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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2000-04-08, Collections de BAnQ.

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I ^ l> K \ OIK.IKS S A M K l> I 8 K I' |) | \| A N ( Il K !l A V R I L 2 0 0 0 ?LE DEVOIR ?Romans québécois Page D 3 Le feuilleton Page D 5 Bernard Andrès Page D 7 ?Antonio LoboAntunes Page D 14 Bernard Noël Page D 12 Salon du livre de Québec Place aux idées Après avoir été, dans les années 60, un écrivain qui comptait dans les lettres québécoises, Claire Martin s’est tue, litté- DAVID CANTIN rairement parlant, en 1970.Avec Toute la vie, paru à L’Instant même en 1999, et L'Amour impuni, tout juste sorti des presses chez le même éditeur, les lecteurs découvrent une voix unique ou ont l’occasion de re- Un salon du livre, c’est d’abord un espace de rencontres.Avec des auteurs venus d’un peu partout, mais aussi les bouquins qui envahissent les stands: nouveautés, classiques ou encore telle trouvaille que l’on fait et que l’on savoure avec joie.Le Salon du livre de Québec est l’endroit où l’on peut «musarder à [sa] guise dans [un] lieu magnifique et douillet, terriblement vivant, curieux et fabuleux», comme l’écrit la présidente d’honneur Chrystine Brouillet.Toutefois, on oublie souvent l’importance de l’apport intellectuel lié aux grandes conférences.Encore une fois cette année, le Salon international du livre de Québec sera l’hôte des Conférences de la capitale nationale, où la question de la mondialisation tisse un lien essentiel entre la culture et les sciences humaines.Un volet qui s’annonce particulièrement riche.Evénement parallèle, ces entretiens ne sauraient se tenir à l’intérieur même du Salon avec leurs tables rondes et autres débats animés.Dans une salle un peu en retrait, on demande à des essayistes, des philosophes, des romanciers ou des intervenants politiques de se prononcer sur un nombre important de questions.11 s’agit, en quelque sorte, de jeter les bases de certaines réflexions primordiales qui s’imposent à l’aube d’un nouveau millénaire.S’il fallait trouver un fil conducteur qui unit ces discussions, ce serait sans doute celui de la mondialisation.Un thème qui n’a pas été imposé mais qui ressort de façon évidente.Dès la journée d’ouverture, mercredi, Laure Adler donnera le coup d’envoi avec une conférence portant le titre de «La place et l'importance de la culture à l'âge de la mondialisation».Bien connue pour son rôle primordial en France dans les domaines de la culture et des communications, la directrice de France Culture parlera notamment de la diversité culturelle en tant qu’enjeu crucial pour la promotion des «petits pays».Défendu par le Québec et le Canada lors de forums internationaux, cet enjeu devait donner le ton à une problématique des plus actuelles.Il sera fascinant de découvrir le point de vue de cette biographe acclamée pour son travail sur Marguerite Duras.Dans une tout autre perspective, l’historien québécois et invité d’honneur Michel Lessard abordera jeudi la question du patrimoine et de l’identité québécoise.A la manière d’un manifeste, ce regard porte davantage sur le sentiment d’appartenance à l’ère d’une américanisation qui porte atteinte à la diversité planétaire plusieurs fois séculaire.Selon Lessard, le Québec en va jusqu’à oublier sa propre devise.Alors que les gens d’affaires sont conquis par le seul esprit de marché, des universitaires sans véritable sensibilité artistique se congratulent de colloque en colloque.On aura là un avant-goût d’un livre qui devrai susciter bien des réactions lois de sa parution chez VLB à l’automne prochain.Pour que vivent les oubliés Très attendu au Salon: Daniel Pennac.On connaît l’immense succès que remporte chaque nouvelle visite de l’auteur en sol québécois.Présentée par Jean Fu-gère, cette rencontre publique tournera autour de La Débauche, album de bandes dessinées qu’il réalisait ré nouer avec elle.Renaissance d’un écrivain.ROBERT CHARTRAN’ Claire Martin avait pourtant connu des succès d’estime et de public: Avec ou sans amour avait remporté le prix de Cercle du livre de France en 1958; Doux-amer, paru en 1962, fut pressenti pour le Femina.La critique disait qu’elle, était une «moraliste de l'amour» (Jean-Ethier Blais), quelle en élaborait une théorie personnelle (Gilles Marcotte).Diis, en 1965, vint le meilleur de son œuvre sans doute: Dans un gant de fer et La Joue droite, romans où l’auteur relatait une enfance et une jeunesse «épouvantables» et dont elle craignait qu’une fois achevés, ils ne fassent tarir la source.Est-ce cette crainte qui expliquerait un silence littéraire de plus de 25 ans?«Si j'ai pris la décision de cesser d'écrire à l'époque, avec l'intention de ne plus y revenir.c'est que c'était devenu désagréable.Le jouai était à la mode en littérature, et il m'est arrivé de recevoir des lettres d'injures de la part de jeunes écrivains qui me disaient: vous êtes une traitresse à notre peuple, vous ne parlez pas ni n'écrivez notre langue, on ne veut pas de la vôtre, etc.Je n'étais pas bouleversée, mais j'en suis venue à me demander si c'était la peine de continuer d'écrire.Je m'étais fait dans le monde des lettres des ennemis sauvages.Pas très nombreux, il est vrai.Mais il suffit parfois de quelques-uns.«Et sur les entrefaites, il y a eu mon départ pour la France, auquel mon mari et moi pensions depuis longtemps.Je ne pensais pas partir sans ma machine à écrire.Or, après tout ce climat d'hostilité que j'avais connu, je me suis dit: non, c'est terminé.Nous avons vécu dix années magnifiques là-bas.dans le Midi.Puis, ç'a été le retour au Québec.Et la mort de mon mari quatre ans plus tard, en 1986.Mais tout ça — ces moments de bonheur, ce deuil — ne m'a pas donné envie décrire.De toute manière, je ne suis pas de ceux qui ordonnent toute leur vie en jonction de l'écriture.Il a d'ailleurs fallu que des amis me poussent pour que je m’y remette il y a deux ans.» Chez L’Instant même, on lui propose alors de publier certains de ses textes parus çà et là dans des revues et d’y ajouter quelques inédits: ce sera Toute la vie.VOIR PACE D 2: BONHEUR VOIR PAGE D 2: IDÉES Et pourquoi pas i n i ¦ ¦ ek le bonheur?Claire Martin RÊNE MATTHIEU flHSHHjj Poètes d'Espagne, de Colombie et de Cuba Tl m'm LIBERTE 248 avril 2000 104 pages 8$ En vente chez votre libraire I- E D E V 0 I K .L K S S A M E 1> I 8 E T I) I M A N (' Il E !» AVRIL 2 (I II 0 IDEES SUITE DE LA PAGE D 1 cemment avec l'aide d'un maître incontestable en la personne de Jacques Tardi.Curieusement, cet album est dédié aux «virés, aux lourdés.aux éjectés, aux dégraissés, aux restructurés, aux fusionnés, aux mondialisés, bref à tous ceux qui se retrouvent sur le carreau».Vendredi, c’est au tour de l’historien Gérard Bouchard d'esquisser certaines solutions dans sa conférence intitulée «Pour mieux comprendre la nation québécoise: ce qu 'enseigne la comparaison».A l’occasion du lancement de son plus récent ouvrage chez Boréal, Nature et cultures du nouveau monde, il sera possible de mieux comprendre pourquoi, depuis la fin du XVÜ?siècle, toutes les nations d’Occi-dent, le Québec y compris, se sont chacune employées à se doter d’un imaginaire qui leur procure un sentiment d’identité, une vision de leur avenir et une représentation de leurs origines.Une rencontre pour mettre à l’épreuve les fausses spécialités, les distorsions et les contradictions.Comme le pose Bouchard dans son Dialogue sur les pays neufs, voilà une autre façon de comprendre comment il est désormais possible de réconcilier le concept de nation avec nos nouvelles sociétés pluriethniques.Pour amorcer la fin de semaine, un débat entre la ministre québécoise des Relations internationales.Louise Beaudoin, et l'homme politique français (RPR) et récent candidat à la mairie de Paris, Philippe Séguin, se tiendra à propos des relations France-Québec dans un monde écrasé par le poids de la mondialisation.Le français peut-il encore demeurer une langue vivante?Est-il encore temps de protéger ce qui subsiste de nos cultures?C’est en adoptant une position franche et sans concession qu’il convient de faire face aux nouveaux défis auxquels sont confrontés ces deux pays.Un pari des plus prometteurs qu’essaiera de relever le couple politique.