Le devoir, 7 septembre 1994, Cahier A
[" / t , , Elections: Le Devoir prend position page A6 FONDÉ EN 191 \tm\tm \t\t \t\t \t\t 1\t\t \t\t \t\t\t \t1\tm\t \t\tm\t \t\t1\t4 \tj\t¦B» Æfp if\t 1/ Vol.I.X X X V X O 0 li M (I X T It K A I.L K M K R (' It E DITS E I* T E M It It K I !> !l I U r> i\u2018 T I' S i v g T o r o ii l o 8 .1 e Christ ia n R io u x fin stratège qui, pour se hisser au pouvoir, devra apprendre à diviser la droite avant d\u2019unir la gauche.C\u2019est un secret de polichinelle que François Mitterrand a ordonné en 1982 aux chaînes de télévision d\u2019inviter plus souvent le leader du Front National, Jean-Marie Le Pen.Avant chaque élection, Mitterrand excelle à jouer la carte de l\u2019extrême droite pour mieux embêter ses adversaires ainsi que le soulignait un autre de ses biographes, le directeur du Figaro Franz-Olivier Giesbert: «La stratégie présidentielle est claire: casser et déstabiliser la droite en favorisant le Front National».Pour l\u2019instant, le soudain engouement pour les biographies mitterrandiennes (une dizaine de titres en librairie) contribue à égratigner toujours plus les socialistes déjà en débandade.C\u2019est avec peu de conviction que Laurent f abius s\u2019est contenté d\u2019affirmer que «ce qui compte, c\u2019est le cheminement d\u2019un homme tout au long de sa vie», alors que le socialiste Pierre Moscovici se déclarait «choqué».Si les électeurs s\u2019interrogent encore sur les erreurs de jeunesse de leur président, celui-ci a choisi de se donner l\u2019absolution.«Dans ces périodes troublées, quand on est jeune de surcroît, il est très difficile de faire des choix.Je m\u2019en suis plutôt bien sorti», a-t-il confié.On n\u2019est pas sérieux quand on a 17 ans! N 1) E X Agenda \t\t.B6 Avis publics .\t.B4 \t Culture\t\t Économie\t\t.B2 Éditorial\t\t.A6 Le monde\t\t Mots croisés.\t.B4 Iæs sports\t\t.B5 M É T É O Montréal Nuageux avec éclaircies et 40 % de probabilité d\u2019averses.Max: 19 Québec Nuageux avec éclaircies.40% de possibili-I té d\u2019averses.Max: 18 Détails en B4 PERSPECTIVES Péché de jeunesse Mitterrand, un ex-pétainiste?A huit mois des présidentielles, l'affaire a Veffet\tf dune bombe est la mine triste que les Parisiens ont découvert de retour des vacances à la une de leurs journaux une photographie de François Mitterrand aux côtés du maréchal Pétain.Le cliché fut croqué trois mois seulement après la rafle du Vel\u2019 d\u2019Hiv\u2019 qui entraîna la déportation de milliers de Juifs vers les camps d\u2019extermination.L\u2019année politique s\u2019était close sur les vqpux de prompt rétablissement adressés au chef d\u2019Etat hospitalisé.La nouvelle saison s\u2019ouvre sur l\u2019exposé des liaisons dangereuses du jeune militant de droite que fut, dès 22 ans, le président français.A huit mois des élections présidentielles et alors que celui-ci s\u2019apprêtait à entrer tranquillement dans les manuels d\u2019histoire, l\u2019affaire a l\u2019effet d\u2019une bombe.Péchés de jeunesse?C\u2019est bien ce que se demande le tout Paris à la lecture de la brique de 600 pages, intitulée Une jeunesse française, François Mitterrand 1934 et 1947 (Fayard), que consacre Pierre Péan aux balbutiements politiques du leader socialiste.Non, François Mitterrand n\u2019a jamais été militant de la Cagoule, une organisation terroriste d\u2019extrême droite issue de l\u2019Action française, explique Péan qui a longuement interviewé le principal intéressé.Mais il fut dans sa jeunesse un pé-tainiste convaincu qui défilait sous la bannière «Travail, Famille, Patrie».Péan nous fait découvrir un jeune passionné tiraillé de contradictions.Un nationaliste de droite qui flirte avec le romantisme.Un littéraire qui écrit dans les revues pétainistes et fait l\u2019éloge du poète communiste Aragon.Un militant qui marche «contre l\u2019invasion métèque» en février 1935 avant de devenir l\u2019ami d\u2019un avocat juif de gauche, Georges Dayan.Un petit fonctionnaire de Vichy qui sollicite l\u2019ordre pétainiste de la francisque puis gagne Londres pour participer à la résistance sans même attendre sa médaille.Bref l\u2019acteur ambitieux d\u2019une époque où les révolutions de droite et de gauche se mêlaient pour former un tout inextricable pendant que la jeunesse, Le président toutes tendances confondues, rêvait v\tdu grand soir purificateur, a-t-il rompu .Le président a-t-il rompu avec Pétain en octobre 1942 comme il 1 affir-avec Pétain me?On se chicanera encore longtemps à ce sujet dans les cénacles en octobre parisiens.Mais plusieurs ont déjà décelé dans les années de jeunesse 1942 comme de Mitterrand la cause de ses atti-~ tudes parfois conciliantes avec la il 1 affirmer droite radicale.Est-ce pour avoir éprouvé les tentations de l\u2019horreur, qu\u2019il s\u2019est entêté si longtemps à fleurir chaque année la tombe de Pétain en dépit des protestations des victimes des rafles nazies?Est-ce par sympathie pour ceux qui n\u2019ont pas su, contrairement à lui, résister à la collaboration qu\u2019il s\u2019oppose toujours au procès de son ami René Bousquet, ancien secrétaire général de la police accusé d\u2019avoir ordonné la déportation des Juifs de France?Est ce pour avoir soutenu l\u2019Algérie française qu\u2019il fit voter l\u2019amnistie en faveur des officiers qui s\u2019insurgèrent en 1962 contre la décision du général de Gaulle de rendre l\u2019Algérie aux Algériens?Une seule chose est sûre.Celui qui, après la libération, fut ministre à 31 ans a acquis pendant ses années de jeunesse une connaissance parfaite de la France conservatrice et catholique où grouillaient des groupuscules de toute sorte.Expérience précieuse pour le fin\tnui nnnr hiscpr mi nnnvnir ripvra an- LE MONDE Jean-Paul II annule sa visite à Sarajevo PAGE A 5 L'ÉCONOMIE ^ Bell frappe un grand coup contre la concurrence PAGE B 2 L'ÉCONOMIE Hausse de 32 centièmes du taux d'escompte PAGE B 2 Sondage Sondagem-LE DEVOIR-TVA-The Globe and Mail Les Québécois accordent une autre chance au Canada anglais Parizeau devra poursuivre le dialogue PIERRE O\u2019NEILL LE DEVOIR S) il veut satisfaire les attentes de son électorat, Jacques Parizeau devra s\u2019efforcer de poursuivre le dialogue avec le Canada anglais, après son arrivée au pouvoir.Tout en s\u2019apprêtant à élire un gouvernement souverainiste, la majorité des Québécois (57%) croient qu\u2019il faudra donner «une autre chance» à des négociations avec le reste du Canada, pour le renouvellement du fédéralisme canadien.Alors que 38,2% s\u2019y opposent.Cette conclusion ressort de l\u2019enquête d\u2019opinion publique réalisée par la maison Sondagem, entre le 30 août et le 4 septembre, pour le compte du Devoir, du réseau TVA et du quotidien torontois The Globe & Mail.Effectué auprès de 1011 répondants, ce sondage montre comment les électeurs envisagent l\u2019avenir des relations Ottawa-Québec, au lendemain d\u2019une victoire pé-quiste.Majoritairement, (47,7% contre 35,4%) les Québécois conviennent qu\u2019une victoire du PQ, lundi prochain, serait considérée par le Canada anglais comme «un affront».Ils ne doutent aucunement que si Daniel Johnson demeurait premier ministre, la réaction du Canada anglais serait enthousiaste.Mais majoritairement, (41,2% contre 38,7%) ils ont répondu non à la question: «Pensez-vous qu\u2019une victoire du Parti libéral serait considérée par le Canada anglais comme une soumission du Québec au fé- VOIR PAGE A 8: CHANCE PERSONNELLEMENT.DONNERIEZ VOUS UNE AUTRE CHANCE À DES NÉGOCIATIONS AVEC LE RESTE DU CANADA POUR LE RENOUVELLEMENT DU FÉDÉRALISME CANADIEN! 32,8 % Peut-être 4.4 % Ne sait pas 5,8 % Fin d\u2019été h PHOTO JACQUES NADEAU r JOURNEE mémorable entre toutes hier pour la petite Camille Gagnon-Carrier, cinq ans, qui fait son entrée à l\u2019école Laurier, de la Commission des écoles catholiques de Montréal.Contrairement à la plupart des commissions scolaires, la CECM débutait en effet sa saison scolaire hier, soit environ une semaine après le reste du Québec.Échec à la dame Les grands partis tendent à opposer leurs candidates ou à leur laisser des comtés imprenables Ixtndi prochain, le nom d\u2019à peine plus de 50 femmes sera inscrit sur les bulletins de vote pour l\u2019un ou l\u2019autre des deux principaux partis.Moins qu\u2019aux élections de 1989.Et leurs chances d\u2019être élues sont encore plus minces; plus du tiers d\u2019entre elles se feront la lutte.dans le même comté! ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Il est encore loin le jour où l\u2019Assemblée nationale sera à moitié féminine.Malgré le vent de changement qui habite l'électorat, 51 femmes brigueront les suffrages à ces élections, comparativement à 53 en 1989.Le PLQ a accru de 21 à 23 le nombre des femmes dans son équipe.Mais le Parti québécois qui, selon toute vraisemblance, file droit vers le pouvoir, n\u2019a recnité que 28 candidates, lui qui en présentait 33 aux dernières élections provinciales.Mais ce qui, entre tout, surprend le plus dans la présence féminine aux urnes, c\u2019est que 18 candidates sur les 51 recrutées par le PQ et PLQ se livrent un duel pour obtenir le même siège.Le face-à-face qui oppose la ministre libérale Lucienne Robillard et l\u2019ex-déléguée générale VOIR PAGE A 8: ÉCHEC ÉLECTIONS QUÉBEC Parizeau attaque, Johnson se replie À moins d\u2019une semaine du verdict des Québécois, la campagne des chefs a emprunté hier des voies radicalement différentes illustrant les fortunes promises à chacun par les sondages: l\u2019un sur la défensive, l\u2019autre à l\u2019attaque.Déjà malmené par le dernier sondage Le Devoir-TVA-The Globe and Mail qui place son parti à près de 11 points du PQ, le premier ministre Daniel Johnson a connu une journée pénible, au cours de laquelle il a choisi de brandir les dangers qui, selon lui, guettent les Québécois qui seraient tentés d\u2019élire les souverainistes avant de rejeter leur option dans un référendum.La consultation de 1980 fut «le moment le plus difficile de notre histoire», «l\u2019événement qui nous a le plus divisés et affaiblis», a dit M.Johnson à Sherbrooke, avant d\u2019être accueilli plutôt sèchement par des exploitants de loterie vidéo mécontents.Quant à Jacques Parizeau, il a évoqué pour la troisième fois en une semaine, à Sainte-Foy, la nécessité pour le Québec d\u2019alléger sa réglementation dans plusieurs secteurs.Bien qu\u2019il en ait déjà proposé un renforcement, le chef péquiste affirme maintenant que la réglementation codifiée dans des milliers de pages doit faire place à l\u2019appui et à la confiance mutuels, ce qui «ne veut pas dire qu\u2019il n\u2019y aura plus de contrôle du tout».Nos informations en page A 4 VOIR AUSSI EN PAGE A 4 B Les étudiants choisissent le PQ par défaut Daniel Johnson à Musique Plus: Être réincarné en personnage de La guerre des étoiles Chrétien, Johnson et le Rocket dans le Larousse \u2022- -« ?» \u2022\u2022 \u2022« * D\u2019APRÈS AFP \u2022 .* .\u2018Il# T ean Chrétien, Daniel Johnson et Maurice Richard ont J tous trois fait leur entrée dans la nouvelle édition 1995 du Petit iMrousse, marquant ainsi une nouvelle sensibilité de la Bible des dictionnaires français pour les personnalités outre-atlantiques.L\u2019édition 95 n\u2019a accueilli par ailleurs que deux nouveaux anglicismes: «soft» et «hard», une cuvée modeste, estiment les observateurs, même si les éditeurs du Petit Larousse affirment ne pas avoir été influencés par la très controversée loi Toubon sur la défense du français.Le dictionnaire Petit Larousse, créé en 1906, n\u2019a rien d\u2019officiel mais il est devenu, au fil du siècle, le véritable baromètre de l\u2019évolution de la langue française.Et si ses auteurs participent aux commissions de terminologie qui se penchent sur les mots nouveaux, ils ne sont astreints VOIR PAGE A 8: LAROUSSE Le mouvement raëlien Le Devoir a publié le 12 juillet 1993 un reportage sur le mouvement raëlien.On trouvera aujourd\u2019hui en page A-7 le point de vue de cette organisation. A 2 I) K V 0 I K , LE M E R C R E D I S E I* T E M B R E 19 0 4 L E S A C T U A LIT E S Dix-huit comités d\u2019écoles de village font front commun contre les fermetures RACHEL DUCLOS LE DEVOIR Réunis dans la salle municipale de Batiscan, en Maurlcie, des parents représentant IR comités de défense d\u2019écoles fermées ou menacées ont décidé, hier, de former un regroupement provincial.Par la même occasion, ils ont demandé des engagements de la part des partis politiques, afin que des mécanismes de survie de la dernière école du village soient mis en place.«Le comité a été formé parce qu\u2019il faut prendre les moyens pour que survive la dernière école du * village», explique Anne Laganière, porte-parole et membre du comité de défense de l\u2019école de Bâtis-can.Les parents «exigent» des engagements fermes dé la part des partis politiques pendant la présente campagne électorale.Ils dénoncent le Parti libéral, qui, selon eux «nous a servi l\u2019argument de l'autonomie des commissions scolaires».Ils reprochent au premier ministre Johnson et au ministre Jacques Chagnon d\u2019avoir affirmé qu\u2019ils n\u2019intervien- draient pas dans le dossier.Ix?chef du Parti québécois, Jacques Parizeau, s\u2019est engagé vendredi dernier à réinstaurer une politique budgétaire favorisant le maintien de la dernière école du village.«Ces déclarations soulèvent incontestablement certains espoirs, disent les parents dans leur communiqué de presse, quoique ne présentant pas d'engagement écrit.» Les parents rappellent que si le sujet des fermetures d\u2019écoles est tant débattu dans la présente campagne électorale, c\u2019est grâce à leur action.«En fait, ni le programme politique du Parti libéral, ni celui du Parti québécois, ni même celui de l\u2019Action démocratique ne font mention du problème des fermetures des dernières écoles de village et de quar-tier», est-il écrit dans le communiqué de presse.Tout au long d\u2019une journée de discussions, à laquelle ont participé beaucoup plus de gens que prévu, les représentants, qui auparavant ignoraient ce que les autres avaient entrepris, ont fait connaissance.Un exercice utile.«Chacun a raconté son expérience, dit Mme Laganière.On s\u2019est rendu compte qu\u2019on se ressemble beaucoup.Ça nous en- courage, on se rend compte qu\u2019on n\u2019est pas tout seul.» les villages de Batiscan, Lefebvre et du quartier Saint-Jean-Eudes de Jonquière ont, séparément et pratiquement sans se consulter, initié des démarches similaires de demande de permis d\u2019une école privée.Ix>s enfants des trois écoles qui y ont été fermées ne vont pas là où leur commission scolaire les avait relocalisés, mais suivent des cours dans des locaux prêtés par la municipalité.Des professeurs qualifiés y donnent des cours et leur salaire est payé grâce à des levées de fonds.Ce sont des bénévoles qui assument toutes les autres tâches.Ixs commissions scolaires ont dû effectuer des compressions de 1250 milliard $ depuis dix ans, dont 150 millions$ l\u2019année dernière, des sommes qui ont dû être récupérées en rationalisant.Ainsi, les enfants d\u2019une école avec quelques locaux vacants ont souvent été dispersés dans plusieurs écoles de villages voisins.Au grand dam des parents qui affirment que: «Ecole fantôme -village fantôme».Le nombre d\u2019emplois à temps partiel a doublé en 20 ans Réduction des chevauchements gouvernementaux Ottawa se bute aux réticences de plusieurs provinces Ottawa (PC) \u2014 Depuis 1975, le nombre d\u2019emplois à temps partiel a augmenté chaque année pour atteindre 2,9 millions en 1993, rapporte Statistique Canada.Il a plus que doublé entre les années 1975 et 1993.En fait, près de la moitié (46 %) des 3,5 millions nouveaux emplois créés au cours des 18 dernières années étaient des emplois à temps partiel., Bien que le nombre d\u2019emplois à temps plein ait augmenté pendant cette période, il a décliné au cours des deux dernières récessions.Selon Statistique Canada, est considéré emploi à temps partiel un emploi qui exige moins dé 30 heures par semaine.La plupart des travailleurs à temps partiel le sont par choix.En 1993,43 % de ceux-ci fréquentaient une institution scolaire alors que 42 % disaient ne pas vouloir d\u2019emploi à temps plein.Les raisons varient: 13 % invoquaient (lès obligations personnelles ou familiales, alors que deux pour cent se sentaient incapables d\u2019assumer un emploi à plein temps pour cause de maladie ou d\u2019invalidité.Ce sont les femmes, surtout, qui occupent les emplois à temps partiel.Ceux-ci sont concentrés dans trois domaines: les sendees, la vente et le travail de bureau.En 1993, bien que les femmes représentaient 45 % de l\u2019ensemble de la main-d\u2019œuvre, elles constituaient 71 % des personnes qui occupaient un emploi à temps partiel par choix.Ottawa (PC) \u2014 La première tentative des libéraux fédéraux pour réduire les coûts du chevauchement des programmes gouvernementaux \u2014 la création d\u2019une commission nationale des valeurs mobilières \u2014 vient de