Le devoir, 17 novembre 1984, Supplément 1
LE DEVOIR CAHIER Montréal, samedi 17 novembre 1984 AVONS-NOUS VÉCU 1984'?Ce cahier a été réalisé par JEAN ROYER avec la collaboration de Jean-Pierre April Suzanne Asselin Claude Beausoleil Marcelle Brisson Victor-Lévy Beaulieu Paul Chamberland Claude Charron Paul Cauchon Anne Dandurand Denise Desautels Lise Gauvin J.-Marc Gouanvic Yvon Johannisse Micheline Lanctôt Monique La Rue Huguette Le Blanc Carole Massé Pierre-Yves Pépin Hubert Reeves Esther Rochon Gilles Tremblay Yolande Villemaire Louise Warren Heinz Weinmann Mise en page MIREILLE SIMARD Publicité JACQUELINE AVRIL Le septième Salon du livre de Montréal devient l’occasion, pour ce cahier spécial du DEVOIR, d'une réflexion sur l’année 1984: celle d’Orwell et la nôtre.Avons-nous vécu 1984?Cette question, nous avons voulu la poser à des témoins de divers horizons: philosophes et scientifiques, artistes et poètes, dissidents et politiques, écrivaine-s et auteur-e-s de fiction.Avons-nous vécu 1984?.La question fait appel, non seulement à l’image du Québec dans le monde d’Orwell mais encore au sentiment de vivre actuel, exprimé sous forme de témoignage, de réflexion, de document ou de fiction.Avons-nous vécu l’année internationale de la fiction?Ou est-ce la réalité qui nous dépasse?La réflexion de la vingtaine d’auteur-e-s regroupée dans ces pages lance un cri d’alarme en même temps qu’un chant d’espoir.On ne se contente pas de décrire un paysage apocalyptique: on répond à la mort par l’amour, on affirme la présence de l’individu contre les abus de pouvoir de l’État, on abat le mur de l’indifférence par la force de création.Ces femmes et ces hommes que vous lirez dans les pages qui suivent aiguisent notre conscience d’habiter le présent.Ils/elles réclament un monde habitable.Contemporains des totalitarismes politiques et financiers, nous savons bien que « La liberté de s’exprimer s’est rétrécie comme peau de chagrin » (Hubert Reeves).Nous existons par numéro.L’optimisme se retrouverait du côté des dissidents.L’éducation des jeunes devrait cultiver la découverte du moi.Jeunes ou vieux, « nous en sommes tous au day after sans pouvoir en reconnaître la figure » (Paul Chamberland).Nous ne sommes plus innocents devant le danger nucléaire.Heureusement, « L’amour nous fait de moins en moins peur » (Yolande Villemaire).Nous sommes en train de vivre une mutation de conscience.Il s’agit de fermer les yeux, pour voir à l’intérieur de chacun-e de soi.Il faut savoir que « chaque mot, chaque pensée, chaque geste dessine l’hologramme du futur ».L’esprit doit s’allier à la matière et non pas la pousser à bout.Car nous sommes devant « l’exténuation d’humanité parvenue au stade terminal », nous avertit Paul Chamberland.Pour éviter l’apocalypse, reincarner sa conscience individuelle contre tous les pouvoirs: il faut devenir aussi « inadapté » qu’Orwell devant les systèmes qui nous font disparaître, rappelle Yvon Johannisse.Pour cela, se défendre contre « l’usage abusif des découvertes scientifiques ».Les savants sont toujours associés de près ou de loin au pouvoir, qui tend à vouloir faire disparaître littéraires, artistes et poètes; dit le philosophe.Mais la science n’est pas plus souveraine que l’État et ses théories sont des métaphores, ajoute Johannisse.VILLEMAIRE Dessiner l’hologramme du futur Née en 1949, Yolande Villemaire a publié trois romans dont La vie en prose (1980), Prix des Jeunes Écrivains du Journal de Montréal et cinq recueils de poésie dont Les coïncidences terrestres (1983).Elle est actuellement professeure de littérature au Cégep André-Laurendeau et prépare un quatrième roman intitulé La Ccnsteiiation du Cygne.(Photo Michel Lemieux) « Comment pourrait-on faire appel au futur alors que pas une trace, pas même un mot anonyme griffonné sur un bout de papier ne pouvait matériellement survivre.» George Orwell, 1984 NOUS sommes en train de vivre l’année internationale de la fiction.Savons-nous seulement, sur cetté planète, distinguer la fiction de la réalité ?On se rappelle encore très bien l’époque où nous croyions dur comme fer que le soleil tournait autour de la terre.Big Brother vient d’être réélu aux Êtats-U nis sur la foi d’une illusion de prospérité économique à l’heure où l’Éthiopie se meurt de faim.Jean-Paul II se comporte comme un petit garçon de 10 ans qui trouve que les filles sont niaiseuses et on oublie que le Pape n’est infaillible qu’au sujet des dogmes du christianisme.Quelques dames de fer ont pourtant commencé à jouer à Big Sister avec autant de sinistre brio que leurs émules masculins.Nous sommes aussi innocents devant le danger nucléaire que l’ont été les Allemands qui ont porté Hitler au pouvoir et l’ont laissé faire sa petite crise de nerfs qui a coûté la vie à des millions d’individus.Nous sommes en train de vivre 1984 à un train d’enfer : j’écris ceci le 11 novembre 1984.Dans 50 jours, cette année qui a d’abord été une fiction avant d’être une réalité basculera définitivement dans le passé.Dans 100 ans, nos arrière-petits-enfants vivront dans un autre monde.Le futur n’est qu’une image en train de se former sur notre écran mental.Eln ce jour du souvenir, je me souviens.Et, c’est parce que je me souviens, Suite à la page XIX Contre « les dévoreurs de liberté », contre l’indifférence, retrouver la présence de l’enfant et les valeurs spirituelles, dit Huguette Le Blanc, elle qui a parcouru cette planète assez longtemps pour voir que « Nous ressemblons à un lac au fond duquel se décompose un corps ».Mais devant cette désolation, il nous faut retrouver « un monde de naissance », raconte le dissident Pierre-Yves Pépin, qui nous emmène dans un paysage de lagunes et deltas où le cri de l’oiseau devient chant.Car cette vie de 1984 n’est pas que désespoir.Des femmes veulent remettre en marche nos désirs et nos sentiments.La réflexion féministe, avec Marcelle Brisson et Lise Gauvin, entre autres, redéfinit nos rapports quotidiens.D’autre part, sur le plan politique, nous avons failli « perdre l’espoir », témoigne Claude Charron.Car le Québec se retrouve en pleine « farce » avec le P.Q., constate Victor-Lévy Beaulieu: du côté du vieux rêve québécois, nous en sommes à « la survivance comique ».Pour une cinéaste comme Micheline Lanctôt, nous vivons dans le monde d’Orwell.Hollywood inonde les écrans du monde entier: nous ne sommes pas loin du contrôle des cerveaux, dit-elle.« Le totalitarisme du profit est devenu inversement proportionnel au développement de l’individu et de sa culture.» Il nous faut donc retrouver le rythme vital de l’univers.C’est ce à quoi s’emploie le compositeur Gilles Tremblay:» La fragilité du chant est sa force même, aux confins du silence », écrit le musicien.De même, le corps qui danse retrouve l’émotion, ajoute Suzanne Asselin.L’artiste et le poète, par leurs oeuvres, combattent cette peur qui nous habite, précise Claude Beausoleil.L’oeuvre de création fait reculer la peur, accomplit la traversée vers la lumière des choses.« Toute la beauté du monde peut tenir dans un mot.C’est dans la poésie que je me sens revivre.Les mots me disent que tout reste à faire », conclut Beausoleil.La fiction, celle de toutes écritures, participe du combat de l’individu pour ses libertés.C’est le sens de 1984, la fiction d’Orwell.Comment se traduit cette fiction exclusivement « mâle » pour une écrivaine comme Denise Desautels?Comment vivre « l’indécence du mot bonheur »?demande Louise Warren.« Écrire, par-delà les impératifs d’une Raison politique, morale ou sociale », répond Carole Massé.On n’en sort pas: après Orwell, écrire la réalité continue d’appeler la fiction.Paul Cauchon s’est informé auprès de ses auteurs préférés de l’influence d’Orwell dans leurs oeuvres.Et pour bien finir 1984, lisez nos auteur-e-s de science-fiction: Jean-Pierre April, Anne Dandurand, Jean-Marc Gouanvic et Esther Rochon.C’est alors que vous reconnaîtrez votre présent en plein futur! Jean ROYER Le septième Salon du livre de Montréal REEVES Cultiver la découverte du moi w m t ms Astrophysicien, directeur de recherches au CNRS en France, Hubert Reeves est aussi un vulgarisateur scientifique recherché.Il a publié Patience dans l’azur, édité aux Éditions du Seuil qui est devenu un best-seller tant en France qu’au Québec.Il vient de faire paraître au Seuil un album intitulé: Poussières d'étoiles.(Photo Jacques Grenier) ON peut, j’imagine, lire cette question de multiples façons.Pour moi, elle appelle le souvenir du Roma prophétique de George Orwell intitulé 1984.Cette date a pris progressivement une connotation fatidique.-Elle s’est associée un vague relan de « fin du monde ».Non pas, comme pour l’an 1000, en une fulgurante apocalypse mais au contraire, en une glaciation ou mieux encore, une pétrification de l’espèce humaine.Non pas en un sens physique de « rigor mortis » mais en rapport avec tout ce qui nous importe et nous fait vivre : la liberté, la spontanéité, la fantaisie.Dans ma mémoire, le roman 1984s’esi combiné au Brave New World (Le meilleur des mondes) d’Aldous Huxley pour décrire les images de notre plus grande menace : la termitière.Le génie de ces auteurs est d’avoir prévu, il y a plus de quarante ans, que le pire danger c’est celui de l’état fort, impersonnel, armé de la technologie moderne de contrôle des individus.Polices secrètes et parallèles, psychologues du lavage des cerveaux, manipulateurs de la génétique s’associent pour persuader chaque citoyen que « Big brother is watching you » et que tout espoir de liberté personnelle est non seulement futile mais naïf.1984, nous y sommes, nous en sortons bientôt.Quel bilan pouvons- nous établir ?Mon impression toute personnelle se teinte à la fois de pessimisme et d’optimisme.Au delà des querelles idéologiques — capitalisme, communisme, maoïsme — il faut bien reconnaître que le grand vainqueur de chaque confUt, c’est toujours l’état fort cher à Hégel qui devait, selon lui, apporter !’« accompUssement » de l’hu- Sulte à la page XIX aldwe" , 20 S Les rapP°/'^* culture s entre 'e Québec et les ?fl 1979 31^ Institut québécois de recherche sur la culture 93, rue Saint-Pierre.Québec GÎK 4A3 (418) 643-4695 34O Salon du livre de Montréal Kiosque: # H 4 U»® ,, „Questions 7 ' 200 pages 12 i Le Devoir, samedi 1 r rioveniuie Avons-nous vécu 1984 ?Le Salon du livre de Montréal La sahélisation de l’esprit: nous survivons posthumes PAUL CHAMBERLAND Assistons-nous, présentement, à une sahélisation de l’Esprit ?Je le demande.« Le désert croît », notre Éthiopie, ou notre Tchad, nous le portons en nous, « malheur à qui recele des déserts ».« Esprit », comme dans cet oracle de Rimbaud : « Nous allons à l’Esprit».11 n’est pas l’opposé/duel de la matière, mais son fruit, sa portée, sa couronne.Si l’Esprit est divisé, tourné contre lui-même, alors il dévaste la matière, il la stérilise, ('e qui advient du fait que l’Esprit cède à l'abstraction irreliée, jouée hors de toute mesure, qu’il rompt l’alliance avec sa .source.La matière, poussée à bout, dépérit’ : tous les jours, des dizaines de milliers de corps humains, de femmes et d’enfants surtout, meurent de faim.Ici.oui, ici même sur la terre.Car Calcutta, le Nordeste brésilien ou l’Éthiopie, non, on ne peut plus dire que ce soit ailleurs.La terre a été faite un seul ici, un seul heu : elle a été unifiée dans l’Esprit, simulta-néisée par l’Esprit.Et le processus selon lequel l'Esprit gagne une emprise totale sur la matière, c’est la technologie.Ce qui arrive aux sahélisés ne nous épargne qu'en apparence.Ce qui nous arrive à tous, quelle que soit l’inégalité des chances et des privilèges, c’est cette exténuation d’humanité, consentie selon une posture depuis longtemps déjà prise par l’Esprit : l’appropriation, l’arraisonnement technique de la terre.Le bienfait des antibiotiques ou de l’automation ne saurait faire oublier que le détournement de l'intelligence dans la matière instrumentée dorme avant tout à la puissance de trouver assise sur la prolifération des forces de mort.Est-ce que l'Esprit, fructification de la matière animée-consciente, serait en train de se suicider ?Des enfants guerriers, douze-treize ans, tuent, sont tués.La guerre sainte.Ils étaient 100 000 venus d’Iran.Il n’en reste que quelques centaines.retenus dans les camps irakiens.Envoyés en première ligne dans les zones minées, pour que passent les troupes régulières.Sur leurs chemises, ces mots ; « Nous avons la permission d’aller au paradis » (le mot paradis est d’origine persane).On les a pris à leurs familles dès l’âge de huit ans.Certains ont été carrément achetés pour 60 dollars.La boucherie de Dieu, la prostitution sacrée.'k\: tc-dî' '.V A*' ^ Poète et philosophe, Paul Charnberland produit acfuellement une série d émissions au réseau FM de Radio Canada sur la thème: la fin des valeurs.Il a publié depuis 1962 une quinzaine d'essais et de livres de poésie dont les plus récents Extrême sur vivance Extrême poésie (Parti Pris) Terre souveraine (I Hexa gone), Le Courage de la poésie Fiagment d'Art total (Les Herbes Rouges) (Photo Rodrigue Gauthier) Ailleurs, d autres enfants guei t iers, chez les indiens .Miskitos du Ni caragua.La révolution a massacré leur famille Désormais ils n'auront plus peur, ils se préparent à tuei « Huit ans, l’âge le meilleui pour les dresser », dit I’entraineur exsomo siste.La vie tournée contre elle-même, jusque dans ses bout geons.L’avenir fauché sans délai Un yapas d’ave nir.No futuie Dans les paradis matériels d'Iles périe, les jeunes sont de plus en plus nombreux à se droguer, à se prosti tuer.Pas d’autre liberté que dans la rue.Certains ne se rappellent plus ce qu’ils ont fait entre 16 et 18 ans.