Le devoir, 16 septembre 2000, Cahier D
L K 1) K V O I K , L K S S A M K D i I (i K T I) I M A N (' Il K 17 S K I* T K M II H K 2 0 (I (I LE DEVOIR Romans québécois Page D 3 Im poésie à Trois-Rivières Page D 5 Max Rouquette Page D 6 ARTS VISUELS Honnnage à Yves Gaucher Page D 10 Disques Page D 12 M Le livre aux neuf vies «Entre-temps, pendant que les autres jeunes gens chassaient les femmes, je chassais les vieux livres.J’étais un bibliophile, encore qu’un bibliophile désenchanté, et cela, ainsi que le monde, me façonnait.» Charles Bukowsld, Avec les damnés CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Ce sont des cavernes d’Ali Baba qui entassent leurs trésors aux couvertures jaunies.On y entre à l’impro-viste, pris par un livre, puis par un autre.On en ressort tenté par des titres, des ouvrages, des auteurs auxquels on ne pensait pas.Courir les bouquinistes est un jeu, une aventure, qui peut durer des heures ou toute une vie.C’est, en somme, l’épopée de la lecture: un labyrinthe, dont on ne veut pas sortir, où les livres mènent à d’autres livres, et à d’autres livres encore Ici, on cherchait la trilogie new-yorkaise de Paul Auster, on découvre ses scénarios de films.En voulant Borges, on trouve Garcia Marquez, ou, pourquoi pas?, Bukowski.Dans la section des beaux livres, on mettra une main avide sur une occasion, un Paris des écrivains de facture impeccable, ou on s’emparera d’une Anthologie de la littérature fantastique alors que l’on cherchait un classique.Le livre, désacralisé par l’âge, raturé même parfois, portant le nom d’un inconnu en page de garde, voire, par chance, une dédicace de l’auteur, devient enfin familier, accessible, en apparence et en prix.Avant de retourner dans les limbes ou, pire encore, d’aller à la poubelle, il tente sa chance de passer quelques heures, sous vos yeux, entre vos mains, lui dont la couverture est parfois démodée, témoin d’une autre époque.Il a déjà été caressé par d’autres.Ne mérite-t-il pas, comme plusieurs d’entre nous, d’être aimé plus d’une fois?Les stocks seront ce qu’a voulu le marché des livres d’occasion, apportés le matin même par arrivages de trouvailles émondées des bibliothèques des Montréalais.Au comptoir d’achat, les libraires ont sélectionné les plus belles, les plus courues des couvertures que la file de vendeurs potentiels a patiemment déballées sous leurs yeux.«On refuse au moins 50 % des livres qu'on nous apporte», reconnaît André Harvey, libraire à L’Échange, magasin de disques et de livres d’occasion qui existe depuis, 24 ans.Les livres les plus prisés par L’Échange: les grands ouvrages de philosophie, recherchés par la clientèle lettrée qui fréquente les temples du livre d’occasion de l’avenue du Mont-Royal.Souvent, les lecteurs rapportent les livres achetés plus tôt, en paquets dç cinq ou de dix, et en rachètent d’autres.A l’occasion, des bibliothèques personnelles entières sont offertes en solde, livrant du coup les passions de leur propriétaire.André Harvey se rappelle même s’ètre fai{ offrir une première édition de poèmes d’Éluard, dédicacée par l’auteur.«Je l’ai refusée parce que je ne pouvais pas évaluer cet ouvrage rare», dit le libraire.Pour ce genre de trouvailles, il faut en effet fréquenter des librairies plus spécialisées en livres anciens: c’est le cas notamment de la librairie Henri-Julien ou du Chercheur I t.L A Hélène Dorion Une pluie drue tombait sur Montréal lorsque j’ai rencontré Hélène Dorion.Un paysage embrumé qui lui convenait bien, me semblait-il.Car Portraits de mers, son recueil de poésie qui vient de paraître aux Éditions de la Différence, offre à la contemplation du lecteur l’eau, la terre, le feu et l’air, les quatre éléments qui ramènent à l’essentiel.V I i > tern CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR '% londe, fine, éthérée, Hélène Dorion a une voa grave.Une voix qui semble faite pour lire des poèmes, pesant d’abord chaque mot, lentement, puis les regardant s’envoler, les laissant maîtres de leur sens.C’est de la sorte aussi qu’elle écrit, bravant le monde de la vitesse et des certitudes.Sa poésie lente, méditative, refait inlassablement le monde, à partir de l’essentiel: eau, air.terre, feu.