Le devoir, 9 septembre 1916, samedi 9 septembre 1916
VOLUME VII—No 212 MONTRÉAL, SAMEDI 9 SEPTEMBRE 1916 DEUX SOUS LE NUMERO Abonnements pat Ea pofte : ’SSP® c^P *W0s Rédadtion et admini^tratioa : i H -¦ 9 Mf BflE'M'f fl B I H «.RUssa^.v^œnt CANADA ET ETATS-UNIS.«5x0 ÈM M| PflUgfl ' ^ WË& M Wfn B3v MONTRÉAL , UNION POSTiaE , , .«8.00 K| ^ ||g| M UllpilP^ - É Mon hebdomadaire E) H H "fl M" W H ¦ WM H B H B ¦¦ TÊLÉPHONES ! ^mi-.-.v.v;;;:;;::: M Mm Æ MæMA WK mW ¦ ¦ Hy administraton .m.™ 746.union postals * j.**#**.«a.oo gggi^HBISI Wmm HniOIxBBH mSF REDACTION : .- Mùa 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS I UN BIENFAITEUR PUBLIC Une petite note, qui a fait son tour de presse, aura douloureusement ému tous ceux qui se préoccupent des choses nationales.M.Alphonse Desjardins, le fondateur des Caisses populaires, se voit interdire, pour un temps que chacun souhaitera bref, tout travail de propagande.M.Desjardins est victime de l’énorme effort qu’il a poursuivi pendant tant d’années et qui a fait de lui l’un de nos grands bienfaiteurs.Lorsque le temps aura- remis les choses en leur place, beaucoup de politiciens qui tiennent aujourd'hui le centre de la scène seront profondément oubliés, tandis que le nom de ce modeste fonctionnaire jouira chez nous d’une renommée égale à celle de Raffeisen en Allemagne.On ne saura jamais ce qu’il a fallu d'énergie et de persévérance à cet homme pour amener son oeuvre au point où elle en est aujourd’hui, pour en établir tous les rouages, pour en démontrer la viabilité, lui assurer un statut légal.Mais il était de la race des apôtres, et rien ne 'e décourageait.L’un de ses grands mérites aura été de porter dans sa propagande d’inspiration si élevée un remarquable sens des réalités.Très au courant des choses européennes, grand admirateur des résultats obtenus par ses maîtres de là-bas, il n’a pas cédé cependant à la tentation de transplanter ici telles quelles les oeuvres qui avaient un tel succès.11 a voulu adapter aux conditions, aux moeurs du pays, les organismes fondés par Raffeisen et ses émules, et il n’en a entrepris la propagande qu’après s’être assuré, par une longue expérience, de la praticabilité du type qu'il avait définitivement adopté.On sait à quel point il a réussi.Plus d’une centaine de caisses ont été établies déjà dans notre province, et l’institution a franchi nos frontières et celles même du Canada.Le gouverneur du Massachusetts a un jour prié M.Desjardins de donner des conférences publiques dans son Etat sur le crédit populaire et son organisation : on le saluait comme un maître.M.Desjardins n'a point fini sa besogne.11 rêve de lui donner des développements nouveaux, de lui consacrer le suprême effort de sa vie.Nous espérons, avec tous ses amis, qu’il sera bientôt en mesure de reprendre le harnais, mais, en attendant, nous sommes sûr que rien ne lui fera plaisir, que rien n’atténuera l'ennui de ses vacances forcées, comme de voir ses amis travailler à la diffusion des Caisses populaires.Avec persévérance, avec méthode, avec prudence — selon ses habitudes — besognons donc pour le succès des Caisses Desjardins.Elles créent le goût et l’habitude de l’épargne ; elles enseignent la valeur de l’association : elles faciliteni le petit crédit ; elles sont, à de multiples titres, facteur de prospé rite économique.Honorons leur auteur, bienfaiteur de la nation, en assurant à son oeuvre le plus fructueux épanouissement.Orner HEROUX.L’ÉNIGME GRECQUE ; " » ¦' A l’encontre de la thèse que nous exposions hier, on pourrait dire que la Russie ne s’opposa pas à la participation de la Grèce, puisque, “en novembre 1914, les ministres de Grande-Bretagne, de France et de Russie, ainsi que l’écrit le correspondant de la Gazelle de Lausanne, firent une démarche auprès du gouvernement pour demander que la Grèce offrît son appui à la Serbie.” Mais, n’est-ce pas plutôt une confirmation de ce que nous disions?Il s'agissait, en effet, à ce moment d’une action militaire sur le Danube, qui éloignait les années grecques du Bosphore.Dans ce cas, les inquiétudes russes s’évanouissaient.Quel était au moment de l’ouver-Jure des Dardanelles, par exemple, le sentiment a Athènes?Le correspondant du journal suisse en le peignant, écrit ceci: “Cependant on savait à Athènes que la Russie verrait sans plaisir les Grecs marcher à l’assaut de Constantinople.Et la Russie insistait pour que les Grecs fussent employés exclusivement contre l’Autriche ou du moins, s'ils devaient lutter contre la Turquie, pour que ce ne fût qu’en Asie-Mineure, loin de cette Byzance tant convoitée.Yenizelos avait pourtant déclaré qu’il était matériellement impossible que l’armée grecque allât combattre sur les bords du Danube.” Par ailleurs, M.Polyzoides dit, sur la même question, dans une lettre au New-York Times, en date du 22 août: “Quand la Turquie s’unit finalement aux centraux, la Grèce pour la seconde fois, offrit ses services aux ententistes, et elle fut de nouveau écartée.La Grèce, à ce moment, proposait d’attaquer la Turquie pourvu qu'on l’assurât de la coopération ou du moins de la neutralité bienveillante de la Bulgarie.La Grande-Bretagne, répondant à la proposition grecque, trouva la chose trop prématurée: la Russie n’objecta formellement à ce que les Grecs agissent contre Constantinople, qui devait être l'objectif de ta campagne; la France n'accepta qu'à condition que les troupes grecques fussent employées non seulement contre la Turquie, mais partout où le commandement suprême des forces alliées le jugerait opportun.” Lors de l’expédition des Dardanelles, la Russie n’aurait donc pas vu d’un bon oeil la participation grecque.Elle n’eut pars à se donner la peine de l’éliminer.On se souvient que l’état-major hellénique prédit l’échec de celle aventure.Il avait proposé un plan d’attaque par la Thrace et par la Bulgarie, mie, dit le correspondant suisse déjà cité, lord Kitchener devait approuver plus tard.L’état-major allié ne voulut pas cependant se conformer à ce plan.Est-il permis de croire que la Russie, qui voyait un moyen d’éviter la le plus sin-de la cause participation grecque, s’v objecta?Toujours est-il que l’armée et la floiie de Constantin resté rent hors du conflit.* * * Quand vint la campagne des centraux contre la Serbie, avec la cooperation de J a Bulgarie, on ne mit plus les mêmes marchandages ni les memes entraves à la coopération grecque.Il est vrai qu’elle n’avait pu etre dangereuse une fois la bourrasque passée et qu’elle n’aurait pu clever la voix pour des réclamations puisque, au dire de l’auteur de la le lire au Times, la Grèce eût suln le même sort que l'infortunée Serbie: elle eût été anéantie avant que les secours de l’armée alliée eussent pu lui parvenir.Plus loin, M.Polyzoides établit par des chiffres, qui paraissent irréfutables, que ce n’est pas avec1 son armée de 300,000 hommes que I,a P'L'èe?, ayant aussi le concours (¦es oS.OOO hommes de troupes anglo-françaises, arrivées à temps pour prendre part à la eamnagne de Serbie, eût pu espérer arrêter le flot vainqueur des légions germai-res.Par ailleurs, rien ne .semblait obliger les Hellènes à secourir, dans les conditions actuelles, leurs alliés, dit-il, On avait modifié les conditions du traité greco-serbe, qui.par contre, ne prévoyait pas le cas d’une guerre à laquelle participera lent des puissances extra-balkaniques.Au reste, reprend le correspon-dont du Times.est-ce que ce n'est pas grâce à la Grèce si les alliés se sent établis à Saloilique et purent se maintenir dans ce port ?La revue que le correspondant fait des avantages mie Tentente a retirés de la neutralité bienveillante de la Grèce est du plus haut intérêt.Elle explique pourquoi encore une fois on peut soutenir que ni la France, ni l’Angleterre, ni surtout la Russie ne l'inciteront à la quitter cette neutralité, gage de grands avantages pour eux.sans que la Grèce, n’ayant dépensé ni son or, ni son sang, ne puisse élever la voix au moment des règlements, du partage des conquêtes.* * * Après avoir résumé les diverses opinions que l’on entretient au sujet de ^attitude de la Grèce, personne ne semblant vouloir se douter qu’elle fût sans cesse bien disposée envers l'entente, ni dans la près, sc alliée, ni clans la presse neutre, ce même correspondant continue.: “ Telle étant la situation, on a le droit de demander : Pourouoi la Grèce serait-elle hostile envers les nations auxquelles eille doit en une si large mesure son existence ?Est-ce parce qu'elle maintient (cet article est écrit au lendemain des concessions importantes qu’elle venait de consentir en réponse à la dernière note de l’Entente) une attitude de neutralité très amicale envers elles au lieu de joindre les alliés teutons ?Est-ce que cela suffit à établir des inclinations pro-allc-mandes de la part de la nation et du gouvernement grecs ?Mais, alors, il y a des faits établissant clairement que tel n’est pas le cas.“ Depuis le début de la guerre européenne jusqu'à l'heure actuelle, la Grèce a •été l’appui cère et le plus dévoué alliée ; ses îles de là mer Egée ont servi de base à la malheureuse expédition des Dardanelles ; Saloni-que, le seul port macédonien de la Grèce, en tant (pie Ton s'en tient à des considérations militaires, a été laissé à l’usage exclusif des forces alliées opérant dans les Balkans ; tout ce que les puissances de l’entente ont demandé de la Grèce, usage des ports, des cher.ins de fer, des places fortes, tout leur a été accordé de gaîté de c.'Hir cl sans barguigner.A la Serbie, la Grèce a fournir des secours illimités de presque touU«; les sortes.‘ Pour ce qui est de la mobilisation grecque, il serait presque superflu de dire (pie sans Jes 300,000 hommes die troupes helléniques, le corps expéditionnaire des alliés dans les Balkans eût été anéanti longtemps avant d’atteindre son effectif actuel de 400,0O'I).Il est bien entendu que la mobilisation grecque fut d’abord déterminée pour la protection de sa neutralité.” Le correspondant semble se contredire, si on met cette partie de sa lettre en regard d’un autre passage que nous avons cité plus haut.Mais empressons-nous de dire que cette contradiction n'est qu’apparente.Il est vrai, en effet, qu’il prétend que l’armée grecque, si elle avait pris part à la retraite de Serbie, eût été anéantie avant l’arrivée de renforts alliés suffisants pour lui permettre de tenir tête aux hordes teutonnes et bulgares.Maintenant, il prétend que c’est elle qui a protégé contre les coups germains le corps expéditionnaire allié, d'abord quanlité négligeable, et qui semble maintenant en état de se défendre tout seul.La neutralité grecque a, en effet, arrêté les Bulgares, renforcée qu’elle se trouvait par la menace de trois cent mille baïonnettes, parce que, les Grecs, chez soi, riaient plus en état -te se défendre, qu’on espérait ensuite les gagner à la cause par d’autres arguments que les armes : on aimait mieux les avoir pour amis que pour ennemis, et on en eût fait, tout de suite, une nation hostile en violant leur territoire pour atteindre les ententistes campés à Salonique, Non sans quelque amertume, M.Polyzoides note en passant les injustices dont la Grèce eut à souffrir de la part des alliés de l’Entente.On l’accusa, en effet, de prêter ses îles comme base de ravitaillement aux sous-marins allemands opérant dans la Méditerranée, et on la surveillait seule, sans même inspecter les côtes bulgares de la mer Egée, pas plus que le littoral turc.Le correspondant repasse ces erreurs commises d’une part par les ministres de l’entente el d’autre part, par le successeur de Yenizelos.Des unes et des autres, il disserte avec une égale franchise.Nous n’y reviendras pas.Le correspondant de la Gazette de Lausanne, dans des articles que nous avons précédemment cités, les avait exposées par le menu.Enfin, pour terminer, le signataire de la lettre au Tinirs croit voir dans la reprise de' là campagne balkanique le motif d’un nouveau rapprochement entre les Ententistes et les Grecs, car les derniers éprouveront le sentiment bien légitime de faire faisceau autour du corps expéditionnaire qui, tout en défendant les intérêts alliés, écartera vraisemblablement des frontières grecques la menace honnie d’une invasion bulgare.Mais, encore une fois, à supposer même qu’Athènes offrît sa coopération, la Russie n'agirait-elle pas de sorle qu’elle soit écartée?Constantinople c’est l’os convoité par Pétrograd et sur lequel, il veille vigilamment; gare à qui ferait seulement le geste d’en approcher! Tout agrandissement de la puissance hellénique résultant de la guerre serait pour la Russie une menace.Thiers écrivait en 1841 : "Un jour pla- cés sur le Bosphore .' sur le Sund, les Russes écraseront l’Europe, l’Angleterre comprise.” Lundi nous citerons cette pièce intéressante et quasi prophétique, signée de l’homme d’Etat français qui pressentit le mieux la menace allemande et peut ne s’être pas trompé sur la future ambition moscovite.Nous rappellerons aussi des déclarations importantes qui définissent clairement les ambitions russes.Et ce sera la conclusion de cette étude.Louis DUPIRE.AU TABLEAU D'HONNEUR On nous communique cette nouvelle liste de commissions scolaires qui ont souscrit au fonds de défense des écoles bilingues de l’Ontario : Saint-Rémi.