Le devoir, 30 décembre 1913, mardi 30 décembre 1913
VOLUME IV -No.303 UN SOU LE NUMERO MONTREAL, MARDI 30 DECEMBRE, 19lt ABONNEMENTS ! ^BT TT Rédadlion et Administration : Édition ~Quotidienne : H M M Ü 71* RUE SAINT-JACQUES CANADA ET ETATS-UNIS .$3.00 ESB ByLJl H3 pl^ riCTIIltf WnL M MONTREA|*.UNION POSTALE.$6.00 Bglgl ÿ ipf?! IBIi ____ Édition Hebdomadaire : H )W B ^ ^ WÈ S ® h Wè Ë H TÉLÉPHONES : % ^s:.:;.:.::;:::; ',IZ ¦ J 1 J MW B J Hf W JP JLJ ftl ArN,ST' UNION POSTALE.^«‘’¦^¦^¦^¦¦¦1 ÉQSMHSI WB RÊDACTIC^ *& Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS! -ii \ ___ ABATONS ROMPUS CHEZ NOUS A l’unanimité, le conseil municipal vient d’endosser la motion qu’adoptait, hier matin, la Chambre de Commerce et de réclamer avec elle la construction immédiate du canal de la Baie Géorgienne.Nous espérons que la campagne se poursuivra énergiquement sur tous les terrains et que l’opinion publique s’affirmera de telle façon que le gouvernement ne puisse avoir le moindre doute sur les intentions et la volonté des citoyens de Montréal.Il est certain que ces réclamations auront leur écho à la Chambre.Pour ne citer que deux noms, M.Monk, ancien ministre des Travaux publics, et M.Lamarche, député de Nicolet, n’ont laissé aucun doute sur l’attitude qu’ils prendront à ce propos.Si ministres et députés, contraints par l’opinion publique, veulent y regarder d’un peu plus près, ils s’apercevront vite qu’ils ont autre chose à faire que de sauver l'Empire.Le canal de la Baie Géorgienne n’est que l’un des grands travaux publics qu’exigent les besoins grandissants du pays.La vie chère touche aux multiples questions du tarif, du transport, de la production, de l’immigration, des coopératives, etc., — questions de haute importance dont il faudra bien que le Parlement s’occupe, sous peine de provoquer une formidable révolte de l’opinion publique.En face des conséquences actuelles de la politique imprévoyante ou absurde suivie en certaines de ces matières, quel est l’homme de bonne foi, dont la vue n’est pas obscurcie par les passions de parti, qui refusera aujourd’hui d’admettre que le Parlement aurait mieux fait de s’occuper de nos affaires que de consacrer 250 discours à la marine Laurier et à la contribution Borden?Ministres et députés feront bien, à la session prochaine, de penser d'abord aux choses de chez nous.DES CHIFFRES QUI FONT PENSER Le gouvernement américain nous annonce ce matin que la récolte de 1013 dépasse tout ce qu’on a jamais vu aux Etats-Unis; mais, ajoute le communiqué officiel, il n’en faut pas conclure à une diminution probable du prix de la vie.Et nous prions nos lecteurs de méditer ces paroles, cpii confirment de façon si claire ce qu’écrivait M.Georges Pelletier dans son article sur les intermédiaires: “Quelque désirable que puisse paraître, du point de vue du consommateur l'augmentation de la production agricole, il ne s’en suit point que celte augmentation comportera une augmentation dans le revenu en espèces de chaque ferme ou* de chaque cultivateur, ou que les prix pages par les consommateurs en seront diminués.” Et l’auteur du communiqué ajoute que les intermédiaires étant mieux organisés que les producteurs et les consommateurs, et connaissant mieux le marché, îonl en état d’absorber la majeure partie des profits qui résultent de eette augmentation de production.“Les prix élevés pages par les consommateurs et qui dépassent de 5 à prés de 500 pour cent, dans certains cas, ce que reçoit le cultivateur, démontrent qu’il jj a moyen de diminuer le prix de vente et d'augmenter considérablement les bénéfices de, chaque ferme sans augmenter la production.C’est une question de méthode de vente qui devra trouver sa solution dans une meilleure organisation des cultivateurs et des méthodes de vente améliorées.Nous soumettons particulièrement ces chiffres et ces réflexions à ceux de nos lecteurs qui ont pu trouver que nous donnions trop d’espace à la question de.s coopératives, par exemple.Le sujet prête moins aux développements tapageurs, c’est clair, que les “attaques nocturnes” vraies ou imaginées dont on nous corne les oreilles depuis quelques .semaines, mais il touche aux intérêts les plus intimes de la masse des citoyens, consommateurs et producteurs.51.Georges Pelletier démontrait hier que, dans notre pays, le point névralgique du problème de la vie chère, c’est la production; mais la production augmentée, il restera à organiser la distribution des produits de telle sorte cpie le coût n’en soit pas inutilement majoré.Et là intervient la double question du transport et des coopératives.Nous y reviendrons plus d’une fois, au risque de