Le devoir, 12 octobre 1967, jeudi 12 octobre 1967
VOL.LVIII - NO 235 FAIS CE QUE DOIS MONTRÉAL, JEUDI, 12 OCTOBRE 1967 METEOROLOGIE Nuageux Quelques éclaircis.Froid Max.: SS 'earer Montréal 9 748 6161 FÊTE DU JOUR Saint Séraphin f.Pilon im.¦ fourniture* de bureau M.Dozois: les démissions ne changent rien au statut de grévistes Dernière heure: le juge Frédéric Dorion de Québec, a accédé tard hier soir à la requête du gouvernement et émis une injonction ordonnant le retour au travail des employés de la Commission de transport de Montréal.QUEBEC i DNC) Quelques heures avant l'émission probable d'une injonction or-i donnant aux grévistes de la CTM de reprendre le travail immédiatement, le premier ministre intérimaire.M.Paul Dozois.a déclaré hier soir que dans l'éventualité d'une démission en bloc des syndiqués le gouvernement considérerait qu'ils demeurent quand même! grévistes et doivent par conséquent obtempérer a i ordre de la Cour sous peine des sanctions prévues par la loi."Libre à eux de poser un tel geste mais ça ne change absolument rien à leur statut de grévistes" a dit M.Dozois qui rapportait alors l'opinion des conseillers juridiques du gouvernement C’est à l'étude juridique Prévost, Gagné.Flynn et Rivard de Québec qu'a été confiée hier matin par le ministre intérimaire de la justice.M.Armand Maltais, la tâche de présenter une requête en injonction en vertu de l'article 99 du code du travail.Cette dernière a été présentée hier après-midi à Québec au juge en chef adjoint de la Cour supérieure M Frederic Dorion On attendait le jugement au cours de la soirée.Me Jacques Flynn a précise hier soir que la requête demandait que l’injonction soit accordée de façon globale pour les 6.000 grévistes Si le juge Dorion l’autorise également, elle serait signifiée de façon personnelle aux seuls dirigeants du syndicat , les autres grévistes étant avertis par la voie des organes d'information."J'espère que les grévistes, en tant que citoyeas.seront respectueux des lois et qu'ils se soumettront de bonne grâce à cette disposition du code du travail ", a dit M.Dozois à l'issue d une séance du conseil des ministres.Le premier ministre intérimaire ne croit pas d'ailleurs que le conflit actuel constitue une épreuve de force entre le gouvernement et la CSN.Le cabinet doit se réunir de nouveau cet après-midi et siégera en séance extraordinaire ce soir et demain si nécessaire.a précisé le ministre Dozois."Si la grève n’avait pas alors pris fin.nous adopterions alors les dispositions que nous jugerions à propos pour mettre fin à ce conflit" On croit que le gouvernement convoquerait alors une session spéciale pour le début de la semaine prochaine.Rico Petrocelli a largement contribué à la victoire des Red Sox de Boston sur les Cardinaux de St-Louis, hier, en réussissant deux coups de circuit.La joute décisive de la série mondiale sera disputée cet après-midi, à Boston de nouveau, au Fenway Park.Série mondiale (sixième joute) St-Louis : p La grève des employés du transport 11 ^ 1 ' nombreuses La grève des employés de la Commission de transport de Montréal continue de provoquer des réactions nombreuses Il ne se passe plus une journée sans qu'une association ou un groupe ne prenne position publiquement sur ce conflit de travail Ainsi.l'Association des hommes d’affaires du nord de Montréal vient de condamner formellement l'attitude des syndicats représentant les employés de la CTM L'organisme s'en prend au "manque de maturité de certains chefs syndicaux", à L’ attitude négative et indéfendable des em- ployés ' et, de façon plus générale.au " recours abusif" au droit de grève dans le secteur public.Les hommes d'affaires recommandent d’ailleurs au gouvernement de retirer le droit de grève à tous les employés de la fonction publique.La santé économique.De son côté, la Fédération nationale des sociétés Saint-Jean-Baptiste du Québec