Le devoir, 30 octobre 1997, Cahier A
V (I l.I.X X X V I I I N " 2 I (i LE DEVOIR PERSPECTIVES Laval en quête d’identité Deux cent soixante-dix-huit municipalités seront en élections dimanche, dont Laval, qui se réclame du titre de «deuxième plus grande ville» du Québec.Sur l’île Jésus, trois partis d’opposition se sont mis en travers du chemin du maire Gilles Vaillancourt et de son équipe au cours des derniers mois.Les Lavallois auront la délicate tâche de se choisir un leader, et plus encore.ls et elle se croient tous et chacun dignes de la confiance des Lavallois.Ils et elle promettent de veiller au grain, d’administrer la ville en véritables sœurs économes, en toute transparence, en rehaussant la qualité des services, etc., etc., etc., Ils, ce sont Yves Gratton (Accès Laval), Daniel Lefebvre (Équipe lavalloise nouvelle) et le maire sortant, Gilles Vaillancourt (Parti du ralliement officiel).Elle, c’est Marie-Josée Bonin (Option Laval).Ces aspirants maires cultivent les plus nobles intentions du monde: servir les concitoyens avec lesquels ils vivent dans un petit jardin au nord de Montréal.N’en déplaise aux principaux artisans de cette campagne, Laval demeure encore un amalgame de villages éparpillés totalisant 350 000 personnes, fi n’y a pas si longtemps, l’île Jésus était constituée de 14 entités distinctes, toutes fusionnées par un décret gouvernemental en 1965.Trente-deux ans plus tard, ces villages conservent leur personnalité, leurs charmes et leurs défauts.Cette réalité contribue à façpnner le caractère unique de 111e.A l’aube du changement de millénaire qui a frappé l’inconscient politique des partis en campagne, laval se cherche.Elle s’affranchit inexorablement du titre de banlieue de Montréal qui lui revient depuis sa naissance officielle.Mais elle n’est pas encore tout à fait une ville.De multiples tournées à travers les rues de cette cité que boudent les citadins soi-disant «branchés» ont permis d'entrevoir cette crise existentielle si typique à la trentaine.D’un côté, Laval est en croissance: le maire Vaillancourt ne manque jamais une occasion de le répéter.La population de cette île-ville devrait franchir le cap des 400 000 âmes vers 2010.En 1991, les Lavallois occupaient encore à 52,9 % un emploi sur l’île de Montréal.Par contre, 38,5 % de la main-d’œuvre lavalloise bossait sur l’île Jésus.laval compte par ailleurs des équipements à vocation régionale comme le Centre de la nature et le controversé Cosmodôme qui, au delà de ses déboires financiers, a suscité la convoitise de certaines municipalités de la rive sud et de l’île de Montréal.Des réalisations récentes comme le Parc de haute technologie sont tout à l’honneur des Lavallois.Ces éléments parmi tant d’autres contribuent à façonner le «visage ville» de Laval.Mais d’un autre côté, la structure monolithique d’une institution aussi fondamentale que le conseil municipal ne sert en rien les intérêts des Ioivallois.L’élection répétée de candidats majoritairement issus d’un même parti ne reflète par ailleurs pas les particularités de chacun de ces villages encore bien vivants.Ixjrs du scrutin de novembre 1993, 23 candidats du PRO de (filles Vaillancourt avaient gagné les 24 sièges disponibles au conseil.En 1989, lors de son premier mandat à la mairie, M.Vaillancourt s’était amené à l’hôtel de ville avec une majorité identique.En 1985, Claude U.Lefebvre et l’équipe du PRO avaient encore raflé 23 des 24 sièges au conseil.Il faut remonter aux élections de novembre 1981 pour retrouver un certain équilibre au conseil.Le PRO de M.Lefebvre, qui en était à ses premiers balbutiements, avpit pris le pouvoir avec 13 des 24 sièges disponibles.L’Equipe Paiement, déchue, avait gardé 11 districts.Au cours des 12 dernières années, l’opposition avait ceci de folklorique qu’elle était incarnée par le seul et unique Maurice Clermont, conseiller de Saint-Vincent-de-Paul, aujourd’hui candidat de l’ELAN.Yves Gratton, aujourd’hui candidat à la mairie, était venu gonfler (!) les rangs de l’opposition en 1995 en rompant avec le PRO.Cet état des choses est incompatible avec la soif des candidats de faire de Laval le «modèle dont rêve le Québec», le «laboratoire urbain» de la province, le «modèle des années 2000» et tutti quanti.La pluralité des idées est en quelque sorte l’avalée des Lavallois.lorsqu’un maire et son équipe sont portés aux nues avec une majorité écrasante, peu importe l’allégeance, la transparence inhérente à un exercice démocratique sain risque toujours d’être engloutie par les velléités du pouvoir.A l’heure où les quatre partis tentent de canaliser le plus grand nombre de votes à leur avantage, il est à souhaiter que l’électorat lavallois se choisisse une opposition.L’entrée d’une opposition véritable par la grande porte coulissante de l’hôtel de ville permettrait peut-être de faire taire les rumeurs de collusion du pouvoir, de gestion opaque et de politisation de l’appareil municipal qui ressurgissent de temps à autre à Laval.Une opposition forte forcera l'administration municipale à rendre des comptes et les critiques permettront à l’équipe au pouvoir de corriger le tir au besoin.Dimanche, les Lavallois ont le pouvoir d’élire en niasse les candidats d’un même parti, contribuant ainsi au couronnement d’un énième roitelet, quelle que soit son identité.Les électeurs ont également le choix de semer les germes de la diversité pour que fleurisse une saine vie démocratique à travers le béton de Laval.li r i a n M y I e s ?Montréal Ciel variable S) Max: 7 Min: T É 0 Québec Nuageux avec éclaircies.Max: 5 Min: -2 Détails, page B 4 Agenda.Annonces Avis publics.B 4 Culture.Economie Éditorial.Le monde.B 5 Les sports.B 4 Montréal.A 3 Mots croisés.B 6 Politique.A 5 INDEX B 6 B 6 B 8 B 2 A(> Télévision.B 7 www.Iedevoir.com MONTRÉAL, LE JEUDI 30 OCTOBRE I !) !> 7 S S e + T I’ S + T V p / T o 11 o X T o I $ MONTRÉAL Montréal regarnit son réseau de bibliothèques, page A 3 ÉCONOMIE La Cour d’appel déboute Métro-Richelieu, page B 2 ACTUALITÉS Shirley Thomson dirigera le Conseil des arts du Canada, page A 4 Sols contaminés LaSalle a été victime d’un flou juridique Le maire Leduc entend mettre fin aux pratiques de Cintec LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Des quantités importantes de sols contaminés contenant des produits toxiques en concentrations supérieures de plusieurs centaines de fois aux normes du Règlement sur les déchets dangereux ont été enfouies dans la cellule de la société Cintec, à LaSalle, confirment des documents et des témoignages obtenus hier par Le Devoir.Ces enfouissements ont ultimement été autorisés par le ministère de l’Environnement et de la Faune (MEF) selon lequel la réglementation sur les déchets dangereux ne s’applique pas aux sols contaminés même s’ils contiennent des concentrations de toxiques, souvent cancérigènes et mutagènes, en concentrations supérieures aux normes du règlement visant les déchets dangereux.Le débat juridique sur cette question — car il n’y a pas unanimité sur l’interprétation du MEF — cessera d’un coup le 1er décembre car Québec entend désormais exclure nommément les sols contaminés du nouveau règlement sur les «matières» dangereuses, un concept qui devait élargir le règlement québécois pour le mettre au niveau de ceux des autres provinces.Dès lors, les sols contaminés des autres provinces, qui ne font pas de distinction entre sols, déchets et matières dangereuses et qui les jugent strictement selon leur toxicité, pourront aboutir légalement dans les sites québécois, sauf peut-être à LaSalle, où le maire Michel Iœduc, renversé par l'interprétation du MEF et des vérificateurs privés de Cintec, affirme qu’il utilisera son veto pour éviter à ses citoyens un héritage aussi piégé.C’est le maire Leduc lui-même qui a fait rechercher et remis au Devoir les documents démontrant que la firme SNC-Lavalin Environnement, le consultant payé par Cintec VOIR PAGE A 8: LASALLE Tambours et trompettes pour Jiang Zemin , WIN MCNAMEE REUTERS LE PRESIDENT chinois Jiang Zemin et le président américain Bill Clinton observent le défilé de joueurs de tambour vêtus à la mode coloniale pendant les cérémonies d’accueil à la Maison-Blanche.Le président Clinton a reçu le président Jiang et en a appelé pour une consolidation de leurs liens et une discussion ouverte sur les différences entre les deux pays.Des militants pour la défense des droits de l’homme ont aussi accueilli la visite du président chinois.mais d'une façon moins enthousiaste.Nos informations en page B 5.Le retour à la vie communautaire ?Des forums organisés dans 50 communautés du Québec s'attaquent à la dégradation du tissu social La Révolution tranquille a eu ses années folles, ses années de construction d’un système moderne de services publics.Puis, les vents de la mondialisation et du désengagement de l’État ont soufflé.Aujourd’hui, c’est de retour dans une communauté fatiguée, désorganisée, que l’on cherche les ressources pour faire face au destin.L’ancien syndicaliste Norbert Rodrigue garde espoir.«j: CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR y ai vécu à Montréal durant quelques années, sans connaître mes voisins.Jarret-noTr, Beauceron d’origine, jetais habitué à des dynamiques sociales plus larges», fait remarquer M.Rodrigue pour illustrer la dégradation du tissu social de la communauté, à laquelle on assiste depuis quelques années.Aînés vieillissants, chômeurs, assistés sociaux, adolescents laissés à eux-mêmes et délinquants, ils sont souvent seuls et vivent chacun de leur côté.Coupés du monde, enfermés dans leurs appartements respectifs, ne se connaissant pas les uns les autres, ces citoyens se sentent impuissants, à la remorque de décisions qui viennent Norbert Rodrigue d’ailleurs, de très loin de là, ou en attente de décisions qui ne se prennent pas.Les forums sur le développement social, amorcés ce mois-ci sous l’impulsion du Conseil de la santé et du bien-être dans 50 communautés du Québec, ont pour but de redonner à tout ce monde du pouvoir sur leur vie, le droit et la possibilité de participer à la vie publique.«Il y a quelques années, lorsque tu allais voir ta sœur malade à l’hôpital, tu ne touchais pas à ta sœur, d’autres gens s'occupaient d’elle.Maintenant, les gens prennent une place plus grande auprès des malades, constate M.Rodrigue.Est-ce que c’est un désengagement de l’État, je ne sais pas.N'est-ce pas plutôt revenir à une certaine VOIR PAGE A 8: VIE COMMUNAUTAIRE Commissions scolaires linguistiques Québec fait volte-face Brassard et Marois vont à Ottawa pour défendre la position du gouvernement MARIO CLOUTIER MANON CORNELLIER LE DEVOIR Après avoir refusé la semaine dernière l’invitation de se rendre à Ottawa pour expliquer la position du Québec + dans le dossier des commissions scolaires linguistiques, le gouvernement Bouchard a fait volte-face hier.Le ministre des Affaires intergouvemementales canadiennes Jacques Brassard et sa collègue de l’Éducation Pauline Marois seront à 15h30 à Ottawa aujourd’hui afin d’expliquer le consensus québécois sur cette question.Ils seront accompagnés des députés libéraux Jean-Marc Fournier et François Ouimet.«On veut mettre toutes les chances du côté du Québec parce qu’on le veut, l’amendement, a expliqué hier le ministre Brassard.On a fait preuve jusqu’à maintenant de toute la bonne foi dans ce domaine.On veut l’amendement et l’Assemblée nationale veut l'amendement.» Le responsable des Affaires intergouvemementales s’est dit déçu de la tournure des débats au sein du comité mixte des Communes.Parlant de «dérive des délibérations» et de «déformation grossière des faits et de la réalité québécoise, susceptible de compromettre sérieusement l’amendement sollicité par l’Assemblée nationale», il a précisé le message que Mme Marois et lui avaient l’intention de transmettre aux élus fédéraux et aux sénateurs du comité mixte.«On va leur expliciter, leur décrire de la façon la plus explicite possible le consensus au Québec sur la nécessité d’implanter les commissions scolaires linguistiques.Ça ne semble VOIR PAGE A 8: VOLTE-FACE Entretien avec Javier Solana L’OTAN s’oppose à la partition de la Bosnie JOCELYN COULON LE DEVOIR Ottawa — L’OTAN va prendre tous les moyens à sa disposition pour empêcher la partition ethnique de la Bosnie.Au cours d’une entrevue au Devoir hier, le secrétaire général de l'OTAN, Javiçr Solana, a souligné que le partage de la Bosnie en mini-États ethniques serait «catastrophique du point de vue moral et dangereux du point de vue stratégique».Le secrétaire général de l’Alliance atlantique et les 16 ambassadeurs constituant le conseil permanent de l’OTAN étaient de passage hier à Ottawa pour une visite officielle.M.Solana et les ambassadeurs ont rencontré le ministre canadien des Affaires étrangères, Lloyd Axworthy, ainsi que le ministre de la Défense, Art Eggleton.Ils ont également assisté à une réunion des commissions parlementaires de la Défense et des Affaires étrangères.Dans la soirée, ils se sont envolés pour Washington où ils doivent rencontrer aujourd’hui et demain des officiels américains ainsi que des membres du Congrès.Le voyage en Amérique du Nord de M.Solana et des 16 ambassadeurs a pour objectif de prendre le pouls des autorités politiques et des médias sur deux questions qui ne manqueront pas d’attirer l’attention de l’opinion publique l’an prochain: le processus d’élargissement de l’Alliance atlantique à trois pays d’Europe orientale et le maintien ou le retrait de la force de l’OTAN en Bosnie.Sur la question de l'élargissement, le secrétaire général estime que la décision, adoptée à Madrid en juillet, d’accueillir en son sein dès 1999 la Pologne, la Hongrie et la République tchèque fait consensus, tant en Europe qu’en VOIR PAGE A 8: OTAN 778313000672 O Vf il IdiitoHnrréf Même quand on s’amuse, un téléphone sans fil peut être très, très pratique.Surtout s’il vous offre une couverture immédiate d'un océan à l’autre comme le téléphone SCP Clearnet.Et comme vous n’avez aucuns frais de mise en service à payer, aucun contrat à signer, une garantie « argent remis » de 30 jours sur le téléphone et des forfaits mensuels incluant 100 minutes de temps d’appel pour aussi peu que 20 $, le SCP Clearnet est beaucoup moins cher à utiliser qu’un cellulaire.Qu’attendez-vous ?Le futur est simple.20 $ „ par mois 100 minutes en tout temps 30$ par mois 100 minutes en tout temps + illimité les fins de semaine sep numérique Appelez le 1 888 CLEARNET" (1 888 253-2763) ou visitez notre site web au www.clearnet.com pour plus de détails.Vendu à la boutique Clearnet située au 950, rue Ste-Catherine Ouest à Montréal et chez les marchands participants de : FUTURESHOP BUREAU ENGR0S LA CABINE TELEPHONIQUE® f I clearNET I.K I) E V 01 it .I.K .1 E l! I) I 3 0 0 c T 0 B It E I !) !» 