Le devoir, 15 juin 1979, vendredi 15 juin 1979
% G Vol.LXX — No 139 Dani les Laurcntidts sur le chemin de S le- Adèle à Sle.Marguerite LE RESTAURANTi GRILLADES FRUITS DE MER Sortie 69 de l'autoroute Reservations 1228 2426 Quelques passages nuageux Maximum 30 Montréal, vendredi 15 juin 1979 Férié 25 CENTS Tourisme Porto par la cave La visite de la ville de Porto au Portugal ne serait pas parfaitement réussie si elle ne commençait pas par une cave à vin.Mais attention, il ne faut pas trop s’y attarder si l’on veut découvrir les autres richesses de cette ville splendide.- page 9 DC-10 et tourisme L'immobilisation des appareils DC-10 a causé de graves inconvénients aux compagnies qui utilisent cet appareil.Mais quelle sera la réaction du public voyageur face à cet avion dont la vocation touristique est fort importante.Une clientèle qui pourrait s’envoler?-page 9 Un mode ^épargne supérieur.Nos certificats de dépôt garanti.Intérêt annuel., Période de 3 ans.¦ Un référendum à l’automne retarderait les partielles ¦ Des libéraux fédéraux souhaitent un congrès spécial d’orientation - page 2 ¦ Les relations entre la police et le CSP sont au beau fixe • page 3 ¦ L’insécurité des anglophones: un éditorial de Lise Bissonnette ¦ Éducation et référendum un commentaire de Michel Roy - page 4 ¦ La situation alimentaire est «catastrophique» au Cambodge • page 7 ¦ Grâce à l’Hydro, La Sauvegarde augmente ses ventes de 10% • page 13 Reprise des négociations dans les hôpitaux Lazure fait de nouvelles propositions par Bernard Descôteaux QUÉBEC — Les négociations ont repris hier soir avec le cartel des organismes professionnels de la santé sur la base de nouvelles propositions gouvernementales, qui, de l’avis du ministre des Affaires sociales, permettront d’en venir rapidement à une entente, d’ici quelques jours, avec ce groupe de 23,000 syndiqués du secteur hospitalier.C’est ce ou a indiqué hier en fin d’après-midi M.Denis Lazure au cours d’une conférence de presse convoquée, pour faire le point sur ces négociations L’accord SALT -2 paraphé à Genève GENÈVE (d’après AFP et Reuter) — Après 2,031 jours de négociations à Genève, Moscou et Washington, les États-Unis et l’URSS ont paraphé hier à Genève le second traité SALT de limitation des armements stratégiques qui sera signé lundi à Vienne par les présidents Jimmy Carter et Leonid Brejnev.Le traité qui doit encore être ratifié par les Parlements, prévoit que chacun des deux pays pourra disposer jusqu'en 1985 de 2,400 fusées et bombardiers intercontinentaux.Il remplacera le traité SALT-1 signé le 1er mai 1972 qui autorisait l’URSS à déployer 2,500 « vecteurs » et les États-Unis 2,060.M.Ralph Earle, chef de la délégation américaine, et son homologue soviétique, Viktor Karpov, ont apposé leurs initiales sur le document.La cérémonie a marqué la fin de six ans et demi de négociations entre les deux superpuissances.La version définitive du traité SALT-2 sera ce matin entre les mains du président Carter, arrivé hier dans la soirée à Vienne pour sa série d’entretiens avec M.Brejnev.Le secrétaire d’État Cyrus Vance a lui-même précisé, à bord de l’avion présidentiel, entre Washington et Vienne, que ces documents comportaient environ quatre-vingts pages et plusieurs lettres annexes.C’est le principal négociateur des SALT, à Genève, l’ambassadeur Ralph Earle, qui doit venir à Vienne communiquer directement au chef de la Maison-Blanche le texte complet de ce traité.M.Vance a par ailleurs confirmé que le chef de l’État et secrétaire général du Voir page 6: SALT-2 TRUST GENERAL DU CANADA dont l'issue permettra de ramener la paix dans les hôpitaux affectés par les débrayages des infirmiers et infirmières.Le ministre a expliqué que son espoir d’en arriver à un règlement final tenait principalement à deux raisons.Il y a tout d’abord le fait que les points en litige pour tous les groupes membres du cartel des organismes professionnels de la santé (COPS) ont été circonscrits à une quinzaine de points.Ensuite il y a le fait que le gouvernement a donné a ses négociateurs un nouveau mandat.M.Lazure a d'ailleurs été explicite à cet égard en disant « qu’on avait quelque chose de nouveau à apporter sur l'ensemble des points ».Il a ensuite ajouté que s’il n’y avait pas de nouveau, il n'aurait pas cette confiance.Les négociations avec le COPS durent depuis déjà un an.Le 11 mai une hypothèse de règlement était acceptée à la table de négociations, laquelle hypothèse était cependant rejetée par les infirmiers et infirmières qui sont le groupe le plus importants du COPS.Rappelons que le COPS rassemble une douzaine de syndicats différents qui totalisent 23,000 membres.Toutefois la majorité de ces personnes, soit 12,000, sont regroupées dans le Syndicat professionnel des infirmiers et infirmières du Québec (SPIQ).Pour appuyer ses revendications ce syndicat commença alors une série de grèves tournantes qui durent en fait depuis trois semaines.L’intensité de ces grèves a varié de jour en jour, touchant à quelques occasions plus d’une soixantaine d’hôpitaux.Le gouvernement a, à quelques reprises, dénoncé la disproportion entre les moyens de pression utilisés par le SPIQ et les points en litige.M.Lazure et le premier ministre Lévesque ont fait valoir, en s'appuyant sur les declarations publiques des syndiqués, qu’il n’y avait que cinq ou six points techniques en litige.Ils ont egalement signalé que de la douzaine de syndicats membres du COPS, il n’y avait que le SPIQ qui refusait l’hypothèse de règlement convenus le 11 mai.Une reprise des pourparlers survint, la semaine dernière, lesquels pourparlers permirent de conclure que contrairement a ce que croyait, la partie patronale tous les syndicats du COPS étaient en désaccord avec l’hypothèse de règlement, et qu’au total il y avait une quinzaine de points de désaccords et non seulement cinq ou six.Devant cette situation nouvelle, le gouvernement profita mercredi d'une suspension des rencontres pour faire le point avant de rencontrer à nouveau les porte-parole du COPS hier soir.Selon M.Lazure, le gouvernement est maintenant disposé à intensifier la négociation, mais la partie patronale après un mois de grèves tournantes intenses, dit-il, a besoin d’un minimum de certitude.Il s’agit de savoir d’une part si toutes les composantes du COPS sont unanimes derrière la série de revendications ou si on négocie avec plus d’un groupe.D'autre part il s'agit d’être certain que la liste de Voir page 6: Lazure 1V 4 '* V’ ¦ CM: s ; s tim wmmm a-i fefifâtîi,,.1 rXÏÊ W*.\ < 2* * M?* ** '» i k s, v-wf littlTOüll‘1 Le premier ministre Joe Clark s'entretient avec MM.Steve Paproski (à gauche) et Sinclair Stevens, respectivement ministre d’État pour la santé et le sport amateur et président du Conseil du trésor, lors d'une rencontre du cabinet hier près du lac Meach (Québec).M.Paproski a déclaré par après que la Loto Canada fonctionnerait durant encore six mois, contrairement à une promesse du Parti progressiste-conservateur de l’abolir une fois élu.(Photolaser CP) Pour aider les trois clubs de l’expansion Clark retarde de six mois l’abolition de Loto Canada par Claude Turcotte OTTAWA - Après les Arabes qui forcent le gouvernement Clark à réfléchir davantage sur sa promesse de transférer l’ambassade du Canada de Tel Aviv à Jérusalem, il semble que.les amateurs de hockey soient sur le point de convaincre ce nouveau gouvernement d’oublier au moins une autre promesse, celle de ne pas aider les villes de Québec, Winnipeg et Edmonton à agrandir leur aréna.Hier, c’est-à-dire dès le lendemain de la grande séance de repêchage de la Ligue Nationale de hockey, M.Steve Paproski, ministre d’État au sport amateur et à la Santé, a indiqué que le gouvernement est sur le point de se sentir obligé de respecter l'engagement libéral de subventionner l'agrandissement des arénas des trois villes mentionnées.Du même coup, le gouvernement conservateur se verrait dans l’obligation de mettre en sourdine une autre promesse, celle de l’abolition de Loto-Canada, pendant au moins six mois, puisque ce sont les profits de cette loterie fédérale qui serviraient à subventionner ces municipalités.Par la suite, a indiqué M.Paproski, on pourrait abolir Loto-Canada, si les provinces acceptaient de remettre environ 207o des profits de leurs propres loteries pour aider le sport amateur, une condition que M.Clark avait posée au moment où il faisait son engagement électoral.Quoi qu’il en soit, il semble que le mode conditionnel utilisé par M.Paproski hier ne soit qu’une précaution oratoire et que le gouvernement s’apprête effectivement à accorder les subventions des libéraux, (auxquelles les conservateurs se sont opposés pendant la campagne électorale) a Québec, Winni-Voir page 6: Loto Canada Le réveil des Kurdes 2) Nagadeh, le second choc du printemps par Jean Bertolino Sur 37 millions d'habitants en Iran, on ne compte que 12 millions de Persans.Le reste de la population est constitué par les Turcs d'Azerbaid-jans, les Kurdes, les Arabes du Khu-sistan, les Turkmènes, les Balout-ches.les Bakhtiares.La situation au Kurdistan d’Iran est suivie de très près par les autres minorités du pays.Car, depuis la chute du chah, c’est la mobilisation autour du chiisme qui a sauvé le pays de l’éclatement.Les 5.5 millions de Kurdes d'Iran représentent la plus forte minorité sunnite.Journaliste français.Jean Bertolino a fait sur ce problème des reportages récents pour la télévision française.Il expose la situation dans cette série d'articles pour les lecteurs du DEVOIR.M; » v a;; "u /i T .¦ v~ s-s r' %™ Les événements de Sanandaj n’avaient guère troublé la turbulente allégresse de Mahabad, cette capitale spirituelle, ce bastion du nationalisme kurde en Iran, qui, après 33 années d’oppression étouffante, s’était soudainement retrouvée entièrement libre.« Démocratie pour l'Iran, autonomie pour les Kurdes », criaient les manifestants en défilant dans les rues, avec leurs calicots multicolores, leurs banderoles, les portraits de Qazi Mohammed ( 1) et de Mamoata Hussein!.L'ayatollah Kho-meiny n'est pas ici en odeur de sainteté.On ne trouve sa photo nulle part, alors qu elle trône au milieu de toutes les vitrines des boutiquiers iraniens ou azerbaïdjanais du reste de l'Iran.— C’est un fou, un illuminé, disent de lui les gens de la rue.— Il se laisse manoeuvrer par les politiciens véreux qui se sont accrochés à ses basques pour accéder au pouvoir, affirment les intellectuels.rr;* Le bill 3 reporté à l’automne par Jean-Claude Picard QUÉBEC — Dans l’espoir de vivre une fin de session harmonieuse et de faire adopter un certain nombre de projets de loi qu’il juge prioritaires, le gouvernement a accepté de baisser pavillon et de renvoyer à l’automne l’adoption de plusieurs législations particulièrement contestée par l’opposition Prise mercredi au cours de la réunion régulière du conseil des ministres, cette décision a été communiquer hier aux leaders des partis d’opposition au cours d’une réunion visant à établir le calendrier de travail des cinq derniers jours de cette session.C’est ainsi que le gouvernement a décidé de renvoyer à l’automne tout le débat sur le registre des électeurs et la confection d’une liste électorale permanente.Il s'agit du projet de loi no 3 du Voir paq* S: Bill 3 À Nagadeh.les Kurdes se sont battus pied à pied pour défendre leur quartier Certains vont même beaucoup plus loin encore et prétendent que le docteur Yazdi, ainsi que Messieurs Kotab Zadi, Amir Entezam et Béni Saden, les hommes forts du nouveau régime, seraient en réalité des agents de la CIA, ou d'anciens membres de la SAVAK.C’est dire si Ton ne se fait guère d'illusions ici sur la possibilité d’établir en Iran une démocratie véritable.Pourtant, tout le monde sait à Mahabad que, sans démocratie, les Kurdes ne resteront pas longtemps libres,que la tyrannie les écrasera et étouffera, pour longtemps encore, leurs aspirations nationales.Alors ils crient désespérément, à pleine gorge, « Démocratie pour l'Iran, autonomie pour les Kurdes ».Mais leurs appels pathétiques ne parviennent même pas à franchir les vertes collines qui entourent Mahabad.Les Kurdes ont démontré depuis plusieurs mois qu’ils pouvaient vivre sans police iranienne, sans gendarmerie iranienne, sans armée iranienne, en s'auto-administrant parfaitement, et pourtant, on ne veut pas les écouter.Lorsque le docteur Ghassemlou, secrétaire général du PDK, propose au gouvernement une discussion ouverte sur Ta question de l'autonomie, les ministres le font lanterner, tergiversent, lui promettent qu'ils vont y réfléchir, ne lui donnent jamais de ré- n ponsc.Ghassemlou voulait, avec deux membres du bureau politique du PDK.se rendre au Liban, pour y rencontrer Arafat On le fit attendre plus de huit jours à Téhéran, en lui disant chaque jour: « Revenez demain, vous aurez votre passeport ».Demain, demain.Mehdi Bazar-gan, le premier ministre, promit d'intervenir personnellement.S’il le fit, cela fut sans effet.Les tracasseries de l'administration iranienne eurent raison de la patience du docteur Ghassemlou.qui revint à Mahabad sans avoir pu obtenir son passeport.Durant son séjour à Téhéran, la situa- Voir pagtS: Kurdot cdezVITO—, (?ui4i*c ^toCéCHHC autticntiquc tntcCCeure caœ à TfiottticeU ATMOSPHÈRE.TRADITION, EXCELLENCE 735-3623 5412 Côte des Neiges Montréal 1 2 ¦ Le Devoir, vendredi 15 juin 1979 2s - JS**- Un référendum automnal retarderait