint-Denis (FrancoFolies de Montréal).Une fête parfaitement orchestrée, d’un professionnalisme rare.Un Touareg s'esl marié à une Pygmée, de Weré Weré Liking, musique de Ray Lema, à Abidjan dans le cadre du MASSA.Une comédie musicale qui m’a bouleversée et m’a ré conciliée à tout jamais avec le genre.Pascale Pontoreau J'étais un enfant timide Qui l'aurait cru.Son enfance, son entrée en politique.La Trudeaumanie.Ses convictions profondes.Ses alliés, ses adversaires.r t 0 i V *9* «SP Î*» * Florence Peme' ANS 4 1 30-4 50-8 25 iFAMOUS PLAYERS INFO-FILM:866-0111 de 11h00à22h00 PARISIEN U POINT O D t ON P L t N t M PALME D'OR » CANNES 1993 Un véritable dessert pour le coeur et K3 pour l’esprit!'* li* - LE NOUVEL OBSERVATEUR adieu ma Concubine PALACE 6MSIfC»then ullages de couples a fait rire bien du monde.Démontrant que quoi qu’on en dise, et sans qu’on comprenne toujours par quel mécanisme, l’humour s'exporte parfois bel et bien au cinéma.Beaucoup de bruit, peu d’éclats troublante réflexion poétique sur le sida et le déclin des civilisations qui nous prenait au coeur.Ou encore cet André Mathieu Musicien de Jean-Claude Labrecque, beau film qui nous entraînait en quête d’un pianiste oublié, en réveillant du coup tout un Québec frisquet et mesquin du milieu du siècle qui tuait ses Mozart fragiles; surtout quand ils picolaient et tendaient un miroir «pas montrable- a ses dites.Ix* documentaire demeure une des forces de notre cinéma qui y puise ses racines.Et même Thirty Two Short Films About Glenn Gould, la réussite de l’année, avait des odeurs de documentaire qui lui ancrait les pieds dans ce direct où nos cinéastes sont passés maîtres.ODILE TREMBLAY LL DEVOIR Comment s’est porté et comporté le cinéma québécois dans nos salles de 1993?Ce fut une année plutôt maigrelette.Du moins au chapitre des grandes oeuvres qui feront anthologie.Car ce n’est pas Im Florida équarrie a la hache de George Mihal-ka,malgré sa bobine d’or qui l'a couronnée aux Génies — soulignant le plus grand succès populaire au pays ( 1 ,(i million au box office) — qui a marqué notre septième art d’une pierre blanche.Ni Le Sexe des étoiles de l’aule Baillargeon, malgré des images intéressantes, mais un jeu faible et des maladresses de realisation.Encore moins "•¦t Agaguk, coproduction sans personnalité, mais non sans prétention.réalisée par u il F r a n c a i s Jacques 1 torflman, venu ravaler le grand roman d’Yves Thériaut au rang des oeuvres de concession qui, en voulant plaire â tous, se diluent jusqu'à l'insignifiance.Au fond ce qui a le plus marqué l’année québécoise, est un débat qui lut comme le Pascale Bussièn couvercle d'une Lu rie fantôme.marmiu sur un problème tout a coup révélé au publie: celui du petit nombre d'écrans réservés â nos films dans les salles de cinéma.A la base dudit débat, se retrouve un excellent film signe I i niçois ( iirard, jeune cinéaste que certains prédisaient noyé apres h naufrage il y a deux ans de son Cargo Il relevait la tète de layon éclata tante avec Thirty two short films about Gh mi Gould, brillante mu-suïqui de courts métrages sur le défunt pianiste toronlois, interprétée ivre tant d’âme par t olm heure.Film (b l’annee reconnu comme tel par l’Academie des Genies, s'il a tait park i beaucoup de lui au Quebec, ce n'est neanmoins pas pour ses seules qualités, toutes grandes soient-elles 1 af» fterv*»l W © IHiMMiilttffl [yfflillilM w QCJUÆLgyiffliiÿü CAMÉRA D'OR 7^^ « CANNES 1993 Un film de Tran Anh Hung ?: chef d’œuvre kkk k: très bon k-kk: Ikhi ?* : quelconque ?: très faible : pur cauchemar GRUMPY OLD MEN ?I/l' De Donald Petrie.Une comédie parfois rigolote sur une histoire qui ne tient pas debout.Mais qu’importe, au fond quand on a le duo Jack bon mon et Walter Matthau dans les rôles principaux, ici en chicane chronique, éternels rivaux en amour.Léger et rebondissant.Odile Tremblay TOMBSTONE ?De George P.Cosmatos, un western classique à l’heure de la ruées vers l'or.Avec bons contre méchants qui s’entretuent gaillardement.Violence gratuite et scénario exsangue, le film choque par sa brutalité de premier degré que ne vient racheter aucune analyse psychologique digne de ce nom.Odile Tremblay IHE MUSIC OF CHANCE ?\/-> De Philip Haas.Deux hommes vont, après avoir perdu au poker, se faire offrir par les gagnants une bien cruelle façon de payer leur dette.Une adaptation honnête, sans plus, d'un des meilleurs romans de Paul Auster.Francine iMurendeau AMONGSI FRIENDS ?Un film du cinéaste indépendant Kob IFe/ss.Il nous montre les dessous de la vie des petits-fils de gangsters élevés dans l’opulence à bmg Island, mais par morosité happés par le crime, b’s anti héros sont malheureusement trop insignifiants et antipathiques pour retenir l'attention.Et le scénario est faible.Odile Tremblay HEAVEN ON EARIH kkk b’ dernier Oliver Stones porte Un re-gar De Marco Pico.Pierre Richard, Michel Pieeoli et Dominique Pi non es soient vainement d'être drôles dans eette comédie supposément burlesque qui raconte les tribulations de deux fous et d'un psychiatre lâchés sur la route.Interminable, bâte et ennuyeux comme la pluie, ce film est loin d’etre un cadeau du ciel comme on en at tend durant la période des fêtes Homard Boulait IHE PELICAN BRIEF ?* k l/v> De l'Américain Alan J.Pakula, dans la lignée de All Die President's Men, un bon thriller politique (un peu aluni biqué) donnant la vedette à Julia Roberts et Denzel Washington.Bien joue, bien monté sardes images reelierchees et une excellente musique, un film nei veux et efficace qui vaut le détour Odile Tremblay MAIUSALEM ¦k k k 1/» De Roger Cantin, bi neige de Ste-I.u cie-dc / ta got et les plages cubaines sont au rendez riais de ce conte fan tastique qui plonge de jeunes écçliers dans une histoire abracadabrante de pirates égarés et de destin suspendu Un film «familial>• dans lequel grands et petits sauront trouver leur compte, mais pas nécessairement pour les mêmes raisons, .Iran Claude Mu ri avait Malgré toutes les invraisemblances d’un scénario bâclé, Jurassic rant sera parvenu à rejoindre tous les Menace II Society, l’une des seules vraies découvertes de l’année publics.Schindler's List où Spielberg veut nous prouver qu’il peut aussi faire du cinéma d’auteur.Altman renoue avec la superproduction et les castings d’enfer dans Short Culs.travestissement à la sauce américaine de Nikita, L’Homme qui voulait savoir et b Retour de Martin Guerre.En attendant My Father The Hero avec Depardieu qui reprend son propre rôle dans la version US du film de Veber.Si les révélations ont été rares (on y reviendra) les déceptions, elles par contre, furent nombreuses.Sydney Pollack (The Firm), Philip Kaufman (Rising Sun), Clint Eastwood (A Perfect World), Brian de Palma (Carlito’s Way), John Singleton (Poetic Justice) n’ont |ias vraiment été à la hauteur de leur réputation.En revanche, Peter Weir avec Fearless a eu la main plus heureuse ainsi que Brian Gibson avec What's bwe Got To Do With It et Wolfgang Petersen avec In the Line of Fire.De son côté, John Me Naughton, après Henry, Portrait of a Serial Killer, a fait à nouveau mouche en dirigeant Robert De Niro dans Mad Dog and Glory, une comédie policière douce-amère passée inaperçue.Parlant de De Niro, 1993 a fait de lui un réalisateur.Son baptême du feu, A Bronx Tale, a en effet révélé un vrai talent de metteur en scène.Quant a John Turturro, à son premier essai, Mae, il offre lui aussi de belles promesses.Autre espoir, Dominique Sena, l’auteur du puissant Kalifornia remarqué au IT M.Mais les vraies découvertes de l’année dans le cinéma américain proviennent des groupes minoritaires: latino avec Robert Rodriguez (El Mariachi), noir avec les frères Hugues (l’excellent Menace II Society) et chinois avec Aug Lee (The Wedding Banquet).Avec 1993 qui se termine, c’est aussi un autre chapitre sur le Vietnam qui s’achève.Celui qu’Oliver Stone a voulu consacrer au point de vue vietnamien du conflit en s’inspirant de la vraie histoire de Le Ly Hayslip.Heaven and Earth est malheureusement son plus mauvais film.Direction de comédiens déficiente, scenario décousu et surtout absurde nivellement culturel puisqu'on y entend tout le long des Vietnamiens s’exprimer entre eux en anglais.Li reprise de Apocalypse Now sur nos écrans venait rappeler a quel point le film de Coppola reste toujours LE film sur cette tragédie.Woody Allen, pendant ce temps, a retrouvé Diane Keaton dans Mau hallali Murder Mystery.Ainsi s’explique (en partie) le succès d’un Spielberg, version Jurassic Park, qui, malgré toutes les invraisemblances d’un scénario bâclé, parvient à rejoindre tous les publics.Et finit par désarmer les plus sceptiques car, tout marchand (d’illusions) qu’il est, Spielberg est aussi un sacré magicien.De là à dire qu’il a voulu se faire pardonner en signant Schindler’s List, un drame de plus de trois heures en noir et blanc, il y a un pas qu'on ne peut s’empêcher de franchir.Car, comment ne pas voir