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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
lundi 21 octobre 1912
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1912-10-21, Collections de BAnQ.

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*- , VOLUME III—No.249 MONTREAL.LUNDI 21 OCTOBRE.1912 UN SOU LE NUMERO -•- ABONNEMENTS : Edition Quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS .$3.00 UNION POSTAXE .$6.00 Edition Hebdomadaire ; CANADA.$1.00 ETATS-UNIS .» .$1.50 UNION POSTALE / », * » .» .$2.00 LE DEVOIR Rédaction ' é Administration : 7 U RUE JACQUES MON U.- TELEPHONES \ ADMINISTRATION: Main 7461 REDACTION : Main 7460 Diredleur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! ;> v AUTOUR D’UNE DEMISSION La retraite de M.Monk ne semble plus faire le moindre doute.Les organes officieux du ministère affirment même que la lettre de démission du ministre des Travaux publics est déjà entre les mains du Pre-1 mier Ministre.On n’attend plus que l’arrivée de Son Altesse Royale le duc de Connaught—qui sera à Ottawa ce soir même—pour compléter les formalités qui doivent nécessairement accompagner la retraite d’un ministre.Tous les journaux anglais—même ceux qui paraissent le plus opposés à la politique du ministre des Travaux publics—rendent hommage au courage dont il fait preuve.Il est clair que, s’il est le seul à mettre ses actes d’accord avec ses paroles, ce n’est pas aux autres qu’ira l’estime de ses adversaires.Pour apprécier l’exacte portée, politique et constitutionnelle, de la démission de M.Monk, il faudra naturellement attendre ses propres déclarations et eelleà de àf! Borden; mais il nous semble dès maintenant opportun de mettre le public en garde contre une campagne de presse dont l’origine est aussi évidente que la tendance.Il a été expédié d’Ottawa toute une série de dépêches qui ramèneraient à ceci l’attitude de M.Monk:—Je reconnais que la sitnation de l’Empire est telle qu’une contribution d’urqence s’impose, mais j’exige le plébiscite—pour racheter ma parole.Nous ne sommes pas dans les secrets du ministre des Travaux publics et nous n’avons pas mission de parler pour lui, mais nous avons bien le droit de faire remarquer que cette prétendue reconnaissance da l'urgence—qui contredirait les déclarations les plus explicites des hommes d’Etat britanniques—ne vient pas de lui.Toute l’argumentation des officieux du ministère repose sur une simple affirmation anonyme.Tant que le ministre lui-même n’aura pas confirmé cette assertion, on a le droit de la tenir pour nulle et non-avenue.L’intérêt que les adversaires de M.Monk ont à le charger d’un pareil aveu est évident.Leur situation serait infiniment meilleure, s’ils pouvaient dire: M.Monk n’obéit qu'à un scrupule.Il reconnaît l’ur-genee.Elle deviendrait intenable, si le ministre, après avoir pris connaissance de tous les documents sur lesquels M.Borden veut baser son appel, disait: Je ne vois pas l’urgence.Si patent qu’il soit cependant, l’intérêt des adversaires dé M.Monk ne suffit pas à lui imputer des déclarations qu’il n’a pas faites.Ru reste, on commence à affirmer, dans certains journaux, que non seulement M.Monk n’a pas fait les déclarations qu’on semble lui prêter, mais que, précisément, ses collègues n’ont pu le convaincre de cette prétendue “urgence.” Le moins qu’on doive au ministre des Travaux publics, c’est la justice; et la justice exige cpi’on ne le juge que sur ses propres déclarations.Orner HEROUX ^ L’Institut Bruchési L’Institut Bruchési vient de publier son premier rapport annuel.Vous ne saurions mieux montrer l’importance de l’oeuvre qu’il poursuit: la lutte contre la tuberculose, qu’en citant quelques chiffres du rapport du président, M.J.Auguste /Uçhard.Dans sa première année, le dispensaire a reçu 2,550 malades et, pour voir à tous ces patients, on n’a fait d’autres dépenses que le salaire du régistraire, le coût des médicaments fournis gratuitement aux malades généralement trop pauvres pour les payer, les secours à domicile et les billets de tramway des soeurs visiteuses et des malades venus de loin, la pension des jeunes filles ou femmes pauvres envoyées au Préventorium de Beloeil.La communauté de la Providence b mis gratuitement à la disposition de l’Institut le local situé rue Ste-Catherine Est, 369, six religieuses gardes-malades, dont deux pharmaciennes; elle fournit gratuitement le chauffage, l’éclairage et l’entretien des salles; seize médecins et chirurgiens donnent leurs services sans rémunération.Pour démontrer la valeur des services des médecins, le rapport l’a établie en argent, au taux des pauvres, et l’on arrive aux chiffres suivants: 2,550 premiers examens à $5.00.$12,750 14,480 consultations à $1 14,480 142 visites à domicile à $2.00 .284 143 opérations à $10.1,430 264 pansements à $0.50 132 38 conférences à $10.380 # Total.$29,456 Mais les dépenses obligées, si réduites qu’elles sont, n’en demandent pas moins le concours de l’initia-iive particulière comme celui des pouvoirs publics.A l’heure actuelle ces derniers n’onl pas encore fait grand’ehose pour l’oeuvre.La Ville de Montréal n’a donné que $2,000 et le gouvernement de la province, qu’une somme assez minime.11 faut cependant compter sur une augmentation annuelle de ces octrois.Le docteur Eugène Grenier, directeur du dispensaire, donne les chiffres suivants dans son rapport.Du 27 février 1911 au 29 février 1912, les médecins ont examiné 2,550 patients catholiques, protestants et juifs.Ils ont donné 14,480 consultations, fait 143 interventions chirurgicales et 152 visites à domicile; les, religieuses pharmacicn-neS ont rempli 21,779 prescriptions, les religieuses gardes-malades ont fait 264 pansements, 2,979 visites à domicile, elles ont distribué 1,871 rrnehoirs et 2,724 feuillets de littérature antituberculeuse.L’Institut a fait faire -38 conférences avec projections.De ce rapport, nous extrayons le passage suivant qui n’a besoin d’aucun commentaire.“Il est une chose qu’on a été ohli-gé de constater: à savoir que le Canadien-français est de tous les éléments qui composent notre population, celui qui a le mieux compris la nécessité de se faire traiter, et qui mieux est l’a mise en pratique.“En effet, en étudiant au point de vue nationalité les patients enregistrés au dispensaire nous trouvons par ordre numérique: “Canadiens-français, (92 p.c.) Canadiens-irlandais, Irlandais, Italiens, Français, Hébreux, Ecossais, citoyens des Etats-Unis et Russes.“Les différentes races composant notre population montréalaise, sont donc représentées.C’est logique, car aucune d’elles n’a encore été signalée comme possédant une immunité naturelle contre la tuberculose.“Nous avons de plus constaté que dans un district de Montréal, peuplé de races différentes, la nationalité la plus pauvre, compte fait bien entendu de la proportion numérique, est précisément la nationalité de ce quartier qui fournit au dispensaire le moins de patients.“Une conclusion s’impose: il y a un manque d’éducation anti-tuberculeuse dans ce milieu, comme c’est le cas du reste, à des degrés différents dans toutes les classes de notre société.” A celte conclusion, le Dr.Grenier nous permettra de ne pas souscrire du moins tout à fait: il y a peut-être moins un manque d’éducation antituberculeuse qu’un refus conscient ou non, de se rendre à l’évidence des preuves données.On nous annonce que ce rapport a été distribué à plusieurs centaines d’exemplaires à la conférence donnée par le Dr J.Gauvreau sur la tuberculose à l’Exposition d’Hy-giène Infantile et qu’on le distribuera encore, cet après-midi, à la clinique antituberculeuse.Il serait à désirer que tous ceux qui en auront un exemplaire le lisent attentivement.Il faut, en effet, que toute la population finisse par s’intéresser à l’oeuvre antituberculeuse.Fred.PELLETIER.Les jingos peuvent attendre S’il est vrai que le Star est l’un des organes du cabinet Borden, celui-ci doit parfois prier de le délivrer de certains de ses amis.Parlant de la démission de M.Monk, le Star disait vendredi: "L’essence même de “l’urgence, c’est d’être urgente, et M.Monk se rendrait certainement compte que si le péril de l’Empire est si imminent et si grave qu’il équivaut à l’urgence, tout gouvernement canadien serait traître au plus impérieux de ses* devoirs s’il retarderait délibérément d’agir en attendant uhe campagne d’éducatuyi et un vote populaire.” Le projet du gouvernement est de donner vingt à trente millions de piastres.Pourquoi faire?Construire des vaisseaux?Mais alors ces vaisseaux ne seront pas prêts avant deux ans au moins.Pour aider à l'échiquier anglais?Quel besoin a-t-il de cet argent, quand il en a assez pour diminuer sa dette de quinze à vin^t-cinq millions par année?D’une façon nu de l’autre, la contribution du Canada ne peut accroître immédiatement la sécurité de l'Empire.BILLET DU SOIR FAUT PLUS DE GANTS.A M.le Procureur-Général.M.le Procureur, L’aristocratie s’en va.même $30,000,000 chez les criminels.Autrefois il n’y avait que les “gentlemen cambrioleurs’’, les “Arsène Lupin" qui opéraient avec des gants, maintenant le moindre apache manie son pince-monseigneur entre des doigts moulés de suède.Comme le gant est d’autant plus souple qu’il est plus cher, les disciples de Bonnot achètent les bonnes marques: “Les gants blancs pour la Main Noire, dit un confrère parisien.D’où leur est venu soudain ce raffinement?M.Bertillon le dira peut-être ce soir, à l'Alliance Française, mais en attendant ses techniques explications, oyez: Le fameux docteur Bertillon ayant trouvé dans les empreintes laissés par 4es doigts des criminels, un moyen facile de les identifier, ceux-ci ont tout simplement supprimé les empreintes.Tout au plus peut-on découvrir, maintenant, si le voleur portait des gants achetés au “Louvre" ou an “Bon Marché.” Mais pourquoi ta police n’a-t-elle pas interdit immédiatement la fabrication d’un objet dont l’usage est devenu immoral?A cela, monsieur, vous opposez de nombreuses objections, mais je vous assure qu’elles ne tiennent pas debout, vos objections.Les gants garantissent du froid, dites-vous?Pas plus tard qu’hier pendant que.le soleil me faisait perler la sueur au front, j’avais l’onglée, ear mon gantier, pour me faire des extrémités élégantes, m'a boudiné les mains dans des étaux de cuir.Voilà comment les gants protègent du froid.“Mais les mains nues, ce n’est pas habillé,” continuez-vous.Les mitaines habillent-elles moins que les gants qui laissent à chacun des doigts son individualité.