Le devoir, 28 mars 1979, mercredi 28 mars 1979
mmm Théâtre du Rideau Vert LA DÉBÂCLE Pièce de Jean Daigle 29 mar* • 5 mai Réfn/atlon»: 844-1793 ( Vol.LXX - No 73 Généralement ensoleillé.Maximum 2.Montréal, mercredi 28 mars 1979 Férié 25 CENTS Sur les vêtements (moins de $500) et les chaussures (moins de $100) Parizeau maintient l’abolition sélective de la taxe de vente par Jean-Claude Picard QUÉBEC — Beaucoup moins spectaculaire que celui de l’an dernier, notamment pour le contribuable moyen qui, dans l’immédiat, n’y gagne à peu près rien par rapport à sa situation actuelle, le budget déposé hier par le ministre des Finances, M.Jacques Parizeau, n’en réussit pas moins à tirer/le maximum d’une marge de manoeuvre fiscale et budgétaire qui se préséntait dès le départ comme extrêmement réduite.Ainsi, ce troisième budget du gouverne- ment péquiste apparaît comme étant essentiellement une opération de consolidation de l'acauis et ae mise en place d'un certain nombre de mesures déjà connues, particulièrement l’indexation des exemptions personnelles et la réforme de la fiscalité municipale.En revancne cependant, ce budget, même s’il ne contient rien de bien flamboyant, annonce quelques bonnes surprises aux contribuables, notamment le maintien quasi-intégral de l’abolition sélective de la taxe de vente et la création Les prévisions de dépenses augmentent de près de 12% par Bernard Descôteaux QUÉBEC — Disposant d’une marge de manoeuvre fort réduite, le gouvernement québécois ne consacrera au cours du prochain exercice financier que $400 millions à l’extension de programmes existants et à la création, en nombre très réduit, de nouveaux programmes.Voilà l’un des principaux aspects des prévisions de dépenses présentées hier par le ministre des Finances, M.Jacques Parizeau, en même temps que la présentation devant l’Assemblée nationale du discours du budget pour 1978-1979.Ces prévisions de dépenses, que dans le jargon parlementaire on appelle « crédits », établissent le niveau des dépenses de l’État à tout près de $15 milliards, ce oui connstitue une augmentation de près de 12% comparativement aux dépenses probables pour l’année fiscale se terminant le 31 mars.Toutefois sur une base comparable, assure M.Parizeau, cette augmentation ne serait que de 6.7%.Comme l’an dernier, le premier objectif que poursuivait M.Parizeau en établissant ses prévisions de dépenses était le contrôle des dépenses publiques, opération qui dans les circonstances était plus que nécessaire pour dégager la marge de manoeuvre dont il avait besoin pour mettre en preuve les priorités gouvernementales.À première vue, de souligner M.Parizeau, cet objectif peut sembler ne pas avoir été atteint puisque l’augmentation des dépenses est d’à peine moins de 12% alors que l’année précédente le taux d’expansion des dépenses avait été réduit de 12.4% à 10.7%.Deux éléments viennent' cette année gonfler en quelque sorte les prévisions budgétaires et donner l’impression d’un Voir page 6: Dépenses d’un régime d’épargne-actions, deux mesures uniques au Canada.Au total, toutefois, et même en cette année présumément référendaire, M.Parizeau a choisi de présenter un budget plutôt conservateur et qui, affirme-t-il, s’ajuste assez bien à la fois à la situation • financière plutôt serrée de l’État et aux perspectives économiques plutôt sombres de l'année à venir.D’ailleurs, les équilibres financiers et budgétaires qu’il propose dans son discours sur le budget, qu’il a lu hier soir devant l’Assemblée nationale, reflètent assez bien à la fois la morosité qui a gagné la plupart dès analystes financiers et la prudence dont il convient de faire preuve au moment où l’ensemble de la situation économique est à ce point incertaine.Ainsi, les dépenses de l’Etat seront portées, en 1979-80, à $14,960 millions, une hausse de 11.7% par rapport à l’année précédente.Et encore, M.Parizeau indique que cette augmentation n’atteindrait que 8.7% si ce n’était des décisions du gouvernement quant à la comptabilisation de ses régimes de retraite et au paiement par les ministères des taxes à la consommation.Quant aux revenus, les prévisions indiquent qu’ils devraient atteindre $13,510 millions, soit une augmentation de l’ordre d’environ 12% par rapport à ceux atteints au cours de la dernière année.Le déficit budgétaire sera donc d’environ $1,450 millions, un niveau avantageusement comparable à celui atteint les an- nées antérieures.A cet égard, M.Parizeau souhaite que ce déficit soit largement comblé à même les fonds de la Caisse de dépôt et de placement.Le ministre souhaite que cet organisme prête $800 millions au gouvernement, ce qui ne lui laissera que $600 millions à dénicher sur les marchés financiers ordinaires.Ces chiffres n’incluent toutefois pas l’emprunt que devra réaliser le gouvernement pour l’achat de l’Asbes-tos Corporation.Pour ce qui est maintenant de la marge de manoeuvre — qui est d’environ $500 millions — dont le gouvernement disposait pour préparer ce budget, le conseil des ministres a décidé de laffecter de la manière suivante: En premier lieu, $300 millions seront consacrés à de nouvelles priorités gouvernementales.Ces priorités sont tout aussi bien d’ordre économique, social ou culturel.Ainsi, pour ce qui est du domaine culturel, on a retenu la mise en place d’un plan visant à améliorer la qualité de renseignement primaire et secondaire, en plus de mettre en marche la société de développement des industries culturelles et de créer l’Institut de recherche sur la culture, création annoncée la semaine dernière lors du dépôt d’un projet de loi en ce sens devant l’Assemblée nationale.Pour ce qui est du domaine social, on note une hausse considérable des sommes consacrées aux garderies, qui atteindront Voir page 7: Abolition Les faits saillants QUÉBEC (PC) - Voici les faits saillants des mesures fiscales annoncées hier par le ministre des Finances, M.Jacques Parizeau, dans son discours du budget: ¦ abolition définitive de la taxe de vente sur les vêtements de moins de $500, sur les chaussures de moins de $100 et sur tous les textiles; ¦ indexation (12,5%) des exemptions personnelles à compter du premier janvier 1980; ¦ instauration d’un régime d’épargne-actions, pour réduire l’impôt de ceux qui investiront dans le développement économique du Québec; ¦ réforme de la fiscalité municipale; ¦ le gouvernement, ses ministères et ses organismes paieront désormais la taxe de vente de 8% sur leurs achats; ¦ introduction d’un régime de supplément du revenu pour les travailleurs mariés et ayant des enfants; ¦ tous les ministères et organismes du gouvernement devront réduire leurs effectifs de 2,5% d’ici le 1er avril 1980; ¦ les revenus totaux du gouvernement en 1979-80 seront de $13,510 millions; ¦ les dépenses pour leur part atteindront $14,950 millions; ¦ le déficit prévu pour l’année financière est de 1,450 millions.I Autres informations, pages 6 et 7 ¦ Montréal invoque le secret professionnel devant la commission Malouf — page 3 ¦ Le rendez-vous du 22 mai: un éditorial de Michel Roy — page 4 ¦ Washington donne des assurances à Israël en cas de violation du traité — page 10 ¦ Le panier à provisions: le yougourt glacé — page 14 Trudeau: ce serait le comble de l’absurde d’élire un gouvernement minoritaire par Claude Turcotte OTTAWA — Le Pierre Elliott Trudeau enjoué et frondeur de 1968 apparaît onze ans plus tard et au début de sa quatrième campagne électorale comme un homme devenu très grave: c’est du moins l’image qu’il a laissée hier matin au cours d’une conférence de presse de près d’une heure, pendant laquelle cependant le premier ministre a confirmé que sur le fond il demeure essentiellement ce qu’il a toujours été, c’est-à-dire profondément attaché au Canada.Aux journalistes qui ont brandi l’hypothèse d’un gouvernement minoritaire, M.Trudeau a répondu ce serait « le comble de l’absurde de se donner un gouvernement fédéral faible » à une époque où il y a au Québec un gouvernement qui Clark adoptera la ligne dure avec les multinationales M.Joe Clark quitte le Parlement afin d’aller rencontrer les journalistes, hier à Ottawa.(Photolaser CP) Rôtisserie 340 est, rue Sainte-Catherine près de Saint-Denis 288-2441 par Michel Vastel OTTAWA — Même s’il devait se retrouver dans une situation minoritaire, le parti de Joe Clark « gouvernera comme une majorité ».Ne laissant aucune chance aux néodémocrates et créditistes qui prétendent, le 22 mai au soir, détenir la balance du pouvoir, le leader conservateur semble vouloir se donner l’image de la main de fer dans le gant de velours.Dur quand il le faut, avec les multinationales comme Exxon par exemple, mais souple aussi, comme avec les premiers ministres des provinces, particulièrement ceux qui sont conversateurs, créditistes ou néodémocrates.Quelques heures plus tôt à Toronto, le leader néo-démocrate avait pourant prévenu qu’il n’appuierait un gouvernement minoritaire conservateur que s’il renonce à son plan d’abolir ou de « dénationaliser » Petro-Canada.« Pas question », rétorque Joe Clark qui promet toujours de retourner la propriété de Petro-Canada aux « citoyens », sans trop savoir comment.Il avoue d’ailleurs qu’il attendra d’être élu, et d’avoir accès aux dossiers du ministère de l’Énergie, pour faire savoir comment il procédera.Rentré dans la nuit de Regina, où l’annonce des élections l’avait surpris lundi soir, Joe Clark a donné hier sa première conférence de presse au Parlement depuis deux ans.Cette rencontre avec la presse parlementaire a étrangement ressemblé à m menu chinois où les plats sont nombreux, mais dont il est difficile de savoir ce qu’ils contiennent exactement.