Le devoir, 19 mai 1917, samedi 19 mai 1917
VOLUME VIII—No lib MONTREAL, SAMEDI 19 MAI 1917 Abonnements par la poste : Edition quotidienne CANADA ET ETATS-UNIS.$ô 00 UNION POSTALE.8 00 Edition hebdomadaire CANADA.$2 00 ETATS-UNIS.2 50 UNION POSTALE.3 00 DEUX SOUS LE NUMERO Rédaction et administration : 43.RUE SAINT-VINCENT MONTRÉAL TELEPHONES : ADMINISTRATION : Main 7461 RÉDACTION; • Main 7460 Directeur : HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! NOUS APPORTE LA CONSCRIPTION L'INTERVEÜTION AMERICAINE X L’Angleterre et les Etats-Unis, — Châtiment et rédemption — Le Pape et le Président — La “société des nations” sei’a-t-elle chrétienne ou païenne?Militarisme et Révolution — pourvoyeurs de révolutions La conséquence la plus grave, la plus désastreuse à mon avis, pour la nation américaine elle-même, c’est l’introduction du militarisme permanent dans son organisme intérieur.Déjà, avant la guerre, un fort courant d’opinion portait dans cette direction.M.Roosevelt est le chef de cette école.Il ne cache pas son dessein.Il veut porter secours aux Alliés à la France surtout, lui — ; mais il veut aussi profiter de la guerre pour jeter les bases d’une organisation militaire permanente afin de faire réfléchir et trembler tous les ennemis possibles des Etats-Unis.D’autres, comme M.Taft, par exemple, sincères partisans de la paix, du désarmement des nations et de l’arbitrage international, sont d’avis qu’avant et afin d’en venir à une entente avec les autres nations, les Etats-Unis doivent se mettre sur un pied de suffisante égalité, dans l’ordre militaire.Us suggèrent de créer, à l’appui d’un tribunal suprême de l’humanité, une force militaire et navale internationale, suffisante pour assurer l’exécution et le respect des arrêts de ce tribunal.Pour fournir leur quantum, les Etats-Unis doivent créer la matière première, c’est-à-dire une armée assez considérable pour assurer l’ordre intérieur et pour ravitailler l’armée internationale.De ces divers courants d’opinion résulte une propagande grandissante en faveur de Ventrainement militaire général, et d’un régime de conscription mitigée.Si l’on ajoute à cc fait qu’en Angleterre, au Canada et dans toutes les possessions britanniques, le militarisme a fait des progrès immenses, on peut en conclure aisément que le résultat probable de cette guerre, poursuivie pour détruire le “militarisme prussien”, sera d’accroître le militarisme universel.En arrière de toutes les dénonciations de “l'autocratie militaire”, il faut lire une autre pensée: l'organisation des “démocraties armées”.La seule compensation serait la diminution du militarisme dans les pays continentaux de l’Europe.Mais ce résultat bienfaisant ne s’obtiendra que par une paix “qui profiterait à tous”, selon la juste et profonde parole du Souverain Pontife, la “paix sans victoire” que préconisait naguère M.Wilson.Si les nations soi-disant chrétiennes avaient Je bon-sens d’accepter le Pape comme arbitre de leurs querelles hwles et dévastatrices, il ne faudrait pas trop désespérer de voir Ja justice et la raison reprendre leurs droits dans tie monde.Mais si, comme tout J'indique, c'est le président des Etats-Unis qui est conduit, par tes circonstances' « départager les nations d’Europe et à empêcher______ selon Le plus probable, c'est qu’au congrès qui arrêtera les conditions >dc OTTAWA ia paix, les représentants des Etats-Unis soutiendront généralement, et avec sincérité, tes réclamations des diverses nationalités opprimées qui CIO 11FIV 17011*1 peuvent faire valoir des titres réels à leur indépendance.Naturellement,I OWV ff IJuF 1\1L/ ils porteront un intérêt tout particulier à celles de ces nations dont les filsj « nprrt*-'*irv a émigrés aux Etats-Unis pourront et voudront exercer une action directe! A I I |< n||J T sur le gouvernement américain: Irlande, Pologne, etc.Mais dans aucun cas les Etats-Unis ne se lieront les mains à des alliances compromettantes! pour “protéger” l’une ou l’autre de ces nationalités contre les entreprises ! ROBERT RQRDE\ AXXOSCE Renouveau de “protecteurs” rivaux.Il es* à craindre qu’ils ne -se prêtent trop facilement au dessein de ceux qui veulent à tout prix démembrer l’empire d Autriche et constituer par là, sous une forme plus menaçante encore — on l’entrevoit déjà en France — le bloc germanique.Sur la question de Constantinople, véritable enjeu de la guerre, les Américains appuieraient volontiers le projet d’internationaliser Constantinople et les Détroits— la meilleure solution, probablement L Mais un point où Ja politique internationale ne reste pas à l’état platonique dans l’esprit des Américains, c’est celle du Japon, aujourd’hui leur allié, de nom, dans la guerre.J’ai déjà noté l'opinion de ceux qui jFrance et de Belgique, et que cent! voulaient la guerre contre l’Allemagne et sa défaite décisive, parce qu’ils \ mille jeunes Canadiens seront sou-, prévoyaient l’alliance prochaine de l’Allemagne victorieuse et du Japon ^ obligation du service mili- eontre les Etats-Unis.En prenant pour acquis l’affaiblissement consi-1 Æ v!rtu c!enable sinon l’écrasement de l’Allemagne, ce danger serait ajourné.Ce'sentes par le parlement R* ° plus’tùt qui est certain, c’est que les Etats-Unis, sans contracter à!entangling possible.Voilà le fait principal qui alliances, orienteront leurs sympathies ou leurs antipathies, ou, si l’on Jse «iégage du discours prononcé cet UXE LEVEE DE 50,000 .1 100,000 HOMMES PAR LA COXSCRIP-TIOX.Ottawa, 18.