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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
samedi 17 octobre 1914
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1914-10-17, Collections de BAnQ.

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VOLUME V—No 244 MONTREAL, SAMEDI 17 OCTOBRE 1914 DEUX SOUS LE NUMERO Abonnements par la poète : Édition quotidienne : CANADA ET ETATS-UNIS.$3.00 UNION POSTALE- $«.O0 Édition hebdomadaire : CANADA.-.$1.00 ETATS-UNIS.81.60 UNION POSTALE.$2.00 Rédaction et Administration i 43 &UE SAINT-VINCENT MOXTRKAJU TÉLÉPHONES ; ADMINISTRATION j Main 7461.RÉDACTION^ ^ - Main 2460.) Diredteur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! * % * ?« I LE DEVOIR DU PARLEMENT Le retour à la terre.-La production agricole."Get back to the land!” a-t-on crié sur tous les tons.Le Grain Growers Guide a illustré ce cri d’appel d’un dessin fort suggestif.Un maïïieureux sans-travail, attiré par cette clameur, grimpe au haut d'un poteau de télégraphe, planté à côté de la voie du C.P.R.Au plus creux de l’horizon où son oeil peut porter sur la plaine immense, il n’aperçoit pas un pouce de terre libre.Sur chaque carreau de terrain se dresse un poteau-affiche: — “C.P.P.Lands” — "Hudson’s Ban Compamj’s Lands” — et toute la kyrielle des sociétés d’accaparement créées depuis vingt ans par les politiciens qui en tirent de plantureuses carottes.Au pied dii poteau, un petit chien lève la patte tout en aboyant à se décrocher la mâchoire : "Get back to the Land!!!” Pourquoi des compagnies puissantes comme la Baie d’Hudson, le PacifiqtK-Canadien, Mackenzie et Mann et tant d’autres qui ont accumulé des fortunes colossales à même les richesses du pays et les subsides de l’Etat — tirés des impôts de consommation du peuple canadien — ne mettraient-elles pas gratuitement à la portée des sans-travail canadiens une partie des terres qu’elles ont reçu gratuitement du peuple canadien?Les chefs de quelques-unes de ces compagnies, fort riches eux-mêmes, se posent en “piliers de l’Empire”; ils ont versé au Fonds Patriotique des sommes considérables, prises à même le trésor de leurs actionnaires; ils ont imposé à leurs ouvriers une contribution au même Fonds, déjà trop considérable pour les fins auxquelles il est exclusivement destiné.Au lieu de jeter sur le pavé un bon nombre de leurs employés, ne pourraient-ils faire un effort pour diminuer le chômage et stimuler la production agricole en faisant cultiver une partie des immenses domaines qu’ils tiennent de la générosité du peuple canadien et de la complaisance des politiciens, dont plusieurs ont partagé avec eux les profits de ces munificences?S’ils s’y refusent, le gouvernement et le parlement n’ont-ils pas le strict devoir de les y contraindre?En Angleterre, où l’on pousse à l’extrême le respect de la propriété individuelle et de la liberté d’accaparement, le gouvernement n’a pas hésité à dépouiller certains accapareurs de denrées alimentaires.N’est-il pas tout aussi légitime et urgent de faire cesser l’accaparement et l'improductivité de la terre, d’où proviennent ces denrées nécessaires à l’alimentation du peuple des villes canadiennes, nécessaires aussi à la subsistance des peuples d’Europe dont nous nous proclamons les amis et les alliés?, * * * Si M.Borden et ses collègues veulent réellement ramener les sans-travail à la terre, diminuer le chômage et la misère, activer la production agricole; — s’ils sont sincères quand ils prétendent vouloir aider à l’Angleterre, à la France et à la Belgique, — ils ont un devoir tout tracé.Qu’ils convoquent immédiatement les Chambres et se fassent donner le pouvoir de remettre la nation, sans bourse délier, en possession, au moins temporaire, d’une partie des immenses terres en friche détenues par le C.P.R., le C.N.R., la Baie d’Hudson et la multitude des sociétés immobilières, où fourmillent et pataugent les politiciens des deux partis.Qu’ils adoptent également des mesures efficaces et énergiques pour enrôler et organiser “l’armée des civils”, des sans-travail des grandes villes, et la mettre “en service actif” sur la terre.Qu’ils pourvoient, sans boodlage, à l’équipement de cette armée: matériaux de construction et machines aratoires made in Canada, chevaux, grains de semence, etc.Ils atteindraient ainsi de multiples résultats, également féconds et nécessaires.D’abord, ils Augmenteraient considérablement la production agricole et protégeraient les consommateurs du Canada et des nations alliées contre la hausse effroyable des prix qui va se produire l’an prochain.Ils diminueraient d’autant le nombre des sans-travail des Villes ; ils allégeraient sensiblement le fardeau qui va peser sur les budgets municipaux et la charité privée; ils assureraient une existence saine, ordonnée et productive à des milliers de gens inoccupés et affamés, recrues toutes trouvées pour la misère et la révolte.Qu’on ne s’y trompe pas: si rien n’est fait dans ce sens, il y aura des émeutes avant un an, avant six mois peut-être.Ils activeraient en outre maintes industries stagnantes.Ces matériaux de construction — bois, briques, ciment, tôles de couverture, etc., — nécessaires à la construction des chaumières, des granges et des écuries, ils seraient extraits de notre sol et de nos forêts, et fabriqués dans nos usines; avant d’abriter le producteur rural, ils auraient fourni du pain aux bûcherons, aux briquetiers, aux ouvriers des fabriques.Ils auraient aussi alimenté le commerce de retour de nos compagnies de transport.Ces machines aratoires, ces pelles, ces pioches, ces haches, elles sortiraient également de nos usines.Il y a deux mois, la compagnie Massey-Harris, privée des commandes du marché européen, a jeté sur le pavé cinq mille ouvriers canadiens.Si le ministère fédéral, aidé des gouvernements des trois provinces rurales, — Alberta, Saskatchewan, Manitoba — entreprenait d’aménager cinq, dix ou quinze milles fermes nouvelles, il serait en mesure de donner aux fabriques de machines aratoires une commande dont l’exécution ferait vivre, tout l’hiver, plusieurs centaines, plusieurs milliers peut-être, d’ouvriers et leurs familles, Et le résultat ultime et permanent?Ces dix ou quinze mille foyers nouveaux, établis en pleine pçairie, ne rendraient-ils pas au centuple les sacrifices temporaires faits par l’Etat?Ne serait-ce pas là de la vraie colonisation nationale, autrement utile que l’importation des colons étrangers, pratiquée à grands frais depuis quinze ans?Dans leurs sphères respectives, les gouvernements de l'Ontario, du Québec, du Nouveau-Brunsiwck et de la Colombie, qui ont encore de vastes domaines à coloniser, pourraient tenter le même effort, sur une plus modeste échelle.Les grandes villes elles-mêmes pourraient activer, dans leurs banlieues, la production des produits maraîchers, des oeufs, des volailles.Qu’on regarde autour de Montréal la quantité de terres vacantes, expropriées par la folle spéculatiohi des dernières années.Une loi d’urgence «levrait autoriser les autorités municipales de Montréal à s’emparer temporairement d'une certaine proportion de ces terres improductives et d’y établir un bon nombre de sans-travail qui s’engageraient à les mettre en état de production.* * * Dans toutes les provinces de l’Est on pourrait, à peu de frais, augmenter très considérablement la production du blé.L’un de nos correspondants nous écrivait à ce sujet une lettre fort instructive.La culture du blé est abandonnée depuis longtemps, dans notre province.Pourquoi?Sans doute, beaucoup à cause de l’abaissement du prix, résultat de l’ouverture des immenses plaines de l’Ouest.Cet obstacle va se trouver considérablement réduit par l’élévation extraordinaire des prix, l’an prochain.L’autre cause, c’est l’épuisement des sucs particuliers nécessaires à la germination et à la substance nutritive du froment.Qu'à chaque possesseur d’une terre originairement propre à la culture du blé, le gouvernement fasse distribuer, en même temps qu’un sac ou deux de bon blé de semence, une quantité proportionnelle d’engrais chimique propre à rendre ces sucs à la terre, et une feuille d’instructions claires et précises sur la manière de s’en servir.Pour veiller à l’exécution p:atique de ces instructions, nos cercles et nos syndicats agricoles offrent des cadres tout tracés.11 serait facile de faire produire aux vieilles provinces, dès l'an prochain, tout le blé dont elles ont besoin pour s’alimenter, et de faire Profiter les consommateurs anglais, français et belges de la totalité des moissons de l’Ouest, qu’on devrait et pourrait porter au double, et au triple de la quantité normale.On pourrait, de la même manière, stimuler la production des pois, presque totalement abandonnée depuis plusieurs années, de l’orge, du maïs, etc.Bien des gens seront heureux, avant longtemps, de manger de la soupe aux pois, du blédinde, de la soupane et du pain d’orge.?* * Il y aurait bien d’autres mesures importantes, essentielles même, à suggérer.Nous y reviendrons incessamment et nous prions tous les hommes pratiques et vraiment patriotes de nous transmettre leur avis à ce sujet.Pour l’instant, je me borne à signaler les plus pressantes.C’est le devoir du gouvernement, je le répète, de convoquer les Chambres sans délai, d'obtenir des pouvoirs plus définis que ceux qui lui ont été confiés en août, et de se mettre à l'oeuvre sans plus tarder.Il n’a déjà que trop attendu.Fidèles à l’engagement que nous avons pris avec nos lecteurs, nous avons jusqu’ici fait silence sur les actes ou l’inaction des pouvoirs publics.Mais nous nous sommes réservé le droit de parler, lorsque la trahison montrerait sa tête hideuse.Si, au lieu de convoquer les Chambres et de pourvoir au salut de la nation, les ministres fédéraux précipitent le pays dans l’agitation stérile, dangereuse et fort coûteuse d’une élection “en khaki”, dans le seul but de s’assurer un renouvellement de pouvoirs et la facilité de reprendre les opérations honteuses qui ont accompagné l’organisation du premier contingent, ils atteindront peut-être leur but immédiat.Mais douze mois ne se seront pas écoulés qu’ils seront marqués au front du sceau de l’infamie et de la trahison.Iis seront à juste titre regardés comme traîtres à la nation, à l’Empire et aux peuples alliés de la Grande-Bretagne.Quant au leader de l'opposition et à ’ses amis, leur responsabilité n'est pas moins lourde.Ils ont donné au début carte blanche .au ministère.C’était bien.Ils se constituent aujourd’hui les sergents recruteurs du deuxième contingent canadien.C’est moins bien.A mesure que la lumière se fait, fe but de cette manifestation militaire se dessine plus clairement.Il ne s’agit plus d’aider aux nations alliées — ce n’est pas de troupes non entraînées qu’elles ont besoin — mais de profiter de la panique pour faire accepter aux Canadiens, aux Canadiens-français surtout, l’obligation de servir dans tonies les guerres de l’Angleterre.Le ministère, impérialiste et jingo, a fort habilement préparé cette évolution.L’opposition, qui n’avait pris jusqu’ici d’autre initiative que de laisser faire, emboîte le pas au ministère.Elle a laissé organiser un premier contingent, destiné apparemment à secourir les nations alliées; elle concourt activement à Ijsver un second contingent, manifestement destiné à couvrir une manoeuvre politique et impérialiste.Dans le double intérêt de son pays et de son parti, sir Wilfrid Laurier a mieux à faire.A défaut d’une action prompte et énergique du ministère pour organiser “l'armée des civils” et pourvoir à la résistance économique du Canada, de l’Angleterre, de la France et de la Belgique, le leader de l’opposition devrait prendre l’initiative de ce mouvement.L’an dernier, dans des conditions infiniment moins graves, M.Laurier présentait le problème du coût de la vie comme le plus important à résoudre, comme le seul sur lequel l’attention publique devait se porter.Ce problème est devenu plus grave et plus urgent que jamais: le coût de la vie ne cesse d’augmenter; il va doubler d’ici douze mois; la force de résistance du peuple canadien est profondément entamée par la crise aiguë, .stirgie de la guerre et accrue jîhr l’incurie criminelle du ministère et les folles dépenses où il s’est engagé; le pouvoir du Canada d’aider efficacement aux nations alliées est diminué d’autant: il sera réduit à néant au moment même où cette aide économique deviendra la plus urgente et la plus précieuse.N’est-ce pas le devoir d’un politique de l’envergure et de la situation de sir Wilfrid Laurier de signaler ce danger au représentant de la Couronne, de réclamer la convocation immédiate des Chambres et de faire entendre jusqu’au pied du trône une protestation énergique contre toute dissolution prématurée du parlement, inutile et criminelle?Si les chefs du parti libéral négligent ce devoir essentiel, ils partageront avec les ministres le poids de l’infamie, sans même atteindre leur but, qui est de prendre leur place.Après s’être constitué les sergents recruteurs de l’impérialisme jingo, Us deviendront les meilleurs agents électoraux du miinstère tory.Du sort des partis, peu me chaut.Mais au-dessus des partis, il y a la patrie, il y a l’honneur et la subsistance du peuple canadien, il y a l’intérêt véritable des nations alliées.C’est le devoir de tous les honnêtes gens de rappeler nos hommes publics au souci de ces intérêts supérieurs.Personne n’a le droit d’être complice volontaire des bas calculs des partis.Henri BOURASSA.Lundi, le Devoir publiera la traduction complète d’une interview de M.Donald, délégué, au Canada, du haut commerce anglais.Cette interview avait paru dans la Gazette du 7 septembre.Toute la presse, impérialiste, jingo, business ou autre, a fait silence sur ce document qui est pourtant de tout premier ordre, dans les circonstances actuelles.Il me semble fort urgent de le remettre en lumière et de le commenter en quelques articles qui suivront de jour en jour.11 en surgira, j’espère, des expressions d’opinion et des avis utiles.Puisse-t-il en sortir également des initiatives et des actes, tant des gouvernants que des hommes d'affaires! BILLET DU SOIH.EN ALLEMAND Les atrocités allemandes dont les journaux d’outremer font le récit rappellent ces mots de Taine, citéÿ quelque part dans la dernière livraison du Correspondant : "La guerre a mis à jour le mauvais et vilain côté, de leur caractère [des Allemands] que recouvrait une écorce de civilisation.L’animal germanique est au fond brutal, dur, despotique, barbare ; et l’animal allemand est.de plus, économe et gaspilleur.Tout cela vient d'appa-raitre à la lumière et fait horreur.” N’empêche que, en prévision de la conquête du Canada par les hordes teutonnes, je me suis acheté une grammaire allemande.J’avais pris, il g a longtemps, il faut l'avouer, la résolution déterminée de savoir celle langue.Je n'en sais rien encore, car j’ai longtemps attendu, pour me mettre à l'étude, la nouvelle d'une invasion germanique en Grande-Bretagne.Mais, depuis l’ouverture de la guerre actuelle, je feuillette ma grammaire, publiée à Heidelberg, chez Jules Groos, selon la méthode Gaspey-Otto-Sauer.Je m'intéresse à la carie de l'empire allemand — Deutsches Reich, — oïl la France s'appelle harmonieusement Frankreich, Aix-la-Chapelle, Aachen, Munich, München, la Suisse, Schweiz, l'Autriche, Osterreich, Far-sonie, Warschau, et le Brunswick, Braunschweig.J'essaie, sans y bien réussir, — et en prévision du règlement 17 des Allemands, copié sur celui de l'Ontario, — de me rappeler que Ich bin gewefen signifie, “j’ai été’’, et que, quand un capitaine allemand télégraphie à Berlin, après avoir massacré des femmes et des enfants belges : “Wir waren dem Feinde weit überle-gen", ça signifie, dans le français si net ; "Nous étions bien supérieurs à l'ennemi".Et si je parvenais à déchiffrer dans un journal socialiste de Francfort, ce commentaire de la conduite de ce soldat : “Er batte sich eines sehvveren Verbrc-rhens schükiig gemacht” — (pardon, ô typographe ennemi et loi aussi, ami lecteur!) il me faudrait encore passer deux heures dans ma grammaire Otto-Nicolas pour comprendre que cela veut dire: "1! s’est rendu coupable d'un grand crime”.Je ne désespère pas de l’apprendre, enfin, cette maudite langue d'Attila.Et même la théorie de M.de Quatrefages, — cet ethnographe qui prétend que les Prussiens sont d’origine finnoise, "c'est-à-dire le produit du mélange jaune et blanc que Gobineau a décrété d’essentielle infériorité vis-à-vis des Aryans, fils des dieux”, — ne m’empêchera pas de me frotter enfin d'allemand.Bien ne m’arrêtera, pas même lu verve moqueuse de ce confrère qui raconte ainsi avec imagination la naissance de la langue allemande : “C’était pendant la construction de la tour de Babel.Un curieux, la bouche ouverte, regardait descendre, le long d'un pan de.mur, un apprenti, porteur d’un oiseau plein de mortier.L’apprenti glisse, l’oiseau culbute, le mortier tombe d’aplomb dans la bouche ouverte du curieux, et, tout de suite celui-ci, la bouche pleine, sr met à vociférer: Vallemand naissait." Non, rien ne nt'arrêlera.Et, quand les Teutons, venus à bord d'un Zeppelin, descendront ù Montréal, j’irai à leur rencontre, et je leur confierai, après le salut militaire, ce terribfe secret d’Etat : "Geftern batten wir schon Wetter!” — “ Hier, nous avons eu beau temps!" Et ils me répondront: — “Du hast sich, un das Vaterland ver-dient gemacht!" — "Tu as bien mérité de la Patrie!” .Et je m’en irai me faire traiter la gorge.et les oreilles.André VERBOIS.OSTENDE Les Allemands sont entrés dans la ville à 10 heures 30 jeudi matin et y ont laissé 5000 hommes seulement, continuant leur marche vers les Alliés.