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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 1994-10-03, Collections de BAnQ.

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[" Vol.I.X X X V - N o 2 2 il MONTH K Al.I, K LUNDI » OCTOBRE I il il I (I \u2022» c + T I* S ?T V Q / T o r o h I o 8 fi c PERSPECTIVES Gauche contre gauche au Brésil Dixième puissance économique du monde, cinquième État derrière les États-Unis pour sa superficie, comptant pour 80 % de la population sud-américaine, le Brésil est un pays-continent.Quatre-vingt-seize millions de Brésiliens choisissent aujourd\u2019hui un président, 503 députés, 27 gouverneurs et 54 sénateurs.Il y a huit candidats à la présidence, mais le peloton de tête se réduit à deux postulants qui, le cas échéant, pourront se retrouver en ballottage le 15 novembre.Clément Tru del Les Brésiliens devront trancher entre Au Brésil, c\u2019est «gauche contre gauche» à l\u2019élection présidentielle d\u2019aujourd\u2019hui.Pour empêcher l\u2019arrivée au pouvoir d\u2019un ex-syndicaliste gauchiste qui, il y a encore trois mois, paraissait certaine, la droite s\u2019est en effet associée sans vergogne à un «social-démocrate» du nom de Cardoso, qui semble aujourd\u2019hui, avec plus de 45 % des intentions de vote, en bonne voie de devenir président de la République fédérative du Brésil.Auteur d\u2019un livre utilisé dans certaines universités américaines (Dépendance et capitalisme en Amérique latine), Fernando Henrique Cardoso se définit lui-même comme un «homme de gauche».Cela ne l\u2019a pas empêché de recourir aux conseillers en marketing de Bill Clinton et de s\u2019allier à un parti nettement à droite, le Parti du Front libéral, pour barrer la route à son principal rival.Ce dernier, Luis Inacio da Silva, dit «Lula», a été battu de justesse en 1989 par Fernando Collor de Mello, destitué pour corruption et remplacé par Itamar Franco.Lula recueille tout au plus 25 % d\u2019après les plus récents sondages, soit un recul phénoménal par rapport à juin dernier (41 %).La personnalité de ces deux aspirants à la présidence est on ne peut plus contrastée, même si Lula fait état d\u2019une amitié de 16 ans qui le lie à Cardoso, l\u2019ancien intellectuel de gauche.Cardoso s\u2019est exilé lors de l\u2019arrivée au pouvoir des militaires en 1964.Son modèle, dit-il, est le social-démocrate espagnol Felipe Gonzalez.Pourtant, son colistier Marco Maciel est, lui, identifié à un tout autre courant: il a collaboré jadis, comme plusieurs membres du Parti du Front libéral, avec les militaires.Qyant à Lula, ancien tourneur, fils de paysan pauvre de l\u2019Etat de Pemambouc, dans le très misérable Nordes-te, il ne saurait se comparer comme orateur à son rival, bien qu\u2019il jouisse d\u2019un charisme certain: meneur de plusieurs grèves importantes, il a été emprisonné par les militaires.Cofondateur du Parti des travailleurs (PT), il a au fil des ans at-un «gauchiste» ténué son image de «radical».,\tLula réitérait ces jours-ci sa pro- retorme» et un messe d\u2019une réforme constitution-.\tnelle qui transformerait la poli- «SOCiallSte allie |jque fjscale du pays: 10 % des Brésiliens accaparent 48 % de la richesse nationale, les 10 % les plus pauvres se contentant de 1 % du PIB.Lula se préoccupe aussi, s\u2019il est élu, de ne laisser aucun enfant brésilien sans possibilité d\u2019accès à l\u2019école et de raviver la réforme agraire: 63 % de la population rurale dispose de 8,5 % à peine des terres cultivables.L\u2019évolution inattendue des intentions de vote s\u2019explique surtout par l\u2019immense espoir qu\u2019ont semé le nouveau plan économique et l\u2019introduction d\u2019une nouvelle monnaie forte, le «real», le 1er juillet dernier.Deux politiques dont l\u2019architecte principal fut.Cardoso lui-même.Les chiffres parlent d\u2019eux-mêmes et expliquent la montée fulgurante de l\u2019ex-ministre des Finances.En 1993, l\u2019inflation atteignait 2000 % par an.En juin dernier, elle était de 45 % par mois.Pour le mois qui s\u2019achève.de 1,5 %.Par ailleurs, on note dans des régions comme celle de Rio de forts mouvements en faveur de candidats droitistes qui promettent de mettre fin aux guerres de gangs et à l\u2019insécurité.Il y a eu par exemple 18 assassinats par jour à Rio l\u2019an dernier \u2014 7720 en douze mois! C\u2019est 2500 de plus que les pertes annuelles subies par les Américains durant la guerre au Viêt-nam! Il ne faut pas négliger Sao Paulo, «poumon économique» du Brésil, qui compte pour 21,9 % du collège électoral.Le milieu d\u2019affaires y a massivement jeté son dévolu sur Cardoso.Un peu plus de la moitié des 500 entreprises privées les plus importantes du pays sont implantées à Sao Paulo où le «toucan», symbole du candidat Cardoso, est omniprésent.En 1989, l\u2019épiscopat brésilien avait appelé à voter Lula.Cette année, il se contente de prescrire un vote «conscient»: «Ne votez pas pour des candidats liés à des affaires malhonnêtes.ni pour ceux qui se montrent insensibles face aux pauvres.» Quant au célèbre écrivain Jorge Amado, un ancien communiste, il a donné son appui à Cardoso, disant se méfier non pas tant de Lula.que des «nostalgiques trotskystes» qui l\u2019entoureraient.Dans l\u2019isoloir, les Brésiliens ont donc à toutes fins utiles deux choix: Cardoso ou Lula.Les six autres candidats en lice comprennent un amiral en retraite, un avocat-homme d\u2019affaires et un cardiologue original.Mais c\u2019est bien entre le «gauchiste réfonné» et le «socialiste allié à la droite» qu\u2019ils devront trancher.à la droite» INDEX MÉTÉO Agenda \t\t\u201e.B6 Avis publics.\t.Ht Classées\t\t.A4 Culture\t\t.B8 Économie\t Éditorial\t\t.112 .A6 Le monde\t\t.A5 Mots croisés.\t.A4 Les sports\t\t.B5 Montréal Ciel variable; 30 % de probabilité d'averses en après-midi.Max: 11 Québec Ciel variable: 40 % de probabilité d'averses en après-midi.Max: 9 Détails en B4 L\u2019ENTREVUE Hervé Le Bras, un rebelle chez les écolos PACE B i ?LE MONDE Washington va désarmer les milices haïtiennes PAGE A 5 ?Lachine LES ACTUALITÉS Vote surprise contre un emprunt à Lachine PAGE A 3 Pour vaincre le sida Camille I^aurin au Devoir PHOTO JACQUES GRENIER te St Vd V r £ \u201c -r I* I V * rt de Mogadiscio avaient blessé quatre Somaliens et endommagé un véhicule de l\u2019ONUSOM.Il n'y a pas eu de blessés panni les Casques bleus au cours de ces affrontements qui ont vraisemblablement opposé le sous-clan des Habre Gedir auquel appartient le général Mohammad Farah Aïdid, et les Marrusde, un sous-clan des Hawiye.les deux groupes se battent depuis samedi matin, probablement à la suite d\u2019un acte de banditisme.Ces combats interviennent alors que l\u2019ONUSOM poursuit le retrait des 1500 Casques bleus qui doivent être soustraits aux 18 900 personnes qui constituent les effectifs de cette force, conformément à la décision du 26 août du Conseil de sécurité.HAÏTI CONSEILLER ASSASSINE EN IRAK Nicosie (AFP) \u2014 Un conseiller chiite du président irakien Saddam Hussein, M.Kanaan Mostapha Kanaan, a été assassiné par le régime irakien «en raison de contacts présumés avec l\u2019opposition», a affirmé hier le Congrès national irakien (CNI, opposition).Dans un communiqué parvenu à l\u2019AFP à Nicosie, le CNI affirme que «cheikh Kanaan a été victime d\u2019une embuscade qui lui a été tendue le 12 septembre par les autorités du dictateur Saddam Hussein sur la route de Bassorah-Fao», dans le sud du pays.«Son assassinat a été planifié à cause de rumeurs sur des contacts avec l'opposition», ajoute le texte.«Cheikh Kanaan, ainsi que son cousin et son chauffeur, ont été abattus par balles et sont morts sur le coup, indique le communiqué.Selon CNI, M.Kanaan avait pris part à l\u2019insurrection qui avait eu lieu dans le sud du pays après la guerre du Golfe, puis avait été gracié par Saddam Hussein qui l\u2019avait pris pour conseiller.LE G IA A UN NOUVEAU CHEF Alger (AFP) \u2014 Un ancien responsable du Front islamique du salut (FIS \u2014 dissous), M.Mohamed Said, a été désigné à la tête du Groupe islamique armé (GLA), a annoncé un communiqué du GLA transmis hier à l\u2019AFP.M.Saïd succède à Chérif Gousmi, alias Abou Abdallah Ahmed, tué dimanche dernier par les forces de sécurité.Deux autres dirigeants du GLA avaient été tués quelques jours auparavant.Le communiqué du GIA «annonce la mort du Chahid (martyr)» Abou Abdallah Ahmed dans «un accrochage avec l\u2019ennemi impie».Le texte est signé par Djamel Zitouni, l\u2019adjoint de Chérif Gousmi, considéré comme le responsable de la «Phalange de la mort» du GIA Le communiqué annonce aussi que le GIA pousui-vra «le chemin du Djihad et du martyre qu\u2019il s\u2019est tracé».Mohamed Said, âgé d\u2019une quarantaine d\u2019années, ancien enseignant originaire de Kabylie, avait été désigné chef du «gouvernement du califat» annoncé en août par le GLA après avoir rejoint ce mouvement en mai.Il avait été élu au premier tour des élections législatives de décembre 1991, largement remporté par le FIS.DES DEPUTES EMPRISONNES POURRONT ÊTRE CANDIDATS Ankara (AFP) \u2014 Les députés turcs d\u2019origine kurde membres ou anciens membres du Parti de la démocratie (DEP, dissous) actuellement emprisonnés et jugés pour «séparatisme» seront autorisés à se présenter aux élections partielles du 4 décembre prochain, a annoncé le mi-.nistère turc des Affaires étrangères dans un communiqué.Une modification en ce sens de la loi électorale a été approuvée jeudi par la commission des affaires constitutionnelles de l\u2019Assemblée nationale turque, à l\u2019initiative du Parti de la juste voie (DYP) du premier ministre, Tan-su Ciller, précise le communiqué.Elle sera présentée à l\u2019Assemblée dans son ensemble pour approbation définitive.Cette décision permet donc à sept députés kurdes emprisonnés et à six autres en exil à l\u2019étranger de se représenter dans leurs circonscriptions du sud-est anato-lien.En cas de réélection, les 13 députés récupéreraient immédiatement leur immunité parlementaire et toutes charges pesant sur eux seraient gelées, ajoute le texte.MECIAR REMPORTE LES ÉLECTIONS EN SLOVAQUIE Bratislava (Reuter) \u2014 Vladimir Meciar, l\u2019ancien premier ministre à la tête du Mouvement pour une Slovaquie démocratique (HZDS), a remporté une victoire décisive aux élections législatives slovaques, selon des résultats partiels publiés hier.Le président Michal Kovac a confirmé que des tractations étaient déjà en cours en vue de former un gouvernement de coalition.Selon le Bureau slovaque de la statistique, le HZDS recueille 34,96 % des suffrages exprimés lors du scrutin de vendredi et samedi, soit près de 10 % de mieux que les projections pré-' électorales.Le HZDS est d\u2019ores et déjà assuré de 58 des 150 sièges du parlement.Un chiffre qu\u2019il faudra sans doute réviser à la hausse demain, lors de la publication des résultats définitifs.La coalition «Choix commun» regroupée autour des communistes réformateurs de l\u2019Alliance de la gauche démocratique (SDL) de Peter Weiss arrivent en deuxième position avec seulement 10,41 % des suffrages.La coalition de trois partis de la minorité