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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1997-06-21, Collections de BAnQ.

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I) I M A N (' Il K S A M K I) I I) K V (I I It LE DEVOIR Im chronique tic Use Bissonnette Page B 3 Danse Page B 3 Cinéma Page B 4 Vitrine de la vidéo Page B 5 Vitrine du cédérom Page B 5 À Québec Page B 6 Disques classiques Page B 6 Jazz et blues Page B 7 Vitrine du disque Page B 7 Grille télé du week-end Page B 8 Agenda culturel Page B 9 Arts visuels Page B 10 Formes Page B12 FESTIVAL DE MONTRÉAL T É L É Le couple mal-aimé Les émissions littéraires ne courent pas les rues, c’est le moins que l’on puisse dire.Tellement, qu’une téléspectatrice déçue de la disparition de Sous la couverture, la seule émission littéraire de Radio-Canada, a décidé de protester.PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Littérature et télévision forment un couple étrange et de plus en plus rare.Les télédiffuseurs manifestent dans l’ensemble une grande réticence à mettre en ondes des émissions «show de chaises», qui sont à mille lieues des chasses à l’homme et autres frénésies qui ont la cote et font courir les annonceurs.Mais en même temps, l’impact d’une émission sur le livre et sur la lecture est considérable.Les écrivains et leurs éditeurs n’étaient-ils pas prêts aux pires bassesses pour «passer» chez Bernard Pivot?Une simple mention de son livre à la défunte émission Apostrophes ou encore aujourd’hui à Bouillon de culture suffit pour faire passer un quvrage de l’anonymat à la célébrité.Évidemment, les densités de population en France n’ont rien à voir avec celles du Québec-Mais cela n’enlève rien à l’importance du petit écran dans la diffusion du livre, bien au contraire.Demandez à un libraire de vous parler de l’impact que pouvait avoir sur un ouvrage un commentaire favorable à Sous la couverture, émission qui, après quatre ans, vient d’être retirée de l’antenne de Radio-Canada.La directrice générale de l’Association des libraires, Lucie Lachapelle, est formelle: «l’impact des médias dans la promotion des livres et de la lecture est primordial».Catastrophe L’Association des libraires, catastrophée comme bien d’autres de la disparition de l’émission, organise ces jours-ci une pétition pour obtenir le retour à l’antenne d’une émission littéraire, compte tenu du mandat culturel de la chaîne.C’est une téléspectatrice, Hélène Deraspe, qui est à l’origine de la démarche.Mme Deraspe, qui se décrit comme «une passionnée des livres», déambulait dans les couloirs de l’édifice de Radio-Canada, boulevard René Lévesque, il y a un mois, lorsqu’elle rencontra le co-animateur de la défunte émission, Jean Fugère.Elle le félicite et apprend avec regret que l’émission ne revient pas.De retour à son domicile, elle décide de «faire quelque chose» et appelle quelques libraires afin de savoir s’ils signeraient une pétition pour demander le retour d’une plage exclusivement littéraire.Un libraire lui suggère de contacter l’Association des libraires.Depuis mercredi, les signatures s’empilent Les éditeurs, dont plusieurs ont signé la pétition (Jacques Lanctôt Bertrand Gauthier, Pascal Assathiany, Jean Bernier, Denis Vaugeois) ont pris le train des protestations: «C’était une bonne émission.Bien faite.Il est navrant, voire dramatique qu’elle disparaisse», commente Antoine Del Busso, président de l’Association nationale des éditeurs.M.Del Busso rappelle qu’une des conclusions du Forum du livre tenu fin avril à Montréal touchait la mise sur pied d’outils de mesure pour avoir des arguments lorsque vient le moment de développer des émissions.Ainsi, en ce qui touche Sous la couverture, il ne peut donner de chiffres ou d’indications précises de son impact dans le monde l’édition mais encore là.il est indéniable, que «son impact est considérable».«Cela me semble relever de l’évidence.» Jackie McLean SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Au saxophone alto, il y eut Johnny Hodges d’abord, Charlie Parker, Art Pepper, Ornette Coleman, Eric Dolphy ensuite.Attention! Quand on dit cela, soit qu’il y eut celui-ci d’abord et les autres ensuite, on n’avance aucune hiérarchie entre le premier et les seconds.C’est juste que dans le temps, celui de l’histoire mécanique, il y eut d’abord Johnny Hodges, surnommé Rabbit parce qu’il aimait la salade dans les sandwichs, avant Bird, Pepper, Coleman et Dolphy, mort bien avant son temps.L’affaire étant entendue, il faut maintenant signaler qu’aujourd’hui, toujours au saxophone alto, les doigtés amples et fiers développés autrefois par les susnommés sont le fait de Oliver Lake, Henry Threadgill et Arthur Blythe.Ce dernier, s’il était un peu moins paresseux.Enfin, c’est une autre histoire.Tous ces artistes forment le corps franc du saxophone alto, réputé être, soit dit en passant comme ça, l’instrument avec lequel il est le plus difficile de se sculpter une voix particulière, un chant singulier.Maintenant, maintenant, maintenant.Maintenant, il faut confesser que parmi les musiciens nommés, il en manque trois.Trois canons, trois gros calibres.Trois altistes si magiques, donc si importants, qu’il n’y a aucun dénominateur commun entre eux, si ce n’est évidemment l’instrument qu’ils ont adopté.Mon premier porte un chapeau.La charade, ça vous dit pas?C’est samedi, on veut pas se casser la nénette, on est fatigué! OK d’abord! Les trois grands altistes qui vont ponctuer le rythme du 18p Festival international de jazz de Montréal (FIJM) s’appellent Jackie McLean, Lee Konitz et John Zorn.S’il fallait les définir d’un trait, peut-être qu’on pourrait avancer que Jackie McLean a un cri, ce qui est plus qu’un son, que Lee Konitz a toujours été juste et que John Zorn est radical.Voilà, c’est cela qu’on nous propose cette année: un triumvirat formé d’un cri, d’un juste et d’un radical.Soyons protocolaire, allons-y avec McLean.McLean et le front du refus Jackie McLean est né le 17 mai 1932 à New York.Son père fut guitariste dans la formation de Tiny Bradshaw.Un beau jour, il entend le son doux, le son délicat de Lester Young.On l’aura deviné, c’est le coup de foudre.Sa mère lui achète un saxo.Un peu plus tard, son oncle lui fait écouter Charlie Parker.Les copains de son voisinage, de son adolescence, s’appellent Bud Powell, Sonny Rollins, Elmo Hope, Kenny Drew et quelques autres.Lorsqu’il ne joue pas au ballon, l’un de ses amis lui donne des cours.Il s’agit de Bud Powell, l’enfant prodige de Harlem.On fait un bond.Miles Davis l’engage en 1949.Jackie enregistre avec lui.C’est alors qu’on découvre le son de la juste véhémence.De la révolte.Très tôt, Jackie McLean sera un jeune homme en colère.Colère de la situation faite aux musi-ciens; colère de la ségrégation imposée.Après Davis, c’est le prêtre bebop, Thelonious Monk, qui le rapatrie dans son groupe.Mieux, il est tellement doué, le McLean des années 50, que Charlie Parker \ n’hésite pas à l’envoyer jouer à sa pla- \ ce lorsqu’il a décidé de faire faux 1 bond.John Zorn Lee Konitz VOIR PAGE B 2: JAZZ Trois canons, trois fjros calibres.j|g?I Trois altistes si magiques qu 'it n // a ^ aucun dénominateur commun entre eux, si ce n'est évidemment l'instrument qu 'ils ont adopté.Jackie McLean, Lee Konitz et John Zorn viennent hanter le FIJM VOIR PAGE B 2: COUVERTURE I.K l> K V (MH.I.Y S S A M K DI 2 1 K T D I M A X < Il K 2 2 .1 l! I X Ml !» 7 B 2 COUVERTURE Une émission exclusivement littéraire s'impose SUITE I)E LA PAGE B 1 La Société d'Etat n’a encore fait aucune annonce officielle mais elle a confirmé qu’elle remplacera son émission littéraire de 60 minutes par un magazine culturel de 90 minutes, probablement animée par Mireille Deyglun et Pierre Therrien.Une chronique hebdomadaire serait consacrée aux livres, mais nécessairement d’une durée beaucoup plus réduite que celle allouée à Sous la couverture.Le théâtre et d’autres disciplines culturelles auraient leur segment; des rubriques loisirs et famille seraient aussi intégrées à l’émission.On le voit, la littérature est une des grandes perdantes du change- ment.Surtout qu’un chroniqueur qui dispose de six minutes pour parler des livres de la semaine risque de se rabattre sur les best-sellers du Club Price (contre lesquels nous n’avons rien par ailleurs), sur des ouvrages grand public.Les ouvrages plus pointus, qui ne se résument pas en un clip de deux minutes, risquent de faire les frais de ce changement.Parions que la littérature étrangère sera également moins présente.