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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2000-04-08, Collections de BAnQ.

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Il semble que tbus les jeunes violonistes se mettent à ce répertoire aussi brillant que riche.Malgré la technique d'enregistrement parfois un peu éteinte en ce qui concerne le piano, il faut \ dire qu’on tient là un disque plus I qu’important.James Ehnes et sa partenaire Wendy Chen dominent | cette musique avec un tel sentiment d’impérieuse urgence et de plaisir lyrique qu’il faut saluer bien bas leur réussite musicale.A l’opposé de bien des jeunes vir-; tuoses qui jouent ces sonates avec : brio, ils mordent dans les notes, : toutes les notes, les rendant belles I ou laides, sombres ou légères, selon le propos.Aussi à l’opposé de bien des violonistes chevronnés qui ralentissent parfois le tempo pour des impératifs techniques, Ehnes passe par-dessus la moindre embûche de jeu avec une facilité déconcertante, ce qui ajoute encore à l’intensité de l’émotion.La Sonate en la mineur est rendue d’une manière épouvantablement noire et désespérée.En grandes attaques d’archet, tout comme lorsque celui-ci se fait caressant, James Ehnes mord dans la corde ou flotte dessus avec une autorité qu’on ne peut remettre en question.En plus, il a une partenaire qui est tellement unie à lui que l’unité du duo impressionne autant que la qualité de cha-cùn de ses membres.Dans la facture comme dans l’esprit, cette version apporte un lot d’in-tfansigeance musicale bienvenu: il existe tant d’interprètes qui se contentent de jouer ces sonates comme partie convenue et agréable du répertoire du XX' siècle que le fait de retrouver, l’espace d’un disque, ce qui fait la grandeur de ces pages dégarnies de joliesse violonistique leur redonne une nouvelle existence.Le contraste avec la solaire Sonate en ré majeur est complet On jurerait entendre un autre duo et d’autres instruments.C’est dire à quel point Ehnes et Chen épousent le sens des partitions.Chaque petite note, même ornementale, parle, chante, les musiciens lui laissant l’espace requis pour respirer.La subtilité si raffinée fait sourire de bonheur.Alors qu’on croit s’envoler d’aise, bang! l’accent brusque de Prokofiev vient remettre un peu de nerf pour fouetter le violoniste ou la pianiste.On les entend réellement réagir à la partition, faire corps avec elle.Pas d’improvisation ou d’humeur du moment dans cette version; de la direction, oui, réfléchie, sans que quelque maniérisme sclérosant ne vienne entraver les rebondissements du discours.J’admets malgré tout succomber à la folle virtuosité du deuxième mouvement de cette seconde sonate: la netteté des coups d’archet et de l’articulation pose un jalon assez exceptionnel pour quiconque voudra s’y attaquer.Il faut se mettre cela dans l’oreille.Si certains puristes reprocheront un manque de souplesse, je crois qu'il faut plutôt voir ici un respect de cet aspect si en arête du style de Prokofiev, si difficile à rendre et qui déconcerte encore.C'est ici une qualité, et de premier ordre! Ce qui fait vraiment l’originalité du duo James Ehnes-Wendy Chen vient du fait qu’hors les écoles de pensée russes ou européennes, ils regardent avec des yeux vierges des œuvres que la tradition commençait à faire tourner en rond.De telles entreprises de décapage — même, sinon surtout, involontaires — ne savent que s'avérer d’énormes succès.Qu'il faut plus que chaudement recommander.Entre les deux sonates, cinq transcriptions pour violons de mélodies que Prokofiev adorait.Sans avoir l’intensité des sonates, c’est néanmoins plus que bien réalisé et cela fait le tour de ce que Prokofiev a noté pour cette combinaison.Intérêt supplémentaire pour le collectionneur, donc, qui y trouvera plus que son compte.NOUVELLE MUSIQUE MONTRÉALAISE -VOLUME II Isabelle Panneton: Sur ces décombres et floraisons nouvelles (1995), pour violon et piano; Marc Hyland: Paraphrase sur un thème de Gershwin (1987), pour saxophone alto: Serge Provost I.a Cloche du temple (1996); Ana Sokolovic: Ambient V (1995), pour deux violons: Silvio Palmieri: Avoir l’apprenti dans le soleil (1988), pour cor et piano; Jean Lesage: La Mémoire équivoque (1996), pour violon et piano; Serge Arcuri: Les Espaces infinis (1995), pour orgue.Julie-Anne Derome et Silvia Mandolini, violon; André Leroux, saxophone alto; Jocelyn Veilleux, cor; Gisèle Guibord, orgue; Marc Couroux et André Ristic, piano.Durée: 70 min 16.SNE SNE-639-CD Le livret nous prévient voici un enregistrement qui présente ce qui constitue la «troisième» génération de compositeurs montréalais depuis que les Garant-Morel-Tremblay ont définitivement mis au jour la modernité québécoise (il y eut bien certains efforts auparavant, dont ceux de Ro- dolphe Mathieu ou de Léo-Pol Morin, mais en l’état actuel des recherches historiques, force est de constater la marginalité et l’exclusion où ces avancées sont tenues par une société aussi frileuse que bourgeoise eh ce qui concerne la musique).Premier constat, déjà fait et qui se maintient: si, il y a encore 40 ans, les compositeurs se butaient souvent à des interprètes qui ne maniaient pas encore aisément le nouveau solfège et les nouvelles techniques de jeu, ce temps est révolu.Les musiciens d’aujourd’hui sont fort rompus — et ouverts — aux acquis récents, voire les suscitent souvent quant au vocabulaire instrumental, stimulant ainsi l’imagination des créateurs.La frontière entre les deux pôles devient même très mince parfois, notamment dans tout ce qui touche les «nouvelles musiques», largement basées sur l’improvisation ou les recherches en lutherie.Le répertoire proposé ici est plus standard, c’est-à-dire écrit.Il s’en dégage une grande parenté.On pourrait presque l’appeler «recul technique de la plume».Cette musique nouvelle ne débroussaille pas des terrains vierges; elle tente plutôt d’utiliser, avec inspiration parfois, des univers préexistants à elle-même.On entend plus de l'introspection que de l’explo- ration.Le retour du sentiment du moi habite ces compositeurs après la course vers l’abîme des deux générations qui les ont précédés.Il faut donc entrer dans le domaine flou de l'esthétique.Là, une nette dé marcation s’impose entre ceux qui ont appris — Panneton, Provost, Sokolovic et Lepage — et ceux qu’une lumière guide — Hyland.Palmieri et Arcuri.Sans poser ici un jugement évaluatif des œuvres, force est de constater que ces trois derniers créateurs ont des personnalités plus fortes et originales que les quatre pre miers.Ils cherchent, sans toujours trouver, mais nous font partager une intuition étonnante.A preuve, Paraphrase sur un thème de Gershwin, de Hyland, dans laquelle The Man I Love sert de prétexte à une monodie dont on ne sait pas si on aime davantage la structure que l’intention poétique.A ceux qui se demandent si la mélodie existe encore, cette pièce impose une réponse affirmative sans appel.De même aussi pour Les Espaces infinis de Serge Arcuri.Si on y reconnaît bien l’origine des gestes (Ligeti, le baroque, le minimalisme.), c’est leur conjonction ou leur opposition qui créent l’espace du titre, dans une registration parfois étonnante de Gisèle Guibord.On n'y sent pas l’essoufflement de l’imagination, bien que parfois la construction s'alourdisse des limites imposées par l’instrument.On passe vite par-dessus cela: là aussi, un souffle passe.AUS LIEBE ZU CLARA Johannes Brahms: Wiegenlied, op.49, n° 4; Zwei Gesange, op.91; Zigeunerlieder, op.103, nos 1 à 8.Robert Schumann: Dichterliebe, op.48.René Voyer, alto masculin; Douglas McNabney, alto; Jean-Eudes Vaillancourt, piano.Durée: 56 min 20.Amberola AMBC CD 7137 Notre fin de siècle sidéenne croule sous le retour à l’asexualité des vont.Fleurissent alors les fantasmes de castrat, contre-ténor, haute-contre, alto masculin et sopraniste de tout acabit.Dans le répertoire ancien, cela s’explique.Quand deux interprètes se mettent en tête d’attaquer le répertoire romantique, on doit se poser de sé rieuses questions.Ainsi, quand Brahms écrit ses deux chants op.91 pour piano, alto (l'instrument à cordes) et voix de femme grave,, il sait ce qu'il veut Et, pour Brahms, une* voix grave de femme n’a rien