buter contre une fin de non-recevoir de la part de certaines provinces.Les positions des négociateurs divergent tellement que certains gouvernements provinciaux envisagent de mettre sur pied leur propre commission nationale des valeurs, en se passant d\u2019Ottawa, affirment des fonctionnaires fédéraux et provinciaux, sous le sceau de l\u2019anonymat.L\u2019uniformisation des lois et règlements sur les valeurs mobilières \u2014 très disparates d\u2019une province à l\u2019autre \u2014 a été l\u2019un des premiers objectifs que s\u2019est fixés le gouvernement fédéral peu après son arrivée au pouvoir, l\u2019an dernier.Le projet a reçu une nouvelle impulsion en décembre dernier, quand les premiers ministres ont convenu d\u2019étudier la création d\u2019une commission nationale des valeurs, comme le recommandaient les premiers ministres des provinces maritimes, avec l\u2019appui de leur homologue ontarien, M.Bob Rae.Québec s\u2019est retiré de toute négociation fu- ture, au printemps.En mai, Ottawa allait de l\u2019avant, sans le Québec.Ottawa a soumis aux provinces restantes un modèle destiné à remplacer toutes les commissions provinciales de valeurs mobilières, à l\u2019exception de celle du Québec, par un organisme de réglementation national, dont le siège se trouverait à Toronto.Le gouvernement fédéral a demandé à avoir l\u2019accord préliminaire des provinces d\u2019ici juillet.Mais l\u2019Ontario, le Manitoba et la Colombie-Britannique ont exprimé des réticences devant une proposition conçue exclusivement par Ottawa, et en vertu de laquelle, entre autres, il n\u2019y aurait aucun partage de pouvoirs entre le fédéral et les provinces.Ottawa a notamment demandé aux provinces d\u2019amender leurs lois respectives sur les valeurs mobilières pour déléguer leur juridiction au palier fédéral et éviter un débat constitutionnel prolongé sur les compétences des deux paliers de gouvernement en matière de réglementation des marchés financiers.De cette façon, Ottawa serait en mesure d\u2019instituer un système de réglementation sans avoir besoin de l\u2019approbation de toutes les provinces.En Alberta, on paie plus cher l\u2019alcool depuis la privatisation de la société d\u2019Etat 40 % des 3000 employés ont perdu leur travail JEAN CHARTIER LE DEVOIR La privatisation de la Société des Alcools d\u2019Alberta annoncée en septembre 1993 a eu des effets dévastateurs pour les employés, les consommateurs et les fonds publics.Telle est la conclusion d\u2019une étude menée par le Centre canadien de recherche en politiques de rechange et rendue publique par le Syndicat des employés de la SAQ.Cette étude, pilotée par Gordon Laxer de l\u2019Université d\u2019Alberta et Duncan Green de l\u2019Université de Calgary, établit que les consommateurs paient plus chers l\u2019alcool depuis la privatisation et que l\u2019indice des prix à la consommation d\u2019Alberta a subi un bond de dix points attribuable aux hausses de tarif des spiritueux.Il ressort également de cette étude que 40% des 3000 employés ont perdu leur travail et touchent l\u2019assu-rance-chômage.Chez les autres, le salaire horaire a souvent régressé de 15$ à 6$ l\u2019heure.Malgré cela, plusieurs magasins fermeront probablement leurs portes à court terme et les consommateurs des régions éloignés paient plus chers qu\u2019à Calgary et Edmonton.Les revenus touchés directement de la privatisation ne sont pas à la hauteur des promesses non plus.Ils n\u2019ont pas atteint les 88 millions$ prévus mais un maigre 37,5 millions$.Déjà, les intermédiaires ont commencé une vaste campagne pour la diminution des taxes et l\u2019augmentation de leur marge bénéficiaire jugée insuffisante.Cette entreprise publique rapportait bon an mal an 400 millions$ à l\u2019État (434 millions$ en 1992), mais cela n\u2019est plus le cas.La SAQ a rapporté 478 millions$ au gouvernement du Québec l\u2019an dernier et 171 millions$ au gouvernement fédéral.Ix- président du syndicat des employés de la SAQ, Ronald Asselin, faisait remarquer hier que la venu cle l\u2019usine d\u2019embouteillage de la SAC) est une erreur car elle supprime une source de profits importante.Léo-Paul I.auzon, chercheur à l\u2019UQAM.affirme que le contrôle de la qualité des vins va diminuer.«Les embouteilleurs de piquette ont été jusqu\u2019à mettre du prestone dans le vin», a-t-il dit et Michel Chartrand d\u2019ajouter que c\u2019est pour mieux passer l\u2019hiver.Qu\u2019on repense l\u2019usine et qu\u2019on la modernise, demande l\u2019universitaire, mais pourquoi drainer l\u2019épargne vers un secteur non productif?L\u2019analyste estime aussi que le choix des différents alcools et vins a diminué de 75% en Alberta depuis la privatisation.«C\u2019est absurde de multiplier les points de vente pour diminuer le choix des marques», ajoute-t-il.Ronald Guèvremont, du syndicat des employés, mentionne finalement que le gouvernement ne doit pas considérer l\u2019alcool comme une marchandise ordinaire.L\u2019objectif rendu public par l\u2019État est de réduire de 20% la consommation d\u2019alcool d\u2019ici l\u2019an 2000, rappelle-t-il, et ce n\u2019est pas en privatisant la vente des spiritueux que cela se réalisera.Ronald Asselin a conclu hier le dévoilement de cette étude en annonçant que le syndicat réclame un vaste débat public avant toute velléité de privatisation de la SAQ par le nouveau gouvernement.Une pétition est en cours à ce sujet.On a obtenu 50 000 signatures et on se propose de doubler celles-ci rapidement.Les candidats des différents partis politiques seront sollicités à ce sujet avant l\u2019élection de lundi prochain.-iCNTV- Jacques Godbout, écrivain, essayiste et cinéaste/Photographié parAndré Cornellier Je désire recevoir des renseignements concernant l\u2019achat d\u2019actions de la SPEQ qui investira dans LE DEVOIR INC.NOM :_______________________________________________________________ ADRESSE :_ TÉLÉPHONE : En devenant actionnaire de la Société de placement en entreprise québécoise (SPEQ-LE DEVOIR INC.), vous manifestez votre appui à un quotidien qui donne un sens aux chiffres.Un quotidien vigilant dont les prises de position contribuent à la vitalité économique de notre société.En devenant actionnaire, vous contribuez au renouvellement du journal et vous profitez d\u2019une déduction fiscale (Québec) de 125 %, pour chaque tranche de 500 $, l\u2019investissement minimal.En devenant actionnaire, vous vous joignez aux lecteurs, aux amis, aux institutions et aux gens d\u2019affaires qui assurent en deux phases la restructuration financière du journal.En devenant actionnaire de SPEQ-LE DEVOIR INC., vous investissez dans le seul grand journal d\u2019opinion au Québec.Seconde émission par voie de prospectus SPEQ-LE DEVOIR INC.Prix : 1 $ l\u2019action Souscription minimale : 500 actions ordinaires Souscription par tranche de 500 actions ordinaires Le produit net du placement sera utilisé pour souscrire à 500 000 actions votantes et participantes de LE DEVOIR INC.Pour obtenir tous les renseignements, veuillez remplir le coupon ci-dessous et un exemplaire du prospectus définitif vous sera transmis.«JE VOUS RECOMMANDE D'INVESTIR DANS UN QUOTIDIEN QUIA LES OPINIONS DE SON COURAGE.» NOTE : Veuillez faire parvenir ce coupon à Roger Boisvert, 2050, rue De Bleury, 9r étage, Montréal (Québec) H3A 3M9 Tél.: (514) 985-3333 Téléc.: (514) 985-3310.LE DEVOIR 4 4 «La Carte d\u2019or» «La Carte d'écolier» Vous habitez sur le territoire de la CUM ou vous y payez des taxes?Vous avez 65 ans et plus ou encore vous étudiez et êtes âgé de moins de 18 ans?Vous pouvëz vous procurer la carte d'identité STCUM qui vous permettra de bénéficier de ses tarifs réduits et d\u2019économiser beaucoup d'argent lors de vos déplacements! o c o c Pré-secondaire, secondaire 1er cycle et adultes Cet ouvrage s'adresse à tous les étudiants et à toutes les étudiantes, tant jeunes .qu'adultes, mais plus spécifiquement à ceux pour qui l'apprentissage de la languè écrite présente des difficultés.Cette grammaire simplifiée se veut une solution à leurs problèmes.\u2014\t\u2022 j \u2022\tManuel (cartonné)\tV ISBH 2-7601-2583-1\tM\tMÊt&EOuÊË (238 p.) 21,75$\tM\tKMIUMW \u2022\tFiches d'activités 1\tV\tfSjMQQBf ISBN 2-7601-3340-0\tM\tfEPgÊmjffwK (248 p.) 11,75$\t: Ê\tCTHWf \u2022\tCorrigé 1\tUHOM ISBN 2-7601-3341-9\tM\tJËgMËgLMT (248 p.) 40.00 $ \u2022\tFiches d'activités sous \u2022\tCorrigé 2\tWM (à paraître sous peu) c \u2022LIBRAIRIE GUÉRIN UMVKRSiTAIRE-UQAM 335.rue Sainte-Cattlerine Est Montréal (Québec) Tél.: (514) 284-2210 Télécopieur: (514) 284-1849 \u2022\tLIBRAIRIE GUÉRINUNIVERSITAIRE El COLLÉGIAL 168-17(1.rue Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2X1K9 Tél.: (514) 861-5647 Télécopieur: (514) 861-5307 » LIBRAIRIE GUÉRIN (primaire et secondaire)\t/ 4560.rue Saint-Denis\tJ Montréal (Québec) H2.I 2L3\tf Tél.: (514) 849-1112 Télécopieur: <514)849-6360 \u2022\tLIBRAIRIE GUÉRIN (manuels d\u2019occasion)\t3 4440.rue Saint-Denis Montréal (Québec) H2.I 2L1 Tél.: (514) 843-6241 \u2022\tLIBRAIRIE GUÉRIN (manuels et littérature) Station Métm-Longueiiil Longueuil (Québec) .I4K 2T4, Tél.: (514) 677-6525 guérins 4501.rue Drolet \u2022 jSjtëE Mon! réal (Québec:) H2T 2G2 Canada Tel.: (51.4)842-3481 i\tTéléc.: (514)842-4923 wî'M ¦jqt \u2014: Comment vous la procurer?0 STCUM I.K I) K V OIK.I- K M K It t II K D 1\t7 S K I* I K M II B K I II II I -* Le devoir «- Un moment de répit pour les policiers de Chambly II est peu probable que de nouvelles accusations soient portées avant la semaine prochaine SYLVAIN BLANCHARD LE DEVOIR Aucune nouvelle accusation n\u2019a encore été portée contre l'un ou l\u2019autre des 24 policiers du poste de Chambly, pris d\u2019assaut jeudi dernier par la Sûreté du Québec.Et rien indique qu\u2019il y en aura d\u2019autres avant la semaine prochaine.C\u2019est ce qu'a déclaré hier au Devoir le procureur de la couronne dans ce dossier, Me Jean-Pierre Proulx.Depuis vendredi, le bilan des accusations portées contre les policiers de la municipalité se limite au seul cas de Yvon Guérin, accusé de complot et de trafic de stéroïdes anabolisants.Me Proulx a reçu deux nouveaux dossiers à 15 heures 30 hier.Aucun cependant n\u2019a pu être étudié.«Selon la SQ, explique-t-il, d\u2019autres dossiers me seront acheminés d\u2019ici jeudi.Si tel est le cas, aucune déconciation \u2014 nouvelle accusation \u2014 ne pourra être faite avant la semaine prochaine.Je veux avoir toute la preuve avant d\u2019aller plus loin».\u2014 Y aura-t-il d\u2019autres accusations?\u2014 Le contraire serait étonnant, répond le procureur.Curieusement, à la SQ, on indique depuis vendredi que «tous les renseignements utiles sont entre les mains du procureur», que celui-ci a entre les mains toutes les informations nécessaires pour porter, ou non, de nouvelles accusations.\t\u201e Cela est complètement faux, affirme Me Proulx.«A 15 heures hier, je n\u2019avais rien de plus que ce qui m\u2019a servi à dresser la liste des accusations portées vendredi au Palais de justice de Longueuil».De leur côté, le directeur-général de la ville de Chambly, Michel Merleau, et le directeur par intérim du poste Chambly, Réal Lague, disent tout ignorer de la situation.Pendant ce temps à Chambly, 19 des 24 policiers de l\u2019endroit ont repris du service samedi matin, les cinq autres étant toujours supendus pour une période indéterminée.«Les premières heures ont été stressantes et difficiles, dira l\u2019un d\u2019eux, mais tout est revenu à la normale maintenant.Nous sommes évidemment conscients de la côte que nous avons à remonter, il feu-ara des mois pour rétablir une certaine crédibilité».A Montréal, le Syndicat canadien de la fonction publique, syndicat qui représentre 7 des 21 membres du personnel clérical du poste de Chambly, tous interrogés jeudi par la SQ, menace de poursuivre la Sûreté devant les tribunaux pour «avoir malmené les syndiqués jeudi dernier», lors de l\u2019assaut au poste.«On les a embarqués de force, rage Claude Pomminville, porte-parole du SCFP.Ils n\u2019avaient rien à se reprocher.Ils n\u2019étaient pas des suspects dans cette affaire.Pourtant, personne ne leur a fait la lecture de leurs droits.On les a sortis de leur sommeil comme s\u2019il s\u2019agissait d\u2019üne bande de sauvages».Pomminville rencontrait hier soir les sept personnes impliquées.Il devrait remettre l\u2019affaire dans les prochaines heures à un avocat pour examiner la possibilité d\u2019une poursuite.A Québec enfin, le ministre de la Sécurité publique, Robert Middle-miss, a tenu une fois pour toute à mettre les points sur les «i» concernant la légalité de l\u2019intervention policière à Chambly, intervention qui pourrait être illégale selon le président de la Fédération des policiers municipaux du Québec, M.Jean-Guy Rocli.Invoquant l\u2019article 39 de la Loi dè la police, le ministre rappelle que la SQ est sous son autorité et qu\u2019il à plein pouvoir d\u2019intervenir si un corps policier municipal est incapable de remplir son mandat.«L\u2019article 39, dit le ministre, précise que si un corps policier municipal ne peut agir adéquatement, faute d\u2019effectifs, d\u2019équipement ou d\u2019expertise \u2014 ou pour une autre raison grave \u2014 le ministre de la Sécurité publique peut, de sa propre initiative ou à la demandé d'Aift\u2019e municipalité, charger exceptionnellement la Sûreté d\u2019y assurer l\u2019qrfoe temporairement».C\u2019est exactement ce qui est arrivé à Chambly, conclut-il.La STL offre à nouveau les tickets LE DEVOIR La Société de transport de Laval (STL) offre de nouveau à ses usagers la possibilité de payer par ticket leur passage à bord des autobus, ce qui permet des rabais substantiels à ses usagers adultes et étudiants.Le coût d\u2019un passage simple est ainsi diminué de 23%, passant de 2,60$ à 2$.Le rabais consenti aux étudiants atteint quant à lui 26%, le coût du passage passant de 1,50$ à 1,11$.La STL met aussi à la disposition des personnes âgées des carnets de 10 tickets, non pas pour les faire économiser (elles bénéficient déjà d\u2019une réduction substantielle), mais pour leur faciliter la vie (mieux vaut des tickets que de la monnaie).Le paiement par ticket avait été abandonné par la STL il y a quelques années à cause du faible taux d\u2019utilisation ((10% de la clientèle seulement) et réintroduit à la suite de pressions des usagers.ROBIC DEPUIS 1892 AGENTS DE BREVETS ET MARQUES IDES DROITS DE PROPRIÉTÉ INTEI PROTECTION DES DROITS DE PROPRIETE INTELLECTUELLE I EGFR ROBIC RICHARD AVOCATS 55 ST-JACOUES.MONTRÉAL.OUÉBEC H2Y 3X2 F»: (514)845-7874 Tél.: (514) 98 H-0*fl*l*C Jla maïtjiit Jti tntanqiûftx Ix\u2018s négociations entre Montréal et ses cols bleus sont rompues Doré refuse KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR La Ville de Montréal entend donner une nouvelle tangente à ses relations avec le syndicat des cols bleus, en rejetant toutes possibilités de négocier des griefs mettant en cause l\u2019attitude violente de certains employés.«C\u2019est fini le temps où l'on négociait la violence», a déclaré hier matin le maire Jean Doré qui ne prise guère la démocratie «à coups de 2 par 4» mise de l\u2019avant par ce syndicat affilié à la FTQ.Ix* climat entre la municipalité et les eols bleus est on ne peut plus houleux depuis trois ans.L\u2019automne dernier, des cols bleus en rogne contre l\u2019application de la loi 102 avaient défoncé les portes de l\u2019hôtel de ville, armés de bâtons de baseball.En 1991, des actes criminels ont été commis de «négocier par des employés manuels, condamnés depuis.De son côté, la Ville a appliqué de nombreuses sanctions disciplinaires.Ainsi, deux congédiements font l\u2019objet d\u2019une contestation syndicale.«On est en train d\u2019opérer, du côté de l\u2019employeur, un changement important des comportements de l\u2019ensemble de nos représentants.Notre message est clair, constant, sans équivoque», a déclaré hier la présidente du comité exécutif et responsable des négociations avec les fonctionnaires municipaux, I.éa Cousineau.Alors qu\u2019une séance de négociations (la convention prend fin le 31 décembre prochain) était prévue le 25 août dernier, Mme Cousineau a signifié aux cols bleus son refus de mettre sur la table de négociations, les dossiers des deux employés congédiés (pour agression sur un surintendant).«La violence n\u2019est pas négocier», a répété la violence» Mme Cousineau.Résultat?Ix*s pourparlers sont rompus.Mme Cousineau maintient tout de même qu'elle souhaite en anivei à une entente négociée avec les cols bleus, comme c\u2019est le cas avec neuf des 13 syndicats de Montréal.Les autorités municipales ont rendues publiques leurs nouvelles intentions «d'intolérance» lors d\u2019un point de presse qui faisait suite à la grève illégale des cols bleus.Comme geste de protestation, les cols bleus ont en effet refusé d\u2019entrer au travail de vendredi à lundi, provoquant un relâchement des services municipaux.Les amoncellements d\u2019ordures sur le boulevard Saint-Laurent où s\u2019était déroulé une vente trottoir en ont fait foi.D\u2019ailleurs, 22 cols bleus ont été accusés d \u2018outrage au tribunal.Leur comparution a été reportée au 22 septembre prochain.10 millions $ pour faire un lifting au parc du Mont-Royal KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Le parc du Mont-Royal bénéficiera d\u2019une revitalisation de 10 millions$.Les travaux, qui s\u2019échelonneront du printemps 1995 jusqu\u2019en 1997, seront réalisés dans le cadre du programme Travaux d\u2019infrastructures Canada-Québec.