Le devoir, 9 juin 1997, Cahier B
le devoir ?- © Agenda Page H 7 Culture Page B 8 Économie Page li 2 Sports Page B 5 L'ENTREVUE I.K I) K V (M li .I.K I.I X I) I II .1 I I X I II II Bernard Assiniwi Détective du passé Lécrivain-historien a consacré sa vie à combattre les «faussetés» écrites à propos des Amérindiens Les vainqueurs écrivent l’histoire.Væ Victis! Qui n’a pas en mémoire les cours d’histoire du Canada, au secondaire et au collégial, où l’on réglait la question autochtone en une heure, pour se donner bonne conscience, avant d’enchaîner sur la colonisation européenne.Mis à part certains cours universitaires consacrés exclusivement à l’étude des civilisations amérindiennes, il faut repasser pour combattre l’ignorance, les fausses perceptions ainsi que les préjugés qui persistent à l’endroit des autochtones.FRANÇOIS NORMAND LE DEVOIR écrivain-historien Bernard Assiniwi est parti «à la recherche de lui-même et des siens», comme il se plaît à le dire, il y a près de 25 ans.Agé de 62 ans, l’homme n’a décidément pas la langue dans sa poche.Né d’un père algo-cri et d’une mère québécoise, il se qualifie de «détective du passé» qui a consacré sa vie à démystifier et à combattre les «faussetés» écrites à propos des Amérindiens.Auteur d’une trentaine d’ouvrages allant du conte pour enfants au manuel d’histoire classique, Bernard Assiniwi est présentement chercheur en histoire autochtone au Musée canadien des civilisations de Hull.Son dernier roman historique, Im Saga des Béothuks, le fruit de 20 ans de recherche, est un profond cri du cœur pour restaurer la mémoire d’un peuple.et le premier de ses livres à faire l’objet d’une critique publiée dans un journal {Le Devoir, 26 aviil 1997).Mais en décrivant les us et coutumes des Amérindiens, son roman est aussi un plaidoyer, un vibrant hommage pour remettre les pendules à l’heure.«Tous les historiens nous ont décrits à travers les yeux des premières personnes qui nous ont rencontrés [les Français puis les Anglais].Or, ces gens-là nous ont décrits par rapport à ce qu’ils étaient.Ils se sont trompés largement», lance Bernard Assiniwi.Malgré son enthousiasme, on voit bien que l’homme a été blessé, voire meurtri au plus profond de son âme, par les inepties véhiculées ça et là par certains historiens.«Ijcs gens nous ont expliqué comme ils nous voyaient à l’époque: des sauvages qui n’avaient qu’un seul but, manger le prochain repas, qui ne pensaient pas au lendemain et qui ne pensaient pas à la forme de gouvernement, alors que c’est complètement faux.» Par exemple, bien avant l’arrivée des Européens, explique-t-il, il y avait une vie économique très dynamique entre les différentes nations autochtones.«Ily avait des marchés qui tournaient 250 000 tonnes [métriques] de marchandise par année.Les Amérindiens avaient une économie sensiblement comme en Europe, bien que les échanges ne reposaient pas sur l’argent et les métaux (l’or).Il s’agissait d’une économie de troc.Les Européens ont d’ailleurs cherché à contrôler rapidement ces marchés, raconte-t-il.«La guerre de 92 ans, déclenchée par Samuel de Champlain en 1609, était une guerre d’exclusivité commerciale entre les cinq nations iroquoises et les Français.La plus vieille tombe civilisée au monde Il n’est pas facile de changer les vieilles perceptions à l’égard des autochtones, souligne Bernard Assiniwi.Et après avoir écrit 34 livres — un 35e est déjà en préparation —, il espère que son travail y aura contribué.Son plus grand regret: ne pas avoir écrit plus tôt des romans historiques.«C’est il y a 30 ans que j’aurais dû adopter la forme romanesque pour écrire, confie-t-il avec humour.Cette forme touche beaucoup plus que la forme historique [le manuel d’histoire].» Avec son roman historique, La Saga des Béothuks, Bernard Assiniwi réussit brillamment la fusion entre la rigueur historique et la forme romanesque.Il y accorde une grande place à la spiritualité et à la philosophie amérindiennes fondées sur le respect et l’acceptation de l’autre.En entrevue, il ne mâche pas ses mots pour dénoncer ceux qui ont dénigré cette spiritualité sous prétexte qu’elle n’était pas chrétienne.«Il y avait des rites religieux, martèle-t-il à haute voix.Vous savez, la plup vieille tombe civilisée au monde ne se trouve pas en Égypte; elle se trouve sur les côtes 'mm ¦ ¦ > ’1 - -'V* Bernard Assiniwi: «De toute évidence, il faut continuer le travail qu’a fait René Lévesque en reconnaissant les nations autochtones à l’Assemblée législative du Québec.Il faudrait maintenant leur permettre de se développer.» du Labrador, à l’Anse l’Amour, comme le prétend l’archéologue canadien Robert McGhee.Elle fait trois mètres sur trois.A l’intérieur, on a trouvé un enfant avec des jouets disposés autour de lui.» Cette tombe daterait de 5500 à 7000 ans avant Jésus-Christ.Les Amérindiens n’étaient pas des sauvages, comme trop de livres d’histoire le laissent entendre, déplore Bernard Assiniwi.«Il y avait des civilisations bien organisées, peut-être sans écriture, mais pas sans mémoire.Il faut restituer ces choses-là.Moi, ce que j’ai appris à l’école, lorsque j’étais tout jeune, c’est que nous étiorn sans foi ni loi, sans dieux ni rites.C’est épouvantable de penser qu’on appartenait à un peuple qui n’avait absolument rien.Quand tu te rends compte de toutes ces faussetés, tu as envie de vomir.» «Si tu es un jeune comme moi [à l’époque où il commence à faire des recherches historiques sur les peuples autochtones, au début des années 70], tu veux savoir qui tu es ou tu as honte.Et moi, j’ai préféré fouiller l’histoire de mon peuple plutôt que d’avoir honte d’être Amérindien comme certains de mes frères et de mes soeurs», confie-t-il.Bien que ses recherches visent à «remettre les pendules à l’heure», Bernard Assiniwi soutient qu’il n’a plus aujourd’hui à combattre l’histoire officielle: «Je pense que je n’ai plus à mener de combat.» Le vrai problème, selon lui, c’est l’interprétation que font certains historiens canadiens et québécois des faits historiques.Il se souvient d’ailleurs qu’en 1974, lorsqu’il a écrit L’Histoire des Indiens du Haut et du Bas Canada, les historiens «blancs» ont très mal accueilli l’ouvrage.