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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1995-01-25, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR PERSPECTIVES L’auberge espagnole Les commissions régionales sur l’avenir du Québec sillonneront le territoire durant tout le mois de février.Ces jours-ci, le Secrétariat national des commissions complète l’envoi dans tous les domiciles du Guide de participation à ce vaste exercice que le premier ministre qualifiait, hier à Paris, d’initiative démocratique et innovatrice sans précédent.Qu’en est-il exactement?On verra bien à l’usage.Force est d’ores et déjà de constater que depuis le 6 décembre, date où M.Parizeau a présenté son astucieux avant-projet de loi sur la souveraineté du Québec, il s’est produit toute une série d’événements, d’incidents et de revirements, qui en laissent entrevoir d’encore plus spectaculaires au cours des prochaines semaines.C’est comme si, sous la houlette de propagandistes et d’animateurs hors pair, un vaste happening se mettait en branle, suscitant de façon fort habile défoulement, thérapie et irrésistible syrlergie vers l’option souverainiste.Pour ne pas tomber dans ce piège imménse, les Partis libéraux, celui de Québec et celui d’Ottawa, ont rejeté l’invitation du premier ministre et invité leurs_mili-tants à en faire autant.Pourtant, moins frileux ôicdési-reux d’avoir leur part du grand cirque qui se met en marche, quelques libéraux notoires ont accepté des postes d’avant-plan dans l’une ou l’autre commission, notamment en Estrie et en Montérégie.Sans compter que Mario Dumont et ses ouailles de l’ADQ ont tiré leur épingle du jeu en obtenant, en échange de quelques concessions cosmétiques, un poste de commissaire à chacune des 15 commissions régionales.De plus, des personnalités et des groupes éminemment respectables, partout au Québec, ont décidé de jouer le jeu à leur manière, pour toutes sortes de raisons.Certaines ont à voir avec la souveraineté, plus ou moins larvée, mais d’autres relèvent carrément de projets qui ne sont pas en prise directe sur la souveraineté.Par exemple, l’UPA reste à l’écart du débat politique proprement dit, mais les autres centrales syndicales n’hésitent pas à sauter à pieds joints dans la mêlée.Elles réclament même, avec d’autres groupes importants, une commission spéciale pour faire valoir leurs intérêts.Dans les domaines scolaire et municipal, un phénomène fort intéressant se développe aussi.Par exemple, l’Union des municipalités régionales-de comté (UMRCQ) a décidé de participer aux commissions itinérantes parce qu’il est question de décentralisation et de gouvernements locaux dans le projet de loi.Celui-ci note en effet que le rapatriement des pouvoirs fédéraux permettra de procéder à une véritable décen- x tralisation en faveur des instances locales et régionales.La nature de cette décentralisation sera discutée avec les principaux intéressés et les grandes lignes en seront inscrites dans la constitution.Forte de cette prémisse, l’UMRCQ a obtenu qu’au moins un de ses membres siège à chacune des commissions, sans pour autant se commettre en faveur de la souveraineté.Ce qui l’intéresse, d’abord et avant tout, c’est la décentralisation.De la même manière, la Fédération des commissions scolaires du Québec vient de décider de participer aux commissions régionales, mais uniquement dans le but de promouvoir son projet de décentralisation.Tout comme Jacinthe B.Simard, présidente de l’UMRCQ, son homologue de la FCSQ, Diane Drouin, a décidé de jouer le jeu selon ses propres règles.«On nous a dit que tout peut être discuté, sauf l’article 1 («Le Québec est un pays souverain»), explique Mme Drouin.Nous prendrons donc les articles qui font notre affaire pour faire avancer notre projet de décentralisation.Si le PQ change les règles du jeu, il perdra des joueurs en cours de route.» Ces quelques exemples ne résument pas, loin de là, le joyeux remue-méninges qui se trame un peu partout pour promouvoir l’une ou l’autre cause à laquelle on tient mordicus.Au point que Daniel Johnson a lui-même relâché quelque peu le mot d’ordre d’exclusion qu’il avait intimé à ses troupes dès le soir du 6 décembre.Certes, avec leurs multiples ressources, les libéraux ont bien d’autres moyens de propager leurs thèses et, même, de contrecarrer le credo souverainiste.Il n’en reste pas moins qu’en attirant des libéraux notoires, des personnalités libres de toute attache partisane, quelques anglophones et allophones crédibles, le gouvernement est en voie de remporter son premier pari.Non seulement le boycottage fédéraliste n’a pas été suivi intégralement, mais un grand nombre de groupes et de citoyens veulent participer à ce qui promet déjà d’être un vaste happening.Entreprise de séduction pour les uns, le gigantesque carrousel qui se met en marche permettra à d’autres de promouvoir la cause régionale, celle de la minorité anglophone ou celle des communautés culturelles.Avec référence plutôt indirecte au fameux article 1 en forme de vœu pieux.Il en est de la lecture comme des auberges espagnoles, a dit l’écrivain français André Maurois: on n’y trouve que ce qu’on y apporte.Il semble que l’on puisse en dire autant des commissions sur l’avenir du Québec.Si bien planifiées, organisées et orchestrées soient-elles, bien des Québécois ont décidé d’en faire leur affaire.En marge ou à côté des politiciens, orthodoxes ou non.Si tel est le cas, on n’est pas sortis de l’auberge! INDEX Agenda.B8 Avis publics.B6 Classées.VI Culture.BIO Économie.B2 Éditorial.A6 Le monde.A5 Mots croisés,.j\4 Les sports.B5 MÉTÉO Montréal Nuageux puis dégainent en après-midi.Max:-5 Québec Nuageux puis dégagement en après-midi.Max: -7 Détails en B 5 .On n’y trouve que ce qu’on y apporte Gilles Lesage ?AK?: MONTRÉAL LES SPORTS r~ ç “ ~ —Tiriii L'ECONOMIE Natrel a été victime d’une ^ tentative d’extorsion PAGE A 3 Les JO de 2002: tout Québec fête PAGE B 5 ?Les Américains débarquent dans les aéroports canadiens PAGE B 2 La visite officielle du premier ministre à Paris Un accueil chaleureux pour Parizeau Mais en coulisses la guerre des drapeaux se poursuit PHOTO AP Le président de l’Assemblée nationale française, Philippe Séguin, a accueilli hier le premier ministre québécois, Jacques Parizeau, devant le palais Bourbon où M.Parizeau s’est adressé à un groupe de parlementaires.Il doit s’entretenir demain avec le président Mitterrand et le premier ministre Balladur.