dans ce beau film inquiétant mais imparfait, la douce revanche d’un wonderboy hollywoodien qui a réussi à prouver ses qualités d’auteur par une mise en scène impeccable.Autre auteur, semble-t-il en mal de reconnaissance, Martin Scorsese, dont personne pourtant ne conteste le titre, a voulu faire dans l’étude de moeurs avec The Age of Innocence.La démonstration n’a cependant pas été convaincante pour tous malgré le soin extrême apporté à la direction artistique.Dans ce registre, James Ivory, toujours aussi british dans l’âme, a persisté et signé une autre de ces oeuvres stylisées à souhait.Ivory commence-t-il à se répéter?Altman, quant à lui, a renoué avec la superproduction et les castings d’enfer dans le trop long Short Cuts, un brillant exercice de style sympathique mais froid comme la mort.Woody Allen, pendant ce temps, a retrouvé Diane Keaton dans le très jubilatoire Manhattan Murder Mystery.C’est d’ailleurs une des rares bonnes comédies américaines de l'année avec peut-être l’inégal Dave d’Ivan Reitman qui, en enterrant les années Reagan-Bush, tourne en dérision la fonction présidentielle et réintroduit la morale en politique.Des déceptions mais aussi des surprises Pour ce qui est des autres comédies, mis à part le faiblard Sleepless in Seattle et l’imbuvable Made in America, Hollywood s’est complu, cette année encore, dans l’auto-paro-die avec le Robin Hood de Mel Brooks, Hot Shots 2 et Fatal Instinct.Puis, cherchant comme d’habitude l’inspiration ailleurs, les studios américains ont adapté des histoires conçues d’abord pour la télévision (Coneheads, Beverly Hillbillies) ou pour la BD (Dennis The Menace, Ad-dams Family Values) et même, pourquoi pas, pour le nintendo (Super Mario Bros.).Toujours dans le registre des pâles copies, 1993 a vu le BERNARD BOULAIT Un doublé Spielberg, une degelée de Schwarznegger au profit de Stallone, un retour aux sources pour Woody Allen, un Lion d’or pour Altman, des comédies en rafales, autant de thrillers érotiques à la Sliver, une abondance de violents films policiers et d’inévitables «sequels»: le cru 1993 du cinéma américain n’a pas montré beaucoup de signes de renouveau.Et pourtant, malgré tout le mal qu’on puisse en dire, il continue d’être toujours aussi populaire à travers le monde, dominant sans aucu- ne comparaison possible tous les autres cinémas nationaux.Sa force, il la tire non seulement de son puissant réseau de distribution et des énormes moyens techniques qu’il est en mesure de mobiliser pour reconstituer n’importe quel décor imaginable mais aussi de sa capacité d'utiliser un langage cinématographique simplifié universellement reconnaissable.Ce qui pour plusieurs cinéphiles avertis apparaît comme de grosses ficelles, constitue pour le grand public des repères qui le rassurent et lui font voir qu’il est en terrain connu.Les ua tüm d EUE CHOUDAQU! «H "Trois générations superbement incarnées : une distribution impeccable!" Daniel Toscan du Plantler.U Figaro ON LES AIME.TOUS! ILS SONT MAGNIFIQUES.UN FILM .CADEAU DE NOËL!" U Quotidien "Est-ce que ça fontionne?Oui.trois fois, oui! IL URGE DE RECOMMANDER CE FILM FRATERNEL.Impossible de ne pas y reconnaître une expérience bien à soi." Première presenle J* Pour le temps des fêtes faites-vous plaisir offrez-vous la meilleure comédie de l'année! Tout ça.Pour ça! r mois CLAUDE LELOUCH suscces I NOUVEL ELYSEE 35 ru* Millon L’année où rien n’a changé I E II K V I) I li .I l v I \ I) Il !¦: I) I :’> l H l ( l M II II 1: I il !) ;} U LEÇON DE PIANO ?Jane Campion.lu1 plus beau film de I année, palme d'or cannoise, et prix d interpretation féminine pour Holly Hunter.Une oeuvre qui réussit à allier puissance et délicatesse.L’intrigue a pour cadre la Nouvelle-Zélande du siècle dernier, à l'heure où une pianiste muette vient épouser un parfait inconnu dans la jungle qu’il dispute aux Maoris.Au centre de l’histoire: le piano abandonné sur la plage, puis chez un voisin qui le rendra à la musicienne en échange de ses faveurs.Ce film d’un érotisme troublant, merveilleusement interprété, filmé avec grand art, est un moment magique de cinéma.Odile Tremblay 32 FILMS BREFS SUR GLENN GOULD ?De français Girard.Un docu-fiction exceptionnel sur le célèbre pianiste to-rontois disparu il y a dix ans.Intelligent et audacieux, François Girard a construit son film comme une partition musicale, à la fois complexe et fluide, qui révèle les multiples facettes de la fascinante personnalité de Glenn Gould.C’est une oeuvre pleine d’invention, bien documentée et très habilement montée.Bravo! Bernard Boidad SCHLINOER'S LIS! ?1/2 Steven Spielberg a voulu traiter avec pudeur et en noir et blanc le sujet de l’Holocauste qui le bridait depuis toujours.Mais trop respectueux de son thème sans doute, il a ménagé les effets, dilué son message.D?film sur cette monstrueuse tragédie collective manque d’émotion, et ne creuse pas ses personnages.Odile Tremblay IHE LOTUS EAIERS ?Du Canadien Haul Shapiro.Une comédie un peu grinçante et rigolote ayant pour cadre les des près de Vancouver au cours des années 60.Ixi magie d’une époque renaît ici, avec ses rêves et sa candeur.On a droit à une performance de Sheila MacCar-thy dans la peau d'une épouse trompée quand son mari, un directeur d’école constipé s’éprend d’une institutrice.Quelques faiblesses de jeu, un manque d’unité, mais beaucoup de fantaise, un charme aigre-doux.If ger et gentil.Odile Trembay ANDRÉ MATHIEU MUSICIEN ?De Jean-Claude Ixibrecque.Hommage mérité à la mémoire retrouvée d’un grand compositeur et interprète, promis aux plus hauts sommets de la gloire, mais qui a craqué au moment décisif.D‘ portrait que tire Ixibrecque de notre "Mozart canadien»» est aussi passionnant que troublant.Il interroge la place qu’occupe l’artiste dans une société sclérosée et étouffante qui transforme ses génies en martyrs.Un destin fascinant à découvrir.Bernard Boidad LE LONG SILENCE ?De Margarcthc Von Trotta.A travers le regard de sa femme (magistralement interprétée par Caria Gravina) qui vit dans l'appréhension d’un assassinat, la vie quotidienne d’un magistrat italien dont une enquête est sur le point de démasquer les dimes de l’Etat.Magistral et bouleversant.Francine Laurendeau.LE NOMBRIL DU MONDE ?1/2 D'Ariel Zeitoun.Une histoire d'amour et d’ambition qui se passe en Tunisie, du protectorat français à * l’indépendance.Malgré ses maladresses, chaleureux, coloré et distillant un authentique parfum nord-africain.Francine Laurendeau SISTER ACT 2: BACK IN THE HABIT ?1/2 Retour de l 'ineffable Whoopi Goldberg déguisée en bonne soeur chantante.Cette fois comme professeur de musique d’un groupe délèves décrochâtes qu’elle conquiert à coup de raps et de «tonnes» disco.Ça sent le film de propagande destiné èi la récupération des décrocheurs.Gentil, joyeux, facile, avec grosses ficelles qui dépassent.Odile Tremblay PARIS, FRANCE * 1/2 Un film XXX nous arrive de T()nta-rio.Signe Gérard Ciccoiitti, d se veut une sodé de voyage intiatique d’une romancière qui cherche la fuyante inspiration dans une relation extraconjugale.Irfilm, à prétentions psychologiques, présente des scènes très crues.Mais la faiblesse du jeu des acteurs et le scénario confits l'empêchent de s'élever au-dessus de la séné B.Odile Trcmblav SINGING BRIDGES ?* 1/2 D'Emmanuelle Surdon et Michel l è-zina Un grand prêtre de la Beat Generation, Allen Ginsberg, et quelques adistes de factuel underground américain racontent leur vision de l'Amérique.Brillant comme facture mais assez faible comme contenu.Francine Laurendeau MTS C I N V M A c r> Le bal des grincheux GRUMPY OLD MEN Réal: Donald Fetrie.Scénario: Mark Steven Johnson.Avec Jack Lemmon, Walter Matthau, Ann-Margret, Kevin Fallait, Ossie Davis, Daryl Hannah.Image: John E.Jensen.Musique: Alan Silvestri.O 1) I 1.K LE TRKM B LAY DEVOIR Il n’y a pas plus grincheux que des vieux grincheux.Il n’y a pas plus butés que des vieux butés.Surtout quand ils prennent les visages et les mimiques de Jack I^emmon et Walter Matthau.Duo d’acteurs chevronnés s’il en fut, souples comme de la plasticine à force d’avoir incarné l’Amérique sous toutes ses coutures et vu neiger sur les pellicules de leur pays.Les voici voisins en chicane perpétuelle, vieux rivaux qui se jouent des tours de collégiens, réunis dans une comédie aussi rigolote qu’invraisemblable.Nous sommes dans la chic petite ville de Wabasha au Minnesota.Ixjs retraités John (Lemmon) et Max (Matthau) habitent des maisons voisines et passent leur journée à s’espionner en cherchant à s’enfarger, à se ridiculiser et à s’emmerder de toutes les façons imaginables, s’injuriant aussi au passage.Occupation qui leur prend beaucoup de temps, puisqu’ils sont ennemis depuis 56 ans depuis un chagrin d’amour mal consolé de Max envers John qui lui a pris jadis sa promise.Et la jalousie, même après la mort de l’aimée, est aussi vivace que la rancune.A part se jouer des tours pendables et recevoir de temps en temps leurs enfants devenus grands, les deux pugilistes sont des pêcheurs invétérés.Nous sommes en décembre aux alentours de Noël, et ils s’adonnent dans leurs cabanes, à la pêche sur glace.Scènes qui rappelleront aux amateurs québécois les joies de la poursuite aux poissons des chenaux sur la Bastiscan, avec les villages champignons érigés pour une saison sur la rivière.On aura donc droit à des batailles de poissons, à des poulamons putrides pourrissant sur la banquette arrière La violence à tombeau ouvert TOMBSTONE Réal: George F.Cosmatos.Scénario: Kevin Jarre.Avec Kuri Russel, Va/ Kilmer, Michael Biehn, Rowers Boothe, Robed Mitchum, Dana Delany, Sam Elliott, Stephen Ixing.Image: William A.Fraker.Musique: Bruce Broughton.