Le devoir, 26 avril 1997, Cahier A
Cahier spécial sur le syndicalisme — «Une société pour le monde» FONDE 19 10 5_ V 0 i.I, X X X V I I N " M O N T R E A L .L E S S A M E 1)1 2 fi E T I) I M A N (' Il E 2 7 A V RIE I !) 9 7 5 (AMI E R S I ,97$ + t i* s + t v y FORMES Discreet Logic, mécène de Varchitecture, page D 10 POLITIQUE Chrétien ne relèvera pas le défi de Mulroney, page A 5 LIVRES Rencontre québécoise internationale des écrivains: écrire Vamour, encore, page D1 LES ARTS Le printemps du TNM, page B 1 PERSPECTIVES Jean Chrétien en balade Des élections fédérales auront lieu le 2 juin.Du moins, tout indique que le premier ministre Jean Chrétien se rendra demain chez le gouverneur général pour lui demander de convoquer les électeurs à un scrutin pour le premier lundi de juin.Pour le chef libéral, la campagne pourrait n’être qu’une simple balade qui le conduira à une réélection facile tant les augures sont bons.Mais il pourrait aussi trouver sur sa route quelques écueils.Autres informations en page A 7.La réélection du gouvernement libéral fait peu de doute.Depuis son élection en octobre 1993, Jean Chrétien a, de fait, réussi à obtenir une note presque parfaite.Pas un seul instant sa cote de popularité ne s’est démentie et, depuis un an, l’appui aux libéraux est demeuré constamment au-dessus de la barre des 50 %, selon la maison Gallup dont le dernier sondage lui attribue maintenant 55 % des intentions de vote.Transposées en sièges, celles-ci lui assureraient l’élection de 200 députés (entre 180 et 224, prédit-on) aux Communes.Il pourrait, si cela s’avérait, battre les records des premiers ministres John Diefenbaker et Brian Mulroney qui ont déjà fait élire respectivement 208 et 211 députés.Un regard en arrière montre toutefois qu’une campagne peut, parfois, faire toute la différence.comme ce fut le cas en 1981 lorsque René Lévesque, en quelques semaines, transforma la victoire annoncée des libéraux de Claude Ryan en une amère défaite.Comme ce fut le cas aussi en 1984 lorsque Brian Mulroney fit mentir les sondages et balaya les libéraux de John Turner dans un raz-de-marée historique.Aujourd'hui, à quelques heures du déclenchement des élections, un renversement significatif de la situation semble improbable.La popularité du gouvernement libéral est exceptionnelle et traduit une tendance de fond.Il faut convenir qu’en 1984, la conjoncture politique était bien différente.La popularité de John Turner reposait en fait sur peu de chose: une campagne au leadership réussie et une image idéalisée de la vedette politique qu’il avait été au début des années 70.En réalité, l’électorat, fatigué des années Trudeau, inclinait dès 1983 vers le Parti conservateur de Brian Mulroney, qui réussit en campagne électorale à démontrer que John Turner ne représentait pas le changement qu’il semblait pouvoir incarner.Aujourd’hui, le seul leader politique qui ait autant de charisme qu’en avait John Turner est le chef conservateur Jean Charest.Fort populaire au plan personnel, il est à la tête d’une organisation renouvelée mais dont la taille ne peut se comparer à celle de la machine libérale.Prudent, Jean Chrétien tente d’ailleurs de le neutraliser en lui opposant un adversaire de fort calibre dans son comté de Sherbrooke.Autre différence marquante avec l’élection de 1984, Jean Chrétien fait face à des adversaires dispersés.libéraux et conservateurs étaient alors d’égale force et seul le NPD, avec Ed Broadbent à sa tête, jouait les empêcheurs de danser en rond.Aujourd’hui, le NPD et le Parti conservateur pourraient presque être qualifiés de «quarts» partis.Détenant respectivement neuf et deux sièges aux Communes, leur ambition première dans ces élections est de franchir la barre des 12 sièges et ainsi obtenir le statut de parti reconnu.Le Bloc québécois et le Parti réformiste sont, pour leur park des forces que ne peuvent ignorer les libéraux.Bien structurés, ces deux partis demeurent, c’est bien connu, des partis régionaux dont les aspirations sont par définition limitées.Tout au plus peuvent-ils espérer maintenir leurs positions actuelles.Simple balade pour les libéraux, cette campagne électorale?Il pourrait pourtant