Le devoir, 5 octobre 1995, Cahier A
! RÉFÉRENDUM LE DEVOIR Pau le des Rivières PERSPECTIVES Sur la piste des 350 millions La SRC a encore Vespoir d'être épargnée par Ottawa Et si Ottawa donnait un petit répit à la Société Radio-Canada en reportant une partie des compressions annoncées?C’est le fol espoir que nourrit la patronne de la télé française, Michèle Fortin.Au terme d’un exercice minutieux, entrepris à l’été sous l’œil d’une firme privée d’experts, les dirigeants de la SRC ont été invités à «trouver» 227 millions de dollars au cours des 18 prochains mois.A Montré^, la télévision française devra livrer 45 de ces millions.A ce jour, la direction de la SRC à Montréal a trouvé 21 millions et cherche activement les 24 autres, sans trop toucher aux émissions si l’on en juge par la saison extrêmement riche en nouveautés lancée cet automne.«Ce que nous avons à faire présentement est faisable.Si on restait à ce niveau-là, nous pourrions nous en sortir», estime Mme Fortin.Malheureusement pour la SRC, ce ne sont pas 227 mais bien 350 millions de dollars qu’Ottawa veut retrancher d’ici,deux ans du budget de sa société d’Etat.Le chiffre de 350 millions est devenu célèbre en mars dernier lorsque l’ex-président Anthony Manera a démissionné avec fracas après avoir découvert que le gouvernement sabrerait 350 millions (sur 1,1 milliard) dans les budgets de la société d’Etat d’ici 1997.Le ministre du Patrimoine, Michel Dupuy, avait nié la chose à l’époque mais le temps a rapidement donné raison à M.Manera.Depuis, employés et cadres n’arrêtent pas de s’interroger sur les secteurs et personnes qui seront sacrifiés.«En même temps, à force d’entendre annoncer la fin du monde, on finit par être vaccinés», commente un responsable syndical.Mais personne n’est immunisé pour toujours et quelque part avant les Fêtes, des mises à pied seront annoncées afin de permettre de trouver les 24 autres millions.Qui sera touché?Mystère.Pour le reste, les dirigeants de la télé française ont réussi à préserver l’ensemble de leurs services.Les mauvaises langues diront qu’il y avait bien du gras pour que tous ces millions aient pu être retranchés sans trop de douleur.Radio-Canada aime répéter, aussi, que ses méthodes de travail devront changer.Le défi est clair il faut produire à un coût comparable à celui du secteur privé.Ce qui n’est pas le cas présentement, quoi T pg méthodes qu’en disent les dirigeants.En fait, le secteur anglais a déjà une longueur d’avance: il étudie sérieusement l’option dite «users pay», déjà en vigueur dans les télévisions publiques d’Australie et de Grande-Bretagne (BBC), qui se rapproche d’une forme interne de sous-traitance et oblige chaque département à savoir combien il dépense exactement! Radio-Canada accorderait ainsi un budget précis à un réalisateur, qui aurait à négocier avec les maquilleurs, le service des décors, etc.Présentement, il est très difficile de connaître avec précision le coût de production d’une émission et beaucoup n’ont pas de comptes à rendre, ce qui encourage le flou budgétaire.Et l’inefficacité.Les 227 millions mentionnés plus haut font partie de ce que les bureaucrates appellent la phase 1.La phase 2, aussi appelée «phase du mandat et des orientations», ne pourra être complétée avant que le comité des sages de Pierre Juneau ne remette son rapport au gouvernement M.Juneau devait d’abord terminer son travail en septembre mais il a obtenu un délai jusqu’en novembre.Ottawa n’est sans doute pas fâché, d’ailleurs, de laisser passer le référendum avant de susciter un débat sur le rôle de la SRC.Le débat qui aurait pu avoir lieu il y a plusieurs mois mais qui ne s’est toujours pas produit — notamment parce que le gouvernement a sabordé au printemps un comité des Communes chargé justement de revoir le rôle de la SRC — devra avoir lieu un jour.M.Juneau, M.Beatty et le gouvernement devront décider, tôt ou tard, quel type de production doit taire la télé publique, quelles sortes d’émissions elle doit présenter et avec quel type de publicité.