Le devoir, 27 janvier 2001, Cahier C
L E DEVOIR.LES S A M EDI 27 E T I) 1 M A \ ( Il E 2 8 J A N V I E R 2 0 0 LE DEVOIR '»***»>.^ / Pour une poignée JACQUE GRENIER LE DEVOIR CHRONIQUE La guerre en soi Page C 2 CINÉMA Bernard Rapp Page C 5 MÉDIAS La bataille des droits Page C 8 FORMES Le futur des hôpitaux Page C 12 Théâtre Page C 4 Bisques Page C 9 Arts visuels Page C 11 e dollars Le cinéma canadien va-t-il perdre son âme ?Menacé par un coup de barre trop marqué du côté commercial, notre cinéma reçoit des fonds neufs, certes, mais pourrait en payer le prix.Une partit du milieu cinématographique s’inquiète: le cinéma d'auteur deviendra-t-il le parent pauvre du grand écran si la feuille d’érable pousse à l’ombre des palmiers d’Hollywood?ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Sur les pas de la nouvelle politique du long métrage lancée en grande pompe par la ministre du Patrimoine en octobre dernier, naît une clameur, pour ne pas dire force cris et grincements de dents.Cinquante millions de plus ont surgi dans la cagnotte du cinéma, en doublant l’enveloppe du film.Ça, c’était la bonne nouvelle.La mauvaise, du moins de l’avis d’une partie du milieu: même si des fonds sont prévus pour financer aussi le film d’auteur, cette manne fédérale tombe surtout dans le champ des productions commerciales.But de l’opération: convaincre les Canadiens de se masser plus nombreux devant leurs longs métrages nationaux.On entend atteindre 5 % d’audience maison sur une période de cinq ans.Elle n’est que de 2 % d’un océan à l’autre.La ministre Sheila Copps avait parlé d’approche quantitative en lançant son nouveau fonds.Le ton était donné.De toute évidence, les directives d’orientation viennent de la ministre du Patrimoine et Téléfilm doit se dépêtrer avec ça.Ajoutez au tableau de la bisbille la fameuse réalité distincte du Québec, avec un cinéma rejoignant ses audiences nationales en une proportion qui frisait l’an dernier 6,5 %.Un Québec qui craint de se retrouver pris en otage pour des déboires canadiens anglais qui ne sont pas les leurs.Or il recevra le tiers de l’enveloppe en question.Ajoutez aussi un autre chantier de consultation mis sur pied par la ministre de la Culture, Agnès Maltais, versant provincial, afin de revoir les po- litiques du cinéma, qui tireront peut-être à hue et à dia avec celles du fédéral.Du sport en perspective.«Ce n’est pas une politique artistique mais commerciale, lance Agnès Maltais, la ministre québécoise de la Culture, en commentant les avenues où semble vouloir s’engager son homologue fédérale.Au Québec, notre cinématographie se veut au contraire l'expression et le véhicule de valeurs culturelles et identitaires.» Quant à Pierre Lafleur, président de la Sodée, il affirme discuter avec les représentants de Téléfilm pour remettre en question une aide automatique appuyée sur des critères de performance et se dit en droit de s'inquiéter du sort de nos distributeurs à l’intérieur de pareille dynamique.Tout le monde est content que le cinéma reçoive plus d’argent, mais certames conditions d’octroi sont remises en question haut et fort, à coups de lettres envoyées à Téléfilm et de rencontres angoissées.Précisons que la partie n’est pas jouée, puisque les consultations de Téléfilm se poursuivent auprès du milieu.Du côté de l’institution fédérale, on jure sur ses grands dieux que tout peut encore bouger.Cela dit, des pistes de discussions et les lignes directrices de la nouvelle politique sont déjà sur la table.D’où quelques désarrois.Prime au succès Car il y aura, si la tendance annoncée par le nouveau plan d’aide à la production et à la distribution au cinéma canadien diffusé iiar Téléfilm se confirme, une enveloppe VOIR PAGE C 2: DOLLARS i L K I) K V 0 I R .LUS S A M K L> I l E T 1) I M A X C 11 E 1 H .1 A N V 1ER 2 0 0 I La guerre en soi imanche dernier, j’écoutais Madeleine Gagnon parler de femmes et de guerre à l’émission de Bernard Pivot.Elle n'avait point l’étiquette de Québécoise de service collée au front, un petit drapeau bleu (je n’ose dire: un chiffon) flottant comme une auréole autour de la tête: elle se trouvait là parce que son livre s’insérait dans la thématique martiale couverte par Bouillon de Culture cette semaine-là.La meilleure des raisons, en somme.Nul besoin de faire partie d’un petit groupe d’artistes et d’écrivains catalogués purs cousins d’Amérique pour atterrir sur le plateau de Pivot, ni même d’égratigner les Français afin de les titiller, à l’instar de Denise Bombardier avec son dernier ouvrage.Suffit parfois de trouver un sujet qui intéresse tout le monde, un peu partout sur la planète.Mettons que ça aide aussi qu’une maison française le publie à Paris.Ça, c’est évident Télérama, Le Nouvel Obs, Le Figaro, Le Monde et compagnie ont promis d’y aller d’articles et de commentaires sur le livre.La poétesse québécoise jusqu’ici surtout abonnée aux succès d’estime voit les portes de la francophonie s’ouvrir devant elle par le sésame d’un thème universel traité avec un regard d’intimité troublante.La mondialisation passe aussi par chez nous, même si les vraies guerres, abordées dans sa prose, se jouent ailleurs, sur des champs de bataille vraiment meurtriers.Au Québec, son livre s'intitulait, chez VLB, Les Odile Tremblay Femmes et la guerre, encore que les françaises éditions Fayard l’aient rebaptisé Anna, Jeanne, Samia.,, y adjoignant le bandeau Femmes dans la guerre.A croire que le bandeau en question leur enfonce les deux pieds dans cette guerre-là et qu’elles s’y enlisent jusqu’aux genoux.Sous les mots Femmes dans la guerre, je vois une espèce de Guernica avec des silhouettes hurlantes prisonnières du tableau.Tout autour: du sang, de la poudre, de la fumée et des dames violées, en train de se déchirer le visage sur la tombe de leurs hommes mais portant aussi la guerre en elles comme un ver dans le fruit, bouillonnant d’une violence sur le point d’exploser.En écoutant Madeleine Gagnon évoquer cette violence-là, qui appartient également aux femmes, par-delà le glaive des violeurs fiché dans leur corps, je me disais que si le féminisme a su évoluer au cours des décennies, c’est en mettant un peu de côté l’image rassu- rante de pure victime en jupon, blanche agnelle du sacrifice, pour faire endosser à leur tour aux femmes le manteau de la belligérante.Cette belligérante fut-elle enfantée par une violence atroce qui crie vengeance.Ça prend un certain courage pour laisser entendre que la haine n’a pas de sexe tant les femmes furent avant tout flouées, torturées, endeuillées par les guerres des hommes en défroques kaki qui font depuis toujours crépiter leurs mitraillettes sur une boule en bouillie.Sauf que c’est vrai.Ni sexe ni frontière pour la haine.«Le nazi, c’est moi», écrivait Leonard Cohen avec la lucidité des poètes.Les femmes commencent à dire la même chose.Sous les discours et dans le livre de Madeleine Gagnon, la guerre cesse d’être entièrement asservie au glaive des hommes.Elle devient féminine par la bande, avec la haine jamais glorieuse qui accepte d’être un œuf du nid.Tout en n’étant ni jolie ni seyante.Juste là.La haine.Falardeau en parle aussi dans son film sur les Patriotes.On peut bondir ou non d’y entendre résonner un couplet sur la haine de l’autre, de l’adversaire, de l’ennemi, se voiler la face en appelant à toutes les oraisons pacifiques.N’empêche que Falardeau n’est pas trop dans le champ en laissant une place (petite) à la haine.N’est-elle pas attisée comme une flamme rouge aux heures des révoltes civiles et des guerres, plus que jamais?Allez reprocher à un Patriote condamné à la potence de l’héberger à la veille de la mort Elle habite forcément l’âme des pri- sonniers politiques, aux côtés du chagrin, de la tristesse et de la peur.On peut la trouver suspecte et hideuse, refuser qu’on monte aux barricades en son nom.Encore faut-il d’abord reconnaitre à la haine un droit de cité, la regarder dans le blanc de yeux pour mieux la vaincre après.Sinon, elle fera son chemin encore plus insidieusement dans le cœur des gens en les dévorant comme une armée de termites.D’où, d’ailleurs, la folie des guerres nées des haines concentrées, lâchées soudain comme des fauves.Dans le livre de Madeleine Gagnon tissé de témoignages déchirants de femmes du Kosovo, de la Bosnie-Herzégovine, de la Palestine, du Liban, du Pakistan ou d’ailleurs, brisées par la guerre, dans ce livre-là où une femme kosovar reconnaît préférer voir sa fille morte que violée, je retrouvais en écho d’autres haines en bouquet.Celles qui culminent en coups de machettes dans le roman de Gil Çourtemanche, Un dimanche à la piscine de Kigali.A cause du Rwanda en train de sombrer dans le délire sanguinaire qui s’enflamme au centre de son histoire.La haine, l’amour, la poésie et la révolte s’y tiennent la main.Comme dans le livre de Madeleine Gagnon.Comme dans le film de Falardeau.A croire que les pires sentiments et les meilleurs doivent cohabiter pour donner aux œuvres une force et une portée universelles.A croire qu'il faille toujours dire, à l’instar de Cohen: «Le nazi, c’est moi.» otrem blayP lede voi r.com DOLLARS Succès rime souvent avec productions commerciales, et pas toujours haut de gamme LA PAGE importante basée sur la performance, récompensant les producteurs et les distributeurs ayant raflé de grosses recettes aux guichets.Or succès rime souvent avec productions commerciales.et pas toujours haut de gamme, comme l’expérience l’a démontré.Hollywoodisation des fonds publics?C’est ce que craint et dénonce la Coalition culture et long métrage en appelant Patrimoine Canada à se pencher davantage sur son mandat culturel et à diver- sifier davantage les types de films financés.Quant au Regroupement des distributeurs indépendants, il fulmine contre le fait que ladite performance des films soit basée sur les recettes absolues aux guichets, privilégiant ainsi les gros joueurs.Les riches produc- .aaàælft?- -‘S;*:.DERNIERE SEMAINE Représentation dimanche 28 janvier à 15 h angue Marie-France Lambert, Dominique Quesnel, Normand D'Amour, Pierre Collin, Jean-François Pichette, Isabelle Roy, Catherine Bonneau, Patrick Hivon, Sébastien Rajotte concepteurs Claude Accolas, Angelo Barsetti, Alain Oauphinais, Marie-Pierre Fleury, Nicolas Rollin, François Vincent Photo Jean-François Bérubé L, , " • d une force inouïe ( i aiKon!-J — en baleine “ -celle parole est dure ¦ ——M.de Daniel Danis mise en scène de René Richard Cyr une création du Théâtre d ' Aujou rd'h u i 3900, rue Saint-Denis, Montréal (métro Sherbrooke) (514)282-3900 www.theatredaujourdhui.qc.ca des linpe chiens de roche DU 10 JANVIER AU 3 FÉVRIER 2001 on coproduction avec le Théâtre français du CNA CENTRE NATIONAL DES ARTS une collaboration -de *1 e ( onseil des Arts du Canada ^ ^ The Canada Council for the Arts Fonds du nouveau millénaire Millennium Fund SI Les Arts duMourier leurs et distributeurs, assis sur des succès de foule, recevraient beaucoup d’argent, les pauvres.moins.Cherchez l’erreur.Le regroupement des distributeurs indépendants demande à Téléfilm de se baser plutôt sur un coefficient tenant compte des succès enregistrés par des œuvres moins commerciales ayant remporté un important succès à leur propre échelle, qui n’est pas nécessairement celle des gros sous.Même Claire Samson, présidente de l’Association des producteurs de film et de télévision du Québec, souhaite que les enveloppes à la performance soient octroyées selon des critères moins étroits que la simple recette aux guichets et que le cinéma d’auteur ne se retrouve pas en perte d’équilibre face aux productions populaires.«Ces dernières années, au Québec, les films ayant connu de gros succès aux guichets étaient avant tout des comédies, explique le distributeur Pierre Latour, de Max Film.S’ils ont des primes au succès commercial, les producteurs pourraient être tentés de se tourner trop massivement vers ce type de films, au détriment du film d’auteur qui a été quand même notre grande force au Québec.» Qui plus est, pour être admissible à la fameuse enveloppe à la performance, producteurs et distributeurs québécois devraient atteindre 400 (XK) $ de recettes aux guichets, chiffres qui tombent à 250 000 $ dans le champ des Canadiens anglais.Les Québécois, qui rejoignent traditionnellement leur public davantage que leurs vis-à- vis anglophones, se verraient pénalisés pour leurs bons coups.Dur à avaler! Aux dernières nouvelles, dans la foulée des récentes rencontres.Téléfilm se montrerait prêt à tenir compte de certaines suggestions émises par la Coalition culture et long métrage.Un fonctionnaire de Patrimoine Canada aurait même suggéré l’idée que les recettes des œuvres commerciales servent à financer les films d’aufeur.Tout espoir n’est pas perdu.A suivre! Ne touchez pas au contenu canadien ! La Sartec (Société des auteurs radio, cinéma, télé) comme l’Union des artistes et l’Association des réalisateurs s’affolent particulièrement d’une des propositions faites à Téléfilm par certains groupes de gros producteurs et distributeurs.J’ai nommé la possibilité de modifier les critères de contenu canadien.Ces critères exigent pour l’instant que le réalisateur, le scénariste et l’interprète principal soient canadiens.Çertains donc souhaiteraient qu’un seul membre de ce trio de tête soit canadien, ce qui changerait les règles du jeu et inquiète interprètes et créateurs, lesquels ont peur de voir le tapis leur glisser sous les pieds.«Pour être canadiennes, les histoires doivent être écrites par des Canadiens», clame Annie Piérard, présidente de la Sartec.A la Sartec, on se dit ravis qu’unè aide à la scénarisation soit prévue par Téléfilm avant même que l’auteur ait trouvé réalisateur et producteur, mais on frémit devant les perspec- Art contre industrie, le cinéma a toujours sauté à cloche-pied entre ses deux mandats fives dç toucher au contenu canadien.A l’Union des artistes, la perspective de voir de grosses vedettes internationales voler à nos acteurs les premiers rôles crée l’émoi.Richard Paradis, président de l’Association des distributeurs (qui regroupe la plupart des grosses maisons de distribution (mais non les indépendants), assure que modifier les règles strictes du contenu canadien servira surtout aux productions canadiennes anglaises, qui peinent à atteindre leur public sans gros noms de stars à l’appui.On ne peut s’empêcher de lui rappeler le mouvement (qui s’accentue) de tous ces cinéastes québécois tournant en anglais.Ceux-ci pourraient avoir la tentation de diluer encore plus la couleur nationale en courtisant Robert De Niro ou Julia Roberts.Alerte rouge, donc.André Lafond, commissaire au Bureau du cinéma de Montréal, croit qu’un coup de barre commercial n’empèchera pas les films indépendants de se faire mais aidera les productions grand public à percer.«On veut quoi, exactement?Rejoindre le public?Le cinéma est aussi une machine industrielle.Si tu mets une piastre, il finit que ça rapporte à l’autre bout.On se plaint que les films canadiens ne sont pas vus.Si des vedettes américaines ou européennes les aident à décoller, mettons les chances de notre côté.» Art contre industrie, le cinéma a toujours sauté à cloche-pied entre ses deux mandats, d’où les tiraillements actuels.«On n’a rien contre la performance, on n’a rien contre le succès, déclare Roger Cantin, président de l’Association des réalisateurs du Québec.On a peur que le fédéral penche trop de ce côté là.» Dont acte.