Le devoir, 22 décembre 1997, Cahier A
1 9 10 FONDE LE DEVOIR V (i L .L X X XVIII N » 2 !» 2 M 0 N T II K A I.I.K I.I’ X I) I 2 2 I) K (' K M B H K 10 0 7 S S T P s + T v g / T 0 li o x T (i I PERSPECTIVES Meurtriers en culottes courtes L’ENTREVUE Frank McGuinness, l'Irlande de toutes pièces, page B 1 idv MONTRÉAL Bourque a connu une année d'enfer, page A 3 LES ACTUALITÉS Eurocopter envisage une action en justice contre Ottawa, page A 4 Les Américains sont inquiets: la violence des adolescents dans ce pays, qui compte près de deux millions de prisonniers adultes, a plus que doublé ces dix dernières années.La criminalité juvénile n’est plus directement liée à la multiplication des gangs.Même les jeunes vivant pour la plupart la vie aisée de la classe moyenne se sont mis au meurtre, au viol, aux attaques à main armée.es «superprédateurs» ont désormais les culottes courtes aux Etats-Unis.Ils tuent sans motif ni remords.«Nous avions l’habitude de parler des enfants, ayant des enfants.Maintenant nous parlons d’enfants tuant d’autres enfants», rappelait le candidat républicain Robert Dole lors de la dernière campagne présidentielle.Ces enfants-tueurs sont apparemment sans histoire.Luke Woodham, un petit blond à lunettes, a tranché la gorge de sa mère en octobre avant de descendre deux de ses camarades d’école, au Mississippi.«Je ne suis pas fou, je suis en colère contre le monde.Tuer, c’est avoir du cran, c’est courageux et j’ai tué parce que des gens comme moi sont maltraités tous les jours.» Et, tous les jours, les médias américains évoquent des faits divers sanglants et effroyables entre jeunes.Les «ados» sont-ils soudainement devenus aussi dangereux que les adultes?Pas moins de 3000 adolescents ont été arrêtés l’an dernier pour meurtre, et ce chiffre devrait vite grimper à 10 000 en 2005 si la violence continue selon la même courbe.«Nous ne pouvons plus nous permettre de rester insensibles aux problèmes des jeunes de ce Antoine pays», avertit James Fox, un expert Char en matière de criminalité juvénile.Dans un pays qui compte 250 mil-?lions d’armes à feu (la moitié de l’arsenal mondial), les adolescents représentent 25 % des personnes arrêtées pour possession illégale d’armes.Les écoles publiques, c’est bien connu, sont de plus en plus nombreuses à être équipées d’un véritable arsenal militaire pour détecter l’élève armé.Elles sont bien souvent soumises au régime de plomb des babygangers.Plus de 23 000 gangs regroupant 665 000 jeunes ont été recensés par la police — douze fois plus qu’en 1980.Psychologues et pédagogues s’interrogent régulièrement dans la presse et les talk-shows télévisés sur les raisons de la criminalité chez les jeunes, appartenant ou non à des gangs.Les politiciens ultra-conservateurs, eux, ne se posent plus de questions: si tant d’enfants et d’adolescents deviennent des criminels, c’est qu’ils n’ont pas de père.Le bouc émissaire, donc, c’est la mère célibataire responsable de la «désintégration familiale».Pour le Wall Street Journal, l’explication est bonne: «Les jeunes adultes issus d’une famille éclatée vont deux fois plus que les autres voir un psychiatre.Ils abandonnent deux fois plus souvent l’école et 70 % des mineurs délinquants sont issus d’un foyer sans père».Pas moins de 30 % des bébés américains sont élevés par une mère seule, abandonnée ou vivant en couple sans être mariée, dont 40 % ont des revenus inférieurs au seuil de pauvreté.Pour le sociologue Charles Murray, chantre du néolibéralisme, une telle «proportion de garçons élevés sans père dans une communauté donnée conduit au fait que les valeurs des adolescents asociaux deviennent la norme: violence physique, satisfaction immédiate des besoins et sexe prédateur».Quarante millions d’Américains ont aujourd’hui moins de dix ans, et une majorité de ceux déjà reconnus comme agressifs ont implacablement un casier judiciaire dans leur jeune vingtaine.Cette criminalité cristallise le débat public.Il faut augmenter les couvre-feu pour les enfants, durcir les peines infligées aux mineurs, les juger aussi sévèrement que leurs «frères» et «sœurs» adultes et même emprisonner les parents «défaillants», disent les ultra-conservateurs.Si personne ne les aide aujourd'hui, leur comportement ne peut qu’empirer demain, soulignent les experts en matière de criminalité juvénile.On le voit, la violence juvénile est un véritable casse-tête pour les services de l’enfance, les autorités judiciaires et politiques.Les dernières statistiques du FBI viennent ajouter de l’eau au moulin des partisans des mesures répressives: pour une quatrième année consécutive, la criminalité générale a baissé en 1996 (moins sept pour cent) mais le nombre de meurtres perpétrés par des jeunes âgés de 14 à 17 ans a grimpé de 25 % entre 1991 et 1996.Plus de la moitié des Américains ont déjà tranché, selon les sondages: les meurtriers en culottes courtes devraient connaître le châtiment suprême comme ce fut le cas il y a quinze ans pour Freddie Lee Stokes, un assassin de 17 ans, condamné à la chambre à gaz.Quand pour certains adolescents le meurtre est une récréation, dans la cour les adultes tournent en rond avec de folles solutions.La violence juvénile est un casse-tête pour les autorités américaines MÉTÉO Montréal Québec Ensoleillé.Ensoleillé avec Max:-8 Min:-12 passages nuageux.Max: -10 Min: -15 Détails, page B 2 Annonces.B 6 Avis publics.B 7 Culture.B 8 Economie.B 2 Éditorial.A 6 Le monde.A 5 INDEX Les sports.B 5 Mots croisés.B 6 Planète.B 4 Religions.B 6 Sports.B 5 Télévision.B 7 www.Iedevoir.com Les syndiqués de Molson rejettent les dernières offres patronales JEAN CHARTIER LE DEVOIR Les ouvriers de la brasserie Molson ont rejeté massivement, hier, les offres de la compagnie.«L’assemblée a duré trois heures et les offres ont été rejetées par une vaste majorité.C’est un peu ignoble de se servir de l’ancienneté comme ça pour mettre fin à une vie de travail.On scrappe la vie des gens et on demande aux autres d’évaluer combien valent leurs confrères», a fait valoir l’agent d’affaires du syndicat des Teamsters, Pierre Caron.Les employés veulent un montant forfaitaire unique pour tout le monde mais qu’il n’est pas question de boycottage pour le moment, a ajouté le porte-parole syndical.Il explique ainsi la nouvelle ligne de conduite: «C'est stressant pour tout le monde, le boycottage».Roch Landriault, porte-parole de Molson, répondait dès hier après-midi que «la compagnie veut régler, c’est certain» et qu’il était même question dç la tenue d’une rencontre de négociations dès hier soir.«À ce temps-ci de l’année, une menace de boycottage, ce n'est pas bon», disait-il.Pierre Caron explique que les 153 employés mis à pied ne se trouveront pas un boulot à 24 $ l’heure de sitôt.Alors, un montant de 70 000 $ pour se retrouver sans emploi, ce n’est pas une perspective d’avenir.U* vote a été pris à deux contre un, selon son évaluation.Pour les 153 ouvriers visés, «c’est une question de vie ou de mort.Tous ont compris ça très bien».L’assemblée s’est vite mise VOIR PAGE A 8: MOLSON Le jour le plus court JACQUES GRENIER LE DEVOIR UN PEU COURT, ce 21 décembre! La faute en est au solstice d’hiver, à cette (fâcheuse?) inclinaison du plan équatorial terrestre qui parvietit à faire rager certains frileux de l’hémisphère Nord.Dans six mois, il reviendra aux sudistes de maugréer; Taxe équatorial défavorisera alors l’autre moitié du globe, au grand ravissement des amants de l’été.Il était 16h sur le lac des Castors, hier, quand ces trois patineurs prirent vent debout les dernières lueurs d’un soleil plutôt faiblard.Le froid était au rendez-vous sur l’étang gelé.Où sont donc passés les canards?LaCSN poursuit Métro- Richelieu CLÉMENT TRUDEL LE DEVOIR La CSN poursuit les Epiciers unis Métro-Richelieu inc.et quatre de ses cadres.Elle entend les faire condamner pour outrage au tribunal, en raison du non-respect de l’ordonnance du juge Jean-Jacques Croteau portant sur la réintégration de 138 des 150 camionneurs que la société avait à son emploi lors des mises à pied effectuées en février 1993, au centre de distribution Mérite I du boulevard Duplessis, à Montréal.Ptès de 50 % du volume de marchandises sortant de ce centre est toujours confié à des sous-traitants, estime la CSN, qui entend «ne pas lâcher le morceau» car «au plan judiciaire», l’employeur a été débouté, la Cour suprême du Canada ayant même refusé le 30 janvier dernier d’entendre l’appel inteijeté par Métro-Richelieu.Selon M.Roger Valois, vice-président de la CSN, la société «veut faire indirectement ce qu’elle ne peut pas faire directement».Les procédures entamées en Cour supérieure du Québec le 15 décembre doivent être débattues dès demain, l’audience de vendredi dernier n'ayant pu se tenir en raison de l’irruption d’une voiture dans l’entrée principale du palais de justice de Montréal, ce qui a forcé l’évacuation de l’immeuble.Ces procédures pourraient être longues, avertit l’un des procureurs de la CSN, M* Clément Groleau, Métro-Richelieu ayant demandé «de cinq à dix jours d'audience» pour établir vraisemblablement la preuve de sa «bonne foi» dans ce dossier.Pour le vice-président Valois, intervenant en conférence de presse hier à la permanence de la CSN, il ne doit y avoir qu’une seule loi s'appliquant à l’ensemble des Québécois.La saga judiciaire qui dure depuis cinq ans lui fait ajouter, toutefois, que les dirigeants Pierre-H.Lessard, Paul Go-beil, Gérald Tremblay et Guy Piuze se comportent comme s’ils n’acceptaient pas que des tribunaux les «noircissent» et ne leur donnent pas raison.«C’est dangereux d’avoir une VOIR PAGE A 8: CSN ACTUALITÉS Urgences pédiatriques engorgées Les hôpitaux pour enfants montréalais recommandaient hier aux parents de se diriger d’abord vers une clinique ou un CLSC pour des problèmes qu’ils jugeraient mineurs.Ce mot d’ordre a été rendu nécessaire en raison d’un taux d’occupation passablement élevé aux urgences de l’hôpital Sainte-Justine et du Montreal’s Children Hospital.¦ Lire nos informations, page A 8 La Russie se prépare à l’après-Eltsine La maladie de Boris Eltsine renforce le pouvoir des chefs de clan à Moscou Les autorités ont annoncé que le président russe devrait se reposer quelques jours de plus que prévu.Certains médias évoquent une nouvelle absence de trois semaines, les trois hommes forts du moment étant Viktor Tchernomyrdine, Anatoli Tchoubaïs et l’«aini de la famille», Boris Berezovski.SOPHIE SH I HAB CORRESPONDANTE DU MONDE A MOSCOU Initialement prévu jusqu’à ce week-end, le repos de Boris Eltsine a été prolongé d’une semaine, vendredi dernier, officiellement à la demande de ses médecins.Jeudi, le président avait affirmé fièrement devant les caméras qu’il était guéri et qu’il allait se rendre dès le lendemain à son travail.En réalité, il fut emmené au centre cardiologique de Moscou pour un examen «de routine», suivi d’une «conférence de presse» du médecin en chef du Kremlin, Sergueï Mironov, devant une poignée choisie de journalistes russes.