«Tout dépendra du choix global d’orientation pour la compagnie», déclarait cette semaine Michèle Fortin en ajoutant que «ce choix n’a pas encore été fait».D’ici là, cette dernière continuera de marteler son droit à la différence à Ottawa, droit qui semble avoir été compris puisque M.Beatty parle maintenant de la nécessaire asymétrie des télévisions anglaise et française.En clair, cela veut dire que la télévision de langue française sera libre de faire des compressions là où elle le juge approprié et même si, ce faisant, elle prend des orientations différentes de ses vis-à-vis torontois.C’est bien la moindre des choses: les deux services ont des clientèles et des problèmes tout à fait différents et la CBC envie les cotes d’écoute que certaines émissions recueillent à la SRC.Des Petite Vie à la CBC, il n’y en a pas.Il est loin d’être certain que le gouvernement fédéral voudra faire un petit cadeau à la SRC, ne fusse qu’en reportant de six mois ou un an une partie des compressions demandées.Après tout, le télévision publique est en compétition avec les pensions de vieillesse, l’assuran-ce-chômage et divers autres programmes qui subiront des amputations au cours des prochains mois.de travail doivent changer INDEX Agenda.B8 Avis publics.B6 ^ Classées.B8 Culture.BIO Économie.B3 Éditorial.AlO Le monde.-48 Mots croisés.B8 Les sports.B7 Montréal Ensoleillé.^ Max: 16 Québec Dégagement le matin.Ciel variable par la suite.Max: 15 Détails en B 7 ÉCONOMIE La pire année de l’histoire de l’immobilier LES ACTUALITÉS Environnement: Brassard réduit les normes d'impacts LE MONDE Comores: Paris met fin / au coup d’Etat PAGE B 3 PAGE A 5 PAGE A 8 Le MBA dans le rouge La faible fréquentation aux méga-expositions Beauté mobile et Paradis perdus oblige la direction à adopter un plan d’urgence STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBA) prévoit terminer son année budgétaire 1995-96 avec un déficit accumulé de plus de 2,3 millions de dollars.Ce manque à gagner, sur un budget total de 25,6 millions, s’explique en bonne partie par la faible fréquentation de ses deux méga-expositions estivales, Beauté mobile et Paradis perdus: l’Europe symboliste, qui n’ont attiré jus- qu’à maintenant que la moitié des 500 000 visiteurs prévus.Les deux expositions prendront fin dans dix jours.Le musée de la rue Sherbrooke a préparé un «plan de redressement» pour faire face à cette situation critique.Le projet prévoit résorber le déficit d’ici trois ans par l’entremise de diverses compressions budgétaires.La direction du MBA veut notamment retrancher 900 000 dollars de sa masse salariale avant l’an 2000 mais elle promet que ces mesures n’entraîneront pas de licenciements.La présentation de méga-expositions comme Paradis perdus ne sera toutefois plus possible pour quelques années.Le plan d’urgence, dont U Devoir a obtenu copie, a été adopté à l’unanimité par le conseil d’administration du musée à la lin septembre.Il doit être présenté demain matin aux employés de l’établissement et dans une quinzaine de jours aux médias.«Le déficit est impressionnant, mais ce n’est pas la première fois que ça se produit dans la vie du musée», com- VOIR PAGE A 12: MBA Une troisième sortie LHU 1 U JALQUE3 LN/iLUi/lU L’EX-PREMIER MINISTRE du Québec, Robert Bourassa, a effectué hier sa troisième sortie depuis le début de sa «rentrée politique».M.Bourassa a pris la parole devant le Groupe des Cent, une association de jeunes fédéralistes.Vif et articulé, fidèle à sa réputation d’«animal politique», il a notamment tenté de démontrer que le Québec a plus à gagner du fédéralisme que de la souveraineté.Nos informations en page A 5.Drogue et criminalité: la poule et Fœuf Les criminels sont-ils tous drogués?Les drogués sont-ils tous criminels?CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR La majorité des adolescents délinquants ont commis des délits avant de consommer de la drogue.C’est l’une des données ébranlant la relation de causalité établie entre la consommation de drogue et le crime, mises en avant par Serge Brochu, dans un ouvrage intitulé Drogue et criminalité, de la série «Perspectives criminologiques», publié aux Presses de l’Université de Montréal.Selon l’auteur, la consommation de drogue et de certaines drogues en particulier accroît l’implication dans des activités criminelles plutôt qu’elle ne la cause.Se basant sur la proportion et lage des contrevenants qui ont comparu devant le Tribunal de la jeunesse, l’auteur conclut: «Plus l’âge augmente, plus les drogues semblent s’enchâsser dans le style de vie des contrevenants.» Citant une enquête effectuée en 1990 dans des centres d’accueil La majorité des adolescents délinquants ont commis des délits avant de consommer de la drogue pour jeunes en réadaptation, l’auteur rapporte que plus des trois quarts de ces jeunes avaient déjà consommé une «substance psychoactive» illicite au cours de leur vie.La moitié de ces adolescents rapporte avoir déjà fait usage de cocaïne.«Quand on sait que cette drogue n’est utilisée que par environ 1 % de la population adulte canadienne, il devient possible de mesurer l’ampleur de la consommation chez ces sujets», écrit l’auteur.Par ailleurs, poursuit-il, les jeunes délinquants ont souvent consommé de l'alcool avant de consommer de la drogue.