hongroise de Slovaquie (Egyutteles-MOS-MKDH), hostile à Meciar, vient immédiatement en troisième position avec 10,18 % de voix.Le Mouvement chrétien-démocrate (KDH) de Jan Camogursky, quatrième avec 10,08 % de voix, devance l\u2019Union démocratique (DU) du premier ministre sortant Jozef Moravcik (8,57 %).La participation au scrutin, le premier depuis l\u2019indépendance de la république le 1er janvier 1993, a été de 74,6 %.AIDE AUX DÉMOBILISÉS San Salvador (AFP) \u2014 Le gouvernement salvadorien a accepté hier d\u2019accorder une aide économique et sociale pour une meilleure réinsertion dans la vie civile aux membres des forces paramilitaires démobilisés, qui avaient occupé pendant trois jours l\u2019Assemblée nationale à San Salvador et retenus 27 députés en otages.Le chef de la Mission d\u2019observation des Nations unies au Salvador (ONUSAL), Enrique 1 er Horst, a précisé que les anciens des forces de défense civile et des patrouilles rurales qui ont accepté de ne plus recourir à la violence bénéficieront d\u2019une aide financière et que des négociations se poursuivront avec le gouvernement Washington va désarmer les milices Le colonel Michel François est toujours à son poste Port-au-Prince (AFP) \u2014 Après plusieurs jours marqués par un accroissement spectaculaire de la violence en Haiti, les air torités américaines s\u2019apprêtaient hier à s\u2019en prendre directement aux éléments paramilitaires opposés au président Jean-Bertrand Aristide pour les désarmer.Rendue pratiquement inévitable par les graves incidents survenus vendredi dans le centre de Port-au-Prince, cette mesure vise à la fois le Front pour l\u2019avancement et le progrès haïtiens (FRAPH, mouvement paramilitaire) et les «attachés», ces auxiliaires de la police et de l\u2019année contrôlés, selon des sources concordantes, par le chef de la ixilice de Port-au-Prince, le colonel Joseph Michel François.Il s\u2019agit là des deux groupes les [dus redoutés et les plus haïs par les partisans du père Aristide.Vendredi, troisième anniversaire du coup d\u2019Etat qui renversa le président Aristide, des batailles rangées avaient opposé pendant plusieurs heures des militants du FRAPH équipés notamment de revolvers et de fusils à des manifestants armés de pierres.Il y avait eu cinq morts et près de 30 blessés.Un homme avait notamment été abattu de sang froid de plusieurs balles devant le bâtiment du FRAPH, sans aucune raison.La veille, un engin explosif \u2014 apparemment une grenade \u2014, lancé dans une foule de manifestants pro-Aristide, avait tué sept personnes et fait des dizaines de blessés.Le colonel Paul Tibert, assistant personnel du général Hugh Sheiton, commandant des forces américaines en Haiti, avait alors averti que le FRAPH «se (trompait) grandement» s\u2019il s\u2019imaginait bénéficier d\u2019une impunité totale., Le porte-parole de l\u2019ambassade des Etats-Unis, Stanley Schrager, qui a annoncé à l\u2019AFP la décision de désarmer le FRAPH et les «attachés», a précisé que cette opération serait effectuée «de manière agressive», mais s\u2019est refusé à dévoiler la façon dont les troupes américaines procéderaient Une certaine confusion régnait d\u2019ailleurs sur les modalités de cette opération.M.Schrager a, en effet, exclu que les Etats-Unis puissent compter sur le commandant en chef de l\u2019armée haïtienne, le général Raoul Cédras, pour effectuer ce désarmement.«Ce serait difficile», a-t-il dit, dans une allusion apparente au fait que le FRAPH et l\u2019année ont panic liée.Mais à Washington, le secrétaire général de la Maison-Blanche, Leon Panetta, a, au contraire, déclaré lors d\u2019une interview télévisée que les Etats-Unis allaient être «un pou plus agressifs» dans l\u2019espoir «d\u2019obtenir des Haïtiens qu\u2019ils désarment ces groupes militaires».Présent dans pratiquement toutes les localités du pays, le FRAPH revendique 300 000 membres.Mais, dans les milieux diplomatiques, les estimations les plus sérieuses chiffrent à environ 30 000 le nombre total des militants du FRAPH et des «attachés».Par ailleurs, le chef de la police de Port-au-Prince, le colonel Joseph Michel François.occupe toujours scs fonctions, contrairement aux rumeurs selon lesquelles il aurait quitté 1 laïli pour la République Dominicaine ou s'apprêterait à le faire, a assuré à l\u2019AFP l\u2019un de ses alliés |x>litiques.Dans une interview accordée à l'AFP samedi soir, le leader du FRAPH, Emmanuel Constant, a catégoriquement démenti ces rumeurs, affirmant avoir parlé par téléphone avec le colonel vendredi matin.¦Je lui ai parle pour lui demander» ce «qu\u2019il allait faire pour empêcher cette vague de violence», a-t-il dit.Depuis samedi matin, «la police de Port-au-Prince a repris ses fonctions et le calme règne», a-t-il poursuivi, faisant allusion à l\u2019intervention de la police haïtienne pour mettre fin au pillage d\u2019un magasin d\u2019alimentation sur le port de la capitale.La police avait pratiquement disparu dans les jours qui avaient précédé.Des soldats japonais au Zaïre A f i fi y * W tm «SEN «B m ys Üftj fsi U\" iffeiS * f ; '% é 6* w * f il M mm PHOTO AP UN POLICIER zaïrois surveillait hier des soldats japonais qui venaient d\u2019arriver à Goma, au Zaïre.Les soldats participent aux opérations de secours des réfugiés rwandais dans ce pays organisées par les Nations unies.Par ailleurs, la Commission d\u2019experts de l\u2019ONU chargée d\u2019enquêter sur les massacres du printemps dernier au Rwanda a conclu que des actes prémédités de génocide avaient été commis contre les Tutsis et a recommandé que les responsables présumés soient traduits devant une instance de justice internationale.Selon un rapport obtenu par l\u2019AFP hier à New York, la Commission d\u2019experts propose que le Conseil de sécurité de l\u2019ONU amende le statut du Tribunal international pour les crimes de l\u2019ex-Yougoslavie, afin que sa juridiction couvre aussi le Rwanda.Elle accuse des éléments hutus d\u2019avoir planifié et prémédité les tueries.Certaines opérations auraient commencé juste avant l\u2019annonce de la mort de l\u2019ancien président hutu Juvenal Habyarimana qui a trouvé la mort dans son avion le 6 avril près de Kigali.Le naufrage de l'Estonia La Suède et l'Estonie en deuil Stockholm (AFP) \u2014 Les Suédois et les Estoniens se sont recueillis en masse hier dans les églises pour saluer la mémoire des victimes du naufrage du ferry Estonia en mer Baltique, qui a fait 910 morts, dont une majorité de ressortissants des deux pays.En Suède, dans toutes les paroisses, les églises étaient combles aux offices hier matin.Une fréquentation importante a été constatée, selon un porte-parole de l\u2019Église évangélique luthérienne, à laquelle appartiennent 95 % des Suédois.Le nombre de pratiquants réguliers, qui ne cesse de diminuer, est habituellement de 5 % à 10 % seulement.Dans les vieux quartiers de Tallinn, la cathédrale médiévale Sainte-Marie était également remplie.«C\u2019est une tragédie, nous y pensons sans arrêt», dit l\u2019organiste, Kadri Ploompuu, un homme de 34 ans qui avait fait la traversée sur Y Estonia il y a deux semaines.La catastrophe a pris des proportions de drame nationale en Êstonie, petit pays d\u2019un million et demi d\u2019habitants, où chacun compte au moins une connaissance ou un ami parmi les victimes du naufrage.L\u2019émotion est également grande en Suède.Norrkoeping, ville moyenne à 160 km au sud-ouest de Stockholm, a perdu une cinquantaine de ses habitants dans le naufrage.Et son église est remplie hier matin d\u2019une foule nombreuse et recueillie.Des centaines de cierges et de petites bougies rouges sont allumés en plusieurs endroits de l\u2019église et sur l'autel.Des anonymes viennent lire, chacun à leur tour, de brefs messages en hommage aux cinquante-deux retraités originaires de la ville, partis pour l\u2019Estonie et qui n\u2019en sont pas revenus.La messe est dite par l\u2019évêque Martin Loennebo.Le pasteur Kerstin Myhr-Ekstroem, une femme, appelle chaque fidèle à avoir une pensée pour les victimes: «prions en pensant à la dure épreuve qu\u2019ont dû être leurs derniers instants», dit-elle.Après un long silence, un choeur de 36 hommes et femmes, tous vêtus de noir, chante des cantiques et reprend Lacrimosa de Mozart sur fond d\u2019orgue, piapo et flûte traversière.A Stockholm hier soir, une cérémo- nie solennelle a été célébrée dans la cathédrale (Storkyrkan).Au même moment, les cloches des 3300 églises du pays devaient sonner ensemble, et à Tallinn, une messe devait réunir de nombreux fidèles dans l\u2019église suédoise St-Mikael.Dans la cathédrale de la Vieille Ville à Stockholm, l\u2019office devait se dérouler hier soir en présence du roi Carl XVI Gustaf de Suède et de la reine Silvia, du premier ministre sortant Cari Bildt et de son successeur désigné Ingvar Carlsson, des ambassadeurs d\u2019Estonie, de Finlande, de Norvège et du Danemark, et d\u2019autres membres du corps diplomatique.L\u2019Estonia avait coulé dans la nuit de mardi à mercredi en mer Baltique avec 1049 personnes à bord: 910 personnes ont péri, et seules 139 personnes ont survécu.Selon la liste des réservations de la compagnie Estline, propriétaire du navire, 552 passagers suédois se trouvaient à bord.Le bateau transportait également 188 Estoniens membres d\u2019équipage et 163 passagers estoniens.100 000 personnes à Tizi Ouzou Ils réclament la libération du chanteur Matoub Tizi Ouzou (Aid5) \u2014 Plus de 100 000 manifestants ont envahi hier les rues de Tizi Ouzou (Kabylie) pour exiger la libération du chanteur vedette Lounes Matoub, enlevé il y a une semaine, et menacer ses ravisseurs de «semer la terreur».La foule, à l\u2019appel du Mouvement culturel berbère (MCB), exigeait aussi la reconnaissance officielle de la langue berbère (Tamazight) lors de cette manifestation, l'une des plus importantes organisées à Tizi Ouzou (100 km à l\u2019est d\u2019Alger).Les organisateurs ont annoncé le chiffre de «plus d\u2019un million» de personnes, et annoncé la poursuite du «combat et de la mobilisation».Aucun incident n'a été signalé.Dès le début de la matinée, les manifestants, venus de toute la région, avaient convergé vers la capitale de la Grande Kabylie, où les commerçants avaient baissé leurs rideaux.Depuis les balcons, des milliers de femmes, en habit traditionnel, ont acclamé au son des «you-you» la foule, noyée sous une marée de portraits de Lounes Matoub.Une énorme banderole, encadrée par deux portraits géants du chanteur proclamait «Pas d\u2019Algérie sans Tamazight».Les manifestants se sont dispersés dans le calme, sans nouvelle information sur le sort de Lounes Matoub.L\u2019enlèvement du chanteur, dimanche dernier près de Tizi Ouzou, a été attribué à un groupe islamiste armé par les autorités et le MCB.Les opposants d'Eltsine manifestent à Moscou Les manifestants commémorent les événements sanglants d'octobre 1993 Moscou (AFP) \u2014 L\u2019opposition est parvenue hier à rassembler près de 20 000 personnes à Moscou pour une marche funèbre commémorant les deux journées sanglantes d\u2019octobre 1993, où de nombreux Russes avaient trouvé la mort en défendant l\u2019ancien parlement L\u2019ambiance était surtout au recueillement et à la prière, très loin de la violence irraisonnée de l\u2019an dernier.Au pied d\u2019une grande croix couverte de fleurs, une longue messe a été célébrée en hommage aux victimes des 3 et 4 octobre, à quelques mètres de la Maison Blanche, le siège du parlement où s\u2019étaient retranchés les parlementaires rebelles.Quelque 140 personnes avaient trouvé la mort, selon les chiffres officiels.Plus de 500 selon certains membres de l\u2019opposition.Le long des jardins bordant l\u2019ancien parlement les familles ont porté une centaine de portraits en noir et blanc.Les cierges ont brûlé tout l\u2019après midi, dans les nombreux petits autels devant lesquels les parents venaient s\u2019agenouiller.En début de journée, une marche avait été organisée à travel's Moscou, reprenant l\u2019itinéraire des «défenseurs» venus libérer un an plus tôt les députés encerclés par les forces du Kremlin.