Le devoir, 23 octobre 1929, mercredi 23 octobre 1929
VolumeXX -No247 Abonnements pat la poste : Ëdition quotidienne CANADA.$ «.00 Etats-Unis et Empire Britannique .8.00 UNION POSTALE .10.00 Edition hebdomadaire CANADA .2.00 ETATS-UNIS ET UNION POSTALE 3.00 LE DEVOIR Montréal, mercredi 23 oct.1929 TROIS SOUS LE NUMERO Rédaction et administration 430 EST NOTRE-DAME MONTREAL Directeur.HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS! TELEPHONE: -SERVICE DE NUIT: Administration: Rédaction: Uéraat: • ¦ HArbour 1241* H Arbour 1243 HArbour 367» • HArbour 4897 Ce monument d’impertinence Où il appert que la Fédération américaine aurait beaucoup mieux fait de se taire — A propos de syndicalisme catholique — Si la situation, du point de vue national, était renversée, les Américains l’accepteraient-ils?La déclaration adoptée Tautre jour, à Toronto, par la Fédération américaine du Travail a naturellement suscité dans les milieux catholiques syndicaux une assez vive émotion.On en a pu trouver la preuve dans les textes de MM.les abbés Boileau et Fortin et du président général de la Confédération des Travailleurs catholiques du Canada, M.Pierre Beanlé, publiés dans notre numéro d’hier.La première chose qui saute aux yeux quand on lit ce texte de Toronto, c’est l’inconsciente et formidable impertinence dont il témoigne.Voici des gens, pour la très grande majorité protestants ou agnostiques, membres d’une société dont la tête est aux Etats-Unis, qui, siégeant accidentellement dans la province d’Ontario, entreprennent de faire la leçon aux évêques de la {>rovince de Québec.Par ailleurs, ils ont le souci de ménager ’opinion catholique et les sentiments des évêques aux Etats-Unis et dans les autres provinces canadiennes.Et alors, ils déclarent, ne se doutant aucunement, semble-t-il, de leur extraordinaire effronterie: "// doit être clairement entendu que cette attitude hostile des chefs de F Eglise dans la province de Québec ne reflète pas Fattitude de FEglise catholique en général au Canada ou aux Etats-Unis.La responsabilité de la présente et malheureuse situation dans la province réside dans les diocèses particuliers auxquels il est référé, et ne doit pas être mise à la charge d'autres divisions de l’Eglise catholique.Un grand nombre de membres de cette Eglise à travers les Etats-Unis et le Canada sont de loyaux membres de la Fédération américaine du Travail et parmi eux se trouvent quelques-uns des chefs les plus capables et les plus ardents du mouvement unioniste (trade union movement).Il serait extrêmement regrettable et très injuste que les conditions que F on déclare exister dans la province de Québec fussent utilisées pour jeter du blâme sur l’Eglise en général et sur la grande masse des catholiques.Dans toute discussion de Fattitude de FEglise aux Etats-Unis et au Canada, comme ensemble, Fattitude magnifiquement utile d’ecclésiastiques catholiques éminents qui sont ouvertement favorables au mouvement unioniste doit de beaucoup contrepeser Fattitude qui existe dans la province de Québec.Ceci, nous le comprenons.’’ Ces pauvres diables n’ont pas l’air de se douter que la seule différence qui exiçte entre l’attitude des chefs catholiques dans la province et ailleurs, c’est qu’ils estiment possible ici — et l’expérience leur donne abondamment raison — un état de choses intrinsèquement supérieur à celui qui existe ailleurs, tandis que, dams les provinces en majorité protestantes comme aux Etats-Unis, ils peuvent se croire, à raison des circonstances, obliges de subir un état de choses moins désirable.Ils n’ont pas l’air de se douter, ces pauvres diables, que c’est faire à tout l’épiscopat catholique d’Amérique une suprême injure que de laisser entendre que sur le fond des choses, sur la question de principe, en une matière où Rome, résumant des décisions an ciennes, vient encore de rappeler les principes généraux qui doivent commander Faction catholique, les évêques des diverses provinces canadiennes et des Etats-Unis puissent penser différemment.Ils n’ont pas l’air de soupçonner même l’extrême inconvenance de l’attitude, à la fois méprisante pour les évêques de notre province et protectrice à l’endroit des catholiques en général qu’ils affichent en blanc et en noir.Ils ne savent pas mieux! Ils ne savent même pas quand ils gagneraient à se taire.# * * Est-il besoin d’ajouter ici, dans ce journal où depuis le début la cause du syndicalisme catholique a été si largement “xposée et défendue, que les griefs d’ordre pratique qu’allègue !a Fédération américaine du Travail ne tiennent pas davan-toge.Il est clair que, si l’on se place du point de vue particulier ie la Fédération, l’exislence et le progrès des syndicats catho-iques sont de nature à entraver son progrès.Mais, si l’on envi-Mige les choses du point de vue du mouvement syndical en gênerai, il en est tout autrement.Car l’existence des syndicats ;atholiques permet l’organisation d’ouvriers que la Fédération iméricaine ne réussirait pas à embrigader.Et chacun lésait aussi, rien n’empêche la collaboration torn poraire, pour la défense d’intérêts communs, de toutes les caté gories de syndicats.En fait, l’organisation à base confessionnelle — toute autre considération mise à part — est celle qui apparaît comme la plus pratique, puisqu’elle groupe des gens qui sont déjà d’accord sur Pessentiel, ce qui leur permet d’éviter toutes les querelles inutiles, de travailler avec une plus grande efficacité.La Fédération américaine n’a pas l’air de se douter que ce qui existe chez nous existe ailleurs, comme le rappelle M.Beau-lé, et qu’en Hollande, par exemple, la coexistence de syndicats qui correspondent aux sentiments religieux de toutes les catégories d’ouvriers a permis le développement de l’une des organisations syndicales les plus fortes, proportionnellement, qui soient au monde.Puis, il y a autre chose.Nous savons les circonstances qui ont facilité chez nous l’extension des unions américaines, nous reconnaissans qu’il peut être utile, en certains cas, d’établir entre syndicats du Canada et des Etats-Unis des relations d’affaires; mais ces messieurs de la Fédération s’imaginent-ils que les ouvriers canadiens consentiront indéfiniment à faire partie de sociétés dont la tête est en pays étranger?Où cxiste-t-il un système pareil?Et, si la situation pouvait se renverser, les Américains l’ac-ccpteraient-ils chez eux?Orner HEROUX U actualité La civilisation Un Anglais de passage à Winnipeg, an certain Bertrand Russell, irait accepté récemment de dernier une conférence sur "l'avenir de la civilisation" — The Outlook lor civilisation.Avant même que ta conférence fût prononcée, ce simple titre fournissait déjà à un Journaliste min-nfpégots qui ne manque ni eFes-pril, ni d’humour, ni de modestie _ il signe ses articles quotidiens des seules initiales: T.B.R.