À ce chapitre.M.Brochu mentionne les quelques facteurs les plus susceptibles d’entraîner les adolescents sur la pente de la délinquance et de la drogue: la consommation précoce de drogue, ou l’initiation précoce à des comportements déviants, l’absence des parents, et des résultats scolaires faibles.VOIR PAGE A 12: DROGUE Marcel Masse quitte le CLF et fera campagne pour le OUI «Nous n'avons pas le droit de demeurer spectateurs de nous-mêmes» GILLES LESAGE DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Marcel Masse fera campagne pour le OUI référendaire.Ancien ministre unioniste à Québec et conservateur à Ottawa, M.Masse a demandé hier au gouvernement du Québec de le relever de ses fonctions de président du Conseil de la langue française pour lui permettre de participer en toute liberté au débat sur l’avenir du Québec.«Les choses étant devenues ce qu’elles sont, l’avenir du Québec doit passer par la souveraineté, car là où loge notre différence doit se trouver notre majorité», écrit l’ancien ministre de MM.Johnson, Bertrand et Mulroney, dans un document explicatif dont Le Devoir a pris connaissance hier en exclusivité.«L’évolution du Québec des dernières années est riche d’enseignement, ajoute-t-il.Pour ma part, j’ai tiré un trait.Sans rien renier de notre histoire, il faut savoir conclure: nous émanciper d’un fédéralisme de tutelle [.] Le temps est venu de nous engager et chacun doit apporter sa contribution.» M.Masse était président du CLF depuis seulement quatre mois, après avoir présidé l’hiver dernier la Commission régionale de Montréal sur l’avenir du Québec.N’étant pas fonctionnaire à proprement parler et ne pouvant prendre des vacances ou un congé sans solde pour faire campagne en faveur du OUI, il a dû démissionner, ce que le gouvernement de Jacques Parizeau a accepté hier.Dans sa nouvelle option, M.Masse retrouvera une coh lègue du gouvernement Mulroney, Monique Vézina, qui a présidé la Commission des aînés, l’hiver dernier, et a repris le flambeau à ce titre pour le OUI.Arthur Tremblay, qui a fait une longue et brillante carrière dans la fonction publique québécoise — il y fut notamment sous- VOIR PAGE A 12: MASSE i Beaudoin demeure au cœur du débat Laurent Beaudoin s’est encore retrouvé au cœur du débat référendaire hier.Le président de Bombardier, qui a soulevé mardi la possibilité d’un déménagement de l’entreprise advenant la souveraineté du Québec, a été conspué par le camp du OUI, tandis que Daniel Johnson, Michel Bélanger et Jean Chrétien se sont portés à sa défense.A Ottawa, Lucien Bouchard est passé à l’attaque pour la deuxième journée de suite en se référant à un document interne préparé par Industrie Canada, qui ferait état d’une opération de «conscription d’entreprises» qui pousserait les gens d’affaires à se prononcer pour le NON.Le gouvernement Chrétien nie toutefois avoir ainsi cherché à «ficher» les patrons à des fins politiques.La campagne référendaire, dominée par les gens d’affaires depuis quelques jours, a vite tourné à l’empoignade.— Nos informations en page A 6.¦ Le défaitisme de certains éléments du camp du OUI indispose Mario Dumont.A 6 ¦ La chronique de Guy Laforest: Un débat d’idées A 6 ¦ La chronique de Michel Venne: Les vrais chefs.A 12 I L’éditorial de Jean-Robert Sansfaçon: Cent budgets pour demain.A 10 Laurent Beaudoin Marcel Masse: «Il faut savoir conclure.» I 'ktfufr LA POSSIBILITE D'IMAGINER L'INIMAGINABLE avenir des communications sans fil se con en train de lire votre journal sur l'écran de votre ordinateur portatif.juguera bientôt au présent avec les SCP, ou ser vices de communications personnelles.Tout se mettra en marche dès que Mobilité Canada obtiendra une licence d'exploitation de 30 MHz, ughed Mais qu'est-ce que nous mettrons en marche, au juste?À vrai dire, cette technologie est telle umqgmez des médecins qui font des visites à domicile en se rendant au travail.ment évoluée que nous sommes loin d'en avoir découvert toutes les possibilités Chez Mobilité Canada, nous croyons fer mement en l'avenir des SCP.Voilà pourquoi nous avons prévu un fonds spécial de 135 mil- lions pour la recherche en laboratoire et pour le soutien aux PME canadiennes.Ces ressources serviront à mettre au point de nouvelles appli cations des SCP.Que ce soit dans le domaine de la santé, de l'éducation ou de l'exploitation minière, les SCP offrent une occasion d'approfondir nos connais LE DEVOIR MONTREAL filai de la réserve caller live de yuan Critique 11+ ] 38% La Société canadienne de la Croix-Rouge /n/o-colIcctc: 524-6724 Compressions budgétaires La lutte aux gangs de motards Les cégeps