() I) 1 LE LE T R K M B L DEVOIR \ Y line comédie fofolle portée par la double performance de Walter Matthau et Jack Lemmon.du rival, à des cabanes poussées en camion jusqu’à la zone de glace fragile qui appelle les naufrages, et autres fantaisies dont regorgent les paniers des pêcheurs, à côté des vers et des mouches.La vie paisible suit donc son cours jusqu a ce qu’une sirène rousse (Ann-Magret), veuve de son état, et loufoque dans son comportement n’aménage dans le quartier en envenimant la zizanie qui règne entre les grincheux, lesquels brûleront bien évidemment d’amour pour elle.Qui gagnera son coeur?A vous de le découvrir.L’invraisemblance du scénario n’a pas trop d’importance.On nage dans l’absurde et le film est l’occcasion d’un duo d’acteurs comme on les aime avec les regards noirs, les bouderies, les colères, les batailles des deux hommes qui, comme de bien entendu, adorent s’haïr.Lemmon et Matthau se sont amusés et ça paraît.Cette comédie fofolle est portée par leur double performance.Mais Ann-Margret n’est pas mal non plus, tout a fait charismatique et drolatique en veuve joyeuse et excentrique habitée par un grand positivisme et le coeur brûlant d’amour envers ses frères humains grincheux.Grumpy Old Men aligne plusieurs gags désopilants et on rit souvent de bon coeur, même quand c’est idiot.Comme quoi des acteurs dignes de ce nom font parfois des miracles.Ça se gâte un peu vers la fin, à l’heure des grandes réconciliations et des sacrifices apportés aux pieds de l’ami-enne-mi a qui on offre son bonheur.Mais le film est habité par un doux burlesque et une bonne humeur qui ont leur charme.Charme d’autant plus prenant quand Lemmon et Matthau sont de la noce.Austère poker THE MUSIC OF CHANCE De Fhilip Haas, avec James Spader, Mandy Fatinkin, M.Emmet Walsh, Charles Durning, Joel Grey, Samantha Mathis, Christopher Fenn, Fearl Jones, Jordan Spain hour.Scénario: Fhilip Haas et Belinda Haas, d’après le roman de Fattl Auster (en français: «Ixi Musique du hasard»), éditions Actes Sud).Image: Bernard Zitzennann.Montage: Belinda Haas.Musique: Fhillip Johnston.USA, 1993.Ih38.Au Cinéma de Fa-ris du 31 décembre au 6 janvier.F K A N t I N E LAI! K E N I) E AU Il y a longtemps, semble-t-il, que Nashe roule sur cette route de campagne, avec comme seul souci son environnement sonore éclectique, enchaînant harmonieusement Berlioz et jazz.Quand soudain, titubant.un homme apparaît sur la route, contusionné, ensanglanté.Il a sûrement été victime d’une agression.Nashe lui ouvre sa portière.Petit a petit, Pozzi se raconte.Il est joueur de poker professionnel.C’est-à-dire que les cartes constituent depuis presque toujours son unique source de revenus.Il 11e triche pas.Il est bon, il gagne neuf fois sur dix.Mais il vient de se faire attaquer: on l’a volé, il n’a plus un rond et, justement.il allait avoir besoin d’au moins 10 000$ pour affronter deux joueurs, dans quelques jours, le rendez-vous était même pris.Et comme ces deux compères sont d’authentiques millionaires qui jouent particulièrement mal, Pozzi esl sûr qu’il aurait pu en tirer beaucoup.Quel malheur! Or, il se trouve que Nashe a fait il y a quelque temps un petit héritage qu’il a joyeusement dilapidé.Il 11e lui reste justement plus que 10 000$.Il conclut donc avec Pozzi le pacte suivant: il lui avancera l’argent nécessaire.l’accompagnera chez ses adversaires el partagera les gains moitié-moitié.D’accord.On se met en route.Flower el Stone habitent loin dans la campagne.Leur résidence esl invisible de la route et jalousement surveillée par un gardien qui, au premier abord, ne veut pas laisser entrer Nashe et Pozzi.Le carillon de la porte fait retentir les premières notes d’une symphonie de Beethoven.Un bataillon de domestiques s’affaire dans une vaste demeure loti foquement décorée, un décor hollywoodien, style nouveau-riche.Ces messieurs étaient de modestes petites gens qui ont un jour gagné à la loterie une somme fabuleuse.Ils ont tellement d’argent qu’ils ne savent qu'en faire.Ils voyagent beaucoup.Récemment, en Irlande, ils sont tombés amoureux d’un vieux château en ruines.Us l’ont acheté el fait livrer en Amérique.Un gigantesque las de pierres impossibles à assembler, un vrai puzzle.Ils ont donc renonce a faire reconstruire le château.Avec ces milliers de pierres, ils bâtiront plutôt un mur qui se dressera un jour dans leur immense propriété.Mais vous voulez savoir ce qui se passe à la table de poker?Eh bien c'est le désastre absolu Pozzi perd tout, y compris la voiture do Nashe.Et encore doivent-ils une dizaine de k The Music of Chance est le premier roman de Paul Auster à être porté à l’écran.Voici donc portée au cinéma une figure de légende de la conquête de l’Ouest.Celle du Marshall Wyatt Karp à l’heure de la ruée vers l’or.Voici donc que reviennent au cinéma les vieux westerns des temps jadis.Unforgiven de Clint Eastwood qui récolta tant d’Oscars l’an dernier, donnait le pouls de l’engouement.Mais depuis quelque temps, le retour de l’Amérindien a l'écran, drapé d’une dignité nouvelle, montrait que l’Amérique était prête à renouer avec les classiques du Far West.Classique pour classique, voici donc portée au cinéma une figure de légende de la conquête de l'Ouest.Celle du Marshall Wyatt Earp (Kurt Russel) venu s’installer dans la ville minière de Tombstone en Arizona à l'heure de la ruée vers l'or.Il croit pouvoir s’établir tranquillement avec sa femme et un petit commerce, mais la terreur règne, le sang coule à flot etjles méchants font la loi.11 se résigne donc a épingler l’étoile du Marshall sur sa veste et à faire son devoir! de chasseur de brigands.Avec ses trois copains bien en selle sur leurs destriers pourfendeurs de torts, dont Doc Uollyday (Val Kilmer) si brave malgré la tuberculose qui le ronge, il montrera à l'ennemi de quel bois ils se chauffe.Classique du combat des bons contre les méchants dans une ville champignon prise de la fièvre de l'or où ça joue du ¦>gun» devant le saloon de carton-pâte, où les -gamblers» misent gros, ou les gourgandines les cajolent au cabaret froufrou où débarqueront une troupe d’artistes venus apporter un peu d’humour et de fantaisie en délassant tous ces tueurs las.La chanteuse Joséphine (Dana Delany) d’un coup d’oeil aguicheur et d’un torsion de sa hanche coquine ravira le coeur du Marshall et tout finira par une romance, comme dans un conte de fée.Le film est basé sur des faits authentiques et historiquement prouvés, nous dit-on.Peut-être eût-011 mieux fait d’enjoliver le scénario.En fait, on a peine à supporter tant de violence gratuite au cinéma qui en a vu pourtant d’autre.Bonjour, les grands râles d’agonie, les exécutions en pleine rue, au bordel du coin, dans la campagne bucolique, juste pour garder la main, avec le rictus satisfait du tueur enrage qui a le goût du sang el s’en pourléche les babines.Ça tue sans relâche et les amateurs de violence de premier degré se délecteront à ce Tombstone-là.U- machisme primaire et bête règne et triomphe.Ici, la minceur du scénario laisse peu de place aux performances d’acteurs.Il y a bien, entre les fusillades quelques moments paisibles, la romance entre Wyatt et Joséphine, dame qui s’avère fort délurée pour son temps et féministe avant la lettre.Il y a bien aussi un effort du côté de la direction artistique avec l'Arizona de 1881 habilement reconstruit comme sont reconstitués avec soin les costumes des cowboys et des femmes corsetées et enjuponnées.Mais rien pour équilibrer le poids de ces assassinats en série.Val Kilmer dans la peau de Doc Holliday est le plus crédible.Et son personnage malade, toussant et crachant et jouant tout de même au héros, présente quelques nuances.Les autres cowboys sont tout d’une pièce, surtout dans le clan des méchants, brutes sanguinaires avec un embryon de cerveau.Hells Angels du temps jadis.Mais par dessus tout, on se lasse de ces tueries à la chaîne, de cette violence extrême.Surtout qu’il n’y a pas, comme dans les bons vieux Leone, de distorsion de l’action pour la poétiser, la rendre humoristique.Juste des cowboys à chapeaux qui s’entretuent en poussant de grands râles.milliers de dollars à leurs hôtes qui leur refusent tout crédit et menacent