Le devoir, 29 avril 1996, Cahier B
Agenda culturel Page B7 Culture B8 Économie Page B2 Planète Page B4 Les sports Page B6 Télévision Page B7 ?LE DEVOIR ?- I.K I» K V O I l« .I.K I.0 X l> I 2 !» A V 11 I I.I !» !» li L'ENTREVUE .1 K A N C I- O T T K S L’homme des cavernes Pour ce préhistorien, l’art rupestre est un lien privilégié entre les premiers hommes et les derniers t STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR La préhistoire va bientôt rejoindre la science-fiction.Dans quelques mois, une équipe de scientifiques français espère pouvoir identifier de l’ADN laissée par un artiste, il y a plus de 30 000 ans, sur une paroi de la grotte de Chauvet—Pont-d’arc, découverte récemment.Les échantillons sous analyse dans un laboratoire près de Paris ont été prélevés sur des empreintes négatives de mains, réalisées en soufflant et en crachant des pigments colorés, selon la technique du pochoir.«Si on retrouve de la salive, on va pouvoir dire si l’artiste était un homme ou une femme, s’ils étaient plusieurs, si c’étaient des gens de la même famille», dit Jean Clottes, spécialiste de l’art pariétal associé à cette incroyable démarche.Il y a cinq ans, cela aurait été impensable.Ma discipline évolue vite.» Il est lui-même une sommité de cette discipline de happy few.Jean Clottes est conseiller scientifique du gouvernement français pour l’art préhistorique et inspecteur général pour l’archéologie au ministère de la Culture de France.Il dirige la collection «Arts rupestres» au Seuil, où il a publié des ouvrages sur La Grotte Cosquer et Les Cavernes de Niaux, en plus de postfacer le tout récent sur La Grotte Chauvet.Il préside en plus le Comité international d’art rupestre (ICOMOS).Le monde entier recèle des grottes ou des abris ornés de la période glaciaire (entre 37 000 et 10 000 ans).On en retrouve en Amérique du Sud, en Afrique, en Asie, ici même au Québec et en Australie bien sûr, le continent qui en compte en fait le plus.En Europe, on en a découvert environ 300, jusqu’en Russie.La France compte maintenant 24 grottes accessibles que plus d’un million de visiteurs viennent admirer chaque année, dont 400 000 pour la seule copie conforme de Lascaux, la «Sixtine du Périgord», dont les fresques datent d’environ 13 000 ans.Préhistoire et postmodemité En fait, on a l’impression que de plus en plus de grottes dites ornées sont découvertes.Jean Clottes y voit plutôt un autre effet médiatique.«On en découvre toujours une, deux ou trois par année, en général en France et en Espagne.Il y a 20 ou 30 ans, les médias s’intéressaient moins au phénomène.De nos jours, l’annonce d’une découverte est reprise à l’échelle planétaire, ouvre les téléjoumaux et fait la une des grands magazines.» C’es vrai qu’aucune découverte préhistorique n’a jamais autant fasciné le monde que celle de la grotte Chauvet, en Ardèche, il y a deux ans, précisément le 18 décembre 1994.Ce jour-là, trois jeunes explorateurs, Jean-Marie Chauvet, Eliette Brunel-Deschamps et Christian Hillaire, ont tiré des profondeurs abyssales du temps quelque 300 chevaux et mammouths, mais aussi des rhinocéros laineux, et des lions.«Chauvet, c’est de l’importance de Lascaux, juge Jean Clottes.Mais Lascaux a été trouvée en 1940: à l’époque, les gens avaient d’autres problèmes, très contemporains.» U pense d’ailleurs que ce site se retrouvera un jour prochain sur la liste de l’UNESCO du patrimoine de l’humanité, comme ceux de Lascaux et d’Altamira, découverte en Espagne, en 1879.«C’est une des grandes découvertes du siècle et les gens savent bien reconnaître un chef-d’œuvre universel.» La datation rajoute également de l’intérêt.À peine 5 % des grottes sont objectivement datées.Dans le cas de Chauvet, l’équipe de M.Clottes a prouvé que les chefs-d’œuvre ont été réalisés il y a environ 31 000 ans.«Ces coordonnées changent complètement l’interprétation que l’on peut avoir de Révolution du sentiment artistique.On s’aperçoit qu’au lieu d’évoluer de façon linéaire, avec des débuts très frustres et des raffinements progressifs, comme on le pensait jusqu’à maintenant, il y a très longtemps, nos ancêtres avaient déjà un sentiment artistique très fort.Mais ep plus, on voit que l’art a évolué en dents de scie.À certaines époques, à certains endroits, il y avait de très Jean Clottes a apprivoisé très jeune la spéléologie.VT 0: .,4 I mi r A A.: .v _ -y.GM* t mm y cÊÊfffés ¦f PHOTOS JACQUES NADEAU Jean Clottes estime qu’une découverte comme celle de Chauvet répond parfaitement au besoin de rêver.::- SM grands maîtres qui créaient des chefs-d’œuvres, alors qu’ailleurs, au même moment, d’autres étaient moins intéressants artistiquement.Cela correspond en fait à ce que l’on connaît de l’évolution de l’art plus proche de nous.» Ce n’est pas tout.M.Clottes vient de faire paraître un article scientifique où il met en parallèle les peintures de Chauvet avec des statuettes en ivoire, datant de la même époque, découvertes en Allemagne.La comparaison lui permet de revoir une autre idée reçue de sa discipline.«Les préhistoriens pensaient jusqu’ici que l’homme avait maîtrisé les représentations en trois dimensions avant celles en deux dimensions.La grotte Chauvet montre qu’il y a plus de 30 000 ans, on maîtrisait déjà parfaitement les deux techniques.» Le sauvage et l’ordinateur Certaines grottes sont fréquentées depuis des siècles, mais les principes religieux de l’époque interdisaient d’imaginer des hommes avant la création divine du monde.On faisait d’ailleurs de leurs pierres taillées des «pierres de foudre».Le blocage a commencé à céder avec les interprétations des peintures du plafond d’Altamira.Au début du siècle, c’est pourtant un abbé, Henri Breuil, qui a proposé les premières explications scientifiques.D’après lui, l’art pariétal était le fruit de pratiques rituelles destinées à favoriser la chasse.«C’est une notation magique, un mode d’envoûtement, une mainmise sur les bandes d’animaux les plus désirés», écrivait-il dans un texte caractéristique, où il s’efforçait de comprendre les motivations profondes des auteurs des fresques.Dans les années de l’après-guerre, un autre Français, A.Leroi-Gourhan, a montré les inconséquences de cette lecture et en a proposé une nouvelle.Il a par exemple prouvé que la faune représentée n’était pas toujours consommée, que les armes reproduites (un boomerang, par exemple) n’assuraient pas la maîtrise de certains animaux (comme un bison).Finalement, il récusa la magie de la chasse et les spéculations psychologisantes de Breuil au profit d’une lecture structuraliste des œuvres.Il a montré que les œuvres des grottes étai ’t organisées autour d’une complexe structure bipolaire et sexuelle, le symbole féminin du bison s’opposant par exemple au symbole masculin du cheval et les blessures béantes, assimilées à la vulve, s’opposant aux bâtonnets des groupes mâles.Une nouvelle révolution explicative s’est produite récemment Cette fois, la source vient d’Afrique du Sud, où œuvre le professeur David Lewis-Williams, spécialiste du chamanisme des Bushmen et de l’art rupestre.Cette nouvelle conception s’appuie tout à la fois sur une étude approfondie des œuvres et sur les plus récentes découvertes de l’ethnologie.Pendant leurs cérémonies, les chamanes passent dans un état «altéré» de conscience, une transe pendant laquelle ils voyagent dans d’autres monde, où ils croisent des animaux capables de faire pleuvoir ou de guérir.Après coup, les cha- «La grotte est une porte d’entrée vers un monde différent dans beaucoup de mythologies.» manes réalisent des peintures, elles-mêmes sources de pouvoir pour qui les touche ou les regarde et moyen d’initiation pour les futurs «voyageurs».«Son cadre explicatif rend compte de beaucoup de points qui nous échappaient», dit M.Clottes, qui est d’ailleurs un bon ami du savant africain.Et son collègue français parle bien d’un «cadre explicatif», et non d’une explication proprement dite.«Lewis-Williams fournit des balises qui ne permettent pas de raconter l’histoire mais de comprendre dans quel cadre elle s’inscrivait.» Surtout, cette bouée dans la mer des signes permet de formuler une hypothèse intéressante par rapport au problème de fond, à savoir pourquoi avoir réalisé ces œuvres dans des grottes plutôt qu’ailleurs.«Plus la grotte était profonde, plus elle rapprochait des esprits.La grotte est une porte d’entrée vers un monde différent dans beaucoup de mythologies.La paroi est le miroir qui mène de l’autre côté du miroir, dans le monde des esprits.» Leroi-Gourhan a déjà écrit qu’il pensait avoir capté dans son filet une partie seulement de la réalité préhistorique.M.Clottes pense que son ami sud-africain en a saisi un autre aspect essentiel.«Ça ne veut pas dire que Ton connaisse tout, loin de là.Mais notre but, c’est de comprendre.On ne peut pas se contenter de classement, même si cette étape est fondamentale.» De Breuil à Clottes, on reste avec l’impression que chaque époque projette sur les grottes ornées un peu d’elle-même, une mentalité religieuse, structuraliste ou ethnologique.«Oui, exactement», admet M.Clottes, qui est d’ailleurs très intéressé par les questions d’épistémologie.Pour lui, la nouvelle grille de lecture s’inscrit parfaitement dans une nouvelle relation au lointain passé, aux peuples d’autrefois, qui étaient tout sauf primitifs, comme le montrent bien ces peintures.En 1955, l’écrivain français Georges Bataille (Lascaux ou la naissance de l’art) proposait d’ailleurs de faire de ces œuvres rupestres le premier signe de la naissance de l’humanité.Cette interprétation est résolument anti-utilitariste: l’art plutôt que l’outil devient le trait distinctif de l’homme par rapport à l’animal.«Je dirais plutôt que l’art préhistorique est le plus ancien témoignage que Ton ait conservé de X'homo sapiens sapiens, corrige M.Clottes.On n’a rien d’il y a 50 000 ans.Prenez l’homme néolithique qu’on a retrouvé dans les Alpes au début de la décennie.Il avait des tatouages.Qui nous dit que des hommes plus anciens ne pratiquaient pas uniquement l’art corporel, comme certaines tribus actuelles d’Amérique du Sud?» N’empêche, ces œuvres ne cessent de faire rêver et la fascination pour ces sublimes créations de nos lointains ancêtres ne se dément pas.