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Gérard Bouchard En soirée de samedi, il aurait été impossible de choisir une autre personne qu'un écrivain pour clore l’événement.En l’occurrence, les organisateurs ont opté pour le romancier français et invité dhonneur Claude Duneton, qui terminera sur un exposé dont le titre renvoie à son plus récent essai, La Mort du français.Alors que la langue française est assiégée de toutes parts, n’est-elle pas condamnée à disparaitre?Cette langue qui a rompu avec ses profondes racines populaires est affaiblie par les erreurs d’apprentissage qu’impose le système scolaire par rapport à l'anglo-américain.Le constat de cet historien de la langue française pourrait-il se révéler aussi menaçant qu’il le dit?Réponse lors de l’exposé.Ce n’est là qu’un aperçu de ce qu’on pourra découvrir au cours de cette série de rencontres qui s’annonce des plus prometteuses et qui viennent donner à une rencontre commerciale son poids de réflexion et de nourriture pour l’esprit.Bien sûr, il y aura beaucoup à lire au Salon international du livre de Québec.Mais il y aura aussi beaucoup à penser.GRC R< DURE înaud-Bray _ ^arrirau—— PALMARÈS 1^1 du 30 mars au 5 avril 2000 1 i ROMAN Et si c'était vrai.9 Marc Lévy R.Laffont 2 ESSAI 0.Les oiseaux de malheur 3 André Pratte VLB éd.3 ROMAN Double reflet 3 Danielle Steel Pr.de la Cité 4 PSYCHO.Le guérison du cœur 10 Guy Comeau L'Homme 5 ROMAN Q.Le cri des oiseaux fous 2 Dany Laferrière Lanctôt éd.6 ESSAI Q.Marcel Tessier raconte.3 Marcel Tessier L'Homme 7 PSYCHO.La synergologie ou le corps dans tous ses états 4 PhUppetUrchel T.F.Com éd.8 SPIRITU.L'art du bonheur e 57 Dalaï-Lama R.Laffont 9 SPIRïTU.Le Vatican mis à nu 8 Collectif R.Lattont 10 POLAR La ville de glace e 6 John Farrow Grasaet 11 JEUNESSE Harry Potter : coffret 3 vol.16 J.- K.Rowling Gallimard 12 ROMAN Balzac et la petite tailleuse chinoise e 8 Dai Sijie Gallimard 1 13 ROMAN Mon cœur, tu penses à quoi?À rien.3 Nicola de Bonn Plon 14 NUTRITION Quatre groupes sanguins, quatre régimes 26 P.J.D'Adamo du Roseau 15 CUISINE Saveurs du Québec e 50 Collectif Strombol! 16 HORREUR Hannibal e 11 Thomas Harrla AUn Michel 17 HISTOIRE 100 ans d'actualités - La Presse 17 Collectif La Presse 18 JEUNESSE 100 comptines (Livre & DC) e 31 ! Henriette Major Fidea 19 SPIRITU.Conversations avec Dieu T.1 » 159 NeateQ Walach Ariane 20 ESSAI Q.Vivre, aimer et mourir en Nouvelle-France 7 Antéé Lachance Libre Exprès.21 PSYCHO.À chacun sa mission 20 Monbourquette Novalis 22 ESSAI Q.La simplicité volontaire 53 Serge Moogeau Écosociété 23 PSYCHO.Les manipulateurs sont parmi nous 9 127 1.Nazare-Aga L'Homme 24 JEUNESSE Quand les grands jouaient à la guerre e 7 llén» F.- Crude Actes Sud 25 NUTRITION Une assiette gourmande pour un cœur en santé 24 Collectif Inst de cardiologie 26 ESSAI 0.1 Y.Lamontagne OjySrttJHn 27 SPORT Le dernier saut de l'ange 3 SytvaèrvC.F*on Libre Exprès.28 NUTRITION Recettes et menus santé, tome 2 10 M.MonUgnac Trusta, 29 B.D.Blake & Mortimer n*14 - La machination Voronov 7 Sente & Juftarri Blake & Mortimer 30 ROMAN Un parfum de cèdre * 29 A-M.MKdonotd RanmetonQ.31 SPIRITU.L'amitié avec Dieu 3 Neale D.Wttact) Ariane 32 PSYCHO.Grandir : aimer, perdre et grandir 315 Monbourquette Novalis 33 GUIDE Gîtes du passant au Québec 2000 7 Collectif Ulysse 34 ROMAN Q.2 Jean-C Boult du Vermillon 35 ROMAN 0.Maître Eckhart « 5 Jean Bédard Stock 36 ROMAN Geisha « 61 A.Golden Lattèe 37 ROMAN 0.1 M.-S.Labrèche Boréal 38 PHILOSO.3 Michel Ontray Grasset 39 roman Q.Carnets de neutrage e 6 Q.Vlgneaulf Boréal ?0 ROMAN 19 Nancy Huston Laméec Ad» Sud Livres -format ooche 1 PSYCHO.Le harcèlement moral i M.-F.Hirfgoyen fVi rTJCKei 2 ROMAN q.La petite flüe qui aimait trop iee allumettes 10 Gaétan Soucy Boréel compact 3 ROMAN Comment voyager avec un saumon e Umberto Eco LOF 4 ROMAN Le Journal de Bridget Jones « i à_l —1 —— ci_i Ji— — neien riwuing J'sl lu 5 COMMUN).3 Chomsky A Al É co société • : Coup» d* «Mur R8 nmUM : 1*™ Mmllrw «Uf nom Mit» ^ NOMBRE DE SEMAINES depuis lew nutimoN Livres BONHEUR Quand on lui demande ce qu'elle pense de la littérature actuelle d'ici, Claire Martin se rembrunit SUITE DE LA PAGE D 1 «J’ai eu tellement de plaisir à ces petits textes! Je crois que j'avais repris mon souffle après un quart de siècle.J’espère maintenant en avoir pour jusqu'à cent ans au moins!» L’Amour impuni, lui, est un roman sur le thème que l'on devine, et plus précisément sur la naissance d’un amour tout neuf, le premier peut-être, entre le narrateur, un homme qui peut avoir 35 ou 40 ans, et un garçon d’à peu près 20.«C'est sûrement le premier vrai émoi de mon narrateur.Si on connaît peu son passé amoureux, c’est qu 'il n 'en a pas eu beaucoup! Il a été un peu terrifié par cet éloignement qu'il éprouvait à l’égard des femmes.Il a eu de vraies aventures avec quelques-unes — ce n’était pas un impuissant — mais ça ne lui plaisait pas.Je connais beaucoup d'homosexuels qui ont essayé, comme ils disent, et qui n ’ont pas aimé.Alors, quand il rencontre le jeune homme, Philippe, il résiste.Il a peur.Vous savez, il y a sans doute une crainte, dans ce genre d'aventures, pour le plus âgé des deux, d’être accusé de tentative de séduction, par exemple.Alors que, dans ce cas-ci, il n’y a qu'un danger d'incompréhension, qui disparait très vite, car c’est le plus jeune qui fait les avances.» Des gens heureux Situation inédite dans l'oeuvre de Claire Martin: cet homme mûr, sans être à proprement parler un fils de famille, est très attaché aux siens, à ses parents et à sa sœur.«fOtti, il a eu cette chance inouïe d’avoir une mère adorable et un père compréhensif qui lui disent: si on ne te comprenait pas, on ne t’aimerait pas.Pour moi, c’était une expérience toute nouvelle.» L'entourage, si l’on peut dire, est un gant de velours qui ne dissimule aucune main de fer.Son père le rassure: qu’il n’y ait pas de petits-enfants pour perpétuer son nom ne l’attriste pas.Et le médecin de la famille — la mère souffre du cœur — a tout de suite deviné de quoi il s'agissait.«Vous savez, c’est le livre du bonheur.Le médecin est bon, tout comme les parents; alors, c’est l’amour jusqu’à la fin des temps!» Et puisque tout est beau et bon, la romancière espiègle expédie les deux amoureux, pour leur première escapade intime, en ce haut lieu du tourisme matrimonial: les chutes du Niagara! Claire Martin en rit de bon cœur.«Quand l’idée m’est venue, j’ai téléphoné à ma sœur pour le lui dire.Elle a trouvé ça chouette!» L’Amour impuni, manifestement, n’est pas un roman sur les «problèmes» des couples homosexuels.«Pas du tout.J'avais depuis quelque temps une histoire comme celle-ci dans mes notes.Et puis, chaque fois que je m'y mettais, c’était ironique ou ça tournait mal: le narrateur se travestissait, etc.Or je me disais que ce n ’était pas la bonne façon d’écrire ce livre.Est-ce un sort que j’ai eu?J’ai trop connu de garçons malheureux, qui n’ont eu que des amours éphémères.Un de nos amis, par exemple, était très amoureux d’un garçon qui le volait et le trompait avec tout un chacun.C’était effroyable.» Et Claire Martin n'a pas non plus tenter de psychologiser l'homosexualité.Ses deux amoureux font connaissance par hasard, ils se plaisent, ils s’aiment, voilà tout.«En effet, j’ai fui toute explication de l’homosexualité.On dit souvent qu’elle peut être due à un père absent.Or celui de mon narrateur est là, tout près.Et sa mère est aimante sans être possessive ni castratri-ce.Il me semble qu’il y a tant de lieux communs sur cette question! Je serais plutôt portée à penser qu’on naît homosexuel et qu’il n’y a donc rien à y faire.Et quand on essaie de trop en faire, ça tourne toujours mal.Rappelez-vous le conseil des confesseurs d’autrefois: mariez-vous, mon fils, disaient-ils.Et alors, ça se passait plutôt mal, merci.» Le jeune Philippe est un garçon bien sous tous rapports: poli, délicat sensible.On espère qu’il existe de très nombreux garçons comme lui — tous goûts sexuels confondus! Claire Martin pouffe de rire: «Je vous avoue que je n’en ai pas Claire Martin L'amour impuni Un roman sur la naissance d’un amour tout neuf connu!» Mais pourquoi se priver du plaisir d’en inventer un?Cet amour naissant, le narrateur ressent le besoin de l’écrire dans un carnet, comme pour lui donner une vérité supplémentaire.