—¦ un foil sujet de chronique.T.R.R.a employé toute une colonne dans la “mitoba Free Près* pour se de- mander, tout en le demandant ans si à ses lecteurs, si telle chose exis te que la civilisation.En toute lo gtquc, avant de se mettre à rechercher quel peut être l'avenir de la civilisation, ne convtent-ll pas de savoir si la civilisation est une chose existante, une chose qui même existé?Il faudrait tFaûord, dit en substance le chroniqueur, s’entendre sur une définition.Qu'est-ce exac ternent que ta civilisation?Comment la distinguer, la trouver?quels attributs essentiels la peut-on reconnaître?Autant de questions qui peuvent sembler ridicules.H est pourtant plus facile d’en rire que d’u répondre.Le chroniqueur uilnnipégots en t (reprend alors, en condlmentanl le tout d’un brin d’humour et d'une pointe de paradoxe, de rechercher la civilisation à travers l’histoire du monde.Il parvient à remplir, en u mettant la bonne mesure, sa colonne de journal mats non pas à formuler une définition.Est-ce l'Angleterre contemporaine qui est civilisée ou bien est-ce l'Angleterre de Henrt VII qui le fut?L’une et l’autre ne se ressemblent guère.Est-ce l’Angleterre de la guerre des Deux Roses qui a le mieux représenté la civilisation ou bien la Rome de Jules César?Le Paris d’aujourd’hui est-il plus que l’ancienne Athènes un produit de la civilisation?N’est-ce pas plutôt l’Espagne de l’Inquisition ou l’Assyrie d'Assurbanipat, en autant que l'on connaisse celle dernière, qui doit être acceptée comme le type de la civilisation?Les gens seront toujours portés à considérer l’époque où ils vivent comme bien plus civilisée que toutes les autres qui l’ont précédée mais cela-ne prouve rien.Ou plutôt cela démontre tout simplement que l’homme ne manque pas de prétention.Par ses rues et par ses constructions, Londres est devenue une ville gigantesque, bien plus imposante qu’elle ne l’était du temps de i'a reine Elisabeth.Cela veut-il dire que la capitale de l’Angleterre soit maintenant plus civilisée qu’autre-'ots?Dans l’ancienne Grèce, la ville de Thèbes, au dire d’Homère, ne manquait pas de splendeur.Ses murailles étaient percées de cent portes.Thèbes était-elle plus civi-isée que la ville où Shakespeare, dans un théâtre vieux et sale des bords de la Tamise, a produit Macbeth et le Roi Jean?Ce que Von accepte généralement comme des preuves évidentes de civilisation ne sont après tout que de pauvres preuves, pas du tout concluantes, si l’on prend la peine de les examiner, de les soumettre au feu de la critique.On décore du nom de chefs-d’oeuvre des constructions comme les Pyramides qui ont coûté le vie à des milliers d’esclaves.Sous la menace du fouet, des maîtres Impitoyables les faisaient travailler au delà de leurs forces.Pour qu’un seul homme eût un tombeau extraordinaire, la civilisation égyptienne n’hésitait pas à sacrifier des multitudes d’humains.Elle n’est d’ailleurs pas la seule des prétendues civilisations qui se Bloc-notes Le sénateur Helfin s’indigne Les journaux ont rapporté une intervention violente du sénateur Helfin qui en a plus d’une à son crédit.¦ Il en a, cette fois, contre un certain M.W.-F.Callander, chef du service des rapports sur la moisson au bureau de raflricuhure de Washington.C’est un poste de première importance confié à un Canadien, car M.Callander, très probablement naturalisé, est natif du Canada.' Le bouillant sénateur s’étonne qu^on laisse dans une situation où il peut rendre de grands services à l’Angleterre (en la renseignant sur l’état des moissons américaines), un Canadien.Le Droit, qui rapporte ce fait, ajoute qu’au Canada on est moins difficile.Dans la tolérante province de Québec, on nomme maires, par des lois spéciales, des Américains qui ne sont pas même naturalisés.Et si on entreprenait de chasser tous les Américains qui occupent dans notre vie économique des postes importants leur permettant de rendre les services les plus éminents à leurs compatriotes, il se produirait de l’autre côté de la ligne 45ème une levée de boucliers.M.Graustein n’a-t-il pas ennuyé le gouvernement de Québec?L’Oncle Sam ambitionne Dans le même ordre d’idées la Gazette de ce matin rapporte qu’à Ottawa il existe une scission dans le ministère.Le premier ministre est disposé à faciliter le sentiment antiprohibitionniste américain.La police américaine prétend qu’en refusant d’accorder des lettres de partance aux navires à destination des ports américains avec cargaisohs de liqueurs alcooliques, sa tâche serait facilitée.M.Euler s’est opposé à cette concession.Il est, a-t-il laissé entendre, contre la dignité du Canada de faire la police pour le compte d’On- Choses d’Espagne •- -, - - - s - Deux mots, en passant, du voyage français — Chez le Souverain Pontife — L’Espagne d’aujourd’hui — Souvenirs apciens — Essai de psychologie ethnique — Un peuple fier — La langue espagnole — La conscience professionnelle du mendiant — Les Américains du Sud — A Loyola cle Sam.D’autant plus que celui-soient rendus coupables de pareils ci n’est pas sincère.Déjà le gou-excès.Par les thèmes procédés | vernement canadien le met au cou- qn’employèrent tes Egyptiens mais qu’ils n’avaient sûrement pas inventés, des temples ont été édifiés qui ne servaient qu’à abriter d'affreuses idoles auquelles on sacrifiait féro cernent des hommes, des enfants.rant du mouvement des navires qui font la contrebande.On téléphonait coûteusement les renseignements aux gabelous américains.Avis fut donné en un certain en-des /emmcs, | droit de ne pas se mettre à pareils frais, mais qu’un agent passerait Est-ce cela la civilisation?Peut- \ pour recueillir les rapports.Il pas-on accepter comme ses plus belles \sa, en effet, et dans certains cas manifestations des choses qui ont dea semaines après le départ du na-été la cause d'horreurs sans nom?jvire délinquant.Avec les siècles, les choses ont-\ .elles changé pour la peine?Il n’y a /flesure inefficace plus d’esclaves qui besognent sous ; la menace des ètrivières mais il i Cette nouvelle de la Gazette aura reste tout de même un bon nombre