en être autrement si jamais Jean Chrétien trébuchait sur les quelques écueils qui persistent malgré tout sur sa route.N’y a-t-il pas trois électeurs sur quatre qui, au début d’avril, jugeaient, dans un sondage Environics, que le gouvernement Chrétien J n’avait su remplir ses promesses électorales de 1993, tout particulièrement en matière d’emploi?N’y a-t-il pas de plus en plus d’électeurs qui n’aiment pas le style Chrétien, au point qu’il soit devenu moins populaire que son parti?Cela explique probablement qu’au moins un électeur sur cinq se dise à ce moment-ci indécis.Un autre écueil important pourra être la trop grande assurance que donne la forte avance de la machine libérale.Cette assurance pourrait vite rimer avec arrogance, un bien vilain défaut en politique.Aguerri par 34 années de vie politique, Jean Chrétien ne tiendra rien pour acquis.Il sait trop bien qu’en étant au sommet, il est d’une certaine façon coincé et que le risque est de glisser.Un peu ou beaucoup.Bernard Descôteaux ?*Aci MÉTÉO Montréal Québec Ensoleillé.Ensoleillé.Dimanche: Max: 10 Min: 2 ciel variable.Max: 15 Min: 3 Détails, page Cil ->i I N Agenda.B 10 Annonces.CIO Les Arts.B 1 Avis publics.C 9 Bourse.C 8 Économie.C 1 Éditorial.A 10 E X Idées.Ail Livres.D 1 Le monde.A 8 Les sports.C 12 Montréal.A 3 Mots croisés Cil Politique.A 6 Les municipalités ont quatre mois pour trouver 500 millions ; PR "il ' mm ¦ ¦ ¦ JACQUES NADEAU LE DEVOIR On parlait nouveau pacte fiscal hier à Montréal, au congrès de l’Union des municipalités du Québec.Les annonces du ministre des Affaires municipales Rémy Trudel, à droite, ont semblé réjouir le maire de Montréal, Pierre Bourque, accompagné ici du maire de Châteauguay, Jean Bosco Bourcier.La réforme de la fiscalité municipale prévoit un nouvel équilibre entre villes-centres et banlieues, «des mesures hypocrites et sournoises», a réagi la mairesse de Sainte-Foy, Andrée Boucher.Québec décide de bouleverser la fiscalité municipale: les banlieues s’indignent KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Le ministre des Affaires municipales Rémy Trudel a décidé de bouleverser la fiscalité municipale en entraînant les quelque 1400 villes et villages du Québec dans un sprint de discussions devant, d’une part, mener à un nouveau pacte municipal le 1er septembre prochain et, d’autre part, libérer le gouvernement d’un fardeau de 500 millions de dollars.Du coup, les municipalités n’auront que quatre mois pour trouver les moyens d’absorber cette facture, qui s'ajoute à celles héritées du précédent gouvernement libéral (notamment en matière de transport en commun).Les élus municipaux devront donc réduire leurs dépenses de 500 millions en comprimant les salaires des fonctionnaires et en mettant en commun certains services avec, notamment, les secteurs de l’éducation et de la santé.Cette démarche colossale s’entreprend sur fond de réaménagement de la fiscalité municipale, dont la présentation se limite jusqu’à présent au discours que prononçait VOIR PAGE A 12: MUNICIPALITÉS Lire aussi en pages A 5 et A 10 ¦ Montréal sort gagnante ¦ Possible remise en question du rôle des commissions scolaires ¦I Les syndicats sont prêts à se battre ¦ L’éditorial de Jean-Robert Sansfaçon: Un fourre-tout décevant Sommet sur l’économie et l’emploi Six mois plus tard, les «jobs» tardent à venir Bouchard rencontre lundi les responsables des «chantiers» MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Vingt mille, trente mille, quarante mille emplois, disaient-ils lors du Sommet sur l’économie et l’emploi d’octobre dernier.Six mois plus tard, pourtant, les «jobs» se font rares.En menant une enquête rapide auprès d’une douzaine de promoteurs et d’organismes soutenant des projets annoncés au Sommet, il appert qu’il sera difficile d'atteindre le seuil de 5000 postes créés, douze mois après l’encan virtuel de l’emploi.Lundi, le premier ministre Bouchard rencontrera à Montréal les responsables des différents chantiers du Sommet: économie sociale, entreprise et emploi, entrepreneurship local et régional ainsi que la relance de la métropole.On fera le point sur les 89 projets prêts à démarrer ou ayant fait l’objet d’un