Le devoir, 6 août 1997, Cahier A
LE DEVOIR V o !.L X X X V I I I • N 7 est le vice-secrétaire général du Collège des médecins du Québec, le Dr Pierre Duplessis, qui succédera au secrétaire général sortant de la Société canadienne de la Croix-Rouge, Douglas Lindores.Ce dernier a démissionné au terme des travaux de la commission d’enquête sur le scandale du sang contaminé.Formé à Harvard, le Dr Duplessis a été conseiller médical au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, et a travaillé dans divers hôpitaux.Il a enseigné à l’Université de Montréal et à l’Université McGill, et participé, à titre d’expert en santé communautaire, à plusieurs missions de coopération à l’étranger, principalement sous l’égide de l’Association canadienne de santé publique.La nomination d’un médecin expert en santé communautaire indique clairement la nouvelle orientation de la Croix-Rouge qui a récemment annoncé qu’elle se retirait complètement de la collecte et du traitement et de la distribution des produits sanguins.U < _] m O m û Les trois PRIX DU RAPPROCHEMENT INTERCULTUREL 0 ORGANISMES COMMUNAUTAIRES ET DE RAPPROCHEMENT 0 ORGANISMES PUBLICS ET PARAPUBLICS 0 MILIEU DES AFFAIRES Pour les efforts déployés en promotion du pluralisme afin de stimuler la participation à la société québécoise.Ces prix soulignent, entre autres, la mise en œuvre de programmes de relations interculturelles, de gestion de la diversité ou de francisation.PRIX DES VALEURS DEMOCRATIQUES Pour la promotion des valeurs démocratiques ainsi que des droits et responsabilités des citoyens et citoyennes ou pour le soutien dans la lutte à la discrimination.RIX DE LA SOLIDARTT Pour le soutien accordé «à des citoyens et citoyennes engagés dans des projets visant le développement de nouvelles alliances et de nouvelles solidarités au sein de la société québécoise.Les Prix québécois de la citoyenneté, remis par le ministre des Relations avec les citoyens et de l’Immigration, visent à récompenser la pleine partiipation de tous les citoyens et citoyennes à la vie collective et au développement social, économique, politique et culturel de la société.En reconnaissant les initiatives des citoyens et citoyennes, ces cinq Prix constituent un moyen concret d’encourager leur engagement à la collectivité.Pour obtenir les formulaires de mise en candidature ou des renseignements, adressez-vous au ministère des Relations avec les citoyens et de l’Immigration en composant le (514) 873-4546 ou le I 800 465-2445 ou en consultant le site Web du ministère à l’adresse http://www.mrci.gouv.qc.ca.Date limite Les dossiers de candidature doivent parvenir au ministère des Relations avec les citoyens et de l’Immigration au plus tard le 19 septembre 1997.La facture de 500 millions Dans la lutte aux 500 millions poursuivie par les municipalités, la définition des différentes factions se précise et les entreprises individuelles se multiplient, laissant croire que les «unions» n’ont d’uni que le nom.Alors que l’UMQ tourne le dos à Rémy Trudel, l’UMRCQ, elle, s’apprête à lui serrer la main aujourd’hui.MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR Les représentants de l’Union des municipalités régionales de comte du Québec (UMRCQ) rencontrent aujourd’hui le ministre des Affaires municipales, Rémy Trudel, pour lui réitérer son refus d’absorber une facture de 500 millions et vérifier s’il est disposé à entendre de nouvelles propositions.«Jusqu’à maintenant, les municipalités ont exprimé plusieurs fois leur refus de payer la facture, mais on ne propose rien de concret en retour, ce n’est pas comme cela qu’on mène des négociations», a expliqué hier le directeur général de l’UMRCQ, Michel Fernet.L’organisme, qui représente 1100 petites et moyennes municipalités logées au sein de 88 MRC, n’accepte p^s le dossier du transport scolaire et refuse qu’on lui transmette une facture sans lui en confier la gestion.«C’est ajouter l’insulte à l’injure que de nous demander de payer une transaction effectuée par un autre ordre de gouvernement», ajoute M.Fernet.L'UMRCQ veut donc aujourd’hui «vérifier l'ouverture d’esprit» de M.Trudel en lui soumettant des idées — .il fut impossible hier d’en connaître la gêneur puisque ni le ministre ni le conseil d’administration de l’organisme ne les a entendues — qui «permettent à la fois au gouvernement d’économiser et aux villes de faire passer la pilule».Ces mesures, a précisé M.Fer-net, permettraient notamment une réorganisation du développement local, concerneraient plus d’un ministère et favoriseraient davantage les MRC que le pouvoir local.Contrairement à l’Union des municipalités du Québec, qui souhaite désormais négocier avec le premier ministre Bouchard, l’UMRCQ continue de favoriser les échanges avec l’interlocuteur désigné, le ministre Rémy Trudel.«J’ai l’impression qu’il demeure ouvert à d’autres solutions mais très prudent face à sa demande gouvernementale, a expliqué le directeur général de l’UMRCQ.Ce n’est pas lui qui décide en bout de ligne, tout le monde en est très conscient, on lui a passé une commande et il est porteur d'un message.» Schisme en vue à l’UMQ Pour ajouter à l’activité qui ponctue le milieu municipal depuis quelques semaines, la Conférence des maires de banlieue de l’île de Montréal a convenu hier de ne plus compter sur l’UMQ à titre de meilleur représentant auprès du gouvernement et demandera sous peu à ses membres Rémy Trudel Peter Trent s’ils souhaitent se désaffilier de l’organisme pour non-représentativité de leurs intérêts.Les membres du comité exécutif de la Conférence des maires de banlieue de l’île de Montréal (CMBM), laquelle compte 27 villes de l’île de Montréal à l’exception de Montréal, ont donc décidé d’un commun accord hier que, désormais, dans le dossier du transfert de 500 millions aux municipalités, mieux valait se représenter soi-même plutôt que de compter sur l’UMQ à titre de porte-parole.La CMBM, avec le maire de West-mount Peter F.Trent à sa tête, soutient depuis la semaine dernière que la répartition de la facture la plus équitable devrait passer par le seul recours au transport scolaire pour éponger 419 des 500 millions délestés aux municipalités par Québec.Le regroupement, qui compte des villes telles Verdun, LaSalle, Saint-Laurent, Saint-Léonard, Outremont ou Anjou, rejette à la fois la proposition mise de l’avant par le ministre des Affaires municipales Rémy Trudel et la résolution adoptée samedi lors de l’assemblée spéciale de l’UMQ, selon laquelle la facture de 500 millions devrait être répartie selon un taux uniforme de taxation entre foutes les municipalités du Québec.A l’issue de l’assemblée, le maire Trent avait d’ailleurs clairement manifesté sa déception et son mécontentement envers une union qui semblait parler uniquement au nom des «villes rurales».«Nous allons aviser le ministre Trudel et le président de l'Union des municipalités que, dorénavant, la Conférence des maires va effectuer ses propres représentations auprès du gouvernement, puisque c’est la seule façon de s'assurer un traitement équitable», a expliqué hier Georges Bossé, maire dé Verdun, l’un des vice-présidents de la CMBM et également vice-président de l’UMQ.La CMBM soutient que ses contribuables paient déjà suffisamment avec le transport scolaire, les taxes et le service de police et qu’une répartition égale de la facture laissée par Québec ne leur assurerait en rien un traitement équitable.En assemblée spéciale, au cours des prochains jours ou la semaine prochaine, les membres de la CMBM devront décider d’une désaffiliation éventuelle de l’union, un choix qui ne revient pas au comité exécutif seul.«En assemblée, samedi, la voix de la majorité a décidé d’une répartition uniforme, ce que nous n’acceptons pas parce que l'uniformité n’équivaut pas à l’équité», a expliqué M.Bossé, qui devra décider lui aussi s’il conserve son poste au sein du conseil d’administration de l’UMQ ou s’il s’en détache.Réagissant à cet éloignement de quelques-uns de ses membres, le président de l’UMQ, Mario Laframboise, a précisé que l’UMQ n’était pas un parti politique mais que «l’union fera toujours la force»-, il a été convenu en fin de semaine dernière, a-t-il ajouté, que le comité de négociation saurait représenter les intérêts de tous les membres de l’UMQ, quels qu’ils soient.