scandaliser ceux qui préfèrent se faire secouer le.s nerfs que d’entendre discuter leurs intérêts.POUR LA JUSTICE ET LA LIBERTÉ Les positions se tranchent et des voix nouvelles s’élèvent en faveur de la justice et de la liberté.Après MM.O’Hagan, Pliai en, Quinn, Foran, Armstrong, Freeland, etc., la North West Review, organe des catholiques de langue anglaise de l’Ouest, consacre à la question des écoles de l’Ontario un article très sympathique et que nous publierons demain en entier.La North West Review pose en principe que les Canadiens-français ont le droit de garder leur langue et qu’ils doivent être les meilleurs ju ges de l’effet (pie la perte ou la conservation de cette langue peut avoir sur leur avenir religieux.Elle rappelle en termes émus le rôle joué par les missionnaires français et canadiens-français dans l’évangélisation du Canada et l’accueil fuit, en 1847, aux Irlandais victimes du typhus.La persécution ontarienne aura, avec tous ses ennuis, produit deux bons effets au moins: elle a réveillé les Canadiens-français, qui risquaient de se laisser inconsciemment angliciser; elle a pour jamais ruiné la théorie de ceux qui prétendaient que les Irlandais sont en bloc dans les rangs des anglicisateurs.La North West Review s’inscrit parmi ceux qui ont une claire vue de la situation et qui joignent au sentiment de la justice le culte du souvenir.Nous l’eu félicitons et nous sommes assurés que cette manifestation de courage et de loyauté suscitera bientôt de nouvelles interventions.Quant à nos compatriotes de l’Ontario, ils sont à préparer un congrès qui se tiendra à la mi-janvier.C’est le temps de leur manifester plus clairement que jamais notre profonde sympathie.LE PLUS PRESSÉ ¦ Le Daily Mail a parfaitement raison de dire que, le plus pressé, c’est de donner de l’eau aux citoyens et de parer à la répétition du désastre actuel.On devra ensuite faire l’enquête qu’exigent les circonstances et qui dira à quoi il faut attribuer ce désastre.Il importe que cette enquête soit complète et loyale.La question est rune des plus graves qui se soient posées depuis longtemps dans le domaine municipal.Il sera d’autant plus difficile, pour le public, d’établir les responsabilités, qu’un certain nombre de politiciens cherchent déjà à ,se faire de cëttc catastrophe un instrument de combat contre leurs adversaires.Orner HEROUX.LE DEJEUNER DE M.LAURIER M.Laurier déjeune du Devoir.Il en a fait la confidence a,u public, et c’est probablement pourquoi il se porte s'i bien.Pour $3.00 vous pouvez Assurer à vos amis le même déjeuner pendant ioute l’année, pour $1.00 nous offrirons à vos amis “le déjeuner de M.Laurier” du 1er janvier à la fin des deux sessions.Profitez de l’oocasion.L’AUTORITE \,'Autorité, journal du dimanche, rient de publier son premier numéro sous la direction de M.Tancrède Marsil.Elle paraît vouloir s’occuper surtout de sport et de politique muni-lipale.L’ELECTION DE YORK N.B.ON CROIT QUE LE CANDIDAT CONSERVATEUR SERA ELU PAR ACCLAMATION.Ottawa, 30 — La nomination Pour 1 election partielle de York, N.B., aura lieu demain, mercredi.Jusqu a présent les libéraux n’ont pas réussi a trouver un candidat à opposer à M.H.F.MacLeod, candidat conservateur.Tout indique que ce dernier sera élu par acclamation.Lette élection a été rendue nécessaire par l’élévation de M.O.S.Crockett sur le banc de la Cour Suprême du N ou v ea u-B in n sw'k- k.Il est rumeur que M.F.B.Carvell, député de Carleton, N.B., qui n été élu par une faible majorité, nc'peut subir une autre élection et songe à aller s’établir dabs l’ouest.M.wm.Pugsley est dans le même cas et songe à abandonner Saint-Jean, as-sure-fc-on.Il irait demeurer et exercer sa profession d’avocat à Montréal.BILLET DU SOIR.LE RESSORT Le ministère du Revenu de l’In-térieur^vient d’interdire la fabrication, la vente et l’importation au Canada des balances à ressort.Pourquoi n’en féliciterions-nous pas le ministère ?Tout coûte assez cher, ces temps-ci, pour qu’on nous donne au moins le poids.Et l’on sait que la température et quelques autres phénomènes agissent sur l’élasticité du ressort qui, pour peu qu’il se contracte ou se dilate, fausse la balance.D’aucuns interprétaient sans Ijien-oeillance le silence têtu que garde M.N ont et depuis sa capture du portefeuille.Les questions les plus graves se sont discutées devant lui, depuis son élection, et il n’a soufflé mot.Et des journaux libéraux ne se gênèrent pas pour attribuer ù l’incompétence son abstention systématique.C’était, on le voit aujourd’hui, injustice flagrante.Aussi sommes-nous bien heureux que M.Bruno Nantel, en légiférant sur la balance, vienne démontrer