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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
lundi 3 juin 1968
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1968-06-03, Collections de BAnQ.

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VOL.LIX - NO 130 MÉTÉOROLOGIE EÉTE DU JOUR Nuageux.Périodes ensoleiUees.Max 70 Octave de la Pentecôte \m (7 ® FAIS CE QUE DOIS : î/l€3f0€/t w F.Pilon ku.t uma en A* Fournitures de bureau MONTREAL, LUNDI, 3 JUIN 1 968 André Laurendeau n’est plus; le Canada français a perdu une de ses plus grandes voix M André Laurendeau est décédé samedi, en fin d'après-midi, à l’hôpital général d’Ottawa où il avait été transporté d’urgence le 15 mai.Agé de 56 ans.le rédacteur en chef du DEVOIR a succombé à une hémorragie inter-crânienne, consécutive à la rupture d’un anévrisme.Durant 17 jours malgré quelques moments de lucidité, le patient n'a jamais pu récupérer suffisamment de forces pour subir l’intervention chirurgicale grâce à laquelle les médecins espéraient encore le sauver.Depuis quelques jours, son état s’était sensiblement aggravé.Co-président de la commission d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, M.Laurendeau se trouvait dans son bureau d'Ottawa, en compagnie d’un groupe de journalistes (boursiers Nieman), lorsqu'il s’est affaissé, le 15 mai.Depuis quelques semaines déjà, il s'était plaint de violents maux de tête et devait entrer à l'hôpital.Soucieux de mener à terme les travaux de la Commission, il s'était imposé un rigoureux calendrier de travail au cours des derniers mois, ne s’accordant presque plus de répit.En apprenant la mort d’André Laurendeau, M.Pierre Elliott Trudeau (qui se trouvait à Terre-Neuve) a salué en cet ami 'l'esprit le plus juste et le plus raffiné”, le journaliste et l'essayiste remarquable d’intelligence et de sensibilité', celui qui.en acceptant la présidence de la Commission d’enquête sur le bilinguis- I me et le biculturalisme, "relevait un des plus sérieux défis que l’histoire ait présentés à la fédération canadienne”.Le premier ministre ajoute: ‘‘C'est ce travail qui La épuisé, mais non avant qu'il eût indiqué au Canada la voie de son avenir Bouleversé par la nouvelle.Gérard Fillon, ancien directeur du DEVOIR, compagnon et ami de M.Laurendeau de- puis 1933.évoque l’amitié qui les a toujours liés au-delà de quelques divergences et conclut qu'il perd en lui l’un des “meilleurs collaborateurs que j’ai jamais eus et un ami très cher".Samedi soir, au cours d'une assemblée politique au Plateau de Montréal.M.Réal (.’aouette a interrompu son discours pour annoncer à Taudi- Voir page 6: Laurendeau Les grandes étapes de la carrière d’André Laurendeau por Jean-Mort Leger Une destinée comme celle d'André Laurendeau, une oeuvre comme la sienne ne sauraient être résumées dans une classique note biographique mais du moins importe-t-il d’évoquer les dates majeures.les grandes étapes, les faits marquants d une carrière extrêmement diverse et féconde, étant entendu évidemment que viendront ultérieurement les témoignages, les analyses, les commentaires.Ce qu'il faut dire en tout cas.dès l’abord, c'est que pendant trente-cinq ans André Laurendeau aura été l'une des grandes voix du Canada français, qu’il a exercé par le journalisme et par l’action politique une influence déterminante sur l’évolution de la société québécoise; ce qu'il faut souligner aussi, c’est qu'il fut d’abord un humaniste et que même dans ses engagements les plus complets, dans ses combats les plus ardents, furent constamment présentes deux dimensions: la générosité et l'ouverture à l’universel C'est à Montréal qu'il naissait le 21 mars 1912, fils d Arthur Laurendeau et de Blanche Harly.dans une famille où on a le culte de la musique et plus généralement des oeuvres de l’esprit.Il y puise ce goût de la musique, des lettres et des arts qui ne le quittera jamais: il songea un moment à s'orienter vers des études de musique, il étudia la danse et joua un rôle actif dans le cercle littéraire du Collège Sainte-Marie où il poursuivait ses études secondaires.On sait d’ailleurs que beaucoup plus tard, il devait publier un recueil de souvenirs, un roman et plusieurs pièces de théâtre.Au printemps 1931 il n’a que dix-neuf ans il enlève brillamment son titre de bachelier Une santé très fragile et un début de dépression le condamnent à une longue période de repos (1931-33) qui n'en sera cependant pas une d’inactivité, bien au contraire.Outre de lire énormément, il s'intéresse de plus en plus à la situation du peuple cana-dien-français, de son peuple, auquel il voue un attachement passionné, le climat familial étant là aussi propice à cette prise de conscience.__ 11 entre vraiment dans la lutte en 1932 avec un certain nombre de ses jeunes camarades, comme lui révoltés par l’aliénation du Canada français, l’impérialisme du gouvernement central, l'inefficacité et 1 indifférence sociale du gouvernement provincial.Encouragé par Armand Lavergne, animé par Esdras Minville.le nouveau groupe organise des réunions publiques, lance un "manifeste de la jeune génération ” que Le Devoir publie et qui aura un écho considérable.En 1933.André Laurendeau commence à suivre les cours de la Faculté des lettres de l’Université de Montréal, ceux de l’abbé Groulx sur l’histoire du Canada principalement, il assiste aux conférences, encore peu nombreuses, que donnent à Montréal des personnalités de premier plan comme Gilson et Maritain.il découvre avec ferveur Charles Péguy.Son action nationale va se préciser à ce moment.Au printemps 33, il crée le mouvement des Jeunes Canada” avec une dizaine de camarades qui s'appellent Pierre Danse-reau (aujourd'hui directeur du Jardin Botanique de New York) Pierre Dagenais.Jacques Va-deboncoeur, Claude Robillard, Gérard Filion, Lucien L'Allier.Dollard Dansereau, Bernard Hogue, etc.Epoque passionnante où ces jeunes se donnent tout entiers à ce qu’ils considèrent comme une oeuvre à la fois de rénovation nationale, de libération économique et de progrès social.Deux années de réunions publiques, de causeries, de manifestes qui dans ce climat de crise économique aiguë et de contestation donnent parfois l'impression qu’on est à l’aube d’une ère nouvelle.Le groupe "Jeune Canada” est vraiment le centre du nouveau nationalisme québécois qui se nourrit, d’autre part, à l'enseignement de l’abbé Groulx et aux éditoriaux du Devoir Voir page 5: Grandes étapes Les partis lancent leur campagne La France reste paralysée en dépit d'une détente apparente PARIS id’après l’AFP et TAP) Profitant du long congé .de la Pentecôte et d’un chaud soleil, des milliers de Parisiens ont quitté la capitale française où on percevait, ces dernières heures, des signes apparents d'un retour à la normale Mais si on assistait à une sorte de démobilisation psychologique des esprits, on ne signalait que de rares retours au travail.Seules les petites entreprises ont recommencé à fonctionner et ce n’est que mardi que la situation sera beaucoup plus claire.En attendant la France reste paralysée, et les négociations se poursuivent entre les syndicats.le gouvernement et le patronat.Sur le front politique, tous les partis se préparent fébrilement aux élections du 23 juin et ont mobilisé tous leurs cadres La campagne électorale s’ouvrira le 10 juin et d’ici là tous les candidats devront être choisis, les alliances prêtes, les désistements envisagés.Les communistes et la Fédérations de la gauche se sont déjà mis d’accord sur leur tactique électorale, les deux formations présentant, chacune.des candidats dans toutes les circonscriptions.Les gaullistes ont annoncé officiellement hier matin la constitution d une “Union des comités de défense de la république” dont la tâche principale sera de désigner les candidats auxquels sera accordée l’investiture gaulliste.Elle aura en fait une mission beaucoup plus large: celle de faciliter le regroupement de tous les candidats, gaullistes ou non.décidés à s’opposer à la menace communiste “totalitaire” dénoncée par le général de Gaulle dans sa dernière allocution, pour former la "majorité indiscutable et homogène" souhaitée par le chef de l'Etat dans la prochaine Assemblée.Du côté de l'opposition de gauche, le conseil national du Parti socialiste SFIO, réuni à huis clos, a décidé hier de soumettre lundi à ses partenaires radicaux et conventionnels au sein de la Fédération de la gauche un projet de programme et de contrat de législature.Quant aux étudiants en révolte après leur cortège de samedi qui a encore rassemblé près de 30,000 personnes ils comptent les alliés qui leur restent maintenant que le mouvement de contestation qu'ils ont lancé revient sur le terrain de la stricte légalité Dans la Sorbonne, où continuent à flotter côte à côte les drapeaux rouges et les drapeaux noirs, dans les rues du quartier Latin où de nombreux groupes de discussion se forment spontanément, les visages sont graves et les propos sérieux L’air de vacances qui a ramené le sourire dans la majorité de la population parisienne n'est pas venu jusqu’à eux (AFP) Hier, très nombreux, les automobilistes parisiens > ont pris la route de la campagne.Les bois et les parcs de Voir page 6: La France -*«*> ».Retranchés dans Cholon, le quartier chinois de Saigon d'où ils pilonnent le coeur de la capitale à l'aide de roquettes, des éléments nord-vietnamiens sont attaqués sans relâche par les "paras" du Vietnam du sud.(Telephoto AP) L'aviation bombarde à Saigon des quartiers infiltrés par le Vietcong SAIGON (AFP) Les bombardements aériens ont repris hier matin dans le secteur du point de Bih Loi, au Nord-Est de Saigon Trois chasseurs “skyrai-ders” ont, durant toute la matinée effectué des piqués dans ce secteur maraîcher en bordure de l’agglomération de banheue de Gia Dinh La population avait été évacuée.De petits groupes vietcong résistent encore après les batailles de vendredi et samedi au cours desquelles les fusiliers marins sud-vietnamiens qui ont eu 24 tués et 122 blessés ont tué 278 Vietcongs.capturé 27 autres, arrêté 20 suspects et saisi 39 armes collectives et 89 armes indi viduelles Les hélicoptères sont également intervenus dimanche matin dans un autre secteur de Gia Dinh.Ils ont lâché des roquettes sur des pâtés de maisons où les Vietcong se sont retranchés.Il semble que les Vietcong dont la retraite vers le Nord est coupée, cherchent à se rapprocher de la capitale.Peu avant midi, les “gun-ship” ont attaqué aux roquettes un groupe d’immeubles du quartier commercial de Cholon où une vingtaine de Viet- cong résistent depuis trois jours Ils sont encerclés par les Rangers" et des unités de la police spéciale.La population avait été évacuée la veille Au total, le nombre de Vietcong infiltrés dans la banlieue de Gia Dinch et Go Vap au Nord-Est de Saigon, à quatre milles du palais présidentiel, est estimé à 200 Pendant la nuit, les Vietcong ont bombardé Saigon de treize roquettes et autres obus non identifiés, faisant 3 morts parmi la population civile et 200 blessés C’était le Dème bombardement de la capitale depuis le 5 mai.début de la seconde offensive générale vietcong 368 civils ont été tués et 3,498 blessés dans les combats qui se sont déroulés dans l’agglomération Saigon Cholon Gia Dinh depuis l’attaque Vietcong du 5 mai.selon une source militaire sud-vietnamienne.Au cours des 17 bombardements subis par l’agglomération depuis le 5 mai.63 personnes ont trouvé la mort et Trudeau: nous n'avons rien à cacher sur l'état financier du pays Chronique d'une campagne La politique à l'ère de l'impressionnisme par Pierre-C.O'Neil Le contraste est irappant entre cette campagne électorale et celle de 1965.Il y a deux ans elle avait duré plusieurs semaines, les chefs politiques accompagnés de leurs collaborateurs se déplaçaient lentement à travers le pays et tenaient de grands meetings au cours desquels Us ouvraient pour les électeurs locaux et au chapitre approprié le grand catalogue des promesses électorales appelé par les partis du nom de programme politique Tout le monde sait que les choses ont changé mais lorsqu’il s'agit d'expliquer pourquoi cette campagne électorale marque en quelque sorte le début d’une nouvelle époque, les commentateurs et les hommes politiques ont un peu de mal à le faire et attachent, pour y arriver.la plus grande importance à la disparition des deux chefs politiques qui ont dominé durant la dernière décennie: John Dielcnbakcr et I.ester Pearson.D’autres analystes y voient beaucoup plus que cela.L'un de ceux-là, dont les relations avec le premier ministre sont relativement étroites, a tenu l’autre jour des propos fort intéressants sur le sujet qui l'ont conduit à conclure que toute la politique est changée “parce que nous vivons, disait-il, dans une époque d’impressionnisme politique".Et notre interlocuteur de s'en expliquer ainsi.L'élément capital, selon lui.des derniers douze mois de la vie politique canadienne a été l'extraordinaire présence de la télévision qui, en véhiculant