Le devoir, 18 février 1995, Cahier A
?FONDÉ EN 1 9 1 O ?Vol.LX X X V I - No II MONTRÉAL, I, E S SAMEDI 18 ET DIMANCHE 19 K É V RI E K I !) I) 5 I CAHIERS- 1,30$ + TPS + T V Q LES ARTS Lyne Fortin chante La Bohème PAGE C 1 ?LE MONDE Le FBI piège l’ennem i informatique numéro un PAGEAU ?LIVRES Chrystine Brouillet: le théâtre du crime PAGE D 1 ?L'ÉCONOMIE La Banque Nationale s’installe en Floride PAGE B 3 PERSPECTIVES Le mur?Les souverainistes ont d'autres cartes dans leur jeu n réfléchissant aux résultats du sondage de N Radio-Canada, hier, il m’est revenu cette confidence faite par M.Parizeau dans gg l’avion qui nous ramenait de Toronto, cet JflLi «rfy automne.Le premier ministre rappelait qu’en 1980, les souverainistes avaient lancé leur campagne dans l’enthousiasme et l’avaient terminée dans les chiffres.Cette fois-ci, disait-il, «je veux qu’on commence dans les chiffres et qu’on finisse dans l’enthousiasme».Ce qu’il voulait c’est que toutes les batailles de chiffres et les questions sur le dollar ou la dette soient débattues jusqu’à plus soif.Que les scénarios d’horreur soient étalés en partant, pour qu’ils soient derrière nous lorsque le jour du scrutin viendra.Que les peurs soient évacuées.Que les risques, à force d’en avoir parlé, soient banalisés.Pour que l’enthousiasme et la confiance aient pris le dessus au moment de faire son X.Les résultats du sondage CROP-Environics publié par la SRC montrent en effet que les Québécois sont sensibles à ces risques économiques que comporte la souveraineté, et dont les fédéralistes ont fait étalage depuis plusieurs semaines.De même, le sondage montre que, bien que le désir de faire un pays soit présent dans l’esprit d’une majorité, la peur que le Canada dise NON à une association économique, qu’il refuse de reconnaître le Québec souverain, que l’économie du Québec en souffre, l’emporte.Mais les souverainistes gardent le moral même si le sondage donne l’impression qu’un mur s’est érigé entre les Québécois et la souveraineté: 60 % votent NON et 51 % disent qu’à tout prendre, ils préfèrent le statu quo.Ils ont d’autres cartes dans leur jeu.Ils sont confortés par les résultats du sondage selon lesquels 52 % des Québécois (32 % de ceux qui disent voter NON, et 58 % des francophones), croient que le Québec va devenir souverain un jour, et que l’appui à la souveraineté grimpe à 55 % si on leur donne des garanties sur l’union économique, la langue, ou le passeport.Ils notent avec intérêt que la «séparation» recueille 40 % d’appui, du jamais vu, un noyau dur plus fort que jamais.Selon la vice-présidente du parti, Monique Simard, cela démontre que quand on prend les questions à la pièce, les mythes tombent.En outre, Mme Simard note que ce sondage a été réalisé avant que les commissions sur l’avenir du Québec ne commencent à sillonner le Québec et qui vont contribuer, d’après elle, à «dédramatiser» la souveraineté, parce que «le monde ordinaire va se l’approprier, la découper, et puis l’aborder selon différentes perspectives».Mme Simard voit ces commissions comme une première étape, celle où on bat les chiffres et les inquiétudes.En avril, le ministre Richard Le Hir va publier des études commandées plus tôt cette année sur l’impact de la souveraineté sur l’économie et les finances publiques pour rassure tout le monde.Les fédéralistes vont publier les leurs.Des livres arrivent sur les rayons.Les esprits vont s’échauffer.Le calme va revenir.Dans une seconde étape, après avoir examiné le comment sous toutes ses coutures, les souverainistes vont promouvoir un discours positif sur les raisons de faire la souveraineté.Ce discours, ils le construisent.Le député bloquiste Pierre Brien (qui préside un comité du Bloc sur le référendum), dit que les commissions sont un réservoir d’arguments.Selon lui les souverainistes vont s’accrocher aux préoccupations concrètes qui sont exprimées.Il leur faudra, parce que c’est ce que les gens disent à ces commissions, associer le mot souveraineté à changement: dire ce que les Québécois pourront faire de plus et de mieux dans un Québec souverain.Parce que si c’est pour faire la même chose qu’on fait déjà dans le Canada, ça ne vaut pas la peine.Les péquistes reconnaissent toutefois né pas avoir encore trouvé le ton, la note juste, la veine porteuse de l’émotion québécoise moderne, de cet enthousiasme dont me parlait M.Parizeau en revenant de Toronto.Dignité?Fierté?Confiance?Modernité?Solidarité?Ils cherchent les mots, conscients du fait que le nationalisme québécois n’est plus ce qu’il a été dans les années 1960 où on parlait de libération.Entre-temps, ils se rabattent sur leurs propres sondages, qui donnent 47 % à la souveraineté, plutôt que 40.Ils se réjouissent du retour à la vie publique de Lucien Bouchard, dimanche, à la télévision.Et la semaine suivante, lors d’un tête-à-tête avec Bill Clinton.Ils se félicitent des 16 000 emplois créés au Québec en janvier, qui annoncent la reprise de l’économie québécoise.Leur optimisme contraste avec le climat ambiant à Québec, où des députés péquistes pensent qu’on se •dirige sur un mur de béton si on s’obstine (voir autre texte en page A 8).Contraste avec le sentiment qui se dégage que les commissions servent surtout à étaler les craintes plutôt que les avantages de la souveraineté, quand ce n’est pas un exutoire pour citoyens insatisfaits.Et contraste avec l’impression que l’autre façon de gouverner a de nombreux ratés avec les Malavoy, Campeau, Dionne-Margolais, Bourgault, Paillé (et sa caisse de 12), Garon, TElysette, les BPC, les compressions dans la santé.Rien pour aider l’option.Michel Venue ?INDEX MÉTÉO Agenda.CIO Avis publics .B12 Classées.H5 Culture.Cl Économie.B1 Éditorial.,A12 Le monde.Ail Mots croisés.115 Les sports.B13 Montréal Ciel variable.Demain: averses de neige.Max: -2 Québec Ciel variable.Demain: faible neige.Max: -5 Détails en B 4 Les fédéralistes s’en mêlent De l'exutoire collectif initial, les commissions vont maintenant au fond de leur mandat KONRAD YAKABUSKI LE DEVOIR Fini le grand défoulement tous azimuts.De l’exutoire collectif des séances initiales, les commissions régionales sur l’avenir du Québec sont passées cette semaine au fond de leur mandat en ne sondant la population que sur Tavant-projet de loi sur la souveraineté.Avec des résultats parfois surprenants.Comme la sortie inattendue des juifs orthodoxes de Boisbriand en faveur de la souveraineté.Ou le monopole qu’ont exercé les intervenants fédéralistes, mercredi dernier, à la Commission de l’Estrie.Mais c’est surtout avec le démarrage des audiences à Montréal et à Québec que le grand exercice consultatif souhaité par le gouvernement Parizeau aura attest un rythme de croisière.A Montréal, le brassage d’idées était à l’instar de la composition multiethnique et pluraliste du Québec actuel, donnant lieu à de vifs échanges sur la définition même de la québécitude.Et si d’aucuns ont fait remarquer la nette tendance de certains commissaires à critiquer au lieu d’écouter les interventions des détracteurs, la participa-tion d’un nombre important de fédéralistes aura INB au moins effacé l’impression que Ton assistait à un congrès du Parti québécois.«Le boycottage du Parti libéral était une erreur et le •f* COMMISSIONS RÉGIONALES fonctionnement des commissions le démontre un peu plus chaque jour», estime le politicologue Guy La-forest, qui avoue avoir été parmi les sceptiques quand le gouvernement péquiste a proposé ce processus consultatif.«Le simple fait que l’opération semble bien fonctionner techniquement est déjà en soi un exploit.» Mais, ajoute le professeur de l’Université Laval, il reste toujours à voir si l’exercice atteindra son objectif en suscitant un engouement souverainiste dont le gouvernement a tant besoin.Si les discussions ont pris des allures plus sé-VOIR PAGE A 14: COMMISSIONS Paname sont chassés sont pas air g de la société Seita, Des centaines de Tziganes qui ont fui la Roumanie errent autour de Paris depuis cinq ans Les Tziganes de CHRISTIAN RIOUX mq CORRESPONDANT DU DEVOIR À PARIS eg| est la même boue qu’en Tchétchénie!» Quand il n’est pas à Grozny ou à Bogota, Raoul Hein-mann, 50 ans, a les deux pieds dans la boue d’un terrain vague de Carrières-sur-Seine, en banlieue nord de Paris.C’est là qu’il vient chaque semaine soigner les 300 Tziganes roumains qui vivent entassés dans des baraques de planches, sous une bretelle de chemin de fer, à deux pas de la Seine, au beau milieu de ce qui ressemble à s’y méprendre à une décharge publique.Entre les flaques d’eau noire, les sacs d’ordures éven-trés et les squelettes de voitures, les femmes font la lessive en plein vent, les hommes s’agitent autour d’une carcasse de moteur et les enfants, parfois pieds nus, jouent aux mêmes jeux que tous les enfants du monde.Ce qui pourrait ressembler à un bidonville sud-américain n’est en fait qu’un des nombreux camps improvisés de Tziganes de la banlieue parisienne.Régulièrement, Raoul Heinmann, un Uruguayen de l’organisation Médecins du monde, fait des visites médicales à Carrières, à Bezons, à Saint-Denis, partout où des groupes de Tziganes roumains «les Roms» ont élu domicile.Hier, ils étaient à Nanterre, Saint-Brice ou Blanc-Mesnil.Demain, ils seront à Cergy-Pontoise ou Sarcelles.Le scénario est chaque fois le même: ils dénichent un site, s’installent, trafiquent une borne fontaine pour avoir de l’eau, puis sont par la police, quand ils ne rêtés et conduits à la frontière.«Les banlieues parisiennes se relancent la balle depuis c ans.Depuis que des centaines: de Tziganes ont profité de chute du mur de Berlin pour fuir la Roumanie, explique Laurent Elghozi, maire adjoint de Nanterre et sident de l’Association pour l’accueil des gens du voyage.Voilà cinq ans qu’ils errent autour VOIR PAGE A 14: TZIGANES La magouille des canettes Recyc-Québec paie 1 million $ en primes inutiles Toute l’industrie profite de la prime réservée aux détaillants LOUIS-GILLES FRANCOEUR LE DEVOIR Recyc-Québec perd près de un million de dollars par année en payant inutilement à des entreprises et des institutions, qui ne gèrent pas la consigne, la «prime d’encouragement» de 2 cents par canette, établie pour dédommager les détaillants pour le temps et l’espace qu’ils consacrent à gérer la consigne.Une telle perte présuppose que 50 millions des 900 millions de contenants consignés à remplissage unique, soit 5 % du total, sont traités ailleurs que chez les détaillants en alimentation qui récupèrent les canettes et contenants de plastique.Cette évaluation, non scientifique, est faite par des sources œuvrant au sein de Recyc-Québec et dans le réseau de la récupération.La mise en place de la «prime d’encouragement» de 2 cents avait mis fin à la «guerre de la canette», en 1985.Jusque-là, les milieux de l’alimentation, dépanneurs et grandes chaînes, refusaient de récupérer les contenants consignés auprès des consommateurs, de jouer les banquiers de la consigne et de les entreposer chez eux à moins d’un dédommagement.Cette prime explique que Recyc-Québec rembourse 7 cents pour des canettes consignées à 5 cents.Mais quelques semaines après l’armistice de 1985, la prime était étendue, sans justification additionnelle, à toute l’industrie.C’est ce qui a rendu si onéreuse, aujourd’hui, l’introduction dans le système de la consigne VOIR PAGE A 14: CANETTES POLITIQUE 1,20 $ de plus par cartouche de cigarettes au Québec et en Ontario PAGE A 7 "h Serge Ménard et «Fart carcéral» Le ministre de la Sécurité publique reconnaît le problème du surpeuplement de Bordeaux mais nie l’existence d’une quelconque rivalité entre deux gangs de motards BRIAN MYLES LE DEVOIR Le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard, s’est rendu hier à la prison de Bordeaux, théâtre de multiples incidents au cours de la dernière semaine.Agents correctionnels attaqués, saisie d’armes blanches, relocalisation de neuf détenus à la suite d’une lutte pour le contrôle de la drogue: le syndicat des agents correctionnels du Québec estime que la prison de Bordeaux est une véritable poudrière au bord de l’émeute.De passage à Bordeaux, Serge Ménard, qui s’est entretenu avec la direction et les détenus de la prison, a pourtant refusé d’admettre l’existence d’une quelconque rivalité entre des factions des Hells Angels et des Rock Machine, deux gangs de motards qui se disputent âprement le contrôle de la drogue à Montréal.M.Ménard a bien remarqué quelques affiches représentant têtes de mort, motos et autres symboles distinctifs des gangs de motards, mais il les a assimilés à «l’art carcéral».Il se demande si le climat de crise à Bordeaux n’a pas été amplifié pour inciter le gouvernement à injec- ter plus d’argent dans l’établissement de détention.Selon M.Ménard, le «surpeuplement» est le «problème numéro un» de la prison de Bordeaux, qui compte plus de 1000 détenus, alors que sa capacité maximale est d’environ 850 personnes.M.Ménard a invité les représentants syndicaux et la direction à un «rapprochement» rapide.