la tenue des élections partielles rm m iv™4 -A- ;p:fï:KÎ Déménager.ou rester là C’est hier que les Clark emménageaient I Sussex Drive, résidence officielle du p tau 24 Sussex Drive, résidence officielle du premier ministre du Canada.Les déménageurs ont donc roulé les tapis de Stornoway, résidence du chef de l'opposition, pour les transporter sur de nouveaux planchers.Or il pourrait manquer de tapis puisque la nouvelle résidence des Clark compte pas moins de 35 chambres, contre les 10 de Stornoway dont devront se contenter M.Trudeau et ses trois enfants.Mais la comparaison ne s'arrête pas là.M.Trudeau perd encore la célèbre piscine de $200,000 qui avait fait l’objet d'une controverse animée par le député conservateur Torn Cossitt.L'utilité de cette piscine sera toute relative pour M.Clark qui ne nage pas car, dit-il, « ma tête s'enfonce dans l’eau ».Les jardins ne sont pas comparables non plus : quatre acres sur Sussex Drive contre un a Stornoway.A ce dernier endroit enfin, la plomberie et le plâtre tombaient en décrépitude: le ministère des Travaux publics est en train d’effectuer les réparations nécessaires, tandis que les Trudeau séjournent au chalet du lac Harrington, autre résidence dont ils perdront la jouissance.Pour terminer, on se souviendra des dépêches faisant état de moufettes qui troublaient les « garden parties » de M.Clark à Stornoway ainsi que les lépismes (poissons d’argent) qui infestaient cette résidence.On s'affaire à la fumigation du terrain et des immeubles, en même temps que l’on refait la décoration que Mme Maureen McTeer avait pourtant fait refaire, au coût de $16,000 (en monnaie de contribuables), à son arrivée sur les lieux, il y a un peu plus de deux ans.par Jean-Claude Picard QUÉBEC — Le premier ministre, M.René Lévesque, n’écarte pas la possibilité de retarder les élections partielles de Prévost et Beauce-Sud s’il advenait que le référendum se tienne cet automne.Voilà du moins la précision qu’il a apportée hier, à l'Assemblée nationale, en réponse aux questions du chef de l’opposition, M.Claude R^an, qui voulait savoir si ces elections coqiplémentaires auraient bel et bien lieu avant le référendum sur la souveraineté-association.M.Lévesque avait affirmé, le 23 mai dernier, que ces élections, rendues nécessaires par la mort de M.Jean-Guy Cardinal et la démission de M.Fabien Roy, auraient lieu au début de l’automne, probablement dans le cours du mois de septembre.A ce moment-là, M.Lévesque n’écartait pas la possibilité que ces complémentaires englobent également le comté de Maisonneuve, dont le député, M.Robert Burns, a fait part au cours des dernières semaines de son intention de démissionner.Or hier, le premier ministre s’est fait beaucoup moins précis et a laissé entendre que la date de ces complémentaires serait fixée en fonction de celle du référendum.« Pour l’instant, je peux confirmer que jusqu’à nouvel ordre, ce sera en effet au début de l’automne mais il peut arriver que des décisions changent la perspective », de dire M.Lévesque.La décision à laquelle fait référence le premier ministre tient à l’échéancier référendaire.À cet égard, M.Lévesque poursuit ces jours-ci une série de consultations qui lui permettront de décider si ce réfé- rendum aura lieu à l'automne 1979 ou au printemps 1980.Mardi, le caucus des députés s’est penché sur cette question.Hier, c’était au tour du conseil des ministres de faire de même tandis qu'en fin de semaine, le conseil national du parti fera part de ses vues sur le sujet.Pour l'instant, il semble que députés et partisans soient très partagés et qu’on en trouve autant dans le « camp de l’automne » que dans « celui du printemps.» Une majorité de ministres semblent en faveur du printemps 1980 mais il semble qu’au caucus, bon nombre de députés aient fait valoir que l’automne constituerait une meilleure saison.À cet égard, une dépêche de la Presse Canadienne signalait hier que les députés avaient examiné, mardi, une hypothèse d’échéancier indiquant que le référendum aurait lieu le 13 novembre prochain.Selon cet échéancier, l'Assemblée nationale se réunirait dès la mi-août et amorcerait le débat sur la question au début de septembre.Une source près du caucus du parti confirmait hier l’existence de ce document mais précisait qu’il ne s’agit là que d’une hypothèse parmi d’autres et que la décision finale appartiendra au premier ministre.M.Lévesque a promis d’indiquer d’ici la fin de cette session la saison où se tiendra le référendum.Ces précisions devraient survenir a la toute dernière journée des travaux parlementaires, le 21 juin.Par ailleurs, le premier ministre a signalé hier, en réponse à une question du chef de l’Union nationale, M.Rodrigue Biron, qu’il participera, le cas échéant, a toute conférence fédérale-provinciale que convoquerait le nouveau premier ministre du Canada, M.Joe Clark.M.Lévesque a dit à ce sujet que la tenue du référendum ne l’empêcherait pas de participer à pareille rencontre, que M.Clark souhaite tenir à l’automne, et qu’il y défendrait, sans grand espoir cependant, l’autonomie du Québec à l’intérieur du régime actuel.Quant à M.Ryan, que les réponses du premier ministre rendaient perplexe, M.Lévesque lui a répliqué que la vie est pleine de perplexité et a fait part de son étonnement personnel à l'égard des tergiversations du chef libéral par rapport à sa caisse électorale, et notamment par rapport aux fonds souscrits par des entreprises liées aux contrats olympiques.Ces fonds s’élèvent à quelque $700,000.Le ministre des Affaires intergouvemementales, M.Claude Morin, a enfin confirmé que le gouvernement effectuait actuellement un sondage sur la perception qu'ont les Québécois de la dualité canadienne.Ce sondage a été confié à M.Edouard Cloutier, qui fait partie du bureau de M.Morin.Le ministre a cependant ajouté que ce sondage ne contenait rien de spécifiquement partisan et qu’on n’y posait aucune question sur la popularité des chefs ou encore sur l'intention de vote.Des libéraux fédéraux souhaitent un congrès spécial d’orientation T.-N.: le chef du NPD espère de bonnes retombées du 22 mai par Jean-V.Dufresne SAINT-JEAN, T.N.- Le chef néo-démocrate de Terre-Neuve ne manque pas d'optimisme.11 est fermement convaincu que le prochain gouvernement sera minoritaire.M.John Green, qui brigue lui-mème les suffrages dans St.John’s West, l’un des comtés de la capitale, s’appuie essentiellement sur les quelque 30% des voix recueillies par le grand-frère fédéral au scrutin du 22 mai dernier, pour anticiper de 15 à 17 sièges à la législature, lundi Terre-Neuve compte un comté de plus qu’à la dissolution, soit 52 sièges.Les conservateurs en détenaient 30, les libéraux 21.M.Green prédit en effet un transfert massif de votes néodémocrates fédéraux vers les candidats provinciaux, bien que son parti n'ait jamais élu un seul candidat à la législature.et n’ait jamais recueilli plus de 2% des voix.Alors comment afficher autant d’optimisme?Le chef néo-démocrate croit fermement que le scrutin du 22 mai.en quadruplant les voix NPD, « a mis notre parti sur la carte ».Ce transfert massif de 30% équivaudrait, selon lui.à environ 17 sièges.« De plus, dit-il, depuis le 22 mai.nous n’avons plus aucun problème de financement, et pour la première fois le parti a pu faire campagne à la télévision comme à la radio, doté d'un budget convenable.» Mais tout n'est pas si simple.La plupart des candidats néo-démocrates fédéraux ne briguent pas les suffrages aux élections provinciales.Dans ces conaitions, l'hypothèse d'un transfert des voix dans une province où on vote surtout pour l’homme, est plutôt aléatoire.En deuxième lieu, les troupes néo-démocrates, même ravivées par une caisse raisonnablement bien garnie, toutes vaillantes qu elles soient ont été épuisées par deux mois de campagne fédérale.On doute qu elles puissent répéter l’exploit du 22 mai.Mais, fait-on observer, « Les bénévoles libéraux et conservateurs ne sont "ns moins fatigués que nou- Enfin, M.Green n'a pu jouir durant la brève campagne provinciale d'une exposition aussi fréquente que ses adversaires dans les médias.On fait état de ses activités à la télévision, mais aucune équipe ne le suit en permanence, alors que les réseaux et la presse nationale s’accrochent aux vasques de MM Jamieson et Pecxford.Cependant, sa performance dans le débat télévisé de lundi dernier n'est pas passée inaperçue, et on croit qu'il en a tiré plus de profit que ses adversaires, étant moins connu qu’eux.On a aussi aimé l’assurance un peu impudente de ce jeune homme — professeur, il fut aussi pécheur et charpentier — capable de ne pas s'en laisser imposer par un politicien aussi calculateur que Brian Peckford, aussi professionnel que Don Jamieson.Beaucoup d'électeurs à vrai dire le voyaient pour la première fois, et on lui prête maintenant des chances de l’emporter au moins dans son comté.Mais ce serait de justesse.A cet égard, la vaste région du Labrador est plus prometteuse.Habile.M.Green frappe l'imagination des électeurs en leur faisant le coup de Georges Lapalme à propos des redevances sur les richesses naturelles.Il soutient par exemple que le gouvernement conservateur terre-neuvien touche plus de revenus par le truchement de la taxe sur le tabac, que par les redevances sur le minerai de fer.Aussi, s’il est porté au pouvoir, il n’hésitera pas à modifier le régime.« Nous n’allons pas continuer à subventionner les multinationales comme 1T-ron Ore et si ces entreprises ne sont pas satisfaites, elles n’ont qu’a partir », dit-il.Mais il écarte bien sûr, comme son chef fédéral, M.Broadbent, venu lui donner un coup de main il y a deux semâmes, toutes mesures de nationalisation.Prié d’expliquer pourquoi le gouvernement de M.Peckford n'a pas su augmenter les redevances fixées par le précédent gouvernement Smallwood, M.Green répond: « Son gouvernement est le serviteur des grosses compagnies.Et qui est le président de l’Iron Ore?M.Brian Mulroney, un conservateur notoire, un proche de M.Clark.» Si la morue pouvait voter, les candidats feraient campagne en scaphandrier.Là-dessus, tous sont d’accord, et la pèche doit profiter d'abord aux Terre-Neuviens.Harbour Grace, sur la côte orientale, comptait 10,000 habitants au début du siècle.Elle n’en compte plus que 3,000 aujourd’hui, une poison-nerie, quelques quais, une fabrique de chaussures et un petit hôtel rebâti à grand-peine par son propriétaire, M.Archibald, au lendemain de l’incendie de 1944 qui rasa presque toute la ville.Mais c'est une baie profonde, un site idéal pour un super-port de pèche.Les conservateurs le promettent depuis sept ans.Smallwood avant eux depuis que Terre-Neuve est devenue canadienne, et M.Jamieson à son tour hier, qui s'est engagé à développer le projet afin d'alimenter par route des dizaines de poissonneries voisines obligées de fermer leurs portes à l'arrivée des glaces.M.Green y met du coeur pour souligner l’importance de la pêche à Terre-Neuve.D'ailleurs « morue » ici se dit « poisson » et seules les autres espèces sont désignées par une appellation spécifique.« Tenez, dit-il, la pêche, ici, c’est exactement aussi important que la langue française au Québec.Sans elle, Terre-Neuve n’existe plus, ni son économie, ni sa culture.C’est tout, la pèche.Et c’est à nous.J’admire la façon dont les Québécois ont défendu leur langue.La pèche doit appartenir aux nôtres, et les servir de la même façon.» Mais la pêche, pour l’instant, sert bien les conservateurs.Depuis le début de la campagne, ils font manne des élections fédérales du 22 mai en ratifiant à la file une foule de programmes déjà mis au K)int par le ministère de M.oméo Leblanc.En outre, MM.Green et Jamieson doivent le reconnaître publiquement.le successeur du ministre Leblanc, M.Jim McGrath, a l’estime de tous et, pour une fois, c'est un homme du cru.La campagne se poursuit à vive allure, et lorsque les chefs se replient, essouflés, sur Saint-Jean, c’est pour répondre aux populaires lignes ouvertes.Cependant le Evening news a consacré un éditorial mercredi pour mettre en garde les partis politiques contre les dangers qu'ils font Subir aux journalistes en volant à trop basse altitude.« Et nos reporters manquent de sommeil », ajoute 1 auteur.Ils manquent aussi de chambres, à Saint-Jean et ailleurs.Mais la très franche hospitalité terre-neuvienne n’a pas de limites.Un candidat vous offrira gentiment de partager la sienne avec vous.Ou on vous passera la clé pendant son absence.par Michel Vastel OTTAWA — Un mouvement se dessine à l’intérieur du caucus libéral pour provoquer la convocation d’un congrès spécial d’orientation.Il s'agirait alors de réalignèr le programme du parti et de le mettre à l’heure des années 80.