«Notre but est que le Mont-Royal redevienne le grand patrimoine écologique qu\u2019il doit être», a déclaré hier en conférence de presse le maire de Montréal, Jean Doré, accompagné du ministre libéral Gérald Tremblay.Déjà, le Mont-Royal est fréquenté par 3,5 millions de personnes annuellement, estime-t-on à la Ville.On veut toutefois rendre la montagne encore plus accessible en prolongeant le chemin Olmsted qui prend fin actuellement au centre du parc Jeanne-Mance, et qui débouchera sur la rue Hutchison.Le milieu naturel de ce secteur, appelé Piedmont, fera l\u2019objet d\u2019une restauration: plantation d\u2019arbres, dont des espèces disparues, fermeture de sentiers développés par les cyclistes.De plus, le belvédère Camilien-Houde sera littéralement transformé, et du même coup, la circulation automobile pour y accéder.Aussi, un escalier reliant ce belvédère à celui situé au sommet de la montage, sera construit.L\u2019Université de Montréal participe également au projet en permettant l\u2019accès au Mont-Royal par ses terrains sur le flanc nord.Ces nouveaux sentiers relieront la station de métro Edouard-Montpetit à la station Peel.Quant au lac aux Castors, la Ville de Montréal va revoir ce site à la lumière des plans originaux de Frederick Todd.L\u2019étang sera restauré tout comme son pour-tour.Cet investissement auquel participe Montréal et Québec pour 4,8 millions$ chacun et le gouvernement fédéral pour 400 000$, s\u2019inscrit dans le volet IV (grands projets à incidence urbaine) du programme national.Plus largement, Montréal a reçu jusqu\u2019à maintenant 414 millions$ notamment pour la réfection du centre-ville, du boulevard Henri-Bourassa ainsi que des systèmes d\u2019aqueduc et d\u2019égout.PHOTO JACQUES NADEAU «Notre but est que le Mont-Royal redevienne le grand patrimoine écologique qu\u2019il doit être», a déclaré hier le maire Jean Doré.Les travaux de revitalisation seront réalisés dans le cadre du programme fédéral des infrastructures.Présentez-vous au studio I.D.Canada, Place Bonaventure, métro Bonaventure.Du lundi au mercredi, de 9 h 30 à 18 h, jeudi et vendredi, de 9 h 30 à 21 h, samedi, de 9 h 30 à 17 h.N\u2019oubliez pas! La carte d\u2019identité STCUM doit être présentée lorsque vous utilisez votre titre à tarif réduit.- Renseignements:280-5344\t- \u2014 Valide pour un an \u2014 6,75$ (taxes incluses) Émise sur présentation d'un document portant le sceau de votre école et attestant votre âge.\u2014 Valide à vie \u2014 6,25 $ (taxes incluses) Émise sur présentation d'une preuve d'âge et de résidence. I.K |) K V 0 1 It , I- K M K K (' It K 0 I E I* T K M II It K I II II I a; i LE DEVOIR 0 ELECTIONS Johnson a peur de revivre le référendum de 1980 0 PAULCAUCHON LE DEVOIR Sherbrooke \u2014 Daniel Johnson a tracé hier un portrait dramatique de l\u2019éventuel débat référendaire, qui «nous fera revivre, quinze ans plus tard, l\u2019événement qui nous a le plus divisé et affaibli, de toute notre existence comme peuple».:Et il prévient les Québécois qu\u2019ils «font fausse route».s\u2019ils s\u2019imaginent que «dire non au référendum est un gage de sécurité et de stabilité» après avoir voté pour le PQ.Le premier ministre du Québec donnait l\u2019impression hier d\u2019être en pleine campagne référendaire, et son discours devant 500 personnes réunies par la Chambre de commerce de Sherbrooke démontre qu\u2019il sent la soupe de plus en plus chaude.D\u2019emblée, il a déclaré qu\u2019»alors que nous approchons d\u2019une échéance où notre geste sera irrémédiable pour les quatre ou cinq années suivantes, nous avons encore d\u2019ici quelques jours le temps de faire cet exercice de réflexion et de mémoire» qui consiste à comparer les options des deux partis en présence.Daniel Johnson a tenu à décrire en détail ce qui suivrait une élection possible du PQ lundi prochain.Il a décrit la présentation, lors du retour à l\u2019Assemblée nationale en octobre, d\u2019une motion solennelle sur la souveraineté «qui prétendrait parler au nom de tous les Québécois», suivie le 15 novembre, date limite pour présenter des projets de lol'civant le congé de Noël, de la «monopolisa- tion» de l\u2019Assemblée nationale pour la mise sur pied d\u2019une «commission qui parcourera le Québec afin de requérir votre opinion, votre suggestion, votre participation à la rédaction de la nouvelle Constitution d\u2019un Québec séparé».Il a également averti la population de ce qui l\u2019attend en février 1995, alors qu\u2019on débattrait de la question référendaire.Pour Daniel Johnson, «le moment le plus difficile de notre histoire» n'est pas la Crise d'octobre ou la rébellion des Patriotes, mais bien le référendum de 1980, qu\u2019il ne faut pas revivre parce qu\u2019il ne pourra que «nous diviser et nous affaiblir».Avec une réponse positive au référendum, soutient-il, «nous nous engouffrons dans une aventure dont les coûts, les effets, les conséquences sont totalement imprévisibles».Par contre, «redire non comme en 1980 signifie l'abandon de la protection de l\u2019avenir dont nous pourrons bénéficier en nous concentrant quotidiennement sur la vraie priorité qui est la création d\u2019emploi».Daniel Johnson veut donc éviter à tout prix toute cette discussion, quel que soit le résultat, et il ajoute que le Parti libéral peut continuer à défendre «les demandes traditionnelles du Québec, la reconnaissance du caractère distinct du Québec, la volonté de limiter le pouvoir de dépenser du fédéral, et l\u2019exercice de plus en plus autonome de nos compétences».Le chef du Parti libéral se demande si les Québécois veulent vraiment «briser cette union avec nos voisins», union qui représente «la moitié de notre commerce en dehors de nos frontières, qui représente un système où notre production agricole est protégée, qui fait en sorte que nous pouvons appartenir à un pays de 30 millions d\u2019habitants, que nous avons un tremplin d\u2019une solidité remarquable |M>ur conquérir les marchés internationaux».En rencontrant les médias après ce discours, Daniel Johnson a nié être déjà en campagne référendaire.Pour lui, l\u2019élection du 12 septembre c\u2019est aussi le choix entre «protéger l\u2019avenir et se faire avoir.Le rôle du gouvernement est de protéger l\u2019avenir plutôt que de Hypothéquer».S\u2019attaquant également à la propension de Jacques Parizeau à «emprunter sans cesse pour payer les dépenses courantes», soutient-il, il a brandi un autre scénario dramatique advenant l\u2019élection du PQ: «Nous n\u2019avons pas le droit, et je considère que ma génération n\u2019a pas le droit, de laisser à ceux qui nous suivent, comme seul gage de notre intérêt pour eux, le remboursement d\u2019une dette contractée seulement pour nous faire Daniel Johnson mène actuellement sa tournée à un rythme d\u2019enfer.Après avoir accordé des entrevues radiophoniques hier matin à Sherbrooke, et rencontré la Chambre de commerce à midi, il revenait à Montréal en début de soirée pour accorder une entrevue à Musique Plus, pour repartir tout de suite en avion pour Québec hier soir, afin d\u2019accorder d\u2019autres entrevues radiophoniques tôt ce matin dans la Capitale.Vidéo-pokers: Johnson pris à partie PAUL CAUCHON LE DEVOIR Sherbrooke \u2014 Le premier ministre Johnson a été pris à partie hier par les exploitants de vidéo-pokers, qui avaient réquisitionné une bonne partie de la grande salle de la Chambre de commerce de Sherbrooke où il prononçait un discours.Dans un geste spectaculaire, ces employés d\u2019entreprises privées œuvrant dans ce secteur se sont levés, pour démontrer au premier ministre que le chômage les menaçait Pierre Bourgault, porte-parole de l'Association de l\u2019amusement du Québec, a apostrophé Daniel Johnson en lui reprochant de s\u2019approprier une industrie privée, après lui avoir émis des permis pendant 15 ans.M.Bourgault soutient que plus de 16 000 emplois au Québec sont menacés par îa prise en charge du vidéo-poker par Loto-Québec (un chiffre par ailleurs fortement mis en doute par les conseillers qui accompagnent M.Johnson).Daniel Johnson s\u2019est montré ferme: «Nous avons décidé comme gouvernement, dit-il, qu\u2019en raison des impacts et des effets sociaux du jeu sur les jeupes, sur les gens à faible revenu, l\u2019Etat doit contrôler certains jeux.Cela ne changera pas».M.Johnson a fait valoir que ces entreprises continueront à exploiter d\u2019autres activités de jeu, comme le billard, et il a également expliqué que bon nombre d\u2019emplois seront toujours nécessaires pour l\u2019entretien et la fabrication des appareils.«Il y aura des déplacements d\u2019emplois, pas des annulations», conclut-il.Le virage nationaliste du premier ministre Parizeau «révolté» par «l\u2019indécision» de Johnson MICHEL VENNE LE DEVOIR Sainte-Foy \u2014 Le chef du Parti québécois, M.Jacques Parizeau, trouve tout à fait «révoltant» qu\u2019après 30 années de discussions sur le statut du Québec au sein du Canada, son rival Daniel Johnson n\u2019arrive qu\u2019à entretenir la «confusion» à ce sujet Lundi, le chef libéral a déclaré que «si je peux concevoir, comme plusieurs, d\u2019être Québécois sans être Canadien, je ne peux concevoir d\u2019être Canadien sans être Québécois».Pour Parizeau, c\u2019est comme si M.Johnson avait dit: «D\u2019une part je suis ceci, d\u2019autre part je suis le contraire».Cela représente l\u2019indécision, l\u2019esquive qui a caractérisé tant de politiciens depuis 30 ans, lesquels ont refusé de trancher.«Trente ans à faire des huit sur la glace et petit à petit, à stériliser l\u2019action du Québec dans le Canada et l\u2019action du Canada à l\u2019égard du Québec», a-t-il déclaré devant plus de 500 convives de la Chambre de commerce de Sainte-Foy.Aux yeux de M.Parizeau, cette ambivalence explique pour une bonne part pourquoi tant de Canadiens en sont venus à dire des Québécois: qu\u2019ils s\u2019en aillent s\u2019ils veulent se séparer et pourquoi, selon un sondage publié dans le Toronto Star le 13 août, 74% des Ontariens jugent qu\u2019il ne faut rien offrir aux Québécois pour les retenir, que seulement 18% sont disposés à accorder au Québec un statut distinct.Il a rappelé le Maîtres chez nous de Jean Lesage, l\u2019Égalité ou Indépendance de Daniel Johnson père, la souverainté-association de René Lévesque, la souveraineté culturelle et le fédéralisme rentable de Robert Bourassa.Il a terminé son discours en souhaitant qu\u2019au référendum, qu\u2019il promet pour 1995, les Québécois vont «cesser de se dire des choses du genre» de celles de M.Johnson.«On sera enfin un peuple normal dans un pays normal»./ PHOTO JACQUES NADEAU Un petit massage et un grand verre de Smart Drink pour un premier ministre qui en avait grand besoin.Daniel Johnson à Musique Plus -^- Le guerrier des étoiles PAUL CAUCHON LE DEVOIR Il s\u2019est déjà déguisé en marsupilami pour l\u2019initiation des étudiants en droit, il fait des imitations dans les partys, il aimerait jouer au hockey à temps plein s\u2019il n\u2019était pas politicien, il voudrait être réincarné en personnage de La guerre des étoiles qui voyage entre les galaxies, il aime magasiner mais il n\u2019est pas dépensier.Et son héros personnel, c\u2019est Hubert Reeves.Le premier ministre Daniel Johnson participait hier soir à l\u2019émission Politiquement direct à Musique Plus, le dernier des trois chefs à se soumettre à ces entrevues nouveau genre, dans une émission qui veut sensibiliser les jeunes à l\u2019importance de la politique.Détendu, souriant, décontracté dans son veston rouge, Daniel Jonh-son a pu oublier pendant une heure les vicissitudes de la campagne électorale.On lui a fait un massage sur les épaules, il a bu un «smart drink», et comme c\u2019est un grand sportif on l\u2019a invité réaliser.le lancer de l\u2019œuf sur une cible, où il a atteint en plein centre, entre autres objectifs, le dé- crochage scolaire.Le chef du Parti libéral a répondu de façon simple aux questions les plus farfelues comme les plus sérieuses de l\u2019animatrice Geneviève Borne comme des téléspectareurs et des jeunes invités en studio.Plusieurs questions sur l\u2019école, bien sûr, alors qu\u2019il a refusé de s\u2019engager à revoir la réforme Robillard sur les cégeps, faisant valoir qu\u2019un processus d\u2019évaluation avait été introduit pour s\u2019assurer que l\u2019enseignement était de qualité.Il fallait également s\u2019assurer que «l\u2019école secondaire s\u2019adaptait à vos besoins», dit-il.Il a également soutenu que les frais de scolarité étaient les plus bas en Amérique du Nord, et il a révélé qu\u2019on revoit actuellement le système de prêts et bourses avec des groupes de jeunes pour faire en sorte que les remboursements se fassent au fur et à mesure qu\u2019on trouve un emploi.Interrogé par le chanteur de Vilain Pingouin, Rudy Caya, qui se demandait pourquoi les gens ne se sentent pas concernés par la politique, il a expliqué qu\u2019il y avait là «un défi de communication, alors qu\u2019on est tellement envahis d\u2019images et de sons».Les étudiants choisissent le PQ.par défaut CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Des représentants du monde étudiant ont clairement fait savoir hier qu\u2019ils ne considéraient pas le Parti libéral comme un interlocuteur valable en matière d\u2019éducation, notamment au chapitre des frais de scolarité et du financement desuniversités.S\u2019adressant principalement au Parti québécois, puisque le Parti action démocratique a peu de chances d\u2019être élu, les représentants des étudiants de niveaux collégial et universitaire ont réclamé hier un engagement claire à réduire l\u2019endettement étudiant, la tenue d\u2019états généraux dès la première année du prochain régime, et la mise sur pied d\u2019une politique visant à s\u2019allier les groupes de pression tels les syndicats de profesr seùrs et les regroupements d\u2019étudiants.Ainsi, hier des représentants de la Fédération universitaire du Québec et de la Fédération étudiante collégiale du Québec ont fait valoir que l\u2019endettement étudiant posait des problèmes sé-rieux.A ce chapitre, François Rebello, président de la P'EUQ, répète que 500 étudiants pourraient être emmenés à déclarer faillite cette année à cause de leurs emprunts.Par ailleurs, les deux fédérations étudiantes ont rappelé qu\u2019elles avaient envoyé des questionnaires à 200 candidats provenant des trois principaux partis durant la campagne, pour connaître îeurs positions sur divers sujets touchant l\u2019éducation.Hier les représentants des étudiants se sont plaints du manque de participation général à cet exercice, ainsi que du manque de sérieux des réponses données, notamment par le Parti libéral du Québec.Seulement 12 candidats sur 400 se sont en effet donnés la peine de répondre eux-mêmes aux questions.Plusieurs autres se sont contentés d\u2019envoyer la position générale, et parfois très vague, de leur parti.Les questions données dans le cadre de cet exercice touchaient la gratuité scolaire au collégial, le régime des prêts et bourses, les frais de scolarité, le financement des universités, la qualité de l\u2019éducation post-secondaire, et les conditions d\u2019emploi pour les étudiants sortants.Interrogée sur leur appréciation des quatre dernières années de régime libéral, les présidents des deux fédérations, respectivement François Rebello et Stéphanie Vennes, ont déclaré qu\u2019ils se souvenaient surtout, en matière d\u2019éducation, du décret de juin dernier sur l\u2019aide financière, de la hausse de 300% des frais de scolarité, des problèmes de financement du réseau, et du ticket modérateur imposé au niveau collégial.PHOTO PC Des travailleurs des chantiers maritimes de la M1L-I)avie ont plaidé leur cause hier auprès de Jacques Parizeau, cherchant à obtenir l\u2019assurance qu\u2019un gouvernement péquiste leur procurerait les contrats de constniction nécessaires a la survie de leur emploi.Parizeau dénonce l\u2019impérialisme réglementaire L\u2019État contrôle trop, s\u2019indigne le chef du PQ, ce qui ne l\u2019empêche pas de promettre une série de nouveaux règlements MICHEL VENNE LE DEVOIR Sainte-Foy \u2014 Pour la troisième fois en quelques jours, le chef du Parti québécois, M.Jacques Parizeau, a consacré tout un discours à la néçes-sité de réduire les contrôles de l\u2019État sur les entreprises et sur les citoyens.Les Québécois, dit-il, devant 500 convives de la Chambre de commerce de Sainte-Foy, doivent apprendre à s\u2019appuyer et à se faire confiance les uns les autres au lieu de se fier à des milliers de pages de règlements pour codifier le moindre de nos comportements.La semaine dernière, devant la Jeune Chambre de commerce, il avait fait cet aveu: «J\u2019ai été un affreux Jacobin, dit-il.Pendant longtemps, j\u2019ai pensé que le désordre ça se corrigeait par un contrôle central.Je l\u2019ai pratiqué.C\u2019était nécessaire.Je ne crache pas sur ce que j\u2019ai fait.Je suis revenu de pas mal de choses».M.Parizeau décrivait le Québec comme «une société obsédée par la législation et la réglementation».Selon lui, «on légifère trop au Québec.H y a des limites à dire aux gens comment se comporter.» Le lendemain, devant un groupe de jeunes entrepreneurs, M.Parizeau promettait de réduire la paperasse exigée par la fonction publique des entrepreneurs qui se plaignent de devoir y consacrer des heures longues et inutiles.