qu'il sait, mieux que parler, agir quand se présentent des choses de son ressort.Est-il besoin de dire que.des considérations plus hautes ont pesé dans la balance, je veux dire sur les décisions de M.Bruno Nantel ?Le ministre du Revenu de l’Intérieur est, en effet, l’ennemi juré du ressort.S’il est parfois bon d’avoir, comme on dit, du ressort, il faut, dans les balances comme chez les hommes publics, de la rigidité.Sus donc aux balances dont le ressort n’est pas toujours inflexible sous le doigt d’un épicier économe ; et sus aux politiciens dont la conscience à ressort adopte ou rejette, suivant l’heure et selon les maîtres, les mêmes convictions.Le lecteur intelligent — vous tous, mesdames et messieurs — saura sans doute voir dans la décision de M.Bruno Nantel, non seulement un acte de sage administration, mais encore et surtout un noble geste symbolique.Léon LORRAIN.CENTENAIRE DE LA PAIX LE SECRETAIRE DE L’ASSOCIA- TION DU CENTENAIRE DEMANDE LA PARTICIPATION DE LA VILLE AUX FETES DE 1915.M.E.H.Scamtnel'l, secrétaire e>or-ganisateur de l’Assocition Canadienne du Centenaire de la Paix, s’est présenté devant les commissaires ce matin et les a entretenus du projet de célébration du Centenaire de la Paix.“La veille de Noël, 1914, a-t-il dit, il y aura cent ans qu’a été signé le traité de Gand terminant la dernière guerre entre le Canada et te Grande-Breteigne d’un côté et tes Etats-Unis de l’autre.C’est cet événement que l’on veut célébrer, pour cimenter cette paix, s’il est possible, pour mille ans.“Il y a trois comités à l’oeuvre, un au Canada, un autre en Angleterre et te troisième aux Etats-Unis.L’on vent célébrer l’événement dans tout l’Empire britannique et les Etats-Unis.Il y a quatre choses au programme: l’érection de monuments, la célébration de services religieux d’action de grâces, des fêtes publiques et une propagande en faveur de l’instruction dans les écoles et les universités.“L’instruction historique insiste surtout sur tes guerres et les victoires.Cette fois-ci, c’est la paix qu’on veut glorifier dans les écoles.“Le comité canadien veut tenir ses principales célébrations à Montréal, pendant l’été de 1915, à cause de la part que notre ville a prise à la fondation de la nationalité canadienne et surtout à la guerre de 1912.“Il faudra former ici un comité puissant, composé de représentants de la Ville, des églises, des écoles, de la presse, du travail, etc.On en a déjà commencé la formation et l’on a des adhésions de quarante-deux personnes appartenant à la magistrature, au clergé, au barreau, aux universités, aux journaux, etc.Je demande au conseil de nommer quelques-uns de ses membres pour en faire partie et je prie le maire de convoquer une assemblée aussitôt que possible pour mettre à l’oeuvre 1e comité de Montréal.” MORT DE U REINE SOPHIE L’ANCIENNE SOUVERAINE DE LA SUEDE SUCCOMBE A UNE PNEUMONIE A L’AGE DE 78 ANS.(Service de la Presse Associée) .Stockholm, 30 — La reine-mère Sophie est morte ici aujourd’hui, dans sa 78ième année.Elle a succombé à une pneumonie.Sa Majesté était malade depuis près d’un quart de siècle ; elle souffrait d'hypocondrie, ce qui nécessitait la surveillance constante des médecins.Elle, prenait rarement part aux fêtes de la cour, passant la plus grande partie de son temps, quand sa santé te lui permettait, à faire des oeuvres de charité ou de religion.Elle encourageait beaucoup le mouvement de l’armée du salut et était un ardent apôtre de la tempérance.La reine Sophie était une princesse de Nassau et elle avait été unie au roi Oscar II de Suède au mois de juin 1857.Les royaux époux avaient icéJèbré leurs noces d’or six mois avant, la mort du roi, en 1907, ce qui est assez rare pour les famille» royales.SCENE DISGRACIEUSE Les enquêtes du DEVOIR AU CÜNSEIL MUNICIPAL ^O^Qt/O/ LA VIE EST CHERE Au cours de la discussion sur le budget, l’échevin L.A.Lapointe dit à l échevin Martin qu'il ne sait ce dont il parle ; l’échevin Martin traite son collègue de polisson et de fou, et il offre sa démission.xiv Les besoins de l’Ouest LE BUDGET EST ADOPTÉ Le conseil a adopté le budget sans y faire un .seul changement, après une tentative de l’échevin Martin de mettre à la disposition du conseil les $100,000 consacrés aux nouveaux engagements et à l’augmentation des .salaires, fendant un instant on essaya de faire la discussion en comité général, mais les intempérances de langage des échevins Martin et L.