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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 1995-07-10, Collections de BAnQ.

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19 10 FONDE >¦ LE DEVOIR T o r o il I o S f> c I.K I.I' N I) I I II .1 I' I I.I.K T I 0 9 fi M O N I II K A I.I.X X X V I N o I A S PERSPECTIVES Grise mine Syl via ne T ram ier ?La Conférence internationale des Nations unies sur le déminage qui se tenait la semaine dernière à Genève n’a pas permis de recueillir les 75 millions de dollars que l’ONU réclamait pour son Fonds d’assistance aux programmes de déminage.Cette campagne de souscription illustre un des paradoxes de ces armes mutilantes que sont les mines terrestres antipersonnel: bon marché à produire, elles sont très coûteuses à éliminer.La conférence de Genève a aussi montré les limites des efforts de déminage: la destruction de ces engins est une tâche toujours à recommencer car on continue à placer de nouvelles mines chaque année.i Danger.Terrain miné».L’avertissement pourrait figurer dans les champs et les campagnes de 64 pays du monde, là où ont été disséminés, souvent de façon totalement anarchique, des millions de ces engins qui ne tuent pas toujours, mais infligent d’horribles blessures, estropient et mutilent.Les mines antipersonnel constituent «un usage pervers de la technologie», dit-on au Comité international de la Croix-Rouge qui gère sept hôpitaux et une trentaine de centres orthopédiques dans 14 pays pour venir en aide aux amputés et aux victimes des mines.Les Nations unies estiment qu’il y a 110 millions de mines dissimulées et placées en faction contre les populations civiles.Ces «sentinelles étemelles», selon la formule des experts, peuvent frapper aujourd’hui ou demain, ou encore dans trente ans.Les pays les plus touchés sont l’Afghanistan, peut-être le territoire le plus miné au monde, le Cambodge et en Afrique, l’Angola et le Mozambique.Sur le continent américain, on a fait un usage abusif de mines au Nicaragua et au Salvador.Selon l’ONU, la fabrication d’une petite mine, une technologie à la portée de tous, revient à trois dollars.Sa détection et sa neutralisation coûte de 300 à 1000 dollars.En outre, alors que les programmes de déminage permettent de retirer 100 000 mines chaque année, environ deux millions de nouvelles mines sont disséminées dans le même laps de temps.Le financement de la destruction des mines devient de plus en plus problématique et les coûts exorbitants.Selon le Comité international de la Croix-Rouge, il faudrait 33 milliards de dollars et plus de mille ans de travail pour nettoyer l’ensemble de la planète.Le Canada qui participe à divers programmes de détection et de désamorçage des mines antipersonnel, notamment au Cambodge, a annoncé une contribution de 200 000 dollars au Fonds d’assistance aux, programmes de déminage.Les Etats-Vers un Unis ont 12.5 millions de dollars.Les Nations unies ont recueilli rnnfrnlp nln«s une vingtaine de millions de dollars pour leurs programmes de démina-rigoureux ge la semaine dernière.Ce qui, en regard des besoins, paraît terrible-des mines ment dérisoire.Ne serait-il pas plus logique, dans terrestres ces conditions, d’envisager l’interdiction pure et simple des mines terrestres?Le secrétaire général des Nations unies Boutros Boutros-Ghali a lancé un appel dans ce sens la semaine dernière, à la conférence de Genève.Mais il est peu probable qu’on parvienne très rapidement à forger qn consensus sur cette question.Une quarantaine d’Etats ont bien signé la convention de 1980 sur les mines antipersonnel qui contrôle leur usage.Mais beaucoup de pays — comme le Canada qui n’exporte plus de mines depuis 1987 et n’en fabrique plus depuis 1992 — estiment cependant que leurs forces armées doivent disposer d’un certain stock de mines terrestres, à des fins de formation et à usage militaire défensif.Les mines, dit-on dans les états-majors des armées, ont encore un rôle militaire défensif à jouer.(La plus récente utilisation de mines terrestres par les Forces années canadiennes remonte à l’opération mili-taro-humanitaire en Somalie, en 1993.Le contingent canadien avait disposé des mines autour du camp pour prévenir une attaque.) Cet automne à Vienne le réexamen de la Convention sur les armes conventionnelles devrait permettre de progresser quelque peu vers un contrôle plus rigoureux des mines terrestres.Suivant en grande partie les recommandations du Comité international de la Croix-Rouge, plusieurs Etats, dont le Canada, demanderont que toutes les mines fabriquées à l’avenir soient obligatoirement munies de système de détection et d’auto-destruction.Ils demanderont que l’exportation des mines soient limitée et que la Convention qui régit l’usage militaire des mines s’applique, aussi bien aux conflits internes qu’aux conflits inter-Etats.On le voit: l’interdiction de l’usage des mines, la prohibition de leur fabrication et la destruction des stocks existants comme l’a réclamé le secrétaire général des Nations unies, n’est pas pour demain.Au mieux, les pays signataires de la Convention parviendront à s’entendre sur un usage plus «civilisé» des mines terrestres.Ce qui laisse de toute façon entier le problème de l’utilisation «privée» des mines dans les pays, comme le Cambodge par exemple, où elles sont devenues une arme banale, accessible à n’importe qui.En attendant, les efforts des divers organismes gouvernementaux