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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
jeudi 3 octobre 1912
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 1912-10-03, Collections de BAnQ.

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TROISIEME ANNEE—No.23* MONTREAL.JEUDI 3 OCTOBRE.1912 UN SOU LE NUMERO ABONNEMENTS : Edition Quotidienne : CANADA BT BTAT8DNIS.$3.00 ÜNION POSTALE.$6.00 Edition Hebdomadaire : CANADA.$1.00 ETATS-UNIS .$1*50 ONION POSTALE .„ $3.00 LE DEVOIR Rédadtion et Administration: 7U RUE SAINT-JACQUES MONTREAL.TELEPHONES : ADMINISTRATIOi ^ % ’«in 7461 REDACTION: Mair/.^' Directeur : HENRI BOURASSA IA PATRIE CONTINUE La Patrie publiait hier, sur la "Question Xavalë', un article/vraiment remar/piable par l’audacieuse canaiîlerie des affirmations, et des procédés.Ce n’est pas son premier exploit en ce genre, mais il importe de le signaler pour montrer à quelles extrémités en est rendu ll’organe franco-impérialiste.La Patrie affirme tranquillement une fois de plus que M.Bourassa “fl prêché en faveur de l’annexion aux Etats-Unis, et contre toute inclination des Canadiens-Français envers la France’’, quand les textes lui offrent le plus brutal démenti.Avec la même tranquillité, elle coupe par la moitié une phrase de l’un demos derniers articles, et sur ce texte tronqué échafaude une riposte.Nous avions écrit, à propos de la campagne jingo qui se poursuit actuellement, et à laquelle la Patrie prête son plus ardent concours: “Si le coup réussit, le Canada jettera dans la caisse des grands armateurs, des fabricants de plaques et detcanons, une somme do trente ou quarante millions."Mais, par contre, ces trente ou quarante millions, nous ne les aurons plus lorsqu'il faudra pourvoir aux intérêts essentiels et directs du Canada.” La Patrie réunit les deux paragraphes en un seul, coupe le second après les mots “nous ne les aurons plus,” remplace le reste de la phrase par trois points de suspension, et s’écrie triomphante: Voilà un raisonnement qui ne soulèvera pas de contradiction: Si nous donnons trente millions, c'est trente millions que nous n’aurons plus.4 C’est évidemment ce qui répugne au Maître.Il est contre toute contribution à la défense de l'Empire, mais si le gouvernement s'avise d’offrir une contribution, M.Bourassa voudrait que ce fût à la condition que la somme offerte restera dans les coffres de l’administration fédérale.On devra cesser de reprocher au petit-fils de Papineau de n'être pas pratique.Ce n’est pas plus malin que cela! Avec de pareils procédés, on est toujours sûr d’infliger à l’adversaire d’irrésistibles ripostes.Nous ne supposons pas la Patrie assez naïve pour s’imaginer que ses calomnies et ses trucs puissent convaincre ceux qui lisent les deux journaux.Elle compte évidemment sur ses lecteurs exclusifs, sur ceux qui, ne mettant jamais le nez dans une autre feuille et lui faisant crédit d’une certaine honnêteté dans la discussion, risquent encore d’être ses dupes.Peut-être escompte-t-elle aussi que ses mensonges auront une fois de plus la chance d’être reproduits dans la presse anglaise, et qu’ils serviront ainsi à fortifier la calomnieuse légende qu’elle s’est efforcée de créer.Elle ne peut ignorer, il est vrai, que cette manoeuvre augmentera le mépris que professent à son endroit les gens qui comparent et qui jugent, mais elle en a tellement l’habitude! # * * Chose curieuse, la Patrie qui essaye cependant de rajeunir, pour nous les opposer, certains arguments de l’école jingo dont les nationalistes ont maintes fois fait justice, la Patrie ne dit pas un mot du fond même de l’article auquel elle semble vouloir répondre: le rôle des journaux dans la campagne impérialiste et ce que risquent de coûter au pays les feuilles de son espèce.Est-ce scrupule à l’endroit du généreux