«L’examen a montré que tous les pontages fonctionnent bien.Le fonctionnement du cœur est suffisant, l’examen s’est passé sans complication», a-t-il annoncé, précisant qu’il n’a aucune raison d’interdire à Boris Eltsine les longs vols ou les changements de climat.Mais le président doit se reposer encore «de cinq à sept jours», a-t-il souligné, avançant comme seule explication la nécessité de ne pas compromettre «le processus de rétablissement» après son refroidissement.Le porte-parole du président, Sergueï Iastrjembski, a souligné pour sa part la difficulté qu'il y avait à convaincre l’intéressé, «qui brûle d’envie de retourner au travail».Entouré de ses «habitués» Boris Eltsine, âgé de soixante-six ans et qui a subi plusieurs attaques cardiaques et un pontage coronarien, devrait ainsi rester dans sa maison de ft VOIR PAGE A 8: ELTSINE Le président russe Boris Eltsine, qui se remet d’une infection virale, pourrait prendre des vacances fin décembre ou début janvier.REUTERS 4 778313000641 Tout bien compté, j'y gagne ! V A compter du 1er janvier, la TVQ augmentera de 1 % et vos impôts baisseront.Ainsi, vous aurez plus d'argent.Avec la nouvelle année, le revenu disponible des Québécoises et Québécois augmentera.Voici comment: • baisse de 15% de l'impôt des particuliers gagnant 50 000$ et moins; Y tout TE MONDE \ GAGNE! • baisse de 3% de l'impôt des particuliers gagnant plus de 50 000$; • augmentation du crédit d'impôt pour taxe de vente pour les ménages les plus démunis.Les personnes à moyens et faibles revenus bénéficieront particulièrement du nouveau régime fiscal mis de l'avant par le gouvernement du Québec.Et ça va encore plus loin puisque 200 000 Québécois à faibles revenus ne paieront plus un sou d'impôt dès 1998.• *>\ M’W « Pour nous, la différence va nous permettre de gâter les enfants.» La famille Beaulieu-Gagnon gain NET igSvvA Julie, GAIN NtT «Avec le plus que ça me donne, c'est sûr qu'on va en profiter.» mère monoparentale Couple ayant deux enfants Revenu de travail Hausse de la TVQ • Hausse du crédit pour TVQ Baisse d'impôt Gain total 50 000$ -187$ 889$ 702$ Famille monoparentale ayant un enfant Revenu de travail Hausse de la TVQ* Hausse du crédit pour TVQ Baisse d'impôt Gain total 30000$ • 132$ 137$ 1 373$ 1378$ GAIN NEÏ GAIN Nid Personne seule de 65 ans ou plus Célibataire de moins de 65 ans « À mon âge, ça me permet d'être moins préoccupée.» Madame Gauthier, veuve, 68 ans «Moi, je n'ai pas hésité une seconde avant de l'acheter.» Laurent, célibataire Revenu de travail Hausse de la TVQ* Hausse du crédit pour TVQ Baisse d'impôt Gain total 30000$ •91$ 137$ 1007$ 1053$ Revenu de travail Hausse de la TVQ* Hausse du crédit pour TVQ Baisse d'impôt Gain total 30000$ •92$ 137$ 328$ 373$ Québec * Montant estimé selon le profil de consommation des ménages.i i » I K I) K V OIK.Le maire de Montréal au Devoir Bourque a connu une année «d’enfer» «Quand on reçoit des coups, il faut avoir une vie intérieure très forte» Trois ans de difficiles relations avec les médias ont généré beaucoup de méfiance chez Pierre Bourque.Quand Le Devoir lui a proposé une entrevue sur le sens de Noël et les valeurs s’y rattachant, le sujet l’a fait sursauter de prime abord.Avec prudence, il accepte de mettre de côté ses dossiers et le traditionnel bilan de fin d’année.KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Dès ses premières paroles, Pierre Bourque se saisit d’un élastique sur la table et le tripote tout au long de l’heure que dure la discussion.Il l’étire, le tord, le relâche au rythme des incursions hors des sentiers municipaux.M.Bourque ne cache pas qu’il est écorché par les journalistes, chroniqueurs et animateurs.«Nos actions sont très cohérentes, mais cette cohérence-là n'apparaît pas dans les médias.La seule chose que je demande, c'est qu’on me respecte.[.) J’ai été tapoché.Ça prend du courage pour passer à travers ça», affirme-t-il.M.Bourque n'hésite d’ailleurs pas à parler d’un problème d’éthique et donne l’exemple des récentes images prises lors des débats nocturnes sur le budget 1998 qui le montraient pendant dix secondes en train de bâiller.«Quand on reçoit des coups, il faut avoir une vie intérieure très forte», assure-t-il.D’ailleurs, Pierre Bourque dit se sentir plus serein en cette fin d’année.«L’année passée, ç’a été l’enfer.J’étais vraiment seul avec ce procès que l’on m’a fait subir avec l’affaire du Directeur général des élections [pour une présumée manœuvre illégale de financement de son parti].Mais les obstacles me renforcent.[.] Il y a des gens qui sont épicuriens, d’autres sont stoïques.Moi, je suis entre les deux.Je suis un homme équilibré», affirme-t-il.Ainsi, le maire se prépare à reconquérir l’hôtel de ville en novembre 1998.Avec beaucoup d’assurance, il évalue que les citoyens lui font confiance.Au lendemain de Noël, il s’envolera vers un pays du Sud pour se reposer au soleil, maigrir de quelques kilos et reprendre contact avec la nature.«Je vais disparaître.Je vais me sentir en liberté.Je vais avoir accès à un certain silence», fait valoir M.Bourque, qui a pris très peu de vacances depuis son élection.Mais avant de faire sa valise, le maire Bourque accueillera les Montréalais les 24 et 25 décembre à l’hôtel de ville.C’est avec fierté que, depuis trois ans, il ouvre les portes à tous mais surtout aux gens seuls et aux pauvres.«La religion est importante, ne serait-ce que pour l’esprit du partage et de solidarité que ça suppose.[.] Ma sensibilité, je l'exprime par ce rassemblement et la fondation du maire», explique Pierre Bourque, qui dit que les valeurs chrétiennes que sa famille lui a transmises transcendent sa vie.«Noël, c'est une fête de recueillement, de dépassement, de méditation.Ce côté un peu mystique de Noël me fascine», dit-il.C’est dans l’harmonie de la famille qu’il célèbre Noël.Les huit frères et sœurs Bourque chantent ensemble, entre autres, des airs de Félix Leclerc et de Brassens.Même si Pierre Bourque n’est Bourque n’hésite pas à parler d’un problème d’éthique et donne l’exemple des récentes images prises lors des débats nocturnes sur le budget 1998 qui le montraient pendant dix secondes en train de bâiller IV ».i JACQUES NADEAU LE.DEVOIR Pierre Bourque: «Les médias sont maintenant moins méchants».' vX«S pas celui qui raconte des blagues, il «J’aime bien rire.C'est très impor- rire, sinon de grands acteurs comme estime avoir le sens de l’humour, tant.Mais peu ont réussi à me faire Laurel et Hardy», raconte M.Bourque, qui se définit comme taquin mais aussi très exigeant.«Je suis souvent blessé par les gens qui ne se dépassent pas.» Quant aux élus qui le combattent, ceux qu’il qualifie de «magouilleurs de l’hôtel de ville», Pierre Bourque affirme répliquer par l’indifférence.«On ne répond pas à la haine par la haine.Je n’ai pas de haine en moi.C’est un sentiment que je ne connais pas.La haine n’a pas de force et on ne bâtit rien avec ça», juge M.Bourque.Ainsi, ce dernier estime que les conseillers municipaux qui l’ont laissé tomber en cours de route ont surtout été influencés par les médias qui manquent de recul.Il regrette d’ailleurs que les médias ne lui donnent pas la chance de s’exprimer.«Les journaux refusent de publier mes textes.Je souffre beaucoup de ça.» Abnégation Ces relations houleuses entre les politiciens et les médias expliqueraient, selon lui, la difficulté de convaincre des gens de servir leurs concitoyens.«Ça prend une certaine dose d'abnégation.Il y a un côté un peu missionnaire», assure M.Bourque.«Mais les médias sont maintenant moins méchants, constate-t-il.Je ne veux pas les juger, mais plusieurs d'entre eux véhiculent un autre rêve qui date des années 1970.Moi, je regarde en avant.Je suis arrivé avec d’autres idées, un autre espoir.Avec le temps, le message d’humanisme va finir par passer.» S’il reste moins d’un an au mandat de Pierre Bourque, ce dernier se montre confiant de pouvoir accompagner Montréal dans le prochain millénaire.«Je ne suis pas le maire d'aujourd’hui.Je suis le maire de demain.Je prépare le terrain par le message que je livre sur l'ouverture, la communication et le partage», explique-t-il.«Avez-vous le sentiment d’être compris?», lui demande-t-on?Il éclate d’un grand rire en renversant la tête, puis regarde la journaliste et lance sur un ton acidulé: «Peut-être qu'après cette entrevue m'aurez-vous compris?» Une facture pour les cégépiens LE DEVOIR Il y aura une facture à payer pour tout cégépien qui a échoué plus de deux cours lors de la dernière session.Cette facture atteindra bientôt les étudiants visés par cet «incitatif à la réussite», souligne la manchette du Soleil du samedi 20 décembre.Plus de 4000 étudiants de trois cégeps de la capitale risquent ainsi de devenir débiteurs du fait de leur échec dans deux matières, ou davantage.La question clé est de savoir si ces cégépiens taxés régleront la note ou si leur réaction sera de ne pas poursuivre leurs études après avoir reçu un courrier qui risque d’annuler les largesses récentes du père Noël.L’article, coiffé du titre «“Couler” coûte cher», affirme que 150 cégépiens de Sainte-Foy pourraient choisir de se retirer plutôt que d’assumer une importante facture.Au cégep de Limoi-lou, l’association de parents a fait tenir aux élèves une lettre les incitant à demeurer aux études.C’est à l’automne de 1Q96 que la ministre québécoise de l’Éducation, Pauline Marois, a décrété que les étudiants à temps plein ne devaient pas échouer dans plus d’une matière par session.Les étudiants ont qualifié de «taxe à l’échec» l’initiative que la ministre désigne comme un «incitatif à la réussite».Le montant de la «taxe» équivaut à 2 $ l’heure par cours non réussi.Le cégep ne retient que 10 % de cette somme, le reste allant au ministère.UBKAIRIC accu eil deaux emballages-cai année 562 jours p»1'1 HERMÈS 1 120, av.laurier ouest o u t r e m o n t, m on t réa I tel.: 27-H-ô()09 lélcc.: 27-1-5660 Andrew Grove, «homme de Tannée» pour Time Paul Martin est honoré par le magazine américain D’APRÈS AP ET PC Son nom est encore inconnu, mais pas ses produits.Le p.