et non gouvernementaux qui luttent contre ce fléau, semblent engagés dans un combat bien inégal.INDEX MÉTÉO Agenda.B6 Avis publies.B4 Classées.B5 Culture.B7 Économie.B2 Éditorial.46 Le monde.A5 Mots croisés.B4 Les sports.B5 Montréal Ensoleillé avec pas-ifc sages nuageux.Max: 24 Québec Ciel variable.Max: 24 Détails en B4 L'ENTREVUE Hélène Dïnnont: la critique du châtiment PAGE B 1 ?LE MONDE Encore des Casques bleus pris en otages PAGE A 5 SUR L’INFOROUTE Québec sur Internet: une coquille à remplir PAGE B 7 Mille sabords pour Greenpeace La marine française saisit le navire de Greenpeace PHOTO AP Ces deux commandos de la marine française, dont un est masqué, se trouvent sur le pont du Rainbow Warrior II après l’avoir abordé hier à proximité de l’atoll de Mururoa.Le navire de Greenpeace est entré dans la zone d’exclusion de l’atoll dans le but de protester contre la reprise des essais nucléaires français.Selon l’organisation écologiste, le navire a été saisi par les autorités militaires de l’endroit.Cette photo a été prise à partir d’un reportage télévisé.D’APRÈS AFP ET REUTER Paris — Dix ans presque jour pour jour après l’attentat contre le Rainbow Warrior dans le port néo-zélandais d’Auckland par la France le 10 juillet 1985, son successeur, le Rainbow Warrior II, a été abordé hier à l’aube par des commandos de la marine nationale française à quelques encablures de l’atoll de Mururoa.L’abordage du navire amiral de l’organisation écologiste, à proximité immédiate du site d’expérimentation nucléaire en Polynésie française, n’a «pas fait de blessé», selon le gouvernement.«Quelques grenades lacrymogènes ont été tirées et quelques cadenas brisés.Mais tout l’équipage et les passagers sont en parfaite santé», a-t-on indiqué auprès du Haut Commissariat de la République en Polynésie française.Actuellement, les passagers — 11 membres de Greenpeace, deux membres de l’équipage du voilier Vega qui l’accompagnait, Mgr Jacques Gaillot, l’indépendantiste polynésien Oscar Temaru, le pasteur Temarama et cinq journalistes — sont interrogés par les gendarmes.«Une procédure parfaitement normale et qui n’a rien à voir avec une mise au secret», a-t-on précisé de même source.Les passagers et journalistes présents sur le bateau pourraient être rapatriés très rapidement sur Tahiti.Le Rainbow Warrior était entré dans la zone d’exclusion des 12 milles nautiques.Il avait mis à l’eau la nuit précédente ses cinq zodiacs, qui devaient également entrer dans les eaux territoriales de Mururoa, de même que le voilier Vega.VOIR PAGE A 8: GREENPEACE Un projet de Réjean Thomas Le Québec pourrait avoir ses «volontaires sans frontières» ISABELLE PARÉ LE DEVOIR De Bujumbura à Paris, en passant par Jérusalem, le nouveau responsable québécois de l’action humanitaire.le Dr Réjean Thomas, tente de tailler une niche pour le Québec dans le vaste échiquier de l’aide internationale.Une niche qui pourrait bientôt comprendre une banque de «volontaires sans frontières» québécois que dépêcherait le gouvernement à travers la planète.De retour d’une récente mission qui l’a mené à Paris, au Burundi et en Palestine, Réjean Thomas, le responsable de l’action humanitaire internationale pour le Québec, parle sans cesse des projets qui se multiplient dans ses cartons.Lors d’une visite à Paris en mai, il y a rencontré les grands de l’aide humanitaire, histoire de voir comment se débrouille le seul Etat au monde qui possède un secrétariat à l’aide humanitaire.Il a causé avec les Kouchner et Emmanuelli, tous deux ex-directeurs de Médecins sans frontières et grands patrons de l’aide internationale en France et en Europe.Il a obtenu un entretien d’une heure avec Danièle Mitterrand, alors première dame de France, dont l'action sur le front humanitaire, par l’entremise de sa fondation France Liberté, est devenue un pion incontournable dans le domaine.«Nous avons discuté de possibilités de collaboration, de projets communs», explique Réjean Thomas, qui en caresse d’ailleurs plusieurs à la fois.VOIR PAGE A 8: VOLONTAIRES PHOTO JACQUES NADEAU Réjean Thomas est responsable de l’action humanitaire internationale pour le Québec.mm \ X* Il y cinq ans, Oka.Depuis l’été 90, plus rien n’est comme avant dans la petite ville du lac Des-deux-Montagnes Il y a cinq ans, le nom d’Oka, comme celui des Mohawks de Kanesatake, passait à l’histoire.Au cœur de cette petite ville de quasi-banlieue de Montréal, où l’on parlait jusque-là plutôt de tourisme, la crise autochtone s’est ouverte brutalement, en juillet 1990.Le Devoir revient aujourd’hui sur les éléments qui ont mené à ce conflit CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR mb&- jiyH ¦-?PHOTO ARCHIVES Scène célèbre des événements de 1990: un warrior sur une auto renversée de la Sûreté du Québec.1À l’origine, il y avait un petit village rela-¦ tivement paisible, nommé Oka, dans une zone remarquablement belle du Québec, pleine de superbes pins centenaires, aux abords du lac Des-deux-Montagnes.Chez quelques Blancs du village, peut-être les plus fortunés, les occupations et les préoccupations tournaient beaucoup, en 1989, autour de la marina, de l’achat de quelques propriétés et du club de golf privé d’Oka.Parmi ces Blancs vivaient cependant quelques autochtones (ils sont environ 2000 aujourd’hui), de la nation iroquoise mohawk.Leurs terres individuelles, en fait possessions du gouvernement fédéral, sont juxtaposées aux autres, comme en