«Tout change très vite, le monde roule à grande vitesse, note en conclusion M.Clottes.Les gens se sentent moins sûrs du lendemain et ont besoin d’évasion.Es s’évadent avec les voyages, physiquement ou par l’esprit Une découverte comme celle de Chauvet répond parfaitement à ce besoin.Elle fait rêver.» Histoire d’un préhistorien Le parcours intellectuel de Jean Clottes est aussi sinueux que ces cavernes qu’il explore depuis son plus jeune âge.Né dans un petit village de l’Audes, au pied des Pyrénées, dans un département qui compte un autre Montréal, il a poursuivi ses études universitaires à Toulouse, avant de devenir professeur de langues secondes.Il a enseigné le français aux British, puis l’anglais à ses compatriotes, au lycée de Foix, dans TAriège, une petite ville au sud du Sud, «très belle et tout à fait charmante», où il habite toujours, comme en témoigne son bel accent du Sud.C’est là, dans ce pays gorgé de soleil, qu’il a assumé autrement sa passion pour les entrailles froides et humides de la terre.«Mon père faisait déjà de la spéléologie et il m’emmenait souvent avec lui, explique-t-il.J’en ai fait moi-même beaucoup, pour le sport, en France et en Angleterre.Et de temps en temps, par hasard, avec d’autres, j’ai trouvé des vestiges préhistoriques, un morceau de poterie, des ossements.Je me posais des questions, mais je ne pensais pas qu’on puisse devenir un préhistorien professionnel.» M.Clottes était de passage à Montréal pour la première fois, il y a quelques semaines, dans le cadre d’une série de conférences pancanadiennes organisée en collaboration avec l’Alliance française.E a appris la connaissance d’un programme spécialisé, à l’université de Toulouse, peu après sa nomination à Foix.Dans ses «temps libres», dans les années soixante, l’enseignant est donc redevenu étudiant fl a même poussé le zèle savant jusqu’à réaliser une thèse de doctorat sur les dolmens du Lot, tout en participant à des fouilles.Il a ensuite été engagé au ministère de la Culture et est devenu directeur des activités préhistoriques de la région Midi-Pyrénées, la plus grande de France et la plus riche en vestiges de la préhistoire.«Les grottes avec des peintures m’ont tout de suite posé de gros problèmes, dit-il.Je suis entré en fonction le 1er janvier 1971, et dès le 3 janvier, on annonçait la découverte de la grotte ornée du réseau Clastres.» Un an après, on découvrait la grotte de Fon-taney, également dans TAriège, et le nouveau directeur a dû s’attaquer à des problèmes de conservation des nombreux sites déjà découverts, où l’éclairage des parois avait fait se développer des algues.«J’ai été obligé de me plonger dans le feu de l’action.J’étais passé de l’anglais à la préhistoire, et là encore j’ai dû assez vite changer de spécialité scientifique, passer des dolmens aux grottes ornées.Depuis quinze ans, je ne fais que ça» S.B.i I I.K l> R V 01 It .I.R I.I' \ D I B 2 2 II A V III I.I II II II LE l)KVOIH E C 0 N 0 h CETTE SEMAINE À IA BOURSE Semaine du 28 avril au 4 mai 1996 ASSEMBLÉES ANNUELLES Nom de la Compagnie Date Heure Lieu Société en commandite immob.Trust Royal 29-04-96 10h00 Toronto Westmin Resources Limited 29-04-96 10hOO Vancouver GSW Inc.29-04-96 11 hOO Fergus Québécor Inc.29-04-96 11 hOO Montréal Canfor Corporation 29-04-96 111)30 Vancouver Norcen Energy Resources Limited 29-04-96 14h00 Calgary Westley Technologies Ltd.29-04-96 14h00 Vancouver Bestar Inc.29-04-96 15h00 Dorval Cascade Inc.29-04-96 15h00 Montréal Prudential Steel Ltd.29-04-96 15h30 Calgary Accugraph Corporation 29-04-96 16h00 Toronto Pacific Forest Products Limited 30-04-96 09h30 Vancouver Dramex (Corporation) 30-04-96 10hOO St-Laurent International Skyline Gold Corporation 30-04-96 101)00 Vancouver Torstar Corporation 30-04-96 10hOO Toronto Barrick (Société Aurifère) 30-04-96 11 hOO Toronto Loblaw Limitée (Les Compagnies) 30-04-96 11 hOO Toronto MaBaie Inc.30-04-96 11 hOO Montréal Maritime Telegraph & Telephone Company Ltd 30-04-96 11h00 Halifax Petro-Canada 30-04-96 11 hOO Calgary Trilon (Corporation financière) 30-04-96 11 hOO Toronto UAP Inc.30-04-96 11 hOO Montréal West Fraser Timber Co.Ltd.30-04-96 111)00 Edmonton Fonorola Inc.30-04-96 11h30 Montréal Timminco Limitée 30-04-96 12h00 Toronto Sceptre Resources Limited 30-04-96 14h00 Calgary KWG Inc.(Ressources) 30-04-96 141)00 Montréal United Dominion Industries Limited 30-04-96 14h00 Toronto The Tarxien Corporation 30-04-96 161)00 Toronto ASSEMBLÉES ANNUELLES (suite) Nom de la Compagnie Date Heure Lieu Canadian Western Natural Gas Company Ltd 01-05-96 091)00 Calgary Applied Carbon Technology Inc.01-05-96 091)30 Toronto Canadien Pacifique Limitée 01-05-96 101)30 Vancouver Trimac Limited 01-05-96 101)30 Calgary Brascan Limited 01-05-96 11 hOO Toronto Rogers Communications Inc.01-05-96 11 hOO Toronto St-Laurent inc.(Cartons) 01-05-96 11 hOO Montréal Talisman Inc.(Société d’énergie) 01-05-96 11 hOO Calgary Westrock Energy Income Fund I 01-05-96 11 hOO Calgary Westrock Energy Income Fund II 01-05-96 111)30 Calgary Elan Energy Inc.01-05-96 141)00 Calgary Gulf Canada Limitée (Ressources) 01-05-96 141)00 Calgary Imasco Limitée 01-05-96 14h30 Montréal International Forest Products Limited 01-05-96 141)30 Vancouver Grad & Walker Energy Corp.01-05-96 151)00 Calgary Premdor Inc.01-05-96 15h30 Toronto CCL Industries Inc.01-05-96 161)00 Toronto EnServ Corporation 01-05-96 161)00 Calgary Sceptre Investment Counsel Limited 01-05-96 161)00 Toronto Champion Limitée (Les Outillages Routiers) 02-05-96 091)00 Toronto Northwestern Utilities Limited 02-05-96 091)00 Edmonton Corporate Foods Limited 02-05-96 10h00 Toronto Northgate Limitée (Exploration) 02-05-96 10hOO Toronto AT Plastics Inc.02-05-96 11 hOO Toronto Inmet Corporation minière 02-05-96 11 hOO Toronto Southam Inc.02-05-96 111)00 Toronto United Canadian Shares Limited 02-05-96 11 hOO Winnipeg IPL Énergie Inc.02-05-96 131)30 Toronto Hees International Bancorp Inc.02-05-96 141)00 Toronto Pan American Silver Corp.02-05-96 141)00 Vancouver Poco Petroleums Ltd.02-05-96 141)00 Calgary Renaissance Energy Ltd.02-05-96 141)30 Calgary Linamar Corporation 02-05-96 181)00 Guelph Globex Inc.(Entreprises Minières) 03-05-96 09h30Rouyn-Noranda Stelco Inc.03-05-96 101)30 Toronto Algoma Central Corporation 03-05-96 11 hOO Slt Ste.Marie Newfoundland Capital Corporation Limited 03-05-96 11 hOO Halifax Silcorp Limited 03-05-96 11 hOO Toronto Wajax Limitée 03-05-96 11 hOO Toronto Dofasco Inc.03-05-96 121)00 Hamilton Cameco Corporation 03-05-96 131)30 Saskatoon ASSEMBLÉES ANNUELLES (suite) Nom de la Compagnie Date Heure Lieu Cathedral Gold Corporation 03-05-96 141)00 Vancouver assemblées spéciales ou extraordinaires Des fermetures évitées à Phôpital Charles-Lemoyne Grâce à une démarche de concertation PHOTO JACQUES NADEAU tumuli Le directeur des ressources humaines, Gilles Boucher, en compagnie d’une infirmière, Dominique Tremblay, du couple formé de Geneviève Saint-Onge et Patrick Brisebois, et de leur fils Nicolas.Pour éviter l’imposition d’un plan de reengineering faucheur de postes, un syndicat d’employés d’hôpitaux u tourné le dos aux moyens de pression traditionnels et décidé d'élaborer lui-même un plan de réorganisation.Aujourd'hui, on parle même de réduction des coûts de production au sein des services de buanderie et d'alimentation.RACHEL DUCLOS COLLABORATION SPÉCIALE La buanderie et les services alimentaires de l’hôpital Charles-Lemoyne, de Greenfield Park, devaient fermer leurs portes.Grâce à une réorganisation (lu travail effectuée, à partir de 1994, en concertation entre le syndicat et l’employeur, les deux services restent ouverts.Ils deviendront même plus productifs que le secteur privé.Le syndicat des travailleurs et travailleuses de l’Hôpital Charles-Lemoyne (CSN) voulait à tout prix empêcher les fermetures des deux services.Pour sauver la centaine de postes, d’abord, et ensuite pour empêcher un jeu de chaise musicale dans tout l’hôpital.Pour une fermeture de poste, quatre personnes auraient dû changer d’emploi.«Il y aurait eu un impact terrible s’il y avait eu fermeture, autant sur les employés que sur la qualité du service», dit Pierre Ouellet, président du syndicat.Le syndicat s’est cependant rendu compte que les moyens de pression traditionnels, comme la grève, pour convaincre la direction de l’hôpital de garder ouverts les services ne fonctionneraient pas.«Nous avons fait le constat que nous n’avions plus le niveau de mobilisation nécessaire pour empêcher la fermeture», dit M.Ouellet dont le syndicat représente 900 personnes.La mode à l’époque, était le rein-geneering, une étude effectuée par une firme d’experts, qui, la plupart du temps, se terminait par des suppressions radicales de postes.Le syndicat voulait à tout prix éviter cette démarche.«On a dit: on va proposer une démarche de réorganisation du travail dans laquelle on serait impliqué: acceptez-nous à la table de négociations et donnez-nous des informations.» La direction ne voyait, et ne voit encore, que des avantages à avoir accepté la concertation avec les employés.«Nous avons dépassé nos objectifs.C’est encore mieux que si nous avions employé les méthodes traditionnelles», dit Gilles Boucher, directeur des ressources humaines.Le syndicat aussi est content.«Quand on fait une réorganisation en impliquant les gens directement, on en trouve des tas de solutions», dit Pierre Ouellet.Des résultats satisfaisants Aujourd’hui, la réorganisation du travail est en cours.Aucun titulaire de poste n’a perdu son emploi, même si en théorie, des postes ont été abolis.Et les coûts de production ont baissé de manière significative.Avec l’arrivée de nouveaux équipements, la réorganisation sera achevée.Les gens dont les postes devaient être supprimés ont été replacés sur des postes laissés vacants et que l’employeur ne désirait pas combler en prévision de la fermeture.Les heures de remplacement ont été transformées en postes.Ainsi, une équipe de remplacement volante, mais à temps plein, a été créée.«Ça donnait pour résultat que les gens qui avaient un emploi le conservaient.En même temps, ça évitait de créer de nouveaux titulaires de postes», dit Pierre Ouellet.Les perdants sont les employés occasionnels sur appel, qui ne travaillent presque plus.» Dix personnes qui travaillaient au service alimentaire à temps partiel ont été transférées à des postes vacants similaires à la buanderie, sans que les postes ne soient affichés.Cette entorse à la convention collective a cependant déplu à des gens qui auraient voulu postuler ces emplois.