$ 50.00 St-Charles, Bas-dutSault.100.00 Lac Sainte-iMarie.10.00 Bromptonville.100.00 Brompton.50.00 Ile Perrot.• 30.00 St-Flavien, comté de Lotbi- nière.30.00 Les élèves du couvent de la Présentation de Marie- (Acton Yale) ont souscrit $25.00.Nous prions qu’on nous donne les noms des commissions qui auraient pu souscrire sans être inscrites au tableau d’honneur.11 faut que toutes y figurent.LE CONGRES AMERICAIN Le Congrès américain vient de proroger ses séances après une longue session au cours de laquelle d’assez importantes mesures ont été adoptées, il n’est pas sans intérêt de passer en revue le travail accompli et les décisions prises pendant ces quelques mois par les représentants parlementaires de nos puissants voisins.* * * On constate tout d’abord que la campagne menée par la presse et certaines personnalités, en faveur de la preparedness, ou si l’on veut d’une préparation militaire plus complète na pas été sans effet; car les sommes votées pour l’entretien de l’armée et de la marine, s’élèvent à la somme totale de 655 millions de dollars, à laquelle il Convient d’ajouter des appropriations supplémentaires devant s’appliquer à trois années, et qui portent à 800 millions le chiffre total affecté à la défense nationale.Jointes aux autres dépenses, celles de la preparedness auront aidé dans une large mesure à porter au chiffre énorme de un milliard, six cent trente-sept millions, cinq cent quatre-vingt-trois mille dollars ($1,637,583,000) le chiffre total des dépenses publiques votées à celte session.C’est le plus élevé que le Congrès ait autorisé; il dépasse tie plus d'un demi-million le budget de l’année dernière.La menace mexicaine a eu aussi sa répercussion sur le budget, car le Congrès a cru devoir créer des taxes nouvelles sur les successions, sur les munitions de guerre et sur divers produits au total de 205 millions.De plus, il a décidé de mettre en vente des obligations du Canal de Panama au total de 130 millions.C’est donc une somme globale rie 335 millions qu’il affectera au règlement de la crise mexicaine, pour peu qu'elle ne devienne pas plus tragique qu'elle ne l’est actuellement.En cas d'hostilités véritables, il faudrait compter avec une beaucoup plus forte dépense.Il est intéressant d'étudier le détail des principales mesures adoptées et comprises dans les chiffres que nous venons d'aligner.On trouve, per exemple, que l’on a Voté au Congrès 50 millions pour àa 'marine commerciale.avec l’indication suivante: “Pour faire la navigation de bateaux de commerce sur les côtes américaines ou en haute mer, lorsqu’il n’aura pas été possible de louer ces vaisseaux à des individus ou à des corporations.” On voit par lâ que le pouvoir central préfère aider au commerce maritime plutôt que de l’exercer lui-même, mais qu’au pis aller il n'iiésitera pas à se faire caboteur pour assurer en autant qu'il lui sera possible la prospérité de la marine commerciale américaine.Yoi-là uh exemple de courage et d’esorit d’entreprise que pourrait méditer avec profit nos autorités canadiennes, plus timides et moins imbues de l'amour de la pairie elle-même (pie de l'intangible collectivité impériale.Le moyen de demander des sacrifices pour une marine commerciale canadienne à des gens qui n'ont de sollicitude que pour la Nouvelle-Zélande ou les lies Orkney! La question des bonnes routes, les législateurs américains ne Pont pas oubliée.Ils ont pourvu à une aide de !.millions à être accordée pendant cinq années consécutives aux différents Etats de l'Union, à cette fin.La prospérité d’un pays dépend , en grande partie des communications entre ses différentes parties constituantes; en d'autres termes, c’est june question de routes.Et il n’est pas nécessaire d’avoir voyagé bien ! longtemps dans la Nouvelle-Angle-lerrc.par exemple, pour apprécier à ! leur haute valeur les superbes artè-jres du pays américain.(1 convenait de ne pas s’arrêter en si bon die* min c’est le cas de le dire; et ces 75 I millions ne peuvent manquer de 1 constituer un excellent placement national.La loi postale a subi quelques modifications en ce qui concerne ! (Caisse d'Epargne.Jusqu'à présent, il n'é-I tait pas permis à une seule personne d’y posséder un avoir total dépassant la limite de 50(1 dollars.Dorén vant, le petit épargniste pourra déposer un autre millier de dollars, de l’Etat une première somme allant jusqu’à mille dollars portant intérêt, et de plus il lui sera loisible de déposer un autre milliers de dollars, celui-ci ne portant pas intérêt.Ces restrictions ont pour but de réserver les avantages de la banque postale à la seule petite épargne populaire; les clients riches et les grosses sommes devront aller aux autres banques.* * * En vue d’augmenter le revenu public, le Congrès a pourvu à de nouvelles taxes d’ordre assez varié et à des augmentations de certains impôts déjà existants.Ainsi a-t-il imposé une taxe additionnelle d’un pour cent sur le surplus de vingt mille dollars de revenus annuels.On a aussi eu égard, dans celle même législation, aux revenus annuels de deux millions el plus; mais comme l’impôt sur les millionnaires de cette catégorie s’élève jusqu’à 13 pour cent de leur revenu, leur sort nous parait moins enviable qu’on ne croirait de prime abord.Notons par ailleurs que les fabricants de nipnitioms de guerre subiront un nouvel impôt gradué de dix pour cent sur leu-s profits, tandis que ceux qui, sans fabriquer d’obus ou de canons, se contentent ale préparer les matériaux propres à la fabrication de ces engins, ne seront imposés qu’au taux de cinq pour cent.Comme au Canada, les profiteurs de la guerre devront donc dégorger une part de leurs profits, dans le trésor public.Les cultivateurs de tous les pays suivront avec intérêt le fonctionnement du système de crédits ruraux que vient de mettre en vigueur le Congrès, et dont les fer-raieis américains ont déjà commencé à profiter.Ce système pourvoit aux besoins des fermiers désirant effectuer des emprunts hypothécaires à échéance plus ou moins longue et à un taux d’intérêt facile.En un mot, le fermier sera désormais en mesure de se débarras*,er du prêteur peu généreux qui l’exploite, et bénéficiera d’une législation protectrice et paternelle dont il n’aura rien à craindre pour peu qu’il soit honnête et qu’il se conforme aux règles faciles des banques hypothécaires agricoles mises en opération sous le contrôle gouvernemental.Il serait fort à souhaiter que pareilles facilites fussent offertes au fermier canadien.Dans notre province, particulièrement, l’agricultu!e en bénéficierait à un degré considérable.A la fin de la session, le Congrès a ratifié quatre traités dont le moins important n'est pas celui relatif à l’achat des Antilles danoises au prix de vingt-cinq millions.A part le chiffre élevé de celle ae-quisition, — si le Danemark finit par y consentir, — elle tire son importance de la situation géographi-(iue de ces îles, qui assurerait aux Etats-Unis la défense stratégique du canal de Panama.On n’apprendra pas non plus sans intérêt que le Canada a passé sans le savoir un traité avec sa voisine.Ou plutôt, l’Angleterre a pris avec les Etats-Unis un petit arrangement qui ne peut que nous faire plaisir, encore qu’il ait été pris par-dessus notre tête.Il s’agit de la protection (les oiseaux migrateurs, de chaque côté de la frontière canadienne.Nous sommes à ce point que nation que nous n’avons point , qualité pour protéger nos petits oiseaux.Nous voulons bien admettre que c’est dans noire propre intêrêi que Londres a agi cette fois.Mais des fois que c’eût été le contraire, comme dirait Gavroche?Beaulés du régime colonial.Ernest BILODEAU.EL0C - NOTES ANCIENNE VOIX C’est donc toi que j’entends, loi que je croyais morte, O mon ancienne et douce Voix! Je reconnais, dans le vent gris qui te rapporte, Les accents émus d’autrefois.L’heure mélancolique où fâme s’inquiète T’a réveillée au fond du coeur.Toi qui fus si longtemps endormie et muette, Meme aux sombres jours de douleur.Je me souviens.C’était au premier mois d’automne Que ton chant pur me visitait.Et voici qu’aujourd’hui, dans le brouillard, résonne Cette Voix chère qui montait.Cette Voix qui n’a pas changé, triste et pareille .4 moi qui pleure sans savoir.Et qui m’exalte aussi pour la fine merveille D’une étoile d’or dans le soir.Oui, je suis demeuré, malgré le temps, semblable, — Car je te comprends comme hier, — Puisque tu me reviens et que je suis capable D’interpréter Ion verbe clair.Vive l’automne pâle el lent qui le ramène Au fond Ue mon coeur d’autrefois! Je me sens l’esprit calme et l’âme surhumaine, Quand tu t'élèves, ô ma Voix!.Albert LOZEAU.