patchwork, forçant le voisinage, sans que leur territoire ne porte le nom de réserve.A l’été 1989; soit un peu moins d’un an avant la crise autochtone qui ébranla le Québec, ces Indiens-là semblaient avoir plus ou moins enterré leurs revendications territoriales, tout comme les morts qui peuplaient toujours un petit cimetière, à la frontière du terrain de golf.Quelle hache de guerre dormait dans ce jardin de pierre?Quelle colère inexprimée?Quelles revendications frustrées?VOIR PAGE A 8: OKA Les touristes ont renfloué le Festival de jazz De plus en plus d’affaires se concluent au FIJM SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR ?Grâce à une progression appréciable du nombre de touristes, la seizième édition du Festival international de jazz de Montréal (FIJM) s’est soldée par une augmentation ^e l’assistance, plus de 1,5 million de personnes, qui a favorisé l’atteinte de l’équilibre budgétaire.Président du FIJM, Alain Simard a précisé au cours d’une conférence de presse que la stratégie élaborée afin d’aller puiser davantage de clientèles en dehors du bassin montréalais avait commencé à porter fruit.N’eût été de l’injection de fonds inhérente à cette hausse du nombre de touristes au cours de la durée de ce Festival, celui-ci se serait peut-être conclu sur un déficit.D’autant plus que le taux de change était loin de favoriser l’équilibre des finances.Avec un dollar oscillant tant bien que mal aux alentours des 73 cents américains, il va de soi que la somme des cachets alloués aux musiciens était proportionnellement plus élevée que ce qu'elle avait été au cours des éditions antérieures.Et c’est là, sur ce front, que l’afflux des touristes a le plus contribué au succès de cet événement Vice-président, finances, du FIJM, Luc Châtelain a expliqué que la hausse du nombre de touristes, et évidemment des dépenses effectuées par ceux-ci, avait large VOIR PAGE A 8: FESTIVAL t A 2 I.K I) K V 01 H .I.K I.V X DI 10 J I' I I.L K T I 0 9 5 LES ACTUALITES Energie La Californie entre de pied ferme dans le bal de la déréglementation LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Depuis 20 ans, la Californie a été le berceau de plusieurs modèles parmi les plus novateurs en matière de gestion de l’énergie, comme la gestion de la demande notamment par les économies d’énergie, ainsi que la planification intégrée des ressources (PIR), laquelle a forcé l’examen des coûts sociaux cachés de la production d’énergie.Même si la plupart de ces méthodes sont actuellement mises de côté en raisop du vent de déréglementation qui souffle sur les États-Unis, la Californie pourrait bien ne pas perdre sa place (huis le peloton de tête des États novateurs car plusieurs de ses «penseurs» énergétiques voient d'un œil favorable la tornade qui secoue les institutions de la dernière génération.«Il est possible— nous en sommes convaincus — de diminuer les coûts de l’énergie et de l’électricité vendues ici sur un marché libre sans pour autant perdre les avantages obtenus dans le passé par le recours à la planification intégrée des ressources.Un marché libre nous débarrassera, par exemple, des vieux équipements polluants et inefficaces plus sûrement qu’une législation coûteuse à appliquer.Un marché libre contrôlera de lui-même l’expansion de l'offre car personne ne voudra lancer des projets dans un marché saturé.» «Mais, en même temps, poursuit John White, il est évident que la société doit prendre des mesures pour que les producteurs paient le prix de leur pollution ou des dommages causés à l’environnement si on veut qu’ils ne soient pas indûment avantagés par rapport aux producteurs d’énergie plus verte.Si, et j’insiste, “si” nous faisons en sorte que les énergies alternatives — et en particulier les économies d’énergie — puissent tirer le juste profit de leur valeur sociale, un marché libre les avantagera systématiquement», soutient John White, directeur généra! du Center for Energy Efficiency and Renewable Technologies (CEERT).Ce centre regroupe la plupart des entreprises californiennes impliquées dans la production alternative.Il ne s’agit pas d’un groupe marginal mais bien de centaines d’entreprises en santé, qui travaillent au sein du même organisme avec divers groupes environnementaux pour redéfinir les règles maintenant que le grand jeu de la déréglementation est lancé.Les Californiens, qui ont littéralement défini les règles du jeu en matière de transports depuis une décennie, veulent de la même façon inventer le modèle de l’avenir en matière d’énergie.pour ne pas avoir à le subir! Iü déréglementation imposée par le gouvernement fédéral américain permet a certains acheteurs, de grandes entreprises ou des regroupements de consommateurs à l’échelle municipale, principalement, d’acheter leur électricité auprès des producteurs de leurs choix.Il n’est pas impensable .théoriquemi nt et techniquement, que les individus puissent choisir chacun leur producteur en fonction de leurs intérêts ou de leurs conviction, comme ils peuvent le faire pour les interurbains.Mais cela semble peu probable à moyen et long ternie car seuls les achats importants, généralement à l’échelle municipale, vont permettre d’obtenir des conditions économiques avantageuses, racontent la plupart des experts rencontrés.