«Je ne peux me mettre à gérer Bordeaux moi-même», a-t-il affirmé.Au cours d’une conférence de presse improvisée.le ministre est apparu visiblement troublé par sa visite de l’établissement.«J’ai vécu ce matin une des expériences les plus traumatisantes de ma vie, a admis le ministre.Il est évident que cette prison est désuète et des transformations majeures devront avoir lieu.» «A la lumière de ce que j’ai vu, il va falloir accepter de faire des investissements ou alors accepter d’incarcérer moins et trouver d’autres façons de traiter la délinquance», a fait valoir M.Ménard, rappelant que le Canada est au deuxième rang parmi les pays occidentaux en ce qui a trait au taux d’incarcération.«On devrait peut-être mettre plus d’efforts et investir VOIR PAGE A 14: MÉNARD PHOTO JACQUES GRENIER Sécuritair, 'ldfintincaUo„ gsas interdits •Jout visiteur est sujet à I.k./' fâ Après avoir pris connaissance des conditions de detention des prisonniers et des inquiétudes des agents correctionnels de Bordeaux, Serge Ménard, en compagnie de la ministre Louise Harel, a participé à l’inauguration d’un nouveau studio de télévision qui sera dirigé par les détenus.«J'ai vécu ce matin une des expériences les plus traumatisantes de ma vie.Il est évident que cette prison est désuète.» Les gens d'affaires n'ont jamais été aussi heureux de se tromper.Perception 'OU .moinsy Réalité 5 min.d'interurbain d'affaires vers Paris Une étude menée par Impact Recherche du 22 novembre au 1er décembre 1994 démontre que les gens d'affaires surévaluent le coût de l'interurbain Bell.En moyenne, un appel interurbain est 66 % moins cher que ce que l'on croit.Parlez-en à nos conseillers.Composez Iel800 363-BELL.AVANTAGE ‘Appel de Montréal A 3 I.E I) K V 0 I H .I.E S S A M E I) I 18 E T I) I M A N (' Il E I !) E E V It I E It I !) !l 5 LE MONTREAL Le Conseil économique du Haut-Richelieu prend possession du Collège militaire de Saint-Jean L’entente avec Ottawa est officialisée: une nouvelle école postsecondaire sera mise sur pied JEAN CHARTIER LE DEVOIR Le Collège militaire de Saint-Jean n’est plus.Vive le Collège militaire.Le Conseil économique du Haut-Richelieu a pris possession hier de la majorité des 42 bâtiments sis à proximité du Richelieu et il entend mettre sur pied d’ici septembre un nouvel établissement d’enseignement postsecondaire, le Collège de Fort-Saint-Jean.Dur travail.Le président du CEHR, Robert Blanchard, a expliqué hier qu’une corporation sera créée aujourd’hui même à cette fin: «Elle sera représentative des milieux socioéconomiques et du projet académique.Les laboratoires, la bibliothèque, les locaux sont intacts.Sur le site du fort Saint-Jean, dans cinq ans, nous espérons voir une institution préoccupée par les liens internationaux et la science», a-t-il déclaré à l’occasion de la remise officielle.Le 31 mai, les dernier employés du CMR quitteront les lieux.On fera le vide.Certains seront réembauchés mais pour une brève période, six mois moins un jour, puis on avisera.C’est ce que racontaient hier les employés de la cafétéria.Le recteur de l’Université de Sherbrooke, Pierre Reid, a expliqué qu’il ne «prévoit pas offrir à Saint-Jean des pro- grammes universitaires réguliers en septembre 1995».Un peu plus tard, il a ajouté: «Les universités et les cégeps vivent une période de compressions budgétaires.Un strict autofinancement est nécessaire pour les programmes qui seront retenus.Bien sûr, une étude de faisabilité s’impose dans un premier temps pour les véhicules programmatiques, pour les programmes de recherche.» Le recteur Reid mentionne que les études stratégiques et diplomatiques seront considérées, de même que des cours sur les échanges internationaux: «De tels cours sont peu structurés dans les universités et il s’agit de redonner à Saint-Jean un niveau d’activité comparable à celui qui a fait sa notoriété.» On favorisera le régime d’études coopératif de l’Université de Sherbrooke.Le Collège militaire royal de Saint-Jean est sis sur un magnifique emplacement le long du Richelieu, en amont de la ville, protégé par de vieux arbres qui bordent la promenade le long du Richelieu.L’évaluation commerciale des installations dont prend possession le CEHR est établie à 140 millions $.Les édifices sont en brique et rappellent en cela les campus américains.D’ailleurs, les loyalistes sont passés là et cela se voit, avec l’Union Jack des Forces armées tout à côté.Mais les vieux militaires vont quitter la place.Ils se retrouveront à Kingston en septembre.M.Blanchard a dit qu’ils seront les bienvenus mais on peut penser que la population militaire se raréfiera à compter de l’été.L’immense cafétéria du Collège de Fort-Saint-Jean est plus agréable que la cafétéria de l’Université de Montréal et le mess des officiers est appelé à devenir un salon d’études.Mais cela ne saurait se faire en quelques mois.Un communiqué en provenance de l’Assemblée nationale expliquait hier que «le milieu sauve les meubles» dans «ce dossier honteux».La lettre officielle du président du Conseil privé de la Reine pour le Canada, Marcel Massé, établit que «la partie des lieux où se trouvent les résidences militaires d’une superficie d’à peu près 2,7 acres sera soustraite à l’application de l’entente, et sa gestion et sa surveillance relèveront encore du gouvernement du Canada».Plus loin, dans cette lettre datée d’hier et adressée au président du CEHR, il est précisé: «Le lieu historique national de Saint-Jean, d’une superficie d’à peu près 11 acres, est aussi soustrait à l’application de l’entente-cadre, et sa gestion relèvera encore du gouvernement du Canada.» Il est ensuite stipulé que le 1er septembre 1998, le Conseil économique prendra en charge le fonctionnement et l’entretien de l’installation.Le fort de Saint-Jean a une histoire fort riche; elle remonte aux premiers jours de la colonie.C’est le deuxiè- me site militaire sous le Régime français, après la Citadelle de Québec.La palissade fut d’abord le lieu d’escaf-mouches avec les Iroquois, ce site s’avérant stratégiquë sur le fleuve des Iroquois.Daniel Ix?febvre, responsable des communications au CMR, rappelle quq le fort Saint-Jean s’est distingué à plusieurs époques: «A cause des rapides tout près, les Iroquois devaient faire du portage et le fort était un lieu de protection exceptionnel.la vallée des forts sur le Richelieu comportait d’autres constructions à Sorel, à Chani-bly, à Saint-Paul-de-l’île-aux-Noix et même du côté des terres américaines, qui étaient françaises à l’époque.» On a érigé des bâtiments en 1748 et 1775.Le général américain Montgomery y a tenu un siège de 45 jours à l’occasion de l’indépendance américaine, à l’automne 1776.Mais les loyalistes du fort Saint-Jean leur ont tenu tête, ce qui a permis aux soldats anglais de préparer la riposte à Québec, et à tous d’échapper à l’indépendance américaine.«La guerre avec les États-Unis s’est gagnée ici», dit Daniel Lefebvre.En 1839, on a érigé cinq bâtiments qui existent encore dans le carré historique.On compte 14 résidences, des dortoirs pouvant accueillir des centaines d’étudiants et une nouvelle cafétéria qui venait d’être terminée en 1992.Ici Télé-Bordeaux BRIAN MYLES LE DEVOIR Pendant que certains détenus se disputent le contrôle de la drogue à la prison de Bordeaux, d’autres se préparent avec maintes appréhensions à la réinsertion sociale.Un concept de télévision qui a vu le jour hier risque toutefois de les aider.Après avoir apprivoisé la radio, les détenus de Bordeaux se lancent dans la télévision.Souverains anonymes-Plan de sortie, la nouvelle émission de télévision de la prison de Bordeaux, est essentiellement axée sur la recherche d’un emploi, j Conçue par Mohamed Lotfi, l’émission s’adresse au public des ex-contre-yenants.L’objectif est de réussir à rapprocher des personnes incarcérées de la communauté en suscitant la participation active des détenus.Le problème de la récidive des exdétenus est en partie attribuable aux difficultés de se trouver un emploi.Souverains anonymes-Plan de sortie tente de casser le cercle vicieux pour ces ex-détenus qui tentent paradoxalement de réintégrer la société et de conserver leur anonymat, gênés par leur casier judiciaire.Pour y parvenir, on place les détenus sous les projecteurs.«On casse le mythe du prisonnier en montrant l’homme incarcéré tel qu’il voudrait être: un homme comme tous les autres, avec un métier», explique Mohamed Lotfi, concepteur et réalisateur.«L’objectif, c’est de faire en sorte que les détenus quittent Bordeaux dans un tel état d’épanouissement qu’ils ne désirent pas y revenir.» François Gagnon a quitté Bordeaux il y a maintenant une semaine.Hier — il n’aurait jamais cru faire un tel geste — il a remercié le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard.Après des séjours répétés derrière les barreaux, François Gagnon ne compte plus remettre les pieds en prison.C’est grâce à une émission comme Souverains anonymes-Plan de sortie qu’il croit à la réinsertion.«Ça montre que ce ne sont pas tous les prisonniers qui sont des bandits.Il y a de bonnes personnes en prison et cette émission permet de les voir.» L’émission Souverains anonymes, qui espère attirer l’attention des employeurs, est à l’antenne du canal 9 de Vidéotron depuis le 12 février.L’aménagement du studio, au coût de 20 000 $, a été rendu possible grâce à une subvention du Fonds d’aide à l’innovation de Montréal (FAIM), un organisme qui relève du ministère de l’Emploi.SS -RENOVATUM- HH ' L i J r O & 1 pour tous genres de travaux 849-6591 i, À SH J & I I R AG O Services sur info-route montage de vitrines sur INTERNET (514) 739-9252 mmm WÊmm $sü§I ;-4 i* % v 'mmm m- i wm i i Bouillon d’aqueduc PHOTO JACQUES GRENIER UN BRIS D’AQUEDUC s'est produit à Westmount hier matin sur la rue Clarke, près de la rue Sherbrooke.Plusieurs rues du quartier ont été fermées, compliquant l’heure de pointe pour de nombreux automobilistes.A BASTET.XIX* sied* N1.» 