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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
lundi 7 janvier 1980
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1980-01-07, Collections de BAnQ.

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i ¦“flRr~'nr M PRIX FEMINA Pierre Moinot LE GUETTEUR D'OMBRE Gallimard — $19,95 ( Vol.LXXI — No 4 Chutes de neige.Maximum -3 Montréal, lundi 7 janvier 1980 Férié 25 CENTS Moscou accuse Carter de présumer des possibilités des États-Unis MOSCOU (AFP) — L’agence Tass a publié hier une longue «déclaration autorisée», dans laquelle elle accuse le président Carter d’avoir réagi aux événements d’Afghanistan en «présumant des possibilités réelles des Etats-Unis» et en sous-estimant celles de l’URSS.Le commentaire de l’agence Tass reprend pour l’essentiel les attaques vi ulc.rulentes déjà publiées par la presse so- par ‘ _ _____i pa viétique à ia suite de l’annonce par le président Carter de sanctions à l'égard de l’URSS, mais sous une forme plus officielle, comme en témoigne le titre de «déclaration autorisée».L’agence soviétique, après avoir lon- guement dénoncé l’attitude du président Carter, accusé de s’être comporté «plus en candidat qu’en responsable drune grande puissance», ajoute: «Les cercles dirigeants soviétiques veulent espérer qu’une approche lucide et perspicace des rapports soviéto-américains, et en particulier des efforts pour le maintien de la paix, finira par remporter aux Etats-Unis».Entre temps, le Conseil de sécurité a ajourné à aujourd’hui la suite de son débat sur les événements en Afghanistan.Il a été saisi hier soir à la fin de sa séance d’un projet de résolution parrainé par ses membres non alignés: Ni- ger, Bangladesh, Philippines et Zambie, Ce teste demande le retrait immédiat et inconditionnel «de toutes les troupes étrangères» d’Afghanistan et «déplore profondément» la «récente intervention armée en Afghanistan».Il affirme d’autre part que «la souveraineté, l’intégrité territoriale, l’indépendance politique et le statut de pays non aligné de l’Afghanistan doivent etre pleinement respectés».Ce projet de résolution montre le soucj d’éviter un véto soviétique tout en exprimant les sentiments de réprobation de la communauté internationale devant l’intervention armée de l’URSS dans ce Les Kurdes crient «Mort à Khomeiny» TEHERAN (d’après AFP) — Pendant qu’on criait «Mort à Khomeiny» à Tabriz, l’ éphémère occupation de l’ambassade d’Afghanistan à Téhéran, contrecoup de l’intervention soviétique dans le pays voisin, a détourné hier rat-tention que chacun portait à la soudaine flambée de violence à travers les provinces iraniennes, sans parler de la situation des otages américains.Des «partisans du mouvement de résistance islamique afghan» ont pénétré peu après 13 h 00 locales (9 h 30 GMT) dans les locaux diplomatiques de la chancellerie, située dans le nord de la ville, pour exiger «le départ des troupes soviétiques d’Afghanistan» et la «créa- Le Star retire son appui au NPD par Rodolphe Morissette Avant même que ne commence vraiment la campagne électorale en vue du scrutin fédéral du 18 février, le Toronto Star, le plus grand quotidien du Canada, retire au Nouveau Parti démocratique l’appui retentissant qu’il lui accordait il y a à peine huit mois, à la veille de l’élection du 22 mai, et décide d’appuyer de tout son poids l’équipe libérale de M.Pierre Trudeau.Dans son édition de samedi, le Star s'efforce d’expliquer que le nouveau scrutin, pourtant si malvenu, n’est cependant pas sans s’imposer; il ne formerait pas, non {>lus, la simple répétition de l’é-ection du printemps dernier.Voir page 6: Appui Laprade: Clark veut dédommager le Québec ILE D’ORLÉANS (PC) - Un gouvernement conservateur s’engage à verser $200 millions au Québec d’ici 1982 en guise de compensation pour la suspension du projet de construction de l’usine Laprade à Gentiily.Prenant la parole hier à Saint-Laurent, île d’Orléans dans le cadre de sa tournée électorale, le S render ministre du Canada, M.oe Clark, a déclaré que l’abandon du projet de construction d’une usine d’eau lourde sur le site nucléaire de Gentiily était l’un des dossiers «mal en point» dont son gouvernement avait hérité de l’administration libérale précédente.Nous avons révisé le dossier et il nous semble clair que le gouvernement Trudeau, qui a unilatéralement décidé de mettre fin au projet.avait déjà pris des engagements d'ordre économique avec le Québec.Voir page 6: Clark tion d’une république islamique» dans ce pays, et pour protester contre les activités policières de diplomates accusés de constituer des dossiers sur les réfugiés afghans en Iran.Si mardi dernier les forces de l’ordre étaient intervenues à l’ambassade soviétique, les gardiens de la révolution, hier, n’ont pu s’opposer à cette nouvelle occupation.C’est un fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères qui a négocié, pendant deux heures environ, l’évacuation des locaux’, évitant ainsi d’alourdir le contentieux que l’Iran entretient avec «les impérialismes, de l’Est comme de l’Ouest».Pour leur part, les Etats-Unis ont décide de maintenir leur demande de sanctions économiques contre l’Iran, telles que prévues dans la résolution du Con seil de sécurité de l’ONU du 31 décembre dernier, a annoncé hier soir la Maison-Blanche.«L’ONU mettra sans délai cette résolution en application», a déclaré un communiqué de la Maison-Blanche.M.Jody Powel, porte-parole de la Maison-Blanche, a donné lecture de ce communiqué officiel, peu après le départ de la Maison-Blanche, de M.Kurt Waldheim, qui a été reçu pendant deux heures hier soir par le président Carter.Par ailleurs, les provinces iraniennes, notamment l’Aserbaïdjan oriental, au nord-ouest de l’Iran, limitrophe de l’Union soviétique, l’Ormusgan, au sud, et le Khousistan, sont secouées par des mouvements de contestation du pouvoir central, à moins de trois semaines de l’élection du président de la République.À travers le vif mécontentement que suscite dans ces provinces la presence des comités Khomeiny ou celle des gardiens de la révolution', les Iraniens se jivrent en fait, estiment les observateurs, à la critique du système centralisateur et de ses institutions.À cette critique s’ajoute, dans certaines régions, la pesanteur de la prééminence de fait de l’obédience chiite sur l’obédience sunnite, consacrée par la constitution adoptée par 99 pour cent des votants.De 28 à 41 morts, selon les diverses sources, et une centaine'de blessés ont Voir page 6: Khomeiny pays, estiment les observateurs.Ces observateurs remarquent que les auteurs du projet se sont en effet abstenus de toute condamnation, se bornant à déplorer profondément ce qui est appelé la «récente intervention armée en Afghanistan».Les observateurs estiment en outre que le texte omet à dessein l’adjectif soviétique.Dans le même souci, le projet de résolution demande le retrait immédiat et sans condition d’Afghanistan des «troupes étrangères», et non pas, spécifiquement des troupes soviétiques.Par ces précautions de style, estiment en conclusion les observateurs, les au- ' ’ ' • v ?' ' X ¦.:: : , : , >8.0^* -êid J 'Ï:J * ; .& sr ,< Les citoyens de Chapais auront vécu un week-end chargé d’intense émotion.La majorité des victimes de l’hécatombe du Jour de l’an ont été inhumées dans une fosse commune hier du cours d’une cérémonie privée qui s’est déroulée au cimetière de Chapais.(Photolaser CP) teurs du projet espèrent que l’URSS s'abstiendra ou refusera de participer au vote.Un véto soviétique entraînerait quasi automatiquement une réunion spéciale de l’Assemblée générale des Nations unies pour débattre de la question.Auparavant, devant le Conseil de sécurité le délégué américain, M.Donald McHenry, avait demandé à l’URSS de retirer immédiatement ses troupes et il a invité l’organe exécutif de l’ONU à condamner cette «dangereuse violation de la paix et de la sécurité».Pour 'l’ambassadeur américain, Mos-Voir page 6: URSS Victoire pour Indira Gandhi NEW DELHI (AFP) — Mme Indira Gandhi est assurée d’obtenir une victoire écrasante aux élections législatives tenues en Inde les 3 et 6 janvier si la tendance marquée par les premiers résultats connus hier soir se maintient.Le parti de l’ancien premier ministre, en effet, renforçait son avance sur les autres formations à mesure que se poursuivait le dépouillement du scrutin des élections législatives, apprenait-on hier soir à New Delhi.Le parti du Congrès-I avait remporté 47 sièges sur 62 pourvus dans les différents Etats du pays.Dans 60 circonscriptions, ses candidats avaient une nette avance sur leurs concurrents.Le Congrès-Indira enlève notamment les 13 sièges attribués dans le Gujarat (ouest), les sept du Karnataka (sud) et cinq des six sieges attribués au Pendjab.Il est également en tête dans les États de l’Orissa et du Tamil Nadu.À New Delhi, ses partisans sont en tête dans 5 circonscriptions sur 7, un siège ayant été gagné par le leader du parti Janata, l’ancien ministre des Affaires étrangères, M.A.B.Vajpayee.Les sièges perdus par je.parti de Mme Gandhi l’ont été à une faible majorité.Dès à présent, le Janata obtient, au total, 4 sieges, les deux partis communistes chacun 2 sièges, le congrès-U 1 siège tandis que 5 sièges vont à des petits partis régionaux et indépendants.Le grand perdant semble être le Lok Dal du premier ministre sortant,*M.Charan Singh, qui n’avait encore obtenu aucun mandat.Dans une déclaration faite dès hier soir, l’ancien premier ministre de l’Inde de 1966 à 1977 a affirmé que le premier objectif pour l’Inde est «le rétablissement de la loi et de l’ordre», et que le second est «d’arrêter la hausse des prix et améliorer la situation économique».Voir page 6: Victoire Chapais rend un ultime hommage aux victimes du Jour de l’an CHAPAIS (d’après CP) — Les citoyens de Chapais, petite municipalité minière du Nord-Est québécois douloureusement éprouvée par une hécatombe qui a fauché 44 vies humaines au Jour de l’an, ont vécu hier le dernier acte de cette tragédie.L’inhumation des corps de 34 des victimes de l’incendie meurtrier a eu lieu au début de l’après-midi et un prêtre a procédé à la bénéfiction des cercueils regroupés dans une fosse commune au cimetiere de Chapais.Les parents des disparus n’ont pas été invités à assister à cette triste cérémonie.Les corps des autres victimes de l’incendie seront enterrés dans différentes municipalités du Lac-Saint-Jean, à Val d’Or et à Edmundston, au Nouveau-Brunswick.Deux corps seront enterrés dans des espaces prives au cimetière de Chapais.La veille, samedi, quelque 2,000 personnes sont venues se joindre aux parents et amis des disparus pour assister aux funérailles collectives de 40 des 44 victimes.Les obsèques se sont déroulées au centre sportif de Chapais spécialement aménagé pour cette circonstance.Le gouvernement du Québec était représenté par le premier ministre M.René Lévesque, le président de l’Assemblée nationale, M, Clément Richard et le député d’Abitibi-est, M.François Gendron.Le sénateur Martial Asselin représentait le gouvernement fédéral.La cérémonie religieuse a été présidée par Mgr Gérard Drainville, évêque d’A-mos, entouré de plusieurs concélébrants.Le prélat a déclaré qu’à travers cette terrible épreuve, la population de Chapais avait refusé la colère et la haine.Il a aussi loué l’esprit humanitaire qui a prévalu au cours des derniers jours, ajoutant qu’en aidant les éprouves, la population de Chapais était devenue la plus grande famille qu’il n’ait jamais vue.Il a invité les citoyens à conserver la vertu d’espérance, en dépit du terrible deuil qui les afflige.Durant le service funèbre ponctué des chants d’une chorale, une femme s’est évanouie et plusieurs autres ont dû sortir du stade ou l’atmosphère était étouf- fante d’émotion.Pour ceux qui nllvaient pu pénétrer dans le stade qui ne contenait que 