«Longtemps, j'ai cru que la Terre était plate; ses rebords nous protégeaient de la chute, et le bleu blessait l’ombre qui nous ceint», écrit-elle d’entrée de jeu dans Portraits de mers.Ce livre est en fait un voyage.Un voyage initiatique.Passionnée de philosophie, Hélène Dorion lisait l’œuvre de Porphyre, philosophe qui vécut quelque 300 ans après Jésus-Christ, au moment d'entamer son recueil.«Au départ, je pensais appeler ce livre Le Voyage de Porphyre», dit-elle.Porphyre était un disciple de Plotjn, dont il a d’ailleurs transmis la pensée à travers un ouvrage intitulé Les Ennéades.Or «la pensée de Plotin était difficile, raconte Hélène Dorion, elle introduisait des réflexions sur l’Un ou sur la beauté.» Et, en bon philosophe.Porphyre tentait d’intégrer ces principes dans sa vie.Puis il traversa un épisode de mélancolie.«Aujourd’hui, on appellerait peut-être cela une dépression», dit-elle.Sur les conseils de Plotin, Porphyre s'embarque pour un voyage en mer, où il fait, entre autres rencontres, celle d'une femme, mère de nombreux enfants.Mais c'est ici qu’Hélène Dorion se substitue au philosophe, imaginant ce périple dans l’océan, intégrant ses doutes, ses réflexions, ses découvertes.C’est ici que débute Portraits de mers.L’infmiment petit Née à Québec, Hélène Dorion évoque, au cours de l’entrevue, sa première expérience poétique alors qu’à l'âge de cinq ans elle contemplait le ciel et son immensité.VOIR PAGE D 2: TEMPS v oit'0 S*-*- lu .âà J ü ¦V-, ç* V*.V.¥ MI iViihi 1 i.u’Aii llrfM ('il m V & i H Ah U M'Ai H I?a.i i s A tm /< WMJi VOIR PAGK I) 2: VIES t \ t I) E V 0 I K S A M E l> I I) I M A N ( S E l> T E M IS K E Livres TEMPS Plus que la pensée, c’est la contemplation qui guide sa SUITE DE LA PAGE D 1 C’est la prise de conscience de sa véritable mesure, de sa petitesse, croit-elle encore aujourd’hui, qui donne à l'homme sa grandeur et sa richesse.Et dans ce livre, l’in-finiment petit côtoie sans cesse l’in-fmiment grand.«Que touchera-t-on, plus haut, quelle âme résonne passé le bleu?», écrit-elle dans Portraits de mers.Car, plus que la pensée, c’est la contemplation qui guide sa main.C’est d’ailleurs ainsi que Dorion, qui a d'abord tait des études de philosophie, est passée de cette discipline à la littérature, il y a de cela environ 20 ans.«Mais il y a quand même eu des philosophes, comme Aristote, qui ont basé leur réflexion sur les sens», relève-t-elle.Ecrire de la poésie, croit-elle, est un acte de résistance.«C’est proposer autre chose, un autre rapport au monde, à soi-même ou à l’autre.C’est explorer.» Et la poésie demande aussi, de la part du lecteur, de la lenteur, de la disponibilité, toutes choses en porte-à-faux par rapport au monde moderne.Le passage de la quarantaine Hélène Dorion publie de la poésie depuis le début des années 80.Portraits de mers, écrit entre 1996 et 1999, aura été pour elle le livre du passage de la quarantaine.C’est un livre qui souligne le passage du temps.Le départ d'un rivage pour en aborder un autre, naviguant dans l’inconnu.«Le temps soulève la pesée des jours [.] tu retournes le sablier des ombres / et se renverse la splendeur», écrit-elle.«Pour moi, la poésie, c’est aussi une façon d’accroître sa présence au monde en intensité», dit-elle.Elle Hélène Dorion PORTRAITS DE MERS est aussi expérience de vie.«Il s’agit d’apprendre à vivre.» Grande et exigeante lectrice, Hélène Dorion plonge aux sources de la civilisation, pratique les philosophes présocratiques, qui nommaient et classaient les élément fondamentaux, et cite dans son livre des passages dés de l’histoire de la pensée.«À partir de ce qui est parfait, rien ne devient», écrit-elle, citant un adage alchimique.La vie est entreprise de transformation.Ses poèmes, petits édifices de mots, mûrissent dans sa tête avant de prendre forme.La mer, qu’elle a beaucoup fréquentée dans sa jeunesse alors qu’elle passait ses étés sur la côte américaine, y joue un rôle fondamental.Elle a d’ailleurs écrit ce livre en grande partie sur une île, au large des côtes de la Floride, dans l’océan Atlantique.Surgis de son esprit, les poèmes prennent ensuite le chemin de la publication, souvent aussi, d'un même élan, celui de la traduction.Plusieurs recueils d’Hélène Dorion sont en effet traduits en cata- lan (Portraits de mers est sorti à Barcelone en mai dernier), en espagnol, en allemand, en roumain et en anglais.Au fil de ses publications, la poétesse est appelée à voyager dans le monde.Dans le regard des uns, elle a vu le reflet de la douleur de la guerre.Dans le regard des autres, elle a vu l’admiration.Car la poésie est écoute de soi-même et du monde extérieur.