1 jTWaEsSl MARCELLE PERRON, RCA (1924-1 13 S' X 19 5* IEG0R DE SAINT HIPP0LYTE Hôtel des Encans, 2825 rue Bates, Montréal INFORMATION : 344-4081 Except k>nn*l • ART CANADIEN & ART INTERNATIONAL LIVRES RARES, LIVRES D’ART, CANADIANA CATALOGUES RAISONNÉS VENTE GÉNÉRALE (TABLEAUX, MEUBLES, OBJETS DE DECORATION, CANADIANA.TAPIS.ARGENTERIE) VENTE DE LIVRES ET COLLECTABLES VÊTEMENTS ANCIENS, LINGERIE.APPAREILS PHOTOGRAPHIQUES, CARTES POSTALES, LITTERATURE CANADIENNE ET INTERNATIONALE, LIVRES D’ART.LIVRES D’ENFANTS EXPOSITION les 17 et 20 lévrier de 12h à 21h & les 18 et 19 février de 12h à 17h MEUBLES & OBJETS D’ART des xvnie & xixe siècles, ARGENTERIE, BIJOUX, TAPIS, ART AFRICAIN, INSTRUMENTS DE MUSIQUE Provenant de successions et divers.Claude Pichette devant la Commission de Montréal sur l’avenir du Québec Québec semble craindre le regroupement des forces montréalaises KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Québec craint le regroupement des forces à Montréal comme le propose Claude Pichette, qui a présidé d’importantes réflexions sur la région métropolitaine.C’est ce qui ressort de la réaction gouvernementale face à l’intervention de M.Pichette devant la Commission sur l’avenir du Québec, dont les travaux se poursuivaient hier à Montréal.Il s’agit en fait d’une première appréciation par Québec du rapport du Groupe de travail sur Montréal et sa région (GTMR, ou rapport Pichette), rendu public à l’automne 1993.Réagissant à la proposition de M.Pichette de créer un organisme régional décisionnel qui chapeauterait 102 municipalités, le député et délégué pour la région de Montréal, Camille Laurin, a formulé certaines craintes de voir surgir de nouveaux rapports de force entre Québec et une région métropolitaine renforcée.«J’ai une réserve.Quand vous préconisez ce lieu formel de rassemblement, cela ressemble à un gouvernement.Et un gouvernement pour cette région de 3,5 millions de Québécois, ça peut faire peur.Ça peut faire peur aussi bien au gouvernement central qu’à certaines composantes de la région qui ne veulent pas entrer dans ce gouvemement-là», a déclaré M.Laurin.En effet, le rapport Pichette a essuyé plusieurs réactions négatives dans les couronnes nord et sud.Bon nombre de maires s’inquiétaient d’un éventuel alourdissement des relations entre eux à cause d’une nouvelle superstructure.Claude Pichette, qui dirigeait l’analyse du GTMR en 1992-1993, a tout de même, hier, plaidé en faveur des conclusions de son rapport, qui est demeuré lettre morte.«Tout ce que l’on demandait d’accorder à cette région de Montréal, c’est des pouvoirs de coordination, des pouvoirs de planification.Ce ne serait pas un gouvernement.Il ne faut pas voir dans notre rapport des choses qui n’y sont pas.» Et M.Pichette a ajouté qu’«il faudrait que la région se donne un leadership régional.Il faudrait que quelqu’un puisse parler au nom de cette région.(.) Toute cette région-là ne s’est pas donné les moyens de sa force.(.) Tant que la région ne se donnera pas un outil pour mettre toutes les forces ensemble, vous allez donner des pouvoirs pourquoi et à qui?», a-t-il demandé.Entre-temps, à l’initiative de Laval, un colloque des maires a vu le jour, prétendant faire sur le terrain ce qui pe faisait pas l’unanimité au GTMR.A la dernière rencontre de l’automne dernier, Pierre Bourque a été salué comme le leader régional.GUERIN littérature APPEL DE MANUSCRITS pour Les Saisons littéraires de Véquinoxe du printemps 1995 Dès aujourd’hui, vous pouvez adresser vos textes à la maison d’édition de la rue Drolet à l’attention de Mme Nicole Bourget.Date limite: fin février 1995.Les Saisons littéraires est un trimestriel ouvert à toutes les tendances où le «bien écrit» est estimé.Représentante en librairie: Michèle Vanier Agence de distribution Guérin Guérin littérature À l’attention de: Mme Nicole Bourget 4501, rue Drolet Montréal (Québec) H2T 2G2 Tél.: (514) 842-3481 Téléc.: (514) 842-4923 D1C ^qREAlp I [)Rf v/7 SERGE LAPLANTE LE DEVOIR Québec — Foi de Frank Maynard, «y’a pas juste des gens désespérés qui jouent du rock», et les chansons des groupes rock ne véhiculent pas toutes des choses négatives.Maynard, qui est musicien et auteur, vient de produire un disque compact intitulé Ensemble vers demain, une-sorte de We are the World, réalisé avec la participation d’une douzaine de groupes rock francophones, qui sera vendu au profit du Centre de prévention du suicide de Québec.La chanson s’accompagne d’un vidéo, qu’on espère voir diffuser sur les ondes de Musique plus.La chanson coup de cœur des rockers de Québec a été lancée cette semaine par le Centre dans le cadre des activités de la 5e semaine provinciale de prévention du suicide.Le docteur Serge Turmel, coroner en chef adjoint, rendait alors publiques de terribles statistiques: le Québec est dans le peloton de tête au pays quant au taux de suicides et détient aussi le triste record d’un des taux les plus élevés au monde chez les adolescents.Les cas pathétiques des trois jeunes retrouvés morts dans un garage de Vancouver, puis celui de l’enfant de File d’Orléans qui s’est enlevé la vie, ont d’ailleurs bouleversé la région de Québec récemment.L’idée de produire une chanson pour promouvoir la prévention du suicide est venue à Frank Maynard à l’automne, au moment de l’affaire des trois adolescents, dont deux habitaient Limoilou, alors qu’il avait lui-même été touché par le décès d’amis proches, et qu’il avait connaissance de d’autres cas, moins médiatisés, dans la région.Maynard, qui est guitariste, roule sa bosse au Canada et aux États-Unis depuis des années et séjourne régulièrement à Los Angeles.Il a travaillé avec de nombreux groupes, dont Alice Cooper, mais aussi avec Patricia Kaas et Alain Sou-chon.Il connaît bien le milieu du rock.Il est aussi familier avec l’initiative des groupes de parents californiens qui font étiqueter les albums jugés violents.Il n’en revenait pourtant pas, au retour de son dernier séjour américain, de l’impact des récents drames vécus dans la région et, surtout, de l’attrait des groupes violents sur des jeunes d’ici qui, souvent, ne comprennent même pas le contenu des chansons.S’il convient volontiers que plusieurs groupes rock violents occupent une large place, il soutient qu’on juge trop le matériel des groupes rock sur l’image qu’ils pro-• jettent ou sur leurs pochettes de disques.Pour Maynard, il y a là un problème de perception.«On est pas tous de même», lance-t-il.«Ce n’est pas tout le monde qui fait ce trip là».Il veut donc «changer la mentalité des gens face aux groupes rock» et «livrer aux jeunes un message positif, rempli d’espoir».Une quarantaine de personnes ont accepté de participer gratuitement au projet.L’album, vendu 7,97 $, est distribué par Trans-Ca-nada et Québec Disques.Maynard a investi 5 000 $ de sa poche dans l’aventure.Il a du même coup créé sa propre étiquette (May-nard Records), ce qui lui permettra éventuellement de rééditer ses cinq albums, vendus un peu partout mais inconnus ici.Un spectacle rock bénéfice, également au profit du Centre de prévention du suicide de Québec, sera présenté à l’auditorium de Cégep de Limoilou le 21 février prochain.Au programme des groupes «clean» de Québec: IDFX, Noir Silence, Petit Géant et Rose Nocturne auquel se joindra Maynard.DIMTCHEVSKY, LEFEBVRE Associées en communication organisent des ateliers de formation sous le thème «LES AFFAIRES ET MOI» Réorientation de carrière Démarrage d'entreprise Plan d’affaire Financement de l'entreprise Droit commercial Entreprises en difficultés Comptabilité Fiscalité Début des ateliers : Samedi 4 mars des ateliers d'information sous le thème «LES PROBLÈMES DE NOTRE TEMPS» Le casse-tête de la vie conjugale La rupture Les problèmes de nos adolescents La toxicomanie Stress et bum-out Problèmes financiers Information : 385-1228 481 -2852 I’ * £ SS £3 I r ¦IIIMHMBIHMMIIHBHIIHB LE DEVOIR ACTUALITES Le groupe de travail sur les garderies présente à Marois une facture de 20 millions $ RACHEL DUCLOS LE DEVOIR Le groupe de travail sur le financement des garderies, dans un rapport rendu public hier, conclut que les salaires que reçoivent les éducatrices en garderies sont insuffisants et inéquitables, qu’il faudrait revoir le financement des garderies sans but lucratif et régionaliser les services de l’Office des services de garde à l’enfance, des mesures qui coûteraient en tout près de 20 millions $ en période de compressions budgétaires.«Les services de garde ont toujours été le parent pauvre de l’ensemble des services sociaux», a commenté Claudette Pitre-Robin, présidente de Concertaction interrégionale des garderies du Québec et membre du groupe de travail.Nous ne pouvons demander aux garderies de faire le même effort de compressions que les services sociaux.C’est un choix de société à faire de s’occuper des enfants.» Ce groupe de travail, chargé d’analyser les problèmes du financement des garderies, a été mis sur pied en octobre dernier par la ministre responsable de l’Office des services de garde à l’enfance, Pauline Marois.Ses six membres ont fait le tour des régions du Québec et écouté 850 personnes représentant 393 garderies sans but lucratif, 98 agences de services de garde en milieu familial et 83 services de garde en milieu scolaire.Le rapport de plus de 100 pages, présenté à la ministre le 18 janvier dernier, contient 80 recommandations.Mme Marois étudie le rapport et le groupe de travail espère que des mesures seront annoncées pour le début de la prochaine année financière.Le groupe de travail a noté que «les salaires des éducatrices en garderie varient beaucoup et sont nettement insuffisants».Il faudrait donc, selon ses membres, prévoir un rattrapage salarial d’au moins 1 $ l’heure pour les trois prochaines années, en plus de mettre sur pied un programme d’uniformisation des salaires à l’échelle provinciale.Il en coûterait autour de 15 millions $ par année pour que les éducatrices bénéficient d’un salaire décent et uniforme.Il est également proposé de revoir les principes du financement en fonction des types de garderies et des régions.Les services de garde devraient bénéficier de subventions plus élevées pour contrer les augmentations de tarifs.Le nouveau mode de financement devrait entre autres permettre aux garderies de la banlieue montréalaise d’ouvrir plus tard le soir, ou à celles de la Gaspésie de s’adapter aux besoins des parents qui travaillent uniquement à certaines périodes de l’année.Le groupe de travail recommande le statu quo dans le financement des garderies commerciales.Le groupe de travail recommande de décentraliser les services de l’Office des services de garde par la création de comités régionaux.Ceux-ci seraient formés de membres de la dommunauté qui connaissent bien les besoins spécifiques du milieu.Les enfants du Québec manquent de places dans les garderies.Les services de garde sans but lucratif répondent à peine à 20 % de la demande et sont presque tous concentrés à Montréal.«Un certain nombre d’enfants sont gardés dans des endroits qui ne correspondent pas à leurs besoins, déplore Mme Pitre.La société se préoccupe uniquement des enfants à partir de l’âge de six ans, soit quand ils entrent à l’école.Il semble que lorsqu’ils n’ont que six mois, leur éducation n’est pas importante.» Les membres du groupe de travail espèrent que leurs travaux déboucheront sur une révision de tout le fonctionnement des services de garde.