«J’ai été drôlement décrié, raconte-t-il en riant.“Qui est-il pour écrire l’histoire?”, ai-je entendu souvent.» Mais le plus troublant, fait-il valoir, c’est que les autochtones en sont arrivés à croire qu’ils étaient tels que les livres d’histoire les décrivaient: sauvages et sans culture.«Quand j’ai écrit mes premiers livres, les miens m’ont aussi décrié en disant: “Ce n’est pas vrai ce que tu écris sur nous, nous ne sommes pas comme ça.”.» De fil en aiguille, actualité oblige, l’entrevue aborde l’épineuse question de la condition autochtone au Canada et au Québec.Lorsqu’on lui demande de se pro- noncer sur le sujet, Bernard Assiniwi prend la peine de bien s’asseoir sur son siège.A vrai dire, l’homme ne veut plus faire de politique.Dans le passé, de mauvaises expériences lui ont appris à se méfier de la res publica: «J’ai été président de l’Alliance autochtone du Québec pendant sept mois, en 1988.Je me suis fait des ennemis au niveau politique», confie-t-il.Finalement, devant notre insistance, après une brève pause, il se lance: «De toute évidence, il faut continuer le travail qu ’a fait René Lévesque en reconnaissant les nations autochtones à l’Assemblée législative du Québec.Il faudrait maintenant leur permettre de se développer.» Pour lui, si les Québécois aspirent à une autonomie gouvernementale, «une autonomie de pays», il va falloir qu’ils acceptent d’octroyer cette autonomie dans leur propre pays, le cas échéant.Mais il ne faut pas se méprendre: Bernard Assiniwi est contre le morcellement du territoire québécois.Selon lui, le gouvernement du Québec pourrait facilement accorder une certaine autonomie aux dix nations autochtones sans menacer l’intégrité de son territoire.«Si vous refusez quelque chose à vos minorités, il faut s’attendre à ce que la majorité vous refuse des choses également, explique-t-il.“Ils sont une minorité, ils n’ont qu’à nous suivre”, affirment certains Québécois.C’est exactement ce que se disent les Canadiens par rapport à la question québécoise.» Après toutes ces années de recherche et d’écriture, Bernard Assiniwi entrevoit tout de même l’avenir avec optimisme.Par exemple, le fait qu’un nombre de plus en plus important d’autochtones écrivent l’histoire des Premières nations est de très bon augure.«De plus en plus, la littérature autochtone va donner une image différente de ce que sont les autochtones.» Il souhaite ardemment que cette «connaissance de l’autre» pourra contribuer au rapprochement entre Québécois et Amérindiens.«Vous savez, nous n’allons pas disparaître.Nos langues sont bien vivantes et elles évoluent tout comme le français ou l’anglais.C’est pour cette raison que nous devons trouver le point d’entente entre nos deux peuples.» L’heure des comptes sur Meech Né à Montréal en 1935, Bernard Assiniwi est le dernier d’une famille de neuf enfants.11 a fait ses études en musique et en chant classique.Devant le manque de possibilités de carrière dans ce domaine, il décide de faire le saut en théâtre.Il jouera notamment Jean Duceppe sur scène.C’est à cette époque qu’il se découvre un intérêt et un certain talent pour l’écriture.«Je me suis rendu compte que j’avais beaucoup de choses à dire», raconte-t-il.Au début des années 1970, sa passion pour l’écriture prend finalement le dessus sur le théâtre.«J’aimais écrire, mais il faut dire que j’étais fatigué d’avoir à apprendre des textes par cœur», confie-t-il en riant.En 1971, il publie son premier ouvrage: Anish-nah-bé, des contes adultes du pays des Algonkins.En 1973, il adandonne l’écriture et s’installe à la campagne sur une ferme pour élever des animaux.«J’ai cessé d’écrire certes, mais je n’ai pas cessé de penser.» C’est pendant ces cinq années passées à la campagne qu’il commence sérieusement ses, recherches historiques sur les peuples amérindiens.A l’époque, il vend ses résultats à des musées.Ses efforts sont récompensés puisque le Musée canadien des civilisations de Hull lui offre un poste de chercheur en histoire autochtone.La direction du Musée voulait construire une salle des Premières nations.Avec son expertise, Bernard Assiniwi était le candidat idéal.«Toute ma vie est basée sur la recherche», dira-t-il en entrevue.Depuis près de 25 ans, il a écrit un nombre impressionnant d’ouvrages, allant du conte au livre d’histoire classique.Voici quelques titres intéressants: ¦ Anish-nah-bé (contes adultes du pays algonkin), 1971 ¦ Sagan a (contes fantastiques du pays algonkin), 1972 ¦ Histoire des indiens du Haut et du Bas Canada, tomes 1 et 2,1974 ¦ Lexique des noms Indiens en Amérique (les personnages historiques), 1974 ¦ Le Bras coupé (roman), 1976 ¦ Il n’y a plus d’indiens (pièce de théâtre), 1983 ¦ Contes adultes des territoires algonkins, 1985 ¦ Lettre à Yves Thêriault, 1986 ¦ Québec, 1967-1987, de De Gaulle au lac Meech, 1988 ¦ Im Saga des Béothuks, 1996 Bernard Assiniwi prépare actuellement un essai historique, Les Oubliés, qu’il devrait publier sous peu.Ce livre abordera entre autres la question de l’accord du lac Meech: «La dernière tentative pour sauver l’accord du lac Meech n’a été initiée ni parles Québécois ni parles Canadiens anglais, mais bel et bien par les associations autochtones, dont le Conseil national des autochtones du Canada.» Dans ce livre, il régi,era notamment ses comptes avec ceux qui ont dit qu’Elijah Harper a contribué au sabordage de l’accord.«Il n’a jamais dit non à l’entente.Il a dit non à la non-consultation de la population canadienne sur la question», lance-t-il.Décidément Bernard Assiniwi n’a pas fini de faire parler de lui.F.N.Le plus troublant, selon le chercheur, c’est que les autochtones en sont arrivés à croire qu’ils étaient tels que les livres d’histoire les décrivaient: sauvages et sans culture.^ -;- Ne manquez pas notre cahier spécial f ^ -*** j?