Le devoir, 25 novembre 1995, Cahier D
shl mm ijâ/MHi m ¦••vmK**' *>» >:i8ii>(Mu ¦*:¦¦.M*-**gp*"— * IM ' —-¦-*-«* "*.t fern jcrr*: : sçipfcfcrrijr |ip>MHjKiw> |»iiid -Mm ¦ •¦>-*- fTnun fbfcS.E£r V X' '• La ville de Kafka et de Rilke n’est pas QU UNE VILLE PARMI .SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Prague — Le nom dé Prague est fantastique.Celui de Venise ne signifie rien.Londres et Paris non plus.Venise, Londres et Paris ne signifient rien ,parce qu’elles ne désignent rien de particulier, de précis.Alors que Prague nous dit, noufe signale qu’elle est quelque chose d’autre qu’une ville parce que son nom propre traduit un état Le nom de Prague est double: il est propre et il est commun.En tchèque, en langue tchèque, Prague s’écrit ainsi: Pràha.On ne sait pas le prononcer.On ne sait pas cela, on n’ose pas savoir cela, parce qu’on se demande s’il y a lieu d’en connaître l’adaptation sonore.Car dire Praha, c’est dévoiler qu’on est au seuil.En langue tchèque, en langue de Bohème, Praha signifie le seuil.Être à Prague, c’est être à la lisière, à la périphérie.C’est être en bordure.Etre à Prague, c’est fréquenter les frontières du labyrinthe édifié par Kafka et c’est constater que l’on frôle le labyrinthe cher, si cher, à Borges.Car Prague.Car Prague n’est pas l’unité de lieu des seuls écrivains tchèques.Ce n’est pas un lieu limité, réduit, circonscrit à un lieu commun.Voir Prague, sentir l’atmosphère du seuil, c’est éclairer les lieux de passages empruntés aussi bien par Ernst Theodor Amadeus Hoffmann et Gérard de Nerval que par John D7AUTRES C’est la FRONTIERE D7UN AUTRE MONDE CELUI DE LA PENOMBRE LABYRINTHES MM**» y *¦ DE L IRREEL .¦ iff*' fnr v 7 -mê *&.$£*****!.£#% mm QUI EST ICI .- mmuxtemmmm mmmm «Mm» fpnü - ^z *¦> y m*mnr mmmt mrmm mmm mmmm * » f .«y axa ira» ruk emm i v - .; ?mmm mmomt mmm- wmum mmm / æ '¦ '-f.üimsm faMcrv mènes* tsmtma » *->« ue® mmm mmm rx&sm mnr: ¦ v •.• -a/ ¦ ¦ dm mmm mmm r A- mmm tt-mm» mtam * •••t • mm.immtmmm si.; .' A wl3 X^ÜHT :«?UN VRAI «rr* MONDE VOIR PAGE D 2 : PRAGUE !C* vm mmm.mmm m w msssm $£Mm Tss dams rallia eawAttHr «s ï IK ÿfT;' e «sa So’uverain&tA er partenariat dai Tex-LRSS vmm-'m Souveraineté et partenariat dans l’ex-URSS Luc Duhamel Le problème des rapports entre le Québec et le Canada multiplié par douze.ESSAI • 272 pages • 32,95 S QUÉBEC/AMÉRIQUE LE DEVOIR // JVMllIctOH sü£€ /ij Littérature québécoise Page 1)6 ?Johanne Gagnon Page D8 Formes Page l) 10 Yvon Rivard «Les livres doivent nous apprendre à mieux vivre» Tout à l’heure, dans le soir tombant, Yvon Rivard s’en retournera retrouver Virginia Woolf avec qui il vit depuis deux ans et pour qui il a délaissé Peter Handke, lui-même ayant supplanté Rilke huit ans aupa-rant.Demain, au petit matin, il reprendra la page du roman à venir laissée en plan, avec cette obsession cjui ne le quitte plus d’arriver à exprimer ce que l’auteure des Vagues morte suicidée nommait «la fixité des choses qui passent».Pour l’heure, dans le milieu du jour, Yvon Rivard tient entre seg mains U Milieu du jour justement.A l’intérieur, un homme sans nom pris entre deux femmes qu’il est incapable d’aimer se débat avec l’indécision.Il désapprend peu à peu à construire des murs entre la vie et lui.Cet homme-là pourtant a déjà eu un nom, des certitudes, des refuges.Il a déjà cru en une grande vérité stable, fixe.Il a même dans le passé fait un voyage en Inde pour mieux se perdre.C’était il y a longtemps, dans un autre roman.C’était dans Les Silences du corbeau, le roman précédent d’Yvon Rivard publié en 1986 et qui a valu à son auteur le prix du Gouverneur général.Le Milieu du jour est une suite sans être une suite tout à fait aux Silences du corbeau.Voici quelqu’un qui avait toujours eu des repères, des références philosophiques, intellectuelles, esthétiques, quelqu’un qui se situait en dehors du réel et qui là, dans Le Milieu du jour, tombe.Il tombe de ce qu’on peut appeler le royaume du cœur: son être, son beau je qu’il a mis un certain temps à construire, s’effrite.Comment sauver son héros?Yvon Rivard n’a pas pu sauver son héros de l’enlisement malgré cette phrase de Peter Handke placée en exergue de son roman: «La question pour tout narrateur devrait toujours être: comment sauver son héros.» Yvon Rivard n’a pas pu faire en sorte que son héros trouve une voie d’évitement à l’autodestruction, et il s’en veut.«Pour moi, ce n’est pas la peine d’écrire un livre juste pour montrer la belle relation d’un échec de plus dans la vie.On n’a pas besoin d’en rajouter, c’est notre lot quotidien.Je .suis peut-être naïf, mais je pense que les livres doivent être écrits pour nous aider à supporter notre propre condition, nos propres peurs, pour nous apprendre à survivre à ça et à mieux vivre.» Alors?Alors Yvon Rivard va re-: mettre ça.Il a d’ailleurs commencé à écrire la suite de ce qui deviendra une trilogie.«Le désir d’autodestruction a peut-être un sens.Peut-être que mon héros sera capable un jour d’être en relation, sera capable de voir, de recevoir le monde, l’autre.Quand le moi lest complètement dissous, éclaté, quand se produit ce que j’appelle la - clochardisation du cœur, il y a peut-œtre à nouveau un moi possible, mais qui est élargi, élargi au monde, aux choses, aux êtres, au réel.» Et Yvon Rivard, dans tout ça?Il jongle avec des bouts cassés de rêves et de souvenirs, des si et des VOIR PAGE D 2 : RIVARI) II I) 2 I K |> K V ni».I, K s S A M I I) I - â K T I) I M V X 1 11 K 'i » X II V HI B H K I » I» ¦"> -*• I, I V II E S **- RIVARD «Écrire pour mieux voir; voir pour mieux écrire» PRAGUE Un hiatus toponymique et sentimental - IR'.'' ' Ai_I \ n est tous à^la,Recherche de quelque chose .
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