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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2001-06-09, Collections de BAnQ.

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L E I) K V O I R .L E S S A M E I) I !t E 1 l> I M A N ( Il E 10 .MIN 2 0 0 I ?LE DEVOIR ?CHRONIQUE La face cachée.Page C 2 EXPOSITIONS Un sculpteur légendaire Page C 3 MÉDIAS Le pavé dans la mare Page C 6 FORMES Des jours heureux Page Cil JARDINS Plaisirs de juin Page C12 Cinéma Page C 4 Musique Page C 7 Arts visuels Page C 9 S * Pablo Picasso, Dora et le Minotaure, 1936.Paris, collection Musée Picasso.En la personne de Pablo Picasso, nous pensions tenir l’artiste le plus connu du XXe siècle.Or l’exposition Picasso érotique, qui ouvre ses portes la semaine prochaine au Musée des beaux-arts de Montréal, malmène cette belle aisance.À l’origine organisée à la Galerie nationale du Jeu-de-paume, à Paris, par Gérard Régnier (mieux connu comme essayiste sous la signature de Jean Clair), directeur du Musée Picasso dans la même ville, l’exposition, entre les mains de Jean-Jacques Lebel, artiste, poète et spécialiste du happening, qui agit à titre de conservateur invité à Montréal, prendra, loin de la chronologie respectée par l’institution française, une tournure encore plus vive.BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR L% exposition Picasso érotique, du moins dans sa version montréalaise, moins ' attachée qu'à Paris à établir une patiente chronologie, permet de parcourir une veine que l’on savait centrale à la production de l’artiste catalan et qui ^ s’avère désormais vitale.Des 300 numéros et plus que compte cette présentation inédite, une proportion importante n’a jamais été montrée auparavant, ni même reproduite.Ces œuvres étaient tapies chez les collectionneurs et leur remisage n'a pas fait l’objet d’un mythe comme ceux engendrés par le passage du fameux tableau de Courbet, L’Origine du monde, chez le psychanalyste Lacan.L’exposition est essentiellement faite de dessins et de croquis couverts par les liages des carnets.Nombre de ces œuvres font aujourd'hui surface, tirées des cabinets des collectionneurs.A Montréal, il ne faut pas s’attendre à un déploiement orthodoxe des œuvres.Jean-Jacques lebel, récemment rencontré à Paris à la Galerie nationale du Jeu-de-paume, préfère user d’un néologisme ixiur aborder la présentation.Loin de ce qu’il qualifie de mise en vitrine «classique et académique», lebel discute plutôt en termes de «montrage», une expression formée a partir de deux mots, "montrer» et «monter», «au sens cinématographique».«Nous allons donner une lecture comparative et construite des œuvres, de façon à ce que leur sens s’approfondisse au contact l’une de l'autre.C’est la différence entre un simple accrochage linéaire et une exposition qui essaie de réfléchir au sens des images.» Lebel, qui n’était pas responsable de la vitrine parisienne, signe le mont(r)age de Montréal.Il y a dix, voire quinze Picasso, explique lebel.L’image est forte.«Il y en avait un qui s'accommodait des lois du marché, surtout des lois du marché américain, véhiculées par les grands marchands qui étaient les siens.Il visait à satisfaire les demandes de la clientèle américaine, des collectionneurs et des musées.là-bas, le puritanisme régnait totalement dans les années 30 et continue de régner aujourd’hui.» Ie Musée des beaux-arts exposera un très important autoportrait de 1903 qui appartient depuis 1982, soit depuis presque 20 ans, au Metropolitan Museum of Art de New York.Or le tableau n’a jamais été montré.«Le marché américain est un fait idéologique qui pratique la censure sur l'art», déplore Lebel.VOIR PAGE C 2: PICASSO wwtv danse danse net QuClx'i À DANSE DANSE /001 ;oo; ' Abotme/ voir, avant !«• 'M |tiin et obtenez )tl',tjtl a 45 % de [éilixtlOh (lt, Anomali9+ HDVZ (trame) Et après on verra bien.10 novembre iOOl (entre Pierre Péiade, Ballet Atlantique (trame) La Danse du temps \ I" detemire 2001 Om-r Pierre pAnfG Dulcinée Lanqfelder & C* Victoria V au 26 [envier 2002 (entre P„iie P«l< Smha Danse Loha * Kall(ki) PPS Danse Strata 9 au 15 «ri 1001 (*nfre P*fr* Pftodt S llll lli’IM' O Articulée Rennie Hams Puremovement « Répertoire 2S « 21 «rd 2002 (entre y * PHOTO: RMN.MICHELE BELLOT I.K I) K V 0 I K , 1.K S S A M K I) I !» K T 1) I M A N < H K I 0 J I | \ 2 0 0 I C 2 La face cachée de Robert Lévesque Les crises génèrent parfois d’autres crises en faisant pousser de nouvelles têtes sur leur hydre.Prenez l’affaire Lepage.On se souvient que l’exclusion, au printemps, de trois critiques de théâtre — dont Robert Lévesque — d’une conférence de presse de Lepage avait soulevé l’ire du milieu journalistique, outré devant l’existence de pareilles listes noires.L’encre a coulé là-dessus et coulera encore, d’autant plus que Robert Lepage ne se laisse guère oublier par les temps qui courent Omniprésent, qu’il est à Paris, où il vient de mettre en scène l’opéra de Berlioz, La Damnation de Faust-, à Montréal, où il présente (et joue) sa pièce intitulée La Face cachée de la Lune.Or voici que le feuilleton «liste noire» rebondit de plus belle.C’est reparti, mon kiki! Après une lune de miel initiale, Robert Lévesque et Robert Lepage sont à couteaux tirés depuis quelques années.Le critique conteste le travail du dramaturge, et le dramaturge, celui du critique.Lepage, invité par Lévesque à affronter les journalistes au colloque international des