“Les mitaines paralysent les doigts,” dites-vous?Et celles que portaient nos mères qui n’callaicnt qu'à mi-main, les ’Quenottes” d’autrefois?Vous prétendez encore que les gants sont d’un usage courant en chirurgie moderne, qu'ils empêchent la sécrétion des mains et facilitent l'asepsie.Je vous réponds que cette innovation est ridicule et dangereuse: les praticiens avaient déjà bien assez de leurs éponges et de leurs bistouris à oublier dans le venire de leurs patients.Vous insistez sur le point de vue "chic’’?Eh bien, vous figurez-vous que Petrone, arbitre des élégances, portait des gants sous Néron, et cependant vous n’avez pas la prétention de comparer les lanceurs de “Fashion Craft” ou des "Semi-Bea-dy” à ce dandy d’avant la lettre?Mais le gant n’est pas seulement le complice, des cambrioleurs, il a bien d’autres défauts encore.Il aide l’hpocrisie.Vous ne sentez pas sous sa minceur trompeuse la fausseté de la main que vous pressez.Combien de.doigts fuselés faussement raidis dans leur pelure de peau ont donné des espoirs chimériques à des amou reux naïfs! Le gant peut être criminel.N’est-ce pas en le lançant qu’on prouo.que le.duel, ce jeu dangereux ou de vieux enfants tâchent à se.faire une piqûre d’épingle avec un grand fleuret, et réussissent parfois à s’em brocher pour laver leur honneur, comme s’ils l’avaient dans le ventre.Enfin, c’est encore d’une déformation ou plutôt d’une tuméfaction du gant qu’est née, en Angleterre, cette arme redoutable dont les boxeurs se servent, pour réduire en bouillie moyennant plusieurs milliers de dollars, le faciès d’un adversaire, l’arme qui a fait un dieu de Johnson, le moricaud colossal, 'qui s’il habitait un peu plus au sud, se dandinerait, depuis 48 heures, an bout d’une corde expiatri-ce.J'espère, Monsieur le Procureur, que vous prendrez ces quelques remarques en sérieuse considération.J'ai l’honneur, etc.Louis BRETON.NOS ENQUETES Nous continuerons cetle semaine la publication d’une série d’opinion de représentants de la minorité anglo-protestante de Québec sur la question scolaire ontarienne.Cette requête offre un intérêt sur lequel il serait inutile d’insister.Nous donnerons demain une lettre de M.C.E.Fryer, professeur d’histoire à McGill; après-demain, une déclaration de M.John Boyd, le Journaliste bien connu.Ce n’est pas tant PFmpire que les jingos qui sont en danger.Et les jingos peuvent attendre que, le peuple canadien se soit prononcé.Trente millions, c’est le joli chiffre que le cabinet Borden, sous la pression des jingos, se propose, parait-il, de faire voter par le parlement, sous prétexte d’un “besoin urgent", contredit par les déclarations officielles des hommes d'Etat et des chefs du gouvernement britannique.On peut être sûr que toutes les influences possibles s’exerceront sur la presse des divers partis pour créer l’affolement, au milieu duquel on espère faire passer cette proposition.Il se trouvera peut-être encore quelque bienfaiteur, aussi modeste que généreux, pour payer — sous le couvert de l’anonymat — la reproduction, d 14 sous le pouce carré, des articles qui feront le mieux l’affaire des jingos.On peut être sûr que le Devoir tiendra, au milieu de la crise, sa ligne de conduite du passé: il jugera les hommes et les choses à leur mérite et dira la vérité, QUELS QUE SOIENT LES INTERETS EN CAUSE.Nous offrons à tons ceux qui veulent se renseigner un avantage exceptionnel.Pour $1.00 iis recevront chaque jour le Devoir, du commencement de la session provinciale à la fin de la session fédérale; c’est-à-dire, pendant l’une des périodes qui seront certainement les plus mouvementées de notre histoire.politique.A tous nos amis, à tous ceux qui veulent faire connaître la réalité des choses, nous disons: Faites autour de vous un peu de propagande, conseillez la lecture du journal.Cela vous coûtera moins cher qu’au monsieur “14 sons le pouce carré”, mais vous ferez, pour le bien de votre pays, une besogne aussi efficace que celle qu’il fait lui-même contre les intérêts cana-! diens.Qu’on ne l’oublie pas: $1.00 pour les deux sessions, fédé-j raie et provinciale.Mémoire courte Le Devoir n’a pas l'habitude de tenir compte des lettres non signées.L’anonymat est un indice de faiblesse qu’il aime d’autant moins qu’il paraît plus général chez nos compatriotes, faiblesse qui parfois ne ’explique pas.Ainsi quelle objection pouvait bien avoir à signer de son nom celui qui nous écrit pour nous faire remarquer que la préférence tarifaire accordée aux produits anglais répond victorieusement à ceux qui prétendent que le Canada ne fait rien pour l’Angleterre?Il ne dit rien de désagréable à personne, il traite un sujet d’intérêt public; c’est son droit et personne ne pourrait lui en faire un reproche.Pourquoi s’abstient-il de donner son nom?[.’humilité change parfois de nom.IL a tellement raison cependant, que pour une fois nous faisons exception.La préférence tarifaire canadienne sur les importations anglaises date de 1897.On a dit qu’elle était établie surtout dans l'intérêt du producteur canadien.Qu’importe le motif! Ce qui est incontestable, c’est qu’elle favorise l’accès des produits anglais au marché canadien.Grâce à cette préférence, les importations d’Angleterre ont augmenté de plusieurs millions depuis 1897, parce que la réduction de l’impôt douanier en leur faveur leur facilite la concurrence sur notre marché.Cette préférence a été en outre augmentée jusqu’à 33 pour cent des droits payés par les produits des autres pays.C’est quelque chose, c’est beaucoup même, tellement que certaines industries canadiennes en ont souffert considérablement.Personne ne nie aujourd’hui que l’industrie des laines, pour une, a périclité depuis.Et en retour qu’avons-nous eu?Rien.L’on peut discuter sur l’à-propos ou le danger d’une préférence réciproque.Cela est surtout l’affaire des Anglais d’Angleterre.Le fait indiscutable, c’est que nous donnons depths plusieurs années une préférence importante aux produits anglais; que cette préférence a été donnée par le Canada sans condition de réciprocité et qu’à l’heure actuelle, bien peu de personnes au Canada parlent sérieusement de réclamer un avantage correspondant sut le.marché anglais.Or cette préférence représente des millions de piastres pour le producteur anglais, et un équivalent de prestige pour la suprématie commerciale de l’Angleterre dans le monde entier.Donc, à part tous les grands travaux d’utilité impériale autant que canadienne que nous avons payés de nos deniers, le Canada a de plus modifié sa politique fiscale de façon à favoriser spécialement l’Angleterre, et cela malgré l’attitude tinjuste du gouvernement anglais sur la question du bétail, par ex-, emple.Et ceux qui prétendent que noua ne faisons rien, n’omt-ils pas été parfois les plus ardents à reprocher à l’Angleterre son refus de lever la prohibition de l’entrée du bétail canadien vivant chez elle?Le jingo a la mémoire courte.Sur le Pont d’Avignon.M.Rodolphe Lemieux serait heureux de voir M.Maréchal ministre.On dit que celui-ci n’esl pas très flatté du compliment.!S 3 C D'après Frédéric Harrison, les cinq meilleures règles de vie sont l’abstinence du tabac, et de l’alcool, la nutrition modérée, le sommeil de huit heures, deux heures de marche par jour, se lever matin et se contenter de ce qui nous arrive.C’est peut-être aussi un excellent moyen de réduire le coût de la vie.* * * L’exemple de M.G.E.Ainyot ne saurait être trop loué.M.Ainyot a .sans doute le moyen d’être généreux, mais beaucoup d’autres Canadiens-français aussi bien doués que lui sous le rapport de la fortune, n’ont pas encore pensé à faire aussi bon usage de leur fortune.* * * M.Meredith, gérant général de la Banque de Montréal, est d’opinion qu’il nous faudra payer plus cher pour nos emprunts en Angleterre, parce que les demandes d’argent sont de plus en plus considérables.Les trente millions qu’il nous faudra emprunter pour cette contribution d’urgence n’amélioreront certes pas la situation.* s * “Les électeurs de Drummond et Arthabaska qui ont été témoins des luttes de M.Monk pour l’autonomie du Canada cl le respect de la volonté du peuple seront fiers de l’altitude courageuse qu’il prend en ce moment.” — La “Gazette d’Artha-baska.” * * * La chambre des députés du Mexique qui avait demandé la démission du cabinet est revenue sur sa décision.Elle a passé toute sa colère en invectives à l’adresse du président Madero.Qu'il y ait de sa faute ou non, celui-ci n’a toujours pas encore tenu sa promesse de rendre la paix au pays.• • • M.Weber, un conseiller de la cour de Berlin, actuellement en voyage d’études au Canada, déclare que le prétendu péril allemand est l’oeuvre de journaux anglais et allemands qui n’onl aucun souci des responsabilités du journalisme.Le Star feindra de ne se point reconnaître.* # # La direction de l’exposition de Toronto vient de décider de prohiber tous les spectacles accessoires de l’exposition à l’averffv.Voilà un exemple que l’on devrait bien suivre ailleurs.Le Veilleur.Feu Narcisse Pelletier Un nouveau deuil vient d’atteindre la famille du “Devoir”.M.N.Pelletier, de Fraserville, père de notre dévoué collaborateur, M.Georges Pelletier, est décédé subitement hier à l'âge de 55 ans.C’est la deuxième épreuve qui frappe la famille Pelletier en très peu de temps.Il y a à peine deux mois, une demoiselle Pelletier succombait en quelques jours à l’appendicite.M.Narcisse Pelletier était une figure connue et aimée dans tout le comté de Témiscouata.Esprit entreprenant, il a fait beaucoup pour le progrès matériel de Fraserville.Il était depuis plusieurs années percepteur des Douanes et de l’accise à Fraserville.Citoyen intègre et psre modèle, Il laisse un nom respecté.Mme Pelletier et dix enfants lui survivent.Les funérailles auront Heu à 9 heures 30 Jeudi en l'église de Saint-Patrice de la RIvIère-du-Loup.Le “Devoir” prie son collaborateur et sa famille d'accepter sa profonde sympathie.JMft: DUMONT.Jean DUMONT.LES ENSEIGNEMENTS DE GARNEAU Par M.HECTOR GARNEAU Le Devoir consacre aujourd'hui une très large partie de son espace il la mémoire de Carneau.Nous en sommes heureux, car le grand historien s’est créé d’inoubliables titres à la reconnaissance de ses compatriotes.On trouvera ailleurs le texte ou l'analyse des principaux discours prononcés au dévoilement de la statue.Nous dormons ci-dessous Ionie la partie essentielle de l’allocution de M.Hector Carneau, le petit-fils de l’historien.Après avoir adressé au généreux donateur de la statut, M.Amyot, et aux orateurs de la journée ses remerciements et ceux de la famille Carneau, le jeune écrivain demande la permission de dégager de, l’Histoire du Canada de son aïeul “quelques enseignements qui ne laissent pas d’avoir encore une certaine actualité.” Nous citons textuellement: Au lendemain de 1840, la situation des nôtres était singulièrement lamentable.La constitution dite i’Aefe d’union, préparée ou inspirée par Lord Durham, avait décrété la disparition de la race française au Canada.En dépit de la vaillante résistance de nos pères contre les invasions de 1775 et plus récemment de 1812 et 1813, on creusait i dre fosse et l’on préparait avec joie nos funérailles.A la vérité, l'Angleterre, mieux avertie depuis, ne s’avisait pas encore des bienfaits de l’Entente cordiale.Aussi bien les coeurs canadiens-françds, cndo’oris et meurtris dans ce qn’i's tenaient de plus cher, sentaient se iouvi;" des blessures mal fermées; e! les fronts comme les volontés étaient courbés et anéantis devant nos espoirs en deuil et nos rêves d'avenir écroulés.C’est à ce moment que parut le livre de Carneau.Au dire des contemporains, les fronts de nos pères se redressèrent soudain et un frisson d’espérance courut parmi les nôtres.L’historien apportait un réconfort à notre fierté nationale.Il nous annonçait des motifs de foi en nos destinées.Par-dessus tout, .! découvrait à nos yeux des sources, oubliées ou inconnues, d’énergie, de patriotisme, de vitalité, par quoi une foule obscure se mue en peuple et un peuple, encore que vaincu et opprimé, se retrempe et se relève.Carneau ressuscitait notre douille passé.Il mettait en relief au prix de quels efforts et de quels