(L’auteur publiera prochainement un nouveau recueil vers intitulé: Lauriers el feuilles a Erable.) de Pourboires Register, “que de vendre l'approvi- sionnement actuel à taux réduit, si On a cru jadis que le pourboire : demain les propriétaires de mines était une gratification donnée à ce- ] ep baissaient ie prix, à leurs houil-lui qui le recevait.Il ne reste plus j j«res,' Le consommateur perd dans que des naïfs pour s’imaginer cela.Iles deux cas."Faire les affaires Dans tel grand café new-yorkais, au i l'omnic U faut”, v xsl ne pas tenir dire des propriétaires, les garçons I compte de l'équité”.Paroles sen-qui ne reçoivent pas des clients un was.Il n y a pas qu'à Toronto que pourboire, à leur goût, laissent loin- acheteur de charbon se fasse ainsi ber à terre le chapeau ou le par-j exploiter.Il y aura du moins l'hi-dessus de celui qui ne leur paye pas!ver prochain cette ressource (pie le un tribut élevé.Et voilà comment Iconseil municipal, payant son char-on est servi, en Amérique, pays de bon de $5.85 à $6 la tonne, en achè.Ceux qui s’en vont La Gazette du Travail, dans son édition d’août dernier, affirme que, pendant le trimestre avril-juin 1916, il est entré au Canada, venant des Etats-Unis, 4,317 personnes n’étant pas sujets américains, et qu’il est parti du Canada pour les Etats-Unis 28,900 personnes dont la nationalité n’est pas américaine.C’est-à-dire qu’en trois mois, il y a eu un déficit de notre côté de 24,583, au bénéfice des Etats voisins.La plupart de ces gens devaient être, vraisemblablement, des Canadiens.Le déficit, pendant la période correspondante de 1915, fut de 16,336, toujours à notre détriment.Ceux qui affirment que les Canadiens n’émigrent plus aux Etats-Unis font erreur.Ils paraissent y émigrer en plus grand nombre, à mesure que la guerre se prolonge.De quoi cela dépend-il ?Deuxième anniversaire C’est aujourd’hui, à vrai dire, le deuxième anniversaire de la victoire française de la Marne.Nous écrivons française, puisque les critiques militaires anglais et étrangers ne réclament aucune part à cette victoire pour les troupes de French.Nous citions l'autre jour le dernier livre de M.Hilaire Belloc, de Londres, à ce propos.Voici que, de son côté, M.Frank Simonds, un des critiques américains les plus sympathiques aux alliés, dit que "l’armée anglaise n’a pas du tout pris part à la bataille de la Marne” et que "ce fut dit à des bévues de French si cette bataille ne tourna pas en une victoire décisive pour le compte des Alliés”.Il ajoute même que "le général French manqua apparemment de comprendre la situation et permit à von K luck de retirer une partie considérable de son armée, sur le front anglais, et de ne.laisser qu’un rideau de cavalerie devant les Anglais.Si French avait compris ce qui se passait, il eût été possible aux Alliés d’écraser les Allemands sur la Marne et de les empêcher de se terrer sur les bords de l’Aisne”.Les experts en stratégie militaire établiront nour tout de bon, la guerre close, s’il est vrai que French ait commis une telle erreur.Ils diront aussi s'il est vrai, par ailleurs, qu’à Ypres, ce fut un général français qui empêcha l’Allemand de passer, et non FYench.liberté et de démocratie.Notre café De quatre cents échantillons de café recueillis il y a peu de temps par les agents de l’Accise, à travers le Canada, il y en avait 340 purs, soit 15 pour cent d’adultérés.Le bon café est chose excellente.Mais le café fait du mélange de toutes sortes d’ingrédients qui ne sont ni de près ni de loin du Mocha, du Java, pas même du simple café brésilien, comme c'est ie cas des neuf-dixièmes du café que l’on nous donne comme importé de Mocha ou de Java, - • est infect.Et l’Etat devrait sévir contre ceux qui profitent de la bonne foi et de la confiance du public-pour lui vendre du blé, (les pois ou des fèves grillés, ou de la chicorée, sous des étiquettes flamboyantes qui portent en gros caractères ces mots ; Pur café.Une opinion En juillet 1909, M.Jusserand, l’ambassadeur de France à Washington, parlait en français à une cérémonie publique, sur les bords (lu lac Champlain.Comme il avait dit aux Canadiens-français présents qu'il allait leur parler “dans leur langue”, VAssociated Press télégraphiait le lendemain que l’ambassadeur français avait daigné parler aux Franco-Américains et aux Canadiens-français “dans le patois du Canada français”.Vlndêpendant de Fall River protesta ; et M.Jusse-i rand lui écrivit, le 13 juillet, une j lettre où il s’étonnait qu’on eût dit ! qu’il avait parlé patois, "puisque,” disait-il, “i'ai parlé ma langue, la ! même que la votre.” Et il ajoutait : | “Le langage des Canadiens et des 1 Français est le même langage, étant j le français.” Ceux qui parlent du French-Canadian Patois et dn Que-' bec Palois feraient bien de s’informer d’abord de l’avis des Français autorisés de France avant d’accepter au sujet de notre langue la théorie de ceux qui sc piquent d’employer le Parisian French de Toronto et dédaignent notre français.Charbon Les marchands de charbon de Toronto admettaient l’aailre jour qu’ils ont du combustible pour suffire aux commandes de leurs clients, tout l'hiver.Ils l’ont acheté il y a déjà quelque temps.Néanmoins, sous prétexte qu’il va bientôt se vendre, aux puits de mine, plu.scher cru’auparavant, ils ont déjà décidé d'en faire payer tout de suite 50 sous de plus par tonne., au consommateur.Ils expliquent cela en disant que c’est “faire les affaires comme il faut” que d’augmenter le prix du charbon pour le 'Consommateur quand il augmente à la mine, quand bien même ils en ont eux-mêmes de fortes provisions.“Cela ne serait sans doute pa,s "faire les affaires comme il faut”, note le tera des quantités considérables qu'il devra vendre au prix de revient aux gems sans grand argent, sans quoi on mourra de froid, à Toronto, grâce aux bienfaisants marchands de charbon enrichis ou en train dy faire fortune.L’origine On se rappelle cette histoire d'une conférencière ontarienne qui est allée raconter à Hamilton, d'après le World, de Toronto, qu’il y a a Montréal un marché aux enfants où il s’en vend de $2 à $5 l’un, et où les ealholiques achèteraient des petit, protestants pour les élever dans religion catholique, leur faire épouser plus lard des Ganaidiennés-frun-çaises et les établir enfin dans le NouveLOntario, afin d’y noyer i't-lément anglo-protestant.Il parait que cette conférencière a fait une jolie quête, chez les gens crédules de Hamilton, auxquels elle a raconté cette fable.Or il se trouve que le docteur Jewitt, attaché à l’ambassade américaine en Russie a trouvé à Pe-trograd, dans une publication russe prétendue sérieuse, une note sur un marché aux enfants qui existerait à Cleveland, Etats-Unis, où chaque jour un grand nombre de femmes iraient mettre en vente leurs fils et leurs filles.C’est peut-être sur ce canevas russe que la conférencière ontarienne a brodé sa légende montréalaise?Panama En septembre 1915, un éboulis, le long du canal de Panama', interrompait la cireulalion des navires et cela durait jusqu’au mois d’avril dernier.Un nouvel éboulis vient de fermer de nouveau le canal, pour on ne sait combien de semaines.Lus Etats-Unis ont dépensé plus de 350 millions pour l’ouvrir et le ren-dre accessible aux navires.Il sein- .ble que les forces de la nature les conlraindront d’en dépenser encore' des' dizaines d'au très, avant qu'il soit ouvert en permanence à la navigation mondiale.Les géologues pensent que de tels éboulis se répéteront et que rien ne pourra les empêcher de se produire, à intervalles irréguliers.Les ingénieurs français avaient du reste prévu cet obstacle.Le génie américain a cru faire nu eux que le français; i! ne parait pas y avoir encore réussi G.P.LES CONFERENCES DE M.L’ABBE GROULX Il reste quelques très rares collections des comférences sur Nos luttes constitutionnelles données, l'an dernier, par M.l’abbé Groulx.On -’eut se procurer la collection complète en s'adressant à l’auteur' (M.l’abbé Lionel Groulx.761, ave-' nue Henri-Julien, à Montréal).Prix : $1.'00, franco.CE MOUVEMENT Un groupe conservateur tente de réhabiliter son parti dans l’opinion de électeurs du Québec.Le NATIONALISTE affirme qu’il s’y prend mal,—e il le prouve.En vente de bonne heure dans la soirée, aujourd’hui, le NATIONALISTE outre cet article, publie toutes les dernières nouvelles locales, politiques e étrangères, la chronique sportive du samedi après-midi; il commence auss la publication d’un nouveau feuilleton, LA JONGLEUSE, légende cana dienne de l’abbé Raymond Casgrain.Cinq sous le numéro, partout. fWV tE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI 3 SEPTEMBRE 1916 VOL.VII.— Wo 212 LETTRES AU “DEVOIR” Nous signées, ne publions que des lettres ou des communications accompagnées d’une lettre signée, arec adresse authentique- Les correspondants anonymes s’é-I) :gneraient du papier, de l’encre, un timbre-poste, et à nous une perte de temps, s’ils voulaient bien en prendre note définitivement.LE FRANÇAIS U) lli.L’A.C.J.C.A MONTREAL St.Andrews East, 31 août Au Rédacteur du Devoir.Cher Monsieur, Une note dans le Devoir d’hier demande s’il ij a des formules fran-\ tourneront çaises pour les certificats d'in huma-< ([ne tion que.signent les coroners.Le\ (ire gouvernement en fournit et je me suis excusé auprès de M.le Curé pour ne pas en avoir eu avec moi celte fois-là.Le rapport que j’ai envoilé au gouvernement était en français.Veuillez, s’il vous plait, publier celle lettre pour démontrer au public qu’il n’y a lias eu en tout cela la faute du gouvernement.Respectueusement à vous.H.V.WALES, Coroner du District de Terrebonne.Note de la Rédaction—Celte explication excuse le gouvernement.-t truc tion, ô leurs occupations .M.le directeur du Devoir.Montréal.Dans le dernier numéro du Parler français, R.l’abbé Etienne Blanchard nous donne un bon vocabulaire des principaux lermes d imprimerie.Il sera très ulile à tous les gens du métier el dans les ateliers de nos journaux, où la langue française est vraiment un peu trop méconnue.Cependant.M.l’abbé Blanrba- d.qui dépense un louable zèle à pourchasser les anglicismes, semble vouloir no*:z en faire adopter un d'une taille assez respectable.Voici ce qu'il écrit à propos du mol circulation : “ Total de la venir d'un journal.Ve c .s confondre avec tirage." Mais si.il faut confondre ! Il faut dire : ce journal a un tirage de 100,(KM) numéros, cl non pas : une circulation de 100,000.Il ne s'agit pas de s'en laisser imposer par un mol au faux-nez français.Renvoyons-lc donc une bonne fois au vocabulaire anglais, d’on il n'aurait jamais dû sortir ! D.E.royale.pans ce travail.M.mj- maintenant.Ce ne sont pas des re-gnault fait surtout connaître la ligjeux qui les fréquentent, mais commission _ internationale çreee | (jçs laïques de tousles âges, de tou-par le traiilé intervenu entre l'An-jttîS ;es classes, de tous les métiers, glcterre et les Ltats-l nis, le_ 11) depuis des ministres et des magis- rals, jusqu’à des étudiants et de ¦ Petit Carnet ] Mc et Mme O.Lachapelle, M.et Mme Madore, M.A.Laforce, M.et Aime Power et M.Henri Glackmayer délaient les hôtes de M.J.Burns, à Montréal-ouest, dimanche dernier.•x- # * TLTKALLT-DUHALLT : Le mariage de Mlle Paule Duhault, fille de Mme L.H.Hébert, avec M.'Albert Tétrault, fils de M.et Mme ;3V.Tétrault, sera célébré à la cathédrale, le jeudi, 21 septembre, à neuf heures du matin.La bénédiction ÿmiptiale sera donnée par Sa (îran-Spleur Monseigneur rArchevéque de .«Montréal.¦» * *¦ (1 EN D RON - R H E A l : LT H On annonce pour mardi prochain, Cje 12 septembre, le mariage de Mlle [•Jeanne Rhéault avec M.Elphège Oendron, fonctionnaire municipal.La cérémonie religieuse aura lieu 2)pn la chapelle du Sacré-Coeur, de ’ITmmaruloe-Conreption, à 7 heures “du matin.Le même jour, les mariés .partiront pour un voyage à Québec et dans le golfe Saint-Laurent.¦9f ^ LALANDE-PATENAUDE c O nannonce le mariage de M.Armand Lalande, voyageur de com-vjnerce, et de Mlle Blanche Patenau-Ule, qui sera célébré en l’église Saint-’ Charles de Montréal, le 12 septembre, à fi heures et demie.* * *• M.et Mme Joseph Caron sont de ¦retour de leur voyage fie noces et .recevront dimanche, le 10 courant, ' en leur résidence, 634.rue Centre.* * * MARIAGE GU A Y-CLEROUX On annonce pour le 12 septembre le mariage de M.Wilfrid Cléroux, cultivateur de Sainte-Thérèse, avec Mlle Yvonne (iuay, fille de M.Zé-phirim Ou a y.industriel, de Sainte* Agathe-des-Monts.La cérémonie aura lieu à 7 heures 30."personne^ M.le docteur J.-G.