Le devoir, 24 décembre 1981, jeudi 24 décembre 1981
^ Vol.LXXII — No 244 Nuageux avec vents modérés.Maximum 1 (détail en page 22) Montréal, jeudi 24 décembre 1981 RABAIS de 25% sur toutes nos collections FORMAT-POCHE dont: Livre de Poche*J’ai Lu* Folio • Presses-Pocket • Points • Club des Masques iübratrie êarneau Complexe Desjardins /1691 est, rue Fleury (Hauterive.Baie-Comeau.Sept-lles 40 cents) 35 CENTS Un programme de $110 millions Ottawa subventionne la moitié des maisons isolées à la MIUF JOYEUX NOEL culture & société Noël par Gilles Provost OTTAWA — Estimant que la moitié des maisons isolées à la mousse d’urée-formol (MIUF) mettent en danger la santé de leurs occupants, le gouvernement fédéral a évalué hier à 40,000 le nombre des propriétaires qui devraient pouvoir obtenir une subvention non imposable dans le cadre du nouveau programme d’aide dont les détails ont été dévoilés hier par le ministre de la Consommation, M.André Ouellet.Les travaux correctifs requis dans chaque cas seront déteminés par le gouvernement fédéral et M.Ouellet se dit convaincu qu’il ne sera pas nécessaire d’enlever la MIUF pour rendre pleinement sécuritaires la «très grande majorité de ces maisons».C’est pourquoi le montant maximum de la subvention a été fixé à $5,000 et qu'on évalue à environ $80 millions la remise en état de 40,000 maisons.En outre, Ottawa entend consacrer $10 millions à la recherche médicale et technique, $15 millions à de nouveaux tests et à des avis techniques et environ $5 millions à l’administration du système.Cela porte le coût total à environ $110 millions pour les 18 mois que durera ce programme d’aide «humanitaire».Le programme a été conçu avant tout pour les propriétaires de maisons unifamiliales et M.Ouellet s’est dit incapable de préciser ce qu’il adviendra des duplexes et triplexes, par exemple.«Ce type de maisons sera certainement admissible au programme», a-t-il dit, «mais je ne Voir page 12: Ottawa Un quotidien vit d’un nombre incalculable d’échanges de toutes sortes.Il dépend du travail assidu d’équipes aux fonctions les plus diverses et toutes complémentaires.Il trouve son sens dans la confiance d’un public lecteur assez généreux pour juger la qualité sur une moyenne continue et non sur tel ou tel accident de parcours.LE DEVOIR offre à ses lecteurs et abonnés, et à tous ceux qui contribuent à la vie de ce journal ses voeux chaleureux pour un heureux Noël et une année 82 remplie de toutes les prospérités.Jean-Louis Roy Demain, fête de Noël, et le samedi 26 décembre, LE DEVOIR ne sera pas publié.Nos bureaux seront fermés, à l’exception de la rédaction qui sera accessible à partir de 14 heures le dimanche 27 décembre.L’URSS paiera chèrement si la répression continue Audet Directeur des études littéraires à l’Université du Québec à Montréal et critique au DEVOIR, Noël Audet est aussi écrivain.Il vient de publier un roman intitulé Ah, l’amour l'amour.Jean Royer l’a rencontré et Mario Pelletier a lu le roman.Page 13 Bruno Carrière Lucien Brouillard, tel est le titre du film que tourne actuellement dans des quartiers comme Saint-Henri le jeune cinéaste Bruno Carrière, qui en est à son premier long métrage.Richard Gay a visité le plateau.Page 13 tourisme Du Texas pour l’hiver L’immense Texas a toujours beaucoup à offrir en tout temps de l’année.Mais l’hiver, il peut être une nouvelle destination-soleil pour nous avec ses belles plages, sa vie de ranch à la portée de tous, ses villes excitantes comme San Antonio, Houston, Dallas, ses musées, son histoire et, règle générale, son gigantisme.Page 19 Editorial Fête sacrée ou fête profane ou les deux à la fois selon les croyances et les convictions des uns et des autres, Noël et son octave, comme on disait jadis, reste dans notre société un temps privilégié, un temps où les voeux abondent, un temps où les hostilités s’estompent.Cet esprit pourrait alimenter l’année qui vient et qui sera pleine de risques.L’éditorial de Jean-Louis Roy.Page 10 Restaurant tBu/c/i ÿfocuc/iarid À Noël et au Jour de l'an.le restaurant sera ouvert de 16h.A 23H.30! 881 de Maisonneuve, Est, tél.527-1221 Reagan annonce des sanctions économiques contre la Pologne WASHINGTON (d’après AFP et Reuter) — Le président Ronald Reagan a annoncé hier soir la suspension des principaux aspects des relations économiques entre les États-Unis et la Pologne.Le président Reagan a accuse en outre l’Union soviétique d’être à l’origine de l’instauration de la loi martiale en Pologne et il a dit que s’il n’était pas mis fin à Ta répression dans ce pays, les États-Unis veilleraient à ce que Moscou le paye chèrement.Dans un discours de Noël prononcé depuis la Maison-Blanche, M.Reagan a notamment précisé que les États-Unis avaient suspendu le renouvellement de la ligne crédit de la banque Import-Export au gouvernement polonais.De plus, les États-Unis vont prendre les mesures suivantes: — suspendre les privilèges de l’aviation civile polonaise aux États-Unis; — suspendre le droit de la flotte de pêche polonaise d’opérer dans les eaux de pêche américaines; — proposer aux alliés des États-Unis d'accroître les restrictions sur les exportations de technologie de pointe en Pologne.Rappelant que le gouvernement américain avait déjà suspendu les envois d’aide alimentaire à la Pologne, M.Reagan a précisé: «Ces actions ne sont pas dirigées contre le peuple polonais, elles sont un avertissement au gouvernement de la Pologne que des hommes libres ne peuvent pas et ne pourront pas rester passifs lorsqu'ils sont confrontés à une répression brutale».M.Reagan a accusé nommément l’U- Voir page 12: Reagan * m _________ __________________________________ l.*' •" - ^ - *^~**,V :>, x: * ?* * * * ' : V , Jtvk IB— Une longue lignée de Polonais attend impatiemment l’arrivée des tramways a u centre de Varsovie On distingue à droite deux véhicules blindés qui rappellent à la population qu'elle connaîtra son premier Noël sous l’état de siège (Photolaser AP) L’armée évacue Huta Katowice ¦ Jaruzelski lance un appel aux intellectuels VIENNE (D'après AFP et Reuter) — La milice et l’armée ont fait tomber l’un des principaux foyers de résistance ouvrière en faisant évacuer hier l’immense aciérie Huta Katowice, la plus grande du pays et dont l’ancien chef du parti Edward Gierek voulait faire la plus grande d’Europe.Par ailleurs, le général Wojciech Jaruzelski, président du Conseil militaire de salut national, a lancé hier un appel à un groupe d'intellectuels polonais pour qu’ils participent à l’élaboration d’un «accord patriotique», a annoncé Radio-Varsovie captée a Vienne.Selon la radio, certains des 69 intellectuels avec lesquels s'est entretenu le général Jaruzelski ont fait valoir l’urgence d'un retour à la confiance et la nécessité d’assurer les conditions nécessaires au bon fonctionnement, dans le calme, des milieux scientifiques, scolaires et universitaires.Pour la première fois, remarquent les observateurs, Radio-Varsovie mentionne explicitement, dans son compte rendu capté à Vienne sur l’opération à Huta Katowice, la participation de l’armée à une offensive dirigée contre les grévistes.Deux mille ouvriers qui occupaient l'immense chantier depuis la semaine dernière y étaient en fait, a affirmé Radio-Varsovie captée à Vienne, «retenus contre leur gré par les terroristes de la commission locale de Solidarité» et «ont pu rentrer chez eux» à la suite d’une intervention des forces de l’ordre «qui n’a fait aucun blessé».«Plusieurs travailleurs avaient réussi à s’échapper auparavant de l’enceinte du complexe», a ajouté la radio, qui a précisé que «la plupart des provocateurs on été arrêtés», les autres étant pourchassés sur l'immense chantier.Une enquête a été ouverte.Lundi dernier, l’agence TASS avait affirmé que des membres de Solidarité s’étaient barricadés à l'intérieur de Huta Katowice et menaçaient de faire sauter Voir page 12: Armée L’URSS entre l’Afghanistan et la Pologne 1) La dernière campagne de M.Brejnev POUR qu’il y ait «culte de la personnalité», il faut que deux éléments soient réunis: une adoration mêlée de crainte, et une.personnalité.Aussi ne peut-on, explique un historien soviétique non conformiste, appliquer à M.Brejnev l’expression créée pour Staline.Les deux elements de la definition font défaut.Les apparences pourraient être trompeuses.Alors qu’il passait à la chute de Krouchtchev en 1964, pour un «pape de transition», Léonid Brejenv a, peu a peu, consolidé sa position.A 75 ans, il fête sés 17 années au sommet de la hiérarchie.Il a accumulé les honneurs et les distinctions.par Daniel Vernet Le Monde Aucun des titres civils ou militaires les plus enviés d’Union soviétique ne manque à sa panoplie.Et malgré quelques accents de modestie, il n’est pas le dernier à organiser sa propre vénération.Ses Mémoires qui, après avoir été adaptés à la scène et à Tecran, sont au programme de tous les écoliers soviétiques, sont un hymne à sa propre gloire.D’obscurs faits de guerre, que personne ne connaissait il y a dix ans, sont aujourd’hui considérés comme des épisodes essentiels de la lutte contre Tenvanisseur nazi, simplement parce que le colonel Brejnev y a pris part Ses collègues du bureau politique, les hauts fonctionnaires du parti, tout le monde joue le jeu.Pour le 60e anniversaire de leur Republique socialiste soviétique.les dirigeants de Géorgie, imbattables il est vrai dans l’art de la flagornerie, ont logé M.Brejnev dans la réplique exacte de sa maison natale, construite pour la circonstance.Ému aux larmes, le secrétaire général a prolongé de quelques jours son séjour à Tbilissi L'observation des rites ne fait pas encore un culte.La population ne participe pas volontiers.M.Brejnev n’est ni craint ni adoré.Tout au plus le considère-t-on comme un «brave type» qui a redonné à la fonction de chef du parti une dignité souvent bafouée par son prédécesseur.Les plus vieux veulent voir dans sa participation à la «grande guerre patriotique» une garantie contre de nouvelles aventures armées, mais les anecdotes plus ou moins irrespectueuses fleurissent à son sujet.Les interrogations sur son état de Voir page 12: URSS Hydro-Québec négocie un contrat de $300 millions avec l’État de New York par André Bouthillier Hydro-Québec est sur le point de signer un autre contrat de vente de surplus d’électricité avec PASNY (Power Authority of New York) qui lui permettrait de doubler ses revenus d’exportation à partir de 1984 ou 1985, si les nouvelles quantités rendues disponibles sont totalement utilisées par le client.D'après les informations du DEVOIR, une rencontre entre les deux parties a eu lieu le 15 décembre afin de finaliser l’entente et celle-ci devrait être entérinée par le conseil d’administration d’Hydro-Québec dans les prochaines semaines.L’accord prévoit la vente d’un bloc pouvant atteindre 100 milliards de kilowattheures sur une période de dix ans aux résidents du sua de l’état de New York, dont les citoyens de la métropole américaine.Ces derniers paient présentement 15 cents le kWh pour s’éclairer et se climatiser à l’électricité produite par des centrales thermiques (alimentées au pétrole ou au charbon).L'achat du produit d’Hydro-Québec leur ferait épargner environ 12 cents le kWh.Pour la société d’Êtat québécoise, cela représenterait des recettes supplémentaires maximales de $300 millions par année pour la durée du contrat.À titre de comparaison, Hydro-Québec a vendu l’an dernier 8.1 milliards de kWh à tous ses voisins américains pour des recettes totales de $167.3 millions.En incluant les ventes d’électricité destinées à l’Ontario et au Nouveau-Brunswick, les exportations en 1980 ont grimpé à 17.4 milliards de kWh pour des revenus de $299.8 millions, soit des parts respectives de 14.7% et 12.4% des quantités d’électricité vendues et des revenus globaux d’Hydro-Québec pour cette année-là.Dans le cadre du nouveau contrat, la PASNY, qui partage la majeure partie du reseau électrique new-yorkais avec la compagnie Edison (environ 30% chacune), devra dénicher $500 millions pour financer a construction d’un nouveau tronçon Je la ligne de transmission qui la relie avec le réseau hydro-québécois.Présentement, cette ligne s’arrête à Mas-sena, près d’Albany, et on devra la prolonger jusqu’à l’entrée de la ville de New York.Du côté québécois, Hydro-Québec construit, au coût de $200 millions, un poste redresseur-onduleur à Châteauguay dans le but de porter sa capacité de puissance d'exportation vers l’état new-yorkais de 1,360 à 2,300 mégawatts.Elle pourra ainsi respecter les termes du nouveau contrat.La mise en service du nou- veau poste est prévue pour 1984.Une fois le contrat en vigueur, les revenus d’exportation d’Hydro-Québec pourraient donc atteindre près de $600 millions par année.Il faut toutefois préciser que les nouvelles ventes prévues de 100 milliards de kWh en dix ans sont un maximum.En effet, cette entente d’interconnexion permettra la vente d'énergie de façon interruptive seulement, soit lorsque PASNY sentira le besoin de remplacer le combustible des centrales thermiques new-yorkaises et quand Hydro-Québec aura des surplus.Selon ses prévisions, qui sont à réévaluer, la société du nouveau président Guy Coulombe ne prévoit pas beaucoup de surplus après 1987.Mais devant la rapidité avec laquelle ses émissaires ont négocié avec PASNY, il est permis de croire que ce nouveau contrat sera lucratif.Le ministre de l'Énergie, des Mines et des Ressources, M.Yves Duhaime, a même rencontré les dirigeants de PASNY au début du mois, à New York, pour faire avancer le dossier.Les négociations entre PASNY et Hydro-Quebec coïncident