Le devoir, 30 octobre 1971, Supplément 1
X' nr &*M Un navire-bibliothèque V Inédits Michel Beaulieu Victor-Lévy Beaulieu Jacques Benoit Roch Carrier Emmanuel Cocke Marcel Dubé Jean-Claude Dusseault Pierre Filion Claude Gauvreau Jean-Claude Germain Jacques Godbout Antonine Maillet André Major Use Parent Claude Robitaille Pierre Vadeboncoeur Il • Le Devoir, samedi 30 octobre 1971 Devenez membre du CLUB DU LIVRE DU QUÉBEC Vous recevrez un livre GRATUIT d'une voleur de POUR LA SOMME DE $7S0,$O50 ET VOUS ÊTES MEMBRES À VIE CHOIX DE U VUES GRATUITS ©V 1- CES FILLES DE NULLE PART par Serge Deyglun Des nouvelles sensuelles d'une étonnante actualité.2- LES ROSES SAUVAGES par Jacques Perron Le tout dernier livre du grand romancier québécois.3- LE “PREMIER” DES HURONS par Max Gros-Louis Une autobiographie passionnante d'un Indien contestataire (illustré).4- UN COEUR NEUF SANS GREFFE par Jacques Lalanne Des moyens faciles pour garder votre coeur en forme.Chaque mois vous déciderez si vous achetez un livre ou non.AUCUNE OBLIGATION DÉCOUPEZ ET POSTEZ CE COUPON AUJOURD'HUI MÊME CLUB DU LIVRE DU QUÉBEC .n 1651, rue St-Denis, Montréal * Je veux devenir membre du CLUB DU LIVRE DU QUÉBEC, ce qui ne m'engage à rien.Je pourrai en tout temps me retirer du Club.Je recevrai chaque mois un bulletin indiquant les sélections et d'autres offres intéressantes.Si je ne veux rien acheter, je n'aurai qu'à retourner la carte-réponse.?Ci-inclus $1.00 pour frais d'admission ?Envoyez-moi GRATIS le livre No.Deuxième choix: livre No.I L NOM.ADRESSE.VILLE, Age, si moins de 18 ans.Occupation.¦ I us ae 400 Ætk.Plus de 3 millions d'exemplaires 75 romans 35 recueils de poèmes 1 10 prix du Québec, deux,prix du Gouverneur-général, 1 prix de l'A.C.E.L.F., 1 prix DuMaurier, 1 prix Chatrian, 1 prix de l'Association canadienne ¦ des bibliothécaires, 1 prix France-Québec et un prix Médicis.JACQUES HÉBERT président - directeur général 1651 rue Saint-Denis, Montréai, 849-2228 - ^ i .J .' ¦ • ¦ / ¦ ¦ ' ' " ' .I—.-.— Le Devoir, samedi 30 octobre 1 971 * IÜ supplément littéraire // EST QUESTION DE.L’implantation étrangère La géographie littéraire du Québec pages VI, VII, VIIL IX, X L’édition Le livre dans la cité pages XIII, XIV, XXVIII Le manuel scolaire La librairie pages IV, XIII page XII La bibliothèque pages XV, XVI à XIX, XXIII, XXV, XXVI La diffusion et l’exportation page XI L’éditeur officiel du Québec page XXX La nouvelle culture page XXI ¦ Les inédits pages XXIX, XXXI à XXXV, XXXVII à XXXIX Dans la cité, lorsqu’elle est libre, la prospérité du livre exprime la santé collective.Notre santé à nous doit être passablement chancelante.Les écrivains ne vivent pas de leurs livres, qui ne franchissent pas les frontières.Les faibles subventions québécoises à l’édition sont momentanément taries.On ne nous parle plus d’une compétition, mais d’une invasion, étrangère.Les éditeurs, qui choisissent, éditent et diffusent les livres, ne sont pas toujours équipés - hasard, miracles et improvisation - pour opérer la meilleure sélection possible, se heurtent à des coûts de fabrication beaucoup plus élevés qu’en France, enfin diffusent mal par manque de moyens et parce que le pays est vaste.La situation du livre de jeunesse est mieux qu’alarmante.“Je ne parle pas ici, dit un éditeur, de l’édition d’ouvrages de littérature car elle n’a pas besoin d’être protégée.Ce genre d’édition en effet n’est guère rentable chez nous.Elle ne fait donc envie à personne.’’ Tous les maux dont souffraient les libraires, et en particulier les petits, n’ont pas disparu par enchantement à l’annonce de la nouvelle politique du livre.La rentabilité de la librairie demeure souvent mal assurée et fort désordonnée l’établissement des prix et des remises.Virginie Boulanger rapporte dans “Québec-Presse": “Je crois que c’est dans une librairie que l’on apprend le mieux à connaître le livre”, a déclaré le ministre Cloutier, oubliant totalement, ce qui est très curieux pour un ministre des Affaires culturelles, cet instrument d’information et de culture qu’est la bibliothèque." Et en effet, la bibliothèque est oubliée, instrument, certes, de culture, mais surtout instrument gratuit quand le livre, comme dit Berthio, se fait cher et que seule, la bibliothèque peut le fournir à ceux qui ne peuvent pas payer.Voir péricliter les bibliothèques, c’est constater une fois de plus que nos régimes excluent le pauvre de la vie.En URSS il y a sans doute d’autres inconvénients, mais la culture, üvres ou disques, ne coûte rien.Il est inadmissible que, dans un régime démocratique, le manuel scolaire ne soit pas gratuit, inadmissible que la bibliothèque publique ne soit pas, de la part des pouvoirs publics, l’objet de toutes les priorités et de tous les soins.Touchant ici à un malaise aigu, nous avons demandé à M.Réal Bosa, président de l’Association des bibliothécaires de langue française, de se prononcer sur la question.Il a fait mieux: il a constitué une équipe de sept spécialistes qui prennent le problème sous tous les aspects et font remarquablement le point de la situation, exposant leurs difficultés et leurs efforts.L’esprit d'initiative ne manque pas.Sur la Côte Nord, où les routes, comme ailleurs, ne sont pas seulement longues mais inexistantes, c’est un bateau-bibliothèque qui se charge du soin de relier des villages qui ne sont pas seulement terriblement distants les uns des autres, mais peuplés bien souvent de quelques dizaines d’habitants.Editeurs, représentants des libraires et de l’édition scolaire exposent librement ici les éléments de la situation.Mais il y a aussi parmi eux ceux qui vous parlent et ne souhaitent pas être nommément cités.Résumons-les.“D’abord il devient impossible de ne pas manger au râtelier d’Ottawa: il n’y a plus rien à Québec.Lettre du ministère, septembre 1971: “Il ne nous sera plus possible de don- ner suite à vos demandes cette année, car les budgets de 74,000 dollars prévus à cet effet sont déjà entièrement utilisés.Il est inutile, dans les circonstances, de continuer à nous soumettre de nouveaux manuscrits en vue d’obtenir une subvention à la publication avant le prochain exercice financier.Il est possible aussi que la politique du livre nous oblige à modifier, ou à adapter aux circonstances, l’aide que nous avions apportée jusqu’à présent à l’édition.” Sur le plan littéraire, on est mangé par la France.Sur le plan du manuel scolaire, on est mangé par la France et plus encore par les maisons américaines, via l’Ontario.Ces gens ont un pouvoir extraordinaire.Ils ont avancé 10,000 dollars à un auteur pour faire un livre pour eux.Ils connaissent les programmes avant nous, semblent même parfois les déterminer, s’assurant massivement le marché.Leurs relations avec la France court-circuitent celles que nous pourrions avoir.“Sur le plan du marché local, les ouvrages à tendance très populaire sont l’affaire de deux éditeurs, au Québec.D’autre part, l’éditeur qui essaie de faire face reçoit des demandes surprenantes: on lui présente des thèses universitaires, des travaux très spécialisés, qui sont l’affaire des presses universitaires, alors que ces mêmes presses viennent concurrencer cet éditeur dans le domaine général ou dans celui de la vulgarisation.” par Alain Pontaut Certains contestent même le CSL: “L’éditeur, Je libraire ont des associations qui semblent quelquefois être juge et partie; nous ne souhaiterions pas que ces associations aient des relations d’affaire avec des organismes publics ni que l’aide du CSL soit plus un contrôle qu’une aide.” “Comment le CSL peut-il se dire “content” quand on assiste à : 1) la disparition de l’aide à l’édition; 2) la disparition d’un achat par le gouvernement de $50,000 d’ouvrages québécois distribués à l’étranger; 3) la quasi impossibilité pour le privé de dialoguer avec les personnes suceptibles de l’aider réellement, alors même que cet individu n’est pas sur le bien-être social, qu’il paie lourdement ses taxes." Les bi.*liéeaires contestent quelque peu aussi le CSL.“Il ne s’ac' r>is.nous dit ici l’un d’eux, de nier un rôle aux associ lions commerciales mais bien de les situer: les sociétés de libraires et d'éditeurs ainsi que le CSL ne s’occupent que d'un aspect du service du livre au Québec, aspect d’ailleurs de moindre envergure que celui dont s’occupent les bibliothèques et bibliothécaires, à savoir: servir d’agent d’éducation et de culture par la diffusion du livre au Québec." D’autres encore: “La critique est soit inexistante, soit partisane, soit plus intéressée aux best-sellers étrangers qu’aux livres québécois.Un livre que nous publions a été sélectionné deux fois: par nos lecteurs et par ceux du gouvernement.Leur jugement est aussi valable que celui d’un critique.Du reste, les journaux sont fréquemment a la remorque de ceux qui publient “Astérix” ou “La Femme ennuque".Le Canada anglais exploite mieux sa littérature, beaucoup moins abondante que la nôtre.”, etc.Dans cette crise aux visages multiples, fait remarquable, les écrivains continuent de produire.Les inédi ts que nous publions, fragments d’ouvrages à paraître sous peu, en témoignent ici’à l’envi.A ces témoins opiniâtres, nous avons pensé rendre hommage par l'établissement, ou l’amorce, d une petite géographie littéraire du Québec qui fait cavalièrement, mais avec des escales choisies, le tour d’un paysage imaginaire et réel.Donc la vie du livre continue, appelant cependant, et globalement, les réflexions suivantes.Que les professionnels du livre songent souvent avant tout à leurs intérêts propres est dans l’ordre des choses.Que ceux qui nous gouvernent n’appliquent pas.ou pas suffisamment, les bons remèdes n’est sans doute pas non plus ce qu'il y a de plus grave.Car l’essentiel - le livre, c'est notre carte d’identité - est que la vie du livre passe par la défense, inséparable, de la culture et de la langue.Pour ce qui est du domaine linguistique, M.Cloutier, défenseur officiel de notre langue pantelante, déclarait récemment à la télévision: “H faut se prémunir contre le bilinguisme tout en le favorisant." Ainsi chacun connaît la simplicité de son devoir! Combattez l’incendie mais faites aussi en sorte qu’il s’étende.Jugulez-le mais favorisez-le! Protégez-vous du raz-de-marée mais en vous y noyant à demi.Luttez, patient, contre la maladie mais en vous convainquant qu elle est inéluctable.Surtout restez français mais acceptez les évidences continentales, porteuses infaillibles de la mort de l'identité, de la langue, de la culture.On a donc déployé de nombreux efforts, dépensé largement notre argent, pour nous faire croire, monstre à deux têtes, que nous possédions deux cultures, comme il y a eu deux peuples fondateurs, et que la magie fédérale avait, de l’homme de l’Alberta, fait un heureux tenant de la culture française, de celui du Québec un possesseur aussi de la culture anglaise.Bref nous en avions deux, ce qui déjà n’était pas rassurant, les astucieux sachant que la majorité finit toujours par l'emporter.On nous dit aujourd’hui que nous avons rêvé.On ne nous a jamais parlé de deux cultures (Laurendeau?Connais pas.) mais d’autant de cultures, et tout à fait égales en ce pays des droits de l'homme, qu'il peut y avoir de groupes ethniques dans la population du Canada.L'ukrainien, le chinois valent bien le français.Et ainsi tout sera planifié dans l’unilingue puisque ces émigrants divers - imitez leur exemple -ne cnercnent pas, eux, à créer des difficultés: ils parlent tous anglais.Ici, évidemment, réside la menace, sur la culture et sur la vie du groupe.Pourtant, chez nous, le livre vit.Vivote serait peut-être plus exact.Les écrivains écrivent.La culture et la langue de la majorité de la population Québécoise ne sont pas mortes.C'est surprenant.Ce peuple est si entêté que, certains le prédisent, il finira par enterrer ses fossoyeurs.Et par réaliser, enfin, qu’on n’est jamais si bien servi, exprimé, réalisé que par soi-même.JjCS Classiques /teneontre «à volonté» ÏR Un libre choix parmi les 120 ouvrages fondamentaux rie la littérature classique mondiale Choisissez les seuls ouvrages qui vous tentent • Votre choix n’est pas encore une commande • Examinez d’abord le premier volume de votre choix Décidez ensuite Le volume magnifiquement ^ imprimé ™ et relié.' seulement (+ port et emballage, 30' 2 Une belle typographie, une belle reliure ne se décrivent pas Le plaisir du bibliophile est aussi de toucher un livre, de le sentir en main.C’est pourquoi nous vous offrons d’examiner un de nos ouvrages avant toute décision.N’hésitez donc pas à nous transmettre votre choix préalable.Nous ne le considérerons comme une commande que si vous conservez le volume que vous aurez vu.Le choix de vos lectures est une affaire personnelle.Grâce au système «A volonté», vous voilà libre comme devant les boîtes d’un bouquiniste.La liste des titres offerts est comme un immense rayonnage où sont exposés tous les ouvrages essentiels de la littérature classique mondiale.Parmi ces 120 titres, vous trouverez sans peine le modeste minimum de quinze ouvrages que nous vous demandons de retenir.Ils vous seront livrés au fil des mois prévus pour leur parution dans notre programme d’édition.C’est à cette programmation rigoureuse que nous devons de pouvoir vous offrir à si bas prix des ouvrages d’une telle beauté.Faite votre choix maintenant, mais ne commandez rien avant d’avoir examiné sans