d'appeler la police.C'est alors que I'lower et Stone proposent aux vaincus une solution.Une solution à première vue tellement absurde que Nashe et Pozzi poussent de hauts cris.Mais ont-ils vraiment le choix?Honnête, mais unidimensionnel Je vous ai résumé la première partie de ce film fort bien accueilli au dernier Festival de Cannes dans la section -Un certain regard», c’est-à-dire en selection officielle non compétitive.On sait que Paul Auster travaille sur des projets de films avec Wayne Wang (le réalisateur de Chan Is Missing ) et avec Wim Wenders.Mais en attendant, c’est la première fois qu’un de ses romans est porté à l’écran.Disons que c’est un film très honnête, mais unidimensionnel, raconté au premier degré.On ne retrouve pas la folie douce qui parcourt k' texte quand, par exemple, Auster décrit la maison kitsch des deux millionnaires.On aimerait que le réalisateur prenne le relais du romancier, invente lui aussi, délire même un peu.Au lieu de cela, l'adaptation est à la fois respectueuse et simplificatrice.Par exemple, alors que le préambule du roman nous explique à la suite de quels événements Nashe est devenu un automobiliste solitaire dont la fuite en avant a quelque cho-se d'angoissant et de vertigineux, le film démarre de plein pied avec la rencontre qui va nous mener vers la partie de poker fatale.C'est par bribes que nous parviendront ultérieurement quelques details sur ht vie antérieure de Nashe.Si bien que ce personnage a la fois souriant et désespère perd de sa profondeur.11 n’est plus que gentil.Cela dit, les comédiens, choisis avec discernement, jouent et sont filmés dans la sobriété.Ça demeure tout du long une très bonne bis toire et on ne s’ennuie pas, surtout si on n'a pas encore lu le roman.Clin d’oeil final: vous reconnaîtrez dans l’automobiliste de la dernière séquence nul autre que.Paul Auster qui fait ainsi ses débuts au cinéma.3 »KM ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL CHARLES DLITOIT O Le^du Maurier Liée présentent une RÉPÉTITION OUVERTE et i une RENCONTRE avec les MUSICIENS Mardi 4 janvier 1994 à 10 heures dans la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts Des oeuvres de U agiter.Berg et Mahler dirigées par Charles Datait, avec Chantal Juillet, violon LES GRANDS CONCERTS CHARLES DLVTOIT, chef • CHANTAL JUILLET, violon Mardi 4 et mercredi 5 janvier.20h WAGNER: BERG: MAHLER Commanditaire: 5 jamier: Lohengrin, extraits Concerto pour violon Symphonie no I «Titan» BIT I I TS: 9.75$ 19.25$ 27.008> 40,00$ 47.50$ (taxes et redevance PDA en sus) LES DIMANCHES STANDARD LIFE ™n5?dl,fe CHARLES 1)1 LOI I , chef'• CHANTAL JUILLET, violon ALAN KEINKERti.piano Dimanche 9 janvier.I4h40 KEK(i: MAHLER Kanunerkonzert, opus S Symphonie no I « Titan » ( mummanditaire: SPHARMAPR1X Bil l l is 9,75$ 12.25$ l(i,50$ (taxes et redevance PDA en susi ( 50‘ ; enfants moins de 1 fs ans) Salle Wilfrid-Pelletier Place des Arts Billets en vente à l’OSM 842-9951, et Réseau Admission / 790-1245.àlaPdA 842-2112 I.K I) K V 0 I H , I K V I.X I) H !•: I) I :i I I) i: ( t M |t ü | | >.» •.jfÆpézÆup.ADMISSION '¦'WÂéé: 3ARTS Dans l’attente de visionnaires 1993 aura été, somme toute, une année * * ' sans grande surprise :: GILBERT DAVID Les années se suivent et se ressemblent en théâtre jeunesse.Les grandes réussites s’y font rares, ce qu’on s’explique de plus en plus mal du fait que les compagnies dans le domaine ne créent, en moyenne, un nouveau spectacle qu’à tous les deux ans.On s’attendrait donc à ce que les productions jeunes publics, destinées à être diffusées sur plusieurs années, aient profité au mieux de cette période étendue de préparation, sans commune mesure avec ce qui se passe, trop souvent pour le pire jugement, dans le théâtre tout court, victime de l’esprit industriel.Mais il faut croire que, là comme ailleurs, il ne.suffit pas d’avoir du temps, encore fatif-il avoir de la méthode et de la rigueur, c’est-à-dire du talent.En 1993, il y a eu une douzaine de créations en théâtre jeunesse — presque le double de l’année précédente, tout de même — et force est dç,constater que, dans l’ensemble, lesj créateurs n’ont pas péché par except d’audace et qu’ils n’ont pas souvent accouché d’univers dramatiques et scéniques qui manifestent a la fois cette qualité de présence et cqtte poésie bouleversante que l’on reconnaît volontiers à un spectacle clownesque comme Im Tragédie comique du Belge Yves Hunstad.Poé-siq et présence ne devraient-elles pas être au coeur de toute production théâtrale, peu importe à qui celle-ci s’adresse?Le triomphe du savoir-faire Aussi, je serais bien en peine de désigner un spectacle pour enfants qui ait eu en 1993 la richesse expressive, l’intelligence sensible et la resonance de Petit Monstre, du Théâtre Bouches Décousues, dont la reprise à la Maison Théâtre en début d’année reste le meilleur exemple d’une production où le texte, le jeu, la mise en scène et la scénographie sont en parfaite symbiose et d’un égal intérêt.Formellement plus risqué, Contes d’enfants réels, du Carrousel — qui a mérité le prix de la critique pour le meilleur spectacle jeunes publics de la saison 92-93 — se dé-.marque par la vivacité de l’écriture narrative de Suzanne Lebeau et par la mise en scène inventive de Ger-vais Gaudreault.bien servi par le dispositif scénique polyvalent de Richard Morin.On peut toutefois penser que l’approche, notamment dans la direction d’acteurs, aurait gagné à tenir davantage compte de la capacité d’écoute des enfants.Et je ne suis Petit Monstre, du Théâtre Bouches Décousues, reste le meilleur exemple d’une production où le texte, le jeu, la mise en scène et la scénographie sont en parfaite symbiose et d’un égal intérêt.pas vraiment convaincu que ce spectacle.par sa structure plutôt sèche, puisse atteindre autant ces dentiers que les adultes.Le Pain de la bouche, du Théâtre de Quartier, s’impose ensuite à l’attention.Le texte de Joël da Silva amuse par ses jeux de mots et charme par son imagination débridée, en campant les personnages Hansel et Gretel, devenus vieux, dans une folle aventure qui les amène à prendre conscience de leur voracité et, symétriquement, de leur peur d’être manges.Avec une mise en scène mieux inspirée et un rythme mieux maîtrisé, ce spectacle aurait cependant eu plus d’impact sur son auditoire.Dommage ! Après avoir écrit pour les Confettis Hippopotamie — un spectacle à deux personnages qui a souffert d’une interpretation maladroite — Louise Bombardier a signé pour la même compagnie Conte de Jeanne-Marc, un monologue percutant, drôle et tendre, qui dévoile la difficulté d’être toute actuelle d’une enfant de six ans, trop vite laissée à elle-même par ses parents «très occupés».Mais là encore, une interprète inexpérimentée a eu bien du fil à retordre avec le morceau de bravoure imaginé par l’au-teure.Croira-t-on que les enfants n’y ont vu que du feu?Peut-être.Mais, pour ma part, cela a gâché la moitié de mon plaisir.Qu’y faire?Avec Mowgli, du Théâtre du Double Signe, la vision anthropocentrique du monde animal selon Kipling a été reconstituée de manière captivante par le metteur en scène Patrick Quintal.Malgré des longueurs et des éclairages déficients, cette production avait beaucoup de tonus, grâce au jeu très physique et délié des comédiens, sans oublier la remarquable conception de masques et de costumes de Doinique Theriault.Du côté du théâtre de marionnettes, enfin, j’ai bien apprécié Les Contes merveilleux de L’Illusion.Petr Baran y jouait avec bonhomie tous les personnages d’une histoire toute simple, remplie de clins d’oeil, dont les tout-petits étaient invités à infléchir le déroulement, en votant sur un certain nombre d’alternatives.Jeux de rêves, du Théâtre Sans Fil, n’a pas manqué d’éblouir les jeunes spectateurs par son univers onirique, à travers un ballet très prenant de marionnettes géantes qui représentaient deux enfants aux prises avec des monstres effrayants ou candides et des créatures fantastiques ou apaisantes.Le metteur en scène André Viens, même si le texte trop sagement anecdotique d’Henriette Major m’a laissé sur ma faim, s’y montre fout à fait à la hauteur de sa reputation de magicien scénique.1993 aura été, somme toute, une année sans grande surprise en ce qui concerne le théâtre jeunesse.Même en ignorant les productions carrément médiocres ou d’une facilité a faire crier les pierres, parmi tous les spectacles que j’ai retenus, il ne s’en trouve pas un qui soit habité par une urgence, un souffle qui ait la faculté d’agrandir le champ de conscience et de repousser les frontières connues du langage théâtral.C’est, au mieux, le triomphe du savoir-faire.Certains s’en contenteront.Mais un théâtre vraiment vivant a d’abord besoin de visionnaires.C’est la grâce que je nous souhaite pour 1994.Les planches de A à Z ROBERT LEVE SQUE LE DEVOIR Pour éviter les topos bien ordonnes de fin d’année, et la revue chronologique des bons et mauvais coups du