anonyme qui assurait la reproduction, à tant le pouce carré, de sa litté-ras cp-i mpéri al i st e ?La question pourtaht a son importance.Quelle que soit la manoeuvre qui triomphe, qu’on réussisse à nous faire assumer des obligations injustifiées, sous prétexte de créer une “flotte canadienne” qu’on se réserve de souder ensuite à la flotte impériale, ou qu’on nous impose directement le tribut, comme le veulent les partisans de la contribution d’urgence.Je résultat sera le même: on détournera de leur destination naturelle,—le développement et la défense directe du Canada,—un certain nombre de millions, on commettra ce que M.Laurier appelait, en 1902, un crime et un suicide.Et parmi les principaux auteurs de ce crime et de ce suicide, il faudra compter les journaux qui, comme la Patrie, travaillent à fausser l’opinion publique pour favoriser l’adoption de l’une ou l’autre de ces politiques antinationales.C’est le point qu’il ne faut pas perdre de vue, qu’il faut maintenir constamment devant la pensée de tous ceux qui réfléchissent.* * * Par delà les querelles d’hommes ou de partis, il y a une grande question d’intérêt public, une question qui touche directement tous les citoyens du Canada.l’air d’un homme dont la journée est faite.— Mais enfin, lui demandons-nous, est-ce vrai, oui ou non?— Je ne suis que directeur de la compagnie et tout ce que je sais de cette affaire, je l’ai appris par les journaux.M.Chamberlin, le président, pourrait vous en dire plus long.— Mais c’est son assistant qui me réfère à vous.— Je ne connais rien et il le sait.Et voilà la version des officiers du Grand-Tronc-Pacifique.Nous ne prétendons pas qu’elle est très explicite; mais elle corrobore au moins une assertion du Globe, à savoir que ces messieurs sont très discrets.Et pourquoi cette discrétion?Les officiers du Grand-Tronc-Pacifique ignorent-ils réellement les détails de la construction de la section Est ou bien préparent-ils habilement quelques manoeuvres?L’on dit, en effet, dans les cercles de chemin de fer, que la Compagnie du Grand-Tronc-Parifique ne prendra jamais à sa charge la section Moncton-Québec, quoique fasse le gouvernement.En tout cas, il faudra que cette question des rampes soit tirée au clair à la prochaine session, et il est à espérer que le gouvernement prendra lui-même l’initiative.Jean DUMONT.Prix de langage Le jeudi 26 septembre, nous priions les lecteurs du Devoir d’offrir des prix de langage dans les maisons d’éducation et de nous faire connaître les noms des donateurs de telles récompenses ainsi que ceux des institutions où elles sont décernées.Nous en insérerons de temps en temps la lisle.Le Devoir fera aussi la nomenclature des collèges couvents et écoles où l’on accorde déjà des prix de bon parler français.Une semaine s’est écoulée depuis, et la seule réponse qui nous soil parvenue est celle d’“une voix anglo-saxonne.” Une dame anglaise nous écrit en excellent français: “Quoique je ne sois ni Canadienne, ni Français, je me hâte de vous envoyer “le nom d'un couvent qui décerne des prix de bon langage.” A Villa-Anna Lachine, non seulement les religieuses accordent, des médailles et prix de bon langage; mais, grâce à l’initiative des élèves du cours gradué en 1910, si je ne me trompe, il s’est formé un club du parler français que S.G.Monseigneur Bruchési a honoré de son approbation, et dont les membres publient un petit journal mensuel En Famille, lequel est très intéressant et surtout très utile.J’aime à croire que le fait de recevoir cette nouvelle par une voix anglo-saxonne ne nuira en rien à sa valeur.” Si demain, à cause du triomphe de la politique jingo, les industriels et les cultivateurs du Canada ne peuvent obtenir les grands travaux publics nécessaires au progrès de leur industrie, si le gouvernement leur répond que le