-d.g.de la firme Intel, Andrew Grove, a été désigné, samedi, «l’homme de l’année» par le magazine américain Time.«Je suis profondément honoré d’avoir été choisi par le Time, doublement honoré puisque nous évoluons dans un monde où la technologie de l’informa- tion joue un rôle prépondérant», a déclaré l'heureux élu, dont l’entreprise américaine produit 90 % des microprocesseurs des ordinateurs individuels de la planète.Par ailleurs, le ministre fédéral des Finances, Paul Martin, figure dans la liste du magazine Time des «personnes ayant laissé leur marque sur l’année 1997», au même titre que la feue princesse de Galles, Diana.Le magazine américain reconnaît à M.Martin le mérite d’avoir été le maître d’œuvre de l’assainissement des finances publiques au Canada au cours des quatre dernières années.«Il a usé de ses pouvoirs de ministre des Finances avec brio», écrit le Time.«Alors que les leaders des pays ayant adopté des mesures d’austérité perdent leur majorité [parlementaire], le programme de M.Martin a permis au premier ministre Jean Chrétien de remporter un second mandat lors des élections générales, en juin.» Andrew Grove a finalement été choisi parce que, comme l’explique Walter.Isaacson, le directeur de la rédaction de Time, «la puce — comme la machine à vapeur, l’électricité ou le travail à la chaîne — représente un progrès qui ouvre de nouvelles perspectives économiques».Andrew Grove, 61 ans, survivant des camps de concentration, esf arrivé sans un sou en poche aux États-Unis en 1956.Il est entré chez Intel dès sa création en 1968, avant d’en devenir le président en 1979 puis le directeur général en 1987.Intel, dont le siège est situé à Santa Clara en Californie, vaut 115 milliards de dollars et réalise 5,1 milliards de dollars de bénéfices par an.La fromagerie HAMEL plus de 400 variétés de fromages! (dont 150 au lait cru) 4 magasins pour vous servir 220, rue Jean-Talon Est, Montréal 2117, rue Mont-Royal Est, Montréal 9196, rue Sherbrooke Est, Montréal 622, rue Notre-Dame, Rcpchtigny Téléphone : 272-1161 loto-québec Tirage du 97-12-20 7 13 18 26 27 47 Numéro complémentaire: 2 GAGNANTS 6/6 5/6+ 5/6 4/6 3/6 2 9 442 23 530 373 366 LOTS 875 910,70$ 58 394,00$ 951,20$ 34,20$ 10$ Ventes totales: 16 082 895$ Prochain gros lot (approx.): 2 000 000$ mmiiar GAGNANTS LOTS Tirage du 97-12-20 1 10 12 22 25 35 Numéro complémentaire: 17 6/6 5/6+ 5/6 4/6 3/6 0 2 21 1 202 22 573 1 000 000$ 25 000$ 500$ 50$ 5$ Ventes totales: 560 984 $ EStra lÆÊ VENDREDI Tirage du 97-12-19 NUMÉROS LOTS 785504 100 000$ 85504 1 000$ 5504 250$ 504 50$ 04 10$ 4 2$ Eitra SAUEDt Tirage du 97-12-20 NUMÉROS LOTS 630652 100 000$ 30652 1 000$ 0652 250$ 652 50$ 52 10$ 2 2$ Tirage du 97-12-19 12 17 24 26 31 32 42 Numéro complémentaire: 37 GAGNANTS 0 0 53 2 371 51 806 46 328 427 738 LOTS 5 500 000,00$ 114 147,20$ 1 884,50$ 150,40$ 10$ 10$ partie, gratuite Ventes totales: 6 206 988 $ Prochain gros lot (approx.): 7 000 000$ TVA.le réseau des tirages Le modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets.En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle, cette dernière a priorité.OVM IR PI RPFTIAL DAT F.« En récompense d’un service dépassant toutes les attentes.Nous sommes fiers d’être votre bijoutier agréé Rolex.y )ifoute rie Gambard Vente et service technique 630-A Cathead Montreal Centre-Ville 866-3876 v haque Rolex qui porte un sceau rouge a passé avec succès de longs et rigoureux tests afin d obtenir le titre convoité de chronomètre suisse, dependent, c est une réussite facile pour une montre qui a déjà passé le plus difficile des examens : être une Rolex.w ROLEX MON PREMIER ABECEDAIRE Préscolaire Maternelle 1èr' année 100 pages, 6,50 $ Anne-Marie Kardous Mon premier abécédaire n’est pas un livre ordinaire, il est audacieusement original par ses illustrations amusantes, encourageant l’enfant et l’accompagnant durant l’apprentissage des notions de base qui lui sont présentées.Ainsi, l’enfant apprendra bien plus que fredonner l’alphabet sur son air préféré; il y développera son vocabulaire, sa dextérité à recopier, sa capacité à reconnaître les syllabes ainsi que sa mémoire lors des épreuves de révision.Pour chacune de ces étapes qui le conduiront vers l’écriture et la lecture, il vivra une expérience amusante et enrichissante.De plus, comme chaque enfant est unique, son abécédaire le sera aussi puisque, offert en noir et blanc, l’enfant pourra le personnaliser en le coloriant lui-même.Siège social : GUÉRIN, éditeur Itée 4501, rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Téléphone: (514) 842-3481 Télécopieur : (514) 842-4923 Adresse Internet : I http://www.guerin-editeur.qc.ca A 4 I.K I) K V (t I I! .I.K I.I X I) K C K M li It K !l II , E 8 A C T U A LIT É 8 Choix d’hélicoptères Eurocopter irait devant les tribunaux Au Canada, il semblerait que le choix d’hélicoptères de recherche et de sauvetage soit indubitablement accompagné de remous et de rebondissements spectaculaires.Tout indique que le gouvernement Chrétien doit annoncer cette semaine sa décision d’aller de l’avant avec le EH 101, cet hélicoptère dont il avait fait annuler une coûteuse livraison en 1993, mais l’une des compagnies possiblement exclues crie à l’injustice et envisage les actions légales.M A R I E - A N 1) R E E CHOUINARD LE DEVOIR Au moment où le gouvernement fédéral s’apprête à rendre public son choix d’un hélicoptère de recherche et de sauvetage, l’une des compagnies en lice, pressentant un rejet, envisage sérieusement le recours aux actions légales pour manifester son désaccord avec un processus de sélection quelle considère injuste.Eurocopter SA un groupe franco-allemand dont le Cougar Mk 2 est l’un des quatre appareils évalués par le ministère de la Défense, a de bonnes raisons de croire que, même si le proces- sus d’appel d'offres le classe bon premier, le gouvernement ne le désignera pas comme meilleur candidat, le jugeant non conforme en raison de sa petitesse.Il y a maintenant près d’un an que le processus d’appel d'offres est engagé afin de désigner l’appareil qui sera utilisé par les Forces armées canadiennes pour remplacer l’actuel Labrador, âgé de près de 40 ans.«Au départ, on nous avait assurés que le seul critère de sélection de cet appel d’offres serait le cold par point, un critère sur lequel nous excellons, a expliqué hier Dominique Orbec, vice-président pour les Amériques de Eurocopter SA, faisant ici allusion à ce calcul utilisé par les évalua- teurs suivant lequel on additionne un ensemble de |x>ints techniques révélateurs des performances de l’appareil, obtenant un total ensuite divisé par le prix de l'hélicoptère.«Même si nous obtenons le coût par point le plus bas et que nous pourrions permettre des économies au gouvernement canadien, le ministère de la Défense élimine le Cougar sur des critères techniques, notamment de taille qu 'ils connaissaient très bien avant le lancement de l’appel d’offres, poursuit M.Or-bec.Nous considérons cette manœuvre délibérée.» Dans son édition de samedi, le Globe and Mail révélait que les évaluateurs du gouvernement fédéral concluent que les deux plus |>etits hélicoptères en lice sont ceux qui coûteraient le moins cher, mais que ces deux mêmes appareils seraient incapables de remplir leur rôle, étant non conformes à certains critères, dont la taille.Rappelons qu'en plus du Cougar d’Eurocopter, le Maplehawk de l’américain Sikorsky est dans la course, aux côtés de l’américain Boeing (Chinook CH-47D) et du groupe anglo-italien Augusta-Westland (EH-101).Ce dernier appareil a déjà presque fait partie de la flotte canadienne puisque l’ex-premier ministre Brian Mulroney avait fait la commande d’une cinquantaine de ces appareils, un contrat totalisant 5,8 milliards de dollars.À son arrivée au pouvoir, en 1993, Jean Chrétien avait immédiatement fait annuler ce contrat, jugeant cette «Cadillac» trop coûteuse pour l'ensemble des contribuables.I .’annulation de ce contrat a par la suite coûté près de 500 millions de dollars en compensations aux compagnies approchées.Eurocopter envisage sérieusement la possibilité d’intenter des poursuite-; juridiques, plusieurs avis légaux lui confirmant qu’une poursuite à l’endroit du ministère de la Défense est tout à fait possible.«Iœ ministère de la Défense a été privé de son cadeau de Noël en 1993 et il le veut absolument pour 1997!», ironise Dominique Orbec, faisant allusion à l’annulation de contrat effectuée par Jean Chrétien à son arri- vée au pouvoir.«Pourrons-nous renverser une décision?Ce n 'est pas sûr.Mais au moins compenser les coûts de mise en forme de la proposition, de l'ordre d’une dizaine de millions de dollars, et la perte de profits et d'image reliée à ce revirement.» A la faveur des informations qu'ils ont eux-mêmes obtenues, les dirigeants d’Eurocopter affirment arriver avec le plus bas coût par point et croient pouvoir faire1 sauver au gouvernement environ 150 millions de dollars en comparaison avec l’acquisition du EH-101.«On nous dit que nous sommes non conformes pour des raisons de taille, la cabine n'ayant pas obtenu l'appréciation qualitative des militaires canadiens, explique M.Orbec.Finalement, ce sont les militaires, habitués à des opérations dans les vastes Ixtbrador, qui choisissent et imposent leur sélection sur une base tout à fait subjective.» Le Cougar est l’un des appareils les plus largement utilisés de par le monde pour effectuer des opérations de recherche et de sauvetage.Il est utilisé à ces fins à travel's 17 pays.Mowat suscite la colère du centre Wiesenthal SL John’s, Terre-Neuve (PC) — Ix's propos récemment tenus par l’au-.teur canadien et militant pour la défense des animaux, Farley Mowat, qui a comparé la chasse aux phoques de Terre-Neuve à l’Holocauste, ont suscité la colère de l’un des membres du centre Simon Wiesenthal.«J’espère qu’il reviendra sur ses paroles et cette comparaison», a déclaré le rabbin Abraham Cooper, hier, depuis Los Angeles, siège du centre Simon Wiesenthal, la plus importante organisation mondiale de chasse aux criminels nazis.«Le fait qu’il ne le fasse pas révèle non seulement son absence totale et absolue de compréhension des événements survenus durant la Seconde Guerre mondiale [.], c’est une gifle donnée aux victimes [de l’Holocauste] et cela rend confuses les questions dont il essayait de parler», a poursuivi le rabbin Cooper.De nombreux défenseurs des droits des animaux ont critiqué la chasse aux phoques menée à Terre-Neuve, dont ils ont souligné la cruauté.Mais M.Mowatt est allé beaucoup plus loin, établissant un lien entre cette chasse et l’Holocauste qui a coûté la vie à six millions de juifs, d’homosexuels et de gitans internés dans les camps de concentration nazis, durant la Deuxième Guerre mondiale.