¦ - .¦ Ml t MM .>1 ’ü iÊm tf ¦f 4 ¦ %:•> n CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR À PARIS Personne n’a ménagé les drapeaux, les tapis rouges et les symboles à l’occasion de la première journéq, hier, de la visite officielle de Jacques Parizeau à Paris.A défaut d’engagements publics concrets, le premier ministre québécois, venu à Paris afin de susciter la sympathie à l’égard du projet souverainiste et de relancer les relations bilatérales, a eu droit à un accueil haut en couleur et plutôt chaleureux.Tout cela pendant que se poursuivait en coulisses la guerre d’ambassades alimentée hier par l’ambassadeur canadien à Paris, Benoît Bouchard.Dans une cérémonie qui visait de toute évidence à rivaliser en éclat avec celle réservée à Jean Chrétien deux mois plus tôt au Sénat, Jacques Parizeau a été reçu à l’Assemblée nationale par son président Philippe Séguin, un gaulliste considéré comme une étoile montante et qui n’a jamais caché ses sympathies à l’égard du projet souverainiste.Devant une assemblée couverte de fleurdelisés, le premier ministre a refait pas à pas le chemin que René Lévesque avait emprunté lors de sa visite en France le 2 novembre 1977.Aucun symbole n’avait été négligé, ni les 20 gardes républicains, ni la grande porte Napoléon, ni la grille centrale qui n’avait pas été ouverte (pour des raisons de sécurité) depuis la visite du président américain Woodrow Wilson en 1919.Dans le hall, appelé «la fosse aux lions» et en présence de la veuve de l’ancien premier ministre, Corinne Côté, Jacques Parizeau a dévoilé une plaque rappelant la visite de René Lévesque.Celui-ci est donc depuis hier le seul chef de gouvernement étranger à avoir une plaque en son honneur à l’Assemblée nationale, parmi celles, nombreuses, de députés ou de militaires tombés au combat.VOIR PAGE A 8: ACCUEIL VOIR AUSSI ¦ Le Bloc québécois réclame la démission de Benoît Bouchard.A 2 Plutôt supprimer des hôpitaux que réduire les services Le réseau de la santé est prêt aux grands moyens ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Pour faire face à la musique des compressions, les directeurs d’établissements de santé plaident pour une révision de pied en cap du réseau, quitte à sacrifier des hôpitaux, plutôt que réduire les services à la population.D’ores et déjà, les fermetures massives de lits dans les hôpitaux sont à ce point importantes qu’elles équivalent à la fermeture cachée de plusieurs hôpitaux et privent lç réseau de millions de dollars dépensés en pure perte.A choisir, mieux vaut donc revoir illico la structure du réseau plutôt que de faire fi de l’universalité et de la gratuité des services, ont plaidé de concert, hier, 45 organismes du réseau de la santé et des services sociaux.«On a environ 25 % des lits de nos établissements qui sont fermés.Si j’ai 25 % de lits fermés et qu’on continue à payer pour l’infrastructure et les équipements, les salles d’opération et l’urgence, ça n’a pas de bon sens.Pourquoi ne pas fermer un hôpital pour remplir les autres à 100 %?», a tranché hier David Levine, président de l’Association des directeurs généraux des services de santé et des services sociaux du Québec, à l’occasion d’une journée de réflexion sur l’avenir du système de santé, organi- séq par cet organisme.A l’heure actuelle, environ 20 % des lits sont fermés en permanence dans les hôpitaux — encore plus dans certains cas —, tout cela faute de budgets appropriés.Une poignée de lits inutiles et coûteux pour chaque hôpital.«Est-ce que 52 urgences sont rentables à Montréal, ou 15 ou 5 urgences?C’est cela qu’on doit se poser comme question», relance M.Levine, fort d’un large consensus avec les 45 organismes participant à cet événement.Très peu de directeurs d’hôpitaux participaient toutefois à ce vigoureux remue-méninges.La question est d’autant plus au goût du jour que Québec a déjà annoncé qu’il sabrerait plus d’un milliard de dollars dans le budget du réseau de la santé d’ici trois ans.«Je ne suis pas convaincu que si on nous demande d’offrir les mêmes services à la population, on pourra livrer la marchandise dans les 12 mois qui s’en viennent.Si on ne fait pas ça (revoir le réseau), il va y avoir une contrainte, les attentes vont augmenter, on ne va prendre que les cas urgents, etc.C’est une manière très négative de couper et de saupoudrer les restrictions à tout le monde», estime M.Levine.VOIR PAGE A 8: HÔPITAUX Selon l’ambassadeur américain Le Québec dans l’ALENA: long et compliqué MICHEL VENNE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC A A un mois de la visite du président Bill Clinton à Ottawa, l’ambassadeur américain au Canada, James J.Blanchard, a estimé hier que l’adhésion d’un Québec souverain à l’Accord de libre-échange nord-américain serait une question complexe et longue à régler.M.Blanchard a ajouté, à l’occasion d’un point de presse, que son gouvernement n’avait donné «aucune assurance» au gouvernement du Québec quant à l’adhésion éventuelle d’un Québec souverain à l’ALENA, à l’OTAN ou à quelque autre traité.L’ambassadeur, qui était de passage à Québec, a toutefois réitéré ce qui est devenu la position officielle