au sujet d’événements donnés des masses d’information, a complètement modifié l’attitude des citoyens et des hommes politiques.Tout cela aurait commencé avec le congrès conservateur de septembre au cours duquel les Canadiens ont pu suivre jusque dans ses moindres détails l’opération — extrêmement cruelle par moments -qui consistait à mettre fin à la domination de parti par M.John Diefenbaker.Plus tard, la télévision présenta au reste du pays un événement d’un tout autre ordre, la conférence sur l’avenir de la Confédération, au cours de laquelle pour la première fois les citoyens eurent l’occasion de prendre la mesure de chacun des dix premiers ministres qui dirigent les provinces du pays et d’accumuler en quelques jours un bagage très considérable de connaissances sur l'état de la confédération canadienne.L'expérience suivante devait être encore plus intéressante, d'un certain point de vue.I.es Canadiens furent saisis par la télévision du déroulement d'une conférence sur l'habitation et le développement urbain qui illus- tra l'impréparation des gouvernements à aborder de front cette question et, en particulier l'échec de l'initiative fédérale et comment elle se traduisait au fur et à mesure des débats sur les visages des hommes politiques.Puis il y eut la conférence constitutionnelle de février, l’affrontement de MM Trudeau et Johnson, la technique diplomatique de lester Pearson, les pitreries de W.A.C.Bennett qui ont tant fait en Colombie-Britannique pour affaiblir son pouvoir, l'obstination de M.Manning et la fougue de Joey Smallwood.le plus important restait à venir, la diffusion dans tous les foyers de tout ce qui se déroula au Parlement durant la crise du 19 février, l'illustration du fonctionnement de la Chambre soumise à certaines règles désuètes, et du comportement des Voir page 6: Chronique Le déroulement de la campagne électorale a été marqué la semaine dernière de quatre traits principaux: • Les chefs des partis politiques d'opposition ont fait porter le débat sur la situation financière du gouvernement et en fin de semaine les porte-parole du parti ministériel commençaient à réagir vigou reusement aux accusations portées contre eux par les conservateurs, les néo-démocrates et les créditistes.• Les deux grands partis politiques ont finalement laissé entendre au cours de la semaine que d'ici quelques jours ils auraient présenté à l’électorat, par l'intermédiaire de leurs candidats, des programmes politiques complets • Les partis d’opposition identifient de plus en plus les libéraux comme étant ceux qui risquent de détruire le pays s’ils sont reportés au pouvoir, tandis que les libéraux s'efforcent de donner l’impression qu’il n'y a pas de distinctions à faire dans les résultats de l'action éventuelle des indépendantistes et de tous les tenants d'une forme quelconque de statut particulier pour le Québec • Enfin est-ce le début d’une offensive ou est-ce simplement le résultat d'une plus grande assiduité de la presse?- les derniers jours de la campagne ont été marqués par l’entrée en scène de plusieurs ministres libéraux à travers tout le pays, chacun y allant d’une déclaration de politique sur le secteur de l’administration dont il est chargé La situation financière Le débat sur la situation financière du gouvernement a pris une telle ampleur, à la faveur de discours ou de conférences de presse des chefs de parti, que les libéraux ont décidé de faire une bonne fois pour toutes, au cours de la semaine qui vient, la lumière sur la question.Bien que M Trudeau ait déclaré dans les Maritimes que le gouvernement n’a rien caché à la population canadienne et Voir page 6: L'opposition Deux cents militants conservateurs ont accueilli leur leader à son arrivée a l'aérodrome de Sudbury.Pour sa visite dans la région minière.A4.Robert Stanfield avait coiffe un casque de mineur.(Teléphoto CP) 10,618 maisons ont été détruites à Saigon Cholon et 5,264 à Gia Dinh Au cours des deux premiers mois de l'opération “Yoab Thang” (victoire complète) déclenchée le 8 avril pour dégager Saigon, 1,349 soldats américains, vietnamiens et australiens ont été tués, in-dique-t-on à Saigon Pendant la même période, les pertes Vietcong sont évaluées à 11,894 hommes tués, 2,123 prisonniers et 4,518 armes saisies Les pertes alliées de divisent ainsi: Américains: 564 tués et 3,260 blessés.Vietnamiens.666 tués et 2,570 blessés.Forces du monde libre (Australiens, Néo-Zélandais et Thaïlandais) 23 tués et 99 blessés.L’opération est menée dans les' onze provinces de la troisième région tactique autour de Saigon.Décès du chef de police Le colonel Nguyen Van Luan, chef de la police municipale de Saigon, est mort des suites des blessures qu'il avait reçues à Cholon.Selon certains témoignages vietnamiens, c'est un hélicoptère américain qui aurait tiré par erreur une rafale de roquettes sur le groupe de personnalités qui mettaient au point les opérations de nettoyage du quartier.Un porte-parole américain a cependant indiqué que les premiers résultats de l’enquête démontraient qu’aucun hélicoptère américain ne survolait les lieux au moment de l'incident Trois autres officiers supérieurs sud-vietnamiens ont également été tués Le maire de Saigon, le Dr Cua et une vingtaine de militaires ont été blessés au cours du même incident L'impasse persiste Les conversations officielles de Paris sur le Vietnam ne sortiront sans doute pas de l’impasse au cours de la semaine qui vient, estiment les observateurs En effet, en trois semaines et vingt et une heures d’entretien, aucune des deux parties n’a cédé un pouce de terrain r rapport à sa position imüa-é sur le problème des bombardements au nord du 17ème parallèle A chacune de leurs Voir page 6: Saigon ir 2 • LE DEVOIR,LUNDI, 3 JUIN 1968 918 diplômés à Sir George Williams L'université Sir George Williams a décerné dimanche après-midi à l'aréna Maurice Richard 918 diplômes à ses lauréats, dont 41 ingénieurs.599 diplômés ont suivi des cours du jour, tandis que 319 étaient inscrits aux sessions du soir L'âge de la grande majorité des lauréats se situe entre 25 et 29 ans dans les deux sections.516 diplômées ont été distribués aux finissants de la faculté des arts, 159 à ceux des sciences.191 à ceux du commerce et 11 à ceux des beaux- arts.en plus de 41 ingénieurs spécialises.Le chancelier Fraser F.Fulton, a.de plus, remis des doctorats en droit, honoris causa, à trois personnalités: le Dr James Robbins Kidd, président de la division de l'éducation des adultes, à l'Institut ontarien d'études, M.Samuel H Schecter.fondateur de la compagnie d’assurances Westmount Life et à M Lionel Boulet, directeur de l'Institut de recherche de I Hydro-Qué-bec Ce dernier, ancien élève de cette université, a au cours d une allocution, souligné l’importance des études spécialisées.dans un monde qui entre-dans 1ère spatiale, au sein duquel l’énergie joue un rôle prépondérant et où la recher-che en énergie constituera l’élément essentiel.M.Boulet a annoncé la création à l'Hydro-Québec de trois importants laboratoires de recherches consacrées à l'étude des hauts voltages, des énergies intenses, et des phénomènes généraux de l'élec- tricité Ces unités de recherche qui couvriront les champs les plus variés d'application, automatique, mécanique, mathématiques appliquées, électro-chimie.etc.seront ouverts aux professeurs, étudiants, chercheurs de toutes les universités canadiennes Le conférencier a insisté sur la participation.toujours plus grande au cours des vingt-cinq dernières années, de l'élément canadien-francais à cette ex- losion technologique et sou- aité que la collaboration entre les deux principaux groupes ethniques du pays, dans le domaine de la science, se poursuive, "la survie du Canada français en dépendant ".L'école Saint-François n'ouvrira ses portes qu'en 69 La Commission des écoles catholiques de Montréal annonce que la future école élémentaire de la paroisse Saint-François d’Assise ne pourra ouvrir ses portes qu’en septembre 1969.au lieu de 1968 Cependant, explique la CE-CM, comme ce retard est attribuable au fait que les plans initiaux de l’école ont été rejetés et que de nouveaux plans sont en préparation, la nouvelle école sera en mesure de répondre plus efficacement au renouveau pedagogique L'école de Saint-François d’Assise sera en effet conçue sur mesure pour permettre l'application du règlement no 1 du ministère: c tassement des élèves par groupes d’âge, accent sur le travail individuel, sur le travail à la bibliothèque, etc.Construite pour recevoir 942 élèves, cette école comptera six grandes aires d’enseignement d’équivalent de 24 locaux réguliers), trois salles de classe pour enfants exceptionnels et trois maternelles.La bibliothèque sera partagée en deux locaux, un pour chaque cycle, et le gymnase sera également divisé en deux plateaux.Outre le regroupement des locaux réguliers en aires d’enseignement pour favoriser l'application du règlement no 1.la nouvelle école comprendra les éléments suivants, qui n'é-idient pas prévus dans le projet de l'an dernier: salle polyvalente de 2,000 pieds carrés, salle d’arts plastiques, salle de musique et salle d'habillage et de douches près du gymnase.l£ premier I fusI canadien-français vouvs offre d intérêt sur vo* depots de 5 an* avec PRIMEUR CERTIFICAT DE PLACEMENT GARANTI DE 5 ANS A 7%% Remplitiex ce coupon et pottei-le avec votre cheque o SOCIÉTÉ D’ADMINISTRATION ET DE FIDUCIE 10 rue St-Jacques, Montréal, NOM .ADRESSE .MONTANT $ .Tél.: 844-3961 SIGNATURE l.D.3-6 68 Dépôt minimum: $1,000.Taux su|ets à changement Un certificat-Depôt vous sera transmis Compte/ sur la Banque Royale pour faire progresser votre entreprise.Tout compte fait, vous y trouverez votre profit autant que nous! 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BANQUE ROYALE La banque de l'homme d'affaires Entre Québec et Lévis Un deuxième service de traversier?QUEBEC i PO Le premier ministre Daniel Johnson a déclaré en fin de semaine qu'on accélère l’étude d’un projet de deuxième service de transbordeurs entre Québec et Lévis, face au problème que cause la fermeture éventuelle du chantier maritme de la George T.Davie, dont les actifs ont été acquis par la Davie Shipbuilding, à Lauzon M.Johnson a dit à l'Assemblée législative que ce service serait administré par des in- térêts privés et requerrait la construction de deux bateaux transbordeurs qui pourraient éventuellement être construits à la George T.Davie; à Lauzon.ce qui pourrait permettre à ses nouveaux propriétaires de maintenir ouvert le chantier de la George T Davie.D a précisé que les bateaux traversiers utilisés pourraient transporter jusqu'à 94 véhicules au lieu de 24 comme c’est le cas pour les navires qui assurent actuellement le service entre les deux rives du Saint-Laurent à la hauteur de la capitale provinciale En réponse à des questions du chef de l'opposition.M.Jean Lesage, le premier ministre a dit qu'il n'est pas de l'intention de son gouvernement de nationaliser cet éventuel service.Puis, rappelant qu'il avait promis d'instituer la gratuité à la traverse Québec-Lévis, M.Johason a dit que cette firme qui projette d'établir une autre traverse voudrait signer une entente avec le gouvernement relativement à la gratuité., D'autre part.M.Johnson a dit que l’étude sur un projet de transports en commun intégré qui couvrirait toute la région du Québec métropolitain, est en voie de parachèvement et que l'on serait fixé sur le projet dans un avenir rapproché CARRIÈRES ET PROFESSIONS L'ÉCOLE NORMALE deTHETFORD MINES demande : DIÉTÉTISTE EN THÉRAPEUTIQUE avec internat.Expérience non essentielle.HOPITAL ST-IOSEPH DE ROSEMONT 'A 1 professeur d'anglais, 1 professeur d'histoire, 1 professeur de pédagogie.Faire parvenir Curriculum Vitae a .Soeur Principale 45 sud.rue Notre-Dame Thetford Mines Tél: 338-1888 335-6565 PROFESSEURS MASCULINS DEMANDÉS Au niveau du Primaire (7e année française) Devra posséder connaissances des méthodes actives et des mathématiques modernes.Faire parvenir curriculum vitae a : Mme Lise Barrette, 346, rue Hubert, Greenfield Park, P.Q.y POSTES À L'ÉTRANGER Vous plairait-il de vivre à Tokyo, Beyrouth ou a Buenos Aires?Si vous êtes célibataire âgée de 20 a 45 ans, citoyenne canadienne, ayant dix ans de residence au pays, et sténographe competente, vous serez sans doute in/eressee a postuler un emploi au MINISTERE DES AFFAIRES EXTÉRIEURES dans le but d'être affectee a l'une ou l'autre de ses 87 missions diplomatiques à travers le monde TRAITEMENT INITIAL JUSQU A $4,772.PAR ANNEE SELON LA COMPETENCE V r 5689, Boul.Rosemont, Tél.256-2681 Poste 227-260 DIRECTEUR DE LA CIRCULATION y Magazine ABC important allant aux consommateurs offre une position a un homme d'environ 30 ans, parlant et écrivant très bien les deux langues, possédant quelque expérience dans l'organisation de campa gnes de vente par la malle.Cette experience, il l'aura acquise dans une maison dêdition ou un comptoir postal Un travail assidu et intelligent le