État de crise En confirmant le retrait de Sous la couverture, la direction de Radio-Canada a invoqué un fléchissement de l’intérêt pour l’émission, présentée, il faut le dire, à 16h le dimanche, LE FESTIVAL INTERNATIONAL DU .S SÉDUIRE! DO Swomet) DU 14 JUIN AU 24 AOÛT 1997 SAINT-IRÉNÉE, CHARLEVOIX „ Concerts • Drunches-musique MXEHEim Joshua Smith JOSHUA SMITH, flûte ÉRIC LE SAGE, piano La première flûte de l'Orchestre de Cleveland en récital Oeuvres de Hindemith, C.P.E.Bach, Schumann, Wiley, Reinecke $ 23$ Samedi 28 juin à 20H30 Alain Marion Hommage à RAYMOND GUIOT à l'occasion de ses cinquante ans de carrière.Raymond Guiof, flûte Alain Marion, flûte Denise Pépin, piano Guitares et luth en fête Hubert Kappel HUBERT KAPPEL et l'ensemble des professeurs du Domaine Forget Paul-André Gagnon, Bruce Hozman, Peter McCutcheon, Denis Poliquin, Patrick Roux, Jean Vailières Oeuvres de Sor, Vivaldi, Dominiconi, Hunt, Schubert Soirée Les Arts du Maurier 23$ LES BRUNCHES-MUSIQUE les dimanches de Uh à I4h Casino de Charlevoix Mercredi 2 juillet à 20h30 22 juin: Gabriel Hamel et son groupe, Répertoire varié RÉSERVATIONS: (418) 452-3535 poste 852 ou (sans fraisj 1-888-DFORGET poste 852 Choeur de chambre «EXAUDI» Direction : Maria Pelicia Pérez Un ensemble réputé de Cuba 23$ 29 juin: Lyne Beaubien et Marc Bélanger, Chansons du Brésil 6 juillet: Arabesque, Chansons de France et du Québec heure ingrate s’il en est.Mais les fidèles étaient invariablement au rendez-vous.Quelque 115 000 téléspectateurs en moyenne ont suivi l’émission cette année, comparativement à 128 000 l’année dernière.La baisse est apparemment plus importante si l’on considère que le nombre de personnes regardant la télévision à cette heure de la journée a augmenté cette année et, donc, que le pourcentage de gens ayant opté pour Sous la couverture a baissé.Télé-Québec a aussi son émission littéraire hebdomadaire, Plaisir de lire, animée par Danièle Bombardier.L’émission de 30 minutes reviendra à l’automne, le dimanche soir à 20h.Très différente de Sous la couverture, l’émission de Télé-Québec est constituée d’un entretien avec un auteur qui vient de publier et un échange avec une personnalité qui parle de ses lectures favorites.La chaîne promet une revitalisation de son émission pour septembre mais une petite demi-heure ne saurait consti- tuer un seuil suffisant de littérature au petit écran.Mais pour l’instant, les yeux sont tournés vers Radio-Canada.Pour sa part, Mme Deraspe trouve désolant que Radio-Canada ne considère pas comme allant de soi la présentation d’une émission exclusivement littéraire.Les Québécois ne sont pas les seuls à s’interroger sur la présence et l’influence des émissions culturelles à la télévision.Dans un dossier intitulé «La culture en crise», le dernier numéro du Nouvel Observateur interviewe Bernard Pivot qui impute à la télévision une large part de responsabilité dans la crise culturelle actuelle en France.L’animateur de Bouillon de culture note que «la culture classique est chassée de la télévision» et que les opéras ou la musique classique y sont relégués au milieu de la nuit.(La télévision française, à titre d’exemple présente Le Cercle de minuit à une heure du matin.Au moins TV5 le présente à 23h30!).M.Pivot poursuit en disant que son émission débute au moment où finissait Apostrophes et qu’il ne reçoit plus de ces lettres de téléspectateurs le remerciant de lui avoir fait découvrir tel ou tel auteur.La problématique n’est pas la même ici en ce sens que notre télévision n’a jamais présenté beaucoup d’émissions littéraires, bien qu’il y ait véritablement eu un âge d’or culturel à la télévision, alors que Radio-Canada ralliait beaucoup de monde autour de télé-théâtres.Il y a en revanche un aspect de la dynamique qui préoccupe autant les télédiffuseurs français que québécois (ou Canadiens anglais): la crainte de prêcher à des convertis uniquement et de ne plus pouvoir attirer les curieux.Ce n’est pas pour rien que Radio-Canada est si fier de son émission Vie d'artiste qui a réussi à franchir le mur des initiés et touche un large public.Mais cette émission ne saurait remplacer une émission littéraire.ARCHIVES LE DEVOIR Danièle Bombardier JAZZ L'avenir de ce qu'on appelle le jazz à défaut d'autre chose SUITE DE LA PAGE B 1 Après, ce seront les Jazz Messengers, ceux des débuts.Soit ces messagers du jazz qui s’étaient regroupés en coopérative, en collectif, pour faire front contre les multiples affronts fomentés et organisés par les patrons des clubs et des compagnies de l’époque, déjà enclins au conservatisme artistique, donc à l’immobilisation du neurone.Au cours des années, McLean fréquentera tous ceux qui gueulent.Tous ceux qui refusent Y American Way of Life revue et fixée par Eisenhower, McCarthy et autres trucmuches.Ce front du refus rassemble Charles Mingus, Max Roach.Mal Waldron et consorts.Bref, dans les années 50, Jackie McLean en bave.Et pas à peu près.D’autant qu’il est junkie.Même qu’il s’est fait pincer pour ça par les autorités.Alors, il perd sa carte de musicien.Et alors?11 ne peut plus travailler.Il est mis sur la touche.Que fait-il?Il travaille, il peaufine, il cisèle son style.Tellement qu’au terme des années 50, Jackie McLean domine totalement et pour toujours son instrument.Il a son langage.Il ne doit rien à personne.Dans les années qui vont suivre, il va signer quelques-uns des meilleurs albums du jazz.On pense notamment à Let Freedom Ring.Cet album paru sur étiquette Blue Note, ce disque fait de longues pièces, ce n’est plus seulement Te McLean hardbop, c’est le McLean qui injecte du free dans le paysage musical, après, il est vrai, Or-nette Coleman.Radical En battant qu’il est, Jackie McLean va organiser dans les années 70 un département de musique afro-américaine rattaché à l’université de Hartford, dans le Connecticut.Pendant un temps, un temps trop long, il va se faire discret.Puis, dans les années 80, il va ressurgir.Plus impérial, plus moderne, plus incisif que jamais.Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter son dernier album sur étiquette Blue Note.Le titre?Hat Trick.Jackie McLean a un cri.Il s’entendra le 27 juin en compagnie de Eric McPherson à la batterie, Phil Bowler à la contrebasse, Steve Davis au piano, Alan Palmer au trombone et son fils René au saxophone ténor.Parce qu’il n’a jamais abandonné la scène depuis qu’il la fréquente, soit depuis la fin des années 40, la personnalité musicale de Lee Konitz est plus connue que celle de Jackie McLean.On sait qu’il prit très tôt des libertés musicales grâce à la fréquentation du pianiste Lennie Tristano.On sait qu’il a favorisé — pour ne pas dire lancé — certaines abstractions sonores des années 60.On sait moins que Lee Konitz a toujours cherché à innover.Au point qu’il a multiplié les rencontres tout au long de sa carrière.Sa discographie est très abondante.Ce 18' festival nous permettra en tout cas de l’entendre dans deux contextes différents.Le 3 juillet à la salle du Gesù, il accompagnera l’avant-gardiste guitariste Bill Frisell.Le lendemain, il sera accompagné de Charlie Haden à la contrebasse et de Brad Meldhau au piano.Dans le premier cas, on peut s’attendre à des mises en relief de l’éclaté.Dans le deuxième, on parie que Lee Konitz va nous jouer des standards à sa manière, qui est une manière sensible sans maniérisme.Dans l’un comme dans l’autre, les notes de Lee Konitz seront toujours à propos.Toujours justes.Ah.John Zorn! Il y a trois semaines de cela, on est allé l’entendre dans son antre: la Knitting Factory à New York.D’abord, c’est un signe révélateur, il faut souligner qu’il ne se passe pas une semaine sans que le chef de file de ce qui s’appelle la Radical Jewish Culture ne se présente au moins une fois sur la scène du lieu musical privilégié par les avant-gar-distes qu’est la Knitting Factory.Toujours est-il qu’on a entendu un Zorn comme on s’attend à l’entendre.Soit constamment surprenant.C’est peut-être bien cela, l’art de Zorn: surprendre, décaper, pour mieux gommer les poncifs ou lieux communs musicaux.John Zorn est un intellectuel.Et c’est tant mieux.D’autant plus qu’ici, il faut le dire, l’anti-intellectua-lisme, ça commence à faire, hein! Cela dit, il faut souligner que toute sa production, et Dieu sait s’il produit, est liée ou fait écho à un moment de l’histoire.La politique comme la culturelle.Lorsqu’il ne consacre pas un double-compact à la triste Nuit de cristal, il va le