1,600 places alors que la population de Chapais compte 3,500 citoyens, la cérémonie a été télédiffusée et meme les 13,000 citoyens de Chibougamau ont pu s’y associer en la suivant sur leur petit écran.Le comité spécial mis sur pied pour recueillir des fonds pour les familles des victimes a reçu jusqu’ici $53,000 et ie maire de Chapais, M.Gérard Pellerin, a indiqué qu’il se rendrait bientôt à Québec pour tenter d’obtenir une aide supplémentaire.M.Pellerin qui a lui-meme été brûlé dans l'incendie, a dit espérer que le comité puisse recueillir jusqu’à $100,000.Les événements de Chapais ont provoqué plusieurs frictions entre les membres de la presse écrite et parlée et les résidents ae la municipalité, plusieurs journalistes ayant été jugés fort envahissants, voire même indiscrets dans leur façon de «couvrir» un drame qui a affecté profondément la communauté locale.Cependant, le maire a tenu hier à remercier les journalistes de leur collaboration, passant ainsi j’éponge sur les excès de certains d’entre eux, de même qu’il a félicité et remercié les bénévoles qui se sont dépensés sans compter pour venir en aide aux survivants des victimes.L’incendie de Chapais a fait plusieurs orphelins dont une dizaine ont moins de 18 ans mais tous ont pu d’ores et déjà trouver un nouveau foyer.Quelque 45 autres ont perdu leur père ou leur mère.Rappelons que l’incendie a éclaté aux premieres heures de 1980 dans le club Opemiska où 350 personnes étaient rassemblées pour saluer la nouvelle année.Les enquêteurs ont indiqué que plusieurs victimes auraient succombé par asphyxie.Il a fallu deux jours à la police et aux équipes médicales pour pouvoir identifier les cadavres atrocement carbonisés.Un résident de Chapais, Florent Cantin, âgé de 21 ans, est détenu à Québec comme principal témoin.Il doit comparaître à l’enquête du coroner, à Cliibou-garnau, le 14 janvier.week-end sportif Québec perd 6-4 contre l’Armée rouge K Malgré une tentative désespérée de remontée en troisième tiers, les Nordiques de Québec se sont inclinés 6-4 hier soir, contre l’équipe de l'Armée rouge.qui termine ainsi sa tournée nord-américaine contre cinq équipes de la Ligue nationale avec une fiche de trois gains et deux revers.Même si ses équipiers ont failli dans leur tentative de procurer à la Ligue nationale une victoire dans cette série.Jacques Demers, l’instructeur des Nordiques, n’était pas déçu de ses joueurs après le match.-pages ÉB jà iPÉ Los Angeles et Pittsburgh au Super Bowl Les Rams de Los Angeles, pistonnés par une solide défensive.et les Steelers de Pittsburgh.lors d’un match marqué par une décision controversée d'un officiel, ont accédé, hier, au Super Bowl XIV, qui aura lieu le 20 janvier.Les Rams ont éliminé l’équipe Cendrillon de la Ligue nationale en 1979-80.les Buccaneers de.Tampa Bay.9-0.tandis que les Steelers ont écarté les Oilers de'Houston.27-13 —page 9 ¦ Toronto se prépare à livrer la «vraie bataille» du 18 février — page 2 ¦ Le Relais espère toujours la visite de son fondateur, le cardinal LégeT — page 3 ¦ L’économie du Québec en 1980: un éditorial de Michel Nadeau — page 4 ¦ Pékin et Washington envisagent des actions «parallèles» contre l’URSS — page 7 rÆ TIRAGE 969 4/1/80 20 LOTS BONIS $25,000 chacun numéros non décomposables 2149277 2142029 2550363 7 7 7 7 3 9 4 GAGNE «250,000 LES BILLETS SE TERMINANT PAR X 3.3 9 4 GAGNENT «1.000 LES BILLETS ^^S^ERMINAN^AR £ £ £ GAGNENT «50 T 4 7 7 7 7 7 GAGNE TÏSSSSS- LES BILLETS SE TERMINANT PAR 3.7 7 7 1 GAGNENT «1.000 LES BILLETS SE TERMINANT PAR 7 7 1 GAGNER *50 7 7 7 7 1 4 9 GAGNE «50.000 7 7 7 7 4 9 7 GAGNE «5.000 ¦ Ilësbîllet^^ SE TERMINANT PAR X x 1 4 9 GAGNENT $1.000 ¦ LES BILLETS \Y SE TERMINANT PAR x X 4 9 7 GAGNENT *1.0001 I LES BILLETS ^^^S^ERMINANTPAR £ £ £ GAGNENT «5Ô~ J LES BILLETS V SE TERMINANT PAR £ £ £ GAGNENT $501 7 7 7 7 7 7 8 GAGNE «25,000 7 7 7 7 7 7 7 GAGNE ""«SSoolI ILE^JI^T^^ SE TERMINANT PAR .3 x 6, 0 8 GAGNENT «1.000 1 LES BILLETS il SE TERMINANT PAR X x 7 3 0 GAGNENT «1,000 1 I LES BILLETS I SE TERMINANT PAR £ £ £ GAGNENT «50 1 LES BILLETS SE TERMINANT PAR £ £ £ GAGNENT $501 7 7 7 7 7 7 7 GAGNE «25.000 7 7 7 7 7 7 7 GAGNE s 5,000 I HesbillËts SE TERMINANT PAR X 4.7 0 2 GAGNENT «1.000 1 LES BILLETS m SE TERMINANT PAR X 8 9 4 GAGNENT *1.0001 LES BILLETS SE TERMINANT PAR .j 7 0 2 GAGNENT i52 » LES BILLETS 8 9 4 GAGNENT «soi 1547872 Æ m a ^ —^ 137462 19 1173645 1281411 3 T 1729192 1 2852546 2671709 1312119 1751201 2728105 2815022 1370360 Tous les billets gagnants de $1,000.et $50.de l’Inter sont encaissables à toute succursale de la BCN 1687489 2538168 1679200 2 B Le Devoir, lundi 7 janvier 1980 JHHHHHHfl en bref.TorontQ se prépare à la «vraie bataille» ¦ Fabien Roy à l’assaut des libéraux Le chef du Crédit social, M, Fabien Roy, se promet d’embarrasser les libéraux durant la campagne électorale.Il a annoncé en effet ce week-end qu’il rendrait publics des documents incriminants pour la formation de M.Pierre Trudeau.Faisant allusion à ceux-là, il a dit que le gouvernement Trudeau, à l’époque, avait, à toutes fins utiles, fait perdre au Canada sa souveraineté, puisque les grandes décisions étaient prises à Washington et à New York plutôt qu’ici.Pendant ce temps, a-t-il ajouté, le gouvernement central s’immisçait continuellement dans les domaines de juridiction provinciale.¦ La ferveur libérale du Québec: du racisme?Candidat conservateur dans le comté de Labelle, M.Marcel Masse, ancien ministre de l’Union nationale à la fin des années 60, a déclaré, dans une entrevue accordée samedi à un quotidien montréalais que les Québécois ne devraient pas reproduire l’erreur de voter en bloc en faveur des libéraux fédéraux, car ils le faisaient davantage parce que le chef libéral était un Québécois au'en raison des politiques de ce parti.Réflexe tribal, pense M.Masse, qui songe à des parallèles dans certains pays africains.Il juge pareille attitude des Québécois fort dangereuse pour notre système démocratique, «notre principale ressource naturelle».M.Masse, alors député indépendant de Montcalm à l’Assemblée nationale, s’était engage le 16 avril 1973 à se présenter comme candidat conservateur a l’élection fédérale suivante et à travailler à rebâtir le Parti conservateur au Québec.Il se présenta donc dans le comté de Labelle et son adversaire principal, M.Maurice Dupras, libéral, eut raison de lui par 1,296 voix.Il faut préciser cependant que l’élection, dans ce comté, avait un caractère assez loufoque et que c’est le Crédit social qui avait finalement déjoué M.Masse, En effet, comme l’organisation électorale de M.Masse avait eu vent que les libéraux avaient «leur» propre candidat créditiste (chargé de diviser les voix de l’opposition), les conservateurs déciae-rent d’avoir aussi le leur.Or, les deux candidats créditistes, officiels tous les deux () — fait unique dans l’histoire du pays, recueillirent respectivement 1,572 et 3,116 voix.Cette année, M.Masse affronte de nouveau M.Dupras, député libéral sortant, et.un candidat créditiste.¦ L’Union populaire, parti non officiel L’Union pupulaire, ce parti fédéral qui fait la promotion de 1 indépendance du Québec, était une formation duement enregistrée lors du scrutin du printemps dernier.En fin de semaine, cependant, les représentants du directeur général des elections faisaient savoir au chef du parti, M.Henri Laberge que l'Union populaire a été radiée dp la liste des partis officiels, parce qu’un document que le parti devait faire parvenir à 1 organisme fédéral au 31 décembre n’avait été reçu que le 2 janvier.M.Laberge proteste de cette décision et argumente qu’il a posté le document demandé dès le 24 décembre; le retard aurait été dû aux trois jours fériés qui précédaient le 2 décembre.M.Laberge ajoute que le document ne contenait rien de si im- nnrtant n 11’il failli* mnftro fin à l'onrooietromnnt H’nn noi4i v*vvviw.u «V'Ull MIUIUVVIUI UCCIJIUU, a pi CLIOC 1TX.Lia berge, l’Union populaire demandera à son procureur, Me Guy Bertrand, de soumettre le litige aux tribunaux.¦ Charles Taylor (NPD) n’est pas candidat Les néo-démocrates avaient espéré que M.Charles Taylor, autrefois le candidat vedette de la formation au Québec, se porte candidat à l’élection du 18 février.Et un certain nombre de «vedettes appréhendées» du NPD du Québec attendaient la décision de M.Taylor pour décider de se mouiller elles aussi.Mais M.Taylor a d’ores et déjà accepté de donner une série de cours à Oxford dans les mois qui viennent.En revanche, l’association locale du parti dans Saint-Henri/Westmount (Montréal) a prié samedi le vétéran et révérend Claude de Maestral, pasteur, d’y briguer les suffrages Eour la troisième fois depuis les partielles d’octobre 1978.’objectif de ce dernier est de dépasser cette fois le vote conservateur.M.de Maestral avait doublé presque son propre vote en 1979 et il suivait le conservateur à plus de 3,000 voix de moins.Mais le comté forme une forteresse libérale imprenable.SEUL?SEULE?Ensemble, vous pourriez former un couple heureux.Ne laissez pas la solitude empoisonner votre vie.AGISSEZ! Xtms r/cm .une agence sérieuse et efficace vous accueillera avec compréhension et discrétion.Pour un rendez-vous sans obligation: 861-0488 Agence de rencontres Aihis (fcurlnr.1440.rue Sainte-Catherine o., bureau 512._______Dulundi au vendredi, de 13h à 21h.par Patricia Dumas TORONTO — La fièvre commence à s’installer dans les quartiers généraux de Toronto des trois principaux partis fédéraux.D'ici à une semaine tous les candidats auront été nommés et les assemblées publiques se multiplieront en même temps que la sollicitation de porte à porte et par téléphone commencera.L’impression générale que la campagne électorale laisse présentement dans la région torontoise en est une de profond sérieux comme si cette fois «la bataille était pour vrai».Bien que la plupart des visages soient les mêmes aux quartiers généraux des conservateurs, l’atmosphère est différente.Au cours de la campagne du printemps dernier, il y avait toute l’excitation creée par l’expectative d’une victoire si longtemps refusée.Maintenant, il y a toute l’agressivité d’un parti au pouvoir qui est convaincu de posséder la vérité.Les organisateurs ontariens ne semblent nullement perturbés par les sondages qui donnent une avance considérable aux libéraux.Ils disent que la campagne se fera et se gagnera, comme la dernière fois, «circonscription par circonscription» et que la clef de la victoire est de «sortir sur le terrain et de travailler comme des damnés».Si la bataille se fait effectivement dans les circonscriptions, il n’y a pas grand nouveau chez les conservateurs qui présentent presque la même équipe que la dernière fois, en toute confiance.Par contre, les conservateurs, tout comme les libéraux, soulignent que cette fois, ils n’ont jamais eu tant de candidats pour les mises en nomination et qu’à bien des endroits il y avait deux ou trois candidats qui se présentaient aux réunions de mise en nomination.Il y a d’ailleurs plus de gens qui participent a ces reunions, ce qui semble indiquer que la population ontarienne est plus impliquée dans cette élection que dans la précédente.Chez les libéraux, on peut percevoir beaucoup de différences entre cette campagne et la dernière.Un récent sondage mené par la faculté de journalisme de l’université Carleton à Ottawa leur donne une avance de 16 points, le sentiment anti-Trudeau semble s’être résorbé en Ontario et même si leur campagne est plus lente à démarrer que celle des deux autres partis, cette fois les libéraux s’engagent dans la lutte avec un front tout à fait uni, ce qui n’était pas le cas la dernière fois alors que certains anciens ministres ou députés tentaient de se désaffilier de leur chef.Peu importe ce qui s’est §assé dans les coulisses des li-éraux ontariens avant le retour de M.Trudeau, tous les partisans se font déjà un point