à nouveau en grève Une quarantaine d’établissements paralysés à l’occasion de la Journée mondiale des enseignants Le syndicat des policiers de la SQ fait marche arrière JEAN PICHETTE LE DEVOIR Une quarantaine de cégeps de la province, dont une dizaine de la région de Montréal, seront en grève, aujourd’hui, alors qu’une grande majorité des enseignants affiliés à la Fédération des enseignants de cégep (FNEEQ-CSN) et à la Fédération autonome du collégial (FAC) dresseront des lignes de piquetage pour protester contre la volonté gouvernementale d’imposer des compressions budgétaires à l’enseignement collégial.A l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, décrétée par l’UNESCO, de nombreux collèges seront donc paralysés pour une seconde journée en moins d’un mois, les enseignants de 26 cégeps affiliés à la FNEEQ-CSN ayant déjà débrayé le 14 septembre dernier.L’impasse persiste donc aux tables de négociations, malgré l’entente de principe intervenue jeudi dernier entre le gouvernement et la Fédération des enseignants du Québec (CEQ), qui regroupe 1500 membres répartis dans six collèges.Un seul de ces cégeps s’est pour l’instant prononcé sur cette entente, qu’il a largement approuvée.Les autres se prononceront d’ici la fin de la semaine prochaine.Du côté de la FNEEQ-CSN, on accepte désormais de situer les négociations dans le cadre des compressions de 20 millions de dollars imposées par le gouvernement.11 y a quelque semaines, c’est plutôt des compressions de 48 millions qui étaient envisagées de la part du gouvernement.Le syndicat refuse toutefois que cette ponction de 20 millions soit effectuée au seul niveau de la masse salariale.Il propose des mesures d’encadrement et de soutien des étudiants, qui devraient favoriser un plus haut taux de réussite et générer ainsi une diminution sensible des coût afférents aux difficultés des étudiants à compléter leurs études dans les délais normaux.Selon la FNEEQ-CSN, ceux-ci sont de l’ordre de 100 millions de dollars par année.«On veut que le gouvernement tienne compte de nos propositions visant à favoriser un meilleur encadrement des étudiants afin de diminuer ces coûts structuraux», explique la porte-parole Maroussia Kishka.Le syndicat qui regroupe les deux tiers des enseignants au niveau collégial avait déjà annoncé la semaine dernière que ses membres boycotteraient l’ensemble des tâches supplémentaires dévolues aux enseignants pour l’implantation de la réforme Robillard.Les enseignants d’au moins 23 des 31 syndicats affiliés à la FNEEQ dresseront aujourd’hui des piquets de grève, et on s’attendait à ce que deux autres fassent de même en soirée.Des délégations des différents syndicats affiliés se rassembleront à 14h au Centre des congrès, à Québec, où le président de la CSN, Gérald La-rose, et le président de la FNEEQ, Oliva Bouchard, prendront la parole.Des membres de la FAC, dont 15 des 17 syndicats seront également en grève, participeront de leur côté, en début de soirée, à une manifestation devant les bureaux du premier ministre Parizeau, au siège social d’Hydro-Québec, à Montréal.Ils seront pour l’occasion accompagnés de membres des syndicats affiliés à la Fédération des enseignants de commissions scolaires (FECS-CEQ), insatisfaits de l’entente de principe intervenue il y a deux semaines.Cette entente prévoit des compressions de 100 millions pour chaçune des deux prochaines années.A ce jour, près du tiers des enseignants des niveaux primaire et secondaire ont rejeté ces propositions.Des représentants des syndicats affiliés de Blainville-Deux-Montagnes et de La-\al, ainsi que des membres de l’Alliance des professeurs de Montréal, également affiliée à la CEQ, participeront à la manifestation de ce soir.< '¦ *s; k-mm Un artificier approche de la camionnette bourrée d’explosifs.PHOTO JACQUES NADEAU m***¦•¦ v ''ï*W v fWtp&lE 4* ¦* •»: '* - O C T O K II K I II II 5 \ (i REFERENDUM Les patrons ne font que leur devoir, affirme Jean Chrétien JEAN DION DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA es dirigeants de grandes entreprises .situées au Québec ne font que leur c evoir lorsqu’ils se prononcent en faveur ( u NON ou brandissent à leurs travailleurs la menace de pertes d’emplois en cas de souveraineté, estime le premier ministre Jean Chrétien.Au lendemain d’une nouvelle sortie percutante du président de Bombardier, Laurent Beaudoin, et de l’avertissement servi par la firme Spar Aérospatiale, M.Chrétien s’est porté hier à la défense des patrons qui prennent de plus en plus de place dans la campagne référendaire, affirmant que ceux-ci avaient surtout à cœur la protection de leurs employés.Les