À de nombreuses reprises, le chef conservateur a semblé embarrassé, incapable de préciser les détails de son programme d’action.Un chef de gouvernement conservateur prendrait d’ailleurs de trois à quatre mois avant de convoquer les Chambres, et pour ne présenter que deux ou trois législations jugées vraiment prioritaires: un budget notamment.Les principaux engagements de Joe Clark sont d’ordre économique: ¦ doubler le taux de croissance de l’économie en le haussant à au moins 5%; ¦ créer, d’ici à 1985, le 1,5 million d’emplois dont le Canada a besoin; ¦ abaisser l’inflation en réduisant les budgets de l’État; ¦ mettre fin à la dépendance des provinces de TEst envers des sources de pétrole incertaines.C’est sur cette question de l’énergie que le chef conservateur, visiblement mal à l’aise, a dû passer la majeure partie de sa conférence de presse.Il a notamment promis d’adopter la ligne dure avec les multinationales du pétrole et de les menacer, en privé, de mesures de rétorsion.Joe Clark n’avait cependant pas beaucoup de détails à donner sur sa stratégie de négociation avec Exxon, évoquant Voir page 7: Clark menace de briser le pays, et en Alberta ainsi qu’en Saskatchewan des gouvernements très forts et très riches ayant une tendance autonomiste marquée.M.Trudeau a même dit espérer que les électeurs choisiront le 22 mai un gouvernement majoritaire, « le mien ou celui des conservateurs ».Dans les circonstances, a-t-il expliqué, ce serait préférable.Mais adyenant l’élection d’un gouvernement minoritaire — ce que plusieurs observateurs prévoient du reste — le chef libéral respectera l’opinion de la population, comme il l’a fait en 1972.Maintenant, pourquoi avoir décidé de déclencher les elections à ce moment pré-cis et non pas plus tôt ou plus tard puis-qu’il ne semble pas y avoir de modifications notables dans l’humeur des électeurs au cours des dernières semaines?A cette question, M.Trudeau a répondu que « le meilleur temps pour tenir des élections, c’est lorsque les thèmes sont suffisamment définis pour offrir un choix clair aux électeurs ».Selon le leader libéral, ces thèmes ou ces enjeux se sont curieusement dégagés presque tous en même temps au cours des derniers mois et même des dernières semaines.Ainsi, il y a eu celui de l’énergie, dont la cause est d’origine internationale avec le prix du pétrole qui augmente sans cesse et la pénurie potentielle à la suite de la crise politique en Iran.En exprimant son opposition à certains aspects du Voir page 7: Trudeau Le premier ministre Trudeau réfléchit durant un instant avant de répondre à une question, hier lors d une conférence de presse dans la capitale fédérale.Il s'agissait de la première rencontre du chef du Parti libéral avec les journalistes au cours de la campagne électorale.(Photolaser CP) Le traité de paix suscite attentats et manifestations M.Ed Broadbent, chef du Parti néodémocrate, a promis de se battre afin que tous les Canadiens aient accès à un programme d'assurance-santé.(Photolaser CP) PARIS (d’après AFP et Reuter) — Deux attentats à la bombe à Lod, en Israël, et à Paris ont tué hier une personne et blessé plus d’une cinquantaine d'autres, dans ce qui semble être le début d’une campagne de terrorisme contre le traité de paix israélo-égyptien.Pendant ce temps, les réactions violentes se multipliaient dans le monde arabe; à Bagdad s'est également ouverte une conférence des ministres des Affaires étrangères et des Finances de 17 pays arabes qui doivent mettre sur pied l’application de sanctions politiques et économiques contre l'Égypte, coupable selon eux « d’avoir trahi la cause arabe ».L’attentat de Lod, qui s’est produit sur un marché en plein air, a fait un mort et 21 blessés, une bombe ayant explosé devant la devanture d’un maraîcher.La police israélienne a arrêté plusieurs Arabes qui se trouvaient près du lieu de l’attentat.C’est le second attentat depuis la signature de la paix: dans la nuit de lundi à mardi, une grenade avait été lancée dans un restaurant du secteur oriental de Jérusalem, faisant neuf blessés.À Paris, un attentat a été perpétré en fin de matinée dans un foyer israélite du quartier étudiant.Trente-trois personnes ont été blessées, dont trois grièvement.Il sues a été revendiqué par un groupe mystérieux se présentant comme « un collectif d’intervention autonome contre la présence sioniste en France et contre la paix israélo-égyptienne ».Le president du conseil de la communauté juive en France, M.Alain de Rothschild, s’est rendu sur les lieux peu après l’attaque et a déclaré: « Autrefois, ils s'en prenaient à nos biens, aujourd'hui ils s’attaquent carrément a notre peuple ».Au même moment, quelqu etudiants juifs orthodoxes organisaie une manifestation spontanée devant le restaurant, aux cris de « OLP assassin ».De son côté, M.Ibrahim Souss, représentant de l’OLP à Paris, a déclaré que l'Organisation de libération de la Palestine n'avait rien à voir avec l’attentat et qu'il avait adressé ses condoléances au grand rabbin de France.Il a ajouté: « Nous mènerons notre bataille dans les territoires occupés, pas en France ».Par la suite, un groupe inconnu, s’intitulant » Les aigles de la révolution », a revendiqué à Beyrouth l’attentat contre la cantine du foyer des étudiants juifs de Paris.« Le commandement général des aigles de la révolution, revendiquant la responsabilité de cette opération, promet aux masses de la nation arabe d’intercepter l’ennemi sioniste et les traîtres comme Sadate à l’intérieur et à l’extérieur du territoire occupé et de frapper les intérêts de l’impérialisme et du sionisme à travers le monde », déclare le communiqué.Par ailleurs, la conférence des mi-Voir page 7: Traité pfL THÉÂTRE PORT-ROYAL W PIACI OfSARI'.PIATI OtS /MU'.Montréal 'fjuéhrx HiX 1/9 Le Devoir, mercredi 28 mars 1979 ¦ 2 ' CT Plusieurs députés annoncent leur retraite de la vie parlementaire pair Claude Turcotte OTTAWA — Avant même de connaître les résultats des élections du 22 mai, on sait d’ores et déjà que la Chambre des communes ne sera plus tout à fait ce qu’elle était encore lundi pour la simple raison que plusieurs députés sortants ont décidé de quitter la vie politique.Ainsi hier matin chez les libéraux, alors que les députés de tous les partis se saluaient et se serraient la main comme des collégiens qui parteht en vacances, quelques-uns parmi eux annonçaient leur retraite.Ainsi, M.Jacques Trudel, débuté de Bourassa (Montréal-lord), M.Gaston Clermont, R député de Gatineau et Gérard Loiselle, député de Saint-Henri, ont ajouté leurs noms à la liste des retraités parlementaires.On savait déjà que plusieurs autres députés se retiraient: certains l'ont même annoncé depuis plus d’un an, comme MM.Robert Stanfield et T.C.Douglas, qui ont été au cours des dernières années deux des meilleurs et des plus dignes représentants du peuple aux Communes.Les deux sont d’anciens premiers ministres provinciaux et leaders fédéraux.M.Stanfield en Nouvelle-Ecosse et chez les conservateurs; M.Douglas en Saskatchewan et chez les néo-démocrates.Parmi les députation québécoise, on note plusieurs départs outre les trois déjà mentionnés: Gustave Blouin dans Manicouagan; Walter Smith dans Saint-Jean; Albert Béchard dans Bonaventure; Paul Langlois dans Chicoutimi; Florian Côté dans Richelieu; Prosper Boulanger dans Mercier.Ce sont tous des libéraux.Il y a aussi un créditiste, M.Gérard Laprise dans Abitibi.D’autres ont déjà quitté avant la prorogation des Chambres comme les ministres Jean-Pierre Goyer qui fut précédé de Jean Marchand.Dans les autres provinces, il y a également de nombreux departs parmi les Le NPD à l’heure de l’électronique Nommé directeur général des élections en 1966, quatrième élection générale.Jean-Marc Hamel en est à sa (Photolaser CP) Première étape: le choix des 111,000 recenseurs OTTAWA (PC) — Le premier ministre Trudeau venait à peine d’annoncer l’élection générale que M.Jean-Marc Hamel s’affairait auprès de ses Télex.Directeur général des élections, il communiquait avec les 282 directeurs du scrutin du pays pour s'assurer qu'ils participeraient à l’élection du 22 mai.Au cours des prochains jours, ces directeurs du scrutin vont devoir louer des bureaux, s’installer et publier leur avis d’élection, sans quoi les candidats ne peuvent pas être officiellement nommés.Un directeur du scrutin, qui est comptable de son métier, a déjà communiqué avec M.Hamel pour donner sa démission.Il a expliqué qu'il devait se consacrer presque 24 heures sur 24 à la préparation de declarations d’impôt à cette époque-ci de Tannée.Il va y en avoir d’autres, a expliqué M.Ha- mel, qui ne seront pas ici à temps, car ils se trouvent en vacances dans d’autres pays et ignorent qu’une élection a étp déclenchée.Il faut ensuite embaucher 110,000 recenseurs, qui s’assureront que tous les Canadiens de 18 ans et plus figurent sur les listes électorales.Le travail le plus considérable est l’impression et la distribution de 14.5 millions de bulletins de vote avant le 12 mai, date du premier vote par anticipation.Cette impression coûtera $7 millions.M.Hamel a raconté qu’il n’avait pu demander à aucun membre du personnel de rester au bureau, le soir de l’annonce de l'élection, de peur qu’on devine ce que le directeur général des élections savait déjà.Mais, même avec un personnel réduit, le dernier message avait été envoyé aux directeurs du scrutin à 5 heures du matin.OTTAWA — Pour la première fois de son histoire, le Nouveau parti démocratique réglera son horloge électorale à l’heure de l’électronique.C’est la première fois que le NPD entreprend une campagne nationale sous l'égide de la nouvelle loi sur les dépenses électorales, ce qui lui permet de disposer d’un budget national d un peu plus de $2 millions.¦ La seule publicité retiendra des fonds de $1,2 million dont $800,000 concentrés dans un véritable blitz à la télévision au cours des deux dernières semaines de la campagne.C’est la première fois que le NPD planifie une campagne nationale à la télévision et il promet de ne négliger aucun média ni aucune région, ayant déjà réservé des fonds pour les réseaux français de Radio-Canada et TVA.