engagement et sans frais le premier volume de votre liste Oui, les ouvrages que vous allez cocher dans la liste ci-contre ne seront enregistrés comme une commande que si vous conservez le premier volume de votre choix qui vous sera envoyé sans frais à l’examen.Si vous nous le retournez dans les huit jours après réception, nous détruirons votre liste dechoix préalable, et vous ne nous devrez absolument rien.BON Éditions Européenijes Idée.iR pour un examen gratuit, à retourner aux Editions Rencontre, 764 est, rue St>Joseph, Québec 2, C.P.1617 Classiques, le volume 2.65 (+ frais d’envoi 0.30) Avant de souscrire aux ouvrages marqués d’une croix dans la liste ci-dessus, je désire recevoir sans engagement et sans frais le premier volume de mon choix.Je demeure entièrement libre de vous le retourner sans rien vous devoir, dans les huit jours après réception Dans ce cas, mon choix préalable ne saurait être interprété comme une commande et vous détruirez ma liste.Si je conserve le volume envoyé à l’examen, je m’engage alors à recevoir, dans l’ordre de parution prévu, tous les autres ouvrages que j’ai cochés dans la liste ci-dessus, et j'accepterai les conditions de souscription que vous aurez jointes à l’envoi du volume â l’examen.Cochez les cases des livres désirés, (au minimum 15).Ce n’est pas encore une commande.Choisissez au moins un volume dans chacun de ces trois premiers mois 3851 Andtr»*n: Contes 3808 Bronl» Cherlotle: Jane Eyre 3807 Daudet: Contes du Lundi 4334 Fleubtrl: Salammbô 3805 La Fayatt» M~ de: La Princesse de Cléves 8 3806 Montesquieu: Lettres persanes 4301 Pouchkine: La Dame de Pique La Fille du Capitaine ?3835 Stendhal: Le Rouge et le Noir 4327 Balzac: Eugénie Grandet 3812 La Fontaine: Fables 3830 Nerval: Les Filles du Feu 3803 Paacal: Provinciales • Pensees 3832 Prévost: Manon Lescaut | 4335 Renan: Souvenirs d Enfance et de Jeunesse 3815 Sand Gaorga: La Mare au Diable 3856 Scott: Ivanhoé j 3820 Barbey d'Aurevilly: Les Diaboliques ) 3819 Baudelaire: Les Fleurs du Mal 3887 Bernardin da Salnt-Plarre Paul et Virginie ) 3857 Gogol: Les Ames mortes ! j882 Hugo: Notre Dame de Paris j 3854 Mistral: Mireille i 3829 Poe: Histoires extraordinaires i 4313 Zola: L'Assommou Pour les douze mois suivants, votre choix est totalement libre Livraison dans le cours du mois indiqué j 3800 Balzac: Le Père Goriot j 3804 Bonnard André: Chels-d Œuvre de la Tragédie grecque: Agamemnon -Antigone - Iphigénie à Autis !38i3.3821 Cenrantès: Don Quichotte (2 vol ) 3843 Chateaubriand: Atala • René 3801.3809 Dostoïevski: Crime et Châtiment (2 vol ) ] 3823 Hugo: Quatrevmgt-treize j 3822 La Fontaine: Contes et Nouvelles ] 4315 Zola: Le Terre 13833 Aubigné Agrippa d': Les Tragiques 4333 Balzac: Splendeurs et Misères des Courtisanes ] 3638 Baudelaire: Le Spleen de Paris 3841, 3849 Dumas: Vingt Ans après (2 vol ) ' 4324 Hugo: L'Art d étre Grand-Père 3837.3845 Montaigne: Essais (2 vol ) j 4354 Murger: Scènes de la Vie de Bohème ] 4337 Stendhal: De l'Amour ?4325 Balzac: Le Colonel Chabert 3865 Brantôme: Les Dames galantes 4348 Flaubert: Trois Contes ?3839.3847.3855, 3863 Hugo: Les Misérables (4 vol ) B 3834 3642 Lesage: Gil Bias (2 vol ) 4347 Mérimée: Chronique du Règne de Charles IX Q 3850 Muaaet: La Confession d'un Enfant du Siècle ?3867 Ronsard: Les Amours 3853.3861 Dente: La Divine Comédie (2 vol ) 3886 Hawthorne- La Lettre écarlate 4320 Hugo: Les Travailleurs de la Mer 4353 Lamartine: Méditations poétiques 3885 La Rochefoucauld: Maximes et Pensées 3873 Maupassant: Bel Ami 4349 Vetiés: Le Bachelier 3858 Zola: Thérèse Raqum S 3836 Balzac: La Cousine Bette 3860 Bronta E.: Wuthenng Heights 3828 Constant: Adolphe 3802.3810 Dumaa: Les Trois Mousquetaires (2 vol ) ?3827 Rousseau: Les Rêveries du Promeneur solitaire ?4302 Tchékhov: La Steppe I 1017 -JOOÜ Tnlaln.Anna Uai ?^ j 3817 .3825 Totafoi: Anna Karéniqe (2 vol ) 4309 Zola: La Curée ) 4339 De Cotter.La Légende dTJlenspiegein 3870 Gautier: Le Roman de la Momie ] 4318 Hugo: Han d Islande ; 4356.4357 Manzonl: Les Fiancés (2 vol ) 3826 Marhreui: La Vie de Marianne ] 3818 Mérimée: Carmen , 4340, 4341 Stendhal: Lucien Leuwen (2 vol ) 3844 Vigny: Cmq-Mars H 3814 Balzac; Le Cousin Pons 4336 Bonnard André: Chefs-d Œuvre de la Tragéd e grecque Promôthée enchainé - Œdipe Roi - Alceste ?3872, 3881 3890 3899 Chateaubriand: Mémoires d Outre-Tombe (4 vol) ?3869 Fromentin: Dominique [ 1 4322.4323 Hugo: La Légende des Siècles (2 vol ) [ j 3824 Laclos: Les Liaisons dangereuses ?3816 Stendhal: La Chartreuse de Parme ?4303 Fourguenav: Premier Amour P 4331.4332 Balzac: illusions perdues (2 vol ) 1 3864 Daudet: Lettres de mon Moulin 3874 Eliot George: Le Moulin sur la Floss 3868.3877 Rabelais.Gargantua (2 vol ) 3859 Sévtgné M- de: Lettres 3878 Swift: Les Voyages de Gulliver __ 4355 Tristan et Y seuil P 3848 Zole: Germinal 381f De Foe: Robinson Crusoé 3840 Flaubert: Madame Bovary 3866 La Bruyère: Les Caractères 4342 Maupassant: Une Vie 3894 Perrault: Contes 4345.4346 Racine: Théâtre complet (2 vol ) 4343.4344 Rousseau: La Nouvelle Héloïse (2 vol) ?3876 Voltaire: Contes et Romans B 4350, 4351 Dickant: Mr Pickwick (2 vol ) 3862 Diderot: Jacques le Fataliste 3880 G manuels américains.A ce moment, l’éditeur étranger installé au Québec se trouvera désavantagé par rapport aux éditeurs québécois.Pour l’éditeur américain dont l’activité se borne à traduire en français les ouvrages de son catalogue, il apparaîtra clairement que la meilleure façon de faire des affaires au Québec consistera à céder à un éditeur québécois les droits de traduction et d’adaptation de tel ou tel manuel.Pour l’éditeur français, une autre voie, qui peut d’ailleurs devenir une voie royale, s’ouvre devant lui: celle de l’association.Que cette association se fasse au niveau des compagnies ou qu’elle se fasse au niveau de la coédition, il est clair que c’est la formule retenue par le Gouvernement du Québec et par le Gouvernement français.Dans le cadre de la coopération franco-québécoise, des budgets importants de coédition, de co-édition.En ce qui concerne l'association au niveau des compagnies, elle relève évidemment de 1 initiative privée mais ce que nos confrères français paraissaient ignorer, c’est qu’une telle association ne fait nullement peur à leurs confrères québécois.On pourrait presque dire au contraire.C’est là que le malentendu était le plus fermement ancré.Les conversations que nous avons eues tant à Francfort qu’à Paris devraient l’avoir dissipé.Bien entendu, cela n’empêchera pas les éditeurs québécois qui désirent continuer à travailler comme par le passé, de continuer à le faire, mais aucun éditeur français qui souhaite s'associer à un collègue québécois ne se heurtera à l’hostilité systématique qui a, il est certain, accueilli certaines implantations ces dernières années.Pour résumer notre position de façon à ne plus donner naissance à des malentendus, disons ceci: à l’implantation étrangère inspirée par: “Ote-toi de là que je m’y mette” nous répondons unanimement: “Nous n’y consentirons jamais.” A l'implantation étrangère se réclamant de: “Associons nos efforts pour mieux diffuser grâce au livre la langue française et la culture française" nous répondons unanimement: “D’accord." Didier AU SERVICE DES ENSEIGNANTS VOUS PRÉSENTE : LINGUISTIQUE ET LINGUISTIQUE APPLIQUEE N LA MÉTHODE AUDIO-VISUELLE ET STRUCTURO-GLOBALE DE SAINT-CLOUD-ZAGREB R.Renard,1971 Nouvelle édition revue et augmentée $3.45 LE VOCABULAIRE DISPONIBLE DU FRANÇAIS W.F.Mackey J.G.Savard.Tome I : 1971, cartonné, 536 pages Tome II : 1971, cartonné, 224 pages ENSEMBLE $20.00 Ce travail présente une étude sur le vocabulaire commun de l'Amérique francophone.Son but est de fournir la documentation pour une comparaison du vocabulaire commun de deux régions francophones, mais également de servir d'étude témoin à d'autres études analogues.Le Premier volume, "Le Vocabulaire concret usuel des enfants français et acadiens", a un but comparatif; il fournit toute la documentation nécessaire pour l'étude des différences et des ressemblances du vocabulaire disponible des régions francophones.Le Deuxième volume traite exclusivement de la situation acadienne.Il fournit les documents qui permettent une étude du vocabulaire des enfants acadiens, selon l'âge, et en tenant compte de l'influence du bilinguisme.FRENCH PHONOLOGY FOR TEACHERS -A PROGRAMMED INTRODUCTION Jérald R.Green et Norman A.Poulin CCD, 1971, 136 pages, illustré $3.75 Ouvrage utile aux professeurs anglophones enseignant le français et qui veulent une approche systématique de la phonologie française.Nombreux dessins et figures aidant à la compréhension de l'ouvrage.CENT PAGES SUR LA LINGUISTIQUE ET L'ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS AUX ÉTRANGERS J.O.Grandjouan 1970, 104 pages, broché $3.75 Il serait impardonnable de ne pas prendre connaissance de ce petit ouvrage qui s'adresse à tous les professeurs de français langue seconde.L'auteur fait le point, parfois avec impertinence mais toujours avec précision et bon sens, sur ce que la linguistique moderne apporte à l'enseignement du français aux non-francophones.Ce court ouvrage ne peut laisser indifférent et les trois courts chapitres intitulés "Sujets de réflexion" offriront à tous les professeurs des éléments de réponse à bien des questions qu'ils se posent sur "le pourquoi et le comment" de l'enseignement du français aux non-francophones.INTRODUCTION À LA MÉTHODE VERBO-TONALE DE CORRECTION PHONÉTIQUE Raymond Renard 1971, broché, 124 pages, illustré de diagrammes et tableaux, accompagné d'une bibliographie et d'un code de terminologie.$4.00 Voici exposé avec clarté une méthode de correction phonétique expérimentée pendant plus de dix ans de façon scientifique.La synthèse de ces expériences intéressera les professeurs de langues par ce qu'elle apporte du nouveau à un domaine jusque là considéré comme secondaire : la correction phonétique dans la salle de classe.LES LINGUICIDES J.O.Grandjouan 1971, broché, 320 pages $6 85 "POUR GARDER UNE LANGUE PURE IL N'Y A QU'UN MOYEN : LA TUER ET L'EMPAILLER!" Affirmation démente?Attaque contre la langue française?Attaque contre les puristes?Attaque contre les déprédateurs de la langue?NON! PIRE ENCORE! Attaque contre le relâchement permanent des francophones qui se complaisent dans des traditions pompeuses et infécondes, mais se défendent pied à pied contre un inévitable renouvellement du langage."SI NOUS N'AVIONS PAS RENDU LE FRANÇAIS VULNÉRABLE, LES TERMITES NE S'Y METTRAIENT PAS." Attention.Ne doit être lu que par ceux qui aiment la langue française et veulent la défendre au jour le jour n'importe où elle se parle.CEL DIDIER (CANADA)! 1442 Avenue McGill College, Montréal 110, Québec, Tél.: 288-7191 Le Devoir, samedi 30 octobre 1971 • V Une Charte mondiale du Livre 1972 vient d'être proclamée Année internationale du livre par l'UNESCO Une Charte du livre définissant les principes qui devraient régir le traitement réservé aux livres sur le plan national et international a été approuvée par les organisations internationales professionnelles réunies à Bruxelles du 20 au 22 octobre en liaison avec l’Année internationale du livre -1972.Cette Charte, qui est la première déclaration sur les livres approuvée au niveau international, souligne l’importance de la libre circulation des livres à travers les frontières.Notant le rôle capital du texte imprimé dans le domaine de l’éducation, le document indique egalement comment les livres peuvent promouvoir la compréhension internationale et la coopération pacifique, il expose les divers aspects de la contribution essentielle qu’apportent les producteurs et distributeurs de livres en mettant à la disposition des lecteurs des livres qui favorisent l’épanouissement de l’individu et le progrès économique et social.Les quatorze membres de la réunion de Bruxelles se sont félicités de l’état d’avancement des préparatifs de l’Année internationale du livre.Ils ont décidé de rattacher leurs conférences internationales de 1972 à l’entreprise commune.Ce comité était présidé par M.Herman Liebaers, directeur de la Bibliothèque Royale de Belgique, président de la Fédération internationale des Associations de bibliothécaires.A côté de représentants de pays grands producteurs de livres, il rassemblait des porte-parole de la Communauté internationale des Associations de libraires, de la Confédération internationale des Sociétés d’auteurs et de compositeurs, de la Fédération internationale de documentation, de la Fédération internationale des PEN Clubs et de l’Union internationale des éditeurs, ainsi que de la Fédération internationale des Associations de bibliothécaires.1972 a été proclamée Année internationale du livre par la Conférence générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco).Sous la devise générale “Des livres pour tous”, l’Année comporte quatre thèmes principaux; encouragement des activités des écrivains et des traducteurs; production et distribution des livres, y compris le développement des bibliothèques; promotion de la lecture; les livres au service de l’éducation, de la compréhension internationale et de la coopération pacifique.et le livre se fait chair EDITIONS DU Les Éditions du Jour est la maison qui, annuellement,publie le plus de romans d'ici, et le plus grand nombre de jeunes romanciers dont plusieurs ont atteint.ou atteindront la renommée mondiale.l/l Va voir au ciel si j'y suis Emmanuel Cocke Un roman bizarre, celui de Jésus Tanné, directeur du Ciel automatique.Un film-écrire, comme dit l'auteur.A reçu une critique enthousiaste qui a vanté le génie baroque d'Emmanuel Cocke.208 pages.