— Les attaques ennemies sur Varsovie échouent ; les Autrichiens résistent courageusement à Przemysl.POURQUOI VON KLUCK A RETRAITE (VOIR AUSSI EN PAGE :>) ^'Spécial au “Devoir”) Londres, 17.—- Les Allemands ont pénétré dans Ostende à 10 heures 30 jeudi matin, d’après le correspondant du “Daily Mail”, qui a quitté ce port au moment de l’occupation germaine.“Leur apparence produisit la plus grande commotion parmi les réfugiés qui avaient cherché un refuge sur les quais et n’avaient pas eu le temps de fuir, s’écrit le correspondant.Celui-ci s’en alla dans un petit aviso de la “Croix-Rouge”.“Quand nous fûmes à un mille de la côte, nous arrêtâmes pour attendre les événements.Nous mîmes une chaloupe à l’eau et revîmes dans la direction du port.Des soldats allemands qui se trouvaient sur le rivage nous aperçurent et tirèrent sur nous.Nous nous couchâmes dans le fond de l’embarcation et réussîmes à atteindre l’avion sains et saufs”.COMMUNIQUE DE BERLIN Berlin, via La Haye, 17.— Le dernier rapport officiel allemand dit ce qui suit :— Les Allemands ont occupé Bruges le H octobre et Ostende le 15.Les Busses ont été déroutés dans leur tentative pour occuper Lyck en Prusse orientale et ils ont perdu plusieurs pièces d’artillerie.COMMUNIQUE RUSSE Pelrograd, 17.— Le chef d’état-major russe communique le bulletin officiel suivant :— Des engagements de peu d’importance ont eu lieu en Prusse orientale.Les troupes austro-allemandes ont pris l’offensive le 15 octobre tout le long du front entre la Fistule et la Galicie.Au sud de Przemysl, nous avons capturé 3 compagnies autrichiennes et six officiers.VARSOVIE EST DEGAGEE courent pas de risques, l’entrée dû golfe de Riga et de Finlande est considérée comme étant fermée à partir de la publication de cet avis.LA ROUMANIE POUR LES ALLIES Bucarest, 17.— L’opinion publique en Roumanie n’est pas satisfaite d’une attitude neutre.Le désir de tous est de participer à la guerre pour délivrer près cfuu million de Roumains qui habitent la Transylvanie, Bukowina et les régions avoisinantes.il n’y a pas le moindre doute que le sentiment national aura raison du gouvernement et Ton peut affirmer que si iTtalie se range du côté des Alliés la Roumanie fera immédiatement cause commune avec elle.11 est même possible que la Roumanie n’attendrait pas la decision de ITtalie si elle était certaine que la Bulgarie ne profiterait pas de pareille occasion pour susciter une autre guerre des Balkans, ce qui diviserait les forces roumaines.L’armée de la Roumanie est maintenant parfaitement équipée et disciplinée et dans une guerre pour l'unité nationale elle montrerait une grande bravoure.La presse est unanime à demander que le gouvernement agisse et cette politique a l'approbation d’éminents professeurs de l’Université de Bucarest.PARIS ET LONDRES SERAIENT MENACES Paris, 17.— Au dire d’une dépêche de Pelrograd à l’agence Havas la population de Varsovie est retournée à la ville et les banques ont repris In marche ordinaire des affaires.11 se livre un combat violent à trente milles de Varsovie.Les Allemands ont tenté de s’emparer des hauteurs à 7 milles de Varsovie, mais ont été repousses.Les Allemands se servent de plusieurs aéroplanes pour leurs reconnaissances.LA DEFENSE DE PRZEMYSL Londres, 17 (2.55 a.m.)—Le "Morning Post” a reçu de son corespon-dant russe le télégramme suivant : “Les rapports reçus du front dans Test indiquent que la garnison de Przemysl fait une défense courageuse et vigoureuse.Avant l’investissement de la forteresse des milliers de paysans ont été forcés sous menace de mort de travailler aux lignes additionnelles de défense.L’avance russe a été si rapide cependant que les travaux n’ont pu être terminés.De plus les Russes se sont emparés dans la campagne d’immenses quantités de provisions destinés à la garnison.La forteresse est abondamment pourvue de canons et de munitions mais elle a peu de vivres.COMMENT LILLE FUT OCCUPEE Londres, 17 — Le correspondant de la Reuter, à Paris, reçoit d’Haze-brouck un récit détaille des engagements qui ont précédé et accompagné l’occupation de Lille par les Allemands : "I-e 7 octobre, dit la dépêche, l’ennemi prit l’offensive sur la ligne de Douai, Aniche et Auberchicourt, et pendant deux jours la bataille fit rage, après quoi les Alliés durent céder du terrain.Pendant ce temps, l’aile gauche française continuait sa marche vers le nord, menaçant l’extrême droite allemande.L’ennemi s’avança alors vers le nord et occupa Lille.H n’y avait que 300 fantassins français1 dans cette ville ; malgré leur grande fatigue ils offrirent une resistance des plus obstinée qui fit croire à l’ennemi â un piège et lui fit abandanner l’attaque.Mardi, les Allemands renforcés revinrent et occupèrent Lille.” AVIATEURS ANGLAIS PRISONNIERS Londres, 17, 10 h, matin, — Une dépêche d’Amsterdam à l’Echange Télégraphique dit que le journal allemand “Der Tag” annonce qu’un aéroplane anglais a été abattu, à Paronne, dans les lignes allemandes.Les deux aviateurs qui le mon-taient ont été fait prisonniers.LES BELGES SONT PRETS A SE BATTRE T.on tires, 17.— Le correspondant anversois du “Times” qui a accompagné l’armée belge dans sa retraite en France, télégraphie des quartiers généraux belges, qu'il ne nomme pas, que l'armec d’Albert 1er est nullement démoralisée, quoique fatiguée.Les soldats, dit-il, ne sont pas abattus; :1s sont tous désireux de rencontrer de nouveau les Allemands.L’ANGLETERRE A DES HOMMES Londres, 17.— Le correspondant militaire du “Times”, répondant au "Frankfurter Zeitung” qui a déclaré qyc la Grande-Bretagne- «c- pou- vait lever plus de «00,000 hommes de troupes, dit que l’effectif actuel de l’armée anglaise est de 1,200,000 hommes, sans compter les centaines de mille volontaires du Canada, des Indes et de l’Australie.I n Empire qui compte une population de 400,000,00(1 d’âmes ne peut manquer de soldats.Rien ne peut arrêter d'ailleurs l’enrôlement toujours croissant en Angleterre.Et lorsque les Alliés auront besoin de repos, nous serons alors en mesure de faire de la bonne besogne.Que Ton mette les choses au pire, cela ne nous empêchera pas de verser des millions dans la gueule du dieu Mars, car nous savons qu’en définitive ce sera l’Allemagne qui payera de son lerritoire et de son argent les pots cassés.LE MOUVEMENT ENNEMI EN ALLEMAGNE Londres.17.—Le correspondant du “ Daily Mail ” à Flessingue, Hollande, envoie ce qui suit, relative-ment au mouvement des troupes allemandes dans le nord-ouest de la Belgique : “ Les troupes allemandes quittent Ostende pour Test.Environ 5,000 hommes sont actuellement logés dans les édifices publics d'Ostende.Deux mille ont quitté Zeebrugge et il ne se trouve pas d’Allemands entre Heyst et Sluis.“ Les Allemands qui ont leur billet de logem nt pour Bruges se conduisent bien, mais ceux à Maldeghem ont causé des dommages considérables.” LE GOLFE DE FINLANDE MINE Pelrograd, 17.—Le gouvernement russe annonce qu’à cause de la présence de sous-marins allemands dans le golfe de Finlande et le minage des eaux russes, il a été forcé d’avoir recours aux mesures de même nature.Conséquemment, on doit considérer comme dangereuses certaines eaux du golfe de Riga et de la Finlande, spécialement près de Tarchipèle du littoral.; Afin duc les non-corabattauts ne New-York, 17.— “A moins que les Etats-Unis n’interviennent immédiatement.Londres et Paris seront attaqués par une flote de Zeppelins allemands.Cette attaque est imminente et il n’y a que les Etats-Unis, pour arrêter ia main peu scrupuleuse des Allemands”.Cette déclaration a été faite à bord de l’“01ympic”, hier soir, par F.Hop-kinson-Smith, auteur et peintre, qui revient d’un voyage de cinq mois à travers l’Europe.Dès que T“01ympic” fut à son quai, M.Smith a adressé au Président Wil-I son une protestation contre l’emploi par les avions et les Zeppelins de | bombes qui tuent les femmes et les j enfants.Cette protestation a été si-j gnée par deux cents passagers de ' marque à bord de POlymnic”.Dans sa lettre d’explication, M.Smith dit qu’il ne s agit pas u une question de neutralité, mais d’une question humantaire.“La puissance qui refusera de suivre notre sage et bienfaisant conseil, dit-il, perdra la sympathie du monde entier.” La requête donne trois raisons contre l'emploi des bombes aériennes.L’emploi de ces bombes est contraire aux idées des nations qui se respectent ; en second lieu, la nation qui s’en sert s’aliénera la j sympathie universelle ; enfin, ce I procédé est excessivement cruel et | brutal, sans autre fin militaire que I de terroriser, de blesser et de tuer j des non-combattants qui ne peuvent se mettre à l'abri de ces attaques.M.Smith dit que Ton ne peut se faire une idée exacte du péril qui menace Londtes.L’Allemagne pousse activement la construction de sa flotte aérienne en vue d’un raid sur Londres.M.Smith dit qu’il appuie la neu-tralité américaine quant à la lutte légitime, mqi.s le lancement de» bombes sur des villes ouvertes du» rant la nuit n’est pas de la bonn» guerre.C’est une brutale traîtrise et au nom de l’humanité on devrait mettre fin à ce procédé de combat.Les Allemands, dit M.Smith, ne veulent pas s’emparer de Paris ni de Londres, mais détruire ces deux villes pour que Berlin seule resta debout.L’Allemagne a lancé un défi au monde civilisé et refuse à tout ce qui n’est pas allemand le droit de vivre et de prospérer.L’Allemagne ne se bat pas franchement, dit M.Smith, et si une puissance comme les Etats-Unis ne s’en mêle pas, elle continuera à se battre malhonnêtement.UN OFFICIER A PERI (Dp notre correspondant! • Québec, 17.— Sur le remorqueur “Muriel”, de la compagnie Price Bros., qui a été frappé et coulé hier matin au large de TÎlc Madame par le charbonnier “Batisean", de la Dominion Coal Co., le quartier maître Elséar Lévesque du "MaurieT’ a péri.Le reste de l’équipage du remorqueur qui se composait en tout de six hommes a été sauvé.Le charbonnief a’g subi augun doipuyupg ________________- - 5 LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI 17 OCTOBRE 191 VOL.V.— No 244 AUX CULTIVATEURS DU QUEBEC D’Ontario et de l’ouest, on annonce que le conseil donné aux agriculteurs d’ensemencer autant que possible cet automne et le printemps prochain produit des résultats appréciables.Dans l’ouest, on prétend que la superficie cultivée l’an prochain sera de dix à vingt pour cent plus considérable que cette année, et dans l’Ontario de cinq pour cent.Nos gens de Québec feront-ils de même ?Il faut l’espérer.Le ministère de l’Agriculture devrait, si cela n’est pas déjà fait, inviter nos cercles agricoles et sociétés d’agriculture à répandre cette idée dans nos paroisses.S! la guerre dure longtemps, en effet, et cela est plus que probable, il y aura disette de grain en Europe, l’an prochain.La Belgique, occupée, ravagée' par les belligérants, ne produira presque pas.Le nord de la France, s’il est dégagé avant 1 hiver, sera tout de même trop bouleversé au printemps pour donner une bonne récolte.Les millions d’hommes sous les armes affecteront nécessairement aussi les travaux des champs en Allemagne, en Russie et en Autriche-Hongrie.L’Europe devra donc recourir à l’Amérique et à l’Asie pour une partie de sa subsistance.La demande de blé, d’avoine et de maïs sera au moins doub'ée l’année prochaine.Du point de vue domestique autant que du point de vue de l’exportation, il est donc de première importance que le Canada produise le plus possible en 1915, et que chaque province s’efforce de se suffire à elle-même, afin d'éviter une hausse excessive des prix pour la consommation domestique qui compliquerait davantage la situation dans les grandes villes et même dans nos campagnes.Supqsons une demande énorme de blé et d’avoine l’an prochain au Canada.Le désir de profiter des circonstances rendra néeessaircmenl les cultivateurs de l’ouest très exigents.Passé une certaine limite, il faudra prendre des mesures énergiques, dans l’intérêt général.Ne vaut-il pas mieux chercher à prévenir ce danger en s’assurant une récolte exceptionnelle et appropriée aux 'o.i-ditions particulières auxquelles il est certain que nous devrons faire face.Le temps est infiniment propice aux travaux de la terre.La ié-colte île cette année est rentrée depuis longtemps, la saison est très belle, on peut faire presque tous les labours cet automne.Du reste, même si la guerre prenait fin plus tôt qu’on ne le pense, noire travail ne serait pas perdu, car la situation agraire resterait telle encore en Europe que la demande s’en ressentirait certainement toute l’année et plus longtemps peut-être., Enfin, l’occasion est bonne de se remettre résolument à la ter^e.Outre qu’on y trouve son profit, on accomplit un devoir tout aussi patriotique qu’en allant au feu.On ne se bat pas longtemps sans manger et pourvoir à la nourriture des combattants est pour le moins aussi essentiel que de leur fournir (les armes.J.D.^ i —i - QU'ON LE PENDE ! Le colonel Steele qui commandait le régiment Strathcona en Afrique du Sud vient de dire à Winnipeg que notre système de milice est une farce.Qu’on le pende ! NOS JINGOS Le Free Press de ’Winnipeg, re-jproche au gouvernement n’avoir pas commencé l’organisation du deuxième contingent il y a un mois.Avant même de savoir s’il serait accepté! On peut juger de l’état d’esprit de certains jingos.PAS DE FRANÇAIS Un de nos amis qui a demandé line brochure au ministère du Commerce à Ottawa, a reçu une réponse en anglais.Evidemment, il n’y a personne là capable d’écrire en français, l’une des deux langues officielles du pays.Et l’on veut toujours nous faire croire que tout le monde est sur un pied d’égalité au Canada! Il y a encore bien des combats à livrer avant d’on arriver là.LES ECOLES MENAGERES PROVINCIALES 14 CHURCH.Cuisine pratique.