Le devoir, 9 décembre 2000, Cahier D
Romans québécois Page D 3 Raymond Depardon Page D 4 Poésie Page D 6 littérature jeunesse Page D 8 Michel Houeüebecq Page D 9 Man Ray Page D 14 Jazz Magazine Page D17 Passion Bach Page D 20 > K V o R l.K s M A N < Il K H K < K M R R K 2 0 II I) E S LI VR MYSTERIEUX N MONDE M ^7 MARIE-ANDREE LAMONTAGNE LE DEVOIR — Comment cela! dit le roi d’une voix impatiente.Je vous ai fourni des chevaux pour traverser les plaines, des mulets pour franchir les cols, des navires pour passer de l’autre côté des mers.— C’est vrai, répondit le serviteur d’un air contrit — Je vous ai donné des pièces d’or en abondance, et aussi de l’indigo pour les peuples qui ne parlent pas le langage de Tor.—Tout cela est on ne peut plus vrai, mon roi.Et le serviteur courbait un peu plus la nuque.— Surtout, dit le roi et, se levant, il se drapa dans son manteau de drap cramoisi, car c’était un roi au train de vie modeste, malgré ses richesses, qui détestait l’hermine, trop lourde et qui le faisait éternuer, surtout, je vous ai donné le temps.Le vôtre, le mien, vous pouviez en prendre autant qu’il vous plaisait.Cependant, il y avait cette condition.— Oui, mon roi.D’effroi, le serviteur tremblait.Il connaissait la suite.— Et vous ne l’avez pas remplie.— Non, mon roi.Mais ce n’est pas faute d’avoir essayé.— Vous avez parcouru des milliers de kilomètres, vous avez été absents pendant toutes ces années.— Et croyez-moi, mon roi, nous avons été exposés à de grands dangers.— Que m’importe! L’avez-vous vue au moins?— Oui, mon roi.— Lui avez-vous raconté le palais, les serviteurs, les bals aux flambeaux, les terres grasses, les chambres hautes?Le serviteur acquiesça.— Vous lui avez montré mon portrait?C’était un roi vaniteux sous ses airs modestes.Le serviteur n’osait répondre.Il insista.— Le ressemblant, avec le nez droit?— Oui, mon roi.— Et alors?— Rien, mon roi.— Ah! c’est trop fort! Vous lui avez dit que tout était à elle, que je déposais ma couronne à ses pieds, et mon royaume, et mes gens, et mon or, et elle a refusé de vous suivre?C’est incroyable! Son royaume est mille fois plus petit que le mien.Je pourrais l’envahir avant souper s’il m’en prenait l’envie.Mais on est civilisé.Plutôt, je lui propose une alliance, je lui offre rien de moins que ma vie, et voyez ce qu’elle fait: rien.C’est trop fort! — À vrai dire, mon roi, elle ne faisait pas rien.— Ah! bon.Et que faisait-elle, cette reine indépendante sur son mouchoir de poche?Elle comptait ses chevaux, peut-être?Elle rendait justice?Elle s’apprêtait à déclarer la guerre?— Mon roi.Le serviteur hésitait.Il savait devoir parler d’une chose inouïe, incompréhensible pour le commun des mortels, que dire alors des rois?Le monde est vaste, il y règne des mœurs fort diverses.Qui a un peu voyagé ne s’étonne plus de rien.Mais ce qu’il avait vu là-bas.— Parle, s’impatienta le roi.Que faisait-elle quand elle t’a reçu?T’a-t-elle seulement écouté?Et que fait-elle de toutes ses journées pour avoir aussi peu envie de changer d’existence?Réponds ou je te fais couper la tête! — Mon roi.Le serviteur respira profondément.—.elle lit Dans ce cahier Livres, une première sélection de beaux livres à faire damner les rois.Une seconde suivra la semaine prochaine.NAlonc’l tAVcW'"0"- .an»* Henriette Major 100 COMPTINES O CHANSONS DRÔLES, CHANSONS FOLLES Avec chaque livre, un disque.et des heures de plaisir! i Chaque livre-disque: 128 pages + CD .24,95$ Fl DES L K I) K V 0 I K .L K S S A M E l> I 9 ET I) I M A X C II E I 0 I) É C E M B R E 2 0 II (I » ' J rOURUSfWSMSP'IIDtO’- Penf?lafùüt K lit i \j ‘ i iWI 11881 «TEStÉ'SSCflUÎÈSPSVAUES « .ttjr LES AVENTURA VIRTUELLES 2-89381-789-0 • LX-899 180 p.* illustré 14,95 $ 60JEOXrorillAIRES miiumuHStiivAiuis.LES (RlïlllUES, IfS (ONSEIIS, LES ASTUCES D’UN PASSIONNÉ OU JEU VIDÉO.POUR TOUS (EUX QUI NE VEULENT PAS JETER LEUR ARGENT PAR LA FENÊTRE! tfwf Sam&Hi' CSuy Bmv-Uisn DÉMYSTIFIÉ üwiouei lEMACDiMTSIIIIi 2-89381-757-2 • LX-867 224 p.• illustré 18,95 S VRAI OU FAUX?«LES MAC SONT TROP CLIERS.» «Il N’Y A PAS DE LOGICIELS POUR LES MAC.» «LES PC SONT PLUS RAPIDES QUE LES MAC.» DÉCOUVRE! ENFIN LA VÉRITÉ! 'ePmoff la mitaine de laine 2-89381-758-0* UC-868 Germaine la grenouille végétarienne 2 89381-759-9 • I X 869 Hé! Hé! Qu'est-ce que j'entends?2-89381-760-2* l.X-870 Babanje suis balade! 2-89381-761-0* IX-871 24 p.* illustrations couleur 7,95 S ch.LIVRES CADEAUX LIVRES DODO POUR FAIRE RÊVER VOS TOUT-PETITS! U>6/aUE:5 Les Éditions LOGIQUES Inc.7, ctomln Outremont (OC) H2V 1 Afl DISTRIBUTION EXCLUSIVE: OUÉBEC-UVREt I) 2 4T PHOTOGRAPHIE Le poète des rues Livres -»- BEAUX LIVRES BIOGRAPHIE Loin des cèdres du Liban LE PARIS DE JACQUES PRÉVERT Jean-Paul Caracalla Flammarion Paris, 2000,128 pages PAUL CAUCHON LE DEVOIR D ue de Lappe il y a un chat "I\ / Rue Fontaine il n’y a pas de fontaine / Rue Madame il y a un Monsieur / Boulevard Hauss-mann il y a un Anglais avec un os.» On aurait le goût de continuer longtemps en reprenant ainsi les rimes de Prévert (celles-ci tirées de Plan de Paris), simples et magiques.Le Paris mythique et le Paris réel ont trouvé de nombreux chantres au fil des années, Prévert étant évidemment un des plus prestigieux.L’œil goguenard, une de ses soixante Gauloises quotidiennes au bec, son imagination ironique ne pouvait qu’être stimulée par les tabliers ensanglantés des bouchers des Halles, les gamins hilares montés dans les arbres et les noms des rues, souvent extraordinairement poétiques en soi (quand même, la rue du Chat-qui-pêche et son Hôtel Confort, c’est assez beau, non?C’est plus surréaliste que la 12e Avenue, non?) Pour les éditeurs, Prévert demeure un excellent fond de commerce, histoire d’attirer les nostalgiques de ce Paris qui, aujourd’hui, s’estompe dans le brouillard des voitures et les odeurs de McDo.Flammarion ne s’en prive pas, proposant un assez riche recueil de photogra- Le Paris de TlamrmrhW phies, organisées autour d’un long texte de Jean-Paul Caracalla, auteur d’ouvrages historiques sur le Saint-Germain-des-Prés, le Montparnasse et le Montmartre légendaires.Disons-le d’emblée, les vrais amoureux de Prévert ne se contenteront pas du texte, une biographie trop sage qui nous donne plutôt furieusement le goût d’aller lire des ouvrages plus complets, dont au premier chef les textes mêmes de PréverL Restent les photos pour rêver, abondantes, Saint-Germain-des-Prés sous la neige, le Moulin-Rouge avant qu’il ne devienne ringard, les demoiselles sur le canal Saint-Martin, les grandes rues désertes sous l’Occupation, le tout provenant des sources les plus diverses, dont les incontournables Doisneau et Cartier-Bresson.NAÏM KATTAN Quel collégien nord-américain n’a-t-il pas lu, donné ou reçu en cadeau Le Prophète?Depuis sa publication, en 1923, plus de dix millions d’exemplaires, en vingt langues, en furent vendus.Livre-culte qui fut une bible pour les hippies des années soixante et est aujourd’hui un bréviaire pour les personnes du nouvel âge.Cependant, qu’ils soient jeunes ou vieux, les lecteurs de cet ouvrage connaissent peu l’écrivain arabe qui le rédigea en anglais.On confond souvent l’auteur avec son personnage, ce prophète qui distille la sagesse, les mots de consolation et d’espoir.Sa spiritualité est présente, vive et appartient à toutes les religions.Il existe un autre Gibran, un écrivain et un poète libanais, qui fut l’un des fondateurs du renouveau de la littérature arabe contemporaine.D’entrée de jeu, je ne peux résister à la tentation de souligner la dette personnelle que je ressens envers lui.Je devais avoir onze ou douze ans quand j’ai lu, en arabe, ses poèmes et ses nouvelles, notamment te Ailes brisées.J’ai découvert alors, en ma propre langue, ce que pouvaient être la littérature, la beauté de la langue, la protestation sociale et l’affirmation de l’amour.J’ai peu lu Gibran ensuite, mais il demeure, dans ma mémoire, une source riche et lumineuse.Khalil Gibran est né en 1883 à Bcharré, une petite ville libanaise à laquelle il a légué ses droits d’auteur, qui lui a élevé un mausolée et construit un musée que visitent constamment ses fervents admirateurs.Issu d’une famille pauvre, il émigre à douze ans à Boston avec sa mère et ses deux sœurs.Son père reste au Liban.Homme fruste, violent, il ne reconnaît la valeur de son fils qu’à partir du moment où l’on commence à le célébrer.Gibran grandit dans le quartier pauvre de Boston, s’initie à sa deuxième langue, l’anglais, sans avoir maîtrisé l’arabe.D est d’abord peintre et des Américains, soucieux d’aider les immigrants, découvrent son talent.Un artiste, Fred Holland Day, l’initie à l’art et à l’Amérique jusqu’au moment où le jeune homme fait la connaissance de Mary Haskell, de dix ans son aînée, qui dirige un collège et qui le prend en charge.Leur rapport est ambigu, quelque peu inusité.L amitié qui les lie dure de longues années.Gibran propose à sa protectrice le mariage, elle refuse d’abord puis elle cède à l’amour, mais Gibran s’abstient d’avoir des rapports physiques avec elle afin de ne pas entacher leurs liens spirituels.Il lui cache son origine modeste, prétend qu’il appartient à une famille riche et noble et prend soin de ne pas la présenter à ses amis libanais de Boston et de New York.Gibran perd sa mère et l’une de ses sœurs et aurait été acculé à la misère si Mary Haskell ne l’avait pas aidé financièrement Une double vie On accuse parfois Gibran d’être un menteur, un mégalomane, un profiteur dont le narcissisme ne connaît pas de limites.En réalité, il mène une double vie, possède une double identité et une double langue.Il est à la fois libanais (on disait syrien à l’époque) et américain.Comme peintre, il est connu par un groupe d’artistes et d’écrivains de GRC R< ¦ni 1 r>r" maud-Bray — —(Sartieau—w— PALMARÈS HEBDOMADAIRE selon les ventes de nos 24 succursales ST Du 30 novembre au 5 décembre 2000 > 1 JEUNESSE|Harry Potter et la coupe de feu | 2 | J.