théâtre, prenons plutôt l’approche ludique de l’abécédaire, façon libre de passer en revue le cru annuel, qui se termine ce soir.Anniversaire La pièce la plus connue de la dramaturgie québécoise atteint l’âge respectable de 25 ans — ce qui pour une oeuvre théâtrale est un âge d’or.Di production-anniversaire, que Denise Filiatrault a mise en scène à la Compagnie Jean-Duceppe, n’a donne à ses nouveaux publics qu’une idée mince — essentiellement bouffonne — de ces Pelles-soeurs qui, en 1968, secouaient de fond en comble le théâtre québécois.Boucher, Serge 11 était inconnu, mais la meute médiatique s’est déchaînée autour de la création de sa première pièce au Quat’Sous, Natures mortes.11 faut dire que le metteur en scène s’appelait Michel Tremblay.La meute retirée, un nouvel auteur est apparu — une voix dure et dérangeante — beaucoup plus qu’un nouveau metteur en scène.Camus, Albert Sans anniversaire, deux théâtres ont mis Camus à l’affiche alors que son oeuvre est l’une des moins jouée.Ces productions étaient remarquables, et Camus présent, grâce à l'interprétation inspirée de Marc Béland — l’interprétation masculine de l'année — dans Caligula à la Nouvelle Compagnie Théâtrale, et grâce à la mise en scène polarisante du Malentendu par René Richard Cyr au TNM.Danis, Daniel L* nouvel auteur qui s’est le plus affirmé en 93, avec deux pièces produites à l’Espace Go dans des mises en scène de Louise Laprade.Celle-là, qui a obtenu le prix du Gouverneur-général.et Cendres de cailloux.Dans le théâtre de Danis souffle un vent dramatique sur un monde rural et nostalgique d'un bonheur d’avant la catastrophe.Son théâtre s'insinue entre ceux de Jeanne-Mance Delisle et de Réjean Du- Echecs Un lot pour toutes sortes de causes: distribution mal établie, texte faible, mise en scène sans regard précis sur l’oeuvre, etc.Retenons les plus remarquables: Le temps des lilas de Dubé entre les mains fatiguées de Brassard, ce qui l’a convaincu d’une retraite des théâtres pour un temps: les débuts ratés de Germain Houde à la mise en scène avec Cuisine et dépendances; la Mademoiselle Julie où Filiatrault a détraqué Sylvie Ifrapeau dans une mise en scene sans orientation: et le Marchand de Venise de Daniel Roussel qui n’avait aucune idée artistique ou politique a défendre.Avec La Locaiuliera, le TNM a connu l’un des plus grands triomphes de son histoire.belge a parcouru le Québec avec lui Tragédie comique, solo théâtral — un duo entre un acteur et son personnage — oii l’histoire du théâtre et de l’humanité étaient au rendez-vous d’un saltimbanque sublime.Ivanov Exception historique chez Ducep-pe.Une des meilleures mises en scène de 93 était présentée par cette compagnie dévouée au théâtre de consommation rapide.Yves Desgagnés a signé avec la pièce de Tchékhov un spectacle inoubliable, oii la mélancolie ironique de l'auteur lusse était parfaitement rendue.Li réussite artistique de l'histoire de cette compagnie.Je vous écris du Caire Une déception, La pièce de Normand Chaurette — un des écrivains les plus secrets et les plus fragiles de notre dramaturgie — laissée entre les mains d’un metteur en scène, Alexandre Hausvater, qui n’a pas su donner une réalité scénique à cet ouvrage, demeuré au niveau d’un vaudeville ésotérique assommant.Koltès, Bernard-Marie L’une des grandes mises en scène de 93 et de ces dernières années.Denis Marleau a fait de Roberto Zucco, la dernière pièce de Ber-nard-Marie Koltès, un oratorio théâtral puissant — une célébration de la poésie de la mort — et un acte de théâtre au bord de la subversion.Ut NUT a fait preuve d’audace en présentant un tel théâtre a son public étudiant.Lepage, Robert Son année «montréalaise» débute avec le magnifique solo lus Aiguilles et l’opium, a la NC I , et se poursuit en juin au 1TA avec sa controversée trilogie shakespearienne — Macbeth, Coriolan et lui Tempête — que, pour ma part, j'ai trouvé mal jouée et bien superficielle.À ( )t-tawa.il a signe une scénographie froide pour un spectacle «local», faisant ses adieux à un théâtre — le CNA — où on ne le voyait plus.Ainsi va la vie des gens doués et célébrés.Cendres de cailloux de Daniel Danis, le nouvel auteur qui s’est le plus affirmé en 98.1 falcon, Marie-Hélène Elle abat un boulot terrible pour faire de Montréal un point sensible sur la carte des théâtres.( )n lui doit la venue du Théâtre du Soleil, de la troupe de Kantor, elle nous a fait connaître l'Américain RczaAbdoh.lai 93, son édition du Festival des Amériques alignait Bob Wilson, Robert D'page, Silviu Burcarete, les Moscovites de Pogrobnichko.Elle l’a dil a l’issue du ETA 93.Montréal ne peut garder un festival «en vivant une réalité économique entre gel et coupures» I ,’a-t-on entendu?('' oldoni JT Mort il y a 200 ans, c’est l’auteur le plus fou que I on ait entendu sur une scène de Montréal cette année.I/¦ TNM, avec lui Loeandiera mise en scène par Martine Beaulne cl jouée par Sylvie I frapeau — l’interprétation féminine de l'année — a connu un des plus grands triomphes de son histoire.Qui se poursuivra a l’été 94.Mais Québec maintenant le TNM dans la misère, c’est a (filbert Kozon que la principale compagnie de théâtre doit remettre la gérance de son succès! Le citron 9.3 va a Liza I-rulla qui, comme ses prédécesseurs, n’a pas le courage (ni mémo l’ideej de tripler les subventions du I NM, ce qui serait le moins que Québec puisse faire! H unstad, Yves Ave( nu rideau rouge, un nez de bois, et son petit coussin, cet acteur Monument National La restauration qui a redonné a Montréal une salle magnifique, et un studio d’essai.Lu soirée du 21 juin, avec une revue menée avec panache par ( îuy Nadon, demeure inoubliable pour ceux qui y étaient.Buffets débordants et generations entre elles.L’Ecole nationale de théâtre n’a rien a envier.Nouvelle Compagnie Théâtrale I u théâtre qui partait de loin — saisons catastrophiques, deficit, démission fracassante de Nadon — et qui est devenu avec Brigitte I lacnl jens a la direction artistique* le théâtre le plus hot vu ville, alignant dans l’année trois triomphes, les Ai guilles de D'page.le ( àligula de I lacntjcns el IvZucrodv Marleau Et le public a retrouve le chemin de la salle I fenise-l’ellctier, les étudiants des matinées laissant au fond de leurs poches trombones et boules de papier.Chapeau! Opsis La petite compagnie qui, sans le sou, progresse.Sur le plan art is tique.Lierre Yves lemietix et Serge Di noncourt méritent l’Oscar des pauvres: ils font des merveilles en se serrant la ceinture, par exemple cette ( omédie russe qui lut une des belles créations de l’année I .e mieux a taillé une piece dans le ma nuseril de l'chekhov (Platonov), vI pour la mettre en scene on a déni ché un lieu magnifique, l’ancienne bibliothèque Ilawson, que l’< Ipsis occupera les quatre prochaines années.Proulx, Denise Il y a 25 ans elle créait le rôle de Germaine Liuzon dans lus belles-soeurs.Elle est morte en octobre.Et Germaine Lauzon vit encore.Quat’Sous Le théâtre glamour.La salle de l’avenue des Pins est devenue le banc d’essai des vedettes en mal de nouveau défi.On y avait vu Françoise Faucher faire ses débuts de metteur en scène, et Denys Arcand; cette année ce fut au tour de Michel Tremblay.Serait-ce une formule?Révélations Ils sortent de l’Ecole nationale comme Maeha Limonchik et Stéphane Simard, ou du Conservatoire comme Pierre Rivard, et à eux trois ils forment le beau trio de la relève.Maeha Limonchik a donné à L’Homme laid de Brad Fraser au Quat’Sous la lumière incendiaire d’une adolescente amorale; Stéphane Simard a conféré à Cendres de cailloux de Daniel Danis à l’Espace Go une force sauvage; et Pierre Rivard a porté Natures mortes de Serge Boucher au Quat’sous avec une énergie fine.Scénographie L* métier qui s’est le plus et le mieux développé ces dernières années.Pour 93 retenons: Stéphane Roy pour lu petit bois d’Eugène I )ti-rif à l’Espace Go et \’Ivanov de chez Duceppe; Danièle I évesque pour lus Troyennes au TNM; Claude ( îoyette pour lu Malentendu au TNM; et Michel Goulet pour \vZuc-co de la NCT.Troyennes Un des grands spectacles de 93.Alice Ronfard y faisait des débuts éclatants au TNM, dirigeant Monique Mercure dans le rôle d’Heeu-bc.L*s «débuts» de metteur en scene au TNM donnent, depuis quelques années, les résultats les plus remarquables: Cyr avec Bonjour là bonjour, Poissant avec lu prince travesti, Ronfard avec lus Troyennes, et Martine Beaulne avec lui luicandiera.A quand I )enoncourt, Ix'febvre, I lâentjcns?Unde Vanya Révolution au Centaur.Lu compagnie anglophone et pépère secouée par un jeune metteur en scène russe, Alexandre Marin, qui a proposé un Vanya faisant table rase du Ichekhovisme ronron auquel on est habitué.Un Vanya cynique, joué comme un vaudeville de l’échec.Avec Ivanov, la Comédie russe, la visite au Fl A de la troupe de Pogrel> nichko avec des Trois soeurs décapantes, l’année 93 fut l’année Tchékhov.Voracité I In cas en 93: l’aventure financière cl artistiquement désastreuse de Jamais deux sans toi, lancée avant que l’auteur écrive la pièce.I )eux comédiens, reconnus pour leur rigueur au théâtre — Angèle Goulu surtout, ont perdu leur âme.en remplissant leurs poches.Wilson, Robert L' maître américain du théâtre européen a ébloui les festivaliers du I IA a la salle Pierre-Mercure avec Doktor Paustus, premier Wilson pré-, sente a Montréal.