consacrer aux polars de Mickey Spillane, à la culture ancestrale japonaise, à Kafka, au cinéma ou à Masada.C’est d’ailleurs cela, la facette Masada, qu’il nous proposera le 27 juin prochain.Ce Masada sera raconté par Zorn, accompagné par l’étonnant Dave Douglas à la trompette, Greg Cohen à la contrebasse et Joey Baron à la batterie.Devenu un radical du saxo comme de la musique en général pour avoir été trop curieux, John Zorn nous apparaît de plus en plus comme l’avenir de ce qu’on appelle le jazz à défaut d’autre chose.BILLETS EN VENTE MAINTENANT! du Maurier présente le au 790-1245, au Spectrum, à la Place des Arts et aux comptoirs Admission (+taxe$ et frais de service) FESTIVAL INTERMnOMAL POUR ENTENDRE TOUT CE QUE VOUS ALLEZ VOIR! Info-Jazz Bell 5,4 871-1881 1 888 515 0515 En ondes le 17 juin www.montrealjazzfest.com DE MONTREAL en collaboration avec CONCERTS EN SALLE SOIR DE CONSÉCRATION t£ TROMPETTISTE DE L'HEURE ROY HARGROVE TRIO, SEXTET ET BIG BAND UN RETOUR ATTENDU BRUCE C0CKBURN RETOUR D'UN MAITRE JOHN McLAUGHLIN AND THE HEART OF THINGS COLIN JAMES BAND AVEC COLIN LINDEN (CANADA) BOUBACARTRAORE (MALI) COREY HARRIS (USA) MARIAGE CLASSIQUE ET JAZZ EDDIE DANIELS aiMUSICI DE MONTRÉAL CELEBRATING SINATRA AVEC LE JOE LOVANO ENSEMBLE, WITH WOODWINDS & STRINGS JEAN-LUC PONTY WEST AFRICAN PROJECT JON FADDIS, SLIDE HAMPTON JIMMY HEATH AVEC KENNY DREW,JR., RAY DRUMMOND ET KENNY WASHINGTON.DIANA KRALL TRIO AVEC RUSSELL MALONE RERTORMANCEINTENSE MAVIS STAPLES GOSPEL AVEC LUCKY PETERSON DOUBLE PLAISIR! KAREN YOUNG INVITÉS: MICHEL DONATO ET LE SEXTUOR DE KARENT0UNG UNE VOIX IN0U8UABLE YMA SUMAC DOUBLE REVELATION PATRICIA BARBER FLEURINE MADELEINE PEYROUX INVITÉS SPÉCIAUX: CYRUS CHESTNUT ET JAMES CARTER MARIANNE FAITHFULL SINGS KURT WEILL ET AUTRES ((20" CENTURY BLUES» «SPIR/TICA» JERI BROWN UNE CHANTEUSE EXCEPTIONNELLE JANE SIBERRY EN PREMIERE PARTIE, LE PIANISTE TIM RAT CLASSE ET EXPERIENCE TOMMY FLANAGAN TRIO STEPHEN SCOTT TRIO CHARME ETTALENT AZIZA MUSTAFA ZADEH SOLO ELIANE ELIAS TRIO CONCERT EXCLUSIF CARLA BLEY TRIO AVEC STEVE SWALLOW, ANDY SHEPPARD FRED HERSCH (SOLO MONK) DEUX PIANISTES ACOAMÉES GERI ALLEN TRIO LE TRIO DE LORRAINE DESMARAIS •JACKY TERRASS0N DUO AVEC MINO CINELU • BRAD MEHLDAU AVEC CHARLIE HADEN JUNKO ONISHI TRIO CYRUS CHESTNUT TRIO GONZALO RUBALCABA TRIO DANIL0 PEREZ TRIO RENEE R0SNES TRIO D.D.JACKSON TRIO • MARTIAL SOLAL AVEC GARY PEACOCK ET PAUL MOTIAN • JAMES WILLIAMS TRIO AVECTONT REEDUS ET CHRISTIAN MtBRIDE LEXPESJENCE ET IA MAGIE MUSICALE DE GEORGE BENSON ET SES MUSICIENS li CHARME ET LE .SWING» DE TONY BENNETT DEE DEE BRIDGEWATER ET L’OSM RARE VISITE D'UNE GRANDE DAME NANCY WILSON ET SON TRIO HERBIE HANCOCK’S NEW STANDARDS MICHAEL MECKER, JOHN SCOflE LD.JACK DEJOMNETTE.DON ALIAS.DAVE HOLLAND THE MANHATTAN TRANSFER WITH THE COUNT BASIE ORCHESTRA, DIRECTED BT HA GROVER MITCHEU OLIVER JONES ET rob McConnell AND THE BOSS BRASS EN PREMIÈRE PARTIE: LE LAURÉAT DU PRIX DE JAZZ du MAURIER 1**7 ZACHARY RICHARD «mro spéciaux LITTLE FEAT If BRÉSIL A LH0NNEUR DJAVAN MARISA MONTE BEN HARPER uoTHE INNOCENT CRIMINALS R.L BURNSIDE, WATTS PROPHETS BRIAN SETZER ORCHESTRA INVITÉS SPÉCIAUX: CRAZY RHYTHM DADOIES STRING BAND LE RETOUR DUN GÉANT ISAAC HAYES EN PREMIERE PARTIE: JACKSOUL LVAXSINE.LA BASE DU REGGAE THE WAILERS THE SKATALITES • IRAKERE • LOS VAN VAN AVEC INVITÉS SPÉCIAUX • HERB ALPERT ET SON GROUPE BUDDY GUY BIG BAND LUTHER ALLISON ET SES MUSICIENS UN REMARQUABLE TROMPETTISTE JAZZJAAWCAIN MONTY ALEXANDER •YARD MOVEMENT- CONCERT ACOUSTIQUE JANE BUNNETT A CUBAN PIANO NASTtRS HILAR 10 DURAN.TATA GUINES ET FRANK EMILIO CRISOL ROY HARGROVE CHUCHO VALDÉS AVEC DAVID SANCHEZ.ETC «TANS DE JAZZ JACKIE McLEAN ET SES MUSICIENS BIRELI LAGRENE ET INVITÉS: DEBORAH SEFFER.DENNIS CHAMBERS.ETC BENNY GREEN AVEC RUSSE U MALONE.ANTONIO HART ET LEWIS NASH MICHAEL BRECKER JOE ZAWINUL SYNDICATE NICHOLAS PAYTON QUINTET «TALES FROM THE HUDSON'S» QUINTET Be/f Lc FESTIVAL INTERNATIONAL DE JAZZ DE MONTREAL et Lc CABARET DU CASINO DE MONTREAL présentent BLACKBIRDS OF BROADWAY A HARLEM RHAPSODY Formulesouper-spectacle duponihk' DIMANCHE yjf JUIN LUNDI 30 JUIN MERCREDI '¦£ JUILLET JEUDI JUILLET VENDREDI vj: JUILLET SAMEDI !j JUILLET VENDREDI yff JUIN SAMEDI JUIN JEUDI (: JUIN 18h qfiMDt corUe *tç AIR CANADA @ En coEcbofoVon cv«-, -‘ QHS cAm 977 fin THEATRE MAISONNEUVE SUPPLEMENTAIRE LE I" JUILLET 18h Vôéx ou tiorioe TWm WW“ En (oHoborincn c#c ZSSH CJU) SPECTRUM DE MONTREAL AUSSI LE DIMANCHE 6 JUILLET 2Ôh30 CBC Stereo et CBf-FM I00.7 présentent riMc mtiù THEATRE DU NOUVEAU MONDE SPECTACLE DE CLÔTURE SPECTACLE O OUVERTURE 20h30 LC< êVCNfMCNr< ¦* du Maurier* rJ* l SAI1E WlFROmiÉTÏR AUSSI LfHÀ«Oir|UHliT 21 h *Y THMC< Volkswogen © SSÏ METROPOLIS ja**-8E7tT @ Volkswagen CBC Ttr Radio-Canada Uemtcjl Mm I P I.K l) K V (t I It .I.K S S A M K DI 2 1 K T D I M A X (' Il K 2 2 .1 I’ I X MM» 7 Hors saison Dans notre cahier Livres (le la semaine dernière, j’ai pris connaissance des paris des libraires en ce Qui a trait aux ventes de l’été qui vient.Je les leur souhaite fabuleuses, il n’y a guère à mes yeux de commerce plus noble que le leur, mais j’en veux toujours à «l’industrie», concept aseptisé qui nous inclut, d’avoir désormais tendance à traiter le livre en produit saisonnier, surgissant entre laitue et poivron pour être consommé sur-le-champ, le plus vert possible.Aimer le livre, c’est aussi en accumuler iwur plaisir différé, comme les lecteurs du Devoir l’ont affirmé de façon si brillante en participant au défi de Tous pour une.Le plus simplement du monde, j’ai eu alors envie de vous emmener dans les allées de traverse où il n’y a pas de saison et où je viens de passer l’hiver comme je passerai l’été.Vous n’y trouverez pas le palmarès des lectures d’une vie, tel celui que je vous avais demandé, mais un instantané de ce dont je vous parlerais si nous allions dîner.D’abord de ces premiers romans qui, justement, souffrent plus que d’autres de la moulinette du calendrier littéraire.Ils sont bien reçus, ils ont droit à l’éloge, mais parce que l’auteur est encore inconnu, ils se retrouvent vite délogés des tables où s’empilent les derniers arrivages.D> Rire des femmes, de Pierre Leroux, paru aux jeunes éditions Les Intouchables l’année dernière, est de ceux dont je ne cesse de tenter d’enchanter mes amis.L’ancien chroniqueur littéraire du Journal de Montréal a soudain plié bagages professionnels pour faire irruption en lettres avec une fabuleuse écriture, mordorée et intelligente comme cette histoire de Cornélius Pavlivic, d’un pays qui pourrait être le nôtre mais ne l’est pas, et d’un bonheur qui pourrait être le sien mais ne l’est pas.A mi-chemin entre le climat d’une comtesse de Sé-gur et d’un Boris Vian qui eût connu les steppes, ce récit est si fin que je ne vous en dis pas plus.Tout à côté, paru un ixhi plus tôt, voici 1m Vie comme une image, chez XYZ éditeur, de Jocelyne Saucier que j’ai croisée en Abitibi où elle écrit, qui m’a intriguée et dont j’ai lu le roman d’une traite, sur un banc boiteux, dans un parc fédéral (oui), un après-midi en bordure du lac Témisca-mingue.Un huis clos parfaitement pervers sous une écriture lisse comme ces femmes qui tuent, un rythme à la Satie pour pénétrer sous le derme.J’observe, chez les hommes qui l’ont lu, deux camps retranchés, et comme j’ai rarement analysé le monde au féminin-masculin, je suis étonnée.Nous voilà en étrange frontière des sexes et je sais gré au jury du prix du Gouverneur général, qui a récemment mis cet ouvrage en nomination pour les romans, de vous inciter à retourner voir.Quant à moi, j’entreprends cette semaine le premier roman de Philippe Antonio Poloni, paru en janvier chez Lanctôt, Olivo Oliva, parce qu’il s’agit de l’histoire d’un «homme qui peignait des olives noires.Un noir presque aussi grave et triomphant que tous les jupons noirs de la Sicile», et que j’ai aimé des pages avant d’ouvrir le livre pour de bon (c’est ma manière).Je ne vivrais pas non plus sans livres d’art ou sur l’art.Plus j’avance en âge, plus j’ai tendance à les préférer aux tableaux et à y brûler tous mes sous, ce qui ne signifie surtout pas que je perds l’œil mais seulement que je suis plus pressée de régler mes comptes avec une école et une université qui m’ont si peu appris.Ces jours-ci, je suis plongée dans la plus récente biographie à être consacrée au peintre britannique Francis Bacon, décédé en 1992.L’éditeur de Arts International, Michael Peppiat, a écrit Francis Façon, Anatomy of an Enigma (Weidenfeld & Nicolson, Londres, 1996) comme une étude psychologique qui peut tomber à plat, mais j’y avance pour un tout autre plaisir, celui de croiser chaque référence à chaque tableau avec des catalogues ou ouvrages qui me les font voir.Cela va d’un numéro quasiment idolâtre de la revue Artstudio (n° 17, été 1990) où Pep-piatt officie aussi jusqu'à la luxueuse monographie Gallimard (1996) intitulée Iœs Passions de Francis Bacon et signée Philippe Sollers, d’un ton si pompeusement parisien que seule l’illustration le rachète.Je viens de terminer de pareilles lectures et contemplations croisées avec le sublime catalogue raisonné Soutine, que les si abordables éditions Taschen ont mis sur le marché en 1993, et je m’y suis promenée avec la biographie Soutine ou la profanation, de Clarisse Nicoïdski, parue aussi au centenaire de la naissance du peintre.Cela vaut un voyage et plus, ces heures d’allers et retours imprévisibles entre climats de l’artiste et climats du tableau.Il me faudra une solide table pour croiser bien d’autres lectures quand je m’attaquerai bientôt au catalogue raisonné en quatre tomes que la même maison Taschen vient de consacrer à Monet ou le triomphe de l’impressionnisme, une époque que je croyais surétudiée mais qui semble continuer à se révéler (j’y reviendrai en nos pages).Quant aux très sérieux ouvrages de référence, que j’aime posséder aussi mais qui grisaillent la vie, il n’y a pas meilleur moyen de les apprivoiser que de les métisser ainsi, en les digérant par morceaux choisis, Et la Constitution, me direz-vous?Et l’avenir du Québec croisé à celui du Canada après un référendum et une élection aussi inestimables d'enseignements l’un que l'autre?J’y viens, je fais mon devoir, mais je ménage ma monture qui s’userait vite avec les dizaines d’essais, numéros spéciaux de revues générales ou spécialisées, tirés à part de conférences, qui s'amoncellent gratuitement sous ma lampe officielle de la rue De Bleury.Je me lance à l’instant dans Misconceiving Canada, The Struggle for National Unity (Oxford University Press, 1997), le dernier ouvrage de Kenneth McRoberts, le politologue canadien le plus soucieux de vérifier le Québec sur le terrain, qui ne pense ni en fédéraliste ni en souverainiste mais en chercheur et généraliste, une catégorie d’universitaires qui se perd au profit des engagés ou des pointus.Je suis sûre de trouver chez lui, en paix, de quoi me replacer les idées en temps réel.Et au dessert, et au café, je vous parlerais de mon dernier achat vraiment hors saison, qui vient d’arriver de la librairie ancienne Jean-Claude Veilleux, de Québec.Confidences d’écrivains canadiens-français est un recueil de trente-trois entretiens menés par la romancière Adrienne Choquette, rassemblés en 1939 par Ijes Editions du bien public à Trois-Rivières.Je suis entrée en littérature québécoise par le Laure Clouet (Institut littéraire du Québec, 1961) d’Adrienne Choquette, dont le parfum tragique et étouffant me revient encore à volonté.Aujourd’hui, dans ce livre que j’ignorais, elle revit et m’offre les meilleurs de ses contemporains.Ainsi le temps s’étire-t-il au mieux, je le prends et reviendrai chronis-quer ici en septembre, à la prochaine saison.Bon été.^ Lise Bisson nette DANSE de (XrflQ ergerac d'Edmond Rostand mise en scène d'Alice Ronfard FESTIVAL ORFORD1997 4 juillet au 16 août Mozart - Les Noces de Figaro l’Intégrale des concertos pour piano de BEETHOVEN La Symphonie no 4 de Tchaïkovsky £e Quintette «Jüx Tniite» de Scfiithett i I Musici de Montréal Janos Starker Alain Trudel André Laplante Anton Kuerti L’Orchestre Symphonique de Montréal ET BIEN PLUS ENCORE.IMAGINEZ! Pour toute information: Centre d’Arts Orford - (819) 843-2405 /1888 310-3665 3165, ch.du Parc, Canton d’Orford (Qc) J1X3W3 A reONN EM ENTS HN VINT F.DÈS MAINTENANT LA SÉLECTION : 5 concerts 80S LE TRIO:3concerts 55S Mviiftiir avec Pierre Lebeau, Sophie Prégent, Michel Bérubé, Paul Savoie, Jacques Girard, Jean-François Casabonne et 13 comédiens Théâtre nu Nouveau Monde MEDIACOM «§?Radio-Canada xpofcQ Réservations 866-8668 790-1790 Piesenlé en U collaboration avec agrOfXir avec Gérard Poirier, Gabriel Arcand ?nique Mercure, MarieTifo, Ginette Morin, Catherine Sénart, nis Mercier, Serge Postigo, Danny Gilmore, Stéphane Perreault, téphane Breton, Alexandrine Agostini et Normand Lévesque.scene de Lorraine Pintal 2 DERNIÈRES mémuTim i CE SOIR IB H ET 211 LES GRANDS CLASSIQUES du Nou vt alj Monde Le ballet, c’est du sport ! À la veille de ses 40 ans, l’École supérieure de danse du Québec est affaiblie par les départs et les blessures Aussi bref qu’aura été son passage à la direction artistique et pédagogique de l’École supérieure de danse du Québec, Didier Chirpaz aura, par ses réalisations comme par ses erreurs, lancé toute une réflexion sur l’orientation à donner à l’institution.Au Québec, en 1997, le ballet doit-il encore être LOUISE LEDUC LE DEVOIR En trois mois, Didier Chirpaz aura arrprcé un véritable remue-ménage à l’École supérieure de danse du Québec, fondée en 1958 par Ludmilla Chiriaeff.L’une des premières décisions de Didier Chirpaz: accorder deux jours par semaine de congé aux danseurs plutôt qu’un seule et les contraindre à délaisser leurs chaussons une semaine toutes les sept semaines.Ces mesures s’inspiraient d’un constat alarmant: le nombre anormalement élevé de blessures chez les élèves.C’était quelques jours avant son départ-choc la semaine dernière à cause d’une mésentente avec le conseil d’administration de rétablissement En entrevue au Devoir, Didier Chirpaz déclarait sans détour quelques jours plus tôt: «On bat des records du monde de blessures ici.Je suis pourtant tombé à la renverse quand j’ai vu le nombre de toubibs, de physiothérapeutes, de nutritionnistes qui suivaient les gamins.Tout ça est bien, mais il ne faudrait pas en faire une psychose», avait-il noté.D’où le coup d’éclat inattendu: le départ forcé du personnel de santé, invité à quitter les lieux en bloc, faute d’espace.Dehors le médecin, dehors les deux physiothérapeutes qui, jusqu’alors, étaient disponibles dans les murs mêmes de l’école pour consultation quelques jours par semaine.Didier Chirpaz croyait que sa politique souffrances?de diminution d’heures de travail allait permettre de réduire le nombre de blessures.S’il salue les mesures préventives de l’ex-directeur, le docteur Roger Hob-den croit, lui, qu’elles ne sauraient suffire à remettre les élèves sur pied.«Je voyais une vingtaine de patients par semaine à l'école.Des problèmes de dos, de chevilles, de hanche.» Plutôt que d’être perçu positivement à l’école, le docteur Roger Hobden dit avoir eu l’impression, lors de son mandat de deux ans, d’être considéré comme un obstacle pédagogique par une moitié des professeurs.«Si je suggérais certains changements — l’utilisation par exemple d’un nouveau chausson fait dans un matériau et susceptible de réduire les blessures — je me faisais répondre de me mêler de mes affaires.Au contraire, au Centre Claude-Robillard ou au Stade olympique où je travaille aussi en médecine du sport, c’est la première chose que m’apportent les athlètes: on examine les chaussures, les vélos, Tangle de leur pédalier.» Faire carrière Le nœud du problème réside à son avis dans le fajt que l’enseignement dispensé à l’École supérieure ne s’adresse qu’à 5 % des élèves au potentiel suffisamment élevé pour espérer faire carrière.«Plutôt que de donner le bon son de cloche à certains élèves et leur suggérer de damer pour leur seul plaisir, les professeurs n’enseignent que pour leurs élèves surdoués et laissent pour compte tous les autres.Quand je reprochais la chose aux professeurs, ils me répondaient qu’ils devaient agir de la sorte pour assurer à l’école un nombre suffisamment élevé de clameurs et donc un niveau constant de subventions.» , Les contraintes du ministère de l’Éducation seraient, de l’avis d’élèves interrogés, responsables de leur surcharge de travail.Obligés de suivre des cours théoriques qui ne leur «serviront à rien», les élèves commencent leur journée très tôt et la finissent très tard.Avant l’entrée en scène de Didier Chirpaz, leur semaine de travail les obligeait à aller à l’école le samedi.Alain Gaumond, l’un des deux physiothérapeutes invités à quitter les lieux, croit qu’il faut maintenant que l’école s’ouvre aux connaissances scientifiques qui ont permis de perfectionner les entraînements physiques des sportifs.