« Plusieurs membres du caucus ont déjà commencé à en parler », a confirmé hier le député d’Outremont, M.Marc Lalonde, à l’issue d’une réunion des 114 députés élus le 22 mai et de la plupart des sénateurs.C’est l’exécutif national du Parti libéral qui, au cours de l’été, prendra éventuellement une telle décision, de même 3u’il aura à décider de la date u congrès, statutaire cette fois, prévu pour février ou mars 1980.Au lendemain de la défaite de novembre 1976, les libéraux du Québec avaient eu la même idée et c'est au cours de ce congrès spécial, de novembre 1977, que le futur chef de ce parti, M.Ryan, avait eu l’occasion de commencer à marquer des points.Ce congrès se tiendra-t-il avec ou sans Pierre-Elliott Trudeau?C’est la réunion statutaire du début de l’année 1980 qui en décidera.En attendant, le caucus unanime, comme le cabinet deux semaines plus tôt, a renouvellé son appui au chef du parti.Une motion, présentée par un député, a suscité de chaleureux applaudissements et quand le nouveau leader-adjoint de l’opposition, M.Allan MacEachen, a dit interpréter ces applaudissements comme un vote unanime, il n'y a eu aucune protestation.Ainsi, désormais convaincus qu'ils sont écartés du pouvoir pour au moins deux ans, les libéraux pensent mettre ce répit à profit pour rebâtir leur parti.On pense aux organisations dans l'ouest où il ne reste plus que trois députés, dont deux seront cependant de solides appuis: Art Phillips, ancien maire de Vancouver et Lloyd Axworthy du Manitoba.Mais certains députés pensent plus loin.Ils cachent à peine que ce parti, trop pris par l’administration et la stra- Halte-là! 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Faites halte au vendeur 6/36 Un gros lot de plus de SICK) OOO chaque vendredi ( (((((€£9 TAPIS DE PERSE Après la révolution de l'Iran, notre gérant a réussi a apporter les nouvèlles séries dans le chargement destiné au Canada.H.A M.d'Iran, internationalement reconnu, et un groupe de représentants en gros de tapis de Perse du Teheran Bazaar présentent une des plus importantes collections contenant plus de 1000 pièces de tapis de Perse et orientaux de grande qualité et classées dans la catégorie NATIONALE & INTERNATIONALE ET DE MUSÉE, lesquelles seront exposées et à vendre durant 3 jours ici même a Montréal VENTE: JEUDI « VENDREDI.14 tt 15 JUIN, d« 10 a.m.à 10 p.m.SAMEDI 16 |uin, de 10 a.m.à 4 p.m.Depuls-la dernière décade notre compagnie a toujours ottert des tapis de la plus haute qualité é travers le Canada Avec les situations difficiles en Iran, le tapis de Perse deviendra dans un avenir prochain, un des meilleurs investissements Nous sommes tiers de présenter une collection unique, 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préciser encore l’ancien ministre des relations fédérales-provinciales.M.Trudeau a décidé de ne pas former, pour l’instant, de « cabinet fantôme ».Il confiera plutôt, à divers groupes de travail du caucus, présidés par l’un des membres, le soin d'étudier les différents domai- nes de la politique fédérale.Il est vraisemblable que les présidents de ces comités du caucus agiront comme critiques de l’opposition officielle.La composition de ces comités devraient être connue d’ici la fin du mois de juin.Il n'est pas encore certain cependant qu’il y aura un comité de travail du caucus libéral sur le référendum.De même qu’il n’est pas certain, comme Ta affirmé hier M.Lalonde, que les libéraux fédéraux se présentent au référendum avec une alternative éla-borée au projet de souveraineté-association.« Je ne vois pas la nécessité de développer ce qui pourrait être un plan complet d’une nouvelle constitution », d’affirmer M.Lalonde, tout en rappelant que son parti a « déjà mis sur la table certains éléments » comme le Livre blanc (Le temps d’agir), et le défunt projet de loi C-60.Mais sur cette question, te caucus libéral est tellement divisé qu’il est probable que la question reviendra prochainement sur le tapis.Dans ses remarques d’ouverture, le chef de l’opposition a demandé à ses députés et sénateurs de se préparer à jouer un rôle « combatif et respon- sable ».Sans attendre l’appel de son chef à la combativité, l’ancien ministre des Finances, M.Chrétien, n’a pas manqué l’occasion de s’en prendre au « gaffeur » et au « prodige de Bay Street », référant aux embarras de M.Joe Clark avec l’affaire du déménagement de l'ambassade canadienne à Jérusalem.Avec au moins trois mois de vacances devant eux, les anciens ministres semblaient hier accueillir avec le sourire cette occasion de renouer avec la vie familiale et les parties de pêche.Certains députés, élus de justesse, avaient même l’Air plutôt soulagés d’en avoir fini avec une difficile campagne électorale.« Au moins, on a survécu », ont lancé quelques uns.Tout en affirmant « l’intention du caucus de se conduire en bonne opposition officielle », le leader adjoint; M.Allan MacEachen a cependant précisé qu’il « n’a pas l’intention de se lancer dans une croisade pour faire chuter le gouvernement ».Tout laisse donc penser que les libéraux se donneront du temps.D’ailleurs, M.MacEachen a donné « au moins deux ans » à M.Clark.AJI ! James A.Michener Chesapeake Dans l'immense baie de Chesapeake, quelques familles américaines vivent, de générations en générations, toute l’histoire des Etats-Unis.Traduit de l'américain 780» pages $ 19,95 Montréal - 642-1401 MARCHAND LONGPRE CLEVE ARCHITECTES 125 3 a»e McGill College Suite 800 MONTRÉAL - 866-8621 ARCHITECTES Pour la Faites-lui plaisir Abonnez-le au DEVOIR Tarifs d’abonnement 6 mois — $36.00 12 mois — $65.00 LE DEVOIR-C.P.6033.MONTREAL P.Q.H3C 3C9 L «bonnement Ml oNart par Nom:.-.«.Adraaae.6 MOIS- ?12 MOIS- a 4 rébanpar ta éarP aérfen aat an atra.L'abonnamant tara livré t: Nom.Adrataa.coda poatai coda poatal Montréal, vendredi 15 Juin 1979 r" LE DEVOIR La CSD indexe cotisations et budget au coût de la vie par Louis-Qillea Francoeur Le 4e congrès des Syndicats démocratiques (CSD) a décide hier d’indexer le budget de cette centrale au coût de la vie de sorte que les cotisations syndicales seront dorénavant ajustées automatiquement en fonction de l’indice des prix a la consommation le 1er mai de chaque année.La CSD, qui pense s’éviter par ce moyen les tiraillements, voire les divisions, résultant des discussions cycliques sur ce sujet fort épineux, pourra toutefois rajuster à l’occasion de ses congrès biennaux le budget de la centrale de sorte que les augmentations de cotisations pourront être annulées par des compressions budgétaires.La formule de la CSD diffère sensiblement de la solution retenue à la CSN, où la cotisation a été fixée au pourcentage des revenus touchés par les membres.De la sorte, le budget de la CSN suit la même progression que celui de ses membres.A la CSD, le principe est fort différent et le budget de cette centrale pourrait ainsi croître plus rapidement que celui des membres, qui se retrouvent en majorité dans des secteurs où les revenus ne suivent plus, depuis deux ans, la progression du coût de la vie.Les résolutions adoptées hier par le 4e congrès prévoient que la cotisation sera dorénavant de $14 par mois pour chacun des membres.Quelque 45% de cette somme sera versé à la CSD-centrale et 21% à la fédé- C Près de trois mille personnes se sont rendus hier à l’église Notre-Dame pour célébrer la Fête-Dieu.Une magnifique soirée d'été a permis à Mgr.Paul Grégoire de dire la messe sur le parvis de l’église, avant la traditionnelle procession dans les rues du Vieux Montréal.(Photo: Jacques Grenier) ration syndicale; le reste revenant au syndicat.La cotisation de $14 sera indexée à partir de l’an prochain au coût de la vie jusqu’à concurrence de 8%.Les délégués ont commencé hier après-midi à se pencher sur une autre réforme majeure touchant les structures de leur centrale.Par cette réforme, le nombre des fédérations de la CSD passerait de trois à huit, ce qui risque d’avoir un certain nombre d’incidences économiques dans la mesure où les travailleurs « fédérés » de la CSD ont une cotisation plus élevée que les « non-fédérés » de la même centrale.Si tel devait être le cas, l’augmentation des cotisations cette année serait somme toute assez substantielle car la réforme « fiscale » adoptée hier, à moins de coupures budgétaires aujourd’hui,, se traduira par une hausse d’environ 75 cents Car mois (comprise dans le total de $14).es 25 premières cents de cette cotisation ont été votées au dernier congrès.Un autre montant de 20 cents ira au fonds de grève, qui n’a pas été augmenté depuis •quelques années.Enfin, les 30 cents qui restent constituent l’ajustement au coût de la vie pour l’année en cour.Les délégués auront d’autre part à se pronocner aujourd'hui ou demain sur un rapport signe par le vice-président, M.Jean-Paul Hétu, qui propose la création d’un Centre de l’organisation du travail un nouveau service de la CSD dont la philosophie, assez neuve au Québec, vise à réorganiser en profondeur les méthodes de travail dans l’entreprise.Cette approche fort originale tend à mettre en sourdine les revendications de nature politique ou idéologique dans une certaine mesure à partir du principe que, quel que soit le système économique en place, les travailleurs doivent oeuvrer à modifier le processus même de la production s’ils veulent être autre chose que les rouages pensants d’une chaîne abrutissante.En Suède, cette approche véhiculée par les syndicats a permis notamment de faire modifier les traditionnelles chaînes de montage de la compagnie Volvo au profit d’un système d’équipes de travail, qui sont responsables de la construction quotidienne d’une ou deux voitures.Dans cette perspective, la CSD entend s’attaquer non seulement aux manifestations de l’insécurité dans les usines mais à tout un ensemble de facteurs comme le stress, la fatigue et même le degré de satisfaction des travailleurs à leur travail.Les représentants de la CSD expli-uaient hier fièrement que la compagnie Wano a accepté en grande partie le plan de production conçu par ses employés lors des difficultés financièreS'de l'an dernier.Le plan en question fonctionnerait assez bien depuis son adoption.L’ennemi dans cette optique est surtout le technocrate qui conçoit les modes de production, les machines et le travail humain alors qu’il n’a souvent jamais participé à une chaîne de montage.Desève acquitté par Bernard Morriar D’abord reconnu coupable, lors d’un premier procès, du meurtre de Gilles Leblanc, âgé de 10 ans, Germain Desève a été finalement acquitté hier, au terme d’un deuxième procès ordonné par la Cour d’appel Desève, âgé de 30 ans, était accusé de la mort de l’écolier, dont le cadavre avait été retrouvé dans un parc de Hull, quelques jours après son enlèvement, le 23 septembre 1971.On avait exigé de ses parents une rançon de $3,000.C’est à l’issue d’un procès de deux semaines et après deux jours de délibération, qu’un jury, présidé par le juge Gérard Deslandes, de la Cour supérieure, a rendu son verdict.En apprenant son acquittement, Desève s’est mis à applaudir mais le magistrat lui a aussitôt rappelé que le jury ne lui avait pas fait une faveur.« C’est un droit », a-t-il sou-ligné.Dans ses remarques précédant le délibéré, le juge Deslandes avait mis le jury en garde contre le danger de reconnaître un accusé coupable sur le sjmple témoignage, non corroboré, d’un présumé complice, bien qu’en loi, ce soit permissible.En effet, seul un individu qui avait reconnu avoir participé à l’enlèvement du jeune Leblanc avait soutenu que c’était l’accusé qui avait commis le meurtre.Ce dernier avait d’ailleurs purgé 39 mois d'une sentence de neuf ans de prison pour enlèvement.Lestrains de banlieue du CN: hausse de 50% et réduction des services Les banlieusards utilisant les trains de CN Rail devront bientôt subir des augmentations de tarifs allant jusqu’à 50% ainsi qu'une réduction de service sur l’une des lignes.A compter du 1er juillet en effet, sous réserve de l’approbation de la Commission canadienne des transports, il en coûtera 50% de plus pour un billet simple pour effectuer les trajets Montréal-Cartierville-Deux-Montagne et Montréal-Saint-Hilaire-Est.De plus, dès le 6 août, il y aura des coupures de service qui affecteront le nombre de trains entre Montréal et Deux-Montagnes via Cartierville, les samedis et dimanches ainsi que les jours de fête, de même qu’une réduction partielle sur semaine.L'augmentation du billet simple est cependant de 36% sur le trajet Montréal/Laval Links, Laval-sur-le-Lac et Deux-Montagnes.Les cartes mensuelles d’abonnement et les livrets cle 40 billets seront haussés de 25%, les livrets de 10 billets jusqu’à Val-Royal de 48%, et les cartes hebdomadaires pour les destinations plus au nord de 25%.Les tarifs réduits aux étudiants seront aussi augmentés de 50%, mais le tarif spécial pour les personnes âgées demeurera inchangé.Quant à la réduction du service qui n’affectera pas la liaison Val Royal et Deux-Montagnes durant la semaine, elle consistera en une limitation de fréquence à deux trains dans chaque sens le dimanche (au lieu de 8), à 10 le samedi au lieu de 15, et à 18 en semaine au lieu de 24 dans ce que le CN appelle la zone I.Selon M.Yvon-H.Masse, vice-président du CN Rail pour la région du Saint-Laurent, la compagnie a essentiellement pris une telle decision pour contrer un deficit accumulé de $44.5 millions entre 1972 et 1978, et un déficit prévu de $8.7 millions pour 1979.« Malgré des remises importantes dans son plan de désengagement, consenties en raison des promesses faites par les gouvernements fédéral et provincial de financer le coût de la modernisation et ses services, aucune entente n’est intervenue et il est difficile de prévoir qu’il y en aura une prochainement », a-t-il commenté.