«Quand tu donnes du lest par rapport à l’affichage, certaines personnes ne sont pas contentes», dit Pierre Ouellet.Les négociations ont débuté en 1993, pour déboucher sur la création d’un comité conjoint en avril 1994.Difficile apprentissage pour les deux parties, qui ont dû oublier les techniques de négociations traditionnelles.«Parallèlement, nous avions des rencontres avec la CSN qui nous guidait parce que nous ne sommes pas habitués, dans le réseau de la santé et des services sociaux, à négocier sur d’autres bases que la convention collective», dit M.Ouellet.Le processus a pris près de deux ans.«Travailler sur la base d’analyses et de propositions de solutions de remplacement c’est plus long comme processus, dit le président du syndicat.C’est pour ça que plusieurs employeurs refusent.Nous pensons cependant que ça donne de meilleurs résultats.» L’entente a été ratifiée à 92 % par les employés présents à l’assemblée générale.Des économies «C’est une démarche qui nous a amenés à faire des concessions, mais il y a des avantages.On a gagné en partie, l’employeur aussi», dit M.Ouellet.Depuis, les coûts de production sont passés de 1,14 $ le kilo de vête* ments lavés à la buanderie, à 0,97 $» Ils devraient, en 1997-1998 et avec l’arrivée de nouvelles machines; descendre à 0,92 $, pour des économies annuelles de 465 000 $.Gilles Boucher prévoit même qu’ils descendent à 0,80 $ le kilo.Même chose au service alimentaire où les coûts par jour et par repas passeront de 19,55 $ à 15,44 $ en 1997-98.Les économies sont de 982 000 $ par année sur Un budget de 4,5 millions $.L’objectif fixé, à l’origine, était de réduire le budget de 400 000 $ par année.11 rés1 te maintenant à instaurer le travail en équipe.«On a réorganisé à peu près 50 % du travail», dit M.Ouellet.Charles-Lemoyne est le premier hôpital du Québec à faire des modifications de travail d’une telle envergure.«Ce qui est emballant, dit Gilles Boucher, c’est le changement de mentalité qui s’est opéré chez tout le monde, les gestionnaires comme les employés.» Alors l’hôpital ne s’arrêtera paS là.La direction entreprend maintenant de faire la même démarche avec le secteur clinique.«On commence lès démarches en soins infirmiers, dit M.Boucher.Il faut d’abord apprivoL ser les gens et établir notre crédibilité, les gens doivent avoir confiance dans la direction.» .— Le Fonds de Solidarité et FONDACTION OFFRE EN ESPÈCES THE SECOND CUP LTD.(SKL) Valeur: actions à droit de vote subordonné Modalités: La société CARA OPERATIONS LIMITED a tait une offre en espèces afin d’acquérir un maximum de 1 500 000 actions à droit de vote subordonné en circulation de la société susmentionnée au prix de 12 $ pour chaque action à droit de vote subordonné de THE SECOND CUP LTD.livrée et payée.Date d’échéance: Le 10 mai 1996 Date limite pour soumettre les instructions au service du crédit: Le 3 mai 1996 N0WSC0 WELL SERVICE LTD.(NWS) Valeur: actions ordinaires Modalités: Nous vous informons que ia société BJ SERVICES COMPANY a fait une offre visant à acquérir la totalité des actions ordinaires en circulation de la société N0WSC0 WELL SERVICE LTD au prix de 27 $ par action soumi-se.Date d’échéance: Le 17 mai 1996 Date limite pour soumettre les instructions au service du crédit: Le 10 mai 1996 DIVIDENDE SPÉCIAL GULF CANADA RESOURCES LTD.(GOU.PR.A) Valeur: actions privilégiées à taux rajusté, série 1 Modalités: Nous vous informons que la société susmentionnée versera un dividende spécial partiel en arrière de 0,01 $ par action privilégiée de série 1 le 13 mai 1996 aux porteurs inscrits à la date de clôture des registres du 30 avril 1996.Les détenteurs des actions de ce type ont le choix entre le paiement du dividende en dollars canadiens ou américains.ÉMISSION DE DROITS DE SOUSCRIPTION GROUPE B0CEN0R INC.(GBO) Valeur: actions ordinaires Modalités: La société susmentionnée prévoit procéder à un projet de réorganisation.REMBOURSEMENT TOTAL D’UNE ÉMISSION ONTARIO HYDRO Valeur: 10%, échéant le 18 mai 2001 Taux: 100% du capital.Date de remboursement: Le 18 mai 1996 Les renseignements contenus aux présentes proviennent de sources que nous croyons dignes de foi mais nous ne pouvons pas en garantir l'exactitude.Ce document, étant un bulletin d'information, pourrait s'avérer incomplet.Tassé & Associés, Limitée TASSÉ Des outils efficaces pour influencer la vie économique La formule du Fonds de Solidarité de la FTQ est appelée à essaimer et, fin 1996, il y aura également en place 16 fonds régionaux du même type, pour une mise de 96 millions.CLÉMENT TRUDEL LE DEVOIR Depuis février 1984, la FTQ voit grandir son Fonds de solidarité qui, en 12 ans, a attiré 300 000 actionnaires pour un actif de 1,6 milliard; ce fonds a pu contribuer à créer ou à conserver 38 000 emplois.Certains avaient cru qu’une telle société à capital de risque allait surtout se porter au chevet des «canards boiteux».Il n’en fut rien.Cette entité originale, qui offre des avantages fiscaux alléchants, a été au tout début favorisée par un régime «social-démocrate» au pouvoir à Québec, désireux d’épauler la force de conviction d’un Louis Laberge et d’un Fernand Daoust.Le Fonds est présent dans des champs comme la biotechnologie, l’aéronautique, l’environnement, etc.La formule du Fonds est appelée à essaimer et, fin 1996, il y aura également en place 16 fonds régionaux du même type, pour une mise de 96 millions.Ix* Fonds a aussi mis sur pied en 1988 une Fondation d’éducation économique qui «organise, avec le syndicat, des sessions de formation continue à partir des états financiers de la firme», laquelle verse 40 $ par an par employé pour ces cours qui visent la transparence et une «communication factuelle», selon le responsable de la formation, Michel Blondin (pour la seule année 1995, environ 1500 travailleurs ont bénéficié de ces cours).Un accord Fonds-FTQ a aussi abouti à des cours portant sur le développement socio-économique régional.Le Fonds est ouvert à tous.60 % de ses actionnaires sont des syndiqués (12 000 cotisent à la CEQ et 15 000 sont des syndiqués affiliés à la CSN).Depuis décembre dernier, la présidente de la CEQ, Lorraine Pagé, siège au conseil d’administration du Fonds et a signé un protocole d’entente CEQ/FTQ qui insère la CEQ dans le circuit des créateurs d’emplois.On peut retenir deux points forts dans ces interventions du Fonds: relance d’une papeterie à Trois-Rivières, la Tripap (46 millions), et recapitalisation de la mutuelle d’assurances collectives SSQ (40 millions).Dans un bilan récent établi par Louis Fournier, directeur des communications externes de la FTQ, on remarque aussi que «l’opération la plus politique a été le montage financier qui a permis de mieux capitaliser le seul quotidien québécois indépendant, Le Devoir,tout en respectant l’indispensable indépendance du journal».Au tour de la CSN Plus discrètement mais avec constance, la CSN s’est elle aussi dotée, au fil des ans, d’outils propres à influencer la vie économique du Québec.Elle a joué, on se le rappelle, un rôle clé dans le développement des ACEF (Associations coopératives d’économie familiale) et a en- couragé en milieu de travail des caisses d’économie susceptibles de drainer l’épargne collective.Ces caisses d’économie comptent aujourd’hui 300 000 sociétaires; elles ont franchi la barre des 2,3 milliards d’actif.C’est aussi à la CSN qu’on doit un Groupe de consultation pour le maintien et la création d’emploi qui dispense des milliers d’heures de formation sur les questions d’économie et de finances («on ne négocie pas de la même façon quand l’employeur offre une partie de la gestion»).On peut dire aussi que la CSN eut une action d’accoucheur de coopératives de travail (dans le milieu ambulancier notamment) pour faciliter l’avènement d’entreprises cogérées.Deux autres maillons importants font foi de la volonté de la CSN de participer à la construction d’une économie québécoise conforme à ses idéaux: Bâtirente, un REER collectif lancé en 1987 (il était en gestation depuis 1983) et le tout nouveau FONDACTION, fonds de développement pour la coopération et l’emploi.Des chiffres?Au 31 décembre 1995, Bâtirente comptait 16 004 membres et se targuait de canaliser une épargne collective d’environ 69 millions, soit une avancée de 14 millions en un an.Les 316 groupes membres ont un portefeuille moyen de 218 000 $, selon le huitième rapport annuel de Bâtirente.Quant à FONDACTION, dont la première campagne n’a pu démarrer qu’à la fin de janvier dernier, sa ré- Le Fonds est notamment présent dans les champs de la biotechnologie, de l’aéronautique et de l’environnement coite est impressionnante: 7,6 millions en quatre semaines provenant d’environ 5000 actionnaires qui devraient contribuer (d’ici à la fin^de 1996) pour un total de 12,4 millions.78 % des contributions viennepÇde personnes reliées au mouvement syndical.On peut souligner que l’inspiration principale des actions les plus marquantes de la CSN dans cette économie qui traverse parfois des cycles inquiétants tient à deujç militants — sans bien sûr minimiser rapport de bénévoles chargés d’informer et de recruter des adhérents: André Laurin (jusqu’en 1978) et Léopold Beaulieu qui vient de quitter son poste de trésorier de la C£N pour devenir p.-d.g.de FONÏ)AC-T’ION.