/V " tombée publicitaire : le vendredi 13 juin publié le 21 juin prochain! LE DEVOIR I.K H K V 0 I It .I.K I.Il X I) I il .1 II I X MM) 7 ÉCONOMIE CETTE SEMAINE À LA BOURSE Date Heure Lieu 10-06-97 10hOO Montréal 10-06-97 12h00 Montréal 11-06-97 12h00 Montréal 12-06-97 11 hOO Montréal 12-06-97 16h00 Montréal 13-06-97 15h00 Montréal 09-06-97 10h00 Toronto 09-06-97 11 hOO Toronto 09-06-97 16h00 Toronto 09-06-97 16h00 Toronto 10-06-97 9h00 Toronto 10-06-97 10h00 Toronto 10-06-97 11 hOO Toronto 10-06-97 11 h30 Toronto 11-06-97 11 hOO Toronto 11-06-97 16h00 Toronto 11-06-97 16h15 Toronto 11-06-97 16h30 Toronto 12-06-97 10hOO Toronto 12-06-97 10hOO Toronto 12-06-97 11 hOO Toronto 12-06-97 16h15 Toronto 13-06-97 10hOO Toronto 13-06-97 14h00 Toronto 09-06-97 11 hOO Vancouver 09-06-97 13h00 Calgary 09-06-97 14h00 Calgary 09-06-97 15h00 Calgary 09-06-97 16h00 Calgary 10-06-97 10hOO Calgary 10-06-97 11h00 Vancouver 10-06-97 14h30 Calgary 10-06-97 16h30 Calgary 11-06-97 10h30 Calgary 12-06-97 14hû0 Calgary 12-06-97 14h00 Calgary 12-06-97 15h00 Calgary 13-06-97 9h00 Calgary 13-06-97 10hOO Saskatch.Semaine du 8 au 14 juin 1997 ASSEMBLÉES ANNUELLES Nom de la compagnie QUÉBEC Minière du Nord Liée (Exploration) Coreco Inc Cristobal Inc (Ressources) Korinor Inc (Ressources) Raudin Inc (Exploration) Sintra Ltée ONTARIO Innova Technologies Corp.Journey's End Corporation Accugraph Corporation Counsel Corporation Guyanor Ressources S.A.Centrefund Realty Corporation Home Capital Group Inc.Golden Star Resources McGraw-Hill Ryerson Limited Marleau Lemire Inc Tiomin Resouces Inc.Pet Valu Inc.Biovail Corporation International Hillsborough Resources Ltd.Cinram Ltd Pangea Goldfields Inc.Minerals Resources Corporation Highwood Resources Ltd.AILLEURS AU CANADA Wardley China Investment Trust Comaplex Minerais Corp.Comstate Resources Ltd.Post Energy Corporation Compton Petroleum Corporation Fortune Energy Inc.Newhawk Gold Mines Ltd.Superior Propane Income Fund Artisan Corporation Nugas Limited Merit Energy Ltd.Olympia Energy Inc.Vermilion Resources Ltd.Richland Petroleum Corporation Lateral Vector Resources Inc.DIVIDENDE SPÉCIAL HUBBARD HOLDING INC (avis préliminaire)(HUB) Valeur: ordinaire Modalités: Hubbard versera 1,00$ par action en circulation pour 4,75 M $.DIVISIONS D’ACTIONS (STOCK SPLITS) COLGATE PALMOLIVE CO.Valeur: ordinaire Modalités: deux pour une GOLDEN DYNASTY RESOURCES LIMITED (avis préliminaire) Valeur: ordinaire Modalités: deux pour une INTERNATIONAL PBX VENTURE LTD.(avis préliminaire) Valeur: ordinaire Modalités: trois pour une PARAMOUNT RESOURCES LTD Valeur: ordinaire Modalités: trois pour une SCEPTRE INVESTMENTS COUNSEL LTD.Valeur: cat.A sans droit de vote Modalités: cinq pour une DIVIDENDES EN ACTIONS LYNX ENERGY SERVICES CORP.Valeurs: cat.A ord et cat.B avec droit de vote subordonné Modalités: Date de clôture des registres: le 27 mai 1997 Date de versement: le 28 mai 1997 Taux: une part de fiducie plus un droit de Serval Growth Fund pour chaque groupe de deux actions de cat.A ou de deux actions de cat.B de Lynx Energy Services Corp.CHOIX DE MONNAIE DU DIVIDENDE NORTHERN TELECOM LTD.(NTL) Valeur: ordinaire Modalités: Options de versement: si aucun choix n’est fait, il sera versé en $ US (0.15$ us).Si un choix est fait, il sera versé en $ CDN Date de clôture des registres pour le dividende: le 6 juin 1997 Date du versement: le 30 juin 1997 UNITED DOMINION INDUSTRIES LTD(UDI) Valeur: ordinaire Modalités: Options de versement: si aucun choix n’est fait, il sera versé en $ US.Si un choix est fait, il sera versé en $ CDN Date de clôture des registres pour le dividende: le 6 juin 1997 Date du versement: le 30 juin 1997 PROGRAMME DE VENTES POUR DÉTENTEURS DE PETITS LOTS MILLENNIUM CHEMICALS INC.Valeur: ordinaire Modalités: Les détenteurs de 99 actions ord ou moins de Millennium, au 6 mai 1997, pourront vendre la totalité de leurs titres.Date d’expiration: le 12 juin (17h, heure de l’est) Prix: le cours moyen pondéré des actions sur le marché ouvert (en $ US) s'appliquera de façon uniforme à tous les actionnaires participants au programme d'ici au 12 juin, à moins d’une prolongation.Des frais de traitements de 0.75 S US par action seront déduits du produit de la vente afin d’assumer les coûts du programme.REGROUPEMENT D’ACTIONS CAMELOT CORPORATION Valeur: ordinaire Modalités: une nouvelle pour 20 anciennes COOPER DEVELOPMENT CO.(avis préliminaire) Valeurs: ordinaire Modalités: une nouvelle pour 500 anciennes Les adhérents qui détenaient moins de 500 actions seront payés à un taux prévu de 1,50$ US par action.GREENLIGHT COMMUNICATIONS INC.Valeur: ordinaire Modalités: une nouvelle action ord de Greenlight Communications Inc.pour chaque groupe de cinq actions ord de Greenlight Communications Inc.détenues.Les renseignements contenus aux présentes proviennent de sources que nous croyons dignes de foi mais nous ne pouvons pas en garantir l'exactitude.Ce document, étant un bulletin d'information, pourrait s'avérer incomplet.TASSE Tassé & Associés.Limitée Le remarquable empire aéronautique de Bombardier CLAUDE LA F LEUR COLLABORATION SPÉCIALE Au cours des années 1980, la société Bombardier prenait en main Canadair, le constructeur d’avions célèbre pour ses bombardiers d’eau CL 215 mais qui battait sérieusement de l’aile.Il s’agissait pour Bombardier d’un tournant majeur alors que l’entreprise diversifiait ses activités dans le matériel de transport.Les dirigeants ont relancé Canadair en s’engageant dans une nouvelle gamme d’appareils: les avions d’affaires Challenger.Le pari était audacieux puisqu’à l’époque le marché pour ce type d’avions était passablement restreint.Mais avec la déréglementation du transport aérien et la mondialisation de l’économie, il s’est avéré que Bombardier avait vu juste.C’est ainsi qu’aujourd’hui, grâce aux initiatives de cette société, le Canada fabrique 35 % des avions d’affaires de grande taille et 42 % des appareils de transport régionaux.Bombardier est même en train de devenir un véritable géant de l’aéronautique mondiale en acquérant d’autres constructeurs aéronautiques, dont de Havilland (Toronto), qui battait aussi de l’aile, Short Brothers (Irlande) et Lear Jet (Etats-Unis).Pour cette raison, on parle désormais du groupe aéronautique de Bombardier ou, plus simplement, de Bombardier Aéronautique plutôt que de Canadair, puisque cette dernière n’en constitue que l’une des composantes majeures.Ahmed Galipeau, chef des relations publiques de Bombardier Aéronautique, indique que ce groupe représente désormais le gros des activités de la société Bombardier, qui