« D’autre part, le gouvernement provincial refuse de subventionner de quelque façon que ce soit le déficit courant d'exploitation.La Communauté urbaine de Montréal, la Conférence des maires de banüeue et la Ville de Montréal n'ont pas trouvé de terrain d’entente pour l’intégration des trains de banlieue au réseau de la CTCUM ».Selon M.Masse, le CN ne peut exiger que sa clientèle générale continue de subventionner le transport de banlieue.P.Cantave décédé PORT AU PRINCE (AFP) - M.Phil-lipe Cantave, ancien ambassadeur haïtien au Canada et ancien doyen du corps diplomatique à Ottawa vient de mourir à Port-au-Prince à l’âge de 70 ans, annonce-t-on dans la capitale haïtienne.M.Phillipe Cantave avait été consul général d’Haiti à Ottawa pendant 12 ans et ambassadeur de son pays également pendant 12 ans, dont six comme doyen du corps diplomatique accrédité dans la capitale canadienne.$100,000aux réfugiés d’Afrique Couture annonce une mission en Thaïlande pour latin de juin Fi par Clément Trudel Dans 19 pays d’Afrique, on dénombre quatre millions de réfugiés — soit environ 40% des personnes déplacées ou réfugiées dont le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) a la charge dans le monde.La Somalie et le Zaïre réunis accueillent plus d’un million de ces réfu- ?és, dont 50% au moins sont des enfants.est pour venir en aide à ces enfants réfugiés que le Québec a versé, hier, au HCR une somme de $100,000 dont l'utilisation est prévue dans trois pays: 1) le collège Saint-Albert (Bujumbura, au Burundi) où vivent de nombreux réfugiés .rwandais qui ont peu de chances de revoir La police de la CUM Vignola est satisfait de son bilan par Bernard Morrier Contrairement à ce qui s'est passé dans les premières années qui ont suivi l’intégration des forces policières sûr le territoire de la Communauté urbaine de Montréal, les relations sont maintenant au beau fixe entre la direction du service policier et le Conseil de sécurité publique tCSP).Tout en faisant cette affirmation, le directeur du service, M.Henri-Paul Vignola, ajoute même que le CSP est un « excellent coussin contre les hommes publics ».Ainsi, par exemple, les chefs de police se trouvent à l'abri d'éventuelles pressions de la part de maires de banlieue.« Cet organisme est tellement nécessaire, dit-il, que s'il avait existé au niveau fédéral, le solliciteur général n'aurait sûrement pas eu les problèmes que l'on sait avec la Gendarmerie royale du Canada ».Le CSP, selon la loi qui l'a créé, n'a aucune autorité sur le fonctionnement de la olice, celle-ci relevant exclusivement de iirection policière, et M.Vignola soutient qu'il est heureux de le voir en place, car s'il fallait que la police relève du co- Jusqu’à dimanche, congrès de la Chambre de commerce du district de Montréal, sous le thème "Montréal, déjà demain ", au Mont-Tremblant.Jusqu'à samedi, congrès de la Centrale des syndicats démocratiques, au Centre municipal des congrès, à Québec ¦ À 19 h, M.Edward Schreyer, gouverneur général du Canda.est le conférencier invité du Conseil canadien pour la coopération internationale, au Centre de conférences Cantrakon, au Mont-Sainte-Marie ¦ A 19 h 30.conférence de M.Jacques Pari-seau.ministre des Finances du Québec, et de M Jean Drapeau, maire de Montréal, sur le financement des producUons cinématographiques, à l'hôtel Richelieu.505 rue Sherbrooke est ¦ Les collectes itinéranta de la Croix-Rouge sont chez Goyette Automobile.237S chemin Chambly, à Carlgnan.de 15 h à 20 h 90; dans le hall d'entrée du 2020 rue University, de 9 h 90 à 12 h et de 19 h 90 à 15 h; et à la salle 146 de l’édifice du gouvernement du Québec.255 boul Crémasle est.de 9 h 90 à 15 h.mité exécutif de la CUM, il y aurait grand danger que les besoins de ce service soient dilués dans d'autres dossiers de la CUM.Quant à la vaste consultation publique que le CSP a tenue à la télévision récemment et qui se poursuit maintenant dans les secteurs de la CUM, le directeur policier y voit là un excellent exercice de démocratie, qui pourrait permettre de bâtir , la police pour le citoyen et non pour le service.« Malgré ce grand avantage, Poursuit-il, il y a cependant le danger que on crée de grandes attentes dans la population et que celle-ci soit déçue par la suite.Mais je pense que l'expérience valait la peine d'être tentée ».Il y aura deux ans, le 1er septembre, que M.Vignola occupe ses fonctions et, s il a eu d'énormes difficultés à surmonter, résultant des coups d'éperon du syndicat des policiers et d’une résistance mitigée dans son voisinage immédiat, le directeur estime qu'à ce jour, le bilan est en somme assez satisfaisant.Reconnaissant l'ampleur du défi qu'on lui proposait, à cause de la situation confuse qui régnait dans le service, M.Vignola, qui se veut un homme d'organisation, connaissant ses capacités mais aussi ses limites, croit avoir réussi a trouver les hommes-clés qui lui manquaient Gur réaliser les trois principaux points icrits à son programme: l'organisation du service, des relations humaines et des relations publiques et communautaires.S'attaquant tout d'abord à guérir le cancer de la division qui rongeait l'état-major policier, M.Vignola s'est ensuite employé à développer une certaine fierté personnelle chez les policiers de la CUM, face à leur travail.« Quand on part d'une organisation morcelée de 26 corps de police, qu'on en fait une unité, c'est pas du jour au lendemain qu'on en vient a faire identifier des policiers à une organisation, explique-t-il.On avait perdu un peu de fierté, parce qu'on avait fait une Intégration sur papier et qu'on ne l'avait pas faite dans les faits.J'ai voulu créer une âme, un esprit, A l'intérieur de l'organisation.Puis, il importait de faire tomber les barrières qui existaient, non seulement entre les ex-corps municipaux, mais aussi entre la gendarmerie et la sûreté ».Tout cela ne veut pas dire que le ser-depersonnalisé.( pendant pas que celle-ci soit personnalisée.Cette approche personnalisée fait évidemment penser au retour du patrouilleur à pied et M.Vignola y verrait un objectif à atteindre.« Mais, c'est une question de budget, de capacité en termes d'effectifs policiers.Nous sommes plafonnés à 4,893 hommes.Mais si la population l'exige, nous devrons y donner suite.M.Henri-Paul Vignola, directeur du service de police de la CUM.vice devrait être depersonnalisé.Cela signifiait, d'ajouter M.Vignola lait établir une philosophie aè adaptée à chacune des régions.Il est évident que l'approche du policier des pé-héries et celle du policier du centre- qu il fal-genérale, riphi ville sont différentes, ce qui n'interdit ce- P°Uce de la Mais, à ce moment-là, les hommes politi- aues, à qui il revient de fixer les objectifs u service, devront alors nous indiquer à auel endroit on devra évidemment modi-er notre travail pour combler le type demandé.Il faut être bien conscient que si on place beaucoup plus d'hommes à pied, ça prendra beaucoup plus de personnel pour couvrir adéquatement le même territoire.Donc, ça prendra plus d'argent.» Baisser le plus bas possible le niveau de décision, arrêter de penser que les décisions ne peuvent se prendre qu'unique-ment au quartier général, c'est a cause de cela que les officiers de direction se sont appelés des directeurs au niveau des districts.« Ce directeur, dit M.Vignola, je pense qu'il a un rôle aussi important que bien des chefs de police dans le Québec.Si on compare le personnel, puis les responsabilités, on réalise vite qu'il y a très peu de corps québécois qui deviennent aussi importants qu'un seul poste de En abolissant par ailleurs la cloison gendarmerie-sûreté, le directeur a aussi voulu constituer des équipes de travail homogènes et multidisciplinaires.« Il s'agissait, explique-t-il, de placer des sergents-détectives au niveau de chacune des relèves, de manière à ce que l’opération prise de rapport ne s’arrête pas là, afin que le patrouilleur se sente déjà impliqué dans une enquête, qu'il ne perçoive pas l'enquêteur comme un personnage venant de l’autre monde, mais bien comme un autre policier vivant avec lui et qui a les mêmes objectifs de diminuer la criminalité.» Bien sûr, M.Vignola reconnaît que cela peut certes déranger la vie familiale des membres de la Sûreté, eux qui étaient habitués à un certain train de vie, mais leur participation à un groupe et le genre de travail qu'ils sont appelés à faire font, selon lui, qu'ils devraient se sentir beaucoup plus policiers au lieu d’être comme de simples « ajusteurs d'assurances », comme c’était souvent le cas.» Directement dans le feu de l’action, le policier ne peut faire autrement que de jouer véritablement son rôle d'enquêteur.Il y a peut-être des erreurs qui se sont glissées dans le processus suivi, reconnaît le directeur, mais j'ai l'impression qu'on est dans la bonne voie.Il s'agit de rôder la formule et d’y apporter dés ajustements, s’il y a lieu.» Répliquant ensuite à la Fraternité des policiers, qui avait dénoncé la décentralisation en citant un rapport du directeur de la police de Détroit, M.Vignola soutient qu'on a lancé de nombreuses semi-vérités et de faussetés, en associant son opération à une décentralisation.« Qu'on regarde ma directive à cet effet.Je parle de restructuration et non de décentralisation.Il y aura toujours des sections centralisées aux homicides, aux vols qualifiés, aux stupéfiants, à la moralité, aux vols d'autos, aux Incendies criminels, tandis que l'anti-gang poursuivra ses activités sans changement.La seule chose, c'est qu'il y a certaines attributions qui étaient à ces sections-là et qu'on remet au niveau des postes.Par ça, on veut que ceux qui sont des spécialistes deviennent de vrais spécialistes.Puis ceux qui ne l'étaient pas, comme les enquêteurs au niveau des postes, iis vont probablement enrichir leur tâche.» Le directeur policier cite à cet effet le rapport Dubois, une étude commandée par la Fraternité des policiers de la CUM, qui concluait qu'un des moyens d'augmenter la satisfaction des policiers à leur Voir peg* •: Polie* la terre natale, recevra environ $30,000; 2) en Angola, la contribution du Québec permettra d'équiper une unité mobile médicale, surtout destinée aux réfugiés zaïrois; 3) au Zaïre, enfin, le don permettra d’améliorer des écoles déjà existantes ou d’en construire de nouvelles.La rencontre entre M.Raymond Terril-Ion, délégué au Canada du HCR, et le ministre québécois de l’Immigration, M.Jacques Couture, en présence d’une vingtaine de représentants d’organismes oeuvrant auprès des immigrants ou des réfugiés, a donné heu hier a un survol de la situation actuelle des réfugiés dans le monde.Selon M.Terrillon, le HCR, organisme des Nations unies, est absolument dépassé par l’afflux constant de réfugiés de la mer et d’autres personnes fuyant les pays du Sud-Est asiatique.Il a cité, pour mai 1979, le chiffre de 38,282 réfugies de la mer, dont moins de 7,000 ont pu émigrer ailleurs dans le monde.Bonnes nouvelles toutefois en provenance du Bangla Desh qui accueillait jusqu’à tout récemment 157,000 Birmans, tous rapatriés.Quant à M.Couture, il a révélé que, fin juin, une mission canado-québécoise se rendra aux frontières de la Thaïlande pour tenter de retenir des contingents plus nombreux de réfugiés cambodgiens.Depuis janvier 1979, le Québec a reçu près de 1000 réfugiés (dont 340 enfants RIVE SUD MONT-BRUNO DOMAINE DES HAUTS-BOIS INC.terrains boisés prêts à construire en versant de montagne Prix: 70° et 90e pi.ca.mineurs) venant du Cambodge, du Vietnam et d’Amérique latine.Selon le délégué au Canada du HCR, l’évolution donne lieu à l’optimisme quant aux Chiliens réfugiés en Argentine: 500 de ces réfugiés chiliens ont été rapatriés volontairement et une seule personne aurait émis des plaintes quant aux conditions de rentrée.Le reste des Chi-üens ayant trouvé refuge en Argentine, sans permis de résidence, a maintenant émigré.Il en va autrement en Amérique centrale où les combats au Nicaragua ont fait fuir des citoyens vers le Costa Rica, le Panama et le Honduras.Nous n'avons pas de chiffres exacts quant aux réfugiés nicaraguayens au Costa Rica, de dire M.Terrillon, mais la récente mission du Voir page 6: Réfugié* 649-1551 ASSOCIATION DU BARREAU CANADIEN RÉGIONALE DU QUÉBEC SECTION DE DROIT CONSTITUTIONNEL ET INTERNATIONAL Diner-causerie le lundi 18 juin 1979 à 18:00 heures au Salon Bleu de r Hôtel Ritz-Carlton Conférencier invité d'honneur: Me Gérald-A.Beaudoin, C.R., M.S.R.C.Doyen de la section de droit civil Faculté de droit Université d'Ottawa Ex-membre de la Commission Pépin-Robarts dont l’exposé aura pour thème: “Lo* principaux problème* du fédéraliamo canadien” RÉSERVATIONS: 343-7205 Deux nouvelles parutions aux PRESSES SOCIALISTES INTERNATIONALES Lutte* de classes et question nationale au Québec (1948-1968) Roch DENIS 601 pages, eoedite avec Etudes et Documentation Internationales (Paris), $14.00 L'économie capitaliste: une analyse marxiste (deuxième partie) Louis GILL 407 pages $12.00 Diffusion: Librairie Octobre 4216, rue Saint-Denis, Montréal (843-7290) I t U' anmiclU' des Presses socialistes internationales et tic Tribune Ouvrière sous le thème de la lutte pour la République libre du Québec Samedi, le 16Juln, à IBiOOhrea au Centre Paul-Sauvé (Beaubien / Pie IX) Salle «Le National» Souper, spectacle.Contribution suggérée # I 4 B Le Devoir, vendredi 15 juin 1979 LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Rédacteur en chef: Michel Roy Rédacteurs en chef adjoints: Directeur de l’information: Trésorier: Jean Francoeur Pierre Loignon Bernard Larocque Lise Bissonnette L’insécurité des anglophones NUL n’est prophète en son pays, et les hommes politiques encore moins que les autres.En présentant cette semaine, sur un ton conciliateur et peu partisan, ses « réflexions sur l’avenir de la langue anglaise au Québec », le député libéral de Notre-Dame-de-Grâce à l’Assemblée nationale, M.Reed Sco-wen, aura eu l’impression de prêcher dans le désert: il a créé une brève controverse, assez tiède au total, dans la communauté et surtout les médias de langue anglaise, et n’a pas réussi à soulever l’intérêt de ses concitoyens de langue française.Il reprenait pourtant le débat là où les passions exprimées autour de la loi 101 l’avait laissé, autour des modalités concrètes de la présence anglophone au Québec, une fois les règles du jeu redéfinies.Mais tout semble indiquer que ces propositions « d’extrême ; centre » arrivent trop tôt pour trouver encore beaucoup d’échos.