«Je m\u2019incline devant vous, héros de la bataille d\u2019octobre.Je m\u2019incline devant vous, leurs pères et mères», a lancé l\u2019ancien vice-président Alexandre Roulskoï, figure clef de la rebellion parlementaire.«Je demande votre pardon pour n\u2019avoir pas été capable de sauver vos fils et vos filles.Je suis resté avec eux jusqu\u2019à la fin, mais je n\u2019ai rien pu faire pour les sauver», a-t-il déclaré Place Smolenskaia, où de violents affrontements avaient opposé manifestants et forces de l\u2019ordre les 2 et 3 octobre.Ces affrontements avaient lancé la sanglante insurrection qui avait abouti le 4 à l\u2019assaut du parlement par les chars de l\u2019armée.«Il est peut-être resté jusqu\u2019au bout, mais lui il est vivant et ce sont nos fils qui sont morts», a répondu amèrement dans la foule un vétéran de la guerre, bardé de médaille.Les principaux militants des mouvements d\u2019opposition nationalistes ou ultra-nationalistes étaient présents pour l\u2019occasion, et au milieu des chants liturgiques et des marçhes funèbres, les slogans clamaient «Eltsine, ça suffit», «A bas la dictature», «Pas de pardon pour les bouchers».«Eltsine, go home!», a lancé la foule en passant devant l\u2019ambassade amériçaine, alors que le président Eltsine était rentré la veille des États-Unis, «le meilleur voyage de toute sa carrière présidentielle» selon ses propres mots.Parmi les manifestants, le général Albert Makachov fut applaudi en quittant les lieux, entouré de gardes du corps.Ce général, connu pour ses formules musclées, avait mené le 3 au soir, l\u2019attaque contre la tour de télévision Ostankino qui avait abouti à des combats meurtrière.Présidentielles au Brésil Cardoso est favori au premier tour Rio de Janeiro (AFP) \u2014 Les Brésiliens entament aujourd\u2019hui toute une série d\u2019élections au premier rang esquelles l\u2019élection présidentielle dans laquelle le candi-at social démocrate, Fernando Henrique Cardoso, est onné grand favori par tous les sondages.Quelque 95 millions d\u2019électeurs doivent participer à ce scrutin historique destiné à renouveler la quasi totalité des institutions de la présidence aux assemblées législatives de chacun des 26 États de la fédération et de la capitale fédérale en passant par la Chambre des députés, le sénat et l\u2019élection des gouverneurs.Prévues pour deux tours, le 3 octobre et le 15 novembre, les élections devraient être jouées dès ce soir tant au niveau des présidentielles que pour la majorité des gouverneurs, selon les instituts de sondages qui depuis trois mois se sont livrés à une véritable bataille de pourcentage.Si les enquêtes d\u2019opinion ne sont pas démenties par les urnes, M.Fernando Henrique Cardoso, tête de liste d\u2019une alliance centre gauche-droite devrait l\u2019emporter logiquement face à son rival Luiz Inancio Lula da Silva du Front Populaire Brésilien (FPB \u2014 gauche).L\u2019ancien ministre des Finances est crédité par l\u2019ensemble des instituts de sondage de 45 à 47 % des intentions de vote contre 21 à 23 % à Lula, une avance qu\u2019ils estiment suffisante pour une victoire au premier tour. I.K I) K V 0 I It I.K I.H N I» I 3 O C T H l< H K I II II I 0 D Vive l\u2019impérialisme! Frangois Brous seau Il n\u2019y a rien de pire que de faire les choses à moitié.U y a ceux qui étaient pour l\u2019intervention américaine en Haïti, et ceux qui étaient contre.Mais une fois l\u2019opération enclenchée, le mieux à faire est d\u2019aller au bout de sa logique.Or, dans ce pays, les «boys» américains sont désormais engagés, par la force des choses et en partie malgré eux, dans une lutte à finir contre l\u2019ancien régime.es violences des derniers jours à Port-au-Prince sont regrettables; elles ont tué huit personnes vendredi.Mais elles sont modestes en comparaison du niveau de violence \u2014 trois assassinats par nuit en moyenne \u2014 qu\u2019a connu cette ville depuis trois ans.Et elles ne sont rien en comparaison du potentiel de destruction que porte en elle la situation en Haïti, avec sa lutte de classes caricaturale, ses haines et ses injustices: toutes choses qu\u2019ont bien illustrées les témoignages entendus vendredi et samedi à Montréal au «tribunal» mis sur pied par Ed Broadbent et son centre.La vérité, tout au contraire de ce qu\u2019on a pu entendre vendredi, c\u2019est que le caractère limité des violences depuis deux semaines en Haïti est un miracle qui éclaire l\u2019indéniable succès\u2014jusqu\u2019à ce jour \u2014 de l\u2019opération américaine.Malgré le bizarre accord initial entre Jimmy Carter et Émile Jonassaint, simple prétexte pour mettre les pieds sur le sol haïtien, et malgré ses flottements initiaux, la mission «Soutien à la démocratie» se déroule donc bien.Qu\u2019on en juge: en une dizaine de jours, les G.I.ont dans les faits rendu inopérantes les forces haïtiennes en uniforme.Le fameux Corps des engins lourds, acteur principal des putschs rituels de Port-au-Prince, a été tout simplement démantelé au nez et à la barbe des officiers haïtiens.Quant au général Cédras, il est désormais un roi nu, ligoté, mis en liberté surveillée.La suite des opérations est dictée par les événements de vendredi.Lors de cette journée marquée par des échanges violents entre partisans et adver- En Haïti, une logique de lutte à finir avec l\u2019ancien regime saires d\u2019Aristide \u2014 surtout causés par ces derniers | me! \u2014, les «attachés», membres du FRAPH et autres néo-macoutes ont montré qu\u2019ils avaient toujours une capacité de nuire.C\u2019est donc logiquement à ce «noyau dur» de la violence, à ces civils meurtriers héritiers des ton-tons-macoutes, que devront désormais s\u2019attaquer les forces américaines.On ne peut évidemment pas compter sur ce qui reste de l\u2019armée haïtienne pour accomplir cette tâche.S\u2019ajustant rapidement à une situation dont il avait peut-être sous-estimé la complexité, le Pentagone a officiellement annoncé hier qu\u2019il s\u2019en prendrait directement au FRAPH et à ses bandes en civil.On ne peut que s\u2019en féliciter.La partie n\u2019est pas gagnée, loin de là.Mais l\u2019étau se resserre autour des fauteurs de violence qui, de plus en plus désarmés, n\u2019ont pas assez d\u2019appuis pour déclencher une véritable guerre civile qui serait gagnable.Ils sont ultraminori-taires.Leur unique argument \u2014 le monopole de la violence \u2014 leur file peu à peu entre les doigts.Après leur incursion somme toute faiblarde de vendredi, les forces irrégulières du régime putschiste, désormais dans le collimateur, se verront peu à peu forcées de se rendre ou de se réfugier dans la clandestinité.Certes, leur capacité de nuire ne disparaîtra pas complètement.Certes, ils n\u2019ont pas dit leur dernier mot.Certes, les «petites atrocités», çà et là, ne cesseront pas du jour au lendemain.Mais avec l\u2019action américaine, il est permis d\u2019espérer, enfin, un changement qualitatif majeur de la situation dans ce pays trop longtemps sous la botte de ses propres oppresseurs.De 1915 à 1934,.les Américains ont largement bâti l\u2019armée haïtienne.Aujourd\u2019hui, ils la défont.Si c\u2019est cela le «nouvel impérialisme», alors vive l\u2019impérialis- Le raï, ennemi politique François Brousseau [r==ji n le sait: en Algérie, depuis déjà deux ans et Odemi, toute personne qui pense et agit d\u2019une manière indépendante, ou qui se veut résolument opposée à la politisation de la 1L====J religion, est en danger de mort.Plusieurs écrivains, journalistes, dramaturges \u2014 pour ne pas parler des femmes et des ressortissants étrangers \u2014 ont déjà, dans ce pays, payé de leur vie leur parti pris pour le pluralisme et la laïcité.Au sinistre tableau de chasse des intégristes, il manquait encore toutefois des représentants de la musique populaire, d\u2019authentiques vedettes nationales, hors de l\u2019élite politique et intellectuelle en guerre.Cet ultime tabou a été brisé la semaine dernière alors que, coup sur coup, un grand chanteur kabyle a été enlevé à Tizi-Ouzou et qu\u2019une étoile du rai' \u2014 cet habile mélange de rock, de pop et de musique traditionnelle qui a percé au-delà du Maghreb \u2014 a été assassinée devant la résidence de ses parents à Oran.Si l\u2019on ne tient compte que de la logique fanatique qui habite les intégristes, ces cibles ne surprennent pas: en pleine Algérie, Cheb Hasni ne chantait-il pas l\u2019amour, le rêve et la révolte, autant de défis au carcan aujourd\u2019hui imposé aux jeunes par la guerre, le chômage, les injonctions des mollahs?Manifestement, ces chanteurs populaires étaient des ennemis naturels des intégristes.Pourtant, en vertu même de leur popularité, ces vedettes se croyaient, non sans raison, à l\u2019abri des menaces.Par un heureux paradoxe qui empêche que l\u2019on désespère totalement du monde, les mêmes populations désoeuvrés des banlieues, qui applaudissaient, le vendredi, les mollahs à la mosquée.allaient, le samedi, vibrer aux sulfureuses chansons de Cheb Hasni et de ses émules.L\u2019enlèvement de Matoub Lounes, de son côté, met en relief un autre aspect de la tragédie algérienne, resté dans l\u2019ombre jusqu\u2019à tout récemment: la revendication culturelle et politique des Berbères, de cette Kabylie libérale et militante qui représente tout ce qu\u2019haïssent les intégristes et les militaires nationalistes qui dominent la scène algérienne.Depuis une dizaine de jours en effet, les Berbères ont manifesté et fait la grève pour la renaissance et le respect de leur langue dans l\u2019éducation et l\u2019administration.Avec cette nouvelle escalade, avec l\u2019adjonction de l\u2019élément kabyle dans la conjoncture immédiate, la crise algérienne s\u2019approfondit et se globalise.D\u2019Oran à Constantine, la tragédie n\u2019est certes pas terminée.Mais on peut au moins espérer que les Berbères pourront former la base d\u2019un pôle démocratique, à même de résister à la déferlante militariste et intégriste.L\u2019Etat-providence, oui ou non?La Suède et le Danemark embarquent dans la ronde, il faut réévaluer l\u2019État-providence, disent-ils {Le Devoir, 16 septembre).Dans ce domaine, nous ne sommes