À VOS MARQUES, PRÊTS, PONDEZ! texte, mise en scene et interpretation alexis martin jean-pierre ronfard décor et accessoires charlotte rouleau costumes ginette grenier éclairages martin labrecque musique michel smith regie Colette drouin direction teciiniqun Christian gagnon production nouveau théâtre expérimental fl'41 i ¦ EST DANS ttS ŒUFS î=ï»~ iCOUES OU LA SOUMISSION d’Eugène Ionesco Avec; Jacques Allard NE BRULOTTE SlMO * 4 MIC du 8 lavrier au 10 mars 2001 du mardi au samedi à 20h30 S*"Si A Etpace Libre ¦ ¦¦ 1945 ni rullim reservations 521 4181 24 JANVIER AU 17 FÉVRIER vendredis à 20 h et samedis à 16 h et soirées scolaires en semaine, iOftJO, IM ci i%l Assistance 1 la mise en seine el regie Y/U Sènograpliie, costumes et accesseim Dims I (clatnges Claud* A Musique Ludovic L .„ Maquillages ru*ina CottNfT , - ,l'1 "e Sainte-Catherine Eu f (’¦quwau eu Viau, autobus 34 ï« De I*.autobus IJ» SU2ÊPM74 L E I) E V 0 I R .L E S S A M E I) I E T l> I M A X < H K 2 M .1 A X V 1ER 2 0 (I I Le Mois Multi Un art croisé Avec Vasistas 01 et le Mois Multi en février, à mi-chemin entre les arts, l’art multi se fait «performatif» en respectant la différence des deux entités.» Pas de conflit, pas de chicane.Trois œuvres sont partagées, «mais il était préférable que ces deux directions viennent sous deux labels plutôt que d’essayer de regrouper ça sous un seul label».Le réseau du Mois Multi s’étend cette année à l’échelle canadienne.Le High Performance Rodeo de Calgary et le 6th Stage Festival de Toronto ont mis des ressources en commun avec Recto-Verso, notamment pour faire se déplacer le Théâtre Clipa, d'Israël.«Ça devient une ligne à plusieurs points, plutôt qu’une ligne à deux pôles.On établit des relations, on partage des programmations.Ce réseautage nous permet d’accueillir des spectacles qu’isolé-ment on ne pourrait pas accueillir.]e ne sais pas si Clipa serait venu uniquement à Calgary.Recto Verso, tout seul, ne serait pas parvenu à les faire venir à Québec.» La programmation de Recto-Verso correspond aux orientations artistiques du collectif, explique Landry.L’intérêt pour l’intégration des nouvelles technologies, les mécaniques de diffusion de l’image, de l’audio, les œuvres polysémiques, à lecture ouverte, des œuvres qui donnent une importance à l’espace s’y perçoivent.L’installation y figure en bonne place.«Une des zones de liberté des œuvres multidisciplinaires, c’est le format de présentation.Ce ne sont pas nécessairement des œuvres scéniques.» Le fait d’être dans le Complexe Méduse, à Québec, fait remarquer Landry, permet de mettre des ressources en commun.Dans la programmation du Mois Multi se retrouveraient des éléments de la synergie de Méduse, qui abrite notamment Antitube, Avatar et La Bande vidéo.Méduse, dont les premiers pas, difficiles, ont fait la manchette, s’accomplirait en fin de compte.«Ce n'est pas un musée, Méduse, ce n’est pas une mine d’or, mais ça fonctionne», assure Landry.BERRl BERGERON Machin-E (E pur si muove!), des Productions Recto-Verso.JEAN-SÉBASTIEN BAILLAT ET MARTIN BERTRAND MeMyLee Miller, portrait bidule d’une femme photographe, de la compagnie Le Pont Bridge.BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Puisqu’il y a des propositions artistiques qui jouent entre les frontières, il faut bien leur organiser des vitrines qui leur sied, dans leur volonté de sortir des contraintes et des définitions supportées par les pratiques conventionnelles et éprouvées par le temps.Bien qu’on puisse dire que très peu de productions restent liées, de nos jours, intimement à une seule pratique, s’accrochent à un seul horizon, reste qu’une forme de spécificité semble être sur le point, si ce n’est déjà fait, d’être arrêtée.Des événements se chargent de donner un cadre, mouvant il va sans dire, à ces productions qui s’échappent.Le Mois Multi, à Québec, qui en est à sa seconde vie, et l’événement Vasistas 01, à Montréal, à sa toute première, lui qui préfère l’appellation interdisciplinaire, donneront au mois de février la saveqr de l’entredeux.A mi-chemin entre les arts, l’art multi se fait «performatif».Les deux événements l’an passé ne faisaient qu’un.Le Mois Multi, mis sur pied par l’organisme Recto-Verso, qui sévit dans le Complexe Méduse à Québec, était lié avec le Théâtre La Chapelle à Montréal, pour présenter l’événement main dans la main.Cette année, les deux organismes font chambre à part.Chacun a monté sa programmation respective, bien que trois manifestations se retrouvent dans les deux calendriers.Tension dans le couple?Pas du tout.Pascale Landry, directrice générale des Productions Recto-Verso et aussi performeuse, nous explique que «l’objectif de départ des Productions Recto-Verso et du Théâtre La Chapelle était de soutenir la création multidisciplinaire, de favoriser sa diffusion et de créer un pont entre le public et les artistes, donc d’organiser un événement où il y aurait une densité d’œuvres présentées en un court laps de temps».Cela dit, les directions artistiques étaient distinctes.Le concept a évolué.«On s’est rendu compte que, pour atteindre nos objectif de clarté de programmation, on était mieux de fonctionner CURA Wanted, du Theater Clipa.L’élément humain L’élément performatif, et pas nécessairement la performance comme discipline, lie les œuvres dans le nouveau Mois Multi.Une seule œuvre ne contient pas d’élément humain, celle de Marc Fournel, Le Puits, qu’on a vue l’an dernier à la triennale L’art qui fait boum!, au Marché Bonsecours, à Montréal, dans laquelle le spectateur joue tout de même un rôle actif, selon un principe d’interactivité.La programmation du Mois Multi fait place aux installations audiovidéo, avec E pur, si muove! {Et pourtant, elle tourne!), une idée originale de Rachel Dubuc et Berri Bergeron, tous deux formés en architecture, pour laquelle Landry vêtira ses habits de perfor- meuse, du 1" au 4 février.Le trio de performeurs formé d’Eric Gagnon, «aux interventions vidéo et musicales», de Pierre Hébert (gravure sur pellicule) et de Frédéric Lebrasseur (percussions), apprécié par ailleurs dans ses groupes, Interférence Sardine et Les Ba-tinses, du 6 au 10 février, reprendra le flambeau, avec Fleuve.Wanted, de Clipa, tient la route pendant deux jours (9 et 10 février), MeMyLee Miller.Portrait bidule d’une femme photographe, la fresque multiforme de la compagnie Le Pont Bridge et de Carole Nadeau, sur la vie et l’œuvre de la photographe américaine, prendra l’affiche du 14 au 17 février.Le Puits aura une vie plus longue, du 20 février au 2 mars.01, une performance multimédia de Paul Li-therland, avec le batteur Alex McSween, sur le langage, sera présentée les 23 et 24 février, aux mêmes dates que Symphonie numéro 2 pour imprimantes matricielles, du duo [The User].Le Mois se terminera avec La, du grqupe La Bande vidéo, le 2 mars.A Montréal, au Théâtre La Chapelle, trois de ces pièces sont reprises, Wanted (2 et 3 février), Fleuve (15 et 16 février) et La (17 février).La programmation, pensée par le directeur artistique Ri- chard Simas, inclut également, de Californie, The Lady’s Glove, de Laetitia Sonami, qui jouera le 10 février de son gant magique et musical, et Les Voisins, du Arbo Cyber, Théâtre (?) de Québec (les 21, 22, 23, 24 et 28 février et du 1er au 3 mars), un «jeu-vérité extrême» pour écouteurs.L’Oiseau de glace (du 2 au 24 février), de la performeuse Marie-Andrée Rho, comme les expositions Mémoires vives de Pierre Crépô (du 2 février au 3 mars), dans le hall d’entrée du Théâtre La Chapelle, et Face B, une exposition bicéphale avec l’artiste et bruitiste Jean-Pierre Gauthier et le musicien Martin Té-trault, qui échangent leurs disciplines, à la galerie Dare-dare (460, Sainte-Catherine Ouest, espace 505, jusqu’au 24 février).MOIS MULTI Complexe Méduse 591, rue de Saint-Vallier Est à Québec (418) 524-7577 VASISTAS 01 Théâtre La Chapelle 3700, rue Saint-Dominique, à Montréal (514) 843-7738 Maurice Maeterlinck theatre uftu V théâtre du rideau vert Du 23 janvier au 17 février 2001 Mise en scène: Denis Marleau Avec Gabriel Gascon, Gregory Hlady, Pascale Montreuil, Marie-Claude Marleau, Annik Hamel, Daniel Soulières, Catherine Asselin-Boulanger et Éliane Préfontaine Assistance à la mise en scène: Stéphanie Jasmin Régie générale: Élaine Normandeau Concepteurs: Catherine Granche, François Barbeau.Denis Gougeon, Stéphane Jolicoeur et Nancy Tobin (514) 844-1793 - www.rideauvert.qc.ca 4664.rue Saint-Denis - métro Laurier - Service de garderie l,K DKVOIR les samedis et dimanches en matinée, sur réservation seulement.sp 02253333 IPtvr Omni Télé Québec LES ÉTERNELS PIGISTES PRESUMENT SUPPIËNMTMRIS ¦ —f^fmôrééï» Wontrèol te «M e un roz-w 6on| Delta CENTRE-VILLE Lundi 12 février - 20h Us lUiClto-Concen s du Centre IVrre-Péladeau Impressions d'un siècle Ingrid Schmithüsen et l'Ensemble de la SMCQ Sous la direction de Walter Boudreau La soprano d'origine allemande Ingrid Sdimithusen et l'Ensemble de la SMCQ, sous la direction de Walter Boudreau, témoignent de l'inspiration poétique des compositeurs de la fin du XDC à la fin du XX* siède.Oeuvres de Lisrt à Denis Gougeon en passant par Ravel, Stravinski, Schoenberg, Delage, Weill, Chan Ka Nin et Claude Vivier.chaîne culturelle h Radio-Canada Desjardins Vendredi 16 et samedi 17 février - 20 h * j TLesldees heureuses société de musique baroque 14e saison 2000-2001 MONTRÉAL Direction artistique fM | MMIÉRT Geneviève Soly - et Natalie Michaud www.ideesheureuses.ca Sortez avec Louis XIV! ¦ %.- -1 Spectacle de danse et musique baroque Avec la compagnie de danse baroque française l’Éventail et l’Ensemble des Idées heureuses «VOYAGE EN EUROPE» Chorégraphies originales sur des musiques de Campra, Purcell.Rosenmüller et Vivaldi Accrochez vos perruques, ça va décoiffer! 16 h 30 PROGRAMMATION Février 2001 Département de musique de l'UQÀM Guy Variasse, flûtiste et Suzanne Blondin, Pianiste : La Chapelle de Montréal, Vivaldi et Caetera, Dir.Yanick Nezet-Séguin Dynamo Théâtre, Mur-Mur Passion Jeunesse Dynamo Théâtre, Mur-Mur Passion Jeunesse José Greco II, Passion : Flamenco Découvertes du Monde Projet Mozart, concerts-midis, entrée libre Pierre Jasmin, Pianiste Munich : Mozart féministe ?! ?Mannheim : Les amours de Wolf gang « Alla Turcat » La diversité culturelle chez Amadeo Angèle Dubeau et La Pietà Violons d'enfer____________________ __________ ; Ingrid Schmithüsen et l'ensemble de la SMCQ Impression d'un siècle, Dir.Walter Boudreau, Les idées heureuses et la troupe de danse baroque l'Éventail de France Voyage en Europe : sortez avec Louis XIV Orchestre Baroque de Montréal Les grands millésimes, Dir.Joël Thiffault Solliste invité Daniel Taylor, Haute conte SMCQ Solo ! Dir.Walter Boudreau________ Les Grands Explorateurs Histoire d'un Empire, La Turquie__________ Conservatoire de musique de Montréal 7 14 28 9 et 10 16 et 17 U ]8________ 19 au 23 Billets : 987-6919 Admission ; 790-1245 LE DEVOIR Centre Pierre-Péladeau Salle Pierre-Mercure 300, bout, d* Maisonneuve Est Montréal Pécaapei et ttmervez L E 1) E V 0 IB.LES S A M K I) I K T I) I M A N C HE 2 S .1 A X V I K K 2 0 0 1 C f) CINÉMA Une scène du film Né en Absurdistan, de Houchang Allahyari.SOURCE FUN FILM Par-delà les frontières NE EN ABSURDISTAN De Houchang Allahyari.Avec Julia Stemberger, Karl Markovics, Meltem Cumbul, Ahmet Ugurlu.Scénario: Tom Dariusch Allahyari, Agnes Pluch, Houchang Allahyari.Image: Helmut Pirnat Montage: Charlotte Milliner.Musique: Marios Kopstas-Anas-tassiou.Autriche, 1999, 117 minutes.MARTIN BILODEAU Il arrive que la rareté, sur nos écrans, d’une cinématographie étrangère, que la singularité du propos que son rejeton aborde et le rapport que celui-ci nous fait de cet «ailleurs» nous fassent amender les faiblesses d’un film.C’est un peu ce qui se produit avec Né en Absurdistan, comédie venue d’Autriche, signée Houchang Alla- hyari (ILove Vienna), cinéaste originaire d’Iran, qui se penche, à l’heure où l’Autriche, avec la montée de la droite, resserre son étau protectionniste et étanchéifie sa frontière avec la Turquie, une histoire pas banale d’échange culturel, voire une fable sur l’inclusion, la tolérance et le partage.Ça commence dans une chambre de la maternité d’un hôpital viennois où reposent deux mamans, l’une autrichienne (Julia Stemberger), fille de ministre mariée à un haut fonctionnaire (Karl Markovics), l’autre turque (Meltem Cumbul), mariée à un aimable ouvrier (Ahmet Ugurlu), leurs bébés respectifs à leurs côtés.Emportés dans le tumulte d’une chicane entre les deux familles, les bébés seront délibérément inversés par une infirmière, à l’insu des parents.Lorsque, quelques mois plus tard, les pa- rents autrichiens apprennent la chose, les parents turcs viennent tout juste d’être renvoyés dans leur pays pour avoir omis de communiquer leur nouvelle adresse à l’Etat.Qu’à cela ne tienne, le couple part à leur recherche, espérant ramener leur bébé sans même avoir à donner le «leur» en échange.Au cœur d’un village mené par un despote qui a fait main basse sur la Mercedes du couple, le quatuor amorce des négociations serrées, dont l’ultime enjeu demeure le retour en Autriche de la petite famille injustement expulsée.Abordant sur le mode de la comédie un thème difficile qui a déjà fait l’objet de drames poignants (Winterflower, de Kadir Sôzen, est un de ceux-là), Né en Absurdistan fait délibérément la sourde oreille aux enjeux politiques et sociaux, limitant son analyse au combat de deux familles que les circonstances fusionneront en une seule.Celle-là au-dessus des lois, au-delà des frontières, et par-delà les préjugés sociaux censés préserver l’intégrité des frontières, psychologiques autant que géographiques.On ne compte plus les raccourcis (entre deux cratères) du scénario, souvent trop au service du gag de l’instant et du détour à prendre pour énoncer avec éloquence ses préoccupations sociales et politiques.La mise en scène, à hauteur d’un feuilleton télévisuel, et l’interprétation, homogène et sans éclat, finissent de témoigner de la faiblesse d’un film qui, pour se rendre jusqu’ici, a dû faire valoir d’autres qualités et susciter une curiosité autre que celle qu’inspire la découverte d’une œuvre ou d’un auteur, laquelle s’exercera ailleurs.Uombre de l’ombre SHADOW OF THE VAMPIRE (L’OMBRE DU VAMPIRE) De M.Elias Merhinge.Avec John Malkovich, Willem Dafoe, Cary Elwes, John Aden Gillet, Catherine McCormack.Scénario: Steven Katz.Image: Lou Bogue.Montage: Chris Wyatt Musique: Dan Jones.Etats-Unis, 2000,89 minutes.MARTIN BILODEAU Rien de mieux, pour reconnaître la portée et le sens du courant expressionniste allemand, que de voir ou revoir ses chefs-d’œuvre, que le Goethe-Institut présente jusqu’au 8 mars.L'institution ne peut d’ailleurs que se réjouir de la coïncidence voulant que Shadow Of The Vampire, premier long métrage d’E.Elias Merhige, relatant en reproduisant son style la création de Nosferatu par F.W.Murnau, en 1921, sorte en même temps que s’amorce sa rétrospective consacrée aux ténors du mouvement (Pabst, Wiene, Lang).Du coup, Shadow Of The Vampire passe pour un détour inutile, le pastiche peu édifiant d’un genre, et d'un film, qui a si fortement influencé le cours de l’histoire du cinéma que toutes les écoles de cinéma qui se respectent le mettent au programme.Ce qui explique d’ailleurs que cette comédie noire, issue de l’imaginaire d’un bon élève d’une de ces écoles, donne l’un-pression d’un exercice de fin d’année, sincère, appliqué, mais finalement trivial et inabouti.Pour tout dire, le scénario est l’œuvre d’un mordu de Nosferatu, Steven Katz, également ami de Nicolas Cage, producteur de ce film qui s’inspire des légendes et rumeurs qui ont entouré la sortie du chef-d’œuvre de Murnau, lesquelles laissaient entendre que Max Schreck, le comédien à qui le cinéaste avait confié le rôle du comte Orlock (inspiré du Dracula de Bram Stoker, dont Murnau n’avait pu obtenir les droits), était VERSION FRANÇAISE CINÉPLEX OOÉON V ORIGINALE AVEC SOUS TITRES ANGLAIS A L'AFFICHE! Cartier Ce n t ri 3536 boni St-lmrant BHletlena |514)M7-?206 Un suspense psychologique très troublant » La Presse, Marc-André Lussier BERNARD GIRAUDEAU JEAN-PIERRE LORIT FLORENCE THOMASSIN uneAffaireneGoût un film de BERNARD RAPP «Des inuiiies grandioses, inoubliables.Des images qui font rêver.» Le Journal de Montreal «L'aventure humaine est réelle, et le pari technique titanesque, et c'est réussi.» Voir «Paysage à couper le souffle, tout est superbe.» Le Nouvel Observateur Jacques Perrin présente Himalaya L’ENFANCE D’UN CHEF Un iiim «Je Éric Valli [www.remBtarcorp.com REIVlHESa A L'AFFICHE! r—-CINEPLIX OOÉON1 CINEPLEX OOEON-1 r—— GINfPt FX OOf ON- i-OINf MA PINF -1 [QUARTIER LATIN ?11 DAUPHIN ?11 UVAL IG»lerie»lTJ [ STE-ADÉLE ?