avec la fin de celles menées entre le producteur québécois et NEPOOL (New-Éngland Power Pool), qui représente les 37 compagnies d'électricité de la Nouvelle-Angleterre, et dont l'objectif était de s'entendre sur l'in- rerconnexion des deux réseaux.On s’attend à ce que l avant-projet (études environnementales, etc.) commence en janvier.Ce projet consiste à construire une ligne de transmission longue de 50 kilomètres entre le futur poste Des Cantons, près de Sherbrooke, et le poste de Come- Voir page 12: Hydro-Québec Au coeur de.la nouvelle cuisine québécoise* ., ( limrl le midi el le soir du lundi au vendredi, (FWJ1 ainsi que le samedi soir LU Restaurant La Ferlouche I >15 rue .liirrs est.Munlreul T-1 I MS J ' - 1 /A Les Yankees de New York ont fait l'acquisition hier d’un autre joueur autonome.Il s’agit de Dave Collins, des Reds de Cincinnati, qui était accompagné de sa femme Kim à l’occasion de l’annonce officielle, (Photolaser AP) Des mesures disciplinaires seront étudiées dans la LNH La Ligue nationale a annoncé hier qu’elle mettra sur pied un comité chargé de recommander des changements dans les mesures disciplinaires prises contre des joueurs molestant un officiel.La Ligue a également fait part que d’ici 1 adoption des nouvelles procédures, «chaque équipe, chaque directeur-gérant et chaque joueur est averti que quiconque abusera physiquement d’un officiel recevra une sanction beaucoup plus sévère».Le comité comprendra des représentants des propriétaires, des associations des joueurs et des officiels, des directeurs-gérants, des instructeurs et du personnel de la Ligue nationale.La décision suit une rencontre de deux jours avec des représentants de l'Association des officiels, dont l'arbitre Andy Van Hellemond, frappé par Paul Holmgren le 9 décembre.L’Association a jugé inadéquate l'amende de 500 et les cinq matches de suspension imposés à Holmgren mais a appris lors de la rencontre avec les dirigeants de la ligue 3u’elle ne pouvait en appeler e la décision rendue par le vice-président Brian O’Neill.Pour sa défense, la LNH a souligné que la suspension était la plus sévère depuis celle de huit matches imposés à Barry Ashbee, également des Flyers, pour avoir frappé l’arbitre Bryan Lewis en 1973.Maurice Richard avait été suspendu pour trois matches réguliers et toute la durée des séries éliminatoires pour avoir bousculé un juge de lignes il y a plus de 20 ans, décision demeurée sans exemple et qui avait causé la fameuse émeute du Forum.La LNH et l’Association des officiels se sont montré d’accord sur le principe que les officiels ne devaient en aucune façon être bousculés et que des mesures et sanctions devaient être prises pour décourager pareils gestes On s’est également entendu pour prévoir des sanctions minimums automatiques, incluant les cas de récidive.L’Association aurait, dit-on, recommandé un minimum de 25 matches de suspension pou officiel._ aur quiconque frappe un Le président John Ziegler, de la LNH, et James Beatty, l’aviseur légal de l’Association des officiels, se sont déclarés satisfaits des résultats de leur rencontre.«Même si nous devons critiquer l’incident Holmgen-Van Hellemond, il a conduit à un dialogue utile concernant nos mesures de discipline tradi- tionnelles», a commenté Ziegler.Beatty a confirmé en disant que «l'Association des officiels est sautée sur l’opportunité de moderniser les procédures de discipline et les sanctions Nous nous attendons maintenant à ce que les nouvelles mesures qui seront adoptées entrent en vigueur avant le début de la saison 1982-83 Sévigny affirme que les Nordiques ont la meilleure attaque phoniqui de radie Lors d'une entrevue radio-ue accordée au poste io montréalais CKVL, le gardien de but du Canadien de Montréal.Richard Sévigny, a précisé que «les Nordiques n’ont pas une des meilleures mais LA meilleure offensive de la Ligue nationale» «La deuxième meilleure est celle des Oilers d'Edmonton, a déclaré Sévigny mais elle repose sur deux trios et Wayne Gretzky Chez les Nordiques, tous les trios sont dangereux Quand ce n'est pas celui des Stastny, tu vois arriver Marc Tardif, ou Réal Cloutier, ou Jacques Richard, ou Michel Goulet Tu es constamment attaqué» Pour Sévigny, brillant dans la défaite de 5-2 subie par le Canadien à Québec mardi, la pression attaque surtout son équipe lors des affrontements classiques Canadien — Nordi- 3ues «A cause de l'histoire et e la réputation de l’équipe», souligne-t-il Selon lui.il ne faudrait pas que le Canadien affronte les Nordiques en série éliminatoire avec la pression qu'il ressent actuellement quand il est opposé à cette équipe «Il va falloir trouver une solution à notre gros problème Nos instructeurs Bob Berry et Jacques Laperrière vont certainement y parvenir, a-t-il poursuivi, et les gars vont devoir écouter», Interrogé à savoir si l'amère défaite de mardi va gâcher le Noël de ses coéquipiers, Sévigny a répondu par la négative «On a perdu un gros match, mais je suis certain qu'on va se reprendre dimanche, a-t-il dit Après l'exercice de demain matin (jeudi), les joueurs auront deux jours de congé qu'ils passeront en famille, C’est l'idéal, car on va pouvoir se changer les idées» Le Canadien reprendra l’entrainement samedi après-midi.en vue du match-revanche du lendemain au Forum Appelé à commenter la déclaration de Guy Lafleur à savoir que le Canadien avait décidément «une petit équipe», Sévigny a convenu que lui et les siens se devaient de faire meilleure figure sur la route contre les formations plus puissantes, si la sainte flanelle voulait retrouver son panache d'antan Hockey junior Le Canada bat la Suède 3-2 WINNIPEG (PC) — Un tir du revers d’une vingtaine de pieds de l’ailier droit Carey Wilson a couronne une remontée de l’équipe du Canada hier soir dans une victoire éclatante de 3-2 aux dépens des représentants de la Suède, monarques l'an dernier, au championnat mondial de hockey junior Troy Murray avait préalablement égalé Içs chances à mi-chemin de l’engagement final sur un tir décoché de loin qui a surpris le gardien suédois Peter Aslin.Un peu plus d’un minute plus tôt, Peter Andersson redonnait les devants à la Suede 2-1 alors que son équipe jouait avec l’avantage de deux hommes.Ce dernier avait d’ailleurs ouvert le compte pour les siens en première période en déjouant le gardien Frank Caprice à 10:46 du premier vingt sur un boulet provenant de loin.Garth Butcher a complété le sommaire pour le Canada Le Canada s'empare donc du premier rang au classement de ce tournoi à la ronde, l'ayant emporté 5-1 dans son premier match de la compétition contre la Finlande.Quant à la Suède, forte d'un gain facile de 17-0 mardi contre la Suisse, elle a une fiche de 1-1.Les Suédois ont par contre eu l'avantage au chapitre des lancers, par une marge de 34-28.Par ailleurs, deux buts de Scott Fusko ont propulsé l'équipe des Etats-Unis à un triomphe facile de 8-1 sur l’Allemagne de l'Ouest.cartes d’affaires ROBIC, ROBIC & AtlOCiATt» Fondé» an 109?Bravai» d invention Marqua» d» commarc» Oa»»«n» industrial» • Orottt d auiaur 1914 Ooctaur Pantiaid Montréal H9G 1X5 Tél (014)934-0272 Téla> 05 209050 Cabl» MARION Taiacopiar tntarnationai Xaroi 400 BELZILE.ST-JEAN SPERANO ET ASSOCIES Comptable! agréai «lélN atltlLC c* BOBtm St-JEAN C A OtUÈS9»EBANO C A JACQUES 8AANCHAU0 CA 2345 *tt, Bélangar Montré»! 72I-522» Samson Bêlair ComplaMéé agrM«, OulbiC Montréal 011XW* Toronto Célgary Edmonton Vancouver Rimouski Trois Rivières Sherbrooke S»mt Hyécmthe Gilineau Kitchener Sept Rts Mêlent Gêspé Coiticook Amos ttmton ÜLJ Montréal, jeudi 24 décembre 1981 LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa Directeur Rédacteur en chef: le 10 janvier 1910 Jean-Louis Roy Michel Roy Rédacteurs en chef adjoints: Directeurs de l'information: Trésorier: Jean Francoeur, Lise Bissonnette, Pierre Loignon Bernard Larocque Jean-Pierre Proulx Gilbert Brunet La trêve de Dieu TITRE d’un roman qui a déjà vieilli, cette expression venue au monde avec la chrétienté médiévale signifiait la relâche des combats, un repos dans la G erre.Pour un temps bref, les ennemis se retiraient.haine se dégonflait et les champs de bataille soudain enveloppés de silence respiraient.Pour un temps bref, les ennemis célébraient leur dieu, souvent le meme.Telle une ombre passagère, la sérénité de l’esprit passait sur ce monde, ces peuples et ces guerriers, vivant pour quelques heures, quelques jours une paix fraeile, sans espérance dans la durée.On se souviendra de la fête du Têt qui marquait dans l’immense drame du Vietnam une trêve fragile succédant et précédant les débordements guerriers les plus sournois et les plus absolus.Ce soir à Varsovie, à Cracovie, à Gdansk les Polonais pourront traverser leur nuit pour célébrer la naissance du Christ, les restrictions ayant été levées par les dictateurs pour ces quelques heures sacrées pour ce peuple et des millions d’autres personnes à travers le monde.En un sens, l’humanité n’a pas changé ni dans le temps, ni dans l’espace.Dans la confusion apparenre et même au sein des tragédies les plus meurtrières, c’est toujours les mêmes mots qui hasardent le monde, selon l'expression de Pierre Emmanuel, c’est la même colombe qui surplombe les eaux.On ne sait pas vraiment quelle fraction du sens s’est perdue à jamais.On sait cependant qu’une autre fraction du sens perdure.Elle nous habite toujours.Elle hante nos mémoires et anime nos vies.Au-delà des idéologies, des codes religieux, des frontières politiques qui cadastrent le monde, les femmes et les hommes gardent l’espérance d’une concordance, d’une trêve vraie et suffisante pour faire leur bonheur et leur salut.Voilà ce que nous ferons dans les jours qui viennent, une trêve.Nous savons, même au sein de la fête, que l’âge d’or est un mythe.Même si ce dernier s’est infiltré dans presque toutes les cultures, nous savons que ce mythe, que cet âge des concordances est un horizon qui s’éloigne dès que nous entreprenons la marche pour le rejoindre.Nos cultures produisent des prophètes qui annoncent son imminente résurgence.Elles produisent des devins qui en brassant nos corruptions réaniment les braises de cette période dite originelle.Des philosophes apparaissent et pensent des systèmes raffinés de combinaisons conceptuelles permettant, selon leur humble discours, d’unifier enfin l’humanité.Certains ont trouvé cette unité dans la lecture des cartes du ciel.D’autres dans d’obscurs villages thibétains ont en- tendu les paroles millénaires qui font surgir la paix.Plus humblement, cette trêve prend des formes simples et quotidiennes.Assis autour d’un feu, des enfants chantent leur joie.Des hommes et des femmes rêvent d’une coopérative.Des vieillards se racontent la belle époque.Des parents planifient un service de garde.Des voisins recréent la corvée pour soulager le malheur d’un des leurs.Des fonctionnaires donnent ce temps supplémentaire qui fait croire soudain à la solidarité.Un collègue de travail envoie un bon mot pour féliciter, encourager, offrir sa compassion.Heureusement notre monde est aussi fait de ces gestes plus abondants qu’il ne paraît et qui rendent supportables pour plusieurs le travail, l’épreuve, voire même l’échec.Hors des circuits de cette indispensable solidarité, des hommes et des femmes trouvent refuge dans les sectes profanes et religieuses qui se multiplient.Ils y trouvent l’humanité dont ils étaient privés jusqu’à la limite de la manipulation, jusqu’à rabus et la dépendance des trafiquants de transcendance.C’est en un sens toujours de cela dont il s’agit; un système plus ou moins cohérent, plus ou moins fugace ou au contraire stable d’idées et de valeurs qui permet de faire le lien entre ses propres actions et celles des autres.Le Québec ne s’alimente plus à une seule conception de l’Homme et de la Société.Les perspectives les plus diverses s’y côtoient souvent dans l’harmonie apparente et puis s’opposent les unes aux autres avec plus ou moins de fermeté.Noël et son octave, comme on disait jadis, marque une pause dans cette fébrile activité voire dans certains cas ces affrontements et ces projets contradictoires qui nous divisent.Pour un temps bref, comme le faisaient jadis les guerriers du Moyen-Âge, nous allons faire une trêve.Fête sacrée ou fete profane ou les deux à la fois selon les croyances et les convictions des uns et des autres, ce moment reste dans notre société un temps privilégié, un temps où les voeux abondent, un temps ou les hostilités s’estompent.Cette véritable trêve de Dieu nous rappelle nos origines spirituelles.Son esprit pourrait de plus alimenter cette année qui vient et qui sera pleine de risques selon toutes les prospectives ici et à des niveaux beaucoup plus angoissants dans des régions du monde privées des ressources essentielles pour la vie ou sevrees des libertés les plus fondamentales.Jean-Louis ROY La troisième voix: plutôt enrouée Claude Ryan restera donc, il l'a confirmé ces jours derniers, à la barre du Parti libéral du Québec jusqu’au congrès de l’automne 1982 où les militants auront le loisir de s’interroger sur son leadership.Quelles tâches l’y attendent?On songe d’abord spontanément à la question constitutionnelle.Le Parti Ibé-ral du Québec a été pendant vingt ans l'expression politique et le véhicule Îirincipal de ce que l'on appelle au-ourd'pui la «troisième voie», celle de la dualité canadienne, de la spécificité québécoise.Au premier regard! vue sous cet angle, la situation du parti paraît accablante: le référendum de 1980 (et surtout la loi parapluie) aura jeté l’ambiguïté sur l'option constitutionnelle du PLQ; la défaite