sans doute son retentissement en d’hommes que la nécessité force à Bourse.Le public est sous l’im-des tâches abrutissantes.La civili- pression que les distilleries cana-sation contemporaine, si elle existe, diennes font le gros de leurs affai-en serait une de surproduction in- : res avec les Etats-Unis.En réa-dustrielte, de production en masse, lité, ce qu’elles exportent ne repré-L’humanité, si l’on y regarde bien, seule qu’une infime portion de ce se sert moins de la machine qu’elle qui pénètre dans les caves yankees.ne se trouve asservie par elle.N’en En outre, un intéressé déclarait ré-est-on pas rendu A considérer les cemment, dans l’intimité, que progrès de la machine comme des ; l’adoption de la loi dont il est ques-preuves manifestes de civilisation?lion par le gouvernement canadien L’ancienne Grèce a produit des ne remédierait à rien du tout.Les sages et des philosophes, Platon efigens bien organisés, qui ont des Aristote notamment.Ceux-ci onf-f/s ressources, pourraient continuer fait plus pour la civilisation — l’exploitation per vins non rectas quelle qui» soit cette chose — que i et seraient débarrassés de la con-les grands industriels de tous /es currence du menu fretin.Les prix pays?Ces derniers ne seraient pro- ' hausseraient avec l’augmentation bablement pas disposés à céder leur, du risque.rang à Aristote non plus qu’à Pla- 1 ton.Un bon nombre d’entre eux se- ! Encore M, Helfin ratent plutôt portés A s’offrir com- me la civilisation personnifiée qu’à Le bon sénateur sait que dans ce s’effacer devant les penseurs, les ar- domaine on ne fait pas toujours ce listes, les littérateurs de tous /es i qu’on veut.Il en fit la lamentable pays et de toutes les époques.preuve l’hiver dernier, lui, le pro- Ils n’ont peut-être pas tort mn/s i hibitionniste outré qui s’insurgea enfin ils ne peuvent représenter contre Al.Smith.Son fils alla fai- qu’nne formule de civilisation passablement différente de la formule des artistes, des littérateurs, des penseurs, des architectes.De toutes les formules que l'on pourrait proposer pour définir la civilisation, laquelle serait la vraie?Le chroniqueur wtnnipègois, après avoir, bien que ça ne soit pas exactement comme je viens de te faire, jeté un coup d’oeil A travers l’histoire, déclare bien humblement qu’il est incapable pour sa part d’en choisir une qnt pourrait faire le contentement de tout te monde.Il suggère donc A son conférencier, puisque cclut-cf a le souci de la civilisation et de son avenir, de le mettre sans délai à cette tâche difficile.M.Bertrand Russell, dans sa conférence, a-t-il répondu au désir de T.B.B.?Je l’ignore, n’ayant pas eu le temps de parcourir les derniers journaux qui nous sont parvenus de Winnipeg.Mais une chose qui apparaît tout de même étrange c’est que, onze années après une guerre mondiale qui t’est faite au nom des droits de la civilisation contre ceux de la barbarie, il soit encore possible de discuter pour savoir ce qu’est la civilisation, que ton puisse même te demander si la civilisation est une chose existante.GONZAGUE M.Poincaré va bien Paris, 23.(S.P.A.) — L’ancien président Poincaré, qui a subi une second eopèratlon de la prostat* se porte bien.re une tournée dans les Indes occidentales anglaises.Il en revint vaseux.Vite repéré par les reporters allés au-devant du navire à Staten Island, ceux-ci eurent la cruauté de l’interviewer.Ce qu’il en raconta sur la prohibition et sur son papa! Il avait dit qu’il n’était wet qu’en dehors des frontières américaines.Promesse d’ivrogne, hélas! A New-York il continua la bombe et rossa même le guet.Fort heureusement le secrétaire de son père vint le tirer des bras de la police et le ramener à Washington.Preuve, une fois de plus, que la prohibition os» plus vite prêchée que pratiquée aux Etats-Unis.Qui spme le vent.Les manchettes des feuilles mi-nistérielics ou seiiii-minstérlell»s a ronseniblée de la mise en nomination a Sorcl étaient une joie délirante.M iioude et se.» omis ne peuvent se taire cnJrndrc, ili‘ le Soleil.M.Taschereau n’est pats au diapason de cette Joie, li propose la s .p-pression des assemblées contradictoires.M.Taschereau voit plus loin que le Soleil, symbole de lumière pourtant! Il sait que toute la province n’est pas Sorel et qu’un Jour prochain il devra peut-être parler dans Sainte-Marie ou au Monument National.Ironie du sort! Dans le numéro d’hier, qui contient le conwpte rendu de So-rel, le Soleil publie une caiV Loyola, Espagne, le 12 oct.29 Cher monsieur Heroux, Faites-moi grâce, comme je vous fais moi-même, des détails de notre voyage à travers la France, la Suisse et l’Italie.Sinon je courrais le risque de vous couler des clichés de guide.Vous recevriez des descriptions cent fois faites par d’autres et peut-être par vous-même, beaucoup de “déjà vu” et des exclamations conventionnelles.Ce qui m’a paru le plus nouveau, le moins intéressant, surtout à Paris et dans le Nord de la France, ce que j’ai vu le plus souvent dans ma vie et que je désirais le moins revoir, ce sont les manières, les mœurs, les expressions, les attitudes américaines, acclimatées, naturalisées, installées en France comme dans leurs meubles.C’est même avec des procédés américains que les Parisiens ont appris à exploiter les Américains.Ils en sont fiers comme d’un progrès; ils s’en servent comme pour une revanche.On les en blâme comma d’un mauvais plagiat.11 semble que ’.’Angleterre ait subi la même invasion.Un New-Yorkais, retour de l»ondres, et qui déjeunait près de nous l’autre mutin, nous faisait remarquer: — Savez-vous ce que c’est, p< un Américain, de voyager en .Angleterre?C’est transporter un peu plus loin son lit et sa salle à manger.Quelqu’un de notre groupe, une femme d’esprit, curieuse d’histoire et d’art, lui insinua modestement : — Ne croyez-vous pas, Monsieur, que cela dépend des buts de voyage, de ce que l’on y cherche, de ce qui intéresse personnellement la vie, de ce que l’on n’a pas chez soi et qu’on désire connaître, du goût des œuvres antiques capables de passionner les touristes d’un pays neuf., et elle amplifia son énumération — si gentiment! — sans dire ce qu’elle voulait dire et qui signifiait: cela dépend du voyageur et de son éducation.