¦ Tout au long de la campagne, le NPD utilisera les ressources du téléphone.Une véritable « banque de téléphonistes » est déjà sur pied.Elle est essentiellement constituée des permanents du Conseil du Travail du Canada qui appelleront chacun des 2,3 millions d’adhérents du CTC.La centrale syndicale aura, elle aussi, sa propre campagne de publicité essentiellement ba- Le rapport sur l’unité canadienne s’adresse d’abord à la population par Rodolphe Morissette Fougueux et aussi déterminé que souriant, M.Jean-Luc Pépin, président de la Commission sur l’unité cana- dienne, a défendu hier à Montréal le rapport de son organisme sur la question constitutionnelle.M.Pépin avait apporté son album de coupures de presse la galerie ô’arfc Clarence Gagnon EXPOSITION Petits formats ALBERT ROUSSEAU Vernissage jeudi le 29 mars à 20h Bienvenue i tous Jusqu'au 8 avril 1261.avenue Bernard.Outremont Tél.: 270-2962 et il a repris, en les réfutant, les arguments que politiques et éditorialistes ont formulés contre des parties de son rapport.Le rapport n'est pas destiné aux hommes politiques d’abord, pour qu'ils en fassent une pieuse lecture avant de s’endormir comme de bons séminaristes.¦« Il s’adresse au contraire à la population.» Des sénateurs ont manifesté des réticences au sujet de la proposition touchant le Conseil de la fédération, cet organismes « radicalement nouveau » qui remplacerait le sénat, serait élu par les provinces et s’occuperait des matières fédérales-provinciales?Ils trouvent cette idée mal accordée aux structures démocrati- 3ues et parlementaires cana-iennes?« Mais ce n’est pas .jsr F essa va-; y:iV, •.tV.V‘vV' sot aO A\\0' W J ¦ ,ACI?k * JF JE W T ; sée sur le véhicule de la presse écrite.Le coordonnateur de cette campagne pour la CTC est d’ailleurs déjà à Otttawa où il travaillera en étroite coordination avec l’éxécutif national du NPD.Signe de l’importance que le NPD attache a Télectorat de l’Ontario, le Parti installera ses quartiers généraux à Toronto et Oshawa.« Le NPD est mieux préparé que jamais à cette campagne électorale, » de lancer nier l’organisateur national, M.Robin Sears.En fait, cette formation politique était sur le pied de guerre depuis mars 1978.Déjà 220 candidats ont été choisis sur 282 et une trentaine d’assemblées de nomina-tioiî sont prévues dans les jours qui viennent.La campagne sera supervisée par un comité consultatif présidé par le chef du CTC, M.Dennis McDermott.C’est la semaine prochaine, à Vancouver, puis dans les provinces des Prairies, que le leader national M.Ed Broadbent, lancera vraiment sa camnagne électorale.Contrairement a l’époque héroïque de 1972 où la presse accompagnait David Lewis dans des autobus ou de vieux DC 3, c’est en jet d’Air Canada, la plupart du temps nolisé, que le NPD sillonnera le pays.Hormis la campagne à la télévision, les banques de téléphonistes représentent une innovation empruntée ‘ des États-Unis alors que les grands syndicats américains me ’D avaient appuyé la n Kemu de John ’Remedy.Le‘N.„ fonde le gros de ses espoirs sur cette campagne télépnoni-que, Les lettres adressées d cette rubrique doivent être signées et comporter de manière lisible, les noms, adresse et numéro de téléphone de l’auteur.Toutefois, l’adresse et le numéro de téléphone ne sont pas destinés d la publication.LE DEVOIR ne peut s'engager d publier toutes les lettres et, en raison des contraintes d’espace, se réserve le droit de les abréger.Les correspondants sont invités d dactylographier leurs textes d double interligne. patrons ont abusé de leurs employés qui n’avaient pas d’autre choix que ce continuer à travailler ou d’être réduits à la rue sans aucun revenu.Aujourd'hui, les choses sont devenues normales, mais les syndicats n’ont pas suffisamment de raisons pour déclencher une grève dans le but de pouvoir augmenter les cotisations.Ils ont alors recours à toutes les ruses possibles pour pousser le travailleur à faire la grève.On critique la Sûreté Provincial et la Gendarmerie Royale de vouloir s’infiltrèr dans ces organisations pour se procurer des informations qui seraient sans aucun doute bénéfiques pour notre société.Ne serait-il pas plausible et logique d’avoir des agents neutres qui seraient présents lors des assemblées ou le votre de grève serait pris?Je ne voudrais pas insinuer des choses qui ne sont vraies, mais, il est reconnu que des « fiers à bras » s'infiltrent parmi les syndiqués et les for- cent à voter en faveur de la grève.Pensons un peu à la perte de revenus que doit alors subir l’employé lors de la grève.Qu’en pensent le lecteur et le travailleur?J.C.COTÉ Montréal, le 11 mars 1979.r : > LE DEVOIR est publié par l'Imprimerie Populaire, société à responsabilité limitée, dont le 9ège social est situé au numéro 211.rue du Saint-Sacrement.Montréal H2Y 1X1 II est composé et imprimé par l'Imprimerie Dumont incorporée dont les ateliers sont situés à 9130 rue Boivin Ville LaSalle L agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans LE DEVOIR ABONNEMENT: Édition quotidienne $65.par année, six mois: $36.t'ois mois: $24 À l’étranger: $70 par année, six mois: $36.trois mois $27 Éditions du samedi $19 par année Edition quotidienne, livrée à domicile par porteur $1 50 par semaine Tarif de l a-bonnement servi par la poste aérienne jur demande Courrier de deuxième classe enregistrement numéro 0858 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec TÉLÉPHONE: 844-3361 (lignes groupées) V______________________________7 9 a Le Devoir, mercredi 28 mars 1979 ¦ 5 '•\Wj L’ambiguïté des relations entre le Canada et la Corée du Sud Carnaval et liberté ¦ Un mandat trop restreint même un seul amendement à la constitution.Malgré le climat de répression à Seoul, la résistance continue.Des nouvelles de 'protestations de la part des leaders religieux et étudiants parviennent de la Corée du Sud.En juillet 1978, on a créé, pour travailler au rétablissement de la démocratie, l’Union nationale démocratique.Parmi les signataires de la déclaration de l’Union, figurent Yun Po Sun, l’ancien président de la Corée du Sud, Hak Soon (Daniel) Chi, évêque catholique de Suwon, le révérend Hyung Kyu Park, ministre presbytérien, Tai Young Lee, ancienne présidente des Femmes unies de l’Eglise de même que 700 individus et organisations de tous les groupes sociaux, représentant l’Église, la communauté intellectuelle, le milieu des affaires, les travailleurs et les paysans.Plusieurs raisons expliquent que l’opposition à Park continue malgré la répression sévère à laquelle elle doit faire face.Dans ses efforts pour industrialiser rapidement le pays, Park a suivi des politiques qui ont entraîné de terribles épreuves pour la population.Les politiques agraires, qui amènent l’appropriation des petites fermes par les grandes compagnies, ont force l’exode des gens de la campagne vers la ville.En 1960, la population de Seoul, la capitale, était de 2,445,402.Elle atteint maintenant plus de 7,500,000 personnes ce qui constitue à peu près 21% de la population totale du pays.En conséquence, les conditions de vie dans les villes sont intolérables et on assiste à une rupture radicale du tissu social.Le taux de chômage s’élevait à 23% en 1975.Une enquête recente de la Fédération générale des syndicats de la Corée du Sud révèle que 45.7% de la population a un revenu inférieur aux 48,500 « won » par mois, qui constituent un minimum vital.Sur 6.3 millions de travailleurs adultes en Corée du Sud, seulement 820,000 sont regroupés dans une forme quelconque d’association de travailleurs.Les salaires sont très bas, en moyenne 31 cents de l'heure, et les conditions de travail dépassent les limites de la décence.Toutes les tentatives de former des organisations ouvrières indépendantes sont réprimées, l’arrestation et la torture des leaders sont courantes.La main-d oeuvre abondante et bon marché de la Corée est utilisée pres-qu’exclusivement pour la production de biens destinés à l'exportation, dans un effort pour faire entrer au pays les devises étrangères nécessaires au paiement d’une dette extérieure très élevée.Cependant, cette orientation du développement économique provoque une baisse importante dans la production des biens de consommation nécessaires à la population.La politique agraire a entraîné un déclin dans la production agricole et la Corée du Sud en est réduite à importer en grandes quantités ses produits alimentaires, y compris le riz.Ceci, associé aux plaisir d’étudiants, ne porte pas à conséquence.Il n’y a pas lieu de s’en offusquer, puisque les premiers intéressés ont donné leur accord et agi de « plein gré ».Il n’est pas donné à tout le monde dYavoir le sens de l’humour raffiné, par nature et par vocation, comme Girerd, caricaturiste.Certains courraient se sentir flattés dans leur ego de faire l’objet de tant d’attention.Ce qui est condamnable, c’est l’emploi de la force.Ceci touche également la question très controversée, et à juste titre, du « bizutage » ou de « l’initiation » des nouveaux, en particulier, dans les institutions de haut-savoir que sont les collèges ou les universités.Quand on pense à rencouragement prodigué par « l’establishment » à ces actes, il y a de quoi perdre son latin.En fait, à l’arrière-plan règne la peur de paraîtré rétrograde, la peur de ne pas passer pour libéral et ouvert, la peur d’une contestation.Sans dramatiser, il est bon de rappeler que le fascisme et ses horreurs ont trouvé un terrain favorable chez ceux qui, au début du siècle, avaient connu les aberrations dénoncées dans le film si éloquent Les Désarrois de l’élève Toeness.Que l’on ne déclare pas le parallèle grotesque ou impossible.La vigilance doit être préventive.L’humour est aux antipodes de la violence.Se dire un disciple de Rabelais, quelques jours par année, ne devrait pas faire oublier que si la fête est un état d’esprit, il faut encore