accord de principe du gouvernement lors du Sommet.Ce sera «un bilan assez positif», in-dique-t-on au bureau du premier ministre.Cependant, outre le succès du projet sur les Centres d’appels et malgré quelques annonces récentes qui seront rappelées à notre attention lundi, plusieurs projets éprouvent de la difficulté à démarrer.La majorité des projets implique une participation gouvernementale et, dans bien des cas, les sommes pressenties sont réduites ou inexistantes depuis le dépôt du budget Landry.En outre, des obstacles administratifs et juridiques surgissent souvent à diverses étapes de la préparation des projets, sans parler des problèmes d’arrimage qui surviennent inévitablement lorsque plusieurs organismes gouvernementaux ou sans VOIR PAGE A 12: «JOBS» Le milieu du livre veut un prix unique «Cest la seule façon d’assurer la survie d’un réseau de librairies» PIERRE CAYOUETTE LE DEVOIR Les éditeurs, libraires et autres acteurs de l’industrie réclament de toute urgence l’établissement d’un prix unique pour les livres.Tel est du moins le consensus qui a émergé hier du Forum sur l’industrie du livre, organisé à Montréal par la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC).«Cest la seule façon d’assurer la survie d’un réseau de librairies à travers le Québec», a dit Pierre Renaud, propriétaire des librairies Renaud-Bray.Ce sont les revenus engendrés par les ventes de best-sellers qui permettent aux librairies de tenir un fonds varié.Or, au cours des dernières années, les grandes surfaces et VOIR PAGE A 12: LIVRE Le père inconnu de l’Expo 67 Son nom: Bruno Bédard.Profession: architecte.27 avril 1967.Un contingent de notables donne le coup d’envoi aux festivités de l’Exposition universelle de Montréal.Ici, on coupe des cordons sur l’île Notre-Dame.Là, on sabre le champagne sur l’île Sainte-Hélène.Ailleurs, on se demande encore pourquoi la paternité du site n’a pas été attribuée à la personne qui l’avait choisi et conçu.SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR En 1982, Bruno Bédard met un terme à 32 années de travail.Il se met alors à la retraite.De quoi?De l’architecture.Trois décennies plus tôt, il avait fondé la firme Bédard, Charbonneau, Averna.Dans notre histoire, le siège, le lieu de la firme ne doit pas être négligé: il s’agit de Saint-Bruno.M.Bédard habitait alors sur le boulevard Gouin.Et afbrsjjComme il faisait quotidiennement la navette entre son chez-soi et son bureau, il prenait le pont Jacques-Cartier.Soir et matin, il apercevait l’île Sainte-Hélène.Il voyait le fleuve et Montréal.Quelques années après avoir fondé sa firme, Bruno Bédard atterrit à Bruxelles.Quand?En 1958.Soit l’année au cours de laquelle cette ville £ 4 fut l’hôte de l’exposition universelle.Aujourd’hui, notre architecte se rappelle encore avoir noté que le site sélectionné avait quelque chose comme un défaut.«Il était si éloigné de la ville qu’on n’avait aucune vue sur elle.Qui plus est, le terrain était plat et il n’y avait pratiquement pas d'eau.Et qui dit absence d’eau dit absence de mouvement» Deux ans après la conclusion de l’expo de Bruxelles, le Canada dépose au nom de Montréal une requête auprès du Bureau international des expositions (BIE) pour présenter la prochaine édition.Vienne et Moscou sont sur les rangs.En avril 1962, les choses se précipitent Vienne n’est plus dans le coup.Moscou et Montréal le demeurent.«J'étais convaincu que Montréal l’emporterait.En fait, VOIR PAGE A 12: EXPO 67 11- âfc* ft?,8 Cita Bi - ig t’P S'ÎJ.WW niMliÜ S-teB’S B'* f’jRj L tXPO M JK * JACQUES NADEAU LE DEVOIR Bruno Bédard: «Qui dit absence d’eau dit absence de mouvement.» 778313000696 ?VOIR Londres aj Vienne B Irlande lia Paris m W / H W W (/} CD w Q 2 O hJ w Q 2 < hJ CSh DES GUIDES ILLUSTRES COMME ON N'EN AVAIT ENCORE JAMAIS VU ! VOIR contiennent chacun un minimum de Les Guides 1 200 visuels exclusivement réalisés pour répondre aux exigences des concepteurs de VOIR.Photographies, reproductions, illustrations en coupe, cartes planes et en relief, plans des quartiers, des musées, des rues, tout est minutieusement préparé pour permettre aux utilisateurs de VOIR l’information comme s’ils étaient sur place.fl s § .ni iitfühliiî WW DES GUIDES TOUT-EN-UN Les Guides VOIR réunissent tout ce qu’il y a à voir, à visiter, à découvrir (histoire architecture, culture) + tout ce qu’il y a à savoir pour choisir hôtels, restaurants, bars, cafés, sorties et spectacles, boutiques, marchés, curiosités S + toutes les informations pratiques requises par le visiteur, depuis les I moyens de transport jusqu’au voltage .du courant fCffilii f§?; électrique, etc.! 