«On va sortir des entreprises des contrôles du gouvernement.Est-ce qu\u2019on peut foutre la paix aux entrepreneurs, dit-il, s\u2019imaginant déjà les «crises d\u2019apoplexie» qu\u2019il va provoquer au Conseil du Trésor ou dans les officines ministérielles lorsqu\u2019il va leur dire, s\u2019il prend le pouvoir, qu\u2019il faut «accepter qu\u2019un bon nombre de décisions ne soient pas prises par Notre Père qui est à Québec».M.Parizeau a plusieurs fois souligné le fait qu\u2019il existe au Québec quelque 500 organismes pour aider les entreprises: «Je veux fermer à Québec une série de services aux entreprises et les envoyer chez les commissaires industriels»; 240 organismes de soutien pour la recherche & développement, répartis dans 22 ministères.On adopte 500 nouveaux règlements par année qui tiennent sur 10 000 pages, deux par jour ouvrable.L\u2019impérialisme réglementaire.Mais, rappelle tout de même M.Parizeau, «ça ne veut pas dire qu\u2019il n\u2019y aura plus de contrôle du tout».La pollution, pas vrai que vous allez pouvoir faire ce que vous voulez.Les nonnes du travail, le salaire minimum, tout de même, c\u2019est nécessaire.Au cours des seuls trois derniers jours de la semaine dernière, dans la foulée de ces discours annonçant un vent de déréglementation, M.Parizeau a annoncé le renforcement de règlements actuels mal appliqués ou la mise en vigueur de nouveaux.Il resserrerra l\u2019application du zonage agricole.Il adoptera une loi pour sauvegarder la dernière école du village ou du quartier.Il forcera les entreprises de 50 employés et plus à se do- ter de plans d\u2019embauche pour inciter l\u2019emploi des handicapés.Il mettra en vigueur la loi qui oblige les propriétaires d\u2019édifices à vocation publique à rendre leurs immeubles accessibles aux handicapés.Plus tôt dans la campagne, aux syndiqués de la FTQ, il a promis de reréglementer la construction résidentielle, de renforcer les contrôles de la Commission de la construction du Québec, de maintenir (avec des ajustements) les décrets de convention collective dans des secteurs manufacturiers, d\u2019adopter une loi proactive, sur l\u2019équité salariale pour responsabiliser les employeurs.Il a promis une nouvelle réglementation pour la forêt habitée.Il va forcer les entreprises à consacrer 1% de leur masse salariale à la formation de la main-d\u2019œuvre.Le programme électoral du PQ prévoit d\u2019établir la perception automatique des pensions alimentaires, d\u2019élargir les compétences du BAPE aux projets industriels et d\u2019élargir aux entreprises de 10 à 50 employés les obligations de la charte de la langue française à l\u2019égard de la francisation des entreprises.L\u2019une des solutions envisagées par M.Parizeau pour réduire le poids de Québec, c\u2019est de refiler des décisions aux régions.Selon lui, les régions ont raison de dire qu\u2019elles «ne feraient pas pire que les gouvernements ont fait» si on les laissait s\u2019occuper de leurs affaires.Il veut leur permettre de créer des fonds de solidarité à l\u2019échelle régionale.Il veut transférer des pouvoirs aux municipalités avec les ressources budgétaires appropriées.Il parle d\u2019une vraie décentralisation des décisions aux régies régionales de la santé.Mais cette régionalisation des pouvoirs ne peut pas s\u2019étendre à tout, pas au zonage agricole, par exemple.«Vous avez des régions autour de.Montréal où les pressions soht énormes pour dézoner, dit-il lors de sa visite à l\u2019UPA.Les meillleures terres.Laisser localement la décision?J\u2019ai besoin de deux ou trois grandes respirations.» De même, dit-il à Sherbrooke, en début de campagne, «il faut une loi» pour encadrer les activités d\u2019enfouissement sanitaire.«On peut pas, sous prétexte qu\u2019une entreprise s\u2019entende avec un conseil municipal qui a besoin d\u2019argent, laisser toute une région déverser ses déchets à un seul endroit».M.Parizeau parle d\u2019un grand dessein, d\u2019une philosophie nouvelle qu\u2019il veut implanter pour que l\u2019État ne soit plus un système qui étouffe, mais qui au contraire permet à l\u2019énergie créatrice d\u2019être libérée.Ce changement va requérir de réorganiser la fonction publique pour que le travail y soit moins compartimenté, que chaque fonctionnaire puisse accomplir un plus large éventail de tâches de manière à s\u2019occuper d\u2019un cas depuis son entrée dans le système jusqu\u2019au règlement du dossier.La CEQ et la FTQ ont déjà signé des ententes avec le gouvernement pour négocier la réorganisation du travail.La tournée des chefs Le chef du Parti libéral et premier ministre du Québec, Daniel Johnson, poursuit aujourd\u2019hui sa campagne électorale dans la Vieille Capitale.Il sera à Montréal, demain.Son adversaire, le chef du Parti québécois, Jacques Parizeau, fera une tournée-éclair des circonscriptions du Bas-du-Fleuve et rentrera à Montréal ce soir même.Le chef de l\u2019Action démocratique, Mario Dumont, fait quant à lui campagne dans la Gaspésie. 1.K l> K V 0 I H .I.K M K It (' It K H I K I' T K NI It It K I II III A 5 LE DEVOIR LE MOND E K N H K K F ?NASREEN VA CONTINUER À ÉCRIRE POUR LE PROGRÈS DES FEMMES H O S N I K \u2022 Il K K Z b G OVIN E Les obus tombent, le pape recule Stockholm (AFP) \u2014 L\u2019écrivain Taslima Nasreen, qui a fui en août son pays, le Bangladesh, pour la Suède, a affirmé qu\u2019elle continuera à «écrire pour le progrès des femmes», dans un entretien diffusé hier soir par la télévision suédoise.L\u2019auteur, menacée de mort par des intégristes musulmans dans son pays, a confirmé travailler à un nouveau roman sur «une femme dans la société musulmane».«J\u2019essaye de montrer comment elle rompt les barrières de la société, comment elle mène des études et devient indépendante», a-t-elle dit.«J\u2019écris au fond contre la discrimination entre hommes et femmes, riches et pauvres, majorités et minorités», a précisé l\u2019écrivain féministe.«J\u2019ai beaucoup de lectrices (musulmanes), beaucoup de femmes éduquées lisent mes livres, elles changent, elles refusent la pression de l\u2019homme, du mari ou de la société, désormais elles veulent rompre toutes les barrières de la société», a-t-elle ajouté en anglais.-?- DÉMISSION EN ITALIE Rome (AFP) \u2014 Le président du groupe parlementaire de Silvio Berlusconi, Forza Italia, à la chambre des députés, Raffaele Della Valle, a annoncé hier qu\u2019il présenterait sa démission le 20 septembre pour des raisons «exclusivement personnelles», lors d\u2019une assemblée des députés.Dans sa lettre adressée à Silvio Berlusconi, président-fondateur de ce mouvement ultralibéral, Raffaele Della Valle souligne, selon lui, qu\u2019il est dans l\u2019impossibilité de concilier ses engagements professionnels d\u2019avocat et ceux qu\u2019il assume à la tête de Forza Italia.Il est rapporteur du projet de loi sur la détention préventive, qui avait été retiré précipitamment de l\u2019ordre du jour d\u2019un conseil des ministres en raison d\u2019une vague de protestation, et membre de la commission parlementaire sur la délinquance.Il s\u2019agit d\u2019un simple «remaniement», a-t-il affirmé pour couper court à toute spéculation sur sa démission.-?- MISE EN GARDE À HAÏTI Port-au-Prince (Reuter) \u2014 Les troupes américaines seront bientôt en Haïti, soit pour chasser la junte militaire, soit pour restaurer l\u2019ordre si le général Raoul Cé-dras abandonne le pouvoir, a déclaré hier Stanley Schrager, le porte-parole américain à Haïti.«Les forces américaines et internationales seront bientôt en Haïti», a-t-il affirmé.«Elles y seront soit après le départ du général Cedras soit avant son départ mais elle y seront.Des troupes étrangères seront en Haïti en tant que force d\u2019intervention (.) ou participeront à une force de maintien de la paix de l\u2019ONU», a-t- il ajouté.Il a mis en garde contre «une intervention de plus en plus inévitable» à cause, notamment, de l\u2019assassinat d\u2019un prêtre la semaine dernière et de l\u2019échec des émissaires de l\u2019ONU à Saint-Domingue.-?- PHNOM PENH REFUSE DE CÉDER AU CHANTAGE DES KHMERS ROUGES Phnom Penh (Reuter) \u2014 Le gouvernement du Cambodge a affirmé hier qu\u2019il ne laisserait pas les Khmers rouges se servir de leurs trois otages occidentaux pour le forcer à abroger des dispositions législatives frappant les rebelles d\u2019interdiction.«Les Khmers rouges ne sauraient exploiter la crise des otages pour faire pression sur le gouvernement», a déclaré le ministre de l\u2019Information, Khieu Kanhari-th, au moment où des combats faisaient rage dans la province méridionale où les trois Occidentaux sont maintenus en captivité depuis six semaines.Le leader khmer rouge, Khieu Samphan, a réclamé l\u2019abrogation d\u2019une loi qui fait de son mouvement une organisation illégale.Le roi Norodom Sihanouk a jugé possible que l\u2019on obtienne la libération des otages en accédant à cette requete.Le Français Jean-Michel Braquet, 27 ans, le Britannique Mark Slater, 28 ans, et l\u2019Australien David Wilson, 29 ans, ont été faits prisonniers le 26 juillet lors d\u2019une attaque de train.Ils sont détenus avec trois Vietnamiens de souche et un nombre indéterminé de Cambodgiens au bastion rebelle de la Colline du Vin, à 150 km environ au sud de Phnom Penh.-?- NEUF MORTS AU BURUNDI Bujumbura (Reuter) \u2014 Neuf personnes au moins ont été tuées et 17 autres blessées durant l\u2019attaque d\u2019une église catholique dans le nord-est du Burundi, ont rapporté hier des responsables de la sécurité.Un homme armé a abattu trois personnes dimanche à l\u2019intérieur de l\u2019église de la commune de Buhinyuza (province de Muyinga) tandis que d\u2019autres assaillants tuaient six personnes à coups de hache à l\u2019extérieur.Une enquête a été ouverte.Lundi soir, la radio nationale burundaise a rapporté que les incidents s\u2019étaient produits pendant qu\u2019une messe de baptême était célébrée à l\u2019église.L\u2019évêque officiant n\u2019a pas pu identifier les meurtriers, a ajouté la radio.Des témoins ont dit que les assaillants portaient des treillis militaires, mais le commandant militaire local a démenti leurs propos en jugeant absurde que des membres de l\u2019armée lancent une telle attaque en plein jour.-?- LA FAMILLE FUJIMORI DIVISÉE Lima (AFP) \u2014 La fille aînée du président Alberto Fujimori, Keiko Sofia, a apporté lundi son soutien à son père dans le conflit qui l\u2019oppose à son épouse Susana Higuchi.S\u2019exprimant devant une chaîne de télévision locale, Keiko Sofia, 19 ans et étudiante en administration de l\u2019entreprise dans une université américaine, a critiqué sa mère en affirmant qu\u2019elle la réprouvait par-ce qu\u2019«elle ne soutient pas mon papa» et parce quelle lance des accusations graves contre le président.Susana Higuchi a présenté vendredi une requête contre son mari pour que la justice «prenne les mesures nécessaires» afin qu\u2019il soit mis un terme aux «violences physiques et morales» exercées contre elle.«Ma maman devrait parler avec mon père avant d\u2019agir», a dit la jeune fille.Selon la presse péruvienne, la jeune Keiko Sofia pourrait être nommée «la première dame du Pérou» si le président Fujimori est réélu pour un deuxième mandat en 1995.Mme Fujimori, qui vil depuis plusieurs semaines hors du palais présidentiel, a notamment dénoncé la corruption du gouvernement et n'a pas écarté l\u2019idée de se présenter contre lui aux prochaines élections.Jean-Paul II annule sa visite à Sarajevo à nou veau sous le feu serbe LE DEVOIR AVEC AFP ET REUTER Le pape n\u2019ira pas à Sarajevo, où les bombes et les obus ont recommencé à exploser régulièrement.Les menace,s des Serbes, l\u2019hostilité à peine voilée de l'Eglise orthodoxe, les dangers évidents d'une messe en plein air comme celle que comptât célébrer Je;ui-Paul II, ont eu raison de la résolution précédemment annoncée par le pape.Di nouvelle est tombée hier, à la Cité du Vatican, deux jours avant la date fatidique qui aurait vu le souverain pontife célébrer la messe au grand stade de la ville devant 25 000 personnes, au coeur de la capitale martyre de la Bosnie-Herzégovine où 29 mois de guerre ont fait 10 000 morts.C\u2019est une lettre de l\u2019envoyé de l\u2019ONU en ex-Yougoslavie, Yasushi Akashi, faisant état des «sérieux dangers» d\u2019un tel voyage, qui a convaincu le pape de rappeler sa décision.C\u2019est la deuxième fois que Jean-Paul II est obligé d\u2019annuler pour raison de sécuri- té un voyage dans une zone à risque.En avril dernier, il avait renoncé à un voyage au Liban prévu pour le mois suivant.Selon le Vatican, c\u2019est surtout pour la sécurité de la population locale \u2014 et non pour la sienne propre \u2014 que le pane s'en faisait.Exposer des dizaines de milliers de personnes au feu des Serbes cpii encerclent la ville et continuent de la bombarder aurait été trop risqué: «Outre qu\u2019il ne fallait pas exposer à de gros risques les habitants de Sarajevo qui viendraient accueillir le pape, a expliqué le Vatican hier soir, il y a aussi le fait que la visite ne devait pas être mal interprétée et être source de tension.» Des raisons diplomatiques aussi En effet, les Serbes voyaient d\u2019un mauvais oeil la venue du chef de l\u2019Eglise catholique, accusé d\u2019avoir eu de la sympathie pour les nouveaux Etats indépendants de l\u2019ex-Yougoslavie, vite reconnus par le Vatican en 1992, au grand dam de Belgrade.En outre, les Serbes ont toujours appris à l'école que le régime fasciste croate, au pouvoir à Zagreb durant la Deuxième Guerre mondiale, avait obtenu l\u2019appui de la hiérarchie catholique.Les menaces étaient d\u2019autant plus crédibles qu\u2019hier encore, onze obus, en provenance des zones serbes qui encerclent la ville, ont été tirés à l\u2019intérieur de la «zone d'exclusion» décrétée par l\u2019ONU, tandis que deux appareils de l\u2019ONU étaient atteints par des tirs d\u2019armes légères à l\u2019aéroport de Sarajevo, là même où le pape devait atterrir.Un porte-parole militaire de la force de l\u2019ONU en Bosnie-Herzégovine a précisé que les onze obus avaient été tirés à partir d\u2019une zone sous contrôle serbe, à deux kilomètres à l'est de la vieille ville.Au moment même où le pape annulait son voyage, ces derniers événements ont illustré l\u2019extrême précarité de la situation sécuritaire à Sarajevo et autour.Un porte-parole militaire de la force de l\u2019ONU, le lieutenant Sébastien Pasquier, a estimé que ces incidents constituaient clairement «des provocations avant l\u2019arrivée du pape*.Ces manoeuvres d\u2019intimidation ont donc atteint leur but.Partie remise1?le président de la Bosnie Alija Izetbego-vic a exprimé hier à Sarajevo sa déception devant cette annulation, qui va «attrister tous les catholiques de Sarajevo et tous les.habitants de Bosnie-Herzégovine».Ix* pape se rendra néanmoins comme prévu à Zagreb, capitale de la Croatie voisine, ce week-end.Cet infatigable globe-trotter, qui a déjà parcouru 600 000 kilomètres et visité une centaine de pays depuis son élection à la papauté en octobre 1978, a pour l\u2019instant dans son agenda un voyage à New York en octobre, et un autre en Asie pour janvier.Quant à Sarajevo, le Saint-Siège a expri-mé l\u2019espoir que ce ne soit que partie remise, et que le pape puisse s'y rendre «dans un proche avenir».Exécutions sommaires, enlèvements, massacres et représailles Le nouveau régime sévit au Rwanda JEAN HELENE LE MONDE Il y a des enlèvements chaque jour à Kigali, mais je reste ici car c\u2019est encore plus dangereux en province.» Antoine, qui ne veut préciser ni son nom, ni même son métier de peur d\u2019être reconnu, est un de ces Rwandais que la fin de la guerre n\u2019a pas soulagés.Métis hutu-tutsi, il a hérité de son père les traits physiques et l\u2019identité hutue.Et il ne se sent pas en sécurité dans Kigali, contrôlée depuis le 4 juillet par les rebelles tutsis du Front patriotique rwandais(FPR), aujourd\u2019hui majoritaires au sein de la nouvelle Armée patriotique rwandaise (APR).Il a trop été le témoin et a trop en-tendu parler des exactions commises par les vainqueurs pour ne pas craindre d\u2019en être un jour victime.Il n\u2019a pas trempé dans les massacres, dit-il, et c\u2019est pourquoi il n\u2019a pas fui quand le FPR s\u2019est emparé de Gitara-ma, sa ville natale.Mais il a dû suivre le mouvement quand les maquisards ont rassemblé quelque trente mille personnes qui restaient dans cette région pour les conduire, en quatre jours de marche, à Rilima, dans le Bugesera.