héroïs-mes, malgré quels obstacles formidables, à travers quelles tempêtes souvent calamiteuses, la race française s’était implantée et perpétuée en terre d’Amérique.D’autre part, il montrait dans son plein jour tout ce qu’il avait fallu à nos pères de persistance, de désintéressement, de vigilance inlassable et de luttes jamais closes pour sauver notre nationalité de la mort et garder notre patrimoine moral.Par là, il ravivait et racinait en nous l’orgueil de nos origines et de notre histoire et proclamait la valeur de notre sang.C’est pourquoi la France lui tenait au plus profond du coeur; et son doux parler, dont un éminent professeur de l’Université d’Oxford, sir Frederick Pollock, disait que c’est le langage le plus magnifique et le plus parfait qu’on ait parlé depuis le grec, de Platon et qui faisait dire, ici même, à M.Etienne Lamy qu’“H avait été la langue de la conscience humaine”, ce parler français était Ja seconde religion de Carneau.Avec quelle piété quasi filiale il a parlé de l’ancienne mère-patrie et célébré l’éclat de son génie, la supériorité de sa civilisation, la richesse incomparable de son apport à l’humanité, est-il besoin de vous l’apprendre?Notre existence comme peuple homogène et distinct lui paraît intimement liée à la sienne; elle est à la fois noire raison d’être et de durer.N’cst-ee pas d’elle, en effet, que dérivent et que procèdent nos façons de penser et de sentir, nos goûts intellectuels, notre tempérament propre et notre figure morale?Par suite, l’historien nous incite à ne jamais laisser s’effacer ni s’atténuer en nous l’empreinte originelle.Il estime qu’en baignant nos intelligences dans le génie latin et dans ia culture française, en créant autour de nos foyers et de nos écoles, une atmosphère conforme à noire esprit et à nos idées, accueillante à nos émotions et à nos rêves, nous conserverons, sans amoindrissement ni souillure, l’intégrité de notre caractère national.Tant il est vrai qu’en abdiquant notre mentalité française,en permettant qu’on touche à notre langue, à notre foi, à nos traditions ancestrales, nous ne serions pas seulement diminués comme race, nous serions encore diminués dans le respect d’autrui et dans l’estime de nous-mêmes.Aussi bien Carneau trn-dutsait-il fidèlement la pensée de ses compatriotes quand il écrivait à Emile de Girardin: "Quel que soit le sort que l’avenir réserve à notre race, nous aimons souvent à reporter les yeux vers cette ancienne ‘France d'où font sortis nos père»; et, comme le chevalier normand, couché sur le tombeau de marbre des vieilles cathédrales anglaises, si nous devons perdre notre nationalité, nous voulons du moins laisser un nom français sur notre mausolée.” Au surplus, l'historien prend la question par son aspect le plus haul et en même temps le plus positif.Si c'est pour nous un devoir sacré de rester français, la Crande-Bre-tagne a un intérêt capital, essentiel à sa grandeur et à sa sécurité en Amérique, à nous y aider.Qui pourrait eontester, en effet, que 1« maintien de la puissance britanni-que sur ce contient dépend étroite-meiit de ia permanence d’un élément ethnique comme le nôtre, lequel, en formant une cloison étanche entre les populations anglo-saxonnes et l*s populations anglo-américaines, prévient leur contact et s’oppose sans cesse à leur fusion.“C’est à nous, dit Carneau, que le Canada doit de ne pas faire partie des Etats-Unis; nous l’empêchons de devenir américain de moeurs, de langue et d’institutions.” (Histoire du Canada, 4èmc édit., tome I, p\ 319).El aussi: “.ceux qui veulent réduire les Canadiens-français à l’ilotisme ne le font point dans l’intérêt du grand empire dont nous faisons partie; ce sont les intérêts canadiens-français qui ont empêché jusqu’à présent le Canada de tomber dans l’orbite de la réquibli-que américaine.” (Lettre à Lord Elgin, gouverneur-général du Canada, 19 mai 1846).A une époque où le fanatisme ancien veut de nouveau menacer tout ce qui porte une marque française en ce pays, il est bon, croyons-nous, de rappeler ces paroles prononcées il y a soixante ans, Qu’en faut-il conclure, sinon que mil ne peut suspecter le loyalisme, longtemps éprouvé, des Canadiens-français envers la Couronne britannique, symbole glorieux do justice, d’ordre et de sagesse, génératrice à travers le monde de liberté politique, (l’autonomie coloniale, de jeunes nations robustes et maîtresses d’elles-mêmcs; que s’il répugne à nos habitudes de le professer bruyamment, nous ue saurions pas moins, à l’exemple de nos pères, en démontrer la ferveur aux jours de bataille; et que précisément ce loyalisme pour nous, pour nos enfants et les enfants de nos enfants, consiste d’abord à rester fidèles à nous-mêmes.“Que les Canadiens soient fidèles à eux-mè-mes!” C’est le mot qui termine [’Histoire de Carneau, le dernier conseil qu’il adresse à ses compatriotes.Ah! si, en ce moment, le cher aïeul, endormi dans vos murs, pouvait sc lever de sa tombe; s’il voyait recommencer les assauts contre notre langue, nos écoles, nos droite les mieux garantis, il nous répéterait à coup sûr et d’une voix forte: “Que les Canadiens soient fidèles à eux-mêmes!” Il dirait aussi, c’est encore lui qui parle: “11 y a quelque chose de touchant et de noble tout à la fois à défendre sa nationalité, héritage sacré qu’aucun peuple, quelque dégradé qu’il fût, n’a jamais répudié.” Au reste, “le sort des Canadiens-français n’est pas plus incertain aujourd’hui qu’il l’était il y a cent cinquante ans.Nous ne comptions que soixante mille finies en 1760, et nous sommes maintenant deux millions.” Et je pense bien que ce grand patriote ajouterait: “Quoi qu’il arrive, n’abdiquez jamais.Luttez aujourd’hui comme nous avons lutté hier, luttez demain, luttez toujours, puisque c’esl là notre destinée et aussi bien notre salut!” Et les beaux vers de Victor Hugo chantent dans ma mémoire: “Ceux qui virent, ce «ont ceux qui luttent; [ce sont Ceux dont un dessein ferme emplit I’ftme [ et le front, Ceux qui d’un haut destin gravissent l’fi fpre cfme, Ceux qui marchent pensifs, épris dfun but f sublime, Ayant devant les yeux «ans cesse, nuit et f jour, Ou quelque saint labeur ou quelque grand [amour.'* SOMMAIRE _____ c PAGE 2 —Dévoilement d’un monument à F.-X.Carneau.— Texte des discours.PAGE 3 —L’exposition du Bien-être de Ven-fancc.—Une chambre de commerce à Montmagny.—Des étudiants font le siège d’un théâtre.PAGE 4 LA VIF SPORTIVE: —Le club Mascotte a perdu te championnat.—Démonstration de gymnastique au Champ de Mars.PAGE 5 —Faiis-Montrial.—Un Obstacle, suite du feuilleton de Jean de la Brète.DERNIERE PAGE —Le conflit turco-balkanique.—Toutes les dernières nouvelle» locale* et étrangères, de la dtr> ntire heure.\ ;e devoir, mom heal, lundi, 21 octobre i\nz VOL.III.— No.24£' Dévoilement d’un mon Des discours remarquables ont été prononcés samedi à l’occasion de la grande manifestation autour du monument Garneau /Vf.Georges Elie Amyot, le donateur du monument, dit pourquoi il a voulu honorer la mémoire du grand historien.- M.Vabbé A.Gosselin définit Voeuvre de Garneau et le notaire Roy montre le patriotisme de Vhistorien Discours de Sir Wilfrid Laurier, de Sir Lomer Gouin, du maire Drouin, du lieutenant-colonel Wood et de M.Peterson, principal de TUniversité McGill (De notr.rrvoy^ spécial) (ViiPhi'f’, 19 — l'no, inatin^o Hr pluie batlantp, uni fiel m cave chargé au moment de la cérémonie ont empêché le public de Québec d’assister en foule au dévoilement eu bronze érigé en l’honneur de l’hislorion Garneau.A l’heure dite quelques centaines de personnes étaient réunies autour du monument recouvert o’un drapeau anglais.On apporta les fleurs au nom de J’Jnstitut Canadien au nom de la cité dont Garneau fut le greffier, au nom rie la province aussi.Puis Son Honneur le l.t.-gouverneur enleva le voile qui recouvrait la statue.On applaudit et l’qn se dirigea vers le Manège de la Grande Allée où les discours furent prononcés.Il y avait là trois mille personnes.Sur l’estrade : sir Wilfrid Laurier, l’hon.P.Landry, président du Sénat ; Son Honneur le l;t.-gouverneur Lunge-lier, sir Lomer Gouin, sir L.V.letté, Thon.A.Taschereau, Thon.G.E.Amyot, Thon.C.Helage, président de l’Assemblée législative ; l’abbé A.Gosselin, recteur de l’Université Laval, le Principal Peterson, de l’Université McGill , M.H.Garneau, petit-fils de This-torien, le lù.-ooL Wood, l’hon.N.Gar-leau, M.J.E.Roy, de la Société loyale, M.le maire Drouin, Mme et Mlle Drouin, et plusieurs autres.Remarqués au premier rang de Tas-sistanee : Mme et Mlles Amyot, M.Amyot, jnr.Mme Landry, Mme Taschereau, l’hon.A'.Turgeon, le Dr Rousseau et Mme Rousseau.M.Ferdinand; Roy et Mme Roy.M.dos.Turcot, M.H.d.d.B.Chouinard.M.T.G.Scott, M.R.H.Bolt, M.Gyr.Tessier, etc.M.IVdage présente les orateurs.G’est d’abord Thon.M.Amyot qui nffre la statue à la province do Qué- 3CC.On.fait une ovation au donateur qui tst très ému.M.GEORGES ELIE AMYOT Excellence, Messieurs les ministres, Mesdames, Messieurs, La circonstamice qui réunit, ici, en ce moment avec tant de personnages dis tiagués, une foule si compacte et si bienveillante, m’apporte une des meilleure» .joies de ma vie.J’ai l’honneur d’offrir au gouvernement de Québec et, par le gouvernement, I ma province catholique et française, le monument, d’un homme qui, par son Vntelligenee, son labeur et son oeuvre, a iIllustré la ville où il est né et le pays qu’il a servi, et qui, de l'aveu de tous, mérite d’occuper unie place d’honneur dans la galerie de nos gloires nationales.Toutes les villes historiques, toutes les contrées reconnaissantes et généreuses, s’honorent de pouvoir montrer au peuple qui les habitent et aux générations qui se succèdent dans leur sein, l’effigie de leurs grands hommes.L’image de marbre ou de bronze est un symbole qui instruit, une leçon qui per suado, un exemple qui entraîne.Nous devions, ce me semble, à celui qui, de son vivamt même, fut appelé notre historien national et dont la plume vaillante et.fidèle dissipa tant de préjugés et fit jaillir tant de lumière, l’hommage déjà tardif que nous lui décernons aujourd ’hui.POURQUOI CE DON J’ai voulu.Messieurs, dans -la mesure de mes ressources, glorifier en “François-Xavier Garneau,” l’homme et l’oeuvre, le patriote ardent qui se dé voua, fout, jeune encore, au service de notre cause et l’ouvrage de haute valeur où il consigne, avec tant de science et d’éloquence, nosi origines, nos luttes, nos espoirs, nos craintes même.Je laisse de côté les ra sons personnelles qui, de bonne heure et comme par instinct, ont pu me rendre cette figure particulièrement chère et vénérable.Garneau appartenait, comme il s’en félicita modestement, lui même, à une familllo honnête, religieuse et laborieuse.II hérita de ses ancêtres, cette énergie active et.tenace dont il fit preuve dès sa jeunesse et qui, par -ses seules ressources, malgré des difficultés de tout genre, lui permit de s’instruire, de voyager, d'observer et d’accomplir, au milieu des soucis de la vie, une oeuvre de maître.LA JEUNESSE UE GARNEAU On me pardonnera d’insister sur ce mérite spécial de Garneau.Malheureuse ment, trop de jeunos gens, bien doués, échouent dans leur carrière parce qu'ils négligent le grand ressort, de l’initiative personnelle, parce qu’ils comptent trop aisément sur l'aide et la protee-1 tien d’autrui et pas assez sur leur propre travail.Le jeune Garneau était pauvre, sans moyens suffisants pour faire, dans une maison d’éducation, un cours classique, U ne douta cependant point, de l’avenir, il étudia seul, chercha au fond des li-rres et dans les relations d'affaires ou -le société qui s'offrirent, les connais lances dont il avait besoin.11 consuma en longues veilles sa santé pour se mettre en état de défendre par -la pensée ?t par la plume, sou pays.