Le devoir, 10 mai 1996, Cahier A
?F 0 N I) É EN 1 5) 1 0 ?LE DEVOIR Vol.L X X XVII I I O M () N T IL K A I.I.K V K N l> Il K I) I I II M Al I il il ceux'là sont en train de partir!» Depuis quelques jours, les quotidiens de la Péninsule sont couverts d’analyses, d’opinions, d’informations sur l’autonomisme et le séparatisme, de comparaisons avec l’étranger, où les exemples catalan et québécois sont largement évoqués.Par exemple, le numéro deux et idéologue de la Ligue du Nord, Roberto Maroni, déclarait dans une interview au Corriere della Sera publiée mercredi: «Je iqe contenterais [d’un statut] cQmme au Canada.Là, l’État fédéral, comme tous les Etats fédéraux, doit reconnaître les statuts locaux.C’est ainsi que le Québec a pu et pourra encore voter sur son indépendance.» Si la séparation de l’Italie du Nord — un pays à venir que Bossi appelle la «Padanie» — semble, dans l’état actuel des choses, une éventualité peu probable, il reste que la formation qui porte ce projet est aujourd’hui résolument sortie de la marginalité.La Ligue a fait 19 % dans le Piémont (Turin), 25 % en Lombardie (Milan) et 30 % en Vénétie, où la poussée est aujourd’hui la plus spectaculaire.Dans les petites villes prospères des environs de Venise (Vicenza, Treviso, Udine) qui incarnent aujourd’hui le nouveau miracle économique italien et affichent une richesse insolente, la Ligue est carrément hégémonique avec des pointes de 40 % et 45 %.Dans un pays où, traditionnellement, les partis prolifèrent et où 15 % représente un gros score, il s’agit d’une performance exceptionnelle.Plus encore, la stratégie qui consiste à affirmer le droit à l’autodétermination et à demander l’indépendance pour avoir un fédéralisme décentralisé semble être comprise et appuyée par de larges pans de la population du Nord.Selon un sondage mené après les élections d’avril pour le compte de Panorama auprès de cette population, 47 % pensent que le Nord-Est «a le droit à l’indépendance», même si 17 % seulement favorisent la constitution effective d’une «nation».Si on ajoute ce dernier chiffre à celui de l’option «fédéralisme avec forte autonomie régionale» (46 %), on obtient 63 % d’insatisfaits du statu quo.L’un des thèmes les plus populaires est celui de la récupération — totale ou partielle — de la taxation, qui obtient des appuis écrasants.Cela commence à faire beaucoup de monde résolument décidé à «brasser la cage» italienne.La gauche nouvellement au pouvoir saura-t-elle affronter, mieux que la droite, le défi autonomiste du Nord?secession.pour obtenir le fédéralisme 'INDEX Agenda.B7 Avis publics.-A8 Classées.B6 , , Culture.B9 économie.A8 Éditorial.-MO Le monde.-A6 ___ Mots croisés.B6 * * Les sports.B6 M É T E 0 p Montréal Pluie.Mæc 17 Québec Pluie.Max: 13 Détails en B 8 MONTRÉAL Cols bleus: Bourque demande l'aide de Québec PAGE A 3 w LES ACTUALITÉS L'armée s'attaque au caporal Partielle VISAS PAGE A 2 La thalassothérapie: les dons de la mer PAGE H 4 Landry alourdit le fardeau des contribuables.en catimini Québec hausse ses revenus et réduit son déficit en supprimant, réaménageant et réduisant une panoplie d’abris fiscaux KONRAD YAKABUSK1 DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Loin d’attendre les conclusions d’une commission itinérante promise à cette fin, le ministre de l’Economie et des Finances, Bernard Landry, a procédé hier à «un premier émondage» des dépenses fiscales auquel n’échapperont que les plus démunis.Il s’agit de l’un des deux grands volets du budget qu’a déposé hier M.Lan- LES POINTS SAILLANTS Voici les points saillants du budget 1996- 97 que le gouvernement du Québec a présenté hier: Le déficit ¦ Québec prévoit des revenus de 37,6 milliards de dollars et des dépenses de 40,9 milliards en 1996-97 ¦ réduction du déficit de 3,27 milliards en 1996-97 à 2,2 milliards en 1997- 98, à 1,2 milliard en 1998-99 et à zéro en 1999-2000 ¦ une loi anti-déficit sera adoptée d’ici à la fin de la session Les taxes et les impôts ¦ aucune augmentation directe de taxes ni des impôts ¦ hausse du fardeau fiscal des entreprises de 663 millions d’ici l’an 2000 ¦ hausse du fardeau fiscal des particuliers de 634 millions d’ici l’an 2000 ¦ réduction des crédits d’impôt pour personnes seules et personnes âgées dont les revenus dépassent 26 000 $ ¦ remboursement des crédits d’impôt pour pertes dorénavant limité aux PME ¦ récupération de 313 millions par le ministère du Revenu en 1996-97 Divers ¦ revenus additionnels de 151 millions attendus des sociétés d’État ¦ mesures touchant les entreprises devant rapporter 233 millions ¦ cinq millions pour deux programmes destinés aux jeunes promoteurs ¦ congé fiscal de trois ans aux nouvelles petites entreprises dry — l’autre étant l’intensification de la luttç à l’évasion fiscale — qui permettront à l’État québécois de percevoir 651 millions de dollars de plus cette année, et presque autant en 1997-98, auprès des contribuables et des entreprises.Le gouvernement compte toucher 313 millions additionnels en impôts grâce notamment au jumelage des renseignements informatisés des organismes publics, dont la Régie de l’assurance-maladie et la Société de l’assurance-automobile du Québec, avec ceux du ministère du Revenu.M.Landry s’est engagé à ce que cette opération se fasse «sous le contrôle vigilant» de la Commission d’accès à l’information et «dans le respect des citoyens qui ont le droit de savoir à quoi peuvent être utilisées les informations qu’ils transmettent au gouvernement».En supprimant, en réaménageant et en réduisant une panoplie d’abris fiscaux — notamment ceux dont bénéficient les personnes âgées, les travailleurs syndiqués et le Fonds de solidarité —, Québec augmentera ses revenus de 237 millions cette année.L’instauration progressive de ces mesures fera en sorte que ce montant atteindra 400 millions en 1999.Bien qu’il se soit vanté de n’avoir augmenté «aucun taux d’impôt ni de taxe» en VOIR PAGE A 12: LANDRY / PHOTO PC Le ministre Landry s’est vanté de n’avoir augmenté «aucun taux d’impôt ni de taxe» en ramenant le déficit à 3,275 milliards en 1996-97.Mais il a reconnu du même souffle que beaucoup de Québécois paieront plus cette année.Selon lui, il s’agit «des gens qui devaient payer des impôts [et] qui, en grande partie, n’en ont pas payé».Le jeudi de la matraque Les aînés estiment être dans la ligne de + tir du gouvernement ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Les aînés sont indignés du coup de matraque que leur assène le budget Landry et estiment être en passe de devenir les boucs émissaires du gouvernement péquiste.Selon la Fédération de l’âge d’or, la réduction des crédits d’impôt annoncée hier représentera un fardeau additionnel de 850 $ par année pour chaque personne âgée.«On est dans leur champ de mire! Ce budget, ce n’est que la suite d’une série de coups assenés depuis quelque temps qui viennent bouleverser toutes les provisions faites pour s’assurer un revenu de retraite décent», a déploré hier Liliane Le-compte, présidente de l’Association québécoise des droits des retraités (AQDR).Le budget Landry prévoit en effet que les crédits d’impôt en raison de l’âge et ceux pour personne vivant seule seront graduellement réduits lorsque les reve- VOIR PAGE A 12: AÎNÉS aAutres informations, pages A 4 et A 5 mL’éditorial de Jean-Robert Sansfaçon, page A 10 Max Linder, Pautre Chaplin Rendez-vous ce soir au Théâtre national de Montréal pour Une nuit du cinéma français ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Il avait un étemel haut-de-forme, un nez en galoche, le regard coquin, la moustache soigneusement cirée, le gant beurre frais, la redingote impeccable.Il était le séducteur de ces dames, fils de famille oisif, courant les dots et les salons, noceur facétieux et irrésistible, gandin impénitent, prince du burlesque au royaume du cinéma muet qui sut remplir les coffres de'l’écurie Pallié et faire se pâmer des bataillons d’admiratrices.Il fut entre 1905 et 1925 une immense vedette internationale, trimbalant sa canne et sa chic dégaine dans plus de 400 films dont la postérité en a rescapé à peine 120.Il s’appelait Max Linder, de son nom de baptême Gabriel Maximilien Leuvielle, et Chaplin levait son chapeau à cet enfant de la Érance en lui donnant du maitre.Sauf que voilà.Chaplin a traversé l'épreuve du temps pendant que Under sombrait peu à peu dans l’oubli.Aurait sombré, du moins, sans sa fille Maud qui travaille activement à rafraîchir les mémoires.Et si vous n etes pas familier de l'élégant personnage, rendez-vous ce soir au Théâtre national de Montréal pour Une nuit du cinéma OIR P A 12: MAX PHOTO JACQUES NADEAU Briser le silence de la honte qui a recouvert la mémoire du père: Maud Linder est la fille de ce Max qu’elle n’a connu que sur pellicule.Discrimination fondée sur l’orientation sexuelle Le projet de loi est adopté Quatre des cinq partis aux Communes en sortent divisés JEAN DION DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA Au terme d’un débat dont la brièveté n’aura eu d’égale que l’ampleur des passions et de la hargne soulevées, la Chambre des communes a finalement tranché en adoptant hier, lors d’un vote libre, le projet de loi visant à amender la Loi canadienne sur les droits de la per-sonne afin d’interdire la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle.Question de droits fondamentaux pour certains, question morale pour d'autres, l’affaire a provoqué de profondes fissures dans la cohésion des partis politiques jusqu’au verdict final.Pas moins de 29 députés libéraux ont voté contre le projet de loi, un élu réformiste l’a appuyé, trois membres du Bloc québécois se sont abstenus et les deux députés conservateurs se sont retrouvés de part et d’autre de la clôture.Présenté aux Communes il y a onze jours à peine — le gouvernement tenait à ce que la controverse ne s’éternise pas —, le projet de loi C-33 a été entériné par 153 voix contre 76.Il prend maintenant le chemin du Sénat, qui en avait adopté un semblable il y a trois semaines mais qui pourrait cette fois faire l’objet de fortes pressions.Malgré l’importance de la dissidence qui s’est manifestée au sein de sa propre équipe, le premier ministre Jean VOIR PAGE A 12: ADOPTÉ A 2 L K ü K V 0 I a .I.K V E N I) R EDI I 0 MAI I » I) 0 LES ACTUAL L’armée porte des accusations contre Purnelle Dans un livre, le caporal a dénoncé la corruption et la lâcheté de hauts dirigeants militaires JOCELYN COULON LE DEVOIR Les Forces armées canadiennes portent sept accusations contre le caporal Michel Pumelle, qui a récemment dénoncé la corruption et la lâcheté des hauts dirigeants militaires.On lui reproche d’avoir accordé sans permission des entrevues à des médias et de s’être absenté sans l’autorisation d’un supérieur.Cette décision a immédiatement provoqué la fureur du président de la Commission d’enquête sur la Somalie, le juge Gilles Létourneau, qui y voit une tentative d’intimidation envers un militaire qui a témoigné dans l’affaire somalienne.Le caporal Pumelle s’est vu signifier ces accusations mercredi soir et devra, ce matin, rencontrer son commandant de bataillon pour connaître son sort Invoquant