permettre à l’esprit, et à lui seul, de régner dans ce «oyaume éphémère.AU cours de conversations tenues récemment à Ottawa, M.Park Tong-Jin, ministre sud-coréen des Affaires extérieures, a fait des déclarations au sujet de l’accroissement, à environ cinq fois son niveau actuel, du volume des échanges commerciaux de son pays avçc le Canada.Cette orientation de la politique économique canadienne constitue-t-elle pour le gouvernement une ligne de conduite judicieuse?Des relations commerciales importantes de ce genre ne peuvent que contribuer à soutenir, en Corée du Sud, la dictature cruelle et corrompue dirigée par M.Park Chung Hee.L’examen de son développement démontre clairement que ce régime est du même type que ceux de Pinochet au Chili, de Somoza au Nicaragua et de celui, désormais défunt, du Chah en Iran.Alors que les cendres du régime du Chah fument encore, il serait peut-être opportun pour le gouvernement canadien de remettre en question l’accroissement de ses liens avec de semblables Etats.Les droits humains fondamentaux sont bafouées en Corée du Sud, et l’Etat est par ailleurs impliqué dans des pratiques commerciales douteuses à l'étranger.En plus d’entretenir la terreur dans la population sud-coréenne, la KCIA (la CLA sud-coréenne) harcèle égalemént les Coréens qui vivent à l’étranger.L’État sud-coréen est aussi compromis dans certains scandales de pqts-de-vin aux États-Unis et il est impliqué également, en Allemagne de l'ouest et au Japon, dans l’enlèvement de M.Kim Dae Jung et M.Yun I-San (et de 17 autres personnalités éminentes) qui critiquent le régime de Park et qui oeuvrent à la restauration de la démocratie en Corée du Sud.Enfin, la KCIA est reliée au « célèbre » Sun Myung Moon et à son organisation religieuse multimillionnaire, l’Église de la Réunification (les « Moonies »).À Washington, les enquêtes du Congrès et du Sénat américains ont mené les grands jurys, à porter des accusations contre dès nommes d’affaires et des fonctionnaires pour corruption, manipulations aux Postes, et une variété d’autres actes.Messieurs long Son Park,.Hancho C.Kim et Soonduk E.Kim, sont accusés.En démêlant l’imbroglio d’intrigues et de corruptions entourant l’affaire, l’enquête a remonté jusqu’au rôle joué par la CIA et la KCIA et a même touché certains sénateurs et membres du Congrès américain; elle est arrivée au bureau de M.Park lui-même.À Washington, les journalistes ont surnommé l’affaire: le « Korea-gate ».De nombreux sénateurs et membres du Congrès remettent sérieusement en question la nature des relations entre leur pays et la Corée du Sud.Ce déferlement de critiques envers le régime de M.Park, et envers la KCIA, amène plusieurs analystes à croire que celle-ci pourrait avoir été forcée de déménager le siège de ses opérations en Amérique du Nord, des États-Unis au Canada, jusqu'à ce que « la tempête soit passée ».par Elle Feuerwerker LES traditions étudiantes se perpétuent à travers les âges.Le carnaval consacre, chaque année, une période au rire et à la détente, à l’oubli momentané des soucis quotidiens de l’étude.Pour un temps, le sérieux, la tristesse, la mélancolie, les idées noires sont, non seulement interdits, mais, en principe, abolis.Point n’est besoin d’un syndicat d’initiatives.Tout à coup, il semble y avoir unanimité.Qui oserait venir en trouble-fête et prétendre qu’il existe d’autres priorités, d’autres urgences?Qui oserait aller à contre-courant et affronter la tempête?Mieux vaut se fondre dans la masse et suivre le mouvement.Après tout, avoir du bon temps, est-ce reprehensible?Le clou des festivités, d’orainaire diversifiées est la recherche et le dévoilement du plus beau trqphée( ou encore de la plus belle prise.C’est a qui aura l’idée la plus ingénieuse, la plus audacieuse, ou pourquoi pas la plus saugrenue.En un mot, qui aura l’illumination.Encore faut-il réussir à capturer la proie.La chasse ou pêche débute, à la fortune du pot, avec peu ou beaucoup de moyens.La surprise doit être de taille, l’émotion forte.Il faut s'assurer de pouvoir raconter bien des années après, en forçant la note, bien entendu, et en y songeant avec une pointe de nostalgie, ces heures folles et uniques, le bon vieux temps, quoi.Et que dire de cette complicité entre camarades, le partage de ces moments pour beaucoup inoubliables, de ces heures vécues en commun.L’originalité demandant un effort créatif, d’année en année les idées nouvelles ont du mal à venir au monde, à faire leur apparition.La lutte est vive.Et devant tous ces éclairs de génie, comment ne pas s'arrêter un instant, comme lorsqu'on observe une éclipse de soleil.L’Université McGill s'extasiait, tout dernièrement, par la voix de son service de presse, devant la « performance » d’étudiants, transformés en pseudo-plombiers, et réussissant un coup de maître, en emportant avec orgueil, un bol de toilette provenant de bureaux de la haute direction de cette noble institution.Que cela serve de leçon.Le message est clair.Il fait allusion au principe fondamental, bien connu et respecté, de l’égalité des humains.Montaigne, dans ses Essais avait cru bon d’en parler.Comme un fidèle reflet de la violence contemporaine institutionnalisée, le « kidnapping » est devenu à la mode.Il est question d’exploits, d’héroïsme.Qui parle par Myron Galan M.Galan est professeur de sciences politiques au Cegep Dawson.Des Coréens vivant au Canada et qui déplorent la nature anti-démocratique du régime de Park, ont déclaré avoir été menacés et harcelés par la KCIA.Ils affirment que ces harcèlements résultent, en partie, de leurs protestations concernant la nomination oe M.Han Byung Ki au poste d’ambassadeur de la Corée du Sud au Canada.Han Byung Ki est le gendre de Park Chung Hee et les résidents coréens soutiennent qu'il est un officier supérieur de la KCIA.Han Byung Ki a-t-il été envoyé au Canada pour diriger, à partir d’Ottawa, les activités nord-américaines de la KCIA, parce que la situation est trop délicate en ce moment aux États-Unis?Un certain nombre de questions se sont posées, au moment de la vente du réacteur nucléaire CANDU à la Corée du Sud, au sujet des ïntermédiaires par lesquels passait la vente.Des paiements totalisant plus de 13 millions de dollars ont été versés par le gouvernement canadien à un agent de vente, afin de « consolider » la transaction.L’agent, M.Eisenberg, possède un bureau à Seoul et on rapporte qu’il a été impliqué dans plusieurs transactions pour le compte des Sud-coréens.Le cas canadien n’a pas encore été éclairci et on se demande toujours si oui ou non les honoraires de M.Eisenberg incluaient des pots-de-vin réservés aux hauts fonctionnaires sud-coréens.Les membres du Parlement d’Ottawa ont aussi soulevé d’autres questions au sujet du versement d’honoraires à des firmes-conseil appartenant à M.Eisenberg.Celui-ci utilise-t-il ces firmes pour augmenter le coût de ses services dans la transaction?Ce genre d’activités dans les relations de la Corée du Sud avec l'étranger se reflètent par ailleurs dans le caractère de sa politique intérieure.Park Chung Hee a* été porte au pouvoir par le coup d’état militaire de 1961, renversant la première courte expérience de gouvernement démocratique civil depuis la guerre de Corée.L’opposition politique a été largement supprimée et les principaux opposants emprisonnés.Plusieurs anciens haut-fonctionnaires et officiels supérieurs ont fui la Corée du Sud depuis que Park a établi sa dictature.La plupart se sont enfui depuis 1972, quand Park entreprit les réformes du Yushin (Revitalisation) après avoir déclaré la loi martiale et suspendu la constitution.La nouvelle constitution donne au président des pouvoirs illimités.Et M.Park s'est décrété lui-même président à vie.Dans les conditions actuelles, il est illégal de proposer de piraterie?Parmi les exemples récents de ces Sbus, mentionnons la vaine tentative’d’obliger le présentateur des actualités Bernard Derome, en plein journal télévisé de Radio-Canada, à suivre un groupe d’étudiants, futurs juristes, notons-le au passage, pour souligner la décadence.Comment ne pas qualifier de violence cette tentative de prise d’otage.La venue en groupe, le nombre se voulant intimidant, ne peut, au-delà de la politesse et de la courtoisie, masquer les faits.L’euphorie du moment, et les bonnes intentions indéniables ne sauraient excuser les abus.Sous prétexte de plaisanterie, les carabins auraient tous les droits et une immunité parfaite.Pourtant le bon goût existe, même dans la plaisanterie.Dans le cas présent, ce qui ressort, c’est l’expression de la maturité de celui qui a des responsabilités et une haute opinion de son travail, face à ceux dont le comportement releve plus du monde de l’enfance que de celui oes adultes.La bonhomie peut et doit être de mise, si elle correspond, d’abord et avant tout, au respect dès personnes.Ce qu'il faut dénoncer, c’est la mise en péril de la liberté de choix.Chacun, vivant avec ses problèmes particuliers, n’a pas nécessairement toujours le coeur à la fête.Que Catherine Deneuve, venue pour tourner des scènes d’un prochain film au Québec, accepte de se laisser photographier avec l'emblème d’un collège, ou que Robert Bourassa veuille bien se déplacer pour paraître dans une autre ville, au grand (Lettre adressée d M.Roger Gosselin, président de la Commission de police du Québec.) Le Comité contre la brutalité policière de la Ligue des droits et libertés vous demande d’élargir le mandat d’étude que la CPQ, suite à l’affaire Charest, s’est donné', a savoir « L’analyse des conditions de détention dans les postes de police sur le territoire québécois », de l’élargir donc à: 1) les raisons et le bien-fondé légal du refus des policiers à des prévenus ou « personnes détenues pour fins d’enquête », de l’usage du téléphone pour rejoindre des parents ou un avocat, dans l’affaire Charest et dans d’autres dossiers; - 2) les