critiques de théâtre pour expliquer sa politique de black list, lui rétorqua par voie épistolaire.Or ladite missive fut publiée jeudi dans ITiebdo Ici à travers le carnet de lévesque, à laquelle il adjoignit sa propre confession, le tout étant repris dans mon propre journal.On s’explique: Lepage (qui affiche toujours bien haut son droit de barrer qui bon lui chante) se dit prêt, dans sa lettre, à relever le défi (i.e.rencontrer les critiques) à condition que «devant cette même Odile T remblay commission internationale d’enquête sur les crimes contre la critique» (sfr!), Lévesque commente son ancien départ précipité du journal Le Devoir.Coup de théâtre, puisque théâtre il y a, Robert Lévesque, après cinq années de silence, s’exécute, avouant dans ce même carnet: «Oui, c'était moi, le fantôme de la salle, le garnement qui joua dans les textes de Claude Corbo [.], de Daniel Pinard et de Josée Blanchette [.], j’étais dans un état de crise», etc.Belle confession au demeurant, digne et pas hargneuse.Rien à redire là-dessus.Il ne s’excuse pas, mais bon! C’est tout comme.L’aveu est sur la table.Qu’on en cause, puis qu’on en finisse, se dit sans doute son auteur.Que Robert Lévesque ait trituré en 1996 des textes de collaborateurs sur le réseau informatique du Devoir en y ajoutant des mots de son coi (drôles ou sinistres) relevait du secret de Polichinelle.Qu’il ait été sommé de démissionner après découverte de ses méfaits également.Le milieu journalistique et culturel connaissait l’identité du saboteur sous son suaire de fantôme.Mais M.et Mme Tout-le-monde saisissaient-ils les dessous de l’affaire pour autant?Rien n’est moins sûr.L’histoire leur fût présentée de façon si nébuleuse.Mon journal, bon prince, n’avait jamais lié les deux éléments: identification du saboteur et démission de lévesque.Qui plus est, Robert nia à l'époque être le fantôme, notamment à l’émission de Suzanne Lévesque.Ça prenait un culot d’enfer pour démentir en ondes.Il en a toujours eu.Pas de problème.Ajoutant à la confusion du public, les chroniqueurs des médias concurrents s’étaient tus, refusant de charger Lévesque, de toute évidence par esprit corporatiste.Ce qui laissait tout de même songeur.Quoique soulagée par le mutisme général, enfin, me disais-je, eût-il été politicien, homme d'affàires ou même artiste, la profession aurait soufflé dans la corne de l’hallali, appelé à la mise à mort, pondu des libelles assassins.Face à un confrère, rien.Tout le monde sifflotait en regardant ailleurs.Bizarre, bizarre! N’empêche, modifier les textes des autres, c’est grave.11 a payé pour, remarquez, mon ancien collègue.Flash-back, comme on dit au cinéma: en 1996, dans notre petite salle du Devoir, l’affaire Lévesque avait fait l’effet d’un tremblement de terre.Personnellement, j’ai refusé mordicus d'admettre durant plusieurs jours que celui qui répondait pour moi au doux surnom de «ma vilaine bête» ait pu commettre les forfaits en question.Le syndrome du «pas mon Roger!» frappant (toutes proportions gardées pour ce qui est des crimes commis) les femmes incapables de comprendre que leur tendre mari ait pu assaillir des innocents avait étreint mon cœur.Après avoir engueule tous mes collègues qui osaient le soupçonner, somme mes patrons de réintégrer dans ses fonctions le banni (de crainte que sa réputation ne soit égratignée), j’ai dû m’incliner devant l’évidence et rendre à César ce qui appartenait à César, c’est-à-dire les deniers de son crime.Notre critique à talent et à dents sanglantes quittait la boîte par la porte dérobée.Loin de moi l’intention de faire une psychanalyse éclair de Robert Lévesque.Je me perdrais dans ses méandres.Disons qu'il est un peu dostoïevskien, avec un tas de tiroirs, dont certains noirs et vilains (mais pas tous).Cela dit, depuis «les événements», partait-il en croisade, füt-ce pour une juste cause, qu’une ombre finissait toujours par surgir afin de lui remettre sous le nez son crime passé en noyant le poisson du débat en cours.Lepage est entré allègrement par cette porte-là, histoire d’évacuer vite fait sa propre histoire de liste noire.la crédibilité du critique est entachée, ce qui lui nuit, même lorsqu'il a raison.Ses aveux de cette semaine sont sans doute destinés à lui ôter (si possible) cette épine du pied une fois pour toutes, en plus d’écorcher Lepage au passage.Voici que la balle atterrit dans le camp du dramaturge.Lévesque a exécuté sa part du contrat en levant son voile.Reste à Irpage à rencontrer les critiques qu’il boycottait.À quand l’amicale?otremblayfâ: ledevoir.com PICASSO Picasso a commencé, en toute liberté, à étudier des thèmes érotiques alors qu'il avait 16 ans SUITE DE LA PAGE C 1 En Europe, la même chose se produit, en beaucoup mois fort La période stalinienne voit naître un Picasso inféodé à l’idéologie communiste, une idéologie «qui était, je tiens à le dire, aussi puritaine et aussi rétrograde que celle de Wall Streçt».Les amis poètes de Picasso, Éluard, Breton, Reverdy et le premier d’entre tous, Apollinaire, adoraient, dit I-ebel, le contenu érotique de son œuvre.«Mais ce contenu est resté pour ainsi dire confidentiel.» 1m Grande Pisseuse de 1965, aujourd’hui considéré comme un chef-d’œuvre, «personne n 'en voulait, sauf son ami intime, le poète et penseur Michel Ijnris».L’origine du monde Un premier grand modèle intellectuel, Guillaume Apollinaire, a agi sur Picasso.Des influences de l’ouvrage Les Onze Mille Verges sont perceptibles, écrit lebel dans le catalogue d’exposition, dans le texte théâtral de Picasso, Le.désir attrapé par la queue.