Le devoir, 30 avril 2001, Cahier A
il e v o i r .e o v o l .x c I I X !) ?\\ W W .I Plusieurs vainqueurs ex-æquo au festival Vues d’Afrique Page B 8 Villeneuve renoue avec le podium à Barcelone Page B 4 I E ! I \ I) I a O A V K I I 2 O O I Vers un relevé individuel du coût des soins de santé Trudel fait miroiter tous les bénéfices d’une carte à puce ROBERT DUTRISAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC D> ici à quelques années, les Québécois obtiendront sur-le-champ un relevé du coût des soins de santé qu’ils reçoivent chaque fois qu’ils feront appel au réseau de la santé, que ce soit pour une consultation médicale de 25 $ ou une chirurgie de 10 000 $.Tout cela grâce à la carte santé à puce.C’est ce que fait miroiter le ministre d’Etat à la Santé et aux Services sociaux, Rémy Trudel, dans le mémoire qu’il a présenté le 2 avril dernier à la réunion du conseil des ministres sur l'implantation de la carte d’accès santé à microprocesseur.Le conseil des ministres a donné son accord pour que M.Trudel dépose un projet de loi en ce sens dont l’adoption est prévue pour décembre 2001.Dans son mémoire, dont Le Devoir a obtenu copie, M.Trudel fait revivre ce vieux projet de fournir un relevé des coûts des soins reçus par chacun des citoyens.Le but les sensibiliser aux bénéfices dont ils jouissent.Le projet antérieur _ avait été abandonné parce que les relevés, envoyés par la poste, pouvaient parvenir par erreur à une autre personne que le destinataire, violant ainsi le secret professionnel.Mais, bientôt avec la carte à puce activée par un numéro d’identification personnel (NIP), le relevé sera remis en main propre au patient Finis les risques d’erreur.«Faute d’information sur la valeur des services reçus, la plupart des citoyens méconnaissent leurs privilèges d’assurés et ne sont pas incités à rationaliser leurs habitudes de consommation des services de santé», lit-on dans le mémoire ministériel.VOIR PAGE A 8: SANTÉ Rémy Trudel Michaud: cap sur Québec JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le candidat indépendantiste défait dans Mercier, Paul Cliche, entouré d’Yves Michaud et d’André Reny, lors de l’assemblée publique organisée hier par Solidarité Yves Michaud.fjffîsÈÊÊÊ- Fort d’une pétition de 4000 signatures, il demandera réparation à l’Assemblée nationale HÉLÈNE BARIL LE DEVOIR Avec des mots très durs à l'endroit de l’ancien premier ministre Lucien Bouchard, les partisans d'Yves Michaud ont encouragé l'ancien député à demander à l’Assemblée nationale de changer ses règles afin qu'une motion de blâme ne puisse plus jamais être votée contre un citoyen pour délit d’opinion.«Plus jamais ça», a lancé Mathieu Bock-Côté, étudiant en philosophie et sympathisant d'Yves Michaud, aux participants à l’assemblée publique qui avaient rempli un auditorium de l'Université du Québec à Montréal maigre le beau dimanche ensoleillé.Tour à tour, les orateurs invités ont dénoncé le traitement infligé à Yves Michaud par l’Assemblée nationale, qui a voté à l’unanimité une motion de blâme contre lui pour des propos jugés antisémites.Tous les parlementaires ont été passés à la moulinette pour avoir aussi facilement bafoué la liberté d’expression mais l’ancien premier ministre Incien Bouchard a eu droit aux mots les plus durs.Gabriel Breton, professeur de psychologie à l’université Concordia, a qualilié le comportement du chef du gouvernement de «vacherie».Four l'écrivai ne Hélène Pedneault, Lucien Bouchard est quel qu’un de «génétiquement opportuniste» qui était peut être de mèche avec le chef de l’opposition Jean Cha-rest, son ancien collègue au fédéral, pour crucifier Yves Michaud sur la place publique.Lucien Bouchard est arrivé au Parti québécois comme le messie, «nous a lentement mais sûrement fait perdre du VOIR PAGE A 8: MICHAUD Tous les parlementaires ont été passés à la moulinette hier mais loicien Bouchard a eu droit aux mots les plus durs L’aide culturelle à l’heure de la convergence L’exemple du Québec inspire la Société de développement de l’industrie des médias de l’Ontario LE MONDE L’Algérie est confrontée à ses Berbères La Kabylie, région montagneuse à l’est d’Alger, est secouée par des émeutes sans précédent depuis une semaine.Ces émeutes, qui ont fait au moins 40 morts, ont commencé après le décès d’un lycéen tué par balles dans la gendarmerie de Béni Douala, près de Tizi Ouzou, la capitale de la Grande Kabylie.Le président Abdelaziz Bouteflika, qui est resté silencieux jusque-là, doit s’adresser aux 30 millions d’Algériens ce soir.¦ À lire en page A 5 INDEX •N Annonces .B6 Mots croisés B 6 -O Actualités .A2 Météo B 6 B 3 R 0 —i W Culture .B 8 Religions B 6 d o Éditorial .A6 Science B 1 o Idées .A 7 Sports B 4 Monde .A5 Télévision B 7 HÉLÈNE BARIL LE DEVOIR LA Ontario Film Development Corporation / revient de loin.L’organisme gouvernemental créé en 1986 pour aider l’indus-.trie cinématographique ontarienne a ' bien failli être une des victimes de la révolution du bon sens.Après l’arrivée au pouvoir du parti de Mike Harris en 1995, ses jours étaient comptés.Il est maintenant relancé sur de nouvelles bases, avec un mandat élargi à toutes les industries culturelles et un nouveau nom, la Société de développement de l’industrie des médias de l’Ontario.C’est le Québec, avec sa Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), qui a servi de modèle à l'Ontario.«C’est le Québec qui a la gamme la plus complète des instruments d’aide à la culture», explique le président de la Société de développement de l'industrie des médias de l’Ontario (SDIMO), Adam Ostry, lors d’une entrevue avec Le Devoir.En poste depuis maintenant deux ans, Adam Ostry pense avoir convaincu un gouvernement pour qui la culture n'était pas une priorité de continuer à investir dans ce secteur d’activité en croissance.Et, surtout, qu’il est plus efficace de regrouper l’aide offerte sous une responsabilité unique, sur le modèle de la SODEC.La SDIMO a donc maintenant la responsabilité d’aider l’industrie du livre et du disque, en plus du cinéma et de la télévision.La convergence est une réalité qui s'applique aussi au monde culturel, estime Adam Ostry.Devant les moyens considérables dont jouissent les créateurs des autres pays, il est logique de regrou- JACQUES GRENIER LE DEVOIR C’est le Québec qui a inspiré l’Ontario en ce qui a trait au financement des entreprises culturelles.^7 a X per le peu qu’on a au Canada, selon lui.En Ontario, les industries culturelles dépensent annuellement cinq milliards et emploient au total 60 000 personnes.Le gouvernement ontarien a octroyé à la SDIMO un budget de 36,5 millions pour quatre ans.VOIR PAGE A 8: AIDE Reprise des négociations de paix Peres annonce une entente avec les Palestiniens D’APRÈS AFP, REUTERS ET LIBÉRATION Sept mois après le début de l’Intifada, qui a fait près de 500 morts, le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Peres a annoncé hier une entente avec les Palestiniens, lors de visites en Lgyp te et en Jordanie destinées à tenter de relancer les négociations de paix israélo-palestiniennes.Les affrontements n’ont pas pour autant cessé hier malgré l’annonce de cette trêve et la promesse israélienne d’un assouplissement du bouclage des territoires.Des fusillades ont éclaté dans la bande de Gaza, blessant huit Palestiniens et un Israélien.D-s Palestiniens ont, par ailleurs, tiré plusieurs obus de mortier sur une colonie juive, également dans la bande de Gaza, sans toutefois faire de victime.C’est à l’issue de sa rencontre au Caire avec le président égyptien Hosni Moubarak que Peres a annoncé l’entente qui devra se concrétiser sur le terrain pour ne pas subir le même sort que le précédent engagement en ce sens, annoncé je 17 octobre lors du sommet de Charm el-Cheikh (Egypte), par le président américain Bill Clinton.«Notre principal souci est de mettre fin aux tirs, a la terreur et à la violence.Il est impossible de négocier quand il y a des tirs dans les rues et des bombardements aux frontières», a affirmé Peres au cours d’une VOIR PAGE A 8: ENTENTE C a h\e[s p é c i a t.Eté culturel et Journée internationale des musées mai 2001 LE DEVOIR Tombée publicitaire le 4 mai 2001 samedi /» i c 778313000641 L F.I) K V (Il R .I.K L I X Ü I 3 0 AVRIL 2 0 01 I.E S ACT Ci A I.i I En Les Femmeuses ont la cote Un appui à Stockwell Day JEAN FRANÇOIS MAJEAU LES FEMMEUSES ont toujours la cote.L’exposition annuelle qui réunissait samedi et dimanche les tableaux de 94 artistes a permis d’amasser la coquette somme de 136 000 $, dépassant ainsi la performance enregistrée l’an dernier.Pour la 15' édition de l’événement, 26 nouvelles artistes avaient grossi les rangs des Femmeuses.Et la récolte a été bonne puisque, des 143 tableaux mis en vente, 118 ont trouvé preneurs.Parmi eux, on comptait les œuvres de Marcelle Perron, de Sylvia Safdie et de Francine Simonin, de même que Thérèse et son cheval et Famille inconnue, deux tableaux réalisés par Clémence Desrochers (notre photo), présidente d’honneur de l’exposition.Comme le veut la coutume, c’est à Lmgueuil, au siège social de Pratt & Whitney Canada qui parraine l’événement, que se déroulaient ces Femmeuses et 5400 visiteurs s’y sont présentés.La moitié des profits récoltés par cette expo-vente sera versée à sept maisons d’hébergement pour femmes et enfants victimes de violence conjugale, dont le Carrefour pour Elle, la Clé sur la porte et la Maison Simonne-Monet-Chartrand, situées sur la Rive-Sud.Le reste de la somme sera remis aux artistes.Les équipements de l’armée tomberont en désuétude d’ici 2015 PRESSE CANADIENNE Ottawa — lii plupart des équipements des Forces armées canadiennes deviendront périmés en 2015 et, à moins que des décisions ne soient prises rapidement pour les remplacer, l’armée risque alors de devenir une coquille vide.C’est la mise en garde que font plusieurs