« J ai perdu conscience dans des toilettes, des bars, des portiques.» On les a vus « commencer à vendre leur cul à 15 ans, devenir complètement abrutis, écoeurés, morts sans être jamais nés ».Morts sans être jamais nés.Ou immolés.Deux jeunes en immolent un autre dans une petite ville du Long Island.Sur des tounes de heavy metal.Dis : j’aime Satan, j’ai choisi Satan.Dis : je veux ce qui me tue.« America is the great Satan » hurlé sur des crépitements de balles, des rafales de mitraillettes.Les corps des jeunes kamikase d’Allah explo sent à travers les immenses colon nés de son, atterrissent dans le rouge Le livre tant attendu fOrèestre ^niphoimf^ 'ékontréal Amtkdelèi^ La petite histoire de rOrchestre Symphonique de Montréal par Agathe de Vaux aiec préface de Jean Vallerand Un livre passionnant abondamment illustré de photos anciennes et récentes.chez votre libraire publié chez Louise Courteau, éditrice C P.636 Verdun.Qc H4C} 3G6.lél.; 761-7849 Distribution exclusive Québec-Livres 327-6900 DUPUIS yokotsuno Bonne nouvelle pour tous les admirateurs de ta célèbre électronicienne YOKO TSUNO En effet Roger Leloup, te créateur de cette série, sera présent au 7e Salon du Livre de Montréal du 20 au 25 novembre 84.Voici donc une excellente occasion de vous faire dédicacer un album de votre héroïne préférée.Mentionnons également que cette série connait depuis quelques années un succès considérable auprès du public Québécois CARAN D’ACHE LA CITÉ DU PÈRE NOËL Les Éditions de l'Agora (Caran d'Ache) une collection de livres pour enfants d’une qualité exceptionnelle.ANNE SIGIER V PAROLES D’UN PÈLERIN Les Éditions Anne SIgier nous font revivre avec «Paroles d'un pèlerin* les grands moments de la visite du Pape au Canada.FLEURUS • Des ouvrages pratiques.• Des jeux individuels.• Travaux manuels.• Techniques ^ éducatives • Techniques artistiques.• Bar>de desslr\ées.• Livres pour petits sanglant des spots au milieu des jeu n(;s punks qui se ruent, se bousculent, se culbutent les uns les autres sans demander la permission de faire du slaiii-dancing avec les anges décibels au-dessus de l'abîme où dispa raît l'espérance humaine ?U ne exténuation.Les visions d'apocalypse ont été banalisées l.'adap tation « civique » à la logique de la terreur est devenue l'objectif premier des démocraties, les puissances manipulent de massifs courants d'émotions qui sont religieuses.Nous sommes des populations-cibles, les otages d'un pouvoii de mort qui échappe à la simple mesure humaine.Dans l étal de démesure géo-politiquement établi, la contamination du sacré ne peut plus être endi guée Les rituels en culeiit brochu res, films ou vidéos.Le nouveau religieux a sa technoliturgie la simu lation par ordinateur - nous le tenons, notre Livre des morts.L’avenir accéléré absorbe, dévore le présent La « présence réelle » de 1 extermi nation est célébrée aux centaines de millions d'autels de la cathédrale médiatique.Rien n’est plus difficile à penser que la « substance religieuse » déliée de ses signes, soustraite aux conditions réglées de sa circulation (traditionnellement confiée à la casle des prêtres) L'indifférence géné- K Hb m r-*- i 198% 1 nous astreint la difficile tâche de la pensée.Il se pourrait que la pensée mise dans cette direction, soit pous sée à son état-limite et qu elle doive consentir à l’ex-termination de son propre savoir.Ce n'est pas dans l'hy per\ isible des tueries et de la dévas tation des terres qu’on saisii a le sens et la portée du processus apocalyptique, puisque c’est dans l’Esprit qu’a lieu l’extermination, dont l’exacte ap pellation est seconde mort L’Esprit dualisé se suicide la vie tournée contre la vie, ruinant la frui tification.ün considère que le degi e ultime de la famine est atteint quano les populations consomment la part des récoltes réservées pour les se mailles.L’avancée sur terre du feu desséchant, la désertification, la sa hélisation, c’est 1 extinction du germe, c’est l’anéanlissemenl delà ressource d'anthropie muette et sourde catastrophe qui ouvre le déchaînement de toutes les autres, qu’il y a donc lieu de tenir pour des retom bées.« Rouges» ou « morts», le méga-holocauste ou le goulag planétaire, c’est équivalent Survivons-nous posthumes, oui déjà, à la seconde mort ’’ l.'aiiêi dans l’Esprit, l’interruption du de venir-humain de la terre, est ce déjà venu ?Mais comment peiiseï cela si le penser, c’est passer à l'ex termi nation du savoir — comme si on ten tait d’engloutir tout le visible au foyer aveugle de la vision ’.' Mais y aurait-il moyen de se dérober à cette épreuve, qui est d’endurer le destin, pour cette époque, de l'Esprit en nous ?Et comment distinguer l'endurance du dam si ce n’est au sceau du plus énigmatique, le Phoenix, dont le gai savor philosophal enseigne que « luy seul se jouë de la mort, et la fait sa nourrice et sa mère, lui faisant enfanter la vie » '' Affic he de Denis Lafaille raie, ou les professions d’athéisme ne soulagent pas de l’exercice du soupçon.c’est a-dire.encore, de la pen sée.L’extermination spectacularLsée des corps détourne irrésistiblement l’attention de ce qui néanmoins y insiste.Nous croyons vouloir échapper à un mal qui nous viendrait de l'Au tre, et nous y croyons dur comme fer sur la seule foi de notre bonne volonté déclarée.Mais qu’y aurait-il là de différent du discours des chefs d’État ?Ce qui insiste nous échappe et commencerait peut-être à nous faire signe si nous consentions à la tâche ardue, éreintante de la pensée.Non, il n’est pas facile de penser autrement, et par exemple de parvenir , Fditions L image de l'art à une question dont le mérite se signale du moins à cette conséquence qu'elle nime le .réflexe » qui nous pou.s.se à chei chei une victime émissaire : de quel mal nous faut-il guérir , ( e qui est en tram de nous arriver, partout, ici, c'est une exténuation d’humanité parvenue au stade terminal.Nous survivons posthumes.Oui, ce que nous redoutons tellement s’est déjà produit, nous en sommes tous au day after sans pouvoir en reconnaître la figure.Qu’est-ce donc ?C’est précisément à le savoir que Garderie au Salon Les parents pourront bouquinei à leur aise et en toute tranquiUité d’es prit pendant que les plus jeunes (2 ans et plus) seront pris en charge à la garderie du Salon, au coût de 2$ l’heure par enfant.Des animateurs compétents les amuseront et leur permettront de participer à leur fa çon à la grande fête du livre.Granger • BIAS •BORNEMANN • E.T.S.F.• WALT DISNEY • MAGIC STRIP • GRANGER - GAMMA 210, boul Crémazie ouest, Montréal, Québec.H2P 2S4 Tél (514)389 3561 LES ÉDITIONS DU RENOUVEAU PEDAGOGIQUE saluent le passage à Montréal du Professeur JOSEPH HANSE président du Conseil International de la langue française L'ABOIIMSSKMENT DK 50 AINS DK RK HKRCHKS 32,95$ 1014 pagc.N format: l‘vJ X 2'H) 1 ' ’ w,' '"t* I J.tll'.1( lut» " .I» 1,1 H I Lit i r N i r \ >1 •,* .1 , 9 tif, jr Mofiiqiie UroticheTItlNMiii Littérature Gabrielle Roy La détresse et l'enchantement L’événement littéraire de l'année! L'autobiographie de la grande romancière de Bonheur d oecminn Sans doute un de ses livres les plus émciuvants 512p 19,95$ De quoi t'ennuies-tu, Eveline?suivi de Ely! Ely! Ely! Deux récits inoubliables de Gabrielle Roy, accessibles enfin au grand public 122p 9,95$ Monique Larouche-Thibault Quelle douleur! Un roman absolument étonnant qui fait entendre une voix nouvelle dans la littérature québécoise 132p 9,95$ Marie José Thériault Les Demoiselles de Numidie Un roman envoûtant et sensuel, une célébration de l'amour et de ses pouvoirs 244p 12,95$ Jacques Savoie Les portes tournantes Un succès de librairie qui s'est mérité les éloges unanimes des critiques «Un roman d'une remarquable qualité » (Réginald Martel, Lu Presse) 160p 9,95$ Leonardo Sciascia Le théâtre de la mémoire Deux récits irrésistibles par l'un des maîtres de la littérature italienne contemporaine 118p 9,95$ Essais iÆtHOC Georges Mathews Le choc démographique Un exposé remarquablement clair et précis du débat fondamental auquel la société québécoise devra faire face dans les pro-iha mes années 208p 13,95$ R.Therrien et L.C.-Joly Rapport de l'AFEAS sur la situation des femmes au foyer Les résultats révélateurs d'une vaste enquête, la première sur le sujet 216p 13,95$ Michel Jurdant Le défi écologiste Un livre radical et percutant écrit par un de nos critiques les plus articulés de la société industrielle 436p 17,50$ Ronald Babin L'option nucléaire Développement et contestation de l'énergie nucléaire au Canada et au Québec 230p 12,95$ « Papiers collés », une nouvelle collection dirigée par François Ricard Jacques Godbout Le murmure marchand Le « journal » d'un de nos plus importants écrivains au pays des merveilles ambiguës de la télévision, de la publicité et des communications 156p 9,95$ Gilles Archambault Le regard oblique Un tableau satirique et décapant de la vie littéraire québécoise 180p 10,95$ Denise Lemieux Une culture de la nostalgie L'enfance dans le roman québécois, des origines jusqu'à la période contemporaine 242p 12,95$ Histoire » Histoire du catholicisme québécois dirigée par Nive Voisine Le XXe siècle — 1898-1940 (par Jean Hamelin et Nicole Gagnon) 508p 22,50$ Le XXe siècle — de 1940 à nos jours (par Jean Hamelin) 426p 19,95$ Une vaste fresque, accessible à tous, qui retrace l'évolution de la religion catholique et son rôle dans la société québécoise André Lachance Crimes et criminels en Nouvelle-France Une étude remarquable sur les déviants et les criminels dans la société canadienne d'Ancien Régime 188p 11,95$ Bruno Ramirez Les premiers Italiens de Montréal L'ongine de la Petite Italie du Quebec 136p 9,95$ Ne manquez pas de visiter le stand du BORÉAL EXPRESS au Salon du livre de Montréal à la Place Bonaventure du 20 au 25 novembre René Hardy et Normand Seguin Forêt et société en Mauricie Abondamment illustié, ce livre fait revivre le long cheminement qui, de 1825 jusqu a la C.lande Crise, a abouti à la formation de la M.uiricie contemporaine 224p 17,50$ Jean Provencher C'était l'automne I e troisième volume sur la vie rurale traditionnelle dans la vallée du Saint-Laurent, par un maître historien et conteur, qui a séduit tant les critiques que le public en général.240p.17,50$ Et en plus.Rae Murphy et coll.Brian Mulroney Ni un eloge officiel, ni une critique systématique, cette biographie retrace la montée irrésistible du nouveau premier ministre du Canada 230p 12,95$ Richard Brown Le voyage de l'iceberg f 'aventure de l'iceberg le plus célébré de l'Histoire et une description captivante du grand Nord canadien 222p 12,95$ SIRIM Alors survient la maladie Un livre de prévention, utile et accessible à tous, qui présente une approche nouvelle et montre dans quelles circonstances la maladie peut se déclencher, à la faveur de quels événements elle évolue, se stabilise ou disparaît.484p 17,50$ Jacques Hébert Voyager en pays tropical Un guide pratique pour voyager en Afrique, en Asie, en Amérique du Sud, en Dceanie et aux Antilles 304p 12,95$ Marceau Felden La guerre dans l'espace I CS deux super-puissances s'affairent à installer, avec des moyens exceptionnels, un véritable arsenal dans l'espace Quelles en sont les conséquences pour les autres et pour la paix mondiale?328p 17,95$ L'état du monde 1984 Un panorama complet, précis et accessible des grands événements économiques et politiques mondiaux de l'année écoulée Caractéristiques des 167 États de la planète 640p 16,95$ Jules Bélanger Gaspésie — visages et paysages Album de photos grand format sur une des plus belles régions du Québec 170p 25,00$ Le Devoir, samedi 17 novembre 1984 Avons-nous vécu 1984 ?Le Salon du livre de Montréal Un enfant parle aux oiseaux HUGUETTE LEBLANC UKLQUE pari fsur cette planète, ^ dans un camp de réfugiés, un enfant sort de sa tente et lance un miroir vers le ciel, espérant que les éclats de celui-ci distribuent au-dessus de sa tête les lueurs du dangereux « feu de Bengale» qui sème la mort chez les siens.Quelque part sur cette planète, un enfant ramasse les fragments et les dépose en riant sur le lit de cendres où cuit sa galette.L’enfant est heureux .Per sonne ne lui a dit qu’à chaque minute plus d’un million de dollars est déversé pour alimenter les flammes de sa destruction.Personne ne lui a dit que la terreur côtoie quatre milliards de ses semblables qui ignorent pourquoi ils doivent mourir.Personne n’a encore osé le lui dire.1984.Quelque part sur cette planète, des remparts de béton ont été érigés ou solidifiés, des cerbères ont filtré les allées et venues des passants qui avaient osé s’attarder.Le mépris et la désacralisation ont pris des proportions hors de tout contrôle.Les comportements démentiels, les atteintes à l’environnement et aux semblables, les compromissions sordides, la recherche effrénée de gains et de plaisirs immédiats ont fourni l’essentiel de nos informations quotidiennes.La mosaïque de catastrophes, de révolutions, d’attentats, de répressions, de tortures, d’instabilités, de névroses, de violences, de drogues, de chômage et de suicices, si elle n’est pas nouvelle, a tout de même changé de palier.Et pourquoi ?Parce que la montée de la peur a atteint un tel seuil, une telle intensité, que nous avons fait appel à notre dernier mécanisme de défense, c’est-à-dire à l’INDIF-FÉRENCE.Nous sommes devenus les mandataires d’une d’une politique de non-intervention, non-ingérence, ce qui, dans les faits, signifie de non-intérêt.Les clones de nos savants laboratoires, s’ils nous ressemblent un jour, seront d’énigmatiques êtres à la discrétion sans faille.Ils ne verront rien.Ils n’entendront rien.Ils ne diront rien, mais se terrent derrière leurs portes closes et feutrées.Si la paix sociale est, en 1984, à ce prix, la paix de nos consciences devrait peut-être gravir un échelon.1984.Le « Prince » nous a quittés en emportant sa couronne de fa- rine et ses gosses par la main.Derrière lui, triomphaient déjà les dévoreurs de liberté.Derrière lui, les champs de lauriers ne dissimulaient même plus les missiles Cruise, les renforcements d’Alliance, les usines d’armements pour raffermir le dialogue nord-sud, les laboratoires expérimentant les armes bactériologiques et qui permettent de distribuer patriotiquement les crédits de recherche à nos universités, en souhaitant, bien sûr, que ces armes tombent sur d’autres têtes que les nôtres.Derrière lui, les conspirateurs du silence feignant d’investiguer dans les réformes sociales, les lois touchant la prostitution en-fantine, la création d’emploi, etc., se lançaient à coup d’enquêtes une indifférence fade à faire pleurer.1984.Notre recherche collective de la vérité, de la réalité n’a pas que du vent dans les voiles.Ceux qui détiennent le pouvoir.