Le devoir, 20 décembre 1997, Cahier D
I.E I) E V (tlli, I.E S S A M EDI 2 0 E T I) I M A N (' Il E 2 I I) E ( E M II K E I !) !t 7 ?LE DEVOIR ?# Lettres québécoises Page D 10 La chronique de Robert Lalonde Page D 10 Le feuilleton Page Dll Littérature québécoise Page D 12 Essais québécois Page D 13 ?F:- .c- \ ¦ 'j'T'.t L E S Voyages dans les beaux livres D’un terreau fait de mots, imprimés, et d’images, accolées, poussent des mondes imaginaires: ceux que les multiples lectrices et lecteurs d’un même livre construisent.La force d’un livre est souvent plus dans ce qu’il laisse imaginer que dans ce qu’il décrit.NORMAND THÉRIAULT Quand vous aurez l’objet de votre lecture entre les mains, vous en leuilletterez d’abord les pages: du texte, des photographies, des reproductions (notes manuscrites, documents d’époque et cartes vieilles de villes du Maroc).Les premières pages laissent entendre qu’il y a un mystère: le roman serait-il policier, le journal de la narratrice racontant que celle-ci est suivie, qu’un dessin, informe d’abord, se grave sur son avant-bras et, plus loin, s’interrompt?Lydia a disparu.Chris, son compagnon de voyage, prend la relève.A lui donc de dénouer ou de créer le mystère.Ce roman de la Torontoise Barbara Hodgson retient l’attention par le système visuel qu’il construit.Mais vous le lirez: il est court et, au début, vous scruterez les images, à la recherche d’indices et, plus loin, pour comprendre l’intention de l’auteure.Pour comprendre qu’un livre est souvent un voyage dans le temps et l’espace, parcourez cette Carte tatouée.LA CARTE TATOUÉE Barbara Hodgson Traduction de l’américain par Sylvia Chalet Le Pré aux Clercs, Paris, 1997 non paginé LA CARTE TATOUÉE fkÆ D’autres beaux livres Encyclopédies Page D 3 Littérature jeunesse Page D 4 Archéologie Page D 5 Tourisme Page D 6 Cinéma Page D 9 Littérature Page D 14 ?II B/E A D X L I V R E S L’INGENIEUX IDALGO DON QUICHOTTE DE LA MANCHE DE CERVANTES Traduit de l’espagnol par Aline Schulman Le Seuil, Paris, 1997, deux tomes, 538 et 547 pages Inépuisable Don Quichotte «E: GUYLAINE MASSOUTRE n garde, larron, félon, malandrin! Cette fois, ton compte est bon.» Cet agité en bras de chemise, qui brandit une épée en poussant des jurons et frappe aveuglément des outres de vin pleines, pensant vider un géant de son sang, c’est le brave don Quichotte, aidé de Sancho Panza.Ces deux inséparables compères vocifèrent dans un grenier, sous le regard furieux d’un aubergiste qui s’apprête à leur administrer une volée.Un peu plus tard, on retrouve les mêmes, une bouteille de pinard à la main, en train de vanter les vertus d’une belle bataille, tandis que se déroule comme un film une comédie à succès de Lope de Véga.Qui n’a pas été persuadé, sans jamais y croire, que les moulins à vent étaient des chevaliers, la bassine du barbier un heaume, les marionnettes des personnages de chair et d’os?Telle est la question que pose Paul Auster à son personnage dans la Trilogie new-yorkaise, convaincu que Cer-vantès, à travers don Quichotte, entendait mesurer la crédulité de ses contemporains pour s’en divertir.Tout le monde sait que don Quichotte, caballero andante, est le héros d’un roman de chevalerie inégalable: jamais n’aura-t-on mieux raconté, pour s’en moquer, les agissements absurdes et les déboires rocambolesques d’un maître et d’un picaro en mal d’aventures, d’exploits et d’enchantement.VOIR PAGE D 2: DON QUICHOTTE Le don de la parole îm DIFFUSION COLLECTION GLOBE TROTTER Un Jeu d'aventures éducatif qui vise à se familiariser avec la géographie physique et humaine du monde./Ch.rég.3a,95 $ l&W\ne JWHUIlO* *‘295$ notre prix XJ Du même auteur : Taliesin, Arthur, Merlin ¦s ntetueff/ss auteurs cittéoécoùs Les amours de Mathieu dans les pays d’en-haut.Le spectacle d’une nature rude mais accueillante.Jean-Yves SOUCY kst, .-.J'. 1 \ 1 \ 1 Ci, / Une femme ® babiole I % ¦ft % " ^ y i Julie Papineau UNE FEMME PATRIOTE Correspondance 1823-1862 Texte établi avec introduction et notes par Renée Blanchet 520 pages, 29,951 SEPTENTRION 1300, avenue Maguire Sillery (Québec) git 1Z3 Téléphone: (418) 688-3556 • TélécopiEUR: (418) 527-4978 «p Livres **- LETTRES QUÉBÉCOISES Une certaine Gaspésie en verve LA SAISON DES QUÊTEUX Sylvain Rivière Editions Trois-Pistoles, Trois-Pis-toles, 1997,171 pages Ce recueil est-il une version remaniée ou la simple réédition de celui qui avait paru en 1986 — sous le même titre, mais avec la mention «nouvelles» — chez Leméac?Aucune note là-dessus, dans le livre de Sylvain Rivière; nul avertissement non plus pour préciser que certains passages sont repris tels quels de la première pièce de théâtre de l’auteur, Qu'a bu, boira., publiée chez Humanitas en 1995, et qui avait été jouée en 1989 au.théâtre de la Parlure des îles-de-la-Made-leine.11 n’y a là nulle faute de la part de l’auteur, qui a bien le droit de puiser à sa guise dans sa propre œuvre, pourvu que son éditeur se donne la peine de signaler ces emprunts.Poète, conteur, dramaturge, nouvelliste, Sylvain Rivière a produit une œuvre considérable depuis 1988, année où ce Gaspé-sien de naissance s’est installé aux Iles-de-la-Madelei-ne.Rivière est un écrivain résolument régionaliste, qui chante la Gaspésie d’un passé mal défini, en tout cas assez récent, naguère plutôt que jadis: c’était en ces temps «de Ford à pédales et de dents en or», ou ceux «des poches percées et des dents creuses», selon que l'on était bien nanti ou miséreux.Le terroir de Rivière, ce sont les coutumes, les légendes et surtout ses personnages savoureux, qui ne sont pas sans rappeler ces Originaux et détraqués du poète Louis Fréchette.Un printemps «bouffi» Cette «saison des quêteux», c’est le printemps, «un printemps bouffi comme un ministre sans portefeuille, ma-niéreux comme une jeune mariée», une saison «de frissons varlopeux à ruer dans les brancards» où, dans les villages de la péninsule, on attend avec impatience le retour des quêteux, cette «p’tite parenté d’avri’».Saison miséreuse et tout à la fois riche de perspectives nouvelles, à l’image de ces étonnants vagabonds qui peuvent, selon leur fantaisie ou la nécessité du moment, se faire «vendeurs de reliques, déboucheux de puisards, raman-cheux, robineux émérites» ou encore «panseurs d’immorouites, poneurs de bretelles».notamment! Parmi les notables de cette joyeuse confrérie, il y a Six-Pintes, qui avec son copain Abbay boit le Miquelon à la canisse, ce nectar si divin qu’on dirait «du grégorien liquide»-, Vateur Lasenteur, qui sent plus mauvais que la bourrure de collier, grand,connaisseur des Saintes Écritures, et qui punira salement Arthur Bes d’avoir péché contre les devoirs de l’hospitalité; Viens-Pas-d’dans, «tireux de cartes et astrologue»-, Purin Lasenteur, «défourasseux de bécosses»-, Ti-Casse la fesse, «chapelier chauve et assez varnousseux pourfendre un cheveu en quatre su’l’long»; Pacifique la Palabre, «prophète, pécheur et confesseur»-, enfin, et surtout, Adelme, héros du conte Le Spoutnik entre en gare, «l’illustre auguste, poète et rêveur patenté, évangéliste, trousse-jupons et