analystes de la chose militaire canadienne, qui se demandent aussi s’il existe une réelle volonté politique de débloquer les» {omis nécessaires — et si l’opi-niqn publique suivra.dhars d’assaut, avions, navires, transports de troupes blindés, pièces d’artillerie — les principaux armements — approchent le terme de leur vie utile.Selon Brian MacDonald, colonel d’artillerie à la retraite et analyste des questions militaires, les plus importantes décisions quant au remplacement ou non de ces armes devront être prises par le présent gouvernement Etant donné les délais qui s’écoulent entre la décision de renouveler l’équipement et le moment où cet équipement entrera effectivement en fonction, il semble que le gouvernement actuellement au pouvoir déterminera littéralement si les Forces cana- diennes vivront ou périront, écrit-il dans le plus récent numéro de la revue Policy Options.Or les libéraux ne font pas preuve de beaucoup d'enthousiasme pour de telles dépenses, s’inquiète-t-il.In Conférence des associations de la défense a récemment lancé le même avertissement devant le comité des Communes sur la défense.Et dans son rapport pour 2000, le Vérificateur général a fait observer que l’armée manque de plusieurs milliards de dollars pour renouveler son équipement — de 4,5 milliards au cours des cinq prochaines années, pour être précis.LE DEVOIR Retourner par la poste à Concours Partir pour le MAROC 2050, rue de Bleurv, O' étage Montréal, Que.HAA AS I Le tirage aura heu le 18 mai 2001 à 15h.Le concours s'adresse au\ personnes de 18 ans ou plus.Un seul coupon par enveloppe.Les reproductions électroniques ne seront pas acceptées.Les conditions et règlements de concours sont disponibles à la réception du Devoir.Nom :.Adresse :.Ville :.Code postal :.Téléphone: (résidence).Courriel :.Question mathématique : (65+35) 4 (2X5) = Abonné au Devoir : oui.non.Les piliers de PAlliance canadienne se rallient JIM BROWN PRESSE CANADIENNE Ottawa — Les piliers du caucus de l'Alliance canadienne se sont ralliés derrière leur chef, hier, l’assurant de leur soutien complet -en réaction à la désunion, réelle ou perçue», secouant le parti.«lorsque des divergences surgissent au sein du parti, nous nous engageons à faire du mieux que nous pouvons pour faire en sorte que ces divergences soient réglées honnêtement, rapidement, constitutionnellement et confidentiellement — pas dans les médias», est-il possible de lire dans un communiqué signé par les députés de la première heure de l’Alliance ainsi que des responsables du parti.Il semble que le chef allianciste Stockwell Day, en tentant d’éteindre les feux ayant éclaté autour de lui, n’ait seulement réussi qu’à s’imposer une nouvelle épreuve.Alors qu’une nouvelle réunion du caucus est prévue mercredi, il a promis d’établir un «plan stratégique» afin de mettre un terme aux chamailleries internes et replacer le parti sur les rails.La façon dont il entend s’y prendre demeure un mystère.«Il s'agit de battre les libéraux», a déclaré Ezra levant, principal porte-parole de M.Day, quant au plan en question.Il s’est toutefois refusé à tout autre commentaire à ce sujet les sceptiques affirment que le leader de l’Alliance a, au mieux, repoussé les dissidents dans l’ombre où ils continueront à manœuvrer, sous le couvert de l’anonymat «R faudra du temps pour se remettre de certaines des choses qui se sont passées, a estimé un depute.J’espère qu’il soit en mesure de replacer les choses, mais cela prendra davantage qu’une semaine.U est impossible de guérir les blessures en un tel laps de temps.» D’autres demeurent néanmoins convaincus que M.Day doive quitter le parti, pour le bien de celui-ci.Et cela, bien avant la tenue du congrès de 2002, alors qu’il est d’ores et déjà prévu que le leadership du parti soit remis en question.La tenue de ce rassemblement pourrait être devancée si jamais 25 % des 301 associations de circonscription de l’Alliance en faisaient la demande.Ce genre de démarche de la part de la base réclame cependant organisation et temps.«Cela pourrait prendre de trois à quatre mois pour que les circonscriptions se préparent», a en effet indiqué un député, ajoutant croire que seule la pression exercée par le caucus pouvait pousser Stockwell Day à quitter son poste sans trop tarder.De passage à Shawinigan Chrétien évoque sa longévité politique en i/olKinoiMtion aw\ LE DEVOIR U'IT.IA \ll r.O .I i'Ai.U ! royal air maroc nl?VOUS INVITE a courir LA CHANCE OE PARTIR POUR LE n PALAC • Cinq rondes de golf sur un parcours exceptionnel • Un club house unique avec h restaurants et cinq piscines • Un service 747 de Roval Air Maroc \ M I l Kl >1 3100$ i ,i It's-Iious parvenir les cautions cfêrparlicination qui seront publies Tans le Devoir avant le 16 mai 2001.MICHELLE MACAFEE PRESSE CANADIENNE Shawinigan — À l’heure où le leader allianciste et chef de l’opposition Stockwell Day se demande probablement s’il a toujours un avenir politique, le premier ministre Jean Chrétien a rappelé avec humour sa propre longévité politique, hier, dans sa ville natale de Shawinigan.M.Chrétien, qui se trouvait à Shawinigan à l’occasion d’une célébration du centenaire de celle-ci, n’a pas pu s’empêcher de comparer la capacité de sa ville natale à s’adapter aux hauts et aux bas économiques à son propre instinct de survie à la Chambre des Communes.«Il a fallu se battre», a affirmé Chrétien à un auditoire de quelque 300 personnes réunies dans le cadre d’un dîner organisé par la Société historique de Shawinigan.«Mais quand on vient de Shawinigan, on ne baisse pas les bras facilement.M.Day est mon sixième chef de l’opposition et un jour viendra peut-être où j’en rencontrerai un septième», a-t-il avancé.Le premier ministre a fait suivre ce trait d’humour par un autre, qu’il a cette fois attribué au président français Jacques Chirac, avec qui il s’est entretenu auparavant dans la journée de dimanche.Dans une discussion au cours de laquelle les 32 ans de la présidence du Gabonais Omar Bongo ont été évoqués, le président Chirac aurait mentionné au passage la longévité au pouvoir de M.Chrétien.«R m’a dit: Jean, pourquoi ne distu pas que tu as l’intention de transformer ton troisième mandat en mandat de premier ministre à vie”», a rapporté M.Chrétien.Au terme de sa courte allocution, M.Chrétien a affirmé aux journalistes que ses allusions n’étaient que des blagues et quelles ne devaient pas être prises comme une indication sur ses intentions quant q un possible quatrième mandat.A ce sujet, il a indiqué qu’il continuerait à recourir à la même routine qu’il a suivie durant toute sa carrière politique, soit de décider s’il serait candidat au prochain scrutin au cas par cas, d’élec- Jean Chrétien tion en élection.M.Chrétien ne décidera donc pas s’il sollicitera un quatrième mandat avant quelques années au moins.Le cas de M.Day Le premier ministre a refusé de commenter les problèmes de M.Day, indiquant qu’il préférait se concentrer sur la gouverne du pays.Stockwell Day, qui ne travaille pas le dimanche pour des raisons religieuses, a passé la journée de samedi au Manitoba à tenter de recueillir des appuis de la base militante de son parti.Le chef allianciste devra également soumettre cette semaine à ses collègues du caucus une vision claire de ce qu’il entend faire de son leadership, un engagement qu’il a lui-mème pris pour faire face à la fronde ouverte de certains députés du parti qui ont abandonné leurs fonctions parlementaires ou réclamé sa démission.Malgré l’assurance montrée par M.Chrétien, dimanche, les partis d’opposition ne montrent aucun signe d’essoufflement dans leur stratégie de harcèlement du premier ministre relativement à certaines transactions présumées douteuses dans la circonscription de Saint-Maurice.L’opposition parlementaire, menée par le chef conservateur Joe Clark, allègue que M.Chrétien s’est placé en situation de conflit d’intérêts.idarité alvador Appuyons la reconstruction ! x) Oxfam —'y Québec Faire le chèque à Oxfam-Québec (indiquez SOLIDARITÉ EL SALVADOR) 2330, rue Notre-Dame Ouest, bureau 200 Montréal (Québec) H3J 2Y2 1.877.937.1614 ou 514.937.1614 www.oxfam.qc.ca Rencontre avec des militants Le NPD est devenu « difficile à vendre » EISA SCHMIDT PRESSE CANADIENNE Ottawa — Insatisfaits de se retrouver en marge alors que le Nouveau Parti démocratique (NPD) fédéral se penche sur son avenir, les délégués à une conférence ont devancé le débat, remettant notamment en question la structure du parti et les liens de ce dernier avec le monde du travail.L’opposition à toute refonte destinée à attirer davantage d’électeurs pourrait toutefois provenir du parti lui-même, ont affirmé certains membres.«Je crois qu’il s’agit d’une organisation, d’une institution vieille de 40 ans et qui n’a jamais vraiment accepté le changement», a déclaré Kevin Deveaux, représentant du NDP à la législature de Nouvelle-Ecosse.