-A.Gendreau, chirurgien-dentiste, officier d’Aca-démie, sera à New-York ce soir où il doit rencontrer M.le professeur D’Argent, directeur de l’hôpital des blessés de la face et des maxillaires, vice-doyen de l’Keole dentaire de Paris et délégué officiel du gouvernement français au Congrès dentaire des chirurgiens-dentistes du Canada, qui doit se tenir à Montréal, les 12, 13 et 14 courant.janvier 1909.Il résume d’abord j’histoire de l’arbitrage international: “L’histoire du moyen-âge nous offre des exemples notables d’arbitrage international.Ainsi le pape a fréquemment été choisi connue médki’.eur ou même comme juge suprême entre des Etats chrétiens qui se trouvaient en état tie guerre, et son intervention a le plus souvent ramené la paix entre les belligérants.De même les rois ‘de France, et notammenit saint Louis et Louis XI, ont quelquefois agi comme arbitres de conflits entre leu s voisins.Cependant la période qui nous intéresse davantage est la période contemporaine, car c’est surtout depuis le commencement du YlXe siècle, que la propagande en faveur de l'arbitra g" international a été ardente et ininterrompue”.L’auteur analyse ensuite le Ira-vail accompli aux deux conférences de la Paix, tenu • à La Haye, la première le 18 mai 1899 el la seconde le 15 juin 1!1()7.Files furent convoquées à la demande du Tzar de la Russie.Vingt six Etats furent représentés la première fois.La seconde, “quarante-quatre Etats répondirent à l’appel, mais encore une fois, le Saint-Siège n’avait pas été invité à se faire représenter (c’est sur les instances de l’Italie que le Saint-Siège fut exclu la première fois).On avait sans doute oublié, poursuit M.Mignault, dans cette Conférence qui voulait assurer la paix universelle, la parole du psalmiste: Nisi Dominas custodie-rit civitatem.frustra vigilat qui custodit ram!” La paix, tant désirée en ce moment par l’univers, ne pourra pas durer si les Etats persistent à vouloir faire reposer la justice sur la puissance des armes.Il faut que la force morale, la vraie — celle qui s’appuie sur le représentant de Dieu sur la terre.— soit connue et respectée des hommes et des peuples.L’humanité blessée saira-t-elle voir ce qui esl, saura-t-elle se tenir debout devant les puissances qui passent, et s'incliner devant l’autorité qui ne meurt pas! Nous voudrions l’espérer, au moin*.de la part des peuples dils chrétiens.M.P.-B.Mignault montre à quoi se résume la première conférence de 1899: “En présence d • difficultés d’ordre pratiqué, et des objections de plusieurs délégations, on dût renoncer à l’espoir de formuler un projet de règlement pacifi-qu?de conflits internationaux qui pût conduire à un traité d'arbitrage obligatoire et mondial.On se contenta d’adopter une déclaration assez platonique et qui se réduit à un simple voeu.” La conférence de 1907 fut plus pratique, l’auteur l’indique en étudiant ses travaux et ses conclusions définitives.Il apporte également une série de chiffres qui démontrent le mouvement ascendant des arbitrages et celui des traités d’arbitrages.“Cependant, ajoute-t-il, ce progrès notable de l’idée de l’arbitrage international semble avoir abouti à ta plus grande guerre des temps anciens et modernes.Ce n’est pas là une raison de ne pas reprendre à neuf, et avec une nouvelle ardeur, l’idée du règlement pacifique des conflits internatio-1 nieu simples ouvriers.“Or, la même impression se rencontre en chacun d'eux.Si plusieurs se trouvent un peu dépaysés le premier jour, dès le deuxième tous sont conquis et voudraient prolonger les heures qui fuient trop tôt a leur gré."L'n très long article, écrit Pierre Gerüer, au Conseil fédéral de FA.C.J.F., en 1905, ne suffirait pas à rappeler, meme imparfaitement, ce que l’expérience universelle a révélé de la merveilleuse puissance de ce recueillement de deux ou trois jours pour faire pénétrer dans 1 âme la piété, la générosité, l’invincible force qui font le chrétien véritable.et combien loin d'être aride el difficile, il est plein d’attrait et de douceur.” “A quoi attribuer ces sentiments?Au bien-être que l’on éprouve à se sentir hors du bruit et de la foule, débarrassé de toute occupation, dans le calme et la paix d’une maison religieuse : au charme aussi de cette vie eu commun d’hommes de même profession, souvent de même mentalité ; mais par-dessus tout, aux grâces particulières que Dieu sc plaît à répandre avec abondance sur ceux qui viennent le chercher dans la solitude.Que d’âmes ont été ainsi éclairées, relevées, transfigurées ! C’est l'a c corn plissement de la promesse divine: Duca meant in solitiidinem et loqiiar ad cor ejns : Dans la solitude je parlerai au coeur de l'homme.“Langage tout spécial, inconnu du monde.Langage doux et fort qui terrasse et (pii relève, qui éejaire, qui enchante, qûi fortifie.“Mais n’entreprenons pas d'en détailler les effets.Ces choses-là se PETITES ANNONCES SITUATIONS VACANTES On demande un .instituteur ou institutrice possédant certificat ou diplôme modèle de deuxième classe, pour la Saskatchewan, capable d’enseigner le français et l’anglais.S’adresser à J.1.Brûlé, sec.-trés., Albertville, Sask.Le.s étudiants m; autres jeunes gens de bonne famille trouveront, à prix modéré, chambre et pension, à Maison St Joseph, HW, Lagawhe-tière-ouest._______________ ________ PHARMACIEN — Assistant-pharmacien ou élève ayant deux ou trois ans d’expérience, aussi un élève sans expérienceAS’adresser chez Le-cours et Lanctôt, 310 Sainte-Cathe-rine-est.A LOUER —- A LOUER — 1850 rue Clarke (App.offre).Joli appartement.7 pièces, chauffé.Poêle à gaz, glacière et élec-t’oliers.S’adresser au concierge ou.v'8fi2 rue Clarke.^ ^ A LOUER — Haut de maison.327.est rue Sherbrooke.S’adrç^eij à liq-gène Brun eau.97 Saint-François-Xa-vier.Tél.Main 1809.___.________ MAISON A LOUER.— Angle des rues Marie-Anne et de Lanaudière, en face du nouveau couvent de Ma-rie-Immaculée, 7 pièces, chambre de bain et passage, ménage récemment fait, valant $18.00 par mois, à réduction.S’adresser à J.-W.Guérin, St-Louis, 2404.f CARTES PROFESSIONNELLES ET CARTES D AFFAIRES ) AVOCATS TiL Main 4571, 4572.J^P.BELAIR AVOCAT — PROCUREUR CHAMBRE 411 EDIFICE BANQUE D’EPARGNE 180, S.JACQUES Hurcaa do soir i St-Eustache.Casier postal 356.— Adresse télégraphique» “Nnhac.Montréal'*.Tél.Main 12*0-1251.Codes î Liebers, West.Un.C.H.CABAN, C.R.AVOCAT BT PROCUREUR Edifice Transportation — Rue Saint-Jacques LÔREN Z O CA M IR AND AVOCAT, Chambre IZ S7 rue S.-JACQUES Kdifice Banque d’Hochelaga Tél.Main 1422 222 RENE CHENEVERT AVOCAT Saint-Jacques Main 4019 es ne sauraient séxpli- Le numéro d’automne de “Thrift” est paru.Si les questions de maisons, de sites résidentiels, d’obligations, d’hypothèques, d’assurances, de construction, d’immeubles, etc., tous intéressent, tous deTries enroyer votre nom et demander immédiatement un exemplaire.Pourquoi ne Tiendriez-Tous pas nous toit aujourd’hui et Tisiter nos banlieues d’accès rapide de la riTe du lac à Dixie, à Dorvai, à Strathmore, à Valois et à Lakeside?Fixez un rendez-vous par téléphone.MARCH TRUST COMPANY 150 S.-JACQUES MAIN Î1T9I.IZ, ,nné«.Actif, plu, d, 14,0(10.0»* pro- B.A VENDRE AUTOMOBILE A VENDRE.— Overland, 1916.5 passagers, à vendre.On prendrait une Ford en échange.S’adresser 460, Bloomfield, ou tél.Rockland, 528.A VENDRE.— Place d’été, élevée, de santé, 23 milles de Montréal, eau de source dans la maison, près de la gare.Terrain, 200 de front x 240 de profondeur.Dix pommiers, vignes, fraisiers, etc.S’adresser à Mme J.Cote, St-François de Sales, Co.Laval,’ Que.COIN COMMERCIAL DE 1er ORDRE A vendre à bonnes conditions Fn magasin à rayons, établi depuis 7 ans, dimensions 60 x 125 pieds avec cave cimentée de 10 pieds de haut et finie de première classe; 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Les heureux citadins qui engloutissent nos fines anguilles.dorées par le “fumage”, aimeront peut-être savoir par quelles manigances les anguilles leur tombent toutes rôties dans la bouche.Cette ¦émouvante industrie procure deux genres de plaisir, celui du spectateur, celui de l’acteur.Comme la plupart des citadins qui diamantent notre paisible Coteau de leurs villas, je fus longtemps spectateur.Si l’on savait quel plaisir délicat! Tous les soirs, “notre morceau” de fleuve Saint-Laurent se pare de constellations.Vers sept heures du soir, les chaloupes se détachent du rivage et se dirigent lentement vers les “chemins d'anguilles” Ce sont les routes fluviales où les “mannes” forment à la surface de l’eau de petits nuages d’insectes assourdissants.L'anguille adore ces sillons nourriciers.Vers sept heures et decide.les lampes s’allument à la proue des barques, un peu comme au firmament bleu s'allument l’une après l’autre, les étoiles toutes neuves comme de beaux sous dorés.Quand tous ces feux ont paru, je ne connais pas de plus beau spectacle.Sur l’amphithéâtre que le fleuve ouvre dans la baie du Coteau, les points lumineux forment un demi-cercle d’étoiles qui dansent, un groupe joyeux de feux-follets qui se trémoussent: c’est la couronne de Sa Majesté le fleuve Saint-Laurent.Qupjfid il se fait tard, 1rs chaloupes quittent une à une le centre de la constellation: on dirait des “étoiles filantes”.Elles filent vers le rivage, et bientôt le dernier feu s'éteint qui teignait tout à l’heure le fleuve de son or fauve.Tous les soirs notre fleuve met sa parure; le soectacle se complique du fait que l’arc lumineux formé le soir par le canal de Soulanges fait le tour du petit groupe d’étoiles dansantes.Al a s on voit deux étages lumineux: c’est un peu comme ces demeures illuminées oû les lanternes chinoises dansent au bas de la galerie, tandis que le haut s’éclaire d'un somptueux cordon d’ampoules électriques.En vieillissant, les goûts changent, et j’ai voulu l’autre jour varier les émotions: je me suis fait acteur: histoire de s’enrichir l’imagination et d'orner sa» palette de nouvelles couleurs.Je me suis embarqué dans ces petites étoiles et j’ai voulu rêver, comme dormait le cygne de Sully Prud’homme, Entre deux firmaments.Toutes les barques ont un gréement semblable: une ancre à chaque bout pour les tenir droites dans le courant; un compartiment spécial' pour la foule grouillante des “innocents” reptiles; une lampe renfermée dans une boîte triangulaire et fixée à l’avant; puis le dard.Il est fait d'une pointe aigüe enfermée par deux fourches qui biaisent chacune de leur côté; un manche de bois au bout et une corde que l'on attache au poignet de la main droite.C’est curieux, de se trouver au milieu de ces pêcheurs et de songer un peu.Au loin les feux du village nous rattachent encore un peu à la terre des vivants; mais, sans cela ! Les barques s’éloignent un peu les unes des autres, dix pieds environ; à la proue de chaque nacelle, debout derrière sa lampe et le dard à la main, *e tient le pêcheur anxieux; de temps en temps un glou-glou sonore signale un exploit quelque part; fréquemment une voix s’élève qui turlute une chanson canadienne, et le’choeur de ces voix rudes Irouble dans son action la descente des vagues mou-1 tonnantes; ainsi se passe toute une' soirée, au milieu des •'éléments cal-i niés.Quel plaisir d’artiste! Toutes ees' silhouettes qui se dressent à l’avant| des barques dansantes, ce geste | fréquent du bra’s qui lance le dard comme l’archer antique sa flèche,] ces plaisanteries qui courent d’une chaloupe à J’autre, ces chants qui ] dominent la voix des flots, tous les‘ éléments se retrouvent enfin d’une jouissance esthétique.Et l’on se demande par quelle illusion, quand nous regardions tout cela du rivage.ne nous apparaissait qu’une partie du spectacle, le cercle d’étoiles.Mais nous avons dardé! .Vous vous tenez à l’avant de la chaloupe.les yeux tendus et le dard préparé; pour cela, il faut disposer le dard de telle façon que le corps flasque de l’anguille s’encastre entre les deux fourches, pour être transpercé par la pointe.La lampe est l’accessoire indispensable : non pas que la lumière attire les anguilles, car elles descendent au hasard, mais parce qu’on ne les verrait pas autrement.Cette lampe couvre de ses rayons révélateurs un rayon d’environ quinze pieds à l’avant et cinq pieds de chaque