( )n ne peut qu'espérer en voir d’autres.Y’erma ( >n attendait du Rideau Vert un renouveau, ( iiiillenno de Andréa succédant a Mme Brind’amour.On attend encore, apres deux produc lions (Julie{¦ t Yerniu) qui ne rom peut pas avec la lourdeur morose des produits d’hier.AvecVmwa, le nouveau directeur artistique a fait dans I inolfensil, et n’a pas su trouver le hou rôle pour 'Lifo.• u (, a s’appelait Annabellc et Zina et c esl autre chose qu'uu échec; c’est une erreur.I In directeur artistique qui a cm que cela pouvait intéresser le public montréalais erre dans les spheres embrumées d'un autre mon de I . i- v (i i h .i !¦: v i x i) k k i) i :i i n i; i k m it it k i ii n :t K É T R O S P E C T 1 V E 9 3/ I) I S Q l! E S R K T R O S I* H t T 1 V E 9 3 / B L U E S Rock, pop, folk, worlbeat, chanson, coffrets et compilations en tous genres Les albums de l’année en quelques listes éminemment subjectives Les choix de SYLVAIN CORMIER L LES ANNEES LUMIÈRE Francine Raymond (Deauville/GSI/Sélect).Boulimique de la chanson pop, Francine Raymond achète presque autant d albums qu’un chroniqueur en revoit.Pas surprenant que ses chansons à elle soient aussi brillamment ficelées: quarante ans d’histoire du rock y sont intégrées.2.VS.Pearl Jam (Epic/Sony).Sans 1 embrouillamini apocalyptique de Pearl Jam, et surtout sans Eddie Vedder, sa voix de mammouth et sa fureur de vivre, le rock d’aujourd'hui ne serait qu’un désespérant fac-similé.3.ON THE FLOOR OF HEAVEN The Blue Shadows (Columbia/Sony).Deux voix qui se conjuguent, c’est une expérience mystique.Pensez aux frères Everly, à Lennon et McCartney, aux frères Finn de Crowded House.Celles de Billy Cowsill et Jeffrey Hatcher, sur fond de néo-Mersey Beat et de country & western, me donnent envie de fonder une nouvelle religion.Ix> culte des ombres bleues.1.WANDERING SPIRIT Mick Jagger (Atlantic/Warner) Même plissé comme un bouledogue, le Stone lippu a encore du front tout le tour de la tête.Qui d’autre plagierait les Rolling Stones des meilleurs jours et s’en tirerait avec des éloges?5.GOOD VIBRATIONS The Beach Bovs (Capitol/EMI).Frottez le boîtier trois fois, et le genie de Brian Wilson en sortira.En cinq compacts, 141 titres, 40 inédits et six heures de pure extase, on réalise que les Beach Boys n’étaient pas un groupe, mais bien l’instrument d’un maître-arrangeur trop intelligent pour sa propre santé mentale.Totalement indispensable. Des bums.Après le Reverend, on est tombé sur des bums.Ceux qui forment l’or-chestre 'ITie Red Devils.Cette bande de truands sonores qui écument les bas-fonds de Lis Angeles a réussi le tour de force de jouer du blues encore plus durement que quiconque.Paru sur Def American, cette pro: duction a au moins le mérite de ne, laisser personne indifférent.On aimé ' ou on déteste.Après The Red Devils, on a opté pour Ray Bonneville à cause de sa lé-' gèreté, à cause de sa subtilité.Fin rai-1 son de son humanité.Intitulé On TÙé Main sur étiquette Electric Desërt, cet album réalisé avec les moyens du bord est unique.Parce qu’il est une* des rares, très rares choses, à nous éviter de désespérer de Montréal.Cette ville qui se prend pour une autre alors qu’en vérité elle est une ville musicalement morte.C’est dit.pouvait pas s# Çr* Ouvert du menti au dimanche, de tOh à 17h Gratuit pour les enfants de U ans et meins et peut tous, te mercredi, de 17h à 2 Oh.350.place Royale.View-Montréal Renseignements : (SB) 872-9150 Q, v , riV- ,r> QFVVf.P , : W A*.00 a 12hOO L'HEURE DE VÉRITÉ éa ! > >r> / ! /‘oni nsmuil iott //1 / h! n /1 a t > t * I I.K I' K V II I li .I.K V I X |i H K H | | u |; ç y] M |{ |{ |; | n• l IMS IA 1 Ici (M il B/l 1 • Mentionnât qu il .igit d mu .outriloiiioti vente .lit* Vil timet de |.t l.tmllir ell Mltqoe I 'll UVN i«l jour» Pa_l LIBRAIRIE HERMÈS 1120, ave.laurier ouest outremont, montréal tél.:274-3669 télee.t 274-366( : v * : i I i * I 1 mm ma -y- Comme tout explorateur en quête de connaissance, Olivier Germain-Thomas redécouvre, par et à travers le bouddhisme, sa propre civilisation .K k k -, * VLB ÉDITEUR LA BONNE LITTÉRATURE.L'HEXAGONE 1953-1993 QUARANTE ANS DE LITTÉRATURE À la découverte du Bouddhisme BOUDDHA.TERRE OUVERTE Récit par Olivia ’Germain-Thomas, Albin Michel.Pans.N AIM K ATTA N T c suis né au sein de l’Eglise catholique "J ut j’enlends lui rester licit le.mais di puis que j'ai rencontré le bouddhisme, il y a 2.5 ans.j'ai la certitude qu'il concernait tous les hommes».C'est en termes qu Olivier Germain Chômas présente son dernier ouvrage.Romancier, animateur de programmes a France-Culture et a la television française, il s'est très lot intéressé a l'Inde.Sa these de doctorat avait pour thème l’art bouddhiste et il entreprit plusieurs voyages en Inde, au Japon et en Corée.Périples d'abord de découverte puis d'exploration.Celle-ci est infinie car elle ne l'ait a jamais que commencer.Fût compagnie de sa femme — tpi'il nomme Claire-Obscure qui, autant que lui est fascinée*, attirée parcel Orient, il prend a nouveau la route.C’est le récit d'épisodes de ce voyage qu'il réunit dans cet ouvrage.Voyage initiatique, vécu en fragments.Dans les histoires qu’il raconte, les lecteurs captent l'emotion et la partagent.Voici, par exemple, un temple en Corée I n homme est la.Ksl-il le dernier d'uni espèce?il esi poète et il vit la realite en ba lavant, jour après jour, les feuilles mortes Voici, dans un autre temple, une nomu qui.elle aussi, vit seule.I dle accueille U passager car elle l'attendait pour lu confier, sur papier, le secret de sa vie.Kilt lui fait promettre qu’il n’en prendrai connaissance qu'apres sa mort.I.'auteui s'exécute et fait la lecture d'une histoire d'amour.Volontairement recluse, cetli femme avait donné refuge des années au paravant a un homme qui lui a fait décou vrir son corps et le sien.Puis il s’en va en lui laissant un mot d'explication.S'il est lu-gitif.c’est qu'il a sur la conscience une mort d'homme.Ainsi, cette femme, en retraite du monde, a découvert l'amour grâce a un criminel.Comme tout explorateur en quête de connaissance.Olivier Germain-Thomas redécouvre, par et a travers le bouddhis me, sa propre civilisation.Il accueille cel le de l’autre et, par l’Orient, il se trouve en confrontation avec l'Occident chrétien II se demande si celui-ci n'a pas oublii ses sources, ses origines, ses engage ments premiers et si l’Europe et l'Ame t ique ne vivaient pas la manifestation d'une trahison, fut-elle involontaire.A l'endroit de sa propre civilisation, il est d'une extrême sévérité: •11 y a simplement que nous sommes, en Occident, en face d’une tradition dramatiquement asséchée.I 'Orient, ses maîtres, ses pratiques et ses symboles vivants peuvent jouer le role d'une étincelle revivifiante.C’est cela, peut-être sommes nous, mutadis mutandis comme a la lin du moyen-âge lorsque Byzance donna a l'Europe d'Occident, avec le néo-platonisme, de quoi ouvrir sur le ciel des fenêtres bouchées», Plus qu’un appel qui n’est en réalité qu’un rappel, plus qu’une negation, cette rigueur envers soi-mème prends parfois la forme d’une colère d’amoureux.Car Olivier Germain-Thomas n’est pas distrait devant le spectacle de la misère, du dénuement qu'il ne manque pas de constater a travers ces terres lointaines qu’il nous rend si proches.Au-delà des formes, des modalités, des rites et des cultes, il s’intéresse d’abord a l'esprit, a ce qui fait vaincre la prison ou.délibérément l’homme occidental s'enferme.Celui-ci découvrira non par l'évasion ou la fuite mais au coeur d’une vie matérielle les signes et les empreintes d’un au-delà.PHOTO Al(( UIVI.S Nelson Mandela et Yasser Arafat: deux combats, une cause semblable.Une situation géographique différente, un contexte politique semblable.Pleins feux sur le géopolitique.Pleins feux sur la géopolitique DICTIONNAIRE DE GEOPOLITIQUE Sons la direct ion d'Yves Im caste Editions Flammarion, 1993, 1680 panes.1 OC Kl.Y N COI 1.0 N I.I-; |)KVOIR Dans le monde, étonnamment prolifique, des guides, des allas, des encyclopédies ou des annuaires sur les questions internationales, il manquait un ouvrage qui fasse la somme complète des connaissances diplomatiques, politiques, institutionnelles et géographiques dans ce domaine.Yves Lacoste et son équipe de 47 collaborateurs ont superbement relevé ce défi en produisant ce monumental dictionnaire de la géopolitique.Au lil des quelque 2000 articles du livre, les lecteurs découvriront que la géopolitique n'est pas seulement la science des conflits entre les Etats, comme la définition traditionnelle de ce