à voir avec ’ une voix d’homme aiguë.Cela dénature1 le propos et le but.Ce serait comme si Daniel Taylor ou Andreas Sholl chantaient la Ritapsodie pour alto (toujours de Brahms) ou certains lieder de Mahler (comme la Deuxième Symphonie).De même le Dichterliebe (.Les, Amours du poète) de Schumann est-il' le chant d’un homme face à sa bien-ai-mée.Le rendre avec un timbre dénaturé d’alto fausse grandement le sens même de la musique comme du poé me tant la couleur est ici importante.G ouvre une parenthèse car on me ré torquera certainement que certaines cantatrices ont chanté le Winterreise — Le Voyage d’hiver— de Schubert: il s’agissait d’artistes chevronnées, Lili Lehmann et Christa Ludwig entre autres, qui y ont longuement réfléchi et qui se sont lancées dans l'aventure uniquement sur la plate-forme artis-' tique, croyant apporter non pas un éclairage de curiosité mais bien plus' une livraison concentrée de l'art du -lied longuement pratiqué et maîtrisé.On comprendra que ce n’est pas le cas avec cette parution.Au contraire, il en ressort davantage l’impression que, ne pouvant s’attaquer au répertoire conçu pour sa voix, et où la concurrence est énorme avec des artistes de qualité, René Voyer use d'autres avenues, pensant faire original et neuf alors qu’on ' pourrait plus parler de pollution.) L’exercice d’écoute auquel il faut se livrer ici est pénible, on doit malheu- ' reusement l’avouer.lœ piano est mal enregistré et ne fait qu'accompagner.' Dans Schumann et Brahms, c’est un comble.La voix n’a aucune souplesse ni chaleur.On croirait entendre une.vieille chanteuse sur le retour.Tout y est forcé, même la diction.Un exemple entre mille: sur le vers-«Shenk’ ich die Blumen ail’», on entend le chanteur vociférer.Je doute qu'une amante apprécie qu’on lui «offre toutes les fleurs» sur un tel ton.Si l’industrie du disque est en crise, c’est qu’il se trouve trop de produits -aussi médiocres sur les tablettes.On ' dit souvent que les éditeurs publient trop de livres et trop souvent n’importe lesquels.Il en va de même en musique: il semble qu’on puisse faire paraître n’importe quoi.QHvdro Québec présente Un voyage musical grandiose ! Orchestre symphonicfue de Montreal Charles Dutoit Directeur artistique P Abonnez-vous dès maintenant! Abonnez-vous et épargnez jusqu'à 20 % sur le tarif régulier ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTREAL CHARLES DUTOIT ¦«>«/« ' .% r*" ' ^ i y, «iimnw lipstrc syn'H10"lfi1,e He iMoiitmjl Pour réserver vos billets ou obtenir la brochure de la nouvelle saison, communiquez avec notre service-conseil ! ) 842-9951 Abonnez-vous avant le 12 mai 2000 et courez la chance de gagner au CONCOURS Partez à New York avec l'OSM ! Valeur de 2 000 $.Aucun achat requis.Détails à l'intérieur de la brochure. L K I) E V 0 I R .L E S S A M EDI « ET I) I M A \ C II K 9 A V R I L 2 0 0 0 ARTS VISUELS Les mystères du regard UN FAIT DE PEINTURE Monique Bertrand Galerie Dazibao 4001, rue Berri, espace 202 Jusqu’au 16 avril BERNARD LAMARCHE Les emprunts à l’iconographie de la photographie du XIX' siècle sont monnaie courante dans l’art contemporain des dernières années.Muybridge, Marey et la chronophoto-graphie, qui est l’étude photographique du mouvement décortiqué, ont été un filon généreusement exploité par les artistes.Autre épisode important de l’histoire du regard mécanisé, la photographie de criminels ou encore l’iconographie troublante tirée de la psychanalyse naissante ont fourni un bassin phénoménal d’images à quiconque voulait traiter de la question identitaire ou des dérangements de la psyché.C’est un peu cet esprit que l’on retrouve aujourd’hui avec les nouvelles œuvres de Monique Bertrand, mais ici, plus qu’un autre détour par l’art de la citation, force est d’admettre que ce qui nous est présenté à la galerie Dazibao est d’une force remarquable.En pleine frontalité, ses personnages surdimensionnés — il s’agit d’une première incursion de Bertrand dans la représentation de la figure humaine —, la photographe les appelle des «Monstres/Saints».Tirées de documents photographiques qui montrent des corps grotesques, des «sujets cliniques souffrant de fortes difformités», ces images violentes, grâce à l’échelle qu’elle leur insuffle, Bertrand les transforme en icônes de la souffrance.Même le dispositif de présentation contribue à cet effet.Les caissons de métal qui retiennent les DOMINIQUE MAIATERRE Monstres/Saints, 1998, de Monique Bertrand.Tirées de documents photographiques qui montrent des corps grotesques, des «sujets cliniques souffrant de fortes difformités», ces images violentes, grâce à l’échelle qu’elle leur insuffle, Bertrand Tes transforme en icônes de la souffrance.images et les emprisonnent ne sont plus que des cadres.Au centre de l’espace, légèrement basculées vers nous, ces structures huileuses et sales donnent à voir les images grâce à des loupes dont la transparence est variable, puisque plusieurs altérations ont été apportées à la surface de ces fenêtres, mais qui sont des loupes aiguillonnant le regard.Sauf qu’au même moment, ces lentilles à travers lesquelles le regard croise des visions difficilement soutenables sont aussi la source de leur incarcération.Machines salvatrices, thérapeutiques peut-être, engins de torture, impossible de trancher.La volontaire indétermination de la chose nourrit bellement le travail.Légèrement penchées vers nous comme si elles éprouvaient de la commisération à notre égard, nous surplombant dramatiquement, ce sont de véritables icônes saintes qui s’offrent ainsi à nous.Ce dispositif écrasant les images, en plus de faire référence à l’imagerie des films d’épouvante, contribue à une formidable métaphore figurative: à dire vrai, la posture du Christ fragilisé sur la croix repose en ces images.Des images qu’on n’oublie pas de sitôt Un fait de peinture Dans une autre installation tout aussi troublante, Bertrand laisse de côté le recours à toute iconographie.Des reflets dans une plaque d’acier recouverte de cuivre et dans une surface de plexiglass, une petite source lumineuse qu’une fois assis là où le prescrit l’œuvre on ne voit plus, une toile de fond noire toute craquelée rappelant à la fois les toiles de fond des studios de photographie et les fines lézardes de la peinture ancienne, l’installation est fort simple.Mais une fois alignées, ces composantes recréent une vision flottante, «un réel vacillant», qui «se mesure à la fragilité du visible».Ces mots, tirés du communiqué de la galerie, disent très bien la nature de cette lumière presque surnaturelle, telle une apparition mystique.La source lumineuse est projetée sur le plexiglass, avec une lueur filtrée par la plaque d’acier réfléchissante.Sur la surface vitreuse le boîtier du petit néon diffuse cette lumière.Et les deux de se rencontrer, tels des fantômes dans le tableau recomposé.Se découpant dans la noirceur du support de papier photographique, la petite source lumineuse se prolonge et finit par briller de feux autonomes.Un fait de peinture, souligne le titre de l’œuvre.Il est fascinant de voir à quel point cette image rappelle les nocturnes de Georges de la Tour.En effet, cette petite source lumineuse qui éveille une nuit trop calme semble tout droit venue d'un tableau, un des plus connus du maître lorrain, un Saint Sébastien soigné par Irène (vers 1634-1643).Vous ne le connaissez pas?Allons, un petit effort, une petite virée à la bibliothèque (à défaut du musée) vous sera salutaire.Et là vous serez à même de saisir un autre des aspects de cette installation un peu magique.Intersections Montréal - Toronto Nouveaux points de vue sur les collections d'entreprise 50 artistes - 25 galeries Commissaires: Francine Paul et Herb Sigman Montréal: 24 mars - 9 avril 2000 1, Place Ville-Marie, 20e étage Toronto: 15 - 30 avril 2000 Edifice Yonge et Temperance (entrée sur Temperance) Lundi - Vendredi 12h - 19h Samedi - Dimanche 12h - 17h et 9 expositions dans différentes galeries Une realisation de l'Association des galeries d'art contemporain (Montréal) Pour plus de renseignements: (514) 861-2345 www.agac.qc.ca Entree libre Tri/A'I Win Mintetèr* &ê la Culture •t daa Communication» delta a rit PAUL LITHERLAND Bois, (TAlfredo Abeijon, est une forêt