pas à la traîne au Canada.Dans les services les plus essentiels, nos gouvernements, d\u2019un océan à l\u2019autre, ont déjà effectué des compressions sévères allant jusqu\u2019à la fermeture d\u2019hôpitaux.Et paradoxalement, on accumule des dettes publiques impayables avec des surplus de productions bloqués aux frontières de part et d\u2019autre.C\u2019est la guerre commerciale, la guerre de l\u2019abondance.La libre circulation des biens est continuellement entravée par le système financier mondial dont nous sommes partie, les yeux fermés sur les graves malaises chez nous et parfois sur les famines ailleurs.Depuis des décennies, des voix autorisées réclament des réformes de ba^e de ce système, mais les hommes d\u2019État n\u2019ont d\u2019oreilles que pour leurs maîtres de 1^ finance internationale.Hommes d\u2019Etat! Grand mot noble qui cache tout un système politique pourri.Pourri par la recherche permanente du pouvoir et servi surtout par des machines électorales cultivant constamment l\u2019esprit de parti.Bien huilée par un patronage omniprésent, cette machine nourrit les ambitions les plus féroces auxquelles ne sont LETTRES -+- pas étrangères les nominations de sénateurs et déjugés.Trop d\u2019individus bien conscients de tout cela continuent pourtant de se laisser chloroformer par les élites bien formées dans nos grandes écoles.C\u2019est alors que les apparences de réveil tournent court, et si une troisième voix n\u2019est pas à vendre, c\u2019est peut-être qu\u2019elle est déjà vendue et bien enchaînée au départ.On sait comment: les bailleurs de fonds arrivent toujours à point chez ceux qui manifestent une force quelque peu prometteuse.Ce qui manquera toujours dans le peuple, semble-t-il, c\u2019est la maturité politique et la volonté de sortir des cercles vicieux \u2014 faute d\u2019éducateurs.C\u2019est ainsi qu\u2019à peine né, l\u2019Etat-pro-vidence est menacé de mort Adrien Gingras Brossard, 22 septembre 1994 Le foulard islamique Nous voilà à notre tour aux prises avec la question du foulard islamique.Pour épineuse qu\u2019elle soit, cette question se rattache à une problématique plus fondamentale: celle de la relation entre la société d\u2019accueil et son nouveau membre.Elle rejoint aussi celle des droits individuels et des droits collectifs.De celle-ci, ne mentionnons que la nécessaire prééminence des seconds.Ajoutons que dans le cas de l'immigrant, l\u2019effort d\u2019adaptation et d\u2019inté- gration lui incombe.Ce n\u2019est pas à la société d\u2019accueil d\u2019ajuster ses valeurs et son fonctionnement au nouveau venu.Elle doit être ouverte, se montrer responsable envers lui.Elle n\u2019a par contre, en aucune façon, l\u2019obligation de se plier aux exigences de l\u2019arrivant; surtout pas celle d\u2019accepter des valeurs qu\u2019elle ne partage pas.Cela est particulièrement vrai dans le cas qui nous occupe.Les valeurs de l\u2019islam, les comportements et les manifestations qui en découlent, n\u2019ont pas grand-chose à voir avec la société québécoise.Et que l\u2019on ait affaire à un converti ou à un immigrant n\u2019y change rien.Et je réponds d\u2019avance, par le seul nom de Salman Rushdie, à tous les experts en angélisme qui pourraient avoir envie de s\u2019offusquer de mon discours et de me taxer de xénophobie, ou pire.Comprenons-nous bien, l\u2019immigration recèle un grand potentiel d\u2019enrichissement réciproque; dans la mesure où les valeurs mutuelles s\u2019intégrent et s\u2019harmonisent Dans le cas où elles sont antagonistes, jamais la société d\u2019accueil ne devrait s\u2019ajuster.Je suggère que tous les organismes publics et subventionnés s\u2019en tiennent à la neutralité et à la laïcité, tout comme ceux qui en utilisent les services.Jean Boudreault Sherbrooke, 26 septembre 1994 r Ni c ¦ - - - LE MONDE e premier film de la trilogie bleu-blanc-rouge de Khrystof Kieslowski, Trois couleurs: film bleu, s\u2019ouvrait sur un accident \u2022 de la route dont j\u2019ai cru qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un suicide.Une voiture de luxe s\u2019écrase sur un grand arbre isolé en bordure d\u2019une ces bucoliques routes départementales de France où nul ne peut mal piloter à moins d\u2019être un abruti.Or, le défunt conducteur était un grand artiste, un compositeur de musique contemporaine, si célèbre que son épouse, émergeant des brumes du drame, pourra de sa chambre d'hôpital suivre ses obsèques nationales à la télévision.Là, j\u2019ai décroché.Fumisterie.Dans aucun pays un auteur de musique contemporaine, aussi reconnu qu\u2019il soit dans sa discipline, n\u2019aurait droit aujourd\u2019hui à des funérailles nationales diffusées en direct.De tous les créateurs, les musiciens sont les plus obscurs, les plus ignorés, les plus boudés, même par le public qui fréquente d\u2019autres esthétiques d\u2019avant-garde, danse, arts plastiques, théâtre expérimental.Pourquoi, par exemple, ai-je du plaisir à vivre avec une déroutante installation visuelle dans mon bureau ou dans mon salon, alors que j\u2019en reste à Schumann pour le piano, à Bellini pour la voix et au mieux à Mahler pour les symphonies?Je plaide coupable depuis longtemps, mais jamais avec la contrition suffisante pour m\u2019amender.Le courrier m\u2019apporte une longue et vibrante lettre d\u2019une créatrice de musique contemporaine qui reproche au Devoir de ne pas se forcer, même s\u2019il en fait plus que la plupart.Elle sent bien qu\u2019il y manque du cœur, que nous participons au séparatisme qui isole son art.Mais elle fait surtout le procès, juste et dur, du rapport du Québec à la culture.Elle en a assez.Assez de la médiocrité de notre révolution universitaire qui s\u2019est contentée de produire des tonnes d\u2019ignorants instruits.Assez de devoir répondre de son art à des mécènes d\u2019affaires qui admirent moins son travail que celui des «as du marketing» forts de lui faire une vitrine.Assez du bruit formidable de la culture qui se vend de festivals en galas, civilisation de la surenchère.«Ici, on consomme beaucoup plus de Ruptures LISE BISSONNETTE ?culture qu\u2019on en a», écrit-elle dans un raccourci parfait.Assez d\u2019une école qui a mis la culture à la poubelle et qui prétend lancer les jeunes sur l\u2019autoroute électronique du XXIe siècle sans même les avoir initiés à l\u2019art de leur siècle.Assez de se faire dire qu\u2019elle est victime de l\u2019absence de tradition dans un pays neuf comme si, idiotie, l\u2019élargissement du publiç européen s\u2019était produit au Moyen Âge.Assez d\u2019avoir consacré sa vie à une œuvre exigeante et de se demander aujourd\u2019hui à quoi bon.Je devine, même si elle n\u2019en dit rien, la série des soirées-bénéfices éternellement recommencées, les honneurs discrets qui ne mènent nulle part, les salles à moitié vides, le paternalisme des petits fins-fins qui repoussent leur chaise pendant la discussion, prennent un air inspiré et lui intiment gentiment de «vulgariser», n\u2019est-ce pas.Autrement dit de renoncer.Y a-t-il une réponse dans la salle?Je pose la question à mon tour, comme on lance une bouteille à la mer.Et j\u2019ose la renvoyer à ma correspondante et à d\u2019autres autour d\u2019elle, avec tout de même un peu d\u2019amertume tout au fond.Oui, c\u2019est vrai que le Québec et le Canada sont désespérants de médiocrité.Qu\u2019il ne faudrait pas demander à nos premiers ministres et à leurs semblables qui sont Walter Boudreau ou Lorraine Vaillancourt, et qui était Claude Vivier.Que nos écoles préparent surtout le public du rire et du rot devant toutes les sortes d\u2019écrans.Mais je résiste au postulat sur lequel se rabattent les créateurs de pointe, ma correspondante ne faisant pas exception.Pour trouver un public, disent-ils, il faut abaisser le seuil de méfiance devant l\u2019inconnu, amener les jeunes, surtout, à connaître et fréquenter un art qui dérange parce qu\u2019il est en «rupture».Convenons certes que cela aiderait.Et que d\u2019autres institutions, à paid les écoles et les médias, devraient faire leur part, commander une messe pour le temps présent, une symphonie pour un anniversaire, une aria pour une réjouissance.La barrière est pourtant plus haute encore et les créateurs devraient admettre qu\u2019ils y sont pour quelque chose, s\u2019ils veulent vraiment un dialogue.Car il y a d\u2019autres arts en «rupture», d\u2019autres esthétiques peu familières qui sont plus fréquentées que la musique, et qui convainquent pourtant de moins en moins.Je pratique les milieux d\u2019arts visuels depuis la fin des années soixante.Je vois, je lis, je rencontre.Et la rupture commence à me rompre.Pour un choc qui me parle, je trouve cent froids, des prouesses techniques, de lourds messages, des provocations aussi faciles qu\u2019inoffensives.Je m\u2019ennuie.Je n\u2019exalterai pas l\u2019exposition Barnes pour autant, les crémages de Renoir m\u2019ennuient encore plus.Mais enfin, il doit bien y avoir un problème.Comme le rappelait Stéphane Baillargeon dans notre cahier Livres du 27 août, à propos du dernier ouvrage de Rainer Rochtliz {Subversions et subventions, art contemporain et argmnentation esthétique, Gallimard), depuis près d\u2019une décennie un grand nombre de penseurs ont entrepris d\u2019interpeller les milieux d\u2019avant-garde, à propos de leur volonté de décider seuls, sans rapport au public, de ce qu\u2019est une œuvre d\u2019art.«la critique a renoncé à toute évaluation, le public à toute compréhension, l\u2019esthétique à toute légitimation», résume Rochtliz.Parlant spécifiquement de musique dans un entretien avec Le Devoir, en 1991, le philosophe français Luc Ferry désespérait, concrètement, de ces partitions «intéressantes à lire, mais pas à entendre».La question que posent plusieurs chercheurs passionnés n\u2019en est pas une de vulgarisation.Elle tient au sens, au système d\u2019un art qui voudrait tant nous toucher tout en se construisant désonnais entièrement, volontairement, hors de nous.Je comprends le drame des créateurs, qui vivent sous les ordres de la «rupture», mais je ne les entends pas répondre.Là est pourtant le début du lien qu\u2019ils cherchent.À P R 0 P 0 S -?- .de remploi dans le monde En 1992 et en 1993, la situation de l\u2019emploi s\u2019est détériorée dans la plupart des pays \u2014 pays développés, pays en développement, pays en situation de transition économique.En dehors de l\u2019Asie de l\u2019Est et du Sud-Est, quand l\u2019emploi s\u2019est maintenu, c\u2019est généralement au prix d\u2019une diminution des rémunérations.Dans beaucoup de pays en développement, et l\u2019emploi et les salaires ont baissé dans les villes; la production agricole, qui détermine l\u2019«emploi» et le revenu d\u2019une grande partie de la population, n\u2019a guère progressé.Bureau international du travail, Genève, 1994.