«En assemblée, samedi, la CMBM a demandé un traitement défaveur, au même titre que Québec et Montréal, et les collègues ont simplement refiisé de leur accorder un statut particulier par résolution, a expliqué Mario Laframboise.Mais ça ne veut pas dire que nous ne constatons pas les iniquités et que nous ne sommes pas prêts à demander qu’ils soient compensés s’ils contribuent déjà suffisamment.» M.Laframboise a d’ailleurs décidé de la composition de cette table de négociation qui souhaite recevoir l’assurance d’un nouveau pacte fiscal municipal de la part du premier ministre Bouchard — une demande de rencontre avec le premier ministre expédiée lundi à son cabinet est toutefois demeurée lettre morte.En feront partie les 13 membres du comité exécutif de l’UMQ de même que trois autres maires ayant affiché leurs couleurs au cours des dernières semaines.L’on souhaite que l’Union des municipalités régionales de comté du Québec en fasse partie elle aussi.Le maire de Laval, Gilles Vaillan-court, mandaté par son conseil municipal lundi pour représenter ses citoyens de façon équitable, doit par ailleurs présenter aujourd’hui les moyens auxquels il songe pour assurer cette juste représentativité.Gouvernement du Québec Ministère des Relations avec les citoyens ot de l'Immigration Québec s s Les MRC espèrent s’entendre avec Trudel L’UMRCQ doit exposer ses idées au ministre aujourd’hui i L E 1) E V OIK, I- E M E R C R E I) I li A O Û T 19 9 7 A #3 LE DEVOIR ! r Consommateurs de drogues L’hépatite A fait des ravages ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Une éclosion du virus de l’hépatite A fait rage chez les jeunes utilisateurs de drogues à Montréal, le nombre de cas recensés ayant monté en flèche depuis l’hiver dernier.La Direction de la santé publique de Montréal a d’ailleurs lancé un avis aux médecins de la région de Montréal-Centre et aux professionnels des CLSC contenant toute une série de recommandations pour éviter que cette «C’est davantage lorsque des gens infectés manipulent la drogue ou des aliments que le virus est transmis» MONTREAL Commission d’enquête sur la SQ Uacquittement anticipé des quatre policiers aurait poussé Arsenault à exiger une enquête publique Son ex-patron, Gilles Falardeau, lui reproche d’avoir voulu agir à la place de Barbeau Après avoir reproché à l’avocat de Gilles Falardeau d’avoir dévoilé au Devoir une partie du témoignage de son client avant même de l’avoir entendu, le juge Lawrence Poitras a pu mesurer à nouveau hier la distance que tente d’établir le directeur général adjoint vis-à-vis des trois enquêteurs jadis sous sa gouverne et qui menaient l’enquête interne sur l’affaire Matticks maladie ne continue de se propager chez les personnes à risque.Passablement rare jusqu’ici chez les utilisateurs de drogues, le virus de l’hépatite A a fait une véritable flambée cet hiver, plus de trente cas ayant officiellement été rapportés aux autorités médicales en un an.Evidemment, bien des personnes peuvent avoir été infectées sans se rapporter à un médecin.Au cours des trois années précédentes, seulement huit cas avaient été recensés.Plus souvent affectés par l’hépatite B, les utilisateurs de drogues injectables victimes d’une hépatite virale de type A étaient à 80 % de sexe masculin, la majorité était sans emploi et le tiers était des sans-abri ou des jeunes de la rue.Assez jeunes, les personnes infectées avaient en moyenne 28 ans, et un des malades, déjà atteint d’hépatite B chronique, est décédé de cette nouvelle infection à l’hépatite A qui a évolué de façon fulminante.Selon le Dr Richard Massé, responsable de l’unité des maladies infectieuses à la Direction de la santé publique, cette nouvelle éclosion chez les utilisateurs de drogues s’explique notamment par le fait que plusieurs de ces personnes vivent souvent en communauté, dans de piètres conditions d’hygiène, et partagent les mêmes seringues.Le mode de transmission de l’hépatite A n’est pas complètement élucidé, mais l’on croit qu’il se transmet davantage par la voie orale ou fécale que par la voie sanguine, comme l’hépatite B.«Les gens peuvent s’infecter par l’échange de seringue si la personne contaminée est au summum de l’infection.Mais c'est davantage lorsque des gens infectés manipulent la drogue ou des aliments que le virus est transmis d’une personne à une autre», dit le Dr Massé.L’hépatite A entraîne des fièvres, des nausées, des malaises et la jaunisse.Contrairement à l’hépatite B, le virus de l’hépatite A n’entraîne pas d’infection chronique et finit par être éliminé par le corps.11 n’en reste pas moins qu’il peut rendre passablement malade et être menaçant pour des personnes déjà frappées par le VIH ou dont les reins sont affaiblis par le virus de l’hépatite B.Dans les piqueries, note le Dr Massé, les seringues sont souvent nettoyées dans la cuvette des toilettes.De la même façon, les personnes qui «coupent» la drogue peuvent la manipuler de façon à transmettre le virus.La drogue qui circule en milieu carcéral peut avoir été infectée par les matières fécales d’un passeur qui a introduit la marchandise illégale en prison en avalant un condom.Tout récemment, à Drummondvil-le, environ 90 jeunes utilisant des drogues dans le même parc municipal ont été infectés par le virus de l’hépatite A.Les autorités ont dû entreprendre une série de vaccination en règle chez les jeunes de ce quartier.Comme l’explique le Dr Massé, seules des mesures d’hygiène peuvent prévenir l’infection ou alors un vaccin pour les personnes particulièrement à risque.Le vaccin est d’ailleurs souvent administré aux voyageurs fréquentant les pays en développement dépourvus de systèmes sanitaires adéquats.L’automne dernier, le même vaccin a été offert aux personnes de la communauté homosexuelle de Montréal, où l’infection était en explosion.Le problème en ce qui a trait aux utilisateurs de drogues, souligne le Dr Massé, c’est que la nature clandestine de leur activité les amène peu à fréquenter les services de santé et à réclamer un vaccin.SYLVAIN BLANCHARD LE DEVOIR Bernard Arsenault a commencé à parler pour la première fois de la tenue d’une enquête publique sur la Sûreté du Québec quand il s’est aperçu que le procès des quatre policiers — qu’il avait réussi à faire accuser pour leur implication dans l’affaire Matticks — se dirigeait lentement mais sûrement vers un acquittement.C’est en substance ce qu’a révélé hier devant la commission Poitras le directeur général adjoint de la SQ, Gilles Falaideau, le patron, à partir d’octobre 1995, de M.Arsenault et de ses deux collègues enquêteurs dans cette affaire, Hilaire Isabelle et Louis Boudreault.Dès les premiers jours du procès des policiers, «on sentait la tension» chez les trois hommes compte tenu de la faiblesse de certains témoignages, a d’abord commencé par dire M.Falardeau.Puis, quand Arsenault a constaté que «même des officiers [de la SQ] étaient en train de shirer», il aurait dit à Falardeau: «On n'aura plus le choix, on va aller en enquête publique».Selon l’avocat de Falardeau, Patrick de Niverville, Arsenault aurait alors commencé à se comporter «comme s’il était le directeur général de la SQ», en faisant savoir à son client qu’«t/H nettoyage aux enquêtes criminelles était nécessaire» et que seule la tenue d’une enquête publique permettrait d’y arriver.Qu’est-ce qui n’allait pas aux enquêtes criminelles?a cherché à savoir le procureur de la commission Poitras Richard Masson.«Je ne l’ai jamais su», a répondu Falardeau.A cette époque, le directeur général Serge Barbeau était déjà en train d’élaborer «son propre redressement» à la division des enquêtes criminelles, ce que M.Falardeau avait fait savoir à M.Arsenault.«Mais M.Arsenault ne croyait pas que M.Barbeau ait vraiment l’intention défaire quelque chose de majeur.» «Pour Bernard Arsenault, a indiqué le directeur général adjoint, un redressement à la SQ passerait par une enquête publique.Or, je n’étais pas d’accord».Et il n’était pas d’accord parce que, dans son esprit, s’il était possible d’avoir une opinion différente de celle de son patron sur un sujet, il en allait autrement pour ce qui est de vouloir agir à sa place.«Avant de décider qu’une enquête publique était nécessaire, il fallait d’abord laisserait directeur général le temps de faire son redressement», a indiqué M.Falardeau.C’est pourquoi en juin 1996, ce dernier s’est entretenu avec M.Arsenault pour l’inviter à faire «un bon débriefing» avec le directeur général Barbeau dès son retour de vacances.Mais le 24 juin, M.Falardeau apprenait que M.Arsenault et ses deux collègues, Boudreault et Isabelle, avaient plutôt décidé de réclamer, d’abord devant les médias puis devant la Cour supérieure, la tenue d’une enquête pu- :~ MARC CASSIVI LE DEVOIR Plus que jamais depuis le début de la compétition, samedi, il y avait foule hier à la finale des Jeux du Québec, autour du quartier général du cégep Ahuntsic.Le programme des épreuves n’était pourtant pas particulièrement chargé au centre Claude-Robillard, situé à quelques centaines de mètres, et aucune finale d’intérêt exceptionnel n’avait lieu sur la piste d’athlétisme, ni dans l’aire du lancer du poids ou du javelot.Hier était simplement jour de mi-temps aux Jeux du Québec.Les quelque 2100 jeunes athlètes du premier bloc d’épreuves (athlétisme, aviron, baseball, basketball, ski nautique, tir à l’arc, voile et volley-ball) partaient doucement pour leurs régions respectives, alors qu’environ 2100 autres arrivaient d’un pas sûr à Montréal, prêts pour les disciplines du second bloc (cyclisme, golf, natation, soccer, softball, tennis, volley-ball de plage).«C’est tout un roulement, confie Pierre Fortin, directeur général de l’événement.En plus des nouveaux athlètes et accompagnateurs qui arrivent, il y a les nouveaux bénévoles et les membres des fédérations du deuxième bloc qu’il faut également accueillir.» Malgré quelques ajustements mineurs en cours de route, M.Fortin estime qu’à mi-parcours, cette 33e finale est déjà une réussite.«Le premier bloc s’est très bien déroulé, sans véritables imprévus, dit-il.Les commentaires des représentants des médias ont été très positifs, comme ceux des athlètes, entraîneurs et accompagnateurs.Évidemment, les installations et les infrastructures dont nous disposons facilitent notre travail d'organisation.» Plusieurs athlètes quittaient donc hier cette grande fête sportive, autant l’occasion pour eux de s’amuser ferme et de tisser de nouveaux liens d’amitié que de se mesurer aux meilleurs jeunes espoirs de leurs disciplines respectives.Même si pour elles, la compétition est déjà terminée, Florence Lauth et Aurélie Daulon, deux jeunes Lyonnaises de 17 ans, demeurent à Montréal jusqu’à la conclusion des Jeux, le 10 août.Avec leur équipe composée de blique.