«Il faut se demander quel type de système nous voulons», soutient Mme Pitre-Robin.Les services de garde coûtent 200 millions $ par année, dont 130 millions $ vont aux garderies sans but lucratif et le reste aux agences de garde en milieu familial.Cette somme ne représente que 35 à 40 % du coût de ces garderies.Les parents financent le reste.PHOTO MAGNUM LA PHOTO DE L’ANNEE 1994, sélectionnée par World Press, a été dévoilée hier à Amsterdam.Prise au Rwanda en juillet de l’année dernière par le photographe américain James Nachtwey, elle représente un Hutu mutilé par des escadrons de la mort armés de machettes.EN BREF ?500 CASQUES BLEUS CANADIENS PARTENT BIENTÔT POUR HAÏTI Ottawa (PC) — Le Canada commencera à envoyer 500 Casques bleus à Haiti la semaine prochaine dans le cadre d’une mission de l’ONU visant à renforcer la démocratie dans ce pays.Le personnel de soutien comprenant des éléments du génie, de l’aviation, des transports et de l’administration proviendra de diverses bases militaires du pays et sa tâche consistera à aider à la construction d’aéroports et autres projets d’infrastructure.L’ONU a demandé à avoir environ 6000 soldats.600 000 VOITURES SOUS ENQUETE Ottawa (PC) — Quelque 600 000 voitures de fabrication japonaise, vendues au Canada entre 1986 et 1991, font actuellement l’objet d’une enquête.On soupçonne que les ceintures de sécurité de ces véhicules peuvent se déboucler lors d’un accident.Cette vérification fait suite à 18 plaintes déposées par des automobilistes au ministère fédéral des Transports.Les véhicules concernés ont été fabriqués et vendus par Honda, Nissan, Mazda, Mitsubishi, Subaru, Suzuki et Isuzu, d’autres, également de fabrication japonaise, ayant été mis en marché par General Motors et Chrysler.Laissez la nature vous séduire Le goût distinctif et raffiné des bières Boréale est le résultat du mariage de quatre ingrédients soigneusement harmonisés: orge malté, houblon, levure et eau.ROUSSE, Aucun additif ni agent de conservation n’entrent dans la fabrication de ces bières haut de gamme.M NQRfh Vanessa Paradis rentre en France sans faire de bruit MICHEL DOLBEC PRESSE CANADIENNE Paris — L’interpellation de la chanteuse et actrice française Vanessa Paradis à l’aéroport de Dorval, jeudi, a fait relativement peu de bruit en France, d’autant que la jeune femme, qui est rentrée à Paris dès hier, n’a pas été retenue dans les geôles canadiennes.On a bien sûr parlé de l’incident en France, mais beaucoup moins qu’au Québec.Hier, le quotidien à sensation France Soir (dans son édition de l’après-midi) a été le seul à accorder beaucoup d’importance à l’affaire.Du «H» dans le sac, a titré le journal en première page.«Elle a été piégée par les douaniers américains.» De son côté, le principal quotidien populaire, Le Parisien, consacre ce matin une moitié de page à l’arrestation de Vanessa Paradis à Montréal, tandis que Libération se contente de relater sa mésaventure dans une courte rubrique.La plupart des radios ont en revanche réservé une bonne place, hier, à ce fait divers, qui reste quand même plutôt anodin dans le contexte des élections présidentielles et des scandales politico-financiers qui ébranlent la France, sans parler des troubles en Algérie.Faute d’images de la chanteuse, les grandes chaînes de télévision ne se sont guère étendues en revanche sur le sujet.TF1, dans son journal de 20h, n’a pas dit un mot de l’affaire.France 2, pour sa part, n’y a consacré que quelques secondes, sur des images des premières pages des journaux montréalais.La chaîne musicale (câblée) MCM a mentionné la chose dans son flash d’information, avec un petit mot d’encouragement pour Mademoiselle Paradis.«Avec ou sans “shit”, nous t’aimons, Vanessa», a dit le présentateur.Hier, l’oncle-gérant de la chanteuse, le fougueux Didier Pain, qui était avec elle jeudi à Dorval, s’est appliqué à minimiser l’incident.Dès son retour à Paris, M.Pain, cité par plusieurs radios, a affirmé que la chanteuse n’était pas une «consommatrice permanente» de drogue.Il a expliqué que la boulette de haschisch trouvée dans le fond du sac de sa nièce avait été oubliée là depuis trois mois, «entre une vieille lime à ongle et quelques papiers».«C’est une négligence d’une jeune fille de 22 ans qui ne range jamais son sac», a-t-il résumé en ajoutant que sa nièce, navrée, avait été un peu ébranlée par l’interrogatoire qu’elle a subi à Montréal.La presse populaire (Paris-Match ou Gala, par exemple) risque peut-être de s’étendre plus longuement sur les malheurs de la photogénique Vanessa la semaine prochaine.Il reste que l’affaire n’a pas pris des proportions énormes.Les choses auraient sans doute été différentes si la chanteuse avait été incarcérée ou si elle avait perdu son important contrat publicitaire avec Chanel.Cela, à en croire lçs porte-parole du parfumeur, ne risque pas de se produire.Didier Pain a déclaré lui aussi que l’incident ne remettait «absolument pas en cause» cette collaboration.Semaine de la prévention du suicide Des groupes rock de Québec enregistrent Ensemble vers demain L E I) E V 0 I R .I.E S S A M E I) I IS E T I) I M A N C II E I !» E É V It I E It I !l II .1 A 5 LES ACTUALITES Nelson séduit les Suédois E' ¦ ' Va .¦ - ’ I m V.X / ., PHOTO KAJ REHN, AP NE IL Y A UNE SEMAINE, Nelson, le premier bébé rhinocéros à voir le jour en Suède, est sagement couché près de son gardien, Pelle Zettersten, du zoo de Kolmarden, à Norrkoping, dans le centre du pays.Toute la semaine, le jeune Nelson a littéralement captivé l’attention des Suédois, ravis de cette naissance et soulagés de.l’état du santé du nouveau-né, qui s’est amélioré après avoir donné quelques signes d’inquiétude.Longue vie à Nelson.Réforme Axworthy Coupes reportées en éducation: les étudiants n’en croient pas un mot ISABELLE PARE LE DEVOIR Malgré le report possible des coupes dans les transferts aux provinces, les étudiants n’entendent pas baisser les armes tant qu’Ottawa ne s’engagera pas à maintenir à long terme les sommes versées au chapitre de l’éducation au Québec.La Coalition étudiante contre la réforme Axworthy a soutenu hier qu’elle ne se laissera pas amadouer par les propos récents du ministre fédéral des Finances, Paul Martin, voulant qu’aucune coupe ne sera effectuée dans les programmes sociaux cette année.Lors de la conférence des ministres des Finances des provinces, le ministre Martin a informé cette semaine ses homologues que les programmes sociaux pourraient être épargnés l’an prochain, et que les restrictions seraient reportées à plus tard.«Cette façon de procéder du gouvernement relève purement d’une stratégie référendaire», a fait valoir hier François Rebello, président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et porte-parole de cette coalition.La Coalition étudiante, qui a d’abord célébré le report annoncé de la réforme Axworthy sur les programmes sociaux, avait manifesté son intention la semaine dernière de poursuivre sa bataille, convaincue que les coupes de 10 à 15 % envisagées dans les transferts se retrouveraient de toute façon dans le prochain budget fédéral.Après ces nouvelles déclarations du ministre Martin, les étudiants exigent malgré tout maintenant l’engagement à long terme du fédéral de ne pas toucher aux programmes sociaux, notamment aux paiements de transferts en éducation postsecondaire.«Tant qu’il n’y aura pas un gel des transferts, on va continuer la bataille.On trouve que ce n’est pas jouer franc jeu», de dire M.Rebello.Les étudiants demandent toujours au fédéral de transférer sous forme de points d’impôts les sommes versées aux provinces en matière d’éducation, tel que réclamé par l’Assemblée nationale en décembre dernier.D’ailleurs, la FEUQ et les autres fédérations étudiantes déplorent que le gouvernement de Jacques Parizeau n’insiste pas davantage pour obtenir ce mode de paiements de transferts.«Il n’y a eu aucune démarche faite par le gouvernement péquiste en ce sens depuis décembre.Peu importe les stratégies référendaires, il faut défendre les intérêts des étudiants», croit M.Rebello.EXPOSITION D’ANTIQUITES ET ENCAN AU CENTRE DECOR DECARIE Une des plus grandes expositions d’antiquités et le plus grand encan public d’authentiques tapis de Perse I et orientaux aura lieu les samedi 18 et dimanche 19 février au Centre Décor Décarie, 6900, boulevard Décarie.L’encan débutera à 14h.Tous les tapis vont être encantés un par un et il n’y aura pas de T.P.S.ou de frais de commission de 10%.Pour de plus amples informations, communiquez au 731-8339.______________________________Publicité — O collection Bois de cerisier Bois d'érable Mise de côté Grande sélection de chambres et salles à manger DEPUIS 1948 6312 St-Hubert, Montréal • 271-4787 Tè use >ué/e—* ., .Louis-Philippe Société de développement des entreprises culturelles Les dirigeants seront nommés la semaine prochaine La nouvelle est bien accueillie PAULE DES RIVIERES LE DEVOIR Les dirigeants de la fameuse Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) seront nommés dès la semaine prochaine, après bien des rebondissements qui ont semblé menacer la création du nouvel organisme.Le premier ministre, Jacques Parizeau, a confirmé jeudi soir par voie de communiqué que la SODEC était officiellement lancée, le conseil des ministres ayant adopté, mercredi, le décret prévoyant la mise en oeuvre de l’organisme.La SODEC devrait être «opérationnelle» à compter du premier avril.«Dès la semaine prochaine, le décret permettant la formation du conseil d’admipis-tration de la société d’Etat sera adopté», a précisé le premier ministre.La nouvelle a été bien accueillie dans le milieu du cinéma.La critique libérale en matière de culture, Liza Frulla, s’est également dite «bien contente».Et pour cause.Le projet de loi créant la SODEC est sa créature et le conseil des ministres du nouveau gouvernement l’a adopté tel quel.«Maintenant, j’attends de voir quelles personnes seront nommées à la SODEC».M.Parizeau avait prévu d’annoncer le lancement de la SODEC à Montréal, à la remise des prix Rideau honorant les acteurs de l’industrie du spectacle.Mais l’avion qui menait le premier ministre à Montréal a dû atterrir en catastrophe dans la capitale après avoir tourné en rond pendant plus de deux heures, en raison d’une défectuosité dans le train d’atterrissage.La mise sur pied de la SODEC doit sonner le glas de la Société générale des industries culturelles (SOGIC) ainsi que celle de l’Institut québécois du cinéma.Ce dernier joue un rôle conseil auprès de la ministre de la Culture alors que la SOGIC est l’organisme d’aide aux in- La mise sur pied de la SODEC doit sonner le glas de la Société générale des industries culturelles et de l’Institut québécois du cinéma.dustries du cinéma et de la télévision.La nouvelle SODEC intègre, outre ces deux importants secteurs, les industries du disque, du spectacle, de l’édition et les métiers d’art.La SODEC a été mise en péril récemment.La première ministre de la Culture dans le gouvernement du Parti québécois, Marie Malavoy, avait exprimé son intention d’aller de l’avant avec la SODEC mais la seconde ministre, Rita Dionne-Mar-solais, avait semé l’émoi en émettant des doutes sur le fonctionnement de l’organisme et en se posant des questions d’ordre éthique: les personnes issues d’un secteur culturel peuvent-elles être celles-là mêmes qui accordent des subventions aux créateurs des dites disciplines?La communauté artistique était monté au front puisque le projet SODEC avait été adopté à la suite d’une longue consultation.L’arrivée du premier ministre dans le dossier — M.Parizeau est maintenant responsable des dossiers culturels — a apaisé la clameur.Hier, des échos enthousiastes ont accueilli l’annonce du lancement officiel de la SODEC.«Cette société suicidaire qui est la nôtre est ravie», signale M.Robert Favreau de l’Institut québécois du cinéma (dont l’ex-président, M.Roger Frappier, démissionnait avec fracas au lendemain des déclarations de Rita Dionne-Marsolais).