— Certainement, Madame, reprit le New-Yorkais, reculant devant son exagération; je voulais seulement noter que certains pays d’Europe perdent de leur attrait et de leur originalité en nous faisant trop d’emprunts.La remarque n’eut pas autrement d’importance.Ceux qui ont voyagé en France depuis la guerre étaient avertis de cette altération accidentelle de la physionomie française.Et ceux qui y voyagent pour la première fois trouvent la France très française.Par ailleurs, nous passions en touristes trop pressés pour nous permettre de sérieuses comparaisons entre le présent et le passé.Y- ¥ * C’est vers Borne et la Cité du Vatican que nous nous dirigions.C’était pour nos pèlerins le terme du vovage.Ils y trouvèrent tout ce quMls cherchaient: consolations, faveurs spirituelles, audience et bénédiction du Pape, Indulgence du jubilé.C’était plus qu’il ne fallait, après la visit# des monuments au milieu du “parfum de Home”, pour combler les désirs des plus fervents.J’en revins moi-même le cœur gros de souvenirs et d'émotion.Aussi bien s'agenouiller pour baiser la main du successeur de Pierre, vicaire de Jésus-Christ, sentir cette main se lever sur notre tête pour nous bénir et pour étendre cette bénédiction sur tous nos parents, sur l’A.C.V.et tous ses membres qu’il appelle une fois de plus “des voyageurs apôtres ou des apôtres voyageurs”, sur nos maisons de retraite fermée dont iJ daigne faire l'éloge en termes si paternels et si doux, sur tous les Canadiens dont “il connaît la foi robuste et l’amour nour le Pape et l’Eglise” ce sont IA des mots, des gestes causant une jotc si vibrante, si intense, qu’cille s’empare de l’Ame enlière, et s’y fixe pour toujours.FJle s’atténuera avec Je temps, qui emporte tant de souvenirs! Mais aussi longtemps que la mémoire ramènera devant nos yeux cette apparition blanche et majestueuse du Christ continué dans son Vicaire, nos coeurs recommenceront de battre du bonheur qu'elle a causé.C’est plus et bien mieux qu'un sentiment purement humain.On s’y sent enveloppé d'une lumière surnaturelle.On voudrait l’exprimer qu'on ne le pourrait pas.On voudrait l’oublier *u‘elle nous envahirait.Voir le Pape, l’entendre, met du soleil dans la vie; et quand on sait un peu ce qu’est ce père, docteur, pontife et roi.c’est du soleil —si longtemps qu'on vive — qui ne connaît pas de crépuscule.* * # Cependant, chacun de nos pèJe- calure de M.Houde, dessinée nu poteau de télégraphe, ayec cette légende qui sera légendaire: “M.Ga-millicn Houde repoussant tous les seepurs des modérés: 11 lui faut des violents.” S’il pressentait la température de Sorel, on comprend que le maire n’ait pas voulu s'entourer de modérés.Qu’auralent-ils été faire dans cette galère?MJ» ri ns se doublait d’un touriste.Après le Pape et Borne, le touriste, chez moi du moins, avait hâte de voir, de revoir plutôt, l’Espagne.Si agréable que fût le voyage de Gênes, Monaco, Cannes, Nice, toute la Côte d’Azur, il ne diminuait en rien le désir d’arriver à Barcelone.Nous y tombons en pleine Exposition internationale.C’était pour notre groupe un attrait de plus.Mais il n’en fallait pas tant pour m’attirer vers l’Es- §agne, que j'aime pour maintes onnes raisons dont je me rends compte, et pout' d’autres dont je suis moins conscient.C’est peut-être encore le sang espagnol qui agit en moi, le sang de Jean Ho; driguez, mon aïeul maternel, qu» passa de Lisbonne en Normandie, puis à Québec où il fit souche?C’est peut-être aussi que j’y retrouve le berceau de la Compagnie de Jésus, ét que d’être fils de saint Ignace de Loyola me permet de renouer ici des liens non moins chers que ceux du sa>ng.Ce que je sais bien, c’est qu’après avoir visité l'Espagne il y a vingt-neuf ans, j’y ai fixé quelques-uns des plus beaux souvenirs de ma vie, et que J’éprouve grand bonheur d’y revenir.Mes notes ne contiennent que l’impression d’un voyageur pressé.Je ne crois pas toutefois qu’elles soient en contradiction avec aucune étude sérieuse de ce pays.Contrairement à ce que je notais du nord de In France, l'Espagne est restée ce qu’elle était il y a des siècles.Un écrivain des Etats-Uni* a publié récemment que le caractère espagnol est immuable en ses traits essentiefls.Bien ne me parait plus vrai.Parmi les peuples civilisés et chrétiens, il n’en est pas de plus conservateur.Il y a, pour expliquer cette stabilité de moeurs et rte culture, que ’’Espagne est un pays fermé, barricade, entre les Pyrénées, Gibraltar, la Méditerranée et l’Océan Atlantique.II est aussi préservé des moeurs étrangères que nous sommes ouverts aux moeurs américaines.Et puis, les Ibériens de toutes les provinces sont gens fiers, contents d’eux-mêmes, idéalistes au possible, aussi réfractaires aux imitatif que des coloniaux comme nous sont ordinairement plagiaires.Cette attitude des Espagnols, autrefois les maîtres de cent ports de mer et d’une partie du monde, a permis à d’autres nations de les dépasser et de précipiter leur décadence dans le commerce, l’industrie, et tout re nui constitue la prosjiérité matérielle.C’est par lé — je viens de le lire dans un journal français — que des étrangers trouvent à les plaindre et à en médire.Des journalistes et des politiciens, de Madrid même, prétendent que leur pays ne sortira de son état stagnant que par une révolution.El faut secouer notre torpeur, prétendent-ils, et, si c’est nécessaire, par niappe-monde des con-linents, longtemps avant les paque-i>ots géants et les Zeppelin contour-nant le globe terrestre.Elle a dompté les Océans de ses voiles ouvertes à tous les vents, — et complété le monde.Il tous faudra voir un jour le paysage de Xnrans à Aspéitia, les montagnes, les gorges et les torrents entre Loyola et San Sébastian, Mes compagnons les comparent sans cesse à la Suisse.Et moi Je les admire davantage.Quant aux joies intenses, débordantes, que j’ai ressenties dans ce coin merveilleux de pays, nous en causerons plus tard, - en une de ces heures de loisir où les sentiments du coeur se pressent sur les '«'vres et en coulent plus facilement que de la plume.Au revoir,.Pendant toute l’année dernière le Devoir a recommandé à sps lecteurs et tenu à son service de librairie, la Méthode de sténographie de M.L.