d’avril 1981, aussi brutale qu'inattendue, lui a brisé les reins; et le coup de force de M Trudeau est venu le rejeter dans la marginalité.Certes Claude Ryan a été, ces quinze dernières années, l’un des principaux définisseurs et promoteurs de cette troisième voie.Qu'il suffise de rappeler l'étonnement qu’avait causé la lutte acharnée menée par le directeur du DEVOIR contre la candidature de Pierre Trudeau à la succession de Lester B.Pearson en 1968 Comme si M Ryan avait pressenti que la grance victime de l’action politique de M.Trudeau serait moins le «séparatisme» auquel le nouveau premier ministre voulait barrer la route, que le mouvement plus largement répandu (et de plus en plus efficace) qui poussait alors le Québec à rechercher une place originale dans l’ensemble canadien.Et d ailleurs les premiers résultats de l’influence de M.Ttu-deau à Ottawa n’auront-ils pas été de «freiner» ce qu’il appelait 1’ «érosion» des pouvoirs du gouvernement central au profit des provinces et, singulièrement, du Québec.Le hic au PLQ c’est que le membership, les associations de comté paraissent aujourd’hui largement dominés par les trudeau-istes, et que ces gens se font de plus en plus intolérants, allant jusqu’à chahuter leur propre leader (nominal?).Ce n’est pas en 1982 que, du terreau québécois, on peut esperer voir surgir quelque nouvelle fleur constitutionnelle.Autant dire que le champ, pendant quelque temps, risque plutôt d’être laissé en jachere .D’où l’on peut déduire que la première t:che de M.Ryan (si on lui fiche la paix) et du parti libéral ne sera pas de concevoir quelques nouvelles initiatives au plan constitutionnel — qu’elles soient en beige ou en bistre.Les tâches qui attendent le chef de l’opposition à Québec paraissent plus prosaïques Elles n’en sont pas moins indispensables.L'opposition parlementaire constitue en effet un rouage essentiel du régime démocratique.Les libéraux ne peuvent se dérober à ce rôle, si ingrat qu'il soit, de chien de garde de l’équipe ministérielle dont ils doivent suivre à la trace les moindres mouvements.Il leur appartient de s’assurer, et d'assurer la population, que toute question a été examinée sous tous les angles, que tous les points de vue ont été entendus.Cette fonction d’avocat du diable, il serait exagéré de dire que le caucus libéral l’a exercé avec la pénétration, la rigueur, l'intelligence, le brio qu'il aurait fallu En outre, parce qu’ils ont l'oeil sur le pouvoir à décrocher, les partis d’opposi- tion cherchent naturellement à miner la crédibilité de l’équipe en place.Ce n’est pas sans un certain scepticisme amusé qu’on a pu voir, au cours de la dernière session, les députés libéraux servir aux ministres péquistes un peu de la médecine qu’eux-mêmes, alors dans l’opposition, versaient dans la coupe du gouvernement Bourassa.C’est un jeu délicat, qui n'a pas toujours réussi aux libéraux: trop lents dans certains dossiers (les fêtes de la Saint-Jean), imprudents dans d’autres (celui de la pornographie à l’Assemblée nationale).Mais ce n’est qu’une des tâches de l’opposition.L'autre étant de préparer, parallèlement, la relève éventuelle, de concevoir un programme «alternatif», de former une équipé de rechange.Il revient ainsi aux liberaux de profiter des loisirs studieux que leur offre ce séjour dans le purgatoire pour amorcer une réflexion en profondeur sur les problèmes du Québec, d’élaborer des solutions originales à proposer, éventuellement, aux électeurs.Combien de temps M.Ryan dispose-t-il?Qui peut le dire! Il y a d’abord le grand frere libéral qui pourrait décider d’accélérer le processus en multipliant les crocs-en-jambe.Ou encore les aspirants au leadership qui pourraient, prématurément, dévoiler leurs ambitions, attisant ainsi un malaise qui couve, jusqu'à rendre la situation intenable.Mais il y a d’autres impondérables.Certes le Parti québécois n en est qu’au début de son deuxième mandat.Mais si M Lévesque perdait son pari, et que cet échec compromettait gravement sa position comme chef du gouvernement, alors la situation pourrait se modifier du tout au tout, et les échéances se bousculer Jean FRANCOEUR L’ultime démarche à Londres L’annPe 1981 s'achève dans une sorte' de mélancolie constitutionnelle où vont se noyer les échecs et les chagrins du Québec Ainsi le premier ministre vient d’adresser à Mme Margaret Thatcher un long appel, presque déchirant, mais que personne n’écoutera plus sur les bords de la Tamise.La dernière action constitutionnelle qu’il aura dû accomplir en 1981 revêt la forme d'dhe lettre-mémoire qui plaide en faveur d'un nouveau délai à Westminster, saisi de l’Adresse conjointe du Sénat et des Communes Au-delà des mers.M.Lévesque prie instamment le gouvernement du Royaume-Uni de reconnaître une réalité historique que les autorités canadiennes.fédérales et provinciales, n’ont pas acceptée dans leur Entente: la dualité.Comme si Londres y pouvait encore quelque chose.«Cette entente, écrit M.Lévesque à Mme Thatcher, frappe de plein fouet l'alliance des francophones et des anglophones qui a permis la création de la Confédération canadienne de 1867 » Le gouvernement du Quebec, dit-il encore à la première ministre, s’est adressé à la Cour d’appel pour faire confirmer l’existence de son droit de veto, et il compte en saisir la Cour suprême au besoin Il implore encore: «Dans une question aussi fondamentale pour les intérêts du peuple québécois et de la Fédération canadienne, un Parlement traditionnellement respectueux de la Règle du Droit voudra sans doute prendre connaissance de l’opinion des tribunaux avant de déterminer le cours de sa démarche.» Hier soir, un porte-parole de Downing Street annonçait que Mme Thatcher répondra à la Jettre de M Lévesque mais que la procédure parlementaire suivra son cours, confirmant ainsi que l'intervention de Quebec n'a plus aucune portée à Londres La raison est bien connue l'Angleterre a déjà déployé beaucoup de ressources diplomatiques pour amener les acteurs du drame canadien à lui présenter une requête que le Parlement n'aurait aucun mal à accepter Les autorités anglaises ont réussi à convaincre M Truoeau d'attendre le jugement de la Cour suprême avant de procéder Il s’est soumis Ensuite.Londres a fait comprendre au premier ministre canadien qu’il devait tenir compte du jugement de la Cour suprême dans l'édification de l’entente.Il en a tenu compte Le reste relève d’une conception politique du pays Sur ce point.Londres ne peut decemment plus intervenir, encore qu'il se trouve sûrement dans la capitale anglaise des partisans de la thèse des deux peuples, à fortiori de la dualité historique Mais ce n’est plus là-bas qu'une affaire d'opinion Ce nouveau contexte, bien connu à Québec, condamnait d'avance à l’échec l'intervention tardive de M Levesque.Tardive, en effet, puisque la question du veto et celle, plus fondamentale encore, de la dualité n'avaient pas été po sees à la Cour suprême à l’époque ou il eût été utile et pertinent de le faire C'est pourquoi cette lettre, qui reprend avec soin les pincipaux arguments sur lesquels se fonde la position du Québec, a maintenant valeur de symbole le baroud d'honneur du fier guerrier qui ne se rend pas Mais, hélas, la bataille est terminée et on entend déjà le clairon qui entame la sonnerie aux morts Et si la guerre constitutionnelle éclatait à nouveau, c'est au Canada, et même au Québec, qu'il faudrait la gagner ou la perdre ,.Nous n'écrirons plus jamais à Londres Michel ROY laiiiaMi Des Québécois trop pressés Avec la proclamation de la nouvelle constitution canadienne qui aura lieu en février 1982, certains s’imaginent que le Canada est devenu totalement libre de la domination britannique Ces gens-ld oublient que nous n’avons pas rompu tous les liens avec la Grande-Bretagne Bien sûr, nous n'aurons plus d nous rendre outre-mer pour solliciter la permission de procéder d des modifications constitutionnelles.Néanmoins, si les amendements dorénavant se feront ici, ils devront attendre encore l'assentiment de la reine du Royaume-Uni, chef du Commonwealth.Les Canadiens demeurent touiours les fidèles sujets de Sa Majesté britannique, ne l’oublions pas.Je prévois donc d'autres voyages d l^ondres d'émissaires de notre loyal aouvernement, quand celui-ci s avisera d'apporter des changements, fussent-ils mineurs, d la nou-velle constitution, soit de transformer le corps policier de la Gendarmerie royale du Canada, soit d'abolir le poste de Gouverneur général.Il faut s'attendre aussi qu" Elizabeth Il et ses successeurs nous rendront encore visite pour recevoir l'hommage de leurs féaux serviteurs.C est loin d’être fini L'accession d l’indépendance pour le Qinada, on le voit, se poursuit et continue de se faire d pas de tortue.En voici l’inventaire; 1) le Traité de Paris (1763); 2) l'Acte de Québec (1774); 3) l'Acte constitutionnel (1791); 4) l’Acte d'union (1840); 5) l'Acte de l'ANB (1867); 6) le Statut de Westminster (1931); 7) le nouvel Acte constitutionnel (1982) Le rideau n'est pas encore levé sur le huitième Acte.Par rapport d ce train-train de tortillard, l'étapisme de Monsieur Claude Morin crève le mur du son Albert BRIE NOEL RUSSE JBcdTrlio ¦ Trop, c’est trop Où finit l’absurde et commence le grotesque?Comment un cahier à l’espace aussi limité que «Culture et société» peut-il offrir une pleine page à Madeleine Gagnon sous prétexte que le reporter du DEVOIR aurait mal saisi sa «cruciale» intervention à la soirée en l’honneur d’Yves Thériault?Et quelle fatuité de la part de cette «écrivain» (sic)! Car ce faisant, n’est-ce pas, le pauvre Pelletier a causé un tort irréparable à T«oeuvre» (sic), à T «auteur(e)» (sic), à la littérature québécoise et, bien sûr, à la soirée elle-même.Relisez la «protestation»: il s’agit d’une réclame publicitaire d’un bout à l’autre.On nous apprend même que le texte «trahi» paraîtra dans le prochain numéro de.Dans ce cahier du 19 décembre, le décadent — et, hélas, omniprésent — Straram rapplique: Le DEVOIR ayant commis le sacrilège d’amputer d’un paragraphe sa réponse à l’enquête de novembre dernier, il faut la repasser au complet.Rien de mois! Et devinez qui lui paraît pour la deuxième fois 1 écrivain le plus important des années 70: Madeleine Gagnon, évidemment.Ça sent la coterie, ça sent la chapelle à plein nez, ça sent la clique, et presque l'alcôve.À soigner ainsi sa publicité, je comprends pourquoi cette femme, dont l’oeuvre complete n’a pas l’épaisseur d’un sandwich aux tomates sans mayonnaise, a été consacrée par l'en-quete du DEVOIR, l’un des écrivains majeurs d’ici.Est prêtresse qui sait s’entourer d’une phalange d'encenseurs gagés et qui ne craint pas non plus de mettre la main à la pâte.Mais pour qui nous prena-on?Le DEVOIR n’a-t-il rien de mieux à nous offrir, le samedi matin, que le triste spectacle d’un cirque littéraire oscillant entre la mégalomanie, le nombrilisme aigu et la mythomanie?Tout occupée à soigner ses intérêts immédiats, notre engeance «écrivaine» n’a même pas eu la grandeur minimale de reconnaître Jacques Ferron pour l’un des cinq écrivains importants de la dernière décennie.C’est vrai qu'à côté de Mme Gagnon et de Mme Bros-sard Les petits milieux rapetissent les gens.Mais à ce point?Jean BLOUIN Outremont, 21 décembre ¦ Un nom Les francophones canadiens, et leurs cousins états-uniens.sont depuis longtemps dépourvus d’un vocable simple et élégant pour s'identifier collectivement Il n en fut pas toujours ainsi Pendant plus de deux siècles le terme «Canadien» a suffi, mais à la fin du siècle dernier les anglo-canadiens ayant décidé qu ils étaient eux aussi des canadiens.le terme est devenu ambigu Des termes clairs et savoureux ont déjà ete inventés dans d’autres langues Peasoupcrs en anglais et Tabar-nacos au Mexique, mais il est peu probable que mes compatriotes acceptent généralement de se reconnaître comme Tabarnacos parlant jouai Noter par contre la simple élégance et precision d' «acadien».Qui saura nous trouver un nom'1 Bernard BOIVIN Quebec, Il décembre ¦ Il faut encore réfléchir Je veux donner mon opinion sur la question de l’avortement 1 Je suis contre l'avortement sur demande parce que je crois au droit et au respect de la vie 2 Actuellement il y a beaucoup de techniques pour empêcher la fécondation 3 La loi interdit de tuer Pourquoi le foetus dépendrait du caprice d’une femme ou d’un couple” 4 Chez les Romains, le père avait le droit de vie et de mort sur le nouveau-né Aujourd'hui allons-nous recommencer la même histoire’1 5.Etre enceinte n’est pas un état pathologique Les citoyens par leurs Impôts ne doivent pas être forcés de paver des avortements et très souvent contre leur conscience 6 Nous vivons une crise de civilisation.Une crise de dépersonnalisation On devient de plus en plus isolé On devient Incapable de communiquer De peur d’augmenter son insécurité on communique avec les personnes de son propre sexe ou de sa propre spé- cialité.On se groupe comme des retardés congénitaux.Puis on réclame des droits.Conséquemment la technique et la science pour le pouvoir l’emporte sur l’humain.N’avons-nous pas des obligations envers notre société?Allons-nous devenir une société refroidie, je veux dire robotisée?7.Les féministes du Québec copient les féministes étatsuniennes.Notre histoire est différente de la leur.Eux, leur histoire s’achève.