«Nos informations nous indiquent que des consultations ont lieu.Donc, ce n’est pas bidon», note M.Favreau.L’Union des artistes s’est réjouie de voir que l’organisme était lancé mais attend impatiemment d’en connaître les dirigeants.Aucun des employés des deux organismes appelés à disparaître le premier avril prochain ne perdra son emploi, a-t-on rappelé hier au bureau du premier ministre.Le président de la SOGIC pour sa part, M.Charles Denis, quittera son poste le 31 mars.Jeanne Calment, 120 ans La doyenne des Français a un faible pour le chocolat Paris (AP) — «Je suis la chouchou du bon Dieu» et «Dieu a dû m’oublier» sont deux des répliques favorites de Jeanne Calment.Née sous la III* République de Mac-Mahon, la «gamine» d’Arles célébrera le 21 février 1995, à 7 heures du matin, ses 120 ans.Doyenne des Français, certes, mais aussi la plus âgée des centenaires du monde! Son anniversaire ne figure sur aucun calendrier, et pourtant perspnne n’oublie chacun des 21 février.A son âge canonique, Jeanne Calment flirte avec deux records du monde: celui de la longévité, et probablement celui du goût de la vie et de la gourmandise, qui ont, rien que pour elle, arrêté le temps.Dans les appartements de la «Maison du Lac», sa retraite arlésienne où elle a élu domicile depuis 1985, la doyenne du monde grignote toujours le chocolat — son péché — que lui apportent ses visiteurs.La vue n’est plus très bonne, l’ouïe n’est pas bien meilleure, et un accident au fémur mal raccommodé la contraint à se déplacer en fauteuil roulant.Mais Jeanne Calment a toute sa tête, encore que, côté souvenir, il devient difficile — mais pour qui ne le serait-ce pas — de remonter 120 ans en arrière! Née à Ailes en 1875, sous le régime de Mac-Mahon, cette Arlésienne a très tôt côtoyé l’immortalité.Son père Nicolas a vécu 94 ans — un âge exceptionnel dans les années 1830 — sa mère Marguerite 86 ans, et son frère 93 ans, pour ne citer qu’eux.Aujourd’hui, elle n’a malheureusement plus de famille, sa fille Yvonne et son petjt-fils Frédéric étant décédés.A120 ans, elle a donc vu se dérouler le siècle devant ses yeux, et a assisté à des événements qui, pour les simples mortels, appartiennent déjà à l’histoire.Pourtant, pour Jeanne Calment, ils appartiennent à sa vie: l’inauguration de la statue de la Liberté (1886), la construction de la tour Eiffel (1889), le premier «homme-volant» Clément Ader (1890), l’affaire Dreyfus (1893), l’invention du cinéma par les frères Lumière (1895), la traversée de la manche en avion par Louis Blériot (1909), et puis deux guerres mondiales (1914 et 1939)., Spectatrice de l’histoire et camara-de de ses acteurs: une rencontre avec le peintre Vincent van Gogh, qu’elle aime évoquer, ou la camaraderie de l’écrivain Frédéric Mistral, un ami de son mari.JEAN BARDE L’A LU: « Grâce à John Gray, mes amis ont vécu des moments de complicité rieuse comme ils n’en avaient pas connus depuis longtemps.» U",‘" [ U Jt JOHANNE YERGEAU L’A LU: « Un ouvrage à lire si l’on veut comprendre comment surviennent les conflits entre les hommes COUP et les femmes.» PqUŒ LUCY ET SNOOPY L’ONT LU: « HOMMES VIENNENT I.i-.L C’EST UN BON TITRE.TU DEVRAIS ÉCRIRE UN tIVRE COMME CA.7 LES CHIENS VIENNENT DE JUPITER.LES CHATS DE LA LUNE » 20000 COUPLES L’ONT DEJA LU, v * En vente dans toutes les bonnes librairies et chez Les Éditions LOGIQUES TéL: (514) 933-2225 Fax:(5H) 933-2182 •' HÉtrHlU___ LES HOMMES , VM1DE/MS (é,vfemmes oiennenl c/e cPé/im______ tWSWtiHÜM tt OKîBS l( BHBWB Ht sait»# fcc»»#* 336 pages 24.9S $ ET VOUS, L’AVEZ-VOUS LU? NSW# ' 7*" '*****>* i : A | Avant-projet de loi sur la souveraineté du Québec Pour que tout le monde coûter.S'exprimer.Questionner.Dire ce que nous sommes, ce que nous voulons devenir, ce que nous voulons léguer.En parler, librement.Avec ses amis, ses voisins, ses enfants et même ses petits-enfants.Pour vraiment décider de l'avenir du Québec.Peu importe où vous habitez, la Commission des aînées et des aînés sur l'avenir du Québec sera bientôt de passage près de chez vous: CONCERTS CLASSIQUES % Une visite en région I.STRAWINSKI Deux Suites pour petit orchestre; G.C Wagenseil: Concerto pour trombone alto; M.Forsyth: These cloud-capp’d towers; A W.Pryor.Blue Bells of Scotland; J.Brahms: Variations sur un thème de Haydn op.56a et Danses hongroises n" 1,3,5,6'et 10.Alain Trudel, trombone.Orchestre symphonique de la Montérégie; dir., Marc David.Auditorium du cégep Edouard-Montpetit, le 16 janvier 1995.FRANÇOIS TOUSIGNANT La vie musicale montréalaise, on l’oublie parfois, c’est aussi ce qui se passe dans la banlieue, ou, pour éviter ce terme que certains croient méprisant, dans les régions qui l’entoure.La Montérégie n’est donc pas à négliger et je me suis rendu entendre le travail de son orchestre.Il est assez difficile de tenter d’évaluer un orchestre régional sur les mêmes bases d’excellence que l’OSM par exemple.Il faut reconnaître le côté «pédagogique» de la mission que se donne ce genre de formation.Cela vaut huit pour le public, qui apprend à aller au concert et à connaître la musique, pour leâ musiciens, qui prennent sur le tas une certaine expérience du jeu collectif, pour le chef, qui s’approprie du répertoire, que pour l’organisation entière, qui s’initie, à la dure, à la dure réalité économique du milieu culturel.Dans le cas de l’OSmont, tous les ingrédients sont de bonne qualité, et la cuisine est très bien faite.Ce qui donne un petit miracle.Le concert de jeudi dernier, à Longueuil, en était la preuve.D’autant plus que le soliste invité était Alain Trudel, ce virtuose internationalement reconnu du trombone.Bravo aux organisateurs d’avoir attiré chez eux un musicien d’une telle qualité.Cela montre bien le soud jaloux qui est porté à la qualité de ce qui est présenté.Reste à parler de la musique.Les petites Suites d’orchestre de Stravinski sont des miniatures d’humour et de virtuosité chez tous les pupitres et solistes.Le maître de l’orchestration ne se contente pas ici d’une orchestation de maître, comme le dit Adomo; H invente toutes sortes de trucs plus amusants les uns que les autres qui réclament des musiciens une parfait contrôle de leur instrument.Ce ne fut pas vraiment le cas mais une bonne part de l’esprit y était Cela a dû faire progresser l’orchestre au plan technique, quoiqu’on le sentait encore nerveux.Les trois pièces suivantes mettaient en vedette Alain Trudel.Peu de choses à dire du concerto de Wagenseil, dont le contenu musical est plus que pauvre.Cela a quand même permis à l’orchestre de montrer qu’Û est capable d’accompagner fort honnêtement On le sentait parfois stimulé par la présence du soliste qui lui, un peu cabotin, s’en donnait à cœur joie dans tous les moments virtuoses.Le trombone alto a une sonorité chaude et moelleuse et le soliste le maîtrise facilement Et on s’est même payé des jeux d’éclairage dans les cadences.Suivaient deux «pièces de circonstances».Guè-" re à dire sur le Forsyth, qui distille l’ennui comme les nuages de son titre.Quant à l’arrangement ar- chi-virtuose du Blue Bells of Scotland, il a trouvé le soliste en fonne olympique! Que de notes, d’ornements et de trilles! Jamais tromboniste n’a été si surprenant dans ce type de piécette.Le public, qui n’en demandait pas tant, a été électrisé.Un très beau moment, très amusant.Le chef a bien eu quelques petits problèmes d’ensemble avec le soliste, mais passons: on ne jouait pas un chef-d’œuvre.Après l’entracte, c’était le temps de la «musique sérieuse».Les Variations sur un thème de Haydn, de Brahms, permirent à tous de montrer ce qu’ils avaient dans le ventre, et me pennirent de mieux évaluer l’orchestre.Les hautbois et les bassons, de même que les cors sont déjà d’un excellent niveau, ce qui fait pâlir un peu les flûtistes.Quant aux clarinettes, elles semblent issues d’un orchestre bavarois; pour intéressante qu’elle soit en temps d’Oktoberfest, cette manière de jouer ne sied guère à une formation symphonique qui se voudrait sérieuse.Les cordes n’ont pas encore le fondu et la chaleur à laquelle on peut s’attendre.L’enthousiasme des instrumentistes pallie bien des petits accrocs car il n’y a pas une once d’ennui ou de routine dans leur jeu.11 est très long et ardu pour une formation de trouver une sonorité d’ensemble authentique.Cela n’arrive qu’avec le temps.Souhaitons que l’OSmont puisse s’en trouver encore, pour lui et pour notre plaisir.Je tiens aussi à ajouter que l’acoustique de l’auditorium n’aide vraiment personne.Il existe, j’en suis certain, quelques églises non loin qui avantageraient grandement l’orchestre.Marc David dirige tout cela avec élégance et précision.Il ne prend pas grand risque mais met tout en place avec la plus grande propreté.Ses arrêts entre chaque variations viennent sûrement plus d’un besoin de tenir ses troupes que d’une vraie pensée musicale, même si parfois l’effet était assez intéressant.On sent que ce chef a de la trempe en plus de la technique, ce qui donne envie de l’entendre avec une formation plus expérimentée.Son travail à la tête de l’OSmont est cependant irréprochable.Je tiens à souligner que c’est avec des musiciens aussi doués et qualifiés qu’il faut que nos jeunes orchestres travaillent afin de pouvoir progresser et sans cesse s’améliorer.Pour terminer, il y avait cinq des toujours populaires Danses hongroises du même Brahms.Quel cadeau pour un public déjà enthousiaste! Ce ne fut pas un coup dans l’eau.H y a toujours un réel plaisir à voir et à entendre un orchestre et un public entrer en une telle osmose de joie.C’est d’ailleurs là le but de cette musique et l’objectif que s’était fixé Brahms en les composant.La salle était pleine à craquer et je suis persuadé que très nombreux sont ceux qui vont se précipiter au prochain concert de «leur» orchestre.Ils ont raison et peuvent le faire avec fierté.Un concert n’est pas qu’une occasion d’excellence technique ou d’interprétation magistrale: c’est aussi un moment de plaisir, en autant qu’un niveau de qualité assez élevé sois respecté pour permette de ne pas trop s’accrocher aux détails.Marc David et sa troupe remporte le pari haut la main.Pour une première visite en région, je n’en demandait pas tant PAS CHANCEUX, ce cycliste chinois vient d’écoper d'une contravention à une intersection de Pékin.Les autorités policières ont formé une toute petite brigade de huit policiers dans le cadre d’une campagne de sensibilisation des millions de cyclistes et de piétons de la métropole au code de la circulation.PHOTO AP Le surréalisme à la barre Colin Ferguson dispute la une des médias new-yorkais à O.J.Simpson: le jury délibère FRÉDÉRIC BICHON AGENCE FRANCE-PRESSE New York — Quinze témoins l’identifient comme celui qui a tué six personnes et en a blessé 19 autres.Ses avocats le déclarent fou et démissionnent, mais Colin Ferguson, accusé, défenseur et unique témoin à décharge, se dit victime d’un complot.Depuis trois semaines, ce procès qui souligne les limites de la notion juridique de la démence dispute à celui d’O.J.Simpson la une des médias new-yorkais.Le jury a commencé hier à Mineloa (50 km au nord de New York) à délibérer sur le cas de cet immigré jamaïcain de 37 ans, accusé d’avoir tiré sur les passagers d’un train de banlieue en début de soirée, le 7 décembre 1993.Il risque la prison à vie s’il est reconnu coupable des 93 chefs d’inculpation.«93, parce que nous étions en 1993.Si nous avions été en 1925, l’accusé devrait répondre de 25 chefs d’inculpation», a commenté l’avocat Ferguson en parlant comme à son habitude de l’inculpé Ferguson à la troisième personne.Ses déclarations sont parfois tellement bizarres qu’elle déclenchent des fous rires dans la salle d’audience, où sont pourtant présents des victimes, des veuves et des orphelins.Le juge, qui se base sur une expertise, et l’accusé sont d’accord sur un point: Colin Ferguson est sain d’esprit et il est apte à comparaître.Mais ses avocats ont démissionné après -qu’il eut refusé de plaider la démence, bien que des psychiatres le jugent atteint de «paranoïa hallucinatoire».Ferguson a refusé une contre-expertise.