— Cours spécial pour les sociétés fédérées: mardi, 7.30 à 9.30.Cuisine de démonstration.— Mercredi, 3 à 5 heures p.m.$2.00 les 10 leçons ou 25 sous la leçon.MENU pour mercredi 21 octobre 1914: Soupe aux légumes sans feu.Rôti d’agneau.Sauce aux champignons.Purée de panais.Pommes princesses.Cuisine de démonstration.— Vendredi, 7.30 à 9.30 heures p.m.$100 les 10 leçons ou 10 sous la leçon.MENU pour vendredi 23 octobre 1914: Potage au chou fleur.Gigot d’agneau pane.Chou fleur en beignets.Pâte à frire.Colmariennes.Coupe et couture.— Lundi, 7.30 à 9.30 p.m.et mercredi, 10 à 12 a.m.$2.00 les 10 leçons ou 25 sous la leçon.Modes (chapeaux).— Lundi, 10 à 12 a.m., ou vendredi, 7.30 à 9.30 p.m.$2.00 les 10 leçons ou 25 sous la leçon.Cours complet d’enseignement ménager.Pour tous renseignements, s’adresser jj-J# Directrice, 14 Church.UN COURS UE GEOGRAPHIE AU MONUMENT NATIONAL L’an dernier, à pareille date, je commençais, au Monument National, un cours de goégraphie générale.Déjà mes auditeurs ont pu se rendre compte que les connaissances géographiques sont une introduction à l’étude des sciences naturelles, en même temps que le fondement du commerce et de l’industrie.Il reste à considérer dans ces leçons nécessairement superficielles un troisième aspect de la géographie : les rapports entre l’activité humaine — individus et agglomérations — et le milieu naturel.Il est de toute évidence que le travail de l’homme altère la physionomie d’une contrée.L’acclimatation et la destruction de certaines espèces d’animaux et de plantes en sont la preuve.Il y a plus encore : la déforestation, l’irrigation, l’exploitation des mines, l’approfondissement du lit des fleuves, la construction de.s digues, des barrages, des canaux et des chemins de fer ont une double répercussion : sur le relief d’un pays et sur le mode de vie de ses humains.D’autre part, la nature influe sur l’homme, en limitant le champ de son expansion, en le contraignant à s’adapter à des conditions de vie toutes spéciales, comme celles qui lui sont faites dans les regions désertiques ou de trop grande humidité ; conditions qui ont aussi pour conséquence de limiter le degré de civilisation.II y a réciprocité constante, relation précise de cause à effet, entre l’activité humaine et le milieu naturel.La brutale action de la nature sur l’homme, sa servitude passive ne se peuvent plus observer que dans quelques régions déshéritées du globe : steppes glacés ou déserts brûlants, espaces dénudés ou recouverts d’une si abondante végétation qu’ils paralysent l’elfort humain.Par contre, on croit volontiers que l’homme d’une haute civilisation tend à s’émanciper des conditions du milieu naturel.S’il est malaisé de déterminer dans quelles limites l’être humain domine certaines de ces nécessités, dans quelle mesure la nature a été l’éducatrice de son intelligence et dans quel sens la nature lui commande de diriger son énergie, on ne saurait ignorer ce fait patent : “ l’homme ne peut s’affranchir des lois naturelles qu’en se pliant à leurs exigences “ Lhomme, arbitre et interprète de la nature, est puissant dans la mesure où il sait ”, disait Bacon ; et il ajoutait : “ On ne peut vaincre la nature qu’en lui obéissant.”, Classés par ordre de complexité croissante, les faits de géographie humaine embrassent a) les nécessités vitales, b) l’exploitation de la terre, c) le type social, et d) les phénomènes historiques.Quelques exemples donneront une claire intelligence de ces faits.Le groupement des habitations est possible en autant qu’il se trouve suffisamment d’eau à la surface du sol.Le plateau castillan, la Champagne pouilleuse, les “ bad-lands ” du Montana et de Dakota ne peuvent supporter de populations considérables.On y manque d’une nécessité vitale, l’eau potable, la pluie.L’exaspérante lenteur du défrichement dans les comtés translauren-tiens tient surtout à l’absence de grandes étendues de terres alluviales, ce qui y rend l’exploitation agricole plutôt précaire.Le déboisement à outrance du nord de notre province oblige déjà la construction de barrages, pour retenir l’eau du printemps, comme sur la Saint-Maurice et sur FOutaouais supérieure.C’est la présence, dans la taïga sibérienne, aux flancs des fijords de la Scandinavie et dans la forêt canadienne, de grands arbres droits, qui détermine par toutes ces contrées une forme de maison identique.L’enquête sur l’usage que l’on fait des ressources naturelles comporte parfois de grandes difficultés, Cela vient de ce (pie l’influence de la nature se peut exercer à grande distance.La vie industrielle anglaise n’a point son explication en Angleterre, mais dans les champs de coton de l’Egypte, de l’Inde, du Texas, dans les domaines d’élevage de l’Austra lie et de l’Afrique australe.Dans l’ordre social, l’influence naturelle ne peut être attribuée partiellement à aucun de ces phénomènes.On doit saisir ces influences dans l’ensemble.Aussi arrive-t-on à des résultats d’une grande sûreté en se limitant à l’explication de phénomènes de climat et d’ordre biologique.C’est dans les plaines herbeuses de l’Asie centrale que les sociologues nous montrent aujourd’hui le type du pasteur, qui correspond tout à fait au patriarche biblique.Aussi bien, la fortune des éleveurs de l’Argentine et de l’Australie n’a d’autre cause que le succès avec lequel le boeuf et le mouton s’y sont acclimatés, Les faits d’ordre historique découlent parfois de causes d’une grande complexité.Combien peu féconde est l’étude de l’histoire-bataiUe, de l’histoire-dynastiè ! Prenons à dessein un fait plutôt ignoré : la destruction d’une famille de la race Bouge.L’histoire coloniale de l’Amérique du Nord présente le spectacle * d’une tribu d’indigènes — que nos Canadiens appelèrent les Pieds-Noirs, — dont les incursions les rendirent maîtres, en peu d’années, de l’immense domaine de steppe (prairie) qui s’étend depuis la Saskatchewan jusqu’à l’Yellowstone.Pour les en déposséder, pour ruiner cette conquête épnémère, il fallut verser beaucoup de sang.Ce fut la phase la plus sanglante de cette chasse à l’homme qui a été justement appelée aux Etats-Unis, “ a century of dishonor ”.Eh ! bien, est-il une explication plus juste de la puissance du Sauvage et de sa belle résistance que la présence dans la plaine du cheval espagnol, venu du Mexique, au milieu du XVIile siècle ?C’est grâce à ces mêmes chevaux que la famille de La Vérendrye put atteindre les contreforts de.s Bocheuses.Non seulement l’influence de la nature ne se fait pas toujours sentir sur place, mais le seul environnement, la situation d’un pays sont, dans certains cas, des facteurs déterminants du pôle historique joué par une nation.C’est à ce titre surtout que la géographie est la clef de l’histoire.C’est en mettant en lumière cette très simple remarque par laquelle Michelet commençait une de ses leçons : “ L’Angleterre est une île ”, — ce qui évoque un avantage de la nature et non une sagesse des hommes, — qu’on explique la vocation maritime des Anglais, la création de leur vaste réseau de colonies et leur prudent désintéressement des querelles continentales.L’analogie des situations nous avertit que le rôle économique que le Japon s’apprête à jouer sur le Pacifique ne saurait différer beaucoup de celui de l’Angleterre.Le Japon r’est l’Angleterre de l’Orient.Passons à la France.Les fréquentes invasions dont elle a été le réceptacle, la présence de races si différentes qui sc partagent son territoire, et la grande diversité de l’àme française ne s’expliquent-elles pas amplement par ce simple mot de M.Gabriel Hanotaux : “ La France est un carrefour ”.Il suffit de l’avoir toujours présent à l’esprit pour bien comprendre le passé, la langue et les manifestations de l’art français.Par ailleurs, la fécondité de la race germanique, son activité industrielle, et, conséquence inévitable, son ambition de se créer un empire colonial, tiennent encore à des causes constantes et lointaines.C’est surtout dans ses régions de la Forêt Noire •(Prusse rhénane),et de l’Erz-Gebirge (Saxe), riches par leurs sous-sols minéralisés, par leurs bois, par leurs chutes d’eau, (pie l’Allemagne est vraiment féconde en hommes et en labeur.Qu’on se rappelle le mot du goth Tornandès, rapporté par Tacite: “ Humani generis officinam est Ges-mania.” La géographie des états modernes est avant tout économique.En établissant des parallèles entre le développement des sociétés de même civilisation, on doit encore discerner le nombre des humains qui se partagent une étendue donnée des terres fertiles et pourvues de ressources minérales.La rapide fortune des Américains des Etats-Unis est due surtout au petit nombre des copartageants d’un territoire dont le défaut d’équilibre des parties est atténué par d’abondantes facilités de transport.Ces quelques principes avec applications sont l’a b c illustré de la géographie humaine, science encore à ses débuts, mais bien propre à développer l’esprit d’observation et à procurer un peu de cette culture générale dont nous avons si grand besoin.Emile MILLER.-9- ASSOCIATION PROFESSIONNELLE DES EMPLOY-EES DE MAGASIN L’assemblée générale eut lieu dimanche dernier le 11 octobre, et fut présidée par M.l’abbé Deschamps, aumônier.Après l’audition d’un duo rie piano exécuté oar Mlle Faquin et Mlle Simoneau et la lecture des minutes par la secrétaire, Mlle M.R.Boulais, présidente, avec une délicatesse exquise, souhaita la bienvenue aux gérants de nos principales maisons de commerce qui avaient bien voulu répondre à notre invitation.Puis Mme Gérin-Lajoie nous donna une magnifique conférence sur “L’esprit de l’association et son objet.” Vouloir résumer cette conférence serait lui ôter tout son charme, aussi nous nous abstenons, espérant que l’aimable conférencière voudra bien se rendre au dcs’r de plusieurs des nôtres qui voudraient voir cette si intéressante et si pratique causerie entre les mains de toutes et chacmie des jeunes filles employées de magasin.M.le professeur Banks nous donna le programme du cours d’anglais qui, cette année, sera divisé en deux clas ses; une classe élémentaire pour celles qui ne connaissent pas du tout l’anglais et une classe (plus avancée pour celles qui le connaissent déjà, mais qui veulent se perfectionner.Mlle Vailîancourt appelée à donner ses impressions sur le cours ménager sut bien trouver les expressions pour nous convaincre de l’utilité de ce cours car plusieurs s’inscrivirent LA FRANCE ET L’ALLE MAO NE ou LA CIVILISATION CONTRE LA BARBARIE i La guerre qui déroute en ce mo- ! derrière lequel ils se cachent.Ailment ses sanglantes péripéties est leurs, ils mutilent ou ils tuent systé-fertile en leçons.Un des princi-1 matiquement tous les jeunes enfants paux spectacles qu’elle nous donne, j qu’ils rencontrent pour qu’ils ne c’est celui de la rencontre formidable de la civilisation et de la bar- barie.La nation qui incarne, en dépit de ses errements passagers, la civilisation dans ce qu’elle a de plus beau et de plus élevé, cette belle civilisation, fruit de 19 siècles de christianisme qui s’épanouit en oeuvres d’art, de religion et de vertu, c’est la France catholique.Et l’autre, la nation qui personnifie la barbarie des siècles primitifs, cette barbarie faite d’égoïsme, de brutalité et de féroce orgueil, c’est l’Allemagne, et surtout cette Prusse qui, convertie très tard au christianisme, a toujours opposé à l’infii-tration de.s idées chrétiennes et de la civilisation latine la rudesse d’une âme foncièrement barbare.Jamais plus que dans la guerre actuelle, ne s’est affirmée cette antinomie: elle est si évidente qu’elle frappe tous les regards.Qu’il me soit permis de la saisir pour ainsi dire sur ie vif et de l’incarner dans quelques faits qui renseigneront les lecteurs du Devoir.Depuis le commencement de la guerre actuelle, l’Allemagne, après avoir insolemment provoqué toutes les nations dans son formidable orgueil, semble avoir pris à coeur de montrer à l’univers ce qu’était au fond cette fameuse culture dont elle se vantait tant.L’avait-elle répété assez souvent et sur tous les tons que sa science était la première du monde, et que sa philosophie était appelée à régénérer le champ de la pensée comme son industrie à dominer tous les marchés de la terre! Or, qu’avons-nous vu dès les premières péripéties de cette guerre ?— Nous avons eu devant les yeux une Allemagne barbare, sauvage et cruelle qui, dépouillant son vernis de civilisation, s’est montrée tes que l’étaient ses ancêtres, les Germains, les Ostrogoths, les Vandales, au temps des incursions barbares.Les Prussiens ont gardé dans leur sang l’instinct déprédateurs, l’avidité rapace et brutale, la cruauté, le manque de noblesse et de coeur qui caractérisèrent les barbares dont ils descendent.Ils sont restés dans l’Europe civilisée, sous des dehors parfois brillants, une vraie nation de sauvages.Qu’on en juge plutôt.Le premier exploit par lequel ils préludent aux autres, dès l’ouverture des hostilités, c’est le meurtre d’un prêtre, le curé de Moineville, et l’assassinat de tout jeunes enfants ; il a suffi à quelques Alsaciens de manifester imprudemment un peu trop de sympathie pour la F’ranee, et ils sont impitoyablement mis à mort.C’est par des assassinats que s’ouvre cette guerre, c’est par des meurtres, des viols et des destructions de toutes sortes qu’elle se continue depuis.Ai-je besoin de rappeler ici les faits innombrables relevés à la honte de l'Allemagne par les enquêtes publiques ?Ici, en passant dans les villes et les villages, ces barbares font main basse sur tout ce qu’ils rencontrent, pillent les maisons et souillent les demeures hospitalières dans des orgies sans nom.Là, ils s’emparent de femmes et d’enfants et des vieillards, et ils les forcent à marcher devant eux au premier rang pour les opposer aux balles ennemies, comme un mur de défense puissent pas un jour devenir soldats de la F'rance.ils ne respectent rien, pas même la faiblesse, pas même la douleur, et on les voit violer et éventrer les femmes et les jeunes filles sans défense dans leurs demeures, achever les blessés sur les champs de bataille et tirer sur les ambulances où ceux-ci sont recueillis et soignés.Ils ne déposent même pas leur nature sauvage quand ils sont eux-mêmes blessés, et nous avons vu de malheureux Allemands étendus sur le champ de carnage, saisir encore leur arme et tirer traîtreusement sur les ambulanciers qui venaient les relever et les soigner.Un sous-officier de uhlans, blessé et en traitement à Nancy, interpelle la soeur qui le soigne : “ Chienne Française, donnez-moi à boire ! ” Et comme la Soeur s’empresse de lui apporter un potage très chaud, le Prussien le lui lance à la face.F'erai-je ici mention de ces habitants surpris qu’on attache derrière les mitrailleuses, et qu’on promène à travers les rues de leur village, la tête battant les pavés ?Fit •ctte femme à laquelle on coupe les mains et les pieds, en face de son mari impuissant ?Et cet enfant de 7 ans, qu’on embroche au bout d’une baïonnette parce qu’il a l’imprudence de sortir de sa maison au moment où passe une troupe prussienne ?Et cette fillette de 2 ans tuée d’un coup de feu à bout portant sur le sein de sa mère, par un bilan ?Fit ce vieillard pendu par les mains aux poutres de sa maison et ious lequel on allume un brasier ?.C’est par centaines pie nous pourrions multiplier ces faits révoltants de la sauvagerie teutonne.Mais la cruauté barbare se double chez nos modernes envahisseurs d’un stupide esprit de destruction.11 leur faut détruire, détruire toujours, et ne rien laisser après e.'x que de.s ruines fumantes.Rien ne les arrête, ils ne respectent rien, pas même les monuments les plus renommés de l’art, que les siècles passés ont respectés.C’est ainsi qu’on les avus bombarder et détruire des villes innocentes et qui ne se défendaient pas, mettre le feu aux villages abandonnés et s’acharner plus particulièrement sur certaines villes rci oinmées pour leurs monuments : Malines, Louvain avec son université célèbre et Reims avec, sa splendide cathédrale, où furent couronnés tous nos rois.De tout cela, il n’est resté qu’un monceau de cendres.Et tout cela, toute celte destruction a été opérée par ordre de l’état-major.Les hordes d’Attila ou de Gensérc n’ iraient pas mieux fait.Et voilà pourtant la nation de brutes affoices d’orgueil, d’ambition et de cruauté qui ont formé l’esprit révolté d'un Luther, la philosophie égoïste d’''n Kant, d’un Hegel et d’un Heine, l'exégèse hypercritique d’un Baur et d’un Harnack, et qui osait se donner comme le prototype de la civilisation moderne ! Quelle faillite peur le Germanisme et ses tenants ?