«Je ne crois pas que le mot “holocauste" soit trop fort», a récemment déclaré l’auteur, à son domicile de Port Hope, en Ontario.«Je ne fais aucune distinction entre la destniction massive de toute variété d'animal, que celle-ci soit humaine ou non», a-t-il ajouté.Vous etes sage.Voici votre cadeau.^_________ ______ RAV4 98 traction intégrale !TV 299$ par mois/ location 48 mois" COMPTANT** MENSUALITÉS 0$ 299$ 1 400$ 266$ 3100$ 227$ ou financement à l'achat 3,9 jusqu'à 60 mois %’ Camry 98 climatiseur 299$, par mois/ location 48 mois* COMPTANT** MENSUALITÉS 0$ 332$ 1 400$ 299$ 3100$ 259$ ou financement à l'achat 3,9 jusqu'à 60 mois % Sienna 98 V6 de 194 ch 299$ par mois/ location 48 mois* COMPTANT** MENSUALITÉS 0$ 372$ 1 400$ 339$ 3100$ 299$ ou financement à l'achat 3,9 jusqu'à 60 mois % Programmes de location et de financement au détail de Toyota Canada Inc.sur approbation de crédit par Toyota Credit Canada Inc.Immatriculation, assurance et taxes en sus.*0ttre valable sur les modèles RAV4 YP10VM-AA, Camry BG22KP-CA et Sienna GF19CS-AA1998 neufs, loués et livrés au plus tard le 31 décembre 1997.Premier versement de 340,73 S, comptant de 1400$ (Camry) ou de 3100 S (Sienna) plus taxes et dépôt de garantie de 350$ exigibles au moment delà livraison.Franchise de 96 000 km; 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K I H !l A 5 LE DEVOIR LE MONDE EN BREF Tentative de coup d’État déjouée au Nigeria Lagos (AFP) — Le régime du général Sani Abacha a annoncé hier a Abuja avoir déjoué un complot fomenté par le numéro deux du régime, le général Oladipo Diya, onze autres militaires dont deux généraux d’active et un civil, pour «renverser le gouvernement par la violence».Selon Lagos, ce «complot» ne doit pas «faire dévier» le processus en cours qui doit aboutir à la remise du pouvoir, le 1" octobre 1998, à un président civil démocratiquement élu.La télévision nationale NTA a annoncé l’événement dans son bulletin de 21 h.Les douze personnes impliquées dans le complot ont été arrêtées, a indiqué la télévision, qui a ajouté que l’enquête se poursuivait.NTA n’a rien dit du mobile des comploteurs.Les premières informations données par la télévision faisaient état d’une «tentative de coup d’Etat», alors que les suivantes parlaient seulement d’un «complot».C’est la deuxième fois depuis l’arrivée au pouvoir le 17 novembre 1993 du général Sani Abacha que son gouvernement affirme avoir déjoué un complot.L’annonce a cette fois été faite au moyen d’un communiqué lu par le chef du personnel de défense, le général Abdulsalam Abubakar.Le général Diya, 53 ans, officier d’infanterie et ancien gouverneur militaire (1984-85), est originaire de l’Etat d’Ogun (sud-ouest).C’est le «second» du général Abacha depuis que ce dernier est arrivé au pouvoir.Les généraux Abdulkarim Adisa et Tajudeen Olanrewaju, respectivement ministre des Travaux publics et du Logement et ministre des Communications dans le gouvernement fédéral dissous le 17 novembre dernier par le général Abacha figurent parmi les personnes arrêtées, a précisé la télévision, citant le général Abdulsalam Abubakar.le gouvernement fédéral a assuré les citoyens dans son communiqué de sa «détermination» à faire face à toute tentative de «porter atteinte à la sécurité et à l’intégrité de la nation, et défaire dévier le processus du programme de transition en cours».Petit Jésus de supermarché Londres (AFP) — L’archevêque anglican George Carey a adressé hier un sermon aux consommateurs qui se pressaient pour effectuer leurs courses de Noël dans 216 supermarchés de Grande-Bretagne.Les clients des supermarchés Asda ont été invités à se joindre en chanson au service spécial qui a eu lieu dans l’après-midi dans une succursale de l’Essex, au nord-est de Londres, et a été retransmis par satellite dans les autres magasins de la chaîne.«Jésus est pour tous.Pour ceux qui font leurs courses comme pour ceux qui vont à la messe», a déclaré l’archevêque.«Il n 'est pas resté dans sa tour d’ivoire, il est allé auprès des gens simples, montrant l'amour de Dieu en action dans chaque vie.[.] Si nous nous efforçons tous de montrer la gloire et l’amour de Dieu jusque dans les rues commerçantes, notre société sera un endroit meilleur pour vivre», a-t-il ajouté.George Carey avait notamment publiquement appuyé l’initiative récente de certains prêtres de célébrer des services dans des pubs.t Elections au Parlement écossais en mai 1999 I-ondres (AFP) — Les élections au futur Parlement écossais, dont la création avait été avalisée par référendum en septembre dernier,.auront lieu le 6 mai 1999, a annoncé hier le ministre à l’Ecosse Donald Dewar.L’élection des 129 membres de la Chambre se fera partiellement à la proportionnelle, un mode de scrutin encore jamais utilisé en Grande-Bretagne.le Parlement, le premier pour l’Ecosse depuis 300 ans, devrait siéger à Edimbourg à partir de l’an 2000.La princesse Grace aurait appartenu à TOTS Dindres (AFP) — Di princesse Grace de Monaco a appartenu à l’Ordre du temple solaire (OTS), dont les suicides rituels eii France, en Suisse et au Canada ont fait 74 morts ;au total ces dernières années, affirment dans le Sunday Times les producteurs d’un documentaire sur l’ordre.Selon les deux producteurs, David Carr-Brown et David ' Cohen, la princesse Grace a été initiée dans l’OTS quelques mois seulement avant sa mort dans un accident de voiture en septembre 1982.Dans leur documentaire, qui doit être diffusé aujourd’hui par la chaîne de télévision privée Channel Four, les auteurs affirment que la princes-! se, qui avait épousé le prince Rainier en 1956, avait donné I près de six millions de livres (10 millions de dollars) à la secte avant son décès.Ces affirmations sont basées sur les témoignages d’un homme qui affirme avoir travaillé pendant 15 ans pour Joseph di Mambro, l'un des responsables de la secte, et d'une acuponctrice qui assure avoir préparé la princesse pour la cérémonie d’initiation.Appel au calme après la «bavure» de Lyon Paris (AFP) — Le ministre français de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement a dénoncé hier la «bavure inadmissible» ayant entraîné la mort d’un jeune homme dans un commissariat jeudi dernier à Lyon (centre-est), et a lancé un appel au calme après les incidents ayant opposé des jeunes a des policiers à Lyon et à Dammarie-les-Lys, au sud-est de Paris.Un adolescent de 16 ans de Dammarie-les-Lys, Abdelkader, a été tué alors qu’il tentait de forcer avec une voiture un barrage établi par la police dans la ville voisine de Fontainebleau mercredi dernier.Tony Blair désigné «Européen de l’année» Washington (AFP) — Le premier ministre britannique Tony Blair a été élu «Européen de l’année» par l’hebdomadaire américain Newsweek, parce qu’il incarne le renouveau de confiance et de créativité de la «nouvelle Grande-Bretagne», a indiqué le magazine hier.«Nous, les Britanniques, sommes aujourd'hui plus en accord avec nous-mêmes, a affirmé M.Blair dans une interview paraissant aujourd’hui.Je pense que le pays est en train de découvrir une perspective de son propre avenir qui est en fait très engageante.» Ce «sens de l'aventure» atteint l'ensemble de la société britannique, jusqu’à la famille royale qui «va s'adapter et changer, comme elle a déjà commencé à le faire».Elu en mai lors de l'écrasante victoire des travaillistes, M.Blair s’est distingué par une série de mesures et réformes audacieuses, couronnées au début du mois par une rencontre à I lowning Street avec le dirigeant de l’aile politique de l’IRA, Gerry Adams.EX-YOUGOSLAVI E Les Serbes boudent les urnes , Clinton Le candidat de Slobodan Milosevic est donné favori S ^11 Vâ-t-CIl devant l'extrémiste Vojislav Seselj, mais le scrutin risque à Bosnie nouveau d'être invalidé faute d'une participation suffisante Un fort taux d’abstention a marqué hier le second tour de l’élection présidentielle serbe, menaçant une nouvelle fois de la faire échouer après l’invalidation en octobre d’une première consultation boudée par les électeurs.Le socialiste Milan Milutinovic, 55 ans, actuel chef de la diplomatie yougoslave, est donné favori dans la lutte qui l’oppose au leader de l’extrême droite Vojislav Seselj, 43 ans.Des données incomplètes publiées par le Parti socialiste semblaient indiquer tard hier soir une avance confortable pour M.Milutinovic, mais la commission électorale ne rendra public aucun résultat officiel avant cet après-midi.De nombreuses irrégularités ont été relevées.L’électorat lassé était hier appelé aux urnes pour la quatrième fois en trois mois.LE MONDE Belgrade — Le jeu démocratique, même imparfait, est cause depuis plusieurs mois de quelques soucis pour Slobodan Milosevic.Elu au mois de juillet à la présidence de la République fédérale de Yougoslavie (RFY, Serbie et Monténégro), ce grand ordonnateur de la politique yougoslave, élevé dans le sérail communiste au temps de Tito, éprouve en effet toutes les peines du monde à imposer «son» candidat en Serbie, celui qui est censé lui succéder à la tête de la plus importante des deux républiques composant ce qui reste de la fédération.Ia second tour de l’élection présidentielle tenu hier pourrait toutefois lui donner, enfin, satisfaction, après l’échec du scrutin présidentiel d’octobre, annulé faute d’une participation suffisante de l’électorat.Depuis cette présidentielle manquée en octobre, M.Milosevic et son Parti socialiste (SI’S) ont dû changer de tactique, et tout d’abord de candidat.En octobre, Zoran Li-lic n’avait pas fait le poids face à l’agressivité de son adversaire d’extrême droite, Vojislav Seselj, président du Parti radical (SRS).Les socialistes n’avaient été sauvés, in extremis, que par les abstentionnistes, le taux de participation ayant été légèrement inférieur au minimum requis des 50 %.M.Lilic disqualifié pour manque de combativité et de combattants, c’est le ministre fédéral des Affaires étrangères, Milan Milutinovic, lui aussi un fidèle de Slobodan Milosevic, qui fut chargé de relever le gant socialiste pour le deuxième «tournoi» présidentiel.Plus dynamique et bénéficiant d’une plus grande notoriété dans le pays, M.Milutinovic, arrivé en tête au premier tour il y a quinze jours, avait de