«Il est évident, dans un tel contexte, précise de son côté Gary Heath, conseiller à la présidence de la California Energy Commission, que c’en est fini de la planification de la demande et des politiques énergétiques globales que nous avons élaboré depuis 20 ans: les producteurs et le marché vont faire la loi.Reste à voir ce que la population et les politiciens vont retenir de l'expérience acquise dans le passé pour assurer un juste équilibre avec les impératifs sociaux et environnementaux.Pour l'instant, le jeu est ouvert.» Le Dr James Walker, un entrepreneur en énergie alternative et membre du CÉERT, estime tout comme John White qu’il y a trois solutions susceptibles de réunir le meilleur de l’ancien et du nouveau système dans une économie de marché.Dans les scénarios, disent-ils, tout nouveau projet énergétique devra subir minimalement le test de l’évaluation environnementale car la déréglementation va invariablement relancer les projets de centrales thermiques en raison du faible prix du gaz naturel et du pétrole et, partant, relancer à la hausse les émissions acides et les gaz à effet de serre.Les différentes formules La première formule du centre vise précisément cet aspect.Le CEERT propose d’instaurer une limite absolue aux émissions acides et aux gaz à effet de serre pour l’ensemble de la Californie, sur le modèle des permis de pollution acide mis sur pied par le gouvernement fédéral américain.Le nombre des permis est limité.On peut les acheter et les vendre au gré des lois du marché, selon les stratégies de chaque entreprise.La limite des émissions industrielles de cet État devrait diminuer progressivement avec les années, Finie la planification de la demande et des politiques énergétiques: l’heure est à la loi du marché ajoute M.White, ce qui non seulement améliorerait l’air de tout le monde mais débarrasserait le marché des vieilles centrales thermiques.Ce système, dit il, serait plus efficace qu’une taxe sur les émissions de gaz carbonique (C02) car le simple mot «taxe» suffit actuellement à tuer dans l’œuf tout projet de politique aux Etats-Unis, philosophie républicaine oblige.Iü deuxieme formule consiste, selon le CEERT, à obliger les producteurs à se doter d’un «portefeuille d’énergie verte» dans leurs actifs, de façon à les inciter dans un contexte d’émulation technologique a recourir de plus en plus aux économies d’énergie ou aux énergies alternatives comme l’éolien, le solaire ou le géothermique.La part des énergies vertes de chaque portefeuille corporatif augmenterait avec le temps.Mais c’est une troisième formule que préconise le CEERT, laquelle recueillerait de plus en plus l’adhésion des grands groupes environnementaux, traditionnellement opposés à la disparition de la PIR et de la gestion de la demande par des organismes indépendants chargés d’assurer la suprématie de l’intérêt public sur celui des promoteurs.Selon cette troisième formule, tous les consommateurs californiens, gros ou petits, paieraient des frais d’utilisation pour le transit de leurs achats d’électricité sur le réseau unique (il est impensable d’imaginer actuellement des réseaux parallèles).S’ajouterait à ces frais d’utilisation de «l’autoroute énergétique» un tarif uniforme de 3,5 %, qui servirait à financer de façon statutaire les énergies les moins polluantes, pour rétablir l’équilibre social par rapport aux producteurs qui utilisent l’air ou les rivières publiques à leur profit.Les subventions automatiques seraient d’autant plus importantes que les impacts environnementaux seraient négligeables.«Une économie de marché fortement concurrentielle et ainsi corrigée ferait, du coup, disparaître les méga-projets, toujours chers aux grandes entreprises intégrées, publiques et privées, malgré leurs effets dévastateurs au plan environnemental.Si les économies d’énergie et les énergies alternatives occupent une part marginale du bilan énergétique de la Californie, elles ont accaparé plus de 75 % des projets des 10 dernières années car on tenait compte alors via la PIR des coûts invisibles imposées par chaque filière à la société.En rétablissant autrement l’équilibre avec de nouvelles règles, nous sommes certains que cette tendance vers des installations énergétiques plus propres et plus petites se confirmera et même s’accentuera.Mais pas aux dépens des ressources publiques que sont l’eau et l’air», conclut John White Les conducteurs de Saturn ne sont pas du genre à s’attirer des bosses.12 395 $' (transport 400$ en sus) Saturn SL 199 $/mois” location de 36 mois.Ils sont plutôt du genre à les éviter.Et c’est pour ça qu’ils ont choisi Saturn.Ils savent qu'ils peuvent compter sur les panneaux de carrosserie en polymère, antichocs et anticorrosion, pour minimiser les risques de bosses et d'éraflures.Ce qui — soit dit en passant — est une caractéristique dont aucune autre voiture de cette catégorie ne peut se vanter.Ils savent aussi quils peuvent compter sur les deux & Panneau de polymère sacs gonflables (au cas où), sur la faible consommation et sur l’excellente valeur de revente de leur véhicule.Ils savent surtout qu’ils peuvent toujours compter sur leur conces- t.à |g||| sionnaire Saturn.Ça ne fait aucun doute, les conducteurs de Saturn sont des gens avertis.2 sacs gonflables *PDSF.Les concessionnaires sont libres de fixer un autre prix.**Ces mensualités, basées sur une Saturn SL 1995 et calculées sur un bail de 36 mois, comprennent le transport (400 S), la préparation du véhicule et les frais d’acquisition (350 $).Par contre, I immatriculation, I assurance et les taxes ne sont pas incluses.