7 A 3 ?LE' MONTREAL Bibliothèques publiques 32 000 volumes pour regarnir les rayons Grâce à une aide supplémentaire de Québec, la Ville de Montréal pourra rattraper un peu de son retard Québec accorde cinq millions de dollars supplémentaires à l’achat de nouveaux livres dans les bibliothèques publiques.La Ville de Montréal bénéficie du nouveau programme à hauteur de 750 000 $ mais accuse tout de même un retard d’importance par rapport à la moyenne québécoise de 2,1 livres par habitant.KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Malgré ses difficultés à boucler l’exercice financier en cours, la Ville de Montréal ajoutera 32 000 nouveaux livres sur les tablettes de son réseau de bibliothèques grâce à une aide supplémentaire du ministère de la Culture et des Communications.Le comité exécutif de Montréal a adopté hier une résolution pour dénicher 250 000 $ qui n’étaient pas prévus à l’origine au budget du Service de la culture et qui s’additionneront aux 750 000 $ alloués par le ministère de la Culture et des Communications (MCCQ).Montréal profite ainsi du programme spécial de soutien au développement des collections des bibliothèques publiques offert par le MCCQ à l’ensemble des municipalités du Québec.La responsable politique du dossier culturel au comité exécutif, Johanne Lorrain, ne cachait pas hier son enthousiasme.D’ici le 31 mars 1998, le Service de la culture de Montréal achètera ainsi pour un million de dollars de nouveaux documents, soit 32 000 livres, périodiques, cédéroms et disques compacts.«Notre objectif est de rejoindre la moyenne québécoise», a précisé Mme Lorrain.Sur ce plan, Montréal connaît un retard majeur.La moyenne québécoise se situe à 2,1 livres par habitant alors qu’en Ontario, les bibliothèques publiques disposent de trois livres par habitant.Pour que la métropole puisse prétendre atteindre la moyenne québécoise, il faudrait qu’elle acquière 132 000 livres par année.Or, en 1997, la Ville de Montréal n’achètera que 84 000 livres, y compris l’aide supplémentaire accordée, ce qui représente un peu moins d’un livre par habitant.Pierre Bourque avait pourtant fait du développement du réseau des bibliothèques montréalaises un engagement électoral majeur en 1994.Mais les chiffres démontrent clairement que les budgets d’acquisition de livres ont stagné sous son administration par rapport à la précédente.Au cours des cinq dernières années, le budget s’est maintenu autour de trois millions en comptant le soutien financier du MCCQ.En 1997, 2,9 millions en achats étaient prévus; un million s’ajoute, dont la moitié servira exclusivement à doter les bibliothèques à venir dans Pointe-aux-Trembles et Ahunt-sic d’une collection de base.L’aide financière de Québec représente 75 % du budget d’acquisition de documents et s’ajoute au programme habituel qui prévoit une participation gouvernementale de 50 %.11 s’agit d’un programme récurrent annoncé lors du budget provincial de mars dernier.Des cinq millions prévus, quatre sont destinés aux bibliothèques publiques autonomes et un million pour les bibliothèques des très petites municipalités.Ces cinq millions s’ajoutent au programme de base qui représente quelque 12 millions en investissements gouvernementaux par année, soit dix millions pour les seules bibliothèques des grandes municipalités.Pour être admissibles au programme supplémentaire, les villes devaient rencontrer deux critères: avoir moins de trois livres par habitant ou se situer en deçà de l’indice moyen (100) de richesse foncière.Du coup, 27 municipalités, dont Côte-Saint-Paul et Beaconsfield, dans la banlieue ouest de l’île de Montréal, ont été exclues du programme.Les bibliothèques n’ont toutefois aucune obligation d’acheter des livres québécois, par exemple.«Ce n'est pas une mesure qui est destinée aux maisons d’édition québécoises mais qui, par la bande, les favorise beaucoup.On établit à 30 % les achats des bibliothèques publiques du Québec qui y sont faites», affirme l’attaché de presse de la ministre Louise Beaudoin, Martin Roy.Ce dernier souligne d’ailleurs que ce soutien financier supplémentaire n’est pas étranger à la politique de la lecture que la ministre doit présenter dans les prochains mois et qui visera à redonner le goût de lire aux Québécois.Il est également lié aux intentions gouvernementales de créer une Grande Bibliothèque.Si d’aucuns voyaient dans ce projet majeur (75 millions) uniquement un investissement dans le béton, M.Roy ne manque pas l’occasion de souligner l’apport au secteur des livres par le programme supplémentaire d’acquisitions.«Les opposants au projet seront confondus.L’augmentation des budgets d’acquisition de documents dans les bibliothèques publiques en est la preuve», fait valoir Martin Roy.Gaz paralysant fii l JACQUES NADEAU LE DEVOIR C’EST le bris d'une conduite de gaz naturel qui est à l’origine de l’interruption de nombreuses activités dans l'est de Montréal, hier matin.Une vingtaine de résidants et les occupants de six commerces ont dû être évacués et le métro a été paralysé pendant quelques heures.Im conduite de gaz naturel a été brisée lors de travaux de forage.Commission d’enquête Poitras Isabelle croit savoir d’où vient le tract injurieux ROLLANDE PARENT PRESSE CANADIENNE L> enquêteur Hilaire Isabelle est ’ convaincu que la photo frontispice du tract injurieux et anonyme ayant circulé dans les rangs de la Sûreté du Québec (SQ), au début d’octobre 1995, provenait du service de la répression du banditisme dirigé à ce mo-ment-là par Michel Arcand et qui était, à ce titre, responsable de l’enquête sur le clan Matticks et du procès pour importation de 26,5 tonnes de haschisch.«L’accès à la photo de Mario Simard qui apparaissait sur le tract est très restreint.J’avais l’impression que c’était la photo djagent d’infiltration de M.Simard.À ma connaissance et selon mon expérience, il n’y a personne qui a cette photo qui se trouve dans des bureaux sous clé sous le contrôle de M.Arcand et de quelques-uns de ses sergents», a déclaré M.Isabelle, hier, devant la commission Poitras qui enquête sur la SQ.Il importe de signaler que, dans les jours précédents l’émission du tract en question, l’agent Mario Simard (qui a participé aux perquisitions chez les Matticks) avait consenti à collaborer à l’enquête interne et avait reconnu s’être parjuré au procès des Matticks, sous la pression de collègues policiers, relativement à des éléments de preuve.M.Isabelle a émis ces commentaires, hier, alors qu’il était interrogé par M' Marc-André Blain, l’avocat de Michel Arcand, qui cherchait à savoir ce qu’avait fait ce dernier pour nuire à l’enquête interne demandée par le directeur général Serge Barbeau sur les bavures policières survenues dans l’enquête sur le clan Matticks et par la suite au procès qui a suivi.Pour ce qui est du tract lui-même, qui fait quatre pages, M.Isabelle croit qu’il provenait des enquêtes criminelles, de la Direction du crime organisé.On peut y lire, entre autres, plusieurs attaques visant le ministre d’alors de la Sécurité publique, Serge Ménard, responsable de la SQ, dont celle voulant que «le ministre Ménard est le grand ami des assassins du caporal Lemay de la SQ».On y indique également qu’«ô l’approche du référendum du 30 octobre 1995, les membres de la SQ se font encore éclabousser par des décisions politiques [l’enquête du coroner Gilbert, l’affaire des policiers de Chambly, l’affaire des plants de marijuana à Oka].Le ministre demande au directeur Barbeau une enquête complète sur une erreur faite [relativement aux Matticks], erreur qui facilitait le travail de la juge de remettre en liberté des bandits millionnaires qui font la pluie et le beau temps sur le port de Montréal».Plusieurs questions sont ensuite soulevées.«Que peut penser un enquêteur de la SQ qui sait que son ministre de la Sécurité publique demande à son homme de main Barbeau de faire entreprendre une enquête sur les agissements de certains enquêteurs et leurs supérieurs [des officiers] dans le dossier des frères Matticks?» A la dernière page, les auteurs déblatèrent allègrement sur les enquêteurs Hilaire Isabelle, Louis Bou-dreault et Bernard Arsenault et leur superviseur Gilles Saint-Antoine, un directeur général adjoint.Outre les soupçons de M.Isabelle relativement à l’origine de la photo, l’enquêteur estime que M.Arcand a cherché à nuire à son enquête en fournissant des informations «très superficielles» sur les responsabilités de chacun de ses subalternes.«Étant donné qu'il était le gérant de l’enquête Matticks, le gérant du procès, il rencontrait régulièrement ses gens, tuais il n 'est pas allé à fond relativement ata problèmes survenus en cours de procès», a soutenu M.Isabelle.Quand Michel Arcand a été nommé responsable de l’escouade Carcajou chargé de faire la lutte aux motards criminels, en octobre 1995, M.Isabelle y a vu l’influence de M.André Dupré, directeur général adjoint et à la direction des enquêtes criminelles dont Michel Arcand «était très très proche».«Il y avait un problème de gestion grave dans le dossier Matticks géré par Michel Arcand.Le directeur Barbeau était au courant de ça mais il est quand même nommé à Carcajou», a ajouté M.Isabelle.Requête en accréditation syndicale Défaite de McDonald’s en Cour d’appel LA PRESSE CANADIENNE ET LE DEVOIR La Cour d’appel du Québec a rejeté hier la requête de la chaîne de restaurants McDonald’s qui conteste l’impartialité du commissaire du travail chargé d’examiner la requête en accréditation syndicale déposée par les employés du restaurant McDonald’s de Saint-Hubert, sur la rive sud de Montréal.La Cour d’appel confirme ainsi la décision de la Cour supérieure qui, le 3 juillet dernier, avait débouté McDonald’s.Le commissaire du travail, André Bussières, reprendra donc dès demain ses audiences publiques sur la demande de syndicalisation.La requête en accréditation a été déposée le 18 février dernier par le syndicat des Teamsters-FTQ, en vue de représenter les 62 salariés du restaurant McDonald’s de Saint-Hubert.Plus de 80 % des salariés du restaurant ont signé leur carte d’adhésion au syndicat qui, s’il est reconnu, sera le premier à s’implanter dans un McDonald’s au Québec et au Canada.Par ailleurs, la même section locale des Teamsters parraine l’accréditation syndicale d’un premier restaurant de la chaîne de gastronomie végétarienne Le Commensal.La requête, qui vient d’être déposée au ministère du Travail, a été faite au nom d’une tren- taine de salariés du restaurant du boulevard Taschereau, à Greenfield Park, sur la rive sud de Montréal.D’autres restaurants de la chaîne, qui compte une dizaine d’établissements dans la région de Montréal, pourraient se joindre au restaurant de Greenfield Park à la suite de la campagne de syndicalisation.EN BREF Lamarre n’est pas décidé (Le Devoir) — D’ici Noël, la décision d’Yvon Lamarre, candidat pressenti à la mairie de Montréal, sera prise.C’est ce que l’ancien bras droit du maire Jean Drapeau a indiqué hier soir à son arrivée à une fête célébrant les vingt ans de carrière politique du conseiller municipal Germain Pré-genL «Quand je serai prêt à l’annoncer, je le ferai», s’est borné à dire M.Lamarre.Le Monde dans tous ses états L’ETAT DU MONDE Le seul annuaire économique et géopolitique mondial Un bilan de l'année des 225 paya du monde, et une chronologie générale Des analysed thématiques des tendances planétaires actuelles LE DEVOIR 704 pages, 27,95 $ CKAC750 qqqXEKIIÉjQSEIH Le pouvoir des mots Boréal Qui m'aime me lise.I La décentralisation f Vincent Lemieux Diagnostic, n°24 La remise en question de l'Etat et le scepticisme envers l’action des gouvernements expliquent que la centralisation ait été contestée et que la décentralisation soit apparue comme une solution de rechange.Après avoir défini les différents types de décentralisation et les principes auxquels ils obéissent, Vincent Lemieux discute, de façon comparative, de la décentralisation des compétences, des sources de financement et des postes d'autorité.Il présente aussi les critères qui permettent d'évaluer les différents types de décentralisation et s’attarde particulièrement à la décentralisation politique.eul 132 pages •> 14,95 $ EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE ou aux Presses de l'Université Laval T6I.(418) 656-7381 Téléc.