voit dans le conflit une atteinte à la santé économique de la région de Montréal, elle y voit en outre une impasse qui dé- M.Robert Bourosso: un libéral orthodoxe Pleurant à fendre l’âme, cette sexagénaire de Saint-Paul ouest (banlieue de Winnipeg) baise pathétiquement sa maison expropriée par l’administration municipale.Mme Frank Birch et son mari ont résisté jusqu'au bout à l'ordre d'éviction, se barricadant à l'intérieur de leur maison à l'arrivée des huissiers.Trois ans de démêlés avec les tribunaux et une indemnité de $17,000 n'ont pas réussi à convaincre le couple de quitter leur domicile, exproprié pour faire place à une usine de traitement des eaux usées.Le député libéral de Mercier.M.Robert Bourassa, a indiqué hier soir qu’il endossait les vues du Comité des affames constitutionnelles du parti liberal quant à l’option constitutionnelle que doit rechercher le Québec.Parlant au cours d une assemblée à la salle de la Fraternité des policiers.M Bourassa a déclaré que "dans l'état de nos connaissances actuelles”, l’option proposée dans le rapport soumis mardi est " présentement celle qui m apparalt préférable pour le Québec".“En effet, a-t-il expliqué.le professeur Could devant la Commission Prévost Mise en pièces des certitudes à la base de la justice au Québec por Jean-Claude Leclerc Un des chercheurs de la commission mise sur pied aux Etats-Unis par le président Johnson sur l’application de la loi et l'administration de la justice, le professeur Leroy C.Gould a donné hier une véritable série d’électro-chocs à la commission d'enquête Prévost sur la justice criminelle au Québec.Sans mentionner le Québec, le criminologue américain, dont le témoignage a duré près de quatre heures, a littéralement mis en pièces les certitudes qui sont à la base de la justice au Québec.Interrogé d’abord sur les résultats des interviews de policiers et de professionnels du crime qu’il a coordonnées à New York.Chicago.Atlanta et San Francisco, le professeur Gould a soutenu que les criminels de profession, qui ont une famille, une maison, etc.ne révélaient pas d'anormalités psychologiques et que contrairement à la légende populaire ils ne respectaient pas un code d’éthique qui leur serait propre.Criminels ignorés du fisc Paradoxalement, ces criminels souvent connus de la police ne font pas l’objet d’enquête de la part du fisc, vraisemblablement parce que cette idée n'est jamais venue aux forces de l’ordre, qui s'obstinent à viser des arrestations, sans se soucier du sort advenu aux marchandises volées ni du marché qui les écoule.Les chercheurs qui ont inverviewé les criminels en ont su davantage que la police sur les réseaux qui écoulent les produits de faillites frauduleuses, pour ne prendre qu’un seul exemple.Le professeur Gould estime que les forces policières devraient réorganiser leurs structures de façon à suivre les activités criminelles et non pas les seuls délits, et surtout coordonner les renseignements que des enquêteurs inquiets de leur promotion gardent jalousement pour eux.au grand bénéfice évidemment des criminels.M.Gould estime que les policiers devraient être promus non seulement sur la base des arrestations mais aussi pour les informations qu'ils recueillent Un leadership temporaire Contrairement à l'opinion reçue dans les forces policières américaines, les professionnels du crime travaillent dans des structures fluides.qui changent avec les coups à faire.Même le leadership de chaque bande est déterminé par le coup en vue, et dure le temps qu’il faut pour préparer et réaliser l’opération.Ils sont donc moins spécialisés et organisés que le croient les forces policières.C’est plutôt celles-ci qui auraient besoin d’organisation et de spécialisation, divisées qu elles sont trop souvent par cas et par secteurs territoriaux dont les frontières sont depuis longtemps dépassées par les criminels.Le professeur