budget national est déjà trop obéré, ils sauront qui tenir responsables de cet état de choses.La Patrie comptera parmi ceux qui auront le plus efficacement travaillé contre l’intérêt de leur pays.Et le “lecteur exclusif” lui-même, pourvu qu’il soit doué d’une intelligence suffisante, finira par s’en apercevoir.O WH» Orner HEROUX LES RAMPES DU GRAND-TRONC PACIFIQUE Le président de la Compagnie refuse de parler A-t-on réellement changé le degré des rampes sur la section Est du Grand-Tronc-Pacifique?Oui, affirment les chefs libéraux; non, répondent les ministres conservateurs.Hier encore, les journaux libéraux publiaient une nouvelle version accentuée de cette histoire.Sous le titre: “Un scandale à l’horizon”, le Globe, pour un, disait que les rampes ont été modifiées de façon à diminuer Teficacité de la voie ou à préparer l’octroi de nouveaux contrats à l’approche des prochaines élections pour approvisionner la caisse électorale; que le Grand-Tronc-Pacifique avait protesté, mais que le besoin d’un nouvel emprunt de 15 millions à la prochaine session le rendait plus discret, bref qu’on était sur le chemin d’un scandale de proportions semblables à celui du Canadien Pacifique autrefois.En tout cela, il n'y a rien de bien précis, et si les chefs libéraux savent quelque chose, ils devraient, ce nous semble, pouvoir mettre les points sur les i.L’intérêt du parti ne saurait être une objection, puisque le changement, si changement il y a, aurait été décidé depuis longtemps et serait déjà presque fait accompli.Les ministres ont nié.M.Cochrane «t M.Pelletier ont déclaré qu’il n’y avait absolument rien de vrai dans cette rumeur.M.Pelletier surtout a été très formel.Au banquet de Lévis, le ministre des postes a déclaré qu’il avait personnellement interrogé le major Leonard, président de la Commission du Transcontinental, et que celui-ci lui avait donné l’assurance que, sauf quelques modifications d’intérêt public aux devis, rien n’a été changé.Les assertions réilérées des oppo-sitionnistes et le peu de crédibilité généralement accordé aux dénégations ministérielles font que chaque fois que la question revient le même point d'interrogation s’im pose.Nous croyions pouvoir lui trouver une réponse définitive et sans réplique en allant directement à l'une des meilleures sources de renseignements possibles, le président du Grand-Tronc-Pacifique, M.Chamberlin.Quelle déception! Après avoir lu la dépêche du Globe, M.Chamberlin nous a fait répondre par son assistant, un joli garçon d’une courtoisie parfaite, qu’il ne pouvait rien dire sur Je sujet, de nous adresser au major Leonard ou à M.Wainwright.M.Wainsvright, lui, partait pour New-York, manière de nous dire qu'il était pressé, bien qu’il eût.Plût à Dieu que, pour la bonne entente des deux races canadiennes, de telles voix anglo-saxonnes se multipliassent! Si la source de cette nouvelle change quelque chose à sa valeur, elle y ajoute plutôt.Ce dévouement d’une personne de langue anglaise au parler français n’est que l’une des nombreuses manifestations d’un consolant état d’esprit que chacun peut observer chez un grand nombre de nos frères séparés du Québec.Il est réconfortant de collectionner des faits qui mettent à jour l’importance grandissante qu’atia-chcnt à l’étude de notre langue des Anglo-Canadiens.En voici un: L’Association Saint-Jean-Baptiste inaugura l’an dernier, au Monument National, des cours gratuits de langue française.On avait décidé, tout d’abord, de donner ces cours dans l’une des petites salles latérales; mais l’affluence fut si considérable, qu’on dut réunir les élèves (Anglais, Ecossais, Irlandais, Israélites, etc.) dans la grande salle de spectacles.Et les jeunes filles et jeunes gens désireux d’apprendre le français occupaient les baignoires et l’orchestre entier.Si les Canadiens de