Église ou État, ne sont qu’effleurés par nos timides remises en question.Décentralisation, place des femmes dans l’Église, partage équitable des responsabilités, etc., ont subi un épuisement prématuré en face d’une lutte qui s’annonce interminable.Un sentiment d’impuissance, mélangé de peur et de colère, est apparu devant la nécessité de survivre dans un décor jonché d’espoirs brisés.1984.Sur un trottoir de Port-au-Prince, de Managua, de Santiago, un enfant court à vive allure vers le mur de béton d’une caserne, puis, pris de peur, mais sans ralentir son pas, il ferme les yeux pour ne pas voir.Quelque part sur cette planète, un million d’enfants courent à vive allure pour faire éclater leurs cranes sur les murs de béton.1984.Nous voilà devant un terrible choix, celui d’oser soumettre notre conscience au réel ou de nous faire fleuriste.À Dublin, les enfants fredonnent toujours : « Si vous crevez un soldat anglais, dansez, applaudissez .» Faut-il s’étonner que les roses qui poussent sur cette planète soient déjà un peu plus rouges.1984.Sur une allée de Recife, de Douala, de Melbourne, un enfant se met au garde-à-vous.Près d’un puits à sec, un militaire éthiopien, sahélien, brésilien fait des clichés à la douzaine des victimes de la sécheresse, clichés qu’il revendra à bon prix aux journalistes étrangers, son appareil ayant été obtenu en échange de jeunes nubiles.En 1984, Huguefte Le Blanc a étudié en pédagogie, en théologie pastorale et en gérotonlogie.Elle a enseigné à Québec et en Afrique.Passionnée par les cultures, elle a parcouru 45 pays sur quatre continents.Écrivaine, elle a publié: Bernadette Dupuis ou la mort apprivoisée, roman, Montréal, Le Biocreux, 1980; La Nuit des immensités, roman, Montréal, Hurtubise HMH, 1983.(Photo Janis Le Blanc) HATE WEEK» Affiche de Josette Trépanier (Éditions L'Image de l’Art) sur cette planète, le pessimisme n’est meme plus une dynamique.1984.Notre experto-cratie a fait des petits.Voilà que nous utilisons le moindre prétexte pour retourner nos res- rmsabilités au destin ou Saint Malachie, à Ed- gaT Cayee ou à Nostra-dapus, ce qui revient au même.Voilà que nous informatisons les causes des génocides, les folies des dirigeants, les menaces d’exterminations, la précarité du travail .Le fanatisme incohé- rent que nous défendons pour sauvegarder nos biens et notre niveau de vie abolit tout sentiment humaniste.Nous ressemblons à un lac au fond duquel se décompose un coips.De temps en temps, a sa surface, une bulle vient éclater.Campagne Oxfam, grève dans les hôpitaux.Entraide, etc.Nous en sommes là et il faut peut-être se l’avouer.Notre fraternité en est une de « bulle ».Si le petit écran ne nous montre pas un gosse raclé par la faim jusqu’à l’os, nous ne versons pas une larme et laissons les gouvernements jeter les fonds publics dans des campagnes de publicité, dans des tourmentes idéologiques, sans nous soucier davantage du pourcentage qu’ils consacrent à la coopération internationale et à la paix de cette planète, sans nous demander si tous nos podiums, fussent-ils religieux, ne frôlent pas une cruelle indécence .En sommes-nous encore en 1984 à avoir besoin de statufier les gens de leur vivant alors que d’autres crèvent de faim et d’absence de tendresse ?Notre capacité de surmonter la peur et de verser dans l’indifférence est de haut calibre.Notre société repue se soucie avant tout de son apport en calories (combien compte-t-on d’émissions culinaires dans ce pays ?).Où est donc passée l’évolution planétaire de la conscience que nous promettait Teilhard de Chardin et sa somme de connaissances et d’aspirations qui devait former le germe collectif de la noosphère ?Où est donc passé notre socialisme planétaire ?Nos lois de survie prennent plutôt l’allure d’un mépris du faible, d’échange de ruses diaboliques pour obtenir le pouvoir et le profit à tout prix.À qui donc profitent les intérêts canadiens dans les pays du Tiers-Monde selon une telle pensée ?Nous voguons entre la naïveté et l’exploitation .1984.L’humain marchant à la suite de Faust ou de Prométhée pose avec acuité le problème de la fraternité.La négation de ses valeurs spécifiques, sans lesquelles il ne peut plus se reconnaître, valeurs d’amour, d’entraide, de compassion, le menace au même degré que le désastre nucléaire et cela est beaucoup plus difficile à admettre.Comment donc après trois milliards d’années de vie, de luttes impitoyables pour évoluer, en sommes-nous arrivés à une telle défiguration, à une telle fabrication biologique et sociale d’êtres voués à l’insensibilité?1984.Quelque part sur cette planète, un enfant a visionné le film « The day after » et a rendu à son père son costume de parachutiste (dernier cri de la mode enfantine), ses fusils au laser, ses bombardiers, ses « maîtres de l’ur.ivers ».1984.Espoir.Le monde que commencent à nous présenter les physiciens est devenu intemporel.Il paraît constitué d’éléments généralement attribués aux domaines spirituels.Il dépasse de loin les limites de l’ego et cela même dans sa phase contradictoire d’équilibre qui se situe à mi-chemin entre des actualisations et des potentialisations.Voilà la situation nouvelle qui est la nôtre : notre confrontation à la Grandeur de l’Humanité.Si nous étions plus que notre travail à la petite semaine, que notre rang social, que nos performances, que nos désespoirs .Est-il trop tôt pour envisager qu’un contrôle de notre biochimie soutienne dans l’avenir nos orientations spirituelles ?En 1968, les étudiants scandaient : « L’imagination au pouvoir ».En 1984, ils ne scandent plus.Ils font des référendums pour avoir le droit de se donner une mort « douce » en cas d’attaque nucléaire.S’il nous reste un acte essentiel, c’est bien celui d’imaginer, dans la LIBERTÉ, un futur possible et de ne plus attendre des castes dirigeantes un instrument de transformation.Les g^ouvernements et les Eglises ont fait de leur message d’amour, d’ouverture et de partage exactement l’inverse de la promesse qu’ils avaient suscitée.1984.Quelque part sur cette planète, un enfant épuise pleure en fixant le brouillard.La colombe aux larges ailes n’est pas venue.Elite s’est blessée dans les cordages, les banderoles.Ses ailes alourdies de mots et de protocoles ont préféré l’abri d’une cage dorée.L’enfant n’a rien dit, car il sait que notre société a aliéné la parole.Il sait que nous lui mentons effrontément, que nous transportons, tels des contrebandiers, nos petits pou- Suiie à la page V LE PRIX ESSO 1984 à GILBERT CHOQUETTE GILBERT CHOQUETTE la flamme ella f(X^ PRIX LITTÉRAIRE ESSO 1984 DU CERCLE DU LIVRE DE FRANCE La flamme et la forge Un célèbre écrivain étranger rencontre son destin d^artiste et d’homme à Montréal.Ce destin prend le visage d'une jeune étudiante québécoise qui va bouleverser sa vie.Grand sujet, grand roman et style superbe.400 pages 0 En vente dans toutes les bonnes librairies ¦— ^ Editions Rerre Tisseyre etudes Roy (DISPONIBUS EN UBRAIRIE) André Brochu Richard Chadbouma Maria Francoeur Paula Gilbart Lewis Carols Malançon François Ricard Ben Shak Antoine Sirois PaulSocken Irma Lérouche • L« myNw Mérar* a ntMoirt • L'luMM)W«pli« • GaxwMRoy (feidas WMraeas, Dipirtsmtnteaa WWraiurM UnhMnM Lanal, QUMae, Canada Q1K 7P4 TéMehena: (41S) S«a-7I44 Au Salon du Livra da Montréal Moaquan* 1S3 Études littéraires est une revue'de recherche qui publie trois numéros thématiques par année COUPON-RÉPONSE ?Je désire m'abonner à: Études littéraires pour 1985 institutibns 26$ particuliers 15$ étudiants 10$ ?Je désire le numéro: Qabrielle Roy/6$ NOUVEAUTÉS • Ozanam Un Savant chez les pauvres par Madeleine des Rivières 167pa^es, ill.9,95S «Vous est-il déjà arrivé de vouloir connaître la vie d’un saint, un saint qui ne soit ni sucré ni enrubanné de toutes les vertus, mais enraciné dans son temps?Alors, lisez le livre de Madeleine des Rivières.» (Jean Martel.Le Soleil) •Jésus savait-il qu’il était Dieu?par François Dreyfus 142 pages, 14,95$ Comment aurait réagi Jésus devant l'évangile selon saint Jean?Aurait-il demandé qui pouvait le glorifier avant l'heure?Ou aurait-il dit: «Oui, c’est bien moi?.Discussions de théologiens?Des arguments, en tout cas, qui permettent de mieux comprendre la personnalité de Jésus.• Le secret des Jésuites Les Exercices spirituels par Joseph Thomas 224 pages, 12,95$ Les Exercices ne prennent position ni sur la vie politique, ni sur la vie sociale.ni sur l’éducation, mais contiennent une certaine conception de l'homme.Un guide de l’hornme, du chrétien et plus précisément, ici, de l’éducateur.I • Homme et femme il les fit Pour une vie d'amour authentique par Jean Vanier 202pages, ill., 8,95$ Seul Jean Vanier pouvait écrire ce livre.Personne ne s’est, comme lui, donné aux handicapés pour en connaître tous les aspects de leur vie.Tous recevront de Jean Vanier des avis sur leur comportement dans la vie.Rien de ce qui est vie et .société n’échappe à Jean Vanier.• Mère Frédérica Giroux par Simone Poissant.C.N.D.159pages, ill., 9,95$ «Vous germerez au milieu des nations».c’est la mission que donnait Frédérica Giroux aux Missionnaires du Christ Roi qu’elle a fondées.«Mère Frédérica Giroux entre ainsi dans l’histoire de notre Église.Elle prend place dans cette galerie des Fondatrices qui ont fait surgir d’un sol parfois aride ces mille monastères habités par l’Esprit.» (Cardinal Paul-Emile Léger, préface).• Les communautés religieuses en Ontario français Sur les traces de Joseph Læ Caron par Paul-François Sylvestre 142 page.s, ill., 9,95$ «Ce livre.passe en revue la contribution importante des communautés re-ligieu.ses au développement des Franco-Ontariens» (Livre d'ici).Ce n’est pas un hommage, mais un relevé historique d’un rapport trop souvent oublié.• L’homme venu du vent Louis-Marie Grignion de Montfort par Benedetta Papàsogli 416 pages, 12 dessins, 13,00$ Lecture passionnante.L’auteure retrace l’évolution .spirituelle de Mont-fort.avec ses crises, ses échecs nombreux.ses élans et .ses rêves.Et aussi sa grande dévotion mariale.Elle analyse aussi les oeuvres spirituelles de Montfort.Salon du livre de Montréal Stand 464 èdîtioni ûellatmin U 8100, boul.Saint-Laurent Il Montréal (Québec) Canada H2P2L9 — Tél.: (514)387-2541 Avons-nous vécu 1984 ?Le Salon du livre de Montréal Le Devoir, samedi 17 novembre 1984 Sur la piste d’Éros MARCELLE BRISSON « Winston se demanda de nouveau pour qui il écrivait son journal.» alors que pour Big Brother : « Le crime de' penser est la mort.» Georges Orwell, 1984, p.45 y^REMIKR janvier #^984: Urgence d’é-crire pour quelqu’un alors que penser n’est pas encore un crime.L’ombre de Big Brother plane sur le monde.Mais si le Grand Frère avait un lointain jumeau ?Si les structures de domination étaient gémellaires ?Gigantesque pas de deux sur l’écran international.Et les petits chefs de rentrer dans la danse.Oui, le totalitarisme sévit un peu partout.Il y a la crise économique et les menaces de guerre nucléaire.Mais je discerne un autre danger : que les visions dramatiques de notre époque donnent lieu à un discours apocalyj)tique.La réalité s’y prete, et l’on approche de l’an 2 000.Dénoncer le millénarisme ! Et surtout les sectes qui déjà entrevoient le Cavalier bondissant sur son cheval blanc pour abattre la Bête.6 janvier : L’étoile, c’est cette recherche que j’entreprends à plein temps à partir de ce semestre.Un défi au mitan de ma vie, un coup d’espoir après luttes et décret.Pour moi l’acte de penser ; regain de vie, j’espère.Second — ou troisième souffle ! Ne pas décrocher de mon temps, de notre histoire, c’est impérieux.D’où cette quête de nouvelles images érotiques, .après la contestation du mythe de l’Amour éternel.La question essentielle serait celle-ci : à une époque où circulent librement des images pornographiques pas très subtiles et souvent violentes, en contre-partie à des formes idéalisées et désuètes de l’Amour, sans grand pouvoir mobilisateur, y a-t-il place pour des représentations autres ?Comme fond de scène à mon interrogation : Le bal d’Ettore Scola.La danse invite les couples à se former.indéfiniment.Le désir circule.mais les images sont stéréotypées et impuissantes.Bros crie, le film demeure muet.1er février: Une neige douce et fine est tombée cette nuit.Encore un peu de brume dans le matin.Je pense à ces images qui flottent dans l’air quand la société vit des transformations radicales.Elles