ïARNEAU DEFENDIT NOTRE HIS-TOTRE peinent de notre influence, de notre esprit, de nos traditions religieuses et nationales, loin d’affaiblir le lien britannique., ne peut au contraire que ie fortifier.Les espérances en notre avenir parurent parfois s'ébranler.Nuil néanmoins ne déploya dans la justification de notre passé, un zèle 'plus actif, et nui n’employa à nous mieux faire cou naître un talent plue personnel d’observation et d’exposition.Il ne m'appartient pas, Messieurs, de dire en quoi pèche et eu quoi se recom mande l’oeuvre historique de Gar neau; on a pu, je le sais, y relever ça et là des lacunes, des imperfections, des erreurs même.L’esprit le mieux doué n’est pas exempt de faiblesse.L’OPINION PUBLIQUE ET GAR ! NBA (T Ce qui est, sûr, c’est que l’opinion pu j blique a depuis longtemps reconnu, et ce que proclame le concours immense I et.l’évidente sympathie des personnes j qui m’écoutent est que ]’historien Gar neau a élevé en l’honneur de son pays, | un véritable monument, monuiment apprécié cl loué par les meilleurs critiques de l’Europe, monument beaucoup plus durable et beaucoup plus présienx | que, celui-ià même, qui se dresse aujourd’hui devant vous et.par lequel nous; avons voulu honorer et perpétuer sa mé- j ! Cette défense, on le sait, fut.brillante, et si notre historien, formé pour ainsi dire ft sa propre école, put.obtenir un tel succès, de quels prodiges ne seraient, pas capables, ceux qui.mieux favorisés, reçoivent dans nos séminaires, des leçons si hautes, si solides et si profitables, mais dont un grand nombre ne donnent jamais les fruits qu ’on attend d'eux.Un autre trait remarquable du carac-lère de Garneau, fut son patriotisme ar-3ent et fier, une toutefois à la jdus sincère loyauté.Dans sa lettre à Lord Elgin, l’auteur de “l’Histoire du Canada”, écrivait: “que ceux qui veulent réduire ie,s Canadiens-français ft l’ilotisme, no le font pas dans l’intérêt du grand Empire dont nous faisons partie.’ ’ C’était l’idée de cet homme éminent que nos compatriote» ont un rôle à jou , er- aur c8^onSjflaa>/._«t ,£WPple dévelop- “L’HISTOIRE DU CANADA” A une époque où le Canada-français l'uiergeait ù peine d-e l’ombre où la défaite l’avait enseveli, L'HISTOIRE DU CANADA.?i simple dans ses récits, si fran.die ci si élevée, dans ses vues, nous révéla non seulement ft la France et au monde, mais à nous-mêmes; en la lisant, -le Canadien-français assiste à une résurrection du passé, il voit réap paraître comme en un tableau vivant la foi, la vertu, les exploits des ancêtres; il voit, défiler sous ses yeux émus, les anciens régiments, fidèles au drapeau, courageux jusqu’à l’héroïsme, insatiables de -luttes et de gloire, et il se sent vengé de l’inconstance de la fortune par le récit dramatique des entreprises et des faits d’armes qui illustrèrent si magnifiquement le régime français.Autant Garneau a su mettre en lumière la valeur militaire de nos officiers et de nos soldats, autant il a su montrer l’intrépidité viligante et cous tante de nos premiers parlementaires, de nos députés, do nos légistes, des vrais sauveurs de notre liberté.CE QU'EN DIT L'ABBE CASGRA1N “L'HISTOIRE DU CANADA a écrit l’abbé Casgrain, n’-est pas seulement un livre, c’est une forteresse, où se livre une bataille.“Cette bataille c’était alors, c'est, encore aujourd'hui, cel le d’iin peuple qui fidèle à ses traditions, à sa religion, à sa langue, prétend conserver les droits qu'on lui dispute, et qui par les armes paisibles de la pn litique, de l'industrie, de l’agriculture, du commerce, veut élargir le cercle de son influence, et le légitime domaine de sa vie sociale.Dans son premier volume ft la.page 68,.Garneau écrivait ceci: “S'il était permis à Cartier, de sortir du tombeau -et de contempler maintenant le vaste pays qu’il a livré couvert de forêts et de hordes barbares et misérables, ft T'entreprise et à la civil! sation européenne, le spectacle suffirait bien, il me semble, pour le récompenser do ses travaux et des inquiétudes de ses dangereuses navigations.” Garneau se doutait-il que 50 ans après avoir écrit ces quelques lignes, qu’on viendrait ici, -sur cette place, et dire ft.notre tour: “ Gi après ôü ans d'un sommeil glorieux, Garneau revenait h la vie, avec quelle émotion il contemplerait, les progrès accomplis dans sa vdle et dans sa province, et de quel geste réjoui il saluerait les entreprises nouvelles, le?immenses transformations économiques dont nous sommes les heureux témoins, et dans lesquelles les Canadiens fran çais, ceux du moins qui savent vouloir et qui savent agir, rivalisent, si avanta geusement avec leurs concitoyens de langue anglaise.“11 se réjouirait de l'accroissement de notre population, de l'état, floris sant de nos écoles, de nos maisons d'enseignement, du chemin parcouru par l’instruction, ft tous les degrés d-e l’intérêt si vif que portent de plus en plus, nos gouvetnements, et en particulier le gouvernement; actuel, ft une cause si noble, si utile, si digne de tous les encouragements et do tous les efforts.“l'a confiance en nos destinées, un moment ébranlée, -s’est ranimée, et il verrait, dans notre situation pleine d’os poir et de promesses, le fruit de son propre travail, triomphe de ses propres idées.SALUONS LE PATRIOTE “C’est pourquoi, messieurs, FRAN-COIS-XAVIER GARNEAU mérite d’être honoré par nous il l’égal de nos vrais illustres patriotes et tie nos généreux bienfaiteurs, de notre cher Cn nada, et c’est pourquoi encore je von (Irais voir toute notre jeunesse canadienne française venir puiser au pied de ce monument, les leçons d’énergie intellectuelle el de courage civique qui s’en dégagent.Tous ne sont pas appelés ft écrire l’Histoire de leur pays, tous du moins ont le devoir d’en préparer chaque jour les mnté.riaux, et cela par une vie do foi active, de travail assidu, de dévouement éclairé aux meilleurs intérêts de la patrie canadienne.“Garneau du haut de ce piédestal, où nous l’élevons aujourd'hui, s’offrira désormais aux regards de ses concitoyens comme un symbole de patriotisme et uu modèle de constance, sachons ho norer sa mémoire, non seulement en glorifiant ses oeuvres, mais en réflétant dans notre propre vie, les exemples les plus louables et les plus appropriés de la sienne.“Monsieur le premier ministre, j’nf fre au gouvernement (le la province, de Québec, ft ma belle et bonne province, à la province de Garneau, ce bronze, pour commémorer parmi nous lo souvenir d’un des nôtres qui fut grand.” SIR FRANÇOIS LANOELIER Lieutenant gnovemeur de la province | trouve ootle manifestation remarquable' ft deux points de vue.("est nn Horn | mage rendu à un homme de lettres par un-industriel sjui -eait- utilicE-unolortu-1 TIMiii I |H ,4J.-F .— - , Notes généalogiques et chronologiques sur F.X.Garneau 1663, 23 juillet.— Louis Garneau, natif de Poitiers, Franco, et premier ancêtre de tous les Garneau, en Canada, épouse, à Québec, Marie Mazoué, native de La Rochelle, France.1689.— François, fils de Louis, J épouse à U Ange-Gardien, près de | Québec, Louise Carreau.1718.— François, fils du pré- I cèdent, épouse aussi à l’Ange- J Glnit avoir puisé dans les persécutions lles-mêmes un regain do vitalité.UNE REVUE DE L’OEUVRE chancelants, c'est ce que fit notre historien national.Jamais écrivain ne par la plus à propos, jamais livre ne parut plus en son temps que l’“ Histoire du Canada.’ ’ C’était en 1S45, Depuis plus de quatre ans le Bas-Canada se raidissait con tre les injustices que fesait peser sur avait acceptée.celle de greffier du conseil municipal de la cité de Québec”.I,e premier volume de l’Hiistoi-re du Canada avait été imprimé en 1845, le second parut en 184G et le troisième en IMS.Malgré des "tudes ardues et poussées jusqu’à l’oubli complet de sH santé, Garneau n’a'ait pu mettre son œuvre â l’abri de toutes réserves et de toutes critiques.Celles-ci ne lui manquèrent pas, mais iustes ou injustes, bien loin de refroidir son courage, elles ne firent que stimuler ?on zèle,soutenir sa noble ambition, réchauffer son patriotisme.f.’auteur so remit au travail ;.il compléta ses informa- lui l'Union des deux provinces.Dès les tion^ et documentation par de nou .s «x: • en item i i ,* r .\otro historien étudia d’abord les origines du peuple canadien et, en des pa ges d'où la vie déborde, il s’applique à pe'ndre l’énergique figure de ceux qui furent les premiers défricheurs du sol i-o nui ’ ils eu furent les défenseurs infatigables.Saluons.Messieurs, avec le respect dont (J a ru rati les entoure, ces héros de la charrue et de la cognée.Les voilà, les véritables fondateurs de notre nationalité.Ce sont eux qui les premiers sous lies coups redoublés de la hache ont fait reculer la forêt vierge; eux qui ont fait jaillir d’une terre inculte les vertes prairies et les mioissorrs dorées, eux qui avec le concours et sous la direction des autorités religieuses et civiles ont organisé ces belles paroisses 'chelonnées sur les rives de notre grand leuve, et si bien faites pour entretenir .a foi, la piété, l’esprit public.Ce sont eux encore, qui, grâce à des qualités merveilleuses d’énergie, d’ini-iativo et d'endurante, ont visité, exploré, ouvert à la civilisation, à l’Evangile et au commerce la plus grande partie de l’Amérique britannique.Ce • ont eux enfin qui, de .père en fils, de famille en famille, de génération en génération prirent le soin et remplirent, le devoir, auxquels ils n’ont jamais failli, ie défendre cotte terre canadienne que, car droits de premiers occupants, ils avaient faite la leur et que les ambitions d’un ennemi dangereux cherchait à leur ravir.Avec quelle sympathie, quelle chaleur ci quel amour, Garneau n’a-t-il pas raconté les travaux, les souffrances, les épreuves de toutes sortes "de ces courageux colons normands, bretons, tourangeaux, poitevins, issus de cette forte race qui marchait à la suite de Guillaume le Conquérant?” GARNEAU ET LE PATRIOTISME Rejeton lui-même -d’une race si juste ment illustre, il croit, comme dit l’un de ses biographes, à "sa sagesse, à sa persévérance, à ses honnêtes convictions, à son courageux dévouement.” Et en même temps qu’il nous rappelle la vie humble, laborieuse, faite d’abnégation et.de sacrifices de nos pères, l'historien remet sous nos yeux les chefs d’Eglise et les chefs d’Etat, la société et son gouvernement, les héros et leurs exploits, les événements, leurs causes et leurs conséquences, Gantier et Champlain, Maisonneuve et Frontenac, Laval et.Saint Valier, ,lol-liet et de LaSalle, d’Iberville et de La Vérendrye, et combien d'autres personnages liés à nos origines, pionniers, apôtres, martyrs, semble-nt surgir du tombeau pour raconter eux-mêmes leurs joies et leurs tristesses, leur» déceptions ¦t leurs es-pénane-es.leurs revers et leurs triomphes.Toute cette histoire est bien vivante.On -sent passer dans ces pages consacrées à la domination française.