-A.Cusson C’était une méthode complète, comprenant un cours élémentaire, un cours abrégé et un recueil d’abréviations spéciales.Depuis, à la demande de la Commission des Ecoles Catholiques de Montréal, M.Cusson a fait un nouveau livre qui ne renferme que le cours élémentaire.Ayant en vue uniquement l’enseignement dans les écoles, M.Cusson a donné à ce cours élémentaire une exposition plus claire, mieux coordonnée, et il l’a accompagnée de nombreux thèmes et exercices.Comme livre de début, pour être mis entro les mains des jeunes enfants, ce nouveau livre est un progrès considérable sur les anciennes méthodes.L’étude de la sténographie est rendue infiniment plus facile, en même tempsfque l’écriture deviçnt plus rapide et plus lisible.L’adoption de cet ouvrage par la Commission de Montréal, comme l’unique méthode à être enseigné dans sés écoles, est une confirmation éclatante, par l’autorité la plus compétente et la plus autorisé, de l’opinion soutenue par le Devoir depuis 1927.Les corps enseignants et les Commissions scolaires de la province ne devraient pas tarder à faire bénéficier leurs élèves de cet important progrès maintenant incontestable.Le cours élémentaire est en venteau Service de librairie du Devoir, au prix de 80 sous l’exemplaire.Une compagnie américaine Dernier New-York, 23 (S.P.A.).— La General Motors Corporation a annoncé hier la formation de la Dot-nier Corporation of America, qui fabriquera des hydravions d’après les devis et patentes Dornier.La nouvelle a été donnée à la suite de l’expérience heureuse du Dornier DO-X qui a survolé le lac de Constance avec 169 personnes a sonj bord.La compagnie amérlcai ne construira des hydravions géants de même type ainsi que des hydroplanes plus petits du type Dornier.Grève générale dans les écoles arabes Jérusalem, 23 (Agence telegra phique juive).— Toutes les écoles gouvernementales arabes se sont mises en grève hier en sympathie avec la grève des écoles de Nablus Celle-ci est due à de prétendues punitions corporelles qu’un directeui d’école auraient administrées a des élèves qui ne sont pas allés aux écoles du gouvernement mercredi dernier, le jour de la grève générale.Les professeurs ne font pas la grève.BUREAUX % A £¦ CLASSEURS » CHAISES #\ J.A.c 634 rue Notre-Dame Ouest &r mmm mm Montréal î Louis LALANDE, S.J.L'exécutif et la direction générale de THô-pital Notre-Dame ont leurs bureaux au No 10 rue Saint-Jacques ouest.Téléphone: M Arquette 9351.MArquette 9352.1 99 Le nom “Desjardins signifie individualité dans les fourrures Quand le nom DESJARDINS apparaît sur un manteau de fourrure, on peut être sûr que ce manteau n’aura pas de réplique.C’est une création ORIGINALE.La réputation assurément enviable et aujourd’hui mondiale de notre maison est établie sur deux bases solides: d’abord, sur la qualité exceptionnelle de nos marchandises et, ensuite, sur l’excellence incomparable de leur confection.Reflétant avec une rare élégance tous les aspects de la mode la plus nouvelle, chacun de nos modèles est en même temps d’un dessin absolument Inédit- Venez voir les superbes spécimens que nous exposons en ce moment et soyez bien convaincus que, quel que soit le prix de l^article qui vous tentera, sa valeur ne saurait être surpassée ni même égalée nulle part ailleurs.1170, RUE SAINT-DENIS La plus grande maison de fourrure en détail du inonde - CALENDRIER - VOLUME XX — No 247 £ R J\| |ÊlRE* HELJRE Montréal, mercredi 23 octobre 1929 - DEMAIN - Demain: JEUDIL, M octobre IM®.Saint Raphaël, archange, lever Ou soleil, S h.M.Coucher du soleil, S h.M.Lever de la lune, B h.52.Coucher de la lune, 1 h.21.Nouvelle lune, le 2, a S h.n m.An sotf.Premier quart, le 10.k 1 h.03 m.tu soir.Pleine lune, le 18, à 7 h.M m.dn matin.LE DEVOIR VENTS.NUAGEÜX MAXIMUM ET MINIMUM Aujourd'hui maximum 13.Même date l’an dernier 62.Minimum aujourd'hui 55.Même date l’an dernier 50.< BAROMETRE 10 heures a m.29.31.Il heures a.m.29.10.suai • M 7A Dernier quart, le «.à S h.21 m.du matin.% - I* Devoir eat membre de la Canadian Prêt», de VA.B.C.et de U C.D.IV.X Chiffres fournis par la maison L.-R.de Meslé, 300A.rue Salnt-fenla, Montréal.La crise ministérielle en France M.Doumergue consulte les chefs de parti — On parle de MM.Tardieu, Paul Boncour et Steig pour succéder à M.Briand — Trois questions épineuses PARIS, 23.(S.P.A.) — Le président de la France a reçu les chefs des partis politiques français pour désigner un successeur au président du Conseil, M.Briand, qui a démissionné hier à la suite du vote de non-confiance donné par la Chambre sur les réparation^ et sur l’évacuation de la Rhénanie.Le prochain cabinet aura à régler trois grosses questions: les réparations, l’évacuation de la Rhénanie et le désarmement naval.v * Comme successeur de M.BrL d, à la présidence du conseil des ministres, on mentionne les noms de: MM.André Tardieu, ministre de l’intérieur démissionnaire, Paul Boncour et Jules Steig, ancien résident général au Maroc.On dit que M.Briand n’acceptera pas de former un nouveau cabinet de coalition quoiqu’il serait prêt, a-t-on dit, à accepter le portefeuille des affaires étrangères dans un autre ministère.M.Doumergue n’a pu cependant consulter aujourd’hui les chefs radicaux qui sont actuellement en convention à Reims.Leur coopération est nécessaire dans cette crise politique.Le principal reproche qu’on adresse à M.Briand est de s’être laissé damer le pion par la G.-Bretagne sur la question des réparations à La Haye et d’avoir consenti à l’évacuation des troupes dans la région du Rhin.On lui reproche aussi de n’avoir pas assez insisté dans sa note d’acceptation d’assister à la conférence navale de Londres sur le fait que la France entend s’opposer â l’abolition des sous-marins.Sans nouvelles de l’aviateur Diteman NEW-YORK, 23.(S.P.A.) — A 8 heures ce matin, heure de New-York, on n’avait pas de nouvelles de l’avion transatlantique “Golden Hind”, depuis son départ de Terre-Neuve pour Londres, à 12.55 hier midi avec Urban Diteman.La “Radiô Marine Corporation” a dit qu’aucun navire n’a rapporté avoir vu l’avion durant la nuit.Aucune indication n’a été reçue que l’aéroplane approchait de la côte d’Irlande qui devait être atteinte vers 9 heures ce matin.Urban F.Diteman, qui s’est envolé hier du Havre-de-Grâce, T.-N., pour Londres, est le troisième aviateur à entreprendre seul la traversée vers l’est de ’’Atlantique nord.Cette traversée vers l’est de l’Atlantique nord a pris onze vies du grand nombre de celles qui ont été perdues au cours de traversées océaniques aériennes.Remarquable entre toutes fut la traversée du colonel Lindbergh de New-York à Paris; cependant le capitaine John Alcock et le lieutenant Arthur W.Brown avaient huit ans plus tôt volé de Saint-Jean, T.