«Le ballet classique demeure un milieu d’emeignement très traditionnel.Les professeurs les plus âgés ont encore pour mentalité qu’un danseur doit souffrir.Or, il y a de petites douleurs sans conséquences et de mauvaises douleurs.Pour les petites douleurs, étant moi-même un ancien danseur, je leur dis: «Ce n’est pas grave, continue.» Quant aux autres blessures.» Aux problèmes physiques se grefferaient aussi de nombreux troubles de l’alimentation.«Presque tous en souffrent, note le docteur Hobden, sans compter la vingtaine de cas d’anorexie ou de boulimie diagnostiqués au cours de mes deux années à l’école.» La plus que minceur demeure encore, dans le milieu de la danse, un tel préalable qu’il n’est pas évident aujourd’hui, vu la compétition, que l’une des plus célèbres danseuses de l’histoire canadienne, Karen Kain, aurait eu sa chance.En entrevue au Devoir en sep- tembre, elle disait d’elle-même qu’elle n’avait pas du tout le profil d’une danseuse classique: cinq pieds sept, trop grande, trop «ronde».Lors de la visite du Ballet national du Canada, qui présentait il y a quelques mois, La Belle au bois dormant, les Montréalais ont pu constater de visu que les morphologies athlétiques n’y ont plus leur place.Mais les Grands Ballets canadiens, qui se détournent des grands classiques pour présenter plus de danse contemporaine, n’accordent-ils pas, eux, la primauté au talent plutôt qu’à la silhouette?«Peut-être, mais combien de danseuses les Grands Ballets canadiens embauchent-ils par année?Une, deux?», faisait avant son départ remarquer Didier Chirpaz qui avait lors de son règne invité une majorité des élèves à maigrir, l’une d’un kilogramme, l’autre de trois, etc.Mais qui donc, quand donc, a-t-il été décidé qu’en ballet classique, les danseuses devaient être plus-que-minces?Selon l’historien de la danse Henri Barras, il s’agit d’une idée très «XXe siècle».«La minceur n’est pas une règle du ballet, mais une affaire de mœurs, de mode.Balanchine a en fait été un des premiers à privilégier des danseuses très fines, très longues^, tout simplement par goût personnel.À l’Opéra de Paris, au 11 représentations exceptionnelles ! l es concepteurs Raymond Marins Bouclier, François Barbeau, Robert Normandeau, Louis-Pierre Trépanier, Jacques-Lee Pelletier, Huy Phong Doan, Philippe Pointard, Alain Roy et Manon Bouchard DU 11 AU 21 JUIN ARCHIVES LE DEVOIR L’Ecole supérieure de danse du Québec, du temps de sa fondatrice Ludmilla Chiriaeff XVIII' et au XIXe siècle, les danseuses avaient au contraire intérêt à être boulottes.» Sans directeur artistique et pédagogique, san§ médecin, sans physiothérapeute, l’École supérieure de danse du Québec est en train de se redéfinir, cherche à retrouver la stabilité du temps de Ludmilla Chiriaeff, à ancrer l’école dans une perspective nord-américaine mais ouverte sur le monde (par des stages) et dans l’air du temps.À la fin de, la dernière semaine, les parents de l’École supérieure de danse du Québec ont convoqué une réunion pour discuter de tout cela.Et le personnel de santé?Aux dernières nouvelles, le docteur Roger Hobden a ouvert un cabinet à trois minutes de marche de l’école, mais n’a pas pu, à ce jour, s’adjoindre l’aide de physiothérapeutes. IJ I I.K I) E V OIK.I.K s S A M K D K T I) I M A N C II K 2 2 .1 I’ I N I II 9 7 À I.* ïi C K À N ?: chef-d’œuvre ?: remarquable ?: très bon ?correct sans plus ^ ?: très faible \ritXfv : pur cauchemar TROIS VIES ET UNE SEULE MORT ?Raul Ruiz, cinéaste inclassable, quoique proche de l'univers Buiïue-lien, donne avec Trois Vies sa dernière tribune à Marcello Mastroianni.Celui-ci se démultiplie dans le rôle (les rôles) d’un homme aux personnalités multiples, tour à tour homme d’affaire, clochard, amoureux, etc.Un film complexe et une œuvre de cinéphile qui rebutera pourtant le grand public en mal de repères, malgré une réalisation brillante et un superbe chant du cygne pour le grand Marcello.Au Parisien.Odile Tremblay LOVE! VALOUR! COMPASSION! ?1/2 Adaptation sensible de la pièce de Terrence McNally (Les leçons de Maria Callas), cette comédie sentimentale qui tourne autour d’un groupe d’hommes gays réunis dans une résidence de campagne met en valeur un texte intelligent, mis en bouche par des comédiens qui, à l’exception de Jason Alexander (Seinfeld), l’ont défendu sur scène.L’illustration idyllique atténue cependant la portée du drame qui gruge lentement ce Longtime Companion de la survivance amère.Al’Égyptien.Martin Bilodeau BERNIE ?1/2 Albert Dupontel met en scène Albert Dupontel dans cette comédie très très noire et ultra violente surtout à ne pas lire au premier degré.Film cousin du grinçant C’est arrivé près de cheznous, en moins achevé mais en très percutant, Beniie sur d’excellentes répliques mais une surcharge d'hémoglobine, raconte la réinsertion d’un orphelin simple d’esprit dans la vraie vie et ses horreurs.Au Complexe Desjardins.O.T.BATMAN & ROBIN ?Ce quatrième épisode de Batman s’avère plus virtuel que jamais, seules les figures humaines émergeant de cette symphonie baroque d’images de synthèse qpi renouent avec l’esthétique BD.A partir d’un scénario faiblard, aux répliques vulgaires et aux personnages sous-exploités, Joel Schumacher a réalisé une parodie qui balaie les fondements-mèmes du personnage de Batman pour en faire un délicieux jet-setter.Seule la performance d’Uma Thurman (en Poison Ivy) rehausse ce film ennuyant, qui oscille entre le pire (Arnold Sclnvar-zenneger) et le moins bon (George Clooney).Au Loews, Centre Eaton (v.o.), Berri, Boucherville (v.f.).M.B.LA COMTESSE DE BATON ROUGE ?André Forcier dans ce film autobiographique (au sens symbolique du terme) met en scène un cinéaste qui remonte le cours de sa vie.Dans cet univers surréaliste, un cyclope constitue une métaphore du cinéma et une femme à barbe envoûte tous les hommes.Robin Aubert incarne le cinéaste avec les tics, les mimiques d’André Forcier mais un jeu souvent boiteux.Une distribution inégale (dominée par la prestation de France Castel), un rythme très inégal qui casse et reprend sans cesse, de bons «flashes» mais une réalisation qui manque de liant Au Complexe Desjardins.O.T.LUCIE AUBRAC ?Claude Berri, en donnant la vedette à Carole Bouquet dans la peau de cette résistante Lucie Aubrac qui extirpa son mari des griffes de la Gestapo, a mis en scène un glaçon qui arrive bien mal à émouvoir.Daniel Auteuil incarne avec plus de conviction mais sans étincelle le mari, compagnon de Jean Moulin dans le Lyon de l’Occupation.Mais cette réalisation pleine de facilités et parfois de clichés lève mal de terre, malgré une reconstitution soignée.Au Complexe Desjardins.O.T.SPEED 2: CRUISE CONTROL ?Décevante suite d’un film qui était déjà loin d’être un chef-d’œuvre, Speed 2, de Jan De Bont (Twister) donne dans la récupération, avec substitution du rôle viril central, que Keanu Reeves a cédé à Jason Patrie, nouvel amant d’Annie (Sandra Bullock) dans cette incroyable aventure de croisière qui vire au cauchemar.M.B.REPERTOIRE NUITS D’ETE ET JOURS D’HIVER La Cinémathèque québécoise termine aujourd’hui sa programmation Nuits d’été et jours d’hiver, consacrée au cinéma documentaire des pays du Norden, avec la projection de Symphonie d’une ville (19h), docu-poème sur Helsinky, où le finlandais Heikki Ahola éclaire différents aspects de la vie de cette grande capitale nordique à travers des variations de lumières saisonnières.A la séance suivante (21h), on présente Cari Th.Dreyer: My Trade, qui relate, à travers des témoignages et des extraits de films, la carrière d’un des plus grands cinéastes Scandinaves de ce siècle.50 ANS DE CANNES L’événement 50 ans de Cannes se poursuit ce week-end avec la projection, ce soir à l’impérial, de Rendez-Vous, l’un des films les plus obscurs et les plus hystériques d’André Té-chiné et qui, en 1984, lançait la carrière de Juliette Binoche.Au même endroit, à 21h cette fois, Le Sacrifice, testament cinématographique du grand cinéaste Andrei Tarkovski, s’offre comme un bijou aux cinéphiles qui privilégient la contemplation à l’action.Erland Josephson y compose un homme émouvant hanté par un imminent péril atomique.Martin Bilodeau U- O, jfîÊ* Une comédie qui est aussi un hymne au respect de la différence prf'g et à k* fraternité des hommes, par le réalisateur de « Halfaouine » rFAMOUS PLAYERS" PARISIEN® un film de P r: film JULIETTE BINOCHE • WILLIAM HURT UN DIVAN À NEW YORK Une comédie romantique de CHANTAL AKERMAN TK0I51/lE-S CWE- SE-^LE- MORT raoul ruiz MARCELLO MASTROIANNI « Monstre sacré international.» — Télératnn ~ FAMOUS PLAYERS" PARISIEN® P r ; i a film VOYAGE INITIATIQUE AU BOUT DE L’ENFER BLANC « Gros plans impressionnants.Photographie magnifique.Un nouveau défi brillamment relevé par Bartabas.