À la signature du contrat, un versement initial de 1 596$, un dépôt de garantie remboursable de 300$ et le paiement des taxes vous seront demandés.m SATURN Signe de confiance Pendant la durée du bail, le Mais chaque kilomètre excédentaire ne vous talisé est de 11 549$.À l’expiration du bail que son prix d’achat sera de 7677$.Cest disponibles sur demande.kilométrage qui vous est alloué est de 72 000 km.coûtera que 5 c.En résumé, le coût net capi- si vous souhaitez garder la voiture - sachez garanti.Autres options et versements initiaux SATIRN « Pour faire tout autrement.BOURASSA SATURN SAAB ISUZU Laval 385-9191 DÉCARIE SATURN SAAB ISUZU Moniréal 483-5555 GRAVEL SATURN SAAB ISUZU 1 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aux milieux artistiques.Jean Chrétien et sa femme Aline y étaient présents; le ministre de la Sécurité publique, Serge Ménard, représentait le gouvernement du Québec.Paul Desmarais, président de Power Corporation, assistait également aux funérailles.Aucun d’entre eux n’a adressé la parole aux journalistes.David Berger, le nouvel ambassadeur du Canada en Israël, a déclaré que Saidye Bronfman était une grande personnalité dont la mémoire vivra à travers ses EN BREF ?DIX JOURS SOUS LES DÉCOMBRES Seoul (Reuter) —Un homme de 21 ans a été retiré vivant hier des décombres du grand magasin Sam-poong de Séoul, dix jours après son effondrement, a rapporté la télévision sud-coréenne.Les sauveteurs ont placé le jeunê homme, un étudiant employé à mi-temps dans le magasin, sur une civière avant de le déposer dans une ambulance.«J’étais en train de dégager du béton pour sortir un corps coincé dessous quand j’ai entendu quelqu’un dire: “je suis vivant, je suis vivant”», a expliqué un sauveteur à une chaîne de télévision locale.Aucun détail n’a été livré sur l’état de santé du survivant, qui se trouvait au troisième niveau du sous-sol du magasin.Le bilan officiel s’élève à 147 morts et près de 250 disparus.voir, c’est de pratiquer un test d’ADN», explique le professeur Malcolm Potts de l’université de Berkeley, qui a procédé avec son frère William, zoologiste à l’université de Lancaster (en Grande-Bretagne), à une étude génétique de la famille royale britannique.Selon les deux chercheurs, aucun des ancêtres de la reine Victoria n’était porteur du gène de l’hémophilie, qu’elle a transmis à ses enfants.Cela signifie qu’à moins d’une mutation génétique — une chance sur 50 000 que cela survienne, estiment les chercheurs — la reine Victoria, qui a régné de 1837 à 190), ne serait pas la fille du Prince Édouard, duc de Kent.PHOTO ROBERT SKINNER À droite sur la photographie, le petit-fils de Saidye Bronfman, Edgar, qui a procédé récemment à l’acquisition des studios de cinéma MCA Inc.De nombreux dignitaires aux obsèques de Saidye Bronfman œuvres caritatives et les arts, principalement grâce au centre qui porte son nom.«C’est une partie tellement importante de la vie culturelle de cette ville, un endroit où les jeunes peuvent venir et apprendre.Cela demeurera encore longtemps partie intégrante de cette ville», a souligné l’ancien député libéral.Saidye Bronfman a été l’épouse de Samuel Bronfman, le fondateur dé l’empire de la distillerie Seagram, qui est lui-même décédé en 1971.Son petit-fils Edgar Jr a été celui qui a procédé à l’acquisition récente des studios de cinéma MCA Inc.Une grande dame Parmi les nombreuses distinctions honorifiques reçues, la défunte était membre de l’Ordre de l’Empire britannique depuis 1943.Elle a ainsi été récompensée pour avoir aidé à fonder et à diriger la section juive de la Croix-Rouge canadienne dès le début du dernier conflit mondial.Elle a aussi accordé un soutien important à des organisations telles Aidons l’Enfance Canada, la Fonda1 tion culturelle Canada-Israël, lé Conseil national des femmes juives, la Galerie nationale du Canada et lé Musée des beaux-arts de Montréal.IL ETAIT UN PETIT NAVIRE.Zagreb (AFP) — Des archéologues croates ont découvert les vestiges d’un navire mauritanien qui a fait naufrage vraisemblablement au 3e siècle après J.-C.au large de File croate de Hvar.Le navire, immergé par 20 à 25 mètres de fond, dans une baie du nord de 111e, contenait 70 amphores cylindriques de 40 litres environ, toutes bien conservées et une dizaines d’autres plus petites dans lesquelles l’équipage conservait l’huile et l’eau.L’île de Hvar, située au large de Split, compte environ 800 sites archéologiques, dont 130 sous-marins.LA REINE VICTORIA, ENFANT ILLÉGITIME?Ixmdres (Reuter) — Ut reine Victoria n’était peut-être pas la fille du Prince Edouard, affirmaient hier deux chercheurs britanniques dans le Sunday Times.