Gould estime qu’il faudrait des commissions permanentes locales et régionales qui prendraient en main l'application des politiques nationales à l’égard du crime, rompant avec la pratique qui abandonne à chaque localité, quand ce n est pas à chaque policier, la stratégie contre le crime.La plupart des efforts actuels de la police américaine sont inefficaces, d’après lui, parce qu’ils s’en prennent aux criminels et très peu au marché du crime lui-même.A cet égard, le criminologue américain a décrit une des recommandations faites au président Johnson, de donner aux commissions (agen- ces) gouvernementales parfois plus de pouvoirs mais surtout plus de ressources afin de leur permettre de mieux contrôler l’application des règlements et ainsi de réduire le marché du crime Il a donné l'exemple des faillites frauduleuses et du marché des valeurs mobilières.Mais si la lutte contre le crime réussit, qu'adviendra-t-il des professionnels qui en vivent?Ils n’auront plus d'emploi d’où tirer leur subsistance.Et si on bloque les voies d’écoulement des marchandises, qu'adviendra-t-il des milieux défavorisés (slums i à qui ces aubaines sont une forme de subvention?C’est là que quittant le terrain de ses recherches, le criminologue a donné ses plus rudes réflexions à la commis- la frontière du crime et des affaires D n’est pas évident que la prostitution et le jeu aient de si néfastes effets sur la société.Dans certains cas, il vaut même mieux que le crime soit organisé, ses effets sont moias graves: ainsi en est-il par exemple de l’avortement.Paradoxalement, si la loi est sévèrement appliquée, le crime prospère, car la concurrence est moias forte, la police éliminant les moins habiles.Il suffirait de légaliser le jeu par une loterie nationale pour supprimer tout un secteur du crime.Ce dernier exemple montre d’ailleurs que la ligne n'est pas facile à tirer entre le crime et.les affaires.Même la police donne des faveurs à ses indicateurs.Même des industries, des banques préfèrent leurs profits à la prévention du crime.Des criminels doivent voler de nouveau pour payer leur avocat.elle propose un statut qui va bien au-delà de la situation actuelle et surtout elle soumet un cadre d’action qui ne met pas en danger le développement économique du Québec qu'il faut poursuivre, à mon sens, de façon accélérée.C’est là un objectif essentiel pour la raison bien simple qu'à son défaut les meilleures formules politiques peuvent échouer’’.Danger économique M.Bourassa a réitéré, au début de son allocution, les craintes que lui inspirerait la sécession du Québec sur le plan économique L'indépendance complète du Québec, a-t-il soutenu, pourrait bien se faire sur le dos des travailleurs: il y a fort à craindre que, pour maintenir son rythme de développement maigre les inquiétudes des investisseurs étrangers devant une situation politique nouvelle et forcément incertaine, le Québec serait obügé d’accroître les marges de bénéfice de ces investissements; on ne voit pas, a-t-il dit, comment le gouvernement d'un Québec indépendant pourrait pratiquer une politique de gauche s’il veut attirer les capitaux dont il est clair qu’il a grand besoin M Bourassa a affirmé d'autre part qu’on ne saurait conclure que les Canadiens français doivent renoncer à l'accroissement de leur liberté purement pour des fins de bien-être économique.“Il est clair que ce qu'il faut rechercher, a-t-il dit, c’est le point optimum entre ces deux biens, soit la liberté et le bien-être économique”.Le député est d’avis que cet objectif ne peut être atteint dans l’indépendance complète; de même, a-t-il dit dans une allusion voilée à la thèse défendue par M.René Lévesque, “on ne peut affirmer que ce soit dans d’autres formules qui paraissent présumer de données qui sont encore à connaître” A titre d’exemple, M.Bourassa a expliqué qu’il est impossible d’avoir une idée précise du pouvoir de négociation du Québec aussi longtemps que nous ne connaîtrons pas le volume et la nature des importations des autres provinces”.député a souligné d’autre part que des organismes accomplissent présentement un travail considérable de recherches sur la question nationale, en particulier les états généraux et la commission lau-rendeau-Dunton.