langue anglaise tiennent tant à apprendre notre langue, avec quelle ardeur ne devons-nous pas aspirer à la posséder?Une langue qui ne se transmet pas oralement dans tout son génie s’affaiblit, puis meurt.I! faut donc, à tout prix, châtier le langage dès l’école primaire.Donnons, dans toutes le.s maisons d’enseignement, depuis la plus modeste jusqu’à la plus haute, des prix de langage.Que le jeune homme et la jeune fille sachent bien, en entrant dans le monde, que c’est tout honneur et tout profit de bien parler sa langue.Nous attendons les noms des donateurs de res prix et ceux des institutions où l’on en décerne tous les ans et où l'on se propose d’en accorder cette année.Nous recevrons avec reconnaissance tous les renseignements touchant ce sujet.Léon LORRAIN.BILLET DU SOIR Inconcevable étourderie Comme, sans 'e vouloir, par crédulité, étourderie, et bien aussi, en l’occurrence, par amour du sensationnel, on peut faire tort aux meilleures gens! Ma bonne foi n’est pas en cause; n’empeche que, faute d'avoir réfléchi une seconde, j'ai chargé les frêles épaules de ma petite cousine d’un énorme forfait! Une dépêche, évidemment fabriquée dans une, mauvaise intention, fut la cause de tout le mal.Maintenant que j'ai la preuve du caractère mensonger et malicieux de la nouvelle inventée de toute pièce, n’est-ce pas mon devoir de me rétracter et de faire amende honorable?Voici quelques lignes d’une lettre reçue ce matin: Mon cher cousin, Tu me fais une mauvaise réputation, tout le monde dans Cobalt m’arrête pour rire de moi, tu sauras que ma poupée est en parfaite santé et que je ne la maltraite pas, je n’ai jamais vu un Albert Lozeau aussi menteur, tu as rêvé ça pour le sûr, ou bien tu ne m’aimes plus pour me faire passer pour un tueur, mais moi je t’aime toujours pareil.Ces dernières lignes ne sont-elles pas admirables?"Tu m'as accusée d’un crime affreux; je suis en bulle à la raillerie de chacun, par ta faute; mon honneur, mon amour maternel ont été mis en doute dans tes écrits; pour avoir fait cela, faut que tu aies cessé de m'aimer, toi qui me connais, pourtant: rh bien! malgré tout, je t'aime comme auparavant!" Ma petite cousine est de la lignée des grandes amoureuses! Non, je n’avais pas rêvé, j'ai été indignement trompé! Ma faute est néanmoins véritable,, car je n’avais pas le droii, sur quelques mots fournis par une agence télégraphique, d’échafauder une histoire iellrment invraisemblable, et de nature à nuire pendant toute une vie! Mais j’étais à court de sujet ce jonr-là, et j’avais promis un article.Je me suis donc cramponné à la fatale dépêche comme à une planche de salut.Je me repens, je me repens! Chère petiU V iasinet n'accuse pas mon coear d'être la cause d’une action si noire: c’est ma tête qui est, hélas, bien légère.Albert LOZEAU.Les missionnaires dans l’Ouest La population mahilohaine célèbre cet automne le centenaire de la fondation de Winnipeg par Lord Selkirk.On sait quel progrès l’Ouest a fait depuis que ce noble Ecossais arrivait dans l’Ouest avec une poignée de paysans étrangers décidés à se faire un home dans ces régions jusqu’alors peuplées seulement de métis français et de différentes tribus indiennes.A l’occasion de ce centenaire, la West Canada Publishing Company, de Winnipeg, vient d’éditer un album précieux, sur les progrès du catholicisme dans l’Ouest, depuis trois siècles bientôt.Cet ouvrage, intitulé: "Catholic Centennial Souvenir”, est d’une lecture passionnante, pour ceux qui s’intéressent à la marche des idées françaises et calholiques sur le continent nord-américain.Car des Français pénétraient dans la région des Grands Lacs au temps de Champlain, el, en 1654, un groupe de hardis explorateurs hivernait aux alentours du lac Supérieur.Allouez, Marque!, Joliet et Cavelier de LaSalle révélèrent la vallée du