de son pays à l’égard de la souveraineté du Québec: «Nous jouissons depuis longtemps d’excellentes relations avec un Canada fort et uni, mais toute décision portant sur des changements constitutionnels, quels qu’ils soient, re- VOIR PAGE A 8: ALENA Le renard des neiges Michael Snow débarque au MAC Le Musée d’art contemporain de Montréal organise une exposition consacrée à Michael Snow, l’artiste-culte du Canada, malheureusement encore trop peu connu au Québec because les deux solitudes.On y découvre un surdoué des arts, rusé au point de devenir, après quarante ans de travail, tout à la fois une figure de proue de l’avant-garde et un artiste officiel adulé du grand public canadien.STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Un biographe a déjà remarqué qu’au fond, il n’existe que deux types d’êtres: le renard et le hérisson.Le renard, qui est rusé, connaît beaucoup de choses et peut innover à volonté.Le hérisson, lui, ne maîtrise qu’une seule technique fia «mise en boule»), avec laquelle il survit benoîtement Les artistes, quoi qu’ils en pensent trop souvent n’échappent pas aux cas de figure.A preuve, les deux expositions d’hiver du Musée d’art contemporain de Montréal (MAC), consacrées à Angela Grauerholz et Michael Snow, et placées sous le signe de ces animaux emblématiques.Ici, la photographe québécoise Angela Grauerholz joue le hérisson, tandis que l’artiste multidisciplinaire Michael Snow triomphe dans le rôle du renard: elle ne sait que photographier (mais très habilement): il sait tout faire et réussit toujours avec la même subtilité, la même intelligence.Michael Snow, qui a maintenant 66 ans, a commencé sa carrière comme dessinateur et comme peintre au milieu des années 50.Avec le temps, d’année en année, de décennie en décennie, il s’est aussi imposé dans une foule de disciplines, par d’innombrables moyens, dans une inépuisable et perpétuelle poursuite du VOIR PAGE A 8: RENARD -À 2 L E I) E V 0 I R, , L E M E R C R E I) I 2 5 ,J A N V I E R 19 9 5 LE DEVOIR POLITIQUE Le Bloc passe un savon à Benoît Bouchard L'ambassadeur du Canada est un «politicien de basse-cour» qui devrait être démis de ses fonctions pour avoir «insulté tous les Canadiens» m PHOTO JACQUES NADEAU Le chef libéral Daniel Johnson; en avant-plan, le président du CPQ, Ghislain Dufour.Une victoire serrée du NON ne réglerait rien, dit Johnson PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Si le référendum conclut à des résultats serrés, que ce soit en faveur du NON ou du OUI, il n’y aura rien de changé au Québec, rien de réglé.La mise en garde est venue de Daniel Johnson hier, à l’issue des entretiens qu’il a eus avec les membres du bureau des gouverneurs du Conseil du patronat et leur président, Ghislain Dufour.Ce n’est pas que le chef de l’opposition libérale doute de la victoire du NON.Il craint simplement que ce ne soit pas suffisamment clair, que la défaite du OUI ne soit pas significative.«On n’aura rien accompli comme peuple ou société.On n’aura rien réglé.On ne sera que plus divisés.» • Quels que soient les risques que comporte un vote serré, MM.Johnson et Dufour sont d’accord au moins sur un point: il est préférable que le référendum ait lieu quant même et qu’il se tienne dans les meilleurs délais.«Le plus tôt possible sera le mieux.» : Le sentiment d’urgence qui anime le chef libéral tient au caractère malsain qu’il attribue au suspense référendaire.«C’est un échéancier qui fait que le gouvernement ne se préoccupe pas d’emplois ou de la qualité des services publics.Il est monopolisé, aveuglé par son projet de séparation.» ¦ Au cours de cette rencontre, les gens d’affaires et l’opposition ont convenu qu’il ne fallait pas succomber à la tentation de participer aux commissions régionales référendaires.«Parce que nous trouvons que la mécanique de cette consultation est piégée», a expliqué Ghislain Dufour.Outre les stratégies référendaires du camp du NON, la rencontre a porté sur des questions d’actualité politique, comme le prochain budget Campeau, les purges au sein de la fonction publique, les autochtones et le projet gouvernemental d’imposer une taxe de 1 % de la masse salariale des entreprises pour assurer la formation professionnelle.Les «purges idéologiques» auxquelles se livre le gouvernement péquiste suscitent l’indignation du chef de l’opposition.Il va même jusqu’à soutenir qu’il n’y a jamais rien eu de semblable en cinquante ans.C’est l’ampleur de la purge qui l’étonne, le fait que des douzaines de hauts fonction-l'aires compétents aient été «cavalièrement» écartés.H cite ’exemple de la présidente de Radio-Québec, Françoise Bertrand, qui € été sacrifiée pour faire place au collecteur le fonds de la ministre Rita Dionne-Marsolais.¦¦ Il y a aussi cette offre de 350 millions $ aux autochtones de la Côte-Nord, que M.Johnson ne digère pas.«Le PQ ne se gêne pas pour acheter des groupes, la paix et des Votes.» j En conférence de presse, M.Johnson a été amené à Commenter les propos tenus par M.Parizeau à l’occasion (le sa visite à Paris, voulant que sous les libéraux, on ait assisté à une détérioration des rapports entre le Québec et la France.Le chef libéral a rappelé qu’il a lui-même été reçu jiar le premier ministre Balladur et le président Mitterrand, seulement 19 jours après son assermentation.Et quand à interruption de l’alternance des visites entre les premiers irte M.Johnson à conclure que le premier ministre du uébec a fait preuve à Paris de «mesquinerie sans pareil».EN BREF ?jl fi fJLTIMATUM À LA STCUQ Québec — Le gouvernement du Québec donne jusqu’au 2 février à la direction et au syndicat de la Société de transport de la Communauté urbaine de Québec pour conclure tine entente, sans quoi il fera adopter une loi spéciale qui ne fera pas de cadeau ni à l’une ni à l’autre