dirigeants «qui ont réussi avec l’aide du gouvernement fédéral à développer ces entreprises-là veulent les garder pour le profit des ouvriers.M.Beaudoin, lui, a probablement un assez bon compte de banque.Seulement, s’il y a un désastre, c’est pas lui qui va être dans la misère, ce seront les pères de famille qui travaillent dans ces usines.Et c’est ces gens-là qu’on veut protéger, au lieu de plonger dans le noir, dans l’aventure» proposée par les souverainistes, a déclaré M.Chrétien à la Chambre des communes.Il a ajouté que les gens d’affaires avaient «l’obligation», «le devoir» d’informer les Québécois des «risques» inhérents à un OUI et rejeté l’accusation que lui a lancée le Bloc québécois, à savoir qu’Ottawa se livrait à du «chantage» auprès des entrepreneurs afin de les forcer a appuyer le NON.«Depuis quand la vérité c’est du chantage?Depuis quand, lorsqu’on dit aux citoyens que leur avenir économique et politique est en danger, c’est du chantage?», a demandé le premier ministre.En Chambre, le Bloc est passé à l’attaque pour la deuxième journée de suite en se référant au document interne préparé par Industrie Canada qui fait la nomenclature des secteurs industriels au Québec et évalue les conséquences dramatiques qu’aurait pour chacun la «séparation».Le document, dont l’opposition a dévoilé une seconde partie hier, fait également état de l’importance des subventions fédérales versées aux entreprises de pointe et soupèse le rôle que pourraient jouer leurs dirigeants dans la campagne référendaire.Ottawa nie toutefois qu’il ait ainsi cherché à «ficher» les patrons à des fins politiques et parle plutôt de la nécessité d’«informer» les Québécois sur les vertus économiques du fédéralisme.Mais le chef du Bloc Lucien Bouchard s’est fait fort de relever qu’une note du rapport mentionne mot pour mot que «la PHOTO ARCHIVES Jean Chrétien: «Depuis quand la vérité c’est du chantage?» menace de cesser d’appuyer des industries [.] peut provoquer des réactions et des prises de position en faveur de la cause fédéraliste».Or, parmi les industries citées se retrouve Spar, dont l’un des diri- geants rappelait justement à ses employés, mardi, que «l’incertitude» nuisait aux affaires.Pour M.Bouchard, l’intervention de Spar «est le résultat concret de l'opération “conscription d’entreprises" par laquelle Ottawa pousse les gens d'affaires à se prononcer pour le NON», un geste qu’il a qualifié d’«empiètement disgracieux».Quant à la sortie de durent Beaudoin, qui a refusé avant-hier de promettre que Bombardier demeurerait au Québec ad-venant la souveraineté, le chef bloquiste a souligné qu’elle «fait mal» compte tenu de ce que c’est le «poids politique» du Québec à Ottawa qui a permis à Bombardier d’obtenir le contrat d’entretien des CF-18, il y a un peu moins de dix ans.Mais il a rejeté l’hypothèse voulant que cet octroi démontre que le fédéralisme pouvait être une bonne chose pour le Québec.Là encore, M.Bouchard a parlé de «chantage», qui, estime-t-il, se retournera contre son auteur.«On peut être fédéraliste et dire qu’on l’est, c’est parfaitement légitime.[.] Mais de dire “si vous ne pensez pas comme moi, je vais quitter le Québec”, c’est quelque chose qui fait mal quand ça vient de quelqu’un qui, pour moi, est un exemple vivant d’un Québécois qui est capable de réussir quand il est fonceur, quand il a de la volonté, de l’imagination et du talent», a-t-il expliqué.Camp du OUI Le défaitisme indispose Dumont PAUL CAUCHON LE DEVOIR Saint-Cyprien — Le chef de l’Action démocratique Mario Dumont se dit frustré de la «mentalité de loser [perdant] de certains éléments du camp du OUI», montrant particulièrement du doigt les analyses du sociologue Pierre Drouilly, un spécialiste des sondages identifié au camp souverainiste.«Il y a des gens qui disent: “moi, je suis pour le OUI, mais je ne suis pas certain qu’on va gagner”, dit-il.Moi, je ne marche pas comme ça.Je suis ici pour gagner.» ^ M.Dumont ajoute qu’il faut «dépersonnaliser le vote», faisant valoir que le vote référendaire n’est pas «l’affaire d’un parti, d’un homme ou d’une femme [politique], mais du Québec».Interrogé à savoir s’il aurait été préférable que Lucien Bouchard dirige les forces du OUI dans l’actuelle campagne, il a répondu que «ça n’aurait rien changé, et de toute façon M.Bouchard aurait été pris à Ottawa».Mario Dumont a pris soin de souligner les qualités de M.Parizeau, mais si jamais le NON devait l’emporter le 30 octobre, il faut s’attendre à «un redéploiement des forces nationalistes au Québec», dit-il.Mario Dumont a exprimé ces commentaires hier lors d’une conversation à bâtons rompus.La conversation