œuvre également dans le matériel de transport terrestre et les produits de consommation motorisés.Globalement, la société compte 41 000 employés et réalise un chiffre d’affaires de huit milliards de dollars.A lui seul, le groupe aéronautique compte 24 000 employés — ce qui correspond à 60 % des effectifs — et a fabriqué 168 avions l’an dernier.Ce groupe connaît un vif succès avec ses appareils de type Challenger et Regional Jet à 50 places.Ces avions de transport de passagers s’avèrent en effet particulièrement bien adaptés au marché aérien très changeant puisqu’ils permettent d’ajuster la fréquence des vols sur mesure.Le dynamisme de l’entreprise est illustré par trois récents développements.Le 21 avril, Bombardier annonçait l’achat par Atlantic Southeast Airlines de 30 Regional Jet.Il s’agit d’un wy: ARCHIHVES LE DEVOIR Arrivée à Dorval d’une pièce de fuselage du Regional Jet de Canadair fabriquée par Shorts en Irlande du Nord, l’une des usines de l’empire Bombardier.contrat de 825 millions constituant la plus importante commande d’avions de ce type à ce jour.Le transporteur américain a de surcroît pris des options sur 60 autres appareils, alors que la formation des équipages et du personnel d’entretien de la compagnie aura lieu au Centre de formation aéronautique de Bombardier, situé à Montréal.Cette transaction porte à 236 le nombre d’appareils figurant dans les carnets de commandes fermes du groupe aéronautique: Fort de ce succès, l’entreprise annonçait récemment la mise en chantier d’une version à 70 places du Regional Jet.L’entrée en service de ce RJ est prévue pour l’an 2000.L’appareil couvrira une distance de 3760 kilomètres, ce qui lui permettra de se rendre n’importe où dans le monde.(jjj] Aujourd'hui Ce Soir max 27 SS min "J 3 Mercredi max 27 & Ü/ = I VENTEUX BROUILLARD PLUIE /// AVERSE ORAGE f *** ** NEIGE V/t Températures : MAX / MIN 29/Q M t-tPfl/l1 Goose Bay >8/7 'Blanc Sablon I Kuujjuarapik " 8/1 W'l'1'11 ¦ 20/3 La Grande IV Sept-i 21/8 ,Gaspé 25/9 ¦ 15/10 Iles de la Madeleine Chibougamau 25/10 " ¦ 29/11 Val d'Or in 25/10 ¦ r Chicoutimi ! Québec J5/11 rnf Rivière-du-Loup “ 24/9 r f 25/10 Trois-Rivières 27/13 ¦ ,25/10 _^Sherbrooke 'jjthhT -Montréal- "I11 Entre-temps, les ingénieurs poursuivent les essais en vol du Global Express, le premier avion d’affaires conçu pour franchir plus de 12 000 kilomètres à la vitesse de 935 km/h.L’appareil pourra transporter jusqu’à 19 passagers, plus loin et plus rapidement que tout autre avion d’affaires existant ou en projet.Actuellement, les ingénieurs réalisent le programme de certification du Global Express en vue de son entrée en service commercial dès l’an prochain.Le cœur de Bombardier Aéronautique est constitué par les installations de Canadair situées à l’ouest et au nord de Montréal.La firme compte 7500 employés, soit près du tiers des effectifs du groupe aéronautique, alors que, sur les 168 avions fabriqués l’an dernier, 75 l’ont été dans les usines de Canadair.C’est là que sont assemblés les Regional Jet, les Challenger 604 ainsi que les CL415, les avions-citernes qui servent à la lutte contre les incendies de forêt.On y construit également le cockpit du Global Express alors que l’on amorcera prochainement la fabrication des Regional Jet à 70 places.Sur les 7500 employés, environ 5000 sont des ouvriers spécialisés et des techniciens qui usinent les pièces et les assemblent dans d’immenses ateliers.On retrouve également un millier d’ingénieurs qui se répartissent en trois groupes.Il y a ceux qui travaillent aux projets à long terme; ils imaginent par exemple de nouveaux types d’appareils qui pourraient être construits dans dix ou quinze ans.D’autres in- génieurs se consacrent aux projets à moyen terme, comme le développement du Regional Jet à 70 places.Finalement, des ingénieurs travaillent à résoudre les problèmes immédiats rencontrés lors des opérations régulières des appareils en service à travers le monde.Etonnamment, de plus en plus, les avions ne sont plus construits dans une même usine, mais le travail est réparti entre les quatre unités de fabrication un peu partout sur le globe.Ainsi, les éléments du Global Express sont produits dans six pays par les neuf partenaires du projet: les ailes sont faites au Japon, les moteurs en Allemagne, les systèmes électriques viennent d’Angleterre, l’avionique de Toulouse, le cockpit de Montréal, alors que le tout est assemblé à Toronto.«Il s’agit de l'approche de centres d’excellence, rapporte M.Galipeau, où on tend à spécialiser des usines, ce qui permet des économies d’échelle importantes.» Il souligne qu’un ouvrier spécialisé qui travaille sur un aspect particulier de l’assemblage d’un avion devient un expert plus aguerri qu’un autre à qui on confierait des tâches différentes.En outre, les nouveaux projets d’avions sont réalisés en partenariat international.«Le coût du développement du Global Express s’élève à 800 millions, rapporte Ahmed Galipeau, ce qui représente un risque financier trop important pour une seule entreprise.Alors, on partage les risques.» Ainsi, Bombardier a investi 400 millions alors que les partenaires internationaux (moteurs, avionique, etc.) ont fourni les 400 autres millions.M.Galipeau indique de plus que Bombardier en a profité pour s’associer aux meilleurs partenaires dans chacun des domaines, «ce qui donne à l’acheteur autant de raisons additionnelles de préférer notre produit».Il ajoute que puisque tous les partenaires désirent réaliser des profits, ils deviennent les promoteurs de l’appareil plutôt que de simples fournisseurs.LES DEVISES ETRANGERES Voici la valeur des devises étrangères exprimée en dollars canadiens Afrique du Sud (rand) 0,3215 Allemagne (mark) 0,8018 Autriche (schilling) 0,1162 Barbade (dollar) 0,7060 Belgique (franc) 0,03945 Bermudes (dollar) 1,3973 Brésil (real) 1,3248 Caraïbes (dollar) 0,5259 Chine (renminbi) 0,1722 Espagne (peseta) 0,00977 Etats-Unis (dollar) 1,3833 France (franc) 0,2377 Grèce (drachme) 0,005283 Hong Kong(dollar) 0,1837 Inde (roupie) 0,0407 Italie (lire) 0,000838 Jamaïque (dollar) 0,0438 Japon (yen) 0,01209 Mexique (peso) 0,1864 Pays-Bas (florin) 0,7248 Portugal (escudo) 0,008204 République dominicaine(peso)0,1007 Royaume-Uni (livre) 2,2575 Russie (rouble) 0,000246 Suisse (franc) 0,9728 Taïwan (dollar) 0,0509 Venezuela (bolivar) 0,00292.Aujourd'hui Ce Soir Mercredi Jeudi HH HH HH HH Aujourd'hui Ce Soir Mercredi 0 0 HH HH HH HH Météo-Conseil LJ 1*1 Environwmfit C 1 900 565-4455 Frais applicables La météo à la source x VTA d’fljfjfai REIMS & CHATEAUX LA FINE FLEUR DES MAITRES HOTELIERS SAINTE-ADELE LAURENTIDES HÔTEL L’EAU A LA BOUCHE Gourmet Magazine: “ 1996 America’s Top Tables Award" Hôtel-Rcsiaurani 4 diamants CAA, La Table d'Or des Laureniides, Table de Bronze au Grand Prix National de la Gastronomie 1993, 25 chambres luxueuses, vue sur les pentes de ski.