terme pouvait longtemps le laisser croire.Dans son introduction, le géographe et directeur de la célèbre revue II éroda ti Yves Ineostc, présente d’ailleurs plusieurs definitions de la géopolitique et retrace l’histoire de ce mot.Celui-ci sera utilisé par des geo-graphes allemands pour justifier les prétentions territoriales et politiques des Etats.Les nazis vont ensuite récupérer a leur profit les arguments patriotiques de la géopolitique, qui perdra ainsi de sa respectabilité après la Seconde Guerre mondiale.11 faudra attendre le début des années soixante-ÜX pour voir réapparaître ce terme.L’cquipe du dictionnaire propose une definition plus large de la géopolitique en soulignant qu'elle englobe les «rivalités de pouvoirs sur des territoires» et la représentation que les différents acteurs s'en font.D’où, les nombreuses entrées portant sur des villes, des fleuves, des montagnes, des provinces, des peuples, des idées, des organisations et des termes qui, selon Dicoste, «représentent des enjeux géopolitiques» au meme titre que les différents entre nations.Il s'agit donc d’un dictionnaire des situations mais aussi des idées géopolitiques, ce qui permet de parler de questions aussi variées que le sous-développement, le communalisme indien, le droit de la mer, l’OTAN, le continent africain, ou la ville j de Beyrouth.Cette richesse d’analyse a le grand avantage d’éclairer sous un jour nouveau les relations entre pays, mais aussi entre ethnies, entre organisations, entre modes de développement et entre idées politiques.D'ailleurs, au début de chaque article, l'équipe de j Lacoste a inséré une liste d’intitulés d’articles qui suggère des consultations complémentaires.De plus, dans le corps même des articles, un symbo- j le ou des mots en petites capitales signifient le renvoi à un autre article, à une carte ou a un tableau.Enfin, un index de 50 pages facilite une recherche rapide.Impossible de se perdre ou d’ignorer la complexité -que représente dans la réalité les questions internationales.Dans son avertissement au lec- j leur, l’éditeur sollicite l’indulgence «quant aux éventuelles erreurs ou omissions qui pourraient subsister dans celte première édition» On lui pardonnera plus facilement ces : fautes inevitables si l'éditeur pouvait trouver un moyen d'offrir une pro- ; chaîne édition moins coûteuse, et donc plus accessible, de ce trésor indispensable.Voici un dictionnaire très riche des situations mais aussi des idées géopolitiques.Tout ( le menu.t cartes Michel van Schendel jfij REBONDS CRITIQUES II QUESTIONS Dl 1ITTERATURE Xlljjtijjgfc ?IWHStlOI BU SttCtWlTTOmK L'intimité du pouvoir ¦ UNMU .¦ ?•••'; ; Marie-Claire filais Clémence Desrochers Parcours itun écrivain roi i ci i mi nu lacqueline Boucher l.'IN LIMITÉ 1)1 POUVOIR Gilles llenault V I KOI II Dl I ICOl Ml NI Pierre Gobeil Grand prix I itleraire de la Mlle de Montreal I IMPRESSION Dl SOUCI OU LT TENDIT Dl I \ PAROLE V v an slu-ndel e-t «urlout p>vte.poète Dl ss|\s | i i VUT1S Dl 11 RR1TOIRI m> auteur de pixsio, et poète comme dis mots et acrobate de V IT Mr >|t •Inns U yjp.iny Liferrière Cl II T GRENADE DANS LA MAIN DU MUNI Ni CRI ÉSI-I l 11 UNI ARMI OU UN FRUIT?Gilles Gougeon IIISLOIRE DU NATION Al ISMI QUÉBÉCOIS Ann Charnev OOBRU) • * I ranee 1 heoret 101 R N \l POUR Ml MOI RI t n rec.ird tr.u\ et d, ,.it «ut le paw d une I tance Daigle I \\ RMI All G YhlViT Vlb édi te UT DE LA gfSSnoe littérature l’Hexagone Lieu cNeHncW de Eédition littéraire québécoise québécoise CLIfiHf RF PF T F A F Cl AIHAfll DIFFERENT I N RAISON OU TEXTE MAI IMPRIME 0 I I I.K I) K V (I I It .I.!•: V K N I) It !•: I) I ;t I I) t: ( K M It It 1: I !t !t ;t ?le devoir * TOURISME iknctw: ’AM*®* i+biË#' »mnw **w« .2!BeÈlLLll jtdttiH I H jsêÊ if ssa**- Des musées pour tous les goûts Une vue du Jardin des sculptures de l’hôtel Salé, à Paris, qui abrite des oeuvres de Picasso.• v"#r -O- Concours Des tination Qu éb ec Cet hiver, visitez.Québec Consultez chaque vendredi notre page • Destination Québec*' et participez à notre concours.1 er prix UN FORFAIT SKI D'UNE SEMAINE à la Station touristique Sloneham incluant le transport par avion par Air Alliance Ce Forfait pour deux personnes comprend le transport par avion par Air Alliamv, le transport de l’aéroport • i la station de ski, l’hébergement pour cinq nuits dans un studio ski ci ci pied de la pente, les billets tie remontée pour 5 jours, la location tie l’équipement pour deux personnes et une leçon de ski pour deux personnes d’une durée de deux heures.Les repas ne sont pas compris.Le Forfait doit être utilisé tel quel entre le 2 janvier et le 17 lévrier 1994.Valeur de 1 225 $ 2e prix UN WEEK END DE RÊVE au t héâtre /a’ Capitole Ce fortuit pour deux personnes comprend deux nuitées à l’Hôtel du Théâtre /,K PARTICIPATION Nom i________ Adresse*: Ville: _____ Code* postal: I é lé phone: I .«¦ I ir.ipt- .lin a lieu |f 7 jitlivinr 1 ‘FjM I a‘% gagnant* p| 1rs gagnantes h11 avi*/¦¦) ¦.par télé-pin,m- I ,a valeur totale ?!••* prix attrilnté* mt (|« | \ a— i ég lenient s «le < •• tout ou ru *nnt «li*pr»nil>|«s aux Itwreaux flu I Irvni 72 fi S -1 NORMAND CAZELAIS Le siècle d’or d’Amsterdam Le 6 mars prochain s’achèvera aux Pays-Bas une année de fêtes, d’expositions et de célébrations consacrée au Siècle d’or d’Amsterdam.Le 17e siècle fut une période fort glorieuse pour la Venise du Nord qui devint alors l’une des plus prospères d’Europe: sa population passa de 60 000 habitants en 1600 à plus de 200 000 moins d’un demi-siècle plus tard et, seules, Londres et Paris îa dépassaient à ce chapitre.Riche, très riche, la ville attira en grand nombre peintres, sculpteurs, graveurs et autres artistes dont le plus illustre fut sans conteste Harmenszoon van Rijn, dit Rembrandt.Ses oeuvres constituent les plus précieux joyaux du Rijksmuseum (Stadhouderskade 42), le lieu le plus visité d’Amsterdam, qui présente jusqu’au 6 mars deux expositions sous ce thème: Promenade à travers le Siècle d'or avec des toiles de Rembrandt, Vermeer et Franz Hais, des faïences bleues de Delft, des pièces uniques d’argenterie, et L’aube du Siècle d'or, rétrospective de l’art de la Hollande septentrionale entre 1580 et 1620 dans les domaines de la peinture, de l’architecture, de la verrerie, des costumes, des tapis, des dessins et eaux-fortes.De taille plus modeste, le Museum Het Rembrandthuis loge pour sa part dans une maison où l’artiste vécut et travailla pendant 20 ans.Les tableaux exposés sont de précurseurs du maître, tels Pieter Lastman et les frères Pynas, et aussi de certains de ses élèves, tels Govert Flink et Gerbrandt van den Eeckhout.Renseignements: Office de tourisme des Pays-Bas, 25, Adelaide Street East, Suite 710, Toronto, Ont.M5C 1Y2, (416) 363-1577.Un musée qui a du chien Le chien est le meilleur ami de l’homme et les Britanniques sont peut-être les meilleurs amis du chien.L’été dernier, un musée consacré aux chiens, K9 World, a ouvert ses portes à Llansantffraid-ym-Mechain au Pays de Galles bien sûr, à 300 kilomètres au nord-ouest de Londres.Tout y est, photographies, peintures, miniatures, scènes grandeur nature, récits et autres documents sur plus de 400 races différentes et sur certains chiens que leurs exploits ont rendu célèbres.Renseignements: British Tourist Authority, 11, Avenue Road, Suite 450, Toronto, Ont.M5R 3J8, (416) 961-8124.Les plaisirs de la chair Jadis honnis, dénoncés du haut de la chaire ou tenus au secret, les plaisirs de la chairs ont dorénavant — en Allemagne — leur maison.Le Musée d’art érotique a pour adresse le 69, Bernhard-Nocht-Strasse, à Hambourg.Installé dans un entrepôt rénové près du Reeperbahn, quartier bien connu pour sa vie et sa faune nocturnes près du port, il rassemble,sur une superficie de 2000 mètres carrés, peintures et sculptures célébrant la luxure, en tout plus de 1800 objets signés Daumier, Delacroix, Tomy Lingerer, John 1 en-non.Ouvert tous les jours de lOh a minuit.Renseignements: Office national allemand du tourisme, 175, Bloor Street East, Suite 604, Toronyo, Ont.M4W3R8, (416)968-1570.ICI ET AILLEURS SUITE DE LA PAGE C 16 Depuis le 30 novembre, les visiteurs peuvent assister au travail des verriers, du lundi au vendredi de lOh al7h.Renseignements: Economusée du verre, 58, rue Sous-le-Fort, Québec, (418) 694-0445.La nature au Manitoba A Winnipeg, le Musée de lUhom-ine et de la nature remonte loin dans le temps, bien au-delà du parc jurassique tant a la mode ces temps-ci.En fait, il s’intéresse à ce qu’était le Manitoba voici des millions d’années et à la vie qui s’y est développée, notamment dans le nord.Une bonne partie de ses exhibits porte sur les Indiens, les premiers colons et les Métis.Parmi les attractions les plus populaires: la réplique du Nonsuch, premier bateau a avoir ouvert en 1668 la route du commerce des fourrures sur la baie d’Hudson, et une ril \ Ictoria sauno — stationnement intérieur avec service de valet À partir de 65$ por nuit en occ double Renseignez-vous sur nos forfaits 1-800-463-6283 HOTEL (418)435-2255 I.A MAISON AOADIKNNK LA MAISON ACADIENNE • Chambre rénovées parti' ae S î déjeu • Forfaits .