de cent frêles poteaux de bois fichés sur le sol à la verticale.Abris temporaires LABYRINTHES Alfredo Abeijon Galerie du MAI 3680, rue Jeanne-Mance Jusqu’au 16 avril BERNARD LAMARCHE La production d’Alfredo Abeijon traite souvent de voyage, de déracinement, d’exode même.Alors que ses œuvres abordent ce thème qui peut être combien lourd de meurtrissures, Abeijon a souvent le tour d’en faire part à l’aide d’inter- PAUL LITHERLAND Maison, d’Alfredo Abeijon vendons portées par le souffle de l’évocation.On le retrouve à la galerie du MAI (Montréal, arts interculturels), là où en 1999 il avait exposé un métaphorique bassin d’eau parcouru par de rudimentaires voiliers, lors de l’exposition inaugurale de la galerie du MAI, Déroutés.Cette fois-ci, l’artiste d’origine argentine présente un duo d’œuvres qui mobilise l’espace de façon opposée, toute deux faisant référence aux espaces architecturés, toutes deux sollicitant le corps différemment.La première, Bois, est une forêt de cent frêles poteaux de bois fichés sur le sol à la verticale.Selon le motif régulier de la grille, «pur dispositif de confinement et de contrôle», précise-t-on avec raison dans le communiqué de presse, ces tiges scandent l’espace et invitent à se frotter à elles.Cette forêt tissée serré donne lieu à des perspectives intéressantes.L’installation articule un espace où le regard est contenté par le fort accent théâtral de l’éclairage qui baigne l’œuvre tout en intensifiant sa verticalité.Alors le regard se fait vagabond, porté par le corps qui cherche à lui do,nner de nouveaux points de vue.A ce moment, par contre, l’installation se retourne contre le corps, limitant ses mouvements, lui offrant toute sa volontaire fragilité.Cette pièce emprunte au vocabulaire du minimalisme sa répétition dans l’espace d’une même unité de composition.Elle privilégie donc la saisie de l’espace comme une expérience physique plus ou moins familière.La seconde installation, intitulée Maison, active par contre d’autres ressorts.« Polyptyque » 155 œuvres 5 artistes 25 mars - 29 avril Yves Gaucher Michael Merrill Martha Townsend Charles Tyler Mark Vatnsdal Art Mûr 3429, rue Notre-Dame Ouest (514) 933-0711 Mardi au vendredi 10 h -18 h 30 Samedi et dimanche 12 h à 17 h 7-jvv.-’ ,'i \ \ t r t, I h - Porter le mur comme le masque de Michel Goulet Avec la participation te Normand Chaurette, Gilles Dalgneaull, Denise Desaulels, Peter Gnass, Denis Gougeon, Use Lamarche, Denis Marteau et Louise Robert Louise Provencher, commissaire Vernissage aujourd'hui samedi 8 avril à 15 h L'exposition se poursuit jusqu'au 7 mai Du mercredi au dimanche de 12 h à 17 h OCCURRENCE 4ED, Ste-Catherlne Ouest, espace 307 Montréal (Québec) H3B 1A7 occurrence@vll.coni Into : UH Michaud, directrice (514) 397 0235 Télécopieur (514) 397 8974 Le second volet fait référence à la notion d’abri, que l’on a pu déjà rencontrer chez Abeijon.Une imposante construction habitable attend le visiteur.Recouverte de toile de plastique qui permet d’en distinguer la charpente, l’habitation néglige les catégories du privé et du public.De l'extérieur, on peut déjà entrevoir que l’intérieur de cette Maison est un véritable casse-tête.Des couloirs faiblement éclairés, ces petites chambres qui se versent les unes dans les autres, des encoignures inaccessibles et ces passerelles qui stimulent et régimentent notre marche, voilà ce qu’on retrouve à l’intérieur de ce labyrinthe difficile à domestiquer.Des paliers s’accumulent, des mezzanines permettent momentanément de surplomber ce dédale, permettant de se situer minimalement dans ces espaces saugrenus.Une métaphore sociale Dans cet enchevêtrement d’éléments d’architecture à échelle humaine, les meubles — des chaises, des tables et des lits — laissent entendre, de ces lieux qui tiennent d’un impossible théâtre, qu’il peut être concevable d’y séjourner.Ici, les éléments de mobilier épousent les formes des espaces, comme pour se conformer à cette économie toute singulière.Cette architecture, en fin de compte, semble mue par des principes qui échappent à la logique telle qu’on la désire pour le domaine bâti.Ce n’est peut-être pas le cas, mais chaque intervention semble avoir appelé les autres.On ne peut dire d’elle qu’elle sert la cause de l’aléatoire (n’exagérons pas), mais cette construction se déploie comme si le besoin de remplir coûte que coûte tout l’espace avait présidé sa construction.Celle-ci cherche à nous priver de nos repères fondamentaux.Complètement dépaysé?Peut-être pas, mais drôlement fasciné.Par les matériaux pauvres qui sont utilisés, dont l’absence de sophistication est à l'opposée du degré de complexité de l’ensemble bâti, et en fonction même de ce désordre rangé érigé comme principe de bâtir, cette Maison fait penser à des ordres architecturaux peu valorisés ici.On pense à la structure chaotique des bidonvilles (dont on aurait ici une version relativement léchée), on pense à des échelles sociales diverses.Deux expériences de l’espace dont il ne faudrait pas se priver.GALERIE DE BELLEFEUILLE James Lahey L'èxposiJ/oit se poi rst/l jrsifi 'at' 13 avril 2000 1367.avo Greene.Westinornl tel (5141 933-4406 fl Tl -sam fOli - là) ' : im 12h -171)30 Hunter's Paradise Found, 1999 ^fr\ Kevin Kellÿ lallation multimédia Faking Nature Jusqu’au 30 avril 2000 mardi, mercredi : I3li à I9h jeudi, vendredi : 13h à 18h samedi, dimanche : I3h à I7h Entrée libre Maison de la culture Côte-des-Neiges 5290, chemin de la Côte-des-NcIges (angle Jean-Brillant, métro Côte-des-Neiges) Renseignements : (514) 872-6889 www.ville.montreal.qc.ca/maisons Montréal A O o o r LE DEVOIR.LES SA M EDI 8 E T D I M A N ( Il E !» A V R I I.2 O O O B II EXPOSITION L’harmonie au cœur du changement L’aventure créatrice de Marian Dale Scott DAVID CANTIN Même si son nom demeure peu connu du grand public, Marian Dale Scott a joué un rôle décisif dans le développement de la modernité au Québec et au Canada.Pionnière à plusieurs égards, elle n’a eu de cesse d’explorer, du milieu des années 30 jusqu’à la fin de sa vie, en 1993, un ; art qui s’ouvre sur le monde.Aussi ! changeante que novatrice, sa peintu-; re témoigne d’un désir d’évolution et d’interaction entre les structures vivantes, biologiques, sociales et culturelles.Cette première grande rétrospective au Musée du Québec retrace, avec beaucoup de nuances, le parcours d'une femme qui n’a jamais eu peur de s’aventurer sur de nouveaux terrains.Liée à l’intelligentsia anglo-montréalaise, la carrière de Marian Dale Scott fut particulièrement longue et ^fructueuse.On peu même la diviser en cycles de dix ans, à partir des différentes propositions esthétiques qui se sont succédé.La rétrospective s’articule autour de huit sections qui explorent les principales étapes de ce parcours artistique.Du paysage à la ville Encore adolescente, Scott s’intéresse surtout au paysage.Ayant subi l’influence du Groupe des Sept, ses tableaux de jeunesse montrent déjà les signes d’une audacieuse composition, comme Gorge, inspirée par la tppogra-phie de la région de Lachute.A partir de 1934-35, l’artiste se tourne davantage vers une pratique plus «signifiante» socialement.La ville est alors au centre même de cette approche qui tient à rendre compte de son temps.Des scènes urbaines telles Escalier de secours (1939) ou Ciment n° 1 (1939) deviennent des métaphores de la ville, avec leurs spirales et leurs dimensions expressionnistes.Au delà du caractère formellement novateur, cette phase du «réalisme abstrait» chez Scott témoigne d'une conscience à la fois dure et rationnelle de «l’âge de la machine».On sent chez l’artiste un intérêt pour des créateurs européens comme Picasso et Lewis, ou américains comme O’Keefe et Demuth.Même si elle ne PATRICK ALTMAN/MUSEE UU QUEBEC Gorge, vers 1936-1937, de Marian Dale Scott prétend pas au statut de portraitiste, Marian Scott s’intéresse à la figure humaine à travers les dessins d’amis ou de membres de la famille qu’elle regroupe dans ses carnets.Une œuvre comme Le Philosophe (1938) est une nature morte cubiste construite à partir d’objets appartenant à l’ingénieur Patrick Rolleston.Cette série met en avant l’harmonie des formes qui s'équilibrent dans les courbes et dans les lignes.Un monde à part