— Non, cherchons ailleurs : la vraie civilisation n’est pas là.E.GALTIER.(A suivre.) après l’assemblée pour en suivre les leçons.Le programme récréatif exécuté par Mlle Dubord, Mlle Faquin et Mlle Simoneau, toutes trois membres de l’Association ( fut vraiment un régal artistique; Mlle Dubord et Mlle Faquin nous ont prouvées qu’elles sont non seulement de charmantes chanteuses mais encore d’excellentes accompagnatrices.Monsieur l’Aumônier dans une improvisation toute d’à propos, exp.iqua la devise de l’association puis tout en annonçant les différents cours conseilla aux membres de profiter de tous ces avantages qui leur sont offerts gratuitement, conseils qui eurent pour effet l’inscription d’un grand nombre pour ces cours.Il offrit ensuite des remerciements à Mme Gérin-Lajoie, pour l'intéressante conférence qu’elle vient de nous donner et à chacune de celles qui prirent part au programme il dit aussi un chaleureux merci.Avant de se séparer on distribua pour ê.tre mis en vente, les billets pour le Euchre que l’Association donnera le 29 octobre courant à l’Assistance Publique.Nous espérons que le public qui nous a toujours été sympathique, fera bon accueil aux gentilles vendeuses qui le solliciteront.Mercredi le 14 courant est lieu l’ouverture de nos cours de comptabilité et d’anglais; 38 de nos membres s’ins crivirent pour ces deux cours, toutes bien décidées à les suivre régulièrement et à travailler ferme, dans l’espoir, bien légitime, de gagner un des nombreux prix qui, à la fin de l’année, seront distribués aux plus méritantes.On pourra encore s'inscrire pour ces cours mercredi le 21 courant à 7 heures 30 à la chambre 14 du Monument National.La SECRETAIRE.FEU M.JOSEPH GELINAS Yamachiehe, 17.—L’un des vieux citoyens d’Yamachiche, M.Joseph Gélinas, vient de mourir après plusieurs années de maladie, à l’âge de 69 ans.C’était le père de M.l’abbé Dionis Gélinas, curé de Notre-Dame de Charette.UN MOÏEN FACILE D'ARRETER LES BRUITS DANS LA TETE UN BON CONSEIL A CEUX QUI CRAI-GNENT LA SURDITE Les hommes et les femmes qui commencent à entendre avec difficulté et qui éprouvent une sensation de douleurs incessantes sur les tympans, accompagnées de bourdonnements et de grondements dans la tête comme de l’eau qui tombe ou de la vapeur qui s’échappe, devraient prendre des moyens prompts et efficaces de faire cesser de tels malaises.Les bruits dans la tète sont invariablement les avant-coureurs de la surdité complète ou partielle, et toutes les personnes sourdes s'en ressentent constamment.Quelquefois ces bruits dans la tète deviennent si cruels et agissent sur les nerfs avec leurs “hum” incessants à un tel point que celui qui en souffre devient presque furieux, et complètement brisé et même fou furieux comme cela s’est vu dans certains cas.Grèce à une découverte scientifique récemment faite en Angleterre, il est maintenant possible d’adoucir presque instantanément l’intensité de ces malaises dans la lète, et même, dans un temps très court, de les faire disparaître pour toujours.è Avec la disparition dos bruits dans la tète l’entendement se perfectionne de plus et plus et finit souvent par reprendre son état normal.U.e traitement anglais s’appelle PHr-mlnt et peut se suivre chez soi facilement et sans danger.Tous les bons pharmaciens de Montréal et des environs en ont dans leurs magasins.Achetez de votre pharma rien une once de Parmlnt (douille forcei et mêlrz-lc avec un quart de choplne d’eau et 4 onces de sucre granulé.Brassez Jusqu’à dissolution puis prenez-en une riilllerée à sonne quatre fols par Jour Jusqu'à ce que les bruits disparaissent et que l’mife s’améliore.Parmlnt s’emploie double force, non seulement pour réduire, par son action tonique, l’inflammation et le gonflement de la trompe d’Enstnehe, et égaliser ainsi In pression de Pair sur tes tympans, mais aussi pour corriger toute secrétion dans les oreilles et les résultats obtenus sont à la fols rapides et effectifs.r.; PETITES ANNONCES i SITUATIONS VACANTES j APPRENTIS BARBIERS demandés, méthode moderne.Système Moler, établi depuis 22 ans." Quelques semaines suffisent.Outils donnés gro-! tuitement avec le cours.Positions_aelorimier.coin Mont-Royal Docteur A.DESJARDINS Ancien Moniteur de l’Hôtel-Dieu de Parb î1 Maladie des YEUX, des OREILLES H- f NEZ et de la GORGE.523 Saint-Dciris | (en face du carre Saint-Louis).Dr Ë.-F.EMËRY Ancien élève Université de Paris Tuberculose, maladies des voies respiratoires 2487 Avenue du Parc Tél.St-Louis 4014 Dr M.LEMOYNE 257 Sherbrooke Est (Près Saint-Denis) Maladies des yeux, oreilles, nez, gorge, larynx TEL EST 1SÔO DOCTEUR ZÉNON MALO MÉDECIN-CHIRURGIEN 169 BLVD.SAINT-JOSEPH EST, Montréal.Heures de bureau : 1 à 5 p.m., 8 à 10 p.m._______TgU^SAINT-LOUIS 7269.______ DENTISTES —— TEL.EST 410.Dr Ernest Charron CHIRURGIEN-DENTISTE 144 rue Saint-Denis.Près de PUniver-Montréal.site Laval.INSTITUT DENTAIRE FRANCO-AMERICAIN No 162 St-Denis MONTREAL Nos dents son! très belles.Naturelles.Satisfaction garantie.Dr Paul-Emile Picotte CHIRURGIEN-DENTISTE 201 rue St-Hitat, a,*» MONTREAL Téléphone Bell Est 1151 Dr J.-W.ROCHETTE CHIRURGIEN-DENTISTE est installe au Coin MONT-ROYAL et CHAMBORD MONTREAL.Heures de bureau : 8 a.m., à 9 p.m.Tel.Saint-Louis 3732.H O T El L_S ——L’Hôtel des Voyageurs — LE ROYAL GEORGE 9 et 11 rue Desjardins (en face de l’Hôtel de Ville), Québec.Chambres, $1.00 A $2.00.Plans européens et américains.J.O.OCTKAU, prop.Hotel Riendeau Limitée WILF.GERVAIS.Prés.Très.P.A.SAMSON.Vice-Prés.-Sec.Le Rendez-Vous des Canadicns-Françals.58-60 Pince Jacques-Cartier, Montréal.(,e journal est imprimé nu No 4.( rue Snlnt-Vlnccnt, à Montréal, par l’fMPHIME-HIK POPULAIRE (a responsabilité limitée).J.N.Chevrier, gérant-général.3375 VOL.V.MO Z44 DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI 17 OCTOBRE 1914 Notre Page Littéraire A L’ARCHANGE A L’OCCASION DE LA NEUVAINE NATIONALE (La Archange le plus grand de tous, miroir de Dieu, Prince dont les neuf choeurs voient la puissance et Vordre; Toi qui bats l’infini de tes ailes de feu Et foules sous ton pied le dragon qui veut mordre; Gigantesque lutteur, divin prédestiné Qui rejetas Satan et ses noires malices.Et fis avant les temps, sous le Verbe Incarné, S’incliner avec toi les fidèles milices; Toi qui vins jusqu’à nous avec le souffle amer Du vent salin, qui gronde et flagelle la côte; Par ta gloire affichée au péril de la mer, Michel, sois à jamais notre guide et notre hôte.Ah! fais renaître en nous le goût des vieux lauriers, Des belles oraisons, des profondes études.Montre-nous le rocher où les moines guerriers Portaient allègrement le poids des servitudes.Quand de nos ennemis, au loin, de toutes parts.Sur nous pesait lu masse et flottait la bannière, Seul le mont glorieux, au bout de ses remparts, Arbora nos couleurs pendant cent ans de guerre.Si l’église en plein ciel expose sa beauté, One ne monta dans l’air citadelle plus crâne.C’est l’endroit où l’Archange a, d’un pouce irrité, Fait tressaillir l’évêque en lui trouant le crâne.Sur les flots révélés par les étoiles d'or, La foi des pastoureaux, doux et lointains, surnage.Dans le fond de la nuit, l’Archange écoute encor La prière et les cris de tout le moyen âge.Il voit les pèlerins pliant sous les fardeaux, Il entend les rumeurs des époques ingrates, Les lourds piétinements des siècles féodaux Et les bruits de la mer sous le vol des pirates.Monseigneur saint Michel, pourquoi vous en aller,.Quel est donc ce pays où renaît l’espérance?Et quelle est cette enfant qui vous entend parler “De la grande pitié du royaume de France”?Prince, vous commandez, vous dites:-“Lève-toi!” Vous voulez une épée à cette main légère?“Va sauver ta patrie et couronner ton roi.” Et c’est une ignorante et c’est Une bergère! La pastoure et l’Archange.O mystère troublant! De ce rocher superbe à cette humble vallée, Poète, que vois-tu?— Je remarque en tremblant Que l’histoire du ciel à la nôtre est mêlée.Et je dis: saint Michel, vainqueur de Lucifer, Aux cris des temps nouveaux que ta pitié réponde.Chez nous, de ton rival brise le joug de.fer, Sauve encor mon pays pour le salut du monde! PAUL HAREL.Croix de Paris) son coeur et, tour à tour, la campagne d’Assise et la campagne de Florence n’ont pas cesse de charmer son regard oublieux peu à peu de moins beaux horizons.Dans ce volontaire exil, son inspiration déjà si pure s’est encore purifiée.Autant les quelques poèmes écrits avant son entrée dans la vie ecclésiastique et placés au début de son premier volume y étaient émouvants et significatifs, autant ici, ils nous gêneraient comme un cri trop humain dans un hymne d’adoration.C’est surtout d’après ces Carmina Sacra que, sans nul doute, L.Le Cardonnel désire qu'on le juge.Ce sont eux surtout qui nous le font aimer et admirer.La trépidation d’un monde que le poète a fui ne s’y fait plus entendre et, dans le silence, c’est la parole d’un Prêtre oui s’élève.Déjà certains ont re gretté de ne point trouver dans ce recueil la variété des motifs d’inspiration des Poèmes, sans prendre garde que cette variété n’était due qu’à une ardente recherche d'accents dignes d’exprimer la foi du poète, d’annoncer la mission du prêtre et que tous deux ont trouvés aujourd’hui.Ne regrettons pas, non plus, dans les Carmina Sacra l’absence des rythmes qui nous enchantaient dans “Le Deuil en novembre” ou “Le Jeune Aède”.Us ne seraient pas ici, à leur place.La pensée ample.et sereine du poète n’y pouvait être accompagnée que d’une musique noblement scandée, de même qu’elle ne pouvait s’y exprimer qu’en une langue dépouillée des ornements de jadis, grave et parfois comme auguralement sentencieuse.Est-ce à dire, pour cela, que l’harmonie de ces poèmes devienne un peu monotone et que leur style paraisse fade quelquefois?Certains l’ont avancé.Mais c’est, à notre avis, faire à cette oeuvre un grief de ce qui est un de ses plus rares mérites et un mérite deN plus en plus rare aujourd’hui; c’est voir une faiblesse dans l’effet d’une volonté très sûre et très forte d’artiste; c’est sans doute méconnaître les, lois d’eurythmie, de mesure et de discrétion de l’art classique.Après avoir, comme les autres, essayé autrefois de secouer le joug de cet art, Louis Le Cardonnel est en effet revenu s’y soumettre sagement.Il ne conteste plus aujourd’hui, en faveur du vers libre, la supériorité du vers alexandrin et de la strophe classique, auxquels il sait imprimer tous les mouvements de sa pensée, depuis le plus calme, le plus solennel jusqu’au plus sinueux et au plus rapide comme dans ces quatre vers, par exemple: Ah! vienne brusquement, ah! vienne véhément Le vent! que sa course affolée, Comme un grand aigle fou, batte le firmament.Noir sur la muette vallée.ses de leurs trompeuses apparences pour nous les rendre dans leur vérité première.Pas plus qu’il ne faudrait les accuser de manquer de style et de couleur, il ne faudrait accuser ce peintre et ce poète de manquer de vie et de mouvement.Nous nous étonnons que dans la belle étude qu’il a consacrée à Louis Le Cardonnel, M.Henri Clouard reproche oète “je ne sais quelle lenteur au p de l'idée à prendre corps dans les mots”.Nous ne voyons dans cette prétendue lenteur qu’une savante gradation de la pensée qui ainsi prend peu à peu toute sa force et arrive sûrement à sa pleine expression.Ainsi l’on voit, dans la Vie de sainte Geneviève, le vert léger du coin de campagne abritant ïa vierge agenouillée monter, par une insensible gamme, jusqu’au bleu de la nuit où la protectrice de Paris veille debout sous le ciel immense et transparent.Si l’auteur des Carmina Sacra gradue, avec une suprême habileté, le développement de sa pensée, il sait aussi l’ordonner au moment où elle est arrivée à son plus haut point d’exaltation.Jamais un cri inutile.Au risque même d’être accusé de froideur, il arrête ses sanglots; mais de ses deux poings fermés il contient l’élan de sa poitrine et ce geste nous émeut plus que toutes les larmes.En écrivant cela, c’est en core un des chefs-d’oeuvre de Puvis de Chavannes qui se présente à nos yeux; nous y faisions plus haut allusion: le peuple se rend au-devant de sainte Geneviève qui débarque sur les bords de la Seine.Hommes et femmes se mêlent dans une hâte et un désordre pleins de noblesse et d’harmonie; et seule, au-dessus de toutes ces têtes qu’un même amour semble hausser et niveler, une main s’élève et agite une cloche, dans l’air cristallin des mois d’hiver.la beauté de chacune qu’à la facilité qu’elle lui donne de continuer sa route, d’accomplir sa mission.“ L'été qui brûle tout de son aride cendre ” ne lui paraît guère souhaitable ; il ralentit la marche et détourne les yeux distraits du but poursuivi.Il reconnaît au contraire en l’automne, tiède et grave, la plus favorable des saisons.Après en avoir, dans ses prqnuros poèmes, chanté, comme les autres, la mélancolie et le mystère, bientôt il reconnut en elle la saison des retours sur soi-même et des fécondes méditations.Le soir, dans la dernière brise, il n’entend point le mot d’amour que Samain et Verlaine surprenaient sus les lèvres de l’été expirant.Seul encore arrive à son oreille le froissement des herbes sèches sous les pas des ange-s “ délicats et pensifs ’’ qui reprennent possession de ces lieux attristés ; puis, à mesure que les jours avanceront, il va entendre le vent, de plus en plus violent, Faire sur les chemins crier les vieilles croix.Alors, il se souviendra qu’il a fallu bien du sang, bien des larmes pour les dresser et les traîner aux carrefours; et eq même temps un immense désir gonflera_ son coeur de se traîner sous le poids de nouvelles douleurs: Je rêve de partir sanglant et les pieds nus! J’ETAIS BIEN MALADE.