d’honneur de manifester publiquement leur appui à leur chef.Un de ces partisans est M.Donald Macdonald qui se préparait il y a quelques semaines à devenir le succes- Pont fermé entre Verdun et Montréal Le pont de l’avenue de l’Église, enjambant le canal de l’Aqueduc, sera fermé à la circulation routière dès lundi, 7 janvier, à 9 h, et pour qne période (^environ 7 mois.Un porte-parole du Service de circulation de la ville de Montréal a fait savoir que cette mesure était nécessaire afin de permettre au Service des travaux publics de refaire le tablier du pont qui relie Montréal et Verdun entre les boulevards Champlain et de la Vérendrÿe.CENTRE D’EDUCATION PERMANENTE CEGEP VANIER 821 boul.Ste-Croix St.Laurent, Qué.H4L 3X9 d’Administration w o 3 U .0) Le CEGEP Vanier offre des programmes de cours en Administration du Personnel et des Finances don nant droit à des certificats et diplômes.Des pro grammes plus courts d’Administration, de Gestion du Personnel, d’Administration Industrielle, de Comp tabilité et de Finances permettent d’obtenir des attestations.Vous pouvez vous constituer tout un programme ou seulement suivre un cours.Ce semestre, les cours suivants sont offerts Comptabilité I, II, III Comptabilité Analytique de Gestion Marketing I Placement Prix de Revient et Systèmes Le Ressourcement et la Dotation Finance I Fiscalité La Négociation Collective Administration Dynamique de l’Entreprise Droit de l’Entreprise Le Droit du Travail Mathématiques Financières Contrôle Interne et vérification Tous les cours sont donnés en anglais.Certains de ces cours sont disponibles le samedi.Les cartes Chargex et Master Charge sont acceptées.Pour renseignements et rendez-vous, applez du lundi au vendredi de 9h è 21h 333-3920 seur de M.Pierre Trudeau.M.Macdonald fera très activement campagne pour les li-béraux et a déjà accepté de prononcer des discours dans un grand nombre de circonscriptions.M.Trudeau a également l’appui inconditionnel du chef libéral provincial, M.Stuart Smith, qui, il y a quatre ans,‘au moment de son élection à la tête de son parti, s’était désaffilié de l’organisation libérale fédérale.Les libéraux ont également un nouveau président de campagne en Ontario.Le sénateur Royce Frith s’est retiré pour céder la place à M.Normand MacLeod.Le nouveau président, originaire de la Colombie-Britannique, est depuis deux ans president du Parti libéral fédéral en Ontario.Partisan libéral depuis toujours, il est reconnu en Ontario pour son génie de l’ofganisation politique.Depuis la défaite de mai, M.MacLeod a mis sur pied un programme d’organisateurs permanents, il a instauré la publication d’une lettre bimensuelle distribuée à près de 6,000 personnes et une lettre mensuelle distribuée à près de 40,000 personnes.Il a également engagé en permanence un agent d’information.M.MacLeod est ce qu’on appelle en Ontario un politicien «grassroot», il est près de son monde et sait les diriger,, leur donner confiance.À l’aristocrate bilingue qu’était le sénateur Frith succède un homme d’affaires unilingue peu enclin au bavardage.Certains prétendent ue les libéraux ont voulu se ébarrasser du sénateur Frith parce qu’il avait mal conseillé le parti et qu’il avait osé, en début de campagne l'an dernier, prédire que plusieurs ministres seraient défaits dans la région torontoise.Les organisateur du parti sont outres par de telles allégations soulignant que le sénateur s’était engagé a faire une seule campagne et ce en 1977, donc, il avait bien servi et dans des périodes très difficiles pour le parti.Chez les néo-démocrates, c’est comme si la campagne ne s’était jamais terminée le printemps dernier.A peine la campagne fédérale passée, les organisateurs du NPD, qui sont sensiblement les mêmes aux niveaux fédéral et provincial, ont entrepris une car-,pagne gigantesque en Ontario contre la détérioration du régime d’assurance-santé.C’était la première fois que la machine au parti fonctionnait en période non électorale: plus d’un quart de millions de noms ont été recueillis pour des pétitions que le NPD a déposé à la législature ontarienne vers la fin de la session.Tout comme chez les deux autres partis, le nombre de candidats s’est accru chez les NPD, plus de gens participent aux réunions de mise en nomination et versent des sommes d’argent au parti.Les organisateurs sont enthousiasmés par un sondage qui leur donne 23% des voix au Canada.Ils ne savent pas si leur parti fera de grandes percées en Ontario et croient que sans doute le sondage indique que plus de Québécois sont intéressés au parti.Ils sont par ailleurs très confiants que leur chef, M.Ed Broadbent, plaira à l’électorat ontarien : «La différence cette fois c’est que la population a pu voir M.Clark comme premier ministre».Les neo-démocrates feront autant de porte à porte que la dernière fois.Pour eux l’hiver est presque un atout: «S’il fait froid, on peut demander aux gens de rentrer quelques minutes jaser».Les conservateurs réduiront la sollicitation de porte à porte à une fois plutôt que trois, mais augmenteront la sollicitation par téléphone.Les libéraux feront beaucoup de porte-à-porte dans les immeubles mais utiliseront surtout le téléphone dans les quartiers résidentiels.Au point de vue financier, les conservateurs semblent en bonne position, déclarant qu’il restait des surplus dans le tiers des circonscriptions après la dernière campagne.Les libéraux n’avaient pas de surplus et admettent que ce ne sera pas une campagne de dépenses folles mêmes si de nombreuses sommes d’argent ont été recueillis au cours de récents dîners bénéfices et de souscriptions de fin d’année.Le NPD reconnaît qu’il n’y a «jamais assez» d’argent, mais quand même assez pour mener une campagne très efficace.Les trois partis se réjouissent du fait que la campagne chevauche deux ans, ce ui permet de faire des dons éductibles d’impôts en 1979 et en 1980.Énergie, inflation, chômage et fierte nationale seront discutés pendant la campagne.«Les Ontariens sont choqués par le fiasco du déménagement de l’ambassade.Ils sont fiers d’être canadiens et ils ont été humiliés par ce fiasco», dit un libéral.«Les gens sont très préoccupés par ce qui se passe au Canada et surtout en Ontario.Il n’y a pas vraiment d’hostilité envers les partis qui ont défait le gouvernement en chambre.Beaucoup de travailleurs disent que Clark a eu ce qu’il méritait»-, dit un néodémocrate.«Les gens savent qu’on ne peut pas continuer de dépenser sans arrêt.Le prix du pétrole augmente partout, encore dernièrement au Mexique.On ne peut pas continuer de vivre dans un rêve.Et où est le programme libéral?».dit un conservateur au quartier général.Les néo-democrates voient les libéraux comme leurs principaux rivaux, ils s’inquiètent un peu de ce que la campagne libéral ne soit pas# encore vraiment définie.De leur côté, les libéraux s’inquiètent de la force que pourraient prendre les néodémocrates dans cette élection.Les conservateurs espè- rent que les libéraux et les néo-democrates se nuiront suffisamment pour servir le Parti conservateur et se vantent d’avoir l’appui de leurs cousins provinciaux, malgré ce que peut raconter la presse: «Plus de ministres provinciaux nous appellent cette fois que la dernière fois, pour nous donner des conseils et offrir leurs services».la campagne des chefs HIER M.Joe Clark passait l’après-midi à l’île d’Orléans, près de la ville de Québec.Il y a fait connaître son intention de verser $200 millions au Québec en guise de compensation pour la mise en suspens de l’usine Laprade de Gentilly.M.Pierre Trudeau prenait congé hier et passait la journée avec sa progéniture à sa résidence d’Ottawa.M.Ed Broadbent, de son côté, était dans son comté d’Oshawa, où ies militants néo-démocrates le confirmaient candidat du parti.Avec lui, M.David Lewis, à qui M.Broadbent a succédé à la tête de la formation, prenait la parole à cette assemblée politique.AUJOURD’HUI M.Joe Clark rencontre aujourd'hui les membres de la Chambre de commerce de Saint-Jean, Terre-Neuve, puis, en soirée, le premier ministre participe à une assemblée politique réunissant les militants des deux comtés conservateurs de Saint-Jean Est et Ouest, respectivement représentés par MM.James McGrath et John Crosbie, ministres dans le gouvernement sortant.Première journée d’une visite de deux jours dans les Maritimes.M.Pierre Trudeau ne reprend la route que demain, alors qu’il sera à Hamilton.Aujourd'hui, il s’entretient avec le groupe de représentants libéraux chargés de mettre la dernière main au programme électoral de la formation.M.Ed Broadbent quitte Toronto ce matin pour Vancouver.En début d’après-midi, il s’adresse, à Burnaby, aux membres de la Fédération des travailleurs de la Colombie-Britannique, puis accorde une entrevue à une station de Vancouver.En soirée, il prend la parole, avec le leader de l'opposition néo-démocrate provinciale, M.Dave Barrett, à une assemblée d’investiture dans le comté de Vancouver-Centre.Quant à M.Fabien Roy, il poursuit le recrutement des candidats du Crédit social.À Montréal, ce soir, il fera connaître les noms de ceux qui représenteront le parti dans la région métropolitaine.% *• votre maison, alors IMMEUBLE Trust Royal SERVICES IMMOBILIERS L'ENSEIGNE QUI FAIT VENDRE Un exemplaire unique Vous ne ressemblez à personne.Voilà pourquoi, lorsqu’il s’agit d’acheter ou de vendre une maison, notre servieqpersonnalisé vous plaira.Vous désirez acheter?Nous sommes à votre service pour étudier vos goûts, vos préférences, vos besoins et jusqu’à vos caprices.Nous voulons tout connaître de la maison que vous désirez — le style, le quartier, le prix.S’il s’agit de vendre vous n’auriez que faire de en votre genre, vous serez enchanté d’avoir choisi le groupe immobilier qui se veut bel et bien à votre service.nous sommes à votre disposition pour étudier vos objectifs et vous aider à les atteindre.Nous connaissons l’état du marché et pouvons vous être utiles pour établir un prix juste et réaliste.Enfin, nous proposons votre propriété à des acheteurs en perspective qui sont intéressés à votre genre de maison.Sans cette personnalité qui est tout à fait vôtre, s approche individuelle.Mais puisque vous êtes unique ' I [LE DEVOIR v__ Montréal, lundi 7 janvier 1980 Mont-Tremblant Trois morts dans un incendie Le Relais espère toujours la visite de son fondateur, le cardinal Léger Une femme et deux hommes ont perdu la vie et trois autres personnes ont subi des brûlures hier matin lors d’un incendie qui a détrui un chalet de ski où dormaient huit personnes, au Mont-Tremblant, dans les Laurentides.Le sinistre mortel s’est déclaré vers 7 h du matin pendant que tous les occupants dormaient encore aux deux étages de la maison.La Sûreté du Québec fait enquête sur la cause de cet incendie mais il est bien possible que le feu se soit propagé à partir d'un foyer défectueux puisque des témoins ont déclaré avoir vu de la fumée sortir de la cheminée du foyer, deux heures avant l’incendie.Aux dires des rescapés, les flammes couraient partout dans la maison lorsque s’est réveillé le premier occupant qui a donné l’alarme.Les trois victimes sont Jacques Thibault et Guy Desnoyers, tous deux âgés de 23 ans et domiciliés à Ville d’Anjou, ainsi que Danielle Millette, âgée de 26 ans de Saint-Faustin.Bell: les grévistes rentrent Les abonnés de Bell Canada devraient entendre à nouveau, à compter de ce matin, la voix de leurs téléphonistes régulières, les 7,400 syndiqués du Québec et de l’Ontario devant mettre fin à l’arrêt de travail décrété jeudi dernier.Les pourparlers demeurent au point mort cependant entre les représentants syndicaux, affiliés au Syndicat des travailleurs en communication du Canada (STCC) et ceux de la compagnie.Les téléphonistes et employés des salles à manger de Bell doivent par ailleurs tenir une série d’assemblées générales au cours des prochains jours, afin