| À L’AFFICHE! un véritable vampire.Cette légende sert d’argument principal à Shadow Of The Vampire, dans lequel John Malkovich, dans le rôle du cinéaste tempétueux et pervers, conduit son équipe dans un village isolé des collines roumaines, où les rejoindra Max Schreck (Willem Dafoe) qui, pour le bien du film, a choisi de rester, entre les prises, dans la peau de son personnage de vampire, ne découvrant jamais à ses coéquipiers un autre visage que celui, terrifiant, du comte Orlock.La malédiction qui pèse sur le film ne tarde pas à échauffer les esprits, et le sang prélevé dans quelques jugulaires ne laisse plus aucun doute sur l’identité du coupable, avec lequel Murnau, plus fou que jamais, négocie la bonne continuation de son œuvre contre quelques chairs à croquer, dont celle de Greta (Catherine McCormack), la star capricieuse du film.Au delà du risque de voir cette légende prendre le pas sur la vérité dans l’imaginaire de cinéphiles influençables, reste une comédie ludique et plutôt appliquée, un exercice plastique pour cinéphiles de minuit, dans lequel Willem Dafoe, génial et méconnaissable, livre un Nosferatu impressionnant, visiblement plus inspiré de celui que Klaus Kinski incarnait dans le remake de Werner Herzog que de r«original».Pour sa part, John Malkovich ajoute une coche, sans qu'on sente l’effort de se répéter ni le goût de se renouveler, à son palmarès de machiavels.Du sang neuf ne lui ferait aucun tort, et à nous non plus.Douloureuse confrontation PROTECTION Réalisation et scénario: Bruce Spangler.Avec Nancy Sivak, Jillian Fargey, Hiro Kanagawa, William MacDonald, Jennifer Copping, Cam Chai, Nicole LaPlaca, Giacomo Baessato.Image: Brian Johnson.Musique: Bruce Spangler.GUILE THEM BLAY LE DEVOIR Rien de plus méritoire que de tourner un film d’auteur à Vancouver.L’industrie tout entière est un bassin de techniciens et un plateau de tournage pour Hollywood.Ceux qui se piquent de faire une œuvre personnelle travaillent dans l’urgence pour trouver des collaborateurs et effectuent eux-mêmes une grosse partie du travail.C’est ce qui est arrivé à Bruce Spangler, à la fois scénariste, réalisateur, coproducteur et compositeur de Protection, tourné vite et avec trois sous.Les bonnes intentions et le courage de travailler dans des conditions de fortune ne produisent pas toujours les meilleures œuvres pour autant Protection, sur un thème difficile mais archi traité — les méfaits de la drogue dans les milieux familiaux en dérive —, est un film qui n’a pas su aller au bout de son audace, tout en se collant au réel.Car Spangler est un ancien travailleur social qui a transféré à l’écran force expériences personnelles.Le bon côté de Protection, c’est ce parti pris de ne pas mettre en scène des bons travailleurs sociaux vs les mauvais drogués, mais de montrer que chacun est pétri de contradictions, tant Jane (Nancy Sivak), la travailleuse sociale, qui doute des décisions lourdes de conséquences qu’elle doit prendre, que Betty (Jillian Fargey), mère faible abonnée à l’héroïne qui aime pourtant ses enfants et n’accepte pas l’idée qu’on lui en retire la garde.Le cinéaste a tricoté cette douloureuse copfrontation d’employés de l’Etat et de familles désorganisées avec une incursion dans la vie sentimentale de la travailleuse sociale, ce qui dilue le propos du film sans apporter grand-chose à l’histoire.Le grand défaut du Protection est d’être platement tourné, sans regard vraiment neuf, sans la force que des œuvres à portée sociale (on pense surtout à l’école britannique des Ken Loach et Mike Leigh) peuvent dégager sur des thèmes similaires.Il y a bien du réalisme dans cette description d’une famille reconstituée, où le copain de la mère est sans doute à la fois un agresseur sexuel et un bon ami pour le garçon, et la mère, une femme également double, sauf que Protection a peine à extrapoler, à se dégager de son thème pour lui offrir un biais d’analyse.Les jeux d’acteurs n’ont rien de transcendant non plus, encore que William MacDonald dans la peau de Joe, le copain héroïnomane, possède une certaine force de frappe, mais ni Nancy Sivak Cane) ni Jillian Fargey (Betty) ne parviennent à habiter vraiment leurs personnages.Film honorable mais plutôt amateur, Protection ne parvient guère à se hisser au rang d’œuvre-choc que son sujet réclamait.SOURCE K FILMS Nancy Sivak dans le rôle d’une travailleuse sociale dans Protection, de Bruce Spangler.Road-movie plastifié et prétentieux THE GODDESS OF 1967 De Clara Law.Avec Rose Byrne, Rikiya Kurokawa, Nicholas Hope, Elise McCredie.Scénario: Clara law, Eddie LC.Kong.Image: Ion Beebe.Montage: Kate Williams.Musique: Jeu Anderson.Australie, 2000,118 minutes.MARTIN BILODEAU C> aurait fait un court métrage au rythme tranquille.Hélas, la cinéaste australienne Clara law (Autumn Moon, Temptation Of A Monk) a choisi de faire de The Goddess of 1967, son neuvième film, une expérience de lenteur, échelonnée sur deux interminables heures d’images ultracom-posées en comparaison desquelles les films de Hal Hartley et Wong Kar-wai passent pour des thrillers enlevés.Le point de départ, le propulseur et le théâtre de ce road-movie plastifié, étiré et finalement prétentieux, est une Citroën DS datant de 1967 (DS, déesse, goddess, suivez le glissement) qu’un jeune Japonais (Rikiya Kurokawa) est venu acquérir en Australie après l’avoir négociée par courriel avec son soi-disant propriétaire.Arrivé sur les ' _ UNE COMÉDIE SANS COSTUMES DE GABRIEL ACHION VINCENT PEREZ FANNY ARDANT CHRISTIAN CHARMFTANT FRANÇOISE LEP1NE FRANÇOIS LALANDE AUDREY TAUTOU VAHINA CIOCANTE BRUNOTODESCHINI AIRIB.«¦,*»( umm » UK f««»VU I, A!W,xu MiwfMIVHM ljlRl>IMI*ulTWCim*D»;OIAVA»«Ttali™iwmiM'»tllOiœmw*»JÏAN.MAIIIEt*IIUK»JIAK' MICHEL JOSÏANE SERRAULT BALASKO ARNAUD LEMAIRE YANN DUFFAS VTMMii i»% ms WF.¦ UK FMMAM Tl SCHMITT OU'1ER RtJKl va RRKirUI IMTIBNATIONAI I AMMFIt ft WM EM AM Al DI M VtVR CWICHt h SI MNM I* KRENBUtMï IKTHKONTim.NUL isHuoMMi iKMt Mrw « fdah TFI nun wmronN 5a«h Cotmuwo* m .jomFiu* wwwiiimumvtoM KLM EüSJ IM Vir.torii alexftlniT^com ijft] international 13 ci tj// i cr /i c tj c ri lire tii Ce fé ta r i a r lieux, une jeune aveugle (Rose Byrne) l’accueille dans la maison sens dessus dessous, où la cervelle du vendeur et de son épouse assassinés colle encore aux murs.L’énigmatique handicapée l’invite illico à prendre le volant du rose et luxueux véhicule, qui repose dans le garage, et d’entreprendre avec elle un périple à travers le désert australien.Lui fuyant un passé récent de fraudeur, elle répondant à l’appel de ses souvenirs d’enfance marqués par la mort de sa mère et les agressions sexuelles de sop père, le tandem roule et roule.A travers les nuages de poussière, le passé sordide resurgit, éclairant le présent sourd de l’aveugle stigmatisée et nourrissant l’affection que lui porte bientôt son partenaire en cavale, hacker amoureux des reptiles, à qui ce chemin dans la brousse permettra de renouer avec le monde des humains.Le film en entier repose sur la juxtaposition de figures géométriques (la voiture aux formes séduisantes, les héros aux silhouettes typées, les paysages désertiques où se profilent des fermes désaffectées et des derricks fantomatiques) que la cinéaste agence au gré de fantaisies picturales pour lesquelles elle a cependant du mal à communiquer sa passion.A défaut d’être vraiment singulier, le style de Clara law est sûr, animé par une mise en scène qui allie la sobriété et l’effet, la vigueur et le vide, et que stimule avec invention une musique, sorte de country électronique, qui sied parfaitement à pareil projet de décoration.Car, comme on dit de quelqu’un qu’il s’écoute parler.The Goddess of 1967 se regarde faire.De sorte que l’émotion ressentie par l’héroïne, d’ailleurs très bien campée par Rose Byrne, n’arrive jamais à quitter l’écran pour venir nous réchauffer un peu et que la passion du héros pour la DS, dont Roland Barthes supposait qu’elle était "tombée du ciel», s’enfonce sans nous dans l’impasse de la photogénie. L K I) K V OIK, I, K S S A M EDI 27 E T D I M A X ( Il E 2 S .1 A \ V 1ER 2 II O I Il ï X CINÉMA La route vers le sacrifice 15 FEVRIER 1839 Réalisation et scénario: Pierre Falardeau.Avec Luc Picard, Sylvie Drapeau, Frédéric Gilles, Pierre Rivard, Yvon Barrette, Denis Trudel, Luc Proulx.Image: Alain Dostie.Musique: Jean St-Jacques.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Les sceptiques seront confondus.15 février 1839, le fameux film de Pierre Falardeau que Téléfilm refusa si longtemps de subventionner, le fruit de la colère et de l'acharnement, l’œuvre portée par les coups de gueule de son géniteur, ne pouvait tout bonnement pas se planter.Ça aurait fait plaisir à trop de monde.Reste à Téléfilm l’exercice du mea-cul-pa.Falardeau signe ici son meilleur film, une œuvre d’intensité portée à la fois par le jeu sensible des comédiens et par un climat quasi mystique qui lui apporte sa grâce.15 février 1839 montre à quel point un film n’est pas contenu uniquement dans son scénario, à quel point aussi la couleur des éclairages, le jeu des comédiens, le rythme peuvent apporter une couleur originale imprévue et parfois bouleversante.Basé sur les lettres de Chevalier de Lorimier, sur son testament, sur des témoignages, mêlant histoire et extrapolation, le film évoque les dernières 24 heures de deux Patriotes condamnés à être pendus le lendemain avec d’autres compagnons, à la prison du Pied-du-Courant de Montréal.S’insérant dans la lignée du Party et à'Octobre, huis clos d’hommes confrontés aux situations extrêmes de l’emprisonnement ou de la captivité volontaire, mais dépassant ces deux œuvres en unité, en émotion, en beauté formelle aussi, 15 février 7839 apporte une dimension nouvelle à Frédéric Gilles et Luc Picard dans le frim 15 février 1839 de Pierre Falardeau.l’univers trop manichéen de Falardeau.Quelque chose comme la tendresse, le respect, la douceur, plus de nuances aussi.Appelons ça une maturité de cinéaste et n’en parlons plus.Luc Picard apporte au rôle de Chevalier de Lorimier, héros principal, une sensibilité frémissante.Son personnage de condamné qui a peur mais qui tient le coup, qui étreint sa femme et rit avec des copains, restera humain de bout en bout, sans sombrer dans la caricature, mais au contraire en passant par toute la gamme des émotions avec une dignité qui n’exclut jamais la faiblesse.Quant à Sylvie Drapeau, on peut trouver un brin excessive sa prestation bouleversée en épouse qui fait ses adieux à l’homme qu’elle aime, mais force est d’admettre que la situation se prête à l’étalage de sentiments puissants.Ici son visage torturé en gros plan devient l’incarnation même de la douleur, alors qu’elle étreint son mari comme une pietà éplorée.Le rythme est lent et attentif à ne jamais perdre le fil des émotions, à respecter cette espèce de chemin de croix d’hommes qui se préparent à mourir et pour qui chaque minute compte et doit être saluée comme une étape vers le renoncement à soi pour «UN MAUDIT BEAU FILM! COURREZ VOIR ÇA! PATRICE L'ÉCUÏER, RADIO-CANADA «UN FILM FORMIDABLE.RACONTÉ SURUNTON ABSOLUMENT IMPECCABLE!» RENÉ HOMIER-ROV.1QS «UN FILM MAGNIFIQUE.» SOPHIE DURDCHER.TÉLÉ-QUÉBEC «C'EST UN FILM QUI REJOUE L'HISTOIRE ET CARBURE À L'ÉMOTION!» CLAUDEOESCHÉNES, RADIO-CANAOA UN HLM OÊ PIERRE FALARDEAU avec LUC PICARD SYLVIE DRAPEAU FRÉDÉRIC GILLES avec PIERRE RIVARO MARIUBARD (VONBARRETTE DENIS TRUUEL LUC PROULX STÉPHANE F.JACQUES BENOIT OAGENAIS JEAN GUY JEAN-FRANÇOIS BLANCHARD MAR1IN DUBREUIL ROCK CASTÛNGUAf JERRJ SNELL JULIEN POULIN 0lft£CllÜftPhl)1Ü ALAIN DOSTIE OlttUIJfcAflTISlIOUl JEAN-BAPIISTE TARD cRfAiioftüti Co; nus MARIO DAVIGNON concipiunsonohi SERGE BErUCHEMINri MMH1EU BEAUÜIN msiout J&M ST-1ACQUES KTMAet CLAUDE P/’.LARDY prjüuciLünofUGUÉ RENÉCKÉNIER PwoLHiitun/ ss ocifMMCDAIGLE [pMxiunRmfiERNADETTE RAïEÙRlsctwmTRaLisAiu* PIERRE FALARDEAU INt( (SKMll Dt P mPNnNNIlItlN'MPPimCUUIWUUVdHItO lOUVtMNWIiltUMNIIC MMMMDtCMBl1timiS.FMSrAMIiaMIU(MINCMt*MlMlHMICMMllllM0llA1HfWiMPMUa(l itfiiMmwtM iiMNIPM WIAPNMi miwmai UCPPnUllMDt NvllIIPPINamil PtNKllMKMviK.À L'AFFICHE! version originale française avec sous-fitres anglais I-FAMOUS PLAYERS-I ICENTRE EATON ?! De la PURE MAGIE COMME VOUS N'EN AVEZ JAMAIS VUE ! «LE MEILLEUR FILM DE L'ANNÉE !» l a Presse The Gazette Le Soleil Time Magazine New York Daily News • LA Da«lv News US Weekly New York Post - Toronto Sun Toronto Star S GAGNANT DE 1 * GOLDEN GLOBES «?» - Man - André Lussier.LA PRESSE «?» Paul Heori Gouftt LF JOURNAL DE MONTRÉAL «?» Inkit Cnttm J11F CAZFTTI «?» -Normand Provencher 1.1 SOI I II «?» IX-nise Martel, JOURNAL DI QUI III ( «?» Melon Kocpke HOUR «FANTASTIQUE.» Claude Des»hénes MONTRI Al (TSOIR SRI «MAGIQUE» l’atil Henri Camlet.11 JOURNÏT 1)1 MONTRI A CHOW YUN FAT MICHELLE YEOH r-ligre* Dragon UN III M DI ANG ER! X jerjQ «luTciii crouthinj» figer, tom- • VERSION FRANÇAISE • ( CINÊPLEX ODE ON —I | FAMOUS PLAYERS STARCITÉ I IqüARTIER LATIN ?11 MONTRÉAL ?| r——CINEPLEX OOEON- i r—MÊÜA PLEX * GUZZO —n 1 BROSSARD ?11 TASCHEREAU 18 ?l ï-CINEPLEX ODEON—i i-MEGA PLEX-» QUZZO—i I LASALLE (Place) ?11 JACQUES CARTIER 14 ?| f—CINÊPLIX ODÉON-1 i-CINEMA-1 1 LAVAL (Carrefour) ?11ST-EUSTACHE ?1 i—CINEPLEX OOEON-— s p GAI ERIES ST HYACINTHE N 1 ST-BRUNO ?IIST-HYACINTHE ?! r—CINEPl FX ODEON-1 i— CARREFOUR DU NORO—ï I BOUCHERVILLE ?11 ST-JÉROME ?| I-CAPITOL -1 i-CINE ENTREPRISE-1 | ST-JEAN ?11 PLAZA REPENTIGNY ?| I—-CINÉMA 9 1 I FAMOUS PLAYERS STARCITÊ | I QATINEAU ?! I HUtliL ?