rapailleux d’errances», discoureur invétéré, qui a le temps de prendre bien des plaisirs avant de se rendre à Gaspé en sautant sur un des flat-car du train, ce tortillard qu’on surnomme le Spoutnik de l’Océan limitée.Certains contes mettent aussi en vedette des sédentaires, comme Ernest Boudreau, un pauvre simplet dont on aime bien se moquer: pas si bête, il sent bien la situation et joue le jeu, puisque c’est son rôle.Il y a aussi un ermite: Fréchet, dit Pomme de Pré, «qui préférait la solitude à l’igno- rance», qu’on chasse du hameau parce que sa différence gêne; il aura sa vengeance et la confirmation de sa sagesse lorsqu’il reviendra, bien des années plus tard, constater la sclérose des gens et du lieu: «Il riait dedans sa barbe de prophète, de tant d’ignorance matée», de ces traditions qui «les feraient mourir avant leur temps, prisonniers de la toile d'araignée du jour».Les gens de la marginalité Car Sylvain Rivière n’a rien du folkloriste dévot La Saison des quêteux ne nous entraîne pas dans quelque pieux pèlerinage vers un passé mythique.Les traditions comptent bien moins ici que la marginalité, la part étonnante qui éclate chez certains des personnages ou qui sommeille en d’autres, et que l’auteur prend plaisir à réveiller le goût du péché chez un curé, la révolte chez les soumis, l’éclair de clairvoyance chez les naïfs, ou encore l’envie de la partance chez les sédentaires.C’est par là qu’ils sont, dans leur registre, héroïques.En montrant la sagesse occasionnelle des fous ou le grain de folie chez les sages, Rivière ne cherche pas à créer du merveilleux; l’émerveillement, s’il se produit, sera celui du lecteur devant ces personnages aux mille ressources et qui nous sont racontés avec une joie jubilatrice.«Le pays d'un homme se résume aux mots qu’il porte en bouche», disait le narrateur de L'Errance est aussi un pays, un roman de Sylvain Rivière paru chez Guérin en 1992.On pourrait presque en dire autant des lieux et des personnages de La Saison des quêteux.Dans ces contes de facture assez traditionnelle, en effet, la langue est souveraine.La narration et les personnages — la première est aussi discoureuse que les seconds — l’ont ver-veuse, grasse souvent.Expressions populaires, régionalismes, archaïsmes s’y bousculent dans une belle truculence.À l’évidence, ces contes pourraient être lus à voix haute; ils empruntent d’ailleurs à l’oralité les accumulations et l’interpellation du public.On y sent la présence énergique du conteur, son goût de captiver l’auditoire.Pour permettre aux lecteurs de s’y retrouver dans cette langue parfois bourgeonnante, il y a, à la fin de La Saison des quêteux, un glossaire où sont définis la brayonnure ou le flaca-tounage.Mais on y trouve aussi, curieusement, des mots pourtant courants: tempérance, percheron, cahin-caha, etc.A moins — les temps sont si peu sûrs.— qu’ils ne soient devenus archaïques tout récemment, sans prévenir.Les contes de Rivière sont écrits, certes, mais ils appellent la parole; à cet égard, on peut les situer parmi ce renouveau de faveur du conte oral auquel participent, au Québec, Marc La-berge, Jocelyn Bérubé, Michel Fau-bert, Joujou Turenne et bien d’autres.Par contre — c’est moins une faiblesse qu’une conséquence du parti pris de son auteur —, il n’y a pas, dans La Saison des quêteux, de projet comme on en trouve dans les contes proprement littéraires de certains de nos écrivains: ceux d’Albert Laberge, par exemple, qui jetaient un regard cruel, cynique sur l’idéologie du terroir; ceux, surtout, de Jacques Ferron — Contes anglais, ou Contes du pays incertain —, véritables lectures du pays, de la soumission, de la folie.Et la langue, chez eux, était au service de ces projets.Comme le disait Ferron dans Par la porte d'en arrière, ces entretiens avec Pierre L’Hérault qui viennent de paraître chez Lanctôt: «Quant à moi, je n’ai pas transcrit la verve populaire: j’ai écrit en français honnête».Celui de Sylvain Rivière serait plutôt mécréant.Avec ses bedeaux énergumènes, ses rêveurs de grandes partances, ses curés lubriques ou mal engueulés, ses quêteux matois, Sylvain Rivière se laisse aller à la pure joie de dire sa Gaspésie et de rappeler, si besoin était, que malgré la pauvreté, le sentiment d’abandon, les aléas de la vie, il y eut, à l’époque de la grande noirceur, de beaux mécréants, des passions et des rêves, un joyeux grouillement de vie qu’il fait bon raconter.On peut le lire tranquillement pendant le temps des Fêtes, en toute impunité: ses personnages se chargent de tous les excès que la modération ambiante nous interdit.Robert C h a r t r a n il ?La sagesse occasionnelle des fous ou le grain de folie chez les sages LA VIE LITTÉRAIRE Beaux livres : à vos librairies ! À quelques maigrelettes journées de Noël, le sprint des emplettes est bel et bien lancé.En cette période faste pour la famille des beaux livres, y a-t-il toutefois une marche à suivre pour s’assurer de la disponibilité du bouquin convoité?Ruses et astuces pour bien bouquiner.MARIE-ANDRÉE CHOUINARI) LE DEVOIR Il y en a partout: les librairies les ont dépoussiérés et disposés de manière à les rendre les plus attrayants possible; les journaux et revues vous en font l’énumération en les présentant sous toutes leurs coutures.Mais pour assurer audit livre un passeport pour le dessous du sapin, que faire?Il serait malhonnête de dire que les consommateurs de dernière minute — qui ne l’est pas un brin?— trouveront de tout, partout.Parce qu’en matière de beaux livres, sachons d’em- blée que les exemplaires se font beaucoup plus rares, les acheteurs se dirigeant moins allègrement vers ce genre que vers le roman, par exemple.Quelques petits coups de fil ont permis d’avoir une petite idée du parcours du beau livre de la maison d’édition — souvent européenne — jusqu’aux lecteurs.Si la très grande majorité des libraires ont fait leurs commandes de ces livres précieux depuis belle lurette, certains recourent régulièrement, et parfois quotidiennement, au service de commandes à cause des demandes effectuées par les consommateurs et en raison de l’épuisement rapide des stocks.Responsables du transport du bouquin de la maison d’édition jusqu’à la librairie, quelques distributeurs offrent tout de même des services de livraison garantissant l'arrivée du livre en un laps de temps de 48, parfois 24 heures.«Nous avons ici un département des miracles, explique Serge Théroux, directeur général chez Di-média, l’un des distributeurs majeurs au Québec.Si nous avons encore le livre en stock au moment de la demande, il est évident que ça facilite de beau- coup le processus.Mais s’il faut le faire venir, presque toujours d’Europe, les choses se compliquent.» Chez ADP, autre distributeur important, les libraires pourront bénéficier d’un service d’urgence leur permettant d’aller cueillir eux-mêmes les livres manquant chez le distributeur jusqu’au 23.Même chose chez Flammarion, qui pourra, si bien sûr il lui reste des volumes, en distribuer jusqu’au mardi précédant Noël.