bonnes chances de l’emporter, hier, face au même adversaire radical.Le ton aussi a changé.Conscient que le seul fait d’être «l’homme de M.Milosevic» ne suffit plus à faire voter les campagnes et les ouvriers en sa faveur, le candidat socialiste est passé à l’offensive en multipliant les promesses et les mesures populistes.Ainsi, sur fond de déroute économique, le gouvernement socialiste n’a pas hésité à tirer un trait sur les arriérés d’impôts de plusieurs centaines de milliers de paysans, et les enseignants se sont vu promettre le paiement, «dans les prochains jours», de leur salaire.d’octobre.Attaque frontale Mais surtout, M.Milutinovic — omniprésent sur les écrans de télévision en tant que candidat ou bien dans des contre-emplois fort opportuns lors de l’inauguration d’un pont ou de visites d’usines, par exemple — a attaqué de front son bouillant adversaire.Premier dirigeant socialiste à franchir ainsi le pas, il a traité M.Seselj de «fasciste», un qualificatif qu’utilisent depuis longtemps à son encontre nombre d’observateurs étrangers.L’élection de M.Seselj «fournirait un alibi à la communauté internationale pour poursuivre ses pressions et prendre à nouveau des mesures sévères contre la Serbie», a renchéri un porte-parole du SPS.Enfonçant le clou, les socialistes ont diffusé un clip électoral, intitulé «Vous n’avez pas oublié», monté à partir d’images d’archives datant de la guerre en ex-Yougoslavie.On y voit M.Seselj, alors chef de milices serbes, semant la terreur en Bosnie et en Croatie pendant le conflit, menaçant, l’arme au poing et vêtu d’un treillis militaire.Soumis à des temps de parole limités HONGRIE 100 km-J VOÏVODINE ROUMANIE Novi Sad BELGRADE SERBIE RFY MONTENEGRO • Pristina KOSOVO MACEDOINE Superficie : 88 361 km2 Population : 10 millions dont 66% de Serbes, 17% d'Albanais, 3,5% de Hongrois Economie : 2,3 millions de salariés pour 700 000 chômeurs Défense : 126 500 hommes AFP infographie ¦ /rancisNattier sur des chaînes de télévision privées (détenues par l’opposition «démocrate») ou publiques (contrôlées par les socialistes), le candidat radical s’est replié sur une campagne de proximité.Celui qui se targue de ses liens avec Jean-Marie Le Pen a ainsi multiplié les déplacements en province, ressassant ses discours sur «l’honneur perdu des Serbes» et promettant de prendre «par la force si nécessaire» de larges portions de territoires situés en Croatie.Mais il semble que cette débauche d’énergie ne sera pas suffisante pour accéder à la présidence de la Serbie.Lui-même semble s'y résigner, accusant le pouvoir de «préparer un vol massif» de voix — notamment en bourrant les urnes au Kosovo, où les socialistes contrôlent, encore mieux qu’ailleurs, les bureaux de vote, alors que les Albanais, majoritaires dans la région, boycotteront le scrutin.Beaucoup à Belgrade partagent cette opinion.«Il n'y a pas d’incertitude sur l’issue du vote», soutient ainsi le sociologue Miljenko Dereta.«Au pire pour les socialistes, renchérit l’analyste politique Braca Grubacic, si Seselj arrive en tête, le taux de participation sera à nouveau inférieur à 50 %.» Washington — Ia président américain Bill Clinton est parti hier de Washing-to pour effectuer une brève visite aux soldats américains en Bosnie, trois jours après avoir annoncé à la satisfaction des Européens le maintien au delà de juin 1998 des (ils au sein d’une force multinationale de maintien de la paix.M.Clinton doit rencontrer aujourd’hui à Sarajevo le président bosniaque, Alija Izet-begovic, et la présidente des Serbes de Bosnie, Biljana Plavsic.Il prononcera également un discours à l'Opéra de Sarajevo et visitera la ville avant de rencontrer les troupes qui y sont déployées.De la capitale, il se rendra à Tuzla, dans le nord du pays, pour une réunion d'information avec les dirigeants militaires américains et un repas avec des Gis déployés dans le cadre de la Force de stabilisation (SFOR) de l'OTAN, dont le mandat prend fin en juin prochain.11 doit regagner Washington mardi matin, en transitant par la base aérienne d’Aviano, en Italie, et ne passera pas la nuit en Bosnie.Jeudi, le président américain avait annoncé son intention de maintenir une présence militaire américaine en Bosnie au delà de juin 1998, à condition que les objectifs d’une nouvelle force internationale soient clairement définis.La décision américaine a été bien accueillie en Europe, où l’OTAN, la Commission européenne, le Haut commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) et les autorités bosniaques et l’ensemble des capitales européennes ont exprimé leur satisfaction.Le président américain avait toutefois clairement laissé entendre aux Européens qu’ils allaient devoir sans doute s’impliquer davantage, en se refusant à préciser le nombre de soldats américains qu’il entendait maintenir en Bosnie et en se contentant d’indiquer qu’il souhaitait voir une force réduite par rapport aux quelque 8500 Gis actuellement déployés dans le pays.Pour cette visite à haut contenu symbolique en cette période de fêtes de Noël, M.Clinton sera accompagné d’une délégation bipartisme de parlementaires du Congrès, ainsi que de son rival malheureux à l’élection présidentielle de 1996, le républicain Robert Dole.Car Bill Clinton doit aussi compter avec l’opinion publique, qui l’a jusqu’ici soutenu sur ce dossier, mais surtout avec l’opposition républicaine qui contrôle le Congrès.rjgtfS-’V v -te.REUTERS \ ! A HEBRON, en Cisjordanie, de nouvelles escarmouches ont opposé hier l’année israélienne à des manifestants palestiniens.Pendant ce temps à Athènes, 31 personnalités israéliennes et palestiniennes, pour la plupart des députes, signaient une «déclaration commune» pour la poursuite du processus de paix au Proche-Orient, à Tissue d'une réunion tenue à l’invitation du gouvernement grec.Le texte appelle notamment les deux parties à «s’abstenir de toute action unilatérale, contrevenant aux accords d’Oslo».Parmi eux figurent 12 députés israéliens représentant surtout la droite, dont le chef de la coalition gouvernementale et député du Likoud, Mcir Sliitrit.L’envoyé spécial de l’Union Européenne pour le Proche-Orient, Miguel Angel Morati-nos, s’est félicité de cette déclaration commune, «inimaginable il y a encore 6 mois».Wei Jingsheng craint que les Américains se soient laissés berner AGENCE FRANCE-PRESSE Washington — Le dissident chinois Wei Jingsheng a conjuré le gouvernement américain de faire pression sur Pékin, mettant en garde dans une interview à l’hebdomadaire Newsweek contre une «dangereuse tendance» à considérer le régime de Jiang Zemin comme enclin au respect des droits de l’homme.«Il existe une dangereuse tendance aux États-Unis à considérer que la Chine envisage sérieusement d’améliorer le respect des droits de l'Iwmme et que le gouvernement est engagé dans cette voie», écrit le plus célèbre des dissidents chinois dans un article paraissant, aujourd’hui.Les Etats-Unis ont relâché leurs efforts pour des changements politiques alors que «c’est le moment ou jamais où l’Amérique doit renforcer la pression, doit demander [aux dirigeants chinois] de faire plus, de réformer plus», estime Wei Jingsheng.«Aujourd’hui, après les réformes vers une économie de marché conduites par Deng [Xiaoping], la Chine est à une jonction critique.L’économie est au bord de la crise: ses responsables ont un besoin réel du soutien américain», explique-t-il.Le dissident, que Newsweek a nommé «Asiatique de l’année», exprime sa «crainte de voir le président Jiang Zemin tromper les Américains».Lorsqu’il est rentré en Chine après sa visite aux Etats-Unis début novembre, le dirigeant chinois «avait l'air satisfait d'un voleur qui viendrait de dérober un porte-monnaie sous le nez du président Clinton», écrit M.Wei.«Il a donné à tout le monde l’impression qu’il pouvait faire faire aux Etats-Unis ce qu ’il voulait.» Pourtant, ajoute le dissident, «les États-Unis ont une influence énorme sur la politique chinoise».M.Wei a été libéré le 16 novembre pour raisons médicales et mis dans un avion à destination des Etats-Unis après 18 années d’emprisonnement pour ses positions en faveur de la démocratie en Chine.Une récente interview de lui diffusée par la radio de financement public Voice of America a provoqué l’ire de Pékin, qui a mis en garde les États-Unis contre une «exploitation» politique de Wei Jingsheng.Accord de réconciliation en Somalie AGENCE FRANCE-PRESSE Le Caire — Les représentants des factions somaliennes sont parvenus à un accord de réconciliation, dont la teneur sera révélée lors d'une cérémonie solennelle aujourd’hui au ministère égyptien des Affaires étrangères, a-t-on appris hier de source officielle égyptienne.«Il s'agit d’un accord historique pour la Somalie», a déclaré M.Medhat al-Kadi, chargé de l’Afrique de l’Est et de la Corne de l’Afrique au ministère des Affaires étrangères.«Pour la première fois, les factions somaliennes se sont mises d’accord pour s'unifier au sein d’un Front national», a-t-il précisé.Elles «sont parvenues à un accord sur le partage du pouvoir et sur la formation d’un gouvernement national intérimaire, ainsi que sur la tenue d’une conférence de réconciliation nationale en janvier à Baidoa», au nord-ouest de Mogadiscio, a-t-il ajouté.L’accord a été signé par le Conseil national de salut (NSC) regroupant 26 factions dont celle du chef de guerre Ali Mahdi Mohammad, et par Hussein Mohamed Aïdid, chef du Congrès somalien unifié/Alliance Nationale somalienne (USC/SNA).Les factions somaliennes se sont mises d’accord sur la mise en place d’un Conseil présidentiel de 13 membres et la formation d’un gouvernement de transition, d’un parlement et d'un système juridique, a-t-on indiqué de source proche des négociateurs.Ils ont également convenu que le président somalien serait désigné lors de la conférence de réconciliation, qui comptera 465 délégués choisis sur une base tribale.Le président doit être choisi parmi le clan des Hawiye, à laquelle appartiennent MM.Aidid et Mahdi.les deux hommes forts du pays.Le premier ministre sera choisi dans le clan des Darod tandis que le président du Parlement sera issu des Rahanwein.Le FBI mène 900 enquêtes anti-terroristes «Un autre Oklahoma City peut survenir demain» A G E N C t-) F RANCE- P R E S S E Washington — Le FBI (sûreté fédérale) mène actuellement plus de 900 enquêtes anti-terroristes dirigées contre divers groupes extrémistes armés sur le sol américain, rapporte l’hebdomadaire US News and World Report.