«Une pensée continue, explique en entrevue le conservateur, rebondit dans l'œuvre picturale de Picasso, une pensée véhiculée par Sade, par Apollinaire, par les grands poètes surréalistes qui furent ses intimes.Ce n ’est pas du tout le Picasso qu 'on célèbre dans les musées américains ou européens: Picasso et les enfants, Picasso et les chats, Picasso et le théâtre.Tout sauf le Picasso Picasso, ce qu’il faisait pour lui et ses amis, pour son propre plaisir» et pour sa propre «méditation esthétique», Le bel reprenant ici à dessein le titre d'Apollinaire de 1913.«Ce que nous montrons ici a mis cent ans a être vu», note-t-il.Picasso a commencé, «en toute liberté», à étudier des thèmes érotiques alors qu’il avait 16 ans.«Son apprentissage de l’érotisme et son apprentissage de la peinture se sont faits en même temps dans les bordels de Barcelone.On devrait reconnaître que le bordel a été sa principale université.Non seulement il y a appris ce qu’est l’érotisme sous toutes ses formes, sauvages et plus inorthodoxes, mais aussi, il y a commencé à penser le problème du désir et à le penser de façon picturale.Ce qui m’intéresse au plus haut point, c’est comment la pensée picturale de Picasso s'est développée et a tourné, toute sa vie, comme une spirale autour de ce thème de l’érotisme.» «C’est la grande constante de la fin de l’adolescence, dans les bordels de Barcelone, jusqu a quelques mois L'ESPACE DYNAMIQUE t* fe EXPLORATIONS DANSE ET ARCHITECTURE 3* SK RIE Samedi 9 juin 2001.20 h * Chorégraphe: Estelle Clareton Architectes: Atelier Big City 4k SÉRIE Samedi 16 juin 2001, 20 h * Chorégraphe : Louise Bédard Architecte : Steve Davies * Tables rondes animées par Georges Adamczyk ce soir m Fondation Jean-Pierre Perreault ESPACE CHORÉGRAPHIQUE 2022 rue Sherbrooke Est, Montréal (angle de Lorimier) • www.fjpp.org Réservations: (514) 521-4493 (Usine C) • (514) 790-1245 (Admission) Le Devoir 7TTT #r jur m •• jjüsw ^"css1 COHlfit) Québec Autodesk •*> WytefetM Quebec 8S i @ PARIS, MUSÉE PICASSO Amours de Jupiter et de Sémélé (quatrième planche), 25 octobre 1930, gravure sur cuivre de Picasso.avant sa mort; ça tourne autour de l’origine du monde.» L’origine et la fin du monde, la mort.Peu avant son décès, Picasso est face à une dame et à l’origine du monde.«Il y a une profonde méditation nocturne alors que le trou noir de la mort s’annonce derrière ses épaules.Un face-à-face avec la mort est en fait un face-à-face avec l’origine du monde.» L’origine et la fin: «le ruban de Moebius se rejoint».L’érotisme On pourra dire ce qu’on veut de cette pulsion de l’érotisme.Dire, par exemple, que toute création chez Picasso provient d’une pulsion sexuelle, comme le prétend, sans nuances, un imprimé produit par la Galerie nationale du Jeu-de-paume.Reste que, si l’on respecte l’orthodoxie de l’approche biographique, il faut noter que la version parisienne de l’exposition débutait avec un dessin de 1894 montrant un âne montant une ânesse.Picasso est alors âgé de 13 ans.Lebel s’inscrit en faux contre les raccourcis interprétatifs.Dans le même dépliant, une phrase l’a fait sursauter: «Pendant les dernières années de sa vie, Picasso renoue avec la verve joyeuse de sa jeunesse, particulièrement dans son œuvre gravé.» «C’est scandaleux que, dans un grand musée, la Galerie nationale du Jeu-de-paume, on laisse passer des bêtises pareilles.“Il renoue”, ça veut dire qu’il revient en arrière, qu’il a tourné en rond, qu'il n’a pas avancé.C’est aberrant.Les gens qui ont écrit ça n'ont pas compris Picasso.» Lebel observe une «énorme» évolution dans ces œuvres tardives, «qui se sont complexifiées».Le voyeur est devenu voyant dit-il, un petit détail qui semble avoir échappé au rédac- teur ou à la rédactrice «de ce lamentable texte de présentation».«Le voyant n’est plus le consommateur passif d’images volées.Il est le metteur en scène et le producteur, au sens presque de “scenarii” et de “scène”, d’événements érotiques auxquels il participe par sa pensée, par sa présence, par les directives qu’il donne.On pensait que Picasso était foutu après ses dix ans d'inféodation à l’horrible idéologie stalinienne.Même pendant cette période, il s’est livré à des expérimentations picturales sur des thèmes érotiques.» Picasso rebondit, en 1965, 1966 et 1967, avec une extraordinaire série de peintures, de dessins et de gravures qui démontrent «une extraordinaire victoire sur les dispositifs castrateurs de l’industrie culturelle du marché de l’art, d'une part, et de l’idéologie stalinienne, de l’autre».Pour Lebel, il y a, dans ces œuvres, une évolution, un approfondissement, un enrichissement «inouï» de l’inventivité.Picasso n’a cessé de tourner autour de l’origine du monde, de cette image iconique.Il l’a livrée sous les plus incroyables déclinaisons possibles.regard qui sera proposé à Montréal ne cherchera pas simplement à faire consommer les images de façon linéaire.Pour Lebel, «au delà de la thématique, l’érotisme, l’exposition constitue la preuve grandiose d’une victoire contre toutes les formes de censure, que Picasso a fait semblant de subir durant sa très longue existence mais qu’en fait il a triomphalement déjouées».PICASSO ÉROTIQUE Musée des beaux-arts de Montréal Du 14 juin au 16 septembre Juftfcl Le Festival des Arts DE