¦ Plutôt que d’affirmer carrément les pertes qu’auraient subies les anglophones depuis que le Québec, en utilisant le levier gouvernemental, a opéré son redressement linguistique, M.Scowen se contente de prendre acte du « sentiment d’insécurité » des anglophones.Fondé ou non, il est réel, dit-il; les anglophones du Québec son conscients de posséder les attributs d’une minorité vigoureuse, mais ils craignent maintenant les glissements sinon l’érosion progressive de leurs institutions.Ils doivent donc clarifier les principes fondamentaux de leur « association » avec les Québécois francophones — notamment accepter une fois pour toutes la priorité du français et le fait que leur sort ne se réglera pas par une intervention extérieure — et tenter de travailler à la définition, par consensus, des « conditions minimales » qui leur garantissent ici un avenir.Même si plusieurs commentateurs anglophones ont réagi positivement à la perspective que propose M.Scowen, d’autres y ont vu un affaiblissement de la communauté de langue anglaise au Québec, une acceptation trop tranquille du statut de minorité.Au plan des principes en effet, le député s’inscrit en faux contre bien des discours indignés entendus depuis les débats sur la législation linguis- Éducation et Le gouvernement a pris hier la bonne décision de réviser son calendrier législatif.C’est à la fois pour éviter un fastidieux marathon de fin de session et parce que la majorité ministérielle n’est pas insensible, quoi qu'on dise, aux arguments que l’Opposition a multipliés à l’encontre des deux mesures controversées: le projet de loi no 3) créant un registre permanent des électeurs et le projet (no 4) sur la programmation éducative.Tout indique en revanche que sera adopté avant l’ajournement le texte (no 5) modifiant la Loi de Radio-Québec et qui tend à préciser la nature et le mode de réalisation du mandat de l’Office dont la vocation éducative et la mission régionale seront mieux définies.Mais l'étude en comité des projets trois et quatre est renvoyée au mois d'août, ce qui laisse aux diverses parties le temps nécessaire pour proposer et faire accepter des modifications.¦ La mesure touchant la programmation éducative, présentée et défendue par M.Louis O’Neill, ministre des Communications, a surtout retenu l'attention ces jours derniers en raison de l’offensive généralisée des libéraux, en partie soutenus par l’Union nationale.L'opposition a trouvé dans cette mesure, en apparence indiscutable puisqu’elle vise à favoriser l’éudcation audio-visuelle, les moyens que le gouvernement chercherait à se donner pour offrir à la propagande référendaire des voies particulièrement avantageuses, subventionnées par l’État de surcroit.Le dessein inavoué que les nombreux intervenants libéraux prêtent au gouvernement dans les débats de cette semaine a pris une telle ampleur qu’un quotidien de Montréal titrait hier, sur six colonnes a la une: « Ryan sees PQ plot in TV plan», et en sous-titre: (Might spread propaganda ».Traduction libre: « M.Kyan voit un complot du PQ dans un projet de télévision du gouvernement qui pourrait devenir un véhicule de propagande.» Quels sont donc ces noirs desseins que l'on attribue de la sorte au ministre des Communications et, par voie de hiérarchie, au ministre d’Êtat au développement culturel?Les notes explicatives indiquent que le projet de loi no 4 a pour objet de permettre à la Régie des services publics, à la demande d une entreprise de radio-télevision ou de câblodistribution, de déclarer « éducative » sa programmation en tout ou en partie.Une programmation éducative, précise le texte de loi, doit favoriser l’exercice du droit des citoyens à l’éducation, promouvoir l’accès des citoyens à leur patrimoine culturel, favoriser l’exercice du droit des citoyens à la liberté d'expression et à l’information.Enfin, aux entreprises dont la tique.Le droit d’une minorité linguistique à obtenir des services dans sa langue n’est pas un droit absolu et fondamental des personnes, rappelle-t-il clairement, mais tout au plus un droit acquis, reconnu par une collectivité.Autre attitude encore très loin de séduire unanimement les anglophones du Québec, M.Scowen réduit ses demandes au seul avenir de la « langue » et des « institutions de langue anglaise » en excluant nommément la préservation d’un « mode de vie », d’une « collectivité ».Mais une fois faites ces déclarations de principe, ceux qui se sentent heurtés psychologiquement devraient se rassurer devant 1 ampleur de la liste des « conditions minimales » de survie pour lesquelles M.Scowen aimerait obtenir des garanties formelles: écoles, cégeps, universités, hôpitaux, services médicaux, services sociaux de langue anglaise, participation à la gestion des réseaux, communications en anglais avec le gouvernement, accès à l’emploi, accès aux médias, loisirs et institutions culturelles de langue anglaise.Ici, c’est la communauté francophone qui pourrait légitimement se sentir heurtée.Car cette liste est justement celle des biens que possèdent en toute abondance les anglophones du Québec.On veut bien qu’ils craignent de les perdre à long terme.Mais pour ne relever 3ue les exemples de l’accès a l’emploi pour es unilingues anglophones, ou encore de l’accès à l’université de langue anglaise, il y a une sorte de sans-gêne à les présenter en danger, à réclamer dès maintenant des garanties formelles; le taux de scolarisation universitaire des anglophones québécois est encore de trois fois supérieur à celui des francophones, et les plus récentes études sur les revenus d’emplois démontrent que les niveaux supérieurs restent encore largement bloqués aux francophones, unilingues ou bilingues.Autrement dit, si la communauté anglophone du Québec veut vraiment trouver une oreille attentive chez les francophones, et non continuer à provoquer une sourde irritation quant ce n’est une uritation ouverte, il lui faut évaluer plus justement et sa force et se besoins.M.Scowen, contrairement à plu- référendum programmation aura été déclarée éducative par la Régie, le ministre peut accorder une assistance financière et technique suivant les normes et modalités fixées par règlement.Quand l’opposition reproche au ministre le caractère vague, trop général et même spécieux de la définition, celui-ci répond que le gouvernement s’est inspiré des formules en usage à l’Unesco et au CRTC: l’organisme international et la commission fédérale ne sont guère plus explicites quand il s’agit de décrire une programmation éducative à la télévision et à la radio.Cette réponse n’est pas satisfaisante.L'article 3 qualifie d'éducatives une ou des émissions qui favorisent « l’exercice du droit des citoyens à la liberté d’expression et à l’information, notamment en encourageant la discussion des questions d’intérêt général et en faisant valoir toutes les dimensions, en encourageant une plus large ouverture sur le monde ou en maintenant un juste équilibre entre les sujets traités, les intérêts en cause et les opinions exprimées ».Le même article range sous la rubrique de programmation éducative des émissions qui s’efforcent de « promouvoir l’accès des citoyens à leur patrimoine culturel, notamment en reflétant la vie des différentes régions et des différentes communautés ethniques, en favorisant les échanges interrégionaux et inter-culturels, en encourageant la creation et la diffusion de productions sonores, visuelles ou audio-visuelles québécoises ou en privilégiant, d'une façon générale, la culture québécoise ».Pareilles définitions, aussi larges, souples et généreuses, faisant appel à des notions très vastes, n’excluent presque rien et pourraient tolérer, au nom de la liberté d'opinion et de discussion, à peu près n'importe quel message, habilement mis en scène.Des stations de radio et de télévision n’auraient pas à faire preuve de génie inventif pour mettre au point une programmation qui serait automatiquement déclarée éducative, contiendrait des discussions riches et intéressantes, ouvertes sur le monde certes, mais en même temps sur les objectifs politiques du gouvernement.Un tel danger sera évité, répond le ministre, puisqu'il appartient à un organisme indépendant et autonome, la Régie des services publics, de recevoir la requête d une entreprise de radio-télévision et de statuer sur le caractère éducatif de la programmation soumise.Plus encore, en vertu de l'article 9, la Régie doit encore aviser le ministre des Communications et le ministre de l’Éducation de toute requête qu elle reçoit.Ceux-ci peuvent participer à l'enquete et à l'audition; ils peuvent encore faire les représentations qu'ils jugent utiles.sieurs, ne dépeint pas la communauté à la- 3uelle il appartient comme une victime ’oppression caractérisée.Mais il n’en présente pas moins des réclamations dont la globalité choquera parce qu’elle ressemble, malgré tous les caveat sur la priorité du français, à un désir de préservation de l’avance socio-économique encore incontestée des anglophones.Où en sont les institutions de langue anglaise dont on s’inquiète ici?Les médias parlés et écrits, les lieux de loisir et de rencontres culturelles sont-ils moins nombreux ou menacés de péricliter?Dans des secteurs plus vitaux encore, comme la santé et l’éducation, force est de constater que les évaluations les plus élémentaires restent encore à venir.L’accès aux services sociaux et médicaux en anglais, qu’on dit perturbé par une centralisation gouvernementale et une bureaucratisation qui s’opèrent naturellement en français, n’a fait l’objet d’aucune étude sérieuse; les indices de déclin rapide des inscriptions scolaires ont fait quelques manchettes mais le Conseil scolaire de ITle de Montréal a démenti les statistiques alarmistes.Les perceptions restent au total floues, approximatives.C’est à démêler ces réalités que M.Scowen et d’autres doivent s’atteler au lieu de rêver déjà ouvertement d’amender la loi 101 pour y donner à l’anglais statut de seconde langue officielle.Le député de Notre-Dame-de-Grâce y convie d’ailleurs ses concitoyens.Il s’agit de distinguer les vraies menaces, s’il en est, des fausses, ce qui pourrait contribuer peut-être à calmer ce « sentiment d’insécurité » dont on parle tant à propos de la communauté anglophone, sans que les francophones arrivent sérieusement a s’en convaincre.Les documents de ton rationnel, comme celui de M.Scowen, ou les colloques entre le gouvernement et les minorités, comme celui qui aura lieu demain dans les Cantons de TEst, contribuent à créer un sain climat de discussions.Encore faut-il maintenant les alimenter de faits.Use BISSONNETTE Il est vrai que le rôle confédéré à la Régie par le projet de loi offre une garantie d’impartialité.Mais la Régie n’a pas été creee pour assumer des responsabilités en matière d’éducation et de culture.Les définitions que lui offre la loi sont si générales que l’organisme devra nécessairement porter des jugements de valeur, inévitablement arbitraires dans certains cas.Doté d’un mandat d’ordre technique, administratif et financier, la Régie devra créer une nouvelle section et s’équiper pour examiner désormais des requêtes de nature culturelle et éducatives émanant d'entreprises de radiodiffusion.Enfin le ministre, en vertu de, l’article 10, peut octroyer aux entreprises dont la programmation est déclarée éducative une aide technique et financière selon des normes qu’il établira lui-même.C’est un pouvoir de nature discrétionnaire qui, à ce stade, échappe à la Régie et fait renaître les inquiétudes uant à d’éventuelles manipulations.Au surplus, ans toute cette affaire, le ministre de l’Education ne joue qu’un rôle mineur.On s’en étonne puisque, suivant l'article 2, la programmation éducative doit s’inscrire dans un contexte favorisant la formation par « l’acquisition ou par l’enrichissement des connaissances, ou l'élargissement du champ de la perception ».