la Loi sur la Défense nationale, les Forces armées accusent le sous-officier de «conduite préjudiciable au bon ordre et à la discipline» et de «désobéissance à un ordre».Le procès-verbal d’accusation dresse la liste des cinq entrevues que le caporal a accordées aux médias et qui contreviendraient aux règlements sur la diffusion sans permission de renseignements sur des sujets militaires.Les deux autres accusations portent sur un même incident, soit le fait de s’être absenté sans permission afin de se rendre aux bureaux de la Commission d’enquête sur la Somalie pour y communiquer de nouveaux renseignements.Il y a trois semaines, le caporal Purnelle accordait plusieurs entrevues aux médias sur le contenu d’un livre qui doit paraître aux Editions Liber, intitulé Une armée en déroute.Dans cet ouvrage, le caporal Pumelle dénonce l’absence de leadership au sein des Forces armées canadiennes et accuse ses dirigeants de corruption et de carriérisme.Le 26 avril, le sous-officier se rendait à Ottawa pour livrer à la Commission d’enquête sur la Somalie des documents sur les événements qui se sont déroulés dans ce pays en 1993.Avant de quitter la base de Val-cartier, le caporal a été mis en état d’arrestation pour avoir fait défaut de se rendre au bureau de son officier commandant qui lui avait ordonné de ne pas se déplacer sans son autorisation.Le caporal a finalement été libéré.A Ottawa, hier, le président de la Commission, le juge Gilles Létourneau, s’est dit préoccupé par l’attitude des Forces armées envers le caporal Pumelle.Tout en reconnaissant le droit des Forces armées de porter des accusations à l’encontre d’un de ses soldats, le juge Létourneau a indiqué qu’il avait l’obligation, «étant donné la position adoptée par la Commission relativement à toute tentative d’intimidation et de harcèlement à l’encontre de soldats voulant assister la Commission dans son mandat, de soulever publiquement nos préoccupations relativement à l’impact que les mesures disciplinaires prises contre le caporal Pumelle en rapport avec sa visite à nos bureaux peut avoir sur les autres soldats désireux de collaborer avec nous».Le juge a déclaré que la décision des Forces armées était un «message préoccupant transmis aux soldats se trouvant dans une situation vulnérable et pouvant détenir de l’information utile pour la Commission».«Ce message contraste grandement avec les exhortations officielles qui [.] sont faites aux soldats de collaborer par tous les moyens possibles à la réalisation du mandat de la Commission», a dit le juge.Le caporal Purnelle sera jugé soit par une cour martiale, soit par son propre commandant.Il risque la détention, la rétrogradation ou une amende s’il est reconnu coupable.Brassard donne un sérieux avertissement à Dion D'APRES LA PC Québec — Le gouvernement d’Ottawa décidera aujourd’hui s’il se joindra à la cause inscrite devant les tribunaux par l’avocat Guy Bertrand pour bloquer l’accession AVOCAT(E) Établis depuis 1980 en droit civil et recouvrement de créances, nous souhaitons ajouter à notre équipe de 12 intervenants (2) avocat(e)s dynamiques.Salaire de base + bonification Grégoire Perron & Associés 84, rue Notre-Dame ouest, 6e étage Montréal (Québec) H2Y1S6 (téléphone: 285-6441) (télécopieur: 285-8589) http://www.LaPresse.com/Probec éventuelle du Québec à la souveraineté, a indiqué hier le ministre fédéral des Affaires intergouvemementales Stéphane Dion.Mais M.Dion a ouvert la porte à une participation fédérale à ce procès en parlant de l’opportunité d’une «clarification» dans ce dossier.À l’issue d’une rencontre d’une heure avec son homologue québécois Jacques Brassard, M.Dion a expliqué qu’il ne faudrait pas voir cette intervention fédérale comme «un appui à Guy Bertrand».Le ministre Dion a soutenu que le gouvernement fédéral reconnaissait le droit des Québécois à l’autodétermination, mais à l’intérieur du Canada.«Le droit international ne reconnaît le droit à la sécession qu’en cas d’exploitation évidente ou de coloni- sation», a-t-il dit Pour sa part, le ministre Jacques Brassard a averti M.Dion que l’intervention fédérale dans ce procès pourrait avoir des conséquences «d’une extrême gravité».Cela pourrait même avoir «des effets» sur l’opportunité de la rencontre que doivent avoir, dans les prochaines semaines, les premiers ministres Jean Chrétien et Lucien Bouchard, et sur la tenue de la conférence fédérale-provinciale que le premier ministre Chrétien a confirmée hier par écrit à tous les premiers ministres, pour les 20 et 21 juin à Ottawa.Intervenir dans le dossier Bertrand «peut colorer les décisions du gouvernement du Québec», a averti le ministre Brassard, reprenant la mise en garde formulée plus tôt cette semaine par le premier ministre Lucien Bou- chard.M.Brassard a confirmé que la décision définitive du Québec concernant sa participation à la conférence fédérale-provinciale.Elle le sera à la lumière de l’ordre du jour que le gouvernement fédéral est en train de dresser pour la réunion.Le ministre Brassard a fait valoir le Québec n’est pas intéressé par le processus de révision constitutionnelle.On craint même que la conférence ne vise qu’à «libérer Ottawa de ses obligations constitutionnelles afin de tenir des élections à l’automne» Québec veut parler du rapatriement de ses compétences en matière de main-d’œuvre, un dossier où l’offre écrite du Québec transmise il y a quatre mois n’a toujours pas reçu de réponse fédérale; Au cours des prochains jours, le CARRIÈRES ET PROFESSIONS LYCEE CLAUDEL :• Chacun des postes suivants requiert un minimum de trois années d'expérience en système français.'NIVEAU ÉLÉMENTAIRE ET PRÉ-ÉLÉMENTAIRE: 4 postes à plein temps (27 heures) d’instituteurs (ou institutrices) instituteurs ou institutrices titulaires du C.A.P.d’instituteur* au minimum (formation initiale en École Normale ou LU.F.M.souhaitée).Une solide expérience en classes maternelles de 4 et 5 ans serait fortement appréciée.NIVEAU SECONDAIRE: 1 poste à temps partiel (9 heures minimum) d’anglais langue étrangère professeur certifié (CAPES *) ou niveau équivalent 1 poste à temps partiel (6 heures maximum) de Sciences Économiques et Sociales professeur certifié (CAPES *) ou agrégé (AGRÉGATION *) de Sciences Économiques et Sociales.1 poste à temps partiel (6 heures maximum) de professeur d’Espagnol professeur certifié (CAPES *) ou niveau équivalent Entrée en fonction: le 16 septembre 1996 Rémunération: selon la convention collective en vigueur (*) Le système d'enseignement du Lycée Claudel est soumis e«x exigences du réseau international des écoles françaises à l’étranger (A.B.FJ8.).II exige donc les diplômes reconnus par ce réseau.Prière d’adresser C.V.et toutes les pièces justificatives nécessaires aux soins de: M.le Proviseur Lycée Claudel 1635, Riverside Drive Ottawa (Ontario) K1G0E5 DATE LIMITE DE RÉCEPTION DES CANDIDATURES : LE 17 MAI 1996,16 h 30 W v V TNTS INSTITUT NATIONAL DE L'IMAGE ET DU SON L'institut national de l’image et du son (INIS) assure la formation de scénaristes, de réalisateurs et de producteurs en cinéma et en télévision.Ouvert j depuis janvier 1996, son programme de formation professionnelle se répartit j sur deux ans et demi.Pour un mandat d’une durée de deux ans à temps plein et sous la responsabilité de la direction générale, l’INIS est à la recherche d’un II Directeur pédagogique et artistique.• Ce mandat consiste à assurer à FINIS un programme de formation professionnelle axé sur la créativité et la pratique des métiers de scénaristes, ¦ de réalisateurs et de producteurs, tout en reconnaissant les besoins des milieux cinématographique et télévisuel du Québec.Il consiste aussi à voir , au développement et au déroulement d’un programme d’apprentissage incluant des notions indispensables à l’exercice du métier et à la mise en ! oeuvre des productions cinématographiques et télévisuelles en milieu professionnel.Ce poste implique également la responsabilité de ; l’encadrement pédagogique, des mécanismes d’évaluation ainsi que du ; processus d’admission.1 « ; Cette personne aura le sens de 1 organisation et des aptitudes à déléguer et à travailler en équipe.Son esprit de synthèse et son talent de communicateur en feront un rassembleur auprès des milieux cinématographique et ;î télévisuel.Exigences requises J • Avoir une solide expérience à titre de scénariste, de réalisateur ou de 1 producteur dans le domaine du cinéma et/ou de la télévision; ; • Posséder une expérience en formation continue et/ou en enseignement.Entrée en fonction I Le 1” septembre 1996.Les entrevues auront lieu au mois d’août : Candidature j Soumettre votre candidature avant le 20 juin 1996, en indiquant sur ; l'enveloppe «candidature INIS», à l'adresse suivante: L’ÉCOLE DE MUSIQUE VINCENT-D’ÎNDY est à la recherche d’une directrice ou d’un directeur des études Tâche: Sous l’autorité de la Directrice générale, assumer la responsabilité des dossiers pédagogiques de l’École; collégial, parascolaire, professeurs affiliés.Qualifications et expérience requises: • degré universitaire en musique (2e cycle); • brevet d’enseignement; • compétence en gestion et animation pédagogiques; • expérience en enseignement (au moins 10 ans); • expérience dans une tâche de direction ou dans une tâche similaire.Habiletés: • aptitude pour un leadership dynamique et créateur; • disponibilité pour accomplir cette responsabilité éducative; • bonne santé physique et psychologique.Traitement; • À déterminer selon la compétence et l’expérience.Les personnes intéressées devront faire parvenir leur curriculum vitae pour le mercredi 15 mai 1996 à: École de Musique Vincent-d’lndy Bureau du personnel, local 225 628, chemin de la Côte-Sainte-Catherine Outremont (Québec) H2V 2C5 LA FONDATION DU COLLEGE MONT-SAINT-LOUIS DIRECTEUR DE CAMPAGNE DE SOUSCRIPTION (Concours ouvert également aux hommes et aux femmes) Créée en 1992, La Fondation du Collège Mont-Saint-Louis gère les activités de collecte de fonds au nom du Collège Mont-Saint-Louis, établissement privé d’enseignement secondaire.Sous l’autorité du Conseil d’administration, le Directeur de campagne est responsable des activités reliées à la sollicitation de dons dans le cadre d’une campagne de souscription.Il détermine, planifie et met en oeuvre la stratégie de campagne.Il prépare les propositions, rapports, plans et budgets annuels.Le candidat doit avoir acquis au moins 3 ans d’expérience dans ce domaine.Une excellente connaissance des milieux d’affaires, communautaires et politiques est essentielle.Le candidat doit maîtriser le français et l’anglais, être entreprenant, avoir de l’entregent et une grande facilité à communiquer, un bon esprit d’organisation, du leadership et la capacité de travailler individuellement et en équipe.La connaissance de la technologie de l’information constitue un atout.La rémunération sera établie en fonction de l’expérience et de la compétence.Prière de faire parvenir votre curriculum vitae, au plus tard le 17 mai 1996 à: La Fondation du Collège Mont-Saint-Louis a/s de Madame Evelyne Garceau, présidente 1700, boul.Henri-Bourassa Est Montréal (Québec) H2C 1J3 (N.B.: Seules les personnes dont la candidature aura été retenue recevront une réponse.) Services de santé Les Québécois sont moins critiques que les autres Canadiens ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Malgré le tumulte provoqué au Québec par les fermetures d’hôpitaux, les Québécois sont parmi les Canadiens qui croient le moins que les compressions aient affecté la qualité de leurs services de santé.Voilà du moins ce que révèle un sondage réalisé auprès de 1501 Canadiens à la fin avril pour le compte de l’Association médicale canadienne.Alors que 73 % des Canadiens estiment que les budgets de santé ont un peu ou beaucoup diminué, seulement 66 % des Québécois sont de cet avis.Ce sont les résidants de la Colombie-Britannique qui ont la perception la moins négative de la réduction des sommes injectées dans le réseau de la santé, seulement 52 % d’entre eux croyant que ces budgets ont été réduits.Par contre, l’écart s’amincit entre les Québécois et les Canadiens quand il s’agit de savoir ci ces réductions ont eu un impact négatif sur la qualité de leurs services de santé.Pas moins de sept Québécois sur dix croient que les compressions ont entraîné une baisse de la quantité et de la qualité de ces services, comparativement à 74 % des Ontariens, des Al-bertains et des résidants de Colombie-Britannique, et 67 % des gens vivant en Saskatchewan et au Manitoba.De façon marquée, les habitants des Maritimes sont ceux qui s’estiment le plus affectés par les restrictions, 84 % jugeant que leurs services de santé ont dépéri.