conduira a la tete du departement en très peu de temps.Envoyer résumé complet de son expérience et mentionner la rémunération desiree.Toutes réponses confidentielles.Case 877 LE DEVOIR Montréal, P.Q.y LA COMMISSION SCOLAIRE DE MARIEVILLE demande 2 INSTITUTRICES pour Classe Maternelle S adresser au Secrétaire-Trésorier, Rue Dupont, Marieville, P.Q.589-4622 CENTRE D’INTÉGRATION SCOLAIRE Demande Éducateurs.Enseignants PLUS UNE PRIME DE 7% POUR STENOGRAPHES BILINGUES ET INDEMNITÉS À L’ÉTRANGER Le Centre, spécialisé pour les enfants ayant des troubles scolaires sur les quatre disciplines fondamentales: lecture - écriture - calcul - langage, recherche, pour cause d'agrandissement, des éducateurs ayant une formation d’enseignants et acceptant de s'initier aux méthodes durant l'ete.Postes à pourvoir pour septembre 68.Postez immédiatement une demande d'emploi a la Commission de la Fonction publique du Canada, Place du Canada, suite 1360, Montreal 3, P Q , mentionnant le numéro de concours 68-0-500; examen de sténographié et entrevue suivront.POUR TOUT RENSEIGNEMENT COMPOSEZ 879-5779 entre 8.30 et 4 30 p.m., du 3 au 7 juin 1968.r ; REPRÉSENTANT HOSPITALIER Manufacturier très connu dans le domaine hospitalier requiert les services d'un représentant ayant une bonne éducation, bilingue, avec ou sans expérience de la vente et âge entre 20 et 30 ans.Excellents bénéfices marginaux.Salaire minimum: $7,000.Faire parvenir curriculum vitae a : Laurent Houle, Gérant régional, Becton, Dickinson & Co., Canada Ltd.10S, rue Labrie, Laval-des-Rapides, P.Q.y y f" OFFRE D’EMPLOI ^ LA COMMISSION SCOLAIRE RÉGIONALE SALABERRY sollicite des candidatures pour le poste suivant Conseiller technique et Directeur de l'Equipement.FONCTIONS A) Voir a l'organisation materielle et technique des ecoles actuelles I et constructions a venir; b) Suivre et coordonner l'élaboration des plans; ci Assurer une coordination entre la Commission Scolaire Régionale I le Ministère de l'Education, les consultants et le personnel en fonction, d) Remplir toute autre tache designee par la Commission QUALIFICATIONS a) Diplôme de formation professionnelle de niveau technique ou universitaire, b) Experience dans renseignement specialise ou dans la construction d'ecoles et de la mise en place des ateliers sera considérée CONDITIONS Traitement base sur les qualifications et l'experience.ENTREE EN FONCTION Immédiate Les candidats devront faire parvenir leur curriculum vitae avec leur application au plus tard le 10 juin 1968 a / adresse suivante: Y Commission Scolaire Régionale Salaberry 24 rue Bergevin.Salaberry de Valleyfield.Attention: Monsieur Robert Dionne, secretaire-tresoner S 'adresser à : Centre d'intégration Scolaire, 30 est, Boul.Sf-Joseph, Montréal, P.Q.Tél.288-2574 y ____________________________________ f' COMMISSION SCOLAIRE ; RÉGIONALE PROVENCHER NICOLET requiert les services d'un CONSEILLER EN ORIENTATION École polyvalente de Nicolet; Orientation ou Secondaire D'un PSYCHOLOGUE SCOLAIRE Salaire de base: $8.000.augmentation annuelle de $500.Bénéfices marginaux - Vacances.Communiquez avec Y_ La Direction Générale, Commission Scolaire Régionale Provencher, Nicolet, P.Q.Tel 293-5821.COMMISSION SCOLAIRE REGIONALE LA VERENDRYE PERSONNEL DEMANDÉ Service aux étudiant* 1 psychologue : 1 conseiller en orientation : Cour» régulier* Mathématiques.Physique.Chimie, Biologie : Catéchèse : Sciences religieuses : Sténographie, dactylographie : Musique : Anglais : Métier»: Menuiserie, Electricité, Plomberie.Debosselage : Traitement: $8,000.a $11,500.(selon I experience) Traitement: $8.000 a $11,500.(selon l'experience) 10e, lie, secondaire V classe de metiers I, Il (professeurs masculins) 8e à secondaire V (professeurs masculins) 10e, 1 le années (professeur féminin) 8e, 9e, 10e années (professeurs masculins) 8e o secondaire V classes d'initiation au travail, (professeurs féminins et masculins) Exigences : 13 ans de scolarité 5 ans d'expenence dans l’industrie.Adressez toute correspondance à : Y Service du personnel enseignant, 528, Avenue Centrale, C P.967, Vald Or, P.Q, Tél: 824-9688V LE DEVOIR LUNDI, 3 JUIN 1968 L'Institut de cardiologie étudie le dossier Murphy en prévision de nouvelles transplantations par Louis-Martin Tard M.Albert Murphy, premier Canadien à subir une opération de transplantation du coeur est décédé samedi soir à 21 heures quinze dans la salle chirurgicale de I Institut cardiologique de Montréal, où avait eu lieu, dans la nuit de jeudi à vendredi, la délicate intervention.Le premier bulletin de santé.signé vendredi matin par le Dr Paul David, directeur de l'Institut indiquait que la circulation et la pression sanguines du patient étaient satisfaisantes, encore qu’on avait dû, par intermittence, utiliser des appareils destinés à soutenir le coeur nouvellement transplanté.et à aider les fonctions respiratoires.23 heures plus tard, un deuxième bulletin faisait mention d’une rémission: après avoir été considéré comme sérieux, l’état de l’opéré se stabilisait.Un troisième communiqué annonçait samedi matin que le coeur de M.Murphy avait pu.pendant cinq heures, battre sans assistance, mais qu'appairaissaient des phénomènes précurseurs de non-coagulation.Samedi à midi, les chirurgiens qui avaient pratiqué la transplantation, les Drs Pierre Grondin et Gilles Lesage, de nouveau, no dissimulaient pas leur pessimisme.L’organe vital avait du mal à s’adapter au corps du patient et il en résul- En 1967, le trafic sur la Voie maritime du St-Laurent a baissé de 10 pour cent Diminution du trafic en 1967 Laurent, à cause de la grève sur la Voie maritime du Saint- de la navigation et de la réduction des ventes de céréales à l’étranger, mais en revanche, amélioration notable des installations mises au service des utilisateurs.Dans leur rapport annuel, les autorités de la voie d’eau internationale précise que le tonnage total a marqué une baisse générale de 10 pour cent par rapport à Lan dernier en dépit d'un record enregistré dans le tonnage des marchandises arrivés, ce dernier a atteint 6 millions de tonnes pour la section Montréal-Lac Ontario et 5 millions de tonnes pour la région du canal Welland, soit respectivement des augmentations de 8 6 et 6.7 pour cent sur celles de Lan dernier.Le total des rentrées pour l’administration de la voie se chiffre en 1967, à $17.3 millions.somme équivalente à celle de 1966.laissant un bénéfice de $3.7 millions contre $3.3 millions en 1966 Ystre Baccalauréat .sera t il encore valable demain ?POU» CELA IL VAUT QU II SOIT CENTRE SUR LES LANGUES MAITRISE DE : UNE LANGUE PAR MÜIS (ÉCRIT ORAL) 8 ss| M 1 1 M \ M).1 MIN fl 1 Anglais | ¦ k< n m \i N.ISI'U.NOI 11V ¦ ¦ 1 II \ ) K W(.MS 1 Wt.l 1 S ¦ 1 IM 1 KMIDI MKI S.(.KM 1 ¦ Kl SSI K.NI Ml N 1 S 1 ¦ SI K DI M \M)I 1 UNIVERSITE £ ¦ PILOTE MONDIALE DU CREPER |§ B 8697 DE GASPE MONTREAL 11 B 381-7372 1 I DE 9 A M A 10 P M I I HL7 j fl j Adresse 1 S Profession 8 fl j Ville I I 1 .Arjj 1 tait des difficultés respiratoires et rénales.Désormais, l’état de M.Murphy allait graduellement se dégrader En dépit des soins incessants prodigués par l'équipe médico-chirurgicale de l’Institut, M.Murphy, conscient quoique sous sédation, donnait des signes d'affaiblissement irréversible.Au moment ou la mort de M Murphy était annoncée, on déclarait à l'hôpital Royal Victoria que Martha Zenna.13 ans, de Montréal et Gisèle Grenier, 23 ans, qui ont reçu Albert Murphy MNMlKni I UN DES PLAISIRS DE LA VIE UN DINER AU BIFTECK CHEZ ’ Moishe ys : NOTRE ( ____TH,*AIN__ STEAK HOUSE l Les meilleurs biftecks grilles sur chorbon de bois ô Montreol 3961, bout.St-Laurent - Permis complet - VI.S-3S09 Déieuners pour hommesd affaires tous les jours, 6 compter de midi chacune un des reins de Mme Gérald Rondeau "donneuse " du cœur de M Albert Murphy, reposaient dans un état satisfaisant.11 faudra cependant attendre 48 heures pour savoir si les deux organes s'accommoderont à leurs fonctions.Deux autres opérations de transplantation du coeur ont eu lieu dans le monde en fin de semaine: A New York, l'intervention pratiquée à la clinique du centre médical Cornell a échoué.Le coeur transplanté par le Dr Walton Lillehei.est demeuré inerte, en dépit des stimulations pratiquées à l’issue de l'opération.En revanche, à Buenos-Aires, on annonce que l'état de santé de M.Enrique Serrano, qui a subi vendredi matin, une greffe du coeur est encourageante.le système cardio-vasculaire fonctionne parfaitement, mais un œdème cérébral a été enregistré et le patient n'a pas totalement repris connaissance.Toujours dans le domaine des transplantations, on indique que deux personnes opérées la semaine dernière au Brésil ont passé l'étape critique.il s'agit d'une greffe du cœur et d une greffe du pancréas.Après l’issue malheureuse de la première transplantation effectuée à Montréal, les chirurgiens de l'Institut cardiologique en tenteront-ils d'autres?Oui, nous a déclaré le Dr Gilles Lepage, au cours d'une brève conférence de presse réunie après l'annonce du décès du patient.Nos chances de succès, en raison de l'état de M Murphy étaient minces.Nous avions pour nous des équipes chirurgicales parfaitement intraînées, qui ont donné le meilleur d'elles-mêmes.On ne peut citer la part accomplie par chacun: il faut cependant noter le travail accompli par nos deux anesthésistes, le Dr Bernard Paiement et V A Weilhorski qui se sont relayés pendant douze heures d'affilée auprès du malade.Toute notre organisation, a poursuivi le Dr Lepage, n'aurait pas de sens si elle n'a-vait été mise sur pied que pour un seul opère Les centaines d’observations consignées au cours de l'opération et pendant les heures qui ont suivi, concernant l'évolution et le décès de M Murphy vont être soigneusement étudiées; elles permettront, dans les jours à venir, d’envisager une nouvelle transplantation.Quand9 nous ne pouvons encore fixer de date, mais nous agirons, avec une confiance en nous accrue, dès que cela sera possible.Les grévistes à la Eddy rejettent l'offre patronale HULL (d'après la PCi A 1 issue d'une grande réunion, les ouvriers en grève de la compagnie du pulpe et papiers E.B.Eddy, ont rejeté l'offre patronale de 30 cents d'augmentation horaire, pour les trois ans à venir Ils exigent 40 cents l'heure et un contrat d'un an Environ 00 ¦ des 1.100 travailleurs ont voté contre cette proposition.Les négociations entre les représentants ouvriers et la direction de l'entreprise ont repris hier au début de l'après-midi.AA Cilles-Yvon AAoreau, 1.0.S.du Canada Ltee, 6685 rue Saint Hubert.Montreal MUTUELS 1 Sans obligation de ma port, veuillez me fournir des renseignements sur les fonds mutuels (placements financiers) que votre compagnie d investissement distribue au Quebec Nom.Adresse «ÉlIMIfti ¦ ¦ ¦ > ¦ ¦ mtj m |« , 11 Ht** ftüUU %* vt* J ¦ *.?Le cargo M/V "Ralph Misener”, dernier-né de la flotte marchande de la Scott Misener Steamships Limited a été baptisé samedi matin aux chantiers maritimes de la Canadian Vickers, à Montréal II s'agit là du plus gros navire-cargo jamais construit pour la circulation dans la voie maritime du Saint-Laurent; il jauge 30,000 tonneaux, mesure 730 pieds de long et 75 pieds de large.Il servira au transport de minerais et de céréales le long du Saint-Laurent et dans la région des Grands Lacs.Les Franco-Ontariens se réjouissent du projet de loi visant à la création d'un système d'écoles françaises Mgr Grégoire se dit favorable à la tenue d'un synode général Soyez dans le vent, buvez le scotch êf LC’.Ç.QR» Distille et embouteille par Hill Thomson 4 Co Ltd.Edimbourg Ecosse R-présentants Importations Durand - 842-547 1 MONTREAL (RO Lors d une conférence de presse te- TORONTO (PCI Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Canadiens français du sud de l’Ontario ont accueilli avec soulagement la présentation à l'Assemblée législative ontarienne jeudi d’un projet de loi portant sur la création d’un système public secondaire de langue française en Ontario.Il reste cependant quelques interrogations quant aux modalités d’application de la législation qui devrait entrer en vigueur le 1er janvier 1969.Les franco-ontariens du sud ne pouvaient avoir occasion plus appropriée pour manifester la joie de la victoire et faire en même temps état de ce qui leur reste d’appréhensions, que la rencontre 1968 qui réunit en fin de semaine dans un hôtel de la banlieu de Toronto environ 1.000 Canadiens français du sud de l’Ontario.Cette rencontre la 5e, avait comme pivot un colloque sur l’école secondaire française en Ontario.Divers aspects de l’école secondaire française ont été présentés par MM.Léopold Lacroix, Hervé Cyr et Gaston Beaulieu, du ministère de l’éducation de l'Ontario, et André Lécuyer.secrétaire-adjoint à la Fédération des enseignants du secondaire de la province.Le colloque a sans doute pris une tournure autre que prévue, étant donné la présentation par le ministre William Davis, de l'éducation, du bill sur les écoles secondaires françaises.M Gaston Beaulieu, surintendant des écoles bilingues au ministère de l’éducation à Toronto, a présenté un historique de l’école française en Ontario, la première ayant été créée dans ce qui s'appelle aujourd'hui Kingston, par Robert Cavelier de La Salle, en 1676 Après la création d'un ministère de l'éducation, en 1875, on exigea peu à peu que l an- Ouverture du 5e congrès de la National Association of sug gestion systems” A midi, le Dr William Haber, de l'université du Michigan parlera de ' Accomodation to change' Début du congrès à 8h a l'hôtel Hilton de l’aéroport de Dorval • Manifestation publique a I occasion de l’ouverture du procès de Charles Gagnon, organisée par le Comité d'aide au groupe Vallières-Gagnon, à 8h.45.au monument de Chénier, carré Vi-ger, puis défilé jusqu’au palais de Justice • Au jardin zoologique de Char-leshourg.