émergent après un long déplacement.Mais on ne les voit pas.Leur procès de concrétisation s’accomplit dans l’oeuvre des poètes, des artistes, des créateurs, sensibles au dynamisme de la culture et soucieux de nouveau signifiants pour les exprimer.Parmi ceux-ci, les marginalisés, à l’affût des brèches dans le tissu social, pour inventer des formes de survie.Je pense particulièrement aux femmes.Philosophe, essayiste et professeure, Marcelle Brisson écrit sur le féminisme.Elle a dirigé des ouvrages collectifs sur l'état céli-baire et sur l’érotisme.Elle est aussi l’auteure d’un essai sur l’amour: Plus jamais l'amour éternel ou Éloïse sans Abélard, Montréal, Nouvelle Optique, 1982.Fin février : Pendant que j’élabore mes concepts théoriques, je suis à l’affût de notre réalité québécoise et de ce qui se passe un peu partout.La Commission d’enquête fédérale sur la pornographie et la prostitution vient siéger à Montréal.Je demande à m’y faire entendre.Dénoncer la violence des modèles sexuels qui s’exercent contre les femmes et les enfants et montrer leurs liens avec la phallocratie, c’est urgent et plusieurs associations le font.Mais je distingue l’érotique de la pornographie : il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain ! Les vendeurs de porno se parent du prestige de l’érotisme.Confusion.La différence radicale entre l’un et l’autre, c’est que l’objet érotique n’existe pas comme tel, c’est l’expérience qu’on fait qui est érotique, tandis que l’objet porno existe bel et bien.Il est commercial et fonctionnel, c’est dire qu’il doit exciter sexuellement et se vendre d’où un code extrêmement simple qui assure sa lisibilité.Mars : Visite éclair à New York.Nos voisins relèvent à nouveau la tête depuis que Reagan pince la corde de la fierté nationale.Et à quel prix ! Mais New York est New York et je m’y plais bien.Rendez-vous à A.I.R.Gallerie (féministe) où je rencontre la directrice Bérénice Raynaud qui me met en contact avec Joan Semmel.Cette artiste fait des nus sur la plage, d’elle même, seule ou avec son ami, à partir de photos, la caméra étant à la place de sa tête.Ainsi les personnages ne sont plus du tout en représentation : aucune pâture pour l’oeil voyeur.Ils sont aussi plus grands que nature : ce qui les déréalise.on dirait des paysages de chair.L’autoportrait est une pratique des artistes féministes très significative : les femmes se prennent en main et offrent d’elles les images qu’elles désirent.Ainsi Mary Beth Edelson (que j’ai aussi rencontrée) qui se photographie comme un lieu pour une déesse, car dit-elle, c’est ce que nous sommes au pluriel — tandis que la Québécoise Marion Wagschal elle, se montre avec des bi- Oiseaux Suite de la page IV voirs d’un territoire à un autre, que nous sommes des « pitres » aux mains liées.Alors, pourquoi nous étonner s’il n’applaudit pas ?Sur la place désertée de Fort Simpson, un enfant dessine un arc-en-ciel entre les herbes pendant qu’à Rideau Hall on trinque à notre capacité de respecter les horaires.Qui a dit qu’il y avait eu une année des communications ?Nous sommes en face d’une tentation d’abdication qui risque de s’étendre sur nous comme une toile d’arai- fnée et de nous amener regarder sans voir, à accepter sans comprendre.1984.Écrire pour entretenir l’espoir envers cette société technolo-gico-industrielle et les humains qui en forment les rouages.Écrire pour ces sociétés fragiles et vulnérables qui se momifient devant leurs téléviseurs, dans leurs ghettos, leurs camps, les villes surpeuplées, leurs favellas où enfants et parents dorment encore dans les dépotoirs et y cherchent encore leur maigre pitance.1984.Sur ma table de travail, un manuscrit à compléter.Des fragments du temps envahissent mon espace.Un cri « Ne brûlez pas les acacias » sur une couverture.Un désert.Dakar.Mopti.Paris.Au-dessus de cette planète, l’astronaute Garneau survole Fort Simpson.Il n’y a plus de brouillard.Un enfant parle aux oiseaux.goudis pour ne pas gommer la réalité quotidienne.(Narcissisme ?À mettre en rapport avec les écrivaines féministes françaises et québécoises dont l’oeuvre est souvent autobiographique et les textes sont très « jouissifs ».On dirait qu’il y a un érotisme au masculin suscité nar l’interdit, tandis qu’Eros au féminin serait relié au plaisir plus immédiatement).Contraste frappant entre ces oeuvres et la belle exposition d’Yves Saint-Laurent au Métropolitain Museum.Là, les femmes sont vraiment pensées par l’homme et pour l’homme.Des poupées et des mannequins.10 avril : Paris — Les documents s’accumulent; la réflexion s’élabore au cours de longue marche, s’articule a la table de travail.Serait-il possible de cheminer dans le monde du désir avec le seul désir comme baguette ou pendule ?Être des sourciers (des sourcières, même si Bachelard dit que le magnétisme du sourcier est masculin ! ) dans les forêts épaisses de cultures millénaires et les clairières plus avenantes de notre contemporanéité ?Comme ü est écrit au frontispice du Musée de l’homme : seul le désir ouvre la porte de ce lieu.(Valéry).Sans doute n’est-il pas dit que le savoir raisonné méthodique n’ait pas à être mobilisé, surtout s’il demeure près de sa source et s’il n’est pas organisé en pouvoir.Pour que mon désir colle à son objet et l’éclaire des approches « plurielles » comme dirait Barthes.Mai : Paris, toujours.Foule de badauds, place de la Sorbonne.Je m’approche : des adolescents sur une seule rangée, face au public font des gestes comme des poupées mécaniques au son d’un magnétophone.Chacun fait à tour de rôle son numéro en bougeant les doigts, puis la main, les bras, le cou, etc.C’est le smurf.Je suis vraiment prise par ce spectacle et le public aussi.Commentaire du 10 novembre.Je lis dans Esprit : « Drôles de gamins-machines, petits robots paradoxaux à l’élasticité de ressorts, au tournoiement de toupies, des centaines de petits Narcisses ».Je suis les séminaires d’Hélène Ci-xous, de Françoise De-roux et de Lucette Finns.Juin : Gaston Miron fait la vedette du Forum des Halles, à trois reprises.Jean-Pierre Faye dit de lui : ce poète qui a créé le langage québécois.Miron proteste : avec d’autres ! C’est vrai : l’Hexagone et Miron furent un lieu d’é- mergence d’une nou velle image de l'Homo quebecencis.Celui qui enfin s’accepte comme il est et s’aime.Mais que de fréquents retours en arrière nous opérons.Il est difficile d’aimer comme chante Vi-gneault.de s’aimer.1er juillet : Dans l'avion vers Montréal.Déjà six mois que je vagabonde dans le monde d’Éros.Un premier trait de ces images autres ; elles sont globales, parlent à tout le corps et sy-nesthésiques ; elles établissent des correspondances entre les différents sens.Images foisonnantes émises par des sources multiples, formes et couleurs, lumières, bruit, timbres, sons et silences, paroles, cris et voix, senteurs et saveurs, effluves.baisers.Mer de sensations.Alchimie des fluides.Des solides aussi.Jeu de métaphores, certes, mais toujours en liaison avec la peau et la chair du monde.Deuxième trait : je discerne une matrice que j’appellerais « nar-cissienne » car les images autres impliquent une affirmation et un amour de soi dans la fragilité même de son être.Relire autrement la légende de Narcisse.Le concept d’individu se trouve valorisé.Clé pur lire le social aujourtf hui.Ne pas opposer amour de soi à amour des autres mais à pouvoir et à domination.(Ces questions seront développées dans Objets II pour la philosophie.Collection dirigée par Marc Chabot et André Vidricaire.Édition pantoute, Québec, 1985).1.Plus jamais l'amour éternel.Nouvelle Optique, Montréal, 198T.Cet^ année, offrez en cadeau de belles heures de lechtre et recevez, en retour, des félicitations pour , votre bon goût! Aux «iamift 474-475-476 de VLB ÉDITEUR, vous trouverez tout notre fonds, soit plus de 180 titres pour tous les goûts, ainsi que les nouveautés suivantes; ZELDA du théâtre de Johanne Beaudry ENTRE LA SAINTETÉ ET LE TERRORISME des essais de Victor-Lévy Beaulieu AXES ET EAU des poèmes de Louky Bersianik EN VILLE du théâtre d’Êlizabeth Bourget LA BALLADE DU PEUPLIER CAROLIN des nouvelles d’HaroIdo Conti, traduites de l’argentin U LETTRE INFINIE des textes poétiques de Madeleine Gagnon LES NEIGES, suivi de LE BONHOMME SEPT-HEURES du théâtre de Michel Garneau VOYAGE EN IRLANDE AVEC UN PARAPLUIE un récit de Louis Gauthier LA TABLE D’ÉCRITURE des essais de Philippe Haeck DEVANT L’ÉTANG un récit de Lise Harou MISS EMILY ET U MORT des poèmes, de Michael Harris, traduits de l’anglais LE PARADIS GLOBAL un récit de Jocelyn Pagé À QUI LE P’TIT COEUR APRÈS NEUF HEURES ET DEMIE?du théâtre de Maryse Pelletier PLEURER POUR RIRE du théâtre de Marcel Sabourin LA FOLIE COMME DE RAISON des témoignages du collectif Solidarité-Psychiatrie Du 20 au 25 novembre, venez rencontrer ces auteurs et voua procurer notre nouveau catalogue.VLB ÉDITEUR fa petite maison de la grande littérature 918, rue Sherbrooke Est Montréal H2L 1L2 Tél.524-2019 Parti Québécois Un livre-événement Les Editions Libre Expression annoncent la parution de Le Parti québécois, l'histoire d'une période tout à fait exceptionnelle de l'histoire politique québécoise et canadienne Un livre qui nous fait pénétrer dans les coulisses du pouvoir à travers les confidences des personnalités fortes du Parti Le Parti québécois, un livre-événement écrit par le journaliste Graham Fraser correspondant à Québec du Globe and Mail.L'ouvrage sera disponible dans toute les librairies le 26 novembre prochain.Une « tragédie aux dimensions épiques » Stanley Karnow est un spécialiste de politique étrangère, il a orchestré le magnifique document télévisé consacré au Vietnam (diffusé par PBS) M.Karnow vient d'é-crire Vietnam, un livre paru aux Editions Libre Expression/Presses de la Cité qui dresse le bi lan complet de cette guerre qui fut « une tra gédie aux dimensions épiques ».Vietnam est un document choc qui nous fait connaître l'horreur des champs de bataille et les secrets des généraux.À ne pas manquer.( harks I .mkH du ( tiiiud:i »pn‘s l’k-rrt'l'llicilt IrudtHii Ou rouge au bleu Les Héritiers, un livre qui permet de saisir la mécanique du parti libéral.L'histoire de trois hommes: Pierre E.Trudeau et les deux héritiers en lice: John Turner et Brian Mulroney.Le journaliste Charles Lynch, auteur de Les Héritiers analyse la lutte que libéraux et conservateurs ont mené pour le pouvoir.Les Héritiers, paru aux Editions Libre Expression Dynasty 2 Dynasty, la série télévisée, est le grand succès de l'heure.Les intrigues, liaisons et vengeances font partie de l'univers de la famille Carrington.Les tomes 1 et 2 du livre Dynasty publiés aux Editions Libre Expression aident à saisir les liens qui unissent ces magnats du pétrole.Dynasty 1 et 2, des livres destinés aux télé-philes.àlire chez Li[f€ EXPh^ion La Mère d'Edith: un succès à souligner La Mère d'Edith, le témoignage d’Edith Fournier qui traite du vieillissement et de la mort de sa mère, a été sélectionné l'un des dix meilleurs livres de l’année par l’association des libraires La mère d'Edith La Mère d'Edith est en lice pour le Prix du public du Salon du livre de Moniréal Edith Four nier sera également l'invitée de Lise Payette vendredi le 23 de 15h à 16h sur le thème: Quand la littérature devient thérapie.Sur la scène centrale au salon du livre.et i’homme devra enfanter Christine L’Heureux, l'essayiste ayant écrit L'orgasme au féminin commence sa carrière de romancière par un sujet choc.Le Dernier Recours est un récit surprenant: un virus entraîne la disparition des femmes et les hommes sont obligés d'assurer la reproduction.Un homme se fait implanter un embryon dans la paroi abdominale.Le Dernier Recours, un sujet brûlant à l'heure des fécondations artificielles et des transplantations inter-espèces.La condition mascuiine Bertrand Gauthier est éditeur à La courte échelle et auteur de charmants livres pour entants.Il a commencé en 1982 une carrière d'écrivain « pour adultes » avec Les Amantu-res, un roman consacré à la vie amoureuse.Il donne maintenant le point de vue d’un homme sur la condition masculine dans Le Beau Rôle, un roman grinçant, à la fois humoristique et sérieux.Sawinne Pour l’amour de Sawinne, publié en coédition par Libre Expression à Montréal et par Sand à Paris, est le dernier volet du cycle taurin de Roger Fournier.Cette tétralogie (La marche des grands Cocus, Les Cornes sacrées, Le Cercle des arènes et Pour l’amour de Sawinne) conjugue passions humaines, amour de la terre et mythologie.L’auteur sera invité en compagnie de Christine l'Heureux au débat mené par Lise Payette sur l’érotisme dans la littérature, dimanche le 25 novembre sur la scène centrale au Salon du livre.JEAM-YVES SOUCY 8, P H A N Qui est Erica?Erica?C'est une adorable petite personne qui a littéralement envahi la vie de Louis.Erica?C'est le dernier roman de Jean-Yves Soucy.C'est un regard amusé sur les rites de la séduction, un roman fantaisiste qui délivre du quotidien et fait sourire.Jean-Yves Soucy, auteur de Un Dieu chasseur et de Parc Lafontaine sera maître de cérémonie lors du spectacle d'ouverture du Salon du Livre de Montréal le 20 novembre prochain.Radio-thérapie Henri Martin-Laval, auteur de Vaincre la déprime ainsi que du tout récent Bien dans sa tète est le psychologue bien connu qui présentait la chronique hebdomadaire « Bien dans sa tête » à Radio-Canada.Il est à présent chroniqueur à rémission de Suzanne Lapointe à CJMS et coanime chaque semaine une ligne ouverte en compagnie de Suzanne Monange.Il sera présent au kiosque de Libre Expression pendant le Salon du livre.m Jean-Charies de Fontbrune à Montréai Invité officiel du Salon du livre de Montréal.Jean-Charles de Fontbrune est le célèbre auteur de Nostradamus.Il publie Histoire et prophétie des papes, une coèddion Libre Expres-sion/du Rocher.Un document passionnant qui explique le règne des papes et présente les prophéties de Malachie.un moine irlandais du Xlle siècle Jean-Charles de Fontbrune sera présent au kiosque 350 des Editions Libre Expression.Un critique devient romancier Régis Tremblay, critique au journal Le Soleil a écrit son premier roman Le Voyeur fidèle où les personnages sont atteints d’un mal de vivre à l’image de cette fin de siècle.L’auteur de Le Voyeur fidèle présente une nouvelle forme d’amour courtois.