-A.La-pointe empêchèrent tout progrès.Pendant quelques minutes, ces deux personnages se servirent mutuellement les épithètes de fou, de polisson de grossier et la scène n’eut rien de bien élégant.L’échevin Lapointe attaqua le contrôleur des finances qui ne pouvait nas répondre.Il prétendit que le budget est plein d’erreurs, que le contrôleur avait augmenté sans raison le chapitre des intérêts à payer, etc.Pendant cette attaque, M.J.Pelletier occupait une place dans la salle, mais il dût laisser passer l’orage sans pouvoir répondre, l’étiquette le lui défendant.L’échevin Martin commença la discussion en proposant que le rapport des commissaires soit amendé en biffanl de la première page, au chapitre 9, les mots personnel additionnel, et en obligeant les commissaires à faire rapport au con-icil donnant des détails sur les engagements nouveaux.Il prétend qu’en quatre ans le nombre des fonctionnaires ,et le montant des traitements a trop augmenté.Il veut que le conseil connaisse tous les nouveaux engagements avant que les commissaires les fassent.Le commissaire Lachapelle dit que le budget, tel que.présenté au conseil, découle, des pouvoirs des commissaires.Si l’écnevin Martin avait porté, le .terme de sa comparaison à 50 ans en arrière, il aurait trouvé une augmentation encore bien plus grande.Il oublie que depuis quatre ans,.on a , annexé des quartiers aussi grands âne le vieux Montréal.L’ancienne ville elle-même a augmenté; elle a des besoins nouveaux.Pour faire sa cause, M.Martin a besoin de trouver d’autres arguments.Le représentant de Papineau dit que nous avons plus d’employés que n’importe quelle ville d’Amérique.S’il s’était informé, il aurait appris que toutes les villes de la même importance que Montréal ont un personnel encore plus grand et paient des salaires encore plus élevés qu’à Montréal.L’échevin Larivière oronosa d’étudier le budget chapitre par chapitre, mais la motion fut perdue.L’échevin L.-A.Lapointe voulut alors retirer sa proposition d’adopter le budget.Il le réclama sans vouloir que le vote soit pris.L’échevin Giroux lui répondit que si l’échevin Lapointe avait voulu étudier le budget en détail, il aurait dû le dire en proposant l’adoption.M.Giroux dit qu’on a eu le rapport depuis un mois et qu’il ne croit pas qu’on soit bien avancé en voulant maintenant discuter le budget chapitre par chapitre.L’échevin Clément propose alors de reconsidérer le vote donné sur la motion Larivière.L’échevin Martin dit que l’éche-vin Lanointe, s’il avait été sincère, aurait dû proposer en même temps que l’adoption l’étude par chapitre.Le conseil refuse de reconsidérer le vote et l’échevin Ménard propose que le conseil se forme en comité général pour étudier le budget.La motion est adoptée par un vote de 17 voix contre Î2.Le début du comité général a été plutôt orageux.L’échevin Martin prit la parole pour discuter encore l’augmentation du personnel.Comme il y avait du bruit, l’échevin Martin demanda à l’échevin Drummond qui présidait d’imposer silence à l’écnevin L.-A.Lapointe qui causait.L’échevin Lapointe dit au président qu’il n’empêchait pas l’échevin Martin de prendre la parole tout le temps, ce qu’il disait n’ayant aucune importance.Ceci mit l’échevin Martin en colère et il traita son collègue de polisson.Il s’ensuivit un échange de mots aigres, l’éche-vin Lapointe refusant de retirer ce qu’il avait dit.Pour mettre fin au scandale, l’échevin Clément proposa de lever la séance et de reprendre en conseil l’étude du budget chapitre par chapitre.L’échevin Morin s’objecta à la teneur de cette motion, le conseil ayant déjà décidé de ne pas procéder de cette façon.L’échevin Monahan proposa alors de reprendre simplement la séance du conseil et le maire reprit son siège.“Etes-vous plus avancé?” demanda l’échevin Clément.Pour mettre fin à la difficulté soulevée par l’échevin Lapointe, l’é-chevin Monahan proposa de lui permettre de retirer sa motion concernant l’adoption du budget, ce qui fut adopte.Il ne restait que la motion proposée par l’échevin Martin de biffer du budget la mention des engagements du nouveau personnel.L’échevin Bastion et l’éèhevin Prud’homme soulevèrent la question de la régularité de la motion Martin.Comme l’échevin Martin interrompait le maire, celui-ci lui dit : "Si vous voulez prendre ma place pour décider des questions de procédure?” “Le printemps prochain”, dit M.Martin au milieu des rires.Le maire avant déclaré que la motion Martin était régulière, l’échevin Monahan proposa en amendement d’adonter le budget on bloc et, en sous-amendement, l’échevin Martin proposa de biffer les mots “personnel nouveau” tant que les commissaires n’auront pas fourni des détails sur l’emploi de la somme.Malgré certaines protestations, le maire admit le sous-amendement qui fut rejeté par le vote suivant : Pour—Les échevins Larivière, Martin, Séguin, Giroux; 4.Contre-—Les échevins L.