«Il y a là pour nous des messages très clairs.Nous sommes arrivés à la limite de la restriction des services.Assez, c’est assez», a fait valoir hier Léo-Paul Landry, secrétaire général de l’Association médicale canadienne.Plus encore, 58 % des Canadiens sont d’avis que c’est la disponibilité des soins infirmiers que ces restrictions ont le plus dégradée, suivie par l’accroissement des délais d’attente dans les hôpitaux.Suivent les temps d’attente nécessaires pour obtenir une chirurgie et les délais encourus pour passer des examens.Interrogés sur les solutions envisageables pour aider au financement des services de santé, près de 81 % des répondants affirment que les fonds publics devraient d’abord aller aux services de santé urgents.«On assiste à l’effritement du consensus canadien sur la gratuité du système de santé», affirme le Dr Landiy.Près de 44 % des Canadiens pensent qu’ils pourraient payer de leur poche certains services pour aider à résoudre la crise des finances.Quelque 47 % des personnes interrogées croient que le nombre de visites chez le médecin devrait être limité.Enfin.82 % des per-I sonnes pensent qu’un choix plus judicieux des médicaments abaisserait le ! coût des services de santé.gouvernement fédéral a convenu de transmettre au Québec un projet d’ordre du jour pour la conférence fédérale-provinciale et les documents afférents.C’est à ce moment que la décision québécoise d’y participer ou non sera prise.Le gouvernement fédéral veut entreprendre la prochaine conférence fédérale-provinciale des 20, et 21 juin en dressant un bilan d’Equipe Canada.«C’est une opération de promotion de la personnalité de M.Chrétien avec une chorale d’hommes d’affaires et les premiers ministres provinciaux comme faire-valoir silencieux.Si Ottawa persiste dans ce show, Lucien Bouchard ne fera pas partie de ces faire-valoir», a averti le ministre Jacques Brassard.en bref ?LA COUR SUPRÊME ENTENDRA LE PARTI ÉGALITÉ Ottawa (PC) — Le Parti Égalité et son ancien chef Robert Libman pourront contester certaines dispositions de la loi référendaire québécoise devant la Cour suprême du Canada.la plus haute cour du pays a accepté hier matin d’entendre leur requête à cet effet Cette cause remonte à l’été 1992 alors que le gouvernement de Robert Bou-rassa avait l’obligation, en vertu de la loi 150 donnant suite à la Commission Bélanger-Campeau, de tenir un référendum sur la souveraineté avant la fin du mois d’octobre 1992.Le référendum a eu lieu mais ixirtait sur l’Accord de Charlottetown.M.I jbman et son parti voulaient que la Cour supérieure du Québec déclare invalides les articles de la Ijoi québécoise sur la consultation populaire qui limitent les dépenses de chaque camp et qui exigent la création de deux comités référendaires.A leur avis, ces dispositions portaient atteinte à leurs libertés d’ex-pressipn et d’association.Le chef du Parti Egalité demandait qu’au bout du compte on lui reconnaisse le droit de faire campagne sans restriction et de bénéficier d’une partie des fonds publics mis à la disposition de chaque comité parapluie.M.Libman a expliqué hier qu’il avait toujours les craintes qui l’avaient mené à l’époque devant les tribunaux.En 1992, il avait peur que l’Accord de Charlottetown ait une portée trop large et voulait pouvoir s’y opposer publiquement sans avoir à s’associer au camp du NON dirigé par les péquistes.L’UNIVERSITE LAVAL HONORERA LISE BISSONNETTE (Le Devoir) — La directrice du Devoir, Use Bissonnette, recevra en juin un doctorat honoris causa en sciences de l’éducation de l’Université Laval.A l’occasion de la collation des grades de juin prochain, l’université décernera neuf doctorats d’honneur à des personnalités de renommée internationale, dont Use Bissonnette, le sociologue Guy Rocher (doctorat en droit) et les deux fondatrices de la Coalition pour le contrôle des armes à feu, Wendy Cukier et Heidi Rathjen (doctorats d’université).Directrice du Devoir depuis 1990 après avoir été rédactrice en chef et éditorialiste au Devoir dans les années 80, Mme Bissonnette a débuté sa carrière comme chroniqueuse en éducation, et l’Université Laval souligne que depuis le début de sa carrière, «ses préoccupations pour l’éducation et la culture ont inlassablement [animé] sa démarche intellectuelle».UNE MARCHE LIBÉRATRICE (Le Devoir) — Samedi prochain se tient, à l’initiative du Club 2/3, une marche de dix kilomètres pour rappeler le rôle de la musique dans la libération des peuples et la réconciliation entre les nations.Le groupe Rudeluck sera de la marche intitulée «Aux rythmes du monde», qui ira du parc Laurier au Centre Claude-Robillard, à Montréal.Le Club 2/3 a, pour la circonstance, requis la collaboration du CECI (Centre canadien d’étude et de coopération internationale) et d’OX-FAM-Québec.Le but de cet organisme est d’aider à conscientiser les jeunes à la réalité de l’interdépendance mondiale; il incite aussi les jeunes à participer à des projets de développement durable, notamment dans des pays comme le Salvador, Haïti, les Philippines, le Burkina Faso et le Népal.APPUI AUX DUDKA (Le Devoir) — Parce qu’il croit que «la lourdeur et le mauvais fonctionnement» des services canadiens de l’im-migration risquent d’être préjudiciables à la famille Dudka, implantée depuis cinq ans à Mascouche, le curé de la paroisse Saint-Calixte, Raymond Gravel, organise mercredi prochain (15 mai) en l’église Saint-Henri de Mascouche une grande manifestation d’appui à laquelle participeront l’évêque de Joliette et de nombreux élus de tous niveaux.Norma et Ricardo Dudka ont reçu un avis d’expulsion le 11 avril.Ricardo Dudka est un ancien toxicomane réhabilité; dans son pays d’origine, l’Argentine, il a dénoncé des politiciens et policiers corrompus, ce qui lui a valu des menaces.Le curé Gravel, dans un communiqué, souligne que même s’il ne met pas en doute le témoignage du couple Dudka, le ministère canadien de l’Immigration refuse quand même de lui accorder le statut de réfugié.Le rassemblement du 15 mai vise à exprimer un appui «à cette famille argentine qui veut s'installer chez nous et y vivre en paix», affirme le curé qui rappelle qu’une pétition de 3000 signatures a déjà été déposée aux Communes d’Ottawa par le député bloquiste Benoit Sauvageau qui croit, lui aussi, que les Dudka et leurs enfants ont tout ce qu’il faut pour s'intégrer à un milieu où ils vivent depuis déjà cinq ans. I.K I) K V (I 1 It .I.K V K N D It K I) I I 0 M Al I il I» ti A 3; LE De vont m MONTREAL ROGER ROY Horloger bijoutier 955, La (iauchelière Ouest Montréal H .ill 2M9 1 4 r w Siège social tin CN j tél.: (5H) 861-4489 • Iks boucles It K I) I I 0 M Al I II II II LE DEVOIR BUDGET / - r-* r Québec luttera contre le travail au noir Le ministère du Revenu accroîtra son effort de vérification GÉRARD BÉRUBÉ LE DEVOIR Québec entend récupérer cette année 313 millions de dollars additionnels et au moins 290 millions pour chacune des trois années suivantes par des mesures visant à combattre l’évasion fiscale.Le gros de l’effort proviendra d’une vérification plus étroite et d’une perception encore plus serrée qu’exercera le ministère du Revenu.«Depuis près de 18 mois, une série de mesures ont été mises en œuvre pour permettre de percevoir tous les revenus dus au gouvernement.Ces mesures ont contribué à générer des revenus additionnels de 450 millions en 1995-96», fait-on remarquer dans le discours sur le budget.Au ministère du Revenu seulement, on a ainsi récupéré 240 millions.Des crédits de 18,5 millions ont donc été reconduits afin d’assurer la récurrence des effets de ces interventions.Selon l’évolution du plan d’action, des crédits additionnels de 30 millions seront également réservés à cette fin.Au chapitre de la vérification et de la perception, on entend accentuer la vérification relative à l’évasion fiscale, intensifier l’échange de renseignements et améliorer l’information obtenue des contribuables.On entend s’attarder essentiellement aux sommes dues en impôts et taxe de vente, aux remboursements aux entreprises de la TVQ payée sur leurs intrants, aux revenus d’intérêt, aux revenus dans les domaines de l’alimentation et de la production agricole, aux pertes provenant de l’exploitation d’entreprises secondaires et aux crédits d’impôt remboursables pour frais de garde d’enfants.Cet échange de renseignements et cette consultation plus généralisée des principaux fichiers de renseignements sont omniprésents dans le discours sur le budget.Québec apportera ainsi des modifications à la Loi sur le ministère du Revenu afin d’accroître sa capacité d’obtenir les renseignement nécessaires auprès d’un plus grand nombre d’organismes publics, notamment les municipalités, d’échanger ces renseignements entre ministères et organismes publics et de considérer comme non confidentiels les renseignements qui ne permettent pas de dévoiler l’identité d’une personne à laquelle ils se rapportent.Québec espère également récupérer 50 millions par année par des mesures visant à enrayer le commerce illégal des boissons alcoolisées et le travail au noir dans l’industrie de la construction.Les interventions dans ce domaine seront plus «policées», par des mesures de contrôle, de surveillance et d’inspection plus fréquentes et plus rigoureuses.La vente illégale de bière et de vin de fabrication domestique recevra une attention particulière; grossistes et détaillants devront dorénavant se munir de permis et ne pourront se soustraire à l’application de la taxe de vente.Les entreprises appelées à fournir un effort additionnel GÉRARD BÉRUBÉ LE DEVOIR \ A l’instar des particuliers, les sociétés devront ajouter 663 millions additionnels dans la caisse au cours des quatre prochaines années.Parmi le train de mesures annoncées, l’extension de la taxe sur le capital aux caisses populaires, aux compagnies d’assurances et aux sociétés de capital de risque (incluant le Fonds de solidarité de la FTQ) attire particulièrement l’attention.Aux grandes entreprises, Québec demande un petit effort additionnel.Ainsi, les restrictions au plein remboursement de la taxe Extension de sur les intrants, établies l’an dernier et devant être supprimées le 30 no- la taxe sur le vembre prochain, sont prolongées de quatre mois, soit jusqu’au 31 mars capital aux 1997.Ce seront 15 millions de plus qui iront dans les coffres de l'Etat caisses A cela s’ajoute l’extension de la , taxe sur le capital aux caisses d épargné et d’épargne et de crédit, au Fonds de , , .solidarité de la FTQ et au Fondaction créait, au Fonds de de la CSN.Cette taxe n’étant auparavant appliquée qu’au capital des autres institutions financières, l’appli- cnliHaril4 Hp cation d’un taux de 1,28 % aux caisses et aux fonds de travailleurs générera, ja ppQ au pour le gouvernement, des revenus additionnels de 11 millions cette an- Fondaction née et de 20 millions l’an prochain.Parallèlement, les compagnies d’as- de la CSN surance-vie se feront imposer une contribution compensatoire sur lç capital, qui amènera 15 millions dans les coffres de l’Etat cette année et 20 millions l’an prochain.Parmi les autres mesures annoncées par Québec, deux éléments viendront toucher directement les travailleurs autonomes et les particuliers membres d’une société.Dorénavant, les frais de représentation — dépenses pour la nourriture, les boissons et les divertissements encourues afin de dégager un revenu — seront lafonnés à 1 % du chiffre d’affaires du contribuable pour 'année.La limite de 50 % du montant dépensé à cet égard demeure.La déduction pour les dépenses reliées à l’exploitation d’un bureau à domicile sera pour sa part limitée à 50 % de la dépense encourue.Enfin, les sociétés d’Etat — Hydro-Québec en tète — devront multiplier leurs efforts afin d’accroître leur rentabilité puisque Québec attend d’elles une contribution additionnelle de 151 millions cette année.«Les Québécois ont investi 12 milliards dans Hydro-Québec.Ce placement ne génère qu’un rendement de 3 % alors que le rendement moyen des entreprises de services blics dépasse les 10 %.Il faut corriger cela», a insisté Landry.F' Pour les organismes communautaires Place au «chèque emploi service» Ce nouveau mode de paiement s’appliquera dès cet automne KONRAD YAKABUSKI DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Le gouvernement Bouchard mise sur le développement de l’économie sociale en créant un nouveau mode de paiement qui allégera le fardeau administratif des organismes communautaires qui demeurent le moteur de ce secteur en pleine ébullition.Calqué sur un instrument utilisé en France, le «chèque emploi service» sera instauré dès cet automne pour des organismes œuvrant dans le domaine des soins à domicile, a annoncé hier le ministre de l’Économie et des Finances, Bernard Landry.Selon les documents du budget, il s’agit à la fois d’un «mode de paiement très simplifié pour l’employeur et [d’un] instrument de couverture sociale pour l’employé».Les institutions financières agiront comme service de paie en honorant le chèque emploi service — établi au montant du salaire net de l’employé — et en versant les charges sociales applicables au gouvernement afin que le travailleur bénéficie de protections sociales en cas d’accident de travail, de chômage et de retraite.Le chèque emploi service deviendrait ainsi l’instrument privilégié par le gouvernement pour convertir les prestations de l’aide sociale versée aux personnes œuvrant dans le secteur communautaire en PHOTO PC Le ministre des Finances Bernard Landry reçoit les félicitations d’un député.parlant de l’utilisation de ce nouvel instrument.Le gouvernement commencera en instaurant le chèque emploi service dans le cadre des services du maintien à domicile.Il existe actuellement une vingtaine de «salaires» bénéficiant des protections du code du travail, tel que l’avait promis la ministre de l’Emploi et de la Solidarité, Louise Harel.«Popr l’argent qui viendra directement de l’État, ça ne sera pas facultatif» a fait savoir hier M.Landry en projets-pilotes «Défi autonomie» consacrés à ces services.Les projets favorisent en premier lieu l’embauche des assistés sociaux pour fournir ces services aux personnes en perte d'autonomie.'_ n * M.Landry considère que le chèque emploi service peut devenir une «pièce maîtresse» de l’économie sociale et indite la présidente de la table de travail consacrée au développement de ce sectetir, Nancy Neamtam, à en tenir compte, il «Nous lui fournissons un outil, a affirmé M.Landry.Notre souhait est que cette forme d’économie se développe parce qu’elle est créatrice d’emplois d’une part et qu’elle rend d’énormes services à des gens qui en ont besoin.» Le chèque emploi service s’inscrirait également danS-ia lutte contre le travail au noir, a reconnu M.Landry.«Nous croyons que beaucoup de contribuables qui emploient au noir un jardinier ou une gardienne, par exemple, ne tiennent pas à frauder le fisc mais veulent surtout s’éviter les tracasseries administratives liées au statut d’employeur», a-t-il indiqué dans le discours sur le budget Mais son utilité à cette fin sera limitée puisque cet instrument ne s’appliquera dans un premier temps qu’aux assistés sociaux employés dans les services à domicile.«La plupart de ces personnes visées n’ont aucun impôt à payer», a fait remarquer M.Landry.Rien pour Montréal Peu de stimulants à la relance GÉRARD BÉRUBÉ LE DEVOIR Le premier budget du gouvernement Bouchard ne contient que de pâles mesures visant à stimuler l’activité économique.Et rien pour Montréal! «On ne stimulera pas la croissance avec de l’argent qu’on n’a pas!», a lancé le ministre des Finances, Bernard Landry.Concentrant le peu de ses ressources aux PME et au développement du secteur des exportations, le budget Landry consacre à peine cinq millions au développement régional.Un développement régional qui comptera également sur une «politique maritime» articulée autour d’un crédit d’impôt remboursable de 40 % sur les dépenses de salaires relatives à la construction de navires au Québec, et d’un programme de garantie financière en faveur des acquéreurs d’un navire construit au Québec.Pour Montréal, Québec a prévu la mise en place d’un montage financier, en partenariat avec le secteur privé, qui facilitera la vente d’avions construits au Québec.«Sans incidence budgétaire à court et à moyen terme, l’instrument financier que nous avons développé permettra à une entreprise bien de chez nous [Bombardier] de vendre jusqu’à 75 appareils, d’une valeur totale de 1,8 milliard.» La région de Montréal verra également le programme de Centres financiers internationaux (CFI).Ce programme, une idée de Bernard Landry, n’a jamais véritable décollé.On dénombre 38 CFI accrédités présentement, qui emploient 400 personnes.«On a à moitié réussi parce que le fédéral n’a pas suivi.Je supplie les fédéraux de suivre, cette fois», a ajouté le ministre des Finances.Les CFI permettent d’effectuer des transactions financières à caractère international en bénéficiant de certains privilèges fiscaux.Critiqué pour n’offrir que peu de choses devant permettre de relancer l’activité économique de Montréal et du Québec, Bernard Landry, à qui on a reproché également d’imposer un train de mesures restrictives, a déclaré: «Ça n’a pas coûté assez cher avant.C’est pourquoi nous avons, aujourd’hui, un déficit accumulé de 75 milliards, dont la moitié a servi à payer l’épicerie.Nous nous attardons sur ceux qui devaient le payer [ce déficit accumulé] mais qui ne l’ont pas fait» Sur les marchés financiers, c’est le calme plat SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Les acteurs des marchés financiers n’ont manifesté aucune réaction à l’égard du budget déposé hier par le ministre des Finances Bernard Landry.Ainsi que l’a constaté François Dupuis, économiste au Mouvement Desjardins, «c’est le calme plat».En demeurant sur son quant-à-soi, le monde de la finance a envoyé un premier message: les agences de crédit n’abaisseront vraisemblablement pas la cote du Québec.Selon Robert Dussault, directeur, trésorerie et marché financier à la Banque Nationale, «on peut s’attendre à ce que Moody’s et les autres firmes confirment la cote de crédit Pas plus, pas moins».En fait, l’attitude adoptée hier par les marchés financiers à l’endroit du budget du Québec a fait parfaitement écho à l’attitude observée après le dévoilement du budget de l’Ontario.Dans l’un comme dans l’autre cas, les acteurs ont été indifférents.Et comment cela s’explique-t-il?«Les marchés avaient anticipé ce type de budget», a remarqué l’économiste de Desjardins.A la faveur du dépôt des crédits, «le gouvernement du Québec avait indiqué ses cibles en matière de réduction du déficit».Dans la foulée, nos acteurs financiers avaient évidemment intégré cette nouvelle donne.Selon Pierre Ghazi, directeur, marché monétaire, à la Banque de Montréal, les investisseurs et spéculateurs ont adopté leur portefeuille en fonction du dépôt des crédits mais également en fonction du fait que le gouvernement de M.Bouchard s’est engagé à déposer une loi anti-déficit.D’après M.Ghazi, la fermeté de cet engagement «a beaucoup plu aux marchés».En chiffres, selon M.Dupuis, cette adaptation des marchés aux modifications apportées dans le profil budgétaire du Québec s’est traduite comme suit: l’écart entre les obligations 5 ans du Canada et du Québec était, il y a quelques semaines de cela, de 61 points.Aujourd’hui, cet écart est de 40 points.Dans les 10 ans, l’écart est passé de 82 à 54 points.Fait très intéressant à noter, toujours selon M.Dupuis, l’écart entre le Québec et le Canada est plus élevé que l’écart qui existe, il est de 25 points, entre les provinces du Manitoba et du Nouveau-Brunswick d’un côté et le Canada de l’autre.Or ces deux provinces partagent avec le Québec, selon Moody’s, une cote identique, soit Al.Et alors?Il est possible qu’a l’occasion du dépôt de la loi anti-déficit, on assiste à un rétrécissement de l’écart à l’avantage du Québec.On peut envisager que, dans les 5 ans par exemple, la marge de 54 points soit ramenée à 25 points.Cela dit, la devise canadienne a perdu 4 centièmes seulement pour s’établir à 73,12 cents américains.Ce très léger soubresaut est .attribuable aux craintes de resserrement du crédit aux États-Unis.sq iq publics d Bernard GÉRARD BÉRUBÉ LE DEVOIR ¦ Dès cette année, le gouvernement québécois entend encadrer ses efforts de réduction, voire d’élimina-I tion du déficit à l’an 2000, par une loi qui «deviendra un instrument de contrôle permanent».Le projet de loi, qui sera déposé dans les prochains jours à l’Assemblée nationale, proposera les mesures «les plus contraignantes qui existent au Canada» tout en permettant flexibilité, souplesse et adaptation