partie, a indiqué hier le leader du gouvernement en Chambre et ancien chef syndical Guy Chevrette.Les députés sont convoqués pour reprendre les travaux de l’Assemblée nationale jêudi.Ils débattront de divers projets de loi présentés avant Noël, mais ils seront sur place pour adopter cette loi «pédale dès que ce sera nécessaire.M.Chevrette invoque ((es raisons de santé et de sécurité 0e froid de février) pour justifier une loi spédale.Le 2 février marque également l’ouverture du Carnaval de Québec.ROGER BERTRAND DEVIENT PRÉSIDENT DE L’AIPLF i' Québec — Le président de l’Assemblée nationale, Roger Bertrand, prend la relève de son prédécesseur Jean-Pierre Saintonge comme président de l’Assemblée internationale c(es parlementaires de langue française (AIPLF) jusqu’en juillet M.Saintonge a dû démissionner de cette fonction puisqu’il ne s’est pas présenté aux dernières élections.L’AIPLF se veut l’assemblée consultative de la Francophonie en matière de droit et de démocratie.Elle milite également en faveur de la consolidation de la place du français au sein des organisations internationales.Le Devoir JEAN DION DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Gracieuseté de Benoît Bouchard, le triangle infernal Québec-Ottawa-Paris se retrouve au cœur d’une nouvelle controverse.Auteur de propos jugés «indignes d’un diplomate», l’ambassadeur du Canada en France s’est fait passer hier un sérieux savon par le Bloc québécois, qui estime que M.Bouchard devrait être démis de ses fonctions pour avoir «insulté tous les Canadiens» et «manqué à son devoir de réserve» à l’occasion de la visite dans la capitale française du premier ministre du Québec, Jacques Parizeau.En fait, l’ancien ministre de Brian Mul-roney s’est comporté comme «un politicien de basse-cour», s’est insurgé le leader parlementaire du Bloc, Michel Gauthier, lors d’un point de presse.La raison de ce tollé?Dans une entrevue accordée lundi à des journalistes ac- compagnant la tournée Parizeau, M.Bouchard a soutenu en substance que la thèse souverainiste ne recevait en France l’appui que de quelques francs-tireurs («loose cannons», comme on dit couramment à Paris), dont ferait partie le président de l’Assemblée nationale, Philippe Séguin.Il a de plus argué que, pressé par l’échéancier référendaire, M.Parizeau faisait passer les intérêts des souverainistes avant ceux du Québec en rencontrant des dirigeants politiques qui, d’évidence, ne seront plus en poste «dans six mois», soit après l’élection présidentielle prévue en mai.Pour le Bloc, de tels «commentaires désobligeants à l’endroit de la classe politique française sont absolument renversants».En outre, en cherchant à «banaliser» le périple du chef péquiste, M.Bouchard a tenu «des propos gênants pour l’ensemble des Canadiens, désobligeants à l’endroit du peuple du Québec et odieux à l’endroit du gouvernement du Québec et de sa démarche démocratique», a dé- claré M.Gauthier.«M.Parizeau a un mandat, M.Bogchard n’en a pas», a ajouté le député.A moins, bien sûr, devait convenir son collègue Gilles Duceppe à la suggestion des journalistes, que l’ambassadeur ait reçu de son patron, le ministre des Affaires étrangères André Ouellet, l’ordre de ne pas faire à Jacques Parizeau la partie aussi belle qu’à Lucien Bouchard, dont la visite à Paris l’an dernier s’était déroulée sans anicroche.Réponse du ministre: pas du tout.M.Ouellet a d’ailleurs systématiquement éludé les questions relatives aux loose cannons de son représentant, affirmant — en milieu d’après-midi — qu’il n’était «pas au courant» des déclarations incriminées, et se disant «convaincu» d’autre part qu’elles avaient «probablement été citées hors contexte».Il a expliqué que la France ne l’avait pas approché pour obtenir des précisions, soupçonné le Bloc de chercher à entretenir «une lutte entre les deux Bouchard tout à fait inappropriée» et dit ne pas vouloir faire de cette histoire «un incident diplomatique, comme le voudraient le PQ ou le BQ».Il a aussi dit qu’il allait «vérifier» la situation auprès du principal intéressé.Lors d’une conférence de presse rapi-dfement détournée de son objet — la candidature de Québec aux Jeux olympiques de 2002 —, M.Ouellet a plutôt louangé le travail «exceptionnel» de M.Bouchard et déciaré être d’accord avec ce dernier pour dire que le linge sale du contentieux Québec-Ottawa ne se prêtait pas à defe séances de lavage sur les places publiques étrangères.| Pour le Bloc, toutefois, c’est justement là que le bât blesse.En portant à Paris un débat que les fédéralistes eux-mêmes qualifient d’«inteme», Benoît Bouchard à «manqué à son devoir de réserve» et devrait en conséquence, à défaut d’avoir le «courage» de démissionner, être rappelé, a dit M.Gauthier.I\ -B » Frorr PHOTO PC Le Dr Roopnarine Singh (au centre), le mentor du Comité spécial pour l’unité canadienne, expliquait hier la démarche qui amène son groupe à contester l’avant-projet de loi sur la souveraineté du Québec devant les tribunaux.De gauche à droite, il est secondé du chef Mohawk de Kahnawake, Joe Norton, de l’avocat Reevin Pearl et du professeur Stephen Scott.Création du Comité spécial pour l’unité canadienne L’avant-projet de loi du PQ sera contesté devant les tribunaux BRIAN MYLES LE DEVOIR Des fédéralistes convaincus ont formé hier le Comité spécial pour l’unité canadienne, qui contestera vigoureusement la valeur légale de l’avant-projet de loi sur la souveraineté du Québec devant les tribunaux.«Illégal, anarchique et révolutionnaire.» Les membres de ce Comité n’y sont pas allés de main morte pour dénoncer le projet souverainiste du premier ministre Jacques Parizeau.