«[.] et une sorte de longévité, si je puis dire.Une fois que c’est écrit, on peut le relire n’importe quand.Et se le remémorer.» Quant au jeune homme, il ressemble à certains autres, croisés dans les livres précédents de Claire Martin et dont elle disait ceci en 1984: «Je m'aperçois que ceux de mes personnages qui sont encore jeunes tendent déjà vers l’amour apaisé.Ils ne mélangent pas l'aventure avec le durable.» «Je n'y avais pas pensé à propos de Philippe, mais ce doit être assez naturel chez moi.Je pense qu’un amour survit s’il va tranquillement vers l’apaisement.On ne vit pas vieux dans la tourmente de la passion continuelle: c’est, étymologiquement, la consomption.» Une certaine distance Le temps aidant, les rapports de Claire Martin avec un certain milieu littéraire québécois se sont-ils apaisés.eux?Quand on lui demande ce qu’elle pense de la littérature actuelle d’jci, elle se rembrunit.«Ecoutez, je n 'aime pas porter de jugements.J’avais perdu le contact pendant mon séjour en France.Et puis se faire des amis de lecture, cela prend du temps et une certaine fidélité.Cette rupture complète pendant de nombreuses années, je ne m’en suis pas encore remise.Je lis peu de jeunes écrivains et n'en ai pas trouvé qui me correspondent.Il y a un écrivain que je me suis mise à aimer récemment: c’est Jorge Semprun.C’est, si vous voulez, un écrivain de mon temps, qui a connu les séquelles de 1914, la guerre de 1939 et ses abominations, la guerre d’Algérie.Semprun a fait la guerre d'Espagne, connu les camps: il était prédestiné à passer au travers.J'admire cette force, cette santé.» Ces qualités, on les devine chez Claire Martin et chez certains de ses personnages: un appétit de vivre, une capacité de résister aux assauts de la vie.«Et d’en rire! Je me suis rendu compte assez jeune que les tyrans étaient ridicules.Quand un homme en colère dit des sottises, même un jeune enfant va se rendre compte qu’il déraille.Je pense aussi à certaines bonnes sœurs que j’ai entendues dire des sottises plus grosses qu’elles.C’est une facette de mon caractère.Même pour les choses qui me font très mal, je me dis que ce n’est pas ça, la vraie vie, que ça va passer et qu'après, il va y avoir mieux.Mais il faut savoir attendre, avoir la patience de trouver le contraire de ce qu’on a eu.» On rendra un hommage double à Claire Martin pour l’ensemble de son œuvre, le 12 avril prochain, lors de la première journée du Salon du livre de Québec: l'hommage viendra de l’Académie des lettres du Québec, puis du ministère de la Culture et des Communications et de la SO-DEC.Mais le seul hommage qui compte viendra sans doute de ses lecteurs, fidèles.L’AMOUR IMPUNI Claire Martin L'Instant même Québec.2000,146 pages LANCEMENTS 1TNIAN I DE l AltBf Simone Bussières L'enfant de l'aube 160 pages — 12,50 $ Le jeudi 13 avril 2000 De 19 h 30 à 21 h 30 GUÉRIN ( Le groupe Ollérill vous attend au Salon du livre aux kiosques nos 218-219-220 Contes de Jos Violon Éditions préparées, présentées et annotées par Aurèlien Boivin Maria Chapdelaine 272 pages — 7,95 $ Récits sportifs 416 pages — 12,95 $ Contes de Jos Violon lé&ÿdges ~ 8,35 $ Le vendredi 14 avril 2000 De 17 h à 19 h GUÉRIN DICTIONNAIRE QUÉBÉCOIS FRANÇAIS Lionel Mency Dictionnaire québécois français 1920 pages — 60 $ Le samedi 15 avril 2000 De 17 hà 19h GUÉRIN Pierre Vachon Emma Albani Collection biographique CÉLÉBRITÉS Mireille Barrière Calixa Lavallée Collection biographique CÉLÉBRITÉS Le jeudi 13 avril 2000 De 19 h à 21 h —- L1DEC Carmen Dallaire Les chambres sans fenêtres Le vendredi 14 avril 2000 De 16 h à 18 h — MAGBEC Aurèlien Boivin rencontre le public Maria Chapdelaine Récits sportifs Contes de Jos Violon Le vendredi 14 avril 2000 À 19 h 15 —GUÉRIN SIGNATURES Cornelius G.Bulik Dr Réjean Daigneault Encore jeune à 100 ans Le samedi 15 avril 2000 De 13 h 30 à 15 h 30 —GUÉRIN Reynald Lehouillier Louer ou acheter une auto?Le samedi 15 avril 2000 De 16 h 30 à 18 h 30 —GUÉRIN Lionel Meney Dictionnaire québécois français Le samedi 15 avril 2000 À 19 h 15 —GUÉRIN SIEGE SOCIAL 4501, RUE DROLET.MONTREAL (QUEBEC) H 2 T 2G2 CANADA TELEPHONE: (514) 842-3481 — TÉLÉCOPIEUR: (514) 842-4923 4 II I I l> K V 1> I R .I E S S A M K I) I 8 E T D I M A N < Il K II A V R I L 2 0 » II I) Livres -> ROMAN QUÉBÉCOIS BORDERLINE Marie-Sissi Labrèche Boreal Montreal, 2000,162 pages ET LES MOUETTES TOURNOIENT OBSTINÉMENT AU-DESSUS DE NOS TÊTES Mario Cyr Les Intouchables Montréal.2000,120 pages Ils ont été nombreux, dans notre littérature, les personnages de femmes fortes entourées de fils et de maris falots.Ce furent d’abord des saintes, auréolées de courage et d'abnégation.Puis, chez Anne Hébert, chez Marie-Claire Blais, chez Michel Tremblay notamment, elles ont acquis quelques défauts bien humains: elles sont devenues émouvantes.Marie-Sissi Labrèche a-t-elle connu la grand-mère de son roman — on dit qu’il s'y trouve des éléments autobiographiques — ou l’a-t-elle inventée?Celle-ci, en tous cas, est de la même lignée que la Catherine du Torrent et l’Antoinette à'U ne saison dans la vie d'Emmanuel.Bâtie ^ „ u , comme elles pour durer un ' siècle, elle se venge de son * passé de femme humiliée et de mère endeuillée en rendant folles les femmes des générations qui la suivent.Elle est le chef d’une famille qui n’en est pas tout à fait une, d’une maisonnée sans hommes, où elle règne sans partage sur sa fille et sa petite-fille, la narratrice du récit Le père n’a jamais été là — la fillette l’a aperçu une seule fois dans la rue —, la mère est une morte-vivante qui sera déclarée folle puis internée.Reste donc, pour s’occuper de l’enfant, une grand-mère, bien contente d’étre veuve, qui aurait perdu jadis deux enfants en bas âge.La vieille dame ne sait dire que des «niaiseries» mais qui s’impriment à jamais dans les mémoires: le monde est mauvais, il faut donc avoir peur de tout et de tous, et surtout se tenir loin des hommes, ces porcs irrespon- Miroirs brisés Une dérive qui mêle naïveté, rage et cynisme vE sablPîs nui vpnlpnt tmic la mpm*» _ » ¦ LITTÉRATURE FRANÇAISE Une enfance sous le régime communiste sables qui veulent tous la même chose sale des femmes.Cette condamnation de la vie, ce double virus de la peur et de la honte de soi déclaré dans le prologue du roman.elle réussit à l’inoculer à sa petite-fille qui va passer toute sa jeunesse à tenter de s’en guérir.L’image de soi Borderline devient alors l’histoire en pièces détachées de la dérive de cette jeune femme, dans un milieu populaire de Montréal.Elle est belle, douée, intelligente.Elle est hyperactive et son imagination est un peu vive.Connue elle n’a pas été aimée, elle se hait.Son image de soi, sordide, honteuse, lui a été dessinée très tôt par son entourage.Sa grand-mère la couvre d’insultes et de reproches.Ses camarades se moquent de ses nom et prénom — qui sont ceux-là mêmes de la romancière.Sissi raconte cela et d’autres épisodes de son enfance, de même que sa vie actuelle de jeune fennne de 23 ans.Elle s’est jetée tôt dans les bras de tous les hommes qu’elle rencontrait sans trop savoir pourquoi.L’alcool aidant, elle essaie d’ètre leur Cen-drillon, jusqu’à ce que le dè goût l’emporte et qu’elle les quitte avec des envies de mutilations qui lui tour-ert noient dans la tète.rand hya pourtant longtemps # qu’eUe a cessé de croire au prince charmant.Sissi serait plutôt une Alice aux pays des horreurs qui rêve de briser les miroirs au lieu de les traverser, de défigurer sa propre image avant de la refaire.Le début de Borderline est d’une lecture assez rébarbative.S’agissait-il de répercuter sur son vocabulaire la pauvreté du milieu de Sissi.ainsi que la monotonie de son existence, ou de suggérer quelle souffre de ce complexe de répétition qu’on appelle la palilalie?Duc fois, vingt fois, elle s’accroche a un mot ou une expression et le répète de proche en proche: «Le silence.Le silence comme d'habitude.Le silence comme chez moi.Le silence comme celui de ma mère.» Quel