ST-SAUVEUR 26 juillet au 5 août 2001 LA SÉRIE POWER CORPORATION DU CANADA Jeune Ballet du Québec & PÉcole Supérieure de danse de Marseille 26 juillet, 20 h 30 La crème de la jeune relève québécoise et française.Rambert Dance Company 27 & 29 juillet.20 h 30 La plus ancienne et la plus importante de danse moderne d’Angleterre.compagnie / L’Orchestre de chambre I Musici 28 juillet, 20 h 30 Présente un Hommage à Verdi avec la soprano Giana Corbisiero et le ténor Marc Hervieux.Création original • 2001 • A River in a Dry Land 31 juillet et 1er août, 20 h 30 Première mondiale de la création originale de Sarah Slipper & Alan Terriciano, gagnants de rédition2000 du concours de chorégraphie et de composition musicale.Spectacles gratuits sur la scène extérieure! Andrea Bordman 31 juillet, 20 h 30 Grande première de la carrière solo de cette danseuse étoile des Grands Ballets Canadiens.Bïa • Chantier • Montréal Tango Juan José Carranza Mazik • Le Grand Dérangement PPS DANSE 1er août, 20 h 30 • August 1,8:30 pm Présente BAGNE pour femmes.Acclamé par le public et la critique à New York.Réservation : 450.227.9935 Admission : 514.790.1245 / 1.800.361.4595 www.artssaintsauveur.com Compterions 2 & 4 août, 20 h 30 Piccn^- q- un immense succès international Kate et Anna McGarrigle 5 août.20 h 30 De retour dans leur village natal.Patrimoine canadien CONSfH PCT AWnfr DCS IFTTRES DU QUÉBEC ü: T à i A 06 L K I) K V O I R .LES S A M E l> I it ET l> I M A N t II E 10 .11 I N 2 0 0 I ?EXPOSITIONS K K S T I V A L S La gloire d’un sculpteur légendaire LOUIS-PHILIPPE HÉBERT, 1850-1917.SCULPTEUR NATIONAL Une exposition présentée au Musée du Québec Parc des Champs-de-Bataille, Québec Jusqu'au 3 septembre 2001 DAVID CANTIN Après celle d’Adrien en 1992 et celle d'Henri à l'automne 2000, le Musée du Québec vient boucler ses rétrospectives des œuvres de la famille Hébert en proposant cet été un parcours des sculptures du très célèbre Louis-Philippe.H ne s’agit pas cette fois des fils, mais bien du père.Celui qui est passé à l’histoire comme étant «le premier statuaire commémoratif canadien».L’artiste à la carrière prolifique léguera à ses héritiers une fortune qui se rapproche des 100 000 $ en 1917.On est bien loin du culte du créateur maudit et ignoré de son vivant.En ce qui concerne Louis-Philippe Hébert, on parlera plutôt d’un perfectionniste qui réussira à amener la sculpture québécoise vers ses nombreux jalons historiques.L’exposition Louis-Philippe Hébert.1850-1917.Sculpteur national offre un portrait de grande envergure: trois salles et surtout le déploiement d’environ 120 sculptures provenant de 26 collections publiques et de 34 collections privés.Toutefois, il serait dommage de croire que tout cela ne représente qu’un spectaculaire tour d'horizon décoratif.Le scénographe et designer Daniel Castonguay n’hésite guère à mettre l’accent sur le côté théâtral de ce trajet, sans pour autant restreindre la sculpture à l’intérieur d’un moule d’époque.On sent bien qu’il y a une intention de montrer les différentes facettes de la maîtrise esthétique exceptionnelle du sculpteur national, sans pour autant privilégier uniquement l’effet grandiose qui se dégage de certaines commandes.Dès que le visiteur s’approche de la rotonde, il entre en contact avec L'Inspiration (1904).La silhouette d’Hébert, imposante, est attentive au message que lui chuchote la déesse à son oreille.le regard de l’artiste montre déjà le reflet d’une personnalité où la passion, le talent brut et la détermination se rencontrent de manière décisive.D'une salle à l’autre, on projette l’image du précurseur de la modernité québécoise, de l'artiste au sens le plus noble du terme, de l’homme d'affaires et de celui qui protégeait jalousement son intimité.Loin d’être unidimensionnelle, cette exposition déploie l’ascension fulgurante d’un individu dans les plus hautes sphères de son art et de la société de son temps.Alors que tout était encore à faire au début du vingtième siècle au Québec, Louis-Philippe Hébert deviendra le premier sculpteur natif du pays à fondre dans le bronze des héros de notre histoire.A titre d’exemple, on lui doit les dix premiers bronzes de la façade de l’Hôtel du parlement de Québec.On distingue d’ailleurs une série de ces personnages connus de l’histoire du Québec et du Canada qui forment une rangée en guise d’introduction à l’imposante salle 4.Ces petites statuettes montrent bien la virtuosité et l’élégance qui deviendront la marque de commerce de ce pionnier: un équilibre d'ensemble dans la composition, un raffinement des détails, une richesse évocatrice, ainsi que des influences qui vont de l’Antiquité à l’art baroque, en passant par la Renaissance.Présentation minutieuse On a tendance à oublier que c’est Louis-Philippe Hébert qui introduira au Québec la tradition décorative des cimetières parisiens.On remarque évidemment, à travers cette exposition, les statues gigantesques qui dominent la plupart des salles.Comment ignorer l'incroyable Ange de gloire (1895), du haut de ses six mètres, qui siège depuis plus de cent ans, le monument de la famiÛe Valois ou encore la Pleureuse (1908), qui constitue l’élément prin- \ M Fleur des bois, de Louis-Philippe Hébert MtSFK 1)11 QUEBEC cipal du Monument funéraire de Charles-Théodore Viau?Parmi les sculptures religieuses, on note plus particulièrement la transition qu'Hébert agencera entre les œuvres en bois et les œuvres