«Notre but principal est de préserver et de promouvoir l’intégrité politique et territoriale du Canada», a déclaré d’entrée en jeu le Dr Roopnarine Singh, présenté comme le mentor (Je ce Comité qui regroupe aussi le chef du Parti Egalité, Keith Henderson, le professeur Stephen Scott et l’avocat Reevin Pearl.Le chef du conseil mohawk de Kahnawake, J[oe Norton, appuie le Comité sans toutefois en faire partie.Le Comité pour l’unité canadienne contestera la validité de la loi sur la souveraineté en Cour supérieure du Québec si le projet devait recevoir i’assentiment d’une majorité de citoyens lors du référendum.Les 40 membres du Comité invoqueront la Loi constitutionnelle de 1982 qui consacrerait la suprématie de la Constitution canadienne sur les visées souverainistes de l’Assemblée nationale.Selon l’article 52 de cette loi, «la Constitution du Canada ne peut être modifiée que par les pouvoirs conférés par elle».Autrement dit, l’Assemblée ne peut amender la Constitution de son propre gré.«Je suis tanné d’entendre ces cpmmentaires insensés qui disent que la loi et l’État sont hors de propos et que tout ce qu’on a à faire, c’est de poser une question délicate qui fait appel aux sentiments pour que le pays éclate», a déclaré Stephen Scott, professeur en droit constitutionnel à l’Université McGill.«Le projet de M.Parizeau, même s’il est adopté et sanctionné par l’Assemblée nationale, sera radicalement nul, a-t-il ajouté.Les lois et la Constitution du Canada resteront en vigueur malgré tout acte de l’Assemblée nationale ou tout référendum.» L’avocat et secrétaire général du Comité, Reevin Pearl, présentera la requête en Cour supérieure, sans toutefois exiger d’honoraire^.Keith Henderson, leader du Parti Égalité, a rappelé à Jacques Parizeau que sa démarche est «anticonstitutionnelle».«Des lois illégales sont inacceptables et les citoyens du Québec et du Canada ne sont pas obligés d’y obéir.Si jamais l’Assemblée nationale adopte cette loi sur la souveraineté, plusieurs Québécois n’y obéiront pas.Par exemple, ils pourraient refuser de payer des taxes au Québec», a-t-il suggéré.Par ailleurs, le Comité, un organisme qui sera financé grâce aux contributions de ses membres, s’est adressé au premier ministre Jean Chrétien et à ses homologues des neuf autres provinces du Canada dans l’espoir de récolter quelques appuis.L’opération a connu un succès mitigé: seulement deux premiers ministres sur neuf, ceux de la Saskatchewan et du Nouveau-Brunswick, ont répondu à l’appel, ce qui a suscité la colère de Reevin Pearl.«Les fédéralistes ne font rien.S’ils veulent garder les yeux fermés et ne pas réagir à ce qui se passe, nous n’aurons plus de pays dans un avenir rapproché.» Démantèlement du Régiment aéroporté ¦'*** ni Les généraux se rangent à contrecœur C5 a u.JEAN DION DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA La haute direction des Forces armées canadiennes se pliera à l’ordre d’Ottawa de supprimer le Régiment aéroporté de Petawawa, mais elle le fera avec la conviction que cette unité d’élite avait déjà fait le ménage dans ses affaires et aurait dû être maintenue.Si la déception était ofnniprésente au sein des troupes, hier, le commandement a de son côté fait part de son appui à la décision du ministre de la Défense, David Collenette, et de son intention de procéder de manière ordonnée au démantèlement du Régiment et à la réorganisation des activités aéroportées qui devient inévitable.Ainsi le commandant de l’armée de terre, le lieutenant-général Gordon Rëaÿ, â-t-il résumé la situation: «Le Régiment aéroportéUu Canada en 1995 n’est pas la même unité qu’en .lÔ92 ou 1993.Le commandant,'les officiers et sous-officiers et tous les soldats ont énormément travaillé afin de réparer les torts» constatés dans les bandes vidéo diffusées la semaine dernière et qui ont fait scandale.n Aussi, «c’est avec le plus grand professionnalisme que les membres du Régiment doivent maintenant tourner la page.Et je ferai en sorte qu’il tire sa révérence avec dignité», a déclaré M.Reay lors d’une conférence de presse à Ottawa.; Comme l’avait fait la veille le chef d’état-major John de Chastelain, M1.Reay a refusé d’absoudre les individus qui se sont livrés à une séance d’initiation qu’il >a lui-même qualifiée de «dégoûtante».Ceux d’entre eux qui n’ont pas déjà été sanctionnés, a-t-il expliqué, seront retracés et recevront une punition appropriée.Mais de là à supprimer un régiment entier, il y a un pas qu’on n’aurait pas dû;franchir.A cet égard, M.Reay a déploré que les'agissements d’une minorité entachent maintenant la réputation de l’armée tout entière.Et s’il note que, des 600 membres du Régiment qui se sont rendus en Somalie, 315 sont toujours en poste, il tient aussi à préciser que le commandement a été changé au complet.Dé plus, «la plupart (des soldats) du Régiment en 1992, comme aujourd’hui, sont innocents.C’est seulement un petit groupe d’individus qui a causé les problèmes».M.Reay a rappelé que, dans l’ensemble, les militaires envoyés en Somalie s’étaient fort bien acquittés de leur tâche et que le contingent canadien avait été considéré comme «l’ün des meilleurs, sinon le meilleur» de l’opération de paix américano-onusienne.Le lieutenant-général p confié qu’il était au courant de certains rites d’initiation et d’actes «racistes» mais ne savait pas qu’il en existait des copies vidéo.Des mesures avaient été prises, l’an dernier, pour éviter que de telles choses ne se répètent.A l’évidence, le ministre de la Défense ne s’est pas satisfait de ces mesures.Or, dit le lieutenant-général, «dans une société libre et démocratique, le dernier mot appartient au gouvernement.De notre côté, nous devons travailler à rebâtir la confiance dans l’armée canadienne».Gordon Reay Mobilisation contre la réforme Axworthy Les étudiants manifestent dans vingt villes canadiennes CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR La Fédération canadienne des étudiants attend