«Un autre Oklahoma City peut survenir demain», déclare ainsi Robert Blitzer, chef de la section anti-terroriste du FBI, cité par le magazine dans son édition datée du 29 décembre.Le 19 avril 1995, un attentat au camion piégé à Oklahoma City avait détruit un immeuble fédéral, faisant 168 morts et des centaines de blessés.Son auteur, Timothy McVeigh, lié aux milices et à certains milieux de la droite radicale, a été condamné à mort.«Il y a toujours là au-delwrs beaucoup de gens dotés d'un important potentiel pour la violence», poursuit le responsable du FBI.Aux yeux de la police fédérale, les menaces les plus sérieuses viennent des centaines de groupuscules défendant la suprématie de la race blanche, cependant relativement faciles à infiltrer: Ku Klux Klan, néonazis, milices paramilitaires, ou encore la secte millénariste de l’Identité chrétienne.Mais le FBI se trouve aussi confronté à la menace plus diffuse représentée par toute une série de groupes plus ou moins sectaires, dépourvus de dirigeants, fortement armés et complètement imprévisibles, comme les «prêtres de Phineas», des fanatiques qui prônent la vengeance et ont commis une série,d’attaques l’an dernier à Spokane, dans l'État de Washington, les «odinistes», des êtres souvent violents adeptes des anciennes mythologies païennes Scandinaves, ou encore du Parti communiste provisoire, un groupuscule marxiste fortement armé découvert à New York l’an dernier. A (> K I) K V 0 I l( .I.K I.I N I) I 2 2 l> K < K M B H K I !) !) ÉDITORIAL La réforme Harel doit atterrir Jean-Robert S an sf a ç on La ministre de l’Emploi et de la Solidarité, Louise Harel, a finalement obtenu les 80 millions qui lui manquaient pour lancer sa réforme de l’aide sociale.Cela ne suffira pas à faire disparaître la pauvreté, loin s’en faut, mais comme ce n’est pas là le seul ni le premier objectif de l’aide de dernier recours, il est préférable d’analyser les propositions de la ministre avec une grille moins idéologique et plus réaliste.a grande faiblesse de notre régime d’aide sociale, ce n’est pas le niveau de l’aide qui serait insuffisant pour permettre aux prestataires de maintenir un niveau de vie «décent», mais le fait qu’il constitue une trappe à la pauvreté de laquelle il devient vite impossible de s’exclure.Au risque de nous répéter, rappelons que depuis le début de la décennie, la part de l’aide sociale dans le budget du Québec est passée de 8 à 12 % des dépenses totales de l’État et ce, malgré les vagues de compressions successives.A 4,2 milliards par an, ce poste de transferts de richesses des uns vers ies autres occupe le troisième rang en importance dans les dépenses, après la santé et l’éducation.Pour une femme seule et un enfant, l’aide financière des gouvernements atteint présentement 13 (XX) $.À ces 13 000 $, une fois la réforme en place, la prestataire pourra ajouter 2 600 $ gagnés d’un boulot à temps partiel, sans pénalité.Ce qui portera son revenu à près de 16 000 $, auxquelles sommes s’ajoutent divers avantages pour les médicaments, les soins dentaires, la garderie et, bien sûr, l’accès normal aux services publics d’éducation, de transport en commun, de santé, de sécurité de la vieillesse, etc.Ce n’est pas le pactole, tous en conviennent.Mais l’aide de dernier recours, comme son nom le dit, ne doit pas, non plus, être perçue comme une source de revenus réguliers, sauf pour la minorité de citoyens qui ne sont plus en mesure de travailler.De nos jours, plus de 80 % des prestataires sont, en fait, des chômeurs ou des décrocheurs.C’est d’abord pour leur permettre de réintégrer la vie active qu’il faut réformer le régime.Voilà pourquoi le régime doit cesser de fonctionner comme si les bénéficiaires étaient là pour y rester.Si le projet de loi entre en vigueur d’ici le printemps, des corrections seront apportées qui laisseront un peu plus d’argent dans la poche de quelques catégories de prestataires.Par exemple, les petits propriétaires ne seront plus pénalisés si la valeur de leur maison est moindre que 80 000 $.(au lieu de 60 000 $ à l’heure actuelle).Aussi, les femmes chefs de famille monoparentale ne subiront aucune réduction de prestation lorsqu’elles partagent leur logement Dans ce dernier cas, on devine l’intention du Trésor de retirer du régime un des motifs financiers qui ont pour effet d’inciter certaines femmes à rester seules.On ne peut qu’appuyer une telle mesure, le statut de famille monoparentale étant de loin l’une des causes de la pauvreté.Par contre, il faudra bien que le gouvernement reconnaisse un jour qu’aucun prestataire ne devrait être pénalisé du seul fait de partager son logement Cette punition est bête.Aussi bête que cette limitation de l’avantage qui est faite aux seules mères d’enfants de moins de 5 ans de recevoir 100 $ par mois de pensions alimentaires d’un ex-conjoint sans réduction du chèque d’aide sociale.Mais dieu! pourquoi 5 ans et pas 8 ou 18 ans ! Bête et mesquine.Autre mesure qui tient, celle-là, de l’incitation avouée à quitter le régime, une prime de 500 $ sera versée à tout prestataire qui trouve un emploi.Voilà qui tient du gros bon sens: au lieu de refuser un emploi de peur de perdre son chèque d’aide, plusieurs prestataires auront une raison de plus d’accepter un boulot, tout en ayant l’argent nécessaire pour payer les dépenses inhérentes au retour sur le marché du Pourquoi l’État verserait-il 500 $ par mois sans conditions à un jeune, ce qu aucun parent ne ferait ?travail.Le genre de détails qui fait la différence.Là où le régime rompt plus radicalement avec le passé, c’est en abattant le mur qui a toujours séparé les prestataires de l’aide sociale des chômeurs.Dorénavant, tous auront accès aux mêmes services des quelque 3000 conseillers qui seront en poste dans les nouveaux Centres locaux d’emploi.On ne parle pas des agents du module d’aide financière qui, eux, continueront de leur côté à administrer les demandes de soutien financier, mais bien du personnel d’Emploi Québec affecté à l’accompagnement des chercheurs d’emploi dans la préparation de leur «parcours individuel».Autant l’aide sociale a pu jusqu’ici servir de frein à toute démarche individuelle, autant il faut qu’elle devienne dans l’avenir un lieu de passage accueillant et utile pour les chômeurs.Cela dit, ne rêvons pas: on ne doit pas s’attendre à ce que ces conseillers des Centres locaux pour l’emploi trouvent un job pour chaque candidat, ni même à ce qu’ils leur fournissent un parcours prêt-à-porter, tracé à l’avance.Chaque cas est particulier et nécessite une analyse, des moyens et un accompagnement différents.Y aura-t-il suffisamment de ces parcours pour l’emploi pour répondre à la demande?Non seulement est-il impossible de répondre à cette question, mais le faire équivaudrait à tracer une grille fixe à travers laquelle chacun serait appelé à passer.Au contraire, pour être efficaces dans un nombre significatif de cas, disons au moins 25 à 50 % des cas, ces parcours pour l’emploi doivent être conçus sur mesure, selon les capacités et les aspirations des candidats.Cette efficacité des conseillers sera intimement liée à l’existence de stages en emploi, de places en formation professionnelle et d’emplois d’intégration, partout dans les régions.Là est le défi et l’obligation des gouvernements, des commissions scolaires, des municipalités, des groupes communautaires et des entreprises: collaborer autrement que par de beaux discours à cette lutte à l’exclusion.Les jeunes de moins de 25 ans seront forcés de s’inscrire dans une telle démarche sous peine de voir l’aide de l’État réduite d’autant que 150 $ par mois.Certains dénoncent cette obligation qu’ils associent à du travail forcé et lui opposent plutôt la participation volontaire basée sur la confiance à l’endroit des jeunes.Pour notre part, nous croyons, au contraire, que l’encadrement obligatoire des jeunes prestataires par des conseillers constitue le meilleur moyen de les amener à réfléchir d’une façon structurée à leur avenir déjà lourdement handicapé.Quel parent est assez irresponsable pour accepter de verser 500 $ par mois à son fils de 21 ans sans attendre quoi que ce soit en retour?Pourquoi l’État serait-il bienvenu de faire ce qu’aucun parent n’accepterait?Autant le volontariat peut être souhaitable dans le cas d’adultes ayant acquis des habitudes de travail au cours des ans, autant l’obligation est nécessaire quand on a affaire à des jeunes qui n’ont jamais reçu l’encadrement minimal pour leur permettre d’avancer.Les jeunes eux-mêmes, interrogés par sondage, se disent d’accord avec cela Le défi de la réforme Harel est considérable.11 dépasse les capacités de l’État et de son régime d’aide financière à l’endroit des plus démunis.Tous ont un rôle à jouer dans la lutte à l’exclusion.La réforme Harel ne constitue qu’un pas dans cette longue marche, un pas dans la bonne direction.Tragédie prévisible La grande région de Montréal regroupe environ 400 petits avions privés à l’heure actuelle, produisant quelque 145 000 mouvements.De ce nombre, 70 (XX) se réalisent dans des conditions réellement sécuritaires, soit en milieu contrôlé par une tour (65 000 à Saint-Hubert et 5000 à Dorval).La majorité, soit 75 (XX) mouvements (dont 55 000 à Mascouche), se réalisent dans un contexte où les statistiques ont largement démontré qu’il produisait le plus haut taux d’accidents et de mortalité.Les gouvernements le savent mais ne sont plus en mesure d’investir dans de nouveaux équipements, dans des infrastructures lourdes et dans du personnel.lœs petites municipalités comme Mascouche ne sont pas en mesure de prendre la relève.Par contre, beaucoup de ressources sont largement gaspillées et particulièrement sous-utilisées: à Roberval, a Mont-Joli, à Saint-Jean, à Mirabel par exemple.La liste est longue.Tous savent que la tour de Mirabel, aéroport désert et déserté, est menacée de fermeture parce qu’il n’y a pas assez de mouvements d’avions (environ 25 000 par année maintenant).alors qu’à quelques kilomètres plus loin, on trouve un aéroport saturé où des pilotes meurent., faute de tour! Il nous semble impératif que cette question soit reconsidérée sur une base nouvelle et que des décisions soient prises pour que la sécurité aérienne soit assurée.Ce n’est pas avant tout une question d’argent, mais d'organisation: des aéroports doivent être LETTRES -?