-K.Rowling Éd.Gallimard 2 ROMAN Q.i Marie Laberge Boréal 3 HUMOUR Journal d'un Ti-Mé 4 Claude Meunier Leméac 4 HUMOUR Les chrétienneries 9 Paacal Beausoleü Intouchables 5 CUISINE Encore des pinardises « 8 Daniel Pinard Boréal 6 CUISINE Le guide du vin 2001 5 Michel Phaneuf L'Homme 7 GUIDE Guide des resto Voir 2001 3 B—uctiemlrrttenaud Voir 8 ESSAI Q.L'année Chapleau 2000 3 Serge Chapleau Boréal 9 BKXüRAPH.Ma vie, mon rêve 6 Céline Dion R.Laffont 10 PRATIQUE Le guide de l'auto 2001 9 Duval & Duquel L'Homme 11 JEUNESSE Harry Potter à l'école des sorciers e 51 J.-K.Rowling Éd.Gallimard 12 JEUNESSE Chansons drôles, chansons folles (Livre & DC) « 12 Henriette Major Fides 13 HUMOUR Drôle en diablel 2 Gilles Latulipe Élaeis 14 SPORT Maurice Richard : héros malgré lui 2 Goyeus / Orr T.P.Publishing 15 CUISINE Les pinardises : recettes & propos culinaires b 316 Daniel Pinard Boréal 16 BiOGRAPH.J'ai choisi la vie 4 Andrée Boucher Libre Exprès.17 PSYCHO.Je t'aime, la vie v 7 C.Bensaïd R.Laffont 18 ROMAN Et si c'était vrai.46 Marc Lévy R.Laffont 19 ROMAN Métaphysique des tubes 13 Amélie Nothomb Albin Michel 20 JEUNESSE 100 comptines (Livre & DC) v 65 Henriette Major Fides 21 ROMAN Douce amère 7 Danielle Steel Pr.de la Cité 22 HUMOUR Penser, c'est mourir un peu 12 G.Taschereau Intouchables 23 HISTOIRE 100 ans d'actualités : 1900 - 2000 53 Collectif La Presse 24 ROMAN Q.Un parfum de cèdre «-Éd.compacte - 9 A.-M.MacDonald Flammarion Qc.25 ROMAN Stupeur et tremblements « 65 Amélie Nothomb Albin Michel 26 ROMAN Madame Socrate « 4 Gérald Messadié Lattès 27 ESSAI L'euphorie perpétuelle 31 Pascal Bruckner Grasset 28 ROMAN Q.Un dimanche à la piscine à Kigali « 6 G.Courtemanche Boréal 29 ROMAN Dans ces bras-ià * - prix Femina - 9 Camille Laurens P.O.L 30 CUISINE Chic! Des recettes popl 4 Collectif Boréal 31 B.D.XIII n‘ 14 - Secret défense 1 \AreaMan Hamme Dargaud 32 CUISINE Sushis faciles « 27 Collectif Marabout 33 CUISINE Un homme au fourneau 6 Guy Fournier L'Homme 34 B.D.Garfield n* 31 - Ma soupière bien-aimée 6 Jim Davis Dargaud 35 JEUNESSE 3 Delahaye/Maritor Casterman 36 B.D.Kid Paddle n* 6 - Rodéo blork 3 Midam Dupuis 37 CUISINE Les sélections du sommelier 2001 11 François Chartier Stanké 38 SPORT 3 Collectif Les 400 coupe 39 POLAR L'envol des anges 7 M.Connelly Seuil 40 PSYCHO.Les manipulateurs sont parmi nous V 162 1.Nazare-Aga L'Homme Livres -format ooche 1 JEUNESSE Harry Potter : volumes 1,2 et 3 « 51 J.- K.Rowling Folio Junior 2 ROMAN La montagne de l'âme • Prix Nobel de la littérature • 41 Gao Xlngjlan Éd.da l'Auba 3 ROMAN Geisha e 30 Arthur Golden Uvrada pocha 4 SPIRITU.L'art du bonheur b 3 DalaT-Lama J'ai lu 5 JEUNESSE 32 PhMppe Puftman FoNo Junior 9 : Coup d» coeur RB HH: 1^* eemelne aur noire Male ^ N.B.: Lee dictionnaires et lee titre» à l'étude sont exclue NOMBRE DE SEMAINES DEPUIS LEUR PARUTION LIBER INRS-Culture et société Éthique publique, vol.2, n° 2 Éthique de la recherche ont collaboré à ce numéro: Jean-François Auger Michel Bergeron François Blais Guy Bourgeault Joanne Burgess Julien Cabanac Thérèse de Groote Marie-Luce Delfosse Hubert Doucet Yves Gingras Jean-Marc Larouche Danielle Laudy Georges A.Legault Pierrick Malissard Anne-Marie Monteith Johane Patenaude Florence Piron Marc Rioux Francis Rolleston Luc Van Campenhoudt éthique publique Éthique de la recherche Uw» « qwrstwn Pwiiwcth** «* «ed** tit m ! BBSS 164 pages, 20 dollars en vente dans les bonnes librairies ! ij i I I I H C.onversatio n Gilles Vigneault Une conversation entre Gilles Vigneault et l'historien Jacques Lacoursière.Pour découvrir l'auteur-compositeur et ses paysages intérieurs.la i h.iiiMitt comme miroii ar Paule Noyart Indes Montréal, 2000,390 pages 00245055 LK 11 V(l 1 H, I.KS SAMEDI !» ET DIMANCHE 10 DÉCEMBRE 2000 I) 3 ^ L I V R E S ^ BEAUX LIVRES ROMANS QUÉBÉCOIS Fragments d’hier DES AIRS DE FAMILLE Paul Chanel Malenfant L’Hexagone Montréal, 2000,192 pages Le fragment, très pratiqué depuis quelque temps par bon nombre de nos écrivains, et souvent avec bonheur, est une de ces formes brèves dont on pourrait dire quelles s’accordent parfaitement à la vie trépidante d’aujourd’hui.Le format parait commode: vite écrit, vite lu.Et vite oublié, s’il ne s’agit que d’être pressé.Car pour y réussir, ce n’est pas si simple: il faut rendre intelligible la discontinuité dans la perception et la compréhension des choses et, pour cela, choisir avec soin ce qui est dit mais également ce qui est tu.Il y a dans le fragment un certain art du silence.Paul Chanel Malenfant est d’abord un poète — un de ses nombreux recueils, Fleuves (Noroît, 1997), lui a valu deux prix prestigieux — et donc un habitué du travail de la forme, qui sait aller à l’essentiel.Les fragments en prose regroupés dans Des airs de famille s’annoncent comme un récit, ce qui autorise d’entrée de jeu un mélange indifférencié d’éléments autobiographiques et de fiction.Le procédé n’est cependant pas nouveau dans l’œuvre de Malenfant: on le retrouve dans plusieurs de ses poèmes de même que dans son très beau roman, Quoi, déjà la nuit?(L’Hexagone, 1998).Des airs de famille évoque surtout des souvenirs d’enfance, éparpillés dans six sections distinctes.Ces courts chapitres sont autant de «nostalgies», comme l’auteur les nomme lui-même en épilogue, de tout petits épisodes vécus et ressentis par un jeune garçon curieux de tout, et particulièrement fasciné par les grandes personnes de son entourage: ses grands-pères, Nil et Isidore, sages et savants à leur manière, qui ont éveillé son imagination: une grand-mère maternelle qui fut sa «Grande Ourse tant aimée», voire désirée furtivement (est-ce la même qui lui vaut de vivre «l’événement du galbe» àe ses si belles jambes?); un oncle et une tante «des Etats», tous deux nomades; une voisine folle qui fait beaucoup jaser dans ce village au nom prédestiné: Saint-Jean-de-Dieu.La mère également, discrète, amoureuse de son mari, ce père à la mémoire duquel le récit est dédié mais qui sera à peine raconté.On saura seulement qu’il était bel homme et qu’il est mort subitement à cause de ses poumons fragiles.Le narrateur a tout de même eu le temps de se reconnaître en lui un jour qu’il l’a observé en train de se raser devant un miroir le père regarde son fils à son tour et le reconnaît, scène énigmatique, «comme dans un tableau de Magritte», dit le narrateur, qui pourrait ressembler à La Reproduction interdite qui illustre la couverture du livre.Chacun de ces fragments du récit de Malenfant se déroule en deux temps.D y a tout d’abord une scène observée ou une phrase entendue qui intrigue le jeune garçon, où le corps et le langage peuvent être également des occasions d’envies, d’un intense plaisir vécu ou fantasmé.Puis, l’objet de curiosité disparaît — les gens meurent ou s’en vont, le temps passe.Paroles ou cris sont suivis d’un silence; à la présence succède l’absence.Tout à coup, il n’y a «plus rien» — l'expression revient tout au long du récit comme un leitmotiv inévitable, qui provoque de la tristesse parfois, mais sans effacer la ferveur des moments qui ont précédé.Simplement, cela a pris fin comme toute bonne chose.Le monde revisité des Airs de famille, si on excepte certains épisodes modernes, c’est celui du Québec profond des années 50 et 60, de ces familles où on comptait encore les enfants à la douzaine, qui pourrait être plus ancien encore tant on y baigne dans les traditions.Mais il est transformé, voire transfiguré par le narrateur, devenu depuis adulte et poète.Ces instantanés du passé, plutôt que d’être rendus tels quels, sont ainsi retouchés, parfois un peu trop artistement si la mémoire ravive le passé, il lui arrive de le maquiller également, avec plus ou moins de bonheur.Heureusement cela peut donner des passages saisissants, comme cette énumération des sévices et des humiliations de victimes des camps nazis, suivie de ce minuscule souvenir «Je frissonnais de sueurs froides quand, m’embrassant dans le cou, ma grand-mère m’appelait: Mon petit Juif.» robert.chartrandâCasrympatico.ca Robert Chartrand PATRIMOINE