entière qui annonce les transformations suivantes.Au début des années 40, les représentations florales deviennent en quelque sorte l’antithèse dialectique des scènes urbaines.Grâce à sa forme en mouvement, la plante possède une énergie qui va jusqu’à «faire éclater le roc».Comme Scott l’écrira dans son journal, ces œuvres sont liées à un principe féminin où le motif végétal est synonyme d'une croissance qui emprunte d’autres voies que celles de la géométrie urbaine.Du reste, la fascination pour le vivant s’étend ainsi à tout ce qui traduit la richesse formelle d'un univers invisible à l'œil nu.L’art devient ce pont qui permet de mieux comprendre le rôle de la science dans l’étude du vivant et comme force progressiste.La production semi-abstraite de cette période souligne, sur le mode de la transparence et dans des œuvres comme Atome, os et embryon (1943), le contraste entre le réel et le devenir.Plus tard, ces formes biomor-phiques deviennent autant de motifs renvoyant à l’art primitif et préhistorique.Cette conjonction prend une autre ampleur dans la Série des champs.Ce cycle, beaucoup plus gestuel, explore le registre de la spontanéité.C’est dans ces œuvres des années 50 que Marian Scott s’imprègne de nouveaux référents historiques qui s’inspirent de l’art chrétien.Les séries Façades et Iconiques renvoient ainsi aux cathédrales gothiques.L’alignement de statues témoigne d'une solitude relative devant la complexité des rapports humains.Par la suite, l’artiste délaisse graduellement les éléments de figuration pour se lancer dans une forme d'expressionnisme abstrait américain à la Jackson Pollock.Au terme des années 50, elle crée une rupture en décidant de «laisser [ses] œuvres parler pour elles-mêmes».Dès 1964, l’abstraction géométrique revient comme pôle dominant d’une rigueur /V Culbutes Œ jusqu'au 23 avril 2000 MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Québec:: 185, rue Sainte-Catherine Ouest, Montréal Métro Place-des-Arts • Renseignements : (514) 847-6226 Une présentation de 6SSILOR www.essilor.ca L* Cornell du Am J The Cinidi Council du Cinida , for rhe Art» Escalier de secours (détail), 1939, de Marian Dale Scott formelle que Scott a toujours préconisée.Jusqu’au milieu des années 70, cet art non figuratif s’oriente vers une réflexion plasticienne.Les lignes souples délimitent des espaces triangulaires où les contours hard edge et les aplats colorés recouvrent la plupart des œuvres Sans titre.Marian Scott reviendra ensuite à une linéarité beaucoup plus sinueuse et anguleuse.Cette dernière phase est particulièrement frappante dans le Filet pour attraper le vent (1977), alors qu’un nouveau lyrisme donne cours à un langage plus simple mais subtil de la ligne à la couleur.Cette recherche instinctive guidera l’artiste jusqu’à la fin dans des œuvres qui unissent l’ordre dynamique des mondes intérieur et extérieur.A plus de 80 ans, Marian Scott finira par suivre la «danse» libre des gestes et des couleurs.Il y a certes beaucoup à voir dans cette rétrospective qui montre l’engagement d’une femme déterminée et courageuse.Il faut venir au Musée du Québec pour prendre la mesure d'une aventure artistique qui passe par de PATRICK ALTMAN/MUSÉE DU QUÉBEC multiples transformations unificatrices.L’exposition circulera ensuite dans plusieurs villes canadiennes.MARIAN DALE SCOTT, 1906-1993: PIONNIÈRE DE L’ART MODERNE Exposition présentée au Musée du Québec Parc des Champs-de-Bataille, Québec Jusqu’au 4 septembre 2000 Cjenevieve C vuiieu Du 6 avril au 2 juillet 2000 Ml M P UPS UP M VAIM S DP Movrill \l lnform«»lion : (3M) 285-^000 ou www.mbu m .i |t .c a hntroo présentent la plus importante rétrospective sur I’ LA SOCIÉTÉ NATIONALE DES QUÉBÉCOIS ET QUÉBÉCOISES art H 3 li québécois ^ Rolland Inc.BHfflS • ••c'est à voir! du 26 mars au 25 juin 2000 ENTRÉE LIBRE Heures d'ouverture : mardi de 12 h à 20 h; du mercredi au dimanche de 12 h à 17 h Bouchard.Bolduc, Villeneuve.Veilleux.Jost, Latraverse.PLUS DE 30 ARTISTES RÉUNIS Centre d’exposition du Vieux-Palais 185, rue du Palais, Saint-Jérôme (450) 432-7171 'v; http://www.laurentides.net/cevp t B 12 I E i) K V 0 I R .LES S A M EDI R E T I) I M A \ C II E !> A V R I L 2 0 () 0 ARTS VISUELS Des dispositifs qui disposent ! Avec la pièce élégante de Janet Bellotto, l’espace est entièrement remodelé, le spectateur est transporté dans un monde féerique, hors du temps et du lieu L’ART QUI FAIT BOUM! Triennale de la relève québécoise en arts visuels Marché Bonsecours 350, rue Saint-Paul Est Vieux-Montréal Jusqu’au 24 avril BERNARD LAMARCHE Disons-le tout de suite, l’événement triennal L'art qui fait boum! a peu à envier à bien d’autres manifestations dans le domaine des arts visuels.Pour une première dont on n’attendait rien, sinon que le titre cabotin pouvait laisser croire aux divagations les plus superficielles, le calibre est fort appréciable.N’est-il pas vrai que les attentes envers un événement ancien ou nouveau façonnent la teneur des commentaires qu’on lui adressera?En cela, la toute nouvelle triennale avait peu à craindre.Malgré le caractère ambitieux de l’entreprise, les nombreuses premières qu’elle couve attirent une forme d’indulgence.Premier événement du nom, première signature pour son organisateur Xuân-huy Nguyen, premier commissariat pour Véronique Bellemare Brière, dont on connaît notamment la collaboration à la revue Esse, aussi une expérience très courte de certains des artistes quelle défend, la barre des attentes n’aurait pu honnêtement être placée très haut.La seule exigence venait peut-être des lieux de présentation de l’exposition, le Marché Bonsecours, qui sont fortement hantés par leur fonction de lieu de ralliement de la première Biennale de Montréal et, de façon plus récurrente, du Mois de la photo.Justement, dès la première salle de l’exposition, on se croirait plongé dans l’univers bidimensionnel du Mois de la photo.Les images composites de Michel Patry, des collages qui opèrent des permutations sur des portraits de photomaton, celles d’Isabelle Hayeur, de solennels paysages de carrières abandonnées, des abstractions retouchées numériquement et les binômes peinture-photo de Henri Venne, où des fantômes resurgissent de derrière les couches de pigment, rappellent les thèmes des Mois de la photo précédents.Sans gêne, ces images auraient pu s’y glisser.Cela n’a peut-être pas d'importance, mais pour marquer le coup et établir son identité propre, l’événement aurait pu éviter cet effet de déjà vu (par contre, les œuvres en deux dimensions exigent des cimaises et elles se retrouvent dans la première salle, bien ancrées dans le sol).Ce n’est que par la suite que se dessine un des enjeux récurrents de cette exposition.En effet, avec la pièce élégante de Janet Bellotto, l’espace est entièrement remodelé, le spectateur est transporté dans un monde féérique, hors du temps et du lieu.On comprend alors un principe important qui se confirmera au fur et à mesure qu’on découvre les œuvres: une forte réflexion anime ces œuvres en ce qui a trait au dispositif de présentation des objets.Autant que les œuvres elles-mêmes ou plutôt de manière intégrée, la manipulation du contexte de présentation afin, comme il en va de la rhétorique, de mieux véhiculer le discours, l’emballage des marchandises sont magnifiquement investis par la plupart des œuvres qui retiennent notre attention.Et cela, en effet, participe d’un positionnement très net dans la culture de l’image de plus en plus sophistiquée dans laquelle nous baignons.Pour revenir à Bellotto, son corridor étroit, nimbé d'une lumière bleutée, contient des formes flottantes qui naviguent dans l’espace, alors que dans une alcôve des angelots, véritables bibelots portés par des bulles de verre, couvrent une portion du mur, expansifs au point où leur colle le terme de baroque.Dans le noir — vous remarquerez que, puisque les espaces de projection vidéo sont communs à la présentation des œuvres, toute l’exposition est plongée dans une semi-obscurité qui n’est pas toujours commode —, deux des œuvres les plus marquantes se côtoient, celles de Nicolas Reeves et de Marc Fournel, les deux «doyens» de l’exposition.Dans une cage de verre emplie d'eau.Reeves a déposé des oranges