*** Spécial Forfait d'affaires *** du dimanche au jeudi : 42,50 S par personne, par nuit, occ.double, incluant luxueuse salle de réunion, café en permanence, équipement d’audio-visuel et service.Tel.sans frais de Mil: 514-227-1416 ou 229-2991.Fax: 229-7573 MONTÉRÉGIE SAINT-MARC-SUR-LE-RICHELIEU * HOTELLERIE LES TROIS TILLEULS A St-Marc-sur-le-Richclicu.Une hostellcne paisible et confortable, dans une demeure d'un autre âge.sur le bord de la rivière Richelieu, ou le personnel n'a qu'un seul désir: satisfaire.Lauréat national «Mérite de la Restauration» 5 salles de réunions disponibles.Nous avons différents forfaits i vous proposer.856-7787 v 4 D1C I.K I) K V (Mit.I.K I.I' X I) I » .1 I' I N I »» 7 E C 0 N 0 M wËËm ARCHIVES LE DEVOIR Vue de l’intérieur du Palais des congrès de Montréal TOURISME D’AFFAIRES L’option agrandissement du Palais des congrès No r ni and Cazelais Selon des sources — évidemment — bien informées, le gouvernement québécois devrait mettre fin au suspense et annoncer cette semaine sa décision d’agrandir le Palais des congrès de Montréal au lieu de le déménager à la Place Bonaventure.Ce qui, de l’avis des gens d’affaires du Vieux-Montréal et d’au moins un expert, serait une fort bonne chose.Dans le premier cas, l’inverse serait surprenant.Leur intérêt les porte, on les comprend, à privilégier, ne serait-ce que par les lois de la géographie et de la proximité, une solution de natu-?• ?re à leur bénéficier.Le quartier historique de Montréal compte trois associations: celles des résidents, des commerçants et des gens d’affaires.Cette dernière regroupe des hôteliers, des notaires et autres professionnels, des persQnnes œuvrant dans l’immobilier.A ses yeux, l’agrandissement de l’édifice comporte nombre d’avantages: plusieurs propriétés et bâtiments inoccupés pourraient ainsi être revalorisés alors que les fournisseurs du Palais établis dans le «Vieux» pourraient faire encore de meilleures affaires.Cette position, on le sait, rejoint celle de la Caisse de dépôt et de placement du Québec qui entend développer, dans le prolongement du Centre de commerce mondial et donc à proximité du site actuel, un quartier international.Et la digne institution, habituellement si réservée dans ses opinions, a récemment fait connaître, haut et fort, sa préférence.Les promoteurs de la Place Bonaventure, eux, tiennent un tout autre discours, faisant valoir les qualités de leur immeuble, un rapprochement du centre-ville et de ses grands hôtels.Ils reçoivent, semble-t-il, une bonne écoute en haut lieu dans les officines du pouvoir car la valse-hésitation dure déjà depuis pas mal de temps.Alors que dit l’expert en question?«Mieux vaut concentrer les efforts sur l’agrandissement du Palais que sur son déménagement.Parce qu’il y a un acquis, une localisation, un historique.Déménager n’apporterait pas grand-chose.» Il s’appelle Michel Grenier.Depuis près de 30 ans, au Québec mais aussi un peu partout en Amérique (sa firme, établie rue Sherbrooke à Montréal, a également pignon sur rue à Washington), il fait des études de valeurs immobilières et de localisation commerciale pour des entreprises, grandes ou moins grandes, à la re- cherche de sites propices pour implanter des centres d’achats, des espaces à bureaux et autres lieux d’affaires.Se rapprocher des hôtels, pense-t-il, n’est pas une raison suffisante.«Et que ferait-on, demande-t-il, avec l’éléphant blanc?Le démolir ne serait pas une solution, d’autant plus qu’il constitue un excellent pont entre le secteur des affaires et le Vieux-Montréal.Il faudrait le réutiliser, mais comment?» L’agrandissement du Palais impliquerait de «recouvrir encore davantage l’autoroute Ville-Marie, d’effacer une partie supplémentaire de cette césure, ce qui ne serait pas une méchante idée».La Place Bonaventure — «un bunker qui n’a fenêtre sur rien» — va conserver sa valeur: «Ce serait certes une façon de protéger sa structure commerciale.Elle va continuer de «souffrir» mais elle va continuer ses activités.Elle n’a pas besoin du Palais pour vivre et survivre.» Au plan immobilier, Michel Grenier ne croit pas qu’un déplacement des fonctions du Palais à la Place Bonaventure engendrerait «de façon marquée» une hausse des valeurs des terrains et immeubles adjacents.Les effets d’entraînement seraient plus considérables autour du site actuel, «même si l’agrandissement du Palais ne s’accompagnait pas dans l’immédiat de la construction de nouveaux hôtels».Mais, la venue de congrès plus nombreux et de plus grande envergure, conjuguée aux activités de Centre commerce mondial et à l’émergence de l’éventuelle cité internationale, devrait, pense-t-il, en faire apparaître dans un avenir assez rapproché.Les jeux ne sont pas faits.D’ici l’annonce officielle de la décision gouvernementale, vous pouvez parier sur les jeux de coulisse.Consolons-nous: voici à peine 20 ans, lorsqu’on prévoyait construire un centre de congrès à Montréal, beaucoup s’interrogeaient — relisez les journaux de l’époque — sur la «pertinence» et l’«utilité» d’un tel équipement.• Tu as • ^ s . I il J I' I X l !» !' 