Le devoir, 13 juin 1917, mercredi 13 juin 1917
VOLUME VIII—No 137 MONTREAL, MERCREDI 13 JUIN 1917 DEUX SOUS LE NUMERO Abonnements par la poste : Edition quotidienne CANADA ET ETATS-UNIS.$5 00 UNION POSTALE.8 00 Édition hebdomadaire CANADA.§2 00 ETATS-UNIS.2 50 UNION POSTALE .3 00 W1* Rédaction et administration : - 43.RUE SAINT-VINCENT MONTRÉAL TELEPHONES: ADMINISTRATION: Main 7461 RÉDACTION: • Main7460 Directeur: HENRI BOURASSA FAIS CE QUE DOIS ! SIR ROBERT BORDEN ET LA CONSCRIPTION I Nos lecteurs habituels ne trouveront pas étrange que nous ne disions rien, encore aujourd’hui, du projet de loi déposé, lundi, par le premier ministre.Fidèles à notre routunie, nous attendons le texte; et, avant de nous prononcer sur l’ensemble de lia législation projetée, sur ses principaux dispositifs et sa portée prochaine ou lointaine, nous voulons l’étudier à fond.Nos lecteurs, comme nous-mêmes, profiteront de cette étude consciencieuse, plus que d'un jugement hâtif et superficiel.Mais île discours du premier ministre appelle d’immédiates observations et certaines mises au point nécessaires et urgentes.Ce manifeste, soigneusement écrit d'avance, est bien Y introduction — au sens usuel comme au sens parlementaire du mot — de la loi de conscription.A plusieurs égards, c’est une pièce remarquable : elle peint à merveille la désastreuse incohérence de la situation où le ministère, le parlement et le pays tout entier se sont laissé acculer; elle révèle le désarroi qui règne dans les conseils de lia nation, et jusque dans le cerveau du premier ministre, ordinairement solide et bien ordonné, sinon puissant.Jamais, à mon souvenir, sir Robert Borden ne s'est montré à la fois si habile et si faible.Son discours renferme des passages très forts et de stupéfiants accrocs à la vérité, à la logique, au simple bon sçns.Il aboutit à lia plus lamentable confession d’impuissance qu’un chef d’Etat puisse faire et, qui pis est, au plus dangereux appel à lia passion démagogique, à la haine des races et des classes, même ù la guerre civile.# # * Le début est adroit, simple et logique.Il rappelle l’accord unanime des deux partis pour acclamer l’intervention du Canada dans la guerre et affirmer avec éclat leur détermination de soutenir l’effort militaire du pays jusqu’à la victoire finale.En effet, il suffit de parcourir les archives parlementaires, de relire les journaux de toutes nuances, les comptes rendus de maintes réunions “patriotiques” et d’une foule de harangues enflammées, pour se convaincre qu’au début de la guerre, rouges et bleus, grils et tories, ont rivalisé de zèle et d’ardeur, sincère ou simulée, pour plonger le pays dans l’abîme où il se débat aujourd’hui.Et dans cette course au suicide, les politiciens de toutes nuances ont reçu l’appui moral d’une foule de gens, fort empressés aujourd’hui à dégager leur responsabilité des rigoureuses conséquences des actes qu’ils ont posés ou soutenus.Cet accord s’est virtuellement maintenu jusqu'au jour oq l'annonce de la conscription et les premiers grondements de la colère populaire sont venus, trop tard, ouvrir les yeux de maints aveugles volontaires.Jusque-là, la plupart des chefs d’opinion avaient trouvé que le meilleur moyen de conduire le peuple, c’est de commencer par lui mettre un bandeau sur les yeux, de la cire dans les oreilles; et afin d’y mieux parvenir, ils s’étalent faits eux-mêmes aveugles et sourds volontaires.Malheureusement, ifs ne s'étalent pas faits muets.Ve toutes leurs facultés, de tous leurs sens, ils n’avaient conservé que la moins raisonnable : la parole ; et ils l’employaient surtout à couvrir les rares voix qui osaient s’élever pour prédire la fatale échéance.Sir Robert 'Borden a donc raison de dire que toute lia “nation était unie dans un but commun”.Mais c’était une nation trompée, conduite à l'abîme par une coalition de dupeurs, de naïfs et d’affolés.Et mn in tenant que l’illusion des premiers mois n’est plus possible, le chef de la nation propose de lui imposer de nouveaux sacrifices, en la trompant d’une autre manière, et plus grossièrement encore.C’est là que son rôle devient odieux.Il le sent si bien, qu’il perd tie fil de la logique et de la vérité : il jongle avec les faits, il s’embrouille, il bafouille.Voyons un peu.* * * r L’effort de l’Empire, dit-il, a été “merveilleux” (wonderful) ; l’effort du Canada n’a été que “remarquable” (notable).Pourquoi cette gradation descendante dans le choix de l’épithète?Est-ce parce que le Canada, moins menacé que tout autre pays britannique dans la guerre actuelle, a fait un effort proportionnel beaucoup plus considérable?Est-ce parce que le Canada a d’ores et déjà assumé des obligations plus onéreuses que celles du Royaume-Uni et des autres nations-soeurs ?Est-ce parce que ces sacrifices ont été consentis sans nul espoir de compensa-tion, tandis que l’Angleterre, après s’être emparée de la marine marchande du Canada, s'est appropriée pour des centaines de millions valant de navires et de cargaisons germaniques?que l’Australie, la Nou-vele-Zélande, l’Afrique-Sud se sont payées d'avance en saisissant les colonies allemandes qui les avoisinaient?Ce premier accroc à la vérité es! sa fin?Prétendra-t-il que tous les publicistes de France et d’Angleterre, et la plupart des hommes d’Etat de nos “deux mères-paitries”, ont organisé et soutiennent une vaste conspiration de mensonges?En supposant que le danger d’une agression allemande en Amérique — je ne parle pas de l’attaque isolée d’un sous-marin — ait jamais existé, il y a longtemps qu’il a disparu.Par contre, le danger de J’affamation de l’Angleterre va toujours grandissant; et ce danger réel, le premier ministre ne fait rien pour y parer.Que dis-je?il veut à tout prix mettre le Canada dans l’impossibilité d’y remédier! Du ipéril économique, plus menaçant que jamais, et pour le Canada, et pour l’Angleterre, le premier ministre n'a pas soufflé mot -, # * * En faisant un petit effort d’amour-propre, je pourrais me persuader que sir Robert Borden a lu un article récent dans lequel je le suppliais de donner au pays des explications un peu plus probantes que celles du 18 mai.Il a touché aux trois évènements principaux et récents qui ont pu affecter la situation des armées: la guerre sous-marine, la révolution russe, l’intervention américaine 3.Sur chacun de ces points, il a donné une explication succincte qui 'n’apporte pas la moindre justification à son projet de conscription —• sauf peut-être sur la révolution russe.Cet événement, dit-il, paralyse les forces militaires de la Russie.C’était pour tant à prévoir lorsque M.Lloyd George, alors en conférence avec sir Robert Borden, télégraphiait à Pétrograd que la révolution marquait “le service le plus signalé que la Russie ait encore rendu à la cause des Alliés”.-Mais le premier ministre ne s’est pas décidé à dire si, oui ou non.Ses cent mille soldats canadiens qu’il veut enrôler de force sont destinés à prendre la place des cinq ou six millions de soldats russes “paralysés”.Est-ce là le “service” que M.Lloyd George a acclamé comme une victoire pour les Alliés?De l’intervention américaine, sir Robert se borne à dire qu’elle ne produira pas de résultats immédiats.C’est évident.Mais en quoi ce retard justifie-t-id le gouvernement d’imposer aux Canadiens une mesure odieuse que le premier ministre lui-même jugeait inopportune alors que l’intervention des Etats-Unis n’était pas même espérée?M.Borden prétend-il que l’Inaction complète des Etats-Unis était plus utile aux Alliés qu'un secours retardé?Il a protesté avec véhémence contre l'accusation de complaisance à l’égard des autorités impériales.“Ee sujet, dit-il, n’a jamais été discuté “entre moi et aucun membre du gouvernement britannique.S’il était “venu de là la moindre suggestion, je ne l’aurais pas même tolérée.Le “gouvernement, le parlement et le peuple du Canada sont les seules auto-“rités qui peuvent traiter (deal) ou décider (determine) de questions “telles que celles qui sont contenues dans le bill que j’ai soumis à la “Chambre.” , Très bien.Là-dessus nous sommes tous d’accord L Pour ma part, on l’a vu, je suis tout prêt à accepter sur ce point la dénégation du premier minish e 5- Mais ce qui me frappe, c’est qu’après avoir répondu, vaille que vaille, à tous les points d’interrogation, sauf un, que nous avons posés, M.Borden a gardé le silence le plus complet sur le plus important: n’est-ce pas afin d’aider de gouvernement américain à garder ses slackers — y compris les cinq cent mille Britanniques réfugiés aux Etats-Unis — que le gouvernement canadien nous impose la conscription?Il serait pourtant intéressant d’entendre le premier ministre là-dessus.Tant qu’il n’aura pas répondu à cette question, nous avons le droit d’estimer que sa loi de conscription, loin d’être une mesure de salut nationale ou impériale, est tout simplement un acte d'obédience au gouvernement américain.De la part de l’homme qui a conduit la lutte frénétique contre la réciprocité, parce qu’elle menaçait l’indépendance économique du pays, cette attitude est plus qu’étrange: c’est presque une trahison.Demain, nous examinerons le reste du plaidoyer du premier ministre el ses dangereuses conclusions.Henri BOURASSA.2 M.Héroux a signalé, dès hier, cet incroyable silence sur d’aspect le plus grave de la situation.Je n’y insiste pas davantage.3 Voir le Devoir du 5 juin: La conscription (VIII) —Cherchons la cause.+ Sauf les théologiems intégralistes et les anciens magistrats de YAction Sociale, qui prétendaient que le roi d’Angleterre a le droit et le pouvoir d’appeler les Canadiens à la guerre; que le parlement britannique peut imposer une loi de conscription au Canada, et qu’un simple désir des autorités impériales crée, pour les coloniaux, l’obligation morale d’y répondre.Reste à voir si ces farouches gardiens de l’orthodoxie et du loyalisme vont tourner contre les “hérésies dangereuses” du chef tory le jet de science et d’eau de vaisselle dont ils ont inondé les nationalistes, deux années et demie durant., 5 Voir la fin de mon article du 5 juin: La Conscription (VIII) — Cherchons la cause.bien dans la note du patriotisme à rebours qui prévaut actuellement, du patriotisme impérial et antinational.Ce concept faux, cette perversion de la vérité pénètrent toute l’argumentation du premier ministre: il en fait même la base et l’inspiration de son projet de loi.Profitant des faiblesses passées de ses adversaires et de leurs compromettantes concessions à l’impérialisme, sir Robert Borden se sert de la Loi de la milice, basée sur le principe de la défense nationale, pour en faire un instrument de domination impériale.Mais comme il sait à merveille que la masse du peuple n’est pas encore dénationalisée il ce ppint, il s'efforce de démontrer que l’enrôlement forcé de cent mille soldats pour la guerre européenne a pour unique objet la défense du Canada.11 réédite la légende des desseins de l’Allemagne sur le Canada.“Notre première ligne de défense est aux Flandres”, a-t-il le courage de répéter.“Lorsqu’on avril 1915, les Canadiens fermèrent aux “Allemands la route de Calais, ils leur barrèrent également la route de “Halifax, de Québec, de Saint-Jean et de Montréal.” Cette “ligne de défense”-, il l’étend même jusqu’à Toronto.Pourquoi pas jusqu’à Winnipeg?pourquoi pas jusqu’à Vancouver?pourquoi pas jusqu’à Dawson?Quant à prendre du galon.Au commencement de la guerre, cette corde aurait eu quelque chance d’accrocher un grand nombre de badauds.Aujourd’hui, elle est usée.On 'pourrait même dire qu’elle est coupée.Et ce sont les gouvernants anglais et Américains qui se sont chargés de cette salutaire besogne.Dès le mois d’avril 1916, le chancelier d’Allemagne, M.de Bethmann-Hollweg, et le ministre des Affaires étrangères, AI.de Jagow, ont démontré l’absurdité, pour l’Allemagne, d’uri pareil dessein.IM.Asquith et lord Robert Cecil, qui s’étaient efforcés de discréditer toutes les autres assertions des deux hommes d’Etat allemands, — et ils y étaient parvenus dans une bonne mesure — n’ont même pas songé à opposer la moindre contradiction à celle-là, la seule qui visait le Canada.M.Borden cite l’exemple des Etats-Unis pour justifier sa fantastique évocation des dangers d'invasion qui menacent le Canada.Ce n’est qu’une duperie de plus.De tous les motifs invoqués par M.Wilson, afin d’entraîner le peuple américain dans la guerre, il n’y en a pour ainsi dire qu’un seul qu’il n’ait pas même tenté d’utiliser; et c’est précisément celui dont M.Borden se sert pour apeurer les Canadiens.Dans son dernier manifeste — sa lettre an gouvernement russe i — M.Wilson a poussé plus loin que jamais sa dénonciation des desseins de l’Allemagne impériale.Il dénonce ses “secrètes visées de domination jusqu’à Bagdad et au-delà”, — et c'est tout.C’est le fameux programme de la Mittel-Europa.Que ces “visées”, réelles ou imaginaires, dérangent les calculs de l’Angleterre impérialiste en Asie-Mineure et en Ferse, et sa soif inextinguible de conquêtes et d’expansion, c'est certain; qu’elles menacent son empire des Indes, possible.Mais cela ne constitue pas un danger pour le Canada.C’est même une garantie que l’Allemagne, absorbée pour longtemps de ce côté-là, ne songera nullement à des entreprises irréalisables de ce côté-ci de l’Atlantique.Et puis, que fait M.Borden des multiples et inlassables assertions de toute la presse anglo-française que l’effort de F Allemagne épuisée tire à BILLET DU SOIR SYMBOLE i Publiée intégralement dans le Devoir du II.La séance allait commencer.Un double essaim humain adhérait à chacune des portes des tribunes publiques et déferlait, bourdonnant et compact, entre les rampes de fer forgé de l’escalier d'honneur jusqu’à l’entrée principale, gardée par des casques à pointe.Impossible de passer ; en un jour pareil, l’ascenseur rend des services inappréciables.Aussi le groupe des courriéristes parlementaires s’engouffra-t-il dans la cage étroite.La cabine montait toujours, sc chargeant de plus en plus.Dans la descente, elle cueillit, au troisième, un jeune homme à la face glabre, aux narines flairantes, dilatées, qui doivent être expertes à faire la synthèse d’un plat, en en respirant le fumet, à découvrir l’assiette au beurre à la seule odeur.La cabine reprit sa descente.An rez-de-chaussée, le manoeuvre voulut arrêter la manivelle.Impossible : la charge àtail trop lourde, les obésités trop nombreuses, et, tirant sur ses câbles geignants, l’ascenseur s’arrêta à mi-chemin, à peu prés entre le plancher de la cave cl le plafond.En ce moment critique, l’homme à la manivelle vous prend soudain des allures de capitaine a sa barre de commandement.Le galon de la casquette nous apparaît soudain auguste, pendant qu'il ordonne : “Que quelqu’un descende ! Il le faut, ou nous resterons bloqués.’’ Alors un.gros monsieur poussif se risque, non sans avoir bien i Commandé de ne pas faire partir la nmcbine avant qu’il ait louché terre, à se laisser choir.L’appareil n’est pas encore soulagé.Xolre capitaine commande, du ton qu'il aurait dit un homme à la mer : “Il faut que Sielqu’un descende encore !" Cette f&is c’est le jeune homme aux narines palpitantes qui, poussé par un camarade, se risque (i sauter, souple comme un félin.Il parait peser une plume et voilà pourtant que la machine est df-lestèc et remonte sans peine.—Qui est-çf, demande un monsieur qui ne connaît pas les illustrations nationales ?On prononce un nom.Alors un éclat de rire éclate.Le rapproche- ment s’est fait, dans tous les esprits, entre le naufragé de l’ascenseur et le naufragé du ministère qu’il sera peut-être tantôt, qu’il sera sûrement.Jacques COEUR.C’EST TROP BÊTE ?L'Evénement de lundi publiait, sous le titre C’est trop bête, la note suivante: “Un avocat de Roberval, ad cours d'une assemblée de protestation,, a trouvé un argument assez inattendu contre la conscription.Il ne vent pas que “nos fils” s’en aillent dans l’armée parce que, dit-il, "iimmoralité et l’ivrognerie y régnent.” “Se basant sur ce discours, une femme écrit dans le Colon de Roberval, pour protester au nom des mères et elle fait savoir au gouvernement qu'cites, les mères, “veillent sur l’âme de leurs enfants”." Voilà qui est pousser les choses un peu loin.L’ame de ceux qui se battent pour leur patrie est en péril! Le jyalriotisme, un foyer de perdition! Allons donc! Les millions de braves soldais qui souffrent et qui endurent toutes les misères humaines dans les tranchées, tout cela pour un idéal seraient tous des suppôts de satan, probablement, des gens perdus?Et vous, dévoués aumôniers de nas régiments, qu’avez-vous à dire à ees arguments?“Bêtise, il est temps de l’arrêter." Il est assurément temps d'arrêter la bêtise, mais la question est de savoir où est la bêtise et quel déguisement elle porte.Personne n'a jamais songé à prétendre que “te patriotisme” soit “un foyer de perdition” ou que “les millions de braves soldats qui souffrent et qui endurent toutes les misères humaines dans les tranchées” soient “tons des suppôts de Satan”; mais pas un homme intelligent, ayant quelque souci de ce qui se passe en Europe, ne saurait rester indifférent aux périls d’ordre moral qui mena cent les soldats.A l'heure même où YEvènement publiait sa petite notule, un député aux Communes anglaises d’origine canadienne, sir Hamar Greenwood, priait précisément les autorités britanniques de dire quelles mesures elles entendent prendre pour proté- A OTTAWA LE DÉBAT JEUDI ?! —- I Cela semble incertain — Commissions nouvelles — Les requêtes anticonscriptionnistes.ger les troupes des colonies contre la corruption physique et morale.On trouvera cette dépêche, communiquée par la succursale de l’agence Reuter à Ottawa, dans la Gazette du mardi 12 juin, et l’on y verra qu’à la dernière conférence impériale “les représentants des colonies autonomes” ont spécifiquement demandé au gouvernement britannique de prendre ces mesures de précaution.On y verra encore que M.Bonar Law a déclaré “que la question est entourée de grandes difficultés, mais que le Home Office et le IVor Office se consultent pour voir s’il est possible de prendre quelque autre mesure administrative." Si l’on désire savoir sur quel ton les représentants des colonies se sont cru le devoir de parler aux autorités britanniques, pour demander qu’on protège Tame et le corps des soldats qu’ils envoient là-bas, on n’aura qu’à ouvrir le premier grand discours de'M.Borden (YEvènement ne récusera pas celte autorité), celui où le premier ministre annonçait la conscription.On y relèvera (colonnes 1632-1633 de la version française) ce paragraphe formidable dans sa modération voulue : “Une autre question que l’on a abordée, [dans les discussions des coloniaux et des Anglais] c’est celle d’éloigner certaines tentations des troupes venues d’outre-mer, à laquelle se rattache l’insuffisance des mesures prises et cet égard par les autorités anglaises.S’il est un sujet sur lequel je me sois exprimé avec une force inaccoutumée, c’est bien celui-ci.Les autorités impériales, je dois le déclarer, ne me paraissent pas avoir accordé assez d'attention à cette question, el je le leur ai dit sans déguisement.On nous a formellement promis d’améliorer l’état des choses, de mieux protéger les soldats en les soustrayant à la tentation; aussi ai-je tes meilleures raisons de compter que l’attitude que nous avons prise sur ce point à la conférence impériale aum tes meilleurs résultats.” L’Evénement estime-t-il que les préoccupations dont témoigne ce discours de M.Borden participent de la “bêtise” ?Les gens qui se tiennent un peu au courant n’ava.ent pas besoin de ce textej du reste, pour savoir à quoi s’en tenir.Tous avaient pu lire, dans l’émouvante lettre adressée au Times de Londres par Conan Doyle et reproduite dans les journaux de Toronto (Star du 7 et Globe du 8 février) cette accusation 'terrible dressée par l’écrivain contre son propre gouvernement: “Notre politique présente, c'est de fermer les musées, mais de laisser les lieux de débauche ouverts aux jeunes gens d’outre-mer qui, pour la première et peut-être pour la dernière fois de leur vie, ont quelques jours de liberté, dans ta métropole de leur race; ils n’en pourront apporter aucun souvenir de ses merveilles d’art et d’antiquité, mais on les force à prendre, contact avec ce qu’il g a de plus repoussant dans notre vie urbaine.Quelle récompense pour nos colonies si nous leur retournons leurs splendides gars souillés de corps et d’esprit!” Nous pourrions produire d’autres textes.Ceux-ci suffisent à montrer de quel côté se trouve la “bêtise” qu’il convient d’arrêter au plus tôt.Orner HEROUX.FOUR COMPLÉTER NOTRE DOSSIER UNE LETTRE DE M.RAINVILLE Nous avons signalé déjà la lettre adressée par M.Blondin à un secré-laire de municipalité de son comté et celle de M.Boulay aux curés de son comté, en marquant leur ressemblance et la parité des dates (lettre Boulay, 1er juin; lettre Blondin, 30 niai).La lettre suivante adressée aux curés de son comté, le 31 mai, par M.J.-H.Rainville, ajoutera à ce dossier une page intéressante.Elle n’est peut-être pas, d’ailleurs, la dernière du genre.Ottawa, le 31 mai 1917.Cher monsieur le curé, Je crois ne rien vous apprendre en vous disant que l’heure que nous vivons est sombre.Dans la capitale du Canada, où se trouvent réunis les représentants de tous les groupes sociaux, de toutes les nationalités, de toutes les croyances, comme de toutes les provinces du pays, il nous est donné de nous rendre plus exactement compte des sentiments répandus dans la population canadienne; et c’est après avoir attentivement pris connaissance de ces courants d’idées que je me permets de vous écrire pour vous informer que la situation est plus grave que nous ne le pensons dans la province de Québec.L’exacte vérité, c’est que nous allons vivre des heures plus solennelles qu’aucune aulre de notre histoire, et que, ces heures écoulées, la race canadienne-française catholique ne sera peut-être pas dans le même état qu’aujourd'hui parmi les populations du Dominion.Je vous prie de croire, monsieur le curé, que je ne vous écris pas en ma qualité de député conservateur.Je le fais d’abord, en ma qualité de député puis de citoyen se rendant compte des devoirs impérieux du moment et sollicitant les lumières des esprits éclairés et des âmes qui ont souci de notre avenir.C’est à ce double titre que je me permets rte vous supplier d’employer toutes les ressources rte votre esprit national et rte votre Influence pour engager vos paroissiens h attendre le texte rte In loi rte conscription, avant de se livrer à des expressions d’opinions désastreuses pour notre province el pour notre nationalité.J'ai fait beaucoup de démarches (Par Ernest BILODEAU) Ottawa, 12 juin 1917.La Chambre s’est remise aujourd’hui à son petit train-train habituel, comme pour se reposer les nerfs après la tension d’esprit d’hier.Elle a discuté en comité générai les salaires de certaines classes d’employés civils, et en comité de subsides les crédits du ministère de l’Agriculture.Quelques incidents ont relevé quelque peu la monotonie de la conversation.Sir Geo.Foster, par exemple, a promis de déposer la correspondance échangée entre M.Patenaude et le premier ministre aussitôt que la démission du secrétaire d’Etat aura été sanctionnée par le gouverneur général.Et le ministre du Commerce a annoncé la nomination d’un contrôleur du combustible, M.Magrath, président actuel de la section canadienne de la Commission des eaux limitrophes.Le nouveau dictateur du chauffage.comme on pourrait l’appeler, aura pour mission de prévenir la disette de charbon qui s’annonce pour la saison d’hiver, surtout en ce qui concerne les chemins de fer et les usines.Il paraît que ces deux éléments consumaient chaque année environ deux millions de tonnes de charbon bitumineux, que l’on se procurai t dans la Nouvelle-Ecosse et le Cap-Breton surtout.Or, en raison du manque de vaisseaux-transports, à peine le dixième de cette quantité pourra-t-elle être fournie, si l’on en juge par les conditions actuelles.Le nouveau contrôleur devra donc procéder à un inventaire complet des stocks de charbon disponibles par tout le Canada, depuis le Cap-Breton jusqu’aux Rocheuses, et prendre des mesures pour une équitable répartition du précieux combustible.Le ministre n’a pas j paru éprouver de craintes à Pen- ! droit de ce que les Etats-Unis sont accoutumés de nous fournir, et il faut croire que les relations amicales existant actuellement entre les deux pays auront pour résultat de permettre au Canada de s’approvisionner largement aux mines de Pennsylvanie.Mais ce n’est pas si sûr que cela, et le contrôleur fera bien de prendre ses mesures à l’avance.Espérons qu’il n’y manquera i pas, et que pour être un peu tardi- ; ve, sa nomination aura tout l’effet que le public inquiet est en droit d’en attendre.Le gouvernement avait annoncé hier la nomination d’une autre commission, celle qui aura pour but de réglementer le commerce du grain î et des denrées alimentaires, télles : que le blé et la farine, afin d’assurer des prix raisonnables au consommateur canadien.Elle verra ' aussi à ce que le surplus de notre production soit mis à la disposition de la mère patrie et de ses alliés, tout en se tenant en étroite coopération avec les autorités américaines chargées d’une mission identique.Ces commissaires ne loucheront pas de salaires.¦X* £ En comité général sur le service civil, M.Ohs Marcil a protesté contre le système de mettre des employés à la retraite sans seulement les consulter.On >a ainsi commis des injustices, dit-il, à l’endroit de plusieurs employés excellents, aussi capables que précédemment de rendre service au public dans l’exercice de leurs fonctions.Le système anglais est plus juste, dit M.Mar-cil, et l’on devrait l'imiter à ce point de vue.(Suite à la Sème nage.) pour tâcher de savoir ce qu’il y avait dans ce bill de conscription, car il n’est pas possible pour notre pays de faire une conscription générale qui comprendrait tous les hommes d’âge de porter les armes de 20 à 45 ans.D’après les détails que j’ai cru pouvoir saisir, sans en être certain, il y a la conscription du travail, la conscription obligatoire en faveur de l’agriculture et enfin la conscription militaire.Si cela était, toutes les industries légitimes et nécessaires à notre pays ne seraient pas dérangées, mais au contraire seraient encouragées; l’on procurerait d’une manière obligatoire un nombre considérable de main-d’oeuvre des villes pour aider aux agriculteurs qui se plaignent et qui ont raison de se plaindre et dont la production est excessivement loin d’être suffisante.Ceci veut dire que l’on ne toucherait pas à un seul cultivateur, ni à leurs fils.Enfin la conscription militaire serait pour les autres, divisée en cinq ou six classes.Mais bref, nous n’aurons les détails (pie lorsque le Bill sera imprimé.La préeipita-Üon et l’énervement ne peuvent produire aucun bon résultat.Je m’adresse à vous, non pas comme partisan ou adversaire d’un gouvernement, mais comme pasteur des âmes, chef spirituel d’une paroisse et citoyen libre et éclairé exerçant une puissante influence sur ses compatriotes, comprenant les devoirs du peuple et voyant la gravité de l’heure présente.Je me demande quelles conséquences produiront, pour la race française catholique au Canada, des agitations comme celles qui se sont récemment produites à Montréal, lors des assemblées de sir Robert Borden et de M.Blondin, au Monument national, ou de l’attaque contre les affiches de recrutement, ou encore des interruptions organisées pour empêcher un ministre protestant de prononcer un discours au pied du monument de la Reine Victoria, à Montréal,, quand des milliers de petits Anglais y allaient déposer des fleurs, le 24 mai dernier.Permettez-mol tTe vous révéler qu’une opinion va se confirmant parmi plusieurs députés des provinces-soeurs que, du train dont vont les choses dans la province de Québec, il n’est pas improbable qu'une majorité anglaise demande, afin d’assurer la paix générale dans notre propre pays, une modification de l’Acte de la Confédération pour supprimer tous les privilèges par lesquels se distingue la race française des autres races qui vivent au Canada.Je vous entends me répondre qu’il y aura du sang répandu avant que cette chose ne s’accomplisse.Je vous crois avec d’autant moins de peine que je suis absolument de votre avis.Nous pouvons prédire qu’il y aura du sang répandu, mais je vous assure que nous ne pouvons point prédire qu'il en résultera quelque bien.Il est donc sage de se communiquer ces graves appréhensions et de mettre en oeuvre toute la bonne volonté dont on est capable pour éviter, puisqu’il en est temps encore, des manifestations hasardeuses qui peuvent si facilement devenir désastreuses pour nous à tous les points de vue, sans un seul espoir de compensation en retour.Je vous soumets respectueusement ces quelques considérations, confiant que vous les accueillerez avec l’esprit civique dont vous ne sauriez manquer de faire preuve dans un moment où peuvent se fixei l'histoire et la destinée de la ran française catholique au Canada.J< sollicite humblement Pëxpressior de votre opinion sur ces question.