aux «circonstances exceptionnelles».Essentiellement, cette loi viendra encadrer le calen-I drier d’élimination du déficit établi par le gouvernement Par la suite, elle «empêchera les gouvernements de déséquilibrer les finances publiques».Ce calendrier prévoit l’atteinte d’un déficit de 3,3 mil-! liards cette année, de 2,2 milliards en 1997-98, de 1,2 I milliard au terme de l’exercice suivant, et de zéro en 1999-2000.Dans la loi, on visera à endiguer les fuites à l’avant et une modification du calendrier d’élimination pour des impératifs politiques, sans y mettre trop de mordant «Il en va de la démocratie, a répondu le ministre des Finances, Bernard Landry.Mais flexibilité ne signifie pas que tout est permis.Nous aurons la loi la plus contraignante qui existe au Canada.» Parmi les circonstances exceptionnelles qui pourront être invoquées afin de dévier du calendrier initial, M.Landry a énuméré: ¦ une catastrophe ayant un impact majeur sur les revenus ou les dépenses; ¦ une détérioration importante et imprévue des conditions économiques; ¦ une modification dans les programmes de transferts fédéraux aux provinces, réduisant de façon importante les paiements de transferts versés au gouvernement du Québec.K Le budget reposé sur un scénario économique conservateur GÉRARD BÉRUBÉ ,în LE DEVOIR ni Le premier budget de l’«administration Bouchard}», dénué de stimulants économiques, repose sur un scénario économique «conservateur», selon le qualificatif utilisé par Bernard Landry, mais celui-ci prendre sombres couleurs selon les moyennes des prévisioh-nistes.Malgré le ralentissement à prévoir, amplifié par les mesures restrictives de l’actuel budget, Québec table tout de même sur une croissance de 6,5 % de 8és revenus provenant de l’impôt des particuliers et dés sociétés.>‘9 En d’autres termes, les revenus du gouvernement puisés sous la forme d’impôt sur le revenu des particuliers et des sociétés ont progressé I p mini«sfrp de 6 % au cours de l’exercice terminé ue mmibire je 3^ mars dernier, un exercice qui a Finances vu Ie PIB croître de 1,8 %.Cette ^année, les prévisions conservatrices du ne prévoit ministre des Finances, Bernard Lan-F dry, font ressortir une croissante pour cette anémique de 1 %.Mais la progression des entrées provenant de l’im-année qu’une pôt des particuliers et des sociétés .est chiffrée à 6,5 % cette année, croissance Au delà de cette contradiction, de , 1 0, gouvernement du Québec table sur de 1 /o des prévisions de croissance de l’ordre de 1 % du PIB en 1996 efrde 1,5 % en 1997, se maintenant bien en deçà de la borne inférieure de l’intervalle des prévisions des écohb-mistes du secteur privé.Au chapitre du chômage, sôn scénario fait progresser le taux des sans-emploi à 11,41% cette année et à 11,5 % en 1997, contre 11,3 % en 1995»/ Ce que l’on constate finalement, c’est la marge financière réduite des ménages, dominée par des niveaux d’endettement élevés, un taux d’épargne bas et une faible progression des salaires.Les politiques budgétaires restrictives des gouvernements, comprenant des mesures de réduction des déficits budgétaires venant appliquer un sérieux frein à la demande intérieure, viennent exacerber l’atonie économique.Enfin, «la poursuite du repli des investissements d’Hydro-Québec vient également limiter la croissance de la demande intérieure», reconnaît-on.Et on prend soin d’ajouter que ces contraintes «freineront sensiblement le rythme de croissance de la production et de la création d’emplois en 1996 et 1997».‘ Si l’on prévoit la création nette de 45 000 emplois cette année, cette moisson devrait tomber à 31 000 l’an prochain.JP ;ltl Québec adoptera une loi sur l’élimination du déficit Le calendrier prévoit atteindre le déficit zéro pour Van 2000 Ces circonstances atténuantes pourront servir à expliquer tout dépassement de un milliard ou plus; un dépassement inférieur à un milliard devra être résorbé dès l’année suivante.À l’opposé, si un déficit inférieur à celui prescrit par la loi est enregistré, le gouvernement pourra ajouter ce différentiel à sa marge de manœuvre pour les exercices suivants.s l< K l> I I 0 M Al III II II A II'- D H H S j O mST La rentabilité de la fédération Le Québec n’est ni la vache à lait, ni l’enfant gâté STÉPHANE DION Président du Conseil privé et ministre des Affaires intergouvemementales ean-Robert Sansfaçon comprendra mon désaccord avec son éditorial du 6 mai intitulé «Rentable, la fédération?», dans lequel il essaie de démontrer que «presque tous les projets libéraux des deux dernières années ont pénalisé le Québec plus que toute autre province».L’espace me manque pour reprendre un à un tous les dossiers qu’il a mentionnés, qu’il s’agisse du contrat des hélicoptères, des subventions à l’industrie laitière (domaine très «rentable» pour le Québec), des frais d’usagers pour les services maritimes ou de l’harmonisation de la TPS.Je vais m’en tenir à l’essentiel.La «rentabilité» de la fédération pour une province ne saurait se résumer à une question de «juste part» des dépenses du gouvernement fédéral.Je pourrais à mon tour dresser une liste bien plus longue et plus substantielle que la sienne des avantages que retire le Québec de la fédération.Je mentionnerai entre autres: le prestige et l’influence sur la scène internationale, l’espace économique canadien, les économies d’échelle dans une foule de domaines tels que la représentation internationale, la recherche scientifique, la défense et les télécommunications, ainsi que la solidarité canadienne qui fait en sorte qu’en cas de coup dur, aucune province ou région canadienne n’est laissée pour compte.Mais s’il faut s’en tenir au bilan comptable, donnons-en au moins le résultat global.Selon les dernières données disponibles de Statistique Canada, le Québec contribue pour 21,7 % des revenus du gouvernement fédéral, mais reçoit 24,5 % du total de ses dépenses (Statistique Canada, Comptes économiques provinciaux 1993, mai 1995).Evidement, de nombreux programmes fédéraux servent certaines provinces plus que d’autres.Mais ces variations normales n’ont rien à voir avec la discrimination.Prenons le fameux exemple du financement en recherche et développement (R-D).M.Sansfaçon affirme, à la suite de tant d’autres, que le Québec ne recevrait que 17 % des dépenses fédérales destinées à la R-D, c’est-à-dire 830 millions des 4,8 milliards de dollars.En fait, les 830 millions de dollars correspondent aux dépenses fédérales en science et technologie (ST), et non en R-D, effectuées au Québec à l’extérieur de la région de la capitale nationale, alors que les 4,8 milliards de dollars représentent l’ensemble des dépenses fédérales en ST.Il commet donc deux erreurs qui expliquent sa sous-estimation de la part du Québec des dépenses fédérales en R-D: d’une part il confond ST et R-D et d’autre part, il omet de prendre en compte les dépenses fédérales effectuées du côté québécois de la région de la capitale nationale.Selon les dernières données disponibles, le Québec a reçu en 1992-1993, 22,3 % de l’ensemble des dépenses fédérales en R-D (692 des 3108 millions de dollars — Statistique Canada, Statistique des Sciences, 01-95, tableau 3).Ce pourcentage est à peu près identique à la contribution du Québec au PIB canadien (23 %) et n’est que légèrement inférieur au poids démographique du Québec au Canada (24,9 %).Plus particulièrement, les entreprises québécoises ont reçu 38 % des subventions et 33 % des contrats fédéraux en R-D.Les universités québécoises ont pour leur part reçu 26 % des montants versés par le gou- PHOTO PC Stéphane Dion: «Les Canadiens de toutes les provinces ont dû faire des sacrifices pour que le Canada ait des finances publiques saines.» vernement fédéral aux universités canadiennes en R-D.Quant à la décision fédérale de ne plus financer la recherche sur la fusion nucléaire, que M.Sansfaçon trouve injuste envers le Québec, il faut bien voir que cette réduction de sept millions correspond à 1 % des investissements fédéraux en R-D au Québec.D’autres provinces seront autant sinon plus touchées que le Québec par les çompressions budgétaires que devra faire Energie atomique du Canada d’ici 1998-1999.Par contre, la priorité accordée au réacteur CANDU devrait profiter grandement au Québec.La vente d’un réacteur CANDU à l’étranger entraîne des retombées économiques au Québec de l’ordre de 100 millions de dollars et de 4000 années-personnes en terme d’emplois de haute technologie.Laissez-moi donner un autre exemple d’écart statistique qui s’explique par toute autre chose que la discrimination.M.Sansfaçon affirme que le Québec est touché de façon disproportionnée par le projet de loi C-12 sur la réforme de l’assuran-ce-emploi.Il est vrai que le Québec compte 30 % des chômeurs et qu’il devra assumer 34 % des réductions des prestations.Mais précisément, le Québec reçoit 34 % des prestations d’assurance-chômage.L’ampleur des réductions correspond donc exactement à la part du Québec dans ce programme.Il n’y a pas de discrimination: le gouvernement du Canada demande les mêmes sacrifices à toutes les provinces.Bon an, mal an, le Québec reçoit environ 30 % des transferts fédéraux aux provinces, alors que la population québécoise correspond au quart de la population canadienne.Cette situation demeurera inchangée au cours des prochaines années.Entre 1994-1995 et 1998-1999, la valeur totale des paiements de péréquation augmentera de 1,1 milliard de dollars.Comme le Québec reçoit près de 47 % de la péréquation, l’augmentation de ces paiements d’ici 1998-1999 apportera au minimum 500 millions de dollars de plus aux coffres du gouvernement québécois.On imagine sans mal ce que nous entendrions à la Chambre des communes si, ne serait-ce que l’espace d’une semaine, notre Bloc québécois national était remplacé par un Bloc ontarien.De même, M.Sansfaçon sait très bien que les assemblées législatives des autres provinces n’auraient aucun mal à voter plusieurs motions unanimes par semaine contre telle ou telle compression fédérale.Les Canadiens de toutes les provinces ont dû faire des sacrifices pour que le Canada ait des finances publiques saines.On peut dire des budgets Martin qu’ils ont été rigoureux, nécessaires et justes.Le Québec n’est ni la vache à lait, ni l’enfant gâté de la fédération.Il touche sa juste part en tant que province moins riche que la moyenne canadienne.Et le jour où le Québec recevra moins que sa contribution fiscale, ce sera une bonne nouvelle.La santé économique des Québécois leur permettra alors d’apporter à leur tour une aide particulière à leurs concitoyens des autres provinces.Ainsi le veulent les grandes valeurs de solidarité et de générosité que les Québécois partagent avec les autres Canadiens.?Réplique de l’éditorialiste Je me contenterai de rappeler que l’éditorial dont il est ici question ne portait ni sur la rentabilité historique du fédéralisme, ni sur la part du budget fédéral réservée au Québec, mais plus spécifiquement sur le fait que depuis l’avènement des libéraux de Jean Chrétien à la tête du pays, il y a deux ans, le Québec est dans l’ensemble sorti perdant des réformes de