«J'al beaucoup aimé dans ce roman la finesse des portraits, la justesse de la psychologie.» Réginald Martel, La Presse, 3/11/84 I8ab6lie Jodoin Des lettres que l’on aurait dû écrire Solange Gendron est une femme d'affaires de Laval, directrice de la publicité du Centre Laval.Elle est également une femme de coeur qui a commencé à écrire pour la radio sous le nom de Isabelle Jodoin.Ses lettres sont lues chaque dimanche matin sur les ondes de CIME FM.Devant le succès et la demande incessante des auditeurs, les lettres d'Isabelle sont devenues le livre Confidentiel, publié aux Editions Libre Expression.Une visite au Salon du iivre De nombreux écrivains vont se succéder au kiosque 350 des Editions Libre Expression.Pour rencontrer les auteurs des livres de la rentrée mais aussi pour revoir des personnalités telles que: Pierre Olivier, Ghislaine Meunier-Tardif, Michèle Morgan, Elaine Bédard et Alexandre de Bothuri, Jean Paul Cofsky ainsi que Hélène-Andrée Bizier.disponible dans toutes les bonnes librairies VI B Le Devoir, samedi 17 novembre 1984 Avons-nous vécu 1984 ?Le Salon du livre de Montréal Lettre à Sarah ou comment être Québecois(e) en 1984 LISE GAUVIN Extrait de Lettres d’une autre, essai-tiction a paraître très prochainement aux editions de L'Hexagone (coédition Le Castor Astral) U NK Persane récemment arrivée au Québec pour y poursuivre des études littéraires fait part à une amie restée en Perse de ses étonnements, de ses questions et de ses commentaires.Comment peut-on être Québécois(e) se demande-t-elle de mille et une façons.Le fragment qui suit porte sur les hommes et les femmes, en 1984 t’hpre Sarah, Vfalgré leurs airs d'affranchies, les femmes québécoises ne semblent guère plus a\ ancées que nous dans la conquête de leurs libertés ' plusieurs d’entre elles me font penser aux silhouettes \oilées qui fréquentent encore nos marchés et nos rues.Théoriquement, elles ont tous tes droits.Pratiquement, très peu de pouvoir, .sinon celui des obscures responsabilités quotidiennes, de « faire aller la roue », de faire marcher des systèmes dont le mécanisme souvent leur échappe Même dans les miheux de \ingt à trente ans que je fréquente, les filles sont « bons seconds » et s’accomodent facilement du rôle de « support moral et matériel » que les garçons leur laissent occuper généreusement.P^n apparence, la société québécoise n’est pas sexiste les messages publicitaires montrent de plus en plus d’hommes la\ ant la vaisselle ou passant l’aspirateur, de femmes conduisant des camions.Certaines blagues ne se tout plus, du moins devant les femmes On a appris à « faire attention ».Mais sous cette surface récemment polie, les comportements ont peu changé.Une femme est-elle nommée à un haut poste qu’on s’empresse de laisser courir les bruits les plus extravagants sur sa vie privée, la traitant de nymphomane ou de virago Comme ’si du coup toute la gent masculine était menacée ! J’ai appris qu’il y a quelques années au Québec, les étudiants évitaient scrupuleusement de fréquenter leurs consoeurs étudiantes.Il fallait que la fille ait un degré d’instruction de moins que le garçon la paix du couple était à ce prix .Aujourd’hui des hommes se plaignent que trop de femmes parlent haut et fort.Trop ?On les compte sur les doigts de la main.C’est déjà trop, disent-ils.On agite le spectre du Female Power Comme au Manitoba, on a inventé le mythe du PYenclj Power pour faire taire les six pour cent de parlant français.( .)Voilà que je te parle des hommes et des femmes comme s’il y avait une collectivité mâle homogène devant une collectivité femelle non moins umforme.Je précise donc, au cas où tu en douterais, que mes généralisations plurielles ne sont que l’addition des observations singuhè-res que j’ai pu effectuer, au hasard de mes rencontres et de mes lectures Si je te les communique, c’est é\idemment pour satisfaire ta curiosité mats aussi parce que ma condition de nouvelle arrivante m’a poussée à m’interroger davantage que les Québécois et Québécoises de vieilles souche sur eux-mêmes et leurs comportements.Liste des prix Professeure, critique littéraire, essayiste.Lise Gauvin est aussi présidente de l’Association des éditeurs de périodiques culturels du Québec Elle a publié un essai.Parti Pris littéraire, aux Presses de l'Univer-site de Montreal en 1975 Elle a préfacé en 1983 chez Maeght-Lelong à Pans l’exposition Riopelle.son texte intitulé Trois fois passera a paru au catalogue de l’oeuvre et dans un album d’art que Riopelle a intitule Cap Tourmente Elle fait paraître ces jours-ci un essai-fiction dont est extrait le texte publié ici: Lettres d’une autre, un ouvrage publié à l’Hexagone au Québec et à Castor Astral en France.(Photo Kéro) Que de ménagements, que de détours, que de préambules, n’est-ce pas ?Les hommes sont-ils à ce point susceptibles qu’ils n’acceptent aucune opinion qui aurait une autre visée que de remonter d’un cran leur piédestal ?Pas susceptibles, mais vulnérables à cause des blessures d’orgueil que leur inflige le féminisme.D’ailleurs le mot lui-même est devenu une .sorte de parole rentrée, qu’on ne prononce plus qu’en chuchotant II évoque aussitôt, pour bien des hommes, l’image d’une Diane guerrière, commandant à une armée d’amazones aux dards empoisonnés.Quelle dérision, quand les femmes elles-mêmes essaient tant bien que mal de se dépêtrer de leurs complexes de Cendrillon ou de Jo-caste.Quand une bonne partie des filles rêve encore au grand amour qui viendrait donner sens à leur destin '' Mais la société québécoise a vécu, en quelques années, de tels bouleversements ( mdustriahsation, laïcisation, démocratisation de l’enseignement, indépendantisme, échec référendaire, etc.) que chacun se trouve comme déséquilibré, obligé de faire des prodiges d’acrobatie pour ne pas se retrouver sur le trottoir, les quatre fers en l’air, comme quelqu’un qui vient de ghsser sur une peau de banane.En fait, j’ai l’impression que chaque Québécois, sans trop l’avouer ouvertement, se sent intérieurement comme s’il avait rencontré sa peau de banane.Certains disent que c’est la faute de René Lé-ve.sque, d’autres que c’est la faute du féminisme, ce qui dans bien des esprits, revient au même.On a les boucs émis.saires que l’on peut Pour en revenir à ce féminisme que l’on désigne toujours au smguher sans jamais prendre .soin de la mettre en contexte, je me suis amusée, l’autre jour avec une amie, à tenter une esquisse (tu vois comme je suis prudente ') de typologie des atti- tudes mâles québécoises face à ce phénomène.Nous en sommes venues a établir, aussi scientifiquement que possilbe mais toujours d’après un relevé empirique, quatre grandes catégories Je tiens à préciser qu’il n’y a pas vraiment d’étanchéité entre les catégories en question et que toutes peuvent se retrouver simultanément dans la même viUe, bien que, d’après ce que j’ai entendu dire, elles seraient apparues chronologiquement.D’abord l’attitude symphatisante, généreuse, de ceux qui .se sont sentis mal à l’aise après avoir pris conscience de l’extrême disparité de leurs privilèges par rapport à ce que Ton exigeait des femmes.Ceux-là se sont mis à faire des courses, à changer des couches et à partager des tâches tout en se cachant pour lire Playboy et Penthouse.Parfois ils détournent les yeux avec pudeur des seins des filles, qui ne leur en demandent pas tant Ce sont, à toutes fin utiles, des héros.N’ont-ils pas balayé d’un coup des siècles de suprématie mâle ?Ils seraient heureux - car à gagner des compagnes on ne peut que se réjouir - si leur collaboration était toujours reconnue à son juste mérite Mais « on » oublie parfois de leur expnmer toute la gratitude à laquelle ils ont droit.Ils .se trouvent alors incomprLS, parfois seuls devant la télévision et se demandent, finalement, s’ils ont vraiment gagné à l’échange Ils ont du mal à recoller les pièces de leur identité perdue dans les mille et une tracasseries quotidiennes.Il leur arrive même de rêver à ce temps béni qu’on appela le patriarcat, qui donnait aux femmes la royauté absolue de la cuisine, alors une belle grande pièce avec poêle ronronnant, pendant qu’ils avaient eux-mêmes la jouissance non moins absolue de leurs horaires et de quelques autres petites choses, dont l’État.Une autre attitude aussi fort ré- pandue consiste à traiter le féminisme avec ironie et à exercer sur ses momdres mamfestations, dans la plus pure tradition moliéresque, la censure impitoyable du ridicule.Une femme parle-t-eUe de sa difficulté de surmonter les contraintes liées à sa condition historique qu’on la soupçonne aussitôt de narcissisme, de nombrilisme, de collectivisme (sic), quand on ne dit pas carrément qu’elle a les menstruations indiscrètes ou qu’elle prépare mal sa ménopause.Ces males-là sont en général très pohs quand on les rencontre.Ils font semblant de vous écouter.Vous répondent même à l’occasion.Mais dès que vous avez le dos tourné, iLs tirent le rideau sur ce que vous avez dit ou fait, l’ignorent ou le mettent en pièces.J’ai été stupéfaite de constater un jour que cette attitude s’était personmfiée, qu’elle avait même un prénom.Cette enquête officieuse nous a permis de détecter une troisième attitude face au féminisme.Celle qui procède à la fois de l’étonnement et de l’incrédulité et qu’on pourrait caractériser par la phrase célèbre de César : « Et tu quoque, Brutus ».Ces hommes s’adressent généralement aux femmes mstruites, normalement constituées, occupant un emploi relativement bien rémunéré et bien vu socialement.On leur fait entendre qu’elles n’ont pas « besoin » du féminisme et que la société est plus que jamais bien disposée à Tendroit des femmes.N’ont-eUespas elles-mêmes « réussi » et accomph ce qu’elles voulaient ?Ceux qui tiennent de tels propos sont généralement prêts à faire eux-mêmes confiance aussi bien aux femmes qu’aux hommes.Cette attitude est celle que je qualifierais de Cité libriste par rapport à celle de Parti Pris : croyance au pouvoir magique du talent, de la compétence, à une certaine forme de libéralisme qui finit par récompenser la vertu.Mercredi ‘21 novembre 17h, sur la scène centrale Remise des prix des concours littéraires organi.sés conjointement a\ec la Commission des Écoles Catholiques de Montréal, le journal La Pre.sse et le Salon du Livre de Montréal •leudi 22 novembre 17h, sur la scène centrale Prix Belgique/Canada Vendredi 2.3 novembre 17h, sur la scène centrale Pri\ du Public en collaboration avec le journal La Pres.se Dimanche 2,5 novembre 16h, sur la scène centrale Remise des prix des concours organisés par l.oisir Littéraire du Québec Toutes les revues, tous les sujets, 0 actualité 4ii-slm E arts 0 commence 0 enfants-adolescents 0 informatique 0 littérature 0 mode - haute-couture 0 mots croisés 0 sciences 0 sports et loisirs 0 autres.¦ ça rKi'imtéresse.k mabome ! écrivez a PERIQDICA G P 444, Outremont Qué H2V 4R6 (514) 274-5468 AGENCE INTERNATIONALE D'ABONNEMENT Çperiodica) Stands 303-304-305-306 DANS CE NUMÉRO VOLUME 9 AUTOMNE 1984 le syndicalisme à l'épreuv* du quotkflen Cl ICMTUSES r-rsr ./-'C-Ki syndicalisme, a I épreuve du quotidien Miroirs chiffrés Lemaire Lettre ouverte d*un « militant de la base • Réflexions autour de réalités chères Ràvmonde Savard 35 Syndiquer avec amour •( Sur un livre de Ginette Lépine ¦» André Thibault 47 Le droit à la différence Claudine Bertrand 59 Courants fragiles Susy Turcotte.69 Du côté de la technologie André Bouthillier 81 La santé et la sécurité au travail Marcel Simard Dix ans de participation ouvrière Paul-André Boucher 99 Un nouvel acteur social l’usager David Descent, Martin Robitaille.Gilles Simard 113 Table ronde* Voies nouvelles Louis Fournier.Francine Lalonde Céline Saint-Pierre 129 Un amour de Wamz Michel de Celles 155 SUR LES CHEMINS DE L’AUTOGESTION Le fonds de solidarité des travailleurs du Québec Louis Fournier 171 Blues clair Patrick Straram 187 COURTEPOINTES ET POINTES SÈCHES.203 Abonnez-vous à POSSIBLES Comité de rédaction: Rose Marie Arbour Francine Couture Marcel Fournier (jabriel Gagnon Lise Gauvin André Thibault Secrétariat et administration: Suzanne Martin Collaborateur«(trices)' Marie Bouchard Roland Giguère Gaston Miron Marcel Kioux Marcel Simard Bulletin de commande Nom Adresse Ville.Province Occupation .Code postal ci-joint mandat-poste au montant de 15,00$ pour un abonnement à quatre numéros a com'pter du numéro .Abonnement institutionnel: 25,00$ Abonnement de soutien: 25,00$ le no: 4,95$ Revue Possibles, B.P.114, Succursale Côte-des-Neiges, Montréal, Québec, H3S 2S4 Pour eux.le mouvement féministe est un défi à l’universel et à la raison C'est le discours de Trudeau contre celui de Lévesque Une argumentation analogue ne lui sert-elle pas à dire au Québec que ses désirs ne sont pas raisonnables, que ses revendications .sont injustifiées ?Que, vraiment, la belle province n’a aucune