$3.00 Des poètes authentiques dont les oeuvres ont mérité les plus hautes récompenses littéraires.La seule maison qui publie régulièrement les oeuvres des poètes québécois.l/l l/l IAi S La Violence au Pouvoir Maurice Champagne La violence faite à la personne à partir des rapports de l'homme et la femme.L'éclatement de la famille.La crise d'identité psychosexuelle.Un essai important qui est l'un des best sellers des Éditions du Jour.260 pages.C-65 - $3.50 Des documents essentiels pour celui qui désire connaître les cheminements profonds du devenir l/l l/l des Québécois.Un lien solide, celui d'un pays à inventer, d'un homme nouveau à créer.L'Apocalyspô Raoul Duguay Un recueil "hénaurme" par l'un des grands poètes québécois contemporains.Une vérita-i le somme baroque.Un livre qui s'inscrit dans la lignée du Manifeste de l'Infonie qui a connu, en 1970, un succès phénoménal.333 pages.C-71 - $5.00 Des oeuvres populaires, dç vulgarisation, des livres pratiques, peu coûteux, qui sont tout à la fois une détente agréable et un complément d'information, des manuels et des guides.l/l Blabiabla du bout du monde Jacquei Hébert De vieux souvenirs retrouvés, corrigés, garantis comme neufs.Des récits de voyage insolites, écrits dans un style étonnant.Illustré de plus de cent photos.280 pages.C-68 — $3.00 Mille, truts.Madame Alice Ber (Jeanne Grité-Allard) un livra ammemmoni pruiiquo.iuu> ica secrets de la ménagère : artisanat, soit beauté, cuisine, décoration etc.Mille conseils utiles qui épargneront temp argent.160 pages.C-69 - $3 Le cycle Gérard Bessette La dispersion de la famille.Sept monologues auxquels la mort d'un vieil homme sert de prétexte.Le meilleur roman de l'auteur de l'Incubation et du Libraire.GÉRARD Besette a aussi publié aux Éditions du Jour, Une littérature en ébulition.208 pages.$3.00 Mb **- Corridors Gilbert La Rocque Un jeune homme aux prises avec le terrorisme.Écrit dans un style superbe, ce roman est le deuxième d'un jeune auteur qui a déjà fait paraître Le Nombril.Les deux ont obtenu un bel accueil de la critique et des lecteurs.218 pages, $3.00 Dossier Pollution Marcel Chaput, biochimiste, Tony LeSauteur, chimiste L'eau, l'air, le sol, les aliments, les pesticides, les pétroles, les déchets radio-actifs, les déchets solides, les pouvoirs publics et le citoyen face à la pollution.Un documentessentiel.Septième mille.272 pages.C-66 - $3.00 L'Opinion publique et la crise d'octobre Michel Bellavance et Marcel Gilbert Une analyse scientifique sur l'impact qu'a eu dans la population québécoise l'escalade du terrorisme en octobre 1970.Des révélations étonnantes.192 pages.$3.00 Le Roi Jaune Louis-Philippe Hébert Des récits bizarres qui confirment le talent de Louis-Philippe Hébert.Plus de cinquante dessins de Micheline Lanctôt.Pour une nouvelle littérature.Dans la collection Proses du Jour.360 pages.$4.00 â L'octobre des Indiens Yvon Paré Le premier recueil de poésies d'un jeune auteur.Une poésie dure, actuelle, pleine de santé.L'une des grandes révélations de l'année.76 pages.$2.00 COOP »! CO OMI X Co-op et cooprix revanche économique des Québécois Jocquei-A.Lamarche Combien ça coûte, manger ?Combien ça coûte, vivre et aimer ?Et comment nos coopératives de consommateurs répondent-elles à ces besoins essentiels ?192 pages.C-70 - $3.00 DÉFIS AU PARTI QUÉBÉCOIS Défit au Parti québécois André Larocque Un livre qui pose le problème essentiel de l'indépendance du Québec : il s'agit pour les Québécois d'une révolution culturelle et sociale.Une préface de Guy Joron.144 pages.$2.50 - Un coeur neuf suns greffe Jacques Lalanne Une étude scientifique démontrant l'influence de l'exercice physique sur le coeur.Comment choisir le sport qui sera le plus bénéfique pour la santé.Différentes méthodes d'entrainement.260pages.$3.50 m&7w k Cuba Eugène Cloutier Après dix ans sous le régime de Fidel Castro, que devient le défi de ce petit peuple ?Un bilan provisoire des réalisations cubaines.Des questions sur l'avenir.Eugène Cloutier a aussi publié : En Tunisie, En Roumanie, En Suède et Journées japonaises.224 pages.RC-10 - $3.00 k.j| Les Roses sauvages ^ Jacques Ferron Le meilleur roman de Jacques Ferron.Le grand succès de librairie de l'année.Suivi d'une lettre d'amour soigneusement présentée.A lire absolument.176 pages.$3.00 POGT Manifeste pour la ro» liberté de lll»P l'information ÜÜR Claude Jean Devirieux Un vibrant plaidoyer pour une meilleure information.Par l'un des meilleurs journalistes québécois.En annexe : le fameux Dossier Z.228 pages.$3.00 Pour Saluer Victor Hugo Victor-Lévy Beaulieu Un essai littéraire pas comme les autres.La découverte de Victor Hugo par un jeune romancier québécois.Une étude essentielle par l'auteur de La Nuitte de Malcom Hudd et de Jos Connaissant.400 pages.$5.00 La tragédie des Indiens du Canada Harold Cardinal Le pamphlet d'un Indien canadien.Un livre profond qui a obligé le gouvernement a révisé sa politique indienne.Essentiel pour qui s'intéresse à la société juste.228 pages.$3.50 /• Le premier des Hurons Max Oné-Onti Gros-Louis L'autobiographie-pamphlet d'un Indien contestataire.Écrit par l'un des grands leaders du mouvement indien québécois.Des injustices, des espoirs et des revendications.Un beau livre.Illustré de photos.240 pages.$3.00 VI * Le Devoir, samedi 30 octobre 1 971 sii|)|)l• ' ' |iIomiMi I I i 11orai ro Petite géographie littéraire - // Quand je retournerai au Parc Belmont.Je sais bien que vous laisserez tramer quelques jours ce supplément littéraire du Devoir, en vous disant que vous le lirez tout à l’heure, à tête reposée.Je sais bien que vous éplucherez des concombres et des pommes de terre sur ces pages étalées.Je sens déjà l’humidité des épluchures, l’odeur âcre des encres délayées.Cest égal.J’ai quelque chose à, vous demander.Un service, en somme: pourrions, dans un grand yacht blanc, descendre la Rivière des Prairies disparues, et revenir en arc de cercle sous le pont de Cartierville, s’amarrer au quai.Rêver de voya-es.De Grèce antique et e gomme baloune, de Nil bleu, de trésors, de briquets, de statues dorées que la bouche d’une minuscule pelle mécanique ne peut avaler.Vous faites les choses en grand.Vous insistez pour que l’on choisisse de tourner un par Jacques Godbout Je voudrais être inhumé au Parc Belmont, sous ce gazon vert et juteux de rosée qui pousse derrière les palissades des montagnes russes.Il v a assez d’espace, je ne demande ni plaque, ni monument, un trou vite fait, et laissez l’herbe repousser.Alors je dormirai, je me décomposerai, je deviendrai une pelletée de ce sol québécois illuminé, transfiguré; tous les jours, à toute heure, soixante sept hauts parleurs diffuseront des airs enchantés, s’étouffant les uns les autres.mais de ce coin où je vous demande de m’enterrer j’entendrai malgré tout la voix nasillarde et suave de Brigitte qui kâle le bingo: “Toulmonde a sa carte?.” L’enterrement.Je voudrais que vous preniez mon cercueil et l’installiez dans un des charriots mécaniques du Royaume de la Peur, vous laisserez le demi couvercle ouvert, cela ne gênera personne: dans ces couloirs phosphorescents dansent, du plus loin que je me souvienne, des squelettes amis.Puis nous Ray Charles, puis un Trenet Charles, et si je mourais en laissant de l’argent vous inviterez les camelots du Devoir à ce saint Office.Ceux de La Presse y vont gratuitement.Vous apporterez de la bière, arce que le cola est imbuva-le mais vous mangerez des saucisses avec de la moutarde.Vous irez dans les manèges et glisserez mon cercueil sur toutes les banquettes assez grandes pour l’accueillir, et si elles sont trop petites, et si l’embaumeur a bien fait son travail, faites circuler mon seul cadavre, un tour de chevaux de bois, un tour d’auto-tamponeuse, un tour de serpent, une visite au Palais des miroirs.Scooter, laugh-in-the-dark, the freaks, roller, coster, pin-ball machines, test drive-u-self.C’est curieux! ces mots! que je balbutiais quand j’avais trois ans à peine.J’ai appris l’anglais au Parc Belmont.J’y ai rencontré la civilisation, celle que l’on me confierait plus tard, en imitation de bebelles en tôle ou carton-pâte pour Québécois seulement; j’y ai rencontré des filles, j’y • ai promené, beaucoup plus tard, mes enfants.La belle vie sacrament! La belle vie! Le Parc Belmont c’est ma ville américaine.A trente sous.La Ronde c’est de la frime, c’est de la poudre aux yeux.C’est pour la bourgoisie.Tenez, moi, j’ai fait le tour du monde, mais je n’aurais jamais survécu s’il n’y avait eu, ailleurs, des copies du Parc Belmont: à Coney Island, à la Feira de Lisbonne, sur les collines de Barcelone, aux Trois-Rivières, dans les terrains de l’Exposition, dans la banlieue de Mexico, et même, grâce aux fêtes de la Croix-Rouge, devant le palais d’Hai-lé Selassié.Je suis né dans la Côté-des-Neiges, j’ai grandi à Joliette, à Lanoraie, a Contrecoeur, à Montréal, au coin du boulevard SainWoseph et de la rue De-lorimier, j’ai vieilli à flanc de montagne, je n’aime que les horizons ouverts et larges et blancs et celui de l’Ile Verte par-dessus tout, je déteste les Laurentides ou l’on étouffe et ne voit rien, i’ai dans les narines l’odeur du Fleuve, dans la bouche le goût de la mer, dans les mains le laisir des cailloux et de la ache, dans les jambes celui de la chasse, cfans l’oreille le murmure du crapais-soleil, mais je voudrais, et c’est ma dernière volonté, être enterré’ au Parc Belmont.Quand tout sera fini, je veux dire la cérémonie, allez, je vous prie, lancer quelques balles ou quelques anneaux, tâchez de gagner un chapeau, un chien de peluche orange et bleue, ou une canne de merisier au bout de laquelle vous ferez danser un macaque édenté, dans ses poils de nylon.Vous passerez le tourniquet, les lumières clignoteront, l’asphalte sentira bon la patate frite.Et, depuis le parkipg, vous jetterez un dernier coup d’oeil: je reposerai en paix, bercé par le clignetis perpétuel des chaînes qui happeront tout à l’heure un train d’enfants en quête de vertiges.Et sur ma tombe, au printemps suivant, les plus belles fleurs in the world s’épanouiront: les pissenlits du Parc Belmont.WMM Petite géographie littéraire - III Saint-Jean-de-Dieu.Monsieur, Je m’accuse réception de vottre lettre par ailleurs non datée.Je vais essayer de répondre à votre question concernant Saint-Jean-de-Dieu que vous comptez visiter dès que votre employeur de Longue-Pointe vous en donnera la permission.J’espère pour tous mes concitoyens et pour moi-même que cela sera bientôt car nous manquons de tourisme bien que nous ayions rebâti notre eglise à la mesure de l’oe-cuministe international, oe-cuministe dont nous attendons aussi avec impatience la venue.Car, voyez-vous, cette église dont la spacieusité est énorme, nous coûte cher depuis que les miracles ne sont plus monnaie courante dans notre région.Permettez que je vous dise d’abord que le problème québécois n’est rien comparé au problème saintjeandedieusard.Depuis quelques années, nous vivons dans l’ambiguité.Emigrons-nous à Québec, Morial ou Sept-Iles que nous le constatons aussitôt.C’est qu’on nous craint, Monsieur, et de cette crainte nous avons longtemps été tenu en état d’ignorance.Comment mes concitoyens et moi-même aurions-nous pu nous douter que Saint-Jean-de-Dieu, sorti de son contexte et transporté dans un ailleurs de territoire, signifie folie, shizophrénie, voire même oligophrénie?Dans votre lettre, non datée me permettrai-je de vous rappeler, et dont l’entête mal imprimée me laisse deviner les mots de “Cité Gamelin” ou “Cité Camalin”, vous sem-blez faire un curieux rapprochement entre mon village et votre ville que je n’ai d’ailleurs, ni mes concitoyens ni moi-même, eu l’honneur d’habiter.Il faudrait, Monsieur, que vous sachiez, avant de venir nous visiter, que la seule anormalité dont nous souffrons, et bien! c’est de chômage.Ce n’est pas un problème de tête, mais de mains.Je vous disais donc, dans le cinquième paragraphe, que mes concitoyens et moi-mè- me vivons dans l’ambiguité.Paraîtrait-il qu’il existe, quelque part dans votre pays, un lieu nommé mêmement que le nôtre, et dont tous les habitants sont sur le bien-être social.Jusque là, nous tenons notre bout, puisque la majorité de mes concitoyens et moi-même sommes allocationnés à la même source.Mais y a-t-il une rivière qui borde le lit de votre village?Nous, nous avons la Bois-bouscache dont les eaux claires nous rappellent bien que nous habitons le seul Saint-Jean-de-Dieu québécois.J’ai d’ailleurs étudié le problème sur des cartes géographiques; cela m’a coûte douze dollars d’essence car je voulais être sûr de mon fait et j’ai dû faire le foule de ma tanque dans trois garages (Gulf, Champlain et Sonoco) afin d’être en mesure de vérifier me s sources.Je n’ai vu, sur aucune des cartes, un Saint-Jean-de-Dieu qui ne fût pas le nôtre et le mien.Je n’ai vu aussi qu’une rivière Boisbouscache, ce qui est une preuve d’authenticité.Malheureusement, tous mes concitoyens et moi-même n’avons une automobile qui nous permettrait tous, au moyen de l’essence et des cartes, de sortir de cette ambiguité dont je vous parlais.Nous en sommes donc réduits, quand nous quittons notre village, à nous nier pour éviter les déplaisirs dont nous sommes les victimes dans le monde québécois dont l’ignorance dépasse la nôtre.Même la pourtant banale expression TCs-tu-fou?" trouve alors en nous des résonnances de grosse caisse.par Victor-Lévy Beaulieu Le Devoir, samedi 30 octobre 1 971 • IX s UI» I» I o im* il ( I i 11 r;i i rt‘ Petite géographie littéraire - IV Lacolle et ses environs Ce n’est pas facile de parler en termes qui lui rendent justice du village où j’ai passé mon enfance et mon adolescence-si l’on excepte les longs mois où, à partir de onze ans, je me trouvais enfermé avec quelques autres garçons de Lacolle au collège de la ville la plus proche Saint-Jean.