«On entre dans un lieu de soi qui ralentit le mouvement», dit-elle.Car écrire, si c’est une expérience de transformation, demande aussi de l’immobilité.Pour Hélène Dorion, la traduction de la poésie est une expérience exaltante.Mais la traduction, bien sûr, ne peut pas rendre la sonorité première de la langue d’origine.«Un mot en appelle un autre, par le sens mais aussi par le son.Je suis souvent surprise par la sonorité des mots», dit-elle.Traduite, l’œuvre prend un autre chemin, et il faut faire confiance au poète et au traducteur.Ecrire de la poésie est pour elle une expérience personnelle, mais aussi de partage.«C’est comme mettre la table, publier et dire: viens manger avec moi.» Qu'importe que la poésie, de façon générale, ne soit pas lue par un très grand nombre.Mais donnez au poème un seul lecteur, et le poète vit une expérience extraordinaire.Pour lire de la poésie, «il faut vouloir se laisser toucher, approcher, questionner, ébranler II faut vouloir ralentir, quand on sait que tout est vite, il faut vouloir écouter».Un voyage vers soi qui peut mener loin.PORTRAITS DE MER Hélène Dorion Éditions de la Différence Paris, 2000,128 pages VIES Pour les librairies d’occasion, livre est plutôt un objet utile, offert à rabais SUITE DE LA PAGE D 1 de trésor, rue Ontario.Pour les librairies d’occasion, le livre est plutôt un objet utile, offert à rabais.«Je rends un service en offrant des livres», dit Félix-Ambroise Caron, qui tient depuis cinq ans la librairie Caron, rue Saint-Denis, près de l’UQAM.C’est son père, René-Léon qui, en 1966, a fondé cet établissement qui a longtemps eu pignon sur rue, rue Sainte-Catherine.Depuis, ses deux fils se sont partagé le commerce, René-Ambroise tenant la librairie rue Saint-Denis et son frère, Jean-François, un commerce de livres du patrimoine par catalogue.«Dans la société actuelle, le livre et le lecteur ont plus d'occasions que jamais de se rencontrer», croit Félix-Ambroise.Internet offre d’ailleurs un annuaire électronique international des librairies d’occasion à l’adresse www.livre-rare-book.com/anninter/.Selon Félix-Ambroise Caron, les livres sont faits pour être lus.Ils ont pour mission de trouver la personne qui veut les lire.Un livre qui s’empoussière, reposant sur des tablettes mais jamais consulté, trahit cette mission.Or, dans ce quartier commercial où, au fil des ans, ont poussé, aux côtés de l’université, les restaurants et les bars, il est difficile de maintenir une clientèle stable d’acheteurs et de vendeurs.L’université, si elle apporte des lecteurs, ne favorise pas une clientèle d’habitués.Avec pour conséquence que «si un livre est au programme une année, que je vends tous mes exemplaires et que personne ne me les revend l’année suivante, je n ’en ai plus GRC RC \i ir>r inaud-Bray —Carneau — PALMARÈS HEBDOMADAIRE Ventes du 6 au 12 septembre 2000 i JEUNESSE Harry Potter : volumes 1, 2 et 3 391 J.- K.Rowling Gallimard 2 DICTION.Le Petit Larousse illustré 2001 8 Collectif Larousse 3 PSYCHO.Les cinq blessures qui empêchent d'être soi-même 4 Lise Bourbeau E.T.C.4 NUTRITION Quatre groupes sanguins, quatre régimes 49 P.J.D'Adamo du Roseau 5 DICTION.Le Nouveau Petit Robert I 9 Collectif Le Robert 6 SPIRITU.L’art du bonheur * 80 Dalaï-Lama R.Laffont 7 ROMAN Fille du destin v 15 Isabel Allende Grasset 8 JEUNESSE 100 comptines (Livre & DC) « 53 Henriette Major Fides 9 PSYCHO.