—Je dus même aller à l’hôpital pour me faire traiter, mais c’est seulement en employant les PILULES ROUGES que je réussis à me rétablir.C’est avec raison que les femmes appréhendent l’arrivée du retour d’âge, car, pour presque toutes, cette époque est marquée par de graves malaises, trop souvent aussi par une véritable maladie.Cette transformation dernière de son corps, la femme la supporte avec peine, car elle se produit à un âge où déjà les forces physiques ne sont plus aussi vives.Le retour d’âge est la cause de grandes fatigues; la femme voit avec inquiétude sa santé s’altérer profondément, des troubles jusque-là inconnus l’envahissent: sensations de lourdeur à la tête, migraines, insomnies, étourdissements, refroidissement des beds, perte de l’appétit, maux d’estomac, douleurs dans les reins et dans la région de l’aine, sensation de poids dans le bas-ventre; par MARTIAL PIÉCHAUD.CARDONNEL Encore adolescent ,il se plaisait à contempler, par les beaux soirs, les radeaux éclairés qui descendaient le Rhône : “Regardez, disait-il à ses compagnons, ils portent le Feu de ville en ville !” Il rentrait ensuite, d’un pas plus grave, à travers l’ombre et le silence de sa ville natale.Il était marqué pour devenir un apôtre.L’ardeur qui l’animait déjà devait lui faire chercher la plus noble manière de dépenser les for-r ces de son coeur.Il crut l’avoir trouvée, dès sa vingtième année ; et il vint à Paris, pour y apprendre des Maîtres dont la voix, à son gré, lui parvenait trop faiblement au fond de la province, le métier pour lequel il se sentait élu.Durant plusieurs années, il fut mêlé à toutes les manifestations de cette grande époque de poésie que fut le Symbolisme.Cependant, au milieu de l’enthousiasme de ses compagnons, de bonne heure il avait eu de soudains découragements.Son occupation lui parut bientôt presque futile.Il commençait d’en entrevoir confusément une autre plus magnifique : “Nos plus habiles combinaisons de mots, songeait-il en effet, ne sont que misérables jeux et à quoi bon s’y donner entièrement, si elles ne doivent point être lë revêtement de ^pen-sées qui, loin de bercer les âmes, les réveilleront tout à fait !” Les rares poèmes datés de cette époque et que Louis Le Cardonnel a jugés lui-même dignes de figurer dans son oeuvre, nous semblent révéler cette inquiétude et cette aspiration : Leurs paysages sont désolés, leurs rythmes parfois comme haletants, mais la brume qui enveloppe leurs images les plus symbolistes est souvent traversée d’un rayon.Souffrons-en la foule blême des femmes "errant au bord des Wots pâles” et le parc délaissé.C’était alors le choeur et le décor du drame poétique.Contemplons au contraire longuement la petite ville déserte que l’un de ces poèmes évoque, par un dimanche où “lentement, sourdement les vêpres sonnent” ; le poète ne va pas tarder à se rendre a leur appel.Dans cette période d’incertitudes, l’enfant pieux qu’il avait été, ne cessait de le ramener, à la tombée du soir, dans le silence des égfises.Le jeune homme laissait errer ses veux des plus hautes verrières à leurs derniers reflets tombés dans l’eau des bénitiers.Le glissement des pas, le bruit des lèvres priantes, l’oscillement des lampes sous les ogives, arrivaient peu à peu à l’émouvoir davantarge que les rythmes les plus subtiLs et les mots les plus chuct.otants que ses compa- gnons et lui tâchaient, chaque jour, de découvrir.Ah ! pourquoi aller si loin se pencher à la limite du monde, pourquoi imaginer tant de châteaux de brume, tant de Thulès et tant de Lohengrins ! Ici, tous les mystères qui pèsent sur le monde s’éclairaient et l’âme à leur poursuite montait jusqu’aux joies de la certitude.Ici, les hommes et les femmes, agenouillés humblement, a-vaient dans leur maintien plus de beauté, et dans leur coeur plus d’infini que les héros sortis de l’imagination la plus puissante.Enfin et surtout, les pilliers dorés par la flamme des cierges, ne cédaient plus ici, comme ceux des palais rêvés, sous le poids du front.A trente ans, Louis Le Cardonnel se séparait de ses amis, pour se rendre a Rome au Séminaire français.Il choisissait enfin la vie en Dieu, à laquelle, par son goût du mystère, son inquiétude de l’au-delà, le Symbolisme l’avait peut-être secrètement préparé.L’oeuvre de Louis Le Cardonnel se compose de deux volumes : Poèmes et Carmina Sacra.Ils furent presque entièrement écrits depuis son entrée dans les ordres.Lorsqu’à l’automne de 1894, le poète arriva dans Rome, il lui sembla que rien de son existence et de son art n’avait valu jusqu’à cette saison où, sur les ruines immortelles du Colisée, il voyait fleurir les seabieuses safranées que Pauline de Beaumont respirait, la veille même de sa mort.Il déchira tous ses anciens vers.Libre et joyeux, il entrait dans la vie de la grâce, où ;l pressentait que son génie poéti allaif •nine lor*rrom»orsf o'A tvn»-» î •.* Non seulement il ne cherche plus la barbare “couleur”, mais il la re pousse, lui préférant la lumière nuancée.L’ardeur de son inspiration ne s’embarrasse pas de ces fameuses épithètes “rares”, de ces fameux mots pittoresques dont, de puis trop d’années, on cherche à nous abuser; et il estime que l’épithète juste, le mot propre sont les seuls souhaitables.11 proscrit également de son style les vaines sonorités, les cliquetis de syllabes, que certains poètes ont mis à la mode, au détriment de l’émotion profonde el comme de ce demi-silence qui doit régner autour des âmes et des lieux visités par le ciel.Nous ne voyons, en littérature, aucun artiste dont la qualité d’inspiration et l’art puissent être comparés à ceux de Louis Le Cardonnel.Sans parler de l’étrange rapprochement que ses camarades de lettres faisaient jadis entre lui et l’auteur des Fleurs du Mal, l’appelant le “Baudelaire chrétien”, ne nous arrêtons pas au parallèle qu’il y a quelque temçs, un critique établissait, a la légère, entre ces poèmes si graves, si purs et les poèmes romantiques de Charles Guérin, où ce n’est encore, dans la prison de la chair, qu’un frisson d’ailes captives que l’on entend.Non, lorsque nous relisons une page des Poèmes ou des Carmina Sacra, le nom seul de Puvis de Chavannes revient en notre esprit et nous revoyons tantôt un vol de Muses blanches dans le Bois sacré, tantôt Geneviève enfant agenouillé sur l’herbe d’avril ou, femme sacrée par sa mission, la Sainte veillait sur la ville endormie.Comme le peintre, le poète n’a pas renié la Beauté antique qui, dans son ignorance, témoignait, elle aussi, delà grandeur de Dieu.Mais il l’a christianisée, rendant à ses mythes leur véritable sens, conférant à ses ornements une grâce plus touchante.Les Muscs qui glissent, avec douceur, entre les frênes aux troncs d’argent de Puvis de Chavannes, se rappellent avoir été des nymphes poursuivies ; et ce souvenir ajouté à leur sérénité et à leur joie d’avoir découvert un abri éternellement sûr.De même Orphée retrouve toute sa grandeur, lorsqu’au milieu des insultes de la foule, à la voix du poète qui lui fait entrevoir, dans les siècles à venir, l’agonie sur une croix de Celui qui est venu régénérer les hommes, il devient pleinement conscient de sa mission ici-bas et des souffrances Avant de faire définitivement partie du clergé séculier, Louis Le Cardonnel avait goûté la vie du cloître.Mais l’abbaye de Solesmes et l’abbaye de Ligugé ne gardèrent pas longtemps dans leurs murs le jeune homme qui rêvait jadis devant les radeaux éclairés descendant le Rhône.Il devait porter d’âme en âme le feu divin.Ayant donc changé sa robe de bure contre la soutane noire, il vint de nouveau se mêler aux bruits du monde.Dans la province française où il fut pendant quelques années vicaire, lui-même nous a dit que sa maison était au bord des champs, près de l’église.De la porte, ses regards cherchaient, à Fhorizon, le pèlerin blessé qu’il appelait de ses ferventes paroles: Voyageur éternel, Icare désolé, Arrête-toi: Je suis l’homme au coeur introublé; Mais avant j’ai connu toute la vie humaine.Fit mon âme n’est pas dure d’être sereine.Je te consolerai, je t’offrirai mon pain, J’irai pour toi chercher le vin, l’antique vin, Si généreux qu’un Dieu l’a fait jadis auguste.De tant d’amour pour les âmes, de tant d’ardeur à leur faire entrevoir la Beauté débarrassée des liens dont on cherche à l’avilir chaque jour, Louis Le Cardonnel, Prêtre et ’Poète, n’espère ici-bas et ne désire aucune récompense.Dans un volontaire exil de tout ce qui pourrait flatter son plaisir d’artiste, et détourner, si légèrement que ce soit, sa pensée de l’unique but qu’elle s’est imposée, il continue sa tâche.D’un pas ferme, nous _ le voyons poursuivre sa route à travers la campagne italienne; et si parfois, au milieu de la solitude, la tristesse commence d’envahir son coeur d’homme, nous entendons aussitôt sa voix douce et grave de prêtre murmurer : Ah! pour qu’un jour l’éther justicier et profond Vainement blasphémé par les foules athées.Te reçoive, gravis le sentier rude où vont, Près du génie en pleurs, les vertus insultées! Martial PIECHAUD.(Les Cahiers de l’Amitié de France) LES ALLEMANDS SE PLAIGNENT ILS DEMANDENT L’ETABLISSEMENT D’UNE CERTAINE CENSURE SUR LA PRESSE DE CE PAYS.que allait plus largement s’épanouir.Ce ne fut que par surprise, peut-on dire, que quelques poèmes échappèrent à ce sacrifice.Nous en avons déjà parlé plus haut.Us sont, au seil de cette oeuvre si se reine, ainsi qu’autour du portail de l’église, des pampres tordus dont les grappes ont été changées en vin pour les divines libations.Il fallait qu’ils y fussent.Ils nous permettent en effet de connaître plus justement, de goûter davantage la largeur et , ., , l’apaisement des poèmes qui les sni- |âent le long des fleuves vent.Enfin leur plainte est signifi-!la barque aux trois cordages, d cative avant cette cantilène que ne Par,e Catherine de Sienne, qui ç Mais s’il lui semblait doux, à lui qui avait autrefois souffert et bien souvent n’avait pas été consolé, de consoler des âmes, il lui semblait plus beau de les former et de les remplir de Dieu, dès leur éveil.Aussi l’exil ne lui pesa-t-il point, lorsqu’il fut appelé en Italie à s’occuper, pour la première fois, de l’éducation d’un enfant.Puisqu’il fallait un guide à sa pensée "ardente, Puisqu’il te pressentait, au fond de l’inconnu, Cet adolescent plein de Virgile et de Dante, Puisque tu l’attendais et puisqu’il est venu : Environne son coeur de saintes jalousies, Défends aux souffles vils même de l’effleurer.Trouve pour lui parler des paroles choisies ; Sois noble, sois divin afin de l’inspirer.Son poème intitulé : “ Orphica ” témoigne magnifiquement de la sagesse avec laquelle il comprit sa nouvelle mission et de la générosité avec laquelle il la remplit.Les livres ne renferment qu’une parcelle de vérité ; aussi le prêtre emmène-t-il souvent l’adolescent à travers la campagne, en de longues promenades, pendant lesquelles il suscite en son jeune coeur le goût de la poésie qui l’élèvera vers Dieu, d’un élan plus sûr et plus rapide que la science.Le soir seulement, les membres brisés d’une heureuse fatigue, tous deux travaillent côte à côte ; et, à la lueur de leurs lampes rapprochées, c’est, beaucoup plus qu’un maître et son élève, un poète de la Renaissance et son disciple, qui penchent le front et de temps en temps s’adressent un sourire d’encouragement.Louis Le Cardonnel apporte dans la formation des jeunes âmes Tar-deur sereine qu’il mettait autrefois à consoler leurs aînées.Il voudrai! leur faire entendre à toutes la parole de vie.Dans son zèle d’apôtre il nous semble voir le poète marcher ’e long d’un de ces chemins qu’il aime (Service de la Presse AssoeiSe) Ottawa, 17.— Une pétition, envoyée par les Allemands de la Saskatchewan au Gouvernement canadien, demande à ce dernier de soumettre la presse canadienne à une certaine censure.Elle donne pour raison qu’elle ne rend pas justice à la civilisation aile mande et tend à faire du tort au Canada en y soulevant les haines de race.L’oeuvre d’édification de la nation canadienne peut être mise en danger, ajoute-t-elle, si la presse continue sans nécessité aucune à blesser les sentiments d’une partie considérable du peuple canadien.qu’elle réclame.Le “vaisseau blanc ; aux environs d’Assise.Les oiseaux y que ne cessera presque plus de moduler la voix du poète; son acheminemcnl vers Dieu n’a point été en effet sans entraves, sa rupture d’avec le monde ne s’est point faite sans brisements.Les Carmina Sacra ont été composés en Italie durant ces huit dernières années.Le temps a presque tout aboli du passé dans la mémoire du prêtre.L’amour des âmes peuplé de vierges sveltes” et la nef courte et large, à la proue bizarrement sculptée, que nous montrent le poète et le peintre catholiques, ne sont plus le vaisseau sur lequel Hélène 'désabusée revient dans sa patrie et la nef au fond de laquelle les barbares conquérants descen- mais c’est dont on- duit les âmes au séjour de la joie, et c’est la nef sur laquelle Geneviève, une main levée et bénissante, ramène l’abondance sur les rives de la Seine.Pareille simplicité et pareille profondeur d’expression chez ces deux purs artistes.D’un geste assuré, L.Le Cardonnel sait dégager de la brutale et brève sensation le sen- .v .—.____ liment qui seul importe et Puvis de est devenu l’aliment inépuisable de1 Chavannes sait dépouiller les cho- Petit Carnet PROCHAINS MARIAGES Le 20 courant sera célébré dans la cathédrale de Nicolet, le mariage de M.Napoléon Nantel, employé civil de Montréal, et de Mlle Marie-Flore Rochette, de Nicolet.* * m On annonce aussi pour le 22 courant le mariage de M.Gaston Leury, de Montréal, avec Mlle Dora Barry, en l’église Saint-Etienne.îgl°n elle devient aussi, presque toujours extrêmement faible.C’est un tourment de.tous les instants que la femme endure et, souffrant ale toutes les parties du corps, elle ne sait comment se soigner.Les remèdes s’adressant à tel ou tel organe sont, du reste, impuissants.Ce qu’il faut, c’est faciliter cette dernière transformation naturelle des fonctions et, pour cela, il n’existe qu’un remède ; ce sont les Pilules Rouges de la Compagnie Chimique Franco-Ame^ ricaine.Composées tout spécialement pour les femmes, leur action sur le sang est d’une intensité merveilleuse et toutes les femmes, qui ont pris les Pilules Rouges, sont unanimes à vanter leurs bons effets.Voici comment une de nos concitoyennes les apprécie:-— “Depuis nombre d’années, j’avais des douleurs dans les jam« bes, et le soir, quand j’avais fait ma besogne et avais été obligée d’aller et de venir dans ma maison, les jambes m’enflaient et j’a-* vais des élancements qui m’empêchaient bien souvent de dormir, Le retour de l’âge arriva et ce mal alors empira.Il y avait des jours où, étant incapable de marcher, je devais ou me tenir couchée ou avoir les jambes sur une chaise.Je dus même aller à l’hôpital pour me faire traiter; les médicaments que j’employais ne me faisaient rien.Outre ce mal de jambes, la digestion me faisait souffrir énormément et je ne pouvais supporter la plupart des aliments.Avec cela, je manquais naturellement de force.C’est en employant les Pilules Rouges, comme des amies me l’avaient recommandé, que je réussis à me rétablir, à augmenter mes forces d’abord, à fortifier mon estomac, à aider la digestion, puis à améliorer si bien mon état que je puis maintenant vaquer à mes occupations facilement”.— Mme J.MURRAY, 239 rue Belleehasse, Montréal.CONSULTATIONS GRATUITES.—Nous invitons toutes les femmes qui souffrent à venir consulter nos médecins spécialistes au No 274 rue Saint-Denis, Montréal; 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il sel contente d’en emporter le souvenir et d’y puiser un motif nouveau de faire admirer à ceux qu’il a réveillés la puissance et la bonté de Dieu.Jamais, en effet, dans ses poèmes, Louis Le Cardonnel ne s’attarde à de longues descriptions ; les paysages y sont simplement dessinés d’un trait rapide et net.De même, les saisons peuvent jeter sous ses pas leurs ombres, leurs soleils ou leur neiges : il ne mesure I MOUTON de PERSE Manteaux de la plus haute qualité.Valeur spéciale, 45 pouces de longueur, réKiilier 8400 pour ' $275 Nos 30 années d'expérience et notre réputation sont la meilleure garantie posslbtu.D.Normil 257 STE CATHERINE OUEST.Etablie en 1884 % PAPIER A LETTRES “CORDIALITY” Très jolis formats, sur chaque feuille l’emblème do l'entente cordiale (les dr»-peaux français et anglais en couleurs).Ce papier est renfermé dans une élégante boîte ornée du même emblème.Format moyen.