«Après cela, il n’y aura plus rien de possible», précise-t-on toutefois.Si le coup en vaut la chandelle — pensons par exemple à Léonard de Vinci, Le rythme du monde, un beau livre évoqué la semaine dernière en ces pages, beaucoup plus cher (250 $) que le livre moyen, et que les libraires ont pourtant dû demander encore et encore à la faveur d’une bonne couverture médiatique —, le distributeur commandera le livre d’Europe et le transport aérien assurera l’arrivée du livre jusqu’ici.En quelques endroits, tant en librairie que chez les distributeurs, mieux vaudrait tout de même avoir effectué ses commandes au plus tard lundi matin pour être en mesure d’obtenir le livre convoité pour la nuit de Noël.Paragraphe s’agrandit Après avoir accueilli sa clientèle dans les locaux de la rue Mansfield pendant une quinzaine d’années, les propriétaires de la librairie Paragraphe changent d’adresse et passent avenue McGill College.Histoire d’offrir plus grand à leurs habitués, Richard King et Jonathan Penney, propriétaires de la librairie anglophone indépendante, ont ainsi doublé la surface (500 m2 pour la vente au détail et 250 m2 d’entrepôt et de bureaux).Avec l’arrivée dans les environs de magasins tels Chapters, certains auraient pu croire au déclin de petites librairies comme Paragraphe.«Pourtant, notre clientèle a continué de croître et notre chiffre d’affaires est passé de 250 000 $ en 1981-82 à plus de un million l’an dernier, expliquait plus tôt cette semaine Richard King, le copropriétaire.Cette année, mus prévoyons des ventes de plus de deux millions de dollars.» En élargissant ainsi leur espace, les propriétaires comptent également élargir leur cercle.Les bibliothèques, un client important, y trouveront un choix de titres beaucoup plus vaste et une salle de conférence disponible pour les cercles de lecture.La nouvelle adresse de la librairie: 2220, avenue McGill College, à Montréal, près de la rue Sherbrooke.Nouvelle collections aux Herbes rouges Le poète et critique québécois Claude Beausoleil dirige «Five o’clock», le titre donné à une toute nouvelle collection créée par les Herbes rouges.La collection «Five o’clock» —,dont le nom est tiré d’un poème d’Émile Nelligan — est «consacrée à la réédition de poètes québécois du XIX' et du début du XX' siècle et permettra de revisiter les poésies d’hier à travers le regard de poètes d’aujourd’hui».Claude Beausoleil donne le coup d’envoi de cette nouvelle collection .avec la parution de Les Romantiques québécois, une anthologie qu’il a lui-même montée.«[Les] poèmes romantiques restent à découvrir, écrit Beausoleil dims cette anthologie, qu’il dédie à la mémoire de Gaston Miron.Ils sont notre héritage.À travers “les siècles de l'hiver”, ils parlent de notre histoire, de nos rêves et de la première inscription de notre culture dans un courant universel.» L’anthologie laisse notamment la parole aux François-Xavier Garneau, Qctave Cré-mazie, Louis Fréchette, Émile Nelligan et Alfred DesRochers.Le deuxième titre dans cette collection, Intimité et autres poèmes, laisse la place au poète Albert Ixizeau, dont les textes ont été choisis et présentés par Pierre Nëpveu.¦¦¦¦¦¦¦ ¦D 1 Si | 1 iAfA & ^ ' Hurtubise IIMII vous souhaite de Joyeuses Fêtes! ovr 2 Le Design du 20e siècle: 49,95$ Formule 1 passion 97-98:49,95 S Les Grands crus du monde: 49,95 S Collection grains de saveurs: 22,95 $ Chacun * i m 1815, avenue De Loriijuer, Montréal (Québec) H2K 3W6 Tél: (514) 523-1523 • 1-800-361-1664 Télécopieur: (514) 523-9969 1.K I) K V OIK.I.E S S A M E I) I 2 O E T I) I M A X ( Il E 2 I I) K ( E M II II E I !l !l 7 I) il MANDES DESSINÉES *" L I V R E S "»- LE FEUILLETON C C.BIGOUDI M BREBIS FW*r Price do rabais îiicydopédic eltix Chiêy )nessor Pour NOEL offrez des valeurs sûres USE PAYETTE raconte d’où elle vient et confie les rêves qui l’ont portée jusqu’à maintenant.Une invitation a partager J l’expérience, J SÜ U.DÊs U i Xi*^au^quebi ( JACQUES VnU.nNElIXT De l’aventure avant toute chose DENIS LORD L’ÎLE AUX AMAZONES L’Echo des Savanes/Albin Michel, Paris, 1997, (50 pages I.'ile aux Orchidées, où vit reclus le Célèbre milliardaire Charles Weiss, abrite également les dernières représentantes de la race des Amazones.CIA et KGB s’affrontent pour percer le secret de ces femmes d’un autre âge, mystérieuses, belles et terribles.Amalgamant érotisme, politique et mythologie, le scénariste Dionnet, qui a travaillé avec de nombreux dessinateurs dont Gai, Tardi, Bilal et Beb-Deum, a concocté un récit qui ne manque ni de charme ni d’originalité, mais dont le caractère énigmatique et inachevé laissera le lecteur dubitatif.Sire, lui aussi un ancien de Métal Hurlant, très inspiré par l’esthétisme des années cinquante, est un dessinateur voluptueux, au trait sûr et élégant.Au premier abord, sa mise en couleurs déconcerte tant ces dernières semblent délavées, incertaines, mais, tranquillement, l’œil y faisant son chemin, l’immense talent de Sire se découvre dans toutes ses nuances.Pour notre plus grand plaisir.; LE CYCLE DE CYANN Tome 2: Six saisons sur ilO , Bourgeon/Lacroix Casterman, Belgique 1997,112 pages Délaissant les récits historiques qui lui avaient valu popularité et succès critique, Bourgeon s’aventure en science-fiction avec la collaboration de Claude Lacroix au dessin et au scénario.Dans cet épisode, Cyann, dauphine de la puissante famille Olsi-mar, dirige une expédition sur la planète ilO avec mission d’y trouver un antidote à la maladie qui s’attaque aux mâles d’Olh.La partie est loin d’être gagnée car il y a des traîtres dans l’équipage et les habitants d’ilO, faune et flore comprises, sont pour le moins inhospitaliers.Malgré des dialogues spirituels, une psychologie fouillée et un univers très riche, la série déçoit par son excès de circonvolutions et la banalité de l'approche du thème du voyage spatio-temporel.En outre, le dessin est inégal et certains personnages, les deO, avec leur petit casque èt leur tablier fleuri, et les énigmatiques Vês, sont passablement ridicules.On pourra également lire La Clé des Confins, une encyclopédie illustrée où sont abordés les multiples aspects de l’univers imaginé par les auteurs, politique, technologie et écosystèmes planétaires.LES FORMIDABLES AVENTURES SANS LAPINOT Tome 1 : Ias Aventures de l’univers Lewis Trondheim Dargaud, Paris, 1997,48 pages Dans cette série d’histoires en une page initialement publiées dans l’hebdomadaire français Les Inroc-kuptibles, Trondheim s’essaie au difficile exercice de créer une bande dessinée éditoriale qui soit à la fois marrante et porteuse d’une réflexion.Ce qui n’est pas chose aisée lorsqu’on aborde des thèmes comme la pollution, la corruption, le capitalisme sauvage et, d’une manière générale, les contradictions et la bêtise du genre humain.