(418)656-3305 TOUT NOUVEAU mangera du gâteau!) Il y a un an déjà que nous avons emménagé dans notre nouveau local au 1050, avenue Laurier Ouest et ça, ça vaut la peine d’être fêté! Venez faire un tour LE SAMEDI I» NOVEMBRE.IIy aura du café et du gateau pour tout le monde! Nous avons invité un PICKPOCKET PROFESSIONNEL de 10 h à 16 h.Et notre cher fondateur ALEX TILLEY sera de la partie de 13 h à 16 h et serait très heureux de vous rencontrer.Si vous désirez faire autographier votre chapeau, Alex le fera avec plaisir.Il vous remettra même UNE PIÈCE DE 10C, pour vous remercier de l’honneur que vous lui faites.Au plaisir de vous accueillir en ce jour mémorable! Tilley Endurables 1050, avenue Laurier Ouest (514) 272-7791 MATHOPHILIE 416 TOME 2 Manuel 416, tome 1 Manuel 416, tome 2 Manuel 436, tome 1 Manuel 514, tome I 2' cycle du secondaire Directrice de collection et auteure : Louise Lafortune Ph.D.Les manuels de cette nouvelle collection sont conçus pour aider certains élèves à soutenir leur «mathophilie» et pour en aider d'autres à passer de la «mathopho-bie» à la «mathophilie».Les moyens utilisés visent à ce que les élèves apprivoisent la mathématique et découvrent du plaisir à en faire.L’approche développée dans la nouvelle collection MATHOPHILIE tient compte des dimensions cognitive, métacognitive, affective et sociale de l’apprentissage de la mathématique.La nouvelle collection MATHOPHILIE répond aux exigences et contenus, aux principes directeurs et objectifs des nouveaux programmes de mathématique du ministère de l'Éducation.Siège social : GUÉRIN, éditeur Itée 4501, rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Téléphone: (514)842-3481 Télécopieur: (514) 842-4923 Adresse Internet: http://www.guerin-editeur.qc.ca D1C B75A i.K i) K v o i it .i.v.1 !•: h i) i :t o o c t o b h k i d o 7 A 4 JS A C T UAL! T E S Mort de René Lévesque Trois jours d’activités pour le 10e anniversaire MARIO CLOUTIER DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Quatre activités importantes en trois jours viendront souligner à compter d’aujourd’hui, à Québec et à Montréal, le dixième anniversaire de la mort de l’ancien premier ministre René Lévesque.Les activités commenceront à 16hl5 aujourd’hui à la basilique de Québec lors d’une cérémonie de commémoration en présence de Corinne Côté-Lévesque et du premier ministre Lucien Bouchard qui prendra la parole.Le chef de l’opposition libérale, Daniel Johnson, ne sera pas présent à la basilique puisqu’il s’était déjà engagé à participer à une activité de financement de son parti à Montréal.Personne d’autre ne représentera le Parti libéral à cette activité organisée par la Commission de la capitale nationale.La cérémonie comprendra d’abord des lectures de textes écrits par ou sur René Lévesque.La deuxième partie verra l’ensemble de Québec les Violons du Roy interpréter le Requiem de Mozart.Egalement aujourd’hui, l’Assemblée nationale adoptera une motion pour souligner cet anniversaire.Les travaux parlementaires seront ensuite ajournés.Demain matin à 9h30, le vice-premier ministre et ministre des Finances Bernard Landry ira déposer une gerbe de fleurs sur la tombe de René Lévesque au cimetière Saint-Michel de Sillery.Demain, lors d’un cinq à sept qui aura lieu à la permanence du Parti québécois à Montréal, le premier ministre Bouchard prendra à nouveau la parole pour souligner le dixième anniversaire de la mort du fondateur de sa formation politique.Enfin, samedi soir au Spectrum de Montréal, plusieurs politiciens et artistes se réuniront pour rendre un autre hommage à René Lévesque.Parmi eux, on devrait retrouver les Bernard Landry, Marie-Claire Séguin et Gilles Vigneault.D’autres événements souligneront la vie et la carrière politique de René Lévesque au cours du mois de novembre dans certaines circonscriptions électorales et institutions scolaires de régions du Québec reliées à la vie de l’ancien premier ministre.Les lieux et les dates de ces activités seront confirmés au cours des prochaines semaines.EN BREF Non au projet Marois (Le Devoir) — Quelque 5000 enseignants montréalais, dont 4000 membres de l’Alliance des professeurs de Montréal, ont signé une pétition popr s’opposer aux réformes scolaires de la ministre de l’Education, Pauline Marois.Les représentants des enseignants doivent déposer cette pétition demain auprès du pûnistre responsable de la métropole, Robert Perreault.A quelques semaines du dépôt du projet de loi modifiant la Ix>i sur l’instruction publique, les enseignants veulent rappeler au gouvernement que certains aspects de la réforme, notamment la composition et le rôle des futurs conseils d'établissement, ne leur conviennent pas.Mais ce n’est pas tout.L’opposition s’étend également aux changements annoncés dans l’organisation des matières d’enseignement.Le porte-parole de l’Alliance, Yves Parenteau, a notamment précisé hier que l’augmentation du temps consacré au français et aux mathématiques ne vaudra pas grand-chose si elle n’est pas accompagnée d’une révision des programmes de ces matières, notamment en français, pour réintroduire la grammaire et la syntaxe.En plus de l’Alliance de Montréal, les signataires de la pétition proviennent du Syndicat de l’enseignement de l’Ouest de Montréal, du Syndicat des enseignants de Le Royer et du Syndicat de l’enseignement de Sault Saint-Louis.Sang: une réforme risquée (PC) — La réforme du système sanguin au Québec n’augure rien de bon, selon la section québécoise de la Société canadienne d'hémophilie (SCHQ).«Si on va de l’avant avec la réforme telle que proposée, nous craignons de finir avec la même sorte de système qu’on avait dans les années 1980.Et, en plus, avec un système indépendant des autres provinces, ça soulève des risques supplémentaires», a déclaré hier le directeur de la SCHQ, David Page, devant la commission parlementaire des Affaires sociales qui étudie le projet du ministre de la Santé Jean Rochon de créer une agence du sang québécoise.Le Conseil des arts n’est plus orphelin Sheila Copps a désigné Shirley Thomson comme directrice générale Comme pour fêter le 40‘ anniversaire du Conseil des arts du Canada, les cadeaux se multiplient: moins d’une semaine après avoir appris qu’il serait doté d’un fonds supplémentaire de 25 millions de dollars, le CAC respire encore mieux depuis hier puisqu’on lui a annoncé la venue prochaine d’une nouvelle directrice, Shirley L.Thomson, pour occuper le poste laissé vacant par Roch Carrier.MARIE-ANDRÉE C H O U I N A R I) LE DEVOIR Dès janvier prochain, la directrice du Musée des beaux-arts du Canada, Shirley L.Thomson, passera à la gouverne du Conseil des arts du Canada, a annoncé hier la ministre du Patrimoine canadien, Sheila Copps.Après avoir alimenté plusieurs fois la rumeur au cours des derniers mois, ce fait est devenu nouvelle hier alors que la ministre Copps, res]x>nsable de cette nomination, a désigné Mme Thomson à titre de directrice du CAC, resté sans directeur depuis le départ de Roch Carrier en mai dernier.Shirley Thomson aura donc occupé le poste de directrice du MBAC pendant dix ans (deux mandats consécutifs) après avoir été secrétaire générale de la Commission canadienne pour l’UNESCO (une agence du Conseil des arts du Canada) et aussi directrice du Musée McCord, à Montréal.Après quelques jours de réflexion, Mme Thomson a donc accepté le poste de directrice du CAC, un mandat qui commencera le 1" janvier prochain pour une durée de trois ans.«Je veux écouter beaucoup nos artistes et évidemment étudier la programmation déjà en place, tâter le terrain au tout début», explique Mme Thomson lorsqu’on lui demande comment elle entrevoit ses prochaines fonctions, ajoutant qu’en mars prochain, elle pourra donner un son de cloche davantage précis.«C’est toujours beaucoup que de dire que nous arrivons dans un contexte facile pour les arts, parce que par la nature même des arts, ce sont souvent des questions assez compliquées où rien n'est tellement facile, mais je dois dire que c’est très encourageant de voir que le gouvernement du Canada a pensé consacrer 25 millions dollars de plus au budget du CAC», a affirmé Mme Thomson, faisant ainsi allusion au financement supplémentaire annoncé la semaine dernière, un octroi [)er-manent sur lequel le CAC pourra toujours compter.«C’est un geste qui souligne le rôle du gouvernement dans la défense de l’esprit créateur du pays et on a toujours eu besoin de cet appui à travers l’histoire.Pour ma part, je préfère que ce soit mon gouvernement qui appuie les artistes.» Née en 1930, à Walkerville, en Ontario, Mme Thomson est titulaire d’un doctorat en histoire de l’art de l’Université McGill en plus d’une mai fri se de l’Université du Maryland dans le même domaine.A son tableau d’honneurs figure depuis 1994 une nomination à titre d’officier de l’Ordre du Canada.L’actuelle directrice du MBAC estime que le mandat qui l’attend est «énorme» et «exaltant».Au cours des pro- chaines semaines, Mme Thomson devra rencontrer à quelques reprises ses nouveaux collègues et se plonger dans le mandat et les activités régulières du CAC.Si cette nomination a calmé l’affolement de la machine à rumeurs, elle ne l’a lias pour autant complètement arrêté.En effet, en tête de liste des potins les plus en circulation demeure toujours la possible nomination de l’actuel directeur du Musée des beaux-arts de Montréal, Pierre Thé-berge, à la tête de son pendant canadien.Dans les coulisses du secteur muséal, on chuchote même que parmi les candidats pressentis pour remplacer M.Théberge figure l’actuel directeur du Musée du Québec, John Porter.Le nom du nouveau directeur du MBAC ne sera pas connu avant quelques semaines, a-t-011 précisé hier au cabinet de la ministre Copps.«Et le nom de M.'Iliéberge fait partie d’un groupe de candidats pressentis, il n’est certainement pas le seul», a affirmé hier l’attachée de presse de la ministre, Cate McCready.Interrogée à ce sujet également, Shirley L.Thomson a catégoriquement nié avoir elle-même annoncé, lors d’un récent passage à Québec, l’arrivée prochaine de M.Thé-berge au MBAC, ni dans un contexte officiel, ni même à la faveur de conversations privées (à ce sujet, voir la chronique de Stéphane Baillargeon en page B 8).On se rappellera que l’écrivain Roch Carrier, prédécesseur de Mme Thomson, avait été nommé à la direction du .CAC à l’été de 1994.Son passage, fort bien reçu par le mi- .lieu artistique, s’est terminé en mai dernier.Depuis ce- 1 temps, le CAC errait sans direction.< ! ) Prise de bec ni ANDY CI.ARK RHUTHRS UN PETIT groupe d’étudiants opposés à la grève des enseignants ontariens ont discuté avec leurs professeurs à l’extérieur des murs de Queen’s Park à Toronto, hier.Les étudiants demandaient à leurs enseignants de retourner en classe et de mettre fin à leur grève qui dure depuis trois jours.Environ 126 000 enseignants à travers la province ont déserté les écoles, laissant plus de deux millions d’élèves à la maison.Le gouvernement ontarien a officiellement exhorté la cour de mettre fin au plus important débrayage d’enseignants au Canada, mais même le ministre de l’Education a admis qu ’il pourrait y avoir d’amères conséquences si les enseignants sont forcés à revenir au travail.Si l’injonction est retenue, l’école pourrait reprendre dès lundi.Rochon doit répondre aux citoyens, dit la CSN ISABELLE PARE LE DEVOIR La CSN estime que le ministre de la Santé, Jean Rochon, a effectué un bilan factice de la réforme amorcée il y a trois ans et qu’il doit répondre aux moult questions soulevées lors de sa tournée du Québec-avant de pousser plus loin cette réforme.Le président de la centrale syndicale, Gé-rald Larose, a tracé son propre bilan, hier, de la tournée de consultation effectuée par le ministre Rochon dans les 16 régions du Québec au cours du mois d’octobre.M.Larose estime que la consultation menée par le ministre était d’abord une «opération d’endiguement» davantage destinée à rassurer la population qu’à dresser le bilan réel de l’état du réseau de santé québécois.«Le vrai bilan reste à foire.Quel est le degré de satisfaction des usagers et de ceux qui sont en attente de services?Où les transformations nous ont-elles menés, quel est l’état des ressources?Ça peut nous faire craindre que ces rendez-vous servent d’écran à une deuxième phase de transformation du réseau qui se révèle encore plus exigeante que la première», a fait valoir M.Larose.Selon la CSN, le ministère de la San-té doit poser un bon diagnostic avant de s’engager dans toute nouvelle phase de transformation pour éviter «l’improvisation et la gestion échevelée» des trois dernières années.Pour la centrale, qui a d’ailleurs fortement critiqué la tournée ministérielle, le second souffle de la transformation 11e pourra pas se faire sans injection de fonds clans le secteur de la santé, et cela, pour reconstruire et remettre en piste les services qui ont été passablement affectés depuis trois ans.Mais lors d’une prochaine phase, la CSN • souhaite surtout que Québec mette un frein à la privatisation du réseau.Une privatisa- .tion qui s’amorce en douce et ouvre la porte à un système à deux vitesses, croit Gérald' ’.Larose.«Le financement public est passé sous la barre des 70 % alors que la moyenne canadienne est de 67,8 %, celle de la France 78 %, celle du Royaume-Uni 84 % et celle de la Suède 84 %.Il faut arrêter ce glissement», a tranché le président de la CSN.Selon Marc Laviolette, vice-président de la CSN, certains mouvements vers la privatisation ont été amorcés, quoi qu’en dise le ministre Rochon.Ije nouvel organisme, né de la fusion du CLSC, de l’hôpital et du centre d’accueil du Pontiac dans l’Ou-taouais, vient de lancer un appel d’offres pour la prise en charge par le secteur privé de ses services d’alimentation et de buanderie.