«A chaque étape, poursuit-il, des Hutus disparaissaient, souvent dénoncés par les Tutsis de notre groupe qui étaient encouragés à le faire par les soldats.Des coupables, il y en avait sans doute, mais pour deux d\u2019entre eux que je connaissais, je suis sûr qu\u2019ils étaient innocents; ils ont même caché des Tutsis.Mais on les a dénoncés; un voisin jaloux ou quelqu'un qui les avait vus à la barrière, avec les interahamwe fies miliciens hutus).Mais qu\u2019est-ce que cela prouve?Moi aussi, on m\u2019a forcé à aller monter la garde aux barricades! J\u2019y allais la nuit pour ne pas me compromettre dans des tueries.» Comme Antoine, un gradé hutu des ex-Forces armées rwandaises (FAR) rencontré un peu plus tard à Kigali ne s\u2019est pas laissé «désinformer» par la propagande anti-tutsie des agents de l\u2019ancien gouvernement.Mais il n\u2019accepte de raconter son histoire qu\u2019à condition de rester anonyme.Ix 6 juillet dernier, il a signé la «déclaration de Kigeme», par laquelle un groupe d\u2019officiers modérés des FAR (en majorité sudistes), emmené par le général Marcel Gat-zinzi, s\u2019est désolidarisé de «ce gouvernement de massacreurs».Sur l\u2019insistance des nouvelles autorités (qui souhaitent intégrer dans les rangs de l\u2019APR des éléments de l\u2019armée défaite pour lui donner un caractère multiethnique), il rentre à Kigali à la mi-août, et apprend que 23 membres de sa famille ont été massacrés, près de Gitarama.«Par qui d\u2019autre que le FPR?», se demande-t-il.«Je les ai laissés au village en estimant qu\u2019ils ne risquaient rien».Pour lui, il ne peut s\u2019agir que d\u2019une vengeance «ethnique»; «Mes parents avaient si peu à se reprocher qu\u2019il ont attendu l\u2019arrivée du FPR sans crainte.» to' 1st PHOTO AP De jeunes rwandais ont pris un bain hier dans le lac Kivu, près de Goma, au Zaïre.Témoignages Ces témoignages donnent de la crédibilité aux incessantes rumeurs d\u2019exactions et d\u2019enlèvements commis par l\u2019APR qui circulent dans les milieux étrangers de Kigali et dans les camps de réfugiés rwandais du Zaïre.Il y a aussi les nouveaux mouvements de réfugiés vers le Burundi ou la Tanzanie, qui semblent indiquer que des violences ethniques ont lieu dans le sud et l\u2019est du Rwanda.Si le flot de Hutus quittant la région de Butare vers le Burundi à raison de 2000 personnes par jour pendant les trois premières semaines d\u2019août s\u2019est tari, on a compté 5000 nouveaux arrivants, entre le 29 août et le 3 septembre, dans la province burundaise de Muyinga, sur la frontière tanzanienne.Le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) fait état d\u2019un nouvel exode de Rwandais vers la Tanzanie, au rythme de 12000 personnes par semaine.Certaines organisations humanitaires ont recueilli des témoignages sur les vengeances des vainqueurs, mais gardent le silence pour pouvoir continuer à travailler au Rwanda (ce qui suppose un minimum de coopération avec les nouvelles autorités).Elles estiment «probable» que les hommes du FPR ont massacré deux à trois mille réfugiés burundais (hutus) du camp de Nzangwa, dans le Bugesera, vers la mi-mai.Selon un témoin qui s\u2019est rendu sur place, la mosquée voisine est pleine de cadavres carbonisés.Enquêteurs de l'ONU Une représentante d\u2019une organisation non gouvernementale se dit convaincue, sur la base du récit d\u2019un de ses employés, qu\u2019à l\u2019Ecole vétérinaire de Kabutare, près de Butare, «on exécute à tour de bras».On y a vu des camionnettes entrer, chargées de prisonniers les bras liés dans le dos, et en ressortir vides quelques instants plus tard.«Cet endroit est une zone militaire, dit le préfet de Kigali.Vous ne pouvez y avoir accès.» Alors qu\u2019il en faudrait au moins 200, les Nations unies n\u2019ont dépêché jusqu\u2019à présent qu\u2019une vingtaine d\u2019enquêteurs pour relever les violations des droits de l\u2019homme et vérifier si le retour des réfugiés du Zaïre est suffisamment garanti.Ils n\u2019ont signalé qu\u2019une dizaine d\u2019exactions.«Cela s\u2019explique, dit un religieux rwandais.Ils sont pilotes par le FPR daps leurs recherches.» A l\u2019exception de quelques rares ministres qui reconnaissent en privé «des actes de vengeance», la ligne générale du gouvernement consiste à nier les exactions, pour ne parler que de «quelques incidents imputables à des gens qui se font eux-même justice».Ces règlements de comptes n\u2019ont pas, bien sûr, l\u2019ampleur des massacres organisés par les extrémistes du régime déchu.Mais peut-on continuer à les excuser, en parlant de «vengeances inévitables après tout ce qui s\u2019est passé», alors que vraisemblablement des centaines, voire des milliers d\u2019innocents en sont victimes?ALGERIE Madani réclame la libération des dirigeants du FIS avant de dialoguer Alger (AIrP) \u2014 Le président du Front islamique du salut (FIS, dissous), Abassi Madani, a exigé la libération inconditionnelle des dirigeants du parti islamiste comme préalable à sa participation à un «dialogue» avec les autorités dans une lettre adressée au président Liami-ne Zéroual et diffusée mardi soir par la radio algérienne.Le président du FIS a demandé «une amnistie général et l\u2019arrêt de toutes les poursuites judiciaires et de toutes les procédures de police» contre les militants islamistes.Il a souligné dans une deuxième «lettre de clarification» à la demande des autorités qu\u2019il «refuserait de s\u2019engager dans une discussion tant qu\u2019il sera en prison».«Il faut que nous soyons libérés pour nous permettre de recontrer les autres membres de la direction du FIS, ceux de l\u2019extérieur, comme ceux de l\u2019Intérieur et d\u2019aboutir à ce qui est le bien du pays et de ses populations», a-t-il ajouté.Dans sa première lettre, M.Madani exigeait également: la levée de l\u2019état d\u2019urgence, l\u2019amnistie générale et l\u2019arrêt des poursuites judiciaires et des procédures de police en cours, la cessation des perquisitions, des ratissages et des arrestations, le retour dans les casernes de l\u2019année et des forces d'intervention de la police, avec le maintien du strict nécessaire à la vie publique, la création d\u2019une commission souveraine pour la désignation d\u2019un gouvernement neutre chargé d\u2019organiser des élections et un référendum et de diriger les affaires du pays dans l\u2019attente de l\u2019élection et de l\u2019installation d\u2019un pouvoir légitime M.Madani exige enfin un référendum populaire dans «les délais les plus brefs» demandant au peuple algérien d\u2019approuver l\u2019instauration «d\u2019un Etat républicain algérien fondé sur les principes islamique», tel que prévu dans la proclamation du 1er novembre 1954.annonçant le début de la guerre d\u2019indépendance.Dans un préambule, M.Madani affirme aussi que le «peuple algérien est le détenteur de la souveraineté après Dieu» et «qu\u2019il a le droit au libre choix de ses dirigeants».11 rejette toute «intervention étrangère comme celle que la France tente actuellement», «s\u2019engage à respecter le pluralisme politique» et «l\u2019alternance au pouvoir par la voie des élections», demande «la réhabilitation du FIS» et le «retrait de l\u2019année de l\u2019arène politique».I R L A N D E I) U NORI) Adams et Reynolds ouvrent une ère nouvelle Major se fâche avec Paisley Dublin (AFP) \u2014 Le premier ministre irlandais, Albert Reynolds, a voulu donner un coup d\u2019accélérateur au processus de paix en Ulster en recevant hier à Dublin Gerry Adams, malgré les réticences et les doutes de Londres sur le caractère permanent du cessez-le-feu de LIRA.Moins d\u2019une semaine après l\u2019annonce de LIRA, M.Reynolds a accompli le geste le plus éminemment symbolique pour montrer sa confiance en la parole de l\u2019IRA et dans les intentions du président du Sinn Fein, son aile politique.\t.\t'\t' A l\u2019issue de l\u2019entretien d\u2019une heure et demie; auquel participait aussi John Hume, président du parti nationaliste modéré d\u2019Ulster SD LP qui a joué un rôle primordial dans le déblocage de la situation, ils ont affirmé dans un communiqué commun que leur but est «un accord durable et équitable».Ils ont lancé un vibrant appel aux protestants unionistes, pour qu\u2019ils saisissent la main tendue du Sinn Fein: «Nous ne pouvons pas résoudre le problème sans la participation et l\u2019accord du peuple unioniste.Nous appelons chacun à user de toute son influence pour permettre un tel accord».«C\u2019est un jour historique, c\u2019est une occasion historique, c\u2019est une rencontre historique», avait dit Gerry Adams en gaélique en entrant pour la première fois au siège du gouvernement irlandais.Ce n\u2019est pas l\u2019avis des leaders protestants d\u2019Ulster, qui ont hurlé à î\u2019«indécence», le révérend Ian Paisley en tête, selon qui «on peut mettre TIRA et Albert Reynolds dans le même sac».Le chef du parti unioniste le plus extrémiste a réservé sa plus grosse colère à M.Major, qui l\u2019a reçu à Downing Street pour un rendez-vous qu\u2019il demande depuis six jours.Mais l\u2019entretien n\u2019a duré que cinq minutes, car M.Major lui a demandé d\u2019emblée de dire s\u2019il croyait ou non en sa parole.Le révérend a refusé.Pressé par M.Major de répondre sans équivoque, il a refusé à trois reprises de répondre, a raconté le ministre à l\u2019Irlande du Nord, Patrick Mayhew, qui assistait à la rencontre.Le révérend Paisley a pour sa part raconté qu\u2019il avait dit au premier ministre: «pour répondre à la question sur votre intégrité, il n\u2019est jamais correct de se fier à la parole d\u2019un seul homme quand on parle de la position constitutionnelle et de l\u2019avenir d\u2019un pays, encore moins quand il s\u2019agit de la place constitutionnelle de l\u2019Irlande du Nord comme partie intégrante du Royaume-Uni».«Quand j\u2019ai dit cela, (M.Major) a dit: sortez de cette pièce et ne revenez jamais, sauf si vous êtes prêt à dire que je dis la vérité et que je ne mens pas», a dit M.Paisley.Mais c\u2019est le premier ministre qui, selon M.Paisley, a quitté la pièce alors que le député unioniste tentait de lire la déclaration qu\u2019il avait préparée pour assurer qu\u2019il ferait «tout pour barrer la route à la reddition».M.Paisley s\u2019est alors enfermé avec ses collaborateurs dans les toilettes pour préparer ce qu\u2019il allait dire à la presse.\t_\t, ' \"\t\u2022 \u2022 ¦ \u2019 M.Major avait réuni en début d\u2019après-midi à Londres un conseil restreint de ses ministres les plus importants.pour étudier la situation en Ulster.Ils ont redemandé de façon «insistante» au Sinn Fein et à l\u2019IRA de rendre parfaitement clair que le cessez-le-feu sera permanent.Londres répondra «de façon positive» à une cessation «permanente» de la violence de la part de l\u2019IRA, a dit un porte-parole de Downing Street.Cuba et Washington discutent toujours New York (AFP) \u2014 Américains et Cubains se sont séparés hier à New York au bout de 45 minutes d\u2019entretiens après avoir décidé de poursuivre aujourd\u2019hui les pourparlers sur l\u2019immigration, a annoncé un port^parole américain.Le chef de la délégation cubaine, Ricardo Alarcon, a remis à son homologue américain.Michael Skol, la réponse de Fidel Castro à la dernière proposition américaine prévoyant d\u2019accorder un minimum de 20 000 visas chaque année aux Cubains, a indiqué le porte-parole David Johnson.M.Skol a quitté la réunion après 45 minutes, pour parler à la mission américaine «avec les membres de la délégation et Washington», a indiqué M.Johnson.A Martha\u2019s Vineyard (Massachusetts), où le président Bill Clinton passe ses vacances, le porte-parole de la présidence, Dee Dee Myers, avait peu auparavant déclaré: «nous nous attendons à ce que les Cubains répondent à la proposition que nous leur avons faite la nuit dernière»; Elle avait qualifié cette proposition «d\u2019offre substantiellement sérieuse». M K It C It K I) I S K I* T K M It It K III II I I) K V 0 I It EDIT 0 R I A L Le choix du Devoir Le Parti québécois, avec nonobstant Lise Bissonnette La campagne électorale de 1994 touche à sa fin.À plusieurs, elle semblera avoir roulé à ras de sol, avoir raté l\u2019historique rendez-vous que des partis qui ne défendent pas le même «pays» auraient dû vivre sous nos yeux.sera en partie le cas en santé où le gouvernement a préféré les plaisirs narcissiques d\u2019une immense ais c\u2019est qu\u2019un autre pays, encore, a tiré les candidats par la manche, a rappelé que le quotidien est fait d\u2019écoles, d\u2019hôpitaux, de routes, de travail et de loisirs.Mépriser ces questions, comme nous le faisons trop souvent dans les médias avides de grands débats existentiels, fait de la déniocratie une abstraction.La responsabilité de l\u2019Etat, c\u2019est aussi un traversier qui rend l\u2019âme aux Iles-de-la-Madeleine, et des médecins qui manquent à Rouyn-Noranda.Il ne fallait tout de même pas attendre au lendemain des élections pour en parler.Les thèmes de la campagne, tous légitimes si les citoyens les soulèvent, auront d\u2019ailleurs déçu moins que son style, dépassé, suranné.Un gouvernement sortant, qui faisait profession de froideur, s\u2019est découvert soudain des compassions pour toutes les veuves et tous les orphelins.Des aspirants ont prétendu pouvoir construire tous les chemins, les ponts, les bâtiments.Or il se trouve que les électeurs savent lire et sont au courant, aujourd\u2019hui, des limites des ressources publiques.Il arrive même qu\u2019ils soient prêts à entendre parler de sacrifices, pourvu que ce soit intelligemment.Ils ont été, au contraire, traités comme des enfants.Quel que soit le parti au pouvoir dans une semaine, il se prépare de durs lendemains, à détricoter des illusions que nul n\u2019avait besoin de forger.Au cours des derniers jours, Le Devoir a étudié, en huit volets éditoriaux, le bilan du gouvernement et les positions des deux grands partis sur les principaux thèmes de la campagne, parfois même sur les thèmes oubliés.Le temps est venu de tenter une évaluation d\u2019ensemble des formations, et de choisir.Le Parti libéral du Québec Le Parti libéral du Québec doit être d\u2019abord jugé sur son bilan, telle est la dure loi de l\u2019exercice du pouvoir en démocratie.L\u2019écueil fatal pour ce gouvernement, il s\u2019y brise encore, est celui de ses démarches pour renouveler la constitution canadienne.Elles se sont terminées sur un non-lieu et partant sur une accentuation de la crise.Pour le reste, pas de surprise: le PLQ a été bel et bien libéral, c\u2019est-à-dire conservateur au sens de notre culture politique.Son meilleur dossier est celui du contrôle des finances publiques.Nous sommes encore loin d\u2019une victoire sur le déficit, mais les dérapages sont terminés.Par ailleurs, les grandes missions de l\u2019État \u2014 santé, éducation, services sociaux \u2014 en ont souffert.L\u2019œil sur les coûts et sur rien d\u2019autre, le Parti libéral a procédé à des réformes incohérentes, dont plusieurs seront à reprendre tout à fait Ce sera le cas en éducation, où de menus rapiéçages laissent entier le drame de la sous-scolarisation des Québécois.Ce réforme bureaucratique à la révision en profondeur du système de soins.Ce sera le cas pour les affaires sociales, où les libéraux ont été moins durs que la rumeur publique et les mouvements de «solidarité» le disent, mais où les interventions ponctuelles n\u2019ont affecté qu\u2019à la marge la cassure du Québec «en deux».Seules les réformes culturelles et la refonte du code civil ont été planifiées et menées avec le soin et la profondeur nécessaires.Un peu plus, et la stratégie industrielle eut connu le même tour heureux; mais elle a commencé à se dessiner trop tard, et trop tiède, au milieu des regrets d\u2019un gouvernement qui avait continué à miser sur les grands projets, sur un développement du Nord devenu aussi hypothétique que politiquement piégé.Ayant mieux contrôlé nos deniers mais guère stimulé le développement, le gouvernement libéral a affaibli lui-même son «nouveau» programme.Le PLQ a en effet présidé, de 1985 au début des années 90, à une solide période de prospérité et même, avant l\u2019échec des Accords du lac Meech en 1990, à une ère de cette «stabilité politique» qu\u2019il dit si nécessaire à l\u2019emploi durable.Pourtant, la récente et interminable récession a tout fragilisé, à nouveau.L\u2019histoire militerait donc ici pour un gouvernement plus actif, qui ne table pas sur la seule reprise cette fois, mais qui en profite pour mettre en place une véritable