raisons et le bien-fondé légal de la détention de témoins, dans l’affaire Charest et dans d’autres dossiers.Car, nous croyons, à la lecture des comptes-rendus des journaux, que le mandat que la CPQ s’est donné, est définitivement trop restreint et qu’une étude approfondie doit être faite relativement à certaines circonstances particulières de l’affaire Charest, lesquelles n’ont pas été jugé « pertinentes » par le coroner Stanislas Déry, ainsi qu’a d’autres circonstances semblables survenues, trop souvent hélas, au Québec.De plus, il nous semble important que cés demarches soient faites publiquement, sans quoi le Comité contre la brutalité policière de la Ligue des droits et libertés ne saurait participer à votre étude et consultation.Alain ARSENAULT, Montréal, le 8 mars 1979.I coûts d’importation des matières premières, amène une augmentation rapide de la dette extérieure sud-coréenne.Des économistes ont établi qu’entre 1977 et 1981, la Corée du Sud devra rembourser annuellement 11.3 milliards de dollars.Pour la même période, on prévoit que la dette extérieure atteindra 15.5 milliards de dollars.Les économistes en sont arrivés à la conclusion que tout ceci constitue le résultat des politiques de Park qui permettent aux compagnies américaines et japonaises de tirer parti d’une main-d’oeuvre bon marché pour fabriquer des produits à prix réduits pour la consommation de masse.Leur exportation rapporte aux compagnies des prodits énormes.Ceci est clairement illustré par le développement de zones franches dans un certain nombre de régions au pays.Pour amener encore d’avantage de compagnies à profiter de cette situation, le gouvernement de Park a récemment institué des « package deals » touristiques destinés aux hommes d'affaires et aux journalistes japonais, connus sous le nom de Kisaenç, qui comprennent les services de prostituées.Au compte de la prostitution de la force de travail, on peut ajouter aussi l’envoi de 60,000 « soldats-travailleurs » coréens pour travailler à des projets de construction en Arabie Saoudite.C’est une réminiscence de l’expédition de soldats sud-coréens au Vietnam, qui devait rapporter 1.7 milliard de par Robert Barberis Professeur de littérature au cegep Bourgchemin, M.Barberis est l’auteur de «la Fin du mépris» qui vient de paraître aux éditions Parti Pris.IL n’est pas question que le Parti québécois participe directement aux élections fédérales.Telle est la position officielle dont le président du parti s’est fait le péremptoire et irréfutable défenseur.À nuit mois du référendum, il n’est pas opportun d’aller combattre Trudeau, un des principaux adversaires de la souveraineté-association, sur son propre terrain, pendant une élection fédérale.Je me demandais quelles seraient les conséquences pratiques de cette position quand est paru un livre de Pierre Drouilly intitulé Le Paradoxe canadien, le Québec et les élections fédérales publié par les Éditions Parti pris.Ce livre rend accessible au citoyen un peu politisé des informations stratégiques que les partis politiques préfèrent garder secrètes.Selon Pierre Drouilly, il est probable que Trudeau remportera les prochaines élections fédérales à cause de l’appui massif du Québec.Comment dès lors expliquer qu’un Québec qui est sur le point de voter majoritairement oui à un projet de souveraineté-association puisse élire une très forte majorité-de députés libéraux fédéraux totalement opposés à la souveraineté-association?Les Québécois votent-ils Lévesque à Québec et Trudeau à Ottawa?L’auteur du Paradoxe canadien répond à ces questions pour le moins troublantes.Chiffres à l’appui, il suggère l’existence au Québec d’un « bloclibé-ral » d’environ un million d’électeurs qui-votent libéral aux deux niveaux de gouvernement, provincial et fédéral.Face à ce bloc libéral, il y aurait un « bloc québécois » d’environ un million d’électeurs péquistes qui constituent la seule véri- dollars.Ces opérations ont amené, pour les compagnies étrangères, des profits rapides et substantiels.Une partie de l'argent qui reste au pays est réservée au paiement de bas salaires pour les travailleurs; le reste aboutit dans les poches de la machine de Park.On peut établir ici un parallèle avec la situation en Iran où le Chah et son fonctionnariat corrompu ont tiré tous les bénéfices des exportations pétrolières alors que la situation interne devenait de plus en plus insupportable pour la population.Quels sont les liens avec l’économie canadienne dans ce processus?Les statistiques commerciales montrent que la grande majorité des importations au Canada consiste en produits bon marché pour consommation de masse alors que les exportations comprennent de grandes quantités de matières premières.L’exportation de matières premières en Corée du Sud où elles seront transformées par une main-d oeuvre à bon marché, n’améliore en rien la situation du peuple; elle ne sert qu'à accrpître sa misère et à fortifier l’emprise du régime de Park.L’importation de produits finis à vil prix n'aide en rien non plus au développement des industries secondaires canaoiennes.C’est une politique à courte vue.La situation se complique encore des liens politiques qui en résultent, illustrés par la réception cordiale réservée à Park Tong-Jin lors de son séjour au Canada.Le Canada table opposition à Trudeau.À la lumière des résultats des élections fédérales et provinciales depuis vingt ans, l’auteur observe la stabilité du vote libéral et en infère l’existence d’un bloc libéral solide qui se reproduit sans tellement progresser.D’autre part; de 1966 à 1976, s’est constitué, pour résoudre la question nationale, un bloc québécois qui est formé de la majorité des francophones.Or, comme il n’y a pas d’homologue au Parti québécois sur la scène fédérale, ce bloc québécois s'effritera en néodémocrates, conservateurs, créditistes, unionistes (de l’Union populaire) et même rhinocéros, et la majorité des péquistes préférera s’abstenir tout simplement.Lè bloc libéral fera donc élire plus de soixante députés libéraux.Et la cause principale de ces victoires sera l’inaction des indépendantistes réduits à l’impuissance par la position officielle du Parti québécois qui aura donc contribué au maintien de Pierre Trudeau au pouvoir à Ottawa.Selon Drouilly, les Québécois qui votent Lévesque a Québec ne sont pas les mêmes qui votent Trudeau à Ottawa.Les conséquences pratiques de l’absence du bloc québécois aux élections fédérales, c’est la probabilité de la réélection du gouvernement Trudeau malgré un vote majoritaire conservateur au Canada anglais.Tel est le paradoxe canadien qui, en fait, est bien plutôt un paradoxe québécois éclairé décisivement par les analyses convaincantes de Pierre Drouilly.Ce qui peut semb'er une danse de sorcier autour d’un feu d’artifice de chiffres recouvre, en fait, un certain nombre d’intuitions politiques,qu’on ne pourra dorénavant ignorer.Alors qu’à peu près tout le monde déclarait Trudeau battu, l’auteur affirmait en août 1978 (date de la présentation), ou'il était « presque assuré de conserver le pouvoir à cause du Québec », ce que nous verrons bien le soir du vote.Le sujet de son livre, c’est donc: a) de montrer pourquoi il est probable que Trudeau gardera le pouvoir; b) que c’est à cause de l’existence d’un bloc libéral au Québec; devrait-il se compromettre avec ce régime corrompu et instable, établi dans une région elle-même hautement instable?Étant donné le caractère dictatorial de Park, est-il sage de lui vendre un autre réacteur nucléaire CANDU?D’autres pays n'ont-ils pas fait la preuve qu'il est possible de construire de l’armement nucléaire à partir des sous-produits du réacteur CANDU?Un tel armement, dans les mains du régime de Park, pourrait conduire à d’horribles lendemains.La corruption et la rigidité du gouvernement de Park contribuent à la montée de la tension dans le Nord-est asiatique.La Corée a été tragiquement divisée et a souffert les affres d’une guerre civile très destructrice.Pendant que le temps guérit lentement les plaies ae cette guerre, la souplesse et la volonté de compromis sont indispensables aux leaders actuels.Le régime de Park a fait la preuve qu'il ne les possède en rien.Une politique economique canadienne qui contribue au maintien, pour quelque temps encore, d’un tel régime, ne fait rien d’autre qu'exacerber davantage son intransigeance.Une telle politique n’accélère en rien le processus de réunification de la Corée, objectif que le Canada soutient ostensiblement aux Nations-Unies.On est alors en droit de s’interroger sur le réel sérieux de l’engagement du Canada, à cet égard sur la veritable nature de la politique canadienne envers la Corée.c) que ce bloc libéral vaincra à cause de l’inaction du bloc québécois; d) que les responsables de cette inaction sont à blâmer.D’ordinaire analyste serein, l'auteur devient carrément agressif et polémiste quand il parle de la stratégie péquiste qu'il qualifie de démission.Drouilly rejette « une certaine conception libérale de la politique » et déplore « que le nationalisme québécois ne prend pas actuellement les moyens de déloger Trudeau ».Par ailleurs, curieusement, il semble approuver la décision du Parti québécois de ne pas appuyer l’Union populaire où il y aurait « de troubles personnages poussés par l’ambition politique » qui « risquent de ne pas donner à ce mouvement la transparence indispensable pour canaliser le vote nationaliste québécois ».Pierre Vallières, dans les scorpions associés, suggérait « un vote massivement antiliberal », « en optant pour d’autres partis, en choisissant l’abstention ou bien en s’annulant lui-mème ».Les analyses de Pierre Drouilly nous donnent les conséquences de cette attitude qui mène à l’effritement du bloc québécois et à sa totale inefficacité électorale.Ce n’est donc pas à l’élection fédérale de 1979 que Trudeau aura à faire face à une véritable opposition au Québec.C’est une question de timing et, en politique, le timing, c’est capital.Parlant des libéraux dans la Passion du Québec,René Lévesque affirme: « Peut-être survivront-ils encore à un autre scrutin, mais pas davantage.Il ne s'agit pas de dramatiser; il ne s’agit pas non plus de se battre contre lui (Trudeau) directement.