“Il va de soi, a-t-il commenté, que les conclusions de ces études devraient fournir des éléments d’information fort importants qui pourront confirmer ou modifier les jugements ou prises de position qu’il nous faut prendre sur la situation politique actuelle II parait donc raisonnable et normal d’éviter l'absolutisme ”, montre avec une tragique eloquence les insuffisances du code du travail" Les lois actuelles.de déplorer les SSJB.tolèrent que les parties à une négociation puissent indûment retarder et compromettre les discussions La fédération appuie "les justes aspirations des classes populaires" mais estime que ces aspirations ne doivent pas "'compromettre indéfiniment la bonne santé économique de la nation" "Appui Total" des étudiants L’Union générale des étudiants du Québec a réitéré d’autre part son appui total” aux employés en grève, qui luttent afin d'obtenir "un salaire et des conditions de travail justes et raisonnables".Le bureau de l'UGEQ dénonce l'intransigeance de la CTM et rejette%toute possibilité de limiter le recours à la grève Les billets d’écoliers Le Conseil des associations parents-maîtres de Montréal a demandé pour sa part qu advenant une hausse du prix des billets à la suite de la grève, le tarif des billets d'écoliers ne soit pas modifié.L’organisme voudrait en outre que le billet d’écolier soit valable à toute heure du jour, étant donné le nombre de jeunes qui sui vent les cours le soir dans les CEGEP Grève légale à la Glolok Les 20 employés de la compagnie Glolok Co Ltd.à Montréal, ont déclenché une grève légale après avoir jugé inacceptables les dernières offres de la direction de l’entreprise.Le représentant du syndicat des métallos, M.Marcel Sauvé, a déclaré: "H ne faut pas s'étonner de voir les employés sur des lignes de piquetage quand on sait que le compagnie offre des vacances annuelles de 5 jours à tous ses employés, indépendamment de leurs années de service; 6 congés statutaires alors qu’avant les négociations les employés en avaient 8; aucune clause de sécurité syndicale”.Dans le domaine des revenus, le salaire de base est de $1 42 l’heure et la compagnie offre une augmentation de 10 cents l’heure avec une convention collective d’une durée d’un an Les métallos veulent que le salaire de base soit porté à 2 dollars l’heure.M Sauvé a également souligné qu’au cours de la campagne d’organisation syndicale, la compagnie avait congédié 4 dirigeants du syndicat local, dont le président.Les plaintes ont été portées devant la Commission des relations de travail du Québec CUlSlNf.MUSiOUf AMBIANCE MCOlTCRftANtENNES SUR LE RtAZA PLACE VH.lt-*AAl€ Evitez les dégâts causés par la pluie Faites installer les GOUTTIERES "PRIMEAU" Goivanité • Cuivra • Aluminium Estimation gratuit* • MONTREAL 322-4160 QUEBEC >72-9244 PRIMEAU METAL INC.au clou AUJOURD’HUI.L’ambassadeur et commissaire général de Cuba, M.José Fernandez Cossia, remettra officiellement à la ville de Montréal le pavillon de son pays sur les terrains de l’Expo La cérémonie aura lieu au bureau du maire à ISh .L'assermentation de MM.Guy M Dcsaulniers et Rodolphe Paré comme juges de la cour supérieure aura lieu rel après-midi, à ISh à la chambre 24 du Vieux Palais de Justice.Inauguration officielle de la semaine de la Tunisie cher Dupuis Frères, à lâhïO, au rez-de-chaussée.Cet événement a pour but de mieux faire connaître aux Montréalais les produits de ce pays de l’Afrique du Nord Un assortiment complet sera en montre au mini-pa-viilon de la Tunisie au rez-de ehaussée du magasin