stratégie de développement, avec des secteurs clés bien identifiés.Sauf pour le bizarre dossier de la voiture électrique et un appui toujours aussi réticent aux «grappes industrielles», le chef du PLQ, M.Daniel Johnson, continue de refuser un tel rôle à l\u2019État.Comme M.Bourassa autrefois, il promet de tout faire pour créer de l\u2019emploi, souci qui l\u2019honore, mais il en reste à l\u2019incantation.Là où les électeurs attendent du changement, en santé et en éducation notamment, le programme libéral est encore plus passif et poussif.Comme il l\u2019est en matière constitutionnelle, où la fatigue tient lieu de pensée.M.Johnson semble avoir voulu rééditer 1970, quand son prédécesseur disait aux Québécois, essoufflés par les réformes des années 60, qu\u2019il leur suffirait désormais d\u2019être bien gérés, à la moderne, pour être heureux.La recette a fait long feu.L\u2019équipe libérale s\u2019est toutefois beaucoup renouvelée, M.Johnson a raison de le souligner sans cesse.Moins spectaculaire que l\u2019équipe du Parti québécois, elle est toutefois plus diversifiée, sans doute plus représentative du Québec dans son ensemble.Mais on y sent aussi la fatigue.Un nombre trop élevé d\u2019attachés politiques tentent de prendre du grade de députés, symptôme des difficultés de recrutement.Quant au chef, M.Daniel Johnson, il aura gâché en fin de campagne son image forte et déterminée du début.Il semble comprendre si mal le Québec, malgré une sincère volonté de le servir, que sa propre identité le confond.Son avenir politique en devient tout aussi incertain.Le Parti québécois Le Parti québécois a eu beau se rabattre en vitesse sur l\u2019étapisme de 1976 \u2014 élire d\u2019abord un «bon gouvernement» et tenir ensuite un référendum sur la souveraineté \u2014 le premier article de son programme a dominé toute la campagne électorale.S\u2019il y a une distinction majeure entre les deux grandes formations qui se disputent les électeurs, elle est là.Le PQ propose la souveraineté, un changement radical du statut politique du Québec, et pousse ainsi la rupture plus loin que ne le voudrait la majorité des Québécois.Légitime, son option s\u2019inscrit dans une logique: les Québécois, en rejetant en 1992 les accords de Charlottetown, puis en élisant en 1993 une majorité de députés souverainistes du Bloc québécois au Parlement fédéral, ont refusé le statu quo et poursuivi leur marche vers une forte autonomie.Mais le programme du PQ, la doctrine de «l\u2019enclenchisme», est rédigé de façon telle que les électeurs seront réputés avoir accepté la souveraineté même s\u2019ils ne veulent, pour l\u2019instant, que des souverainistes.Cette contorsion intellectuelle, inscrite au programme péquiste en 1991, était aussi inutile que présomptueuse.Le PQ va peut-être dans la bonne direction, il s\u2019inscrit dans la continuité de l\u2019histoire québécoise, mais il y va en s\u2019appuyant sur des artifices troublants, que son fondateur aurait récusés.Il suscite lui-même la méfiance qu\u2019il voudrait tant dissiper.La liste des autres promesses électorales du PQ est aussi longue que les routes qu\u2019il prétend ouvrir, réparer, ou prolonger.Si bien que le chef, M.Parizeau, a lui-même affaibli son engagement d\u2019éliminer le déficit des opérations courantes du gouvernement d\u2019ici deux ans.Pour le croire, il faudrait produire une autre liste, celle des sacrifices qu\u2019on nous imposera certainement.Sur le chemin raboteux de son cher référendum, le retour au principe de réalité pourrait faire payer cher ce défaut de transparence préélectorale.Quant aux grandes missions de l\u2019État, sauf en éducation où il promet une révision en profondeur par des états généraux, le Parti québécois n\u2019a pas été plus convaincant que le Parti libéral.Il se distingue néanmoins par la méthode.D\u2019abord celle d\u2019un État beaucoup plus présent, qui reviendra à certaines réglementations, dans le zonage agricole, par exemple, ou dans l\u2019industrie de la construction.Ensuite celle d\u2019un État plus «concertant»: le credo de la régionalisation, de la décentralisation, est devenu le deuxième refrain éternel du Parti québécois, juste quelques crans derrière celui de la souveraineté.Il correspond certes à l\u2019humeur du temps et à l\u2019évolution des régions, qui se sont dotées des instruments nécessaires au rapatriement des décisions qui les touchent.Reste à voir si une ode aussi absolue aux «petites patries» ne risque pas, à terme, de démobiliser le pays au centre.Toujours aussi nul en matière de culture, par exemple, le PQ va-t-il balayer ses responsabilités à des fonds régionaux au détriment d\u2019une politique culturelle d\u2019ensemble?La campagne n\u2019a per- mis que d\u2019effleurer ces questions, tout comme celles de la social-démocratie péquiste qui s\u2019est attiré la sympathie en se disant plus compatissante mais qui n\u2019a pas multiplié les projets précis, notamment pour la si cruciale équité fiscale.Le plus convaincant des atouts du Parti québécois tient à son équipe, où se côtoient tant de compétences que les collisions menacent.Deux faiblesses ressortent, dans ce portrait de groupe avec leaders communautaires, juristes, pédagogues, syndicalistes, communicateurs.La première est l\u2019absence de gens d\u2019entreprise, qui se méfient encore et toujours des souverainistes et de leur social-démocratie.La seconde est évidemment le chef lui-même, qui n\u2019est peut-être pas si impopulaire que le cliché le veut, mais qui aura démontré, tout au long de la campagne, que son naturel n\u2019est pas celui du rassembleur.Dans le voyage où il convie le Québec, c\u2019est une faille que ne répareront ni sa compétence, ni son intelligence, et encore moins son assurance imperturbable toujours si proche de la présomption.Le choix: le Parti québécois, avec nonobstant Les réserves du Devoir sont multiples, mais le Parti québécois s\u2019impose, au terme de la campagne, pour deux raisons.1)\tEntre l\u2019État trop absent que propose le Parti libéral et l\u2019État trop présent pour lequel milite le Parti québécois, l\u2019histoire récente enseigne où est l\u2019intérêt de la majorité.Même en période de stabilité et de prospérité, le PLQ au pouvoir, si ami du «marché» n\u2019a pas réussi à stopper l\u2019exclusion croissante des plus pauvres, à augmenter la mesure de justice parmi nous, définition même du bien public.Le souci de justice engendre l\u2019esprit de réforme, dont le Parti libéral n\u2019a donné aucun signe vraiment lisible au cours de la campagne.Brouillons, les engagements péquistes et l\u2019équipe qui les formule vibrent toujours d\u2019une plus grande volonté d\u2019inclusion.À l\u2019orée de développements technologiques et économiques internationaux qui vont accentuer toutes les duretés, il est utile de se donner ce rempart.2)\tLe temps du «beau risque» canadien est révolu.Les Accords constitutionnels du lac Meech l\u2019ont affaibli, ceux de Charlottetown l\u2019ont achevé, et les desseins du gouvernement élu à Ottawa, celui de M.Chrétien, lui ont plutôt substitué un affreux risque.Les électeurs québécois n\u2019ont guère d\u2019autre choix que de radicaliser leur message quant au statut politique du Québec et à leur insatisfaction de la Confédération.Il faut dire NON au premier ministre du Canada et à son parti, qui n\u2019ont d\u2019autre programme désormais que de conduire les revendications du Québec à l\u2019impasse, et même de faire disparaître sa marge de manœuvre actuelle, comme on le voit en santé et en éducation.Il faut dire NON aux premiers ministres des autres provinces qui en sont encore à agiter à la fois la menace et ie leurre, recette affadie de la paralysie des dernières années.Nonobstant la démarche intellectuelle du Parti québécois, qui assombrit sa démarche politique pourtant si nécessaire, il doit former le prochain gouvernement du Québec.Vaut mieux un État trop présent que trop absent Le temps du «beau risque» canadien est révolu \u2022'\"BOIOOOÜRJ DON) Mon EÇ.T 0fcCQUE$ PftRÎZEAU DAUtEL OôUtosoE XET OE SU\\^ EK) AVAUCE A>A\\OS .les soudages/ QUEBECOIS TjhSûRD1.?Les médias et notre langue À quand quelques autobus de notre fidèle STCUM habillés des «couleurs» de notre langue?A quand la promotion d'une langue respectée parce que d'abord et avant tout bien parlée?Des autobus porteurs de messages publicitaires, c'est payant, c'est stimulant pour tout le monde.Ça circule dans les rues de Montréal.Ça parle d'abondance.«Une image ne vaut-elle pas mille mots?» La publicité n'a jamais autant épousé ses lettres de privilège et ce, dans tous les domaines.Pourtant, les incitations à bien parler sa langue semblent absentes de nos médias.Bien sûr, la langue n'est pas un produit de consommation: en faire la promotion ne rapportera pas de dol- LETTRES -?- lars, mais coûtera, au contraire, bien des dollars.Dans ce cas-ci, c'est une question de valeur.Voulons-nous vraiment susciter l'amour de notre langue?Elever son niveau de vie?Alors il faudra y mettre le prix.Un petit tour dans nos écoles et nous aurons vite une image du niveau de notre langue parlée ciui ne semble guère soulever beaucoup d'admiration de la part de nos immigrants.Nous voulons l'indépendance pour des raisons d'ordre économique, politique, mais aussi, es-pérons-fe, pour la sauvegarde de notre culture.Cette indépendance, nous l'obtiendrons peut-être, mais nous n'en demeurerons pas moins des mal identifiés si nous continuons à bafouer notre langue parlée, si nous continuons à Ignorer ce qui ferait de nous, Québécois, un peuple à part entière parce que branché sur ses véritables origines.Christiane Etiiier Montréal, 31 août 1994 La politique du béton Grands travaux d\u2019infrastructure, rue Fabre au nord de Bélanger: On refait les trottoirs.Le béton gagne du terrain: on élargit les trottoirs jusqu\u2019à empiéter sur le gazon et saccager les ro-cailles.On aura beau protester: Jean Béton Doré en a décidé ainsi.Comment s\u2019appelle-t-il donc déjà, celui qui se présente à la mairie et prétend refleurir Montréal?Bourque?Tiens, tiens.Je crois bien que je viens de joindre le rang des indécis.Gilles Beauchemin Montréal, 27 août 1994 LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTE Rédactenr en chef BERNARD DESCÔTEAUX Dircctcnr délégué à l'administration FRANÇOIS TIIOIJIN Directeur de l'information BENOÎT AUBIN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, ROCII CÔTÉ Rédacteurs en chef adjoints JEAN ROBERT SANSFAÇON.CHRISTINE BOUDE 2050.rue de Blcnry.9e étage, Montréal (Qnébec) H3A 3M9.Tel.: FAIS CE QUE DOIS (514) 985 3333 I.K l> K V OIK.I.K M F.II (' II KOI 7 S K I' T K M l< K K I !> 0 I I) ï s J i > ¦M Echec aux bibliothèques publiques PHOTO ARCHIVES îr=ifli mm\tj Uft* \u2022 uuu Chaque année, on a réduit les subventions gouvernementales au fonctionnement des bibliothèques publiques.RÉJEAN SAVAK1) Professeur agrégé à l'École de bibliothéconomie et des sciences de l'information de l'Université de Montréal ans un éditorial récent, l\u2019analyse faite par Mme Use Bissonnette des programmes des principaux partis l\u2019amène à conclure, en ce qui a trait à la culture et à la société, que la «feuille de route des libéraux est la meilleure».Je me permets de vous souligner qu\u2019en ce qui concerne les habitudes de lecture, et notamment en ce qui a trait au dossier de la lecture publique, on ne peut que conclure à un échec total de la politique du gouvernement sortant.Ainsi, contrairement aux recommandations de la Commission Sau-vageau qu\u2019il avait lui-même créée, ce gouvernement a supprimé le Service des bibliothèques publiques au sein du ministère de la Culture et réparti un peu partout les six ou sept fonctionnaires qui restaient.Or, dans n\u2019importe quel pays normal, il existe un service central chargé de coordonner le développement de la lecture publique.En Ontario, on compte plus de 100 personnes qui s\u2019affairaient à cette tâche de coordination.Et le réseau de lecture publique y est bien développé, il continue de progresser et.on y lit plus qu\u2019au Québec.Cette décision récente est peut- être l'indice le plus révélateur, parmi bien d\u2019autres, quant au peu d\u2019intérêt que la ministre Frulla a accordé à la lecture publique pendant son man* dat.Un projet de loi spécifique aux bibliothèques publiques comme il en existe dans les autres provinces ca nadiennes a d'abord été écarté.Puis, la publication des nouvelles normes des bibliothèques publiques prévue depuis belle lurette a été stoppée alors que le manuscrit était prêt.Chaque année, on a réduit les subventions gouvernementales au fonctionnement des bibliothèques publiques, sans compter que ces subventions ont été chaque fois versées en toute fin d\u2019année budgétaire.Le milieu des bibliothécaires n\u2019a pu que constater l\u2019abdication progressive du gouvernement central dans ce dossier et on parle maintenant,d\u2019un éventuel désengagement de l\u2019Etat québécois.La conséquence est désastreuse.Le dossier se retrouve maintenant dans la cour des municipalités.Or, on se rend compte que les élus municipaux ne savent pas trop comment gérer les services de bibliothèques qu\u2019ils assimilent plus ou moins aux services de loisirs et aux patinoires municipales, avec le résultat que la bibliothèque publique change tranquillement de mission.Alors qu\u2019elles doivent être gratuites par définition, les bibliothèques publiques deviennent de plus en plus payantes.D\u2019un service visant le développement des habitudes de lecture et qui garantit l\u2019accès le plus large possible au livre et à l\u2019information documentaire, elles de- viennent petit à petit des «librairies de location de livres».On les force à abandonner peu à peu leur rôle de «rempart de la démocratie», comme on les surnomme aux Etats-Unis.La situation est tellement critique qu\u2019on en arrive à se demander si les bibliothèques publiques ont un avenir au Québec.Pourtant, les Québécois ont besoin de bonnes bibliothèques publiques car ils ne sont pas reconnus pour être particulièrement de bons lecteurs: on lit en moyenne 5,7 livres en six mois au Québec, alors que la moyenne grimpe à 9,2 ailleurs au Canada.Quant à ceux qui ne lisent aucun livre, ils sont plus que nombreux au Québec: 37% par rapport à 15% ailleurs au Canada (.L\u2019actualité, janvier 1992).L\u2019accès à l\u2019écriture passe d\u2019abord par une politique adéquate de la lecture publique.L\u2019écrit demeure toujours un outil essentiel sans lequel on ne peut espérer réussir et progresser dans la société.Non seulement donne-t-il accès à la culture, mais l\u2019écrit donne aussi accès à l\u2019information.Il est temps qu\u2019on comprenne, comme l\u2019ont compris depuis longtemps nos voisins anglophones d\u2019ailleurs, que la bibliothèque publique est un investissement pour le Québec.Un investissement d\u2019autant plus séduisant qu\u2019il nécessite très peu de ressources financières par rapport aux autres postes budgétaires des gouvernements (même pas 0,5% du budget du Québec, et en moyenne 1% du budget des municipalités).Le Québec est mal parti pour le XXIe siècle.Les Québécois ont besoin de bonnes bibliothèques publiques car ils ne sont pas reconnus pour être particulièrement de bons lecteurs: on lit en moyenne 5,7 livres en six mois au Québec, alors que la moyenne grimpe à 9,2 ailleurs au Canada.SiSSShSï fris» PHOTO JACQUES NADEAU m .a v.»*** -a;- Vx'A' \\ y ?/ >; La crise de l\u2019emploi un enjeu de la campagne électorale?ue à un article u Devoir RA KL ¦' e Devoir a publié le 12 juillet 1993 un article sur Ile mouvement rai! lien («La cui leuse leçon dea |X*tits hommes verts»), où Stéphane Baillargeon porte des accusations non fondées contre moi qui mettent en cause mon honneur et ma respec-tabilité et à travers moi ceux des 4000 membres du mouvement raëlien canadien.Ce monsieur ose écrire que nous défendons des opinions pédophiles, ce qui est une ignominieuse diffamation.On faisait jadis courir une rumeur voulant que les Juifs se livrent à des sacrifices d\u2019enfants, cette accusation est de la même veine.Le mouvement raëlien et moi-même avons toujours condamné la pédophilie et prôné le respect des lois qui, fort justement, interdisent ces pratiques qui sont toujours'le* fait d\u2019individus déséquilibrés.M.Baillargeon ose écrire que je prône l'amour libre qvoc les adolescents de 14 ans et plus, ce qui est totalement faux, et je le mets au défi de trouver un seul texte écrit de ma main contenant de tels propos.Cela est encore une diffamation ignominieuse.Notre philosophie prône la liberté sexuelle, c\u2019est vrai et nous ne nous en cachons pas, mais entre adultes libres et responsables.Enfin, cet article prétend que suite à une enquête du gouvernement français, je serais maintenant établi au Québec.C\u2019est encore une diffamation.Je suis fier de n\u2019avoir jamais été condamné par la justice d\u2019aucun pays pour la simple ei bonnç raison que je n\u2019ai jamais été poursuivi et qu\u2019il n\u2019y a jamais eu de plainte déposée contre moi pour quelque motif que ce soit*, étant partout respectueux des lois.Et lorsque je me rends dans un tribunal, c\u2019est pour faire condamner les «journalistes» qui osent écrire des articles diffamatoires sans vérifier les faits dont ils parlent.Lorsqu\u2019un journaliste publie des rumeurs, il en devient complice.J\u2019ajoute que je réside toujours en France et ne viens au Québec qu\u2019une fois par an, appréciant l'ouverture d\u2019esprit et la tolérance dont font preuve les Québécois.: Quant aux attaques relatives à la géniocratie, je rappelle qu\u2019il est interdit aux membres du mouvement raëlien de militer dans toute organisation politique y compris un mouvement géniocrate.Dans mon livre 1m géniocratie, j\u2019explique que cè système politique en vigueur dans une autre civilisation \u2018ne peut être instauré que s\u2019il est accepté démocratiquement.