(.) On n’est pas si pressé.Ça prendra deux ans, ans, cinq ans s’il le faut — mais je ne pense pas que ça poisse prendre plus de quatre ou cinq ans.» Quand, le soir des élections fédérales, on constatera qu’encore une fois « le Québec a appuyé massivement Trudeau » en se basant sur le nombre de députés libéraux élus, aucun commentateur sérieux ne pourra ignorer que le bloc libéral a remporté la victoire par défaut, le bloc québécois ayant refusé d'embarquer sur la glace.\ 1 UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL FACULTÉ DE L’ÉDUCATION PERMANENTE CERTIFICATS DE PERFECTIONNEMENT PROFESSIONNEL (30 CR.) PRINTEMPS 1979 (mai-juin) • Coopération • Criminologie II Culture et civilisation Études québécoises Consommation et famille I Consommation et famille II — Publicité — Relations industrielles I — Relations industrielles II — Relations publiques — Traduction II Pour (es enseignants en particulier - Animation de la vie étudiante - Animation pédagogique des bibliothèques - Consommation et famille I - Consommation et famille II - Enseignement de l’éducation physique à l’élémentaire - Enseignement du français, langue seconde Trois certificats donnent droit à un baccalauréat ès arts ou à un baccalauréat ès sciences ADMISSION ET INSCRIPTION JUSQU’AU 30 MARS Renseignements: Faculté de l’éducation permanente 3333, chemin Queen Mary, 6e étage Tél.: 343-6090 Les indépendantistes et les élections fédérales Le Devoir, mercredi 28 mars 1979 ¦ 6 LE BUDGET Plus vaste que prévu La réforme fiscale englobera transport et communautés par Bernard Descôteaux QUÉBEC — La réforme de la fiscalité municipale, dont le ministre des Finances a annoncé hier l’entrée en vigueur le 1er janvier prochain, sera de plus grande envergure que prévu à l’origine.Elle intégrera une reforme du mode de financement des communautés urbaines et du transport en commun.Telle est la principale surprise que réservait au monde municipal, hier, le ministre des Finances, M.Jacques Parizeau, dans son discours du budget.Tout en annonçant les grandes lignes de cette réforme de la fiscalité municipale qui ont été discutées et négociées depuis plus d’un an avec les porte-parole des municipalités, le ministre présentait une série de nouvelles propositions à l’intention des trois communautés urbaines, et des cinq commissions de transport régionales de la province.Ces propositions, qu’il voudrait voir adoptées à temps pour qu’elles puissent entrer en vigueur a la meme date que la première partie de la réforme, consistent d’une part à retirer entièrement aux communautés urbaines toute forme de financement direct pour redevenir entièrement dépendantes de la quote-part des municipalités membres.D autre part elles visent à redéfinir la participation du gouvernement au financement du transport en commun en privilégiant les subventions à la construction dmfrastructu-res plutôt qu’aux frais d’exploitation des réseaux de transport en commun.Telle que proposée par M.Parizeau, la réforme de la fiscalité municipale, y compris les nouvelles propositions presentees, hier, auraient un impact à plusieurs niveaux.D’une part les municipalités, si elles occupaient tout l’espace fiscal qui leur est alloué, recevraient des ressources additionnelles de $264 millions.Les contribuables municipaux verraient leurs taxes foncières diminuer globalement de $57 millions.Les entreprises verraient les leurs s’accroître de $82 millions dont $64 millions pour les seules entreprises de télécommunications, d’électricité et de gaz.Enfin le gouvernement paierait $256 millions de plus qu’actuellement.C’est au début de 1978 que le gouvernement québécois commençait avec les municipalités des discussions qui devaient mener à la présente réforme.Rapidement on convint qu’il était impossible de s’entendre à temps pour que cette réforme puisse être intégrée au budget 1978-19/9.En juin 1978 une conférence réunit les municipalités et le gouvernement, puis l’on forma un comité conjoint qui fut la base de véritables négociations.Pour l’essentiel, la réforme annoncée par M Parizeau s’inspire du rapport de ce comité.La première mesure et la plus importante de ce projet consiste à accroître le champ de ressources fiscales disponibles aux municipalités en leur laissant tout le champ de l’impôt foncier, ou presque.À compter du 1er janvier prochain, l impôt scolaire normalisé sera aboli, les commissions scolaires ne gardant le droit de lever des impôts fonciers que pour les dépenses dites inadmissibles.Cette mesure libère un espace fiscal de $523 millions.La deuxième mesure consiste à élargir l’assiette de l’imposition foncière en faisant disparaître une série d’exemptions sur des biens-fonds (quais de port de mer, chaminées d’usine, assises de machinerie).On modifiera par ailleurs la politique gouvernementale des « en-lieu Je taxe » et dorénavant le gouvernement québécois paiera des taxes correspondant à 100% de la valeur foncière de ses propres immeubles, à 80% de la valeur oes hôpitaux, des universités, collèges, CLSC, et autres immeubles, et a 40% de la valeur foncière des écoles primaires et secondaires.Toujours à l’égard de l'élargissement de l’assiette fiscale, le gouvernement a résolu de laisser aux municipalités la taxe d'affaires qui sera cependant plafonnée afin d’éviter des disproportions trop grandes entre municipalités.Le dernier élément de cette politique d’élargissement des sources de revenus sera l’intégration aux revenus des municipalités de l’imposition des secteurs des télécommunications, d’électricité et de gaz.Au total toutes ces mesures apporteraient des revenus additionnels de l'ordre de $908 millions pour les municipalités.M.Parizeau précise immédiatement qu’il n’avait pas les moyens de laisser une telle somme aux municipalités car les revenus du gouvernement s’en trouvaient diminués d'autant.Le retrait des commissions scolaires du champ de l’impôt foncier signifiait que le gouvernement devait compenser ces dernières par un régime Les négociations Parizeau dit non au minimum de $265 par Jean-Claude Picard QUÉBEC — Le ministre des Finances du Québec, M.Jacques Parizeau, n’a aucunement l’intention de consentir un salaire minimum de $265 par semaine aux employés du secteur public et para-public.Consacrant hier quelques paragraphes de son discours du budget aux négociations dans le secteur public et para-public, le ministre a en effet qualifié de tout à fait inacceptable cette demande syndicale qui est au coeur des revendications du Front Commun.Au contraire, M.Parizeau, qui fait office de principal porte-parole patronal, notamment au niveau des salaires, réaffirme son intention de réduire le rythme d’expansion des salaires dans le secteur public en l’ajustant un peu mieux aux rémunérations consenties dans le secteur privé.Pour ce qui est de ce $265 par semaine, M.Parizeau rappelle que ce salaire, qu’on voudrait minimum dans le secteur public, correspond au salaire industriel moyen payé au Québec en 1978 dans l’entreprise privée.« En somme, dit-il, parce qu'on travaille dans le secteur public, on voudrait que le minimum de rémunération se situe qu niveau de la moyenne des rémunérations des travailleurs dans le secteur privé.Il y a là une forme d’iniquité surprenante qui met en valeur une fois de plus la nécessité de modérer des appétits qui ne correspondent plus à la réalité.» Le ministre justifie son attitude par le fait qu’aucun gouvernement ne peut poursuivre une politique de réduction des impôts s’il doit consentir annuellement une augmentation de 15% de sa masse salariale alors que d’autre part, le PNB n’augmente de son côté que de 10%.- « On aura beau réaliser toutes les économies que l’on voudra, éliminer tous les gaspillages, on finira pas se heurter à un mur », affirme-t-il.En second lieu, M.Parizeau considère tout à fait injuste de faire payer aux 4/5 des travailleurs des augmentations de salaire qui seraient considérablement plus élevées que les leurs.En somme, il réaffirme que les augmentations salariales consenties dans le cadre de ces négociations seront plus que modestes mais rappelle que, pour la dernière année du contrat existant, tout les employés du secteur public recevront une pleine indexation de leur salaire, mesure qui coûtera, dit-il, $200 millions au Trésor québécois.Il faut enfin noter que ce budget 1979-80 ne contient aucune provision particulière pour les augmentations salariales qui seront consenties lors du renouvellement des conventions des employés du secteur public et para-public.On estime pouvoir financer des augmentations à même les crédits périmés qui s'élèveront, cette année, à quelque $300 millions.Raynault est déçu mais non surpris.QUÉBEC — Le député libéral d'Outremont et critique financier de son parti, M.André Raynault, s’est dit déçu mais non surpris Ju budget présenté hier à l'Assemblée nationale par le ministre des Finances, M.Jacques Parizeau.Selon M.Raynault, qui a rencontré brièvement les journalistes peu avant la présentation de ce discour, « le gouvernement a fait ce qu'il a pu avec ce dont il disposait ».Ainsi, le député libéral estime que la situation économique du Québec est à ce point mauvaise que le gouvernement n'a pu dégager une marge de manoeuvre suffisante pour lancer de nouveaux programmes ou encore réduire substantiellement les impôts.M.Raynault déplore en particulier que ce budget ne contienne rien de substantiel pour relancer l’emploi pas plus qu’il n’injecte des fonds au chapitre de l'habitation.Au surplus, le député libéral juge « intéressante » la