en bronze.Les organisateurs ont aussi choisi de recréer pour l’occasion l'atelier de création du sculpteur: là même où l’artiste passera de l’apprentissage à la réussite, de la solitude nécessaire à la rencontre judicieuse avec clients et amis.On retrouve, du même coup, le volet plus intimiste des compositions d'Hébert.Tel un clin d’œil aux expositions antérieures, Adrien et Henri (1887) démontre l’affection tangible d’un père face à ses enfants qui resteront, par la suite, dans l’ombre du maître.C’est la figure du héros et du nu qui domine la majorité de l’espace de la salle 5.Bien sûr, il s’agit d’une célébration de la naissance héroïque d’une race comme d’un peuple.On perçoit plutôt rapidement la représentation idéale, exemplaire et à ce titre chrétienne, des Cartier, Champlain et Maisonneuve.On sait, maintenant, que l’on doit à Louis-Philippe Hébert l’introduction du nu dans la sculpture québécoise et canadienne.Cette portion de l’œuvre restera toutefois assez confidentielle, en pleine ère de triomphalisme religieux.Quelle audace, presque inacceptable, que de montrer un sein dénudé ou une pose lascive! Par contre, on reconnaît dans cette fantaisie toujours chaste une approche encore plus personnelle de la sculpture.Autres versants dans les thématiques qu’aborde Hébert, les Amérindiens et les bustes occupent une large part de la dernière salle de cette exposition.L’exotisme du mythe du «bon sauvage» finira par attirer une clientèle grandissante en Europe.D'sujet amérindien favorisera aussi une composition plus visiblement poétique.Quant à eux, les bustes confirmeront la célébrité d'Hébert.Après de nombreuses commandes de monuments commémoratifs, les politiciens canadiens deviendront des clients stratégiques |x>ur le célèbre sculpteur qui terminera ses jours dans une résidence luxueuse de Westmount.Comme l’atelier de la salle 4, la salle 6 est à l’image des Salons de la Société des artistes français qui rendit Hébert célèbre.Un pan d’histoire à travers ces personnages notoires qui marqueront l’imaginaire du sculpteur.Liuis-Philippe Hébert, 1850-1917.Sculpteur national s’adresse évidemment à un public des plus nombreux.L’amateur d’art contemporain devra peut-être se rabattre sur d’autres salles du Musée du Québec.Toutefois, cette exposition montre bien le raffinement du design et de la présentation minutieuse qui redonne un dynamisme nouveau à l’institution des plaines d’Abra-ham.On souligne aussi que l’audio guide innove, en proposant une visite théâtralisée des trois salles.Une expérience fort intéressante qui n’a rien du discours racoleur et autoritaire.Lorsqu’on sait que IxDuis-Philippe Hébert laissera derrière lui environ mille œuvres, on ne peut que qualifier cette démarche d’héroïque dans l’histoire de l’art québécois.À SOYEZ AU CŒUR DE LA PROCHAINE SAISON ! a* Hydro Québec partenaire de saison SORTIES côté coeur La Chambre bleue, librement inspirée de La Patricia Ruel kV/ théâtre du rideau \«rt V m Du 22 mai au 16 juin 2001 Traduction : Maryse Warda Mise en scène : Serge Denoncourt Avec Pascale Desrochers et Normand D’Amour (514) 844-1793 - www.rideauvert.qc.ca 4664, rue Saint-Denis - Métro Laurier.AffichageAstral Media Télé-Québec (514) 845-0267 www.rideauvert.qc.ca Le Fringe se distingue BERNARD LAMARCHE l E DEVOIR La chose devient incontournable d’année en année.In marge se solidifie d'une année à l'autre, à un point tel que le festival Fringe devient un tremplin pour des productions, à preuve le Girls.Girls.Girls présenté cette année au ETA et qui était présente l’an dernier au Fringe.Plus gros que jamais, avec maintenant sept scènes pour plus de 300 productions, le Fringe fait bande à paru, même au sein des autres Fringe de l’Amérique du Nord.Tout le monde a une chance, au Fringe.Comme les autres festivals du genre, il n’y a pas de selection, au Fringe, pas de jury.Cette année, devant le déferlement des applications, les responsables de l’événement alternatif du boulevard Saint-Laurent ont préféré ne pas privilégier l'habituelle formule du premier arrivé premier servi.Plutôt, on a pigé dans un chapeau les heureux élus.Pas d’autres choix, explique Jeremy Heohtman, producteur de l’événement.Des compagnies anglophones, de 75 à 80 ont été n'eues et une trentaine de compagnies francophones.«On a dû faire une loterie, explique Hechtman.On a envoyé les formulaires le 15 janvier et avons commencé dès lors à recevoir des réponses, jusqu 'au 23 février.U 24 février, nous avons placé tous les noms dans un chapeau: les douze premiers étaient retenus, le reste déterminait l'ordre de la liste d'attente.Normalement, c'est premier arrivé premier servi.Le problème, pour remplir la douzaine d'espaces pour les compagnies locales anglophones et la même chose pour les compagnies francophones, c'est qu’on avait déjà reçu, le 18 janvier, 40 applications.C’était déjà une loterie.Avec le tirage, on pense avoir été plus juste envers tout le monde.Chacun avait sa chance.» Risqué, comme mode de sélection?Disons que ça remonte à quelque part au début du siècle, ou des Salons des refusés étaient organises sans jury.De toute manière, qu’arriverait-il si la marge ne pouvait plus prendre de risques?File perdrait son essence, non?De plus en plus, les relations entre les communautés francophone et anglophone se soudent autour du Fringe, le plus angle des festivals de la ville.