programmes initiées par ce gouvernement: assurance-emploi, formation de la main-d’œuvre, subvention à l’harmonisation de la TPS, Transfert social canadien, recherche scientifique, tarification de la garde côtière, subvention à la production agricole, sans parler de la fermeture du Collège militaire de Saint-Jean et de la rationalisation dans l’industrie ferroviaire.Jean-Robert Sansfaçon L’économie démocratique Entre la jungle de l’entreprise privée et le zoo de l’économie étatique Pourquoi ne ferions-nous pas davantage d’efforts pour innover dans les rapports entre les êtres humains et le travail?JACQUES FOURNIER Employé dans un CLSC — ravo à Konrad Yakabuski pour son B excellente série d’articles sur l’économie sociale parue dans Le Devoir des 30 mars, 1" et 2 avril.C’est une très bonne synthèse des ==J1 principaux enjeux du développe-ent récent de cette «autre» économie.L’économie sociale pose en effet un cer-in nombre de questions d’éthique qu il lut la peine d’approfondir.Avec raison, les ‘oupes communautaires dénc çent la si-ultanéité du ratatinement de l’fciat et de mportance plus grande accordée à l’écono-ie sociale.Une question surgit alors avec force: cornent le mouvement communautaire peut-il inserver son esprit critique tout en conti-lant à passer à l’action?Car le mouvement immunautaire carbure depuis toujours à îux sources: l’esprit critique et l’espoir, est-à-dire la mise de l’avant d’alternatives incrètes.La mouvance communautaire ¦ut prendre sa place à égale distance entre jungle de l’entreprise privée et le zoo de iconomie étatique, pour s inspirer des pales de l’auteur-compositeur-interprète Jean ‘rrat.Le mouvement communautaire ne peut bouder une conjoncture sociale et économique qui lui met le vent dans les voiles.Mais il y a des conditions que le secteur communautaire peut poser pour que les valeurs qu’il promeut soient prises en compte.Parmi ces valeurs, il y a le respect des personnes, de leur cheminement particulier.La conjoncture donne l’occasion aux partisans de l’économie sociale de mettre de l’avant des modèles d’insertion qui ne soient pas népessairement du travail salarié.A l’heure actuelle, les programmes d’employabilité visent à faire déboucher les personnes vers un travail salarié de type classique.Comme le signalait le sociologue français Bernard Eme: «L’imaginaire de l’insertion, c’est d’être un “sas” vers le marché du travail.Est-ce qu’au fond, à travers ces services de proximité, il ne faut pas explorer autre chose, un autre sens du mot insertion?C’est-à-dire des activités qui ne soient pas portées seulement par le travail salarié?» Il faut mettre l’imagination au travail et trouver des modèles nouveaux qui permettent aux personnes de s Intégrer de façon valorisante à la société, que ce soit par le travail rémunéré ou autrement.Les pro- Le gouvernement devrait reconnaître pour le versement de prestations le choix d’une personne d’être volontaire dans son milieu.grammes gouvernementaux devraient reconnaître comme contrepartie suffisante au versement de prestations le fait que la personne ait choisi de s’engager de façon volontaire dans son milieu, même à temps partiel, au sein par exemple d’un organisme qui fournit des services de proximité utiles à la société.Les prestations reçues devraient alors être décentes et suffisantes, l’équivalent d’une espèce de revenu minimum garanti.D’une personne qui a fait ce choix, qui est donc motivée, on ne devrait pas exiger qu’elle s’inscrive par ailleurs à un soi-disant programme d’employabilité où elle n’apprend rien, où elle tourne en rond comme un écureuil dans sa cage.La mouvance communautaire a l’immense avantage de la souplesse.ce qui lui permet d’aller chercher des financements complexes et innovateurs.Pour reprendre les termes de Guy Michel, le directeur de l’Agence française pour le développement des services de proximité, il faut -hybrider» les ressources qui appuient le communautaire: les collectivités locales et régionales peuvent contribuer, l’usager peut apporter son écot.le bénévolat et le militan- tisme peuvent ajouter leur part.C’est tout cela qui permettra non pas de «donner des services à la population» mais «à la population de se donner des services».L’économie sociale implique une démocratisation encore plus grande de la société que ce que l’on pourrait penser.L’une des caractéristiques principales de l’économie sociale est l’importance qu’elle accorde à la participation du citoyen, à la fois en tant que consommateur et en tant que producteur de services, au sein de petites unités.Si l’économie étatique appartient à la sphère de la démocratie de représentation, l’économie sociale, elle, s’inscrit dans l’univers de la démocratie de participation.C’est pourquoi on aurait envie de qualifier l’économie sociale d’«économie démocratique».L’économie démocratique n’est pas la solution pour combattre le chômage.Le partage et la réduction du temps de travail ne sont pas non plus la solution.Mais tous ces outils, et d’autres, doivent être pris en considération dans une stratégie de lutte contre le chômage et l’exclusion.Il ne faudrait pas faire de l’économie démocratique un nouveau paradigme.Mais pourquoi ne ferions-nous pas davantage d’efforts pour innover dans les rapports entre les êtres humains et le travail?Privatisation des systèmes de traitement de l’eau Un Enjeux sensationnaliste LOUISE VERREAULT Montréal \ 1 (10 on près avoir lu les commentaires de Jean-Robert Sansfaçon.j’aimerais faiitf ! pari des miens conceft liant la diffusion du ivpof: tage à l'émission Enjeux sur le dossier de la privatisation deV systèmes de traitement de l’eait L’un de ses commentaires a partial* ; fièrement retenu mon attention, lorifc qu’il écrit que de nombreux indicefc font croire que les Montréalais nü trouveraient aucun avantage ;4 confier le traitement et la distribution de l’eau potable à «un de ceS‘> géants du capital» dont le reportage) t fait mention.yj J’ai été consternée par la facture | sensationnaliste du reportage d'Enjeux: musique de requiem en bruît11 de fond, père éploré dénonçant le vol> > de l’enfance, images d’une terre nu ) vagée par la sécheresse, aussi crqTll quelée que le désert de l’Arizontç (dans un pays reconnu pour son climat pluvieux), etc.J’ai par ailleurs dénoté un manquât de rigueur flagrant dans cette pré-tij tendue analyse.Pensons seulement, | à tout le temps d’antepne accordé au .député travailliste d’Edimbourg, Nigel Griffiths.°' 11 aurait été pour le moins intérêt / sant de connaître l’envers de la mé^fi daille et d’obtenir l’opinion ne serai|-fq ce que d’un seul politicien ayant ap-.puyé le projet de privatisation err1 1989.Quant à l’expérience française;;) seulement deux cas ont particulière^) ment retenu l’attention dans ce re- 3 portage alors que, selon les dires' mêmes de la journaliste, 75 % dejf1 municipalités du territoire français b ont délégué au secteur privé leur rosi seau d’approvisionnement en eaq.\j Les cas de Grenoble et de Chambe- j ry sont-ils à ce point représentatifs de l’expérience de privatisation eiY 1 France pour que l’on n’ait vu quüvl ceux-là?e! Puisque le but de l’exercice était d’établir un parallèle avec Montréal, pourquoi ne pas avoir présenté un’J exemple de municipalité dont la po- j pulation atteint sensiblement celle J de Montréal?D’autre part, pourquqjtq le reportage s’est-il limité à l’expéy rience européenne alors qu’il y a sû- .-rement, en Amérique du Nord ou* ailleurs dans le monde, deS:/ exemples susceptibles de soutenir1! une comparaison avec la situation'( | qui prévaut à Montréal?J’ajouterai que ce dossier très';; complexe nécessite une information -• objective et intelligente.Ce genre dU*1 reportage, qui vise sans subtilité am ! cune à nous imposer une perception,;, de la question, n’a pas sa place dans( j un débat aussi crucial pour l’avenir, de Montréal.L É Q U I P I) E V O E DU I R LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard, Paul Cauclion, Jean Chartier, Louis-Gilles P rancœur (environnement), Louise Leduc, Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit, Brian Myles, Isabelle Paré, Diuis Lapierre (adjoint au directeur de l’information), Konrad Yakabuski; Jean-Pierre Le-gault (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales, responsable de la section Tourisme); Martin Dllclos et Christine Dumazet (relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l’information culturelle: Michel Bélair Cresponsable), Stéphane Baillargeon, Pierre Cayouette, Mario Cloutier, Paule des Rivières, Benoit Munger, Odile Tremblay; A l’information économique: Gérard Bérubé (responsable), Robert Dutrisac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte; A l’information internationale: Sylviane Tra-mier (responsable), François Brousseau (éditorialiste), }occ\yn Coulon, Clément Trudel; A l'information politique: Pierre O'Neill, Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec)', A l’information sportive: Yves d'Avignon; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction); Marie-Claude Petit, Julie Tremblay (commis).La documentation: Gilles Paré (directeur); Brigitte Arsenault, Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeur adjoint).Yves Williams (responsable, avis publics et annonces classées), Jacqueline Avril, Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Marlène Côté.Sylvie Hanna.Christiane Lcgault, Jacques A.Nadeau.Guylaine Ouellet, Micheline Ruel-land, Monique Verreault (publicitaires); Sylvie Laporte, Nathalie Lemieux.Pierrette Rousseau, Micheline Turgeon; Michèle Bouchard (secrétaire).IA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production), Michael Schneider et Marie-France Turgeon (responsables de la production), Claudine Iiédard, Johanne Brunet, Danielle Cantara.Richard Des Cormiers.Marie-Josée Hudon, Sylvain Lesage.Christian Vien.Olivier Zuida.SERVICE A LA CLIENTÈLE Johanne Brien (responsable).Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements), Manon Blanchette-Turcotte.Monique LTIcureux.Use Lachapelle.Rachelle Lederc-Vcnne.L’ADMINISTRATION Yves Bouthicttc I 4 •leur).Dany Dépatk t à Tad- mmistratum humaines).! 'uror.Ghi ¦( lame Lafleur.Nathalie Perrier.Dank Ile Pon- fl ' ton.Danielle Ross.!£ CONSEIL DU DE- H j VOIR INC.Yves L Duhaime (président), fcl LA FONDATION DU DEVOIR M Couture (president).Roger B-üsvert II.I 4 I A 12 L K 1) K V 0 I R .I.K V K N l> It K I) I I 0 M A I I i) I» (I « le:_____* LANDRY «Le gouvernement démissionne devant la lutte au chômage», tonnent les libéraux SUITE I)E LA PAGE 1 ramenant le déficit à 3,275 milliards en 1996-97, M.Landry a reconnu que beaucoup de Québécois paieront plus cette «innée.Mais selon lui, il s’agit «des gens qui devaient payer des impôts [et] qui„en grande partie, n’en ont pas payé».Le ministre de l’Economie et des Finances a insisté pour dire que le dépôt de son premier budget solidifie le «cercle vertueux» amorcé l’an dernier par son prédécesseur Jean Campeau et qui mènera à l’élimination du déficit en 1999-2000, en conformité avec l’entente intervenue entre les partenaires socioéconomiques en mars dernier.