Évitant les plaisirs quelque peu pervers mais jouissifs d’un humour corrosif à la Vuillemin, Trondheim se maintient dans un registre où la tendresse le dispute à un sentiment de désabusement près du constat d’impuissance.Au delà de l’actualité, on perçoit sa personnalité angoissée, humaniste et néanmoins misanthrope.LE MERCENAIRE Tome 9: Les Ancêtres disparus V.Segrelles Glénat, Grenoble, 1997,48 pages En l’an 1003, grâce à un manuscrit que lui a donné un savant juif espagnol pourchassé par l’Inquisition, le Mercenaire se lance sur les traces des Atlantes.Son périple le conduira jusqu’au Mexique où les Toltèques ont anéanti cette race mystérieuse, les utilisant notamment lors de leurs rites propitiatoires.Excellent mélange de science-fiction et d’histoire, Les Ancêtres disparus demeure tout de même un peu confondant pour qui n’a pas lu les tomes précédents; on s’interroge sur l’identité du Mercenaire.Vient-il d’une autre planète comme son amie Nan-Tay?L’Espagnol Segrelles, un des plus grands de X heroic fantasy, est avant tout un illustrateur et cela se sent: ses dessins sont un peu figés et les phylactères semblent bien prosaïques, plaqués au milieu de paysages et d’architectures d’une beauté à couper le souffle.Le tournesol des mots OUVREZ Nathalie Sarraute Éditions Gallimard, 1997,130 pages an dernier paraissait Œuvres complètes de Nathalie Sarraute dans la Pléiade.C’était supposer qu’à 96 ans elle avait dit son dernier mot et qu’elle pouvait maintenant reposer en paix, drapée de papier bible, «suari-sée» sous l’épaisse couche des 2128 pages qui allaient l’immortaliser devant l’éternité.C’était sans compter sur son éternelle jeunesse.Ouvrez est son dernier-né, et il se pourrait qu’il soit, d’une certaine façon, son plus juvénile, son plus frais, son plus vert, son plus espiègle livre.Tant il est vrai qu’en vieillissant certaines personnes retrouvent les grâces de leur enfance, cet étonnement, ces plaisirs volés au temps et qui demeurent toute la vie les plus intenses.Mais ce qui est véritablement admirable, c’est que la vieille dame ait trouvé l’énergie — ce qui manque le plus à cet âge — et la passion suffisante pour le mener à terme.On la connaît depuis toujours comme une sorte de spécialiste de la «sous-conver-sation» — vous savez, ces petits mouvements verbaux plus ou moins automatiques qui peuplent la conscience, la squattent, qui préparent la parole, anticipent les pièges, détruisent les arguments adverses, se moquent des faussetés de la conversation en la réorientant dans une autre direction.Ce sont ces fameux «tropismes» qu’elle avait épinglés dans un roman du même nom en 1939, empruntant le mot à la biologie végétale où il signifie une «réaction d'orientation ou de locomotion [.] causée par des agents physiques ou chimiques».Pensez à l’héliotrope le plus connu et le plus spectaculaire, le tournesol.Et imaginez maintenant que vous êtes un tournesol pensant (sentant serait plus juste) qui, au gré des conversations, se tourne vers les protagonistes qui lui assurent la plus grande exposition de lumière, c’est-à-dire le plus grand apport de vie (ou de vérité).Vous verrez qu’en |X‘u de temps vous serez votre propre source de lumière, que c’est dans la sous-conversation que vous vous tenez à vous-même (et qui peut comprendre celle que vous supposez à l’autre) que vous puiserez vos ressources.Il y a toujours un détournement dans le tropisme, une relecture, une réorientation.Tout comme dans la figure de rhétorique, le trope, qui détourne un mot ou une expression de son sens propre pour mieux faire surgir du sens.Dans ce dernier.roman.ce ne sont toutefois pas des personnages ordinaires qui tiennent la conversation et échangent entre eux, mais bien des mots.Eh oui, des mots.Des mots tout simples qui s’épient, s’observent, s’appellent, se tancent, se justifient et font leur petit théâtre.11 fallait y penser.Bien que — à y bien penser — il faut admettre qu’il n’en a jamais été autrement chez nous Nathalie Sarraute.Jeun-Pierre Den is ?Les mots nous dirigent, absorbent, nous forgent, nous orientent, nous transbahutent La paroi transparente Ainsi donc les mots sont là, dans ces quinze micronouvelles: «des êtres vivants parfaitement autonomes».On ne se rend habituellement pas compte à quel point nous sommes la proie des mots, combien ce sont eux qui nous dirigent, nous absorbent, nous forgent, rçous orientent, nous transbahutent.A quel point c’est eux qui nous apprennent à penser, à nuancer, à différencier, à distinguer et à nous distinguer; à quel point c’est encore eux qui sont là pour nous ménager des recoins, des petits îlots de quiétude afin d’échapper à la voracité des mots des autres qui veulent entrer en nous, s’imposer à nous, forcer notre attention, nous persuader, nous transformer, nous ravir.Les mots contre les mots, tout contre les mots.Et entre eux.«Ça y est, la paroi est dressée.— Et nous, comme de juste, repoussés de ce côté.Elus moyen de sortir.— Forcément.Nous ne sommes pas sortables.Alors, dès qu'il vient du monde.— Ce n'est pas comme eux autres, de l'autre côté, eux au contraire, ils faut qu 'ils restent.Ils sont si sages, si bien disciplinés.» Dans ce petit univers des mots, il y a en effet les mots sages et les mots exclus, qui se contentent de regarder à travers la paroi et de réclamer de temps à autre de pouvoir entrer dans la ronde des mots convenables.Le principe de ce livre est très simple, mais oh combien géniale-ment simple! Prenez des mots ou des formules comme «Pourtant, c'est un secret, la parole donnée, au revoir, j'ai vu, à la télé, pourquoi, en effet, qu 'est-ce que ça a de surprenant, je ne suis pas de votre avis, je crois, comme vous dites, les gens de cette race, parce que», etc.Remettez-les en contexte, c’est-à-dire dans le vif de l’interlocu-tion, et vous verrez combien de nuances on peut en tirer, à quel point une simple intonation, ou le fait d’accoler un mot à l’un ou l’autre mot, peut tout changer.C’est cette micro-scène du langage qu’explore ici Sarraute.Et il en sort des prodiges d’intelligence et d’humour.«— Eh bien, quelque chose est arrivé à “C'est".—À “C’est?" - Oui, “C'est" a été malmené devant nous, on lui a enlevé son “t”.l.| Dès que l’écouteur a été décroché est venu de là-bas, précédant “Antonin”, un “C'es” amputé de son Y.C’es.Antonin.-Une crevasse s'était ouverte.un vide, tout à coup, qu’il fallait enjamber.».Cé Tantonin, il trouve ça grotesque, Antonin.Il n’en veut à aucun prix.Alors, on va insister.Ah, c’es Tantonin, c’es Tantonin! Espiègle Sarraute.Mais s’il ne s’agissait que d’Antonin! Pareil pour «c’es ouvert»! Même chose pour «entendu», «étrange».Du pur vandalisme! Sans doute parce que «t» est l'emblème des privilégiés, des nantis.Alors, forcément, sa suppression devient la marque des défavorisés, des démunis.Le nom et le prénom Pareil pour le nom et le prénom.«— Quand il ne porte que son PRENOM.— Maintenant, on n’a plus besoin, comme pour le NOM, de chercher à découvrir [.] des voies d'accès.On est chez lui, avec lui, tout près.— Oui, mais d'autres diffiadtés se présentent.C’est entendu, on est ses familiers.on est des privilégiés.— Mais familiers à quel point?A quel point privilégiés?C’est là toute la question.» Et que dire du «Taka»?Fini le «u», envolé le «n»: Tas qu'à.«— À force de te laisser aller.Ah, voilà ce que c'est que d'être “Tu”.Ce n’est pas à “Vous”que ça pourrait arriver.