—• —• ••• .35c la boîte Grand format (Gentlemen's Club).60c la boîte Cartes correspondance.30c la boîte Nous rappelons à nos clients que malgré les circonstances prix sont toujours les mêmes dans toutes nos lignes.difficiles nos LIBRAIRIE NOTRE - DAME 3S NOTRE-DAME OUEST Tél Main 7767 CHAUFFAGE et VENTILATION N.us preparon.Ici) plan, et doTt.pour nyntèm.s de chauffage amélioré., à l’eau chaude (ave te me de circulation forcée ou nystème de gravité), à la vapeur (basse pression et dans le vide).Les systèmes de chauffage et de ventilation exécutés d’après nos plans donnent partout la plus grande satisfaction et le maximum de sécurité et d'économie.Références ; 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Où sont-ils ?Au feu toujours.Et puis il y a un clairon qui au moment où, lui, ne sentait plus ses hommes Comme avant, a sonné la charge, Sans qu’on le lui dise.Ah ! si vous •aviez vu l’effet ! Il faut qu’il le retrouve el Je fasse citer.Tout cela passe et repasse dans son cerveau, dans son coeur.Que font-ils sans moi ?Cette pensée l’obsède, le domine plus que ses blessures et sa fièvre ; il veut partir.Il part.11 se sauve en chaussons, et, à travers la nuit, il arrive au train, sa vareuse sur le dos, manches au vent, tel que je le vois.1 Mais, soudain, voici notre train qui s’arrête, quand nous sommes encore à 3 kilomètres du Mans, il est midi.De longs convois de recrues, de soldats français et anglais, d’équipements, de fourrages, d’artillerie, de prisonniers et aussi de blessés encombrent, obstruent les voies et les quais, et demeurent là, sous la pluie qui commence.Le colonel s’impatiente.Déjà une heure, deux heures d’attente.Le chef de train ni personne ne savent rien.Peut-être faudra-t-il demeurer jusqu'au soir.C’est trop.Il sè lève, demande qu’on le chausse et me prie de l’accompagner à pied.Au Maps, il.se débrouillera ! ! Allez donc rien refuser à un pareil homme ! Un voyageur se joint ià nous.En route, tous les trois.Mais la marche le secoue.“ Ça lui répond partout.” Je sens la douleur l’enfiévrer ; tout de même il va, sans un mot, la mâchoire serrée.Epfin, quelle chance 1 voici la tête de ligne d’un tramway.On l'attend, ou l’aide à monter, et après un changement nous arrivons à la gare du Mans.Il est près de quatre heures ; nous déjeunons, chacun lui coupant sa viande, lui servant de bras et de main ; il passe à l’ambulance où l’on refait ses pansements, et puisque le train est toujours à siffler dans le lointain, il se met à la recherche d’une auto.On lui offre une place pour Chartres.Soit ! Mettez-moi dans la voiture.Là-bas je m’arrangerai.! Ainsi j’ai vu partir, pour retourner à la bataille, ce vieux brave affreusement blessé, presque impotent.Je l’ai quitté avec une envie de pleurer qui était d’admiration et d’amitié.Et chaque matin, chaque soir, le confondant avec les miens, je cherche dans les nomenclatures de journaux si le lieutenant-colonel Ch.est victorieux ou mort.Mort ?Mon ceour se serre et ne suit pas.Victorieux, j’en suis sûr.Je suis sûr qu’il est arrivé là-has, qu’il a retrouvé ses “ enfants ”, son clairon, et qu’il les a conduits où il fallait pour le salut de la France.Il a peu parlé, il était bref et presque brusque, mais jamais je n’ni mieux senti ce que peut la volonté et si bien vu ce qu’est un .soldat de France.Voilà le récit qu’on m’a fait et qu’à mon tour je vous apporte, parce que je m'aperçois que cette image austère reste dans l’esprit et rend bien les deux sentiments de respect et de confiance dont nous sommes remplis pour les chefs de notre armée.Maurice.BARRES, de l’Académie française.(“ L’Echo de Paris < DE LA FRANCE Bordeaux, 2(i septembre.J’ai dit que je reviendrais sur les tentatives de discorde auxquelles se livre encore, malgré la solennité de l’heure présente, une poignée de sectaires insensibles au grand souffle de générosité qui passe sur la France, rapprochant les âmes, confondant les coeurs.Il le faut, en effet, pour qu’on ne puisse pas m’accuser d’avoir, sans raisons suffisantes, dénoncé le péril.Des raisons, j’en ai plein mes tiroirs : ce sont les lettres que je reçois de toutes les parties de la France.Je ne les cite pas, parce que je ne veux pas ajouter, par des accusations publiques, au trouble jeté dans les esprits par les auteurs masqués des calomnies répandues, comme par un mot d’ordre, dans le pays.Mais voici un document officiel qui suffit à justifier ma dénonciation, et dont nul ne peut récuser l’autorité.La presse a publié la lettre adressée par Je sous-préfet de Château-briant aux journaux de la région.C’est contre les calomniateurs un document accablant.Je ne connais pas cet honorable fonctionnaire, j’ignore ses idées personnelles, je sais seulement qu’il agit en homme conscient de son devoir.“Il m’a été signalé, dit-il, que, dans certaines communes rurales, quelques personnes ont insinué que la guerre que nous subissons a été provoquée par les prêtres, les riches et les ligues patriotiques.” Voilà le fait.Un agent du gouvernement le révèle pour le flétrir.C’est bien le même écho qui m’est venu d’autres régions ; la personne du pape défunt est odieusement mè-léeù ces inepties.Le sous-préfet de Châîeùubriant compte sur le bon sens populaire pour en faire prompte justice.Il a raison.Cependant, comme il peut y avoir des gens qui se laissent tromper, il tient à les éclairer en rappelant les origines de la guerre, et il ajoute que “si, malgré l’évideiice, quelqu’un s’avisait de colporter à nouveau des insinuations aussi odieuses que bêtes, il n’hésiterait pas à provoquer les sanctions les plus sévères”.C’est le langage d’un homme de gouvernement.Il me répugne extrêmement d’insister sur ces scandales, et il a fallu, pour que je me décide à le faire, qu’aux correspondances privées s'a joutât l’autorité d’un document officiel.Depuis deux mois, j’ai voulu, dans mes articles quotidiens, donner l’exemple de l’union nationale.Je resterai inébranlablement fidèle à cette attitude, la seule qui convienne, à mes yeux, à la terrible épreuve que nous traversons.(.es catholiques ont, dans notre pays, subi de cruelles persécutions.Nul ne les a ressenties plus profondément que moi.Je ne veux pas les rappeler, ni exciter contre leurs auteurs le ressentiment public.Je ne l’ai pas fait, je ne le ferai pas.Si quelques-uns de ceux qui partagent ma foi ont pu, comme on me l’a dit, s’abandonner à ces rancunes, je n’hésite pas à les blâmer, ("est à nous, plus qu’à tous les autres, à cause même de l’ardeur de notre foi, inséparable de notre patriotisme.à donner devant l’ennemi l’exemple de la concorde.Nous n’en serons que plus forts pour l’imposer à tous.Le pays, d’ailleurs, s’en chargera.Il sait, il saura de plus en plus ce qu’ont fait, ce que font chaque jour pour lui les prêtres, contre qui on voudrait ranimer les défiances.Le sous-préfet de Châteaubriant le rappelle en de nobles paroles: “Les prêtres, dit-il, n’onl pas été les derniers au péril, et la longue liste de ceux qui sont déjà tombés indique assez qu'ils on! fait cl qu’ils feront tout leur devoir, dette liste s’allonge chaque jour.” J’ai cité ici les lettres do nos aumôniers volontaires débordant de courage et de patriolisme.Il m’en arrive de toutes parts aujourd’hui.Je dois un hommage spécial et pàr-licuüèremenl ému à l'un d’eux, dont la presse a raconté l'affreux martyre.Le 11.1\ Véron, jésuite, était l’aumônier très aimé de nos cercles catholiques.Au moment de la déclaration de guerre, il prêchait une retraite dans une maison française de Budapest.Parti sans retard, il regagna la France avec mille difficultés.Il arrivait à Paris au moment même où je commençais l’organisation du service des aumôniers volontaires accordé par le ministère de la guerre.Sans hésiter, il s’inscrivit un des premiers sur la liste.Je ne ferai pas le récit douloureux de son compagnon, l’abbé Sueur, tué d’une balle, au milieu du combat.Nous n'aurions qu’à le pleurer.Mais il a péri victime de l’odieuse barbarie des Allemands, traité comme les Canaques le font coupons de Vin-Morin, petit modèle, ou 3 coupons de Vin-Morin, grand modèle et 10 sous en timbres ou en argent pour couvrir les frais de poste et d’emballage, nous vous adressons GRATIS un joli calendrier ayant pour titre “Mademoiselle PERFECTION” reproduit par un nouveau procédé d’impression colorée qui rend parfaitement l’harmonie des couleurs que l’artiste a peintes sur l’original.HATEZ-VOUS : “Le premier rendu, le premier servi” POURQUOI GASPILLER DE LA CHALEUR?Tirez tout le profit possible de votre combustible.Ce qui a manqué longtemps, c’est une fournaise économisant le combustible et donnant cependant une proportion asses considérable de chaleur sans le graspillave ordinaire.Notre NOUVELLE PRODUCTRICE DE CHALEUR répond à ce besoin si longtemps ressenti.La productrice d’air chaud RECORD CALORIFIC donne de merveilleux résultats en ce sens.Elle fait le travail de deux fournaises avec peu de combustible.Elle est spécialement adaptée pour EGLISES, ECOLES OU EDIFICES PUBLICS ou pour tout édifice considérable.Faites venir des détails complets.Nous faisons une spécialité de toutes les sortes de poêles.RECORD FOUNDRY & MACHINE, CO.480 BUE SAINT-PAUL - MONTREAL A.DUSSAULT, OR RANT.Stli êm ÎÆË î: SiuStjj WV:- 14 UN DRAGON QUI NE S’ETONNE PAS FACILEMENT A un des combats on Alsace, ie capitaine G., de l’état-major du général A., a vu un dragon, dont le cheval venait d’être tué, se relever et procéder aux opérations suivantes : lo Bourrer sa pipe et l’allumer ; 2o Décrocher son sabre de la selle, et 3o Se joindre à une compagnie d’infanterie qui chargeait à la baïonnette, et foncer avec elle, avec ses bottes, le sabre en avant.Le capitaine G.regrette de ne pas savoir ce que ce brave est devenu.— (L’Echo de Paris.) EUCHRE A L’ARSENAL DU 65e REGIMENT Les PP.du T.S.Sacrement donneront un grand Euchre à la salle de l’Arsenal militaire du 65ème Régi-meint, les 25 et 26 novembre prochains, pour venir en aide à leurs maisons de Belgique ruinées par la guerre.CONDOLEANCES j A une assemblée des musiciens de l’harmonie Concordia, dimanche dernier, on a adopté, sur la proposition du directeur, M.J.J.Gagnier et à l’unanimité, un vote de condoléances au sujet de la mort de Mme J.Desma-rais, épouse de M.J.Desmarais, membre de la société.UN ROMAN POUR 3 SOUS Bon spécial 17 octobre 1914 LE DEVOIR ( e bon spécial et trois sous apportés aux bureaux du “Devoir”, 43 rue Saint-Vincent, donnent droit à un exemplaire de l’un des romans suivants, au choix: “la Force de Vaincre”, par Edmond Coz; “le Docteur Quentin”, par Antoine Roum; “Notre Frontière”, par Paulin Comtat: “Les Ames Fortes", par G.Saint-Germain; “Le Bas Lan-droits , par Florence O’Noll; “Jacques II”, par J.Pinet.Les personnes qui désireront recevoir ce livre franco dc-vront envoyer 3 sous en plus pour frais d’emballage et o expedition. VO JN'o 241 LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI 17 OCTOBRE 1914 5 P A OGRES DES ARMEES ALLIEES EST CONFIRME _____ L RANCE ET BELGIQUE LES ALLIES TIENNENT LES ALLEMANDS EN ECHEC L’ennemi ayant reçu de nombreux renforts reprendra probablement l’offensive le long de la côte.— La bataille continue près de Varsovie.— Les Allemands marchent sur Jaroslau.Paris, 17.— La communication officielle suivante a été publiée hier soir : L’action se poursuit vigoureusement sur notre gauche.Nous avons maintenant nos positions partout.En certains endroits, nous avons gagné du terrain et nous avons occupé La-vente, à l’est d’Estaires, dans la direction de Lille.Il n’y a rien d’important à signaler ailleurs, si ce n’est une tentative infructueuse des Allemands, dans la région de Malancourt, au nord-ouest de Verdun.Londres, 17.— La communication officielle du ministère de la Guerre de France confirme le progrès des armées alliées qu’on annonçait hier.Ce rapport n’indique pas le point précis de la côte par où les alliés ont atteint la mer mais l’endroit le plus rapproché est à 2 milles d’Yprès et près de la frontière franco-belge.Cette place est toutefois plus rapprochée de Dunkerque, que d’Ostende où les Allemands seraient entrés.Si l’on examine les mouvements de l’armée allemande dans ce territoire, on ^est porté à croire que la ligne des ^alliés s’étend plus au nord et doit avoir une direction d’au moins trente milles.L’extension de cette ligne empêchera irrémédiablement les Allemands de s’avancer le long de la côte comme c’était leur plan, lorsque leur cavalerie tenta de s’avancer vers Calais.Les deux armées opposées étant maintenant en communication avec la mer, il ne peut y avoir de mouvement d’encerclement.Pour obtenir un succès les généraux devront rompre les troupes ennemies à l’endroit où la victoire sera la plus facile à affermir.Il est certain que les Allemands vont essayer de faire une brèche dans la ligne des alliés, mais seuls le savent les Allemands et les généraux français et anglais que les aviateurs ^tiennent au courant de tout mouve-wment important de l’ennemi.Plusieurs experts militaires sont d’avis que dans cette guerre les armées combattent moins pour les positions gue pour les lignes de communications.C’est donc pour cette raison que les Allemands cherchent à s’emparer des chemins de fer du nord de la France qui sont entre les mains des Français, et qui relient Paris, Amiens, Arras, Hazebrouck et Calais.Jusqu’ici, selon les rapports français, les alliés ont repoussé toutes les tentatives de l’ennemi pour exécuter leur plan et ils les rejettent dans le moment en arrière.On dit que les Allemands envoient des renforts d’Allemagne pour augmenter leur effectif et leur permettre de reprendre l'offensive.Les Français auraient résisté victorieusement aux Allemands dans la région de Saint-Mihiel et sur la Meuse.Tous ces renseignements viennent des Français, Berlin étant plus silencieux que jamais sur les opérations en F'rance.Il n’est nullement fait mention de combat au sud de la ligne Gand-Bruges, ce qui semblerait indiquer que les troupes alliées qui se trouvaient dans cette direction se sont repliées plus au sud pour rejoindre l’armée principale.Toute division alliée combattant sur la côte aura l’assistance des bateaux anglais, mais il est bien peu probable que les navires de guerre bombardent ces villes puisque ce serait causer de la destruction sans ^gagner aucun avantage.