>, Enfin, le sous-titre de cet article fait référence, à propos de nous, au sectarisme, ce qui est totalement faux.J\u2019ai d\u2019ciilleurs fondé voici un an la Fédération internationale des religions et philosophies minoritaires regroupant toutes les minorités qui souffrent de discrimination à travers le monde.Comment peut-on être sectaire et défendre les autres minorités?Vérifiez dans votre dictionnaire la définition du mot: «Se ditlde quelqu\u2019un qui se refuse à admettre les opinions différentes qe celles qu\u2019il professe» {Le Petit Larousse).En l'occurrence,' le seul sectarisme ici présent est celui de Stéphane Baillargéôri qui n\u2019admet pas que des gens pensent autrement que lui.?'\u2022 Réponse du journaliste ¦\tJ\u2019ai écrit que les Raëliens défendaient «des opinions pétld pfiiles» (et non qu\u2019ils étaient pédophiles).Dans La géniocratie (Editions du Message, 1977, p.115), Raël lui-même écrit «IJ faut supprimer les lois faisant automatiquement un détourné: ment de mineur un rapport sexuel entre un individu de plus de dix-huit ans et un individu de moins de dix-huit ans (.).» H Un cas de condamnation en France?La Cour d\u2019appel d\u2019Angers (Maine et Loire) a confirmé un jugement de première instance en octobre 1991 condamnant Raël à verser 10 000 F de dommages et intérêts à un journaliste qù\u2019jl poursuivait en diffamation, ce dernier ayant été relaxè.Xè journaliste avait écrit dans un ouvrage sur les sectes que le Mouvement Raëlien «avait des comptes bancaires.en Suisse» et que le leader Raël «visait la présidence du gouvernement mondial de la géniocratie».¦\tRaël a écrit un livre intitulé Le racisme religieux financé par le gouvernement socialiste, en 1992, pour dénoncer ce qu\u2019il juge être de la persécution de la part des législateurs et des médias contre son mouvement et d\u2019autres «minorités religieuses et philosophiques».Stéphane Baillargeon L\u2019ÉQUIPE D Ü DEVOIR Les solutions de gauche aggravent le chômage JEAN-LUC MIGUE Ecole nationale d\u2019administration publique (ÉNAP), Québec.Tiré d\u2019un ouvrage qui doit paraître cet automne.f== n écartant pour les fins de Ela cause le fétiche souverainiste, la «crise» de l\u2019emploi fait prétendument l\u2019enjeu de l\u2019élection en cours.Or, ni l\u2019un ni l\u2019autre des deux programmes en présence ne s\u2019attaque aux vraies causes du piètre état de la conjoncture de l\u2019emploi, soit lappesantissemeni ininterrompu depuis, 25 ans du poids fiscal et réglementaire sur le marché du travail.L\u2019inspiration socialiste qui guide le PQ garantit que la crise de l\u2019emploi s\u2019aggravera après son élection.Quelques faits d\u2019abord.Au début des'années 1960, le chômage évoluait autour de 4 %.La situation n\u2019étàit |ias sensiblement différente au Japon, aux Etats-Unis et dans les payS industrialisés d\u2019Europe.Or, voici que depuis 1965, le taux de chômage s\u2019inscrit dans une tendance irréversible à la hausse.11 évolue autour de 9-10 %, quatre points au-dessus du taux US correspondant.L\u2019écart est à son maximum en 40 ans.Autre dimension significative de l\u2019état de l\u2019emploi au Canada et en Europe, la durée du chômage pour ses victimes s\u2019allonge de façon constante et s\u2019avè.re de loin plus prono,ncée qu\u2019aux États-Unis et au Japon.A cela s\u2019ajoute la place croissante du travail au noir, du temps partiel, du surtemps, du travail occasionnel et contractuel dans l\u2019activité professionnelle.Le paradoxe est qu\u2019en même temps que le temps partiel gagne du terrain, le surtemps aussi semble préféré par les employeurs.Fétiches courants Comment expliquer cette troublante évolution?Commençons par repousser le fétiche vieux d'un demi- siècle et de plus en plus discrédité: l\u2019interprétation keynésienne retenue par la classe politique.Dans ce schéma, les partis se doivent de dépister quelque nouvelle astuce par où multiplier les faveurs, gaspiller notre argent et gonfler le déficit.Or, en gonflant leurs dépenses et leurs interventions, les gouvernements ne créent pas d\u2019emplois: ils lçs détruisent.Le fétiche de l\u2019État capitaliste, qui inspire l\u2019intelligentsia québécoise depuis les années 1960, n\u2019est guère plus confortable.Ce qui distingue le capitaliste tout court de l\u2019État capitaliste, c\u2019est que le premier gère un portefeuille d\u2019initiatives, de projets et qu\u2019il nourrit le succès et rationne ou affame l\u2019échec.Il ajoute de son capital dans les projets prometteurs, tandis qu\u2019il ferme les entreprises malheureuses pour les éliminer.L\u2019investissement moyen dans les firmes qui réussissent est de cinq fois supérieur à celui des firmes qui tournent mql.Parce que la dynamique de l\u2019État repose sur le redistributionnisme, le gouvernement est incapable de fermer une entreprise, même chancelante et perdante.Le ministère continuera à combler les perdants de ses faveurs (prêts, injections diverses) longtemps après que l\u2019opération se sera révélée désastreuse.Politiques d\u2019appesantissement du coût du travail Au cours des 30 dernières années, le marché du travail a été marqué par une succession ininterrompue d\u2019interventions publiques qui ont eu pour double effet d\u2019alourdir le coût du travail pour les employeurs et d\u2019en déprimer le rendement pour les employés.De 1965 à nos jours, la hausse des salaires réels au Canada a été .sensiblement supérieure à celle des États-Unis.Les employeurs offrent moins d\u2019emplois, tandis que la main-d\u2019œuvre se montre moins disposée à accepter les emplois.L\u2019abou- tissement est incontournable: la croissance de l\u2019emploi se ralentit et le chômage se maintient en permanence à un niveau supérieur.Réglementation directe du travail Depuis une trentaine d\u2019années, une prolifération de dispositions législatives s\u2019emploie à fixer de façon coercitive les conditions d\u2019emploi et de congédiement.Ces mesures entraînent deux résultats semblables: premièrement, elles provoquent l\u2019élévation du coût de la main-d\u2019œuvre touchée, et donc la hausse du chômage: deuxièmement, pour une minorité d\u2019individus qui y gagnent, composée des syndiqués et de ceux et celles qui sauvegardent leur emploi surrémunéré, la masse des travailleurs qu\u2019on prétend secourir y perd, surtout celle qui possède le moins de qualifications.Salaire minimum et normes Il ne se trouve point de dimensions de la vie au travail que les lois sur les normes ne touchent pas: congés payés, absences payées pour maladie ou autres raisons, vacances, conditions physiques des lieux.L\u2019illusion de pouvoir refiler à l\u2019employeur une multitude de mandats et de contraintes, sans que personne n\u2019en subisse de contrecoup, dure.Le vrai salaire minimum n\u2019a toujours été que de zéro.En tentant de maintenir à des niveaux artificiellement élevés le taux de rémunération de la main-d\u2019œuvre la moins qualifiée, la plus jeune, la moins expérimentée, on en élève forcément le coût aux employeurs.Conséquence: offre d\u2019emplois comprimée de la part des employeurs, chômage accru en permanence.Préavis de licenciement La terminologie officielle désigne par l\u2019expression «protection de l\u2019em- ploi» l\u2019obligation faite aux employeurs d\u2019aviser d'avance les employés de leur licenciement prochain.La désignation appropriée serait plutôt «destruction de l\u2019emploi».Les règles en vigueur au Canada prévoient pour l'employeur l\u2019émission d\u2019un préavis de congédiement de six à dix-huit semaines, s\u2019il s\u2019agit de licenciements massifs.Les gouvernements fédéral, ontarien et québécois imposent aussi des indemnités généreuses de licenciement.La logique formelle qui inspire ces dispositions postule quelles abaissent le chômage en facilitant aux travailleurs déplacés la tâche de dénicher un nouvel emploi plus tôt.Les faits établis infirment cette prédiction.L\u2019enseignement de l\u2019économique en cette matière est que le préavis coercitif constitue une taxe prélevée sur les congédiements.Il élève donc le coût de l\u2019emploi à long terme et, suivant la règle établie, exerce une pression à la baisse.Plutôt que de risquer de faire face aux complications prévisibles du licenciement, l\u2019employeur s\u2019abstient d\u2019embaucher.Discrimination active Les règles de discrimination active, implantées depuis une vingtaine d\u2019années et pieusement appelées «équité dans l\u2019emploi», sont la négation du droit et donc de l\u2019équité et de l\u2019égalité.Elles élèvent les coûts du travail, diminuent l'emploi et, en tant que taxe sur le travail des femmes, transfèrent le fardeau des préjugés à la masse des femmes, au profit d\u2019une minorité d\u2019entre elles.Renforcement des monopoles syndicaux Le syndicalisme libre n'existe pratiquement pas chez nous.C\u2019est la monopolisation coercitive de la main-d\u2019œuvre.Les salaires syndiqués, de 15 à 30 % supérieurs en moyenne, élèvent le coût de la main-d\u2019œuvre et donc de la production, dépriment l\u2019emploi dans les secteurs affectés et forcent les candidats déboutés à se déverser dans les secteurs non syndiqués.Parmi les autres dispositions législatives qui ont contribué à consolider le monopole légal des syndicats, rappelons les lois antiscabs, la généralisation de la formule Rand, l\u2019extension des décrets, la centralisation des négociations dans le secteur public.Fiscalité du travail Le fardeau fiscal général s\u2019est fortement appesanti au cours des 30 dernières années.Il est passé de 26,4 % du PIB en 1961 à 42,8 % en 1991.Ces calculs excluent la masse des déficits qui sont en réalité des dépenses différées et donc des taxes futures.La fiscalité directe du travail s\u2019est alourdie de 530 %de 1980 à 1993.La part de l\u2019ensemble de ces prélèvements dans la masse salariale est passée de 5,2 % à 11,3 %.A raison de 100 000 pertes d\u2019emplois pour chaque augmentation de 1 %de la part des taxes dans le coût du travail, la flambée des taxes serait à l\u2019origine d\u2019au delà de 600 000 pertes d\u2019emplois dans l\u2019ensemble du Canada.En même temps qu\u2019il dissuade l\u2019employeur d\u2019embaucher par la réglementation et la fiscalité indirecte ou directe du travail, le législateur multiplie les interventions qui suscitent l\u2019incitation à ne pas travailler.La conjoncture économique nord-américaine est plutôt bonne, mais le marché de l\u2019emploi en est dissocié.La «crise» courante est exclusive au marché de l\u2019emploi.don,t le piètre état tient à l\u2019action de l'État.A entendre les porte-parole des partis, on croirait que la campagne électorale est dirigée par les martiens.Ainsi va la politisation de la société.LA RÉDACTION Journalistes: à l\u2019information générale et métropolitaine: Sylvain \u2022 Blanchard, Paul Cauchon, Jean Chartier,.Louis-Gilles Francoeur (environnement)', Kathleen Lévesque, Caroline Montpetit, Bernard Morrier, Isabelle Paré, Guy Taille-fer (adjoint au directeur de l\u2019information); ' Jean-Pierre Legault (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages édito- _ riales); Martin Duclos et Désirée Szucsany (relecteurs)\u2019, Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes): à l\u2019information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon, Roland-Yves Carignan, Pierre Cayouette (livres), Paule des Rivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Odile Tremblay; à l\u2019information économique: Gérard Béru-bé (responsable), Robert Dutrisac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l\u2019information internationale: Jocelyn Coulon (responsable), François Brousseau (iéditorialiste), Antoine Char, Sylviane Tra-mier, Clément Trudel; à l\u2019information politique: Pierre O\u2019Neill.Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec): Serge Chapleau (caricaturiste): à l'information sportive: Yves d\u2019Avignon; Denise Babin, Marie-Claude Petit (commis), Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction).Li Documentation: Gilles Paré (directeur): Manon Scott, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ Lucie Pinsonneault (directrice), Yves Wiliams (superviseur.Avis publics et annonces classées), Jacqueline Avril, Daniel Barbeau, Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Johanne Guibeau, Jean-Yves Guilbert, Sylvie Hanna, Christiane Legault.Micheline Ruel-land, Monique Verreault (publicitaires); Sylvie Laporte, Pierrette Rousseau, Micheline Turgeon, Olivier Zuida (commis): Michèle , Bouchard (secrétaire).L'ADMINISTRATION Henry Riedl (contrôleur), Nicole Carmel (coordinatrice des services comptables): < Florine Cormier, Céline Furoy, Jean-Guy La- ! cas, Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Da-nielle Ross, Linda Thériault (adjointe à l\u2019administration).IJE MARKETING ET SERVICE À IA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice), Johanne Brien (secrétai- \u2022 re), Manon Blanchette, Monique L'Heureux, j Lise Lachapelle, Rachelle Leclerc-Venne.LA PROMOTION ET LES RELATIONS PU- ! BLIQUES Guy-Renaud Kirouac (directeur).LA PRODUCTION Marie-France Turgeon | (directrice de la production), Richard Des-Cormiers (responsable du système informa- 1 tique).Johanne Brunet.Danielle Cantara, I Caroline Des Rosiers.Lynda Di Cesare, Marie-Josée Hudon.Michael Schneider.Chris- ; tiane Vaillant.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Pierre Bourgie (président).LA FON- : DATION DU DEVOIR Marcel I Couture (président).Roger Boisvert (vice-pré- : sident et directeur général). S K |' T !\u2022: M H It K I IMI I LE DEVOIR ACTUALITES Un compromis sur l\u2019avortement rallie les pays musulmans Les réserves du Vatican demeurent Le Caire (AIT et Reuter) \u2014 Les délégations présentes à la Conférence du Caire sur la population ont abouti à un compromis sur le chapitre du document final consacré à l'avortement, mais les réserves du Vatican demeuraient, a-t-on appris hier auprès des délégués.Les délégués se sont réunis toute la journée en commission, à huis clos, pour parvenir à une «rédaction plus consensuelle» du chapitre 8, qui évoque l\u2019avortement en tant que «problème majeur de santé publique».La majorité des délégations présentes, y compris les pays musulmans, ont accepté un compromis qui pose comme préalable qu\u2019«en aucun cas l\u2019avortement ne peut être encouragé comme méthode de planning familial».L\u2019Union européenne a proposé de retirer toute référence à l\u2019avortement dans la section qui a trait au planning familial, pour la transférer à la rubrique services de soins et d\u2019aide à la maternité.Le délégué du Vatican a cependant souligné que les négociations ne faisaient que commencer et espère que les parties pourront se mettre d\u2019accord sur un langage commun d\u2019ici le 13 septembre.Avant même l\u2019ouverture lundi de la Conférence de l\u2019ONU sur la population et le développement, la controverse s\u2019était développée autour de l\u2019avortement, le Vatican et les musulmans conservateurs ayant accusé la réunion de vouloir le libéraliser.1rs islamistes égyptiens ont fustigé hier la «conférence de Satan» sur la population et le développement, qui a fait la preuve que leurs pires craintes étaient justifiées.Ije quotidien islamiste al Chaab a ouvert le feu, critiquant vertement la Première ministre norvégienne, Gro Harlem Brundtland, en affirmant que son discours de la veille constituait «une attaque honteuse et choquante contre la religion et les (principes) moraux».Brundtland s\u2019était déclaré favorable à la dépénalisation de l\u2019avortement, accusant les religieux opposés à celui-ci (l\u2019hypocrisie.«La morale devient de l'hypocrisie lorsque cela veut dire accepter que des mères meurent à cause de grossesses non désirées ou d\u2019avortement illégaux», a-t-elle lancé.«Non à la conférence de Satan», titre al Chaab.Le journal affiche côte à côte en première page une photo d\u2019homosexuels, accompagnée d\u2019une légende disant que la conférence admettait ce mode de vie, et une d\u2019une jeune fille coiffée du foulard islamique qui portait ce sous-titre: « Nos générations futures n\u2019ont pas le droit de vivre».