* — Variety « Un film incontestablement beau.Une vraie magie.» — Fifar oie ope MAINTENANT À L’AFFICHE! I-FAMOUS PLATERS-1 PARISIEN® P' CHAMANE CINÉMA Parcours intérieur CHAMANE Réal.: Bartabas.Scénario: Jean-Louis Gouraud et Bartabas.Avec Igor Gotsman, Spartak Fedotov, Vladimir Yakovlev, Sergueï Emilianov.Image: Marie Solovyeva, Mikhail Agranovitch.Musique: Jean-Pierre Drouet.Au Parisien.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR avais vu pour la première fois Chamane dans un festival, en version originale russe sous-titrée en français.On ne dira jamais assez à quel point la musicalité de la langue joue un grand rôle, surtout dans ce genre de films pleins de mystère, peu dialogues, où la langue constitue un complément sonore.Bartabas, le gitan français, ne comprend pas le russe.Ce qui ne l’a pas empêché de tourner dans cette langue et de choisir à l’intuition ses techniciens et ses acteurs, tous russes, sur un scénario qui avait été au préalable écrit pour Kon-chalonski puis abandonné.L’usage de la langue de Dostoïevski s’imposait.Il est donc choquant que seule la version doublée nous parvienne ici.Le distributeur Prima Film avait demandé la version originale mais il n’a récolté au bout du compte que cette pénible copie doublée.Pénible parce qu’un chamane de la taïga sibérienne qui s’exprime en argot parisien, ça passe mal.Très mal.Si l’on réussit à oublier cette choquante histoire de dialogues doublés qui brisent vraiment l’harmonie, Chamane demeure un film intéressant.m W II Süpi?s MfSHi SOURCE PRIMA FILM Chamane dira la relation entre un cheval sauvage et un rescapé du goulag.Mettant en scène des acteurs non professionnels, Igor Gostman, qui joue Dimitri, et Spartak Fedotov, incarnant le chamane Anatoli, il démarre avec le très beau plan d’une fresque religieuse qui se révèle être un tatouage sur géographie humaine.Chamane dira la relation entre un cheval sauvage et un rescapé du goulag.Dimitri s’est évadé avec son ami chamane, un Yakoute des tribus nomades sibériennes, et quand celui-ci périra sous les balles des gardiens, il réussira à survivre dans la taïga avec ce cheval poilu adapté aux froids extrêmes, une bête qui guide le cavalier plutôt que l’inverse, créature quasi mythologique apparentée à Pégase.Ceux qui ont goûté Mazeppa, le précédent film du gitan Bartabas, ne retrouveront pas les tourbillons de caméra de ce film qui donnait le vertige.Au contraire, Chamane est une œuvre épurée, avare d’effets, sur fond de neige et de silence.Mais l’amour des chevaux relie entre eux les deux longs métrages de Bartabas, tout comme le goût de l’ésotérisme, du voyage initiatique, porte la marque du fondateur du cirque Zingaro.Toutefois, Chamane évoque davantage le Urga de Mikhalkov, aux couleurs de la taïga sibérienne, de tribus nomades — et d’une caméra qui flirte souvent avec le direct en incorporant le quasi-documentaire à la fiction —, que le vertigineux Mazeppa, nourri d’effets techniques.Ce film porte autant sur cette relation symbiotique entre l’homme et la bête que sur le chamanisme, ces rapports ésotériques entre l’homme et les forces de la nature guidant ici la destinée du fugitif.Chamane pose également un regard quasi ethnologique sur la culture yakoute, quand Dimitri en cavale sera recueilli quelque temps dans une yourte.Bartabas a incorporé à son scénario des éléments quasi documentaires, dans une forge de village noircie, des rues d’Irkoutsk, un rafiot abandonné, qui confèrent au film un cachet d’authenticité, tout comme cette présence de non-professionnels (très crédibles) (lans la distribution.Ce rythme lancinant du film, ce voyage initiatique d’un homme et d’un cheval en des contrées glaciales, créent une sorte d’envoûtement nourri par une musique très belle de guimbarde et de violon.Au fil des rencontres amies, ennemies, d’une chute dans le lac Baikal et des retours d’outre-tombe du chamane Anatoli qui revient guider l’évadé du bagne sur sa route, se trace ce parcours intérieur auquel le film appelle.Œuvre de blancheur et de silence, portée par une magie, déparée par cet argot parisien vraiment fâcheux, Chamane demeure malgré tout un film de poésie magique, une lente et belle traversée du désert blanc sur un beau et brave petit cheval et une nature, une neige, des arbres qui vibrent et communiquent avec les humains comme des fées.Eaux denses LES SEPT BRANCHES DE LA RIVIÈRE OTA De Francis Leclerc.D’après la pièce de Robert Lepage.Au Parallèle.MARTIN BILODEAU Présenté en première mondiale au récent Festival du cinéma et des nouveaux médias, Les Sept Branches de la Rivière Ota, moyen métrage vidéo (tourné sur support film) de Francis Leclerc, d’après la dernière pièce de Robert Lepage, prenait hier l’affiche du cinéma Parallèle de la rue Saint-Laurent, affiche qu’il tiendra jusqu’au 31 juillet.Cette adaptation, réduite à une durée d’une heure (dans ses multiples versions, la pièce en comptait jusqu’à sept), explore les séquelles psychologiques de la bombe atomique lâchée par les Américains sur Hiroshima en août 1945.À travers sept tableaux inscrits dans le temps et l’espace (Hiroshima en 1946, New York en 1965, Osaka en 1970, Tokyo en 1980, Tere-zin en 1943, Amsterdam en 1985, et enfin retour à Hiroshima, en 1995) Robert Lepage crée une dynamique abstraite à partir d’une dizaine de personnages rattachés les uns aux autres par des degrés divers.Le photographe de l’armée américaine (Patrick Goyette) venu capter les images de sinistre de la ville d’Hiroshima, la jeune femme rendue aveugle depuis la bombe (Marie Brassard), qui vit avec le souvenir de la flamme dans ses yeux, l’artiste tchèque rescapée des camps nazis (Ghislaine Vincent) venue au Japon trouver la paix intérieure dans un monastère zen, tous ces naufragés de la guerre vivent portent en eux son souvenir brûlant.«L’horreur, quand elle est quotidienne, génère sa propre anesthésie», explique la bouddhiste; tout le film repose sur cette idée du personnage blessé, que l’horreur a rendu insensible à la douleur physique, mais qui demeure cependant hanté par le souvenir.Un souvenir (la guerre, la bombe, les camps) que Lepage associe au phénomène actuel du sida dans un dangereux réflexe émotif contre lequel Susan Sontag nous avait si judicieusement en garde dans Le Sida et ses métaphores.Francis Leclerc a réussi à briser le langage scénographique très arrêté de Lepage, habituellement axé sur le trompe l’œil et les jeux d’illusion, pour lui substituer une chorégraphie du mouvement qui rend compte de l’esprit du texte et le traduit en langage cinématographique.Ici, contrairement au théâtre, les cadrages se resserrent sur les personnages flanqués au milieu de décors visiblement artificiels qui, bien que relégués au second plan (cette hiérarchisation n’est pas aussi tranchée dans les mises en scène de Lepage), conservent leur fonction de révélateurs des personnages par projection de leur imaginaire.Presque entièrement tourné en intérieurs, Les Sept Branches de la rivière Ota repose sur une construction minutieuse, presque chirurgicale, qui là encore évoque le théâtre précis et froid de l’auteur de Vinci.Par sa très courte durée, qui limite les encombrements stylistiques et concentre le texte (parfois affaibli par un discours prêchi-prêcha, audible notamment dans la conversation téléphonique du diplomate et son épouse journaliste), le film de Francis Leclerc s’avère paradoxalement dense mais limpide, comme si la simplicité et le dépouillement, qui caractérisent son projet, lui avaient permis de pénétrer un texte, d’en faire le cœur d’un film alors que celui-ci n’était, au départ, que l’instrument d’une production théâtrale.Livre de chair THE PILLOW BOOK Réalisation et scénario: Peter Greenaway.Avec Vivian Wu, Yoshi Oida, Ken Ogata, Ewan McGregor, Hide-ko Yoshida, Judy Ongg, Ken Mit-shuishi.Image:,Sacha Vierny.2h06.A (Égyptien.