À cette époque, le ministre de la Sécurité publique, Robert Perreault, avait déjà institué, à la suggestion de M.Barbeau, une enquête dite administrative sur la SQ — la commission Bonin, dont l’existence a pris fin à peine trois mois après sa création lors de la démission du juge.Les quatre policiers accusés dans l’affaire Matticks — de fabrication de preuves, entre autres — n’ont eu à présenter aucune défense et à faire aucun témoignage pour obtenir leur acquittement.Un échec pour les trois enquêteurs puisque toute la preuve accumulée contre ces policiers résultait de leur travail d’enquête commencé en juin 1995.Mais selon Jean Dupuis, avocat de l’un de ces policiers (Lucien Landry), «il s’agissait bien plus d’une perte de crédibilité et d’une humiliation pour les trois enquêteurs qui, pour essayer de se sauver la face, ont réclamé une commission d’enquête en bonne partie pour venir nous dire “oui on a perdu, mais ce n 'est pas de notre faute, c’est à cause de toutes les embûches que Serge Barbeau ou l’état-major de la SQ ont mis sur notre chemin”.Rien de tel n’a encore été prouvé.Et on est très loin du compte».M.Falardeau n’a pu commenter davantage la réaction de M.Arsenault et de ses deux collègues lors de l’amorce du procès des quatre policiers.Le procureur de la commission Poitras, Richard Masson, a en effet choisi de l’interrompre une fois son «envolée» terminée, comme il l’a appelé, pour l’inviter à parler d’un autre sujet.Mr Masson avait fait deux fois le même geste, lundi, lorsque M.Falardeau avait laissé sous-entendre que le sous-ministre de la Justice Mario Bilo deau, et non la SQ, dirigeait dans les faits l’enquête interne sur les ratés de l’affaire Matticks.A noter que le nom de Mario Bilodeau n’apparait sur aucune liste de témoins devant comparaître à la commission Poitras.Une situation qu’a relevée M' Jean Dupuis, l’avocat de l’ex-policier Lucien Landry, qui a accusé le procureur de la commission Poitras, M' Masson, «de manquer d’objectivité et d’épouser presque aveuglément la thèse de Jean Keable» (l’avocat des trois enquêteurs).Visiblement de bonne humeur, hier, et avec son sarcasme habituel, M'" Keable s’est limité à dire, à la blague: «Tant qu'on me fournit du bois pour alimenter mon feu, ça fait mon affaire».Montréal, beau, bon, pas cher La ville reste lune des plus abordables au monde JACQUES GRENIER I.E DEVOIR L’équipe de volley-ball féminin de Lyon, en France, a remporté hier la médaille d’argent du volet «amitié» de la 33e finale des Jeux du Québec, qui regroupe en outre des athlètes des villes francophones non québécoises de Tunis, Hanoï, Cheticamp, Tracadie et Saint-Boniface.Les jeux de l’amitié A mi-parcours, les Jeux du Québec sont déjà un succès joueuses de différents clubs de la région de Lyon, elles ont remporté hier la médaille d’argent de la compétition de volley-ball du volet «amitié» de cette finale des Jeux du Québec.«Les Québécois sont très accueillants, constate Florence, qui compte bien profiter des jours qui lulrestent pour visiter le centre-ville de Montréal.Et puis l’ambiance des Jeta est très conviviale.» Le volet «amitié», au stade expérimental à l’occasion de ces premiers Jeux du Québec montréalais, réunit des athlètes invités de villes non québécoises de la Francophonie (Lyon, Hanoï, Tunis, Saint-Boniface, Tracadie et Cheticamp) qui s’affrontent dans le cadre des épreuves de volley-ball féminin et de soccer masculin.«C’est un beau projet, mais un dossier particulier, constate Pierre Fortin, qui doute cependant que cette expérience soit répétée à l’extérieur de Montréal, à l’occasion de futures finales des Jeux.Le choc culturel a été très grand, particulièrement dans les lieux d’habitation.Les jeunes Vietnamiens n’ont pas les mêmes habitudes de vie que les Tunisiens ou que les jeunes des régions du Québec.» Ce volet «amitié», qui se veut à la fois témoin du caractère multiethnique de la métropole, a cependant aussi connu des ratés.La délégation tunisienne, entre autres, a interprété plutôt largement le règlement des Jeux, inscrivant des joueuses trop âgées à la compétition de volley-ball.Celles-ci n’ont pu finalement participer au tournoi.L’équipe masculine de soccer, quant à elle, a carrément été disqualifiée: tous ses joueurs, âgés de quatorze ans et plus, étaient inscrits dans la catégorie «moins de 13 ans».Le directeur général de cette finale des Jeux du Québec demeure néanmoins satisfait, dans l’ensemble, du déroulement de l’événement.«Us compétitions d'athlétisme ont attiré près de 2000 personnes lundi, c’est deux fois plus que lors des sélections olympiques! Il y a beaucoup de gens dans les estrades et je crois que ce sera semblable lors des compétitions de flotation, croit Pierre Fortier.Et même si le public n’est pas seulement composé de Montréalais, mais surtout d’athlètes et d'accompagnateurs des régions, au moins nous aurons contribué à l’industrie du tourisme de Montréal.» ASSOCIATED PRESS, RE.UTER ET AGENCE FRANCE-PRESSE Genève — Tokyo, Hong-Kong et Moscou sont les villes les plus chères au monde, tandis que Montréal reste l’une des plus abordables, selon une étude rendue publique hier.Réactualisée deux fois l’an, l’étude du Corporate Resources Group place Montréal au 138' rang des villes les plus chères.En d’autres mots, la métropole est la huitième ville la moins dispendieuse au monde.La plupart des grandes villes nord-américaines figurent en bonne position dans ce classement, en raison du faible taux d’inflation.Ainsi, Calgary vient au 141' rang.New York est pour sa part passée du 31e au 38' rang.Selon cette étude, la ville la moins chère du monde est Madras, une ville indienne qui occupe la 145' — et dernière — place du classement.La vie à Moscou est ainsi trois fois plus chère qu’à Madras.De façon générale, les villes européennes sont devenues moins chères, alors que les cités asiatiques sont hors de prix.Elles détiennent en effet huit des dix premières places au classement du Corporate Resources Group, une société commerciale internationale basée en Suisse.L’étude, qui vise à présenter un instantané du coût de la vie dans le monde, sert de référence à de nombreux gouvernements et sociétés internationales pour définir le montant des indemnités versées à leurs expatriés.L’enquête est fondée sur le prix de plus de 200 produits et services, dont le logement, l’alimentation, les boissons, l’équipement ménager, l’habillement, les transports et les loisirs.Le palmarès étant établi en fonction du dollar et non pas en fonction des monnaies locales, sa portée pour les résidants s’en trouve considérablement réduite.La hausse du dollar a provoqué 'OLITA1RE d’importants changements dans le classement rendu public hier.La Suisse a fait une chute vertigineuse, Genè ve et Zurich passant des 8 et O' rangs en 1996 aux 22' et 23' rangs cette année.Tokyo reste en tête devant Hong-Kong.Suivent ensuite Moscou, Osaka, Pékin, Shanghai, Séoul, Saint-Pétersbourg et Canton.Paris occupe le 29° rang, tandis que Londres a fait un bon vers le haut, passant de la 28' à la 14' place.En Afrique, Le Caire est la ville la plus chère, suivie de Brazzaville, au Congo, et de la capitale gabonaise de Libreville.Nairobi, au Kenya, a fait un bon de 40 places en un an et s’affiche maintenant à la 75' place mondiale.En Amérique du Sud, Sao Paulo arrive en tête après avoir grimpé de six places, occupant désormais le 15' rang.l.:997 ' 1 et solde I GH 1 et solde SI EF 1.19 et solde WS DE 419 et solde I MN ¦SïLE PARCHEMIN DEPUIS 19 6 6 Nos diamants et pierres précieuses sont sélectionnés par le laboratoire Gemmologique du Canada.Mezzanine, MÉTRO Berri UQAM, 1500, me Berri Montréal 845-5243 sans frais 1-800-667-6878 NOUVEAUTE MATHOPHILIE 416 - 436 - 514 (536 en préparation) 2' cycle du secondaire Directrice de collection et auteure Louise Lafortune Ph.D.Manuel 416, tome 1.320 pages, 35.50 S Manuel 436, tome 1, 559 pages, 42,50 $ Maintenant disponible Manuel 514, tome 1 Les manuels de cette nouvelle collection sont conçus pour aider certains élèves à soutenir leur «mathophilie» et pour en aider d’autres à passer de la «mathopho-bie» à la «mathophilie».Les moyens utilisés visent à ce que les élèves apprivoisent la mathématique et découvrent du plaisir à en faire.L’approche développée dans la nouvelle collection MATHOPHILIE tient compte des dimensions cognitive, métacognitive, affective et sociale de l’apprentissage de lq mathématique.La nouvelle collection MATHOPHILIE répond aux exigences et contenus, aux principes directeurs et objectifs des nouveaux programmes de mathématique du ministère de l’Éducation.GUÉRIN, éditeur ltée 4501, rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Téléphone: (514) 842-3481 Télécopieur: (514) 842-4923 Adresse Internet: http://www.guerin-editeur.qc.ca; A 4 L K l> !• V 0 I II .L K M E R C It E R I « A 0 l! T !l I) LES ACTUALITES I I Rencontre I des premiers ministres «-^ Manning veut la ligne dure à l’endroit du Québec an PRESSE CANADIENNE an* Ottawa — Le chef réformiste Près-ton Manning exhorte les premiers ministres provinciaux, qui se réunissent à partir d’aujourd'hui au Nouveau-Brunswick pour leur rencontre annuelle, à adopter la ligne dure à l’égard des souverainistes québécois.À son avis, il faut que tous les fédéralistes appuient «un plan d’urgence bien défini pour faire face à un autre référendum sur la souveraineté ou à une déclaration d'indépendance du Québec».