«Im privatisation est bel et bien commencée.Ou bien le ministre n’est pas au courant, ou il ne dit pas la vérité», a-t-il affirmé.Par ailleurs, Je président de la CSN conclut que le ministre Rochon dérape quand il juge que les médias ont noirci l’image de la réforme auprès du public.«C’est la preuve que le ministre ne peut endiguer ce qu’il a déclenché.Quant à nous, nous sommes des observateurs privilégiés du réseau; on sait ce qui s’y passe.On partage des vues communes avec Québec, mais pas la façon dont [la réforme] se fait», a conclu M.Larose.Droits de l’homme: les libéraux critiquent Bouchard Québec (PC) — Même s’il n’entend pas faire de son voyage en Chine une croisade pour les droits de l’homme, Lucien Bouchard estime que le Québec doit «accompagner» les Chinois dans leur démarche vers la démocratie.lx premier ministre s’adressait aux libéraux qui lui reprochaient hier de mettre de côté la promotion des droits de l’homme au profit des intérêts économiques du Québec.Cet «accompagnement» rappelle évidemment l’expression qu’a servie le président français Jacques Chirac à Licien Bouchard lors de son récent voyage à Paris.«La France accompagnera le Québec dans ses choix», avait dit le président français.Que le Québec accompagne maintenant la.Chine a évidemment fait sourire les libéraux de Daniel Johnson.La député libérale Fatima Houda-Pepin a rappelé hier que M.Bouchard avait soutenu que, compte tenu de son poids démographique, le Québec n’était pas en mesure d’imposer ses vues auprès du «géant chinois».Cherchant à démontrer que le premier ministre avait eu à l’égard de la Chine des opinions contradictoires, elle a ajouté que lorsqu’il était chef du Bloc québécois en 1994, M.Bouchard avait rangé la Chine dans la catégorie des régimes antidémocratiques et critiqué Jean Chrétien qui s’y rendait en mission économique.Notre nouvelle collection Automne-Hiver est arrivée! ^lulo 402 -HOMMC* À votre service depuis 20 ans COSTUMES importés d’Italie au prix de gros 100% laine Coupe exclusive De 299 $ à 475 $ le costume Du lundi au vendredi De 9 h 30 à 18 h Samedi de 10 h 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idées ne marchaient pas avec le leadership actuel».Mais depuis le départ de Michael Hamelin, qui a accepté une offre de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié, les manifestations d’appui à son endroit se sont multipliées.M.Mell mène donc présentement des consultations afin de déterminer s’il sera de nouveau en lice, le 14 novembre prochain, lorsque les 38 membres du conseil d’AQ choisiront un nouveau président.La présidente par intérim depuis lundi, Constance Middleton-Hope, sera aussi sur les rangs.Or M.Mell incarne un mouvement, formé surtout de jeunes, qui veut voir les choses changer au sein du lobby anglophone.On reproche notamment à la direction d’être trop sur la défensive, de ne pas refléter l’opinion de la communauté anglo-québécoise et de servir de courroie de transmission du gouvernement vers la communauté plutôt que l’inverse.«Le groupe manque d’énergie, manque d’idées, manque d’argent.Ij?taux d'appuis dans la communauté est beaucoup plus faible qu'il devrait l’être.Au cours des derniers mois, on a vu la communauté anglophone se radicaliser, et l’Alliance ne semble pas avoir bougé», confiait-il hier lors d’un entretien téléphonique.«Je ne propose pas qu'on devienne plus radical, seulement qu'on essaie d’inclure toute la population au sein de l’organisation.Depuis un an, on a vu une douzaine dégroupés [dont le regroupement de Howard Galganov et le Comité québécois ixwr le Canada, parrain des résolutions pro-unité adoptées par des municipalités] se former.Ce sont des gens intelligents qui ont des idées et qui veulent contribuer, mais ils ne sentent pas qu’ils peuvent promouvoir leurs idées au sein d’une organisation peut-être trop tradi- tionnelle, trop préoccupée par les opinions des politiciens à Québec et à Ottawa», ajoute M.Mell.Ce n’est pas la première fois qu’AQ prête le flanc à la critique.Même si elle a été aux premières lignes dans les dossiers des commissions scolaires linguistiques et de l’accès aux soins de santé en anglais, plusieurs lui reprochent de faire partie du «lamb lobby», trop doux devant le comportement de Québec dans le dossier des droits linguistiques.M.Mell croit à cet égard que l’Alliance devrait parler moins de «protection» de ses droits que d’«épanouissement» de la collectivité.«On peut faire ça sans confrontation avec la majorité d’expression française.On peut faire ça sans dire qu’on est contre la loi 101, qu'on est contre le fait que le français soit la première langue au Québec.Tout est compatible: on parle d’une minorité viable dans une population francophone», note-t-il.Quant aux manchettes ronflantes qui annoncent un schisme au sein d’Alliance Québec, M.Mell préfère observer que «si [sa positionj provoque un débat, tant mieux, c’est le signe d’un organisme en santé».Un avis que partage au demeurant Mme Middleton-Hope.«Je vois certains mécontentements, ça va nous brasser un peu, ça va nous choquer un peu, et je pense que c’est sain.C’est la démocratie qui joue», soulignait-elle hier.Mais ixnir la présidente par intérim, pas question de tout chambouler.Al-iiance Québec, rappelle-t-elle, est une vaste coalition provinciale qui doit prendre en compte des intérêts diversifiés, de Montréal à la Gaspésie.«Il y a toujours des purs et durs qui veulent qu’on aille plus loin; c'est vrai de toute communauté.[.] Pour les anglophones, il y a toujours un moment où on peut se fâcher, et où on se fâche.Mais on peut aussi négocier certaines choses.» Selon Mme Middleton-Hope, qui agit en fonction des décisions prises par la dernière assemblée générale, si l’Alliance veut maintenir sa pertinence, elle doit d’abord «confronter le gouvernement sur ce qui touche les gens de près» — éducation, santé.Les grands discours, les descentes dans la rue relèvent de l’accessoire.«Il faut sentir le pouls de l’organisme, dit-elle.Dans certains cas, on voudrait faire avancer des dossiers, dans d’autres, on voudrait contester davantage et représenter une partie de la population qui craint beaucoup certains gestes que fait le gouvernement.Je suis bien d'accord qu’on fasse ça.Par contre, avant de simplement lâcher dans la brume qu’on va être purs et durs, il faut montrer ce qu ’on sait faire.[.] On critique souvent le “lamb lobby", mais quand l'Alliance prend une position ferme, on lui dit qu’elle est trop radicale.» Pettigrew ne promet rien aux mineurs de Black Lake Ottawa (PC) — La journée qui avait mal commencé, hier, pour les mineurs de la British Canadian de Black Ixike, près d’Asbestos, s’est terminée sur une note un peu plus optimiste.Même s’il est trop tôt pour crier victoire, les représentants syndicaux voient une lueur d’espoir.Ils perdront leur em- ploi samedi lorsque la mine d’amiante fermera définitivement ses portes.Avec-une moyenne d’âge de 52 ans, les mineurs exigent un programme de préretraite adapté à leurs besoins.Le ministre fédéral du Développement des ressources humaines, Pierre Pettigrew, n’a rien pu leur pro- mettre, hier, mais il a légèrement entrouvert la porte à une forme d’aide spéciale.«On veut des mesures spéciales pour établir un programme de préretraite afin de minimiser l'impact de la fermeture, a déclaré à la presse le président du Syndicat des travailleurs horaires de l’amiante, André Laliberté.«Il y a au-delà de 200 personnes qui ont 50 ans et plus.J’en ai au-delà de 104 qui ont 55 ans et plus, avec une moyenne de 27 ans d’ancienneté.Ce qu’on nous a offert, c’est strictement des mesures actives d’emploi.C’est bien beau mais c'est insuffisant.» * Bon voyage.Le seul cabinet d’avocats canadien à Beijing est heureux d’accueillir les entreprises participantes à la première mission économique québécoise en Chine.Goodman Phillips & Vineberg A in & $.W Nous parlons affaires & Hi iiinc; > Hong Kong • Montréal • New York • Paris • Singapour • Toronto • Vancouver 0 ) R E A L La méthode Harris Jean-Robert Sansfaçon Après trois jours de grève illégale qui privent de classe 2,1 millions d’enfants ontariens, le gouvernement de cette province fait appel à la cour pour forcer le retour au travail des 126 000 enseignants des niveaux primaire et secondaire.Encore une fois, ce gouvernement a choisi la manière forte pour réformer les institutions, et il a été reçu de même façon.Si certains éléments de la réforme sont valables, par contre l’affrontement empêchera d’en tirer le meilleur parti.’est demain que la cour se prononcera sur la demande d’injonction déposée hier par le gouvernement de l’Ontario.Advenant que la démarche réussisse, il serait surprenant que les enseignants, qui sont passibles de lourdes amendes, refusent de réintégrer leur classe.Tout cela est malheureux et reflète bien l’état d’esprit de ce gouvernement qui a toujours préféré les moyens expéditifs et dangereux à la négociation et au compromis.Il faut dire que l’approche Harris, puisqu’il devient évident qu’on peut parler d’une méthode Harris, n’a pas que des inconvénients.Elle est cohérente, simple et efficace.Les conflits sont durs mais ils se règlent rapidement et dans certains cas, les résultats vont au delà de ce qu’on aurait pu souhaiter.Ainsi en fut-il de la création de la mégacité de Toronto.Quand Mike Harris a voulu forcer la fusion des villes du Toronto métropolitain, il s’est attiré les foudres de bien des gens, ce qui ne l’a pas arrêté.Moins d’un an plus tard, la grogne s’est apaisée et l’histoire prouvera que les conservateurs ont eu raison de passer outre aux réactions de village pour renforcer la plus grande et plus prospère ville du pays.Avec ses 900 000 habitants et ses 27 baronnies locales en concurrence et en conflits perpétuels, Montréal fait figure de ville de troisième zone en Amérique du Nord.Avec Mike Harris, les Ontariens savent à quoi s’attendre, notamment en matière de finances publiques où le gouvernement est sur le point de respecter ses engagements de réduire à la fois les impôts et le déficit, sans que cela n’ait d’effet global négatif sur la croissance et l’emploi, bien au contraire.En revanche, la méthode Harris provoque des affrontements fréquents dont on peut présumer que certains laisseront des cicatrices profondes dans le tissu social ontarien.Ainsi en fut-il des compressions à l’aide sociale, des changements aux lois du travail et aujourd’hui, de cette réforme de l’éducation dont le premier objectif, sinon le seul, consiste à réduire les dépenses de 600 millions cette année.Sur un budget total de 14 milliards, cela peut paraître raisonnable, mais comme la coupe ne touche que le réseau primaire et secondaire, l’effet sera significatif.Adoptée en l’état, la loi 160 retirerait certaines responsabilités des mains des autorités locales et des syndicats pour les confier au ministre.Dorénavant, les petits Ontariens auraient quelques jours de classe de plus chaque année, le nombre de journées pédagogiques serait ramené à cinq (les enseignants québécois en ont plus d’une quinzaine), la présence des enseignants du secondaire en classe serait accrue de 30 minutes (4hl5 au lieu de 3h45 par jour) et l’enseignement de certaines disciplines serait confié à des spécialistes sans certificat d’enseignement.Selon les syndicats, 10 000 des leurs perdraient leur travail, un chiffre que le gouvernement conteste et situe plutôt autour de 4000 sur les 126 000 postes actuels.À la seule description des thèmes abordés, on constate d’emblée que ce qui intéresse le gouvernement, ce n’est pas de revoir les programmes d’enseignement, mais d’augmenter le temps de présence en classe des enseignants, source d’économies récurrentes appréciables.Il aurait certainement été plus honnête de parler d’une réforme des relations de travail en enseignement que d’une réforme de l’éducation.Ancien enseignant, Mike Harris est à l’aise d’en demander un peu plus aux enseignants du secondaire qui, selon lui, profitent de conditions de travail enviables comparativement à la moyenne canadienne.Quant à la possibilité de permettre à des spécialistes qui n’ont pas de certificats de pédagogie de donner des cours d’art, de musique ou d’éducation physique, voilà une idée qui pourrait être reprise par le Québec.On connaît la faiblesse de nos facultés d’enseignement scolaire à former de bons spécialistes en ces matières et on se convainc aisément qu’il vaudrait mieux confier nos enfants à des peintres ou des musiciens, comme cela est le cas depuis des siècles sur une base privée ou à l’enseignement postsecondaire.Encore une fois, le nœud du problème auquel fait face l’Ontario ne tient pas aux mesures contenues dans le projet de loi 160 dont la plupart ont leur mérite, mais au fait qu’il ne s’agit pas d’une réforme de l’éducation.Et comme le gouvernement de Mike Harris a choisi la voie de l’affrontement pour parvenir aux résultats escomptés, il fait le pari que cela n’aura pas de conséquences sur la vie dans les écoles.Ce pari n’est pas un risque, puisqu’il est perdu d’avance.Il aurait été plus honnête de parler de réforme des relations de travail que de l’éducation.Les décrocheurs G ii y Taillefer 'UNICEF évalue à 250 millions le nombre d’enfants travailleurs dans le monde.Une tragédie aux dimensions démentielles et planétaires sur laquelle glissent comme de .