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Cf est ce mariage entre l’univers pictural de Peter Greenaway et l’esthétisme japonais qui crée l’heureux événement.J’entends par là un des grands crus de Peter Greenaway.Le réalisateur britannique avait déçu ces dernières années avec des films touffus comme des jungles, Prospero’s Books, The Baby of Macon, etc., vraies peintures baroques en mouvement qui perdaient leurs intrigues en cours de route sous les entrelacs d’une ornementation excessive.Le cinéaste du Cuisinier, le voleur, sa femme et son amant s’était au long des ans égaré dans le labyrinthe de la virtuosité visuelle.A croire qu’il a retrouvé son fil d’Ariane sur un tatami.Le thème et la sophistication de l’image exercent ici une véritable fascination.Car dans The Pillow Book, il sera question non pas de tatouage mais de calligraphie sur corps humain, un art éphémère mais du plus haut raffinement effacé par la pluie, composé des magnifiques caractères japonais racontant une histoire par épisodes comme sur un livre de sable.Il y a bel et bien intrigue, à l’encontre des films précédents de Greenaway, où l’histoire s’égarait.Ici, on suit la vie de Nagiko (Vivian Wu), la fille d’un calligraphe de Kyoto dont le père avait coutume d’écrire des vœux sur son visage.Devenue fem- « Fascinant et novateur» -L'EXPRESS «Un film-expérience qui ouvre un important chapitre du cinéma de demain » -STUDIO mmmm 'Æ&Æt&mi m iff «LE FIL/Vt FRANÇAIS DE L'ETE.À voir absolument.» ¦Daniel Rioux, IE IOURNAL DÉ MONTRÉAL Une grande histoire d’amour et d’héroïsme.Une femme prête à tenter l’impossible pour sauver l’homme qu’elle aime.CAROLE BOUQUET DANIEL AUTEUIL t V\’N A v VIVIAN WU EWAN McGREGOR _ THE Pillow Book Motes de Chevet UN HIM (>f PETER GREENAWAY hour XV L'A.FFICHI VO AVEC SOUS-TITRES FRANÇAIS CINEMA PARALLELE 3682 bout.St-Larent 843-6001 13 VO AVEC SOUS-1 RES ANGLAIS CINEPLEX ODEON EGYPTIEN * ©frô.film de CLAUDE BERRI Lucie Aubrac [Vaprès le récit de Lucie Aubrac, uIls partiront dans l’ivresse** Éditions du Seuil À L’AFFICHE! '^aie RENN PRODUCTIONS j co CINÉPLEX OOËON COMPLEXE DESJMDIIS * © CINEPLEX ODÉON DAUPHIN *© CINÉPLEX ODÉON BOUCHERVILLE * & CINEPLEX OOEON I 1 CINEMA PINE BROSSARD * C?| L STE-ADELE * MarieTrintignant Sergio Castellitto Anémone / Unfîlmde YVON MARCIANO Uok 13 Dès le 27 juin au Complexe Desjardins rrrz 3E& cpp SOURCE CFP INTERNATIONAL The Pillow Book me et domiciliée à Hong-Kong, Nagiko utilisera le corps de son amant (Ewan McGregor) comme un papier pour capter (attention de (éditeur et lui livrer un message, mais les jeux de la jalousie inscriront leur griffe sur le destin des amants, entraînant le suicide du beau Jérôme à la peau devenant parchemin, puis sa succession à travers d’autres corps patiemment, minutieusement peints à la plume d’oie.The Pillow Book, à travers un jeu de symboles, à travers aussi des écrans multiples et le cadrage si recherché des images, invite le public à un rituel.Rituel où (érotisme naît non seulement des étreintes de ces beaux corps mais de ces caractères tracés en rouge, en noir, en or, sur la peau, transformant les flancs, le ventre, le dos, les fesses, le visage, voire la langue en pages de livres magnifiques et mystérieuses, la littérature se confondant avec (acte de chair.Mêlant les traditions occidentales et orientales comme des comédiens d’Est et d’Ouest très bien dirigés — surtout (émouvant Ewan McGregor —, explorant (univers complexe et exquis de la calligraphie en tant qu’ expression du raffinement suprême, Peter Greenaway offre ici une œuvre d’érudition et de sensualité extrêmes, en plus d’un film esthétiquement achevé, poétique comme seul il en a le secret.The Pillow Book s’avère un des films les plus originaux et achevés de (année, sur une construction et une mise en scène aussi complexes que minutieuses.Je ne peux que le recommander à un public raffiné qui ne craindra pas de se laisser dérouter et séduire à la fois, tandis que (amateur de ficelles détestera cette œuvre à plusieurs niveaux de sens et de parabole.The Pillow Book était au Festival de Toronto en septembre dernier.On ne peut que déplorer le long laps de temps qui s’est écoulé avant qu’il n’aboutisse en salles commerciales.Ce type de film exigeant ne trouve pas facilement distributeur à Montréal.De moins en moins d’ailleurs.Inquiétant phénomène.Du moins le film sort-il au Parallèle en version sous-titrée, belle inititiative.en plus d’être présenté en version original au Faubourg. I.!•: I) K V 0 1».I.K S S A M K I) I I K T » I M A X (' Il K 2 .1 I' I X I » » laurie anderson avec hs(n*chien huang Un univers dissimulé entre ombre et lütaière, entre énigme et poéye.Bienvenue i Tuppet Motel* La carte vous dffre plus différentes dont 12 au > • Amphi-Bus Tour • Bateau-mouche au Viet /* là conchita *Jü=RFj CENTRE NATIONAL DES ARTS, OTTAWA 40 ŒUVRES, 100 REPRESENTATIONS, 1 500 ARTISTES Détachez vos ceintures Sous Mars et l’Amérique i I CARTE QUI VOUS PERMET DE VOUS AMUSER AU VNX-P9KI MAIS QUI VOUS Pi VEND DE PAYER CHER.de 80 activités 12 au Vieux-Port : au Vieux-Port du Port de Montréal inc.• Croisières Nouvelle-Orléans • Cinéma Imax • Expéditions sur les rapides de Lachine -Saute-Moutons • Festival Juste pour rire I • Pédalocation • Quadricycle International • S.O.S.Labyrinthe • Théâtre de magie et d'illusion Houdini • Vélo Aventure La carte Accès Montréal, seulement 5 %, seulement pour les Montréalais et les Montréalaises.Renseignez-vous au 87-ACCÈS, #610 ou à votre bureau Accès Montréal.http://ville.montreal.qc.ca/fran/infor/servcit/carteacc.htm MONTRÉAL c'est toi nîû ville* SCIENCES m ÉÉj' uv U4: u.: H i U4; w 2 O ,:F.• —‘ O Z U 5 UJ U ne => O V! VI UJ s M A R T IN HI L O I) E A U Les meilleurs films ne sont pas toujours ceux que vous retrouverez I en dizaines d’exemplaires sur les ta; blettes des vidéoclubs.Les titres qui suivent risquent fort, en effet, de se faufiler discrètement entre les Mars Attacks et My Fellow Americans.Seul un regard attentif saura repérer: CAUGHT ?1/2 Nick (Arie Verveen), un jeune sans-abri, trouve refuge chez un poissonnier (Edward james Olmos) et sa femme (Maria Conchita Alonso).Le couple new-yorkais lui donne du travail et l’invite à dormir dans la chambre de leur fils unique (Steven Schub), qui se cherche une gloire à Los Angeles.Des liens se tissent et une idylle amoureuse naît entre Nick et la poissonnière, à l’insu du mari.L’arrivée impromptue de fiston, son insertion brutale au sein d’une dynamique triangulaire qui lui échappe, propulsent les quatre personnages dans la tragédie oedipienne.Construit comme une montée de fièvre, ce film de Robert M.Young, d’après le roman Into It, de Edward Pomerantz, échappe à toutes les étiquettes et nous entraîne dans les profondeurs abyssales de son étude psychologique, où le miel et le venin se mélangent, où la victime et le bourreau dorment dans le même lit.Cette tragédie rude et réaliste, pure et directe, est doublée d’un suspense captivant, où tout repose sur l’invisible, sur le conflit intérieur des personnages et sur les chemins périlleux qu’emprunte le scénario pour transformer en un clin d’œil des scènes banales en foudroyants coups de théâtre.Mise en garde: ne vous laissez pas dissuader par la jaquette rac-coleuse et l’étiquette «thriller érotique» qu’on a accolée mensongèrement à ce drame raffiné et somme toute assez pudique.RIDICULE ?Arrosé d’une pluie de césars et fort d’une très belle.carrière en salles commerciales, ici comme en France, Ridicule prend le chemin des tablettes sans vraiment perdre de sa verve et de son esprit.A la cour de Louis XV, l’honneur de chacun est une chose fragile; la compétition que se livrent ces aristocrates oisifs prend les allures de joutes verbales dont l’objectif est de coiffer l’adversaire de ridicule à coups de bons mots et de répliques vi-IrioUques assénées avec le sourire.Le réalisateur Patrice Leconte {Le Mari de la coiffeuse, Monsieur Hire) a dessiné un portrait à la fois naïf et cynique d’un petit monde mesquin, limité ici à quelques figures — Madame de Blayac (Fanny Ardant), l’abbé de Vilecourt (Bernard Giraudeau), le Marquis de Bellegarde (Jean Roche-fort) et sa fille Mathilde (Judith Go-dreche) — entre lesquelles, à l’affût me de la drogue, la perte d’un enfant ou des nuits de kamikaze.Sa tille lui sert de guide dans ce portrait multifaces d'une réalité vue à travers le regard de gens nantis, filmés de façon conventionnelle mais sans faux-fuyants.Ces témoignages sont intercalés d’images délicatement émulsi-fiées par un noir et blanc admirable, par ailleurs relevées par un texte d’une grande richesse — d’où se profile le style inimitable de la romancière Marie Claire Blais, qui a secondé Anne Claire Poirier dans sa volonté de mettre en mots l’indicible.CITIZEN RUTH ?1/2 Ce premier long métrage d’Alexander Payne possède un ton très singulier, qui sert à merveille la cause qu’il