Du beau côté de la montagne OUTREMONT 1875-2000 André Croteau, Dinu Bumbaru et Claude Jasmin In Société d’histoire d'Outremont Outremont, 2000,128 pages QUÉBEC 1900-2000 - LE SIÈCLE D’UNE CAPITALE Jean-Marie Lebel et Alain Roy Editions MultiMondes -Commission de la capitale nationale du Québec Sainte-Foy, 2000,160 pages DENIS DESJARDINS Soulignons d’abord l’ironie de la chose: selon toute apparence sur le point d’être avalée — du moins politiquement — par Montréal, la ville d’Outremont se fait consacrer un album commémoratif intitulé Outremont 1825-2000.Certains y verront peut-être le début d’une épitaphe prémonitoire.Et à ce sujet, les commentaires aussi succincts qu’ambigus qu’ils liront en fin de volume n’auront rien pour les rassurer.Mais quoi qu’il en soit de l'avenir politique et administratif de l’une des plus charmantes petites villes du Québec, ce livre ne manquera pas d’intéresser le lecteur féru d’histoire et de patrimoine.L’ouvrage est divisé en quatre parties richement illustrées.Dans les deux premières, le chroniqueur bien connu André Croteau relate l’histoire d’Outremont et nous en présente ses nombreux parcs et leur flore.Puis l’architecte Dinu Bumbaru trace un portrait du paysage urbain, portrait qui, même dans le cadre d’une entreprise hagiographique, n’est pas toujours dénué d’aspect critique.Enfin, l’incontournable Claude Jasmin, citoyen outremontais depuis une quinzaine d’années, y va de quelques souriantes observations sur l’art de vivre et de se laisser vivre dans sa ville d’adoption.Cette dernière section, la plus consistante, s’avère aussi la emballages-cadeaux J 62 jours tnnee LI It K Al K II) HERMÈS 1 120, av.laurier ouest oui remont, mont réal idI.: ‘27u-UV.: ‘27- —«¦ Livres *»— BEAUX LIVRES POÉSIE Un espoir certain Uunivers tenu à distance par Vémotion LE SACREMENT DE LA FINITUDE , Martin Gagnon Editions du Noroît Montréal, 2000,60 pages CAILLOU, CALCUL Dominique Robert Les Herbes rouges Montréal, 2000,60 pages DAVID CANTIN Certains chroniqueurs proclament, haut et fort, qu’au cours de la dernière décennie peu de nouvelles voix en poésie québécoise ont su donner suite à un projet d’écriture stimulant.Faut-il alors conclure qu’un avenir immédiat s'annonce plutôt sombre et ennuyeux?Heureusement, des œuvres aussi différentes que celles de Bertrand Laverdu-re, Francis Catalano, Benoît Chaput et Martine Audet m’incitent à croire le contraire.De plus, deux nouveaux recueils me prouvent qu’il y a quand même de l’espoir à l’horizon.Ils n’ont peut-être pas une somme très*volumineuse de poèmes derrière eux, mais Martin Gagnon et Dominique Robert doivent déjà savoir que le talent en poésie tient davantage de l’exigence d’une voix que de la profusion aveugle.La parole de Martin Gagnon n’est guère accueillante.Est-ce une raison valable de l’éviter pour autant?On apprivoise plutôt lentement cette voix pleine de cassures, pour mieux revenir à un monde où le quotidien réinvente, sans cesse, sa propre mythologie.Le Sacrement de la finitude poursuit cette quête du vertige existentiel qui prenait un envol sûr dans Initiales de l’éclair et de la dispersion (Le Noroît, 1997).Avec humour et une grande justesse métaphorique, ce quatrième recueil de Gagnon n’hésite pas à brouiller les pistes, à amener le lecteur là où on s’y attend le moins.Plutôt bref, le poème entreprend un parcours qui va de l’aveu à l’interrogation, de la conversation familière à l’expérience de pensée la plus complexe.Tout cela se passe en moins de quelques strophes, à travers l’espace que s’invente la page.En essayant d’expliquer le pourquoi ainsi que le comment de ce «point de fuite des mots et des choses», une rencontre trouve son ouverture possible dans le dépaysement des sens.Que faire alors de cette «chambre froide des heures», de cette «nuit [qui] se saoule de toutes les flammes», de cette «inconscience d'aquarelle»! C’est une pareille tension qui fait qu’on se laisse habiter, graduellement, par les criantes ainsi que les joies d’un avenir imprévisible: «Cette brève succion des rideaux / contre la fenêtre ouverte / la lumière traînant comme de la vaisselle sale / entre DOMINIQUE ROBERT CAILLOU, CALCUL LES HERBES ROUGES ! POÉSIE les signes nous revenons peu à peu / à une langue parée de toutes ses limites / à nos organes prophétisant / sous le voltage d’une main glacée / le privilège intolérable / de faillir au milieu de nos cibles.» La poésie ne se nourrit pas d'«effets pervers», pour reprendre le titre d’un roman de Gagnon paru un peu plus tôt cette année, mais trace une détresse réelle.D' rythme de ces trois suites adopte d’ailleurs le son de cette «cloche [qui] tinte à contre-temps».Tel un combat contre le cycle impardonnable des instants, la poésie discrète de Martin Gagnon bascule d’une vérité à l’autre.Sur la couverture de Caillou, calcul, de Dominique Robert, on peut voir une image de la planète Mars prise depuis le module Mars Path- finder.L’horizon visible, où un grand nombre de pierres s’éparpille, ne semble pas aussi étrange qu’on pourrait l’imaginer.Comme dans Sourires (Les Herbes rouges, 1997), le monde extérieur n’insiste jamais sur ses reflets les plus apparents.Là où règne la solitude intérieure, Dominique Robert donne libre cours à un réseau de correspondances vigilantes.Derrière ce regard, la vie est à l’image de ce titre étrangement familier Caillou, calcul, une résonance conjointe dans ces mots qui traduisent la faille qui sépare chaque destin commun.Dans ce «long voyage circulaire», une voix interroge les niveaux de réalité possibles.Le corps se confond au paysage, à une nature qui ne demande qu’à être vue.Chez Robert, un calme sournois traverse l’amour perdu, la vie en retard, ce jour qui possède une odeur humaine: «Le soupçon d’harmonie à pointes fines / Le peu de vapeur à la surface courbe / La somme qui ne se compte pas en nombre/Enfin qu’on reconnaît / Comme le ciel de la nuit s’étoile / Simple comme les fleurs et les fruits dans la main /Avec éclat paraissent dans son silence nu / Que le ciel, mieux que la main, abrite / Qui répand dans le monde ce que seules les choses réalisent / Et vont glisser dans sa fente éclairée avant de disparaître.» D’allure simple mais jamais simpliste, cette écriture à la fois onirique et drôlement réaliste culmine dans ses échanges nécessaires.L’univers est tenu à distance, là où une émotion est signe d’éveil.Comme «ce grand jeu qui se déroule derrière le malheur d’être né».La poesie discrète de Martin Gagnon bascule d’une vérité à l’autre Manuel Rivas : LE CRAYON DU CHARPENTIER (Gallimard) Un petit chef-d’œuvre de finesse et de sensibilité qui s’élève tel un chant d’espoir au milieu des horreurs de la guerre.IJiian .«J Vm chèï Vers chez les blancs Philippe Djian : VERS CHEZ LES BLANCS (Gallimard) Sur fond de blessure intime, Djian met en scène un écrivain en perte de vitesse qui, dans un tourbillon sexuel, va trouver les voies de la rédemption.Jim Fergus : MILLE FEMMES BLANCHES (Le Cherche-Midi) Au 19e siècle, un chef Cheyenne propose au Président des États-Unis de lui livrer mille femmes blanches contre mille chevaux.S’inspirant de ce fait réel, Jim Fergus a écrit un roman-épopée qui aurait pu s’intituler « Danse avec les fous ».1 f M f !.rMjlteé remrpes ‘ blanches* Splendide ! tt'®'Potter Ha®'Potter É$jr et la Coupe de feu TOME 4 J K ' .^0.29,95 S Pas un père, pas une mère ne voudra laisser sou enfant lire seul les aventures de I lurry Potter : ee ne serait pas juste ! GALLIMARD ART Les ombres du cœur Un récit autobiographique mais d’abord l’œuvre d’un dessinateur MARIE-ANDREE LAMONTAGNE LE DEVOIR Après la solitude, l’autre nom de l’amour, qu’il sut si bien voir chez les autres {Martin Luther - L’inventeur de la solitude, L’Aube, 1977; L’Immense Solitude.Avec Friedrich Nietzsche et Cesare Pave-se, orphelins sous le ciel de Turin, PUF, 1999), Frédérik Pajak a choisi le beau, le fécond chagrin d’amour comme sujet de méditation, ce mal qui n’est jamais aussi vif que lorsque celui sur lequel il s’abat se croit tiré d’aftaire.Pajak, c’est la rencontre d’un trait sombre et précis, ouvreur de gouffres, et de la mélancolie traduite en mots.Même s’il emprunte la forme d’un récit autobiographique entremêlé de souvenirs littéraires, ce livre est d’abord l’œuvre d’un dessinateur.Il tend un miroir inquiet à quelques écorchés vifs du cœur, anonymes ou célèbres, peintres, écrivains, hommes et femmes, aimant mal, aimant trop ou trop peu.Parmi ceux-ci, le poète Guillaume Apollinaire, qui vécut dans une alternance de passion et de désamour qui devait donner à certains de ses poèmes leurs plus belles harmonies.Car de tous les malaimés de la littérature française à la fin d’un siècle, le XIX’, qui les rejetait, exténués, sur le rivage des sentiments, l’auteur de Zone fut peut-être le plus gravement atteint.L’amour maternel, le premier de tous les amours, il ne sut trop qu’en faire, qui lui parvint ambigu, futile, ruiné.L’amour des femmes, il s’en fera le prédateur ou le mendiant, le CHAGRIN Encyclopédie visuelle des sports perdant chaque fois, chaque fois sauvé par la littérature.Pourtant, c’est la guerre qui sut le mieux nourrir le poète de sa substance.Dans les tranchées, il écrit à Lou, qui ne l’aime plus.Il écrit à Madeleine, qu’il n’épousera pas, malgré ses promesses.Surtout, il s’écrit à lui-même, dans la nuit de soi qui se confond avec celle des hommes et de leur invraisemblable politique.Si Apollinaire est le cœur battant de ce livre, d’autres lui répondent L’austère Piet Mondrian, qui, non content de peindre, voulut aussi apprendre à danser, et qui le fit comme on apprend à vivre, mais alors il a plus de 70 ans et il meurt.Emily Dickinson, qui fuit l’Amant appelé en secret Catherine de Russie, qui crie son amour au lieutenant Grégoire Potemkine dans le même élan quelle le saccage.Le narrateur, qui soigne en vain les blessures de cette guerre-là et se souvient de celles qu’il a infligées.Et bientôt toi, lecteur, qui ne sait pas oublier.LE CHAGRIN D’AMOUR Frederik Pajak Presses Universitaires de France Paris, 2000,334 pages ° \ I 1 Encyclopédie Quelle Prix Sportel Prix du Livre Sportif Illustré 2000 parrainé par le Comité International Olympique et le Comité National Olympique et Sportif Français.