raison de se plaindre et de compliquer la vie de toutes les autres ?Comme le Québec sur l’échiquier fédéral, les femmes se retrouvent souvent encore dans une proportion d’une sur dix dans les différents conseils d’administration Ce sont les na-tionah.stes québécois eux-mêmes qui essaient de leur faire comprendre que le fémmisme est un virus dont elles peuvent s’exempter Surtout si elles ne sont pas trop mal tournées.C’est ce qu'on m'a dit entendre parfois à Québec dans certains milieux, alors qu'à Ottawa, au contraire, on commence à comprendre tout le capital politique à tirer d’en engagement pro-féministe bilingue qui permet de considérer comme nulle et non avenue la petite frontière québécoise Ceux qui disent que les femmes n’ont pas besoin du féminisme oublient généralement que c’est à cause du féminisme que les femmes peuvent se passer .du fémi nisme(.) Personnellement, je ne vois pas en quoi une femme qui revendique sa double appartenance comme femme et comme québécoise porte atteinte à l’intelligence et au bon sens Une quatrième et dernière attitude répertoriée est celle de la contre-attaque Les hommes réagissent, menacent, reprennent l’offensive.Les femmes ne les ont-elles pas réduits au statut d’opprimés, de faibles, de parias ’’ N’ont-elles pas pris toute la place '' Virginia Woolf, c’est nous, disent-ils à leur tour.Certains d’entre eux se réunissent, se cotisent, lor-ment des coalitions,, non plus pour parler des affaires d’Ètat, comme on a toujours fait dans les clubs très « sélects », mais pour bavarder simplement de leurs performances sportives ou amoureuses.Les sociétés secrètes ressurgissent, interdites aux femmes.D’autres lèvent les bras au ciel, jettent les hauts-cris et jurent sur la tête de leur mère qu’ils n’ont jamais songé à violer ni à battre une femme Tout au plus avoueront-ils qu’ils ont déjà pincé les fesses de leur petite soeur D'autres enfin, enfreignant la loi du mutisme que leur auraient imposée les femmes, osent dire tout haut, sans craindre d’être traités de phallocrates ou de misogynes, ce qu’ils pensent tout bas Ils en ont marre ' De quoi ?De l’écriture des femmes, notamment : « Elles parlent de leurs bobos et de leurs bibites, décrivent dans le menu détail leurs nombrils et leurs vulves, leurs odeurs, leurs crampes et leurs menstrues et leurs orgasmes clito-ridiens et vaginaux » ( L’.Xctualité, mars 1984).Du féminisme et des féministes ensuite Ça les énerve.Ils se croient les victimes d’un vaste complot, se manifestant par ce qu’ils nomment « le syndrome du bourdon », dont le but serait l’élimination des mâles après usage.Selon un (vrai] psychiatre, le féminisme serait meme responsable de la fin du discours amoureux.Vome de la mort du désir.(.).Encore un peu et on accuserait les féministes d’être la cause du viol, de l’inceste et de l’impuissance.Syndrome du bourdon Plutôt résurgence du mythe de Pandore qui voulait que la femme ait été à l’origine de tous les maux dont souffre l’humanité.( .).Je veux bien croire qu’il y a, dans la dernière attitude décrite, une bonne part de provocation.Mes relevés statistiques me prouvent toutefois que celle-ci est plus répandue qu’il ne paraît et que seule la peur de .se faire taper sur la tête évite de la manifester davantage.Les enfants gâtés ne gagnent plus systématiquement la fève au gâteau des rois.Ca-ta.strophe, l.a défense s’organuse.On déclarera bientôt la Loi sur les mesures de guerre Mais non sans avoir auparavant fait la grève de l’amour.Pendant ce temps au Mamtoba, on se défend du French Power qui menace l'intégrité Canadian.Au plaisir de te lire bientôt, Roxanne e LES ECRITS DES FORGES INC.2095, rue Sylvain, Trois-RIvièrea, Québec G8Y 2H6 NOUVELLES PARUTIONS AUTOMNE 84 GERMAINE BEAULIEU Archives distraites (octobre) complice de liaisons seuretes 5,00$ CLAUDE BEAUSOLEIL Les Livres parlent (octobre) “Ici le critique ne fait pas un bilan a froid mais une lecture a chaud des thématiques et des écritures il sert d introduction ( ) a notre histoire littéraire au present ¦ preface de Jean Royer 15,00$ JOSEPH BONENFANT Grandes aires (octobre) Insinue de I avenir en parlant des faits bruts 8,00$ JEAN CHAPDELAINE GAGNON entretailles (novembre) Un regard qui glisse ou qui se perd entre deux feuilles entre 1 ecorce et la chair 5,00$ JEAN-PIERRE LEROUX Papier sans bords (novembre) Ecrire pour fixer ou vont mes yeux De la vue au froissement { } i image déchiré son poids jusqu a 1 intention • 8,00$ MICHEL MUIR Les Jardins de l’aujourd’hui (novembre) Vivre dans un perpétuel éclatement des veines» 5,00$ MARCEL OLSCAMP A gauche du mystère (novembre) «Entrons aans la nuit les choses tremblent» 5,00$ ELISE TURCOTTE Navires de guerre (octobre) 5,00$ -Je naviguerai ailleurs (jans la clarté du doute Au Salon du Livre de Montréal Stand 175B LES ÉCRITS DES FORGES INC.2095, rue Sylvain, Trois-Rivièraa, Québec G8Y 2H6 < LU 'et intense, un personnage.Puisque mon Vchat est mort tout à ^l’heure, je ne vois pas jqui d’autre « nous » pour-, rail être.j Intimement, janvier.».Il fait froid dans ma /chambre aussi, la pein-*s lure s’en va.La nuit der-» nière j’ai mal dormi à j cause de cet enfant tué, ; l’accident pendant qu’il cherchait mon âge dans * mon cou.Il s’appelle Vincent, simplement ^Vincent, même de son »¦ nom il est détaché.; l'évrier, les mains po-( sées sur la surface wise '¦ et tiède du calorifère ; * une extrémité de rassu-,*rée, la première, celle J d’où viennent les cares-** ses et les mots des his-/ loires écrites.Là où le K doux transpire, les feu-f trines de sa voix me tou-; chent à présent.( Mars, l’indigence.5 Mon chat et moi avons i faim.Dans quelques /jours, j’aurai vingt-huit ans.A l’extrême de moi-i même, la survie ; la mé-J moire de l’enfance, pe-»; tiles robes aux nids d’a-( beille et tant de barbe à \ papa durcie sous les ^ plombages qu’il y a des * jours où pour toute nour-t riture il ne me reste qu’à jî manger mes dents.\ Avril, dans le train /Paris-Bruxelles ; j’ai « senti un homme avec / mon ventre de lui-même * il a posé sa tête dessus.( Mai, lundi, un matin ! décalqué sur mes autres \ matins ; une liberté in-/ térieure, l’allégement î vers la nappe de toile ci-J rée, la tablette à écrire.•^Hier, deux petites filles noirs avant moi.La main droite posée sur l’avant-bras osseux de cette femme, j’ai senti l’énergie cavaler le long de mes veines fuyantes.J’ai été impressionnée, tout cela est très violent.Juillet, un soir de ville en fête, je sors dans la foule.Je mets ma robe de soie bleue très moulante, ce qu’on appelle jupon, ce que j’appelle robe.J’ai rendez-vous avec quelqu’un.Ni moi, ni personne ne sait avec qui, sauf celui qui vient au rendez-vous.Août, des gestes d’amour.Les yeux mouUlés de si près, de si fort ; dans la blondeur du jour, sa main dans la mienne.Je lui parle du bonheur et de l’indécence de ce mot.Nous nous abandonnons à l’indécence.Septembre, tout ce que je peux dire ; il garde les mains dans ses poches.Après tout, c’est l’automne.Une faille de froid coupe l’air.Changement de saison ; le corps est toujours le premier menacé.Octobre, seules les mains sont folles, solitaires.Le rien ne crée pas d’emplois à l’attente.Juste le temps devoir une valise de métal bleue rejoindre des yeux de la même couleur.Novembre, sur la surface de ma peau immobile, la certitude de battements de coeur rapides, l’inondation intérieure, la nuit blanche, le commencement.4Ü Louise Warren est née à Montréal en 1956.Autodidacte de formation, elle a été chargée de cours à l’Université du Québec à Montréal de 1979à 1983.Elledit: « J'aimeàvoirles images entourées de mots quand les mots n’arrivent pas à m’apporter les images.Ainsi j’écris, je fais des collages et de la photo Polaroid.Je VIS en amour, c’est tout.Publications: Répertoire des ressources en littérature de jeunesse, Montréal, Le marché de l’écriture, 1982, 146 p.; Histoire du lion à six pattes, Paris, Éditions du Sorbier, coll.Quelle histoire!, 1984, 26 p.; L'Amant gris, poèmes, Montréal, Triptyque, 1984, 84 p.Elle a aussi publié des textes dans Livres et Auteurs québécois, Dérives, La Nouvelle Barre du Jour, Moebius.(Photo Diane Giguère) m’ont appris à faire la grande roue.Juin, 10 rue du 29 juillet, je me rappelle une voyante.Celle qui m’a parlé d’un homme ardent.Dans les cartes, elle a vu les cheveux ¦' K t „lî - ÂsL,., / ISB^f de la souffrance, exclue du grand jeu et de la narration.Julia immensément pourvue de sens pratique à qui il faut tout expliquer des choses de l’esprit, qui se fera lire « le livre » de Goldstein parce qu elle ne peut le faire seule, parce qu’elle n’est pas intelligente écrit Orwell quelque part.Intuitive, expérimentée, belle, amoureuse, libre (tout le contraire de Catherine, la femme légitime de Winston Smith), adroite, musclée, sportive, vivante ; tout pour le séduire.Le livre s’achève.Le dernier « mot » ; 2050.Fin.Fin du Uvre d’hommes.Imaginer un autre regard tout à coup, une autre FICTION.Autrement.Julia de l’intérieur peut-être, de si près.Ju-üa au premier plan avec d’autres semblables.Julia vivante.Fin.Le vertige de la FICTION.Oui, les territoires innombrables de réalités et de FICTIONS débordent bien les uns sur les autres, s’étendent infine-ment, se recoupent, s’envahissent.En refermant le livre d’Orwell, me prends à penser qu’une pareille FICTION serait impensable au féminin.cahiers de théâtre Individu Jeu 1984 (numéros 30 à 33) 25$ Jeu 1984-1985 (numéros 30 à 37) 46$ Institution 1 an (1984) 30$ Répertoire théâtral du Québec 1984 504 pages, ill.(15$ en librairie) 12$ Renseignements: (514) 288-2808 Cahiers de théâtre Jeu Case postale 1600, succursale E Montréal H2T3B1 Vient de paraître Jeu 32, 200 pages, ill., 10$ scènes hommage à denise morelle l’écriture des femmes, prise 1: un festival en mémoire situations/sociétés.'signes dossier costume/de quoi j’me mêle/le costume de théâtre: un beau bâtard/le degré zéro du costume: la nudité des spectacles qui nous viennent du corps: la danse-théâtre au québec/la danse moderne au québec: autour d'un témoignage de jeanne renaud/ cet enfant incestueux: table ronde sur la danse-théâtre pratiques chaurette et dubois écrivent/ réponse informulée à quelques questions informelles/la chinoise le déploiement d'un cri: sur deux oeuvres de rené-daniel dubois la passion selon rené kaliski portrait fred barry contact un clown?un comédien?un personnage!: entretien avec rodrigue "chocolat" tremblay chroniques traces, lectures, sketches et saynètes, bloc-notes, parutions récentes, courrier LE UVRE D’ART DE VANNÉE Affiche de Robert Deschènes (Éditions l'Image de l’art) Guy Boutoon Découvrez le monde merveilleux du PAYSAGE QUÉBÉCOIS, grâce à nos peintres des cent 1 dernières années.* Plus de 300 illustrations dont 130 en couleurs; * Des reproductions particulièrement fidèles aux originaux; * Un document unique rédigé par un spécialiste.AUTEUR: Professeur Guy BOULIZON nombre de pages: 224 format: 26,5 cm x 32,5 cm ISBN: 2-89000-081-8 prix: 59,95$ fA B* J !¦ » Tmr-Oft SIGNATURES Une galerie d’art dans votre bibliothèque.18 titres parus, 6 à paraître dans les 12 prochains mois.29,95$ chaque volume.L’AGENDA D’ART 85.plus qu’un agenda, un livre d’art 16,95$ laJEiSl DE IiA PE À y: tPPBENtZ * MAlTHISes LES SECBETS DE LA PEINnWE A L’HUILE IHJUfl HÉUSSIR VOS PBORRES TABLEAUX .«¦r,»llS'L-„.rf LES SECRETS DE LA PEINTURE À L’HUILE Un ouvrage tout en couleurs qui vous montrera comment réussir vos propres tableaux.Destiné aux peintres du dimanche tout comme à l’étudiant.144 pages plus de 200 illustrations en couleurs.24,95 Enfin.la naissance d’une grande collection consacrée au meilleurs sculpteurs du Québec.ROGER CAVALLI Collection ESPACE ET MATIÈRE auteur: Jacques de Roussan format: 22 cm x 28,5 cm nombreuses illustrations en couleurs EDITIONS 24,95$ ma rcoi Lroquat C.P.310, Laprairle, Québec, J5H 3Y3 - (514) 659-4819 (MM les libraires sont priés de s’adresseer à notre distributeur, la maison PROLOGUE) Venez nous rencontrer au Salon du Livre — kiosques 113 et 124 Le Devoir, samedi 17 novembre 1984 Xlli Avons-nous vécu 1984 ?Le Salon du livre de Montréal La disparition de 1984 MONIQUE LARUE CKTTE année-là les étudiants étudiaient OrwelL Ils pensaient que ce serait le dernier des livres.Ils ne détestaient pas l’histoire.Ils hésitaient sur le sens.Ils disaient .que ça n’était pas possible .qu’il n’était pas possible que ce soit possible.Puis ils se mettaient à douter — serait-il possible que ce soit possible ! Quand on leur demandait de quoi il s’agissait, ils se montraient désinvoltes, répondaient que ça n’avait pas d’importance.Ils évoquaient constamment la possibilité d’une disparition.Un jour, interviewé par des journalistes, le président des États-Unis fit une blague.Dans un test de voix, il déclara qu’il venait de donner l’ordre d’appuyer sur le fameux bouton nucléaire.Il imaginait beaucoup de choses, ce vieux président : qu’il y aurait la guerre des étoiles.que toutes les femmes allaient voter pour Géraldine Ferraro.On vendait aux étudiants d’étranges chaussures, des bottines pointues très stylisées.Les plus désespérés d’entre eux, ceux qui lisaient Orwell deux, trois fois, se tenaient dans les sous-sols des cégeps.Ils croyaient que l’ange des ténèbres rôdait par là.Ils se méfiaient énormément de la clarté générale.Ils s’en méfiaient, même s’ils n’a-vaient pas lu les romans d’Ernesto Sabato, cet écrivain argentin qui, peut-être parce qu’il a commencé par étudier la science, a tant voulu nous mettre en garde contre notre tendance, dans les époques comme la nôtre, à oublier que la raison n’est toujours qu’un