| r—LE CARREFOUR 10—n -CINEMA PINf ' i 1 JOLIETTE ?IISTE-ADÉLE ?! ?SON DIGITAL DÈS LE VENDREDI 2 FÉVRIER ! V.ORIGINALE AVEC f—LiNÉPUx i SOUS TITRES FRANÇAIS l—CINÉPUX ODÉON-1 IQÜARTIER LATIN ?! VERSION ORIGINALE AVEC SOUS-TITRES ANGLAIS IIpabamountTI IMAX i-FAMOUS PLAYERS "¦ i 1 COLOSSUS LAVAL ?1 époux, extrême-onction, montée à l’échafaud —, le film repose aussi sur des petits moments de vie carcérale, dernier repas au milieu des farces bouffonnes, cours loufoque de natation.11 repose aussi sur la beauté des images dont les éclairages de clair-obscurs rappellent certains tableaux de Georges de La Tour.Oui, il y a bien quelques sorties «falardiennes», échos des préoccupations politiques contemporaines du cinéaste.Deux passages frappent: celui où il est question de la haine de l'adversaire (quand même justifiable en une veille d'exécution), un autre constitue une ode aux extrémistes et résonne comme une profession de foi personnelle du cinéaste.Le fait que ces tirades aient été absentes du scénario publié chez Stanké se révèle, somme toute, assez amusant.Les lec- teurs chez Téléfilm auraient, on le présume, exigé quelles disparaissent.Ces phrases sont apparues, ni vu ni connu, à l'heure du tournage.Comme quoi un cinéaste peut aussi garder dans sa manche ses répliques les plus susceptibles de susciter la controverse pour les lâcher au dernier moment en criant: «Coucou!» Falardeau est un réalisateur orienté et un homme qui ne fait pas dans la dentelle.Il a quand même mis ici de l'eau dans son vin fort, moins noir et blanc que d’habitude, un peu tout de même.On ne se refait pas.Le spectateur n’a pas à partager ses positions pour apprécier son film, juste à accepter d'arpenter un moment avec ses personnages la route vers le sacrifice, qui possède des résonances nationalistes pure laine évidemment, mais également universelles.J0HI1 fflflllDYlCHÎ Ull CARL VAI.IQUET se fondre en une cause à laquelle ces hommes adhèrent jusqu’à la mort.Par-delà les scènes clés — dialogue entre Chevalier de Lorimier et un soldat ennemi qui s’excuse jusqu’à l’absurde du rôle qu’il joue, rencontre ultime des deux «EnvoûtaniI>>K - Rolling Stone «Fascinant! WS Tout à fait ’ brillant et il captivant!» §| - Variety «Fabuleux!» I - Los Angeles Times «tu 1922.F.W.Murnau créa «Nosferatu».le Jilm de vampire le plus réaliste de l’histoire du cinéma.» y' PI v r Di snnooui tu un vomrini ____ m frhfriaiiin FAMOUS PLAYEfTS STARCITÊ I I FAMOUS PLAYERS—i l—FAMOUS PLAYERS-1 I MEGA-PLEX’-GUZZO 1 MONTRÉAL ?11 PARISIEN ?11 COLOSSUS LAVAL ?11 JACQUES CARTIER 14 ?| ï— MEGA-PLEX “ GUZZO —l f—-—CINEMA-1 i-CINEMA 9-1 ITASCHEREAU 18 ?11ST-EUSTACHE ?| [ROCK FOREST ?j À L'AFFICHE! [rRois-RIVIËRESO.?! I GATINEAU ?| VERSION ORIGINALE ANGLAISE • LES CINÉ MAS GUZZO —| r~ FAMOUS PLAYERS — ï-FAMOUS PLAYERS —i i-FAMOUS PLAYERS-1 i— LES CINÉMAS GUZZO —l f- FAMOUS PLAYERS —l l FAMOUS PLAYERS STARCITE i [PARAMOUNT ?11COUSEE KIRKLAND ?11 DES SOURCES 10 ?11 COLOSSUS LAVAL ?11 HULL ?| K FILMS AMERIQUE présente Festival des Films du Monde t OOO Compétition officielle fk« «Semblable à du Ken Loach des meilleures années» Scénario BRUCE SPANGLER • Directeur de la photofraphie BRIAN JOHNSON • Décors ROBYN BADGER • Montage MICHAEL BROCKINGTON et LUIS LAM • Supervision sonore MICHAEL COLOMBY • Musique BRUCE SPANGLER • Consultant de production SHARON McGOWAN • Production ERIK PAULSSON et BRUCE SPANGLER • Réalisé par BRUCE SPANGLER v.originale anglaise avec sous-titres français A L’AFFICHE! C 1NÉMA PARAL L f L E e x Ce n t r i s ll#ul s,'l,ur,," c a v.c il i i i 3 giuitttni:(SU)I47-»M GAGNANT GOLDEN GLOBE MEILLEUR ACT EUR « Une explosion demotions qui vous coupera le souffle ! » Hex Reed, NEW YORK OBSERVER S^ffJMONDE I>h»amW «ks ncmilURS e®'•ertav.b e r—CINEPIFX ODÉON—i .EAMOUS PLAYERS STARCITE I I CINEPLEX ODÉON—i |- - I ES CINEMAS-1 [QUARTIER LATIN ?! 1 MONTRÉAL ?11 LASALLE (Place) ?I IlANOELIER 6 ?| f— Mf GA Pl CX - GUZZO -—s r—ME GA PLEX-V GUZZO—^ r— MÉOA PLEX * GUZZO —1 r—CINÊPLEX ODÉON -i 1 TASCHEREAU 18 ?[ | JACQUES CARTIER 14 ?[ [PONT-VIAU 16 ?H [LAVAL (Carrefour) ?| I-CINEMA-1 I CINÊPLEX ODÉON—s CINÉPIE X ODÉON—1 r—CINÊPLEX ODÉON—1 1 ST-EUSTACHE ?| [ ST-BRUNO ?[ [CHÂTEAUGUAY ENCORE ?| [CARREFOUR DORION ?[ I-CINÊPLEX ODÉON-1 (-CINÊPLEX ODÉON-1 F— LES CINÉMAS QUZZO-1 r—LES CINÉMAS GUZZO—i | PLAZA DELSON ?| [BOUCHERVILLE ?[ [TERREBONNE 8 ?ï ISTE-THÉRfeSE 8 ?[ r GAI FRIES ST HYACINTHE -1 i-CAPITOL —¦ " "1 f—CINÉ-ENTREPRISE—S f— CARREFOUR OU NORD IST-HYACINTHE ?! | ST-JEAN ?11PLAZA REPENTIGNY ?] fST-JÉRÛME ?I À L'AFFICHE! « aussi à l'affiche en version originale anglaise O THl GODDESS Of 1967•NATIONALE 7*LITE WITHOUT DEATH •SUE, Dimanche 28 janvier Cinéz Q 514.847.22061 horaires + infoa+^www.e^-centris.com O Etudiant+àge d'or : 6$ Semaine r\rwr, al^^remu/|ic J^OOfC f.olMtll «es 4»tt decKea L E I) E V O I R , L E S S A M E 1)1 2 7 ET D l M A N C H E 2 8 J A X V 1 E \\ 2 (I 0 1 C 8 MÉDIAS La bataille des droits Il y a des sujets dont les médias se feront un plaisir de traiter abondamment.Les soubresauts de la politique partisane, par exemple.Mais il en est d’autres qu’ils abordent avec une certaine hésitation.Par exemple, les sujets délicats qui concernent les médias eux-mêmes.Les risques et enjeux liés à la concentration.Ou encore le droit d’auteur des journalistes pigistes.N’étant pas partisan de la théorie du grand complot, je ne supposerai pas que la lutte des pigistes autour du droit d’auteur est volontairement passée sous silence par les grands médias.Mais on peut à tout le moins affirmer qu’il y a un malaise, d’autant plus qu’au Québec, éditeurs de journaux et de magazines sont directement pris à partie par une poursuite en recours collectif de 30 millions de dollars lancée en 1999 par l’Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ), qui soutient représenter des centaines de journalistes pigistes.Ce qui est en jeu ici, c’est le droit de regard de ces auteurs sur l’utilisation de leurs textes sur Internet et dans les banques d’archives électroniques, ainsi que le droit d'en tirer un revenu adéquat.Cette poursuite est dirigée contre 13 publications, dont L’Actualité, La Presse, Le Soleil, Voir et Le Devoir, ainsi que la banque d'archives numérisées Cedrom-SNI.L’AJIQ lançait cette semaine un magazine consacré à cette question, Droits devant, avec l’appui d’or- P a u l Ca uch on J.v ?/ T 4 V.// ' .i ganismes comme l’Union des artistes, l'Union des écrivains québécois et la FNC-CSN.Evidemment, les propriétaires des grands médias ne commenteront pas l’affaire puisqu’ils sont pris à partie par les tribunaux.Mais nous ferons tout de même remarquer que cette cause importante s’inscrit dans un mouvement mondial de lutte pour le droit d’auteur et qu’elle est emblématique de deux phénomènes en émergence depuis dix ans: le développement d’Internet et celui de l'emploi précaire.L’époque où les médias embauchaient largement à pleines portes est bien terminée, comme dans bien d’autres secteurs d’activité.Pour remplir leurs pages et leurs plages horaires, les médias font de plus en plus appel à une masse de pigistes qui vendent leur production à l’unité à des coûts souvent dérisoires (notez qu’il existe des pigistes qui vivent très bien et qui n’échangeraient pas leur vie actuelle contre celle d'un employé permanent, mais on conviendra qu’il s’agit d’une minorité).La loi canadienne sur le droit d’auteur stipule que le journaliste est considéré comme un auteur; lorsqu’il vend un article à la pièce, il cède ses droits pour une première publication seulement, à moins d’entente contraire.L’arrivée d’Internet et des nouvelles banques de données numériques a brouillé les cartes.Tout à coup, les éditeurs ont multiplié les sites Internet, cherchant désespérément du contenu pour les remplir, cherchant souvent à obtenir ce contenu à rabais auprès des pigistes.Tout à coup, les textes — pas seulement ceux des pigistes, d’ailleurs, mais également ceux des journalistes permanents des entreprises — ont pu être reproduits partout de par le vaste monde avec une déconcertante facilité, remontés et redistribués sur plusieurs sites Internet.Partout, cette lutte entre les auteurs d’articles et les entreprises fait des étincelles mais des ententes commencent à être signées, particulièrement en Europe.Depuis juin dernier, le groupe L’Express redistribue aux journalistes un forfait annuel ainsi qu’un pourcentage du chiffres d’affaires provenant de 1 exploitation de ses archives électroniques.Quelques mois auparavant, Le Figaro s’était fait interdire par un tribunal d'utiliser sur son nouveau site Internet les textes des journalistes sans leur autorisation expresse ni une rémunération équitable.Aux États-Unis, la bataille fait rage sur plusieurs fronts.En juin, un groupe d'auteurs, d'illustrateurs et de photographes lançait une poursuite contre le Boston Globe, alléguant que l’entreprise cherchait à faire signer des contrats les obligeant à céder les droits d’utilisation de leurs œuvres.En 1999, la National Writers Union remportait un procès contre six éditeurs majeurs, dont Time et The New York Times, au sujet de l’utilisation des articles et photos sur Internet.La cause est maintenant portée en Cour suprême.Au Québec, les relations ont pris une tournure plus amère depuis l’automne alors que des éditeurs ont exigé de leurs pigistes qu'ils signent un contrat où ces derniers s’engageaient à céder tous les droits d’utilisation de leurs textes.Les exigences étaient plus ou moins «musclées» selon les publications mais l’AJlQ a documenté plusieurs cas où les éditeurs ont menacé les pigistes de ne plus utiliser leurs services s’ils ne signaient pas de telles ententes.L’AJIQ a même brandi les témoignages de pigistes qui auraient perdu leurs contrats pour avoù refusé de signer, dans une atmosphère rappelant les belles heures du capitalisme sauvage.La bataille juridique doit reprendre en février devant les tribunaux.Sans présumer du résultat, une chose est bien claire: chaque partie a besoin de l’autre et il leur faudra trouver une solution.pcauchon@ledevoir.com MUSIQUE La liberté, loin des compromis Témoin d'un siècle aux horreurs les plus grandes, aux idéaux les plus nobles, le compositeur belge Henri Pousseur fait partie de ces purs qui croient encore à une forme d’utopie humaniste contemporaine, loin du culte de l’individu, où l’art — la musique en particulier — se-doit d’inventer des structures de communication à l’image d’une profonde démocratie basée sur le respect, l’intelligence et une forme certaine de participation.Portrait incomplet d’un homme qui s’est voulu artiste et qui n’a jamais eu peur de toujours avoir des idées tout en demeurant fidèle à son idéal.FRANÇOIS TOUSIGNANT Le fond de la toile est sombre: Henri Pousseur est élevé dans une Belgique au catholicisme étouffant, dans une Liège annexée au III' Reich, dont il subira le poids de la botte.L’histoire le dit, tout a une fin et ce fut la Libération.Non seulement politique, mais aussi artistique.Il participe ainsi à ce qu’on appelle la génération de Darmstadt.Comme tous les jeunes compositeurs des années 50, l’esthétique d’Anton Webern le séduit (je fais ici une parenthèse: ce compositeur s’appelait au départ Anton «von», mais il a laissé tomber la particule nobiliaire selon ses convictions propres).«Avec Webern, on découvrait qu’il était possible d’obtenir une égalité dans les rapports entre les notes comme celle qu’on rêvait d’avoir entre les individus.On voulait faire fi du culte individualiste, de cet humaniste à l’occidentale qui mettait l'accent sur l’unicité de la personne et de son culte qui avait amené à toutes les horreurs dont on venait d’être témoins et dont on ne voulait plus jamais qu 'elles se reproduisent.» C’est le début de la pensée utopique, cette utopie que dès le XVI' siècle un sir Thomas More verra comme idéal brûlant à atteindre, aussi impos-’sible qu’irréductible.Donc, dans les années 50, il se passe deux choses pour Pousseur l’apprivoisement de cette nouvelle manière de penser les rapports entre les notes — donc de concevoir la musique et la société — et aussi l’arrivée parallèle des nouveaux moyens de production de sons avec les moyens électroniques (peu importe l’étiquette «concrète, électronique.»).S’il trouve l’alphabet, les mots, il lui manque une chose.Cela semble aujourd’hui tout simple; à cette époque, ce ne l’était pas.«Dans cette explosion où tout tendait éventuellement à la grisaille, il fallait trouver une nouvelle manière de syntaxe, de sens sémiologique à donnera la musique et, surtout, aux structures musicales.» Il part donc à le recherche de moyens pour orga- niser un sens du langage sonore, aussi perceptible qu’original et qu’il pourra partager.Deux rencontres capitales.D’abord, celle de Michel Butor.«Ça nous a pris huit ans pour réaliser cette fantaisie qu ’est Votre Faust, une sorte d’opéra sur sujet prédéterminé [Faust, prénommé Henri, comme lui, souligne-t-il avec une pointe d’humour]», dans lequel le public peut orienter le déroulement de l’œuvre.Et aussi celle du philosophe est-allemand Ernst Bloch.A l’utopie artistique pressentie se joint, irrémédiablement et irrévocablement, l’utopie sociopolitique, alors que la musique est un reflet (ou se voudrait tel), le reflet d’une évolution du devenir global des sociétés d’où tout totalitarisme serait exclu.Une syntaxe originale Comme en témoigne un critique comme Maurice Fleuret, c’est l’époque où la musique se cherche — puis trouve — une syntaxe.Celle de Pousseur reste hautement originale.Sans adhérer aux explorations du hasard de Cage, au dirigisme de Stockhausen, il cherche l’entrée du «bruit», au propre comme au figuré, dans sa musique.Cet élément dérangeant qui fait que, dans l’articulation des structures proposées, il reste toujours une part d’expression individuelle.On rejoint un peu le modèle sémantique tripartite de Chomsky et aussi, avant Iheu-re, de la tripartition développée par la sémiologie musicale de Nattiez.La relation compositeur-interprète est privilégiée, certes, mais sans 07 Hydro Québec Série «Émeraude» Le quatuor à cordes PYtAZA Programme : - Quatuor or.20, no 4, de Haydn - Quatuor no 1, de Zemlinsky - Quatuor or 105, de Dvorak 20 H LUNDI, 5 FÉVRIER 2001 Salle Maisonneuve, Place des Arts BILLETS : 25 $, 20 S, 12 S (Ituounts) TAXIS INCLUSES.REDEVANCES EN SUS EN VENTE A LA BILLETTERIE DE LA PLACE DES ARTS (514) 842-2112 PRO MUSICA 52e SAISON ¦qÉ Radio-Canada DE LTA 14e saison 2000-2001 Dlrtetioa artistique Geneviève Soly et Natalie Michaud TLes idées heureuses société de musique baroque ors» FESTIVAL MONTRtM.EN LUMltKL Sortez avec Louis XIV! Spectacle de danse et musique baroque Les vendredi et samedi, 16 et 17 février 2001 à 20 h Avec la compagnie de danse baroque française l'Éventail et l'Ensemble des Idées heureuses « VOYAGE EN EUROPE » Cherégraphles orlgirales sur des musiques de Campra, Purcell, Rosenmtlller et Vivaldi Accrochez vos perruques, ça va décoiffer! Centre Pierre-PéUde.ui Salle Pierre-Mercure 300, de Maisonneuve Est TT L, BILLETTERIE :(S14) 987-6919 RIsiau Admission: (SIA) 790-1245 IneoNMAtiohi (514)843-5881 www.Meesbeurpuses.ca aMüll^ tiMBi JACQUES GRENIER LE DEVOIR Ayant voulu faire tabula rasa d’un certain passé, l’artiste Pousseur se dévoile étonnant de contemporanéité.vouloir exclure celle qui existe entre le compositeur et le public, le public et l’interprète, le tout vice versa, quitte à tout recréer, à tout reprendre à zéro.Dans ce qui peut sembler flou, Pousseur a une réponse franche: «]e cherche l’organisation», une notion qu’il ne faut pas confondre avec le dirigisme.C’est ainsi que très tôt, et contre la tendance amorcée par Varèse, il tente d’inclure sons de synthèse (ou concrets, modifiés ou non) avec le jeu instrumental, tentant de trouver une manière d’interaction, d’échange d’égal à égal entre toutes les ressources mises à sa disposition, entre toutes les sources qui le provoquent (il réfutera peut-être cette avancée, mais ici, il semble qu’on entre dans le domaine de son inspiration, celle qui aime la contrainte pour se libérer de son joug).Donc, dans les années 60, tout va bien pour Henri Pousseur alors que l’intelligentsia — Boulez, Stockhausen, de Pablo, Philippot.— de l'Europe occidentale se redéfinit et que s’amorce le grand mouvement social de 1968, la «fin des grandes illusions alors qu’on a mis un couvercle sur tout ce qui possédait un pouvoir explosif.Le résultat: ce néolibéralisme mondial et cette pré-éminence de la mondialisation économique qui se veulent réductrices et reprennent ces travers contre lesquels je continue de tant me révolter».Pour un septuagénaire, il faut le «faire».Que lui reste-t-il alors?