a d’ailleurs donné quelques sueurs froides aux organisateurs de la tournée, qui ont par la suite tenté de convaincre les journalistes qu’il s’agissait d’une conversation non destinée à être publiée.Le chef de l’ADQ était en tournée hier dans son comté de Rivière-du-Loup en compagnie de son «père spirituel», Jean Allaire.Le premier ministre Parizeau présidait un conseil des ministres à Québec, tandis que Lucien Bouchard entreprenait une petite tournée en Abitibi: Mario Dumont devenait donc hier le leader d’un jour de la tournée officielle du OUI, suivie par la meute des médias.Après avoir prononcé un discours dans une toute petite entreprise familiale de Saint-Pacôme qui fabrique du vin de framboise, Mario Dumont a pris place dans l’autobus occupé par la presse écrite pour une partie du trajet de gaint-Pacôme à Saint-Cyprien.A cette occasion, il a discuté avec quelques journalistes de la presse écrite, émettant les commentaires évoqués plus haut.Mario Dumont s’est également dit confiant de voir les indécis se brancher pour le OUI, exprimant l’idée qu’il n’y avait aucune raison pour voter NON en 1995.«En 1980 il pouvait y avoir des raisons de voter NON [à cause des promesses du fédéral], mais pas cette fois-ci», dit-il.Mais pour susciter ce vote positif envers la souveraineté, il faut nécessairement bien informer la population de la nature du partenariat offert au Canada.Mario Dumont avait développé cette idée plus tôt dans son discours public, admettant que le camp du NON a pu «marquer des points» en placardant le Québec d’affiches sur la séparation.Mais, ajoute-t-il, «le camp du NON a complètement détourné la question.Il faut s’assurer que les gens ne tomberont pas dans le piège de Jean Chrétien, qu’ils ne votent pas sur ce que Jean Chrétien met sur les poteaux, mais bien sur la question qui est sur le bulletin».Car cette question fait clairement référence, ajoute-t-il, à «un nouveau partenariat économique et politique basé sur la souveraineté».Ce partenariat offre des «garanties sérieuses», soutient-il.Le chef de l’ADQ ne croit donc pas nécessaire de dévoiler avant le vote des tonnes de documents techniques sur le détail des négociations à venir puisque la proposition de partenariat est déjà assez claire.Cette proposition prévoit déjà «une période pour procéder, un nombre important de sujets d’intérêt mutuel, un comité de surveillance et d’orientation où des personnes en dehors de la politique vont contribuer à la négociation», explique-t-il.M.Dumont laisse également entendre que le Canada n’aura pas d’autre choix que de s’asseoir pour négocier, «compte tenu de l’ampleur des intérêts en jeu, des 350 000 emplois qui, dans le reste du Canada, dépendent du Québec, compte tenu aussi de la dette publique».«Plutôt que d’être en situation de demande, les Québécois doivent être en situation de proposer quelque chose au Canada.Le gros bon sens va faire le reste».Tout en convenant que dans le cas d’un vote positif pour la souveraineté «il y aura des efforts à faire» et que la vie ne sera pas «rose bonbon», il ajoute «qu’il ne faut pas tomber dans l’absurde à la Daniel Johnson, qui voit de nouvelles dettes pousser dans les arbres».«M.Johnson peut voir le responsable d’une partie de la dette actuelle tous les matins en se rasant devant le miroir», a-t-il lancé.Daniel Johnson PHOTO JACQUES NADEAU (ici avec son épouse, Suzanne Marcil) a poursuivi sa campagne dans le milieu des affaires, hier.Le chef du NON à la défense des Beaudoin et cie Le Québec n’est pas dans les ligues majeures, selon Johnson Il ne pourrait arriver à soutenir seul des entreprises comme Bombardier, croit-il KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Avec un produit intérieur brut de 170 milliards de dollars, un Québec souverain serait exclus des ligues majeures et trop petit pour soutenir des entreprises à envergure internationale comme Bombardier.C’est ce qu’a soutenu hier Daniel Johnson qui a poursuivi pour la troisième journée la campagne référendaire en frayant avec le milieu des affaires.«Ce qui est évident, c’est que le Canada, avec 800 milliards de produit intérieur brut, avec 30 millions d’habitants et avec les richesses que nous avons, n’est presque pas dans le club des pays qui peuvent soutenir les grands contrats à l’exportation que leurs entreprises essaient d’avoir.[.] Qu’on en tire les conclusions», a expliqué le chef du camp du NON.Du coup, M.Johnson s’est porté à la défense — entre autres — du président de Bombardier, Laurent Beaudoin, dont les propos contre le projet souverainiste qui pourrait l’obliger à envisager un déménagement de son entreprise continue de faire des remous.