¦ Il est évident que plusieurs des arguments invoqués par l’opposition contre le projet de loi tiennent du procès d’intention.Libéraux et unionistes prêtent aux ministériels le projet d’infléchir à leur avantage les dispositions de cette loi en vue de lancer sur les ondes des campagnes de conditionnement des esprits et des coeurs.Mais l’opposition, dût-elle recourir aux caricatures et aux outrances, doit jouer ce rôle quand elle voit surgir une menace, même confuse, aux libertés individuelles ou une tentative, même indirecte, du gouvernement en vue d’employer les canaux de l'éducation télédiffusée à des fins politiques.Les députés du Parti québécois, quand ils étaient dans l'opposition, n'hésitaient pas à voir dans les actions et les textes législatifs du gouvernement des intentions cachées et des objectifs condamnables même quand il ne s'en trouvait pas.Le contexte référendaire justifie aujourd’hui l'opposition de se montrer encore plus vigilante à l'égard des projets de loi touchant les moyens de communication et l’éducation populaire.Si les ministériels n'ont aucune des intentions que leur attribuent les libéraux, il ne sera pas difficile à la reprise du débat en comité d’apporter au projet de loi les modifications nécessaires.Michel ROY L’art contemporain au Musée des beaux-arts par Léo Rosshandler L'auteur a été président de la Société des musées québécois de 1977 à 1979 ¦ LE DEVOIR a publié le 18 avril une lettre ouverte à M Denis Vaugeois, signée par Marcelle Ferron, Hélène Pelletier-Baillargeon, Léo Dorais et Gilles Hénault La lettre traite des raisons qui ont poussé ses auteurs à démissionner du Conseil d'administration du Musée des beaux-arts de Montréal.Qu'il me soit permis de faire un commentaire sur quelques points du message des conseillers démissionnaires J'en parle avec un certain retard parce que je n'ai pas voulu causer d’embarras au Musée ou au ministre des Affaires culturelles avant que ne fussent nommés les nouveaux conseillers.Cela s'est produit depuis La lettre recommande au ministre de restreindre rigoureusement le champ d'action du Musée des beaux-arts et de confier l'art d'aujourd'hui, presqu'en exclusivité, au Musée d’art contemporain.Une recommandation de cette nature, visant à centraliser dans un seul musée, un musée d'Etat par surcroit, les manifestations et les collections des créateurs québécois, canadiens et internationaux, ne peut avoir que des conséquences néfastes, car elle aura pour résultat inévitable une grave atteinte à la liberté de création, de pensée et de diffusion de l'artiste contemporain.Il est pour le moins curieux, par ailleurs, que la lettre propose que soient exclues des contraintes que l'on veut imposer au Musée des beaux-arts les oeuvres « des artistes contemporains vivant et ayant fait leur marque », ce qui tendrait à inclure — on ironie — un des signataires.Priver les artistes contemporains d'abord et ceux d'autres origines ensuite de la possibilité de se manifester sur la scène du Musée des beaux-arts ne peut que nuire à l'évolution culturelle de Montréal et du.Québec.Les lieux d'exposition au Québec ne sont pas nombreux.Les occasions offertes a l'art contemporain de se manifester sont plutôt rares.Pourquoi voudrait-on restreindre davantage l'espace et l'énergie consacrés à l'art contemporain chez nous?Les anciens membres du Conseil du Musée des beaux-arts affirment que celui-ci a entrepris une « concurrence déclarée et.déloyale » à l'égard de l’autre musée.Quel crime abominable! À mon avis, la concurrence dans le domaine culturel a de très bons côtés, ne serait-ce que parce qu'elle protège la liberté d’expression, la fréquence des événements, l'audace de la recherche, l'encouragement des artistes, et enfin les droits du public.Comment veut-orrque le nouveau et le significatif voient le jour si « la recherche de nouveaux talents », « l'audace et les risques bien calculés (sic) » sont confiés au seul musée d’Êtat?New York présente une scène vivante contemporaine, grâce à la concurrence que se font le Museum of Modern Art, le Guggenheim Museum, le Whitney Museum, le Brooklyn Museum, le Metropolitan Museum, et j'en passe.Ç'est bien différent de ce qui se passe dans d'autres villes canadiennes comme Toronto, Winnipeg ou Vancouver où la garde de l'art contemporain est confiée, avec plus ou moins de bonheur, à une seule institution mu-séologique.Montréal, pour sa part, a la bonne fortune de pouvoir compter sur deux musées.Tout ce qui vient d'être dit n'est pas au détriment du Musée d’art contemporain et de ses programmes, bien au contraire.Souvenons-nous cependant que l’art du vingtième siècle, l'art québécois à partir des années 1940, a trouvé un premier lieu d’accueil au Musée des beaux-arts.C’est là une vérité historique indéniable.Et ce fut précisément pour mettre au service des artistes et du public une scène « concurrentielle » que le Musée d'art contemporain a été fondé.L'action indépendante des deux musées a permis à notre art de se développer vigoureusement.Il nous convient de protéger l'indépendance des deux musées et particulièrement celle du Musée d’art contemporain, car il n’est pas difficile d'imaginer le sort qui serait fait à l'art contemporain par un musée d'Etat, érigé en autorité monolithique.Il n'y a pas lieu d'insister.J’écris ces lignes, ou plutôt cette mise en garde, à partir d'une expérience de huit années au Musée des beaux-arts dont une bonne partie a été mise au service de l'art contemporain.Je considère que la tâche de tout artiste, conservateur ou critique, est d’ouvrir de nouvelles portes à l’art québécois et non d’en termer.Ml ¦ Une pétition qu’appuierait l’Alliance française (Lettre adressée d Louis-Paul BEGUIN) J’ai lu avec un vif intérêt l’excellent article que vous avez écrit dans LE DEVOIR du 28 mai: « Pour le français, langue officielle de l’Europe ».Et je vous en félicite.Vous avez eu parfaitement raison d'alerter a ce sujet la bonne conscience des pouvoirs officiels du Québec et l’Alliance française est prête à appuyer toute pétition qui verrait le jour à la suite de cet appel.Comme vous le savez, l’ambassadeur François Seydoux, qui a été longtemps en poste à Berlin et fut l’un des diplomates français les plus prestigieux d’Europe — il est maintenant à la retraite — a fait une demande formelle pour que le français soit déclaré la langue officielle de l’Europe.Il n’aura pas trop de tout le poids de l’opinion publique mondiale pour que le succès couronne sa démarche.Geneviève DE LA TOUR FONDUE-SMITH Présidente de l’Alliance française de Montréal Montréal, 29 mai ¦ Les distinctions nécessaires Sur la question de Jérusalem deux choses doivent être distinguées, d’une part le refus par Israël et par la Jordanie d’appliquer la résolution des Nations Unies du 9 décembre 1949 confirmant le statut international attribué à la ville par le plan de partage de 1947, d’autre part l’annexion par Israël en 1967 de la partie orientale de la ville.Les pays qui, comme les Pays-Bas et le Venezuela, ont établi leur ambassade à Jérusalem-Ouest, ont de ce fait approuvé la décision israélienne de 1949, mais ils n’ont pas pour autant reconnu l'annexion de 1967.Il est raisonnable d’interpréter de la même façon un transfert éventuel de l’ambassade canadienne.Il semble qu'une très Grande confusion entre ces eux aspects de la question soit en train de s'établir dans les commentaires suscités par la décision de M.Clark.La confusion est totale pour Reginald Martel (Présent d l’écoute du 6 juin).Il laisse entendre que le Canada va reconnaître l’annexion de la partie arabe de Jérusalem, et il le laisse dire par ses correspondants sans faire la moindre mise au point.Michel Vastel (LE DEVOIR du 7 juin) fait parfaitement la distinction, mais commet une inexactitude.Pendant de nombreuses années le parlement israélien a siégé, pour des raisons pratiques, soit à Tel Aviv soit à Jérusalem, mais il s’est effectivement réuni dans cette dernière ville dès 1949, et celle-ci a été son siège officiel depuis cette date.L’éditorial de Jean-Claude Leclerc (LE DEVOIR du 7 juin) entretient la même confusion.Pour lui Ottawa va « endosser de facto la spoliation de Jérusalem, tragique symbole de la spoliation nationale dont les Palestiniens font les frais.,.».Cette interprétation aurait un sens s’agissant de la reconnaissance de l’annexion de 1967.Ce qui est en cause ici est beaucoup moins grave, c’est le défi fait aux Nations unies en 1949 par le gouvernement israélien et par un gouvernement arabe, celui de la Jordanie.Ou alors faut-il comprendre que lorsque J.-C Leclerc parle de « spoliation » et d’« annexion », il veut dire ue c’est l’existence d'Israël ans ses frontières de fait d’avant 1967 qui constitue une spoliation?On peut aussi soutenir cela, mais on ferme alors toute perspective de « solution » au problème palestinien autre qu’une catastrophe militaire.Les Palestiniens eux- mêmes le comprennent de plus en plus et tendent à admettre qu’un règlement prenne pour base les frontières de fait d’avant 1967.Beaucoup d’Israéliens pensent qu’il est « suicidaire » pour leur pays de vouloir garder définitivement les territoires occupés en 1967, et il n’est pas impossible que leur gouvernement finisse par l’admettre.Mais si on veut leur suggérer qu’il est aussi « suicidaire » pour eux de considérer comme partie intégrante de leur territoire Jerusalem-Ouest, on a très peu de chances d’ètre entendu.Le Canada n’est pas en train de violer les droits des Palestiniens, mais l’autorité des Nations unies et un très vieux tabou juridique largement dépassé par l’évolution politique depuis 30 ans.On peut soutenir avec de bonnes raisons que la décision de M.Clark est inopportune et dangereuse, à la fois pour les intérêts du Canada et pour le progrès de la paix au Moyen-Orient.Mais n’aggravons pas son cas, et le nôtre, en accréditant de son geste une interprétation historiquement et juridiquement inexacte.J.-P.DERRIENNIC Québec, 7 juin ¦ L’ambassade du Canada en Israël Dans votre éditorial du 7 juin, vous condamnez l’intention manifestée par le Canada de déménager son ambassade en Israël, de Tel Aviv à Jérusalem, en utilisant, me semble-t-il, des arguments fallacieux.Vous tenez un discours qui, sous une apparence de modération, reflété en fait les arguments véhiculés par les milieux antisionistes.Vous parlez, entre autres, des « droits nationaux de Palestiniens », ce qui fait évidemment référence à ce mythe qu’il existe quelque chose comme un peuple palestinien.Or, chez les Arabes qui habitaient ou qui vivent encore en Israël, il n’existe pas de traits culturels ou sociologi-ues ou d’institutions qui les ifférencieraient, d’une manière significative, des Arabes vivant en Syrie par exemple.En fait, le problème palestinien c’est le drame d’individus qui, par tradition, sont viscéralement attachés à leur village natal et que les vicissitudes de l’histoire ont transformés en réfugiés.Il y a donc une certaine dose de naïveté dans le fait de croire qu’un État palestinien en Cisjordanie et à Gaza pour- rait résoudre ce problème.Pour l’Arabe originaire d’Israël d’avant 1967, disons de Jaffa, c’est dans cette ville qu'il veut retourner, pas à Naplouse.Posé dans ces termes et sauf changement improbable de mentalité chez les Arabes pa-lestiniens, il faut bien comprendre que le conflit israélo-arabe ne peut se résoudre que par le départ ou la destruction des Juifs ou des Arabes en Palestine.Dans ce contexte, la décision canadienne, si elle est maintenue, ne pèse pas lourd en soi dans le cours des événements de cette région.Cependant, elle permet de mettre en évidence, une fois de plus, l’obséquiosité des ihilieux d'affaires et de certains de nos intellectuels vis-à-vis des États arabes.M.Leclerc, dans vos références à des « annexations territoriales injustes » et à la « spoliation » de Jérusalem, vous demandez-vous sincèrement pourquoi Israël s’est agrandi depuis 30 ans?L’ONU a décidé du partage de la Palestine en 1947 entre un État juif et un État arabe.Les Arabes rejettent cette décision et, en 1948, attaquent Israël.On ¦ Présence ou autorité?Aujourd'hui plusieurs parents se sentent complètement désemparés devant la désobéissance grandissante de leurs enfants.La réplique des enfants se fait cinglante, les discussions vives, alors des parents désarmés vivent de nostalgie en pensant à l’autorité de leurs parents « dans l’ancien temps ».Avant de retourner ' « dans l'ancien temps », il faudrait peut-être se poser des questions: Pourquoi en suis-je arrivé à une telle situation avec mes enfants?Devant les erreurs des adolescents, parents et éducateurs sautent vite à une conclusion: ils n'obéissent pas ou ils ne tiennent pas compte de l'autorité.Mais qu’est-ce l’autorité?Une vertu que l’on acquiert en devenant parent ou éducateur?Ou une vertu qui s’acquiert par la maturité se dégageant des personnes '-'S Les lettres adressées d cette rubrique doivent être signées et comporter de manière lisible, les noms, adresse et numéro de téléphone de l'auteur.Toutefois, l’adresse et le numéro de téléphone ne sont pas destinés d la publication.LE DEVOIR ne peut s’engager d publier toutes les lettres et, en raison des contraintes d'espace, se réserve le droit de les abréger.Les correspondants sont in-vités a dactylographier leurs textes d double interligne.s___________________________> qui l’exercent?