— Le Rubicon est franchi.Le premier ministre du Ua-j nada a déclaré que le Canada doit' défendre dans les plaines de1 deux collègues, et comme conclusion pratique à ses considérations sur les besoins de l’armée canadienne et l’arrêt reconnu du recrutement volontaire.Sir Wilfrid réticent Le discours du premier ministre a duré très exactement deux heures.L Commencé par un récit du départ et des incidents de la traversée, il a pierre de touche, sinon d’achoppement, de l’amitié anglo-américaine.L’Angleterre devra, à brève échéance après la guerre, choisir entre sou alliance avec le Japon et son entente avec les Etats-Unis.Ce sera i’une des plus fortes parties que la diplomatie anglaise ail eu à jouer.Si l’Angleterre opte pour l’alliance américaine, — comme c’est probable — elle :rra bientôt appelée à résoudre la première équation de ce problème formidable : 1 Asie aux Asiatiques.Car l’une des répercussions les plus certaines de la guerre, c’est que l’Angleterre va rester la seule puissance européenne capable d’exercer une action directe en Asie.L’Allemagne a perdu son pied à terre en Chine ; la Russie est pour longtemps para-, .„ lysée; la France, en dépit du Tonkin et de l’Indo-Chine, en aura qe corn|)OI't^ surt°ut des considérations reste à panser ses blessures et à consolider son empire africain.Mais 'l-g-Ue'1-S1,r.IJ-CS.travaux .‘.le .1:1 ce problème gigantesque sort du cadre de cette étude.* * * Comme politique générale, à part l’instauration de l’universelle démocratie sur laquelle il n’y a pas à revenir, le président Wilson, ou son successeur quel qu’il soit, — le gouvernement américain, en un mot, ____ fera certainement un effort extraordinaire pour faire accepter, pour imposer même, la reconnaissance du principe de la liberté des mers.Ira-t-il jusqu’au point où ses notes à l’Angleterre, avant l’alliance, l’indiquaient?C'est moins certain aujourd’hui qu’hier-; mais il ira aussi loin qu’il croira possible et convenable d’aller.Il fera aussi un effort sérieux pour le désarmement au moins partiel des nations et l'organisation d’un 'véritable tribunal d’arbitrage.Xatureltement, ce sera là une oeuvre de une autre parole du l’apc “le suicide de La civilisation chrétienne”’"Ü! hale!ne’ l|,Ui subIT?(,p multiples évolutions avant d’aboutir à une y « tout lieu d’appréhender que la “paix sans victoire” pour l’une ’ j exemhon generale et efficace.N’importe ; que M.Wilson en fasse poser l’autre des coalitions rivales, s’achètera par une victoire éclatante pou^ beaucouTpmfr la'paix dïî ^ C.ommcncement n, rest tout; c'est tout d’ordre social menacé, c’est Le chancre qui dé-1 ?".,gouvenienicnt et ü a souligné le >U C Sl,VOrf ^'Europe et le monde, non pas depuis un siècle, mais depuis quatre!fnise^n viïuem^^constfti.era"' mf! liens .cns, depuis que la Réforme a rompu la société chrétienne des na-; modification complète des tradh I fions.Al.Wilson veut simplement refaire la “société (anonyme) desIM0IÎS'canadiennes.H Dans les saules et les érables, Les ormes et les peupliers.Rousses ou vertes, par milliers, S’ouvrent les feuilles admirables.Chacune est un chef-d’œuvre pur, Une délicate merveille, Portant cette marque pareille: De Celui qui pétrit l’azur ! Sur clics, la.lumière en nappes Epand son rayonnement bleu, Et l’on aperçoit peu à peu Les feuilles s’étaler en grappes, A l’extrémité des rameaux Frémit la vivante verdure, Si tendre encor que la froidure Pourrait lui causer tous les maux.A l'abri du vent, court et large, Un lilas travaille à ses fleurs, Et compose en paix les couleurs Dont précocement il se charge.Tout recommence dans les champs.O Nature, je vous envie De pouvoir compter votre vie 'Toujours par un nouveau printemps ! AUI EUT LO Z EAl lare, dit-il, quelle serait respec-Lqui s’intéressent aux placements tee en tout poifit.Nous voila donc.municipaux.Pas un secrétairo-lrérassures.M Lloyd (.eorge l’a dit.'sorier de la province ne devrait Que chaque Dominion dorme sur j manquer de l’avoir sur sa table de toutes ses oreille s.On s’attendait ! travail et surtout de la lire et de h prolonger le extérieur de •!’Angleterre, que Donoso Cortès a si clairement v fortement décrit: le rôle de propagateurs de la Révolution.* •* w Un phénomène social qui n’a pas suffisamment des historiens et des penseurs, c’est celui-ci, immense et notoire pour-l ; lant que les peuples et ceux qui les mènent ne se décideront tant: c’est la France qui a fait la Révolution : mais c’est l’Angleterre i * ,S,C ''i11/ , pVscr
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.