^ ^1 l’eau sur le dos d’un canard les belles déclarations de principe contenues dans la Convention sur les droits de l’enfant, adoptée il y a déjà sept ans.Face à l’utile, sinon essentielle contribution des enfants travailleurs au roulement des économies des pays pauvres, les plaidoyers en faveur de l’accès à l’éducation ne font pas le poids.Si bien que là où elles existent, les écoles sont souvent désertées.La pauvreté ne fréquente pas l’école.Comment briser le cercle vicieux du travail des enfants et de la non-scolarisation?La question est redondante; les solutions, on les connaît déjà.A Oslo, où se tient cette semaine à ce sujet une grande conférence internationale organisée par le gouvernement norvégien en collaboration avec l’UNICEF et l’OIT (Organisation internationale du travail), les participants ont donc redit que la lutte au travail des enfants passait avant tout par une école gratuite.Sans doute espèrent-ils qu’en le répétant, nos gouvernements finiront par sortir de leur cécité anti-déficit et délieront les cordons de leur bourse.On peut toujours rêver: loin de se repentir, les pays riches donnent des signes croissants d’égoïsme.La preuve en est la chute historique de l’aide internationale au développement, qui a touché l’année dernière son plus bas niveau en 45 ans: l’aide est tombée en moyenne au niveau de 0,25 % du PNB par pays— celle du Canada atteignant seulement 0,3 %.C’est bien en deçà du seuil de 0,7 % fixé par l’ONU.Oui, il y a «lassitude» des pays donateurs, constatait cette semaine à Oslo la directrice de l’UNICEF, Carole Bellamy.Sous la lassitude des gouvernants, il y a aussi la démission de leurs opinions publiques.Les organismes d’aide internationale donnent, eux, des signes d’exaspération.«Je suis fatiguée, s’est plainte une déléguée à la conférence, d’entendre qu’on demande aux familles pauvres de payer un livre d’école dans des pays qui consacrent 2 % de leur budget à l’éducation et 27 % aux dépenses militaires.» Des solutions toutes simples, peu coûteuses, ont pourtant été avancées à Oslo pour tenter de réduire le mal du travail des enfants, un mal qui vient se greffer aux difficultés aggravantes pour les pays pauvres de la mondialisation et de l’endettement.Il suffirait, pour donner un exemple, qu’en Inde, au Brésil ou au Pakistan, l’on récompense l’assiduité de l’enfant soustrait au travail en compensant la disparition de son salaire par une aide financière aux parents.A toute petite échelle, cette méthode a déjà porté fruits dans certains pays.Les solutions existent, on les connaît déjà, mais à l’absence de cette volonté politique que les gouvernements n’ont jamais su développer pour dégager un plan d’action global s’ajoute maintenant le refus pur et simple de la part des pays riches de payer.Les décrocheurs ne sont pas nécessairement ceux qu’on pense.La québécitude taboue C’est devenu insupportable, cette habitude chez SRC/RDI, depuis plusieurs mois, d’occulter sinon d’enterrer la québécité des gens pour les affubler constamment, comme par euphémisme, du qualificatif de «Canadiens», ou sinon de «Montréalais», de «Beaucerons» ou de «Gaspésiens».Il existe très clairement une politique en ce sens chez le diffuseur radio-canadien, lequel rend la québécitude littéralement «taboue» (on aurait presque envie de dire: «illégale»).Jusqu’à Céline Galipeau (autrefois très professionnelle) qui, depuis ses re- L E T T R E S -?- portages d’Europe, semble incapable de prononcer les vocables «Québec» ou «Québécois».Même lorsqu’elle nous entretient du jeune et formidable Jacques Villeneuve! La Société Radio-Canada sombre dans la propagande, fut-ce par abstention, comme jamais dans son histoire.1 m Canada des Jean Chrétien et des Stéphane Dion est devenu un lamentable territoire, un vulgaire sol, où l’essentiel semble être voué à l’oubli sinon à la disparition de l’une des nations fondatrices de ce qui fut autrefois un pays.Comme s’il suffisait d’ignorer le mot pour dissoudre la chose.Cachez ce Renoir que je ne saurais voir.Je me meurs dans ce simulacre de pays.Vivement un autre, un vrai.Et qui ne craindra pas son nom dans son OUI.Décidément, tous les jours, le «Best of Canada» nous révèle de mille façons qu’il n’est pas le pays des Québécois.Il en est l’étouffoir.Systématique, structuré, argenté, tentaculaire, insidieux, organisé.Et visiblement, nous craignons moins la mort que le combat.C’est d’ailleurs pourquoi nous ne «sécrétons» qu’un seul Villeneuve ou une seule Myriam Bédard par sept millions de têtes.Comme si nous étions heureux et soulagés de ne pas exister.Appelons cela le bonheur de la déresponsabilisation.Sommeillons en paix: un autre peuple s’occupe de nous.Jean-laïc Gouin Ixic-Beauport, 26 octobre 1997 RÉFÉRÉ DElttAMS JH* e O JJ ï h X ' SMifri Scènes de la comédie canadienne L ucien Bouchard a vécu la semaine dernière une scène de la comédie canadienne.Dans un corridor de l’Assemblée nationale, une femme de 44 ans vêtue en princesse guerrière, l’a interrompu en criant fort qu’il est tellement plus beau en personne qu’à la télévision anglaise.«Il est très difficile pour moi d'apparaître beau à la télévision anglaise», a-t-il répondu avec un sourire complice avant de disparaître en Chambre.Il a été bien chanceux.La comédienne Mary Walsh, dans son étrange personnage de Marg Delahuntey, a déjà dénoncé Paul Martin pour son manque de libéralisme, taquiné Jean Charest en lui coupant les cheveux, et fait son numéro dans un scrum de Mike Harris.Tour à tour, ils en ont ri, soit sincèrement, soit avec une évidente tension dans le visage: aucun politicien ne veut se montrer arrogant ou sans humour.C’est une forme de théâtre-guérilla qui constitue l’élément central de l’émission This Hour Has 22 Minutes mettant en vedette Mme Walsh, Rick Mercer, Cathy Jones et Greg Tho-mey, tous de Terre-Neuve, et qui est diffusée sur les ondes de CBC chaque lundi, puis en reprise le vendredi.Le nom même évoque une ancienne émission d’affaires publiques dans les années 60, This Hour Has Seven Days, qui faisait un mélange de documentaires, de confrontations avec des politiciens et de chansons satiriques, et qui fut retirée subitement.La version courante de This Hour, qui ne fait qu’une parodie des nouvelles, attirait l’an dernier 1,3 million de téléspectateurs le lundi soir.On n’oserait pas la faire disparaître.Parfois, on y présente des vidéos de gaffes verbales de politiciens, prati- G r a h a ni F r a s e r quement sans commentaires; les la|> sus de Jean Chrétien le rendent particulièrement vulnérable à ce genre de technique.Mais derrière l’humour de This Hour Has 22 Minutes, on décèle la colère: Marg Delahuntey a déjà dénoncé Paul Martin avec un emportement qui dépassait la taquinerie.Pour un pays qui a la réputation, di-sons-le poliment, d’être dull, le Canada a contribué plus que sa part à la comédie américaine.Saturday Night Live!, qui se poursuit à New York, fut inventé par des Canadiens, tout comme feu SCTV.Leslie Nielsen, Rich Little, Michael J.Fox, Dan Ackroyd, feu John Candy, Rick Moranis, Dave Thomas, Scott Thompson.tous ont grandi au Canada, observant la culture améri-?caine comme s’ils la voyaient dans un miroir à sens unique, avec un certain recul empreint d’ironie.Tout comme ces jeunes de l’Ontario et de l’Ouest ont regardé le petit écran américain à la fois avec intimité et distance, ceux de Terre-Neuve ont eu le même rapport aigre-doux avec le Canada.Car This Hour Has 22 Minutes fait partie de la tradition orale terre-neuvienne: excentrique, expansive, parfois excessive mais qui s’au-toridiculise constamment.Sans être partisans — ils se moquent des néodémocrates —, ils semblent être à gauche et on y perçoit souvent la colère du pauvre: les sketchs sont impitoyables lorsqu’ils traitent des privilégiés, comme les sénateurs.Mary Walsh, incarnant Marg Delahuntey, est inondée d’offres et elle a consacré une partie du printemps à écrire un rôle qu’elle entend jouer dans une série en préparation à Toronto sur l’histoire de deux femmes d’un certain âge; et il y a d’autres projets pour la télévision et le cinéma.Son sens de l’humour prend racine à Terre-Neuve où la vie est difficile et on en rit pour la conjurer.«Si tu es un de ces types sérieux comme les gens de l'Ontario, ta vie est finie ici», a-t-elle dit à la journaliste Gwen Smith qui l’interviewait à Saint-Jean de Terre-Neuve.Et son moteur de créativité, selon elle, c’est l’influence du milieu familial.«Im culpabilité, la honte, l’humiliation», dit cette femme qui porte des costumes ridicules pour mieux embarrasser les politiciens.«C’est cela qui m’a poussée toute ma vie.» Rick Mercer, le plus jeune des quatre, à 27 ans, a débuté sa carrière de monologuiste politique il y a neuf ans, lorsque pendant l’agonie de Mee-ch Dike il lut une chronique de feu Charles Lynch dénonçant Clyde Wells et disant que si le Canada avait le choix entre le Québec et Terre-Neuve, il choisirait le Québec.Furieux, il attaqua Lynch dans un monologue présenté à Saint-Jean.Impressionné, un directeur de théâtre dans la salle lui proposa d’en faire un one man show.L’année suivante, à 19 ans, il faisait ses débuts au Centre national des arts avec Show Me The Button, TU Push It (or Charles Lynch Must Die).De la pure insolence, et très drôle.Comme n’importe quel téléspectateur de Bye-Bye (ou de Saturday Night Live!) le sait bien, le taux de réussite de la satire se compare à la moyenne d’un frappeur au baseball: un sur trois, c’est magnifique.Au plan de l’humour, les vétérans du Royal Canadian Air Farce sont souvent plus drôles.Mais ils sont aussi plus gentils et manquent de décapant.Comme du Aislin à son meilleur, les quatre Terre-Neuviens de This Hour Has 22 Minutes pestent contre l’hypocrisie et dénoncent la complaisance avec une rigueur morale qui sous-tend leur travail.Leur défi, maintenant, c’est de gérer le succès sans perdre leur folie.A P R, 0 P 0 S -?- .de la croissance démographique en Ontario et au Québec De 1991 à 1996, la population de l’Ontario a augmenté de 6,6 %, ce qui représente 668 688 habitants pour se fixer à 10 753 573.la migration internationale a été responsable de 60 % de cette croissance, et l’accroissement naturel, du reste.Environ la moitié de la croissance démographique en Ontario a eu lieu dans la RMR de Toronto, où la migration internationale a représenté plus de la moitié de l’augmentation enregistrée.Ce genre d’immigration a contribué à faire de Toronto la première RMR au Canada, avec plus de quatre millions d’habitants — 4 263 757 en 1996.L’augmentation importante de la population de la RMR de Toronto est le fait d’augmentations minimes de la population (environ 3 %) des municipalités du centre et d’une forte croissance dans nombre de municipalités périphériques.Pendant ce temps, Mississauga a dépassé la marque du demi-million, avec 544 382 habitants.la croissance de 3,5 % enregistrée entre 1991 et 1996 a fait passer la population du Québec au-dessus des sept millions, le recensement ayant permis de dénombrer 7 138 795 habitants.L’accroissement naturel a été responsable d’environ 65 % de cette hausse, et la migration internationale de la majeure partie du reste.la RMR de Montréal a connu une croissance globale de 3,7 %, même si les deux grandes municipalités du centre, la ville de Montréal (- 0,1 %) et Montréal-Nord (- 4,6 %) ont connu des diminutions de la population.la croissance de la RMR a été alimentée par une croissance démographique rapide dans les municipalités constituantes plus petites, nombre d’entre elles ayant connu des taux de croissance supérieurs à 25 %.Nancy Zukewich Ghalam, Tendances sociales canadiennes, Statistique Canada, automne 1997.LE DEVOIR FOND É PAR il K N R I R 0 U R A S S A I, E 10 JANVIER 191 0 Directrice LISE BISS0NNETTE R é (I acteur c n c h e f It E R.N A It I) I) E S C 0 T EAUX Vice-président, finances et administration FRANÇOIS TII0IIIN \ Directeur de 1 ’ i n f o r in a t i o n C L A UI) E BEAU R E (IA R I) Directeurs adjoints de Pi n fo r ni alio n PIE RRE R E A U LIE U, l’I E RRE C A Y 0 U ET T E, NO RM AND TIIÉ RI A II LT Rédacteurs en chef adjoints JEAN-ROBERT SANSFAÇON, ROLAND-YVES C A R10 N A N Directrice, ventes et marketing MARTINE DURÉ 2050, rue de Bleury, !P étage, Montréal (Québec) Il 3 A 3M9.T é 1.: (5 1 4) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS BBS I.K I) K V 0 I It .I.K .1 K I I) I 3 0 0 < T tl 15 It K I !) !» 