côté.Avec de bons yeux, rien ne vous échappe de ce qui traverse cet espace.Les anguilles, tapies pendant le jour au fond du lac Suint-Françots, se lèvent, surtout après les chaudes journées, et descendent le fleuve à la surface de l’eau; vous les voyez venir de loin: elles descendent presque toujours nu fil de l’eau, rayant de leur dos ç#*r les traînées lumineuses de la lampe ou les reflétant sur leur ventre blanc; elles passent immobiles, et si lentes que vous avez le temps de les viser soigneusement ; quelquefois, elles descendent la vqueue la première et profondément endormies; d’autres fois, elles sont enfoncées un peu dans l’eau, mais vous les voyez toujours passer; sitôt qu’elles sont à votre portée, vous lancez le dard et le laissez aller jusqu’au bout de la corde qui reste à votre poignet; vous ramenez ensuite le dard, et presque toujours l’anguille est au bout.Un raclement sec contre le banc de la chaloupe et l’anguille tombe dans le compartiment; sans un regard de pitié, le pécheur retourne faire de nouvelles victimes.Ces pauvres anguilles, bien que traversées par le dard, se débattent passablement et vous éclaboussent sans merci.Si le pécheur darde un peu trop au bout de la queue, c’en est fait de sa capture, et l’anguille s’échappe avec un saut de joie, quelquefois de surprise, quand vous l’avez réveillée.Dans les bonnes soirées, un pêcheur habile empile jusqu’à cinquante anguilles.Un peu plus, et sa chaloupe coulerait à pie.Je n’ai pas encore parlé de la lune, dont la délicate lumière prend sa place chez les peintres dans tous les tableaux nocturnes : c’est qu’elle est nuisible ici.Ses reflets aveuglants sur les lames fugitives empêchent de bien distinguer les anguilles et les soirs sans lune font la joie de ces pêcheurs.Vers onze heures, les chaloupes reviennent, avec leurs anguilles ; ces poissons ont la vie bien dure, car, malgré la blessure béante laissée par le dard, elles continuent de s’agiter jusqu’au lendemain matin.Les pêcheurs vendent leurs anguilles à un industriel du village, qui les “fumera”; avec ce commerce, nos vieux “loups de mer” augmentent leur mince pécule.La saison commence vers le quinze de juillet et se prolonge quelquefois jusqu'à la mi-septembre.Cette industrie du “fumage” est bien simple.Les anguilles, recueillies au domicile des pêcheurs, s’empilent le matin dans une immense tonne d’eau; deux experts, armés de couteaux bien tranchants, s’emparent de l’anguille, lui fendent la peau sur le dos et la lui enlèvent prestement; ils l’éventrent ensuite, la nettoient, et la quittent, quand il n’en reste que deux larges bandes de chair retenues par l’épine dorsale, le “reinquier”, dans leur langue.Deux autres s’en emparent alors qui les étalent sur des tables et les salent consciencieusement; le propriétaire lui-même se réserve enfin l’opération sacro-sainte du “fumage”.Ury?petite cabane, toute noircie par la fumée et calcinée par la base, renferme les anguilles enroulées sur une poutre ronde; un feu violent lèche leurs chairs molles et, après deux heures de ce “fumage”, elles sortent rissolantes comme une dinde du jour de l’an.Le bateau en amène de grosses boîtes sur vos marchés, messieurs les citadins; vous les dégustez, n’est-ce pas?Et dire que pas un habitant du village n’en mange.Il suffit que ça vienne de chez nous, alors ça ne vaut pas grand’chose.On aime mieux les produits fort quelconques, mais venus d’un lieu loin.J’aime cette industrie, parce que la science et le progrès modernes ne s'y sont pas encore fourrés, pour lui enlever le charme simple qui s’en dégage.Continuez, pêcheurs d’anguilles! Balancez enco re vos gracieuses nacelles au rythme berçant de la vague; ouvrez vos yeux rêveurs aux beautés de la nuit; plongez vos harpons dans le corps souple de l'anguille; mêlez au bruit des flots, l’harmonie de vos voix graves.Artistes inconscients, vous savez goûter les beautés de votre pays.Oh! loin de moi, vie mo derne avec ton enfer bruyant! Que je revienne, tous les soirs, avec les pêcheurs d'anguille, rêver dans la belle nuit.LION DU LAC.L’HEUREUSE CHUTE Le dernier numéro du Passe-Temps (360) contient neuf morceaux de musique dont voici les titres: / lo Ma Valse, morceau inédit poulie piano, par l'auteur de “(iavotlc Rose”.2o L'Heureuse Chute, mélodie interprétée par Victor.3o Pro Patria, chanson' patrioti que d’Henri Miro.4o Les Vacances en Déroute, chanson d’enfant par Auguste Charbonnier.5o Hymne à la Gaîté, mélodie inédite de A.Fassio.6o Laissez-moi Dormir, mélodie célèbre d’Ernest Lavigne.7o Adam fut un pauvre homme, chanson reconstituée par A.Charbonnier.8q Complainte du Juif-Errant, publiée sur demande générale.!)o Boy Scouts March, pour le piano.Aussi “l’Art du Chant”, d'après les meilleurs auteurs — 9c leçon.Un numéro, 5 sous; par la poste, 6 sous.Abonnement, un an, Canada $1.50; Etats-Unis, $2.00.Adresse: Le Passe-Temps, 16 Craig Est, Montréal.Catalogue de primes envoyé gratin.roc.EPILOGUE Placez à mon côté ma plume, Sur mon front le Christ, mon orgueil ; Sous mes pieds mettez ce volume ; Et clouez en paix le cerceuil.Après la dernière prière, Sur ma fosse plantez la croix ; Et si l’on me donne une pierre, Gravez dessus : J’ai cru, je vois.Dites entre vous : “H sommeille ; “Son dur labeur est achevé Ou plutôt dites : “Il s’éveille ; “Il voit ce qu’il a tant rêvé.” Ne défendez pas ma mémoire, Si la haine sur moi s'abat : Je suis content, j’ai ma victoire, J’ai combattu le bon combat.Ceux qui font de viles morsures A mon nom sont-ils attachés : Laissez-les faire ; ces blessures Peut-être couvrent mes péchés.Je suis en paix, laissez-les faire ! Tant qu'ils n’auront pas tout vomi, C’est que, — Dieu soit béni, — poussière, Je suis encor leur ennemi.Dieu soit béni ! ma voix sonore Persécute encor ces menteurs ! Ce qu’ils insultent, je t’honore, Je démens leurs cris imposteurs ; Dans leurs prisons et dans leurs fanges A leurs captifs je peins le jour ; Je frage un chemin aux bons anges Vers les coeurs où naîtra l’amour.Quant à ma vie, elle fut douce ; Les ondes du ciel font fleurir Sur l’aride pierre la mousse, Sur les remords le repentir.Dans ma lutte laborieuse La foi soutint mon coeur charmé ; Ce fut une vie heureuse.Puisque enfin j’ai toujours aimé.Je fus pécheur, et sur ma route, Hélas ! j’ai chancelé souvent ; Mais, grâce à Dieu, vainqueur du doute.Je suis mort ferme et pénitent.J’espère en Jésus.Sur la terre Je n’ai pas rougi de sa loi ; Au dernier jour, devant son Père, Il ne rougira pas de moi.Louis VEUILLOT.QUELQUE CHOSE DE GRAND.Quelque chose de grand monte sur le pays.Sera-ce un homme, ou bien un principe, ou bien un homme appuyé sur un principe?Ceux qui ont l’entendement clair et qui ont examiné l’histoire n’ignorent point que les aspirations s’incarnent, que l’ambiance se solidifie et que le spirituel aboutit à se frayer un sûr chemin dans Inorganique.Les crises antérieures de notre pays ont donné Jeanne d’Arc et Napoléon, la première aussi pure et permanente que le second fut mêlé et caduc.Sans pouvoir aucunement déterminer le fruit moral et vivant de la crise actuelle, crise au moins égale aux précédentes, nous pouvons néanmoins conjecturer sa venue et l’immense changement, dans tous les ordres qui en résultera.Le sentiment du péril de mort qu’a coum la France a été, on peut le dire, dans tous les coeure.Chacun de nous, pendant trois semaines, du 23 août au 15 septembre 1914, a pu croire la patrie submergée, pillée, ruinée, puis asservie, a pu mesurer l’horreur d’une telle menace.Succédant à l'unanimité valeureuse de la mobilisation, cette perspective soudaine a soulevé la vague de résolution inébranlable à laquelle fut due, en grande partie, la victoire salvatrice de la Marne.La raison nationale, depuis quelques années, avait fléchi et la leçon, cependant tragique, de 70-71 s’était effacée.Les vieux se dirent: “Mais quel bandeau était donc tombé sur nos .yeux! Nous avons vécu dans la pénombre, un armistice de quarante-quatre ans, voilà tout.” Les jeunes songèrent : “Fausse chanson que celle de la paix à jamais assurée, dont on avait bercé nos oreilles, il nous faut maintenant courir au^ armes avec une double ferveur”.Les premiers n’étaient pas sans remords, les seconds furent sans reproche.Saignante encore à notre flanc, l’Alsace-Lorraine arrachée montrait à tous ce (pi'esl la servitude allemande et le supplice de l’annexion aux Barbares .Tout, oui tout, plutôt que cela! Suprême service rendu par les provinces captives à ceux qui allaient se sacrifier pour les conquérir.Cette fièvre héroïque el lucide du début de la grande guerre, formée d’impresions aussi ardentes, eût déjà suffi à semer dans notre peuple le germe sacré.Quiconque a entrevu, fût-ce en éclair, son esclavage ou sa disparition par sa faute, quiconque s’esl ressaisi n’est plus le meme.C’est un grand sign qu’aucune explosion de joie popn laire n’ait suivi la grande délivran ce du 12 septembre 1914.Le ft cond repliement des âmes s’opér dans Je recueillement, et l’actio de grâces fut intérieure.Magnifi que promesse d’avenir! Depuis, la France a connu le len effort et le sacrifice quotidier Chaque famille a eu ses alarmes, se alternatives d’espérance et de erair te, ses illusions, ses déceptions, se deuils cruels.Séparés pendant d longs mois, ceux qui s’aimaient o qui avaient l’habitude de vivre er semble ont réfléchi à la nécessit inexorable, qui relâchait et brisai tant de liens.Sans doute le pay était sauvé, mais les existences de meilleurs parmi ses fils demer raient mortellement exposées, mai une volonté tenace et sans murmi re était nécessaire pour sortir d la terrible lutte à notre avantag( pour récupérer le terrain perdi Succédant au puissant frisson in liai, à la double transe de sens cor traires, cette tension chroniqtu cette trempe des âmes et des corp n’est pas moins lourde de présage ¦On dit des sentiments qu’ils nai; sent et qu’ils meurent.Mais chs cun sent et sait qu’ils ne meurer pas tout entiers.Collectifs, ils s conjoignent en s’épurant, et il rei te d’eux de magnifiques figu"e suspendues en ex voto au-dessus d l’histoire, ou en inclusion dans dï oeuvres d'art, ou signifiées par u humain, et à nouveau génératrict d'actes.Certains s’en vont annonça» qu'après une pareil'e secousse 1 pays reprendra son train-train d’i vant la guerre et ses petites qui '•elles de parti.Il n’y a qu’à voi l’effet que nous font déjà celles-! pour juger de leurs perspective quand les circonstances géant que nous traversons auront pr leurs véritables dimensions.Ce si ra au-dessous de LHiput, au-dessoi des trames ridicules des petits pyj mées cherchant à lier le co’os» étendu.O”, le rnlosse sera debou D'autres affirment qu’il somnoler après tant de fatigues.[Vaut™ qu'il recherchera les di*:tractior et la volupté facile.Peut-être, ma celfe lassitude ou ce désir do dive tissement ne seront pas le princ pal.un principal qui apparaît d jà dans les regards de beaucoup i combattants, dans leur mâle alli rc, dans leur activité intellectuel! A ce point de vue, la guerre i tranchées est un vaste réservoir c méditations.Toutes ces méditi lions doivent se rejoindre en u point créateur, en un centre de gi nèse.Ainsi les rayons converger dans un miroir.D'ailleurs, pour qui veut voir, ce te grandeur est déjà partout diffus et dans tous les milieux.Les enfant ces sûrs réactifs de l’ambiance, soi jonummiiiiiHimmiaS Grande ouverture de modes d’automne et promenades de modèles vivants Tous les jours la semaine prochaine, de 2.3'0 à 4.00 p.m., et samedi soir de 7.30 à 8.45 fl II nous fait plaisir de vous inviter à assister à cette introduction de nouveaux modèles pour l’automne mil neuf cent seize, fl Les nouveaux costumes, manteaux, mantes, chapeaux, blouses, fourrures, gants, bas, sacoches, voiles, tout ce qui contribue à l’élégance de l’ensemble, sera disposé en un magnifique étalage, de façon à ce qu’on découvre et saisisse les changements marqués et les divisions de styles qui ont vogue à Paris et à New-York.