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V! ->0 'op_CrTL.'-QP* Ouu Des lunettes pour être vu LIDEC NOUVEAUTÉ Joseph-Narcisse Cardinal CÉLÉBRITÉS/ Collection biographique 64 pages, 9 $ Jacques Lamarche Lauréat des prix littéraires Jean-Béraud et Henry-Desjardins et Lescarbot, auteur de l’Été des Mohawks (Stanké 1992), le romancier et essayiste Jacques Lamarche présente une biographie passionnante du premier martyr de l’Indépendance du Canada.Un jeune notaire de Châteauguay, député de son village natal, se joint aux faibles forces de l’Ordre secret des Frères-Chasseurs et tente vainement, à l’aube du 5 novembre 1838, «d’emprunter avec une dizaine d’amis la poudre et les fusils des Indiens».Un récit palpitant aux heures animées et troublantes de l’Insurrection de 1837-1838 alors que les Canadiens du Québec et de l’Ontario réclamaient, avec maladresse et insuccès, l’indépendance de leur pays natal.LIDEC Inc.4350, avenue de I'HôteI-de-ViIIe Montréal (Québec) H2V7 2H5 Téléphone: (514) 843-5991 Télécopieur: (514) 843-5252 s Adresse internet : http://www.Iidec.qc.ca MONTREAL Freins défectueux Urgences Santé retire ses ambulances Top Kick de la route Des ambulances seront louées pour répondre aux besoins ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Urgences Santé a retiré hier ses 105 ambulances de modèle Top Kick de la route et n’utilise depuis minuit que les 52 autres véhicules de sa flotte et des ambulances louées, d’ici à ce que le fabricant, la compagnie GM, remplace le système de freinage des ambulances qui ont connu de nombreux ratés au cours des derniers mois.En négociations tout l’après-midi hier, les représentants du Rassemblement des employés techniciens ambulanciers (RETAQ-CSN), d’Ur-gences Santé, de Transport Canada, de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) sont finalement parvenus à s’entendre avec les représentants de General Motors pour trouver une solution à ce problème technique qui mettait en danger la sécurité des ambulanciers et de la population.Il faut rappeler qu’à au moins une demi-douzaine de reprises ces derniers mois, le système automatique de freinage d’urgence des ambulances Top Kick s’est déclenché sans avertissement, proyoquant l’arrêt subit des véhicules.À deux occasions, les véhicules roulaient à vive allure, mais ni les patients ni les ambulanciers n’ont été blessés.Après de multiples pressions, la compagnie GM a accepté hier de remplacer le système de freinage automatique par un système de freinage manuel d’ici 45 jours, a indiqué hier Gilles Gauthier, président et directeur général d’Urgences Santé.Il n’y a cependant pas encore eu d’entente sur le partage des frais occasionnés par ces réparations.Entre-temps, Urgences Santé devra donc avoir recours à des ambulances louées un peu partout au Québec et même jusqu’à Orlando aux Etats-Unis pour compléter sa flotte, tel que le souhaitait le syndicat des techniciens ambulanciers.Le 11 avril dernier, la CSST avait émis une ordonnance permettant aux techniciens ambulanciers de refuser de conduire les véhicules d’urgence de modèle Top Kick en raison des problèmes de sécurité posés par cette défectuosité du système automatique de freinage d’urgence.Malgré tout, ni Urgences Santé ni GM n’avaient voulu reconnaître le danger représenté par ce système.Pour la première fois hier matin, Urgences Santé remettait en question publiquement la «fiabilité» de ses ambulances Top Kick et pressait GM de remplacer à ses frais le système de freinage automatique pour des freins manuels.Implicitement, Urgences Santé avait toutefois reconnu le danger potentiel de ces modèles d’ambulances, en adressant une note de service à tous ses répartiteurs leur enjoignant de ne plus