à 9h 30 ouverture de la 4e conférenee inter-provin-< ialc sur la sécurité à la chasse.• Le romité des éducateurs et parents catholiques anglophones fera une déclaration en faveur de l'association des parents de Saint-Léonard qui exigent le maintien d’écoles bilingues dans leur municipalité à llh au salon Richelieu de l'Hôtel Reine Elisabeth.• Ouverture des “entretiens Lavoisier" à l'Hôpital Saint-Joseph de Rosemont, consacrés glais s'ajoute au français dans les écoles, puis en 1885, que les instituteurs d’écoles françaises connaissent l'anglais Vint en 1912 le célèbre et abhorré règlement 17 qui eut cours jusqu'en 1943 Dans l’état actuel des choses, 107,314 élèves francophones fréquentent en Ontario 3.636 classes dans lesquelles enseignent 3,851 professeurs francophones.Dans le sud de l'Ontario, divisé en quatre secteurs scolaires, Belle-Rivière, Niagara, Toronto et Windsor, on compte un total de 13,600 petits Franco-ontariens fréquentant au primaire et au secondaire les écoles séparées, pnvéesou pu Dans son exposé sur la nature de l’école secondaire de langue française.M André Lé-cuver a précisé qu elle serait semblable à la polyvalente anglaise, mais d’inspiration française et accessible à tous les étudiants franco-ontariens, qu elle deviendrait éventuellement "le centre éducatif, social et culturel’’ de toute la population francophone et surtout qu’elle serait défrayée à même les deniers publics.La religion y sera matière scolaire facultative, quoique M.Lécuyer ait dit préférer qu elle fût matière à considérer pour l’obtention du certificat de 12e année Les propos des participants à la discussion ont nettement laissé voir que la confession-nalité demeure le gros point d'interrogation.Comme la souligné un participant, les Franco-ontariens ont été si longtemps à considérer l’école séparée comme seule garantie de leur foi qu’ils manifestent maintenant une crainte de l'inconnu devant cette possibilité toute immédiate que leurs enfants puissent demeurer ca-ohques en étudiant dans un système public.Les plus har dis onl affirmé que, somme toute, l’école séparée ne pou- à l’insuffisance respiratoire, a la tuberculose et à la réanimation pulmonaire.Ces journées d'études se termineront vendre di • Conférence de presse à 16h au salon Chaudière de l'hôtel Reine Elisabeth de la fondation I niversitas, sur les plans d'épargne permettant aux parents d'assumer léducation universitaire de leurs enfants • Lancement à 19h au parc Lan rier (coin des rues Laurier et Brébeut) de la campagne "Séeu-rité Vacances”; conférence-démonstration organisée par les services des parcs, de la police et des ineendies de Montreal, qui sera reprise tous les soirs jusqu'au 20 juin dans différents pares de la métropole.• Visite par sa sainteté Vos-ken 1er, catholicos de l’Eglise arménienne apostolique au pa villon chrétien à la Terre des Hommes, à llh.• A Edmonton, ouverture du 31ème congrès annuel de la Fédération canadienne des maires et municipalité; thème: les besoins financiers vait être un bien en soi et que s'il était possible d'en changer on ne pourrait que bien faire en la faisant disparaître.M Léopolij Lacroix, surintendant-adjoint à la télévision éducative de l’Ontario, faisant état de l’influence prépondérante de la télévision dans nos moeurs, a affirme que "l'éducation n'a pas le droit de hou der" ce moyen de communication Il a indiqué que la section française de la télévision educative de cette province préparait cette année une cental ne d émissions nouvelles et que le ministère prévoyait la mise sur pied d’un réseau de 33 postes réservés à cette fin en Ontario.M.Hervé Cyr, surintendant-adjoint au ministère de l’Education et membre du comité ministériel qui a préparé le dossier relatif au projet de loi présentée jeudi a affirmé que Tes Canadiens français ont décidé d'etre non seulement au Québec, mais à la grandeur du pays" Il a rappelé qu'aux Etats généraux du Canada français, l'an dernier à Montréal, les délégués des minorités francophones s'étaient fait traiter "d'huluberlus pour avoir affiché cette prétention” M.Cyr considère que la législation introduite à Queen’s Park sur les écoles secondai res française peut avoir un aspect "angoissant ” pour les anglophones, qui "devront cesser de bouder la langue française", angoissant aussi pour tout le pays puisque entre en jeu le danger "d'éclatement de ta Confédération”, angois ant pour les Franco-ontariens osant un peu.enfin pour les Franco-Ontariens eux-mêmes à qui il appartient de décider "comme collectivité, de retrouver la solidarité dans sa volonté de faire de l’éducation le moyen d’épanouissement Statistiques Affirmant que le législateur s’était laissé convaincre par un argument "statistique M Cyr a révélé que le ministère ontarien de l’Education avait finalement été touché par une évidence mathématique: les normes prévoient que 40 pour cent des élèves du primaire passent au secondaire; on au rail dû ainsi retrouver 38,000 étudiants francophones au secondaire et l’on n’en retrouve que 20.000 A ce premier problème considéré par le ministère s’est ajouté le fait que le produit des écoles primaires françaises ne pouvait s’exprimer convenablement ni en anglais ni en français.Finalement, les Franco-Ontariens onl fait pression "pour obtenir non seulement des miettes, mais tout le gâteau L’accueil fait au bill sur les écoles secondaires dira si les Franco-Ontariens ont gagné ce morceau qui manquait, le lien entre le primaire et l'universitaire.Ixs initiatives prises avant même la présentation du projet de loi et les applications qu’on en fera dès septembre prochain indiquent que les Canadiens français d’Ontario sont prêts à tirer parti de ce qu’on leur accorde.nue samedi, a la session de clôture de l’année de la foi.Mgr Paul Grégoire s’est déclaré favorable à la tenue à Montréal d'un synode général.Il s’agirait du premier synode général tenu au Québec.Le nouvel archevêque de Montréal a cependant déclaré qu’avant de prendre une décision finale sur la question il tenait a consulter les titulaires des diocèses suffragants.les conseils presbytéral ef pastoral de Montréal ainsi que l’ensemble de la communauté chrétienne Le prélat a ensuite expliqué la différence entre un synode, qui est une réunion diocésaine d’ecclésiastiques, et un synode général, qui serait en quelque sorte un concile à une échelle régionale Depuis quelques mois, a-t-il expliqué.Tes prêtres puis les religieuses du diocèse ont exprimé le vœu que l’Eglise de Montréal soit convoquée dans un avenir prochain a des assises générales Le sondage rapide et sommaire auquel j’ai pu procéder depuis ma nomination comme archevêque de Montréal a montre l’aide précieuse que pourraient apporter ces assises s l'effort de renouvellement que poursuit le diocèse."L'intérêt cl l'importance d’une telle entreprise aussi bien que sa complexité et son ampleur m’invitent toutefois à soumettre scs principaux aspects à un examen rigoureux.Pour une décision aussi grave, je me propose de consulter les conseils presbytéral et pastoral du diocèse ainsi que les évêques suffragants, leur de- mandant de me sire quelles, modalites devrait emprunter et quels objectifs généraux devrait poursuivre un synode general.regroupant les représentants du clergé, du laieat et des religieux de Montréal, ("est alors que je serai en mesure de prendre une décision finale sur la tenue de telles assises." Mgr Grégoire n a pas commenté mais il a noté la suggestion d'un journaliste que le synode général éventuel "s'inscrive sous le signe des petits et des pauvres".Une source non officielle mais près de l'archevêché de Montréal a révélé que si les évêques de l'archidiocèse de Montréal étaient d'accord, le synode général pourrait débuter dans quelques mois et quTI durerait probablement un ou doux ans Passant ensuite à la question des vocations, pour illustrer le manque de prêtres, le prélat a révéle que le matin même il avait ordonné 15 prêtres alors qu'au cours de l'an dernier.le diocc-i1 en avait perdu 30.Mgr Grégoire a révélé que la question de faire appel a des diacres mariés afin de soulager les prêtres dans leur ministère était déjà inscrite a Iordre du jour de la prochaine réunion des évêques catholiques du Canada.Mgr Grégoire a aussi révélé qu'à l'avenir, dans son diocèse, l'orientation serait mise vers des petites paroisses "A l'avenir.les paroisses que nous fonderons seront à dimensions humaines.” a-t-il dit affirmant que les paroisses de 4,000 ou 5,000 familles pra tiquantes étaient désormais des situations "impensables" En toute occasion En toute saison VICHY VICHY CEIESTINS / ran tiai fit il il a hirn! Adversaires jusqu'au 18ième, on se trouve en copains au ' 1 9»ème trou' pour siroter un verre de Vichy Célestins! Cette eau de source naturellement alcaline désaltère et combat les estomacs récalcitrants! Tous les joueurs apprécient avet le même entrain la bienfaisante fraîcheur de Vichy Célestins! Import*'*' do Franco la seule authentique eau de Vichy vendue au Canada Ne dirait-on pas des jouvenceaux ?Et pourtant bien des printemps ont passé depuis qu'ils ont uni leur des tmée leur Fontaine de Jouvence ?Mais c'est 6 JOLICOEUR bien sûr qu'ils sont redevables de leur "éle gante" jeunesse ¦4 IA.1 2161 Depuis 1907 Buandiert - Nettoyeur* CONFIEZ-NOUS L ENTREPOSAGE Dt VOS VlTEAAïNTS O HIVER PROTECTION ASSUREE DANS NOS PROPRES VOUTES MODERNES NETTOYAGES (SUR DEMANDE) FOURRURES - SUEDES - CUIRS • Aujourd'hui VIENT DE PARAITRE AUX ÉDITIONS DU'JOUR L'AFFAIRE DU LABRADOR ^ANATOMIE D'UNE FRAUDE par ROGER-J.BÉDARD ¦ -V I- .• - • Synthèse et conclusion d'une étude sur l'arrière-plan économique et politique de l'affaire ténébreuse du Labrador.in vente partent à $2.00 - Distributeur: l'Agence 4e Distribution Populaire inc., 1130 est, rue 4e Lagauchetiére, Montréal - Téléphone: 523-1600 €i vifNT ne ««ftâiTOo nu h EDITIONS DU JT O XX H,,.0>ri,,.t Mr H«Mn tMI »T OCNIft.*ZONT»»âl 4 • LE DEVOIR LUNDI, 3 JUIN 1968 EDITORIAL ANDRÉ LAURENDEAU On s'était tellement habitué à compter sur lui.à se dire qu'on pouvait toujours, en dernière analyse, recourir à son jugement loyal et désintéressé, qu'on peut difficilement se faire à l'idée qu André Laurendeau est mort On voudrait dire ce qui manquera au Canada français et au Devoir, maintenant qu'il n'est plus, mais les mots viennent mal II nous manquera à tous une présence.Cette présence était à la fois tellement discrète et tellement riche qu’on déplore de ne pouvoir la définir avec la précision que serait en droit d’exiger une communauté consciente de la perte qu’elle vient de faire.