(Lacolle appartient à la région de Saint-Jean, mais j’ai toujours détesté cette ville, qui, à mes yeux, et encore aujourd’hui, se confond avec son ex-collège, devenu cégep depuis.) A quinze ans, à seize ans, je ne rêvais que de mon village et ne vivais que pour les courtes périodes que, chaque année, nous passions à Lacolle: trois jours à la Toussaint, une quinzaine pendant les Fêtes, quatre ou cinq à Pâques et deux mois et demi l’éte.J’ai quitté.Lacolle pour de bon à dix-huit ans.A cet âge, j’avais l’impression d’etouffei dans mon village, j’avais hâte de connaître Montréal, d’y vivre, et il me semblait que j’allais faire là mille et une rencontres plus intéressantes | les unes que les autres.Mon-Itréal ne m’a pas déçu, el ije suis toujours aussi enchanté d’y vivre qu’à dix-huit ans.Pendant plusieurs années, j’ai oublié Lacolle, que j’ai même cru mépriser un temps, et puis, peu à peu, je me suis aperçu que le peu que je savais sur l’homme et les Québécois, je le devais en majeure partie à mon village, de sorte que/ je suis revenu à de meilleurs sentiments à son endroit.Il me semble même, parfois, aussi étrange que cela puisse paraître, avoir contracté envers lui une dette dont je ne pourrai jamais m'acquitter.Et ce n’est pas ce court article qui changera grand-chose à cela.Lacolle se trouve à une quarantaine de milles au sud de Montréal, non loin de la frontière américaine.Le village n’a rien de bien remarquable, si ce n’est la gare en pierres de taille et imitant, dit-on, le manoir de Boucherville (je ne l’ai jamais vu et j’ignore même s’il existe vraiment), ainsi que le “vieux moulin’’, un assez grand bâtiment de ciment, construit près de la rivière, à la hauteur de la rue Roy, et où nous jouions des journées entières enfants.Cet ancien moulin à scie, comme on dit, que j’ai toujours connu désaffecte, était encore debout aux dernières nouvelles -grâces en soient rendues à la municipalité qui conserve ainsi aux enfants du village l’un des plus merveilleux jouets que j’aie connus.Le village compte une dizaine de rues, le nombre de ses habitants est de mille environ.Trois églises-catholique, anglicane et de la - United Church - s’élèvent sur la rue principale, la rue de l’Eglise.Particularité à noter: la majeure partie de la population travaillante est à l’emploi de la douane et de l’immigration canadiennes, ce qui fait pour ainsi dire de Lacolle un village de fonctionnaires 1) Les maisons de Lacolle sont pour la plupart bien entretenues et coquettes.Les plus imposantes, là comme partout ailleurs au Québec, appartiennent aux anglo-saxons.Une rivière aux eaux brunâtres, nommée la rivière de Lacolle, qui se déverse dans la rivière Richelieu, quelque trois milles plus à l’est, coupe le village eh deux.Du pont situé en plein coeur de l’agglomération, on peut observer des tortues, des rats, ainsi que des rats musqués y nageant en toute quiétude.Quand j’étais enfant, nous patinions tout l’hiver sur la rivière, et nous la remontions, en amont, presque jusqu’au village voisin, Saint-Bernard.Les environs de Lacolle, comme d’ailleurs toute la vallée du Richelieu, dont Lacolle fait partie, sont absolu- magine, les enfants continuent d’aller jouer comme par le passé.Rien de bien remarquable donc, sauf le nom peut-être: Lacolle.Pour ma part, j’ai déjà entendu une explication à ce sujet.Sous la terre arable, on trouve partout dans la région une glaise abondante, ce qui lui aurait valu le .nom de ta colle, en irqquois, nom qu’auraient traduit littéralement les premiers habitants français du village.ment plats.Les villages les plus rapprochés sont, au nord, Napierville; au sud, les villages américains Champlain et Rouse’s Point; à l’est, Cantic (un hameau, en fait); et à l’oues le petit village de Saint-Bernard (un village en ligne, qui ne compte donc qu’une rue) puis une dizaine de milles plus loin, Hemmingford.Comme tous les villages, Lacolle est entouré de bois-des bois d’habitants - où, j’i- 1.Un grossier mensonge, inventé pour la région par les libéraux, lors des dernières élections québécoises, s’appuyait sur cet état de choses.“Si le Parti québécois prend le pouvoir, colportaient gravement les officiels, les douanes et l’immigration vont disparaître’’.Bien des gens de Lacolle, dit-on, qui s’apprêtaient à voter pour le Parti québécois, mordirent à l’hameçon et votèrent libéral.mr-: mmm W f -.vu par Euphrème Rioux Beaucoup de mes concitoyens et moi-même avons donc pris la fâcheuse habitude, notre lieu quitté, de nous appeler plus communément FÜmouskois, Trois-pistolie ns, et pourquoi pas aussi Saint-guyens dont les habitants, soit dit en passant, sont de fieffés danseurs.Si nous avions plus de tourisme et moins de bien-être social, nous serions plus fiers de notre village et nous nous en vanterions.Nous osons espérer qu’après votre visite chez nous vous y reviendrez, mais cette fois pour y demeurer.Notre village de 1,275 âmes est charmant, les maisons sont peu chères, le coup de la vie en vaut le coût et nous avons la chance d'être alimentés par quatre hôtels de bonne tenue, tout en ayant un curé et un vicaire qui font bon ménage.En fait, notre seul problème est que nous manquons de médecins.Mais comme vous ajoutez à votre nom les lettres M.D.dont les valeurs minérales et logiques sont bien connues, nous avons la présomption de croire qu’en venant ici vous ferez une bonne affaire.Car notre village, nonobstant le fait de son bien-être social, est réputé pour joindre l’inutile à l'agréable.Au plaisir de nous saucer les pieds, mes concitoyens et moi-même, avec les vôtres dans la Boisbouscache.Victor-Lévy BEAUUEU (par intérim) •y.2 y '¦ * AVIS A TOUS LES LIBRAIRES GM11MARD • • MNOEL MONTREAL LES ÉDITIONS GALLIMARD ET DENOËL METTENT LEURS FONDS À LA DISPOSITION DE TOUS LES LIBRAIRES DIRECTEMENT A MONTREAL PAR L ENTREMISE DE LA SOCADIS 660 ¦ DESLAURIERS, TÉL : 331-3300 VILLE ST-LAURENT 379 GALLIMARD ET DENOËL REGROUPENT LES FONDS SUIVANTS ' GALLIMARD ' GONTHIER CHAMP LIBRE > DENOiL PLANÈTE MERCURE DE FRANCE PUBLICATIONS PREMIÈRES «TABLE RONDE DELPIRE • RST ET.ÉDITIONS DE MINUIT POUR TOUTE DEMANDE DE CATALOGUE OU INFORMATION CONCERNANT CES ÉDITEURS.PRIÈRE DE S'ADRESSER À: GALLIMARD LTÉE 660 - DESLAURIERS 331-4540 VILLE ST-LAURENT 379 DISTRIBUTION AUX LIBRAIRES SOCADIS 660 - DESLAURIERS, VILLE ST-LAURENT 379 TEL.: 331-3300 -"1 X • Le Devoir, samedi 30 octobre 1971 supplomeiiI Itl Iorîiirck Petite géographie littéraire - V Dans cette terre de roches, poussaient des poètes.vfïs, a; / \ Tinrl,n' .” i ;.* mtoétsMi Ï JKIvt -: *» ' "¦ — • .> mÊÊiM ¦ -n mmM mœËïissftïzi P' i swm fMm ‘ wtm '?¥ .Wêmt l?"r - p 'y-: WM wmmmm ymmm vP¥ -V>!\ Je n’ai jamais aimé le nom • du village de mon enfance: Sainte-Justine - de - Dorchester.L’été dernier à Lausanne, un journaliste à la radio me dit: “C’est un nom vraiment canadien: le français et l’anglais s’y affrontent comme dans Y‘La Guerre, yes sir!” Comment aurait-il pu comprendre que la famille anglaise de mon village parle français depuis quatre générations?mon village se tient tout entier sur le dos d’une monta- disait.Quelques-uns oubliaient leur foi religieuse; mais on ne revoyait jamais ceux-là: on ne revient pas de l’enfer.Dans ce beau Moyen Age, les rivières se nommaient: la Famine, la Quamme, la Belon-ne C’était il y a vingt ans.J’ai pourtant vu des choses qui me donnent le droit de parler d’égal à égal avec des hommes de quatre-vingts ans.Personne n’avait d’illusions: il fallait descendre de notre montagne, il fallait franchir les autres montagnes et descendre vers les villes, au loin.Tous, l’un après l’autre, nous sommes partis.Catien est devenu un très grand poète, Armand, à trente ans, est un savant et un évêque, Emery est un architecte futuriste et Roger est le plus célèbre dentiste de sa ville.Nous ayons aussi des amis qui sont manoeuvres dans les chantiers de construction américains et d’autres qui sont balayeurs dans des usines par Roch Carrier d’automobiles.D fallait partir.Jamais une promesse de politicien n’a paru acceptable dans mon village.R n’y avait qu’une seule vérité: partir.Tous, nous retournons.Quand nous arrivons à Pintendre, l’air commence à devenir bon.En gravissant le Mont Orignal, je me demande comment j’ai pu oublier la beauté des Apa-laches qui chaque fois m’étonne.Et là-haut, au sommet de la Crapaudière, à quelle époque vivent les gens sous leur antenne de télévision?Et voici Sainte-Justine-de-Dorchester.Attention! Un chef de police y règne maintenant.Defense de stationner à gauche.Et que de voitures! Je vois plus de voitures-sports que sur la rue Crescent.Mais elles sont souvent boueuses car elles arrivent des forêts lointaines.On fait cinq cents milles tous les samedis pour venir danser à l’Auberge du Bon Gîte.Les jeunes filles sont jolies; on vient de loin les cueillir.Rue Principale, elles sont habillées comme les mannequins des vitrines de la Compagnie Paquet à Québec.Sainte-Justine-de -Dorchester s’étale aujourd’hui autour de la montagne, car le village s’est développé à une allure “folle comme la jeunesse”, disait mon père.Chaque année, pas moins de deux ou trois maisons y ont été construites.Chacune déborde d’enfants.Leurs bicyclettes dessinent le tracé des rues futures.Mais ils partiront peut-être avant qu’elles ne soient construites.gne.Par la fenêtre de ma chambre, je voyais la forêt s’allonger jusqu’à la frontière américaine et derrière la frontière, brillaient des villes merveilleuses.Je rêvais.Vers l’autre horizon, je pouvais compter par temps clair jusqu’à dix-sept clochers d’egli-ses.il y avait aussi ce train que nous allions voir défiler avec ses caractères magiques écrits sur les wagons.Que de rêves! Quand j’eus lu Rimbaud, c’est là, dans le vent, que j’allais déclamer ‘‘Ma bohème”! Bohèmes! les hommes partaient de longs mois pour les chantiers lomtains.Je les voyais revenir, à la fin de l’hiver, en longues caravanes de chevaux fumants, la barbe noire, ivres, qui juraient avec des rires de bonheur.D’autres allaient plus loin encore: "tu n’étais pas au monde, m’expliquait-on, quand ils sont partis.” Ceux-là, souvent, perdaient leur langue, comme on .iifcf.* if * ks * *.V J mm m IA» LES MESSAGERIES INTERNATIONALES DU LIVRES INC.' _ _ _______________ PRESENTENT LE LIVRE DE POCHE A PRIX POPULAIRE &&1 dm Mnarice Kaci» «J Maxence Van der Meersch Maxence Van der Meersch Nathalie Sarraute Han Suyin Maurice Sachs tmthmUe mrrmite entré la vie Mm U GUIDE DES CHATS % Fernand Mery LE LIVRE DES CHIENS M*** F i Georges W, Roucayrol Paul Claudel L'ECHANGE Henri Troyat Paul Claudel les sciiuilllctt / Z'— ^ Pierre Daninos DEUX BEST-SELLERS LA COMBINE G.William Marshall Ce roman est un aperçu extrêmement détaillé de la lutte à mort qui se déroule dans les milieux du cinéma à Hollywood, New York et Paris.L'enjeu de cette lutte est le pouvoir.Les armes utilisées sont l'argent, la violence, le sexe.La lutte commence par la corruption volontaire et irréductible d’un homme.Après quoi, il n'est plus maître de la Combine.La Combine le possède .THE LOVE MACHINE L'AUTEUR : JACQUELINE SUSANN ait l'auteur de "La Vallée des poupées” qui futpendant 28 semaines N01 des best-sellers américains.NO 1 sur la liste des best-sellers américains pendant plus de cinq mois, J&epeUne Stmpn 8.lUUun lürtluül COMBINE SUGGESTIONS DE LIVRES À OFFRIR AUX ENFANTS 500 métiers des plus traditionnels aux plus nouveau.£\atjc METIERS H.Rensenbrink Jean-Paul Barthe «mm les animaux mont raconte •Plantes vénéneuses et parasites HMtfa*** ét* pfzev* qilKhtli* l'Univers des plantes I Walt Disney LES MERVEILLES DE DEMAIN » Us merveilles de demain nmtTtttelîr’iirni Mickey à travers les siècles TOUS CES VOLUMES SONT EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE HABITUEL Le Devoir, samedi 30 octobre 1 971 ?XI su|)|>lc;imknI litlôrairo La diffusion du livre québécois L'écrivain et le public dans le camp des victimes par JACQUES THÉRIAULT Un jeune homme, un manuscrit sous le bras, entre chez un éditeur.- Mademoiselle, dit-il à la réceptionniste, j’apporte un roman Que faut-il faire?