désinfectées et couvertes de parafine.Ce microcosme aseptisé, ces oranges momifiées convoquent l’inconnu.Capsule de temps qu’il s’agit précisément de ne pas ouvrir, l’œuvre donne les signes d’une vie mystérieuse, d’une transformation interne relayée à l’extérieur par les bulles qui émergent à la surface et des diodes qui captent une étrange plainte qui sourd de ces oranges que l’on entend par le truchement de haut-parleurs.Petits écueils Tout juste à côté de ce laboratoire, pour soutenir des images vidéo où règne le tumulte, Marc Fournel a repris la forme d’un puits que des jeux de reflets donnent pour être sans fond.Une fois penché au-dessus de SOURCE TRIENNALE DE LA RELÈVE QUÉBÉCOISE EN ARTS VISUELS tait: ÿCU(n! BESjAfl Relève qilébéç sr;en arts j ' ?Houri Abdalian Patrie Laçasse et Myriam Yates :L, £ Bül Stéphanie Laguetix Janet Bellotto Dominique Malenfant-Gamache Andrew Chartier Michel Patry < Yong JirrCui Claude Perreault Marc Fournel Marie-Claude Prattc kine Gamache Nicolas Reevi " > Isabelle Hayeur Doris Kavcic 31 mars _ 7(T0(çju 24 avril deux mille Soirée table ronde : L'art actuel peut-il rejoindre le grand oublie?11 avril à 19h 10 F.ncan bénéfice aux profils de la Fondation de l’Hôpital Sainte-Justine Avec des rouvres de Fcrron, Molinari, Mousseau, Dauriclin, S/.ilasi,.Fncanteurs : Raymond Cloutier et Paule Baillargeon IB avril à IOh 10 Ouvert tous les jours de 10b à IBh - Entrée libre • Info : istai 270-4493 Le Puits de Marc Fournel.ce gouffre vidéographique, le spectateur active d’autres ressorts, sonores ceux-là, de cette œuvre qui sait bellement retenir le regard et le corps.D’autres pièces, comme la bande vidéo très picturale de Dominique Malenfant-Gamache, sont éga-lement portées par un dis- L art qui tait positif efficace: un corridor , , en entonnoir mène, tel un DOUm.a peu rite, à la salle retirée où des v ori • r x images abstraites sont d t;nv,er “ adroitement décortiquées bien d’autres sous la projection.1 outes les œuvres ne retiennent manifestations pas autant l’attention.Les pastiches d’art naïf de Line dans le Gamache, qui trament également du côté de la bédé, domaine des amusent un moment puis s’épuisent rapidement.arts Visuels Aussi, les portraits de types sociaux, réalisés à la gouache par Marie-Claude Pratte, que nous avions appréciés ailleurs, sont ici servis à une sauce qui ne rehausse pas la saveur du commentaire qu’ils portent sur le social: ici, le dispositif de présentation — sur un napperon monumental, les portraits sont disposés selon un cercle et des ustensiles les accompagnant font en sorte qu’on y voit une assiette — est un peu appuyé.Or l’idée du menu était déjà contenue dans la myriade de portraits génériques.Egalement, les ombres chinoises en vidéo de Doris Kavcic, sur le travail manuel conju- gué au féminin, n’échappe pas à la comparaison avec des recherches similaires, celles d’Eulalia Valdosera, au Musée d’art contemporain de Montréal, il y a moins de deux ans, notamment, et bien d’autres qui affleurent à l’esprit quant au travail de femmes.Autre signe d’un petit manque d’expérience, deux œuvres de grand format se disputent un espace somme toute limité, celle de Pratte et le superbe autel de Claude Perreault, fait de bidules de plastique récupérés, un travail sur le consumérisme, particulièrement valorisé devant son alcôve bleutée, cernée de pierres anciennes.Aussi, bien qu’elle traite de sujets prenants, à savoir les réseaux, l’écologie, la circulation de l’eau, l’installation bien fignolée d’Andrew Chartier s’avère par contre anecdotique.D’autres œuvres prennent des risques plus assumés: dans un corridor où il sera facile de les manquer, le trio BGL, de Québec, y va d’une de ses interventions in situ où la technologie est singée par l’artisanat besogneux et la culture du recyclage.Aus- si, quelque peu retiré, le duo de Patrie Laçasse et Myriam Yates fait retour sur la culture d’entreprise de manière intéressante, en rendant étrange le mobilier de bureau, le photocopieur qui bat tel un organisme vivant, l’architecture judicieusement anguleuse et incommodante, les projections vidéo idylliques.Une installation aux cordes bien tirées.Reste alors les animations numériques de Hour! Abdalian, offrant une flânerie lente et énigmatique dans les entrailles du Marché Bonsecours.La pièce a son effet.Aussi l’homme soudé par la tête à des vestiges du capitalisme, dont les ficelles sont un peu grosses, et le travail de Stéphanie La-gueux, sur l’ubiquité, qui ouvre la litière de l’interactivité par des moyens, vous verrez, juste assez retenus pour que la curiosité s’empare de nous.Dans ce secteur de la sollicitation des sens, qui demande au spectateur dé participer, tant a déjà été fait, même dans un court laps de temps, que la difficulté d’atteindre sa cible en explorant ce filon est bien réelle.D’ailleurs, de façon générale, il y a beaucoup à se mettre sous la dent dans cette verte triennale qui ne nous laisse absolument pas sur notre faim, malgré quelques bémols qui n’ont rien d’alarmants.Boum et reboum! SOURCE TRIENNALE DE LA RELÈVE QUÉBÉCOISE EN ARTS VISUELS Trio de Claude Perreault.Du 25 mars au 15 avril 2000 Joseph Saint Charles (1868-1956) peintures Eric Goldberg (1890-1969) peintures, pastels, dessins GALERIE DOMINION 1438.rue Sherbrooke Ouest.Moniréal 845-7471 Du mai.au sam.de l()h a I7h la Peau de l'Ours En rediffusion ce soir à l'émission Franc-Jeu SRC / 18 h 30 et RDI / 22 h 30 Frédéric Benrath Œuvres récentes L'exposition se poursuit jusqu'au 6 mai Rencontre avec l'artiste et signature de sa monographie en couleurs aujourd’hui 8 avril de 12 h à 17 h GALERIE SIMON BLAIS 4521, rue Clark Montréal H2T 2T3 S14.849.U65 Ouvert du mardi au samedi de 9 h 30 a 17 h 30 BEAUCAGE Galerie d'art d'Outremont jusqu'au 30 avril • 495-7419 L’ETOILE DE JEAN-PAUL wwwurtquif ait boum.qc.ca l Marché BunsmiUtS___________ ISO, rue Sainl P.uâ tsL Viem-Montreal Lunivers de Saint-Denys Garneau Sain r-DtNvs Car Sans titre IL’au vers 1934-1937, nembhng (détail), 1990 - Gracieuseté : MCPC/MBAC IT WM HR wikota rr-T.LBKTt Musée d'art de Joliette 145, RUE WlLFRID-CORBEIL, JOLIETTE (QUÉBEC) J6E 4T4 (450) 756-0311 www.bw.qc.ca/musee.jo1iette Dimanche 9 avril 2000, 14 h : commentaires et visite guidée par Pierre Henry, peintre jusqu’au 30 avril BT/JL Centre d’expression Les Impatients ¦ 100, rue Sherbrooke Esc, 4' étage, Montréal 842-1043 Du mar.au vend, de 10 h à 17 h Sam.et dim.de 13 h à 16 h EldonGarnet AcorpSper(ju du 6 avril au > 28 mai 2000 Réalisée et diffusée par le Musée canadien de la photographie contemporaine, un affilié du Musée des beaux-arts du Canada.Galerie Liane et Danny Taran Centre des arts Saidye Bronfman 5170, Côte-Ste-Catherine a Montréal (Québec) H3W 1M7 c*!> w Tél: (514) 739-2301 Fax:(514) 739-9340 '"~z£S\'33rr™ ym" a LE DEVOIR.LES S A M EDI S ET DI M A N < H E » A V R I L 2 O O O LE DEVOIR Le registre des monuments classés du gouvernement du Québec compte une grande variété de bâtiments, de la maison de pierre aux ponts couverts en passant par de nombreux couvents et églises.Avec un peu de chance, un des rares vestiges de la Nouvelle-France s’y ajoutera bientôt.Le fort de Senneville nous ramène en effet à cette époque lointaine de la colonisation et des intrépides coureurs des bois.CLAUDINE DÉOM Senneville, vous connaissez?Cette municipalité verdoyante, située sur les bords du lac des Deux-Montagnes à l’extrémité ouest du territoire de llle de Montréal, ne fait certes pas jaser d’elle souvent, malgré son riche passé.Avant de devenir un lieu de villégiature fréquenté par l’élite montréalaise au siècle dernier, l’endroit est convoité en raison de sa position stratégique pour le commerce des fourrures.Les voies navigables de l’époque en font un lieu de passage de prédilection pour les trappeurs venus des pays d’En-Haut en route vers Ville-Marie.Un poste de traite C’est à la famille Leber que l’histoire attribue la construction du fort en 1702.Jacques Leber, issu de cette lignée ayant sans doute le plus marqué l’histoire du commerce à Montréal aux XVIL et XVIII'1 siècles — l’île des Sœurs et une partie de la ville de LaSalle appartenaient aussi à ce puissant clan —, exploite ce fief en y faisant construire un poste de