7 < U LT ! ! I! E MUSIQUE CLASSIQUE Bérangère auditionne Ce n’est pas «un autre orchestre» en quête de méga-subventions.Ce n’est pas un autre Orchestre symphonique de Montréal, ni un autre Orchestre métropolitain.C’est l’Orchestre symphonique de la Communauté de Montréal, né du désir de musiciens de se réunir pour le simple plaisir de la chose.Louise Leduc Le Devoir Petit mois de janvier de misère, grosse tempête de verglas.Qu’importe, ce jour-là, il aurait pu tomber n’importe quoi, Bérangère Boisvert aurait tout de même fait la route Saint-Damase—Montréal.C’était ce jour-là ou jamais: quand on n’a plus 25 ans et qu’on veut faire de la musique plutôt que de jouer au bingo, les auditions, ça ne court pas les rues.Vous vous souvenez des trottoirs cet hiver?Bérangère Boisvert, elle, en a vu un de très près quand elle s’est retrouvée par terre avec son violon à la sortie du métro.Elle a tout de suite vu que quelque chose n’allait pas avec son bras.Du plus piètre état encore de son violon, elle ne s’est rendu compte qu’en pleine audition.Tout ça pour dire qu’elle n’était pas nerveuse à son arrivée au conservatoire, simplement un peu.diminuée.Seulement, quand on l’a avertie que le résultat ne lui parviendrait par la poste que quelques semaines plus tard, ça n’allait plus du tout: c’était oui, c’était non, d’accord; mais c’était tout de suite.Cela faisait des mois qu’elle avait entamé ses démarches.Lors de ses hivers passés en Floride et par l’entremise du high school de Miami où elle étudiait l’anglais, elle avait appris par son professeur mélomane que des retraités du coin avaient formé un orchestre d’amateurs à Dearfield.L’été passé, sur le parvis de Notre-Dame, elle avait même apostrophé Charles Dutoit en plein festival Mozart pour lui demander si un ensemble similaire existait ici.A l’époque, non.Mais quand elle a entendu parler de recrutement à l’Orchestre symphonique de la communauté de Montréal quelques mois plus tard, cette ancienne musicienne de l’Orchestre symphonique de Montréal n’a fait ni une ni deux.C’était sa chance.C’est ainsi qu’elle s’est présentée éclopée et trempée à son audition.Et la réponse, alors?Vu «son expérience» (elle a déjà été dans la section des premiers violons il y a quelques décennies et elle a enseigné pendant dix ans), elle a été acceptée.«Pour faire de la musique, pour me présenter aux répétitions toutes les semaines, ça me fait faire 175 kilomètres depuis Saint-Damase.» Saint-Damase.?«Au beau milieu des champs, entre Saint-Hilaire et Saint-Hyacinthe.» Ah oui, ce Saint-Dama-se-là.Depuis, Bérangère siège aussi au conseil d’administration de l’orchestre, est devenue amie avec la première violoncelliste, une Ukrainienne qui vient aux répétitions avec ses deux fillettes.Le tout nouvel Orchestre symphonique de la communauté de Montréal compte donc quelques retraités, quelques anciens de l’OSM, de l’Orchestre métropolitain et de l’Orchestre symphonique de Québec auxquels s’ajoutent quantité de professeurs de musique, d’étudiants ou de musiciens à la recherche d’un emploi rémunéré.Au total, 55 musiciens de tous horizons (dont 25 cordes), entre 15 et 67 ans (vous connaissez maintenant la doyenne), 60 % de femmes, 40 % d’hommes.Bien qu’amateur, le nouvel ensemble se défend d’être un «orchestre en jeans»: aucune des personnes choisies n’avait remisé son instrument et tous possèdent une solide formation musicale.Et gare à ceux qui s’aviseraient de rater trop d’auditions hebdomadaires: la porte n’est jamais loin! Le niveau?Inégal, à en croire le directeur artistique Daniel Constantineau.«R faut prendre garde de ne pas dépasser un certain niveau parce que certains ne suivraient plus.On ajuste notre répertoire en conséquence.» Celui du premier concert, donné samedi à 20 h à l’École Vincent d’Indy (628, chemin de la Côte Sainte-Catherine), sera composé de l’ouverture des Noces de Figaro de Mozart, des suites de Peer Gynt du Norvégien Edvard Grieg, de la suite de Ma mère l’Oye de Ravel et de la Huitième Symphonie de Schubert Le prix des billets est fixé à 7 $ et, faut-il le noter, les musiciens jouent bénévolement L’Orchestre symphonique de la communauté de Montréal a déjà prévu trois autres concerts: en décembre, en mars et juin 1998.Jessye Norman au Centre national des arts La soprano Jessye Norman sera l’artiste invitée d’une soirée de gala au profit du Centre national des arts d’Ottawa, le 4 octobre.A cette occasion, Mme Norman chantera, des Noces de Figaro, les arias Vado, ma dove?et Porgi, amor, qualche ristoro et la dernière scène du Capriccio de Richard Strauss.Aussi à l’aise en héroïne d’opéra qu’en interprète de lieder, la dame se passe de présentation: la Sca-la de Milan, le Metropolitan Opera de New York, elle les a tous fait vibrer.Parmi ses récentes prestations «grand public»: la clôture des cérémonies d’inauguration des Jeux olympiques d’Atlanta et, en janvier, la deuxième cérémonie d’investiture du président Bill Clinton.Comme il s’agit d’un gala et d’une campagne de financement pour le Centre national des Arts, les billets ne sont pas donnés cependant: 200 $ (avec reçu d’impôt de 80 $), ce qui inclut un diner aux chandelles sur la scène de l’Opéra du CNA Les billets sont d’abord offerts aux abonnés puis seront disponibles au grand public a compter du 23 juin.A vos marques.Quelques concerts cette semaine: Mercredi et samedi: dernières représentations de Tu-randot.a l’Opéra de Montréal.Jeudi: des retrouvailles a la Société de musique contemporaine du Québec.Raoul Duguay retrouvera son bon ami Walter Boudreau le temps d’un concert.Pour souligner l’événement, Raoul Duguay a écrit un texte spécialement pour ce soir-la.Le thème du concert?L’Orient, qui a inspiré bon nombre de compositeurs occidentaux, dont Claude Ve vier (Pulau Dewata, orchestration de John Rea), Terry Rei-ly (In O Philip Glass (Sextuor).John Cage (Ryoanji) en plus de Serge Arcuri (une commande de la S.M.C.Q.).Festival du nouveau cinéma et des nouveaux médias Côté soleil, côté ombre The Van de Stephen Frears est retiré de l’affiche ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Une balade s’imposait en fin de semaine du côté du Festival du nouveau cinéma et des nouveaux médias.Force fut de constater que les salles étaient pour le moins dégarnies.L’été est arrivé à Montréal en même temps que le festival, et il fallait être cinéphile pur et dur (un peu maso) pour s’enfermer dans les salles obscures en ce début de belle saison si tardif.Au Festival, on déclare une assistance autour de 50 % (moins forte que l’année dernière par temps gris), mais à vue de nez, plusieurs cinémas étaient