— Regarde, “Vous n'avez qu'à”, avec son “n'avez”, si calme, qui s'étale sans hâte, avec dignité.».Taa.kaa.avec son air vautré, son allure veule, traînante.Mais attention! Il y a aussi des «Vous êtes» d’espèce vénéneuse! Des «Vous êtes» avec des tempéraments de dictateur, qui peuvent vous emprisonner votre homme pour la vie! Songez seulement qu’il vous dise que vous êtes intelligent ou, pire, intelligente! Ou bien qu’il choisisse conventionnel, vieux jeu, ringard.Heureusement, pour cette fois, il s’est contenté de l'illogique.I Aii, plein de colère à ce moment, s’est amendé.Ouf! Songez encore à «Il Me fait une pneumonie.» Que de toupet! Abandonner son fidèle Je pour aller avec 11! C’est la pneumonie du Me.Ce Me est décidément sans scrupules, un véritable usurpateur, un bandit! Et si vous vous demandez un jour comment transformer l’abrupte formule qui vous brûle la langue: «Je ne suis pas de votre avis», pensez à rameuter «excusez-moi», qui traîne toujours quelque part, peut-être aussi «mais».auquel, d’ailleurs, vous pourriez adjoindre «là».Ils n’en veulent pas?Ils n’ouvrent lias?Eh bien, prenez plutôt «je crois», demandez à «tout à fait» de se ramener.Ça fera plus convenable.«Excusez-moi, mais je crois que je ne suis pas tout à fait de votre avis.» Et si on remplaçait «votre» par «cet».de manière à faire penser que «ce qui fait étouffer, ce qui épaissit, ce qui pollue l’air, est souvent répandu ailleurs, où cela ne produit aucun effet nocif, un avis parmi tant d'autres».Rien à faire.Ils n’en veulent pas plus.Ils ont peur.Le corps à corps, ce n’est pas pour eux.Ils détestent la lutte.C’est vrai que ce sont des saints, et que ce qui leur ferait plus peur encore, c’est d’égorger l’autre.Ce n’est pas ça qui arrêtera cette petite diablesse de 97 ans! den isjj/a mlink.net premier écrivain — «québécois» de portée INTERNATIONALE Traduit pour la première fois, un grand poème brésilien en hommage à Louis Riel.Postface éclairante de Jean Morisset, poème et étude sur les Métis de Louis Riel.Abondamment illustré.ARCHAMBAULT Jacques Villeneuve Portrait d’un champion Gianni Giansanti Jean-Paul Riopelle Des visions d’Amérique Le guide du vin 98 17* édition Michel Phaneuf L’ange tatoué Raymonde Lamothe Rose Madder Stephen King Sur Ordre Tomes 1 et 2 Tom Clancy Collection Bip/Pen Avec le stylo électronique Bip/Pen Fisher^Price Sélection du Reader's Digest Collection complète en vente en magasin Journal intime 2 formats.Plusieurs motifs offerts en magasin.Promotion en vigueur jusqu’au 24 décembre Chicoutimi « Laval * Montréal » Québec » Sherbrooke » Ste-Foy » Trois-Rivières 500, rue Ste-Catherine Est • Place des Arts • Galeries Laval Le destin d’une femme d’exception, missionnaire de la médecine en Ouganda.40(> pages - 27,95 Ü La grande aventure ^ médiévale de P.BURLING compte déjà deux volets.Le Sang des liais met en scène une cruelle croisade et poursuit l’épopée, des /Infants du (iraal amorcée au temps de l’Inquisition.Les Enfants du (Iraal 800 pages - 29.95 $ Le Sang des Rois 905 pages - 29.95 $ Éditions Libre Expression 2016, rue Saint-Hubert Montréal 1I2L 3Z5 1) 12 I.E I) K V (t I It .I.E S S A M EDI 2 (t E T I) I M A X (' HE 21 l> E < E M li li E I !) !> 7 LITTÉRATURE FRANÇAISE Livres Dans le silence de récriture MOZART ET LA PLUIE suivi de UN DÉSORDRE DE PÉTALES ROUGES Christian Bobin, Éditions lettres Vives Coll.«Entre 4 yeux», Paris, 1997,64 pages DAVID CANTIN Malgré sa popularité grandissante chez Gallimard, les plus beaux écrits de Christian Bobin demeurent aux Editions Lettres Vives.C’est dans des textes denses et poétiques, comme Le Huitième Jour de la semaine (1986) ou L’Enchantement simple (1986), que l’art de Bobin s’ouvre réellement à sa profonde simplicité.Avec Mozart et la pluie, on retourne vers les souvenirs enfouis de la naissance pour mieux comprendre la lourde épreuve du deuil.Comme dans 1m plus que vive (Gallimard, 1996), l’absence de l’être aimé engendre ce long dialogue intérieur avec soi-même.A mi-chemin entre l’essai, le genre épistolaire et la poésie, cette parole contemple, tout en questionnant, le passage inaperçu du monde.Comment la beauté et l’amour arrivent-ils jusqu’à nous dans le désordre silencieux de nos vies?Un mystère semblable habite les livres de Bobin pour rejoindre l’espace unique de vivre.Ils commencent par un murmure arrêté, une observation naïve qui se tissent à d’autres leçons du temps.Dans cette courte prose, c’est autour de l’instinct musical de Mozart que se dévoile toute la tristesse émerveillée de Christian Bobin.Comme chez ce célèbre compositeur, l’atmosphère poétique de cette œuvre dégage une tonalité à la fois légère et aérienne.En suivant ces pages, on songe au besoin constant de se détacher du monde afin de consentir à son ultime plénitude, de rejoindre l’essence même des choses dans notre accord fragile au réel: «Les moments les plus lumineux de ma vie sont ceux où je me contente de voir le monde apparaître.Ces moments sont faits de solitude et de silence.Je suis allongé sur un lit, assis à un bureau ou marchant dans la rue.Je ne pense plus à hier et demain n 'existe pas.Je n ’ai plus aucun lien avec personne et personne ne m'est étranger.Cette expérience est simple.H n'y a pas à la vouloir.Il suffit de l'accueillir, quand elle vient.Un jour tu t'allonges, tu t'assieds ou tu marches, et tout vient sans peine à ta rencontre, il n’y a plus à choisir, tout ce qui vient porte la marque de l’amour».N’ayant plus la même lueur depuis quelques parutions, Bobin redécouvre cette claire intensité du geste d’écrire dans Mozart et la pluie.D’ailleurs, on ressent une véritable présence derrière ces lignes qui tentent de reconnaître le secret enraciné de l’écrivain au terme A'Un désordre de pétales rouges (l’autre versant de ce monologue intérieur).Peut-être, à nouveau, a-t-il permis au silence de prendre toute la place qu’il juge nécessaire! Cela donne un livre où la sensibilité rejoint l’ivresse spirituelle contenue dans L’Amour.A l’image de cette pluie froide qui éveille les sens à une nouvelle chaleur.LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Des enfances à fleur de sang Un roman dur pour fracasser le silence de Vinceste L’ECHO DU SILENCE Gabrielle Gourdeau Éditions Trois-Pistoles, Trois-Pistoles, 1997,208 pages BLANDINE CAMPION L> année s’achève.Période particulièrement favorable ' aux bilans, le mois de décembre nous offre donc l’occasion de faire le point sur les publications des douze derniers mois, et ce d’autant plus que la fin de l’année n’est guère propice aux nouvelles publications.Que l’on me permette donc de revenir sur un roman paru il y a déjà quelques mois, et qu’il serait plus que dommage de passer sous silence.Du silence et de ses mortelles conséquences, voilà justement ce dont il est essentiellement question dans l’excellent deuxième roman de Gabrielle Gourdeau, L’Echo du silence.L’auteure, rappelons-le, avait obtenu en 1992 le controversé prix Robert-Cliche pour son premier roman, Maria Chapdelaine ou le paradis retrouvé, et avait fait paraître en 1991 et en 1996 deux recueils de nouvelles respectivement