de voter sur les dernières offres patronales, que leurs dirigeants syndicaux leur suggèrent de refuser.Le Syndicat s’était déjà dit prêt à accepter le rapport qu’un conciliateur a présenté aux deux parties mais la compagnie a estimé que certaines des clauses proposées n’étaient pas acceptables.Elle a en conséquence reforrnule certaines propositions.Les résultats des votes ne seront vraisemblablement pas connus avant la mi-janvier.A Montréal, c’est aujourd'hui que les téléphonistes prennent le vote.par Marie Laurier Aux fêtes du 15e anniversaire du Centre d’accueil Le Relais ces jours derniers, il y avait un grand absent: le fondateur même de cette institution de dépannage pour adolescentes en difficulté, le cardinal Paul-Émile Léger, retenu pour des raisons de santé.Mais les responsables de la maison dont Mme Lise Gauthier, directrice générale, espèrent toujours la visite du prélat qui pourra constater sur place l’évolution de l’une de ses plus importantes oeuvres en faveur de la jeunesse.C’est en effet à la demande expresse du cardinal Léger que les clubs Richelieu de Montréal ont mis sur pied en 1964 ce centre d’accueil situe sur la rue Beaurivage, dans l’est de la métropole.Il s’agissait de recueillir et d’héberger des adolescentes de 12 à 18 ans présentant des situations de vie compliquée et qui avaient besoin d'être soustraites pour un certain laps de temps à un environnement incompatible avec leur âge et leurs aspirations.Tout au début de la fondation du Relais, les locaux sont aménagés dans une école désaffectée de la Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM) et sont administrés ar les clubs Richelieu, avec la colla- oration des Soeurs Notre-Dame-du-Bon-Conseil qui en assument la direction jusqu’en 1974.En 1967, le ministère des Affaires sociales s’occupe de financer entièrement ce projet essentiel dans notre milieu et en 1972 entreprend la reconstruction de l’édifice au coût de $350,000, toujours sur le même emplacement.L’ecole est donc démolie et pendant la construction, les activités du Relais se poursuivent au presbytère Saint-Mathias, rue Orléans.Le nouvel édifice est inaugurée en 1973 et la vocation du Relais se transforme pour correspondre aux besoins du moment, c’est-à-dire la formation de deux unités logeant douze adolescentes chacune et baptisées par les pensionnaires même: Le Rouet, pour les cas d’observation et d’évaluation où la durée de séjour prévue par la loi est de 21 jours; La Roseraie, un internat ou les adolescentes peuvent séjourner jusqu’à 18 mois tout en bénéficiant des nombreux services professionnels conçus pour favoriser leur réinsertion sociale et surtout leur pleine autonomie.Les jeunes filles fréquentent l’école secondaire régulière du quartier.Mme Lise Gauthier, une femme enthousiaste et chaleureuse, travailleuse sociale de carrière, a relevé le défi il y a cinq ans de diriger cette maison de dépannage qu’elle définit en ces termes: «Le Relais est relativement jeune, il est rempli de dyna- v §1 : Le Relais, un édifice tout bleu sur la rue Beaurivage dans l'est de Montréal accueille des adolescentes en difficulté.(Photo Jacques Grenier) misme car il est à la mesure de la jeunessse qu’il accueille».Les cas sont référés au Relais par le directeur de la protection de la jeunesse du Centre de services sociaux du Montréal métropolitain, comme l’exige la nouvelle loi en vigueur depuis le 15 janvier 1979.À cet egard, tout en se disant d’accord avec les dispositions de cette législation qui favorise une approche sociale et humaine des cas d’adolescents en difficulté davantage que l’intervention judiciaire, Mme Gauthier estime qu’elle mériterait d’être amendée sous certains aspects, après cette période de rodage d’un an.Elle donne comme exemple la lenteur de l’intervention de la police quand il s’agit de retrouver les adolescentes en fugue.«Le mandat d’amener est lent a obtenir, cette procédure peut prendre de deux à trois semaines et pendant ce temps, la jeune fille a tout le loisir de faire des bêtises».Selon la directrice générale, plusieurs intervenants sociaux partagent cette opinion et souhaitent que la loi soit amendée pour permettre plus de souplesse et une intervention plus rapide de la part des autorités policières.La loi de la protection de la jeunesse modifie également la durée de séjour au Rouet et il arrive qu’elle soit insuffisante pour traiter certains cas plus compliqués qui auraient avantage à bénéficier d’une thérapie plus profonde.La plupart des adolescentes qui séjournent au Relais — il y a eu 1,358 admissions en 15 ans — sont issus de foyers divisés, un phénomène social qui préoccupe de plus en plus les travailleurs sociaux et le ministère des Affaires sociales qui se sont donnés pour mission de fournir l'aide financière, morale et physique, de même ue les ressources professionnelles ’encadrement de réinsertion sociale.«L'important, souligne Mme Gauthier, c’est qu’une adolescente ayant terminé son secondaire V et qui va atteindre ses 18 ans puisse fonctionner de façon autonome, en pleine conscience de ses responsabilités.» Les résultats semblent «positifs», même si aucune statistique précise ne nous en fournit la preuve.Plusieurs adolèscentes du Relais continuent de donner de leurs nouvelles à l’un ou l’autre des membres du personnel du Relais, d’autres optent pour poursuivre leurs études au cégep.Il y en a même qui ont formé une sorte d’amicale en suggérant qu’une «bague de graduation» leur soit offerte a leur sortie du Relais.«C’est un détail, commente Mme Gauthier, mais il illustre combien ces années ou ces mois vécus au Relais ont été importantes, voire déterminants dans la vie des jeunes filles.» Le personnel des services professionnels est composé d’un directeur, de deux chefs d’unité et de huit psycho-éducateurs et éducateurs spécialisés.Un travailleur social est responsable des contacts avec la famille, des thérapies familiales et du suivi des adolescentes qui ont quitté le centre récemment.Au plan pédagogi- Ces deux adolescentes du Relais viennent tout juste de rentrer des vacances des Fêtes et s’empressent de montrer à la directrice.Mme Lise Gauthier, les nombreux cadeaux qu'elles ont reçues et qui décoreront leur chambre.(Photo Jacques Grenier) que, un orthopédagogue est présent à la polyvalente du quartier et assure un support académique aux adolescentes du Centre qui la fréquentent.Aussi, deux professeurs enseignent à l’école du Relais, au Rouet, un professeur pour six élèves De plus, un conseiller en orientation consacre un jour par semaine pour guider les étudiantes dans le choix de leur métier ou profession.Les ressources «sociales» ne manquent pas et comme le désirait le cardinal Léger, les adolescentes ont donc toute la possibilité de se reprendre en mains et d’envisager un avenir heureux et positif.«Je crois que ce support social est essentiel, conclut Mme Gauthier.Sans lui, plusieurs jeunes filles ne pourraient espérer vivre une exis- tence saine et épanouie.Le Relais, c’est un investissement social à long terme.» Le Cégep de Rosemont organise une soirée d'information sur un cours de théâtre populaire s'adressant aux hommes seulement.A 19 h, au local B-302 du 6.400 avenue.J Les inscriptions au cours de secourisme offert par l'Ambulance Saint-Jean ont lieu ce soir a compter de 19 h.au 405 est.de Maisonneuve.¦ Des collectes de sang de la Croix-Rouge auront lieu a l'hôpital Saint-Luc, 1112, rue San-guinet, de 10 h à 16 h et à la Brasserie Labatt à LaSalle, 50.ave.Labatt.de 10 h à 11 h 30 et de 13 h à 16 h.L’ex-premier ministre de la N.-E.candidat dans Halifax?Le chef de l’opposition libérale et ex-premier ministre de la Nouvelle-Ecosse, M.Gerald Regan, doit annoncer aujourd’hui qu’il abandonne ses fonctions a la tête du parti provincial pour se porter candidat libéral dans la circonscription fédérale de Halifax en vue du scrutin du 18 février.La circonscription de Halifax est un comté-clé pour les libéraux cette fois-ci.C’était le fief de M.Robert Stanfield, prédécesseur de M.Joe Clark à la tête du Parti conservateur.En 1974, M.Stanfield y défaisait son rival libéral, M.Brian Fleming, par 2,583 voix.Si cependant on transpose sur la nouvelle carte électorale de 1979 ce résultat de 1974, l’avance conservatrice s’élevait à plus de 4,300 voix sur le libéral à la veille du scrutin du 22 mai dernier.Or, à l’élection du printemps, le candidat conservateur qui prit la relève de M.Standfield dans Halifax, M.George Cooper, l'emportait sur l’adversaire libéral, M.Fleming encore une fois, par 15 voix seulement.Aussi la présentation d’un candidat — vedette du genre de M.Gerald Regan va-t-elle accroître les chances des libéraux d’y poursuivre leurs progrès.Il importe de préciser, néanmoins, qu’au dernier scrutin provincial de la Nouvelle-Ecosse, le 19 septembre 1978, M.Regan, qui briguait les suffrages alors dans la circonscription de Halifax-Needham, l’emportait de justesse, tout chef libéral qu’il fût, sur son rival conservateur.Son parti, d’ailleurs, perdait le pouvoir, qui ne remportait que 17 des 52 sièges provinciaux, et huit ministres libéraux sortants étaient défaits dans leur comté respectif.L'assemblée d’investiture libérale dans le comté fédéral de Halifax doit avoir lieu jeudi soir et il semble que M.Regan n’aura pas d'adversaire.Il y a une semaine, M.Brian Fleming annonçait qu'il ne serait pas candidat pour les libéraux cette année.M.Regan avait oeuvré sur la scène fé dérale au début des années 60.Elu député libéral aux Communes en 1963, il décidait, deux ans plus tard, de briguer les suffrages à la tete des libéraux provinciaux dé la Nouvelle-Ecosse.C’est lui qui fut choisi et il dut diriger ses troupes depuis l’extérieur de l'Assemblée législative jusqu’en 1967, alors qu’il y faisait son entree comme chef de l’Opposition officielle.Son parti prit le pouvoir en 1970, fut réélu en 1974, puis subit une défaite cuisante aux mains des conservateurs à l’automne 1978.Lorsque M.Pierre Trudeau décidait, en novembre, de quitter la politique active, M.Regan n’a point caché son inté- QUEBEC (OC) — Les autorités du Bureau des véhicules automobiles (BVA) prévoient pouvoir commencer le renouvellement de l’immatriculation des véhicules dans les délais fixés par le directeur, M.Ghislain K.Laflamme, à partir du 4 février au 31 mars.Jusqu’ici, le renouvellement de l’immatriculation commençait généralement au début de l’année, en janvier.Le retard de cette année serait attribuable aux débrayages de l’automne dans la fonction publique.Ainsi, les vignettes ne seront mises en circulation quvà compter du 4 février.La direction du BVA prévoit commencer à poster les formules de renouvelle- nt personnel pour le leadership des troupes libérales fédérales.Certes, il avait déclaré, le printemps dernier, qu’il tenait à rester sur la scène provinciale ncore un bon moment, afin de redonner le pouvoir aux libéraux.Mais la démission (temporaire) de M.Pierre Trudeau fouetta ses vieilles espérances.Enfin, lorsque le gouvernement conservateur de M.Clark tomba, le 13 décembre, M.Regan indiqua qu’il ne serait candidat libéral à la députation fédérale que s’il obtenait l'assurance de jouer un rôle important dans un éventuel gouvernement libéral.M.Regan sera vraisemblablement remplacé a la direction des libéraux de sa province par un leader intérimaire jusqu’au congrès de la formation provinciale déjà annoncé pour le mois de mai.ment à la fin de janvier, et cette opération s’étendra sur une période de deux semaines.Les propriétaires de véhicules auront alors jusqu'au 31 mars pour procéder au renouvellement des enregistrements.Un porte-parole du BVA a indiqué que la procédure sera grandement simplifiée, cette année, grâce à l’émission d’une simple vignette collante destinée à être appliquée sur la plaque 1979.Les vignettes seront disponibles dans 800 caisses populaires