faire effectuer de transports de bébés en incubateur aux véhicules de type Top Kiçk.A la suite de cette entente, la rencontre qui devait avoir lieu hier soir à Québec entre le ministre de la Santé Jean Rochon, le président de la CSN, Gérald Larose, et le président du RETAQ, Yves Imbeault, a donc été annulée.Un arbitre est nommé au Parisien (Le devoir) — Les parties patronale et syndicale viennent de s’entendre sur le choix d’un arbitre dans le dossier du cinéma Parisien, en grève depuis bientôt six mois.Il s’agit de Pierre N.Dufresne, arbitre et médiateur professionnel.Famous Players avait déposé au début du mois une demande d’arbitrage auprès du ministère du Travail pour mettre fin à des différends qui mettaient en péril la survie des cinémas Parisien et Versailles.A la suite de cette demande, le syndicat avait proposé à Famous Players un retour au travail dès le 2 mai, mais les deux parties ne s’entendirent pas sur le protocole à observer.Si bien que la réouverture des cinémas ne se fera sans doute pas avant deux ou trois semaines, le temps pour l’arbitre de trancher le nœud gordien.O.T.4129, rue SaintrDenis 4021, boul.Saint-Laurent • 1327, av.Greene Montréal Montréal Westmount 849-0559 849-1433 937-0446 .ujœo/’ en exclusivité dans nos boutiques au Québec Racines d’enfants Le projet Banian met l’art-thérapie au service des enfants d’immigrants et de réfugiés CLÉMENT TRUDEL LE DEVOIR ;s PERLES .UNE IDÉE des plus CULTIVÉES Le plus grand choix au Québec.Perles des mers du sud et Perles Noires de Tahiti également disponibles.à partir de EE3] m LE PARCHEMIN E P U I S 19 6 6 Nos diamants et pierres précieuses sont sélectionnés par le laboratoire Gemmologique du Canada.Mezzanine, MÉTRO Berri UQAM, 1500, rue Berri Montréal 845-5243 sans frais 1-800-667-6878 Le Centre McGill ê§?—.?y d’études sur le N/ vieillissement vous invite à une CONFÉRENCE PUBLIQUE le dimanche le 27 avril 1997,intitulée «Stratégie de prévention des mauvais traitements aux personnes âgées» Conférenciers: Monique Lapointe, travailleuse sociale au CLSC Notre-Dame-de-Grâce et étudiante à la maîtrise en service social à l'Université McGill Christian Lafrance.étudiant à la maîtrise en service social à l'Université McGill Nathalie Hébert, animatrice pour la Ville de Montréal Endroit: Hôtel Delta Montréal 450, rue Sherbrooke ouest Métro McGill Collège Heure: de 14 h à 16 h Entrée: Libre (caté et thé seront servis) Commandité par: Merck Frosst Canada Inc.et Hôtel Delta Montréal Pour de plus amples renseignements, téléphonez, du lundi au vendredi, au (514) 766-2010.Le banian est un arbre qui pousse en Inde; ses nombreuses racines aériennes retombent.et se fichent en terre, produisant de nouveaux troncs.Une équipe dirigée par la pédopsychiatre Cécile Rousseau, de l’hôpital de Montréal pour enfants (HME), s’est emparée de ce symbole de renouveau pour accompagner des néo-Québécois dans leur acclimatation à un nouvel univers.Le prétexte fut un projet lancé en juin 1996 visant à aider des enfants d’immigrants et de réfugiés «à se constituer de nouveaux ancrages à l’instar du banian»-, on a, par exemple, mis à profit l’art-thérapie avec des spécialistes telle Louise Lacroix.Cette dernière, avec sa collègue Nicole Heusch — un psychologue, Déogratias Ba-gilishyia, est aussi mis à contribution —, se charge de suivre pas à pas une expression plastique qui peut aller d’un vacuum profond, lorsqu’un jeune exilé commence par signaler dans ses croquis les 14 copains qu’il a perdus dans la guerre, pour aboutir, en y mettant le temps et le tact, à «construire ou à reconstruire un univers signifiant, à créer une continuité».Il faut respecter le cheminement d’un jeune être qui tarde parfois à être mis en confiance face à un interprète qui, par exemple, lui rappelle l’autorité parentale.L’équipe de l’HME a eu l’occasion d’élargir à certaines écoles, dans le Mile-End ou, pour le secondaire, à l’école Saint-Luc, véritable microcosme, une forme d’intervention qui repose en partie sur une certaine «économie sociale» car des thérapeutes par l’art comme Mme Lacroix «ont créé leur propre emploi».Il arrive aussi que les jeunes demandent qu’on leur facilite l’acquisition