«Ce plan doit bien établir, avant que toute décision soit prise sur la question, ce qu’en seraient les conséquences pour le Québec et le Canada dans son ensemble», écrit M.Manning dans une lettre qu’il a fait parvenir au premier rilihistre du Nouveau-Brunswick, Frank McKenna, l’hôte de la conférence.La réunion des premiers ministres, qui se termine vendredi, constitue une occasion privilégiée, estime M.Manning, pour faire «un effort plus vigoureux» afin de «renforcer et d’unifier la fédération canadienne».Lundi, le premier ministre McKenna a précisé que l’unité nationale n’est pas à l’ordre de jour de la rencontre.Pour sa part, le premier ministre Lucien Bouchard a fait savoir qu’il ne prendra part à aucune discussion, formelle ou informelle, sur le sujet La semaine dernière, le Conseil canadien des chefs d’entreprises y était allé de sa contribution en proposant aux premiers ministres de reléguer aux oubliettes le concept de société distincte pour le remplacer par la notion du caractère «unique» du Québec.Le conseil demandait, du même souffle, que l’on reconnaisse l’égalité des provinces entre elles.La relève REUTERS LES COSMONAUTES Anatoli Solovev et Pavel Vinogradov marchent vers la fusée Soyouz U peu avant leur décollage, réalisé sans incident, du cosmodrome de Baïkonour vers la station spatiale Mir pour une mission de dépannage cruciale pour l’avenir du programme spatial russe.La fusée s’est élevée à l’heure prévue, 15h35, sur un très beau fond de soleil couchant au-dessus de la steppe kazakhe.Témoin de l’importance de cette mission pour le prestige du programme spatial russe, le ministre de la Défense, Igor Sergueev, a assisté au lancement depuis une tribune située à 1,5 km du pas de tir.«La moitié du travail est fait.Je crois que ces garçons qui viennent de partir vont réussir à se débrouiller, je crois que la station va vivre», a dit M.Serguev.Solovev, le commandant de l’équipage et l’un des cosmonautes les plus chevronnés de Russie, et Vinogradov, l’ingénieur de bord, très souriants dans leur scaphandre juste avant de monter en ascenseur au sommet de la fusée Soyouz, ont eu droit à un départ de héros.Les deux cosmonautes portent la lourde responsabilité d’essayer de réparer Mir, qui a accumulé les incidents depuis six mois et dont l’un des modules a été gravement endommagé lors d’une collision le 25 juin.arrière: -tu J.i 135 000 lecteurs en moyenne par jour 76% ont un emploi 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de droit mais est une question (.) de légitimité démocratique.Il n’y a aucun droit, qu’il s’agisse du droit international ou du droit constitutionnel canadien, qui ne doit être un obstacle à l’accession à la souveraineté», a-t-il affirmé lors d’une entrevue à la Presse canadienne.«La logique de la partition est une logique à laquelle je ne crois pas», a-t-il ajouté.Pourtant, dans des écrits qu’il a déjà publiés, M.Turp avait reconnu, sur la base d’arguments juridiques, la possibilité pour certains groupes autochtones de réclamer la gestion de leurs territoires dans le cas de la souveraineté du Québec.Ainsi, en 1992, dans une étude réalisée pour le compte de l’Institut C.D.Howe, M.Turp expliquait que les autochtones du Nord du Québec remplissaient les conditions juridiques, découlant du droit international, nécessaires pour obtenir l’autodétermination.«Là (dans le Nord du Québec) où les membres des nations autochtones se retrouvent en majorité, le statut de ces territoires pourra être déterminé librement par la majorité des individus y habitant», écrivait-il.Il reconnaissait néanmoins qu’il s’agit d’une question complexe et qu’un mécanisme de médiation pourrait être établi dans le cas — fort possible — où le Qqébec réclamerait lui aussi juridiction sur ces territoires.A son avis, la commission de médiation en viendrait sans dou- te à la conclusion que les autochtones n’ont pas le droit à leur propre territoire, mais qu’ils doivent en revanche bénéficier de l’autonomie gouvernementale.La commission baserait probablement sa décision sur des précédents historiques, comme celui du partage de la Yougoslavie, où les frontières des Etats déjà existants ont été conservées.Ces commentaires avaient suscité l’ire de Lucien Bouchard, alors chef du Bloc québécois.Il avait rabroué publiquement M.Turp (qui était à cette époque président de la commission politique du Bloc québécois) en affirmant que le droit à l’autodétermination des autochtones n’existe carrément pas.Aujourd’hui, M.Turp tente d’atténuer la portée de ses opinions d’expert.«J’ai écrit des choses qui sont éminemment juridiques, des interprétations de traités internationaux, et je constate qu’il y a des débats et des gens qui ont des opinions différentes», fait-il valoir.Pour lui, les autochtones devront tout simplement se plier à la décision de la majorité.«Ce que je souhaite des autochtones, c’est qu’ils participent au processus initié par un gouvernement du Québec, qui a une légitimité démocratique, qui a des compétences sur l’ensemble du territoire du Québec, (et) qu’ils acceptent, comme les autres habitants du Québec, quelles que soient leurs origines, la décision de la majorité des Québécois.» Même s’il admet que son nouveau travail de député sera très accaparant, M.Turp a l’intention de continuer à être actif comme spécialiste en droit international.11 continuera à donner un cours à l’Université de Montréal.Et s’il doit aborder avec ses étudiants la question de l’autodétermination des autochones?«Dans ma salle de cours, répond-il, je serai un professeur de droit international.Je présenterai les points de vue qui s’opposent.Et je l’ai toujours fait, et je continuerai de le faire.Je n’utiliserai jamais ma salle de cours comme tribune politique.» Les travaux de la commission Roberge Les Montagnais exigeront l’exhumation des corps Pourra-t-on retrouver les restes de Régis et Voilant ?MICHEL HEBERT PRESSE CANADIENNE Québec — Les Montagnais exigeront l’exhumation des corps de Moïse Régis et d’Achille Voilant lors de l’enquête publique qui débutera à Sept-Iles, le mardi 12 août prochain.«Ça, c’est certain», a déclaré le chef du Conseil de bande montagnais Elie-Jacques Jourdan, à la Presse canadienne, hier.Les Montagnais veulent qu’une autopsie détermine si les deux hommes se sont noyés ou pas, comme le soutient depuis vingt ans, la version officielle des faits.Les policiers avaient alors conclu que Régis et Voilant, ivres à bord de leur embarcation, avaient fait une chute fatale dans la rivière Moisie, à son embouchure dans le Saint-Laurent.Leur mort hante la Côte-Nord depuis la découverte des corps en juin 1977.Malgré trois enquêtes et des dizaines d’interrogatoires, le doute persiste chez les autochtones qui imputent leur décès à «une chicane avec des gardes-chasse», explique le chef Jourdan.«On veut que la vérité sorte, soutient-il.Toute la communauté montagnaise attend ça depuis longtemps.» En 1996, le ministre de la Sécurité publique, Robert Perreault, ordonna aux policiers de la ville de Québec d’enquêter à nouveau.Conclusion: rien de neuf.Le ministère de la Justice recommanda de «clore le dossier».Les Montagnais étaient furieux.Selon le chef Jourdan, le ministre Guy Chevrette, responsable des Affaires autochtones, et feu le député de Duplessis, Denis Perron, «ont poussé fort» pour forcer la tenue de l’enquête publique que présidera M.Yvon Roberge, un juge de Sherbrooke à la retraite.Mr Eric Lépi- «II y a des rumeurs qui veulent que les corps ne soient pas dans leurs cercueils, dans le cimetière de Malioténam» ne le secondera à titre de procureur de la commission.L’exhumation des corps de Régis et de Voilant risque de se transformer en cauchemar pour la commission Roberge, si jamais on ne devait pas retrouver les restes des deux défunts.«On a reçu ça en plein front.On verra ce que que l’on devra faire.Il n’y a pas de décision prise pour le moment.Ce sera une demande du juge que je devrai assumer», a confié hier le secrétaire de la commission, M.Clément Tremblay.Ce dernier connaît bien la Côte-Nord pour y avoir travaillé pendant une quarantaine d’années.Il sait que certains pensent que les corps des deux hommes ne sont plus dans le cimetière de Malioténam, près de Sept-Iles, où ils auraient été enterrés jadis.«Il y a des rumeurs qui veulent que les corps ne soient pas dans leurs cercueils, dans le cimetière de Malioténam», a précisé M.Tremblay.Si tel est le cas, l’affaire risque de bouleverser les travaux de la commission Roberge.La sœur du défunt Régis Moïse, Marie-Marthe Fontaine, ne veut pas en parler.Juste y penser l’indispose, fait-elle comprendre.Se sachant en terrain miné, la commission Roberge s’est distancée du gouvernement et des policiers québécois.Elle compte sur les services d’enquêteurs privés d’expérience: Dominique Pinard, un ancien agent du SCRS (Service canadien du renseignement de sécurité) et Donald Boucher, un exagent de la GRC.Ils ont parcouru la Côte-Nord afin de mettre l’affaire à jour et d’établir la liste des témoins (une cinquantaine) qui seront convoqués au siège de la commission, à Sept-Iles.Après une étude des lieux du drame, la commission entendra les témoins, y compris les agents de la faune impliqués, à compter du lundi 18 août./,/•; IH.VOIH t t r • rc\ Recevez Le DEVOIR à votre porte et profitez d’une économie de plus de 31 % sur le prix en kiosque.Du lundi au samedi 2170$/ïïiois taxes incluses Finis les soucis: le paiement est prélevé chaque mois directement de votre 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s’est encore tendu hier au Proche-Orient, où deux groupes islamistes ont brandi la menace de nouvelles opérations-suicides en Israël tandis que s’intensifiaient les efforts diplomatiques visant à préserver le processus de paix.A l’issue d’entretiens au Caire avec le chef de la diplomatie israélienne David Levy, le président égyptien Hosni Moubarak a préconisé un règlement rapide de la crise — provoquée par l’attentat-suicide du 30 juillet à Jérusalem — sous peine de nouveaux débordements.Moubarak a également dit aux journalistes qu’il était dangereux d’affaiblir le président palestinien Yasser Arafat en soumettant les habitants des territoires autonomes à des privations.Depuis l’attentat qui a fait quinze morts dont deux kamikazes et 170 blessés au marché juif de Jérusalem, Israël a suspendu toute négociation avec l’OLP, bouclé les territoires palestiniens, arrêté 156 activistes et menacé d’intervenir dans les zones autonomes contre les groupes islamistes si Arafat ne s’en chargeait pas.Les membres de la Ligue arabe, réunis en conseil extraordinaire au Caire pour étudier la situation à la demande des dirigeants palestiniens, ont condamné les sanctions de l’État hébreu en les qualifiant de déclaration de guerre contre les régions autonomes.En Israël, les services de Benjamin Nétanyahou ont annoncé que le premier ministre recevrait aujourd’hui le frère du roi Hussein de Jordanie, le prince héritier Hassan, et son premier ministre Ab-dul-Salam al Madjali.Dans ce contexte d’intense activité diplomatique préludant à l’arrivée de l’émissaire américain Dennis Ross dans la région en fin de semaine, l’aile militaire du mouvement islamiste Hamas a juré de perpétrer de nouveaux attentats en territoire israélien.