À chacun sa mission 42 Monbourquette Novalis 10 ROMAN Et si c'était vrai.34 Marc Lévy R.Laffont 11 SEXUALITÉ Le pénis illustré « 25 Joseph Cohen Kônemann 12 PSYCHO.La guérison du coeur 32 Guy Comeau L’Homme 13 ESSAI 2 Pierre Bertrand Liber 14 POLAR Soins intensifs « 15 C.Brouillet courte échelle 15 POLAR Prisonniers du temps 15 M.Crichton R.Laffont 16 ROMAN Véronika décide de mourir il Paulo Coelho Anne Carrière 17 CUISINE Les pinardises : recettes & propos culinaires * 304 Daniel Pinard Boréal 18 PSYCHO.Les manipulateurs sont parmi nous v 150 I.Nazare-Aga L'Homme 19 ROMAN Harry Potter and the Goblet of Fire diversion française disponible fin novembrjH^ 10 £ J.- K.Rowling Bloomsbury 20 POÉSIE Q.Erreur d'impression 13 Daniel Bélanger coronet liv 21 CUISINE Sushis faciles 15 Collectif Marabout 22 B.D.Le petit Spirou n’ 9 - C'est pas de ton âge! 13 Tome & Janry Dupuis 23 POLAR Avant de te dire adieu 151 M.Higgins Clark Albin Michel 24 ROMAN Soie * 190 A.Baricco Albin Michel 25 ROMAN City 17 A.Baricco Albin Michel 26 ROMAN Le périple de Baldassare e 17 Amin Maalouf Grasset 27 FLORE 13 M.Thibault Trécarré 28 polar | La ville de glace * 129 John Farrow Grasset 29 SPIRITU.4 Neale D.Watech Ariane 30 PSYCHO.Les hommes viennent de Mars, les femmes de Vénus * 340 John Gray Logiques 31 ROMAN La pierre de lumière, tome 2 -La femme sage » 5 Christian Jacq XO éditeur 32 ROMAN Carnets de naufrage » | 28 G.Vigneault Boréal 33 ROMAN Q.L'autruche céleste 30 lléana Doclin Flammarion Q.34 SPIRITU.Conversations avec Dieu T.1 » 178 Neale D.Walsch Ariane 35 ROMAN Un parfum de cèdre * 52 A-M.Macdonald Flammarion Q.36 SPIRITU.Le grand livre du Feng Shul 471 GUI Haie Manise 37 PSYCHO.3 Ernie J.Zelinski Stanké 38 HORREUR Hannibal * 34 Thomas Harris Albin Michel 39 BKXàRAPH Le ruisseau des singes « 14 Jean-C.Brialy R.Laffont 40 ROMAN Bridget Jones : l'âge de raison 13 Helen Fielding Albin Michel Livres -format ooche 1 ROMAN Geisha v 18 Arthur Golden Livre de poche 2 ROMAN L'alchimiste 23ï I Paulo Coelho J'ai lu SPIRITU.Conversations avec Dieu, tome 1 e 11 Neale D.Watech J'ai lu 4 ROMAN Le journal de Bridget Jones e 13 Helen Fielding J'ai lu 5 DICTION.lu Collectif Larousaa V ; Coupe de coeur RB HHH : 1^™ semaine sur notre liste a _ T NOMBRE DR SEMAINES DEPUIS LEUR PARUTION ILLUSTRATION CHRISTIAN TIFFET pour affronter l’année suivante», ajoute Félix-Ambroise Caron.L’homme comprend pourtant ceux qui gardent jalousement leurs livres déjà lus à la maison.Vendre ses livres, dit-il, c’est «comme un suicide intellectuel».En garnissant les étagères de la librairie d’occasion, le livre perd l’identité de son lecteur, il redevient anonyme.Et il ne retrouve pas non plus la place que lui avait réservée l’ancien propriétaire dans sa bibliothèque privée, qui fait la collection de ses penchants.D’ailleurs, les acheteurs privilégient toujours le livre en apparence neuf, qu'ils pourront plus aisément s’approprier, sur lequel ils pourront laisser leur marque.Mais les libraires ne s’empêchent pas pour autant d’acheter des livres dans lesquels on a écrit.«Il ne faut pas avoir peur du livre, l’idéaliser au point de ne pas vouloir écrire dedans», croit Félix-Ambroise Caron.Le prix des livres, et le fait aussi que les nouveautés ne demeurent pas en librairie très longtemps, fait des librairies d’occasion une nécessité.Leurs fonds de classiques sont d’ailleurs plus fournis que ceux des librairies de livres neufs.«L’autre jour, il y a quelqu’un qui m’a acheté du Paul Bourget, ravi, en disant: “Vous êtes le seul qui le tenez.” Je n’étais pas étonné.Quel libraire aurait gardé, comme je l’ai fait, ce titre sur ses rayons depuis 1983?» Au terme de combien de vies les livres sont-ils donc condamnés à mourir?La philosophie dans le boudoir A Triptyque www.gencration.nettripty Tel.: (514) 597-1666 My Lan lo Cahier d été i ci it, 93 p.r s Mv Lan lo Hn vacances au chalet familial, un adolescent Cahier d’ete e ci rcvcur en- treprend un grand projet d'écriture.Au fil des pages, au rythme lent de l'été qui passe, il expose son univers de contradictions, ses hu- meurs extremes sou vent changeantes, sa sensualité confuse et étouffée.n récit intimiste et une très belle écriture sobre et authentique.n e n r c 11 c .