«On a envoyé plus d'information dans 1rs médias francophones, nous avons pris contact avec eux.Quant au reste, comme pour l'ensemble du festival, les nouvelles se diffusent par le bouche à oreille.» Déjà, l’an dernier, la scène OBI, commanditée par une radio franco, accueillait It's sixvtaeles francos.1 a formule est répétée cette année, alors que des compagnies s'exprimant dans la langue de Molière seront aussi sur les autres scènes.«Iss médias nous ont aidés, mais nous n’avons pas encore beaucoup de couverture en français II y a tellement de talent issu de la comma nauté francophone, où il n'y a pas d'équivalent du Fringe.» Depuis les deux dernières années, le festival a connu des hausses de fréquentation de 20 % annuellement.Si la température le permet — ç’a été un véritable facteur l’an dernier —, on pense atteindre les mêmes résultats cette année.En ce qui concerne la couverture de presse et la fréquentation.le fait d’arriver derrière le FT A accentue l’impact du Fringe.«On est une bouffée d'air frais après le FIA.On est plus informels, plus relax.On a plus de shows, plus de variétés.» Car variété il y a.Cette année, deux spectacles en particulier risquent de faire des heureux.Ui série des événements spéciaux comprend le Internet Wrestling Syndicate, qui fera la preuve par quatre que la lutte n’est pas arrangée en présentant le match «le plus violent du monde» (vendredi 15 juin).Aussi, le 17 juin, il y aura une course à obstacles conviant les plus flamboyantes drag queens de la ville, avec préparation de VOIR PAGE C 4: FRINGE theatre du ndeau vert Théâtre du No U VEAU IMo N DE 0D60N THEATRE DE L’EURO RE d'ESCHYLE mise en scène de GEORGES LAVAUDANT texte français de DANIEL LOAYZA La Troupe de l’Odéon sur la scène du TNM ! « La troupe de l’Odéon, rejointe par Christiane Cohendy, habite avec cran ce palais prenant rêvé par Lavaudant.» Le Nouvel Observateur « .exemplaire représentation de L’Orestie.» Télérama « .Christiane Cohendy (Clytemnestre) d'une puissance exceptionelle.On se laisse captiver, ému, bouleversé jusqu’aux tréfonds par les séquences qui se succèdent.» _roix, L'Événement MMM Cette manifestation est présentée dans le cadre de Fronce au Quêbaclla talion.du 4 au 16 septembre 2001 à 19 h BHIITS EN VIHTI QCC QCCD DES MAINTENANT ODD ODDO Disponible en abonnement l'i h Ain III NUV» A« »N Al Kl (-1 t I.K l> K V 0 I K .1.E S S A M E I) I il ET Ü I M A X CUE 10 J U I X ‘2 0 0 I YTRS—« r—FAMOUS «LAYCm-"-! PARISIEN ?] [ VERSAILLES ?] [CENTRE LAVAL ?] L’6g ÜMIEUHR L K DEVOIR.LES SA M E D I it E T I) I M A \ < H E 10 J I I \ 2 0 0 I Festival Présence autochtone N É M A Polar stéroïde DANIEL HERNANDEZ SA1AMK Le volet cinéma de Présence autochtone débute lundi, avec la projection du tout nouveau documentaire de Mary Ellen Davis, Le Pays hanté, sur les récents massacres des Mayas guatémaltèques.La vie réservée Le festival déroule ses bobines du 11 au 21 juin, au Cinéma de l’ONF MARTIN BILODEAU Chaque année, au festival Présence autochtone, l’organisme Terres en vues, qui le chapeaute, consacre un important volet à la récente production cinématographique.Ainsi, du 11 au 21 juin, au Cinéma de l’ONF, l’événement débobine les bandes et les images d’une soixantaine de productions, certaines assemblées dans le but de dénoncer les injustices dont sont victimes les autochtones de par le monde, d’autres agencées pour faire voir et entendre, au présent et à la première personne du pluriel, la réalité amérindienne dans son quotidien en réserve.C’est là la mission de Bearwal-ker (20 juin, 19h), un long métrage de la cinéaste Shirley Chee-choo, qui mélange des éléments de réalisme documentaire à une intrigue policière qui puise dans le folklore cri.Pendant qu’une étrange automobile noire traverse la réserve, une femme se réveille auprès de son mari, le corps maculé de sang, mort Ses deux soeurs accourent et mettent en alerte une troisième, avocate en ville, capable, pense-t-on, de faire la lumière sur cette sordide histoire, dont les signes annonciateurs, révélés en flash-back, mettent en cause l’intégrité de deux policiers locaux, la parole d’un violeur et, surtout, les révélations d’une malédiction qui pèse sur la famille.Si l’on fait fi de la naïveté de certains dialogues et du jeu des interprètes, Bearwalker, tourné dans une réserve crie de l’Ontario, se révèle un film saisissant, puissant, dans lequel la malédiction du titre agit comme une métaphore de l’autorité blanche, prompte à réprimer l’Amérindien qui remet en question son pouvoir, ou menace de dynamiter les murs psycholo- giques de la réserve ou de s’épanouir socialement en dehors de son enceinte.C’est sur cette dernière idée que s’ouvre L’Autre Amérique (14 juin, 19h), du Québécois Jean-Pierre Masse, lequel marie, moins efficacement que Bearwalker, le cinéma de fiction et le documentaire pour raconter la vie des Attika-meks de la réserve de Manawan, à travers quelques destins: un jeune informaticien qui songe à aller travailler en ville, une mère qui en est revenue après quelques désillusions, un entrepreneur désireux de fonder une entreprise de fabrication de canots d’écorce et une jeune Montréalaise venue retrouver la trace de sa mère, à qui elle a été arrachée à l’âge de six ans.Tourné avec beaucoup de cœur et très peu de moyens, L’Autre Amérique semble partagé entre son ambition de dépeindre, de façon quasi impressionniste, une réalité autochtone et celle de dénoncer l’oppression historique qui perpétue son