et caisses d’économie identifiées par le signe «IVA», ainsi ue dans les 53 bureaux et succursales u BVA à travers le Québec.L’immatriculation est retardée au 4 février e Fiducie du Québec Vient de paraître.Le Guide des pians enregistrés d'épargne-retraite de la Fiducie du Québec, édition 1980 Fiducie du Québec Le Guide dM plans enregistré* d’épargne- retraita da la Fiducie du Québec Edition 1980 deqjrdim Cette nouvelle brochure de 52 pages vous présente de façon encore plus approfondie tous les renseignements relatifs à l'épargne-retraite et • vous propose ensuite les Plans disponibles à la Fiducie du Québec, avec un tableau comparatif pour une vue d'ensemble de leurs caractéristiques.Vous y retrouverez: Les plans enregistrés d'épargne-retraite.ce qu’il faut en savoir qu'est-ce que c'est combien ça rapporte comment ça fonctionne c'est pourquoi sont-ils tous pareils comparer pour décider Les plans enregistrés d'épargne-retraite de la Fiducie du Québec le Plan Dépôts garantis le Plan Fonds Desjardins Hypothèques le Plan Gestion autonome le Plan Obligation d'épargne Montréal: Complexe Desjardins (514) 281-8840 De l'extérieur, sans frais: 1-800-361-6840, poste 8840.Nouvelle succursale de Laval: Place Val des Arbres 15141 668-5223 De l'extérieur, sans frais: 1 800-361-3905.Québec Complexe Centre-Ville, Sainte-Foy: (418)653-6811 De l'extérieur, sans frais: 1-800-463-4792.Cette nouvelle brochure vous est offerte gratuitement.La Fiducie du Québec.Pour l'obtenir, venez ou téléphonez-nous.pour un choix de Modes d'épargne (*§5 desjardins («HH GROS LOT $100,000 Minimum vendredi I ^ k TIRAGE 940 2 5 | 22 | 26 | 31 | 36 ~ J vciNuntui *4/ i/ou NUMERO POSSIBILITE DE 6 SUR 6 NOMBRE DE GAGNANTS 1 PRIX 305,453.00 NO COMPLEMENTAIRE S APPLIQUANT SEULEMENT AU 5 SUR 6 + 488028 3 GAGNANTS DE *50,000.88028 24 GAGNANTS DE *5,000.5 SUR 6 121 1,167.30 ( 21 ) 8028 243 GAGNANTS DE *250.4 SUR 6 5351 73.30 VENTES TOTALES $1,634,752 028 2430 GAGNANTS DE *50.5 SUR 6 + 6 15,693.60 28 24300 GAGNANTS DE *5.Tous les billets gagnants de $250.et $50.de la Mini sont encaissables à toute succursale de la BCN 1 i i 4 M Montréal, lundi 7 Janvier 1980 LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Rédacteur en chef: Rédacteurs en chef adjoints: Directeur de l'information: Michel Roy t Jean Francoeur Pierre Loignon Lise Bissonnette L’économie du Québec en 1980 DANS la tourmente internationale créée par la crise de l’énergie, presque tous les pavs se voient confinés a un corridor étroit au chapitre de la croissance êconomi-ue.Même le Japon et l’Allemagne affichent es déficits importants dans leurs échanges avec l’extérieur.Parce que son économie est tributaire de celle de ses partenaires commerciaux, le Québec doit manoeuvrer avec le plus d’astuces possibles pour maintenir un rythme positif de progression.Si 1979 fut un bon cru pour l’économie québécoise, il faut songer dès maintenant aux mesures à prendre pour que 1980 poursuive la tendance.¦ Il y a quelques jours, le ministre d’État au Développement economique en compagnie de son collège de l’Industrie, du Commerce et du Tourisme (MICT) ont établi assez clairement que le Québec s’en est assez bien tiré en 1979.Les chiffres commentés par MM.Landry et Duhaime montrent que presque tous les indicateurs économiques sont à la hausse.L’écart historique avec l’Ontario demeure mais une performance supérieure depuis trois ans a réduit un peu le fossé dans certains secteurs.Ces résultats sont d’autant plus significatifs que l’économie montréalaise a connu des changements sociaux importants en raison de mutations linguistiques au sein de l’élite d’affaires.Ailleurs, au Québec, les «régionaux» prouvent que démarrer une entreprise n’est pas sorcier.Le traditionnel sentiment d’impuissance est remplacé par le désir de réussir en combinant harmonieusement capitaux, main-d’oeuvre, technologie et savoir-faire administratif.Cet entrepreneur-ship nouveau profite d'une conjoncture favorable; le dollar canadien demeure à un faible niveau et la récession tant annoncée n’arrive toujours pas aux États-Unis.Le secteur privé aura été l’élément le plus vigoureux au sein de l’économie québécoise en 1979 avec 33,000 nouveaux emplois dans le seul secteur manufacturier.Les bénéfices des entreprises ont fait un bond moyen de 40% à 50%.Quelques conseils d’administration se sont empressés de verser de généreux dividendes.La plupart cependant préparent d’importants investissements.11 est essentiel que les firmes des secteurs comme le textile, les produits chimiques de même que les pâtes et papiers investissent pour maintenir et améliorer la productivité.C’est la meilleure façon d’éviter des cauchemars comme ceux de la Wayagamac, Cadbury ou Redpath.Une gestion prévoyante et responsable fera mentir ces apôtres du fatalisme qui ne peuvent concevoir qu'une firme québécoise puisse, de façon concurrentielle, fabriquer une chemise ou une paire de chaussures.Une vingtaine de firmes, souvent multinationales, sont responsables de 60% des exportations du Québec.Cette situation n’est pas saine.Plusieu-s secteurs ont fait des progrès sensibles en ce domaine: aliments, tapis, biens d’équipement.Mais l’entreprise a’ici hésite encore trop souvent à s’attaquer aux marchés extérieurs.De plus en plus, la recette à l’échelle mondiale sera d’exporter pour survivre.Les associations d’hommes d’affaires doivent sensibiliser leurs membres à cette réalité.La Chambre de commerce de Montréal pourrait très bien relever ce nouveau défi, une fois terminée l’organisation du Bal des Floralies qui requiert présentement une grande partie de ses ressources.¦ Du côté des gouvernements, les programmes de subventions se sont multiplies au coure des dernières années tant à Québec qu’à Ottawa.L’heure est maintenant à la rationalité et à la simplicité en cette matière.Quant aux interventions directes, le gouvernement fédéral n’a pas été particulièrement entreprenant au Québec en 1979.Le nouveau French Power à Ottawa — c’est à dire M.Roch LaSalle — n’a pas réussi à dégeler un seul dossier économique.Il est renversant de voir les membres d’un gouvernement qui promettait mers et mondes à l’entreprise privée, ne pas réussir à s’entendre pour vendre Nordair à un des groupes intéressés.Du côté québécois, le programme OSE semble rejoindre les besoins des PME.L’impact de ces mesures devrait cependant être évalué afin d’en connaître les conséquences sur l’infrastructure industrielle du Québec.La naissance prochaine de deux organismes de support dans le domaine des exportations devrait être une occasion pour le MICT de se rapprocher des milieux d’affaires.Une société mixte donnerait de meilleures garanties de protection contre un éventuel encroûtement technocratique.À ce chapitre, il ne serait pas mauvais de secouer un peu le cocotier au MICT afin d’activer certains services.Un grand nettoyage est devenu nécessaire dans des cas comme le Bureau de la statistique qui mérite la médaille de l’incompétence pour la production de données avec un ou deux ans de retard.Deux dossiers demandent une attention particulière: Rayonier Québec et Marine Industrie.Il n’est pas question de renflouer la fille moribonde d’ITT à Port-Cartier.D’ailleurs, la multinationale répudie maintenant son rejeton québécois dans sa publicité et ses documents.Il faudra néanmoins tirer le meilleur parti de cette série d’erreurs de gestion.Des déplacements massifs de main-d’oeuvre coûtent cher à l’ensemble de l’économie.Par ailleurs, l’achèvement des bateaux polonais signifiera la perte de 1000 emplois aux chantiers maritimes de Sorel.Le mois de juin sera difficile pour cette région.Aussi le gouvernement doit, dès maintenant, avec la direction de la SGF, préparer un plan pour limiter les dégâts.Voilà une des rares occasions où une catastrophe industrielle peut être prévue; il ne faut pas rater le virage.• ¦ Le rapprochement entre l’industrie, le commerce et le tourisme lors du dernier remaniement ministériel montre peut-être un intérêt nouveau du gouvernement pour un secteur cui n’est plus un simple loisir.L’industrie du tourisme est une des plus importantes au Québec par les emplois quelle crée, les devises qu’elle apporte, etc.L'initiative récente du crédit touristique n’est pas suffisante pour apporter du dynamisme à ce secteur, notamment à l’extérieur de Montréal.Dans la même veine, l’arrivée prochaine du Centre des congrès doit être planifiée avec soin dès maintenant.Montréal n’a pas besoin d’un second éléphant blanc.La métropole continue de réclamer une bonne injection de dynamisme et de confiance.Les divers comités mis sur pied par le CIDEM devront commencer à produire des résultats.Il faut passer d’une position purement défensive à une stratégie d’innitiatives.L’image de Montréal demeure fortement négative surtout au Canada anglais.Nombre de cadres à l’extérieur du Québec continuent de croire que tous leurs collègues paient 26% plus d’impôts qu’en Ontario.Des assouplissements fiscaux comme l’épargne-action, les fonds de forage, ou les SODEQ allègent passablement le malheur des contribuables a revenus élevés.Il serait temps aussi de dire à haute voix que l’Office de la langue française fait preuve d’une grande souplesse dans l’application de la période de trois ans — renouvelable — pour les cadres «en transit».On retirerait ainsi les faux prétextes invoqués par ceux que les changements des demieres années ont incommodes et qui songent encore à partir.Le débat référendaire pourrait être une bonne occasion pour certains médias anglophones de jeter un coup d’oeil un peu plus réaliste sur la situation linguistique dans les entreprises de Montréal.Certaines compagnies d’assurance-vie de la rue Sherbrooke n’ont pratiquement pas bronché d’une pouce depuis l’adoption de la loi 101.En raison de l’importance des richesses naturelles dans notre économie et de la grande dépendance de celle-ci par rapport au marché américain, les politiques economiques des gouvernements provinciaux ne changent pas grand chose, à court terme du moins.Mais la mince marge de manoeuvre qui demeure laisse place à des initiatives importantes pour les changements à long terme de l’infrastructure industrielle du Québec.Aussi un gouvernement ne doit pas hésiter à agir.Lors de la prochaine élection, la performance dans le domaine de l’économie pourrait bien être la principale jauge utilisée par les électeurs pour faire leur choix.Michel NADEAU laamitftiai: L’anglicisation franco-manitobaine par Charles Castonguay La piètre qualité de l’analyse démographique de la minorisation des Franco-Manitobains signée récemment par Jacques Monet, s.j., dans certains quotidiens francophones jette un doute sérieux sur l’ensemble de son raisonnement (LE DEVOIR et La Presse des 28 et 29 décembre respectivement).Le père Monet prétend que «la mise en minorité des Franco-Manitobains s’est faite entre 1870 et 1890» et, en écartant comme suspectes les données recueillies en 1971 sur la langue d’usage, il affirme que les statistiques -j.sur l’origine ethnique et sur la langue maternelle «témoignent d’une remarquable stabilité de la population franco-manitobaine depuis le passage des lois de 1890».Pour mesurer le degré d’assimilation d’une minorité canadienne-française, on compare habituellement la population d’origine française à celle de langue maternelle française.Or pour le Manitoba de 1921, le père Monet donne une fraction d’origine française de 6.7% contre 6.0% de langue maternelle française, ce qui témoigne déjà d’une anglicisation certaine à cette époque.Par la suite, la déstabilisation de la minorité franco-manitobaine a encore progressé, l’anglicisation annulant efficacement la célèbre «revanche des berceaux»: toujours d’après les propres chiffres du père Monet, au Manitoba en 1971, près de 9% de la po- pulation se déclarait d’origine française alors que la fraction