À la décadence de Rome, les peuples ont bâti d’autres civilisations autour de Rome.Il faut s’en inspirer.8.Les trois quart de l’humanité meurent de faim par Tégoisme des riches.9.Dans les pays riches on meurt d’abondance.Certains pays instituent des cliniques pour préparer les gens au suicide.10.Comment être souverainiste et être en faveur de l’avortement?Le pilier pour notre nouveau pays ne sera pas des plus solide! Allons-nous continuer à aller chercher nos enfants à Guatémala?11.L’avortement n’est pas un gadget de supermarché.Je demande à la société de réfléchir.Jacqueline DUGAS Montréal, 16 décembre ¦ Détour (Lettre adressée d M.Guy Jean-notte, directeur du Service des relations publiques de la CTCUM) Sous prétexte d’inciter les usagers du transport en commun à utiliser de plus en plus le métro, la CTCUM modifie, à chaque mise en service d’une nouvelle station, les lignes d’autobus.Cette fois, je serai victime comme des centaines d’autres usagers du prolongement du métro jusqu'à la station Côte-Sainte-Catherine à la mi-janvier 1982 et des coupures de service en surface.En effet, le lundi 4 janvier prochain, la ligne 65 «Côte-des-Neiges» disparaîtra ; et la ligne 62 s’arrêtera désormais à la station de métro Guy.En conséquence, tous ceux et celles que ces deux lignes d’autobus (62 et 65) amenaient jusqu’au square Victoria ou autour de la place Ville-Marie devront désormais effectuer deux ou trois correspondances métro-autobus! Présentement, j'habite sur Côte-des-Neiges.à l'intersection de Decel-les.et je monte dans l’autobus 62 ou 65 devant chez moi pour en descendre au square Victoria Après le 4 janvier 1982.je devrai d'abord, prendre l’autobus 62 jusqu'à la station Guy.ensuite prendre le métro jusqu'à McGill et enfin, l'autobus 61 jusqu’à mon bureau! Une autre option s'offre encore: marcher cinq minutes jusqu'à l'autobus No 51 pour me diriger en sens inverse (! ) vers la station Snowdon et.de là, me rendre en métro jusqu'au square Victoria Où est la rationalité, sinon encore une fois dans les coupures budgétaires.c’est-à dire de services?Je vous invite à utiliser les circuits 62 et 65 aux heures de pointe, vous constaterez que les autobus sont bondés.Vous n’avez sûrement pas pensé non plus aux nombreuses personnes qui, pour toutes sortes de raisons, ne peuvent pas prendre le métro! Jacques PERRON Montréal.21 décembre ¦ Tout va très bien La Pologne est en train d étouffer.Israël tire la langue à ses alliés et fait ce qui lui plaît.L'Occident atterré calcule ses gestes avec d'infinies précautions.comme quelqu'un qui serait assis sur une bombe.Le Salvador, l'Afghanistan.les régimes policiers, la famine et les boat people, on n'a même plus le temps d'y penser Et ici?Un pays on ne peut plus incertain regarde sa révolution si tranquille s'étioler en luttes fratricides et basses Tout coûte cher, surtout à ceux qui n'ont plus de job l'essence, le pain, le lait, le beurre d’arachides, les pommes, la bière, les cigarettes, la carte autobus-métro et à cela, ni la constitution rapatriée avec force droits, ni une souveraineté associée ou pas.ne changera quoi que ce soit A l'abri de l'inflation restent quelques luxes hors de prix : le plaisir de chanter, de danser, de marcher ou courir: le sourire adressé à un enfant, à un passant dans la rue.Quelques mots échangés avec un voisin, dans une file d’attente, à la banque ou à l’arrêt d'autobus Les moments passes à jaser amicalement avec quelques amis Tous ces instants où il ne se passe rien qui vaille de faire les manchettes des journaux, mais où on rompt la solitude et l'angoisse Ces instants rares, mais qui existent encore dans la vie d une famille; qu’il ne faut ni forcer ni fabriquer, de peur de les voir disparaître.Qu’on y croie ou pas, Noël est une occasion d’amour.Un prétexte à ne pas laisser passer.Pour que son règne arrive, il y faudrait absolument la majorité des voix.Louise PREVOST Montréal, 18 décembre ¦ L’information à R-C Si on en juge par son comportement, Radio-Canada serait une institution qui aurait pour principales fonctions de répandre l’ignorance et d’étouffer psychologiquement la minorité réfléchissante.C’est ainsi que nous verrons deux de ses émissions d’information, pour ne pas dire les deux seules, mises au rancart, pendant trois semaines, pour céder la place à une série d’émissions portant sur l'Establishment canadien.Je ne doute pas que cette dernière série d’émissions puisse être intéressante, surtout après l’avoir vue à CBC, toutefois, je persiste à croire qu’il est inexcusable que Radio-Canada abolisse purement et simplement des émissions telles que «Le Point» et «Noir sur blanc», afin de permettre la télédiffusion d’une série d’émissions qui aurait très bien pu passer dans le cadre de «Hors-série» ou des «Beaux dimanches».Pierre Elliott Trudeau doit être particulièrement fier de cette institution canadienne qui, contrairement au DEVOIR, a compris, elle, que nous vivons à l’époque des loisirs et que désormais le temps n'est plus à la réflexion et encore moins à l'information.Même que pour M.Trudeau, le temps doit sûrement être à l’Establishment canadien.Lorraine CÉRÉ ¦ Réponse connue (Aux députés fédéraux).En ce jour du 2 décembre 1981, l'histoire malheureuse du Québec se répétait.Triste coïncidence.À la télévision on regarde le dernier épisode Les Plouffe tandis que peu de temps avant ces 74 tristes personnages avaient voté pour le rapatriement de la constitution sans le Québec.Nous avons vu ce jour-là la conscription pour les Québécois et nous avons eu une constitution dont nous ne voulons pas (après quelles machinations nocturnes avec neuf premiers ministres provinciaux; devant un verre de scotch on nous a reniés.) Aussi, avons-nous entendu l’hymne O'Canada chanté en partie en français.C’est à partir de ce jour que nous avons fait la promesse solennelle de ne plus jamais l'entonner.Nous le laissons à M Trudeau et aux neuf premiers ministres anglophones.D ailleurs.il devrait être chanté seulement en anglais car comme M Diefenbaker, ces 74 «pantins désarticulés» pensent «One Canada, one Nation».Il est grand temps de cesser de tergiverser et de lever la tète haute nous Québécois et Québécoises Seulement alors, nous commencerons à être respectés comme peuple.Pour nous, il n’y a plus qu'un seul drapeau: celui du Québec et un hymne national à venir pour un peuple fondateur Qui est venu dire aux Québécois au'un non voudrait dire oui?Qui était e mauvaise foi lors des négociations Nous ne nous posons plus cette dernière question, nous en connaissons la réponse.G Gaspé.5 décembre SAINTE-CROIX K JALBERT LE DEVOIR est publié par l'Imprimerie Populaire, société é responsabilité limitée, («ont le siège social est situé au numéro 211.rue du Saint-Sacrement.Montréal M2Y 1X1 Il eel composé et imprimé par l imprimerie Dumont, division du Groupe Québécor Inc , dont les ateliers sont situés é Bt30 rué Boivin.ville LaSalle, t'agence Presse Canadienne est autorisée è employer et è diffuser les informations publiée* dans LE DEVOIR ABONNEMENT Edition quotidienne 170 00 per année; an moi*.*38 00; trois mois 127 00.A l'étranger *7S.00/par année six mois »4i 00: trois mol* *2« 00 Editions du samedi lié par année Edition quotidienne Hvrée é domic Me par porteur *2 to per *e-mame Tant de rsbonnement servi par le poste aérienne sur demande Courrier de deuxième classe enregistrement numéro 0658 Dépftt légal BlbSotbéque national* du Ouébnr TELEPHONE : 844-lSél Nu'tdelaSt-)e^ société des alcools du Québec la cave à vin des Québécois 12 M Le Devoir, Jeudi 24 décembre 1981 L’URSS entre l’Afghanistan et la Pologne Suite de la première page ?Ottawa puis dire si le montant maximal de subvention sera haussé lorsqu’il y aura plusieurs unités de logements.On ne s’est pas encore posé la question.» Chose certaine, le programme n’est pas destiné aux grandes conciergeries.Les détails techniques de ce programme ne seront précisés ou’en janvier mais M.Ouellet a indiqué nier oue les propriétaires ne pourront toucher la subvention promise avant d’avoir fait la preuve que les occupants de la maison sont malades à cause de la formaldéhyde ou que la teneur de ce gaz toxique y dépasse un dixième de partie par million (0.01 ppm), taux que le gouvernement fédéral persiste à juger «sécuritaire pour des personnes en santé.» En outre, les propriétaires devront aussi attendre que les spécialistes de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) aient déterminé les mesures correctives requises.L'objectif de ces corrections, a dit M.Ouellet, sera de ramener le taux de formaldéhyde en deçà de la norme ou à un niveau plus bas qui ne rendra plus les gens malades.Les tests requis coûteront $100 au propriétaire mais cette somme sera remboursée ensuite à même la subvention.«Il s'agit de s’assurer que les demandes seront faites sérieusement», a expliqué M.Ouellet.Les analyses et les travaux de réparation devront etre confiés à des entreprises accréditées par le Centre de coordination sur la MIUF mis sur pied à Ottawa M.Ouellet s’est dit convaincu que les mesures correctives prévues seront suffisantes oour rendre les maisons sécuritaires.Refusant d’évoquer l’hypothèse où ces remèdes seraient insuffisants, il dit attendre à ce sujet les résultats des recherches médicales confiées au ministère de la Santé nationale.Les propriétaires qui ont déjà effectué les réparations qu’ils jugeaient nécessaires, seront aussi admissibles aux subventions mais c’est le SCHL qui déterminera cas par cas s’il s'agissait bien de mesures correctives «légitimes», et à quel montant ils ont droit.Ce programme d’aide ne sera en vigueur que jusqu'à la fin de juin 1983.En effet, le gouvernement se dit convaincu que les problèmes causés par la MIUF s'amenuisent avec le temps.Il n’y aurait donc pas de raison de penser que des problèmes pourraient surgir à ravenir s’ils ne se sont pas encore manifestés.Ce plan d'aide fédéral prévoit aussi que des subventions encore indéterminées pourront aussi être accordées à des regroupements de victimes, d’autant plus que ces derniers seront appelés à indi- 3uer au gouvernement les cas qui deman-eraient une attention immédiate.On prévoit en outre que le SCHL garantira les emprunts hypothécaires des maisons isolées à la MIUF, aussi bien lors du renouvellement de l’hypothèque que lors de l’achat d’une telle maison.Selon le président de la SCHL, M.Raymond Hes-sion, cette société a bon espoir de trouver des prêteurs pour tous les propriétaires de maisons isolée à la MIUF, s’ils éprouvent des difficultés.On précise toutefois 3ue cette assurance-prêt hypothécaire evra tenir compte de la valeur véritable des maisons isolées à la MIUF’ Trois grands objectis ont présidé à l’établissement de ce programme d’aide, selon M.Ouellet: d’abord, a-t-il dit, on veut rétablir la valeur marchande des maisons isolées de cette façon et stabiliser le marché immobilier Ensuite, le gouvernement veut rassurer le public et restaurer la confiance dans la securité de ces maisons.Enfin, on veut venir en aide à ceux qui ont des problèmes de santé.Cette aide humanitaire ne contrevient aucunement au droit des victimes d’intenter des procédures judiciaires contre qui leur semblera bon, dit M.Ouellet «Nous ne demandons aux bénéficiaires des subventions aucune renonciation à leur droit de poursuite » Quant à l’attestation médicale qui sera requise des candidats à l’aide fédérale, M Ouellet a promis d’ètre très libéral à ce sujet: «Nous ferons confiance à la bonne foi des citoyens et de leur médecin Nous ne demanderons pas, a-t-il dit, 3ue le médecin se porte garant d’un lien e cause à effet entre la MIUF et les problèmes de santé.Il suffira qu’un membre de la famille ait eu, après la pose de la mousse, des symptômes qu’on peut attribuer aux émanations de ce matériau » Le ministre de la Consommation a indiqué par surcroît qu’il ne sera pas nécessaire que l’on mesure plus de 0 1 ppm de formaldéhyde dans l’ensemble de la maison Si une mesure est supérieure à ce seuil, cela suffira, a-t-il promis À l’occasion.M Ouellet a donné des (décisions qui contredisaient directement es documents remis à la presse: par exemple, le communiqué soutient que la santé amènent jusqu’à des membres du parti à mettre en doute sa capacité réelle a gouverner.Officiellement, le thème est tabou — comme un porte-parole l’a montré à Bonn, il est même sacrilège de féliciter le secrétaire général pour sa bonne mine, — mais chacun en parle d’autant plus que les informations exactes sont inexistantes.Djouna Davitatchvili, la guérisseuse d’origine assyrienne, a fait beaucoup jaser, d’autant qu’elle aurait, dit-on, interdit à M.Brejnev de porter constamment sa batterie de médailles pour ne pas contrarier l’effet des flux bioénergétiques qu’elle a le don de manipuler.Bans un État fondé sur l’interpretation la plus simpliste du matérialisme dialectique, il a fallu aux théoriciens des trésors d’imagination pour démontrer la compatibilité du rationalisme et de la parapsychologie.Un vieillard à la santé chancelante au milieu d’un aréopage de septuagénaires: la direction soviétique ne donne pas l’impression d’un dynamisme irreversible 3uand, les jours de fête, elle s’aligne ans un ordre immuable au-dessus du mausolée de Lénine.Ses discours ne sont plus animés d’aucun souffle révolutionnaire ou messianique.