«Je suis toujours renversé de voir comment un énoncé, qui est le gros bon sens et l’évidence même, devient un drame», affirme M.Johnson.Et ce dernier a établi un parallèle avec le choix économique auquel sont confrontés certains contribuables.«J’ose dire que si les conditions de votre hypothèque, quand vous la renouvellerez, ne font pas votre affaire ou changent de façon draconienne, vous aurez une décision à prendre», a dit M.Johnson.Puis, sur le ton de l’ironie, le chef libéral a dénoncé les commentaires formulés par le vice-premier ministre Bernard Landry, qui se serait permis des «insultes» à l’endroit de M.Beaudoin, ainsi que par Jacques Parizeau, qui s’en est pris à Paul Desmarais, de Power Corporation.«J’aimerais dire qu’en matière de création d’emplois, j’ai plus confiance en Laurent Beaudoin qu’en Bernard Landry», a souligné Daniel Johnson avant d’ajouter qu’il avait davantage confiance dans «les Paul Desmarais du Québec que dans les Jacques Parizeau du Québec».Dans ce débat sur l’avenir économique d’un Québec indépendant dominé par les gens d’affaires depuis quelques jours, M.Johnson s’inquiète de la propension de son adversaire à dénigrer les porteurs de l’option fédéraliste, d’autant plus que le camp du OUI n’a toujours pas déniché de gens d’affaires qui lui sont favorables.«On s’acharne à museler les gens d’affaires.Mais ceux qui sont vraiment libres, indépendants du gouvernement, s’affichent», a clamé M.Johnson, qui oppose ainsi le retrait récent d’Hydro-Québec du Conseil du patronat du Québec.Le terme «intimidation» utilisé hier par M.Johnson ne fait toutefois pas l’unanimité.La présidente de l’Association des femmes d’affaires du Québec, Nicole Beaudoin, considère qu’il est exagéré.Par contre, cette dernière explique pourquoi les femmes, du moins dans les sondages, demeurent réticentes au projet souverainiste.«Je pense que les femmes ont peut-être un peu plus peur du risque.Les femmes chefs d’entreprise vont faire un peu plus attention avant de prendre le risque d’un investissement.Par contre, à long terme, on s’aperçoit que les entreprises gérées par les femmes vont vivre beaucoup plus longtemps que celles gérées par les hommes», soutient Mme Beaudoin.Quant à la guerre de chiffres en- clenchée avec les nombreux résultats contradictoires des études Le Hir et Johnson (la mise à jour mardi du budget de l’an 1 d’un Québec souverain concocté par M.Parizeau en 1973), le chef libéral remet en question la crédibilité de Jacques Parizeau qui évalue le déficit de l’an 1 à moins de cinq milliards de dollars, s’appuyant ainsi sur l’étude Lamonde et Renaud de l’INRS.«J’ai vu encore le premier ministre faire de la finance-fiction il y a quelques heures.Il nous dit que dans un Québec séparé, le déficit serait inférieur à celui du Québec comme province canadienne.Il a inventé, fidèle à son habitude, des chiffres, les a trafiqués et les a annoncés comme la vérité révélée», a tonné M.Johnson, qui situe un éventuel déficit à un minimum de 15,6 milliards.Le chef fédéraliste a profité de cet écart d’évaluation pour se moquer de son adversaire, prenant à partie les quelque 500 femmes membres de l’Association des femmes d’affaires du Québec (AFAQ) venues l’entendre à Montréal.«Embaucheriez-vous dans votre entreprise, pour dresser vos comptes, qüelqu’un qui fait des erreurs aussi grossières?», a-t-il demandé en martelant que le projet du OUI ne supporte par l’analyse économique.Par exemple, M.Johnson a mentionné la proposition péquiste de conserver la monnaie canadienne après l’indépendance.«Il est impossible de parler d’un pays séparé qui prend les grandes décisions économiques et qui n’a pas sa propre monnaie.On ne contrôle pas le taux d’intérêt, la masse monétaire et le taux de change.On ne contrôle pas grand-chose; on n’est pas maîtres chez nous avec la politique monétaire du voisin», a soutenu le chef du NON.Un débat d’idées A POLITIQUE EN BREF ?BOUCHARD APPELLE LES FRANCOPHONES À IA SOLIDARITÉ Val-d’Or (PC) — Les Québécois ne doivent pas examiner les résultats référendaires sur une bue ethnique ou linguistique.Tous les citoyens du Québec sont égaux et c’est le résultat de l'ensemble des votes qui scellera le débat référendaire, a averti le chefbloquiste Ijacien Bouchard.«Il faut accepter la composition démographique du Québec.Les Québécois sont des citoyens, quelle que soit leur origine ethnique ou leur langue, du Québec.C’est le résultat démocratique du vote de tous les Québécois qui compte», a-t-il dit hier.M.Bouchard répondait à l’animateur de Radio-Nord, à Val-d’Or, qui s’inquiétait de voir les francophones être majoritairement souverainistes alors que les allophones et les anglophones sont presque unanimement fédéralistes.Selon le chef bloquiste, les souverainistes se trompent de cible en s’en prenant à l’unité des anglophones et des allophones.