< Luc Assehn orment une tant à la réflexion pndamental qui ute pensée lui de l'oppo-s libertés indivi et les intérêts plus rges de la communauté.su doit pré révol siti HISTOIRE DTDEES -À L’USAGE DES CÉGÉPIENS ET AUTRES APPRENTIS DE TOUT POIL, JEUNES OU VIEUX Laurent-Michel Vacher liber Montréal, 2000 (deuxième édition), 258 pages T> ai bien dû lire ce livre au I moins trois ou quatre fois depuis sa parution en 1994 et je viens de le relire, afin d’honorer cette deuxième édition, avec un plaisir renouvelé.Quel beau projet! Quelle fraîcheur dans cet essai pédagogique, amusant et qui instruit sans lourdeurs! Petite introduction vulgarisée et sans prétention aux grandes idées philosophiques et scientifiques qui ont ponctué la marche de l’humanité depuis les grandes religions séculaires jusqu’à Freud en passant par les Grecs, Machiavel, Galilée, Descartes, Kant, Darwin et Marx, cette belle Histoire d’idées est menée avec entrain par un Laurent-Michel Vacher qui prend plaisir à expliquer le plus simplement possible des pensées souvent complexes.Véritable tour de force pédagogique, la première partie de cet essai expose avec un humour stimulant les préalables méthodologiques nécessaires à toute entreprise un peu sérieuse d’analyse des idées.Mieux encore, tout au long du parcours, Vacher interrompt avec tact l’avancée de son lecteur afin de lui prodiguer des conseils orthographiques et grammaticaux toujours pertinents, de même que pour préciser la définition de certains mots importants.Dans un jugement à l’emporte-pièce qui ne fera pas l’unanimité, le philosophe règle un peu vite le cas de la philosophie contemporaine: «D’ailleurs, je suis de ceux qui croient que la philosophie, dans l’ensemble, a connu au vingtième siècle un enlisement désolant dans la logomachie et un éloignement ruineux par rapport aux progrès des connaissances, défauts l’un et l’autre tellement fatals qu’elle mérite à peine qu’on s’y intéresse — à moins d’être un professionnel de la chose.» Il reconnaît néanmoins, pour cette période, l’importance des «grandes idéologies sociopolitiques», et la troisième et dernière partie de son histoire leur est consacrée.Adoptant la forme originale du plaidoyer-pastiche, Vacher parvient à résumer avec efficacité les idéaux qui animent le nationalisme, le féminisme, le conservatisme, l’écologisme, le fascisme, l’anarchisme, le libéralisme et le socialisme.Comment recevoir ce livre?J’ai un indice à vous suggérer: je l’ai fait lire à plusieurs de mes amis profanes et ils ont adoré; mes amis philosophes ont plutôt rechigné.Ce sont les premiers qui ont eu raison.Louis Cornellier Écritures intimes Samedi dernier, le 9 septembre, paraissait dans ces pages un article intitulé «Dans l’imaginaire québécois», portant sur les «écritures intimes» (lettres de personnages connus, mémoires, journaux intimes, correspondances, souvenirs, etc.) auxquelles s’inté- ressent Manon Brunet et son équipe de chercheurs, qui ont mis sur pied un centre d’études sur ce sujet à l’Université du Québec à Trois-Rivières.Toutes les personnes qui désireraient donner accès à des documents de ce genre à Mme Brunet peuvent téléphoner au (819) 295-1112.Télécopieur: (819) 376-5173.LIBER Vivre la citoyenneté Identité, appartenance et participation sous la direction de Yves Boisvert, Jacques Hamel, Marc Molgat collaborateurs Claude Bariteau Yves Boisvert Jacques Beauchemin Man Molgat Yolande Cohen Jules Duchastel Jean-Herman Cuay Vivre la citoyenneté Jacques Hamel Idetitllé, appartenance Denise Helly et participation Thierry Hentsch Vivian Labrie André Lacroix Jocelyne ! .amoureux Carole Lévesque éthique Marc Molgat Nicolas van Schendel LIBER Daniel Weinstock 192 pages, 23 dollars Les 21 et 22 septembre se tiendra à Québec le Forum national sur la citoyenneté et l’intégration sotis l’égide du ministère des Rebttions avec les citoyens et de l'Immigration L K I) K V O I K .L K S S A M K I) I I nés d, /usons, l‘>".S nririeu.th et les X.tsluni, l‘)"‘> tu rote metre.I (HO, P> ») roèu tudtens du ( nnudu.I H, ot/"il s.111*Us u n .lu din U tes Su.l' IH i LEMl.AC La belle époque de l’école de rang.Ah ! humer le passé comme s’il n’avait jamais séché.Les plus belles années.Yvon Part1 Les plus belles années Yvon Pare Les plus belles Hm années 204 p • 22,95 $ XYZ éditeur, 1781, rue Saint Hubert, Montréal (Québec) 3Z1 Téléphone : (514) 52s.21.70 • Télécopieur : (^14) r,2S*ZS-37 Courriel : •xy/ed^mlink.net îhsBBp ¦* Pierre Perreault voyage, «/’obscure certitude d’une catastrophe d’étoiles».Ce prix, accompagné d’une bourse de 2000 $, récompense un poète SC : ARCHIVES LE DEVOIR Joël Desrosiers n’ayant jamais publié chez un éditeur reconnu.Le jury, composé de Jacques Paquin, Michel Pleau et Bernard Pozier, a également accordé une mention à L’Inédit des voyages.d’Anne Brunelle, ce qui lui vaudra de recevoir une bourse de 500 $.Pour sa part, le poète, anthropologue et communicateur Yves Préfontaine est lauréat du prix Félix-Antoine-Savard pour «la suite non titrée publiée dans le numéro 19 de la revue Exit».Ce prix de poésie est accompagné d’une bourse de 250 $.Les poètes Serge-Patrice Thibodeau et Francis Catalano ont également été mentionnés par le jury, composé de Paul Dallaire, Hélène Guy et Claude Lemay.Enfin, diverses expositions présenteront des livres d’art ou des livres de poèmes.Mentionnons entre autres titres le livre d’artistes Xylon trois, dédié à Miron le magnifique et à la réalisation duquel 19 artistes ont participé.i*IP GEORGES DUVr> Coupable d’etre un homme VWOTœ ~~ — *ogp •wr.anuiai ^55 DJDD 4É tjiiêber QuébfcSS '-m tfl' RAdio Canada fgn VIA •«!( MiikC réiéouéb* -iliij&j, Lr DfiVWR MCAUBLANn t dbg MMuia MRinWàM I.E MU Ml. K I) K V (I I K I, K S S A M K 1) I ti K T I) I M A N CUE 1 S E l> T E M B li E 2 0 0 (t I) ! ARTS VISUELS Cloisons instables DELPHINE ET MICHEL HERRERIA Galerie Clark 1591, rue Clark, 2 étage Jusqu’au 15 octobre BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Pour commencer sa nouvelle saison, une onzième «qui n’y va pas avec le dos de la cuillère», la galerie Clark donne le coup d’envoi d'une programmation dont l’axe principal, comme dans d’autres galeries, recoupe ce qu’il est convenu d’appeler des pratiques relationnelles.Il faut s’attendre à Montréal à une foule d’événements qui prendront d’assaut des lieux autres que les salles habituelles des galeries.La programmation de la galerie Skol, pour sa part, est presque entièrement placée sous le signe de ces pratiques relationnelles, souvent rencontrées hors des temples blancs de la culture.Dare-dare fait également dans le hors-norme en ce début de saison, et par la suite la performance sera de mise à la Centrale, tout comme elle l’est, histoire de revenir à nos moutons, à Clark.Pour cette première exposition, le duo et couple composé de Delphine et Michel Herreria, deux artistes bordelais, s’est plié à un mois de résidence au cours duquel il a pu expérimenter à sa guise.Si chacun de ces artistes développe une pratique autonome, les deux comparses mettent à l’occasion leurs énergies en commun.Dans leur cas, il s’agit d’une pratique qui fait retour sur un courant de plus en plus en vogue et dont le critique d’art Nicolas Bourriaud est le théoricien.Ce dernier, sans être l’inventeur du genre, a mis un nom sur une pratique qu’il est désormais convenu d’appeler «l’esthétique relationnelle.» Or, contrairement à la formule qui, en règle générale et dans son acception la plus réduite, donne lieu à des situations ou des rencontres plus qu’à la fabrication habituelle d’objets dits d’art, le duo Herreria, plutôt que de s’épanouir hors les murs des centres de diffusion, s’est cantonné dans les espaces limités de la galerie.Dans une série de dessins intrigants, le duo met justement en péril les règles conventionnelles des relations humaines et sociales.Tout dans ces dessins à la gouache et à la craie cherche à définir de nouveaux modèles, de nouvelles interfaces pour «gérer» les communications interpersonnelles.Impossible de ne pas penser ici à des travaux comme ceux de Massimo Guerrera, sur la rhétorique commerciale et la circulation des denrées, ou ceux de Naomi London, qui en dessin affectionne l’élaboration des prothèses aptes à supplanter les moyens de transmission connus.De fait, la facture hachurée des dessins actuellement exposés chez Clark, proches de la bande dessinée, ressemble à celle des œuvres sur papier de London.L’écriture manuscrite qu’ils affichent, comme des notes de travail, n’est pas sans rappeler les œuvres de l’artiste montréalaise.Aussi, ces graphies