À part M.Souslov, qui participa à la guerre civile, et M.Pel-che, qui reste au bureau politique malgré son grand âge parce qu’il est le seul à avoir connu Lénine, les membres du bureau politique ont eu pour la plupart une formation de techniciens supérieurs avant leur entrée dans l’appareil du parti.Pour un peu, ils offriraient l’image de gestionnaires consciencieux et prudents d’un socialisme alimentaire.Ils n’ont pourtant pas renoncé aux aventures extérieures, comme le montre l’occupation soviétique de l’Afghanistan.Et, d autre part, leur gestion économique se solde largement par un échec.comme en témoigne le discours de M.Brejnev lui-même devant le dernier plénum du comité central.Il y a sans doute peu de pays au monde — même non démocratiques — où les dirigeants pourraient se maintenir au pouvoir après dix-sept ans de promesses non tenues et de paris perdus, au prix de quelques limogeages subalternes.Même si la direction est collégiale, même s’il n’est pas rare que l’on vote le jeudi matin lors des réunions hebdomadaires du bureau politique, M.Brejnev s’est imposé comme le cnef et, malgré sa maladie, il est resté le patron.Ses titres ne sont pas seulement décoratifs et le secrétariat général un paravent.Tous les témoignages d’hommes d’État occidentaux qui ont ces dernières années rencontré le numéro un soviétique concordent sur ce point.M.Brejnev aurait-il été le moins gênant, voire le plus maniaque pour les fractions agissant en coulisses?Rien ne permet de le supposer.Il doit plutôt la pérennité de son pouvoir à son statut de plus grand dénominateur commun entre des groupes de pression aux intérêts parfois contradictoires, entre les cadres du parti auxquels il a garanti la stabilité des carrières, l’armée a laquelle il n’a jamais refusé les crédits, la police qui reste un des piliers du régime.Un modus vivendi s’est établi au sommet entre les «grands barons», MM.Souslov, le faiseur de rois, gardien de l’orthodoxie doctrinale, Kirilenko, secrétaire à l’organisation, et Kossyguine jusqu’à sa mort, qui dut se contenter dans les années 70 de gérer les affaires économiques.Ceux qui à un moment ou à un autre ont contesté le pouvoir de M.Brejnev, se sont posés en rivaux ou simplement se sont mis en travers de ses ambitions, ont été écartés.Parallèlement, le secrétaire général, qui cumule cette charge depuis 1977 avec les fonctions de président du présidium du Soviet suprême, a placé ses hommes à des fonctions importantes ou à des postes-clés.Le «clan Brejnev» se compose des survivants du «groupe de Dniepropetrovsk» qui ont fait leurs classes soit avec le secrétaire général, soit dans la même école, de ses conseillers dont beaucoup ont accédé au comité central après le dernier congrès du PC soviétique, et même des membres de sa famille: son fils, premier vice-ministre du commerce extérieur, son gendre, vice-président du KGB; le beau-frère de sa femme, vice-ministre de l’intérieur.Cette coterie n’a d’autre cohésion que l’allégeance au chef qui a fait leur carrière.Toute la question est de savoir si l’occupation de fonctions stratégiques dans le parti, la police ou l’armée leur suffira pour survivre à leur bienfaiteur ou si leur vie politique s’achèvera avec la sienne.Les indices d’une préparation de la succession sont fragiles et contradictoires.Les jeunes n’ont apparemment pas été préparés aux tâches suprêmes.Au contraire, les septuagénaires du bureau politique s’en méfient.Quant ils y ont été contraints, ils se sont choisi des adjoints en général plus âgés qu’eux, qui ne risquaient pas de convoiter leur place.L’absence de mécanismes institutionnels, a fortiori démocratiques, de transmission des pouvoirs, le refus d’organiser une succession «en douceur», ressemblent fort à une fuite en avant qui, en cas de disparition soudaine des dirigeants, pourrait ouvrir une période de vacances du pouvoir propice à toutes les aventures.Mais l’âge moyen du bureau politique n’est ni une excuse ni une explication.La contradiction entre l’immobilisme constaté à l’intérieur et l’activisme à l’extérieur n’est qu’un paradoxe apparent.Il convient d’y regarder de plus près.Si Ton met à part les rapports entre les deux blocs qui constituent un des principaux domaines d’intervention de la diplomatie soviétique, l’URSS s’est surtout montrée militante au cours des dix dernières an- nées dans le tiers-monde, alors qu’elle a fait preuve d’une relative discretion en Europe, occidentale et orientale.Le contraste est flagrant entre les types de réponses qu’elle a apportées â quelques mois d’intervalle aux deux menaces pesant sur son empire en Afghanistan et en Pologne.Dans le premier cas, la direction soviétique n’a hésité que quelques semaines avant de décider une intervention militaire massive en dehors de sa sphère d’influence reconnue, rompant avec les règles de bonne conduite implicitement admises entre les Deux Grands.À tort sans doute, la conjoncture internationale de .cette fin 1979 lui avait paru favorable: la tension était déjà grande avec les États-Unis à la suite du refus du Congrès de ratifier le traité-SALT 2, et l’affaire d’Iran mobilisait les pays du tiers-monde contre l’impérialisme américain.Moscou avait donc l’impression, qui s’est révélée fausse, de pouvoir agir en toute impunité.Au défi polonais, bien plus dangereux à terme pour l’empire soviétique que les coups de mains des moudjahidin afghans, les maîtres du Kremlin ont longtemps réagi avec une étonnante moderation.Des considérations conjoncturelles ont joué un rôle.Il est vrai, comme on l’a beaucoup dit, que «l’Afghanistan protège la Pologne».Pour des raisons aussi bien militaires que diplomatiques, l’URSS ne pouvait se permettre de provoquer chaque année une crise internationale.La complexité de la situation en Pologne, les interrogations sur l’attitude de son armée, la possible résistance du mouvement ouvrier, le risque d’un bain de sang, ont aussi amené les dirigeants soviétiques à y regarder à deux fois avant d’employer à Varsovie les méthodes utilisées à Kaboul.et auparavant à Praque et à Budapest.Il n’est pas nécessaire d’énumérer une fois encore toutes les anomalies que présentait la situation polonaise au regard de l’orthodoxie marxiste-léniniste pour s’interroger sur les causes profondes d’une apparente passivité soviétique.Après 18 mois, M.Brejnev a convoqué les dirigeants successifs de la Pologne révoltée, il les a sermonnés, les a cités à comparaître devant leurs pairs des autres démocraties populaires.Il a laissé sa presse se déchaîner contre les contre-révolutionnaires et a lancé ses chars dans quelques manoeuvres d’intimidation restées d’ailleurs, sur le moment, sans effet.En fait, l’URSS paraît dans l’incapacité théorique et politique de proposer une réponse aux problèmes des sociétés développées: en Europe occidentale, excepté dans quelques milieux de nostalgiques du stalinisme, elle a perdu tout pouvoir d’attraction; les pays d’Europe centrale se heurtent aux limites du «socialisme développé», quand ils n’ont pas discrètement choisi une voie originale, comme la Hongrie; le régime soviétique lui-même, soixante-quatre ans après la révolution, n’arrive toujours pas à satisfaire les besoins alimentaires de la population.Il n’a donc pas de recette à offrir.' Dans le tiers-monde, une idéologie révolutionnaire, appuyée sur des livraisons d’armes et éventuellement servie par quelques «conseillers», peut encore faire illusion, même si les Soviétiques ne sont pas particulièrement préparés à affronter les problèmes du développement.Pour des sociétés industrialisées, c’est largement insuffisant.Le désarroi des communistes polonais n’est que le reflet de l’impasse dans laquelle s’est enferré le système soviétique dans son ensemble.L’URSS a pu se montrer d’autant plus active dans le tiers-monde et prudente à l’Ouest qu’elle a obtenu la consécration du statu quo territorial en Europe à la conférence d’Helsinki.Sa conception particulière de la détente ne l’a cependant pas retenue de développer son potentiel militaire sur le Vieux Continent.Prochain article: DOUBLE DÉTENTE norme de 0.1 ppm est valable et que «relativement peu de gens sont affectés par des niveaux de formaldéhyde plus faibles».Pourtant, M.Ouellet a soutenu que seulement 16% des maisons ont plus de 0.1 ppm de formaldéhyde mais que la moitié des maisons seront admissibles aux subventions si on tient compte des problèmes de santé qui peuvent survenir a des taux inférieurs.Selon les communiqués, à peine 10% des maisons qui provoquent (les problèmes de santé, pourraient exiger des réparations supérieures à $5,000.Pour sa part, M.Ouellet estime que ce niveau de subventions permettra de résoudre de 80%; à 85% des cas, ce qui laisse plutôt un excédent de 15% à 20%'.De toutes façons, dit M.Ouellet, les maisons qui pourraient demander plus de $5,000 en réparations seront presque toujours des demeures de riches, construites avec luxe.Il en conclut que la subvention profitera surtout aux petits propriétaires qui ont des maisons modestes.D’ailleurs, les propriétaires dont les coûts excéderaient $5,000 pourront toujours intenter des poursuites ou s’adresser à leur gouvernement provincial et municipal.Ils pourront alors compter sur notre appui, a-t-il affirmé.Dans cette veine, le ministre de la Consommation a déploré que les provinces n’aient pas accepté de participer au programme en assumant la moitié des frais.Nous avions prévu offrir une subvention maximale de $3,500 si les provinces en faisaient autant, a-t-il dit.Comme les provinces ont refusé, je suis retourné hier au conseil des ministres et nous avons décidé de porter le maximum jusqu'à $5,000».La même demande avait aussi été adressée à l'industrie mais M.Ouellet n'a pas voulu commenter la réaction de cette dernière «Je ne suis pas ici pour cela, a-t-il dit II est quand même possible que le ministère canadien de la justice aide les consommateurs dans leurs poursuites contre les fabricants mais M Ouellet a dit qu’aucune décision ne serait prise en ce sens avant que la commission Lamoureux n’ait terminé son travail.Cette commission est chargée de réexaminer le problème de la MIUF pour évaluer si son interdiction était vraiment nécessaire.Ri- lo- ?Reagan nion soviétique: «Les événements traj ques qui se passent actuellement en Po ene ont été accélérés par une pression publique aussi bien que secrète de la part de l’Union soviétique.» «Les affiches proclamant la loi martiale en Pologne ont été imprimées en Union soviétique en septembre dernier», a affirmé le président américain.«L'Union soviétique, par ses menaces et ses pressions, a poursuivi M.Reagan, partage très largement l’opprobre des événements intervenus en Pologne».M Reagan a précisé qu’il avait envoyé une lettre au president soviétique Leonid Brejnev, «le pressant de permettre que soient restaurés les droits fondamentaux en Pologne ainsi que le prévoit l’acte final d'Helsinki» Dans cette lettre au leader soviétique.le président Reagan l’a informé que «si cette répression continue, les États-Unis n’auront pas d’autre choix que de prendre d’autres mesures concrètes, politiques et économiques touchant à leurs relations.» «Ce Noël apporte peu de joies aux Polonais», a fait observer M.Reagan, «ils ont été trahis par leur propre gouvernement».«En persécutant Solidarité, le gouvernement polonais mène une guerre contre son propre peuple», a encore déclaré le président Reagan, appelant le gouvernement polonais a honorer ses engagements et notamment l'accord de Gdansk conclu avec Solidarité après les grandes grèves de 1980.M.Reagan a précisé avoir écrit au général Jaruzelski pour lui faire part des mesures qu’il a prises.Il a mis en garde le général dirigeant du gouvernement militaire polonais, contre «les graves conséquences si le gouvernement polonais contenue à avoir recours à la violence contre son peuple».«Comment peuvent-ils (les dirigeants polonais et soviétiques) justifier nisage de la force nue pour écraser un peuple qui ne demande rien d’autre que le droit de mener sa vie dans la liberté et la dignité?» «Si les forces de la tyrannie en Pologne, et celles qui les encouragent de l’extérieur ne s’adoucissent pas, a-t-il dit, elles devront se préparer à de sérieuses conséquences.(.) Leur crime leur coûtera cher dans leurs futures relations avec l’Amérique et les peuples libres partout dans le monde».M.Reagan a dit que «pour témoigner de notre opposition fondamentale aux actions répressives exercées par le gouvernement polonais contre son propre peuple, l’administration a décide de suspendre les livraisons au gouvernement polonais de produits agricoles et laitiers dont l'acheminement est placé sous la responsabilité du gouvernement américain.«Cette suspension restera en vigueur jusqu'à ce que nous recevions des assurances formelles selon lesquelles la distribution de ces produits est contrôlée et garantie par des organismes indépendants.Nous devons être sûrs de ce que la moindre bouchée de nourriture fournie par l'Amérique va au peuple polonais et non à ses oppresseurs», a encore dit M.Reagan.M Reagan a déclaré que les États-Unis ne s'opposeraient pas à l’acheminement en Pologne par aes organismes privés d’aide telle que nourriture et médicaments, «aussi longtemps que nous savons que c’est le peuple polonais qui reçoit cette nourriture» M Reagan a dit que le gouvernement polonais et ses allies soviétiques «craignaient la liberté que chérit le peuple polonais».«Ils ont répondu aux remous de la liberté avec une force brutale — meurtres, arrestations massives et création de camps de concentration».En conclusion, le président Reagan a invité tous les Américains à allumer ce soir, à la veillée de Noël, une bougie, et à la placer devant leurs fenêtres, comme il le fera à la Maison-Blanche, en signe de solidarité avec le peuple polonais, et ceci à la demande de l’ancien ambassadeur polonais aux États-Unis, M.Ronald Spa-sonski, qui a obtenu dimanche l’asile politique aux États-Unis.De source autorisée, il a été précisé à la presse que la banque Import-Éxport supprimerait l’assurance d'un montant de 25 millions de dollars accordée par le gouvernement aux banques consentant des prêts à la Pologne.Les dettes de cette dernière en Occident sont estimées à 27 milliards de dollars.