que soit l’effet recherché, le lecteur, lui, verra là un tic, agaçant à la lecture.Il se mettra même à guetter la prochaine répétition — qui ne tarde- en toute COMPLICITÉ des libraires qui lisent, écoutent, conseillent! eh oui, ça existe encore.PANTOUTE Librairie indépendante agréée 1100, rue Saint-Jean, Québec (Qc) GIR 1S5 Tél.: (418) 694-S748 Téléc.: (418) 694-0209 librairie@librairiepantoute.qc.ca visitez notre librairie agrandie et bouquinez sur notre site Web www.librairiepantoute.qcxa LES EFFETS an ’ m martin gagnon Un roman noir étonnant, outrancier, imprévisible qui secoue nos bonnes consciences, questionne nos libertés individuelles et critique le psychologisme à la mode.Marik-Sissi Labrèche BORDERLINE ra pas.Heureusement, ces «épisodes» s’espacent à partir du milieu du livre.Quant au ton, c’est celui d’une voix intérieure troublée qui mêle assez efficacement sacres et mots enfantins, où se conjuguent la naïveté, la rage et le cynisme de Sissi.C’est ainsi quelle arrive à crier son mal en se permettant à l’occasion de se moquer d’elle-mème.Il y a dans ce roman un double réseau de références: celui de Sissi, où dominent les titres d’émissions de télé et de chansons populaires: et celui, plus intertextuel, de la romancière, des citations en épigraphe de Réjean Ducharme, de Marguerite Duras, de Howard Buteau.où il est question de l’enfance blessée.Sissi souffrirait ainsi d’un trouble de la personnalité qui se manifeste notamment par la peur du rejet, l’instabilité d’humeur, l’impulsivité.Un cas clinique, donc.Et, pour les lecteurs, un personnage cohérent à travers son désordre.Une histoire d’horreur Je n’ai pas lu le premier roman de Mario Cyr, L’éternité est-elle un long rêve cochon?(De Mortagne, 1997), dont le titre est aussi accrocheur — ou racoleur — que la couverture de celui-ci.Mais ce slip féminin soigneusement épinglé fait un peu coquin et n’a donc rien à voir avec l’his- toire d’horreur que raconte Et les mouettes.Cyr fait parler une jeune fille un peu plus jeune que celle de Borderline et qui a connu pire.Violée par son oncle puis par son père — on pratique le droit de cuissage dans la famille —, elle est ensuite forcée par ses parents de se prostituer.Le sordide triomphe dans Et les mouettes.Jour et soir, pendant que les parents regardent la télé — chacun a ses émissions préférées et donc son propre téléviseur —, l’enfant assure la subsistance de la famille.Entre deux clients, elle s'évade dans la lecture.Puis, elle réussit à s'évader vraiment.Enfin libre et seule, elle sillonne la ville qu'elle va trouver aussi sinistre, en tous points semblable à ce qu’elle en a vu à la télé.On voit bien les intentions louables de Mario Cyr qui a voulu montrer la réalité des enfants exploites — la jeune narratrice fera d’ailleurs allusion à ceux de certains pays du Tiers-Monde.Mais il prête à sa jeune héroïne une façon de voir les choses et d'en parler qui ne semble pas être de son propre chef.Celle-ci n'est pas sotte et peut avoir des idées, voire un idéal.Et passe encore que la ville lui apparaisse comme une vaste fourmilière où l'on s'agite sans autre but que de faire de l'argent, où les honunes sont tous des obsédés sexuels.Devrait-elle pour autant être d’humeur à chercher la «vérité» de la ville ou celle, autrement vertigineuse, qui lui dévoilerait le sens de la vie et de la mort?Dévot-lons-en un: selon une vieille dame à l'agonie, la mort est «une longue insomnie qui vous arrache au sommeil de la vie».Pourquoi pas.Parmi cette hauteur de vues et une certaine propension a l’abstraction, la jeune femme, qui a aussi des sentiments et des désirs, va connaître l'amour et, avec lui, la joie.Le bonheur, cette illusion, se dérobera toujours.Une escapade, même brève, avec un bel amant borgne, ce n'est pas si mal quand on a eu une enfance aussi affreuse que la sienne.Cette jeune fille est décidément attachante quand son petit univers n’est pas envahi par des considérations mè taphysiques ou sociologiques.rchartrandUS videotron, ca ® U - • « o t ss T| reHiique El leliic CSStll I trio éditeur 24,95 S Un regard critique, solidement documenté, sur la procréation médicalement assistée, la génétique, l’expérimentation sur des sujets humains, l’euthanasie et le suicide assisté.J~”j vlb éditeur v\ vv vv.cJv tb.vont lJn pciAMon de la litteuitivie TOUS LES JOURS Eva Almassy Gallimard Paris, 1999,258 pages NAlM KATTAN Ce roman est dédié à la mémoire.Née en Hongrie après la Deuxieme Guerre mondiale, Eva Almassy évoque l’histoire de deux soeurs, Ida et Lidia, dans la Republique dite démocratique.Les deux jeunes filles sont inseparables, davantage en raison de leurs différences que de leurs ressemblances, et incarnent les deux faces d'une même réalité, dure, au seuil de l'insoutenable.L'auteure adopte un ton qui se veut espiègle par ses mots d'esprit, mais on comprend rapidement qu'il s'agit là d’une volonté de repousser une réalité insupportable et de se ménager, par le rêve et l’humour, un espace de survie.L’avenir des deux sœurs est on ne peut plus incertain.lœs conditions sociales, économiques et, surtout, politiques bloquent toutes les issues.Ida et Lidia font des études, se resignent à des petits emplois, vivent à l’étroit avec des garçons qui sont presents davantage par commodité qu'à titre de compa-gions de vie.L’amour n'est même pas un rêve, à peine une chanson.Le récit s’ouvre sur la mort du père.Pour rompre avec le passe, les deux jeunes filles décident de brûler tous les papiers de cet homme, car «personne ne saura jamais ce qui avait brûlé dans le/eu ».N iais elles comprennent que le passe rattrape toujours les vivants, empruntant des détours inattendus.Ida et Lidia ont une sœur ainée, Gabi, née avant que leur père ne soit appelé par l’armée hongroise sur le front russe, pour se battre aux côtés des Allemands.Mariée à un Américain.Gabi vit aux États-Unis et attend un bébé.Dès lors.l'Amérique n’apparaît plus aux jeunes sœurs comme une terre lointaine.L’une d'elles tente sa chance, demande un passeport qui lui est refusé.Ainsi, cette Amérique pourtant proche demeure inaccessible.Les deux filles sont acculées à un présent stagnant, étouffant, et ne parviennent pas à se libérer diji passé de leurs piments car, en plus de sa dureté, ce passé n’a rien de hé^ roïque, puisque leur père fut contraint de participer à la guerre dans le mauvais camp.Un Américain, ami de Gabi, en visite à Budapest, remet aux jeuneà sœurs un carnet, journal de leurs parents écrit pendant la guerre.Le& deux jeunes gens frétaient mariés que depuis trois semaines, quand le mari fut envoyé au front.L'auteure précisé qu’un tel journal fut réellement tenu par ses parents.Le père fait état de l'horreur d'un combat qu’il n'a pas choisi et la mère se plaint de ne paà avoir de ses nouvelles, de ne pas sa1 voir s’il est encore en vie.Tous deux disent leur grand amour et on comprend qu'Almassy ait envie de publier ce document ne de leur amour.Dans Tous les jours, le quotidien ne s'intégre à la conscience que par le ne-cours à un passé autre et à un avenir projeté dans un ailleurs, une Amérique mythique.Le temps est rompt) et l’auteure n’évoque le présent qu’en prenant ses distances avec la chronologie.lœ passé est sombre, le présent difficile et l'avenir incertain.Reste la volonté de dire «tous les jours» dans une liberté, une vivacité qui font un contrepoids à l'absence, à la mort qui rôde.Chacun des jours qui passent devient alors une affirmation forcenée de la vie.CHRISTIANE FRENETTE Ecrit dans une langue tnagnifique, tendu d'un mystère qui ne se résoudra qu'aux dernières lignes, ce deuxième roman de Christiane Freuette est une expérience aussi troublante qu'inoubliable.Marie-Claude Fortin, Voir Christiane Frenette I v A NU’* FSTifPf ï* LA NUIT ENTIERE Roman, 192 pages • 20,9', $ Boréal Oui m'aime me /i. «ftertbixMKioa *•*¥ rAisocuï*» E V (MK.L E S S A M E I) Livres *» LE FEUILLETON Les secrets de famille.LE PASSÉ DÉCOMPOSÉ Hugo Claus Traduit du néerlandais par Alain van Crugten Le Seuil Paris, 2000,170 pages Il y a en ce monde beaucoup de nations déchirées et qui en souffrent.Certaines parce qu’elles ont fait couler le sang parmi les leurs Cors d’une guerre