À la CEQ Le secrétaire trésorier de la CEQ, André Pélissier, note queues statuts de sa centrale n’autorisent pas des investissements à risque, mais il signale, outre l’alliance avec le Fonds de la FTQ, l’implication indéniable de la CEQ dans les ques: fions économiques: Pélissier siège au conseil d’administration de là Caisse d’économie des travailleurs! et travailleuses de Québec et rappelle qu’il existe tout un secteup non répertorié d’activités où des militants de la CEQ sont fort actifs: celui des Conseils régionaux dç concertation et de développement (CRCD), par exemple, sans compter les projets ponctuels auxquels ont participé des syndiqués dans des régions comme le Bas-Saint-Laurent ou la Gaspésie pour aider à maintenir à flot ou à ressusciter quelques petites et moyennes entreprises.I 1 I.K l> K V 0 I II ?I.K I.r N IM 2 II A V IM I.I II II li B :i ECONOMIE I» R O F I I- I*' M I Un nouveau cocktail: la carte Carlson Les cartes dites «corporatives», distribuées par des entreprises à leurs employés pour couvrir leurs dépenses de déplacement, gagnent en popularité, surtout aux Etats-Unis.Moyen de paiement et outil de gestion, elles se présentent comme une solution rationnelle pour diminuer les frais de trésorerie sans importuner leurs u-tilisateurs, tout en permettait,.relevés statistiques à J’âflpui, de négocier de Meilleurs tarifs avec une lar-£e gamme de prestataires de services.Leç entreprises ont à chqisir entre deux familles dé cartes: les accréditives, comme American Express et Dîners Club, qui ne relèvent pas d’une banque en particulier et qui n’ont pas besoin d’être approvisionnées au moment du paiement; et celles, telles Visa et Masters, qui sont des cartes de crédit émises par diverses institutions financières qui en assurent l’administration générale.I.es accréditives dominent le marché jusqu’à présent.La situation risque de changer: le 2 avril dernier, Carlson Wagonlit Travel et Household Crédit Services ont annoncé la signature d’une entente marquant l’arrivée d’un nouveau joueur dans N o r in a ii il C a z e ! a i s ?l’arène des cartes de crédit professionnelles et, je cite, «d’une véritable solution de rechange à American Ex-pma et Diners Club».U*s deux partenaires pèsent leur poids.Parmi les compagnies qui émettent conjointement des cartes de crédit avec d’autres entreprises, Household Credit Services est l’une des plus importantes de la planète: plus de 21 millions de ses cartes sont ainsi sur le marché.Affichant un chiffre d’affaires annuel de 17,7 milliards de dollars canadiens.Carlson Wagonlit Travel n’est pas en reste: outre ses intérêts hôteliers, son réseau d’agences de voyage compte plus de 4100 bureaux dans 125 pays.Selon Joe Saunders, président de Household, cette entente «changera le rapport de force dans le domaine des cartes de crédit professionnelles, grâce à notre expérience conjuguée dans le domaine des cartes de crédit et dans la connaissance des besoins et des attentes des entreprises et de leurs voyageurs».Travis Tanner, chef de la direction de Carlson, a renchéri en soulignant que le grand avantage de la nouvelle carte sera de faciliter «la saisie et l’entrée automatiques de données dans les systèmes de gestion financière des entreprises».Plus encore, la carte ne vient pas seule.Carlson et Household lui ont greffé un complément, un progiciel de gestion des déplacements, ÀctO-ne, comprenant trois logiciels modulaires «non exclusifs et interfa-çables»: ¦ TransAct, pour la gestion «sans papier» des frais de déplacement, un système spécialement conçu pour les voyageurs, les responsables des approbations et les administrateurs, pour faire l’inscription directe dans le grand livre général, le suivi des dépenses quotidiennes, la conversion des devises, la tenue des autorisations, etc.; ¦ InterAct, pour l’analyse de l’information et des comptes rendus, un logiciel de soutien décisionnel jouant le rôle d’intermédiaire pour importer et fusionner des données provenant de la nouvelle carte et d’autres données qui ne sont pas liées aux voyages mais aux ventes, à la production, au marketing ou à la comptabilité; ¦ SoloAct, pour la vérification par les voyageurs eux-mêmes des renseignements (places disponibles, L’entente entre Carlson Wagonlit Travel et Household Credit Services est présentée comme une «solution de rechange à American Express et Diners Club» prix) et pour les réservations conséquentes par voie électronique.«Grâce à son architecture ouverte, soutient Carlson Wagonlit Travel, notre carte permettra de saisir les données sur les déplacements à la fois dans le progiciel ActOne et dans des logiciels autres que les nôtres.» Autre donnée à considérer: la carte Carlson/House-hold sera sous vignette Master Card, «acceptée dans deux fois plus d’endroits que les cartes American Express ou Diners Club et donnant accès à plus de 400 000 guichets automatiques dans le monde, comparativement à 70 000 pour American Express».Di nouvelle carte est à l’essai auprès de certains clients jusqu’à la fin mai.Des séances d’information auront lieu à l’intention de clientèles ciblées en mai et, juin dans 15 villes des Etats-Unis et du Canada et une grande présentation générale se fera en août à Dallas lors de l’assemblée annuelle de la National Business Travel.Puis, la carte sera lancée sur le marché à la fin de l’été.Dette de la Russie (41- Moscou et ses créanciers s’enlisent dans les négociations P.aris (AFP) —Les discussions s’éternisaient dimanche après-midi entre la Russie et ses pays créanciers qui espéraient conclure dans la nuit leurs très difficiles tractations sur le rééchelonnement de la dette publique russe évaluée à quelque 45 milliards de dollars.Initialement, les négociateurs tablaient sur la signature d’un accord samedi matin entre le vice-premier ministre russe Oleg Davydov et la vingtaine de pays créanciers de Moscou.Mais ils n’étaient toujours pas parvenus au but dimanche après-midi après quatre jours et trois nuits de laborieuses discussions.«Nous espérons aboutir dimanche Soif mais on ne peut absolument pas en être sûrs tant la discussion est très difficile», indiquait un négociateur européen interrogé par l’AFP.Lés Occidentaux avaient du mal à tTOpver un terrain commun face à Moscou, tiraillés entre les exigences de rigueur budgétaire des uns, comme l'Allemagne, qui leur interdisent dé trop grandes concessions sur le remboursement de la dette russe et la volonté des autres, comme les Etajts-Unis, d’apporter un soutien politique et financier à Boris Eltsine.‘L’élection présidentielle, prévue le 16 jüin en Russie, oppose l’actuel président russe au communiste Guénnadi Ziouganov.«Il y a à la fois des problèmes à l’intérieur du camp occidental et des difficultés avec les exigences des Russes qui expliquent la longueur des négociations», observait un négociateur européen.L’objectif de la négociation est ambitieux : après trois rééchelonnements successifs depuis 1993 de la dette publique russe qui ont porté au total sur des échéances de 29 milliards de dollars, il s’agit de régler une bonne fois pour toutes le problème du paiement de cette lourde créance.Les Russes demandent un étalement de leurs remboursements sur 25 ans alors que jusqu’à présent, ils n’avaient obtenu des pays créanciers que 18 ans.Ils demandent aussi un rééchelonnement de certaines créances déjà réaménagées lors des accords précédents, ce qui représenterait au total un rééchelonnement majeur de la dette publique russe pouvant porter, selon les experts, sur une vingtaine de milliards de dollars.La longueur des négociations montrait dimanche que l’addition a du mal à passer pour certains pays créanciers.Elle serait en tous cas particulièrement lourde pour l’Allemagne qui détient la moitié de la dette publique russe et qui vient de décider, chez elle, un plan draconien de restriction des dépenses publiques.«Nous voulons arriver à un accord», notait cependant dimanche un négociateur allemand, «mais quand ce sera possible, nous ne pouvons le dire».La pression est en tous cas forte sur les négociateurs.Le G7 des ministres des Finances réunis dimanche dernier à Washington leur avait donné pour mission de régler cette semaine la question de la dette faisant ainsi un nouveau geste de soutien tacite à Boris Eltsine.DEVISES ETRANGERES (EN DOLLARS CANADIENS) Afrique du Sud (rand) : Allemagne (mark) '.Australie (dollar) Barbade (dollar) Belgique (franc) 'Bermudes (dollar) Brésil (real) Caraïbes (dollar) Chine (renminbi) Éspagne (peseta) États-Unis (dollar) ' Europe (ECU) France (franc) Grèce (drachme) 0,3403 Hong-Kong (dollar) 0,1815 0,8905 Indonésie (rupiah) 0,000609 1,1153 Italie (lire) 0,0009 0,7067 Jamaïque (dollar) 0,0372 0,044432 Japon (yen) 0,01288 1,3802 Mexique (peso) 0,2075 1,4620 Pays-Bas (florin) 0,818 0,523 Portugal (escudo) 0,00904 0,1694 Royaume-Uni (livre) 2,0590 0,01112 Russie (rouble) 0,000285 1,3615 Singapour (dollar) 0,993 1,7358 Suisse (franc) 1,1309 0,2640 Taïwan (dollar) 0,0521 0,00589 Venezuela (bolivar) 0,00288 Libéralisation des télécommunications Ultime séance de négociation avant la date butoir Genève (AFP) — La libéralisation à l’échelle mondiale des télécommunications devrait être décidée mardi à l’occasion d’une ultime journée de négocations entre une cinquantaine de pays réunis à Genève, au siège de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).La conclusion d’un accord international de large portée est attendue, même si une crise de dernière minute ne peut être exclue.L’accord recherché devrait se traduire par l’abolition des monopoles d’Etat qui existent encore dans beaucoup de pays dans le domaine de la téléphonie.Destiné à ouvrir le plus possible la concurrence internationale, il devrait se traduire, pour les consommateurs, par une baisse du prix des communications.Les principales puissances commerciales du monde négocient depuis juillet 1995 une libéralisation des télécommunications sous l’égide de l’OMC, l’organisation qui a succédé au GATT.Ce secteur économique complexe avait été exclu volontairement des négociations de l’Uruguay Round de 1994.Les pourparlers doivent aboutir le 30 avril prochain, une date-butoir que les 53 pays en négociation se sont eux même fixés.Ils semblent bien engagés même si, quelques heures avant la fin du délai accordé, d’importants différents existaient toujours notamment entre les Etats-Unis et toute une série de pays d’Asie et d’Europe.Les pays en négociations représentent à eux seuls 93 % du marché mondial des télécommunications, 82 % des lignes téléphoniques dans le monde et 84 % du trafic international.Des grandes puissances commerciales comme les Etats-Unis, le Japon et l’Union européenne (UE) participent aux discussions mais aussi des pays plus modestes comme Tile Maurice ou Chypre.Pour tous, le marché mondial des télécommunications représente de gros enjeux économiques.En 1996, les ventes mondiales du secteur devraient atteindre 625 milliards de dollars, selon le rapport annuel récemment publié par l’Observatoire mondial des systèmes de communication.C’est surtout un secteur qui dispose d’un fabuleux potentiel de croissance, vu le développement actuel des télécommunications par le téléphone, la télécopie, ou Internet.Dans la plupart des pays en voie de développement, on ne trouve toujours au maximum que 15 téléphones pour 100 habitants contre plus de 100 pour les Etats-Unis, pays très équipé.Et selon les estimations de l’Union internationale des télécommunications (UID, pratiquement les deux-tiers de la population du globe n’ont encore jamais utilisé un téléphone.Pour Renato Ruggiero, le directeur-général de l’OMC, les enjeux des pourparlers en cours dépassent «très largement les seuls aspects commerciaux et économiques».Selon lui, celle-ci aura «des répercussions inimaginables sur la société humaine dans son ensemble avec un formidable souffle de liberté apporté à chaque individu».A Genève, les Etats-Unis ont été parmi les premiers états à proposer une offre de libéralisation assez généreuse de leu marché.Mais ils ont menacé de retirer de cette offre le secteur des communications par satellites, au cas où les autres pays ne se montreraient pas plus généreux dans leurs offres.SOURCE BANQUE DE MONTREAL loto-quêbec Tirage du 96-04-27 10 23 38 42 44 49 Numéro complémentaire: 19 GAGNANTS LOTS 6/6 0 10 003 782,70$ 5/6+ 8 159 205,90$ 5/6 420 2 426,00$ 4/6 23 288 83,80 S 3/6 451 203 10$ Ventes totales: 28895 590$ Prochain gros lot (approx.): 15 000 000 $ Tirage du 96-04-27 ?CARRIER.ES ET PROFESSIONS» 10n2123343g MARIE-VICTORIN n>r.i, : U .