-A.La-pointe, N.Lapointe, O’Connell, Ward, Prud’homme, Boyd, Garceau, Monahan, Clément, Letourneau, Emard, Bastien, Deguire, Turcot, Drummond, Morin, Blumenthal, Ménard, Houlé; 19.L’échevin Larivière proposa de mettre les $190,000 dans lesquels sont compris les nouveaux engagements à la disposition des commissaires qui ne pourront en disposer qu’avec i’aporobation du conseil.Le maire rejeta l'amendement comme irrégulier.L’échevin Clément présenta un autre amendement que le maire rejeta encore.Après tout ce bruit l’échevin L.‘-A.Lapointe prit la parole et démolit tout ce qu’il avait lui-même dit en faveur du vote du budget chapitre par chapitre en démontrant que le conseil n’a pas le droit de toucher aux sommes affectées à chaque chapitre, à moins (pie ce soit pour transporter l’argent d’un service à un autre.Il ajoute cependant que s’il voulait étudier le rapport en détail c’était simplement pour avoir certaines informations.Il prétendit que les $100,000 consacrés au contingent général: nouveau personnel, augmentation des salaires, pensions, etc., seraient loin de suffire et qu’il faudrait un quart de million pour le nouveau personnel seulement.L’échevin Larivière se plaint de ce qu’on ait toujours augmenté les gros salaires aux dépens des petits.L’écheviii Poissant dit que les médecins ont droit à des traitements aussi élevés que les avocats.Il attaque le commissaire Lachapelle qui ne répond que très brièvement.Puis on étudie enfin le budget clause par clause et on l’adopte au bout de'dix riünutés Sans y rien changer.L’échevin Martin qui.depuis que l’échevin L.-A.Lapointe avait refusé de retirer ses remarques, mijotait un petit coup de théâtre, se leva alors et offrit sa démission.L’écheyin Lapointe refusa encore de rien retirer et proposa de ne pas accepter la démission de M.Martin.Mais cette question n’inté; ressait aucunement les échevins qui s’empressèrent d’adopter une motion.d’ajournement.-4- SARAH BERNHARDT SERAIT DECOREE fSerrlce de la Presse Associée) New-York, 30.— Des dépêches de Paris annoncent qu’à l’occasion du nouvel an Mme Sarah Bernhardt sera décorée de la Légion d’Honneur.M.René Viviani, ministre de l’Instruction Publique, a soumis le nom, de la célèbre tragédienne et il appert que le président Poincaré est favorable à la chose.Ce n’est pas la première fois qu’on suggère le nom de Sarah.Il y a plusieurs années que la grande artiste est refusée par le Grand Chancelier de l’Ordre.-?- MORT D’UN LITTERATEUR (Service de la Presse Associée) Paterson, N.J., 30.— M.John Phin, littérateur bien connu, est mort hier soir après quelques jours de maladie seulement.Il a succombé à une pneumonie.Il était âgé de 85 ans.John Phin était une autorité en matière d’agriculture.Il a aussi beaucoup écrit sur des sujets scientifiques.-4- CHEVALIER DE SAINT-GREGOIRE-LE-GRAND (Do notre corresponflant) Ottawa, 29.— M.Joseph Vincent, nommé en septembre dernier, Chevalier do l’Ordre de Saint-Grégoire - le -Grand, a été, hier, installé officiellement dans sa charge par S.G.Mgr.Gauthier.Los Chevaliers Buissières tic Montréal, Paul Dumais et Alfred Drouin, étaient présents.Une magnifique cérémonie a eu lieu à cette occasion.Le nouveau chevalier a reçu des félicitations de la Société Saint-Jean-Baptiste et de la Saint-Vincent de Paul, dont il est membre.-4- LES INDUSTRIELS CHEZ L’HON.L P.PELLETIER (De notre corre«poii pour Paris où il doit passer 1e premier de J'An avec un ancien collègue, te juge Duge* Le développement soudain du pays, pendant la période 1901-1911, a pris les producteurs canadiens en défaut.Ils ont accru leur production, sans doute, mais non pas dans la mesure nécessaire pour satisfaire à l’accroissement de la consommation totale, doublée d'une augmentation de consommation par tête.L’Ouest, surtout, a grandi avec, une rapidité étonnante.11 a triplé sa population, presque, de 1901 à 1911.Et, comme sa production n’a pu suffire, encore moins que jamais, à ses besoins, l’Ouest doit s’approvisionner dans l’Est.Celui-ci non plus ne produit pas assez pour répondre à toutes les demandes.Il faut donc que le Canada importe plusieurs denrées alimentaires, et les prix montent en conséquence.CE QU’IL FAUT A L’OUEST L’Est, disons-nous, a accru sa production, depuis 1901.Un simple coup-d’oeil sur les tableaux du recensement, au point de vue agricole, pour 1911, en convainc le plus sceptique.C’est ainsi que la production du beurre de crémerie a passé, pendant la décade 1901-1911, de 33 millions de livres à 57 millions et demi de livres, et que le Canada a produit 39 millions de douzaines d’oeufs de plus, en 1911 qu’en 