civile), d’autres parce qu elles ont tout simplement la conscience malheureuse, traînant un passé qui leur fait honte, une lourdeur qui les accable, mais sans bien comprendre d’où elle leur vient et pourquoi elle s’acharne sur elles.La Belgique est de celles-là, et il faudrait sans doute remonter loin le cours de son histoire pour en comprendre les tragiques mécanismes.Dernièrement, la désormais célèbre affaire du pédophile Marc Dutroux a précipité tout ce que la Belgique pouvait avoir de mauvaise conscience, mais aussi de désir de changement, de transparence.A cause de cette saga impossible et écoeurante de mauvaise foi, elle a eu un sursaut d’indignation, comprenant tout à coup qu’il n’était plus possible de fermer les yeux, de se taire, d’oublier, de passer outre.Quelque chose était pourri dans le royaume, et il * fallait en avoir le cœur net (quelle belle expression que celle-là, qui consiste à assainir le cœur, à le débarrasser de ce qui le recouvre, l’empêche d’y voir clair, de respirer, d’aimer.si loin de cette autre: avoir la conscience tranquille.).Beaucoup de Belges ne sont pas tendres envers leur pays, son histoire, son peuple.Et certainement Hugo Claus est-il l’un de ceux-là, bien qu’il ait toujours fait preuve de tolérance, cherchant à com- Jeati-Pierre Denis Hugo Claus SOURCE LE SEUIL prendre ce qui pouvait bien armer les regards de ses compatriotes, lier leur langue, assombrir leur conscience.Armer la littérature pour mieux désarmer les cœurs?.La Belgique en procès Né à Bruges en 1929, Hugo Claus (de nombreuses fois proposé pour le Nobel) est considéré par beaucoup comme le, grand écrivain belge de son temps.Egalement peintre à ses heures (il fit partie du groupe Cobra avec Appel et Alechinsky), une vingtaine de ses livres ont été à ce jour publiés en français, dont Le Chagrin des Belges et Honte (1987), L’Empereur noir (1993) et La Rumeur (1997).Bien qu’il ait fui (?) son pays pour se réfugier en Provence, il n’a cependant jamais cessé d’en parler, de le creuser, d en être obsédé.«De quoi parler ce soir?Et parler / dans un pays que nous reconnaissons, tolérons, / jamais n 'oublions./ Un pays à la genèse singulière, [.] / aux habitants avides jusqu ’à leur dernière chute / entre les choux-fleurs./ Ils continuent à se multiplier / dans le paradis qu 'ils inventent, / amateurs de bonheur, / tremblants, la bouillie à la bouche./ [.] / Parler des écrits de ce pays, / imprimés perfides pleins / de points d’interrogation sur le papier patient / qui ne , » cesse de s’effrayer de son histoire/et fuit derrière le voile d’une sténographie./ Parler des tentures bariolées / que l’on referme sur soi-même /mais nous continuons à les entendre, les primates / puants qui se harcèlent dans des chambres [.].» Son dernier roman.Le Passé décomposé, se présente, du moins en apparence, comme un sombre et scabreux roman policier qui concerne des affaires de meurtres sexuels (Dutroux n’est pas loin.).Un commissaire à la retraite, avare en mots, interroge un suspect qui, lui, ne tarit pas de confidences.Quasi débile depuis qu’enfant il a fait une chute à vélo avec sa mère, ce quadragénaire est impliqué dans une série de meurtres sordides dont il fait reposer la faute sur ceux qu’il appelle les «instruits», notamment ses collègues de travail à la librairie Félix, Vanneste et Deperkel.Bien qu’il affirme au commissaire n’avoir pas la mémoire de ce qu’il lit, ne retenant que des mots, des séries de mots, surtout lorsqu’ils commencent par la même lettre («Fo« furieux.Tristes tropiques.Affliction affichée.»), il a en fait une mémoire phénoménale qui lui permet de (re)lire dans sa tête, et avec une extrême précision, ce qu’il a eu sous les yeux.Invente-t-il?Fabule-t-il?Nous sommes ici dans le domaine de l’affabulation d’un fou, d'un délire riche et complexe.Impossible, donc, de savoir s’il dit vrai.Pourtant, nous le sui- Texte de Louis Aragon Lecture par .Jean-Louis Trintignant Musique composée et interprétée par Daniel Mille Mise en scène de Antoine Bourseiller 'aise des adiem H'-I.OULS TRINTIGNAN I Les 17, 18, 19 et 20 mai au Lion d'Or (Montréal) Réseau Admission : (514) 790-1245 Les 23 et 24 mai au Théâtre Petit Champlain (Québec) Billets : (418) 692-2631 s TJNEQ LE DEVOIR Rfri'iiiJQtii rtANÇMir Télé-Québec '.lONp’.OR MÊMES PROBLÈMES LA SOLIDARITÉ (514)257-8711 1-888-234-8533 www.devp.org ter**™ • Claus vons une bonne partie du roman sur les pistes qu’il sème, détournant l’attention du commissaire (et la nôtre) vers ces criminels que seraient Deperkel et Vanneste — des violeurs et tueurs d’enfants.Mais le sont-ils vraiment, l’ont-ils jamais été?N’est-ce pas là le délire d’un parano qui projette sur autrui les désirs qu’il enfouit en lui-même?Et ce frère, René, qui serait parti un jour pour l’Afrique comme mercenaire (il faut se rappeler le passé colonial de la Belgique), existe-t-il vraiment?Et représente-t-il le double «mauvais» de notre narrateur, Noël?«]'ai pensé: Maintenant, je suis aussi fou et cruel que mon frère.Mais lui il savait qu’il était comme ça, tandis que moi j’ai trimballé ça pendant des années sans réaliser que je traînais toute cette saloperie dans mon cerveau fêlé et dans mon corps malade, tout ça sous un vieux manteau trompeur de bonté et de gentillesse.» On le voit, rien n’est simple dans ce roman.Surtout pas l’esprit de celui qui nous raconte cette histoire où les femmes, cédant à son charme d’homme bonasse et sans malice, n’en comptent pas moins sur lui pour les venger de la manière la plus cruelle des hommes qui les ont meurtries.Aussi se met-il à assassiner (d’abord le notaire, puis Deperkel, sans oublier sa propre femme, Alice, qui le trompait allègrement) par amour pour Judith, la fille d’une prostituée d’origine nord-africaine que les gens «instruits» (des notables, dont un sénateur) ont retournée dans son pays.Malheureusement pour elle, en pays musulman la loi ne fait pas de cadeau aux prostituées.et l’envoyer là-bas, c’est signer son arrêt de mort, en toute connaissance de cause.L’auraient-ils fait parce que l’un d’eux était le père de Judith?Ou bien serait-ce Noël lui-même qui en serait le père?.Autant de mystères dont nous ne connaîtrons jamais le fin mot.L’intelligence des fous C’est un roman très habile, mais qui ne cherche pas à l’être; un roman écrit plutôt simplement, mais pour raconter une histoire compliquée et lourde de sous-entendus; bref, un récit qui n'a l'air de rien mais qui vous bouleverse sans que vous y preniez garde.Et ses résonances dans l’histoire récente de la Belgique le rendent encore plus impitoyable.Une œuvre noire, un peu désespérante, cynique et grinçante, mais certainement salutaire.Pour reprendre Montaigne, les sages n'ont-ils pas «plus à apprendre des fols que les fols des sages»?denisjpfijmlink.net ÉfSllc MARIE-SISSI LABRÈCHE Un roman de l 'enfance, non pas ienfance bénie, mais celle qui crée des monstres.BORDERLINF • BORDERLINE Roman, 162 pages • 19,91-, S Boréal Om /// (Unie me H,*e www.pditionsborpal.qc.ca et des novjve&üT^ w « & & w « w MCQUiSCODMUt SALUT GALARNEAU! * LE TEMPS DES GALARNEAU ACQl'ES GRAND'MAISON Quanu le jugement tout le camp I Jacques Godbout dans la collection du Nénuphar SALUT GALARNEAU ! suivi de LE TEMPS DES GALARNEAU « Lire d’affilée, sans reprendre son souffle, Salut Galarneau et Le temps des Galarneau, c’est prendre plaisir à une des proses les plus allantes, les plus inventives, les plus habiles qui se soient produites au Québec.» Extrait de la préface de Gilles Marcotte Jacques Grand’Maison QUAND LE JUGEMENT FOUT LE CAMP Essai sur la déculturation Un cri d’alarme et un appel percutant au sens de la mesure par l’un des observateurs les plus attentifs de la société québécoise.« La critique sociale qu’on peut y R lire contient une invitation à rebâ-I tir l’espoir que les vivants géné-’ reux n’ont pas le droit de refuser.» 