• De l'époque des Jeunes Canadas à celle de la Commission d'enquête sur le bilinguisme, sans oublier la période du Bloc populaire et celle du Devoir, un trait domine la vie d'André Laurendeau: l’amour actif de son peuple.Soumis très jeune à l’influence d'Henri Bouras-sa et de Lionel Groulx, André Laurendeau aima avec-passion le peuple canadien-français.Il aura voué toute sa vie à l'amélioration du sort de son peuple dans tous les domaines.Pour lui, le Canada français, ce n’était pas d’abord une idée; c'était un peuple concret et vivant, le sien II aima ce peuple avec tout ce qu'il représente, avec son sol, sa langue, son histoire, ses valeurs spirituelles, sa culture, ses institutions, ses réussites et ses échecs, ses qualités et ses défauts.A ce peuple, il voua le meilleur de lui-même, du début jusqu’à la fin.Pour ceux qui ne le connaissaient point, André Laurendeau pouvait paraître, de loin, hautain et aristocratique.On le croyait volontiers plus intéressé aux idées qu'à la vie Mais la vérité était tout autre D'un naturel timide et effacé, André Laurendeau fuyait systématiquement les rencontres mondaines Il évitait les honneurs.Il redoutait les passe-temps bruyants d’une certaine classe moyenne.Il avait une crainte instinctive de la foule.Mais autant il rejetait certaines formes factices de vie sociale, autant il aimait communier à tout ce qui était vie réelle, surtout s’il s'agissait d'une vie enracinée dans des sources populaires.Rien ne lui plaisait, par exemple, comme de se faire décrire les progrès des caisses populaires, les luttes de certains syndicats, le travail acharné de certains hommes d'affaires, la vie studieuse de certains prêtres, les travaux et les peines de certains technocrates, les recherches de certains éducateurs.Citadin raffiné, il demeurait très attaché aux traditions et aux manifestations de la vie rurale.11 ne connut d’engagement professionnel que dans des fonctions qui le mettaient entièrement au service de son peuple.Dans chacune de ces fonctions, il sut.au besoin, être dur et sévère pour ce peuple qu il aimait Jamais, cependant, il n’a trahi ou lâché.Il fut, jusqu’à la fin, fidèle jusqu'à 1 oubli presque total de sa personne, à l'inspiration première de sa vie Seule une biographie complète pourra rendre compte de toutes les oeuvres, de toutes les causes, de tous les destins individuels, qui bénéficièrent, à un moment ou l'autre, de l'aide d'André Laurendeau Cet homme avait l’amitié discrète mais généreuse.H n’acceptait à peu près jamais des postes de commande dans des associations ou des institutions.Il refusait depuis quelques années la plupart des invitations à prononcer des causeries ou des conférences qui lui étaient fréquemment adressées II avait besoin de silence, de calme; il ne voulait pas pécher contre une loi de sa nature en se prodiguant trop au dehors.Mais il excellait dans l’art d’écouter et de conseiller autrui Je connais peu d’hommes importants de notre milieu qui n’aient point senti, à un moment donné, le besoin d’aller causer avec André Laurendeau.Je connais peu d’oeuvres et d’institutions qui n’aient pas subi, un jour ou l’autre, son influence.Dans la plupart de ces cas, les chroniqueurs pressés ne trouveront aucune trace de son nom Ceux qui étudieront l'histoire en profondeur découvriront à peu près partout, en retour, la marque de son exprit.• Même si elle porta sur les aspects les plus divers de notre vie collective, l'action d'André Laurendeau toucha de manière tout à fait spéciale le domaine politique.A plusieurs égards, Laurendeau continua fidèlement l’oeuvre du Devoir: la lutte pour l'amélioration de nos moeurs politiques, le souci de la justice sociale, la recherche de l’excellence intellectuelle en tout, faisaient déjà partie de la tradition du Devoir depuis 1910.Laurendeau contribua beaucoup à enrichir et à élargir cette tradition; il serait injuste de dire qu’elle n'existait point avant qu’il ne vienne au Devoir.S'il doit être question d’un apport original de Laurendeau à la vie politique de notre milieu, on pourrait souligner les trois traits suivants: mise en relief de la vocation originale de l'Etat du Québec; modernisation et rationalisation du système d'enseignement; recherche des valeurs de liberté dans la vie politique et sociale.Avant I960, le nationalisme canadien-français avait surtout consisté à revendiquer les droits linguistiques des Canadiens français au Canada et à protéger le Québec contre les ingérences du gouvernement fédéral.A compter de 1960, l’autonomie prend un sens dynamique.Elle devient prise de conscience et mise en marche de la vocation originale de l'Etat du Québec en tant qu’instrument collectif de promotion des Canadiens français On peut dire sans exagérer qu André Laurendeau fut l’un des pères spirituels de cette nouvelle orientation.Les hommes politiques qui dirigèrent la révolution tranquille des années 60 seront les premiers à reconnaître qu’ils puisèrent une grande partie de leur inspiration dans Le Devoir d’avant 1960, notamment dans les écrits d’André Laurendeau.Certains ont voulu, depuis cette période, freiner l essor de la dimension "Québec” du nationalisme canadien-français.D'autres ont plutôt cherché à épouser cette dimension en rejetant toutes les autres.Les uns et les autres, tout en ayant choisi de suivre des chemins différents, durent une large part de leur inspiration initiale à l'influence d’André Laurendeau Par un tragique paradoxe, Laurendeau, dont le coeur avait toujours été à Québec, devait consacrer la dernière partie de sa vie à tenter de rescaper l’autre volet du rêve canadien-français, celui qui fait entrevoir l’objectif de l égalité à la grandeur de l’espace canadien Lorsqu'on lui offrit la co-présidence de la commission d’enquête sur le bilinguisme, André Laurendeau hésita beaucoup.Il sentait que des choses très importantes se passaient à Québec, et que sa présence y était requise.Il ne voulait pas, d’autre part, se défiler devant une tâche qui s’inscrivait en prolongement de ses convictions maintes fois exprimées.Après avoir accepté à son corps défendant l’invitation de M.Pearson, il plongea à fond, se-'on l’expression qu'il employa lui-même dans le temps.Même aux moments les plus noirs, il ne fut jamais question, dans son esprit, de faire machine arrière.On le sentit devenir, à la faveur de cette enquête, plus Canadien.Ayant eu la chance de connaître de plus près la réalité multiforme de ce pays, il en comprit et en aima davantage les manifestations.Mais à aucun moment, on n'eut l’impression que cette expérience allait ébranler ses convictions québécoises.On avait hâte de savoir à quelle synthèse il aboutirait en fin de compte.Les interrogations que laisse subsister à cet égard son départ prématuré symboüsent assez bien l'état d’esprit de son peuple.André Laurendeau voulait enfin pour le peuple canadien-français une liberté véritable, une liberté exempte de toute tutelle paternaliste.Cette liberté, il n’entendait point l’arracher à des maîtres extérieurs pour le simple plaisir de laisser se perpétuer des tutelles non moins écrasantes à l’intérieur.Il voulait, au contraire, faire du Québec un milieu où rayonneraient des valeurs de liberté, de tolérance et de responsabilité.Le désir de faire du Québec une terre de liberté amena Laurendeau à critiquer sévè- rement certaines de nos institutions et donna même lieu à des malentendus sérieux entre lui et une partie de ses lecteurs Maintenant qu’il est mort, on n’aura qu'à relire à tête reposée ses écrits pour se rendre compte que même ses critiques les plus sévères furent inspirées par le souci de procurer un peu plus de liberté réelle à son peuple André Laurendeau voulait que son peuple fût grand et fort, libre et épanoui.au-dedans comme au dehors.Ses luttes pour la démocratisation du système d’enseignement, pour la libéralisation de la censure, pour l'humanisation de nos cours de justice, pour les libertés syndicales, n'ont pas d'autre sens.• On ne saurait témoigner de ce que fut André Laurendeau sans souligner enfin la manière qui le caractérisait.De certains êtres, on accepte les idées, mais on trouve que leur manière est détestable.Chez André Laurendeau, il y avait, entre les idées et le style, une rencontre, une harmonie d’une qualité exceptionnelle.Cet homme était fin, subtil, tolérant, généreux, loyal, fraternel.Il l’était dans ses idées.Il l’était aussi dans sa démarche et dans sa manière d’agir.Sa manière de vous accueillir, sa manière de vous écouter et de vous répondre, sa manière d’écrire et de parler, tout était chez lui à la mesure de l'homme et de ses idées.Supérieur, il vous parlait comme à un égal Subordonné, il vous aidait à vous rappeler que votre supériorité n’était qu'un accident.Devant un faible, il avait le coeur mou.Devant un exploiteur ou un fourbe, cet être frêle devenait soudain très fort.Seul devant un homme au faîte de sa puissance, il était capable de toutes les audaces.Aux prises avec un homme devant résoudre un problème très ordinaire, il redevenait hésitant et incertain.Sa manière d’écrire, sa manière de parler et d’écouter, sa façon unique d’aller tout droit à l’essentiel, faisaient de lui un serviteur redoutable de la liberté et de la vérité Sa loyauté indéfectible, son sens inné de l’ordre, son humilité foncière devant la tâche à accomplir, faisaient de lui un collaborateur d’une qualité inestimable.André Laurendeau fut, pour l'équipe du Devoir, un collaborateur désintéressé, un soutien prestigieux, un guide perspicace.Il fut, pour le Canada français et pour le Canada tout entier, un serviteur généreux et magnanime.Au nom de ceux qu’il a aidés, au nom de ceux dont les horizons sont un peu plus riches à la suite de son passage parmi nous, nous adressons à sa femme et à ses enfants l'assurance que son souvenir restera longtemps vivant parmi nous.Claude RYAN Quelques souvenirs.L’oeuvre de la commission est assez avancée pour que, ' ', chacun y puisse trouver la pensée de Laurendeau Le syndicot des journolistes du Devoir: “Nous perdons un irremplaçable guide.” La déclaration de Pierre Elliott Trudeau “André Laurendeau était l'e'.prit le plus juste et le plus raffine que je connaissais.Quand j'étais encore étudiant il m’avait guidé de ses conseils.Plus tard il est devenu un ami attentif, critique, généreux.Comme journaliste et essayiste, il était remarquable d’intelligence et de sensibilité.Ln acceptant la co présidence de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme il relevait un des plus sérieux défis que l’histoire ait présentés à la tédé-ration canadienne.C’est ce travail qui l’a épuisé; mais non avant qu'il eut indiqué au Canada la voie de son avenir: une voie marquée par l'exigence, la confiance, la générosité et l'humanisme, caractéristiques qui sont également celles de l’homme qui l'a tracée.” par Paul Sauriol Mon premier souvenir d’André Laurendeau remonte à 1935.j’avais été chargé des comptes rendus des conférences données par Henri Bou-rassa à la Palestre Nationale et a l’organisation desquelles il avait participe par la suite, à compter de 1937, il prit la direction de l'Action nationale, qui était imprimée au Devoir Toute l'équipe du journal suivait avec intérêt son action à ce poste d avant-garde; il y mettait un élan, un talent, une conviction qui ne se sont jamais démentis dans les postes qu'il a occupés depuis J'avais aussi durant ces années l'occasion de le rencontrer dans des groupements dévoués aux intérêts du Canada français Je me souviens notamment des réunions d’un comité dont il était l'animateur, et qui groupait, entre autres, le chanoine Groulx et Esdras Mmville C'est au cours de ces entetiens que M Mmville développa les idées qu'il publia ensuite sous le titre la1 Canada vient de perdre un de ses grands citoyens André Dm rendeau était l'âme de la Commission royale sur le bilinguisme et le biculturalisme, dont il avait été l'instigateur et a laquelle il se consacrait tout entier Profondément sincère, il s était donne pour but de Invitation à Tétude” Laurendeau était en quelque sorte l'âme et le moteur de ces rencontres.c’est un rôle où il excellait, qu'il a continué de remplir au cours des années dans divers milieux, et jusqu'à la fin de sa carrière dans les travaux de la commission d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme.L'entrée du Canada en guerre en 1939 fut jugée par tout le Canada français comme un coup de force impérialiste impose par la majorité anglophone du pays.Laurendeau a raconté, dans son ouvrage sur la crise de la conscription” comment il dut dans sa revue, de même que Le Devoir du reste, mettre une sourdine à ses sentiments d'indignation; car toutes les publications étaient soumises au régime de la censure, et il s'agissait de durer.Toutefois, lorsque la promesse du gouvernement tolérai de ne pas imposer la conscription fut remise en question par le plébiscite, en sion et l'influence Kervent disci pie de Bourassa, il a voulu, comme lui.servir à la fois par la plume et par l'action politique Sa pensée restait toujours à la hauteur de son âme.qu'il avait sensible et u il voulait sereine (’ était un ami epuis toujours, et, sans toujours 1942.Laurendeau fut un des chefs de la campagne pour le “NON", rôle qui l’aiguilla vers sa brève carrière politique dans le Bloc populaire.A compter de son entrée au Devoir en 1947.j'ai travaillé quotidiennement avec André Laurendeau puisque j’étais devenu éditorialiste au même moment.11 eut vite fait de s’adapter au journalisme quotidien.et les lecteurs du Devoir ont pu apprécier durant seize ans, c’est-à-dire jusqu'à ce qu'il accepte la co-présidence de la commission d’enquête, ses qualités de journaliste où s'alliaient Tar-deur du polémiste, la sincéri té de l'homme qui veut convaincre et persuader, et le talent d'un styliste de grande classe.Le courage a été aussi Lun des traits dominants de cet homme qui paraissait frêle au physique.11 eut parfois à faire des choix difficiles ce fut le cas notamment lorsqu'une grève des typographes au Devoir plaça l’équipe de la réfaction devant le dilemme de franchir ou non la ligne de piquetage Les convictions syndicalistes de Laurendeau étaient profondes et il s'est fait sans cesse le champion des réformes sociales.Mais dans ce cas, la vie du Devoir était menacée pour des revendications qui paraissaient contestables Une partie de nos camarades préférèrent quitter le journal, mais Laurendeau fut de ceux qui jugèrent né cessaire la défense d'une institution essentielle aux Canadiens français.Cette option fut