-d’intérêt vital, parce que j’ai besoin de vos conseils éclairés et que j’ai confiance en votre patriotisme Je vous enverrai le texte de la loi aussitôt qu’il sera distribué.Avec remerciements, je me souscris, mon cher monsieur le curé, Votre dévoué serviteur, J.-H.RAINVILLE.POUR LES ETATS- _____UNIS AUSSI Vu l’affluence de demandes qui nous viennent des centres franco-américains.où l’on vfut profiter do l’abonnement de propagande, à $1 pour le Devoir quotidien, du 10 juin au 15 septembre 1917, l’administration du journal est heureuse de con- i sentir à faire bénéficier les Franco-Américains de ce tarif de faveur.Cet abonnement spécial par la poste, sauf pour Montréal et la banlieue, — vaudra donc pour le Canada et les Etats-Unis.Il est strictement payable d’avance.Depuis lundi, il nous en est arrivé plu- .sieurs centaines, à tel point qu’il a fallu requérir le service de nouvel- ; les employées pour mettre nos listes d’abonnés à date.Comme les événements se précipitent à Ottawa, il serait bon que nos amis du Canada et des Etats-Unis se hâtassent de nous faire tenir le prix de leur abonnement au plus tôt.BLOC-NOTES Un roi détrôné Athènes nous apprend ce matin que le roi Constantin de Grèce n’a plus de trône.Les alliés l’ont dépose et ont instauré à sa place son deuxième fils, le prince Alexandre.Un journal note à ce sujet que, de ce temps-ci, les rois passent vite et que, vu l’influence des idées républicaines en Grèce, il se pourrait qu’avant longtemps elle redevienne une république- C’est même probable.La Russie, en détrônant son tsar, s’é- ; tait donné un régent, de la famille impériale.Il n’a pas régné dix jours.Après Pétrograd et Athènes, quelle autre capitale perdra son roi?Uu peuple éprouvé La population de l’Irlande était de 8,175,000 hommes, en 1841.Elle n’était plus que de 4,350,000 en 1911, Il est inutile de rechercher la raison de cet abaissement de populatin.Elles sont inscrites en lettres flamboyantes dans l’histoire du Royaume, Uni, ___________ GP^ LES LETTRES DE FADFTTE Le troisième volume ües lettres de Fadette se vend, en «librairie ou au Devoir, 50 sous,l’unité, 55 sous; ar.la poste.Avis.A»ceux,qui eq ont les deux premières‘séries. VOL.VIII.—No 137/ LETTRES AU “DEVOIR” Nona ne publions que des lettres signées, ou des communications accompagnées d’une lettre signée, arec adresse authentique.Les correspondants anonymes s’épargneraient du papier, de l’encre, un timbre-poste, et à nous une perte de temps, s’ils voulaient bien en prendre note définitivement.ENCORE LA GUIMBARDES veau genre.En tou! cas, nous suggérons l’établissement préalable d’un petit concours sur l’organisation éducationnelle dans les seules provinces canadiennes, sur les conditions industrielles et économiques qui, dans chacune, appellent telle nuance sur les résultats obtenus.Et l'on renoncera vite aux commissions de cette composition.Si l’expérience de nos voisins peut être, de quelque utilité, nous rappellerons que, désireuse de perfectionner son système d’enseignement technique, la Nouvelle-Ecosse a délégué un capitaine de l’enseignement, le professeur F.W.Sexton; qu’Ontario a fait de même, en choisissant M.John Seath, surintendant de l’Education.Chacun son métier, ont pensé sans doute ces Anglais, dont le sens pratique reste à imiter.EDUCATEUR.Avec une compétence^ Infuse, Innée, et partant aussi indiscutable que l'aptitude de son directeur à siéger dans la défunte commission scolaire, une feuille montréalaise a diagnostiqué que notre système d’enseignement est à modifier de fond en comble, et sans retard, afin qu’il puisse répondre “aux besoins actuels et surtout à ceux de demain”.Exiger des précisions là-dessus serait réactionnaire, car il importe de confier sans retard la tâche de refaire la machine compliquée de notre enseignement à des experts qui semblent s’entendre à cette besogne aussi bien que nos sauvages primitifs à la remonte du chronomètre de l’explorateur.Pour le moment, la pièce la plus usée est renseignement primaire “dont les programmes sont encore ceux de notre époque, et même, du temps de nos grands-pères” : demain ce sera l’enseignement secondaire, puis, le.supérieur qui, eux, s’en tiennent probablement encore aux méthodes du siècle de Louis XIV et même de François 1er.Il est entendu que les cerveaux actuels emplissent infiniment mieux les crânes que ceux de ces temps reculés; car aujourd’hui, c’est un fait, le premier charretier venu tranchera une question de dogme aussi sûrement que son évêque.Tel clubiste, tel vague professionnel se relanceront à merveille, pour développer des systèmes d’enseignement, des règles de pédagogie, que n’auraient pas su trouver les éducateurs de carrière, pas même dans le sol propice des écoles normales.Quel siècle que le.nôtre!!! Il serait sans doute exorbitant de demander aux journalistes nés d’hier, de lire les rapports annuels du surintendant de l’Instruction publique, de remonter en arrière, non guts jusqu’à “l’époque de nos grands-pères”, mais à peine quelques années.Les paisibles ouvriers de Venseignement ont seuls le temps de.fouiller ces documents, de participer à des conférences, de tenir des congrès fréquents afin de sc concerter sur les méthodes les plus pratiques.Pourtant ers rapports seuls permettent de suivre la trace des perfectionnements, des changements opérés même de “notre temps”.Les compléments, donnés à notre enseignement primaire par les écoles d’a-jriculture, les académies commerciales, les écoles ménagères et sur *out, techniques, sont de date assez récente.En voici d’autres d’impor-lance nos moindre.N'esl-cc pas en 1SMI2 que M.de la Rrucre proposait l’introduction de l’enseignement manuel dans les écoles primaires ?Peu après, sur son conseil, élail choisi un directeur de l’enseignement du dessin, un programme non veau mellait en 1913 cette branche utile à la portée des jeunes, et une allocation annuelle de ,$3000 a continué d’en favoriser le succès.Les écoles rurales ont été déjà appelées à créer des jardins scolaires, pour mieux développer, chez les fils d’agriculteurs, l’amour du sol; les conférenciers agricoles ont ménagé à ces jeunes recrues une part de leur temps, et l’on voit dans des exi>osi-tions scolaires fort réussies, la moisson poindre.Il est en ce moment question d’établir un certificat d’é tildes primaires venant sanctionna efficacement chacun des trois degrés de ce cours.Sauf pour tes néo-spécialistes, il est inutile d’ajouter que chaque année, certains manuels cèdent le pas « d’autres plus au point, certaines matières reçoivent une empreinte plus utilitaire et adéquate.Mais ce sont là retouches de detail; ce qu’il faut, c’est une complète refonte du système, une transformation radicale des programmes ! Et dans ce but, que te gouvernement delègue sans retard une commission d’experts, pardon, de députés aux pays ayant des systèmes parfaits.Il est souverainement ridicule de trouver si souvent dans la presse canadienne des clichés aussi vides en termes aussi transcendants.Les ouvriers de l’enseignement cherche raient en vain, dans les critiques que leur servent périodiquement les experts de g., une parcelle constructive.D’ailleurs, si de là devait jaillir la lumière, Delfosse, Franrhè-re et Hébert devraient préférer au Salon, pour l’exposition de leurs oeuvres, les quais de ta Métropole.Dieu préserve de tels réformateurs les jeunes de demain ! Après les exper.ts-réformateurs, les experts-enquêteurs, voilà qui n’est pus banal! Mais le pratique gouvernement, qui préside aux destinées de la province, ne jettera pas aussi facilement que cela ses subsides à des excursionnistes d’un non- L’INTERVENTION AMÉRICAINE SES CONSEQUENCES POUR LE CANADA.—UNE PAGE INEDITE DE M.UOURASSA.COMMISSION SCOLAIRE AUGMENTATION DES SALAIRES A LA SUGGESTION DE M.Mc-LAUGHLIN, LES COMMISSAIRES SEMBLENT PRETS A ACCORDER A TOUS LES INSTITUTEURS UNE AUGMENTATION DE $100 PAR ANNEE.— L’ECOLE DE CANTORBERY.SITES SUR LA GRÈVE au bord du lac St-Louis, 30 minutes ouest de Montréal Vous pourres aller en bateau, vous baigner, ou pêcher à Yotre porte.Les prix sont bas maintenant, mais augmenteront certainement.C'est un placement idéal; ce sont des sites splendides pour passer les congés de fin de semaine.$10 nu comptant et $5 par mois vous assurent la possession de n'importe quel lot.Demandez un exemplaire de l’édition de la “mi-printemps” de “THRIFT’*.Vous y trouverez des renseignements de plus.MARCH TRUST COMPANY 180 Saint-Jacques.MAIN 3791 Sous avons indiqué déjà que la brochure du directeur du Devoir tir /’Intervention américaine se terminait par des pages tout à fait neuves sur les conséquences probables qu'aura pour notre pays, l’intervention des Etats-Unis dans la guerre.Ces pages comptent parmi les plus intéressantes de.la brochure.Après avoir montré les premières conséquence*, probables de ’intervention américaine sur nos propres destinées: arrêt de l’immigration, diminution des capitaux (t des vivres, socialisme d’Etat, militarisme, etc., l’auteur conclut : Si, la guerre finie, les financiers et les industriels américains jugent profitable de *se récupérer de leurs “ sacrifices ” en faisant main-basse sur le Canada, ils n’auront pas même besoin de précipiter un conflit armé, comme ils ont fait pour libérer Cmba et s’emparer de Porto-Rico et des Philippines : il leur suffira d’agir sur la “ conscience ” des polititeiens et des industriels canadiens aux abois.Est-besoin d'ajouter qu’ils se procureront, ici comtr,'2 aux Etats-Unis et à bien meilleur compte, toutes les gazettes patriotes dont ils auront besoin, afin de créer et d'entretenir les “ courant*, d’opinion ” nécessaires pour éclairer la “ démocratie ” canadienne.Qui sait, imème, si les pourchasseurs de la langue française dans le Canada anglais, et les fabricants de ifausse théologie tlall's la province de Québec.n’en auront pas alors assez fait pour transformer en partisans de l’annexion la plupart des Canadiens-français, qui furent, un siècle et demi durant, les adversaires irréductibles de toute union politique 'entre les deux pays ?ABSORPTION PROBABLE DU C.A-XADA PAIR LES ETATS-UNIS A cr*s facteurs (particuliers, qui existent depuis longtemps et que "intervention américaine ne fait (pie fortifier, il convient d’en ajouter un autre qui se rattache, cekii-à, à la situation Générale du monde et à l’action générale des Etats-Unis, C’est par là que la révolution qui nous .menace se rattache à la Révolution.Le dessein arrêté du Président et d‘3s principaux chefs de la nation américaine, on Pa vu, est de renveiser les trônes et d’instaurer partout l’univDrseUe, triomphante et sacro-sainte “ démocratie ".Pour l’instant, on se borne à menacer ouvertement les “ autocrates ” d’Allemagne et d’Autriche, les “ despotes ” qui osent croire qu’ils tiennent leur couronne de Dieu et professer qu’ils doivent à Dieu d’abord rompt'?de leur charge et de leurs responsabilités.Des rois constitutionnels d’Angleterre et d’Italie, les Américains ne disent rien, pour l’instant.Du moins ont-ils la décence de ne pas leur décerner les éloges hypocrites qu’Anglais et Français iprodiguaient au Tsar, avant sa chute.Mais lorsque “ William HohenzoHeirn et Charles Hapsbourg auront pris le chemin de Nicolas Romanoff ”, si la “ démocratie anglaise s’avise, comme tout l’indique, de jeter par-dessus bord son “ roi-soliveau ” — selon la classique expression révolutionnaire, employée récemment par un sénateur canadien (1) — et de se livrer à la grue démocratiqu'?, croit-on (pie les champions de la démocratie américaine sc retourneront contre heurs alliés, les démocrates d’Angleterre, les républicains de France et les révolutionnaires de Russi'e, pour garder la couronne à l’arrière-petit-fils do Georges 111 ?11 n’est donc nullement exagéré de dire que l’intervention américaine, en hâtant le jour de la dé chêance de l’antique monarchie anglaise— la nhts ancienne de l’Europe aujourd’hui, —hâte également la rupture du lien qui rattache le Canada à la Grande-Bretagne et le renversem'ent du principal obstacle à l’absorption du Canada par les États-Unis.Un seul dérivatif : l’indépendance du Canada, pourrait retarder ou détourner cette échéance fatale.Un Canada indéprndujjt sérail plus à l’abri des cupidités américaines que le Canada dépendance britannique.Gette vérité, on ne saurait trop la répéter, car elle s’attaque l’un des préjugés les plus répandus (2).I.nconhstable avant la guerre, elle l’est plus (pie jamais depuis rentrée des Etats-Unis dans te conflit.Les Canadiens de toutes races auront-ils la sagesse et l'in (1) M.Dandurand, à l’assemblée de rcmitoment du général Lessard et du “ colonel ” Blondin, tenue au Monument National, le 7 mai.N l'un ni l’autre de ces messieurs qui portent '.’uniforme du roi, et dont l’un a prêté serment comme avi soar du roi en Canada, n’ont pro testé conire cette botte portée au roi.Je ne passe pas pour ultra loyaliste, et je ne suis pas fou des monarchies, des monarchies inu tiles surtout ; mais, franchement de /elles violences et de tels silen ces me paraissent i n déc en/s.