À propos de la suspension du droit de pêche, des sources ont indiqué que les Polonais opéraient dans les eaux américaines depuis 1977 et qu’ils y pêchaient quelque 200,000 tonnes de poisson par an, à peu près le tiers du total de leurs prises.Toujours selon ces sources, les États-Unis consultent leurs alliés de l’OTAN, en vue de l’imposition de restrictions aux exportations technologiques de haut niveau vers la Pologne mais les États-Unis sont prêts à imposer de telles restrictions même si leurs alliés refusent d’en faire autant.Dans un commentaire sur le discours présidentiel, un responsable de l’administration Reagan a déclaré à la presse que M.Reagan avait fait part à l'URSS de ses de chaque année, grâce à la ligne de transmission de 1,360 MW.D’autre part, un porte-parole d’Hydro-Québec a déclaré au DEVOIR qu’aucune négociation «sérieuse» n'avait encore été entreprise avec les Américains pour l'ex- Eortation éventuelle d’électricite de base.ors d’un séminaire sur les échanges d’électricité entre le Québec et les États-Unis, tenu en septembre, M.Duhaime s’était dit disposé à commencer les pourparlers avec les Américains.Parmi les hypothèses envisagées, on parle de devancer la construction de barrages québécois, initialement prévus pour la prochaine décennie, afin de vendre de grandes quantités d’électricité aux états américains voisins pour une période de 15 à 20 ans.Les Américains avaient déjà promis de financer ces projets.Mais, depuis, plus rien.+ Armée les hauts fourneaux si les forces de l’ordre y pénétraient.Jusqu’à présent, Radio-Varsovie utilisait la formule générale de «forces de l’ordre» et dans son contemple rendu de la fusillade dans la mine Wujek, qui avait préoccupations concernant la responsabi- fajt officiellement sept tués, elle a parlé .lite des Soviétiques dans la crise polo- (je «fonctionnaires de la milice blessés» naise.Dans son discours, M.Reagan a dit: «Ce n’est pas une coïncidence si le maréchal soviétique Xoulikov, chef des forces du Pacte de Varsovie, et d’autres officiers supérieurs de l'Armée rouge, se trouvaient en Pologne au moment où des actes ont été commis.» «Et ce n’est pas une coïncidence si les proclamations de la loi martiale imposée en décembre par le gouvernement polonais ont été imprimées en septembre en Union soviétique.» Le responsable a indiqué que le président était prêt à prendre d’autres mesures à l'encontre de Moscou, si ce dernier ne faisait pas en sorte que soit mis fin à la répression en Pologne «dans un délai proche et limité » Il n'a pas donné d’autre précision sur la durée du délai fixé par M.Reagan.Les États-Unis envisageront d'autres mesures avec leurs alliés européens dans les jours qui viennent, a ajoute le responsable.Il a expliqué que l’objectif des États-Unis n’était pas «de punir mais de contribuer à une réconciliation» entre Solidarité, l’Église et le gouvernement militaire.Hydro-Québec ford, situé à la frontière du Vermont et du New Hampshire.Cette ligne aura une capacité initiale de 690 mw Elle permettra d'abord aux deux réseaux de s'échanger de l’énergie au moment des périodes de pointe.Si Hydro-Québec possède de surplus durant les heures normales, elle pourra ensuite les distribuer à NEPOOL Ces deux contrats représenteront deux des trois plus importantes ententes d'exportation d'Hydro-Québec L'autre, signé en 1979 pour une période de 20 ans.porte sur la vente de 800 MW de puissance à PASNY, entre le 1er avril et le 31 octobre La procédure suivra son cours Mme Thatcher répondra à M.Lévesque LONDRES (AFP-PC) — Le gouvernement britannique n'a guère l’intention de «suspendre» 1 examen par le le Parlement de Westminster du projet de rapatriement de la Constitution canadienne comme l'a demandé le premier ministre du Québec M.René Lévesque, a déclaré hier un porte-parole du premier ministre britannique.Mme Margaret Thatcher Le projet de loi britannique devant permettre le rapatriement à Ottawa de la constitution canadienne, conservée à Westminster depuis 1867.a été introduit mardi soir en première lecture à la Chambre des communes.La publication de ce projet de loi accompagne le document canadien sur la réforme de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique qui avait été officiellement transmis le 9 décembre dernier à Londres à la Reine Elizabeth d'Angleterre Le projet de loi britannique doit à présent faire l'objet d'un débat en deuxième lecture aux Communes avant le vote des députés et ensuite des lords Ce débat devrait intervenir au début du mois de janvier après les vacances parlementaires de Noël et le vote final, estime-t-on à Westminster, pourrait avoir lieu avant la fin février Le projet constitutionnel canadien qui inclut une Charte des droits et des libertés et une formule d'amendement de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique, a été approuvé par le Parlement fédéral canadien et les neuf gouvernements des provinces anglophones, à l'exception du Québec Le premier ministre québécois a cette semaine écrit personnellement au premier ministre britannique.Mme Margaret Thatcher, pour lui demander de «suspendre l’étude au Parlement de Westminster» du projet de rapatriement de la constitution canadienne M Lévesque a demandé aussi à Mme Thatcher d'attendre que les tribunaux se soient prononcés sur le «droit de veto» du Québec M.Lévesque a fait valoir qu'une suspension de l'étude de la demande canadienne «est la seule attitude qui soit compatible avec les exigences de la Justice, compte tenu de la situation unique du Québec» Un porte-parole de Downing Street a également précisé hier que Mme Thatcher allait incessamment répondre à la lettre de M Lévesque mais que la procédure parlementaire allait suivre son cours Dans les milieux officiels britanniques on demeure confiant que le projet de loi autorisant le rapatriement de la constitution canadienne recevra l’aval du Parlement de Westminster Ainsi, ajoute-t-on, le Canada pays membre du Commonwealth cesserait officiellement d’être une colonie de la couronne D'autre part, un porte-parole du premier ministre.Mme Margaret Thatcher, a déclaré hier que le gouvernement britannique pourrait attendre le résultat de I appel interjeté par les Indiens de l'Alberta devant jes tribunaux, avant de débattre en deuxième lecture ce projet de loi sur le rapatriement de ^constitution canadienne.l«i cause des Indiens, en Cour d’appel de Grande-Bretagne, a été fixée aux 1er et 2 février Les Indiens sont d’un avis contraire au gouvernement qui.le 11 décembre, a déclaré que «toutes les obligations des traités avec les Indiens sont devenues la responsabilité du gouvernement du Canada en devenant indépendant, au plus tard avec le statut de Westminster de 1931».Pour les Indiens, cette responsabilité relève toujours de la Grande-Bretagne, qui doit donc s'assurer que leurs droits sont respectés avant d'accepter le rapatriement Entre-temps, Justice, la section britannique de la Commission internationale des juristes, tiendra uae conférence sur les traités avec les Indiens, le 27 janvier Le président de cette conférence sera lord El«yn Jones, un ancien solliciteur général II y aura également la participation de la Fédération des Indiens de la Saskatchewan M Paul Sieghart.président du comité exécutif de Justice, a souligné que la section britannique était vouée à la préservation des libertés traditionnelles dans les territoires relevant de la compétence de Westminster Ij» position du gouvernement britannique sur les Indiens est appuyee par le comité parlementaire des Affaires étrangères.présidé par Sir Anthonv Kershah Un autre rapport du comité sera publié le 18 janvier, a fait savoir l'un de ses membres, le député travailliste George Foulkes, mais rien ne sera changé dans l’attitude première du comité.Après la chute de l’aciérie, les deux mines occupées de Tychy, Piast et Ziemo-wit, restent les seuls, foyers de tension évoqués ouvertement par la Radio, qui ne mentionne plus la mine Anna dont elle avait annoncé incidemment l’occupation, et reste muette sur la situation dans plusieurs grandes usines du pays.À Piast.1,587 mineurs restent toujours dans les galeries souterraines qu’ils occupent depuis dix jours.Selon la radio, un «groupe d’extrémistes» empêcherait de sortir certains mineurs souhaitant remonter à la surface.Cependant la même radio annonce dans presque chaque bulletin la sortie dç petits groupes de grévistes et comptabilise scrupuleusement les abandons: depuis dix jours le nombre des mineurs restant au fond de Piast a baissé de 1.850 à 1,587.Selon un journal de Katowice, cité par Radio-Varsovie, les grévistes de Piast exigent la levée de l’état de siège, la libération de toutes les personnes internées ainsi que l’immunité pour tous les participants à leur action.Dans l'autre mine occupée, Ziemowit, 1,002 ouvriers restent au fond des galeries.Le général Wojciech Jaruzelski a fait hier sa première apparition publique depuis qu il avait annoncé l'instauration de l'état de siège le 13 décembre.À cause de ce long silence; certains observateurs s’étaient demande si le chef du parti et du gouvernement contrôlait toujours totalement le régime militaire Le général Jaruzelski a rencontré 69 intellectuels à qui il a fait un exposé sur la situation politique, sociale et économique du pays, a annoncé Radio-Varsovie.Il leur a demandé «d’agir pour sauver la patrie, renforcer l'État et construire une plateforme d’entente sociale et patriotique».Pendant ce temps, à New York, un comité de soutien a Solidarité a remis à l’ONU un communiqué affirmant que plus de 100.000 personnes ont été internées ou arrêtées en Pologne depuis la proclamation de l'état de siège.Ce communiqué accompagnait une pétition demandant aux Nations unies d'envoyer des observateurs en Pologne et «d exercer une pression économique et politique sur les pays membres du Pacte de Varsovie qui soutiennent la junte Jaruzelski afin de faire mettre fin à l'état de guerre, de rétablir les libertés démocratiques et d'obtenir la libération des personnes détenues» Dans les divers camps d'internement, les prisonniers, selon ce comité, vivent dans des tentes sans chauffage sous un froid glacial, sans eau.et presque sans nourriture, et des gardes auraient tiré sur des détenus.Le sort des prisonniers est aussi l’une des priorités d action du «conseil social» auprès du primat de Pologne, dont on a appris à Rome hier qu’il venait d'être reactivé après avoir été mis en sommeil par l’état de siège.Ce conseil aurait obtenu l'amélioration des conditions de détention d'un certain nombre de prisonniers, et la libération de huit prêtres Sur le plan sanitaire, un médecin français a décrit hier un manque «tragique» de médicaments.Ayant séjourné une semaine en Pologne en tant que membre de l organisation Médecins sans frontières, le Dr Rony Brauman a indiqué que la situation est «des plus précaires» dans les hôpitaux où «des centaines» de patients ne peuvent être soignés Dans le même ordre de preoccupation, la radio polonaise a annoncé que de nombreux cas d'intoxication alimentaire ont été diagnostiqués à travers tout le pays, dûs principalement à de la viande de porc mal conservée.La radio de la capitale polonaise a évoqué pour la premiere fois la situation à Szczecin, le port le plus important de la côte balte.Selon la radio, la grève a été effective dès les premiers jours suivant l’instauration de l’état de siège dans les chantiers navals, les usines et les docks de la ville, mais la plupart des entreprises fonctionnent désormais normalement.La radio ajoute toutefois qu’au chantier naval Warski seuls les services d’entretien sont au travail.Les ateliers ne rouvriront que le 4 janvier.Elle ne donne aucune explication à ce délai.Dans les milieux diplomatiques occidentaux, on a fait état au début de la journée d’hier de grèves de résistance passive à Szczecin.Les dockers se présenteraient notamment sur leur lieu de travail mais refuseraient de travailler.D’autre part, dans son message de Noël, Mgr Jozef Glemp, primat de l’Église catholique polonaise, exhorte ses compatriotes à croire encore à la pérennité des accords de Gdansk d’août 1980.Dans les extraits de l’homélie, diffusés hier par la chaîne de télévision commerciale britannique ITN, le prélat déclare: «Que puis-je vous dire, en ce moment de détresse?Je n’ai qu’un seul voeu à formuler: que l’état de guerre prenne fin avant Noël.«Nous pouvons sacrifier une grande partie de nos espoirs dans le domaine économique, mais les structures économiques et sociales doivent fonctionner normalement dans le cadre établi par les accords du mois d’août.