des dizaines, voire des centaines de milliers d’étudiants aujourd’hui, dans les rues d’une vingtaine de villes canadiennes, pour manifester contre la réforme des programmes sociaux suggérée par le ministre fédéral des Ressources humaines, IJoyd Axworthy.A Montréal, des étudiants de quatre universités et douze cégeps sont conviés à une manifestation qui partira du complexe Guy-Favreau à 14h30 aujourd’hui.Plus de 70 000 étudiants fréquentant les 16 établissements sont visés par le débrayage.Plusieurs directions d’établissement, dont Concordia, McGill et l’UQAM, ainsi que plusieurs cégeps dont celui de Brébeuf, ont accordé une amnistie aux étudianLs qui voudront participer à la manifestation.Aussi, dans une lettre écrite lundi, le recteur de l’UQAM, Claude Corbo, exprime ouvertement son opposition à la réforme Axworthy, de concert avec la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ).La proposition du ministre sur les bons d’études pourrait entraîner «une hausse substantielle des frais de scolarité (de l’ordre de 250 %) qui aurait des conséquences extrêmement graves tant pour les étudiants et les étudiantes que pour les établissements», affirme M.Corbo.Aussi, à ce jour, tant la CREPUQ que la Conférence des évêques catholiques du Canada, ainsi que les fédérations étudiantes et plusieurs syndicats d’enseignants, ont ouvertement protesté contre la réforme des programmes sociaux mise en avant par le ministre Axworthy.Pour sa part, la Coalition X, qui organise à Montréal la manifestation d’aujourd’hui, met en garde les étudiants contre un endettement qui irait croissant, advenant que cette réforme soit adoptée.La Coalition va jusqu’à dire que les étudiants pourraient aisément se retrouver à payer une dette d’études jusqu’à la fin de leurs jours.Pour sa part, et à titre d’exemple, Loïc Franchomme, un étudiant en communications à l’UQAM, doit, même s’il bénéficie d’un prêt et d’une bourse, travailler de 15 à 30 heures par semaine chez M.Felix et Mr Norton pour payer ses études.Il partage un logement de six pièces et demie avec deux autres locataires.Iœ logement lui coûte 480 $ par mois, non chauffé.«Le gouvernement ne nous encourage pas à travail en étudiant», dit-il, précisant que ce dernier déduit d un pourcentage de l’argent gagné au travail sur la boui initiale.«Imaginez si les frais scolaires doublaient ou plaient.» Pour sa pari, Pierre Tadros, porte-parole de la Co; tion X, a maintenu que l’éducation postsecondaire él un investissement, et non un coût, un droit et non un i vilège, autant de principes qui sont remis en cause pai réforme.La Coalition demande ainsi la tenue de nouvelles i diences publiques qui ne seraient pas basées sur u philosophie d’économie et de compressions budgétair Elle qualifie la dernière consultation sur la question «bidon», puisque l’ensemble des personnes qui s’y s( présentées se sont prononcées contre la réforme, et q cette opinion n’a pourtant pas été prise en compte.Par aillèùrs, la Coalition met en doute le principe sel lequel 1 application de la réforme réduirait la dette fédé le.A cet égard, ses porte-parole brandissent un rapp< de Statistique Canada, selon lequel seulement 2 % de 1' gent emprunté par le Canada servirait à payer les pi grammes sociaux.« t L E D E V 0 l II .L E M E R C R EDI 2 5 .1 A N V I E R 1 I) 9 .r> MONTREAL puisqu aucu- SÉÜH VSffGI n 'Wmt&ii ligs&fe V, mm m Wm *• Accusation d’agression sexuelle Montréal illisible Le Dr Marc Bissonnette affirme que la i patiente était • consentante iSYLVAIN BLANCHARD LE DEVOIR e Dr Marc Bissonnette, ce plasticien d’Outremont accusé ( Javoir agressé sexuellement une ( e ses patientes alors qu’elle était Spus anesthésie, a admis hier qu’il avait eu une «relation sexuelle complète» avec elle, le soir du 6 juillet 4993.¦ Le médecin de 39 ans prétend que c’est sa patiente qui aurait initié la relation, que la jeune femme était pleinement consentante et qu’elle était parfaitement consciente de ce qu’elle faisait ne médication ne lui avait encore été administrée.La patiente s’était rendue à la clinique du Dr Bissonnette pour changer ses implants mammaires.Le Dr Bissonnette prétend donc que les deux ont consenti à cette relation et que celle-ci a eu lieu ayant et non après l’opération, précisant que ce n’était pas la première fois que la jeune femme lui faisait des avances.Le tout se serait déroulé quelques instants après que la dame, alors assise devant lui sur la table d’opération, vêtue d’une simple jaquette, aurait demandé au médecin, qui songeait alors à lui administrer un sédatif pour procéder à l’opération, si elle était «spéciale» à ses yeux.Mal à l’aise, le Dr Bissonnette lui aurait murmuré que «oui», après quoi, toujours selon le témoignage du médecin, elle aurait reformulé sa question, lui demandant cette fois si elle était «vraiment spéciale» à ses yeux.«J’ai figé.Je n’ai pas répondu», a dit le médecin.Puis la patiente se serait approchée de lui et les deux se seraient embrassés avant d’avoir une relation complète sur la table d’opération.24 heures après que l’épouse du Dr Bissonnette eut déclaré au tribunal qu’il était mécaniquement impossible que son mari ait pu avoir une relation sexuelle avec une patiente anesthésiée en la tirant au bout de la table d’opération —> qompte tenu de la position de la t^ble et du corps des deux individus —, voilà que le médecin déclare qu’il a bel et bien eu une relation avec sa patiente, relation qui l’aurait profondément troublé sans toutefois l’empêcher de procéder par la suite à l’intervention chirurgicale.Selon les avocats de la patiente, le Dr Bissonnette aurait violé la jeune femme au terme de l’opération, au moment où celle-ci était toujours sous l’effet de l’anesthésie.Le procès, qui en était à sa dix-huitième journée hier, reprendra demain matin.PHOTO JACQUES GRENIER MONTREAL, c’est un peu comme Marrakech ces jours-ci: ici comme là-bas, les noms de rue sont effacés.