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI B 0 U R A S S A LE 10 JANVIER 1910 Directrice LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Dircctenr délégué à l\u2019administration FRANÇOIS TIIOIJIN Direct cor de l'information BENOÎT AUBIN Directeurs adjoints de l\u2019information PIERRE BEAULIEU, ROCB CÔTÉ Rédactenrs en chef adjoints JEAN-ROBERT SANSFAÇON, CHRISTINE HOUDE 2050, rne de Blenry, 9c étage, Montréal (Qnébec) H3A 3M9.Té 1.: (514) 985-3333 FAIS CE QUE DOIS I ill) I 0 (' T Ü H K K I) EV I) I li I.U X I) I IDEES j Elections brésiliennes Le candidat du diable?Sans doute le plus connu des sociologues latino-américains, Fernando Henrique Cardoso pourrait gagner au premier tour des présidentielles PHOTOS ARCHIVES Fernando Henrique Cardoso, candidat du Mouvement démocratique, est convaincu de la supériorité de l\u2019intelligence sans trop se soucier de la nature du système politique.Il affirmait en briguant la présidence: «Oubliez tout ce que j\u2019ai écrit!» Luis Inacio Lula da Silva, candidat du Parti des travailleurs, était parvenu en juin dernier avec sa «caravane de la citoyenneté» à attirer les couches les plus pauvres de la population, celles qui avaient fait la victoire de Collor.ANDRÉ CORTEN Professeur de science politique à l\u2019UQAM, auteur de Les peuples de Dieu et de la forêt, A propos de la «nouvelle gauche» brésilienne, Montréal/ Paris, VLB/ L'Harmattan, 1990, et de Brésil: le pentecôtisme et l\u2019émotion du pauvre, Paris, Karthala, à paraître.ernando Henrique Cardoso qu\u2019Alain Touraine associe à la «[nouvelle] naissance du Brésil» est sans doute le plus connu des sociologues latino-américains et aujourd\u2019hui, le candidat le plus susceptible de remporter le premier tour aux élections présidentielles qui ont lieu aujourd\u2019hui au Brésil.Dans les années 60, il était une des figures de proue de la «théorie de la dépendance».Poursuivi durant le régime militaire et exilé au Chili, il retourne en 1968 au Brésil où il fonde en 1970 le prestigieux centre de recherches CEBRAP.En 1974, FHÇ critique les groupes armés de gauche.A partir de 1977, il se lance en politique comme candidat du Mouvement démocratique brésilien (MDB), le seul parti d\u2019opposition toléré durant la dictature.Leader du PMDB au Sénat en 1988, il rompt la même année avec ce parti pour fonder le Parti de la social-démocratie brésilienne (PSDB) dont il est aujourd\u2019hui le candidat à la présidence.Dans cette course électorale, il est allié avec le Parti du front libéral (PFL), un parti réputé de droite.Le nouveau candidat à la vice-présidence, Marcio Maciel, est l\u2019ancien leader du groupe parlementaire PFL qui soutenait Collor.11 a été député du parti des militaires \u2014 ARENA \u2014, gouverneur du- rant le régime militaire et proche du général Geisel (1974-1979).Crédité il y a quatre mois de seulement 15 % dans les sondages alors que Lula, candidat du Parti des travailleurs, en avait plus de 40 % et jugé alors incapable, avec son style de «professeur», de communiquer avec le peuple brésilien, Fernando Henrique Cardoso pourrait, selon le sondage Data Folha du 25 septembre, gagner au premier tour les élections présidentielles prévues pour aujourd\u2019hui et le 15 novembre.L\u2019explication immédiate de ce retournement spectaculaire de situation est le succès du plan Real appliqué à partir du 1er juillet Ce plan de dollarisation de l\u2019économie sur le modèle argentin recueille 80 % d\u2019opinions favorables.Mis en place par Cardoso alors qu\u2019il avait été appelé par le président Itamar Franco comme ministre des Finances de mai 1993 à mars 1994, le plan Real est l\u2019argument électoral numéro un de FHC.Celui-ci s\u2019est d\u2019ailleurs fait accuser d\u2019utiliseï; toutes les ressources de l\u2019État \u2014 et notamment ses réserves monétaires \u2014 et tout l\u2019appareil d\u2019État \u2014 Rubens Ricüpero, son successeur aux Finances et l\u2019un de ses partisans, a dû démissionner le 3 septembre pour avoir reconnu trafiquer les chiffres d\u2019inflation \u2014 mais les Brésiliens y voient, de façon très réaliste, une raison de plus de croire dans la réussite du plan.Ce n\u2019est évidemment pas le premier plan de redressement économique dans ce pays dont l'inflation était de 2700 % en 1993 et de 50 % par mois avant l\u2019entrée du plan.Ce n\u2019est pas non plus le plan le plus drastique.La plupart de ces plans, d\u2019ailleurs, n\u2019ont-ils pas donné des résultats encourageants durant quelques mois?In différence de celui- ci est politique: les milieux d\u2019affaires, après un moment d\u2019hésitation, ont mis tout leur poids dans la balance pour sa réussite.Bien que les patrons reçoivent l\u2019ouvrier métallurgiste Lula dans leurs Chambres de commerce et d\u2019industrie \u2014 de son côté le candidat du PT en gage de bonne volonté promet d\u2019abandonner le salaire minimum de 100 $ et le moratoire sur la dette extérieure \u2014, la perspective de voir le Fl' arriver au pouvoir est vue comme un facteur négatif par les trois quarts des entrepreneurs.La presse sort également ses griffes.Certes, elle parle autant de Lula que de Cardoso mais selon une analyse de presse menée en juillet, il n\u2019y a aucune édition dans laquelle Lula reçoive moins de nouvelles négatives que Fernando Henrique Cardoso que les dirigeants d\u2019Églises pentecôtistes ont qualifié de «candidat du diable».A ce moment, en sillonnant le pays avec sa «caravane de la citoyenneté», Lula était parvenu à attirer vers lui les couches les plus pauvres de la population, celles qui avaient fait la victoire de Collor.Cela se notait en particulier par un appui massif du Nord-Est à sa candidature.C\u2019était un phénomène nouveau pour ce parti du «Brésil moderne» dont les cadres sont souvent des professeurs ou des fonctionnaires et l\u2019électorat «les classes moyennes salariées» des grandes villes, ce parti qui malgré son lexique de gauche est un vecteur de rationalisation et de modernisation du système politique.Le phénomène nouveau est que les «pauvres», réalistes en politique et soutenant traditionnellement le système clientéliste, se laissaient persuader de la nécessité d\u2019une modernisation du système politique.L\u2019«autre moitié du Brésil», le «Brésil de l\u2019apartheid», se laissait convaincre de «participer à la démocratie».Mais Cardoso est arrivé, sans se presser.Le grand Cardoso! Le professeur explique son plan, il explique qu\u2019il faut lui faire confiance, que la politique exige des gens qualifiés, assure qu\u2019il aime bien Lula mais que celui-ci ne serait pas un bon président.Vous ne comprenez rien à l\u2019économie, dit-il, vous ne comprenez rien à l\u2019inflation mais vous voulez une monnaie stable, faites-moi confiance! «Stabilisons d\u2019abord l\u2019économie mais cela, ce n\u2019est pas une fin en soi, décla-re-t-il.Choisissons-nous cinq objectifs pour notre programme de gouvernement \u2014 emploi, éducation, santé, agriculture et sécurité \u2014 non pas comme un exercice académique ou comme stratégie électorale», dit-il dans une de ces formes coutumières de dénégation du discours politique.Le Parti de la social-démocratie brésilienne qui appuie Cardoso ne disposait dans le parlement sortant que de 7,8 % des sièges.En faisant une alliance électorale avec le PFL, Cardoso ne s\u2019engage pas, étant donné le fonctionnement politique présidentiel brésilien, à gouverner avec ce parti clientéliste de droite \u2014 cela ne lui suffirait même pas.«Je n\u2019ai rien promis», répète-t-il.Au PFL peut-être, mais aux milieux d\u2019affaires?Certes, rien n\u2019empêche qu\u2019il s\u2019appuie sur des forces parlementaires de gauche.Son problème est qu\u2019il se croit aujourd\u2019hui maître du jeu.Et que dopé par le soutien des milieux d\u2019affaires, il croit que le jeu n\u2019est qu\u2019économique.Que pour le peuple, ce jeu peut être réglé par la «théologie du sacrifice».Et celui-ci ne s\u2019est-il pas laissé prendre au jeu?Cardoso est convaincu de la supériorité de l\u2019intelligence sans trop se soucier de la nature du système politique.Paradoxal pour un sociologue! Mais comme il l\u2019affirmait en briguant la présidence: «Oubliez tout ce que j\u2019ai écrit!» Il y a quelques mois, le favori Cardoso obtenait seulement 15 % de la faveur dans ies sondages, contre 40 % pour son adversaire «Lula».Un bel âge d\u2019or au cendrier Pierre Bourgault fait reposer son argumentation pro-fumeurs sur «Je-me-moi-je-me-rebelle» ILLUSTRATION SERGE CHAPLEAU La lutte contre la toxicomanie est l\u2019une des plus difficiles, car le malade lui-même n\u2019avoue pas sa maladie.JACQUES LÉGARÉ Saint-Augustin-de-Desmaures F=====l a lutte contre la toxicomanie est l\u2019une des plus difficiles, car le malade lui-même .n\u2019avoue pas sa maladie.Hu-B 1 milié de subir les remon- trances des autres, il est habituellement tenté de se cacher.D\u2019autres toxicomanes, au caractère plus affirmé et plus combatif, vont procéder autrement: contre-attaquer, même au mépris du bon sens, même au mépris des valeurs (la santé) les plus élémentaires.Le cas de Pierre Bourgault est classique à cet égard.11 reconnaît la nocivité du tabagisme et il refuse d\u2019en tirer les conclusions.D\u2019abord, il veut minorer et dénigrer, en les fustigeant de fanatisme néopuritain, les esprits les plus vigilants pour leur santé et celle des autres.Ensuite, il cherche une voie d\u2019évitement.Il demande la tolérance pour sa fumée qu\u2019il fait inhaler aux autres.Voilà le point.Les an-titabagistes ne cherchent pas à l\u2019embêter, à l\u2019empêcher de fumer, s\u2019il désire finir aussi vite et aussi jeune que René Lévesque.Ils cherchent uniquement à ne pas respirer ce qui sent si mauvais, ce qui est à terme si nocif.On vous dit ceci: « Dehors, fumez tant que vous voulez.Mais dans les lieux publics, abstenez-vous, ou allez dehors.Nous avons le droit de défendre notre santé.» Il n\u2019y a pas de compromis crédible, ! honorable, entre la toxicomanie et la santé.Nous sommes assez généreux de payer les dommages du tabagisme sur votre santé à même nos taxes au système de santé publique.C\u2019en est trop de passer à côté de gens qui, à 50 ans, ont comme une couche pleine en permanence.Réveillez-vous! C\u2019est bien ce niveau d\u2019odeurs que vous amenez aux lieux de travail qui nous sont communs.Même les arguments les plus massifs vous laissent insensibles: il y aurait 10 000 morts québécoises causées annuellement par le tabagisme.Il raccourcit la vie de huit ans en moyenne, aggrave et multiplie tous les petits maux de santé qui affectent le cours d\u2019une vie.Il augmente et fait arriver plus tôt les plus mortelles maladies.Vous plastronnez vos 40 ans de vie de toxicomane tabagis-te avec fierté.Fumer 40 ans «sans problème» n\u2019a fait raccourcir insidieusement la vie d\u2019un être promis, par sa constitution plus résistante, à devenir centenaire.Vous avez jeté au cendrier un bel âge d\u2019or.Ces choses archiconnues n\u2019entrent pas dans le crâne des toxicomanes taba-gistes.Car c\u2019est cela le propre d\u2019une toxicomanie: elle se nie, elle se raidit et cela, jusqu\u2019à la déraison.M.Bourgault fait reposer toute son argumentation sur «je-me-moi-je-me-rebelle».M.Bourgault, vous n\u2019avez pas à obéir une seule seconde aux antitabagistes que nous sommes.Oubliez-nous si cela peut vous aider tant soit peu.Obéissez à votre santé, à celle de vos amis, à celle de vos collègues.Ne vous centrez pas sur la coercition sociale qui vous humilie \u2014 et qui ne capitulera jamais \u2014, mais sur le bonheur et le plaisir de respirer un air vraiment propre, dont profiteront ceux que vous aimez et respectez.La rébellion et la lutte n\u2019ont de noblesse que dans les nobles causes.La liberté de mourir plus vite, et de faire mourir les autres plus vite, n\u2019en est pas une.Celle de concourir à respirer un air propre, qui sente bon, en est une bonne.Venez avec nous, on a besoin de vous, et en santé, pour tous ces jeunes qui vous entourent.Les ripoux de Chambly Des policiers municipaux en guerre contre leurs confrères provinciaux: légitime défense ou corporatisme étriqué?CONRAD BERRY À l'emploi d'une organisation syndicale, l'auteur écrit en son nom personnel _ \u2019actualité des dernières semaines nous a don- : Int*, une fois de plus, l\u2019occasion de constater la : bêtise que peut engendrer la solidarité ¦ .aveugle exigée par le devoir corporatiste.Di \u2022 J position officielle de la Fédération des poli-, ?