• : I • [ ),¦, iK\ * * I f.p i ¦ i « & $ » Directeur OU DIRECTRICE DES ÉTUDES Relevant du directeur général, vous serez responsable de la gestion, du développement et de l’évaluation des programmes.Vous devez posséder un diplôme universitaire, de préférence de deuxième cycle, une formation en pédagogie, une expérience minimale de dix années en éducation, dont au moins trois en enseignement, une expertise en gestion ainsi qu’une connaissance approfondie de la formation collégiale.Vous maîtrisez la langue française et faites preuve de leadership et d’aptitudes pour le travail d’équipe, l’animation et les communications.Veuillez faire parvenir votre curriculum vitæ avant le 10 mai 1996, 16 h, à M.Pierre Bertrand Président du comité de sélection a/s Laurendeau, Labrecque/Paul Ray Berndtson 1250, boul.René-Lévesque Ouest, bureau 3925 Montréal (Québec) H3B 4W8.Numéro complémentaire: 8 MISE-TOT 20 27 35 36 GAGNANTS LOTS 39 1 282,00S GAGNANTS LOTS 6/6 0 1 000 000,00 $ 5/6+ 0 15 990,80$ 5/6 10 2 665,10$ 4/6 806 61,70$ 3/6 12 913 5$ Ventes totales: 608 835 $ Gros lot à chaque tirage: 1 000 000$ E§tra NUMÉROS 203214 03214 3214 214 14 4 Tirage du 96-04-27 LOTS 100 000$ 1 000$ 250$ 50$ 10$ 2$ «171 617 23 28 39 40 46 Tirage du 96-04-26 Super 7 Tirage du vendredi 96-04-26 NUMÉROS 189282 89282 9282 282 82 2 LOTS 100 000$ 1 000$ 250$ 50$ 10$ 2$ Numéro complémentaire: 1 2 GAGNANTS LOTS 7/7 0 2 5000 000,00$ 6/7+ 2 65 640,10$ 6/7 71 1617,90$ 5/7 2 775 147,80$ 4/7 57 907 10$ 3/7+ 50 709 10$ 3/7 474 694 partie, gratuite Ventes totales: 7 009 750 $ Prochain gros lot (approx.): 4 OOO 000 $ Prochain tirage: 96-05-03 Le modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle, cette dernière a priorité.¦¦ Les promoteurs ont l'environnement.PHOTO ARCHIVES pressenti l'importance de la protection de La pollution emprisonnée FR.Liners installe des millions de m2 de membranes sous les ordures Sherbrooke (PC) — En trois ans, l’équipe de Membranes F.R.Liners, de Sherbrooke, a installé des millions de mètres carrés de géomembranes, des membranes synthétiques qui rendent parfaitement étanches — et inoffensifs pour l'environnement — des sites d’enfouissement sanitaire, des étangs d’épuration des eaux usées et des plateformes d’entreposage de produits dangereux.«Nos membranes peuvent également servir à assurer l’étanchéité de digues, de batardeaux et de bassins décoratifs ou récréatifs.Ainsi, c’est nous qui avons posé une membrane sous les bassins décoratifs du Casino de Montréal.Ces bassins qui contiennent trois millions de litres d’eau sont situés au-dessus des stationnements.Il fallait que l'étanchéité soit sans faille», souligne le directeur général de l’entreprise, Jacques M.Morin, un ingénieur.Membranes F.R.Liners a été fondée par trois frères, Réal, le président de l’entreprise, Yvon et Mario Faucher, trois travailleurs de la construction qui, il y a trois ans, ont pressenti l’importance que prendrait la protection de l’environnement.L’an dernier, dans la foulée de la préparation d’un plan stratégique, l’entreprise s’est vu conseiller de s’associer avec une autre entreprise en vue de se donner un plus grand poids technique et financier.C’est ainsi que les frères Faucher ont accepté de partager la propriété de leur entreprise avec le Groupe Serre-ner, de Sherbrooke, une firme de génie-conseil en environnement.«Cette association a porté fruit très rapidement.En 1995, la croissance de l’entreprise a été de l’ordre de 700 %.Cette année, nous prévoyons doubler notre chiffre d’affaires», affirme M.Morin.L’entreprise embauche huit personnes et ce nombre devrait croître de deux ou trois par année.Les géomembranes, explique M.Morin, sont fabriquées aux Etats-Unis.Elles sont de diverses natures selon l’usage que l’on veut en faire.Les plus résistantes sont des géomembranes de HDPE (haute densité de polyéthylène) dont ne peuvent venir à bout les produits les plus corrosifs.Ce sont donc ces membranes que l’entreprise installe sous des sites d’enfouissement sanitaire ou pour recouvrir un site d’entreposage de produits dangereux.L’entreprise est active principalement au Québec, dans les Maritimes et en Nouvelle-Angleterre où elle puise 15 % de son chiffre d’affaires.Pour mieux pénétrer le marché américain, 1’entceprise a ouvert un bureau dans l’Etat de New York.«Nos efforts se tournent principalement vers le nord-est américain où le marché potentiel est énorme.Par contre, nous ne faisons plus d’efforts en vue de percer en Ontario où les conditions ne sont pas favorables aux entreprises venant du Québec.Présentement, l’entreprise fonctionne au ralenti durant les mois d’hiver.Pour atteindre une fonctionnement continu, nous explorons également les marchés du sud.» Selon M.Morin, le succès de l’entreprise repose sur son expertise dans la soudure des panneaux de géomembranes — en fait l’étape cruciale dans l’installation de géomembranes.«Nos techniciens en soudure sont tous de niveau «maître-soudeur.» La moyenne d’un million de mètres carrés-personne de surface de géomembrane installée par nos techniciens en fait l’une des équipes les plus expérimentées en Amérique du Nord, avance M.Morin.De plus, nous avons accès aux ressources humaines de Serrener qui comptent une centaine d’employés dont une cinquantaine de professionnels, des ingénieurs civils, des ingénieurs en mécanique, en hydrogéologie, des chimistes, des biologistes, des techniciens en génie civil.» Q UNION UËBECOISE ASSEMBLEE GENERALE SPECIALE DES ACTIONNAIRES AVIS DE CONVOCATION PRENEZ avis qu'une assemblée générale spéciale des actionnaires de UNION QUEBECOISE, COMPAGNIE D'ASSURANCES GÉNÉRALES INC.sera tenue le mercredi 15 moi 1996 à 14 b 00 aux bureaux de GROUPE OPTIMUM INC., 425, boulevord de Maisonneuve Ouest, bureau 1700, Montréal, Québec, aux lins de: 1.Considérer et approuver le Règlement numéro 1996-2 se rapportant au changement de la dénomination sociale; 2.Considérer et approuver le Règlement numéro 1996-3 se rapportant au changement du capital-actions autorisé.Ce! avis est donné par ordre du Président du Conseil à Montréal, ce 23 avril 1996 LE SECRÉTAIRE Me GILLES DEMERS Relais d'affaires ESTRIE RELAIS & CHATEAUX LA FINE FLEUR DES MAÎTRES HÔTELIERS NORTH HATLEY AUBERGE HATLEY Grand Prix National de la Gastronomie 1993 et 1994 «La Table d’Or».Un relais pour les gourmets-gourmands.Le charme d’une vieille demeure bourgeoise perchée sur une colline dominant le Lac Massawippi.25 chambres dont certaines avec foyer, balcon et bain tourbillon.Forfait conférence incl.3 repas, 2 pauses-café, la salle de conférence et service.150 S p.p.occ.simple/jour ou 125 S p.p.en occ.dble/jour.Tél.: (819) 842-2451 Fax.: (819) 842-2907 SAINTE-ADELE LAURENTIDES HÔTEL L’EAU À LA BOUCHE Hôtel-Restaurant 4 diamants CAA, La Table d’Or des Laurentides, Table de Bronze au Grand Prix National de la Gastronomie 1993, 25 chambres luxueuses, vue sur les pentes de ski.*** Spécial Forfait d'affaires "* du dimanche au jeudi : 42,50 S par personne, par nuit, occ.double, incluant luxueuse salle de réunion, café en permanence, équipement d’audio-visuel et service.Tel.sans frais de Mil: 514-227-1416 ou 229-2991.Fax: 229-7573 SÀINT-MARC-SUR-LE-RICHELIEU MONTÉREGIE À HÔTELLERIE LES TROIS TILLEULS A St-Marc-sur-le-Richelieu.Une hostellerie paisible et confonable, dans une demeure d’un autre âge, sur le bord de la rivière Richelieu, où le personnel n’a qu’un seul désir: satisfaire.Lauréat national «Mérite de la Restauration».5 salles de réunions disponibles.Nous avons différents forfaits à vous proposer.856-7787 CH AUD 1ÈRE-APPAL ACHES SAINT-ANTOINE-DE-TILLY MANOIR DE TILLY Un manoir authentique (1786), un site enchanteur au bord du fleuve, 15 min.des ponts de Québec, auberge tout confort pour les gens d’affaires; 32 chambres, 4 salles, une cuisine gastronomique, salle d’exercices, cliniques santé-beauté.forfait à 113,50 S p.p.occ.simple/jour incl.3 repas, 2 pauses-café, salle, audio visuel.St-Antoinc-dc-Tilly, (418) 886-2407 I i I it i: v u i r i i: i i \ it i IS I A V II I I I It It li I.K DKVOIIi MIlNII •A / > smm iiPiil 'jsW* ,»* INDQLfi La fonuiiit Mmique FoatwrioN Multintdi* \ windows m- A-VIN it it a ft (t$ KOKim prftrnte i* ifôiitfWïi 4 MtvixS FF.i'XCK G00U10 ! WtfMt% X#À\à 4 Ht 4 H 4 H 4 H* # U « Ji 4 4 M*l« J 4 MM luttl 4 MriBgifei 4 lluov-»- Fm 4 ÜfÜUUMU 4 l.l>JL IdU 4 i .uiitêit* 4 J* itfUu 4 iUfc’JBtlki t flnoUiM Québécor a de l’argent, de l’ambition et des ressources; E-Design de l’imagination, du talent et de l’expertise en matière de publication sur W3.Aussi, n'en doutez pas, leur remarquable site prendra assurément de l'ampleur.Malheureusement, le Journal de Montréal n’aura à cet égard qu’un rôle accessoire à jouer, le rôle d’un président d’honneur, de la personnalité que l’on invite pour attirer l’attention.C’est un peu dommage dans la mesure où les internautes québécois auront droit à