«Il existe une chance que Victoria soit un enfant illégitime.Le seul moyen de le sa- BYE, BYE, HUGH Londres (Reuter) — Hugh Grant et Elizabeth Hurley vont se séparer, mettant fin à huit ans de vie commune, après l’arrestation de l’acteur britannique en compagnie d’une prostituée à lois Angeles, rapportait hier le Sunday Mirror.Le journal cite des sources proches du groupe de cosmétiques Estée Lauder, avec lequel Elizabeth Hurley, 29 ans, a signé un contrat de 1,6 millions de dollars.Des dirigeants ont assuré qu’ils n’avaient exercé aucune pression sur l’actrice et top model mais ont ajouté qu’Estée Iauder était resté en dehors de l’affaire avec la certitude qu’Elizabeth Hurley «comprendrait ce qu’elle avait à faire».Hugh Grant, 34 ans, a été inculpé pour attentat à la pudeur après avoir été surpris par la police américaine avec une prostituée dans sa vpiture.Il est reparti pour les États-Unis où il a prévu une série d’interviews télévisées qui devraient être l’occasion de nouvelles excuses publiques.Hugh Grant, devenu célèbre depuis le succès du film Quatre mariages et un enterrement et qui assurait la promotion de son dernier film Nine Months avant la sortie le 12 juillet, défraie la manchette des journaux britanniques depuis plusieurs jours déjà. _____________________________- I.K I) K V 0 I H 1.1 i.r x Di mi j r i 1.1.k t i ii h r> A 3 Æ DEVOIR ACTUALITES Ï/Bljoutï iU GAMBARD Vrnlr K Mtrvkn lrthnu|ur 6.10-A, rue i'.ithc4rt, Montreal, ccnire-ville 866-.W76 -AGENT OFFICIEL ROLEX- Harris menace de privatiser TV-Ontario SUZANNE DANSEREAU PRESSE CANADIENNE Toronto — Alors qu’au Québec le gouvernement Parizeau s’apprête à modifier radicalement la vocation de Radio-Québec en coupant la moitié des postes et en abandonnant 90 % de sa production au secteur privé, en Ontario le nouveau gouvernement conservateur de Mike Harris menace de carrément privatiser sa télévision publique comme l’a fait récemment l’Alberta.I-a direction de TV-Ontario attend la tenue d’un briefing avec la ministre de la Culture, Marilyn Mushinski, pour savoir si le gouvernement Harris est vraiment sérieux dans sa démarche.Le président de TVO Peter Herm-dorf refuse d’emblée cette privatisation.Selon lui, la télévision publique ontarienne, qui célèbre son 25' anniversaire cette année, doit demeurer étatisée parce que 70 % de sa production est de nature éducative.«Que le privé puisse continuer à donner des services éducatifs tout en générant des profits serait un tour de magie», déclarait-il récemment en entrevue.Cette semaine, à l’occasion du dévoilement du budget de 1995-96, M.Hermdoff fera une importante annonce, vraisemblablement la mise à pied d’une centaine d’employés, soit près de 20 % de ses effectifs.Cette cure minceur, qu’on promet d’imposer au niveau administratif plutôt qu’à la production, fait suite aux coupes de 12,8 millions $ que la société a dû subir au cours des quatre dernières années, de même qu’à la réduction de 11 % de son effectif annoncée en 1992.TVO attire 2,3 millions de téléspectateurs en Ontario, TV-Ontario se prépare aussi à modifier radicalement la structure de son financement, a indiqué la porte-parole Sharon Saison.En vertu d’un plan mis de l’avant par M.Herrndorf, TVO compte s’auto-financer à 40 % en l’an 2000.A l’heure actuelle, la société ne s’autofinance qu’à 20 %.Le reste de ses revenus, soit 80 % de son budget, provient du gouvernement ontarien.(La subvention se chiffrait l’an dernier à 58 millions sur un budget total de 82 millions $).Pour atteindre son objectif, TVO s’y prendra de plusieurs façons: elle va diminuer ses coûts de production (lire: donner de plus en plus de productions au secteur privé et favoriser les coproductions, soit avec le privé, soit avec d’autres télés publiques) ; augmenter ses ventes d’émissions à l’extérieur; et aller chercher davantage de soutien chez les entreprises et dans le public, explique Mme Saison.Des exemples Voici quelques exemples: TVO vient de vendre une série d’émissions scientifiques à la Chine; elle vient de recruter 71 000 membres dans le public par l’intermédiaire de son programme de dons; et elle donne du temps d’antenne à des entreprises en échange de contributions financières.En résumé, du côté des effectifs, le «ménage» est en train de se compléter à TVO, .tandis que du côté de la production, la télévision ontarienne a pris le virage du privé.A cet égard, TVO a donc quelques longueurs d’avance sur Radio-Québec, qui vient tout juste d’entamer son processus de rationalisation.«Privatisation ou pas, TVO ne sera plus la même boîte d’ici cinq ans», prédit Adrien Cantin, producteur exécutif de l’émission Panorama, à la Chaîne, la télévision française de TV-Ontario.«Je ne vois pas comment un diffuseur privé serait intéressé à garder la chaîne et diffuser en français.La masse critique [de téléspectateurs] n’est pas là», dit-il.Cinq ans après la crise d’Oka Une plaie à cicatriser Rares étaient les Blancs au «pow-wow» mohawk de Kahnawake KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR La route reliant la réserve de Kahnawake à Châteauguay porte toujours les cicatrices de la désormais célèbre crise amérindienne de l’été 1990.Les tranchées sont aujourd'hui pavées, mais elles symbolisent encore les tensions entre les communautés blanche et autochtone.Et c’est justement pour tenter de panser les plaies que les Mohawks, depuis cinq ans, organisent un grand pow-wow comme celui qui s’est déroulé cette fin de semaine.A quelques jours du déclenchement de la crise amérindienne, ce pow-wow a revêtu une allure qui allait bien au-delà de la célébration de la culture autochtone.«Le premier pow-wow remonte à 1991, un an après la crise.Ce n’est pas une coïncidence: les Mohawks essaient de réparer les pots .cassés», a déclaré Lucien Morin pour le comité organisateur de l’événement qui se se veut apolitique.Bien que les Blancs aient été invités à participer à ce grand rassemblement, ils étaient peu nombreux (surtout des touristes), perdus dans une foule de milliers d’Amérindiens venus des quatre coins de l’Amérique.Selon M.Morin, il faudra attendre quelques années avant que Blancs et autochtones se rapprochent véritablement.