«Une série d'attaques-martyres interviendra le moment venu pour atteindre le sionisme au plus profond», annonce un communiqué des Brigades Izz el Din Kassam adressé à Reuter à Jerusalem.«L'entité sioniste deviendra un État de poltrons apeurés qui ne connaîtront ni repos, ni sécurité.» Le double attentat du 30 juillet avdit été revendiqué au nom du Hamas dans un autre tract publié la semaine dernière.L’origine de l’attentat n’a toutefois pas été fermement établie et des respoTi\ sables de l'OLP ont dit qu’il avait été organisé à l’étranger.: r i A Nabatiyeh (Sud-Liban), le Hezbollah, pro-iranien a enterré hier quatre de sefc: combattants tués la veille lors d’un raid-israélien et a, lui aussi, menacé de déî.clencher des opérations-suicides en Israël.!\ «Israël sera le témoin d’explosions.'et, d’attentats-suicides dans tous ses postes& l’intérieur de la Palestine et des territoires', occupés», a déclaré Nairn Kassem, numé-, ro deux du Hezbollah.*.Ç) De son côté, le groupe israélien La Paix Maintenant a contribué à exacerber, le climat ambiant en affirmant qu’il était, prévu de doubler le nombre des loger; ments réservés aux juifs en Cisjordanie»-,; D’après un document du groupe,dai construction de 44 089 logements serait envisagée en territoires occupés.; ri CROATIE Tudjman s’engage à reconstruire le pays DAVOR H UI C REUTER Zagreb — Le président croate Franjo Tudjman a prêté serment hier pour un second mandat de cinq ans et s’est engagé à reconstruire une économie nationale déséquilibrée.«Je déclare solennellement que je serai le président impartial de tous les Croates, indépendamment de leurs affiliations politiques», a déclaré le président, souvent taxé d’autoritarisme, dans son discours inaugural.Dans les milieux diplomatiques, on note que le chef de l'État croate dispose d’une ferme emprise sur les affaires nationales et pourrait rapprocher son pays de l’Europe occidentale, sous réserve qu’il remplisse les obligations contractées aux termes des accords de paix signés en 1995 à Dayton.Il incombe notamment à Zagreb de livrer des Bosno-Croates inculpés de crimes de guerre au Tribunal pénal international de La Haye, d’autoriser le retour de tous les réfugiés de guerre serbes et d’empêcher les nationalistes croates de compromettre la Fédération croato-musulmane en Bosnie.«Nous prenons l'engagement de soutenir Dayton et la Fédération», a dit Tudjman, réélu en juin avec une forte majorité, devant une assistance composée de hauts responsables de l’Etat, de l’armée, de l’Église et d’ambassadeurs étrangers.La cérémonie s’est déroulée hier matin dans le centre de Zagreb, sur une place noire de monde où la chaleur a provoqué plusieurs évanouissements.Tudjman aura l’occasion de manifester l’attachement de la Croatie à la paix en Bosnie dès aujourd’hui, à la faveur d’une entrevue dans le port de Split avec Alija Izetbegovic, coprésident musulman de la direction collégiale bosniaque.Cette rencontre, repoussée plusieurs fois depuis six mois, aura lieu en présence du diplomate américain Richard Holbrooke, artisan des accords de Dayton.Franjo Tudjman, 76 ans, ex-général de l’armée fédérale yougoslave, passait pour mourant l’an dernier en raison d’un cancer.Hier, il a paru en très bonne forme et s’est exprimé d’une voue ferme, ce qui semble confirmer des informations médicales selon les- M É?:! i IIRVOJK POLAN, REUTERS Le président Franjo Tudjman a prêté serment hier pour un deuxième mandat présidentiel.quelles sa thérapie a été couronnée de succès.«Nous prêtons une attention particulière à la coopération avec les États-Unis, l’Union européenne, la Russie, la Chine et les pays islamiques», a dit le président croate, qui a conduit l’ex-république yougoslave à l’indépendance en 1991.Il a exprimé l'intention de combattre la corruption et de se consacrer à la reconstruction d’une économie affaiblie par la guerre et la perte de débouchés commerciaux dont bénéficiait l’ancienne Yougoslavie.«Cela demandera plusieurs années, des moyens financiers considérables et la compréhension de tout le pays, a-t-il dit.Nous nous appliquerons à relever l’emploi, le produit intérieur brut et le niveau de vie.» Le principal obstacle auquel doit faire face Tudjman est le mécontentement latent d’une majorité de Croates réduits à la portion congrue.L’écart entre riches et pauvres s’est accru à mesure que des privatisations hâtives enrichissaient un petit noyau social étroitement lié au parti dirigeant.COMORES Anjouan défie le pouvoir central EN BREF Une envoyée très spéciale Moscou (AFP) — Le président de Tchétchénie Aslan Maskhadov a nommé hier la veuve du président tchétchène Djokhar Doudaïev, Alevtina, envoyée spéciale pour établir «des relations avec différents pays et organisations internationales», a indiqué le service de presse de M.Maskhadov.Mme Doudaïev est «chargée des missions les plus importantes dans le domaine de l’établissement et du développement des relations avec différents pays et organisations internationales», selon cette source citée par l’agence Itar-Tass.L’État tchétchène a également pris en charge la famille de l’ancien président indépendantiste Djokhar Doudaïev, que beaucoup continuent à croire encore vivant plus d’un an après l’annonce de sa mort dans un bombardement russe, pendant la guerre.Djokhar Doudaïev, qui a proclamé l’indépendance de la Tchétchénie en 1991, a été tué dans un raid aérien russe, selon son entourage.Seuls ses intimes disent avoir vu le corps de l’ancien général de l’armée soviétique.Les zapatistes mécontents Madrid (AFP) — Une délégation de l’EZLN (Armée zapatiste de libération nationale) a dénoncé hier à Madrid «le harcèlement croissant» de l’armée mexicaine et de ses «gardes blancs» (paramilitaires) au Chiapas.«Les militaires harcèlent en permanence nos communautés à la recherche des dirigeants zapatistes», ont déclaré à la presse deux membres de l’EZLN.Ces membres, qui se sont présentés comme Felipe et Delia, font partie de la délégation venue assister à la «deuxième réunion intercontinentale pour l’humanité et contre le neo-libéralisme», qui s’est tenue du 25 juillet au 3 août à San Sebastian de los Reyes, à Barcelone et dans d’autres villes d’Espagne.Les organisateurs de la rencontre, qui a réuni 2500 délégués d’une cinquantaine de pays, ont lancé un appel à la solidarité, demandant à la communauté internationale d’intervenir pour que le gouvernement mexicain respecte les accords de paix signés il y a plus d’un an avec l’EZLN.Zafy dénonce Ratsiraka Antananarivo (AFP) — L’ancien président malgache Albert Zafy a «sommé» hier «les détenteurs du pouvoir actuel de le remettre au peuple souverain, au plus tard le 10 août, pour éviter d'éventuels troubles».Dans une déclaration remise à la presse, l’ancien président estime que le report de 10 mois des élections législatives et la prorogation d’autant du mandat des députés constituent une «violation de la Constitution et un coup d’État», opérés avec «une complicité flagrante de la présidence, du gouvernement, de l’assemblée nationale et de la Haute cour constitutionnelle».Cette dernière institution, la HCC, a reconnu en mai comme conforme à la Constitution malgache le report des législatives, pour permettre au gouvernement de doter environ quatre millions d’électeurs d’une carte d’identité.Elle a par conséquent accepté le principe d’une prorogation du mandat des 138 députés, élus en 1993 normalement pour 4 ans, qui expirait le 3 août.Banzer devient président la Paz (AFP) — Le général Hugo Banzer est devenu hier à 71 ans le premier ex-dictateur latinoaméricain des années 70 à revenir démocratiquement au pouvoir, et dirigera la Bolivie pendant les cinq prochaines années.Hugo Banzer Suarez, qui gouverna sans partage le pays de 1971 à 1978, a été élu au second tour de scrutin par une majorité des 157 membres du Congrès bicaméral, 27 sénateurs et 130 députés élus lors des élections générales du 1er juin.Le général Banzer prendra ses fonctions dès aujourd’hui.Condamné à être vitriolé Téhéran (AFP) — La justice iranienne a autorisé la famille de deux soeurs qui avaient été défigurées à l’acide, à vitrioler à leur tour le coupable en application de la loi du Talion, en vigueur en Iran depuis la révolution islamique de 1979, a indiqué hier le quotidien Kayhan.Hamid Khochnevis avait vitriolé en février dernier deux soeurs dans une rue de Téhéran sur «ordre payé» d’un prétendant à qui leur famille avait refusé de donner l’une des filles en mariage.Devant le refus de la famille, Mahmoud Jafari avait engagé un homme pour 2000 dollars en le chargeant de jeter de l’acide sur les deux jeunes filles, âgées de 17 et de 10 ans.Elles ont été complètement défigurées et ont eu une partie du corps brûlée.Le commanditaire du crime s’est vu infliger une peine de 15 ans de prison.Injustice a condamné un troisième homme qui conduisait une moto à bord de laquelle ils avaient pris la fuite, à trois ans de prison et à dix ans d’exil à Iranchahr, près de la frontière irano-pakistanaise.Quatre Français disparaissent Lyon (AIT) — Quatre Français, dont trois membres de l’association humanitaire Équilibre, ont disparu depuis ce week-end à Makhatchkala, la capitale de la république russe du Daghestan, une zone instable et infestée de bandits.