un exemple bien limité de ce que devrait être un journal sur Internet, une chose vivante que l’on peut interpeller, une extension, un complément de l’original plutôt qu’un simple clone.En concluant la conférence de presse de jeudi dernier, Pierre Péladeau, le grand manitou de l’empire Québécor, n’a pas caché qu’il n’entendait rien «à cette affaire-là» en parlant d’Internet malgré les efforts de son fils, Erik, président du conseil de Québécor Multimédia, pour le convaincre.Le paternel, pas encore convaincu, affirme qu’il continuera de lire son Journal le matin comme il l’a toujours fait, en se salissant les doigts.Il n’est pas le seul.Le camelot qui dépose tôt le matin 1 e Journal à ma porte peut dormir en paix.Ix> congrès des congrès Au réseau des réseaux, il faut le congrès des congrès, a-t-on la tentation de dire à la suite de la conférence de presse au cours de laquelle a été dévoilé, la semaine dernière, le programme d’Inet96, le congrès annuel de l’Internet Society, l’organisme qui fait en sorte que le réseau planétaire conserve un minimum de cohérence.Quel congrès, quel programme, mes amis! N’en doutez point, Montréal sera au cœur du cyclone, du 25 au 28 juin, alors que se déroulera cette rencontre à laquelle devraient participer entre 2500 et 3200 personnes: «Iœ plus grand que nous ayons eu», affirme Donald Heath, le président de l’auguste société, qui a tenu son premier congrès en 1991.L’an dernier, 1600 personnes avaient participé au congrès, qui se déroulait à Honolulu.Une cinquantaine de présentations thématiques, quelque 200 communications, des événements connexes à la dizaine, des congressistes des Etats-Unis, bien sûr, mais aussi des autres pays (de 30 à 40 % estime-t-on), il y aura de quoi occuper les journalistes.Pour vous donner une idée de l’impact, l’on estime que l’achalandage doublera sur la portion québécoise d’Internet au cours du congrès, dont l’organisation a été confiée au Centre de recherche en informatique de Montréal (CRIM).Pour satisfaire l’appétit des congressistes pour la navigation sur le réseau, 400 postes de travail seront installés.Mais la vraie nouvelle en ce qui touche Inet96, ce n’est pas tant l’ampleur de l’événement que le fait qu’il marquera l’élargissement des préoccupations des congressistes non plus seulement aux aspects techniques, mais aussi aux impacts culturels, économiques et sociaux d’Internet.Comme l’a si bien dit Jean-Claude Guédon, responsable du programme, «la société Internet est en train de changer et le congrès devra le refléter».Pour avoir un aperçu de ce qui nous attend, il faut inscrire dans ses signets le site d’lnet96.Vous y trouverez le programme et une foule de renseignements sur l’événement.Si vous voulez avoir une idée des congrès précédents, l’Internet Society conserve, sur son site, les pointeurs pour les congrès de 1995 à Hawaï et de 1994, à Prague.Votre premier clavier pour accéder à Internet Mec 'DEF 4GHI 1 i JKL GM NO 1 PRS !TUV IWXY 0 INFORMATIQUE Après le téléphone, la vidéoconférence ANDRÉ SALWYN ^">4 T T (Tt ïï JT tm CU-SeeMe est un programme de vidéoconfé- 1 f 1 | ! \ f I rence concu et produit par l’Université Cor- \y K-/ V/ V/ «A, T ANDRE SALWYN U-SeeMc est un programme de vidéoconférence conçu et produit par l’Université Cornell et mis gratuitement à la disposition de tous les internautes qui possèdent un Macintosh ou un PC.Ecrivons-le tout de suite: ce programme expérimental est certes loin d’offrir la qualité d’image que l’on peut obtenir désormais sur vidéo transmis par satellite ou par ligne spéciale comme RNIS.Il est vrai que sur des lignes de téléphone ordinaire et en attendant que Bell Canada suive l’exemple de ses consœurs aux Etats-Unis et se décide à utiliser la technologie ADSL qui permet la transmission de vidéo en temps réel sur la ligne téléphone déjà en place, il est difficile d’aller bien au-delà de 17 images par seconde.Cela, évidemment, donne une image saccadée.Mais, dans la mesure où la personne ne bouge pas trop la tête, par exemple, ses traits sont très facilement reconnaissables.La philosophie du projet de l’Université Cornell est de mettre la vidéoconférence à la portée de tout le monde dans le but de stimuler la pensée créatrice, de créer une base étendue d’expérience basée sur les rapports d’utilisateurs et d’accélérer ainsi l’adoption et l’utilité de la vidéoconférence ainsi que celle des transmissions de vidéo à partir d’un ordinateur personnel.Le programme CU-SeeMc entrepris en 1992 est basé sur une technologie simple mais efficace qui consiste à détecter et à ne transmettre que la partie de chaque image qui subit un changement.Grâce à des algorithmes de compression, les concepteurs du programme sont donc arrivés à des transmissions de séquences d’images acceptables et à rendre la vidéoconférence possible.Mais il a fallu attendre jusqu’au mois d’août 1995 pour ciue le programme ait une utilité pratique car si le problème de transmission d’images a été vite résolu, il n’en a pas été de même pour la transmission du son.Il a fallu l’appui de chercheurs à l’Université de l’Illinois pour que CU-SeeMe devienne un programme de vidéo et d’audioconférence.Que faut-il pour utiliser ce programme que l’on peut facilement télécharger à partir du site internet de l’Université Cornell?Si on possède un Macintosh, il faut au moins un processeur 68020, un système d’exploitation 7 ou plus récent, une connexion réseau IP, MacTCP et Quicklime de Apple si on veut recevoir des diapositives en utilisant SlideWindow, un numériseur vidéo et une caméra.Pour ceux qui se demandent ce que coûte un numériseur vidéo, cela peut aller jusqu’à 380 $ US (Video Spigot) ou utiliser AV-Mac (offert en option par Apple).Il faut noter que CU-SeeMe ne fonctionne qu’avec certaines J Rntnrititn Ci TliPS’Cufe N sBSü mm 16.7 ft; CLt-M 14.7 ff; 10 «fri caméras dont la liste est d’ailleurs disponible sur le site de Cornell.Certaines ne coûtent qu’une centaine de dollars.Pour ceux qui possède un PC il faut au minimum un 386 DX, Windows 3.1, une connexion TCP/IP (Win-sock), un logiciel pilote vidéo 256 couleurs, une carte de saisie vidéo compatible avec Microsoft Video pour Windows, une caméra que l’on branche sur la carte de saisie, une carte de son avec duplex intégral et, bien sur, des hauts parleurs et un micro.On recommande aussi l’utilisation d’un modem 28,8 kb/s bien qu’une version commerciale du programme vendue par White Pine fonctionne avec un modem 14,4 kb/s.Même si le programme reste expérimental en ce sens qu’il fait l’objet d’améliorations techniques continues, il possède déjà des caractéristiques assez intéressantes comme celle de permettre à huit utilisateurs de participer à une vidéoconférence.Dans le cas où il y a trop de changement entre une image et l’autre, comme dans le cas d’un zoom où toutes les parties de l’image s’élargissent ou se rapetissent en même temps, le programme limite la transmission à celle de diapositives plutôt que de transmettre des images floues ou indéfinissables.Un point important à souligner c’est que le programme a été conçu de façon à pouvoir facilement s’adapter aux progrès constants que l’on note dans la vitesse de transmission d’images et qu’en fait si un utilisateur dispose d’une largeur de bande suffisante (comme celle offerte par le câblodistributeur Cogeco dans certaines régions du Québec ou, à défaut d’une connexion RNIS), il peut profiter d’une transmission d’images plein écran et en temps réel à la condition toutefois que le ou les autres participants à la vidéoconférence disposent des mêmes connexions.Le site Web de l’Université Cornell se trouve à l’adresse suivante: http://cu-seeme.comell.edu/ sahwn@montreaInet.ca 1800 773-21-21 Le service Sympatico, la façon la plus simple d'accéder à Internet.Offert en français ou en anglais.Ligne d'assistance 24 heures sur 24, 365 jours par année./ymp/Jj News (ou 23h00) œ Matters Newsday/Rockburn&.Q Inside Qc ri coi i riiuuc., ,, xtunuu: me ivaiiiiy, luruu.ivii .ucan, zinuu; uauy an.1810! Oprah (16:00) Flome Videos Home Improv.Newsline Wheel of.Jeopardy! Melrose Place Murphy Brown Cybill Law & Order CTV News Nightline CO Roseanne Seinfeld Puise E.T.Simpsons Beverly Hills, 90210 Puise m Ricki.(16:00) News ABC News Wheel of.Jeopardy! Put to the Test Cinéma/ANGEL FLIGHT DOWN avec Patricia Kalember, David Charvet News Nightline (23:35) !13) Family Matters E.T.Roseanne m .Pet Shop Home Videos Roseanne News | Star Trek: Next Generation CE Fresh Prince The Simpsons Seinfeld News CBS News E.T.The Nanny Dave's World Murphy Brown Cybill Chicago Hope The Late Show (23:35) 18) Oprah (16:00) News Coach News CBS News Wheel of.Jeopardy! CEI Gargoyles Inside Edition Jeopardy! NBC News Home Improv.Wheel of.[All-New Mega Bloopers Cinéma/THE BEAST avec William Petersen, Karen Sillas (2/2) The Tonight Show (23:35) g® Cheers (16:00) Live at Five Inside Edition American Jrnl Extra ED Wishbone C.Sandiego Bill Nye Newshour Nightly Bus.Scandinavia | In Search of the Oregon Trail Changing Face of Science.(Éz) C.Sandiego Bill Nye Wishbone ITN News Nightly Bus.Newshour Motorweek .Previews Bramwell (4/4) American Experience EastEnders Charlie Rose m The Young an d the Restless Global News [Current Affair E.T.Coach Dave's World The Marshal Chicago Hope Global News Sportsline m .School Bus Polka Dot Bananas/Tots Wishbone Bill Nye Vista: Dinosaurs Studio 2 Kavanagh Q.C./ Nothing but the Truth Turning 16 Journeys (TSN) Sports Babe Transworld Sport International Sportsdesk Inside Sports Hockey / Lightning - Flyers (si nécessaire) Sportsdesk (RDS) Handball / États-Unis - France Sports Extrêmes 1995 Sports 30 Mag Formule Atlantique OU Boxe Motocross: Bercy OU 2ihoo: Hockey / Avalanche - Canucks | Sports 30 Mag (s.r.) Cyclisme (s.r.) (TV® Pyramide Journal suisse Visions/Gour.Des Chiffres.Studio Gabriel Journal FR2 Au nom de la loi Bas les masques / L'amour plus fort que tout | Paris Lumièresl Journal belge Studio Gabriel Visions.GŒ) Gadget Schtroumpfs Télé-pirate Premières Fois Ciel d’Afrique StUdiO (18:56) — (MP) Musique vidéo (16:00) La Courbe Planète Rock Les Bombes 1x5/ Stones Rock Velours Musique vidéo (MM) VideoF.