intitulés La Ballade des tendus et L'Age dur.Gabrielle Gourdeau n’en est donc pas à ses premières armes en littérature.Mais l’expérience seule ne saurait expliquer ou justifier la réussite que constitue, à tous points de vue, cette nouvelle fiction.C’est bel et bien de talent qu’il faut parler ici, et il en fallait une bonne dose à l’auteure pour parvenir à traiter sans pathos et sans affectation un sujet aussi délicat, aussi épineux que celui de l'inceste.Or, comme l’annonce avec justesse le texte de présentation qui orne le quatrième de couverture: «Dans L’Echo du silence, ce thème, non seulement loin d’être usé, est renégocié de fond en comble.Datis L’Écho du silence, sur le mode de la cruauté à double sens, toutes les vapeurs sont renversées, tant dans la forme du récit qu’au chapitre de l’histoire».Et l’on ne saurait accuser ce texte de présentation d’exagérer les qualités de l’œuvre qu’il met en lumière, ce qui, soit dit en passant, est plus que rare.Une enfance en forme de point final L’enfance des quatre tilles de Jean-Louis Desmarais, ingénieur éminent de 47 ans, se résume, si l’on peut dire, à des heures, des jours, des années de calvaire.Tour à tour, Nathalie, Isabelle, Véronique et Julie subiront les assauts pervers de leur père aviné, face à l’indifférence noyée d’alcool de leur mère, l’impuissance douloureuse de leur frère aîné, la fuite désespérée du cadet, et l’impassibilité grassement rémunérée de «psy-mec», leur soi-disant thérapeute.Chacune, à sa manière, avec ses limites et ses maladresses, cherchera alors à «oublier la nuit, une fois pour toutes, la nuit et ses sordides manigances.Im nuit qui écrase le corps des petites filles».Mais elles ne rencontreront, au cours des années, que le lourd silence de la honte ou de la GABRIELLE GOURDEAU L'ÊCHO DU SILENCE lâcheté: «Juste du gros silence.Du silence.Du silence à vous péter les tympans.Juste du défonçage.Des brûlures.Des mauvaises odeurs de relations pas correctes.L'odeur d'after-shave du bonhomme.De la honte fleurie de sang.L'écœurement suprême».Pourtant, un jour, «la coupe est pleine» et il faut bien que tous les mots de souffrance, de colère, d’incompréhension restés enfermés dans la tête «toute pleine d’épais sur le cœur» des fdles Desmarais finissent par sortir d’une manière ou d’une autre, même par des moyens détournés, même trop tard.C’est ainsi que Nathalie, 25 ans, confiera ses angoisses à son amante Émilie partie en stage en France, par l’entremise des «Lettres à une amante éloignée», qui constituent la première partie du roman.A sa suite, Isabelle la rebelle criera en silence la rage destructrice de ses dix-sept ans dans un «Soliloque entre les murs d’un jardin saccagé».Véronique, qui est à 13 ans le vilain petit canard de la famille, s’en remettra pour sa part à la discrétion de la feuille blanche en rédigeant le «Journal intime d'un ange farouche».La petite dernière, à peine âgée de cinq ans, Julie, terrorisée à l’idée de dévoiler ses secrets aux adultes, préférera s’ouvrir à sa confidente muette dans des «Monologues pour une poupée de chiffon».Li mère enfin, surnommée «l'avachie des avachies» par Véronique, tentera du fond de son coma de rejoindre par la parole, enfin mais trop tare), ses filles qui ne peuvent entendre ses «Echos de la mère morte».Ainsi, et ce n’est que justice, «lui» seul n’aura pas la parole, «lui» qui a réduit à l'état de mort-vivants tous les membres de sa famille, «lui» contre qui la vengeance finale s’exercera enfin, dans «L’Epilogue des épilogues», qui illustre à merveille la maxime selon laquelle on paye toujours par où on a péché.Gabrielle Gourdeau a parfaitement su donner à son récit une structure qui à la fois éclaire et redouble l’intensité dramatique du destin des sœurs Desmarais.Chaque partie s’ouvre ainsi non sur un prologue, mais bien sur un épilogue, indiquant par là à quel point ces petites filles ont vécu, la mort dans l’âme et d;uis le corps, non pas une enfance ouverte sur un devenir, mais bien une enfance en forme de point final.De même, le fait que l’auteure ait choisi la lettre, le soliloque, le journal et le monologue pour nous faire entendre les tourments des protagonistes montre bien à quel point, lorsqu'il est question du «sujet», comme disent entre elles les aînées des sœurs Desmardis, toute parole directe est douloureuse, dangereuse, voire impossible.Enfin, on soulignera l’habileté de l’auteure à donner à chacune de ses héroïnes un discours qui lui est propre, avec un ton, un vocabulaire, des images individualisés.Gabrielle Gourdeau nous offre donc sans conteste, avec L'Echo du silence, un des romans les plus forts de l’année, et qui plus est, un objet dont il faut souligner la qualité matérielle: présentation, mise en page, illustration, texte du quatrième de couverture, chacun de ces éléments a été préparé avec minutie et bonheur, ce dont il faut savoir gré aux éditions Trois-Pistoles.Recommandé sans réserve, donc.Quebec TOUTE L’ANNÉE POLITIQUE, ÉCONOMIQUE, SOCIALE ET CULTURELLE >¦ L'ANNÉE politique ¦ économique • sociale * culturel*» wÈi0Ê$ÊrJ'' La vie québécoise sous toutes ses facettes, observée par plus de trente spécialistes.Un panorama complet, illustré et chiffré.Une rétrospective des événements marquants.L’analyse des grandes tendances sociales, démographiques et économiques.DOSSIERS SPECIAUX in” > FI DES LE DEVOIR mssmm 384 pages, 21,95$ La présence de l’État au Québec La criminalité FIDES LE DEVOIR CADEAU DORE sur tranche La magnificence des photos est en parfaite symbiose avec le lyrisme débridé d’un texte redisant ’attachement d’un fils à son père et à son coin de paradis québécois.Texte: Victor-Lévy Bçaulieu Photos : Gilles Gaudreau En librairie dès maintenant i^cRi liteaux proveroiet Catalogue complet : www.livres-bq.com LES BONS LIVRES EN FORMAT DE POCHE ol ( :0LLECTI0N DE POCHE LITTÉRATURE FRANÇAISE Jean d'Ormesson Une autre histoire de la littérature française Le plaisir d’Ormesson UNE AUTRE HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISE Jean d’Ormesson NIL éditions, 1977,330 pages KOCH CÔTÉ Jean d’Ormesson incarne le côté «champagne» de l’esprit français: pétillant, vif, jamais lourd, il écrit comme le champagne fait des bulles.pour notre plaisir.