(2) Sur ce point, on trouvera quelques arguments dans l’ouvrage déjà mentionné dans une noie pré cédentp ; Hier, Aujourd’hui, De Les membres de la commission scolaire de Montréal, réunis en assemblée régulière, ont discuté, hier après-midi, la question d’une augmentation de salaire à tout le personnel enseignant soumis à leur juridiction.Comme ce cadeau représente une somme de $25,000, les commissaires, tout en en approuvant le principe, n’ont pas voulu rien décider avant de savoir si cette gratification serait payée à même les revenus de l'année ou bien si elle entamerait le capital.C’est le commissaire Giroux qui a soulevé cette question à la suite d’une requête faite par les professeurs, il y a une quinzaine.Il fit un énergique plaidoyer en faveur des instituteurs et déclara que la position du personnel enseignant avec cherté de la vie actuelle, était intenable.Il semble qu’on n’apprécie pas assez le dévouement de nos professeurs «pii ne sont pas rétribués en proportion des services qu’ils rendent à la jeunesse.Après ces remarques, M.Giroux proposa alors de voter une augmentation de $50 à chacun des instituteurs de la commission.Le commissaire McLaughlin fut d’opinion que cette somme n’était pas suffisante et il suggéra d’accorder $100.Le chanoine O’Meara se déclara fortement en faveur de la suggestion de M.McLaughlin et ajouta que la commission devrait faire quelque chose pour les instituteurs.Le juge Lafontaine a demandé que l’on s’informe auparavant si cette augmentation qui absorbera environ $25,000 sera payée à même le revenu ou chargée à compte du capital.Si les revenus sont suffisants, il est favorable à la motion de M.Mc.Laugh-lin.Finalement, la question a été renvoyée au comité des finances et au comité des écoles qui tous deux présenteront leurs recommandations à la prochaine séance.Les paroissiens de Saint-Thomas de Cantorbery, Notre - Dame de Grâces, multiplient les démarches pour faire construire une école dans leur localité- Ils se sont présentés "hier, devant la commission des écoles et ils ont été informés que le principe de l’érection d’une école pour garçons et filles était adopté.Quant au choix du site où cet édifice sera construit, les commissaires ont pris en considération deux offres de terrains recommandée par la commission de Notre-Danie-de-Grâ-ces et décidé que le terrain le meilleur marché devrait être acheté.Cette dernière question a été référée au comité des Travaux.Deux offres de terrains ont été également présentées pour l’école des filles dans la paroisse de Saint-Zotique.L’une de M.G.AV.Parent, pour un terrain sur la rue Georges-Etienne Cartier, au prix de $31,000, et l’autre de M.J.II.Bédard, pour un grand terrain .sur la rue Therrien, au prix de $00,000.Toute la question a été référée au comité des travaux.T.a sortie des élèves, pour les vacances d’été, a été fixée aux 20 et 27 juin.Dans les écoles où les élèves doivent se présenter pour obtenir leurs brevets, la date de sortie sera a 25.Dans toutes les écoles, la sortie sera précédée d’une fête solennelle de fin d’année, au cours de laquelle les élèves méritants recevront leurs récompenses en présence de leurs parents.CHOSES MUNICIPALl LA PROPRETÉ DE MONTRÉAL LES COMMISSAIRES PARLENT D'IMPOSER UNE NOUVELLE TAXE POUR LE NETTOYAGE DES TROTTOIRS EN ETE—UNE “CA RR 1ERE’’ INUTILE.—L’OBSTRUCTION DES TRAVERSES A NIVEAU.PETITES ANNONCES SITUATIONS VACANTES ÉLECTRICIEN On demande un électricien, un homme qui puisse prendre charge d’une usine dans une petite ville manufacturière comprenant deux générateurs de 150 kilowatts, plusieurs moteurs de 10 à 75 chevaux.Salaire: $125.Ouvrage continu garanti.S’adresser, en indiquant l’expérience possédée, à boîte No 100, ‘‘Le Devoir”.DRAME DE LA JALOUSIE VN AMOUREUX ECONDUIT EST CONDAMNE A 2 ANS DE PENITENCIER, POUR AVOIR TIRE SUR CELLE QU’IL AIMAIT.Sherbrooke, 13.— Une malheureuse histoire d’amour s’est terminée devant les tribunaux, alors que le juge Mulvena a condamné Charles Poliquin à deux ans de pénitencier.Poliquin voulait marier Mlle Ré-silda Perrin, mais sur le refus de celle-ci, il jura de se venger, disant qu’il allait tuer le père, la soeur, son.rival, et elle-même.L’autre jour, l’apercevant dans son châssis, il tira dans sa direction, mais heureusement la manqua.Pour ce, il devra passer deux ans à l'ombre.telligencc de le comprendre ?Auront-ils la volonté patriotique de se préparer aux éventualités prochaines ?Eu auront-ils même le temps ?C’est de plus en plus douteux.L’avenir est à Dieu • La providence divine nous ménage peut-être de miraculeuses échappées : nous ne les avons guère méritées ! Mais dans l'ordre des prévisions humaines, te résultat le plu» probable, pour ne pas dire certain, la conséquence dominante et ultime de l’intervention simultanée du Canada et des Etats-Unis dans la guerre européenne, c’est la fusion (les deux peuples anglo-saxons de l’Amérique du Nord.A Montréal, cette brochure est actuellement en vente, en même temps qu’aux bureaux du Devoir, dans les librairies suivantes : Granger Frères, 43-ouest, rue Notre-Dame; Lan-gevin et L’Archevêque, 31-ouest, rue Notre-Dame; Pineault, 280-est, rue Rachel ; Saint-Louis, 288-est, rue Sainte-Catherine ; Garièpy, 1123-est rue Rachel ; Déom Frères, 251-est rue Ste-Catherinc; Reauchemin, 79, rue Saint-Jacques ; J.-A.Lacroix, 1913, rue Notre-Dame-ouest.Aux Etats-Unis, s'adresser, pour les commandes de gros ou de détail, à la Librairie Saint-Michel, 91, rue Summer, Boston, Mass.I 25 sous l’exemplaire, plus 3 sous main, chap.V.; “ Les solutions de pour le port; $2.50 la douzaine, plus demain ”, les frais d'expédition.“Si nous faisons nettoyer les trottoirs en hiver, que ne le ferions^ nous pas en été?” se sont demandé nos commissaires.Et voyant que leur idée était logique, ils ont demandé hier à la Commission de législation de bien vouloir préparer en conséquence un nouveau règlement à cette fin.Mais les propriétaires payent une taxe pour faire enlever la neige sur le trottoir qui longe leur propriété; elle est de 5 sous par pied.Est-ce qu’il va leur falloir payer de nouveau pour les faire passer à l’eau?Nos commissaires répondent: oui.Seulement, ils ajoutent que l’impôt doit être beaucoup moins considérable et pour cause; la ville se dédommagerait de cette nouvelle besogne en exigeant 2 ou 3 sous par pied de front.Nos commissaires appuient fortement sur le mot: beaucoup.La raison en est très simple: il y a longtemps qu’ils ont l'intention de recommander au conseil de porter de 5 à 10 sous par pied la taxe imposée pour l’enlèvement de la neige des trottoirs; aussi se proposent-ils de lui expliquer sous peu "que la première source nouvelle de revenus est précisément l’augmentation de cette taxe à 10 sous, si la ville veut rencontrer les dépenses de ce travail.” Quant au moyen que l’on emploiera pour nettoyer les trottoirs en été, l’ingénieur en chef de la ville fait remarquer que le plus pratique et le moins coûteux serait de les laver à grande eau.LA CARRIERE D’OUTREMONT Il y a longtemps qu’on veut la vendre: il y a encore plus longtemps qu’on ne l’exploite pas.Cependant elle coûte encore aujourd’hui à la ville de fortes sommes d’argent : deux gardiens, qui restent en permanence à la carrière, reçoivent chacun un salaire de $15 par semaine; de plus, on est obligé de louer à raison de $120 par année un terrain avoisinant pour y mettre le matériel d’exploitation.Ce sont probablement toutes ces considérations qui ont engagé hier le commissaire Côté à faire adopter la résolution suivante par ses collègues: “Que l’ingénieur en chef de la ville soit prié de soumettre au plus tôt un rapport sur l’opportunité: “lo de disposer de la carrière de la ville à Outreinont, qu’il est impossible, apparemment, d’exploiter; “2o de disposer du matériel de cette carrière et de le transporter dans l’une des cours de la cité, pour en faire l’inventaire et le mettre à l’enchère, avec'mise à prix.” TRAVERSES A NIVEAU En réponse aux représentations de l’ingénieur MacLeod, le surin tendant général de la Cie du Grand-Tronc dit qu’il prendra toutes les mesures pour empêcher l'obstruction des traverses à niveau par les convois.—D’après des statistiques préparées à l’hôtel de ville, on constate que Toronto ne reçoit que $38,957,-577 de taxes par année, de 15 compagnies d’utilités publiques, tandis que Montréal qui n’en possède que 10, reçoit annuellement de ces dernières la somme de $51,045,183.—La “Deakin Construction Company” offre de construire une par tie du pont Lasallc pour $178,000.—La ville demandera aux propriétaires de la rue Masson, où l’on projette de construire une ligne de tramways, s’ils seraient consen tants à céder gratuitement à la ville la partie de cette rue comprise entre les lie et 15e avenues.—L’ingénieur MacLeod s’adresse ra à la Commission des chemins de fer pour faire établir des barrières aux rues Darling, Davidson et Chambly, là où elles sont traversées par les voies du Nord-Canadien —Le bureau informera le gouvernement provincial que la ville ne peut accepter aucune offre de terrain pour le prolongement de la rue Chambly, à moins qu’elle ne soit faite gratuitement et sans conditions.—Suivant un estimé préparé par le surintendant de la Voirie, la réfection du pavage de la rue Ontario, entre les rues St-Denis et De-lorimiier, coûterait la somme de $24,000.OUVRIER On demande un ouvrier pour réparer les chars.On a besoin d’un homme pour -faire les réparations aux wagons-plateformes.Ouvrage continu.Douze heures par jour.Gages: 30 sous de l’heure.On pourra aussi employer un aide à 25 sous de l’heure.S’adresser en indiquant l’expérience qu’on a, à boîte No 100, “Le Devoir”.ON DEMANDE une jeune fille possédant de l’expérience dans bureau d’imprimerie.Bon salaire sera payé à personne compétente.S’adresser pur lettre à J.N.C„ boîte postale 750, Montréal.ON DEMANDE un bon jeune homme fort pour travailler dans le département des- presses d’un journal.S’adresser à Monsieur Déry, 43, rue Saint-Vincent.Cartes professionnelles et cartes d’affaires AVOCATS Casier postal 356.— Adreise tél/graphlque, “Nahac, Montréal”, m Main 1Z50-12E1.Codes ¦ tfbsrs WmT Un.C.H.CAHAN, C.R.AVOCAT ET PROCUREUR Edifice Transportation —- Hue Saint-Jacques LORENZO CAMIRAND AVOCAT Chambre 12.97, RUE SAINT-JACQUES Edifice Banque d’Hochelaga Tel.Main 1422 MAURICE DUGAS, LL.L.AVOCAT 30.RUE SAINT-JACQUES Résidence : 24U0 avenue du Parc.Rockland, 2459.LAMOTHE, GADBOIS el NANTEL avocats, édifice Montreal Trust, 11, place d’Armes, Montréal.Téléphone Main 3215.J.-C.Lamothe, LL.COMPTABLES Benoit & De Grosbois COMPTABLES — AUDITEURS LIQUIDATEURS 20 RUE SAINT-JACQUES Tél.Main 2617 COURTIERS EN ASSURANCES LBERT LEFORT SSURANCE AUTOMOBILE A 25 P.C.ET 50 P.C.DE REDUCTION CHAMBRE 36, 164 SAINT-JACQUES Assurance» céncralea aux meilleurs taux REGLEMENTS DE COMPTES MARCHAIS DS, ouvriers et journalicra.vous transigerez ave Lemieux^ 37, Boulevard Saint-Joseph ouest.D„ C.R., Emillen Gadbois, LL.L„ J.- toutes vos dette» serout payées moyennan* XTon*/x! 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Montréal, sera eh fête dimanche.Ce jour-là (17 juin) aura lieu à 3 heures de l’après-midi la bénédiction par S.G.Mgr Gauthier de la pierre angulaire de la nouvelle maison sise au No 3600 rue Saint-Laurent.Cette cérémonie marquera une nouvelle page dans le livre d’or portant l’inscription de tant de nobles actions de l’Institution; c’est un fait à noter en bonne place dans nos annales de la charité chrétienne et même dans notre histoire.Depuis soixante-dix ans bientôt l’Institution Catholique desSourds-muets poursuit à Montréal son œuvre d’éducation pour les sourds-muets de la province de Québec.Elle débute toute petite, toute humble dans un pauvre hospice d’orphelins, le 27 novembre 1848, s’installe un instant dans un immeuble que lui cède un bienveillant laïque, puis, en mai 1850, elle prend possession d’une maison que la charité inépuisable de Mgr Bourget lui avait élevée au Cô-teau-Saint-Lôuis.C’est là que, durant plus de soixante ans, elle donne aux treize cents (1300) enfants qui se succèdent sous son toit l’éducation chrétienne et l’instruction profane.Cette bonne vieille maison eût volontiers offert indéfiniment aux générations .futures l’abri protecteur qu’elle a si généreusement accordé aux générations précédentes, mais le nombre des enfants qui, chaque année, accourent vers elle, suit une progression constante; ses murs exhaussés, additionnés d’une aile aux allonges successives, ne suffisent plus à les contenir tous.Une nouvelle installation était absolument nécessaire.Les ressources étant minimes on compte à juste titre, sur la charité publique à laquelle se joindra l’allocation du gouvernement.En attendant la communauté des Clercs de Saint-Viateur, qui jusqu’ici s’est imposée de si grands sacrifices pour soutenir l’œuvre des sourds-muets, est venue en aide à l’Institution.Elle consent à immobiliser pour un temps, toutes les ressources pécuniaires dont elle peut disposer.Les murs de cette nouvelle maison ne continueront de s’élever qu’en proportion des ressources; les travaux seront suspendus le jour où les quelques économies de l’Institution seront épuisées; ils seront repris à mesure que la divine Providence enverra de nouveaux secours.HISTORIQUE DE L’OEUVRE Parmi les œuvres d’éducation et de charité dont le zèle prévoyant de Mgr Ignace Bourget a doté Montréal, se trouve l’œuvre des sourds-muets.Ce n’était au début qu’un humble essai auquel la bénédiction du saint évêque a donné vigueur et longue vie en lui obtenant la protection divine.Malgré les difficultés qu’entraînent inévitablement l’inexpérience et le manque de ressources, l’œuvre a grandi et elle procure aux déshérités de l’ouïe les bienfaits d’une éducation chrétienne, et de d’instruction profane.Jeune prêtre et secrétaire de Mgr Lartigue, l’abbé I.Bourget s’intéressa au succès d’une école de sourds-muets fondée, à Québec, par M.McDonald, avocat de cette ville.Ce monsieur avait étudié les méthodes d’enseignement à Hartford (Conn., E.