domaine du réel, et que, sur notre planète, la nuit coe-xi.ste avec le jour.N’ayant pas lu Sabato, ces étudiants ne pouvaient pas connaître sa terrible fable des aveugles, qui lui a valu tant d’incompréhension et tant de haine.Ils n’avaient pas lu grand chose : pourtant, ils parlaient comme d’un fait accompli de la disparition des livres et de ceux qui lisent.L’écrivain, lui, venait de rendre public, dans son pays, un rapport sur des disparitions humaines, perpétrées par des militaires aveugles, qui savaient très bien comment ne pas laisser de traces.Le tapport ne plut 6% '"P Monique LaRue, née à Montréal en 1948, a publié deux romans : La Cohorte fictive en 1979 et Les Faux Fuyants en 1982.Elle a écrit pour la radio L'Enregistrement, premier prix du concours de dramatiques radiophoniques de Radio-Canada en 1984.Elle a également fait de la critique littéraire, notamment à la revue Spirale, de 1980 à 1984.Elle a un doctorat en littérature et enseigne actuellement au département de Français du cégep Édouard-Montpetit.' (Photo N.R.) pas à tout le monde dans la Pampa.On en parla peu dans le Nord.On disait qu’À Paris le tango était plus que jamais de mise.Il aurait été facile de démontrer que dans 1984 de George Orwell, dans L'ange des ténèbres d’Ernesto Sabato, et dans plusieurs des livres qui réussissaient à se maintenir à la surface des milliers de points de dis- tribution qui existaient à ce moment-là en Occident, se trouvait présent, à titre de possibilité, un des derniers faits à frapper à la porte des consciences en cette année 1984.Cet événement survint comme il se doit dans un pays qui se trouvait à la fois au Nord et à l’Est.La police politique avait battu un homme à mort, parce qu’il était te prêtre de la dernière manifestation perceptible de dissidence, dans ce « bloc » où régnait un unique éclairage de crépuscule, semblable à celui qui a dû éblouir Hitler.Les tortionnaires avaient des yeux sans reflet.Ils lui avaient brisé les dents, cassé les os, arraché le cuir chevelu, ils lui avaient attaché un sac de pierres au cou, pour que son corps disparaisse dans la rivière Vis-tule qui coulait par là.Les agences occidentales avaient tenu à préciser que Jerzy P .avait été jeté dans les eaux « froides » de la Vistule.Ces criminels avaient-ils ensuite, comme dans un roman d’Herman Broch dont parle Milan Kundera, oublié leur meurtre ?De toute façon, la température di-sait-on allait se refroidir.L’espèce humaine, dans les répons riches, n’avait plus grand désir de se reproduire.On pensait que les enfants nuisaient.Les couples, les villes, les fleuves, tout avait besoin d’une société protectrice.Dans une université américaine, il y eut un débat sanglant opposant les partisans de la pilule du suicide et ses adversaires, en cas de guerre nucléaire.Dans le parlement d’une autre contrée du Nord, mais du côté Ouest, un petit chef ne cherchait plus à cacher les mouvements hagards de l’iris de ses yeux.Il souffrait d’insomnie, aux prises avec un cauchemar qui chaque nuit le laissait exsangue.C’était un certain Lord Durham qui s’obstinait, inlassable, à répéter qu’il n’avait fait que son métier d’administrateur en conseillant la disparition .que la guerre des câbles et des réseaux a beau être douce, et même agréable aux populations, cela ne change pas le fait qu’il n’y a pas 10 façons de sortir du grand train de l’Histoire.And so on ! Les enfants, eux, se fichaient d’être nuisibles, ils aimaient plutôt ça.On pouvait facilement leur acheter la paix sociale en leur offrant le vi-déo-cassette d’une superbe vierge noire du nom de Jackson.Noël approchait.Les Français s’intéressaient beaucoup au sort d’une femme qui défendait son droit à se faire féconder du sperme congelé de son mari mort.Il était difficile de se faire une idée.Chaque idée semblait par elle-même suffisamment évidente.Certains disaint qu’on vivait l’époque la plus fascinante de l’histoire de l’humanité.Comment aurait-il pu en être autrement, en tête du grand train, là où se trouvaient concentrés 98 % de la richesse du monde, 98 % du savoir du monde, 98 % du confort du monde, et.L’être humain commençait à peine à entrevoir l’immensité des espaces qu’il avait lui-même créés, au creux d’une vallée ensoleillée, dans des laboratoires où ne flottait pas l’ombre de l’ombre d’une seule poussière, à l’interface de la matière et de l’esprit.Il y avait à se trouver ainsi, par hasard et par chance, dans cette locomotive fonçant à tombeau ouvert dans le temps, une drôle d’exhalta-tion, mêlée au malaise découlant du fait que la mauvaise conscience est toujours de la mauvaise foi, et surtout, surtout, à un sentiment d’impuissance jusqu’alors inconnu sous cette forme.Dans les dédales obscurs des caves de certains Cégeps, des étudiants disaient que les machines auraient raison de la raison.Plus la surface de mémoire augmentait, plus ils évoquaient la possibilité d’une disparition totale.Leurs récits parlaient d’humains passés de l’autre côté de l’écran des ordinateurs, au travers de la dentelle pointillée de l’écriture.Ils disaient que l’écran est un aimant hypnotique et qu’ils avaient connu des individus oui étaient allés s’y engouffrer, attirés par les Pacmans vé-loces avec lesquels ils jouaient, faute de travail, le vendredi soir, dans les arcades des centres urbains.La raison occidentale était certes plus éblouissante que jamais.Si tout ne sautait pas, on aborderait incessamment une nouvelle région du temps.Le vieux président de l’Ouest oserait-il peser sur son bouton ?Les vieillards aux yeux mats de l’Est finiraient-ils par faire éclater sa colère ?Où aurait lieu la première attaque nucléaire ?Plus que jamais, l’Orient était l’inconscient de l’Occi dent., I pa citant, qu’à la fin de l’année, peu de gens pensèrent à demander si on avait bien vécu 1984.I.Æ temps, apparemment, continuait d’être la.C’était la quatrième dimension de la troisième vague, on s’y retrouvait à peine, avec tous ces repères.Pour annoncer la fin de l’année cependant, comme depuis toujours dans les pays nordiques, les feuillus perdirent leurs feuilles.Certains attendaient pour 1985 les migrants de l’espace, on manquait de psychiatres, on avait trop de jeunes, quelques uns mouraient de s’etre accaparé tout le travail, des cohortes entières exigeaient leur part, aux frontières de certains pays du Nord, on se pressait, on tuait, fondant que les gens qui voyageaient en avant ne s’apercevaient pas que ça n’avait pas été exactement 1984 partout, qu’il y avait des continents entiers en de hors du temps, d’autres qui vivaient en arrière, auraient voulu aller plus vite, ignorant que les freins avaient tendance à lâcher.Les étudiants recommencèrent à se plaindre d’un mal étrange.Ils disaient qu’ils ne sentaient plus rien Ils avouaient qu’ils ne faisaient plus tellement la différence entre le salé et le sucré, s’inquétaient de ne plus être touchés par les bulletins de nouvelles.C’est quand on avait montré les images de famine en Éthiopie qu’ils avaient reparlé de ça.Ils disaient : cette télécommunication par satellite n’arrange pas les choses, trop de réalité ça fait de la fiction, l’anesthésie gagne du terrain en proportion égale au sentiment d’impuissance, et d’ailleurs - ils insistaient beaucoup sur ce fait - des techniques très précises ont déjà réussi à ef facer des visages toute trace du temps.Les chiffres lumineux des cadrans électroniques des gares et des aérogares clignotèrent comme à l’habi tude quand le 4 se changea en 5 et qu’ils cessèrent de voir l’intérêt de lire un livre intitulé 1984.On avait ou blié de conserver la trace du quatre.L’impression d’irréalité frappait même le temps.Désinvoltes et calmes, ils hochaient leur tête étrangement sculptée de cheveux de couleur violente en répétant pour eux-mêmes que c'était trop tôt, beaucoup trop tôt, pour chacune de ces disparitions.Les media électroniques seront présents cette année au Salon Les visiteurs du Salon du Livre de Montréal pourront, cette année encore, assister à l’enregistrement de plusieurs émissions de radio et de télévision.La station radiophonique CIBL sera sur place, en permanence, faisant état des activités quotidiennes et des faits saillants du Salon.Comme l’an passé, la télévision de Radio-Canada enregistrera une émission spéciale de «Génies en Herbe ».Quatre personnalités connues, soit Yves Beauchemin, Lise Payette, Alice Parizeau et Claude Jasmin affronteront quatre étudiants recrutés dans des écoles du grand Montréal.Cette émission sera enregistrée mercredi le 21 novembre entre 19h 30 et 20 h 30.Le monde du livre y sera étudié sous toutes ses facettes, humour et sérieux s’y côtoyant.Le même jour, entre 12 h 15 et 13 h 45, le public en général et les personnes du 3e âge en particulier pourront assister à l’enregistrement de rémission « Le temps de vivre » animée par Pieire Paquette.Le vendredi 23 novembre à 19 h, le Salon accueille l’équipe de la nouvelle émission consacrée aux livres, « Entre les lignes», qu’anime Denise Bombardier.Côté radio, An-dréannè Lafond sera aussi sur place pour animer « Les impromptus du samedi » qui seront diffusés de 14 h à 18 h en direct du Salon le 24 novembre.La station radiophonique CIFIL-MF sera également présente, au stand de Gallimard, pendant toute la durée du Salon, avec, au microphone, Micheline Ricard.^ î 5 * -LECTURE L'ÉTE MEURTRIER AU NOM DE TOUS LES MIENS ImniünuêHe ¦ L I- LE DOCTEUR JIVAGO L^MHiraMlC#! l FANNY ET ALEXANDRE LES PREDATEURS KsscsKnoanæ» LE LUTIN OU BOIS AUX ROCHES EMMANUELLE LE LUTIN DE SDIS AUX ROCHES LE CHOC DES TITANS MESRINE tiiitin L AFFAIRE TOURNESOL A , .\ L AFFAIRE TOURNESOL U DENTELLIÈRE > X LE COSMOS SCHTROUMPF Disponibles dans tous les vidéo-clubs * Distribués en exclusivité par: VIDÉOGIOBE 136, rue Merizzi, St-Laurent, QC (514)738-6665 1-800-361-7151 Le prix du public du Salon Pour la seconde année consécutive, le public sera invité à choisir, entre dix titres de littérature générale, l’ouvrage le plus populaire en librairie qui recevra officiellement le « Prix du public » attribué en col- laboration avec le journal La Presse.Les titres soumis au public ont été sélectionnés par l’Association des libraires du Québec et on pourra voter en remplissant les coupons de participation que publiera le journal La Presse entre les 17 et 22 novembre.Chacun de ces coupons de participation devra être déposé au Salon du Livre où il donnera droit à un laissez-passer pour une entrée gratuite, ceci du mardi au jeudi inclusivement.I,e titre de l’ouvrage primé, selon la volonté du public, sera dévoilé sur la scène centrale, le vendredi à 17 h.m ^ «CENTENAIRE» LEFRANÇOIS .-IT P vol «¦«‘îotl"'”'' a*-’ l60 P si^ la ebo* 192 ^ Sl.5 É» ,28 P Sl 2()() P $1^ ,60 Sl2 DISTRIBUTION EN LIBRAIRIE Prologue 2975 rue Sarteion Vtile Samt-Laurent Que H4B iE6 Tel 332-5860 Ext 1-800-361-5751 EDITIONS DU NOROIT Case postale 244 Saint-Lambert (Quebec) J4P 3N8 73737^ 737373 737373 757373 M Le Devoir, samedi 17 novembre 1984 Avons-nous vécu 1984 ?Le Salon du livre de Montréal ECRIRE, TOUT SIMPLEMENT CAROLE MASSÉ Avons-nous vécu im ?Non, sûrement ças l’état de fait, mais peut-etre en appréhendons-nous toujours l’état d’esprit à chaque épc^ue où un discours s'érige contre la libre expression du désir, sous quelque forme artistique que ce soit, où le savoir ne se déploie plus par la transgression nécessaire du savoir, depuis le risque, l’intuition, l’expérience aveugle, où la connaissance s’avère connaissance figée car elle exclut l’inconnaissable et la poussée à tâtons dans la nuit des temps qui la permettent.N’appré-hendons-nous pas 1984 k chaque respiration étran^ée par la rigidité d’un code, des règles ou des comptes à rendre, à chaque parole étouffée sous le bâillon de la morale, de la conformité ou des modalités prescriptives au devoir-parler ?1984 d’Orwell met en scène cet écrasement de l’individu par la machine sociale, la « désubjectivité » forcée à laquelle la vision politique du monde menée à son aboutissement logique soumet l’être parlant, en annulant sa force créatrice, en bannissant toute vie personelle et en détournant ses pulsions libidinales au profit d’un État fort, inhumain parce qu’immortel.Or nous savons que 1984 se répète de siècle en siècle, sous différents aspects et différentes appellations, tant et aussi longtemps que chaque être naissant recommence à zéro l’histoire de l’humanité ; sa quête et sa perte d’une Origine, sa visée et son échec de toute-puissance, son rêve d’immortalité et son constat d’être sujet par la mort, et n’invente pour son propre compte de solution personnelle a cette angoisse universelle.Auquel cas, c’est la manipulation des corps dénués du regard appelant, le contrôle de l’imaginaire dépouillé des lèvres le propulsant, que certains échafaudent dans leur solution politique au drame et à la banalité uniques de leur existence.Comment accéder en effet à ce désenchantement premier qu’est notre socialisation : l’apprivoisement de nos limites, de notre dépendance et vulnérabilité au cours des choses, de l’idée de la mort, et comment s’y faire avec les signes qui en accentuent l’inéluctabilité : la différence sexuelle, le partage dans l’échange, les contradictions humaines en général ?Ce pas-Tout, cette blessure Carole Massé a fait paraître depuis dix ans une demi-douzaine de titres principalement aux Herbes Rouges, dont: Dieu, roman, (1979);L’Existence, roman,0983);L'autre,(1983); La femme à fé-critoire, in Oui a peur de l'écrivain ?