sont grandement déterminées par certains pans de la peinture récente, celle de Francis Bacon par exemple, dont on en retrouve les accents, notamment dans les zones les plus troubles de ces compositions crayeuses.Esthétique relationnelle Cette production, avec les notes qu’elle affiche, ressemble à certains dessins d’architecture expéri- GUY L’HEUREUX Dans une série de dessins intrigants, le duo et couple composé de Delphine et Michel Herreria met justement en péril les règles conventionnelles des relations humaines et sociales.mentale.Des fictions en tous genres sont assises par le trait de crayon, dans lesquelles sont problématisés les croisements tissés entre individus à travers des espaces communs.Les images que présente le duo, bien que non dépourvues d’humour, ne sont pas de tout repos.Elles sont faites de corps génériques cousus par des prothèses, de parcs dans lesquels se retrouvent en troupeau des individus, de modèles pour qui l’intérieur et l’extérieur du corps sont rendus imperméables.En plus des grands dessins, les murs de la galerie sont couverts de petites agglomérations d’images, d’objets vestimentaires et de petits dessins humoristiques mais combien mordants, comme celui sur lequel on peut voir se déployer des «aménagements de proximité».Ailleurs, la question de la circularité des échanges est soulevée, celle du recyclage également, entre autres par les boules de tissus et d’images qui jonchent le sol, des enroulements de détritus issus de pièces que l’on retrouve sur les murs.Contrairement à Guerrera.dont la rhétorique sert essentiellement à rendre absurde le discours de mise en marché, celle des Herreria se tourne vers les communications.Tant les photos prises dans la rue que les dessins font référence à des univers bureaucratiques dans lesquels se tissent des relations de pouvoir comme des situations de gestion de capital humain.En cela, l’installation transporte et tend à rendre l’espace de la galerie poreux.A consulter autant qu’à contempler.FUSION Exposition des oeuvres d’ateliers de création et d’animation multidisciplinaire GALERIE BERNARD MARIETTE ROUSSE AU-VERMETTE « Tapisseries » DU 13 SEPTEMBRE AU 14 OCTOBRE 2000 90 av.Laurier Ouest Tél.: (514) 277-0770 du mardi au vendredi de 11 h 00 à 17 U 00.samedi de 1S h 00 à 17 h 00 nvitation au sous-sol Vente d'inventaire Estampes*dessins*peintures Du 26 août au 23 septembre 2000 GALERIE SIMON BLAIS Jusqu’au I 15 octobre Artistes invités : Francine Larivée Jean-Jacques Pillet Rawi Hage Gaétan Gingras Nathalie Caron Dévora Neumark Maison de la culture Marie-Uguay 6052, boul.Monk Métro : Monk, autobus 36 Est Entrée libre HEURES D'OUVERTURE : Mardi, mercredi, jeudi : 13 h à 19 h Vendredi, samedi, dimanche : 13 h à 17 h Renseignements (514) 872-2044 www.ville.rriontreal.qc.ca/maisons 1 4521, rue Clark Montreal H2T 2T3 514.849.1165 Ouvert du mardi au vendredi 9 h 30 à 17 h 30 et le samedi 10 h à 17 h MONtreaL A o o o «tONTBF.At JR t,i rpme [Vient de paraître Effets spéciaux HIGH STREET Gary Evans Edifice Belgo 372, rue Sainte-Catherine Ouest, local 424 Présenté par la Galerie Paul Petro Jusqu’au 30 septembre BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR On ne peut pas dire que le jeune peintre torontois Gary Evans emprunte des voies faciles.Issu du Ontario College of Art en 1989, il en est à sa cinquième exposition solo à la galerie Paul Petro de Toronto et s’attaque, en peinture, à des genres ancrés dans de lourdes traditions, soit le paysage.Qu’il soit urbain ou forgé par la nature, le paysage chez Evans est prétexte à peinture.Sortie depuis trois ans de la nature luxuriante passée au crible d’une peinture fluide, de l’expression saturée des gestes du peintre et d’effets psy-chologisants que cette saturation apporte, la peinture d’Evans est parvenue, dans le cycle actuellement accroché à Montréal, à une facture proche d’une esthétique disons photographique.Evans, qui ne semble pas craindre de se frotter à des canons de l’histoire de l’art récente, se rapproche en peinture d’effets photographiques qu’a longuement fréquentés avant lui Gerhard Richter, plus spécialement dans le milieu des années 60.Dans cette