([ A titre de renseignement, avant que vous veniez étudier ces modes, nous vous dirons que les meilleures maisons de New-York se sont efforcées, cette année, avec un succès inaccoutumée de répondre aux exigences d’un chacun.fl Les nouveaux modèles seront étalés de façon très artistique, au troisième—la plus grande longueur de plancher de magasin, au Canada.Il y aura un orchestre.ALMY'S jj Les modes de cette saison s’inspirent surtout des styles Second Empire, Louis XV, Moyen Age et des costumes des paysans russes et polonais.1= mwm Tr^r.^n-w rs* n» K7\n a.txj^ ry ’rîiiiiiimmimiuimitiiimriiituiiiniiniuiinmnii; VOICI VENIR LES TEMPS FROIDS Songez-y dès maintenant, afin de n’être pas pris au dépourvu.Songez à vous procurer un bon poêle qui réchauffera votre demeure, tout en vous donnant le meilleur service comme poêle de cuisine.SM Comme nous déménageons bientôt, nous annonçons une Grande vente à rabais de tous nos poêles, Notre assortiment est un des plus considérables et des plus variés que vous puissiez trouver.Nous vendons le fameux poêle Silver .Star, le plus joli que puisse rêver une ménagère; aussi le poêle combiné à gas et à charbon.Nous vous offrons de plus, durant cette grande vente avant le déménagement, un bel assortiment de fournaises de toutes dimensions, à des prix très réduits.Profiterez-vous des avantages spéciaux que nous offrons durant cette grande vente?m M.ROBERT & CIE 618-est avenue Mont-Royal Tél.Saint-Louis 162 îssus d’eux-mêmes, précocement s.Ils tiennent des propos de pe-lomtnes.Les qualités ou les dé-ont monté d’un ou de plusieurs s, ainsi que les vertus et les vi-La pudeur sacrée, qui est dans a augmenté ici la dignité hu-ie, là l’hypocrisie.Le rabougris-•nt moral est plus rare et les s de toute catégorie, dans rêne.comme dans l’avarice, com-lans la peur, ont une tendance a ssinniler.Le cabotinage n'est pas mode.Regardez avec quelle ex-•dinaire réserve sonl portées les rations les plus méritoires.On t que le sombre génie de la guer-hissé choses et gens à un autre ju, imprimé une nouvelle in-on à tout l’animé ainsi qu’à tout aimé.Les cathédrales emiplis-le ciel; les arbres ont aussi leurs ’rances et leurs mutilations; de es paysages sont bouleversés de en comble.Gomment ce qu’il y plus précieux, de plus malléable as, la conscience humaine, ne sell pas labouré et transformé à tour?silences effrayants de la guerre! Morts indignés ou paisibles, éîon-ous leurs croix de bois, mais [’exemple traverse la terre.Les MAr-îrenÂ*, 1 s-V i tv 4 i J, I LANGEVIN & L'ARCHEVEQUE LIBRAIRIE, PAPETERIE, IMPRIMERIE ET RELIURE SPECIALITE : ameublements et articles de bureaux, bibliothèques à sections, coffres-forts, meubles classeurs, dactylographes.Estimés et renseignements complets sur demande Votre visite est sollicitée 8 et 10 tue Saint-Jacques, Tél, main 1948,., blessés, muets ou à peine gémissants cent, à n’en pas douter, de foutes les entre leurs draps.Tous ces silences inflexions françaises et selon le prépréparent une voix puissante, qui au-1 cepte pasealien, elle se moquera de ru son écho en eux, qui s’appuiera j l'éloquence.N sur eux.une voix sachant réveiller, ressusciter, reconstruire, une voix raisonnable, de bon conseil, passionnément suivie et obéie.Elle aura l’ac- Quelque chose de grand monte sur le pays.LEON DAUDET.(L’Action Française).11 LE DEVOIR, MONTREAL, SAMEDI 9 SEPTEMBRE 1916 VOL.VIL — No 212 CHRONIQUE DE LA GRANDE GUERRE ! EN MARGE DE LA GUERRE Le long du front PAR Joseph-Papin Archambault S.J.Un bombardement — Spectacles désolants — Dans la redoute du colonel — Un brasier — Avances prussiennes — La descente d‘un zeppelin.Retournons encore au front.Les enfants de France ont beau se con-üuire en braves petits croisés el lut-ter vaillamment à l’arrière pour le salut de leur patrie, nos pensées ne peuvent se détourner longtemps de la ligne de feu.Les lettres d’ailieurs des combattants nous y ramènent sans cesse."Nous avons été soumis, écrit un jeune religieux, ces jours derniers, a un bombardement tel que je n en avais jamais vu.Gela a commence le soir par une rafale qui a tue un de nos camarades.Le lendemain nous lui avons fait un cercueil, chose rare en ce, moment où il y a tant de morts, et nous sommes allés le conduire au cimetière.Un aumônier d un régiment voisin était venu présider à l'enterrement, car au quartier général nous n'en avons pas et nous sommes bien privés îles secours religieux.Jusqu’à ces derniers temps, le bombardement était intermittent et je n’ai même pas pu franchir la porte; tout était en feu à l’intérieur et on n’entendait plus un cri.” Il arrive cependant dans certaines régions que les Boches ne se lancent pas à l’assaut avec autant d’ardeur.On en a même vu envoyer des souhaits de bienvenue au lieu de grenades et demander des trêves.“Cette nuit, rapporte un autre soldat, nous avons fait exploser un camouflet: les Boches n’ont pas nérale des nouvelles de notre vieux Montréal.Au nom de tous continue, et merci.Oeux jours après la réception de ta lettre, le courrier m’a rernis ton paquet de Devoir qui avait un embonpoint des plus respectables.Deux mercis.C’est un gaillard qui se porte à merveille, car si j’ai bonne mémoire, il n’a pas encore tout à fait sept ans.Nous lui pvésentons nos hommages comme à une vieille personne, mais nous le traitons comme un enfant gâté, et il est toujours sur les genoux de quelqu’un.Je pourrais laisser mon tabac ou ma bourse à la vue sans crainte, mais, “safety first”, jusqu’à ce que je l’aie iu, je suis obligé de cacher mes Devoir dans ma paillasse.Mais je ne suis pas égoïste et chaque numéro lu est à la disposition de la chambrée et trouve toujours un lecteur empressé.Sous prétexte que c’était un journal de “front”, bougé.L’autre jour, iis sont venus phjsieurs ,.ont pris d’assaut.Pas-plusieUrs, jusque sur le parapet de ^ la tranchée.Parmi eux, un officier, coiffé d'un calot vert et qui criait ; “Vous autres, chasseurs français, nous chiMseiurs, mais pas Boches, chasseurs prussiens!” Plusieurs balles qui lui ont sifflé à l’oreille lui ont tait baisser la voix.“Croiriez-voiuis que lorsque notre corps d'année est venu, après Verdun, prendre les tranchées de Champagne, un taube a laissé tomber un papier sur les batteries de nos artilleurs, rédigé avec une politesse rare : “Nous souhaitons la bienvenue au 21e corps?” Ces gens-là ont des espions partout; ils sont au courant de tout; et chose bizarre, cette fois-ci encore, nous nous sommas trouvés nez à nez avec le .le chasseurs prussiens qui quit-L talent les tranchées d’en face juste sons.J’ai lu avec plaisir que votre salaire avait été augmenté, ma foi, je me réjouis avec toi, car, même en temps de guerre, le vil métal jaune n’est pas à dédaigner.Le coût de la vie n’a pas dû diminuer par le fait de mon départ, dis donc.Quand tu liras ma lettre, tu auras sans doute fait ton premier voyage à Paris, me disais-tu.Bien deviné, vieille branche.J’étais en congé le 14 juillet et j’en ai profité pour aller voir la urande parade, et sois persuadé que ce spectacle, dussé-je vivre cent années, restera profondément gravé dans ma mémoire.Si l’événement était impressionnant, mêlée pour le plus froid des neutres, imagine-toi si, en montant l’échelle des sympathies, mon coeur de Français-Canadien en a ressenti iju ij en i e.Mfi «m auiimui.t - en laoc de Vai quartier où nous sommes cantonnes pujs avant_hier et qui n'avait pas été marmite de- de :e ne ,sais ’ v0,]a qU a.qUi sont (|( WSôurie'en riÜent critiî un ser«ent UVeroflt Plus bas .„Ua i ?^ brevets canadiens et américains récemment obtenus par 1 entremise de MM.Marion et Ma-non, solliciteurs de brevets, Mont-mib Canada, et Washington, D.C., Tout renseignement à ce sujet scia fourni gratis en s’adressant au Donné1 ‘ affaines 1>lms haiû men-CANADA.171’415 — Joseph Nap.Piché, St-Basile (Porlneuf), P.Q.Sauve-leur d’incendie.l/MPl— Hector Daoust.Lachine, I -Q reuille pour lettre et en-_yeloppe combinées.171,552 - K.E.Ericsson et G.\\\ Dahlstrom, Stockholm, Suède.Commutateur automatique pour systèmes de téléphone.1/1,574 — Dennis Donovan, Montreal, P.Q.Filet protecteur pour voiture.171,615 — Ernest \V.Potter, Yeovil, Angl.Engin à combustion interne du genre double cycle.1/1,645 — Dr James L.Warren.Montréal, P.Q.Carburateur à eau.ETATS-UNIS, 1,194,625 — John F.Hayes, Consort, Alberta.Engrenage pour essieux de voitures, particuliè-rumeut automobiles.' COUR SUPERIEURE In re La Compagnie Brodeur, Limitée, une corporation légalement constituée ayant son siège social en la cité de Montréal, En liquidation ; et Edouard Henri Merrill, des cité et district de Montréal, comptable, et John J.Hob son, de la cité de Westmount, district de Montréal, comptable, Liquidateurs-conjoints.AVIS est par les présentes donné que les immeubles ci-après décrits appartenant à la Compagnie en liquidation nommée ci-dessus, seront vendus aux enchères au bureau de MM.Hicks & Cie, encanteurs, licenciés, No 117 rue Notre-Dame-Ouest, à Montréal, le JEUDI, VINGT-HUITIEME jour de SEPTEMBRE mil neuf cent seize, à ONZE HEURES de l’avant-midi, le tout suivant autorisation donnée par la Cour supérieure, à Montréal, le 13 juillet 1916.DESIGNATION ï Un emplacement ayant front sur la rue Sainte-Catherine Est, en la cité de Montréal-, ontenant quarante pieds de largeur sur cent quarante pieds de profondeur, le tout mesure anglaise et plus ou moins—avec la maison et autres dépendances dessus construites, portant ci-devant les Nos 1488-1490 et 1492 de la dite rue Sainte-Catherine est et maintenant les Nos 558-570 et 572 de la dite rue Sainte-Catherine est; le dit emplacement composé: 1— De tout le lot de terre connu et désigné sous le numéro six cent (600) sur le plan et au livre de renvoi officiels du quartier Saint-Jacques de la cité de Montréal, contenant d’après les dits plan et livre de renvoi officiels du dit quartier Saint-Jacques de la cité de Montréal, quarante pieds et six pouces de largeur par soixante et dix-neuf pieds dans une ligne et soixante et dix-neuf pieds et trois pouces dans l’autre ligne, soit une superficie de trois mille deux cent quatre pieds.2— De la moitié sud-ouest du lot de terre connu et désigné sous le numéro cinq cent quatre-vingt-dix-neuf (599) sur le plan et au livre de renvoi officiels du dit quartier Saint-Jacques de la cité de Montréal, située en arrière du dit lot numéro six cent sur le dit plan, contenant icelle partie de lot environ quarante pieds de largeur sur soi-xante-et-un pieds et six pouces de profondeur et étant bornée: d’un bout par le lot de terre sus-décrit, numéro six cent sur le dit plan; l'autre bout par partie du lot numéro cinq cent quatre-vingt-dix-huit sur le dit plan; d’un côté, partie par le lot numéro cinq cent soixante et dix-neuf, partie par le lot numéro cinq cent quatre-vingt sur le dit plan, et partie un sur le dit plan; et d’autre côté, partie par le lot numéro cinq cent quatre-vingt-dix-neuf sur le dit plan, ayant front sur la rue Wolfe, et partie par le lot numéro six cent un sur le même plan.Et avec aussi et sujet h un droit de passage à perpétuité à pied et en voiture dans une ruelle ou passage de dix pieds de largeur, mesure anglaise, établi sur le lot numéro cinq cent quatre-vingt-dix-neuf sur le rlit plan le long de la ligne sud-est de ce lot pour communiquer de la rue Wolfe