(12:00) | RapCity The Wedge Daily R.S.V.P.J SuperHitVideo Fax Spotlight Big Ticket / Peter Gabriel: Secret World VideoFlOW (21:15) Fax Spotlight GES Shows RigOLO (16:35) La Disparition de Christina (18:05) Jefferson à Paris (19:40) Le Baiser de la i mort/Cinéma des effets spéciaux (23:45) 0V) Wishbone Doug Flintstones Casper Felix the Cat Goosebumps Are You Afraid Anti-Gravity Hidden City Tarzan Madison Must Be Mad! Streetnoise | Catwalk (TVD Meilleur gagne Le TVA Piment fort Watatatow Horaire TVI Alerte à Malibu Horaire TVI chaBada ®SD Jml FR2 (16:00) Aujourd’hui Euronews Au travail! Monde ce soir Capital Actions Reportages / .mort de l’Amérique Le Téléjournal | Maisonneuve à l'écoute Le Canada aujourd'hui Sport 7 CE Mission (16:00) Le Saint Animalier: squatters Viva: chevalier et armures Les Mystères de la Bible Force brute Destination Danger |Cinéma / L’OEIL DU TEMOIN] AU PETIT ÉCRAN LŒIL DU TEMOIN (4) (Eyewitness) É.-U.1981.[j Drame policier de P.Yates aveçjl William Hurt, Sigourney Weaver et Christopher Plummer, Un concierge se compromet dans une affaire de meurtre envoûtant attirer l’attention d’un%j journaliste de télévision.Canal D 23h L'ATALANTE (1) Fr.1934.Drame sentiment tal de J.Vigo avec Jean Dasté, *r Dita Parlo et Michel Simon.' L’amour de deta jeunes mariés f installés sur une péniche est momentanément ébranlé.CBC 0h30 *>.FRENZY (3) G.-B.1972.Drame policier de A.Hitchcock avec Jon Finch;-Alec McCowen et Barry Foster.¦ La police de Londres se met à là recherche d’un meurtrier maniaque qui étrangle les femmes",’, à l’aide d’une cravate.PBS minuit CASANOVA (4) É.-U.1987.Drame de mœurs de S.Langton avec Ri- ® chard Chamberlain, Faye Du- " naway et Sylvia Kristel.Evoca-v'.tion de la vie tumultueuse d'un grand séducteur vénitien du J XVIII'siècle.TQS minuit (1) Chef-d'œuvre (2) Excellent.(3) Très bon (4) Bon (5) Passablel (6) Médiocre (7) Minable. I.K H K V 0 I II .|.K |.|) x |) | ¦> Il A V II I I.I II II II B S CULTURE M IJ S I Q U K CUSSIQU E MARIO C I- O U T I K R ?Des voix chez Pro Musica CA est l’époque du dévoilement des nouvelles / saisons un peu partout.A la recherche d’un nouvel auditoire, Pro Musica présentera en 1996-97 une saison marquée par la voix et la musique sacrée.Pour commémorer le bicentenaire de la naissance de Schubert, on proposera en novembre le cycle Die schône Müllerin (La Belle Meunière) avec le jeune baryton Andreas Schmidt, disciple de Fischer-Dieskau et déjà considéré en Allemagne comme son successeur.Les autres faits saillants de la programmation comprennent le premier concert montréalais du nouveau Çhœur de chambre de l’OSM dirigé par Iwan Edwards.Egalement, pour Pâques l’an prochain, Pro Musica accueillera le chœur a cappella de 24 voix masculines, la Chorovaya Akademia de Moscou.La saison s’ouvrira le 7 octobre avec le Quatuor Melos de Stuttgart.Réclamé par le fidèle public de Pro Musica, le Quatuor Borodine sera de, retour en avril pour la cinquième saison consécutive.Egalement au menu: le Trio di Milano, le duo formé de la pianiste Brigitte Engerer et du violoniste Olivier Charlier et le trio Rachmaninov, une nouvelle formation de musiciens immigrés à Montréal.La soirée-bénéfice aura lieu dans la salle de bal Windsor en mars prochain et mettra en vedette les Virtuoses de Vienne, dix des premiers pupitres du Philharmonique de Vienne, qui donneront un concert de valses.Notons que le prix des billets et des abonnements demeure inchangé cette année et que Pro Musica sera présent dans trois salles: Maisonneuve, Pierre-Mercure et l’église du Gésù.Renseignements: (514) 8454)532.Yo-Yo Ma Le violoncelliste Yo-Yo Ma sera l’invité du concert gala-levée de fonds de l’Orchestre de chambre McGill l’an prochain.La saison 1996-97 comprendra, par ailleurs, huit concerts avec plusieurs solistes réputés: Andrea Griminelli, Lydia Artymiw, Denis Brott, Marilyn Home, Elmar Oliveira, Jon Kimura Parker et Boris Belkin.La saison s’ouvrira le 10 septembre avec un concert Bach mettant en vedette le flûtiste Timothy Hutchins et le claveciniste Luc Beauséjour.Le LMMC a 105 ans Le Ladies’ Morning Musical Club fête ses 105 ans avec une saison de dix événements où petits ensembles et solistes se succéderont.Mentionnons les noms du violoniste Gil Shaham et des pianistes Hélène Grimaud et Janina Fialkowska.Les formations seront, entre autres, le Quartette Beethoven di Roma, le Quatuor Sine Nomine, le Quartet Vermeer et le Quatuor Vogler.La saison débutera le 29 septembre avec le violoncelliste Pieter Wispelwey.Un duo au jardin L’un des plus solides duos de l’heure, le violoncelliste Denis Brott et le pianiste Glen Montgomery, sera à la Maison des Jardins de Sainte-Dorothée samedi soir prochain.Leur dernier disque produit par Analekta leur a valu une critique élogieuse du magazine Classic CD.Dans un concert intime garni de succulents desserts, ils joueront des sonates pour piano et violoncelle de Beethoven.Renseignements et réservations: (514) 629-1572.Joyeux lancement L’ensemble vocal Ganymède lançait mardi dernier son tout premier album, sous étiquette Atma, consacré à la musique de Mendelssohn, Poulenc et Grieg.Pour chaque disque vendu, 1 $ sera versé à la Société canadienne du sida.Ganymède est un chœur de 20 voix d’hommes qui célèbre cette année son cinquième anniversaire d’existence.Redécouvrir F.B.Taylor Sophie Glronnay FREDERICK B.TAYLOR GRAVEUR RÉALISTE RADICAL Ü'o'n'ôg r «p h I •• t c * t tl o gus rationné a & 0 m 'wMêè •¥: '______________________________ NOTRE COLLABORATRICE Sophie Giron- nay vient de publier une monographie du graveur «réaliste radical» Frederick B.Taylor, qui nous fait connaître une facette jusque-là restée discrète de l’artiste.Car si on connaît bien les incursions de Taylor dans les milieux ouvriers, pendant la Deuxième Guerre mondiale, desquelles il a tiré plusieurs tableaux, son talent de graveur est moins connu.Sophie Giron-nay remédie à ce manque en nous faisant entrer dans l’autre monde de cet artiste de bonne famille ayant épousé la cause communiste.Taylor, nous dit-elle, est sans conteste «un des graveurs d’avant 50 les plus accomplis au Québec».Dylan à Verdun: le musicien a supplanté la légende PHOTO ARCHIVES Le vieux Bob, que l’on voit ici dans une photo d’archives, s’est montré sous son meilleur jour, l’autre soir, à Verdun.SYLVAIN CORMIER Difficile de se trouver devant Bob Dylan sans idées préconçues.Quand les projecteurs ont finalement concentré leurs faisceaux sur le costard argenté et la tête frisée qui le surmontait, ce n’est pas le juif américain de 54 ans, ses rides, ses ongles trop longs, ses rictus plus ou moins involontaires, que les quelque 5000 disciples rassemblés vendredi soir à l’Auditorium de Verdun ont vu et acclamé: c'est la légende vivante.Deux heures, une quinzaine de chansons et trois rappels plus tard, c’était l’homme.Avant d’entamer Drifter’s Escape, la première chanson, tout ce qu’a été Dylan pour tous ces gens, toutes les chansons qui ont tant compté, tous les faits marquants de cette vie mille fois écrite remontaient à la surface: en vrac se mêlaient l’héritier de Woody Guthrie, les cafés de Greenwich Village, Blowin’ In The Wind, Joan Baez, le hipster qui a fait fumer de la mari aux Beatles, Mr Tambourine Man, le pied de nez aux puristes folk à Newport, Like A Rolling Stone, Blonde On Blonde, l’accident de moto, le virage country, les Basement Tapes avec le futur Band à Woodstock, Lay Lady Lay, Pile de Wight, le concert pour le Bangladesh, Knockin' On Heaven’s Doors, Blood On The Tracks, le Rolling Thunder Review, l’entrée en religion, le fiasco de Live-Aid, les Traveling Wilburys, la tournée sans fin, le Bob-fest du 30e anniversaire.Beaucoup de visages pour une seule tête de pipe.L’autre idée toute faite, au moins aussi pesante dans l’esprit des gens que le parcours, c’est que que Dylan vieillit mal.Que sa voix, de nasillarde qu’elle était, est devenue si irritante que les chiens aboient en l’entendant.Qu’il fait exprès de saper sa légende en rendant méconnaissable ses classiques.Qu’assister à l’un de ses spectacles risque d’entacher le souvenir que l’on a gardé de ses grandes années.De fait, plusieurs d’entre nous pénétrions dans l’amphi verdunois avec méfiance et hantise.Réputé insono-risable, l’édifice n’annonçait rien de bon.Le déménagement de site, en raison de la fermeture du Métropo-lis, et l’amalgame conséquent en une seule foule des deux salles combles originellement prévues, annulait tout potentiel d’intimité: ce spectacle-là n’allait certainement pas ressembler à l’excellent Unplugged, enregistré dans les studios Sony à New York l’an dernier.N’empêche, Dylan étant Dylan, on était tous là.Prêts au pire.Le meilleur Surprise, on a eu le meilleur.On a eu un show qui brassait, des versions jouées avec compétence et abandon (avec des ralentis dans les finales!), des séquences acoustiques pur folk, un bel équilibre d’immortelles et d’obscures, presque deux heures de vraie musique.On a eu Dylan tel qu’il est aujourd’hui: un gars coriace qui essaie de justifier que la vie continue, mythe ou pas, et qui trouve le salut, soir après soir, en jouant de la guitare et de l’harmonica avec un petit groupe de bons musiciens.Dylan n’est pas un grand instrumentiste, tant s’en faut, mais on avait vendredi un guitariste lead qui s’assume, cherchant la bonne lick, la trouvant souvent (ses impros dans All Along The Watchtower et Sylvio étaient particulièrement heureuses).S’il ne souriait pas (quand même!), on le sentait intense, dédié à l’instant présent, multipliant les échanges avec John Jackson, l’autre guitariste, comme le ferait n’importe quel musicien dans un bon groupe de folk-rock alternatif.Tout faisait plaisir: la sono était acceptable, le timbre de voix bien moins râpeux qu’on le redoutait, et l’on comprenait enfin que la propension de Dylan à changer les mélodies n’est pas qu’une manie de vieux saligaud.11 les simplifie pour que les chansons vivent, comme Springsteen en janvier à la PdA quand il dénudait Boni In The USA.Rendues en talking blues, les électriques Most Likely You Go Your Way And I’ll Go Mine, Maggie’s Farm, If You See Her, Say Hello, tout comme les acoustiques Tangled Up In Blue et Girl From The North Country, gagnaient en efficacité ,ce qu’elles perdaient en joliesse.A preuve, lorsqu’une interprétation plus fidèle s’imposait, notamment pour les essentielles Masters Of War et Don’t Think Twice, It’s All Right (avec mandoline et lap