Pierrefonds: les propriétaires se prononcent ce soir Environ 400 propriétaires affectés par l’amendement aux réglements d'homologation de la municipalité de Pierrefonds.décident ce soir du sort de l’école francophone mise en chantier au printemps dernier dans le quartier anglophone " Versatiles Gardens”.Pierrefonds est située dans l’extrême nord-ouest de nie de Montréal Le scrutin aura lieu dans l'immeuble de la police.afin de prévenir tout incident malheureux.Le Rassemblement pour l'indépendance nationale, qui avait déjà attiré l’attention publique sur cette situation, se prépare à manifester en masse si la construction de l’école est de nouveau interdite En principe, la municipalité, la commission scolaire de Pointe-Claire Beaeonsfield.et l'association des propriétaires de " Versailles Gardens" sont d'accord sur l'amendement.Lorsqu'il fut adopté toutefois, le 25 septembre, il s'en trouva pour exiger un référendum En attendant, les éléves francophones privés de leur nouvelle école s'entassent dans une institution "bilingue".Si l'amendement est adopté, il faudra néanmoins plusieurs mois avant de parachever les travaux.Seules les fondations ont été coulées.LE RHUM Porto Ricain Disponible à la Régie des alcools du Québec magasin expotf Ile Sainte-Hélène (près du Métro) COURS H CONVERSATDN ENGUSH ESPANOt IT ALI AIT O PyCCKMË Berlitz Langues Vivantes Seutécf) français mettent à votre disposition 90 années d'expérience de recherches et d'expansion BÉNÉFICIEZ DE CETTE GARANTIE UNIQUE Leçons 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(l'Or — Toronto — Edmonton — Calgary — Vancouver - Halifax.T >• 4 • LE DEVOIR.JEUDI.12 OCTOBRE 1967 EDITORIAL Montréal, ville exacerbée Plus se prolonge la grève des autobus, plus l'on est frappé par un élément qui domine tous les autres.Cet élément, c'est la disproportion évidente entre les gains que veulent obtenir quelques milliers de travailleurs et le tort irréparable que ceux-ci causent, par leur arrêt de travail, à des milliers et des milliers de citoyens qui ne sont aucunement responsables de ce qui leur arrive Promenez-vous un peu dans Montréal Laissez monter dans votre voiture, au hasard des rencontres, quelques citoyens abandonnés à leur seule initiative par suite de la grève.Plus vous écoutez ces gens, plus vous êtes frappé du manque total de relation entre le sort qu'on leur inflige et le problème qu'on veut résoudre.* * * Dans d autres circonstances, la partie syndicale avait au moins tait montre de pitié.Se croyant obligée de fermer les hôpitaux pour un temps, elle avait mis sur pied des services d'urgence qui fonctionnaient tant bien que mal.mais étaient quand même le signe d une bonne volonté active, d'un souci de ne pas heurter jusqu'à I irréparable certains citoyens aux prises avec des besoins urgents.Cette lois, rien de tel ne s'est produit.La grève est tombée sur la ville à la manière d une tempête soudaine ou.si l'on préfère, d'une interruption brusque de courant.Depuis ce temps, des centaines de milliers de citoyens n'ont d'autre instrument, pour se déplacer, que leur pouce et la bonne volonté des automobilistes Au début, le tout prenait l'allure d une aventure inattendue et désagréable, mais non dépourvue de pittoresque.Les gens faisaient contre mauvaise fortune bon coeur Les automobilistes avaient le coeur large, les piétons avaient l audace facile On se disait, de part et d autre, que l'épreuve ne durerait que quelques jours, que la ville en sortirait plus cordiale, plus confiante en sa justice.Même ceux qui n'étaient pas trop sympathiques au syndicalisme essayaient de se montrer compréhensifs.Depuis quelques jours, le vent a tourné Les citoyens, hier importunés, sont devenus irrités Leur colère se dirige à la fois vers les administrateurs municipaux, le gouverne ment québécois et les chefs syndicaux Mais il faudrait être aveugle ou partisan, ou