^ Basel, Suisse, annonce que les Allemands ont été de nouveau défaits dans les Vosges.La promesse que la pression sur la France serait passablement affaiblie lorsque les Busses auraient remporté une grande victoire a encore été retardée dans sa réalisation.Les Allemands sont devant Varsovie; on s’est môme battu à huit milles de cette ville.Leur avance sur la Niémen ayant tourné en désastre, les forces du Kaiser ont réparé quelques défaites des Autrichiens en s'avançant jusqu’à Jaroslow, 17 milles au nord-ouest de Przemysl.Le plan des Allemands semble être de faire avancer deux armées dans les vallées formées par la rivière Vistulc et deux autres sur la rive gauche pour encercler les défen-^seurs de Varsovie.Cette tactique se-wlon les rapports russes, conviendrait au généralissime russe qui aurait délibérément fait retraiter ses armées jusqu’à la Vistule pour avoir les chemins de fer d’en arrière à sa disposition et quitter les chemins de la Pologne russe qui ne sont à cette époque de l’année que des marécages et des ornières.Les deux côtés prétendent avoir remporté des avantages dans les engagements préliminaires, mais ces succès et ces défaites ne peuvent avoir qu’un effet bien minime sur le résultat général de la bataille, dans laquelle 5,000,000 d’hommes sont engagés.On dit que les Russes ont 2,-500,000 hommes et les forces austro-allemandes presque 2,000,000.Les ar-_ mées couvrent un front de presque Ü 300 milles.x La bataille en Prusse orientale a cessé.Les deux armées sont en face l’une de l’autre le long de la frontière, attendant le résultat final de la bataille de la Pologne.Ceci peut durer des mois, bien que les Allemands ^ spient décidés à obta«ir une prompte victoire pour renforcir leurs troupes en France.Les Anglais ont perdu un autre croiseur hier, le “Havvke”.Quelques marins seulement ont échappé au désastre.Le croiseur “Thésée”, fut aussi attaqué par le sous-marin allemand, en même temps que le “Hawke”.A propos du sauvetage, il dut cependant obéir aux ordres de l’amirauté émanés à la suite du naufrage de l’“Aboukir” et diriger sa course loin du vaisseau naufragé.On rapporte que de tout l’équipage du vaisseau sombré, trois officiers et 48 marins ont été secourus par l’équipage d’un bateau de pêche; un autre officier et 20 hommes ont échappé sur un radeau.Le “Hawke”, croit-on, avait à bord,un équipage de 400 hommes.Le sous-marin qui l’a fait couler a réussi, dit-on, à s’échapper.On n’a pas appris d’autres détails au sujet des mouvements des flottes russe et turque dans la mer Noire.De Constantinople, on nie le rapport que le croiseur allemand “Breslau” portant actuellement le pavillon turc ait été coulé.Le derniers des blessés belges dont la liste s’élève à 13,000 environ, a atteint le territoire anglais et la masse des réfugiés est aussi arrivée à l’exception de ceux qui sont détenus dans les ports de France et de Hollande.LES ALLEMANDS ECHOUENT Du front de la ligne de combat, via Paris, 17.— La tentative des Allemands d’encercler les Alliés et RUE ST.OEAf/S 9$rr»e if A *vu *n.a*nie»»t t Montreal Tél.Main 5539 J.E.CARREAU Autrefois de la Maison J.E.Carreau Limitée Importateur et fabricant de tout ce qui sert au culte et dans les églises.Spécialité de décorations mortuaires et de fêtes, fabricant d’autels, bancs, confessionnaux, chaires, etc.61 RUE ST-JACQÜES, MONTREAL.FOURRURES REPARATIONS SOIGNEES renouveler les fourrures, mais quand il s’agit de Taire un travail qui doive REMETTRE VOS FOURRURES USAGEES A NEUF en leur donnant la fraîcheur, le cachet des styles nouveaux au point qu’il est impossible de les différencier d’avec une piece de fourrure absolument neuve.L’INTERVENTION d’un SPECIALISTE est INDISPENSABLE.Nous avons 20 ans d’expérience dans la réparation et le remodelage — et nous vous invitons à comparer nos prix.SPECIAL — Set en loup sibérien naturel et noir, grand manchon et étole, très jolie forme avec queue et tète de l’animal, au bas prix de $22.50 le set.H.JULIEN & CIE, Autrefois de la maisoa Chas.Desjardins & Cie.96 rue Sainte-Catherine Ouest Près de la rue Saint-Urbain - Salons d’Optique Franco - Britanniques ROD.CARRIERE - HENRI SENEGAL OPTICIENS ET OPTOMETRISTES 207 RUE STE - CATHERINE EST Entre les rues Ste-Elisabcth.-t Sanguine!, MONTREAL.Sanguine!, MONTREAL.Assortiment complet de lorgnons, lunettes, yeux artificiel* lunettes marines et d’opéra.Aussi un grand choix de TherJ momètres, Baromètres, de toutes sortes, Hygromètres et Boussoles.Salons privés pour l’ajustement des yeux artificiels.CONSULTATIONS : A PHÔtel-Dieu, par Real.Carrière, de 9.30 à 11 heure» excepté le mercredi et le samedi.Aux Salons d’Optique, de 9 a.m.à 8 p.m .nar HoH Carrière de 1 p.m.h 5 p.m.Tél.Bell : Est 2257.P ’ P RENDEZ-VOUS PUIS PAR TELEPHONE.LIVRAISON PAR CAMION AUTOMOBILE DANS rOUTES LES P/ RTIES DE LA VILLE CELEBRE CHARBON et vous constaterez qu’il est certainement le meilleur.Poids exact.Qualité irréprochable.Exempt de poussière.Livraison prompte et satisfaisante.PPAPIIV 688 Ave ATWATER • -«.A.N MON.THE AI.Nous prenons les commandes par téléphone.TEL.WESTMOUNT 1037.O.SAMSON, Gérant.ie> MUTUM ST.A VENDRE Express de livraison, chariots à pain, grosses voi-turcs de charge, tombereaux, etc.Réparations d’automobiles et de voitures de toutes sortes à prix modérés.O.BER THIA UME 445 me Plessis T Kl,.K ST 4;»r>2 VOL.V.— No 244 LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI 17 OCTOBRE 1914 7 COMMERCE ET FINANCE L’EXPORTATION DESVI ANDES LE CANADA FOURNISSAIT A LA GRANDE BRETAGNE, EN 1905, 20 p.c.DU LARD IMPORTE PAR ELLE.— UN DECLIN MARQUE.Nous reproduisons'ici pour le bénéfice de nos lecteurs ce très intéres-iant passage d’un article publié par W.J.B.Spencer, rédacteur et chef |u Bureau des Publications au ministre de l’Agriculture du Canada, dans e Bulletin Mensuel, de l’Institut International d’Agriculture: Après des débuts modestes à partir le 1890, le commerce d’exportation lu lard pour la Grande-Bretagne tvança à grands pas jusqu’en 1905, »ù le Canada fournit à la mère-patrie 10 pour cent du lard importé.Pendant un certain nombre d’an-lées l’exportation se maintint dans un Itat très satisfaisant mais, depuis 1907, il s'est produit un déclin tel que é production du Canada pour la mé-Iropole tomba à 1-3 de ce qu’elle était ïuand le commerce atteignait son >oint culminant.Il est à noter que, jusque vers 1884, beaucoup de viande exportée prove-lait des porcs des Etats-Unis.C’est leulement après que !e Canada éleva issez de porcs pour satisfaire aux de-bandes des usines de conserves.La diminution des exportations ne (eut pas dire que l’élevage du porc tit baissé.D’après le recensement de 1891, il y avait cette année-là dans (es fermes du Canada 1,733,850 porcs lont le nombre s’éleva à 2,353,828 en 1901 et atteignit 3,610,428 en 1911.L’Inspection Fédérale de la viande lu Canada, qui est limitée aux éta-idissements d’exportation ou de commerce entre les provinces, fut inaugurée en septembre 1907.Le tableau iuivant donne, année par année, le lombre des porcs abattus depuis cette ipoque dans les établissements soumis à l’inspection.Porcs abattus au Canada dans les kablissements contrôlés (1), de 1907 l 1913; l’année court de mars à mars: Années 1907- 08 (8 mois.861.989 1908- 09 (12 mois) .1,532,796 1909- 10 .1,261.496 1910- 11 .1,452,237 1911- 12 .1,862,997 1912- 13 .1607,741 1913- 14 (10 mois) .1,456,615 La décroissance des exportations Soit être attribuée dans une large me-iure à l’augmentation de la consommation au Canada.Pendant les an-lées de fortes exportations, les quan-iüés exportées provenaient presque inclusivement de la province d’Ontario.Les provinces de l’Ouest, en voie le peuplement, furent lentes à proluire des porcs, jusqu’à ces deux ou ïrois dernières années, où se manifesta un grand accroissement de la production.Jusqu’à 1913, les fabri-tants de conserves des Prairies, devant la constance des prix élevés denies pour le porc, s'attachèrent de plus en plus à l’alimenter avec des grains de qualité inférieure ou avariés et, depuis la fin de 1913, l’embarquement des porcs de l’Est a augmenté largement.En 1913, les porcs abattus au Canada étaient en léger accroissement sur ceux abattus en 1912.Les abatta-ges_ dans les exploitations de l’Est Subirent une décroissance qui fut un peu plus que compensée par une augmentation des.abattages de l’Ouest.Cela ressort des statistiques dressés par la Division de l'Inspection des Viandes au ministère de l’Agriculture, et dont les résultats sont indiques dans les données suivantes.Porcs tués dans les abattoirs soumis au contrôle: Canada oriental, 1,058,486 en 1912: 923,908 en 1913, soit une diminution rie 134 578.Canada occidental, 145,-964 en 1912; 33 6,147 en 1913, soit un accroissement de 191,083.Les exportations des produits du porc du Canada ont été, jusqu’à une époque très récente, destinées uniquement à la Grande-Bretagne.Avec la mise en vigueur, en septembre 1913, du “tarif Wilson-Underwood”, les marchés des Etats-Unis furent ouverts à l’entrée libre de droits des produits de boucherie.Dès lors le Canada a augmenté ses envois de lard, de jambons et de viande de porc dans cette direction.MARCHÉ DE MONTRÉAL SEMAINE FINISSANT LE 17 OCTOBRE FARINES Patentes du printemps: Royal Household .2 sacs 6.70 Five Roses.2 sacs 6.70 Glenora.2 sacs 6.20 Harvest Queen.2 sacs 6.20 Fortes à Boulanger: Bakers Special.2 sacs 6.00 Manitoba S.B.o-00 Kcetoba.2 sacs C.Ü0 Montcalm.2 sacs 6.00 Patentes d’Hiver: Straight Hollers.2 sacs 5.90 Hurona (à pâtisserie).2 sacs 6.70 A do '2 sacs 6.20 Farine de blé-d’Inde blanc pour boulangers .2 sacs 5.60 Farine de blé-d’Inde, pour engrais.2 sacs 4.10 ISSUES DE BLE ET AVOINE ROULEE Farine d’avoine: Avoine roulée, sac de 90 Ibs.$6.40 Avoine roulée, baril.6.65 Issues de blé: Son Man., au wagon, tonne.25.00 Gru Man., au wagon, tonne.27.00 Gru blanc d’Ontario, au wagon, tonne.29.00 Moulée pure, au char .$33.00 à 36.00 Moulée mélangée, au wagon.31.00 OEUFS Prix vendant aux épiciers.Oeufs frais, No 1.26c Oeufs choisis.30c Oeufs choisis, en boîtes d’une douzaine.35c BEURRE 29c Beurre de choix.Beurre de choix, en bloc d'une livre.2914c Beurre de laiterie .24 à 25c Pêches, la boite., .Melons, 45 par manne Melon d'eau, chacun .Prunes, la manne .Raisin Malaga.Raisin Tnkay.Oranges “Sunkist” ., Pommes No.$1.50 $5.50 50c.$1.50 $2.25 $2.25 $3.50 $2.00 à $3.50 1, au QUERRE Al^BARBARE Traduction d’un article de G.K.Chesterton dans “ Everybody’s Magazine ” d’octobre baril $3.25 Pommes fameuses.No.2, au baril Pêches canadiennes, au pa- nier $1.25 Poires canadiennes, au pa- nier Prunes canadiennes, au pa- nier Tomates de Jersey, fantai- sies, la manne .75c.à $1.00 Tomates canadiennes, choi- sies, au panier .60e Céleri, par paquet.$1.25 Raisin, petit panier .20c à 25c Raisin rouge .25c à 30c * * * Airelles, le baril .FROMAGE 16c 19c Fromage doux, la livre.Fromage fort, à la meule, la livre.Fromage fort au morceau, la livre.19c Fromage de Gruyère, la livre.35c Fromage d’Oka.25c Fromage Limbourg.22c Fromage Roquefort .35c SAINDOUX Bonne demande.La 1b.Saindoux pur, en tinette .14%c Saindoux pur, en seau $2.80 à $2.90 Saindoux pur, bidon de 10 Ibs 15c Saindoux pur, bidon de 5 Ibs 15Vic Saindoux pur, bidon de 3 Ibs 15Vic Saindoux, bloc de 1 1b.15c POIS ET FEVES Le minot Pois verts.$3.00 Pois blancs.3.00 Fèves blanches.3.00 PRODUITS DE L’ERABLE Sirop, bidon de 8 1-2 Ibs.70c Sirop, bidon de 13 Ibs.90c Sucre, la livre.9c FRUITS Citrons ‘Messinas” .Citrons, de choix.Pamplemousse (grape fruit) $4.00 $2.25 $5.00 FRUITS DE LA CALIFORNIE Cerises, la boite.Poires, la boîte .$3.00 $3.50 Raisin, la caque.5.50 Raisin, la caque.5.00 Raisin, qualité medium.4.75 Bananes, le régime, $2.00 à $2.50 Canneberge, au baril .$7.50 Pommes de terre, au panier $1.75 Oignons rouges, au sac .$1.85 Oignons, la caisse.$3.25 Figues, la livre.12c à 10c Figues, la boite.12V2c Dates, la livre.514c Dates, par colis.8 et 10c Noix, la livre.9c à 42c Arachides (peanuts) Bon Tons.10c et 13c PRIX EN ENTREPOTS A MONTREAL AVOINES Récolte de 1914 par 34 livres Canada-ouest ( Canada Western) No 2, sur place.Ganada-ouest( Canada Western) No 3.56 l-2c Manitoba, No 2, d’alimentation (feed).54 l-2c Québec, blanche.No 2, (récolte de 1914) .51c ORGES par 48 Ibs Canada-ouest (Canada Western) No 3.74c à 75c Canada-ouest (Canada Western) No 4.68c à 69c MAIS Par 56 livres :— Maïs de l’Argentine (manquant) (nominal) .84c BLE Pour volailles, par 60 Ibs.(très rare).$1.25 FOURRAGES SUR RAILS A MONTREAL Mil No 1, par 2,000 livres.$18.00 Mil No 2, choix.$17.00 Mil No 3, par 2,000 livres.$15.50 à $16.00 Mil et trèfle, par 2,000 livres.$14.50 Le marche est irrégulier.MARCHE CENTRAL AU POISSON la livre Hareng frais, la douzaine.36c Flétan.uc Merluche (haddock).6c Doré frais,.12c Brochet.Barbotte.JOc Perchaude.i0c Saumon.j7c Morue fraîche.gc Anguille fraîche.’ ioc Truite saumonée.12c Une nation, c’est une société qui a une âme.Lorsqu’une société a deux âmes, il y a, et il devrait y avoir, guerre civile.Il faut que la seconde âme soit ou bien conquise comme ies Etats du Sud, ou libérée comme l'Uiiande.Car tout ce qui a une double personnalité a certainement perdu la raison, probablement sous une influence démoniaque.L’effroyable lutte entre les sociétés séparées en Europe aujourd’hui est une lutte spirituelle, absolument inintelligible si on la prend pour autre chose qu’une lutte spirituelle.De toute nécessité il faut, pour vérifier les marchandises, arracher les étiquettes.Amusez-vous à expliquer, par des étiquettes blanches et noires, bleues et cramoisies, les caractères de la lutte et les motifs des nations; vous n’y arriverez pas.Servez-vous des antiques pierres de touche en usage à l’époque victorienne; le résultat de votre expérience à expliquer ce qui passe sous vos yeux sera un non-sens.Par exemple, si vous dites que c’est une guerre de la royauté contre la république, vous serez obligés de conclure que la Russie et la Prusse se sont alliées contre la France, que la Belgique est d’un côté et la Suisse de l’autre.Vous trouverez que vous avez mal calculé au point de départ.Si, raisonnant d’après les principes du capitaine Mahan, vous l’assimilez à une lutte de puissance maritime contre puissance territoriale, vous en tirerez l’étonnante conclusion que l’Angleterre et l’Allemagne sont alliées contre la France et l’Autriche.Serait-ce, d’après vous, un conflit entre l’individualisme, d’un côté, et le socialisme ou le communisme, de l’autre ?Encore une fois vous retomberiez dans l’absurde.Car vous devez admettre que, dans un sens, la Prusse est bien plus socialiste que nous, et la Russie bien plus communiste que nous.Il en sera de même si, voulant n’y voir qu’une question de race, vous dites que c’est une guerre entre Slave et Teuton.Vous vous trouverez alors en face du pénible fait scientifique que le Français n’est certainement lias Slave, mais que le Prussien l’est très probablement.Si vous en ailes une guerre entre les nations les plus avancées et les plus modernes et les nations les plus incultes, force vous sera de vous persuader que Paris considère Sofia comme plus moderne que Vienne.« * * Mais si cette grande guerre ne s’encadre pas dans les vieux théorè mes politiques, pas mal creux, enco -^- barbares : et cela, comme je le ferai voir en un minent, vient précisément de ce qu’ils sont barbares.Us sont parfaitement et même palhéti-quement sincères lorsqu’ils se disent le Peuple de la Culture, et même lorsqu’ils nient pratiquement qu’il y ait aucune culture dans la patrie de Tourgenev et dans le pays natal de Chopin.Et les Prussiens sont vraiment cultivés en ce sens qu’ils lisent un grand nombre de livres.Mais l’esprit de la civilisation ne se trouve pas dans les livres.