traite des fourrures et un moulin à vent Le fort de Senneville, contrairement aux fortifications traditionnelles des environs — pensons par exemple à Chambly ou à Hie Sainte-Hélène —, n’est donc pas construit à des fins militaires mais bien commerciales.A un moment où la menace iroquoise fait partie du quotidien, on choisira d’élever les murs du magasin en pierre avec quatre bastions.La vie de la petite forteresse n’est toutefois que de courte durée: en 1776, lors des tentatives d’invasion de l’armée américaine, le fort est incendié sous les ordres de nul autre que Benedict Arnold, ce général américain célèbre pour avoir ultérieurement trahi son pays.Abandonné à son sort, le fort n’est jamais reconstruit.Au fil des siècles et des propriétaires qui s’y succèdent, le fief Leber est démembré à plusieurs reprises.Les ruines des fortifications (ainsi qu’un des moulins) sont néanmoins conservés.Des vestiges inusités Dans la grande région de Montréal, force est de constater que les constructions datant de l’époque du régime français se font plutôt rares de nos jours.Outre le vieux séminaire des Sulpiciens de la rue Notre-Dame, peu ont su résister au développement commercial et industriel de la ville.Au moment où Jacques Leber fait construire sa fortification à Senneville (nom qui, soit dit en passant, rappelle le lieu de naissance de son aïeul, Senneville-sur-Fécamp, en France), Montréal ne compte pas de tels ouvrages de pierre, exception faite du fort de la Montagne, propriété des Messieurs de Saint-Sulpice, les seigneurs de File.Il faudra attendre plus d’une décennie avant que ne s’amorcent les travaux à Chambly — la première véritable installation militaire de la région datant de 1711 — et ceux des fortifications de Ville-Marie (qui se poursuivent de 1717 à 1744).Qui plus est, il semblerait que, parmi les postes de traite étant parvenus jusqu’à nous, bien peu auraient été fortifiés à la façon de celui de Senneville.Pour reconnaître et protéger le ministère de la Culture et des Communications du Québec étudie à l’heure actuelle la possibilité d’octroyer un statut juridique au fort de Senneville, et cela à la suite d’une demande officielle de classement récemment soumise par le propriétaire du site.«Il y a longtemps que [nous nous intéressons au fort de Senneville.Nous savions toutefois qu'il n’était pas menacé [de disparaître] dans l’immédiat, étant donné que les propriétaires ont toujours fait preuve de beaucoup d’attention à Tégard de ces vestiges anciens», nous apprend Monique Barriault, de la Direction de Montréal de ce ministère.«Le classement [en tant que monument ou site historique] aise à reconnaître la valeur nationale d’un bien et à le protéger d’une éventuelle démolition.Nous recherchons généralement la collaboration des détenteurs du bien avant d’entamer cette démarche.» Si cette complicité s’avère favorable, la réalité suggère qu’elle ne s’acquiert souvent qu’à grand-peine.Dans le passé, les interventions du ministère s’apparentent FORME icSsr*"' ' îsP f- JS*«: .— vv* 1Ê- y ( - VtiJ 'à La forteresse oubliée selon James Duncan vers 1830 PHOTOS: JACQUES GRENIER LE DEVOIR plutôt à de véritables opérations de sauvetage in extremis.Le classement en catastrophe des Géantes — ces quatre figures allégoriques gigantesques de l’ancienne banque Royale qui menaçaient de disparaître à la suite d’une vente aux enchères il y a de cela quelques années — ou, plus récemment, celui du restaurant art déco, le 9e, du défunt magasin Eaton, illustrent à merveille les conditions prédominantes pour un grand nombre de classements.«Avec le fort de Senneville, nous avons une occasion d’agir dans un contexte autre que celui d’une urgence.Notre évaluation du lieu s’appuiera sur les mérites historiques et architecturaux et non en fonction d’une disparition imminente.A long terme, ceci aidera peut-être à corriger les perceptions qu’entretiennent certains propriétaires — parfois à tort, parfois à raison — quant à la perte de la jouissance de leur bien advenant un statut juridique.L’harmonisation de l’intérêt public et du bien privé est parfois difficile à atteindre», poursuit Mme Barriault.Alors que l’état de la structure ancienne en décevra peut-être quelques-uns, il n’en demeure pas moins que la survie de ces ruines relève d’un véritable miracle (ou, devrions-nous plutôt dire, d’une grande sensibilité à l’histoire, manifestée par les différents propriétaires pendant toutes ces décennies passées).Il reste que l’état des ruines est singulier à mi-chemin entre la construction intégrale et le vestige archéologique, elles transcendent le temps, tout en nous permettant souvent mieux d’imaginer une époque révolue.Bien avant que ne s’en éprennent John Ruskin et William Morris, instigateurs britanniques du mouvement Arts and Crafts au XD( siècle, les ruines anciennes avaient déjà inspiré un grand nombre d’architectes à travers les âges, sans oublier leur précieuse contribution à l’enseignement de la discipline (à ce titre, les gravures de Piranèse, ce grand maître du XVIII', en font foi éloquemment).De nos jours, à de tels vestiges, l’esprit associe facilement de hauts lieux de l’histoire de l’humanité, devenus de véritables pèlerinages pour certains touristes: comment en effet imaginer un séjour dans la ville d’Athènes sans une visite de l’Acropole ou à Rome sans un coup d’œil au Forum?D’autres sites «Nous sommes plus en faveur d’une consolidation de la ruine» anciens, tout aussi populaires, ont plutôt fait l’objet d’importants travaux de reconstitution.Cette tradition, particulière ment prisée chez nos voisins du Sud, a donné naissance à des lieux extraordinaires (t.els Williamsburgh en Virginie et Louisbourg en Nouvelle-Ecosse) où les ruines ont néanmoins cédé la place à des constructions toutes neuves.La mise en valeur n’est toutefois pas le seul salut pour ces reliques, que l’on considère parfois (et à tort) inutiles en raison de leur état fragmenté.Plusieurs ruines — médiévales pour la plupart — que l’on retrouve encore aujourd’hui dans certains pays d’Europe, notamment en Fiance et en Grande-Bretagne, font partie du paysage malgré le fait quelles gisent là, sans utilité apparente, sinon celle de témoigner du passé.Le Québec, quant à lui, compte peu de ruines historiques.Dans le passé, un grand nombre de lieux importants, ayant été abandonnés pendant plusieurs années, ont été récupérés par l’Etat et transformés en des centres d’interprétation, tels le village de Val-Jalbert ou, plus récemment, l’ancien site industriel des forges du Saint-Maurice.Pour l’instant, il n’est pas question de telles transformations pour Senneville: «Nous sommes plus en faveur d’une consolidation de la ruine.II ne s’agit pas de reconstruire le fort de Senneville mais plutôt de ralentir le processus de détérioration des vestiges.Advenant un classement, le rôle du ministère sera celui de soutenir le propriétaire dans l'entretien du bien en question.Ceci peut se traduire de différentes manières, notamment par une aide financière, tel que le permet la Loi sur les biens culturels», précise Monique Barriault.Un vent de renouveau Tant pour le domaine de la santé que pour celui de la conservation du patrimoine bâti, la médecine préventive a toujours su faire ses preuves.Dans la foulée de la Direction de Montréal, qui semble vouloir prendre de plus en plus les devants, la Commission des biens culturels (l’instance consultative auprès de la ministre en matière de patrimoine) rendait public en février dernier le rapport d’un groupe de travail mandaté pour analyser l’ensemble des monuments historiques classés et reconnus par l’État québécois.Au sein des recommandations qui complètent cette étude, on lit: «Pour mettre fin à l’idée que seul le patrimoine menacé est digne d’être reconnu ou classé — cette idée est à la source des déséquilibres actuels du corpus —, il faut encourager le public, les groupes intéressés à la sauvegarde du patrimoine et les spécialistes à proposer les biens qu’ils jugent dignes de figurer dans un répertoire national.» Seraient-ce là les signes annonciateurs d’une attitude nouvelle?Souhaitons-le, tout en sachant que les menaces de disparition de notre patrimoine bâti ne sont pas encore choses