de langue maternelle française était encore de 6.1%.L’écart croissant entre ces séries historiques avancées par le père Monet lui-même montrerait ainsi que la loi manito-baine de 1890 n’a pas été inefficace.Quant à la validité des statistiques sur la langue d’usage, la Fédération des francophones hors Québec a elle-même reconnu qu’en 1971, 45% des jeunes adultes de langues maternelle française au Manitoba parlaient l’anglais comme langue d’usage à la maison (Les Héritiers de Lord Durham, FFHQ, Ottawa, 1977, tableau 4).Cette estimation de l’ampleur de l’anglicisation en cours s'accorde parfaitement avec le fait qu’au Manitoba en 1971, 46% des jeunes époux de langue maternelle française avaient choisi des conjoints de langue maternelle autre que française, observation qui se fonde exclusivement sur les données sur la langue maternelle, chiffres que préfère le père Monet (voir LE DEVOIR, du 16 juin 1978, p.5).La FFHQ a aussi reconnu que l’anglais est la langue d’usage dans la quasi totalité de ces mariages mixtes (op.cit., tableau 10), observation que confirme le fait que la presque totalité des enfants issus de ces mariages mixtes sont déclarés de langue maternelle anglaise.Il n’y a donc aucune raison de tenter de discréditer les données sur la langue d’usage, qui montrent qu’au Manitoba en 1971, seulement 4% de la population employait encore le français comme langue principale au foyer.Mais le père Monet a péché par omission d une autre façon encore.Déjà en 1971, l’inclination des Franco-Manitobains pour l’usage de l’anglais et le mariage mixte paraît avoir atteint le point de non retour, puisque pour la première fois dans l’histoire des recensements, entre 1961 et 1971 la population de langue maternelle française du Manitoba a baissé en nombres absolus, passant de 10,900 à 60,500 individus (pendant ce temps la population d'origine française a continué de croître, mais comme nous l’avons vu, cela a peu d’importance pour le fait français).Ce mouvement à la baisse s’est accéléré depuis, malgré le passage du French Power à Ottawa et la promulgation de la loi fédérale des langues officielles: le recensement de 1976, que le père Monet passe religieusement sous silence, comptait moins de 56,000 Manito-bains de langue maternelle française, soit 5.5% de la population totale.Les statistiques de 1976 laissent d’ailleurs prévoir fort clairement l’avenir que réservent au fait français la fin de la revanche des berceaux et la montée des mariages mixtes au Manitoba.Une publication de Statistique Canada ouverte à tous ceux qui veulent lire précise qu'au Manitoba en 1976, seulement 3,9% des enfants de 5 à 9 ans étaient de langue maternelle française, fraction qui tombe encore à 3.6% chez les pre-scolaires de 0 à 4 ans (Recensement du Canada de 1976): Langue maternelle par groupe d’âge, numéro 92-833 au catalogue, Statistique Canada, mai 1978).Face à cette perspective, on conviendra que le 4% de francophones de langue d’usage en 1971 paraît presque réconfortant, surtout si l’on suit le conseil du père Monet voulant qu’il soit «impossible de s’en servir pour déceler une tendance».Il faut encore souligner qu’en plus de taire ces manifestations objectives de l’anglicisation de toute apparence irréversible dans laquelle la minorité franco-manitobaine se trouve engagée depuis 1890, dans son énumération des nombreuses mesures déployées par le gouvernement d’Ottawa pour encourager l’immigration des Québécois au Manitoba entre 1870 et 1890, le scrupuleux père Monet a oublié de mentionner la pendaison de Louis Riel.La ferveur référendaire inspire à certains un néo-messianisme qui risque encore une fois de coûter fort cher au Canada français.Avant de croire que la minorisation des Franco-Manitobains ne s’est pas poursuivie après la loi de 1890, et avant de faire ses bagages pour le Manitoba, à l’invitation de M.Georges Forest, «better look before you leap», comme on dit dans ma langue maternelle.IIRIMKraillR La justice ontarienne en français par Robert Décary Les décisions rendues, à la mi-décembre, par la Cour suprême du Canada, dans l'affaire de ta Loi 101 et dans l’affaire Forest, ont mis en évidence l’inégalité du traitement que la constitution du pays réserve à ses minorités et, surtout, le peu de cas que cette même constitution fait des droits des Franco-Ontariens.Alors que les Anglo-Québécois, menacés, et encore depuis peu, et les Franco-Manitobains, menacés depuis toujours et presque entièrement assimilés, se voient reconnaître le droit de s'adresser dans leur langue maternelle à leurs tribunaux et à leur assemblée nationale.Les Franco-Ontariens, ne bénéficiant d'aucune protection constitutionnelle, ne peuvent espérer qu’un jugement de la sorte vienne les aider.La loi du nombre, heureusement, joue encore en leur faveur, en ce sens que leur force numérique leur confère une certaine puissance politique et leur permet de revendiquer des droits qu’une constitution n'avait pas daigne leur reconnaître La moisson, si elle n'est pas encore riche, est quand même plus abondante que par les années pas- t sées, notamment dans le secteur des tribunaux, où les Franco-Ontariens ont accompli davantage, en deux ans, qu’au cours des 112 dernières années.Ainsi, au cours des récents mois, le gouvernement ontarien a voté une loi-cadre assurant l’établissement de cours bilingues dans les comtés et districts désignés : la cour provinciale, section criminelle, pourra siéger en français dans trois des districts qui regroupent le plus de francophones, soit ceux de Sudbury, d’Ottawa-Carleton et de l’Orignal.Cette initiative est importante, quand on sait que plus de 99% des affaires criminelles, jugées en Ontario, le sont par cette cour.Dans ces districts désignés, les procès peuvent avoir lieu en français, sur fa simple demande de l'accusé, qu'il s’agisse d'infractions au code criminel, aux lois provinciales ou aux règlements municipaux.Depuis le premier de l’an, la loi C-42 permet la tenue en français, partout en Ontario, de procès relevant du code criminel.Dès le 3 janvier, d'ailleurs, un résident de Georgetown, M.Alphonse Larocque, âgé ae 73 ans, se prévalait des dispositions de la nouvelle loi et se voyait reconnaître le droit de subir son procès en français.Par ailleurs, dans le domaine du droit de la famille, des procès se déroulent en français dans les régions de Sudbury et d'Ottawa.Il faut souligner, aussi, le crédit de près de $2 millions, étalé sur cinq ans, qui est affecté à la traduction des lois ontariennes, et les subventions de cours de common law donnés en français à l’Université d’Ottawa.Ces cours devraient encourager les diplômes en droit à plaider en français et assurer, éventuellement, la formation d’une génération d'avocats, Juges et fonctionnaires habitués a travailler en français.Mais de nombreux secteurs ne sont pas encore couverts, et il est ironique de constater qu’un Franco-Ontarien doit commettre un crime s’il veut s’assurer d’avoir de droit, ou que ce soit en Ontario, d’exiger que sa cause soit entendue en français.Comme le soulignait le secretaire général de l’ACFO, M.Gérard Lévesque, en fin de semaine, seule la minorité criminelle au sein de la minorité francophone se voit reconnaître des droits.A titre d'exemple de secteurs non couverts, on peut citer le cas de l’ho- i mologation de testaments rédigés en langue française.A l’heure présente, en effet, les tribunaux ontariens refusent de reconnaître, à moins qu’il n’y ait une traduction, un testament rédigé en français.C’est là une lacune choquante, que même le procureur général de l’Ontario, M.Roy McMurtry, se dit incapable de combler, à cause de la réticence de certains juges et greffiers.Même si les cours de justice ontariennes ne sont pas encore pleinement bilingues, il faut convenir que ces progrès ne sont pas minces victoires.Certes, les Franco-Ontariens devront continuer à se battre pour préserver ce qu’ils viennent d’acquérir et pour obtenir davantage, surtout dans le domaine de l'éducation, car à quoi serviraient des tribunaux français si la population est assimilée avant d'atteindre l’âge d’y avoir accès?Mais la glace est cassée, à l’anglaise, c’est-a-dire par petits coups, discrets, qui font le moins de bruit possible mais qui se veulent efficaces.Qui sait?L'année 1980 sera peut-être l’année du français dans les cours civiles de justice de l’Ontario.cours civiles de justice de l’Ontario.Ajpres nz ans, ce ne serait pas trop k Trésorier: Bernard Larocque Si la neige m’était contée par Albert Brie Le bonheur, on se le fait soi-même; le malheur, il a besoin de fournisseurs.¦ La peur de l’effort est plus épuisante que l’effort même.¦ Mangé des mites, l’Hiver n’a pas eu ici son cadeau des fêtes: son blanc manteau de neige.' ¦ Sur le marché des valeurs routières, dévaluation du calcium et de la «sloche», avec gel des produits fourrés.¦ Nous mourons pour ce qui n’existe pas, et nous vivons pour ce qui n’est pas encore né.¦ La plus pénible résolution à prendre pour un politicien en campagne, et qu’il jugerait intenable: ne pas faire de promesses.¦ Nous nous plaignons du manque de chaleur humaine chez les êtres qui nous entourent.Cette froideur ne datepas d’hier.Songeons, par exemple, à l’Enfant-Dieu, né dans une étable.Qui lui prodiguait chaleur «humaine»?L’âne et le boeuf.¦ Les astrologues jouissent de la crédulité populaire parce qu’ils savent que les gens n’ont d’yeux que pour leur voyance, et qu’ils les ferment sur leurs errements.¦ LUI — J’ai pris la résolution de ne plus dire de sottises.ELLE — C’est mieux qu’une promesse, c’est un voeu de silence.¦ Recevoir un présent d’une valeur exorbitante, nous désarme.Nous sommes tellement écrasés sous son poids que nous perdons toute espérance de nous venger.Nous passons souvent à côté de l’occasion de plaire; rarement à grande distance de celle de déplaire.¦ L’échange de cadeaux diffère de l’échange de coups, en ceci que la personne qui donne le plus considérable s’en tire avec les honneurs, et celle qui le reçoit avec le profit.¦ Gardez-vous des résolutions héroïques: cesser de boir, de fumer, de jouer à l’argent, de médire.Les héros ont mauvais caractère.¦ Henri a commencé d’économiser l’énergie de façon systématique, en commençant par la sienne.Il ne s’amme plus devant rien, ne brûle plus pour personne, et ne daigne même plus jeter un regard sur les autres.¦ Un sénateur est une vieille bonne bête de somme que la mort métamophorse en fauteuil véreux.¦ Plaignons le malheureux que personne n’écoute; mais plaignons davantage le malheureux entoure que personne ne veut plus entendre.Personne, je crois, ne serait partisan de la peine de mort si, pour en être, il fallait jurer que jamais on n’a eu l’envie de tuer quelqu’un.Comme il est facile de pardonner le mal que l’on nous a fait quand nous l’avons oublié! Les fêtes sont terminées.Nous sommes retournés à notre travail, à nos habitudes, à nos humeurs, à notre ennui, à notre agenda, à nos poses de convenance, à notre respectabilité, à notre pragmatisme, à notre plate planification plane, à notre visage de bois ou à notre sourire «denticrest», a notre petite personne, en un mot à notre sainte médiocrité.¦ La plus haute forme de modestie, à mon sens, je la vois ainsi.Publiquement, une personne fait de vous les éloges les plus flatteurs.Vous rougissez, c’est bien.Mais il faut aller plus lom, c’est-à-dire vous lever et déclarer: «Abstraction faite de quelques oublis, c’est exactement ce que je pense de moi.» Quand on dit qu’il n’y a que les fous qui ont toujours raison, on est injuste.Il y a aussi les pessimistes.