7 IDEES r»n me is ptfsr.M Le métro à Laval n’est pas une utopie Pourquoi ne pas aller cueillir les Lavallois sur leur île par le rail ?PI ERRE-E.LACHAPELLE Ahuntsic, Montréal otre édition du 2 octobre dernier remettait sur la table la question de l’accessibilité des Lavallois au transport en co ni ni u n, et plus particulièrement du prolongement du métro à Laval.Le métro à Laval n’est lias une utopie.Il est un outil parmi d’autres, qui devrait être enfin mis à contribution pour nous affranchir un peu de l’industrie automobile américaine, pour tenter de diminuer les nuisances liées à l’usage de l’automobile individuelle et pour obtenir, en matière de transport des personnes, des retombées positives pour ' Pèconomie québécoise.Puisque Lon-gueuil et la rive sud sont desservis depuis 31 ans par le métro, comment expliquer que la deuxième ville la plus populeuse au Québec ne le soit pas?J’habite le nord de Montréal depuis 40 ans et je constate que le nombre de déplacements dans cette partie de l’archipel a progressé quasiment de façon géométrique.Le malheur réside dans le fait que ces déplacements se font en automobile individuelle, amplement aidé depuis 1960 par la construction successive de ponts par le ministère des Transports du Québec: ponts Médéric-Martin de l’autoroute 15, Papi-neau-Iœblanc de l’autoroute 19, Louis-Bisson de l’autoroute 13 et par le doublement du pont Lachapelle de la route 117.Trente ans plus tard, les bouchons sont toujours là, la qualité de l’air et le niveau sonore ne s’améliorent pas le long des autoroutes et des boulevards urbains et nous consommons de plus en plus de pétrole importé, alors que nous sommes des producteurs d’hydroélectricité.Belle leçon d’économie appliquée.Récemment, à l’occasion de la reconstruction du pont Marius-Dufres-ne, des esprits éclairés à l’Agence métropolitaine de transport et dans les Puisque Longueuil et la rive sud sont desservis depuis 31 ans par le métro, comment expliquer que Laval ne le soit toujours pas?banlieues touchées se sont rappelé l’existence de l’important réseau ferroviaire qui existe dans la métropole et dont une partie relie le cœur de Montréal aux banlieues nord.Malheureusement, jusqu’à ce jour, il semble que ce nouveau service de transport, qui traverse Laval du nord au sud, ne recueille pas l’adhésion d’un grand nombre de Lavallois.Pourquoi?Contrairement au train de banlieue de Deux-Montagnes, le train de Sainte-Thérèse ne se rend pas au centre-ville.La gare Jean-Talon qui est reliée à la station Parc est un bon point de chute.La STCUM effectue un bon relais avec une navette qui emprunte l’avenue du Parc et son corridor réservé.Mais il n’y a pas de service aux heures creuses et les fins de semaine.Je pense qu’une des meilleures façons d’amener un nombre croissant de Lavallois à emprunter les transports publics, c’est d’aller les cueillir sur leur île, par un mode de transport éprouvé et qui leur donnerait accès au réseau du métro, des autobus et des trains de banlieue de Pile de Montréal.Le prolongement de la ligne 2 Ouest du métro par Cartier-ville est la seule solution de rechange qui réponde à tous ces critères.Entre autre avantages, elle permettrait les correspondances avec le train de Deux-Montagnes.Le métro n’est pas une panacée et les trains de banlieue non plus.Pour des gens littéralement collés sur Montréal, la première option est probablement la plus intéressante.Il est plus que temps d’offrir aux Lavallois un ou des modes de transport qui les détournent des goulots d’étranglement que constituent les ponts qui relient leur île à celle de Montréal.11 semble que l’autobus tel qu’utilisé depuis 30 ans ne soit pas cet outil.Pour séduire la population disséminée sur son territoire, les autorités lavalloises et l’Agence métropolitaine de transport devraient aussi considérer l’usage du tramway, un mode qui dépasse l’autobus urbain en matière de crédibilité auprès des usagers, même en Amérique du Nord.Une ville allemande, Karlsruhe, de taille comparable à Laval, possède un réseau de tramway qui mérite qu’on s’y arrête.Grâce à des innovations technologiques et en matière de sécurité, les tramways roulent à la fois sur leur réseau propre et sur les rails des chemins de fer nationaux.Les Lavallois pourraient se rendre jusqu’au centre-ville en tramway moderne ou développer ce mode sur leur territoire et faire correspondre les passagers à une station de métro lavalloi-se.Bombardier est en mesure de construire ce genre de matériel.Soyons les Japonais des années 2000.imitons les Allemands.La station de métro Côte-Vertu: la prolongation de la ligne de métro n‘ entre autres les correspondances avec le train de Deux-Montagnes.ARCHIVES LE DEVOIR 2 Ouest par Cartierville permettrait Que devrait faire Lucien Bouchard ?Le dispositif référendaire ne s'est pas trop mal tiré de l'exercice judiciaire auquel il a été soumis LOUIS MASSICOTTE Professeur au département de science politique à l’Université de Montréal r==j| a décision de la Cour suprême du L Canada dans l’affaire Libman plonge le gouvernement du Québec dans l’embarras.Li tentation est grande de grimper dans les rideaux.Au lieu ‘ l!==J de le faire, on aurait intérêt à examiner cette décision et à réfléchir soigneusement.On peut passer outre au jugement L’invalidation des dispositions clés de la Loi sur la consultation populaire par la Cour suprême du Canada a été prononcée pour entrave à la liberté d'expression garantie par l’article 2 de la Charte.Ce choix préserve une certaine marge de manœuvre pour le gouvernement Bouchard.Si la cour avait suivi une récente jurisprudence I albertaine et invalidé la loi pour violation du droit I de vote garanti par l’article 3 de la Charte, le Québec n’aurait eu d’autre choix que de se soumettre au jugement et n’aurait pu y déroger.L’essentiel de la loi a passé le test Bien que l’invalidation touche l’ensemble des ! dispositions essentielles de la loi, le dispositif référendaire québécois ne s’est pas trop mal tiré de l’exercice judiciaire auquel il a été soumis.On oublie trop souvent à quel point cette loi est sans équivalent dans le monde démocratique, I qu’aucune société n’est allée aussi loin que le Québec dans la restriction des dépenses référendaires.Les partisans de la loi y voient une I vertu.Nombreux sont ceux qui y verraient plu-1 tôt un indice sûr que la loi est exorbitante par J' rapport à la sagesse collective des démocraties.La légitimité de l’objectif visé par la loi a été I reconnue par le plus haut tribunal du pays.Il I n’était pas évident au départ qu’il le serait.Mal-I gré deux jugements antérieurs favorables à la I Loi en Cour supérieure et en Cour d’appel, la ju-I risprudence électorale canadienne récente pen- chait nettement en faveur des partisans du «free for ail».Cette jurisprudence n’a pas été suivie.Elle a en fait été explicitement répudiée par la Cour suprême, ce qui soulève au passage une sérieuse interrogation quant à la nécessité de rouvrir d’une façon ou d’une autre à Ottawa le dossier des dépenses des tierces parties.Le principe des comités parapluies assujettis à des plafonds de dépenses égaux a été accepté, bien qu’aucun pays majeur n’impose un régime aussi restrictif à l’heure actuelle.L’invalidation se fonde exclusivement sur une disposition plutôt mineure, l’article 404-9, et sur le caractère jugé insuffisant de la soupape de sûreté qui y est prévue, soit la possibilité de dépenser 600 $ en dehors des cadres des comités parapluies.Les dangers de la clause dérogatoire La décision de la Cour suprême laisse au gouvernement deux options.Il peut déroger à la Charte ou obtempérer au jugement.Le recours à la clause dérogatoire aurait pour effet d’assurer l’application de la loi dans son intégralité et de retirer toute force exécutoire au jugement de la cour.L’Assemblée nationale devrait voter une loi à cet effet, et la réadopter à nouveau à tous les cinq ans.Ni majorité qualifiée ni consentement de l’opposition ne sont requis à cette fin.Cette voie plairait sûrement à de nombreux militants péquistes de la base.Elle consacrerait à leurs yeux le caractère sacré de la Ix>i référendaire du Québec, le refus d’une Charte des droits que l’Assemblée n’a pas approuvée, et une répudiation de l’autorité de la Cour suprême du Canada.En optant pour cette voie, le gouvernement devrait parer aux objections suivantes: Plusieurs feront valoir, par exemple, que le Québec ne devrait pas répéter l’erreur commise en 1988 dans le domaine de la langue de l’affichage.Dans le contexte survolté de l’époque, presque personne ne prit le temps de lire le ju- gement de la cour.Pressé par la rue, le gouvernement Bourassa recourut au pas de charge à la clause dérogatoire.Résultat: cinq ans plus tard, cette solution valait au Québec une condamnation à l’ONU, le Parti libéral retraitait immédiatement et, avec la loi 86, se rangeait à la solution proposée par la Cour suprême.Même le Parti québécois, ou du moins la majorité des délégués au congrès du parti l’automne dernier, a fini par se ranger à cet avis.En rétrospective, le recours à la clause nonobstant en ce domaine a probablement fait perdre au Québec l’Accord du lac Meech, et s’est soldé ultimement par une capitulation à retardement devant un jugement dont on n’avait pas pris le temps de remarquer qu’il était tout compte fait assez raisonnable, parce qu’on ne l’avait pas lu.Ne le citait-on pas hautement, l’an dernier, dans les milieux souverainistes, aux extrémistes anglophones qui soutenaient l'illégitimité de toute législation protégeant la langue française?Par ailleurs, la Cour suprême a pris la peine de préciser qu’elle aurait rendu la même décision si le recours avait été présenté en vertu de la Charte québécoise des droits de la personne, qui protège aussi la liberté d’expression.Le Québec, pour mettre sa loi référendaire à l’abri de tout recours devant les tribunaux, serait donc dans l’obligation de déroger à sa propre charte.Li réaction initiale des libéraux provinciaux indique que le gouvernement peut faire son deuil d’un illusoire oecuménisme partisan sur l’utilisation de la clause dérogatoire.Et on fait grâce au lecteur de tous les raccourcis, dans ce cas précis plutôt démagogiques, dont seront immanquablement abreuvés les médias étrangers sur «ce gouvernement qui s’attaque sans répit à la liberté d’expression.Des ajustements possibles Le meilleur argument à l’encontre du recours à la clause dérogatoire demeure cependant que l’Assemblée pourrait probablement rendre sa loi acceptable à la Cour suprême à fort peu de frais.En effet, la cour s’est bornée à trouver insuffisante la soupape de sûreté que constitue l’autorisation d’engager, en dehors des comités nationaux, des frais d’au plus 600 $ pour tenir une réunion publique lors d'une campagne référendaire.La cour propose trois changements à cette disposition: ¦ l’objet de la dépense, actuellement limité aux frais requis pour tenir une réunion publique, y compris la location de la salle et la convocation des participants, deviendrait «entièrement discrétionnaire».Cette ouverture est la plus significative et la plus dangereuse de toutes potentiellement: elle permettrait la publication par des particuliers de messages publicitaires qui pourraient s’ajouter à ceux diffusés par l’un et l’autre camp; ¦ le montant de la dépense devra être «équitable, tout en étant suffisamment limité pour ne pas être incompatible avec l’objectif de la loi».Le jugement ne pèche pas par excès de précision sur ce point, la cour estimant que la détermination de ce montant n’est pas de son ressort.On peut néanmoins en inférer que la somme retenue devrait être supérieure à 6(X) $ (ce montant ayant été jugé trop faible), et que le chiffre de 1000 $ proposé par la commission Lortie pour fins d’élections fédérales ne convient pas nécessairement au contexte québécois; ¦ le droit d’effectuer de telles dépenses ne serait pas donné aux individus ou groupes jouissant déjà de tribunes pour s’exprimer, comme par exemple les comités nationaux, les groupes affiliés et les individus ou les groupes faisant partie des comités nationaux ou des groupes affiliés.La mise en commun de ce montant serait interdite.Le jugement de la Cour laisse une bonne marge de manœuvre au gouvernement Bouchard.Les trémolos d’indignation sont de bonne guerre.Ils ne devraient dissimuler à personne la portée somme toute modeste du motif de la décision de la Cour suprême.Le fossé entre les préférences de la cour et la Loi référendaire actuelle aurait pu être délimité avec plus de précision.Il ne paraît pas infranchissable.A 7 " Ethnocentrisme juridique Nos mères venues d’ailleurs Le système judiciaire est-il adapté à la réalité des femmes immigrantes ?AÏCIIA BAR K AT I S Sociologue JOCELYNE VALOIS Sociologue et anthropologue au cégep de Saint-Jérôme ous avons récemment pris connaissance de plusieurs cas concernant des situations extrêmement pénibles que des femmes immigrantes ont vécues lorsque, au moment d’un divorce ou d’une séparation, elles ont été confrontées aux diverses instances du système judiciaire au Québec.Ces cas nous dévoilent une trajectoire commune à des femmes originaires de différentes communautés ethniques: elles se marient avec un Québécois de souche, ou avec un Canadien, qui les maltraite psychologiquement ou physiquement jusqu’à ce qu’elles finissent par se retrouver devant des professionnels du système judiciaire dont les procédures sont nettement teintées d’ethnocentrisme.Par exemple, elles font souvent l’objet d’une évaluation négative fondée sur des préjugés culturels défavorables à leur culture d'origine et sur une conception ethnocentriste de ,ce qu’est «une bonne mère».