- Cest très simple monsieur, répond la jeune fille.Il vous suffit de le laisser, d’attendre de cinq à six semaines, à la suite desquelles vous recevrez une réponse.” Chaque année, des centaines et des centaines de manuscrits sont soumis aux éditeurs québécois.Ils sont d’abord déposés sur une tablette, puis remis entre les mains d’un comité qui prend la décision de les refuser ou de les accepter.On appelle ça “mettre un auteur sur le grill”.Et parfois, deux ou trois lectures ne suffisent pas: si les opinions divergent, le manuscrit est encore relu et la décision est prise en comité de lecture, sorte de comité central de la maison d’édition.Malgré cela, une erreur Des éditeurs Car, le fait est bien connu, la situation de neuf écrivains sur dix est précaire et risque de le rester encore longtemps, jusqu’à ce qu’on considéré l’activité littéraire comme une “vraie” profession.Si on en fait grief aux éditeurs, ils répondent que c’est le système qu’il faudrait avant tout changer et que, s’il y avait au Québec, comme en Grande-Bretagne, des bibliothèques achetant tout ce qui parait, ils seraient assurés de vendre tous leurs premiers tirages, donc de rentrer dans leurs frais, et qu’ils prendraient alors plus de risques.Ils ajoutent aussi que si les livres coûtent cher, c’est que le distributeur et le libraire touchent à eux deux quarante-huit pour cent du prix de vente et que les frais de fabrication, de publicité et les est toujours possible.On se souviendra par exemple, que Gide, alors lecteur à la NRF, avait refusé “A la recherchi du temps perdu” de Proust en disant: “Cest plein de duchesses et de marquises.Ce n’est pas pour nous.On sait aussi qu’un éditeur italien, Elio Vittrini, refusa de publier "Le Guépard”, il y a une dizaine d’années.Mais ne nous perdons pas en conjonctures.Il est désolant pour un jeune auteur de ne pas être “reconnu”, mais il est peut-être encore plus difficile pour l’écrivain publié de se rendre compte brutalement qu’il ne jouit pas d’un très large public, que son oeuvre n’est pas diffusée comme il l’avait souhaité, qu’il est l’esclaye d’ intermédiaires (éditeurs, imprimeurs, distributeurs, libraires, etc) dont le travail n'est pas toujours bien coordonné, qu’il n’arrive même pas à vivre de sa démarche créatrice.nécessiteux?droits d’auteur qui sont à leur charge représentent près de quarante-cinq pour cent du prix - de vente.Bref, l’éditeur ne toucherait environ que sept pour cent du prix de vente et un livre ne lui rapporte que s’il tire à des dizaine de milliers d’exemplaires, ce qui en diminue le prix de revient.Tout cela est vrai, mais on connaût tout de même assez eu d’éditeurs nécessiteux et eaucoup d’écrivains endettés.Qu’en est-il des droits d’auteur?C’est assez mince, il faut le répéter.En admettant qu’un livre se vende à 3,000 exemplaires (un recueil de poèmes dépasse rarement 1,000 exemplaires) et qu’il se détaille au prix de $2.00, l’auteur toucherait environ $600.Les bourses gouvernementales?Elles peuvent aller jusqu’à $7,- 000., mais les écrivains reçoi- est nettement insuffisant pour vent généralement entre $2,000 vivre, et l’écrivain doit géné-et $3,000.Somme toute, le sa- râlement exercer un second laire de la création littéraire métier.L’économie du livre Mais, d’une façon générale, l’écrivain regrette également d’être coupé de son public, de ne pas participer de plus près à ce qu’on pourrait appeler “l’économie du livre”.A ce sujet, Jacques Godbout déclarait à la Ville Rencontre des écrivains, en mai 1970 à Ste-Adèle: “C’est dire que l’écrivain, comme le libraire d’ailleurs, n’a pas part à la courbe ascendante des ventes.On parle, dans les usines, de l’intéressement du travailleur: je crois qu’il serait temps que tous les travailleurs du tait littéraire participent aux profits et pertes.L’économie du livre, c est la vie de la littérature.Aussi, le livre ne devrait pas coûter plus que le salaire horaire moyen.Tout livre dont le coût dépasse le salaire horaire moyen s'adresse d’avance aux classes privilégiés.D’où il faut trouver des mécanismes qui, par une plus grande diffusion, abaisseront les coûts de production à ce seuil qui n’est pas un objectif, mais une nécessité démocratique”.Comme le disque, le livre continue d’être une denrée de luxe, une sorte de caviar.Il coûte cher, et on ne le trouve pas partout non plus.Il existe, bien sûr, plusieurs librairies dans la métropole, mais bien peu répondent vraiment aux besoins du public.Ou bien parce qu’elles sont toutes situées dans le centre-ville.Ou bien parce que le libraire n'est pas compétent et s'avère incapable de guider sa clientèle.Ou bien parce que le libraire fait lus d’argent en vendant un est-seller d’une dizaine de dollars (acheté en France avec une remise de cinquante pour cent) qu’un roman québécois à trois dollars avec une remise de quarante pour cent.D’où la place très petite qu’occupait la littérature québécoise (elle était souvent nulle!) dans les librairies, il y a sept ou huit ans.D’où le marasme duquel on n’est pas encore arrivé à sortir, malgré la bonne volonté de tout un chacun, malgré les législations gouvernementales, malgré une sorte de prise de conscience subite des écrivains en face du problème de la diffusion de leur “produit”.Une équation absurde Maintenant qu’on a réglé en partie le problème de la survie du libraire, en légiférant au niveau du manuel scolaire, il faudra s’attacher à remettre la littérature à ceux qui la produisent, en l’occurrence l’écrivain et le lecteur.On devra faire en sorte que les intermédiaires ne soient plus les seuls à bénéficier financièrement du “produit” d’un hom- me destiné aux autres hommes.On devra s’acharner à changer cette équation absurde que le système dans lequel on vit (appelez ça la société de consommation, si vous le voulez) nous impose depuis tant d’années.La littérature québécoise, le livre québécois en général, devraient être susceptibles de rejoindre une plus grande partie du public.de donner préséance à la culture de masse sur la culture de classe.Mais comment atteindre ce public?A-t-on vraiment fait des efforts sérieux en ce sens?On s’accorde généralement pour dire que près de trente pour cent des Québécois ne lisent ; pas, et que cinquante pour cent d’entre eux ne mettent jamais les pieds dans une librairie.Des statistiques, datant de 1968, nous indiquent éga lement qu’il existe cent dix-neuf bibliothèques publiques et subventionnées au Québec, et qu’elles ne desservent que la moitié de la population de la province.Les librairies?Comme l’a déjà déclaré Jacques Hébert, “nous comptons environ cent cinquante librairies au Québec, dont quatre-vingt-douze seulement sont agréées par le ministère des affaires culturelles”.Et il ajoute: “Si on considère qu’il y a en France, dans un pays-seulement dix fois plus popu-.leux, 18,294 librairies, ou maisons de commerce vendant des livres, il faut reconnaître que le réseau québécois est absolument insuffisant”.Cest très peu, bien sûr, et on espère qu’on songera sous peu à mettre sur pied un système de librairies ambulantes, sur le modèle des bibliobus, qui pourraient desservir les quartiers où elles sont inexistantes ou tout bonnement très pauvres en titres.Le livre dans la vie quotidienne.! On l’a déjà dit, cinquante c’est sans doute parce qu’on n’a pour cent des Québécois ne fré- pas appris à faire passer le quentent pas les librairies.Mais livre dans leur vie quotidienne.En d’autres termes, on compte une quantité considérable de S Dints de vente du livre au uébec: messageries, kiosques, boutiques de gare, bureaux de tabac, super-marchés etc.Dans cet océan de papier imprimé, le libraire n’est qu’une goutte d’eau.On se contente ou dernier best-seller ou d'un roman de dernier ordre aperçu sur une tablette d’un marchand de tabac, à côté d'une boite de chocolat ou de cigares.Par l’intermédiaire de Messageries, cer-tains éditeurs québécois pratiquent ce type de diffusion hors librairies, mais les titres qui sont laissés en consignation comportent très peu a ouvrages de création, ceux là même qui auraient avantage à être portés à la connaissance du public.Ce ne sont que quelques-unes seulement des racines du mal de la diffusion, dont souffre le livre québécois.Il faudrait aussi trouver des moyens de neutraliser “le dumping” étranger, de mettre fin au monopole français qui fait des ventes par-dessus les libraires québécois et qui, le plus naturellement du monde, est beaucoup plus enclin à pousser la vente de la production de la maison d’édition qu’il représente.Somme toute, permettons à l’écrivain, non pas de devenir une bête curieuse et célèbre qu'on montre du doigt, mais tout simplement de vivre du métier qu’il a choisi d’exercer.Victime, il se trouve dans le camp des victimes avec le public.Ensemble, ils feront tout ce qu’il est possible de faire pour s’en sortir: la fierté ça existe, et les sentiments et les convictions aussi.Surtout chez les victimes du pouvoir.V x > a * * *.v.Vx'v! • * > A ¦s^rrrrr^ ml'i .S' v ' • •V.SSL ¦ ¦"•’L ~ ¦ JO ül.VHME 0.- b'mi h*.'.p m u S.' *2- :4 k!.• B HMH Éditions Hurtubise - HMH 380 ouest, rue Craig, Montréal 126, 849-6381 Publications des derniers 1 2 mois SOCIOLOGIE ÉCOLE ET SOCIÉTÉ AU QUÉBEC sous la direction de Guy Rocher et Pierre Bélanger 6.95 LE QUÉBEC D’AUJOURD’HUI • Regards d’universitaires sous la direction de Jean-Luc Migué 4.95 LA SOCIÉTÉ CANADIENNE-FRANÇAISE sous la direction de Marcel Rioux et Yves Martin 6.95 LE QUÉBEC QUI SE FAIT textes choisis et présentés par Claude Ryan 4.95 GÉRALD FORTIN La fin d’un règne 4.95 JACQUES GRAND’MAISON Stratégies sociales et nouvelles Idéologies 4.95 MEDIA MARSHALL McLUHAN • Counterblast (novembre) ABRAHAM MOLES - Psychologie du Kitsch - l’art du bonheur 10 00 WALTER J.ONG - Retrouver la parole 575 SYDNEY FINKELSTEIN McLuhan, prophète ou imposteur ALBERT KIENTZ - Pour analyser les media FRANÇOIS ENEL-L Affiche HISTOIRE ROSARIO BILODEAU - ROBERT COMEAU ANDRÉ GOSSELIN - DENISE JULIEN Histoire des Canadas 9-75 CERBELAUD DE SALAGNAC - Le procès de Louis Riel 3'50 POÉSIE ANNE HÉBERT/FRANK SCOTT Dialogue sur la traduction é propos du Tombeau des rois JEAN-AUBERT LORANGER Les Atmosphères, suivi de: Poèmes 3.50 JEAN-PIERRE LEFEBVRE • Parfois quand je vis 3.50 RINALASNIER -La salle des rêves 2.75 PIERRE NEPVEU - Voies rapides 2.75 MONIQUE BOSCO - Jéricho 2 75 2.50 JULIEN HARVEY MARC ORAISON JEAN PÉPIN 3.00 ESSAIS NAIM KATTAN - Le réel et le théâtral 3.00 FERNAND OUELLETTE - Les actes retrouvés 3.50 JEAN-PAUL AUDET SERGE CARLOS JACQUES GRAND’MAISON La désacrailsation LOUIS-MARCEL RAYMOND - Géographies 3.00 FERNAND DUMONT - La Vigile du Québec 2.50 HENRI BÉLANGER Place è l’homme: le procès du bon parler (nov.) OLIVAR ASSELIN Trois textes sur la liberté 3.50 PATRY - NOGUEZ - BERSON - MAGGI -LA ROCHELLE Champ Libre I (Cahiers québécois de cinéma) 3.75 LITTÉRATURE GILLES MARCOTTE - Le temps des poètes 3.50 JEAN-CLÉO GODIN et LAURENT MAILHOT Le théâtre québécois 4.95 NORTHROP FRYE - Pouvoirs de l'imagination 2.50 BERTHELOT BRUNET Histoire de la littérature française 3.50 BERTHELOT BRUNET Histoire de la littérature canadienne-française, suivi de: Portraits littéraires 3.95 GILLES MARCOTTE - Les bonnes rencontres 3.00 SOUVENIRS ET RÉCITS FADETTE - Le journal d’Henriette Dessaulles 3.75 JEAN HAMELIN - Les rumeurs d’Hochelaga 3.50 EUGÈNE CLOUTIER - En Californie (novembre) ALAIN GRANDBOIS - Visages du monde 3.95 ROMANS ET NOUVELLES MARGARET LAURENCE - Ta maison est en feu 3.75 MONIQUE BOSCO - La femme de Loth 3.50 JEAN SIMARD - La séparation 3.75 JEAN-PAUL FUGÉRE - L’Orientation 2.50 PAUL ROUSSEL - La dame en coup de vent 2.50 MADELEINE FERRON • Le baron écarlate 2.50 GILBERT DAVID - Presqu’ll 2.50 De 1954 à 1971, dans les 33 volumes parus, les ÉCRITS ont publié quelques unes des premières oeuvres de plus de CENT jeunes écrivains aujourd'hui très connus ou en voie de l'être André Langevin Micheline Poisson Claude Major Roland Lorrain Violaine Piché Léa Pétrin Hubert Aquin Gisèle Cyr Claude Mathieu Marie-Claire Blais Danièle Rondeau André Berthiaume Jacques Godbout Christian Cholette Robert Léger François Moreau Manon Barbeau Jean Lepage Gilles Delaunlère François De Carussel Denis Lebrun Claude Jasmin Louise Garnier Louise Gauthier Roger Fournier Yves Hébert .Jacques Poirier Réal Benoit Paul-Ghislain Villeneuve Françoise Nantel Pierre Charbonneau Michel Greco Marc Riedl Pierre Vadeboncoeur Jean-Jacquss Simard Michel Forand André-Pierre Boucher d'Iberville Fortier Marcelle McGibbon Jean Hamelin Alain Sauvion Odette Léger Andrée Thibault Hélène Fecteau Roger Reny Suzanne Paradis Gaston de Guise Denise Gervais Charles Soucy Léonard Forest Madeleine Favreau Françoise Cholette-Pérusse Alma de Chantal René Carbonneau Alice Poznanska Monique Bosco Claude Robitaille Minou Petrowski André Belleau Pierre Nepveu Guy Desilets Fernand Ouellette Cécile Cloutier Thérèse Thiboutot Claire Tourigny Pierre Olivier Pierre De Ligny Boudreau Jean Marcel Albert G.Paquette Gilles Derome Gérald Godin Bertrand Letourneur François Barcelo André Major Joyce Yedid Jacques Fontaine Lise Bourget Daniel Gagnon Adèle Lauzon Paul Chamberland Célimène Jean-Marie Courtois Jean-Pierre Lefebvre Jacques Boulerice Christian Cholette Roland Giguère Michel Bélair Pierre Trottier Alain Horic Claude Drouin Louis Geoffroy Léon Debien Gilbert David Ghislaine Legendre Raoul Duguay Carol Dunlop-Hébert Françoise Nantel Hélène Fecteau Luc A.Bégin Louis-Philippe Hébert Pierre Bertrand Jean-Pierre Eugène Pierre Charbonneau Claude Gauvreau Pierre Charbonneau Chaque volume: $3.00 L'abonnement é 4 volumes: $10.00 33 volumes parus Diffusion HMH 380 ouest, rue Croig, Montréal 849-6381 XII • Le Devoir, samedi 30 octobre 1971 agence du livre français NOUVEAUTÉS ÉDITIONS FRANÇOIS MASPERO sii|)|)l13.“ Bibliographie.710 pages.00 Le roman canadien-français.