À mon avis, le plus important dans l’éducation c’est la présence, la présence des deux parents à toutes les phases d’éducation d’un enfant.Un enfant nait: il a un besoin physique de la présence de personnes qui vont l’entourer, le toucher, l’envelopper, l’embrasser, le consoler, le faire rire etc.une aide physique réelle et continuelle.Ce même enfant grandit, se développe; a-t-il besoin encore de quelqu’un pour le veiller?Oui Il devient adolescent, jeune homme, elle une jeune fille; ont-il encore besoin de quelqu'un pour leur parler, pour les diriger?Oui.L'homme est ainsi fait qu’il aura toujours besoin de se sentir aimé et accepté pour lui-même.Le Créateur n’a pas créé l’homme solitaire; il l’a créé social; ce sont ensuite deux personnes qui donneront naissance à un petit être; ces deux personnes devront se charger de lui donner tout ce ¦ Un bracelet perdu Lors d'une visite a Montréal, il y a environ deux ans, nous avons trouvé, rue Sainte-Catherine, un bracelet en or portant l’inscription: « Marie-Ange Grégoire, juin 1927 ».Le propriétaire peut réclamer le bracelet en nous écrivant au 21 Westmoreland Rd, Kingston, Ontario K7M 1J4.Une description des breloques témoignera de l'authenticité du propriétaire.M.et Mme Arthur BOISVERT Kingston, 8 juin sait qu’ils ont perdu cette guerre comme toutes les autres qui allaient suivre et que c’est à ce moment que commence le problème palestinien.Israël conquiert des territoires.Aurait-il dû les remettre à ses ennemis jurés, permettre à une population hostile de revenir vivre en son sein?Le faire eût été le comble de la stupidité.C’est en 1967, lors d’une troisième guerre, qu’Israël s’agrandit de nouveau.Si l’attaquant dans ce conflit fut l’État juif, les véritables agresseurs ont été les États arabes qui n’eurent de cesse de provoquer et de menacer Israël.Depuis ce temps, Jérusalem est réunifiée et gouvernée d une façon beaucoup plus civilisée que durant le règne jordanien.Il n’y a aucun risque que la mosquée d’Omar ne serve de latrines.Si le Canada transfère effectivement son ambassade à Jérusalem, il démontrera qu’il existe encore des pays pour qui les principes comptent plus que le pétrole.C’est une attitude très rare de nos jours et digne d éloges.Claude THÉRIAULT Québec, 8 juin qu’il faut pour être heureux.L’édueation est faite de présence.Plusieurs parents ont perdu toute réalité avec leur fils ou fille parce qu'ils n’ont pas été présents.Ah! oui ils ont utilisé les ordres, mais une fois servis, ils ont disparu dans leur vie professionnelle, sociale, politique.Ils ont pensé avoir des enfants sans sacrifice et alors ils n’ont jamais eu sur eux l’autorité morale, seulement l’autorité de la peur.Une fois la peur finie avec l’âge, tout s’est écroulé.En éducation, faut-il choisir la présence ou l’autorité?Dites-vous bien que l’autorité sans présence ne donne rien Choisissons la présence, elle donnera suffisamment d’autorité morale pour en arriver à la véritable éducation.P.Jean-Marc BOULÉ, directeur général du Séminaire Saint-François.Cap-Rouge, 11 juin -.LE DEVOIR est publié par (Imprimerie Populaire, société à responsabilité limitée, dont le siège social est situé au numéro 211.rue du Saint-Sacrement.Montréal H2Y 1X1 II esl composé et imprimé par l’Imprimerie Dumont incorporée dont les ateliers sont situés é 9130.rue Boivin; Ville LaSalle L'agence Presse Canadienne est autorisée é employer et è diffuser les informations publiées dans LE DEVOIR ABONNEMENT Edition quotidienne 165 par année, six mois $36; trois mois $24.A l'étranger $70.par année; six mois $38.trois mois $27 Editions du samedi $19 par année Edition quotidienne livrée à domicile par porteur $1.50 par semaine Tarif de l a-bonnement servi par la poste aérienne sur demande Courrier de deuxième classe enregistrement numéro 0856 Dépôt légal Bibliothèque nationale du Québec TtLÉPHONE: S44-3361 (ligne» groupées) V_______________________________J I » COMPARER, à certaines fins, la politique qui se dessine en Europe et celle qui actuellement remet en question le Canada est périlleux, mais cela se place bien dans la conversation.Nous faisons, paraît-il, le chemin inverse de celui que les pays européens, dans leur sagesse, seraient en train de parcourir.La France, quant à elle, expérimente un embryon de fédération politique avec .d'autres pays.Un pourcentage imposant de Québécois et leur gouvernement, au contraire, visent à donner à l’actuelle « province » un statut de pays souverain relié au Canada par des accords de type proprement confédéral.Alors on oppose la démarche européenne et la nôtre en vue de montrer le caractère « rétrograde )> de celle-ci.Si des pays aussi importants que la France croient utiles, en ce moment de l’histoire, de tendre vers des éléments de fédéralisme, pourquoi donc le gouvernement du Québec met-il au contraire l’accent sur la souveraineté nationale?La France, alors considérée comme un modèle chez elle, prouverait par son agir que nous avons tort chez nous.Mais c’est vite dit.Les pommes et les oranges.Il y a quelques petites différences en effet.D’abord, bien des choses se comprennent par l'histoire et par les finalités qui un jour s'en dégagent.L’histoire européenne était faite de conflits de plus en plus catastrophiques.Les dernières guerres furent suivies par l’abaissement rela- UN des arguments entendu souvent pour justifier la compression des dépenses en matière de santé est leur coût énorme et la place qu’elles occupent dans les finances gouvernementales.Toutefois en comparaison avec l’ensemble des provinces canadiennes, le Québec investit une part moins élevée de son budget pour les services de santé, et cette part diminue plus rapidement avec les années.L’Ontario qui nous est souvent citée en exemple a mobilisé, en 1978, 27% de son budget en matière de santé, soit 4.4% de plus qu’au Québec.Pourtant le Québec est loin d’occuper la première place quant à l’état de santé de sa population.Qu'on soit homme ou femme, notre espérance de vie est la plus faible de tout le Canada.Dans un article publié en juin 1975 dans le Médecin du Québec, Madeleine Blanchet, spécialiste en épidémiologie, affirmait: « Au-delà de la période périnatale (jusqu’à une semaine après la naissance), tous nos taux • de décès selon l’àge sont plus élevés que ceux de l’Ontario.» Soulignons que le Québec dispose de près d’un lit hospitalier de moins par 1,000 habitants que la province voisine.Les médecins et leur part du gâteau Manifestement, le réseau de la santé n’est pas un simple échiquier sur lequel on peut déplacer des pièces sans consulter le roi.Et dans ce cas-ci, ce sont les médecins qui régnent.L’importance des coûts du reseau n’est donc pas indépendante de leur contrôle.Selon les prévisions pour l’année 1979-80, les médecins toucheront en salaire la somme de $700,000,000.Ce montant représente près du quart de l’ensemble des investissements consentis en matière de santé pour l’année 1979-80 (rémunération, équipement, immobilisation pour soins spécialisés, ultra-spécialisés et soins prolongés).Précisons également que les médecins ne représentent pas 6% de l’ensemble du personnel employé dans les établissements de santé au Québec.Selon la Fédération des CLSC, les 263 médecins qui ont gagné en 1977, $120,000 et plus, ont coûté au Québec un montant équivalent au budget des 80 CLSC, ce qui représentait au début de l’année 1978, l’emploi de 2,972 personnes à plein temps et 428 à temps partiel (LE DEVOIR, 18 avril 1979).En fait les coûts des services médicaux se sont accrus de 118% au Québec en 7 ans, les traitements versés aux médecins passant de $282.2 millions en 1971 à $610.7 millions en 1978.La médecine privée s’impose Comme le relatait M.Yves Martin, un ex-directeur de la Régie d’assurance maladie du Québec, les médecins restent, avec les groupes monopolistes, « les seuls agents economiques qui exercent un contrôle quasi absolu à la fois sur la production et la consommation des services pour lesquels ils sont rémunérés — et par le fait même, en tant que producteurs, sur les comportements des consommateurs de leurs services ».(Cité par Y.Villedieu, Demain la santé, dossier Québec-Science, 1976, p.189) On comprend donc pourquoi les médecins ont toujours vu d’un mauvais oeil l’entrée de l’Etat dans les services de santé de première ligne qu’ils assuraient en solo dans leur cabinet privé.Selon le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, le docteur Gérard Hamel, « une question majeure se posait, (avec la réforme des services de santé), à savoir: comment les systèmes privé et public allaient s'articuler.En 1973, apres une période de flottement d’un peu plus d’une année, nous avons décidé de foncer.Il fallait que le secteur privé survive ».(Cité par Nicole Beauchamp dans sa série d’articles sur les cliniques privées, La Presse, 23 au 29 juillet 1977) C’est ainsi que s’est développé un important réseau de cliniques privées mis de l avant par les organisations de médecins généralistes et supporté par les médecins spécialistes.En 1977 on comptait 350 de ses cliniques au Québec.Aujourd’hui on en dénombre environ 450.Presque huit cliniques et polycliniques pfivees pour un CLSC.L’Europe et le Canada Les pommes et les oranges par Pierre Vadeboncoeur tif de l’Europe et par celui des pays qui la composent.N’eût-ce été même que pour prévenir une renaissance du germanisme, il fallait, les circonstances aidant, rapprocher les intérêts des différents pays et nouer sur cette trame un certain nombre de liens institutionnels qui auraient pour effet de substituer les intentions de commerce aux intentions de guerre.En outre, il s'agissait, notons-le, de grandes puissances, de grandes nations, principalement la France et l’Allemagne, mais aussi l’Angleterre.Elles étaient assez fortement constituées pour consentir à composer davantage qu’elles ne l’avaient fait jusque-là ; elles lepeuvent, jusqu a un certain point, sans risquer leur existence nationale.Chacune d’elles peut se défendre commercialement, culturellement et de bien des façons.Leur identité, leur consistance, ne sont pas en cause, du moins pour un avenir prévisible.Elles ont chacune, explique-t-on, des moyens internes développés bien au-delà du seuil critique où c’est le pot de terre qui prétendrait faire sans dommage un voyage avec le pot de fer.Les événements ont conduit ces nations à faire l’essai d’une élémentaire ébauche de fédération.Ce qui se produit actuellement est un pas.Il paraît plausible.Mais il est à noter qu’on peut, même pour la France, entretenir d'ores et déjà des réserves.Reste à savoir si, pour elle, ce pas n'est pas un faux pas: la forme fédérative.Ce point est loin d'être clair.Mais, quoi qu'il en soit, du point de vue de la puissance, son cas n’a rien de commun avec le nôtre.Elle peut probablement pour un temps s’avancer.Nous avons nous aussi une longue expérience, mais ce n’est pas du tout Ta même.Notre histoire n’est pas la même, notre condition et nos moyens sont d’un ordre complètement différent, nos espérances d’avenir sont sans commune mesure avec les siennes; nous ne sommes pas une puissance, nous sommes une minorité précaire et très menacée.Ces circonsta-ces ne nous permettent aucunement de conclure la même chose que les Français, dont au demeurant l’on se demande si, dans une situation nationalement beaucoup plus favorable que la nôtre, le fédéralisme ne les conduira pas eux-mèmes éventuellement dans une grave impasse.L’Europe est une stratégie.Mais c’est théoriquement une stratégie de fort pour plus de force encore.On ne saurait trop le souligner, bien que la forme fédérative de cette stratégie soulève, pour la France, des doutes plus que sérieux.De toute façon, que peut-il y avoir de commun entre la politique de la cinquième ou si- xième puissance du globe et celle d’une minorité coincée?La notion de pouvoir est centrale.C’est elle qui donne la clef des raisons d’une politique.Qu’en est-il pour nous à cet égard?Comparer la politique européenne et la nôtre, du point de vue que nous examinons ici, n'a aucun sens si l’on ne se pose pas la question de savoir dans quelle direction le souci de la force légitime d’une nation doit orienter les choses.Il y a une différence radicale entre faire le timide essai d’un fédéralisme marginal quand on est en possession d'une grande force, et se trouver plongé jusqu'au cou dans un fédéralisme ayant tout envahi et cherchant sans cesse à centraliser davantage, quand c'est soi-même, dans cette combinaison, qui se trouve marginal.Tout nous pousse à réclamer des pouvoirs, dont nous éprouvons un grand manque; ce n’est pas du même ordre de mouvement que de se hasarder à en déléguer quelques-uns quand on les à tous.Nous avons un grave déficit de pouvoir, en plus d’une insuffisance de poids; ce n'est pas le même cas que celui d’un pays oui détient déjà la totalité du pouvoir politique et possède par ailleurs un capital considérable de moyens de tous ordres.Qu’est-ce que nous sommes?Une minorité dont le pouvoir réel et le pouvoir juridique tout aussi bien sont en grande jartie versés inacceptablement dans ’étranger; une minorité qui semblait f vouloir laisser aller le peu qu'il lui restait encore, politique dont nous avons touché le fond au cours des six ans du ministère Bourassa; — une minorité qui est un peuple, cependant; une minorité démographiquement très majoritaire sur un territoire riche et trois fois grand comme la France; une minorité qui ne semblerait que trop promise à un déclassement rapide et à une sorte de dissolution, mais qui est paradoxalement située dans des conditions dont il est impérieux qu’elle profite: sol immense, qu'il lui faut pourtant revendiquer en droit; aire déterminée et déjà politiquement découpée (bien qu'en pointillé); cohérence possible, souveraineté à laquelle nous pouvons encore prétendre, possible possession de soi et de ses pouvoirs, car nous ne formons pas une population éparpillée sur un territoire où nous n’aurions aucune prise politique imaginable comme c’est hélas! la situation des Noirs chez nos voisins du sud.Qu’est-ce que l’on fait avec cela?On nous oppose la tendance européenne au fédéralisme?Pourquoi faire?Il se trouve que nous avons l’expérience du fédéralisme: c’est historiquement ici la formule de la