«-JI ciers municipaux du Québec exprimée par son président, M.Jean-Guy Rock, dans l\u2019affaire récente 1 de malversations mettant en cause des policiers de Chambly, démontre en effet le peu de rigueur intellectuelle et l\u2019absence de professionnalisme dont témoignent \u2019 parfois les organisations ayant pour principal objectif la 1 défense de membres cotisants.Doit-on s\u2019en surprendre?Après tout, les porte-parole de ces communautés d\u2019intérêt sont nommés et rémunérés par les gens dont ils servent la cause et uniquement dans ce but.Cela signifie-t-il que la protection de ses pairs doive aller jusqu\u2019à la négation de facultés de l\u2019esprit telles le jugement, le discernement ou, plus simplement, la raison?Fi Fédération que dirige M.Rock ne se contente pas | d\u2019invectiver la Sûreté du Québec pour son opération d\u2019envergure qui a mené le poste de police de Chambly à la tutelle, elle entend aussi, pour la première fois, assumer la défense des policiers accusés d\u2019actes criminels (un fonds spécial a été créé) et poursuivre au civil les responsables de cette opération «Brigade» pour la raison que tous les corps policiers municipaux, prétend M.Rock, «se sentent lésés par l\u2019action de la Sûreté du Québec».Et voilà qu\u2019encore une fois dans une société de droit où se perd trop souvent le sens commun, l\u2019accusé \u2022 devient la victime.Vingt et un policiers de Chambly ayant vu, paraît-il, leur honneur et leur dignité, tout comme ceux de leur famille, grandement éprouvés.Quant aux motifs d\u2019inculpation évoqués dans cette affaire \u2014 trafic de stéroïdes, entreposage non sécuritaire d\u2019armes à feu, tenue d\u2019une maison de jeu, fraude envers l\u2019assureur-vie et transmission de renseignements confidentiels \u2014, il n\u2019y aurait pas de quoi en faire un plat, selon la Fédération des policiers municipaux.A certains égards, notre système de protection publique peut sembler bien mal en point.Le cafouillage notoire d\u2019opérations mal planifiées et combien coûteuses dans la région de Montréal n\u2019a plus besoin de commentaires.Or, la spectaculaire intervention policière à Chambly, en opposant entre eux les membres de cette profession, avait pu laisser croire à la population que ses services policiers, quoiqu\u2019impar-faits, pouvaient encore montrer des signes vitaux et constituer pour elle une certaine assurance contre la criminalité.La réaction excessive de la Fédération des policiers municipaux vient cependant saper ces convictions, i et sème le scepticisme dans l\u2019opinion publique quant à\" : l\u2019existence d\u2019une volonté commune au sein du mondé J policier de s\u2019assurer de la probité de ses troupes.C\u2019est pourquoi il est urgent qu\u2019une voix en autorité se fasse entendre dans la population pour redonner à l\u2019action policière une bienveillance crédible et réaffirmer, n\u2019en dé- ! -plaise à M.Jean-Guy Rock, que les policiers ne sont pas au-dessus des lois dont ils ont la garde, bien au contraire.En attendant, il serait bon de rappeler à M.Rock que ( les accusations adressées à quelques-uns de se collègues du poste de Chambly sont décuplées en importance lorsqu\u2019elles visent des individus dont le mandat est justement de faire respecter les lois et de promouvoir l\u2019honnêteté des comportements dans une société normalisée.On ne peut nier que les moyens déployés par la SQ dans cette opération (certains parlent d\u2019une rafle) peu-vent sembler, vus de l\u2019extérieur, quelque peu démesurés \u2018 par rapport aux résultats obtenus.En revanche, il faut si- ' gnaler que trois enquêtes antérieures aux événements \u2022 qui font aujourd\u2019hui la manchette n\u2019avaient pas abouti et que des fuites à l\u2019interne étaient probablement reliées à ces échecs.Dans ces circonstances, qui mieux que la SQ' était à même de savoir quel type d\u2019intervention était le plus justifié?En tenant compte du contexte particulier propre à tou- t-, te intervention policière, rien n\u2019indique que la stratégie retenue par les autorités de la SQ n\u2019ait brimé les droits , fondamentaux de loyaux policiers ou causé un tort exagéré à d\u2019innocents individus.Par sa riposte cinglante dans cette affaire, la Fédération des policiers municipaux vient mettre des bâtons dans les roues de confrères qui désiraient stopper les activités illicites de «ripoux».Ce faisant, cette Fédération, plus que tout autre chose, se couvre de discrédit et ternit l\u2019image du corps policier qu\u2019elle représente.Encore une fois, dans une société de droit où se perd trop souvent le sens commun, l\u2019accusé devient la victime.L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes: à l'information générale et métropolitaine: Sylvain Blanchard.Paul Cauchon, Jean Chartier, Louis-Gilles Francoeur (environnement), Kathleen Lévesque.Caroline Montpetit, Bernard Morrier, Isabelle Paré, Guy Taillefer (adjoint au directeur de l'information)-, Jean-Pierre Legault (responsable des pages thématiques), Diane Précourt (pages éditoriales)-, Martin Duclos et Désirée Szucsany (;relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes); à l\u2019information culturelle: Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillar-geon, Roland-Yves Carignan, Pierre Cayouette (livres), Paule des Rivières, Marie Laurier, Robert Lévesque, Odile Tremblay; à l\u2019information économique: Gérard Béntbé (responsable), Robert Dutrisac, Claude Lévesque, Serge Truffaut, Claude Turcotte; à l\u2019information internationale: Jocelyn Coulon (responsable), François Brousseau (éditorialiste) , Antoine Char, Sylviane Tramier, Clément Trudel; à l\u2019information politique: Pierre O\u2019Neill, Jean Dion (correspondant parlementaire à Ottawa), Gilles Lesage (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire à Québec)-, Serge Cha-pleau (caricaturiste); à l\u2019information sportive: Yves d\u2019Avignon; Denise Babin, Marie-Claude Petit (commis), Marie-Hélène Alarie (secrétaire >i à la rédaction).La Documentation: Gilles Paré (directeur); Manon Scott.Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ Lucie Pinsonneault (directrice), Yves Williams (superviseur, Avis publics et annonces classées), Jacqueline Avril, Daniel Barbeau, Jean de Billy, Brigitte Cloutier, Gyslaine Côté, Marlène Côté, Sylvie Hanna, Christiane Legault.Suzanne Miscevic, Micheline Ruelland.Monique Verreault (publicitaires); Sylvie Laporte.Pierrette Rousseau.Micheline Turgeon, Olivier Zuida (commis); Michèle Bouchard (secrétaire).L'ADMINISTRATION Henry Riedl (contrôleur).Nicole Carmel (coordinatri-ce des services comptables); Florine Cormier, Céline Furoy, Jean-Guy Lacas, Nathalie Perrier, Danielle Ponton.Danielle Ross, Linda Thériault (adjointe à l'administration).LE MARKETING ET SERVICE À IA CLIENTÈLE Christianne Benjamin (directrice), Johanne Brien (secrétaire), Manon Blanchette.Monique L'Heureux, Use Lachapelle, Rachel-le Leclerc-Venne.LA PROMOTION ET LES RELATIONS PU- ¦ BIJQUES Guy-Renaud Kirouac (directeur), Chrystian Guy (superviseur à la promotion des abonnements).LA PRODUCTION Marie-France Turgeon (directrice de la production).Richard DesCormiers (responsable du système informatique).Johanne Brunet, Danielle Cantara, Caro- -line Des Rosiers, Lynda Di Cesare.Marie-Josée Hudon.Michael Schneider, Christiane Vaillant.LE CONSEIL DU DEVOIR INC.Pierre Bourgie (président).LA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (p/réidrrrt), Roger Boisvert (vice-président et directeur général). A S LE DEVOIR 1 rii LAURIN «Faire du développement durable à Montréal» SUITE DE LA PAGE 1 d'action, formé des délégués de Laval et dt* la Montéré-gk* ainsi que des ministres d'Etat au développement des régions et des Finances, n'a pas soulevé l\u2019enthousiasme.Malgré cet accueil mitigé, Camille Laurin se qualifie de rassembleur.«Les impressions initiales vont se résorber.Ils vont bien se rendre compte que je suis là pour les défendre.Ils ont tout intérêt à collaborer avec moi, sinon ils vont se ronger les doigts jusqu\u2019au coude.Ce serait \u201ccounter productive\", pour employer leur langage, de ne pas tenir compte de cette action extrêmement efficace que je peux exercer», assure M.Laurin.Et comme première preuve de son efficacité, le délégué de la région montréalaise entend donner un coup de barre dans le système municipal actuel.Montréal pourrait donc avoir entre les mains, et ce dès 1995, des dossiers complets issus de différents ministères tels que ceux de la Culture et des Communications (gestion des équipements culturels), des Affaires internationales, de l\u2019Immigration et des Communautés culturelles (intégration des immigrants), ainsi que des Transports (infrastructures routières), de la Santé et des Services sociaux (aide sociale).Déjà, la Ville de Montréal gère l\u2019aide sociale, selon une entente particulière avec Québec.Selon Camille Laurin, Montréal est capable d\u2019en prendre plus.Tout reste toutefois à négocier avec la municipalité, explique-t-il.Une rencontre avec le maire Jean Doré est prévue pour cette semaine.«C\u2019est une plus grande délégation de pouvoirs en vertu du principe de subsidiarité que l'on veut faire, explique M.Laurin.Montréal doit avoir un statut qui avantage son progrès et son essor.Et les villes de banlieue doivent regarder va avec intérêt et un peu de crainte.» Sans qualifier les populations limitrophes de parasites, M.Laurin n\u2019hésite pas à dénoncer une situation qui a profité aux banlieues au fil des ans.«Disons que, silencieusement, les villes ont profité des avantages de leur situation périphérique, sans en payer le coût.Le temps est venu d\u2019en arriver à une plus grande justice», estime-t-il.Et cette notion de justice passe par un nouvel esprit de collaboration à instaurer entre Elle de Montréal et les couronnes nord et sud.