«Il préfère être condamné plutôt qu’être considéré comme fou», assure un de ses anciens avocats, Ron Kuby.Selon un autre rapport dont le Village Voice a publié des extraits cette semaine, ce brillant diplômé universitaire, qui travaille dur dans la bibliothèque de sa prison pour défendre son dossier, a basculé dans )a démence après quelques années aux Etats-Unis, la «terre promise» ne lui ayant offert qu’une série d’échecs professionnels et personnels.Dans une plaidoirie de trois heures jeudi, Colin Ferguson a expliqué qu’il était victime d’un vaste complot orchestré par la CIA (agence américaine de renseignement).Lors des nombreuses entrevues accordées depuis sa cellule, il a parfois précisé que cette conspiration était à motivation raciste: un homme de race blanche lui aurait dérobé son revolver dors qu’il dormait à bord du train.Les témoins de l’accusation sont tous complices, a-t-il assuré.«Les gens signent des trucs, et d’un seul coup cela devient une identification (.) On a vu cet homme des centaines de fois à la télévision, donc nous l’identifions.» L’audition des témoins a donné lieu à des scènes aussi dramatiques que surréalistes.«Avez-vous vu l’accusé tirer?», demandait par exemple Ferguson, dans le rôle de l’avocat.«Je vous ai vu tirer.» «M.le juge, j’aimerais que le témoin réponde sans impliquer la défense.» Selon lui, l’assassinat le 28 novembre dernier du meurtrier en série Jeffrey Dah-mer, le «boucher de Milwaukee» qui avait tué dix-sept personnes, participait de cette conspiration.Il n’a pas expliqué pourquoi.A ce complot participent les employés du tribunal, qui l’affameraient.Mais Ferguson a été vu jetant le contenu de ses sandwichs, illustration du va et vient permanent entre le franc délire et une logique calculée.Après avoir bloqué les débats autant qu’il le pouvait sous prétexte qu’il n’arrivait pas à convaincre ses témoins de venir à la barre, il a appelé.un des responsables de l’enquête, témoin à charge, qui n’a bien entendu pas corroboré sa théorie.MONTRÉAL Le lundi, 20 février Audition des mémoires nationaux, 13 h à 17 h Forum, 9 h à 12 h Centre Sainte-Catherine (grande salle) 1700, rue Amherst LAVAL Le mardi, 21 février Café-rencontre, 9 h à 11 h Forum, 14 h à 16 h Place des Aînés 435, boul.Curé-Labelle Participez en grand nombre, nous voulons tous vous entendre.Pour rejoindre sans frais votre commission : 1 800 381-7084.| ait son mot à dire Québec sa j y K , l> K V 0 I II , I.K S S A M K DI IS K T I) I M A X < Il K I il !•' K V || I K II | OGILVY 1307 OUEST.RUE STE-CATHERINE.MONTRÉAL (514) 842-7711 POSTE 325 Les taxes sur le tabac remontent 1,20 $ de plus pour une cartouche de cigarettes au Québec et en Ontario JEAN DION DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA Un an et quelques jours après la tourmente qui a mené à une réduction draconienne des taxes sur le tabac, Ottawa et deux provinces — le Québec et l’Ontario — repartent en sens inverse.A la suite d’une entente conclue mardi dernier lors de la réunion fé-dérale-provinciale des ministres dés Finances, les trois gouvernements ont en effet résolu d’augmenter de 60 cents chacun la taxe d’accise applicable à la cartouche de 200 cigarettes.Cette mesure entre en vigueur aujourd’hui même.Les fumeurs québécois et ontariens devront donc débourser 1,20 $ de plus pour se procurer une cartouche.Aux Communes hier, le ministre Paul Martin a indiqué que cette décision correspondait aux dispositions du plan national de lutte à la contrebande du tabac, annoncé au début de février 1994 et qui prévoyait que les taxes seraient graduellement haussées à mesure que les réseaux de trafic seraient éliminés.«Les augmentations de taxes que nous annonçons aujourd’hui résultent directement des succès marqués jusqu’à présent» dans ce domaine, a déclaré M.Martin, qui a assuré qu’il était de l’intention d’Ottawa de continuer d’augmenter la taxe «avec le temps».«Si on a commencé avec le Québec et l’Ontario, c’est que c’est là qu’on avait fait les coupures les plus substantielles.» Le 8 février 1994, aux prises avec un sérieux problème d’écoulement de cigarettes sur le marché noir, Ottawa décidait de réduire ses taxes applicables au tabac de 5 $ la cartouche de 200 cigarettes et d’égaler jusqu’à concurrence de 10 $ les diminutions imposées par les provinces.Le même jour, Québec annonçait une diminution de 11 $ la cartouche de sa taxe provinciale.PHOTO PC Le ministre des Finances, Paul Martin, dépose aux Communes les documents législatifs décrétant la hausse de taxe qui entre en vigueur aujourd’hui même.Le geste fédéral avait alors été vertement dénoncé par toutes les provinces, à l’exception du Québec et du Nouveau-Brunswick.Mais deux semaines plus tard, l’Ontario, faisant face au déplacement de la contrebande vers son territoire et à l’«exode» de ses fumeurs qui allaient s’approvisionner en masse au Québec, était forcé d’emboîter le pas et de réduire ses propres taxes de 9,60 $ la cartouche.On estimait alors les pertes de revenus annuelles à 450 millions $ pour le fédéral, à 210 millions $ pour le Québec et à 500 millions $ pour l’Ontario.Selon le ministère fédéral des Finances, ce sont 65 millions $ que pourra récupérer le Trésor canadien avec cet ajustement à la hausse de la taxe d’accise.Une somme modeste, a convenu M.Martin, «mais chaque sou compte».«Nous avions réduit nos taxes avec réticence, a-t-il expliqué.Et il faut qu’il y ait un équilibre.Les autorités — la GRC et Douanes Canada — ont fait un très bon travail pour juguler la contrebande.Mais nous voulons maintenir un certain équilibre afin d’éviter qu’on se retrouve dans la situation où on se trouvait avant de bouger la première fois.» Le ministre a par ailleurs nié que cette décision vise à calmer un tant soit peu la tempête à quelques jours de la présentation de son budget.«Ce n’est pas une question budgétaire.L’année passée, lorsqu’on a procédé, c’était avant le budget.La diminution des taxes résultait d’une entente entre les trois gouvernements», et les ministres des Finances Floyd Laughren (Ontario), Jean Campeau (Québec) «et moi voulions agir à l’extérieur du cadre du budget fédéral».Au Bloc québécois, l’annonce de M.Martin, qualifiée de «mesure isolée» a été accueillie avec suspicion.«On dit que le plan de lutte à la contrebande fonctionne bien, mais on n’a eu aucun rapport là-dessus du solliciteur général», a déclaré le député Gilles Duceppe.Un taux qui grimpe grimpe grimpe 7.5% Taux sujets à changement sans préavis, EVOLUAI Un REER à taux fixe non rachetable dont le taux grimpe et grimpe pendant 5 ans ! 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mandat de quatre ans du gouvernement péquiste, s’il le faut pour forger un consensus solide parmi les Québécois.Pendant ce temps, une agence d’information financière de Toronto, Money Market International (MMS), véhiculait, hier, la rumeur, qui circulerait à New York, selon laquelle le gouvernement Parizeau s’apprêtait à annoncer, ce week-end, le report du référendum dans deux ans.Le bureau du premier ministre s’est empressé de nier cette rumeur.«C’est complètement farfelu et sans fondement, a déclaré l’attachée de presse de M.Parizeau, Marie-Josée Gagnon, hier soir.M.Parizeau a tou- jours parlé de 1995, il parle encore de 1995.Rien n’a changé».Le ministre des Transports, Jacques Léonard, a pour sa part prédit que le scrutin aurait lieu au printemps.En fait, le gouvernement et le Parti québécois prennent les dispositions pour être prêts à tenir ce référendum avant l’été.Mais M.Parizeau et la vice-présidente du PQ, Monique Simard, avaient souligné que, si au terme des commissions sur l’avenir du Québec, ils constataient que «les Québécois ne sont pas assez informés», ils organiseraient d’autres exercices pour «les informer davantage».Des représentants des jeunes péquistes ont suggéré cette semaine de tenir le référendum à l’automne plutôt qu’au printemps, aux audiences de la, commission avant-hier.Leur président national, Eric Bédard, abonde dans ce sens.Dans un entretien avec Le Devoir, M.Bédard donne pour motif à sa préférence le fait que les universités et les cégeps seront déserts en juin, et que les souverainistes se priveraient de tribunes intéressantes.Au contraire, les activités battent leur plein dans les institutions.De son côté, le député de Borduas, Jean-Pierre Charbonneau, affirme que les résultats du sondage de Radio-Canada et plusieurs interventions faites devant les commissions, l’incitent à suggé- rer que le gouvernement s’abstienne de précipiter les choses s’il se rend compte «qu’on se dirige vers un mur de ciment».Selon lui, le gouvernement doit prendre tout le temps voulu pour que se forge un consensus solide entre Québécois avant de tenir le référendum.Rien ne presse, dit-il.«Nous avons été élus pour quatre ou cinq ans», a-t-il rappelé.Selon lui, «il y aurait des conséquences à perdre un deuxième référendum en 15 ans».Il perçoit dans le sondage publié par Radio-Canada «un signal d’alarme».Les Québécois ne sont pas prêts, ne sont pas sûrs.«La peur joue beaucoup.» Il note également que plusieurs participants aux commissions proposent des voies détournées pour obtenir un OUI: des questions à choix multiples par exemple, qui dénotent, à son avis, d’un manque de confiance dans les chances du OUI de l’emporter sur la question soumise par M.Parizeau, et qui témoignent de la crainte qu’en se disant NON encore une fois, les Québécois en sortent perdant.Le sondage CROP-Environics-Radio-Canada, montre d’ailleurs que 51 % des Québécois pensent que le Québec se placerait en situation de faiblesse face au reste du Canada s’ils votent contre la souveraineté une deuxième fois en 15 ans.60 % des Canadiens hors Québec sont du même avis.Formation professionnelle Garon et Harel main dans la main LE DEVOIR Les ministres Jean Garon et Louise Harel n’ont jamais été en guerre.Leurs ministères respectifs, ceux de l’Éducation et de l’Emploi, si.C’est-à-dire jusqu’à hier.«Sur la question de la formation professionnelle, la guerre larvée entre le ministère de l’Éducation et le mien est terminée, tout au moins au parlement», a annoncé hier Mme Harel, titulaire du ministère de l’Emploi.«Les disputes des 25 dernières années nous ont fait perdre beaucoup de temps et de ressources.A partir de maintenant, nous allons travailler ensemble, main dans la main.» Mme Harel et M.Garon participaient à une table ronde qui clôturait le colloque de la Centrale des enseignants du Québec (CEQ), intitulé «Pour la formation professionnelle, un projet».L’événement inauguré jeudi dernier, à Laval, a attiré environ 400 personnes, des enseignants du secondaire et du collégial, des professionnels (orienteurs scolaires, fonctionnaires, etc.) et des spécialistes des universités ou des centres de recherche.Les deux ministres du gouvernement péquiste étaient invités à répondre à une question précise: «Quels sont vos engage- ments pour les jeunes et pour les adultes en formation professionnelle?» Ils ont donc profité de cette tribune pour faire le point sur leurs grandes intentions dans le secteur de la formation professionnelle.Mme Harel a rappelé qu’elle allait déposer «au printemps» un projet de loi obligeant les entreprises à consacrer 1 % de leur masse salariale à la formation de leur main-d’œuvre.M.Garon a réitéré sa volonté de mieux arrimer l’école et l’entreprise.Les deux ministres ont parlé de l’importance du projet pédagogique dans le cadre du développement socioéconomique.Jean Garon Les jeunes réclament à leur tour une charte des droits MICHEL HÉBERT PRESSE CANADIENNE La constitution d’un éventuel Québec souverain devra prévoir non seulement une Charte des régions, •une Charte des responsabilités envers les aînés, mais aussi une Charte des droits des jeunes.