« Je ne peux me souvenir d’aucun autre livre sur les sports dont le texte et les illustrations se rapprochent à ce point de l’excellence.» Booksviews, USA « [.] L’aspect visuel de cet ouvrage de référence est tout bonnement renversant.Mieux: je n’ai jamais rien vu d’aussi réussi sur les plans de la minutie et de la clarté.» Toronto Star, Canada QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec-amerique.com Les éditoriaux t:;z HpQ tlMljç C, iront H If IJ mousquetaires Michel Lessard Michh Lissa» US t (mORlAUNa lu ' Mousquetaires Un choix de 65 «éditoriaux» qui traitent de sujets sérieux ou drôles, mais toujours pertinents.4} R*rMn-C ana rt t 'ta I ANi 11 > l tMT i ni i i it > 1 K ^ ^ v " I K .L K S S A M EDI D ET I) I M A X CHE I 0 l> É < E M B K E 2 0 0 0 Livres ^ f BEAUX LIVRES Etranges écrivains SIGNETS Ma rie-Andrée Lamontagne Le Devoir En 1934, le poète russe Ossip Mandelstam écrit un poème sur Staline qui consiste en huit distiques.A Moscou, il en fait la lecture en privé à quelques personnes.«H a des doigts épais et gras comme des vers/ Et des mots d’un quintal précis comme des fers./ Quand sa moustache rit, on dirait des cafards, / Ses grosses bottes sont pareilles à des phares» (traduit du russe par François Ké-rel dans Tristia et autres poèmes, Gallimard, 1975).Peu de temps après, Mandelstam est arrêté, jeté en prison, soumis au régime de la camisole de force, privé d’eau.Un coup de fil de l’écrivain Boris Pasternak à Staline, entre autres interventions d’amis écrivains, commue cette peine en assignation en résidence en Sibérie.Les ennuis ne font que commencer.En janvier 1937, Mandelstam est à Voronej, privé de revenus depuis plusieurs années, ses textes systématiquement refusés à quelque revue ou maison d’édition qu’il les soumette.Désespoir?Autodérision?H écrit alors une Ode à Staline: «Regard puissant où la bonté est ferme et nette / Sourcils épais qui éclairent la route./ Im bouche enfante des discours têtus /D'une flèche, je voudrais la marquer» (traduit du russe par Henri Abril, dans Les Cahiers de Voronej, Circé, 1999).Ces deux poèmes, le féroce comme le flatteur, ne rendent pas justice à l’œuvre poétique de Mandelstam, l’une des plus subtiles et des plus denses du XX1 siècle.L’ode n’y change rien, la mort de l’écrivain survient un an plus tard, en 1938.Officiellement, d’une crise cardiaque.Il a 47 ans.Sa femme, Nadja, qui l’a suivi en Sibérie, apprenait par cœur ses poèmes.C’est à elle que l’Occident doit aujourd'hui de les connaître.Force et fragilité de la littérature.Le nom de Mandelstam n’apparaît pas dans la première livraison de la revue Autodafé (automne 2000) mais il hante chacune de ses pages qu’il nourrit de sa souffrance, avec celles de ses frères et sœurs écrivains empêchés de par le monde.Autodafé, publiée simultanément en cinq langues, dans cinq villes et par cinq éditeurs différents (Denoël pour la langue française) , est la revue du Parlement international des écrivains.Celui-ci fut créé en 1994, à l’initiative de gens aussi divers que Jacques Derrida, Assia Dejbar, Hélène Cixous et le Chinois Bei Dao, accusé par les autorités d’écrire une poésie «obscure» et «nihiliste» mais dont le principal tort fut d’avoir signé avec 33 intellectuels chinois, deux mois avant Tiananmen, une pétition réclamant le respect des droits de l’homme et l’instauration de la démocratie en Chine.Salman Rushdie fut le premier président de ce parlement sans peuple, sans élus, sans pays.Depuis 1937, le romancier nigérien Wole Sojinka, condamné à mort et plusieurs fois emprisonné par les dirigeants de son pays, assume cette tâche.Faut-il ajouter qu’il vit en exil?Depuis le poète latin Ovide, exilé par l’empereur Auguste sur les rives du Pont-Euxin (aussi bien dire hors du monde des vivants), la persécution des écrivains, à défaut de légitimité, peut revendiquer une haute antiquité.Si l’exil imposé est une chose terrible, que dire de l’assassinat politique?Le Parlement international des écrivains est né d’un meurtre, celui de l’Algérien Tahar Djaout, perpétré en pleine rue, à Alger, à l’été 1993.Peu de temps avant sa mort, ce dernier avait résumé sa situation de façon lapidaire: «Si tu parles, tu meurs.Si tu te tais, tu meurs.Alors, parle et meurs.» Au fer de la nécessité Dans des circonstances aussi extrêmes, tout ce qui fait l’ordinaire d’un écrivain — sortie d’un livre, lecture publique, conférence, participation à un débat, voire simple dé placement géographique — relève de l’exploit, marqué au fer de la né cessité.Par contraste, les mêmes actions accomplies dans une sodé té gavée de libertés n’en paraîtront que plus futiles, presque toujours auréolées de vanité.Mais la censure est protéiforme.Elle tape du poing ou fronce les sourcils.Elle peut aussi prendre le visage indiffé rent du mépris.En Amérique, explique ainsi Russell Banks dans un entretien accordé à Marc Weitz-man et reproduit dans ce numéro, l’écrivain n’est tout simplement pas pris au sérieux et doit souvent se défendre contre le soupçon d’être un intellectuel, lequel est encore moins considéré par l’opinion.Cette marginalisation, qui appauvrit la société elle-même, demeure un moindre mal à côté de l’uniformité qui gagne la littérature américaine des dernières années, observe-t-il, presque toujours blanche, de classe moyenne et provinciale.L’une des causes à cela?Les liens entre «l’industrie de l’édition et les programmes de “creative writing" universitaires, lesquels pour l’essentiel sont contrôlés, dirigés et suivis par des gens issus de la classe moyenne blanche».Quand les Noirs, les Latinos ou les Asiatiques accèdent à l’université, explique Banks, c'est pour atteindre la réussite sodale, et c’est en devenant avocat ou médecin qu’ils y parviendront, non en s’inscrivant à un programme de creative writing.En soi, la formule n’est pas à blâmer, ajoute-t-il, mais ses effets pervers le sont puisque les éditeurs américains, paresseux, «utilisent les classes de “creative writing” à la manière dont l’Association nationale de football utilise les joueurs de clubs locaux.Cette évolution tend à produire des résultats médiocres, conventionnels et prévisibles, comme tout académisme».Censure souriante et indolore, qui ne dit pas son nom mais qui nie «le délit de créer, d'écrire, d’imaginer, le délit de littérature», ce que défend, précisément dans sa charte, le Parlement international des écrivains.À méditer On aura compris que ce premier numéro d’Autodafé, riche et tout entier placé sous le signe de la mise à distance du politique et du social, offre plusieurs sujets de méditation.Chez l’écrivain italien Antonio Tabucchi, l’amour du Portugal et de la langue portugaise ne saurait être mis en doute.Il a fait de lui le traducteur en italien de Pessôa et son plus fervent commentateur.Il lui a aussi donné le désir d’écrire directement en portugais un roman, Requiem, alors que plusieurs de ses autres romans, écrits en italien, phagocytent, en quelque sorte, l'œuvre du petit employé de bureau de Lisbonne.Cette lusophilie n’em-pèche pas Tabucchi de se montrer très critique à l’endroit d’un objet aussi artificiel que la lusophonie (l'équivalent, dans la langue portugaise, de la francophonie), en quoi ses concepteurs, au ministère des Affaires étrangères du Portugal, ont voulu voir un rempart contre Tanglophonie galopante de la planète mais dont les visées néocolonialistes, en Afrique notamment, n’échappent à personne.Fort des réflexions que la situation a inspirées au philosophe portugais Eduardo Lourenço, Tabucchi met en garde «contre la dimension mythifiante d’une langue employée comme “espace de la portuga-lité”qui est au demeurant l’espace de tous les nationalismes».Pour Tabucchi.la langue n’est pas une patrie.Elle n’est jamais pure.Cependant, c’est «dans l’espace de la langue que tout écrivain recherche simplement sa parole, laquelle est toujours liée à une forme de voyage qui ressemble à l’exil».Cet exil, appelons-le intrinsèque, s’il est moins âpre que celui imposé aux écrivains dissidents, n’en est pas moins semé d'embûches.