Mississippi à l’univers, Hennepin el Dululh parcoururent le nord du Minnesota, et, en 1671, la mission de Saint-Ignace naissait, sur les bords du détroit de Mackinac.Missionnaires et coureurs des bois parcoururent tout ce territoire, et Lavérendrye, accompagné de missionnaires, s’engageait, dès 1726, dans le pays même où, presqu’un siècle plus tard lord Selkirk devait établir ses Ecossais et fonder un bourg qui devait ensuite s’appeler Winnipeg, et devenir l’un des centres commerciaux les plus importants du Canada.L’évangélisalion de l’Ouest, depuis sa découverte, fut une oeuvre française, et elle se eontinue aujourd’hui grâce au dévouement de religieuses et de missionnaires pour la plupart français et canadiens-françnis.Lord Selkirk, qui comptait des catholiques dans son settlement, amena dans l’Ouest le premier prêtre ralholique, sous la domination anglaise, le révérend Chs Bourke, Irlandais d’origine, qui hiverna à la Baie d’Hudson en 1811; mais les difficultés de l'entreprise le rebutèrent, et il reprit au printemps la route de l’Europe sans-se rendre d'abord à la Rivière Rouge.Lord Selkirk s’adressa alors à Monseigneur Plessis, en 1818, et, quoique, en ce temps, le Bas-Canada n’entendit parier que des exploits sanguinaires des Peaux-Rouges de FAIS CE QUE DOIS ! l’Ouest, qui attaquaient et massacraient les blancs, Monseigneur Plessis trouva des jeunes prêtres pour se dévouer à cette grande oeuvre d’évangélisation.L’abbé Joseph Norbert Provancher, — qui devint le premier évêque de cette région, — et l'abbé Joseph Nicolas Sévère Dumoulin, accompagnés du capitaine Charles de Lorimier, quittèrent Québec le 2 mai 1818, et s’embarquèrent à Montréal en canot, le 19 mai, pour le fort Douglas, où ils arrivèrent le 16 juillet.Ce fut le début de la grande mission catholique dans l’Ouest.Elle se perpétue aujourd’hui, sous la direction de Monseigneur Langevin.Quarante Canadiens-français, dont quelques-uns accompagnes de leurs familles, suivirent les missionnaires, dans ce premier voyage, et s’établirent à Saint-Boniface, fondé par des soldats suisses allemands, qui avaient déjà servi dans les armées de Napoléon, puis dans celles de la Grande-Bretagne, et avaient accompagné lord Selkirk dans ces régions isolées.Monseigneur Provancher exerça son ministère dans ce vaste territoire, pendant trente-cinq ans et mourait en 1853 après s’être prodigué à l’oeuvre grandiose des missions catholique de l’Ouest.Mgr 8aché, né en 1823 à la Rivière-du-Loup en bas, lui succéda et continua l’épopée de la conquête et de la civilisation chrétiennes dans ces parages.Son autorité él'ail si grande, dans cette partie de l’Amérique, qu’il en fut comme le roi.Les gouvernants, à maintes reprises, — surtout dans l’affaire Riel, durent avoir recours à lui pour rétablir la paix.Mais des feuilles protestantes, jalouses de l’oeuvre catholique qu’il accomplissait là-bas, l’attaquèrent violemment, — entre autres le Witness, de Montréal,—ainsi qu’il l’écrivait lui-même à sir Georges-Etienne Cartier; il n’en continua pas moins son labeur incessant, organisa des missions, des paroisses et des vicariats apostoliques, et, quand il mourut en 1891, la Free l'ress, de Winnipeg — journal protestant — rendit un hommage sincère à sa bonté, à son dévouement et à son esprit foncièrement canadien.Puis vint Monseigneur Langevin, “l’éternel blessé du Manitoba”, l’ardent défenseur des droits de la minorité catholique, et .dont toute la vie d’évêque, jusqu’ici, est un long exemple de dévouement à une cause juste mais méconnue par les autorités civiles.Le Catholic Centennial Souvenir publie sur tous ces hommes, sur leur oeuvre magnifique, sur leurs collaborateurs dévoués, — entre autres le père Lacombe, — des pages remarquables et dont la Jecture devrait déciller les yeux de ceux qui veulent