À Montréal, par la neige.Dans la cité impériale marocaine, où les bordées sont peu fréquentes, par l’usure du temps.Dans les deux cas, ce sont les touristes qui écopent.L’organigramme codé de Bourque KATHLEEN LEVESQUE LE DEVOIR ,T)our faire place à ses collabora-' iIT teurs, le comité exécutif de la Ville de'Montréal vient de modifier le ré-, pertoire des postes pouvant être occu-, pés par des cadres administratifs, .créant du coup sept nouvelles catégo-• ries d’emplois.D’aucuns y verront une façon détournée de ne pas appeler un chat un chat, puisque ces nouveaux postes correspondent, à quelques nuances près, à celui qui existait sous la précédente administration municipale, soit le poste d’attaché politique.Mais voilà, le maire Pierre Bourque est allergique à ce titre qui rappelle, selon ses propres explications au cours de la campagne électorale, la lourdeur technocratique de ses prédécesseurs.Il n’existe donc plus d’attachés politiques.En contrepartie, la porte est dorénavant ouverte aux attachés de presse stagiaires, aux conseillers techniques, aux adjoints du maire, aux conseillers du maire en communications, aux adjoints spéciaux au maire et aux adjoints à la présidente du comité exécutif.C’est ce qui ressort d’une résolution adoptée le 18 janvier dernier par le comité exécutif.: À la même date, les membres du saint des saints ont procédé à la nominations de six personnes, rendant ainsi officiel ce qui existait déjà.Il s’agit de Pierre Gaumond et Richard Fra-dette, tous deux conseillers techniques, le premier auprès de la présidente du comité exécutif, Noushig Eloyan, et l’autre auprès de Pierre Ga-gnier, chargé du développement économique.Danielle Gobeil agit à titre d’assistante administrative (relations avec le caucus); Alain Sans Cartier est conseiller du maire en communications; Wen Qi œuvre à titre de conseiller spécial (communautés culturelles), et Marie Audette est assistante au conseiller adjoint Selon le vice-président du comité exécutif, Sammy Forcillo, toutes ces nominations ne sont pas d’ordre politique.Et il insiste.«Ils ne font pas du tout un travail politique.Ce sont des employés municipaux.Ils sont rattachés au bureau du maire à cause de leur expérience, de leur expertise, de leur connaissance du milieu», affirme-t-il.M.Forcillo se défend lui-même de faire de la politique.«Je n’ai jamais, jamais dit que j’étais un politicien parce que la Ville, c’est une administration de services.Je suis un serviteur public», clame le conseiller municipal du district Saint-Jacques.Vision Montréal se réunira en conseil général le 18 février LE DEVOIR Pour éviter que la victoire du 6 novembre dernier ne refroidisse les ardeurs des militants de Vision Montréal, le parti de Pierre Bourque, créé le 24 avril 1994, tiendra un conseil général le samedi 18 février prochain.Ce sera l’occasion pour la jeune formation de présenter le rapport financier de sa campagne électorale et surtout de réactiver les comités de quartier.L’événement partisan pourrait être d’autant plus important qp’un certain mécontentement semble poindre au sein de l’équipe du maire Bourque.PROBLEME DE DELINQUANCE DANS LA FAMILLE?Vos enfants ont des problèmes avec la justicel Avec l’écolel Suscitent des inquiétudes! Un frère, une soeur, un ami présentent des comportements inquiétantsl Un employé ou un confrère a des problèmes! Vous voulez en discuter, avec un professionnel, en toute confidentialité?Nous pouvons vous écouter, vous guider, vous référer, peut-être intervenir.Toujours avec discrétion.Sur rendez-vous seulement __ Bernard LeBel — Criminologue Téléphone: 486-6490 LT- ^nrVTTTTTTTTTTTT ’V * V 'V ’V 'V ’V ’V ’V ’< SOIRÉE DE SOLIDARITÉ Ladémocratieenquestkxnu Une conférence de M.Halidou Ouédraogo, président de l’Union interafricaine des droits de l’homme (UIDH) :Ladémocratie en Afrique et les programmes de la Banque mondiale et du FMI.ROBIC , DEPUIS 1892 ; AGENTS DE BREVETS ET MARQUES PROTECTION DES DROITS DE PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE LEGER ROBIC RICHARD AVOCATS 55.ST-JACOUES.MONTRÉAL.QUÉBEC H2V3X2 Fn (514) 845-7874 T« : (514)9* R-TW-M Ha maitiise dts intanqiC’Ccs Jeudi le 9 février 1995, 18h00 au Centre St-Pierre, 1212, rue Panet, salle 101 (Métro Beaudry) Outre la conférence de M.Ouédraogo, le programme de la soirée comprend: • repas africain servi dès 18h00 • d’autres surprises.EnÉrce lOyOO $ -m- QUEBEC (528-8465) (356-8888) Syndicat de l'enseignement de Champlain (462-2581) AFRIQUÉBEC (418-647-5856), Von» jvuvc: xxm pnvurtf des Wlrts en communiquant arec m orpni«ucv Note bien qu'une quantité lirait^ de KDcts seront disfwiNe» à Icntrtr.Menace de contamination du lait Les compagnies laitières victimes de tentative d’extorsion LIA LÉVESQUE PRESSE CANADIENNE Les menaces de contamination du lait sont liées à une tentative d’extorsion d’argent et proviennent d’au moins deux personnes.Dans une tentative pour élucider le crime, la Sûreté du Québec a rendu publics hier des extraits des conversations enregistrées chez les compagnies laitières et supermarchés visés par les menaces de contamination du lait Dans ces appels de menaces, on entend au moins deux voix d’homme, dont un avec un accent français marqué.La majorité des appels ont été logés depuis Québec.Dès le premier appel, le 9 janvier, l’homme a exigé une somme de 300 000 $.Au deuxième appel, le 11 janvier, le même montant était exigé avec, en plus, une voiture et un téléphone cellulaire.Le 16 janvier, un troisième appel demandait un montant de 450 000 $ en coupures de 20 $.A certains moments, on entend un des suspects lancer: «Est-ce que vous êtes prêts à collaborer ou sinon, on vous en fait une alerte», «Est-ce que vous êtes intéressés à continuer avec votre compagnie?Est-ce que vous voulez qu’elle progresse ou régresse?» ou encore: «Vous allez perdre plus de contrats que vous pensez.» Deux tentatives de rencontre avec les auteurs des menaces ont avorté, les 12 et 17 janvier, rapporte la Sûreté du Québec.Jusqu’ici, le corps policier n’avait pas révélé le fait que les menaces de contamination du lait étaient liées à une tentative d’extorsion auprès des compagnies de produits laitiers.