du passé.Entre-temps, le classement du fort de Senneville se présente comme une occasion inespérée de corriger certains de ces oublis inscrits dans nos registres.Il n’y a plus qu’à espérer que le ministère ne rate pas le coche.cdeom(a supernet.ca COLLOQUE INTERNATIONAL LA CONSOLIDATION DES MILIEUX URBAINS ET LE RESEAU AUTOROUTIER Expériences étrangères et projets québécois chair* «n paytag* *t a ?Transporta Québec AMPHITHEATRE DE LA FACULTE DE L AMENAGEMENT UNIVERSITE DE MONTREAL 2940, chemin de la (otc-Sainte-Catherinc, Montreal www.paysagc.umontrcal.ca 14 et 15 avril 2000 Chaire en paysage et environnement Fatuité de l'aménagement Université de Montréal C.R 6128, sutt.Centre-ville Montréal (Québec) H3C317 Téléphone: (514) 343-2320 Télécopieur : (514) 343-6771 Responsable scientilique du Colloque Alan Knight, Directeur, Groupe de Recherche en Architecture Urbaine Fatuité de l'aménagement Téléphone : (514) 343-7696 Télécopieur : (514) 343-2455 Courriel : amee@dsuper.net B 14 K T I) I M A N C II E i» AVRIL 1 (I 0 (I I.E I) K V 0 I R .L E S S A M EDI « ?Je voudrais aborder aujourd’hui les rives escarpées de la folie.Gravissime sujet qui mérite bien sa petite chronique.D’autant plus qu’ils ont pris la ville d'assaut ces jours-ci, la folie et son grain, avec un Symfolium trimballant à Montréal ses clowns à nez rouges et ses entartés à nez blancs.Montaigne estimait que les sages ont plus à apprendre des fols que les fols des sages.Présumons que le fol le plus pédagogue est celui qui bouillonne dans sa propre cafetière et colle son araignée au plafond maison.Mieux vaut d’ailleurs le ménager, celui-là.Comprimé, il risque d’exploser sans prévenir comme un jack in the box.Coucou! — AAAH! NOOON, pas lui! Reste donc (on n’est jamais trop prudent) à apprivoiser sa petite déraison personnelle et même à lui chanter une berceuse célébrant en douce ses vertus poétiques et thérapeutiques, histoire de lui calmer le pompon.«Ceux qui rêvent éveillés ont connaissance de mille choses, qui échappent à ceux qui ne rêvent qu’endormis», déclarait un Edgar Allan Poe fort versé sur la question.Relisons nos classiques, consultons illico les experts.D’Erasme à Maupassant en passant par Shakespeare et les surréalistes, la folie se mérita le plus profond respect des artistes, des philosophes, voire des souverains en mal d’un contrepoids léger à leur pesante tyrannie.Après tout, il fut un temps où les bouffons constituaient le garde-fou des rois, les protégeant tant bien que mal contre la démence d’un pouvoir qui menaçait de les engloutir à tous moments et y parver ait par ailleurs fort souvent.Le fou du roi était sans doute son sage.De là à ce qu’il l’écoute.Ces jours-ci, des fous lâchés lousses en ville lancent donc un cri de ralliement à la meute de leurs semblables, à travers un festival, qui plus est.Or des festi- Nez rouge et Odile T rem blay vais, il en existe, c’est le cas de le dire, pour les fous comme pour les sages à Montréal.Trop nombreux, enchaînés à la queue leu leu, se portant ombrage les uns aux autres.Suffit! Pitié! Rendons grâce au Symfolium de verser un seau d’eau fraîche sur le macadam de la métropole avec le délire du sien.Il faut dire qu’il sort de l'œuf, ce festival-là, ne connaît pas les scléroses, les formules qui stagnent, les redites, les compromis avec les institutions.Subventionnée tout de même par les cagnottes publique et privée, la fête des fous.Que voulez-vous?On ne rigole pas qu'avec des prunes mais aussi avec des bidous.Pour l’heure, poussant dans l’anarchie et la galère entartiste, le rendez-vous de François Gourd, où je me suis offert quelques petites incursions, m’est apparu fort réjouissant Quelle bonne idée, surtout! Les fous ont tant d’adeptes à Montréal.Et la faune qu’on y croise, échevelée, sympathique, disparate, montre que l’underground pullule encore dans la ville, cherchant les occasions d’émerger d’un cocooning qui commence à emmerder sérieusement tout le monde.Il fallait voir la foule se masser en un TNM plein à craquer lundi soir lors du procès du millénaire où la folie ac- drapeau noir cusait la raison de crimes contre l’humanité commis en son nom.Bien entendu, avec un jury (le public) pas impartial pour deux sous, la folie se devait de gagner sa cause à l’unanimité.La vraie dissidence eût été de voter pour son contraire.Nul ne s’y risqua.Moi non plus.On a de ces lâchetés.ou de ces lucidités.Appelons ça comme on voudra.Méritait-elle vraiment sa chance, cette raison-là?Mille ans de raison papale, impériale, dictatoriale, sanglante, rugissante, homicide, fratricide sous la couronne ou la tiare n’ont-ils pas engendré plus souvent qu’à leur tour de meurtrières hécatombes?D’aucuns diront que la folie menait le bal des guerres et des inquisitions.Question de sémantique, ou de définition.Difficile de séparer les sœurs siamoises, raison et folie, tout compte fait.J’avoue moi aussi m’y perdre.Pour tout dire, c’était décousu, inégal, ce procès.Les avocats peu inspirés ratèrent une occasion en or de eontre-interroger les témoins, malgré des thèmes juteux tendus à leurs plaidoiries sur un plateau d’argent Cela dit, le juge en chef, Jacques Languirand, s’acquitta de ses hautes fonctions avec dignité et bonne humeur, garnies tout au bout de la tête de l’emploi.«La raison s’est emparée du nouveau millénaire sans pitié pour l’espèce humaine qui l’a pourtant engendrée», énonça avec le sérieux de circonstance un greffier nu comme un ver.Et de conspuer une démence matérialiste entraînant sa nef des fous (vous et moi, on l’aura compris) vers l’autodestruction béate, voire le génocide de la pensée.Déments de toutes obédiences, unissez-vous! Avec les ratés et la cacophonie d’usage, on assistait au TNM à un merveilleux moment de liberté ludique, traversant pourtant toutes sortes de zones de turbulence où le public se grattait la tête en se demandant qui diabje était l’accusé.Raison?Folie?La ligne de partage des eaux flottait dans un gargouillis où les deux courants s’entrechoquaient.Ce fut une sorte de nuit de la poésie démente, où les témoins les plus disparates (et parfois verbeux) se relayaient à la barre.Avec de grands moments au milieu, tel le merveilleux discours de l’écrivaine Hélène Pedneault.Au nom des cours d’eau, elle refusa qu'on lui pompe la nappe phréatique, qu’on lui privatise le robinet et se lança dans une envolée écolo-poétique de la plus belle eau.«C’est trop sérieux, être fou, déclarait de son côté le poète Michel Garneau en égrenant les mots dont il se nourrit pour éloigner la démence, parsemant son texte de citations à méditer afin de désenfler les grosses têtes: «Savoir beaucoup de choses n’apprend pas l’intelligence.» Même délire et semblable cacophonie au Lion d’Or mercredi soir lors du concours de discours absurdes et révolutionnaires.Au menu du cabaret: plusieurs balbutiements et quelques éclairs de génie telle l’envolée absurdo-lyrique de Ghislain Taschereau.«Ne cherchons pas à mordiller les paragraphes.Rire à l'envers n’a jamais fait pourrir les pieds.» Hélas! le jury ne lui décerna aucun prix.Y a pas de justice! On était là, dans cet antre enfumé, où le Montréal de contre-culture s’enfilait gobelet sur gobelet derrière la cravate.Sur scène, il y avait des mots sur le bout de la langue, d’autres qui déboulaient en mordantes satires religieuses, publicitaires ou révolutionnaires.Et je me disais que le délire et les contestations en bouquet poussent encore dans la ville comme des mauvaises herbes, rageuses, hirsutes, folles et surtout pas tuables.Rangés aujourd’hui, les drapeaux noirs?Pas vraiment.C’est juste qu’au bout de leur hampe est désormais planté un gros nez rouge.otrem hlayfo ledevoir.com MUSIQUE Elgar, Mariner et «Pexcellence anglaise» Des écrits sur la musique anglaise parus à Paris se plaisent parfois à souligner malicieusement que c’est à un Français fuyant à Londres que les Anglais doivent la vogue de leurs concerts populaires Arrêtons-nous à «l’excellence anglaise».L’OSM, pour ses concerts galas des 18 et 20 avril à la Place des Arts, joint le nom d’un autodidacte devenu porte-drapeau de la musique anglaise, sir Edward Elgar (1857-1934), à celui de sir Neville Mariner, qui secoua le conformisme du London Symphony