248 pages • 24,95 $ Louis Cornellier, Le Devoir Marie-Andrée Michaud LAVOIE DU CŒUR Entretiens avec Antonine Maillet, Andrée Ruffo, Jean Vanier, Yehudi Menuhin et plusieurs autres.Intimes, chaleureuses et profondément originales, ces entrevues explorent le cheminement intérieur et spirituel de différentes personnalités vivant au Québec ou ailleurs dans le monde.Coédition Fides/Chaîne culturelle de Radio-Canada 228 pages • 24,95 $ Philippe Séguin LA MONDIALISATION SONNE-T-ELLE LE GLAS DU POLITIQUE ?Observateur avisé de la relation franco-québécoise, Philippe Séguin livre ses réflexions sur deux concepts radicalement différents : la mondialisation et la globalisation.L’enjeu est clair : y a-t-il encore place pour la volonté populaire ?J w, , ^ i Wm L ^ Phthppe Séguin l a monthahution sonne t-cllc le glas du politjqur ' Coédition Chaire Téléglobe Raoul Dandurand/Fides Coll.Les grandes conférences 48 pages • 5,95 $ Louis J anda VOTRE AUTOÉVALUATION PSYCHOLOGIQUE 25 tests sur l’amour, la sexualité, l’intelligence, le travail et la personnalité Basés sur des années de recherche scientifique et conçus par des psychologues, les mordus de tests psychologiques trouveront dans les résultats de chaque test, une juste appréciation de leur personnalité et une marche à suivre dans la recherche du mieux-être.Votre, autoévaluation psychologique A fi+ml ar m fmmmti'U % 272 pages • 16.95 $ Salon du livre de Québec - Stand 15 Des livres pour tou' i I.E I) E V 0 Ml , L E S S A M EDI 8 E T I) I M A N < Il E 9 A V HIE 2 0 0 0 Livres ESSAIS QUÉBÉCOIS De beaux moineaux médiatiques À L’ESSENTIEL Des voies multiples LES OISEAUX DE MALHEUR ESSAI SUR LES MÉDIAS D’AUJOURD’HUI André Pratte VLB éditeur, collection «Partis pris actuels» Montréal, 2000,256 pages Je vous préviens d’emblée tout en vous soumettant à la tentation: les grands consommateurs d’information, les amateurs de tribunes téléphoniques et les comparatistes improvisés qui ne ratent rien et se font un devoir d’évaluer les mérites respectifs des divers médias québécois raffoleront de ce jeu de massacre dans lequel le pamphlétaire identifie ses victimes, qui sont des coupables, avant de les exécuter.Catalogue rythmé et très accessible des travers de la presse québécoise et de ceux qui la font, Les Oiseaux de malheur du journaliste André Pratte (un ancien de CKAC qui travaille à La Presse depuis 1986) repose sur un postulat idéaliste qui justifie sa charge: l’information ne doit pas être d'abord considérée comme un libre marché sur lequel chacun est libre de produire et de consommer à sa guise, mais comme un service public qui engage une responsabilité civique.Ceux qui la dégradent en s’adonnant ou en cautionnant «le sensationnalisme, le cynisme et la futilité» méritent les pierres qu’on leur lance.Filant la métaphore ornithologique qui lui permet d’illustrer par des figures d’oiseaux les errements de sa confrérie, Pratte s’en prend d’abord aux «corneilles» qui polluent les ondes radiophoniques, à ces «gueulards» qui jouent aux experts-commentateurs mais qui ne sont, en fait, que des «opinio mieux» de bas étage.S’il épargne en partie un Paul Arcand à qui il reconnaît certaines qualités, le journaliste en colère ne ménage pas les autres petits rois de la bande AM.Appréciez le tableau: à Cournoyer et Lapierre reviennent les titres d’amuseurs publics superficiels et de colporteurs de préjugés; à l’abominable Gilles Prouk, celui de bouffon démagogique et mesquin, spécialisé dans les cibles faciles; à André Arthur, celui de communicateur de talent recyclé dans l’enquête poubelle et le commentaire insidieux.Au développement du potentiel pédagogique Louis Cor nellier «Un bon polar Intelligent avec de l'humour, sans violence excessive.Ca existe?- L'affaire Raphaël de l'auteur lain Pears, aux éditions Belfond.Suspense enlevant et brillant.Vous ne le regretterez pas!» en toute COMPLICITÉ et démocratique des tribunes téléphoniques, ces pirates des ondes (et leurs patrons) ont préféré le bruit insignifiant: «Le pouvoir des cris a enterré celui des mots.» Ils reçoivent ici le traitement approprié.Le journalisme noble, d’enquête, écrit Pratte, est celui que pratiquent «les aigles» du métier: «Ils prennent des risques, s'acharnent, ne reculent devant rien, et leurs reportages font bouger les choses.» La tradition américaine présente de beaux spécimens de cette race d’aventuriers que guette cependant un danger: celui de la dérive idéologique, qui entraîne la mise au rancart du principe des «deux côtés de la médaille».Les aigles, alors, se transforment en vautours et le spectacle qui en résulte ternit le projet journalistique.L’exemple d’une émission comme J.E., prêle à tout pour débusquer de présumés fraudeurs de la petite semaine et pour qui la distinction entre suspect et coupable semble avoir peu d’importance, illustre assez bien la tendance des médias à s’ériger en tribunal populaire.Les cas Ro-zon, Roux, le traitement réservé à certaines tragédies aériennes (le pilote a perdu du temps, était un terroriste qui voulait se tuer, etc.) ou au système de santé (le leitmotiv des urgences bondées) permettent à Pratte de dénoncer «la spéculation ignorante» qui tient trop souvent lieu d’information.Oublier les faits Plus encore, les médias, selon l’essayiste, seraient «schizophrènes».Chercheurs de bêtes noires ici, ils deviennent soudainement encenseurs débridés là.On applaudit Céline Dion en conférence de presse, on se fait promoteur excité des activités entourant Maurice Richard, on s’extasie sans partage devant Julie Payette («Par exemple, on a beaucoup dit qu’elle s’exprimait bien.Combien ont osé faire remarquer qu'elle ne disait rien [.]?»), on élève Pascal Hudon (qui?) au rang de vedette, on encense les morts sans nuance (récemment, saint Bourassa et saint Drapeau), bref, on file parfois bien doux.«Pourtant, tonne Pratte, l’information, c’est rapporter des faits, c’est éduquer.Ce n’est ni démolir ni idolâtrer.» Ni se donner en spectacle.Or des émissions du genre La fin du monde est à sept heures.Catastrophes et Black-out, peut-être divertissantes encore que très vulgaires dans les deux derniers cas, en entretenant une confusion entre l’information et le divertissement afin de faire concurrence aux émissions journalistiques sérieuses, entraînent des effets pervers.Ainsi, le critère de l’intérêt suscité par le contenu déclasse maintenant celui de l’importance de ce contenu.On applique «la grille d’analyse du showbiz» à des émissions qui devraient pourtant s’inspirer de principes tout à fait autres.A ce titre, les chaînes d’information continue n’échappent pas à l’accusation.elles qui pratiquent une dramatisation abusive d’événements souvent insignifiants fia mort de John Kennedy fils) pour attirer le public.D’entrevues faussement exclusives en primeurs factices, on joue le jeu de la pro- ANDRÉ PKATTB Les oiseaux de malheur Lsshi sur lus imkiias cl Huiuiirti liui motion au mépris du «devoir de vérité».Les «paons» remplacent les reporters.Comment, dans ces circonstances, faire de la place à une information internationale peu attirante au premier abord?Sans s’illusionner, Pratte refuse la démission en ce domaine et rappelle une évidence: «Il n’existe plus vraiment de nouvelles étrangères; s’il est vrai que les différents pays du monde sont de plus en plus interdépendants, tout ce qui s’y passe est susceptible de nous affecter.» Cette information coûte cher et les médias n’ont pas vraiment les moyens d’entretenir des correspondants permanents à l’étranger, mais une couverture, même à partir d’ici ou encore avec des pigistes (comme Christian Rioux à Paris ou Richard Hétu à New York), plus constante et plus pédagogique, serait un pas à faire dans la bonne direction.Quant aux faits divers, équivalent journalistique du fast-food, ils mériteraient un traitement un peu plus modéré que celui qu’on leur consacre à l’heure actuelle.Transformer les motards en vedettes en les désignant par leur surnom, entretenir l’obsession de la violence civile en gonflant les affaires criminelles, insister sur les affaires de suicide au risque de susciter un mimétisme irréparable, cela ne s’appelle pas informer mais titiller.Enfin, pour être complète, la charge ne pouvait laisser de côté les hors-d’œuvre de l’univers médiatique.Aussi, dans une envolée qui en fera sûrement rager quelques-uns, Pratte remet l’information sportive à sa place en affirmant que «le sport n 'a rien à faire dans les nouvelles» générales parce qu’««» événement sportif n’est un