«A court terme, notre effort de redressement engendrera forcément des difficultés d’ajustement, a-t-il reconnu.Mais si nous faisons bien, dès maintenant, ce que nous avons à faire, nous encaisserons en temps voulu les bénéfices de notre détermination [.].» Or, les bénéfices des efforts budgétaires n’atteindront pas bientôt les sans-emploi.Les prévisions contenues dans le budget font état d’une hausse du taux de chômage à 11,4 % cette année et à 11,5 % l’an prochain, prévision qui selon l’opposition libérale équivaut à un «constat d’échec» de la part de M.Landry.«Il n’y a à peu près rien dans ce budget pour stimuler la création d’emploi, a tonné le critique libéral André Bour-beau.La preuve, c’est que le gouvernement démissionne devant la lutte au chômage.» M.Bourbeau a sévèrement critiqué la décision du gouvernement de créer un fonds spécial visant à capitaliser et à amortir les investissements dans le réseau routier sur une période allant jusqu’à quinze ans.Cette mesure permettra au gouvernement de réduire ses dépenses de 250 millions cette année.L’opposition dénonce cette façon de «paver maintenant et de payer plus tard».Pour le chef de l’Action démocratique, Mario Dumont, les seuls citoyens qui sortent gagnants de ce budget sont ceux de.l'Ontario.Ces derniers ont déjà de quoi se réjouir après l’annonce dans le budget qu’a déposé mardi le gouvernement conservateur d’une réduction de 15,5 % des impôts sur les particuliers.Avec les mesures qu’impose M.Inndry, l’écart entre le fardeau fiscal au Québec et celui de la province voisine se creusera davantage, au détriment de l’économie québécoise, a déploré M.Dumont Sur le plan des dépenses fiscales, M.Landry imite le gouvernement fédéral en ciblant ses mesures sur les plus démunis, aux frais surtout des personnes âgées.«Etre vieux et riche n’est pas une condition particulièrement misérable, tandis qu’être jeune et pauvre, ça, c’est très embêtant, a tranché M.Landry en point de presse.Alors, il y a des crédits d’impôt qui ont été donnés autrefois pour des raisons qui ont été perçues comme justes.Mais aujourd’hui, nous n’avons plus les moyens.C’est la condition de la personne que nous regardons et non pas son âge.» Les personnes âgées dont les revenus nets dépassent 40 000 $ écoperont doublement en perdant les crédits d’impôt accordés en raison de l’âge et du fait de toucher un revenu de pension.Si elles vivent seules, elles n’auront plus droit à un crédit d’impôt relié à ce statut L’ensemble de ces crédits pourraient atteindre jusqu’à 850 $ par année.Dorénavant seules les personnes gagnant moins de 26 000 $ par année pourront en bénéficier.Le crédit d’impôt diminuera progressivement pour les autres, permettant à l’État de toucher 72 millions additionnels en 1997-98 et 131 millions l’année suivante.Le gouvernement limite également le crédit d’impôt pour frais médicaux.Jusqu’ici, les frais donnant droit à ce crédit devaient être réduits du moindre d’un montant fixe de 1614 $ ou de 3 % du revenu net du particulier qui le réclamait Dorénavant, la limite relative au montant fixe sent éliminée et le gouvernement appliquera la formule de 3 % au total des revenus nets des couples.Il s’agit d’une mesure qui augmentera les revenus de l’État de 22 millions à partir de 1998-99.Le gouvernement péquiste n’épargne aucunement ses alliés dans le mouvement syndical.M.Lan-diy emboîte le pas à son homologue fédéral, Paul Martin, en ramenant de 20 % à 15 % le taux du crédit d’impôt auquel donne droit l'achat des actions émises par les fonds de capital de risque de travailleurs, dont le Fonds de solidarité de la FTQ.Ces fonds seront dorénavant assujettis à la taxe sur le capital, une facture additionnelle de cinq millions par année.Les déductions pour cotisation syndicale ou professionnelle seront transformées en crédits d’impôt de 20 %, une mesure qui,apportera quatre millions de plus dans les coffres de l’État cette année, 17 millions de plus l’an prochain et 31 millions additionnels en 1998-99.M.Landry étendra le taxe sur le capital, déjà imposée aux banques et aux caisses d’épargne à raison de 15 millions par année, et imposera une mesure semblable aux compagnies d’assurance-vie pour récupérer 20 millions additionnels.La seule mesure qui tombe sous la rubrique de la tarification est une hausse des droits de coupe des compagnies forestières, qui rapportera 55 millions.Mais le gouvernement pourra toucher 150 millions de plus cette année en reportant jusqu’à l’an prochain le remboursement de la taxe de vente sur les intrants des grandes entreprises.Il compte encaisser 150 millions additionnels grâce à une gestion plus efficace des sociétés d’Etat.Malgré la disette que plaide Québec, le budget comporte quelques bonnes nouvelles pour les jeunes, les PME et le milieu culturel.Le gouvernement ajoutera 2,5 millions par année sur trois ans pour aider les jeunes entrepreneurs et 20 millions cette année pour permettre aux PME démarrées dans le cadre du plan Paillé de se faire octroyer une garantie de 80 % sur un nouveau prêt allant jusqu’à 50 000$.De plus, la portée du crédit d’impôt pour stage en milieu de travail sera élargie pour couvrir les stagiaires inscrit^au secondaire, une mesure qui s’inscrirait dans le programme national d’apprentissage que le gouvernement espère lancer.M.Landry a aussi élargi le congé fiscal dont bénéficiëpt les nouvelles PME en les exemptant dorénavant de cotfsfer au Fonds des services de santé pendant les trois premièfès années de leur existence.Le milieu culturel bénéficiera d’un nouveau crédit dlrh-pôt pour la production de titres multimédias.Ce crédit comportera une prime à l’utilisation du français et à la performance basée sur les recettes d’exploitation.Et alors qjjie le gouvernement limite dorénavant à 1 % du chiffre d'affaires les déductions liées aux frais de représentation, lès abonnements à des concerts et à des spectacles de dan^e et de théâtre redeviendront entièrement déductibles.AINES SUITE DE LA PAGE 1 nus annuels d’un contribuable excéderont 26 000 $.Le gouvernement sabre aussi dans les crédits d’impôt liés aux revenus de retraite et abaisse de 71 à 69 l’âge limite pour cotiser à un régime enregistré d’épargne-retraite (REER).Toutes ces mesures combinées représentent un fardeau fiscal additionnel de 850 $ pour les personnes âgées, a évalué hier la Fédération de l’âge d’or du Québec (FADOQ).«C’est vraiment de l’acharnement sur les personnes âgées parce que le crédit pour personne seule touche en grande partie les aînés, et surtout les femmes âgées», a affirmé Martine Langlois, adjointe à la direction générale de cette fédération.Pas moins de 49 % des 827 000 personnes âgées de 65 ans et plus vivant au Québec demeurent seules et cette " proportion de solitaires ne fait que s’accroître avec l’âge.Les gens du troisième âge sont d’autant plus hébétés par l’ampleur de cet assaut fiscal que le gouvernement vient tout juste d’élaborer, l’hiver dernier, un programme d’assurance-médicaments qui les frappe aussi de plein fouet «Le projet d’assurance-médicaments fait déjà en sorte que les gens âgés auront à payer 1160 $ pour obtenir une çouverture pour leurs médicaments.A cela viendra bientôt s’ajouter la réforme Martin du régime fédéral de pensions.Les gens âgés sont appelés à payer de plus en plus», souligne Mme Langlois.Selon la FADOQ, le gouvernement se trompe de cible en pensant que les gens âgés sont parmi les plus nantis de notre société.«Le gouvernement lance comme message: vous avez épargné, eh bien, payez maintenant!», lance la porte-parole de la Fédération.Hormis la réduction du crédit d’impôt en raison de l’âge, toutes ces nouvelles mesures sont tout à fait inattendues pour les associations d’aînés qui entendent faire connaître leur colère au ministre des Finances.«Le discours du gouvernement qui dit qu’on est riches et fortunés, ce n’est pas vrai.Il reste encore plus de 50 % des aînés dont les revenus ne dépassent pas 15 000 $ par an.Le gouvernement dit connaître nos revenus, mais il ne connaît pas nos obligations», s’insurge Mme Lecompte, qui ne voit dans ce budget aucune mesure pour réformer la fiscalité et relancer l’emploi.ADOPTE «Pour moi, ce qui compte, c’est le résultat», déclare Jean Chrétien SUITE DE LA PAGE 1 Chrétien s’est dit, avant la tenue du vote, satisfait de la façon dont se sont déroulées les choses.«Pour moi, ce qui compte, c’est le résultat», a-t-il dit, assurant que son caucus demeurait «uni» et réitérant sa défense du principe d’un vote libre.«Le projet de loi a beaucoup de crédibilité parce que nous ne l’avons pas imposé.Nous avons convaincu la majorité des membres du caucus de l’appuyer», a-t-il déclaré.Toutefois, en dépit de ce vote, le débat promet d’être relancé sur un autre terrain alors que s’amorce une polémique sur les effets qu’aura C-33 sur la reconnaissance de droits afférents pour les gais et lesbiennes, tels la possibilité pour les couples de même sexe de profiter des mêmes avantages sociaux que les unions hétérosexuelles, la légalisation des mariages homosexuels et l’autorisation d’adopter des enfants.Hier, le ministre de la Justice Allan Rock a d’ailleurs tenu à souligner que le projet de loi qu’il a parrainé n’a pour effet que de prohiber la discrimination contre les gais dans les lieux de ;travail et dans l’accès aux services fédéraux.A cet égard, Ottawa relance la balle aux tribunaux dans le cas des bénéfices, arguant que plusieurs cours ont déjà statué que l’orientation sexuelle était déjà considérée implicitement comme motif de discrimination prohibé aux termes de la loi.«Nous n’avons fait qu’ajouter les mots», a plaidé M.Rock.Des deux côtés de la rampe, on s’affairait quand même à soupeser les conséquences de l’adoption du projet du loi.Pour le député néo-démocrate Svend Robinson, un militant de longue date en faveur des droits des homosexuels, il s’agit d’une «étape très importante sur la route vers une égalité pleine et entière».«Ce n’est pas le dernier mot, c’est sûr.[Mais] les cours vont reconnaître que la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle inclut évidemment la discrimination contre les couples et les familles gais.C’est très clair.Je suis tout à fait d’accord avec les réformistes que [C-33] va sans doute aider dans la revendication d’avantages sociaux pour les couples gais.Ça va prendre du temps, mais c’est inévitable.» Chez les libéraux dissidents, on partageait l’analyse, mais pour dénoncçr la portée de C-33.«Pour la première fois, l’État s’ingère dans la définition de la famille», a critiqué le député ontarien Dan McTeague.Sa collègue Rosean- ne Skoke, qui a parlé d’un gain pour les opposants au projet puisque le débat aura marqué «le réveil de la majorité silencieuse», a noté que la notion de couple se retrouve dans 53 lois fédérales et que C-33 aura «des ramifications qui s’étendent bien au delà de la discrimination au travail».«La bataille parlementaire est terminée, mais le débat commence à peine», a-t-elle souligné.En revanche, le député bloquiste Réal Ménard, lui-même membre de la communauté gaie, s’est dit d’avis que l’adoption du projet de loi, bien que représentant une «victoire», ne devait pas être surévaluée.