«Nous sommes sans nouvelle d’eux depuis lunfii matin», a indiqué Didier Latapie, responsable d’Équilibre, association française qui a son siège à Lyon.Les quatre Français, parmi lesquels se trouvait,un touriste venu rendre visite à l’un des membres d’ÉquiLibre, avaient passé la soirée de samedi dans la maison de Médecins sans frontière-Belgique à Makhatchkala.Ils ne sont appareillent pas rentrés chez eux après avoir quitté leurs collègues de MSF-Belgique.Lundi matin, après avoir constaté leur absence au bureau de l’association, le personnel local d’Equiübre a retrouvé leur maison vide et fermée, sans trace apparente d’effraction.Les deux gardiens étaient sans nouvelle d’eux.Les accords de Dayton doivent être respectés Madrid (AFF) — Les acccords de Dayton sont «l’unique solution au problème» bosniaque, a déclaré hier à la Radio nationale d’Espagne (RNE) le Haut représentant civil en Bosnie, l’Espagnol Carlos Westendorp, qui a aussi évoqué le gel, à sa demande, des contacts diplomatiques avec Sarajevo.«Dayton est probablement l'unique solution au problème, car tout ce qui sortirait du schéma qui prévoit d'un côté une Fédération bosno-croate et de l’autre une République serbo-bosniaque unies à l’intérieur d’un même État reviendrait à créer les mêmes conditions qui ont conduit à la guerre», a déclaré M.Westendorp, actuellement en vacances dans son pays.À sa demande, treize pays européens — dont la France,, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et l’Espagne — et les États-Unis ont suspendu ces derniers jours leurs contacts diplomatiques avec la Bosnie.HUGH NEVILL AGENCE FRANCE-PRESSE Mutsamudu — Les séparatistes de l’île comorienne d’Anjouan ont élu hier leur président, le professeur d’école coranique Abdallah Ibrahim, et ont annoncé des élections d’ici la fin de l’année pour permettre aux Anjoua-nais de «déterminer librement leur avenir».Abdallah Ibrahim devient le président de la «coordination politico-administrative» de «l’État d’Anjouan», a annoncé l’ancien premier ministre Mohamed Abdou Madi lors d’une conférence de presse.Les leaders séparatistes avaient auparavant annoncé leurs objectifs: un rattachement «pur et simple» d’Anjouan à la France, ou la création d’une île indépendante associée à l’ancienne puissance coloniale.Fatima Mkiradjouma, que les séparatistes avaient élue chef de leur directoire politique fin juillet, a été nommée vice-présidente, tandis qu’Abdallah Belela, un manifestant abattu lors d’une manifestation en juillet, a été élevé au rang de «père de la libération des Anjouanais».Abdallah Belela, ancien officier ayant servi dans les rangs de l’armée française, avait hissé un drapeau français lors d’une manifestation à Mutsumadu, le 14 juillet, et refusé de l'amener.Selon des témoins, il avait été abattu, ainsi qu’un autre manifestant, par un capitaine de gendarmerie.Les séparatistes ont également constitué un cabinet de 13 membres.Les séparatistes veulent ratifier un pacte de défense avec la France, actuellement liée avec la République fédérale islamique des Comores par un texte permettant aux deux pays de se venir en aide mutuellement Les rebelles d’Anjouan ont déclaré l’indépendance dimanche, lors d’une manifestation à Mutsamudu, la ville principale de Tile.It; gouvernement central de Moroni a immédiatement répliqué en mettant ses troupes en état d’alerte.Les militaires sont prêts à embarquer ou à décoller de Moroni (capitale de l'archipel, située sur l’île de la Grande Comore) à destination de Mutsumadu, située à 150 kilomètres, ont indiqué lundi à l’AFP des sources à Moroni.Toutefois, les barrages autour de Mutsamudu ont été allégés hier, et les séparatistes ne craignaient visiblement pas de débarquement imminent.A Moroni, le président Mohamed Taki Abdoulkarim et des responsables gouvernementaux ont souhaité le dialogue, et M.Taki a appelé les Comoriens à relever «les défis majeurs que leur imposent l’histoire et les événements actuels».L’Europe va reprendre F 0 1 an son aide | à Fex-Zaïre F Min illii AGENCE FRANCE-PRESSE /.un r.'ir, Kinshasa — La troïka européenne va recommander ali.> conseil des ministres de l’Union européenne (UE) ,1a reprise de la coopération structurelle suspendue depuis! 1992 avec la république démocratique du Congo (ex-Zaï-re), a annoncé hier à Kinshasa le ministre luxembourgeois; des Affaires étrangères, Jacques Poos.Au cours d’une conférence de presse à l’issue d’une visé te de deux jours à Kinshasa avec son collègue néerlancÿ^ Hans Van Mierlo et le ministre britannique délégué aux Affaires étrangères Tony Lloyd, M.Poos justifié cette demande par X«environnement politique favorable en RD du Congo».M.Poos a indiqué que l’Union européenne va «accom-\ pagner et assister le gouvernement du président Laurent Désiré Kabila dans le processus de réformes démocratiques et de la reconstruction nationale».Arrivée lundi à Kinshasa, la troïka européenne a eu de, longs entretiens avec le président Kabila et le ministre des' Affaires étrangères de la RD du Congo, Bizima Karaha.! La troïka européenne est composée du ministre des Af-t faires étrangères du pays exerçant la présidence, pour six mois, de l’UE (actuellement le Luxembourg), de celui du pays l’ayant précédemment exercée fies Pays-Bas) et de celui du pays successeur (le Royaume-Uni).«Notre visite a été un succès.Élle nous permettra de relancer des relations constructives basées sur un authentique partenariat entre l’Union européenne et la RD du Congo», a af-i firmé M.Poos qui s’est félicité de la chute du «régime dictatorial» déchu du maréchal Mobutu.La délégation de l’UE a «noté avec satisfaction la volonté des autorités congolaises de fonder son action sur la démo-\ cratie et les droits de l’homme», a poursuivi M.Poos, souli-i gnant que le président Kabila s’est engagé à respecter lej calendrier électoral prévoyant des «élections libres et démocratiques en 1999».M.Poos s’est félicité de l’accord irévocable entre le président Kabila et le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, pour l’envoi d’une mission chargée d’enquêter sur les massacres des réfugiés rwandais dans l’est de! l’ex-Zaïre.«Le gouvernement congolais et la troïka ont invité l'ONU à procéder sans délai à cette enquête», a déclaré M.Poos ajoutant que la troïka a demandé que les organisations humanitaires «aient librement accès ata réfugiés en détresse» sur le territoire congolais.M.Poos a dit que la troïka a relevé la «ferme volonté des nouvelles autorités congolaises d’interrompre toute corruption», soulignant que l’UE souhaite que le président Kabila et son gouvernement «respectent leurs engagements».ULSTER S Espoir de marches paisibles samedi j AGENCE FRANCE-PRESSE ! Londonderry — La ville de Londonderry semblait assurée hier d’un week-end de marches loyalistes protes-i tantes sans violence majeure, après l’annulation d’une contre-manifestation samedi par une organisation de catholiques nationalistes.Les résidents du quartier catholique du Bogside ont annoncé l’annulation de leur manifestation, en contrepartie d’une décision de la police d’Ulster qui a imposé dans la journée à la confrérie protestante des Apprentice Boys de modi-! fier l’itinéraire de trois de leurs marches prévues samedi.La police a ordonné aux Apprentice de renoncer à leur! itinéraire via Ormeau Road à Belfast, et dans les villages de Dunloy et Bellaghy.Un porte-parole des Apprentice Boys s’est dit déçu, mais a estimé que les marcheurs né violeraient pas la loi.Les participants à ces marches doivent ensuite re-; joindre le grand rassemblement de 10 000 protestants à Ixmdonderry, défilant autour de la ville à majorité catholique.Ce week-end de marches est normalement consider ré comme un week-end à haut risque de violences intercommunautaires.Une centaine de membres des «Apprentice» de Londonderry, doivent pour leur part défiler sur les remparts, y corn-; pris sur un secteur controversé surplombant le quartier dit Bogside.Mais celui-ci a indiqué qu’il ne s’y opposerait pag^ A 6 I.H I) K V 0 I II I.K M K II C II E I) 1 (I A 0 Û T I !) S» 7 EDITORIAL Les parents perdants Jean-Robert Sansfaçon Annoncée dans l’allégresse par le premier ministre lors du Sommet socioéconomique de l’automne 1996, la politique familiale du gouvernement du Québec émerge avec peine, amputée d’un chapitre essentiel.Québec a ses torts, lui qui, dans son empressement, a promis la lune sans avoir les moyens de la décrocher.Mais c’est Ottawa qui commet la plus grande bourde en assimilant les congés parentaux au Régime d’assurance-chômage et en interprétant à sa guise la Constitution qu’il dit défendre.U ne fois de plus, c’est l’improvisa-1 a créé les congés parentaux a aussi prévu un droit tion qui risque d’avoir raison des bonnes intentions du gouvernement du Québec.Après plusieurs sorties publiques de la ministre de la Famille et de l’Enfance, aussi ministre de l’Éducation, Pauline Marois, pour