domination lente mais sûre du dominant sur le dominé.Que vient donc faire l’exemple européen?Il s'agit de savoir dans quelle direction pointe Ta nécessité d’accroître le pouvoir d’un peuple donné.Ce peut être plausiblement, en théorie, selon les cas, vers la fédération ou vers la souveraineté La rentabilisation de la santé par le Comité de coordination des négociations du secteur public de la CSN Récemment, le comité de coordination des négociations du secteur pu-plic pour la Confédération des syndicats nationaux publiait une étude sur les coupures dans les services d’éducation et d’affaires sociales, qu'il diffusait parmi ses membres.Le comité a résumé, pour LE DEVOIR, ses principales constatations dans le secteur de la santé.Ces cliniques se sont développées sans planification, indépendamment des besoins régionaux et en concurrence avec les services publics de santé comme les CLSC et les cliniques externes des hôpitaux.D’ailleurs leur clientèle s’alimente à même les coupures effectuées dans le réseau public.Par exemple, onze omnipraticiens de l’Hôtel-Dieu de Montréal se sont regroupés pour créer une clinique privée dans la Tour de la Cité, à proximité de l’hôpital.Un de ceux-là racontait à Nicole Beauchamp l’histoire de leur entreprise: « Nous avons d’abord rencontré l’administration de THôtel-Dieu pour lui demander son accord moral avant de réaliser notre projet.Cela tombait pile parce que’ le MAS venait de décréter les restrictions budgétaires.Nous désirions désengorger l'urgence et nous établir un lieu de pratique dont nous aurions le contrôle entier.» Même s’il est reconnu que la pratique privée de la médecine est un facteur important dans la hausse des coûts des services de santé, il semble bien que le gouvernement actuel a baissé pavillon devant les corporations de médecins, ^’ailleurs le ministre des Affaires sociales a déjà déclaré que dans sa politique à l’égard des CLSC, le ministère devrait désormais tenir compte de l’existence des cliniques privées.C’est peut-être ce qui explique qu’à l’heure actuelle, seulement 29% des CLSC oqt un budget suffisant pour desservir adéquatement la population de leur secteur selon les normes mêmes admises par le ministère.Le redressement des centres hospitaliers Dans le récent budget de Parizeau, les crédits qui sont accordés aux centres hos-pitalies sont inférieurs de 4% à ce qu’exigerait le statu quo (i.e.une croissance nulle).Le MAS siphonne donc allègrement leurs ressources.Dans un mémoire soumis au conseil des ministres en mai 1978, MM.Parizeau et Lazure évaluaient le montant des compressions budgétaires effectuées dans le reseau hospitalier à $36 millions pour l’année 1976-77 et à $45 millions pour l’année 1977-78.Au cours des deux prochaines années ces coupures seront ae l’ordre de $60 millions.Ces restrictions financières ont donné lieu aux trop fameux plans de redressement budgetaire.Essentiellement ces plans visent deux choses: éliminer les déficits d’opération des hôpitaux provoqués par la réduction des subventions gouvernementales, forcer les hôpitaux à avoir un rendement budgétaire s'approchant de la moyenne des établissements qui leur sont comparables (ce que dans le jargon gouvernemental on appelle: « operation révision de la base budgétaire »).Or sur quoi reposent ces fameux plans ; redressement?Sur l'élimination d’une de pratique médicale abusive, sur un contrôle plus strict d’un appareillage technologioue prestigieux mais fort coûteux et mal utilisé, sur la restriction des dépenses administratives qui n'ont rien à voir avec les services?Évidemment non.Ces plans ont été élaborés conjointement par la direction et le conseil des médecins de chaque établissement.Essentiellement, ils comportent trois volets: diminution des lits de soins de courte durée, diminution du personnel, diminution des services., En juillet 1976, le MAS lançait la directive suivante: 10% des lits en milieu hospitalier doivent être affectés aux malades chroniques, ce qui impliquait la conversion de prés de 2,000 lits de soins de courte durée en lits pour soins prolongés.Dans ce même « Plan de développement de ressources en santé (1976-1981), » le MAS va jusqu’à projeter de ramener de 4.8 à 3.2 par 1,000 habitants la normes de lits de soins de courte durée, ce qui signifierait selon cette norme, la fermeture de 6,176 lits de courte durée pour l’ensemble du Québec.Évidemment, il ne s'agit pas de contester les besoins en soins prolongés.Le vieillissement de la population du Québec les exigent.Ce qui est contestable cependant, c’est la diminution des ressources hospitalières en soins de courte durée; d’autant plus qu’une population vieillissante exige encore plus ce type de soins.Citons à titre indicatif que dans un document interne du CRSSS de Montréal, on révèle que la üste d’attente pour l’ensemble des hôpitaux de l’île était en février 1979 de 20,357 personnes (hôpital Notre-Dame non inclus).On comprend mieux maintenant pourquoi l’attente est si longue avant de pouvoir être hospitalisé.En réalité la politique du MAS quant à la conversion des lits de courte durée en lits pour soins prolongés apparaît être assez étrangère aux besoins de la population.Il ne serait pas exagéré de dire que cette politique vise surtout à accroître le rendement budgétaire des centres hospitaliers.En tout cas on retrouve cette mesure dans certains plans de redressement budgétaire.Il faut savoir qu’un lit pour soins de courte durée coûte 20% plus cher qu’un lit pour soins prolongés (cf Performance des hôpitaux 1969-75, MAS mai 1977).Le MAS suggère comme autre mesure de restriction budgétaire, la diminution du personnel hospitalier.Dans sa conférence de presse du 16 février 1979, M.Lazure annonçait l’abolition prochaine de 2,027 postes dans 102 centres soumis à un plan de redressement budgétaire.À ces réductions d’effectifs annoncées par le ministre, il faut également ajouter celles déjà effecutées par les centres qui avaient réussi à équihbrer leur budget.Une évaluation conservatrice des postes abolis se situerait aux environs de 2,000.Il faut donc les ajouter à ceux annoncés par M.Lazure pour un total de plus de 4,000 emplois qui ont été ou seront sous peu éliminés dans le réseau hospitalier.De plus, il faut dire que ce nombre de postes abolis depuis 1976 ne comprend pas tous les postes à temps complet transformés en postes à temps partiel.Nous ne possédons pas de données précises sur le nombre de ces transformations mais selon une évaluation syndicale, ce nombre est important.• Plusieurs syndicats ont aussi relevé que lors de la transformation d’un poste à temps complet en poste à temps partiel, du temps de travail était élimine (par exemple, 4 jours/semaine au lieu de 5).Les données les plus récentes sur le nombre d’emplois a temps partiel dans les affaires sociales datent de 1976 et ne couvrent que 75% des salariés.Mais elles restent très significatives: 60.868 employés temps partiel dans l’ensemble du réseau, soit plus de 35% de tout le personnel.(Source: Ventilation des effectifs d temps partiel, du 1er janvier au 31 décembre 1976, MAS, 6 novembre 1978).Ces restrictions budgétaires n’affectent pas seulement la sécurité d’emploi des travailleurs de la santé, elles accroissent également leur charge de travail et diminuent par conséquent les services donnés aux « bénéficiaires ».Un comité d’étude de la Fédération des affaires sociales (CSN) a évalué récemment, à l’aide de statistiques officielles obtenues dans 10 centres hospitaliers que d’avril 1975 à mars 1978 une heure de moins par jour-hospitalisation était consacrée en soins directs.Ce qui est considérable.Cette détérioration risque d’ètre plus marquée avec la pratique qui se généralise maintenant de ne plus remplacer une partie des absences dues aux congés de maladie, congés fériés, vacances, etc.Même le MAS la suggère aux établissements comme mesure d’économie (cf document sur la Présentation des plans de redressement budgétaire MAS, décembre 1978).Dans un relevé fait par le comité d’étude de la FAS en janvier dernier auprès de 20 établissements répartis dans toutes les régions du Québec, on a constaté qu’un peu plus de 50% des absences ne sont pas comblées.Les employés qui demeurent en poste sont donc obligés de prendre les bouchées doubles.Quelques conséquences parmi d’autres: les medicaments sont distribués tardivement, la toilette des patients est raccourcie, les repas sont parfois servis froids et évidemment bien peu de temps reste pour communiquer avec les patients.Dans les centres d’accueil, il arrive souvent que les pensionnaires ne peuvent sortir à l’extérieur faute de personnel pour les accompagner, etc.L’implantation d'un modèle industriel D’ailleurs, en guise de réponse aux compressions budgétaires, la direction des établissements tente par tous les moyens d’augmenter le rendement de ses employés; car à l’instar du MAS, elle comprend bien qu’une économie de capital, comme dans n’importe quelle entreprise privée, ne peut être réalisée qu’avec une productivité accrue des travailleurs.La dernière trouvaille dans ce domaine est due à un groupe de chercheurs de l'Université de Montréal.Ceux-ci ont mis au point une nouvelle méthode d'organisation du travail infirmier appelé pompeusement « Système PRN 76+ ».Ce système commence à être appliqué dans plusieurs centres hospitaliers du Québec.Son but est simple: réduire au minimum le personnel en poste dans un département de soins infirmiers.Selon l’ingénieur C.Tilquin, principal artisan de ce système, la solution radicale pour l'utilisation du personnel infirmier serait de rassembler tout le personnel dans une ' Voir page 6: Santé nationale II n'y a pas de remède universel Il n’y a que des remèdes spécifiques.Nous avons suffisamment appris que notre remède à nous n'est pas la forme fédérale mais une véritable confédération d’États souverains.Les Français eux-mêmes, au demeurant, auraient avantage à se montrer extrêmement prudents Mais que dire de nous, à qui l'on propose de les imiter dans la direction meme où ils paraissent s’aventurer et où nous sommes déjà bien plus enlisés qu'ils ne le seront peutêtre jamais?Ils ont beau avoir un extraordinaire passé politique, il n'y a rien toutefois dans ce passé qui puisse leur enseigner quoi que ce soit sur la domination susceptible de s'exercer dans une fédération.Nous sommes bien petits et ils sont bien grands, à l'échelle du monde, mais nous n en possédons pas moins un savoir qui leur manque en ces matières.Dans un fédéralisme un peu poussé, à partir d'un point où les choses deviennent difficilement réversibles, cent cinquante ou deux cents millions d'individus peuvent fort bien en réduire insidieusement cinquante milhons.Ce n'est alors qu'une forme, subtile, d'impérialisme.Celle-ci tient dans la formule chimique suivante: au poids spécifique des éléments dominants, qui pèserait de toute façon comme on l a dit dans une partie libre, s’ajoute, dans le fédéralisme, pour les faire peser encore plus, le pouvoir juridique dont l'avantage de surplus accroît à ces mêmes éléments dominants.La souveraineté est un facteur de démocratie: elle tend, comme la démocratie, à établir plus d'égalité entre des inégaux.Le fédéralisme, dans certaines situations dont la nôtre, accentue au contraire l'inégalité des partenaires en alourdissant au profit du plus gros sa charge de puissance.Dans une fédération comme la nôtre, la règle de la majorité ajoute quelque chose de décisif au plus fort.Dans de telles conditions, éventuelles peut-être pour la France, on trouverait même certainement, à l’intérieur, là-bas, des partis prêts à brader le pays comme il y a ici les libéraux, disposés, quoi qu’ils prétendent, à brader le Québec, nous ne le savons que trop car nous l’avons vécu.i La politique actuelle de la France ne nous éclairé en rien.Primo, vu l'abîme qui nous distingue de la situation française, cette lumière n’équivaut pour nous qu’à des mirages: rien n’est moins comparable que les fondements politiques de la deuxième puissance d'Europe et ceux d'un petit peuple en péril d’extinction ou de déclassement definitif.Secundo, il n’est pas du tout certain, au reste, que Giscard n ait pas commencé avec d’autres de mettre à la loterie non seulement les formes mais les bases mêmes de la politique de la France Dans un cas comme dans l'autre, l'enseignement qu'on peut tirer pour nous n'a rien à voir avec l'argument fédéraliste qu'on nous sert en invoquant la politique européenne.Cet enseignement, à tous égards, est futile et inutilisable ici.L’Éditeur officiel produit la plus belle musique du Québec.Gilles Vigneault Félix Leclerc André Gagnon Clémence Desrochers Robert Charlebois Jean-Pierre Ferland Angèle Arsenault Jean Lapointe Luc Plamondon ^nusicmé Enfin, nous avons notre musique d'am biance.et quelle musique! La nouvelle collection “Musique du Québec" produite par l'Editeur officiel contient les arrange- 6 disques $8,95 chacun En vente dans les librairies de l'Editeur officiel ou au comptoir postal ments des plus grands succès de la chanson québécoise.Procurez vous vite cette merveilleuse collection de musique de chez nous Québec: Place Ste Fov GIV 2L1 Tel 643 80.35 Centre administratif "G" Hiv de chaussée Tél 643 38% Montréal: Complexe Destardins 150, rue Ste Catherine ouest H5B IBM Tel 873 (,101 Trots-Rivières: 418.rue des Forges G
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