«Qu’est-ce qui m’a guidé?Mais le plaisir.Si le titre n’était pas pris, j’aurais pu appeler le volume: Mon plaisir en littérature.Je crois que la littérature, qui est probablement bien autre chose, est d'abord source de plaisir.» Ce que d’Ormesson appelle un «brouillon d'une ébauche d’histoire de la littérature» n’a aucune prétention à l’histoire sérieuse ou officielle.Les quarante articles courts qui constituent l’ouvrage ont été rédigés à partir de notes que l’auteur avait prises pour une émission télévisée d’entretiens sur la littérature.Il en reste d’ailleurs un côté rapide, un peu superficiel, mais au moins ce n’est jamais ennuyeux.Que peut-on tirer de cette lecture?Rien pour les spécialistes qui ont déjà tout lu.Pour les autres, qui ont fréquenté les auteurs français en amateur et qui ont encore des lectures à faire, d’Ormesson leur donnera le goût d’entreprendre telle lecture, de faire connaissance, par exemple, avec les premiers chroniqueurs de notre langue qu'on ne lit plus guère, et c’est injuste.Comme ce brave Joinville, auteur d’une Histoire de saint Louis, ce qui a l'air bien sérieux mais ne l’est pas tant que ça quand l’auteur est une sorte de Woody Allen du Moyen Age.Quand saint U)uis demanda à Joinville s’il préférerait «être lépreux ou avoir fait un péché mortel», il répondit qu’il aimerait «mieux en avoir fait trente que d'être lépreux».Répondre ça à un saint! Sympathie pour les auteurs Tel est le charme des courtes chro-niques de d’Ormesson.Pas de lourdes analyses, pas de recherche du sens caché, pas d’herméneutique s’il vous plaît, seuls le guident le plaisir de la littérature et la sympathie pour des auteurs dont plusieurs passent pourtant pour de sacrés raseurs.Si vous pensez que les classiques sont pompeux et froids, vous découvrirez leur vraie nature sous la plume de d’Ormesson.Vous vous souvenez de Boileau: «Cent fois sur le métier.»?«A première vue, un emmerdeur.» Mais non, c’est un bon compagnon de Molière, de Racine et de la Fontaine, ils forment la bande des quatre et vont vider de bonnes chopines dans les tavernes.Ces bons vivants veulent une littérature proche de la nature et de la vérité.La chronique que d’Ormesson consacre au classicisme est simple et juste.Iœs classiques ne sont pas des auteurs coincés dans des règles étouffantes en train de produire une littérature grandiloquente et hautaine.Ce sont des artisans, des horlogèrs de l’écriture, des individualistes qui fuient les regroupements d’école fies surréalistes, eux, formeront une école), et qui n’ont qu’une seule vraie règle: le plaisir du public.D’Ormesson a le sens de la formule.Ainsi, à propos du siècle des lumières: «Avec des femmes d'exception, le XVIL est un siècle masculin.Avec des hommes remarquables, le XVIJL est un siècle féminin.» A propos du romantisme: «Le romantisme, c'est l'irruption de la météo dans la littérature.Chaque poème est un bulletin.Im mauvais temps sévit.Le vent du Nord souffle assez fort.» Sur Chateaubriand: «Dans la première partie de sa carrière, il devra aux femmes les postes qu’il occupera; dans la seconde, il devra les femmes aux postes qu’il occupera.» Sur Flaubert: «C’est le Viking de notre littérature.» Enfin, à pro|>os de Gide: «Offrant le monde d'une main, le refusant de l'autre, chantre du dépouillement et du désir à la fois, c’est un janséniste enivré de bonheur.» Un homme pour qui la littérature est plaisir n’a pas le droit d’ennuyer, et d’Ormesson est fidèle au programme.Celui-ci par ailleurs n’est pas exhaustif.Même si l’ouvrage s’étend de l’an mil à Camus et à la NRF, tous les noms qui mériteraient d’y figurer n’y sont pas.Pourquoi George Sand et pas Verlaine, Morand et pas A|X)llinai-re?«C’est une promenade au hasard, une espèce de flânerie dans le jardin de nos lettres», répond d’Ormesson, qui reconnaît le caractère lacunaire de son ouvrage.Il y en aura peut-être un deuxième; avec 40 autres noms, aucun génie ne devrait être oublié. I.K I) K V OIK, I.V.S S A M K I) I K T I) I M A X (' Il K 2 I l> K ( K M B II K I !MI 7 i) i;‘> 2 o Livres ESSAIS QUÉBÉCOIS Échelle culturelle Dans son sens anthropologique, le plus courant à notre époque, la culture se réfère à un état donné de société.Le concept recouvre alors les multiples manifestations du savoir-faire et du savoir-être de l’homme saisi dès sa sortie du lit.Dans son sens normatif, de moins en moins en vogue dans les officines gouvernementales, la culture fonctionne plutôt par oppositions ou distinctions.Haute ou basse, classique ou populaire, de masse ou underground, elle établit des frontières, fonde des hiérarchies, qui ont parfois besoin d’être interrogées ou contextualisées.À la veille de Noël, le bienveillant brasseur de cette savante chronique a décidé de vous offrir un joyeux choix d’ouvrages récents et moins récents, qui pétillent de cette saveur contextuelle.Moins pour faire des suggestions de cadeaux — la fête de Noël, après tout, n’est-elle pas devenue, comme le disait André Langevin, une façon de célébrer la naissance d’un enfant sur la paille par un débordement de mercantilisme?— que pour suggérer que le Québec, quand il s’agit de marges, sait faire.vreau l’image d’un être fier et réservé, pragmatique et franc, à la limite du désenchantement quand il s’agit de la télévision d’aujourd’hui, ce «chewing-gum de l’œil» (selon un aphorisme américain d’origine inconnue).Polyvalence et passion auront constitué son modus vivendi.?Le Québec, quand il s’agit de marges, sait faire PIERRE GAUVREAU Les trois temps d’une paix Entretiens avec Michel Désautels L’Hexagone, Montréal 1997,143 pages La carrière de Pierre Gauvreau est assez exceptionnelle.Ou plutôt les carrières.Connu du grand public par ses téléromans à succès (Le Temps d’une paix, Cormoran et maintenant U Volcan tranquille), le frère aîné de Claude Gauvreau fut d’abord un peintre lié au mouvement automatiste (dont la carrière, semble-t-il, a connu davantage de retentissement à l’extérieur du Québec, curieusement), puis un réalisateur au cinéma et à la télévision (il fut aussi producteur, notamment A'Ixe-13, le film de Godbout dont on fête justement le 25e anniversaire ces jours-ci), et enfin auteur de téléromans.Ces trois arts différents, que Gauvreau a pratiqués successivement, représentent pour Michel Désautels trois temps d’une même œuvre.Trois temps d’une paix, selon le titre que l’animateur de Radio-Canada donne à la série d’entretiens qu’il a menée avec un des signataires n • m*im i v «m i«*» fef,èrat/0j des liens réinventer fiCTîtOKlIljj II» KMMHt HI» Mill IMTTf M\HH “ I I Jl TW MOI est la base même de la science historique: pour savoir de quoi une époque était faite, il faut aller voir ce que les sources de l’époque ont à dire.Le plus souvent, l’amateur apprend à connaître une époque par l’interprétation qu’en a déjà faite un historien d’aujourd’hui.En se confrontant sans filtre à ce qui se disait à l’époque, comme on peut le faire pour le XVIIe siècle français avec le deuxième volume d’une série d’anthologies intitulées Les Français vus par eux-mêmes, on est mieux en mesure de se faire ses propres idées, de se poser ses propres questions, de s’étonner de l’importance accordée (ou non) à tel ou tel sujet, etc.L’anthologie réunie par Alain Niderst sur Le Siècle de Louis XIV (complété par un volume sur le XVIIL siècle, paru l’année dernière, et par un volume sur le Consulat et l’Empire, qui reste à paraître) présente selon une organisation thématique très large les textes de dizaines de mémorialistes de l’époque du Roi Soleil.On y lit des nobles, bourgeois et écrivains, hommes et femmes, dont les chroniques visent tout autant les petites intrigues de la cour que les grands bouleversements politiques ou les frasques juvéniles des auteurs.Divisé en cinq parties, l’ouvrage aborde tour à tour la vie privée, la «vie au jour le jour», le «monde», les grandes figures et les grands événements, ce qui nous mène