-U.), sous M.Laurent Clerc sourd-muet français.Son école réunit au plus vingt élèves, car le nombre de bourses dont il pouvait disposer était limité.Elle s’ouvrit le 15 juin 1831 et fut fermée en 1836 parce que la législature, refusant de voter la liste civile et tous les autres subsides, l’école fut privée des secours nécessaires.M.l’abbé Prince, directeur du Collège de Saint-Hyacinthe recueillit les débris do l’école de Québec.M.Antoine Caron, sourd-muet, élève de M.McDonald y remplit la fonction de professeur jusqu’en juillet 1839 ou janvier 1840.Ces élèves devenant une charge trop lourde pour le collège, qui ne recevait aucune aide des pouvoirs publics, la classe fut fermée.M.l’abbé Charles-Irénée La-gorce, qui de 1857 à 1848 exerça, son ministère surtout dans la vallée du Richelieu, était un ancien élève du collège de Saint-Hyacin-, the.Dans ses fréquentes visités à son Alma Mater il entra en relations avec M.Caron et ses élèves.Lorsqu'il était curé à Saint-Char-les-sur-Richelieu (1844-1848), il essaya de donner l’instruction religieuse à deux jeunes sourdes-muettes do sa paroisse.Mgr Bourget lui proposa alors d’ouvrir une école pour les sourds-muets.M.Lagorce accepta, quitta sa cure et vint s’installer dans cette partie de Montréal que l’on appelait autrefoisFaubourgQuébec.Il trouva place dans l’ancienne maison du Bon-Pasteur, transformée en hospice pour les orphelins (l’hospice Saint-Jérôme-Emi-hen).“C’était une caserne délabrée, en bois, que l'on avait réparée et augmentée d’une allonge en briques, à trois étages.” Les classés s’ouvrirent le 27 novembre 1868.r La double direction dont M.Lagorce se trouvait chargé faisait obstacle aux progrès d’un enseignement qui, 4^,11 début surtout, réclamait toute l’attention du dévoué directeur.L’école des Sourds-Muets fut donc séparée de l’hospice au mois de mai 1849 et transférée dans une maison appartenant à M.François Dufresne et située au Pied-du - Courant (Hochelaga).C’est alors surtout que M.Mazu-rette, tailleur, et M.David, maître d’école, prêtèrent à M.Lagorce leur généreux concours.Au mois de mai 1850, M.Lagorce vint prendre possession de la maison que Mgr Bourget lui avait fait construire au Côteau-Saint-Louis sur un terrain donné par M.Pierre Beaubien.Cette bâtisse, de 80 X 43 pieds, avait trois étages.L’Ecole fut fermée pendant un voyage d’études que M.Lagorce fit en France Parti de Montréal le 2 mai 1852, il arriva à Paris au mois de juin.Après avoir visité l’institution Nationale, celle d’Orléans et de Saint-Médard, il se fit Clerc de Saint-Viateur, à Vourles.Au mois d’octobre 1852 il était de retour et rouvrait ses classes.Mgr Bourget se rendant à Rome.en 1854, passa par Lyon et visita l’Institut Forestier.Un des professeurs, M.Young, sourd-muet, consentit, sur la demande de Mgr Bourget, à venir au Canada.Il entra au noviciat des Clercs de Saint-Viateur, à Vourles le 15 octobre 1854, prononça ses voeux de religion le 21 octobre 1855, et il s’embarqua pour Montréal où il arriva en décembre.Les classes rouvrirent le 7 janvier 1856 et M.Lagorce confia ses élèves au F.Young.Le R P.Alfred Bélanger, c.s.v., arriva à l’Institut en juin 1856.Depuii cette époque, sa vie fut intimement liée à l’œuvre des sourds-muets.Nous lui devons les additions les plus importantes au programme des études, telles que l’enseignement de la parole qu’il fit pratiquer dès 1870, après un voyage d’études fait en Europe, et la méthode orale pure qu’il établit en 1880.En 1865, le R.P.Bélanger ouvrit les premiers ateliers au nombre de trois; l’imprimerie, la reliure et la cordonnerie.En j878, il fît ajouter deux étages à la maison de pierre, puis, en 1881, élever de# grands ateliers reliés à la maison principale par un viaduc Le R.P.Bélanger, forcé de se reposer en 1885, fut remplacé à la direction par le R.P.Boucher, puis par le R.P.Manseau, de 1885 à 1895.Revenu à l’Institution en 1895,il prit définitivement sa retraite en 1900.Son successeur est le R.P.M.Cadieux, c.s.v.L’ASSOCIATION PHARMACEUTIQUE L’Association pharmaceutique de la province de Québec, a tenu sa quarante-septième assemblée annuelle, mardi, le 12 courant, dans une des salles de l’Université Laval, a Montréal.M.J.-E.-W.Lecours, président, occupait le fauteuil.Le rapport annuel ainsi que l’état financier ont été adoptés.Les membres suivants ont été déclarés élus membres du conseil : MM.John E.Tremble, J.E.Barnabe, E.J.Nadeau, H.Lanouette, 8.Boulkind, J.E.Prévost.Ces messieurs, avec ceux qui res-»tcnt en fonctions, MM.J.a.D.Godbout, 1.E.Martel, A.L, Joli-coeur, E.Bernard, D.Bélanger, L.A.A.Giroux, formeront le nouveau conseil pour l’année.L’élection des officiers aura lieu à la première assemblée du conseil en juillet prochain.ASSEMBLÉE AJOURNÉE • - La ligue de colonisation Nouveau-Québec et Nouvcl-Ontario, a remis à plus lard son assemblée en plein nir.qui devait avoir lieu au marché Saint-Jean-Baptiste, le jeudi, 14.Ses directeurs, ' sont à faire des arrangements pour louer une salle, ou dans un avenir très prochain, elle réunira le public montréalais.Vous ne lisez pas le NATIONALISTE?Vous ignorez donc toutes les nouvelles du samedi après-midi et du samedi soir.(Suite de la lere nage.) M.Lemieux a demandé l'amélioration du sort des employés des Postes, qu’il a pourtant quelque peu négliges, assurait-on, au temps où il dirigeait ce ministère, et le docteur Edwards a pris la défense des maîtres de poste de campagne, insuffisamment rémunérés, d’après lui.M.R.B.Bennett, en bon directeur du Service National, a jeté le masque pour la première fois, et suggéré que dix pour cent des employés du service civil intérieur soient destitués, et que l’on emploie la somme ainsi économisée à l’aug-mentation des appointements de ceux qui resteront après cette razzia.On voit qu’il y a loin de cette attitude de M.Bennett à ses sourires du Monument National à Montréal lorsqu’il venait assurer qu’il n’était pas question de conscription et que ses cartes ne porteraient que sur les besoins de l’agriculture et de l’industrie canadiennes! M.Xickle.de Kingston, a rappelé le fait que dans l’Ouest du pays, les employés civils reçoivent des salaires considérablement supérieurs à leurs collègues de la même classe dans 'les villes de l'Est, à cause du coût de la vie supposé plus élevé dans l’Ouest.Mais ce sont là de vieilles chansons, dit M.Nickle, et la vie coûte aujourd’hui plus cher dans l’Ontario que dans les provinces de l’Ouest.Le député de Kingston conclut en demandant au ministre des Finances de ne pas faire de passe-droits en faveur du service intérieur au détriment des fonctionnaires du service extérieur, tout aussi méritants que leurs confrères.Le docteur Chabot, député d’Ottawa, qui parade en uniforme depuis le commemcement de la guerre sans autre arme que son bistouri, s’est inquiété des employés partis à la guerre, et il demande qu’ils touchent leurs augmentations tout comme s’ils étaient demeurés à leurs pupitres.Le ministre des Finances a avalé sans broncher les compliments serviles que lui a servis incidemment le député d’Ottawa, et s’est engagé à se rendre à son désir.* * * M.Pugsley a demandé pourquoi le gouvernement a adopté un arrêté en conseil décrétant que les employés civils enrôlés après le 29 mai dernier ne toucheront pas, comme précédemment, la différence entre leur solde et leur salaire d’employés.M.White a répondu que c’est bien simple: avant le 29 mai, l’enrôlement était volontaire tandis qu’à présent, il est obligatoire.Tant pis pour ceux qui ont trop attendu.M.Pugsley s’est élevé contre cette attitude arbitraire du gouvernement.Il ne faut pas dégrader un homme, dit-il, parce qu’il s’est enrôlé en vertu de la loi de conscription sélective.Cette distinction entre les deux classes est mal ins-pirée.C’est une tactique regrettable dans le genre de celle qui s’est manifestée au sujet de la campagne de recrutement volontaire du colonel Blondin et du général Lessard, campagne qu’on eût dû faire deux ans plus tôt.M.Blondin a déclaré qu’avec un peu d’encouragement, les jeunes gens de la province de Québec se seraient enrôlés en grand nombre, mais sans lui donner le temps de prouver son allégué, le premier ministre est revenu d’Europe et a décrété tout de suite le service obligatoire.Ces deux mesures indiquent bien que le gouvernement n’est pas sincère et ne veut qu’une chose, c’est arrêter le volontariat et imposer la conscription.En tout cas, la mesure annoncée tantôt par le ministre des Finances sépare en trois catégories distinctes les soldats ci-devant employés civils, et ce(te distinction ne pourra avoir que de mauvais effets.M.Lemieux a ensuite protesté contre la nomination récente d’un assistant du sous-ministre des Postes, en remplacement de M.Hector Verret, son ancien secrétaire.M.Verret sert avec distinction en Europe et l’on aurait dû lui garder sa place, trouve M.Lemieux.Le ministre a demandé à M.Lemieux de répéter sa demande au ministre des Postes.quand il y en aura un, probablement.Le français et l’agriculture ï.a fin de l’après-midi et la reprise de huit heures ont été employées à l'étude des crédits de 5}.Burrell, ministre de l’Agriculture.M.Boulay a soulevé un petit incident.Parlant en français, il a reproché au ministre de ne pas avoir un nombre plus équitable d’employés sachant le français dans son ministère.Les emplois supérieurs, surtout, sont réservés presque exclusivement à l’élément anglais; et M.I Boulay appuie ses dires de la lecture des noms des dix-neuf employés' supérieurs du ministère, dont un seul, Al.Charland, est français.De même, les conférenciers agricoles du ministère sont presque tous unilingues, et H y eut un AL Fixter qui parcourut le comté de Rimonski en donnant des conférences agricoles au moyen d’un interprète de second ordre, ce qui fit de cette tournée un fiasco complet au point de vue des) services rendus à la population.Ce n’est pas ce qu'on peut appeler traiter avec justice, conclut M.Boulay, l'élément agricole français.de cette province, qui compte pour une proportion de 28 à 30 pour cent du total de la population canadienne.(M.BurreM exprime son regret de n’avoir pu saisir toutes les paroles de son honorable ami, mais il peut cependant lui assurer que les choses ne sont pas aussi sérieuses qu’il le prétend, 11 y a dans le ministère de l’Agriculture un nombre considérable d’employés bilingues, et l’on en trouve tout de suite une demi-douzaine dans les 19 que vient de citer AI.Boulay, en dépit de leurs noms anglais.Le reste est à l’avenant, et AL Burrell se défend de négliger les intérêts agricoles de la province de Québec en citant les octrois et les fonctionnaires fournis, par exemple, a la.Ferme modèle de Sainte-Anne-de-la-Poeatière.Le ministre passe ensuite n son .département des expositions internationales, dont AL Hutcheson est le directeur.Ce monsieur j ne sait pas le français, mais c’est un) expert en ces choses et il rend de très grands services.M, Lemieux a pris la défense du ministre contre M.| semble s’en prendre depuis quelque j temps.M.Boulay fait erreur, dit Al.Lemieux, et le ministère de l’Agri-Iculture témoigne de son respect des i droits du français de plusieurs façons, dont la moins bonne n’est pas 1 la publication de la Gazette agricole, | qui contient des renseignements ) fort utiles aux cultivateurs.Quant jau commissaire des expositions, AL I Hutcheson, AL Lemieux 'lui rend un j hommage enthousiaste, l’ayant ren-| contré, dit-il, dans deux ou trois grandes villes d’Europe.La compétence de ce commissaire étant ainsi établie hors de lout doute, VI.Boulay a dû se rabattre sur les employés de moindre envergure, et il déclare s’être présenté un jour au ministère où Se trouvaient une quinzaine de personnes, Mont une seule, jeune sténographe à petit salaire, parlait les deux langues.Ici, AL Lemieux a admis qu’il ne contredisait pas son ami de Rimouski, ses déclarations ne touchant que les employés supérieurs.Les requêtes anticonscrip-tionnistes Au commencement de la séance, M .Lemieux avait soulevé l’intéressante question des pétitions contre la conscription qui commencent à arriver en grand nombre ï.l’adre_s-; se d’un certain nombre de députés de cette Chambre.Il se trouve cependant que le greffier de la Chambre a découvert que ces requêtes et pétitions ne sont pas tout à fait en règle, et que leur rédaction n’est pas exactement conforme aux règles parlementaires.11 serait important, dit le député de Rouville, que le Président de la Chambre fît à ce sujet une déclaration explicite, afin que le public pût savoir exactement quelle forme doivent revêtir ces pétitions, dont un grand nombre doivent venir encore de divers parties du pays.Al.Rhodes a promis d'étudier le cas et de donner prochainement une réponse explicite.A quand le débat?Les libéraux doivent se réunir de nouveau en caucus, jeudi matin, afin de prendre en considération une résolution en amendement au bill de la conscription qu’un comité des leurs doit préparer d’ici là.Quoi qu’il doive résulter de ce nouveau conciliabule, on ne voit pas bien comment M.Laurier pourra se lever une heure après, en Chambre, et prononcer l’important discours attendu, qui sera sans doute fondé sur la dite résolution.Dans ce cas, il semble que la reprise du débat doive ainsi être reportée au commencement de Ja semaine prochaine.Toutefois, rien n’est décidé encore, croyons nous, et il est toujours possible que M.Laurier entame dès ces jours-ci un débat qui promet d’être long et mouvementé.Ernest BILODEAU.