dirigeant d'UGEQ ou de quelque autre organisme du genre, pour ne pas constater que la colère des citoyens ordinaires vise d’abord, et de la façon la plus sévère, la partie syndicale.On en veut au gouvernement, certes, mais c'est principalement de ne pas avoir agi plus tôt en vue de mettre fin au conflit.Celui qui est le plus atteint par la colère populaire en ce moment, c'est, phénomène paradoxal, l'élément qui se réclame le plus du peuple, c'est-à-dire l'élément syndical.Nous avons connu dans le passé des grèves impopulaires.jamais un conflit n'aura atteint à un degré aussi élevé d'impopularité et de réprobation générale que celui qui sévit présentement.* * * Il y a dans cette colère quelque chose d'irréel et d injuste.Nous applaudissions tous, hier, au libéralisme d'un gouvernement qui acceptait de reconnaître les libertés syndicales des travailleurs du secteur public.Nous ne saurions, sans verser dans l'hypocrisie, nous laver aujourd'hui les mains de ce qui arrive.Mais ce qui importe, encore une fois, ce n est pas de savoir qui a raison.C'est le fait qu'une ville, de plus en plus étranglée par un arrêt de circulation qui la frappe dans ce qu elle a de plus vital, est parvenue, après trois semaines de patience, à un point d exacerbation qui risque de donner naissance à un violent mouvement de reaction contre des libertés qui restent en elles-mêmes saines et fondamentales Se peut-il que dirigeants syndicaux et hommes publics, tant à Montréal qu'à Québec, de- meurent insensibles à cette vague de réprobation qui se manifeste de plus en plus?Se peut-il que la volonté de compromis se soit émoussée à un tçl point, chez les principaux interlocuteurs, qu'ils ne voient plus l'urgente nécessité de cette solution raisonnable que réclame l'opinion commune?Nous avons lu les messages de propagande que publiait hier dans les journaux la partie syndicale.Nous avons pris connaissance de certains détails plutôt dégoûtants de la manifestation à laquelle se sont livrés hier les grévistes.Nous avons pris connaissance des dernières arguties légales des dirigeants syndicaux à la suite de l annonce.par Quebec, d'un recours à l injonction.Nous avons entendu.de l'autre côté, les raisonnements trop inflexibles d'un Lucien Saulnier et les messages faussement apitoyés de la CTM Autant d intransigeance et de propagande, et de propagande en général fort mal faite et très peu convaincante, a quelque chose d'insultant pour 1 intelligence du citoyen responsable.Celui-ci est indigné.Il a raison de l'être, non seulement à cause des inconvénients physiques qu il doit souffrir, mais aussi à cause de ce lessivage intellectuel auquel on cherche impunément à le soumettre.* * * Le conflit des transports en commun montréalais offre l'affligeant spectacle d'une société en profonde contradiction avec elle-même.Cette société a voulu, hier, reconnaître un droit qu elle considérait comme sacré.Elle constate aujourd'hui que l'usage illimité de ce droit peut conduire à la catastrophe.Si la grève actuelle dure encore quelques jours, elle aura peut-être surtout servi à préparer le terrain à un durcissement éventuel de nos lois du travail.Ce recul dangereux peut encore être évité.Mais le délai qui reste est court.Car la colère gronde sur la ville.Claude RYAN Les critiques contre le rapport Carter La Chambre de commerce du Canada a présenté vendredi dernier au ministre des finances.M.Sharp, le mémoire sur le rapport Carter qu elle avait adopte à son congrès du mois dernier.En avril, dans un discours au congrès de l'Association canadienne d'études fiscales.M.Sharp avait demandé aux groupements intéressés à ces problèmes de lui soumettre leurs vues sur certains aspects du rapport de la Commission Carter qui avaient retenu l'attention du gouvernement fédéral Le document de la Chambre répondait à cette invitation.A cause des changements majeurs qu elle proposait