de tableaux de l’enfance et du mariage à des portraits de Louis XIV, de Mazarin, des enfants du roi, etc., ou à une multitude de points de vue sur la révocation de l’édit de Nantes ou la disgrâce de Fouquet.Préjugés et opinions Les relations des grands événements rappellent en particulier que ces mémoires, s’ils ont l’avantage d’être écrits au présent par des témoins des événements, sont également chargés de préjugés ou d'opinions politiques.Tel auteur peut avoir derrière la tête l’idée de régler son compte à un ennemi politique, tel autre corrigera sa relation des événements pour avantager un allié ou gommer un fait désavantageux pour sa propre personne.Lire des textes d’époque nous rapproche de la réalité d’alors mais ne nous donne en aucun cas un portrait objectif.L’amateur de grande comme de petite histoire trouve son compte dans les quelque neuf cents pages de ce bouquin où apparaissent, parmi une majorité d’auteurs méconnus, les noms de Saint-Simon, de Turenne, de Charles Perrault, du roi d’Angleterre Jacques II Stuart ou de Louis XTV lui-même.Le Roi Soleil y livre entre autres une réflexion sur la nécessité de parfaire sa culture personnelle qui a de quoi surprendre: «[.] je crus que ce n’était pas assez pour un prince qui veut se distinguer de ses pareils de savoir ce qui se passe en son siècle, mais qu’il fallait être informé de tout ce qui s’était fait de remarquable dans les temps même les plus reculés.[.] Mais surtout j’étais persuadé qu’il y allait un peu de ma gloire, tenant dans le monde le rang que j’y tenais, de ne pas savoir ce que la plupart du mon- de savait: que s’il y avait quelque peine à l'apprendre si tard, il y avait encore plus de honte à l’ignorer toujours [.]» Combien de chefs d’Etat d’aujourd’hui font preuve d’une telle attitude?Vu d’ici, U Siècle de Louis XIVcomporte toutefois une lacune d’importance: pas la moindre petite section sur les colonies, de Nouvelle-France ou d’ailleurs.On n’y apprend guère que Madame de Maintenon passa quelque temps, étant jeune, en Nouvelle-France, son père ayant fui de mauvaises affaires en France.La présence de cette seule anecdote est assortie d’une question: est-ce qu’on se fout du Canada à l’époque, ou est-ce qu’on se fout aujourd’hui de quelque chose qui importait à l’époque?Tolkien le facétieux Un canular philologique LE BRÉVIAIRE DU HOBBIT David Day Illustrations de Lidia Postma Traduction et adaptation de Jean Moritz Glénat, Grenoble, 1997,92 pages MICHEL BÉLAIR LE DEVOIR Avec son Bilbo le Hobbit et surtout avec Le Seigneur des anneaux, R.J.Tolkien a donné naissance à un genre littéraire bien particulier: la Heroic Fantasy.S’inspirant tout autant des légendes et mythologies des pays nordiques que de la logique et des techniques de narration des contes de fées et de l’épopée, Tolkien a fait école: la Heroic Fantasy est un genre bien établi qui compte maintenant ses auteurs-vedettes et un public fidèle.Il existe même une Tolkien Society qui publie régulièrement des ouvrages d’exégèse venant chaque fois donner encore plus de relief aux personnages et aux mondes créés par Tolkien.Ce Bréviaire du Hobbit en est une bonne illustration.Jeux de mots Le propos de l’auteur est simple: il s’agit de montrer que tout l’univers de Tolkien est une sorte de canular philologique engendré à partir de quelques mots.La démonstration tourne autour d’une série d’une dizaine de mots qui suivent l’entrée «Hob» dans le dictionnaire; David Day s’amuse à montrer que toutes les caractéristiques des personnages de Tolkien tiennent à ce que l’on peut extrapoler à partir de cette série de mots.Le but, bien sûr, est de faire ressortir le pouvoir créateur de Tolkien, un philologue réputé qui gagnait sa vie à jouer sur les mots puisqu’il était l’un des rédacteurs du prestigieux Oxford English Diction-nary.Il y a aussi qu’il n’est pas donné à tout le monde d’accoucher d’une œuvre de quelques milliers de pages à partir d’une série de dix mots pigés dans un dictionnaire philologique retraçant les origines allemandes et nordiques des vieux mots anglais.La démonstration est amusante, le livre, délicieux.C’est pourtant dans sa trame la plus intime que l’ouvrage édité chez Glénat porte une sorte de vice de forme: il est publié en français, bien sûr, alors que la plupart des jeux de mots mis en relief par l’humour philologique de Tolkien vont chercher leurs effets dans les mots eux-mêmes qui sont ici traduits.Mais il faut souligner que le traducteur a fait des efforts surhumains pour que le propos du livre tienne encore et que la mise en page vient souvent lui donner un sérieux coup de main.Quand on ajoute à tout cela les admirables illustrations de Lidia Postma — ses portraits de Gollum et du dragon de même que sa reconstitution de la maison de Bilbo sont remarquables —, les fans même francophones de Tolkien n’y verront que du feu.HoSbit (E & ill LIVRES, CASSETTES, DISQUES, BD DISQUES COMPACTS 3694 St-Denis, Montréal CHOIX ET Qualité Métro Sherbrooke 849-1913 713 Mont-Royal Est, Mtl Métro Mont-Royal 523-6389 222 CURE vrai men pas comme les autres ! < Où il est le p’tit Jésus, tabarnac ?touchera les lecteurs qui pourront y reconnaître un pan de leur vie, un coin de chez eux, ou ce tiraillement semblable à celui de Félix, entre les prescriptions célestes et ce qui se passe sur le plancher des vaches.Un curé amoureux?On peut frémir à la pensée que les deux termes seront éternellement inconciliables.» Julie Sergent, Le Devoir, 25 octobre V)()7 JEAN-MARC DESGENT Les Paysages de l’extase (SS HERBES ROUGES / P0E3le 60 P-, 12,95 $ Aimer et penser, penser et brûler, ces équations forment le noyau des Paysages de l’extase.LES HERBES ROUGES / POESIE lexandre Jardin, Le /tibial.\ilmmuu jum\ I l /l BIAI 21() pages 24,95$ Alexandre Jardin parle de son père, dil le Zuhinl par ses enfants.« Le jour où il esl mort, j'avais quinze ans, je m'en remets à peine.il fui l'homme le plus vivant que j'ai connu.» l u livre à la lois drôle et émouvant, le livre le plus personnel d'Alexandre Jardin.onino Benacquista, Saga.thm.to iiknau.m im 253 pages 24,95$ \vee Saga, on esl dans le concret, le moderne, dans la remise en question de la vie quotidienne telle que nous la fabrique notre société et plus précisément notre télévision.I ne grande chaîne télévisée demande à quatre scénaristes supposés minables de fabriquer un feuilleton bouche-trou qui doit passer au milieu de la nuit.Ils sont libres d’inventer n'importe quoi et ils en profitent.I n régal d intelligence, de suspense et d'humour.laniel Pcnnac, Messieurs les enfants.Daniel Penuae met en scène des gamins tendres, fiers, pleins d'espoir et d'imagination, mais aussi très mal élevés.Seulement voilà, ils ont un professeur comme on n'en fait plus qui distribue des punitions, toujours les mêmes, une rédaction, «pour susciter l'imaginaire».Mais l'imaginaire a des pouvoirs occultes.Kl Penuae a bien du talent pour régler à sa façon les querelles de générations.MESSIEURS LES ENFANTS PENNAC Gallimard 239 pages 2(>,95$ GALLIMARD i
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