-le souffle ému -d’une âme sensible, généreuse et reconnaissante.C’est le patriotisme qui fait éclater sa voix.Mais le.vrai patrkrte ne vit pas seulement par le.coeur; il vit encore par l’esprit.Tout en considérant les vicissitudes diverses de -sa patrie, il en ro-•herche les causes; il indique la voie du swicès, il signale les dangers à éviter, il redèvo et fortifie Iles courages débuts -du nouveau régime, les 60,000 colons cédés à l’Angleterre avec tout le territoire découvert et colonisé i*ar leurs pères, avaient lutté vaillamment, opiniâtrement pour rester catholiques et Français.Jusque-là, eux et leurs descendants avaient réussi sans pourtant faire tomber tous les préjugés, ni changer les idées d'assimilation que ne cessait de caresser le vainqueur.POURQUOI GARNEAU A ElRIT L’Inion vint démontrer aux chefs ca-naidi-ems que la -lutte n'était pas terminée.Elle semblait même devoir être aussi rude et aussi mouvementée que ja mais.Et en face de cette perspective, déjà quelques courages, quelques volontés paraissaient flé-ebir.Il fallait qu’un homme se levât pour rassurer ses compatriotes, pour les engager à défendre, sans manquer à leur nouvelle allégeance, l’héritage sacré -de leurs pères.Il fallait qu’un patriote digne de leur admiration et de leur confiance, leur rappelât, d’un ton ferme, les leçons du passé et les devoirs du présent.Ce fut l’oeuvre de notre historien, et l’on sait avec quel zèle, avec quelle fierté, et au prix de quels sacrifices, il l’a accomplie.Ses contemporains seuls, surtout ceux de la jeune génération pourraient nous -dire quels services il a rendus et quelle influence il a exercée sur les destinées du pays.Ces succès, Garneau les dut sans doute à sa’belle intelligence, aux dons naturels remarquables que Dieu lui avait prodigués, mais il en fut redevable surtout à’ son amour du travail et Ipar là, comme par son patriotisme, il reste un modèle pour toutes les classes de la société et plus particulièrement pour notre jeunesse étudiante.L’EDUCATION DE L’HISTORIEN Frqnçois-Xavier Garneau ncut pas, comme tant d’autres.l'avantage de faire des" 'études classiques.11 apprit à lire ot à écrire dans- une humble école élémentaire, puis passa à l’école mutuelle du célèbre M.‘Perrault qui le ; prit bientôt dans scs bureaux d’où il (ne sortit que pour se livrer à l’étude du notariat, notre futur historien qui avait refusé d’entrer au petit Séminaire de Québeo" parce cju’il ne se sentait pas appelé nu sacerdoce, comprit néanmoins la nécessité do compléter 1 elles recherches, réforma quelques-uns de ses jugements, donna à certaines parties de son ouvrage plus de clarté, retoucha et perfectionna son style, Ce fut, en un mol, comme une refonte de tout l'ouvrage.LA SECONDE EDITION DE SES OEUVRES Et, dans ces lieux, tout est ennobli par l’histoire.ici, tant d’ancêtres, tant de héros , sont tombés pour la patrie 1 Chaque ‘ colline et chaque plaine abrite un mort glorieux.Pour les saluer tous, ô vieux Québec, nomme le disait René Bazin récemment il faudrait aller tête nue par tes chemins.tous faites bien, mes chers con ci toy- i ens, de ne pas laisser une parcelle du passé, et ne permettez jamais qu’on diminue le caractère sacré des pay sa ges irterveilleux qui vous tntourent.parlement demi il a reconlé si éloquemment les premiers débats, à l'ombre de ee drapeau d'adoption qu'il nous a appris à aimer par devoir, fi la condition que l'on n'oubliât pas l'autre."Quel que soit le sort que l’avenir réserve à notre race, écrivait un jour Garneau à Emile Girardin, nous aimons à* report* r les yeux vers cette vieille France d’où sont sorti- ms pè res, et comme le chevalier normand I couché sur le tombeau de' marbre ries vieilles cathédrales anglaise, si nous ; devons perdre notre nat-i.mante, nous voulons du moins laisser un nom Et, c’est parce que vous avez ici le fran(.H|s écrit sur notre mausolée." culte intelligent du passe que voUS j.idMe historien de toutes nos gloires voyez s elever aujourd hui, sur une de anciennes, tu peux dormir cont- nt ' vos places publiques, cette superbe sta-; ("m Hans 1„ douce langue de tes pè- descendants de ce peuple des études trop brève:* et trop smperfi-oielles.Le jeune clerc prit sur ses ré .créations et souvent, sur son sommeil le temps de lire, d’étudier, de réfléchir, en un mot de faire par lui-même tout en gagnant son pain, des études, forcément incomplètes sur certains points, mais' que bien d’autres toutefois auraient pu lui envier.Grâce à un labeur incessant, à.une énergie admirable, Garneau se forma lui-même et l’on pourrait presque dire qu'il fut l’artisan de sa propre instruction.' Ce travail acharné et intelligent, ces lectures nombreuses et variées quoique semble-t-il, pas toujour.4 assez choisies, puis bientôt un voyage qu’il fit en Europe, tout cela le préparait peu à peu à la" tâche qu’il méditait d’entreprendre pour le bien et l’honneur de son pays.Et cependant, disons le, malgré oes avantages il’ ni- serait probablement pas arrivé au succès qui couronna son œuvre s’il n’avait joint au travail, la méthode et la persévérance.La méthode : combien elle est nécessaire à tous ceux qui se livrent aux travaux de l’esprit comme à ceux qui s’occupent de travaux manuels : Garneau qui avait profité des leçons de AL Perrault le savait.Il commença par étudier les sources de notre histoire,' il compulsa les grefs des notaires, exhuma de la poussière les vieux papiers ; il compara, analysa les textes.Bien des documents, à la vérité, lui échappèrent qui depuis Jors ont infirmé ou nous ont permis lie corriger ses jugements, mais il n en reste pas moins vrai qu’ayant été,pour ainsi dire, le premier à parcourir ce champ jusqu'alors inexploré, il a accompli un.travail surprenant.Et Garneau ne s’est pas contente d’étudier notre histoire propre ; il s’est renseigné avant de l’écrire, sur celles 'd’Angleterre, de France, des Etats-Unis sachant bien que 1 histoire d’une pays est toujours en même temps celle de ses maîtres, de ses alliées et de ses voisins.UNE LEÇON DE CHOSES L’Histoire du Canada de Garneau est donc une leçon de choses autant que de patriotisme.On a I u blâmer, à certains égards.]a méthode de composition de l’auteur, mais tous doivent reconnaître le mérite léel qu'il a eu d'en adopter une et de la suivre fidèlement, et, apprécier l’exemple que par cette logique, il a su donner à, ceux qui se livrent o’* se destinent aux études historiques.L’œuvre de notre historien fut certainement demeurée bien imparfaite si l’auteur n’eût pas appuyé son travail sur une persévérante digne de tout éloge.Pendant les quatre années qui précédèrent l'apparition du premier volume de ‘THisÇoire du Canada Garneau, rapporte l’un de ses biographes “s’était livré à un travâil opiniâtre dont la continuation devait être rendue plus difficile encore par les devoirs de la nouvelle charge qu il A cette seconde édition imprimée en 185*2, Gameau aioilta, en quatre livre» l’histoire de notre premier régime conSt.ilulionnel laquelle s'étend de 1791 à 1840.D’autres, après de tels travaux.eussent pu être tentés de considérer leur œuvre comme définitive et de reoher cher le repos dans la jouissance d’un sucoérf bien mérité.Notre auteur ne céda point à rot le sollicitation d’une nature trop aisément satisfaite ; il reprit la plume et en 1859 publia cette troisième édition où au dire de Chauveau “il fit encore plue de chan gements et de corrections qu il rien avait fait pour la seconde.” Pour donner une preuve de sa piété filiale envers l’Eglise, écrivait l’abbé Casgrain, Gameau “avait soumis cette nouvelle édition de son “Histoire” à un ecclésiastique compétent et en faisant plein droit aux observations qui lui avaient été suggérées”.Rien ne pourrait mieux démontrer ses intentions louables et sa volonté vraiment soucieuse de la vérité”.Faut-il croire après cela l’œuvre de Gameau parfai-te ?Je pourrais si je ne craignais de laisser planer une ombre sur cette fête si réjouissante et sur la mémoire si honorable de notre grand historien, je pourrais faire encore quelques réserves, je pourrais lui reprocher certaines erreurs et certains préjugés puisés, eer-tes.non pas dans son éducation de famille qui fut si religieuse, ni dans son éducation collégiale laquelle lu manqua, mais dans certains ouvrages trop m vogue de son temps et dans les relations d’étrangers qui firent à son insu sans doute, dévier en matière délicate sa pensée naturellement droite.Ces critiques, en d’autres temps, s'imposeraient peut-être sur mes lèvres; ee n’est ici, je m’empresse de le dire, ni le jeu de les faire ni mon intention de les formuler.D’autant moins qu’un des petits fils de Gameau.avec une piété filiale qui l’honore et dont je le félicite, s’est, dit-on, imposé la tâche très louable de retrancher et dp perfectionner l'œuvre si considérable de son illustre aïeul.Je me contenterai donc de rendre un sincère hommage à la mémoire de notre premier historien : de louer, avec Sa vie laborieuse et son dévouement à la patrie, les sentiments profondément religieux qui furent ceux de ses derniers jours comme ils avaient été ceux de son enfance et de sa jeunesse.Et j’ajouterai : s’il est vrai que l’Histoire du Canada do Garneau” a contribué beaucoup à ce qui s’est fait depuis, pour la conservation de notre nationalité, pour l'étude de notre histoire, pour le développement de l'instruction publique et de la littérature au milieu de nous”, pourquoi notre grand historien ne continuerait-il pas son œuvre féconde parmi les fils et les petits-fils de ses contemporains ?Pourquoi ne servirait-il pas de modèle à tous ceux qu’intéressie le sort de.notre race ?Pourquoi, les jeunes surtout, peux que les devoirs de l’heure présente et les problèmes de l’avenir ne laissent pas indifférents.n imiteraient-ils pas la constance de son travail et l’ardeur de son patriotisme ?Comme Garneau, j’aime à le noire, ils voudront demeurer fidèles à leurs traditions religieuses et nationales ; eomime lui, ils mettront de bon cœur, au service de la patrie leur intelligence ou leurs bras ; eomme lui enfin, ils consacreront leurs talents, leurs loisirs, leur influence ô faire connaître, aimer, respecter, à défendre mémo à l’occasion, nos institutions, notre langue et nos droits.Si du haut de ce piédestal où la mu-nificenee et l’art viennent de l’êlever, notre fier historien pouvait parler, ce serait à coup sûr pour corroborer ees humbles paroles.Ees lèvres de bronze resteront, muettes : mais son œuvre et sa mémoire vivent et vivront aussi longtemps que la patrie elle-même dont i! aura été l’un des fils les plus éminents et dont il demeurera l’une des gloires les plus brillantes.M.J.E.ROY, N.P.ET ARCHIVISTE FEDERAL C’est bien toujours dans les murs de la vieille cité de Champlain, que se fait passionnément l'éducation de patriotisme.On dirait qu’il suffit de toucher ce rocher pittoresque pour qu’il en jaillisse des leçons de vaillance.Ceux qui l’ont laissé y reviennent puiser quelque chose qu’il n’y a pas ailleurs et ils en repartent, plus forts et plus confiants.Quelle autre cité en Amérique pourrait offrir un spectacle eomme celui que nos yeux ravis voient, aujourd’hui?Nous avons un court passé, mais nous avons fait une si grande histoire.tue qui représente les traits OL.UT.— No.249.TEMPERATURE Bulletin d’après le thermomètre de Hearu et Harrison, 1012 rus Notre-Dame Est.