+ Négociations Suite de la page 11 ont en effet créé insatisfaction et rancoeur tant chez les employeurs que chez les travailleurs et les usagers du système.Il importe de rétablir l'équilibre et de laisser les différents organismes adapter leurs conditions de travail aux besoins de leur milieu respectif.Les régimes d’assurance vie.maladie et salaire n’ont guère subi de modifications importantes au cours des deux dernières rondes de négociations.Au surplus, il y a fort à parier que les centrales syndicales ne voudront pas torpiller le régime actuel des droits parentaux.Voilà donc deux points que nous suggérons de laisser à la négociation nationale et sur lesquels le gouvernement peut dormir sur ses deux oreilles.Reste le régime de sécurité d’emploi que les parties auraient avantage à raffiner et à modifier au fur et à mesure que les problèmes se présentent.Ce régime, comme les deux premiers, finira sans doute par trouver son point d’équilibre et son rythme de croisière.Quant aux salaires, nous croyons que l'État devrait les négocier avec le front commun des centrales syndicales.Cette négociation devrait aussi être permanente de telle sorte que les ajustements de traitement épousent davantage les fluctuations de notre situation économi- 3ue.Surtout.l'État québécois devrait se oter d'une véritable politique salariale pour ses employés des secteurs public et para-public.Tous les travailleurs devraient être rémunérés en fonction de leur catégorie d’emploi et selon une échelle unique qui tienne compte à la fois de la fonction et de la responsabilité qui s’y rattache.24 décembre par la PC al l'AP 1943: le président américain Roosevelt nomme le général Dwight Eisenhower commandant-en-chef des forces alliées qui débarqueront en France; 1942: assassinat de l’amiral Darlan a Alger; 1924: la république est proclamée en Albanie: 1814: le traité de Cand met fin â la ?uerre entre les Etats-Unis et la irande-Bretagne; 1800: un complot contre la vie de Napoléon est découvert à Paris; 1798: la Grande-Bretagne et la Russie concluent une alliance contre la France: 1524: mort de Vasco de Gama.le navigateur portugais qui découvrir la route des Indes 1978: les ministres des Affaires étrangères d’Israël.d'Egypte et des Etats-Unis se rencontrent à Bruxelles pouf tenter de relancer les pourparlers sur la paix au Proche-Orient; 1970: un tribunal de Leningrad condamne à mort deux personnes accuséeti d’avoir tenté de détourner un avion; 1951: la Libye devient une fédéraUon indépendante sous le roi Idris 1er; 3 LE DEVOIR Montréal, jeudi 24 décembre 1981 CULTURE ET SOCIÉTÉ EN VENTE PARTOUT r*>n rr Éditions Sélect NOEL AUDET Ah, l’amour l’amour Un amour sur le pouce par MARIO PELLETIER C ’EST en mettant les pieds dans l’eau à Saint-Aubin-sur-Mer pour pêcher les étrilles avec les Normands que Noël Audet a reconnu sa Gaspésie natale: sa petite enfance à Maria est remontée à la surface de sa mémoire en un mois ou deux.Et le poète, qui était devenu en dix ans silencieux et professeur de littérature, s’est remis à écrire.Il n'avait plus le choix.Il a retrouvé le plaisir d écrire avec son récit Quand la voile faseille, publié l’an dernier chez Hurtubise HMH.Depuis ce temps, l’écriture n’a jamais cessé de le conduire à lui-même et au monde.Voici qu’auiourd’hui Noël Audet nous donne un joyeux roman: Ah, l’amour l’amour, aux éditions Quinze.Maintenant directeur des études littéraires à l’Université du Québec à Montréal et critique au DEVOIR.Noël Audet est revenu à l’écriture après avoir publié de la poésie: Figures parallèles, aux Éditions de l’Arc en 1963 et La Tête barbare, aux Éditions du Jour en 1968.Mais pourquoi donc ce silence de dix ans entre La Tête barbare et Quand la voile faseille?Bien sûr, il y a le travail, l’enseignement, l'engagement dans la vie sociale et politique.Mais il y a plus: un certain marxisme a joué chez lui le rôle d'une véritable censure, me dit Noël Audet.«Un petit milieu de gauche par Jean Royer où je me suis retrouvé véhiculait l'idée de la littérature comme n’étant qu’une activité petite bourgeoise et insignifiante.Ce petit milieu se trouvait à censurer toute l’expression littéraire ou artistique.Et quand j’ai pris conscience de cela j’en suis sorti un peu enragé.Je me suis rendu compte que c'est exactement le contraire, que la littérature est le seul lieu vivant, combattit, qui posait les questions fondamentales, je dirais même des questions au-delà du marxisme.Je me suis rendu compte tout d’un coup que la littérature menait des luttes.Mais d’une façon plus subtile que le poing en l’air dans la rue.À long terme, elle peut être beaucoup plus efficace pour des transformations profondes des rapports humains.» Ainsi donc Noël Audet a retrouvé en Normandie le chemin de son écriture et de son enfance.Son premier récit, écrit alors qu’il était à Saint-Aubin-sur-Mer, professeur invité à l’Université de Caen, est un témoignage sur une culture en voie de disparition, la sienne et celle d'une Gaspésie.Aujourd'hui, dans un deuxième roman, le pays reste la toile de fond d'une histoire :¦ p§|| iÉilll Photo KÈRO lÉPfÿw- ü mi < d'amour.Et le plaisir d’écrire est total.D'ailleurs, le plaisir d'écrire appartient de la même façon aux hommes qu'aux femmes, ajoute Noël Audet.«Certaines féministes affirment que les temmes écrivent avec leurs corps et que c’est merveilleux.Elles disent d'autre part que les hommes écrivent avec leur tête et que c’est pitoyable.Moi, je n’ai jamais compris ces affirmations J’ai toujours eu la certitude d’écrire exactement dans le sens de ce qu’elles entendent par «écrire avec son corps».Quand j'écris, c'est tout l'être qui participe à l’écriture.Les pulsions, l’esprit bien sûr, la sensibilité, l’oreille: tout participe à l’écriture.Cela n'a strictement rien à voir avec la rationalité qu'on peut attribuer aux hommes.» Dans son roman, Noël Audet ne part pas en guerre contre la femme mais il sait raconter joyeusement l'histoire d une séparation.L'humour ne manque pas à l’amour.L’écriture respecte au contraire les chemins découverts.«Je me considère tout-à-fait acquis aux idées féministes.Mais justement, parce que j’ai jéjà réfléchi avec les femmes, je trouve maintenant que j'ai le droit de dire là où je ne suis pas d'accord: c'est-à-dire à ?haque fois que le féminisme rejette l'homme comme une crapule ou considère tous les hommes comme étant des vulgaires profiteurs, des domina- teurs, etc.eh bien moi, je ne marche plus.Il y a une partie du féminisme radical que je trouve absolument mal engagé.Il était nécessaire historiquement mais il ne répond plus à mon avis aux besoins des femmes.En tout cas, si je regarde autour de moi, il me semble que les Québécoises en particulier ont besoin d’un autre discours.Ce dont je parle c’est exactement ce sentiment d'égalité et j'en fais une condition fondamentale de l'amour.Dans mon roman, j’essaie de montrer que si un couple échoue c’est qu'il n'y a pas à la base cette égalité fondamentale.Il faudrait parler aussi de la gratuité.Dans l'amour, il n’y a pas besoin de cinquante-six simagrées.Quand tu es en présence de quelqu’un qui te remplit assez pour que tu aies envie de lui donner n'importe quoi.C’est réciproque, Vamour.L'autonomie et la liberté, ce sont des choses qui se prennent et non pas des choses que l’on obtient à genoux ou que l’on impose.La guerre des sexes, elle est peut-être encore nécessaire pour certaines institutions et certains hommes qu’on voit agir.Mais je pense qu’il faut aussi regarder et travailler ailleurs.Les hommes et les femmes plus jeunes sont en train de changer le rapport amoureux.Ils n’ont pas les mêmes blocages que leurs aînés.Ils se posent beaucoup moins de fausses questions.Ils Suite à la page 24 Bruno Carrière tourne «Lucien Brouillard» .SAINT-HENRI, près de la station de métro Charlevoix.Dans un minuscule logement au deuxième étage d'une maison plus que modeste, le réalisateur Bruno Carrière tourne quelques plans de Lucien Brouillard, son premier long métrage de fiction.Carrière en est à sa quatorzième journée sur un tournage qui prendra fin au tout dénut de janvier.Autour de lui, Pierre Mignot, directeur de photographie, Serge Beauchemin, preneur de son.et plusieurs autres techniciens.Des comédiens aussi: Pierre Curzi.Paul Savoie.Frédérique Collin.Roger Blay, Marie Tifo et Jean Duceppe ne tournent pas cette iournee-là.Le producteur tené Gueissaz est sur place, le producteur associé Marc Daigle est ailleurs Cette production de l'ACPAV, l'Association coopérative des productions audio-visuelles, semble se dérouler sans problèmes mais avec des moyens limités.Le producteur René Gueissaz m explique que le budget final devrait se situer entre $450,000 et •$500,000, budget modeste selon les termes mêmes de l'Institut québécois du cinéma qui.avec la Société de développement de l’industrie cinématographique cana- par Richard Gay dienne.Radio-Canada et Famous Players, a rendu possible ce tournage.$160,000 doivent être trouvés dans le secteur privé et pour le moment le financement intérimaire est assuré par l'ACPAV, l'équipe technique et les comédiens qui ont tous accepté de réinvestir dans le film une partie de leur salaire.«L'idée originale à la base du film, affirme le réalisateur Bruno Carrière, est de Jacques Jacob.Le scénario a été travaillé par lui.par moi et aussi par Jacques Paris qui est intervenu plus tard.C’est un film essentiellement social, basé sur ce qu’on appelle en anglais un «hate-love relationship» entre le personnage central.Lucien Brouillard interprété par Pierre Curzi et Jacques Martineau joué par Roger Blay.deux amis d'enfance qui sont issus du même orphelinat.À l'âge de douze ans.Martineau a été adopté Kar une famille riche dont il a érité la culture et les biens Lucien, lui.n'a jamais été adopté: il s’est promené d’or- phelinats en foyers nourriciers, a connu une adolescence difficile et est toujours resté un peu délinquant.Le film commence au moment où les personnages ont un peu plus de trente ans et on voit l'histoire des deux en parallèle et aussi en convergence.Lucien a toutes sortes de préoccupations sociales mais fait des mauvais coups; Jacques, lui, est devenu avocat et est main- tenant ministre.Mais d’un côté Lucien fait de la prison et de l'autre Jacques voit sa carrière bloquée.Finalement Jacques propose à Lucien d'assassiner son ennemi politique, le premier ministre, mais les choses tournent mal et.à la toute fin.les deux meurent».«Lucien Brouillard, ajoute son interprète Pierre Curzi, c’est une sorte de pur dans sa volonté de travailler pour les gens qui en ont besoin C’est une pureté révolutionnaire, mais une pureté un peu suicidaire aussi.Pour ce qui est du film, son propos traite de la réalité, de la réalité actuelle et sociale.C’est un film qui a des incidences politiques aussi : le premier ministre, dans le film, est à la tête d'un parti qui s'appelle le Parti progrès siste québécois.Ça ressemble à quelque chose et c’est pas un hasard.Je trouve ça intéressant que notre cinéma de fiction se tourne vers ce qui se passe maintenant alors que ce n'était pas le cas depuis quelque temps».Selon Bruno Carrière, l'environnement prendra beaucoup d’importance dans le film.«Le choix de tourner presque tout le film dans St-Henri, Pointe-St-Charles, le-Émard, Verdun, c’est délibéré.Ce sont des quartiers qu'on oublie trop souvent.La figuration aussi est faite par des gens du coin.Un des buts du film c’est précisément de montrer cette réalité-là et quand on regarde les rushes ça y est, ça passe».«La raison pour laquelle je suis venu tourner dans cette partie-ci de la ville c’est que j'avais fait deux documents ici : un document pour la pharmacie comunautaire et un autre pour la clinique qui s'intitulait Vous sentez-vous bien dans votre peau?et qui avait pour sujet les problèmes de santé et d’accidents au travail et leurs répercussions sur le noyau familial.Il y a beaucoup de gens que j’ai rencontré a ce moment-là qui m'ont inspiré pour Lucien Brouillard Suit* à la page 24 NOËL Audet s’était fait remarquer l'an passé par des récits gaspésiens d’une très belle facture, intitulés Quand la voile faseille.Avec le roman qu’il nous offre cette année, la voile se gonfle vers le large de l’écriture, tout en gardant son ancrage gaspé-sien.C'est en effet autour de la Gaspésie, pays natal de l'auteur, que tourne Ah, l'amour l’amour (1), récit du dénouement et d'un lien matrimonial qui a duré dix ans, le temps d’une révolution tranquille.André et Astrid se rencontrent à l’été 1960, faisant du stop près de Rivière-du-Loup.Ils joignent leurs pouces et leurs tentes pour faire le tour de la péninsule, et c’est le début d'une histoire qui s'achèvera amèrement une décennie plus tard, à Petite-Matane.Entre-temps, on assiste à la lente évolution d'un malentendu initial, mais sans effet de lenteur, car le style alerte de l’auteur, les lueurs qu'il fait jaillir du silex des mots, les péripéties intérieures qu’il sait attacher à l’événement le plus banal, nous préservent de ce centre mou ou de ces franges arides dont trop de romans nous affligent.Nous sommes plutôt entraînés avec maestria dans un déroulement efficace où les deux temps de la liaison amoureuse, la montée et la descente, s’engrènent l'un dans l'autre pour arriver simultanément a leur paroxysme.Le voyage initial, pour ne pas dire initiatique, en Gaspésie s'accomplit à petit train, au hasard de l’automobiliste obligeant.De villages en montagnes, d'anses en rivières, la découverte amoureuse se fait dans le même temps et au même tempo, comme deux géographies qui s’éclairent l une de l'autre.Mais le thème de la femme-pays, déjà usé, l'auteur prend garde d'y verser, sauf en humour.«Et c'est là, à Gaspé, à l’hôtel Jeanne-d'Arc, où nous avions pris chambre pour être plus à l'aise, c’est là qu’Astrid m'ouvrit son estuaire, sa baie, son golfe.Elle devait me prendre pour Jacques Cartier le découvreur d’a-ménques, à voir avec quelle réticence jalouse elle consentait à me confier son trésor.» 