«La meilleure façon de reconnaître l’importance de la jeunesse, c’est d’inscrire ses droits dans la constitution, la mère de toutes les lois», a fait valoir la jeunesse de Val d’Or hier devant la commission des jeunes sur l’avenir du Québec en tournée en Abitibi hier.On a d’ailleurs rappelé que COMMISSIONS les Nations unies avait adop- - té une convention des droits REGIONALES de l’enfance faisant ainsi la nmHnvfnffn preuve que la Charte des nlUWalmll! droits de l’homme ne leur suffit pas.iiMfl L’avant-projet de loi sur la souveraineté du Québec pré-, voit que la constitution d’un État québécois comporterait une charte des droits et libertés de la personne de même que la reconnaissance de droits aux anglophones et aux autochtones.«Aucune précision n’a été apportée quant au contenu d’une éventuelle charte des droits de la jeunesse, entre autres parce que le train de la consultation est un TGV», a-t-on aussi remarqué.Des textes d’élèves, déposés hier devant la commission, demandent qu’un Québec souverain accorde le droit de vote à 16 ans et la possibilité de choisir la formation professionnelle avant la fin du secondaire.Par ailleurs, la Fédération des groupes ethniques du Québec a soutenu devant la commission régionale de Montréal que «nous sommes tous une race de perdants».La fédération, qui affirme représenter 30 ethnies du Québec, a défendu une position essentiellement fédéraliste.«Ceux qui veulent chambarder ce pays ne devraient pas oublier que nous sommes tous une race de perdants: autochtones écrasés par les blancs, Français défaits sur les plaines d’Abra-ham, loyalistes chassés des colonies américaines, Irlandais affamés dans leur pays, immigrants vaincus chez eux et venus ici pour un mieux-être, réfugiés des Première et Deuxième Guerres mondiales.Pour tous, le Canada a été et restera leur terre d’accueil», a lancé le porte-parole du groupe, Jean Taranu.Même si les augures ne lui donnent pas raison, le vice-président de la commission de l’Estrie, André Langevin, a confié cette semaine que le OUI l’emportera au référendum.Mais si d’aventure le NON l’emporte du fait de la polarisation du vote des anglophones et des allophones, cela pourrait être «dangereux», créer un «climat malsain» au Québec.«Qui forme la majorité?Les francophones, répond-il, et combien de temps toléreront-ils cette division?C’est comme s’il y avait deux Québec, celui des anglophones et des allophones et celui des francophones.» De tels propos avaient forcé Pierre Bourgault à démissionner de son poste de conseiller spécial du premier ministre Parizeau.¦ü 1 Pour les petites entreprises aux grandes idées: duxapital de risque Tr."' La Banque fédérale de développement est un important investisseur de capital de risque au Canada.I Notre but est de promouvoir le développement des PME qui présentent un potentiel de croissance prometteur et une équipe de gestion dynamique.• Mais ce qui fait de nous une banque à part, c est bâtisseur notre façon de procéder.À titre d’investisseur unique ou en partenariat, nous pouvons vous offrir le prosperes financement dont vous avez besoin et ce, que vous soyez au stade de démarrage ou d’expansion.Par notre participation active et notre support continu, nous vous aidons à bâtir une entreprise prospère.Peu importe la forme qu’il prend, notre engagement est à long terme.• Si nous faisons banque à part, ce n’est pas par hasard.Avec plus de 100 millions de dollars investis dans les petites entreprises canadiennes, notre différence se fait sentir à travers le pays.• Pour en savoir davantage sur la BFD, faites le 1 800 361-2126.Nos services sont complémentaires à ceux du secteur privé.The Bank offers its services in both official languages.Banque fédérale de développement Federal Business Development Bank NOUS FAISONS BANQUE A PART.La cote du Canada sous surveillance Martin se fait malmener par l’opposition JOËL BELLAVANCE PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le ministre fédéral des Finances, Paul Martin, a été malmené aux Communes par les députés de l’opposition, hier, à la suite de la décision de Moody’s Investors Service de mettre la cote de solvabilité du Canada sous surveillance.Le dollar canadien, de son côté, a repris hier tout le terrain qu’il avait perdu dans la foulée de l’annonce de l’importante maison ,de cotation de New York.Après avoir perdu près d’un demi-cent, jeudi, forçant la Banque du Canada à intervenir en décrétant une hausse d’un demi-point de pourcentage des taux d’intérêt à court terme, le huard a clôturé la journée à 71,29 cents, soit une augmentation de 0,49 cents par rapport à jeudi.Aux Communes, le Parti réformiste a mené une charge à fond de train contre le plan de réduction du déficit du gouvernement Chrétien, en réclamant des compressions encore plus importantes dans le prochain budget Le Bloc québécois, quant à lui, a sommé le ministre Martin d’annoncer la date de son budget afin de rassurer les marchés financiers.Le ministre Martin s’est voulu rassurant en soutenant que l’objectif de ramener le déficit d’Ottawa à 3 % du produit intérieur brut (PIB) d’ici à 1996-97, ou 25 milliards $, est provisoire.Il a ajouté que son gouvernement tient à éliminer éventuellement ce boulet financier, mais il n’a pas précisé quand cela se produira.Ottawa a toujours accusé un déficit depuis l’exercice financier de 1969-70, année où le gouvernement a enregistré un surplus de 120 millions $.L’an dernier, le déficit a atteint un niveau record de 42 milliards $.Cette année, il devrait être inférieur aux 39,7 milliards $ prévus dans le dernier budget.«Nous avons toujours dit que l’objectif de 3 % du PIB était un objectif intérimaire que nous allons respecter.Ce sera une réalisation remarquable et nous avons l’intention, en bout de piste, d’éliminer le déficit», a déclaré M.Martin.Le député réformiste Stephen Harper a immédiatement jugé ces intentions «insuffisantes», d’autant plus qu’elles auront ajouté, après quatre ans, près de 100 milliards $ à la dette acçumulée du pays.A l’heure actuelle, cette dette s’élève à quelque 548 milliards $.«Afin de rétablir la crédibilité financière du gouvernement auprès des marchés financiers, le ministre Martin doit se fixer des objectifs qui vont au-delà de 1996-97 et annoncer des compressions encore plus importantes dans son prochain budget», a fait valoir M.Harper.Moody’s se dit inquiète de voir qu’Ottawa n’a pas d’objectifs clairs en matière de réduction du déficit après l’exercice financier de 1996-97, période où la croissance de l’économie canadienne devrait commencer à ralentir, selon les économistes.La CSN concocte son préambule Se libérer du centralisme D’APRÈS LA PRESSE CANADIENNE Les membres de la CSN, réunis en congrès spécial depuis quelques jours à Montréal, ont adopté, hier, presque à l’unanimité, une déclaration solennelle destinée à servir de préambule au projet de loi du Parti québécois sur la souveraineté.En agissant de la sorte, la CSN a répondu à l’invitation lancée à tous les Québécois par le premier ministre Parizeau afin de rédiger, dans un élan collectif, le préambule du projet de loi.La déclaration de souveraineté soumise par la CSN met notamment en lumière que le peuple québécois, au cours de son histoire, a dû «se libérer de la domination coloniale» et doit maintenant faire face à «l’autorité centralisatrice fédérale».La CSN relève aussi, chez les Québécois, «une intention obstinée de nous gouverner nous-mêmes, qui n’a jamais connu d’autres limites que celles imposées soit par la force, soit par la contrainte politique d’institutions contrôlées par d’autres».La déclaration souligne également que l’actuelle constitution du Canada a été adoptée sans l’accord du Québec «et contre le gré de son gouvernement et de son Assemblée nationale».A la toute fin, la déclaration exprime le désir que le Québec souverain «soit une terre de solidarité: entre les personnes, entre les groupes, entre les communautés et avec les nations autochtones; solidarités sociales, économiques et culturelles, dans le respect des diversités; solidarité avec les générations futures par le respect de l’environnement; enfin solidarité avec la communauté internationale».La déclaration de souveraineté de la CSN a été préparée par quelques militants du syndicat en collaboration avec le comité exécutif de la centrale.T I.E l> E V OIK.I.K S S A M K I) I IS K T I) I M A X C II K I !» F V.V II I K R I !» !» f> A 9 LE DEVOIR - LE MON!)E 'IT Algérie: une longue ! semaine rouge Intellectuels, artistes et militants politiques sont de moins en moins épargnés Au terme d’une semaine plus meurtrière que jamais, un nouveau journaliste a été abattu hier en Algérie.Les forces de sécurité algériennes ont par ailleurs annoncé avoir abattu 39 «criminels», terme utilisé pour désigner les intégristes armés, au cours d’opérations menées entre mardi et jeudi dans plusieurs régions du i pays.Djamel Ziater, 35 ans, journaliste depuis une dizaine d’années au quotidien oranais Al Djoumhouria | (La République) a été tué par balles alors qu’il se rendait sur la tombe de sa mère.Alger (AFP) — L’Algérie a vécu une nouvelle semaine de ter-[ reur, marquée par une spectaculaire vague d’assassinats d’intellectuels, ; d’artistes et de militants politiques, : alors que le ramadan, jugé propice au «Djihad» (guerre sainte) par les i groupe islamistes, entre dans $a i troisième semaine.Ce déchaînement de violence alimente une psychose au sein de la population à Alger, qui redoute de nouvelles attaques-suicides avant la fin de ce mois de jeûne musulman, et dans les campagnes, où les exactions se poursuivent loin des regards.Vendredi matin, un journaliste du quotidien régional gouvernemental Ël-Djounihouria {La République) a été assassiné à Gdeyel, près d’Oran (ouest).Djamel Ziater, 35 ans, venait de se recueillir sur la tombe de sa mère.C’est le 29e journaliste tué depuis mai 1993 dans des attentats attribués aux groupes islamistes armés, qui ont condamné à mort les professionnels des médias.Samedi dernier, un journaliste avait échappé à une embuscade à Alger.Fin janvier, les groupes islamistes armés avaient ordonné à leurs «moudjahidines» (combattants) d’intensifier leurs opérations.Malgré le renforcement des mesures de sécurité, leurs commandos — des jeunes âgés d’une vingtaine d’années — ont frappé jusque dans le centre d’Alger.Cette campagne d’assassinats a visé des cibles «symboles», comme le directeur du théâtre national algérien, Azeddine Medjoubi, le célèbre musicien Rachid ou la présidente d’une association féministe, Nabila Diahnine.Mais ces attentats, à l’impact médiatique assuré, ne constituent que la partie émergée de l’iceberg.Dans l’intérieur, les enlèvements, les meurtres — souvent accompagnés de mutilations — et les intimidations se poursuivent sans trêve, selon des témoignages concordants.«Dès la tombée de la nuit, nous nous barricadons», explique un habitant d’un village de Petite Kabylie.Là, en quelques mois, des islamistes armés ont délesté les habitants de leurs papiers, incendié l’agence postale, la mairie, un magasin d’Etat.Une dizaine de personnes ont été décapitées.Il y a vingt jours, un villageois a été enlevé.Un sentiment d'abandon Dans les hameaux isolés, règne un terrible sentiment d’abandon.