- B.de MESLE, Gérant - Aujourd'hui maximum .53 Même date l’an dernier .65 Aujourd’hui minimum .37 Même date l’an dernier .49 - BAROMETRE - 8 heures matin.30.37 11 heures matin.30.36 Midi.30.35 DEMAIN Beau temps (Service particulier) Toronto, 21.— H fait beau dan« l’Ontario et dans les provinces de l’Ouest.Ailleurs, le temps est indécis.LE CONFLIT TURCO-BALKANIQUE La ville de Mustafa Pacha tombe au pouvoir des Bulgares qui avancentmaintenant vers Andrinople.— Les vaisseaux de guerre de Turquie bombardent la ville de Varna.Le prince héritier du Monténégro dirigera lui-même l’attaque centre la ville de Scutari.— La Turquie reçoit des munitions considerables de l’Angleterre La rançon _ de la gloire Un ballon frappé par la foudre fai! explosion à trois milles pieds dans les airs.— Les deux aéronautes qui se trouvaient dans les nacelles sont horriblement broyés sur le sol.TROIS AVIATEURS TUES ii LA TURQUIE ATTAQUEE DE TOUTES PARTS L’agrandissement de l’aqueduc M.J AN IN REVIENT A LA CHARGE POUR QUE LE CONSEIL DONNE LE PLUS TOT POSSIBLE LE CONTRAT PARCE QU’IL FAUT CONSTRUIRE UN BARRAGE AVANT LA PRISE DES GLACES.REGIMENT DYNAMITE PAR LES TURCS (Servie* particulier) Londres, 21.— Le septième régiment serbe, selon un télégramme reçu d’une agence de nouvelles de Belgrade, aurait été presque entièrement détruit par I M.Janin, ingcnicuiyen chef de la ville, a envoyé aux commissaires un rapport les priant de se hâter d’obtenir du conseil qu’il se décide pour ou contre la construction des boulevards de l’aqueduc, les travaux d’agrandissement du carnal souffrant du retard.M.Tanin dit qu’il faut donner le contrat de creusage de façon à re que le barrage qu'il est nécessaire de construire dans le fleuve, puisse être établi avant la prise des glaces.Il continue, comme suit: “l’ermettez-moi de vous faire remarquer que si l’agrandissenient de l’aqueduc était aujourd’hui un fait accompli, nous disposerions d’un pouvoir d’eau et d’une machinerie ad hoc qui ne nous laisseraient pas à la merci des accidents tels que celui qui rend actuellement très précaire l'approvisionnement de l’eau et qui nécessitent de recouvrir périodiquement à l’expédient dispen-dieux et impropre de l’addition de nouvelles pompes à vapeur.“Les appréciations que font les journaux à propos de cel accident méfiant le public sous l’impression que la négligence des aulorilcs du département de l’eau esl la seule cause de ces graves difficultés, je crois qu'il esl de mon droit de rappelé]’ ici que lorsque j’étais ingénieur surintendant du département de l’eau, j’ai commencé à avertir les autorités municipales d’alors, le f> janvier de la nécessité d’as- surer les besoins du pompage et de cesser d’etre exposé à des disettes, en utilisant le pouvoir d’eau dont mous pouvions ¦disposer par l'agrandissement du canal de l’aque-iluc.“Par suite de délais dont aucun ae peut être attribué aux autorités ilu département de l’eau ainsi que le prouvent mes rapports réitérés en date fies 1(1 et 23 février et 22 novembre 1001, 27 février 1905, 18 mars el 12 décembre 1900 el 18 mars 1907, ce n’est qu’au mois de septembre 1909 que le contrat pour ¦O dit agrandissement a été adjugé.“Or, en mettant les choses au pire, la durée de ces travaux y compris le temps employé à construire la conduite latérale ne pouvait dépasser le délai de cinq années de telle sorte qu'il n’a pas dépendu du zèle et de la prévoyance des officiers du déparlement que ce projet ne fut actuellement achevé et que nous ne fussions amplement gardés contre toutes les chances humainement prévovables de disettes d’eau.’’ Deux visiteurs l’explosion de rrunes placées T’ar Turcs lo long de la frontière, dans le district de NovièBazar, LES SERBES S’EMPARENT DE NOVOVAROSH (Service particulier) Belgrade.21.— Dos dépêches venant de RasUa, sur 'la frontière, annonçant que l’armée serbe, sous la conduite du général Zsovkovitch, est très heureuse ilans les opérations militaires qu’elle effectue dans le district de Novi Ka:.ar.Les troupes serbes se sont déjà emparée de la petite viMe do Novavaresh, située à cinq milles de la frontière.La papulation do la ville a accueilili les troupes avec le plus grand enbhousiaï-me.Les quartiers généraux de l’armée serbe ont été transférés de Vranya en Serbie, à Ziboutch en Turquie, capturée récemment par 1ns soldats du roi de Serbie, qui a décoré les militaires blessés à Nish.LA BANQUE D’ATHENES SUSPEND SES PAIEMENTS (Service particulier) Athènes, 21.— La Banque d’Athènes s’est autorisée de ia “Loi, de suspension’’ passée par le parlement grec, per mettant aux banques d® suspendre les paiements durant, la guerre, jusqu’à nou-veil ordre.Cette banque a pilusieurs succursale dans l’Empire turc.LES TURCS REMPORTENT QUELQUES SUCCES (Service particulier) Constantinople, 21.— Les dépêches de Salonique rapportent de nombreux succès remportée par les Turcs sur la frontière du Monténégro.Il y eut plusieurs combats dans les districts de Gre-vitza, de KircJhiska où les Monténégrins durent retraiter avec six officiers et quinze hommes do tués.Les Turcs s'en sont tirés avec deux tués.VICTOIRE SERBE A PODUJEKO (Service particulier) Belgrade, 21.— Une colonne serbe « 'est emparée des retranchements turcs du village de Podiujero, près de Mitra-vitza, sur la route de Prishtina, durant ,1a nuit dernière.Les Serbes étaient commandés par le général Yaukavitoh.Les Turcs se sont retirés vers lo sud abandonnant fleurs drapeaux, un certain nombre de caisses de munitions et une grande quantité de fourrage.Les Turcs faits prisonniers par lesSerbes déclarent qu’il n’y avait pas de troupes turques régulières à Podujoro, les forces ottomanes se eamposant, de deux régiments provisoires de réserve et de six compagnies des tnbus d’Arnaut, plus trois batteries d’artillerie.On ne donmo aucun détail sur les pertes subies des deux côtés.de France Nous apprenons l’arrivée au Canada de deux visiteurs de marque, M.Caubel.docteur ès-seicnce, attaché au laboratoijrc du Muséum d’bis toire naturelle de Paris et ancien collaborateur de Pasteur et M.Albert Hercereau, ingénieur civil de l’école centrale.(les messieurs viennent visiter le Canada et y séjourneront quelque temps.La Grande Harmonie L’assemblée générale de la Grande Harmonie a eu lieu hier matin.Il a été décidé de commencer les répétitions d’ensemble dimanche prochain, à 9 hrs., le lieu sera notifié aux membres dans le courant de la semaine.Le premier concert aura lieu, comme nous l’avons déjà arnoncé, dans la première quinzaine de décembre.Les rapports du président et du secrétaire ont été adoptés et on va se mettre a l’ouvrage avec un programme d’un f^hoix exceptionnel.Le Cercle Sacerdotal Ce soir, à 8 heures, réunion du Cercle Sacerdotal, à l’Archevêché.M.Gouim, P.S.S., sera le conférencier.Chronique ouvrière par l'abbé Nautel.-, Tous les prêtres y sont cordialement invités.Coliège de Montréal Les anciens élèves du Collège de Montréal qui ont ctnrnu Monseigneur Georges Gauthier au Collège, sont cordialement invités d’assister à la réception officielle que l’Alma Mater fait à 8a Grandeur, mardi soir, le 22 octobre.Les portes de la salle de réception, rue Guy, entre Summed)ill Ave.et McGregor, seront ouvertes à 7 heures p.m.Le conseil votera $8,000 pour que les coemmissaires engagent un expert qui défendra la eauee de lia ville à l'enquête que la Commission des sendees d’utilité publique, fait sur le service de la Compagnie dos Tramways de Montréal.JEUNES PILLES On demande deux jeunes filles par lant les deux langues.Bon salaire pour personnes compétentes.S’adresser; H, ïcott, 479 Sainte-Catherine Est.HORLOGER On demande un horloger.Bon salaire b un homme compétent.S'adresser & H.Scott, 479 Cainte-Oatheriq-o-EsiU Londres, ‘21.— On ne rapporte aucun combat du Ihéàtvede la bataille.Les Monténégrins ont capturé Plava et Giissinjo et les Grecs ont occupé Elas-sona, mais on regarde oes prises comme id-e minime importance, attendu qu’aucune résistance réelle n'n été opposée aux coalisés.Un rapport non confirmé dit que les Bulgares se sont emparés de Kirk-Ki Hsseh.Les Serbes rancont rent pou de rosis tance dans la marche sur Uskub.On annonce que les quartiers généraux sont peu à peu transportés de Nish a Vranya.I ne déclaration officielle arrive de Sofia affirment qui- tes invasions du territoire bulgare par les ’l urcs sont pures inventions.De son côté, le gouvernement turc avait' nié la veille que le» Monténégrins eussent capturé un grand nombre de soldats turcs et des munitions en quantités a Tushi.Les fausses nouvelles sont publiées en si grand nombre que les autorités de Sofia ont- publié un décret menaçant de punition sommaire par la loi martiale ceux qui feront circuler de pareilles inventions.Un grand nombre de correspond,ml a et d’attachés militaires partent pour les lignes aujourd’hui.Ils auront les plus grandes’ difficultés à remplir leur mission à cause des nombreuses restrictions imposées.D’après une dépêche de' Belgrade, le gonivi-rrtument bulgare refuse de permettre aux attaché-s militaires de so joindre à l'état major général.Constantinople, 21.— Le ministre de la guerre dément- les rapports monténégrins annonçant la capture, de six bataillons turcs et d’une grande quantité de’ provisions à Tushi.On admefc celMnuIant la chute do la ville, .lus-qu'à présent, il n'y a pas eu de'sérieux engagements sur la frontière bulgare.PRISE DE MUSTAFA PACHA Safia.Bulgarie, 21-— La ville turque de Mustafa' Pacha a été prise vendredi soir par le corps d'armée bulgare qui se dirige sur la grande' îorte-rre^- d’Andrinople.Les Turcs ont été repoussés sur tonte la ligne.Les troupes bulgares ont aussi franchi'’la frontière sur d’autres points et se sont emparées des petites villes de Tsarovoselo, Gamia et Djuma.D’autres colonnes de troupes bulgares ont pu franchir les passes des monts Uh dope et ont pénétré sur 'le turc.L’avance des troupes bulgares sur Mustafa Pacha a été suivie par lo roi Ferdinand, plusieurs princes et par le général Savoff, le commandant en chef bulgare, du haut d'une éroineme.à Varmaly Belitza, sur la frontière.Les Bulgares ont enlevé l'une après l'autre, les positions fortifiées autour de la ville de Mustafa Pacha, qui a fini par tomber entre leurs mains.Le fameux chef macédonien 'Fan dausky, d'après un rapport de Dub-nitza, a assemblé trois milles paysans du district montagneux do Périm, près de U frontière bulgare, et hs a armés de fusils modernes.Ils sc joindront aux Etats’ alliés contre les Turcs.Les Bulgares ont pris la ville deMa-homia.dans le district Kazlog, A la point)! dé la baïonnctio.Le roi i-'erilinunil a lancé une proclamation à l’armée, où il déclare: “N’ayant pas réussi à soulager les souffrances do nos frères de l’empire ottoman, avec l’aide do nofro nation chérie, nous avons ordonné à notre brave armée de franchir la frontière «t d’engager la lutte avec notre ennemi héréditaire.Notre oeuvre est sacrée par la cause de l’humanité.“Je suis sûr que les hommes de toua les rangs dans l'armée s’inspireront -de ! 'importance de leur mission et justifieront les espérances du pays.“En avant, avec l’aide de la croix et de vos bras! Puisse Dieu dans sa jus tice soutenir nos droits!” LES TURCS ONT NUI Londres, 21.