«Un humanisme didactique, une recherche sur les structures de la communication».Alors, il expérimente dans tous les domaines, farouchement indépendant mais toujours recherchant un idéal brûlant celui de réaliser une musique pour tous.«C’est comme mes Trois visages de Liège, une œuvre dont le titre dit bien ce que c’est: rendre aux gens non pas une idée, mais des portraits où je réagis et où l’auditeur réagit à partir de données concrètes, ici des sons de cette cité, pour qu’il se sente inclus da)ts la musique.» 11 flotte aussi entre deux grands mythes: celui d’Icare (sa production fait largement appel à ce héros VOIR PAGE C 9: POUSSEUR Faculté de musique 50 ÉVÉNE MUSIQU NTS la Faculté df.musique de l’Université de Montréal PRÉSENTE LE CONCERT HOMMAGE AUX BÂTISSEURS Gail Desmarais - PaulineVaillancourt, sopranos Use Daoust, flûte Jacques Drouin - Jean-Eudes Vaillancourt - Lorraine Vaillancourt, pianos Julien Grégoire - Robert Leroux, percussions Quasar quatuor de saxophones AU PROGRAMME Qihitrains de Papineau-Couture Départ pour flûte en sol de Papineau-Couture Enfantines de Moussorgsky UruTk/i’n) lleiler de Wagner Ras,h île Donatoni NcwYork Counterpoint de Reich Sonate pour Jeux pianos et percussion de Hartok Le samedi I février À 21 heures Salir Clauilr Champagne, 220, avenue Vinrent d’Indy Entrée libre Renseignements : (514) HJ-6427 Université fHfl de Montréal Ki u :.i mwui diffuseur officiel * Radio Canada cW | l I MFÎMRNon \ L E I) E V 0 I R .L E S S A M E D I E T D I M A X t II I 2 S .1 A X V I K R 2 (I (I I ?(' Î) POUSSEUR SUITE DE LA PAGE C 8 antique de la liberté qui se voit déchue) comme celui de Mnémosy-ne, la mémoire, sourdement agissante, sorte de réponse à l’introversion psychanalytique.Cela vaut des partitions où le choix de l’interprète est guidé en fonction de ses objectifs d'expression tout en admettant qu’un certain hasard, pas celui des dés mais celui des potentialités démocratiques — voire dialectiques —, font que dans les matrices proposées il reste autant une part d’inouïs que de prévisibilité.C’est aussi ce qui l’attire dans le monde moins connu de l’électroa-coustique, alors qu’il aime s'amuser à jouer des contrôles — ou en faire jouer par ceux qui voudront reprendre ses travaux — pour voir quels seront les résultats.On le devine, l’homme reste farouchement indépendant.Son utopie concrète, c'est celle non seulement de la musique, mais aussi de son pouvoir (à la musique, bien sûr) de parler, presque au sens langagier, à un auditoire, sans que pour autant une imposition quelconque de ce que doit être ou devrait être la «chose» provienne d’ordre frôlant un tant soit peu le totalitarisme idéologique ou esthétique.Se pose alors la question, dans une démarche qui se veut aussi originale que solidement ancrée dans les principes, de tout ce qu’on nomme du nom de postmodernisme.Généralement, on entend par cela un refus de cette avant-garde atonale et de sa démarche rétrospective affichée, accompagné d’un retour aux «anciennes» manières de faire qu’il aime tant pourfendre.Ici, le littéraire et le philosophe se joignent au musicien (et depuis Beethoven, il n’y a pas toujours dichotomie entre les deux).Il cite, souriant, Eco, Fourier, Lyotard, contre Bergson et pour Nietzsche.Pour lui, la postmodernité n’existe pas, «c’est simplement l'exemplification du problème de fond de la modernité.Elle nous montre là où il y a encore — et toujours, je le sotdigne pertinemment — problème dans cet art de communication et peut nous guider vers d’autres réponses sans jamais devoir ni vouloir abdiquer à la facilité».Ayant voulu faire tabula rasa d'un certain passé, l’artiste Rousseur se dévoile étonnant de contemporanéité.«Tout ce que le passé a légué, il faut le faire sien en sachant le critiquer dans son contexte sociohistorique, apprendre de ses erreurs et comprendre les portes qu il a ouvertes et dans lesquelles on n'a pas encore pénétré.On compose pour être moderne, et c’est cette modernité qu’il faut retrouver chez Mozart, Beethoven, Bach, Schumann ou Webern, voire même Berg, un compositeur avec lequel je n'ai pas trop d’affinités.» Une trace Lui, le créateur et penseur, a aussi accepté des responsabilités pédagogiques.Celles de l’analyse, de la réflexion, notamment en conférences, mais aussi comme professeur de composition.Pourtant «l’enseignement de la composition n’existe pas.C’est pour moi une sorte de laboratoire où des idées se confrontent et où on voit, de leur choc, comment on peut trouver une solution à un problème pour qu’une idée devienne viable; c'est une discussion non pas en mots mais en expérimentations sonores.Advienne que pourra, la composition reste, dans sa pédagogie, un dialogue, une sorte de discussion entre essais et erreurs».Devant le succès de ses collègues de la première heure, il se fait un peu sombre — pas amer, mais ses yeux trahissent une profondeur que son sourire lumineux ne camoufle guère à l’œil perçant.«Ma musique ne reste que peu jouée, et je suis relativement exclu des “grands circuits" dans lesquels se sont intégrés mes collègues d’autrefois», eux qui se voient intégrés dans un système qu’il refuse, récuse et réfute, par fidélité non pas à une promesse de gloire à venir mais davantage à un noble idéal où à la fois la pensée abstraite et son incarnation concrète en musique, ainsi que l’utopie sociale d’égalité (pas d’égalitarisme, nuance!) font que le créateur peut devenir force et acteur dynamiques d’un devenir autre, d'un rêver idéal.Cela tient toujours à ce qu'il nomme «le fil ténu du l’incertitude».Ce qui l'empêche de tomber dans le narcissisme ou l’autodéploration.«Je suis un étemel optimiste.Cest parfois dur, sinon cruel; c’est un peu pour cela que je suis venu ici, pour parler de mes idées et faire entendre ma musique.» L'utopie, la vraie, point au fond de ses yeux, une sorte de profondeur qu’un sourire heureux dénué d’hypocrisie factice rend encore plus prégnante.Henri Pousseur est probablement un prototype de ces grands créateurs de demain pour qui une part d’anonymat de célébrité, mais surtout de fidélité absolue à l’idée (rejoindrait-on là un fond de foi en l’Absolu?) reste garante d’un ave-nir meilleur, malgré tout le pessimisme qu’il rencontre autour de lui.Sa vision est plus grande et large que l’horizon offert par le néolibéralisme comme leurre.Compositeur, c’est ce qu’il pourfend.Artiste, c’est ce qu’il défend: la place de la surprise opposée au contentement d’une bourgeoisie institutionnelle.Pédagogue, c’est ce qu’il veut transmettre, sans trop se faire d’illusion.Comme homme, il s’impose sans ostentation comme force vive de ce qui crée la rie.Si on devine un peu de cynisme latent il parait partager avec Aristote cette belle ambition: donnez-moi un levier assez long et je soulèverai le monde.Il est venu à Montréal pour laisser une trace.Certains voudront la récupérer.Osons croire, en parallèle à son optimisme fondamental et vital, qu'il laissera aussi plus qu’une trace: une véritable envie de toujours se dépasser, avec et pour les autres.Comme si, de son modeste statut, l’artiste voudrait révolutionner le monde non pas à son avantage, mais plus encore pour le bénéfice de ceux qui osent la démarche avec lui.Honte donc aux prophètes de formules, aux académismes.Pous-seur croyait et croit encore aux idéaux de 1968, dont le plus primordial était «l’imagination au pouvoir’.Sa force d’artiste est non seulement de relever au jour le jour ce défi, mais de le répandre avec joie.JACQUES GRENIER I.E DEVOIR Pousseur est venu à Montréal pour laisser une trace.ri r- ! Les Lundis classiques K clu Rideau Vert sous la direction artistique de Francine Chabot 12 février à 20 h Italie Concert : Donizetti, Respighi, Martucci et Tosti avec Marie Fabi, piano Annie GadboLs, violoncelle Pascale Gagnon, violon Michèle hosier, mezzo-soprano Billets Adultes : 20 $ Étudiants : 10 S Réservations : (514) 844-1793 DISQUES CLASSIQUES Une grande voix est née BERLIOZ - WAGNER -MAHLER Hector Berlioz: Les Nuits d'été; Richard Wagner Wesendonck-Lieder Gustav Maltien Rückertlieder.Marie-Nicole Lemieux, contralto; Daniel Blumenthal, piano.Cyprès CYP9611 FRANÇOIS TOUSIGNANT Ah! le nom est lâché: Marie-Nicole Lemieux.La sympathie vous monte à la gorge: après tout, elle est fort sympathique, rient de remporter une ribambelle de prix et passe pour une coqueluche des amateurs d'art vocal.Son premier disque solo force un recul.Nécessaire, bienvenu.D’abord, il s’agit d’une très jeune cantatrice avec une voix très spéciale.Forcément, cela attire le ravissement, surtout quand les plus grands honneurs viennent de l’extérieur (c’est Diane Dufresne qui chantait «On est Québécois ou be don’ on l’est pas.», et encore aujourd’hui, nos artistes doivent souvent se faire valoir ailleurs avant d’être apprivoisés ici).Ensuite, pour ce type de voix, il s’agit de répertoire usuel dans lequel on l'attend.Vous voyez venir le piège?Marie-Nicole Lemieux aussi.Alors, elle joue — consciemment ou non, peu en chaut — une carte originale, celle du domaine de «voici ce que je peux faire».On a entendu les grandes (Forrester, Ferrier et Merriman en tête), voici ce que la jeunesse pense et fait! Sans fausse modestie, elle livre ce qu'une jeune femme trouve et ressent dans cette musique d’hommes passionnés.On aimerait excuser l’ope» ration de charme.Pourtant, elle est tout à fait validée.N’avons-nous pas tous une part de jeune vingtaine qui dort en notre inconscient?Marie-Nicole Lemieux sait la réveiller.Une «profondeur» de cénacle qui se veut engoncé dans le passé perd ici racine: l’humilité du rayonnement de la vérité éblouit.Comme on voudrait redevenir adolescent pour croire de toutes ses forces en cela.Et comme on est heureux de ce que cela nous apporte! Car la contralto est hautement originale — j’ose le mot —, intellectuellement parlant.Dans son appropriation de ces mélodies, avec sa voix (incroyablement!!!) ample, elle va chercher (je n'ose dire trouver, lui laissant ce bénéfice de la grâce intuitive de la jeunesse douée) ce qui fait que tout cela chante encore à nos oreilles comme aux premiers jours.Cela rient de trois états.Le premier: la qualité intrinsèque de la voix.A ce chapitre, elle n’a aucun mérite, ou presque, dame Nature faisant ce qu’elle fait comme elle le fait.Le mérite vient du deuxième point, à savoir ce qu’elle en fait: aucune complaisance facile dans ses interprétations; elle ose simplement nous offrir ce qu’elle a de mieux.C’est la différence entre _ ei?rlK),»-W,\gnef-MaM#r ¦HI une autre version et une vraie interprétation.Enfin, malgré un manque d’épaisseur certain — ce n’est pas .un défaut ici —, il y a le bonheur.Notion indéfinissable s'il en est une, qui exsude des haut-parleurs à profusion.On est encore à l'étape du sourire et de la joie de la découverte.C'est merveilleux.Telle ment qu'on attend les étapes suivantes, celles de l’appropriation et de la maturation.Une grande voix est née.Un phénomène toujours fragile réclame notre attention et notre patience.Cela, avec ce disque, est d’ores et déjà évident et la contralto semble nous dire «attendez, le meilleur reste à venin».Et Dieu sait qu’on l’espère.Dans un monde ou l’éphémère succès tend à la nonne, on se souhaite qu’elle continue dans cette voie bellement naïve et artistiquement prometteuse de réalisations encore inouïes.VIAGGIO MUSICALE Œuvres diverses de Claudio Monteverdi, Tarquino Merula, Dario Castello, Giovanni Battista Spadi, Giovanni Battista Riccio, Biagio Marini, Marco Uccellini, Solomone Rossi.Giovanni Battista Fontana, Alessandro Piccini, Francesco Rognoni et Giovanni Paolo Cima.Ensemble 11 Giardino Armonico, Milan.Teldec 857^2538-2 Un voyage musical dans le nord de ï’Italie du XVII' siècle sous forme de suites de petits morceaux et d’improvisations, voilà le concept de base de ce disque fort bien léché.La présentation suit cette mode d’objet disque-livret intégré, photographies de classe, au graphisme alléchant.Chic et de bon goût, l’emballage révèle un ensemble baroque au sommet de son pouvoir excentrique.La musique per se n’est que fort peu importante ici.C’est ce qu’on en fait qui prime sur tout.On entre de plain-pied dans l’art du spectacle.Pire même, dans celui de l’affichage ostentatoire d’une perfection technique et d'une maîtrise instrumentale aussi hors du commun que la coquille sonne creux.Ce genre de produit là montre la vanité des musiciens, un trait ici grossi au télescope par l’exagération élevée au rang de seule originalité, que ce soit dans les traits-fusées aux violons ou aux flûtes à bec, ou dans les effets stéréophoniques ou d’écho mis à là mode à Saint-Marc de Venise.Cet hW«* prenez te*0 Lorraine Desmarais trio T°ïno'l* % * Beloeil > 1450) 4S4-4772£>^ Centre culturel 1 Ste-Geneviève > (9)4) B21-1118 ¦iiVlUJ Salle Pauline-Julien pC l'Assomption > (4501 989-9198 nVullLJ Théâtre Hector-Chariand m Longueull > (450)670 1616 Théâtre de la ville ira Sept-lles > 1418) BB2 0100 Salle de spectacle de Sept-îles PU Baie-Comeau > 14161205 2000 Théâtre de Baie-Comeau Tetrabonne > (456) 412-4777 Théâtre du Vieux Terrebonne Joliette > (4501 758-6202 Salle Rolland-Brunelle St-Hyacinthe > (450) 776-33M Salle du Collège St-Maurice Mireille Proulx B ¦k',r u-a Terrebonne > 149014M 4777 Le Moulinet St-Jeen > 14901391 3949 Cêberet-Théetre du Vieux St-Jeen Guy Nadon •t Bnnd du roi du drum Bflloell > 1499) 494-4772 Centre culturel Longueull > (490) I7t-tlll Theatre de le ville Québec SS Sffc.’ 5» »V'A .