Le devoir, 20 novembre 1935, mercredi 20 novembre 1935
Montréal, mercredi 20 nov.1935 «EOACTION KT ADMINISTRATION 4S0 1ST.NOTAI* DAMI MONTREAL TELEPHONE s.HArbour 1241' SERVICE DE NUIT : Admlnl»tr*Mce :.HArbour *241 Réduction :.HArbour 367» Cirent :.HArbour 4897 LE DEVOIR Directeur-gérant: George* PILLETIIK FAIS CE QUE DOIS Rélncteur en chef: Orner HEROUX VOLUME XXVI — No 268 TROIS SOUS LE NUMERO ASONNEMENTS PAR LA POSTS EDITION QUOTIDIENNE CANADA.$ 6.01 (Sauf Montréal et banlieue) E.-Unla et Empire Britannique .8.09 UNION POSTALE.10.0* EDITION HEBDOMADAIRE CANADA.2.08 E.-UNIS et UNION POSTALE .3.00 La I eçon de Laurier Quelques faits qui l’illustrent et la justifient — A propos des élections provinciales toujours — De quoi s agit-il, au fond?Le temps presse.Il faut aller à l'essentiel.De quoi s’agira-t-il lundi prochain?Non pas de chasser des hommes incapables de faire autre chose que du mal; non point de les remplacer par d’autres, qui sauraient tout, pourraient tout et seraient, indéfectiblement, hors des prises du mal et de l’erreur.Avec quelque juste colère que nous ayons flétri, par exemple, cette abomination qui s’appelle la loi Dillon, nous n’avons pas la sottise de croire, et nous ne commettons pas l’injustice de prétendre, que le gouvernement actuel n’a fait, ne peut faire que du mal.Nous n’avons pas davantage l'extrême naïveté de penser que ses remplaçants ne feront que du bien, ou feront même tout le bien que nous souhaiterions.Mais les élections nous imposent un choix: Il faut opter entre le maintien du régime actuel et son remplacement.C’est le point sur lequel, tout compte fait, en toute loyauté — et sans qu’il soit besoin d’injurier ceux qui ne pensent pas comme lui — il faudra que chacun de nous se prononce.* * * Pour nous, deux facteurs dominent la situation.D’une part, le même parti régit depuis près de quarante ans les affaires de cette province.Pendant une bonne partie de ce temps, il a eu le malheur de n’avoir pas en face de lui une opposition numériquement assez forte pour exécuter pleinement sa besogne d’opposition, pour provoquer des enquêtes et les mener à fond, pour exercer la rigoureuse surveillance qui devrait être la sienne.Le résultat, c est que la province sait comparativement assez peu de chose de ce qui se passe à Québec.C est aussi que, sachant trop peu de chose et n’ignorant pas que l’opposition n'est pas assez forte pour faire sa pleine besogne, elle soupçonne n’importe quoi.Ce n’est là une situation désirable ni pour la province ni pour le gouvernement lui-même.Pour en revenir à la formule d’un homme d’affaires qui ne s’est jamais, croyons-nous, beaucoup occupé de politique: 11 est temps qu’une vérification de l’administration provinciale, de toute l’administration, soit raite par d autres que les principaux intéressés.Il est temps qu’on puisse aller partout au fond des choses; ii est temps surtout qu’on fasse disparaître les soupçons qu’engendre l'état de choses actuel.Et c’est une première raison pour changer de gouvernement.D ailleurs, eonnne le disait encore cet homme d’affaires, si le nouveau gouvernement ne nous plaît pas, : il nous déçoit trop vivement, nous n’aurons, dans piatre ou cinq ans, qu’à lui donner pareillement son vongé.^ ^ ^ Autre fait.Ions les gouvernements démocratiques tendent à se faire une clientèle, sont enclins à se servir du pouvoir pour grandir cette clientèle, afin d’assurer leur réélection.Nous ne prétendons pas que le parti libéral, lorsqu’il put le pouvoir en 1897, valût beaucoup moins à ce propos que ses adversaires d’alors.Si l’on en croit son programme du temps, il s’indignait même de ce que ceux-ci profitassent de leur situation pour avantager leur presse en attribuant a certains journaux, sans concurrence, des travaux d'impression.Mais il est arrivé ceci que, depuis près de quarante ans, cette tendance à se servir du pouvoir pour fortifier la situation du parti dominant a toujours fonctionné dans le même sens, qu'elle a été favorisée et aggravée par 1 insuffisance de l'opposition, que les faveurs sont toujours allées au même groupe et que les moyens d action dont dispose le gouvernement augmentent dans des proportions très considérables, à cause de la multiplication des fonctions publiques et des subventions gouvernementales.Regardez autour de vous.ï'aites simplement le compte des gens qui dépendent du gouvernement ou escomptent ses faveurs; faites le compte de ceux qui touchent à des institutions subventionnées et n’osent pas dire leur pensée, dans la crainte, justifiée ou non, de nuire à ces institutions.Et faites mentalement aussi le tour des journaux.Comptez ceux dont le gouvernement assure la vie ou facilite l'effort par les quelques centaines de mille piastres qu’il distribue chaque année en annonces et en travaux d’imprimerie donnés sans concurrence.N’est-il pas vrai que, par l'attribution de ces faveurs, le gouvernement, d'une part, s’est créé une clientèle énorme et, d’autre part, a facilité la constitution d une sorte de dictature intellectuelle qui pèse sur la province entière?A supposer même que les nouveaux gouvernants suivissent les mêmes méthodes, nous y gagnerions tout au moins cet avantage que les faveurs seraient un peu plus largement distribuées, tout en écartant les excentriques de notre sorte, qui ont toujours chance d'être classés dans 1 opposition; que le cercle de fer serait brisé et qu il s établirait une sorte d’équilibre entre les protégés des uns et des autres, avec cette chance qu’ils se surveillent mutuellement.Tandis que, si le gouvernement est maintenu au pouvoir, ce régime, selon toutes les vraisemblances, ira s’accentuant, s'aggravant encore.Et la caste dominante appesantira sur la province une main de plus en plus lourde.Ÿ * # Au fond, en alignant ces faits et ces raisons qui sont à la portée de tous,-nous ne faisons qu’illustrer et justifier la formule assez brutale que l’on attribue, sans que personne paraisse en contester l’authenticité, à M.Laurier: Un gouvernement de quinze ans est un gouvernement pourri.Le vieux chef libéral était un fameux parlementaire, un grand praticien du régime des partis; mais il était aussi un grand réaliste, un profond connaisseur de la nature humaine.Il savait que, si le régime des partis, quand il fonctionne normalement, comporte des avantages, telle la surveillance constante du gouvernement par une vigoureuse opposition, il comporte aussi de terribles dangers.L'un de ceux-ci.c’est que la trop longue possession du pouvoir par le même groupe l'expose à de formidables abus.Doù la grande utilité du remplacement des équipes, si 1 on ne veut point faciliter cette pourriture que le giand chef liberal dénonçait avec une si vigoureuse énergie.Lst-ce qu il y aurait tant de mal, après tout, à suivre ici la leçon de Laurier?.Orner HEROUX L'actualité LaPlume révèle encore —.I/o foi, dis-je à LaPlume, je crois que nous êtes aujourd’hui plus gris que rouge.—Peut-être, peut-être, rêpond-it en zézayant, mais je voudrais bien te voir « noire place: on a de la besogne igi'esl pas' propre à faire, et puis la boisson ne colite rien.lu vino veritas, LaPlume, c’est bien la première fois que nous m admette: que votre besogne électorale n’esl pas propre.Mon vieux, tu m’as; je suis prêt
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