«Je ne crois pas qu’il faille interpréter C-33 comme la reconnaissance intégrale des conjoints de même sexe.On va aller vers ça à la pièce [par l’intermédiaire des tribunaux], mais la reconnaissance intégrale, que j’appelle de tous mes vœux, ce n’est pas avec ça qu’on va l’obtenir.» Ces deux dernières semaines, le projet fédéral, qui a fait l’objet de promesses non tenues par les gouvernements successifs depuis dix ans et qui a été ramené sur le plancher après une sortie virulente, en mars, du commissaire aux droits de la personne Max Yalden, a suscité un débat extrêmement émotif au sein de la classe politique.Il a entraîné dans son sillage la suspension de trois députés réformistes, dont deux auteurs de propos à saveur homophobe, et suscité quantité de déclarations controversées sur les aspects juridiques, moraux et religieux de l’homosexualité, sources d’autant de tollés.Ce qui a fait dire hier à Svend Robinson que la cause des droits des gais restait à défendre vu «le sectarisme, l’intolérance et la haine dont nous avons été témoins ici [aux Communes]».Mais malgré les déchirements au sein de son propre caucus, le premier ministre Chrétien a tenu à rendre hommage aux siens qui, soutient-il, «ont exprimé leurs points de vue d’une manière respectueuse».Chez les bloquistes, qui avaient choisi d’imposer la discipline de parti dans ce dossier, les députés Pierrette Venne, Nie Leblanc et Ghis-lain Lebel ne se sont pas présentés lors du vote.L’unique réformiste à avoir appuyé C-33 est Jim Silye, député de Calgary-Centre, qui a expliqué avoir voulu respecter le vœu de ses commettants; lors d’un récent sondage, ceux-ci se sont prononcés à 60 % en faveur du projet du loi, a-t-il révélé.Enfin, le chef conservateur Jean Charest a appuyé C-33, alors que son unique collègue Elsie Wayne l’a rejeté.Voici la liste des députés qui ont voté différemment des autres membres de leur parti lors du vote sur le projet de loi C-33; Les libéraux contres Dianne Brushett (Cumberland-Colchester, NE) John Bryden (Hamilton-Wentworth, ON) Murray Calder (Wellington-Grey-Dufferin-Simcoe, ON) John Cannis (Scarborough-Centre, ON) Bemie Collins (Souris-Moose Mountain, SK) Joe Comuzzi (Thunder Bay-Nipigon, ON) Rex Crawford (Kent, on) Harold Culbert (Carleton-Charlotte, NB) Albina Guarnieri (Mississauga-Est, ON) Charles Hubbard (Miramichi, NB) David Iftody (Provencher, MB) Jim Karygiannis (Scarborough-Agincourt, ON) Walt Lastewka (St.Catharines, ON) Joe McGuire (Egmont, IPE) Dan McTeague (Ontario, ON) Dennis Mills (Broadview-Greenwood, ON) lan Murray (Lanark-Carleton, ON) Pat O’Brien (London-Middlesex, ON) John O’Reilly (Victoria-Haliburton, ON) Janko Peric (Cambridge, ON) Gary Pillitteri (Niagara Falls, ON) Ben Serré (Timiskaining-French River, ON) Roseanne Skoke (Central Nova, NE) Bob Speller (Haldimand-Norfolk, ON) Paul Steckle (Huron-Bruce, ON) Paul Szabo (Mississauga-Sud, ON) Rose-Marie Ur (Lambton-Middlesex, ON) Harry Verran (South West Nova, NE) Tom Wappel (Scarborough-Ouest, ON) Le réformiste pour Jim Silye (Calgary-Centre, AB) Les bloquistes qui s’abstiennent Ghislain Lebel (Chambiy) Nie Leblanc (Longueuil) Pierrette Venne (Saint-Hubert) MAX Le Méridien ferme le 26 mai i >n PRESSE CANADIENNE )> Un nom familier aux voyageiifs disparaîtra du paysage montréalais le 26 mai prochain, alors que lTp-tel Méridien passera à l’histoire.; : La Société Place Desjardins a èn effet annoncé hier qu’elle avait décidé de mettre fin à cette date?âu contrat la liant depuis près de 20 ans à la Société des hôtels Méridien (Canada) ltée pour la gestion des installations hôtelières situées à la Place Desjardins.En conséquence, les quelque 350 employés de l’hôtel seront mis à pied dès le 26 mai, puisqu’à compter de cette date, c’est un nouveau gestionnaire qui prendra la responsabilité des installations.Le président et chef de la direction de Place Desjardins, Gaétan Coutu-^ re, explique que sa société s’est pr£fT', value de son droit de mettre fin atr; ' contrat avec la Société des hôtels \ Méridiens avant l’échéance du 31 décembre prochain, en raison de l’accéA lération des discussions avec de nou- \ veaux groupes de gestionnaires de-"'; puis quelques semaines.Place Des- j jardins croit maintenant possible de f mettre en place une nouvelle équipe ; avant le début de la saison estivale','' une période d’activités intenses pour le secteur hôtelier.Place Desjardins avait avisé la Société des hôtels Méridien dès le mois de mai 1995 que son contrat de gestion ne serait pas renouvelé.Selon M.Couture, l’investissemênt de Place Desjardins dans l’hôtel s’est traduit par des pertes de plusieurs millions de dollars.«Notre analyse est à l’effet que la façon traditionnêlle de faire gérer les hôtels est révolues Il faut dire que le climat d’incertltti-de qui règne quant à l’avenir delà chaîne Méridien, qui a fait l’objet de nombreuses transactions depuis un an et demi, n’a pas aidé sa cause.; -J L’avenir des installations hôtê-lières de Place Desjardins n’est todtê-fois aucunement remis en cause; une entente est imminente avec un des groupes de gestionnaires qui ont été sollicités et les engagements pris Envers les clients seront respectés.1 : ' TT 5) a M SUITE DE LA PAGE 1 français, qui enchaîne de 19h jusqu’à l’aube des classiques français comme La Grande Illusion et Les Visiteurs du soir à côté de petits films Lumière et d’une minianthologie Max Linder montée par sa fille.Voici trois films des années américaines du corpique d’antan: Soyez ma femme, Sept ans de malheur et L’Etroit Mousquetaire.Maud Linder est à Montréal pour présenter l’hommage en question.Et quand cette dame d’âge respectable parle de son papa, elle se définit comme la mère de son père, qu’elle voit petit garçon espiègle et attendrissant.Il faut dire que Maud ne l’a connu, que sur pellicule alors qu’elle-même était déjà adulte.Étrange filiation.Maud avait seize mois quand son père s’est suicidé en 1925, entraînant sa toute jeune femme dans la mort avec lui.Par la suite, le silence de la honte devait recouvrir la mémoire de ce père, dont à vrai dire personne dans la famille ne parlait plus.Ses biens avaient été vendus à vil prix sur la place de l’Hôtel de ville de Neuilly, les Renoir, les Rodin écoulés à moins de 500 francs pièce.Ce n’est qu’à l’âge de vingt ans que Maud, dans un cinéma de quartier de Paris, vit scintiller une grande affiche en lettres brûlantes: «Max Linder».On y projetait Sept ans de malheur, et le papa en question lui apparut enfin sur l’écran, nim- bé d’une jeunesse étemelle, le sourire enjôleur.Il avait toujours su plaire aux dames, ce Under.Il conquit illico le cœur de sa fille.Le sort en était jeté.Maud Under allait devenir chasseresse.Elle traque depuis près de cinquante ans les films perdus, s’est juré de rendre Under à la planète cinéma.Sa propre famille ne croupissait pas sous les archives du papa.La majorité de ses films avaient été enterrés dans le jardin, la précieuse pellicule pourrissant à même la terre, et seules quelques boîtes avaient survécu dans une cage à lapins.Au départ, elle dirigea ses recherches du côté de la Cinémathèque française, fief du mythique Henri Langlois qui veillait sur ses pellicules comme une louve sur ses petits.Mais le conservateur gardait souvent le seul original des films qu’il projetait en les abîmant, fier d’être l’unique détenteur d’une œuvre ailleurs perdue.Il les montrait en petit comité aux élus dignes de les visionner et refusait haut et fort d’en voir tirer d’autres exemplaires par Maud.Il fallut qu’un juge fasse saisir par huissier L’Etroit mousquetaire, dans la fureur et les cris de Langlois, pour qu’elle puisse en obtenir copie.«Il avait la mentalité du collectionneur.», dit Maud laconiquement aujourd’hui.Son père, elle le voit comme un authentique artiste, «le premier qui laissa tomber la grandiloquence du théâtre pour apporter un langage naturel au cinéma, nourrissant souvent son personnage d’aventures survenues dans sa propre vie».«Il eut un tel succès à l’étranger, poursuit-elle, que lors d’un voyage en Russie en 1912, il fallut faire appel à l’armée pour le protéger de ses admirateurs.La police ne suffisait pas.» En 1910, on ouvrit à Paris une salle Max Linder et ses vaudevilles filmés, tournés parfois au rythme d’un par semaine, peaufinant le personnage du dandy qui courtise les belles et boit sec dans les salons, le couvrirent de gloire, «au point où il bâcla son travail», lui reprochèrent ses .contemporains.En 1916, le comique s’expatria aux États-Unis et y retournera encore cinq ans plus tard.Le muet ne connaissait pas la barrière de la langue.L’Amérique le laissa tourner en son sol, mais en le traitant tout de même en citoyen mineur.«L’Amérique tue notre cinéma», disait-il en 1923 en appelant à des quotas de protection pour le septième art français.Plus ça change.Il était alors producteur, réalisateur, scénariste et acteur principal de ses films.Mais le succès de Chariot et une santé chancelante causèrent le déclin de Linder.Une jalousie morbide et quelques troubles de la personnalité devaient causer son suicide en 1925.Sur les traces de son père, Maud a connu des années et des années de procès avec Pathé pour la reconquête des droits sur les films Linder, et elle a gagné la partie en 1977.La chasse aux films a signifié pour elle un lot de déceptions et de bonheurs.Elle a avalé les couleuvres de ces faux Max Under que les gens essayaient de lui refiler à prix d’or.Elle a connu le bonheur chez un petit homme, ancien tourneur forain qui lui donna rendez-vous dans un coin perdu de Paris, rue de la Goutte d’or, et qui, sur son projecteur à manivelle, lui projeta avant de le lui offrir un film présumé disparu en refusant tout argent en échange.Maud a monté deux films d’anthologie: En compagnie de Max Linder et L’Homme au chapeau de soie.La chaîne Arte les a diffusés.Elle espère que Radio-Canada en fera autant.Lancée sur les traces de Max Under, elle a hypothéqué sa maison, investi temps et argent personnels.Pour elle, la quête n’est jamais complétée .et il semble qu elle n'aura jamais assez d’une vie pour y parvenir.N'est-ce pas, après tout, ce même Max Linder que Charlie Chaplin glorifiait, en le surfaisant peut-êtrë: «C’est le plus grand homme du cinéma français.Lui seul, avant tous les autres, a compris la simplicité nécessaire du cinéma.Il a montré une intelligence prodigieuse dans l’exécution de ses films.C’est un vrai comique et un vrai humoriste.» LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 A T7H00 2050.RUE DE BIEURY.9E ÉTAGE.MONTRÉAL (QUÉBEC) H3A 3M9 RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION : (514) 985 3333 PUBLICITÉ AVIS PUBLICS ANNONCES CLASSÉES PUBLICITÉ (314)9153399/1** NUMÉRO SANS FRAIS (514) 985-3344 (514)985 3344 M» (314) 9853390 1 800 3630305 DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 A 16H30 Mon(ré«l (514) 985-3355 télécopie* (514) 985 3390 Extérieur 1 800 463-7559 f«armal èmmmtrn 2C50deBkvry.»éttge.MaüNd.(Qmêbtt).IQA3M9 Dolafrt Gmmmàm Gnupe Qf bvci* lK,WObwlSH
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