«Ce parti est devenu le plus conservateur — avec un c minuscule — au Canada.R résiste au changement, ü résiste aux nouvelles idées, et cela a installé dans l’esprit de beaucoup de gens l’idée que le NPD n’a rien à voir avec pas mal de Canadiens», a-t-il ajouté.La façon d’améliorer le sort du parti se trouvait au cœur d’une conférence ayant pris fin à Ottawa, hier, ü s’agissait de la première d’une série de rencontres prévues par les membres de la base du parti.Idées controversées Même la dirigeante du NPD, Alexa McDonough, qui s’est adressée samedi aux délégués, a reconnu que la formation était «difficile à vendre» aux Canadiens.Cela fat particulièrement évident lors des élections fédérales, l’automne dernier, alors que le NPD s’est de justesse accroché à son statut de parti officiel, ne faisant élire que 13 de ses représentants.Et bien que la formation ait déjà engagé un processus officiel de révision, certains de ses membres n’ont pas l’intention de rester là à attendre tout en laissant les coudées franches à leur direction.Lors de la conférence, les délégués ont évoqué plusieurs idées controversées, notamment celle de couper les tiens existant entre le NPD et les syndicats.Ils ont également suggéré que les contributions au parti proviennent uniquement de particuliers, cela impliquant de refuser celles des sociétés, syndicats et autres organismes.EN BREF t Evasion manquée (PC) — Un Québécois qui purge une peine de 30 ans de prison pour tentative de meurtre et vol qualifié a été placé en isolement hier, après une tentative d’évasion du pénitentier de Dorchester, au Nouveau-Brunswick.Mario Alain, âgé de 32 ans, a été capturé par des agents des services correctionnels à la prison tôt hier matin, après qu’il eut déclenché le signal d’alarme d’un système de détection de mouvements.L’incident fait l’objet d’enquêtes séparées de la Gendarmerie royale du Canada et de l’institution carcérale, a fait savoir un porte-parole des Services correc-tionels du Canada.4 L t l> E V 0 I H .I E L l \ I) 1 :l 0 AVRIL 2 0 « I A A, LE DEVOIR ACTUALITES De l'espoir dans l’air Rencontres dans l’espace :U m m Endeavour: mission réussie f JACQUES NADEAU LE DEVOIR DELAISSANT son fauteuil roulant quelques instants, Johanne Pépin a pris un bain de soleil printanier en compagnie de son fils Guillaume hier matin sur le mont Royal.FAle participait à la traditionnelle Marche de l’espoir de la Société canadienne de la sclérose en plaques qui visait à récolter des fonds pour financer la recherche et les services aux membres.Pendant qu’à Montréal, le comédien Robert Poupin, dont la sœur est atteinte de la sclérose en plaques, encourageait ses troupes, on marchait aussi à Dollard-des-Ormeaux, Hull, Laval, Sainte-Catherine, Saint-Hyacinthe, Terrebonne et Trois-Rivières.Ces événements simultanés, auxquels ont participé 2000 marcheurs, ont permis d’amasser près de 250 000 $.Autoproduction d’électricité au Québec Rien n’empêche les compteurs d’Hydro de fonctionner à rebours LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Il n’y a pas de problème technique de sécurité ou de habilité qui empêche des citoyens de produire leur propre électricité au moyen de panneaux solaires ou d’éoliennes — et de vendre leurs surplus à Hydro-Québec —, sauf la volonté politique de le faire et l’inévitable résistance au changement C'est ce qu’a expliqué la semaine dernière au Devoir un ingénieur à la retraite d'Hydro-Qué-bec, Joseph-Marie Bélanger, qui travaillait autrefois à l'Institut de recherche appliquée du Québec (IREQ), la filiale recherche de la première société d’Etat.Les services techniques que dirigeait M.Bélanger ont notamment testé et approuvé la plupart des compteurs électriques qu’on trouve aujourd'hui dans les maisons et les entreprises.M.Bélanger estime pour sa part qu’il existe «des milliers et des milliers, beaucoup en somme, de compteurs d’Hydro-Québec qui peuvent fonctionner dans les deux sens» et qui pourraient, sans modification, fonctionner à l'envers lorsqu’un autoproducteur se retrouverait avec une production excédentaire qu’il verserait sur le réseau public.Récemment, une porte-parole d’Hydro-Québec affirmait, au contraire, que très peu de ces appareils pouvaient fonctionner à rebours, un obstacle technique, en somme, à l’autoproduction.Mais pour le spécialiste des compteurs électriques, changer un compteur pour brancher un autoproducteur sécuritairement «n’est pas un problème».Il existe, dit-il, des compteurs électroniques sur le marché, beaucoup plus précis que les appareils actuels, qui peuvent analyser les flux d’énergie qui entrent et sortent d’une maison et qui peuvent, en même temps, tenir compte de la consommation d’une résidence à des moments différents de la journée, si on veut donner une valeur ajoutée à la consommation ou à la production en période de pointe.Ces appareils, qui coûtaient plus de 1000 $ il y a une décennie, se vendent aujourd’hui pour moins de 200 $, dit-il.Le problème n’est donc pas là, à son avis, pas plus que du côté de la sécurité, car il existe des appareils permettant d'interrompre î’autoproduction si un employé d’Hydro-Québec coupe le coulant pour travailler sur le réseau.Par ailleurs, les normes techniques se simplifient et s’uniformisent sur tout le continent: il suffit de les codifier pour que les électriciens sachent exactement quoi installer.«Le problème aujourd’hui, conclut M.Bélanger, n’est plus d’ordre technique.C’est une question de politique, de lois et de règlements.S’il y a normalisation adéquate, on peut faire beaucoup [en production décentralisée], et plus qu’on le pense.» Plusieurs des organismes américains qui ont examiné le potentiel de l’autoproduction propre ont conclu qu’un réseau sort renforcé, plus stable, d’un ajout de production à son extrémité, c’est-à-dire chez les particuliers.MARCIA DUNN ASSOCIATED PRESS Cap Canaveral — la navette spatiale Endeavour et son equipage se sont desamarres hier après-midi de la Station spatiale internationale (ISS), mettant fin à une longue et fatigante mission, perturbée par une panne informatique mais achevée par un succès.L'opération a été effectuée à 385 km au-dessus du Pacifique sud.Après le desamarrage, le pilote A’Endeavour prévoyait de faire tourner sa navette autour de l’ISS afin que son équipage puisse prendre des clichés 1MAX de la structure spatiale en orbite à 4(X) km de la surface terrestre.Endeavour et l’ISS sont restées attachées huit jours, soit une journée de plus que prévu initialement en raison d’une avarie informatique, survenue dans la nuit de mardi à mercredi, qui a perturbe les communications entre la station et le contrôle au sol.«Il a fallu beaucoup de travail pour en arriver là et il y a beaucoup de gens vraiment très, très heureux au sol», a dit le directeur du vol, Phil Engelauf, à l'équipage d’Endeavour.Le commandant.Kent Romin-ger, a réplique: «D’une certaine manière, vous avez travaille beaucoup plus dur que nous.C’est vous qui avez dù arranger tout ça.» Kent Rominger et son équipage sont attendus sur Terre demain, douze jours après s’être envolés pour une mission robotique considérée comme l’une des plus délicates jamais accomplies.Les sept astronautes, dont le Canadien Chris Hadfield, sont partis contents de savoir qu'ils avaient fait tout leur possible, notamment l’accrochage d’un nouveau bras canadien robotisé à la station, l’utilisation du bras pour transférer une palette au bras mécanique d’Endeavour et l’arrimage du module italien Raffaello, rempli de nourriture, de vêtements et de matériel scientifique au profit des occupants de 11SS.Ils ont aussi surmonte une panne informatique, qui a affecté les systèmes de l'ISS quatre jours durant.Lorsque Endeavour s'est desamarree hier, les trois ordinateurs centraux du laboratoire Des-;-tiny fonctionnaient, malgré une lé»;, gère faiblesse de l'un d'entre eux.: ; f L’équipage de la navette améri- ; J caine a laisse derrière lui les trois;; residents permanents actuels ijej; l'ISS, qui disposent désormais île ¦ > tout le temps nécessaire pour préparer l’arrivée de leurs pro- • I chains visiteurs, les cosmonautes ’> • Talgat Moussabaiev et Youri Ba-tourine et le milliardaire américain Dennis Tito, à bord du vaisseau russe Soyouz.lat mission de contrôle a décharge l'équipage de la station internationale de presque toutes ses tâches, notamment la réparation des systèmes informatiques et les tests du nouveau bras robotisé, pour leur laisser le temps de se consacrer moins à divertir qu’à jouer les baby-sitter du milliardaire californien.Le « touriste » américain Dennis Tito devrait arriver à bord de l’ISS ce matin VIKTORIA LO G U 1 N O V A AGENCE FRANCE-PRESSE Baikonour (Kazakhstan) — Le «touriste» américain de l’espace Dennis Tito a poursuivi hier son vol en orbite à bord du vaisseau russe Soyouz TM-32, qui ddevait normalement s’arrimer tôt ce matin à la Station spatiale internationale (ISS) pour une mission de neuf jours au total dans l’espace.La navette spatiale américaine Endeavour a pu se désarrimer hier soir de l’ISS, et le vaisseau Soyouz TM-32 devait s’arrimer à son tour ce matin à 4h07, a indiqué hier le Centre de contrôle des vols (TSOUP) à Moscou.Le vaisseau, avec à son bord l’homme d’affaires américain âgé de 60 ans, qui a payé 20 millions de dollars à Moscou pour ce voyage hors du commun, et les deux cosmonautes qui l’accompagnent, a été mis en orbite samedi par une fusée russe depuis le cosmodrome de Baikonour (Kazakhstan).Le TSOUP russe a indiqué hier soir que le vol se poursuivait normalement et que l’équipage «se sentait bien».Des images diffusées samedi ont montré Dennis Tito conversant calmement avec ses deux coéquipiers russes, le commandant de bord Talgat Moussabaiev et louri Batourine, un ancien conseiller du président russe Boris Eltsine.Dennis Tito, qui a emporté avec lui une caméra vidéo, doit passer une semaine à bord de l’ISS avant de redescendre sur Terre le 6 mai avec ses coéquipiers.Les Etats-Unis n’avaient donné leur accord qu’t« extremis pour ce vol, critiquant la Russie pour le vol d’un «touriste» de l’espace qui serait incapable selon eux de faire face à une situation d’urgence.La NASA redoute que les Russes, à court d’argent pour financer leurs programmes spatiaux, ne multiplient les expéditions payantes de non-cosmonautes.Le chef de l’Agence spatiale russe louri Koptev a cependant annoncé que la Russie envisageait d’ores et déjà d’envoyer un autre «touriste» dans l’espace, et mettait au point les critères de sélection de futurs candidats.Le voyage de Dennis Tito «ouvre une nouvelle page dans la recherche spatiale et va nous permettre de ne plus envoyer que des cosmonautes en orbite», a déclaré , M.Koptev.Selon des informations de la -presse américaine, le prochain candidat non-cosmonaute à un vol vers l’ISS pourrait être le