Évolution.Témoignages.Bibliographie.Nouvelle édition qui ajoute aux textes déjà connus une étude de M.Jacques Cotnam sur le roman au Québec des dix dernières années, deux témoignages - ceux de Jovette Bernier et Louise Maheux-Forcier - ainsi qu'un supplément bibliographique préparé par M.John Hare.511 pages $12.00 COLLECTION "DOSSIERS DE DOCUMENTATION SUR LA LITTÉRATURE CANADIENNE-FRANÇAISE" Recueil 1 : Gabrielle ROY, préparé par J.-N.'Samson et Roland-M.Charland.9 fascicules.90 pages.Recueil 2: Félix LECLERC, préparé par Roland-M.Charland et J.-N.Samson.9 fascicules.88 pages.Recueil 3: Emile NELLIGAN, préparé par J.-N.Samson et Roland-M.Charland.8 fascicules.104 pages.Recueil 4: Félix-Antoine SAVARD, préparé par Roland-M.Charland et J.-N.Samson.10 fascicules.65 pages.Recueil 5: Germaine GUÉVREMONT, préparé par Renée Cimon.10 fascicules.65 pages.Recueil 6: RINGUET, préparé par J.-N.Samson.7 fascicules.50 pages Recueil 7: Saint- Denys GARNEAU, préparé par Jacques Blais.7 fascicules.68 pages.Chaque recueil: net $2.00 COLLECTION DU "NENUPHAR' ', comprenant une trentaine de titres.Le dernier paru est le suivant: L'Héritage et autres contes, par RINGUET.$ 3.50 EDITIONS DE LUXE, qui font la joie des bibliomanes et peuvent être offertes comme étrennes à l'occasion de Noël ou d'un anniversaire.POESIES, d'Émile NELLIGAN.Exemplaires "de luxe" imprimés en deux couleurs, relié: titres or, sous étui.$15.00 MENAUD, AAAiTRE-DRAVEUR, de Félix-Antoine SAVARD.Exemplaires "de grand luxe", imprimés en deux couleurs sur papier fait main, comportant la signature autographe de l'auteur, reliés en suédine sous jaquette rhodoid, également dans un étui en suédine.net $75.00 $15.00 Exemplaires "de luxe" imprimés en deux couleurs, reliés et titrés or, sous étui.POÈMES, d'Alain GRANDBOIS.Exemplaires "de très grand luxe" imprimés en deux couleurs sur papier Rives, reliés en suède sous jaquette rhodoïd, contenant quatre gravures originales.net $200.00 Exemplaires "de grand luxe" imprimés en deux couleurs sur papier Rives, reliés simili-cuir net $100.00 Exemplaires "de luxe" imprimés en deux couleurs sur papier vergé de luxe, reliés toile.net $ 25.00 LIVRES RELIGIEUX LE LIVRE PAR EXCELLENCE, par Jean Martucci.Éditions Ici-Radio-Canada et Fides.Exégèse solide et actuelle autant que vivante et parlante.Tome I: commentaire sur l'Ancien Testament.net $4.95 Tome II: commentaire sur le Nouveau Testament (parution au début de novembre).L'ENGAGEMENT DE L'ÉGLISE DANS LA RÉVOLUTION D'APRÈS MARTIN LUTHER KING, par Gérard Gaudrault.Collection "Présences".342 pages.net $6.00 L'ÉTHIQUE DE LA RENCONTRE SEXUELLE, par Guy Durand net $3.00 SEXUALITÉ ET VIE QUOTIDIENNE, préparé par l'Office de catéchèse du Québec, sous la direction de Jean-Guy Myre.net $1.95 VIENNE LE TEMPS DE LA FÊTE.Étude sur la participation des fidèles à l'eucharistie et sur la compréhension de ce mystère.Un texte qui se veut délibérément populaire, surprenant par son style et ses associations d'idées.Rédaction: André Beauchamp.net $0.75 LE CAMP DE FIN DE SEMAINE, par Solange Dubé, Jean-Luc Hétu et Gaston Joly net $1.00 LE PRÊTRE, HIER, AUJOURD'HUI ET DEMAIN, ouvrage écrit en collaboration par des spécialistes: théologiens, exégètes, historiens, sociologues, sur le sens et le rôle du net $6.00 prêtre.389 pages.P U ENVOI DE NOTRE CATALOGUE SUR DEMANDE 245 est, boulevard Dorchester, Montréal 129 861-9621 Accessible par deux stations de métro: Berri et Champ-de-Mars IB 1 i _ .XIV • Le Devoir, samedi 30 octobre 1971 collections en FORMAT DE POCHE GALLIMARD COLLECTION : BIBLIOTHÈQUE MÉDIATIONS DENOlL ¦ GONTHIER iX'IKNGOÜ)VIA\N lACKEAfK >N n.i;rrRi:uj-vs DANS! \S(Hn n MODI KM.André Martinet LANGUE ET FONCTION AUTRES TITRES PARUS DANS LA MÊME COLLECTION Jean Beayfret INTRODUCTION AUX PHILOSOPHIES DE L'EXISTENCE Igor Stravinsky CHRONIQUES DE MA VIE Léon Trotsky NOS TÂCHES POLITIQUES LWZA DFJLYVSTO TO IIMQl hî)E l WOXAlOi ! \( i Lucien Goldmann LA CRÉATION CULTURELLE DANS LA SOCIÉTÉ MODERNE Lanza del Vasto TECHNIQUE DE LA NON-VIOLENCE Herbert Marcuse POUR UNE THÉORIE CRITIQUE DE LA SOCIETE Nietzsche ECCE HOMO Alan Watts AMOUR ET CONNAISSANCE ÉLECTION: "IDEES DtRNIiRES NOUVEAUTÉS! mm Bertrand Russell SCIENCE ET RELIGION S 1.00 Francis Ponge METHODES $1.60 Sigmund Freud NOUVELLES CONFÉRENCES SUR LA PSYCHANALYSE $1.00 Milovan Djilas CONVERSATIONS AVEC STALINE $1.00 Max Scheler L'HOMME DU RESSENTIMENT $1.00 Maurice Blanchaud LE LIVRE À VENIR SI .60 PABLO NEDURA ?MU WW** PRIX NOBEL DE LA LITTERATURE 1971 A PUBLIÉ AUX ÉDITIONS GALLIMARD VAGUEDIVAGUE poemes LE MÉMORIAL DE LÎLE NOIRE RESIDENCE SUR LA TERRE 3 VOLUMES DANS LA COLLECTION DU MONDE ENTIER ïtièem «î SPLENDEUR ET MORT DE JOAQUIN MURIETA COLL.THÉÂTRE DU MONDE ENTIER L’EPEE FLAMBOYANTE À PARAÎTRE DISTRIBUTION AUX LIBRAIRES : SOCADIS TÉL:331-3300 660 - DESLAURIERS, VILLE ST-LAURENT 379 supplément litivrairt* wmmm : .* Thomas Deri, directeur des PUQ.Pierre Gravel, directeur des publications aux PUQ.Les Presses de TU du Québec des presses.québécoises parYANICK VILLEDIEU “Pour les Presses de l’Université du Québec, le problème numéro 1 a été d’élaborer une politique de publication.Lors de la création des PUQ, en septembre 1969, l’Université du Québec venait tout juste d’ouvrir ses portes, et il nous était bien difficile de saisir d’emblée sa personnalité - ce que cherchent toujours à refléter des presses universitaires.Aussi n’est-ce que petit à petit que s’est défini le style des PUQ.Et l’idée que nous ne devrions pas faire comme les autres, c’est-à-dire l’idée de ne pas faire seulement de l’édition spécialisée, mais aussi de l’édition populaire.ne s’est vraiment imposée à nous qu’assez récemment.” Thomas Déri.directeur des Presses de l'Université du Québec, présente en ces mots l’organisme qu’il dirige depuis sa fondation, et enchaîne de suite avec un point sur lequel il reviendra à plusieurs reprises: la notion de service public qu’il met au premier plan de ses préoccupations.Faire de l’édition populaire en plus de l'édition spécialisée traditionnelle répond bien à ce soucis.“Quand je parle d'édition populaire, précise Thomas Déri.je ne veux pas dire de moindre qualité, ni sur le fond ni sur la forme: nos exigences sont bien sûr très grandes et restent évidemment de niveau universitaire.Ce sont plutôt les sujets couverts par les PUQ qui sont susceptibles d'intéresser un plus large public ou, comme on disait il y a un temps, l’honnête homme.” Deux exemples récents confirment les propos du directeur des PUQ.Dans la série des “Cahiers de l’Université du Québec", vient d’être lancé un recueil d’études sur le cinéaste Jean-Pierre Lefebvre, au moment même du lancement de son dernier film.Et un livre sur Yvon Deschamps parait ce mois-ci.accompagné, détail amusant, d’un 45-tours exclusif dans lequel le monologuis-te se raconte.Dans un tout autre domaine.un livre comme “Principes de management”.paru il y a quelques semaines.est lui aussi un service rendu au public, quand on sait que c’est la première publication du genre en français.Mais pour les dirigeants des PUQ.l’idée de service public veut dire encore plus: servir le public, c’est évidemment servir le public québécois.Et même si elles font de l’édition internationale, même si elles font un effort de diffusion à l’étranger (notamment en France, en Belgique et aux Etats-Unis où elles ont des représentants permanents), les PUQ ont jusqu’à maintenant surtout mis l’accent sur les questions québécoises.Un simple coup d’oeil sur leur catalogue - qui comptera une cinquantaine de titres à la fin de l’année en cours -suffit à persuader de ce caractère bien Québécois des Presses de l’Université u Québec.Un secteur d’excellence des PUQ, par exemple, est l’histoire du Canada fran- Aux PUQ Des monographies sur Jacques Perron, Borduas et Yvon Deschamps çais et du Québec.Un livre sur les Rouges, ces radicaux du milieu du XIXe siècle, paru cet automne et écrit par un jeune professeur d’histoire de l’Université du Québec à Montréal, Jean-Paul Bernard, apparaît déjà comme un ouvrage et de référence, et d’actualité: “les lecteurs de ce livre d’un jeune maître de la science québécoise.- écrit Fernand Dumont dans sa préface, verront sans Joute d’abord que nos débats actuels ressemblent, d’une manière parfois hallucinante, à ceux d’il y a un siècle.” En matière d’histoire canadienne et québécoise, il faut aussi relever, dans le catalogue des PUQ.des titres comme “Les Basques dans l'estuaire du Saint-Laurent”.“Une expérience tricentenaire”.“Les relations intergouvemementales au Canada ( 1867-1967)”, “La législation électorale au Québec (1790-1967'”, “Le rapport Durham”.ou encore “Economie québécoise”.un fort volume de près de 500 pages où une vingtaine d’historiens font, sous la direction de Robert Comeau, le point sur la question économique québécoise de 1534 à nos jours.Québécoises, les Presses de l’UQ le sont encore dans l’attention qu’elles ont porté à tout ce qui concerne la création artistique et littéraire au Québec.On a déjà évoqué les ouvrages sur Yvon Deschamps et sur Jean-Pierre Lefebvre.Il convient aussi de citer la série “Voix et images du pays” qui mène, sous la direction de Renald Bérubé.un important travail de prospection en publiant des études sur la littérature québécoise aussi bien que des inédits, et dont le cinquième numéro doit paraître sous peu.De son côté, une collection est entièrement consacrée à la présentation de créateurs québécois, la collection “Studio” dirigée par Guy Robert: depuis un an.on y a publié des monographies sur Albert Dumouchel.Jacques Ferron, Jacques de Tonnancour et l’on en annonce sur Yvon Deschamps.Michel Tremblay.Paul-Emile Borduas.Louis Archambault.Dans le même domaine les PUQ publieront cette année une “Anthologie du théâtre canadien-français du XIXe siècle” d’Etienne Duval, un professeur de l’UQ à Trois-Rivières.Il y a enfin, pour compléter le portrait de ces presses québécoises, plusieurs publications abordant des sujets qui touchent le coeur des problèmes ou des débats de notre société.Citons “La jeunesse du Québec en révolution”, de Jacques Lazure, l’un des best-sellers de la saison passée et que les PUQ viennent de rééditer en format de poche (elles annoncent d’ailleurs la parution, cette année, d’un second Lazure: “L’A-société des jeunes Québécois)”.Citons encore le recueil d’études sur le thème “Fédéralisme et nation”, ou bien cette “Bibliographie de la francophonie (1960-1969)” à paraître cette année.Une collection comme celle des “Cahiers du CRUR” (le Centre de recherches urbaines et régionales de l’Institut national de la recherche scientifique, qui fait partie de l’UQ) vise elle aussi à répondre à ces interrogations et à des problèmes de la collectivité québécoise: le numéro 1.consacré à “l'implantation manufacturière dans la région de Montréal” .doit paraître cet automne.Un autre aspect intéressant de l'action des Presses de l’UQ est de stimuler certains projets de recherches à travers le réseau de l’Université du Québec - et par là de contribuer à une manière de décentralisation de la production d’écrits au Québec.Dans différentes “constituantes" de l’université, à Montréal bien sûr.mais aussi à Trois-Rivières.à Chicoutimi, à Rimouski.des projets de publication ont ainsi été mis en route ou encouragés, qui ont été menés à bien ou qui en sont encore au stade de la recherche ou de la rédaction.Ainsi en est-il de la collection "Tekouerimat": placée sous l’égide du département des sciences humaines de l’Université du Québec à Chicoutimi.“Tekouerimat” publiera des transcriptions de manuscrits amérindiens, et une grammaire et un vocabulaire en langue montagnaise.Presses québécoises d’abord, les PUQ n'en négligent pas pour autant l’ouverture sur le monde, et partant une diffusion internationale.Leur directeur commercial.M.Pierre Gravel (qui d’ailleurs préside la Commission des affaires internationales au Conseil supérieur du livre), est bien conscient de l’importance primordiale de ce rayonnement à T étranger.Au sein de la francophonie en particulier.il est bien évident que le Québec peut jouer, en matière d’édition, un rôle original.Le récent succès en Europe de “Principes de management”, le premier ouvrage de base en ce domaine écrit en français, rappelons-le.le prouve bien.En Belgique, les Presses Universitaires de Bruxelles se sont chargées de sa diffusion.Et en France, le représentant des PUQ a demandé.15,000 dépliants publicitaires sur le volume.Ouverture sur le monde, aussi, que cette traduction au goût du jour d’une pièce de Plaute.“La marmite”, et dont le dénouement, perdu au cours des âges, a été librement imaginé par le traducteur J ean-Marie Courbon - juste de quoi nous apprendre que le latin ne sent pas forcément la sueur de nos versions d’école.Ouverture sur le monde, enfin, que ce petit parfun oriental dont vont se parer cette année les Presses de l’Université du Québec en publiant un volume dont le titre seul fait rêver: “L’épopée populaire arménienne David de Sassoun”.par Chaké der Melkonian Minassian - juste de quoi nous rappeler qu’il n’y a pas d’Iliade qu’en notre culture occidentale.m Le Devoir, samedi 30 octobre 1 971 • XV supplément littéraire WSjBtml Vise» É m Dossier bibliothèques Le Conseil supérieur Ai commerce du livre ?par MICHEL THÉRIAULT, chef du Service des acquisitions, direction des bibliothèques de l'Université de Montréal GALLIMARD LES GRANDES COLLECTIONS EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE HABITUEL COLLECTION: CONNAISSANCE DE L'INCONSCIENT »«»'*< > »*•*•»¦*;*.