pour lui, comme pour ceux qui T ont prise avec lui, extrêmement pénible, mais l’autorité éminente dont il jouissait fut sûrement d'un grand poids dans les événements qui per muent au journal de traverser cette épreuve.C'est un acte de courage qu'il convient de rappeler.D'autres voix évoqueront les divers aspects d'une carrière brillante qui sest terminé* de façon prématuré* Je voudrais encore souligner, en terminant, le rôle qu'a joué André Laurendeau avec M Filion après leur entrée au Devoir en 1947 Après la longue maladie de M Georges Pelletier, il fallait réorganiser et renouveler les cadres de la réiaction du journal, préciser son orientation politique et sociale dans les circonstances nouvelles de l'après-guerre M Laurendeau a apporté à cette tâche difficile une contribution importante Tous ceux qui ont travaillé avec lui conserveront le souvenir d'un homme qui était ouvert au dialogue, qui savait respecter les opinions des autres.et qui alliait à son éminent talent d’écrivain une grande rigueur de pensé?.Malgré son absence, André Laurendeau restait pour les journalistes du Devoir étonnamment présent.De l’équipe actuelle, peu de journalistes ont connu cet homme, curieux de tout et de tous, et qui savait si bien revaloriser son interlocuteur , cet homme que les journalistes venaient volontiers, et naturellement, consulter dans son bureau, ou qui venait, presque tous les jours, s’entretenir avec eux dans la salle de ré d action.Et pourtant, si seuls quelques journalistes peuvent aujourd'hui dans notre salle évoquer avec modestie les anné*s passées près de lui.tous ont suivi avec angoisse, puis avec tristesse les derniers moments de celui qui était resté le rédacteur en chef ('ar.pour tous en effet.André Laurendeau est et sera toujours l’homme du Devoir, le journaliste par excellence.11 incarnait au mieux le difficile cheminement que le journal.que l'institution a suivi depuis un quart de siècle Ecrivain, essayiste, écouté, appré'ié.il avait voulu redevenir en 1963, pour un temps, homme d'action, au risque de sacrifier sa santé II avait tenu.esprit subtil, nuancé, indulgent.à se mettre à l'é*ou-te du Canada afin de percevoir dans toute sa rigueur la réalité d 'un pays qui se cherche.Parce que M.André Laurendeau était tout cela, parce quaussi.il restait pour nous tous l'exemple vivant de la grandeur, des exigences et des limites de la profession, il était présent dans cette salle.Ainsi le voulions-nous Ainsi le voulait-il lui-même Les journalistes du Devoir le pleurent et le regretteront longtemps encore, car u était resté pour eux plus qu'une inspiration.La profession perd un maître; nous, de la salle de ré daction, un irremplaçable guide.Puissent son exemple, sa valeur, son honnêteté, comme son humanité, la rigueur et le raffinement de sa pensée n’é tre jamais oubliés.Et puisse aussi son souvenir être perpétué.par Jean-Louis Gagnon C’est à Ottawa, dans une chambre d'hôpital où il avait été transporté d'urgence 17 jours plus tôt, qu'André Laurendeau est mort samedi, à la fin du jour.Depuis l'instant où il avait accepté de présider cette Commission d’enquête qu'il avait lui-même réclamée, il s’était totalement donné à sa tâche persuadé qu’un échec pourrait signifier la fin de son pays.Conscient des difficultés qui s'offraient, des fanatismes à vaincre, il avait assuré avec un immense courage chacune des obligations inhérentes au mandat de la plus importante Commission royale ui ait été institué au Cana- a depuis la mission de Lord Durham Longtemps, depuis les jours éloignés où nous faisions nos humanités au Collège Ste-Ma-rie, nous avions suivi des routes parallèles, c’est-à-dire chacun notre voie.La guerre nous avait séparés Ecrivain sensible et toujours inquiet.Mur à tour chef d'un parti popu- J'ai connu André Laurendeau député à Québec.Je ne crois pas avoir vu à l'oeuvre député mieux préparé, aussi conscient de l'importance de son mandat, aussi profondément désireux d'améliorer la société.Je regrette que le Journal des Débats n'ait pas existé à cette époque, car Laurendeau nous aurait laissé un recueil imposant de discours profonds de pensée et magnifiquement structurés, sur des problèmes qui font encore la manchette aujourd'hui 11 était fort scandalisé des lenteurs de la procédure, des pertes de temps, des querelles d'allure personnelle entre députés, et dont il était parfois la victime.Il aura été le procurseur de la lutte pour que disparaisse du Parlement ce qu'il appelait les "friperies moyenâgeuses" J’aurai l’impression de respecter son testament spirituel et continuant et en gagnant la bataille de la réforme parlementaire J'ai connu André Laurendeau journaliste Deux souvenirs de toutes nos années au IX'voir priment les autres: son aspect pour la pensée d aufrui et la rigueur de sa dialectique L'article que vous signiez vous laire, le Bloc populaire, et rédacteur en chef de l’Action nationale, jouissant d'un prestige mérité, il s’était identifié à une cause que je devais combattre.Nous avions conséquemment vécu côte à côte durant trente ans quand on lui confia la présidence de la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme à l'été de 1963 Dorénavant nous allions vivre ensemble et partager le même espoir D'autres diront les étapes précédentes de sa vie partagée entre la création intellectuelle et le combat de tous les jours De ses livres comme de ses articles, il serait aisé d’extraire un enseignement d'autant plus profitable qu'il a toujours épousé les préoccupations du Canada français.Mais j’ai la certitude que c'est le président de la Commission d'enquête qui passera à l'histoire Toujours son influence fut grande parce qu'il appartenait à cette race d'hommes qui ne parlent et n’écrivent que s'ils ont en assuriez la responsabilité, donc vous pouviez le publier, mais Laurendeau, s'il n'était pas d'accord, avait au préalable poussé le dialogue jusqu'à la limite Laurendeau était chez lui dans le monde des idées, de la pensée.Il s’y complaisait ostensiblement Ailleurs il était moins à l’aise Je me souviens, souvenir plus léger sans doute, de cette fête champêtre organisée par les employés du Devoir.Tout le monde devait participer à la joute de balle-molle.Laurendeau comme les autres.Ceux qui en étaient gardent un souvenir joyeux de sa “performance": Gérard Filion.qui a le génie des formules, avait dit “C’est pas possible d'avoir élevé un enfant comme ça!” Laurendeau c'était l'homme de l'interrogation Sa pensée, toujours alimentée aux meilleures sources, aux derniers auteurs, était vivante, c’est-à-dire en perpétuel devenir 11 n’aura jamais été l’homme de la possession tranquille de la vérité Dès qu il avait atteint "sa" vérité il la contestait lui-même, la disséquait et n hésitait pas à tout remettre quelque chose à dire.Mais cette fois, son influence allait être déterminante.Nous étions quelques membres de la Corn mission qui assistaient à la séance de la Chambre le jour où le premier ministre déposa le premier livre du Rapport aux Communes Les chefs des partis d'opposition en ayant, comme M.Pearson, accepté les recommandations, je compris qu’André Laurendeau venait de signer un nouveau chapitre de l’Histoire du Canada.Certes d'autres livres, encore incomplets, devront être publiés avant que la Commission n'ait termine sa tâche.Mais l’essentiel est là L’oeuvre est suffisamment avancée pour que demain, quand elle sera corn plétée.chacun puisse y retrouver le nom et la pensée d'André Laurendeau.Et c'est alors que les Canadiens seront à même de mesurer ce qu'ils lui doivent et que la patrie reconnaissante lui rendra l'hommage qu elle réserve aux plus courageux de ses fils.en question.Un jour, prochain je l'espère, quelque chercheur scrutera pour nous le cheminement de la pensée Laurendeau depuis les Jeunes Canada, la crise de la conscription.le Bloc Populaire, les luttes sociales du IX'voir des années 1950, la bataille de l’autonomie provinciale, jusqu'à la conception et la réalisation de l'idée de cette commission d'enquête qui aura fini d'user ses forces Non seulement nous suivrons alors à la trace l’évolution d'un de nos plus authentiques penseurs, mais nous découvrirons la rectitude de vie d’un homme qui a su à chaque période s'adapter, participer à l'évolution des idées et servir, Sur la tombe d'André Laurendeau je dépose l'hommage respectueux d'un journaliste qui Ta admiré, qui la considéré comme un maître à penser; l'hommage d’un député qui trouve encore dans sa trop courte carrière politique, après vingt ans, une matière riche de promesses Pierre Laporte, député de Chambly, leader parlementaire de l’opposition réaliser la concorde à partir des réalités vitales de son pays S'il n'a pas pu parachever son oeuvre, il aura eu du moins la satisfaction de la voir prendre forme et s'un poser à la reconnaissance des sceptiques et des critiques eux-mêmes Journaliste de grande classe, il a fait sa marque au Devoir dont il a maintenu l'orientation, l impul- partager toutes ses vues, je reconnaissais en lui une fidélité et une lucidité qui commandaient le respect A sa femme et à sa famille éprouvée, comme aussi à sa famil le du Devoir, j'offre mes condoléan ces, mes regrets émus et ma profonde sympathie Marcel Faribault L'hommage de Gérard Filion •l'ai connu André Laurendeau en 19:1.1 II était inscrit à la faculté des lettres de l'université de Montréal, je fréquentais l'Ecole des hautes études commerciales Nous nous étions relrouses l'un et l'autre dans le mouvement des Jeunes Canadas.A première tue nous n'avions rien en commun, ni par la naissance.ni par l'éducation, ni par nos goûts, ni par notre tournure d’esprit.K.t cependant l'amitié que nous avons liée dès le début ne s est jamais refroidie.Durant de nombreuses années, nos fonctions nous ont tenus éloignés l'un de l'autre, mais c’était toujours avec plaisir que nous nous retrouvions, l'ne des conditions que j'ai posées pour accepter la direction du Detoir en 194?, c'est que Laurendeau vienne m'y lejoindre incessamment.Durant 16 ans nous avons travaillé l'un à côté de l’autre dans la plus grande harmonie.Nous ne partagions pas toujours les mêmes gouts ni les mêmes points de vue.mais nous avions beaucoup de respect l’un envers l'autre el nous étions capables, sans longues discussions, de trouver le point d'équilibre.Avant d'aoeepter la co-présidence de la Commission royale sur le bilinguisme et le biculturalisme, il a voulu connaître avant quelle était mon expérience à la commission l’are ni Je crois avoir contribué à lui (aire accepter cette lourde responsabilité J'ai dîné avec André Diurendeau le S avril dernier pour discuter de certains problèmes sur lesquels se penche présentement la Commission II avait l'air d'un homme fatigué, mais pas épuisé au point de laisser présager le dénouement tragique qui vient de se produire.J’en suis bouleversé.Je perds un des meilleurs collaborateurs que J’aie jamais eus et un ami très cher.-LE DEVOIR- fONDl PAR Hf N RI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 Claude RYAN André LAURENDEAU Directeur Rédacteur en chef Rédacteur en chef adjoint Paul SAURIOL Directeur de I information Jean FRANCOEUR Trésorier Arthur l-CFEBVRE LE DEVOIR est publié par l'Imprimerie Populaire limitée, société a responsabilité limitée, dont le siege spool est au no 434 est.rue Notre Dome.Montreal II est compose et imprime par l'Imprimerie Dumont Inc, a 9130 rue Boivm, Ville LaSalle Seule la Presse canadienne est autorisée a employer et O diffuser les informations publiées dans "Le Devoir" ABONNEMENTS edition quotidienne.Montréal Québec.Lévis et bdnheues 12 mors $25 00.6 mois $13 00, 3 mois $7 00 Ailleurs ou Canada 12 mors $20 00 6 mors $11 00, 3 mois $6 00 A l'étranger 12 mois $35 00, 6 mois $18 00 Edition du samedn 12 mois $6 00 le ministère des postes o autorisé l'affranchissement en numéraire et l'envoi comme objet de 2e classe de la présente publication TlliPHON! 