cinéaste, américain auteur du Titanic, James Cameron.EN BREF Histoire à suivre (PC) — Des fermiers de ITe-du-Prince-Edouard se préparaient fébrilement, hier, à expédier leurs pommes de terre aux Etats-Unis, en espérant que le conflit commercial engendré par l’embargo américain est bel et bien terminé, après six longs mois.Des camions s'apprêtaient à transporter, aujourd'hui, des millions de pommes de terre, les représentants de l'Agence canadienne d’inspection des aliments s'étant dispersés dans toute la province au cours du week-end pour inspecter les tubercules, a la recherche de tout signe de la galle verruqueuse.Toutes les pommes de terre destinées au marché américain ont été visuellement inspectées et approuvées avant d'être autorisées à quitter l'île, selon les conditions d’un accord conclu la semaine dernière mettant fin à l'embargo américain.Mais plusieurs expéditeurs estiment que le véritable test aura lieu lorsque les camions atteindront la frontière américaine et que l’on saura s’ils seront autorisés à pénétrer aux Etats-Unis.loto-québec Tirage du 2001-04-28 09 15 26 28 32 3â Numéro complémentaire: 08 itiTnTunr Tirage du 2001-04-28 19 21 28 32 3Z 38 Numéro complémentaire: 19 GAGNANTS LOTS 6/6 0 10 000 000,00 $ 5/6+ 7 138 711,40$ 5/6 433 1 793,90 $ 4/6 21 716 68,50 $ 3/6 402 404 10,00 $ Ventes totales: 23 327 197 $ Prochain gros lot (approx ): 12 000 000 $ GAGNANTS LOTS 6/6 1 1 000 000,00 $ 5/6+ 0 50 000,00$ 5/6 16 500,00$ 4/6 1 200 50,00$ 3/6 24 152 5,00$ Ventes totales: 797 837,00 $ Prnitiii lnllt Jet' Tirage du 2001-04-28 m+ ¦#' 02 13 18 26 Tirage du 2001-04-27 ^ 08 11 26 28 43 46 Numéro complémentaire: 06 GAGNANTS 169 LOT 59,17$ ‘Seules tes séiectons oarticipant au Lotto 6/49 e?au Québec 49 sur ie même b'iiet sont aOrrv$s*bies â la promotion Egtra NUMÉROS 669960 Tirage du 2001-04-28 LOTS 100 000$ Ejgtra GAGNANTS LOTS 7/7 0 2 500 000,00 $ 6/7+ 1 191 656,80 $ 6/7 70 2 395,70 $ 5/7 4 180 143,30$ 4/7 88 579 10,00$ 3/7+ 83 180 10,00$ 3/7 736 642 partie, gratuite Ventes totales 10 613 952 $ Prochain gros lot 5 000 000 $ Tirage du 2001-04-27 NUMÉROS LOTS 532657 100 000$ Les modalités d encaissement des bdiets gagnants paraissent au verso des billets En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de l-Q cette dernière a priorité L* jeu doit rester un jeu T V A, LE RÉSEAU DES TIRAGES DE LOTO-QUÉBEC Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.Et ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre-nous du Mal.Amen.La collecte annuelle de 'Eglise catholique de Montreal Du 22 avril au 6 mai 2001 *• * ¦*> • '% n A I L V.I) E V 0 I R .LE I.I X Ü I 0 AVRIL 2 0 « I I.i, S A C T l’ A 1.11E S Fondatrice de la Congrégation des Sœurs de Sainte-Anne k s r i 4- - T sà i.r REUTERS 850 la occasion de Un immense portrait de sueur Marie-Anne (née Esther Blondin), qui a fondé en 181 congrégation des Sœurs de Sainte-Anne, trônait hier Place Saint-Pierre, au Vatican, à l’occasi la cérémonie de béatification de la religieuse québécoise.Une religieuse québécoise, sœur Marie-Anne, est béatifiée ASSOCIATED PRESS ET PRESSE CANADIENNE Cité du Vatican — Une religieuse québécoise a été béatifiée, hier, par le pape Jean-Paul II.la fondatrice des Sœurs de Sainte-Anne, sœur Marie-Anne, née Esther Blondin, a été élevée à ce rang.le pape a par ailleurs béatifié hier trois autres fondateurs d’ordres religieux ainsi qu’un laïc portoricain, la première personne originaire de cette île à devenir un «bienheureux».Il aura fallu 46 ans de travail aux Sœurs de Sainte-Anne pour obtenir que leur fondatrice soit béatifiée.Un cas de guérison «exceptionnel» attribué à sœur Marie-Anne a notamment été reconnu par l'Église et des scientifiques.Grèce, Syrie et Malte Jean-Paul II repart pour un voyage difficile S II Z E TT E BLOCH AGENCE FRANCE-PRESSE Cité du Vatican — Jean-Paul II, 81 ans en mai, va effectuer son 93'' pèlerinage du 4 au 9 mai, en Grèce, Syrie et à Malte, un voyage difficile et historique en Grèce, patrie de l’orthodoxie la plus intransigeante, et en Syrie, sur fond de conflit israélo-palestinien, où il sera le premier pape à entrer dans une mosquée.Ce pèlerinage, par ses trois temps forts —déclaration commune avec l’Église orthodoxe à Athènes, rencontre avec les leaders musulmans dans la mosquée de Damas, prière pour la paix sur le Golan— constituera un nouveau geste de Jean-Paul II pour l’œcuménisme entre chrétiens et le dialogue inter-religieux, mais aussi un événement politique au Moyen-Orient.Alors que ses forces déclinent inexorablement et qu’un syndrome de Parkinson le handicape chaque jour davantage, le pape, poussé par une volonté de fer, entamera son «pèlerinage jubilaire sur les traces de Saint Paul» vendredi à Athènes.Ce sera la première visite d’un pape en Çrèce depuis la séparation des Églises catholique et orthodoxe lors du grand schisme de 1054.Le pape devra faire montre de toute sa diplomatie pendant les 24 heures de son séjour dans up pays à 98 % orthodoxe çt dont l’Église, non séparée de l’État, manifeste ouvertement son hostilité à la papauté et ne s’est résignée qu’à contre-cœur à un tel voyage.L’Église orthodoxe grecque a accusé Rome d'avoir activé les nationalismes dans les Balkans lors du conflit en ex-Yougoslavie.Elle a également été à la pointe de la lutte contre les «uniates», catholiques de rite grec-oriental, accusant Rome de «prosélytisme violent» dans les pays de l’Est Les catholiques de Grèce (environ 53 (XX) dont 5(XX) de rite grec-oriental) dénoncent des discriminations à leur égard.Deux rencontres protocolaires sont prévues avec le chef de l’Église orthodoxe, Ml!r Christodoulos.Mais l’étape centrale du séjour La Congrégation des Soeurs de Sainte-Anne a été fondée à Vaudreuil, le 8 septembre 1850.Native de Terrebonne, sœur Marie-Anne a consacré toute sa vie aux pauvres, principalement en combattant l'analphabétisme chez les francophones.Elle voulait leur donner l’éducation dont ils étaient privés à l’époque.Sœur Marie-Anne est décédée en 1890.Elle avait 80 ans.Deux autres fondatrices d’ordres religieux au XK' siècle ont également été béatifiées: les Italiennes Ca-terina Cittadini et Caterina Volpicelli.Enfin, le pape a déclaré bienheureux M*r Manuel Gonzalez Garcia, évêque de Malaga et Palencia, mort en Espagne en 1940 après avoir traversé la guerre civile.Depuis son arrivée sur le trône de Saint-Pierre en 1978, Jean-Paul II a béatifié 1232 personnes et en a canonisé 477 autres.grec du pape sera son pèlerinage, vendredi en fin d’après-midi, sur la colline de l’Aréopage, où selon la tradition, l’apôtre Paul prêcha aux Athéniens en 50 app's JC.Une «déclaration commune» de Jean-Paul II et de M" Christodoulos sera lue sur la colline, selon l’archevêché orthodoxe.Samedi en milieu de journée, le pape arrivera à Damas, retournant en terre biblique un peu plus d’un qn après sa visite au mont Sinai' en Égypte et son voyage historique en Terre sainte, en Israël, Jordanie et Palestine.Avec l’aggravation du conflit israélo-palestinien et son risque d’extension régionale, son étape le lundi 7 mai sur le plateau du Golan, dans la partie non occupée par Israël, sera hautement symbolique.la veille, Jean-Paul II aura accompli un geste sans précédent dans la Mosquée des Omeyyades de Damas, en étant le premier pape de l’histoire à pénétrer dans une mosquée.Dans ce lieu des plus vénérés de l'Islam, il se recueillera dimanche devant la tombe de Jean le baptiste et y rencontrera les leaders musulmans.Réunions du G7 et du FMI à Washington Les grands argentiers du monde sont optimistes PASCAL RICHÉ CORRESPONDANT DE LIBERATION A WASHINGTON Comment va l’économie?Le G7 (groupe des sept pays les plus industrialisés) et le FMI, qui se réunissent comme chaque printemps à Washington, ne semblent pas du tout d’accord sur la réponse à cette question.Jeudi, le principal économiste du Fonds monétaire intemationaL Michael Mussa, avait, pour brosser le tableau de l’année 2001, trempé ses pinceaux dans le plus triste des gris: «Nous assistons à un ralentissement solide et partagé, mais pas à une récession, ou pas encore.» Signe de son inquiétude, Mussa s’était même permis de s’en prendre à l’inaction de la Banque centrale européenne, en l’invitant à devenir «une partie de la solution, pas une partie du problème».Entre-temps, un magnifique soleil s’est installé sur Washington.Pas un nuage dans le ciel.Et samedi les responsables des finances du G7 semblaient contaminés par l’air printanier.A la sortie de leur réunion, qui s’est tenue en début d’après-midi à Blair House, une maison de brique en face de la Maison-Blanche, ils affichaient un bel optimisme.Leur communiqué estime que «les fondements de la croissance sont sains» et ajoute: «En fait, les chances de voir s'améliorer le niveau de vie dans le monde sont très fortes.» Elles n’ont même «jamais été si fortes dans l’histoire» a même affirmé Paul O’Neill, le secrétaire au Trésyr américain.Pour ce qui est des États-Unis, O’Neill s’est dit convaincu «qu’il était possible d’éviter la récession cette année».Les sept ont visiblement été impressionnés par l’estimation de la croissance américaine publiée vendredi par le département du Commerce américain: 2 % au premier trimestre en rythme annuel.C’est deux fois moins que l’an dernier, mais on est loin de la panne sèche que la Réserve fédérale (Fed) croyait jusque-là déceler.Et tout le monde s’attend à ce que le moteur américain redémarre à la fin de l’année, sous l’effet des récentes baisses de taux d'intérêts décidées par la Fed.Différences d’approche Les Européens n’ont pas trop été critiqués pendant la réunion du G7, et semblaient ravis de s’en être tirés à si bon compte.Wim Duisen-berg, le patron de la banque centra-le européenne, a expliqué aux autres participants à la réunion pourquoi sa banque ne baissait pas ses taux (elle estime les pressions