de pâte à modeler ou de papier pour réaliser à la maison des aquarelles ou des dessins.L’un des jeunes réfugiés a lui-même, un jour, collé bout à bout des feuilles; il se sentait le souffle nécessaire pour réaliser une fresque, ne se satisfaisant plus d’une seule feuille ou d’une vignette miniaturisée de son monde.Il y a cependant des limites à cette aide que l’on peut apporter, reconnaît la femme-médecin qui fut généraliste dans un contexte particulièrement troublé au Guatemala, de 1978 à 1982, avant de devenir psychiatre.Banian était une idée latente depuis dix ans, avoue-t-elle, car des groupes torontois et montréalais ont, depuis au moins une décennie, œuvré auprès de nouveaux arrivants dans des dossiers de santé mentale.Comment par exemple agir auprès d’une jeune femme violée devant son poupon de quelques mois qui la renvoie automatique- JACQUES GRENIER LE DEVOIR Louise Lacroix, spécialiste en art-thérapie, et Cécile Rousseau, pédopsychiatre à l’hôpital de Montréal pour enfants (HME), visionnent des diapositives de dessins d’enfants dans le cadre du projet Banian.«Les enfants qui sont incapables de représenter le passé sont aussi incapables de représenter l’avenir» ment au traumatisme, à l’agression subie dans un conflit où le viol est devenu arme de guerre?On compte alors sur l’échange avec la mère, en se disant que certaines impasses peuvent céder pour réorienter le destin.Que dit-on ou que fait-on pour un garçonnet ou une fillette dont le père est un tortionnaire et qui a tendance à s’exprimer par le non-dit?Selon le Dr Rousseau, une difficulté courante provient du silence des parents face à un passé qu’ils jugent trop lourd, «souvent à la limite du supportable» et dont ils décident de ne pas parler de peur de marquer négativement leurs enfants.C’est apparemment une mauvaise voie.«Les enfants qui sont incapables de représenter le passé sont aussi incapables de représenter l’avenir» s’ils ne retrouvent pas de racines.Ce postulat n’est pas la seule avenue pour tenter d’amener les jeunes à intégrer le passé dans une vie à bâtir.Banian a ainsi choisi de se référer à des mythes du pays d’origine, ce qui facilite en quelque sorte l’objectif: arriver à ne pas laisser les mythes dominants prévaloir, user de mythes minori- taires quitte à «les transformer, à jouer avec eux» dès lors que des grands-parents se mettent à raconter les histoires qu’on leur réservait pour les émerveiller ou les «éduquer».Il doit y avoir autre chose que les mythes de Disney ou des Ninja Turtles, souligne-t-on; la riche symbolique du condor pour un néo-Québécois originaire des Andes, ou du lion pour un enfant né en Afrique, peut entrer en scène pour des comparaisons, voire des réconciliations: «Ils peuvent inventer ensuite leur propre histoire [.] Il est plus facile de modifier l'histoire que d’en inventer une.» En visionnant plusieurs diapositives qui indiquent la trajectoire suivie par des jeunes venus en consultation, j’ai avoué à l’art-thé-rapeute Lacroix et au Dr Rousseau que je trouvais hermétique leur catégorie de «psychiatrie transculturelle».Que non, a répondu le Dr Rousseau.La norme en Amérique du Nord, en psychiatrie, a été pensée pour une majorité de Blancs qui pouvaient se brancher sur «la pointe de l’iceberg», les consultations en santé mentale.Qu’en est-il des autres, de ces personnes «que nous avons parfois à conseiller dans des démarches de survie»?Banian est pour l’instant une expérience que ses auteurs espèrent faire durer, nonobstant les compressions et la désinstitutionnalisation dans l’air.A1C L E I) E V 0 I 11 , L E S S A M E I) I 2 E T 1) I M A N ('.Il E A V H II, I !) !) 7 A 4 ?LES ACTUA 2 7 ?REVUE DE PRESSE Fièvre et faveurs électorales Gilles Lesage De notre bureau de Québec Mesdames et messieurs, lancez-vous dans la rhétorique, s’il vous plaît Tel est le titre de la chronique de Jeffrey Simpson, prévoyant que le secret le plus mal gardé au Canada sera confirmé demain: la tenue d’élections fédérales le 2 juin.Si quelque doute subsistait, note-t-il dans The Globe and Mail d’hier (vendredi), il est disparu avec l’apparition, dans le courrier de jeudi, de dépliants vantant les mérites du gouvernement libéral.En agissant ainsi, ce dernier évite d’en imputer le coût aux dépenses électorales, ainsi qu’il l’a fait récemment avec sa campagne télévisée de 300 000 $ à la télé francophone du Québec.L’opposition étant divisée et morcelée, Simpson estime que le Parti libéral peut, légitimement, prétendre qu’il est le seul parti national.