«Ici, il n’y a personne pour nous protéger», explique un vieux villageois.Jeudi, le Mouvement pour la République (MPR), qui regroupe des associations «démocrates», violemment hostiles aux islamistes, a appelé les Algériens à «l’autodéfense», en estimant que les forces de sécurité ne pouvaient plus assurer la sécurité des citoyens.L’armée, en première ligne, poursuit sans relâche sa stratégie «d’éradication», en attaquant les zones de maquis.En treize jours, 105 islamistes armés ont été tués, à Alger et dans l’intérieur, selon un bilan établi à partir des communiqués officiels.Les pertes des forces de sécurité ne sont pas rendues publiques.Pour la première fois, un groupe armé algérien a lancé la semaine dernière un raid contre un pays voisin, la Tunisie, et tué six gendarmes 'd’un poste de la Garde nationale à Sendès, la région des oasis touristiques de Tamerza et Tozeur, dans le sud, selon des sources diplomatiques à Tunis.Il est difficile de déterminer si cette action est une opération ponctuelle d’un groupe vou- lant se procurer des armes, ou inaugure une nouvelle stratégie des islamistes pour étendre la violence aux pays voisins en raison de leur soutien aux autorités d’Alger.Un bilan officiel a confirmé l’ampleur des destructions.En 1994, les groupes islamistes ont perpétré 2725 actes de sabotages, notamment contre les infrastructures, les moyens de transport, les télécomm-nications.De nombreux Algérois redoutent de nouvelles violences avant la fin de ce ramadan sanglant.Le Groupe islamique armé (GLA) et l’armée islamique du salut (AIS), considérée comme la branche armée du Front islamique du salut (FIS, dissous), ont laissé planer la menace de nouvelles attaques-suicide.Le 30 janvier, deux kamikazes avaient lancé une voiture bourrée de plus de 100 kilos de TNT contre le commissariat central d’Alger, tuant 42 personnes et en blessant 286.Le GIA avait revendiqué cette opération-suicide, la première en trois ans de violence qui ont fait 30 000 morts, selon une récente estimation du département d’Etat américain.À Alger, les habitants se murmurent des recommandations: ne pas trop fréquenter les lieux publics, éviter les marchés, ne pas rester près de voitures en stationnement.Au plan politique, le gouvernement poursuit imperturbablement les préparatifs d’une élection présidentielle annoncée pour avant la fin de l’année.Mais le FIS et les principaux partis d’opposition, signataires de l’accord de Rome le mois dernier, ont affirmé qu’ils rejetaient la tenue de ce scrutin.Jeudi, le quotidien francophone El Watan a toutefois estimé que les ponts «n’étaient pas définitivement rompus» entre les deux camps.C'est fait, Lima et Quito font la paix Le traité met fin au conflit frontalier entre les deux pays andins Brasilia (Reuter) — L’Équateur et le Pérou ont signé hier à Brasilia un traité de paix mettant fin à un conflit frontalier qui a fait plusieurs dizaines de morts depuis les premiers combats, le 26 janvier.Ce traité confirme les termes du cessez-le-feu qui a fait l’objet d’un accord en début de semaine, a déclaré un diplomate brésilien.«Le document confirme le cessez-le-feu et amène la paix dans la région», a déclaré à la presse le vice-ministre brésilien des Affaires étrangères, Sebastiao de Rego Barros à l’issue d’une brève cérémonie de signature au palais d’Itamarati - siège du ministère des Affaires étrangères à Brasilia.Le traité a été signé par les vice-ministres équatorien et péruvien des Affaires étrangères, respectivement Marcelo Fernandez de Cordoba et Eduardo Ponce, et par des représentants des quatre pays garants du protocole de Rio (qui avait réglé une guerre en 1942) — l’Argentine, le Brésil, le Chili et les Etats-Unis.La «Déclaration de paix d’Itamarati entre l’Équateur et le Pérou» confirme la fin des hostilités obtenue par le cessez-le-feu proclamé unilatéralement par le Pérou et accepté mardi dernier par Quito.Le traité prévoit l’envoi d’une mission d’observateurs, composée de représentants des quatre garants du protocole.Cette mission se rendra dans la zone de conflit et supervisera la démilitarisation progressive du secteur dans un laps de temps de 48 heures.Le traité prévoit également la démobilisation graduelle de toutes les troupes déployées le long de la frontière commune des deux pays et leur retour dans les casernes.Enfin, le traité propose l’ouverture de négociations destinées à parvenir, dès que la démobilisation sera achevée, à une solution globale, afin de désamorcer de futurs conflits.Les récents combats ont, éclaté à la fin janvier entre le Pérou et l’Équateur, dans une zone contestée de longue date située le long de la cordillère du Condor.Le traité signé à ce propos le 29 janvier 1942, à l’issue de la guerre de janvier 1941 déclenchée et perdue par l’Equateur, n’avait pas clairement délimité la frontière concernant une portion de 78 km non bornée.Le reste de la frontière, soit 1700 km environ, avait été dessiné avec précision.Le traité de Rio de Janeiro cédait près de 175 000 km2 au Pérou en 1942, dans ce qui était l’est de l’Equateur.Le président équatorien Velasco Ibarra avait rejeté le protocole de Rio en 1960.Depuis, périodiquement, des affrontements étaient signalés dans la zone contestée.Fin janvier et début février 1981, une guerre de quelques jours avait opposé les deux pays à ce sujet.Plusieurs avions et hélicoptères ont été abattus de part et d’autre et des dizaines de soldats tués dans les récents combats, qui ont duré trois semaines.Une mission d'observateurs se rendra dans la zone du conflit Affiche explosive vnf :ü ¦ :> Jfl îlio H4f U’8 ¦ '-r rr L \ ¦mb 1ST SM tml ¦ib M# r-tb « * -A sup toq * - a IO 1 î-.àtb inn m U) q s v; P u tasS AlA ub ty 1 * (îfn .t'u orn v • b s Atti •un W V ¦ 3»* * .iTv; U 6 vià: ft w PHOTO AP CE MONTAGE PHOTOGRAPHIQUE est vendu par les colons juifs de Kiryat Arba pour marquer le premier anniversaire du massacre de 29 Palestiniens dans la mosquée de Hébron.Le poster montre Baruch Goldstein, le colon juif qui avait tiré sur les fidèles palestiniens, devant la tombe des Patriarches et un minaret ,j.qui s'écroule.En haut de l'affiche se trouve une citation de la Bible qui dit: «Qui honore Dieu apportera le parh.1 don aux fils d'Israël.» La vieille dame et le cow-boy d'Hébron -JTiî I pu'l’l T.'jjp l'-prq > .r.i) >JS ; 1J03 PATRICE CLAUDE LE MONDE Kiryat Arba, Cisjordanie — Pistolet sur la hanche, kippa vissée sur le haut du crâne, l’homme fixe la caméra de la télévision américaine comme un professionnel.Il connaît son texte sur le bout des doigts.«Les Arabes ont déjà vingt et un pays, nous n’en avons qu’un, Eretz Israël — le Grand Israël.«Si ce gouvernement avait du courage, il les expulserait tous.Au Liban, en Jordanie, ça m’est égal.Qu’ils s’en aillent!» «Barouch Goldstein?Ce n’est pas vrai qu’il a, comme vous dites, massacré vingt-neuf Palestiniens.Le 25 février 1994, cet homme a sauvé des centaines de juifs.C’était un saint.» Cordélia a tout entendu.Plusieurs fois, elle a vainement tenté d’interrompre la tirade.Finalement, elle y réussit: «Vous trouvez ça bien, vous, de tirer dans le dos de fidèles en prière ?» L’homme au pistolet est décontenancé.Cordélia a osé et soutient le regard furieux du cow-boy de Judée, qui répond, menaçant: «Oui, je trouve ça bien, cela vous gêne?» Derrière le stand où s’étalent les portraits encadrés de ce « saint homme» de Barouch Goldstein, une petite femme maigre, la tête couverte du large béret des juives orthodoxes, prend la parole : «Tout Kiryat Arba pense que le docteur Goldstein a eu raison.» Kiryat Arba, bastion des exaltés du Grand Israël sept mille âmes en fièvre dans une forteresse de béton gardée par des soldats, à un jet de pierre d’Hébron célèbre, à sa manière, l’anniversaire du massacre du ca-vequ des Patriarches.À Hébron, ville arabe, cent mille habitants n’ont pour Kiryat Arba et ses résidents que deux sentiments : haine et crainte.C’est là le coeur de ce qui devrait, en principe, devenir la Cisjordanie palestinienne autonome.Cordélia insiste : «Mais enfin, ces gens ne vous avaient rien fait » L’homme au pistolet se fâche : « Mais qu’est ce que vous en savez vous ?Les Arabes veulent tous nous tuer.Ils ne rêvent que de cela.C’est une guerre ici.Et si nous voulons la gagner, nous devons frapper les premiers.» D’autres, parmi les quatre cents et quelques fanatiques qui sont venus là rendre hommage au «bon docteur assassiné il y a un an, par une meute d’Arabes en folie» , se sont approchés.L’atmosphère s’alourdit En passant, l’air de rien, une femme lâche «bande de nazis », et elle poursuit son chemin, en crachant par terre.Cramponnée à son petit carnet, Cordélia n’a pas écrit une ligne.Bouleversée, elle s’entête: «Mais comment pouvez-vous parler comme cela, vous, un juif religieux ?» Le visage rond de l’homme à la kippa se fend d’un large sourire, le fort accent américain en devient presque hollywoodien.« Âh, nous y voilà, hein ?C’est comme cela que vous nous aimez, nous les juifs.Dociles, soumis, gentils comme dans les films de cette ordure de Woody Allen, qui nous caricature, nous ridiculise.Et bien, c’est terminé cela !» «Grâce à des gens comme Goldstein nous retrouvons notre dignité, notre fierté d’être juif ! Ne vous en déplaise ma bonne dame, nous ne serons plus les premiers à aller à l’abattoir ! Ils iront avant nous !» Cordélia a chancelé.Elle s’est appuyée sur le bras d’un confrère, a sorti de son petit sac noir un mouchoir de dentelle et a tamponné ses yeux.Dans l’œil du cow-boy trente-naire, il y a eu comme un éclair de triomphe.De sa démarche précautionneuse de vieille dame, Cordélia, juive allemande, correspondante en Israël d’un journal suédois, a regagné sa voiture.Sans montrer à quiconque les petits chiffres bleus tatoués depuis un demi-siècle sur son avant-bras gauche, dans un camp de concentration.Collecte des morts dans les ruines de Grozny Grozny (AFP) — Le cessez-le-feu est mis à profit par les Tchétchènes pour s’acquitter d’un devoir sinistre: sortir leurs morts du tas de ruines qu’est devenu Grozny.Il a fallu des heures de pourparlers pour y parvenir, mais vendredi, trois camions tchétchènes, chacun surveillé de près par un transport de troupes blindé lusse, ont sillonné la capitale à la recherche des victimes civiles ou militaires de plus d’un mois et demi d’affrontements à Grozny.A chacun ses morts: l’équipe dirigée par Aslambek Ab-doukhadjiev et Rosa Abdoulakhanova ne ramasse que les Tchétchènes, dans un camion bringuebalant orné du drapeau du Croissant rouge.Un autre convoi s’occupe des Russes, sous la direction de l’ancienne administratrice de l’aéroport de Grozny, Valentina Lalaieva.Avenue de la Victoire, les Tchétchènes abandonnent ainsi un corps décapité, qui pourrit sous les yeux indifférents des rares survivants de Grozny.«C’est un Russe, il n’a pas été circoncis», explique Aslambek après vérifica- tion.Le détail fait rigoler les appelés russes du transport de troupes.Le mort retombe dans son anonymat, et le convoi poursuit sa route.Retrouver des morts dans ces amas de briques, ces immeubles éventrés, ces montagnes de détritus est difficile.Personne ne peut dire encore combien la guerre a fait de victimes à Grozny, les estimations variant de 25 000 à 40 000 civils, et plusieurs milliers de combattants, pour une ville qui comptait autrefois 400 000 habitants.Rosa, une robuste Tchétchène d’une cinquantaine d’années fièrement installée au sommet du blindé russe, a en mains une liste d’une demi-douzaine de noms, avec l’endroit présumé de leur mort Les renseignements fournis par les habitants de Grozny, hantés par le risque d’épidémie et anxieux de se débarrasser des dépouilles, fait le reste.Le corps d’un combattant tchétchène est ainsi retrouvé sous les gravats, à quelques mètres de ce qui fut le palais présidentiel, réduit aujourd’hui à une carcasse lugubre de hauts pans de murs noircis.1832, Sherbrooke Ouest Montréal (Québec) H3H 1EM (Métro Guy) Tel.: (5H) 935-6616 Dr.Robert Prescott & Associés (Omnipraticiens) I Liposuccion (Anesthésie locale) • Greffes de cheveux • 1NJECTIONS DE GRAS • COLLAGENE • Varices-Obésité PROBLÈME DE POIDS?t : u NIQ ue N0UVEllE approche S CD 0Q IJ O CD cn O CD 3 CD CD ¦g o a ~o V
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