diminuer le mérite de, l’oeuvre des missionnaires français dans J’Ouest et veulent y traiter noire race tout comme si elle n’y avait d’autres droits que les Douk-hobors et les Mcnnonites.Cet ouvrage, publié en anglais, a sa place tout indiquée dans les bibliothèques catholiques et canadiennes-françaises, à côté des livres de Dont Benoit et du révérend Père Morice.Il prouve que l’Eglise catholique et les missionnaires français furent et sont encore un grand facteur de civilisation, dans l’Ouest canadien.Geornes PELLETIER.PARLONS FRANÇAIS .OU ANGLAIS On nous écrit: Je sors de manger au St.Lawrence Hall, dans la salle dite grill room.La couverture de la carte est en anglais: SI.Lawrence Hall— A.J.Higgins Limited, proprietors.Mais, en ouvrant, voilà que je lis sur le menu: Carte du jour.Rien d’étonnant, me dis-je, voilà l’oeuvre d'Eugène; ce brave head waiter comme dit le patron, a voulu faire plaisir à ses clients canadiens-fran-çais.Et je poursuis: Relishes, Soups, Fish, Entrées, Game.Voyons Eugène, vous qui aviez si bien commencé, pourquoi ne pas continuer et écrire: Hors d’oeuvre, Potage, Poisson, Gibier, etc.?Pourquoi mêler les langues, 6 Eugène, vous qui vous feriez sans doute un crime de mêler les services?«Imprimez donc la carte en anglais el en français, afin que chacun puisse manger.dans sa langue! DAVIONON.L’on vient d’ensevelir, à Paris, madame Jacques Feuillet, major-générale de la Uroix Rouge de France.Madame Feuillet est morte en service actif, nu Maroc.Si les suffragettes veulent absolument le bien de l’humanité, comme elles le discnl, elles devraient plutôt imiter l’exemple de la femme héroïque que fui madame Feuillet, et suivre les détachements anglais sur les champs de bataille, aux colonies lointaines.Elles y feraient plus de bien, comme ambulancières et infirmières, qu’avec toutes leurs manifestations bruyantes cl hystériques dans les rues des grandes villes britannique».Le Cours de M.Ed.Montpetit M.Art h ur^aint Pierre, secretaire général de FEeole Sociale Populaire, uous adresse cette intéressante note.On vient de me remettre le programme du cours de législation industrielle financière et commerciale, que donnera M.Edouard Mont-petit à l’Université Laval.Ce cours est réparti sur trois années d’éiu-des de vingt leçons chacune.Cette année, M.Montpetit traitera de législation industrielle et, m'adressant au public sans doute, mais surtout aux membres de l'Ecole Sociale Populaire et à ceux de l’A.C.J.C., je voudrais donner quelques raisons pourquoi ils devraient se faire un devoir de suivre assidûment les leçons du sympathique et distingué professeur.Je regrette seulement de ne pouvoir, faute de temps — M.Montpetit donne sa première leçon après-demain, vendredi — motiver mon, invitation avec toute la force et tous les développements nécessaires.“L’opinion publique n’est pas pleinement acquise à la cause de la protection légale des travailleurs.Dans sa masse, elle reste indifférente, défiante peut-être.On n’a pas su la convaincre assez de l’étendue du mal, de l’efficacité du remède.Commodes autant que tranchantes, les maximes du “laissez faire" n’ont pas perdu tout crédit.Sans cesse démenties par l’événe-ment, les prédictions des adversaires de l’intervention de la loi ne laissent pas que d’effraver encore.” (1) Cette remarque de M.Raoul Jay, faite pour la France, s’applique lit-téralemcnt au Canada, comme le prouvent bien le concert de récriminations et de prédictions sinistres que soulève le projet de réduction légale des heures de travail dans les magasins, et les difficultés d’application des lois de protection des femmes et des enfants.Or l’Ecole Sociale Catholique considérant la législation comme un moyen indispensable pour régler la crise sociale actuelle et pour/améliorer le sort des classes populaires, tous ceux qui