1901, soit 123 millions contre 84 millions.Mais il faut se rappeler aussi que la population y a augmenté de manière considérable, pendant cet intervalle, qu’elle s'est surtout groupée dans les villes, et, partant, que l’Est renferme aujourd’hui plus d’improductifs qu’en 1901, si la production totale y a monté de manière notable.Il faut de plus compter avec l’Ouest, qui s’approvisionne, à Toronto et à Montréal, de toutes sortes de denrées alimentaires qu’il devrait produire eu quantité suffisante, ce qu’il néglige de faire, occupés que sont la plupart de ses agriculteurs à appauvrir le sol avec leur culture intense du grain.L’Ouest fournit à l’Est des viandes, en quantité décroissante, çt J’inonde de blé, ce qui permet au prix du pain de rester à peu près fixe, depuis une dizaine d’années, quand, presque Ions les autres aliments sont à la hausse.Mais, hors le boeuf et la farine, l’Ouest n’envoie à peu près rien à l’Est, sauf peut-être, à certaines époques, quelques fruits de la Colombie Britannique.Pour le reste, l’Ouest est tributaire de l’Est.Il n'a pus assez de beurre; il en achète tantôt sur les marchés de l'Est tantôt sur ceux de la Nouvelle-Zélande.Il manque d’oeufs; il en importe tantôt d’Ontario et tantôt des Etats-Unis.De même, pour le.s fruits et les légumes.II est bien vrai que, à l’heure présente, ou du moins, d'après le recensement de 1911, — il y a en tout et partout, au pays, 711,081 propriétaires et occupants de fermes, dont 222,681 dans l’Ouest et 489,000 dans l’Est, tandis qu’il y en avait en tout 543,000 en 1901.Cependant, il ne faut pas oublier que le nombre des agriculteurs, dans les provinces de l’Est n’a augmenté que de 7,500, pendant cette période, et que, en dépit de tout leur travail, les 489,000 producteuns de l’Est ne peuvent à la fois s’alimenter, alimenter les improductifs de l’Est et aussi les producteurs de blé et les improductifs de l’Ouest.Il y avait, en 1901, dans l’Ouest canadien .62,000.agriculteurs.Us v sont aujourd’hui (d’après le recensement de 1911) 222,681.Cette augmentation de 160,000 frappe, au premier abord.Mais, à s’y arrêter de près, on constate que ces 160,000 agriculteurs, pour la plus grande partie du moins, négligent toute autre culture que celle des céréales.Aussi s’explique-t-on facilement qu’ils ne puissent alimenter l’Ouest, et que celui-ci doive avoir recours à l’Est canadien et aux Etats-Unis, pour se sustenter.LA PRODUCTION DE L’OUEST L’Ouest canadien produit surtout du blé, disions-nous.Il en déverse des millions de boisseaux sur l’univers, ainsi que des quantités considérables d’autres céréales.Mais il ne faut pas s’exagérer le rendement de.s plaines de l'Ouest, à l’acre.Des statistiques récentes de 17ns-titut International d’Agriculture établissent que la Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Irlande, et le Danemark, pour ne citer que ceux-là, produisent plus de céréales, à l’acre, que le Canada.Voici ces chiffres, en boisseaux: Blé Avoine Orge 40 31.4 Angleterre.32.36 31.47 40.Irlande.49 44.Danemark.39 38.Ceci laisse voir que, en dépit de sa fertilité, le Canada ne peut obte nir de meilleur! rendement, parce qu’il a des méthodes de culture primitives.On cultive à la machine, dans l’Ouest, mais on n’améliore paa la terre, en la fertilisant; on la défonce, on l’appauvrit, on la mine.Hors cette exploitation faite a-ec une insouciance coupable de l’avenir, l’Ouest se désintéresse plutôt, dans plusieurs grandes régions, de la production agricole raisonnée et de l’alimentation de sa population.L’Ouest, il est vrai, produit du beurre et des oeufs, mais, quoique la production totale de ces deux denrées alimentaires y ait augmenté de beaucoup, de-* puis 1901, elle est bien loin de répondre aux besoins de sa consommation, et de sa population sans cesse croissante.La population de l’Ouest a triplé, de 1901 à 1911, écrivions-nous.Voici, à ce sujet, un tableau qui explique bien le mouvement de cctta augmentation: Population Pourcentage Provinces 1901 1911 d’augmentation Manitoba.255,211 455,614 78.52% Saskatchewan.91,279 492,432 439.48% Alberta.73,022 374,663 413.08% Colombie Britannique.178,657 392,480 119,68% Totaux.598,169 1,715,189 A supposer que l’Ouest eût pu se suffire à lui-même, en 1900, — co qui n’était pas, — il eût fallu que sa production alimentaire s’accrût, dans chaque province, dam la même proportion que sa population.On voit tout de suite quels énormes progrès toutes ces provinces eussent dû accomplir, pour en arriver à se subvenir à elles-mêmes, en 1911.Or, sauf au chapitre du blé, il n’y a eu nulle augmentation de production de denrées alimentaires équivalente à