inflationnistes encore trop fortes).Sa déclaration «a été très bien accueillie», a marmonné avec plaisir le Néerlandais au cours d’une conférence de presse.Selon lui, un des participants a même appelé au «respect des différences d’approche» en matière de politique monétaire, une remarque qui a été «très appréciée».Duisenberg n’a pas nommé ce participant, mais sa trogne était si réjouie en racontant l’anecdote, qu’il n’est pas absurde de penser qu’il s’agissait de son homologue américain Alan Greenspan.Le ministre des Finances français, Laurent Fabius, s’est félicité du fait que les États-Unis n'aient pas trop fait la leçon aux Européens: «Il serait paradoxal qu’un pays faisant 1 % de croissance donne des conseils à l’Europe, qui est sur un rythme de 2,5 à 3 %.» Pourtant, Laurent Fabius est, lui aussi, impatient de voir les taux européens baisser.Dans son discours devant le comité intérimaire du FMI, le ministre a glissé une petite phrase pour exprimer son désir de voir l’attitude monétaire européenne tenir compte des risques liés au ralentissement de la croissance.Le cas japonais C’est l’économie japonaise qui inquiète le plus les responsables des finances des grands pays occidentaux.Au point mort depuis des années, le Japon a épuisé en vain les recettes de politique macroéconomique classiques (relances répétées par le déficit budgétaire et taux d’intérêts quasi nuis.).Mais, là encore, le G7 est plein d’optimisme: le nouveau gouvernement de Junichiro Koizumi n’a-t-il pas promis qu’il allait restructurer vigoureusement le système bancaire?«Us vont faire ce qu'on réclamait depuis des années.Les relances ne servent à rien tant que les bases ne sont pas saines».commente un participant à la réunion du G7.Paralysées par 263 milliards de dollars (295 milliards d'euros) de créances douteuses, les banques ne jouent pas leur rôle dans l’engrenage de l’économie.Le nouveau ministre des finances Masajuro Shiokowa a présenté à ses collègues les grandes lignes du programme d’assainissement.Certains économistes redoutent, à court terme, l'effet mécanique négatif d’une purge bancaire sur la croissance.Mais selon les membres du G7, si le plan japonais est assez crédible, l’impact sera positif dès les premières semaines: «Le Japon est très riche, affirme l’un d’entre eux, et si les Japonais ont le sentiment qu’un gouvernement fait ce qu ’il faut, leur confiance peut revenir et la consommation repartir sans attendre.» Au cours de leur réunion, les ministres des finances et banquiers centraux ont également discuté d’un nouveau plan de lutte contre le sida et des autres épidémies (malaria, tuberculose.) qui frappent les pays les plus pauvres d’Afrique.Selon la Banque mondiale, il est nécessaire de dégager trois à quatre milliards de dollars par an.Le sujet sera au cœur du prochain sommet des sept, à Gênes, en juillet, mais les Américains, qui craignent l'inef ficacité d’un tel programme hésitent encore à s'y joindre: «Il ne doit pas servir uniquement à se donner bonne conscience», dit-on au Trésor.Les discussions au sein du G7, du FMI et de la Banque mondiale ont eu lieu dans un calme presque étonnant.II y a un an, elles s’étaient déroulées dans une ambiance d’état de siège: des milliers de manifestants avaient affronté les brigades anti-émeute américaines.Cette année, le quartier des deux institutions a été sérieusement bouclé.La Banque mondiale plaide pour plus d’aide aux pays pauvres ASSOCIATED PRESS Washington — Les pays en voie de développement pourraient disposer de 200 milliards de dollars de plus chaque année pour combattre la pauvreté si les pays riches abaissaient les barrières commerciales et accroissaient leur aide, a affirmé hier l’économiste en chef de la Banque mondiale.Nicholas Stern a prévenu les nations industrialisées qu’elles devraient s’améliorer nettement dans ces deux domaines si elles voulaient parvenir d’ici à 2015 à réduire de moitié le nombre de personnes vivant dans une extrême pauvreté.Selon les critères de la Banque mondiale, l’extrême pauvreté correspond au fait de vivre avec moins d'un dollar par jour.Sur les six milliards d’être humains, 1,2 milliard rentrent dans cette catégorie.Une étude de la Banque mondiale montre que de nombreux pays sont loin d’atteindre les objectifs fixés en matière de réduction de la pauvreté, d’éducation primaire et d’autres améliorations du bien-être humaine.«L’image qui émerge de ces nouveaux chiffres fait réfléchir, mais n’enlève pas toute raison d’espérer», a commenté M.Stern.«Si les pays en voie de développement, les pays donateurs et les organisations internationales travaillent ensemble urgemment, des centaines de millions de personnes auront la possibilité d’échapper à de graves privations.» Si les pays riches faisaient passer le montant de l’aide étrangère de 0,25 % de leur PIB à 0,70 %, 100 milliards de dollars supplémentaires seraient disponibles annuellement pour les pays en voie de développement Le rapport de la Banque mon- diale note qu’en 1999 — la dernière année pour laquelle toutes les données sont connues —, seuls le Danemark, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède avaient donné ce,pourcentage de leur PIB.Les États-Unis, la première économie mondiale, n’avaient consacré que 0,1 % de leur PIB à l’aide étrangère.Nicholas Stern a expliqué que si les nations industrialisées réduisaient les barrières commerciales imposées aux produits issus des PVD, les pays pauvres pourraient également gagner 100 milliards de dollars par an pour enrichir leur économie et développer leurs services sociaux fondamentaux.L’économiste en chef de la Banque mondiale a notamment critiqué les subventions versées par les pays industrialisés à leurs agriculteurs pour maintenir les prix à un niveau élevé et fermer la porte aux produits agricoles des PVD.COLLOQUES ET CONFÉRENCES DU CŒUR AUX PIEDS OU MARCHER POUR VIVRE Eglise Notre-Dame-de-Grâee Le 30 avril Georges Page : (514) 747-1226 le Réseau Culture et Foi et la paroisse Notre-Dame-de-Grâce organisent une rencontre sur ce thème avec deux comédiens bien connus du public montréalais: Jean-François Casabonne et Danièle Panneton.Ils partageront avec nous l'aventure spirituelle que fut leur marche du mont Saint-Joseph à Carleton jusqu’à l'Oratoire Saint-Joseph sur le mont Royal.90, LA DÉCENNIE GAIE : ANALYSE DU MOUVEMENT GAI AMÉRICAIN Centre communautaire des gais et lesbiennes de Montréal Le 1" mai Rolande Anctil : (514) 5284424 Le centre de documentation du Centre communautaire des gais et lesbiennes de Montréal accueille l'anthropologue Janik Bastien Charlebois.Bien que la poursuite de droits civils gais ne date pas d’hier, le mouvement actuel rompt avec le passé par son effervescence marquante.Au point même que plusieurs s'entendent pour désigner la décennie qui se clôt comme étimt: «The Gay 90’s».LE VÉGÉTARISME, LA SOLUTION À L'ÈRE DE U VACHE FOLLE Collège de Maisonneuve Le 1" mai 332-7037 ou 1877 559-7037 L’Association Manger Santé Bio cherche à sensibiliser la population québécoise à l’importance d’une alimentation saine et biologique, au respect humain, aux mauvais traitements envers les animaux et à la protection de nos ressources naturelles.Danièle Sta-renkyj, auteure de plusieurs ouvrages, s'interroge.Ces maladies nouvelles qui attaquent le système nerveux, d’où viennent-elles et comment y faire face?La conférence sera suivie d’une démonstration culinaire.LE BONHEUR Centre Lajeunesse Le 1" mai RHQ : 2764545 ou http://pages.infinit.net/rhq/ Le Réseau Hommes Québec invite les hommes à une rencontre animée pur Pierre A Valiquette, psychothérapeute.Sommes-nous heureux?Qui dans la vie peut dire qu'il ne cherche pas à être plus heureux?Tout ce que nous faisons dans la vie ne tend-il pas vers le bonheur?Cet atelier vous propose d’aller au-delà des définitions et de prendre action pour vous faire plaisir et faire plaisir aux autres.L’entrée est libre et gratuite.LE CHOC DES IDÉES, L’IMPACT DE L’ACTION Montréal Hilton Bonaventure Du 1" au 4 mai Danielle Boulé : (514) 569-1822 ou 2762717 In première Conférence canadienne sur l’hépatite C accueillera plus de 200 personnes atteintes du virus de l'hépatite C qui échangeront avec les professionnels de la recherche médicale et des milieux universitaire et communautaire.En tout, près de 800 participants sont attendus.Les sujets ont été choisis de sorte que l’information soit accessible et pratique autant pour les personnes infectées que pour les professionnels de la santé.LE QUÉBEC ET LA FRANCE: UNE HISTOIRE DE COUPLE Auditorium Saint-Albert-le-Grand Le 2 mai ACTXR : (514) 3324126 Magali Deleuze présentera une conférence sur l'histoire des rapports franco-québécois.En parcourant les grands moments de ce panorama, notamment les deux guerres mondiales, la naissance de l’Europe, les legs de grands personnages; Charles de Gaulle, André Malraux, Jean Lesage, nous verrons nos rapports avec la France sous un nouvel aspect celui de l’inspiration.L’ÉCONOMIE SOCIALE DU POINT DE VUE DES FEMMES Centre Saint-Pierre Le 3 mai Carole Vilandré : (514) 987-3000, poste 8326 Ce colloque est organisé, par le Caucus Femmes de l’équipe de recherche Économie sociale santé et bien-être, Larepps-UQAM.Il cherche à mettre en relief les regards féministes sur l'économie sociale, ses principes et ses valeurs; à partager les points de vue de différentes actrices et à accroître la visibilité du discours et des pratiques des femmes.LES LIEUX DE L'IMAGINAIRE Université du Québec à Montréal Du 3 au 5 mai Bertrand Gervais : (514) 987-3000, poste 4017 ou Les lieux de l’imaginaire sont multiples, aussi vastes en fait que l’imagination elle-même.L'imaginaire s'impose d’emblée comme un ensemble d’images et de signes, d’objets de pensée, dont la portée, la cohérence et l’efficacité peuvent varier, dont les limites sont sans cesse à redéfinir.L’objectif