faire connaître les intentions du gouvernement en matière de politique familiale, voilà que l’échec des négociations avec Ottawa force le report sine die d’un des volets essentiels de la réforme, celui de l’assurance parentale.A plus d’un égard, le projet provincial aurait été plus cohérent, plus généreux et aussi plus accessible que l’actuel prestation fédérale.Québec promettait d’étendre l’admissibilité aux travailleurs et aux travailleuses autonomes, d’allonger la durée et le montant des prestations, d’élever le plafond des revenus assurables (et des prestations), d’éliminer le délai de carence, en somme, toutes choses qui auraient permis de parler enfin d’un vrai régime de congés parentaux, et non plus de ce succédané dont les parents canadiens doivent se satisfaire depuis tant d’années à cause de l’incurie des gouvernements qui se sont succédé à Ottawa.En revanche, il va sans dire que le projet québécois aurait été passablement plus coûteux.Or, pour pallier à ce «léger» inconvénient, le gouvernement du Québec avait conçu une formule de participation du fédéral plus généreuse que ce que reçoivent les parents de la province à l’heure actuelle.D’où le conflit Québec soutient qu’il a droit à la totalité des cotisations payées à la Caisse d’assurance-emploi par les habitants de son territoire aux fins du financement des congés parentaux.Ce à quoi Ottawa répond que le Régime d’assurance-emploi est un régime pancanadien, redistributif, c’est-à-dire que les provinces reçoivent un montant établi non pas selon ce qu’elles ont versé à la Caisse, mais selon le nombre de chômeurs, ou de naissances, enregistrés.Ce qui explique que le Québec ait eu moins que ce qu’il a contribué en matière de congés parentaux, son taux de natalité étant plus bas qu’ailleurs, mais plus au chapitre de l’assurance-chômage.Par conséquent, si Québec se retire du régime pour créer le sien, pas question de lui retourner l’équivalent des contributions payées par ses habitants, mais plutôt la moyenne des prestations versées réellement aux parents depuis trois ans.Et puisque le montant de ces prestations n’a cessé de diminuer ces dernières années, plus Québec tardera, plus il devra se contenter de moins, menace le ministre Pettigrew.La belle affaire! On comprend la logique du fédéral qui explique son refus en soulignant qu’il ne veut pas pénaliser le reste du pays où il faudrait augmenter les cotisations pour faire face au taux de natalité plus élevé.Pourtant, malgré cette logique apparente, quelque chose cloche dans le raisonnement du ministre.Car sa vision des choses ne correspond pas au texte, encore moins à l’esprit de la constitution et des lois de ce pays qui accordent la responsabilité exclusive aux provinces en matière de programmes sociaux.Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que la loi fédérale qui Les congés parentaux n’ont rien à voir avec l’assurance emploi.de retrait pour les provinces.Un telle clause implique, de facto, que les cotisants d’une province puissent retirer leurs billes, toutes leurs billes du régime existant, et non seulement la partie qui leur revenait sous forme de prestations, pour les verser à un nouveau régime au moins aussi généreux.Selon cette logique, plus logique que celle du ministre, si le Québec veut fonder son propre régime, il devrait ainsi avoir le droit de récupérer entièrement ses cotisations du programme fédéral.Il faut donc dénoncer la conception défendue par le ministre Pettigrew qui succombe, à son tour, à la vision du Canada soutenue depuis des lustres par les grands mandarins fédéraux desquels il se croyait détaché.L’erreur, si on préfère parler d’une erreur, n’est pas étrangère au fait qu’Ottawa ait choisi, pour des raisons pratiques, de fondre le programme de congés parentaux et celui de l’assurance-emploi qui, elle, est prévue pour faire face aux aléas de la conjoncture économique et redistribuer les revenus des régions prospères vers les régions en difficulté.Si Ottawa n’a pas voulu corriger l’erreur lors de la réforme du Régime d’assurance-chômage, cela ne lui donne pas le droit de nier la différence fondamentale qui existe entre les deux programmes, et de redonner aux provinces qui le souhaitent la possibilité d’utiliser la totalité des cotisations versées sur leur territoire au régime de congés parentaux, et non seulement l’équivalent des prestations retirées par les parents québécois.Surtout si le régime envisagé est plus généreux et davantage conforme à la définition qu’on imagine d’une politique d’aide aux familles.Par contre, là où Ottawa a le droit et le devoir de respecter la même règle d’un bout à l’autre du pays, c’est quand vient le temps d’accorder quelque avantage fiscal aux uns et aux autres.En demandant que sa nouvelle prestation parentale soit non imposable, Québec devait savoir qu’il ferait face à un refus, puisque les prestations actuelles d’assurance-chômage et de congés parentaux fédérales sont imposables, et le resteront.C’est vrai que de son côté, le Québec a déjà accepté une telle faveur pour ses citoyens qui reçoivent la prestation fiscale fédérale pour enfants.Mais avait-il le choix d’être la seule province au pays qui impose l’aide consentie pour les enfants?En attendant de négocier d’égal à égal, le Canada reste un pays, et le Québec une de ses dix provinces.Voilà d’ailleurs une autre raison qui aurait dû pousser Ottawa à accepter la demande raisonnable du Québec en matière de rapatriement des cotisations versées à l’assurance parentale, ce qui lui eût permis de démontrer à peu de frais que la collaboration est toujours possible en ce pays, tout en renvoyant les fonctionnaires du Québec à leur planche à dessin pour concevoir une prestation parentale qui réponde aux normes nationales en matière fiscale.Dans cette aventure, il faut l’admettre, si Ottawa se traîne les pieds pour défendre des principes qui ne tiennent pas la route, de son côté, Québec se retrouve dans la position du chasseur qui a vendu la peau de l’ours avant de l’avoir tué.Au détriment des parents, ses électeurs.Pas payant, le français Les médecins spécialistes ont échappé à )a réduction de salaire de 6 % en «expliquant" au gouvernement qu’ils peuvent travailler ailleurs au Canada ou aux Etats-Unis, en anglais évidemment, et gagner plus d’argent Les professeurs, étant souvent unilingues français, n’ont pas pu évoquer le même argument sans observer un sourire cynique sur le visage du négociateur du gouvernement.Ils sont condamnés alors à rester les professeurs les moins payés au Canada.Le gouvernement souverainiste a donné ainsi la preuve qu’il n’est pas payant de vivre et de travailler en français au Québec.Hassan Jamali, professeur Saint-lMurent, 11 juillet 1997 Pauvreté infantile Le Canada est un des pays où il fait mieux vivre selon le rapport annuel sur le développement humain produit par le programme des Nations unies pour le développement (PNUD), qui a été rendu public récemment.Vous aurez noté que les médias ont souligné, lors du lancement de ce rapport, un paradoxe important: il reste beaucoup à faire au Canada en ce qui a trait à la pauvreté infantile.S’attaquer au déficit est une chose, mais entretemps, ne pas laisser pour compte les enfants et les familles en est une autre.Plusieurs se demandent si ce n’est pas exactement ce qui se passe.Je déplore cette situation, comme la plupart de mes compatriotes.Trop d’enfants et de familles, en effet, sont aux prises avec un taux croissant de pauvreté.Celui-ci a effectivement augmenté de 46 % depuis que la Chambre des communes s’est pro- LETTRES -?- noncée unanimement, en novembre 1989, en faveur de l’élimination, d’ici l’an 2000, de la pauvreté infantile au Canada.Ce sont là des faits et le gouvernement se doit d’en tenir compte.On dira qu’il s’est engagé, lors du dépôt du dernier budget, à s’attaquer à ce problème en y allouant des sommes importantes annuellement II se propose même, selon le Livre rouge, de doubler ces sommes dès que la situation économique le permettra.Je m’explique mal, de prime abord, cette décision d’attendre car la situation est urgente.Je reconnais et applaudis ses efforts, mais les solutions ne résident pas uniquement dans l’attribution de dollars supplémentaires.Il faut selon moi, pour contrer cette croissance constante de la pauvreté, s’attaquer aux racines mêmes du mal pour ainsi renverser la vapeur.Pourquoi ne pas mettre sur pied une concertation nationale avec l’ensemble des intervenants, dont les gouvernements provinciaux et les organisations non gouvernementales qui œuvrent dans le domaine?Selon The Globe and Mail du 8 juin 1997, le premier ministre Romanow de Saskatchewan proposait justement que soit abordée cette question dans le cadre de la Conférence fé-dérale-provinciale des premiers ministres.Ce pourrait être l’amorce d’une stratégie vraiment nationale.De celle-ci découlerait une action concertée et efficace contre la pauvreté en général et celle des enfants qui est particulièrement pernicieuse.Comme le disait M.Martin dans le dernier discours du budget «Les possibilités dont sont privés les enfants sont trop souvent synonymes de chances perdues à l’âge adulte.» Qu’attend-on pour offrir un avenir à nos enfants?Le premier ministre est en début de mandat et cette proposition lui offre une occasion unique de démon- trer à nos compatriotes que son gouvernement a à cœur de bien comprendre la situation et considère les enfants de ce pays comme dignes d’attention, au même titre que les autres grandes questions nationales.Qu'en pense M.Chrétien?Les enfants attendent.Yvon-A.Dupuis Gatineau, 23 juillet 1997 Et moi ?Début avril paraissait chez Leméac Fraternellement.