— Les dépêches des cor-reepondants spéciaux, parvenues ici, font croire que les Turcs n’ont offert pour ainsi dire aucune résistance à l’occupation de Mustafa Pacha par les Bulgares.Les défenses, autour de la ville, avaienit été, de fait, a band on née)} avant l’arrivée de l’avant-gar-de bulgare, las Turcs se repliant sur le gros de leur armée.Toutes les troupes serbes ont maintenant franchi la frontière, d’après une dépêche de Nish au “Daily Mail”.On n’a pas encore de nouvelles d’engagements avec les Turcs LES TROUPES BULGARES Sofia, 19.— Par la prise de Mustafa Pacha, les Bulgares ee trouvent à opérer sur deux points à la fois.Le général Ivanoff a attaqué l’aile droite de l’armée turque et a délogé les Ottomans de Mustafa Pacha.Ceux-ci en se retirant ont fait sauter lo pont de la rivière Maritza, coupant ainsi toute communication avec Adrino-pie.LES FLOTTES ENNEMIES Sofia, 21.— Les navires de guerre turcs ont commencé, aujourd’hui, le bombardement de Varna, Ils ont dirigé leur feu sur deux torpilleurs bulgares, mais ceux-ci étaient à dix milles et le feu fut sans effet.Las Turcs ss sont retirés.Constantinople, 21.— On rapporte de Jouma que six navires de guerre grecs et trois paquebots sont en vue de la côte d’Epire.On s’attend à ce qu’ils débarquent des troupes.Washington, 21.— L’ambassadeui turc à Washington a icçu aujourd’hui avis officiel do la Porto que les ports de Burghas et de Varna, ports bulgares de la Bulgarie sur la mer Noire, ont été bloqués par la flotte ottomane.La flotte turque est arrivée en vue de Varna, il six heures du matin et a commencé un bombardement à deux heures de l’après-midi.AUTO! rR D ’ANDRJNOPLE Londres, 21, — Un demi-million de soldats équipés à la moderne, sont réunis autour d’Andrinople, L’année bulgare est estimée à 200,000 hommes et colle des Sorbes à 50,000 soldats.Les Turcs ont aussi 200,000 hommes sur pied.Ils reçoivent des renforts et les deux armées seront égales quand l’heure du combat sonnera.LA CROIX-BOUGE .Berlin, 21.- La Croix Rouge alle- mande a envoyé aujourd’hui un chirurgien et vingt-deux gardes malades -eu Turquie.Les officiers allemands, au service de la Turquie, ont reçu la défense de participer à la guerre avant que de lésigner leurs commissions dans l’armée allemande.MASSACRES PAR LES TURCS Londres, 21.— Des bandes turques ont massacré les habitants de trois villages serbes au sud-ouest do Krushc-vatz.I ne dépêche de Salonique annonce que les Turcs, sous Essad Pacha, ont arrêté l’armée raontéfiégrine dans sa marche sur Scutari.Les Monténégrins sont clans une position critique, car 10,000 Albanais se sont joints aux troupes ottomanes.Los Turcs ont traversé la frontière serbe du district do Novi-Bazar et se sont ensuite retirés.Londres, 21.— L’armée grecque, commandée par lo prince héritier, a traversé sans résistance la frontière turque.Les Grecs reçoivent des renforts tous les jours.Aujourd’hui 10,000 réservistes sont partis do l’Egypte en route pour le Pirée.LA MARCHE DES BULGARES Sofia, 21.— les troupes bulgares opérant contre Andrinople ont repoussé les Turcs jusqu’aux forts qui forment les défenses extérieures de la ville.Elles ont fait une éentamo do prisonniers.La marche m avant des Bulgares se continue.Plusieurs positions sur les hauteurs ont été enlevées à la pointa de la baïonnette.Dans les villages, les Turcs s'emparent des officiers bulgares cl les gardent pour en obtenir uno rançon.En réponse à un télégramme de son cabinet, la roi Ferdinand envoyé hier lo message suivant.“Pénétré de Confiance en l’éto-ilo bulgare comme je l’ai toujours été, je suis maintenant convaincu que notre vaillante et incomparable armée, sortie d’un peuple comme les Bulgares, dont le dévouement à l'idéal national est sans exemple dans l'h.stoire, combattra et exterminera l'éternel fomemi de la race bulgare.Nos frères de l'autre côté du Rilo-Pagh et: des montagnes Rhodopes verront enfin i'mirore de la liberté.\ ivo la vaillante et victorieuse armée bulgare ! A'ivo le valeureux peuple bulgare ! ’’ (Serrice particulier) Berlin, 21.— La nouvelle de la mort du lieutenant Gerkk, vainqueur de la course internationale de ballon, l’année dernière et grand favori dans la course qui devait avoir lieu à Stuttgart, samedi prochain, a causé ici une grande sensation.I>e lieutenant Gerick était à une hauteur de trois milles en l’air, quand frappé par la foudre, le ballon fit explosion; précipité sur le sol, avec le lieutenant Steler qui l’accompagnait, l’aéronaute et son compagnon furent horriblement broyés.DOUBLE ACCIDENT DANS LE WURTEMBERG Geingen, Wurtemberg, 21.— Un aéroplane, piloté par le lieutenant Weissborth, de l’armée allemande, et portant un passager du nom de Lange, est tombé d’une grande altitude et les deux hommes ont été tués instantanément.Le lieutenant, avec huit autres officiers et plusieurs eivjls, prenaient part au concours d’aviation de l’Allemagne méridionale.CHUTE MORTELLE DF.L’AVIATEUR LACROIX Bordeaux, 21.— L’aviateur français, Amédée Lacroix, a été tué, aujourd’hui, dans une envolée à Mus-sidan.Un coup de vent retourna son monoplan et l’aviateur tomba d’une hauteur de cinq cents pieds.L’A TTITUDE DE M.MONK Le sénateur Landry donne so opinion sur l’attitude prise par le Minière des Travaux Publ'ci.— Opinion des journaux de l’Ontario.M.MONK SERA À MONTRÉAL DEMAIN SOIR LES SERBES VICTORIEUX Belgrade, 21.— L’armée serbe, sous le commandement du princo royal,s’est territoire emparée des hauteur» Rulys.è quelques milles de Vranya.et au sud do Buja-noi'atz.Li s Turcs ont été repoussés nu-delà de la Morava.Lès Albanais ont commis un acte de traîtrise.Attaqués, ils hissèrent lo drapeau blanc.Un capitaine et son détachement s’en approchèrent.Les Albanais ouvrirent alors lo feu, tuant un officier et douze hommes et on bloss-aut quarante.L'artillerie serbe a immédiatement fait feu et a tué deux cents des ennemis.Le prince héritier Constantin a commandé en personne, et a reçu le baptême do feu.Les Turcs se sont retirés vers Saran-daporo Pass où leurs forces sont concentrées.Une bataille décisive est imminente.Athènes, 21.— L’armée grecque sous le commandement du prince Constantin, après quatre heures de cqrribat, a délogé les troupes turques d’âne forte position commandant Elassona, près de la frontière grecque.Les vainqueurs ont occupé Elassona.Deux bataillons et deux batteries ont traversé la rivière Arta et sc sont «m-parés des hauteurs de Grimbovo.Des détachements de Crétois sont arrivés à Athènes.ELLE ATTAQUE LA BULGARIE Londres, 21.— La Porte a donné aujourd’hui, l’ordre à l’armée de Thrace do prendre l’offensive contre la Bulgarie.La flotte turque a été rappelée de la Mer Noire.Elle doit passes- le détroit des Dardanelles et attendre d’autres instructions pour attaquer la flotte grecque.On estime que 40,000 soldats turcs sont réunis à Servia, petite ville do Macédoine.Palermo 2P.— Le vapeur Macedonia aven les réservistes grecs de New-York est arrivé, ici, samedi.Il est escorté par les quatre torpilleurs que la Grèce a récemment achetés en Angleterre.AU MONTENEGRO Podgioritza, Monténégro, 21.— Le port turc de Tarakosch, sur le lac Scutari et d’autres lieux du voisinage ont été bombardés par les Monténégrins.Le prince héritier, Danilo du Monténégro, est parti pour lo lac ‘Scutari où les plans d’action future de l’armée monténégrine sont préparés par Vétat-tnajor.ELa déclaration de la guerre à la Turvuie par les autres Etais des Balkans a été célébrée hier soir à un dîner au cours duquel tous les ministres des Balkans ont porté des ïoasta à la santé du roi Nicolas et de l’armée monténégrine.Un diplomate représentant les Etats Balkaniques restera toujours auprès du toi Nicolas à Rvri quartier général.Les représentants do E Autriche et de la Russie au Montonogro ont rendu aujourd’hui visite au roi Nicolas.DANS UNE EMBUSCADE Vienne, 21.— les derniers rapports annonoent que 2000 Turcs, marchant sur Baftina, pour reprendre cette ville sont tombés dansé une embuscade, de Monténégrins.Apres Mn combat désespéré, où plusieurs Turcs furent tués, leur commandant Sahil Bey, 280 hommes furent faits prisonniers et le reste mis rn déroute.Avhèn- ••-, • d-dre dos affai- res étrangères de Bulgarie a envoyé un message de félicitations au premier minintro Venizeios pour l’ouverture des hostil tés.Les' princes André et Christophe se sont portés de l’avant aujourd hui et la princesse Mario équipera à ses frais un hôpital flottant.Londres, 21.- Les dépêches annoncent qu’un terrible combat a et lieu entre les Turcs et les alliés monténégrins et Sorbes.' Hazim Pasha, le' mil nistre de la guerre est parti pour les Mvan'tttpcfstes, aujourd'hui, aiccompa-gnéde correspondant de la guerre.UN OFFICIER SE SUICIDE Tond res, 21.ni Une dépêche de Sofia au “Daily Ma,l” dit qu'avant la prise de Djumibala par les Bulgares, le colonel Ohineff s’est suicidé sur la route parce qu’il ava't perdu son empire sur les troupes en marche.On rapporte que 11 navires grecs, au nombre desquels le grand croiseur cuirassé “Georgio Averof”, son au large de Elle de T.emmos.LES GRECS S’EN VONT-T’EN GUERRE New-York, 21.— Près dé 3,800 Grecs enthousiastes sont partis do ce port pour aller combattre dans les rangs de leurs comuattiotes contre les Turcs.Une légère émeute s'est produite sur le quai de lu ligne Fabre à Broqklyn ; pendant que les Grecs s'embarquaient sur lo Venezia, des Italiens ont voulu railler et il s'est produit uno bagarre que la police a dû réprimer.Sofia, 21.lies troupes bulgares près d'Andrinople ont fait cent prisonniers turcs.les 'Dires s'emparent des officiers bulgnres et les détiennent comme ota-ges.LES TL RCS SONT DEl/IGES Athènes.21.— Après une bataille de quatre heures, les Grecs ont délogé les Turcs d’une forte position nu pied du mont Oljmnrpo.Providence, R.L, 21.La plupart des armes A feu portées par les 1.200 Grecs qui ont quitté New-York sur le “Venezia ’, hier, pour aller combattre les Turcs, ont été saisies par la police quand la steamer a touché ici.D’après les officiers du navire, quelque» Grecs, indignés do ce que cinquante de leurs camarades avaient été laissés à New-York, ont commencé à tirer du revolver en l’air et la man.festation n duré pendant tout le trajet jusqu’à Providence, Craignant que de» Violences ne fussent romtuises envers las autre» passager», le capitaine a fait désarmer les turbulents.Teurs armes ont été confiées au caissier et seront rendues à leurs propriétaires «vaut leur arrivé* en Grèce.Ottawa, 2J.— On annonce officiellement que le Parlement est convoqué pour le jeudi, 21 novembre.La démission de M.F.-D.Monk est dans les mains du premier-ministre.Son Altesse le gouverneur-général arrive cet après-midi et M.Borden lui remettra la lettre du ministre des Travaux Publics.Cette démission serait officiellement annoncée demain.Le cabinet n'a pas encore mis à l’étnde la question du sm e»seur de M.Monk, mais i! est certain que le nouveau ministre sera canadien-fran-çais et député de Montréal.M.Monk sort du cabinet en conservant les meilleures relations avec ses collègues.La différence des opinions politiques n’affecte en rien les sentiments amicaux qui y régnent.La première question qu’aura à résoudre le Parlement est celle de la politique navale selon les renseignements rapportés d’Angleterre par les ministres.La réorganisation du cabinet donne lieu à beaucoup de rumeurs- Selon l’une, M.Pelletier deviendrait ministre de la Marine, M.Hazen prendrait le portefeuille des Travaux Publics et le nouveau ministre, celui des Postes; mais M.Pelletier donne un démenti catégorique à cette nouvelle : il y a toutes les raisons de croire que le nouveau ministre prendra le portefeuille abandonné par M.Monk.M.MONK ARRIVERAIT A MONTREAL DEMAIN Un vieux conservateur qui arrivait d’Ottawa disait hier à l’un de nos rédacteurs que M.Monk serait à Montréal demain soir, mardi, mais qu’il ignorait encore à quelle heure et par quel train.UNE INTERVIEW DU SENATEUR LANDRY (De notre correspondant) Québec, 21.