l’accroissement de population, dams chacune de ces provinces.Il y a donc là, à l’heure présente, déficit considérable au chapitre de la production, vu surtout l’accroissement do la consommation individuelle depuis 1901, quant à certaines denrées alimentaires, peut-être même pour toutes.La production de l’Ouest a pu tripler, depuis 1900; mais elle était déjà insuffisante alors; la consommation, elle, a triplé, pour chaque individu, et le nombre de ceux-ci a triplé aussi, de sorte que, à l’heure présente, l’Ouest produit à peine, eu moyenne, le tiers de ce dont il a besoin pour s’alimenter.M.Ruddick, commissaire de l’industrie laitière, pour le gouvernement fédéral, écrit dans son rapport pour l’exercice clos le 31 mars 1912: “Une situation nouvelle existe dans le commerce du beurre, comme résultat de l’énorme augmentation de population dans les provinces de l’Ouest, augmentation qui a créé une demande à laquelle n’ont pn suffire les produits des crémeries de cette région.Vers 1890, les provinces de l'Ouest avaient un surplus de production qu’elles exportaient: mais, maintenant, chaque année, Québec et Ontario expédient des milliers de tonnes de beurre et de fromage r> l’Ouest du lac Supérieur.Malheureusement.U se produit, dans l’Ouest, une quantité considérable de beurre de qualité très inférieure, qui ne trouve pas preneur sur les marchés de l'Ouest, que l'on expédie à Montréal et dont la plus grande partie est revendue à New-York où des fabricants le (raitent pour fins spéciales.Celte expédition du beurre de l’Ouest, qu’il faut remplacer par d’autre beurre, pour suffire, à la consommation locale, est cause d'une grande perte économique.Il faut payer doubles frais de transport, sur chaque envoi à l’Est, et il faut aussi que quelqu’un paie des frais de commission inutiles.” Et, le 23 avril 1913, à la commission d’u-griculture de la Chambre des Communes, à Ottawa, M.Ruddick disait ce qui suit, entre autres choses: “En 1903, la branche du ministère de iA-gricultnrc que je dirigeais opérait des crémeries, en Alberta et en Sus-{.SUITE A LA 2ème PAGE) I e LE DEVOIR, MONTREAL, MARDI, 30 DECEMBRE 1913 VOL.IV.— No.303 (SUITE DE LA 1ère PAGE) kulchewan, où il se fabriquait près de 700,000 livres de beurre.La situation du marché étudiée, et tous calcul': faits pour subvenir à la consommation, jusqu'au' printemps suivant, nous constatâmes que nous avions plus de beurre que nous ne pouvions en placer sur les marchés de l'Ouest, le Yukon // compris: et nous dûmes en exporter six wagons, cinq en Grande-lirctayne et un en Australie.Le prix était alors de moins de vingt sons la livre.Xous en avions 700,000 livres.Xous en exportâmes 100,000 livres, ce qui en laissait au delà d'un demi-million pour consommation dans l'Ouest.C'était en 11103.Or, Tan dernier, qu'arriva-t-ilt il falut expédier onze millions de livres de beurre de TEst, dans diffé-rents endroits de T Ouest.Et.pendant la dernière saison, l’Ouest importa 5 millions de livres de beurre de la Xouvelle-Zélande, pour sa consommation, en outre du fait que les crémeries de TOuest produisirent 4 autres millions de livres de beurre.En 1903, donc, consommation d'un demi-million de livres: en 1911.consommation de 20 millions de livres de beurre de crémerie, sans compter le beurre fait à la ferme, tt écoulé du producteur un consommateur, beurre dont il se fuit une dépense sans cesse croissante, par lout le pays.” Voilà, pour I ¦ beurra.Kl, maintenant, quant aux oeufs, l’Ouest, d’après les statistiques du Vème recensement, en a produit à peu près 30,-000,000 de douzaines, en 1911, pour une population de 1,715,189.Selon M.Brown, assistant-gérant de la maison Gunn-Langlois, de Montréal, et spécialiste en industrie avicole, (voir le Journal of Commerce, de Mont réal, déjà cité^ 17' r au moins des oeufs produits se gâtent ou se brisent avant d’arriver au consommateur.Il resterait que, d’après ce calcul, 25,000,000 de douzaines d’oeufs propres à la consommation auraient été ’rnis en vente, dans l’Ouest.Or, le chiffre moyen de consommation an-[nuelle, par personne, était, en 1911, de 17.4 douzaines.A ce compte, la '.production d’oeufs de l’Ouest aurait été en déficit, en 1911, d’au delà de trois millions et demi à quatre millions de douzaines d’oeufs.En réalité, ce déficit a été bien plus grand, et l’Ouest a dû importer des millions de douzaines d'oeufs de l’Est et des Etats-Unis.L'Est lui-même, en dépit de sa production qui ’est accrue de près de 25 millions de douzaines, en 1911, n’a pu suffire à la sienne, ainsi que le faisait remarquer, dans une interview au Mail, il y a quelques semaines M.W.F.Stevens, de