-N., en Irlande, pour la première fois en aéroplane.Le prince Humbert arrive à Bruxelles Bruxelles, 23 (S.P.A.) — Le prince Humbert, héritier de la couronne d’Italie, est arrivé ici aujourd’hui pour demander au roi Alberl la main de sa fille, la princesse Marie-José.Le prince est âgé de 25 ans et la princesse de 23 ans.Le roi accordera sa sanction officielle et annoncera la date des fiançailles probablement demain.Le roi Albert et ses deux fils sont allés rencontrer le prince Umberto à la gare.Un grand nombre d’Italiens attendaient aussi le prince et se sont fait présenter par leur ambassadeur.D’autres Italiens à l’extérieur de la gare ont crié: “Vive l’Italie!’’ Le prince et sa suite voyagent in-agnito.Le parc du mont Orford Sherbrooke, 23.— On est à préparer une réunion des députés à la Législature des comtés de Shefford, Mi.ssisquoi, Sherbrooke, Richmond et Stanstead en vue de pousser de l'avant le projet d’amener le gouvernement provincial à transformer le mont Orford en un vaste parc national pour la conservation du gibier et l’attrait du touriste, projet ébauché lors de la dernière réunion trimestrielle des Chambres de Commerce des Cantons de l’Est.Tous les comtés plus haut mentionnés touchent la région dp Mont Orford.Clemenceau se rétablit ParU, 23 (S.P.A.) — Soeur Théo-nestc, la religieuse qui soigne Georges Clemenceau, déclare ce matin que son patient a passé une bonne nuit et se trouve dans un meilleur état qu'hier.On sait que l’ancien président du Conseil a souffert d’une légère crise cardiale compliquée de rhume, lundi.“Il vient de qualifier tous les médecins de simples ânes, ce qui indique qu’il a recouvré toute sa lucidité d’esprit”, dit aimablement un de sos médecins.Un nouveau livre M.Maurice Hébert vient de publier chez Louis Carrier, aux Editions du Mercure, un volume de cri-tique littéraire intitulé: DE LIVRES en livres Cet ouvrage du critique du Canada Français, l’importante revue ,le l’Université Laval de Québec vient à son heure.On y trouve des études sur les auteurs canadiens suivants: Octave Crémazie, Camille Roy, Adéilard Dugré, Damase Pot-vin, Joseph Cloutier, Eugène Achard, Laure Connn.Orner Le Grexlcy, Robert de Roquebrune, R'-anche Lamontagne - Beauregard, Georges Bouchard, Harry Bernard, Olivier Carignan, Paul Gouln, Robert Choquette, Jovettc-Alicc Bernier, Alice Lemieux, Marie-Claire Develuy.Le livre dr M.Hébert est en vente.nu prix de ?l.00 au Service de librairie du Devoir.Votera-t-on dans Prescott?Hawkesbury, Ont., 23 (S.P.C.).Il n’y aura peut-être pas d’élection le 30 courant dans le comté de Prescott à cause de la mort récente de l’avocat de la couronne, Me Thistlewaite, qui avait charge de reviser leis listes électorales pour les élections et qui ne l’a pas fait à cause de la maladie qui a précédé son décès.Les listes d’électeurs, qui devraient être entre les mains des candidats, n’ont pas même été livrées aux imprimeurs et elles ne le seront pas avant plusieurs jours.Les trois candidats continuent cependant leur campagne d’organisation en se servant des anciennes listes, faute des nouvelles.L’enquête sur les événements de Palestine Jérusalem, 23 (S.P.A.).— La commission anglaise d’enquête sur les récentes émeutes de Palestine doit arriver demain matin à Jérusalem.Les communistes et les chefs arabes demandent aux Arabes de boycotter les commissaires.TEMPETE SUR LES GRANDS LACS NAVIRES ECHOUES — VIES EN DA.NGER — DEGATS A CHICAGO.‘ M.Bérenger réélu sénateur de la Guadeloupe Paris, 23 (S.P.A.).— Les journaux sont unanimes à déclarer que si les radicaux et les radicaux modérés obtiennent un léger avantage sur la droite, les élections ne déplacent aucunement l’axe politique du Sénat.Ils insistent sur la haute importance de l’élection de M.Pfleger.national catholique, contre l’abbé Hnegy.M.Henry Bérenger a été réélu sénateur de la Guadeloupe.Les Mexicaines ne voteront pas Mexico 23 (S.P.A.).— Le ministère de l'intérieur mexicain vient de décider que les femmes n’auront pas le droit de voter aux élections présidentielles du 17 novembre.Le ministère a également averti les gouverneurs d’Etats que les autorités doivent rester neutres, dans ces élections.À la Commission du tarif Ottawa, 23 (D.N.C.) — Le 7 novembre prochain, à la Commission du tarif, on étudiera publiquement le nouveau règlement douanier exigeant des matières étrangères, pour profiter de la préférence britannique, une proportion de 50% de matériel ou dé main-d’œuvre britannique.Le président de la Commission.M.William H.Moore, a reçu du ministre des finance*, M.Robb, une lettre lui demandant de faire enquête sur les effets de ce règlement sur le coton.(D’aiprès la “Canadian Press") La tempête fait rage sur les grands Laos depuis quelques heures.Les dépê-ches de cet après-midi annoncent que la vie de l’équipage du cha/rbonnier “M.J.Nessen , échoué depuis hier soir près de la pointe Pelée, lac Erié, est en grand péril.Le «harbonnier est échoué à environ cinq cents pieds de terre mais la vague est si forte qu’elQe a empêché jusqu’à présent toute tentative de sauvetage.La vie de six autres hoanmes qui se trouvent à bord d’un chaland à la dérive sur le lac Supérieur est aussi menacée.Ce chaland le “Lake FVugaJity”, appartient à La “Ford Motor Company”.Un navire de la Canada Steamship Lines”, le “Maple Court”, échoué près de la pointe Magnétique, dans k lac Huron, n’était pas encore renfloué, aux dernières nouvelles, mais on croit qu’il sera bientôt possible de le tirer de sa mauvaise situation.Un autre chaland a coulé dans le lac Michigan et on a eu de la difficulté à sauver deux hommes qui se trouvaient à bord.La tempête a retardé les services postaux aériens, en même temps que la navigation.Elle a causé des dommages assez considérables aux boulevards riverains de Chicago.Il y avait deux ou trois pieds d’eau, r endroits, sur certains de ces iiilevairds.L’eau de l’aqueduc était si trouble qu’il a fallu augmenter la proportion de désinfectant.U a neigé hier dans toutes les régions éprouvées par la tempête et la température a baissé à deux degrés au-dessus du point de congélation.Le vent a parfois soufflé a cinquante milles à l’heure.Michigan-City signale la destruc-tion, par les vagues, de deaix habitations évaluées à une trentaine de milliers de dollars, M.Roch Pinard part pour Washington Québec, 23.