ÿ.»1 H Ce n’est donc pas pour rien que le répertoire sollicité par les interprètes est très mineur; il ne sert que de faire-valoir aux splendides virtuoses du Giardino Aj-monico.On entend donc, parfois joyeusement, parfois languissamment.un «rajustement» du goût populaire (au sens de né du peuple) de la sacro-sainte musique baroque qui devient ici prétexte à amuseries pétillantes et confidences sentimentales, sans rien de trop sérieux dans les épisodes se voulant plus nobles (surtout aux cuivres).Impossible de participer à cet enregistrement avec autre chose qu’une bonne dose de badinerie, de plaisir auditif et d’émerveillement devant la virtuosité.Impossible aussi de ne pas sentir poindre ici ou là une part d’ennui dans ce grand collage mode ridéoclip où l’instrumentation sert, dans le fond, de seul moteur à la variation de climat.On se retrouve comme au bon vieux temps, où l’on tentait de faire passer le temps de la manière la plus agréable et civilisée qui soit.Vous tenez donc un beau produit de consommation, un bel accompagnement au dîner ou à la période de lecture, où l’idée actuelle de «concept» s’applique aux piécettes baroques.Même si parfois on trouve cela beau, on ne peut s’empêcher de trouver dommage que tant de talent soit ainsi parsemé, voire sacrifié à l’autel de la mise en marché.AURYN QUARTETT J.Haydn: quatuors à cordes op.71: en si bémol majeur Hob.III: 69, en ré majeur, Hob.III: 70 et en mi bémol majeur, Hob.III: 71.Quatuor Auryn (Matthias Lingenfelder et Jens Oppermann, violon; Steuart Eaton, alto; Andreas Arndt, violoncelle).Tacet Tacet 31 Il faut du courage pour lancer une nouvelle compagnie de disques; tel est le cas de Tacet.Tout comme il faut du courage pour «lancer» un jeune quatuor ainsi avec un répertoire non seulement archi connu mais en plus fort bien enregistré.Que donne donc le résultat de ce travail de gens qui n’ont pas froid aux yeux?Oh! quel beau disque! La qualité sans compromis, tant sur tous les plans techniques (enre gistrement, prise de son, brûlage, pertinence du livret) que sur le plan musical.Mettez le disque dans votre lecteur, programmez un quatuor (la durée de chacun tourne autour d’une vingtaine de minutes) et l’Art (oui, avec un grand A) envahit votre salle d’écoute.Déjà le son force l’attention par sa qualité pour, inévitablement autant qu’inexorable-ment la guider vers la musique dans ce quelle a de plus vrai et agréable (ici, le terme est absolument mélioratif).Haydn était fort fier de ces quatuors, se découvrant une liberté et une fraîcheur de plume dont la séduction, lui alors âgé de sextante ans, le ravissait lui-même.Orgueil des grands dans la juste évaluation de la grandeur de leur labeur, qui rend tout d’apparence si facile et que les interprètes semblent s’amuser à rendre avec autant de verve que d’imagination.Il est en effet rare de voir s’approprier ainsi ces œuvres.Habituellement, on les révère.Le Auryn aussi, assurément, mais pas avec ce détachement négligé, empesé ou poudré comme Tes perruques d’antan et la livrée d'office du génie faisant office de laquais pour son prince, ou cette fausse originalité à tout cran qui voudrait révéler des faces cachées.Haydn reste bien Haydn ici, mais l’imagerie du «bon papa» schumannienne et hoffma-nienne tombe devant la merveille du chef-d’œuvre.On a effectué cet enregistrement en 1993 et c’est seulement aujourd’hui qu’il tombe sur nos tablettes.Comme quoi attendre vaut parfois la peine.On s’étonne de la maîtrise (au sens européen du terme, où maître est un titre quasi honorifique mérité par une vie riche, non pas à de simples prouesses universitaires ou digitales) artistique de ces jeunes hommes.Montaigne avait raison, encore une fois! J’ai beau tenté de m’imposer des réserves, je ne saurais qu’être à tout le moins laudatif à l’égard de cette entreprise, rien moins qu’un portique d’entrée renversant pour apprivoiser ou redécouvrir tout ce que la musique de chambre a de riche, d’unique, et ce qu’elle peut apporter de pérennité, hors des rabâchés hit-parades et des variations de mode.Un disque qui va vous redonner le goût de vivre, parole de chroniqueur.Arion, un classique CONCERTS MUSIQUE ET HISTOIRE Marc Béland comédien AU PROGRAMME Quatuors pour flûte et cordes de Wolfgang Amadeus Mozart Claire Guimond, flûte Chantal Rémillard, Olivier Brault, violons Elisabeth Comtois, alto Susan Napper, violoncelle INGife: CONSEIL V Arion vous invite, pour une seconde saison, à sa soirée toute spéciale où les églises du XY111C siècle de la région de Montréal sont au cœur d’une fête musicale.Marc Béland, comédien, racontera l’histoire de ces monuments et des gens de la Nouvelle-France.Les musiciens d’Arion feront revivre ces trésors du patrimoine en tant qu’instruments de musique à l’acoustique exceptionnelle.Vendredi le 2 février, 20h Kglise Saint-Joachim de Pointe-Claire 2.me Sainte-Anne, Pointe-Claire 514-630-1220 Dimanche le 4 février, 20H Kglise de la Visitation 182^, boulevard Gouin Est, .Montréal 514-872-8749 Dimanche le 6 mai, 15 h Église Saint-Joseph de Rivière-des-Prairies 10050, boulevard Gouin Est, Montréal 514-872-9814 .Samedi le 3 février, 2oh Eglise de la Paroisse de Saint-Hilaire 260, Chemin des Patriotes, Mont Saint-Hilaire 450-467-4434 Exceptionnellement, cette mine sera animée par Lattrier laicrvix, historien de l'art, spécialiste de l'œuvre d'Ozias Leduc.Vite présentation de la Société d'histoire de Beloeil - Mont-Saint-Hilattr.Entrée libre Les Petits A O S/J dirt'ilion Umii COusiiu'.tii Dimanche on jjs//.>f y I I ' sciison 28 janvier Concert 16 heures Concerto pour alto en sol J.P.leiemann Soliste : Marie Claire Cousineau Ariette à l'ancienne G.Rossini orch.J.Cousineau Quintette op.1H en sol J.Brahms Sonatensatz The Rooster, • TôundoTroe Gouvernement du Québec Ministère de le Culture et des Communlcetlone J Brahms orth.J.Cousineau f iole Vincent DTndy (>28, chemin de la C ôte Sainte Catherine Outremonl (5141 274-1736 C 10 L K I) E V O I R , I.E S S A M E I) I 2 7 E T D I M A N C HE 2 X J A N V I E R 2 0 0 1 ?VITRINE DU DISQUE ARTS VISUELS Toutes choses passent.et repassent ALL THINGS MUST PASS George Harrison GN Records/Parlophone (EMI) P) tit George, en 1969, avait désespérément hâte que les Fabs achèvent d’en finir par aboutir.Le benjamin des Beatles avait des chansons plein le placard qui attendaient impatiemment leur tour sur disque.Des tas et des tas de chansons.Qui plus est, de très bonnes chansons: il le sentait bien, même si, rayon renforcement positif, George Harrison était indéniablement Je dindon d’une bien vieille farce.A savoir la mainmise créative du tandem Lennon-McCartney sur les albums des p’tits gars de Liverpool.Rappelons le quota, déterminé au temps où George était d’abord et avant tout le «guitariste soliste» du groupe: deux titres alloués par disque.En 1965, c’était un arrangement équitable.Seulement voilà, George avait rapidement mûri et son talent d'auteur-compositeur avait fleuri dans l’ombre.Pendant les pénibles sessions du projet Get Back, début 1969, il proposa nombre d’excellents titres: AU Things Must Mass, Let It Down, Hear Me Lord, Isn't It A Pity.On l’entend sur les bootlegs: Paul et John se contrefichent du matériel de George, expédié ou ignoré.Ecœuré, celui-ci avait écrit une chanson sur le sujet, demeurée inédite, intitulée Nowhere To Go: «1 get tired of being Beatle Jeff/ Talking to the deaf / Everytime a whistle’s getting blown.» Entendez: j’en ai ras le pompon d’être le Beatle Un-tel faisant le larbin de service.Officialisée au printemps 1970, la scission des Beatles signala pour le BeaÜe tranquille l’ouverture des vannes.De fait, ça déferla: George déballa au réalisateur Phil Spector de quoi .remplir trois ou quatre disques.A la fin, cela donna un album triple, avec deux disques de chansons exceptionnelles et un troisième de bœufs improvisés en compagnie d’Eric Clapton et ses copains, futurs Derek & The Dominoes.Sobrement coffré dans un boîtier gris-noir, le grand œuvre fut très justement baptisé All Things Must Pass.Trente ans (et quelques mois) plus tard.All Things Must Pass repasse.Logique, c’est l’anniversaire: l’industrie du disque n’en manque pas un.Joli coffret cartonné, cinq titres supplémentaires, livret conséquent, c’est du travail propre, cautionné par Harrison lui-même.Ce qui fait chaud au cœur du fan.Notre George semble en effet remis de l’attaque au poignard de l’an dernier.Il n’a certes pas perdu son humour, toujours aussi Monty Python dans le genre: la photo de pochette, prise à l’époque dans les jardins de son château, a été mise à jour au recto du livret, avec tours d’habitation, autoroute et cheminées d’usine défigurant le décor bucolique.Les choses ne font pas que passer, elles piétinent.Comment reçoit-on ces chansons aujourd'hui?En s’agenouillant et en remerciant le ciel, rien de moins: le constat n'a pas changé, on avoisinait bel et bien le chef-d’œuvre.Et ce, malgré l’omniprésence du gourou Krishna dans les textes et les grosses pattes de Spector dans le paysage sonore.Comme l’écrit George dans le livret, le fameux «mur du son» à la Phil Spector (énormément de musiciens dans un petit studio + énormément d’écho = impact massif) est certes «a bit over liCOKUl.IlAWtXI.N .u.rniNas must the top», un tantinet balourd par endroits, mais les mélodies sont si heureuses qu’elles émergent brillamment.Et je ne parle pas seulement des succès de palmarès, My Sweet Lord ou What Is Life, si mémorables soient-ils: chaque chanson est une entité à chérir, comme sur un disque des Beatles.C’était ça, le miracle A'All Things Must Pass: George y valait les Beatles à lui tout seul.Jamais n’a-t-il été aussi poignant que dans Beware Of Darkness, I’d Have You Anytime (écrite avec Dylan) et la chanson-titre.Une personnalité musicale formidablement riche se révélait: George était capable du meilleur rock de riffs (What Is Life, Wah-Wah, Awaiting On You Alt) comme de country-folk acoustique digne du Band (Behind That Locked Door, Ballad Of Sir Frankie Crisp (Let It Roll), Run Of The Mill), et même d’hymnes à la Hey Jude (Isn’t It A Pity, My Sweet Lord).On regrettera seulement qu’une édition commémorative de si belle facture n’ait pas été plus généreuse en suppléments: la touchante I Live For You n’était pas la seule pièce inédite disponible, et les deux démos fournis, versions toutes nues de Beware Of Darkness et Let It Down, ne sont qu’échantillons d’une extraordinaire bande d’essai de quinze titres, disponible sur le marché noir.Quant à la «version 2000» de My Sweet Lord offerte en ultime boni, les sentiments sont partagés: le critique aimerait bien qu’on laisse l’histoire tranquille, mais le fan est extatique.P’tit George est de retour.Sylvain Cormier CHANSON ÉTATS D’ÂNE Urbain Desbois La Tribu (DEP) Avec mes préjugés gros comme les bras d’Edouard Carpentier quand il appliquait la prise du sommeil à Abdullah The Butcher, je pensais a priori qu’Urbain Desbois était chanteur de rap.Rapport au pseudo, jeu de mots vaseux s’il en est, j’avais déduit: un autre verbomoteur de ruelle.Pas mon truc, le rap, vous le savez bien.Pas plus capable d’avaler Eminem en pastilles que Loco Lo-cass en intraveineuse.J’avais donc refilé vite fait les disques aux collègues.Avouons la méprise après avoir vu, entendu et pleinement apprécié le gaillard lors de ses premières parties de Thomas Fer-sen (l'automne dernier) et Renaud (dimanche dernier): les disques d’Urbain Desbois vont dans ma meilleure pile.Et peut-être bien dans la vôtre.J’écoute donc finalement Etats d’âne, le deuxième Urbain Desbois, paru cet automne, moins d’un an après le premier.Et j’en raffole.Et frUtim cl+a*KB«* je saisis la portée du pseudo: voilà un gars qui vit dans la noire forêt de la grande ville avec sa guitare et ses chansons.Chansons qui causent de ce qu’il observe, pense, ressent et vit Tout simplement Et tout brillamment Urbain Desbois, je le constate, est un authentique chansonnier des temps modernes.Un as du couplet déconcertant, un champion du refrain hors normes, un crack de la phrase décalée, un lucide extrême qui regarde le monde en pleine face de singe et le décrit tel quel, jusque dans son absurdité la plus primaire.Des exemples?Avisez son propos sur L’Argent, livré ici in extenso: «L’argent ça va / Ça va, ça vient / Ça vient, ça va./ Pis là ben / J’attends que ça vienne.» C’est tout C’est suffisant.Ça dit ce que ça dit.C’est explicite.Ça ne se perd pas en vaines rimes riches.C’est le minimum vital et ça me plaît.Sur le même thème, version musicien-pas-riche, Le Beurre mou est un blues génial.Jugez plutôt: «Y m’ont coupé /chauffage / J’ai frette aux mains / C’pas drôle jouer d’là guitare / Avec des gants / Je m’ennuie du temps doux/Je m'ennuie du beurre mou.» Tout est dit Tout est inclus: le portrait saisissant, la charge émotionnelle, le commentaire de société, l’isolement, le gars vraiment mal pris.C’est plus parlant que la scène du beurre dans Le Dernier Tango à Paris.Ces petits morceaux d’anthologie sont généralement fournis voix-guitare (électrique ou pas), avec ou sans instrumentation supplémentaire: ici un piano, là tout un groupe.C’est selon les besoins.Et ce n’est jamais pour rien.Urbain Desbois pratique une chanson sans luxe.Quand il y a des bruitages bizarres comme dans Racine grecque, c’est parce qu’il en faut pour qu’on entende la singulière cacophonie des véhicules en ville: «Assis sur la galerie / J’en ai vu passer / Fourgons d’là morgue/Panier à salade / Mr cornet / Viandes non comestibles / Truck de liqueur / Le recyclage / Le rémouleur / Le balai d’rue / La pelle à neige.» Morale de cette critique: tôt ou tard, même les plus sourds entendent.Et la vraie bonne chanson fini toujours par triompher.S.C.S K A / I* U N K MADE IN KÉBEK Compilation Flashwood/Union Compilation produite par la jeune maison Flashwood, qui s’active de plus en plus sur la scène punk au Québec, lancée en collaboration avec sa grande sœur, The Union, Made in Kébek ne rate pas sa cible de promouvoir la relève du punk et le ska.On y retrouve un échantillonage de 27 groupes du Québec et trois de l’extérieur, en fin de pro- gramme, à savoir Flashlight (Ontario) , Invisibles (Brésil) et Agent Felix (Floride).La liste des groupes est avantageusement dosée dans la mesure où, en plus d’une foule de nouvelles têtes, on y retrouve quelques vétérans de la scène locale dont Subb, une des très fortes formations à sortir de la cohue, Men’O’Steel et The Kingpins (avec leur excellente version ska de L’Aventurier d’Indochine).Les trois ressortent par leur assurance et font en sorte que la compile attire l’attention sur toute génération de nouveaux groupes québécois dans la matière.On retient, parmi les groupes qui s’illustrent, 4 Thumbs Down, qui fusionne à merveille les genres, Freakend’s, qui ne renie pas les influences métal, The Gamblers, musicalement forts, Spleen?!, désinvolte, Penelope (de Québec), Red Headed League, S.T.O.P et The Sainte Catherines.Le pôle du ska et de ses dérivés est fichtrement mieux représenté sur l’album, quantitativement et qualitativement II faut dire que les groupes d’allégeance punk sont la plupart du temps desservis par une réalisation infortunée.Même au pays de l’anarchie, cela ne paie pas.On a bien l’impression de retourner 20 ans en arrière avec nombre de ces groupes.Reste qu’il est impossible de dire que le genre est sclérosé.Made in Kébek montre que la scène underground locale, guitares bien devant, est vivace.Dans les boutiques spécialisées.Bernard Lamarche .5 ** % SWANSONG FOR YOU The GenÜe Waves Geepster Records) Sous le nom The Gentle Waves se cache en fait Isobel Campbell, la violoncelliste du groupe écossais Belle & Sebastian.Simple curiosité pour certains, ce deuxième disque déploie pourtant une pop orchestrale des plus attachantes.On reconnaît sur Swansong For You le charme irrésistible qui enrobe chacune de ces compositions.Seule à posséder une formation musicale, au sens strict du terme, Campbell n’est pas toujours loin des mélodies somptueuses du mystérieux collectif écossais.