défend, soit celle de la jeune Ruth (très bonne Laura Dern), matelas humain complètement camée, enceinte d’un cinquième enfant et qui, à cause d’une décision du procureur local qui désire la poursuivre parce que son comportement met en jeu la vie de son fœtus, se retrouve prise en otage par le mouvement pro-vie, avant d'être rescapée par les pro-choix.Mais derrière les visages bien intentionnés de ses ravisseurs se cachent des esprits manipulateurs pour qui Ruth est davantage un symbole qu’un être humain.Cette comédie burlesque, qui parle moins du droit à l’avortement que du droit de choisir librement, fonctionne parce que les deux camps qui s’opposent offrent beaucoup de matière comique.Incidemment, Payne ne rate aucune cible, qu’elle soit dans un camp ou dans l’autre.Ija démonsfration finit cependant par lasser, les arguments à s’épuiser et la comédie à perdre de son entrain.Les personnages manquant de profondeur, les situations étant en mal d’avenues à explorer, Payne dirige son film vers une finale spectaculaire, absurde mais facile, une sorte de feu d’artifice d’où émergent, entre autres étoiles filantes, des personnages-minute campés par Burt Reynolds et Tippi Hedren.Autres nouveautés Mars Attacks (**1/2), satire de Tim Burton sur la menace de la planète rouge, avec Jack Nicholson et Glenn Close en grotesque couple présidentiel; My Fellow Americans (**1/2), grosse comédie punchée sur les mésaventures de deux ex-présidents américains 0ack Jjemmon et James Garner) en cavale; Le Huitième Jour (*l/2), très décevant second film du belge Jaco Van Dormael {Toto le héros), qui raconte l’amitié d’un cadre sans dynamisme (Daniel Auteuil) avec un trisomique heureux (Pascal Duquenne).Les passagers pour l’inconnu sont priés d’investir leur curiosité.Performeuse et rockeuse, professeur, écrivain, théoricienne de l’art qui se fait, Laurie Anderson est tout cela à la fois.Elle vous invite chez elle, dans ses fantasmes, ses rêves les plus décrochés, ses objets-fétiches.Bienvenue au motel du plaisir admis.MICHEL BÉLAIR LE DEVOIR d’un œil sympathique et redoutant les embuscades, se faufile Ponceludon de Malavoy (Charles Berling), gentilhomme éduqué venu de sa lointaine contrée plaider la cause de ses paysans décimés par la peste.Leconte a réalisé un film élégant et spirituel, mis en images avec l’esprit caractéristique de son récit.Celui-ci perd cependant de son équilibre, à mi-parcours, lorsque le réalisateur érige en rempart contre le cynisme de la cour la sincérité des sentiments amoureux de son héros épris de Mathilde.Ce rempart d’innocence érigé au milieu d’un univers hostile est trop dramatiquement fragile pour lui tenir tête; la cause reste à entendre.Reste un exercice intelligent et racé, qui nage dans le délire d’une musique du langage enivrante.TU AS CRIÉ: «LET ME GO» ?Ce très beau film-poème d’Anne Claire Poirier (Mourir à tue-tête, Salut Victor!) s’inscrit dans la démarche de deuil de la cinéaste écorchée par la mort brutale de sa fille Liane, jeune droguée et prostituée dont la police découvrait le corps assassiné dans une ruelle du Plateau, un matin gris d’octobre 1992.Tu as crié: «Let Me Go» est le cri d’amour chargé d’incompréhension et de douleur d’une femme qui, pour donner un sens à la vie, à sa vie, choisit de remonter le courant de sa douleur pour, après une dernière étreinte à sa fille, regagner le monde des vivants.Ainsi, Poirier circule entre les glaciers de l’indifférence pour interroger ceux qui connaissent — ou ont connu — l’abî- PUPPET MOTEL ?Coproduction Gallimard/Voyager.Réalisation et conception: Laurie Anderson avec Hsin-Chien Huang.Hybride PC (486, Windows95 ou'DOS 5.0,8 Mo —12 recommandés —, 256 couleurs) et Mac (tout Mac couleur 16 bits, Système 7 ou plus, 8 Mo—12 pour Power Mac —, 256 couleurs).Distribution au Québec par Gallimard dans le réseau des librairies.Prix: plus ou moins 80 $.laurie Anderson n’est pas la première venue.Depuis au moins 20 ans, elle sillonne le paysage de l’art actuel en s’amusant à multiplier ses visages tout autant que ses approches.Musicienne, rockeuse, photographe, cinéaste, elle fait aussi dans le commentaire politique et la conférence universitaire: c’est un oiseau rare.L’œuvre qu’elle nous offre ici est une bénédiction du ciel, une sorte de petit chef-d’œuvre, n’ayons pas peur des mots.L’ami lecteur aura compris que Puppet Motel est pour moi devenu une œuvre-fétiche que je ne peux regarder qu’en toute subjectivité depuis quelques semaines.La version «française» que nous en offre Gallimard est hautement recommandable; en anglais, la poésie de la langue de Laurie Anderson ne se laisse pas saisir facilement.Même si certains textes et les chansons de l’album sont livrés en anglais, les nombreuses interventions de Laurie Anderson en français charment par la sensualité de son accent.Vous le devinez, j’ai été coqquis là aussi.Evidemment, il y a le prix: c’est cher.Mais ça vaut le coup si on a bien compris dans quel langage déconcertant le message est livré.En d’autres mots, voilà un titre qui doit absolument trouver place près de l’ordinateur de tout explorateur (anciens ou nouveaux: même combat!) qui se respecte.Qu’on se le dise! Aussi bien le dire tout de suite, Puppet Motel est une invitation au voyage.Un «trip».Avant d’y plonger, on recommande les ablutions rituelles les plus courantes, le jus de carotte et tout autre processus ou technique menant au détachement le plus complet possible d’avec la formulation habituelle du concept de réalité.Rien de moins.Posons d’abord que Puppet Motel n’a rien du cédérom ludo-éducatif habituel.Rien.11 n’y a pas de tâche à accomplir, de performances contre la montre ou de rôle à jouer — sinon le sien propre.Personne ne perd.N’entre ici que celùi qui veut explorer.Se couler dans le fleuve du temps avec comme principal objectif le plaisir non défendu (encore) de la curiosité.D’entrée de jeu, on plonge ici dans un univers délibérément déconcertant, situé quelque part entre l’ombre et la lumière, à partir d’une sorte de couloir central: le Hall of Time.Il faut déjà avoir détaché sa ceinture.Pas moins de 33 chambres différentes vous attendent dans ce motel du plaisir admis.Il y a même un grenier où traînent des objets disparates tirés de chacune des chambres; un moyen discret de retrouver son chemin vers la pièce qu’on souhaite visiter.Ifien ne ressemble bien sûr à ce que l’on trouve habituellement dans un motel.Partout, omniprésent, le téléphone sonne; on entend des conversations saccadées.Des écrans de télé, des prises électriques puisent comme autant de cœurs palpitants: en cliquant sur la prise — qu’on doit souvent chercher longtemps —, le visiteur revient au Hall of Time où une liste de symboles défilent sur un point de fuite.On clique, on repart.Un peu partout au hasard des chambres, on tombe sur des animations absolument déconcertantes de bonheur: le bureau de Phillip Marlow, le téléphone qui sonne, une vieille télé allumée dans un coin et sur laquelle vous pouvez visionner des «émissions» intéressantes, un studio d’enregistrement, la Voie lactée même.Parfois, Laurie Anderson apparaît.En se matérialisant sur une chaise,.par exemple, elle s’anime pour livrer les premières lignes de La Caverne, de Platon.On l’entend chanter aussi: le cédérom offre une chanson en primeur, Down in Soho.Bref, c’est partout la surprise.KJ j DON GIOVANNI .:.25/27.28 JUIN .BEN HEPPNER EN CONCERT 30 JUIN ET 2 JUILLET ORATORIO L'ENFANCE DU CHRIST -18.20, 21 JUIN- ; LES CHANTEURS M SAINT-CŒUR-DE-MARIE LES PETITS CHANT.EURS ¦ DETR02£iN,VIERES VARIÉTÉ 18 JUIN - 19 JUILLET TniVii- 1 Là UNE FÊTE ESTIVALE DE CA} OÀÀ F RFY MUSIQUE, THÉÂTRE ET i JALU/VlL^UL I DE VARIÉTÉS À OTTAWA! THEATRE CABARET CYRANO DE BERGERAC -Si 26 - 28 JUIN- LES HARDIS MOUSSAICLONS -9 - 12 JUILLET—- — ——-3 - 5 JUILLET - LA FAITH CHORALE 6 JUILLET ET PLUS ENCORE! LIGNE INFO-FESTIVAL DE BELL : 613.947.7000, #333 BILLETS AUX GUICHETS DU CNA OU AUPRÈS DE TICKETMASTER 613.755.1111 CENTRE NATIONAL l)KS ARTS NATIONAL ARTS CENTRE Présenté por appuyé par The Ottawa Citizen avec le soutien de VIA Rail Canada Inc. I.K I) K V 0 I II .I, K S S A M K I) I 2 1 K T I) I M A N < Il K 2 2 .1 V I N I !» !» À *'!•* MQZART-HAYDN Conwt 'Trtvoi Rnaod sont von on» Korngold WeillcJ Krenek: Violin Concertos' EN PREMIÈRE SUR LA SCÈNE MONTRÉALAISE Les Araignées du boui-boui de Pointe-de-1’Eglise, N.-E.PRÉSENTENT Le jeudi 3 juillet Péla EeBu Centre Pierre gSL
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