*»**« I.«'S hl«'sM*ws lïfy" ¦ "illîSli : iiS,?.II: -, , ¦' ' 'vi LES BLESSURES SYMBOLIQUES Bruno BETTELHEIM AUTRES TITRES Andréas Salomé CORRESPONDANCE AVEC FREUD Bettelheim LA FORTERESSE VIDE Anna Freud LE NORMAL ET LA PATHOLOGIQUE CHEZ L’ENFANT Groddeck LA MALADIE, L’ART ET LE SYMBOLE VJein ENVIE ET GRATITUDE Mitschelich VERS LA SOCIÉTÉ SANS PÈRES Peters MA SOEUR, MON ÉPOUSE ROHEIM PSYCHANALYSE ET ANTHROPOLOGIE Rosolato ESSAIS SUR LE SYMBOLIQUE Schilder L’IMAGE DU CORPS COLLECTION : BIBLIOTHÈQUE DES SCIENCES HUMAINES « I ««* lu* *iu vivifeiti ?»> ' , ’ LA LOGIQUE DU VIVANT F.JACOB AUTRES TITRES Aron LES ÉTAPES DE LA PENSÉE SOCIOLOGIQUE Benveniste PROBLÈMES DE LINGUISTIQUE GÉNÉRALE DUMEZIL MYTHE ET ÉPOPÉE TOME II Dumont HOMO HIERARCHICUS Foucault L’ARCHÉOLOGIE DU SAVOIR Foucault LES MOTS ET LES CHOSES Frye ANATOMIE DE LA CRITIQUE Ouvrage collectif sous la direction de Cailois et Brunebaum LE RÊVE ET LES SOCIÉTÉS HUMAINES Julian Huxley LE COMPORTEMENT RITUEL CHEZ L'HOMME ET L'ANIMAL COLLECTION : BIBLIOTHÈQUE DE PHILOSOPHIE Nous croyons qu’il est temps que les bibliothécaires livrent au public un certain nombre de faits relativement au Conseil Supérieur du Livre et à son action dans le milieu québécois.Ces faits sont autant de questions posées au CSL, à ses dirigeants et à son âme: J.-Z.- Léon Patenaude.I - Libraires et bibliothécaires Le CSL a été fondé il y a une dizaine d’années en tant qu’organisme de coordination par les associations de libraires et d’éditeurs du Québec dans le but d’assurer un meilleur service du livre au Québec.Il est évident que ces deux professions sont mieux organisées et que leur action est meilleure depuis ce temps.Bien que l’apport des libraires et des éditeurs' soit important dans ce service offert à la population, il n’en reste pas moins vrai, et c’est ce que nous cherchons à faire savoir au public, que le service du hvre aux citoyens québécois est principalement offert par l’ensemble des bibliothèques de Québec.Bien qu’aucun relevé statistique complet des bibliothèques n’existe au Québec, nous pouvons établir quelques données et un certain nombre de faits.Il existe au Québec cinq types de bibliothèques: 1) Bibliothèque nationale du Québec et bibliothèques gouvernementales; 2) Bibliothèques publiques (Ministère des Affaires culturelles) ; 3) Bibliothèques médicales et d’hôpitaux (Ministère des Affaires sociales) ; 4) Bibliothèques scolaires (élémentaires et secondaires); Collégiales et universitaires (Min.de l’éducation) 5) Bibliothèques d’entreprises privées, d’établissements privés d’enseignement, de communautés religieuses, de séminaires et d’évêchés.Ces bibliothèques sont au nombre approximitif de 1.800.Bien que les statistiques ne soient ni complètetes ni à jour, elles indiquent qu’il y a approximativement 15,000,000 de volumes dans ces 1800 bibliothèques.Ces 15,000,000 ne représentent pas nécessairement le nombre de volumes lus et un chiffre peut difficilement être étabh pour les raisons suivantes: 1) les bibliothèques ont des livres sans usagers, i.e.des hvres non empruntés au cours d’une année: 2) elles ont inversement, pour d’autres volumes, plusieurs et même beaucoup de lecteurs pour un seul ouvrage; 3) les statistiques de prêt ne sont facilement accessibles que pour les bibliothèques publiques et universitaires; v.g.en 1969 il y avait 3,800.000 volumes dans les bibliothèques publiques et, en 1970 cette fois, les prêts s’élevèrent à 9,500,000! ! ! On peut donc supposer que le chiffre de 15,000,000 est inférieur à celui de la diffusion réelle, bien que nous ne puissions fournir de données plus précises.D’autre part, le nombre de “professionnels du hvre” dans les bibliothèques, i.e.bibliothécaires professionnels, bibliothécaires et bibliotechniciens s’établit à environ 1,500 regroupés en 7 associations.La majorité de ces personnes ont suivi un cours universitaire en bibliothéconomie, et les 200 bibliotechniciens, un cours collégial de 3 ans.Les bibliothécaires professionnels du Québec sont les seuls professionnels du hvre à posséder une corporation professionnelle, les seuls à posséder une école et professionnel et universitaire au niveau de la maîtrise (i.o.celui du 2e cycle) avec un programme de deux ans d’études couvrant tous les aspects du livre.Quant aux librairies, elles sont au nombre de 175 au Québec, dont 125 sont “agréées" par le Ministère des Affaires culturelles.Les libraires n’ont aucune formation spécialisée, sauf quelques-uns qui auraient peut-être suivi l’ensemble des cours offerts à Paris conduisant au diplôme (1) on les quelques-uns qui ont acquis une compétence certaine avec les années (2i.Bien sûr.le Séminaire de formation en livrairie (cycle| de 3 ans) vient de débuter, et si les premiers candidats persévèrent.nous aurons peut-être dans 3 ans une trentaine de libraires, mais ceci c’est l’avenir non le présent.Nous nous devons de noter que le contenu de ces cours de librairie est surtout oriente vers l’aspect “business’ de la librairie ( ce qui est une bonne chose, puisque la librairei est avant tout un commerce, quoi qu’on en dise), alors que le présent programme d’études universitaires en bibliothéconomie, programme non plus de per cycle mais de 2e cycle, est autrement plus global dans sa perspective.Encore ici, il est difficile de compiler des statistiques et si l’on prend une moyenne de 5000 volumes par librairie comme base (c’est le stock minimum demandé par les critères d’"agrément” aux librairies de grandes villes), on arrive au total de 2,625,000.Admettons, pour les besoins de la discussion, qu’il y en a 1,500,000.Bibliothèques: Nombre: 1800; Volumes: 15,000,000; Bibho-thécaires 1500 Librairies; Nombre: 175; Volumes: 1,500.000; Libraires: 10?15?25?Que peut-on dire de plus?Le réseau des bibliothèques est plus développé et étendu que celui des librairies; plus de volumes (pour ne parler que de ce type de document) sont disponibles dans les bibliothèques que dans les librairies, et un personnel plus qualifié, toute comparaison faite avec celui de la librairie.II— Le CSL lui-même On nous dira: “Pourquoi ne pas participer à l’actitn du CSL et ainsi le transformer?” Ouais! La constitution du CSL était déjà établie quand après coup, celui-ci s’avisa d’inviter deux associations de bibliothécaires à devenir membres associés du CSL et à y déléguer des représentants, des observateurs.Ces observateurs ont assisté à deux ou trois réunions du CSL et firent rapport aux Conseils des Associations de bibliothécaires, leur recommandant de ne pas adhérer au CSL, étant donné les objectifs purement commerciaux du CSL et la position subalterne imposée par la constitution du CSL au groupe qui, même alors, s’occupait plus que les hbraires et éditeurs du service du hvre au Québec.Il ne s’agit pas de nier un rôle aux associations commerciales, mais de bien les situer: les sociétés de libraires et d’éditeurs ainsi que le CSL ne s’occupent que d’UN aspect du service du livre au Québec, aspect d’ailleurs de MOINDRE ENVERGURE que celui dont s’occupent les bibliothèques et bibliothécaires, à savoir: servir d’agent d’éducation et de culture par la diffusion du livre au Québec (cf.tableau plus haut).Depuis 10 ans, ce Conseil a joui d’une pubhcité telle qu’on pourrait être amené à penser, chez les non-initiés, que cet organisme au nom ronflant jouit d’un statut analogue à celui dun Conseil supérieur de l’Education par exemple et à lui attribuer un rôle total, un rôle d’ensemble, dans le domaine du hvre au Québec et un rôle de conseiller officiel du gouvernement.Dans les faits, le CSL est un organisme privé, donc non gouvernemental, dont le nom réel devrait être: Conseil du Commerce du Livre.III— Le CSL, les bibliothèques et le gouvernement Il j a donc séparation totale des professions oeuvrant au Quebec dans le domaine du hvre (3).Cette séparation eut et a encore des répercussions déplorables: 1) A l’occasion de la Commission royale d’enquête sur le commerce du livre au Québec en 1963 (Commission Bouchard), les associations de bibliothèques et de bibliothécaires furent écartées de l’enquête.En conséquence, on trouve dans le rapport de la Commission une conception erronée du service du livre et une ignorance totale du rôle joué par les bibliothèques.2) Les arrêtés-en-Conseil du printemps 1971 sur la politique du hvre n’ont pas été non plus mis au point après une consultation des associations de bibliothèques et de bibliothécaires; la lecture des documents nous rend ce fait passablement évident.On peut imposer une politique par législation ou par décret.(4) et la faire surveiller par des inspecteurs-policiers, mais on ne voit guère dans un tel procédé une manière démocratique d’amener une cooperation hbre entre les différentes professions concernées.3) Compte tenu de l’importance relative des groupes professionnels du service du hvre et de l’importance grandement prédominante des bibliothèques, il y a lieu de s’étonner grandement de la composition du “Comité consultatif du Livre” (il n’y a qu’un bibliothécaire sur les 7 membres de cet organisme).Les membres du CSL sont, eux, représentés par 3 personnes, si nous ne faisons erreur.Cest, encore une fois, ne pas admettre les faits.Peut-on exprimer un souhait pour 1972, année internationale du hvre, proclamée par l’Unesco?Celui que naisse, au niveau des corps intermédiaires, un organisme de coordination de toutes les professions du hvre qui pourrait, à juste titre cette fois-ci, porter le nom de CSL (5).Mais on peut se demander si le CSL actuel est intéressé à cette perspective d’avenir.D’autre part, le nom de “Conseil Supérieur du Livre" pourrait difficilement être adopté par ce nouvel organisme, vu qu’il est déjà utilisé depuis dix ans au moins, mais un nom comme le suivant pourrait peut-être faire l’affaire: Commission des bibliothécaires éditeurs et libraires du Québec.Qu’en pensent les intéressés?(1) Cours donnés par une école professionnelle mais extra-universitaire.(2) Tous les connaissent, ils sont si peu nombreux.(3) H y eut bien, en 1953-1954, un comité conjoint libraires-bibliothécaires (ACBLF).mais sans suite.(4) Cest là du chantage: ou bien vous achetez chez les libraires agréés ou bien on vous enlève ou réduit vos subventions.(5) Un tel organisme empêcherait aussi que le “lobbying” et la pub-blicité soient trop orientés dans une seule direction et au profit d’un seul secteur: le commerce du livre.*1*’' li* fawxltly» f'Ui mx*>.»*>*' 1 i É WM °** ******* m» L'IDIOT DE LA FAMILLE J.P.SARTRE AUTRES TITRES Goldstein LA STRUCTURE DE L’ORGANISME Granel L’ÉQUIVOQUE ONTOLOGIQUE DE LA PENSÉE KANTIENNE Granel LE SENS DU TEMPS ET DE LA PERCEPTION CHEZ HUSSERIL Heiddegger L'ÉTRE ET LE TEMPS Husserl IDÉES DIRECTRICES POUR UNE PHONOMENOLOGIE Kolakowski CHRÉTIENS SANS ÉGLISE Lowith DE HEGEL A NIETZSCHE Sartre L’IDIOT DE LA FAMILLE Scheler LE FORMALISME EN ÉTHIQUE COLLECTION: BIBLIOTHÈQUE DES IDÉES V » flnirtnrnlr Vfc»KXk»>«i«' , tenwr*ffl»oc : 6tan»leiegn»aat»ul : V / I v***"*.' I ¦MIIWWWWBWWÇIBWMBIIMBwmCWWWWIal gratuitement ! sur simple demande à l’adresse ci-dessous, vous recevrez régulièrement le Magazine -cataloguegénéral illustré en couleurs.Distributeur général pour les Amériques : KASAN Ltée-226 Est, Christophe Colomb, QUEBEC P.Q.T marabout EN VENTE PARTOUT A PRIX POPULAIRES XX • Le Devoir, samedi 30 octobre 1971 H |j OFFRE DE LANCEMENT: pour la première reliure Chaque reliure peut contenir jusqu’à 18 fascicules ; LE DEVOIR MONTRÉAL.SAMEDI 30 OCTOBRE 1971 SUPPLÉMENT LITTÊRA IRE JEAN BASILE i ji— PLANAI BOB DYLAN 0T IA BEAT GENERATION changer la vie cocke .ROMAN JEAN BASILE faou! MANIFESfE D£ iltNFOMÊ ir au ciel si J’y «% WJiîimVilkv, Où, quand et comment la "nouvelle culture" peut-elle enrichir la H érature québécoise?par ROBERT GUY SCULLY Considérez le cas, comme on dit en anglais, d’Emmanuel Cocke et de Jean Basile, ou plutôt, de leurs derniers romans.On trouve, en lisant “Va voir au ciel si j’_y suis” et “Les voyages d’Irkoutsk”, une richesse dans l’écriture, dans le style, une imagination puissante qui s’approprie le langage pour jouer et découvrir.Cette “mainmise” (.) sur le langage, cette richesse stylistique et verbale, valent sûrement plus qu’une richesse purement thématique ou structurale.En effet, on a dit et redit pourquoi le romancier ne peut plus se contenter d’écrire une histoire bien tissée-même à la passion de certains pour les bons romans policiers témoigne du dernier spasme d’un genre décadent, a peine soutenu par ceux qui ne veulent pas croire que le cinéma américain produit de meilleurs policiers que San Antonio.Il n’est pas question de talent ou de mérite ici; le producteur de bons romans policiers l’emporterait alors sur le producteur de la série télévisée.Le subtil Pierre Nord et sa politique-fiction ont le mérite de leur côté, mais hélas, le nàif réalisateur de Dragnet ou de 77 Sunset Strip oeuvre dans un médium plus propice à l’intrigue, au suspense, .et à la structure.La plus élémentaire des techniques cinématographiques, le montage, indique immédiatemerit les possibilités structurales du film.Le défi d’une Comédie humaine à composer, d’une vaste toile où mille éléments viennent prendre leur place et agir les uns sur les autres, ne séduit plus que les balzaciens attardés (chez qui Balzac ne se reconnaîtrait pas) ou les littéraires qui se prennent pour les témoins