malheur.A cet égard, on reste pantois devant la faiblesse dramaturgique de l’épisode du film portant sur le pêcheur de la ville convaincu que les Indiens de Manawan sont responsables du saccage de son chalet de pêche et se montre sourd à tous les arguments qui ne satisfont pas à sa thèse raciste.Un traitement moins démagogique n’aurait certainement pas compromis le message de tolérance que le cinéaste a voulu communiquer.Reste, malgré ces faiblesses, un film qui montre bien la fragilité des repères géographiques, linguistiques et culturels des communautés autochtones dont on craint l’extinction, à moyen ou à long terme.Le film plaide pour leur survie, et celle de leur mémoire.La mémoire est également au cœur de Homeland (12 juin, 21h), chronique documentaire filmée sur trois ans sur les habitants d’une réserve lakota située dans le Dakota du Sud.Les cinéastes Ji-lann Spitzmiller et Hank Rogerson y montrent comment les changements sociaux, économiques et culturels, espérés par plusieurs, prennent inévitablement la tonne de recommencements stationnaires.Une des quatre familles rencontrées vit dans une baraque insalubre, sans eau courante, et attend, comme d’autres familles, l’arrivée, par camion, de bungalows militaires que l’armée a consenti à leur donner.A travers des images souvent saisissantes, qui montrent la communauté dans son paradis devenu dépotoir, Homeland nous entretient du temps, qui passe lentement, et des rêves de liberté que ces gens n’ont jamais connue, et qu’aucun ne saurait, par ailleurs, définir.C’est d’ailleurs là leur plus grand drame.Le volet cinéma de Présence autochtone débute lundi, avec la projection du tout nouveau documentaire de Mary Ellen Davis, Le Pays hanté, sur les récents massacres des Mayas guatémaltèques, et se termine avec celle de The Sacred Run, d’Andrea Sadler, sur une course commémorant les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, à laquelle les membres des Premières Nations ont participé.Entre les deux, bien des images, inédites pour la plupart, sur ces voisins si proches et en même temps si loin qu’ils doivent signifier leur présence pour qu’on les regarde.PRESENCE AUTOCHTONE Du 11 au 21 juin Cinéma de l’ONF Renseignements: (514) 575-1701 ou www.NativeLynx.qc.ca SWORDFISH De Dominic Sena.Avec John Travolta Hugh Jackman, Halle Berry, Don Cheadle.Scenario: Skip Woods.Image: Paul Cameron.Montage: Stephen Rivkin.Musique: Christopher Young.Etats-Unis.2001, environ 95 minutes.MARTIN BILODEAU Hollywood n’a jamais autant fonctionné comme une usine à saucisses que depuis le milieu des années 90.A peine dix pour cent des films qui en sortent survivent, dans nos mémoires et dans l’histoire (même petite), à Pimpul-sion-marketing du moment, les autres sombrent dans l’oubli, sort qui guette Swordfish, le nouveau polar aux stéroïdes de 1 ïominic Sena (Kalifimiia).Ironiquement, le titre du précédent long métrage de ce cinéaste américain.Gone In 60 Seconds, resume aussi bien le phénomène, en plus de s’y conformer parfaitement.Mais revenons à Swordfish, éniè-me variation et nouveauté trompe-l’œil sur le thème du combat entre le Bien et le Mal.Du combat, aussi, pour la survie, l'argent et la famille, auquel se livre, presque à son corps défendant, le héros du film (Hugh Jackman, découvert dans X-Men), un hacker si doué que tous les brigands qui aspirent à détourner les fonds des grandes banques, ou à pénétrer dans les bases de données apparemment inviolables du département de la Defense, se proposent de lui offrir b l\me en échange du soleil.A peine sorti de prison, coupe de tout lien avec sa tille.Stanley Job-son n’a d’autre choix que d'accepter les dix millions que lui offrent Gabriel (John Travolta), un criminel mégalomane et psychopathe, lequel a envoyé son joli bras droit.Ginger (Halle Berry), le cueillir txu les sentiments, non sans éveiller, du coup, les pires soupçons d'un agent du FBI (Don Cheadle) chargé d’épingler le vilain.S’ensuit un carnaval de scènes d’explosion, de courses folles et d’echanges de testosterone, agencées à la façon in conséquente d’un jeu video.Beaucoup de cinéastes — et Die mink Sena parmi eux —, créés comme Eve à partir d’une des coles de Michael Bay (Pear Harbor), tentent à chaque film de reinventer k-s comptes à rebours et les explosions, dans l’ignorance totale des grands maîtres — tels Hitchcock — qui It's ont précédés.Or.que cl's ex plosions soient filmées au ralenti, en accéléré, d’en haut, d’à-côté, en plan subjectif ou de grand angle ne change rien à leur nature, ni ne donne du caractère à un f ilm bâti sur un scénario conçu avec la seule logique' d’un champ de mines.Comment, dans pareil contexte de déflagrations à répétition, les acteurs peuvent-ils créer des personnages île chair et d’os?Si Travolta passe bien les premières cinq minutes de film — (huis une scène de dialogues qui se veut si brillante qu’on n’en voit que la prétention —, on ne peut en dire autant de l’Australien Hugh Jackman, acteur limi- te dont 1 lolly wood est en train de faire un nouveau Mel Gibson.Fim-tin bien découi*' dims un |x>lai' be deesque qui n’en demande pas plus, Jackman semble écartelé entre deux consignes contraires, celles d’être à la fois le grain de sable dans l'engrenage et l'huile dans la machine.S'il est comme nous, demain, il aura oublie.CINÉMA Fourre-tout à l’amibe EVOLUTION Réalisation: Ivan Reitman.Scénario: David Diamond, David Weissman et Don Jacoby.Avec David Duchovny, Orlando Jones, Seann William Scott, Julianne Moore.Image: Michael Chapman.Musique: Jon Powell.