À l’heure où les professionnels des services sociaux et de la santé, des services de garde et des milieux de l’éducation sont incités à respecter les différences culturelles et à en tenir compte dans leurs interventions, ceux qui œuvrent au sein du système judiciaire en sont-ils encore à la condamnation sans appel de personnes issues de cultures différentes?Comment voir autrement l’utilisation que certains avocats, psychologues, médiateurs ou juges font de l’existence de pratiques maternelles différentes pour dé- Une conception ethnocentriste de ce qu’est « une bonne mère» montrer et décider que telles ou telles femmes immigrantes sont incapables de jouer adéquatement leur rôle auprès de leurs enfants, dans le contexte du Québec contemporain?Incomprises, souvent humiliées, ces mères sont littéralement dépossédées, voire complètement anéanties.Si ces femmes sont coupables de quoi que ce soit, ce n’est nul autre que du fait de n’avoir pas été conformes à l’image que leur conjoint s’était faite d’elles: celle de la «femme soumise» issue d'une culture «traditionnelle».Car, à l’instar de certains Européens qui se marient avec des femmes que des agences font venir de l’Asie du Pacifique, certains Canadiens et Québécois, affichant faussement une apparence d’homme «rose» exempt de toute attitude discriminatoire, croient en réalité pouvoir réaliser sur place leur rêve inavoué de la femme soumise en épousant une immigrante.Celle-ci, de son côté, croyant avoir trouvé en son conjoint un être évolué, compréhensif, respectueux, correspondant à l’image de l’homme moderne occidental, est rapidement désillusionnée et peut même devenir victime de traitements violents et humiliants qui mutilent son identité et la marquent pour la vie.En réalité, ce type de mariage mixte n’est qu’une revanche camouflée sur la «femme libérée» de la part d’hommes qui ont de la difficulté à admettre la complémentarité des sexes.La situation de leur conjointe se complique encore davantage et peut devenir dramatique lorsque le couple se retrouve devant les tribunaux et que les différences culturelles y sont évoquées avec succès pour dévaloriser les compétences maternelles de la conjointe.Dans ces conditions, il s’avère fort difficile de garantir le respect, l’égalité et la justice pour toute personne, peu importe son origine.C’est pourquoi nous nous interrogeons sur la possibilité réelle de la mise en place d’interventions judiciaires qui prendraient en considération les spécificités ethniques et culturelles afin de préserver la dignité et l’identité de ces femmes venues d’ailleurs et qui, ici, deviennent des victimes.L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine : Louis Lapierre (adjoint au directeur de l’information), Sylvain Blanchard, Jean Chartier (régions), Paule des Rivières (éducation), Jean Dion, Louis-Gilles Krancœur (environnement), Kathleen Lévesque (actualités politiques municipales), Caroline Montpetit, Brian Myles (politique municipale), Isabelle Paré (sanli), Jean Pichette (justice), Clément Trudel (relations de travail), Serge Truffaut (questions urbaines) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques) ; Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’Information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon (arts visuels et théâtre), Paul Cauchon (médias), Marie-Andrée Chouinard (livres et politiques culturelles), Louise Leduc (musique), Jean-Pierre Legault, Odile Tremblay (cinéma) ; à l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), Robert Dutrisac, Benoit Munger, François Normand, Claude Turcotte ; à l'information internationale : Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de l'information), Guy Taillefer (éditorialiste), Claude Lévesque ; à l’information politique : Pierre O’Neill.Manon Cornellier (correspondante parlementaire à Ottawa), Mario Cloutier et Gilles Lesage (correspondants parlementaires à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec) ; à l’information sportive : Yves d'Avignon ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la ré-daction) ; Judith Lachapelle, Marie-Claude Petit (commis).U» documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITE ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeur adjoint), Carole Dallaire (avis publics et appels d'offres), Jacqueline Avril, Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Christiane legault, Jacques A Nadeau, Gttylaine Oueilet, Micheline Ruelland (publicitaires) ; Sylvie Laporte, Claire Paquet, Pierrette Rousseau, Micheline Turgeon ; Francine Ouellet (secrétaire).LA PRODUCTION Jocelyn Arsenault (directeur des approvisionnements, distribution et production), Marie-France Turgeon (responsable de la production), Claudine Bédard, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Marie-Josée Hudon, Sylvain Lesage, Christian Vien, Olivier Zuida.SERVICE A LA CLIENTELE Johanne Brien (responsable), Evelyne Ltbonté (responsable à la promotion des abonnements), Manon Blanchette-Turcotte, Monique L'Heureux, Use Lachapelle, Rachelle Leclerc-Vennc.L’ADMINISTRATION Yves Bouthiette (contrôleur), Dany Dépatie (adjointe à l’administration et responsable des ressources humaines) Nicole Carmel (responsable des services comptables), Jeanne-d'Arc Houde (secrétaire à la direction) ; Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président), Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). I.K I) K V (Mil.I.E .1 E II I) I 3 0 0 C T 0 B R E 1 !) !( 7 A 8 OTAN «La partition irait à rencontre de tous nos principes.Elle récompenserait lfagression et l'extrémisme.» SUITE DE LA PAGE 1 Amérique du Nord.«Il reste toutefois à déterminer les coûts de cette intégration et le fardeau que devront assumer les membres», dit-il.Sur la Bosnie, M.Solana est toutefois inquiet Le mandat des 30 000 soldats de la Force de stabilisation en Bosnie (SFOR) mise en place en janvier 1997 se terminera en juin, l’an prochain, et des voix s’élèvent aux Etats-Unis pour que les troupes américaines se retirent.Le Canada et plusieurs autres pays européens ont indiqué qu’ils emboîteraient le pas advenant le retrait des Américains.Si cela devait se produire, le secrétaire général de l’OTAN estime que les «acquis substantiels découlant des accords de paix de Dayton [signés en novembre 1995] pourraient être menacés» et qu’une «reprise des combats n 'est pas à exclure».«Je viens au Canada et aux Etats-Unis pour obtenir l’engagement de ces deux pays qu’il y aura bien un après-SFOR, dit-il.Je ne sais pas ce que l'on va offrir mais je vais plaider pour une présence sur le terrain.Il reste encore beaucoup à faire pour consolider la paix en Bosnie.» M.Solana n’aura sans doute pas trop à se dépenser pour convaincre Ottawa et Washington de rester en Bosnie.En effet, tout indique que les principaux dirigeants américains ont compris la nécessité de maintenir quelques milliers de leurs soldats sur place pour éviter le retrait des autres et l’effondrement de la mission de l’OTAN.Le Canada a déjà fait savoir qu’il restera en Bosnie si les Etats-Unis renouvellent leur engagement.Non, le problème qui tourmente le plus le secrétaire général est la campagne que mènent actuellement certains politiciens et journalistes américains en faveur de la partition de la Bosnie.Selon eux, il existe en Bosnie une partition de fait entre, d’une part, les Serbes, regroupés dans la République serbe de Bosnie, et, d'autre part, les Croates et les Musulmans, regroupés au sein de la Fédération croato-musulmane.Une fédération dont ils estiment d’ailleurs les fondations bien fragiles.Pourquoi, disent-ils, maintenir la fiction d’une Bosnie unitaire?De plus, cette fiction ne tient en place que grâce à la présence de l’OTAN.Le jour de son départ, tout va s’effondrer.M.Solana n’appuie pas cette vision des choses.Il rappelle que les accords de Dayton ont permis la mise en place d’institutions communes, d’une présidence collégiale, d’un Parlement unitaire, d’une Cour constitutionnelle, et ont facilité le retour chez eux de 150 000 réfugiés qui résidaient à l’étranger et de 160 000 personnes déplacées à l’intérieur.Selon l’ancien ministre espagnol, «rien dans la situation sur le terrain ne justifie les suggestions récentes selon lesquelles la Bosnie devrait être partagée en une série de mini-¦4^-Etats ethniques», dit-il.«La partition irait à l'encontre de tous nos principes, rappelle-t-il.Elle récompenserait l'agression et l'extrémisme, ce qui pourrait avoir des conséquences terribles ailleurs.Je pense qu’il est absurde de croire que le découpage de la Bosnie évitera de nouveaux combats dans l’avenir.» L’OTAN va mettre tous ses moyens en œuvre pour empêcher cette partition, affirme le secrétaire général.Il souligne que l’organisation des élections municipales le mois dernier et les récentes opérations contre des radios serbes qui diffusaient des messages haineux vont dans cette direction.M.Solana estime que ces discussions sur la partition, surtout aux États-Unis où le Sénat reste volatile au sujet de la Bosnie, «encourage les autorités bosniaques, à tous les niveaux, à différer la mise en œuvre des accords de Dayton afin de voir si l’Ouest a l’intention de changer de cap».«Ce que nous devons faire, c’est transformer la ligne de séparation entre les groupes ethniques en ligne de coopération», souligne-t-il.S.V.P.Assurez-vous que ce papier journal soit recyclé.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9” étage, Montréal (Québec), H3A3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514)985-3360 Par courrier électronique redaction @ledevoir.corn Pour l’agenda culturel (514) 985-3551 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514)985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et les appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupements Au téléphone (514)985-3322 Par télécopieur (514)985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h a 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) 1a Devoir est publie du lundi au samedi par I>e Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050.rue de Bleury.(.r étage.Montréal.(Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée a employer et a diffuser les informations publiées dans 1a Devoir.1a Devoir est distribue par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, Lival.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec -?LE DEVOIR ?-—- ACTUALITÉS LASALLE Leduc s’est fié aux recommandations de SNC-Lavalin et du MEF SUITE DE LA PAGE 1 pour contrôler les arrivages sur son site, avait recommandé à son administration d’autoriser l’enfouissement d’un chargement de sols contaminés de la société Jan-nock, de Toronto.Les concentrations de BPC de ce chargement dépassaient celles du règlement sur les déchets dangereux.Le maire Leduc, hier comme l’autre jour en conférence de presse, a déclaré qu’il avait toujours cru, sur la foi des recommandations de SNC-Lavalin Énviron-nement, que les sols contaminés en question n’avaient jamais dépassé les normes du règlement sur les déchets dangereux puisque l’enfouissement de ces derniers est interdit chez Cintec.Le maire Leduc, aussi président de la Commission de l’environnement de la CUM, affirme qu’il n’hésitera pas à utiliser «tous les moyens à sa disposition» pour mettre fin à ces pratiques au site Cintec, Il entend par ailleurs solliciter auprès du ministre de l’Environnement et de la Faune (MEF), Paul Bégin, une rencontre d’urgence afin de lui demander d’abroger immédiatement le règlement qui doit soustraire définitivement, le 1er décembre, les sols contaminés du règlement sur les déchets dangereux, car il ne tient pas à ce que la cellule Cintec devienne un dépotoir de produits dangereux au sens le plus strict.Selon le président de SNC-Lavalin Environnement, Pierre Lundahl, contrairement à ce qui se passe en Ontario ou au Manitoba, par exemple, «le règlement sur les déchets dangereux du Québec ne s’applique pas aux sols contaminés, de sorte que pour ces sols, il n’y a pas de plafond aux concentrations de toxiques».M.Lundahl précise que cette interprétation est basée sur le fait qu’«wn sol n’étant pas un déchet, il ne peut donc pas être un déchet dangereux.Un déchet, c’est le reliquat d'une activité humaine».Dans le dossier publié par The Gazette en fin de semaine dernière, les deux journalistes-enquêteurs faisaient état, au milieu de leur long texte, de deux «envois» chez Cintec de sols contenant des concentrations si importantes de toxiques qu’en Ontario et au Manito- ba, ils avaient fait l’objet de manifestes de circulation, une procédure réservée aux produits les plus dangereux.The Gazette ne précisait pas toutefois si ces chargements avaient été effectivement enfouis car ils auraient pu, théoriquement, être refusés par les vérificateurs privés de Cintec.C’est cette preuve qu’a obtenue Le Devoir sous la forme de la recommandation écrite de SNC-Lavalin Environnement dans le dossier de la société Jannock Electrical Prod.Inc, de Toronto, et dans celui d’un autre envoi émanant cette fois d’une filiale de Domtar, au Manitoba, où la confirmation d’enfouissement est venue cette fois de M.Lundahl.Le 22 octobre 1993, la société SNC-Lavalin recommandait en effet, par lettre au directeur général adjoint de La-Salle, André Traversy, d’autoriser l’enfouissement dans la cellule Cintec de quelque 300 mètres cubes de sols contaminés contenant des BPC à des concentrations allant de 1000 à 5000 parties par million (ppm).Le maire Michel Leduc, sur la foi de cette recommandation signée par Mme Mirela Fiorescu, de SNC-Lavalin Environnement, signait l’autorisation demandée.Dans les jours qui ont suivi, les sols en question ont été enfouis.Le règlement sur les déchets dangereux (RDD) du Québec interdit l’enfouissement de déchets dangereux chez Cintec ou dans des sites similaires, comme celui des Piles, en Mauricie.Le RDD définit comme déchet dangereux tout ce qui dépasse en concentration les 50 ppm de BPC, une disposition identique à la réglementation fédérale sur les BPC.Le président de SNC-Lavalin, s’appuyant toujours sur la même interprétation juridique, partagée par le ministère de l’Environnement et de la Faune, a par ailleurs confirmé que 1100 tonnes de sols contaminés contenant jusqu’à 12 000 ppm de pentachlorophénol, un préservatif à bois hypertoxique, avaient été enfouies en 1995 et 1996 sur la recommandation de sa société auprès de la Ville de LaSalle.Le RDD définit les pentachlorophénols comme déchets dangereux au delà de 50 ppm.Le directeur régional du MEF, Daniel Leblanc, confirme l’interprétation de M.Lundahl: même s’ils contiennent des BPC ou d’autres toxiques, comme les pentachlorophénols, en concentrations égales ou supérieures aux normes du règlement sur les déchets dangereux, les sols contaminés peuvent êtres enfouis chez Cintec et autres établissements «à sécurité maximale» sauf, dit-il, si on les a contaminés volontairement ou accidentellement.Ces sols ne sont pas considérés comme des déchets de production, même si les concentrations peuvent s’avérer les mêmes.Une question de définition! Le directeur du Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE), Me Yves Corriveau, n’en revenait tout simplement pas hier quand on lui a présenté «l’interprétation» de SNC-Lavalin et du MEF.