privilégiés d’une époque.Les maîtres à fresques sont souvent géniaux, d’ailleurs, et ils ont toujours leurs lecteurs.A voir cependant la démarche plus dynamique d'un Norman Mailer, qui délaisse la fiction et fonde ses récits sur les astronautes Apollo et sur un combat de Cassius Clay, ou même la démarche plutôt suicidaire de Jean-Marie Poupart, qui tue l’intrigue par d’incisifs aphorismes, on s’inqmete; on sent que le magnifique mariage balzacien de l’intrigue et de l’imagination n’enrichira plus le roman d'aujourd’hui.Pis encore les romanciers de cette tendance surannée, habituellement productifs, nous font piétiner en piétinant eux-mêmes.Ils écrasent sous les piles de leurs parutions les véritables valeurs de l’écriture, si difficiles à déceler.A ces imaginations fertiles, le téléroman conviendrait mieux.Et je ne blague pas.J’ai tout le respect du monde pour un Claude-Henn Grignon qui, après un bon roman, a sans doute compris qu'il serait fastidieux de se répéter trente fois.Il a choisi le médium où l'on peut avantageusement se répéter cent fois.En réunissant une remarquable équipe de comédiens, en rodant sa manière téléromanesque avec les années, il a rassemblé autour du même petit écran à la même heure des milliers de Québécois.Une oeuvre d’art est aussi un point de rassemblement; il a donc réussi son entreprise.De l’écriture à la chanson.Nous parlions d’une richesse d’écriture, de thèmes et de structures.Nous avons essayé de dire pourquoi la richesse structurale, principalement l'intrigue, a moins d’importance en 1971.Evidemment, on peut ergoter longtemps puisque structure sous-entend plus que la simple intn-gue, et qu’aucun roman n’est véritablement sans structure.Dans le même sens, aucun roman ne s’écrit sans thèmes.Une société peut être particulièrement riche en thèmes d’ intérêt littéraire, comme c’est le cas des USA, de T Amérique latine et du Québec.Ou particulièrement pauvre en thèmes, comme c’est le cas, je crois, de la France.Ainsi “La ciudad de los perros” de Vargas Llosa, ou "The arrangement” de Elia Kazan, ou “Les roses sauvages” de Jacques Perron, sans s’éloigner de l’écriture traditionnelle, constituent de belles et émouvantes oeuvres.Alors qu’Emma Santos, jeune romancière parisienne, doit accomplir ses trente-quatre culbutes stylistiques avant de pondre.E en reste, des belles histoires, dans nos pays d’en haut! De beaux thèmes voyagent constamment d’une bouche ài l’autre, cheminent sous les couches de la conscience col- lective.Ce serait une erreur de rejeter la recherche thématique, comme on devra rejeter, tôt ou tard, la recherche structurale.D’un coup, peut-être bientôt, Roch Carrier va retrouver un des fils perdus, et nous faire une autre “Guerre yessir” en Dorchester.D'un coup, Perron en fera autant, cela est certain.Mais je me rappelle ici la remarque pertinente de Victor-Lévy Beaulieu: “l’oeuvre de Perron est une oeuvre de rattrapage”.Et après le rattrapage, après les thèmes, les géographies, les mythologies, les histoires?Après la recherche thématique, je pense, viendra la chanson.Ceux qui voudront encore chanter le pays devront effectivement le chanter.D nous faudra des chanteurs, mais pas des fades petits chansonniers à la française, des vrais musiciens populaires, des poètes de taüle, dans la tradition des Leadbelly.Woody Guthrie, Dylan et Leonard Cohen.Tradition à laquelle s’apparentent Robert Charlebois ou le duo Philippe Gagnon-Dominique Tremblay chez nous.Mailer quitte le roman, il n’a pas l’espoir de devenir le grand poète de son pays parce que le plus grand poète de l’Amérique moderne, c’est clairement Bob Dylan.En l’occurrence, bien sûr, il n’y a pas que le chant qui fasse la différence, il y a également le talent.Bob Dylan, un poète d’un génie et d’une puissance linguistique quasi incroyable, un Villon, un Rabelais et un Balzac, à la fois.Des professeurs américains s’y perdent, à étudier les mille façons dont cet homme a pu intégrer les mentalités et les langages de son pays, dans un univers poétique trop vaste et profond pour en venir complètement a bout.D’accord, on ne s’attend pas à voir un tel phénomène deux fois.Mais ce créateur surhumain chante, voilà la merveille! Ses chefs-d'oeuvre sont diffusés en quelques heures, il devient avant l’âge de trente ans un point de rassemblement, pour reprendre notre expression de tantôt.D l’est devenu dans un pays plus complexe que la Prance de Rabelais.Et, faut-il le préciser, dans une langue plus riche que le britannique, tout comme le québécois me semble plus riche que le français.Aucun écrivain n’aurait pu le faire, telle est notre première conclusion.Revenons maintenant aux livres.et de la chanson à l’écriture Que peut faire, dans ces circonstances, l’écrivain?Il peut faire ce que Beaulieu nomme l’oeuvre de rattrapage.Ce même Victor-Lévy, notons-le, a qualifié le roman actuel de “genre mineur”.En se coupant de la chanson ou du film ou de la télévision, en pratiquant un art secondaire, on ne peut plus aspirer à créer ce “point de rassemblement” essentiel à la grande oeuvre d’art.A moins qu’un roman génial ne vienne couronner une longue carrière précédée de plusieurs autres pièces écrites.Ou alors on peut aimer l’écriture sincèrement, et diriger ses rechercnes en ce sens, en expérimentant avec le roman ou la poésie.Encore une fois, on travaillera pour soi, sans l’espoir d’atteindre grand monde.J’espère, en tout cas que les poètes et les romanciers du Jour travaillent pour eux-mêmes ou pour quelques lecteurs qui ont des préoccupations identiques Car leurs livres ne seront jamais o’accès populaire.Beaulieu et Poupart font honneur à ce genre d’oeuvre lorsqu’ils se résignent, avec un admirable cynisme, à ne pas toucher plus de mille lecteurs.Dans une direction, donc, l’oeuvre de rattrapage, pareille à celle de Perron.Puis l’oeuvre d’écriture, Loouvre “pure” de la plupart des jeunes romanciers.Quant à ceux qui devraient se faire scénaristes, nous en avons déjà parlé.Chacune des trois préoccupations (style-thème-structure) coiffe une de ces trois oeuvres.J’en vois une quatrième, cependant, qui moyennant un talent précis, réunit tous les paradoxes.Elle n’est pas une oeuvre de rattrapage, au contraire, elle fait fi du passé d’un peuple.Elle plonge ses racines dans la “nouvelle culture”.Elle n’est pas non plus faite pour les autres romanciers exclusivement.Son style vif peut rejoindre les jeunes qui lisent, ou les vieux qui lisent.Elle ne cherche pas à jouer les Balzac, puisque la pseudo-action de ses romans aussi bien s’annule ou s'évapore dans un fou ¦ I ‘ Robert Charlehiois \jn Gars 1 Ben ORDiNAiRE Luoar Raoul Ouguay Yaugud dirige, en compagnie de quelques Infoniaques, 33 jeunes secrétaires de l'École commerciale de l'Est dans un concerto pour 33 dactylos et autres instruments.(Photo Claude Léger) I : A ¦Mm WW* .t Jés§ mmm ¦HHMHHHRSMHI mamm tourbillon de mots.C’est le roman de Jean Basile et d’Emmanuel Cocke.En poésie, comme nous le verrons, une oeuvre bien différente, mais plus riche encore, a été amorcée par Raoul Duguay.Une question de talent.Deux romans qui assimilent des éléments apparemment décadents, le récit linéaire, le style dit “vivant", qui se passent d’intrigue et qui basent la structure de leur prose sur le gai bavardage des personnages.Pourtant, comme le talent compte! Cette écriture semblerait superflue si on se mettait a l’analyser un peu trop, à la replacer dans l’histoire de la littérature selon les critères répandus de “ce qui a été fait”, “ce qui apporte du neuf’ etc.Or les plus obsédés par de tels critères sont les critiques parisiens, et voici qu’Alain Bosquet du journal Le Monde, ayant lu “Le grand Khan”, se voit obligé de dire: “Bavardages, niaiseries, traits de génie, gentillesse, fadaise, qu’est-ce qui fait que cette prose avance, nous entraîne, nous séduit, ne nous lâche pas?” Même réception au Québec pour le “Ciel” de Cocke.On l’accuse de mauvaise science-fiction, de calembours trop ambitieux, d’érotisme trop facile, voire d’autobiographie.Tout cela est vrai! Mais là encore, on le lit jusqu’au bout, on accroche avec plaisir aux aventures du farfelu Jésus Tanné.Pourquoi un écrivain doué s’attacherait-il, dans les deux cas, à la “nouvelle culture” pour créer?Coincidence, ou est-ce cette culture qui est si féconde?Premièrement, ne faisons pas les puristes et définissons la New Culture par ce qu’elle a de plus banal et de généralisé: drogues, un style de musique, un style de vie.La question porte alors sur l’essence de ces éléments culturels.Sont-ils, dans leur essence, objectivement plus riches?Evidemment pas.On n’oserait jamais mesurer l’art musical de Sviatoslav Richter contre celui de Jerry Garcia, ou le vin qui inspire Nelligan contre la cannabis qui inspire les poètes de la Casa, ou le confort d’un beau complet de tweea contre celui d’un sari en soie.Chaque tradition culturelle a ses perles, à apprécier et à respecter comme telles.Si on me permet cette dichotomie, c’est dans l’existence de la Nouvelle Culture, plutôt que dans son essence, que se dissimulent les valeurs.essentielles.Effectivement, dans une société urbanisée et nevrosee, l’écrivain dont le style de vie ne le libère pas de certaines contraintes a du mal à écrire jusqu’au bout de son talent.Par exemple, l’écrivain qui de jour est commis dans un impersonnel et déprimant gratte-ciel, ou qui est professeur de littérature dans une polyvalente également impersonnelle et déprimante, rendu au terme de sa journée, a déjà perdu une part de cette joie de vivre d’où jaillit la poésie.Et Kafka, me répondra-t-on, obscur avocat perdu dans sa firme d’assureurs?Oui, il faut le don particulier de Kafka, pour transformer de semblables expériences en oeuvres littéraires.A moins de cela, cependant, la vie urbaine et cor-poratisée tue les valeurs artistiques en chacun de nous.Par contre le drop out, ou sans aller jusque là, celui qui vit par son travail des expériences humanisantesr-part d’un bon pied pour faire son üvre.Les milieux montréalais où s’épanouit la nouvelle culture (à distinguer la “contre-culture”, restreinte et exclusive), et qui ont nourri la verve de nos deux auteurs, peuvent contribuer puissamment à cet éveil de l’imagination, a mon avis.Bien entendu il faut du talent, et des tripes.On peut sombrer, là comme ailleurs, dans l’insignifiance.et la question du Québec Deuxième interrogation, plus négative cette fois, face aux romans basilien et cockin: pourquoi la question québécoise y tient-elle une place si marginale?Les autres romanciers n’exposent pas de façon didactique leur position là-dessus, naturellement.Mais les allusions s’accumulent, les plus habiles en parlent sans jamais en parler.La prose de “Roses sauvages” est lourde de petites métaphores denses, on devine sans la cerner une trame secrète où la question du-Québec figure, agit, se retourne sur elle-même, se résout.Rien de cela dans les “Voyages” ou dans le “Ciel”.Un décor québécois illuminé par l’imagination bizarre de l’auteur, sans plus.Presque tous les autres auteurs donnent leur “son de cloche” au débat québécois, et ceux-ci ont l’air de passer à côté.Doivent-ils passer à côté, pour réaliser une oeuvre?Pour le savoir, il faudrait découvrir un écrivain uébécois cjui réussisse le tour de force: baigner à son aise ans le médium New Culture, sans perdre conscience de la question sociale et nationale qui demeure peut-être son unique lien avec la masse des Québécois non littéraires.En poésie, justement, nous l’avons.J’ai mentionné Raoul Duguay.Le mot Kébèk, on le sait, revient à tout moment dans ses écrits et dans sa bouche.On n’imagine pas un être plus libéré que lui.Les romanciers Cocke et Basile donnent l’impression d’avoir pris le court chemin, le chemin superficiel, en s’intégrant à la nouvelle culture: elle était là, attirante, elle les a conquis.Duguay de son côté donne l’impression de l’avoir découverte seule, de l’avoir inventée, indépendamment des Américains.U a pris le long chemin, et sa nouvelle vision aura forcément une saveur mûre et québécoise.Je me souviens du poète et de ses recherches quand il apparaissait dans le “Mon amie Pierrette” de Jean-Pierre Lefebvre.Déjà, on sentait un authentique Québécois en quête d’une beauté neuve.Il était en train de décrire, je crois, la beauté formelle d’une bouteille de Coca-Cola.Une vieille découverte du pop-art, direz-vous?Sans doute.Nul ne niera, pourtant, que Raoul Duguay a fait ses découvertes sous l’influence de sa propre cunosité et de sa propre joie de vivre.Voilà donc le double paradoxe: une littérature qui semble sclérosée, dépassée par l’audio-visuel ou vouée aux ex-loits de chapelle, et qui se renouvelle soudainement par ’apport des romanciers férus de New Culture.Ensuite, ces ettorts se révélant incomplets, pauvres de contact avec dès préoccupations particulières au Québec, arrive un poète qui travaille chez nous depuis des années et qui fond les éléments disparates en une littérature valable.Cela démontre au moins un fait: à la différence de certaines littératures plus évoluées ou plus anciennes qu’elle, la littérature du Québec vit.Elle se porte bien, elle n’est pas coupée de ce qui se découvre dans les autres secteurs du champ culturel, elle est dans le coup. XXII • Le Devoir, samedi 30 octobre 1971 • _ ~~W&Ë «S %» 1'- W _»¦ .?4 r+Sg-.ï .*1*.>**‘
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