du colloque est de jouer sur cette grande plasticité.DECOUVRIR LE PATRIMOINE INDUSTRIEL DE LÉVIS Lévis Le 5 mai Carole Milette : (514) 5288444 Dans le cadre de son assemblée annuelle, l’Association québécoise pour le patrimoine industriel propose à tous ceux qui s'intéressent à l’histoire et au pafri-moine de découvrir le patrimoine industriel de Lévis.Au menu de la journée; visites commentées de l’ancienne usine L’Hoir, de l’ancien chantier naval de la Davie et de la chapelle du collège de Lévis.LA MISE EN DULOGUE DE QUELQUES COURANTS PHILOSOPHIQUES POUR ECLAIRER LES QUESTIONS ÉTHIQUES CONTEMPORAINES Foyer Saint-Antoine de Longueuil Le 6 mai Josée Fabien : (450) 6768775 ou http://www.cdesphilosophes.org Le philosophe, professeur et chercheur Joseph Chabat cherche à mettre la diversité au service d une quête commune du sens et propose de faire se rencontrer des penseurs aussi différents que j • ,c bornas More, Emmanuel Kant, Frie- t u1.3 Albert Camus, Jean-Paul Sartre et John Rawls.Les Dimanches philo sont ouverts au public et se déroulent de 9h30 à 13h en quatre moments: la conférence, un léger goûter, les discussions (sur le thème de la conférence) entre participants avec animateurs et, pour finir, retour en interaction avec le conférencier.Isabelle Quentin Seuls les eni'ois d information acheminés par courriel à seront examinés. L K DEVOIR.1.E L E \ D I :i 0 A V K I I * 0 0 I A .1 li: DEVOIR LE MONDE Cent jours à la Maison-Blanche Les larmes d'une mère Bush a réussi à ne pas être Clinton GUY CLAYEL AGENCE FRANCE-PRESSE TXTashington — Le président VV George W.Bush a passé hier le cap des cent jours à la Maison-Blanche, l’occasion pour ses collaborateurs de se féliciter du travail accompli et pour ses détracteurs de critiquer sa politique, notamment en matière d’environnement et d’énergie Les choix de l’administration en matière d’environnement et d’énergie ont été les principaux sujets de discordance entre les républicains et les démocrates interrogés par les chaînes de télévision lore des traditionnelles émissions politiques dominicales.George W.Bush est «un grand défenseur de l’environnement», a martelé le secrétaire général de la Maison-Blanche, Andrew Card, sur la chaîne CBS.Les Américains «finiront par le reconnaître».Mais il tient à fonder ses décisions sur de «bons arguments scientifiques, en faisant attention à l’économie» plutôt que sur des «raisons émotionnelles», a-t-il dit Citant les mesures prévues jusqu’à présent par l’administration Bush dans différents domaines, le dirigeant de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Dick Gephardt, a estimé pour sa part lors de la même émission qu’elles «laissaient la part belle aux intérêts particuliers qui ont soutenu le président Bush pendant sa campagne» présidentielle.M.Gephardt a notamment évoqué les projets concernant le taux d’arsenic autorise dans l'eau potable, la réglementation sur l’extraction des minerais ou les réductions d’impôts, qui selon lui «profitent principalement aux Américains les plus riches».En ce qui concerne l’énergie, Andrew Card a souligné que M.Bush était attaché à l’émergence de nouvelles technologies mais que dans un premier temps il fallait utiliser les sources existantes.Il a défendu [exploitation du pétrole dans l'Arctique, estimant qu’elle ne toucherait qu’une toute petite zone.L’administration est «trop centrée sur la production sans prendre en compte l’impact sur l’environnement», a noté de son côté Dick Gephardt.Le vice-président Dick Cheney a souligné quant à lui sur la chaîne Fox que «le président dirige vraiment les choses».«Tout ce que je fais, je le jais selon ce qu ’il me dit précisément, il prend toutes les décisions essentielles», a-t-il ajouté.De nombreux critiques prétendent que la plupart des options prises par la Maison Blanche sont le fait du vice-président.«Il dirige et je fais ce qu’il veut que je fasse», a déclaré Dick Cheney.«Bush a réussi en 100 jours à ne pas être [Bill] Clinton.Et ne pas être Clinton est un grand pas en avant», a estimé de son côté l’un des chroniqueurs du New York Times, William Safire.Près d’un mois après la collision en mer de Chine Pékin autorise les Américains à inspecter leur avion REUTERS Pékin — La Chine a finalement autorisé les Américains à venir inspecter leur avion-espion immobilisé sur lie de Hainan après la collision du 1" avril en mer de Chine méridionale, une décision qualifiée de «positive» par le vice-président américain Dick Cheney.«L’enquête étant terminée de notre côté et compte tenu des précédents en la matière dans le monde, la partie chinoise a décidé d’autoriser les Etats-Unis à inspecter l’appareil sur l’aéroport de Lingshui, sur l’ile de Hainan», a annoncé hier l’agence Chine nouvelle sans fixer de date.En visite à Moscou, le ministre chinois des Affaires étrangères Tang Jiaxuan a confirmé l’information.«Nous avons fait savoir aux Américains que nous allons autoriser la venue de leur groupe d’experts sur Hie de Hainan afin qu’ils procèdent à l’inspection qu’ils estiment nécessaire», a-t-il déclaré, sans toutefois annoncer de date pour l’inspection.E N Putsch à Manille?Manille (Reuters) — Les forces armées philippines ont été placées hier en état d’alerte pour protéger la capitale, Manille, et le palais présidentiel contre tout débordement, a annoncé un porte-parole militaire.«Nous sommes en état de super alerte», a confirmé à Reuters le porte-parole de la présidence, Rigober-to Tiglao.Cette mesure coïncide avec le rassemblement, pour la cinquième journée consécutive, de plusieurs milliers de sympathisants de l’ex-président Joseph Estrada dans un sanctuaire des environs de Manille.Ijes partisans de l’ancien acteur de série B, inculpé de pillage de l’économie et arrêté, exigent le retour au pouvoir de leur idole.En début de journée, des généraux avaient réfuté des informations de presse faisant état de préparatifs de coup d’Etat en vue de déposer la présidente Gloria Arroyo et d’installer à sa place une «junte militaro-civile».Oui à Wade Dakar (AFP) — Les tout premiers résultats des législatives anticipées d’hier au Sénégal étaient favorables à la coalition «Sopi» («change ment») formée autour du parti du président Abdoulaye Wade, au pouvoir depuis mars 2000.selon des données diffusées par les médias et compilées par l’AFP Selon les premières tendances diffusées dans la soirée bureau par bureau par les correspondants des radios publique et privées, cette coalition arrivait en tête dans une grande majorité de centres de vote.La deuxième place semblait alors se jouer entre l’Alliance des forces de BREF progrès (AFP) de l’ancien Premier ministre Moustapha Niasse, limogé en mars par le président Wade, et le Parti socialiste (PS), au pouvoir jusqu a la défaite de son candidat Abdou Diouf à la présidentielle de mars 2000.Un record de 25 formations briguaient les suffrages de quelque 2,8 millions d’électeurs inscrits pour ces législatives, qui se déroulent au scrutin proportionnel au niveau national pour 55 députés et au scrutin majoritaire à un tour au niveau départemental pour les 65 autres.Soljénitsyne parle Moscou (Reuters) —Alexandre Soljénitsyne, 82 ans, s’est déclaré, hier, favorable à l'application de la peine de mort pour les combattants séparatistes tchétchènes, rapporte l’agence russe Interfax.«H y a des moments où la peine de mort est nécessaire pour sauver la société et l’Etat», déclare l’ancien dissident cité par Interfax.«La Russie, actuellement, se trouve exactement à une telle croisée des chemins.» Au milieu des années 1990, la Russie s’est engagée à abolir la peine de mort condition pour qu'elle puisse adhérer au Conseil de l’Europe.La peine capitale est toujours inscrite dans le code pénal russe, mais la Cour constitutionnelle en interdit l'application.Selon l’ex -dissident les combattants tchétchènes prisonniers des forces de sécurité russes se moquent tout bonnement des tribunaux russes, qui ne sont pas à même de les condamner à mort Soljénitsyne, qui a fait connaître toute la considération qu’il a pour le président Vladimir Poutine, est revenu d’exil en 1994, à l'époque de Boris Eltsine.f- x DIM1TAR Dl.KOKF REUTRRS CETTE MERE pleurait hier son fils, mort dans l'attaque au mortier qui a fait au total huit morts et six blessés dans les rangs d’une unité de l'armée macédonienne, dans les montagnes près du Kosovo.L’attaque perpétrée samedi après-midi par une trentaine de rebelles près du village de Vejce, à la frontière avec la province serbe rebelle, était la plus sanglante depuis le début des accrochages entre les indépendantistes albanophones et Tannée, en février.De son côté, le président yougoslave Vojislav Kostunica a estimé à Belgrade que cet accrochage était la preuve de la menace du «terrorisme» albanais sur la stabilité des Balkans.Réuni en conseil de crise hier à Skopje, la capitale de la macédoine, le gouvernement a lui aussi qualifié l’attaque de samedi de «vicieuse et terroriste» et déclaré lundi journée de deuil national.Il a d’autre part appelé instamment l’OTAN à renforcer son contrôle frontalier, maintenant que les assaillants viennent du Kosovo voisin.L’Algerie confrontée à ses Berbères printemps rouge en Kabylie Les émeutes de la semaine ont fait 40 morts Un Le président algérien Abdelaziz Bouteflika s’adresse ce soir à ses compatriotes dans un discours à la nation radio télévisé.Ce discours intervient alors que la Kabylie, une région montagneuse à l’est d’Alger, est secouée depuis une dizaine de jours par des émeutes qui ont fait au moins 40 morts, en majorité de jeunes manifestants.Le silence de Bouteflika durant ces manifestations a été relevé par une grande partie de la presse indépendante.ABDELMALEK TOUATI REUTERS Tizi Ouzou — De nouveaux affrontements ont éclaté hier entre manifestants berbères et forces de l’ordre en Kabylie où le bilan d’une semaine d’émeutes atteint désormais, selon des sources médicales, 40 morts.Deux manifestants ont été tués par balles hier dans les localités d’Abekar et de Chemini, près de la capitale de la wilaya (province) de Bejaia, sur la côte méditerranéenne, à l’est de Tizi Ouzou.D’après des habitants, on dénombre aussi trois blessés par balles parmi les protestataires.Dans la capitale de la Grande Kabylie où des combats de rue ont op posé des lanceurs de pierre cagou-lés aux forces de l’ordre équipées de grenades lacrymogènes, trois personnes ont succombé à leurs blessures par balles infligées samedi, dit-on de source médicale.Ces décès portent à au moins 40 le nombre de manifestants — pour la plupart des jeunes gens âgés d’une vingtaine d’années — tués par les forces de sécurité durant la semaine qui vient de s’écouler.le bilan des blessés s’établirait à 160.Un jeune homme a été tué d’une balle tirée à bout portant dans la tête, a affirmé un infirmier de l’hôpital général de Tizi-Ouzou, à 90 km à l’est d’Alger.lu route principale reliant les deux villes est bloquée par des barricades dressées par des villageois.le ministre algérien de l’Intérieur, Noureddine Ze-rhouni, qui s’est rendu hier à Tizi-Ouzou, a reproché aux responsables locaux d’avoir mal géré l’agitation.