«Je crains l’encens, écrit Hélène Cixous.Je tiens à être repoussée juste assez, comme il convient à un écrivain.» «Je ne suis pas tout à fait d’ici», écrit Bernard-Marie Koltès, comme en écho.Les écrivains québécois, désenglués, pour les aînés, des idéologies nationales et féministes qui ont fait les beaux jours de la littérature québécoise des années 70, et sans attaches idéologiques pour leurs cadets, seraient-ils mûrs pour cette forme d’exil?Pour quelques-uns d’entre eux, qui n’avaient cessé d’écrire loin du fracas collectif, il a déjà commencé.AUTODAFE La revue du Parlement international des écrivains, n° 1 Denoël Paris, 2000,272 pages DOCUMENT Retour vers le passé XeUîonde D'UN SIÈCLE À L'AUTRE BLteàm LE MONDE -D’UN SIÈCLE À L’AUTRE Plon Paris, 2000,96 pages PAUL CAUCHON LE DEVOIR Pour aimer ce livre de collection, il faut beaucoup aimer le journal Le Monde.L’éditeur a en effet rassemblé quelques numéros spéciaux du quotidien parisien parus autour du passage à l’an 2000, numéros dont le concept n’est pas nécessairement évident de prime abord.Ainsi, Le Siècle 1900-1999 était une édition spéciale racontant l’ensemble du siècle, avec les journalistes et collaborateurs qui rédigeaient les articles comme s’ils avaient couvert l’événement de l’époque.Par exemple, l’armistice de juin 1940 par le maréchal Pétain ou encore la découverte de la structure de l’ADN en avril 1953.Toutes les différentes chroniques du Monde sont mises à contribution: le carnet mondain, par exemple, signale la mort d’Einstein ou celle de John Kennedy.Le résultat final représente un objet agréable à feuilleter, mais il ne s’agit pas vraiment d’une encyclopédie du siècle qui serait facile à consulter et qui organiserait les événements de façon logique.Suit un autre numéro spécial, celui du samedi 1" janvier 2000, qui saluait l’arrivée de l’an 2000.L'Avenir, enfin, autre numéro spécial toujours organisé selon la logique et la mise en page du Monde, trace le portrait des principaux enjeux du prochain siècle, à partir de plusieurs entrevues avec des chercheurs, des scientifiques, des écrivains.Récit de voyage Jean Martin Un souffle dans la brise _L ^ rJ_h «l'j'r I ckfê ‘IMlzumi Des récits de voyage qui nous entraînent au Sri Lanka, en Birmanie, en Thaïlande, au Cambodge et au Viêt-Nam.1ANCTOT LUI nu K Quatre décennies, un même amour.Un récit à l'enseigne de la passion, d'une seule passion.Un destin magnifié et détruit par cette sublime rencontre.Pour son premier roman, il nous a concocté un texte d'une beauté remarquable.On se laisse facilement séduire par le destin de Félix et d'Anna qui s'aiment mais qui doivent surmonter les obstacles dont la vie parsème leurs routes.QUÉBEC AMÉRIQUE ^ www.quebec-amerique.com Des cadeaux plein les poches U‘ Iraki dune Hvièîx CStmttw Btouilki les m*ul vies d" Fri ward rjt-nicmc Pinst M» ht’! fourni Célébrations Anne Cuneo Le trajet d’une rivière Laure Adler Marguerite Duras Milan Kundera L’identité Frédéric Beigbeder Nouvelles sous ecstasy Chrystine Brouillet Les neuf vies d’Edward Roger Grenier Les larmes d’Ulysse délie Aster O.D.C.Christian Bobin Pierre Péju Naissances Daniel Pennac Aux fruits de la passion Régis Jauffret Clémence Picot Kenzaburô Oé Le jeu du siècle Michel Tournier Célébrations Marguei itc Ihinis rmlrtH IViuhrtb sous ecstasv S Mil RT IVmiiU Vux Imits de la passion Keuzabut» Oi Le jeu tin siècit Série Noire FRANÇOIS BARCELO MOI, LES PARAPLUIES CADAVRES CHIENS SALES Moi, les parapluies Cadavres « Les cons quand ça fait une connerie, ça en fait tout de suite une autre plus grosse, pour faire oublier la première.» Chiens sales In Franca, das poulets Aux États-Unis, des cochons Au Québec, des chiens soles I LE DE V 0 l R , L E S S A M EDI 9 ET DI M A N (’ Il E I 0 I) É C E M B K E > 0 (I 0 Livres BEAUX LIVRES CARICATURE Les yeux de Chapleau L’ANNEE CHAPLEAU 2000 Serge Chapleau Boréal Montréal, 2000,120 pages LOUIS CORNELLIER Médiocre animateur de la très ennuyeuse Face cachée de la une à Télé-Québec, Serge Chapleau est cependant un brillant caricaturiste qui terrorise à juste titre la classe dirigeante.Dessinateur de génie et chahuteur social de première classe, il décape l’actualité au quotidien avec une réjouissante férocité et ses commentaires visuels dépassent en acuité tout ce qu’on peut lire en page éditoriale de Im Presse.Son album 2000 témoigne avec force de son immense talent.Maître incontesté des visages en gros plan, Chapleau accorde aux yeux de ses victimes un soin maniaque.Tous, nous avons un œil plus bas et un peu plus fermé que l’autre, mais il faut une rare finesse d’observa- tion et d’exécution pour parvenir à transformer ce trait humain en caractéristique révélatrice d’états d’âme.Le caricaturiste de La Presse en a fait sa force principale.Observer, dans ces pages, les yeux de Bernard Landry, de Pierre Elliott Trudeau, de Jeffrey Loria, de Vladimir Poutine et de Jorg Haider est un pur déli- UdjL.k, mmmm \ ’• v / i tan» b»1*v ‘ EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE vienrtEnT de prhritre La globalisation du monde 340 pages O 24,95 S ISBN 2-921561-44-1 L'imposture néolibérale Jacques B.Gélinas globalisation du monde Laisser faire ou faire?La globalisation, nouvelle religion du monde des affaires et des élites politiques, suscite des questionnements et des oppositions qui, depuis Seattle, ne cessent de s’intensifier.Ce livre arrive à point pour expliquer non seulement la globalisation de l’économie, mais le monde globalisé.L'auteur établit une nette distinction entre la mondialisation, phénomène d'expansion planétaire normalement bénéfique, et la globalisation, qu'il définit comme «la gouverne du monde par de puissants intérêts économiques transnationaux et supraétatiques».Au-delà de cet affligeant bilan, l’auteur explore les contours d'un modèle alternatif qui se profile au sein même du présent système.Un livre d'information et d'analyse, mais aussi de débat, de combat et d'espoir II s'adresse à ceux et celles qui sont préoccupés par le sort de l'humanité et de la planète.Il sera particulièrement utile aux jeynes désireux de comprendre ce monde dans lequel nous vivons.pour le changer.J.-Claude St-Onge L'imposture néolibérale Marché, liberté et justice sociale Liberté?Imposture! A moins qu’on ne la résume à la propriété et à l'accumulation des richesses, apanage d'une minorité toujours plus puissante.Nouveauté?Imposture! Le néolibéralisme remplace les idées d'hier par celles d'avant-hier en les présentant comme celles de demain.Sous prétexte que la société serait gouvernée par des lois naturelles — celles du marché — il faudrait s’incliner devant cette divinité qui distribuerait bonheur et malheur au hasard.A cet éloge de l'impuissance et de la résignation, l'auteur oppose l'idée d'une société fondée sur l'entraide, la participation, la répartition équitable des richesses, le droit à la vie et la liberté, cette dernière étant conçue comme la possibilité d'autodétermination et de réalisation de soi.Un ouvrage loin du jargon des spécialistes, accessible à toute personne désireuse de rompre avec le fatalisme ambiant, et qui met en lumière la fragilité de l'édifice néolibéral.C.P 32052, suce.Les Atriums Montréal (Québec) H2L 4« Tél : (514)521 0913 Téléc (514) 521-1283 Courriel r'cosocOctm.org Web www.cem.org/-ecosoc écosociété A CONTRE-COURANT DIFFUSION DIMÊDIA ce.Quelle puissance d’évocation, quelle qualité de dessin! On insiste souvent sur l’aspect humoristique de cet art, mais ses meilleurs représentants, et Chapleau en est, savent transcender ce premier degré pour atteindre à un ébranlement des consciences.Fait-on rire en dessinant les membres d’une famille de la Sierra Leone, tous manchots, et en y allant de cette légende: «Sierra Is.one: ceux qui sont pour la paix, levez la main!»?Est-il comique, l’enfant africain mal nourri qui dit à sa mère: «Ecoute maman, l’indice de Nasdaq vient de chuter de 300 points!» et qui n’obtient pour tout commentaire de celle-ci qu’un: «Qu’est-ce qu’on va devenir.»?Drôle, Arafat qui présente au pape une poignée de terre à embrasser sur un plateau en s'excusant: «C’est tout ce qu’on a pour le moment.»