«C’était nécessaire aux besoins de l’enquête, dans le cheminement qu’on avait fait», justifiait simplement le porte-parole de la Sûreté du Québec à Montréal, Pierre Lemarbre.La SQ, qui a diffusé ces messages à Montréal, Québec et Trois-Rivières, espère que quelqu’un saura reconnaître l’une des voix.Samedi dernier, la Fédération des producteurs de lait du Québec et l’Association des laiteries ont offert une récompense de 25 000 $ à toute personne qui pourrait transmettre aux policiers un renseignement menant à l'arrestation des suspects.Lasagne a eu un coup de pouce américain PRESSE CANADIENNE Cf est qne lettre du consul général des Etats-Unis, Andrew Antipass, adressée au ministre de la Sécurité publique, Claude Ryan, en octobre 19k), qui est à l’origine de la plainte qu’entend cette semaine le Comité de déontologie policière relativement à des coups et insultes qu’auraient fait subir à Ronald Cross, dit Lasagne, cinq policiers de la Sûreté du Québec (SQ) dans la foulée des événements d’Oka.Hier, les procureurs des policiers et du Commissaire à la déontologie sont tombés d’accord pour ne pas rendre publique cette lettre parce que «M, Antipass reproche toutes sortes dé choses aux ]X)liciers dans cette lettre», a fait valoir l’avocat des policiers, André Fiset.En outre, une lettre écrite également au ministre Ryan par la secrétaire de M.Antipass, Angela Dickie, à la suite d’un entretien avec le plaignant, a été frappée d’un interdit de publication parce qu’il sera impossible d’en interroger l’auteur.Interrogé par Me Fiset, le plaignant a été incapable d’expliquer pour quelles raisons les mauvais traitements physiques qu’il soutient avoir subi les 26 et 27 septembre 1990 n’apparaissent pas sur les photos qui ont été prises dans les heures qui ont suivi la reddition des Mohawks d’Oka.L’est de Montréal ne lâche pas prise Une coalition de maires et de gens d’affaires relance la bataille pour obtenir un hôpital JEAN CHARTIER LE DEVOIR Un consensus s’était clairement dégagé en faveur de l’établissement d’un nouvel hôpital dans l’est de Montréal et celui-ci demeure essentiel pour desservir la population.Il n’est pas vrai que l’est de File n’a droit qu’aux incinérateurs, aux carrières et aux usines de traitement du pétrole.» Bref, l’est de Montréal a besoin d’attirer de nouveaux pôles de développement propres et qui revalorisent la santé.C’est ce qu’a soutenu hier le maire d’Anjou, Richard Quirion, en compagnie de plusieurs autres intervenants en faveur de l’hôpital de Rivière-des-Prairies, notamment le représentant de la Chambre de commerce de l’est de Montréal, Alain Riendeau, ainsi que l’un des nouveau membres du comité exécutif de Montréal, Johanne Lorrain, une conseillère qui représente Pointe-aux-Trembles.Le maire d’Anjou a ajouté, en aparté, que si le fait pour Rivière-des-Prairies d’avoir voté libéral aux dernières élections fait problème, Anjou a voté PQ, et un site pour l’hôpital y est disponible à l’angle de la montée Hippolyte-Lafon-taine et de l’autoroute 45.La Coalition pour l’implantation d’un hôpital dans le nord-est de Montréal renaît sous l’impulsion du député libéral de Rivière-des-Prairies, Jean-Claude Gobé.Celui-ci était appuyé hier par Michel Bissonnet, député du district Jeanne-Mance, et par Yvon Charbonneau, député de Montréal-Nord.Tous se promettent de saisir l’Assemblée nationale du problème de l’hôpital dès la semaine prochaine.Le représentant de la Chambre de commerce tient à ce que la question ne soit pas seulement abordée sous l’angle de la politique partisane.Il souhaite discuter de la question avec Louise Harel, ministre du Travail, Michel Bourdon, député de Pointe-aux-Trembles, Camille Laurin, ministre-délégué de la région de Montréal, et Jean Rochon, ministre de la Santé.Le site choisi par l’ex-ministre de la Santé, Marc-Yvan Côté, était celui de l’hôpital psychiatrique pour enfants et adolescents de Rivière-des-Prairies.Une affiche annonçant des travaux de construction de 80 millions $ a été installée dans le bois tout à côté mais rien n’a encore été entrepris.4 Le nouveau conseiller municipal de Rivière-des-Prairies, Aimé Charron, a proposé l’utilisation du centre commercial Marc-Aurèle-Fortin, un immense édifice abandonné à la suite d’une faillite, pour le nouvel hôpital.Cette option aurait pour avantage de diminuer le coût de l’investissement et d’utiliser des ressources déjà existantes.En outre, l’hôpital se situerait plus à l’est, en zone urbaine d’une grande densité et loin des hôpitaux Sacré-Cœur et Santa Cabrini.On se demande si tout l’est de l’île de Montréal n’aura droit qu’à une clinique ou à un CLSC au lieu d’un nouvel hôpital, ce qui inquiète grandement les représentants de tous les quartiers situés à l’est de la montée Hippolyte-La-fontaine.Louise Harel et Camille Laurin seront prochainement l’objet de pressions sur l’avenir de ce territoire, fait-on savoir.METTEZ DU PUNCH À VOTRE PRÉSENTATION *»/ Gagnez l’estime de vos collègues de travail: utilisez la qualité.• Nous vous offrons un service de copie couleurs de première qualité M Kod* • Impressionnez vos collègues et profitez de nos services et produits de haute qualité: reliure, laminage, plastification, assemblage, brochage, cartons et papiers 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