-4- WESTMOUNT LE CONSEIL APPUIE LA CONSCRIPTION LA MUNICIPALITE VOISINE DE- MANDE AU GOUVERNEMENT D’IMPOSER AUSSI LA CONSCRIPTION DE LA RICHESSE.Par son conseil municipal.West-mount, s’est prononcé non seulement en faveur de la conscription, mais aussi en faveur de la taxation des ressources matérielles de la nation.Le commissaire McLagan a proposé cette résolution, et le commissaire Rondeau l’a appuyée.Elle a été adoptée à Funanimité et approuvée par les discours du maire McKergow et de tous les membres du conseil.Elle demande au parlement fédéral de décréter; la conscription par sélection pour toute la population mâle, en tenant compte des besoins des industries nécessaires à la continuation de la guerre, et des familles dont les membres ont déjà offert volontairement leurs services dans line raisonnable proportion; de taxer les richesses de la nation, par une égale et juste répartition des charges sur tous les citoyens qui ne portent pas les armes, dans la mesure où cela sera nécessaire pour maintenir au complet l’effort militaire et pour subvenir à l’entretien des familles des soldats et des invalides.Le commissaire McLagan a affirmé que la résolution est l’expression de la détermination de AVestmount qui pense qu’il faut gagner la guerre.La majorité des soldats nui sont allés au front ont donné fout ce qu’ils avaient.On a besoin d’autres pour maintenir les industries, mais ceux qui ue peuvent combattre peuvent contribuer par leur argent au soutien des familles des soldats et des invalides.L’orateur a déclaré que toutes les énergies du pays doivent être consacrées à gagner la guerre.Le commissaire Rondeau, le plus) jeune du conseil, a dit qu’il était à peu près le seul parmi ses collègues qui soit affecté par le service obligatoire.mais il est fier d’appuyer la résolution, parce qu’on ne doit rien négliger pour remporter la victoire.Le commissaire Brown a exprimé le regret d’être un soldat trop âgé pour aller au front.Il a déclaré qu’on ne peut gagner la guerre qu’en Europe et que c'est folie dc parler d’attendre l’arrivée de l’ennemi au Canada.Les commissaires Common et Graf-tey ont aussi parlé en faveur de la motion.Le maire McKergow a préconisé la prohibition des spiritueux non seulement pendant la guerre, mais aussi pendant quelques années après la guerre- Il a confié qu'on prépare une liste des Westmountais qui sont allés au front.Leur nombre s’élève déjà à 1,500 et le maire pense qu’il va s’élever à 2,000, soit plus du dixième de la population de la ville.LIVRES DE RECOMPENSES POUR FIN D’ANMEE SCOLAIRE Nous avons encore un assortiment complet depuis le plus petit livre d’encouragement jusqu’au volume avec reliure de luxe cônime prix spécial.Librairie Granger Frères, limitée, 43-est, Notre-Dame, Boulay, à qui il angle Place d’Armes. VOL.VI1L—No 137 LE DEVOIR, MONTREAL, MERCREDI 13 JUIN 1917 7 NOUVELLES DU MATIN ET DE L’AVANT DERNIERE HEURE SUR LE SEUIL DE LAPRISON LES DERNIERES DECLARATIONS DE M.SAM.GENEST — PATRIOTIQUE ARTICLE DU DROIT SUR LA PERSECUTION ONTARIENNE — COMME EN POLOGNE — LE FRANÇAIS VIVRA QUAND MEME! NOUVELLE CRISE À KRONSTADT Pétrograd, 13.— La révolte de Kronstadt est entrée dans une nouvelle phase critique par suite du fait que le conseil sécessionniste de députés a été formellement répudié.La garnison a aussi adopté à l’unanimité une résolution demandant que le conseil obéisse à tous les ordres du gouvernement provisoire touchant la défense de la révolution ou la défense de la Russie contre l’ennemi.Cette résolution a tellement effrayé le conseil sécessionniste que son président, l’étudiant Lamanoff, s’est rendu à Pétrograd pour offrir de nouveau des concessions au cabinet.Ottawa, 12.— Le Droit consacre ce soir, sous le titre Sur le seuil de lu prison, un article de plus de deux colonnes à la dernière phase de l’affaire O’Meara-Genest.Il résume l’interrogatoire du président de la commission scolaire, commente certaines de ses réponses, notamment celle-ci: “En mon âme et conscience, je déclare devant Dieu qui m’entend que nous avons fait tout ce qui était humainement possible de faire pour tenir les écoiles ouvertes, pour assurer à nos enfants, de langue anglaise comme de langue française, une éducation chrétienne et en rapport avec leurs dispositions naturelles et la volonté des parents qui nous avaient délégué la charge de les remplacer”, et termine, après avoir noté (tue M.O’Meara réclamera prochainement l’emprisonnement de M.Ge-nest, par ces mots: “C'est donc du seuil même de la prison que M.Genest fait ces déclarations.Il fallait que ces choses fussent enregistrées dans les rapports officiels de l'examen et M.Belcourt a été bien inspiré de placer l’interrogatoire sur ce terrain.Que M.Genest soit condamné à lit prison, c’est possible, on peut s’attendre à tout.Il y a des précédents, d’ailleurs, à cette conduite.Qu’on relise l’histoire de la malheureuse Pologne et l’on verra les parents et les enfants, impitoyablement traînés devant des juges prévenus et déterminés à étouffer les dernières traces de la langue et de la nationalité polonaise, être jetés en prison et maltraités de toutes les manières.Le grand bouleversement qui se produit actuellement en Europe va permettre, il faut l’espérer, à la nation polonaise de ressusciter de ses cendres, et ce qui rend ce miracle possible, c’est la persévérance de tous dans la résistance.La persécution n’a jamais abattu une grande cause, n’a jamais détruit une race ou une religion, Les Polonais sont restés polonais, les Alsaciens-Lorrains sont demeurés français et nos persécuteurs, qu’ils soient protestants ou catholiques, ne réussiront jamais à éteindre les beautés de la langue française sur les lèvres de la minorité française de cette province.Tertullien disait que “le sang des martyrs est une semence de chrétiens”; les épreuves, les misères, les sacrifices, les peines que l’on fait subir aux défenseurs de la grande et noble cause de l’école française et, nécessairement, de l’école catholique.ne serviront qu'à rallier toutes Valleyfield, P.Q., 13 — Les gran-les bonnes volontés, à effacer toutes dioses manifestations religieuses et les divergences de vues et à assurer/'iviles en l’honneur du vingt-cinquiè la résistance victorieuse.jme anniversaire de l’élévation à l’é- Du seuil de la prison, M.Genest a' piscopat de Sa Grandeur Mgr Emard, montré l’injustice et la contradiction! ont :>ttiré toute une nombreuse po-des lois qu’on voulait le forcer àipulation, du diocèse et des observer, il a crié à tous la sincéritéjenvirons.Mgr Stagni, délégué des efforts de la commission seolai-: papal en Canada, deux arche-re pour donner aux enfants l’éduca- vêques.Nos Seigneurs Bruchési, prise pour tout le monde d’apprendre qu’il a déjà éliminé la cause principale de difficultés contre lesquelles se buttent les Alliés de l’Entente en Orient.L’opinion est unanime à croire qu’il réussira à remettre la Grèce sur pied en peu de temps, malgré les obstacles qu’il aura à surmonter.On a fort critiqué en France l’expédition de Salonique, mais tous sont d’accord pour reconnaître qu’une fois là, il faut lui aider par tous les moyens possibles à atteindre son but.On a compris qu’avec la menace constante d’un coup de main par derrière de la part des Royalistes grecs, la force expéditionnaire était vouée à une inaction partielle.Encouragé par la, modération des Alliés de l’Entente’' dont la politique plus que patiente est attribuée en grande partie à l’opposition de l’ancien régime de la Russie à toutes les mesures énergiques, le roi Constantin, au mépris de toutes les garanties qu’il avait données en juin et en décembre de l’année dernière, continua ses intrigues avec l’Allemagne.Seul le blocus l’empêcha de montrer une hostilité ouvertement active.Eut-il pu s’emparer des récoltes de Thes-salie, il aurait ajouté ainsi aux énormes difficultés des troupes de Venizelos qui comptaient sur ces récoltes.M.Jonnart, après de brèves conférences avec les ministres de l’Entente et avec le premier ministre de Grèce, Alexandre çaimis, a décidé de prendre immédiatement des mesures draconiennes et il s’est rendu à Salonique où il s’est entendu avec le général Sarrail pour obtenir toute l’assistance militaire voulue.L’ASSEMBLÉE CONSTITUANTE UN COMITE SPECIAL ETUDIE, A PETROGRAD, LES PREPARATIFS DE UELEQTION DE CE CORPS.— PROGRES RAPIDES VERS LA RECONSTRUCTION CONSTITUTIONNELLE.— UN SUCCES SOCIALISTE.en débutant, n’est-il pas de chapter à jamais les miséricordes du Seigneur?Il ne faut pas seulement bénir et remercier le ciel pour un quart de siècle d’incomparables faveurs; il convient que ces fêtes; Pétrograd, 12, viâ Londres, 13— soient plus joyeuses, la gratitude plus Malgré l’anxiété qui règne à l’inté- vêVus a ment ont Tommis” ^ ^ et à .‘'ganger, fe gouverne-vous aiment ont compris ., lnent provisoire accomplit des pro- Le prédicateur rappelle ensuite i grès rapides vers la reconstruction tous les grands travaux accomplis ! constitutionnelle, par Mgr Emard depuis qu’il est évê-1 Celte semaine, sous la présidence que de Valleyfield, comme il a su | de F.F.Kokoshkine, un membre de réunir autour de lui les énergies et la Douma, un conseil composé de les coeurs.La leçon de cette fête, ICI membres étudie les préparatifs c’est la sublimité des pouvoirs con-j nécessaires pour les élections* de férés à l’évêque, la haute mission l’assemblée constituante qui ne fe dont il est chargé auprès des boni- ra pas que rédiser nno mes, les vertus dont sa vie doit être empreinte.L’évêque doit veiller sur tout son peuple; il se donnera aux petits comme aux grands, à ceux qui vivent à l’ombre de sa cathédrale comme aux habitants des campagnes les plus éloignées.Il termine en demandant à tous les fidèles d’unir leurs prières à ._______.celles de leur évêque et aux sien-;'les Juifs, des Ukrainiens, des Polo-nes pour que la paix revienne sur nais et d’autres races, et les fem- L’INCIDENT DE WINDSOR NOUVEAUX DETAILS SUR L’AFFAIRE MASSE.— LA LETTRE DE M.DE GRANDPRE AU MINISTRE DE L’INTERIEUR.Le Devoir a déjà signalé, dans un | plus intelligent, qui a pris Sur lui article de M.Dupire, Vextraordinai- \ d’ouvrir la porte de la cellule pen-re incident de Windsor, où l’un de j dant l'absente temporaire de nos compatriotes, M.Massé, a élé Byrne ; ma s cet officier en même l’objet d’insultes multipliées pour ; temps recommanda à M.Massé avoir réclamé l’usage du français \ d’attendre dans le bureau le retour dans un service fédéral.Nous don- j de Byrne, qui était, paraît-il, tra-nons aujourd’hui, pour compléter ¦ versé à Détroit pour quelques mi-Vinformation de nos lecteurs, le j nutes.Ce n’est qu’à onze heures pas que rédiger une constitution russe permanente, mais s’occupera aussi de résoudre certains pro-blemes dont le principal est celui des nationalités et le transfert des terres des nobles aux paysans.Le conseil est composé d’un groupe rte spécialistes en constitutions, de députés de l'armée et de tous les partis politiques, de représentants la terre et que justice soit rendue à tous.Après la messe, le docteur Laroche, maire de Valleyfield, et M.J.Finnigan, au nom de la population anglaise et française, lurent des adresses à Mgr Emard, lui exprimant la reconnaissance de tous les citoyens pour le bien qu’il n’avait cessé de répandre parmi eux durant ses vingt-cinq années d’épiscopat, pour les inestimables bienfaits et services qu’il leur avaient rendus à tous.Mgr Emard répondit d’abord en anglais, remerçiant de lout mes sont représentées par Mme Shishkin Yavein.Pour empêcher les transferts de terres faits en vue d’éluder les règlements à venir, le gouvernement ! provisoire a déclaré nuis tous transports faits après le 14 mai.Il a soumis à M.Kokoshkine un projet de loi relatif aux élections de l’assemblée constituante préconisant le suffrage universel, secret et direct des hommes et des femmes.Il y est aussi question de la représentation proportionnelle.Le conseil a aussi discuté la ques- A VALLEYFIELD ON FÊTE S.G.Mgr ÉMARD DE GRANDIOSES MANIFESTATIONS RELIGIEUSES ET CIVILES MARQUENT LA CELEBRATION DU 25e ANNIVERSAIRE DE L'ELEVATION A L’EPISCOPAT DE MGR L’EVEQUE DE VALLEYFIELD — SERMON PAR S.G.MGR BRUCHESI.lion dont ils ont besoin, et nous sommes convaincus que tous ses compatriotes le comprendront.” LA GRECE VA-T-ELLE ENFIN RENAITRE?VT.JONNART A CARTE BLANCHE ET L’ON CROIT QU’IL VA REUSSIR A REMETTRE CE MALHEUREUX PAYS SUR PIED.Paris, 13.— La vigueur avec laquelle M.Jonnart, sénateur français, envoyé en mission spéciale à Athènes, comme représentant de la France, de la Grande-Bretagne et rie la Russie, a commencé la tâche difficile de régler le problème grec, a causé la plus vive satisfaction, ici.Avant de partir, il y a une dizaine de jours, le sénateur Jonnart reçut pleins pouvoirs d’agir comme bon lui semblerait.Ces pouvoirs lui furent aussi reconnus par le gouvernement russe.La haute position du sénateur Jonnart, ses rares capacités de diplomate et d’administrateur, joints à la liberté d’action qu’on lui a consentie, avaient laissé croire en France à une action efficace de sa part; mais ce fut une agréable sur- de Montréal, et MacNeill, de Toronto, quatorze évêques, et plus de deux cc ni s prêtres, moines et religieuses assistèrent à la cérémonie pontificale qui eut lieu en la cathédrale illuminée et décorée pour la circonstance.Comme une marque île l’estime profonde que lui tient la population de toutes races et religions de son diocèse, nombre de sommités,catholiques autant que protestantes, françaises autant qu’anglaises, avaient eu à coeur de participer à ces fêtes en l'honneur du jubilaire distingué.Suivant un mot de Mgr Emard, c’est la preuve de l’harmonie parfaite qui existe au sein du diocèse.Mgr Emard officia à la messe, assisté de Mgr Dorais; il avait comme diacre et sous-diacre d’honneur, Mgr Bernard, évêque de Saint-Hyacinthe, et le R.P.Emard, son frère; les diacre et sous-diacre d’office étaient MM.les abbés D.Fortin et Médard Lemire.Gomme il y a vingt-cinq ans, lors de l’intronisation du jubilaire.le sermon fut prononcé par Sa Grandeur Mgr jBruchésj, archevêque de Montréal- Il avait pris comme texte : “Vous m’avez pris par la main; vous m’avez conduit selon voire volonté et vous m’avez fait entrer dans votre gloire.(Ps.LXXII, 24)”.L’objet de la solennité qui nous réunit aujourd’hui, dit Mgr Bruchési v*v/ ii/uf.coeur i .