«Si le Canada s’effondre, c’en sera fini du Parti libéral en tant que force nationale.Mais au cours de cette dernière élection fédérale avant le référendum culminant au Québec, les libéraux dominent la politique fédérale canadienne.On découvrira au cours des six prochaines semaines si cette domination repose sur des fondations sablonneuses.» Dans une chronique précédente, Simpson avait fait ressortir que le vieux patronage et le favoritisme étaient de retour («say hello to old-style pork-barrelling») à la veille du scrutin.Une annonce par jour, comme durant les belles années de Trudeau, avec promesses et télé à l’avenant.«Il n’était pas censé en être ainsi a vec les libéraux frugaux.Mais les libéraux sont les libéraux, et le pouvoir est le pouvoir, et le premier ministre Jean Chrétien est Jean Chrétien.Après tout, il y a une limite au jeûne qu’un gars peut endurer», raille le columnist du Globe.«Des dossiers bloqués depuis des mois se règlent comme par enchantement.Les positions défendues à ce jour sont abandonnées.Tout groupe d’intérêt ou région de quelque poids politique peut avoir sa part.» Business as usual, comme le prétendent les libéraux?Mesdames et messieurs, vos beaux discours.Personne n’y croit dans le ROC.la corruption préélectorale des libéraux peut faire boomerang (Gritpre-writ bribery could backfire), titre The Chronicle Herald en éditorial.«Il est préférable que Jean Chrétien déclenche la campagne cette fin de semaine.Les Canadiens ne pourraient tout simplement pas absorber, l'automne venu, une deuxième dose de subornation électorale.» Faisant lui aussi écho des soudaines et nombreuses largesses du gouvernement Chrétien, le quotidien de Halifax estime que les dénégations ministérielles sont aussi offensantes et insultantes que les achats de votes.«Les Canadiens le savent quand ils sont achetés avec leur propre argent, quelles que soient les protestations véhémentes des libéraux.S’ils sont si sûrs de la victoire, pourquoi tentent-ils si effrontément d’acheter leur réélection ?Et pourquoi une élection après moins de quatre ans de mandat?Voilà des questions que les électeurs doivent soulever, quand M.Chrétien se lance, formellement et finalement, en campagne électorale en fin de semaine.» Pourquoi toute cette fièvre électorale hâtive?, se demande l’équipe éditoriale de Die Gazette.En agissant ainsi, le gouvernement Chrétien sera le premier gouvernement majoritaire en 40 ans à gouverner moins ,de quatre ans avant de demander un nouveau mandat.Enumérant les motifs probables de cette hâte, le quotidien montréalais n’en voit aucun qui soit impérieux.«Aussi appert-il que la seule raison pour laquelle M.Chrétien va en élections anticipées, c’est qu’il pense qu’il va les gagner.» «La fièvre électorale rend nos politiciens — provinciaux aussi bien que fédéraux — tout à fait délirants», écrit le columnist Don Macpherson, de The Gazette.A preuve, la présentation de la motion fédérale relative aux commissions scolaires linguistiques.A preuve aussi, l’entente concernant la formation de la main-d’œuvre au Québec.Des deux côtés, déplore-t-il, on fait de la petite politique, tentant d’en retirer des dividendes électoraux.Ce thème de l’opportunisme électoral revient chez plusieurs autres chroniqueurs.On pense aux votes plutôt qu’aux victimes, se lamente Robert Fife, à propos de la loi antigangs que le Parlement fédéral vient d’adopter à toute vapeur.C’est obscène, écrit-il dans The Ottawa Sun.«Tout se passe comme si les libéraux étaient plus préoccupés des victimes (et des votes) au Québec que des victimes ailleurs.C’est la seule explication pour la hâte à faire adopter cette loi [.] Pour gagner des votes au Québec, les libéraux expédient un projet de loi qui peut être mal ficelé, tout en tenant la dragée haute aux victimes ailleurs au pays.» En édita, le même journal s’en prend à ce qu’il appelle le sans-gêne des libéraux en faveur de la «société distincte» du Québec.Leur effronterie est sans précédent.