8440 361 SS Fidélité et lucidité." Laurendeau, journaliste, député par Pierre Laporte ^ LE DEVOIR LUNDI, 3 JUIN 1968 • 5 Les grandes étapes de ta carrière d'André Laurendeau Suite de la premiere page A 1 automne de 1935, André Laurendeau qui vient de se marier à Ghislaine Perreault (appartenant à une grande famille de juristes de Montréal, également nationaliste) part pour la France où il passera deux ans à faire des études de lettres et de philosophie sociale à la Sorbonne et à l'Institut catholique Pendant ces deux années, il collaborera régulièrement à la revue mensuelle de l'Action nationale que dirigeait son père Arthur Laurendeau dont l'influence était considérable chez les intellectuels et les jeunes nationalistes.Un tournant: le séjour en France Pour André Laurendeau, ce séjour en France sera très important, voire décisif.Il procédera à un réexamen de ses positions et de ses convictions sur tous les plans, son nationalisme cessera d'être d'abord politique pour devenir au moins autant culturel et social, cependant que, de loin, il verra mieux à la fois les forces et les faiblesses du Canada français.Années de réflexion et d'interrogation où il fréquentera un grand nom bre de Maîtres français de toutes tendances, où il découvrira le naissant "catholicisme de gauche", où il suivra avec une attention inquiète la montée des fascismes, où il subira l’influence d’hommes comme Berdiaeff, Maritain, Mounier au moment de la fondation de la revue Esprit, etc.Cela l'amènera à répudier définitivement le maurrassisme, à discerner dans le Front populaire des éléments de gé- Excellente suggestion Je fais mienne l'intervention de M Michel Brochu à l'appui de la décision de la Saint-Jean-Baptiste de Montréal de réclamer la conversion de la rue Sherbrooke en rue "Chanoine Lionel Groulx.A la venté la rue Sherbrooke est bien, à Montréal, le "chemin du roy” de la nation canadienne-fran-çaise Si j’interviens à mon tour c'est pour rappeler que Saint-Jean Port-Joli n’a pas attendu la mort du chanoine Lionel Groulx pour honorer notre historien national II y a sept ou huit ans en effet, alors que M Maurice Chouinard était maire, le conseil municipal donna des noms aux rues de son territoire L un des premiers noms choisis, avec ceux de "Philippe Aubert de Gaspé", "Blanche d llaberville", "Les Anciens-Canadiens" fut celui du "Chanoine Lionel Groulx" On omit alors de choisir quelques noms de gouverneurs anglais Cela exemptera d'avoir à en changer un jour GERALD OUELLET Québec, 22 mai 1968 -("est le temps- de faire installer les GOUTTIÈRES (Ho-do) Estimation gratuite MONTREAL 322-4160 QUEBEC 872-9244 PRIMEAU METAL INC JUSQU’AU 29 JUIN ESCOMPTE DE 20% SUR MO.ET PLUS LIBRAIRIE , TRANQUILLE 67, Ste-Catherine ouest 844-6371 nérosité et des revendications légitimes, à dénoncer l'équation faite alors chez nous, pendant la guerre d’Espagne, entre Franco et “les forces du bien", etc.A son retour de France, on peut dire qu'André Laurendeau avait acquis l'essentiel des convictions pour lesquelles désormais il combattrait et redéfini son nationalisme propre: cela n'irait pas sans de vifs débats avec certains de ses camarades de jadis qui n'avaient pas suivi la même évolution.cela n'irait pas sans une difficile réadaptation à un milieu dont l'orthodoxie lui paraissait à maints égards stérilisante et irritante.Le don d'accueil et de compréhension chez lui et sa volonté d'être pour sa part, comptable et responsable de la communauté nationale, allaient néanmoins le conduire à accepter ce qui était, afin de le faire évoluer, progresser, de l'intérieur Et c’est ainsi que quelques mois après son retour, il acceptait de prendre la succession de son père à la direction de l’Action nationale qui continuait de jouer dans notre milieu un grand rôle, d'autant plus important peut-être qu'approchait la deuxième guerre mondiale et que naissaient les prodromes d’un nouvel affrontement entre les "deux Canada ".L’Action nationale Il faut faire dans l’action de Laurendeau une place à part à l’Action Nationale.Créée en 1922 sous le nom de l’Action Française (modifié en 27, à la suite de la condamnation par Rome du mouvement l’Action française de France, et pour éviter une dangereuse confusion), cette revue devait jouer chez nous un rôle primordial dans l’ordre politique et dans l'ordre culturel, surtout dans la période de 1920 à 1940.Parmi ses principaux collaborateurs et membres de son conseil, on relevait les noms de Lionel Groulx, de Arthur Laurendeau.Esdras Minville.René Chaloult.Philippe Hamel, Léopold Richer.Albert Tessier, Olivier Maurault.Hermas Bastien.et.plus tard, F’.A.Angers.Jacques Perrault, Guy F’régault, Roger Duhamel, Maximilien Caron, etc.André Laurendeau, après y avoir collaboré de 34 à 37, en fut directeur à deux reprises, d’abord de 37 à 43.puis de nouveau de 49 à 54, restant d’ailleurs membre de son conseil de direction sans interruption jusqu'en 1962.André Laurendeau devait naturellement être de ceux qui s’opposaient à la participation du Canada à la guerre mondiale.d'abord pour des raisons de principe, ensuite pour des motifs d’ordre national.Cette participation étant acquise, il importait de la maintenir dans certaines limites et, surtout, d'empêcher l'établissement de la conscription obligatoire pour service outre-mer Lorsque fin 41.il apparut que le gouvernement King, au mépris de serments innombrables se préparait à instituer la conscription.l’Action nationale de concert avec Le Devoir (entre les deux, les liens étaient très étroits) entreprit d'amorcer la résistance.Et quand Ottawa de- KID SENTIMENT Le dernier film de Jacques Godbout, Kid Sentiment, décrit-il la jeunesse québécoise?Marie-Andrée Bertrand répond à cette question dans la dernière livraison de la revue Maintenant, en vente dans les kiosques et les librairies.ANGLAIS V^>llwLy\Z7 école! de langues ESPAGNOL • ALLEMAND COURS D’ÉTÉ • UN MOIS • I Vi par jour • ou: 3 fois par semaine • Cours intensifs d une semaine école! de langues LEÇON GRATUITE 866-9731 1 PLACE VILLE MARIE-SUITE 1538 manda par un référendum, ‘Te plébiscite du 27 avril 1942", à être "relevé de ses promesses" (le demandant au Canada entier, alors que la promesse n'avait été faite qu'au Québec se donnant ainsi la partie belle), Laurendeau fut l’un des premiers collaborateurs de la quinzaine de députés québécois qui avaient invité le peuple à répondre "non".Ce fut la célèbre campagne du plébiscite: les parlementaires tenants du "non" avaient créé un organisme "la Ligue pour la défense du Canada", dont le secrétaire général et l’artisan premier fut André Laurendeau Le Bloc populaire C’est cette campagne menée avec dynamisme et enthousiasme dans tout le Québec et même un peu au-delà qui devait faire connaître André Laurendeau au grand public.C’est à ce moment qu’il révéla pour tous des dons d'orateur qui ne le cédaient en rien à ses dons de chroniqueur, de journaliste et de conférencier.Aussi, rien d’étonnant que lorsqu'à l’automne 42 les députés fédéraux québécois partisans du "non ' décidèrent de fonder sous la direction de Maxime Raymond un nouveau parti politique, le "Bloc populaire canadien".Laurendeau fut choisi secré-taire général.Un grand mouvement d’enthousiasme soulève tout l’élément nationaliste québécois Mais voici que la fortune des armes tourne en faveur des alliés, on commence dès fin 43 à pressentir la fin du conflit.Nombreux parmi les jeunes dirigeants du Bloc, ceux qui pensent qu’il faut “dépasser la guerre” et proposer au peuple un vaste programme de réformes et de rénovation dans tous les ordres, et la plus grande partie de ces réformes passe par les compétences du gouvernement provincial Alors, il se crée une “aile québécoise" du Bloc: le chef provincial choisi à l'unanimité est André Laurendeau.Il a seulement 32 ans lorsqu’à lieu la campagne électorale pour le renouvellement de l’Assemblée québécoise à l’été 1944 II parcourt le Québec entier, soutenu principalement par la jeunesse.Mais ce jeune parti manque de cadres et de moyens et malgré l’admirable combat de Laurendeau, les résultats ne sont pas à la mesure des efforts.Le Bloc recueille néanmoins 16% des suffrages et fait élire quatre députés dont André Laurendeau dans Montréal-Laurier Pendant quatre ans à l’Assemblée québécoise, il fera certaines des interventions les plus nobles, les plus réalistes et les plus généreuses qu’ait entendues ce Parlement, soutenu par René Chaloult, député indépendant.Mais il ne tarde pas à conclure que le Bloc n’a pas d'avenir et que son action peut plus utilement s'exercer ailleurs.Aussi, accepte-t-il au printemps 1947 l'invitation de Gé rard Filion (ils sont déjà vieux amis, vieux camarades de combat) qui vient d'être nommé directeur du Devoir, d’entrer à ce journal en qualité d’éditorialiste et de rédacteur-en-chef adjoint II remplira jusqu'à la fin son mandat de député mais ne se représentera pas à l'été 1948.Il ne s’agit d'ailleurs pas seulement d'entrer au plus influent quotidien canadien-fran-çais mais de le transformer et la tâche ne sera pas aisée.De concert, Filion et Laurendeau estiment qu'il faut accorder le nationalisme canadien-français aux temps nouveaux, procéder à certaines révisions déchirantes, rompre la vieille équation entre “nationalisme et droite”, "nationalisme et ordre établi”, qu'il faut sur tous les plans définir un style nouveau d'affirmation du Québec dans le monde d’après-guerre et une perspective nouvelle de progrès de la nation canadienne-française.Cela n'alla pas sans drames, sans difficultés pour Laurendeau, c'était la possibilité de pouvoir faire dans une entreprise de l’importance du Devoir cette opération "rénovation du nationalisme canadien-français” dont dix ans plus tôt.retour de Fans, il avait pressenti la nécessite Années de combat, de difficultés mais aussi années de ferveur, de lumière et de générosité On dira mieux plus tard le rôle décisif que Le Devoir devait jouer, principalement de 1947 à 1960, dans l’évolution et même la transformation de la société québécoise, grâce essentiellement à cet extraordinaire tandem Filion-Lauren-deau, chacun apportant son style et sa personnalité propre mais ayant sur l’essentiel des convictions identiques et pour le reste des positions généralement assez voisines, pendant en tout cas les dix premières années Dans un Québec prostré, où il n’y avait pratiquement plus d'opposition officielle au parlement et où dans de nombreux milieux régnait la peur.Le Devoir allait être l'opposition, avec, à certains moments, le concours des centrales syndicales, de divers mouvements de jeunesse, parfois de telle publication périodique Tout ce qui souffrait injustice, tout ce qui aspirait à s'exprimer, se tournait vers Le Devoir, comme tout ce qui entendait préparer l’avenir Dans la masse d'articles (éditoriaux, bloc-notes, commentaires divers) que signait Laurendeau dans cette période, il faut relever particulièrement quatre thèmes: d'abord, le thème de la liberté et du respect de l'homme, de la liberté de l’esprit et du respect de l'intelligence, thème bien sûr.dramatiquement appliqué aux conditions d’alors du Québec, ensuite, le thème du progrès social et de la justice sociale dont la défense allait faire du Devoir le porte-parole principal du syndicalisme renaissant, lors notamment de grands conflits comme celui de l’amiante, des instituteurs de Montréal, etc: puis, le thème de l'autonomie du Québec mais d une autonomie dynamique se traduisant dans le progrès social et culturel avec le résultat que Le Devoir devait lutter sur deux fronts constamment, d'une part contre les constants empiètements d'un gouvernement fédéral acharné à la centralisation (la fameuse bataille contre le rapport Massey-Lévesque, par exemple) et de l'autre contre un gouvernement québécois dont le comportement aboutissait à “faire hàir l’autonomie” à la fols par les intellectuels, les travailleurs et les étudiants; enfin, sur le plan international.le thème de la paix, de la coopération internationale, le soutien à la cause de tous les peuples colonisés aspirant à la souveraineté, l'effort pour comprendre et faire comprendre les positions du "bloc communiste”, la dénonciation de l’impérialisme américain particulièrement en Amérique latine et en Asie.Laurendeau s'épuisait à cette tâche, d'autant plus que s'y ajoutait la participation à l'activité générale et à l'administration i Laurendeau était devenu en 57 rédacteur en chef en titre, bien qu'il le fut effectivement depuis 50) d'un journal qui vivait dans des conditions financières alors particulièrement difficiles, voire hautement préoccupantes.Cela ne l'empêchait pas de conserver une extraordinaire disponibilité, d'accueillir aussi bien l'étudiant en quête d’un conseil que ['universitaire soucieux de faire part de ses inquiétudes ou que le journaliste américain désireux de l'interroger sur sa position fare à la guerre de Chine.De même, cela ne l’empê-chait-il pas d'accepter les invitations des institutions et groupes les plus divers à prononcer des causeries ni de participer à force débats et colloques à la radio et à la télévision, non plus que de reprendre pendant cinq ans la direction de l'Action nationale Four faire face à tout cela, dans de pareilles conditions, il fallait outre une prodigieuse vitalité intellectuelle et une lumineuse intelligence, quelque chose qui est au sens le plus élevé la foi dans l'homme, la générosité et la passion de la justice La dernière étape Du printemps 1957 à Tété 1958, André Laurendeau devait prendre une "année sabbatique ", période de réflexion, de recueillement, période aussi pendant'laquelle il fit avancer quelques-unes de ces oeuvres qu'il donnerait plus tard à la télévision et au théâtre Feu après, devait souvnr la deuxième étape de son action au Devoir En juin 60, ce fut Tavéne-ment du gouvernement Lesage au pouvoir et le début de la "révolution tranquille" Far-mi les idées que ce gouvernement tenta de faire passer dans les faits, un grand nombre étaient depuis longtemps défendues par Le Devoir et notamment par