(D.N.C.) — M.Roch Pinard, vainqueur au concours d’éloquence tant pour la province de Québec, que pour tout le Canada, doit partir pour Washington.Etats-Unis, aujourd’hui même.Il a reçu du département de l’Instruction publique, ce matin, un message de bons souhaits.L’épreuve oratoire de ce tourne’ internatior:.! aura lieu a Washington samedi prochain et elle groupera des sujets brillants de la France, de l’Angleterre, du Canada, de l’Allemagne, des Etats-Unis, de l’Amérique du Sud, etc.Le jury a été formé par les diverses ambassades accréditées en la capitale des Etats-Unis, il devra comprendre les langues respectives des candidats, qui parleront dans leur idiome national.Ainsi, M.Roch Pinard prononcera à nouveau son discours français de Toronto.La limite sera de dix minutes.Prévisions atmosphériques Toronto, 23._(S.P.C.) — Région des Grands Lacs : Vent du suid-oucst ou tempêtes; nuageux ci plus frais avec averses.Demain, vent du sud-ouest ; nuageux ci frais avec averses ou giboulées.Baie Géorgienne: Forts vents ou tempêtes du sud-ouest; nuageux avec averses.Demain, nuageux e-t plus frais avec averses ou giboulées.Vallée de 1’Out a ouais et Haut-Saint-Laurent : Forts vents, nuageux avec averses aujourd’hui et demain.VatMée du Bas Saint-Laurent: Foirts vents de l’e-sit avec pluie aujourd’hui et demain.Golfe et Rive Nord: Forts vente de l’est, nuageux ce soir et demain.Averses probables dans les districts ouest.Provinces Maritimes: Nuageux.Demain, nuageux avec averses et brouillard probable.Lac Supérieur: Tempêtes du nord-est avec pluie et neige.Demain, tempêtes, incertain.Manitoba: Beau et frais aujourd’hui et demain.Saskatchewan et Alberta : Beau au-jourd’hui et domain.L’état de S.G.Mgr Fallon London, Ont.23.(S.P.A.) — S.G.Monseigneur Fallon, évêque de Ivondon, quoique encore faible, se rétablit graduellement de sa grave ma-ladie.________ Le prince de Bulow frappé de paralysie Londres, 23 (S.P.A.) — Une dépêche de Berlin à l’Exchange Tcle-gra,ph annonce que le prince de Buiow a été frappé d’u-ne attaque de paralysie.Le prince, qui fut ambassadeur ‘ ‘ Ri est âgé dé 80 ans.d’AMemajfne _â Rome et chancelier.L’éloge du juge Weir A l’ouverture de la Cour de Pratique ce matin, Mc Oscar Dornis, bâtonnier du Barreau de Montréal, a exprimé les regrets de ses confrères pour la disparition du juge Weir, décédé à Londres.Mc Dorais a fait un bel éloge du défunt.Le juge Coderre a ajouté quelques mots; il n parlé de ses relations cordiales avec le défunt, et a dit toute son admiration pour la science et les haute» qualités de feu Je juge Weir.PROMOTIONS DANSLA POLICE Le comité exécutif a approuvé ce matin les nominations suivantes dans le corps de police de Montréal.Le lieutenant Camille Charbon-neau est promu capitaine et les agents suivants sont nommés sergents : (484) Bessette, (825) Mailloux, (884) liâmes, (824) Séguin, (411)) Detlage, (403) Leroux, (5!)0) Filion, (829) Saint-Jean, (327) Nolan, (292) Poupart, ((537) Binette (014) Blanchard, (300) Bragdon, (491) Wagner, (1015) Cook, (874) Cou-loxpbe, (102) Huneault, (787) Caron, (134) Raymond.__ Dilevo tenu criminellement responsable Pietro Dilevo, âgé de 73 ans, a été tenu criminellement responsable par le jury du coroner de la mort de John Bently, survenue lundi après-midi à l’hôpital Notre-Dame.Le Dr Fontaine, après avoir fait l’autopsie du cadavre de Bentley, en est venu à la conclusion que la cause directe de la mort était une pleurésie purulente résultant d’une blessure faite par une lame piquante et tranchante.L’affaire au cours de laquelle Bentley a reçu son coup mortel remonte au 29 septembre.Ce soir-là, John Bentley, gardien à la Chese-trough Manufacturing Company, Limited, rue Chabot, fut insulté par des enfants qui jouaient non loin de la cour de la manufacture.Bentley, impatienté, frappa deux des enfants.L’un de ceux-ci alla chercher son père et son grand-père, Nicholas et Pietro Dilevo.Il s’ensuivit une altercation entre ces derniers et Bentley.Après un échange de coups de poing et de pied, Bentley fut frappé mortelle-ment.Le blessé fut transporte à Notre-Dame où il expira lundi dernier.Après avoir entendu la preuve, les jurés du coroner délibérèrent 18 minutes et rendirent leur verdict.Pietro Dilevo devra donc répondre de l’accusation dont on le charge, devant la Cour des assises.Dernière journée de M.MacDonald au Saguenay Chicoutimi, 23 (S.P.C.) — Il a plu hier soir et ce matin dans la vallée du Saguenay, mais le terrain a séché à temps pour permettre à M.Ramsay MacDonald, premier ministre de Grande-Bretagne, de faire une partie de golf sur le terrain de Price Brothers, à Kénogami.Après une journée consacrée à admirer les beautés de la campagne québécoise et à visiter les importantes industries de la région, k premier ministre a passé la nuit tranquillement dans son wagon privé, à Kénogami., .Le programme d’aujourd hui comportait d’autres visites aux usines électriques et de papier de la région.A midi, M.MacDonald a visité les travaux de la Chute-à-Caron.On a offert ici au premier ministre et à son groupe un déjeuner de camp.Le programme de l’après-midi comporte des visites aux chutes de la rivière Rend et de l’Ile Maligne.C’est le dernier jour de vacances de M.MacDonald, au Saguenay.Ce soir, il partira par train spécial fiour Québec, où il sera l’hôte du ieutenant-gouverneur.Demain et vendredi il devra remplir plusieurs engagements, dont le principal est son discours public à une réunion conjointe des Canadian Clubs de Québec, vendredi à 1 heure.Feu Mme J.-B.Bousquet Saint-Hyacinthe, 23 (D.N.C.) — Mme J.-B.Bousquet, née Maria La-rivière, épouse de Me J.-B.Bousquet, c.r., de cette ville, est décédée après une longue maladie à l’âge de 48 ans.Outre son mari, elle laisse quatre fils, Yves, Jacques.Paul et Richard, ainsi qu’une fille, Marie.La défunte était la soeur de M.l’ab bé F.-X.Larivière, curé à Hudson, Mass., et du notaire Jules-Ernest La rivière, de Montréal.Elle laisse encore quatre soeurs.Mine, Arthur Beugle, de Montréal, Mlles Alice, Albertine et Bernadette Larivière, de Saint-Hyacinthe.Les funérailles auront lieu vendredi matin, à 10 heures, dans la paroisse de Notre-Dame du Rosaire.Le Graf Zeppelin survole l’Espagne Friedrichshafen, Allemagne, 23.(S.P.A.) — Le Graf Zeppelin est parti d’ici à 6 heures 49, ce matin, pour une randonnée de 38 heures au-dessus de l’Espagne.Il se dirigera par la Suis.se jusqu’à Marseille puis se rendra A Hnrcelonc.L’ambassadeur espagnol à Berlin, Fernando Espinoza de lo« Monteros, est nu nombre des dix-huit passagers.Mort de M.Radoslavoff Berlin, 23.