11 y a d'autre part, de lieu en lieu, l'accompagnement en sourdine des légendes, comme pour bien ancrer cet amour naissant dans le pays profond.C’est la voix du vieux conteur Zidore Roussil, mise en italiques comme une voix off, qui passe ainsi dans le récit comme un air de violon.Au sujet des âmes errantes de l'Anse-Pleureuse, celles de deux amants malheureux: «Ça braillait dans la montagne, ça geignait des longues lamentations sèches, toujours les mêmes, surtout l’automne, quand y'a plus de feuilles pour éteindre le bruit de c’te parlure-là On a dit: C’est l’âme à Eugène pis celle à Cécile qui se frottent au malheur, qui déclament comme des chats en chaleur du printemps, parce qu'y font rien qu’se voir de loin, y’ont rien pour se toucher que leurs voix lamenteuses.» Le narrateur, qui confronte aujourd’hui ce voyage sur le pouce avec l’odyssée malheureuse du mariage, découvre que les fumées du coup de foudre l’on aveuglé.Il aurait dû voir qu’elle n'était pas faite pour lui, cette Astrid éthérée, qui a souvent tendance à perdre pied — elle se tord une cheville puis finit par se fracturer une jambe en glissant d'un cap.Cette fracture correspond à la rupture du couple, dix ans plus tard.Il y avait là un presage.La rupture en fait commencera insidieusement par une fêlure qui ira s’élargissant avec le désaccord sexuel.Astrid s’entoure graduellement d'un mur de réticences.Il faut pour l'apprivoiser un chassé-croisé de plus en plus subtil d’approches, de reculs et de mines de rien.Avec les années, éventé de la sorte, le vin de l'amour tourne à l’aigre, et l’arrivée de deux enfants n'arrangent pas les choses, au contraire.Astrid un jour découvre l’âme soeur, un musicien comme elle.Elle essaie d'imposer le triangle à André, et ça grince aux entournures II faudra cependant la mort d’un enfant pour consommer vraiment la rupture.Ce roman, même s'il n’en a pas la prétention, pourrait bien être ce qui s’approche le plus d une chronique intime de revolution sexuelle du Québec.Fin cinquante, début soixante, on a fait éclater le corset du peche: apres, il en est resté encore longtemps des ba-laines de culpabilité dans la chair, et enfin .serait-ce l’amour?Les Québécois commenceraient-ils à s'aimer?C'est en tout cas l'hymne à la joie que nous laisse entrevoir l’irruption de Liana dans le récit Un souffle de passion, et toute amertume est balayée, tout redevient possible.«Astrid ne savait pas recevoir et ca me faisait mourir J'avais l'âme comme une fleur ae bordel à force de proposer ma marchandise.Dana par contre a la passion où d'autres ont la peau: un effleurement léger et toute l'étreinte surgit, et l'on se retrouve en pleine communication des profondeurs».Liana, c’est peut-être aussi la solution à ce nouveau péché qui s'appelle la phallocratie Elle sait désirer le mâle de son propre mouvement, faire éclater cette fé-minitude qui rime avec solitude sans rien aliéner de son intégrité: «Liana ne se sent pas dominée quand Suite à la page 24 (I) Ah, l'amour l'amour, roman de Noël Audet.éd Quinze Prose, entière Montreal.1981, 191 pages PIERRE Saint-Jacques a 29 ans Dans les classeurs et les fiches du gouvernement, il est inscrit a titre de musicien, sans Ig moindre précision sur la famille musicale à laquelle il appartient Pierre Saint-Jacques ne le sait pas lui-même II sait seulement 3u il a commencé à pianoter ans la maison familiale de Laval Le piano venait à peine d être installé dans le salon qu'il improvisait déià sur les claviers blancs et tel un jeune Mozart de banlieue composait ses propres pièces.Pierre Saint-Jacques n'a jamais eu de professeur de piano, de cours de solfège II a appris à jouer tout seul, il a appris à l'école buissonnière de la vie, «sur le tas» Son passé musical est vierge de toutes références académiques, de toute grammaire, de toute formation, de toute déformation, de toute tradition Il se souvient seulement d'un solo de saxe entendu à la radio un jour à 13 ans qui le dérouta complètement II se souvient aussi d'un disque acheté à 17 ans.Let mu Children Hear Music ae Charles Mingus «Je n'ai jamais senti le besoin d'aller Appelez ça le jeune jazz québécois par Nathalie Petrowski chercher une technique, dit-il, mieux encore, je m'v suis opposé Je voulais développer mon propre style et j'en suis arrive à une sorte de phrasé bebop de mon propre cru J'étais révolté à I idée de monter la musique des autres J'étais nationaliste je suppose, en tous les cas j’étais obsédé par l’originalité » Pierre Saint-Jacques se souvient de querelles idéologiques opposant son propre groupe de recherche Octoga-phe au groupe Mash.un groupe qui devait connaître une brève carrière commerciale à Laval Les créateurs VS les commerçants «C’était pas une question de se faire passer pour un autre, c’est juste que je tenais à mon indépendance » En 1973, après la dissolution d'Octogaphe, Pierre Saint-Jacques fondait Nebu, un groupe de free jazz, jeune et Nebu blanc Sacrilège crièrent les puristes et militants s'élevant contre la mutation du jazz traditionnel vers une forme hybride.blanchie et diluée Quand on est jeune et blanc, québécois par-dessus le marché.on gratte sa guitare et on écrit des chansons pour les cafés Pierre Saint-Jacques et ses amis n'écoutaient pas La musique québécoise à travers son parcours désorganisé ne s’est jamais laissée abattre par les critiques ou les complexes Elle en a toujours fait à sa tète, sans tenir compte des lois, des structu res.sans jamais chercher a instaurer une forme de continuité Son histoire est illuminée par des moments privilé giés perdus dans la masse des courants importés et contra dictoires Que peut-on dire de la musique québécoise dans son ensemble sinon qu elle ap parait souvent comme un acci dent de parcours, revampêe pour les besoins de la cause nationale mais rarement soignée et soutenue d une génération à l'autre L'affirmation est valable dans l'univers précaire du jazz québécois «On est très différents des autres générations de musi- ciens.avoue Pierre Saint-Jacques En fait, quelle autre generation’’ Je me souviens de l lnfonie du Jazz libre du Québec, du Ville Emard Blues Band même, mais que s'est-il passé?Les gars ont disparus ou alors sont devenus fonctionnaires a Radio-Canada J'aurais aimé avoir un contact avec cette génération-la, sentir qu'il y avait une connection J ai failli le faire une fois avec Gaby Johnston, c'était le seul fou qu'il restait II est mort le jour où le PQ a été porte au pouvoir » Pierre Saint-Jacques a quand même eu de la chance il n'a pas eu de professeur de piano mais il a quand même écouté Charles Mingus et compris qu’on ne s'improvisait nas jazzman du Jour au lendemain Michel Cusson et Alain Caron du groupe Uzeb.le super groupe de fusion québécois, n on» pas été à la même école Cusson, 24 ans.guitariste et grand «pitonneux» de profession, a étudié la musique au Cégep de Drummondville Alain Caron 26 ans, bassiste, se définit comme un autodidacte Contrairement à Nebu Suit* A la page 24 If ! ITM I f ?Le Devoir, jeudi 24 décembre 1981 CULTURE ET SOCIÉTÉ /sciences humaines Jean-Paul Sartre Un homme engagé dans le siècle par Roger Duhamel Sartre ou le parti de vivre, de Jeannette Colombel, éd.Grasset, Paris, 1981, 320 pages.AU lendemain de la guerre et de l’occupation, (}uand la France eut recouvré sa liberté de pensée, quatre noms s’inscrivaient à son horizon intellectuel: Camus, Merleau-Ponty, Raymond Aron et Jean-Paul Sartre.Les deux premiers devaient disparaître prématurément, en plein elan, après avoir accusé nettement leurs préférences, l'un pour la littérature, l’autre pour la philosophie.Amis de jeunesse et adversaires de toujours, Aron et Sartre ont poursuivi une carrière beaucoup plus longue au cours de laquelle ils ont été en prise directe sur l’actualité morale et politique de leur temps.Sans rabaisser les ver- tus de leur remarquable versatilité, leur action constante les a fait reconnaître avant tout comme des guides, des éveil-leurs, des maîtres de l’opinion.Il va de soi que l’abattage sensationnel de Sartre, sans compter la chapelle dévote qui s’est formée autour de sa personne et dont une vestale vigilante a su entretenir la ferveur, aura beaucoup contribué à assurer à l’homme une certaine primauté sur l’écrivain.Je veux dire tout simplement que le rayonnement du personnage a atteint des gens peu familiers avec la phénoménologie de Husserl et qu’il n’a jamais été nécessaire d’avoir pénétré les arcanes de l’existentialisme pour épouser les variations du directeur des Temps modernes sur le communisme ou les guerres coloniales.C’est le privilège paradoxal des grandes vedet- tes de survivre impunément à leurs prévisions erronées.Tant il est vrai que la foi ne tient pas rigueur de la résistance des faits.Une admiratrice inconditionnelle de Sartre, Mme Jeannette Colombel, a résolu de nous entraîner à sa suite en pèlerinage.Ses titres de cicerone ne laissent pas indifférent: agrégée de philosophie et docteur ès lettres, elle possède l’avantage, outre de se mouvoir à l’aise dans l’univers des abstractions, d’avoir vécu dans l’intimité de l’écrivain et d’avoir été l’une de ses interlocutrices attentives au cours des dernières années de sa vie.Ce qui confère un ton direct et personnel à son témoignage.Mme Colombel dissipe dès le départ toute équivoque.Membre du parti communiste dans la Résistance et à la Libération, elle revendique hautement un parti pris en faveur La frénésie capitaliste par Christian Dufour Histoire du capitalisme (1500-1980), Michel Beaud, éd.du Seuil, Paris 1981,355 pages.! ON, le capitalisme n’est édé N< pas décédé sans avertir personne l’an passé, malgré le côté épitaphe du titre du livre de M.Beaud: Histoire du capitalisme 1500-1980.À ceux qui croiraient d’ailleurs que la crise * actuelle du système est terminale, l’auteur rétorquerait qu’elle sera plus probablement l'occasion, comme les crises antérieures, de profondes mutations, puis de nouvelles avancées.À moins que n’en naisse, selon le désir de Beaud maintenant exaucé en France, le socialisme Raconter 500 ans d’histoire en 300 pages sans être superficiel, faire comprendre de façon simple le fonctionnement d’un système compliqué, le pari était téméraire: l'auteur l’a pour une bonne part gagné A cause de son exceptionnel esprit de synthèse, de ses talents de vulgarisateur; mais aussi parce qu’il a su rendre son livre vivant, à l’image de son sujet capitaliste, éminemment remuant.Le côté systématique de son approche a cependant ses limites C’est au début du 16e siècle, au pillage de l’Amérique par les Espagnols et les Portugais, que Beaud fait remonter le capitalisme.L’or inonde l’Europe, aboutit dans les coffres des financiers, des marchands, d'Anvers ou d’Amsterdam.Un embryon de bourgeoisie disposent des premiers capitaux modernes.Le capitalisme démarre vraiment au début du siècle suivant, d'abord en Hollande, puis en Angleterre et en France.À la fin du 17e siècle, la bourgeoisie anglaise sera venue à bout de l'absolutisme royal; avec l’accord de la noblesse, elle prendra le contrôle du pays.La bourgeoisie française, plus faible, devra s’appuyer sur le Roi-Soleil triomphant.Le ca- Pitalisme sera très tôt, en 'rance, encadré par l’État; il en porte encore la marque.L’apparition des sinistres fabriques marque, au 18e siècle, l'envol du système Sous l’étendard du libéralisme, l’Angleterre part à la conquête du monde.Le maître-mot est partout liberté; économique en Angleterre, politique en France où règne jusqu’en 1789 l’absolutisme.Liberté pour certains seulement des trafiquants d’esclaves progressistes baptisent leurs bateaux «Rousseau», «Le contrat social».Au 19e siècle, c’est l’apothéose.Le capitalisme est maintenant industriel, l’univers devient la colonie de l’Europe, de l'îlot anglais.L’exploitation du plus faible par le plus fort atteint aussi son zénith: 13% des ouvriers anglais du coton ont en 1834 moins de 13 ans; ils travaillent 13 heures par jour, à des cadences infernales.Mais la classe ouvrière s'organise, systématisé en 1867 par Marx.La révolution semble proche, à la faveur des grandes crises qui secouent la fin du siècle.On attendait le Grand Soir, ce sera la Grande Guerre.Les ouvriers de l’Europe s'entre-tuent au nom d’impérialismes nationaux rivaux, pendant que la Russie décroche et devient l’URSS.Puis, aux États-Unis, renversement spectaculaire.Ford double le salaire des ouvriers qui se mettent à acheter des autos, à trouver du bon au système.Roosevelt conjure la crise des années 30 avec son New Deal.Les patrons parlent désormais aux ouvriers; l’État fait son entrée dans la vie économique.La machine repart de plus belle, à la faveur du coup de fouet d’une autre guerre.Eh c’est 30 ans de prospérité sans précédent, la généralisation en Occident de la société de consommation.Finies les crises.Mais non, le tiers-monde décolonisé réclame sa part du gâteau, la machine se grippe à nouveau.Vous y sommes.Beaud manifeste tout au long du livre son préjugé socialiste.Cette subjectivité bien assumée ne l’empêche pas, en général, de rendre compte des aspects positifs d’un système dont il est fasciné par la créativité, mais qu’il rejette à cause des injustices, des destructions qu’il implique.Son analyse, classique dans la gauche française, tourne autour de la notion marxiste de plus-value.Extorquée au travailleur elle permet la constitution du capital, l’organisation de la production en vue du profit, d'un capital plus grand sans cesse réutilisé.Le capitalisme est condamné à l’expansion essentiellement impérialiste, il est constamment à la recherche de nouveaux marchés, de nouveaux produits.Les crises, les guerres sont les nécessaires phases d'adaptation d’un système extrêmement souple.Ce côté frénétique du capitalisme, «machine infernale que rien ne peut arrêter», est particulièrement bien rendu dans le livre.On pense à l'accélération de la vie dans les grandes A lire et à regarder avec plaisir Au fond des yeux
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