dans son rapport, et des déplacements notables que cela impliquerait dans la fiscalité, la Commission Carter a recommandé au gouvernement que ses recommandations soient considérées comme un tout.Il est bien évident en effet que le gouvernement ne pourrait pas appliquer seulement les parties du rapport qui préconisent des réductions d'impôts sans adopter en même temps celles qui apporteront plus d'impôts au gouvernement.sans cela, les finances publiques fédérales seraient compromises.La Chambre de commer- ' ce du Canada reconnaît que du point de vue des revenus du gouvernement toute réforme fiscale forme un tout et que sous cet angle aucune recommandation de la commission d'enquête ne peut être étudiée ni adoptée isolément; mais elle estime d'autre part que chaque changement proposé doit être étudie et jugé selon sa valeur Et comme la Chambre conteste le bien-fondé de plusieurs recommandations de la commission, notamment l'impôt sur les gains de capital, il va de soi qu elle ne peut favoriser l'adoption en bloc du rapport; elle conclut que le gouvernement devra ajuster les réformes éventuelles selon les aspects du rapport qu'il décidera d'appliquer, et que par exemple les recommandations de la commission quant à l'impôt sur les gains de capital et à l’intégration des impôts sur le revenu des particuliers et des sociétés commerciales devraient être étudiées ensemble.Il semble que le gouvernement hésite devant le rapport Carter, et qu'il ne soit pas encore en mesure de prendre une décision.Le délai pour la présentation de mémoires au ministre sur les changements proposés a été prolongé jusqu'à la fin d'octobre et les observations des gouvernements provinciaux pourront être soumises jusqu'à la fin de novembre.Cela paraît remettre au début de l'an prochain la publication du livre blanc annoncé.Le gouvernement fédéral a reçu beaucoup de critiques contre le rapport Carter, et cela s'explique car l'ampleur des modifications proposées apporterait des perturbations considérables dans notre fiscalité; non seulement on dérangerait des habitudes, mais les répercussions de tels changements ne sont pas toutes prévisibles et inquiètent les milieux d'affaires Des objections contestables Le noeud du problème, c'est qu'en proposant que notre régime fiscal devienne plus équitable et soit fondé sur la faculté contributive, la Commission Carter veut alléger le fardeau des petits contribuables.et comme il faut maintenir les revenus de l’Etat, cela ne peut se faire BLOC NOTES qu'en augmentant les taxes de ceux qui ont des revenus élevés.Or ces derniers, par leurs groupements et organisations.s'efforcent de se défendre contre cette menace.et ne manquent pas de trouver des dangers et des inconvénients dans les réformes proposées.C'est ainsi que la Chambre de commerce du Canada soulève des objections à la recommandation que la famille devienne l'entité fiscale au lieu de l’individu.Si une famille a un revenu imposable de $10,000.l'impôt actuel (à part la sécurité de la vieillesse) sera de $2.170 si tout le revenu est gagné par le mari, et de $1,660 si le mari et la femme ont chacun un revenu imposable de $5.000 Selon les recommandations du rapport Carter, de telles différences seraient supprimées, et les familles à revenu modeste seraient proportionnellement moins taxées que celles qui ont des revenus élevés La Chambre de commerce ne conteste pas cet objectif, mais elle fait observer que si la famille devient obligatoirement une entité fiscale, ce sera contraire à la tendance vers l'attribution de droits lettres au DEVOIR Le français au Québec Il est beaucoup question depuis quelque temps dp la place que devrait occuper au Québec le français écrit et parlé; plus précisément la culture française (.) En ce qui nous concerne, un petit examen de conscience nous aura vite fait réaliser que notre manque de fierté nationale est.dans