«L\u2019atmosphère de compétition à laquelle on assiste depuis trente ans doit cesser.C\u2019est pas vrai qu\u2019on va arriver au progrès si taval fait du maraudage pour attirer des entreprises avec des avantages fiscaux.Et c\u2019est pas vrai que Montréal va pouvoir empêcher les investisseurs d\u2019aller s\u2019installer ailleurs», analyse Camille Laurin.Dans ce contexte, les élus de la région métropolitaine, déjà d\u2019accord sur la question, pourraient définir des créneaux de développement pour chacune des municipalités (par exemple, le domaine pharmaceutique à Laval, l\u2019aérospatial sur la rive sud et les technologies de communications au Technoparc de Montréal).Pas question toutefois, souligne M.I.aurin, d\u2019imposer l\u2019implantation d\u2019une entreprise ici plutôt que là.Cette concertation, qui fera d\u2019ailleurs l\u2019objet de discussions lors du colloque des maires de novembre prochain, auquel participera Camille taurin, se fera dans une structure précise à créer.Ce projet gouvernemental de «faire du développement durable» à Montréal n\u2019est pas sans rappeler les tentatives libérales qui sont demeurées lettre morte: le Plan stratégique du Grand Montréal et plus récemment, le Groupe de travail sur Montréal et sa région.Pourquoi Camille taurin réussirait-il là où des ministres ont échoué?«C\u2019est toute la dynamique qui va changer.Avant, c\u2019était décidé par en haut: des politiques ministérielles mur à mur sans connaissance des préoccupations du milieu.Maintenant, le mouvement est inversé», souligne M.taurin qui précise que Montréal n\u2019était qu\u2019un dossier parmi tant d\u2019autres, une des multiples missions des différents ministres sectoriels d\u2019alors.L\u2019efficacité que promet M.taurin est assurée, selon lui, par plusieurs éléments, dont la voie directe qu\u2019il pos- sède auprès du premier ministre ainsi que du plus haut fonctionnaire du Québec, le secrétaire du comité exécutif Louis Bernard.M.Bernard se déplacera d\u2019ailleurs une lois par semaine à Montréal pour travailler conjointement avec M.Laurin.«Il aura une oreille et une vision hebdomadaire de nos travaux, de nos tentatives pour apporter des solutions aux problèmes de Montréal et de sa région», dit Camille Laurin.Aussi, deux poids lourds du cabinet, Guy Chevrette et Jean Campeau, l'un responsable du Développement des régions et l\u2019autre ministre des Finances, siègent au Comité d\u2019initiative et d\u2019action.«Le dossier que l\u2019on présentera au conseil des ministres aura beaucoup plus de chances d\u2019être entériné et plus rapidement, parce qu\u2019il y aura eu une contribution immédiate de ces deux ministres», affirme M.Laurin pour qui sa fonction s\u2019apparente à celle d\u2019une courroie de transmission politique.Il se défend toutefois que le but ultime de cette réorganisation soit le référendum, puis, éventuellement, la souveraineté du Québec.«C\u2019est une nouvelle philosophie gouvernementale.Une métropole, c\u2019est la locomotive, c\u2019est le moteur d\u2019un pays.Sa prospérité rejaillit sur toutes les régions du Québec, ta santé du Québec dépend de celle de Montréal», conclut Camille taurin.Susan Thibaudeau était-elle victime de discrimination?TOKYO SUITE DE LA PAGE 1 seront perçues non plus comme un symbole de friction, mais un symbole de coopération», a estimé Midori Tani, porte-parole du ministère de l\u2019Industrie et du Commerce.Après avoir jugé dans un premier temps les menaces américaines «incompatibles» avec les règles internationales, le secrétaire général du gouvernement, Kozo Igara-shi, a finalement estimé que l\u2019accord constituait «la meilleure solution possible au vu des conditions actuelles».Samedi, le Japon avait en effet menacé de déposer une plainte auprès du GATT si les Etats-Unis imposaient de façon unilatérale des sanctions contre Tokyo après l\u2019échec des négociations sur les pièces automobiles.Mais les réactions officielles japonaises sont finalement restées très mesurées pour dénoncer la décision de Washington d\u2019enclencher un mécanisme de rétorsion envers Tokyo en raison de la fermeture de son marché pour les pièces automobiles de deuxième monte.Le qualificatif retenu a été «regrettable».Bien qu\u2019il ait récemment menacé d\u2019arrêter toute négociation avec les Etats-Unis s\u2019il était cité par Washington parmi les pays protectionnistes, le Japon n\u2019a pas officiellement mentionné, dimanche, une telle possibilité.Le dossier de l\u2019automobile est l\u2019un de ceux qui tenaient le plus à cœur aux Américains, ce secteur représentant près des deux tiers du déficit, de 60 milliards de , dollars enregistré l\u2019an dernier par les Etats-Unis.' Selon le représentant américain au Commerce, Mickey Kantor, le surplus japonais vis-à-vis des Etats-Unis devrait atteindre cette année 23,9 milliards de dollars pour les véhicules complets et 12,6 milliards de dollars pour les pièces détachées.Reprenant à son compte un argument souvent avancé par la partie japonaise, un responsable de l\u2019ambassade américaine à Tokyo a souligné qu\u2019un accord dans l\u2019automobile était plus difficile à atteindre que dans d\u2019autres secteurs car «nombre d\u2019aspects du dossier ne sont pas du ressort des gouvernements».Washington a décidé de faire porter la pression sur le marché des pièces de seconde monte, où les groupes étrangers ne détiennent que 2,6 % du marché japonais, contre 21,6 % du marché européen et 47 % du marché américain.Selon le Mm, ce marché, dont les fournisseurs étrangers sont quasiment exclus en raison d\u2019une réglementation extrêmement opaque, représenterait une valeur de 1000 milliards de yens (10 milliards de dollars) par an.M.Kantor a bien pris soin de souligner que les États-Unis ne mentionneraient pas comme déloyales les pratiques japonaises dans les domaines où la négociation bilatérale a précisément été la plus intense: l\u2019accès des constructeurs étrangers aux réseaux de distribution japonais et l\u2019achat de pièces améri-çaines de première monte par les constructeurs nippons.Aux Etats-Unis, cette démarche a été mal accueillie par les constructeurs automobiles locaux.«Aucun accord avec le Japon n\u2019a de sens s\u2019il ne s\u2019attaque pas au secteur de l\u2019automobile et des pièces pour automobiles», a commenté Andrew Card, président de l\u2019Association des constructeurs automobiles.LINDA DROUIN PRESSE CANADIENNE Ottawa \u2014 ta Cour suprême du Canada entend, à compter de cette semaine, une cause qui déterminera si des milliers de parents \u2014 surtout des mères \u2014 devront payer de l\u2019impôt sur les pensions alimentaires qu\u2019ils touchent pour leurs enfants.C\u2019est Susan Thibaudeau, une travailleuse sociale de Trois-Rivières, qui a été à l\u2019origine de cette cause lorsqu\u2019elle est allée en cour pour contester l\u2019impôt qu\u2019elle a dû payer en 1989 sur une somme de 14 490 $ versée par son ex-mari à titre de pension alimentaire pour leurs deux enfants.Mme Thibaudeau a perdu une première manche en Cour de l\u2019impôt, mais a gagné sa cause en Cour fédérale d\u2019appel.Ce tribunal a jugé qu\u2019il est discriminatoire d\u2019obliger les parents qui en ont la garde à payer des impôts sur les prestations alimentaires perçues pour leurs enfants.Le gouvernement fédéral a interjeté appel de la décision, faisant valoir que le fait de ne pas la contester sèmerait la confusion dans le système fiscal.Un groupe de députés tient des audiences publiques sur le sujet et le ministre de la Justice, Allan Rock, a promis, une fois celles-ci terminées, une réforme du système des pensions alimentaires.Au cours des audiences de demain, les avocats du gouvernement soumettront l\u2019argument que Mme Thibaudeau n\u2019a pas prouvé qu\u2019elle était victime de discrimination.Dans les documents soumis au tribunal, le gouvernement dit que la suppression du régime actuel aurait un quadruple effet négatif: É ceux qui versent une pension alimentaire ne pourraient pas payer autant si l\u2019abri fiscal leur était retiré; H la plupart des couples séparés et divorcés finiraient par payer davantage d\u2019impôts au total; Ottawa (PC) \u2014 ta mission économique effectuée par le gouverneur général Ray Hnatyshyn en Asie, en avril, a coûté aux contribuables au moins 300 000 $, indiquent des documents obtenus grâce à la Loi d\u2019accès à i\u2019information.Les frais de vol de la délégation de 55 personnes conduite par M.Hnatyshyn se sont élevés à 218 635 $.Ces gens avaient emprunté pour la circonstance un jet Polaris A-130 du ministère de la Défense nationale, tas dépenses totales occasionnées par le voyage de la délégation sont inconnues mais le ministère de l\u2019Agriculture \u2014 qui avait organisé cette mission \u2014 avait prévu une contribu- ¦ le régime fiscal tout entier devrait être modifié; ¦ce serait injuste pour les parents célibataires ne recevant pas de pension alimentaire, et qui doivent payer de l\u2019impôt sur la totalité de leurs revenus.Trois quarts des parents chefs de famille monoparentale ne touchent pas de pension alimentaire pour les enfants, soulignent les documents.Le gouvernement conclut que le tribunal devrait statuer qu\u2019il n\u2019y a pas de discrimination.Mais dans le cas contraire, le gouvernement considère que cette discrimination devrait être permise en vertu de la disposition de la Charte des droits qui autorise les exceptions «raisonnables et justifiées dans une société libre et démocratique».Finalement, le gouvernement demande à la Cour suprême de lui donner 12 mois pour modifier le régime fiscal si le tribunal donne raison à Mme Thibaudeau.Une coalition de groupes contre la pauvreté et de groupes de femmes interviendra devant la Cour suprême pour faire valoir que la Loi de l\u2019impôt sur le revenu est discriminatoire à l\u2019endroit des femmes parce que celles-ci sont économiquement désavantagées par rapport aux hommes et assument une part disproportionnée des responsabilités de l\u2019éducation des enfants.Les parents qui ont payé de l\u2019impôt sur la pension alimentaire reçue n\u2019ont pu obtenir de remboursement à la suite de la décision de la Cour fédérale d\u2019appel, le jugement ayant été suspendu.On les a avisés de faire parvenir un avis à Revenu Canada, au cas où le jugement final leur serait favorable.Et si la Cour accepte maintenant de ne pas faire appliquer immédiatement le jugement, leurs remboursements pourraient être retardés pendant encore une autre année.Les données fédérales pour 1991, les plus récentes disponibles, indiquent que près de 300 000 Canadiens, surtout des Canadiennes, ont reçu des pensions alimentaires totalisant 1,65 milliard $.tion de 76 000 $, dont 9000 $ pour des services de limousine.Ces dépenses ne tiennent pas compte du fait que la plupart des pays hôtes ont logé gratuitement le ministre de l\u2019Agriculture Ralph Goodale et son épouse Pamela.Il a été impossible de déterminer le montant des dépenses du gouverneur général Hnatyshyn et de son épouse Gerda puisqu\u2019elles ne peuvent être rendues publiques en vertu de la Loi d\u2019accès à l\u2019information.Durant le voyage, le gouverneur général a prononcé plusieurs discours, surtout en Chine où il s\u2019est employé à minimiser les problèmes relatifs aux droits de la personne.TAXIS SUITE DE LA PAGE 1 