«Leur hâte, évidemment, tient au fait qu’ils pensent qu’ils vont gagner.Le premier ministre ontarien David Peterson le pensait tout autant [en 1990, se faisant battre dans une élection anticipée].Puisse l’éclair frapper deux fois.» The Toronto Star relève aussi qu’après avoir agi avec frugalité depuis novembre 1993, le gouvernement libéral dépense de plus en plus libéralement, dans le seul but d’assurer sa réélection.Ils ouvrent leur porte-monnaie et leur chéquier, titre une analyse, relevant les nombreux cas de favoritisme éhonté.Aussi, le vœu formulé cette semaine par The Winnipeg Free Press a peu de chance d’être entendu à Ottawa.Pas d’élections, de grâce, tant que les Manitobains seront aux prises avec le terrible fléau des inondations.«Tenir une élection fédérale alors que la province est en état d’urgence et que des dizaines de milliers de vies sont troublées par des crues sans précédent serait un soufflet inacceptable pour tous les Manitobains [.] M.Chrétien devrait démontrer qu’il est d’abord un premier ministre, ensuite un politicien.» L’entente Chrétien-Bouchard sur la main-d’œuvre, lundi, n’as pas fait que des heureux.Parmi les critiques, il y a celles d’Andrew Coyne, le columnist des nombreux journaux de Southam News.Ottawa n’aurait pas dû abandonner de pouvoirs, écrit-il.«Voici un autre exemple extraordinaire de notre tendance à discuter du fédéralisme selon des prémisses séparatistes [.] On ne fait pas la preuve que le fédéralisme fonctionne en dérobant au gouvernement fédéral tout rôle significatif au sein de la fédération.» Mesdames et messieurs, à vos marques, prêts, parlez.Le Journal pour les Acadiens Un nouvel hebdomadaire francophone voit le jour ce matin MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Dès aujourd’hui, les Acadiens auront un nouvel hebdomadaire à se mettre sous la dent.Le Journal, un «magazine» né de l’enthousiasme du journaliste francophone André Véniot, attaque en effet le marché francophone néo-brunswickois de la fin de semaine.Ce matin, quelque 10 000 exemplaires du Journal, un hebdomadaire de 48 pages de type tabloïd, ont fait leur entrée dans l’univers des médias écrits francophones.«Qu’importe où vit un Acadien ou une Acadienne, que ce soit dans nos provinces voisines, en Louisiane, en France, au Massachusetts, au Québec,à Haïti ou à Terre-Neuve, on trouvera dans nos pages, l’histoire, la vie, les rêves, les espoirs de l’Acadie d’aujourd’hui», écrit aujourd’hui le directeur et rédacteur en chef du Journal, André Véniot, dans son tout premier éditorial.L’équipe n’est pas gigantesque — neuf personnes dont un seul journaliste permanent, auxquelles se greffera une équipe d’une vingtaine de pigistes — mais le mandat n’en couvre pas moins large: sillonner la réalité des Acadiens et Acadiennes, capter les enjeux d’une société au passé riche, tumultueux par la lorgnette économique, politique, sociale ou culturelle.On ne s’étonnera pas de retrouver dans les pages du Journal quelques textes du Devoir puisqu’une entente permet une certaine utilisation des textes du quotidien montréalais du côté du petit cousin acadien.L’idée a germé il y a 18 mois, et après le succès retentissant de la couverture médiatique du Telegraph Journal, quotidien néo-brunswickois anglophone, à la suite du Congrès mondial acadien (1994), le journaliste du Telegraph André Véniot et le rédacteur en chef de l’époque, Neil Reynolds, ont commencé à rêver à des pages francophones écrites à l’intention de la population acadienne, empreintes de la ferveur qui a mené les journalistes tout au long du congrès.L’idée a fait son chemin, pris différentes couleurs au fil des mois, mais Le Journal, propriété de N.B.Publishing Co.Ltd, entreprend dès aujourd’hui la conquête des lecteurs du samedi fie quotidien L’Acadie nouvelle ne publiant que du lundi au vendredi).La presse du Canada roo$ c€S s'ekir&ubBMT ; plus la retraite approche, plus le portefeuille doit être constitué de produits sans risque.
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