«Malgré la colère généralisée, les protestations et boycottages, la conférence de Satan s\u2019est ouverte dans la ville du Caire, sur la terre de l\u2019université sainte d'al Azhar», la plus prestigieuse université islamique mondiale.«Sur cette terre sainte, les délégués sont venus de différents pays faire l\u2019éloge de la promiscuité, de l\u2019avortement, des relations sexuelles extra-maritales», s\u2019insurge le journal.«Le Caire n\u2019avait pas besoin de cette conférence (.) Ix* problème posé par la population ne sera pas résolu par une conférence, ni même par dix, ni par Maher Mah-ran (ministre égyptien de la Population) quand il dit que les homosexuels sont des gens très respectables», renchérit al Ahrar, autre publication islamiste.«Cette conférence a pour objectif de faire disparaître nos valeurs, notre religion, de briser nos familles et d\u2019introduire des comportements inacceptables dans nos sociétés», explique al Chaab.Même son de cloche chez le mouvement islamique Al Da\u2019aoua, pour qui la conférence est un complot de l\u2019occident, qui cherche à stopper l\u2019expansion des musulmans.Ix's islamistes reprochent en fait, tout comme les catholiques, à la conference, de ne pas prendre de positions fermes contre l\u2019avortement ou les relations sexuelles hors mariage.Ix texte proposé par la Conférence appelle a «renforcer l'engagement en faveur de la santé des femmes» et à «réduire le recours à l\u2019avortement par le biais de services de planification familiale élargis et améliorés».«Ixs femmes affrontant une grossesse non désirée doivent pouvoir recevoir une information fiable et dés conseils compréhensifs.Ix prévention des grossesses non désirées doit toujours recevoir la plus haute priorité et tout doit être fait pour éliminer la nécessité d\u2019un recours à l\u2019avortement», ajoute le texte.«Dans les cas où l\u2019avortement est légal, il doit être sûr.Toute mesure ou changement sur l\u2019avortement à l\u2019intérieur du système de santé doit seulement être déterminé à un niveau national ou local, en vertu des processus législatifs nationaux», est-il encore écrit.LAROUSSE «collapser», «show-room», etc SUITE DE LA PAGE 1 à aucune obligation.Lxs mots «soft» et «hard» sont acceptés dans plusieurs sens.Comme abréviations de «software» et de «hardware», mots issus de l\u2019informatique, comme abjectifs équivalents de «édulcoré» ou de «violent» (comme dans «hard rock»), et aussi pour qualifier le cinéma érotique.Ainsi, «soft» se rapporte à des actes sexuels simulés tandis que «hard» se réfère à des actes sexuels non simulés.Le «Petit Larousse» n\u2019introduit que deux nouveaux mots anglais mais en revanche, il confirme l\u2019extension du sens de plusieurs mots anglo-saxons dans la langue française: «zapper», qui signifiait l\u2019acte de changer de chaîne de télévision, traduit aussi maintenant le fait de changer de sujet tandis que «zoomer», terme photographique, est accepté pour décrire le fait de se focaliser sur un sujet.Le dictionnaire étend aussi le sens du mot «intégriste», qui devient un adjectif au sens général d\u2019«intran-sigeant» et de «puriste».Il accepte le terme coranique «fatwa» comme consultation juridique donnée par un mufti, sans faire allusion au fait qu\u2019il peut quelquefois s\u2019agir d\u2019une sentence de mort.Au fil de ses 1 784 pages, 3600 illustrations et 84 500 articles, le Petit Larousse reprend aussi quelques mots de la langue espagnole, essentiellement culinaires, comme «tapas», «tacos» et «tortillas».Et comme chaque année, il fait une moisson de mots de la langue française courante (110 mots nouveaux pour 1995), parmi lesquels on retrouve «quadra», «provoc», «resto», «plantage» et des expressions comme «faire avec», «la totale» ou une «fille canon».On retrouve aussi dans le dictionnaire des échos de la crise économique avec des emplois nou- veaux comme «les défavorisés», «les plus démunis», «les exclus» et «l\u2019exclusion».Côté noms propres, outre nos personnalités canadiennes nouvellement admises, le Petit Larousse fait entrer dans le dictionnaire la «chaîne CNN», le basketteur Michael Jordan, de même que des scientifiques moins connus en France, comme le zoologiste Ernst Mayr ou le neuro-physiologiste Roger Wolcott.Ixs autres dictionnaires usuels, qui disputent souvent au Petit Larousse l\u2019exclusivité du droit de «dire le Français», ne sont pas en reste non plus dans l\u2019introduction de nouveaux mots.Ainsi, le Petit Robert 1 (noms communs) donne également dans le langage familier avec des mots comme «catastrophiste», «collapser» (s\u2019évanouir), «crapoteux» (sale), ou «sent-bon» (parfum).A côté d\u2019objets comme le «holster» (étui à revolver) et le «stetson», se trouvent l\u2019«opinel» (célèbre couteau des paysans et des mondains français), le «futon», le «showroom» ainsi que des verbes comme «fétichiser», «désem-buer» ou «revisiter».Le dictionnaire Hachette encyclopédique fait de son côté une large place aux sciences, avec des termes comme «anténatal», «biodiversité», «empreinte génétique», «séroconversion», «oligothérapie», «sociobiologie».Les nouvelles technologies sont aussi très présentes, avec «télépéage», «photocopiage», «téléphone portable» «télétravail», «hypermédia», «monocorps» et «monospace» (véhicules).En juillet dernier, le Conseil constitutionnel avait annulé certaines dispositions de la loi du ministre français de la Culture, Jacques Toubon, sur la défense de la langue française, notamment sur l\u2019interdiction des mots étrangers dans les relations privées./ ECHEC Aspirations politiques et vie familiale SUITE DE LA PAGE 1 du Québec à Paris, la péquiste Louise Beaudoin, dans le comté de Chambly, n\u2019est qu\u2019un de ces cas patents.Un exemple que d\u2019aucunes juge déplorable, l\u2019exercice se soldant, quoiqu\u2019il arrive, par le sacrifice d\u2019une candidate de choix en moins sur les bancs de l\u2019Assemblée nationale.Dans neuf comtés du Québec, 18 femmes se disputent ainsi entre elles le vote des mêmes électeurs.Parmi ces comtés de «rivales», on a remarqué celui de Chambly, mais aussi ceux de Rosemont, où la péquiste Rita Dionne-Marsolais fait la lutte à Nicole Thibodeau, et celui de Jean-Talon, où la candidate du PQ Diane Lavallée fait face à l\u2019ex-mairesse de Sillery, la libérale Margaret F.Delisle.Des duels féminins vont aussi bon train dans les comtés de Terrebonne, des Milles-Hes, de Deux-Montagnes, de Chapleau, des Chutes-de-la-Chaudière et de Kamou- u c î e Robillard raska-Témiscouata.«Que je gagne ou pas, il faut se dire qu\u2019il y aura tout de même une femme en politique», affirme la candidate libérale dans Terrebonne, Mme Danièle Byles, une factrice pour Postes Canada pour qui, il va sans dire, l\u2019expérience du porte-à-porte n\u2019a plus de secret! Même les groupes féministes sont mitigés à l\u2019égard de cette nouvelle donne.«C\u2019est peut-être un signe des temps.Ça veut dire qu\u2019il y a assez de femmes pour se retrouver face à face.Ce n\u2019est pas nécessairement négatif», soupèse Mme Françoise David, présidente de la Fédération des femmes du Québec.De toute façon, ajoute-t-elle, on ne pose pas la question quand deux hommes sont rivaux.Faudrait-il s\u2019inquiéter quand deux femmes sont dans la même situation?C\u2019est davantage le petit nombre de femmes en politique qui doit nous,faire sourciller, croit Mme David.A ce titre, le Conseil du statut de la femme a déjà suggéré au gouvernement de verser une prime aux partis politiques qui réussiront à ce que le quart de leurs élus soient des femmes.Une suggestion restée sans réponse.Par ailleurs, un rapide coup d\u2019œil permet aussi de constater que bon nombre de candidatures féminines sont livrées «en chair à scrutin» dans des comtés imprenables à l\u2019adversaire.C\u2019est le cas d\u2019environ le tiers des candidates péquistes et libérales.Ainsi, ce sont de femmes candidates que le PQ envoie au front dans les comtés de Mont-Royal, de Laporte, de Lafontaine, d\u2019Orford, de Nelligan.Toutes aussi téméraires, les candidates libérales vont défendre les couleurs du PLQ dans Gouin, Chutes-de-la-Chaudière, M a r g a Delisle r e t Rouyn-Noranda.A ce chapitre, les partis comme les principales intéresç sées nient vertement que leur présence dans un comté soit l\u2019objet d\u2019un triste calcul électoral.Pour Annick Bélanger, une jeune recrue de 28 ans candidate du PQ dans la forteresse libérale de Laporte, il faut plutôt remarquer le nombre de femmes qui se présentent dans des comtés jugés gagnants.«Ce que je dirais, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas assez de femmes tout simplement.Mais il faut aussi voir que le parti (PQ) a ouvert sa porte à des militantes féministes comme Mmes Lyse Leduc et Céline Signori, ce qui en soi, est une première», affirme la jeune candidate, elle-même la première diplômée de l\u2019UQAM en études féministes.Du côté du Parti libéral, on dément qu\u2019une bonne partie des candidates soient dirigées vers les comtés perdus d\u2019avance.Mme Isabelle Perras, présidente d\u2019un comité ad hoc créé au PLQ pour rechercher des candidatures féminines, affirme que seule l\u2019implication des militantes dans leurs comtés fait en sorte qu\u2019elles s\u2019y retrouvent candidates.«Je ne me prononce pas sur les comtés «prenables» ou pas.Mais si on remarque tant que des femmes qui s\u2019y présentent, c\u2019est peut-être parce qu\u2019il y a très peu de candidates», dit-elle, rappelant que bien des candidats masculins se présentent aussi dans des comtés «difficiles».«Ce n\u2019est pas une stratégie.Le premier critère que les partis ont à l\u2019esprit, c\u2019est la connaissance du milieu», défend la candidate libérale dans le comté de Portneuf, Josée No-reau, ex-attachée politique du ministre Jean Leclerc.Même les candidates l\u2019avouent, la faible présence des femmes dans le peloton des candidats retourne encore de la difficulté de plusieurs militantes à concilier leurs aspirations politiques et leur vie familiale.«S\u2019il y a peu de femmes, c\u2019est d\u2019abord pour des raisons personnelles.Moi, je le fais pour gagner, avec l\u2019idée que je me lance en politique.Mais nous avons aussi un message à faire passer, il faut informer les gens sur nos intentions», insiste la candidate péquiste dans le château-fort libéral de Mont-Royal, Mme Magda Greiss.Elle-même approchée pour se porter candidate, la présidente de la Fédération des femmes du Québec, Mme Françoise David, admet que plusieurs appelées font faux bond aux partis parce qu\u2019elles ne peuvent concilier leur vie familiale et une vie de députée partagée entre le comté et Québec.«Ce n\u2019est pas pour rien qu\u2019on retrouve beaucoup plus de femmes en politique municipale», ajou-te-t-elle.Aux élections de 1985, le Parti québécois présentait 17 candidates et le PLQ 15.Quatorze libérales furent élues et quatre députées péquistes.En 1989, les libéraux firent élire 15 de leurs 33 candidates et le PQ, huit de ses 21 recrues féminines.Aux élections fédérales de l\u2019automne dernier, huit des 54 députés élus sous la bannière du Bloc québécois étaient des femmes.Louise Beaudoin Diane Lavallée CHANCE Optimisme face à l'avenir du Canada SUITE DE LA PAGE 1 déralisme»?Si les Québécois se déclarent disposés à donner une autre chance à un effort de renouvellement du fédéralisme, ils doutent d\u2019avoir droit à la réciprocité.A cet égard, l\u2019opinion des Québécois est partagée à parts égales.39,4% sont d\u2019avis que «le reste du Canada est prêt à renégocier avec le Québec un renouvellement du fédéralisme».Alors que 39,2% croient que non.Par delà l\u2019incertitude et les divergences, l\u2019optimisme prévaut face à l\u2019avenir politique du Québec au sein de la fédération canadienne.Les sondeurs ont voulu recueillir les impressions des électeurs sur les chances du Québec de «faire encore partie du Canada», dans quatre ans, à la fin du mandat du gouvernement qui sera élu le 12 septembre prochain.18,5% des Québécois estiment que ces chances sont très fortes; 43,5% les jugent assez fortes; 25% les croient plutôt faibles et 7% les considèrent très faibles.Dans la même logique, les Québécois ont une idée bien arrêtée de la décision qu\u2019ils prendront quand le temps viendra, sur le statut politique de leur province.S\u2019il y avait eu un référendum sur la souveraineté du Québec entre le 30 août et le 4 septembre, 51% auraient voté contre et 37,3% se seraient prononcés en faveur.Et quand on leur a demandé si ce choix était définitif, 57,6% ont répondu oui et 34,1% ont dit non.Dans la pratique, qu\u2019arrivera-t-il à court terme et à moyen terme si le PQ prend le powoir lundi prochain?59% contre 32% sont convaincus que la vie économique continuera comme maintenant; 28% appréhendent une baisse sensible du niveau de vie, mais 61% n\u2019en croient rien; 46% sont confiants que les taux d\u2019intérêt demeureront les mêmes, alors que 36% craignent que l\u2019on assiste à une hausse; 44,8% contre 44,2% prévoient une augmentation des taxes et des impôts; 47% contre 33% sont d\u2019avis que la cote financière du Québec ne bougera pas La ventilation de certaines de ces données tend à confirmer le caractère ambivalent et du comportement électoral.Ainsi, 36% de ceux qui déclarent leur intention de voter pour le PQ se disent disposés à donner une autre chance à des négociations avec le Canada anglais pour le renouvellement du fédéralisme.Dans la même logique, 18% de ces voteurs péquistes annoncent que lors du référendum, ils voteront contre la souveraineté.Pour le vice-président de Sondagem, Jean hloiseux, il ne faut pas voir en cela de contradictions.A son avis, l\u2019explication tient au fait que la base électorale du PQ s\u2019est sensiblement élargie et qu\u2019on y trouve un fort pourcentage de libéraux déçus, de fédéralistes fatigués et de nationalistes modérés.M.Noiseux est également convaincu que parmi les ex-libéraux qui sont attirés par le PQ, il y a bon nombre d\u2019adeptes de la social-démocra-tie, dont les convictions sont incompatibles avec le courant néo-libéraliste qui domine actuellement le PLQ.D\u2019APRÈS VOUS, UNE VICTOIRE DU PARTI QUÉBÉCOIS SERAIT-ELLE CONSIDÉRÉE PAR LE CANADA-ANGLAIS COMME UN AFFRONT?Peut-être Ne sait pas FOMDATION ?QUÉBÉCOISE DU CANCER 2075.ruo do Champlain.ManliAal (Québec) H2L 2T I Téléphonn : 52/' 2l94 ENFANTS LA VIE EN CONFETTIS Quatrième Grande conférence sur la famille Garderie, école, terrain de jeux, nouvelle maison, ex-quartier, maman, papa, nouveau parent, la voisine, le professeur, la monitrice, le meilleur ami, la tante.la vie d'un enfant se joue sur plusieurs scènes et met en présence de nombreux acteurs.Comment favoriser le développement harmonieux d'un enfant dans le cadre d'une vie empreinte de situations diverses, de changements et d'adaptations?Comment éviter que l'enfant se sente devenir un pion sur l'échiquier compliqué de nos vies?Conférèncier: Camil Bouchard Docteur en psychologie, professeur et chercheur Entrée Camil Bouchard est membre fondateur du Laboratoire de recherche en écologie humaine et sociale de l'UQAM À 19H30, SALLE ALFRED-LAUBERTÉ (J-M400) UNIVERSITÉ OU QUÉBEC À MONTRÉAL MÉTRO: BERRI-UQAM M.Bouchard a été président dü Groupe de travail pour les jeunes qui a produit le rapport « Un Québec fou de ses enfants ».Renseignements: madame Solange Roy, (514) 987-4876 la famille northern Université du Québec à Montréal LE DEVOIR telecum LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS: DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30 RENSEIGNEMENTS\t(514)985-3333 ADMINISTRATION\t(514)985 3333 PUBLICITÉ AVIS PUBLICS ANNONCES CLASSÉES PUBLICITÉ NUMÉRO SANS FRAIS (514) 985-3344 (514) 985-3344 (514) 985-3399 1-800 363 0305 SERVICE À LA CLIENTÈLE \u2022 Extérieur (sans frais) * t\u20148 00-46 3 - 7559 DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 À 16H30 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE, MONTRÉAL, (QUÉBEC) H3A 3M9 SERVICE DES ABONNEMENTS Les numéros de téléphone suivants sont valables pour le service de livraison par camelot et pour les abonnements posfaui.Montréal\t(514) 985-3355 LE DEVOIR est publié par LE DEVOIR Inc.dont le siège social informations publiées dans LE DEVOIR.LE DEVOIR est distrib b au numéro 2050 de Bleury, 9 Messageries Dynamiques, drvi étage Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par les Imprimerie Québécor LaSalle.7743 de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc.612 ouest nie Saint-Jacques.Montréal.I/Agencc Presse Canadienne e-ion du Groupe Québécor Inc., 775 boul Lebeau.St Laurent.Envoi de publication \u2014 F.nregistrement no 0858.Dépét légal: Bibliothèque nationale du Québec.Téléphone général: (514) 985-3333; service a b clientèle: (514) 91 iséc à employer et à diffi »; publicité: (514) 985-339 "]
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