À titre d\u2019exemple, le chauffeur pékinois 003378 empoche entre 500 et 600 yuans (quelque 100 $ canadiens) en effectuant entre 40 et, 60 courses, lors d\u2019une journée de 12 heures de travail.A la fin de sa journée, il doit remettre 350 yuans à son employeur, une entreprise appartenant en partie à l\u2019État, propriétaire du véhicule.Il peut cependant conserver le reste de sa recette quotidienne.Ses revenus hebdomadaires peuvent s\u2019élever à environ 1000 yuans par semaine (200 $ canadiens).Il s\u2019agit d\u2019une somme importante.En 1992, le revenu moyen net des quelque 880 millions de Chinois qui vivent en régions rurales s\u2019élevait à 784 yuans par an.Quant aux citadins, leurs revenus annuels avoisinaient les 2000 yuans.Pas étonnant que Beijing soit perçue en régions comme un Klondyke économique et que la population rurale y immigre en grand nombre.Le boom du taxi montre qu\u2019il est possible de faire de l\u2019argent.Vite.Il symbolise le nouveau Beijing qui trouve le moindre prétexte pour échanger, vendre, «faire des affaires».Partout, de nouvelles constructions s\u2019érigent.D\u2019immenses complexes hôteliers défigurent l\u2019ancienne cité impériale, tas marchés publics sont florissants.Ils sont toujours bondés; les Chinois s\u2019y sentent à l\u2019aise.On y trouve de tout: vêtements, souliers, articles de tous les jours, nourriture, stands improvisés de nouilles, de soupes et de mets divers.Dans le quartier hétéroclite de Xidan, à une vingtaine de minutes de marche de la place Tiananmen, les activités d\u2019une vieille dame illustraient bien cette folie marchande qui s\u2019est emparée des Pékinois.ta quartier de Xidan ambitionne de surclasser le quartier à la mode de Wangfujing.Des boutiques de mode à l\u2019occidentale, des restaurants chinois, une pâtisserie Vie de France, un Pizza Hut, quelques «joint ventures» sino-américains ou sino-japonais et des marchands de brocante composent un quartier marchand original, tas bijouteries de luxe y côtoient un vendeur à la criée d\u2019oies fraîchement égorgées et un stationnement de bicyclettes déglinguées.Quant à la vieille dame, sans âge, elle possédait le commerce le plus original de tous.Elle vendait des coupons de cinq yuans.Ceux-ci octroyaient un droit de passage sur une partie du trottoir que la vieille dame affirmait être sa propriété.Elle engueulait vertement ceux qui franchissaient «sa» partie de trottoir, les sommait d\u2019acheter ses coupons, les bousculait un peu s\u2019ils n\u2019obtempéraient pas.Son commerce ne semblait pas des plus florissants; les marchands locaux s\u2019en moquaient.Beijing s\u2019ouvre.Mais, dès, qu\u2019on sort du centre de la cité, les routes sont vides.A bord d\u2019un taxi jaune, il est possible de se rendre à l\u2019aéroport international de Beijing sans rencontrer l\u2019ombre d\u2019un autobus ou d\u2019une voiture.Comme si l\u2019activité économique qui s\u2019est emparée de Beijing ne débordait pas encore des limites de la cité.Un voyage de 300 000 $ pour Hnatyshyn FUSION Des mots très durs pour le CRTC SUITE DE LA PAGE 1 «Illégale», ajoute le leader syndical, parce qu\u2019à son avis, les clauses de préavis de plusieurs semaines, prévues dans le Code fédéral du travail, n\u2019ont pas été respectées, tout comme les clauses de mise-à-pied des conventions collectives, dont l\u2019application exige la démonstration préalable de difficultés financières, insurmontables autrement.Les syndiqués réclament donc une «audience dans les meilleurs délais» pour que le public ait son mot à dire dans ce dossier.Une pluie de griefs s\u2019annonce donc cette semaine ainsi que divers recours juridiques, possiblement même contre le CRTC, dont les syndiqués n\u2019ont pas voulu préciser la teneur hier, n\u2019ayant pas terminé leurs réunions avec leurs procureurs.ta SCFP perd une vingtaine de membres, dont la plupart sont journalistes, en raison de la fusion de quatre des stations radio AM de Montréal et de Québec et de la disparition de quatre autres à Hull, Trois-Rivières et Sherbrooke.Les syndiqués de la station de Chicoutimi étaient, pour leur part, affiliés à la Fédération nationale des communications (FNC-CSN).Principale victime syndicale de l\u2019opération, le SCFP veut mobiliser les institutions populaires des diverses régions touchées par ce «mouvement de concentration», comme ce fut le cas lorsque Radio-Canada eût entrepris de fermer ses salles de nouvelle en région.Les syndiqués du SCFP espèrent que le Bloc québécois, à Ottawa, ainsi que les ministres «régionaux» du Parti québécois vont se porter à la défense des populations qui voient ainsi diminuer leurs sources d\u2019information.La direction du SCFP a par ailleurs eu des mots très durs pour le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), accusé de «complicité» dans ce mouvement de concentration, ce qu\u2019on estime contraire à son mandat.Selon le directeur du SCFP, les larmes de crocodiles et d\u2019impuissance du CRTC devant la fusion de vendredi masquent bien mal le fait qu\u2019il a lui-même lancé les forces économiques de son secteur dans cette direction par sa philosophie de déréglementation, «calquée sans nuances sur le mouvement américain et sans tenir compte des besoins d\u2019ici».M.Charland a aussi déclaré avoir entendu vendredi dans la bouche de François Beaudry, directeur des Ressources humaines de CKAC, qu\u2019une «licence temporaire» aurait même été émise par le CRTC au nouveau réseau Radiomédia.Mais le président de ce réseau, Claude Beaudoin, niait formellement qu\u2019il en soit ainsi car, précisait-il au DEVOIR, CKAC à Montréal tout comme CHRC à Québec fonctionnent toujours «sous la responsabilité juridique de Télémédia et des Entreprises de la capitale», les deux détenteurs officiels des permis du CRTC.Radiomédia, ajouté M.Beaudoin, demandera d\u2019assumer dorénavant la responsabilité des deux stations AM qui naissent de cette fusion à Montréal et Québec.Si le CRTC autorise le transfert, les deux détenteurs actuels de permis les rendront à l\u2019organisme fédéral.Pour l\u2019instant, Télémédia et les Entreprises de la capitale ont un contrat privé de gérance avec Radiomédia, qui vient de revoir de fond en comble leur programmation en fin de semaine, précise M.Beaudoin.ta président du nouveau réseau indique, de plus, que «le CRTC n\u2019a aucune permission à accorder» pour que Radiomutuel et Télémédia ferment les stations de leur choix.Les permis, dit-il, ont tout simplement été retournés vendredi après que la décision de fermer ces stations eut été prise, dit-il.tas postes touchés sont CJMS, à Montréal; CJRP, à Québec; CJTR à Trois-Rivières; CJMT, à Chicoutimi; CKCH, à Hull, et CJRS à Sherbrooke.D\u2019autre part, Télémédia demeure propriétaire de deux stations régionales, qui s\u2019affilient au nouveau réseau, soit CHLN à Trois-rivières et CHLT à Sherbrooke, de sorte qu\u2019aucun nouveau permis n\u2019est requis ici, selon M.Beaudoin.Il en est de même, poursuit le président de Radiomédia, pour CKRS à Jonquière et Chicoutimi, ainsi que pour CJRC à Hull, qui demeurent la propriété de CJMS malgré leur affiliation au nouveau réseau.ta président de Radiomédia estime, par ailleurs, que la fusion des équipes de journalistes de Montréal et Québec sur la base de l\u2019ancienneté au sein de la nouvelle agence, qui desservira Radiomédia, constitue une façon équitable de procéder.Il affirme que des indemnités de départ ont été versées en conformité avec les conventions collectives.Quant au respect des clauses exigeant une démonstration préalable des difficultés financières, il ajoute que «CHRC était en faillite technique depuis 16 mois» et qu\u2019«on pourra expliquer ça, au besoin».tas règles du CRTC, ajoute-t-il, ne touchent aucunement l\u2019administration générale des stations ou leur politique d\u2019information: «les seules règles sont le pourcentage de musique (65 %), le 35 % de contenu canadien et les horaires officiels» qui prévoient des bulletins d\u2019information, certes, mais qui ne définissent pas leurs sources, ni leur contenu.ta nouvelle agence d\u2019information, qui alimente maintenant le réseau Radiomédia, se retrouve au coeur de la récente controverse lancée par la mise en place du réseau NTR, qui a remplacé les salles de nouvelles de plusieurs autres stations AM et FM au Québec.Pour le SCFP, la création de la nouvelle agence dilue la responsabilité d\u2019informer des stations de Radiomédia face à leurs publics respectifs et uniformise davantage l\u2019information, globalement, dans la province et crée de véritables monopoles dans plusieurs villes.«Ces agences ne sont pas réglementables par le CRTC», ajoute M.Charland, ce qui soustrait de nouveaux phénomènes de concentration à l\u2019autorité de cet organisme.tas syndiqués ont aussi ajouté que les difficultés financières des stations du réseau de Radiomutuel sont, dans certains cas, le résultat d\u2019opérations financières douteuses.Une étude du professeur Léo-Paul Lauzon, faite à leur demande au cours des derniers mois, ont-ils affirmé, indique que certains chroniqueurs étaient payés à fort prix par les stations mais que les revenus des émissions de ces vedettes étaient, par contre, attribués au réseau, ce qui créait un déficit factice.L\u2019étude du professeur tauzon, qui incidemment devient chroniqueur économique de Radiomédia à compter de ce matin, pourrait être divulguée cette semaine, ont déclaré les porte-parole syndicaux.Quant à la nouvelle programmation, annoncée hier, elle fait appel aux vedettes et chroniqueurs des deux anciens réseaux: un décompte des nouvelles affectations indique que les 20 figures de proue proviennent, pour une moitié de la défunte CJMS et, pour l\u2019autre, de CKAC.LE DEVOIR LES BUREAUX DU DEVOIR SONT OUVERTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 9H00 À 16H30 2050, RUE DE BLEURY, 9E ÉTAGE, MONTRÉAL, (QUÉBEC) H3A 3M9 RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION : (514)985-3333 PUBLICITÉ AVIS PUBLICS ANNONCES CLASSÉES PUBLICITÉ NUMÉRO SANS FRAIS (514) 985-3344 (514) 985-3344 (514) 985-3399 1 800-363 0305 les numéro! de téléphone suivants sont valables pour le service de livraison par camelol el poor les abonnemenls postaux.SERVICE DES ABONNEMENTS DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H00 A 16H30 Montréal\t(514) 985-3355 Extérieur (sans frais) 1 800 463-7559 LE DEVOIR est publié par LE DEVOIR Inc.dont le siege social est situé au numéro 2050 de Bleury.9e étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par les Imprimerie Quebec, informations publiées dans LE DEVOIR IX DEVOIR est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.775 bout.Lebeau.St-LaurenL Envoi de publication r LaSalle, 7743 de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc.612 ouest rue Saint-Jacques.Montréal.L\u2019Agence Bresse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les - Enregistrement no 0856.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.Téléphone général: (514) 985-3333; service à la clientèle: (514) 985-3355; publicité: (514) 985-3399."]
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