«C’est à nous, les francophones, de faire la même chose, d’être solidaires, d’aller voter, et on va gagner.11 ne faut pas blâmer les autres», a-t-il ajouté.BÉLANGER À LA DÉFENSE DE BEAUDOIN Québec (PC) — le président du Comité organisateur des Québécois pour le NON, Michel Bélanger, a affirmé, hier, qu’il est tout à fait faux de prétendre que les tenants du fédéralisme canadien tentent «de rapetisser» le Québec ou de laisser entendre que les Québécois, sont des incapables.«Il n’y a personne qui rapetisse ou diminue le Québec, il n’y a personne qui dit que les Québécois ne sont pas capables», a-t-il dit.«Au contraire, ce sont les chefs d’entreprise [comme Laurent Beaudoin de Bombardier] qui ont été les premiers à démontrer que le Québec était capable de grandes réalisations.» Tout ce que ces gens «qui ont réussi» viennent dire aux Québécois, au cours de ce débat référendaire, c’est que le projet de souveraineté du gouvernement du Québec «représente des coûts élevés pour l’économie du Québec».«Cependant, a ajouté M.Bélanger, être capable, ça veut dire aussi avoir la capacité d’évaluer les risques d’un projet Les Québécois sont effectivement capables de ne pas prendre des vessies pour des lanternes.» «On est capables de voir quand Laurent Beaudoin dit que si on fait la souveraineté et que le gouvernement prend des mesures qui feront que son entreprise ne pourra plus fonctionner efficacement, il devra considérer changer son plan d’affaires.» M.Bélanger estime que de tels propos de M.Beaudoin ou de tout autre homme ou femme d’affaires dans le climat référendaire «sont sensés et de bon jugement».LA CEQ, LES FEMMES ET LE OUI (D’après PC) — Pour renverser la tendance actuelle et s’attirer le vote majoritaire des Québécoises, les leaders politiques du camp du OUI devront délaisser quelque peu les discours sur les structures politiques et économiques d’un Québec souverain au profit de l’éducation, de la création d’emplois et des conditions de vie, a fait valoir hier la présidente de la Centrale de l’enseignement du Québec (CEQ), Lorraine Pagé.«Les femmes sont préoccupées par les questions qui ont des incidences sur leur vie de tous les jours, l’éducation de leurs enfants, de formation de la main-d’œuvre, d’emploi, de stratégie de création d’emplois.Elles sont attentives à tout ce qui concerne la langue et la culture et attachées au développement de leur région», a dit Mme Pagé.Un sondage CROP rendu public samedi indique que 34 % des Québécoises se prononcent pour le OUI contre 48 % pour le NON et que 18 % d’entre elles n’ont pas encore arrêté leur choix.La syndicaliste a accusé les tenants du NON de mettre volontairement l’accent sur «l’insécurité économique» pour semer la peur chez les femmes.LE QUÉBEC DANS L’ALENA: DIFFICILE Québec (d’après PC) —L’accession d’un Québec souverain à l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) pourrait se révéler difficile compte tenu du nouveau conteste politique américain.Aucun nouvel Etat ne pourra vraisemblablement accéder à l’accord avant 1997, quit l’ambassadeur du Canada aux Etats-Unis, Raymond Chrétien.«Le climat politique actuel me paraît bien peu propice à une renégociation de l’entente [l’ALE-NA] et à l’inclusion de nouveaux membres», a déclaré hier l’ambassadeur Chrétien, expliquant qu’un fort courant protectionniste a gagné les institutions politiques américaines depuis l’élection des républicains à la Chambre des représentants.Un référendum inuit le 26 octobre Quelques jours avant le référendum devront répondre à la question suivan- public par le président de la Société le référendum du 26 octobre ou pour que les Inuits rejettent le projet de sou- du 30 octobre, les Inuits du Nou- te: Êtes-vous d'accord pour que le Makivik, Zebedee Nungak, hier, au celui du 30 octobre, les résultats ne veraineté dans une très forte propor- veau-Québec tiendront leur propre ré- Québec devienne souverain?cours d’une émission radiophonique font aucun doute pour M.Nungak.Ce- lion, comme ils l’ont fait lors du réfé- férendum, le 26, au cours duquel ils Le libellé de La question a été rendu réalisée à Kuujjuaq.Que ce soit pour lui-ci a expliqué qu’il s’attendait à ce rendum de 1980.5 octobre Journée mondiale des enseignantes et enseignants l l âk l 1",é P*8 (S*.V ,urager encou'»y sourire e*P//quer resPecter préparé % /i P v// O s°igner écovAer JO; aimer
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