jusqu’à l’arrière partie du dit lot numéro cinq cent quatre-vingt-dix-neuf sur le dit plan, en commun avec le propriétaire de la moitié nord-est de ce lot numéro cinq cent quatre-vingt-dix-neuf sur le dit plan.Cette vente sera faite aux conditions suivantes ; 1— 1 pour cent sera ajouté sur le prix d’adjudication pour droits du gouvernement ; 2— Un dépôt de $3.000.00 sera requis avant l’adjudication, lequel sera confisqué pour le bénéfice de la Compagnie Brodeur Limitée en liquidation, si l’acquéreur ne se conforme pas aux présentes conditions de vente, et ceci à part dos frais encourus par son défaut, et pour la vente de la propriété à la folle enchère.3— La balance du prix d’achat sera payable par l’adjudicataire au bureau des liquidateurs aussitôt que et quand il deviendra-définitlvement l’acquéreur de la propriété après que les formalités stipulées dans les articles 7552 et suivants, S.R.Q., 1909 auront été accomplies; 4— L’acquéreur prendra la propriété dans l’état où elle se trouve *»uns recours contre les vendeurs pour quelque cause que ce soit et aux mêmes conditions que dans une vente par le shérif ; 5— L’acquéreur paiera sa proportion de toutes taxes et autres impositions générales et spéciales & compter de la date de l’adjudication ; 6— Le contrat de vente sera passé à la demande des liquidateurs devant notaire choisi par l’acquéreur; 7— l4i présente vente est fuite en conformité avec les formalités prévues par les I articles 7552 et suivants S.R.Q., 1909.j Une copie du cahier, des charges tel qu’approuvé par un jugement rendu par la Cour supérieure, ù Montréal, le 8 août 1916.est déposée au bureau de l’un des liquidateurs soussignés, savoir: Edouard Henri Merrill, à son bureau, No 97 rue Saint-Jacques, à Montréal, chambre No 5, où les intéressés pourront en prendre communication.EDOUARD HENRI MERRILL, JOHN J.ROBSON, Liquidateurs-conjoints.M.HICKS & CO.Encanteurt.Rien n’égale la complication du corps humain dont la ma< chine délicate subit constamment des assauts propres à affaiblir el à débiliter l’homme qui ne prend pas de précautions pour sans cesse renforcer son système.L’ESTOMAf es* I)remier organe essentiel qui est sujet à l_‘ ‘-'¦v/iYittV* ,jes dérangements douloureux propres à nous enlever toute force, à détruire toute notre énergie.Si l’estomac n’est pas en état d’accomplir convenablement sa tâche, d’homme dépérit et se nourrit mal, il est toujours de mauvaise humeur, sans coeur et sans courage.LE HEIN OU ROGNON S est chargé de purifier le sang, d’en éliminer tous les poisons dont le maintien dans la circulation entrave le fonctionnement de notre mécanisme, enfle nos extrémités, affaiblit nos yeux, assourdit notre ouïe, trouble notre cerveau, fait naître le vertige et les essoufflements.I F FOI F n’a l)as une moindre importance et s’il est en mau-vais état de fonctionnement, il participe lui aussi à l’encrassement général causant des maux insupportables,^ en ternissant notre teint qui passe au jaune et au livide, symptôme des poisons qui encombrent notre organisme.Ip CAMP et la circulation sont la clef de voûte propre à réta-U blir l’équilibre dans le système et dans les organismes qui sont en mauvais état, en proie aux dyspepsies, aux néphrites, aux rhumatismes et à la goutte.Seul le sang peut remettre les choses en état, si on prend soin de lui donner la richesse, l’activité, la pureté qui lui sont nécessaires.L’estomac, le rein, le foie marchent bien aussitôt qu’on a soin du sang, qu’on le soigne bien et qu’on veille à la régularité de la circulation.Il est évidemment essentiel d’épurer et de fluidifier le sang, de régulariser la tension artérielle, d’éliminer les poisons susceptibles de subir et d’altérer les vaisseaux dont la souplesse doit être conservée avec un soin jaloux, si l’on veut éviter l’artériosclérose dont sont menacés les surmenés, les goutteux, les rhumatisants, les dyspeptiques.Que faut-il faire pour cela ?Bien peu de chose: consulter en personne ou par écrit le Dr Mignault de la Compagnie Médicale Moro qui a fait une étude approfondie des maladies des hommes, des travailleurs et des sédentaires, des forts et des faibles, et connaît le remède nécessaire à chacun d’eux.Aves ses conseils, ce remède merveilleux qu’on appelle les Pilules Moro accomplit des miracles, relève les abandonnés, fortifie les débilités, rétablit les reins, guérit les estomacs endommagés et donne à tous la gaieté, la force et la SQIlté CONSULTATIONS GRATUITES par le Dr Adolphe Mignault, au No 272 rue S.-Denis, tous les jours, excepté le dimanche, de 9 heures du matin à 6 heures du soir, le samedi jusqu’à 8 heures.Les Pilules Moro sont en vente chez tous les marchands de remèdes.Nous les envoyons aussi par la poste, au Canada et aux Etats-Unis, sur réception du prix, 50 sous une boite, $2.50 six boîtes.Toutes les lettres doivent être adressées ; COMPAGNIE MEDICALE MORO.272 rue S.-Denis, Montréal.SPLENDIDES OCCASIONS Pour le temps des vacances, O/lO/ sur tous nous accordons un escompte de « Q nos pianos NEW-SCALE WILLIAMS et Ennis ainsi que sur nos phonographes PA THE à saphir inusable reconnus les meilleurs au monde J.A.HURTEAU & CIE Limitée 316 EST, RUE SAINTE-CATHERINE Salons d’Optique Franco-Britanniques ROD.CARRIERE — HENRI SENEGAL OPTICIENS ET OPTOMETRISTES 207 EST, RUE S.- CATHERINE Entre les rues Sainte-Elisabeth et Sangruinet, MONTREAL.Assortiment complet de lorgnons, lunettes, yeux artill* ciels, lunettes marines et d’opéra.Aussi un grand choix de Thermomètres, Baromètres, de toutes sortes, Hygromètres et Boussoles.Salons privés pour l’ajustement des yeux artificiels.CONSULTATIONS : A l’Hôtel-Dieu, par Rod.Carrière, de 9.30 à 11 heures, excepté le mercredi et le samedi.Aux Salons d’Optique, de 9 a.m.à 8 p.m., par Rod.Carrière, de 1 p.m.b 5 p.m.Tél.Bell : Est 2257.RENDEZ-VOUS PRIS PAR TELEPHONE.VOUS SEREZ SATISFAIT de votre tabac si, imitant l’exemple de milliers d’autres qui s’en trouvent bien, vous fumez notre fameux TABAC BILLY Doux, aromatique, bi-fermenté, contenant très peu de nicotine, le tabac Billy n’a pas de rival sur le marché.Chez votre fournisseur ou à LA CIE DE TABAC EXCEL Limitée 227 rue Maisonneuve, Montréal.TEL EST u03 UN LIVRE D’OR LE MARIAGE ou LA GRANDE QUESTION par M.HAMELIN, curé 2000 vols vendus en 2 mois Très intéressant et instructif, également profitable aux gens mariés et aux Jeunes personnes, garçons et filles.Ce litre D’OR qu’on a aussi appelé une MINE D’OR, contient 35(1 page», cet relié en toile (pleine reliure), et se vend 90 sous, par la poste, $1.00.En vente che* GRANGER FRERES, (3 rue Notre-Dame ouest, Montréal.DE 84 PAGES.1509'Hs££;“60RCÏ" Arec descriptions If).CHACUN.Adresst en Français A nurrèceptiemde J#c.Cie des Nouveautés de Paris, Dépt.3 508 Rue St-André.Montréal, Canada.< I VOL.VIL — No 21ï LE UKVOIK, MONTREAL, SAMEDI 9 SEPTEMBRE 1916 •DISCOURS DE S.S.BENOIT XV Aux petits communiants de Rome le 30 juillet 1916 Il était bien juste et bien naturel qu’à l’invitation, adressée par News à tous les enfants de l'Europe, de s’approcher nombreux et fervents de la sainte Table eucharistique, en ce jour anniversaire d une date de deuil, les enfants de Notre ville de Rome répondissent tout les pre-mic'- Plus voisin du coeur du Vicaire de Jésus-Christ, ils en voient de plus près les besoins, ils sentent, malgré la tendresse de leur âge, les pulsations de ce coeur du monde, qui est ie Siège du Pape ; descendants des heureux ancêtres de notre foi, fils portent dans leurs veines le sang de Tarcisius, qui pousse kur coeur vers le Sacrement de l’autel, dans lequel vit Celui qui est la raison même de leur foi et de-leur romani lé.Auki vous sommes-Nous recon- j secret et mfini, ait jamais opérée naissants, Monsieur le cardinal, de par les bras memes de la société Nous avoir procuré la satisfaction Ipécheresse.de pouvoir contunpler cette troupe | Nous, au contraire, Père de tous nombreuse et choisie d’enfants, qui, Iles fidèles, Nous dans le coeur de des autels et de la Table du Dieu in-1 qui se répercutent et se rassemblent vis.foie, sont venus à Nous, conti- les douleurs et les gémissements de nuaieur visible de l’autorité et de tous Nos fiis Nous depuis deux ans est ia cause pour l’homme.Peut-être s’en trouve-t-il parmi vous qui auront perçu plus viyement l’écho du conflit, parce qu’un père, un frère, un parent, arrachés aux murs domestiques, sont partis pour la guerre, et sont restés ensuile — plaise à Dieu qu’il n’en soit pas ainsi — blessés, prisonniers, disparus.Mais à la plupart d’entre vous, la compréhension de i’affreux spectacle échappe heureusement, et il suffit à votre intelligence de pouvoir aujourd’hui recueillir l’idée (elle mûrira plus tard à la lumière de l’histoire) que vous êtes aujourd’hui les Spectateurs inconscients de la plus sombre tragédie de la haine humaine et de l’humaine démence; et que vous assistez à la plus terrifiante expiation que Dieu, par un dessein FUMEZ LE TABAC CANADIEN HEROS Il très bon et ne laisse pas de mauvaises odeurs I* Contre mandat-poste de 75 sous nous en expédierons una livre.La St-Jacques Tobacco Packing, Co., Liée., St-Jacques, Ce.Montcalm, Qué.EPISODES DE GUERRE AVENTURES la Personne du Christ : Nous les voyons, respirant la candeur et l’amour, Nous apporter, dans toute sa chaleur, tout ardent encore de l’a-rncur divin, .leur coeur simpie, et Nous les entendons ouvrir, pour répondre à Notre salut, leurs lèvres immaculées, résonnantes encore de cette suprême prière que Nous avons voulu associer à la communion universelle.ous, depuis deux ans désormais, Nous exhortons et Nous prions.Mais vaines sont restées jusqu’ici Nos exhortations à déposer les armes, vaine notre invitation à chercher par les voies de la raison et de la justice un arrangement qui puisse mettre un terme à cette déshonorante boucherie.C’est pourquoi, qonnne à une planche dans un naufrage, Nous avons résolu de recourir à l’invocation du secours divin Plus d’une fois, Nous nous sommes tristement demandé si elle n’est | par le moyen tout-puissant de votre pas, peut-être, fort éloignée df l’es- innocence.prit de chrétienne mortification ; Peut-èire, pensàmes-Nous, lassé impéricüsement suggérée par les!sinon apaisé par le dur châ-conditions des temps, la vie que, piment de ses fils toujours oublieux loin des horreurs consécutives à la de lui, — Dieu sera-t-il touché par guerre, vit aujourd’hui la société leur gémissement innocent, qui est humaine.Et force Nous a été mal-1 un gémissement de juste, comme heureusement de Nous répondre gémissement de juste était celui de que la désolation qui, une seconde fois, suivant les paroles de l’Ecri-twre, désole toute terre, n’apparaît pas peinte sur les visages, et qu’au contraire, nonobstant les invitations au recueillement et à la pénitence (lui montent, puissantes, de tant de carnages, les adultes ne savent pas se détacher des attraits de la vie mondaine.Tremblant par suite sur le salut du genre humain, mais ne désespérant pas cependant de là compassion de Celui qui fit les peuples guérissables, Nous cherchons un refuge dans une pensée et dans un souhait: à savoir qu’il plaise à la miséricordieuse longanimité du Père divin de considérer, plus que la pénitence des grands, l’innocence des petits.Et c’est pourquoi Nous Nous sommes adressé à vous, enfants, de même que, en effet, vous recueillez toute l’affection de vos parents, que vous en adoucissez les peines et que vous en formez l’avenir, de meme, vous recueillez l’af-fection très spéciale du Père des fidèles, vous en adoucissez les amertumes et vous en constituez les espérances.En vous regardani, chers enfants, et en regardant avec vous tous les