«Mais la tendance est là», assure M.Morin qui a lui-même des origines mohawks.Malgré cet enthousiasme, plusieurs Mohawks interviewés se montraient hier sceptiques sur la possibilité de créer des liens avec leurs voisins.Tout au plus, haussaient-ils les épaules en signe d’impuissance ou accusaient-ils les gouvernements d’inertie.«Il n’y a de tensions que celles que l’on veut maintenir, affirme Lucien Morin.Je suis déçu du degré de bêtise des gouvernements fédéral et provincial.On ne se fait pas du capital politique en créant des conflits», juge-t-il.D’après ce dernier, les Blancs auraient avantage à s’intéresser à la culture autochtone, à la comprendre surtout.«Les gens des réserves se sentent déchirés entre les lois traditionnelles et le système artificiel mis en place par Ottawa, soit le conseil de bande.Chez les non autochtones, on a tendance à exagérer la crédibilité et l’autorité de Joe Norton [chef des Mohawks de Kahnawake] et du conseil de bande.Ici, on les respecte parce qu’ils contrôlent l’argent versé par le gouvernement, mais c’est une société matriarcale», explique M.Morin.Mais chez les Mohawks, les guerriers ont une place, ce qui n’est pas sans inquiéter la communauté blanche.En 1990, les affrontements se sont déroulés entre policiers ou soldats et les Warriors.Et après cinq ans, les mêmes problèmes pourraient se répéter, croient des Mohawks, certains que rien n’est réglé.Chose certaine, pendant qu’on célèbre la culture amérindienne et la fraternité, une réglementation excluant les Blancs de la réserve de Kahnawake a été instituée.Ainsi, les non autochtones ne peuvent ni résider ni travailler en territoire mohawk.«C’est une tendance malheureuse, estime Lucien Morin.On singe la politique raciste du gouvernement québécois, sa politique du sirop d’érable [embauche discriminatoire envers les autochtones, selon M.Morin].Mais les traditionalistes s’érigent contre ça.Les mœurs traditionnelles de la tribu relèvent de l’ouverture», indique M.Morin.C’est d’ailleurs dans cet esprit d’ouverture que le pow-wow s’est déroulé.Des spectacles de danse traditionnelle ont principalement retenu l’atten- Décès de Gérard Turcotte LE DEVOIR Gérard Turcotte, ancien secrétaire général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal de 1959 à 1984, de la Ligue d’Action Nationale et du Mouvement Québec français, est décédé à Montréal, le samedi 8 juillet dernier, à l’âge de 75 ans.M.Turcotte avait consacré toute sa vie au mouvement nationaliste.Il a milité et occupé diverses fonctions administratives dans les principales organisations nationalistes au Québec pendant plus de 50 ans.Fondateur de la Fédération des Sociétés Saint-Jean Baptiste du Québec — devenue par la suite le Mouvement national des Québécois — Gérard Turcotte a également été secrétaire de l’association des Amis cju Devoir dans les années soixante.A l’instigation de l’abbé Lionel-Groubc, il avait fondé l'organisation des Jeunesses nationalistes.«En Gérard Turcotte, le Québec perd un très grand patriote et le mouvement indépendantiste perd un des ses militants les plus ardents et les plus convaincus», a dit au Devoir Gilles Rhéaume, ancien président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.M.Turcotte était considéré comme un des meilleurs spécialistes de l’histoire du nationalisme canadien-français et de son évolution.Il a été un des dirigeants de la société secrète de l’Ordre de Jacques Cartier.M.Turcotte laisse dans le deuil son épouse Fleurette Bergeron, leurs enfants et petits-enfants.Sa dépouille mortelle sera exposée au salon funéraire Ubald Lali-me, 900 rue des Bourdages nord, à Saint-Hyacinthe et les funérailles auront lieu le mercredi 12 juillet à 14 heures en l’église Sainte-Eugénie de Douville.tion.Tous n’avaient d’yeux que pour les danseurs aux vêtements excentriques qui se déhanchaient et tapaient du pied au rythme des tambours et des chants gutturaux.Ici, des femmes habillées de «robes qui parlent» (garnies de clochettes, autrefois de petits os d’animaux), là des hommes aux costumes lourds de grelots et de peaux de bêtes superposées.Sur le pourtour de la scène centrale, des dizaines de commerçants offraient entre autres des bijoux traditionnels (faits toutefois de plastique), des figurines amérindiennes, des t-shirts aux couleurs des Warriors.La foule était on ne peut plus dense.Correction Dans notre édition de samedi, nous avons confondu deux reines égyptiennes, Néfertari et Néfertiti.Ce sera bien l’épouse de Ramsès II, Néfertari, qui ouvrira son tombeau aux touristes, question d’admirer les nombreuses fresques qui l’ornent.Nos excuses à nos lecteurs pour cette méprise sur la généalogie pharaonique! loto-québec R ESULTATS Tirage du 95-07-08 7 18 20 27 42 48 Numéro complémentaire: 3 t o GAGNANTS 6/6 I 5/6+ 7 5/6 289 4/6 16 606 3/6 315 238 q u é b e c LOTS 2 371 125,60 $ 101 619,60 $ 1 969,10 $ 65,70 $ 10,00 $ Ventes totales: 17 543 625,00 $ 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10,00 $ 3/7 682 763 partie, gratuite Ventes totales 9 737 604,00 $ Prochain gros lot (approx ) 2 500 000,00 $ Prochain tirage 95-07-28___________ TVA, le réseau des tirages Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle, cette dernière a priorité.K A K N HH E F ?LA PLAGE DU CAP-SAINT-JACQUES ROUVRE la plagt* du Cap-Saint-Jacques est de nouveau ouverte et propice à la baignade.Elle avait été fermée vendredi après que des analyses eurent démontré une forte contamination de