événement qu’à l’intérieur du sport» et il intime ensuite aux journalistes spor- tifs de cesser «de jouer les meneuses de claque».L’occasion aurait été bonne, me semble-t-il, de leur conseiller une petite consultation auprès du collègue Jean Dion.Plus loin, il ridiculise à juste titre les paniques météorologiques entretenues par les médias de même que leur penchant débilitant pour les sondages (souvent bidon) et les vox pop.Si l’homme, à fire le portrait dévastateur qu’il trace, a l’air déchaîné, la finale de son essai fait la preuve que ce n’est pas tout à fait le cas.Prêt à reconnaître «que les dérapages que nous reprochons aux médias d’aujourd’hui ne datent pas d’hier» et qu’ils «étaient présents dans les années 1950 et même des siècles auparavant», Pratte refuse néanmoins la résignation.Ecartant une impossible révolution dans le contexte de concurrence actuel, qu’il assume, il prône plutôt une réforme qui remettrait le souci de l’information au premier plan, sans pour autant rejeter l’injonction faite aux journalistes d’être captivants.Enseigner, ralentir, reculer (jusqu’aux causes et au contexte), aller à contre-courant si nécessaire, jumeler l’obstination à la modération, voilà les devoirs qui s’imposent aujourd’hui à un journalisme plein de ressources, tant matérielles qu’humaines.Il se feit déjà, en journalisme québécois, beaucoup de bonnes choses.Il reste à les généraliser.Les plus radicaux trouveront peut-être nàif ce plaidoyer volontariste qui place son espoir dans un sursaut des consciences individuelles et professionnelles; cependant, pour l’heure et sur le plancher des vaches, la critique mérite d’être entendue.S’il n’a pas l’éclat du révolutionnaire partisan du grand coup, le réformiste possède cependant la crédibilité du praticien engagé mais insatisfait.En attendant le paradis, les moralistes sont nécessaires.Pratte en est un.louiscornellier@parroinfo.net SOURCE CANAI.D Pour André Pratte, Gilles Proulx est l’exemple même du bouffon démagogique et mesquin, spécialisé dans les cibles faciles.HENRI NOUWEN SA VIE ET SA SPIRITUALITÉ , Juijen Beumer Éditions Bellarmin Montréal, 1999,224 pages Henri Nouwen, prêtre d’origine hollandaise et prolifique auteur d’ouvrages de spiritualité catholique, est mort prématurément en 1996.Animée par une théologie romantique plaçant la vie intérieure en son centre, son œuvre reste déchirée entre la tentation contemplative et l’appel du monde, entre la prière et l’engagement.Professeur à Yale et à Harvard, il fit ensuite un détour par l’Amérique latine avant de s’engager à fond dans l’expérience de l’Arche de Jean Vanier.«Auteur de spiritualité chrétienne le plus lu dans le monde anglophone», Henri Nouwen méritait ce beau livre honnête que lui consacre aujourd’hui son ami Jutjen Beumer.«Sa vie et sa spiritualité», dit le sous-titre de l’ouvrage.En fait, Beumer s’intéresse surtout à la seconde, étant entendu qu’elle contient, en concentré, le feu qui animait la première.«Recherche inquiète de Dieu», la pensée nouwennienne demeure perpétuellement en tension entre «la stérile théologie verbeuse» et \e «spiritualisme écervelé».Elle invite, sans prosélytisme, à un engagement chrétien exigeant mais sans dolorisme.Les plus belles pages de Nouwen — sur la solitude, la prière et la compassion — sont ici relues et analysées par un commentateur familier des moindres replis d’une œuvre pourtant considérable.Du travail bien fait, de l’exégèse exemplaire, sans contorsions.Les habitués savoureront cet approfondissement; les profanes y trouveront plusieurs bonnes raisons de remonter à la source.Indispensable Nouwen?Les chrétiens de gauche, partisans de la théologie de la libération, l’ont souvent critiqué en le rangeant dans la catégorie des auteurs de «livres pieux, in-offensijs, typiques des ouvrages américains qui n’offraient pas grand-chose pour améliorer la société».Beumer ne partage pas ce constat.Solidarité et intériorité, rétorque-t-il, ne s’excluent pas mais se renforcent.Choisir l’une contre l’autre ne peut qu’entraîner la dilution des deux.Prudent, trop prudent, Nouwen a tenu le politique (la critique des «péchés de structures» par exemple) à distance.Son œuvre reste néanmoins mobilisatrice à certains égards, mais plie se veut surtout réconfortante.À certaines heures, ce n’est pas rien.Louis Cornellier FEMME, J’ECRIS TON NOM Comité de féminisation CNRS-INaLF La Documentation française, Paris, 1999,124 pages Sujet controversé, sujet délicat ici comme en France, la féminisation de titres et de fonctions a nourri bien des discussions, voire des querelles.Aujourd’hui, les débats se sont apaisés même si, à l’occasion, on sent de la réticence.La féminisation des titres n’est pas encore acquise d’emblée: les progrès sont lents, soit, mais ils sont réels.En France, le Comité de féminisation du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et l’Institut national de la langue française (INaLF) viennent de publier un guide d’aide à la féminisation des noms de métiers, titres, grades et fonctions.On y trouve plus de 2000 entrées masculin/féminin qui devraient aider le lecteur à trouver et à former des termes féminins en un temps où les femmes ont accès à des nouvelles Théorie et littérature Dyane Léger Les Éditions Perce-Neige rime heurt Poesie Un essai éclairant qui requestionne le texte littéraire à partir d’une théorie de la critique génétique informée par l’apport de l’herméneutique.À n’en pas douter, un regard nouveau sur la question.A Vombn: de la Huératun N’jimtn Mkhaud «Dyane Léger transforme le visage de la réalité qui passe en un rêve qui reste.» Brian T.Fitch À l’ombre tur Regroupement des éditeurs fonctions et souhaitent voir se refléter dans la langue ces acquis.Comme le souligne les auteurs de ce guide Ce Comité de féminisation est composé de cinq femmes et d’un homme), vouloir féminiser les noms et les titres ne relève pas d’une mode ni du désir de quelques féministes ou de femmes politiques.Non seulement, comme le souligne la Commission générale de terminologie et de néologie, la féminisation «n’est pas interdite par la langue», mais elle est avant tout l’expression naturelle qui permet de rendre compte — puisque les mots existent pour dire les choses — d’une situation désormais irréversible.Rappelons que le Québec, dans ce domaine, a plusieurs longueurs d’avance sur la France puisque déjà, en 1986, l’Office de la langue française publiait Titres et fonction au féminin — un essai d’orientation de l’usage et, plus récemment, en 1991, Au Féminin.Renée Rowan L’ESPACE TOURISTIQUE Normand Cazelais, Roger Nadeau et Gérard Beaudet Presses de l’Université du Québec Sainte-Foy, 1999,288 pages Ce livre tente de cerner l’aménagement touristique au Québec.Dès la préface, le géographe Jean Décarie évoque la création des premiers arrondissements historiques à Percé et Québec de même que l’aménagement des premiers terrains de camping près de Montréal, pour l’Expo 67, à Oka et à Côte-Sainte-Catherine, ce qui fut mené conjointement avec l’achèvement de l’autoroute Métropolitaine et de l’autoroute des Laurentides.Normand Cazelais s’intéresse à la géographie de l’espace touristique.Pour ce faire, il étudie la terminologie géographique et les problèmes d’identité des diverses régions touristiques, à partir du cas du Vieux-Montréal, mais aussi de l’univers de Disney.Puis, il examine le tourisme à partir de différentes modalités: résidences secondaires, hôtellerie de séjour, navires de croisière et itinéraires pré-déterminés.Le chroniqueur touristique du Devoir termine sa contribution par une réflexion sur l’écotourisme et sur deux visions différentes des parcs nationaux: «À l’inverse des parcs nationaux d’Amérique du Nord, qui, dès leur création, évacuent les résidents de leurs limites, le Parc naturel de la Corse, comme celui de New Forest près de Southampton en Angleterre, a voulu faire revivre des activités traditionnelles telles que l’élevage et la transhumance, faire revenir les gens de leur village d’origine et en attirer d’autres en intégrant, dans son concept initial, la préservation du cadre naturel et la permanence de la présence humaine afin, notamment, d'assurer une pérennité aux paysages de nie».Pour leur part, Gérard Beaudet et Serge Gagnon préconisent ce qu’ils appellent une «Esquisse d’une géographie structurale du tourisme et de la villégiature».Ils commencent en circonscrivant \e«Tourism Belt» au XIX1; siècle, puis la mise en réserve de certains lacs, la constitution des clubs de chasse et de pêche, ce qui précé-da le tourisme itinérant, le tourisme de l’artiste et celui de l’anthropologue.Ils circonscrivent à la fin les activités de«villégiature populaire».Cet ouvrage fait suite à deux livres du sociologue Jean Stafford sur la Microéconomie du tourisme et Im recherche touristique de même qu’à un livre de Marc Laplante, tous parus dans la collection «Tourisme» des PUQ.Jean Chartier Nando Michaud r hasard dufair bien les el 'MW.in, MH |L.