une très large mesure, responsable de ce que nous dénonçons maintenant avec vehemence, et que nous voudrions voir corriger du jour au lendemain (Il en est d'ailleurs ainsi dans bien d'autres domaines) Nous sommes-nous demandés pourquoi: • Les hommes d’affaires et marchands anglo-saxons, n'ont jamais senti le besoin de se familiariser avec le français alors que la masse des consommateurs du Que- bec est d'expression française; • notre enseignement n'a pas réussi à inculquer aux nôtres un plus grand respect pour sa Majesté la langue française (serions-nous à ce point républicain), le "franglais ' étant devenu notre langue maternelle; • bon nombre de nos bacheliers et bachelières, sans parler des universitaires, ne savent pas s'exprimer correctement en français et ont même de la difficulté à écrire sans fautes (Sans être pédagogue on réalise facilement qu'il y a une déficience quelque part).S'il est difficile, avouons-le, non pas de résoudre, mais simplement de faire avancer une question aussi complexe et dont les solutions sont remplies d'embûches.on doit quand même reconnaître quen dépit de certaines -LE DEVOIR- M)M>f P*R HfcNRI BOl RASSA I I lOJANVItR 1910 Claude RYAN André LAURENDEAU Directeur Rédocteur en chef Rédacteur en chef adjoint; Paul SAURIOI Trésorier: Arthur LEFEBVRE LE DEVOIR est publié par l'Imprimerie Populaire Limitée, société à responsabilité limitée, dont le siège social est au no.434 est.rue Notre-Dame, Montréal.Il est composé et imprimé par l'Imprimerie Dumont Inc., à 9130 rue Boivin, Ville LaSalle.Seule la Presse canadienne est autorisée à employer et a diffuser les informations publiées dons "Le Devoir".ABONNEMENTS: édition quotidienne, Montréal, Québec, lévij et bdnlieues: 12 mois $25.00, 6 mois $13.00, 3 mois $7.00.Ailleurs au Canada: 12 mois $20.00.6 mois $11.00, 3 mois $ »• * .r. LE DEVOW.12 OCTOME 1967 Cours tour nil par la PRCSSC CAN AOi&ME INDUSTRIELLES Àblliw Aclilan46 AHa Om T Alt* Gm p AKa Gaa Atu Nat Aigo Ont Aigoma St Alcan AUan pr Alumin 2p AnglO'cn Ang CT 31» Anthct A Argua Arga 2W P Argita R pr Argua C pr Ath^tttia Aahdwri B Aah Tamp AU Sugar Atl Sug A Att pr Auto EJcc SAi'M Ind Bahama Bank Mtl Rank N 8 Rartaro Bcautv r Beavar L Becker B p Bell Phne BtUmorc p Bow Valy Bow Vly .w Bowater Bow m pr Bramalea Bramai w Rrazlttao Bright Br Am Bnk BA Oiî BC Forest BC F rest p BC Bugar Pc Sugar p B Sugar Can rem Can Cem p r Forging Can Iron t'an Mail r Packra A C Parkra B Can Perm C Safwav p rsi.CSL pr 1*410 Rre» • 2180 m 32H 33 * 1 26 184 84 84 2SêO 80i< 800 800 4-25 100 $1»S 1»S 184 — 4 100 rv 7*« * 4 2400 t23S 72\ SH H 3840 g29S »'« 2»H — H 28.> $r 384 384 — 4 176 83*4 3A4 384 — H z60 U 8 I TM 850 484 M 4-1 415 S2A4 284 284 — 4 ZlO 8144 144 144 M 8414 414 414 —4 “ * 4.1 43 H 8H 234 74 27 104 20 t» l's l'*4 100 84J 635 89H 8J0 82:4 100 174 380 877 4 IMS 810% z36 320 30 888 1700 » 2433 t13H 800 415 100 .110 '3’s — 4 410 4'.‘i 310 310 .5 38 J8 - 4 «4 I'.* 4 454 «S — •• 13 13 704 204 - 4 li 134 — 4 • 4 84 — 4 50 50 154 154 «05 1326 $144 144 144 tlÛ $78 78 78 25 $134 734 734 4 2418 8374 374 37S — 4 1126 $204 20 704 ^ 4 .0 $4» 48 49 H 35 $47 42 47 4 zl2 $184 184 184 75 $8) 81 Al 1 75 $100 100 100 4 ino $70', 704 70', - S 0 $90 90 00 -a^io 13.'» 1 » 1075 $11% 11-, Il • Z .tO $16 16% 13% 242.6 $12-.12'» 12\ 1A229 90 90 9'J 11JO $25’» 25 •25 70 $107 107 107 100 90 90 M - 100 123*» 21 •> 21% 4.11 $38% 39’» 38', z0 $22% 22’» 22'» 100 275 275 273 500 $21% 21% 21 •'•» 1300 $25 25 25 180 $99 99 Ki 200 $92 92 92 200.6 SU 10% 11 zlO +99 g 89'.99*« 740 $11 30', 30', .100 $.6*4 ?»'* 6% 40.‘.2 i 114 114 + % C Ind Oaa p z30 1114 114 114 385 817H 174, —* CIL C Marconi CPR CPR Pr C Petrofln C Refract Cdn Tire Con Tire A r IMilitlea rUtil 6 pr C Vickers rWN O 4 pr r W.-siing ('apii ntdg t'hcjncell Ch/'in 175 p CHUM A elta Elec Deltona Diat! 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