l’eau.ORDRE DE LA PLEIADE À QUINZE QUÉBÉCOIS (PC) — IVès de 150 députés d’une quarantaine de pays se réunissent pour quatre jours à Québec dans le cadre de la XXL session de l'Assemblée internationale des parlementaires de langue française (AIPLF).L’organisation, dont la mission est de contribuer au rayonnement de la langue française et de promouvoir la démocratie dans le monde, s'inquiète de la place du français dans les organisations internationales, comme l’ONU.L'Assemblée des parlementaires profitera de sa réunion |x>ur remettre aujourd'hui l’Ordre de la pléiade à 15 personnalités québécoises pour leur apport à la langue française.Parmi les récipiendaires figurent le metteur en scène Robert Lepage, l’écrivaine Chrystine Brouillet et, à titre posthume, le chanteur Gerry Boulet.Le président de l’Assemblée nationale et président de l’AIPLF, Roger Bertrand, s’est dit heureux que la XXI' session ait lieu à Québec.Une dizaine de députés québécois participent aux travaux de cette session sous la direction du député André Boulerice.TENTATIVE DE MEURTRE À MONTRÉAL (PC) — La police de la Communauté urbaine de Montréal enquête sur une tentative de meurtre survenue dans la nuit de samedi à hier au centre-ville de la métropole.Un jeune homme d’environ 19 ans a été grièvement blessé par un projectile d’arme à feu et par au moins quatre coups de couteau à l’extérieur d’un bar.La victime repose dans un état grave à l’hôpital.Les circonstances de cet incident demeurent inconnues.PHOTO ROBERT SKINNER Jonathan, un jeune mohawk de onze ans originaire de l’État de New York s’est joint hier aux festivités sur la réserve de Kahnawake.METROPOLE DES SUICIDES Sherbrooke (PC) — La région de Montréal occupe le premier rang des 16 régions administratives du Québec pour le nombre de suicides commis en 1993, avec 284 décès classés dans cette catégorie dans le rapport que le Bureau du coroner en chef, Pierre Morin, vient de soumettre au ministre de la Sécurité publique.On rapporte par ailleurs moins de victimes de la route que de suicides en 1993 au Québec.Dans toute la province, 1292 personnes se sont suicidées alors que 956 autres ont péri dans des accidents de la circulation.Soignez vos pieds par ces chaudes journées d’été ! 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i a Ils ont raillé la décision de M.Parizeau ü'occu per une maison achetée par la Chambre de commerce de Québec, au 1080 des Braves, au lieu d’agir en faveur des démunis.Ils ont poussé le gouvernement à utiliser le bâillon pour mettre fin abruptement à des débats sur certains projets de loi pour souligner le caractère autoritaire des péquistes.Ils ont monté en épingle, pour les faire paraître comme une purge idéologique, les nominations partisanes à des postes de hauts dirigeants du secteur public faites par le PQ, en oubliant les centaines de nominations libérales faites en neuf ans de pouvoir.Durant plusieurs semaines, à coup d’allusions, la députée de Lapinière, Fatima Houda-Pepin, a cherché à faire passer le ministre des Affaires internationales et de l’Immigration Bernard Landry pour un xénophobe et un nationaliste obtus.Les libéraux ont cherché à faire passer M.Parizeau pour une sorte de despote qui voudrait censurer les médias ou empêcher les anglophones ou les immigrants de voter à leur guise au référendum.Pour ce faire, ils se sont appuyés entre autres syr tes déclarations de Pierre Bourgault, dont M.Parizeau avait retenu les services comme conseiller durant une période, avant de le limo-ger.Dans leurs interventions en Chambre, les libéraux utï-lisent un langage agressif.Il- insultent les ministeriels Le chef de l’opposition officielle Daniel Johnson, dont la fonction ap|x*lle pourtant à une.certaine réserve, n’échappe pas à la règle.A plusieurs reprises, il a du retirer des paroles non conformes à l'éthique parlementaire.I es libéraux ont leurs têtes de Turc: Richard Ix* Hir et Jean Garon notamment.On doit à l’opposition officielle le report du projet de loi sur la réforme de l’Aide juridique, une bataille bien menée au plan parlementaire, et appuyée sur un mécontentement populaire réel.Les libéraux se sont battus également contre le projet de loi 40 sur la liste électorale informatisée.Mais leurs motifs étaient ambigus.On ne savait plus, à un certain moment, s’ils le faisaient au nom de valeurs démocratiques ou s’ils le faisaient pour des intérêts partisans.On comprend l’opposition d’avoir combattu le projet de loi 46 qui réglementait de nouveau la construction résidentielle et, ainsi, renversait une décision prise par eux il y a à peine un an.De même, ils ont été fidèles à leur philosophie politique en s’opposant au projet de loi 90 qui impose aux entreprises de consacrer 1 % de leur masse salariale à la formation de la main-d’œuvre.On doit noter que ce ne sont pas, en majorité, les anciens ministres du gouvernement libéral qui ont occupé Le cheval de bataille des libéraux: nourrir la a: suspicion envers les péquistes la vedette sur les banquettes de l’opposition.Gérald Tremblay, par exemple, est visiblement mal à l’aise dans ce rôle où.parfois, les députés s’opposent pour s'opposer I jza Fnilla, à qui M.Parizeau avait offert la direction de Radio-Québec, semble à l’étroit entourée de fédéralistes purs et durs.Nouveaux députés en vedette lit vedette, ce sont quelques députés qui forment une espèce de nouveau •
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