- fermés, d'autres doivent voir leur vocation révisée.Il faut recentrer les activités, concentrer les ressources.Somme toute, il faut mettre les choses à la bonne place.Notre groupe de pilotes privés serait certes en mesure de fournir une information additionnelle et pertinente sur le sujet Cinq minutes avant nous avions tous survolé, «en finale», le lieu même de l’écrasement Nous étions à attacher nos appareils lors de la catastrophe et nous avons tout de suite accouru, avec d’autres, pour porter secours.C’est une question que nous avons à cœur.Normand Choinière Jean-Claude Crête Robert Nault Montréal, 7 décembre 1997 À démagogue, démagogues et demi ?Luciano Bozzini et Roger Tessier {Le Devoir, 5 décembre 1997) m’accusent de démagogie parce que je fais une très nette distinction entre les démarches guerrières des «sécessionnistes» (ou «séparatistes») à travers le monde et la démarche pacifique des «souverainistes» québécois.Pourtant ces démarches sont aussi différentes que le jour et la nuit Mais libre aux lecteurs de croire que tout cela, c’est du pareil au même, comme l’affirment MM.Bozzini et Tessier.Je reproche à ces deux universitaires leur vision partielle et partiale.Entre le noir et le blanc, il y a pourtant plusieurs nuances de gris.On peut créer un nouvel État souverain en prenant les armes, mais on peut aussi le faire en votant OUI à 51 % (ce qu’acceptaient les fédéralistes naguère).La finalité est peut-être la même mais pour y arriver, ces deux démarches-là sont diamétralement opposées, contraires, antagoniques.Après l’échec de Meech, les libéraux (PLQ) ont bel et bien flirté avec la «souveraineté».Tiens! tiens! lorsque c’était une option envisagée par des fédéralistes, ces derniers s’étaient soudainement mis à parler de «souveraineté» plutôt que de «sécession» (ou de «séparation»), Bizarre! Pourquoi?Pourquoi donc, si c’était la même chose?Élection après élection, ces mêmes libéraux radotent que «les séparatistes veulent faire la séparation, et qu’ils veulent détruire le Canada».Même un adolescent a assez de jugeote pour voir que de telles affirmations sont dépréciatives et très chargées de sens.Je laisse aux lecteurs du Devoir le soin déjuger qui aime déformer la réalité afin de semer la confusion et exploiter les sentiments des masses.Selon moi, c’est sciemment que les fédéralistes mêlent «souveraineté» et «sécession» (ou > I) K (' K M B K K I !l !> 7 TdTTs I- I I I Un ordre professionnel des enseignants ?Non, merci.On n’allégerait rien du tout en matière de structures et on créerait de nouvelles zones de frictions, auxquelles pourtant on souhaite habituellement échapper avec cette ambition professionnaliste JACOUES GRENIER LE DEVOIR Les conditions d’un certain professionnalisme sont toutes remplies aujourd’hui, du moins pour les ordres d’enseignement primaire et secondaire.Les conditions d’un certain professionnalisme sont toutes remplies aujourd’hui, du moins pour les ordres d’enseignement primaire et secondaire, et je crois que l’on a parfaitement le droit de déclarer que l’enseignement s’est professionnalisé au Québec depuis plus de 25 ans.Ceci ne signifie évidemment pas que le corpus de connaissances et d’aptitudes soit pleinement achevé et constamment transmissible tel quel.Les défauts, les carences et les incohérences que l’on y trouve sont toutefois susceptibles de recevoir des corrections et la présence de ces défauts ne contredit pas du tout l’existence même d’un corpus.Du moins est-ce le cas pour les ordres d’enseignement primaire et secondaire.Je n’affirmerais pas d’emblée la même chose pour ce qui concerne la formation professionnelle dite «sur mesure», pour ce qui concerne l’enseignement collégial dans son ensemble, ni pour ce qui concerne l’enseignement universitaire, tous trois nets parents pauvres de la professionnalisation de l’enseignement.Un ordre professionnel Quant à la possibilité de créer un ordre professionnel de l’enseignement, je réponds: non, et sans hésiter.La création d’un ordre professionnel patenté ne me parait ni nécessaire, ni souhaitable.Un ordre professionnel enregistré selon le Code des professions du Québec pose notamment la nécessité de définir le type de personnes à réunir selon l’exercice de fonctions et d’actes professionnels précis à déterminer de façpn exhaustive.A partir de cette obligation, je me permettrai de formuler quelques questions.Qui sont ces enseignantes et enseignants que l’on vise à embrigader dans un ordre professionnel?Quand on pose la question en fonction de niveaux d’enseignement, songe-t-on à ceux et celles du collégial et de l’universitaire aussi?Sinon, pourquoi pas, pourquoi se limiter, contrairement aux autres professions enregistrées qui semblent être des modèles, au primaire et au secondaire?Quand on pose la question sous l’angle de la formation pédagogique, celle-ci relève-t-elle ou non des connaissances et des aptitudes absolument requises (article 25 du Code des professions) pour qu’une demande de constitution en ordre soit prise en compte par l’Office des professions?Sinon, quel serait le'corpus spécifique de connaissances et d’aptitudes à l’au- ne desquelles mesurer la nécessaire formation professionnelle, entretenir un service d’inspection professionnelle (articles 109 à 115 du Code) et imposer éventuellement aux collègues des stages ou des cours de perfectionnement (articles 55 et 94 du Code)?Quand on pose la question de la définition, exigée par le Code, des activités comprises dans l’exercice protégé de la profession, comprend-on seulement ce qui relève de la pratique proprement dite de l’acte professionnel et à propos de laquelle on demanderait un «droit de réserve», ou comprend-on aussi ce qui relève de l’administration de l’éducation en ses trois ou quatre niveaux hiérarchiques?S’agirait-il seulement des «donneurs de cours» ou l’ordre serait-il ouvert à toutes les composantes de l’acte professionnel de «faire apprendre»?Seulement pour ce qui se passe dans les écoles, ou dans l’ensemble des lieux de formation?Toutes ces questions relèvent de ce qu’exige le Code des professions.Un ordre professionnel enregistré ne peut s’y dérober.Si l’on choisissait chaque fois la plus étroite des définitions, on ne ferait que créer une institution parallèle à l’institution syndicale puisqu’elle ne regrouperait éventuelle ment que les mêmes personnes.On G.-RAYMOND LALIBERTÉ Professeur associé à l’Université Ijival et ancien président de la CEQ de 1965 à 1970 aut-il professionnaliser l'enseignement?Faut-il, pour ce faire, créer un ordre professionnel?A cette première question concernant la professionnalisation de l’enseignement, je ré-ponds sans hésiter d’aucune façon: oui.Et je continue ma réponse en disant que cette professionnalisation est déjà bien en place, ce qui ne veut pas dire quelle n’est pas perfectible.Elle est déjà bien en place, si on considère que professionnaliser une fonction, c’est la mettre en relations dialectiques — plutôt qu’en opposition — non pas, comme on pourrait être tenté de le faire, avec le syndicalisme, qui défend à juste titre les salariés en tant que salariés, mais en relations dialectiques avec, par exemple, l’amateurisme, qui est exercice d’une fonction sans statut particulier; le dilettantisme, qui s’exerce par pur plaisir, sans rémunération et sans espoir de rémunération; une relation de type privé, entre amis, par exemple, au sein d’une famille, ou en tant que loisir.11 y a quelques siècles déjà que l’on vise socialement à dépasser ces diverses situations de non-professionnalisme dans l’enseignement et que l’on y est parvenu dans une très large mesure.Il y a plus d’un siècle, en tout cas, que l’on définit l'enseignement comme étant une occupation déterminée dont on peut tirer ses moyens d’existence, comme un métier au sens fort du terme.Il y a plus de 50 ans encore, au sein même de la CEQ (CIC) et des écoles de formation des maîtres, que l’on considère l’enseignement comme étant une fonction comportant un certain prestige non plus tant lié à «une vocation pauvresse» qu’à son caractère intellectuel ou artistique et, par conséquent, à une certaine position sociale pour ceux et celles qui l’exercent.Cette prise de position, que je n’invente pas et que l’on peut retrouver dans tout travail à caractère historique sur la fonction enseignante, suppose, à sa base* professionnelle, l’acquisition de .connaissances et le développement .d’aptitudes qui ne reposent pas entièrement sur la seule pratique ou la seule vocation spirituelle.Elle suppose donc un certain corpus, identifiable et transmissible de génération professionnelle en génération professionnelle.n’allégerait ainsi rien du tout en matière de structures et on créerait de nouvelles zones de frictions, auxquelles pourtant on souhaite habituellement échapix'r, dit-on, avec cette ambition professionnaliste.Et par-dessus tout, une telle démarche renoncerait largement à toute velléité de décentralisation, car les professions organisées selon le Code des professions ne sont pas, ne peuvent pas être décentralisées en vertu même du mandat qui leur est assigné.lu principale, sinon l’unique fonction (selon l’Office) que leur attribue la loi, c’est d’assurer la protection du public.Ce n’est pas, comme certains le croient, de créer des lieux d’échange quotidien autour de sa pratique professionnelle et de celle des collègues.Une autorité de plus lu loi exige en outre de veiller à assurer la protection du public à l’aide de tout un arsenal, très centralisé, de Code de déontologie et Comité de discipline, de syndics enquêteurs, etc., bien davantage que de partages des pratiques professionnelles.Je ne crois pas que la création d’un ordre professionnel de l’enseignement soit souhaitable.Mais ne serait-il pas nécessaire?C’est ce que se demandent certaines personnes.L’Office des professions affirme que l’attribution d’une autorisation de nouvel ordre professionnel se présente quand il est nécessaire d’apporter au public «une protection supplémentaire à ce qui existe déjà sous forme de lois et de règlements».Sommes-nous à ce point démunis, en éducation, au Québec, de lois et de règlements qui visent à protéger le public?Evidemment non.L’ordre deviendrait «une autorité de plus», à côté de toutes les autres, plutôt que de les remplacer dans un magnifique geste de proclamation de souveraineté professionnelle associée.Car l’État, faut-il se le dire, ne remettra pas à d’autres ses pouvoirs de réglementer et d’inspecter le monde de l'enseignement, ses politiques et orientations éducatives, ni sa gestion annuelle du service à rendre à la population.Il ne remettra pas non plus ses pouvoirs de déterminer les exigences