«Im mauvaise communication et le manque de transparence dans le travail des collectivités locales sont une des causes des derniers incidents survenus dans certaines wi-layas du pays», a-t-il confié à des journalistes à Alger.«Un mort de trop» Cité par l’agence officielle ALS, le ministre de fIntérieur a ajouté ne pas disposer du chiffre exact ries victimes.«Il ne s’agit pas de discuter de chiffres.Un blessé et un mort parmi la population ou les forces de Tordre est un blessé ou un mort de trop pour l’Algérie», a-t-il commenté.Samedi, le gouvernement avait appelé la population de Kabylie au calme et indiqué que neuf manifestants avaient trouvé la mort dans la province de Bejaia et que six autres étaient morts à Tizi-Ouzou.Le pouvoir avait fait état de 284 blessés parmi les forces de l’ordre.A Bejaia, 2(X) km à l'est de la capitale algérienne, une marche de protestation a dégénéré en affrontements, ont rapporté des habitants joints au téléphone.Les émeutes ont débuté il y a une semaine après la mort d’un adolescent de 18 ans placé en détention à Béni Douala et abattu \r I.E DEVOIR L E I.I X Ü :j 0 A V R I L > O O 1 EDITORIAL Les habits neufs de l’esclavage ¦ « ¦ * Ia: trafic d’humains est devenu une activité si lucrative qu’il est à la veille de supplanter celui des stupéfiants.En attendant que l’un dépasse l’autre, on estime que l’esclavage revu et corrigé par le contingent des aigrefins habiles en asservissement leur rapporte 15 milliards de dollars américains par an; net d’impôts, il va sans dire.C’est une réalité: la case de l’oncle Tom est dans nos murs! Dis sont des milliers à tenter la traversée des frontières, dans des conditions que l’on sait périlleuses, des pays riches.Le bilan du dernier mois est à cet égard très révélateur de l’ampleur que ce phénomène a pris au cours des dernières années.Au début d’avril, un cargo transportant 447 Kurdes a échoué sur les côtes grecques; le 11 avril, 36 clandestins d’origine asiatique ont été découverts dans deux conteneurs d’un navire ayant fait halte dans le port de Vancouver, la semaine suivante, 216 Maghrébins ont été arrêtés sur la rive espagnole du détroit de Gibraltar, il y a sept jours de cela, un bateau baptisé Koydusk a accosté un petit coin de la péninsule italienne avec 562 personnes à bord.Ce dernier cas a ceci d’intéressant qu’il symbolise à la fois l’étendue géographique du phénomène et l’augmentation très prononcée de l’offre comme de la demande pour une main-d’œuvre corvéable à souhait.Sur le Koydusk, sur un bateau et un seul, plusieurs nationalités étaient présentes.H y avait des Kurdes, des Afghans, des Irakiens, des Sri-Iankais et des Pakistanais qui tous avaient déboursé 2000 $ pour la traversée.Si on ajoute, les frais qui leur sont imposés en amont comme en aval, il n'en coûte pas loin de 10 000 $ pour acquérir le statut de.clandestin!.Ces sinistres histoires de tribord et de bâbord mises à part, les dernières semaines ont été d’autant plus riches en enseignements que le gouvernement britannique de Tony Blair a déposé un projet de loi dont le but avoué est d’enrayer le phénomène.Le texte dévoilé il y a quelques jours ne vise rien de moins que l’expulsion de 30 000 clandestins dès cette année.A ce propos, il faut souligner l’opportunisme un brin cynique des Travaillistes qui veulent récolter le maximum de votes lors des prochaines élections en capitalisant sur le dos des damnées de la terre qui seront le principal sujet de cet affrontement électoral.En France, il y a quelques jours également, un groupe de trente députés amorçait une enquête sur les formes de l’esclavage contemporain qui doit se cohfclure par la proposition de textes législatifs.'Toujours est-il qu’entre 300 (XK) et 400 000 clandestins pénètrent la forteresse Europe chaque année rejoignant ainsi les quatre millions déjq présents.De ce nombre, on estime que 120 000 femmes venant d’Europe de l’est ont été réduites à l’esclavage sexuel.Les autres?Ils font la cueillette des oranges et des tomates en Espagne, les moissons en Irlande, ramassent les légumes en Allemagne, travaillent dans les restaurants ou comme domestiques en Grande-Bretagne, se retrouvent sur les chantiers de construction, vendent les journaux, ou tissent les vêtements conçus par les géants du prêt-à-porter en France ou en Italie.Bref, ils fabriquent le bien-être financier du capitalisme sauvage.La déréglementation des secteurs d’activités économiques, sous couvert de l’hypocrite et perverse auto-réglementation, combinée à une.modification dans la culture du travail — les boulots que les locaux ne veulent plus effectuer —, a produit une horreur: des centaines et des centaines d’entreprises européennes, mais aussi nord-américaines, font leur miel de cette situation et ne veulent surtout pas que les gouvernements assouplissent les balises existantes.On l’aura compris, si l’on normalisait la situation des clandestins cela se traduirait par l’ajustement immédiat des salaires, l’allocation d’avan-tagés sociaux, des vacances payées et autres.Le Kurde ou le Sri-I an-kais est esclave et on l’aime esclave.En l’absence d’une volonté politique claire et nette, on est en droit de supposer que bien des acteurs exposition de pouvoir doivent considérer les tortures infligées, les morts constatées, comme des dommages collatéraux.À voir ce qui se passe en Europe, il ne faudra pas croire que ce côté-ci de l’Atlantique soit innocent.Loin de là.Ainsi, dans les vignobles de quatre Etats américains travaillent actuellement 800 000 enfants de moins de douze ans dans des conditions épouvantables.Et que fait-on?Encore et toujours des études.On disserte àqui mieux mieux.On se voile la face.Que l’on soit parvenu à réveiller et à moderniser l’esclavagisme alors que l’on ne cesse d’évoquer les droits de l’homme ici, les droits des enfants là, les droits de la terre, et tous les droits possibles et imaginables est le vice fait paradoxe.Serge Truffaut • ?LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDRÉE LAMONTAGNE.LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE • /v LETTRES N’oublions pas Québec Les poussières, parfois, retombent trop rapidement.Si Le Devoir a présenté, en gros, une couverture des événements entourant le Sommet beaucoup moins biaisée que les autres médias francophones, ainsi que laissé grand place aux idées stimulantes dans les débats, il ne faudrait pas que tout cela s’étiole au profit des déboires alliancistes (par exemple) avant que les dernières effluves de gaz ne soient dilués dans les crues du fleuve.Le temps, comme l’écrivait Stéphane Batigne mardi, dans un texte que j’aurais voulu écrire, est à la contestation, la critique et le débat: le jeu que nous nous devons de jouer après celui de la manifestation.J’espère donc que les questions entourant la ZLEA et les deux Sommets feront couler encore beaucoup d’encre dans le seul quotidien digne de ce nom au Québec, car lorsque j’écoute autour de moi, nous sommes loin d’avoir épuisé le sujet, les questions, et les espoirs.François Gauthier Montréal, 26 avril 2001 La fin de la route pour les chauffeurs de taxi Je suis chauffeur de taxi depuis presque 15 ans.Je peux dire que pendant toutes ces années, j’en ai fait du chemin, j’en ai avalé des kilomètres d’asphalte.J’ai tout vu: des snobs pédants, des voyous, des bons pères de famille, des prostituées, des sœurs, des voleurs, des hommes d’affaires, des laveurs de vaisselle, des vedettes de cinéma, des touristes égarés, des gens malades, etc.Mais jamais je n’ai rencontré de gens de la trempe de Guy Chevrette.Cet homme est en train de tuer notre industrie avec un projet de loi ridicule et stupide.Moi qui ai investi des dizaines de milliers de dollars dans mon permis de taxi et mon véhicule, je vais tout perdre avec ce projet de loi.Monsieur Chevrette a décidé du haut de son piédestal de regrouper tous les chauffeurs dans une association contre leur gré.Les 11 000 chauffeurs qui louent leur taxi écraseront les 6000 propriétaires.Pourquoi quelqu’un qui n’a pas investi un sou dans une industrie devrait-il diriger cette industrie?Pourquoi Guy Chevrette n’a-t-il pas écouté les propriétaires et accepté de faire coexister son association avec les Ligues de taxis?Mais les Québécois le savent, des avocats aux ingénieurs en passant par les chauffeurs de taxi et les camionneurs: le roi Chevrette a toujours raison et s’il a décidé de construire une autoroute inutile en Mauricie, s’il défend les intérêts des criminels du volant, il peut aussi anéantir une industrie au grand complet-Michel Surprenant Longueuil, le 27 avril 2001 L’Alliance et l’arbre politique L’arbre politique se compose de deux aspects: les racines et les branches.Les racines connotent les convictions, le message politique, les valeurs socio-économiques; les branches se rapportent à la capacité à vendre le produit — l’empathie avec les clients-voteurs.Selon cette allégorie, les libéraux et les alliancistes sont à l’opposé.Autant l’Alliance part en croisade pour répandre sa vision à haute définition de la société et les valeurs morales qui doivent la modeler, autant le parti de Chrétien et de Martin a compris que les bulletins déposés dans l’urne tous les quatre ans le sont non par les quelques milliers de membres, mais bien par des millions de Canadiens.Ces commerçants de produits politiques savent disposer leurs branches de manière à attirer les oiseaux-voteurs.Quant aux racines, les libéraux se «transplantent» là où le dicte l’efficacité de la vente.Il convient électoralement de rejeter un excellent élément de la plateforme conservatrice?Qu’à cela ne tienne!.Quitte à l’adopter une fois élus.Dans la crise autour de leur chef, les alliancistes pensent surtout en termes de racines.Stockwell a commis des erreurs?Ne trahissons pas notre chef (nous avons des convictions, des valeurs!).