?Non, ces œuvres sont fortes, troublantes, profondes.Pour rire un peu, il nous reste au moins Jean Chrétien et Jean Charest.Le premier, accoutré du costume cape-chapeau trudeauis-te sur la couverture de l’album, y apparaît dans toute sa vulgarité quand il déclare: «À ce moment-ici, just watch me!» Le second, qui cache son insignifiance sous un immense sombrero (il avait refusé d’écourter ses vacances au Mexique en mars 2000 malgré les pressions de certains membres de son caucus), est bien là tel qu’en lui-même il nous déprime.Après ceux de Bado (du Droit) et de Côté (du Soleil) salués en ces pages, l’album 2000 de Chapleau vient illustrer une évidence dont nous devrions nous enorgueillir: la caricature sociopolitique au quotidien se porte très bien au Québec.On serait fou de s’en priver.LITTÉRATURE JEUNESSE Dans la hotte du père Noël LE VOYAGE D’OLIVIER Texte de Chrystine Brouillet inspiré de l’imivers pictural de Jean Dallaire Musée du Québec Québec, 2000,48 pages CHARLOTTE PORTE-BONHEUR Texte de Macha Grenon Alexandre Stanké, coll.«Coffragants» Montréal, 2000, un CD JADE ET LES SACRÉS MYSTÈRES DE LA VIE François Garagnon Alexandre Stanké, coll.«Coffragants» Montréal, 2000, un CD plus un livret SUR LES TRACES DE POILÉPLUME Gaëtane Breton Productions Tout Crin Montréal, 2000, un CD JOYEUX NOËL TOUPIE! Texte et illustrations de Dominique Jolin Dominique et compagnie, coll.«Chatouille» Montréal, 2000,16 pages UN CADAVRE DE CLASSE Texte de Robert Soulières Conception et réalisation électronique de C.Guimond, J.Laurier et S.Blouin Musique TXT Montréal, 2000 GISÈLE DESROCHES Des productions qui sortent de l’ordinaire, qui explorent des thèmes nouveaux, qui nous tirent des exclamations d’admiration, d’autres encore qui conviennent si bien à la fête de Noël qu’on ne peut les passer sous silence.J’en ai reçu plein ma hotte de Noël et j’ai eu envie dç leur attribuer un prix de Noël.Etoile de Noël?Boule de Noël?Ange?Canne en bonbon?Glaçon?Peu importe finalement, les voici tous, mes élus, dans le pur désordre de Noël, un peu comme on ouvre au hasard les cadeaux empilés sous l’arbre.Chrystine Brouillet signe cet album extraordinaire intitulé Le Voyage d’Olivier, inspiré de l’univers du peintre québécois Jean Dallaire (1916-1965).Extraordinaire par sa facture soignée: grand format (24 X 31 cm), couverture cartonnée et laminée, reliure spirale, 40 pages tout en couleurs sur papier plastifié.Extraordinaire également par l’intérêt de la promenade.L’auteure a en effet fort bien réussi la fiction qui sert de prétexte à la découverte et le jeune Olivier, personnage principal amené au musée avec sa classe, est assez convaincant et authentique pour qu’un jeune lecteur s’intéresse à son histoire et s’aventure à sa suite dans les tableaux du peintre où il fera rencontre sur rencontre: Cadet Rousselle, un jardinier, un dragon, une folle, les trois musiciens Nabu, Codo, et Nosor, par exemple.L’auteure n'a pas sous-estimé ses lecteurs à qui elle a ménagé des moments de peur, d’étonnement, de malaise, de poésie, de soulagement, de découverte, de musique (Olivier a son violon Léon avec lui).Une promenade inoubliable et enrichissante.Après avoir passé plus de trois mois sur la liste des best-sellers jeunesse dont 11 semaines en première position, le livre de Macha Grenon, Charlotte porte-bonheur, est maintenant proposé en disque compact, chez Alexandre Stanké.La narration est assurée par nulle autre que Kim Yaro-shevskaya: on y trouve la participation de Garou, Marc Labrèche, Linda Sorgini, Luck Mervil et d’autres.ainsi que Macha Grenon elle-même, qui prête sa voix à la petite coccinelle Charlotte, partie découvrir le monde.Il s’agit d’une production soignée, d’une histoire touchante sur le thème de la recherche du bonheur où chacun se reconnaît, petit ou grand.Une partie des recettes du disque est versée à la Fondation de l’Hôpital de Mont- LA COLLECTION «J'AIME LA POESIE» Jean-Sébastien Larouche I'' Ul ^ » i n I i r JL .L J &.4.i L. CIIAMI Celyne Fortin Chanterelles ANC O LE ; DU MILLENAIRE POUR COMPRENDRE LE MONDE D’AUjOURD’HUI 704 page» • 27,95 $ En collaboration avec LE DEVOIR • Le seul annuaire économique et géopolitique mondial • Un bilan de l’année pour les 225 pays du monde • L’état des relations internationales et de l’économie mondiale • Une réflexion sur le rôle des souverainetés nationales http://www.editionsboreal.qc.ca Qui tu aimé me U,te.-M- réal pour enfants.Un autre disque compact étonnant, intitulé Jade et les sacrés mystères de la vie, met en scène une petite fille délurée et sa recherche du sens de la vie.Ce qui étonne, c’est la rareté du propos, lorsqu’on s’adresse aux enfants pour leur parler de la vie, mode d’emploi, ou du sens du sacré, on le fait habituellement sous forme de conte, par symboles interposés.Ce texte y va directement, sans verser dans la mièvrerie ou le prêchi-prêcha, en utilisant des images accessibles et des mots simples.La voix de Jade est fraîche, les personnages rencontrés très riches, les questionnements pertinents et la réalisation soignée, mais il faut savoir que les réponses empruntent à la fois à la croissance personnelle et à la spiritualité religieuse.La notion de Dieu n’appartient pas en exclusivité à une religion, mais on y a recours dans ce texte par ailleurs très bien adapté aux enfants.Les valeurs mises de l’avant pour faire face aux difficultés?Croire en ses rêves, aimer, s’émerveiller, cueillir le jour, entretenir la flamme de l’allégresse intérieure.Vous voyez?Ce genre de choses.Accompagné d’un petit, tout petit album en noir et blanc qui offre les plus jolies trouvailles du texte comme autant de petits poèmes.Puisque nous voilà dans les disques compacts, dans un tout autre registre et pour le pur plaisir du rythme, de la musique et des chansons entraînantes, Sur les traces de Poiléplume est une production très dynamique où Gaëtane Breton (autrefois du duo Brelon/Cyr) interprète pour les enfants des chansons pour la plupart écrites et mises en musique par Marc Larochelle.Le thème des animaux est toujours aussi populaire et vraiment bien apprêté ici avec une touche de fantaisie et de douce folie.On ne s’en lasse pas (ô magie pour les oreilles des parents!).Il y en a sur tous les rythmes qui inspirent des jeux ou des danses, pour accompagner l’heure du dodo, pour l’enfant qui fait la moue.Joli! L’illustratrice Dominique Jolin a pensé aux tout-petits pour Noël avec son nouveau bébé-livre tout carton Joyeux Noël Toupie] Elle réussit à présenter une savoureuse histoire en si peu de pages, avec, à la clé, un humour communicatif et le plein de tendresse assuré.C’est drôle, vif et joyeux.Egalement paru: Toupie aime Toupie.Il vous reste sûrement une petite place dans leur bas de Noël?Non?Eh bien, j’ai quand même quelque chose à suggérer.Quelque chose qui ne prend aucune place physique, du moins qui ne demande aucun emballage.Il ne nécessite qu’un accès à Internet.Il s’agit d’un livre électronique.On peut encore se procurer Un cadavre de classe de Robert Soulières en librairie, bien sûr, mais maintenant une version animée particulièrement dynamique et toujours aussi drôle (texte presque intégral) est en vente sur le site Prologue à l’adresse suivante: www.prologue.ca.On en doit la conception à Claude Guimond, Jean liuizier et Sylvain Blouin.C’est très facile d’installation, étonnant, plein de surprises.On peut d’ailleurs télécharger sans frais un dém, histoire de jeter un coup d’œil.Un nouveau concept, une approche séduisante pour les 10 ans et plus qui n’ont pas le temps d’ouvrir un livre parce qu’ils sont occupés à pilonner!!! Voilà, c’est tout.Il ne manque que la dinde! niMMTinN JIUNCS IT SOCIÉTÉ 0 ** personne est l’objectif principal de toute activité économique responsable.www monde ca 6363 LE DEVOIR.LES SAMEDI f* ET DIM A X ( il E 10 DE { E M B R E 200 0 I) H Livres •»- BEAUX LIVRES littérature française Comment ça va, M.Houellebecq?LANZAROTE -RÉCIT ET PHOTOS Michel Houellebecq Flammarion Paris, 2000, coffret de deux volumes GUYLAINE MASSOUTRE Ah, les vacances d’hiver! Les îles enchanteresses! Départ pour une semaine au farniente du soleil africain: destination Lanzaro-te, aux Canaries.Un joli coffret contenant deux ouvrages, un récit et des photos, le tout signé Houellebecq, nous invite confortablement à partager son voyage.Seulement, voilà: partir avec Houellebecq, c’est, en désespoir de cause, s’associer à la morosité et à la grogne.Heureusement, on le constate à la lecture, il part seul.Car s’en aller dégoûté en vacances, après un Noël raté, ne prédispose pas à troquer un pessimisme notoire.Tout annonce une semaine nulle.Atteindre Lanzarote, c’est un peu débarquer n’importe où, voire nulle part.Mais comme personne ne va à Lanzarote, la destination enchante: la terre est encore riche de sites inconnus et, par chance, bon marché.Donc, le très médiatisé Houellebecq en profite pour faire, outre son escapade, un joli coup double: un récit et un album photographique.Il marque deux points: 1- il confirme son mépris de l’humanité ordinaire; 2- son enthousiasme muet pour les déserts de roche et les volcans éteints, par leur brutalité absolue, l’arrache quelques secondes à l’ennui total.Houellebecq frit partie d’un courant littéraire qui pratique l'écriture vérité, au je narcissique, autobiographique sans l’être complètement, qui prétend tout dire de soi et d’autrui.Son naturalisme désabusé, très fin de siècle, se résume à ceci: «Finalement, le plus grand