de formation et de perfectionnement Tout au plus continuera-t-il, comme par le passé, à les négocier partiellement à l’occasion.Et, selon moi, c’est très bien ainsi.Car il est le seul organisme public, avec les commissions scolaires, sur lequel je puisse intervenir démocratiquement en tant que citoyen.Pour les ordres professionnels, je ne suis pas un citoyen, je ne suis qu’un consommateur de services.Au sujet des intégrismes Dévotion et loyauté L’intégrisme comme je le comprends, c’est intégrer en soi l’indispensable loyauté pour ce qui est l’objet de notre dévotion LINDA HANNA Montréal omme les mots qui ne savent pas quels sens ils portent, l’humain ne sait pas quel est le sens de son humanité.Dieu lui a donné un cœur pour qu'il cherche.» L’intégrisme, comme M.Lever nous le rappelle (Le Devoir, 27 novembre 1997, page A 9), renvoie à «intègre», «intégrité», «intégralité», «intégration», certes; seulement, il semble que M.Lever fasse fi de l’essentiel.L’intégrisme comme je le comprends, c’est intégrer en soi l’indispensable loyauté pour ce qui est l’objet de notre dévotion.Nos sociétés modernes sont en faillite de dévotions et d’humilité pour «son prochain», M.Lever le constate dans l’intimité même des foyers: qui est sincèrement dévoué à promouvoir le bien-être de ses parents, de ses enfants, de ses amis, de lui-même?Nos sociétés individualistes dénigrent et nous apprennent à être économes en dévotion et en compassion.L’humilité est devenue une vertu dépassée, chimérique.Pourtant, Antoine de Saint-Exupéry nous rappelle simplement dans Le Petit Prince que la dévotion et la loyauté sont essentielles car «c’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante».Nous servons tant d’artifices que l’essence même de notre vie se volatilise pour faire place à des brouillards toujours plus grands, plus avides.Notre amour pour la vie, nous le maintenons dans nos cœurs à l’instar des apprentis jongleurs qui font virevolter leurs balles colorées.Non, M.Lever, il n’y a pas suffisamment de «on passe trop par la tête et pas assez par le cœur» si on les compare aux assauts des promotions débilitantes de l’intellect humain et de la révolution du savoir: une récente publicité de Bell Canada parue dans les pages du Devoir nous le rappelait en gros caractères: «En 1997, la matière grise rapporte gros.» L’humanité souffre parce quelle n’a plus d’autres référents que l’internationalisation, la mondialisation et l’atomisation de la vie.Le sens de nos vies nous échappe parce que nous ne sommes point humbles face à la vie.Le rapport d’obéissance et de dépendance entre les pratiquants et leur Dieu que M.Lever condamne nous enseigne avec brio que la loyauté n’est possible que dans l’unicité du cœur.L’exclusivisme est présent dans la conscience du croyant qui, dans sa muette fidélité, n’offre aucun compromis à une foi partagée, car il sait que servir deux amours en même temps, c’est les perdre tous les deux.Le croyant amoureux, celui qui aime avec le cœur plus qu’avec les lèvres, est «intègre» dans sa capacité même d’ouverture à l’altérité car il sait que de tout temps, les humains ont louangé en différentes langues, cultes, rites, des dieux, un Dieu, qui allaient les guider vers une meilleure compréhension d’eux-mêmes et d’un mystère plus grand qu’eux: la vie qui les anime, cette même vie qui fait chanter les oiseaux et qui fertilise le sol par la pluie.La relation des pratiquants envers leur dieu n’est certainement pas infantilisante, de mon vivant je n’en ai pas connu de plus sérieuse, car l’accord de l’intelligence et de la volonté exige des années de dévots exercices, bien différents des exercices académiques auxquels M.Le croyant amoureux, celui qui aime avec le cœur plus qu’avec les lèvres, est «intègre» dans sa capacité même d’ouverture à l’altérité Lever s’est soumis en théologie.Ces exercices nous rappellent que la vie ne nous appartient pas, mais que l’intelligence du cœur, elle, nous appartient.En suggérant aux lecteurs de «cesser d’apprendre aux enfants à dire “que ta volonté soit faite”», M.Lever les invite réellement à se prendre pour les créateurs d’une vie dont ils ignorent tout, son origine même.Belle leçon qui a et qui aura pour effet d’anesthésier toute tentative de contemplation de la vie et de sa grandiose vitalité qui anime les êtres vivants.Non, M.Lever, je préfère enseigner à mes futurs enfants (si Dieu le veut) d’être reconnaissants pour le pain du jour en leur expliquant qu’ils sont vitalement dépendants de la fertile et mystique nature qui leur permet de jouir de ce qu’ils ont sous la dent.Je préfère que ma descendance soit humble face à ce qui la dépasse, qu’elle respecte et chérisse cette vie dont elle n’est pas la créatrice, mais par laquelle elle est invitée à créer ce qu’elle est É Q II I I O I K D l) ) I .• h„ a nnntm\ Mario Cloutier et Gilles Lesace (correspondants parlementaires à Québec), Michel Venue (correspondant parlementaire et éditorialiste à Quebec) : A l’information sportive : Yves d’Avignon ; Marie-Hélène Alane (secré- SSS ÏÏmX D.documentation : Gilles Paré (d,recteur) ; Brittle Arsenault.Manon Demme.SerRe Lap,ante (Québec) Hache.Rochefort (Ottaua).LA 1*1 JBUCTTÉ CT UE MARKING Martine DuW Kl ire a la reaaciwn).jikiiui Lamai .^.1 .-¦«— Van de Billy, Brigitte Cloutier, (iyslaine Côté, Marient* Côté, Christiane LcgaulL Jacques A.Nadeau, Guylaine Ouellet, Micheline RueQand {publicx- , / TI.I , « S , • , a , ., , • .I .i.J.’-A *L .4.*.i A.,1m.A \ f L'rv, n /U, 'T*.invAnn ( meA/lMe/THM /T O l/T AmiflieflAM I (directrice).Dat taires) ; Sylvie Claudine Béda ! ''ith-.Il ' N; ,t hal?.'l VrHri .’TLink-nV- V ’.'iVtMn.iMmieUo Koss! î ^'i^VnTjATION DU DEVOIR Marcel Couture (président), Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général).(directeur des approvisionnements, distribution et production).Marie-FranceTurgeon (responsable de la production), CLIENTÈLE Johanne Brien (responsable), Evelyne Labonté (responsable à la promotion des abonnements).Manon (responsable des services comptables), Jeanned'Arc Houde (secrétaire à la direction) ; Céline Furoy, Ghislaine A 7 Le statut d’étudiant résidant au Québec Des contraintes inadmissibles CHARLOTTE TRIJDEL S.Wendake, Québec lr==j| omment faire sa preuve Cde résidence au Québec?La preuve varie selon la situation dans laquelle on se trouve.Au Québec, il it==J n’y a pas une mais neuf manières de prouver son titre de résidant.Un décret du gouvernement Bouchard brime la liberté des citoyens en forçant les étudiants à faire la preuve de leur titre de résidant du Québec.D’autre part, ce décret crée une inégalité entre les étudiants du Québec et ceux des provinces voisines.En effet, ce décret vise la création d’une nouvelle catégorie d’étudiants: les étudiants canadiens déclarés non-résidants du Québec.Ainsi, le gouvernement oblige l’université à augmenter les frais de scolarité de ces étudiants.Faute de faire la preuve de son titre de résidant québécois, l’étudiant devra payer 40 $ de plus par crédit.Cela signifie une augmentation de près de 600 $ par session.L’étudiant québécois qui refusera de remplir le formulaire «Attestation de résidence au Québec», en signe de protestation, sera puni.Il recevra une facture de 40 $ par crédit, le prix de sa désobéissance.L’application de ces mesures administratives contestables revient aux universités.Par ce décret, elles sont tenues d’exiger les pièces justificatives, les preuves de résidence, et de percevoir les frais de scolarité sqpplémentaires.Le ministère de l’Education vient de créer un autre corps de police au Québec: la police universitaire.Déjà, quelques dirigeants d’université refusent d’être les agents d’un gouvernement qui abuse de son pouvoir, et les associations étudiantes se mobilisent actuellement pour protéger les droits et libertés des étudiants.Les citoyens qui croient à l’équité sociale sont conscients que cette inflation de mesures administratives a des effets pervers qui effritent la démocratie.L’an dernier, la Colombie-Britannique avait imposé des mesures administratives discriminatoires envers les citoyens canadiens provenant des autres provinces.Un vif mouvement de protestation avait renversé ces mesures discriminatoires.D’où vient cette volonté de limiter le droit de résidence des citoyens qui font partie de la même union?Nous payons tous des impôts fédéraux; de ce fait, nous avons tous intérêt à simplifier l’accessibilité aux services ainsi que la libre circulation des citoyens.Actuellement, le gouvernement québécois accentue les disparités entre les citoyens à l’intérieur même de son territoire.Ce gouvernement québécois néo-Mulroney ébranle le système des services sociaux; il démantèle ici et privatise là.Il s’ingère maintenant dans les affaires universitaires.Il contraint l'étudiant québécois à prouver qu’il est résidant chez lui; il taxe la libre circulation de l’étudiant provenant d’une province voisine; il désigne l’université pour faire la «job de bras».Il essaie de nous faire croire que ces mesures sont équitables; de plus, il nous contraint à nous plier et à justifier des mesures qui sèment l’inégalité entre les étudiants.La démocratie ne tombe pas du ciel.Elle se fait et elle se pratique par des citoyens conscients de la signification de l’équité sociale.La justice existe réellement quand les citoyens refusent l’abus de pouvoir des gouvernements.Tolérer l’abus, c’est mettre la démocratie en péril.Il est urgent de dénoncer avec véhémence ces mesures administratives qui briment les droits des citoyens.L’imposition de ces contraintes est inadmissible en régime démocratique, et le gouvernement néoconservateur du Québec déshonore la démocratie.De ce fait, ce décret doit être immédiatement aboli.LE COURRIER I)E NOS LECTEURS Le Devoir est heureux d’accueillir dans cette page les analyses et les commentaires de ses lecteurs.Etant donné la réponse enthousiaste de ces derniers, nous nous réservons la possibilité de réduire la longueur des textes retenus.Nos correspondants sont invités à joindre à leur envoi une disquette pour faciliter et accélérer la saisie de leurs propos.Sauf lors de situations d’urgence, la transmission par télécopie n’accélère pas la publication, au contraire.La longueur des textes ne devrait pas dépasser 1000 mots, ou 7000 caractères.Vous pouvez aussi utiliser le courrier électronique: redaction@ledevoir.com I.K I) K V 0 I It .1.K I.I' N I» I M •) I» !•: ( V.M li H K I !» !t 7 A
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