création d’un régime d’épargne-actions mais estime que pareil régime ne peut être un substitut valable aux écarts d’impôt entre les hauts salariés québécois et ontariens Enfin, M.Raynault se réjouit du maintien de l'abolition sélective de la taxe de vente et trouve particulièrement heureux que le gouvernement ait donné un caractère permanent à cette mesure.De son côté, le chef de l’Union nationale, M.Rodrigue Biron, est fort mécontent de ce budget.M.Biron estune que le gouvernement n’a rien compris puisque, dit-il, le temps n’est pas aux augmentations de dépenses mais bien au resserrement des activités de l’Etat.Le chef unioniste déplore qu'on retarde au 1er janvier 1980 l'indexation des impôts et qu’on aille ainsi soutirer cette année environ $500 millions de plus aux contribuables.Quant à la question de la taxe de vente, M.Biron estime que le gouvernement s’est trompé en rétablissant la taxe sur les meubles puisque cette industrie est plus québécoise que celles du textile, du vêtement ou de la chaussure.Enfin, le chef de l’UN déplore que ce budget ne stimule en rien ni les investissements ni les emplois, à un moment où le chômage est si élevé.Pour sa part, le chef des Démocrates, M.Camil samson, est lui aussi déçu du budget.M.Samson est particulièrement impressioné par l'ampleur du déficit budgétaire et l'augmentation des dépenses publiques, à un moment où il croit lui aussi que l'Etat doit se serrer la ceinture.nouveau de subventions.C’est pourquoi le gouvernement met fin à une série de subventions inconditionnelles qui sont versées aux municipalités.Parmi ces subventions qui seront abandonnées il y a la part de la taxe de vente Sii était retournée aux municipalités 433 millions), la part de la taxe de repas et d’hôtellerie qui était versée à Montréal, Québec et Laval ($32 millions) les subventions per capita ($72 millions) et l’abandon de certains « en-lieu de taxe » actuellement en vigueur ($30 millions).En raison de la nature du système fiscal actuel, la réforme proposée est de nature à créer des injustices car certaines municipalités sont plus pauvres que d’autres eu égard à la valeur foncière des immeubles.À titre de correctif un fonds de péréquation sera créé ($20 millions), à l'intention des municipalités rurales et des municipalités de moins de 5,000 habitants.Parmi les grandes municipalités, seule Verdun y aura accès.Pour tenir compte par ailleurs d’injustices qui seront corrigées avec le temps, un programme de trois ans de transfert minimum a aussi été prévu ($8 millions).Tous ces changements réduiront de $539 millions le champ fiscal de $908 millions qui avait été dégagé.La disparition du régime de subventions conditionnelles que les municipalités demandaient à propos de tout et de rien réduira cette somme d’environ $47 millions.Les changements enfin que se proposent d’apporter le gouvernement au financement des communautés urbaines et du transport en commun réduiront en outre de $62 millions la marge de manoeuvre nouvelle donnée au municipalités, l'établissant en définitive à $264 millions.Lorsque la réforme entrera en vigueur le premier janvier prochain, ces chiffres pourront être modifiés quelque peu puisque M Parizeau a indiqué clairement que c'était des négociations qu’il voulait ouvrir relativement au financement des communautés urbaines et du transport en commun.À cet égard ses propositions sont somme toute assez simples.Considérant 3ue les communautés urbaines n’ont pas roit à la taxation directe, leurs membres n’étant pas élu au suffrage universel, il propose de supprimer les taxes directes.Dans ce cas, seule la Communauté urbaine de Montréal sera pénalisée étant la seule à avoir une taxe directe.Il s’agit d’une surtaxe sur les immeubles évalués à plus de $100,000.Cela signifiera une perte de revenus de $48 millions.Le financement serait assuré dorénavant uniquement par les quote-part des municipalités membres, et le ministre à ce sujet propose qu’on réévalue le système de quote-part actuellement en vigueur pour qu’on tienne davantage compte de la richesse réelle de chaque municipalité membre.Toujours dans l’esprit de consacrer l’autonomie des municipalités à l’égard de Québec on ferait disparaître par ailleurs les $18 millions de subventions dite d’équilibre budgétaire versées à la CUM et a la CUQ.Pour ce qui est du transport en commun, le ministre propose de porter ses subventions a la construction d’infrastructure à 75%, de même que pour l’achat des autobus.Les taux en vigueur sont présentement de 60 et de 30%.Par contre les subventions pour fins de fonctionnement seraient considérablement réduites.Elles varient présentement entre 45 et 55% et M.Parizeau propose un taux de 20% pour la CTCUM et de 40% pour les autres commissions de transport qui sont moins riches que la première.Une telle formule mettrait le transport en commun sur le même pied que le réseau de transport privé où ion ne subventionne que les infrastructures.Par ailleurs cela inviterait les administrateurs locaux à plus de prudence dans leur administration courante sachant que Québec ne serait pas là pour subventionner les déficits d’exploitation.Jacques Parizeau, ministre des Finances du Québec.(Photolaser CP) CM***?•ÿSZS** La taxe sur les meubles sera rétablie lundi prochain QUÉBEC (par Michel Nadeau) — Le gouvernement du Québec laissera $170 millions dans les poches des contribuables en maintenant « sans limite de temps » l’abolition de la taxe de vente sur les vêtements, les chaussures et les textiles.Mais le ministre des Finances, M.Jacques Parizeau, n’a pas voulu épargner le secteur des meubles qui profite présentement de la baisse du dollar canadien.Ce sera donc la cohue cette semaine chez les marchands qui devront, à compter de lundi prochain, ajouter la taxe de 8%' sur les meubles.Le ministre a déclaré que cette mesure s’explique très facilement: « Le Trésor québécois ne pouvait se permettre davantage l’absence de revenus dans ce secteur ».De plus, les vêtements d’un prix supérieur à $500, comme les manteaux de fourrure, et les chaussures vendues à plus de $100 seront soumis à la taxe de vente dès la semaine prochaine.M.Parizeau a fait remarquer que les huit autres provinces ont rétabli la taxe de vente en octobre ou décembre dernier à son niveau habituel.(L’Alberta n’a pas de taxe de vente.) Cette mesure a permis aux contribuables québécois d economiser $300 millions l’an dernier.Toutefois, en 1979, Québec ne pouvait se priver d’une telle somme.L’émondage a commencé en rétablissant la taxe de vente sur les meubles qui, finalement, n’ont pas tellement réagi à cette mesure.D’avril à décembre, les ventes de meubles au Québec n’ont progressé que de 6.7% contre 14.3% pour le reste du Canada.Toutefois, ce secteur au Québec augmentait ses expéditions de 20% en raison de ventes accrues aux Etats-Unis par suite de la baisse du dollar et du rétablissement de certains marchés dans l’Ouest canadien.Québec touchera ainsi entre $40 millions et $50 millions.Mais le conseil des ministres voulait réduire davantage le manque à gagner dû à la suppression de la taxe de vente.On écarta alors la possibilité d’inclure certains articles dans le champ de la taxation.Le Parti québécois conserve un souvenir amer de (’expérience sur la taxe sur les vêtements d’enfants rétablie en 1977.En éliminant des produits vendus à un prix élevé, on a voulu frapper surtout les consommateurs d’articles luxueux.De plus, le retour de la taxe sur les meubles et les produits coûteux élimine la possibilité d’une bataille fiscale avec les provinces frontalières.Il est évident que les marchands d’Ottawa, Kingston ou Ed-monston n’apprécient guère l’absence de taxe au Québec ce qui, dans le cas de produits vendus à prix élevé, justifie le voyage au Québec pour les consommateurs des autres provinces.Pour ce qui est de la suppression de la taxe de vente sur les vêtements et les textiles, M.Parizeau s’est félicité des résultats obtenus tant au niveau des ventes au détail que des expéditions des manufactures du Québec.Dans tous les cas, le Québec dépasse la moyenne nationale qui a adopté la « formule Chrétien » de baisse temporaire de 3% seulement.Les ventes de chaussures, a-t-il noté, ont augmenté de 17% au Québec contre 8.6% seulement pour l’ensemble du Canada.Dans le cas des vêtements, la hausse fut de 13% au Québec par rapport à 10.8% pour le Canada.Les usines québécoises de cuir, bonneterie, vêtements, textiles et meubles ont affiché une meilleure performance l’an dernier que celles des autres provinces canadiennes.Sans doute inspiré par la douceur du printemps à Québec, le ministre a par ailleurs annoncé que toutes les ventes de bulbes, arbustes, arbres et autres plantes seront désormais exemptées de la taxe.Antérieurement, pépiniéristes et horticulteurs devaient ajouter 8% au prix de toutes les plantes qui n’avaient pas poussé dans leurs serres et qui avaient été achetées d’un tiers.Enfin, pour simplifier la comptabilité de certains commerçants, il a été décidé que ministères et sociétés para-publiques seront dorénavant soumis à la taxe de vente.Jusqu’à maintenant, les organismes publics étaient exemptés de cet impôt, ce qui obligeait les fournisseurs à tenir une double comptabilité.De plus, les sociétés d’Etat seront sur un pied d’égalité avec les compagnies privées auxquelles elles font concurrence.?Dépenses suite de la première page accroissement plus grand que normal des dépenses.Le premier élément réside dans la décision du ministre d’assujettir toutes les institutions des réseaux parapublic et public (les ministères) à la taxe de vente, ce qui par un simple jeu d’écritures comptables ajoute $60 millions aux prévisions budgétaires, puisque cette somme est récupérée d’autre part.Le deuxième élément réside dans la décision du gouvernement de consacrer une somme de $419 millions à ce que M.Parizeau appelle « l’assainissement du déficit actuariel des fonds de pension admi-nistréspar l’Etat.» Dès son premier budget, M.Parizeau avait parlé de ce problème.L’an dernier il commençait à s’y attaquer en comptabilisant les intérêts sur le principal fonds de pensions le RREGOP?Cette opération se poursuit cette année en prévoyant $83 millions pour les intérêts au RREGOP, $161 millions pour les contributions d’employeur aux autres fonds de pension, et $175 millions pour amortir le déficit actuariel.Cette mesure, à elle seule, réduit considérablement la marge de manoeuvre du gouvernement, mais elle n’en était pas moins nécessaire.M.Parizeau souligne que le déficit actuariel atteint maintenant $7 milliards, le gouvernement n’ayant jamais payé ses contributions, les cotisations des employés suffisant à payer les pensions.Le vieillissement du personnel et l’indexation des pensions a tout changé et le gouvernement se doit d’agir.M.Parizeau souligne que malgré tout cela a du bon.Ainsi le gouvernement est obligé en quelque sorte d’épargner et l’argent mis ainsi de côté pour les fonds de pension, il pourra aller l’emprunter à la Caisse de dépôt et de placement.Ayant ainsi affecté ces sommes, le ministre des Finances a dû dégager une marge de manoeuvre autrement.Il l’a fait tout d’abord en étalant sur trois ans, au lieu de deux ans, le paiement des subventions aux commissions scolaires.En deuxième lieu, il s’est attaqué à une compression des dépenses de l’État.Ainsi les budgets Jes ministères ont été comprimés en déduisant ce qui correspond à chaque année aux traditionnels crédits périmés.On a ensuite refusé d’indexer les dépenses de fonctionnement autres que les salaires.Finalement on a adopté une politique de croissance des effectifs qui en pratique, souligne le ministre, gèlera leur niveau pour l’année 79-80! Ces mesures ont permis de dégager la marge de manoeuvre du gouvernement qui est l’argent disponible pour les mesures nouvelles ou l’accroissement, l’accélération des mesures déjà en cours.Cette marge de manoeuvre n’est jamais considéra oie, et cela est d’autant plus vrai cette année qu’elle n’est que de $400 millions sur un budget de dépenses de $14 milliards 900 millions.Ces $400 millions seront donc consacrés à des programmes nouveaux dont le gouvernement avait promis la mise en oeuvre, soit lors du discours inaugural, soit lors la dernière compagne électorale! Ce sera le cas de la réforme fiscale municipale, promise lors de l’élection de 1976, qui entrera en vigueur le premier janvier prochain.Dès lors pour les trois derniers mois de l’exercice financier, cette importante réforme mobilisera $90 millions de la marge de manoeuvre.Les quelque $300 millions qui restent seront ainsi affectés: Dans le domaine culturel, la priorité sera donnée à la mise en place du plan d’action de l’enseignement primaire et.secondaire ($12.5 millions) avec en priorité l’application des mesures d’assistance à renfance en milieu défavorisé et en difficulté d’apprentissage et d’adaptation.On met par ailleurs l’accent sur Fex-tension du reseau de Radio-Québec au Nord-Ouest et à la préparation de l’installation d’antennes dans les régions de l’est et du Nord-Est du Québec, u s'agit d'une augmentation de 16,7% du budget de Radio-Québec.On annonce aussi la mise en place de la Société de développement des industries culturelles, la relance de TOpéw et une augmentation de l’aide aux bibliothèques publiques.Dans le secteur social, la mesure probablement la plus importante est déjà connue, soit le supplément au revenu Je travail pour lequel on prévoit $31 millions.Il y aura par ailleurs une augmentation du budget affecté aux garderies qui atteindra $22,5 millions.Cela permettra de créer 1,000 nouvelles places.La gratuité des soins dentaires sera étendue aux enfants de 14 -ns.Une somme de $11,7 millions sera affectée à l’application de la Loi sur la protection de la jeunesse.Pour ce qui est des soins à domicile pour les personnes âgées, le budget atteindra cette année $44 millions et des mesures seront prises pour que dorénavant les organismes s'occupant des soins à domicile touchent leur part de cet accroissement des budgets que les institutions du réseau des affaires sociales utilisaient par le passé pour augmenter leur personnel.Autre mesure d’importance, on introduit cette année un programme d’aide et de subventions à l’emploi des jeunes pour lequel une somme Je $20 millions est prevue.Dans le secteur économique, M.Parizeau annonce que les priorités seront dirigées vers l’investissement! A cet égard diverses mesures déjà en place dans divers domaines, notamment dans le secteur agricole, seront maintenues.Des nouvelles seront mises en place cette année dans le secteur des forêts avec le programme de relance de l’industrie des pâtes et papiers que prépare depuis deux ans le ministre des Terres et Forêts, M.Yves Bérubé, et qui est toujours en négociation à ce propos avec Ottawa.Le ministère de l’Industrie et du Commerce consacrera $87,8 millions à l’orientation et au développement de l’industrie secondaire.Des credits de $15 millions environ seront accordés à un programme d'aide à l’entreprise manufacturière innovatrice.On souligne la création d’encouragements aux investissements dans la conservation d'énergie et pour la recherche en ce domaine, la mise de fonds pour l’exploration minière.On souligne enfin la création cette année, comnie le premier ministre l’a déjà annoncé, d’une société d’exportation destinée à appuyer l’action des industries québécoises.Du côté gouvernemental, on intensifiera aussi les investissements particulièrement dans le secteur de la construction.On indique une augmentation des programmes de constniction habituels, mais on insiste surtout sur la mise en chantier dans la région métropolitaine de projets totalisant $255 millions pour les réseaux de l'éducation et des affaires sociales.A cela s’ajoutera la mise en chantier du centre des congrès et le démarrage des travaux pour le mât du stade.Tous ces projets se retrouvent à l’intérieur des budgets des ministères.Règle énérale ces budgets ne connaissent pas e hausse fulgurante, soulignons-le.Comme à l’accoutumée, les Affaires sociales sont en tête avec des dépenses de $4 milliards 692 millions ce qui exclut les 893.9 millions de la Régie de l’assurance-maladie.Malgré tout le budget de ce ministère n’augmente que de 2.6% et voit son personnel diminuer de sept personnes.En deuxième lieu vient l’Éducation avec un budget de $3 milliards 925 millions, ce qui représente une augmentation de 2.7% comparativement à l’année dernière.Le personnel à ce ministère n’augmentera que de 80 employés.Les Transports viennent en quatrième lieu avec un budget de $1 milliard 217 millions, et les Finances en cinquième lieu avec $1 milliard 78 millions.Les ministères dans l’ensemble voient leur budget n’augmenter que très peu, certains subissent même des diminutions comme les Richesses naturelles, le Revenu et l’Industrie et le Commerce.Augmentent sensiblement, le Travail dont les crédits augmentent de 45% à cause des programmes de congé de maternité et d’emploi pour les jeunes; les services de protection de l'Environnement, les Communications, la Justice, le Conseil du Trésor. Le Devoir, mercredi 28 mars 1979 ¦ 7 LE BUDGET Une première au Canada L’achat de «nouvelles actions» sera déductible de l’impôt par Michel Nadeau — QUÉBEC — Les contribuables québécois pourront acheter de nouvelles actions de Provigo, Bombardier ou la Banque Royale et déduire les montants ainsi investis jusqu’à concurrence de $15,000 ou 20% du revenu gagné.La déductibilité du coût d’acquisition de nouvelles actions émises par des compagnies à capital public dont le siège social est au Québec constitue la principale innovation du budget présenté hier soir par le ministre des Finances, M.Jacques Parizeau.Il s’agit d’une première au Canada bien qu’une mesure un peu similaire soit contenue dans le programme des conservateurs de M.Joe Clark.Dans ce dernier cas cependant, l’abattement consenti touche aussi l’achat d’actions déjà en circulation alors que la proposition québécoise s’appliquera uniquement pour les actions qu’une compagnie émettra dans l’avenir.Le régime d’épargne-actions permet au gouvernement d’atteindre plusieurs buts en même temps.D’abord, les petites et moyennes entreprises du Québec trouve- ront beaucoup plus facilement le capital de risques dont elles ont besoin pour leur croissance.Ce regain d’activité favorisera grandement la Bourse de Montréal et les courtiers de la rue Saint-Jacques.Mais c’est aussi un moyen astucieux pour-le gouvernement d’amenuiser l’écart entre les impôts payés au Québec et en Ontario par les çadres et les professionnels touchant un revenu supérieur à $30,000.Pour être déductibles, les actions devront avoir été émises directement par la compagnie dont le siège social réel est au Québec ou dont la moitié de la masse salariale au Canada est versée à des travailleurs du Québec.La valeur totale des réductions ainsi obtenues devra être conservées durant une période de deux ans.Pour éviter que des investisseurs un peu trop malins achètent les titres le 28 décembre pour les revendre le 2 janvier, le gouvernement exigera des contribuables qu’ils conservent durant deux ans en portefeuille un montant égal aux déductions réclamées.Ces valeurs doivent être des actions ordinaires avec droit de vote, ce qui accroîtra la propriété québécoise des compagnies établies au Québec.Cette mesure vise surtout les contribuables à revenus élevés.M.Parizeau en a profité pour commenter assez longuement les critiques adressées par les représentants du patronat en ce qui concerne la fiscalité des cadres.Selon le grand ar-entier québécois, on a surtout au cours es derniers mois mis l’accent sur les malheurs des salariés à revenu élevé.
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