série intitulée High Street, le peintre singe, comme plusieurs avant lui, les rendus de la photographie.Ces toiles retiennent l’attention par les écarts si marquants entre les plans retirés, des vues urbaines saisies à travers une peinture brossée et les plans rapprochés, totalement abstraits.Sur ces images de banlieue, le peintre ajoute des halos de peinture, des formes circulaires fluides et irrégulières ou des «Au delà de la mode» «The fashion statement» Jusqu’au 15 Octobre Galerie Art Mûr encadrement 3429 Notre Dame Ouest.514 933 0711 Aussi ouvert le dimanche ENCAN à l'atelier de GUIDO MOLINARI le dimanche 24 septembre à 15 h se tiendra un encan des oeuvres de GEORGETTE PICRON ! Une cinquantaine d'oeuvres des dernières années seront mises ; aux enchères dont une oeuvre maîtresse : Boréale, 2000 (48"x48").L'encan sera dirigé par GUIDO MOLINARI Les oeuvres seront visibles te samedi 23 de 15 h à 18 h au 3288 Ste-Catherine Est.Info: (514) 521-6440 ex æquo ¦ exposition des récipiendaires du prix Stel1o-Sole pour^es arts visuels de Trois-Rivières du 20 septembre au 7 octobre 2000 • s i 1 Ip Jo Ann Lanneville Guy Langevin Jean-Pierre Gaudreau Sylvain Groleau Roger Gaudreau Annie Pellet» à l'édifice BelgO, local 4l8, Ouest, Ste-Catherine, Montréal ’ i Ouvert do mercredi au samedi, de 12 à 17 heures, renseignements : (819)372-461 ! plages qui fonctionnent comme des cloques, des trouées dans une matière translucide (les dépôts du lavage des photographies?Vu ainsi, ce travail resterait sous l’emprise du mimétisme).En cela, Evans affirme la surface du tableau.La peinture, du moins ses éléments non mimétiques, fait littéralement tache sur la surface somme toute tranquille des images floues.Et l’artiste manipule ces éléments atypiques avec tout juste ce qu'il faut d’adresse pour tordre ces surfaces et faire basculer la représentation dans un univers qu’il est possible de voir comme onirique.Il n’en faut pas plus pour que nous revienne en tête cette phrase de l’Américain Mark Tansey, qui disait à peu près ceci: «Le problème pour la représentation est de trouver d’autres fonctions, outre que de capter le réel.» Certes, Evans parvient à proposer de nouvelles fonctions pour la peinture.Dans les «visions» du peintre, la peinture semble le lieu d’apparitions fantastiques.L’opposition entre l’abstraction et la figuration est suspendue, tout simplement parce que ces représentations absorbent les éléments non mimétiques, ces halos faits de pigments colorés, en les intégrant dans la figuration.Com-me si ces disques mêlaient les registres de la re- présentation, prenant les habits d’effets spéciaux comme ceux que reserve le cinéma.Autre opposition qui, elle, n'est pas levée, la plupart des tableaux d’Evans confrontent le mouvement latéral des fonds de scène au statisme envahissant des cernes qui s’offrent en frontalité.Its cernes de couleurs contrastantes semblent émerger du fond, profitant, si l’on parlait de photographie au sens strict (le terme serait plus approprié), de la profondeur de champ limitée de la prise de vue.Tout cela contribue à faire de la peinture d'Evans le théâtre d’étranges apparitions.L'exposition organisée par Paul Petro donne à voir un cycle complet de peinture, une trentaine de numéros, ce qui est chose assez rare, une sélection qui comprend une série de très petits formats qui ne perdent rien en intensité.Pour le reste, on aura toute l'occasion de mesurer davantage le souffle de cette production à la galerie du Centre des arts Saidye Bronfman dès le 16 novembre, où l’on pourra contempler un survol des cinq dernières années de production de l’artiste.SOURCE GALERIE PAUL PETRO 969 Inverhouse, de Gary Evans."Rivière du Nord près de Ste-Marguerite" EXPOSITION RÉTROSPECTIVE MAURICE CULLEN, arc.(1866-1934) 16-30 SEPTEMBRE Catalogue: 10$ Nous remercions les coHecàonneurs particuliers de nous avoir gracieusement prêté leurs tableaux.Sans leur collaboration, cette exposition n 'aurait pas eu lieu GALERIE WALTER KLINKHOFF inc 1200, RUE SHERBROOKE OUEST, MONTRÉAL TÉL (514) 288-7306 l'Idée de la grande ville europe centrale 1890-1937 : 3^
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