encore plus déplumés que de moitié (mis à part, nous dit-on, devant l'hommage à Koba- khidzé et les projections de La Moindre des choses de Nicolas Philibert).Par contre, le Media Lounge, antre des Nouveaux Médias, ne dérougissait pas, tant à la performance Alchemic des Allemands Thomas Koner et Jürgen Reble que devant les impressionnants cédéroms et les écrans d’Internet.Ce sont les expériences numériques qui fascinent le jeune public, bien davantage que le cinéma, jugé pas très novateur par plusieurs membres de la génération montante.Le soleil et quelques éléments d’ombre sont venus ternir l’éclat de cette première édition du festival Chamberlain The Van de l'Irlandais Stephen Frears, une des pièces de résistance du rendez-vous, a vu ses deux représentations prévues à l’horaire vendredi et dimanche dûment annu- lées; la Fox company ayant changé son fusil d’épaule après avoir accordé son feu vert.C’est un secret de Polichinelle dans les coulisses du FCMM, qu’une main riva- tanin " m o n t r é a I le est derrière le retrait de The Van, celle de Serge Losique en l’occurrence qui aurait détourné le film vers son propre festival à la fin de l’été.Le torchon semble brûler très fort entre les deux rendez-vous, et le président du FFM aurait envoyé plusieurs mises en demeure à Daniel Langlois, mécène du FCMM, dont une accusant le festival de faire des déclarations fausses en prétendant compter The Van parmi ses longs métrages.Claude Chamberlan refuse pour le moment de commenter la querelle.Il déclare attendre le 16 juin, au lendemain de la clôture du FCMM pour s’expliquer.Mais tout laisse croire que cette ténébreuse affaire de guerre de festivals atteint des sommets depuis que Daniel Langlois a effacé les dettés de l’ancien rendez-vous Chamberlan et offert des bases financières solides au nouveau FCMM; initiative qui aurait attisé la colère du patron du FFM et suscité ces passes d’armes.À voir ou à fuir aujourd’hui SOURCE CI.C PRODUCTIONS Une scène du film de Jean-Pierre Ameris, Les Aveux de l’innocent.LES AVEUX DE L’INNOCENT De Jean-Pierre Améris (France).Le film part de rien: un fait divers racontant l’histoire d’un jeune provincial échoué à Paris qui s’accuse faussement du meurtre d’un chauffeur de taxi, tâte de la prison avant d’avouer son innocence.Jean-Pierre Améris, le cinéaste du Bateau de mariage, avec ce second long métrage Les Aveux de l’innocent a remporté l’an dernier à Cannes le Prix de la jeunesse, le Rail d’or et le Prix de la Semaine internationale de la critique.Ce film flottant entre comédie et drame social, fort bien réalisé, sans bavures et bavardages, laisse beaucoup de place au non-dit et fait confiance à l’intelligence du spectateur.Les Aveux de l’innocent, suit donc les allées et venues d’un jeune homme de Saint-Etienne qui rêve d’un bel avenir mais dont Paris n’a que faire et qui s’invente un meurtre pour jouer enfin le rôle de sa vie.Le film est une valse à trois temps: chronique de la vie de province, dérive parisienne et épisode derrière les barreaux, trois volets tournés en lieu réel avec plusieurs comédiens non professionnels mêlés à des acteurs de métier (comme Michèle Laroque) sur un ton de réalisme nimbé d’absurde très maîtrisé, souple et plein de finesse.Lundi, Cinémathèque, 21h30.Mercredi, 17h, Cinéma du Parc 1.Samedi 13 juin, 19hl5, Cinéma du Parc 2.Odile Tremblay ALDOUS HUXLEY: THE GRAVITY OF LIGHT Olivier Hockenhull.Canada.On peut appliquer la vision d’Aldous Huxley à n’importe quoi, même à la révolution numérique et aux rapports tordus que l’homme entretient avec la technologie «qui a été inventée pour être au service de l’homme, alors que c’est l'inverse qui se produit.» L’auteur du Meilleur des mondes fut un visionnaire à qui ce documentaire d’Olivier Hockenhull rend tribut.Le cinéaste a privilégié une approche éclatée: Scènes du Meilleur des mondes interprétées par des comédiens, jeux de symboles et de clins d’oeil psychédéliques avec force cornets de crème glacée qui dégoulinent sur une table, séances de méditation, entretiens avec des anciens du flower power venus témoigner des expériences que fit Huxley du LSD 25 et de la mescaline.Mais cette mosaïque indigeste ne fait qu’égarer en tous sens le propos du film.Surnagent de ce fatras les extraits d’entrevues qu’Aldous Huxley accorda à la BBC et à la CBC au cours des années 60 et qui font revivre l’écrivain philosophe sans le napper de la sauce nouvel âge où s’engloutit le reste de ce documentaire sirupeux.O.T.CINÉMA DE NOTRE TEMPS CHANTAL AKERMAN PAR CHANTAL AKERMAN (France) Invitée par Janine Bazin et André S.Labarthe à réaliser un film sur un cinéaste de son choix dans le cadre de la série Cinéma de notre temps, Chantal Akerman a proposé de faire son autoportrait.Tant pis pour le recul intellectuel, on se contentera du recul temporel de la cinéaste.Or, cel- le-ci enrobe son œuvre cinématographique (une vingtaine de longs métrages) d’une aura de mystère qui, hélas, freine le plaisir qu’auraient pu ressentir les spectateurs à la percer.Outre le bref témoignage de la principale concernée qui nous parle de la difficulté qu’elle éprouve à se plier à l’exercice, le cœur du document comporte des longs plans séquence tirés d’une dizaine de films d’Akerman (D’Est, Golden Eighties, Jeanne Dielman) qu’on n’a pas pris la peine de nommer, ni de commenter.Des segments qui parlent d’exil, de déracinement culturel, de solidarité féminine, de liens familiaux, de thèmes, en fait, qui parcourent l’œuvre d’une cinéaste marginale qui se prête à l’autoportrait pour raffermir son droit au secret.Ainsi, devant la nécessité de parler d’elle et de son cinéma, Akerman se referme comme une huître en sollicitant la complicité des spectateurs qui, s’ils ne connaissent pas l’œuvre de la belge cinéaste, ne la découvriront certes pas avec son prétentieux exercice sur la vérité et le mensonge qui, tout bien considéré, n’amuse personne.Martin Bilodeau LONDON CLASSICS: Dear phone, de Peter Greenaway; Amelia and the Angel, de Ken Russell; Momma Don’t Allow, de Karel Rreisz et Tony Richardson; Nice Time, de Claude Goretta et Alain Tanner.Réunis sous la bannière London Classics, ces quatre sé- duisants courts métrages