________ ceux qui, quoique de race et de reli-l î.!01?l’â#® des yoteurs qu'il a gion différente, s’étaient unis à la] *,xe a , ans Pour les civils, hom-population française et catholique ! î11®5 e,, c™rn®*' et ^ ans pour pour la célébration de ce jubilé.Ies soldats.D autres réformes im-Passant en revue les travaux accom- plis depuis un quart de siècle, il exprima sa joie que tous, Anglais et Français, catholiques et protestants, riches et pauvres, aient donné leur aide efficace à l’oeuvre.Us ont rendu facile ce qui aurait pu être impossible.Au sujet de la guerre, Mgr Emard ne peut que souhaiter une prompte victoire pour les Alliés, mais il faut surtout prier sans cesse, d’accord avec le Souverain Pontife pour que vienne la paix.A une heure de l’après-midi, les hôtes de Sa Grandeur se réunirent sous une tente, près du collège, où leur fut servi un déjeûner, lequel se termina par la lecture d’une adresse de Mgr Dorais, au nom du clergé du diocèse- Mgr Emard fit de nouveau un éloquent discours, remerçiant ses collaborateurs de la façon loyale et désintéressée avec laquelle ils avaient secondé ses travaux.Parmi ceux qui assistaient à ces manifestations, se trouvaient: Nos Seigneurs Bruchési, de Montréal, MacNeill, de Toronto; Mgr Forbes, Mgr Larocque, Mgr Bruneault, M.le juge Mercier, M.le juge LeBeuf, Mgr Conroy, d’Ogdensburg, M.et Mme G.Emard, le R.P.Gervais.Mgr G.Gauthier, Mgr Ryan, de Pembroke, Mgr Bernard, le chanoine Bernard, Mgr I’.E.Roy.l'hon.A.Thibaudeau, Mgr Brunet, Mgr Lapointe, Mgr Marchand.Mgr Dauth, M.le curé Labelle, de Notre-Dame de Montréal; MM.G.Boyer, L.J.Papineau, députés, J-Robb, l’abbé Ecrément, J.Lowe, M.le curé Bélanger, de Saint-Louis de France, de Montréal; le R.P.Emard, O.M.I., l’abbé Laliberté, J.A Vail-lancourt, president de la Banque d’Hochelaga, etc., etc.-V— CONGRES DE L'ENSEI-GNEMENT SECONDAIRE IL AURA LIEU A QUEBEC LES 20 ET 21 JUIN.Québec, 13.— La semaine prochaine, mercredi et jeudi, les 20 et 2} juin, les professeurs des petits séminaires et collèges affiliés à I Université Laval, se réuniront en •congres d’étude au Séminaire de • Ce conSrès triennal réunira a Quebec nos principaux éducateurs, sous le présidence de Mgr Pelletier, recteur de l’Université.Qn etudiera pendant ce congrès quelques-unes des questions les plus importantes de l’enseignement secon-uaire.Les congressistes se distri-nueront en quatre commissions, portantes ont été soumises au conseil par le ministre de la Justice.Le gouvernement provisoire a adopte une loi rendant les juges des tribunaux de juridiction inférieure éligibles.Les femmes peuvent aussi devenir magistrats.Une réforme importante adoptée hier, c’est l’introduction de petits collèges électoraux auxquels toutes les classes auront voix égale, allégeant ainsi le travail du Zemstvo de district dont la juridiction était très vaste, les cantons et les communes n’ayant que des conseils de paysans pour les administrer.Dorénavant.les cantons seront administrés par des représentants de toutes les classes ayant droit de vote égal.Ces réformes ont été accueillies avec enthousiasme par la population.car elles répondent à la volonté de la nation.SUCCES DU BLOC SOCIALISTE Londres, 13.— On mande de Pétrograd que suivant les rapports préliminaires, le bloc socialiste composé des socialistes révolutionnaires, des socialistes démocrates et des ouvriers ont remporté la victoire dans les élections municipales de la région de Pétrograd, alors que le suffrage universel pour les femmes a été mis en vigueur pour la première fois en Russie.Les démocrates constitutionnels, connus aussi sous le nom de cadets, ont recueilli ensuite le plus grand nombre de voix.commissions des sciences physiques, de l’iiistoirc, de l’enseigne' ment du français dans les classes de grammaire et commission des vocations.Les questions d’enseignement seront étudiées surtout au point de vue spécial de la méthode logique Ce congrès montrera encore une fois avec quel souci du progrès nos maîtres de l’enseignement secondai re veulent s’acquitter de leur tâche et de leur haute mission.-é- ue NATIONALISTE publie chaque dimanche un feuilleton des plus intéressants.Le lisez* vous: texte même de la lettre par laquelle M.de Grandpré, l’avocat de M.Massé, a porté à la connaissance du ministère de l’intérieur tout l’incident.Nous tiendrons le public au courant des développements qui pourront suivre.Ce 28 mai 1917.L’honorable ministre de l’Intérieur, Ottawa, Can.Honorable Monsieur.Je suis chargé par M.J.J.Massé, citoyen canadien résidant à Wind-son', de porter à votre connaissance le traitement ignoble dont il vieni d’être l’objet de la part d’un des officiers d’immigration à Windsor.Samedi matin, le 2C courant, à 8 h.15, M.J.J.Massé s’est présenté au 'Bureau de l’Immigration canadienne à la trawrse entre Windsor et Detroit, pour obtenir un permis de traverser la fro-ntière, en vertu de l’ordre en conseil passé récemment.L’officier alors en charge du dit bureau était un nommé Vincent M.Byrne, qui lui demanda ce qu’il voulaii.M.Massé répondit en anglais qu'il désirait être entendu en français.Byrne répondit qu’il n’avait pas droit à cela et que l’emploi de la langue •Française n’était pas légal dans Ontario.“ Dans tous les cas, ajouta-t-il, si vous voulez être entiendu en français, vous allez être oblige d’attendre passablement longtemps, car il n’y a personne ici qui comprenne le français.” M.Massé répondit : “ Peu importe, j’attendrai ”.A ce moment, Byrne, qui s’était exprimé jusque-là d'un ton excessivement brutal, saisit M.Massé par le bras en lui disant : “ Peu vous importe ?Eh bien, nous allons voir ! ” En même temps, il le poussa dans une cellule qui se trouvait auprès et referma la porte à clef.Cette cellule est une petite channbre de 8x6.non aérée, n’ayant qu’une petite fenêtre hermétiquement close renforcée d’un solide grillage de fer.Tendant tout le temps que M.Massé a été ainsi détenu, Byrne a employe vis-à-vis de lui la fameuse mise à la torture en vogue au moyen-âge, et il est allé trouver M.Massé au moins de.dix à quinze fois, lui demandant : Well, did pou make up your mind, are you goijig to be heard in English ?Sur cela, M.Massé lui répondait qu’il agissait comme il le faisait pour obtenir la reconnaissance d’un principe, et parce que la langue française était officielle au Canada à l'égal de la langue anglaise, surtout dans le domaine fédéral.Byrne répondait que ça no prenait qii'un fou et un in'unsè pour prétendre qu’il avait droit de parler français dans un pays anglais comme le Canada, qu’il était mûr peur l’asile et devrait être envoyé chez les aliénés de London, que la langue française n’avait pas plus de droits au Canada que la langue allemande, etc.'Et quand M.Masse lui rétorquait qu’il usait d'un droit absolu et avait toujours considéré que.lors de l’établissement de la Confédération, l’Allemagne n’avait pas été consultée, tandis que le Haut et le Bas Canada avaient été les dieux parties contractantes au pacte fédéral, en vertu duquel des droits égaux avaient été reconnus aux deux grandes races de ce pays et les deux langues, française, et anglaise, mises sur un pied de parfaite égalité, — Byrne à bout d’arguments faisait alors son petit despote, en disant à M.Masse : Shut up, I have the upper hand here, l will have you arrested and sent to jail.Ce stratagème a duré deux heures de temps, et durant cet intervalle, l'inspecteur en chef d’immigration à Windsor, M.O.J.Adams, accompagné de Byrne et d’un autre officier, est également allé voir une fois M, Massé dans sa cellule, et après s’être fait raconter les faits par M.Massé lui-même, lui a affirmé comme Byrne l’avait déjà fait, qu’il n’avait pas droit d’etre entendu en français et que la langue française n’avait aucun status légal au Canada ; et il a laissé M.Massé dans sa cellule.Comme je l’ai dit plus haut, ce n’est qu'à dix heures que M.Massé a pu sortir de sa cellule, grâce à l’intervention d’un autre officier que.Byrne est ensuite revenu : il a alors fait venir M.Massé auprès de lui et lui a dit qu’il avait découvert qu’il avait bien des ami's à Windsor et qu’il appartenait à une bonne famille, et lui a demandé de tout oublier ce qui venait de se passer.M.Massé, fatigué de cette longue détention, lui a alors demandé en anglais de lui signer un permis pour traverser à Détroit, ce qui lui fut accordé immédiatement.Il est bon de noter en passant que.toutes les conversations entre Byrne et M.Massé ont eu lieu en anglais, et que, comme je l’ai dit déjà, M.Massé a simplement demandé d’être entendu en français pour la requête qu’il avait à faire.Si Byrne avait voulu le faire il lui aurait été facile de- trouver un interprète pour interroger M.Massé en français, en s’adressant simplement au département de la Douane dans la chambre voisine, où il y a plusieurs officiers de langue française parlant les deux langues., Ce qui aggrave davantage la conduite de Byrroe, c’est que pendant tout le, temps qu’a duré la détention de M.Massé, il lui a refusé de communiquer par téléphone avec son bureau d’affaires -x Détroit, et il lui a également refusé de communiquer avec un avocat, ou avec qui que ce soit ; et pendant qu'il l’abreuvait ainsi d’injures de.toute sorte, M.Massé lui avant fait remarquer que si ce n’était que pour l’amour de sa famille il iren durerait pas ainsi ces insultes sans rétorquer énergiquement, Byrne répliqua grossièrement et d’une façon provocante : The hell with your family, that’s a poor excuse.you should be locked up in the insane asylum anyhow.'Nous protestons, Monsieur le Ministre, contre cet attentat vexa-toire, injustifiable et souveraine-men illégal, à la liberté d’un sujet de Sa Majesté.J’ai toujours compris en effet que les lois de l’Immigration permettaient la détention d’un sujet étranger en attendant qu’il fût déporté, si c’est un sujet considéré comme indésirable ; mais je n’ai jamais ouï dire qu’il fût permis à un officier d’immigration, agissant au nam de son département eu au nom du département de la Milice, en vertu d’un ordre en conseil quelconque, d’arrêter et de détenir à la frontière comme prisonnier un sujet britannique (jui se présente dans le bat d’obtepir un passeport pour sortir du pays, et avant même qu'il ait énoncé l’obtet de sa demande.Tout ce que l’officier pouvait faire en pareil cas, c’élaït d’accorder ou dg refuser le permis de* traverser la frontière, et dans le cas de refus injustifiable, le acquérant aurait pu s’adresser à une autorité supérieure pour en appeler de la décision rendus ; mai*» sous aucun prétexte l’officier d'immigration n’avait droit d’interner le requérant.En supposant qu’il aurait eu raison de refuser te permis, la seule chose oa.’is avoit à faire c’était de renvoyer M.Massé et l’empêcher de prendre le bateau noue traverser la frontière.Et si M- Massé avait été turbulent et avait cherch.à créer du désordre, tout ce qu il y avait à faire dans ce cas, c’ela^t de faire venir la police et loger contre lui une plainte en bonne el due forme.Mais ce qui prouve qu’il n’y avait pas de raison de refuser le passeport, c’est qu’on l’a accordé ensuite, aussitôt que M.Massé s’est décidé de le demander en anglais, après trois heures de détention ; et ce qui prouve que M.Massé n’a pas été turbulent, c’est qu’on n’a pas jugé à propos de tfaire venir la police.Mais ce qui ressort de tout cela, c'eut le fanatique mépris du nommé Byrne peur la langue de la meilleure alliée de l’Angleterre, la France.— qui est en même temps l’une des deux langues offictelles du Canada et qui est parlée par deux millions et demi des citoyens de ce pays.M.Massé a demandé à être entendu «“n français, et c’est cela qui a eu le don de soulever l’ire de Byrne, qui s’est tout de suite érigé en autocrate pour imposer un châtiment immédiat à ce* .ui qui avait osé commettre le cri* me de vouloir réclamer tes droits de la langue française en matièru fédérale.Et c’est pourquoi nous protestons surtout, encore plus quo pour l’injure faite, à M.Massé et A sa liberté de citoyen britannique, contre l’outrage sans nom commis par cet officier du gouvernement du Canada contre l’une des deux langues officielles de ce pays, et par le fait même contre tous les citoyens canadiens de nationalité française.Et pour obtenir satisfaction pour ces injures, nous nous adressons d’abord à vous', Monsieur le Ministre, confiants que nous sommes dans votre esprit de.;tn»tice et dans l’amour que vous devez avoir pour la constitution qui nous régit.Et nous vous prions de vouloir bien faire enquête immédiatement sur les faits ci-dessus mentionnés et rendre justice à qui de droit.Et nous vous prions également de vouloir bien sans retard nommer au département de l'Immigration à Windsor un nombre suffisant d’ofiîicicrs de langue française, et qui comprennent les deux angucs, et de faire par là disparaître une anomalie qui .n’aurait jamais dû exister, puisque les trente mille Canadiens-français du comté d’Essex ont certainement le droit d’être compris da.ns_ teur propre langue par les"offieiens crim-mipration chaque fois qu’ils ont à traverser la frontière.Encore une foi* Monsieur le Ministre, nous comptons sur vous pour nous obtenir justice pleine et entière, et nous espérons ne pas être obligés d’avoir recours à l’au-tres moyens pour arriver à nos fins.J’ai l’honneur d’être, | Monsieur le Ministre, Joseph D.de GRANPBE.LES VERS DE LOZEAÜ Il reste encore quelques dizaines d’exemplaires du volume de vers do notre ami Lozeau, paru il y a quelques mois, Lauriers et feuille d’érable.Ils se vendent 50 sous l'imité, plus 5 sous pour frais de port.S’adresser au Devoir ou à l’auteur, 343, rue Drolet.Tomber de Charybde en Scylla, c’est ne lire ni le DE-VOIR ni le NATION AOSTE.Dix Cuillerées à Soupe d’Huile de Foie de Morue par Jour sont nécessaires, d’après Dujardin-Beaumetzafm de tirer profit de ce médicament.Combien y a-t-il d’estomacs capables de résister àun tel t raitement?Cependant ceux qui sont prédisposés aux maladies de poitrine pourront soutenir leurs forces et réparer les pertes de l’organisme sans toutefois fatiguer leur l’estomac, en employant le CRESO-PHATES LE TONIQUE DES POUMONS Il remplace avantageusement l’huile de foie de morue, est agréable au goût.sedigère facilement et contient les éléments réparateurs nécessaires pour renforcir le système, et pour combattre l'amaigrissement, la faiblesse et l’épuisement.11 assure de plus, grâce a !a créosote qu’il contient, l'antisepsie parfaite des voies resoi ra toi res.Femmes et Jeunes Filles pâles et faibles, employes les Pilules Cardinales du Dr.Ed.Morin.EN VKNTIS PARTOUT Dr.Ed.Morin & Cie, Limitée, Québec, P.Q.FEUILLETON DU “DEVOIR JEAN DE LA BRETE 24 (Suite.) —juriez-vous, par hasard, choisi vous-même voire monde?demanda André en souriant.