¦ Parole de Méphisto, récrite par Cocteau: «Le Veau d’Or est toujours de boue.» ______________________________________________J mm ¦ Démenti du Bureau d’assurance du Canada J ai pris connaissance d un article publié à la page 2 de votre numéro du 20 décembre 1979.Le titre et la teneur de cet article laissent entendre que le Bureau d’assurance du Canada a reçu une aide financière du Crédit social de la Colombie-Britannique pour une campagne de publicité dans cette province en 1975.Cela n’est pas le cas et j’en avais bien informé votre correspondant M.Daniel Raunet lors de son appel téléphonique du 26 novembre.Cette campagne se faisait autour d’une chanson «Thanks for the memories».Elle exprimait honnêtement le point de vue des assureurs I.A.R.D.du secteur privé sur les défauts qu’ils reprochaient au monopole d’État en matière d’assurance automobile qui avait été établi par le gouvernement néo-démocrate.Ces assureurs estimaient alors comme encore aujourd’hui, en s’appuyant- sur des recherches effectuées en Colombie-Britannique, que la majorité des automobilistes préféraient avoir la liberté de se procurer leur assurance où et comme cela leur convenait.La campagne avait été conçue et executée par nos conseillers en publicité, Vickers & Benson Advertising Limited.Le Crédit social n’y a nullement été mêlé, ni au ni- veau de la création ni au niveau du financement.La société Vickers & Benson m’affirme qu'elle a payé tous les frais reliés au programme, pour la production et pour les méaias, et nous les a facturés en temps et lieu.Mes propres dossiers confirment cela.La société Vickers & Benson nie, et je le nie aussi, que la moindre aide ait été reçue du Crédit social.John CRANFORD Directeur des communications du Bureau d’assurance du Canada.Toronto, 4 janvier ¦ Qui sème le ven La colère iranienne qui secoue actuellement le monde ne s’est pas créée par génération spontanée, bien sur.Elle est la conséquence fâcheuse et tout à fait naturelle d’une longue provocation menée assidûment par la bande du Shah, et les éternels complices de tant de régimes indigestes, les Américains, qu’on a trop souvent l’occasion de voir parcourir le monde, les roches bourrées d’intrigues, ousculant sur leur passage ceux qui ne pensent pas comme eux, et les abandonnant, démenbrés et rompus, comme des ventis après la tempête.La séquestration d’une cinquantaine de personnes à 1 ambassade américaine à Téhéran, par des étudiants iraniens, me désole.Mais si je déplore l’effet, l’événement, je sais aussi blâmer la cause, le mauvais souffle qui amène ¦ • a des moissons d’impétuosités.Des Iran et des Cuba, il y en aura d’autres, tant et aussi longtemps que la cruauté institutionnalisée mutilera les peuples.Regardez ces images saisissantes qui nous parviennent de l’Iran.Toute cette haine sur les visages révoltés de millions d'individus.On déchire des drapeaux qui symbolisent l’impérialisme, on brûle en effigie des leaders américains, on hurle, poing levé: «Mort aux Américains!» Pour en être rendu là, vraiment, pour en être arrivé à pareille folie, pareil débordement des sens et de la raison, il a fallu certainement que des méchants coups soient donnés quelque part.Ils ne sont quand même pas tous idiots ces gens-là! Qu’attend-on, ici au Canada, pour faire quelque chose de concret?Qu’attend-on, ici au Canada, pour cesser de nourrir aussi généreusement les gouvernements ennemis des peuples?Gouvernements de honte, combien de fois dénoncés (par le prix Nobel de la paix «Amnesty International», entre autres), pour les tortures innombrables et de tous genres dont ils se rendent résolument coupables jour après jour.La politique du «respect des droits de l’homme»?Un fameux rince-bouche pour donner l’illusion de propreté nécessaire qui incitera les électeurs à voter pour soi.Le respect des droits de l’homme, dans certains pays sombre dans la pénombre quand il s’agit de sauvegarder son propre niveau de vie.Guy L.GRENON Montréal, 5 décembre ¦ Des marginaux qui refusent de disparaître (Lettre adressée d M.Lucien Lessard, ministre du Loisir, de la Chasse et de la Pèche).«Les marginaux sont appelés à disparaître», cette declaration a été faite par un représentant de SOTOUR à des membres de la Communauté Économique Régionale Chapais-Chibougamau, lors d’une rencontre au sujet des projets dans la région.SOTOUR projette d’établir un réseau de pourvoirie dans la région, elle considère les entreprises privées de pour-voirie comme marginales.SOTOUR est une filiale de la SDBJ; son actif provient de fonds publics investis dans des tavernes sur le territoire de la baie James.Vendre de la bière à Radisson ou à LG-2 est aussi difficile que distribuer des rations de survie dans un camp de prisonniers.Depuis des années les pourvoyeurs de la région souffrent de la concurrence héontée des camps du parc de Mistassini qui financent avec des fonds publics des déficits annuels de l’ordre de centaines de millions de dollars.Ainsi les Québécois subventionnent avec leurs taxes les voyages de pêche d'une majorité de non-résidents.Heureusement le gouvernement a reconnu cette situation dans son étude «Vers une nouvelle politique de la pour-voirie».Les pourvoyeurs de la région s’opposent aux visées de SOTOUR même s’ils sont considérés comme des marginaux.Les pourvoyeurs ont toujours accepté une concurrence sainte et loyale; quand SOTOUR prétend les faire disparaître avec des capitaux provenant à la base de fonds publics, le jeu devient truqué.Les pourvoiries, petites entreprises nées de la sueur de leur propriétaires, sont à l’origine du tourisme dans la région.Chacune de ces entreprises va chercher sans l'aide de personne 100 à 200 touristes non-résidents, qui viennent dépenser chez nous.SOTOUR en tant que société d’État a complètement perdu de vue ses objectifs, qui devaient être de develop^ per et d’améliorer ce qui existe déjà sur le territoire.Les pourvoyeurs sont prêts à collaborer avec SOTOUR pour améliorer le marketing et la publicité des structures déjà existantes sur place.Par contre ils lutteront ensemble contre une société d’État qui voudrait négliger les règles élémentaires de la libre entreprise en Amérique du Nord; nous ne sommes pas encore dans un paradis marxiste.Henri PARCEAUD Représentant des pourvoyeurs, pour la Communauté Économique Régionale Chapais-Chibougamau.Chibougamau, 3 décembre -\ LE DEVOIR est publié par l'Imprimerie Populaire, société à responsabilité limitée, dont le siège social est situé au numéro 211, rue du Saint-Sacrement.Montréal H2Y 1X1.Il est composé et imprimé par l'Imprimerie Dumont incorporée dont les ateliers sont situés è 9130.rue Boivin, Ville LaSalle L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans LE DEVOIR ABONNEMENT: édition quotidienne: $70.00 par année; six mois: $38.00; trois mois: $27.00.A l'étranger: $75.00 par année; six mois $41.00; trois mois: $29.00.Éditions du samedi: $19.par année, édition quotidienne, livrée à domicile par porteur: $1.50 par semaine Tarif de l'abonnement servi par la poste aérienne sur demande Courrier de deuxième classe: enregistrement numéro 0858.Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec TtLtPHONC: I44-1M1 (lignes groupées) ________________!______________J ?i Le Devoir, lundi 7 janvier 1980 La signification du «Vendredi noir» Un tournant politique important en Haïti HAÏTI a retenu de nouveau un instant l’attention de l’opinion internationale.Toujours le même thème: la violence.Les tontons macoute comptent de nouvelles victimes.Cette fois-ci, des victimes de marque.Parmi elles, Ints Silins, attaché politique à l'ambassade des États-Unis, Madame Claude Lemongne, attachée de presse à l’ambassade de France, Robert Richard, vice-consul du Canada, Frederic Temple-man, premier secrétaire à l’Immigration de l’ambassade du Canada, Frederick Thomasheck, de l’ambassade d’Allemagne fédérale et Ragnard Arnesen, représent de l’OEA en Haïti.Tous ces diplomates ont été sauvagement battus au cours d'une assemblée publique à Port-au-Prince le 9 novembre.La nouvelle a fait écho dans les journaux de Montréal: «Diplomates assaillis à Port-au-Prince» (La Presse, le 12 novembre 1979), «Fight Ends Conference on Rights» (The Gazette, 12 novembre 1979).Mais elle n’a pas dépassé le niveau du fait divers.Les gouvernements américain et canadien ont Erotesté contre ces brutalités policières.es autorités haïtiennes ont déploré les faits.L’incident est clos.Du moins sur le plan international.Mais ces événements qui ont marqué ce 9 novembre que les journalistes haïtiens ont baptise le Vendredi noir, ne constituent pas de simples faits divers.Ils ont valeur de données significatives et reflètent les caractéristiques d’un' tournant politique important en Haïti.Le Vendredi noir représente le point culminant d’une semaine politique fort agitée à Port-au-Prince.Pendant plusieurs jours la vie politique haïtienne est le théâtre d’un affrontement soutenu entre le pouvoir duvaliériste qui tente de réduire la presse au silence et les représentants d’un large mouvement démocratique déterminés à défendre des conquêtes démocratiques arrachées de haute lutte.Le gouvernement utilise sa méthode traditionnelle, celle qui lui a toujours réussi : la force.On assiste alors à une véritable escalade de violence.L'affrontement s’ouvre par une offensive • contre la presse.Jean Dominique, ^propriétaire d'une station de radio indépendante, très écoutée, Radio Haïti-înter, est condamné par un tribunal civil à une amende de $50,000.Une voix qui peut désormais être étouffée facilement.Au même moment, le propriétaire de la revue indépendante, le Petit Samedi soir, Dieudonné Fardin, reçoit des menaces de mort, menaces anonymes bien sûr.Un mouvement démocratique résolu Cependant, ces mésures de répression, ¦ ces tentatives d’intimidation échouent.Jean Dominique dénonce publiquement à la radio le caractère politique du procès et le danger que la manoeuvre fait peser sur l’avenir de la démocratie.De par Max Chancy, Paul Dejean, Marc Romulus, Ernst Verdieu Cette analyse de la situation politique prévalant en Haiti a été préparée par le secrétariat du Corbité ad hoc contre la répression en Haïti.Les membres du secrétariat sont MM.Max Chancy.Paul Dejean.Marc Romulus et Ernst Verdieu.son côté, le directeur du Petit Samedi soir, dans une lettre ouverte adressée au ministre de l’Intérieur, proteste contre les procédés utilisés par ses adversaires et rappelle qu’un jeune journaliste de sa revue, Gasner Raymond, a été assassiné, il y a 3 ans par des tueurs, jusqu’ici introuvables.L’Association des écrivains haïtiens apporte ouvertement son appui au directeur de la revue.Pendant la même période — fait exceptionnel sous le régime de terreur en Haïti — les parents d’un prisonnier politique réclament l’autorisation de lui rendre visite.Le prisonnier, c’est M.Syl-vio Claude, président d’un parti démocrate-chrétien, disparu depuis son arrestation le 29 août 1979.Le gouvernement a refusé de fournir le moindre renseignement sur son sort, malgré les démarches d’Amnistie internationale.Enfin, à la veille de cette journée du 9 novembre, la tension monte d’un cran.Le président du parti démocrate-chrétien du 27 juin, M.Grégoire Eugène, dénonce dans une conférence publique diffusée par la radio les agissements du gouvernement qui a créé un climat politique incompatible avec la liberté d’expression.Le choc est inévitable.Il se produira le lendemain à l’occasion d’une conférence sur le thème «climat politique et droits humains».Cette réunion du S novembre n’est certes pas une rencontre de conspirateurs.L’assemblée convoquée plusieurs jours à l’avance par la Ligue Haïtienne des Droits Humains s’est tenue dans un lieu public, l’auditorium de la Maison des Pères Sa-lésiens, en plein coeur de la capitale.Des milliers de personnes de toutes les couches sociales, particulièrement les habitants du quartier populaire de Tête Boeuf, s’étaient massees dans l’auditorium et dans la cour de la maison des religieux.Mais de toute façon, le pouvoir a décidé de casser les reins d'un mouvement démocratique qui s’obstine à lui tenir tête malgré' les menaces