se réclament de, cette Ecole doivent favoriser l’intervention de l’Etat dans le domaine social et industriel.Mais cette intervention soulève les plus graves et les plus passionnants problèmes sociaux, les plus difficiles aussi: la liberté du commerce el celle, du travail, le salaire raisonnable, les conflits industriels et le droit de coalition, les retraites el les habitations ouvrières.Voilà autant de questions d’importance vitale, dont nul n’a le droit de se désintéresser, qui présentent d’ailleurs un intérêt palpitant, et sur lesquelles il importe souverainement d’avoir des idées claires et justes.Pour la première fois à Montréal, ces questions seront étudiées à fond au point de vue canadien, el c’est ce qui donne surtout au cours de M.Montpetit fcne valeur inestimable.Parcourons son programme, el nous verrons que noire loi provinciale instiluanl des Bureaux de Placement, et nos lois fédérales et provinciales concernant le salaire raisonnable sur les chantiers de l’Etat feront l’objet de son étude.Pareillemenl de nos lois de protection des femmes et des enfants.Il s’occupera également du statut légal de nos associations ouvrières canadiennes, et de notre loi provinciale concernant la coopération.Si on peut à la rigueur, trouver soi-même dans des livres spéciaux, les principes généraux en matière de législation sociale, et des renscigne-ments sur ce que cette législation e.sl dans les pays étrangers, c’est au cours de M.Montpetit et là seulement que nous pourrons apprendre quel chemin le Canada a parcouru dans celte voie, ce qu’il reste à faire, et peul-être à défaire ou à modifier.J’ajouterais, si c’était nécessaire, que M.Montpetit sait donner de l’intérêt aux sujets les plus arides; que ses exposés, d’une limpidité de cristal, enrichissent la mémoire sans la fatiguer; que ces cours faits dans une langue toujours êlé-, gante el pure, servie par une diction remarquable, sont un charme pour l’oreille et pour l'intelligence.Mais à quoi bon faire l’éloge d’un conférencier que tout Montréal connaît el admire.Il y aura donc foule au cours de M.Montpetit, et parmi ses auditeurs les plus attentifs et le.s plus fidèles on remarquera, c’est par là que je veux terminer, les membres de l'Ecole Sociale Populaire et les jeunes de l’A.C.J.C.Arthur SAINT-PIERRE.(1)—Raoul J«y, Dr Protection des Travailleurs, avant-propos de la promiô re édition.EN SECONDE PAGE La langue française et le corn-1 nar Pierre Homier.Sur le Pont d’Avignon.La Presse écrivait hier soir, U propos du concours pour le monument Cartier: “On a dit que les juges du concours n’étaieni pas compétents.La reproche est plaisant dans la bou-i che de quelques-uns de ceux qui les ont le plus doctralement critiqués et qui sauraient à peine dis-' tinguer une statue d’un poteau da télégraphe.” 11 faut s’entendre: l'a Presse n'est pas juste, puisqu'elle ne dit pas à quelle heure cette confusion existe.Si c’est tout le temps, les critiques ne sont évidemment pas qualifiés pour se prononcer.Mais si la confusion n'a lieu qu’aux petites heures.c’est une autre affaire.Car il j; a bien des critiques d'art, — ici et ailleurs, qui, sur le matin, ont des idées plutôt mêlées! * # * Lu Patrie, probablement sans le faire exprès, décochait une malice à M.Rodolphe Lemieux, hier, quand elle disait: “Tous deux, (MM.Lemieux ej Wilson), aussi conservent pour le demandeur, (dans la cause de M.DeSerres contre la Patrie* la même estime cl la même sympathie qu’ils avaient pour lui auparavant (sic) ces articles; mais l’honorable M.Lemieux a été blessé, lui, pour la famille du demandeur.” Tiens, voilà M.Lemieux qui, n’é-lanl plus ministre, n’a pins assez de sa famille et s’intéresse à celle des autres; il fait du progrès.A quelque chose malheur est donc bon! %
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