succès de mon parcours terrestre aura été de ne rien pouvoir apprendre, en aucun cas de la vie» (Poésies).A ceci près que les dandys d’hier sont devenus les trashys d’aujourd’hui, nettement plus touchés par le sordide environnant.Les Despentes, Dantec, pas Desplechin — ceux que Houellebecq nomme dans son SOURCE FLAMMARION Photo de Michel Houellebecq récit — fouillent dans les poubelles et bricolent avec l’impur et le vulgaire des œuvres déjantées, aux couleurs criardes et aux registres d’une antimorale qui pose ses propres normes.La principale est l’impossibilité de rien sublimer.Peut-on leur reprocher leur horreur de l’hypocrisie, leur mépris des convenances et leur cynisme antibourgeois?Impossible: ils prônent la transgression littéraire.Mais de là à dire que leur vérité intéresse.Leur littérature clinique, volontiers pornographique, toujours malsaine car elle se nourrit de ce qui la dégoûte, dénonce et critique la médiocrité, sans proposer de voie alternative au nihilisme dans lequel elle sèche.Pourquoi Houellebecq, à propos du tourisme, se départirait-il de sa morgue désinvolte?Non-être flottant Les deux fascicules, dans le coffret, offrent deux regards distincts.Houellebecq louche d’abord du côté de l’île, ravagée par la puissance tellurique des volcans.C’est grandiose.Ensuite, il accompagne le désœuvrement hivernal de quelques vacanciers, dont il brosse des portraits peu ragoûtants.On y côtoie deux lesbiennes allemandes non exclusives — entendez que l’histoire vire au porno —, un flic belge en rupture de ban et des membres de la secte d’Azraël, qui devient le pôle de fascination et le demeure, une fois retourné à Paris.Tout est véridique: le voyage se prolonge d’ailleurs dans la lecture des faits divers, jusqu’à passer par Montréal.Mais le vacancier aura évité tout contact avec la population, et Houellebecq réussit à faire jouxter la surprise à la plus grande banalité.Peu d’exotisme, en somme, à Lanzarote, avec ce touriste.Et Houellebecq d’affirmer que le pé-kin en balade transporte l'ombre de son voyagiste.Celui-ci n’a-t-il pas vendu à un simple paumé le blanc-seing des explorateurs?Il garde pourtant l’œil vif, ce vacancier cultivé, il s’est documenté et prolonge ses lectures après son retour; mais, sur place, il voit midi à sa porte.Grâce à lui, on côtoie sa génération de vacanciers cool, quasi blasés, antiroutards, sans guide bleu, des êtres caustiques qui profitent de tout mais qui ne trouvent à vous dire, à trois lignes d’écart, que la connerie est partout et qu’un minibus Toyota, c’est quand même mieux qu'une diligence.On trouvera donc le meilleur et le pire dans ce récit, comme dans tous les livres de Houellebecq.Avec cet antiguide de voyage, il présente quand même l’histoire et la géographie de Lanzarote.Tout à la fin, un remarquable document, extrait d’un journal de curé qui relate un an et demi de volcanisme, au XVIIIe siècle, un incroyable spectacle, plus mouvementé que la destruction de Pompéi, vaut à lui seul tout le reste.Mais à fustiger la sottise, on risque de la contaminer au galop.Houellebecq est-il immunisé?Pour parade, il n’avance pas d’opinion intéressante (ne lui en déplaise!), mais son style, il s’en sert de véritable bouclier.En effet, passé la bêtise libérée de ses vacances, son écriture, elle, est soignée, jouis-sive même.Son plaisir d’écrire retient Il réussit un petit tour de force: dire un rien, mais l’écrire bien.Sans aucun doute, ce récit dérisoire ouvre une parenthèse à la détente et à l’insignifiance.En flânant, son vacancier, disponible à la contingence mais myope, se met à s’attacher à des détails incongrus — des gens bizarres — comme d’autres collectionnent les cailloux mouillés, les coquillages vides et les niaiseries dépareillées.DÉCORATION Home sweet home LONDON INTERIOR/INTÉ RIEURS DE LONDRES Jane Edwards Traduit de l'anglais par Philippe Safavi Benedikt Taschen Paris, 2000 303 pages MARIE CLAUDE M1RANDETTE Stylistes, peintres, hommes d’affaires, musiciens et autres propriétaires de galerie d’art ont ouvert leur porte à Jane Edwards et à ses complices pour le plus grand bonheur du voyeur qui sommeille en chacun.D'est en ouest, du nord au sud, c’est à un véritable pèlerinage à travers Londres la coquette, Londres la huppée, Londres la prolétaire, Londres la parvenue et Londres la classique que convie cette collection de photographies.De l’hôtel particulier du XVHP siècle à l’appartement de HLM en passant par la péniche sur la Thames, ce tour de Londres, truffé de décors variés, étranges et éclectiques, est pour le moins surprenant.On passe du minimalisme pur et dur de l’architecte John Pawson au kitsch surchargé — et c’est un euphémisme!-— de Margaret Tyler, grande admiratrice de la monarchie anglaise dont le petit cottage en ran- London Interiors gées est littéralement envahi par les ephemerae les plus divers.Ce livre est, vous l’aurez compris, un vrai «coffee table book» dont l'intérêt repose dans l’orgie iconographique qu’il recèle, le texte étant plutôt mince.Très mince en fait.Mais les images sont tellement belles qu’on se laisse prendre à le feuilleter avec un certain plaisir, pour ne pas dire certain.| H.*10 isMss XYZ.La revue de la nouvelle Recevez en prime Cet imperceptible mouvement de Aude (valeur 14 $) avec un abonnement d’un an à XYZ.La revue de la nouvelle on u mouvetne» 1 AN / 4 NUMÉROS (T.T.C.) Individu Institution Canada 20 S Canada 25 $ Étranger 25 $ Étranger 30 $ 2 ANS / 8 NUMÉROS (T.T.C.) Individu Institution Canada 35 S Canada 45$ Étranger 45 S Étranger 55 $ 3 ANS/)2 NUMÉROS (T.T.C.) Individu Institution Canada 50$ Canada 70$ Étranger 70$ Étranger 80$ lauréats du concours d» nouvelles XY2 Thème du numéro 64: Lauréats du concours de nouvelles XYZ NOM ADRESSE VILLE __ CODE POSTAL .TÉL.CI-JOINT ?CHÈQUE ?MASTERCARD ?VISA NO ________________________________EXP_____L ¦ 64 SIGNATURE DATE- RETOURNER À : XYZ.La revue de la nouvelle 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 Téléphone : (514) 525.2170* Télécopieur : (514) 525.75.37 Courriel: xyzed@mlink.net DENISE BOMBARDIER cgiiicTw AUUNmsofutfuoitf Le nouveau Parchemin quartier latin vous suggère pou,Noël.Coffrets aux limites de la mémoire Coffret «A»; - Entre campagne et ville - Aux limites de la mémoire Des forêts et des hommes Coffret «B»: Les voies du passé Des jardins oubliés - Naviguer sur le fleuve au temps passé Les Publications du Québec 65,95 $ ch.Le français au bureau Les publications du Québec 23,95 $ Le Petit Robert des noms propres Illustré Dernière édition TA&Z\ 56,95 $ Le Petit Robert Dictionnaire de la langue française Dernière édition Z*trr$ 47,95 $ LE PETIT ROBERT LE PETIT ROBERT DES NOMS PROPRES •u*»»** Guide Vidéo ?DVD Guide vidéo DVD 2001 Fides Wétfï 11,25$ PKlifrHN*'* S Rlopelle au Musée du Québec Musée du Québec 39,95 $ Chansons drôles^ chansons folles Livre + DC Henriette Major Fides 2AffÇ\ 18,70$ 100 comptines Livre + DC Henriette Major Fides 18,70$ iqp mmpUncs Denise Bor Lettre 01 aux Fra Qui se c le non du m< Le voyage d'Olivier Musée du Québec 15,95 $ CMvehre »•»*»*«» Note 24 iOrWHi 16,95$ Gamme complète en librairie Coffret Le Seigneur des Anneaux 3 volumes I.R.R.Tolkien Folio lunior, Gallimard 43,50 $ Le Petit Prince Édition relié, hors collection Gallimard 21,50$ I» Vvv I t.* m h mit Tjûmoi Le Canada une histoire populaire Fides 3»#*% 31,95$ » fi LE NOUVEAU HARRY POTTER EST ARRIVÉ! Harry Potter et la coupe de feu .K.Rowling Gallimard 29,95 $ Dans ces bras-u Camille Laurens Éditions P.O.L 27,95$ Coffret Harry Potter Trois premiers tomes J.K.Rowling Folio junior, Gallimard 43,95 D*n« ts le ciel, et les Romains fêtaient l’événement dans des temples dédiés au “sol in-victus”, au soleil invaincu, sur la colline du Vatican.» Débutant avec un chapitre sur la plante du gui, intitulé «Au gui l’an neufi>, l’ouvrage se clôt sur le chapitre de «La nuit du réveillon» dans un chapitre qui inclut aussi la période entre Noël et la fête des Rois, période au cours de laquelle on célébrait il y a très longtemps la fête des Fous, fête de tputes les libertés, interdite par J’Eglise en 742.Avant le Moyen Âge, on appelait cette période les saturnales, explique Pelt, et «les esclaves bénéficiaient soudain d’une liberté élargie et pouvaient se conduire comme des affranchis, jouissant des mêmes divertissements que leurs maîtres.On.retrouve cette inversion de l'ordre de la société et de la nature des choses dans la fameuse fête des Fous au Moyen Âge.Elle aussi avait lieu entre Noël et l’Épiphanie».Alors, dit-il, les laïcs singeaient les clercs et même les évêques.Aujourd’hui, poursuit-il, «les démocraties sont d’ailleurs à leur manière une sorte de perpétuelle fête des Fous puisque les gouvernants y sont continuellement à la merci des suffrages des gouvernés qui les moquent et les brocardent à l’envi».Entre l'An nouveau et Noël, une multitude de fêtes, toutes chargées de symboles, défilent.In fête de Pâques est précédée, le jour du jeudi saint, de l’usage de l’olivier et de la consécration des saintes huiles.Suit l’usage du bois et de la croix pour le vendredi saint et, enfin, la célébration des jardins de Pâques.Le jardin, on le voit, est un thème privilégié dans différentes religions.Associé au paradis dans le mythe du jardin d’Eden, il est aussi évoqué dans le Coran.Ce jardin promis, il revient à chacun de l’imaginer à sa guise.