“ Barbarie ” n’est pas non plus tout bonnement un synonyme péjoratif pour “ militarisme ”, Plusieurs des états les plus réellement civilises Jnt été et sont très militaires.Napoléon n’était pas plus barbare que Raphaël ou Alfieri : c’était un grand et subtil artiste italien.L’esprit de la civilisation ne consiste pas dans l’absence de la guerre ; autrement l’avant garde de la civilisation se composerait presque entièrement d’Esquimaux.Enfin, la barbarie ne signifie pas une chose tout extérieure, comme lu brutalité et la cruauté.Quelques-unes des sociétés les plus policées et les plus éclairées de l’histoire, voire Athènes ou Paris, ont exigé des vengeances épouvantables au delà des rêves d’un Peau-Rouge.Non ; l’essence de la barbarie est spirituelle.Elle pourrait facilement coexister avec la science universelle ou la paix perpétuelle ; mais elle ne saurait avoir un règne long, parce que tout homme qui a l’âme de la civilisation sent que la barbarie est inférieure même tandis qu’elle domine.QU’EST-CE QU’UN “ BARBARE ’ V Voici la psychologie de barbare : comme les animaux inférieurs, il ce comprend pas la réciprocité.Il n’a pas dans son esprit ce petit miroir qui nous permet de voir l’esprit d’autrui.Si je répands des miettes pour les oiseaux en hiver, cela n’em pêchera pas les oiseaux de manger mes fruits en été : car les oiseaux, comme les Prussiens, sont barbares.Si je laisse à 1 abeille son miel, elle pourrait bien tout de même me laisser son dard.Elle n’a rompu aucun contrat, car les abeilles, comme les Prussiens, sont des barbares.Or, cette déraison et celte inégalité fondamentale, pareille au gouvernement des hommes par les bêtes, peut être mise à l’épreuve en examj nant n’importe quelle institution civilisée en Prusse (et la Prusse renferme presque toutes les institutions civilisées), et en notant que dans chaque cas, la Prusse a ajouté cet étrange caractère pratial et borgne.Par exemple, le duel est souvent ap- COMPAGNIE DES TRAMWAYS DE MONTREAl AVIS A cause des travaux de pavage qui se font dans la cité de Westmount, sur la rue Ste-Catherine, entre l’avenue Greene et la Glen, le service des tramways vers l’est, sur la rue Ste-Catherine, entre la Glen et l’avenua Greene, sera discontinué jusqu’à ce que ces travaux soient terminés.Les tramways Ste-Catherine et Windsor-Victoria circuleront vers l’ouest sur la rue Ste-Catherine, de l’avenue Greene à l’avenue Victoria avec retour par la rue Sherbrooke.Les tramways Windsor-Montréal-Ouest circuleront comme de coutume, est et ouest, par la rue Sherbrooke.15 octobre 1914.$9.00 : Porcs f erme $7.15 $8.05 ; chons, ventes, veaux, $7.50 à $11.25.— : arrivages, 12,000 ; marche légers, $7.40 à $8.00 ; mêlés, à $8.10 ; lourds, $7.00 à très gras, $7.00 à $7.15 ; co-$4.30 à $7.35 ; moyenne des $7.30 à $7.80.— Moutons (1) Beaucoup de porcs sont abattus au Canada dans des établissements non soumis au contrôle du gouvernement.LES LAITAGES LE BEURRE SE VEND, AU GROS, 27 7-8 SOUS A MONTREAL.— ON CEDE LE FROMAGE A 15 1-4 SOUS A CORNWALL ET A PIC-TOU.A la reunion de la Société Coopérative Agricole de Québec, tenue hier au Board of Trade, 416 colis de beurre de crémerie ont été cnre- Sstrés, quantité dont la maison W.avis, Ltd., a acheté 219 colis de haut choix à 27 7-8 sous; G.1).Warrington, 109 colis de bon choix à 27 3-8 sous; et II.A.Hodgson, 88 colis de beurre pasteurise à 28 sous.Cornwall, Ont., 17.—A la foire au fromage, hier après-midi.1,291 boîtes de coloré ont été offertes, et le tout a été cédé au prix de 15 1-4 sous.Il y a un an 1.063 boîtes de fromage coloré ri 91 boîtes de blanc avaient été vendues 12 1-2 sous la livre.Piéton, Ont., 17.— A la réunion du prix courant du fromage hier, on a enregistré 885 boîtes de coloré.Huit cent quarante boîtes ont été traitées à 15 1-4 sous; la différence est demeurée invendue.c ^ sous, les thés ordinaires de 1 Inde et de Ceylan de 4 sous la livre.La raison en est, aussi étrange que cela puisse paraître, que de plus en plus les gens achètent des automobiles chaque année.La vente active dans le monde de I automobile signifie une demande croissante pour caoutchouc et pneu-dans un temps de demande formida-dan suii temps de demande formidable pour le caoutchouc, à une augmentation importante des prix du caoutchouc.Il est donc arrivé que le caoutchouc et le thé étant deux récoltes réclamant exactement les memes conditions de sol et de climat les planteurs de thé ont graduellement abandonné cette culture pour celle du caoutchouc.Les effets de cette réduction de productions de Ihé ont commencé à se faire sentir dans les nrésentes augmentations de prix.Voilà pourquoi notre the est cher.Si votre marchand n’a pas encore augmenté ses prix certains prétendent qu’il vous frustre sur la qualité.Le coût de la tasse de thé augmentera encore.arrivages, 10,000 ; marché ferme ; indigènes.$4.85 à $6.00 ; d’un an, $5.50 à $6.40 ; agneaux indigènes, $6.(10 à $7.85.______ LE COMMERCE DE L’ANGLETERRE Lohdres, 17.—- Une forte réduction du commerce général en Angleterre est révélée dans un rapport, pour le mois de septembre, que vient de pu-biier le Board of Trade, de Londres.Les importations du mois dernier ont atteint £45,051,937 contre £61,-355.725 pour le mois correspondant de 1913.Les exportations se sont établies à £26,674,101 contre £42424,864 en septembre de l’année précédente.Ceci indique une moins-value de £16.-303,788 pour les importations; et de £15,750,763 pour les exportations.Un examen des chiffres donnés accuse une diminution de £1,610,771 au chapitre des importations de coton brut et une dépression de £3,664,502 dans l’exportation du coton fabriqué.Le seul article d’importation exprimant une croissance marquée, durant le mois, a été farine et grain, dont l’excédent sur l’année dernière a été de £682,041.Après le coton fabriqué, le charbonnage enregistre la plus forte décroissance au chapitre des exportations.Le montant de charbon exporté est évalué à £1,851,658 de moins que celui de l’an dernier à pareille époque.A défaut de l’Allemagne, son meilleur client, l’Angleterre devra trouver de nouveaux débouchés.L’an passé, l’Allemagne a acheté pour £5 328,000 fde charbon des mines britanniques.Il ‘est douteux que ce marché puisse être | fp, toutc’s ^ p^ons” ma,,rcs reconquis et les commerçants anglais 1 Canonnière allemande prise Londres, 17.— {’ne dépêche de Melbourne, au “ Central Lews', annonce que à» qou-vernement a reçu de la Non-vclle Guinée, la nouvelle qu'a-ne canonnière allemande a etc capturée par les Anglais.POUR REPRENDRE ARRAS “Cette ville est encore sur la ligne de feu ri exposée aux attaques de I ennemi.Hier soir, les Allemands lnenl une autre tentatjve pour la reprendre, mais après plusieurs heures de violente artillerie les Fran- VIANDES SUR PIED A CHICAGO Chicago, 16 — Bestiaux à cornes : arrivages, l.llllll ; marché forme ; boeufs, 86.50 à 810.90 : bouvillons du Texas, $6.10 à $9.1(1 ; {our l’élevage et l’engrais, $5.15 à 8.00 ; vaches et génisses, $3.40 à pensent pouvoir trouver une compem sation partielle dans la plus grande consommât.on locale.LE PRIX DU THE LA CAUSE PRINCIPALE DE SON AUGMENTATION.Tous les thés, exceptés ceux do Chine, ont vu leurs prix monter de 4 à 8 sous la livre sur l’an dernier à pareille époque.Les thés de l’Inde posent pa des plus hautes qualités ont aug- femmes LES BELGES EN HOLLANDE La Haye, 17.— Le gouvernement de la Hollande est encore en pourparlers avec le gouvernement ail ni and pour le retour de ces Belges qui sont soldats et ont enlevé leur uniforme avant d’entrer en territoire hollandais.On dit que les Allemands ne consentiraient lias à les voir revenir en Belgique, et qu d'un autre côté, iis ne veulent pas les faire prisonniers de guerre.C< ci veut dire qu’ils seraient mieux d demeurer en Hollande.Ils ne s’op-cependanl au retour des et des enfants.re davantage dépaSsc-t-elle ce qui pelé une relique de la barbarie; pourtant le duel, si mal qu il soit, n est certainement pas barbare.Tl existe en Prusse; mais il existe aussi en France, en Italie, en Belgique, en Autriche — en un mot, le duel existe presque partout où existe la haute civilisation.Mais le duel devrait être réciproque.Ce qui existe spécialement en Prusse, et ce qui n’existe nulle part ailleurs au monde qu’en Prusse, c’est l’idée d’un oflicier qui se croit réellement un brave garçon, non seulement parce qu’il porte une épée quand d’autres gens n’en portent pas, mais même quand il tire cette épée contre des gens qui n’en ont pas.Des officiers prussiens — c’est un fait épatant — sont de force à parler, avec une solennité monstrueuse, de venger leur honneur, lorsqu’il s'agit d’un homme armé essayant d’assassiner un boutiquier.Je puis, moi, porter une botte avec ma rapière; mais vous, vous ne devez pas riposter: voilà l’âme du barbare.A vrai dire, il est à moitié fou; il ne peut voir que la moitié de toute question à lui présentée.Il ne peut retrouver son télescope imaginatif pour regarder par le gros bout, ne fut-ce que pour rire; le barbare est incapable de plaisanter.Maintenant, si nous examinons chacune (les revendications de la Prusse, même celles qui sont légili-Imes, nous y trouverons toujours cette est encore beaucoup plus creux l’intérêt purement égoïste des empires au “balancement des forces’ (équilibre européen).Aucune des nations ne s’est battue avec une ferveur plus digne des croisades que la Belgique, qui n’aurait jamais dù y être impliquée, et qui est certaine d’y perdre plutôt que d’y gagner, à tous égards excepte au point de vue spirituel.La paix en Italie est presque aussi chevaleresque que la guerre en Belgique.Si l’Italie eût attaqué la France, elle eût gardé toutes les règles de la diplomatie, et “elle eût proniablement récolté maintes faveurs diplomatiques.11 n’y a pas l’ombre de doute qu’elle s’est abstenue parce que les sujets de Victor Emmanuel sympathisaient avec les Français.Bref, l’Italie fait partie de la Triple Alliance, mais les Italiens n’en sont pas.J’ai de sérieux doutes qu’il y ait eu un seul Italien, depuis le noir blasphémateur et assassin de la Camorra jusqu’au grand prêtre et paysan qui vient de mourir sur le trône spirituel le plus auguste de cette planète ,qui n’eût préféré voir la France occire la Prusse, plutôt que de voir la Prusse tuer la France.C’est dans de telles obscures unanimités démocratiques qu’il faut chercher le vrai de la situation actuelle.Cette guerre présente beaucoup d’autres aspects encore.C’est, comme je l’ai dit, une guerre spiri tuelle; c’est essentiellement, bien ! philosophie borgne.Ainsi, il est que non accidentellement, une guer- très vrai que l'Allemagne du Nord a ce religieuse; mais c’est avant tout, une guerre populaire.C’est la guerre à la fois la plus involontaire et la plus volontaire (pie le monde ail connue.LE REMOUS DE 1870.Eliminant tous les contre-courants accidentels, la violence interne de la Serbie, l’expectative rapace une “kultur”, un système d’art e sciences.La France ri l'Italie l’ont constamment loué; l’Angleterre e l’Amérique l’ont trop loué.Mais l’Allemagne ne loue rien qui ne soit allemand.Elle prétend être à la fois la culture allemande ri la culture universelle.Elle voudrait substitue l’allemand, non seulement au polonais, mais au latin et à l’espéranto.de la Turquie, la bouderie pardon- s«n imagination ne saurait la porter nable de la Bulgarie, la présence de l,lus l»k» ¦JSailjI ^GILUTT COMPANY LlHiT^ Toronto ont, mm mosphère, c’est faire une oeuvre méritoire, c’est remplir l'un des premiers devoirs de la ménagère.Et, s’il faut espérer que l’ordre matériel finira petit à petit par devenir une sorte de réflexe, une chose machinale, il faut souhaiter plus encore que la propreté finisse par devenir un besoin.11 faut que la femme en arrive à éprouver une véritable souffrance dans un milieu malpropre; si elle n’éprouve pas cette sensation, c’est qu’elle n’est pas réellement propre.Si vous voulez toujours vivre dans un milieu hygiénique, c’est-à-dire propre, il faut qu’au moment de le nettoyer il ne soit pas sali : Qu’on l’entretienne propre plutôt que de le nettoyer.Il faut encore habituer les enfants, s’habituer soi-même à respecter le résultat des efforts d’autrui ; ne pas salir c’est mieux que nettoyer.Comment exciter un domestique à bien entretenir la maison si, à peine sa besogne achevé", vous la défaites sans motif, l’obligeant à la recommencer s’il tient à la netteté de ce qui l’entoure.C’est par l’exemple qu’on élève les enfants.et les hommes; prendre devant un domestique des précautions pour ne pas salir, cela équivaut certainement à de longs discours sur la nécessité, sur l’importance de la propreté.INVENTIONS NOUVELLES Nos lecteurs trouveront plus bas une liste de brevets Canadiens et Américains récemment obtenus par l’entremise de MM.Marion & Marion Solliciteurs de Brevets.Montréal, Canada, et Washington, D.C., E _-U.Tout renseignement à ce sujet sera fourni gratis en s’adressant au bureau d’affaires plus haut mentionné.CANADA.Nos.157;978 — Waldemar Harbinger, Londres, Angl.Grue et spécialement appareil pour lever et baisser les bateaux du pont des vaisseaux.158,058 — Karl Barkham, Southampton, Angl.Tampon pour tige de piston.158,120 — Louis Chs.Martineau Montréal, Que.Chasse-d’eau.158 127 — Joseph Pelletier, Montréal, Qué.Machine à onglet.158,152 — Joseph A.Dufault, Saint Hyacinthe, Qué.Engin pour le fonctionnement de la pédale d’expression des orgues.158.192 — Eugène J.Andrieu, Rou-ba;x, France.Tube à air pour automobiles, bicycles et véhicules semblables.158 212 — Louis M.Le Dantec, Paris, France.Turbine de propulsion.158,218 — George T.T.Freeman, Southsea, Angl.Talon pneumatique pour bottines et souliers.ETATS-UNIS.1,112,517 — Philippe Boisvert, East Angus, Qué.Poignée pour coffre d’outils.de sortie d’hôpital; vous m’emmènerez, Nory.—Avec plaisir, mon lieutenant.Je vous cède même ma place.C’est vous qui piloterez.—Non, gardez le volant.Vous connaissez la route.Combien avez-vous mis de temps?—Deux heures vingt en tout.Je venais de Phalsbourg.—Pas d’incident de route?Pas de mauvaise rencontije?Aucun Taubo sur le dos?—Rien, mon lieutenant, la route est sûre, nous longeons les Vosges, toujours au-dessus des troupes françaises.—Bien, Nory, je suis votre homme.Prenez vos précautions comme essence, comme poids.Départ à.A ce moment, la porte d’entrée s’ouvre avec fracas.Le capitaine Thurot qui était sorti pour aller au Rathaus, faire viser son permis de départ de l’hôpital, entre, les yeux brillants de joie.L’émotion l'empêche de parler et il se contente de brandir un papier jaune.Puis, plus calme: —Tiens!.lis, Saint-Bris.lis donc ce qu’on m’a donné à la Place.Je prend le papier.C’est la copie d’une dépêche officielle.4er septembre.Laneuyille-sur- CHRONIQUE RELIGIEUSE SOME ET LE MONDE -CCCC EVANGILE DU DIMANCHE LE XXe DIMANCHE APRES LA PENTECOTE Evangile selon Saint-Jean.— Ch.IV, v.46.En ce temps-là, un officier dont le fils était malade « Capharnaiim, ayant appris que Jésus était venu de Judée en Galilée, alla le trouver, et le supplia de venir chez Sut pour guérir son fils qui se mourait.Jésus lui dit: Si vous ne.voyez des prodiges et des miracles, vous autres, vous ne croyez point.Seigneur, reprit le père, venez avant que mon fils meure.Allez, lui dit Jésus, votre fils est guéri.Il crut à la parole de Jésus, et s'en retourna.Comme il était en chemin, ses serviteurs vinrent au-devant de lui.et lui dirent que son fi's était guéri.Il leur demanda à quelle heure il s’était trouvé mieux.Hier, à la septième heure, lui dirent-ils, la fièvre l'a quitté.Le père reconnut que c'était l'heure même où Jésus lui avait dit: Votre fils est guéri; et il crut en lui, ainsi que toute sa famille.-—- TIERS-ORDRE FRANCISCAIN Fraternité Sainte - Elisabeth, rue Dorchester Ouest, No 964.Réunion des novices, le dimanche 18 octobre 1914, à 1 heure 30 p.m.Les membres sont priés de s’y rendre sans autre convocaiion.La SECRETAIRE.* * * Fraternité Notre Dame des Anges rue Lagauchetière Ouest, No 130.Réunion des professes, le dimanche 18 octobre, à 2 heures p.m.Les membres sont priés de s’y rendre sans autre convocation.La SECRETAIRE.* * * Fraternité Saint-Louis Roi, rue Lagauchetière Est, No 777.Réunion des frères, le dimanche 18 octobre 1914, à 2 heures p.m.Les membres sont priés de s'y rendre sans autre convocation.Le SECRETAIRE.RETRAITES FERMEES QUELQUES DETAILS.Demain, dimanche, à la Villa Saint-Martin, près Cartierville, aura l eu une journée de récollection pour tous les anciens retraitants qui voudront répondre au besoin d’aller retremper leurs forces à la source de vie.Cette j réunion d’un jour commencera ce soir, | à l’heure habituelle de l’ouverture d
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