|s s i'.n au ivvcillam d imu brosse Je ,i Dubù (Ici ni im i un drôle de ufi\SSi^ rcpoiidcui munis contrés.Rolin est surtout là avant les massacres, au mœ ment où tout va basculer, tant qu’il est encore possible de circuler., Son journal de guerre est un acte de mémoire pour le?personnes entrevues, aujourd'hui mortes, émigrées, déplacées ou encore sur place.Loin du style de Jean Rouaud, qui fait advenir l’histoire à soi par des documents; loin du flamboiement épique des tableaux de Patrick Rambaut; distinct aussi des «enquêtes à la vodka» d’un Pierre Delannoy eif Russie.Rolin n’est fasciné ni par les têtes fortes ni par la destruction.S’il sillonne les routes, c’est en relais, sans esr prit de chasse, pour suivre un fil humain de gens qui seront ses passeurs.Leurs recommandations est sa ligne de feu, l’avancée de son bouclier humain.Son voyage s’anime donc de visages nets, sobrement décrits, qu’on retrouve si possible d'année en année, à la manière d’un dossier médical.Sur ce réseau, Rolin greffe la géographie, les paysages, les villes ou ce qu'il en reste.En plus de dire qui est qui, il donne le gage qu’il n'oublie personne et qu'il rœ viendra.In politique, la guerre, les déplacements de population, les camps et la survie quotidienne, au centre d’un monde semblable au nôtre, prennent des visages concrets, des noms propres, des personnalités.Il a reçu pour ses qualités le prestigieux prix Albert-Irandres en 1988.De tels livres sont indispensables pour secouer, entre autres, notre sens des responsabilités individuelles et collectives.Chaque vie compte.Rolin y compare son travail à celui des artistes, dont il rappelle que les œuvres sont faites pour décentrer de soi et provoquer.Pour lui, quel que soit le temps du récit, la vie se conjugue dans l’histoire au présent.GERARD BOUCHARD GENESE DES NATIONS ET CULTURES DU NOUVEAU MONDE Essai J'histoin’ compara 504 pages Ï4.91; s BORÉAL Gérard Bouchard nous donne ici un essai de synthèse d histoire comparé qui confronte l’évolution du Québec avec celle des autres collectivités neuves créées depuis le XYT siècle en Amérique latine, en Amérique du Nord et en Australasie.Venez rencontrer Gérard Bouchard au Salon du livre de Québec vendredi 14 avril de 20 h 30 à 21 h samedi 15 de 12 h à 13 h et de 16 h à 17 h Stand n°113 (//// ni aime me liée www.editionsboreal.qc.ca Salon du livre de Québec Venez renc ontrer les auteurs de chez S tanké Au Centre des congrès de Québec, 1000, boulevard René-Lévesque Est Québec (Québec) Stand N° 141 Aline Apostolska Le samedi 15 avril de 12 h à 14 h Camille Bouchard Le vendredi 14 avril de 15 h à 17 h et de 19 h à 22 h l e samedi 15 avril de 10 h à 42 b.de 13 li 30 à 17 h et de LS h 30 à 22 h Le dimanche 16 avril de 11 h à 22 h Jean-Paul Daoust Le vendredi 14 avril de 16 h à IK h Le samedi 15 avril tie IS h à 19 h Le dimanche 16 avril de 14 h à 15 h Marc Favreau Le mercredi I 2 avril de 20 h a 21 h Jean-Marie Lapointe .e vendredi 14 avril de IS h 30 à 20 h 30 Le samedi 15 avril de 10 h à 12 h D 12 K D K V 0 IK.LES S A M EDI 8 E T I) I M A N C II E 9 A V R I L 2 0 0 0 Ms Livres Entrevue avec Bernard Noël Uinvention d’un genre Un «orage verbal» à la recherche de sa propre vérité DAVID CANTIN Récemment de passage au Québec pour promouvoir la sortie de son plus, récent recueil de poèmes aux Editions Trait d’union (Portrait d’un regard - Devant la fin, écrit en collaboration avec Pierre iOuellet), Bernard Noël laisse trans-'paraître dans son regard une forme de sagesse inquiète.Il hésite même Quelque peu avant de revenir sur un trajet littéraire qui compte plus d’une soixantaine d’ouvrages.Du iroman à la critique d’art, de l’essai à •la poésie, l’œuvre fascinante de Bernard Noël ne s’encombre d’aucune Jimite.Elle s’engage plutôt à élaborer une parole vivante où «la lumiè-fe est inséparable de l’espace».| Dès ses premiers poèmes qu’il regroupe en 1958 sous le titre Extraits '/du corps (Minuit; Unes) jusqu’à la prose narrative de La Langue d’Anna (POL, 1998), la quête de cet écrivain français semble habiter un espace où l'écriture prend corps avec Ùn monde vertigineux.Elle avance dans le reflet de dire et de réfléchir.Les mots révèlent ainsi une mémoire souterraine que les sens bouleversent., Au début de notre conversation, Bernard Noël met l’accent sur cette manière de concevoir la littérature depuis son roman inaugural: «A la fin des années 60, Le Château de Cène mettra en place ce que j’appelle une pure sauvagerie mentale.À Bernard Noël SOURCE P.O.I.Pierre < )uellet un regard Devant la fin l’image de la violence qui a accompagné ma jeunesse, ce texte s’organise moins autour d’une histoire que d'une manière verbale.Il s’agissait pour moi de faire surgir une énergie grâce au rythme de la prose, de témoigner de l’effroi que laissent les traces de la guerre coloniale et de la bombe atomique.» Par la suite, dans d’autres livres comme l’imposant Dictionnaire de la Commune ou Les Treize Cases du je, Noël imagine un foyer où il serait possible de combiner toutes les formes.On ne retrouve pas chez cet écrivain le souci de rassembler.Au contraire, l’ouverture d’un cycle de textes à un autre lui permet de regarder en avant.Une telle recherche l’amènera d’ailleurs à préciser les enjeux de sa poésie: «Avec La Chute des temps, le poème s'apparente à un phénomène de météorologie où l’écriture la plus brute donne sur un exercice de pensée.Il n’y a pas de représentation a priori, mais plutôt le signe d’une rencontre possible entre l’émotion et la réflexion, la naissance éventuelle d’une pensée émue.» Au début des années 80, Noël hésite devant cette impression de ne plus pouvoir écrire.Il accumule des fragments qu'il détruit.Il affronte la tentation du système, de l’œuvre totale.Cette période accumule de nombreuses tentatives où le retour sur soi paraît inévitable.Puis viendra un «roman sans romanesque», intitulé Portrait du monde, qui i t r Irai T R É METROPOLIS BLEU FESTIVAL 2 0 0 0 UNE VILLE, DES MOTS du mercredi 5 au dimanche 9 avril 2000 Hôtel des Gouverneurs, place Dupuis, 1415 rue Saint-Hubert, Montréal Un festival de mots dans la ville des mots, i ***“'*'“ La deuxième édition du Festival littéraire international de Montréal Métropolis Bleu réunit plus de 100 écrivains du Québec, du I Canada et d'ailleurs dans le monde, pour cinq mémorables journées de lectures, débats, séances de signatures et de nombreux événements spéciaux en français, en anglais et en espagnol.Venez rencontrer : Edoardo Albinati (Italie), François Barcelo, Use Bissonnette, Marie-Claire Blais, Ann Charney, Ying Chen, I lermenegilde Chiasson, .Arlette Cousture, lacques de Decker (Belgique), Louise Dupré, Caroie Fréchette, Nancy Huston, Naim Kattan, A.L.Kennedy (Écosse), Sergio Kokis, Marie Laberge, Alberto Manguel, Émile Martel, Yves Meyrand, Mitsuko Miller, Dominique Noguez (France), losé F.Olivier (Allemagne), lean-Noel Pancrazi (France), lohn Raiston Saul, Yves Sioui Durand, lacques Sojdier (Belgique), Élisabeth Vonarbutg et beaucoup d’autres romanciers, poètes, dramaturges, traducteurs^ essayistes y phttosdpftes.BILLETS : Chaque événement : 5 $ Laissez-passer du festival : 30 $ Tarif étudiant: moitié prix Certains événements gratuits.En vente à partir du 15 mars.Pour information : (514) 487-9856 Détails de la programmation sur le site web : www.hlue-met-bleu.com 11 * m ^
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