«L’Islam est d’ailleurs beaucoup plus prolixe que le christianisme dans l’évocation des joies édéniques promises aux élus», écrit Pelt.Outre les magnifiques reproductions, l’écologiste orne son propos de diverses explications botaniques.À travers l’ouvrage, les fêtes fournissent une occasion d'en apprendre un peu plus sur la nature, du gui du jour de l’An aux roses de la Vierge, à l’origine des rosaires.VARIATIONS SUR LES FÊTES ET LES SAISONS Jean-Marie Pelt Editions Fayard Paris, 2000,190 pages Faites le plein de BOUQUIN profitez dun rabais de 25% sur les meilleurs titres Dictionnaire de la sagesse orientale Dictionnaire des symboles Le livre des superstitions Dictionnaire de la bêtise La légende arthurienne L’ésotérisme Les découvreurs Robert Laffont I Les meilleurs choix L’ARCTIQUE Les saisons de l’Arctique 39.95$ OuébfH* 'TOOl Québec 2001 24,95 $ « O 8 Î N WA TIR 11 ï t f> Un prophète cl son temps Khalil Oibran 34,95$ III FRANÇAIS AU UUl lUC •TitU * Le français au Québec 34,95$ Dun (iitiMOR • l'muu rom.ion Le Canada : une histoire populaire 39,95$ Guide Vidéo ?TX+DVD Guide Vidéo + DVD 2001 H,95$ -*- VOYAGES Ifg •V-* ; I < pt ^ , V."* -','à .lL.A.Martinique Dominique et Saînte Lucie ~ _______».tone^ptooet Mexique Le Sud ^ Vr': Les guides de voyage lonely planet, constamment renouvelés, constamment remis à jour.bnoly pkyvet Australie wmj;, - W&Æm kxK'ly planet New iork Ouest américain body pboet I - LE DEVOIR.LES SAMEDI R ET I) I M A N C HE 10 DÉCEMBRE 2 0 0 0 Livres BEAUX LIVRES SOCIÉTÉ La grogne rieuse du quatrième mousquetaire LES EDITORIAUX DES TROIS MOUSQUETAIRES (Chantal Lamarre, Gaston Lepage et Louis-Georges Girard) Michel Lessard Lanctôt Éditeur Montréal, 2000,176 pages LOUIS CORNELLIER Je ne m’en vante pas, je constate: je n’ai jamais regardé l’émission Les Trois Mousquetaires qu’animent, en semaine à 9h le matin à la télé de Radio-Canada, Chantal Lamarre, Gaston Lepage et Louis-Georges Girard.La chose, me dit-on, serait sans prétention, légère, voire plutôt vide, conçue en fonction d’un public dit de «matantes».J’ai appris, grâce à ce livre, qu’on y lit quotidiennement des «éditoriaux» au ton badin rédigés par Michel Lessard, un ancien du magazine Croc.Ce recueil contient 65 de ces prises de position qui s’inspirent de la caricature sociale et il devrait réjouir les amateurs d’opinions légères, sympathiques et très gentiment critiques.Ésprit goguenard capable d’observer nos petits travers et de les montrer du doigt tout en s’amusant, Michel Lessard parvient à nous faire sourire et réfléchir un peu sans jamais forcer la dose.Ce sont, ici, les exemples, les images et les cas anecdotiques qui tiennent lieu d’arguments.Pour évoquer l’esprit des ventes de garage, par exemple, Lessard suggère cet irrésistible cas d’espèce: «C’est aussi seulement dans les ventes de garage qu’on peut trouver m exemplaire du livre Les Insolences du frère Untel, de Jean-Paul Desbiens, et refuser de l’acheter parce que, même à une piastre, c’est encore trop cher.» Les petits irritants qui nous empoisonnent l’existence sont doucement stigmatisés avec un entrain bon enfant: la musak, l’incessant bavardage sexuel, l’enfant-roi, les chicanes de couple en auto, la «petite» langue («Un p’tit café avec ça, mon p’tit monsieur?»), l’hystérie adolescente des bals de finissants et plusieurs autres.L’«éditorialiste» n’évite pas toujours les clichés (les hommes aimeraient les fdms d’action, et les femmes, les drames), mais ses réflexions contiennent parfois des messages susceptibles de titiller la conscience sociale d’une classe moyenne engourdie.Son évocation ironique de la misère des emplois d’été pour jeunes l’entraîne, par exemple, sur le terrain de l’équité entre les générations: «Et puis, les emplois agréables, super full payants qui ne demandent que quelques heures par semaine, c ’est les gens de ma génération qui les ont, et on n'est pas près de les lâcher.» la critique de la sévérité des baby-boo-mers envers la petite délinquance de leur progéniture appartient au même registre.S’il est vrai que Les Trois Mousquetaires rejoint surtout un public de «matantes», on peut dire que Lessard fait preuve d’un certain panache en s’attaquant à deux vaches sacrées qu’on attribue à cette clientèle: la psycho-pop communicationnelle et l’idéologie de la croissance personnelle tendance new age.Il faut communiquer dans le couple?«Il arrive souvent, avertit Lessard, qu’un événement anodin prenne une ampleur catastrophique juste parce qu’on en parie trop.“L’idéologie du Guide ressources?” Tous ces “thérapeutes" new age qui prétendent guérir toutes sortes de maladies par l’imposition des mains, le magnétisme, le rire, l'holoénergétique, le stretching ou l’aromathérapie.il y a une maladie à laquelle ils ne s'attaquent jamais: la crédulité.» Simples, modestes et bon-hommes, ces «éditoriaux» sont ceux d’un homme heureux qui sait bien qu’un peu de grogne rieuse bien envoyée agrémente l’existence.Un beau cadeau de Noël à faire à vos amis qui lui ressemblent y .JEAN BERNIËR Les trois mousquetaires: Chantal Lamarre, Gaston Lepage et Louis-Georges Girard.Au centre, Michel Lessard.ALBUM Laissez passer les p’tits papiers PAPIER(S) Textes de Fabienne Pavia, photos d’Olivier Placet Éditions du Seuil Paris, 2000,192 pages ODILE TREMBLAY LE DEVOIR T aissez passer les p’tits pa-^l^piers», entonnait dans sa chanson Gainsbourg avant d’égrener les avatars multiples du matériau.Le papier sert à tout et à son contraire.N’offre-t-il pas un support à la fois à la monnaie, aux livres, aux tapisseries et aux emballages cadeau, aux mots doux, aux documents administratifs?On y roule des cigarettes et on y peint des œuvres d’art.Ailleurs, il deviendra lanterne, cerf-volant, ombrelle et mobilier, voire ce journal que vous êtes en train de lire, avant qu’Internet ne l’ait définitivement terrassé.Quant à celui qui n’a pas admiré les merveilleuses robes d’origami du designer japonais Issaye Miyake, il ignore une certaine définition de la légèreté et de la grâce.Vaste sujet donc, qui mérite bien son beau livre, un brin léger — support oblige.Éort bien illus- Michèle Marineau Rouge Poison tré, davantage volume d’art qu’ouvragé très savant, Papier(s) de Fabienne Pavia se parcourt comme une série de petites chroniques à thèmes: papiers à histoire, papiers utiles, papiers d’art, papiers du futur, etc.On y explore un spectre assez vaste pour inclure à chaque extrémité le papier bible et le papier hygiénique.C’est dire.Petite leçon d’histoire: son an-çêtre le papyrus est apparu en Égypte 3000 ans avant notre ère, mais le véritable papier (issu de fibres pilées et traitées) vint au monde en Chine au II' siècle avant notre ère.Moins lourd que le bambou, moins coûteux que la soie — les supports d’écriture qui le précédèrent —, le papier ne devait pourtant faire surface en Europe qu’au XI' siècle.Il faudra l’invention par Gutenberg au milieu du XV' siècle de la typographie et de la presse à imprimer pour que le fragile matériau trouve son tremplin et triomphe sous les cliquetis de la machine.Papier (s) fera un détour pa les pays ayant ancré solidemen son usage dans leur culture.Ch: ne, Japon, Népal possèdent tou leur route du papier, aussi fragil que celle de la soie, avec ses dé tours, ses couleurs locales, se coquetteries, une mythologie des vocations particulières, uni noblesse et une roture, dont ce petites chroniques font un si jol survol.)UGE POISON IMAtttNtAU HP tt “ /Y Vr f l____ Qui a tué Andrew, Julie-Anne et Mathieu?Un troublant roman policier par l’auteure de La Route de Chlifa.« C’est passionnant [.] C’est vraiment très beau.» D.Kimm, Cent titres, Télé-Québec QUÉBEC AMÉRIQUE fOUDCSSC QUÉBEC AMÉRIQUE jfe www.quebec-amerique.com Charlie Chaplin: un génie comique Chaplin est sans doute le plus grand acteur de tous les temps, un musicien de grand talent, un metteur en scène engagé.Chariot est un symbole, une figure mythique, * universelle, un personnage qui a ému et fait rire le monde entier.Chariot est une Olivieri 5219, chemin de la Côte-des-Neiges , Montréal (Québec H3T1Y1 Tél.: 514 739 CHASSEURS IDÉES Dimanche 14 h ei sah 54 Realisation: Simon (tiianl Tele Québec évidence.une évidence qu’il faut parfois dire et surtout voir.Anatomie d’un classique.Robert Daudetln : Directeur de la Cinémathèque québécoise Pierre Pageau : Professeur de cinéma.Collège Ahuntsic |ean Chabot: Cinéaste, auteur de Mack Senne», roi du comique idees@telequebec.qc.ca Ceffe émission est enregistrée : ¦¦¦¦¦¦¦ !• K I) K V 0 I H .|.K S S A M K I) I !» K T I) I M A \ ( Il K I
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