Évoquant l’art d’une Françoise Hardy, la voix très discrète de Campbell se mêle à merveille aux arrangements d’inspiration classique.Comme chez Belle & Sebastian, le côté rétro sixties n’empêche pas cette musique d’être profondément contemporaine.Sur Let Lite Good Times Begin, de même que sur les neuf pièces qui suivent, une rencontre a bel et bien lieu.Cette chanteuse montre qu’elle a davantage à offrir qu'une ou deux chansons par album.Aussi délicat que subtil, The Gentle Waves séduit avec cette trame sur les joies et les peines éphémères d’une grande fille.David Cantin JAZZ ET BLUES Charmes vénéneux SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Mettons, et non supposons, que le trio formé de Normand Guilbeault à la contrebasse, Bernard Falaise à la guitare et Robert Marcel I /-page à la clarinette ait vu le jour en 1963, lorsque Jimmy Giuffre, qui joue de l’instrument dont joue Lepage, Steve Swallow, qui est propriétaire d'un engin dont Guilbeault est également propriétaire, et Falaise, qui pince des cordes là où Paul Bley intercalait les touches du grand piano, ont injecté une forte dose d’improvisation dans l’univers du jazz.L’album que propose la troïka Falaise-Iœpage-Guilbeault est de la même eau qué celui que signa, il y a 37 ans de cela, le triumvirat amené par Giuffre.lœs six morceaux conçus par les Montréalais sont autant d’échos aux pièces composées par leurs aînés./o«r free, litre de l’album qui vient de paraître sur Ambiances magnétiques, est une exploration, pour reprendre l’expression imprimée au dos de la pochette, du «spleen particulier du jazz de chambre et du folk blues en hommage à son principal instigateur des années soixante, le clarinettiste américain Jimmy Giuffre».En hommage à l’œuvre de l’auteur du célèbre The Train And Lhe River, Guilbeault et ses alter ego ont confectionné un album plein de ces charmes que l’on dit vénéneux parce que déstabilisants, troublants, exigeants.Joue free a ceci de remarquable qu’il propose beaucoup de profondeurs, un amas de gouffres.Un album qui distribue constamment surprise après surprise.L'ensemble est d’autant plus réjouissant que les trois musiciens démontrent une maîtrise exemplaire de leur instrument respectif comme des subtilités propres à tout exercice d’improvisation.Si la musique de I>epa-ge, Falaise et Guilbeault n’est pas de tout repos, si elle n’est pas une de ces musiques conçues à l’aune de la respectabilité, elle a ceci d’essentiel qu’elle favorise le ri'gard droit devant.En bleu et noir Patricia Barber est en ville.Ce soir elle se produit au Spectrum où elle va bien évidemment chanter ses compositions originales et celles plus classiques des standards.Pianiste originaire de Chicago, Barber est un très bon exemple de ce jazz qu’on appelle jazz d’hôtel.Paru sur étiquette Blue Note, son dernier album est d’une bonne facture.C’est bien fait, bien produit, c’est très «middle of the road».Ça n’invente rien, mais ça se prend très bien.Au Upstairs, les sœurs Jensen vont se produire en compagnie de Karl Januska à la batterie, John Sadovy au piano, Fraser Hollins à la contrebasse, et bien entendu Ingrid à la trompette et Christine au saxophone.Voir et entendre ces deux musiciennes jouer et ciseler les bons moments du be-bop est rare.?Dans le dernier numéro de Jazz Hot, on peut lire un long en- tretien avec l’immense Randy Weston.On a retenu ceci: «J’ai toujours dit que, pour être musicien de jazz, il faut savoir deux choses: jouer le blues et jouer pour les beaux yeux d’une femme.C’est la base: le blues et les ballades.Iw blues vient en droite ligne d’Afrique.La musique d’aujourd’hui est souvent réduite à des machines, des prises électriques, des robots et des bruitages.La vraie beauté de la musique, c’est quand on peut faire passer la voix humaine dans les instruments acoustiques.» ?Le dernier numéro de Jazzman.inutile de se le procurer.L’essentiel de cette dernière livraison est consacré aux clubs de jazz de Paris et de la province.Pour ce qui est du reste, c’est.bof! Beaucoup plus intéressant est le dernier numéro de Down Beat.Un long papier, très long papier, est consacré à Sonny Rollins.Même si son dernier album est peu passionnant, l’homme le demeure.passionnant.Détournement publicitaire L’Œil de Poisson propose une expérience inhabituelle où l’art, la publicité et la culture populaire se rencontrent VOS SPÉCIALISTES EN CRÉATION DE BESOIN Une proposition artistique de la firme Doyon/Rivest dans la grande galerie SUR LA TERRE SOUS LE CIEL Une exposition de Catherine Sylvain dans la petite galerie L’Œil de Poisson, 580, Côte d’Abraham, Québec Jusqu’au 18 février 2001 DAVID CANTIN On se doutait bien que, pour célébrer son quinzième anniversaire, L’Œil de Poisson de Québec allait prendre ses visiteurs par surprise.C’est probablement chose faite pour ceux qui ont eu l’occasion de voir la première d’une série de propositions artistiques présentées par la firme Doyon/Rivest.Une expérience inhabituelle où l’art, le monde de la publicité et celui de la culture populaire se rencontrent dans la grande galerie.Plus intimiste, l’artiste montréalaise Catherine Sylvain s’empare de la pièce voisine dans le but de faire réfléchir et penser.Déjà, le carton d’invitation laissait filer la rumeur.Une photo rectangulaire d’un hôtel, d’une plage et d'un ciel bleu remarquable, quelque part où il doit faire très chaud.Une pellicule transparente accompagnée du logo Doyon/Rivest, de même qu’une inscription sur le côté qui dit «plongez dans notre univers».Ce n’est que lorsqu’on entre dans la galerie principale de L’Œil de Poisson que l’on s’aperçoit qu’il s’agissait bien d’une réplique en miniature des quatre immenses panneaux publicitaires qui envahissent les murs de ce grand local.L’idée est drôlement irrévérencieuse, alors que le spectateur apprécie de façon loufoque son rôle de public-cible.Le duo insolite a pris en photo un groupe de jeunes adolescents du mouvement scout, un couple âgé, un âne qui flâne, tout comme une salle de conditionnement physique déserte.Donc, ces quatre affiches portent fièrement l’emblème de la jeune firme artistique.C’est drôle, déroutant, voire même courageux.Certains protesteront que cela n’a absolument rien à voir avec l’art contempo- rain.Pourtant, cette «campagne de promotion de la promotion» témoigne d’une efficacité et d’un concept redoutable.Prendre, en quelque sorte, les moyens de la stratégie publicitaire, du commerce à grande échelle, afin de remettre èn question les attentes du public-cible en art actuel.Détourner le message habituel et vendre un produit qui n’existe guère.Plutôt que d’avoir devant soi un tableau abstrait ou une installation conceptuelle, on détourne une réalité alors que c'est désormais le slogan Doyon/Rivest qui sert de marque commerciale pour l’art.Le panneau-réclame entre dans un nouvel espace de culture.On sait, bien sûr, que Mathieu Doyon et Simon Rivest se sont fait surtout connaître jadis au sein des formations de jazz actuel de Québec Motocross et Kung-Fu.L’an dernier, lors de l’événement Sha-galaï, ils œuvraient en tant que DJ sous le nom de Promoteurs Galaxie.De plus, Simon Rivest est concepteur et directeur artistique dans une agence de publicité.En attendant une deuxième proposition, on parie que ces «spécialistes en création de besoins» feront beaucoup jaser dans la Vieille Capitale et ouvriront peut-être finalement les portes de L’Œil de Poisson à une clientèle aussi vaste que grandissante.Dans la petite galerie, l’installation de Catherine Sylvain prend la forme d’un étrange vêtement.À l'aide de papier blanc, la dimension architecturale travaille à l’échelle du corps.L’environnement se soumet aux lois physiques, à la fragilité d’un tout qui n’est rien.Positionné sur la terre et sous le ciel, la pièce devient ainsi une métaphore de l'existence même.On a cousu cet univers comme s’il s’agissait d’un grand manteau qui protège du froid et de la neige.Une sorte d’espace de recueillement éphémère en cette période hivernale.On mentionne que l’artiste était lauréat du prix Tomber dans l’Œil décerné à un finissant du programme de baccalauréat en arts visuels de l’Université Laval.Après avoir vu les panneaux de la sympathique firme Doyon/Rivest, on encourage les curieux à se précipiter.Les questions demeurent ouvertes, l’interprétation aussi.Les artistes sont à vendre, que la polémique commence! On détourne une réalité alors que c’est désormais le slogan Doyon/Rivest qui sert de marque commerciale pour l’art DOYON ICI RIVKSI .Quatre immenses panneaux publicitaires de la firme Doyon/Rivest occupent les murs de la galerie.(514) 257-8711 1.888-234-8533 www.devp.org j|DÉkEL0PPEMENr ^ EF MIX L E I) E V 0 I R .1.E S S A M E 1) I E T I) I M A X < Il E 2 R .1 A X V I E R 2 U ü I (' I I ARTS VISUELS Correspondances cultureUes La galerie Graff et le centre d’artistes Clark présentent un projet commun des plus stimulants .* ° il i» •'i * X* ^ i w ¦ ' ¦ ¦ ¦ * i' SvV® 1 o ° -«.O * r ?r , » • S «.* üas5»sSï»ï5î 1H# % % 0*3.©•» a,-^ f' ^ i •l'4' < 'V 3 © Ç.i :> °* J » fi vl ^fko^fkm^-sy }#»**,!•&: RI K GRAFF Réactions (météorites), 2000, de Thomas Corriveau.GRAFF/CLARK Galerie Graff 963, rue Rachel Jusqu’au 3 février Centre Clark 1591, rue Clark Jusqu’au 25 février BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Le projet commun qui réunit la galerie Graff et le centre d’artistes Clark est un des plus stimulants de la saison hivernale en arts visuels à Montréal.11 l’est en raison de l’échange particulier à sa source.Il l’est également autant par ses réussites que par ses ratés.Ce projet attire l’attention dans la mesure où il permet d’engager de réelles discussions.Résumons l’affaire.Il y a deux ans, la directrice de la galerie Graff, Madeleine Forcier, fut à l’origine d’un rapprochement entre la galerie qu’elle dirige rue Rachel et le centre d’artistes autogéré Clark, situé dans la rue du même nom.D’emblée, il faut saluer la collaboration entre deux institutions différentes, de calibre et de mandat.Mais l’idée de mettre en commun des ressources complémentaires n’est pas à rejeter non plus.Ceux qui sont friands d’art contemporain à Montréal ne sont pas sans savoir que Graff et Clark abritent respectivement un atelier de gravure et de menuiserie.Il a donc été décidé que chacun de ces lieux de diffusion et de production inviterait trois artistes, qui auraient à travailler avec la double contrainte d’introduire dans leur production des éléments prenant en considération des possibilités offertes par chacun des ateliers.Les artistes retenus sont Martin Boisseau, Sylvain Bouthillet-te, Thoiqas Corriveau, Sylvie La-liberté, Eric Lamontagne et Monique Mongeau.Dans le cadre de ce projet, tous les suc ont été invités à confectionner des multiples qui sont aujourd’hui accrochés aux murs des deux galeries.Pour ce faire, les matériaux nécessaires leur ont été fournis, de même que les services de techniciens, mettant à profit les moyens de chacun des centres.Il faut donc tenir compte du caractère formateur du projet, qui a pu permettre à ces artistes de se familiariser avec des outils et des matériaux différents de ce que leur production habituelle exige.Ici, la double contrainte est à apprécier.Combien de fois ce type de projet n’aura-t-il mené, notamment en gravure, à rien d’autre qu’à la production d’œuvres pour lesquelles l’adoption d’un médium spécifique n’apportait que très peu de nouveau?Dans le passé, ces invita- tions ont souvent donné lieu à des réalisations généralement moins fortes que ce que nous avons aujourd’hui sous les yeux.Ce qui ne revient pas à dire pour autant que les œuvres produites soient toutes renversantes.Des multiples Sur une base individuelle, il faut noter que le choix de certains artistes est fort discutable.Nous avons déjà bien défendu le travail d’un Sylvain Bouthillette, par exemple, mais à partir des prémisses établies, on voit mal la pertinence de l’inviter à se joindre au projet, lui dont la production courante embrasse déjà la gravure et le travail du bois par l’entremise de la sculpture.Peu de défi ici pour l’artiste.On ne peut dire que la pièce qu’il a réalisée soit des plus excitantes, bien qu’elle y gagne une faettire disons, plus technologique — il a utilisé un procédé de photo-gravure —, du moins en regard des textures heurtées que l’on retrouve d'ordi-naire à la surface de ses tableaux.A sa décharge, vu les textures qu’il explore ici, notamment avec cette plaque de béton qui joue comme d’une légende photographique, compte tenu de la redoutable énergie que contient son imagerie chaotique, sa pièce à Graff aurait beaucoup gagné à être isolée.À Clark, qui présente le reste des multiples, la répétition lui sied davantage, insistant sur le caractère contrefait de cette œuvre qui reprend un de ses propres tableaux.A l’opposé, le choix de Martin Boisseau, comme celui de Sylvie Laliberté, pour ce projet était plus concluant: le premier, plus proche de la sculpture, de la peinture et de la vidéo, n’a jamais touché à la gravure auparavant; la seconde a pu se familiariser avec le travail du bois, éloigné il va sans dire de son travail coutumier en vidéo et en performance.Pour Boisseau, de qui nous ne cacherons pas avoir fréquenté assidûment la production, le choix de recycler une ancienne pièce met en relief sa prise en considération des paramètres imposés par le projet.Sa machine rotative, dont il sert ici la troisième version, intègre une donnée singulière du travail de la gravure, laquelle introduit une modalité étonnante.En faisant basculer sa machine traceuse de la verticalité à l’horizontalité, Boisseau opère un déplacement significatif, issu du projet actuel, qui met l’accent sur un fait généralement oblitéré par les modes conventionnels de présentation de la gravure sur les murs.’ Sa pièce, même terminée, garde en elle, tant dans la disposition du moniteur vidéo que supporte sa machine que par la manière qu’a l’artiste de disposer ses gravures comme des tablettes, l’horizontalité nécessaire à la production de toute gravure.La distance entre la présentation de l’œuvre et sa fabrication s’en retrouve diminuée, de manière stimulante.Laliberté, quant à elle, a privilégié un travail ardu du bois sur la planche de contreplaqué servant de plaque d’impression, dans laquelle est gravé un texte d'une naïveté assumée.Comme dans les attaches qui retiennent ses gravures au mur, en forme de part de gruyère, ce travail découle d’une exploration des matériaux.Dommage que l’énoncé du texte, qui parle de chat et de souris, soit d’une minceur affligeante.Peut-être l’artiste renonce-t-elle volontairement désormais à le faire, mais les textes de Laliberté ont démontré dans le passé une épaisseur sémantique, absente ici, qui étonne, par contraste, avec le ton employé, proche de la comptine.Par ailleurs, Monique Mongeau propose un jeu de mots qui reprend les consonances voisines entre «rose» et «éros», ce qui n’est pas nouveau en soi, d’autant que, dans le domaine des arts visuels, l’amalgame a été exploité allègrement par Marcel Duchamp, ou plus précisément par un de ses pseudonymes, Rrose (rose, éros) Sélavy (c’est la vie, sel à vie).Reste que de l’iconographie de la rose qui fait office de fond à l’inscription des mots dans la gravure, de même que du soin apporté à la confection du boîtier qui supporte l'image, il résulte un bel objet.On pourra rapprocher Corriveau et Lamontagne autour de la notion de jeu.L’iconographie de l’œuvre de Corriveau — dont le travail est essentiellement pictural —, un visage féminin, est rendue selon une trame qui rappelle les procédés de reproduction bon marché.Des points rouges viennent cribler davantage la surface de ces œuvres, introduisant une dimension ludique dans ce travail, de même qu’un jeu d’échelle intéressant et un habile brouillage des signes.Il faut noter la réalisation impeccable de ce montage.Finalement, Lamontagne, chez qui la dimension ludique est exacerbée au point de l’emporter de façon discutable sur d’autres considérations sensiblement plus importantes, fait preuve d’une belle exploitation du procédé de gravure.Dans son récit fantastique rapportant les métamorphoses d’un sujet en cours d'hybridation, Lamontagne intègre — c’est ce qui permet de rapprocher sa pièce de celle de Boisseau par l’intérêt porté envers le processus de fabrication de la gravure —, il intègre, donc, le procédé de superposition des couleurs en gravure, les nombreux passages que ce dernier exige sur les presses.Ainsi, dans son récit sur la genèse d’un son "humain insectoïde», l’artiste mêle des notions de génétique à d’autres concernant la fabrication d’une image gravée.Il en découle une cohérence réussie entre la fiction de l’œuvre et son processus de fabrication.Autre donnée qui incite à visiter les deux lieux de présentation des œuvres: les modes de présentation diffèrent passablement d’une galerie à l’autre, ce qui induit des lectures dissemblables des pièces.Cette autre particularité ajoute de l’intérêt au projet qui, en fait, constitue une exposition-bénéfice.GALERIE GRAFF féM i étSÊm.