steel, un rêve!), Dylan respectait sans problème les mélodies de base.Mais surtout, Dylan était vendredi le rockeur qu’il rêve d’être depuis les années cinquante, quand Little Richard était son idole.Et un rockeur fait danser les foules: telles qu’envoyées, les versions de Sylvio, de Rainy Day Women #12 & 35, n’avaient pas d’autre fonction.Et la foule, moitié babacools, moitié jeunots, se trémoussait en conséquence.On s’était rendu à Verdun comme on va à l’église: on est ressorti en sueur, avec une seule certitude: Dylan est vivant.CONCERTS CLASSIQUES Un récital honnête, en attendant mieux CBC/MCGILL Franz Schubert: Klavierstücke D.946; Sonate en la majeur, op.120, D.664.Johannes Brahms: Sonate n° 3 en fa mineur, op.5.Richard Raymond, piano.Salle Pollack, le 25 avril 1996 FRANÇOIS TOUSIGNANT Depuis son succès éclatant lors de l’édition 1992 du Concours international de Montréal, on s’attache à suivre les progrès de la carrière de Richard Raymond.Il s’est révélé bon chambriste, excellent en concerto, et intelligent en récital.Ce qu’il nous a proposé jeudi soir nous a cependant laissés sur notre faim.La première partie du programme, entièrement consacrée à Schubert, a encore une fois donné raison à Schumann.Les célestes longueurs étaient au rendez-vous, plus longues que célestes.Si Richard Raymond sait bien faire ressortir la mélodie, il n’a pas su convaincre de la nécessité de cette musique.Ainsi, les trois Klavierstücke posthumes tournaient à vide, la faiblesse de leur construction rendue encore plus évidente par un usage immodéré de la pédale et une main gauche qui enterrait tout ce qu’il pouvait y avoir entre le grave et la ligne mélodique.Quand on entend cette musique sur le pianoforte, on découvre une richesse de couleurs inspirante que le piano moderne, joué à la moderne, étouffe.La sonate en a aussi pâti.Par contre, le pianiste s’est permis des coquetteries amusantes, notamment dans le finale.Malheureusement, on n’a pu goûter de toutes les subtilités de phrasé qu’il semblait vouloir mettre au jour, le jeu étant encore une fois trop noyé de pédale.En général, quand un pianiste fait cela, c’est qu’il est nerveux; pourtant, on sent chez Richard Raymond une solidité technique à toute épreuve, une «bête de clavier» dominant son instrument Ce qu’a bien démontré son interprétation de la gigantesque et très lisztienne Sonate en fa mineur de Brahms.Tout au long de l’écoute, on se sent en sécurité, alors que tant d’autres montrent une fragilité qui fait qu’on se demande si on va arriver à la fin.Contrairement à la première partie du concert, pas un moment d’ennui ici, du portique monumental — où l’on admire le volume de la sonorité du soliste —, jusqu’au tourbillon virtuose de la fin du finale.Mais.Encore trop de pédale, des ratés de pédales même qui ont dû le rendre malheureux; une main gauche qui trop souvent s’écrase et qui oblige à forcer les aigus, nuisant en cela à la clarté de l’articulation des petits motifs.Ceux-ci ne sont pourtant pas des ornements et participent de plein droit au contenu thématique.C’était malheureusement gommé.Les mouvements lents m’ont paru manquer d’inspiration, comme si le pianiste s’y reposait.Il y a quand même eu un moment foudroyant qui a valu à lui seul tout le récital: l’enchaînement entre le Rückblick (quatrième mouvement) et l’allegro final.L’artiste sortait enfin.Richard Raymond semble être à ce point ingrat et transitoire de la carrière où l’on n’est plus assez jeune et pas encore assez mûr.Il entre dans un tunnel que connaissent bien des pianistes, entre les débuts foudroyants et l’arrivée de l’assise.Ce qui compte, c’est de continuer à jouer, et à bien jouer, comme jeudi soir.Car, quand on sent que la fleur se prépare à s’ouvrir, on est patient et on attend avec confiance.Malgré certains soirs moins réussis.La convergence selon Claude Lamothe MARIO CLOUTIER LE DEVOIR Claude Lamothe joue avec son trio rock et deux autres violoncellistes mercredi, vendredi et samedi au Club Soda.Il vient de terminer la trame sonore — 30 minutes de compositions originales avec son collègue, le bassiste Jacques Roy — de la dernière création de Carbone 14, Les Âmes mortes.Son disque, qui se vend bien, nous transporte de Bach à Hendrix.D’aucuns diraient que le violoncelliste s’éparpille et se perd sur la corde raide de son instrument, mais c’est mal connaître l’archet qui réconcilie et intègre tout.Claude Lamothe est le parfait mutant de cette fin de siècle où la convergence demeure probablement la meilleure expression pour décrire la tendance forte dans le monde de la création.«Ce spectacle Cavale — du titre de la première pièce de son disque Nu —c’est le truc qui ressemble le plus à ce que je suis présentement.Jacques et moi avons écrit la musique de Carbone 14 ensemble et de même pour le spectacle.C’est lui le chef d’orchestre.On se complète.Il apporte ses connaissances harmoniques du jazz et moi du classique.» Il n’y a pas de contradictions, de chocs et de ruptures.Claude Lamothe fait tout.Il le fait bien et puis après.Post-modernisme?Néo-classicisme?Post-punk-kitsch-grano-le?.To be or not be, ce n’est plus la question à se poser.Claude Lamothe agit et joue à s’en fendre les doigts.«Les concepts ça vient après, quand on regarde en arrière pour voir ce qu’on a fait.Jacques et moi sommes deux musiciens qui tentons de faire éclater nos instruments, lui avec sa basse à sept cordes qu’il joue parfois avec un archet, moi avec mon violoncelle électrique.Nous mélangeons toutes sortes de cultures, de musiques et aussi de rythmiques.» En répétition avec son groupe hétéroclite, additionné du batteur Marc Bonneau et des violoncellistes Anik Hébert et Guillaume Saucier, il est fébrile mais heureux.Jamais le vent n’aura soufflé aussi fort dans ses voiles grandes ouvertes.Le violoncelle du gars de la Mauricie ratisse large, mais le bonheur se trouve justement au sein du global plutôt que du rétrécissement, du cliché ou du lieu commun.Ainsi, les violoncelles servent à agrémenter le répertoire rock; la batterie à accompagner les pièces de l’album où Claude Lamothe jouait pourtant seul.Il faut dire que le violoncelliste a l’habitude.Déjouer les attentes est devenu son credo.Mais comme tout le monde, il a quand même le trac avant de retrouver le public.«Prêts, pas prêts, on y va.Comme me disait Yuli Turovsky quand j’étais à I Musici, “si t’attends d’être prêt pour jouer, tu ne joueras jamais”.Jouer, c’est la fête.Il ne faut pas attendre d’avoir la recette du siècle pour mettre la table et inviter les amis.Le lunch va être bon et le repas copieux.Je pense que les gens vont aimer ça.» Journée internationale de la danse Sortir la danse des studios Après la musique et le théâtre, la danse descend dans le métro ANDRÉE MARTIN Pour souligner la quatorzième Journée internationale de la danse, le Regroupement québécois de la danse présente, conjointement avec les interprètes et les compagnies montréalaises, aujourd’hui et pour la seconde année Station Danse, une série d’activités à la station Berri-UQAM.«Notre but en organisant cet événement est de sortir la danse des studios et du cadre de la scène, explique Annik Hamel porte-parole de la journée.Ce qui nous intéresse est de confronter la danse au quotidien des gens.Je pense que cela va permettre de démystifier notre art, de le rendre plus accessible, mais aussi de le faire voir et de le faire connaître.» Parrainé par la STCUM et le ministère de la Culture et des Communications, Station Danse s’inscrit dans le cadre d’une entente entre la Coalition québécoise des arts de la scène et la STCUM.Cette entente prévoit une série d’activités de promotion des spectacles à l’intérieur des transports en commun; dont Métro-Boulot-Show (avec l’ADISQ) et Ciel! Du théâtre dans le métro (avec le CQT) en sont de brillants exemples.L’interprète à l’avant C’est au comité artistique composé de Suzanne Benoît et des danseurs Sylvain Lafortune, Marc Boi-vin, Harold Rhéaume et Lin Snelling qu’est revenue la tâche de donner le ton à cette manifestation.«Nous avons cherché à mettre l’interprète de l’avant.Les danseurs, quoiqu’on en pense, travaillent beaucoup dans l’ombre.Ce sont souvent les chorégraphes qui sont cités dans les médias et qui reçoivent la reconnaissance.Le but de Station Danse est donc d’offrir un peu plus de visibilité aux danseurs afin de valoriser leur métier.» Avec beaucoup d’enthousiasme, le comité artistique a mis sur pied des animations, de manière à échanger directement avec le public; de l’intéresser et de le sensibiliser à cet art du corps.De plus, quatorze compagnies ont été sélectionnées pour présenter des extraits de leurs œuvres, et ainsi offrir un large éventail de la création chorégraphique montréalaise à l’ensemble des voyageurs.«Nous avons fait un appel à toutes les compagnies pour les inviter à participer à cette journée.Vingt de celles-ci ont répondu à l’appel, et nous en avons finalement sélectionné quatorze.Nous ne voulions pas présenter des extraits de spectacles trop hermétiques, ou encore trop osés, où il y a de la nudité par exemple.Le but était d’être le plus représentatif et le plus accessible possible.» De dix heures à dix-huit heures, toute la station Berri-UQAM vibrera donc au rythme de la danse.Parmi les extraits de spectacles présentés dans la nef centrale de la station, de Uh30 à 13h30 et de 15h30 à 17h30, soulignons La Bête, la nouvelle création de Ginette Laurin (O Vertigo) interprétée successivement par Estelle Clareton et Mireille Leblanc, Graffiti Tango dansé par Carol Horowitz et Bobby Thompson, Cartes postales de Chimère de la chorégraphe-interprète Louise Bédard, et L’homme qui essaie devant la gare d’embrasser de Jean Gaudin, dansé par Montréal Danse.Entre-temps, de lOh à llh et de 14h à 15h, des improvisations danse-vidéo se tiendront sur le quai An-grignon, ainsi qu’à la sortie Saint-Denis—Maisonneuve.Bref, ça va swinguer dans le métro aujourd’hui! Un rendez-vous pour les néophytes, les curieux et bien sûr, les passionnés.JAMAÏQUE-PARIS-CORÉE QUATUOR MORENCY MOREL/DARBELLAY SCH U B E RT/S Al NT-SAë NS LUNDI 29 AVRIL À 20H SALLE PIERRE-MERCURE MÉTRO.BERRI-UQAM 9 8 7 - 6 9 1 9 On a voulu être le plus représentatif et le plus accessible possible 1 D1A
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