nous permettent à la fois de parcourir les rues de Londres et de frémir aux premiers balbutiements cinématographiques de réalisateurs devenus grands.Le programme s’ouvre sur Dear Phone, comédie pince-sans-rire qu’un Peter Greenaway encore vert, mais déjà littéraire, a consacrée aux merveilleux rectangles verticaux rouge pompier que sont les cabines téléphoniques anglaises; l’auteur de Drowning by Numbers fait alterner des plans fixes de ces espaces inoccupés avec des pages gribouillées faisant le bilan de conversations téléphoniques qui remettent en question le progrès et la déshumanisation qu’il entraîne.Réalisé par Ken Russell en 1958, Amelia and the Angel, le plus touchant de ces quatre courts métrages, raconte l’histoire d’une petite fille qui parcourt la ville à la recherche d’une paire d’ailes plumetées.On reconnaît, dans cette fable réaliste, admirablement photographiée, les thèmes du profane et du sacré, qui allaient plus tard faire la gloire de Russell (The Devils, The Music Lovers).Enfin, Momma Don’t Allow (de Karel Reisz et Tony Richardson) et Nice Time (De Claude Goretta et Alain Tanner) explorent, à travers des images documentaires captées sur le vif, le Londres effervescent et animé des boîtes de jazz et des théâtres et cinémas de Piccadilly Circus.Ces deux exercices, produits dans le cadre d’études de cinéma, relèvent d’un pari narratif et formel un peu scolaire, la personnalité de chacun étant plutôt difficile à décoder dans l’ensemble.M.B.VITRINE DU DISQUE Entre l’étranger et le chez-soi RÉMY CBAREST CORRESPONDANT DU DEVOIR À QUÉBEC GLEE Bran Van 3000 (Audiogram) Certes, ce n’est pas d'hier que les genres musicaux traversent les frontières nationales pour se donner un-nouveau genre: pensons à ce que firent quelques jeunes britanniques des années soixante avec le blues noir du Mississippi.Quand il ne s’agit pas de simplement copier en moins bien, ce genre d’échanges conduit à un enrichissement considérable, à des métissages qui mettent en relief certains éléments, en créent de nouveaux, génèrent dans tous les cas une musique qui vogue quelque part entre l’étranger et le chez-soi.Dans le Québec de 1997, il n’y a pas grand-chose qui vogue aussi bien entre ces deux pôles que le collectif Bran Van 3000 et son grand timonier, James di Salvio, réalisateur audio-vidéo surdoué et éclectique connu en particulier pour ses collaborations avec Jean Leloup.Autant le 1990 de Leloup avait dégommé la musique dansante québécoise il y a quelques années, autant Glee vient jeter un pavé ludique et gentiment foireux dans la mare rock-détente québécoise d'aujourd'hui.Branché dans l’éclatement des formes hip-hop, techno, trip-hop, avec une bonne cuillerée de sauce rock.Bran Van met côte à côte — et parfois l'un par dessus l’autre — des chansons pop bien écrites, des amalgames presque expérimentaux de rythmes et d’échantillonnages très diversifiés.Avec ses allures de courtepointe sonore.Glee gagne en intérêt d’écoute en écoute, même si l’ensemble reste forcément — peut-être même volontairement — inégal.Ouverte sur le monde, la musique de Bran Van tire de petites touches d’un peu partout, sans coller jamais à un style particulier, et devient donc aussi distinctif eq musique électronique que DJ Shadow l’est pour les Etats-Unis, les Chemical Brothers pour l’Angleterre.Même en chantant majoritairement en anglais, le collectif du «Char de Son» montre clairement l’existence d’une exception culturelle québécoise.Ce n’est déjà pas mal.POLYDLSTORTION Gus Gus (4AI)/Polygram) Installée au beau milieu de l'Atlantique Nord, l'Islande ne colle vraiment ni à l’Europe, ni à l’Amérique.Loin de l’une comme de l’autre, vivant sur un fuseau horaire qu’elle ne partage avec personne, la petite ile se donne une vie culturelle d'une richesse inouïe (pour une population d’à peine 250 (XX) personnes) qui répond à des critères plutôt singuliers.Ainsi en est-il de Gus Gus (couscous, en allemand), collectif de douze musiciens, cinéastes, poètes et artistes visuels qui livrent avec Polydistortion un des plus beaux disques de musique électronique de l’année, toutes nations confondues.Jouant aussi bien de sonorités typiques de la musique dance américaine que des rythmes doux et évocateurs à tendance trip-hop ou de sonorités que n’auraient pas renié Jean-Michel Jarre ou Tangerine Dream, les rigolos de Reykjavik se donnent ici quelques magnifiques zones de liberté, de jeu et de plaisir léger.Alignant d’abord k*s chansons imparabk-s (Gun.Hrlieve et surtout la fk*gmatique et funky Polyesterdaÿ), Polydistortion glisse ensuite vers des espaces de plus en plus atmosphériques et divers, comme s’il voulait constamment élargir ses horizons et, pour notre plus grand bonheur, les nôtres avec.WHITE ON BLONDE Texas (Mercury/Polygram) Il y a quelques années de cçla, Texas s’appelait Texas parce qu’il travaillait, de son Écosse natale, un country-rock (avec le tube I Don’t Want a Dwer, en particulier) pas très loin de l’Ouest américain.Déjà, il existait là une vibration intéressante entre l’original et la version passée au tamis des îles britanniques.Avec White on Blonde, la palette des musiques à tripoter s’est considérablement élargie, travaillant de clin d’œil en clin d’œil (dès le titre du disque, voisin d’un célèbre album de Dylan) jusqu’à faire émerger (mais n’est-ce pas ce que tout le monde fait, ces années-ci?) quelque chose de neuf.Dans la magnifique ballade Say What You Want, la chanteuse Sharleen Spiteri (une voix chaude et remarquable) lance un «When I get that feeling» auquel Marvin Gaye répondrait «/ want sexual healing», avant de bifurquer immédiatement vers autre chose.Black Eyed Boy (on pense à la blue eyed soul), pendant ce temps, semble issu tout droit des plus belles années de Motown, celles des Suprêmes et des Vandellas.Iœs références du genre sont nombreuses, mais elles ne gênent pas le plaisir d’écoute: les chansons tiennent d’elles-mèmes (le rock qui roule de Postcard, par exemple) et.quand elles ne se frottent pas trop à l’-adulte conteni|n>-rain-, ouvrent de beaux espaces sonores, faciles et efficaces.mais aussi diablement intelligents.A1C
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