¦ S'a" k Mahakala, 2000, de Sylvain Bouthillette.Quand l’imaginaire d’un créateur rejoint celui d’un scientifique Chez Louis Fortier, la technique du moulage s’apparente à celle du clonage TRANSFERT INTERROMPU! Louis Fortier Plein sud 100, rue De Gentilly Est, local D-0626 Longueuil Jusqu’au 11 février SONIA PELLETIER Depuis quelques années, le processus de création de cet artiste ressemble étrangement à celui d’un homme de science dans un laboratoire.Dans son atelier, Ixtuis Fortier se livre à des manipulations sur la matière, provoquant ainsi des mutations de formes à partir du moule de sa propre tête.La technique du moulage s’apparente ici à celle du clonage.Cette œuvre sculpturale pourrait donc s’inscrire dans un paradigme se rapprochant de celui de la génétique, dans la mesure où elle s’inspire du modèle de transmission de l'hérédité.I/trs de l’une de ses dernières expositions, Clones, à la galerie B-312 (1999) à Montréal.Fortier avait réalisé des séries de têtes agencées formellement selon le mode d’un arbre généalogique.En procédant à diverses associations reliées à la famille ou à des groupes sociaux spécifiques, il avait réuni des ensembles de personnages pour le moins bizarres en apparence sur les murs ainsi qu’au sol de la galerie.L’expression de ces visages déformés et atrophiés, tels certains poupons à leur naissance, engendrait chez le spectateur une double attirance de pulsion et de répulsion.Cette masse de têtes donnait à voir un monde à la limite du supportable, entre l’erreur humaine et un avenir plus serein, qui nous ramenait encore une fois à l’actualité scientifique.Devant cet état des choses, il est difficile d’échapper à certaines pensées, notamment celle de Paul Virilio: «En ce qui concerne les sciences et la biologie contemporaines, le doute n'est plus permis puisque la génétique est en passe de devenir un art, un art transgénique, une culture de l'embryon à des fins de pure performance, comme le souhaitaient les eugénistes du début du XX' siècle.» Houles de stress, de Diuis Fortier.Actuellement, au centre d’ex- 1 position Plein sud, l’artiste pré- ’ sente huit pièces également ré- I parties sur les murs et le sol de I la galerie.Rappelons que les élé- I ments constitutifs sont réalisés < en faisant appel à la technique < du moulage.Tout juste avant I que la matière (plâtre, cire) ne < prenne et se fige, l’artiste inter- < vient à travers le moule ou pro- i voque des accidents afin d'obte- | nir diverses déformations aléa- i toires de sa matrice.Ces interventions spontanées donnent lieu à des hasards parfois monstrueux ou franchement loufoques.Cette fois, il a cependant choisi de placer ces mutations en se souciant de leurs interactions.Ainsi, ces ensembles d’individus disparates cherchent à établir un dialogue et à communiquer entre eux.Il s'agit même parfois de communion, comme dans la série intitulée Les Hai- AI.A1N l.KI ORÎ sers chauds.Nous sommes, rap- pelons-le, à l’ère des communications et il en va de cet état pour la survie de l’humanité.Fortier semble vouloir maintenant rassembler les solitudes plutôt que d’affirmer des différences comme dans son travail antérieur.Le visiteur est convié au passage à lire les titres de chacune de ces propositions, qui font également allusion à un univers scientifique.Forum de discussion, Houles de stress, Dolly en 9 temps, Réseau, Segment de population sont autant de projets dont les détails formels attirent l’attention.Mais au delà du propos scientifique qu'il évoque, le travail de Fortier pose la question de la limite entre la création et la simple reproduction.11 ramène à un art qui se situe davantage dans le plaisir du «faire» et une certaine jouissance quant à la manipulation de la matière.Pour le spectateur, ce sera plutôt le plaisir du regard dirigé vers des détails anthropomorphiques.Catherine Tremblay Au-delà des apparences Orfèvrerie et objets de plaisir Dernière journée GALERIE SIMON BLAIS 4S21 riird.vk Montréal H?T MAfltq HfiS Ouvert du mardi «m vendredi Hîfi a WhÎO et le samedi 10h a l/h Ces interventions spontanées donnent lieu à des hasards parfois monstrueux ou franchement loufoques > !.K I) E V 0 I R , L E S S A M EDI 27 E T l> I M A N C II E H .1 A N 1ER 2 (I 0 I (’ 12 LE DEVOIR - Il n'y a pas que la commission Clair qui risque de provoquer de grands changements dans le système de santé.A Montréal, la nouvelle année s'amorce en grand avec les consultations publiques portant sur la réutilisation des bâtiments du Centre universitaire de santé McGill.Dans cette histoire où la médecine et les sciences détiennent le rôle principal, le patrimoine présente, lui aussi, des enjeux FORME Le futur et les hôpitaux —: Xif Hôpital Royal Victoria HOTOS: JACQUES GRENIER I.E DEVOIR de taille, à l’image de la dimension des sites concernés.CLAUDINE DÉOM Depuis le temps que l’on en entend parler, le processus paraît finalement amorcé: le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) annonçait avant les Fêtes la tenue d’une consultation publique dans le but de définir la nouvelle vocation de ses immeubles et terrains, à la suite de son déménagement prévu en 2005.Les audiences, qui se déroulent jusqu’au début du mois prochain, sont dirigées par un comité consultatif indépendant composé de M” Roy Heenan et Michel Yergeau, avocats, et de Joan Fraser, sénateur.Leur rapport est attendu pour le mois d’avril.Un projet de longue date Le regroupement des cinq hôpitaux O’Hôpital général de Montréal, l’hôpital Royal Victoria, l’Hôpital de Montréal pour enfants, l’Institut et l’Hôpital neurologiques ainsi que l’Institut thoracique) en un seul et unique site est un rêve que caresse le CUSM depuis près de dix ans.Les nouvelles technologies, une évolution marquée dans l’approche des soins prodigués (il s’agit, par exemple, de l’importance accordée à l’influence de l’environnement bâti sur les patients) et une population sans cesse vieillissante sont les principaux motifs qui, au dire des experts du monde de la santé, expliquent la vétusté des hôpitaux actuels.Le nouveau mégacentre se situerait dans l’ancienne cour de triage Glen, tout près de l’échangeur TurcoL aux limites de Westmount.Ce site a été choisi en raison de sa proximité du centre-ville, son accessibilité par différents modes de transport et, bien entendu, pour sa superficie considérable permettant l’implantation d’une telle construction.Des solutions de réutilisation On comprendra rapidement les difficultés que pose la reconversion de ces cinq institutions du centre-ville sachant qu’une fois regroupées, elles cumulent une superficie d’environ 3,3 millions de pieds carrés, une surface, nous dit-on, comparable à celle de la Place Ville-Marie.Afin d’explorer les différentes avenues possibles de recyclage, le CUSM a commandé une étude sur la réutilisation des immeubles, dont le rapport final, déposé en 1998, optait principalement pour une réutilisation résidentielle: des condominiums haut de gamme (pour certains bâtiments du Royal Victoria, par exemple), des immeubles locatifs (notamment pour l’Hôpital de Montréal pour enfants) et certains appartements pour personnes, âgées (pour l’Hôpital général).A cela s’ajoutait une proposition de transformation en bureaux et en espaces institutionnels, plus spécifiquement pour l’aile du Royal Victoria située rue University.Le rapport proposait aussi la démolition de certaines constructions plus modernes des ensembles dont l’architecture était jugée sans intérêt.Jusqu’à maintenant, les audiences publiques (qui se poursuivent les 7 et 9 février prochains) n’ont pas dégagé de solutions miracle.Alors que certains se sont montrés en faveur des conclusions mises en avant dans l’étude, d’autres projets tels que des résidences étudiantes pour l’université McGill et des laboratoires pour l’Institut de recherches cliniques de Montréal (de l’avenue des Pins) ont aussi été évoqués.Un impact considérable 11 serait ingrat de ne pas saluer l’initiative de ces consultations publiques (d’autant plus qu’il est plutôt rare, depuis quelques années, que l’on sollicite l’opinion des Montréalais au sujet de dossiers urbains pour lesquels aucun projet n’est décidé à l’avance).Il n’en demeure pas moins que certains ont jusqu’à maintenant vivement critiqué le mandat des commissaires, la tribune du CUSM ne se prêtant d’aucune façon au débat concernant le regroupement des cinq institutions en un seul lieu mais plutôt au sort des bâtiments qui deviendront vacants.S’il n’est guère facile de se faire une idée au sujet de la fusion des hôpitaux — la réalité de la gestion des soins de santé n’étant certes pas très limpide pour le simple citoyen —, il reste que les commissaires ont également eu l’occasion d’entendre les nombreuses inquiétudes qui régnent quant aux conséquences du départ des activités.En effet, en raison de l’intérêt architectural des bâtiments et de leur emplacement stratégique sur le flanc sud du mont Royal (un lieu des plus convoités par les promoteurs immobiliers, tous en conviendront), n’y a-t-il pas lieu de s’en soucier?«Nous sommes bien conscients du défi que représente la reconversion des bâtiments du CUSM après son départ.Le futur de ces sites est d’une importance capitale pour nous.Voilà pourquoi nous avons organisé ces audiences publiques.Nous souhaitons ouvrir la discussion afin que la population puisse nous suggérer une approche pour la reconstruction de chacun de ces sites», explique le docteur Steinmetz, directeur général associé à la planification du CUSM.«Nous cherchons à établir un processus de réutilisation qui satisfait aux attentes de la population, ce qui inclut la bonification du parc du Mont-Royal et ses activités.» Voilà qui augure bien pour la montagne, mais alors que le CUSM semble Hôpital général de Montréal iiiPBl faire preuve de bienveillance à l’égard des arbres et des vieilles pierres (plus particulièrement celles du Royal Victoria), force est d’admettre que les en- jeux patrimoniaux vont au delà de la simple attribution de nouvelles fonctions à des bâtiments anciens.Compte tenu de l’importante contribution des hôpitaux au développement de Montréal depuis de nombreuses décennies et encore de nos jours — le CUSM chiffre à environ 10 000 son nombre d’employés convergeant vers ces lieux quotidiennement —, a-t-on seulement anticipé l’état de santé du centre-ville lorsqu’on aura soustrait cet aspect important, voire vital, de ses activités?Comment s’assurer que des projets de condominiums sauront soigner de telles plaies, lesquelles blessures risquent de s’aggraver davantage au moment du départ de l’Hôtel-Dieu, adve-nant la construction du CHUM?Voilà bel et bien un projet de réhabilitation de taille, sans doute parmi les plus importants que Montréal ait jamais eu à résoudre.Maintenant que les citoyens ont accompli leur devoir civique en répondant en grand nombre à l’appel du CUSM, reste à voir si les différents intervenants de ce dossier, tant le CUSM et le ministère de la Santé et des Services sociaux que la Ville de Montréal, feront le leur en s'assurant de donner au centre-ville une vision d’ensemble et, surtout, des projets de qualité qui ne desserviront pas uniquement l’intérêt pécuniaire immédiat des promoteurs.L’occasion est belle en ce début de millénaire de sauver à la fois des vies humaines et celle du cœur de Montréal.REGARD OBLIQUE Paysages québécois du Nord Les paysages urbains et naturels gagnant de plus en plus leurs lettres de noblesse auprès du grand public, plusieurs chercheront sans doute à prendre connaissance du nouvel ouvrage traitant des Laurentides, publié aux Éditions Isabelle Quentin en collaboration avec l’Université de Montréal et sa chaire en paysage et environnement, intitulé Évolution du territoire laurentidien (à ne pas confondre, soit dit en passant, avec «laurentien», tenne qui fait référence au fleuve Saint-Laurent).Que des universitaires se préoccupent de paysage, voilà qui est bien légitime.Cela explique sans doute le ton didactique que prend l’ouvrage, une réalité que les auteurs reconnaissent d’ailleurs très candidement.«Cette publication se veut une première à plusieurs égards.En plus de répondre à l'engouement récent des Québécois pour les paysages, elle vise à aller au-delà de la contemplation et amorcer une réflexion quant aux enjeux reliés à la conservation et au développement du paysage des Laurentides», explique Gérald Domon, coauteur de l’ouvrage et professeur à la faculté de l’aménagement de l’Université de Montréal.Néanmoins, le grand public y trouvera aussi son compte, et ce, sans doute en raison de l'importante contribution au contenu de la part d’une pléiade d’intervenants régionaux et locaux, tels des aménagistes, des élus municipaux et des groupes communautaires.Ce regroupement se voudrait d’ailleurs à l’origine même du projet.Finalement, l’utilisation abondante de photographies et de cartes géographiques de la région, disséminées à travers les 140 pages du volume, réussit à apprivoiser le lecteur et à rendre sa lecture plus agréable.Pour terminer, la même institution organise, pendant quelques matinées des mois de février et mars, une série de séminaires portant sur le paysage des rivières au Québec.Une personne-ressource d’Hydro-Québec prendra part à chacune des discussions, qui seront animées par un chercheur de la chaire.Cette activité (gratuite et offerte à tous) traitera de différents aspects de la gestion des rivières au Québec et de la conservation des paysages.Le prochain rendez-vous est prévu pour le 23 février prochain.On se renseigne en composant le (514) 343-2320.Ateliers d’information pour diplômés en design : horaire hiver 2001 ID Institut de Design Montréal 390, rue Saint-Paul Est Marché Bonsecours (niveau 3) Montréal (Québec) Canada H2Y1H2 Téléphone (S14) 866-?436 Télécopieur (514)866-0881 Courriel idm©idm qc ca Site Web http//www idm qc ca S’INTÉGRER AU MILIEU PROFESSIONNEL Les Ateliers dinformation de l’IDM constituent un outil mis à la disposition des diplômés en design pour faciliter leur intégjation au milieu de la pfa tique professionnelle Ces séminaires s'adressent plus particulièrement aux |eunes diplômés de 1997,1998,1999 et 2000 dans les disciplines suivantes, architecture, archi lecture du paysage, design de l'environnement, design de mode, design d'intérieur, design graphique (incluant animation, infographie et multimédia), design industriel et urbanisme.HORAIRE Démarrage d'une entreprise : le designer-entrepreneur (tout le week-end) Samedi et dimanche, 17 et 18 février, de 9h à 17h.Samedi et dimanche, 21 et 22 avril, de 9h à 17h Élaboration d'un portfolio (1 soir) Lundi 19 février, de 18h à 22h.Marketing 12 soirs en deux parties) Lundis 5 et 12 mars, do 18h é 22h Lundis 7 et 14 mai, de 18h à 22h.Curriculum vitee et lettre de presentation (1 soir) Jeudi 22 mars, de 18 h à 22 h.L'offre de service (1 soir) Lundi 26 mars, do 18h à 22h.Lundi 30 avril, de 18h à 22h.Introduction à la gestion de projets (1 soir) Lundi 9 avril, de 18n é 22h Le designer et la propriété intellectuelle (1 soir) Lundi 21 mai, de 18h à 21h.INSCRIPTION Les inscriptions se font par téléphone au (514) 866-2436, poste 33.Grâce à la collaboration de Développement des ressources humeines Cenede, des frais d'inscription de seulement 15 $ sont exigés.Le nombre de places étant limité, celles-ci sont attribuées selon la formule premier arrivé, premier servi.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.