Laurendeau, dans Tordre économique et social comme dans Tordre culturel, au reste, l'apparition même du climat qui allait permettre cette “révolution tranquille" était due pour une large part à Laurendeau Dans cette nouvelle étape, Laurendeau met Tac-cent sur de nouveaux thèmes, sans pour autant abandonner les précédents: la primauté de Téducation.condition du progrès intellectuel et économique du Québec, le besoin pour le Québec de récupérer promptement d'Ottawa les ressources fiscales indispensables à l ap plication des grandes réformes envisagées.la nécessité d’accepter loyalement le plu ralisme dans une société en transformation y compris de faire sa place à T école lai-que au Québec, le besoin pour le Canada anglais et pour le gouvernement fédéral de procéder d’urgence à de profonds changements s’ils entendent empecher le progrès au Québec du séparatisme et, ultérieurement.l’éclatement du pays Ce dernier thème devait faire les deux dernières années de son activité au Devoir Tob-jet de la principale préoccupa don de (.aurendeau II ne fut pas sans éprouver des déchirements entre une aspiration qu’il comprenait mais dont il rejetait Tobjectif final (Tin-dépendance du Québec) et Tin-compréhension d'un grand nombre de dirigeants anglo-canadiens dont il se demandait “s’ils comprendraient à temps".A diverses reprises, dans Le Devoir, il devait expliquer sa position, rappeler qu’il avait été “séparatiste” pendant une très courte période, qu'il avait acquis la certitude que ce n’était pas la voie du salut mais qu’en revanche, il ne croirait à un Canada uni que profondément renouvelé, c'est-à-dire comportant un ment égaux pour le français et l'anglais d’un bout à l’autre du pays.La Commission d’enquête Sa conviction à ce dernier propos devait l'amener à demander avec insistance pendant l'automne et Thiver 62 l'institution par le gouverne ment central d'une grande enquête sur tous les aspects du problème du bilinguisme et de Canada.Cette revendication, appuyée par divers groupes, devait être repoussée par le gouvernement Diefenbaker début 63 mais acceptée plus tard par le gouvernement de M Pearson F'in 63, M André Laurendeau acceptait la coprésidence de la commission d'enquête sur Te bilinguisme et le biculturalisme": on connaît la suite 11 avait obtenu du Devoir un congé d’une durée indéfinie mais gardait son titre de rédacteur en chef et avait souvent affirmé sa volonté d’y revenir Du reste.M Lauren- aux réunions du Conseil d'administration et en 1964 et 65, il avait activement participé aux travaux d'un comité chargé de préparer la refonte des structures de la rédaction Notons encore que M Laurendeau avait animé de 1956 à 62, Tune des émissions télévisées les plus populaires de Radio-Canada."Pays et Merveilles" et qu en 1963, il avait été fait membre de la section française de la Société Royale du Canada.Fias récemment, il avait été élu membre de TA-cadémie canadienne-française.Une promesse de belles vacances OTH*'* ooooo- t0utl 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Saint-Viateur d’Outremont.I n libéra sera chanté à 18 heures, mercredi.en l’église de Saint-Ga-briel-de-Brandon où aura lieu l’inhumation à 18h 30 ("est au domaine familial de Saint-Gabriel que les Laurendeau passent leurs étés depuis de nombreuses années.C’est à Saint-Gabriel que son père, Arthur Laurendeau, a été enterré en 1963.M Laurendeau laisse sa femme, née Ghislaine Perrault, et six enfants Francine.Jean.Yves.Olivier.Geneviève et Sylvie Hier soir, au cours d'un dîner réunissant 600 de ses partisans dans Hochelaga, M.Gérard Pelletier a fait observer une minute de silence à la mémoire de M.Laurendeau.M René Paré, président du DEVOIR, a fait hier soir la déclaration suivante: "La vie d’André Laurendeau restera un exemple de ce que l’esprit et le coeur peuvent donner malgré les conditions physiques lorsqu’ils -ont dévoués à une grande cause Le Canada tout entier, les Canadiens français les premiers, doivent lui être NETTOYEUR P.M.Service d'une heure au comptoir Service de chemises 8309 ST-DENIS 381-1322 Anglais ¦ Russe Allemand - Espagnol Cours prive Semi-prive ou groupes.Réduction pour inscription immediate.Leçon d essai gratuite 735 2636 Institut 222 4970 Ch Reine Marie Mtl le chameran plein ciel Situé à 111.Céto V#rtu •ntr* TAcadiu •« la Gara Vurtu (métro du CN) reconnaissants et sa pensee doit continuer à nous inspirer." Pour l’équipe du DEVOIR, qui attendait impatiemment le retour de M.Laurendeau, c’est un deuil cruel, en particulier pour ceux qui l’avaient connu qui avaient travaillé avec lui durant quelques années Deuil également pénible pour ses collègues de la Commission d’enquête qui travaillaient avec lui depuis 1963.M Neil Morrison, l'un de ceux qui l'avaient appuyé avec ardeur et sympathie à la Commission (dont il était co-secrétaire), a déclaré hier soir qu il perdait l'un de ses plus proches amis."Sa mort, survenant à ce rno-ment-ci de l’histoire du pays, est une perte tragique pour le Canada." Jean-Louis Gagnon, son ami et son collègue à la Commission, rend hommage à M Laurendeau dans un texte qu’on trouvera dans la présente livraison.Pierre Laporte, son ex-collègue au DEVOIR et à l’Action nationale, nous a aussi fait tenir un article qu'on trouvera dans ce numéro.CHRONIQUE hommes politiques soumis aux pressions des événements et de l'opinion publique Enfin, il y eut encore la diffusion du congrès libéral pour le leadership du parti et des campagnes électorales miniatures qui le précédèrent et au cours desquelles on put appren dre comment les hommes politiques créent des images d’eux-mêmes.Cette masse d’informations jetée à fortes doses n'aurait pas peu contribué à modifier le climat politique du pays, et d’au moins deux façons: • D'abord elle a sus.ité des réactions immédiates et non moins massives de la popula tion qui ont forcé un certain nombre d'hommes politiques à se rendre compte qu'à l’avenir ils devront se comporter comme si les gens qui les écoutent et les côtoient étaient intelligents.(M.Trudeau est revenu quelquefois sur ce thème dans les derniers mois et, en particulier dans son d scours de Sherbrooke quand il a déclaré que la télévision avait permis de se rendre compte hue les Canadiens ont atteint une certaine maturité • Mais surtout, à la faveur de ces développements, des politiciens auraient appris qu’ain-si informés, les cultivateurs ne peuvent plus être considérés simplement comme des cultivateurs.les travailleurs comme des travailleurs.I.'information massive aurait brisé le cercle restreint des préoccupations et des intérêts immédiats des diverses catégories de citoyens.Dans ces conditions poursuit l'interlocuteur, un fermier de-passe les préoccupations qu'il a pour sa ferme, un soudeur celles qu'il a pour son métier et sa famille; ces gens s'intéressent dorénavant à tous les aspects de la vie collective.Ce développement sonne le glas des promesses électorales qui s’adresseraient a des catégories bien définies d'individus Et c’est ainsi qu'on entre dans Tère de l'impressionnisme politique.La clé du succès électoral dans ces conditions est de n'imposer aucune politique définitive à l’attention de Té-lecteur.de ne suggérer que des directions générales dans lesquelles la politique pourrait s'orienter.et ayant lait cela, de consulter davantage les électeurs pour mieux percevoir leurs réactions, a ces directions nouvelles, pour les faire participer davantage a la definition d’un contenu précis de ces politiques Cette consultation serait d’ailleurs d'autant plus importante que, selon notre interlocuteur, la télévision aurait illustré dans les derniers mois AVIS PUBLIC DE SEANCES DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE INDUSTRIELLE SUR LES CAUSES D'UN CERTAIN MALAISE EXISTANT AUX PORTS DE MONTREAL.TROIS RIVIERES ET QUEBEC Les séances de la Commission d'enquête industrielle instituée par le ministre du Travail du Canada pour faire enquête sur les causes d'un certain malaise existant aux Ports de Montréal, Trois-Rivieres et Quebec, et pour faire rapport en la matière, se tiendront en la VILLE DE MONTREAL (P.Q.) A COMPTER DE 10:30 DE LA MATINEE.LE lEUDI, 13 IUIN.EN LA SALLE NO 24.DU VIEUX PALAIS DE IUSTICE.RUE NOTRE-DAME On voudra bien egalement remarquer que ceux qui désirent se presenter en personne devant la commission pour faire des representations devront communiquer avec la commission C P 3002, Station B", 1250 rue University, Montreal 2, (P Q.) ou téléphoner au numéro 878-2212, Montreal.Arthur I.Smith, Le commmaire.le fait qu'à plusieurs égards, la population canadienne a des idées beaucoup plus claires que ce n’est le cas de ceux qui dirigent les gouvernements Votre interlocuteur estime que dans ces conditions, les atouts des hommes politiques sont différents et que le niveau des connaissances, la compétence.la sincérité et la franchise qui n’avaient à un certain moment qu'une valeur politique réduite, deviennent aujourd'hui de grands avantages sur le plan électoral.Dans ces conditions poursuit-il.l’électeur tend à être moins émotif et plus rationnel Et il conclut: “Ceux qui font actuellement de la politique et qui ne se sont pas enc ore rendu compte de tous ces changements importants vont mordre la poussière”.C’est de ce phénomène, estime-t-il.que M Roger Teillet fut victime à St-Boniface.Et selon lui.le s< rutin du 25 juin en balayera beaucoup d’autres de la scène politique canadienne.L'OPPOSITION que la situation financière du pays est excellente, le ministre des finances a fait en fin de semaine en Ontano un long discours à ce sujet.M.Benson aurait laissé entendre que ces jours-ei, tous les chiffres pertinents à la question seront rendus publics et commentés plus tard par le chef du gouvernement lui-même.Le débat a pris naissance, on le sait, à la faveur des emprunts contractés récemment par le gouvernement pour refaire son plein de réserves étrangères, par suite de la crise financière de février et de mars dernier Les néo-démocrates et les conservateurs ont diversement exploité ces événements, mais dans les deux cas, on a donné l'impression que le gouvernement fait face à des difficultés réelles.La politique constitutionnelle Le débat sur la politique constitutionnelle s’est également poursuivi avec vigueur, mais à la vérité on attache de plus en plus d’importance à la discussion de ce que seront les conséquences des politiques de chaque parti, qu’à ces politiques elles-mêmes Ainsi, conservateurs et néo-démocrates ont accusé les libéraux de conduire le pays à sa perte à cause de la rigidité du premier ministre, et le chef québécois Robert Cliche a même déclaré dans l’ouest du pays que cette année, les indépendantistes voteraient Trudeau pour amener le plus rapidement possible, la fin du régime fédéral.Pendant ce temps les libéraux déclaraient à qui veut l’entendre que ceux qui vont détruire le pays ce sont les hommes politiques qui soutiennent la thèse des deux nations ou du statut particulier.A la suite de ces attaques, M Davie Fulton a cru bon devoir déclarer que M.Marcel Faribault n'est pas le dépositaire de la vérité conservatrice et ce dernier a répondu qu’il voulait faire entendre la voix du Québec dans cette élection Plus tard en Ontario, pour mettre fin à toute équivoque, M Stanfield a déclaré que pour les conservateurs, il n’y a qu'un Canada mais deux peuples fondateurs II a prédit au Canada un avenir brillant, n'hésitant pas à affirmer qu'un jour, dans certains domaines importants d’activité humaine, notre pays dépassera non seulement la Grande-Bretagne et la France mais peut-être même les Etats-Unis M Pierre Trudeau a passé les derniers jours de sa campagne dans les provinces maritimes où il a dû faire face à beaucoup de pluie et à beaucoup de chahuteurs En fin de semaine il était à Terre-Neuve où M Joey Smalwood l’a reçu royalement, déclarant aux Ter-re-Neuviens que M.Trudeau est le seul leader politique qui peut assurer la survie du Canada Sur les côtes de Terre-Neuve M Trudeau a épaté les journalistes en prenant les DÉCÈS HOVKH \ le Ifr juin à I ra David Boyer rpouM' du docteur l.rnnH ftoyer maire de I aSaile demeurant au 8M7 boulevard l-aSalIr a t^Salle Outre von tpoux elle laiv «e dam le deuil ttk David et Jean Fran C«h* Fille de Zénon David rnmmissairr à la ounmnsion scolaire tir l.aSalle el «le feu Marte Hose Btmrheau la*v funérailles auront lieu mervredi le 5 la* convoi funèbre partira «les salons l'rsel Rmircic 1.11%*, 7?(W rue On traie à I-iS.ille à 10b pour «*e rendre à I>• glue StintTOtiphoff de t-tSalle.où le ier-vfcr vra célébré Rt de là au cimetière de Saint Hemi de Napicrvdle lieu de lepulture Parent» et ami» »nnt prié» d’y awi»ter »am autre invitation Rae-emhlrment en face du po»le de police de (.aSaile WH45 PUtKNT A Montreal le 1er juin IW à life de TT an* rd décédé Honoré Parent avocat epouv tir Mlanche (ianeau II lai»ve dans le deuil sa fille Mme Marielle Parent Fortin se« fil», le docteur Ja«
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