(S.P.A.) - M.Vassi-Ü Radoslavoff.ancien président du conseil bulgare, est mort en exil bien que la mesure de rigueur prise contre lui ait été levée récemment.Il était âgé de 75 ans.En 1923, Il avait été condamné à la détention perpétuelle avec cinq membres de son ancien cabinet popr trahison, accusé d’avoir con-iiiit son pays à la guerre.Un sanatorium pour tuberculeux LA VILLE DE MONTREAL S’ENGAGE A PAYER UNE SOMME ANNUELLE DE $51,000 PENDANT VINGT ANS POUR UN HOPITÀL DE TUBERCULEUX.PRES DE LA METROPOLE—LE COUT DE CET ETABLISSEMENT SERA DE $1,000,000—LE GOUVERNEMENT PROVINCIAL EN PAIERA 60% — L’ALLOCATION AU CAMP DAVID DOUBLEE En Bourse locale Les cours sont fermes Le marché est peu actif mais les cours s’améliorent légèrement Une imposante délégntion com- osée des directeurs de l’Institut Iruchési s’est présentée ce matin devant le comité exécutif pour demander à la ville de souscrire 40% du coût de construction d’un hôpital de 400 lits pour la cure de tuberculeux dans le voisinage de Montréal, pendant vingt ans.La délégation était composée de MM.J.-L.Perron, ministre de l'agriculture et président de l’Institut, Drs J.-E.Dubé, vice-président, J.-A.Jarry, directeur médical, Oscar Dufresne, L.-M.Lymburner, Hector Racine, J.-B.Baillargeon, T.-O.Trudeau.Le comité exécutif a accordé la requête.M.PERRON M.Perron a déclaré que l’Institut Bruchési ne pouvait disposer que de ressources insuffisantes pour combattre la tuberculose.Il a établi des dispensaires, organisé la visite des familles.Le camp David a aussi été fondé pour combattre la tuberculose, mais il faudrait maintenant un hôpital de 400 lits.M.Perron annonce que le gouvernement provincial est prêt à garantir les intérêts sur le capital requis dans une proportion de 00%.Il demande à la ville de contribuer au coût de l’entreprise pour la balance de 40%.M.Perron donne des rtatistiques pour prouver que notre province a encore à faire pour égaler ce que font d’autres provinces ou d’autres pays.En Saskatchewan, 40 décès par 100,000 habitants, et 10 lits pour 10 décès; en Nouvelle-Zélande, 51 décès par 100,000, et 9 lits pour 10 décès; en Canada, 53 décès par 100,000, et 7 lits pour 10 décès; aux Pltats-Unis, 59 décès par 100,-000, et 7 lits pour 10 décès; en Angleterre, 106 décès par 100,000, et 5 lits pour 10 décès; province de Quebec, 121 décès par 100,000, et de 3 à 4 lits par 10 décès; en Allemagne, 133 décès par 100,000, et 10 décès: e» France, 170 décès par 100,000, et 3 lits PjHir 10 décès; en Italie, 172 décès par 100,000, et 1 lit pour 10 décès; en Tchécoslovaquie, 250 décès par 100,000, et 1 lit pour 10 décès; „p,?n’ 321 décès Par 100,000, et 1-2 ht pour 10 décès.M.Perron dit que ces proportions du nombre de lits nécessaires pour un nombre donné de tuberculeux ont été établies d’après les statistiques américaines, celles de la Croix-Rouge et de l'Institut Rockefeller.En fait, le nombre de lits nécessaires dans les hôpitaux pour tuberculeux est de 15% des cas vivants, et le nombre de lits de sanatorium nécessaires est de 10% des cas vivants, adultes et enfants.Le nombre de places dans les cures d air est de 1% des cas vivants, et le nombre de lits dans les préventoriums de 2%, Je nombre de places dans les écoles en plein air de 4% On compte le nombre de tuberculeux vivants en multipliant par 9 le nombre des décé-dés durant 1 année (démonstration Framingham).1iOIi,se F»» sur ces calculs, la v.df‘ Montreal devrait avoir 1,320 libs yé le "Sanative Wash” de Lydia E.Pinkham, et je me sens bien mieux.Je répondrai avec plaisir aux lettres.”—Mmt H.E.Winters, 8£7 S.Willow St., Faribault.Minnesota.BON À SAVOIR Comment rendre le bois blanc inaltérable.— On peut remplacer les bois durs, dans les constructions rurales, par des planches de bois blanc de toute espèce, en employant le procédé suivant: donner aux portes, auvents, volets et autres objets qui doivent rester à l’air libre une première couche de peinture grise à l’huile que l’on recouvre, avant qu’elle soit sèche, d’une couche de sablon ou grès pilé et tamisé.On donne sur ce sablon une couche de peinture à l’huile.en ayant soin d’appuyer fortement sur les planches la brosse qui applique la peinture.Le tout devient d’une dureté telle que Pair, le soleil et la pluie ne peuvent altérer le bois, même après des années d’usage.Nettoyage du fer-blanc.— Les ustensiles de cuisine, casseroles, récipients en fer-blanc de toute nature se nettoient en les frottant à l’aide d'un chiffon imbibé d’huile et trempé dans la cendre de bois Bouchons de cristal.-— H est sou vent assez difficile d’ouvrir de.s flacons â bouchon de cristal.Pour empêcher l’adhérence du bouchon de verre au col d’un flacon bouché à l’émeri, contenant soit une dissolution saline, soit une matière déliquescente, on se sert avec avantage de la paraffine.Il suffit de frotter le bouchon, préalablement bien essuyé, avec un morceau de cette substance; il tourne alors beaucoup plus facilement et, en même temps, la fermeture est rendue plus hermétique.TROIS NOUVEAUTES AUTOMNALES COMMENT TRAITER LE RHUME DU BEBE Si c’est le rhume de cerveau qu’a le bébé, vous pouvez facilement dégager sa respiration en lui mettant quelques gouttes de liquide albolè-ne dans les narines plusieurs fois par jour.Mais, pour le débarrasser complètement, tcnez-le chaudement et gardez-Jui les intestins libres.Pour cette fin, les médecins recommandent le Castoria de Fletcher, parce que purement végétal et incî-fensif.Il agit aussi rapidement que l’huile de ricin, mais ne cause pas de colique ni ne rend malade.Des millions de mères savent combien facilement Castoria calme les bébés pleurards et maussades et comme il soulage vite les affections habi-luelles telles que cojiqncs, gaz, constipation, diarrhée, etc.Pour vous protéger contre les contrefaçons, la ilgnature de Fletcher se trouve sur chaque bouteille de Castoria de Fletcher.« , m mm «tSsM mm* % iü S ï'im.V*v "¦ - -S*:-, ' ;• i r vi y-fr ' :r- - - J f.' /> «Min v ‘ v ^ 'il : î J U (1) Une élégante petite toque brun noisette garnie de boules étincelantes.(2) Ce beau manteau de caracul est également convenable pour promenades à pieds ou en automobile.Les nuances du caracul employé dans ce manteau sont graduées du gris platine au gris fer.Le -écharpe, qui peut être attaché très serré nu cou ou retomber en avant, comme un revers de fantaisie, est une innovation.(3) Voici une EATON La Mallette Extensible REVELATION M mérite toujours de nouveaux lauriers a ELLE a été la première manette extensible et elle est toujours considérée la meilleure vous y trouvez toujours
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