«Donnons-lui une chance, il va apprendre.» Pardon?! Day n’est pas un bûcheron qui sort du bois et qui fait ses premières armes en politique.Il a été ministre sous Klein.11 connaît le tabac politique.Ce n’est pas le saut dans l’arène fédérale qui explique ses gaffes à répétition, fi ne demeurerait pas chef du Parti libéral cinq minutes.Chrétien a beau faire des gaffes, elles ne sont pas de même nature.Plusieurs Canadiens n’aiment pas Chrétien.Mais là n’est pas la question fondamentale en politique: peut-il bien nous gouverner?A-t-il de l’instinct politique?Quant aux racines, aux convictions profondes (est-il ou non irréprochable en termes de pots-de-vin et autres terrains de golf ?), le public s’en occupe peu.Il ne cherche pas un prédicateur mais un bon gérant de la chose publique.L’Alliance ne sera donc jamais élue par l’ensemble des Canadiens.Le public veut un parti centriste, possédant une triple qualité que n’a pas l’Alliance: l’empathie, le sens du compromis et l’aptitude à gérer.Un parti qui a des branches-antennes.Michel Frankland Montréal, 26 avril 2001 4- LIBRE OPINION -^- Robert Garon, ancien conservateur des ANQ, personnage clé dans le développement de l’archivistique au Québec MARC LAÇASSE Président de l'Association des archivistes du Québec Peu avant Not1!, Robert Garon quittait le poste de conservateur des Archives nationales du Québec (ANQ) qu’il occupait depuis 20 ans.Il aura été un des principaux artisans de l’archivistique québécoise moderne et, par ses fonctions, a joué un rôle prépondérant dans la mise en valeur îles archives au Québec, composante fondamentale du patrimoine culturel québécois.Nous voulons lui rendre hommage en rappelant les grandes étapes de sa carrière, qui témoigne de l’évolution de l’archivistique au Québec, du rôle social et culturel de l’archiviste et de l’importance des archives dans la société.Diplômé en histoire de l’université Laval et de l’Upiversité de Paris, Robert Garon a également reçu une formation de l’Ecole des Chartes (Sorbonne) à Paris.Il a mis ses connaissances au service du développement de l’archivistique québécoise en devenant à l’université Inval.de 1969 et 1975, le premier professeur permanent d’université à dispenser un enseignement continu en archivistique au Québec.Par la suite, il a participé à l’établissement des programmes à l’université In val et y a enseigné.Aujourd'hui, cette discipline est enseignée aux trois cycles universitaires et dans cinq institutions.Robert Garon rejoint ensuite le ministère des Affaires intergouvemementales du Québec, où il met sur pied un service de gestion des documents administratifs.Conservateur adjoint aux Archives nationales du Québec (ANQ) en 1977, il en devient le conservateur trois ans plus tard.De 1991 à 1994, il assumera de plus la direction générale du patrimoine au ministère de la Culture et des Communications, comprenant la direction du Centre de conservation du Québec.En 1967, Robert Garon devient membre de l’Association des archivistes du Québec (AAQ), fondée la même année, première manifestation de l’émergence de la profession d'archiviste au Québec.11 en est le président en 1974-1975, et il participe activement à ses activités tant par ses écrits dans la revue Archives que par ses conférences et ses interventions dans différents dossiers.C’est toutefois comme conservateur des Archives nationales du Québec' que Robert Garon a exercé la majeure partie de ses activités professionnelles.L’histoire de l’institution remonte à 1920; de simples conser- vateurs des documents, les ANQ jouent maintenant un rôle proactif dans la constitution et la préservation de la mémoire des Québécoises et des Québécois.Le conservateur est donc un acteur de premier plan dans le domaine culturel.Cinq dossiers gérés par Robert Garon en tant que conservateur témoignent particulièrement de ce rôle.¦ In Loi sur les archives.En décembre 1983, l’Assemblée nationale adopte la Ix>i sur les archives.Robert Garon pilote le projet de loi jusque-là reporté maintes fois depuis 20 ans.Cette loi propose que la gestion de l’information s’intégre au fonctionnement quotidien de l’appareil administratif des organismes publics visés par la loi.C’est ainsi que plus de 3 000 organismes publics prendront des mesures relatives à la gestion de leurs documents.Quant aux archives non gouvernementales, la loi inclut la notion de partenariat avec le secteur privé, permettant aux ANQ de partager leurs responsabilités tout en exerçant un leadership sur la gestion de l’ensemble des archives au Québec.Cette loi, claire et moderne, viendra structurer, articuler et fonder l’archivistique québécoise et deviendra un maillon essentiel dans le développement de la discipline archivistique au Québec.Très remarquée et connue pour son succès, la Loi sur les archives a servi et sert toujours de modèle pour l’élaboration de lois d’archives ailleurs dans le monde.¦ La régionalisation.Une des caractéristiques originales des ANQ par rapport aux autres archives provinciales est quelles s'appuient sur un réseau décentralisé de centres.Mis en place depuis 1971, le réseau des Archives nationales compte neuf centres au Québec.Robert Garon a achevé ce programme de régionalisation en 1981.D'ailleurs, sa carrière aux ANQ se termine par la réalisation d’un de ses rêves les plus chers, à savoir loger dans des locaux dignes de l’institution, le centre régional de Montréal.Il le réalise avec brio puisque l’édifice qui l'abrite désormais sur la rue Viger s'est vu attribuer, en l’an 2000, le prix d’excellence de l’Ordre des architectes du Québec et le prix Orange d’Héritage Montréal.¦ L’agrément des centres d’archives privées.Dans le même esprit de décentralisation et de partage de responsabilités, les ANQ ont, sous la direction de Robert Garon, développé un partenariat avec le secteur privé en accordant une reconnaissance aux centres d'archives privées qui répondent à certains critères de qualité.Des pro- grammes de financement ont été mis sur pied pour soutenir le travail de ces organismes tant pour le fonctionnement que pour le traitement des archives elles-mêmes.¦ La normalisation.Deux réalisations concernent davantage l’amélioration de la qualité des services offerts par les ANQ et leur fonctionnement interne.Il s'agit de la mise en place d’un système informatique permettant aux chercheurs, au personnel et au grand public d’avoir un accès direct, par l'entremise d’Internet, aux banques d’information des ANQ.De plus, les ANQ se sont dotées de normes et procédures de travail qui ont servi d’inspiration à d’autres institutions d’archives.¦ Les archives informatiques et la numérisation.S’adaptant aux nouvelles technologies, les ANQ, sous le leadership de Robert Garon.ont entrepris des travaux sur la conservation et la diffusion des archives informatiques.Elles ont, de plus, lancé un programme original et ambitieux de numérisation de documents historiques en collaboration avec une firme privée.C’est donc sous le signe de la continuité et de l’innovation que s’est effectué le mandat de Robert Garon à titre de conservateur des Archives nationales du Québec.Œuvrant dans un secteur de l'activité culturelle devant parfois défendre ses valeurs et sa raison d'être, dans un contexte économique parfois difficile et avec des moyens réduits, M.Garon a su mener à terme des dossiers porteurs d'avenir.On constate, par exemple, une utilisation croissante des archives, et ce, à des fins diverses, dans des contextes variés et par des clientè'es multiples.Le rapport Arpin, Notre patrimoine, un présent du passé, reconnaît que les archives «font partie intégrante du patrimoine québécois et en constituent une composante fondamentale» et constate l'ampleur et la complexité des défis auxquels devront faire face les Archives nationales du Québec.Il a donc recommandé «une évaluation exhaustive» des ANQ et a souhaité quelles acquièrent le même statut que les musées nationaux et la Bibliothèque nationale.Il serait important d’étendre l’étude prévue par le rapport Arpin à l’ensemble du réseau archivistique et de s'assurer quelle soit menée rapidement et quelle débouche sur des actions concrètes.Pour la communauté archivistique, devant de tels défis, la nomination rapide d’un conservateur des Archives nationales du Québec qui possède les qualités professionnelles et personnelles d'un Robert Garon, s'impose. L K I) K V 0 I H .I K I.I \ I) I 0 A Y R I I 2 0 0 I A 7 IDEES Le Québec est prisonnier d’un triangle stérile t S c r g t li o u c h a ?
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