\ v rmaJ (418)694-0280 jrs ia>es et services incl ) 1-800-463-0280 ?LE ~ k IL i 0( y / '.w * > v y ^n\/\ iî / A / ' / \ ?\ / / mm • * # \ * f / / / -;•• / / ./ , z^/.»//\ Ici et ailleurs NORMAND CAZELAIS Le plus ancien musée du monde serait l’Ashmo-lean Muséum, à Oxford en Angleterre, fondé par Elias Ashmole en 1679.Depuis cette année (qui n’est pas encore finie), le Grand Louvre lui-même, avec ses 60 000 mètres carrés consacrés aux expositions, est redevenu le plus grand musée du monde, déclassant le National Museum of Natural History de New York, créé en 1874.Les musées sont la vitrine des peuples, la mémoire et le miroir des hommes.Le dictionnaire dit qu’il s’agit d’établissements où sont rassemblées et classées des collections d’objets d'intérêt historique, technique, scientifique, artistique, en vue de leur conservation et de leur présentation au public.Il y a toutes sortes de musées.Selon les statuts du Conseil international des musées (ICOM) adoptés à La Haye le 5 septembre 1989, les musées forment une vaste famille comprenant aussi les sites et monuments historiques et naturels, les jardins zoologiques et botaniques, les aquariums et vivariums, les centres scientifiques et planétariums, les parcs naturels, instituts de conservation et galeries d’exposition.On est loin des lieux clos et empoussiérés des images d’Épinal.En fait, les musées, même entendus au sens le plus strict, sont des lieux au total fort fréquentés.Où que nous allions, quel que soit le voyage, il y a toujours une visite de musée: du rhum dans les Antilles, des beaux-arts dans les grandes métropoles d'Europe, d’Amérique et d’ailleurs, de l’océanographie et de la pêche à Monaco, de la radio a Berlin, des arts populaires un peu partout.Les visiter nous renseigne sur les lieux où nous sommes, les gens qui les habitent et les relations des hommes avec eux-mêmes.En voyage, les musées sont aussi incontournables que les photos.En fait, les musées existent depuis que les collectivités humaines ont pu vaincre ou du moins atténuer la dimension périssable de leur commune destinée: collectionner et montrer les preuves et attestations du savoir humain et de son évolution.Les musées sont notre quintescence: ils expriment a la fois lUessentiel et le détail, le superflu et le «signifiant», comme disent les spécialistes.J’aime fréquenter les musées.Ici et ailleurs.Et je ne suis pas le seul.Il y en a des millions comme moi sur la planete qui ne lassent pas ainsi d’interroger l'univers et ce que les hommes y font J'aime fréquenter les musées, pour y découvrir toutes leurs merveilles.Il n’y pas de musées inintéressants: certains sont plus riches, plus vastes, mieux équipés que d’autres, mais chacun, qu’il soit une simple succession de salles mal remplies d’objets a peine décrits et classés dans un fond de campagne perdue ou un impressionnant édifice muni de tous les gadgets transistorisés et interactifs pour «interpeler» les visiteurs, réflete un même besoin, une même passion, comprendre et témoigner.Ce que j’aime dans un musée, ce sont bien sùr, toutes les oeuvres et tous les objets qu’on peut y voir, entendre et parfois sentir de tous les sens.C’est déambuler par les corridors et les salles, m’étonner devant l’infinie diversité, dans le temps et l’espace, du génie humain et de la nature.Parce, quel que soit son theme, tout musée traite, dans le fond, de cette union toujours recommencée entre l’homme et le monde qui l’entoure.Ce que j’aime dans un musée, ce sont les gens qui les fréquentent.Souvent, ils se conduisent comme des idiots congénitaux ou les membres passifs de troupeaux qui suivent, sans sembler savoir pourquoi ils sont la, des guides leur débitant des informations désincarnées qu’on dirait sorties de bandes enregistreuses.N’empêche, même des visites de ce genre ne sont pas totalement inutiles.Ce que j’aime dans un musée, que ce soit celui de la mer aux Iles-de-la-Madeleine, du palais de Knossos en Crète, des Arts décoratifs a Montréal, des Civilisations anatoliennes a Ankara, que soit au pied des pyramides égyptiennes ou mayas, au milieu du Colisée ou parmi les ruines du Parthénon, c’est, quelque part, cette association de timidité et curiosité qui pousse chacun, chacune d’entre nous a cette forme de modestie et de gravité faisant croire encore a la valeur, a l’avenir du genre humain.Ici et ailleurs.l’HOTO DKNIS FARI.KY Saufles musées d’Ottawa, qui sont de qualité (capitale oblige), je connais peu les musées canadiens.Il me faudra en faire la tournée un jour.Au Québec, les grands musées, dotés de collections importantes, se concentrent à Montréal et à Québec.Certains peuvent se comparer aux meilleurs: le Musée de la civilisation, le Musée de Pointe-a-Callière, le Musée des beaux-arts, le Musée d’art contemporain, le McCord, le Biodôme, le Musée du Québec.Et il y a tous les autres, plus modestes de stature et de moyens, répartis aux quatre coins de la province qui s’intéressent à des genres de vie (les voitures d’eau sur l'île aux Coudres, l'Exposition maritime à Saint-Joseph-de-la-Rive, le Musée des pionniers a Saint-André-Avelin, etc.), à une histoire particulière (celle des loyalistes au Musée Missisquoi à Stanbridge Est, des colons de la Cûte-du-Sud au Musée de Kamouraska, etc.), à des artistes (Musée Marc-Aurèle Fortin à Montréal, à Germaine Guèvremont au Musée de l’écriture à Sainte-Anne-de-Sorel, etc.) et à tous ces thèmes qui ont façonné la vie d’ici.Di plupart, malheureusement, n'ont que des activités saisonnières qui se limitent le plus souvent a la période de l’été.Deux guides sont à consulter avec régularité: ¦ Les institutions muséales du Québec, répertoire publié par la Société des musées québécois en collaboration avec le ministère de la Culture du Québec: 315 institutions y sont présentées (collections, coordonnées, heures et périodes d’ouverture, frais d’entrée s’il y a lieu).¦ Une invitation aux musées/A Museum Rendez-vous!: également publié par la Société des musées québécois, ce répertoire bilingue contient quelque 25 fiches décrivant de façon plus explicite les principaux musées de la région de Montréal.L’économusée du verre Selon son initiateur, Cyril Simard, un économusée est «une petite entreprise de type artisanal, produisant des objets traditionnels ou contemporains'el a connotation culturelle, dotée d’un centre d’animation et d’interprétalion de la production traditionnelle et actuelle, valorisant les qualités environnementales et patrimoniales d’un bâtiment ou d’un site et dont l’objectif fondamental est d’atteindre son autofinancement complet».Un réseau d’éeonomusécs québécois est en train de se dévelo|> per.D‘ prototype est la Papeterie Saint-Gilles, a Saint-loseph-de-la-Rive en Charlevoix, entreprise de papier fait main fondée en 1965 par Félix-Antoine Savard et transformée en économusée du na-pieren 1988.Le 29 novembre dernier, a été inauguré l’économusée du verre, place Royale a Québec.Situé dans la maison de l’Archevêque, il a pour fonctions la production et la vente de produits de verre soufflé ainsi que l'animation du site.Son responsable est un niaitrc-ver-rier réputé, Jean Valliéres, assisté de Francis Couillard.L'inauguration coïncida avec le lancement d une reproduction d’une bouteille de vin française du 18e siècle, limitée a seulement à 175 exemplaires si gués et numérotés, présentés dans (les coffrets de noyer.Coût: 250$ chacune.VOIR PACE C 14: ICI HT AILLEURS Le Musée d’art contemporain de Montréal.En bas, le haut de la pyramide du I.ouvre.PERSONNEL Au Québec et au Canada PETIT PALMARÈS Ailleurs Dans toutes les grandes villes, il y a des musées a voir et revoir.Des monuments.Voici, parmi les plus importants et les plus classiques, mon petit palmarès personnel: ¦ A Paris: le Louvre, si riche, si immense qu'il sera toujours impossible d'en faire vraiment le tour; le Musée d’Orsay, pour son architecture et les Impressionnistes; ¦ A Londres: le Science Museum, plein d’interrogations et de trouvailles; le Tate Gallery, équilibré, presque intime; le British Museum, pour ses trésors antiques; ¦ L’Ancienne et la Nouvelle Pina-cotèques de Munich: tant de trésors dans une ville qui eut a se re- construire, pierre par pierre; ¦ Le Rijksmuseum d’Amsterdam, pour toute cette place laissée à Rembrandt; ¦ A Washington, la National Gallery of Art, peut-être le plus beau musée des Etats-Unis; ¦ Le Prado a Madrid: pour les Goya, Gréco et Vélasquez; les Espagnols n’ont jamais peint comme les,autres; ¦ A Athènes et au Caire, le Musée archéologique national et le Musée égyptien: les musées des anciennes puissances coloniales n’ont pas tout pris.¦ Tout le Vatican: le royaume de l’Eglise n’est pas de ce monde mais.N.C.D1C
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