Orchestra à la fin des années 50.Sir Neville dirigera à la salle Wilfrid-Pelletier un programme entièrement consacré à Elgar.Mariner est ce musicien qui forma, avec d’autres jeunes musiciens impatients, The Academy of Saint-Martin-in-the-Fields, dont les premiers succès tenaient beaucoup à la fraîcheur mise à exécuter Les Quatre Saisons de Vivaldi.CLÉMENT TRUDEL LE DEVOIR Le jeune Edward Elgar acquit les rudiments de la musique de son père, titulaire de l’orgue de l’église catholique St.George à Worcester et propriétaire d’un magasin de musique.Il se mit tôt à l’étude du violon et d’autres instruments, devint compositeur du dimanche et succéda à son père comme organiste à SL George.Malgré l’absence de formation académique formelle, Elgar fut admis à enseigner la musique à l’Université de Birmingham et dirigea même (1911-12) l’Orchestre symphonique de Londres.De nombreux doctorats honorifiques lui furent décernés.Rien ne destinait cet Anglais d’humble extraction qui, à 22 ans, accepta la charge de diriger la fanfare d'une institution pour aliénés, à l’ascension qu’il connut, surtout après avoir composé XImperial March pour le jubilé de diamant de la reine Victoria, en 1897; il a aussi signé la Coronation March pour l’inauguration, en 1911, du règne de George V.En 1924, année où il dirigea les chœurs à l’inauguration de l’Exposition de l’Empire britannique, on le nommait compositeur officiel de la couronne (Master of the King’s Music) pour succéder à sir Walter Par-ratt.Le titre de baronnet lui fut octroyé en 1931.Il est certain que d’avoir épousé une Roberts, fille d’un sir, ouvrit bien des portes à Elgar dans une société très hiérarchisée et le fit sortir de son milieu provincial.C’est à sa ARCHIVES LE DEVOIR Malgré l’absence de formation académique formelle, Edward Elgar fut admis à enseigner la musique à l'Université de Birmingham et dirigea même (1911-12) l’Orchestre symphonique de Londres.femme qu’est dédié le Salut d’amour, souvent entendu en concert.Anne Robert l’a repris récemment sur disque Riche Lieu dans un arrangement pour violon et piano, tandis que Benjamin Waterhouse nous propose, sur un disque ATMA récent (Debussy, Elgar et l’orgue ) une transcription pour orgue qu’a faite Edwin H.Lemare de Salut d’amour.Le disque de Waterhouse contient aussi une transcription pour orgue de XImperial March ainsi que les Vesper Voluntaries; l’enregistrement a été fait sur l’orgue qu’a restauré Denis Juget à l’église de Saint-Fabien-de-Panet.S’il faut retenir de l’œuvre d’Elgar des sommets, citons l’oratorio The Dream of Gerontius que l’on a entendu récemment à McGill sous la direction d’Iwan Edwards — la première, en 1900, avait été un désastre, mais le public vint peu à peu à l'apprécier.De Gerontius, Elgar écrivait: «Voici le meilleur de moi-même.Si j’ai jamais fait quelque chose digne de ne pas être oublié, c’est bien cela.» L’œuvre la plus souvent jouée de ce compositeur, Variations sur un thème original, est mieux connue sous le titre d’Enigma Variations.L’auteur s’y ingénie à décrire des personnages identifiés seulement par des initiales.Mystification ou facétie destinée à un cercle très restreint?Les spécialistes hésitent à trancher là-dessus.L’intuition qu’eut Hans Richter de lancer les Enigma Variations à Londres en 1899 fit faire un pas de géant à Elgar, qui doutait souvent de ses capacités.VÉnigme continue de passionner sporadiquement la presse dominicale en Grande-Bretagne çt même la Saturday Review, aux Etats-Unis, lança en 1953 un concours pour tenter d’élucider cette charade qui s’étire en quatorze esquisses brodées sur une mélodie originale restée mystérieuse — elle sert de lien à autant de tableaux d’ambiance.L’anthologie peut se compléter par Cockaigne (In London Town) et par deux symphonies qui ont tardé à gagner des adeptes outre-Manche, ainsi que par ces marches Pomp and Çircumstance fort répandues aux Etats-Unis depuis que la première de celles-ci est inscrite dans l’enseignement des établissements secondaires.Les convictions religieuses profondes d’Elgar lui ont inspiré Les Apôtres et Le Royaume.Il est bon de rappeler que c’est Fritz Kreisler qui créa le Concerto ARCHIVES LE DEVOIR Sir Neville Mariner fut en son temps un maverick de l’establishment musical londonien.pour violon d’Elgar en 1910 — ce concerto sera joué par Kyoko Takeza-wa avec l'OSM — et que la regrettée Jacquelin Du Pré a réalisé, avec John Barbirolli, un disque EMI, considéré comme une référence, du Concerto pour violoncelle d’Elgar, œuvre créée en 1919 par Félix Salmond.Des écrits sur la musique anglaise parus à Paris se plaisent parfois à souligner malicieusement que c’est à un Français fuyant à Londres ses créanciers, Ixmis Jullien, que les Anglais doivent la vogue de leurs concerts populaires (Promenade Concerts) et que Londres, au XIXe siècle, accordait à un Berlioz — dont les cendres seraient transférées au Panthéon en 2003 — et à d’autres étrangers les applaudissements que les concitoyens de ces compositeurs mesuraient au compte-gouttes.Depuis Purcell, des génies venus d’ailleurs réussissaient à captiver les insulaires: Haydn, Mendelssohn, Delius, etc.Elgar est celui par lequel fut possible l’avènement d’un courant au- thentiquement anglais.Dans cette veine nouvelle s’insère un Ralph Vaughan Williams, surtout pour ses compositions pour orchestre et voix — solistes ou chœurs.Holst et de nombreux autres suivent, avec mention appuyée sur l’apport d’un Benjamin Britten à ce patrimoine désormais dégagé du néoclassicisme, guéri de la tentation de mimer les grands de la musique allemande ou française.Sir Neville Mariner, qui fut en son temps un maverick de l’establishment musical londonien, a depuis appris à composer avec tous les styles et toutes les époques.Il excelle à mettre en valeur «l’excellence anglaise», d’où l’invitation que lui a lancée l’OSM de diriger Elgar.On crédite sir Neville de plus de 1000 enregistrements (un émule de von Karajan?).La petite église de Saint-Martin-in-the-Fields où naquit un style orchestral moins empesé a longtemps été le rendez-vous d’étudiants incapables de se payer une loge au concert, mais empressés à se rendre aux répétitions ouvertes au public.Sir Neville a aussi la réputation d’être un chef plein de fermeté et d’avoir une détermination que ne laisse pas deviner son sourire engageant; il obtint par exemple que la police autrichienne des frontières relâche l'un de ses musiciens qui devait jouer à Vienne (un réfugié aux papiers douteux, paraît-il) en menaçant d’annuler un concert prévu dans la capitale autrichienne, selon ce que rapporte le dernier bulletin de la Place des Arts.Les Britanniques ont tendance à valoriser Elgar pour ses œuvres teintées de patriotisme, conçues pour des cérémonies mémorables par ce «premier compositeur anglais de stature universelle depuis Purcell».11 est permis d’aller au delà de ce réflexe et de goûter l’émotion qu’il peut susciter à des milliers de kilomètres de la Tamise lorsqu’une violoniste comme Kyoko Takezawa interprète son Concerto pour violon en si mineur, opus 61.PRO MUSICA saison 1999-2000 Série «Topaze», présente Le Quatuor Arthur-Leblanc et James Campbell, clarinette Lundi, 17 avril 5' Salle, Place des Arts Programme Onnfi/or no 131).810 (Rosannmdcj, de Schubert Ouutuor no 7 en fa (liese mineur, o/) 108, de Chostukovitch Quintette pour clarinette et cordes, de Françnix f life a Billets : 22 $, 10 $ (étudiants) (taxe» incline», redevance» en *u») En vente à la PIACE DES ARTS 842-2112 Delta moni Mai i ;7mc lîTSICA é.Une expérience baroque inoubliable! STABAT MATER ,i In Salie Pierre-Mercure du Centre Pierre Péladeau fnnno l\irkl>y.-/'M-n ,v Daniel faytor.Lmu -n'itu, lut.- .i.iu- h- ih h \ Iri- J’iiiimt Jr I i va ldi - ' .I lïrgolcsi U DIMANCHE 9 AVRIL 2000 A 20 HEURES Votre ft utu in thon .» cr conceit bénéfice permet .w Studio de musique ancienne de Montréal de poursuivre avec succès ses activités artistiques.Billetsçn v< id ii it’i 'i t untn'l’irvrr P^todwiii : (514) 987-6919 • Renseignements ; (014) 861-2820 1007 Billet fténéfiçe |()(; 4 hl l .»nt rrV uption (reçu d impAl (le 50 $) ¦¦¦¦¦ ®utWtccm mkrnii.l (J) i Billet concert Vi $
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