—Ah! non.mais me voyez-vous dans celte roulotte?Elle se mit à rire gentiment, et mon pauvre cousin oublia encore une fois que pas un mot, qui fût à l'unisson de ses sentiments, n’avait été prononcé par sa fiancée.XV J’ignore quels événements “mon livre de raison” aura à enregistrer, mais je sais que le sort d’André s’assombrit, que le terrain se mine sous ses pas.S’effondrera-t-il com-plètement?Inutile de m’appesantir sur cette pensée! Je raconterai seulement les faits.et ferai le récit de mes défaillances.Il y a quelques jours, je me sentais plus contente de moi.Une sorle d’apaisement remplaçait le désordre de mon coeur.La veille, dans la sérénité d’un soir idéal dont l’influence apaisante calmait mon âme, je m’utais raisonnée.“Le fait s’accomplira; je ne puis rien ni pour mon bonheur, ni pour le sien, alors pourquoi cette lutte, avec je ne sais quel fantôme de je ne sais quel espoir?Le temps passe; la corbeille est achetée, dans quatre,semaines ils partiront, unis pour la vie.voilà le fait! Pourquoi ne l’ai-je pas encore regardé en face, sans Parrière-pen-sée d un obstacle chimérique?Il est temps de prendre pied dans la réalité, et de jeter loin de moi l’ombre d’un rêve.” Ces réflexions étaient bien simples; plusieurs fois, je les avais faites, mais elles n’avaient jamais pénétré jusqu’à l’intime de mon être.Je réfléchissais ainsi après le coucher du soleil; la nuit était arrivée, succédant à ces nuances graduées que je ne me lasse pas d’observer.J’étais à l’extrémité de la jetée, sans m’occuper des baigneurs qui, après une journée étouffante, venaient respirer au milieu d’une paix enveloppante.—Comme vous aimez nos soirées! me dit Antoine, en sortant du phare.—Beaucoup! je suis de votre avis, c’est un spectacle qui élève l’âme.—Et qui console aussi, me dit-il simplement, je m'en suis aperçu dans mes chagrins.Nous sommes si peu en face de tout cela! “Si peu.et bien plusl pensai- je, car tout cela ne souffre pas.” Mes impressions étaient bien complexes, car tout en reconnaissant la justesse de l’idée exprimée par Antoine, j’avais très vive la sensation du contraste entre notre vie intime, si intense, si douloureuse, et l’insensibilité de la vie physique qui nous environne.Sensation bien connue, mais qui, en cet instant, me touchait profondément.» Après un assez long silence, je dis à mon humble ami : —Vous aurez, au Croisic, un beau mariage.J’espère qu’on le fêtera.—Nous assisterons tous à la messe.Je n’oublierai jamais la façon dont M.l’ingénieur a pris ma place par cette tempête de chien.Ce sera un joli couple, ma foi! On dit qu’ils feront un beau voyage?—Je ne le crois pas.Les travaux de M.d’Arlancey réclameront sa présence ici.Ils s’absenteront à peine huit jours.—On dit qu’ils ont loué le chalet de Mlle Hévron?____Oui.ils s’y installeront provisoirement en ajoutant quelques meubles.Je le quittai, fort satisfaite d'avoir éprouvé mes forces, en parlant si naturellement d’un fait si douloureux.Cette satisfaction n’avait pas diminué le lendemain quand, chargée par ma tante d’une commission pour Mlle du Chélane, je partis sans éprouver la résistance intérieure qui me dominait habituellement.Marie était dans sa chambre; elle sanglotait comme un enfant à qui on a enlevé un jouet.Je fus quelque temps sans obtenir de réponse à mes questions, d’ailleurs peu empressées, car je l’avais vue en larmes parce que son fiancé ne lui donnait pas le collier qu’elle désirait.Je m'assis à la fenêtre, attendant avec patience que ce grand chagrin fût calmé.Elle se tamponna enfin les yeux, resta à me regarder d’un air boudeur, puis me fit sursauter en s’écriant brusquement: —G’est bien la faute de mes parents I —La faute de vos parents! répétai-je étonnée.Quelle faute?—Mon mariage, répondit - elle avec des larmes dans la voix.—Votre mariage! comment ?vous vous mariez à contre-coeur?—Je ne veux pas dire cela.André est bien, il me plaît; mais j’aurais tant voulu.Ici de nouvelles larmes.—Oui, reprit-elle, moitié pleurante, moitié rageuse, j'aurais voulu épouser mon cousin.un officier de cavalerie.titré! II est comte! dit-elle, éclatant en sanglots.Il y avait un côté si comique dans cette explosion, que j’eus beaucoup de peine à garder mon sérieux.—Il ne vous a pas demandée! —Oht si!.mais il n’avait pas de fortune, alors papa n’a pas voulu.Et nous avons appris qu’il venait de faire un superbe héritage.Obi pourquoi son parent n’est-il pas mort plus tôt?Je m’étais levée, et la contemplais du haut de mon mépris, qui n’était pas mince.Quelle inconscience! Et quelle ironie du sort pour AndréI Lui qui s’imagine que la femme prend toujours les idées de “l’autre”, il n’avait même pas réussi à chasser de ce pauvre petit cerveau l’image d’un uniforme, d’un cheval et d'un titre.—Vous êtes fiancée, dis-je, et vous n’avez pas le droit d'arrêter votre pensée sur le souvenir dont vous me parlez.—Pas le droit?.Est-ce ma faute si j’y pense?Est-ce ma faute s’il a hérité trop tard?Elle soupira, frappa du pied et commença une phrase qu’elle n’osa pas achever, mais dont je crois avoir saisi le sens.Pauvre André! Sa barque ira-t-tlle jusqu’au port?Je revins chez moi bouleversée.Il n’était plus question de force, de raison et de sérénité.Tout avait sombré dans cette confidence, qui me livrait à la tentation et à l’inquiétude.Ah! les braves gens! Assez riches pour accepter un homme sans fortune, ils avaient préféré compromettre.par un refus, le bonheur de leur fille, qui, à défaut de coeur, avait l’entêtement de la vanité.Et encore n'ai-je pas le droit de mettre en doute la sincérité de ses sentiments.On a toujours un coeur, et, si petit soit-il, il peut être fidèle.A SUIVRE : i Ce Journal ost Imprima au No Cl rua Saint-Vincent, A Montrer!, pur l’IMPtllMK-R1K POPUI.AinF.(A responaanlUtA limitée).y N.Chevrier, gérant général. LE DEVOIR, MONTREAL, MERCREDI 13 JUIN 1917 VOL.MIL—No 137 100 VICTIMES DANSJLJN RAID QUINZE AEROPLANES ROCHES ONT BOMBARDE AUJOURD'HUI LA PARTIE ORIENTALE DE LONDRES.— UNE BATAILLE A EU LIEU DANS LES AIRS.— 31 PERSONNES TUEES ET 67 BLESSEES.Londres, 13.— Quinze aérçpla-nes ennemis ont bombardé aujourd’hui la partie orientale de Londres.Ils ont fait leur apparition au-dessus de la ville, un peu après midi.Une grande bataille a eu lieu dans les airs.Les aviateurs allemands ont été attaqués par les canons spéciaux ainsi que par les aviateurs anglais.Plusieurs machines anglaises ont poursuivi les Allemands qui ont gagné Londres en passant au-dessus d’Essex.Jusqu’ici, aucun rapport.n’a signalé des pt rtes de vies.On a publié le bulletin officiel suivant: “Lord French (commandant de la territoriale), rapporte qu’environ lâ aéroplanes ont franchi la côte d’Essex, passant dans le voisinage de Xore, (partie de l'estuaire de la Tamise), vers 11 heures.Ils ont, pris la direction de Londres, se divisant après avoir parcouru environ la moitié du chemin.Us ont attaque et bombarde la partie est de Londres, mais on n’a pas encore reçu de rapport signalant des pertes de vies ou des dommages.Les canons antiaériens des défenses rie Londres ont ouvert le feu.Un grand nombre de machines effectuent encore la poursuite.” ECOLE ATTEINTE Londres, 13.— A la Chambre des communes, M.Bonar Law a déclaré que d’après les renseignements reçus jusqu’ici, 31 personnes ont été tuées et 67 autres ont été blessées au cours de l’incursion contre Londres.Une bombe a atteint une eeole, tuant 10 enfants et en blessant 50 autres.On rapport qu’un appareil teuton a été abattu.Le chancelier de l'Echiquier a affirmé que les chiffres donnés s’appliquent seulement à la ville de Londres, et on ignore l’étendue des pertes dans toute la région.Le quartier est de Londres qui a beaucoup souffert du raid, est le quartier des pauvres.Des bombes sont tombées dans des centres très populeux.Plus de 50 personnes ont été transportées dans 2 hôpitaux, dont 4 sont mortes et dont plusieurs ont été grièvement blessées.LES PROTESTATIONS COMMENCENT À SOREL UNE ASSEMBLEE A EU LIEU HIER ET UNE AUTRE A LIEU CE SOIR.LA DÉFAITE GUETTE M.BORDEN ÉTHANGE MESURE DANS L’ONTARIO Toronto, 13.— Après une enquête sur la vente des armes-à-feu dans la région de la vallée de l'Ottawa, M.Joseph Rogers, surintendant de la police provinciale, a prévenu les marchands de ce district d’enregistrer chaque vente d’arme-à-feu.LA JURIDICTION D’UN RECORDER VA-T-ELLE JUSQU’A LUI PERMETTRE DE JUGER LES AUTOMOBILISTES ACCUSES D'EXCES DE VITESSE.— QUESTION SOUMISE AU TRIBUNAL.Le juge Bruneau a accordé ce matin Je bref .de certihrari contre M.Wilfrid Bessette, recorder de La ville d’Oiitremont, demandé par M.Edmond Bernard, d’Outremont.Le tribunal a déclaré (pie les parties intéressées ont soulevé des questions de droit tellement importantes sur la juridiction du recorder, qu’elles rendent la juridiction de celui-ci douteuse.Comme le doute est toujours invoqué en faveur de la partie demanderesse, M.Bruneau a donné gain de cause à M.Bernard, dans l’espèce.PROCES AU SUJET D’UNE PROPRIETE.M.Joseph Prud’homme, de Notre-Dame de Grâce, demande un bref d’injonction contre M.Jérémie T.Décarie et la famille Décarie, au sujet de la propriété d’un immeuble situé à l’angle du boulevard Décarie et de l’avenue Notre-Dame de Grâce VIF MALAISE PERCEPTIBLE! LES MINISTERIELS VOIENT ARRIVER AVEC ANXIETE LE MOMENT DU DEBAT SUR LA CONSCRIPTION QUI POURRA BIEN AMENER LEUR CHUTE — NOUVELLES DEMISSIONS EN PERSPECTIVE.Ottawa, 13.— Si tous les libéraux restent unis, ce qui est probable, pour approuver un amendement proposé au bill de conscription, et si les députés conservateurs cana-diens-français se joignent à eux, alors la défaite du gouvernement est certaine.Les ministériels ont acquis la conviction que la plupart des conscriptionnistes libéraux se préoccupent plus de sauver leur parti que d’assurer l’adoption du bill.Hier, à un caucus, les libéraux sont tombés d’accord sur la forma- MISSION RUSSE À WASHINGTON Washington, 13.— La mission russe aux Etats-Unis, conduite par Boris Bakhmetieff, ambassadeur spécial, est débarquée dans un port du Pacifique.Les visiteurs au nombre d’environ Jfi, arrêteront à Seattle pour se rendre aussitôt à Washington.UNE AUTRE SCISSION CHEZ LES RUSSES ELLE EST INDIQUEE PAR L’OPINION RUSSE AU SUJET DE LA NOTE DU PRESIDENT WILSON.DES IDÉES DE RÉFORMES LE CONGRES DU PARTI RADICAL PRUSSIEN N’AURA EU D’AUTRES RESULTATS QUE D'EN FAIRE NAITRE DANS LE SYSTEME POLITIQUE DE L’ALLEMAGNE — L’AGITATION S’EST RENDORMIE.Où acheter demain (Enrtflttr* conformément » I* loi du Wrlement du Conçue, por L.-P.Ue»lon4ch»mp».ou Mlnlclére de l'Africulturc.) Pétrograd, 12, jfar voie de Londres, 13.— L’opinion russe au sujet de la note du président Wilson indique une scission entre le gouvernement provisoire et les socialistes, dont Télénient le plus modéré est représenté par le conseil des députés, et le plus radical par la que cet engouement dura assez long Copenhague, par voie de Londres, 13.— Le congrès du parti radical prussien n’aura donc eu d’autres résultats cjue de faire naître des idées de réformes dans 'le système politique de T Allemagne : d'agitation qui a suivi la révolution russe et l’entrée des Etats-Unis dans la guerre s’est vite rendormie.Une simple récapitulation des faits nous fait mieux voir combien les résolutions du congrès étaient appelées à créer un mouvement non viable.Dès les premières heures, ce fut le message de Guillaume, le violent débat du Reichstag et des diètes et même de la presse qui captivèrent l’attention publique.Il est vrai TEL.EST 4519 Le Magasin du Peuple 447 EST, SAINTE-CATHERINE.Spécial pour jeudi KIMONOS LONGS pour dames, en crêpe de coton fleuri, choix de couleurs, style Empire ou flottant, £ garnitures pour unnnrpillpT' Volcni* SI 2n.nour appareiller.tsmsf&i Valeùr $1.25, pour D tiutfcr Angle S.-Catherine ai Montcalm Chapeaux de sport $2.00 $2.50 $3.00 pour $Sel9 faction Bolshevik!, dirigée par Ni-tion d’un comité destiné à rédiger ! kolai Lenine.Tous les journaux mi-un amendement qui unira tous les | nislériels accueillent avec le plus éléments du parti.On croit que ce grand enthousiasme ce qu’ils appel-comité va réussir, et retardera en i lent “le franc exposé de la diploina- même temps l’adoption de la mesure de conscription, et la battra probablement.En attendant, la situation politique continue d’être vague et compliquée, et peu de changements y sont survenus depuis hier.On annonce que la “Win the War Association” a eu hier des entrevues avec les chefs principaux des deux côtés de la Chambre, dans le but de tenter un dernier effort pour une coalition acceptable.11 parait que M.N.W.Rowell serait prêt à entrer dans le cabinet si Ton y a encore besoin de luij niais son nom est le seul qui Sorel, 13.— L’introduction du bill de la conscription en Chambre des communes, hier après-midi, a créé de l’agitation parmi la population de Sorel, qui s’est assemblée nombreuse, au parc Royal, après une manifestation dans les rues.MM.Georges Monarque et A.Beauchemin ont adressé la parole à la foule.Le projet a été vivement dénoncé.Cette manifestation spontanée sera suivie, ce soir, d’une grande assemblée de protestation contre la conscription qu’un comité spécial s’est chargé d’organiser. ¦ .] «ï .J .equérant se prétend proprié-i fl"ure aujourd hui dans les ru-taire de l’immeuble en question
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