(revue avec les Herbes Rouges, nos 123-124, 1984) À paraître, Nobody, roman (éd.les Herbes Rouges, printemps 1985).narcissique de ne pas l’être, de ne pas le pouvoir, de ne pas le posséder ce Tout, certains la camouflent sous la panacée sociale, dans leur mise en boite d’une Communauté homogène idéale et en appelant chacun à sacrifier joyeusement à la Cause : abdication de sa singularité consumante, de son dire trop cru ou venu de trop loin qui menaceraient de briser le Moule, la Matrice du consensus.Certes, on aura bonne conscience de relativiser ces exigences eu égard aux remèdes drastiques dans les régimes totalitaires ; internements, tortures physiques et psychologiques, exécutions sans procès de tous ces opposants d’opinion, paysans, ouvriers, membres du clergé, intellectuels, etc.Mais n’est-il pas dans la sensibilité de tout esprit créateur de réagir à la mise en question de toute production imaginaire depuis le prétexte qu’elle dérogerait encore, s’il se peut de nos jours, considérant les leçons coûteuses qu’ont valu à l’humanité les dictatures de gauche ou de droite, à une vision juste ou réaliste ou simple des choses ?L’écrivain n’a que faire de la simplicité d’un monde auquel ni les politiques ni les autres n’en retirent d’avantages.il faut le dire, à l’exception des amoureux dans tous les camps qui se désaffilient du coup de tout Parti.La Police de la Pensée, il faut le redire, sous le couvert de la chasse aux hérétiques ou aux dissidents, pourchassent les êtres de désir, les passionnés d’un au-delà sous quelque métaphore que ce soit et les amoureux fous de l’Amour.Elle a ses ramifications dans les meilleurs régimes démocratiques, faut-il ajouter, parce qu’elle se nourrit de la douleur de chacun, dans l’inévitable privation de l’Un, de ne pouvoir fixer a jamais le temps, les rencontres, sa propre haleine sur la surface de la terre.EDe se renforce du dépit de l’Enfant-Tyran en soi qui rechigne à l’idée du Couple qui le met à l’écart, à la distance, voire à l’abandon.1984 se joue donc dans la confrontation interne en chacun de nous de notre accès ou rejet à l’autonomie de vivre et de penser, de notre désir ou déni de l’altérité et de la séparation, de notre accueil ou fuite de ce qui ne saurait jamais plus être le Meme ou l’identique, sauf à censurer, normaliser ou niveler les déviants de toutes sortes.Pour ma part, dans le champ de l’écriture au Québec, en ce 1984 de toutes les années passées et à venir qu’il nous faudra un jour analyser en profondeur je ne nous souhaiterai jamais de Commissariat aux Romans, de bienpensée ou crimepensée, de canelangue parce que l’épuration de la langue aurait effacé les mots tabous comme démocratie, science, religion (qui) avaient simplement cessé d’exister, et les mots désir, passé, nostalgie, etc.En novlangue, égo vie signifiait : individualisme et excentricité, ce qui signait l’arrêt de mort du citoyen (sa vaporisation).Et cette novlangue pour laquelle d’obscurs fonctionnaires détruisaient chaque jour des centaines de mots, avait pour but de rendre littéralement impossible le crime par la pensée car il n’y aurait plus de mots pour l’exprimer.Ainsi saisissons-nous d’emblée les positions inconcia-bles de l’écriture et du discours id^-logique.D’une part, l’écriture fouille le labvrinthe de l’inconscient, de l’im-pensé, travaille à l’expansion de la conscience et à l’exploration de la déraison propre à chacun ; elle n’offre a_ucune réponse collective au mal-être car elle oublie souvent, en chemin, dans le plaisir du texte, l’existence même de la question.D’autre part, le discours idéologique vise à résumer, globaliser, systématiser ; la langue politique fonctionne au bon sens, aux formules-matraques, à la « décomplexification » consécutive du langage, aux évidences qui court-circuitent la possibilté de réflexion, enfin à la rature des expériences révolutionnaires passées et à l’oubli de la rature devenu la Réalité à reproduire jusqu’en ses abus les plus désastreux.L’on comprendra dès lors que la langue politique aura tout intérêt à bâillonner, du moins à condamner moralement si elle ne peut la récupérer à son profit, l’écriture d’un Je irréductible au Nous.Je souhaite que la« modernité », la « post-modernité », « l’avant-garde » ou toute autre dénomination factice de groupements sans idéologie commune et pour certains sans aucune idéologie, se brisent et volent en éclats contre la langue solitaire, ir-référente, radicalement souveraine que chaque écrivain réinvente dès lors qu’il assume son impossible fusion d’avec l’Un et sa coupure d’avec son rêve archaïque de Communion, dès lors qu’il assume le deuil de l’En-fant-Roi en soi qui seul échafaude les régimes de surveillance afin d’enchaîner l’éternel Absent à son cri à sa nouvelle Cause à lui.Car chaque écrivain, libéré du joug de la Représentation juste ou de la Représentation tout court, de la mise en scène d’une Finalité politique ou morale extérieure au mouvement de la main sur le papier, creuse sous chaque lettre la Voie qui n’a jamais existé et avance dans cette déperdition du Sens vers le grain unique de sa voix, vers cet enjeu de volupté à se jouer dans les différentes couches de son être, à flotter à la surface des mots entre la mémoire historique et les souvenirs personnels, entre la tem-poraüté du monde et l’a-chronologie du désir.L’Enfant-Dieu mort en soi, et la Vie, l’Amour, Dieu, le Jeu, l’Écriture, toutes les métaphores sont possibles comme autant de façons privilégiées pour chacun de concevoir l’extériorité du monde qui existe indépendamment de soi, à l’instar du Sein de la mère qui s’écarte à l’origine de notre bouche famélique et que l’on ne pourra jamais anéantir, malgré notre infinie avidité.Seul l’Enfant, éternellement cramponné à sa tétée dans son corps adulte, appelle la violence de la confusion, de la mêlée, incapable de reconnaître le tiers, l’autre ou loi qui le sèvre du Sein maternel.Et sa bouche broie les êtres et les pensées de la rupture, de l’inconnu, de la discontinuité qui le livrent à nouveau à la fatalité de l’unicité, du vieillissement et du néant et dans l’étreinte mortifère, il cherche sans fin le giron maternel en quoi se fondre pour annihiler la séparation primitive.L’écrivain est la bouche de l’Enfant mort qui risque le blanc de la pensée, des convenances de l’art et du temps, qui risque l’incorrection, le tragique, l’indécence dans sa mise à nu de ce qui se tait sous la retenue abolie, sous le récit sans normes ni modèle ni héros positif, sous « l’histoire » parfois abandonnée dès le commencement du livre : la violence sauvage du désir et l’inno-mable du mal d’Amour.Nulle intrigue, nul thème ne dissimule parfaitement la plaie qu’ouvre l’écriture, ni témoignage ni traduction ni Ulustra-tion même quand eUe semble parfois se donner pour telle, mais écriture, sans épithète ni complément d’objet.L’écriture fouille l’incommunicable, l’expérience d’une intimité vertigineuse où l’on devient sous sa plume son propre matériau, quels que soient les noms que l’on prête à ses personnages ou ceux que l’on biffe au profit de simples pronoms personnels ou l’innomme que l’on désigne d’une seule voix narratrice, car l’on n’écrit qu’à partir du terme reconnu de sa mort, c’est-à-dire dans l’entrebâillement de cette place vide à venir qu’occupe présentement son nom.Tout autre accès à l’écriture, en dehors de son point de fuite, me semble illusoire, en voie d’assigner un But à une aventure qui est sa propre justification On n’écrit qu’à rebours, dans l’inutilité et l’inefficacité de ce trajet à contre-sens, à contre-histoire, tout juste à contre signer un nom qui nous fut imposé des le commencement, mais simultanément l’on écrit dans la dépense folle, dans les excès de langage et de sensualité, dans l’intensité d’en rire et d’en pleurer, dans le prodige de recréer son nom, son histoire et son monde.En sens inverse, comme on dirait en suivant le courant, l’on n’écrirait pas : l’on fabriquerait, l’on édifierait, l’on transcrirait un quelque chose qui contournerait cet étranglement de l’écrivain qui tire sa langue au fur et à mesure du vide qui l’efface, qui recrée sa langue à meme sa propre dilapidation.Quand l’écrivain joue avec l’idée de Dieu, c’est avec l’idée d’un lien qui persiste, au-delà de la coupure ombilicale, avec une extériorité ou un absolu irréductible au monde ou à soi.Quand il joue avec l’idée du secret, du mystère ou de l’indicible, c’est pour maintenir encore vivante la coupure entre soi et soi.Il est submerge comme tout vivant par ce mal d’Amour que l’expérience intellectuelle, amoureuse ou spirituelle n’épuisera ou ne comblera jamais, mais qui le fera chercher sans fin à se dépasser, à trouver ce point d’où contempler l’invisible dans le monde qui parfois l’écorchera vif, pèlera sa faim sans objet comme un fruit mais en lui laissant le goût de feu de son propre souffle à la bouche.Ainsi l’écriture ressemblerait-elle à cette grive qui chantait à l’orée du bois, le premier jour de l’étreinte amoureuse illicite de Winston et Julia qui se rappelle : Elle ne chantait pas pour nous, elle chantait pour se faire plaisir à elle-même.Non, pas même cela.Elle chantait, tout simplement.Oui, c’est cela, par-delà les impératifs d’une Raison politique, morale ou sociale, dans l’imprévisible et l’impétuosité de la vie chantant devant la mort et l’infini, je me souhaite encore d’écrire, oui, tout simplement, d’écrire.Les jeunes n’ont pas été oubliés dans le cadre du Salon! Comme c’est devenu la tradition, les jeunes auront une place de choix au Salon du Livre de Montréal 1984.Plusieurs se sont déjà préparés à cet événement depuis le début de l’année scolaire, notamment à la Commission des écoles catholiques de Montréal où un concours littéraire a été organisé à l’intention des écoliers de 5e et 6e années et des étudiants du secondaire, ceci en collaboration avec La Presse et le Salon du Livre de Montréal.Le thème retenu pour les plus jeunes : « Mon Quartier», pour les plus vieux : « Mon li-\Te préféré ».La remise des prix aura lieu mercredi le 21 novembre, à 17 heures, sur la scène centrale.Les 20 gagnants verront leurs textes publiés dans La Presse du jeudi 22 novembre.7 500 écoliers visiteront gratuitement le Salon, en groupes, les jeudi 22 novembre et vendredi 23 novembre, et plus de 600 d’entre eux profiteront de visites guidées placées sous l’égide de Communication-Jeunesse.Ceci fait suite à une offre spéciale qu’a faite le Salon à toutes les commissions scolaires de la région métropolitaine et seuls les groupes qui ont déjà réservé et confirmé leur présence pourront en profiter.Un maquilleur et une maquilleuse professionnels déambuleront également à travers le Salon et créeront sur place des maquillages inspirés de personnages de livres pour enfants.Le clow Grelot rencontrera les 2 à 6 ans les vendredi de 10 h à 12 h, samedi de 12 h à 14 h et dimanche de 12 h à 14 h.au stand de Communication-Jeunesse.Amoureux des livres et des belles illustrations, il échanjgera avec eux sur le plaisir de découvrir des nouveaux personnages et des histoires inédites.Les parents sont ivités à se joindre à leurs enfants et à écouter les belles légendes du sympathique clown Grelot.Les 10 à 14 ans sont invités à participer au concours d’écriture qu’organise, pendant toute la durée du Salon, l’organisme Loisir littéraire du Québec.Le Cercle des Jeunes naturalistes présentera différentes activités de loisir en sciences naturelles animées par des jeunes, à l’intention des jeunes.Ces activités permettront de voir les résultats de plusieurs recherches en sciences na- turelles et seront ouvertes à la participation du public.Démonstrations sur la technique de moulage de pistes d’animaux, sur les téléscopes et les cartes du ciel et expériences en botanique seront tour à tour proposées au public, du jeudi au dimanche.La Bibliothèque de la Ville de Montréal, en plus de familiariser le public avec les services qu’elle offre, proposera aux jeunes « L’heure du conte » et différents jeux éducatifs susceptibles de plaire aux tout-petits comme aux plus grands.Le Salon accueillera également monsieur TIC et madame TAC, des marionnettes géantes de 9 pieds qui parlent et bougent, des personnages colorés, plein d’amour et d’humour.Mon-sieur TIC, c’est un homme tendre, sensible, poète, timide.Madame TAC, c’est une femme forte, courageuse, tendre et passionnée.Ces géants de la poésie viendront raconter leurs aventures aux jeunes le jeudi de midi à 14 h et le vendredi de 10 h à midi.La maison d’édition Ovale proposera différentes activités d’animation en alternance et sur une base quasi permanente.Des illustrateurs réputés dont Philippe Béha (Prix du Conseil des arts 1984 — illustration), viendront montrer les trucs du métier à des créateurs en herbe.Des prix de participation seront offerts par tirages.En outre, on pourra aussi visionner sur place des versions video réalisées par la maison Prisma à partir de certains titres des collections « Légendes du Québec» et « Ima-gimots» des Éditions Ovale.Le capitaine Cosmos des SateUipopettes viendra jouer avec les Terriens du Salon à l’aide du dictionnaire CEC Jeunesse le dimanche de 13 h 15 à 13 h 45.Tous les jeunes de 8 à 13 ans sont invités à participer à divers jeux faisant appel à leurs connaissances et à leur habileté à consulter le dictionnaire.Les Éditions Naaman présenteront, sur la scène centrale, avec la participation d’auteurs et de dessinateurs, un spectacle de mini-varié-tés, avec, au programme, de la musique, des chansons, des marionnettes, des personnages costumés, etc, le samedi de 16 h à 17 h.\ ./O ^ 6® ' nCJ'
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