Huntingdon, secrétaire de VAssociation des éleveurs d’animaux, de ¦ Beuuharnoi.s, quand il disait: "Il n’y a pas de doute que le Canada ne \ produit pas assez d'oeufs.Toutes les provinces en importent.Québec 'moins que les autres.” Du reste, ties statistiques qumU à nos importations, données ici même, hier, établissent bien que ni l’Ouest ni l’Est ne se suffisent à eux-mêmes, sur ce point, puisque, tout compte fait, le Canada a dû importer de l’étranger, en 1912-1913, un chiffre net de 13 -'092,000 douzaines d’oeufs.Quant aux autres produits de la ferme, — légumes, patates, et le reste, — l’Ouest est encore tributaire de l’Est.La culture mixte commence d’exi.stcr dans le Manitoba, elle s’introduit peu à peu dans les autres provinces de la prairie, mais elle est encore loin de suffire à la consommation de cette vaste région.Un communiqué officiel du ministère fédéral rapportait récemment que, "à Saskatoon, provide de la Saskatchewan, les marchands importent actuellement de Sherbrooke, province de Québec, d'immenses quantités de pommes de terre, au prix de 69 sons le minot, alors que la réyion avoisinant Saskatoon peut produire de 350 à 700 minois de pommes de terre à Tàcre, quand on les cultive sensément.Malheureusement”, ajoute ce communique, ‘‘en dépit de la grande demande des légumes et les prix élevés de ces denrées, les fermiers de la Saskatchewan ne semblent pas vouloir abandonner leur théorie de la .surproduction de l’avoine et du blé.Ainsi, quoique la population ait augmenté de manière phénoménale, depuis quelques années, la culture générale est restée à peu près stationnaire.On compte que la Sas- katchewan importe à peu près 60 pour cent de la nourriture nécessaire | à sa population, et ce, à des prix pour ta plupart exorbitants.” L’Alberta est peut-être dans une situation un peu meilleure que celle de la Saskatchewan, mais ne se suffit pas à soi-même, non plus que le Manitoba.Aussi, toutes ce.s provinces viennent-elles chercher ec dont elles ont besoin dans l’Est, tandis que la Colombie, elle, achète dans l’Orégon les légumes dont elle peut manquer.Or, dans l'Est, si la production augmente, elle ne .suffit pas aux exigent'-s de l’Ouest et de l’Est.Les villes de l’Est se font plus grosses; il n’y a que dans Québec que la population rurale s’accroisse, et avec pei ne; Ips villes regorgent d’improductifs; et l'intermédiaire décourage par le prix minime qu’il offre au producteur, pour ses denrées alimen taires, une plus grande production.Ainsi, par exemple, si l’on consulte les .statistiques relatives aux pommes de terre, on verra que, en 1901, h provinces de l’Est en produisaient, tout as ensemble, 51,208,000 bois seaux, contre 45,855 000 boisseaux, en 1911, soit une diminution de onz à douze pour cent.Même dans l'Est, les provinces ne se suffisent plus quant à certaines denrées alimeulaires.Elles .s’en vendent de Finie à l'autr ¦, à différentes époques, et c'est tandis qu’elles font tous ces cchnn g s qu’elles doivent -distraire de leur production une quantité eonsidé rable pour l’expédier dano l’Ouest, quitte à combler ensuite le déficit ci important à leur tour ces produits des Etats-Unis ou de l’Europe.Les chiffres des importations canadiennes, quant au beurre, aux oeufs, aux fruits, aux léguim s, -sont là.qui établissent notre impuissance actuelle à suffire à notre consommation.Et cette insuffisance est, répétons-le, le principal facteur de la hausse du coût de la vie, au Canada, dans l’Ouest comme dans l’Est.IL FAUT AMÉLIORER LA SITUATION M.do la Palisse lui-même aurait trouvé cette solution finale: puis juc la situation n’c.st-pas bonne, il faut l’améliorer.Mais comment?En rétablissant l’équilibre entre la demande et l’offre, entre la production et la consommation.Mais comment, dira-t-on encore, comment?Un agronome belge, envoyé aux Etats Unis par son gouvernement, avec mission de faire rapport sur les conditions de l’agriculture américaine, disait à des journalistes de New-York, il y a quelques semaines: “En tète de mon rapport iai gouvernement belge, je mettrai cet épigraphe: “OX XE CULTIVE CAS LA TEHEE, EX AMERIQUE, OX LA GRATTE".La hou Jade est juste.Le Canada, comme les Etats-Unis, en est encore à l’en fance de l’art, au point de vue agricole.Une revue américaine techni que, la Engineering Xrws.qui a une grande réputation, dans le monde du génie civil, écrivait il y a peu de mois, à propos des progrès fait-aux Etats-Unis dans l’industrie des machines et dans le domaine des inventions: “// serait facile de citer cinquante on cent importantes inventions du dernier quart de siècle
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.