(lettres de Menaud à André Major, 1965-1971), un document que j’ai annoté et présenté à la demande de l’éditeur.L’ouvrage a au moins un intérêt littéraire à défaut d’être une nouveauté fracassante.Ce n’est pas seulement mon avis personne], mais celui de Réginald Martel et de Raymond Bertin qui l’ont commenté respectivement dans Im Presse et Voir.Aussi suis-je quelque peu étonné que Le Devoir n’ait même pas jugé bon de signaler sa parution.Il y a quelques semaines, Saletti jetait un coup d'œil panoramique sur quelques publications du même genre, sans nulle mention à Fraternellement.L’éditeur prétend que l’envoi a bel et bien été adressé au Devoir au moment de la parution; je sais bien, pour avoir été du métier il y a quelques lustres, qu’il est difficile de commenter tout ce qui se publie.Mais la pertinence de cet opuscule aurait peut-être justifié au moins qu’on le signale à l’attention des lecteurs du Devoir, journal auquel maintes missives de Savard font allusion puisque j’y œuvrais alors à titre de responsable des pages littéraires.Je demeure votre fidèle mais parfois impatient lecteur.André Major Montréal, 17 juillet 1997 MuUidct Parental F H' Jcz m (A a Le royaume de la pensée unique I 1 était une fois duc premiers ministres provinciaux.Réunis à St.Andrews dans le donjon d’un grand château fort perdu au fond d’une forêt électoraliste, quelque part entre les bancs de brouillard constitutionnel et les pics référendaires, ils s’entendirent pour ne pas parler du mal mystérieux qui afflige le «plus meilleur» royaume du monde.Mais derrière les portes closes, neuf d’entre eux susurrèrent à l’oreille du dixième que s’il était vraiment gentil, il troquerait cette peste de «souveraineté» contre un nouveau plan pour sauver l’unité du royaume.Suggéré par le Conseil canadien des chefs d’entreprises «.— de puissants marchands —, ce «plan» comportait trois volets.¦ Les dix provinces du royaume seraient «égales» dans la grande Constitution du royaume.¦ On leur retournerait quelques poussières de pouvoirs.¦ On reconnaîtrait le rôle «unique» de la belle province de Québec pour la protection de sa langue, de sa culture et de ses institutions.Ulcéré, le prince Lucien s’écria: «Non mais, vous allez m’arrêter ça! Qu’est-ce que c’est que cette idée de nous ramener à l’Acte de Québec de 1774! Et pourquoi pas y mettre la religion, tant qu'à y être?» «Le Québec», ajouta-t-il, convaincu qu’il aurait dû rester chez lui, «ce n’est tout de même pas une bourgade! C'est un peuple!» C’est alors que le prince Lucien comprit ce qui se passait.Le choix du mot «unique» n’était pas fortuit.En fait, il découlait de la pensée tout aussi unique qui s’empare peu à peu du reste du royaume, soit le dogme de l’égalité des provinces et le refus corollaire de tout statut particulier pour la nation québécoise.Le prince Lucien comprit aussi à quel point le mot «unique» s’inscrivait dans cette immense obsession canadienne qu’est Y «unité».Des mots et encore des mots se mirent à danser devant lui: uniformité, union, unité, J o s é e L eg a u 11 unilatéral (comme dans «rapatriement»), unanimité (comme dans «formule d’amendement»), unifolié (comme dans Sheila Copps), etc.Des mots et toujours des mots.«Un véritable torrent de logomachie qui nous engloutit depuis des décennies, soupira le prince Lucien.Et pendant qu’on discute, tout piétine.S’il faut "parler”, je suis aussi bien de recommencer à parler de souveraineté!» «Mais non!», lui cria Daniel, son chef de l’opposition, qui s’était caché dans ses bagages.«N’en parlez surtout pas! Ne voyez-vous pas les vagues d'ouverture et de générosité qui déferlent sur nous?Nous sommes inondés d’amour comme au rallye du 27 octobre 1995! Et puis, n’avez-vous pas entendu parler de ces intellectuels cana-diens-anglais si “ouverts" au Québec?Ne me dites pas, s’enflamma Daniel dans un rare moment d’émotion, que vous voudriez plus qu’une simple société "unique"?Moi, par exemple, je suis gentil, je ne demande plus rien.» «Oui, ça, on l'avait remarqué!», s’esclaffa le prince Lucien.E faut dire que je n'en demande pas beaucoup moi-même, mais passons.Quant à ces intellectuels si “ouverts", on peut les compter sur les doigts d'une main.Tu vois, Daniel, ce n’est pas parce qu’on voit un ou deux bouleaux blancs qu’il faut en conclure que toute la forêt est faite de bouleaux blancs.Que veux-tu, le Canada est fermé comme une huître!» Avec un sourire quelque peu moqueur, le prince Lucien en profita pour demander à Daniel où il avait bien pu mettre son Rapport Allaire.«Le Rapport Allaire?lui répondit Daniel tout surpris, c’est quoi ça?De toute façon, je préfère la société distincte.Excusezonoi.Je voulais dire la société “unique".» Excédé, le prince Lucien l’admonesta: «Daniel, tu n’es pas fatigué de faire dans la nécrophilie politique avec tes sociétés distincte ou unique?Si tu dois parler aux morts, ne préfères-tu pas la voix de tes prédécesseurs?» Daniel lui rétorqua en bon fédéraliste d’un monumental «Non!».Le prince Lucien le renvoya chez lui par le retour du courrier.Seul dans sa chambre, le prince Lucien, sombre et songeur, se demanda pourquoi de riches marchands et des premiers ministres très provinciaux ressassaient des concepts si franchement dépassés.«Auraient-ils perdu jusqu’à l’ombre d’un espoir de renouvellement du royaume?Serait-ce que le plan B, pour être efficace, doit être manié concurremment avec l'illusion d'un tel renouvellement?» 11 n’osait en croire sa propre voix.Mais il y a sûrement autre chose.«Si des fédéralistes s’entêtent à nous prendre pour des valises distinctes ou uniques, se dit-il, c’est qu'ils croient que des Québécois attendent toujours la énièrne promesse de changement et que chaque refus précédent a été effacé de leur mémoire.» Il émit alors une hypothèse: «Et si la nation québécoise, abandonnée dès sa tendre enfance par sa mère patrie, cherchait encore l’amour qui lui a tant manqué?Cela expliquerait-il son besoin chronique de "reconnaissance” au travers du regard de l'autre?Cela expliquerait-il qu’un certain nombre — décroissant, j’en conviens — préfère encore cette attente à leur propre indépendance et à leur propre regard?Et si c'était vrai?, murmura-t-il.Grand Dieu, c'est alors qu’il faudrait encore tout réexpliquer!» «Eh oui!», lui répondit tout doucement la voix d’un de ses prédécesseurs.«On doit tout recommencer chaque fois.Et chaque fois, de nouveaux Québécois se joignent à nous.Mais dépêche-toi si tu veux mister à la pensée unique! Tu sais, en politique, le temps est une denrée précieuse que l'on dilapide à ses risques et périls.» «Vous voulez dire qu'il n’y a plus de temps à perdre?» demanda le prince Lucien avec impatience.Mais la vont mystérieuse avait déjà quitté la pièce.Ce que fit aussi le prince Lucien qui se promit, une fois pour toutes, qu’il ne remettrait plus jamais les pieds dans une de ces séances on ne peut plus futiles.«Après tout, nous avons une élection et un référendum à préparer», se dit-il; je n ’aurai plus le temps de perdre mon temps!» A PROPOS .des enfants de familles monoparentales (1) Les enfants qui vivent dans une famille dirigée par une mère seule sont plus susceptibles que les enfants des familles biparentales d’éprouver des problèmes affectifs ou comportementaux, ainsi que des difficultés scolaires et sociales.En 1994,15 % des enfants de 4 à 11 ans vivant dans une famille dirigée par une mère seule manifestaient des troubles affectifs, comparativement à un peu plus de 8 % des enfants vivant avec deux parents.En outre, les enfants élevés uniquement par leur mère étaient, toutes proportions gardées, deux fois plus nombreux à éprouver des difficultés à l’école.En effet, de ceux de 6 à 11 ans, 11 % avaient redoublé une année et 6 % éprouvaient des difficultés à l’école au moment de l’enquête.Par contre, pour les enfants de familles biparentales, les chiffres étaient de 5 % et de 3 %, respectivement.On associe souvent ces taux plus élevés de difficultés au fait que les familles dirigées par une mère seule ont un faible revenu.En 1994, les enfants élevés par une mère seule vivaient en grande majorité (71 %) dans une famille dont le revenu était égal ou inférieur aux seuils de faible revenu (SFR) de Statistique Canada.Par contre, seulement 16 % des enfants élevés par leurs deux parents étaient dans la même situation.Toutefois, les enfants élevés p;ir une mère seule courent un plus grand risque que les autres de présenter des problèmes affectifs et comportementaux, quel que soit le revenu familial.Tendances sociales canadiennes, Statistique Canada, printemps 1997.FONDE PAR LE DEVOIR B 0 U R A S S A LE E N R I B 0 U R A S S A LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTK Rédacteur cri clicT BERNA RI) DESCÔTE A UX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS T II 0 Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, GUY TAILLEFER, N Rédacteurs en chef adjoints JEAN-ROBERT SANSFAÇON, ROLAND-YV Directrice, ventes et marketing MARTINE DURÉ 20 50, rue de B1 c u ry, D'étage, Montréal (Québec) Il B A 3 M 9.T é I.: (5 1 4) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS JUIN (0RMAND 'ES C A RIG THERIAULT NAN ____ I.K |) K V 0 I l( .I.K M K II (' Il K I) I li A I) P T I il !) 7 A 7- IDEES Comment reconstruire Montréal «La ville brûle les meubles pour chauffer la maison, mais cette politique ne sert ni les contribuables ni le secteur privé» WÊjà ARCHIVES LE DEVOIR «Montréal a droit à sa juste part.Notre ville ne devrait jamais être traitée comme le parent pauvre de la ville de Québec pour des raisons politiques.» HSSÜÇ
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