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Cy est vraiment très, très nul, Evolution.Mêlant le scénario catastrophe, la science-fiction, la cce médie, le mwsrjurassic Park, ce film d’Ivan Reitman (Ghostbusters) est destiné de toute évidence à nourrir l’esprit d’un enfant de douze ans.Ce qui n’est pas nouveau dans la pianote Hollywood mais atteint ici des sommets.le moins qu’on puisse dire, c’est qu'Evolution ne se pique pas de vraisemblance.Il flirte plutôt avec l’humour facile.Rien ne tient debout dans cette affaire tirée par les cheveux, où un immense météorite chargé de vie intergalactique viendra semer sa graine dans le Canyon de l’Arizona.Sans avoir réussi à démêler les limites entre absurde, fantastique et quête minimale de réalisme, Evolution nous livre un pnxluit bâtard et stupide.David Duchovny incarne Ira Kane, un ancien scientifique à la solde du gouvernement, tombé en disgrâce, devenu enseignant, qui découvre le premier les effets de ces nouvelles formes de vie sur la Terre et les analyse dans son petit labo sans penser aux risques de contamination et aux dangers qu’il fait courir à sa ville.Fâcheux que tout cela et très ennuyeux.Lui et son partenaire devront affronter l’armée, qui essaie de circonscrire le mal ainsi que les monstres lâchés lousses et semant la terreur.Car ces formes de vie primitive évoluent à la vitesse fie la lumière, passant en quelques jours de l'amibe au bron-tosaure.Une inévitable romance entre le héros et une belle épidémiologiste (Julianne Moore) viendra ajouter quelques airs de violon à cette prfxluction fourre-touL Certaine scène en fin de course, à travers laquelle cette bande de joyeux drilles se glisse sous la masse gélatineuse d’un monstre gigantesque, culminera dans le grotesque, l’invraisemblable et le répugnant.lœs acteurs font ce qu’ils peuvent dans ce cartoon, mais ça se réduit à bien peu de chose: quelques moues et grimaces.Autre irritant majeur la démonstration des frontières qui se perdent de plus en plus à 1 lollywfxxl entre la publicité' et le cinéma Le phénomène faisait déjà grincer des dents dans Cast Away, où le service de courrier Fed Ex était publicisé à tire-larigot.Ici, le shamixxiing Head & Shoulders tient le haul du pavé.Non seulement il sera le grand remède au mal interplanétaire qui afflige cette région de l’Arizona, mais à la fin, mêlant le cynisme à l’humour, les héros feront la pub du produit à l’écran.le cinéma devient un support publicitaire qui affiche ses couleurs et n’a pas honte de lui.Il le devrait pourtant.Tout cela donne une production de divertissement et de plogue qui plaira sans doute aux ados nourris d’Hollywood, à qui ce film est destiné.Adultes s’abstenir.SAMUEL HADIDA i r RICHARD GRANDI’II KRI I SAMUEL LE RfH AN • VINCENT CAS « DISONS-UE TOUT DE SUITE : CEST GÉNIAL » ?- Chonlal Guy, Ln Presse * « UN FILM MENÉ AVEC NERVOSITÉ ET UN SOUQ CONSTANT DE NE JAMAIS ENNUYER » - René Homïer-Roy FLASH le Pacte DES Loi! E « MONICA BELLUCCJ • JEREMIE RIMER LT MARK DACÀSCOS m.'.' ' CHRISTOPHE GANS UNE PRODUCTION STODIOCANAL ET DAVIS FILMS » SAMUEL LE NBAS VINCENT CASSEL EMUE DEQUENNE MONICA BEIXUCCI JEREMIE RENTER r MARK DACASCOS >.,.«.« JEAN TANNE JEAN-FRANÇOIS STEVEMN JACQUES PERRIN JOHAN IBSEN BERNARD FARCY r » JOSEPH LO DEÇA * ¦ GUY-CLAUDE FRANCOIS 1™ * mm DOMINIQUE BORG ma SEBASTIEN PHANGERE r DAVID WD mamaDAKUISBEX ¦oüiimbos OAIDE AUOUZE mmttmmmMmJU HENSON CREATURE SHOP STEPHANE LABEL mm .fm».» ïïl FILMS PRODUCTION t w ai.k j SOFICAS NA1EXIS BANQUES POPULAIRES IMAGES r STUDIO IMAGES .-.CANAL- .SAMUEl HADIDA - RICHARD GRANDPIEME r,,.-, CHRISTOPHE CANS Bande Originale du Film disponible sur Le livre est dteponib aux Editions Rivages >Nram lEENAED BESSON .STEPHANE CABE r CHRISTOPHE CANS *»ivn ¦i intmmmttcmml WWW.LEPACTEDESLOUPS.COM ccf^rtoec cjc: zz** _ riNÉMAS AMC ——I r FAMOUS PLAYERS STARCITÉ I f— FAMOUS PLAYERS ——I | CINÉPLEX OOÉON-1 | FAMOUS PLAYERS ——1 f— MÉQA-PLEX - QUZZO —I I MEQA-PLEX- QUZZO —| (— Me GA PL EX " OUZZO 1 I FAMOUS PLAYERS 1 I -CINEPLEX OOÉON 1 [Ti FORUM 2271 f MONTRÉAL ?1 [VERSAILLES 71 [uSALLE (Plaosh/I [pÔiNTE-CLAIReVI FaSCHEREAU 18 ?] N ACQUES CARTIER 14 ?! [PONT-VIAU 16 ?! ICOLOWS LAVAI Vl [ST-BRUNO ?] CINÉPLEX OOÉON——i i-CINÉMA-1 r GALERIES ST-HYACINTHE -t f PLEUR DE LYS-1 r-CARREFOUR DU NORD—l e-— -CINÉMA 9-1 I CINÉMA ST-LAURENT | |-CINÉMA PINE-I I-CINÉMA DF PARIS-1 I MAISON DU CINÉMA 1 IbÔÏÏcHERvÎlLeVI [stÏUSTACHËT] IsT-HYACINTHE ?] IrÜÔjs-RWlËRESÔrTI rST-JÉROME ?1 rOATINEAU ?1ISOREL-TRACY ?j ISTE-ADÉLEVl IVALLEYFIELD ?1 [SHERBROÔKE ?! À L' A.F F7 I C H E ! nsiïR 1 HUÏ-L ?1 IcHATEAUQUAyTI [cinéma DU CAP ?1 IpRUMMOWDVILLE ?! 1 GRANBY ?11 VICTORIAVILLE ?11 JOLIETTE ?| 0) UCfHEGMU G J SIM! MW MWKSUMll MKWfflll' mm imn «hui «muni «m swin ikws hiht WIIIWmHBBIIlMWMnailWlM m* P ««« (mufti i min i cwsiui snmcti ¦nnunsiw ¦Km mm «iiMiuiHOHUMiiinimiiiiuùimi wuMlUim «os Cto «OIM ««KKHKM ¦KroiMtnilKIMSiyi iwcmuHjmlllMCÜlSIClIllitf otm Pn CÔp n : I U ET I) I M A X CHE I 0 .1 U I N 2 0 0 I C 4 v' pyAf •a/ *., • ¦v£0tï'-'* *L w*.v'/V ^ i •\ *% à-ëW?*— £ "* v$s£>*.;• .~ ^ >•' ‘ÿü>, .> .;- v /' ¦'*( ' '• •;-•••' ’ x II" S ,.f ï #V ¦v .| r , : i -r ; rS ' 1 % v -i ai r-.T V^ ?r r"* , £ < *./ •; v* / t .¦ A; , >?2* ' ' 1 ' 4, r j ::T'.^i ï/ * - .
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