— Que pensez-vous, avons-nous demandé au président du qjpénat, de la démission de M.Monk?J’ai appris qu’on annonçait comme un fait accompli, la démission de l’Hon.M.Monk- Je prends pour acquis que c’est à propos du refus que le gouvernement aura pu opposer à sa demande d’un plébiscite en rapport avec, ce qu’on appelle la contribution d’urgence.Tel étant le cas, je comprends parfaitement que M.Monk ne pouvait agir autrement.J’ai justement sous la main la motion qu’il a proposée le 9 mars 1910 aim’s qu’il était dans l’opposition.Cette motion se lit comme suit :— “Tout en protestant de son inaltérable dévouement à la, couronne britannique, cette Chambre est d’opinion que le projet de loi qui lui est présenté change les relations du Canada avec l’Empire et devrait en conséquence, au prélable, être soumis au peuple canadien pour en obtenir immédiatement son opinion par voie de plébiscite”.Si M.Monk demandait alors le plébiscite sur la loi navale présentée par MM.Brodeur et Laurier, c’était parce que cette loi changeait les relations du Canada avec l’Empire.Le principe en jeu était donc qu’il fallait un plébiscite à toute proposition qui constituerait un changement dans les relations du Canada avec l’Empire.Il n’était pas alors question d’un chan gement éventuel ou permanent.Ri aujourd’hui ou demande de voter comme contribution d’urgence une somme de trente millions do piastres, personne ne pourra raisonnablement prétendre que ce n’est pas là un changement dans nos relations avec l’Empire.En effet, c’est là faire quelque chose de nouveau, c’est prendre dans le trésor une somme considérable pour en faire un don gratuit à l’Angleterre.A ee point de vue, M.Monk et ceux qui ont appuyé en Chambre sa motion de même que ceux qui l’ont approuvé devant le peuple aux élections générales no peuvent faire machine en arrière.D’ailleurs, il ne faut pas oublier que le 1er décembre 1910, M.Monk a proposé, en amendement à la réponse à l’adresse du trône la motion suivante :— “Celte chambre regrette que le discours du trône n’indique en aucune manière que le gouvernement aie l’intention do consulter lo peuple au sujet de sa politique navale et de la question générale de.la.‘‘contribution” du Canada aux armements de l’Empire".Cette, dernière proposition englobe dans sa réprobation le silence calculé du gouvernement sur sa politique de ne vouloir pas annoncer un plébiscite sur In question de la contribution monétaire.Tous les membres du cabinet actuel,ceux du moins qui étaient présenls on Chambre, lors du vote ont approuvé cotte proposition do M.Monk et.dans In lutte électorale de 1911 tous les candidats conservateurs ou nationalistes dans la province de Québec ont fait de ce vote l’nn des principaux arguments contre et la marine'de guerre et la contribution monétaire.M- Monk n’ignore rien de tous ccs événements et des enseignements qu’ils comportent et il reste conséquent avec lui-même quand aujourd’hui il donne sa démission parce que le gouvernement ne, voudrait pas consulter le peuple sur cette importante question.Que pensez-vous, vous-même de la contribution d'urgence?Laissez-mot vous dire que je ne erois pas du tout à l’existence du péril allemand.A mon point de vue, l’Allemagne doit plutôt craindre l'Angleterre, que l'Angleterre avoir* peur de la flotte allemande.Mais supposons pour un instant que péril allemand existât et que l’Angleterre aurait besoin d’une contribution de ses colonies, je crois sincèrement que si la mère-patrie demandait cette contribution, ses colonies ne la lui refuseraient pas.Mais,dans ce cas,encore faudrait-il avoir l'assentiment du peu pie, car je crois qu’une contribution soudaine, donnée comme on semble vouloir dire, une fois pour toute, demande plus encore qu’une politique permanente l’assentiment des contri buables qui voient partir leur argent au lieu de le garder pour des travaux indispensables dans le pays.Et le ministre qui a dit qu’il pouvait entrevoir et promettre quelque chose de mieux qu’un plébiscite ne doit pas espérer se laver les mains en s’accrochant à une contribution d’urgence.Quelle sera, pensez-vous, l’attitude des autres ministres canadiens-fran çais?Je l’ignore complètement.Je sais qpe M.Nantel est dans la même position que M.Monk, ayant été son compagnon d’armes dans le dernier parlement.Quant à M.Pelletier, veuillez donc vous adresser à lui-même, pourrait facilement vous dire ce qu’il pense et ce qu’il ne pense pas.Quel sera le successeur de M.Monk?C’est le secret de M.Borden.Si M.Pelletier reste dans le cabinet, peut-être consultera-t-il son collègue à ce sujet.M.NANTEL EST ABSENT D’OTTAWA Nous avons essayé d’atteindre par téléphone, ce matin, M.Bruno Nan-tel, ministre du revenu de l’intérieur; on nous a répondu à son bureau que M.Nantel est absent d’Ottawa- Les Juifs offrent d’appuyer M.Taft Devant une délégation représentant plus de 170,000 Juifs dont 17,000 de l'Etat du Massachusetts, M.Taft exalte les vertus d’union et de charité de la race Israélite et déclare qu’à cause de ces qualités, le Juif ne connaît pas la pauvreté UNE REUNION HISTORIdUE L’OPINION DES JOURNAUX Toronto, 21.— Sous le titre de : Chapeaux bas devant M.Monk, le “World” dit : “M.Monk est un gentilhomme, un érudit, un homme d’honneur.Il a l’intention de tenir sa parole en politique, il quitte le gouvernement pour tenir la parole donnée à ses électeurs.M.Monk a un autre trait caractéristique, inaccoutumé chez les avocats politiciens; comme Sir James Whitney il a une excellente nature.Et par conséquent, le gouvernement va être privé de sa collaboration rare et très désirable.Si les hommes quittaient le gouvernement pour des principes, nous aurions un bien meilleur gouvernement dans ce pays.M.Monk ne se.querelle pas avec ses arfeiens collègues; il les quitte franchement et après avis, et il demande au peuple de juger entre eux et lui.De plus il dit qu’il se rangera à l’opinion du peuple si elle se déclare pour ses collègues”.CE QUE DIT LE “STAR”, DE TORONTO (Service particulier) Beverley, Massachusetts, 2T — Soixante-quinze membres de l’Ordrî Indépendant de Brith Abraham, présidé par Samuel Kalesky et représentant 170,000 Juifs américains, a rendu visite, vendredi dernier, à M.Taft qui était à Parrawatta et lui ont promis leur aide.M.Kalesky a pris la parole.“Nous sommes tous, dit-il, de race juive, comme vous le savez.Nous venons ici en qualité de citoyens juifs-américains et de représentants de la plus nombreuse société fraternelle des Etats-Unis.L’Ordre indépendant de B’rith Abraham a remplacé l’Ordre indépendant de B’nai B'ritb.Il compte, aux Etats-Unis, 170,000 Juifs, dont 17,-000 demeurant dans le Massachusetts.“L’Ordre indépendant de B’rith Abraham s’occupe de faire donner aux Juifs le respect auquel ils ont dioit dans notre libre pays.Quand la question des passeports fût discutée dans ce pays, c’est notre ordre qui prit la part la plus active à la solution du problème et c’est avec plaisir que nous reconnaissons que l’abrogation du traité est due à William Howard Taft, président des Etats-Unis.Nous n’aurions pas de coeur, nous ne ferions pas notre devoir, si nous ne vous disions pas tout le bien que vous nous avez fait.“Nous sommes à la veille d’une grande élection nationale.Nous sommes venus vous voir et vous souhaiter tout le succès possible non seulement pour le reste de votre terme mais pour un autre terme qui commencera le 4 mars prochain.” M.Taft répondit : “Monsieur le président et mes amis de l’Ordre indépendant de B’ritb Abraham, je vous suis très reconnaissant de votre visite et de l’expression amicale de votre intérêt et de votre sympathie.Je ne lo cède à personne pour l’interprétation de la constitution des Etats-Unis et de celles des états, constitutions qui donnent à chaque individu le droit d’adorer Dieu comme il veut, sans opposition et sans lutte.Nous ne pouvons pas empêcher les pays étrangers d'agir comme ils le veulent; tout ce que nous pouvons faire, c’est de prêcher la doctrine de la tolérance et des droits égaux pour tous, sans égard à la religion, ou aux croyances.Quoique j’aie été élevé comme Ifnita-rien, j’ai, profondément ancré dans le coeur, le ressentiment de toute distinction injurieuse aux Juifs à cause de leur religion.“Je ne puis pas vous dire maintenant quels traités nous ferons plus tard pour faire disparaître ces distinctions et pour que les pays étrangers cessent de les appliquer à nos concitoyens.Nous négocierons, nous demanderons avec toute l’énergie que nous pourrons y mettre, et nos efforts finiront par réussir; mais cela peut être long à venir.“En Amérique, nous pouvons empêcher tout de suite ces distinctions d’exister.Ailleurs, nous ne pouvons agir que par l’influence, le raisonnement, la discussion* Nous ne pouvons pas le faire par la force et vous na Toronto, 21.— Le “Star” dit au sujet de la démission de M.Monk : Les chefs du parti • conservateur ne semblent être ni surpris ni alarmés , ., ., , , „ i , • • voudriez pas que nous employions la de la nouvelle annonçant la démission „ .rm»nn • m a i a nnnc m i x * n ri c nnne aOTVif de M.Monk comme ministre des travaux publies.L’un d’entre eux dit : “Cette démission ne laissera aucun vide”.Quant au successeur de M.Monk personne n’ose encore se prononcer.“Je suppose que ce sera un Canadien-français, a déclaré M* J.-R.L.Starr”.Le portefeuille du ministère des travaux publics a toujours par tradition été confié à un Canadien-français, M.Langevin, l’avait sous le ministère Macdonald, et je crois que M.Maréchal ou M.Cas-grain sera appelé dans le ministère, mais cela n'implique pas qu’il succéderait à M.Monk au ministère des travaux publics.“Croyez-vous que la démission de M.Monk et par la môme, la diminution dans le cabinet do l’clcment opposé à la politique navale soit do nature à rendre plus fort le gouvernement dans la province d’Ontario, fut-il demandé à M.Slarr.“Je crois que cela n’aura aucun effet dans l’Ontario pas plus dans mi sens que dans l’autre, répondit, ce monsieur”.Je crois simplement que M.Monk n’a fait que tenir la promesse, qu’il avait faite à ses électeurs.BOURSE DE MONTREAL Renseignements fournis par la Maison de courtage Bruneau et Dupuis, 4, rue de l’Hôpital.STOCKS Vend Ach.STOCKS Vend j Ach (Si 158 81 Hell Tél.Co Cnn.Car.Can.Cem.11 pli Can " pld.Cn.Convct Can.Paeif.Cnn.Loco.“ pfd.Crown Rca Dét.Kl Ry.Dom C.C o.pfd.Oom.I.pfd Dcm.S.Cor.Dom Port.Dom.T C .pfd.Dut.Sup .K.C.P.nP.C G.M.C.Co " pfd Goodw Co " pfd.I1l.Trne.pd Lnur.Com.22,1 L.otWd.C.185 Mack Cm 8!i “ pfd.ek.L.ftP.89 " pfd ni.ft 9.-P.Ml " .pfd .M.I.H.&P 2vq *' pfd.Mt.Cot.Co.ML Cot.Ltd 70 .Mil 180 Mon.Tr.Co 130 125 881 Mon.Tr.De.28) Mlpiisitig., |.98 Nor.Ohio.I .3üf N.ss.aci.7*.OBil.M.Co.125 I23J Ott.L.A F.Ptn.Mfff.C.Pen*n Ltd.“ P.M- Porto Rico • Québec Ky R.AO.N.C.l’.SJ 118* Rio Jnn.I.R.C.Co.Cm pfd.Sno Paulo.Saw.M.Cin
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