et les mesures de répression.Un commando de tontons macoute attaque l’assemblée dès l’ouverture de la conférence, à coups de bâtons, à coups de chaises et ouvre même le feu sur la foule.Les dégâts matériels sont énormes.Les victimes se comptent par certaines.Parmi elles le président de la Ligue Gérard Gourgue et sa femme sont blessés, un journaliste Georges Michel souffre d’une fracture du crâne, le professeur Rony Durand reçoit deux balles; sept diplomates sont molestés.Pour les tontons macoute, mission accomplie, mission réussie.L’affrontement se poursuit Et pourtant, non! Le lendemain même de cette manifestation spectaculaire du terrorisme d’Etat à Port-au-Prince, les représentants du mouvement démocratique, le président de la Ligue, les journalistes du Petit Samedi Soir, se ressaisissent, dénoncent les actes de banditisme des tontons macoute et réaffirment leur volonté de se battre pour l’instauration des libertés démocratiques.L’intervention du commando de tontons macoute n’a pas cassé le mouvement.L’affrontement se poursuit.Une dictature, même dans les circonstances difficiles, ne fonctionne pas à la violence pure.Elle doit toujours tenir un discours mystificateur, pour cacher ses échecs sur le plan économique et social et surtout pour tenter de masquer ou de justifier le caractère arbitraire de son pouvoir.C’est ainsi que, même si elle peut à tout instant abolir les règles du fonctionnement de l’Etat, pour recourir à la force brutale, la dictature laisse ouverte ordinairement un espace politique où des forces adverses peuvent engager leur action.C’est dans cet espace restreint que se meuvent depuis quelque temps les forces démocratiques haïtiennes.Pour conserver cet espace et surtout pour l’aggrandir.Une lutte longue et périlleuse, menée avec intelligence et courage.François Duvalier a instauré en Haïti la présidence à vie héréditaire.En avril 71, il installe au pouvoir son fils Jean-Claude Duvalier.Depuis lors tous les discours importants des responsables politiques haïtiens développent un même thème de propagande: la démocratisation et la libéralisation du pouvoir.Les forces sociales et politiques dans le pays vont progressivement occuper et exploiter cet espace politique que la dictature leur offre.Lentement ces forces se consolident, définissent des perspectives concrètes d’action et prennent la dictature au mot.Jean-Claude Duvalier et ses associés se trouveront ainsi pris à leur propre piège.Revendications des travailleurs, droits de l’homme et liberté d’expression Pendant ces deux dernière années, une pression soutenue de la population arrache d’importantes concessions à la dictature.Après la campagne de dénonciation et les pressions qui aboutiront en septembre 1977 à la libération de 105 prisonniers politiques, le mouvement démocratique haïtien se développe dans le pays suivant trois lignes d’action.Tout d’abord, les luttes revendicatives des ouvriers, des paysans et de nombreux travailleurs indépendants.L’année 1978 est marquée par de nombreuses grèves d'ouvriers — Reynolds Mining, Hasco, Ciment d'Haiti — par des protestations et des manifestations de paysans contre les dépossessions, particulièrement dans l’Artibo-nite, le grenier à riz du pays, par les grèves de travailleurs d’autres secteurs — chauffeurs de camionnettes, employés d’hôpitaux — par dés protestations d’élèves et d’étudiants.Deuxième champ d’action, la lutte pour le respect des droits de l’homme est menée avec ténacité et efficacité par la Ligue haïtienne des droits humains fondée en avril 1978.La Ligue reçoit et fait publier'régulièrement les innombrables protestations qui lui parviennent de tous les secteurs de la population contre les exactions des agents du pouvoir.Au mois d’août 1978, la Commission interaméricaine des droits de l’homme de l’OEA organise une session à Port-au-Prince.De nombreux citoyens lui apportent publiquement leurs témoignages sur les violations des droits de l’homme dans le pays.La Commission reçoit deux documents importants qui dressent un véritable réquisitoire contre le gouvernement, l’un du Groupe de défense des droits démocratiques en Haiti, l’autre des Jeunes Patriotes et Démocrates haitiens.Enfin une lutte retient le plus l’attention, parce qu’elle reflète toutes les autres, la lutte pour la liberté d’expression.Dans ce combat difficile, les journalistes de la presse écrite et parlée constituent l’élement le plus remarquable, une sorte de catalyseur dans la lutte contre le pouvoir dictatorial.Leur rôle est double: conquérir la liberté d’expression et devenir le véhicule des revendications publiques de toutes les couches de la population.Ainsi depuis la fin de 1977, le mouvement démocratique haitien connaît un nouveau départ.Concessions.Concessions arrachées à la dictature Dans un premier temps le pouvoir ne s’en inquiète pas.Il cherche même à exploiter la situation à son profit.Jean-claude Duvallier et son équipe subissent les pressions de trois forces à la fois: la poussée des mouvements populaires de revendications, les demandes de leurs alliés de la bourgeoisie qui réclament un climat de paix sociale et politique indispensable au bon fonctionnement de leurs entreprises et les diktats de leurs protecteurs et bailleurs de fonds étrangers, surtout américains, qui exigent la disparition de la répression brutale et spectaculaire, pour pouvoir mener leur campagne de respect des droits de l’homme.Pour se tirer d'affaire ils font appel à l’arme de la mystification Les changements que les luttes de la population leur ont ' imposés, ils les présentent comme des cadeaux, les bienfaits d'une libéralisation qu’ils auraient eux-mêmes décidée.Jusqu’aux derniers mois de 1978, Jean-Claude Duvalier et son équipe estiment qu'ils tiennent la situation sous contrôle.Malgré quelques cris d’alarme.En effet, au cours de l’année, des industriels effrayés par le mouvement de grèves demandent au pouvoir d’y mettre tin.De leur côté, des duvaliéristes puissants, nostalgiques de la manière forte, ceux qu’on appelle les dinosaures, invitent le gouvernement à bâillonner les journalistes indépendants.Cependant au début de 1979, le pouvoir commence à s’inquiéter.Le développement du mouvement démocratique veut échapper à son contrôle.Deux interdits de la vie politique haïtienne sont violés ouvertement avec des conséquences graves pour la dictature.Tout d’abord, c’est la création d’organisations indépendantes, syndicats, associations de journalistes, d’étudiants, Ligue des droits humains.Or le pouvoir ne tolère pas de groupes organisés indépendants de lui.D’autre part, la parole se libère, le bâillon est tombé.Des secteurs les plus divers, paysans, ouvriers, journalistes, étudiants, écrivains surtout des auteurs de pièces de théâtres, dénoncent publiquement et avec de plus en plus d’audace les échecs et les exactions du pouvoir.À l’occasion des élections législatives de février 1979, que le pouvoir pensait mener tambour battant, îes structures mises en place pour contrôler la population se révèlent totalement inefficaces.La parti unique fraîchement remis sur pied, le Comité national d’action Jean-Claudiste (CONAJEC) est littéralement débordé.La population exprime clairement son rejet du duvaliérisme, sa volonté de mettre fin à la présidence à vie.Brutale réaction du pouvoir Dès lors, c’est l’affrontement qui s'engage, cet affrontement qui va connaître son point fort ce vendredi noir du 9 novembre.Le pouvoir s’attaque d’abord à la liberté d’expression.Après les élections de février, le gouvernement tente d'imposer un cran d arrêt au développement de la lutte démocratique.Le palais défend de publier tout commentaire sur la bataille électorale — la revue Le Petit Samedi soir doit détruire une édition entière.Puis il établit la censure sur le théâtre et le cinéma.Ces mesures de répression n'intimident pas la population.Elles provoquent au contraire des protestations énergiques dans le pays et dans les différents centres de l’émigration haïtienne.En Haïti, 150 citoyens signent La langue passe-partout ET la fête continue Après «Le métissage de la langue» de M.Béguin du 16 novembre, le «Petit-nègre blanc d’Amérique» refait surface sous la plume de M.Pierre Lemieux dans un billet publié en italiques portant sur la langue employée à rémission Passe-Partout (voir LE DEVOIR du 5 décembre 1979).M.Lemieux y prend plaisir à faire l’inventaire du parler «petit-nègre» de cette émission: «ê» pour «elle», «m’en vas» pour «je vais», «pôpâ» pour «papa», «pâ» pour «pas», «y» pour «elles», «chu» et «chui» pour «je suis», «affaères» pour «affaires», etc.Passe-Partout étant une émission patronnée Ear le ministère de l’Education du Qué-ec, l’auteur en profite pour faire le procès du MEQ et, pourquoi pas, de la loi 101 et de la révolution tranquille.Or il est indénialbe que Passe-Partout innove, non seulement par rapport au contenu, mais aussi bien eu égard à la langue.En effet, en plus du 'français standard caractéristique des ¦émissions de Radio-Canada comme Bo-bino, on y entend également un niveau de langue plus populaire.' Mais qu’esce que ce «jouai», ce parler «petit-negre» dont M.Lemieux nous entretient?Il serait instructif d’examiner le comportement réel des Montréalais pour l’une des variables citées par M.nuwmiiitictiti LES déclarations initiales de M.Ryan sont à se fourrer dans la mémoire pour le temps nécessaire.Il en a laissé échapper deux ou trois juste avant Noël.II vaut la peine de les fixer.Elles montrent vers quoi le personnage incline.Elles disent davantage, elles disent mieux, elles disent plus clairement les choses qu’il développera et enveloppera plus tard.Elles indiquent la pente.Elles ont un caractère de signe.Elles laissent entrevoir un fond.Ce que nous voyons, en ce moment de ce fond, c’est qu’il penche, il penche.Ces déclarations qui surviennent'les premières sont comme des aveux involontaires.Elles en disent long.Il s’agit d'un premier mouvement.C’est le vrai.Qu’en est-il?Tout simplement ceci.Ryan commence donc par exprimer, non pas ce que les Québécois revendiquent sous une forme ou sous une autre, mais ce que les anglophones de partout veulent entendre.Il ne s'avance pas d’abord comme un dirigeant québécois mais comme un représentant de l’extérieur.Son premier geste québécois n’est pas de revendiquer et de prendre, mais de livrer.M.Ryan, dit le journal, a levé le voile • sur quelques-unes des propositions constitutionnelles qu'il entend rendre publiques le 10 janvier.Levons le voile, levons le voile.Il s’agit de «garanties constitutionnelles», à ce qu’on nous raconte.Voyons voir.Ici, je vais être schématique.Autrement, on en aurait pour jusqu’à demain matin.Voici, dans l’ordre, ces «garanties», ainsi que quelques petites notes à leur sujet.par William Kemp L’auteur, professeur au Cégep du Vieux-Montréal, a travaillé au laboratoire d’ethnolinguistique de l’Université de Montréal.L’émission Passe-Partout, dont il est fait état dans cet article, est à l’horaire de la télévision de Radio-Canada à 10 h en semaine, à 8 h 30 le samedi et le dimanche.Il est malheureusement question de la supprimer.Lemieux.Considérons la variation entre «y» et «elles» d’après les données fournies dans la thèse du Suzanne Laberge sur les pronoms sujets.(Les données de Laberge proviennent du parler des 120 locuteurs montréalais issus de milieux divers formant le corpus Sankoff-Cedergren.) Sur les 98 locuteurs qui emploient au moins une fois un pronom de la troisième personne du pluriel au féminin, 76 prononcent systématiquement «y», alors que quatre locuteurs seulement ne produisent que la forme «elles» et ce, une seule fois chacun.Voilà la réalité linguistique, que n’im- porte quel Québécois le moindrement intégré dans son milieu d’origine confirmera.A différents degrés, il en va de même d
de

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