enfants qui aujourd’hui, dans tou- son fils Rédempteur du monde.Peut-être, nous dîmes-nous, verra-t-on se renouveler au pied des autels le prodige du fils d’Agar, errant dans une solitude de mort et condamné ainsi que sa mère, à rendre le dernier soupir.Quand Agar avait perdu toute espérance à mourir, exaudivit Deus vocem pueri.de loco in quo est (Gen.XXt, 17); et comme un ange appela alors Agar du haut du ciel, et lui dit : “ Ne crains pas ", ainsi Dieu pourra exaucer l’invocation de ces enfants, exaudivit Deus vocem pueri de loco in quo sunt, c’est-à-dire de l’autel, et confier à leur innocence le message de l’espérance et du salut.Tendez-y donc la main au Vicaire du Christ, chers et tout-puissants enfants,' et soutenez-en les voeux immuables par vos précieuses prière s ; Est-ce qu’ils vous suivront dans votre humble demande, vos parents, vos frères, tous les adultes de vos familles?Oui, ils vous suivront, parce que, si vos accents suppliants sont irrésistibles sur le coeur de Dieu, jrré-sistiijle sera votre exemple pour ceux qui vous sont chers, car vous êtes tout pour eux.Vous savez ce que News voulons.tes les parties du monde, se sont ; Nous voulons que la société humai* approchés du Pain eucharistique, : ne mette fin à ta haine et aux mas-Xous voyons sur des milliers de vi- sacres, et, après avoir été aussi tris- sages l’image même de Dieu, réfié chie dans le pur miroir de votre âme candide, et contresignée par temont digne de Caïn, qu'elle rode vienne digne d’Abei, dans les oeuvres de la paix, du travail, du par- cette sorte de toute-puissance, qui don.appartient à vos lèvres suppliantes, j De quelle manière?Sur la maniè-Toute-puissance, en premier lieu, re, Nous ne formulons pas de pro-qui est fille de votre innocence, jets, dans ta crainte que Nos fils, l’accent d'un coeur qui est resté, qui Nous sont tous également chers, pur est de beaucoup plus efficace ne puissent pas lous également que celui d’un coeur pénitent et agreor les propositions, purifié.,11 Nous suffit aujourd’hui de ré- Toute-puissance, en second lieu, | peter Notre voeu, et Nous en remet-qui est la.campagne de votre fai-j tons Taeccmplissement au Tout-bîesse, l’Auteur de toute puissance | Puissant, dont Nous tenons la place, ayant accoutumé, pour confondre ; Dieu de justice, de miséricorde et la force trompeuse du monde, de] de pardon, il disposera, au-dessus ne choisir rien d’autre que infirma des desseins des homtlfes, ce qui, mundi.• ! dans l’économie prévoyante, sage et Que si votre innocence et votre indulgente des générations humai faiblesse vous rendent si puissants combien vous rendra plus puissants encore 1a prédilection toute particulière que vous porte Jésus?El qui reçut jamais les embrasse-monts de Jésus, sinon les enfants?Qui rassembia-t-il, autour de lui, le long du chemin, et de qui vouluit-il nés, se trouvera être à sas yeux plus en rapport avec ce bien suprême et indispensable.En attendant, -soyez aujourd’hui, chers enfants, en cette ville de Rome et dans le monde entier, surtout dans les tristes lieux où commandent le fer et le feu.soyez devant qu’on le laissât toujours approcher, | Dieu, nos messagers de paix.Un sinon des enfants?A qui nous a-t-il j seul enfant, par Ta splendeur de sa imposé de nous rendre semblables j grâce, émeut le coeur de Dieu ; un pour entrer au ciel?Qui proclama-j enfant seul, placé sur les bras du i-il qu’il ne fallait j:muis mépriser, navigateur Albuquerque, auprès du %,el de qui dit-il (pie 1 âme lui tenait]cap de Bonne-Espérance, put, en tant à coeur, qu’en offensant cette d’autres temps, apaiser la tempête âme, on méritait d’être précipité au et sauver l’équipage ; et mille en-fond de la mer?C’est qu’en effet, fants, des' milliers d’enfants n’c-pour en donner la raison que Jé- mouvront pas aujourd’hui le Coeur sus en donna, la condition et Tau-j de Jésus?torité des enfants est aussi grande ] Soyez, oui, soyez, chers enfants, que celle d’un prince héréditaire, imitateurs des enfant?des Hébreux, destiné non point à un éphémère marchant à la rencontre du Sei-et vain royaume quelconque ü ici-1 gneur triomphant.Portant des relias, mais à la couronne du royau-j meaux d’olivier, ils offrirent, avec me des cieux — ialium est enim re- la grâce propre à l’enfance, gloire, gnum coelorum.— C’est pourquoi j louange et honneur au Roi pacifi-ils ont au ciel, e'est-à-dire dans leur .que, pieux hosanna au Fils de Da-royaume.leurs propres ministres, ! vid.Vous aussi, élevez le rameau interprètes auprès du trône de Dieu | d’olivier, symbole désormais oublié de leurs prières, ccmme les minis- cl faites-vous les hérauts, les sup-tres le sont sur terre pour les prié-' pliants.Nous allions dire les auteurs res de souverain à souverain, e! ces de la paix.ministres qui leur appartiennent,! Et que Dieu, qui préserva de la c’eist-à-dire leurs anges, n’ont pas besoin d’être introduits auprès de leur maître, mais ils voient toujours 4 le visage du Père.Sur cette sorte de toute-puissance, Nous Nous sommes reposé, enfants, quand dans un jour de si fu-ncfore souvenir, Nous vous avons adressé l’invitation de vous avancer tous vers la Table eucharistique.Du grand motif qui a inspiré Notre invitation, vos curés et vos maîtres, sous la sage direction de Notre cardinal vicaire, n’ont certes pas omis de vous donner quelques indications.proportionnées à votre intelligence.Mais afin que, pour toute votre vie, demeure grave dans votre âme le souvenir de ce moment et que vous ayez toujours à vous rappeler ce qu'en une époque aussi funeste vous aurez entendu de la bouche même du Vicaire du Christ sachez de Nous aussi, chers enfants, que, depuis deux longues années, les hommes qui connurent comme vous un âge ou ils étaient innocents et aimants comme vous, et qui ne sont •(dus ni aimants ni innocents, se déchirent et se massacrent.Votre coeur, doux par nature et bienveillant comme celui de Jésus ; voire imagination, faile pour les images joyeuses et qui répugne aux scènes d’horreur, n’embrassent pas l'ampleur des massacres dont l’homme mort les fils des Hébreux a cause du signe de sang marquant de sa pourpre les portes de leurs maisons vous épargne à vous-mêmes, à vos familier au monde entier, toute ultérieure effusion de sang, grâce au sang, infiniment précieux, qui baigna la croix de son divin Fils et qui, aujourd’hui, après le banquet mysliquc, empourpre vos lèvres, symbole, encore une fois, de la Ré-demption et du pardon que, seul, Jésus peul donner.Que la bénédiction de Dieu hâte la satisfaction de ce voeu qui sort de Notre coeur plus encore que de Nos lèvres.Vous lisez le NATIONALISTE?Vous savez alors ce qui se passe dans la politique cana* dienne.Vous faut-il un complet de bonne qualité, bien fait et d’une coupe irréprochable?Allez chez L.C.de Tonnancour, Eng., marchand - tailleur, 61 rue Notre-Dame Est.Vous prenez le journal, et vous tombez sur ce motif de citation à l’ordre du jour de l’armée : Bunge, brigadier au lie d’arille-rie : Etant attaché comme interprète ci une formation britannique, a, le 8 septembre 1014, en traversant un bois où il se trouvait isolé, rencontré un parti de sept soldats allemands qu'il a.par son audace et son énergie, contraints à se rendre.Après les avoir conduits à son unité, est reparti, toujours seul, à la recherche d’autres soldats allemands dont la présence lui avait été signalée dans les environs, les a faits pri-sonniers au nombre de trente-deux et a ainsi réussi à assurer la capture de trente-neuf soldats allemands qu'il a ramenés à son corps avec armes et bagages.Vous croyez rever.Et vous vous demandez comment de pareils coups d’audace sont possibles dans une guerre où la méthode et les moyens techniques jouent un si grand rôle.Mais vous avez tort de vous étonner.Cette guerre, qui ne semble faite que de grands mouvements et de luttes de masses, aura été, plus que nulUe autre, abondante en exploits individuels, en aventures fantastiques, qui dépassent de beaucoup les les imaginations des romanciers.On découvre chaque jour quelqu’un de ces traits étonnants éùritès du Big Four et plusieurs étoiles de la N L.U.Certes, cotte rencontre sera une nttraction sans égale pour les sportsmen de Saint-Henri et des environs, qui se porteront par milliers sur l'endroit où il sern disputé.STAR ACCEPTE LË DEFMHJ JEROMIEN Le club de balle au camp Slnr, de la Ligue de In Cité, accepte le défi du Jérômien, pour louer » I» fin de 1q saison, au parc Délorimicr, pour un enjeu de $200» LES ECHECS DEFENSE SICILIENNE Blancs Noirs Przepiorka Rubinstein 1 P 4 R P 4 FD 2 C 3 FR P 3 R 3 P 4 D P pr P 4 C pr P C 3 FR 5 C 3 FD F 5 C Le mouvement juste est C 3 F.Les Blancs obtiennent maintenant un léger avantage dans le développement.6 F 3 D P 4 D 7 P 5 C CR 2 D 8 D 4 C .Il est important d’affaiblir la position des pions sué le côté roi, parce que l’attaque des Blancs vise cette aile.Ce mouvement force à jouer P 3 CR et crée ainsi deux wdes à 6 FR et 6 TR.8 .P 3 CR 9 F 4 FR ’ .Pas P 4 FR parce que on bloquerait le Fou qui doit occuper la case 6 TR ou 6 FR.9 .j.C 3 FD 10 C pr C P pr C 11 Roq.TR F 1 F 12 TR 1 R F 2 CD 13 C 4 T .Les Blancs préviennent ainsi C 4 F et préparent P 4 FD dans le but d’ouvrir des colonnes sur le côté Dame.La manoeuvre est cependant défensive.L’attaque logiquement devrait être dirigée vers P 4 TR — P 5.13 .D 2 F 14 D 3 C P 4 FD 15 P 4 F P 5 D 16 P 3 C F 2 R 17 T 2 R Roque 18 TD 1 R P 4 TD Projetant F 3 F, puis P 5 T.19 G 2 C C 3 C 20 P 4 TD .Dans le but de tenir fermer la colonne de la Tour.La case 3 CD peut être suffisamment bien défendue.20C 2 D 21 F 2F CIC 22 C 3 D G 3 T 23P3F j) 3 c 24 P 4 T C 5 C 25 C pr' C D pr C 26 T 1 D .Pour se garder de la désagrégation de leur côté Dame par P 6 D.26 .TR 1 D 27 T 3 D.T 2 D 28 D 2 F ' .Les Blancs perdent un temps précieux.Us devraient jouer P 5 T.28 .D 3 C 29 D 1 R D 2 F 30 D 3 G RIT 31 R 2 T T 1 CR Les Noirs sont maintenant prêts à avancer le Pion de la Tour et les Blancs doivent choisir un mode différant .32 F 5 C P 3 T Ceci affaiblit la case 3 CR et rend le FR des Blancs formidable.Les Noirs auraient dû’se'réfendre par 1) 1 C,’ et si D 4 F, D 1 FR.33 F fi F éch.F pr F 34 P pr F P 4 C 35 P 5 T P 5 C Les Noirs ouvrent ainsi la colonne au Fou.Mais tout ceci n’est d’aucune utilitç, parce que les pièces blanches occupent une position dominante à 5 R et ne peuvent en être chassées.36 D p D T pr D 37 P 4 F T (2 F) 1 F 38 R 3 C T (C) 1 D 39 T 5 R .Si R pr P, T 1 C échecs ; R 3 T, P 4 R ! ; P pr P, T 5 C et la case importante 5 R serait fermée, T (F) 1 R suivrait et le résultat serait très incertain.T 1 CR F 1 T T 3 F T 3 CD F pr P T pr F éch.R CANADIAN PACIFIC RAILWAY Septembre est délicieux à Saint-André-sur-mer, N.B.Encore frais et humide, le gezon est en excellente condition A Saint-André, en septembre.Et c’est alors que le golf est exquis.L air automnal, chargé d’efluves marins, vous donne une énergie nouvelle.Les feuilles se couvrent des premières teintes de l’automne qui en précèdent d’autres si variées.L’HOTEL ALGONQUIN restera ouvert jusqu’au 30 septembre et offre toujours l’excellent service des hôtels du Pacifique Canadien 141-145 rue St-Jaeques (Tel.Main 8125), Hôtel Windsor: gares Windsor et Place Viger d .1 ï) q ;i'TT^rd;r ;f Ottawa $3.35 EXPOSITION CENTRALE DU CANADA Du 9 au 16 septembre 1»16.—.Départ du 8 an 15 septembre inclusivement.Billets bons pour sept jours de la date de vente, mais pas après le 18 septembre, 1916.COURSES DE BLUE BONNETS DU 4 AU 11 SEPTEMBRE INCLUSIVEMENT Départ de ta gare Windsor à 1.17 p.m., et à 1.35 p.m.Retour après la dernière course.Pi«
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