«Les sols contaminés sont, à mon avis, visiblement couverts par le règlement sur les déchets dangereux car ces sols ne sont pas mentionnés dans la liste des exclusions du règlement et que, dans la nouvelle liste du règlement du 1er décembre, on prend la peine de les exclure nommément, ce qui n'est passons raison.Soutenir que les normes du règlement sur les déchets dangereux ne s’appliquent pas aux sols contaminés équivaut à inviter les gens à renverser leurs déchets dangereux sur le sol pour obtenir le droit de les enfouir légalement et de refiler la facture de leur élimination éventuelle aux citoyens de tout le Québec et de quelques villes comme celle de LaSalle.» L’interprétation du MEF, a de son côté expliqué au Devoir un haut fonctionnaire du MEF sous le sceau de l’anonymat, «a toujours été considérée comme un amendement implicite apporté après coup pour des raisons politiques.Lorsque cette distinction étriquée a été faite, il y a des années, la plupart soutenaient que, au contraire, ce qui s’échappe sur le sol de la cour de chargement d’une entreprise ou ce qui était bêtement rejeté quand on prenait la cour pour une poubelle constituait bel et bien le résultat d’une activité de production mal faite et, donc, qu’il s'agissait d'un déchet de production.Mais il y a toujours du monde pour faire des avis juridiques de complaisance, qui ouvrent la porte à pareils abus».VOLTE-FACE Stéphane Dion accuse Lucien Bouchard de manifester «une compréhension déficiente du fonctionnement de la démocratie» SUITE DE LA PAGE 1 pas vraiment très bien compris.Les échos qu’on en a semblent mettre en doute le consensus québécois [.] Pas l’unanimité: l’unanimité, ça n’existe pas et ça n’existera jamais.» La comparution de Québec devant le comité mixte n’est pas une première puisque le gouvernement terre-neuvien avait défendu son propre projet d’amendement, l’an dernier, devant un comité sénatorial.La décision du gouvernement québécois a toutefois plu aux autorités fédérales.«Ce sera une information utile pour le comité», a aussitôt réagi le ministre des Affaires intergouvemementales Stéphane Dion.Les travaux de ce comité ont en effet permis de constater, depuis une semaine, une certaine méconnaissance du projet québécois.Les audiences ont d’ailleurs mis en lumière l’inquiétude de certains groupes religieux mais aussi l’appui des plus importantes organisations intéressées par les questions d’éducation.La comparution hier des juristes Colin Irving et Patrick Monahan a aussi mis en évidence l’effet de jugements récents.Ainsi, une fois l’article 93 modifié, Québec devra toujours avoir recours à la clause dérogatoire pour favoriser la création d’écoles publiques de confession particulière ou pour privilégier l’enseignement d’une religion spécifique.L’Assemblée nationale y a déjà recours pour protéger le système confessionnel catholique et protestant à l’extérieur des villes de Montréal et de Québec.Par ailleurs, le consensus québécois a de nouveau été proclamé à l’Assemblée nationale hier.Déçus de ne pas avoir été invités à se rendre à Ottawa dans un premier temps, les députés libéraux François Ouimet, qui a toujours été très actif dans ce dossier, et Jean-Marc Fournier ont rencontré la presse afin de faire valoir leur point de vue.«Qu 'un parti ou l’autre gagne un point, peu importe.Ce qui est important, c’est que les enfants et l'éducation y gagnent.» Après discussion avec le Parti québécois, il a été décidé hier en soirée que les deux députés seront également à Ottawa aujourd’hui, mais ils comptent défendre une position propre à leur formation politique.Lors de la période des questions hier, le premier ministre Bouchard a accepté l’offre des libéraux de participer à ce voyage «pédagogique» à Ottawa, geste applaudi par tous les députés.Mais quand le chef de l’opposition officielle Daniel Johnson a demandé à MM.Bouchard et Brassard de baisser le ton dans leurs répliques aux élus du gouvernement fédéral, M.Bouchard a répondu qu’il avait employé un ton ferme mais respectueux.Iœ ministre Dion n’était pas de cet avis hier, accusant même M.Bouchard de manifester une «compréhension déficiente du fonctionnement de la démocratie».Dans un communiqué émis hier matin, M.Dion a soutenu que le premier ministre s’était lancé dans des «attaques personnelles injustes» en tentant de mettre en doute le courage et la profondeur des convictions de Jean Chrétien.Le recours au vote libre, a-t-il insisté, se justifiait au moment de se prononcer sur une question ayant une importance morale particulière.«Depuis le début de cette affaire, M.Bouchard raisonne à l’encontre du bon sens.Il paraît qu’il aurait été plus démocratique de ne pas tenir de commission parlementaire sur la modification constitutionnelle comme telle plutôt que d’en tenir une, de voter dans un seul Parlement plutôt que deux et de tenir un vote de parti plutôt qu'un vote libre», écrit-il.Il conclut aussitôt qu’il n’a jamais traité M.Bouchard d’anti-démocrate et qu’il «ne le considère pas comme tel».«Mais il faut déplorer, poursuit-il, encore une fois, sa compréhension déficiente du fonctionnement de la démocratie.» M.Dion est confiant de voir l’amendement adopté, vote libre ou non.On ignore pour l’instant combien de députés libéraux s’opposent au projet.Mais il faut rappeler que 35 députés s’étaient opposés l’an dernier au projet de déconfessionnalisation du système scolaire terre-neuvien et que la majorité libérale n’est que de quatre sièges.Le passage de l’amendement dépend donc de l’appui offert par les députés d’autres partis.Les 44 députés bloquistes sont pour, les conservateurs sont divisés et les réformistes sont contre.Les néo-démocrates ont décidé hier, lors de la réunion de leur caucus, qu’ils appuieraient, à moins de développements in- attendus, les amendements québécois et terre-neuvien.Pour expliquer sa volte-face sur la pertinence de prendre part aux débats à Ottawa, le ministre Brassard a montré du doigt le changement de cap du fédéral.«Je m’appuyais sur un engagement fortnel de la part du gouvernement, par la voix du premier ministre fédéral, par la voix du ministre des Affaires intergouvemementales, de faire adopter avec diligence l’amendement demandé par l’Assemblée nationale.Lors de trois rencontres avec M.Dion, j'ai pris acte de cet engagement.[.] On commence à douter de la volonté ferme du gouvernement fédéral de respecter l’engagement.» Pour Québec, l’échéance demeure l’adoption de l’amendement avant l’ajournement des travaux parlementaires de décembre.Sinon, le ministère de l’Éducation devra poursuivre avec sa solution de rechange, qui suppose une structure de superposition et d’enchevêtrement.Sans amendement constitutionnel, Québec se verrait dans l’obligation de reconnaître le droit à la dissidence.Des commissions scolaires anglophones pour catholiques et francophones pour protestants pourraient apparaître et des comités confessionnels seraient intégrés aux commissions scolaires linguistiques à Montréal et à Québec.Les deux ministres québécois reconnaissent qu’il n’ont pas la certitude que l’amendement constitutionnel serait rejeté lors d’un vote libre aux Communes, mais le danger existe bel et bien selon eux.VIE COMMUNAUTAIRE Rapport de l’Office de la langue française L’affichage cause toujours problème PRESSE CANADIENNE Québec — Les dispositions linguistiques sur l’affichage commercial et sur les raisons sociales des entreprises sont loin d’être toujours respectées, constate le dernier rapport annuel de l’Office de la langue française.«L'affichage est fréquemment dans une langue autre que le français ou bilingue, et la règle de la nette prédominance de la version française n’est pas toujours respectée», mentionne le rapport qui a été déposé à l’Assemblée nationale par la ministre responsable du dossier linguistique, Omise Beaudoin.La Charte de la langue française stipule que dans l’affichage commercial, il doit y avoir une «nette prédominance» du texte français, même si l’affichage dans une autre langue est permis.Cette notion de «nette prédominance» est interprétée comme le fait que le texte français doit être inscrit en caractères plus gros ou plus visibles sur l’affiche, ou encore que le nombre d’affiches en français doit être supérieur à celui des affiches dans une autre langue.Par ailleurs, le rapport de l’Office rappelle que les dispositions selon lesquelles les raisons sociales des entreprises doivent être en français ou avec une nette prédominance en français.«Or, ne nombreuses raisons sociales sont bilingues, quand elles ne sont pas dans une autre langue que le français.» Par ailleurs, au 31 mars dernier, sur les 4068 entreprises québécoises comptant 50 employés ou plus et donc soumises à l’obligation de détenir un certificat de francisation, seulement 76,7 % d’entre elles détenaient ledit certificat, soit 3118.Même si «la progression est constante dans l'ensemble des entreprises, la certification plafonne ou avance difficilement dans certains secteurs en raison de champs d’activité où l’utilisation du français est plus problématique», note le rapport.SUITE DE LA PAGE 1 normalité que de s’occuper des nôtres de temps en temps, qu’ils soient à l’hôpital ou à la maison?Cela ne veut pas dire que l’Etat ne doit pas fournir des services corrects et assurer l’accès à ces services-là.» A petits pas, modestement, de projet en projet, les forums du Conseil veulent remettre le citoyen, quel qu’il soit, au centre de la vie communautaire.Des policiers y côtoieront des représentants des commissions scolaires, des entrepreneurs ou des organismes communautaires ixwr trouver des solutions à des problèmes de violence, par exemple.«Moi, je n’ai jamais cru à cela, la providence.Je crois que la providence, c’est nous, et ce n 'est pas l'État, ajoute l’ancien syndicaliste.Mais le mythe de l’Etat-providence a eu comme impact qu'on ne s'est pas assez occupé du tissu social.Pendant la Révolution tranquille, on a modernisé la société.Mais un des aspects qu’on a négligés, c’est cette question de tissu social, du renforcement des communautés, de l’envie des communautés de s'approprier un certain nombre de solutions à leurs problèmes.» Exemple parmi d’autres: le Québec a longtemps détenu le record des taux de placement pour ce qui est du système de protection de la jeunesse.«Plutôt que de fournir un soutien au milieu de vie du jeune, on le sort de son milieu et on le place en lieu d'accueil», constate le Conseil dans un document de réflexion qui sert de référence aux forums.«Des études montrent qu’en dehors des heures de repas et de télévision, parents et enfants passent peu de temps ensemble», lit-on dans un autre document.Il faut donc pour chaque communauté, chacune à sa manière, «retricoter» ce tissu.Parce que la pauvreté, comme le signale M.Rodrigue, n’est pas qu’une question de revenus.Un citoyen pauvre, par exemple, ne peut pas être membre de plusieurs associations de sa communauté si le membership est coûteux.Il ne peut pas facilement se déplacer pour aller à des réunions communautaires et de quartier; il participe difficilement à la vie politique.Ainsi, l’insertion sociale ne passe pas que par l’emploi.Il s’agit de participer à la vie sociale sous toutes ses formes.Déjà, à Sherbrooke, lors du forum local qui avait lieu au cours des dernières semaines, on a organisé la mise sur pied d’une maison de la famille, où il y aura d’une part un rendez-vous des jeunes et d’autre part un rendez-vous des aînés, et entre les deux, un lien intergénérationnel.Dans cette maison, ce lieu communautaire, on travaillera à recréer le tissu social érodé.Ailleurs, on développera le mentorship des aînés, la transmission des habiletés et des métiers, et ailleurs encore, un professeur embauchera des jeunes décrocheurs dans une entreprise de recyclage pur prouver que «tous les individus ont une utilité dans la société».Iœ champ d’action de ces forums est extrêmement vaste.En avril 1997, le conseil identifiait cinq secteurs de réflexion: la pauvreté, la violence, l’intégration des personnes par l’emploi, la participation des jeunes à la vie sociale et celle des aînés.Dans tous ces secteurs, des actions locales peuvent voir le jour, suivies de concertations régionales, puis d’un forum national, qui se tiendra en janvier 1998.Dans I’île de Montréal par exemple, 15 quartiers et villes tiendront leurs forums locaux avant le forum régional qui aura lieu le 5 décembre.35 partenaires y sont attendus.Économiquement, l’initiative est basée sur des prémisses inquiétantes.«A l’heure actuelle au Québec, on compte 700 000 personnes travaillant à contrat et 500 000 travailleurs autonomes.On a de plus en plus recours à la sous-traitance.Certains auteurs disent: bientôt, la société salariale va être remise en cause.Parallèlement, il y a la mondialisation.Pit les effets de la mondialisation vont être plus importants si on ne renforce pas la communauté.C’est une façon de répondre à des stratégies qui personne ne contrôle», dit M.Rodrigue.Toujours pour maintenir un certain contrôle sur le développement économique, on encourage le développement de coopératives.«Pourformer une coopérative, il faut d’abord s’associer, se solidariser, établir des règles, et ensuite procéder au développement économique.Ix développement prend alors un sens différent.Il tient compte du collectif», dit M.Rodrigue.Le Conseil de la santé et du bien-être relève du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.Partout où se dérouleront les forums, le Conseil offrira des oreilles et non des solutions.Ije forum ne constitue pas une fin en soi mais doit bien représenter le début de quelque chose.
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